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Introduction

La trésorerie d'une entreprise peut être analysée comme l'ensemble de ses


possibilités de paiement considéré par rapport à l'ensemble des engagements qu'elle
a contractés. La situation de trésorerie découle des conditions dans lesquelles
disponibilités et vont se présenter les unes par rapport aux autres dans le temps.
C’est ce qu'exprime la notion de solvabilité définie comme l'aptitude d'un agent
économique à faire face à ses dettes lorsque celles-ci viennent à échéance. La
gestion optimale de la trésorerie consiste à prévoir, contrôler et maîtriser la
dimension et la date des exigibilités et celles des disponibilités spontanées résultant
du fonctionnement de l'entreprise, et, à se procurer en temps voulu et au moindre
coût les disponibilités complémentaires qui sont éventuellement nécessaires.
Autrement dit la gestion optimale de la trésorerie a pour objectif d’assurer la liquidité
de la firme au moindre coût.

Le maintien de la liquidité du patrimoine est l'objectif de la « politique de trésorerie ».


Nous nous proposons de définir le contenu d'une telle politique. Pour cela il
conviendra d'abord de déterminer l'approche méthodologique du problème avant de
décrire les moyens d'actions et les conditions de la mise en oeuvre pour parvenir à
l’optimum de gestion.

Traditionnellement gérer la trésorerie d’une firme se résume aux deux activités


suivantes : - contrôler le niveau de l'encaisse, - et, maintenir la solvabilité.

Le contrôle du niveau de l'encaisse s'effectue à partir de l’étude du bilan. « Encaisse


» et « trésorerie » désignent la même réalité. La trésorerie s’analyse comme une
résultante de l'activité. Autrement dit, la trésorerie d'une entreprise à un moment
donné est la différence, à cette date, entre : -
son fonds de roulement qui est la part des capitaux permanents non absorbée par le
financement des valeurs immobilisées et donc disponibles pour financer les besoins
liés au cycle d'exploitation ;

- et ses besoins en fonds de roulement, c'est-à-dire liés au cycle d'exploitation.

Lorsqu’à une date déterminée le fonds de roulement est supérieur aux besoins en
fonds de roulement la trésorerie est positive. Au contraire, si le fonds de roulement
est insuffisant la trésorerie est négative. Le maintien de la solvabilité qui revient
à assurer le règlement des échéances résulte, quant à lui, de décisions financières à
court terme. Cette action se subdivise en deux volets :
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- d’une part, la détermination d'un niveau d'encaisse à conserver pour des motifs
de transaction, de précaution, de financement et de spéculation ;

- d’autre part, le choix du meilleur mode de financement des déficits de trésorerie


qui peuvent apparaître.

L'objectif de solvabilité serait facilement atteint si l'entreprise pouvait disposer d'une


large encaisse lui procurant une grande marge de sécurité. Or toute détention de
monnaie implique un coût : rentabilité et solvabilité apparaissent comme deux termes
antagoniques.

Il s'agira pour nous dans ce chapitre, de présenter la trésorerie dans une entreprise
en général, quant à sa prévision, ses sources de financement, sa gestion et son
analyse.

Chapitre 1 : Aperçu sur le cycle de trésorerie

Section 1 : Généralité sur la trésorerie

1. Notion de la trésorerie

La trésorerie est constituée des disponibilités dont dispose l'entreprise, qu'elles


soient en banques, en chèques postaux ou dans les caisses de l'entreprise. Elle
correspond à la différence entre les disponibilités et les concours bancaires qui lui
ont été accordés. La trésorerie est au centre de toutes les opérations menées par
l'entreprise, qu'elles concernent l'exploitation ou les autres activités. Elle est la
traduction en termes monétaires de toutes les décisions et opérations de
l'entreprise.1

Trésorerie nette = Caisse + Banque + VMP + Compte à terme (moins de 3


mois) 2

2. Le budget de trésorerie

2.1. Définition

Toute entreprise se doit, avant le début d'un exercice comptable, d'élaborer les budgets qui
sont des outils financiers qui permettent de traduire les objectifs de l'entreprise en chiffres et
de suivre son activité en rapprochant les prévisions (les budgets) à la réalité (les comptes).
Le budget de trésorerie est la synthèse de tous les autres budgets élaborés.

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Le budget de trésorerie est donc la transformation des charges et des produits de
tous les budgets en termes monétaires par les encaissements et les décaissements.
Le budget de trésorerie est généralement établi pour l'année par période mensuelle.

2.2. Élaboration du budget de trésorerie

Pour élaborer un budget de trésorerie, certaines informations sont strictement


nécessaires :

 Le bilan de l'exercice précédent.


 Les différents budgets approuvés de l'exercice en cours
 Les encaissements et les décaissements non courants, qui ne sont pas prévu
dans un budget précis.

Dans la pratique, le budget de trésorerie est précédé de trois budgets partiels :

- Le budget des encaissements.


- Le budget de TVA.
- Le budget des décaissements.

2.2.1. Le budget des encaissements

L'élaboration du budget des encaissements (ou recettes) prend en compte à leur


date de réalisation (ou d'encaissement) :

- Les créances du bilan d’ouverture.


- Les effets à recevoir du bilan d’ouverture.
- Les acomptes prévisionnels versés par certains clients.
- Le budget des ventes TTC.
- Les emprunts et les subventions.
- Les cessions d'immobilisations et des titres de placement.
- Les produits financiers.
- Les apports de capital en numéraire.
- Tout ce qui est susceptible d'entraîner une entrée d'argent.

2.2.2. Le budget de TVA

Le budget de TVA a pour objectif de déterminer la dette fiscale de l'entreprise ou sa


créance à l'égard du trésor.

TVA due du mois (M) = TVA collectée ou facturée (M)

- TVA déductible ou récupérable (M) - Crédit de TVA antérieur (M-1)

Si le montant est positif : dette vis-à-vis de l'Etat (TVA due).

Si le montant est négatif : créance vis-à-vis de l'Etat (Crédit de TVA) à déduire sur la
TVA à payer du mois suivant et les mois ultérieurs jusqu'à épuisement.
2.2.3. Le budget des décaissements

L'élaboration du budget des décaissements (ou dépenses) prend en compte à leur


date d'exigibilité (ou de décaissement) :

 Les dettes fournisseurs du bilan d’ouverture.


 Le budget de la TVA (TVA à payer).
 Les charges TTC budgétisées (approvisionnement, production, frais
généraux et autres charges).
 Les décaissements relatifs au budget d’investissement.
 Les autres décaissements à caractère financier à savoir le remboursement
des emprunts, les intérêts des emprunts, les dividendes à payer, l'octroi des
prêts.
 L’impôt sur les bénéfices.
 Les acquisitions d’immobilisation.
 Tout ce qui est susceptible d'entraîner une sortie d'argent.

2.2.4. Le budget de trésorerie

Le budget de trésorerie est déterminé à partir de la formule suivante :

Trésorerie finale = Trésorerie initiale + Encaissements – Décaissements

Au cas où le budget de trésorerie fait apparaître des soldes négatifs, il faut trouver
des solutions à ce besoin à court terme. On pourra donc :

- Soit mobiliser des créances avant terme.


- Soit renégocier les délais accordés par les fournisseurs et ceux accordés aux
clients.
- Soit négocier des découverts bancaires.

3. Les mouvements de la trésorerie

Les mouvements de la trésorerie sont essentiellement constitués des mouvements


de la banque et de la caisse. Ces mouvements peuvent venir selon leur nature en
augmentation ou en diminution des comptes respectifs.

3. Les mouvements débiteurs de la banque et de la caisse

a. Les mouvements débiteurs de la banque

1-1-1. Les remises de chèques à l'encaissement

Pour le règlement de sa facture, le client peut émettre un chèque à l'ordre de


l'entreprise. Il y a aussi les cas où le personnel émet un chèque à l'ordre de la
société pour les règlements de prêts.

Une fois en possession de ces documents de paiement, le trésorier procèdera au tri


des chèques par banque et au remplissage d'un bordereau de remise de chèque à
l'encaissement. Les bordereaux sont élaborés par chaque banque et l'entreprise n'a
qu'à les retirer. Les chèques, endossés (cachet indiquant la banque + numéro de
compte bancaire) devront être joints au bordereau puis convoyés à la banque pour
l'encaissement. Lorsque l'encaissement du chèque sera effectif, il recevra un avis de
crédit de la banque. Il est important pour le trésorier qu'il est une connexion internet,
ce qui lui permettra de consulter son compte directement, via le site web de la
banque.

1-1-2. Les effets de commerce

Les effets de commerce sont des titres qui matérialisent une créance. C'est un
contrat par lequel le débiteur s'engage à régler sa dette à une certaine date
(échéance). Ce sont la lettre de change et le billet à ordre.

a) Effets remis à l'encaissement

Le trésorier devra remplir le « bordereau de remise d'effets » et cocher la case


"encaissement". Puis endosser la traite en indiquant la banque et le numéro du
compte bancaire. Joindre la lettre de change et le bordereau de remise d’effets, et
les déposer à la banque pour l'encaissement au moins un mois avant la date
d’échéance. Lorsque l'effet est encaissé, notre banque nous envoie un "avis de
crédit".

b) Effets remis à l'escompte

Le trésorier peut, pour des raisons de déficit de trésorerie, vendre la lettre de


change à sa banque avant l'échéance, c'est-à-dire escompter l'effet. Ensuite il devra
remplir le « bordereau de remise à l'escompte » et cocher la case "escompte en
intérêts". Endosser la traite ainsi que joindre la lettre de change et le bordereau de
remise d'effets et les déposer à la banque pour l'escompte au moins un mois avant
la date d’échéance. Lorsque notre banque est d'accord après analyse, elle nous
envoie un "avis de crédit".

1-1-3. Les virements clients

Pour assurer une sécurité de transaction, le trésorier peut exiger des clients locaux
ou étrangers, les règlements des factures par ordre de virements.

1-1-4. Les emprunts et crédits bancaires

Lorsque l'entreprise a des déficits de trésorerie, elle peut avoir recours à des
emprunts bancaires, qui sont des dettes financières résultant de l'octroi de prêts
remboursables à terme qui participent, conjointement avec les capitaux propres, à la
couverture des besoins de financement durable de l'entreprise.

L'entreprise emprunte ces sommes importantes avec les banques avec qui elle est
en relation, c'est-à-dire où ses comptes sont domiciliés. Ce qui lui permet d'avoir
plus aisément ces prêts.

1-1-5. La conciliation des comptes bancaires


La conciliation des comptes n'est rien d'autres que l'état de rapprochement bancaire,
qui se fait chaque fin de mois. C'est un travail extracomptable qui permet d'expliquer
les différences entre le solde du compte « 5141 » et le solde du relevé bancaire. Le
trésorier dressera deux tableaux, généralement jumelés :

- un tableau appelé « La banque chez Nous : 5141 »

- un tableau appelé « Nous à la banque : relevé bancaire »

1-2. Les mouvements débiteurs de la caisse

1-2-1. Les approvisionnements de caisse

Pour le fonctionnement de l'entreprise, la caisse doit toujours être alimentée. Et pour


cela un chèque est émis par le trésorier pour l'approvisionnement de la caisse
lorsqu'elle tend vers la rupture de liquidités.

2- Les mouvements créditeurs de la banque et de la caisse

2-1. Les mouvements créditeurs de la banque

2-1-1. Les chèques émis

Pour le règlement de ses fournisseurs, des impôts, le reversement de la TVA, etc,


l'entreprise pourra émettre des chèques.

2-1-2. Les retours d'impayés

Ce sont les chèques ou les effets remis à la banque pour encaissement ou encore
les effets escomptés, mais qui à l'échéance n'ont pas donné lieu à un paiement.
Cela peut être dû à :

- une non-conformité de la signature ;

- une non concordance des montants en chiffre et en lettre ;

- un chèque sans provision ;

- une non solvabilité du client.

2-1-3. Les virements émis

Pour le règlement des factures des fournisseurs étrangers, le trésorier peut opter
pour les virements qui assurent une sécurité du règlement. Il y a aussi les virements
émis pour le paiement des salaires des employés disposant d'un compte bancaire.

2-1-4. Les frais bancaires


Ces frais sont engendrés par les prestations de services effectuées par la banque
au profit de l'entreprise et les remboursements de crédits octroyés. Ces frais
appelés agios sont constitués des intérêts et des commissions.

2-3. Les mouvements créditeurs de la caisse

Les mouvements de nature créditrice effectués par la caisse de l'entreprise se


résument aux dépenses engagées, généralement n'excédant pas un montant fixé
par l'entreprise. Nous avons principalement :

- les règlements en espèces des factures d'achat ou de prestation de services ;

- les règlements de salaires par billetage ;

- les avances sur salaire ;

- les frais de mission du personnel ;

- les sorties d'espèces contre remise de chèque par le personnel...

Section 2 : Gestion de la trésorerie

La gestion de trésorerie est l’ensemble de décisions et des moyens mis en œuvre


pour assurer au moindre coût le maintien de la trésorerie de l’entreprise. C’est
prendre aujourd’hui des décisions qui engagent l’entreprise pour demain.

1. Les objectifs de la gestion de trésorerie

 Améliorer la gestion opérationnelle en veillant à l’encaissement régulier des


clients; en payant ses dettes fournisseurs, ses salariés et les charges sociales
dans les délais.
 Prévenir les risques de cessation de paiement en mettant en œuvre les
moyens pour assurer la solvabilité de l’entreprise à court terme.
 Optimiser le résultat financier en assurant à l’entreprise l’utilisation optimale
des excédents de trésorerie et / ou en recherchant des moyens de
financement à moindre coût. diapo

2. Analyse de la trésorerie

Cette analyse est faite dans le but de déterminer la trésorerie nette et de faire les
commentaires qui s'imposent. Il est alors intéressant de faire cette analyse à partir
du bilan fonctionnel, préconisé par le plan comptable. Le bilan fonctionnel est
indiqué pour cela car il permet de mieux appréhender la structure du bilan
comptable par le classement des postes de celui-ci en cycles. Ce sont :

- le cycle des investissements : il concerne les immobilisations incorporelles,


corporelles et financières (quelles que soient leurs durées de vie), ainsi que les
charges à répartir sur plusieurs exercices et les primes de remboursement des
obligations ;

- le cycle de financement : il regroupe les postes de capitaux propres, des dettes


financières (quelles que soient leurs dates d'échéance) ainsi que les
amortissements et les provisions ;

- le cycle d'exploitation : étendue au sens large, elle reçoit tous les autres postes,
c'est-à-dire l'actif circulant, la trésorerie-actif, le passif circulant et la trésorerie-
passif.

Fonds de roulement

Définition

Le fonds de roulement correspond à l’ensemble des ressources mises à la disposition de l’entreprise pour une
durée assez longue par ses associés, des organismes de financement, des investisseurs ou crées grâce à
l’exploitation de son activité et qui sont destinées à financer, dans un premier temps, les investissements en
biens durables. L’excédent de fonds de roulement pourra éventuellement servir à financer le besoin en fonds
de roulement (BFR) généré par le cycle d’exploitation de l’entreprise.

Le fonds de roulement est un indicateur financier qui permet de vérifier un certain équilibre financier et
notamment que les actifs immobilisés soient financés par des ressources de long terme. Cette notion est
fondamentale et elle part d’un postulat très simple : un investissement à long terme doit être financé par une
ressource à long terme. En d’autres termes, l’investissement et son financement doivent avoir le même horizon.

Calcul
La détermination du fonds de roulement est assez simple en pratique. Il suffit de recenser et d’évaluer les
ressources stables ainsi que les emplois durables et de les soustraire. Voici la formule de calcul du fonds de
roulement :

Fonds de roulement (FRNG) = Capitaux permanents – Actifs immobilisés

Dans la pratique, on retrouve couramment la formule de calcul du fonds de roulement suivante :

Fonds de roulement (FRNG) = Ressources stables – Emplois durables

Avec ressources stables = capital social + réserves + résultat + comptes courants associés bloqués+ dettes
financières supérieures à un an + provisions pour risques et charges + amortissements

Et emplois durables = actif immobilisé brut

Calcul

Interpréter un FRNG positif

Un fonds de roulement est positif lorsque les ressources stables excédent les emplois durables. Dans ce cas,
les ressources stables financent en intégralité les emplois durables. L’excédent va financer le BFR (en totalité ou
partiellement) et le solde va contribuer à former la trésorerie nette de l’entreprise. Celle-ci dispose d’un « matelas
financier ».

Interpréter un FRNG nul


Un fonds de roulement est nul lorsque les ressources stables et les emplois durables sont égaux. Ici, les
ressources couvrent les emplois sans qu’un excédent ne soit généré. L’entreprise devra financer son BFR avec
un découvert bancaire par exemple.

Interpréter un FRNG négatif

C’est la situation la plus critique pour l’entreprise : les investissements durables ne sont pas intégralement financés
par des ressources de la même nature. La structure des financements est déséquilibrée et, si le BFR ne se traduit
pas par une ressource en fonds de roulement, cela impacte la trésorerie nette et la solvabilité de l’entreprise.

Besoin en fonds de roulement

Définition,

Le besoin en fonds de roulement (BFR) représente le montant qu’une entreprise doit financer afin couvrir le
besoin résultant des décalages des flux de trésorerie correspondant aux décaissements (dépenses) et aux
encaissements (recettes) liés à son activité.

Le BFR trouve sa justification dans un principe très simple :

 Une créance, bien qu’acquise et certaine, n’est généralement pas réglée tout de suite par le client ;
 Un stock n’est pas vendu immédiatement et les articles restent en stocks pendant une durée plus ou moins longue
avant d’être vendus.

Ces différents décalages vont générer un besoin financier pour l’entreprise qui devra être financé, soit par le délai
de règlement négocié auprès des fournisseurs, soit par le fonds de roulement, soit par la trésorerie.

Calcul
Le BFR est obtenu grâce aux données figurant dans le bilan comptable. Il représente la différence entre l’actif
circulant et le passif circulant :

BFR = Actif circulant – Passif circulant

Dans la formule de calcul complète, le BFR est constitué par le montant des créances clients, augmenté du
montant des stocks et diminué du montant des dettes fournisseur. Voici comment calculer un BFR :

BFR = Encours moyen des créances clients + Stocks moyens – Encours moyen des dettes fournisseurs

Si le montant obtenu par ce calcul est négatif, le BFR représente une ressource pour l’entreprise ; on parle d’ailleurs
de ressource en fonds de roulement. C’est notamment le cas de la restauration ou de la grande distribution (ces
entreprises encaissent généralement au comptant leurs ventes et règlent leur fournisseur à l’issue d’un délai de
règlement).

Comment interpréter son BFR ?

Interpréter un BFR positif

Lorsque le BFR est supérieur à 0, les emplois d’exploitation sont supérieurs aux ressources de la même
nature. l’entreprise doit alors financer ses besoins à court terme soit par son fonds de roulement soit par des
dettes financières à court terme (concours bancaires courants c’est-à-dire des découverts bancaires),

Interpréter un BFR nul

Lorsque le BFR est égal à 0, les ressources d’exploitation permettent de couvrir les emplois en intégralité.
L’entreprise n’a aucun besoin à financer mais elle ne dispose d’aucun excédent financier.
Interpréter un BFR négatif

Lorsque le BFR est inférieur à 0, les emplois sont inférieurs aux ressources. Aucun besoin financier n’est généré
par l’activité et l’excédent de ressources dégagé va permettre d’alimenter la trésorerie nette de l’entreprise.

La trésorerie nette

Définition

La trésorerie nette est l’ensemble des sommes d’argent mobilisables à court terme (on parle d’ailleurs de
disponibilités à vue). Elle est un indicateur de santé financière d’une entreprise puisqu’elle vérifie l’équilibre (ou
l’absence d’équilibre) de sa structure financière.

Lien avec le besoin en fonds de roulement et le fonds de roulement

La trésorerie nette est étroitement liée à deux notions fondamentales qui sont le fonds de roulement net
global et le besoin en fonds de roulement. Tous ces indicateurs se calculent depuis un état financier
particulier : le bilan comptable.

Calcul
D’un point de vue financier, la trésorerie nette est perçue comme un reliquat et plus précisément le résultat de la
différence entre le fonds de roulement net global et le besoin en fonds de roulement. Voici donc la formule
de calcul de trésorerie nette la plus utilisée en pratique (c’est l’approche par le haut du bilan du comptable) :

Trésorerie nette = fonds de roulement – besoin en fonds de roulement

Elle peut toutefois être calculée directement à partir du bas du bilan comptable, selon la formule suivante :

Trésorerie nette = disponibilités – dettes financières à court terme

Les disponibilités représentent l’ensemble des postes d’actifs monétaires du bilan mobilisables à court terme. Les
principaux sont les avoirs détenus en banque (compte créditeur chez l’établissement bancaire) ainsi que les
sommes présentes en caisse et les valeurs mobilières de placement (VMP).

Les dettes financières à court terme sont généralement constituées des concours bancaires courants, ou autrement
dit des découverts bancaires et des comptes courants d’associés lorsqu’ils sont remboursables à tout moment.

Comment interpréter sa trésorerie nette ?

La trésorerie nette est positive

Lorsque le montant de la trésorerie nette est supérieur à 0, les ressources d’une entreprise permettent de couvrir
l’intégralité de ses besoins. La situation financière de l’entreprise semble saine étant donné qu’elle se trouve en
mesure de financer des dépenses nouvelles sans avoir recours à un mode de financement externe (emprunt par
exemple). Elle dispose donc de liquidités mobilisables à court terme mais cette bonne nouvelle doit être relativisée.
En effet, elle peut être le résultat d’une politique de cession de l’appareil productif ou d’un déficit d’investissement
pouvant causer des difficultés ultérieurement.

La trésorerie nette est nulle

Dans ce cas, les ressources viennent couvrir les besoins intégralement. L’entreprise ne dispose d’aucune marge
de manœuvre bien que sa situation financière soit à l’équilibre. Le fonds de roulement finance le BFR à
l’identique et toute augmentation de ce dernier (allongement du délai de paiement des clients, diminution du délai
de règlement des fournisseurs, augmentation du délai de rotation des stocks) conduira l’entreprise à rencontrer des
difficultés de trésorerie.

La trésorerie nette est négative

L’entreprise ne dispose pas des ressources suffisantes pour faire face à ses besoins. Sa situation financière est
déficitaire et elle doit absolument avoir recours à des modes de financements à court terme pour pallier cette
situation (découvert bancaire). Cette situation ne peut être que temporaire et représente un réel danger pour
l’entreprise si elle devient structurelle : elle laisse présager un risque de faillite.

Les excédents et les déficits de trésorerie

A la fin de l'exercice comptable, le trésorier détermine l'excédent ou le déficit de


trésorerie. Nous présenterons donc dans ce paragraphe les décisions que
l'entreprise pourrait prendre, quant à la gestion de ses excédents ou déficits.

1- Excédents de trésorerie

L'ETE (l'Excédent de Trésorerie d'Exploitation) représente la trésorerie gagnée (ou


perdue) par l'entreprise, au cours de l'exercice, du seul fait de ses opérations
d'exploitation.

ETE = Encaissements sur ventes

- Décaissements sur ventes

- Décaissements sur autres charges d'exploitation - Règlements TVA à décaisser

Plus l'ETE est important, plus la rentabilité de l'exploitation et le potentiel de


l'autofinancement sont grands. Il est donc nécessaire de les contrôler régulièrement.

L'entreprise pourra opter pour un dépôt à terme (D.A.T), qui est le blocage d'un fonds
dans un compte bancaire moyennant rémunération à un taux consentis pour une
période déterminée.

2- Déficits de trésorerie

Le déficit de trésorerie signifie que l'ETE est négatif, ce qui veut dire que
l'exploitation consomme de la trésorerie au lieu d'en dégager : les encaissements
sont inférieurs aux décaissements, ce qui se traduit par une rentabilité insuffisante.
Lorsque les cas de déficit de trésorerie se présente, le trésorier pourra faire appel à
des financements bancaires à court ou long terme, tels que les découverts et les
emprunts. Les emprunts sont essentiellement destinés à couvrir les insuffisances de
trésorerie pour les investissements.
Budget de trésorerie

Trouver des solutions adaptés


Identifier les points forts et les points faibles

1. Les sources de financement de la trésorerie

Pour le fonctionnement de l'entreprise, elle doit avoir des sources de financement de


sa trésorerie. Ce financement peut s'opérer, soit à partir des ressources générées
par les activités de l'entreprise : ce sont les financements internes, soit par le
financement des activités de l'entreprise par des ressources d'origines externes : ce
sont les financements externes.

1- Le financement interne

1-1. Les ventes au comptant

Les ventes au comptant obligent le client à effectuer le règlement de la facture avant


la livraison des marchandises. Les règlements pourront être effectués par
versements d'espèces ou par virements bancaires et le reçu de versement remis par
la caisse où l'avis de virement remis par la banque devra être présenté au
gestionnaire de stocks afin de faire la livraison des marchandises au client.

Les ventes au comptant sont très importantes et avantageuses pour le


fonctionnement de l'entreprise parce qu'elles permettent de disposer de liquidités
immédiates.

1-2. Les ventes à terme

Les ventes à terme (ou à crédit) permettent au client de disposer de la marchandise


et de régler à une date déterminée. Elles se font généralement pour les montants
importants. A la réception du bon de commande du client, la facture client est établie
avec la date de règlement de la facture spécifiée dessus, puis la commande est
livrée. La durée de crédit est déterminée par l'entreprise.

Pour bénéficier de la vente à terme, concernant les clients étrangers, l'entreprise


devra exiger du client une lettre de crédit ou un crédit documentaire, communément
appelé « CREDOC » qui est l'opération par laquelle la banque du client s'engage sur
ordre et pour le compte de celui-ci à nous régler dans un délai déterminé, via notre
banque, un montant déterminé contre la remise de documents strictement
conformes justifiant la valeur et l'expédition des marchandises.
Le crédit documentaire est aujourd'hui très utilisé pour sécuriser les transactions de
commerce international.

Notons aussi qu'à la vente, une partie du montant peut être réglée au comptant,
appelé avance ou acompte, et le reste à crédit. Ces éléments étant mentionnés sur
la facture client. Cette méthode est beaucoup utilisée.

Les ventes à terme font l'objet d'un suivi très rigoureux compte tenu de l'importance
de la valeur des crédits.

2- Le financement externe

2-1. Les emprunts bancaires (long terme)

Lorsque l'entreprise a des déficits de trésorerie, elle peut avoir recours à des
emprunts bancaires, qui sont des dettes financières résultant de l'octroi de prêts
remboursables à terme qui participent, conjointement avec les capitaux propres, à la
couverture des besoins de financement durable de l'entreprise.

L'entreprise emprunte ces sommes importantes avec les banques avec qui elle est
en relation, c'est-à-dire où ses comptes sont domiciliés. Ce qui lui permet d'avoir
plus aisément ces prêts.

2-2. Les contrats de leasing (crédit-bail)

Pour le financement de ses investissements, l'entreprise peut avoir recours à des


contrats de leasing ou encore appelé contrat de crédit-bail avec sa banque ou
d'autres établissements spécialisés, lorsqu'elle est en déficit de trésorerie.

Le contrat de crédit-bail est un contrat de location de biens immobiliers ou mobiliers


comportant pour le locataire la faculté d'acquérir le bien concerné, contre paiement
d'un prix convenu (levée d'option) en fin de contrat.

2-3. Les crédits bancaires (court terme)

Encore appelés « crédits courants » ou « crédit d'exploitation » ou encore « crédits


de fonctionnement », les crédits bancaires à court terme ont pour objet d'assurer
l'équilibre de la trésorerie de l'entreprise. Ils servent, par exemple, à faire face aux
règlements des fournisseurs et aux dépenses courantes de l'entreprise (salaires,
frais de mission, etc.).

Les crédits bancaires que nous présentons sont les escomptes d'effets et les
découverts bancaires, mais il existe plusieurs autres crédits bancaires.

L'escompte d'effet : c'est l'opération par laquelle le banquier met à la disposition


d'une entreprise le montant d'un effet de commerce (lettre de change, billet à ordre),
sous déduction des agios.

Le découvert bancaire : on appelle découvert le solde débiteur d'un compte bancaire


au niveau de la banque. En général, le banquier fixe un plafond (montant maximum
débiteur) selon la taille, le chiffre d'affaires de l'entreprise et la situation financière.
En d'autres termes, la banque donne la possibilité pour l'entreprise d'effectuer des
dépenses à partir de son compte bancaire non provisionné, jusqu'à un certain
plafond. Il présente l'avantage d'avoir un crédit ne donnant lieu au paiement
d'intérêts que sur les utilisations réelles. Toutefois, au taux du découvert s'ajoutent,
lors de l'arrêté du compte de l'entreprise, la "commission de découvert" et la
"commission de mouvement", qui accroissent considérablement le coût de cette
forme de crédit, dont le taux d'intérêt est toujours supérieur à celui de l'escompte.

2-4. Les avances de fonds

Lorsque l'entreprise fait partie d'un groupe, elle peut bénéficier des crédits à
l'intérieur du groupe. Aussi, lorsqu'elle est en difficulté de trésorerie, elle peut se
faire régler une facture d'un fournisseur quelconque par une entreprise du groupe.
Et une note de débit est adressée à l'entreprise, pour le remboursement du montant
de la facture qui se fait sans intérêt ou à un taux d'intérêt faible.

I - LE BUDGET DE TRÉSORERIE

1- Définition

2- Élaboration du budget de trésorerie

2-1. Le budget des encaissements

2-2. Le budget de TVA

2-3. Le budget des décaissements

2-4. Le budget de trésorerie

II - LES SOURCES DE FINANCEMENT DE LA TRÉSORERIE

1- Le financement interne

1-1. Les ventes au comptant

1-2. Les ventes à terme

2- Le financement externe

2-1. Les emprunts bancaires (long terme)

2-2. Les contrats de leasing (crédit-bail)


2-3. Les crédits bancaires (court terme)

2-4. Les avances de fonds

III - LES MOUVEMENTS DE LA TRÉSORERIE

1- Les mouvements débiteurs de la banque et de la caisse

1-1. Les mouvements débiteurs de la banque

1-1-1. Les remises de chèques à l'encaissement

1-1-2. Les effets de commerce

a) Effets remis à l'encaissement

b) Effets remis à l'escompte

1-1-3. Les virements clients

1-1-4. Les emprunts et crédits bancaires

1-1-5. La conciliation des comptes bancaires

1-2. Les mouvements débiteurs de la caisse

1-2-1. Les approvisionnements de caisse

2- Les mouvements créditeurs de la banque et de la caisse

2-1. Les mouvements créditeurs de la banque

2-1-1. Les chèques émis

2-1-2. Les retours d'impayés

2-1-3. Les virements émis

2-1-4. Les frais bancaires

2-1-5. Les remboursements d'emprunts et crédits bancaires

2-3. Les mouvements créditeurs de la caisse

IV - LES EXCÉDENTS ET LES DÉFICITS DE TRÉSORERIE

1- Excédents de trésorerie

2- Déficits de trésorerie
V - ANALYSE DE LA TRÉSORERIE

1- Le Fond de Roulement Net (FRN)

2- Le Besoin de Financement Global (BFG)

3- La Trésorerie Nette (TN)