Science économique

I – Croissance, fluctuations et crises

Acquis de première: production marchande et
non marchande, valeur ajoutée
Notions: PIB, IDH

1- 1 – Quelles sont les sources de la croissance économique ?

Fiche 1113 – La nécessité de construire de nouveaux indicateurs qui
complètent ou remplacent le PIB

Introduction :

A. 2 types de nouveaux indicateurs
Deux grands types d’indicateurs :

Des indicateurs monétaires

Des indicateurs synthétiques
Type d’indicateur
Méthode
de
construction

Indicateur monétaire
Donne une valeur monétaire à ce qui n'en
a pas

Forces
Faiblesses

Facile à interpréter et à comparer
Subjectif quelle valeur prendre

Exemple d’indicateur

Pib vert

Indicateur synthétique
On choisit des variables
on note chaque variable des 0 à 1
on fait une moyenne
Facile à interpréter
Subjectif : quelle variable prendre ?
Comment l'interpréter ?
IDH

B. L’indicateur le plus connu: l’IDH, mesure du développement
1. La distinction croissance –développement
L’assimilation entre croissance et développement qui a souvent été faite par de nombreux auteurs, en
particulier Rostow est très critiquable. En effet, la croissance est un phénomène économique et
quantitatif, alors que le développement est d’ordre social, culturel donc qualitatif.
Comme l’indique F.Perroux, « l’économiste à qui on demande qu’est –ce que le développement doit à mon
sens répondre : le développement est la combinaison de changements mentaux et sociaux d’une
population qui la rendent apte à faire croître cumulativement et réellement son produit réel global. »

Hugon insiste sur 3 dimensions essentielles du développement :


le développement doit assurer à tous une amélioration du bien-être ce qui passe nécessairement
par une réduction des inégalités
le développement nécessite l’application de nouveaux droits et libertés donc une démocratisation
plus poussée des sociétés
enfin, le développement doit s’inscrire dans une perspective de préservation des intérêts et choix
de chacun

2. Les trois dimensions de l’IDH
L’IDH permet de dépasser la simple comptabilisation quantitative du PIB et il mesure donc mieux le niveau de développement
atteint par un pays. Il prend en compte trois dimensions :
 Capacités de mener une vie longue et en bonne santé (longévité)


Capacités d’acquérir des connaissances, de communiquer et de participer à la vie de la communauté (niveau d’éducation)
Capacités de mener une vie saine et de garantir la mobilité géographique ou sociale ( accès aux ressources nécessaires
pour un niveau de vie convenable)

3. Les variables retenues dans le calcul de l’IDH
Il veut être la mesure du développement humain entendu au sens où les besoins fondamentaux sont
couverts. L’IDH se calcule à partir de la combinaison de 4 critères qui permettent d’atteindre ces 3
dimensions :

longévité : l’espérance de vie , comprise entre 25 et 85 ans

Capacités d’acquérir des connaissances :
o le taux d’alphabétisation des adultes
o le nombre moyen d’années d’études

Capacités de mener une vie saine : le niveau de PIB/habitant en PPA .

Conclusion : « L’IDH résulte de leur combinaison puisque c’est la somme pondérée selon les coefficients
fixés par le PNUD des 4 valeurs. Les indicateurs PIB réel par habitant ajusté et espérance de vie à la
naissance pèse chacun pour un tiers dans l’IDH, le taux d’alphabétisation des adultes et la moyenne des
années d’études respectivement pour 2/9 et 1/9 . »

4. Une corrélation PIB/IDH?

Les deux variables peuvent être corrélées, c'est à dire qu'un haut niveau de PIB/hab est associé à un niveau
élevé d'IDH.
 Dans le tableau cela concerne les pays où l'écart entre le classement selon le RNB et celui en terme
d'IDH est faible. C'est le cas de la France qui est classée 24 au RNB (revenu national brut) et 20 à
l'IDH.
 Un RNB/hab faible peut aussi être corrélé à un niveau d'IDH faible. C'est le cas du Sierre Leone
classé 180 dans les deux classements.
Mais cette corrélation n'est pas automatique, les pays peuvent avoir des classement très différents dans les
deux hiérarchies.
 Le Qatar est le pays qui a le RNB par habitant le plus élévé alors qu'il n'est que 37 au classement de
l'IDH.
 En revanche la Nouvelle-Zélande, classée 5 à l'IDH est classée 35 dans le classement du RNB.
Le PIB est donc un indicateur intéressant mais qui a des limites. Il ne permet pas de mesurer complètement
l'amélioration du sort de la population.

Pour les plus motivés : D’autres indicateurs
A. Les indicateurs de pauvreté et d’inégalité
1. L’indicateur de pauvreté humaine

a. Le calcul
L’indicateur de pauvreté humaine mesure le dénuement au niveau des quatre grands aspects de la vie
humaine :

la capacité de vivre longtemps et en bonne santé mesurée par le pourcentage de personnes
risquant de décéder avant un âge fixé

-

le savoir mesuré par le pourcentage d’adultes analphabètes

les moyens économiques mesurés par L’absence d’accès à des conditions de vie décentes qui se
décompose en 3 variables :

pourcentage d’individus privés d’eau potable
pourcentage d’individus privés d’accès aux services de santé
pourcentage d ’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition

La participation à la vie sociale
Ces éléments sont les mêmes pour tous les pays qu’ils soient industrialisés ou en développement.
Seuls les critères les mesurant varient, pour tenir compte des différences dans les réalités de ces
pays . On calcule alors un IPH1(pour les PVD) et un IPH2 (pour les pays industrialisés)

Complément sur le calcul de l’IPH par le PNUD , cliquez ici

b. Intérêt
Cet indicateur a l’avantage de révéler mieux que l’IDH la capacité redistributive des pays .Complément : des indicateurs mesurant
les inégalités hommes-femmes , cliquez sexospecifique de developpement humain (ISDH) et indicateur de

participation des femmes (IPF) ici
B. Le « BIP40 »: un indicateur de mesure des inégalités en France
En partant de l'idée que la « santé sociale » mérite un indice synthétique au même titre que la santé boursière ou économique, que
des économistes et statisticiens professionnels français, associés à un réseau associatif militant pour la réduction des inégalités, le
RAI (réseau d'alerte sur les inégalités), ont mis au point le BIP 40. Le RAI est un collectif français constitué de membres
d''organisations syndicales (dont la fédération des finances CGT, le SNUI, la CFDT - Banque de France), d'associations de lutte
contre les différentes formes d'exclusion (telles Droit au logement - Dal, Agir ensemble contre le chômage - AC!, Points
Cardinaux, Raisons d'Agir ou le Groupe d'information et de soutien des immigrés - Gisti), d'universitaires, de chercheurs,
d'économistes et hauts fonctionnaires qui ensemble travaillent à la dénonciation des mécanismes producteurs et reproducteurs des
inégalités et de la pauvreté en France.
Le BIP 40, présenté à la presse en 2002 fait une référence ironique au PIB et au CAC 40.
Cet indicateur cherche à couvrir plusieurs dimensions des inégalités et de la pauvreté, de construire pour chaque dimension un
indicateur (synthétisant lui-même plusieurs indicateurs) permettant de suivre l'évolution dans le temps des inégalités
correspondantes et enfin d'agréger ces indicateurs par dimension pour obtenir un indicateur global (le BIP 40).
Source et pour en savoir plus : ici

B. Les indicateurs de synthèse
1. L’indicateur de progrès véritable
L'indicateur de progrès véritable, IPV, (construit par des chercheurs américains) part du PIB corrigé des effets négatifs. Le PIB est
corrigé du coût de la pollution et de la destruction des ressources non renouvelables, mais aussi des inégalités de revenus, du coût
de la congestion urbaine et des déplacements quotidiens, du coût du chômage et de la diminution du temps de loisir; elle ajoute le
travail domestique. (Source : Alter éco)

Pour en savoir plus sur le site SES ENS Lyon : ici

2. L’indicateur de l’OCDE
L l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a présenté en 2011, une initiative visant à mesurer le
bien-être des habitants des pays riches en vue d'améliorer leur existence. Pour mieux appréhender les conditions de vie des
populations de ses 34 pays membres, l'organisation a lancé un indice baptisé "vivre mieux"accompagné d'un site Internet,
première traduction concrète du rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi.
L'OCDE a voulu "s'intéresser plus précisément aux gens en mesurant ce qui compte pour eux", détaille Martine Durand, directrice
des statistiques de l'organisation. Il ne s'agit pas, par exemple, de calculer les dépenses de santé effectuées par un gouvernement
mais d'évaluer l'efficacité d'un système de soins dans tel ou tel pays, a-t-elle souligné. L'indice de l'OCDE permet aux citoyens de
ses Etats membres de comparer leur bien-être à partir de onze critères :logement, revenu, travail, communauté, éducation,
environnement, gouvernance, santé, bien-être subjectif, sécurité, et conciliation travail-vie privée.
Afin de préserver les susceptibilités, l'OCDE ne livre pas son propre classement. Chaque utilisateur peut en revanche accorder aux
différentes critères u poids variable en fonction de ce qu'il juge le plus important pour son bien-être et découvrir les pays qui
arrivent alors en tête ou en queue de peloton. ( Source : Le Monde°
Pour en savoir plus :

Le calcul de cet indice sur le site de l’OCDE ; OCDE – Votre indicateur du vivre mieux
Deux articles du Monde : L'OCDE lance un indicateur du bien-être
L'OCDE affine son indicateur de la
richesse

3. L’indicateur de Progrès sociale (SPI)
L’intérêt du SPI est de mettre en perspective progrès social et croissance. Or, si les deux sont corrélés, il s’avère que la croissance
économique n’est pas forcément le moteur du progrès social. Ainsi, des pays au PIB similaire, comme la Suisse et la GrandeBretagne, le Costa Rica et l’Afrique du Sud ou le Ghana et le Nigeria ont des SPI différents.
Il apparaît que plus les pays s’enrichissent, moins les indicateurs du progrès social évoluent rapidement. “C’est parce que ces pays
doivent faire face à de nouveaux défis, les maux de l’affluenza tels que le développement durable ou l’obésité, des indicateurs pris
en compte dans le SPI”, explique Michael Green, à la tête du Social progress imperative, organisme qui promeut le progrès social.
L’enseignement à retenir de ce nouvel indice est que “le lien de causalité entre croissance économique et progrès social n’est pas
unilatéral; les deux sont interdépendants”, selon Michael Green. “Investir dans le bien-être de votre population peut être un moteur
de croissance économique. Le SPI casse le mythe selon lequel l’activité économique crée de la croissance et que tout ce qui est lié
au social coûte de l’argent.”
Les trois grands piliers de l’indice sont mesurés par des indicateurs axés sur les résultats. “Nous avons choisi de baser l’index sur
des résultats plutôt que sur l’évaluation des efforts des États. Il n’existe pas forcément de corrélation entre les dépenses de santé et
la qualité de la santé par exemple. Mesurer les dépenses ne fait pas toujours sens”, commente Michael Green.
Cet indicateur est pourtant critiqué par le forum pour d’autres indicateurs de richesse(FAIR) : G Thiry écrit ainsi :
« D’abord, le SPI ne prend pas en compte les inégalités et ne pose pas la question de la redistribution(…)
Par ailleurs, le SPI prend très peu et très mal en compte l’environnement. Sur les douze composantes, l’environnement n’apparaît
qu’une fois (…)
Autre problème que le FAIR identifie : le classement proposé selon le SPI est « politiquement correct ». Il est fortement corrélé au
classement par PIB. Les six premiers pays en tête du classement sont la Norvège, la Suède, la Suisse, l’Islande, la NouvelleZélande et le Canada. Ces pays sont parmi les onze premiers si l’on se réfère à un classement PIB(…)
Avec la dimension « opportunités », qui constitue un tiers de l’indicateur, le SPI s’inscrit aussi dans une logique libérale. Le
poids des libertés individuelles face à la non-prise en compte d’inégalités multiples démontre l’ancrage libéral de l’indicateur. »
Source : L'indicateur de progrès social ou les mirages d'un indicateur

4. L’indicateur d’épargne véritable ou épargne nette ajustée
L'épargne nette ajustée ou "épargne véritable" est un indicateur de soutenabilité mis au point par la Banque mondiale pour
exprimer la variation du capital économique, humain et naturel d'un pays à l'issue d'un cycle de production. A partir de la mesure
standard de l'épargne nationale brute, il procède à quatre types d'ajustements: déduction de la consommation de capital fixe, ajout
des investissements en capital humain (assimilés aux dépenses d'éducation), déduction de la baisse des stocks de ressources
naturelles consommées (énergie, minerais, forêts) et des dommages causés par la pollution (dont les émissions de CO 2).Un taux
d'épargne net ajusté négatif signifie un déclin de la richesse totale. C'est le cas des pays excessivement dépendants de l'exportation
de ressources non renouvelables. En revanche, presque tous les pays développés exhibent une épargne nette ajustée positive. En
effet, les différents types de capitaux sont considérés comme substituables: la croissance du capital économique ou humain peut
compenser la baisse du patrimoine naturel. Les dommages à l'environnement sont en outre faiblement valorisés dans la version
actuelle de cet indicateur. (Source : Alternatives économiques : ici )
Pour en savoir plus sur le site SES ENS Lyon : ici

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