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Classe de 1°C ou D – Documents professeur pour les activités dirigées n°1


chapitre 1

Repérage d'un point. Cinématique du point

Durée
2 heures ou plus (cela vaut le coup de s’y attarder)

Place dans la progression

Nous sommes au début du premier chapitre de mécanique. Il démarre sur ces activités dirigées.

Matériel nécessaire

Un mètre ruban de 5 mètres ou plus. Un dictionnaire. Calebasses, machine d’Atwood, bicyclette,


ficelle, … (voir le contexte des activités décrites dans la fiche 1_1_AE_1)

De quoi s'agit-il ?

Note préalable importante : les exercices basés sur l’équation horaire d’un mouvement rectiligne ou
circulaire, uniforme ou uniformément varié n’ont pas un grand intérêt en classe de première (parce
qu’il y a bien d’autres choses, habituellement négligées, à faire et parce que ce n’est pas au
programme de cette classe…). Oubliez-les un moment !

Plusieurs types d’activités, habituellement délaissées, sont souhaitables ; nous insisterons ainsi
davantage sur elles. Nous ne parlerons pas ici des exercices classiques comme les changements
d’unité de m/s en km/h et inversement (qui sont importants mais qui prennent souvent trop de place
au détriment d’activité plus profondes et pourvoyeuses de sens).

I- DESCRIPTION LINGUISTIQUE D’UN MOUVEMENT

Il s’agit d’aborder, sous forme d’exercices et d’activités dirigées par l’enseignant, la description d’un
mouvement en utilisant, à terme, l’intégralité du vocabulaire classique sur les mouvements.

Il ne s’agit plus ici de calculer mais d’utiliser un vocabulaire adéquat et précis


pour qualifier un mouvement.
Ce type d’activité qualitative et langagière est essentiel mais largement négligé dans la pratique
observée des classes (et pas seulement en Afrique…)

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En annexe, un tableau regroupe une centaine de mots qui constituent de façon quasi exhaustive le
vocabulaire spécifique de la cinématique qualitative.

Plusieurs types d’activités sont possibles :

 On se donne un mouvement connu des élèves (ils peuvent se le représenter dans leur petit
« cinéma » personnel) : on peut soit l’évoquer, soit le réaliser soit le visualiser (film, bande vidéo)
puis on le décrit linguistiquement en utilisant obligatoirement le vocabulaire contenu dans une liste
donnée.

 Même chose mais avec interdiction de se servir de certains mots (pour obliger à utiliser des
synonymes par exemple)

Exemples :

 On demande de décrire une chute libre sans vitesse initiale :

« On lâche l’objet qui descend verticalement en accélérant progressivement. Arrivé au contact du


sol, il s’arrête brutalement au cours du choc »

« On lâche l’objet à une certaine altitude au-dessus du sol, son altitude diminue progressivement et
en même temps, sa vitesse augmente »

« Dès qu’on a lâché l’objet, il se met à descendre en accélérant »

 On demande de décrire le mouvement d’un ballon de football qui vient d’être dégagé par le
gardien de but :

« Au début, le ballon monte en ralentissant. Juste après être arrivé au maximum de la trajectoire, il
commence à redescendre en accélérant progressivement et finit par percuter brutalement le
sol après avoir parcouru une grande distance sur le terrain »

 On demande de décrire le mouvement des divers parties mobiles de la machine d’Atwood :

« A gauche, l’objet le plus lourd descend en accélérant doucement tandis que, à droite, le plus léger
monte de la même façon. La poulie se met à tourner de plus en plus vite dans le sens inverse des
aiguilles d’une montre »

Nous avons pu constater que ce genre d’activités passionne les élèves (le mot n’est pas trop fort).
Il n’est pas interdit de réaliser les activités en présence du professeur de Français (« réaliser avec »
ne signifie pas « sous-traiter »…)

Il ne s’agit surtout pas d’apprendre par cœur des définitions ânonnées. On redéfinira au cas par cas
les termes utiles rencontrés dans les activités. Il peut être utile de commenter quelques subtilités ou
excès langagiers (selon le point de vue où on se place).
Par exemple, l’usage du mot chute en physique (par exemple lorsqu’on dit que « la lune est en
chute libre vers la terre »)

II- SIMULATION DE REPÉRAGE OU DE MOUVEMENT :

Certains exercices de la fiche d’exercices permettent une activité impliquant le professeur d’histoire
géographie. Voir par exemple, l’exercice contextualisé n°4 (Ouagadougou et Bangui). Cet exercice

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est plutôt difficile et long (il n’est pas raisonnable de le donner à faire aux élèves chez eux). Par
contre, il est très riche et permet d’explorer de façon très concrète des concepts peu évidents
(repérage sur une sphère, latitude et longitude, échelles de représentation, proportionnalité,
distances sur une carte…).

A ce propos, nous tenons à la disposition de qui en ferait la demande, un fichier Excel contenant les
longitudes et latitudes des limites (frontières, cotes) de tous les pays africains avec environ 5000
points référencés. Le fichier compacté a une taille de 280 ko.

Enfin, il est des situations qu’il est intéressant de simuler par des activités d’extérieur. C’est le cas
de certains mouvements de type planétaire. Avec de la ficelle, on peut réaliser facilement à
l’extérieur de la classe de telles simulations.

L’élève de gauche, noté S, joue le rôle du soleil. Il est relié à l’élève du centre par une corde assez
longue. Il ne doit pas se déplacer, ni bouger.
L’élève du centre, noté T, joue le rôle de la terre. Il doit tourner lentement autour de S et, en même
temps tourner rapidement autour de lui-même.
L’élève de gauche, noté L, joue le rôle de la lune. Il est relié par une corde à T. Il doit tourner
moyennement vite autour de T en le regardant toujours.

De plus, il est très profitable que chacun des trois élèves joue successivement le rôle de la terre, de
la lune et du soleil. Pendant ce temps, les autres assistent autour et, si possible, monte observer la
simulation vue de haut. Y a-t-il une meilleure façon d’introduire la relativité des mouvements sans
partir dans un discours abscons ?

Citons le mathématicien et philosophe René THOM : « Tous les grands progrès théoriques
proviennent de la capacité des inventeurs à se mettre dans la peau des choses, pour pouvoir
s’identifier par empathie à n’importe quelle entité du monde extérieur. Cette espèce d’identification
transforme un phénomène objectif en une sorte d’expérience concrète et mentale ».

Ajoutons enfin que ces d’activités ne sont pas réservées aux élèves. On peut en réaliser certaines
avec profit en formation continue des enseignants…

III- LES ASPECTS QUANTITATIFS :

Bien sûr, il ne faut pas complètement négliger les savoir-faire en terme de changement d’unités, de
manipulation de la relation v = d/t. Cela nécessite la réalisation d’un nombre suffisant d’exercices
calculatoires et il faut les faire. Par contre, il serait dommage de passer tout le temps consacré aux
exercices à ce type d’activité : il y a mieux à faire !

La fiche d’exercice ne comporte qu’un seul de ces exercices (ce n’est pas cela qui manque dans
les livres). Cet exercice est taillé sur mesure pour tenter de convaincre les élèves de s’abstraire des

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formules en les plaçant dans une situation où l’application automatique de v = d/t amène à la
confusion et donc à l’erreur.
Un conseil, donnez cet exercice à faire en classe en temps limité. Vous déterminerez vous-mêmes
150.10 6 km
la proportion d’élèves qui écrivent v 
365 j.24 h/j
Vous méditerez le résultat…

Une remarque pour finir : il semble que beaucoup d’enseignants de tout niveau « interdisent » aux
élèves d’écrire les unités des valeurs utilisées dans les calculs. Évidemment personne n’est
capable de justifier par des arguments solides une telle interdiction (sinon pour rendre encore plus
difficile le contrôle d’homogénéité dans les étapes intermédiaires du calcul et donc rendre les
erreurs plus fréquentes…).
N’hésitez pas à écrire systématiquement les unités de chaque valeur dans un calcul !

Quelques questions et réponses

Certains livres définissent la vitesse instantanée dans un mouvement rectiligne en utilisant l’écriture
d( t  )  d( t  ) d( t  t )  d( t )
v( t )  . Est ce la même chose que v( t )  ?
2 t
Voir en annexe 2 à la fin de ce document une étude détaillée de cette question qui vaut la peine
d’être développée…

Est-il utile de parler de référentiel dans le chapitre consacré à la cinématique ?


En classe de première, il est raisonnable de répondre non pour deux raisons :
 La notion de référentiel est difficile à définir et à comprendre à ce niveau sin on veut la
distinguer de celle de repère (classe d’équivalence de repères qui se déduisent les uns des
autres par des translations ou des rotations fixes).
 On peut très bien, à ce niveau, signaler l’importante relativité des mouvements en les rapportant
à des repères. Par exemple, on dira « le mouvement de la valve du vélo n’est pas le même pour
le conducteur et pour quelqu’un qui est assis au bord de la route »

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ANNEXE 1 : Liste du vocabulaire pour la description qualitative d’un


mouvement.

ADVERBES,
VERBES NOMS ADJECTIFS LOCUTIONS,
PRÉPOSITIONS
Accélérer Abscisse Accéléré Après
Aller Accélération Antérieur Avant
Approcher Altitude Bas Brutalement
Arrêter (s’) Arrêt Circulaire Dessous (au)
Augmenter Arrière Constant Dessus (au)
Avancer Arrivée Courbé Doucement
Bouger Cercle Curviligne Droite (à)
Chuter Choc Décéléré Fréquemment
Commencer Chute Droit Gauche (à)
Croître Commencement Final Horizontalement
Débuter Contact Freiné Immédiatement
Décélérer Courbe Fréquent Instantanément
Décroître Croissance Grand Juste
Démarrer Début Haut Lentement
Déplacer (se) Décélération Horizontal Progressivement
Descendre Décroissance Immobile Rapidement
Diminuer Départ Initial Uniformément
Finir Direction Instantané Verticalement
Freiner Distance Lent
Lâcher Droite Mobile
Lancer Durée Nul
Monter Élan Oblique
Mouvoir (se) Endroit Oscillant
Osciller Fin Permanent
Parcourir Freinage Petit
Percuter Fréquence Progressif
Ralentir Hauteur Rapide
Revenir Horizontale Rectiligne
Stopper Impulsion Relatif
Tomber Instant Tendu
Tourner (autour) Maximum Uniforme
Venir Minimum Ultérieur
Mobile Variable
Moment Varié
Mouvement Vertical
Norme Vibratoire
Ordonnée Vite
Oscillation
Percussion
Position
Relativité
Rotation
Sens
Sol
Sommet
Temps
Trajectoire
Translation
Vecteur
Verticale
Vitesse

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ANNEXE 2 : A PROPOS DE LA VITESSE INSTANTANÉE


Voici une situation vécue dans une classe de première de Bangui où un enseignant rappelait
certaines notions importantes de cinématique. Un élève demande à l'enseignant : "Monsieur, dans
votre définition de la vitesse instantanée, vous divisez par t alors que l'année dernière, notre
professeur nous avait dit qu'il fallait diviser par 2t". Pour l'élève, la question est de savoir qui a
raison et qui a tort.

Le but de cet article est d'éclaircir la nature du problème qui est mal posé. En fait, le choix de l'une
ou de l'autre "définition" n'est pas une question de précision mais d'intelligibilité.

En tout cas, il est très certainement préjudiciable que des élèves puissent penser que les
professeurs ne sont pas d'accord voire que certains font des erreurs alors qu'il s'agit simplement
d'une question de point de vue.

1-1 : La définition (mathématique) de la vitesse :


Il est utile de rappeler qu'en physique "les mathématiques ne s'appliquent pas, elles s'impliquent"
(selon la formule du physicien français Jean Marc LEVI-LEBLOND). En particulier, parler de
"définition mathématique" de la vitesse est un pléonasme : la définition de la notion de vitesse est
nécessairement de nature mathématique.

Ainsi la vitesse moyenne entre deux instants t1 et t2 est définie (dans le cas d'un mouvement
rectiligne ou le point mobile est repéré par la donnée d'une fonction position x de la variable t) par :

x( t 2 )  x( t 1 )
v m ( t 1, t 2 ) 
t 2  t1

La vitesse instantanée se définit par passage à la limite, censée exister pour des fonctions x(t)
suffisamment "lisses" :

x( t  t )  x( t )
v( t )  lim v m ( t, t  t )  lim
t  0 t  0 t

Autrement dit, on définit une fonction v de la variable t par un processus de dérivation.

1-2 : L'aspect didactique en classe de seconde ou début de première :


En premier lieu, la définition précise requiert la notion mathématique de limite. Celle-ci n'est
d’ailleurs totalement opératoire que si on connaît explicitement la fonction x(t). Cela n'est pas le cas
dans les situations didactiques (mesures discrètes de positions) des classes précitées.

De plus, la notion de limite n'est abordée classiquement qu'en fin de classe de première voire en
début de terminale. En conséquence, l'enseignant de physique (en 2° et début de 1°) est contraint
d'introduire la vitesse instantanée sans utiliser la notion de limite (et de dérivation) en oubliant la
limite et en remplaçant le signe = par . Rappelons néanmoins, si besoin était, qu'approximation ne
signifie pas fausseté ni manque de rigueur ! Ainsi, en physique, on utilise souvent des "processus
rigoureux d'approximations" (développements limités par exemple).

Par ailleurs, les mesures de positions successives sont nécessairement discrètes. Par conséquent,
le calcul de vitesses instantanées à partir de mesures de positions discrètes ne peut être

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qu'approché. Pour évaluer la vitesse instantanée, on calcule une vitesse moyenne en mesurant
l'espace parcouru dans un intervalle de temps « le plus court possible ».

Remarquons enfin que la mesure (avec des moyens usuels comme une règle graduée) de l'espace
parcouru devient de plus en plus imprécise au fur et à mesure qu'on diminue l'intervalle de temps.

En conclusion :

x( t  t )  x( t )
v( t )  avec t petit mais pas trop ...!
t

2-1 : Une "meilleure" approximation de la vitesse instantanée : le cas


particulier du mouvement rectiligne uniformément accéléré
Dans ce cas, et avec les notations usuelles, x( t )  k.t 2 ou k est une cons tan te

Soit un instant t quelconque et t un intervalle de temps quelconque mais nécessairement fini.

 Calculons la vitesse moyenne entre l'instant t et l'instant t + t :

x(t  t) - x(t) k(t  t) 2  kt 2


v m ( t, t  t )  c'est à dire : v m ( t, t  t ) 
t t

Tous calculs faits, on obtient : v m ( t, t  t )  2kt  kt

On constate, bien sûr, que cette vitesse moyenne se distingue de la vitesse instantanée à l'instant t
par un terme proportionnel à t.

 Calculons maintenant la vitesse moyenne entre l'instant t - t et l'instant t + t :

x(t  t) - x(t - t) k(t  t) 2  k(t  t) 2


v m ( t  t, t  t )  c'est à dire : v m ( t  t, t  t ) 
( t  t) - (t - t) 2t

Tous calculs faits, on obtient : v m ( t  t, t  t )  2kt

On constate ainsi que, pour le mouvement rectiligne uniformément accéléré, la vitesse instantanée
à un instant t quelconque est exactement égale à la vitesse moyenne entre l'instant t - t et l'instant
t + t où t est un intervalle de temps quelconque.

Si, pour un mouvement rectiligne uniformément accéléré, on dispose par exemple d'un
enregistrement de positions toutes séparées par le même intervalle de temps , il est, en principe,
plus précis d'évaluer la vitesse instantanée v(t) par vm(t-, t+) que par vm(t, t+).

De là vient la fameuse « définition » de la vitesse avec la division par 2. ou 2.t selon les notations
qui serait « meilleure » que la « définition de base ».

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Commentaires :

 Tout d’abord, il est important de distinguer définition et propriétés. La vitesse instantanée reste
définie par la relation classique. L’expression v(t) = v m(t-,t+), quant à elle, est une propriété de
la vitesse instantanée dans un mouvement rectiligne uniformément varié.

 Le gain de précision effectif qu’on attend de la meilleure expression de v(t) est certainement
assez illusoire. En effet, la cause principale d'erreur est le caractère approché des traces-
mêmes des positions successives dans un enregistrement plutôt que le caractère approché de
la méthode d'évaluation de la vitesse.

 Enfin, on peut se demander s’il n’y a pas une erreur de logique à prétendre démontrer qu’un
mouvement est uniformément varié par des mesures basées sur une expression qui suppose
que le mouvement est uniformément varié ! En fait, la situation est plus subtile comme le
montre le paragraphe suivant.

2-2 : Généralisation à un mouvement rectiligne quelconque :


La fonction "lisse" x(t) peut être confondue avec son développement limité à l'ordre n autour d'un
instant t = t0 :

1 (2) 1
x( t )  x( t 0 )  x (1) ( t 0 ).( t  t 0 ) 
.x ( t 0 ).( t  t 0 ) 2  ...  x ( n ) ( t 0 ).( t  t 0 )n où x(n)(t0) désigne la
2 n!
valeur en t = t0 de la dérivée nième de la fonction x. En particulier, x(1)(t0) n'est autre que v(t0).

Soit t un intervalle de temps donné et calculons comme au paragraphe précédent v m(t0-t, t0+t) et
vm(t0, t0+t) dans le but de les comparer et de savoir si l'une d'entre elles est une meilleure
approximation de v(t0) que l'autre :

 (1) 1 (n ) n  (1) 1 (n )
 x( t 0 )  x ( t 0 ).t  ...  n! x ( t 0 ).( t )    x( t 0 )  x ( t 0 ).t  ...  n! x ( t 0 ).( t )
v m ( t 0  t, t 0  t )    
2t
Tous calculs faits, on obtient :

1 (3) 1
v m ( t 0  t, t 0  t )  v( t 0 )  x ( t 0 ).( t ) 2  x ( 5 ) ( t 0 ).( t ) 4  ...
3! 5!

D'autre part,

 1 (n) n
 x( t 0 )  x ( t 0 ).t  ...  n! x ( t 0 ).(t )    x( t 0 )
(1)

v m ( t 0 , t 0  t )   
t

Tous calculs faits, on obtient :

1 (2) 1
v m ( t 0 , t 0  t )  v ( t 0 )  x ( t 0 ).t  x ( 3 ) ( t 0 ).( t ) 2  ...
2! 3!

Si on compare les deux expressions des vitesses moyennes, on constate que la première diffère de
v(t0) par un terme d'ordre 2 en t alors que la seconde première diffère de v(t0) par un terme d'ordre
1 en t.

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Autrement dit, vm(t0-t, t0+t) est, en général et pas seulement pour le mouvement rectiligne
uniformément varié, une meilleure approximation de v(t0) que vm(t0, t0+t).

On peut faire la même remarque qu'au 2-1 sur le caractère illusoire du gain en précision.

3-1 : Conclusion :
L'évaluation pratique de la vitesse instantanée v(t) par la vitesse moyenne entre des instants t+ et
t- n'offre qu'un gain de précision illusoire.

Par ailleurs, elle présente le grave inconvénient d'être différente de sa définition mathématique ce
qui est incompréhensible pour un élève de seconde ou de première (voir la remarque élève au
début de cet article). Il s’agit d’une confusion conceptuelle entre la définition d’une grandeur et ses
propriétés.

Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus, je suggère l'exercice suivant :

Expliquer à un élève en début de première (en s'interdisant, bien sûr, d'utiliser des notions qu'il n'a
pas encore apprises !), qu'il est plus précis de prendre un intervalle de temps double (2) alors
qu'on vient d'expliquer que l'intervalle de temps doit être le plus petit possible pour pouvoir
confondre vitesse instantanée et vitesse moyenne …

3-2 : Propositions :
Arrêter l'usage du symbole  qui s'est singulièrement généralisé avec l'usage de la table à mobiles
autoporteurs. Plutôt que t qui est très connoté par le contexte très spécial de la table à mobiles,
utilisons plutôt t ou t-t0 qui sont des symbolismes plus explicites.

Revenir à une définition de base de v(t) qui a le grand avantage didactique de faire coïncider la
définition de la vitesse instantanée avec sa méthode d'évaluation pratique (intelligibilité).

Laisser le "2" et autres "2t" aux gens qui, en physique, voudraient que la précision (pourtant
illusoire dans la pratique) soit plus importante que l'intelligibilité.

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