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Efficacité Énergétique dans les bâtiments

Chapitre 2 : Étude du comportement thermique d’un bâtiment


1. Le rôle thermique du bâtiment.

Pour créer des conditions intérieures confortables, un bâtiment doit


comporter des murs qui évoluent de la façon suivante au cours d’une journée :

Pendant les heures chaudes de la journée, les parois extérieures s’échauffent


à la fois au contact de l’air ambiant et du rayonnement solaire incident (direct,
diffus et réfléchi). La chaleur ainsi absorbée, partiellement stockée, se propage au
fil des heures par conduction vers l’intérieur du bâtiment. Pendant la nuit, par
contre, l’air extérieur se rafraîchit plus que l’air intérieur et le phénomène inverse
a lieu.

L’intensité de ces phénomènes de transferts thermiques dépend fortement


de deux caractéristiques essentielles des parois : l’inertie et l’isolation thermiques.

2. Définition et enjeux de l’inertie thermique

2.1. Définition de l’inertie thermique

Les matériaux lourds de la construction tels que béton, brique, pierre, etc.
ont une grande capacité à stocker de la chaleur. Le rayonnement solaire irradiant
une paroi de brique ou de béton est, en partie, absorbé par celui-ci, transformé en
chaleur et accumulé en son sein. Cette paroi peut aussi prendre de la chaleur à de
l'air plus chaud qu'elle.

La chaleur sera restituée dès que la température de l'air environnant est


plus basse que celle de la surface du matériau (par convection) et/ou dès que la
température de surface d’objets avoisinants descend en deçà de celle de la paroi
en question (par rayonnement).

Cette capacité des parois à accumuler de la chaleur, puis à la restituer


représente l'inertie thermique du bâtiment. L'inertie thermique répartit donc les
apports de chaleur dans le temps et permet ainsi d'éviter les surchauffes à
l’intérieur du bâtiment.

Exemple de l'évolution des températures intérieures dans un bâtiment à


forte inertie et dans un bâtiment à faible inertie. La propriété des constructions à
forte inertie est de conserver une température stable et de se réchauffer ou se
refroidir très lentement, alors que les constructions à faible inertie suivent sans
amortissement ni retard les fluctuations de la température. Cette inertie peut être
une inertie de transmission (à travers les parois soumises à l’exposition solaire) ou

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une inertie d’absorption (capacité à stocker la chaleur du local dans les parois
internes ou périphériques).

2.2 Enjeux

Les enjeux de l’inertie thermique sont de deux ordres :

 L’un étant de l’ordre de la sensation : l’amélioration du confort thermique


 L’autre étant d’ordre économique : la réduction des consommations.

Il est à noter que tous deux ont un impact immédiat sur l’Environnement,
puisque réduire les consommations implique nécessairement une diminution de la
facture énergétique.

En effet, l’enjeu principal consiste à limiter l’inconfort dû aux fortes variations


de températures dans les bâtiments, avec pour corollaire la possibilité de se passer
de la climatisation (ou au mieux de diminuer sa puissance lorsqu’elle demeure tout
de même nécessaire). La chaleur devra alors être évacuée en profitant de la
chaleur relative de l’air durant la nuit.

2.3 L’inertie thermique et le bâtiment.

La notion générale d'inertie exprime une "résistance" propre à un


changement d'état ou de régime, donc à des phénomènes dynamiques

Dans le domaine de la mécanique, la "résistance" à une accélération est


caractérisée par la nécessité d'une force proportionnelle (à accélération égale) à la
masse concernée.

L'inertie, c'est à dire cette résistance à une variation d'état de mouvement


est donc parfaitement caractérisée par la masse. Par analogie, on a trop tendance à
caractériser "l'inertie thermique", c'est à dire cette "résistance" d'un ensemble à
une évolution de température, par une masse ("thermique") ∑M ou plus
précisément, à une capacité thermique Cth = ∑MC, C étant les chaleurs massiques
Or, "l'inertie thermique" est mal caractérisée par la capacité thermique puisque, si
cette dernière a essentiellement une influence sur un état final (Q, quantité de
chaleur fournie = Cth ∆T, ∆T étant l'accroissement de température), elle n'en a
que peu sur la dynamique de l'évolution thermique. La masse thermique pourrait
éventuellement caractériser l'inertie si on ne tient pas compte de variation de flux
thermique, c'est-à-dire si on se rapproche des régimes permanents ! Ces régimes
permanents sont la base d'une simplification conventionnelle d'estimation des
matériels et matériaux thermiques à installer, mais ne peuvent en aucun cas
représenter le véritable fonctionnement thermique d'un bâtiment.

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La mise en évidence de l'inadéquation de la seule prise en compte de la


masse et de la chaleur massique peut s'exprimer pratiquement par l'affirmation
suivante : "une maison de béton et une maison imaginaire de polystyrène expansé,
de même épaisseur d'enveloppe ont, dans le même climat tropical (avec des
variations de température jour/nuit importantes) sensiblement le même
comportement thermique. Or les masses comme les capacités thermiques de ces
deux maisons n'ont rien de comparable.

3. Paramètres ou facteurs influents de l’inertie.

La notion de l’inertie thermique dans le bâtiment est plus complexe et


s’appuie sur d’autres constantes physiques des matériaux.

3.1. Les matériaux

L’inertie thermique est liée à des matériaux et à la manière dont ils


constituent un bâtiment.

Les principales notions physiques des matériaux, regroupées derrière le


terme d’inertie thermique, participent au bon rendement, à la bonne utilisation et
au confort de la machine thermique qu’est aussi l’habitat.

 La conductivité thermique : λ (Lambda)

La conductivité thermique est le flux de chaleur, par mètre carré, traversant un


matériau d’un mètre d’épaisseur pour une différence de température de un degré
entre les deux faces. Elle s’exprime en W/m.°C. C’est une donnée intrinsèque à
chaque matériau, qui caractérise donc uniquement ses performances isolantes.

 La Capacité thermique

La capacité thermique d’un matériaux est le produit de sa masse volumique par


sa chaleur spécifique, cette dernière étant la quantité de chaleur nécessaire pour
élever la température de l’unité de masse de 1°C en Wh/kg.°C. La capacité
thermique est donc la quantité de chaleur mise en réserve lorsque sa température
augmente de 1°C. Elle s’exprime en Wh/m3.°C. Plus la capacité thermique est
élevée, plus la quantité d’énergie que peut stocker le matériau pour que sa
température s’élève d’un degré est grande. Les variations de températures des
parois et de l’air seront d’autant plus faibles que la capacité thermique des
matériaux sera plus forte. D’une manière générale, les matériaux à forte capacité
thermique sont aussi les plus lourds.

 La diffusivité thermique

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La diffusivité thermique caractérise la vitesse à laquelle la chaleur se propage,


par conduction, dans un corps. Plus elle est faible, plus le front de chaleur mettra
du temps à traverser l’épaisseur du matériau, et donc, plus le temps entre le
moment où la chaleur est arrivée sur une face d’un mur et le moment où elle
atteindra l’autre face est importante.

La diffusivité est le rapport de la conductivité d’un corps à sa capacité thermique :

Avec : d : diffusivité en m²/h

λ : conductivité thermique en W/m.°C

ρ : masse volumique en kg/m3

c : chaleur spécifique en Wh/kg.°C.

 La vitesse de l’onde

Lorsque le rayonnement solaire frappe la face extérieure d’une paroi, il faut un


certain temps pour que l’onde de chaleur atteigne l’autre face de la paroi. Ce temps
s’appelle le déphasage, exprimé en heure.

Pour caractériser un matériau, il est plus parlant de parler de vitesse de l’onde de


chaleur à travers la paroi. Cette vitesse, en cm/h.

 L’effusivité thermique

L’effusivité caractérise la capacité des matériaux à réagir plus ou moins


rapidement à un apport de chaleur intérieur au logement, que cet apport soit le fait
d’une source interne ou du rayonnement solaire. Elle caractérise donc la rapidité
avec laquelle la température superficielle d’un matériau s’élève.

Plus l’effusivité est grande, plus la chaleur interne à la pièce sera absorbée
rapidement par le mur, et donc, plus l’élévation de température dans le local sera
limité. On privilégiera les matériaux ayant une grande effusivité. Elle est donnée
par la formule suivante et s’exprime en J/°C.m2.s1/2 :

Cette capacité ne signifie pas que la température du mur s’élève rapidement,


puisqu’une grande effusivité implique une valeur élevée de la capacité thermique,
ce qui garantit de faibles variations de température de paroi et une grosse quantité
d’énergie stockée.

Caractéristiques thermiques des principaux matériaux de construction

3.2 Autres facteurs

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 La surface d'échange

L'inertie d'une paroi dépend aussi de la surface d'échange. Un mur de refend


intérieur a deux fois plus de surface d'échange utile qu'une paroi en contact avec
l'extérieur. Les volumes compacts présentent une petite surface d'échange. Une
bonne inertie thermique associe donc une grande surface d'échange.

 La ventilation nocturne.

Afin de "décharger" le bâtiment de la chaleur qu'il a emmagasinée durant la


journée, il est indispensable de ventiler le local durant la nuit, quand l'air extérieur
devient moins chaud que l'air intérieur. En effet, dans le cas contraire, le bâtiment
ne se décharge pas et monte constamment en température, ce qui entraîne bien
évidemment une très nette et très rapide sensation d'inconfort. De plus, un courant
d'air contribue à la sensation de confort par élimination de la sueur. La réduction
de cette ventilation à son minimum durant la journée permettra de conserver cette
fraîcheur. Il faut donc réduire au minimum les entrées d'air chaud durant la
journée et favoriser un renouvellement d'air important (supérieur à 4 volumes /
heure) en période nocturne.

 Le comportement des usagers

Mettre un bâtiment à forte inertie entre les mains des hommes implique
nécessairement une obligation pour eux d'apprendre à s'en servir. Non pas que
cela soit contraignant, mais il faut simplement changer les habitudes.

 Les protections solaires

La réduction des apports solaires est une priorité quelle que soit l’inertie du
bâtiment considéré. Pour les locaux à occupation permanente ou diurne, les
inerties fortes sont d’autant plus nécessaires que les protections solaires sont
incomplètes.

 Le climat

Le climat joue un rôle important, par la différence de température entre le jour


et la nuit. Il faut que cette dernière soit suffisante pour décharger le bâtiment
suffisamment, sinon le logement montera en température rapidement.

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4. Evolution de température dans un mur semi-infini.

Lorsque les évolutions de température sont lentes avec de faibles échanges


de chaleur, on peut toujours admettre que la température des matériaux intéressés
est pratiquement homogène. Il est alors simple d'exprimer les phénomènes
classiques de refroidissement et de réchauffement lent des matériaux.

Tout matériau, placé dans une ambiance dont la température est peu
différente de la sienne, se refroidit ou se réchauffe lentement et produit une courbe
d'évolution presque linéaire et plate.

Lors d'évolutions plus rapides des températures et des flux échangés, les
courbes d'évolutions obtenues sont sensiblement différentes et en fonction de la
rapidité deviennent plus pentues pour se déformer et devenir des sinusoïdes.
Notons que, s'il fallait représenter exactement les phénomènes en cause, on devrait
tenir compte de ce qui se passe des deux côtés du mur - le côté soumis à l'action
d'un flux thermique, ou d'une évolution imposée, et l'autre baignant dans une
ambiance stable ou évolutive. Situation complexe à modéliser.

Il est possible d'approcher la réalité de façon satisfaisante en ne considérant que le


premier côté du mur et en supposant que son épaisseur tend vers l'infini.

Tout matériau à température To , placé dans une ambiance à température Ta


peu différente de la sienne, se refroidit ou se réchauffe lentement. Sa température
au moment "t" dépend notamment :

 Du coefficient d'échange h
 De la surface d'échange S
 De sa capacité thermique Cρ V ou MC

En admettant que tout le volume V est à température constante.

5. Le comportement thermique du bâtiment face aux actions du climat

Les constructions sont soumises de la part du climat à deux actions différentes :

 Le climat agit sur les températures extérieures des enveloppes. Celles-ci


subissent d'abord les variations journalières des températures extérieures.
Pour une enveloppe "correctement" isolée, la température de sa face
extérieure, si elle n'est pas ensoleillée, est très voisine de la température
entre le jour et la nuit. Si la face extérieure est soumise à l'ensoleillement, sa
température est influencée par la densité du flux incident et subit de ce fait,
au cours de la journée, des variations encore plus importantes.

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 Le climat agit également par apport d'énergie à l'intérieur du bâtiment,


apport dû au rayonnement solaire en qui est transmis à travers les vitrages
et dont une grande partie est absorbée dans les parois.

Il convient de constater dès maintenant que deux types de paramètres parfois


liés entre eux, la température et la puissance thermique, vont provoquer la
dynamique du bâtiment. En mécanique un seul type de grandeur (les forces) donne
naissance à un phénomène dynamique. Rien d'étonnant dans ces conditions que la
notion d'énergie, simple en mécanique, ne le soit plus en thermique.

En thermique les températures et flux peuvent varier tous deux de manières très
différentes :

 Les variations de température extérieure peuvent être très lentes et les


valeurs de la densité du flux solaire incident faibles (cas des périodes
couvertes),
 les variations de températures extérieures peuvent être au contraire brutale
et les densités de flux solaire important lors de l'ensoleillement (cas des
périodes claires).

Il résulte deux schémas types que l'on peut combiner entre eux.

5.1 Les changements d’états

• Faibles flux et faibles changement de températures.

On peut admettre que les températures à l'intérieur des volumes considérés et des
structures sont uniformes et que c'est tout le volume concerné qui varie en
température φ = λ (dT / dx).

La dynamique de ce phénomène est fonction de la capacité thermique MC qui


caractérise alors bien "l'inertie thermique" du bâtiment.

C'est la notion la mieux comprise et qui correspond à la situation la moins


dynamique. Il est aussi dommage d'en rester là en oubliant deux paramètres qui
sont la surface d'échange et le coefficient d'échange h qui peuvent à capacité
thermique égale modifier profondément le comportement thermique d'un
bâtiment.

• Ensoleillement important

Les apports solaires directs à travers les baies vitrées peuvent atteindre des
valeurs importantes. Combinés à l'ensoleillement de certains murs cet effet peut
annuler les déperditions.
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• Rayonnement solaire tombant sur une paroi.

Dans une première phase, on peut considérer que la paroi est soumise à une
densité de flux constante et qu'elle se comporte comme un mur semi-infini. La
température à l'intérieur de la paroi varie beaucoup avec la profondeur x et
dépend de la diffusivité a et on observe que la température de la face soumise au
rayonnement varie très rapidement avec le temps. Ainsi certains lieux ont des
températures radiantes élevées. Le flux perdu dans l'ambiance augmente la
température de l'air.

• Parois non exposées aux rayonnements solaires.

A la suite du processus précédent il est possible d'obtenir une surchauffe des


locaux. La température résultante s'élève du fait de l'augmentation simultanée de
la température radiante et de la température de l'air. Ce phénomène "rapide
"entraîne un saut de température de surfaces des parois non exposées.

La densité de flux que ces parois non exposées sont capables d'absorber est
directement caractérisée par l'effusivité b et indirectement par la surface S.

Lorsqu'il existe des apports passifs dans un bâtiment :

 L’inconfort par surchauffe est d'autant plus important que l'effusivité est
faible et que la surface d'échange est faible.
 À confort et perte thermique respectivement identique, il y a d'autant plus
d'accumulation de chaleur passive et donc de restitution décalée que
l'effusivité des parois est grande.

Pour ce type de phénomène thermique dynamique courant, le confort comme


le captage solaire dépendent essentiellement des surfaces absorbantes disponibles
et de l'effusivité des matériaux qui les constituent. L'inertie thermique (statique)
est une notion qui n'a alors plus beaucoup de sens.

5.2 Température intérieure et température extérieure

Qu'elle incidence la variation journalière de la température extérieure a-t-elle sur


la température intérieure du bâtiment ?

Dans le cas d'un espace sans entrée d'énergie solaire par les vitrages et sans
production interne de chaleur soumis à une variation sinusoïdale de température
extérieure, la température moyenne intérieure est égale à la température moyenne
extérieure, et la température instantanée est pratiquement égale à la température
de surfaces intérieures de l'enveloppe.

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On peut alors évaluer que la variation de la température intérieure d'un mur


,en considérant que celui ci est suffisamment épais, comme directement lié à la
seule grandeur thermique qu'est la diffusivité. Ainsi la capacité thermique , tant
vantée dans la lourdeur des vieux édifices n'a en tant que telle, aucune influence
sur le confort intérieur d'été.. Les édifices sont confortables par l'épaisseur de leur
mur et la diffusivité de ceux-ci. Leur masse n'est pas une grandeur intéressante si
on la considère de manière isolée.

6. Inertie et Isolation

Ces deux concepts sont parfois opposés : une isolation intérieure posée sur
un mur réduit presque totalement l’inertie de ce mur. Des doublages de murs en
bois, de revêtements de sols épais et isolants (tapis, moquette épaisse) seront
également néfastes pour l’inertie thermique.

Dans un bâtiment non climatisé artificiellement, l’isolation thermique des


parois réduit le flux de chaleur qui pénètre à l’intérieur de ce bâtiment pendant le
jour mais également celui qui en sort la nuit.

Dans un bâtiment climatisé il réduit les apports calorifiques à travers les


parois et donc la puissance de climatisation à installer ainsi que les coûts de
fonctionnement de l’installation.

7. Les désordres thermiques

7.1 Qu'est-ce qu'un désordre thermique ?

Sous l'effet de la chaleur, les matériaux utilisés dans les bâtiments se


dilatent. En se refroidissant, ils se contractent. L'importance de la dilatation est
proportionnelle à la température et varie d'un matériau à l'autre.

Si le matériau peut se dilater librement, il n'entraînera pas de contraintes


internes dans les éléments constitutifs du bâtiment.

Dans le cas contraire, et lorsque les variations de température sont


importantes, lorsque les différences de températures entre éléments constitutifs
sont importantes, ou lorsque les coefficients de dilatation varient fortement d'un
matériau à l'autre, des contraintes excessives amèneront des désordres, sous
forme de déformation ou de rupture.

La rupture ou la déformation peuvent apparaître :

• soit dans le matériau lui-même,

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• soit au joint avec un autre matériau,

• soit aussi dans un élément voisin dont la résistance mécanique est plus faible.

7.2 La dilatation thermique des matériaux.

7.2.1 Le cas des toitures plates

Un toit plat sans isolation thermique est déjà fortement sollicité par les
variations de la température en sa partie supérieure. Les tensions thermiques sont
cependant tempérées par la chaleur provenant de l'intérieur du bâtiment.

Si la toiture est isolée, et que l'isolant est correctement placé sur la face
extérieure de la toiture (toiture chaude ou toiture inversée), celle-ci bénéficie de la
stabilité de température intérieure du bâtiment. Les contraintes thermiques
deviennent alors négligeables. Par contre, si l'isolant est placé sous la face
intérieure de la toiture, les variations thermiques sont augmentée, et le support ou
le béton de pente subissent donc des chocs thermiques importants et peuvent se
fissurer. Ils peuvent également entraîner des désordres dans les parois latérales
contiguës et dans la membrane d'étanchéité.

7.2.2 Le cas des métaux

Certains accessoires de toiture comme les finitions de rives, les évacuations,


etc., sont réalisés en métal. Comme tous les matériaux, les métaux se dilatent à la
chaleur. Des joints de dilatation doivent donc être prévus lorsque les pièces
dépassent certaines longueurs.

8. Les ponts thermiques

Les ponts thermiques sont des points faibles dans l'isolation thermique de
l'enveloppe du bâtiment. A ces endroits, quand il fait très frais, la température
superficielle de l'enveloppe est plus basse que celle des surfaces environnantes.

Ils découlent, en général de :

 Contraintes constructives ;
 Contraintes géométriques ;

Ils vont provoquer :

 Des dépenses énergétiques ;


 Un inconfort sur le plan de l'hygiène ;
 La détérioration des matériaux

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8.1 Pont thermique dû à des contraintes constructives

Les matériaux isolants ont généralement des capacités limitées en matière


de résistance aux contraintes mécaniques.

Le principe de la continuité de la couche isolante n'a pas été respecté, ou n'a


pu l'être dans certains cas, à certains endroits. Il s'agit par exemple d'ancrages ou
d'appuis entre d'éléments situés de part et d'autre de la couche isolante de la
paroi. L'isolant étant localement absent, le flux de chaleur est sensiblement plus
dense dans ces parties de la paroi.

8.2 Pont thermique dû à des contraintes géométriques

Ce type de pont thermique est dû à la forme de l'enveloppe à un endroit. A cet


endroit, la surface de la face extérieure est beaucoup plus grande que la surface de
la face intérieure.

8.3 Dépenses énergétiques provoquées par les ponts thermiques

Dans le cas d'un bâtiment bien isolé, les ponts thermiques peuvent entraîner
des déperditions proportionnellement très importantes par rapport aux
déperditions totales. En outre, si on ne tient pas compte des déperditions dues aux
ponts thermiques, l'installation de climatisation peut être sous-dimensionnée.
C'est surtout le cas lorsque le bâtiment est très bien isolé et lorsque les
installations de climatisation sont dimensionnées de façon optimale.

8.4 Inconfort sur le plan de l'hygiène provoqué par les ponts thermiques

Les ponts thermiques provoquent une condensation en surface lorsque la


température de celle-ci descend en-dessous du point de rosée de l'air ambiant.

L'humidité de la paroi permet le développement de moisissures. Celles-ci, outre


leur aspect désagréable, dégagent des substances pouvant être odorantes et
pouvant provoquer chez certaines personnes des phénomènes d'allergie.

Du point de vue hygiénique et confort les moisissures doivent donc être évitées.

8.5 Détérioration des matériaux provoquée par les ponts thermiques

Lorsque les quantités d'eau condensées sont importantes et ne peuvent être


éliminée quotidiennement, elles pénètrent les revêtements et papiers peints, et
provoquent leur détérioration.

Les carrelages, les revêtements plastiques, les peintures synthétiques à


l'huile résistent mieux aux détériorations.
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Lorsque la condensation se fait dans le bois, celui-ci va pourrir plus ou


moins vite en fonction de son essence et du traitement de protection dont il a
bénéficié. Si la condensation est importante, toute l'épaisseur de la paroi peut être
fortement humide. La structure porteuse de la construction elle-même se dégrade
sous l'effet de l'humidité permanente et éventuellement aussi du gel des
matériaux.

9. Facteur solaire

9.1 Définition

Le pourcentage total d'énergie transmis au travers d'une paroi (simple ou


composée), à l'intérieur du local est appelé facteur solaire de la paroi. Les lettres
FS, g (Norme DIN 67507), ZTA, Sa, ... sont parfois employées pour désigner le
facteur solaire.

Principe énergétique

Lorsque le rayonnement solaire est intercepté par une paroi, une partie de
l'énergie incidente est directement réfléchie (RE) vers l'extérieur, une partie est
directement transmise vers l'intérieur (TEdirect) et une partie est absorbée (AE)
par le matériau. Ce dernier s'échauffant, cette énergie sera réémise d'une part vers
l'extérieur et d'autre part vers l'intérieur. Exemple: le facteur solaire d'un simple
vitrage = 0,86.

On définira souvent le facteur solaire d'un ensemble protection solaire +


vitrage. Le facteur solaire ainsi défini tient compte de l'effet défavorable d'une
éventuelle couche d'air échauffé prisonnier entre la protection et le vitrage.

9.2 Autres grandeurs pour les protections solaires

Certains fabricants caractérisent leurs protections solaires par le facteur


d'ombrage ou de captation solaire (SF ou ZTR) et non par le facteur solaire. Le
facteur d'ombrage est le rapport entre l'apport d'énergie au travers de la fenêtre
protégée et l'apport d'énergie au travers d'un vitrage clair simple. D'une manière
générale, on peut dire que FS = 0.86 x ZTR

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