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ETHNOLOGIE

DE LA FRANCE
CATALOGUE 2017

ETHNOLOGIE DE LA FRANCE • CATALOGUE 2017


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75006 Paris

Catalogue arrêté au 15 juin 2017


Maquette & illustration Cixous / Dumont
ETHNOLOGIE
DE LA FRANCE

CATALOGUE 2017
SOMMAIRE

4 Introduction

5 Collection « Ethnologie de la France »

47 Collection « Cahiers d’ethnologie de la France »

78 Comité de lecture

79 Proposition de manuscrits

79 Commercialisation et diffusion
INTRODUCTION

C
réées en 1983 par la Mission du patrimoine ethno-
logique du ministère de la Culture, les collections
« Ethnologie de la France » et « Cahiers d’ethnologie
de la France » sont éditées par les Éditions de la Maison des
sciences de l’homme en partenariat avec le département
du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique
(DPRPS, direction générale des Patrimoines, ministère de
la Culture).
Collections de référence pour la discipline, elles rassemblent
des études sur l’ethnologie de la France, sans s’interdire des
regards comparatifs, ainsi que des travaux, plus réflexifs, sur
la culture, le patrimoine et les politiques qui s’y rattachent.
Elles interrogent toutes deux la France comme terrain ethno-
graphique, dans sa diversité culturelle et sa dynamique
historique, et comme espace d’élaboration d’une anthro-
pologie générale, à vocation universaliste, renouvelant des
thèmes classiques de la discipline.
La collection « Ethnologie de la France » réunit des mono-
graphies présentant des études de terrain sur des sujets
susceptibles d’intéresser un large public tout en constituant
une avancée pour la discipline.
Les « Cahiers d’ethnologie de la France » sont des ouvrages
collectifs d’approche pluridisciplinaire proposant la synthèse
de programmes de recherche thématiques, de colloques ou
de séminaires sur les pratiques et les usages de la culture et
du patrimoine dans la société contemporaine •

4
COLLECTION
« ETHNOLOGIE DE LA FRANCE »
LE TRIANGLE DU XIVe
Des nouveaux habitants dans un vieux quartier de Paris
Sabine Chalvon-Demersay
Préface de Howard Becker

Qui sont les habi- Par le relevé de menus détails de la vie


tants du Triangle quotidienne, Sabine Chalvon-Demersay
Daguerre ? Ethno- fait apparaître, dans cette œuvre pionnière
logue dans la ville, pour la compréhension des modes de vie
Sabine Chalvon- urbains, les processus qui gouvernent les
Demersay nous transformations des quartiers et des villes.
introduit dans un Rarement l’authenticité des images et le
quartier de Paris apparemment banal. bonheur des mots ont été aussi étroitement
Elle y découvre un lieu en pleine trans- associés à la pertinence de la description
formation, investi par une population ethnographique d’un quartier et de l’ana-
nouvelle, elle observe ces nouveaux venus lyse sociologique d’un mode de vie.
dans la mise en scène de leur vie quoti-
dienne, dans leurs relations aux autres Sabine Chalvon-Demersay, directrice
et à eux-mêmes. Elle les saisit dans les d’études (EHESS / CNRS), a notamment publié
cafés et les boutiques, dans les réunions Concubin, concubine (Éditions du Seuil, 1983),
de copropriétaires et les jardins publics, Drôles de stars. La télévision des animateurs
elle déchiffre leurs réseaux de convivialité, (avec Dominique Pasquier, Aubier, 1990) et
de solidarité et d’économie souterraine. Mille Scénarios. Une enquête sur l’imagination
Elle s’interroge enfin sur le modèle cultu- en temps de crise (Métailié, 1994).
rel – alternative ou illusion d’alternative –
dont ils sont porteurs et éventuellement
créateurs.

EX TR AITS DE PRESSE « Un quartier de Paris peut-il être


« On ne peut que se réjouir de la réédition pris comme modèle d’une culture
de ce petit bijou ethnographique qui porte alternative ? Les pionniers qui ont
sur cet arrondissement de Paris investi le XIVe arrondissement de Paris,
qui se transforme à la fin des années 70 particulièrement la rue Daguerre et ses
avec l’arrivée d’une nouvelle population alentours, sont pris ici comme initiateurs
soucieuse d’y trouver une “vraie vie”. d’un “village” particulier qui, à travers
Le grand sociologue américain Howard les réseaux de convivialité, ont valorisé
Becker, qui le préface, insiste avec justesse le quartier. Ces jeunes, professionnels
sur l’humour dont sont empreintes ces pages. de la parole et de l’écriture, auront préparé
Une promenade à travers les métamorphoses le terrain et seront remplacés par des
d’un Paris bigarré et marginal à découvrir. » habitants plus fortunés. Quinze ans après,
Le Monde de l’éducation, juillet-août 1999. la réédition de cette étude d’une ethnologue
dans la ville permet de percevoir les
9 782735 108206

processus qui influencent durablement les


transformations des quartiers et des villes. »
Cultures en mouvement, mars 1999.

6 N° 1 1984, RÉÉDITION 1998, 177 PAGES, 15 X 23 CM 15 € ISBN 978-2-7351- 0820-6


LA TRANSMISSION DES SAVOIRS
Geneviève Delbos & Paul Jorion

Prenant prétexte Le mérite essentiel de cet ouvrage réside


de leurs recherches sans doute dans la synthèse réussie qu’il
sur les populations opère entre le sociologique et le psycho-
côtières de la Bre- logique, les révélant chacun comme l’un
tagne méridionale des éclairages portés sur la machinerie
et sur les métiers complexe du renouvellement des géné-
de la petite pêche, rations. On découvrira ainsi comment la
de la saliculture et de la conchyliculture, reconstitution du savoir dans l’expérience
les auteurs, Geneviève Delbos, sociologue privée de chaque producteur explique à
rurale, et Paul Jorion, anthropologue, la fois les stratégies démographiques des
se livrent à une ample réflexion sur la communautés paysannes et l’équilibre
transmission des savoirs empiriques, mais délicat qui préside à leur reproduction.
aussi scientifiques et scolaires. Dans ces
activités où le métier s’acquiert sur le tas Geneviève Delbos est chargée de recherche
au sein de l’environnement familial, ce au CNRS, à l’Institut interdisciplinaire
n’est pas tant du savoir qui se transmet, d’anthropologie du contemporain (IIAC),
mais du travail. Aujourd’hui, l’apprentis- Centre Edgar-Morin.
sage se double d’un enseignement scolaire. Paul Jorion, diplômé en sociologie et en
La pratique s’en trouve-t-elle améliorée ?
anthropologie sociale, est professeur associé
Et, sinon, ne faut-il pas chercher la raison
des facultés de l’université catholique de Lille.
de cet échec dans le rapport ambigu que le
savoir scolaire entretient avec la science ?
Il a enseigné aux universités de Bruxelles,
Le savoir empirique ne se transmet Cambridge, Paris-VIII et à l’université
pas : il se reconstitue à chaque génération. de Californie (Irvine). Il a également été
Les auteurs mettent en évidence le méca- fonctionnaire des Nations Unies (FAO).
nisme complexe par lequel une expérience Il a publié par ailleurs Les Pêcheurs d’Houat.
privée se bâtit, tendant vers une maîtrise Anthropologie économique (Hermann, 1983),
imaginaire, et confortée à chacune de ses Principes des systèmes intelligents (Masson,
étapes par la reconnaissance accordée à 1990), Vers la crise du capitalisme américain ?
l’ouvrage bien faite. Savoir approprié à (La Découverte, 2007) et Penser tout haut
son objet, le savoir empirique n’en est l’économie avec Keynes (Odile Jacob, 2015).
pas moins essentiellement humain, et à
ce titre soumis aux distorsions que lui
imprime le champ de l’espoir.

EX TR AIT DE PRESSE professionnels, Geneviève Delbos et Paul


« Confrontant les connaissances que l’on peut Jorion se livrent à une analyse des deux types
acquérir dans les écoles d’apprentissage de savoir – avant et empirique – et leur mode
maritime et celles qui relèvent d’une de transmission. »
familiarisation vécue au contact des Le Monde de l’éducation, juin 1992.

N° 2 1984, RÉIMPRESSIONS 1990, 2009, 310 PAGES, 15 X 23 CM 18 € ISBN 978-2-7351-0417-8 7


LES FRUITS DE LA VIGNE
Représentations de l’environnement naturel en Languedoc
Christiane Amiel

L’image du vi- affectionnent ce proche terroir, habiter


gnoble languedo- enfin le maset ou le granjot qui, au cœur
cien, mer de ceps des rangées, est comme une « maison du
déferlant à l’infini, dehors ». Mais en passant par la diversité de
est une création ces usages apparemment mineurs et par la
récente, née de profusion des mots et des discours qui les
l’impérieux essor disent et les commentent, Christiane Amiel
de la fin du XIXe siècle. Cependant, permet de véritablement comprendre
jusqu’au sein d’une monoculture qui l’importance culturelle de la vigne.
uniformise paysages et façons de travail,
persistent, résistent et s’affirment de tout Christiane Amiel, ethnologue, chercheuse
autres rapports à cet espace partagé. associée au Lahic (CNRS / EHESS), chercheur
Christiane Amiel a pris le parti original à l’ethnopôle Garae, a consacré plusieurs
de s’arrêter à des pratiques qui, à première études aux représentations du monde naturel,
vue, ne portent pas sur l’essentiel : planter à son imaginaire et aux rituels qui en sont
entre les ceps des légumes ou des arbres issus. Elle a publié avec Claudine Fabre-
fruitiers, cueillir des plantes sauvages qui Vassas et Giordana Charuty Jours de vigne.
poussent dans les sillons et sur les talus, Les femmes des pays viticoles racontent
chasser les animaux si divers – du renard le travail (Atelier du Gué, 1981).
à la grive en passant par l’escargot – qui

EX TR AITS DE PRESSE « Les nombreux dessins et photographies qui


« Après avoir lu ce livre, le regard qui illustrent chaque chapitre, les témoignages
se posait, un peu lassé, sur l’immense savoureux des vieux paysans, les dictons
déroulement du vignoble y discernera et proverbes populaires qui émaillent les
le foisonnement de la vie, la multitude. propos de l’auteur, la clarté et la concision
Texte véritablement inspiré, qui nous du style rendent particulièrement agréable la
rappelle ce que l’on oublie de voir, et que lecture instructive de cet ouvrage. Quant aux
voyaient si bien nos devanciers pour qui amoureux de la Nature et aux partisans du
la Nature était une réserve inépuisable, “retour à la terre” loin des villes tentaculaires,
ce qu’elle est encore, malgré tout. » ils en feront longtemps, croyez-moi, leur
Connaissance du pays d’Oc, décembre 1985. livre de chevet. »
Conflent, 1985.

8 N° 3 1985, 134 PAGES, 15 X 23 CM ÉPUISÉ ISBN 978-2-7351-0128-3


ENTRE CHIEN ET LOUP
Faits et dits de chasse dans la France de l’Est
Bertrand Hell

D’un bout à l’autre Fruit d’une minutieuse observation ethno-


des Vosges, les graphique menée durant quatre années
chasseurs pour- dans les trois départements de la France
suivent en une de l’Est soumis depuis 1991 au droit local
quête passionnée de chasse, cet ouvrage restitue la cohérence
l’animal gibier. présente et l’actualité des représentations
Une voie étroite, d’une pensée ordonnatrice, pensée vivante
parfois dangereuse, mène le chasseur du tissant la trame dans laquelle s’inscrit toute
domestique au sauvage, entre chien et loup. l’organisation cynégétique.
Oscillant entre les deux pôles, marqué par
une fièvre singulière, le chasseur se voit Bertrand Hell est un anthropologue
assigner un statut particulier et s’inscrit et ethnologue français spécialiste du
dès lors en marge du groupe social. chamanisme et de la possession. Il occupe
Faits et dits de chasse témoignent d’une la chaire d’ethnologie de l’université de
même perception de l’acte cynégétique : Franche-Comté depuis 1994. Il est notamment
techniques de chasse et vision symbo- auteur de Le Sang noir. Chasse et mythe
lique de l’espace sauvage se répondent et du Sauvage en Europe (Flammarion, 1994),
renvoient à un système plus général. De Possession et Chamanisme. Les maîtres
la légitimité de l’accès au sauvage à la du désordre (Flammarion, 1999),
parenté élective, fondement de la confrérie Le Tourbillon des génies. Au Maroc avec les
des chasseurs, de l’exclusion des femmes Gnawa (Flammarion, 2002), Soigner les âmes.
aux résonnances anthropomorphiques de L’invisible dans la psychothérapie et la cure
la poursuite de l’animal, et tout particuliè- chamanique (avec Édouard Collot, Dunod, 2011).
rement du cerf, c’est autour du Jagdfieber,
la fièvre de la chasse, et d’un véritable sys-
tème de représentation s’articulant autour
du sang sauvage que s’ordonnent les pra-
tiques quotidiennes des gens de chasse.

EX TR AITS DE PRESSE « C’est en privilégiant le “regard intérieur”


« Nonobstant les considérations analytiques, des seuls vrais chasseurs, des authentiques
les simples faits relatés suffisent à capter Nemrod que Bertrand Hell, exploitant
l’attention. » finement les données de l’enquête
Technique & Sociétés, 1987. ethnographique, a conduit avec le plus
de succès et de maîtrise sa recherche. »
« Si on me demandait d’indiquer un ouvrage
L’Homme, 1987.
qui, au travers d’une étude de terrain,
reflète exactement la conception que j’ai de
l’ethnologie, j’indiquerais sans hésiter la belle
étude que Bertrand Hell consacre à la chasse
et aux chasseurs en Alsace et en Lorraine. »
Revue des sciences sociales, 1987.

N° 4 1985, 240 PAGES, 15 X 23 CM ÉPUISÉ ISBN 978-2-7351-0148-1 9


LA FOI DES CHARBONNIERS
Les mineurs dans la Bataille du charbon 1945-1947
Évelyne Desbois, Yves Jeanneau & Bruno Mattéi

Entre 1945 et En retrouvant les faits recouverts par les


1947, deux années légendes et l’imagerie, les auteurs remuent
lourdes d’effets les cendres de l’histoire et exhument mur-
historiques et mures enfouis et révoltes oubliées.
sociaux : la corpo-
ration minière Évelyne Dubois est chercheuse au Centre
atteint son apogée de recherche interdisciplinaire sur
et commence son déclin. Trois regards les transformations sociales (CNRS).
croisés, complémentaires, portés sur un Yves Janneau est producteur et réalisateur
même objet, cette Bataille du charbon de films documentaires, dont trois ont été
dont on ne sait plus grand-chose, même
tournés dans le bassin minier Nord-Pas-de-
du côté des terrils du Nord.
Calais : Ahu ! Ahu ! La fin des mineurs du Nord,
Face au trou noir laissé dans les mé-
moires par cet épisode productiviste
Le Cirque sang et or, Peau neuve pour
– amnésie collective remarquable –, cette le pays noir.
recherche soulève des questions icono- Bruno Mattéi, professeur honoraire
clastes, convoque des témoins, acteurs de philosophie à Lille, a été rédacteur à la
ou spectateurs de l’époque, confronte revue Autogestion, et plus récemment auteur
reconstitutions individuelles et documents
de l’ouvrage La fraternité, est-ce possible ?
d’archives. Cette période n’avait jamais
(Louis Audibert, 2003).
fait l’objet d’une étude systématique.

EX TR AIT DE PRESSE écrit pour lui, subit l’histoire au moment où


« En utilisant les documents d’archives pourtant, la nationalisation, le nouveau statut
(photographies, dessins, films, affiches, du mineur semblait le faire entrer dans
rapports, journaux, etc.) et les mémoires des une ère nouvelle, combler ses vieux rêves
acteurs principaux, les auteurs restituent (“la mine aux mineurs”). La nationalisation
de façon très convaincante l’identité sociale ne fut, dans les faits, que la monnaie d’échange
et culturelle du mineur du Nord. À travers du productivisme. Belle étude, jamais grinçante,
l’analyse des deux années cruciales de qui permet de comprendre aussi bien
la Bataille du charbon (1945-1947), ils les mineurs que les politiques qui, poursuivant
montrent comment s’est formé, à la fois des enjeux certes capitaux, les vouèrent
par imposition (rôle du Parti communiste à des vies amères, très difficiles, marquées par
alors au gouvernement et de la CGT), et par la maladie, l’accident, la mort précoce,
intériorisation, le personnage mythique les laissant sans stratégie, sans perspectives,
du mineur, l’“homme charbon” qui, ni pour eux, ni pour leurs enfants. »
9 782735 101283

dramatiquement enfermé dans un rôle Revue française de sciences politiques, 1987.

10 N° 5 1986, 194 PAGES, 15 X 23 CM 17 € ISBN 978-2-7351-0160-3


L’HERBE QUI RENOUVELLE
Un aspect de la médecine traditionnelle en Haute-Provence
Pierre Lieutaghi
Préface de Marc Piault, avant-propos de Françoise Loux

Herbes de cure al- connue en dépit des célébrations


liées aux cycles sai- annuelles. C’est à partir de sa passion de
sonniers, feuilles naturaliste que Pierre Lieutaghi en est
amères, fleurs venu aux savoirs traditionnels. Chemin
« qui font transpi- du végétal vers l’homme, inhabituel pour
rer », « purges » non les anthropologues mais qui lui a permis
laxatives, salades de retrouver le fil des profonds rapports
des champs qui nettoient des « crasses » entre les hommes, les plantes et le cosmos.
de l’hiver, les dépuratifs ne séparent pas
l’aliment du remède, s’adressent davantage Pierre Lieutaghi, ethnobotaniste, lauréat
à des « états du corps » qu’à des maladies de l’Académie des sciences, est attaché au
précises. Mais où sont ici les limites de la Muséum national d’histoire naturelle de Paris
médecine populaire ? Ne trouve-t-on pas et à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne
aussi des dizaines de remèdes dépuratifs et comparative d’Aix-en-Provence. En 1987,
en pharmacie ? il a créé pour le prieuré Notre-Dame de
Archaïsme médical déjà combattu voici Salagon (Mane, Alpes-de-Haute-Provence),
deux siècles, dès l’apparition du terme, le un jardin ethnobotanique, conservatoire
« dépuratif », entendu à la fois sur les modes des plantes et des herbes en usage depuis
botanique, historique et symbolique, sus- des siècles. Ce jardin fait désormais partie
cite de multiples échos. Dans nos contrées, du musée de Salagon. Il a publié, entre autres,
ne conserverait-il pas trace au cours des Le Livre des arbres (1969), L’Environnement
temps d’une rencontre particulière avec la végétal. Flore, végétation et civilisation
plante-remède, d’une perception et d’un (Delachaux & Niestlé, 1972), Simples mercis.
usage du monde où nos politiques de santé
Des ex-voto végétaux (Thierry Magnier, 2012),
pourraient trouver à réfléchir ?
Petite Ethnobotanique méditerranéenne
Cet ouvrage montre l’intérêt d’une
(Actes Sud, 2006).
analyse approfondie de cette « médecine
populaire par les plantes », bien mal

EX TR AIT DE PRESSE
« Outre l’impeccable et vivante minutie de
son ethnographie, ce livre rompt avec la
vieille idée qu’il s’agit là d’une pharmacopée
empirique et éclatée. Ainsi la perspective
s’ouvre sur la très longue durée et advient
alors la question de l’origine et de l’histoire
9 782735 101818

de ces savoirs botaniques populaires. […]


Beau livre, aussi savant que savoureux. »
Libération, 30 juillet 1987.

N° 6 1986, 374 PAGES, 15 X 23 CM 28 € ISBN 978-2-7351-0181-8 11


ETHNOLOGIES EN MIROIR
La France et les pays de langue allemande
Essais réunis par Isac Chiva et Utz Jeggle

Po u r q u o i e n Mais par-delà le tableau des origina-


France a-t-on lités et différences dans l’ethnologie de
donné la priorité ces deux aires linguistiques, cet ouvrage
à l’étude de la pa- ouvre une brèche dans le mur d’ignorance
renté, et dans les réciproque qui sépare les ethnologues de
pays de langue l’une et l’autre langue : tâche primordiale
allemande à celle si l’on veut comprendre le champ des
de la narration populaire ? Quels rapports civilisations européennes.
entretiennent l’ethnologie française avec
l’histoire, et celle de langue allemande avec Isac Chiva (1925-2012) est un anthropologue
le politique ? De quelle manière étudie-t-on, français spécialiste de l’anthropologie sociale.
ici et là, les faits symboliques et religieux, et Proche collaborateur de Claude Lévi-Strauss,
qu’entend-on par symbolismes populaires ? directeur d’études à l’École pratique des
Quels objets de recherche, quels problèmes hautes études, il a fondé et dirigé la Mission
sollicitent aujourd’hui les ethnologues ? pour l’ethnologie au ministère de la Culture.
Ce sont là quelqu’unes des interrogations
Utz Jeggle (1941-2009, a enseigné
auxquelles on a cherché à réponde dans
ce face-à-face.
l’ethnologie au Ludwig-Uhland Institut für
Les quatorze essais présentés dans cet empirische Kulturwissenschaften (université
ouvrage dégagent – en miroir – l’originalité de Tübingen).
et les divergences de ces deux écoles ma- Contributions de Peter Assion, Hermann
jeures de l’ethnologie de l’Europe. Leurs Bausinger, Christian Bromberger, Wolfgang
auteurs passent en revue les objets d’étude,
Brückner, Isac Chiva, Élisabeth Claverie,
les méthodes, les principales orientations
Claudine Fabre-Vassas, Daniel Fabre,
théoriques, l’histoire mais aussi l’avenir
Gottfried Korff, Pierre Lamaison, Gérard
de cette discipline désignée, selon le lieu
et le moment, par les termes « ethnologie », Lenclud, Alain Morel, Arnold Niederer,
« Volkskunde », « folklore » ou « arts et tradi- Rudolf Schenda, Françoise Zonabend.
tions populaires ».

EX TR AIT DE PRESSE régionale de la France – en se préoccupant


« C’est un livre important qui est fidèle à la non seulement de la toiture théorique ou du
fois à son titre et à celui de l’avant-propos corps du bâtiment de la pratique ethnologique
où les jeux de miroir sont présentés d’emblée en France, mais aussi de ses fondements
comme un “face-à-face”. Il est important, historiques des deux côtés du Rhin. »
disons-le tout de suite, parce qu’il cherche à Gradhiva, 1988.
bâtir un nouvel édifice – celui de l’ethnologie
9 782735 102068

12 N° 7 1987, RÉIMPRESSION 1992, 400 PAGES, 15 X 23 CM 23 € ISBN 978-2-7351-0206-8
LE SANG ET LA CHAIR
Les abattoirs des pays de l’Adour
Noëlie Vialles
Préface de Françoise Héritier-Augé

« Vous ne pouvez Et pourquoi cette nécessité offense-t-elle


manger aucune nos sensibilités, sans pourtant nous rendre
bête crevée. » végétariens ? En observant des abattoirs
Notre société reste du sud-ouest de la France, Noëlie Vialles
fidèle à l’interdit met en lumière l’existence d’un système
du Deutéronome complexe d’évitement et de dépassement
et tue les animaux du geste fatal. Son analyse montre com-
dont elle se nourrit. Mais tout procédé ment les modalités de mise à mort et de
de mise à mort n’est pas accepté ; il faut préparation des animaux domestiques
verser le sang pour pouvoir transformer pour la consommation humaine mettent
le corps en substance consommable, en en jeu, bien au-delà de l’abattage, des
viande « de boucherie ». Or, de cette condi- représentations symboliques du sang, des
tion première du régime carné, nous ne hommes et des bêtes.
voulons pourtant rien voir. Les sacrifices
solennels, les célébrations festives, puis les Noëlie Vialles est anthropologue. Son principal
tueries fonctionnant dans les villes ont fait sujet d’étude est l’alimentation carnée.
place aujourd’hui à un abattage invisible, Membre du Laboratoire d’anthropologie
enclos dans des lieux appropriés, tenu à sociale (LAS) et du comité scientifique de
bonne distance. Cette récente séparation l’Ocha (Observatoire CNIEL des habitudes
entre abattage et boucherie épargne à nos alimentaires), elle est maître de conférences
regards le geste fondateur du régime carné. au Collège de France depuis 2000, sous
Pourquoi donc faut-il verser le sang des la chaire « Anthropologie de la nature »
bêtes pour pouvoir se nourrir de leur chair ? de Philippe Descola.

EX TR AITS DE PRESSE « Ouvrage riche par la complexité de


« Voici un livre admirable, beau comme son champ, par les analyses proposées,
du Lévi-Strauss […]. L’auteur écrit avec rigoureuses, foisonnantes et pertinentes
un mélange de lyrisme tempéré et d’ironie et par l’iconographie, toujours bien choisie.
grave parfaitement adapté à son objet, qui La précision de l’écriture ajoute encore à
est en premier lieu ce “savoir impopulaire” cette richesse et fait du Sang et la Chair un
concernant ce que nous mangeons tous ouvrage unique en son genre qui enrichit les
les jours : et au-delà, effectivement, rien connaissances sur les savoirs naturalistes
de moins que la vie et la mort. » populaires et le patrimoine ethnologique
L’Événement du jeudi, juillet 1987. français. On ne saurait que trop en
recommander la lecture. »
Cahiers d’économie
et sociologie rurales, 1988.

N° 8 1987, 160 PAGES, 15 X 23 CM 15 € ISBN 978-2-7351-0212-9 13


NI VUE NI CONNUE
Approche ethnographique de la culture bourgeoise
Béatrix Le Wita

Qu’est-ce qu’un Attention portée aux détails, contrôle de


bourgeois ? soi, quasi-ritualisation des pratiques quo-
Admettant avec tidiennes, mais aussi entretien et usage
Bernard Groe- constants d’une vaste mémoire familiale
thuysen que l’inté- caractérisent, comme le démontre avec
ressé est assez finesse Béatrix Le Wita, cette culture
grand pour le dire conçue comme allant de soi, minimum
lui-même, Béatrix Le Wita préfère poser indispensable pour quitter l’état de nature.
la question : qu’est-ce qui fait aujourd’hui
un bourgeois ? Sa réponse : tout ce qui, Béatrix Le Wita, historienne de formation
paroles, gestes, objets, définit au jour puis ethnologue, était chargée de recherches
le jour moins un état qu’une culture. au CNRS et membre du Centre d’ethnologie
C’est ici, comme ailleurs, en butant sur française au moment de la publication de cet
les mots et les usages, que l’ethnologue ouvrage. Bétarix Le Wita est décédée en 2010.
peut espérer montrer comment, après
huit siècles de refus de soi et de déni par
les autres, on naît et on devient bourgeois.

EX TR AITS DE PRESSE « À travers une série de personnages


« Personne ne sait dire ce qu’est la culture hétéroclites qu’elle présente toujours avec
bourgeoise, mais tout le monde sait qu’elle talent, souvent avec vivacité, et qu’elle laisse
existe. Et les bourgeois savent très bien dire parler librement au cours de longs entretiens,
ce qui les constituent, c’est-à-dire ce qui les Le Wita peint à grands traits un tableau
distingue des autres. Beatrix Le Wita, qui a lu reconnaissable et convaincant d’une culture
l’école de Chicago, a donc choisi la méthode bourgeoise réticente à se dévoiler.
la plus simple : aller voir et écouter ce que À force de persévérance, en restant attentive
les intéressés disent d’eux-mêmes. Elle l’a aux détails et aux subtilités du langage
ensuite raconté. L’exploratrice revient de son de ses informateurs, elle livre des analyses
voyage dans la partie catholique, riche et très fines. […] Ce travail mérite d’être lu
parisienne de la bourgeoisie , avec un récit attentivement. Plus encore peut-être que
passionnant […]. Elle est de surcroît drôle, les chercheurs qui partagent les intérêts
ou plutôt jubilatoire, ce qui ne constitue pas ethnographiques de Le Wita, ceux qui
la qualité la plus habituelle des ouvrages travaillent dans un contexte plus traditionnel
ethnologiques. » pourront méditer avec profit sur la manière
Libération, 17 novembre 1988. dont sont remis en cause le problème
de l’altérité et la nécessaire distanciation
9 782735 102761

du regard ethnologique. »
L’Homme, 1990.

14 N° 9 1988, RÉIMPRESSIONS 1990, 1995, 2001, 204 PAGES, 15 X 23 CM 17 € ISBN 978-2-7351-0276-1
LA BÊTE NOIRE
À la recherche du cheval parfait
Bernadette Lizet

Aussi massif cheval de trait et cheval de selle, si riche


qu’évanescent, le de sens dans notre histoire.
cheval noir de la À partir d’une patiente et minutieuse
Nièvre fut inventé, enquête ethnohistorique, Bernadette Lizet
modelé, sculpté de interroge la notion de « sang sous la masse »,
toutes pièces voici et nous incite à une passionnante réflexion
un siècle. On l’a sur l’émergence des races de trait au siècle
voulu reproducteur d’élite, voué aux dernier. S’y confrontent les enjeux sociaux
concours de race et authentifié par un et les données biologiques, les contraintes
livre généalogique. techniques et les représentations collectives,
L’objectif de ses créateurs était de au rythme des revirements de la mode
prendre place sur le marché des géniteurs mais aussi des lentes inflexions de l’histoire.
d’exportation, marché lucratif et presti-
Bernadette Lizet, ethnologue, était, au
gieux mais très encombré. Quand le cheval
moment de cette étude, chargée de recherche
noir fit son entrée, les éleveurs nivernais
au CNRS (laboratoire d’ethnobiologie-
avaient déjà réalisé leur chef-d’œuvre : le
bœuf « blanc », charolais d’origine, affiné et
biogéographie du Muséum national d’histoire
« marqué » dans la Nièvre. Côté chevaux, les naturelle, Apsonat). Spécialisée dans les
hommes du Perche tenaient alors le haut territoires, la biodiversité, l’alimentation et
du pavé avec leur fameux percheron, le les chevaux, en particulier ceux de trait, elle
cheval de trait par excellence, qui fascinait a notamment publié Champ de blé, champ de
la riche clientèle américaine. course (Jean-Michel Place, 1996), Histoire
L’exemplaire aventure du cheval noir, ce des parcs nationaux. Comment prendre soin de
mastodonte, montre comment des conflits la nature ? (avec Raphaël Larrère et Martine
sociaux peuvent se vivre par animal inter- Berlan-Darqué, Quae / Muséum national
posé, notamment autour du clivage entre d’histoire naturelle, 2009).

EX TR AITS DE PRESSE contenu, ce livre est un modèle du genre,


« Un travail de titan doté d’une illustration et il sera certainement difficile de faire
abondante. » mieux, sur ce sujet ou sur un sujet voisin,
Libération, 1er juin 1989. avant longtemps. »
L’Homme, 1991.
« Pas la moindre trace d’essoufflement au
long de ces 350 pages ! La documentation, « Cette analyse des mouvances de l’histoire
massive et raisonnée, et l’argumentation, est vraiment originale et solide. C’est donc
serrée, ne laissent guère prise à la critique. là une somme importante, un livre à lire et
L’écriture, à la fois dense et claire, est relire, un livre agréable, ce qui en augmente
soutenue par un travail iconographique l’attrait. »
particulièrement intelligent et soigné […]. Association de recherche sur la traction
Bref, tant dans sa forme que dans son animale et le portage, n° 22.

N° 10 1989, 341 PAGES, 15 X 23 CM 29 € ISBN 978-2-7351-0317-1 15


UNE CAMPAGNE VOISINE
Minot, un village bourguignon
Tina Jolas, Marie-Claude Pingaud, Yvonne Verdier & Françoise Zonabend
Avant-propos d’Isac Chiva

Q ue l s r it ue l s la minutie et la qualité d’observation font


scandent la vie de « Minot » une entreprise qui désormais
familiale et villa- fait référence. Dans ce village, semblable
geoise à Minot- à bien d’autres, voisin en quelque sorte,
en-Châtillonais ? les auteurs ont réussi à restituer la figure
Avec qui se marie- vivante d’une petite société rurale et son
t-on ? Comment ordre profond.
se transmettent les biens ? Comment uti-
lise-t-on l’espace communal selon que Tina Jolas, Marie-Claude Pingaud, Yvonne
l’on est bûcheron, agriculteur ou artisan ? Verdier et Françoise Zonabend, ethnologues,
Tels sont quelques-uns des thèmes abor- étaient à l’époque de cette recherche
dés dans les articles rassemblés ici, étapes (1967-1975) membres du Laboratoire
d’un véritable « chantier » ethnographique d’anthropologie sociale (Paris).
de près de dix années.
L’application à un terrain français
des méthodes de l’ethnologie classique,

EX TR AITS DE PRESSE Huit années d’observation menues et de


« Minot, cet atelier ethnographique de près conversations complices avec les villageois
de dix années, qui a utilisé sur un terrain permettent aux auteurs de montrer la vie
bourguignon les modèles méthodologiques qui coule entre les murs de Minot. Pas
et heuristiques proposés par l’ethnologie le folklore, non. La vie […]. Les rituels
exotique, a fait date dans notre discipline traditionnels, bien sûr, sont abondamment
et a largement contribué à légitimer rapportés, mis aussi les rôles, les places et
l’ethnologie de la France, ou l’ethnologie les tâches des enfants, des femmes et des
du proche, comme l’on fait en Angleterre hommes. On entend les villageois parler de
à peu près à la même époque des travaux tout ce qui est leur vie, on regarde quelques
de R. Fox et de M. Strathern. […] L’aspect photographies anciennes et Minot devient
positif de la mise en commun des données proche et attachant. Pas étonnant que cette
et de la réflexion se retrouve dans l’éventail monographie soit à la fois perçue comme une
des thèmes traités, mais se repère aussi à la rupture dans la pratique de l’ethnologie et
lecture des différents articles : minutie des qu’elle ait fait école. »
observations, précision du langage utilisé par Société magazine, mars 1991.
les informateurs et profondeurs des analyses.
Toutes ces qualités font que beaucoup de
ces articles sont à juste titre célèbres et ont
9 782735 104215

marqué les études de parenté et des rôles


sexuels dans les sociétés européennes. »
Anthropologie et Sociétés, 1991.

16 N° 11 1990, 450 PAGES, 15 X 23 CM 32 € ISBN 978-2-7351-0421-5


LE FERMENT DIVIN
Sous la direction de Dominique Fournier & Salvatore D’Onofrio
Préface d’Antonino Buttitta

Dans de très nom- abus, dommageables pour l’ensemble de


breuses sociétés à la collectivité. C’est lorsque la boisson se
État, la civilisation désacralise qu’elle se désocialise et remet
commence avec la en jeu l’avenir du peuple.
maîtrise de la fer- Avec Ferment divin, anthropologues et
mentation, étape historiens nous font suivre, de manière
décisive mais tou- originale et passionnante le parcours de
jours incertaine qui lui permet de s’extraire notre culture, depuis son origine indo-
de l’état de nature tout en préservant des européenne – avec le soma et son substi-
liens privilégiés avec celle-ci. tut – jusqu’à la rencontre avec le Nouveau
Élément vivant utilisé dans un but festif Monde où seront mis en évidence les effets
ou alimentaire, source d’énergie disponible déstructurant de nos boissons distillées
en toute saison, le produit fermenté – qu’il venues prendre la place des liqueurs fer-
s’agisse de boissons alcoolisées ou de mentées traditionnelles.
pains – entretient un rapport symbolique
voire analogique avec le sang. On le re- Salvatore D’Onofrio, ethnologue
trouve ainsi dans de très nombreux sacri- à l’université de Palerme.
fices, rites funéraires ou fêtes de fertilité. Dominique Fournier, ethnologue au CNRS.
Produit à l’élaboration toujours aléatoire,
il symbolise tout à la fois l’importance de Contributions de Jean-Pierre Albert,
la technique humaine et le respect dû aux Valeria Andò, Antonino Buttitta,
dieux. La boisson fermentée est un cadeau Franco Cardini, Martine Courtois,
divin, elle est parfois la divinité elle-même, Salvatore D’Onofrio, Claudine Fabre-Vassas,
et l’homme civilisé l’ingère selon certaines Dominique Fournier, Françoise Frontisi-
règles pour se nourrir, communier avec Ducroux, Jean-Jacques Glassner, Bertrand Hell,
son dieu, et se réjouir avec ses semblables. François Lissarrague, Luigi Lombardi Satriani,
Les détenteurs du pouvoir terrestre se Oddone Longo, Alessandro Lupo,
sont toujours efforcés de la contrôler pour Charles Malamoud, Gianna Petrone.
se légitimer mais aussi pour en maîtriser les

EX TR AITS DE PRESSE « On trouve dans ce livre une exploration


« Ce recueil riche et varié invite à un d’autant plus originale et passionnante que
voyage dans l’imagination de la matière les aspects des produits fermentés ont été
fermentée, principalement dans les cultures jusqu’ici peu étudiés. »
méditerranéennes. On y apprend, entre Revue des œnologues, septembre 1992.
autres, comment le “savoir-boire” est
un critère culturel puisqu’il distingue,
chez les Grecs, l’homme du satyre,
et comment l’ivresse peut mener aux
dérèglements de l’esprit et à la folie. »
Sciences & Avenir, juillet 1992.

N° 12 1991, 251 PAGES, 15 X 23 CM 17 € ISBN 978-2-7351-0446-8 17


« NOUS, ON N’EN PARLE PAS »
Les vivants et les morts chez les Manouches
Patrick Williams

« Les Manouches, dont les rou-


lottes et camions sillonnent le
Massif central, ne parlent pas
de leurs morts. Cette déférence muette
proche et du lointain, d’ici et d’ailleurs.
Ni marginale, ni dominée, ni déviante,
leur civilisation n’a cessé de se constituer
au sein des sociétés occidentales comme
procède d’un art plus général du non- circonstancielle et pure différence. En
dit et de l’absence qui soude la commu- creux, en contrepoint, en silence. Ce livre
nauté tsigane et l’inscrit dans le monde plein de finesse, d’émotion et de questions
des Gadjé, le nôtre. cruciales posées à l’ethnologie nous révèle
Les Manouches ne disent rien d’eux- sous un jour entièrement nouveau l’un
mêmes. De leurs défunts ils taisent les noms, de ces “peuples de la solitude” chers à
détruisent les biens et abandonnent les Rimbaud et à Chateaubriand. » (Alban
campements aux herbes folles : “L’avène- Bensa.)
ment manouche se fait par la soustraction”,
souligne l’ethnologue dans ce texte excep- Patrick Williams était, à l’époque de la
tionnel. Seul un intime des “buissonniers”, parution de cet ouvrage, chercheur au CNRS,
des chasseurs de hérisson, des rempailleurs directeur du Laboratoire d’anthropologie
de chaises et autres ferrailleurs nomades urbaine. Ses recherches sont centrées sur
de nos campagnes pouvait procéder à les Tsiganes. Il a notamment publié Mariage
l’ethnographie de ce retrait et de ce silence tsigane. Une cérémonie de fiançailles
essentiels, à chaque instant refondateurs chez les Rom de Paris (L’Harmattan, 1984),
de l’identité du groupe dans sa distance Les Tsiganes de Hongrie et leurs musiques
aux non-Tsiganes. (Actes Sud, 1996), Django (Parenthèses,
L’écriture “compréhensive” de Patrick 1991), Les Quatre Vies posthumes de Django
Williams épouse, par son rythme, ses Reinhardt. Trois fictions et une chronique
décalages et son inventivité, la complicité (Parenthèses, 2010) et Des Tsiganes en Europe
subtile du plus apparent et du plus caché, (avec Michael Stewart dans la présente
et nous restitue la cassure structurelle collection, 2011).
qui fait des Manouches ces gens du

18
« Brûler, faire disparaître les objets du mort,
ne plus prononcer son nom ni évoquer
sa mémoire, etc., c’est bien établir un vide
ou l’apparence d’un vide.
Mais c’est en même temps faire dire
quelque chose à ce qui disparaît. »

EX TR AITS DE PRESSE « Ce petit livre donne bien à voir les


« Mélange de théorique et de vécu, Manouches, une des composantes du
Nous, on n’en parle pas, très narratif monde tsigane français. Patrick Williams,
par moments, très interrogatif dans ses qui connaît admirablement ce milieu, nous
conclusions, est sans doute l’un des livres montre que sa culture se fonde largement
les plus forts qui puissent se lire aujourd’hui sur le non-dit, le silence, notamment au
sur les Tsiganes. Car, dans leurs manières sujet des proches décédées […]. L’auteur
de deuil et d’harmonie, les Tsiganes y sont montre que les espaces – route, chemins,
présents à chaque page. Sans folklore champs, bois  – sont balisés et culturellement
ni sensiblerie, sans condescendance, appropriés par le Manus à l’intérieur de
sans acrimonie, enfin ! » l’espace forgé par les Gadgé, les non-
Le Monde des livres, novembre 1993. Tsiganes […]. Au-delà d’une remarquable
présentation de ce monde attachant, ce livre
« Dans ce livre magnifique, tout en retenue, fort bien écrit nous offre un remarquable
en démonstrations discrètes et savantes, exercice d’ethnologie de l’informel et de
transcendant les poncifs et les racismes l’informulé. »
communs à l’égard de nos nomades, Ethnologie française, juin 1994.
Patrick Williams met au jour une civilisation du
silence. Il montre comment la forte présence
au monde des Manus se fait par soustraction,
s’instaure par le vide, nous mettant en face de
cette étrange affirmation que seul le mort est
un Manu qui ne peut être que Manu et dont
très vite on ne sait plus rien dire. »
Magazine littéraire, avril 1994.

N° 13 1993, RÉIMPRESSIONS 2001, 2010, 2014, 2017, 110 PAGES, 15 X 23 CM 12 € ISBN 978-2-7351-0540-3 19
DES SAUVAGES EN OCCIDENT
Les cultures tauromachiques en Camargue et en Andalousie
Frédéric Saumade

Dans la corrida traduit dans le rite et le langage tauro-


classique, d’ori- machiques. Cette relation est considérée
gine andalouse, selon une double temporalité : celle de
le taureau est mis l’histoire, constitutive de la mythologie
à mort. Dans la taurine, et celle qui suit et répète le cycle
course camar- des saisons. Ainsi se révèlent une éthique
guaise, les règles traditionaliste – replacer l’homme dans
proscrivent son exécution ; il est traité une nature idéalisée – et des aspirations
comme un héros qui porte les valeurs de modernes exprimées dans le spectacle
la collectivité. Frédéric Saumade, à partir urbain des arènes.
d’études de terrain effectuées en Andalou-
sie et en Camargue, met au jour toute la Frédéric Saumade est professeur
cohérence qui, au-delà de la différence des d’anthropologie sociale à l’université
jeux d’arènes et des techniques d’élevage, de Provence, et membre de l’Institut
relie ces pratiques. d’ethnologie méditerranéenne, européenne
Dans les deux cas, le bovin « sauvage » et comparative (Idemec) d’Aix-en-Provence.
apparaît comme une métaphore de la Il poursuit des recherches sur la tauromachie
société. L’homme entre en contact avec en France et en Europe du Sud-Ouest depuis
la bête afin d’établir avec elle un dialogue de nombreuses années.

EX TR AITS DE PRESSE « Voici un ouvrage sérieux et pourtant


« Ce livre est à la fois un document passionnant consacré au taureau. Taureau
d’observation exceptionnel et une analyse d’Andalousie ou taureau de Camargue.
d’un genre rarement appliqué dans le Frédérique Saumade, maître de conférence
domaine. Échappant aussi bien à l’esthétique à Montpellier-I, propose ici au grand public
spécialisée des partisans convaincus qu’à la part la plus accessible de ses recherches
la fascination trouble des amateurs de sur les cultures tauromachiques avec une
sacrifices, il montre de manière convaincante mise en parallèle de la tradition de Séville,
que la tauromachie est une mise en scène aristocratique et commerciale, et de la
d’hommes et de bêtes, dont le sang versé tradition camarguaise, la Bouvino, libérale et
n’est pas l’élément obligé, et encore moins populaire […]. Deux cultures tauromachiques,
la signification profonde. » deux traditions, deux coutumes, deux
Sciences humaines, juillet 1994. façons de bien faire pour mieux connaître
et respecter les toros bravos andalous et les
taureaux toréadors de Camargue. Frédéric
Saumade, en spécialiste averti sur le terrain
9 782735 105878

comme en chercheur universitaire, réussit à


nous transmettre sa foi, ses connaissances. »
Midi-Libre, mai 1994.

20 N° 14 1994, 272 PAGES, 15 X 23 CM 20 € ISBN 978-2-7351-0587-8


DESCENDANTS DE CHOUANS
Histoire et culture populaire dans la Vendée contemporaine
Bernadette Bucher

Contrairement au (vaillance, simplicité, économie), la richesse


mythe toujours vi- des rites de sociabilité (mariage, chasse à
vace d’une paysan- courre, caves des hommes) mettent en
nerie vendéenne lumière une logique inattendue des trans-
passive et fidèle à formations du monde rural.
un ancien régime À l’heure où l’Europe cherche à se créer
catholique, féodal une identité supranationale, Descendants
et monarchique, Bernadette Bucher nous de Chouans nous invite ainsi à revoir le
plonge dans une histoire profonde jalon- concept même de « communauté » à la
née de ruptures, de rebellions populaires lumière du modèle vendéen, et à redonner
et renversements d’alliance à l’égard de au quotidien le rôle qui lui revient dans les
l’Église, des seigneurs et du roi. L’impor- métamorphoses de l’Histoire.
tance du protestantisme sur la terre même
des guerres de Vendée n’en est pas la Bernadette Bucher était, au moment de
moindre surprise. la publication de cet ouvrage, professeure
Pour l’auteur, la continuité entre cette et directrice d’études internationales et
Vendée mythique et la Vendée contem- interculturelles à l’université Fordham à
poraine résulte moins des idéologies poli- New York. Son livre La Sauvage aux seins
tiques et religieuses que de la remarquable pendants (Hermann, 1971) se préoccupait
plasticité de la culture populaire bocaine déjà du rapport entre mythe et histoire,
dont l’ethnologue nous décrit les change- à travers la représentation iconographique
ments spectaculaires observés sur le terrain des Indiens d’Amérique par les Européens
depuis quinze ans. Les particularités de des XVe et XVIIe siècles.
l’économie domestique (coublage, salariés
dits à mi-viage), l’étonnante vitalité des
codes de conduite et des valeurs-charnières

EX TR AIT DE PRESSE outres quelques schémas généalogiques et


« Rédigée d’une plume pleine d’empathie résidentiels, une bibliographie française
pour les Bocains, cette ethnographie servira et anglo-saxonne particulièrement utile
de modèle à d’autres études en ce qu’elle ainsi qu’un glossaire des termes techniques
invite à repenser les relations locales et les et des termes patois de ces Bocains bien
rapports entre régions et monde englobant : surprenants. »
urbain, national et international. De belles L’Homme, juin 1996.
photographies en noir et blanc illustrent de
nombreuses facettes des relations sociales,
9 782735 106448

à l’usine, aux champs, lors d’une noce ou


d’une chasse à courre. Mentionnons enfin,

N° 15 1995, 338 PAGES, 15 X 23 CM 27 € ISBN 978-2-7351-0644-8 21


LE MATCH DE FOOTBALL
Ethnologie d’une passion partisane
à Marseille, Naples et Turin
Christian Bromberger
avec la collaboration de Alain Hayot
& Jean-Marc Mariottini

À
quoi rime l’engouement de nos Quant au stade, il s’offre comme un
contemporains pour les matchs des rares espaces où une société urbaine,
et les clubs de football ? Que dans sa moitié masculine au moins, se
cherchent à mettre en forme les donne en spectacle à elle-même et où
passionnés qui se regroupent, semaine s’expriment émotions et symboles proscrits
après semaine, sur les gradins des stades ? dans le quotidien. Ces propriétés, jointes à
Une longue enquête ethnologique, auprès l’exaltation du sentiment communautaire
des spectateurs ordinaires comme parmi et aux pratiques ferventes des supporters
les supporters les plus démonstratifs de les plus ardents, invitent à esquisser un
trois métropoles singulières, éclaire d’un parallèle entre le match de football et un
jour nouveau les significations de cette rituel religieux. En quoi cette analogie nous
ferveur. aide-t-elle à mieux comprendre ce qui se
Récits de vie et paroles quotidiennes des joue sur le terrain et dans les gradins ?
partisans, histoires de matchs – des prépa-
ratifs aux commentaires du lendemain –, Christian Bromberger, professeur émérite
composition et répartition du public dans d’ethnologie à l’université Aix-Marseille,
le stade, fonctionnement des associations est directeur de l’Institut d’ethnologie
de supporters, chants, slogans, emblèmes méditerranéenne, européenne et comparative
utilisés pour encourager les siens et dis- (Idemec). Il est l’auteur de nombreux travaux
créditer les autres… sont ici analysés au sur le football mais aussi sur l’Iran où il a
plus près pour cerner les ressorts et les séjourné. Parmi ses dernières publications :
modulations de cette effervescence. Trichologiques. Une anthropologie des cheveux
Saisi dans tous ses états et dans toutes et des poils (Bayard, 2010) et Un Autre Iran.
ses résonances, le match de football ap- Un ethnologue au Gilân (Armand Colin, 2013).
paraît comme le support d’une gamme
extraordinairement variée d’identifications, Alain Hayot est docteur en sociologie
comme un langage universel sur lequel et en anthropologie, professeur à l’École
chaque collectivité imprime sa marque nationale d’architecture de Marseille.
propre et, plus encore, comme la mise en
Jean-Marc Mariottini est docteur
forme dramatique des valeurs cardinales
en ethnologie.
qui façonnent le monde contemporain.

22
« Si l’on peut légitimement déterminer
un sujet d’enquête en fonction des rubriques
prédécoupées par l’histoire de notre
discipline, on peut tout aussi bien se laisser
guider dans ses choix par les injonctions
sensibles venues du terrain : des regards qui
s’éclairent à l’évocation d’un thème,
des paroles qui s’emballent, des émotions
qui s’expriment, une mobilisation soudaine
qui arrache aux routines quotidiennes. »

EX TR AITS DE PRESSE « Tous ceux qui aiment le football devraient


« Cette enquête pionnière appelle à des lire cet ouvrage. Et ceux qui ne l’aiment
discussions de spécialistes sur la notion pas devraient le lire également. Car nul
de rite à propos des grandes cérémonies mieux que Christian Bromberger ne sait
sportives. Elle ouvre en tout cas le débat expliquer, en ethnologue, ce que ce sport
de façon magistrale sur le statut des sports signifie, et ce qu’il représente dans nos
dans notre société, à la suite de Norbert Elias sociétés contemporaines. […] L’analyse de
qui caractérisait les stades de foot comme Bromberger est un régal pour l’esprit, elle
des lieux où on “conserve sous contrôle ses éclaire d’un jour nouveau ce vieux sport,
émotions décontrôlées” et qu’il inscrivait lui donne toute sa signification symbolique
dans le mouvement d’euphémisation de la et sociale. Le football n’est pas qu’un jeu ou
violence à l’œuvre depuis le Moyen Âge, et qu’un spectacle, “il condense et théâtralise
singulièrement depuis le XVIIIe siècle. » les valeurs fondamentales du monde
Libération, 19 octobre 1995. contemporain”. […] Et apparaît comme un
puissant révélateur de nos sociétés. »
Le Monde diplomatique, mai 1996.

N° 16 1995, RÉIMPRESSIONS 1996, 2001, 2012, 406 PAGES, 15 X 23 CM 28 € ISBN 978-2-7351-0668-4 23
ILS APPRENAIENT LA FRANCE
L’exaltation des régions dans le discours patriotique
Anne-Marie Thiesse

Comment conci- La construction des identités locales mise


lier l’unité de la en œuvre vise à montrer que chaque partie
Nation et sa diver- de la France, par-delà ses spécificités, est
sité ? L’exaltation quintessence de la Nation. Les publications
de la Patrie com- pédagogiques effectuent la synthèse des
mune entreprise divers discours républicains sur la France
par la IIIe Répu- régionale et mettent en relief les lieux
blique se fonde précisément sur la célé- communs qui en organisent aujourd’hui
bration des beautés variées de la France. encore la perception.
Au travers des manuels départementaux
rédigés par les autorités pédagogiques se Anne-Marie Thiesse est directrice de recherche
dessine la représentation de la France des au CNRS. Spécialiste d’histoire culturelle,
« petites patries ». elle a publié notamment Écrire la France.
Inventaires émerveillés des sites pitto- Le mouvement littéraire régionaliste de langue
resques, hagiographies des grands hommes française (PUF, 1991), Le Roman
locaux, hymnes aux vins du cru et descrip- du quotidien. Lecteurs et lectures populaires
tions enthousiastes des traditions s’ins- à la Belle Époque (Éditions du Seuil, 1984),
crivent dans un même projet : développer et Faire les Français. Quelle identité
chez les futurs citoyens l’amour du sol natal nationale ? (Stock, 2010).
pour les conduire à l’amour de la Patrie.

EX TR AITS DE PRESSE l’emboîtement des petites patries, la terre


« Ce livre bref, profond et pimpant, et le climat façonnant le caractère moral,
signale un vrai renouveau de l’histoire de l’histoire locale qui ne sera jamais une petite
l’école républicaine, ou de la République histoire, le tourisme intelligent et le devoir
d’instruction […]. Anne-Marie Thiesse a de traditions. […] Inutile donc d’ajouter que
tout brassé, circulaires officielles, manuels ces cent pages sont à méditer d’urgence,
d’histoire et de géographie locale en à l’heure du localisme douillet, de l’Europe
usages dans les écoles primaires de 1900 incantatoire et de la mondialisation à haut
à 1960, rédactions d’élèves, monographies risque qui transpercent l’espace national. »
d’instituteurs. Elle a taillé dans le massif, Vingtième Siècle, mars 1999.
isolant le discours et le travail pratique sur
9 782735 107377

24 N° 17 1997, 160 PAGES, 15 X 23 CM 15 € ISBN 978-2-7351-0737-7


LA CHIRURGIE DES ÂGES
Corps, sexualité et représentations du sang
Véronique Moulinié

« Il fallait bien y Pour répondre à ces questions, l’auteur


passer... », telle s’est patiemment mise à l’écoute d’un dis-
est la phrase qui cours sur les temps de la vie. Celui-ci prend
conclut le souve- souvent la forme d’un savoir partagé sur
nir douloureux les âges critiques du corps, ces moments
des opérations où se joue l’identité de l’un et l’autre sexes.
chirurgicales que Dans le milieu paysan et ouvrier aquitain
subirent naguère des générations d’enfants. où s’est déroulé son enquête, ces chirurgies
En quelques années au début du XXe siècle, de l’âge s’inscrivent dans le schéma des
les amygdales, les végétations, l’appendice rythmes physiologiques et contribuent à
sont devenus des organes non seulement le maintenir tout en le renouvelant. Mais
inutiles, mais dangereux pour la crois- ce savoir complexe reste l’apanage des
sance. Leur ablation se donnait pour fin femmes. Il leur permet tout autant de
de débrider le corps et l’esprit enfantins. produire la différence entre filles et garçons
Sur ce point, mères et médecins se sont que de lire, selon une périodicité féminine,
accordés pendant un long demi-siècle et la physiologie de leurs époux réduits au
même quand ces ablations systématiques silence quant aux secrets du corps.
auront perdu leur justification médicale,
elle ne disparaîtront pas pour autant. Véronique Moulinié, ethnologue,
Dans le sillage de ces petites chirur- est directrice de recherche au CNRS,
gies, l’anthropologue Véronique Moulinié membre du Laboratoire d’anthropologie
découvre qu’une série constamment en- et d’histoire de l’institution de la culture
richie d’opérations continue de marquer (Lahic, IIAC-CNRS). Elle a mené de
les césures de l’âge. On opère moins les nombreux travaux sur la culture ouvrière,
enfants, mais on arrache les dents de sur le quotidien du travail à l’intérieur de
sagesse, on sectionne un peu systéma- l’entreprise mais aussi sur les activités « à
tiquement le périnée des accouchées et, soi » développées par les ouvriers en marge
surtout, les ablations de l’utérus et de de leur travail salarié. Un autre axe fort de
la prostate sont communément atten- ses recherches porte sur l’anthropologie
dues et interprétées comme des marques de l’érudition. Elle est notamment l’auteur
d’entrée dans la vieillesse. Quels principes de La Retirada. Mots et images d’un exode
organisent cette séquence chirurgicale ? (Garae / Hésiode éditeur, 2009).
Quelle efficacité les justifie ?

EX TR AITS DE PRESSE « Au terme d’une enquête où se mêlent


« Un livre passionnant… et drôle. » l’anecdote, l’histoire et la réflexion, l’ouvrage
9 782735 107643

Le Journal du CNRS, avril 1998. livre une série d’analyses remarquables


sur la représentation du corps malade. »
Panorama du médecin, juillet 1998.

N° 18 1998, 352 PAGES, 15 X 23 CM 22 € ISBN 978-2-7351-0764-3 25


ADOPTIONS
Ethnologie des parentés choisies
sous la direction d’Agnès Fine

On choisit ses s’imposait. Qu’est-ce qu’être parent, enfant,


amis, mais pas sa frère et sœur, chez les Sulka d’Océanie
famille, déplore ou les Inuit de l’Artique ? Dans la Grèce
l’adage. Ce livre classique ou dans la Grèce contempo-
collectif démon- raine ? Dans la France des années 1950
t re que, bien comme dans celle des années 1990 ? Ces
au contraire, la dix contributions, qu’elles soient centrées
volonté tient de plus en plus de place sur l’adoption proprement dite ou sur les
dans la création de la filiation. C’est le affiliations informelles, sur des sociétés
cas notamment entre parents et enfants privilégiant les liens du sang ou l’échange
adoptés, qu’il s’agisse d’adoptions légales affectif, permettent de mieux comprendre
ou de celles, par leurs pères, d’enfants notre propre système de filiation et ses
nés d’insémination avec donneurs, ou récents bouleversements.
encore d’« adoptions » informelles au sein
des familles recomposées. Agnès Fine, directrice d’études à l’Ecole des
Nous cherchons aussi à forger, parmi Hautes Etudes en Sciences Sociales, est
les parents de sang et leurs alliées, des historienne et anthropologue, spécialiste
réseaux relationnels privilégiés. Chacun de la parenté et du genre dans les sociétés
opère des choix, « adopte » ou rejette ses européennes.
ancêtres, des beaux-parents, des frères et
Contributions de Agnès Fine,
des sœurs, des parents, voire des enfants.
Monique Jeudy-Ballini,
Quelles sont, dans les sociétés occidentales,
les formes, les effets et la signification de
Michèle Laborde-Barbanègre,
ces « affinités électives » dans la construc- Claudine Leduc, Agnès Martial,
tion de la parenté et dans la définition de Véronique Moulinié,
la filiation ? Françoise-Romaine Ouellette,
Pour répondre à ces questions, le détour Sylvie Sagnes, Bernard Saladin d’Anglure,
par d’autres sociétés et d’autres temps Bernard Vernier.

EX TR AITS DE PRESSE « En ethnologie, construire un volume


« Ce livre collectif, qui réunit dix études d’études sur une suite d’exemples est
approfondies sur des formes très diverses une formule éprouvée. Parfois, elle ne
de “parenté électives”, celles d’aujourd’hui produit guère plus que la somme des
comme celles d’autres temps ou d’autres écrits rassemblés. Mais il est des cas où
sociétés (les Sulka d’Océanie, les Inuits de le voisinage fait naître des comparaisons
l’Arctique), contribue de façon stimulante fructueuses et donne un sens à l’ensemble :
à la réflexion éthique et politique. » tel est le cas de ce volume sur les parentés
Le Monde, 17 avril 1998. choisies, dirigé par Agnès Fine. »
Sciences humaines, septembre 1998.

26 N° 19 1998, 320 PAGES, 15 X 23 CM 21 € ISBN 978-2-7351-0773-5


LA CULTURE DES SENTIMENTS
L’expérience télévisuelle des adolescents
Dominique Pasquier

Quelle place tient stratégique qu’elle occupe dans la nouvelle


la télévision dans définition des identités sexuées. Ni dupes,
la vie des adoles- ni dupés, ni passifs, ni manipulés, les
cents ? Comment enfants et les adolescents utilisent la fiction
se constituent comme une expérience du monde et ses
leurs relations à personnages comme des modèles de vie :
l’écran ? Quels il faut leur ressembler pour arriver à être
liens établissent-ils avec les personnages soi. Mais ces héros au pouvoir normatif
imaginaires des séries qu’ils regardent ? sont l’objet d’une identification fugitive
Telles sont quelques-unes des questions qui cesse dès qu’en est épuisé le potentiel.
auxquelles Dominique Pasquier répond Par-delà l’originalité de la démarche et
dans ce livre. la finesse des analyses, ce travail pionnier
Pendant quatre années, elle a dépouillé n’a pas seulement le mérite d’éliminer
des milliers de lettres adressées par de certains stéréotypes liés à l’utilisation de
jeunes fans de l’héroïne à succès Hélène la télévision par les jeunes : il ouvre la voie
et les garçons. Elle a, de plus, enquêté dans à une véritable anthropologie des publics.
des familles, discuté de leurs personnages
préférés avec des collégiens et lycéens, Dominique Pasquier est directrice de
observé des jeux collectifs dans les cours de recherche au CNRS, enseignante-chercheuse
récréation. Car, et c’est l’un des premiers à Télécom ParisTech. Ses travaux portent
apports de cette recherche, l’expérience sur la sociologie de la culture et des médias.
des médias n’est jamais une expérience Elle a publié notamment Les Scénaristes et
solitaire : la sociabilité enfantine se consti- la télévision. Une approche sociologique
tue en intégrant ces héros familiers. (Nathan, 1995), Drôles de stars. La télévision
Pièce par pièce, l’auteur nous entraîne des animateurs (avec Sabine Chalvon-
ici dans une enquête minutieuse, subtile Demersay, Aubier, 1990) et Cultures lycéennes.
et émouvante au cours de laquelle on La tyrannie de la majorité (Autrement, 2005).
découvre la place jouée par la fiction dans Elle a dirigé l’équipe française du programme
l’apprentissage de la vie sentimentale, son européen « Les jeunes et l’écran ».
rôle d’accompagnement dans les premières
expériences amoureuses et la position

EX TR AIT DE PRESSE redéfinit le regard que nous (profanes et


« L’écriture est alerte, la discussion des savants) portons sur la télévision. Il est une
débats théoriques dans le champ étudié est véritable invitation à la constitution d’une
parfaitement maîtrisé, la démonstration anthropologie des publics. »
9 782735 108435

serrée, le matériau inédit et traité avec Mouvements, décembre 2000.


rigueur, l’analyse convaincante de bout
en bout. […] L’ouvrage de Dominique Pasquier

N° 20 1999, 232 PAGES, 15 X 23 CM 18 € ISBN 978-2-7351-0843-5 27


« ÊTRE RUGBY »
Jeux du masculin et du féminin
Anne Saouter

P
armi les sports de compétition, le modes de présence du féminin, grâce
rugby apparaît comme l’un des notamment au personnage encore marginal
plus « virils ». Il doit pour une bonne de la joueuse de rugby. L’expansion du
part cette réputation au jeu lui- rugby féminin suffira-t-elle cependant à
même – mêlées, plaquages et autres « per- remettre en cause un édifice symbolique
cussions » plus ou moins violentes –, mais qui, du moins dans le rugby français,
aussi au parfum de scandale qui entoure correspondait à une véritable initiation
les « troisièmes mi-temps » d’après match. masculine ? Initiation qui imposait déjà des
La rumeur véhicule à leur propos des jeux ambigus avec la définition des sexes,
légendes épiques et picaresques d’excès dont témoigne le soupçon d’homosexualité
alimentaires, éthyliques ou sexuels qui (plus ou moins « refoulée ») qui pèse sur
semblent également faire partie du jeu. les joueurs.
Le monde du rugby institue ainsi une
sociabilité d’hommes qui passe par l’exclu- Anne Saouter, docteure en anthropologie
sion, volontiers emphatique, des femmes sociale et ethnologie, est associée au
et tout particulièrement des épouses de laboratoire Identités, Territoires, Expressions,
joueurs, celles que l’on appelle parfois Mobilités (Item) de l’université de Pau et des
les « veuves du rugby ». Mais les femmes Pays de l’Adour. Elle a été membre du Comité
et les valeurs du féminin ne sont-elles pas national d’éthique et de déontologie du rugby.
beaucoup plus présentes qu’il n’y paraît Ses travaux portent sur les représentations
de prime abord ? des sexes et la construction des genres dans le
Grâce à une ethnographie approfondie, domaine des activités physiques et sportives.
Anne Saouter démontre que, à côté du
modèle dominant dans lequel les femmes
ne peuvent être que des « mamans » ou
des « putains », on voit se dessiner d’autres

28
« Derrière un sport qui favorise les récits
et les commentaires les plus fantasques,
derrière des hommes aux allures
d’antisportifs et des moments de grande
permissivité, existe une organisation
extrêmement rigide.
La liberté d’être et de penser
a certaines limites. »

EX TR AITS DE PRESSE ne s’est pas laissée démonter par la répartie,


« Le voyage, en près de 200 pages, est tour aussitôt transformée en l’une des citations
à tour nourrissant, gourmand, et la traversée qui rendent vivante et savoureuse la lecture
qui fend les tabous de la troisième mi-temps des deux cents pages qu’elle a finalement
restera comme une exploration réussie des consacrées au sujet. Le match et ses
fantasmes et des réalités d’une famille où prémisses, le jeu lui-même, la sociabilité,
tout n’est pas épique ni picaresque, mais plus les pairs, l’homosexualité diffuse… Anne
sûrement complexe et ambigu. […] Il faut Saouter n’oublie pas un pouce de terrain,
souhaiter aux joueurs du Quinze de France, campe dans les vestiaires et se garde de
les biens portants et les mal partants, passer sous silence les rites peu avouables
de l’ajouter à leur chevet. » de la troisième mi-temps. »
L’Équipe, 16 mars 2000. En jeu, août 2000.

« La travail offert ici par Anne Saouter «[…] Être rugby, jeux du masculin et
se révèle résolument original. […] du féminin est un ouvrage qui pose des
Outre l’intérêt d’une telle monographie à questions qu’on avoue ne jamais s’être posé.
la compréhension des pratiques sportives, Et c’est sans doute parce qu’elle est docteur
la lecture de cet ouvrage est fortement en anthropologie sociale et en ethnologie,
recommandée : il pourrait d’ailleurs servir mais aussi parce qu’elle est femme, et
de référence à nombre de travaux dans étrangère à cet univers, que le regard
d’autres domaines qui se réclament d’Anne Saouter nous interpelle. Dans le
un peu rapidement de l’ethnologie. » milieu du rugby et de ses troisièmes mi-
Recherches sociologiques, 2002. temps, la femme tient le plus souvent le rôle
de la mère nourricière et blanchisseuse, et
« Une ethnologue chez les rugbymen : “Une difficile pour elle se prétendre à un autre rôle,
thèse sur le rugby ? Quelle idée ! Tu sais bien si ce n’est pour conforter la virilité de ces
qu’on est des gros bourrins, il n’y aura rien à messieurs. Une analyse étayée par nombre
dire. Tu devrais plutôt choisir un sujet d’anecdotes, ce qui ne gâche en rien le plaisir
sur la littérature.” Anne Saouter, docteure de sa lecture. »
en anthropologie sociale et en ethnologie, La Marseillaise, 11 avril 2000.

N° 21 2000, RÉIMPRESSIONS 2001, 2007, 202 PAGES, 15 X 23 CM 19 € ISBN 978-2-7351-0865-7 29
LA VIE DES OBJETS
D’ustensiles banals à objets de collection
Thierry Bonnot

Comment un de ces productions céramiques de la vallée


ustensile banal, de la Bourbince (Saône-et-Loire), La Vie
fabriqué en série, des objets explore l’évolution du statut d’un
devient-il objet ensemble d’objets afin de mieux saisir
de patrimoine ? leurs rôles dans la société occidentale
À l’issue de contemporaine. Ce livre analyse ainsi avec
quelles péripéties, une grande finesse les rapports variés que
presque cent ans après sa sortie de l’usine, nous entretenons aujourd’hui avec les
se retrouve-t-il, au début du XXIe siècle, multiples artefacts que nous manipulons.
dans la vitrine d’un musée ? Peut-on Il permet de mettre au jour la perception
retracer, dans le contexte des productions du temps qu’ils impliquent et la manière
matérielles des sociétés occidentales, des dont celle-ci se traduit dans notre mode
biographies d’objets ? La notion de biogra- de traitement des choses banales ainsi que
phie permet d’isoler les différentes étapes dans nos choix de conservation.
de la vie des objets en les dépouillant de
toute catégorie préalable – marchandise, Thierry Bonnot, historien et ethnologue,
ustensile, produit ou collection. Elle amène a travaillé de 1994 à 2002 à l’écomusée
notamment à contester la distinction clas- de la Communauté Le Creusot-Montceau
sique entre la production technique de (Saône-et-Loire) pour lequel il a mené
l’objet industriel et sa production sociale plusieurs enquêtes. Ses recherches portent
et culturelle. essentiellement sur la culture matérielle
L’enquête ethnologique menée par et sur la construction des patrimoines.
Thierry Bonnot a porté sur des poteries Il a synthétisé sa réflexion théorique
de grès, des bouteilles à encre, des vases, sur les rapports sociaux aux objets
des cruchons à liqueur et autres accessoires dans l’ouvrage L’Attachement aux choses
du quotidien, objets matériels saisis dans (CNRS éditions, 2014).
leur trajectoire individuelle, de l’usine
au musée ou aux étagères du salon d’un
collectionneur, en passant par l’étal du bro-
canteur, le grenier ou la cave d’un ancien
ouvrier céramiste. En partant de l’exemple

EX TR AIT DE PRESSE mis à les conserver comme des souvenirs


« Il faut donc saluer l’ouvrage de Thierry familiaux. […] Ce livre devrait satisfaire
Bonnot qui, à l’aide d’une langue claire et la curiosité des ethnologues de la sphère
agréable à lire, d’une bonne documentation, du matériel, celle des sociologues
9 782735 109340

de nombreuses illustrations, montre dans de l’innovation et des conservateurs


une région du Centre le trajet d’objets des musées dits “de sociétés”. »
industriels, des fours de cuisson aux Ethnologie française, 2004.
étagères des particuliers qui se sont

30 N° 22 2002, 248 PAGES, 15 X 23 CM 20 € ISBN 978-2-7351-0934-0


LES SOURDS, C’EST COMME ÇA
Ethnologie de la surdimutité
Yves Delaporte

Pendant tout le Mais leur culture peut être définie avant


XX e siècle, les tout par la manière qu’ils ont de se penser,
sourds-muets qui est à l’opposé des idées ordinaires.
– aujourd’hui rebap- Les sourds ne cessent de penser la diffé-
tisés « sourds », ce rence culturelle. Le titre de cet ouvrage,
qui n’est pas sans Les Sourds, c’est comme ça, est la traduc-
entraîner quelques tion d’une expression courante dans les
confusions – ont été considérés comme conversations et les récits en langue des
porteurs de la pire infirmité qui soit, et sou- signes, expression qui a pour fonction de
vent soupçonnés de débilité. Les sciences souligner les multiples différences entre
humaines ont longtemps cru qu’ils ne sourds et entendants.
relevaient que du seul point de vue médical, Les sourds, en définitive, nous appren-
et s’en sont donc entièrement désintéres- nent que les langues vocales ne sont pas
sées : dans toute l’histoire de l’ethnologie les seules langues de l’humanité, qu’il est
française, pas un seul article ne leur est possible de contourner une déficience
consacré. Ce livre, écrit par un ethnologue, physiologique par des créations collectives,
est donc le premier du genre. Le chercheur, que malgré l’ouverture de la pensée
à l’écoute des sourds pendant sept années, moderne à l’altérité culturelle, nous
a commencé par apprendre leur langue, restons, face aux sourds, d’incorrigibles
passeport indispensable pour pénétrer audiocentristes… Ils ouvrent enfin une
un monde étonnant, d’une extraordinaire nouvelle voie de recherche prometteuse sur
richesse. la vieille question de l’origine du langage.
Alors que celle-ci est communément
considérée comme un malheur individuel, Yves Delaporte était, au moment de cette
Yves Delaporte décrit les aspects collectifs étude, directeur de recherche au CNRS
de la surdimutité : les sourds ont non seu- et attaché au Laboratoire d’anthropologie
lement une langue à eux mais également urbaine. Après avoir longtemps travaillé
leurs propres manières de se nommer et de dans les domaines de l’ethnologie lapone
se catégoriser, un humour spécifique, des et de l’anthropologie du vêtement, puis s’être
jeux de signes qui n’ont aucun équivalent intéressé aux pratiques des entomologistes,
dans les langues vocales, des formes de il s’est consacré à partir de 1994 à
sociabilité, des règles de politesse et de l’exploration du monde sourd.
comportement qui leur sont propres. Ils
ont aussi un mythe fondateur, qui attribue
l’origine de leur langue à l’abbé de l’Épée.
9 782735 109357

EX TR AIT DE PRESSE
« Les Sourds, c’est comme ça est une brillante
réflexion sur la culture sourde française. »
Anthropologie et Sociétés, 2003.

N° 23 2002, RÉIMPRESSIONS 2002, 2012, 398 PAGES, 15 X 23 CM 28 € ISBN 978-2-7351-0935-7 31
BIJOUX À SECRETS
Patrizia Ciambelli

Bijoux fantaisie, se pose comme personne et affiche la


exotiques ou « eth- nature des relations qu’il entretient avec
niques » contre les autres. Du côté des femmes surtout,
bijoux précieux, interlocutrices privilégiées en ce domaine,
classiques, « de le « parler bijoux » a révélé, tout autant que
famille », les bijoux les singuliers pouvoirs prêtés à ces objets,
hier déclinés à les manières dont ils scandent et ordonnent
tous les temps se conjuguent aujourd’hui des parcours et des destins.
à tous les modes au mépris des frontières Secrets de famille, indiscrètes révélations,
spatiales et temporelles. C’est en partant de amours et ruptures, comme les bijoux qui
ce métissage moderne et pour approcher les signent, peuvent être montrés ou cachés,
l’énigme de la fascination ou du rejet qu’ils vrais ou faux, enfouis dans les mémoires
suscitent que Patrizia Ciambelli s’est mise comme dans des coffrets et s’en échapper
à l’écoute des paroles et des pratiques lorsque la parole les entrouvre…
contemporaines.
Loin de réduire les bijoux à la somme de Patrizia Ciambelli, ethnologue,
leurs usages, à leur dimension historique ou est conservatrice au Musée des arts et
esthétique d’objets précieux, l’ethnologue traditions populaires de Rome, et chercheuse
cherche à en capter les éclats fugaces entre associée au Centre d’anthropologie sociale
la présence et l’absence, le secret et le (Lisst) à Toulouse. Les deux axes majeurs
dévoilement, l’oubli et le souvenir. Elle de ses recherches portent sur l’anthropologie
jette ici un pont entre présent et passé du religieux et les pratiques esthétiques.
en éclairant tant les coutumes de jadis Ses travaux s’attachent à établir un dialogue
attachées à leur acquisition, à leur port, à entre pratiques contemporaines et pratiques
leur conservation et à leur transmission « traditionnelles » en privilégiant tout
que les manipulations et innovations particulièrement leur rapport à l’image,
actuelles, marques d’une volonté de et un dialogue constant entre muséographie
rupture et de singularisation. Dans tous et ethnologie.
les cas, acheter un bijou, l’offrir, le vendre,
le transformer, le perdre ou l’abandonner
sont autant d’actes par lesquels un individu

EX TR AITS DE PRESSE certain étonnement, car il fallait y penser,


« Grâce aux informations apportées à ce sa relation avec ses propres bijoux, et à
propos par les “vies minuscules” recensées travers elle, l’histoire de sa “vie minuscule”,
par P. Ciambelli – informations en apparence de la construction de son identité et de son
9 782735 109456

très modestes, mais très signifiantes –, insertion familiale. »


chaque lectrice découvre, non sans un Clio, 2003.

32 N° 24 2002, 132 PAGES, 15 X 23 CM 19 € ISBN 978-2-7351-0945-6


S’APPARENTER
Ethnologie des liens de familles recomposées
Agnès Martial

Depuis les années des beaux-enfants, devenus adultes,


1970, grandir dans constitue le principal éclairage. À partir
une famille recom- de leurs récits, mis en perspective par le
posée concerne recours à l’histoire et à l’anthropologie,
un nombre crois- Agnès Martial met au jour l’incertitude
sant d’individus. des termes, des rôles et des statuts qui
Des liens inédits composent la trame familiale recomposée
unissent beaux-parents et beaux-enfants, dans notre société.
demi et « quasi » frères et sœurs, dans une En interrogeant les relations entre généra-
ordonnance nouvelle des lieux et des temps tions souvent perturbées par la séparation
de la vie familiale. De nouvelles manières du couple parental et la notion d’inceste
de vivre et de penser les liens de famille telle qu’elle émerge des pratiques, des dis-
émergent qui interrogent nos repères tra- cours et du droit, son analyse des familles
ditionnels. recomposées permet d’éclairer le contenu
Qu’est-ce qu’être père ou mère, beau- des relations de filiation, de germanité et
père ou belle-mère dans les familles re- d’alliance dans les sociétés occidentales
composées ? Est-ce donner la vie, donner contemporaines.
son nom et ses biens, nourrir et élever un
enfant et le chérir, l’adopter ? Qu’est-ce Agnès Martial, ethnologue, est membre
qu’être frère ou sœur ? Avoir eu les mêmes du Centre Norbert-Elias (EHESS, Marseille).
parents biologiques, avoir partagé son Elle étudie sous l’angle de l’anthropologie
enfance dans un même lieu ? Des relations de la parenté l’évolution contemporaine des
amoureuses et sexuelles entre « quasi » liens de famille, du contenu de la filiation et
frères et sœurs sont-elles licites ? des rapports de genre. Parmi ses publications :
C’est à ces questions que tente de Sociologie de la famille (avec Martine Segalen,
répondre ce livre, à travers l’explora- Armand Colin, 2013), La Valeur des liens.
tion ethnographique d’une trentaine Hommes, femmes et transactions familiales
d’histoires familiales, où le point de vue (Presses universitaires du Mirail, 2009).

EX TR AITS DE PRESSE « La réflexion est limpide et repose


« Une importante contribution solidement sur l’expérience comme sur
à la compréhension des transformations la littérature ; les différentes dimensions
familiales contemporaines. » présentées succinctement ici s’intègrent
Bulletin critique du livre en français, bien au portrait d’ensemble de la
décembre 2003 recomposition familiale, laquelle se dégage
ainsi de l’ombre où elle logeait jusqu’à une
« À lire cet essai, les relations entre membres
période récente. »
des familles recomposées apparaissent comme
Anthropologie et Sociétés, 2005.
infiniment complexes, la part du choix électif
n’y étant pas mineure. S’apparenter, dit-elle. »
Études, 2004.

N° 25 2003, 308 PAGES, 15 X 23 CM 19 € ISBN 978-2-7351-0992-0 33


UNE TERRE EN PARTAGE
Liens et rivalités dans une société rurale
Vanessa Manceron

Une terre en par- antagonistes entre les divers groupes, les


tage est un livre de rapports de pouvoir comme les réseaux
terrain par excel- de solidarité, tissent ainsi les liens d’une
lence. Durant société locale qui se construit et se trans-
quatorze mois, forme dans la confrontation, au travers
l’auteure a sillon- des usages et des modes d’appropriation
né les chemins de et de domestication du territoire.
la Dombes (région d’étangs située dans Cet ouvrage renouvelle la question des
l’arrière-pays lyonnais) à la rencontre de rapports entre ville et campagne et celle
ses habitants, pour rendre compte d’un du changement social lié à l’avènement de
système social sous tension, chacun se l’Europe du droit de l’environnement. Une
disputant l’usage d’un territoire contraint contribution précieuse à la réflexion sur le
par un mode de gestion caractéristique dynamisme du monde rural contemporain,
des zones humides (l’eau, la pisciculture, capable de se perpétuer et d’assimiler la
l’agriculture, la chasse). La jeune ethno- nouveauté.
logue, véritable passe-muraille des cloi-
sonnements sociaux, est allée de la ferme Vanessa Manceron est ethnologue,
exploitée par des agriculteurs locaux au chargée de recherche au CNRS, membre
château de villégiature de la bourgeoisie du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie
terrienne ; du lotissement en lisière du vil- comparative (Lesc, CNRS / université Paris-
lage, où vivent les néo-ruraux, au pavillon Ouest – Nanterre). Sa recherche actuelle
ou à la cabane de chasse située en bordure est axée sur les mouvements et institutions
d’étang. Elle s’est attachée à décrypter chargés de la protection de l’environnement,
le jeu des petits arrangements entre ces avec un intérêt grandissant porté aux
groupes très hétérogènes. naturalistes amateurs et aux militants
Le résultat est étonnant car ce sont pré- des mouvements environnementalistes.
cisément les tensions, et leur gestion au
quotidien, qui « font société ». Les rapports

EX TR AITS DE PRESSE Non que Vanessa Manceron se laisse aller


« Elle analyse finement le système social à des effets de plume : parce qu’elle entend
[…]. On découvre une société rurale qui se “se situer à la croisée de l’intelligibilité
structure et s’invente dans la confrontation, et de la sensibilité”, elle n’a de cesse que
qui se forme et se transforme sous le regard de trouver le mot juste susceptible de
des citadins. » traduire au plus près les catégories à travers
Le Journal du CNRS, avril 2007. lesquelles ses interlocuteurs perçoivent
9 782735 110834

le monde qui les entoure. »


« La qualité de cette ethnographie tient
Cahiers d’économie
tout d’abord à ce qu’elle vient appuyer une
et sociologie rurales, 2006.
hypothèse forte […]. Le second point fort de
l’ouvrage tient indéniablement à son écriture.

34 N° 26 2005, 262 PAGES, 15 X 23 CM 18 € ISBN 978-2-7351-1083-4


RAP, TECHNO, ÉLECTRO...
Le musicien entre travail artistique et critique sociale
Morgan Jouvenet

Rap, techno, élec- professionnel très actuel, la banalisation


tro, house, jungle, des home-studios et l’extension des respon-
trip hop… ces sabilités de l’artiste permettent en effet aux
styles musicaux individus de faire carrière en multipliant
font partie du les projets (de disques et de labels) et les
paysage discogra- casquettes (de musicien et de manager).
phique français Peinture vivante des relations de travail et
depuis la fin des années 1990. À travers au travail dans un milieu artistique fondé
les succès commerciaux retentissants ou sur la mobilité, cet ouvrage permet enfin
les coups d’éclat de leurs animateurs, ils de comprendre les évolutions récentes du
sont apparus comme des fenêtres ouvertes monde du disque vers une réactivité et une
sur les plaisirs, les désirs, et les maux de souplesse toujours plus grande.
la jeunesse. « Jeunes », les musiques rap
et électroniques le sont à double titre : Morgan Jouvenet est membre du
filles d’esthétiques post-modernes et de laboratoire Printemps (CNRS / université
bricolages technologiques, elles sont aussi de Versailles - Saint Quentin-en-Yvelines).
attachées à l’adolescence et à l’entrée dans Après cinq années d’enquête sur les musiques
la vie adulte. rap et électroniques effectuées dans le
En montrant ces « nouveaux » musiciens cadre de sa thèse, ses travaux se rapportent
au travail, l’auteur entraîne le lecteur essentiellement, depuis une dizaine d’années,
loin des clichés réducteurs associant ces aux science studies. Il est investi dans divers
cultures musicales à une « perte de repères » groupes de recherche, visant notamment
ou à une mauvaise humeur à la mode. à nourrir une réflexion collective sur les
L’articulation entre création artistique et rapports entre science et politique, et à
critique sociale, l’invention et la diffusion développer la sociohistoire des activités
de modèles d’organisation alternatifs en spatiales.
matière de production discographique
sont mises au jour. Dans cet univers

EX TR AITS DE PRESSE « Jouvenet a adopté un langage, un style,


« Il faut saluer le livre de Morgan Jouvenet une posture qui font la force et l’originalité
comme un travail pionnier, une des premières de son ouvrage. […] “Tout n’est pas si facile,
tentatives pour aborder sérieusement en tout ne tient qu’à un style” (NTM).
français, dans un cadre universitaire, Celui de Jouvenet ne laisse pas indifférent.
des musiques trop souvent négligées, voire Il laisse une empreinte, une marque. »
méprisées, par des générations anciennes Anthropologie et Sociétés, 2007.
9 782735 111374

de musicologues ou d’ethnomusicologues. »
Gradhiva, 2007.

N° 27 2006, 290 PAGES, 15 X 23 CM 19 € ISBN 978-2-7351-1137-4 35


PROFESSION : POLICIER.
SEXE : FÉMININ
Les rapports de genre dans la police nationale
Geneviève Pruvost

L’ a c c è s des vocation à la gestion de la carrière, de la


femmes aux pleins scolarité aux coulisses du métier, du tra-
pouvoirs de police vail sur la voie publique aux arrangements
est récent. Depuis avec le conjoint, de l’accomplissement
une trentaine des tâches nobles au « sale boulot ». Elle
d’années, les poli- montre comment, en adoptant les codes
ciers de sexe féminin suivent la même virils en vigueur, ces femmes tentent
formation, sont dotés des mêmes d’échapper aux stéréotypes de fragilité
habilitations judiciaires et du même et d’indisponibilité qui leur sont encore
armement que les hommes. S’agit- trop souvent accolés. À l’originalité
il d’un changement profond dans d’une démarche attentive à la mobilité
la conception de l’ordre public ? de genre, s’ajoute celle d’une approche
Comment s’intègrent-elles à la socia- compréhensive des principes fondateurs
bilité virile des commissariats ? Telles sont de l’institution policière.
quelques-unes des questions auxquelles
l’auteure répond dans cet ouvrage Geneviève Pruvost est chargée de recherche
pionnier qui constitue la première au CNRS (Centre d’étude sur le droit et les
recherche française d’ampleur sur la institutions pénales). Ce livre est issu de sa
féminisation de la police. thèse sur « L’accès des femmes à la violence
Cette étude fouillée – qualitative et légale. La féminisation de la police
quantitative – permet de suivre et de (1935-2005) » soutenue à l’EHESS en 2005
comprendre les trajectoires des « femmes (pour laquelle elle a obtenu un prix).
policiers », de la fabrique familiale de la

EX TR AIT DE PRESSE Postures, coiffures, langage, distraction,


« “Vous imaginez, vous, une police avec menaces, violences, habitudes : pour être un
que des gens qui ont la vocation ? Il faut flic, il faut être “homme”. À cette condition
être policier par hasard c’est mieux pour de contrainte, l’entrée des femmes dans la
la République.” Cet étrange propos, tenu profession se déroule sans trop d’encombres,
à Geneviève Pruvost par une commissaire l’oubli de la différence de sexe étant une
de police, vient à point contredire une attente partagée par les hommes et les
des conclusions de cette belle enquête femmes. Mais le spectre de la domination
en profondeur sur les femmes policières : masculine n’est nullement aboli : lorsqu’il
plus que les hommes, les femmes entrent ressurgit, les femmes n’ont guère d’autre
dans la police par goût, par vocation. Et de choix que de faire preuve de brutalité
fait, pour y parvenir, il leur faut accepter ou de se soumettre. »
beaucoup, car tout dans ce métier est “viril”. Sciences humaines, octobre 2007.

36 N° 28 2007, 307 PAGES, 15 X 23 CM 20 € ISBN 978-2-7351-1146-6


L’« ESPRIT DE CORPS »
Sexe et mort dans la formation des internes en médecine
Emmanuelle Godeau

Scandaleuses ru- spectaculaires des salles de garde en pas-


meurs, bizutages sant par les rituels propres au temps de
violents, blagues l’internat qui se déclinent sur le modèle
obscènes, chan- des « grands » passages biographiques
sons de salles de (« baptême » et « enterrement » du néo-
garde, autant d’élé- phyte), se dessine un parcours coutumier
ments composant indissociable de l’acquisition des savoirs
l’image de l’étudiant en médecine difficiles propres à la discipline médicale. Conduite
à rattacher à celle de l’éminent spécialiste majoritairement auprès d’anciens internes
affichant le titre prestigieux d’« Ancien des hôpitaux français à Toulouse, Mont-
Interne des hôpitaux »… pellier, Strasbourg et Paris, la recherche
Qu’est-ce en effet que l’internat avec d’Emmanuelle Godeau n’exclue pas le
ses traditions frivoles, son « folklore des comparatisme (États-Unis, Suisse, Scan-
carabins » relégué aux marges du métier dinavie), et s’ouvre, lorsque les sources
derrière les portes fermées des salles de le permettent, à la profondeur historique.
garde ? Ou, plutôt, en quoi ces pratiques
sont-elles constitutives de l’apprentissage Emmanuelle Godeau a suivi une double
du futur spécialiste, au même titre que la formation de médecin et d’anthropologue.
formation spécifique à cette profession ? Ses travaux en tant que médecin de santé
Comment l’esprit de corps vient-il aux publique et chercheuse (unité Inserm
médecins ? C’est à ces questions, et sur un U558, « Épidémiologie et analyses en santé
terrain n’ayant jamais fait l’objet d’inves- publique : risques, maladies chroniques
tigations ethnologiques, que l’auteure s’est et handicaps ») portent sur la santé et les
attachée à répondre dans cet ouvrage handicaps des enfants et des adolescents.
novateur et stimulant. Ses recherches en anthropologie sont centrées
Des travaux pratiques d’anatomie et de sur la mort, les formations professionnelles
dissection plaçant les jeux avec le sexe et contemporaines et leur féminisation.
la mort au principe même de cet appren- Elle est rattachée au Centre d’anthropologie
tissage jusqu’aux « revues » et « post-revues » sociale de Toulouse.

EX TR AITS DE PRESSE « En quelques pages, on comprend


« Dans son livre, Emmanuelle Godeau ouvre l’évolution historique du statut d’interne
au public non averti les portes de la salle de des hôpitaux, on comprend d’où viennent
garde pour montrer comment le savoir qui ces vieilles traditions, ces vieux
se met en place en marge de l’institution est antagonismes, et surtout quelles
indispensable à la formation du médecin qui implications ils ont encore aujourd’hui
9 782735 111657

est le seul à être confronté “à la transgression sur nos mentalités et comportements. »


répétée de tabous aussi forts et universels Remède.org, 2007.
que ceux liés à la mort et à la nudité”. »
Le Quotidien du médecin, 30 octobre 2007.

N° 29 2007, 303 PAGES, 15 X 23 CM 19 € ISBN 978-2-7351-1165-7 37


DES HOMMES DE DEVOIR
Les compagnons du Tour de France (xviiie-xxe siècle)
Nicolas Adell-Gombert

L
a belle ouvrage, le Tour de France, premier temps, le groupe compagnonnique
le secret..., tout l’imaginaire a progressivement cherché à façonner de
du compagnonnage tient dans manière plus large l’existence des individus.
quelques pratiques et quelques Institution de passage devenue institution à
symboles qui ont focalisé l’attention, épais- rites de passage, les compagnons ont peu à
sissant un « mystère » compagnonnique et peu mis en avant un modèle de vie auquel
laissant dans l’ombre les questions qui au- seule une minorité peut se soumettre :
raient dû être premières : qu’est-ce qu’être les hommes de Devoir, ceux qui ont su,
un compagnon ? Comment le devenir ? comme ils le disent eux-mêmes, « faire de
Et le rester ? leur vie un chef-d’œuvre ».
Établi à partir d’enquêtes de terrain, de
récits de vie et de dépouillement d’ar- Nicolas Adell-Gombert est ethnologue,
chives, cet ouvrage montre les voies qu’il maître de conférence à l’université
faut emprunter, fait entendre les appels Toulouse-II Le Mirail. Auteur de nombreux
auxquels il faut savoir répondre pour se articles apportant un éclairage neuf sur
dire « compagnon du Tour de France ». divers aspects de la société et de la culture
Car l’auteur, ethnologue, le démontre compagnonniques (l’écriture, l’initiation…),
clairement : l’actualité des compagnons il poursuit ses recherches dans deux
n’est pas une simple persistance. En effet, directions principales : la narration de soi,
le compagnonnage est une institution dont et les passages à l’âge d’homme dans
la modernité s’est lentement construite les sociétés européennes.
depuis le XVIIIe siècle. Simple organi-
sation de jeunesses artisanales vouée à
« faire passer » cet âge de la vie dans un

38
« Le “Devoir” est de ces mots
dont la polysémie est telle
que l’on est bien ennuyé
pour les définir. »

EX TR AITS DE PRESSE « Malgré la complexité du sujet et le fait


« Le chercheur nous emmène sur les traces que “presque chaque corporation constitue
de ces jeunes pèlerins d’hier et d’aujourd’hui un accent compagnonnique différent et
[…]. Valeur ajoutée du livre : les témoignages, spécifique”, l’ouvrage de Nicolas Adell-
du journal d’un vitrier du XVIIIe aux entretiens Gombert est de lecture aisée car l’auteur sait
avec les jeunes apprentis d’aujourd’hui. Un mettre de l’ordre dans ce désordre,
livre à contre-courant de la pensée unique. » au point de rendre son lecteur familier
Métiers d’art, juillet-août 2008. de cette “diversité mal connue”. De plus,
l’écriture est imagée, le compagnonnage
« Pour rendre compte des Compagnons, apparaissant comme un “feuilleté” qui doit
l’auteur a su mêler une vision globale résister aux “doux écueils” que représentent
permettant de saisir l’essence du les femmes et l’amour sur le chemin du Tour
compagnonnage, l’identité propre du de France. Une belle écriture, comme on dit
groupe, mais il a su également proposer au un bel ouvrage. De plus, ce livre n’est pas
lecteur des clés de lecture permettant de un panégyrique du compagnonnage comme
saisir les nuances majeures des différents on en publie parfois. Il a tout de la rigueur
groupes […]. Nicolas Adell-Gombert offre et de la raison critique. L’auteur défend
au lecteur profane une représentation très quelques lignes fortes. Ainsi, il prend le
enrichissante des compagnons. On mesure contrepied de ceux qui, à trop rechercher
grâce à l’ouvrage l’étendue d’une institution “les compagnonnages” s’interdisent d’en
et la force de représentation qu’elle conserve dégager les axes transversaux et les points
à travers les âges. » d’articulation. Il pense par exemple que
Liens-socio.org, septembre 2008. le Devoir, mot polysémique, a un “pouvoir
de rassemblement, désignant les gestes,
les dits et les écrits qui font lien”.
Il estime également qu’il faut interroger le
compagnonnage comme un passage d’âge
et y voir un “espace de conquête des savoirs,
d’un statut, d’un genre”. »
Ethnologie française, janvier 2010.

N° 30 2008, RÉIMPRESSION 2012, 274 PAGES, 15 X 23 CM 19 € ISBN 978-2-7351-1189-3 39


LA FABRIQUE DU PATRIMOINE
« De la cathédrale à la petite cuillère »
Nathalie Heinich

Par quelles opé- définissant le service de l’Inventaire –, voire,


rations un édifice tout récemment, la borne Michelin.
ou un objet se Appliquant à la question patrimoniale
trouve-t-il intégré les méthodes de la sociologie pragmatique,
au corpus du pa- cette étude s’inscrit dans la perspective
trimoine ? Quelles d’une sociologie des valeurs, tentant d’élu-
sont les étapes de cider ce qu’on entend aujourd’hui dans
la « chaîne patrimoniale », depuis le pre- notre société par l’ancienneté, l’authenticité,
mier regard jusqu’à l’éventuelle obtention la singularité ou la beauté – et ce qu’on
du statut juridique de « monument his- en attend.
torique » ? Quels sont les critères mis en
œuvre par les chercheurs de l’Inventaire Nathalie Heinich, chercheuse au CNRS,
pour décider que tel château, telle ferme, est spécialisée en sociologie de l’art,
tel tableau d’église possède ou non une en sociologie de l’identité et en histoire
valeur patrimoniale ? Quelles émotions des sciences sociales. Elle est l’auteure
animent les mobilisations des profanes en de nombreux articles et ouvrages,
faveur des biens à préserver ? Et finalement, parmi lesquels Le Triple Jeu de l’art
sur quelles valeurs fondamentales repose contemporain. Sociologie des arts plastiques
la notion même de patrimoine ? (Éditions de Minuit, 1998), Être écrivain.
Telles sont les questions auxquelles Création et identité (La Découverte, 2000),
répond ce livre, à partir d’enquêtes au plus L’Élite artiste. Excellence et singularité en
près du terrain. Car c’est dans le détail régime démocratique (Gallimard, 2005),
des procédures, des propos enregistrés, ainsi que Pourquoi Bourdieu (Gallimard,
des scènes et des gestes observés que l’on 2007) et Le Paradigme de l’art contemporain.
peut réellement comprendre comment Structures d’une révolution artistique
– c’est-à-dire pourquoi – les limites du pa-
(Gallimard, 2014).
trimoine n’ont cessé, en une génération, de
s’étendre, englobant désormais non seule-
ment la « cathédrale » mais aussi la « petite
cuillère » – selon les mots d’André Chastel

EX TR AITS DE PRESSE « Grâce à une méthode sociologique sans


« Un ouvrage qui devrait nourrir le débat faille, l’auteure explore ici tous les maillons
actuel. Jusqu’où intégrer, sur un monument de la chaîne humaine ainsi que les critères
historique, la modernité du XXIe siècle ? qui permettent de définir ce qui relève du
Notamment les techniques exigées par le patrimoine, notion qui connaît, de nos jours,
respect de l’environnement ? Des questions un affolement “inflationnel”. »
d’une brûlante actualité. » Connaissance des arts, octobre 2009.
Le Monde, 22 septembre 2009.

40 N° 31 2009, 288 PAGES, 15 X 23 CM 21 € ISBN 978-2-7351-1264-7


EN SON JARDIN
Une ethnologie du fleurissement
Martine Bergues

Que donnons- ces questions croisent-elles à leur tour


nous à voir en l’histoire des concours de fleurissement,
jardinant de telle qui apparaissent comme des outils nor-
ou telle manière ? matifs destinés à établir de l’ordre et à
Prenant pour organiser du lien ? Quelles convergences
cadre les villages ces concours encouragent-ils entre la mise
du Lot, l’auteur a en fleurs des espaces publics et celle des
étudié avec finesse la mise en scène des espaces privés ? Ce contexte permet-il de
fleurs plantées dans les jardins privés et mieux saisir le succès actuel de certains
les espaces publics. Elle en soulève ici les thèmes comme la biodiversité ? Répondant
enjeux sociaux – mais aussi économiques, à ces questions, Martine Bergues offre ici
symboliques, affectifs, imaginaires –, et met une analyse aussi éclairante qu’alerte de
en évidence que, quel que soit le contexte notre société au miroir de son décor végétal.
(« jardin paysan », « jardin fleuri » ou « jardin
au naturel »), le fleurissement reflète des Martine Bergues est ethnologue au Conseil
façons de s’inscrire dans un territoire et de départemental du Lot et chercheuse associée
dialoguer avec l’autre. En son jardin certes, au centre Edgar-Morin (CNRS). Spécialiste
mais pour mieux signifier aux passants ou des liens entre sociétés et territoires, elle
aux voisins une manière, individuelle ou a notamment publié « L’Ostal, ou la culture
collective, de voir et d’organiser le monde. de la terre » dans les Cahiers du musée
Comment, alors, interpréter l’évolution départemental de Cuzals, et cosigné le film
des modalités du fleurissement selon Des jardins familiers.
les époques ? En quoi ces changements
rendent-ils compte de manières de pen-
ser et de sentir différentes ? Comment

EX TR AITS DE PRESSE « Un livre passionnant pour tous les


« Qu’est-ce que les fleurs nous apprennent “jardiniers”, les scientifiques, les géographes
de leurs jardiniers ? C’est à cette question et philosophes, tous ceux en fait qui
qu’entreprend de répondre Martine Bergues, s’intéressent à l’expression de nos rapports
étudiant la réalité microsociale des jardins à la Nature, au Territoire, à Autrui,
ordinaires et leur encastrement dans un ainsi qu’à leur évolution historique. »
processus socio-historique de fleurissement Espace, populations, sociétés, 2011.
à l’échelle nationale […]. En son jardin est
un exercice passionnant d’analyse d’une
réalité globale au travers d’un objet ordinaire.
9 782735 113248

Les fleurs constituent un indicateur de


l’évolution historique des aménités et des
relations à l’espace ; mais aussi des modes
d’association des individus. »
Lectures.revues.org, 2011.

N° 32 2011, 332 PAGES, 15 X 23 CM 23 € ISBN 978-2-7351-1324-8 41


EN CORSE
Une société en mosaïque
Gérard Lenclud

P
ourquoi publier un ouvrage d’ethno- jusqu’aux années 1960 où cette forme
logie basé sur une enquête de ter- de société se voit dépourvue des moyens
rain effectuée il y a trente ans ? d’assurer à elle seule sa reproduction.
Parce qu’il éclaire, comme aucun Encerclés de l’extérieur, infiltrés de l’inté-
autre, le fonctionnement si particulier de rieur, les villages sont acculés dans leurs
la société corse, ses institutions politiques retranchements par les transformations qui
et familiales. s’opèrent à leurs pieds et par le futur qu’on
En Corse, dans les années 1970, une lui prépare dans les hautes sphères avec des
société villageoise s’accroche à la montagne. complicités insulaires. Deux modèles de
Elle y maintient, avec le concours de la sociétés se font face sur le même terrain :
diaspora, un modèle d’existence largement l’un soutenu par l’État et soumis à la loi
hérité de son passé proche mais dont les du marché, l’autre arc-bouté à des institu-
évolutions en cours sur le littoral semblent tions et des valeurs héritées du passé. Des
préparer la disparition. Gérard Lenclud revendications indépendantistes surgissent
visite alors les communautés pastorales sur ce terrain favorable. À partir de là, la
de cette société avec le projet d’écrire une question du devenir politique de la Corse
monographie classique. Mais de quoi lui ne cessera plus d’être posée. Une société
parle-t-on ? Du passé, un passé proche résiste, « promise de partout à la disparition
qui consolide des liens que le présent ne mais nullement disposée à raccourcir ses
semble plus suffire à établir : « Le présent vieux jours, aspirant plutôt à aménager sa
s’appliquait à regarder dans le rétroviseur. » retraite, espérée longue ».
Conséquence : Gérard Lenclud s’improvise
ethnographe historien. Il s’emploie à creu- Gérard Lenclud est anthropologue, directeur
ser sous le présent, à reconstituer le système de recherche honoraire au CNRS, membre
coutumier local et le jeu des institutions du Laboratoire d’anthropologie sociale.
incarnant les idées et les valeurs d’une Après avoir été consacrées à l’ethnographie
société bien présente encore, en arrière- de la Corse, ses recherches portent sur
plan, dans les modes d’agir et de penser. l’épistémologie de l’anthropologie et des
Cette société villageoise est traditionnelle, sciences historiques en général, sur les
organisée autour d’un idéal cultivé dans approches philosophiques et psychologiques
chaque vallée, dans chaque communauté, de la croyance, sur la question des origines
dans chaque maisonnée : l’idéal de souve- du langage et sur les problèmes posés par
raineté. Cet idéal représenté par un objectif l’attribution d’identité dans le temps aux
d’autosuffisance fonctionnel traverse la êtres et aux choses.
Première Guerre mondiale puis la Seconde

42
« La société traditionnelle trouve,
en somme, son unité de structure dans
le système d’oppositions que perpétue
la règle du jeu ;
mises bout à bout, les tesselles
révèlent alors le dessin d’ensemble
qui est celui de la mosaïque. »

EX TR AITS DE PRESSE « Pour comprendre la Corse, ses forces


« Combinant archives et entretiens, invisibles, ses mécanismes cachés, il ne
l’ethnologue a saisi la pluralité des couches serait pas superflu de faire un détour par
historiques qui font qu’une “communauté la dernière parution de Gérard Lenclud […].
humaine n’est jamais contemporaine d’elle- Les thèmes abordés sont nombreux :
même” […]. Refusant de prendre parti pour les structures de production, de répartition
ou contre l’identité du peuple corse, il a et d’échanges de biens et des services,
plutôt exploré les mécanismes intellectuels le système politique clanique, les techniques
par lesquels les hommes “s’attachent” à un de l’élevage ovin ou encore les structures
patron tout en restant souverains. Une leçon de la vie familiale. Pour chacun l’auteur
d’humanité à méditer sur la plage. » y apporte des exemples et des éclairages
Le Monde, juillet 2012. utiles sur les actions et les valeurs engagées
par les acteurs, et nous aide à décrypter les
« Cet ouvrage d’ethnologie se lit comme un
traces invisibles que le passé conjugue avec
roman à clefs : décortiquée, analysée avec
le présent. »
une rigueur scientifique évidente, mais
Corseninfos.fr, juillet 2012.
aussi perçue avec empathie, la société corse
se dévoile dans toute sa complexité et sa
logique propre. Loin d’être abrupt, l’ouvrage
nous raconte cette longue histoire, celle
d’une “société en mosaïque” composée
d’archipels. »
Aria. Le magazine d’Aircorsica, août 2012.

N° 33 2012, RÉIMPRESSION 2013, 280 PAGES, 15 X 23 C 21 € ISBN 978-2-7351-1430-6. 43


L’ART DE TATOUER
Valérie Rolle

D
epuis une vingtaine d’années, le En examinant les processus de produc-
tatouage est devenu omniprésent tion des tatouages, cet ouvrage met au jour
dans les sociétés occidentales : il la manière dont s’apprend, se reproduit et
décore les peaux, défraie la chro- se renouvelle cet univers visuel. Il dévoile
nique, préoccupe les chercheurs. Or, les les qualités dont doivent faire preuve les
études de ces derniers font la part belle aux aspirants pour gagner leur place dans ce
significations que les personnes tatouées monde et y construire une réputation
attribuent à leur modification corporelle d’« artiste-tatoueur ».
sans jamais se pencher sur le pendant
professionnel de cet engouement, pourtant Valérie Rolle est sociologue, rattachée au
visible à travers l’efflorescence des studios Laboratoire de sociologie de l’Institut des
de tatouage. sciences sociales (Lausanne, Suisse). Elle
Qui sont les tatoueurs ? Des artistes ? Des a réalisé sa thèse de doctorat sur le métier
artisans ? Leur travail répond toujours à de tatoueur à l’université de Lausanne et
une double nécessité : satisfaire les désirs s’intéresse actuellement aux processus
d’une clientèle désormais majoritairement d’entrée et de sortie dans des métiers aux
profane tout en réalisant les « plus beaux » frontières entre art, artisanat et services.
tatouages. Mais quels critères, notamment
esthétiques, guident la réalisation et
l’exécution d’une image encrée ? Comment
les professionnels de l’encrage négocient-
ils avec les hommes et les femmes qui
viennent leur soumettre leur projet ?

44
 « Les tatoueurs demeurent les prestataires
d’un “service personnel” dont les enjeux
sont tout à la fois sociaux, esthétiques et
commerciaux. Ils se rapprochent moins
de la figure contemporaine mythifiée
de l’“artiste inspiré”, telle qu’elle émerge
à la fin du xixe siècle, que de celle
qui l’a précédée : l’“artiste artisan”
soumis à la commande d’œuvres. »

EX TR AITS DE PRESSE à eux de se soumettre à la demande précise


« Enrichi de témoignages et de photographies, d’une clientèle soucieuse d’exprimer son
cet ouvrage propose un parcours très complet propre goût, voire sa personnalité, sur sa
dans toutes les dimensions de la production peau. À partir de cette question, l’auteure
d’un tatouage, de la négociation initiale livre une étude sociologique vaste, précise
du projet avec le client à sa réalisation et fine, revendiquant ses filiations
concrète. » méthodologiques dans les travaux d’Howard
Allez savoir, 2014. Becker, de Pierre-Michel Menguer et d’Erwin
Goffmann. Elle analyse donc par le menu
« Une immersion totale dans le quotidien
les conditions d’exercice du métier, entre
de ces artistes-artisans. »
revendication d’une forme plus ou moins
Sciences humaines, 2014.
mythique de la marginalité et assurance
« À l’actualité du sujet traité par cet d’hygiène et de sérieux ; la formulation de
ouvrage s’ajoute le caractère pionnier la demande de tatouage, à la fois rebelle
d’une ethnographie et d’une sociologie du et soumise aux codes de la mode ; ses
métier de tatoueur […]. Essentiellement motivations. Intéresse particulièrement
menée auprès de tatoueurs installées en l’esthétique son étude des sources
Suisse romande, l’enquête de Valérie Rolle iconographiques des tatouages et du rôle
a néanmoins une portée générale. » qu’y tient ce que l’on appelle des flashs,
L’Homme, 2014. des motifs répertoriés qui ressemblent fort
à ce que les artistes du passé nommaient
« Le tatouage est-il un art ou n’est-il pas
des poncifs. Valérie Rolle consacre alors
un art ? La grande enquête de Valérie Rolle
des pages passionnantes à la circulation
aborde de front la question en en pointant
motifs, à leur évolution ainsi qu’à leur
d’emblée la paradoxale problématique : la
interprétation. »
tension fondamentale entre la visée créative
Critique d’art, 2013.
des tatoueurs et la nécessité qui s’impose

N° 34 2013, 440 PAGES, 15 X 23 CM 29 € ISBN 978-2-7351-1615-7 45


CORPS COMBATTANT
La production du soldat
Jeanne Teboul
« Rares sont les valeurs, de rituels et de traditions partagés
entreprises où qui dépassent le strict cadre de l’instruction
vos collègues ne opérationnelle. Homme de métier, le soldat
perdent jamais est un homme qui doit faire la preuve de ses
une occasion qualités « viriles » : courage, dépassement de
de vous soute- soi et capacité à (faire) endurer la violence
nir », indiquait se trouvent ainsi au cœur de l’esprit de
le slogan d’une corps que l’on cherche à transmettre. En
récente campagne de recrutement de dévoilant la pluralité des enseignements
l’Armée de terre française. Rares aussi militaires, cette recherche met au jour le
sont les métiers où l’engagement requis caractère complexe et parfois ambigu d’une
comprend une telle extrémité ; le choix formation dans laquelle il s’agit tout à la
de servir sous les drapeaux implique fois d’apprendre à combattre et parader.
d’admettre l’éventualité d’avoir à donner À la croisée d’une ethnologie des savoirs,
ou recevoir la mort. Mais comment y par- du corps sexué et des identités socioprofes-
vient-on ? Comment l’institution militaire sionnelles, cet ouvrage propose un regard
s’y prend-elle pour transformer de jeunes sur une institution politique de premier
civils en soldats professionnels prêts à se plan, aujourd’hui particulièrement visible
battre y compris jusqu’au sacrifice de leur dans l’espace social et pourtant encore
propre existence ? largement méconnue des sciences sociales.
Fondé sur une enquête ethnographique
conduite dans un centre d’instruction Jeanne Teboul est docteure en anthropologie
militaire auprès de recrues et de leurs sociale et historique. Membre du Centre
formateurs, cet ouvrage interroge les mo- d’anthropologie sociale (Cas) du Laboratoire
dalités concrètes et enjeux de la fabrique interdisciplinaire Solidarités, Sociétés,
des combattants. Devenir soldat nécessite Territoires (Lisst, université Toulouse 2 – 
d’incorporer des techniques et savoir-faire Jean-Jaurès / CNRS / EHESS), elle est
spécifiques, d’aguerrir son corps, d’ac- chargée de cours à l’université de Toulouse.
croître sa force et sa résistance au prix Ses recherches portent sur les processus
d’une discipline intense. Mais au-delà, il de transmission (techniques du corps,
s’agit d’intégrer une communauté soudée savoirs, patrimoines) et sur la production
et homogène, de « faire corps » autour de institutionnelle des identités collectives.

« Son travail ethnographique présente un


EX TR AITS DE PRESSE grand intérêt et sa réflexivité méthodologique
« Il flotte dans le livre de Mme Teboul, modèle y est exemplaire. Quant au chapitre final sur
d’ouvrage universitaire, un parfum drôlatique, la cohésion de deux corps du soldat, c’est une
peut-être involontaire, qui est l’essence contribution majeure qui ne manquera pas de
même du travail ethnologique parce qu’il retenir l’attention. Il questionne le recours
résulte de la distance entre le scientifique à l’esthétique comme moyen de faire face à
et son objet d’étude, et qu’on peut retrouver la violence du métier des armes, et la finesse
dans le regard que les femmes portent sur de son analyse nous fait attendre la suite
les hommes entre eux. » des travaux de Jeanne Teboul. »
L’Ours, 2017. Lectures, 2017.

46 N° 35 2017, 263 PAGES, 15 X 23 CM 27 € ISBN 978-2-7351-2245-2


COLLECTION
« CAHIERS D’ETHNOLOGIE DE LA FRANCE »

47
SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES ET
URBAINES CONTEMPORAINES
actes du séminaire de Royaumont, 2 et 3 décembre 1983

Cet ouvrage Contributions de Gérard Althabe,


rassemble les Michel Burnier, Jean Camy, Roger Cornu,
communications, Bernard Ganne, Élisabeth Fleury,
écrites et orales, Jean-Claude Garnier, François Gilbert,
présentées lors Jacques Gutwirth, Isaac Joseph,
des journées Béatrix Le Wita, Annie Maguer,
qui ont réuni les Christian Marcadet, Jean Métral,
équipes, aidées
Dominique Pierzo, François Portet,
par la Mission du patrimoine ethnologique
Monique Selim, Marcel Teitler,
du ministère de la Culture, ayant effectué
des recherches d’ethnologie urbaine et
Guy Vincent.
industrielle. Il constitue un bilan des tra-
vaux réalisés sur des thèmes novateurs en
ethnologie de la France.

« Quid du terrain et du rapport au terrain ?


L’anthropologie urbaine, à partir de
l’expérience américaine, de la littérature
américaine, à quoi sert-elle et qu’allons-nous
en faire ici ? Et troisième question, peut-
être plus embarrassante, d’où vient que
les textes exposant les problématiques de
l’anthropologie urbaine soient quasiment
illisibles ? »
9 782735 101221

48 N° 1 1985, 162 PAGES, 15 X 23 CM 9 € ISBN 978-2-7351-0122-1


LES SAVOIRS NATURALISTES
POPULAIRES
actes du séminaire de Sommières, 12 et 13 décembre 1983

Près de quarante chercheurs, aidés par la Mission du patrimoine


ethnologique (ministère de la Culture), se sont rassemblés
pour confronter leurs travaux sur la nature, le rôle et la place
des savoirs naturalistes populaires en France. Cet ouvrage
introduit par Jacques Barrau présente leurs communications,
regroupées autour de trois axes : approches anthropologiques,
formation et transmission des savoirs, usages et perceptions
du milieu naturel.
Contributions de Jacques Barrau, Jacques Bonniel, Denis Chevallier,
José Dos Santos, Daniel Fabre.

« Je sais bien que l’on décrie volontiers


aujourd’hui l’épithète “populaire”,
à laquelle on attribue je ne sais quelle
connotation péjorative.
Il me semble pourtant qu’il y avait encore
naguère quelque fierté
à s’en réclamer chez nous ! »
9 782735 101245

N° 2 1985, 95 PAGES, 15 X 23 CM 7 € ISBN 978-2-7351-0124-5 49


HABITAT ET ESPACE
DANS LE MONDE RURAL
stage de Saint-Riquier, mai 1986

L’architecture de la genèse de la notion d’espaces


et l’espace rural et des fonctions symboliques de
rural, façonnés la maison, mais aussi des techniques de
par l’homme, construction et des moyens de protection
constituent une et de mise en valeur du patrimoine bâti et
part essentielle paysages. La confrontation de démarches
du patrimoine complémentaires permet de saisir les liens
culturel français. Ceci se traduit dans étroits qui unissent l’architecture à un
l’abondance des recherches consacrées espace, à une culture, à une société.
par les ethnologues, mais aussi par les
géographes, à leurs formes et fonctions. Contributions de Christian Bromberger,
Ces journées centrées sur l’habitat et François Calame, Denis Chevallier,
son espace dans le monde rural ont Isac Chiva, Paul Claval, Jean Cuisenier,
regroupé chercheurs et praticiens Marie-Pascale Mallé, Nicole de Reyniès.
en ce domaine : les communications
rassemblées ici traitent non seulement

EX TR AIT DE PRESSE général, Marie-Pascale Mallé qui développe


« [Cet ouvrage] présente l’originalité un exemple d’inventaire dans les Hautes-
d’offrir une pluralité de points de vue Alpes, François Calame qui interroge très
interdisciplinaires (ethnologues, historiens, finement les problèmes de technologie en
géographes, sociologues…) sur l’architecture architecture rurale, Christian Bromberger
rurale. Les problématiques de ces journées qui propose quelques pistes sur l’étude des
de stage dont Isac Chiva, en introduction, “pratiques et représentations des espaces
rappelle les principaux résultats, sont bâtis”. Enfin, Denis Chevallier conclut ce petit
développées dans les communications de livre en insistant sur la protection qu’il est
Paul Claval qui retrace une historiographie nécessaire de donner à l’habitat rural tant
de la question depuis la fin du XVIII  siècle,
e du point de vue juridique que du point de
Jean Cuisenier qui s’explique sur l’entreprise vue des pratiques et des savoir-faire de la
“corpus de l’architecture rurale”, Nicole construction et de la valorisation de l’espace
de Reyniès qui présente les objectifs et rural qui concourent à définir la notion
les méthodes des enquêtes de l’Inventaire de patrimoine. »
Lithiques, 1989.

50 N° 3 1988, 117 PAGES, 15 X 23 CM ÉPUISÉ ISBN 978-2-7351-0278-5


CULTURES DU TRAVAIL
Identités et savoirs industriels dans la France contemporaine
actes du séminaire de Royaumont, janvier 1987

Qu’est-ce qu’une image a-t-elle voulu donner d’elle-même ?


culture du tra- Ces sociétés du travail ont connu
vail ? Comment la ces derniers temps des crises. Elles ne
définir autrement parviennent plus à se reproduire en
qu’en opposition l’état. Le changement passe aussi par les
à la culture sa- mentalités. Plusieurs communications
vante ? Quelles suggèrent de ce point de vue des pistes
r e l at i o n s u n e intéressantes. L’histoire de la culture
société entretient-elle avec son ou ses d’entreprise de la SNCF, par exemple,
industries ? Comment définir ou appré- éclaire d’une façon originale les grandes
hender ce qu’on appelle la culture d’entre- grèves de l’hiver 1986.
prise ? À ces questions ethnologues, socio- Enfin, on trouvera à la suite des
logues, géographes et historiens apportent communications l’essentiel des discussions,
ici des réponses. qui montrent la démarche suivie par
Ce livre est aussi consacré à l’intérêt chaque chercheur. La confrontation des
que ces sociétés, villes, petites régions, terrains et des méthodes a donné lieu à
entreprises, portent à ce qui constitue des débats critiques enrichissants, utiles
leur patrimoine industriel. Plus que des à la constitution d’une anthropologie
matériels, rapidement obsolètes, il s’agit industrielle interdisciplinaire.
d’une compétence collective, du savoir-
faire d’un groupe, considéré comme un Contributions de Phanette de Bonnault-Cornu,
capital culturel valorisant et rentable. David Charrasse, Geneviève Herberich-Marx,
Comment, par exemple, Saint-Étienne, Yvon Lamy, Isabelle Lazier, Philippe Mairot,
vieille métropole manufacturière, a-t-elle Alain Morel, Michèle Périssère,
joué de ses atouts dans les différentes Freddy Raphaël, Georges Ribeill,
phases de son développement ? Quelle Pierre Salmeron, André Vant.

« Ces trois axes de recherche ont en commun


la référence, explicite ou non, à la notion
de culture. Autrement dit, une plus grande
attention est portée à ce qui rassemble,
au sens commun, qu’à ce qui est à l’origine
des oppositions et conflits qui marquent
aussi le monde industriel. »

N° 4 1989, 265 PAGES, 15 X 23 CM 17 € ISBN 978-2-7351-0328-7 51


PATRIMOINES EN FOLIE
sous la direction d’Henri-Pierre Jeudy

Que faut-il Henri-Pierre Jeudy est philosophe et


conserver ? Quel sociologue, chargé de recherche au CNRS.
est le sens d’un Ses recherches portent sur la peur, les médias
héritage ? Com- et les ruses de la communication,
ment s’accomplit les mémoires collectives, les patrimoines,
la transmission et les catastrophes et l’esthétique urbaine,
au nom de quoi ?
mais encore sur l’intimité et l’espace public
C’est l’éclatement
ainsi que sur l’exhibitionnisme culturel.
de l’idée de patrimoine. À la charnière
Il a publié de nombreux ouvrages, dont
entre l’individu, la famille et la collectivité,
le patrimoine reste l’objet de représen- La Machinerie patrimoniale (Sens & Tonka,
tations et d’intérêts les plus divers, et sa 2001), La Culture en trompe-l’œil (La Lettre
gestion met en jeu l’avenir des sociétés. Les volée, 2006) et L’Exposition des sentiments
formes de représentation des symboles (Circé, 2008).
culturels, le gel des territoires, la protec-
Contributions de Marc Abélès, Gérard Althabe,
tion des espèces menacées, entraînent
Georges Augustins, Luiz Felipe Bazta Neves
des stratégies qui appellent la nécessité
Flores, Anne Cauquelin, Jean-Louis Déotte,
d’une éthique.
Tenu au Collège international de Adriano Duarte Rodrigues, Anne Gotman,
philosophie, le séminaire « Patrimoines », Marc Guillaume, Henri-Pierre Jeudy,
dirigé par Henri-Pierre Jeudy, a porté Isac Joseph, Marc Le Bot, Sylvie Le Poulichet,
sur des domaines aussi différents que Bernard Lassus, Jean-Claude Lefeuvre,
la génétique animale, la gestion des Jean-Paul Milot, Jean de Montgolfier,
ressources naturelles, l’économie, l’art, Krzysztof Pomian, Jean-Paul Renard,
le traitement des paysages, l’ethnologie Pierre Sansot, Didier Vanoni.
urbaine, l’héritage politique…

EX TR AIT DE PRESSE à la standardisation. Mais avec le risque


« Un ouvrage collectif, résultat d’un d’enfermer cet acquis prolifèrant dans une
séminaire du Collège international de sorte de gestion muséale qui devient elle-
philosophie, structuré et présenté de même sa propre fin. Marc Guillaume remarque
manière particulièrement brillante par justement à cet effet : “À vouloir tout garder,
Pierre-Henry Jeudy. Le fil directeur : la notion l’espace se surcharge vite de reliques et se
de patrimoine, qu’elle relève du domaine muséographie, la politique du patrimoine
du foncier, du biologique, du culturel, du absorbe de plus en plus d’espace, de temps,
politique, de l’ethnologie, ou de l’écologie. de moyens de toutes sortes.” Un ouvrage qui,
9 782735 103522

À travers les diverses contributions, un par la multiplicités des thèmes qu’il aborde,
même constat : la montée d’une volonté de est à la fois un outil de référence et un
sauvegarde de la mémoire collective, de ce stimulant pour la réflexion sur la généalogie
qui reste du passé ou du cadre naturel, en de l’existence. »
réaction contre la tendance universelle Le Monde diplomatique, septembre 1990.

52 N° 5 1990, 297 PAGES, 15 X 23 CM, 19 € ISBN 978-2-7351-0352-2


SAVOIR FAIRE
ET POUVOIR TRANSMETTRE
Transmission et apprentissage
des savoir-faire et des techniques
sous la direction de Denis Chevallier

Savoir faire ne veut professionnels et de métiers si difficiles à


pas dire pouvoir décrire et à transmettre, mais pourtant,
transmettre : infor- ô combien efficaces.
mels, non codifiés,
Denis Chevallier, ethnologue, conservateur en
les savoir-faire
ne se dérobent-ils pas sans cesse à toute
chef du patrimoine, a été chargé de mission
transmission organisée, à toute politique à la Mission du patrimoine ethnologique
d’apprentissage ? N’en vient-on pas par- (ministère de la Culture). En 2000, il rejoint
fois à douter de la possibilité même de l’équipe de direction du musée national des
leur transmission ? Si l’inventaire des Arts et Traditions populaires où il accompagne
installations, des sites et des techniques, la transition du musée vers le MuCEM.
la description fine des chaînes opéra- De 2002 à 2009, il dirige l’équipe chargée
toires, l’identification des détenteurs de de la préfiguration du futur établissement
savoir-faire sont les démarches préalables marseillais, et pilote plusieurs programmes
à toute analyse des faits techniques, il faut de recherche et de collectes dans le bassin
aussi préserver le potentiel adaptatif et méditerranéen. Actuellement responsable
créatif de ces savoirs et techniques car ils du département « Recherche et
sont utiles au maintien d’un patrimoine enseignement », il a également conçu
culturel et au développement économique l’exposition « Au Bazar du genre.
local. Protéger, dans ce cas, c’est avant tout Féminin-masculin en Méditerranée ».
transmettre ; il convient donc de prendre
en compte les modalités psychologiques, Contributions de Madeleine Akrich,
sociales et culturelles de cette transmission. Lucien Bernot, Anni Borzeix,
Comprendre de tels processus impo- Dominique Boullier, Blandine Bril,
sait de croiser des méthodes, confronter Denis Chevallier, Isac Chiva, Michel Clerget,
des résultats de recherche. Psychologues, Roger Cornu, Jean-Pierre Darré, Yves Deforge,
ergonomes, cognititiens, anthropologues, Robin Foot, Paul Jorion, Michèle Lacoste,
sociologues se sont penchés ensemble, Bruno Latour, Serge Moscovici, François Sigaut,
une fois n’est pas coutume, sur ces savoirs Jacques Theureau.

EX TR AIT DE PRESSE Réflexion interdisciplinaire montrant à quel


9 782735 104536

« Cet ouvrage éclaire la question de point est importante la part de ce qui ne peut
l’apprentissage en montrant qu’il ne suffit pas se dire dans la maîtrise d’un savoir-faire
pas de savoir faire pour pouvoir transmettre. ou d’un tour de main.
CNRS info, février 1993.

N° 6 1991, 265 PAGES, 15 X 23 CM 18 € ISBN 978-2-7351-0453-6 53


VERS UNE ETHNOLOGIE
DU PRÉSENT
sous la direction de Gérard Althabe, Daniel Fabre & Gérard Lenclud

Comment s’ini- Gérard Althabe (1932-2004) était, au moment


tier aujourd’hui de la rédaction de cet ouvrage, directeur
à l’ethnologie de d’études à l’EHESS. Après avoir mené des
la France – ou de recherches d’anthropologie politique en
l’Europe ? Afrique centrale et à Madagascar, il a initié un
Comment se courant de recherches anthropologiques dans
former à des pra- les lieux centraux de la société française.
tiques d’analyse permettant d’appréhender
nos sociétés contemporaines, voire d’y Daniel Fabre (1947-2016) était, au moment
conduire une action ? C’est à ce projet pé- de la rédaction de cet ouvrage, directeur
dagogique que les ethnologues à l’origine d’études à l’EHESS. Après avoir dirigé le Centre
de cet ouvrage se sont attachés, en élabo- d’anthropologie de Toulouse, il a contribué
rant des cycles de formation qui intègrent à créer le Laboratoire d’anthropologie
dans la réflexion et les débats la question et d’histoire de l’institution de la culture
des usages attendus de l’ethnologie. (Lahic, IIAC, CNRS-EHESS).
L’ouvrage reprend – en le recomposant –
ce travail d’explicitation de la démarche Gérard Lenclud est anthropologue, directeur
ethnologique. Après une analyse de la de recherche honoraire au CNRS, membre
singularité intellectuelle d’une ethnologie du Laboratoire d’anthropologie sociale.
« chez l’autre », et un examen de la question Il a notamment publié L’Universalisme
des sources de la discipline dans nos ou le Pari de la raison. Anthropologie,
sociétés, les auteurs abordent la question histoire, psychologie (Éditions du Seuil /
de l’interprétation, celle de la production EHESS / Gallimard, 2013) et En Corse. Une
du sens et donc du symbolique qui est société en mosaïque dans la collection
au cœur des pratiques sociales. Des
« Ethnologie de la France » (2012).
exemples fouillés – la cure rituelle des
hernies infantiles, la mise à mort des bêtes Contributions de Jean-Pierre Albert,
dans les abattoirs, la constitution d’albums Gérard Althabe, Christian Bromberger,
ou de vidéos de mariage – font écho à Giordana Charuty, Isac Chiva, Daniel Fabre,
des analyses plus théoriques, l’une sur le Claudine Fabre-Vassas, Agnès Fine,
fonctionnement de la démonstration et de Clara Gallini, Gérard Lenclud, Claude Rouot,
la preuve, l’autre sur le « dialogue inachevé » Martine Ségalen, Noëlie Vialles.
de l’anthropologie et de la psychanalyse.
Les déplacements de perspective
qu’opère une discipline en train de
se construire sont rendus sensibles
par l’analyse d’objets classiques pour
l’ethnologie – et d’objets nouveaux, plus
exactement d’objets réélaborés tels que la
9 782735 104949

parenté parallèle (adoption, parrainage) ou


le football, interrogé comme un rite. Du
présent, ici, comme objet ethnologique...

54 N° 7 1992, 260 PAGES, 15 X 23 CM 15 € ISBN 978-2-7351-0494-9


VERT PATRIMOINE
La constitution d’un nouveau domaine patrimonial
Françoise Dubost

Jardins et plantes locales ou la renaissance de l’art des jardins,


cultivées, fruits l’auteur décèle bien plus qu’un phénomène
et légumes ou de mode, l’éclosion de formes nouvelles
végétaux d’orne- de sensibilité à la nature et au passé. Le
ment sont entrés patrimoine végétal, parce qu’il est vivant
depuis peu dans et impossible à muséifier, met à l’épreuve
le domaine du les procédures et les modes de gestion
patrimoine. La sauvegarde des espèces traditionnels, oblige à tenir compte des
en voie de disparition, la redécouverte dimensions du temps et de l’usage, et donc
et la restauration des jardins historiques, à penser en termes nouveaux la question
ont en quelques années mobilisés res- du patrimoine.
ponsables publics et militants associatifs,
amateurs et professionnels, spécialistes et Françoise Dubost, sociologue, membre du
gens ordinaires. Centre de sociologie des arts (CNRS-EHESS),
Dans le succès des expositions-ventes travaille depuis de nombreuses années
de plantes rares, la floraison de collections sur le thème du patrimoine. Sur les jardins
inédites, le vigoureux combat des asso- populaires, elle a également publié Côté
ciations pour la préservation des variétés jardins (Scarabée & Co, 1984).

EX TR AITS DE PRESSE et en particulier aux comparaisons dans


« Cet ouvrage a le mérite de montrer l’intérêt le temps […]. L’arsenal complet des
croissant pour la sauvegarde des espèces instruments de l’enquête ethnographique
en voie de disparition, la redécouverte et la et sociologique est utilisé : observation
restauration des jardins historiques, et l’écho participante, interviews, questionnaires,
d’une mobilisation qui s’est faite en quelques analyses documentaires, biographies,
années, auprès des responsables publics, statistiques. L’ouvrage intègre des données
des militants associatifs, des amateurs riches et diversifiées en situant l’analyse
ou des spécialistes. » dans la pluralité des contextes où s’opèrent
Le Journal du CNRS, juillet 1995. la patrimonialisation de la nature et en
montrant la multiplicité des interactions
« Au-delà de l’effet de mode impulsé par
sociales dont elle est l’aboutissement […].
la vague écolo, l’auteur retrace l’histoire
La clarté élégante du style et la poésie des
de cette récente passion en analysant les
évocations, de la garance voyageuse à l’iris
raisons qui ont permis une prise
noir, contribuent au plaisir de la lecture
de conscience, à l’échelon national,
de cet ouvrage qui, dans l’ensemble diffus
de la valeur de ce patrimoine menacé. »
9 782735 106080

que constitue le patrimoine, isole un objet


Marie-Claire Maison, mai 1995.
particulier, à l’interface du culturel
« La sociologie, telle que la pratique et du naturel. »
Françoise Dubost, historienne de formation, Ethnologie française, septembre 1995.
est largement ouverte à la pluridisciplinarité

N° 8 1994, 172 PAGES, 15 X 23 CM 17 € ISBN 978-2-7351-0608-0 55


PAYSAGE AU PLURIEL
Pour une approche ethnologique des paysages
sous la direction de Claudie Voisenat

Qu’est-ce qu’un un patrimoine à sauvegarder, ou tout au


paysage ? Pour- moins à gérer.
quoi lui accorde- Finalement, le paysage fonctionne
t-on aujourd’hui comme un symbole, une représentation,
t a nt d’i mpor - dont chacun use à des fins différentes. Et
tance ? qui mieux que l’ethnologue peut témoi-
Rarement natu- gner de la force, et parfois de la violence,
rel, presque tou- des symboles ?
jours façonné par l’homme, il est dans nos Ces dix-huit articles sont pour la plupart
sociétés le fruit d’une histoire vieille de issus d’un appel d’offres initié par la Mis-
quatre siècles au cours de laquelle se sont sion du patrimoine ethnologique du mi-
peu à peu élaborés, transmis, modifiés nistère de la Culture, avec la participation
des modèles paysagers qui déterminent du Sretie (ministère de l’Environnement).
notre perception de l’espace. Récemment
le paysage est aussi devenu un enjeu so- Contributions de Martine Bergues,
cial, écologique et économique… voire Maurice Bloch, Jean-Luc Bonniol,
électoral. Le contrôler, c’est bien sûr Corinne Boujot, Nathalie Cadiou,
contrôler l’espace, mais, plus largement, Jacques Cloarec, Thierry Coanus,
le devenir de notre société et de ses valeurs. Josette Debroux, Françoise Dubost,
Il est également un marché potentiel, avec Judith Epstein, Agnès Fortier, Gérard Lenclud,
ses professionnels, ses stratégies d’in- Bernadette Lizet, Yves Luginbühl,
tervention, ses systèmes d’expertise qui Isabelle Magos, Alain Mazas,
jouent souvent de l’ambiguïté entre crise Patrice Notteghem, Martyne Perrot,
paysagère et crise sociale, et du consensus Jean-François Simon, Martin de La Soudière,
qui assimile de plus en plus le paysage à Bruno Ythier.

EX TR AITS DE PRESSE statut à des connaissances non savantes


« Quiconque souhaite réfléchir aux habituellement marginalisées. Elles
problèmes soulevés par l’aménagement pointent aussi la nouvelle place du paysage
de l’espace comme à ceux qui tiennent aux dans l’imaginaire social qui est la source
représentations indigènes de l’esthétique d’une demande importante, hétérogène et
des lieux alimentera avec profit sa réflexion contradictoire ne matière d’aménagement du
en lisant ce livre. » territoire. Désormais, les aménageurs et les
Natures sciences sociétés, 1997. responsables politiques ne sauraient ignorer
qu’ils doivent intégrer dans leurs projets des
« Actuellement, alors qu’il n’est plus possible
points de vue divergents et les inévitables
d’ignorer ce regard des habitants dans
9 782735 106844

conflits d’usage dont tout paysage


la mise en œuvre des aménagements de
est l’objet. »
toutes sortes, ces études redonnent un
Xoana, 1997.

56 N° 9 1995, 240 PAGES, 15 X 23 CM 19 € ISBN 978-2-7351-0684-4


L’EUROPE
ENTRE CULTURES ET NATIONS
sous la direction de Daniel Fabre
textes réunis par Claudie Voisenat & Eva Julien
actes du colloque de Tours, décembre 1993

De la nation mo- débat dans lequel l’ethnologie se trouve


derne, telle que forcément embarquée. Ses mots les plus
le siècle des Lu- courants – « culture », « ethnie », « tradition »,
mières l’engendre, « patrimoine » ne sont-ils pas parfois deve-
ont été retenus nus des armes ?
deux actes fondateurs. Le premier ancre Venus de six pays, ethnologues et his-
l’appartenance dans des références com- toriens de la culture ont dressé un bilan,
munes, une tradition reconnue, un patri- ouvert un dialogue, et tracé les perspectives
moine. Le second écarte plus ou moins d’un nouveau chantier de l’ethnologie dont
de ce partage les non-originaires, voire ce livre témoigne.
les citoyens de second rang. Engendrer
ses ancêtres et désigner ses étrangers sont Contributions de Gérard Althabe,
les gestes qui inscrivent la nation au cœur Gérald Arlettaz, Silvia Arlettaz,
de nos sociétés. Pourtant, dans l’Europe Christian Bromberger, Pierre Centlivres,
du XXe siècle, que de différences dans la Isac Chiva, Pietro Clemente,
mise en œuvre de cette forme commune. Dolors Comas d’Argemir, Gérard Ermisse,
Sous l’universalité du modèle national se Daniel Fabre, Clara Gallini, José Luis Garcia,
dessine, dans la façon de traiter du patri- Jean-François Gossiaux, Victor Karady,
moine ou de l’étranger, une large diversité Wolfgang Kaschuba, Marc Maure,
d’histoires et de cultures. Krzysztof Pomian, Llorenç Prats,
Aujourd’hui, les bouleversements qui Verena Stolcke, Harald Tambs-Lyche,
touchent l’Europe ont soudain ravivé un Patrick Williams, András Zempléni.

EX TR AITS DE PRESSE « Ouvrage savant mais clair et nécessaire


« Ce livre éclaire, à l’heure de la recrudescence à l’heure où la France tend à se déchirer
des sentiments régionalistes ou nationalistes à propos des immigrés ou de la naissance
en Europe, les diverses façons dont l’identité de l’euro. Voir en particulier le chapitre
nationale s’affirme à travers le patrimoine, intitulé “Europe : frontières et rhétorique de
les multiples figures que peut prendre le lien l’exclusion”. S’il est vrai que “engendrer ses
national et les différents registres où ancêtres et désigner ses étrangers sont des
se décline l’exclusion. » gestes qui inscrivent la nation au coeur de
CNRS Info, 15 novembre 1996. nos sociétés”, le moment est venu de revoir
grâce à ce livre le contenu des mots “culture”,
9 782735 107193

“ethnie”, “tradition” ou encore “patrimoine”,


qui tendent malheureusement à devenir des
armes incontrôlées aujourd’hui. »
Verso, avril 1997.

N° 10 1996, 344 PAGES, 15 X 23 CM 24 € ISBN 978-2-7351-0719-3 57


PAR ÉCRIT
Ethnologie des écritures quotidiennes
sous la direction de Daniel Fabre
textes réunis par Claudie Voisenat & Martin de La Soudière

Lettres, papiers Écrire au quotidien, écrire le quotidien :


a d m i n i s t r at i f s , c’est de cela que ces seize terrains d’écri-
brouillons, listes… ture veulent rendre compte. Depuis la
sont autant de façon dont les Tsiganes entrelacent l’oral
formes de ce qu’il et l’écrit jusqu’au courrier présidentiel ; des
est aujourd’hui difficultés aux bonheurs d’écrire ; du foi-
convenu d’appeler sonnement des écritures domestiques à la
des écritures ordinaires. Quel que soit notre circonspection apparente des lettres-types ;
milieu social et notre profession, notre du recours à l’écrivain public au journal
quotidien n’y échappe pas. Spontanées intime, c’est un parcours ethnographique
ou réfléchies, imposées ou choisies, elles qui est ici proposé dans ce que la culture
nous accompagnent dans les situations peut avoir, à la fois, de plus officiel et de
les plus diverses. plus intime.
Nous sommes tous des écrivants. Ateliers
d’écriture, concours de nouvelles, associa- Contributions de Catherine Bertho-Lavenir,
tions pour l’autobiographie sont autant de Dominique Blanc, Ariane Bruneton-Governatori,
signes que l’écriture se porte bien. Tout se Hélène Clastres, Claudine Dardy, Sylvie Estrade,
passe comme si le besoin de témoigner Daniel Fabre, Valérie Feschet, Michel de Fornel,
de son existence, d’exprimer ses pensées, Béatrice Fraenkel, Bernard Lahire, Vera Mark,
ses opinions, d’affirmer son individualité Sylvie Maurer, Colette Méchin, Bernard Moreux,
passait aujourd’hui de façon privilégiée Anne-Valérie Nogard, Sophie Pène,
par une mise en écriture, dans laquelle Solange Pinton, Claude Rivals,
l’acte même d’écrire semble avoir autant Martin de La Soudière, Claudie Voisenat,
sinon plus d’importance que la chose écrite. Thierry Wendling, Patrick Williams.

EX TR AITS DE PRESSE « On entre ici dans des terres inconnues


« L’approche ethnologique de Fabre et de ses et la lecture de ces travaux scientifiques
collaborateurs permet de saisir ces multiples vous prend comme celle de nouvelles.»
formes de la vie engagées dans l’écriture Choisir, octobre 1997.
au quotidien : les relations de pouvoir, « Un livre passionnant, indispensable aux
les articulations du public et du privé, animateurs d’ateliers et aux pédagogues. »
les stratégies intimes, les angoisses Groupe français
identitaires, les jeux du réel et de la fiction, d’éducation nouvelle, mars 2005.
dans un monde lui-même transformé et
orienté par la prolifération des signes
écrits où s’entremêlent et se superposent
9 782735 107346

l’écriture-symbole, l’écriture-discours et
l’écriture bureaucratique. »
Le Monde, 6 juin 1997.

58 N° 11 1997, 395 PAGES, 15 X 23 CM 28 € ISBN 978-2-7351-0734-6


LA FABRIQUE DES HÉROS
sous la direction de Pierre Centlivres,
Daniel Fabre & Françoise Zonabend
textes réunis par Claudie Voisenat & Eva Julien

Le culte des héros radicalement différentes.


semble passé de Au fil des circonstances, chaque his-
mode en Europe toire nationale déboulonne ses héros pour
occidentale. Et en promouvoir d’autres. Plus un destin
pourtant… Il a national est agité (comme dans les pays
longtemps parti- balkaniques), plus riche sera la pépinière
cipé et participe de héros porteurs du sentiment patrio-
encore, notamment à l’Est, à la (re)fon- tique. Mais toutes les nations demandent
dation des États-nations. Parce que le héros à leurs héros d’illustrer leur naissance et
récapitule toujours une histoire, il est un de scander leurs épisodes majeurs : guerres,
précieux fil conducteur pour circuler en occupations, mais aussi changements de
Europe, de la Finlande à l’Albanie, de l’Es- régime politique.
pagne à l’ex-URSS, de la Suède à l’Italie, On l’aura compris : loin d’établir un
de la Serbie au Portugal, de la Pologne à portrait-robot, cet ouvrage explore les
l’Autriche. Deux excursions aux États- coulisses de la fabrication du héros, forgé
Unis et en Israël, démocraties fondées parfois de toutes pièces dans les ateliers
par des pionniers européens, éclairent de la nation et du nationalisme mais aussi
utilement le recours politique aux notions dans ceux de la paix démocratique, où il
de grandeur et d’exemplarité. retrouve une certaine fraîcheur à l’heure
Quand la patrie n’est plus en danger, il de l’individualisme de masse.
arrive que les héros loués pour leur sacri-
fice cèdent la place à d’autres hommes Contributions de Jean-Pierre Albert,
d’exception. C’est que la panoplie du Pertti J. Anttonen, Dominic Bryan,
héros n’est pas fixée une fois pour toutes. Pierre Centlivres, Ivan Colovic, Luis Cunha,
Peu importent d’ailleurs ses attributs, du Marie-Danielle Demélas-Bohy,
moment qu’il parvient à concilier diverses Anne Eriksen, Daniel Fabre, Anna Imelde
échelles d’appartenance, allant du local Galletti, Reinhard Johler, Élise Marienstras,
jusqu’à l’humanité entière. Ce médiateur Moisés Martins, Gjergj Misha, Anne Muxel,
voit son parcours sans cesse réinterprété, Berthold Unfried, Claudie Voisenat,
réécrit ; il se fait enrôler par des camps Yael Zerubavel, Françoise Zonabend,
adverses, se retrouve à servir des causes Magdalena Zowczak.

EX TR AIT DE PRESSE l’ensemble des contributions fournit.


« La Fabrique des héros constitue une De plus, bien que les codirecteurs
référence indispensable pour tous ceux scientifiques du volume insistent sur sa
que la problématique des héros nationaux perspective anthropologique, plusieurs
textes en débordent largement. C’est une
9 782735 108190

intéresse. Le livre apparaît particulièrement


précieux vu la diversité des études de cas qualité, non une faiblesse, qui permet à cette
qu’il expose de pair avec des réflexions Fabrique de rejoindre un public puisé à tout
théoriques approfondies. Il faut également le champ des sciences humaines et sociales,
souligner l’abondance de références non à la seule anthropologie. »
bibliographiques, en plusieurs langues, que Ethnologies, 2000.

N° 12 1999, 316 PAGES, 15 X 23 CM 21 € ISBN 978-2-7351-0819-0 59


CARRIÈRES D’OBJETS
Innovations et relances
sous la direction de Christian Bromberger & Denis Chevallier

Du savon de Christian Bromberger, professeur émérite


Marseille emballé d’ethnologie à Aix–Marseille Université,
à l’ancienne aux membre de l’Institut universitaire de France, a
vestes en tweed dirigé l’Institut français de recherche en Iran
provenant de l’île (2006-2008). Auteur de nombreux ouvrages,
Harris, en passant il a notamment publié Passions ordinaires.
par des fromages
football, jardinage, généalogie, concours de
au lait cru fabri-
dictée (Hachette, 2002), Football, la bagatelle
qués dans une usine moderne, dix car-
rières d’objets nous entraînent au cœur
la plus sérieuse du monde (Pocket Agora,
des mécanismes subtils de l’innovation et 2004), Face aux abus de mémoire (avec
de l’emprunt techniques. Ethnologues et Emmanuel Terray, Actes Sud, 2006),
sociologues nous montrent à travers ces Trichologiques. Une anthropologie des cheveux
exemples, parfois cocasses, les réseaux et des poils (Bayard, 2010), et Un autre Iran.
nécessaires à l’adaptation ou à la réactiva- Un ethnologue au Gilân (Armand Colin, 2013).
tion de ces objets. Ces « milieux techniques
Denis Chevallier, ethnologue, conservateur en
favorables » incluent ces passeurs et traduc-
teurs que sont les inventeurs, les artistes, les chef du patrimoine, a été chargé de mission
élus, les aménageurs, les conservateurs et à la Mission du patrimoine ethnologique du
tous ceux auxquels la société confie le rôle ministère de la Culture. En 2000, il rejoint
de codifier, de promouvoir, de contrôler l’équipe de direction du musée national des
et d’authentifier processus et produits. Arts et Traditions populaires où il accompagne
Pour nous faire entrer de plain-pied dans la transition du musée vers le MuCEM.
ces singulières histoires contemporaines, De 2002 à 2009, il dirige l’équipe chargée
les chercheurs ont dû sortir de leurs ras- de la préfiguration du futur établissement
surantes insularités disciplinaires et se marseillais, et pilote plusieurs programmes
confronter à cet apparent paradoxe de de recherche. Il y est actuellement
nos sociétés qui, en un même mouvement, responsable du département « Recherche et
revendiquent la tradition et promeuvent enseignement ».
l’innovation.
En prêtant une attention renouvelée Contributions de Noël Barbe,
aux usages et aux manipulations symbo- Christian Bromberger, Denis Chevallier,
liques des objets, en les replaçant dans Françoise Clavairolle,
les contextes – mutations économiques Nathalie Coffre-Baneux, Claire Delfosse,
et relances, emblématisation et patrimo- Emmanuelle Dutertre, Didier Gazagnadou,
nialisation – qui leur donnent sens, les Anne-Marie Guenin, Marie-Thérèse Letablier,
travaux présentés dans ce livre apportent Richard Lioger, Alexandre Mallard,
une contribution originale au renouvel-
Geneviève Marotel, François-Xavier Trivière.
lement d’une anthropologie de la culture
matérielle d’aujourd’hui.

60 N° 13 1999, 264 PAGES, 15 X23 CM 19 € ISBN 978-2-7351-0846-6


EN PAYS KANAK
Ethnologie, linguistique, archéologie,
histoire de la Nouvelle-Calédonie
sous la direction de Alban Bensa & Isabelle Leblic

Forts de l’histoire variations régionales entendent rompre


plus que millé- avec les considérations générales et glo-
naire de leurs bales qui escamotent le plus souvent le
changements « grain » si particulier de la culture kanak.
sociaux, meurtris En retour, loin de tout exotisme, ce livre
mais enrichis par propose des outils d’investigation et d’ana-
l’expérience de la colonisation, les Kanak lyse novateurs pour aborder l’une des
n’ont cessé d’inventer des solutions aux civilisations les plus originales et les plus
problèmes soulevés par les mutations, toniques que la France ait eues à connaître.
imposées ou choisies, de leur pratique
du monde. Cet élan leur a d’abord permis Alban Bensa, ethnologue, directeur
d’échapper à une disparition annoncée d’études à l’EHESS, mène depuis 1973 en
puis de s’imposer au rang des peuples Nouvelle-Calédonie kanak des recherches
avec lesquels il faut compter. Restituer un d’ethnolinguistique et d’anthropologie
tel art de la résistance et du mouvement politique. Il a notamment publié Chroniques
suppose la coordination de sciences kanak (Survival international, 1995),
sociales attentives à saisir la spécificité Nouvelle-Calédonie, vers l’émancipation
des réponses kanak aux défis de l’histoire (Gallimard, 1998), La Fin de l’exotisme. Essais
de la Nouvelle-Calédonie. d’anthropologie critique (Anacharsis, 2006).
Les seize études rassemblées dans ce
volume partagent le souci de donner à Isabelle Leblic, ethnologue au CNRS, travaille
voir et à comprendre les multiples facettes sur les sociétés de pêcheurs kanak de
de la vie kanak dans le monde contempo- Nouvelle-Calédonie depuis 1983, s’attachant
rain. Elles sont le résultat du programme particulièrement aux relations de parentés.
« Études des sociétés kanak » engagé par Elle a notamment publié Les Kanak face au
Jean-Marie Tjibaou, après les événements développement. La voie étroite (Presses
qui secouèrent la Nouvelle-Calédonie et universitaires de Grenoble, 1993) et Vivre
aboutirent à la signature des accords de de la mer, vivre avec la terre… en pays kanak.
Matignon (1988). Savoirs et techniques des pêcheurs kanak du
Qu’il s’agisse de chefferies, des langues, sud de la Nouvelle-Calédonie (Société des
des attitudes de parenté, des droits mari- Océanistes, 2008).
times, des rapports à l’espace, au christia-
nisme, à la médecine occidentale, à l’école Contributions de Alban Bensa, Jacques Bole,
et à la ville ou encore des relations entre les Dominique Bretteville, Isabelle Bril,
sexes, les auteurs éclairent les permanences Dorothée Dussy, Christine Hamelin,
par les changements. Ils révèlent actions, Charles Illouz, Isabelle Leblic, Marie Lepoutre,
pensées et images telles que les enquêtes Isabelle Merle, Michel Naepels, André Ouetcho,
9 782735 108640

de terrain prolongées à l’intérieur du pays Françoise Ozanne-Rivierre, Marie Pineau-


kanak peuvent les saisir. Salaün, Christine Salomon, Christophe Sand,
En se situant toujours au plus près des Marie-Hélène Teulières-Preston, Éric Soriano.
gens, de leurs paroles et de leurs actions,
ces travaux précis et respectueux des

N° 14 2000, 368 PAGES, 15 X 23 CM 22 € ISBN 978-2-7351-0864-0 61


DOMESTIQUER L’HISTOIRE
Ethnologie des monuments historiques
sous la direction de Daniel Fabre
textes réunis par Claudie Voisenat

L’ethnologie s’est, à tous ceux qui vivent au présent familier la


jusqu’à présent, majesté monumentale et en domestiquent,
très peu intéres- sur un mode imprévu, les pouvoirs.
sée au monument
dans la mesure où Daniel Fabre (1947-2016) était directeur
celui-ci témoignait d’une conception offi- d’études à l’École des hautes études en
cielle de l’histoire. Érigé pour entretenir la sciences sociales (EHESS), directeur du Centre
mémoire, il énonce le passé en le peuplant d’anthropologie de Toulouse et cofondateur
des figures que l’autorité souhaite im- du Laboratoire d’anthropologie et d’histoire
mortaliser. Et la notion de « monuments de l’institution de la culture (Lahic, IIAC,
historiques » ne fait que prolonger cette CNRS-EHESS). À travers son enseignement
définition première en choisissant après à l’université de Rome « Tor Vergata », il s’est
coup, dans la masse des édifices et des attaché à analyser les transferts de sacralité
ouvrages de l’art, ceux qui incarnent au de la religion vers la politique et la culture.
mieux le destin imaginé de la nation. Il a publié de nombreux ouvrages, initié et
Aujourd’hui, ces conditions originelles soutenu de nombreuses recherches qui ont
ont beaucoup perdu de leur force et de ouvert de nouveaux champs de la recherche
leur sens. Pourtant, l’intérêt pour les hauts sur l’anthropologie de l’écriture, les cultures
lieux, loin de faiblir, n’a jamais été aussi
nationales en Europe, la patrimonialisation,
intense et jamais les débats à leur pro-
les arts autres, la théorie générale
pos n’ont été aussi ardents. Ce livre tente
de la culture.
d’en comprendre les raisons. De la Sicile
orientale au pays valencien, des châteaux Contributions de Christiane Amiel,
privés français à la Cité de Carcassonne Fançois Barré, Martine Bergues,
en passant par les bourgs et campagnes Dominique Blanc, Marie-Geneviève Colin,
du Minervois, du bas-Languedoc et du Daniel Fabre, Christian Jacquelin,
Périgord, il nous fait voyager dans des Jean-Michel Leniaud, Éric Mension-Rigau,
territoires et des sociétés marqués par
Berardino Palumbo, Jean-Pierre Piniès,
la conversion monumentale et patrimo-
Olivier Poisson, Sylvie Sagnes, André Signoles.
niale. L’attention ethnologique s’adresse
ici, en priorité, aux habitants, aux visiteurs,

EX TR AIT DE PRESSE
« Cet ensemble de contribution est une
9 782735 108770

tentative intéressante de redéfinition


intellectuelle, administrative et politique
du monument historique. »
Histoire & Anthropologie, 2001.

62 N° 15 2000, 224 PAGES, 15 X 23 CM 19 € ISBN 978-2-7351-0877-0


CAMPAGNES
DE TOUS NOS DÉSIRS
Patrimoines et nouveaux usages sociaux
sous la direction de Michel Rautenberg, André Micoud,
Laurence Bérard & Philippe Marchenay

Les ethnologues, Laurence Bérard et Philippe Marchenay, sont


géog raphes et chercheurs au CNRS. Ils sont responsables de
sociologues dont l’équipe « Ressources des terroirs. Cultures,
les travaux sont usages, sociétés » au sein de l’Unité mixte
rassemblés dans ce de recherche « Éco-anthropologie et
volume montrent la complexité de l’inves- ethnobiologie » (CNRS / MNHN).
tissement actuel pour la campagne. S’il
est vrai que la patrimonialisation de la André Micoud, sociologue , dirige l’unité
campagne peut parfois prendre ça et là mixte de recherche Mondes et dynamiques
des accents passéistes, il ne s’agit que d’un des sociétés (Modys, CNRS).
effet trompeur. Dans ces reconquêtes, il
ne s’agit pas seulement pour les ruraux de Michel Rautenberg, conseiller à l’ethnologie
témoigner des valeurs qui les font tenir ; il à la direction régionale des Affaires
s’agit aussi, pour une société toute entière culturelles Rhône-Alpes de 1989 à 1999,
(anciens et nouveaux habitants), de se a enseigné l’anthropologie à l’université Lille 1
réapproprier un bien commun à partir de 1999 à 2006. Il est actuellement professeur
de projets tournés vers l’avenir. de sociologie à l’université
Une multitude d’acteurs – associations, Jean-Monnet Saint-Étienne.
élus, techniciens, agriculteurs, entreprises
agro-alimentaires, professionnels du tou- Contributions de Jacques Barou,
risme ou de la culture – débattent, à travers Laurence Bérard, Aline Brochot,
la « mise en patrimoine » d’un territoire, Denis Chevallier, Dominique Coquart,
d’un foie gras, d’une race domestique, Zsuzsa Cros, Claire Delfosse,
d’un champagne ou d’un savoir-faire…, Jean-Claude Garnier, François Labouesse,
d’autres types de rapports au monde (à Ludovic Leprêtre, Yves Luginbühl,
l’espace, au temps, à l’habiter, au corps…) Philippe Marchenay, Anne-Marie Martin,
qu’il convient d’instituer. Et, patrimoine ne Jean-Claude Mermet, André Micoud,
rimant ni avec « folklore » ni avec fermeture Jean Pilleboue, Patrick Prado,
sur soi, ces articles démontrent que, pour Jean-Antoine Prost, Michel Rautenberg,
réussir, ce sont les avis de ces lecteurs qu’il Marie-Dominique Ribereau-Gayon,
convient, avant tout, de prendre en compte. Nadine Ribet, Christine de Sainte Marie,
Cécile Tardy.

EX TR AITS DE PRESSE « Un livre de référence pour les futurs


9 782735 108763

« S’il fallait en tirer une maxime, ce serait ruralistes. »


celle-ci : on n’hérite pas d’un patrimoine Bulletin critique
culturel, il se fait vivre, voire se cultive. » du livre français, décembre 2000.
Sciences humaines, octobre 2000.

N° 16 2000, 194 PAGES, 15 X 23 CM 18 € ISBN 978-2-7351-0876-3 63


LIMITES FLOUES,
FRONTIÈRES VIVES
Des variations culturelles en France et en Europe
sous la direction de Christian Bromberger & Alain Morel

Aux lignes conti- dessinent un paysage complexe d’usages


nues qui séparent et constituent autant de repères identitaires
les États-nations utilisés pour définir des limites floues mais
s’oppose l’enche- aussi des frontières vives.
vêtrement des frontières culturelles qui
se superposent rarement les unes aux Christian Bromberger, professeur émérite
autres et dont l’incongruité désespère les d’ethnologie à l’université Aix-Marseille,
administrateurs soucieux de la netteté est directeur de l’Institut d’ethnologie
et de la conformité de leurs découpages. méditerranéenne, européenne et comparative
D’un côté donc, des frontières claires im- (Idemec). Il est l’auteur de nombreux travaux
posées par la volonté politique ; de l’autre, sur le football mais aussi sur l’Iran où il a
des marges floues, témoignages d’une séjourné. Parmi ses dernières publications :
histoire souterraine où interviennent les Trichologiques. Une anthropologie des cheveux
contraintes naturelles, les migrations des et des poils (Bayard, 2010), et Un Autre Iran.
hommes, la diffusion et l’attraction des Un ethnologue au Gilân (Armand Colin, 2013).
modes, etc.
Ces marges et ces frontières sont des Alain Morel, ethnologue, était, à l’époque
sites privilégiés pour l’investigation ethno- de cette étude, chargé de mission à la Mission
logique. Comment se sont-elles construites du patrimoine ethnologique du ministère
et déplacées à travers le temps ? Quelles de la Culture. Il est l’auteur d’articles sur des
caractéristiques révèlent-elles des sociétés questions urbaines, notamment sur le thème
qu’elles partagent ? Comment sont-elles de la culture architecturale des habitants.
perçues et vécues par ceux qui les cô-
toient ? Contributions de Abdelmajid Arrif,
On trouvera dans ce livre, aboutissement Dionigi Albera, Christian Bromberger,
de recherches impulsées et financées par Borut Brumen, Claire Delfosse,
la Mission du patrimoine ethnologique du Marie-Noëlle Denis, Sergio Dalla Bernardina,
ministère de la Culture, plusieurs études Danièle Dossetto, Alain Hayot, Joël Kotek,
de cas sur la France mais aussi l’Italie, Neil Jarman, Catherine Llaty, Colette Méchin,
l’Irlande du Nord, la Slovénie. Telles spé- Alain Morel, Francis Pomponi,
cialités fromagères, tels types architectu- José Rodrigues Dos Santos,
raux, tels langues et dialectes, tels systèmes Thomas K. Schippers, Jean-René Trochet.
familiaux ou appartenances religieuses
9 782735 109081

64 N° 17 2001, 390 PAGES, 15 X 23 CM 24 € ISBN 978-2-7351-0908-1


UNE HISTOIRE À SOI
Figurations du passé et localités
sous la direction de Alban Bensa & Daniel Fabre

Peut-on exister Alban Bensa, ethnologue, directeur


collectivement d’études à l’EHESS, mène depuis 1973 en
sans une histoire à Nouvelle-Calédonie kanak des recherches
présenter et à trans- d’ethnolinguistique et d’anthropologie
mettre ? Chaque politique. Il a notamment publié Chroniques
commune fran- kanak (Survival international, 1995),
çaise n’a-t-elle pas Nouvelle-Calédonie, vers l’émancipation
des édifices, des
(Gallimard, 1998), La Fin de l’exotisme. Essais
objets, des vestiges à exposer et, au moins,
d’anthropologie critique (Anacharsis, 2006).
un passé à raconter ? Évident ou discret,
troué de lacunes et d’oublis, tiraillé entre Daniel Fabre (1947-2016) était, au moment
l’archive et la légende, le récit historique de la rédaction de cet ouvrage, directeur
fonde, dans nos sociétés, les identités dans d’études à l’École des hautes études en
le temps. Il a ses érudits, ses thèmes de sciences sociales (EHESS). Après avoir dirigé
prédilection et ses formes d’expression. le Centre d’anthropologie de Toulouse, Fabre
Par l’intermédiaire de l’école, la nation et
a contribué à créer en 2000 le Laboratoire
la République ont longtemps délimité les
d’anthropologie et d’histoire de l’institution
horizons et posé les grands repères qui
de la culture (Lahic, IIAC, CNRS-EHESS).
permettaient d’inscrire la localité dans leur
« grand récit ». Aujourd’hui, le paysage de Il s’est attaché à analyser les transferts de
l’histoire ordinaire se métamorphose sous sacralité de la religion vers la politique et
nos yeux. D’autres acteurs la racontent, la culture, publiant de nombreux ouvrages
d’autres pouvoirs la suscitent. Ils la qui ont ouvert de nouveaux champs de la
donnent moins à lire qu’à voir, à toucher, recherche sur l’anthropologie de l’écriture,
à ressentir. Et puis, surtout, la référence les cultures nationales en Europe,
spectaculaire au passé énonce d’autres la patrimonialisation, les arts autres,
façons de fonder et de partager un même la théorie générale de la culture.
lieu en produisant son sens.
Ce livre explore ces nouveaux rapports Contributions de Marlène Albert-Llorca,
à l’histoire. En nous conduisant du Larzac Stéphane Baciocchi, Alban Bensa,
à la Creuse, du vignoble languedocien Dominique Blanc, Jean-Luc Bonniol,
aux anciens sites industriels lorrains et Chantal Bordes-Benayoun, Patrick Cabanel,
stéphanois, de Martigues à Montpellier... Hélène Clastres, Wanda Diebolt,
des ethnologues nous découvrent à quel Jean-Louis Fabiani, Daniel Fabre, Luc Faraldi,
point notre modernité a partout relancé Gilles Laferté, Richard Lauraire,
deux débats cruciaux : qui a autorité pour Olivier Le Guillou, Jean-Marc Leveratto,
représenter l’histoire ? Que faire ensemble Fabrice Montebello, Michel Peroni,
de ces figures, de ces récits ? Solange Pinton, Jay Rowell, Sylvie Sagnes,
Anna Zisman, Colette Zytnicki.

N° 18 2001, 304 PAGES, 15 X 23 CM 21 € ISBN 978-2-7351-0923-4 65


LE GOÛT DES BELLES CHOSES
Ethnologie de la relation esthétique
sous la direction de Véronique Nahoum-Grappe & Odile Vincent

Arpenter les rues philosophique classique – centrée sur


d ’ u n e «   b e l l e la définition d’une catégorie du beau –
ville », exposer aux ou de la sociologie bourdieusienne
regards la « belle – principalement intéressée par les fonctions
mécanique » d’une sociales classificatrices du jugement de
vieille voiture, goût.
partager entre C’est à partir d’exemples concrets – des
amis un « beau souvenir » de vacances… films de famille au goût du vin, du hip-
La vie de tous les jours nous apporte hop aux « beaux jardins » ou au cirque
des occasions variées de mobiliser notre traditionnel – que les auteurs de cet
attention esthétique, de formuler des ouvrage nous amènent à découvrir les
jugements de qualité. multiples variations esthétiques des objets
Mais que viennent sanctionner alors ces et des gestes qui constituent le cadre de
énoncés esthétiques ? Que faisons-nous, notre vie quotidienne.
quelles relations tissons-nous avec les
autres lorsque nous choisissons, fabriquons, Contributions de Laurence Allard, Christiane
« arrangeons » à notre goût les choses qui Amiel, Kali Argyriadis, Sylvestre Barré-
nous entourent ? Que dire de ce « goût » Meinzer, Martine Bergues, Philippe Bonnin,
qui nous lie aux choses et aux gens ou qui, Thierry Bonnot, Jean-Louis Fabiani, Sylvia
au contraire, nous en sépare et hiérarchise Girel, Annie Guedez, Antoine Hennion, Linda
nos relations ? Idjéraoui-Ravez, Sara Le Ménestrel, Véronique
En se posant la question du « goût des Moulinié, Véronique Nahoum-Grappe, Roger
belles choses » dans notre quotidien, les Odin, Franck Pourcel, Deborah Puccio,
ethnologues rassemblés ici ont emprunté Roberta Shapiro, Geneviève Teil,
une autre voie que celles de la réflexion Odile Vincent, Anna Zisman.

EX TR AITS DE PRESSE expérience singulière, faite d’imaginaire


« Cet ouvrage propose une approche très mais aussi d’apprentissage, que constitue
originale du regard esthétique, de la manière la relation aux “belles choses”. »
dont se construit et s’exprime, au quotidien, L’Homme, 2006.
dans les contextes les plus divers de la « En se posant la question du “goût des
vie “ordinaire”, le “bon goût”. Il s’agit en belles choses” dans notre quotidien, les
effet pour les auteurs de repérer, dans des ethnologues rassemblés ici ont emprunté
situations inattendues, habituellement une autre voie que celles de la réflexion
peu propices à l’expression esthétique, les philosophique classique – centrée sur la
modalité de définition du beau, et de les définition d’une catégorie du beau– ou de la
différencier d’autres formes de mobilisation sociologie bourdieusienne principalement
de l’attention, telles que la curiosité, l’intérêt intéressée par les fonctions sociales
ou la surprise devant l’étrangeté. Fondés classificatrices du jugement de goût. »
sur des données de terrain précisément La Provence, 2004.
décrites, les articles rendent compte de cette

66 N° 19 2004, 295 PAGES, 15 X 23 CM 19 € ISBN 978-2-7351-1028-5


ÉCONOMIES CHOISIES ?
Échanges, circulations et débrouille
sous la direction de Noël Barbe & Serge Latouche

Illégal, clandestin, ce monde mouvant dont les acteurs se


hors marché, pa- retrouvent paradoxalement à la fois hors
rallèle, alternatif…, marché et économie officiels et en plein de-
tels sont quelques- dans, inventant à leur manière des mondes
uns des termes sociaux et économiques différents.
utilisés pour qua-
lifier les activités Noël Barbe, ethnologue, a dirigé, au sein de
regroupées habituellement sous le vocable la Mission à l’ethnologie du ministère de la
d’« économie ». Les ethnologues et les socio- Culture, le programme de recherches dont les
logues dont les contributions sont réunies résultats sont publiés dans ce volume. Il est
dans ce volume nous entraînent dans le actuellement conseiller pour l’ethnologie à la
vif des pratiques et des configurations de direction régionale des Affaires culturelles de
ce type d’économie. Migrants, commu- Bourgogne - Franche-Comté, mis à disposition
nautés Emmaüs, acteurs de systèmes et de l’IAAC (CNRS, UMR 8177).
réseaux d’échanges locaux, brocanteurs ou
pêcheurs à pied, tous travaillent « autre- Serge Latouche est professeur émérite
ment ». d’économie à l’université Paris-Sud, et
Il peut s’agir d’économies choisies – où président de La Ligne d’horizon. Il a publié
l’on tente de vivre et de produire de fa- de nombreux ouvrages parmi lesquels Justice
çon alternative –, mais aussi de modes de sans limites. Le défi de l’éthique dans une
survie dans un monde économique subi. économie mondialisée (Fayard, 2003) et
La logique du don se mêle aux relations Décoloniser l’imaginaire (Parangon, 2003).
marchandes et utilitaristes. Elles sont à
l’œuvre sous d’autres formes : échanges de Contributions de Noël Barbe,
savoirs et de services, mobilisation des ré- Orsetta Becchelloni, Elena Dapporto,
seaux familiaux et ethniques, réhabilitation Nathalie Joly, Smaïn Laacher, Serge Latouche,
d’hommes désocialisés au moyen de la res- Richard Lauraire, Monique Le Chêne,
tauration et de la vente d’objets. On y parle Fabrice Liégard, Véronique Manry,
d’économie informelle mais les pratiques Lamia Missaoui, Liane Mozère, Michel Peraldi,
peuvent y être formalisées : création d’une Claire Schiff, Jean-Pierre Sylvestre,
nouvelle monnaie, force contractuelle de Alain Tarrius.
la parole donnée… Autant de situations
qui font la richesse anthropologique de

EX TR AIT DE PRESSE articles – est-ce le fruit de la formation ou


« Ce recueil de textes que nous présentent de la coloration ethnologique du recueil ? –
Noël Barbe et Serge Latouche est tout à fait donne à voir. Et, donc, à penser. »
remarquable. […] On apprend beaucoup Revue du Mauss, 2004.
sans jamais s’ennuyer parce que chacun des

N° 20 2004, 209 PAGES, 15 X 23 CM 18 € ISBN 978-2-7351-1045-2 67


LA SOCIÉTÉ DES VOISINS
Partager un habitat collectif
sous la direction de Bernard Haumont & Alain Morel

Rassemblés bien devrait interpeller les concepteurs de


s o u ve n t s a n s nos cadres bâtis (architectes, urbanistes,
l’avoir souhaité, aménageurs…), ainsi que les gestionnaires
les habitants des de ceux-ci (bailleurs, syndics, élus), surtout
ensembles rési- lorsqu’ils se lancent dans des politiques
dentiels urbains dites de « résidentialisation ».
doivent partager
des lieux intermé- Bernard Haumont, sociologue, est professeur
diaires entre l’espace privé du logement et honoraire des Écoles nationales supérieures
l’espace public de la rue. Les parties com- d’architecture. Il est associé au laboratoire
munes ont pour vocation à être partagées Architecture, Ville, Urbanisme, Environnement
sans pour autant qu’un accord préalable (CNRS) et professeur associé à l’école
sur la manière de s’y comporter ou sur d’architecture et d’urbanisme de l’université
leur utilisation ait été établi. Aussi sont- Huazhong (Wuhan, Chine). Il mène des
elles le lieu privilégié de confrontations recherches sur les dimensions matérielles
– feutrées ou virulentes – entre différentes et les manifestations sociales des identités
conceptions de la civilité, de la propreté, collectives.
de la sociabilité ou, tout simplement, du
savoir-vivre. C’est ici notamment que se Alain Morel a élaboré et suivi, au sein du
déroulent les luttes destinées à faire pré- ministère de la Culture, le programme de
valoir son identité ou à éviter de se voir recherche dont les résultats sont publiés dans
imposer une image stigmatisée. ce volume. Il est l’auteur d’articles sur des
Attentifs à ce qui se passe dans ces questions urbaines, notamment sur le thème
espaces entre-deux, les ethnologues et de la culture architecturale des habitants.
sociologues réunis dans cet ouvrage
mettent en évidence des mécanismes aux Contributions de Ann-José Arlot, Philippe
effets récurrents. Les codes sociaux et Bonnin, Ahmed Boubeker, Noria Boukhobza,
les normes culturelles que les habitants Marc Breviglieri, Éric Charmes,
investissent pour produire les règles Brigitte Dussart, Valérie Feschet,
communes possibles s’inscrivent dans Jean-Pierre Frey, Anne-Marie Giffo-Levasseur,
des contextes aussi divers qu’imbriqués : Nicolas Golovtchenko, Constance de Gourcy,
individuel et familial, collectif et social. Au- Brigitte Guigou, Bernard Haumont,
delà des variations et des différences qu’ils Annie Honnorat, Dominique Lefrançois,
décrivent, les auteurs montrent de façon Christine Lelévrier, Claire Lévy-Vroelant,
convergente comment l’établissement Christian Moley, Alain Morel, Hervé Paris,
d’un ordre, souvent provisoire, résulte Élisabeth Pasquier, Luca Pattaroni, Daniel
de confrontations et de négociations Pinson, Claudio Secci, Fabienne Souchet,
quotidiennes où se jouent les rapports Estelle Thibault, Olivier Zeller.
à soi et aux autres. Ce constat partagé
9 782735 110612

68 N° 21 2005, RÉIMPRESSION 2012, 360 PAGES, 15 X 23 CM 23 € ISBN 978-2-7351-1061-2
IMAGINAIRES ARCHÉOLOGIQUES
sous la direction de Claudie Voisenat

Pou rquoi cet te ces imaginaires produits par l’expérience


passion, jamais dé- archéologique.
mentie en France Ces contributions s’inscrivent dans
depuis deux siècles, une généalogie qui, depuis le recueil
du grand public des légendes attachées aux mégalithes
pour l’archéologie ? par le folklore préhistorique de la
Est-ce parce que fin du XIXe  siècle à la sociologie et à
les découvertes archéologiques, par l’anthropologie des sciences aujourd’hui,
l’irruption dans le présent des traces d’un interroge le rapport imaginaire, créatif
passé soudain tangible, paraissent offrir et souvent passionnel que les hommes
la possibilité d’un rapport direct avec les entretiennent avec leur passé enfoui.
hommes qui les ont laissées ? L’archéo-
logie, discipline douée d’une indéniable Claudie Voisenat, ethnologue, est rattachée
puissance évocatrice, ouvre la porte à au Laboratoire d’anthropologie et d’histoire
de multiples réactions individuelles, de de l’institution de la culture (Lahic, IIAC)
l’émotion esthétique à la naissance d’une et au ministère de la Culture et de la
vocation, de la reconstruction de véri- Communication. Étudiant l’histoire des savoirs
tables récits historiques à la production ethnographiques, ainsi que la production et
d’une œuvre littéraire ou plastique. la réception des récits de l’histoire, elle a
Les apparitions de l’art préhistorique, notamment publié L’Ésotérisme contemporain
la sidération du jeune archéologue tom- et ses lecteurs. Entre savoirs, croyances et
bé amoureux de la jeune morte antique fictions (BPI  /  Centre Pompidou, 2005).
Gradiva, les controverses sur l’Atlantide,
les quêtes folles des chercheurs de trésor, Contributions de Christiane Amiel, Jean-Pierre
l’invention artistique de la civilisation Chambon, Gaetano Ciarcia, Lucie Desideri,
pessinoise, l’amour exigeant des pro- Daniel Fabre, Michaël Jasmin, Pierre Lagrange,
priétaires de grottes ornées : les auteurs Véronique Moulinié, Marc Pessin,
étudient ici dans le détail quelques-uns de Claudie Voisenat.

EX TR AITS DE PRESSE « Ces contributions s’inscrivent dans une


« Un ouvrage fouillé et souvent passionnant… généalogie qui, depuis le recueil des
comme un site archéologique. » légendes attachées aux mégalithes par le
LCI.fr, 2008. folklore préhistorique de la fin du XIXe siècle
à la sociologie et à l’anthropologie des
sciences aujourd’hui, interroge le rapport
imaginaire, créatif et souvent passionnel
9 782735 112104

que les hommes entretiennent avec leur


passé enfoui. »
Inrap.fr, 2008

N° 22 2008, 274 PAGES, 15 X 23 CM 20 € ISBN 978-2-7351-1210-4 69


ETHNOLOGIE DES GENS HEUREUX
sous la direction de Salomé Berthon, Sabine Chatelain,
Marie-Noëlle Ottavi & Olivier Wathelet

Le bonheur est- recherche personnelles, offrent au lec-


il un phénomène teur un ensemble de matériaux ethno-
unique ou l’en- graphiques attachés à rendre plus com-
chaînement d’hu- préhensible ce qui fait le bonheur des
meurs contras- êtres humains.
tées ? Un état de
tranquillité et de Salomé Berthon, Sabine Chatelain,
sérénité ou le fait Marie-Noëlle Ottavi et Olivier Wathelet
d’une vie vécue intensément ? Faut-il sont membres du Lasmic (Laboratoire
être averti de son bonheur pour le vivre ? d’anthropologie et de sociologie, mémoire,
Comment régler le dilemme entre affects identité et cognition sociale) au sein
et cognition ? duquel ils animent le Groupe de recherche
Le bonheur est, pour le moins, un en anthropologie du bonheur. S’attachant
concept dont la principale caractéristique tout particulièrement à l’inscription de la
est de ne pas donner prise à une interpré- démarche ethnographique dans le concert
tation unique. Or, si le malheur a été abon- nouveau des sciences du bonheur, leurs
damment étudié par les sciences humaines recherches en cours constituent un premier
et sociales, le bonheur jusqu’ici ne semble jalon de l’anthropologie des formes
pas avoir été un objet bon à penser par et du bonheur.
pour l’anthropologie, au contraire de la
psychologie ou de l’économie. Contributions de Salomé Berthon,
Initié afin de réduire cet écart, cet ou- Antoine Bourgeau, Sabine Chatelain,
vrage collectif s’attache à montrer de Magali Demanget, Cyril Isnart, Monique
quelles façons, au-delà du constat de la Jeudy-Ballini, Aurélien Liarte, Aude Mottiaux,
variabilité culturelle et individuelle de ses Marie-Noëlle Ottavi, Pierre Périer,
manifestations, le bonheur peut être saisi Albert Piette, Emmanuelle Savignac,
dans ses formes élémentaires. Les auteurs Geneviève Teil, Neil Thin,
rassemblés dans Ethnologie des gens heureux Stéphanie Vermeersch, Olivier Wathelet.
proposent ainsi des pistes de réflexion à
la fois méthodologiques et théoriques qui,
tout en se réclamant d’orientations de

EX TR AIT DE PRESSE la recherche de ce qui, dans le bien-être, la


« Hier encore, le bonheur n’existait pas, félicité, est commun à tous les êtres humains,
dans les sciences humaines et sociales comme d’autres ont découvert les structures
en tout cas […]. Mais tout change, et les élémentaires de la parenté ou du langage. »
Libération, 2 avril 2009.
9 782735 112470

jeunes chercheurs qui ont coordonné ce


volume, ont l’ambition de mettre au jour les
formes élémentaires du bonheur, d’aller à

70 N° 23 2009, 210 PAGES, FORMAT 15 X 23 CM 20 € ISBN 978-2-7351-1247-0


LES MONUMENTS SONT HABITÉS
sous la direction de Daniel Fabre & Anna Iuso

Issu d’un dialogue il a présidé le conseil de la Mission du


franco-italien de patrimoine ethnologique (ministère de
longue durée, cet la Culture). Il a présidé l’ethnopôle Garae
ouvrage tente (Carcassonne),
d’éclairer les rela- a été membre du comité de rédaction des
tions complexes et revues Ethnologie française, L’Homme,
changeantes entre Gradhiva, publié de nombreux ouvrages
le monument et les
qui ont ouvert de nouveaux champs de la
populations qui vivent autour de lui. Ces
recherche sur l’anthropologie de l’écriture,
relations sont hétérogènes, contradictoires,
changeantes, c’est-à-dire éminemment
les cultures nationales en Europe,
historiques. En cela, elles contredisent la patrimonialisation, les arts autres,
le rêve d’immobilité qui est à la source la théorie générale de la culture.
de l’utopie monumentale. À travers une Anna Iuso vit et travaille entre l’Italie
quinzaine d’études de cas – qui intéressent et la France. Membre du Laboratoire
de grands ensembles historiques comme la
d’anthropologie et d’histoire de l’institution
Cité de Carcassonne, les Sassi de Matera,
de la culture (Lahic, UMR 2558), elle enseigne
les trulli d’Alberobello, les églises baroques
l’anthropologie culturelle à l’université de
du Val de Noto, les falaises de Bandiagara
au Mali… aussi bien que la Bibliothèque Rome « La Sapienza » et à l’université de
nationale François-Mitterrand ou les palais Florence. Elle a dirigé la revue Primapersona
du pouvoir qui s’ouvrent lors des Journées de l’Archivio diaristico nazionale et consacre
du patrimoine –, les auteurs explicitent ses recherches aux formes de l’autobiographie,
la diversité des modes d’appropriation, aux pratiques de la mémoire et à l’émergence
singuliers et collectifs, discrets et violents, de nouveaux objets du patrimoine.
de la grandeur monumentale.
Contributions de Christiane Amiel,
Daniel Fabre (1947-2016) était, au moment de Irène Bellier, Alain Chenevez, Gaetano Ciarcia,
la rédaction de cet ouvrage, directeur d’études Pietro Clemente, Daniel Fabre, Anna Iuso,
à l’École des hautes études en sciences Ferdinando Mirizzi, Berardino Palumbo,
sociales (EHESS). Après avoir dirigé le Centre Rosa Parisi, Amerigo Restucci,
d’anthropologie de Toulouse, il a contribué à Valeria Siniscalchi, Claudie Voisenat,
créer en 2000 le Laboratoire d’anthropologie Dorothy Louise Zinn.
et d’histoire de l’institution de la culture
(Lahic, IIAC, CNRS-EHESS). À travers son
enseignement à l’université de Rome « Tor
Vergata », Fabre s’est attaché à analyser les
transferts de sacralité de la religion vers la
9 782735 112852

politique et la culture. De 1993 à 1997,

N° 24 2010, 336 PAGES, 15 X 23 CM 23 € ISBN 978-2-7351-1285-2 71


DES TSIGANES EN EUROPE
sous la direction de Michael Stewart & Patrick Williams

« Des Tsiganes en les sociétés qu’elle étudie. Ce livre montre


Europe » et non que si les Manouches, les Gitans, les Sinti,
« Les Tsiganes en les Roms… réussissent à rester ce qu’ils
Europe », parce sont dans le monde tel qu’il va, c’est-à-dire
que les Tsiganes à conjuguer fidélité à soi-même et adapta-
sont divers, mul- tion, c’est avant tout en s’appuyant sur les
tiples, qu’ils bou- ressources qu’ils trouvent au sein de leurs
gent et qu’ils se transforment. Insaisis- propres communautés – constat qui, dans
sables, dit-on. Les textes proposés dans le contexte politique contemporain, n’est
ce volume décrivent des aspects précis de pas sans importance.
la vie, explorent des attitudes singulières,
s’attachent à l’analyse de conduites qui Michael Stewart, anthropologue, enseigne au
peuvent paraître surprenantes…, mais University College de Londres et à la Central
c’est l’attention à l’inattendu aussi bien European University de Budapest. Il a effectué
qu’à l’ordinaire qui permet de saisir le réel. des recherches parmi les Rom d’Europe de
Les domaines abordés sont variés : la mort, l’Est depuis les années 1980, notamment en
l’argent, la religion, la musique, la cuisine, Hongrie. Il a publié The Time of the Gypsies
l’oralité et l’écriture… Et les thématiques (1997), et se consacre plus récemment à
déclinées le sont encore plus, mais cer- l’extermination des Tsiganes par les Nazis.
taines apparaissent prégnantes : la force du
lien familial, l’importance de la parole, la Patrick Williams, anthropologue, chercheur
complexité de la relation aux autres entre au CNRS, a centré ses travaux depuis de
familiarité et mise à distance… Différents nombreuses années sur les Tsiganes. Il a
aussi les groupes tsiganes représentés : des notamment publié Mariage tsigane. Une
Roms, des Sinti, des Gitanos, des Ma- cérémonie de fiançailles chez les Rom de
nus… Et les pays visités : Hongrie, Italie et Paris (1984), Les Tsiganes de Hongrie et leurs
Autriche, Espagne et Portugal, France et musiques (1996), Django (1991), « Nous, on
Belgique… Au fil des chapitres, le tableau n’en parle pas. » Les vivants et les morts chez
se met en place : l’Europe des Tsiganes ou les Manouches (1993).
l’Europe selon certains Tsiganes ? Mais il
reste inachevé et pourrait aussi bien donner Contributions de Ruy Llera Blanes,
à voir d’autres configurations : qui peut Catarina Pasqualino, Alain Reyniers,
prétendre épuiser la complexité tsigane ? Michael Stewart, Elisabeth Tauber,
Le propre de l’ethnologie est de mettre Patrick Williams.
en évidence les dynamismes qui animent

EX TR AITS DE PRESSE « Autant de regards qui tentent de briser


9 782735 113897

le mur d’ignorance contribuant au rejet du


« Une approche originale du peuple tsigane. »
Tsigane par les sociétés environnantes. »
Lectures.revues.org, mai 2011.
Sciences humaines, juillet 2011.

72 N° 25 2011, 228 PAGES, 15 X 23 CM 19,50 € ISBN 978-2-7351-1389-7


LE PATRIMOINE CULTUREL
IMMATÉRIEL
Enjeux d’une nouvelle catégorie
sous la direction de Chiara Bortolotto

Qu’est-ce que le montrent que loin de simplement élargir le


patrimoine cultu- champ patrimonial elle implique des chan-
rel immatériel ? gements profonds. Les contributions ici
Pourquoi inventer réunies en analysent certaines des limites
u n e n o u ve l l e et des potentialités.
catégorie de patri-
moine dans un monde déjà obsédé par la Chiara Bortolotto est anthropologue,
conservation des traces du passé ? Peut- chercheuse associée à l’Institut
on protéger des expressions culturelles interdisciplinaire d’anthropologie
vivantes sans les figer ? À qui revient la du contemporain (Lahic, IIAC).
charge de le faire ? À qui appartient ce Ses recherches explorent la gouvernance
patrimoine ? globale du patrimoine par une observation
À travers une analyse des politiques ethnographique de la vie sociale des normes
culturelles récemment engagées par internationales à travers les différentes
les États à la suite de la Convention échelles de leur application. Elle dirige le
de l’Unesco pour la sauvegarde du projet Unesco frictions : heritage-making
patrimoine culturel immatériel (2003), across global goverance, hébergé par l’École
cet ouvrage propose de premières des hautes études en sciences sociales et
réponses à ces questions. En effet, cette financé par l’Agence nationale de la recherche
catégorie patrimoniale, qui suscite des (2014-2019). Elle a précédemment été Eurias
attentes et un engouement croissants
fellow à l’Université de Cambridge (Centre
parmi les acteurs sociaux et politiques à
for Research in the Arts, Social Sciences
l’échelle planétaire, est à l’origine de vives
and Humanities / Clare Hall) en 2013-2014
controverses entre acteurs institutionnels
et scientifiques. Modelée sur une acception et Marie Curie fellow à l’Université Libre de
anthropologique de la culture, cette Bruxelles (Laboratoire d’anthropologie des
notion ne peut que retenir l’attention mondes contemporains) entre 2011 et 2013.
des ethnologues, qu’ils choisissent de Elle travaille régulièrement avec l’Unesco,
s’investir dans le chantier d’élaboration le ministère de la Culture et plusieurs ONG
de ce patrimoine, ou d’observer à distance en France et à l’étranger.
l’« effet Unesco » sur des objets tels que la
Contributions de Gil Bartholeyns,
samba de roda ou les fêtes de la Tarasque.
Au cœur du débat anthropologique
Regina Bendix, Daniel Bonvoisin,
contemporain, l’institution du patrimoine Chiara Bortolotto, Laurent-Sébastien Fournier,
immatériel est trop récente pour avoir déjà Sylvie Grenet, Valdimar Tr. Hafstein,
fait ses preuves. Mais les difficultés qu’elle Christian Hottin, Ignazio Macchiarella,
pose, aux acteurs sociaux comme aux insti- Frédéric Maguet, Dorothy Noyes,
tutions, en France aussi bien qu’à l’étranger, Carlos Sandroni, Jean-Louis Tornatore.

N° 26 2011, 252 PAGES, 15 X 23 CM 21 € ISBN 978-2-7351-1417-7 73


ÉMOTIONS PATRIMONIALES
sous la direction de Daniel Fabre
textes réunis par Annick Arnaud

Sur le terrain, le Daniel Fabre (1947-2016) était, au moment de


bon ethnographe la rédaction de cet ouvrage, directeur d’études
s’attache à ce qui à l’École des hautes études en sciences
empêche ses inter- sociales (EHESS). Après avoir dirigé le Centre
locuteurs de dor- d’anthropologie de Toulouse, il a contribué à
mir tranquilles, ce créer en 2000 le Laboratoire d’anthropologie
qui les passionne, et d’histoire de l’institution de la culture
les fait débattre à
(Lahic, IIAC, CNRS-EHESS). À travers son
l’infini, les met en joie ou en larmes, les
enseignement à l’université de Rome
émeut… En France et en Europe, il y a
à peine un demi-siècle que le patrimoine
« Tor Vergata », Fabre s’est attaché à analyser
fait pleinement partie de ces causes pour les transferts de sacralité de la religion vers
lesquelles individus et collectifs se mettent la politique et la culture. De 1993 à 1997, il a
en mouvement. Ce livre analyse cette ré- présidé le conseil de la Mission du patrimoine
volution, discrète mais profonde. Il la saisit ethnologique (ministère de la Culture). Il a
dans la diversité concrète des mobilisations. présidé l’ethnopôle Garae (Carcassonne), a
Les unes sobres, les autres expansives. été membre du comité de rédaction des revues
Certaines canalisées par le savoir-faire Ethnologie française, L’Homme, Gradhiva,
administratif, quelques-unes débordant publié de nombreux ouvrages qui ont ouvert
tous les cadres et s’épanchant en résistance de nouveaux champs de la recherche sur
inattendue, spectaculaire, radicale. l’anthropologie de l’écriture, les cultures
Une question anthropologique court nationales en Europe, la patrimonialisation,
dans cette enquête : comment est-on sorti les arts autres, la théorie générale
du temps des monuments qui incarnaient de la culture.
de façon très persuasive la patrie, grande
ou petite, pour entrer dans le temps du Contributions de David Berliner,
patrimoine où se forge un tout autre rap- Irina Chunikhina, Françoise Clavairolle,
port sensible au passé et où s’inventent des Daniel Fabre, François Gasnault,
engagements inédits ? Mais ce régime pa- Nathalie Heinich, Michael Herzfeld,
trimonial, plus ou moins promu à l’échelle Anna Iuso, Christina Kott, Frédéric Maguet,
du monde, se heurte un peu partout à Berardino Palumbo, Anthony Pecqueux
des réactions politiques puissantes que & Jean-Louis Tornatore, Sylvie Sagnes,
la comparaison ethnologique nous aide Claudie Voisenat & Bérénice Waty.
à identifier.

EX TR AIT DE PRESSE du patrimoine, alors que, du temps du baron


« [L’ouvrage] montre comment se Haussmann, on a pu raser, sans rencontrer
développent les rumeurs, les mouvements beaucoup d’opposition, le centre de Paris et
de foules, les passions collectives. Il montre le reconstruire à nouveaux frais en déplaçant
aussi comment depuis quelques decennies des dizaines de milliers de personnes. »
s’est développée la passion Libresens, 2015.

74 N° 27 2013, 409 PAGES, 15 X 23 CM 26 € ISBN 978-2-7351-1629-4


L’IMMIGRATION, AUX FRONTIÈRES
DU PATRIMOINE
sous la direction de Noël Barbe & Marina Chauliac

En dépit du flou Noël Barbe est chercheur à l’IIAC (CNRS,


qui l’entoure, uti- UMR 8177) et conseiller pour l’ethnologie
liser le terme de à la Drac Bourgogne - Franche-Comté. Ses
mémoire s’agis- recherches portent sur l’histoire des savoirs
sant de l’immi- ethnographiques, l’anthropologie de l’action
gration semble patrimoniale et de l’activité artistique.
aujourd’hui aller
de soi. Qu’en est- Marina Chauliac est chercheure, membre du
il du patrimoine de l’immigration ? Le Laboratoire d’anthropologie et d’histoire sur
patrimoine apparaît-il quand la mémoire l’institution de la culture (Lahic, IIAC / Centre
sort de l’espace privé pour entrer dans le Edgar-Morin) et conseillère pour l’ethnologie
domaine public ? Est-il une forme cristal- à la Drac Auvergne - Rhône-Alpes. Elle a
lisée et institutionnalisée de la mémoire ? réalisé sa thèse de doctorat sur les usages du
Est-il soluble dans la mémoire ? passé en Allemagne de l’Est, et s’intéresse
Au-delà d’une indispensable clarification actuellement aux questions mémorielles et
des termes, s’interroger sur l’articulation
patrimoniales, notamment dans le domaine
mémoire, patrimoine et immigration néces-
de l’immigration.
site d’en comprendre les enjeux dans le
débat public. La patrimonialisation ne Contributions de Noël Barbe,
peut être regardée indépendamment ni Michèle Baussant, Hélène Bertheleu,
des attentes et des luttes pour la reconnais- Ahmed Boubeker, Marina Chauliac,
sance des immigrés, ni de son usage par Véronique Dassié, Julie Garnier,
les pouvoirs publics comme instrument Véronique Moulinié, Évelyne Ribert,
de pacification. Sylvie Sagnes & Nancy Venel.
Des enquêtes menées dans le sud-ouest
de la France, dans le Centre, en Lorraine,
en Franche-Comté ou encore à Paris
et à Nanterre analysent le regard des
acteurs de la mémoire de l’immigration
(associations, artistes, chercheurs…),
questionnant les rôles et les stratégies
développées par chacun et bousculant
nos cadres d’interprétation.

N° 28 2014, 144 PAGES, 15 X 23 CM 18 € ISBN 978-2-7351-1707-9 75


LE TOURNANT PATRIMONIAL
sous la direction de Christian Hottin & Claudie Voisenat

Q uels métiers se cachent derrière les « patrimoine », désignant moins désormais


décors que constituent les galeries un instrument de conservation de l’histoire
de musées, les salles d’archives nationale qu’une forme, de plus en plus
ou les façades des monuments, individuelle, d’expérience du passé, repous-
plus familières au public que les magasins, sant indéfiniment les limites du potentiel
réserves, salles de tri ou de restauration où patrimonial, et délaissant les assurances
se fabrique le patrimoine ? Ces activités de l’expertise scientifique au profit des
professionnelles sont, de fait, une part incertitudes de la démocratie culturelle.
tenue dans l’ombre d’un spectacle patri-
monial qui se mesure habituellement en Claudie Voisenat, ethnologue, est rattachée
milliers voire en dizaine de milliers de au Laboratoire d’anthropologie et
visiteurs, et en dizaine voire en centaines de d’histoire sur l’institution de la culture
millions d’euros de budget. Part de l’ombre (Lahic, IIAC). Étudiant l’histoire des savoirs
mais aussi parfois métiers de l’ombre : ethnographiques, ainsi que la production et
les acteurs qui retiennent ici l’attention la réception des formes de narration du passé,
des chercheurs – gardiens, médiateurs, elle a notamment dirigé l’ouvrage Imaginaires
amateurs en voie de professionnalisation – archéologiques dans la présente collection
ne sont pas toujours ceux que les médias (2008).
mettent au premier plan. Lorsqu’elles
deviennent terrain de l’ethnologue, ces Christian Hottin, conservateur en chef du
professions souvent sollicitées pour porter patrimoine (archives), a été responsable de
un discours assertif sur le patrimoine la politique en ethnologie de la France et du
apparaissent en proie au doute, loin de patrimoine culturel immatériel au ministère
leurs certitudes scientifiques : conservateurs de la Culture. Il est à présent directeur des
en mal d’objets, restaurateurs incertains études du département des Conservateurs
face aux défis du temps, chercheurs à l’Institut national du patrimoine (INP).
en proie à des injonctions contraires… Ses recherches portent principalement sur
Aux ethnographies attentives rassemblées l’architecture et les représentations des
dans ce volume, véritable auscultation d’un institutions publiques. Il est notamment
monde professionnel, il convenait d’offrir auteur de Les Sorbonne. Figures de
une large mise en perspective : ces métiers l’architecture universitaire à Paris (Paris,
s’inscrivent dans le paradigme d’un tour- Publications de la Sorbonne, 2015).
nant qui a bouleversé jusqu’au sens du mot

76 N° 29 2016, 316 PAGES, 15 X 23 CM 27 € ISBN 978-2-7351-2254-7


« On ne décrète pas qu’une chose
est du patrimoine parce qu’elle a de la valeur,
mais parce qu’on veut lui en conférer.
Le patrimoine est performatif, son énonciation
réalise la valeur, et il est désormais la grande
scène mondiale où s’exposent les jeux
complexes de la reconnaissance culturelle. »

Contributions de Nicolas Adell, un instrument de conservation de l’histoire


Christophe Apprill, Anne Both, nationale qu’une forme, de plus en plus
Véronique Dassié, Aurélien Djakouane, individuelle, d’expérience du passé,
Daniel Fabre, Nathalie Heinich, repoussant indéfiniment les limites
Christian Hottin, Richard Lauraire, du potentiel patrimonial. […] On trouvera
Anne Monjaret, Véronique Moulinié, également dans ce volume, non sans plaisir
Mélanie Roustan, Sylvie Sagnes, et émotion, la transcription d’une conférence
Claudie Voisenat, particulièrement éclairante de Daniel Fabre
(1947-2016). L’anthropologue de la France
souligne avec force cette mutation essentielle
EX TR AIT DE PRESSE
qui affecte l’identité de ceux qui énoncent
« La littérature sur les métiers du patrimoine la valeur patrimoniale : “ Le patrimoine c’est
est (trop) souvent de nature administrative nous “ indique cette inversion. […]
et institutionnelle. Le grand mérite Un ouvrage suggestif qui prend place au
de cet ouvrage collectif est de proposer une sein des collections d’un éditeur qui accorde
ethnologie de ces métiers ; de saisir une place importante à la compréhension
des pratiques et le sens donné à ces pratiques de phénomènes de patrimonialisation :
par les acteurs. C’est aussi une manière Domestiquer l’histoire (2000), Une histoire à
de mieux comprendre comment est vécu par soi (2001), La Fabrique du patrimoine (2009)
les professionnels ce “ tournant patrimonial ” ou encore Émotions patrimoniales (2013). »
perceptible depuis au moins deux larges Policultures, septembre 2016.
décennies : le patrimoine est de moins
en moins appréhendé comme

77
COMITÉ DE LECTURE
À vocation scientifique, les collections « Ethnologie de la France » et « Cahiers
d’ethnologie de la France » sont animées par un comité de lecture. Celui-ci se réunit
deux fois par an pour décider de la politique éditoriale des collections et examiner les
propositions de manuscrits. Les manuscrits reconnus éligibles par le comité sont confiés
pour évaluation à deux relecteurs scientifiques. Sur la foi de leurs avis argumentés,
les manuscrits sont retenus ou non pour publication. À ce jour, le comité de lecture
est composé comme suit :

Direction de la collection Christian Hottin


Isabelle Chave Conservateur en chef du patrimoine,
Conservateur en chef du patrimoine, directrice responsable du département des Études
des Publications de l’ethnologie, adjointe au chef des conservateurs, Institut national du
du département du Pilotage de la recherche et de patrimoine, chercheur associé au Laboratoire
la Politique scientifique, ministère de la Culture. d’anthropologie et d’histoire de l’institution
Sylvie Sagnes de la culture (Lahic) (IIAC, UMR 8177,
Chargée de recherche CNRS au Laboratoire CNRS / EHESS).
d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la Cyril Isnart
culture (Lahic) (IIAC, UMR 8177, CNRS / EHESS), Chargé de recherche CNRS, Aix-Marseille
présidente de l’ethnopôle Garae (Carcassonne). université, Institut d’ethnologie
méditerranéenne, européenne et comparative
Membres du comité de lecture
(Idemec, UMR 7307), rédacteur en chef
Nicolas Adell
de la revue Lusotopie.
Maître de conférences en anthropologie,
université de Toulouse Jean-Jaurès, Lisst-Centre Léonore Le Caisne
d’anthropologie sociale, directeur de la revue Chargée de recherche CNRS, HDR, chercheure
Ethnologie française. au Centre d’études des mouvements sociaux
(Institut Marcel-Mauss, CEMS / EHESS).
Annick Arnaud
Ingénieure d’études au Laboratoire d’anthropo- Agnès Martial
logie et d’histoire de l’institution de la culture Chargée de recherche CNRS, Aix-Marseille
(Lahic) (IIAC, UMR 8177, CNRS / EHESS). université, Centre Norbert-Elias (UMR 8562).
Bianca Botea Virginie Milliot
Maître de conférences en ethnologie, université Maître de conférences, université Paris-
Lumière Lyon 2, Laboratoire d’anthropologie des Nanterre, Laboratoire d’ethnologie et de
enjeux contemporains (Ladec). sociologie comparative (Lesc) (UMR 7186),
département d’Ethnologie, Préhistoire et
Sophie Chevalier
Ethnomusicologie (UFR SSA).
Professeure d’anthropologie, université de
Picardie Jules-Verne, chercheure associée au IIAC Thierry Wendling
(UMR 8177, CNRS / EHESS), directrice d’« Habiter Chargé de recherche CNRS, codirecteur du
le monde » (EA 4287), codirectrice de la revue Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de
Ethnographiques.org. l’institution de la culture (Lahic) (IIAC, UMR
8177, CNRS / EHESS), codirecteur de la revue
Ethnographiques.org.

78
SECRÉTARIAT ET COMMUNICATION
Laurent Bruel Dorine Bertrand
Secrétaire d’édition, département du Pilotage Chargée de communication, iconographe,
de la recherche et de la Politique scientifique, département du Pilotage de la recherche et de
ministère de la Culture. la Politique scientifique, ministère de la Culture.
laurent.bruel@culture.gouv.fr dorine.bertrand@culture.gouv.fr

PROPOSITION DE MANUSCRITS
Les auteurs sont invités à adresser leur manuscrit
(ouvrage collectif ou monographie) au ministère de la Culture.
Isabelle Chave
département du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique
direction générale des Patrimoines
6 rue des Pyramides
75001 Paris
isabelle.chave@culture.gouv.fr
Pour toute question complémentaire :
Laurent Bruel
département du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique
direction générale des Patrimoines
6 rue des Pyramides
75001 Paris
laurent.bruel@culture.gouv.fr

Les projets devront s’inscrire dans la ligne éditoriale générale des collections et se
conformer aux « Recommandations aux auteurs » disponibles en ligne à l’adresse
suivante : http: /  / urlz.fr / 3Meu
Les manuscrits doivent être soumis sous la forme d’un fichier .doc. Les projets
incomplets ou ne respectant pas le cahier des charges éditorial ne seront pas pris en
compte. Les projets complets seront expertisés et sélectionnés par le comité de lecture
des collections.

COMMERCIALISATION ET DIFFUSION
Les volumes sont diffusés et distribués en librairie par FMSH Diffusion,
et via le site du Comptoir des presses universitaires (LCDPU) :
http: /  / www.lcdpu.fr / 

Ils sont également disponibles en versions numériques sur le portail OpenEdition :


http: /  / books.openedition.org / editionsmsh / 561

79
ETHNOLOGIE
DE LA FRANCE
CATALOGUE 2017

ETHNOLOGIE DE LA FRANCE • CATALOGUE 2017


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Pour tout renseignement sur nos publications
parues ou à paraître, s’adresser à :
Éditions de la FMSH
54 boulevard Raspail
75006 Paris

Catalogue arrêté au 15 juin 2017


Maquette & illustration Cixous / Dumont