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Parlons argent

Logement, transports, essence, nourriture, sorties, vêtements…


Il en faut de l’argent quand on est étudiant !
Voici comment nous nous y prenons pour faire face à toutes nos dépenses et boucler nos fins de
mois !

Transcription:
M : Mélodie / Al : Alexia / N : Nely / Ad : Adèle / L: Laetitia/ E: Elora / An: Anne

M : Salut. Bon bah, vous vous en sortez comment, vous, financièrement ? Parce que moi, après Noël,
tout ça, il y a eu des dépenses, c’était impressionnant ! Je suis ric-rac (1) en ce moment !
El : Bah, pour ma part, heureusement que mes parents sont un peu là pour m’aider, parce que sinon,
j’aurais plus d’appartement à l’heure qu’il est !
Al : Je suis totalement d’accord avec toi. Là, c’est la nouvelle année, donc on repart à zéro, mais…
E : Le compte aussi est à zéro ! (2)
A : Ouais, voilà, c’est ça.
An : Mais ça veut dire quoi ? Vos parents, ils vous donnent de l’argent régulièrement, ou c’est fixe
ou… ?
E : Moi, oui.
An : Vous avez une espèce de salaire familial ?
Al : Parental !
E : Oui, c’est ça, ouais.
Al : Non, moi j’ai pas de… enfin ma mère, disons qu’elle met de l’argent sur mon compte, mais elle me
donne,… enfin j’ai pas régulièrement de l’argent.
An : Oui.
Al : C’est… Je lui demande par exemple 50 euros, elle me donne 50 euros. Je…
An : Et vous pensez que vous exagérez ou vous avez… ?
Al : Non, non.
An : Non, c’est ça, vous êtes raisonnable.
Al : Je fais pas de dépenses inutiles, ni…
An : Donc elle vous donne sans problème.
Al : Oui. Non, sans problème.
An : Et vous, Elora ?
E : Moi, elle me met de l’argent sur mon compte parce que je vis plus avec mes parents. Donc du
coup… Je travaille pas, je fais mes études, donc du coup, j’ai pas de salaire. Alors, oui, tous les mois,
elle me verse une certaine somme d’argent et qui doit faire (3) pour mes courses, mon essence.
An : C’est indiscret de demander combien ?
E : Elle me donne 500 euros et elle, elle paye mon loyer.
An : Et le loyer, c’est combien ?
E : 480.
An : Ouais, d’accord.
Al : Et tu as des aides ?
E : Non, j’ai pas droit à (4) la bourse. (5)
Al : Et même aide au logement, hors bourse ?
E : Non, j’ai droit à rien comme aide.
Al : Ah oui ? Même l’APL ? (6)
E : APL, j’ai pas fait la simulation.
M : Oui bon, c’est pas énorme mais des fois, tu peux gagner 100 euros.
An: C’est toujours ça , hein ! (7)
Al :C’est toujours ça, ouais. Tu devrais, hein !
M : Je me suis mise en colocation parce que ça coûtait trop cher. Je suis avec mon copain parce que
520 euros par mois, tout ça, quand même, ça fait cher.
L : Mais du coup, avec ton copain, tu partages le loyer ?
M : Ouais, on coupe en deux, ouais, même les courses, tout ça, on coupe en deux parce que c’est plus
simple quand même.
Al : Bien sûr.
M : On peut acheter des trucs bien quand même. On peut faire des raclettes (8), des trucs comme ça.
An : Ça améliore l’ordinaire.
M : Oui.
Al : Et puis l’appartement, il est mieux.
M : Ouais, c’est ça.
Al : Il est plus grand, il y a a un autre confort, quoi, que vivre seul.
An : Vous avez quoi ? C’est pas un studio ? Vous avez une…
M : C’est un duplex. (9)
An : Ah ouais, c’est sympa, ça !
M : Ouais, c’est mieux.
L : L’année dernière, tu faisais comment ? Tu étais… C’était avec ton copain aussi ?
M : Ouais, j’étais déjà… Mais avant, il avait juste une chambre universitaire quoi. Puis c’était 400 et
quelque euros. Alors du coup, on a fait le calcul, on s’est dit, enfin c’est beaucoup plus intéressant de
prendre un truc plus grand et de se mettre à deux. C’est même moins cher, quoi.
An : Et la vie commune, ça va ?
M : Ça va, oui oui, ça va.
Al : Des hauts et des bas.
An : D’accord, mais dans un bel espace, donc c’est bien !
M : C’est ça. Ouais.
An : Et pour les autres, alors, je sais pas, Laetitia, par exemple ?
L : Alors, moi, moi, c’est grâce à ma bourse en fait. J’avais pas droit au début à une aide mais bon,
finalement, je me suis assez débrouillée, j’ai réussi à l’avoir et…
An : C’est un peu difficile, non, des fois, toutes les démarches ? (10)
L : Ouais, mais finalement, ça va, je l’ai eue cette année, et j’ai demandé aussi les APL. Donc ça me
paye mon studio je crois qu’il est de 380, un truc comme ça et…
An : Ça couvre tout, l’APL?
L : Ouais, ça couvre tout. L’année dernière, je demandais de… enfin, mon père me versait tous les
mois je crois, de l’argent pour compenser, mais là, du coup, c’est bon, ça couvre tout. Et moi après, je
garde… enfin, je demande… enfin, je crois il me reste une petite somme et après, c’est…voilà, pour
faire les courses, tout ça, et tout. Et après, quand je travaille, je l’utilise pas pour l’année. Ou je fais
cadeau à mes parents ou je mets tout sur un compte.
An : Vous voulez dire le salaire que vous avez en tant que… enfin pour un travail étudiant ou l’été ?
L : Enfin quand je travaille, oui, voilà, l’été, oui.
N : Du coup, tu arrives à économiser ?
L : Ouais, ça va.
Al : Et par mois, tu dépenses combien ? Entre la nourriture…
L : Bah franchement, je sais pas, parce que parfois, c’est mes parents qui me font les courses, parfois
c’est moi.
An : Oui, c’est difficile de chiffrer exactement, il faudrait tout noter.
L : Ouais, ouais.
Al : Tu devrais, hein, pour voir le budget dépenses.
L : Bah après, moi, la plupart du temps, comme je rentre à Istres tous les week-ends, je fais en sorte
que ce soit mes parents qui m’achètent, donc…
An : Oui, oui, c’est assez souple, quoi, finalement. Vous êtes pas obligée de vous dire : j’ai tant
d’argent et il faut que ça tienne obligatoirement là -dedans. Si…
L : Non, enfin, j’ai pas vraiment la pression de l’argent mais après, c’est vrai que par rapport à quand
j’habitais à Istres, là, je fais attention. Enfin mon père, il va me financer, mais si je suis pas responsable,
je sais qu’il va pas m’aider. Il va me dire : Vraiment, maintenant, tu te débrouilles.
An : Ça suffit.
L : Ouais, il veut que je sois vraiment responsable parce que… Enfin l’année dernière, quand j’étais
pas du tout habituée, je pensais à acheter plutôt mes vêtements avant de payer le loyer et donc ça, il a
pas… Mais bon après, cette année, tout ça, maintenant je me débrouille.
An : Vous avez compris la leçon !
L : J’ai compris !
Al : Et toi, Adèle ?
Ad : Bah, moi, de base, j’ai travaillé cet été pour pouvoir me payer un peu ce que je voulais : des
sorties, des vêtements et tout. Donc j’avais encore à la fin de l’été… j’en avais encore un peu sur mon
compte. Et après, mes parents, tous les mois, ils me versent… Ils me virent 150 euros sur mon compte
pour l’essence et la nourriture par mois, parce que j’habite encore chez mes parents, donc j’ai pas de
logement à payer et après, les 150 euros, quand j’arrive à économiser un peu, je les garde pour moi,
pour faire des sorties et tout. Donc des fois, je mange moins, pour pouvoir avoir des sous. (11)
An : Pour sortir.
Ad : Pour me garder 20 ou 30 euros pour pouvoir sortir un peu, mais voilà, sinon …
An : Ou pour l’essence.
Ad : Mais après, si jamais j’ai un problème, je suis à découvert (12), enfin ma mère, elle m’a toujours
dit qu’ elle m’aiderait, enfin qu’elle me remettrait à zéro (13), mais une fois ! Après, je me débrouille,
mais pour la première fois, elle m’a dit…
An : Et alors, ça n’est jamais arrivé ?
Ad : Non, c’est jamais arrivé ! Pour le moment, c’est jamais arrivé, j’ai toujours des sous !
Des explications :
1. être ric-rac : Mélodie a juste assez d’argent pour s’en sortir, pas plus. (familier)
2. Le compte est à zéro : le compte en banque est vide.
3. Qui doit faire : qui doit suffire
4. avoir droit à quelque chose : remplir les conditions qui permettent d’obtenir quelque chose.
5. La bourse : les étudiants dont les parents ont des revenus insuffisants peuvent demander une
bourse. On dit qu’ils sont boursiers.
6. l’APL : c’est une aide au logement pour les jeunes, selon les revenus qu’on a.
7. C’est toujours ça : c’est mieux que rien, ça vaut quand même la peine de demander cette aide.
8. Une raclette : c’est une recette où on fait fondre des tranches de fromage qu’on mange avec des
pommes de terre et de la charcuterie.
9. Un duplex : un appartement qui est sur deux étages.
10. Les démarches : ce sont les démarches administratives, tous les papiers à remplir et à fournir pour
constituer un dossier.
11. Des sous : de l’argent (familier)
12. être à découvert : ne plus avoir assez d’argent sur son compte en banque
13. remettre à zéro : ici, cela signifie que la mère d’Adèle versera la somme nécessaire pour effacer la
dette.
Faire les soldes ou pas ?
En France, plusieurs fois par an, c’est la traditionnelle période des soldes. Certaines d’entre nous font
des économies depuis des mois et attendent ce moment qui dure quelques semaines pour refaire leur
garde-robe. D’autres, pas du tout !
Transcription
M : Mélodie / Al : Alexia / N : Nely / Ad : Adèle / L: Laetitia/ E: Elora / A: Anne
E : C’est le lancement des soldes aujourd’hui. Tu vas les faire (1), toi, dans la semaine ?
M : Oh moi, pas tellement, j’aime pas trop. Toi, tu aimes bien, toi ?
E : Moi j’adore, j’y vais dès cet après-midi. Là, j’ai un peu du temps, alors je fonce !
M : Tu as du bol ! (2)
Al : C’est trop bien, je viens avec toi !
E : Bah pas de souci ! On va en profiter !
Al : Ah bah oui, totalement. Tu vas où ?
E : Je vais aller à Grand Littoral (3), je pense.
Al : C’est bien, Grand Littoral, il y a plein de magasins. Il doit y avoir de bonnes réductions.
A : Mais si vous allez trop tôt, il y a pas encore les réductions maximum.
E : Non, mais justement, on a les articles qu’on veut à la bonne taille parce que si on attend, on y va
dans deux ou trois semaines, il restera que du 44, 46 (4) alors….
A : Ah, c’est pas votre taille ?
E : Moi, non, je suis toute petite, alors non, non. Je fais du 34.
A : Oui, oui, c’est ça, après, on trouve pas la taille des chaussures…
El : Ouais, les pantalons, les T-shirts. Alors, vaut mieux (5) y aller dès le début.
A : Oui, oui. Mais vous faites… Tous les ans, vous faites les soldes comme ça, où vous remplissez
votre armoire au bon moment ?
E : Après (6), je fais quand même régulièrement les magasins, j’adore ça ! Mais oui, les soldes, ça
reste une bonne opportunité pour trouver des bons… de bons articles à de bons prix.
A : Mais vous avez des sous ? (7)
E : J’économise, moi, là, voilà, c’est les sous de Noël, alors ça va y passer dedans.
A : Ah oui !
M : Tu as économisé tes cadeaux de Noël pour pouvoir faire les soldes.
E : Voilà !
A : Et vous, Alexia ? Le porte-monnaie est plein ?
Al : Non ! Moi, j’ai plus d’argent à cause d’Amsterdam. J’ai un peu tout dépensé là, donc on va
acheter… on va trouver la pièce (8) qui fera la différence, la pièce des soldes, c’est tout.
A : Qui est-ce qui fait… Qui va faire les soldes sinon ?
N : Moi, je vais aller samedi prochain à Aubagne faire les soldes avec mon meilleur ami.
A : D’accord, et il y a pas trop de monde ?
N : Je sais pas, je suis jamais allée, donc ça sera l’occasion de découvrir.
A : Oui, oui, parce que c’est un peu ça quand même, à la télé, on voit que tout le monde se précipite et
tout. C’est pour ça que vous n’aimez pas, Mélodie ?
M : Ah moi, j’aime pas trop, il y a beaucoup trop de monde. Tout à l’heure, avec Nely, on était dans le
couloir et on regardait justement sur le portable (9), il y avait un article – c’était 20 minutes (10) –
c’était : Les soldes, l’enfer, L’enfer des soldes, ou je sais plus trop quoi. (11) Enfin, c’était vraiment pour
montrer que c’était vraiment le cataclysme, quoi.
A : Oui, des fois, on voit des gens là, ils se battent pour avoir le… tel vêtement et tout, enfin c’est…
Vous avez déjà vu ça ?
E : Non, ça, ça m’est jamais arrivé.
A : C’est calme ?
E : Ouais, assez.
M : Encore à Grand Littoral, il y a du monde, en plus.
N : Ouais, ils se battent. Quand tu prends les vêtements, ils t’arrachent et tout ! Franchement, je te
jure ! (12)
E : Ça, ça m’est jamais arrivé.
M : Ils sont déchaînés.
A : Juste pour des vêtements. Et vous, vous l’avez fait ?
L : Moi, j’ai tout organisé pour les soldes, je vais pas rentrer chez moi ce weekend. Je vais rester à
Marseille, je vais y aller samedi, j’ai prévu de m’acheter des plaques, plein de choses. J’économise
vraiment pour les soldes.
A : Oh bah c’est bien, ça !
Al : L’organisation est là.
L : Ah oui, oui !
A : Bon donc après, on va pouvoir regarder plein de choses nouvelles, les nouvelles chaussures, le
nouveau pantalon.
L : J’espère trouver de bonnes choses parce que à chaque fois, je galère (13) un peu avec ma taille.
A : Pourquoi ?
N : Tu fais quelle taille ?
L : Je sais pas, je trouve c’est trop petit, je sais pas.
A : Vous avez des petits pieds ?
L : Déjà pour les pieds, je trouve pas. Pour les vêtements, aussi, je suis trop mince. Donc c’est galère.
N : Mais c’est quelle taille tu fais ?
L : 34/36.
N : Bienvenue au club !
A : Eh ouais, c’est ça, dans les soldes, après il reste que les très grandes tailles, ou des choses comme
ça.
L : Ouais, je préfère acheter au début, même un peu plus cher que d’attendre, d’attendre. Je me suis
déjà faite avoir. (14)
A : Et Adèle ? Vous y allez ?
Ad : Non. Moi, j’ai… J’ai déjà pas le budget et puis…
A : Ça vous casse les pieds ! (15)
Ad : Ouais ! Je préfère partir au ski ou faire des sorties plutôt que d’acheter des vêtements. Surtout
qu’il y a jamais la taille. Il y a pas… enfin, les soldes maintenant, je trouve qu’il y a pas des très bonnes
soldes ou des moins 20, moins 40%, enfin moins 30 %. Et…
A : Et vous trouvez pas votre bonheur ? (16)
Ad : Non. Ou j’y vais en fin, quand il y a vraiment les dernières démarques avec moins 70%. Mais voilà,
il faut fouiller, il faut être là en premier. C’est un peu premier arrivé, premier servi, donc…
A : Il faut se battre un peu ?
Ad : Ouais.
A : C’est pas votre truc. (17)
Ad : Pas pour ça.
A : Vous vous battez sur les pistes de ski !
Ad : Ouais ! Je préfère !
A : D’accord. Bon bah, bonnes soldes à celles qui vont y aller.
Al : De toute manière, je dis soldes, soldes mais j’achète toujours la nouvelle collection, donc bon…
E : Moi, c’est pareil !
Al : Voilà ! Alors…
A : Oui, c’est vrai que c’est le piège, hein !
E : Ils étalent bien…
Al : Ils étalent bien (18), on y va et au retour, on part avec…
Ad : Surtout, ils sortent une collection qui n’y sera plus après. Donc moi, c’est vrai que j’achète des
trucs souvent pas en solde mais après, ils y sont plus. Donc si on a… Quand on a un coup de cœur
(19), il faut le prendre, le vêtement, même s’il est pas en solde !
A : Oui, oui, tout est calculé. (20)
Ad : Oui, c’est ça. Ils sont forts.
A : Très forts.
Des explications :
1. les soldes : en français, on dit qu’on fait les soldes, quand on profite de cette période de prix en
baisse, à la recherche des bonnes affaires dans les magasins.
2. Avoir du bol : avoir de la chance (familier et oral uniquement)
3. Grand Littoral : c’est un des centres commerciaux de Marseille.
4. 44, 46 , etc. : il s’agit de très grandes tailles pour les vêtements féminins. On commence au 34, pour
les personnes très minces. On dit qu’on fait du 36par exemple. On demande : Tu fais du combien ? On
peut répondre : Je mets du 38 / Il me faut du 40, etc.
5. Vaut mieux = Il vaut mieux… (style très oral, où on omet Il)
6. après : ici, il ne s’agit pas du sens littéral. Cela montre qu’on nuance : Je fais les soldes. Après, je
m’achète aussi des vêtements quand ce ne sont pas les soldes. = Mais…
7. des sous = de l’argent (familier)
8. la pièce : ici, Alexia veut dire l’article, le vêtement, etc.
9. le portable = le téléphone portable. (Dans d’autres contextes, il peut s’agir d’un ordinateur portable)
10. 20 minutes : il s’agit d’un journal gratuit distribué dans la rue, à la sortie du métro par exemple et
qu’on peut lire aussi sur internet.
11. Je sais plus trop quoi = Je ne sais plus exactement (style familier)
12. Je te jure ! : c’est une façon familière d’exprimer sa surprise et de montrer qu’on désapprouve.
13. Galérer : avoir des difficultés (style familier)
14. se faire avoir : ne pas réussir à faire quelque chose, ne pas trouver, être trompé, se faire piéger,
etc. (familier) Ici, elle veut dire qu’elle est rentrée chez elle sans rien parce qu’elle n’a pas trouvé de
vêtements à sa taille en solde.
15. Ça vous casse les pieds = ça vous ennuie, ça ne vous intéresse pas. (familier)
16. trouver son bonheur : trouver ce qu’on cherche. On utilise souvent cette expression familière à la
forme négative : Il y avait du choix mais je n’ai pas trouvé mon bonheur.
17. Ce n’est pas votre truc = ce n’est pas ce que vous aimez faire. (familier)
18. Ils étalent bien : cela signifie que dans les magasins, les vêtements de la nouvelle collection (pas
en solde) sont exposés bien en vue. Donc on peut se laisser facilement tenter.
19. Avoir un coup de cœur (pour quelque chose) : trouver très bien quelque chose, être très attiré
immédiatement.
20. Tout est calculé = tout est prévu et parfaitement organisé, rien n’est laissé au hasard.
La vie à Paris
Avec ses monuments, ses musées, ses cafés et leurs terrasses, ses avenues et ses petites rues, avec
ses ponts sur la Seine, Paris a toujours fait rêver ! Mais comment voit-on les choses quand on y vit et
travaille ?
Lors d’un séjour dans la capitale, Elora est allée poser la question à Anna et Thibault.
Transcription :
E: Elora / A: Anna / T: Thibault
E : Bonjour. Nous sommes aujourd’hui en direct avec Anna et Thibault qui font tous les deux leurs
études à Paris et qui vont nous parler de la vie parisienne. Alors Anna, commence par nous raconter,
où habites-tu à Paris ?
A : Alors moi, j’habite dans le 5ème arrondissement de Paris.
E : Oui. Et toi, Thibault ?
T : Moi, dans le 11ème, en bas de la rue de… des Pyrénées.
E : D’accord, et c’est à côté de quel endroit emblématique (1), pour que nous nous reconnaissions un
petit peu ?
A : Alors moi, c’est à côté du… entre le jardin du Luxembourg et le Panthéon.
E : D’accord.
T : Moi, c’est plutôt du côté du Père Lachaise (2) où je vais me promener très régulièrement.
E : D’accord, et alors comment se passe la vie parisienne ? Vous, vous appréciez (3) plutôt ou pas
tellement ?
A : Alors, non, moi je trouve qu’il y a de sérieux avantages, enfin de gros avantages dans la vie
parisienne. Mais après, il y en a aussi… Il y a aussi des inconvénients comme de partout (4),
notamment en terme de prix. C’est… La vie parisienne est très, très chère, donc voilà ! Mais enfin, on
trouve toujours des astuces pour (5)… soit notamment au niveau des musées, des sorties culturelles,
tout est gratuit pour les étudiants ou les moins de 26 ans, donc on a toujours de gros avantages à
être… Enfin on trouve des avantages de partout (4) et des combines (6) pour que ce soit moins cher. Et
sinon, d’un point de vue culturel, c’est aussi très, très intéressant. Il y a toujours quelque chose à faire
sur Paris (7). Donc ça, c’est vraiment un avantage parisien énorme.
E : D’accord. Et pour toi, Thibault ?
T : C’est vrai que comme Anna – je la rejoins (8) à ce niveau-là – il y a des avantages et des
inconvénients. Au niveau des inconvénients, bon, outre le prix (9) qu’elle a bien soulevé (10), c’est
surtout les transports. Les transports, moi je passe plus de une heure et demie dans les métros tous les
matins, donc c’est un peu compliqué à ce niveau-là… qui sont chers en plus, très, très chers ! Mais
c’est vrai qu’à part ça, l’avantage, c’est l’effervescence (11), on rencontre des gens partout. La vie
culturelle : où qu’on aille (12), il se passe des choses, tous les jours il y a des choses à faire. Du coup,
c’est vrai qu’on ne s’ennuie jamais à Paris. C’est vraiment le premier avantage.
E : D’accord. Et oui, Anna, vous vouliez dire quelque chose ?
A : Non, après, c’est vrai qu’on s’ennuie jamais mais on est quand même pris dans une routine qui est
celle du métro-boulot-dodo (13), donc du coup, c’est pas un mythe (14), enfin voilà, comme Thibault dit,
on a une heure et demie de… pour aller jusqu’à son lieu de travail où… Moi, c’est mon lieu de travail
puisque je suis en alternance. Donc du coup, le soir, des fois (15), on est bien aussi chez soi, au calme
et voilà, surtout au calme parce que toute la journée, ça… ça bout et on a du bruit toute la journée et
des fois, ça fait du bien de se calmer.
E : Paris est une ville qui dort jamais…
T : Exactement !
A : Oui.
T : Moi, je suis à côté d’un quartier en plus très festif (16), qui se situe entre le parc de Belleville et le
cimetière du Père Lachaise, le quartier de la banane, qui est très vivant, surtout la nuit !
E : D’accord. Et oui, donc vous parliez des transports en commun. Ils sont toujours remplis ou il y a
plutôt des heures… ?
A : Non, Non. Après, ça dépend… ça dépend quels transports. Si on prend les RER (17), bon bah oui,
ils sont remplis mais en heure de pointe ou pendant les vacances… enfin, veille de vacances scolaires
(18), etc., là, bon bah voilà, ils sont pleins. Mais enfin, moi je trouve qu’on n’en souffre pas non plus
outre mesure (19), quoi. C’est pas… C’est pas invivable, c’est pas surpeuplé, c’est pas … Voilà.
T : C’est plus la longueur que… Le temps qu’on y passe que la population à l’intérieur (20), oui.
E : D’accord. Et vous allez souvent voir la tour Eiffel ou sur les Champs Elysées, les endroits assez
emblématiques de Paris ?
A : Finalement non, parce que moi, je les ai vus en tant que touriste, quand je venais en tant que
touriste et maintenant, comme j’y vis, j’essaie de découvrir des endroits qui sont pas fréquentés par
les… par les touristes, justement.
E : D’accord.
T : On aime toujours y aller quand on y passe mais c’est vrai qu’on cherche d’autres choses quand on
les a vus une fois, bon après, on a compris.
E : D’accord. Eh bah, je vous remercie pour ces informations et nous irons à notre tour visiter Paris. Au
revoir !
A : Au revoir !
Des explications :
1. un endroit emblématique : un lieu qui symbolise Paris, qui est très typique de Paris.
2. Le Père Lachaise : il s’agit du cimetière du Père Lachaise, où sont enterrés beaucoup de gens
connus.
3. Apprécier quelque chose : aimer quelque chose, trouver que c’est bien.
4. Comme de partout = comme partout. Les gens du sud-est ajoutent souvent « de » devant partout,
ce qui n’est pas dans les dictionnaires !
5. Des astuces pour… : si elle avait terminé sa phrase, elle aurait dit par exemple : des astuces pour
payer moins cher, pour ne pas se ruiner. Elle donne ensuite des exemples des moyens qui permettent
de ne pas dépenser trop d’argent tout en profitant des sorties à Paris.
6. Une combine : un moyen astucieux, malin d’obtenir ce qu’on veut. (familier) Il y a aussi souvent
l’idée que c’est un moyen pas très légal, pas toujours vraiment autorisé.
7. Sur Paris = à Paris. (Apparemment, « sur » s’impose de plus en plus avec les noms de villes !)
8. je la rejoins : je suis d’accord avec elle sur ce plan-là.
9. outre le prix : en plus du prix (style soutenu)
10. qu’elle a soulevé : l’expression normale, c’est soulever un problème, c’est-à-dire parler de
problème, mettre ce problème en avant. Donc ici, il veut dire : outre le problème du prix qu’elle a
soulevé.
11. L’effervescence : le mouvement, l’agitation, le côté très vivant de quelque chose
12. où qu’on aille : quel que soit l’endroit où on va = partout
13. métro-boulot-dodo : c’est une expression qui s’est imposée pour décrire la vie peu passionnante
de ceux qui habitent loin de leur travail et passent beaucoup de temps dans les transports. Ils prennent
le métro, vont au boulot (= le travail dans un style familier) puis reprennent le métro et arrivent tard chez
eux, donc vont vite au dodo (= au lit, dans le vocabulaire des enfants), et recommencent la même
chose le lendemain. On emploie cette expression même si on vit dans un endroit où il n’y a pas de
métro.
14. Ce n’est pas un mythe : cette expression signifie que ce n’est pas une invention, que cela
correspond bien à la réalité.
15. Des fois = parfois (familier)
16. un quartier festif : un quartier où il y a une ambiance de fête (avec des cafés animés, des lieux où
les gens peuvent faire la fête, sortir, etc.)
17. le RER : le Réseau Express Régional, qui dessert des banlieues lointaines. Il y a plusieurs lignes,
donc on dit par exemple qu’on prend le RER A, ou le RER B, etc.
18. veille de vacances scolaires : Anna veut dire que lorsque les vacances scolaires viennent juste de
commencer, beaucoup de Parisiens vont prendre le train ou l’avion et donc empruntent tous au même
moment les transports en commun pour rejoindre une des gares parisiennes ou un des aéroports
proches de Paris.
19. Pas outre mesure = pas trop (style soutenu)
20. la population à l’intérieur : Thibaut veut parler du nombre de personnes à l’intérieur des rames de
métro ou de RER.

Par ici, les gourmands !


Bonjour à tous !
La pâtisserie française est populaire dans le monde entier. Les pains au chocolat, les croissants et les
autres viennoiseries font de la France un lieu incontournable pour manger de bons desserts.
Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’un des produits phare de la pâtisserie française : le
macaron. Comment le réaliser ?
Regardez donc bien notre vidéo et réalisez vous-même vos macarons !
Transcription :
Al : Alexia / Ad : Adèle
Al : Bonjour, c’est Alexia. Aujourd’hui, on se retrouve pour une nouvelle vidéo. Je suis en compagnie
d’Adèle (1). Nous allons vous faire une spécialité française : les macarons. C’est le must (2) de la
pâtisserie française. Alors Adèle, quelle est ta recette pour faire de délicieux macarons ?
Ad : Alors, pour faire de délicieux macarons, il faut tout d’abord de la poudre d’amande, l’ingrédient
principal de la recette, avec du sucre glace, du sucre semoule, des blancs d’œufs et enfin des
ingrédients que (3) vous avez besoin pour votre ganache (4). Donc nous, aujourd’hui, on va faire des
macarons à la framboise. Du coup, il nous faudra de la confiture de framboise et du beurre.
Al : Très bien, et quelle est ta petite astuce (5) pour faire des macarons délicieux ?
Ad : Alors, pour faire des macarons délicieux, il faut tamiser (6) la poudre d’amande. Ça veut dire qu’
on va enlever en gros les morceaux de la poudre d’amande pour que le macaron soit lisse quand il cuit
au four.
Al : Très bien. A nous de jouer maintenant ! (7)
Voici la poudre d’amande. Comme l’a si bien expliqué Adèle, vous devez casser les morceaux de sucre
pour ensuite mélanger dans le saladier les deux préparations.
Dans un autre saladier, battez les blancs d’œuf avec du sucre, vous devez obtenir une pâte blanche,
homogène et lisse qui ne doit pas tomber lorsque vous la retournez. Ajoutez cette pâte à la préparation
(à votre mélange de poudre d’amande et de sucre glace), puis mélangez le tout jusqu’à former une
pâte homogène. Cette pâte doit être ensuite mise dans une poche à douille (8), utile pour former vos
petits macarons de taille identique que vous devrez laisser dans le four une dizaine de minutes.
Passons à la ganache maintenant, vous avez simplement à mélanger dans une poêle du beurre et de
la confiture : le résultat est fameux.
Al : Voilà ! Nous avons fini les macarons, ils sont délicieux ! Je remercie la chef pâtissière, Adèle, pour
son talent.
Ad : Et je remercie Alexia pour son assistance.
Al : Merci ! Et retrouvez-nous pour d’autres vidéos, sur la cuisine et sur plein d’autres choses et
abonnez-vous ! Merci beaucoup, au revoir !!
Irfane : Succulent !
Des explications :
1. en compagnie de : avec
2. le must : les Français ont incorporé cet anglicisme dans la langue française pour indiquer que c’est
quelque chose qu’il faut absolument faire ou avoir.
3. Des ingrédients que* vous avez besoin : normalement, il faut dire « dont vous avez besoin ». On
utilise « que » s’il n’y a pas de préposition après le verbe. Par exemple : utiliser des blancs
d’oeuf => les blancs d’oeuf que vous utilisez. Mais on dit : avoir besoin de blancs d’oeuf => les blancs
dont vous avez besoin.
4. Une ganache : c’est une crème à base de beurre ou de crème fraîche et de chocolat très souvent.
Mais pour les macarons, on utilise de la confiture par exemple, pour varier les parfums.
5. Une astuce : une façon de faire, une trouvaille qui permet de réussir. On dit souvent : les trucs et
astuces, en utilisant ensemble ces deux mots très proches.
6. Tamiser (de la farine par exemple) : on utilise un tamis, une sorte de passoire très fine, pour éliminer
les morceaux irréguliers, pour affiner la farine ou la poudre.
7. A nous de jouer : cela indique qu’on est prêt à passer à l’action (et en général, ça n’a rien à voir
avec un jeu). On emploie très souvent cette expression en s’adressant à quelqu’un : A vous de jouer ! A
toi de jouer !
8. Une poche à douille : c’est un accessoire de cuisine pour mouler des pâtes, des crèmes ou décorer
des gâteaux. Il se compose d’une poche où on met la pâte et d’un petit entonnoir au bout (la douille).
Un détail de prononciation : un oeuf – des oeufs
– Au singulier, on prononce le f, mais pas au pluriel.
– Et on dit : un blanc d’oeuf / du blanc d’oeuf.
– Mais on a le choix quand il y a plusieurs oeufs : des blancs d’oeuf / des blancs d’oeufs.
Pour terminer, comment dire, comme Irfane, qu’on aime ce qu’on est en train de manger ?
– Ces macarons sont bons / très bons / vraiment très bons.
– Ces macarons sont délicieux.
– Ces macarons sont excellents.
– Ces macarons, c’est un délice / un vrai délice.
– C’est un régal / un vrai régal.
– C’est une tuerie. On entend cette expression depuis quelque temps. Elle est devenue à la mode dans
la bouche de certains. (style familier)
– Ces macarons sont succulents. Mais comme ce mot n’est pas employé très souvent, cela donne un
petit côté précieux à cette phrase. (style soutenu)
Et vous ?
– Les macarons sont partout en ce moment ! Aimez-vous ça ?
– Avez-vous déjà essayé d’en faire ?
– Aimez-vous faire de la pâtisserie ? Avez-vous vos recettes préférées ?
Racontez-nous ça !
Le choix de Wafa
En discutant un jour avec Wafa, nous nous étions dit que ce serait intéressant de lui poser plus tard
quelques questions et de l’enregistrer. Tout ça parce que au hasard de la conversation, elle avait dit
qu’elle n’était pas sur Facebook, ce qui paraît assez rare dans sa tranche d’âge ! (Elle a dix-neuf ans)
Elle nous a expliqué pourquoi.

Transcription :
W: Wafa / A: Anne
A : Quand on a votre âge, souvent, on a tout ce qu’il faut pour communiquer, par internet et autre…
W : Les réseaux sociaux.
A : Et on a Facebook.
W : Oui, voilà.
A : Alors, où est-ce que vous en êtes, vous, avec Facebook ?
W : Alors avec Facebook, bah à un moment, je l’avais. Bah je… Enfin, j’avais un compte dessus, mais
maintenant, je l’ai supprimé, ça fait à peu près deux, trois ans. (1)
A : Ah oui ! Vous l’avez eu à quel âge alors ? Vous avez commencé tôt.
W : Vers quatrième, troisième (2)… enfin, quelque chose comme ça (3).
A : Oui, donc vous aviez quoi, treize – quatorze ans, un truc comme ça ?(3)
W : Quinze ans.
A : Quinze ans ?
W : Oui, quinze ans.
A : Ah oui, d’accord.
W : Et… Bon, il me servait pour parler avec des amis, tout ça (4), enfin… c’était le début de Facebook
et on était tous…. à la mode, quoi. C’était Facebook et tout le monde devait avoir Facebook, sinon, on
n’était pas trop à la mode.
A : Oui. Exactement. Vous aviez combien d’amis ?
W : Bah j’avais pas énormément d’amis, que (5) ceux que je connaissais. Et aussi, je mettais qu’une
photo de profil (6). Je postais pas de photos de ma vie de tous les jours et tout ça.
A : Ah oui !
W : C’est pas… C’est pas un site où on peut exposer sa vie privée, surtout que (7) tout le monde peut
accéder à nos profils, et du coup, je… je postais pas trop de choses, juste peut-être des… quelques
phrases ou parler avec des amis ou quoi (8). Mais sinon, je… je m’attardais pas dessus. (9)
A : C’était juste pour communiquer, comme ça.
W : Oui, voilà.
A : Pour ne pas être en dehors de… du cercle.
W : Du cercle Facebook. Oui, voilà.
A : D’accord.
W : Mais quand je suis rentrée au lycée, je l’avais la première année, en seconde. Et ensuite, à partir
de la première, j’ai préféré le supprimer parce que je l’utilisais rarement, vraiment rarement. Les amis
que je voyais tous les jours, enfin, je leur parlais tous les jours, donc j’avais pas besoin de ça.
A : Oui, en direct.
W : Oui, voilà, en direct, ou par messages. Il y avait le téléphone aussi.
A : Oui, c’est ça, avec le téléphone, en fait, ça vous servait davantage.
W : Oui, voilà. C’est mieux, à toute heure, on peut parler, pas besoin d’internet ou… Et du coup,
franchement, Facebook, ça me servait plus du tout, du tout. Du coup, je me suis dit : Autant le
supprimer. Pourquoi laisser mon profil comme ça ? Enfin… Oui, voilà.
A : Et vos camarades, qu’est-ce qu’elles vous ont dit, ou qu’est-ce qu’ils vous ont dit quand vous avez
supprimé ? Ils vous ont fait des reproches ?
W : Non, au début, il y en a qui étaient pour, il y en a qui étaient contre, par rapport à mes idées comme
quoi (10) c’était pas bon pour exposer sa vie privée. Mais il y en a qui, deux jours après, eux aussi, ils
ont supprimé leur compte… enfin…
A : Ah ! Vous avez fait des adeptes ! (11)
W : Oui, je leur ai…enfin…
A : Ils ont réfléchi aussi.
W : Oui, voilà, ils ont réfléchi , ils se sont dit : Oui, c’est vrai que c’est pas très approprié pour… Il y a
aucun… enfin, il y a aucun intérêt, ni professionnel, ni… enfin voilà.
A : Oui… D’accord !
W : C’est plutôt pour s’amuser, ou… Donc voilà.
A : Oui, c’est ça, c’est peut-être… oui… une perte de temps aussi ?
W : Oui, voilà, je me suis dit ça aussi. C’est vraiment une perte de temps.
A : On passe trop de temps dessus.
W : C’est ça aussi.
A : Quand vous l’aviez, au départ, tout ça, vous passiez beaucoup de temps ?
W : Oui. Je passais beaucoup de temps dessus. Je surfais sur les pages et tout ça , et surtout, je
parlais avec eux. Surtout en été, comme la plupart du temps, en été, on dort très tard, et tout ça, donc
je passais beaucoup de temps dessus, et je m’en suis rendu compte que je passais plus de temps
dessus que dehors, alors qu’il faisait beau, chaud et tout ça. J’ai dit: Non, c’est pas possible !
A : La vraie vie !
W : Oui, voilà, franchement, quand on sort dehors, on prend l’air et tout ça, ça n’a rien à voir devant un
ordinateur où on est…
A : Oui, c’est ça. Puis comme vous dites, si finalement, vous étiez en contact de toute façon avec vos
vrais amis, facilement.
W : Oui, voilà. Je préfère qu’on aille dehors, prendre un verre ou quoi, que de passer la journée à se
parler.
A : D’accord ! Eh bah, merci pour tous ces renseignements.
W : Il y a pas de souci (12). De rien.
A : Et puis, bah, bon après-midi !
W : Merci !
Des explications
1. ça fait deux ou trois ans = il y a deux ou trois ans. Normalement, on utilise cette structure pour
commencer sa phrase : ça fait 2 ou 3 ans que j’ai supprimé mon compte. Mais à l’oral, tout est plus
souple !
2. Quatrième, troisième : Wafa veut parler des classes de quatrième et troisième, au collège. ( La
troisième année s’appelle la quatrième et la quatrième année s’appelle la troisième !)
3. Quelque chose comme ça / un truc comme ça : on utilise cette expression familière pour parler de
quelque chose de façon approximative. La seconde formulation, avec le mot « truc », est encore plus
familière que la première.
4. Tout ça : expression orale et familière, qu’on dit sans réfléchir. C’est un tic de langage.
5. Que ceux… = seulement ceux
6. la photo de profil = la photo qu’on met sur son profil sur les réseaux sociaux.
7. Surtout que : d’autant plus que… (familier)
8. ou quoi : c’est une façon familière et orale uniquement de suggérer qu’il y a d’autres exemples mais
qu’on ne va pas donner davantage de détails.
9. Ne pas s’attarder sur quelque chose : ne pas y passer beaucoup de temps.
10. Mes idées comme quoi… : mes idées selon lesquelles… (familier)
11. faire des adeptes : donner envie à d’autres de faire la même chose.
12. Il y a pas de souci : c’est une autre façon de dire « Il n’y a pas de quoi », pour indiquer que ce
n’était pas un problème de faire ce pour quoi on est remercié.
Tout frais toutes les semaines
Mangeons des légumes et des fruits ! Pour ça, le mieux, c’est d’aller au marché chaque semaine. Et
comme il y a des marchés dans toutes les villes, petites et grandes, beaucoup de Français y achètent
leurs légumes. Frédéric, lui, fait les marchés. Il vend les légumes et les fleurs qu’il produit. Comme
c’est tout frais cueilli, après avoir poussé dans d’excellentes conditions, il a une clientèle fidèle. Il nous
explique tout ça.
Transcription
F : Frédéric / A : Anne
A : Bon alors, Fred, tu es… En fait, tu produis tes légumes, des fleurs aussi. Et bah tu les vends, mais
pas dans des magasins.
F : Sur le marché (1), sur les marchés, dans la rue.
A : D’accord. Et donc tu fais un marché par semaine, c’est ça ?
F : Un marché par semaine, oui. Avant, j’en faisais deux.
A : C’était beaucoup trop ?
F : Et puis c’était difficile à gérer au niveau de… de l’organisation et puis de…
A : La préparation du… ?
F :Voilà.
A : Du marché. Oui, parce que alors, le marché, bon, en gros (2), je sais pas, quand on va au marché,
qu’on est client, on arrive vers… quoi ? Huit heures et demie ? Neuf heures ?
F: Oh, les premiers, les premiers, je les vois vers sept heures et demie quand même !
A : Ah quand même !
F : Oui, oui.
A : Ouah ! C’est des…
F : Des lève-tôt, ou des gens qui vont au travail.
A : Ah oui, oui, c’est vrai, oui, oui.
F : Et puis, bah après, oui, pour ce qui est la nourriture, le gros des clients (3), c’est entre huit heures et
neuf heures et demie.
A : Ah, oui. Les fidèles, les gens qui savent ce qu’ils veulent et tout ça.
F : Oui. Après, il y a les gens qui viennent un peu par hasard, qui…
A : Qui se promènent.
F : Oui, qui viennent en fin de marché (4). Et puis les fleurs, bah c’est plutôt après dix heures.
A : On mange d’abord et on regarde les belles fleurs après ! Mais alors donc du coup, pour toi, être au
marché prêt pour les gens qui arrivent quand même assez tôt, ça veut dire que tu te lèves à quelle
heure ? Tu pars à quelle heure ?
F : Alors moi, je finis de préparer mon marché avant de partir au marché, comme j’ai des produits frais.
Donc j’ai… Je coupe les salades au dernier moment. Donc bah moi, ça me fait des journées où je
commence à quatre heures du matin.
A : Mais il fait nuit, là, pour couper tes salades,non !
F : Bah avec une lampe frontale, ça marche très bien !
A : Ah oui ! D’accord ! Tu réveilles la salade et…
F : Voilà, elle sent rien du tout. Elle est encore endormie quand je la coupe !
A : D’accord.
F : Non (5), et ça fait une salade bien fraîche, qui arrive deux heures après au marché. Et les gens sont
très contents. Donc je commence, oui, vers quatre heures, des fois, un petit peu plus tôt en été quand il
y a des grosses récoltes. Et puis après, je m’en vais vers sept heures moins le quart et j’arrive à sept
heures et demie au village où je vais, à Dieulefit.
A : Oui. Tu déballes.
F : Il me faut à peu près une demi-heure, trois quart d’heure de… de déballage, tout sortir de mon
camion, installer…
A : Les tables.
F : Présenter sur les tables, les légumes. Installer ma balance.
A : Les prix. (6)
F : Les prix. Et voilà.
A : Et donc tu as les habitués qui arrivent et…
F : Et je sers. Alors, les très bons marchés, comment dire, avant je pouvais ne pas avoir d’interruption
de toute la matinée.
A : D’accord. Et donc ça veut dire que quand tu repars, tu… Ton camion est vide ?
F : Presque vide, c’est la meilleure des fois. Mais il y a des fois où je ramène des choses quand même.
A : Quand même. Et alors, est-ce que tu as des… je sais pas… Bon, les clients, ils sont sympas ?
Comment c’est ? Bon, il y a des gens que tu connais depuis longtemps sûrement.
F : Voilà. Il y a des gens, c’est… A Dieulefit, j’y vais depuis vingt ans, donc il y a des gens que je vois
depuis vingt ans, donc les relations sont différentes. C’est presque… On se connaît, on s’appelle par
notre nom. Et puis ils me connaissent. Et puis après, bah il y a des…
A : Des gens de passage.
F : Oui, alors…
A : L’été surtout peut-être ?
F : Ouais. Non, et puis en fait, ce dont je m’aperçois, c’est que j’ai un stock de clients réguliers, mais
qui viennent pas forcément toutes les semaines, ce qui fait que d’une semaine à l’autre, je vais pas voir
forcément les mêmes… les mêmes personnes, mais j’aurai à peu près le même volume de vente.
A : Oui, d’accord. Il y a des gens qui sont désagréables ?
F : Ça arrive ! Notamment sur les prix.
A : Oui ? C’est ça, ils marchandent ? (7)
F : C’est un peu toujours… Pas trop marchander mais me dire…
A : C’est trop cher.
F : Que je vends trop cher, ça, ça arrive régulièrement. Après il y a les gens qui…
A : Mais tu vends pas trop cher !
F : Bah non, mais c’est ça que je comprends pas. Et c’est comme ça. C’est…
A : Oui, ils essayent toujours d’avoir le prix le plus bas sans penser au travail qu’il y a derrière et…
F : Bah c’est des gens qui vont me dire que ce qu’ils trouvent dans les supermarchés, c’est pas bon.
Mais en fait, en revanche, ils ont noté le prix qui était vendu en supermarché et ça, c’est le
supermarché qui fait le prix, quoi ! Donc c’est…
A : Oui, parce que toi, c’est pas des produits dits Bio (8), mais tu cultives…
F : Naturellement, ouais.
A : Naturellement et les gens savent que c’est sain, et frais.
F : Voilà.
A : Que ça n’a pas fait mille kilomètres pour arriver dans l’assiette des gens.
F : Voilà, et puis c’est des produits de saison (9) en général. C’est pas…
A : Oui, alors par exemple, là en ce moment, qu’est-ce que tu as ?
F : En ce moment, j’ai beaucoup de tomates, des poivrons, des aubergines, des concombres, des
bouquets de plantes aromatiques, un peu de choux, un peu de haricots secs.
A : Des pommes de terre aussi.
F : Des pommes de terre, des oignons, de l’ail.
A : Et en hiver… Enfin, tu fais toute l’année, le marché, ou pas ?
F : Non. C’est très difficile d’avoir une production, en travaillant tout seul, d’avoir une production toute
l’année. Donc moi, je fais les marchés du mois de… de la mi-mars jusqu’ à la mi-novembre à peu près.
A : Oui. Et alors en novembre, qu’est-ce que tu as à vendre à ce moment-là ?
F : Des courges, des pommes de terre et puis bah tout ce qui est bulbes, des carottes, des navets. Et
ce… Là en ce moment, j’arrive pas à avoir de poireaux parce que c’est une culture qui est longue, et
tout est à faire en même temps. Et comme je travaille seul, j’arrive pas à le faire, donc j’ai pas de
poireaux en hiver et ça manque beaucoup.
A : Oui, les gens aimeraient bien, quoi, pour la soupe.
F : Bah le trio de l’hiver, c’est pommes de terre, poireaux, carottes.
A : Eh oui ! Donc il te manque un élément du trio.
F : Voilà. Mais comme ils connaissent mes pommes de terre, ils viennent me chercher des pommes de
terre.
A : Et ils prennent les poireaux ailleurs.
F : Voilà.
A : Bon bah écoute, on va cuisiner tout ce que… tout ce que je remporte de chez toi, déjà. Voilà. Et
puis, bah, bonnes cultures ! Il fait chaud en ce moment, non ! C’est sec !
F : Il fait très chaud et il faut arroser beaucoup tous les jours. Voilà, sinon il y a pas de récolte possible,
quoi, c’est… On est quand même dans le sud de la France ! Et voilà.
A : Bah je te remercie.
F : Bah de rien.
Quelques explications :
1. sur le marché : on peut dire également vendre au marché. Et on emploie aussi l’expression faire les
marchés, quand on est vendeur.
2. en gros : sans entrer dans les détails
3. le gros des clients : la majorité des clients
4. en fin de marché : on peut dire aussi : à la fin du marché
5. Non : ici, ce non signifie qu’il arrête de plaisanter, qu’il redevient sérieux.
6. Les prix : il faut mettre les étiquettes qui indiquent le prix sur chaque produit.
7. Marchander : discuter pour essayer de faire baisser le prix.
8. Des produits bio : des produits biologiques
9. des produits de saison : des produits qui poussent naturellement quand c’est la saison, sans être
forcés artificiellement en serre par exemple.

Travailler ou rester à la maison ?


Ce sont encore les vacances d’été. Mais on sent déjà que certains ont repris le travail, après une, deux
ou trois semaines de congés.
Alors voici une petite conversation avec Melinda, Elodie, Lamia, Nasrine et Ozge sur le travail
justement.
Le point de vue de cinq jeunes Françaises bien décidées à réussir leur vie professionnelle et
personnelle en même temps.
Transcription:
Anne, Melinda, Elodie, Lamia, Nasrine, Ozge
A : Bonjour à toutes les cinq.
Toutes : Bonjour.
A : Aujourd’hui, je me suis dit qu’on pourrait peut-être un petit peu parler de vos projets d’avenir mais
pas trop proches parce que c’est peut-être pas immédiatement. Mais voilà, vous faites des études,
vous allez avoir un diplôme ou des diplômes et vous allez sûrement entrer dans la vie active. Je
suppose que c’est votre but ? Oui ? Vous avez envie d’avoir un travail ?
L : Oui, bien sûr.
A : Oui, Lamia ?
L : Bah oui, j’aimerais bien.
A : Oui.
L : Mais je pense que… enfin moi, plutôt, j’envisage d’abord d’avoir un emploi stable. Et puis, ensuite,
pouvoir construire ma propre famille.
A : D’accord.
L : Je préfère d’abord travailler, avoir une bonne situation (1), et puis ensuite, pourquoi pas envisager
autre chose.
A : C’est-à-dire avoir … Quoi ? Des enfants ?
L : Oui, voilà. Me marier, avoir des enfants, voilà.
A : Oui, oui.
L : Pour moi, enfin, c’est encore lointain, tout ça. Je préfère d’abord me concentrer sur mes études et

A : Oui, oui.
L : Et voilà.
A : Bien sûr, c’est lointain encore… enfin, il vaut mieux pas que ça vienne trop tôt peut être, pour
pouvoir continuer les études. Elodie ?
E : Oui, tout à fait pareil. D’abord, j’aimerais avoir une situation stable, un emploi stable.
A : Oui.
E : Après, fonder…
A : Une famille ?
E : Fonder une famille, oui. Avec des enfants, le mariage. Pour l’éducation des enfants, je pense que je
m’arrêterai de travailler pendant deux ans environ. Mais après, je compte bien (2) reprendre le travail.
A : D’accord, c’est-à-dire, quand ils sont petits, vous préférez vous en occuper ?
E : Oui, je préfère.
A : Et après, pouvoir repartir au travail un peu plus tard ?
E : Oui, oui, je préfère m’en occuper moi-même.
A : Oui, parce que bon, c’est vrai qu’il y a des congés : congé maternité, puis congé après la
naissance. Mais c’est pas très, très long. Il faut laisser les petits…
E : Oui.
A : C’est un peu tôt, vous trouvez que c’est un peu tôt ?
E : Oui, je pense.
A : Mais vous serez contente de… vous seriez contente de rester à la maison ? Vous avez dans
votre… je sais pas… Dans vos familles, vos mamans, elles travaillent ? Alors Melinda ? Votre maman,
elle travaille ?
M : Ah oui, moi, ma mère, elle a toujours travaillé en fait.
A : Oui.
M : Donc, du coup… En fait, quand j’étais petite, non. Mais c’est vrai que, après que ma petite sœur
soit née, qu’elle ait passée trois ans (3), c’est vrai que ma mère, elle s’est remise au boulot. Enfin, au
travail.
A : Oui, oui. Elle voulait reprendre.
M : Oui. C’est dans son caractère. (4)
A : Oui, oui. Nasrine ?
N : Oui.
A : Votre maman, elle travaille ?
N : Oui bah avant, ma mère, elle travaillait aussi, mais… Parce qu’en fait, il y avait toujours quelqu’un
de ma famille pour nous garder, en fait, quand on était petits.
A : Ah oui.
N : Mais après, au bout d’un moment, bah la personne qui s’occupait de nous, bah elle est partie, elle
est retournée dans notre pays, à Mayotte.
A : Oui.
N : Donc du coup, ma mère, elle a arrêté de travailler et elle s’est occupée de nous.
A : Elle voulait pas vous laisser à la crèche (5) ?
N : Non. Non non.
A : Ou à une nounou (6) ?
N : Non.
A : Non, elle voulait faire soit avec la famille, soit elle-même.
N : Ouais, voilà, ouais.
A : Ozge, chez vous, c’est comment ?
O : Ma mère, elle a déjà travaillé, mais c’est quand j’étais petite, en fait.
A : Ah bon ! C’est l’inverse alors ?
O : Oui, on était encore en Turquie et il y avait mes grands-parents justement qui pouvaient me garder
tout ça et …
A : Oui.
O : Et justement, j’avais commencé la primaire (7), tout ça, et c’était toujours eux qui se sont occupés
de moi, qui m’ont emmenée, tout ça. Je voyais pas très souvent mes parents, parce qu’ils finissaient un
peu tard, tout ça. Et je sais que c’est… D’un côté, quand on est venu ici, ça a été mieux pour moi parce
que j’ai pu passer plus de temps avec mes parents. Ma mère, elle a un peu arrêté de travailler au
début, mais après, comme j’ai eu un petit frère, elle a plus travaillé depuis. Et là, elle s’occupe toujours
de lui. Et…
A : Il a quel âge ?
O : Là, il a onze ans.
A : Ah d’accord, c’est plus… c’est plus un bébé, quoi.
O : Oui, maintenant, elle peut peut-être bientôt commencer à travailler aussi.
A : Oui oui oui.
O : Si elle veut.
A : Et vous, comment vous voyez les choses ? Vous aimeriez travailler ou faire comme votre maman
ou…
O : Moi, je donne de l’importance au deux, en fait, de la même manière, à ma vie privée et à ma
carrière, tout ça.
A : Oui oui. Et vous pensez que c’est possible en France ?
O : Oui, c’est possible. Mais après, j’envisage pas des très longues études aussi et d’avoir un boulot
qui va me prendre beaucoup de temps.
A : Oui.
O : Enfin, je veux consacrer vraiment du temps à ma maison, à mon mari, mes enfants.
A : Oui oui oui.
O : A tout ça.
A : D’accord. Et qui est-ce qui aurait… je sais pas… un autre point de vue, qui a pas envie de rester à
la maison ou qui…
L : Je trouve qu’aujourd’hui, il n’y a personne qui a envie, bah, que de travailler (8).
A : Oui ?
L : C’est, voilà… Le travail, c’est bien mais c’est vrai qu’à un moment donné, il faut aussi passer un peu
plus de temps avec sa famille.
A : Il y en a parmi vous qui ont été gardées sinon par des… je sais pas… des nounous ou qui sont
allées à la crèche ?
L : Moi. Moi oui, en fait. Moi, c’est exactement pareil qu’Ozge. Bah ma mère elle travaillait.
A : Oui.
L : Donc j’allais à la crèche et j’avais aussi ma grand-mère qui me gardait.
A : Oui.
L : Et après, ça a été le contraire. Par exemple, vu que je suis la plus grande et il y a eu, après, l’arrivée
de mon petit frère et de ma petite sœur, bah ma mère, elle a plus consacré de temps à mon petit frère
et à ma petite sœur justement, parce qu’elle a arrêté de travailler à ce moment-là.
A : Oui, parce que s’occuper de trois enfants tout ça, ça faisait trop.
L : Oui, voilà. Donc avec moi, en fait, elle a pas arrêté de travailler, et puis avec les autres, elle a passé
plus de temps avec eux, donc voilà. Mais après, elle a repris, une fois qu’ils ont eu un certain âge, quoi.
A : Oui oui oui.
L : C’était juste une petite pause.
A : Elle était contente de reprendre le travail ?
L : Oui, bah oui. C’est… Voilà, ma mère elle aime bien travailler en fait, donc…
A : Elle aime bien avoir du contact avec d’autres personnes, des adultes.
L : Oui, voilà, c’est ça, c’est ça.
A : Oui, parce que des fois, c’est difficile d’être uniquement avec un petit, un enfant et ça fait du bien
aussi de s’aérer. Bah puis il y a quand même le côté… comment dire ? Financier. Ça veut dire qu’on
est indépendant quand on est… On est indépendante quand on a un salaire !
Toutes : Aussi, oui.
A : C’est quand même important et je sais pas aussi, peut-être il y a des familles, bon bah les deux
salaires sont importants parce que un seul, ça fait pas beaucoup.
Toutes : C’est vrai.
Des explications :
1. avoir une bonne situation : avoir un salaire confortable.
2. Je compte bien faire quelque chose : j’ai vraiment l’intention de faire quelque chose.
3. Passé trois ans : elle a repris le travail après les 3 ans de sa fille, car en France, la majorité des
enfants vont à l’école maternelle, qui démarre en général à 3 ans.
4. C’est dans son caractère : c’est sa personnalité, ce sont ses idées.
5. La crèche : c’est une des modes de garde des enfants, de la fin du congé de maternité (vers 3 mois)
à l’entrée en maternelle. Mais il n’y a pas assez de places de crèche, donc beaucoup de familles font
garder les enfants par une assistante maternelle ou par les grands-parents s’ils sont à la retraite et
disponibles.
6. Une nounou : c’est le mot familier pour désigner une assistante maternelle. Ce terme vient du nom
qu’on utilisait autrefois : une nourrice.
7. La primaire = l’école primaire
8. personne qui a envie que de travailler = personne n’a envie de ne faire que travailler. Les gens ont
d’autres aspirations personnelles.

Vivre à deux à 19 ans ?


Partir de chez ses parents pour vivre seul en toute autonomie ?
Ou décider de s’installer très vite avec son copain ou sa copine ?
Nicolas et Célia se posent la question avec réalisme !
Transcription:
N: Nicolas / C: Cérina
C : Du coup, tu penses quoi, toi, d’aménager (1) avec son copain, sa copine à cet âge-là, quoi, vers 19
– 20 ans ?
N : Bah je pense que c’est une étape de la vie, il faut savoir avec qui on s’installe, parce qu’on a beau
penser (2) que ça va bien se passer, au final (3), on connaît pas vraiment la personne tant qu’on n’a
pas vécu avec (4). Et du coup, c’est un risque à prendre, ça peut être soit une bonne surprise, ou soit
tout simplement, ça peut ne pas marcher. (5)
C : Ouais, mais qu’est-ce qui peut ne pas marcher ? À cause des problèmes financiers la plupart du
temps ou… ?
N : Bah, déjà il y a les problèmes financiers, mais il y a aussi la cohabitation (6). Quand on vit avec
quelqu’un, on découvre des choses qu’on ne connait pas avant, et forcément, ça peut arriver (7) qu’on
ait des mauvaises surprises, de comportement, d’habitudes qui plaisent pas à l’un ou à l’autre. Et c’est
donc vraiment faire preuve de maturité et de compréhension envers l’autre.
C : OK. Et niveau organisation, ça demande une très grande organisation pour les deux ?
N : Ça demande… Oui, ça demande des concessions (8) des deux, de l’organisation, et surtout… Bah
de la volonté, de la volonté de la part des deux personnes.
Des explications :
1. Tu penses quoi d’emménager avec son copain : style oral. = Qu’est-ce que tu en penses ? /
Qu’est-ce que tu penses du fait d’emménager ensemble ? Et attention aux verbes très proches
aménager / emménager. Il faut employer le verbe emménager (ensemble / avec quelqu’un), qui signifie
commencer à vivre ensemble pour un couple. Aménager (un appartement, une maison, une pièce)
signifie installer ce lieu, y faire des travaux ou y apporter des améliorations.
2. On a beau penser que... : même si on pense que…
3. au final : finalement
4. tant qu’on n’a pas… : jusqu’à ce qu’on ait vécu ensemble
5. ça peut ne pas marcher = il est possible que ça ne marche pas, on ne peut pas être sûr que ça va
marcher. Attention à la place de la négation. On laisse ensemble ne pas, qu’on place devant l’infinitif.
Forme affirmative : ça peut marcher / ça peut bien se passer / ça peut être une belle expérience. Forme
négative : ça peut ne pas marcher / ça peut ne pas bien se passer / ça peut ne pas être une belle
expérience. Et attention, cela n’a pas le même sens que : ça ne peut pas marcher, qui signifie que c’est
sûr que ça ne marchera pas.
6. La cohabitation : le fait de vivre ensemble dans un même lieu.
7. Ça peut arriver : c’est une éventualité. (style plutôt oral.) On dit aussi simplement : on peut avoir des
mauvaises surprises. Et de façon plus soutenue : Il se peut qu’on ait des mauvaises surprises.
8. Des concessions : faire des concessions, c’est faire preuve de tolérance et accepter de faire
certaines choses comme l’autre le souhaite.

Projets de weekend
Début de la semaine. Retour au travail.
Alors, pour se donner du coeur à l’ouvrage, quoi de mieux que de faire des projets pour le weekend
prochain ?
Cérina est allée poser la question à plusieurs étudiants de son groupe.
Puis nous avons toutes ensemble discuté de nos projets respectifs.
Et vous, savez-vous déjà ce que vous allez faire à la fin de la semaine ?

Transcription de la 1ère partie:


C: Cérina / L: Linda / A: Antoine
C : Alors, vous allez faire quoi (1), ce week-end ?
Z: Bah normalement, je dois aller faire du vélo vendredi soir avec mon petit frère. Et le lendemain, on
pensait aller vers la plage, jouer au foot, et le soir, je devais voir ma copine. Et toi ?
C: Ah, c’est cool ! Bah moi, je sais pas encore, vendredi soir, peut-être avec Linda, on fait un truc (2).
L: Ouais, on va en boîte (3)!
C: Ouais, peut-être, je sais pas ! Samedi, c’est pas encore sûr mais je vois peut-être un pote (4) à moi.
Et dimanche, rien de spécial. A mon avis, devoirs. Et toi, Linda ?
L: Ouais, faudrait (5) qu’on révise pour les prochains contrôles (6) qu’on a, qui arrivent bientôt.
C: Ouais. Et toi Antoine, tu vas faire quoi ?
A: Je ne sais pas encore, je pense que je vais me décider vendredi soir. D’ici là, on y réfléchira !
C: Bon bah ça va ! En cas, on s’appelle pour faire un truc peut-être ?
Z: Ouais.
Transcription de la 2è partie :
A: Anne / L: Lamia / M: Melinda / O: Ozge / C: Cérina / C: Clara / E: Elodie / N: Nasrine
A : Bonjour à toutes !
G : Bonjour !
A : Alors, on vient juste de rentrer de vacances mais pour se réconforter, on va penser au weekend
prochain. Qu’est-ce que vous allez faire le weekend prochain ?
N : Bah moi en fait, le samedi, je travaille dans un centre commercial, au Carrefour Grand Littoral (7).
A : Toujours ?
N : Non. Oui, tous les samedis, en fait.
A : Donc le projet de weekend, il est tout de suite trouvé !
N : Ouais, voilà ouais. Et j’ai qu’un jour de weekend, c’est le dimanche, pour faire les devoirs et… Et
voilà, le samedi, je travaille.
A : Bon, donc c’est… il y a pas de surprise.
N : Voilà. Il y a pas de surprise !
C : Tu fais quoi au centre commercial ?
N : Je suis hôtesse de caisse. (8)
C : D’accord, ok.
N : Ouais, hôtesse de caisse.
A : De quelle heure à quelle heure ?
N : Ça dépend.Des fois, c’est toute la journée, de 9h à 21h15 et parfois, c’est de 16h à 21h15.
A : D’accord. Donc le weekend est déjà bien rempli.
N : Oui, voilà, c’est ça.
A : Bon. Qui est-ce qui a des projets déjà ? Parce qu’il y en a qui savent peut-être pas encore.
O : Moi, je sais pas aussi (9). Je sais pas vraiment, mais samedi, je sais que je vais réviser. Comme ça,
dimanche, je vais un peu sortir.
A : Elle est sérieuse !
G : Ouais.
L : Moi aussi, samedi, je vais… parce que, voilà, il reste encore des devoirs à faire. Mais si tu veux,
dimanche, on peut se faire (10) quelque chose.
O : Oui, si tu veux, on va au cinéma ou…
L : Ouais, ouais, le cinéma, ouais, pourquoi pas, ouais.
A : Il y a des bons films en ce moment qui sortent ?
L : Oui, il y a des bons films qui sortent, oui.
C : Il y a Pattaya qui va sortir, là.
L : Voilà, c’est surtout pour ça.
A : Qu’est-ce que c’est que vous voulez voir ?
C : Pattaya !
A : Oui.
C : C’est un film drôle, enfin humoristique quoi, et qui représente un peu les jeunes du quartier (11) qui
vont en vacances, si j’ai bien compris. Il a l’air trop trop drôle (12)! Il y a Gad Elmaleh dedans, ça va
être trop drôle !
A : Il est sorti ou il va sortir ?
C : Il sort mercredi.
A : Mercredi ? Donc voilà, vous avez trouvé votre weekend.
L : Voilà, c’est ça, c’est ça.
M : Juste pour info, ça se prononce pas Pattaya, ça se prononce « Pattaya » !
<strong>C : Pardon.
M : Je rigole (13).
A : Alors, donc tout le monde au cinéma ou… ?
C : Non, non. Moi, je vais aller au ski (14) le dimanche, juste pour la journée. On va prendre le train
parce qu’il est… il y a… C’est à 20 euros l’aller-retour et après, on a juste à payer notre forfait (15) et
nos skis.
A : Ah oui, oui.
C : Moi, j’ai déjà mes skis, donc c’est tranquille. (16)
L : C’est où, ça ?
C : A Orcières.
A : Oui oui, c’est bien, ça.
C : Ouais.
A : J’ai un fils qui faisait ça quand il était encore à Marseille.
C : Ouais, ben ouais, ça fait passer le weekend. Et le samedi, je sais pas, on va sûrement sortir en ville,
si il fait beau comme ce weekend.
A : Oui.
C : Voilà.
Cl : Perso (17), je vais manger tout le weekend.
A : Manger !
Cl : Oui, parce que ça fait six semaines que je suis au régime. Alors du coup, ce weekend, j’ai le droit
de me lâcher (18).
A : Ah bon ? Parce qu’il fallait que vous ayez un poids… ?
Cl : Ouais, pour la musculation.
A : Ah, d’accord.
Cl : Pour les compétitions.
A : Et là, maintenant, c’est fini ? C’est passé ?
Cl : Non, pas encore. Mais j’ai un… une petite relâche (19) ce weekend et après, c’est reparti.(20)
A : Alors qu’est-ce que vous allez manger ?
Cl : Oh là là !
A : Qu’est-ce qui vous manque ?
Cl : Des pains au chocolat, des croissants, des hamburgers, de la brioche surtout, avec du Nutella.
A : Ah d’accord ! Mais vous aimez vraiment ça ?
Cl : Ah oui !
A : Non, parce qu’on pourrait imaginer que comme vous faites ça, bon, c’est pas des trucs qui vous
tentent vraiment.
Cl : Oh si si ! Oui, quand on a le droit, aucune culpabilité !
A : Ah c’est marrant (21), ça ! Donc vous allez faire ça le weekend ?
Cl : Ah oui, oui.
A : Et lundi matin, elle est malade !
Cl : C’est ça, c’est ça.
A : D’accord.
E : Moi, ce weekend, je sais pas encore exactement. Oui, le samedi, je vais faire… Je vais à Aix-en-
Provence pour voir la poursuite d’études, pour la Licence (22). Et sinon, il y a pas mal de fêtes foraines
(23) en ce moment. Voilà, j’aime bien ça.
Cl : Ouais, il y en a une à Aix.
E : Ouais, à Aix, c’est là où je vais aller.
A : Et vous faites quoi dans la fête foraine ?
E : Je joue au grappin (24), pour gagner des peluches.
C : Mais en plus, on perd tout le temps à ça, c’est de l’arnaque ! (25)
Cl : Ouais, tu arrives à avoir des… Non ?
E : Si si, j’arrive des fois.
Cl : Ah ouais ?
A : Des fois.
C : Tu gaspilles tous tes sous (26) dans ça.
A : Vous avez beaucoup de peluches ?
E : Oui.
A : Ah ! Et vous gagnez régulièrement alors ?
Cl : Tu vas au casino sinon ?
E : Non, non non. Je gagne pas, là par contre.
A : Ah, c’est marrant ! Bon bah…
C : Et vous, vous faites quoi le weekend ? Ils font quoi, les profs, en fait, le weekend ?
A : Les profs…Ils font rien !
Cl : Ils corrigent.
A : Ca dépend, ouais, si il y a des copies (27), faut corriger le week-end. Mais j’ai pas de copies
encore, là, pour le moment, donc ça va. Je corrigerai pas ce week-end. Après non, ce week-end, non,
j’ai pas de fils qui vient, donc on est libre, totalement libre. S’il fait beau, nous, on aime bien se balader
(28) dans la nature, marcher, tout ça… Et puis …Moi, j’ai une maison, donc je m’occupe un peu quand
même de remettre à flot (29) la maison, tout ce que j’ai pas fait la semaine, ranger un peu, faire du
repassage, des choses comme ça…
Cl : Du ménage.
A : Non, pas trop.
Cl : Pas trop ?
A : Non non, quand même pas. Mais bon, voilà, oui, quand on a sa maison, disons… enfin il y a des
petits trucs à faire et comme dans la semaine, c’est un peu compliqué. Sinon, non bah je sais pas,
j’ai… des photos, des choses comme ça à faire aussi. Voilà.
C : D’accord.
Des explications :
1. Vous allez faire quoi ? : cette question est uniquement orale. Voici la formulation qui marche à l’écrit
et l’oral : Qu’est-ce que vous allez faire ?
2. Un truc : quelque chose ( familier)
3. aller en boîte : aller passer la soirée dans une discothèque
4. un pote : un copain, un ami (familier et uniquement oral)
5. Faudrait que… = il faudrait que (uniquement à l’oral))
6. un contrôle : un test (à l’école)
7. Carrefour Grand Littoral : Nasrine travaille au supermarché Carrefour, dans le centre commercial
Grand Littoral de Marseille.
8. Une hôtesse de caisse : c’est le terme qui a remplacé le mot caissièrequ’on employait avant.
Nasrine travaille à la caisse. Elle enregistre les achats faits par les clients et les fait payer.
9. Je sais pas aussi : il faut normalement dire : Je ne sais pas non plus.
10. On peut se faire quelque chose : c’est la même chose que : On peut faire quelque chose. ‘est
plus familier et cela insiste sur le fait de faire quelque chose ensemble. On entend souvent: On pourrait
se faire un ciné.
11. Le quartier : ce terme est employé ici pour désigner certains quartiers populaires des villes. On dit
aussi les cités.
12. Trop drôle : cet emploi de « trop » est oral et est synonyme de très.
13. Je rigole : je plaisante (familier)
14. aller au ski : c’est la façon dont on dit qu’on va aller à la montagne pour faire du ski.
15. Un forfait (de ski) : c’est ce qu’on paye pour avoir accès aux remontées mécaniques dans une
station de ski. Il y a des forfaits à la journée ou à la semaine. (C’est moins cher quand on prend un
forfait d’une semaine)
16. C’est tranquille : c’est simple (familier). Pour Cérina, ce n’est pas compliqué car elle n’a pas
besoin d’aller dans un magasin pour louer des skis.
17. Perso : abréviation familière de personnellement.
18. se lâcher : ne pas avoir à se contrôler, donc faire ce qu’on veut sans contrainte. (familier)
19. une relâche : une pause. Clara peut se relâcher un peu car elle n’a pas de compétition ce
weekend.
20. C’est reparti = ça recommence.
21. Marrant : amusant, drôle
22. la poursuite d’études : après le DUT en deux ans, la grande majorité des étudiants poursuivent (=
continuent) leurs études. On dit qu’il font une poursuite d’études. Elodie va donc se renseigner sur des
Licences pendant une journée Portes Ouvertes dans des écoles à Aix.
23. Une fête foraine : on y trouve des manèges et des attractions de toutes sortes, pour tous les âges.
24. Jouer au grappin : on met de l’argent et on essaie d’attraper des peluches avec une sorte de pince
(= un grappin).
25. C’est de l’arnaque : une escroquerie, c’est-à-dire qu’en fait, on est trompé, dupé.
26. Les sous : l’argent (familier)
27. des copies : ce sont les tests rendus par les élèves ou les étudiants.
28. Se balader : se promener
29. remettre à flot : au sens figuré, cela signifie faire marcher correctement, donc ici, ranger, etc.

Des idées ? Des questions ?


Transcription:
Mélinda
Donc bonjour à tous. Alors, nous sommes ici pour une réunion de France Bienvenue, et en fait, on
parlait entre nous et on se posait la question de savoir si vous avez des sujets un peu qui vous
intriguent, des vidéos que vous n’avez pas bien compris*, ou alors, que vous voulez qu’on revienne sur
des choses avec les nouvelles vidéos comme les anciennes. Ou alors des choses sur notre compte
Instagram vous ont intrigués. Donc aujourd’hui, je m’adresse à vous, qui êtes fidèles au site France
Bienvenue et on vous sollicite pour de nouvelles idées sur des vidéos. Si vous avez la moindre
suggestion, bah allez-y, c’est le moment !
* Il faut dire: des vidéos que vous n’avez pas comprises.
L’accord se fait avec le complément d’objet placé avant le verbe au passé composé, c’est-à-dire
avec que, pronom relatif qui remplace des vidéos, nom au féminin pluriel. Mais de plus en plus de
Français « ratent » cet accord un peu compliqué, qui sera sûrement un jour supprimé !
La chasse aux bonnes affaires
Avez-vous dépensé tout votre argent pour faire des cadeaux à vos proches pour Noël ?
Espérons que non, car janvier est le mois des soldes d’hiver ! Pendant ces quelques semaines, avec
un peu de chance, vous allez peut-être trouver votre bonheur dans les magasins: vêtements, mobilier,
produits de beauté, équipement, il y a des réductions partout. Autant en profiter ! Mélinda, Lamia,
Elodie et Nasrine nous racontent comment ça se passe pour elles.
Transcription:
A : Anne / L : Lamia / El: Elodie / N : Nasrine / M : Mélinda
A : Bonjour à toutes les quatre !
Toutes : Bonjour !
A : Bon, mais vous n’êtes pas parties faire les soldes ?
M : Bah si ! Mais bon, vu que c’était la première démarque (1), je préfère attendre qu’il y ait de
meilleures offres. Et puis, ces temps-ci, je trouve les collections pas terribles (2). Donc…
A : Bon, vous y êtes pas allée le premier jour, à la première heure ?
M : Ah non, le premier jour, non, non ! Il y a beaucoup trop de monde. Les femmes, elles se
transforment en espèce de furies, donc, non, ça va aller.
A : C’est vrai ? Vous l’avez déjà expérimenté, ça?
M : Oui
A : La folie des soldes ?
M : Parce qu’en fait, au lycée, j’étais au lycée Montgrand, en plein centre-ville. Donc, du coup, quand le
premier jour des soldes, ça tombait souvent le mercredi après-midi, donc, du coup, on y allait avec tout
le monde et c’est un peu la folie.
A : Les magasins étaient là sur place (3)?
M : Oui.
A : Et c’était la folie. Avec des gens qui sont très agressifs ?
M : Non, mais disons que, enfin, pour un petit magasin, enfin on est un peu tout serré. Voilà, donc, c’est
pas très agréable. J’aime pas trop faire les boutiques (4) dans ces conditions.
A : Et les autres ?
El: Alors, moi, non. J’ai pas encore fait les soldes. Bon, tous les ans, je m’y prends à la dernière minute.
C’est pas quelque chose où je vais aller directement pour les premières démarques ou, enfin, qui
m’intéresse particulièrement.
A : Mais du coup, vous avez des démarques plus importantes ?
El: Bah, en fait, non ! C’est pour ça que je fais plus les soldes parce que j’achète toujours des produits
non soldés.
A : Ah !
El: Donc cette année, j’ai décidé que je n’y allais pas.
A : Bah ça dépend si vous avez besoin ou pas finalement ? Parce que souvent, on fait les soldes parce
qu’on a… On se dit :« Tiens, il faudrait que je me rachète un manteau ou… Et je vais essayer d’en
profiter. » Mais comme vous dites, on repart avec l’article qui est pas soldé.
El: Oui. On essaie de saisir des occasions et puis, finalement, ça marche pas.
N : Ah oui, parce que moi, c’est pareil. Parce que à chaque fois, je ressors (5) avec des articles qui sont
pas soldés. Du coup, voilà, je préfère peut-être aller à la fin de la saison des soldes mais sinon je me
prends pas trop la tête avec ça (6), avec les soldes.
A : Et Lamia ? Vous y allez ?
L : Bah oui, moi, j’ai fait les soldes, bah… ce week-end.
A : Ah, racontez-nous !
L : Donc voilà, j’ai acheté un petit peu, bah, les choses importantes, on va dire. Tout ce qui me
manquait un petit peu, les pulls et tout ça pour l’hiver. Et, bon après, c’est vrai que c’est pas comme les
années précédentes. Voilà, c’est… Les soldes, elles sont… Elles changent… enfin, c’est pas la même
chose, en fait, il y a pas de bonnes offres.
M : En fait, c’est pas les bonnes offres qui manquent, en fait. C’est nous qui vieillissons. On a des goûts
de vieilles !
L : C’est peut-être ça aussi.
A : Déjà vous vieillissez ! Pourquoi ? Qu’est-ce que… Enfin, je comprends pas bien ce que vous voulez
dire.
L : Bah, en fait, au niveau… Par exemple, il y a des articles qui sont pas, on va dire, soldés… par
exemple… Je sais pas comment expliquer mais…
M : Bah en fait, quand on était ado (7), c’est vrai qu’on préférait… Enfin, tout ce qu’on voulait on
l’achetait, en fait. En fonction des modes, etc.
A : C’était un peu la quantité qui…
M : Oui.
A : Il vous en fallait beaucoup. Et tout ça, systématiquement.
M : Et je pense que plus on prend… enfin, plus on prend de l’âge, on va dire, plus, en fait, on préfère
privilégier la qualité.
L : Voilà.
M : Enfin, des coupes (8) un peu plus classiques. Et c’est vrai que …
L : C’est difficile à trouver.
A : Et qui vous va bien et ce que vous aimez.
M : Même si c’est les soldes, c’est un autre budget quand même, on va dire.
A : Oui. Eh oui, côté budget, alors ? Vous vous fixez quelque chose ou pas ?
L : Non. Moi, pas du tout !
A : Non ?
L : Je fais même pas attention à ça. Mais, c’est vrai qu’après, une fois que je vois tous les tickets (9),
j’essaie un peu de faire le calcul (10) et c’est vrai que des fois, il y a un peu d’excès mais… Voilà.
A : Et là, vous êtes contente de ce que vous avez acheté ?
L : Oui, ça va, ça va, oui.
A : C’était ce dont vous aviez besoin et…
L : Oui, le plus important et puis, après, je vais attendre la deuxième démarque pour acheter des
choses…
A : Alors là, c’était combien, la première démarque ? Combien de réduction alors ?
M : Entre 20 et 30 %. (11)
A : Oui. Et après, ils vont baisser à combien, alors ?
L : Après, ça peut aller jusqu’à moins 60, moins 50, moins 70 %.
A : C’est vraiment intéressant.
L : Oui.
A : Mais sauf que, le problème, c’est que, à la fin…
El : C’est les tailles. (12)
A : Oui, les tailles.
L : Il reste plus rien.
M : Non, moi, je trouve ma taille.
L : Oui, mais Mélinda, elle est toute mince !
M : Ah, moi, j’adore les derniers jours, en fait, je trouve toujours tout ma taille.
L : Bah oui, c’est pour ça.
A : Bon, allez, on va toutes se mettre au régime et on va perdre trois tailles ! Comme ça, on trouvera.
On sera pas la taille ordinaire, classique, etc.
Des explications :
1. une démarque : une réduction
2. pas terribles : pas vraiment belles. Quand on dit de quelque chose que ce n’est pas terrible, cela
signifie que cela ne nous plaît pas vraiment.
3. Sur place : cela veut dire que ce n’était pas nécessaire d’aller ailleurs, dans un centre commercial
par exemple.
4. Faire les boutiques / les magasins : on emploie cette expression quand on va s’acheter des
vêtements notamment.
5. Je ressors = je repars, c’est-à-dire qu’elle quitte le magasin.
6. Ne pas se prendre la tête avec quelque chose : ne pas y prêter une grande attention, ne pas y
consacrer beaucoup de temps ni d’énergie. (familier)
7. ado : abréviation familière de adolescent.
8. La coupe (d’un vêtement) : sa forme, la façon dont il est coupé dans le tissu.
9. Les tickets : il s’agit des tickets de caisse, avec le détail des achats et le prix total.
10. Faire le calcul : additionner toutes les sommes pour avoir le total
11. 20 % : on l’écrit toujours comme ça et on dit « vingt pour cent »
12. les tailles : il s’agit de la taille des vêtements. Il reste les grandes tailles ou les petites tailles. Mais il
n’y a plus de vêtements dans les tailles intermédiaires qui correspondent à la majorité des clients. On
dit : Je cherche ma taille. / Il n’y a plus ma taille / Je n’ai pas trouvé ma taille.

Les bons plans de Christelle


C’est la rentrée ! Les vacances d’été sont déjà loin, c’est le retour au travail. Et en général, c’est une
période où on doit faire face à davantage de dépenses. Alors en attendant la nouvelle équipe qui va
s’occuper du site, Christelle est venue nous parler de ses bons plans pour ne pas se ruiner ! C’est une
vraie pro !
Transcription :
C : Christelle / S : Shainesse / A : Anne

A : Bonjour Christelle.
C : Bonjour.
A : Le weekend a été bon ? (1)
C : Oui. Très bien.
A : Je vois que vous avez changé de coiffure. Vous êtes allée chez le coiffeur peut-être, pendant le
weekend.
C : Oui, alors je suis allée chez le coiffeur. J’ai trouvé un bon plan pour… pour payer moins cher.
A : C’est vrai ?
C : Eh oui, donc c’est…
A : Ah, c’est bien, ça !
C : Ça me fait économiser quand même pas mal d’argent, sachant que en moyenne, c’est à peu près
35 euros, juste une coupe et un shampooing et un brushing. Donc là, c’est un site… bah sur internet,
ça s’appelle Groupon. Pas tout le monde connaît (2). Et en fait, c’est plein d’offres, à moins 50 %. (3)
On peut trouver de tout. On peut trouver le coiffeur, des… des balades à cheval, des massages,
vraiment plein de… de choses, et à moins 50 % ou tout ça. Donc moi, le coiffeur par exemple, j’ai
trouvé à… à 20 euros.
A : Ah oui !
C : Donc voilà.
A : Ça fait une bonne économie !
C : Ça fait une bonne écononomie, surtout que j’ai fait une couleur… un peu ratée, mais quand même,
les… les colorations, c’est pas donné. Donc…
A : Oui, oui. Mais ça veut dire quoi ? Vous allez sur le site ?
C : J’achète…
A : Quand vous vous dites… Enfin, vous y allez régulièrement ou… ?
C : Oui, j’y vais tous les matins.
A : Ah bon !
C : Pour voir si quelque chose m’intéresse. Parce que c’est… ça peut être des objets, ça peut être
vraiment de tout, des télés…
A : Ah oui, c’est pas quand vous avez besoin ?
C : Non, non, non, il y a de tout.
S : Oui, bah oui, c’est vrai parce que en fait, tu te dis : Je sais qu’il y a plein d’offres. Eh bah si je tombe
sur (4) quelque chose qui me plaît…
A : J’en profite. (5)
S : Bah, j’en profite.
A : Oui, oui. Pas forcément le jour où j’ai décidé d’en profiter mais ça tombe là, ça tombe bien (6) et je
vais le faire.
C : Parce qu’on peut l’acheter de suite et le faire bien plus tard.
A : Mais là, ça veut dire quoi ? Vous avez un ticket… enfin, vous imprimez un ticket de réduction.
C : Oui, en fait… Oui, j’achète… Enfin j’achète sur internet et j’imprime un coupon avec un petit code-
barre. Et après…
A :Oui, et vous allez chez le…
C : Voilà, et je le donne chez le coiffeur qui scanne avec le téléphone.
A : D’accord.
C : La nouvelle technologie !
A : Eux, ça leur attire du monde en fait.
C : Voilà, c’est plus pour leur faire de la pub (7), ou pour les faire connaître.
A : Ils acceptent de baisser leurs prix pour ça.
C : Bah en fait, enfin, c’est pour les nouveaux clients. Mais comme il y en a une cin[…], non, j’allais dire
une cinquantaine, mais c’est quand même pas. Il y a une dizaine de.. d’offres de coiffeurs sur Marseille
ou les environs, bah je change à chaque fois.
A : Ah, c’est ça ! Vous changez !
C : C’est jamais le même.
A : Elle est pas fidèle à son coiffeur ou sa coiffeuse !
C : Du tout, du tout ! (8)
A : Oui, d’accord. Et alors, dans d’autres domaines, vous faites ça ?
C : Oui. Bah alors après…
A : Qu’est-ce que vous avez fait récemment ?
C : Bah alors, toutes les semaines, il y a… avec Orange, les forfaits téléphoniques, il y a « Une place
achetée, une place offerte » pour le cinéma.
A : Ah oui. Oui, parce que c’est cher, le cinéma, quand même.
C : C’est assez cher, c’est à peu près 10 euros la place.
A : Oui.
S : Sauf pour les étudiants.
A : C’est un peu moins pour les étudiants ?
C : Oui, 9 euros pour les étudiants peut-être ?
S : C’est 7 euros.
C : Ah oui ?
S : Ouais. Sept euros pour les étudiants.
A : C’est quand même pas donné ! (9) Si on veut y aller régulièrement.
C : C’est très cher, moi je trouve c’est très cher.
S : C’est hyper cher.
C : Et donc du coup, j’ai… j’ai ce bon plan avec Orange. Et en plus…
A : Donc vous achetez une place.
C : Et j’ai une place offerte. Mais alors en plus, la place que j’achète, elle est déjà réduite (10) parce
que c’est ma sœur qui travaille à la Ville de Marseille et qui a des… des contremarques (11), ils
appellent ça, donc c’est des places…
A : Ils ont des avantages.
C : Voilà, des places réduites en fait. Donc je paye en gros (12) 5 euros pour deux, le cinéma.
A : Bon, eh bah c’est bien, ça !
C : Mais que le mardi. (13)
A : Ah oui, c’est ça, il faut y aller le mardi.
C : Faut y aller le mardi.
A : Il y a du monde ?
C : Oui, quand même.
A : On voit que les gens utilisent…
C : Oui, je pense qu’ il y en a pas mal qui (14) utilisent ça, donc c’est quand même plein.
A : Et pourquoi vous aimez toutes ces astuces, tout ça… ça vient de…
C : Bah j’ai pas trop, trop de sous (15) donc…
A : Oui ? Oui, c’est pas que vous aimez, c’est que vous êtes un peu obligée.
C : Voilà, je suis un peu obligée. Après, tout ce qui est sur internet – j’achète beaucoup sur internet,
plus que… plus que dans les magasins. Et donc à chaque fois, avant de valider mon panier, bah je
regarde sur internet : code réduction, tel site. Et j’en trouve plein qui… qui font économiser beaucoup,
beaucoup.
S : Shainesse, vous faites ça, vous ?
A : Euh… non.
A : Vous connaissez tous ces…
S : Non, franchement, je connaissais pas l’astuce du code réduction. Mais par contre, oui c’est vrai, moi
en général aussi je vais acheter sur internet. Et je… Par exemple, ma machine à laver, elle coûtait 700
euros je crois et je l’ai eue à 400 euros, sur C-Discount, parce qu’elle était en réduction. (16)
A : Oui, il y avait une offre, par exemple un jour donné.
S : Voilà c’est ça.
A : Et vous avez pu en profiter.
S : Mais je vais pas jusqu’à faire ça, mais franchement, si elle m’explique bien comment on fait, je vais
m’y mettre aussi. (17)
A : Oui, oui, c’est vrai que… Bah on est toujours content de pas dépenser tout son argent bêtement,
quand on peut faire autrement.
S : Mais après, il y a toujours un piège, c’est que une fois qu’on se dit : Ah bah, je vais acheter parce
que j’aurai plein de réductions, en fait, tu te retrouves à acheter plein de trucs qui te servaient à rien,
juste parce qu’il y avait des réductions dessus. C’est ça le piège !
A : Le piège, ouais.
S : Et ils savent que… Ils savent que ça fait ça, donc c’est pour ça qu’ils le font.
A : Oui, oui, ça pousse à la consommation.
S : C’est ça.
A : Vous avez déjà acheté des choses où vous vous dites après : Bof… (18)
C : Oui, en fait, c’était… Moi, il y avait vraiment un seul article qui m’intéressait. Et donc, bah j’avais un
code « Un article offert », mais il fallait en acheter un autre. Donc j’ai rajouté un truc que j’avais pas
forcément besoin (19), que je m’en sers pas d’ailleurs !
S : Ou alors, pour la livraison gratuite, il y a un seuil où…
C : Oui, voilà. Faut…
S : … ça devient gratuit, donc tu as absolument envie de…
A : Il faut que ça atteigne 60 euros, alors on rajoute un truc et finalement, on n’en aurait pas eu besoin.
Bon bah, on va se renseigner un peu plus sur les bons plans de Christelle !
Des explications :
1. Le weekend a été bon ? : style plutôt familier. En général, on dit : Vous avez passé un bon
weekend ?
2. Pas tout le monde connaît : On ne commence pas par la négation « pas » normalement. Style
familier, et régional : on entend ça souvent à Marseille, au lieu de: Tout le monde ne connaît pas / Il y a
des gens qui ne connaissent pas.
3. 50 % : cinquante pour cent. A l’écrit, on utilise toujours le symbole.
4. tomber sur quelque chose : trouver quelque chose par hasard
5. J’en profite : je profite de l’occasion.
6. Ça tombe bien : c’est le bon moment.
7. Faire de la pub : faire de la publicité
8. Du tout = pas du tout.
9. C’est pas donné : c’est cher. (familier)
10. réduite : il vaudrait mieux dire : elle est déjà à prix réduit / Elle est déjà moins chère.
11. Une contremarque : c’est une sorte de bon de réduction.
12. En gros : sans entrer dans le détail (donc sans calculer le prix exact, au centime près), en
arrondissant.
13. que le mardi = seulement le mardi
14. il y en a pas mal qui : il y en a un grand nombre qui…
15. les sous = l’argent. J’ai pas trop de sous = je n’ai pas beaucoup d’argent.
16. En réduction : il vaudrait mieux dire : Elle était en promotion / Il y avait une réduction dessus.
17. S’y mettre : commencer à faire quelque chose
18. Bof : onomatopée qui exprime le manque d’enthousiasme.
19. Un truc que j’avais pas besoin : il faut dire : un truc dont je n’avais pas besoin, dont je ne me sers
pas. Et si on veut être moins familier, on remplace « un truc » par « quelque chose ».
Et vous ?
– Est-ce que vous préférez acheter sur internet ou dans un vrai magasin ?
– Quelles sont vos astuces pour ne pas vous ruiner ?

Restons calmes !
Etes-vous toujours de bonne humeur ? Etes-vous toujours patient ? Certains jours, c’est plus difficile
que d’autres de prendre la vie du bon côté. On ne voit que ce qui nous embête ! Par exemple, quand
on reprend le travail après une période de vacances… Aujourd’hui, Shainesse, Christelle et Anne
parlent de ces petites choses, pas forcément bien graves, qui les agacent dans la vie de tous les jours.

Transcription:
A: Anne / S : Shainesse / C: Christelle
A : Alors, ce matin, c’était le retour, oui, au travail quand même ! Alors est-ce que vous étiez de bonne
humeur (1) ce matin, en vous réveillant ?
S : Non, franchement, c’était horrible ! Je me suis dit : « Non, encore un mois à l’IUT ! » Et après, bah
je me suis réveillée !
A : Mais ça vous met de mauvaise humeur de penser à l’IUT ou…. ?
S : Pas tout le temps, mais quand c’est la rentrée (2), oui, quand même !
A : Oui, d’accord, donc les transitions entre les vacances et les périodes de travail. Il y a d’autres
choses qui vous… oui, qui vous mettent de mauvaise humeur dans la vie en général ?
S : Oui, bah, il y a un truc (3) qui m’énerve vraiment, c’est quand on est derrière moi quand je fais
quelque chose. Par exemple, quand je fais à manger et qu’il y a quelqu’un qui surveille ce que je fais,
ou qui regarde.
C : Qui dit : « C’est pas comme ça qu’on fait… »
A : Ah oui, ça vous arrive ?
S : Oui. Moi, mon frère, des fois, je crois… J’ai l’impression que je vais le prendre et que je vais le
balancer (4)… enfin des fois (5), vraiment c’est violent. Non mais c’est vraiment violent, des fois,
ouais !
A : Mais pourquoi il se met par-dessus votre épaule ?
S : Bah je sais pas !
C : Il veut t’aider ?
S : En fait… Non, non. En fait, mon frère, il est handicapé, donc c’est moi qui fais à manger, et il est
toujours là. En fait, c’est ça qui est énervant, c’est quand il y a quelqu’un derrière toi. Tu sais que la
personne, elle va rien faire, ou quand il veut quelque chose mais qu’il te le dit pas, et que tu le devines,
c’est encore plus énervant !
A : D’accord !
S : En fait c’est, bah moi, en fait, c’est ça…
A : C’est un truc qui vous énerve !
S : Oui !
A : Et vous lui avez dit déjà (6)?
S : Oui, je lui dis tout le temps, je lui dis tout le temps ! Il a un peu peur de moi du coup mais…
A : Bah en fait, c’est qu’il aime bien être avec vous, non ?
S : Non, non, non, pas du tout.
A : Parce que Christelle disait « pour vous aider », mais c’est peut être ça quand même.
S : Non, non, non, c’est vraiment… il vérifie.
A : Pour contrôler.
S : Voilà, pour contrôler. Inspecteur des travaux finis ! (7)
A : Ah bon ! C’est vrai que ça, c’est un peu agaçant !
C : Moi, dès que je fais quelque chose, pareil (8), ma mère, elle essaye de m’aider, mais bon, à chaque
fois, je lui dis « Laisse-moi apprendre de mes erreurs, je préfère faire moi (9)… »
A : Elle a son idée (10), elle, et elle voudrait que vous fassiez exactement…
C : Je préfère…
A : Sur quoi, par exemple ? Vous avez des petits exemples ?
C : Oh bah, dès que je fais à manger, ou… mettre le couvercle sur les pâtes pour que ça cuise plus
vite, des trucs comme ça.
A : Mais vous verrez quand vous aurez des enfants, vous ferez peut être pareil !
C : J’espère pas ! (11)
A : Et il y a d’autres choses qui vous agacent ?
C : Oui, bah il y en a pas mal (12), hein ! Déjà (13), le matin quand je conduis, alors ça, souvent j’arrive
déjà énervée, parce que déjà, je mets une heure à venir, et donc entre les bouchons (14), entre (15) les
gens qui savent pas conduire, qui doublent…
A : N’importe comment.
C : N’importe comment, les motos qui arrivent de nulle part…
A : Oui, il faut être hyper vigilant.
C : C’est stressant.
A : Et alors, vous vous énervez dans votre voiture ?
C : Ça m’est arrivé de pleurer une fois, même !
A : Ah bon ?
C : Bah j’avais fini très tard, j’avais fini à 19h et…
A : Vous avez craqué (16) ?
C : Bah de… En fait, j’étais déjà énervée, et de (17) reprendre la voiture, qu’on me laisse pas passer,
qu’on me laisse pas m’insérer (18), ça m’a énervée, en fait. Et du coup, j’avais les larmes aux yeux et…
A : C’est dangereux, ça, en conduisant !
C : C’est dangereux, mais bon après, je me calme.
A : Oui, oui. Et il y a d’autres choses ? Moi, quand vous parlez des voitures comme ça, il y a vraiment,
oui, un truc aussi, là, qui m’agace profondément, c’est quand il y a une queue, une file, bon… et puis,
pour tourner à droite par exemple, je sais pas…
C : Et qu’il y a tout le monde qui double… Et qui s’insère au dernier moment…
A : Et il y en a qui doublent par la gauche et ils passent devant tout le monde ! Alors ça, c’est…
C : Bah ça, c’est le truc, bah en fait…
A : Horripilant ! (19)
C : Mais j’arrête pas de… enfin, moi, c’est le truc qui m’énerve, mais mes beaux-parents, ils le font,
mon copain, il le fait… Donc à chaque fois, je m’énerve !
A : C’est quoi ? C’est les Marseillais (20), ça ?
C : Et au final, c’est eux qui retardent tout, parce que si tout le monde faisait la queue normalement,
bah ça avancerait.
A : Bah oui, chacun passe à son tour, et puis, c’est civilisé.
C : Nous, on est derrière et ça avance pas.
A : Oui oui, d’accord. Et il y a d’autres choses qui vous énervent ?
C : Oh, il doit y en avoir, mais là, qui me viennent…
A : Mes questions vous énervent !
C : Non, ça va !
A : Moi, ce qui m’énerve, c’est les étudiants qui sont pas motivés par ce qu’ils font. C’est agaçant, en
cours, quoi, de voir des gens qui sont… je sais pas, on se demande ce qu’ils font là et puis… Alors et
ce qui est encore plus agaçant, c’est quand ils font autre chose et que ça gêne le reste du cours.
Donc… Voilà… Mais c’est vrai que des fois, il faut un peu… enfin, il faut essayer de pas s’énerver
parce que…
S : Mais c’est ça le pire, c’est quand on essaye de pas s’énerver, et que… mais il suffit juste qu’il y ait
un petit truc de travers (21), que toute la colère qu’on a accumulée, elle parte.
A : Oui ça fait déborder.
S : Et que ça déborde, et que la personne, elle nous regarde… Et qu’elle comprenne pas, quoi !
A : Sans comprendre !
S : C’est ça ! Parce que moi, ça m’arrive souvent, c’est… Je garde, je garde, je garde, je garde, mais il
faut juste que tu fasses le geste de plus… que je te saute dessus, et limite (22), c’est comme si c’était
pas moi, quoi ! Et après je me dis : « Mais en fait, c’était pas moi, c’est pas normal, quoi !»
A : Oui ! On l’avait pas vue comme ça, Shainesse ! Elle a l’air bien pacifique (23).
S : Ah oui, non !
A : On va se méfier, on va faire attention !
Des explications :
1. être de bonne humeur : être content, joyeux.
2. La rentrée : c’est la période de reprise des cours, après des vacances.
3. Un truc : quelque chose (familier)
4. balancer quelqu’un : le repousser avec force. (familier)
5. des fois : parfois, quelquefois (familier)
6. déjà : cet adverbe se place plus souvent avant : Vous lui avez déjà dit ?
7. Inspecteur des travaux finis : cette expression est plutôt péjorative car elle désigne quelqu’un qui
se contente de donner son avis et de critiquer un travail à la fin, quand tout est terminé.
8. Pareil : normalement, on dit : C’est pareil / C’est la même chose. A l’oral, on simplifie cette
expression.
9. Je préfère faire moi = moi-même.
10. Elle a son idée : elle a sa propre façon de faire.
11. J’espère pas : style oral. De façon plus correcte, on dit : J’espère que non.
12. Il y en a pas mal : il y en a beaucoup (familier)
13. déjà : ici, cela signifie : tout d’abord / premièrement
14. un bouchon : un embouteillage
15. entre… entre… : ici, on emploie ce mot pour introduire chaque élément de la liste, pour insister sur
le fait qu’il y a plusieurs éléments qui s’ajoutent.
16. Craquer : perdre son calme, son sang-froid.
17. De reprendre… = le fait de reprendre ma voiture, le fait qu’on ne me laisse pas passer.
18. S’insérer : sur la route, quand on conduit, cela signifie réussir à entrer dans la circulation, par
exemple quand on entre sur l’autoroute.
19. Horripilant : très agaçant
20. les Marseillais: les habitants de Marseille (et de la région) ont la réputation de ne pas parfaitement
respecter les règles de la vie en collectivité, sur la route par exemple, où certains ne sont pas des
conducteurs exemplaires et disciplinés.
21.un truc de travers : quelque chose qui ne va pas tout à fait.
22. limite : ici, cela signifie « presque ». Shainesse explique qu’elle est à la limite de sa patience.
23. pacifique : tranquille et sans agressivité
Et vous, qu’en dites-vous ?
– Etes-vous d’un naturel plutôt calme ou bien perdez-vous votre bonne humeur facilement ?
– Quelles sont les petites choses de votre vie quotidienne que vous trouvez agaçantes ?

Quand Christelle va au cinéma


Christelle va très souvent au cinéma. Elle a la possibilité d’avoir des places moins chères certains jours
de la semaine et elle essaie d’en profiter. Elle essaie… mais vous allez voir, ce n’est pas toujours facile
! Elle nous parle aujourd’hui d’un film qu’elle a bien aimé : La famille Bélier.

Transcription:
A : Anne / C : Christelle /S : Shainesse
A : Bon Christelle, c’est la semaine du cinéma, là…
C : Le Printemps… (1)
A : Oui, voilà ! Et donc… C’est ça, vous allez souvent au cinéma quand même ?
C : Oui, bah j’essaye d’y aller tous les… tous les mardis soir.
A : Oui ?
C : Quand je suis pas trop fatiguée parce que sinon, je m’endors.
A : Carrément ?
C : Oui, carrément, à chaque fois, bah, comme j’y vais les mardi soirs, bah… en semaine, c’est dur,
hein (2) !
A : Oui ? Petite atmosphère douillette(3), bien chaude…
C : Les sièges confortables… C’est pas que le film m’intéresse pas mais c’est que je… j’arrive pas à
lutter (4). Les yeux, ils se ferment, et je me dis « Bon, je me repose deux petites minutes » et je me
réveille à la fin du film pratiquement (5) !
A : C’est vrai ? Mais il y a personne qui vous réveille ?
C : Non, non ! Parce qu’ils sont habitués, ils me laissent…
A : Ils vous laissent dormir ? Ah bon ! Bon alors, est-ce que vous avez vu un film… je sais pas…
récemment ou moins récemment dans lequel vous n’avez pas dormi ?
C : Bah… j’ai dormi dans tous les films pratiquement , mais il y en a un quand même que j’ai pu suivre
l’histoire (6), c’est « La famille Bélier ».
A : Ah oui !
C : C’est le dernier film que j’ai vu . C’est… c’est l’histoire d’une famille sourde et muette, et seule la
dernière – non, c’est pas la dernière petite fille – bon, une des filles parle et entend, donc c’est un peu
l’interprète de la famille, et c’est un film émouvant et joli, enfin j’ai bien aimé.
A : Vous connaissiez un peu, enfin je sais pas… ce milieu… enfin cet univers ?
C : Non pas du tout, mais enfin… Il y a… Moi, j’avais beaucoup de personnes de mon entourage qui en
parlaient et qui l’ont trouvé très bien, et surtout que… enfin un des acteurs, moi je le connais… je le
connaissais parce qu’il a fait des vidéos… des caméras cachées, des trucs rigolos (7) en fait. Et là, ça
fait bizarre de le voir jouer un film…
A : Autre chose.
C : … triste, voilà.
A : C’est qui ?
C : C’est… enfin… François l’Embrouille dans son nom de caméra cachée . Après, c’est François
Damiens.
A : Donc il a changé complètement d’univers et de registre. (8)
C : Ah, il a… Complètement, voilà.
A : Et il est bon ?
C : Il est passé du rire au… à la tristesse ! Oui, il est assez bon !
A : Oui. Ça vous a pas gênée(9), de le… ?
C : Bah je pensais que ça allait me gêner, mais en fait non, il est… enfin je trouve qu’il joue très bien. Et
après bon, il y avait d’autres bons acteurs aussi. Et, non j’ai bien accroché(10) quand même, malgré
que (11) je me sois endormie un petit peu, bah j’ai quand même suivi le film !
A : Oui, c’est vrai que, apparemment, ça a eu beaucoup de succès. Moi je l’ai pas vu, je le prendrai en
DVD, quand… Voilà, parce que bon je vais pas pirater(12) sur internet…
C : Je crois qu’il y est plus au cinéma. (13)
A : Oui, c’est ça, je pense qu’il passe plus.
C : Il est resté longtemps, oui.
A : Oui, oui oui. Moi je l’ai raté. Et donc la jeune fille qui n’est pas muette, en fait, c’est elle qui… enfin
c’est elle la… l’héroïne du film en fait ?
C : Oui, en fait, c’est l’héroïne, donc elle… c’est un petit peu la…
A : Elle fait bouger sa famille finalement?
C : Voilà, bah c’est elle qui fait tout, c’est elle qui les fait travailler… Et en fait, elle a une passion, c’est
le chant, donc sa famille veut pas…
A : C’est ça qui est fou !
C : Voilà, c’est un petit peu… Mais ils veulent pas la laisser partir.
S : Elle peut même pas l’entendre chanter en fait, c’est ça ?
C : Non, mais du coup, elle leur chante avec les signes…
A : Ah oui, le langage des signes !
C : Le langage des signes ! Enfin c’est assez joli.
A : Oui, c’est une histoire… c’est original !
C : C’est original, oui !
A : Donc c’était un bon film que vous nous conseillez alors !
C : Ouais.
A : Bah merci, Christelle !
C : De rien !
Des explications:
(1) Le Printemps du Cinéma : c’est une semaine pendant laquelle les places de cinéma sont moins
chères que d’habitude.
(2) En semaine, c’est dur : en semaine, la fatigue est plus importante, c’est donc difficile de rester
éveillé et de ne pas s’endormir. C’est plus facile le weekend car on est plus reposé.
(3) Douillette : bien confortable
(4) Lutter : le sens du mot dans cette phrase signifie qu’elle n’arrive pas à rester éveillée, elle lutte pour
ne pas s’endormir, elle lutte contre le sommeil.
(5) Pratiquement : quasiment, presque
(6) que j’ai pu suivre l’histoire: Il faudrait dire : Un film dont j’ai pu suivre l’histoire. Ou alors : un film
que j’ai pu suivre en entier.
(7) Rigolo : drôle, amusant (familier)
(8) le registre : c’est en quelque sorte une catégorie. Cet acteur est passé du registre comique,
humoristique au registre dramatique.
(9) Gêné : perturbé de voir un acteur comique jouer dans un film triste.
(10) J’ai bien accroché : cela signifie qu’elle s’est bien intéressée au film. (plutôt familier)
(11) malgré que : bien que
(12) Pirater : télécharger illégalement sur internet.
(13) Il n’est plus au cinéma : il ne passe plus en salle, il n’est plus à l’affiche.
Vous pourriez regarder la bande annonce de ce film pour vous faire une idée, en cliquant ici, car il y
a la transcription et des explications !
Et vous, est-ce que vous avez vu ce film ? (Pour ceux d’entre vous qui habitent en France)
Est-ce que vous allez régulièrement au cinéma ?
Et question indiscrète, est-ce que ça vous est déjà arrivé de vous endormir au cinéma ou
pendant un spectacle ? Pourquoi ? Racontez-nous !

Dis-moi ce que tu manges


La France a la réputation d’être un pays où où on cuisine, où les repas sont des moments importants
de la vie quotidienne et où on aime bien manger. Mais est-ce que cela signifie que les Français ont des
problèmes de poids ? Quand on connaît Nawal, Shainesse et Christelle, on se dit que non ! Alors,
comment font-elles ?

Transcription :
S: Shainesse / N: Nawal / C: Christelle / A: Anne
A : Alors, c’est l’heure du déjeuner, comme d’habitude ! Et… bah je sais pas, là, comme on n’a pas le
temps de manger, vous allez garder la ligne (1) ! Est-ce que… A propos de ligne, est-ce que c’est…
Comment vous vous organisez ? Est-ce que c’est quelque chose de difficile pour vous de… de garder
la ligne, parce que vous êtes toutes très minces, et est-ce que c’est un effort ou est-ce que c’est simple
pour vous ?
S : Euh, bah pour moi, c’est pas… c’est pas un effort que je fais, mais j’essaye de bien manger. Peut-
être pas pour garder la ligne, mais pour avoir un corps…
A : Pour être en bonne santé.
S : Voilà, pour être en bonne santé, mais sinon…
A :Oui, c’est assez naturel pour vous.
S : Oui ! Je pense que c’est naturel.
A : Vous avez pas l’impression de vous priver. (2)
S : Non, pas du tout.
A : Mais alors, vous mangez quoi, par exemple ?
S : Bah en fait, je mange… Déjà, j’évite de faire de la friture (3), je fais très rarement de la friture. Je
fais des légumes… Et quand je fais des plats un peu consistants (4), bah je contrebalance avec de la
soupe. Si par exemple la veille ou à midi, j’ai mangé un plat qui craint (5)…
A : Un peu riche(6) !
S : Bah le soir, je vais manger de la soupe par exemple.
A : Oui, pour rééquilibrer.
S : Ouais.
A : D’accord. Et Nawal, c’est pareil ?
N : Alors moi, je ne fais absolument pas attention à mon alimentation, je mange tout ce dont j’ai envie, à
l’heure où j’ai envie.
A : Mais elle est toute mince ! (7)
N : Absolument… Vraiment, je ne fais pas attention aux calories sur les aliments, je suis plutôt pizza,
congelés (8), fritures. Au niveau du chocolat aussi, c’est pas très raisonnable.
A : Mais alors, où est-ce que vous mettez tout ça ?(9)
N : Je ne sais pas ! Après, il m’arrive aussi souvent, quand j’ai du travail ou quand j’ai pas trop le
temps, de sauter des repas (10) aussi, donc vraiment je ne suis pas un exemple à suivre pour le coup.
A : Bah non ,mais en même temps, le résultat est plutôt… Enfin voilà, on se dit pas que vous avez des
kilos à perdre !
N : Ma mère se plaint souvent, me dit que je devrais plus manger, et faire plus attention à moi pour
prendre un peu plus de poids. Je lui dis : « Ecoute, je suis très bien comme ça, ça me va ! N’essaye
pas de me changer ». Je pense que même essayer de prendre du poids, ça serait une difficulté pour
moi, puis autant j’y arrive pas. (11)
A : Oui, oui. C’est votre nature (12) aussi quand même.
N : Je suis toujours restée sur la même base de poids depuis très longtemps : quarante, quarante-
deux. (13)
A : D’accord !
N : Trente-neuf, une fois quarante-trois. Vraiment, c’est très stable.
A : Ouh là, là , c’était en surpoids ! Quarante-trois kilos…
N : Je me suis dis : « Ouh là là, qu’est-ce qui se passe ! »
A : Elle était obèse !
N : C’est ça !
A : Et Shainesse, vous, vous faites… enfin… des repas réguliers ?
S : Non, moi, par contre, c’est pareil. Autant quand je fais à manger, j’essaye de faire des bons repas,
mais le problème c’est que… j’achète pas de biscuits ou quoi (14), mais je fais souvent de la pâtisserie,
donc voilà. Donc si je suis toute seule et que je fais un gâteau, bah je vais le manger toute seule quoi,
donc je suis pas non plus un bon exemple ! Mais c’est juste que j’essaye d’équilibrer un petit peu. Mais
je me prive en aucun cas, et voilà.
A : Et Christelle, alors ? Christelle qui travaille dans une entreprise, alors peut-être qu’elle a pas le
temps de… je sais pas… de cuisiner, grignoter (15)…
C : Bah moi, c’est un peu comme Nawal, je me prive de rien, je mange beaucoup gras (16), les
légumes, je connais pas trop. (17)
A : c’est vrai ?
C : J’en mange vraiment, mais vraiment pas beaucoup ! (18)
A : Ah bon ? Vous n’aimez pas les endives, les brocolis ?
C : Pas du tout ! Des carottes à la limite (19), mais c’est tout.
A : C’est vrai ? Ah, je vous imaginais pas comme ça !
C : Ah non, non. Du coup, c’est vraiment la nourriture grasse, pizza, frites, ce que j’aime en fait, hein.
Je me fais ce que j’aime, je fais aucun effort.
A : Mais alors, comment vous faites pour être mince, à votre avis ?
C : Bah en fait…
A : Vous avez toujours été comme ça, enfant ?
C : Non, c’est vrai qu’à une période (20), pendant les vacances, je mangeais vraiment non-stop, au
goûter, voilà je me prenais le pot de pâte à tartiner à la cuillère, voilà, les pains au chocolat.
A : Et alors, ça avait eu un impact ?
C : J’avais pris quand même dix kilos de plus que maintenant !
S : Ah oui !
N : On dirait pas comme ça !
C : Voilà, c’était quand j’avais rien à faire, quand je m’ennuyais, bah je mangeais. Mais maintenant, je
suis vraiment très, très occupée, il y a même des fois où je saute des repas, donc bon, faut pas le faire,
mais du coup… du coup, voilà, je pense que c’est pour ça. Mais après, je me rattrape aussi sur les
glaces, le chocolat, voilà. Enfin après, voilà, je pense que c’est un peu aussi héréditaire.
A : Oui, votre maman ? Votre papa ?
C : Non, pas ma maman !
A : C’est quoi, ce petit sourire ?
C : C’est plus l’inverse de moi, mais oui, mon papa, il est très grand et très… très mince.
A : Oui. Et votre maman, elle doit faire plus attention ?
C : Euh non, enfin elle essaye un petit peu mais elle est plus… plus ronde (21) quand même.
A : Oui, oui. D’accord. Bon, bah, on va aller manger !
C, S, N : Oui !
Des explications :
1. garder la ligne : rester mince
2. se priver : se restreindre volontairement, s’empêcher de manger quelque chose.
3. De la friture : c’est lorsqu’on fait cuire les aliments dans de l’huile. On les fait frire.
4. Un plat consistant : un plat riche en calories, un plat qui n’est pas léger.
5. Qui craint : qui n’est pas très raisonnable, qui n’est pas très bon (pour la ligne ou la santé ici).
(familier)
6. riche : pour un plat, cela signifie riche en graisses, en sucre.
7. toute mince : vraiment très mince
8. congelés = surgelés
9. Où est-ce que vous mettez tout ça ? : cette question signifie que ça ne se voit pas du tout que
Nawal mange comme ça. Elle n’a pas de graisse !
10. Sauter un repas : ne pas faire un des repas de la journée. (le déjeuner ou le dîner)
11. je n’y arrive pas : ça ne marche pas, c’est impossible pour moi.
12. C’est votre nature : elle est naturellement comme ça. Elle n’a pas une nature à prendre du poids.
13. 40, 42 : Nawal parle de son poids, donc il s’agit de kilos.
14. Ou quoi : ou des choses comme ça. (familier)
15. grignoter : c’est manger entre les repas, par petites quantités, avec l’impression de ne pas manger
beaucoup.
16. Je mange beaucoup gras : normalement, on dit : Je mange gras, ce qui signifie qu’on mange des
aliments riches en graisses. Christelle ajoute « beaucoup ». Il vaudrait mieux dire : Je mange très
gras. (Le contraire, c’est : Je mange léger.)
17. Je ne connais pas / Je ne connais pas trop : c’est une façon familière de dire que ça ne fait pas
partie de nos habitudes.
18. Vraiment, mais vraiment pas beaucoup : le fait de répéter « vraiment », en utilisant « mais »
entre les deux permet d’insister davantage.
19. À la limite : éventuellement, si vraiment elle est obligée.
20. À une période : à un moment donnée (passé)
21. ronde : elle n’est pas grosse, mais elle n’est pas mince non plus. C’est un terme plus sympathique !
Et pour vous, est-ce que c’est important de rester mince ?
Est-ce que cela vous demande des efforts ?
Racontez-nous comment vous mangez !

Alors, ce film ?
50 nuances de Grey, c’est le livre de l’année 2013-2014, et tout le monde en France en a entendu
parler. Il a même été adapté au cinéma. Mais ce n’est pas sûr que ce style plaise à tout le monde. En
tout cas, à l’IUT, on n’est pas tous d’accord. Entre ceux que ça n’intéresse absolument pas de lire ce
roman ou de voir le film et ceux qui sont fans, il y a les déçus, les éternels sceptiques et les curieux.
Aujourd’hui, Nawal et ses amis Mathieu, Camille et Marie nous donnent leurs impressions.
Transcription:
N: Nawal / C: Camille / M: Marie / Mat : Mathieu
N : S’il y a bien un film qui, en ce moment, a eu un succès planétaire et qui a fait le buzz (1) pendant
des semaines, c’est bien « 50 nuances de Grey ». Donc faisons un peu le tour de mes amis pour voir
ce qu’ils en pensent et à mon avis, ils auront pas la même opinion !
N : Alors donc vous avez vu le film « 50 nuances de Grey ». Alors qu’est-ce que vous en pensez ?
C : Bah moi, ayant lu le livre et ayant vu le film, franchement j’ai… j’ai beaucoup aimé.
N : D’accord. Donc le fait d’avoir vu le livre avant, ça t’a pas dérangée ? (2)
C : Non, parce que je m’attendais déjà à ce que le… que le film, il représente pas tout à fait le livre.
C’est normal, on peut pas représenter un livre en entier en deux heures de film, c’est pas possible.
M : Moi, je l’ai vu sans avoir vu… lu le livre. Bon, j’avais un peu des petites appréhensions (3) au début.
Je pensais qu’il allait y avoir beaucoup de… de scènes… bon, on va dire pornographiques, vraiment…
bon, faut… faut dire le mot. Mais finalement, non. C’était…enfin, c’était assez soft (4) et moi, je trouvais
ça pas trop dans l’excès et pas très choquant en… en lui-même, en fait. C’est… Enfin j’ai… j’ai pas
détesté… enfin, au contraire, j’ai bien aimé et… même si l’histoire était pas… Enfin je m’attendais pas à
ça comme histoire mais… Mais ça va finalement.
N : Ouais, bon donc moi j’ai… j’ai lu le livre avant et je m’attendais en fait… Cétait tellement détaillé et
tellement bien fait que je m’attendais à quelque chose d’assez représentatif du livre. Il y a beaucoup de
scènes qui ont… qui ont sauté (5), malheureusement, et je trouve ça…
M : Ça, c’est normal, c’est…
N : Moi, je trouve ça trop partiel.
M : Comme dans tous les… les adaptations.
N : Bon, le personnage principal, donc Christian Grey, dans le livre, a l’air super intéressant (6). Dans le
film, il est insipide (7). Bon la fille, elle est à l’image de ce que je me faisais… (7)
M: Elle est paumée. (9)
N : Non, moi je l’aime bien ! Par contre…
M : Moi, je la trouve trop paumée.
N : Il y a un mauvais jeu d’acteur. C’est… C’est très mauvais !
M : Tu trouves ? (10)
N : Ouais, je trouve. Voilà.
C : Pourtant Christian Grey, là… enfin je trouve qu’il a de la prestance (11).
N : Absolument pas charismatique ! Pas du tout !
M : Moi je le trouve vraiment charismatique, moi !
Mat : Alors moi, pour voir vu le film (12), je tiens à préciser, en version française, donc pas en VO (13),
donc ça peut jouer (14), j’avais pas vu… j’avais pas lu le livre avant, mais je dois avouer avoir été très
déçu, parce que amateur de cinéma, il faut quand même dire qu’il y aucune véritablement…
N : Totalement.
Mat : … augmentation et une hausse de tension durant tout le film. Il y a pas vraiment de point d’orgue
dans le film, de point culminant, étant donné qu’à chaque fois, il y a passage à l’acte, etc. On a
l’impression de…
N : Il y a pas d’histoire en fait !
M : Ouais.
M/N : Il y a vraiment pas d’histoire. (15)
Mat : Voilà, on a l’impression que l’histoire se répète, mais dans un autre lieu. Les personnages sont
plats, qui n’ont pas vraiment de charisme mais encore une fois, c’est peut-être la version française qui
fait ça.
N : Oui, peut-être, ça doit être ça.
Mat : On n’a pas l’impression qu’il y a une vraie évolution ni une vraie histoire d’amour, mais bon…
N : Ouais. Non …
M : C’est vrai qu’il y a pas vraiment d’histoire, à part le fait qu’elle doit signer le contrat ou pas.
C : Ouais. Il y avait pas vraiment d’émotion en fait.
N : Alors que quand tu lis le livre, tu es… tu es là… tu es…
C : C’est vrai que dans le livre, il y a beaucoup d’émotion en fait. Pendant tout le film… Pendant tout le
livre, tu es…
N : Autant j’ai trouvé que dans le livre, il y avait trop de détails, autant dans le film, il y en avait pas
assez.
Mat : C’est un film… C’est un film bateau (16), un peu gnan-gnan (17), un peu cul-cul (18), c’est le cas
de le dire (19) mais…
M : Oui, mais en même temps, ils ont visé vraiment les scènes osées (20), quoi.
Mat : Mais il y a aucune saveur qui ressort de ça tellement ils ont tronqué (21).
N : En même temps, après, je suis d’accord, si tu mettais pas de scènes…
M : … Osées, il aurait pas fait autant de succès (22), je pense.
Mat : C’est ça qui a attiré les gens.
M : C’est ça qui a attiré, ouais, c’est les scènes.
Mat : Mais le film en lui-même est plat. Il y a vraiment aucun… Il y a aucune tension sexuelle ou autre
qui monte durant tout le film.
N : Moi, je comprends pas… Bah moi, de ce que…
M : Les tensions sexuelles, si quand même un petit peu. Mais… mais après, c’est basé sur ça, quoi.
C’est… C’est tout, quoi, et après, il y a pas d’histoire, de véritable histoire, il y a pas de sentiments…
N : Alors qu’à la base, c’est quand même une histoire d’amour aussi.
M : Ouais, mais là, c’est pas très ressenti (23) parce que…
N : Un rapport compliqué entre les deux acteurs : Je te veux, je te veux plus… Enfin, c’est…
M : Ouais.
N : Il y a pas ça dans le film. C’est… Je comprends pas ! Je comprends pas comment on a pu…
C’est… c’est quand même deux personnages centraux dans le film et ils sont insipides. C’est pas
possible ! Pour un tel film, c’est terrible ! (24)
Des explications :
1. faire le buzz : les Français ont adopté ce terme anglais, influencés par ce qu’on entend dans les
médias.
2. Ça ne t’a pas dérangé(e) : ça ne t’a pas posé de problème, ça ne t’a pas gêné(e)
3. avoir des appréhensions : avoir des craintes.
4. C’est soft: encore un terme anglais passé en français, pour indiquer qu’il n’y a pas de violence ou
de scènes trop crues dans un film par exemple.
5. Une scène qui a sauté : une scène qui a disparu, qui a été supprimée.
6. Super intéressant : très intéressant (style oral)
7. insipide : sans intérêt, fade, terne.
8. Elle est à l’image de… : Nawal ne termine pas sa phrase : elle veut dire que l’héroïne est conforme
à l’idée qu’elle s’en faisait après avoir lu le livre.
9. Paumé : perdu, qui ne sait pas où il en est dans sa vie. (familier)
10. Tu trouves ? : C’est ce que tu penses ? En français, on utilise souvent le verbe trouver pour
exprimer ce qu’on pense. Par exemple : je trouve que c’est bien. / Je trouve qu’il a raison. / Je trouve
ça choquant.
11. Avoir de la prestance : avoir de la classe et de la personnalité.
12. Pour avoir vu le film… : parce que j’au vu le film / comme j’ai vu le film
13. en VO : en version originale. En France, beaucoup de gens ne veulent pas voir les films en VO
mais en version doublée en français, pour ne pas avoir à lire les sous-titres. Le problème, c’est que
dans la version française, c’est souvent mal joué, donc c’est très artificiel. Et bien sûr, on perd la voix
des acteurs du film.
14. Ça peut jouer : ça peut avoir un impact, des conséquences.
15. Vraiment pas / pas vraiment : l’ordre des mots a son importance. Quand on dit qu’il n’y a vraiment
pas d’histoire, c’est qu’il n’y en a pas du tout. On dit les choses sans précautions. Alors que quand on
dit : Il n’y a pas vraiment d’histoire, on est plus « gentil », moins direct. On laisse penser qu’il y a quand
même un semblant d’histoire.
16. Un film bateau : un film qui n’a aucune originalité.
17. Gnangnan : bête, pas intelligent. (familier). On peut utiliser ce mot à propos de quelque chose ou
de quelqu’un.
18. Culcul : c’est la même chose que gnangnan. (familier)
19. c’est le cas de le dire : on utilise cette expression pour indiquer que les mots qu’on vient d’utiliser
correspondent bien à la situation, même si on ne l’a pas fait exprès. Ici, Mathieu dit ça car ils sont en
train de parler d’un film de « cul » en quelque sorte et le mot culcul contient le mot « cul », même si on
n’y pense pas en le disant.
20. Une scène osée : une scène de sexe
21. tronquer : couper
22. Il vaut mieux dire : Il n’aurait pas eu autant de succès. Il y a téléscopage entre cette expression
(avoir du succès) et une expression avec faire qu’on utilise à propos des films qui marchent : ce film a
fait beaucoup d’entrées.
23. Ce n’est pas très ressenti : il vaudrait mieux dire : on ne ressent pas vraiment que c’est une
histoire d’amour. / ça ne se sent pas vraiment.
24. C’est terrible : cet adjectif est négatif ici = c’est vraiment nul, vraiment dommage.
Et vous ? Avez-vous lu ou vu 50 nuances de Grey ? Vous a-t-il plu ou irrité et pour quelles
raisons ? Devenez critique littéraire ou cinématographique le temps d’un commentaire sur
France Bienvenu
Vive l’école !
Elle a six ans et demi.
Elle aime dessiner, colorier, découper, bavarder, jouer.
Elle aime aussi beaucoup aller à l’école.
Aujourd’hui, nous avons rendez-vous avec Asma, ses rires et sa vitalité.
Transcription
A: Asma / N: Nawal
A: Bonjour, je m’appelle Asma.
N: Et ça va, Asma?
A: Oui.
N: Tu aimes bien aller à l’école?
A: Oui.
N: Et qu’est-ce que tu aimes à l’école?
A: J’aime bien travailler et faire les mathématiques.
N: C’est pas dur, les maths?
A: Non.
N: Et… et tu as des amis?
A: Oui.
N: Beaucoup?
A: Oui.
N: Vas-y (1), parle-moi de tes amis!
A: Alors, j’ai Lilia…
N: Et ce que tu aimes bien chez eux.
A: Hein ?
N: Ce que tu aimes bien chez eux.
A: Je suis jamais allée chez elles. (2)
N: Non mais, Asma… Qu’est-ce… Par exemple, on… Tu m’as parlé de qui ?
A: De Lilia.
N: Lilia. Eh beh Lilia, elle est comment? Elle est gentille ? Elle est grande ? Elle est petite?
A: Elle est… Elle est gentille, elle est dans la même classe que moi.
N: C’est ta copine ! C’est ta meilleure amie ? C’est qui, ta meilleure amie ?
A: Ma meilleure amie, c’est elle.
N: D’accord. Et tu es contente d’aller à l’école?
A: Oui.
N: Tu es pas fatiguée le matin, quand tu te réveilles?
A: Alors, on va dire que… que le mercredi, non.
N: Parce que mercredi, tu as l’école? (3)
A: Beh oui, le matin! Mercredi, on a l’école que le matin. Le vendredi, on a l’école toute la journée. Le
jeudi, le matin… On a l’école que le matin et l’après-midi… que le matin.
N: Est-ce que tu as un jour préféré comme ça à l’école ? Bon moi, je sais que j’aime bien aller à l’école
le jeudi. J’aime bien le jeudi !
A: Moi, j’aime bien aller le mercredi. En fait, j’aime bien aller tous les jours !
N: Tous les jours. Donc tu aimes l’école ! Pour l’instant, tu aimes l’école, c’est bien! Et tu fais quoi
comme jeux à la récréation? (4)
A: A la récréation, on fait plein de jeux.
N: Vas-y, dis-moi.
A: Tu connais […] (Elle fait des gestes avec les mains).
N: C’est un truc (5), tu tapes dans les mains, c’est ça ?
A: (elle chante)
N: D’accord, tu fais ça.
A: Après, je joue à trape-trape (6).
N: Trape-trape, c’est bien, ça!
A: Je joue à cache-cache.
N: Cache-cache.
A: Je joue… Et c’est tout !
N: Est-ce que tu aimes bien te cacher ou compter (7) ? Qu’est-ce que tu préfères?
A: Je préfère jouer à trape-trape.
N: Trape-trape, tu aimes courir, c’est bien, très bien.
Quelques détails:
1. Vas-y : c’est ce qu’on dit pour encourager quelqu’un à dire ou faire quelque chose.
2. Chez elles : il y a une incompréhension entre Asma et Nawal. Nawal voulait savoir ce qu’Asma
aimait chez ses amis, chez eux, c’est-à-dire dans leur personnalité. Mais Asma a cru que « chez eux »
signifiait « dans leur maison ».
3. le mercredi : Nawal mentionne ce jour parce que avant, les enfants en maternelle et en primaire
n’avaient pas école ce jour-là. Mais l’organisation de la semaine a été modifiée.
4. La récréation : c’est le moment de pause qui coupe la matinée et l’après-midi dans la journée
d’école des enfants. La plupart du temps, ils jouent dans la cour (de récréation).
5. Un truc : quelque chose (familier et oral uniquement)
6. trape-trape : ce mot n’existe pas sauf dans la bouche des enfants, pour désigner un jeu dans lequel
on court après les autres pour les attraper, d’où le nom « trape-trape ». Avant, on appelait plutôt ce
jeu jouer à chat.
7. Compter : quand les enfants jouent à cache-cache, l’un d’eux compte sans regarder autour de lui,
jusqu’à dix, ou vingt, etc., pendant que les autres se cachent. Une fois qu’il a fini de compter, il part à
leur recherche.
– Et vous, est-ce que vous aimiez aller à l’école quand vous étiez petit ?
– Qu’est-ce que vous aimiez le plus à l’école ?
– Vous souvenez-vous de vos copains et copines de ce temps-là ?

Bien occupée !
Quand on travaille, on est très occupé. Et puis un jour, arrive l’heure de la retraite. C’est une des
étapes de la vie qui change tout. Plus d’obligations, plus de contraintes, plus d’horaires. Pour certains,
la transition n’est pas si facile. Mais pour Véronique, tout va bien. Elle a pris sa retraite il y a quelques
années et pour elle, pas question de ne rien faire de tout ce temps qui lui appartient désormais! C’est
ce qu’elle a expliqué à Christelle.

Transcription:
C: Christelle / V: Véronique
C : Bonjour Véronique !
V : Bonjour Christelle !
C : Alors, tu es à la retraite depuis plusieurs années, qu’est-ce que tu peux nous dire à propos de la
retraite ?
V : La retraite, c’est une nouvelle vie où l’on pense un peu plus à soi, et aussi aux autres personnes. En
faisant par exemple des activités physiques comme des randonnées, de la gymnastique, du jardinage,
des sorties, voilà, du bénévolat(1) aussi.
C : Quel genre de bénévolat ?
V : Et bien par exemple, pour ma part, je suis bénévole en tant que réserviste de la Sécurité Civile.
C : D’accord, qu’est-ce que c’est ?
V : Les bénévoles sont des personnes réservistes, donc pour… en cas de risques majeurs, c’est-à-dire
en cas d’inondation, de tremblement de terre…
C : De feux ?
V : De feux de forêt ! Donc nous venons au secours de la population sous… C’est dirigé par le… par le
maire de la commune (2), voilà. Et je m’occupe également de mes petites-filles de temps en temps,
pour soulager (3) mes enfants, surtout pendant les vacances scolaires (4). Donc bah à la maison où on
fait des activités, des loisirs créatifs. On emmène aussi les enfants aux sports d’hiver.
C : A la neige ?
V : Ben voilà oui, faire du ski. Aussi, nous faisons des petits voyages. Alors en groupe, avec des amis.
Bon, ce sont des petits voyages de… d’une semaine, quelques jours, ou alors des sorties aussi
culturelles d’une journée.
C : Tu ne pars jamais une longue période ?
V : Pendant les vacances d’été, voilà, trois… deux… quinze jours (5), trois semaines maximum.
C : D’accord, pas très longtemps.
V : Ben c’est déjà… c’est déjà bien.
C : Oui ! Donc tu te… Tu t’ennuies (6) vraiment jamais alors ?
V : Non, je m’occupe, je suis active, et je ne m’ennuie pas. Je m’occupe aussi beaucoup de la maison,
entre autres, bah, les courses, l’entretien (7). Et puis je vais rendre des visites (8) aussi quelquefois à
des amis, on fait des petites réunions (8) entre nous, c’est bien sympathique. Et puis c’est vrai que bon,
le temps passe… passe vraiment vite quand on est bien occupé, et qu’on se fait plaisir, et qu’on fait
plaisir aux autres.
C : Eh oui, il faut en profiter !
V : Tout à fait !
C : Eh bien merci, Véronique !
V : Bien merci à toi !
Des explications:
(1) Le bénévolat : Le bénévolat est une activité non rémunérée qui a pour but de rendre service. On dit
qu’on fait du bénévolat, ou du travail bénévole. On est bénévole dans une association par exemple.
(2) Le maire de la commune : les communes sont les villes françaises, petites ou grandes. Elles sont
administrées par un Maire et son conseil municipal.
(3) Soulager : rendre service, par exemple ici en prenant en charge les petits-enfants, ce qui libère du
temps pour leurs parents et donc les soulage.
(4) Pendant les vacances scolaires : les enfants ont davantage de vacances que les parents. Donc il
faut trouver comment les occuper quand leurs parents ne sont pas en vacances. Certains vont au
centre aéré, avec des animateurs. D’autres sont gardés par leurs grands-parents par exemple.
(5) Quinze jours : les Français utilisent très souvent cette expression, à la place de « deux
semaines ». Par exemple: J’ai 15 jours de vacances. / Nous avons passé 15 jours à la mer cet été./ On
se voit dans 15 jours.
(6) Tu t’ennuies : du verbe « s’ennuyer » qui signifie qu’on ne trouve rien à faire pour s’occuper.
(7) L’entretien : de la maison (le nettoyage…)
(8) rendre des visites : on peut dire aussi : Je vais voir des amis. (Mais en français, on ne dit pas
qu’on visite quelqu’un, contrairement à l’anglais. On rend visite à quelqu’un.)
(9) Réunions : ici, ce sont des rendez-vous entre amis. On pourrait dire aussi : On se réunit entre
nous.
J’achète !
Quand on est encore étudiant, on a souvent un logement étudiant, un studio, une chambre, dont on est
locataire. Puis quand on entre dans la vie active, on est en général amené à déménager : changement
de ville, davantage de moyens financiers. Mais les loyers sont élevés, surtout quand on habite une
grande ville ou une ville du sud de la France comme Aix-en-Provence. Alors, comme Sylvain, on peut
se poser des questions et prendre une décision qui engage pour un moment ! Il a expliqué tout ça à
Christelle.
Transcription :
C: Christelle / S: Sylvain
C : Bonjour Sylvain!
S : Bonjour !
C : Alors, pour commencer, est-ce-que vous pouvez vous présenter en quelques mots ?
S : Bien sûr, je m’appelle Sylvain, j’ai 27 ans, je suis né dans le nord de la France, en-dessous de
Paris. Je suis arrivé à l’âge de 7 ans dans le sud, et actuellement, j’habite Aix-en-Provence (1).
C : Vous habitez Aix-en-Provence, vous êtes encore chez vos parents ou vous avez votre propre
« chez-vous » ?
S : Justement, je suis jeune propriétaire depuis peu de temps. Avant, j’étais en location (2), à coté de
mon logement actuel. J’en avais marre de (3) payer tous les mois, sachant que c’est de l’argent perdu.
C : D’accord, et c’est pour ça que vous avez décidé de devenir propriétaire ?!
S : Oui, j’ai fait un calcul pour savoir si je pouvais me permettre (4) d’acheter un appartement. Alors j’ai
voulu rester dans la même ville parce que c’est une ville vraiment animée, pour les jeunes et je m’y
sens vraiment bien.
C : Vous êtes quand même jeune, ça n’a pas été trop dur de trouver une banque qui vous accorde le
crédit ? (5)
S : Justement, j’ai préféré engager un courtier pour qu’il s’occupe de me trouver une banque qui
m’accorde le prêt.
C : Oui, vous vous sentiez mieux accompagné dans votre achat.
S : Même si le courtier m’a aidé, j’avais quand même un petit budget. Donc j’ai acheté un appartement
pas très cher avec plein de travaux (6). J’ai tout refait : le sol, les peintures, la cuisine, la salle de bains.
C : Vous étiez seul à faire les travaux ou on vous a aidé ?
S : Non, on m’a aidé. Heureusement d’ailleurs, sinon j’aurais toujours pas fini !
C : Ça vous a pris combien de temps pour tout faire ?
S : On va dire deux mois à peu près, mais… il reste toujours des petits trucs (7) à faire.
C : Oui, c’est jamais fini, quoi.
S : Oui, voilà !
C : Et qu’est-ce que vous ressentez en étant propriétaire ?
S : J’ai acheté dans une copropriété donc je dois faire attention à mes relations avec mes voisins.
Avant, quand j’étais en location, je faisais la fête assez souvent. Je me préoccupais pas du
dérangement que ça pouvait occasionner.
C : Donc vous n’aviez pas de très bonnes relations avec vos voisins, j’imagine !
S : Non, c’est le moins qu’on puisse dire (8)! Il m’est arrivé même d’avoir des mots (9) sur ma porte
pour me dire de faire moins de bruit.
C : Ah oui, quand même !
S : Maintenant, en étant propriétaire, ça me paraît impensable d’avoir ce genre de reproches.
C : Du coup, vous vous sentez impliqué dans la vie de la… de la résidence.
S : Oui, en effet, le week-end dernier, j’ai même aidé des propriétaires de la copropriété à installer
l’arrosage automatique de la résidence pour économiser un professionnel.
C : Ah, c’est bien ! Vous voyez les choses autrement maintenant !
Donc, aucun regret d’être passé propriétaire ?
S : Non, mais je dois quand même faire attention à mes dépenses, je dois payer plus d’impôts, de
charges. Et je suis engagé pour 25 ans quand même !
C : Mais le jeu en vaut la chandelle. (10)
S : Oui, exactement.
C : Et bien merci, Sylvain, pour le temps accordé.
S : De rien.
Quelques explications :
1. habiter Aix : on peut dire indifféremment habiter à Aix ou habiter Aix.
2. Être en location : c’est être locataire de son logement, donc payer un loyer tous les mois.
3. En avoir marre de… : en avoir assez de. (plutôt familier). Pour exprimer cette idée, voici quatre
expressions, de la plus neutre à la plus familière : Enavoir assez – En avoir marre – En avoir ras-le-bol
– En avoir ras le cul. Donc attention à la situation où vous utilisez l’une ou l’autre !
4. Se permettre de faire quelque chose : très souvent, cette expression signifie qu’on a l’argent
nécessaire pour faire quelque chose. Par exemple : Avec son petit salaire, elle ne peut pas se
permettre de partir souvent en vacances.
5. Un crédit : on dit aussi un prêt. On dit qu’on a un crédit / un prêt à rembourser. On emploie aussi le
verbe faire avec ces deux mots : il a fait un emprunt / un crédit pour payer sa voiture.
6. Des travaux : ici, cela désigne tout ce qu’il a été nécessaire de faire pour rénover cet appartement.
On dit qu’on fait des travaux, qu’il y a des travaux à faire. Cela peut être des travaux de peinture, de
plomberie, etc…
7. Des petits trucs : des petites choses. (familier)
8. C’est le moins qu’on puisse dire : on emploie cette expression pour renforcer ce qui vient d’être
dit. Ici, Sylvain veut dire qu’effectivement, il avait des relations un peu compliquées avec ses voisins !
9. Un mot : une petite lettre.
10. Le jeu en vaut la chandelle : cette expression signifie que cela vaut la peine de faire les efforts
nécessaires et qu’on en tirera des bénéfices dans le futur.

Jamais sans mon portable


Evidemment, tout le monde a son portable partout où il va. Et parfois (ou souvent !), cet objet devenu
omniprésent sonne ou vibre dans des lieux et des circonstances où il devrait être éteint ou en mode
silence, afin de ne pas déranger les autres, perturber une séance de cinéma, un concert, un cours, une
réunion, un repas, etc…
N’est-ce pas Nabil* ?
Transcription:
A = Anne / N = Nabil
A : Bon alors, Nabil, là, il y a votre téléphone qui a sonné !
N : Oui.
A : Pourquoi ? Vous l’aviez pas arrêté ? (1)
N : Bah… Ma mère, elle (2) devait m’appeler et du coup, je l’ai laissé allumé et…
A : Ah, d’accord. Mais en cours, ça vous arrive ?
N : Non, jamais. Je l’éteins toujours avant de rentrer en cours.
A : Oui. Parce que sinon, qu’est-ce qui se passe ?
N : Beh soit… Ça dépend des profs, en fait. Il y a des profs qui… qui laissent passer (3), qui… qui
peuvent cautionner (4) ça.
A : Oui, oui.
N : … et d’autres qui… qui le prennent et qui l’emmènent à la Vie Scolaire (5)ou…
A : Ah, carrément ! Ils le confisquent ?
N : Ouais.
A : Ça vous est arrivé ?
N : Non, jamais.
A : Jamais ?
N :Jamais, jamais.
A : Mais votre téléphone, c’est… Vous l’avez toujours avec vous ?
N : Oui, toujours dans ma poche.
A : Et pendant les cours, est-ce que vous le regardez ? Avouez !
N : L’heure, c’est tout.
A : Ça vous sert de montre ?
N : Oui, voilà.
A : Mais vous regardez pas si il y a un petit SMS (6) ou quelque chose comme ça ?
N : Même si je les vois, je les consulte pas parce que… je suis… Je suis en cours, c’est pour être en
cours, c’est pas pour…
A : D’accord. Mais vous avez… vous arrivez à résister ?
N : Oui, oui, je suis pas…
A : Pas complètement accro (7) ? Non, parce qu’il y a des étudiants qui ont vraiment le… On le sent,
c’est impossible, ils résistent pas, hein !
N : Ils sont plus (8) sur leur portable que… qu’en cours, en fait.
A : Bah le truc, c’est que… Vous, le vôtre, il va sur internet, votre… enfin, vous pouvez aller sur internet
avec votre portable ?
N : Oui, je fais tout avec mon portable.
A : Ouais, donc c’est très tentant, en fait.
N : C’est vrai.
A : J’imagine. Bon, la prochaine fois, vous l’éteindrez ?
N : Oui, oui.
A : C’était votre maman, là, qui vous appelait ?
N : Ouais, voilà. C’est ça.
A : Oui ? Bon. Elle avait un truc important (9) à vous dire ?
N : Oui.
A : Et vous avez… Ça y est ? (10) C’est fait ? Vous avez répondu ?
N : Non, non. Je la rappellerai après.
A : Appelez-la, si vous voulez.
N : Non, non.
A : Ok. Merci.
Des explications :
1. Vous l’aviez pas arrêté ? : Question orale. Il manque « ne » = Vous ne l’aviez pas arrêté ? Dans les
grammaires, on apprend : Ne l’aviez-vous pas arrêté ? Mais personne ne dit ça à l’oral. Côté
vocabulaire, comme synonyme de arrêter son portable, on dit aussi : éteindre / couper son portable.
2. Ma mère, elle devait… : tournure très orale et familière, dans laquelle on met deux sujets : le nom et
le pronom côte à côte. Normalement, on dit juste : Ma mère devait… Quant au verbe devoir, il n’est pas
employé ici pour exprimer une obligation. Il signifie qu’il était prévu que la mère de Nabil l’appelle.
3. Laisser passer : ne pas faire de remarque, de critique, être tolérant.
4. Cautionner quelque chose : approuver quelque chose.
5. La Vie Scolaire : c’est le nom du secrétariat dans les lycées et les collèges notamment qui gère tous
les problèmes d’absences, de retards, de comportement des élèves. Il s’agit du bureau de la Vie
Scolaire. Mais tout le monde simplifie ce nom en parlant seulement de la Vie Scolaire.
6. un SMS = un texto. Les Français emploient indifféremment les deux termes.
7. être accro (à quelque chose) : ne pas pouvoir s’en passer.
8. Plus = davantage. On prononce le « s » final dans ce cas.
9. Un truc important = quelque chose d’important (familier et uniquement oral)
10. ça y est : cette expression signifie que quelque chose est terminé, qu’on l’a fait. Par exemple :
– Tu as réservé ton billet de train pour les vacances ?
– Oui, ça y est.
N’est-ce pas Nabil ? :
on emploie très peu N’est-ce pas en français. Donc en général, quand on l’utilise, c’est pour une raison
particulière, pour souligner quelque chose. Ici, c’est (gentiment) ironique vis-à-vis de Nabil.
L’introduction à cette petite conversation est générale, mais en même temps, elle concerne Nabil,
puisqu’il n’avait pas éteint son portable avant la réunion du groupe qui travaille à ce site.
Et chez vous ?
– Faites-vous toujours bien attention à éteindre votre portable ou à le mettre en silencieux dans
certains lieux ?
– A quoi vous sert votre portable en priorité ? A téléphoner ? A envoyer des SMS ? A aller sur
internet ? A prendre des photos ? A jouer ?
– Combien de fois par jour consultez-vous votre téléphone, pour une raison ou une autre ?
(Allez, soyez honnêtes ! Ou réalistes !)

Pour ses beaux yeux


Certains ont de bons yeux. D’autres non !
Philippe fait partie de ceux qui doivent corriger leur vue. Sinon, il risque de ne pas vous reconnaître
dans la rue.
Alors, lunettes ou lentilles de contact ?
Transcription :
P : Philippe / A : Anne
A: Bon, Philippe, vous nous avez parlé l’autre jour, là, de ce que vous faisiez le matin et vous avez dit
entre autres (1) que le matin, il fallait mettre ses lentilles ! Donc vous portez des lentilles.
P: C’est ça, je les porte depuis cette année.
A: Oui. C’est tout récent, alors ?
P: C’est tout récent parce que j’arrivais pas* à les mettre dès l’année dernière (2).
A: C’est-à-dire les mettre, les en[…], les… les poser sur les yeux, quoi ?
P: Oui, et donc c’est parce que (3) en fait, je les… je porte des lunettes depuis le CP (4).
A: Ah oui ! Pourquoi ? Vous êtes quoi ? Vous êtes myope ? Vous êtes… ?
P: Je suis myope. Myope. Et…
A: Donc vous voyez pas* au loin.
P: C’est ça. Et je suis un peu astigmate aussi. Donc du coup, du CP jusqu’à… jusqu’à l’année dernière,
je portais des lunettes.
A: Oui.
P: Et…
A: Vous en avez eu marre (5)!
P: Bah… Ma… ma vue, elle s’est aggravée en fait. Je… Au début, c’était des lunettes de repos et au
fur et à mesure des années, ben ma vue, elle s’est aggravée donc j’ai préféré porter des lentilles.
Comme ça, c’est moins gênant.
A: Oui.
P: Quand je suis dans la rue, comme ça je porte pas* des… des lunettes, j’ai tout de suite les lentilles
et…
A: Oui, puis ça corrige bien, les lentilles. On voit vraiment très bien.
P: Surtout que là, avec ces lentilles, je… je suis à 12 sur 10. Donc c’est parfait !
A: Œil de lynx !
P: Voilà.
A: Et alors, donc vous aviez envie de les porter pour voir peut-être mieux et puis parce que c’est plus
pratique mais…
P: C’est plus pratique pour… surtout pour le sport.
A: Oui, on risque pas (6) de se faire… de les faire tomber ou…
P: Si jamais (7)…
A: Ouais.
P: …c’est un sport physique ou quoi.
A: Oui oui. Oui, les montures de lunettes, ça peut blesser si on prend un coup ou quelque chose, par
exemple.
P: Voilà. Donc c’est plus pratique de porter des lu… des lentilles.
A: Ça veut dire un petit entretien tous les jours ? Enfin, comment vous faites ? Vous les mettez dans…
dans un produit, c’est ça ?
P: Dans un produit. Il y a un produit spécial pour les lentilles et…
A: Ouais.
P: Je les trempe dedans et après je… je les mets directement sur… sur mes yeux.
A: Ça coûte combien, tout ça ? C’est cher ou pas, par rapport à… je sais pas… des lunettes ? C’est un
budget pour vous ?
P: Euh…
A: C’est pas* vous qui payez !
P: Non, c’est pas* moi. C’est… c’est ma mère.
A: D’accord, puis c’est un peu remboursé par la Sécurité Sociale aussi, non ?
P: Oui, mais… Ouais… Je connais pas* exactement le prix mais ça revient cher (8) quand même.
A: Donc vous avez quand même des lunettes… chez vous ?
P: Des lunettes de repos qui sont chez moi.
A: Oui. Et vous les mettez plus jamais*.
P: Si, pour l’ordi (9), la télé. Parce que quand je rentre chez moi, j’enlève les lentilles parce que sinon
(10), ça… ça m’irrite les yeux, après.
A: Ah ! A force (11), oui.
P: J’ai les yeux sensibles.
A: Vous pouvez pas* les garder toute la journée ?
P: Non, j’ai les yeux sensibles.
A: En tout cas, ça change la vie, non ? De mettre des lentilles.
P: C’est sûr.
A: Vous préférez ?
P: Ah oui, c’est mieux !
A: Ouais ? Physiquement tout ça, enfin esthétiquement, ça vous plaît plus ?
P: Ah oui ! Parce que ça me va pas* (12), les lunettes !
A: Ah bon ?
P: Non. Non.
A: Bon, bah, écoutez, je sais pas*… Je me souviens pas*, moi, vous avoir vu avec des lunettes ou pas
et je me suis pas* dit « Oh ! Il est moche (13) avec ses lunettes » !
P: Je les avais.
A: C’est vrai ? Les lunettes, c’est juste pour la maison maintenant et…
P: …Voilà.
A: Plus jamais dans la rue.
P: C’est exactement ça.
Des explications :
1. entre autres : parmi d’autres sujets.
2. Dès l’année dernière : utiliser « dès » peut sembler un peu bizarre ici. Philippe veut dire qu’il était
allé chez l’ophtalmologue l’an dernier, mais il lui a fallu du temps pour apprendre à bien les manipuler.
Donc il ne les a pas portées immédiatement.
3. Parce que en fait : normalement, il faudrait contracter : parce qu’en fait. Mais comme Philippe ne le
fait pas, nous avons transcrit parce que sans élider.
4. Le CP : c’est la première année de l’école primaire. (abréviation de Cours Préparatoire)
5. en avoir marre : en avoir assez (familier)
6. on ne risque pas de faire tomber ses lentilles : elles ne peuvent absolument pas tomber, il n’y
aucun risque que ça arrive.
7. Si jamais : au cas où
8. ça revient cher : c’est cher. Quand on utilise « ça revient cher », cela signifie qu’on prend en compte
tous les éléments pour calculer le prix.
9. L’ordi : l’ordinateur (familier)
10. sinon : si je ne le fais pas
11. à force = à force de les porter. (= quand on les a portées plusieurs heures)
12. ça ne me va pas : il ne se trouve pas beau avec des lunettes.
13. Moche : laid (familier)
* N’oubliez pas que lorsque nous parlons dans des situations ordinaires, nous supprimons
souvent « ne » dans les phrases négatives. Dans les transcriptions sur ce site, vous ne
trouverez pas « ne » s’il n’a pas été prononcé. Mais à l’écrit, on ne le supprime jamais. Donc
n’oubliez jamais la différence entre l’oral familier et l’écrit !
Et vous ?
– Trouvez-vous que les lunettes peuvent être un bel accessoire de mode ?
– Si vous devez corriger votre vue, préférez-vous porter des lunettes ou des lentilles de
contact ?
– En France, les lunettes et les lentilles ne sont pas bien remboursées par la Sécurité Sociale. Et
chez vous ?
– Les montures de lunettes sont souvent très chères, beaucoup trop chères pour ce que c’est !
(juste parce que sont des marques) Et tous les opticiens pratiquent ces prix élevés, ce qui est
régulièrement dénoncé. Est-ce le cas chez vous ?
Attention, fragile !
Ils sont dans nos sacs, dans nos poches. Nous les avons à la main. Sortis, puis rangés, puis sortis à
nouveau, manipulés sans cesse… Ce sont nos téléphones portables, qui nous suivent partout ou
presque. Alors, de temps en temps, il leur arrive de tomber ! Et les dégâts sont plus ou moins
importants. C’est ce qui est arrivé à Adrien. La morale de son histoire, c’est que lorsqu’on est un peu
maladroit, on devient bricoleur !
Transcription :
Ad : Adrien / A : Anne
A : Adrien, l’autre jour, il t’est arrivé une mésaventure ?
Ad : Bah oui, j’avais fait tomber mon smartphone et donc comme ça a dû arriver à beaucoup de gens,
j’ai cassé l’écran et le tactile ne marchait plus.
A : D’accord.
Ad : Du coup…
A : Mais c’était un vieux téléphone ou pas ?
Ad : Non, non. Il avait six mois, je crois, à peu près.
A : Ah oui ! Donc c’est pas très vieux.
Ad : Non.
A : Et alors, quel… C’était quoi, les solutions donc ?
Ad : Bah les solutions, c’était soit d’en racheter un neuf. Mais bon, c’est cher. Après, il y avait aussi…
A : Oui, tu pouvais pas reprendre le même modèle ?
Ad : Bah, en fait, le modèle que j’avais – donc c’était un Nexus 4 – et qui était plus disponible à la
vente au moment où je l’ai cassé.
A : Oui ?
Ad : Et puis même, ça coûtait quand même assez cher. Et…
A : Oui ? Et pour avoir l’équivalent, ça aurait été encore plus cher.
Ad : Oui, pour avoir l’équivalent, oui, parce que déjà, le Nexus 4, c’est un modèle pas très cher.
A : Oui ?
Ad : Comparé aux iPhones et aux autres Samsung.
A : Oui ? Mais enfin, c’est quand même pas donné (1) !
Ad : Oui. Non, c’est quand même pas donné. Mais bon… Et bah sinon, j’aurais pu le faire réparer dans
un point spécialisé mobiles. Mais ça coûtait presque le prix du téléphone neuf. Et donc j’ai choisi de…
de commander le… l’écran sur eBay et de le réparer moi-même.
A : Mais comment tu as eu l’idée, parce que on a toujours l’impression quand même que c’est pas trop
réparable, ces trucs (2) !
Ad : Bah…
A : Tout le monde les jette après, non ?
Ad : En fait… Oui, il y a pas mal de (3) gens qui les font réparer dans les points spécialisés, je crois.
A : Ah, c’est vrai ? Mais il y en a par exemple… Tu aurais trouvé, là, dans le coin (4) ? Ou il faut
envoyer quelque part ?
Ad : Je sais pas… A Marseille, j’aurais sûrement trouvé, oui. Mais ça coûte, ouais, ça coûte assez cher,
surtout sur ce modèle-là. Et… Parce que ça dépend comment ils sont fabriqués, les téléphones.
A : Oui ? Et là, c’était un peu… compliqué ?
Ad : Bah là, par exemple, moi, j’avais la vitre et le tactile qui marchaient plus. Mais l’écran derrière
marchait bien. Mais…
A : Ah oui, c’est ça, le téléphone était pas complètement mort (5).
Ad : Non, non, le téléphone, il marchait encore entre guillemets (6) mais… Sauf que sans le tactile, on
peut plus rien faire avec !
A : Oui.
Ad : Et le problème, c’est que sur ce modèle-là, l’écran, le tactile et la vitre sont collés et donc ça fait
qu’une seule pièce en fait.
A : C’est solidaire.
Ad : Eh ouais ! Et donc on est obligé de changer les… On est obligé de changer tout d’un coup (7).
A : Oui ? C’est…
Ad : Donc c’est pour ça que ça coûte qund même un peu cher.
A : Ah, d’accord. Alors que par exemple, c’est ça, c’est sur les… Parce que ça t’était arrivé avec un
autre téléphone et tu avais eu à changer…
Ad : Oui, sur mon vieux (8) iPhone 3G, j’avais pu changer que (9) la vitre et le tactile, et ça m’avait
quasiment rien (10) coûté, quoi, 10€.
A : Ah oui. C’était pas du tout pareil.
Ad : Non.
A : Mais en plus, c’est quand même difficile, non ?
Ad : Bah… c’est pas très difficile, mais il faut être minutieux (11), quoi, c’est des…
A : Mais où est-ce que tu as trouvé toutes les infos (12) ?
Ad : Sur internet. Sur internet, il y a des sites qui expliquent… Il y a un site, là, par exemple qui
s’appelle I fix it, qui… sur tous les téléphones quasiment, ils les démontent entièrement et… Et même,
ils leur mettent une note après pour savoir si le téléphone est facilement réparable ou pas justement…
A : Ah bon !
Ad : Par soi-même.
A : Ça peut être un argument de… d’achat, enfin de…
Ad : Bah un peu, oui. Moi, si j’avais… J’avais pas du tout regardé ça quand je l’ai acheté mais…
A : Bah non ! Tu pensais pas le faire tomber !
Ad : Non, bah oui. Enfin ouais, mais c’est peut-être à prendre en compte, oui.
A : Oui, oui. Et alors tu as suivi pas à pas (13)…
Ad : J’ai suivi pas à pas et donc ça … bah ça a marché, avec…
A : Sauf que c’est petit quand même, toutes ces pièces !
Ad : Oui, c’est tout petit (14). Rien que (15) la taille des vis, il faut faire attention de pas les perdre. Et
bah des fois, pour essayer d’emboîter les pièces l’une dans l’autre, c’est pas facile parce que, bah c’est
tout petit et…
A : Oui, oui. Et… Mais tu étais sûr que ça allait remarcher après ?
Ad : Non, pas sûr à 100 % mais bon, j’avais quand même bon espoir (16)!
A : Oui ? C’était un peu un pari (17).
Ad : Hm.
A : Bon et en attendant – parce que ça dû prendre un peu de temps quand même pour avoir tout ça.
Qu’est-ce que… Comment tu as fait…
Ad : Oui, parce que c’est une pièce qui venait de Chine donc, bah le temps qu’elle arrive (18), bah j’ai
pris… Et puis le temps de me décider (20) aussi, j’ai repris un vieux téléphone, donc avec clavier à
l’ancienne (21), là, avec les touches où il faut appuyer dessus.
A : Oui ?
Ad : Qui coûtait 15€, je crois. Bah donc pour dépanner (21), pour pouvoir appeler et envoyer des textos
(22). Mais bon, c’est pas pratique, parce que bah, écrire les textos par exemple, c’est long d’écrire
comme ça.
A : Oui. Ah oui, c’est les trucs avec les trois lettres, là, sur chaque touche.
Ad : Oui, voilà, c’est ça.
A : Oui, on a perdu l’habitude.
Ad : Hm ! On a perdu l’habitude et… Puis après, tu peux pas aller sur internet. Les messages, par
exemple, il faut les supprimer tous les trente messages, ou quarante messages parce que ça a pas de
mémoire.
A : Oui.
Ad : Et voilà. L’avantage, oui, c’était la… la batterie qui… Je le recharge une fois par semaine !
A : Ah bon !
Ad : Alors que là, sur les smartphones, c’est une fois par jour à peu près.
A : Oui. Ah oui. Bon, il faut bien qu’il y ait un petit avantage.
Ad : Ouais, mais bon. Mais je suis bien content d’avoir retrouvé le mien !
A : Finalement, quand tu l’as fait tomber, tu as dû t’en mordre les doigts (23) mais ça s’est bien arrangé
(24).
Ad : Hm. Un peu.
A : Donc là, maintenant, il marche ?
Ad : Là, il marche nickel (25), comme au… comme au premier jour !
A : Comme neuf.
Ad : Presque.
A : D’accord. Mais il faut garder le… le dépannage, ce dépannage.
Ad : Bah, ça dépanne.
A : On sait jamais (26) ! Bon, bah, écoute, on va t’appeler !
Des explications :
1. ce n’est pas donné : cette expression signifie que c’est assez cher en fin de compte. (plutôt familier)
2. ces trucs : ces choses-là (familier). C’est un mot qu’on emploie quand on ne fait pas l’effort de
trouver le mot exact pour désigner un objet. Ici, on aurait pu dire : ces appareils.
3. Pas mal de : un nombre assez important de…
4. dans le coin : dans la région, dans les environs (familier)
5. mort : on peut employer cet adjectif pour des appareils qui ne fonctionnent plus. Par exemple : La
batterie de mon ordinateur est morte. / L’ampoule de la salle de bains est morte.
6. Entre guillemets : les guillemets servent normalement à l’écrit. On place des mots, des phrases
entre guillemets, en utilisant ces signes : « … » Employé comme une expression, cela signifie qu’il ne
faut pas prendre ce qui est dit comme l’exacte réalité. Ici, c’est comme si Adrien disait : Il marchait, si
on peut dire. Le téléphone fonctionnait encore mais il était inutilisable, comme il l’explique juste après.
7. Changer tout d’un coup : attention, il faut comprendre les deux parties séparément : changer tout
(= les trois parties qu’il a décrites) / d’un coup (= ensemble, en une seule fois). Ce n’est pas
l’expression tout d’un coup, qui signifie soudain.
8. Mon vieux iPhone : il vaudrait mieux dire : Mon vieil iPhone, pour faire la liaison plus facilement.
9. J’avais pu changer que… : Il manque ne, pour aller avec que = j’avais pu ne changer que… (=
seulement)
10. quasiment rien : presque rien.
11. Minutieux : très précis dans les gestes et attaché aux détails.
12. Les infos : c’est l’abréviation familière de informations
13. pas à pas : étape par étape, en suivant bien l’ordre des opérations.
14. Tout petit : vraiment très petit.
15. Rien que… : si on prend juste ça… (familier)
16. avoir bon espoir : envisager les choses avec optimisme parce qu’on pense que ça va marcher
comme on veut.
17. C’était un pari : on dit ça quand on prend une décision avec une part de risque. On utilise souvent
cette expression au présent, tant qu’on ne connaît pas le résultat : Il a fait ce choix. C’est un pari. On
verra bien !
18. Le temps qu’elle arrive = en attendant qu’elle arrive / pendant cette période-là / pendant ce temps-
là / dans l’intervalle
19. se décider : prendre une décision
20. à l’ancienne : pas moderne / traditionnel / comme autrefois
21. pour dépanner : pour rendre service en attendant mieux. C’est une solution temporaire / une
solution de dépannage.
22. Un texto : on dit aussi un SMS.
23. S’en mordre les doigts : cette expression signifie qu’on est mécontent d’une action qu’on a faite,
qu’on a vraiment des regrets d’avoir agi comme ça, qu’on a fait le mauvais choix.
24. Ça s’est bien arrangé / ça s’est arrangé : finalement, le problème a été résolu. On a trouvé la
solution.
25. Marcher nickel : marcher parfaitement (familier)
26. On ne sait jamais ! : c’est comme dire : ça pourrait se reproduire. Donc il faut garder ce vieux
téléphone au cas où il y aurait à nouveau un problème.
Et vous ?
– Vous est-il arrivé aussi de casser votre téléphone portable ? Ou bien ne le faites-vous jamais
tomber ?
– Pouvez-vous vous passer de votre mobile ? Combien de temps au maximum ?
– Pensez-vous que tous nos appareils devraient être plus facilement réparables, pour un prix
raisonnable, afin d’éviter de les jeter dès qu’ils tombent en panne ?
– Avez-vous vous aussi déjà trouvé sur internet comment faire quelque chose que vous ne
saviez pas faire ?

Routine du matin
Nous avons tous nos rituels le matin, notamment afin d’être à l’heure au travail ! Philippe raconte
comment s’organisent les premiers moments de sa journée dans la semaine.
Petit récit du quotidien, avec humour et franchise !
Transcription:
P: Philippe / A: Anne / N: Nabil
A : Alors Philippe, vous vous êtes levé à quelle heure ce matin ?
P : Donc ce matin, je me suis levé à six heures et quart, pour commencer à huit heures.
A : Oui. Donc ça veut dire quoi, là ? Vous partez à quelle heure de chez vous ?
P : Je pars vers 6h55 – 7h de chez moi.
A : Donc six heures et quart – 6:55, ça vous suffit pour vous préparer ? Qu’est-ce que vous faites
alors ?
P : Donc…
A : Le réveil sonne.
P : Le réveil sonne. Je prends un petit déjeuner.
A : Vous vous levez tout de suite ? Ou vous restez cinq minutes, encore ?
P : Tout de suite, parce que après, sinon… la flemme (1) de se lever.
A : Oui. Vous rappuyez sur le réveil et vous repartez pour un tour (2)?
P : C’est ça. Donc je prends mon petit déjeuner.
A : Qu’est-ce qu’il y a au petit déjeuner ? C’est long ou pas ?
P : Du lait avec des céréales.
A : Oui. Ah, il est encore avec ses céréales ! Il a ses Kelloggs ?
P : Les Trésor. C’est très bon !
A : Qu’est-ce que c’est, les Trésor ?
P : Les Trésor, c’est des… c’est des céréales aux noisettes.
A : Oui. Et c’est celles-là qu’il faut…
P : Ça dépend. Je varie en fonction des… des périodes.
A : Oui.
P : Il y a les Trésor, les…
A : Ah là, là, il fait de la pub (3) !
P : … les Weetos, les… les Crunch.
A : D’accord. Et vous êtes toujours céréales (4) ? Pas de… pas de pain, pas de…
P : Si. Des fois, je peux prendre des gâteaux, ou alors, des… des pains au Nutella (5).
A : Oui.
P : Et… parfois du Yop (6).
A : Bon…
P : Pour démarrer la journée , c’est… c’est… c’est bien !
A : C’est comme dans la pub, effectivement ! (7)
P : C’est ça.
A : Donc, le petit déjeuner. Après, alors ?
P : Après, je vais me laver.
A : Oui.
P : Quoi ? Une douche ?
P : Je prends une douche, je m’habille. Il est vers 6:40. Je me coiffe.
A : C’est tout minuté (8) ?
P : Voilà.
A : Ah oui, vous vous coiffez alors. Pourquoi ?
P : Je dois mettre les lentilles… Pourquoi ? Bah…
A : Qu’est-ce qu’elle a, votre coiffure ? De spécial ?
P : Bah, j’ai fait le défrisant (9).
A : C’est quoi,ça ?
P : C’est… « made in… ». Non, ça se dit pas… « made in… Algérie… marocain ».
A : Oui. Pourquoi ?
P : Parce que j’ai les cheveux… les cheveux frisés.
A : Oui, et ça vous plaît pas ? (10)
P : Non.
A : Ah là, là ! Je croyais qu’il y avait que les filles qui parlaient de leurs cheveux et tout !
N : Je tiens à préciser que le défrisage n’a pas marché !
A : Ah bon ?
P : Il y a eu des petits soucis. A la base, le défrisant, c’était pour les personnes de couleur noire.
A : Ah ! Vous, vous êtes pas très noir.
P : C’est ça.
A : … ni les cheveux…
P : Ni la couleur, donc du coup…
A : Bon enfin bref (11) ! Donc vous êtes pas très satisfait de votre coiffure, alors ?
P : Pas trop. (12)
A : Bon. Ça va repousser ? Ça va…
P : Ça va couper ! (13)
A : D’accord. Bon, donc, vous passez du temps à votre coiffure. Pas de maquillage quand même ?
P : Non ! Je mets les lentilles aussi.
A : Oui. D’accord.
P : Je mets les lentilles.
A : Mais ça, ça prend pas très longtemps ?
P : Cinq minutes.
A : C’est vrai ?
P : Je mets du temps, je galère (14).
A : Ah bon ? Pourquoi ? Ça fait pas longtemps que vous les avez ?
P : Ça fait un an. C’est compliqué. Et après, je pars directement, avec ma voiture.
A : Oui. Et alors, après, donc ? Donc vous partez à 7h.
P : 7h.
A : … et vous arrivez ici…
P : Vers 7:45.
A : Trois quarts d’heure, oui. Bon, il y a des embouteillages (15) ?
P : Beaucoup.
A : Et après, quand vous arrivez, la voiture, c’est bien gentil (16), mais il faut la garer !
P : Je trouve toujours une place.
A : Comment vous faites ?
P : Je brave l’interdit. (17)
A : C’est-à-dire ?
P : Je me gare dans les endroits où il faut pas des fois.
A : Et vous n’avez jamais eu de problèmes ?
P : Non.
A : Non ? Vraiment ? Faites attention, parce que là, maintenant, ils sont déchaînés (18), hein !
P : Je sais mais… J’ai l’avocat qu’il faut (19) !
A : Oui. Ça veut dire quoi ? Vous la garez sur un trottoir ? Ou…
P : Oui, du côté de… Vers… vers le Merlan (20), juste avant ma salle de muscu.
A : D’accord. Et là, il y a pas de problème ?
P : Non.
A : Bon. Et alors après, vous marchez un petit peu quand même ?
P : Oui.
A : Pour venir ici.
P : … deux, trois minutes.
A : Oui. Bon, et le soir ? Même temps de trajet pour le retour ?
P : Quarante-cinq minutes aussi.
A : Oui. À n’importe quelle heure ? Enfin, je sais pas… des fois, vous finissez tôt ? À quelle heure vous
finissez ?
P : Quand je finis vers trois heures et demie, je mets… je mets vingt minutes. Vingt… vingt minutes,
trente minutes.
A : Bon, on pensera à vous demain matin.
P : Merci.
A : En train de se coiffer et puis… en train de manger ses Trésor ! Allez, bonne journée !
Des explications :
1. avoir la flemme (de faire quelque chose) : ne pas en avoir du tout envie, ne pas en avoir l’énergie,
se montrer paresseux.
2. Repartir pour un tour: recommencer la même chose du début, répéter la même action. Ici, cela
signifie : se rendormir et donc se réveiller bien plus tard.
3. Faire de la pub = faire de la publicité (pour quelque chose), vanter les mérites d’un produit.
4. Vous êtes céréales = vous aimez les céréales. (familier)
5. le Nutella : pâte à tartiner au chocolat et aux noisettes très consommée en France par les enfants
notamment, sur du pain, du pain de mie, de la brioche.
6. Du Yop : c’est le nom de yaourts à boire (aromatisés) commercialisés par la marque Yoplait.
7. Comme dans la pub : les publicités à la télévision insistent sur le côté énergie et vitalité que
procurent ces yaourts.
8. C’est minuté : tout est prévu à la minute près et il faut respecter ces délais.
9. Du défrisant : ce sont des produits qui servent à lisser les cheveux frisés.
10. Ça ne vous plaît pas : vous n’aimez pas. On dit par exemple : ça ne plaît pas à Philippe d’avoir les
cheveux frisés. / ça ne lui plaît pas.
11. Bon enfin bref ! : on dit cela pour arrêter une discussion, ne plus donner de détails
supplémentaires. Cela sert à conclure, de façon familière.
12. Pas trop = pas vraiment
13. ça va couper : Philippe va donc se faire couper les cheveux.
14. Je galère : j’ai des difficultés (à faire quelque chose) (familier)
15. des embouteillages : des bouchons, donc les voitures sont bloquées ou avancent lentement. Il y a
beaucoup de circulation.
16. C’est bien gentil mais…: expression familière qui signifie : D’accord mais… / C’est parfait mais…
17. braver l’interdit / les interdits : le verbe braver est d’un niveau de langue soutenu. C’est ce qui fait
rire tout le monde car cela donne un côté solennel à un acte pas très glorieux (se garer n’importe où)!
18. Ils sont déchaînés : allusion au fait que les policiers passent régulièrement pour mettre des
amendes à ceux qui sont mal garés, ce qui est fréquent car il y a peu de places pour stationner aux
abords de l’université.
19. J’ai l’avocat qu’il faut : Philippe prend la situation avec humour, même si un avocat ne peut rien
pour lui ! Et de toute façon, il n’a pas d’avocat bien sûr !
20. Le Merlan : c’est le nom d’un quartier de Marseille.

Déjeuner sur le pouce


On voit de plus en plus d’étudiants français apporter leur déjeuner pour manger sur place, sans avoir à
aller au resto U ou ailleurs. Les boîtes pour transporter ces repas sur le pouce sont même devenues à
la mode, joliment décorées ! Ce n’était pas du tout le cas il y a encore deux ou trois ans. Qui aurait
pensé à transporter son repas individuel comme ça, dans un pays où dès l’école maternelle, les
enfants prennent leur repas de midi en commun à la cantine ou la cafétéria de leur école ?
Cécile, Mélissa et Mohktaria, toutes trois étudiantes en troisième année à l’IUT, expliquent ce qui les
pousse à s’organiser de cette manière.
Transcription :
M: Melissa / C : Cécile / Mo : Mokhtaria / A : Anne
A : Alors, bonjour à toutes les trois, et c’est l’heure du déjeuner. Et… Bah vous n’êtes pas au
restaurant, là. Vous êtes dans une salle de cours, en train de manger. Alors, peut-être Cécile pourrait
nous dire ce qu’elle a mangé ?
C : Alors, j’ai mangé des patates (1) récupérées de hier soir (2).
A : Oui ?
C : Que ma mère avait préparées.
A : Ah, d’accord, donc dans un petit récipient, là, vous apportez ça.
C : Voilà. Qu’on fait réchauffer.
A : Des patates froides ?
C : Non, on fait réchauffer au micro-ondes, en salle 214.
A : D’accord. Et donc, vous avez pris ça de… des restes d’hier soir.
C : Voilà.
A : Alors, Mélissa ?
M : Moi j’ai mangé du riz, et pareil, c’était les restes de… de hier.
A : D’accord. Et Mokhtaria alors, c’est des restes aussi ?
Mo : Ah non, pas du tout ! C’est ma mère qui me fait… prépare à manger, tous les matins.
A : Wow, quelle chance ! Elle a de la chance !
Mo : Elle m’a préparé un… du riz, un petit jus d’orange.
A : Comme quand vous étiez petite ? Non, vous alliez à la cantine quand vous étiez petite, peut-être ?
Mo : Non.
A : Vous rentriez à la maison ?
Mo : Je rentrais à a maison et elle faisait à manger. Et comme là, elle veut pas que je dépense
d’argent, eh bah…
A : Oui, parce que c’est ça ma question, c’est pourquoi est-ce que vous mangez là plutôt que d’aller
autour (3), là, il y a des petits… Je sais pas…
M : Bah c’est quand même moins cher. On économise et puis c’est pratique . On est directement dans
l’établissement (4), il y a plus qu’à faire chauffer et donc…
A : Oui, oui. Encore il faut (5) avoir un micro-ondes, quand même.
M : Voilà.
Mo : C’est plus sain aussi.
A : Oui, pourquoi ? Qu’est-ce que… Vous êtes allée manger, je sais pas, au resto U (6) ou des trucs (7)
comme ça, autour ?
Mo : Oui. Mais c’est un peu du surgelé…
A : Oui. Alors que là, maman a cuisiné !
Mo : Oui, très bien !
A : On va s’inviter ! Bon et là, qui est-ce qui avait cuisiné ? C’était les mamans aussi, hier soir ?
C : Oui, pareil. Oui.
M : Oui.
A : Et alors, c’était des bons restes (8) ?
C : Ah bah oui, forcément !
A : Mais ça veut dire qu’elles anticipent… enfin, elle se disent « Il faut qu’il en reste une portion pour le
lendemain matin ? »
M : Moi en général, je demande à ce qu’elle fasse un peu plus, pour qu’il me reste pour le lendemain.
A : D’accord. Faut être prévoyant.
M : Voilà.
A : C’est ça qui est embêtant (9), quoi, quand même, c’est qu’il faut… il faut prévoir.
M : Oui.
A:Faut être organisé.
M : Mais on économise, donc c’est bien aussi.
A : Oui, parce que… je sais pas… vous avez essayé, là , dans le coin (10), quelque chose ? Vous avez
une idée (11) des prix ?
M : A la cafétéria, oui.
A : Oui ?
M : C’était un sandwich et une boisson, et j’avais pris un… un petit dessert, un petit biscuit et j’en ai eu
pour 5€ (12) mais le sandwich, je l’ai pas trop aimé donc… c’est vrai que j’ai plus gaspillé.
A : Oui, oui, oui.
M : Alors que là, au moins, je suis sûre de pas jeter (13).
A : Oui, oui, d’accord.
M : C’est ça qui est bien.
A : Et en dessert alors, il y avait quoi ?
C : Alors, j’avais une compote et une petite barre de chocolat pour le réconfort !
M : Moi, une pomme.
A : Bon, c’est plus sobre.
Mo : Et un yaourt.
A : Et Mokhtaria ? Ah, il y avait pas un bon petit dessert fait par maman ?
Mo : Non, c’est bon !
A : Et personne… Je sais pas… Est-ce que vous avez mangé au resto U déjà, par exemple en tant
qu’étudiantes ?
M : Non.
C : Moi, une fois, oui.
A : Et alors ? Bilan (14) ?
C : Bah, franchement, c’est bon. Moi je trouve ça bon.
A : Oui ?
C : Mais trop d’attente. Trop d’attente, le temps pour accéder au…
A : Ah, c’est ça !
C : Trop de monde.
A : Il faut faire la queue et…
C : Voilà.
A :… on n’a pas le temps.
C : Voilà, oui.
Mo : Non, on a généralement une heure, une heure et demie pour manger.
A : Oui.
Mo : Donc pour descendre (15), il nous faut un petit quart d’heure (16).
A : Oui, c’est ça, c’est pas juste à côté.
Mo : Faut attendre encore au moins un quart d’heure dans la… le resto U.
A : Faut faire la queue.
Mo : Et voilà.
C : Des fois, on attend pour pouvoir s’asseoir parce que c’est pas toujours évident (17).
A : Oui ? Quand c’est plein, archi-plein (18).
C : Voilà. Parce que bon, généralement, les gens, quand ils ont fini de manger, ils sont au chaud (19),
donc ils aiment bien papoter (20) au chaud.
A : Oui, oui !
C : Ils partent pas !
A : Ils traînent (21) un peu.
C : Voilà.
A : Alors que là, finalement, vous êtes toutes les trois tranquilles et c’est assez sympathique. Bah
écoutez, bonne fin de pomme (22) !
M : Merci !
A : Et puis bon après-midi alors !
M,Mo,C : Merci !
A : Merci beaucoup.
Des explications :
1. des patates : des pommes de terre. (plus familier)
2. récupérées de hier soir : c’est-à-dire des restes du dîner de la veille.
3. Autour = autour de l’IUT, dans les alentours de l’IUT.
4. L’établissement = l’école, donc ici, il s’agit de l’IUT.
5. Encore il faut… : Normalement, on dit : Encore faut-il avoir… = à condition d’avoir…
6. le resto U : c’est l’abréviation de restaurant universitaire. Tous les étudiants peuvent y aller et faire
un repas complet pour environ 3€.
7. Des trucs comme ça : des choses comme ça. (familier) Mais ici, c’est pour parler des endroits où
on peut manger le midi près de l’université.
8. Les restes : dans le domaine de la cuisine, c’est ce qui reste d’un repas et qu’on sert à nouveau lors
d’un autre repas.
9. Embêtant : ennuyeux. C’est plus courant que ennuyeux.
10. Dans le coin : pas loin d’ici, dans les environs (familier, oral)
11. avoir une idée de quelque chose : savoir à peu près. Par exemple : Tu as une idée du temps qu’il
faut pour aller à la gare d’ici ?
12. J’en ai eu pour 5€ : c’est la façon plus courante de dire : ça m’a coûté 5€. Al’oral, on pose souvent
la question avec cette expression : Tu en as eu pour combien ? / Est-ce que tu sais pour combien on
va en avoir ?
13. Je suis sûre de pas jeter : il manque « ne » parce que c’est de l’oral : Je suis sûre de ne pas jeter.
14. Bilan ? = Quelles sont tes conclusions ?
15. Pour descendre : le resto U est un peu plus loin et la rue qui y va descend un peu.
16. Un petit quart d’heure : un quart d’heure, c’est un quart d’heure ! Mais quand on dit « un petit
quart d’heure », c’est un peu moins qu’un quart d’heure. Cela signifie qu’un quart d’heure, c’est le
grand maximum. Le contraire, c’est : un gros quart d’heure / un bon quart d’heure, c’est-à-dire qu’il faut
un quart d’heure minimum, pas moins.
17. C’est pas évident = ce n’est pas évident (de trouver une place, une table libre).
18. Archi-plein : totalement rempli. (familier)
19. Au chaud : à l’intérieur, à l’abri du froid.
20. Papoter : bavarder de choses et d’autres.
21. Traîner : prendre son temps, ne pas se dépêcher.
22. Cela s’adresse à Mélissa qui avait arrêté de manger sa pomme pour répondre aux questions.
* manger sur le pouce: cette expression signifie qu’on fait un repas rapide, dans des conditions plus
sommaires qu’un vrai repas complet.
Et chez vous ?
– Mangez-vous le midi dans une cantine, un resto U, à la cafétéria de votre entreprise, au
restaurant ?
– Est-ce la tradition de s’emporter à manger de la maison ? Pourquoi ? Et où mangez-vous dans
ce cas ? Au bureau ?
– En France, beaucoup d’enfants mangent à la cantine dès leur plus jeune âge. Ce ne sont pas
les familles qui préparent le repas de leurs enfants (sauf en cas d’allergie grave). Est-ce le cas
chez vous ?

Cueillette d’automne
Quand l’automne revient, les champignons sortent dans les champs et les forêts. Et ça, Laurent ne le
raterait pour rien au monde ! Tous les ans, depuis toujours, il va aux champignons. Et comme il connaît
parfaitement sa région et les bons coins, il revient avec des kilos de cèpes, pour le plus grand plaisir de
sa famille et de ses amis qui viennent les déguster ensuite ! Voici donc une conversation enregistrée à
l’heure de l’apéritif, dans le brouhaha des voix qui s’entrecroisent !
(Pas facile à suivre par moment… ni à transcrire ! Mais c’est la vie !)
Transcription:
L: Laurent / M: Mireille / JC: Jean-Claude / A: Anne
L: Ouais, plus de 20 kilos.
M: Mais prends ce que tu veux !
JC: Jeudi, vendredi ?
L: Ouais.
M: Prends ce que tu veux, bien sûr. Attends, on mangera pas tout !
L: Jeudi après-midi pendant deux heures et demie. Et hier, pendant toute la matinée. On n’est même
pas allés l’après-midi.
A: Mais tu y vas le matin ?
L: Ouais, on était au lever du jour, à 7 heures.
JC: Le « On », c’est qui ? Tu y vas avec qui ?
L: Avec le collègue […], là.
M: Avec son collègue (1) René.
L: Avec qui je vais toujours.
M: Qui est à la retraite.
M: Ils se sont même pas… allés l’après-midi (2), parce qu’ils en avaient… la voiture pleine !
A: Mais c’est là où tu vas toujours ?
L: Non, là, c’était la première fois que j’y allais à cet endroit (3).
JC: Ah ouais ?
A: Ah ouais ?
JC: Chênes ? Châtaigniers ? Les deux ?
M: Non mais ce qu’on a fait, c’est que…
L: Sapinettes.
JC: Sapinettes !
L: Châtaigniers, ça sort pas. Ça a pas… Tu comprends que ça a grêlé sur le Lozère. Ça a grêlé à partir
de 1100 mètres, donc à 1100 mètres, tu as plus de châtaigniers.
A: Là, toi, d’habitude, tu vas pas dans les sapins comme ça ?
L/ M: Si, si, si (4).
M: Si (4), c’est souvent là, très très souvent là qu’on les trouve.
L: Si (4). Mon père m’a pas appris ça. Mais moi…
M: Des fois, ça sort dans les châtaigniers, mais plus tard.
L: Mon père, il m’a appris: châtaigniers, chênes et fayards, enfin hêtres.
M: Les fayards, c’est les hêtres.
L: Lui, il a jamais…
M: Mais dans les fayards, on en a rarement trouvé.Moi, j’en ai rarement trouvé, dans les fayards.
L: Oh ouais, alors là, les fayards, putain (5) ! […] fantastique.
M: C’est rare.
L: C’est rare, hein.
M: Le mieux, c’est quand même les sapinettes. C’est quand même là qu’on les trouve le mieux… qu’on
en trouve le plus.
A: Et il y en a plein groupés dans un endroit, ou… ?
M: Oh bah des fois, tu as ce qu’on appelle les boletières, c’est-à-dire qu’au pied d’un sapin, tu peux en
avoir toute… Une dizaine, une quinzaine, comme ça.
A: Tu arrives, c’est… Tu deviens fou !
JC: Bah s’il en a trouvé plus de 20 kg, c’est pas un par un ! Parce que 20 kg un par un !
M: Alors là, tu arrêtes, et puis tu prends la faux et…
JC: J’ai rencontré une chose que je n’avais jamais vue de ma vie. Il faut savoir que le… la… Tout le
massif du Lozère, c’est sur le granit (6).
M: C’est du granit.
L: Alors, le granit, soit c’est d’énormes rochers presque comme la maison.
M: Des blocs qui sont superposés, là…. Que c’est beau.
L: Et puis tu as des… des cailloux de cette taille qui ressemblent à des pierriers.
M: Et avec au milieu du sable du granit qui s’est…
L: Quand… Oui, tu peux avoir le sable…
M: … désagrégé aussi, ça fait… désagrégé, là, ouais, ouais.
L: Et donc, tu as des mini pierriers de temps en temps. Et autour tu as des sapinettes. Ça fait un cadre
(7)! J’adore ça !
M: C’est très beau. J’aime bien moi aussi.
L: Bon après, autour, tu as soit de la mousse, soit des fram[…] (8), des…
M: Des myrtilliers.
L: Des myrtilliers, bon. Eh beh, figure… Figurez-vous que (9)
le… là, j’ai trouvé des cèpes au milieu des pierriers !
M: Dans le pierrier, ils poussaient !
L: Alors pourquoi c’est possible, ça ?
JC: Il doit y avoir un peu de… Non, il doit y avoir quand même un peu de terre des…
M: Bah il y a forcément de la terre dessous mais…
L: Il faut savoir que ces champignons, ils sortent pour la bonne raison qu’il a grêlé il y a 15 jours (10).
M: Le fait qu’il ait grêlé. Quand il grêle…
L: La grêle, comme c’est des oeufs de pigeon, comme ça,…
JC: Elle reste.
JC: Elle reste…
M: Ça coule doucement, ça s’infiltre…
JC: Ouais, ça l’humidifie vachement (111), le temps qu’elle fonde.
M: Voilà ! Alors que la pluie, quand c’est fort…
L: Ce qui génère…
JC: Ça rui[…] (12). Ça coule.
A: C’est l’humidité qui est restée…
L: Ce qui génère des conditions extraordinaires pour que…
M: Ah ouais ! Pour les… Quand il grêle, c’est…
L: Et tu vois des champignons qui s’adaptent au… Ils forcent… Ils sortent en forçant.
M: Faut voir (13)… Faut voir comme ils sortent ! A travers… Ils poussent les pierrres !
L: Ils ont le pied.. Tu te dis… René, il me disait: Tu as qu’à pousser les pierres. J’ai dit: Beh oui !J’ai
poussé les pierres. Un truc de fou (14), quoi !
JC: Ah beh, les champigons, c’est quand même étrange ! Quand ça a décidé de sortir…
M: Ah ouais, ouais.
L: Quand ça a décidé de sortir, …
M: Et alors, à côté de ça, tu as des super (15) endroits où c’est joli…
JC: Ouais, et tu rêves…
M: De la jolie mousse, et tu dis: Et mais là, il manque plus que le champignon. Eh beh, là, il y est pas,
ce con (16) !
L: Il y est pas, ce con !
M: Il y est pas ce con !
JC: Il manque plus que l’essentiel. Et il y est pas !
A: Oui, oui. Et là, après, qu’est-ce que tu en fais ?
M: Oh bah là, il faut qu’ils sèchent et après, on les fait…
L: Dans des sauces.
A: Tu les gardes…
L: Des sauces. Ce que tu vas… Ton velouté,…
M: Le velouté, c’est fait avec des cèpes secs.
L: Le velouté que tu vas prendre (17), voilà.
M: C’est hyper concentré, comme goût, ça.
JC: Bah de toute façon, le velouté, tu rajoutes l’eau du… du… qui s’est évaporée finalement (18)
quand tu l’as séché.
M: Oui, oui, bien sûr.
A: Et ceux-là (19), alors, redonne-nous la recette parce que…
M: Il faut… Tu les fais… Tu leur fais rendre l’eau dans une poêle, dans une poêle à feu très, très très
doux.
JC: Merci. (20)
M: Si ils sont un peu trop secs, il faut y mettre une goutte d’eau pour pas que ça attrape (21) au début.
L: On parle, on dirait que…
JC: Putain, c’est pas possible !
M: Juste un petit peu. Et tu les laisses rendre l’eau à feu très, très doux. Et ça rend de l’eau, ça rend de
l’eau. Et tu les laisses cuire dans leur jus. Puis au bout d’un moment, quand tu vois… Tu tâtes, quand
tu vois qu’ils sont… qu’ils sont…
JC: Qu’il est bon ! C’est bon, hein !
M: … souples,…
L: Putain !
M: … tu laisses évaporer l’eau. Et là, tu mets à feu vif et…
L: Ces vins pleins de… pleins de fleurs !
M: … là, tu mets un verre de vinaigre de vin.
A: Ah oui, c’est ça.
M: Mais ordinaire, hein, vinaigre de vin. Et là, à feu vif, et tant que (22) c’est pas évaporé, tu laisses
cuire et le vinaigre… Il faut pas que le vinaigre reste en fait. Mais par contre, ils prennent le goût.
Quand c’est complètement sec, tu arrêtes… le feu. Tu mets dans un plat. Tu coupes du laurier, de l’ail
en morceaux. Tu sales, tu poivres. Et l’huile d’olive.
JC: Je sais pas. […] pas 100% d’accord avec la mangue mais c’est super, super.
M: Et c’est tout.
A: Tu les conserves dans un… oui…
M: Alors après, tu peux les mettre dans un pot et tu les tasses bien, bien, bien. Tu couvres d’huile
d’olive.
L: Ça te fait pas penser à un fruit exotique quand même ?
M: Et tu gardes au frais. Ça se garde bien.
JC: Oui, peut-être mais pas forcément…
L: Pas la mangue ?
JC: … la mangue, non.
M: Franchement, oui.
A: Et là, il y en a d’autres qui vont sortir ?
JC: Tiens !
M: Oh de toute façon…
L: On fait le pari que jeudi…
M: … c’est pas fini, hein !
L: Là, ce sera pas fini.
JC: La saison, elle est pas finie !
A: Tu vas retourner ?
L: Ouais !
JC: Quand même, la saison, elle commence à peine (23) !
L: Et puis, c’est sorti sur un endroit. Il manque toute le… toute l’autre montagne qui a rien donné.
JC: Mais attends, il va pleuvoir encore !
L: J’espère !
M: Le problème avec l’autre montagne, il faudrait qu’il pleuve ou qu’il grêle un peu.
A: Et tu te perds jamais ? Non ? Tu y vas toujours avec quelqu’un ?
M: Non, mais il co[nnaît]… non, mais en plus… Non !
JC: Il est de Florac, oh !
L: Ma foi (24) !
A: Tu connais comme ta poche (25) !
M: Non, mais il y a des endroits qu’il connaît…
L: Il y avait un jour de brouillard, à l’Aigoual, j’ai eu un doute de savoir mais le reste…
M: Une fois, on s’est plantés (26) avec ta mère. Ça, on n’a jamais compris pourquoi on s’était perdus !
L: Oh oui, à Barre.
M: A… à…
L: A Barre.
M: Au Mesnil. En face Le Mesnil.
A: C’est vrai ?
L: Ouais, ouais.
A: Toutes les deux ?
M: Tous les trois.
L: Tous les trois.
M: On était dans un bois et à un moment donné, on est sortis du bois et…
L: Je sais pas ce qu’on a branlé (27) !
M: On n’est pas partis du bon côté. Boh ça, j’ai… Et ça, je te jure, j’ai toujours pas compris comment on
a pu faire ça !
Des explications:
1. un collègue: normalement, un collègue, c’est quelqu’un avec qui on travaille. Mais dans la région,
très souvent, les gens utilisent ce mot à la place du mot « ami ». (familier)
2. ils se sont même pas… : cette phrase n’est pas correcte. En fait, comme souvent à l’oral, on
commence d’une manière, puis on change en cours de route. Avec le verbe « aller » utilisé après, il
faudrait dire: Ils ne sont même pas allés…
3. j’y allais: soit on dit: c’était la première que j’y allais. Soit on dit: c’était la première fois que j’allais à
cet endroit. Là, le style est oral bien sûr et donc il y a combinaison des deux phrases.
4. Si: en français, on ne dit pas « oui » quand ce qui précède est négatif et qu’on veut dire le
contraire: Tu n’y vas pas ? Si, j’y vais. (Et souvent, on répète ce mot: Si, si, j’y vais.)
5. Putain !: exclamation, mais dans un style très, très familier. Attention si vous l’employez !
6. le granit: on peut aussi écrire granite, avec la même prononciation.
7. ça fait un cadre ! = le lieu est très beau. On peut dire aussi: Le cadre est magnifique.
8. Il allait dire des framboisiers.
9. Figure-toi que… / Figurez-vous que…: C’est une façon d’annoncer qu’on va raconter quelque
chose de surprenant.
10. il y a quinze jours: expression très courante, employée à la place de « Il y a deux semaines ».
11. vachement: beaucoup. (très familier, uniquement oral)
12. Il allait dire: ça ruisselle.
13. Faut voir comment… : cette expression souligne le fait que c’est surprenant. La forme complète,
ce serait: Il faut voir comment…
14. un truc de fou! : quelque chose d’incroyable. (familier)
15. des super endroits = des endroits vraiment parfaits. (familier). Ce mot ne s’accorde pas. Donc
normalement, il ne faut pas faire de liaison comme s’il y avait un « s » de pluriel ici. Le moyen de
contourner la difficulté, c’est de dire: des endroits super.
16. ce con: style très familier. De façon plus neutre, on peut dire: Cet imbécile. Mais normalement, ces
noms ne s’emploient qu’à propos des humains. Donc les utiliser à propos des champignons, c’est
comme accorder une volonté propre aux champignons. C’est comme dire: Ils font exprès de ne pas
pousser là où on les attend.
17. le velouté que tu vas prendre = que tu vas manger. (Le menu, c’était velouté de cèpes en entrée,
puis entrecôte de boeuf aux cèpes.)
18. finalement: ici, c’est le sens de en fin de compte.
19. ceux-là: c’est-à-dire ceux qui étaient servis avec l’apéritif, avant le repas lui-même.
20. Merci: Laurent vient de servir un verre de vin à Jean-Claude. A partir de là, il y a la conversation sur
la recette et celle sur le vin, ses arômes, etc… Deux conversations superposées.
21. attraper: en cuisine, cela signifie attacher, quand il n’y a pas assez de matière grasse dans une
poêle par exemple. (familier). On dit que ça attache.
22. tant que: aussi longtemps que
23. la saison commence à peine: c’est vraiment juste le début.
24. Ma foi ! : c’est comme dire: « Bah oui, c’est évident« . (expression du sud de la France)
25. connaître un endroit comme sa poche: connaître parfaitement cet endroit.
26. se planter: se tromper (familier).
27. branler: ici = faire. (très, très familier) De façon plus polie, mais familière quand même, on peut
dire: Je ne sais pas ce qu’on a fabriqué. Et de façon neutre: Je ne sais pas ce qu’on a fait / comment
on a fait / comment on a fait notre compte.

La vie avec Quentin, deux ans


Il n’y a pas longtemps, vous avez fait connaissance avec Vanessa, la jeune maman de Quentin.
Comme elle a décidé de reprendre le travail après son congé de maternité, comme beaucoup de
Françaises, il faut s’organiser ! Mode de garde, horaires de la semaine, rôle du papa, travail à temps
partiel ou à temps complet, voici quelques-unes des questions qui se posent pour réussir à concilier vie
professionnelle et vie de famille de façon harmonieuse. Une chose est sûre: le temps passe vite et il
est déjà question d’école !

Transcription
V: Vanessa / A: Anne
A: Alors, Vanessa, on a déjà parlé, bon de… d’ avant la naissance de Quentin et puis juste après. Et
puis, bon bah là, maintenant, il a deux ans. Donc ça fait un petit moment que tu as repris le travail. Et
comment tu t’organises, alors ? Parce que il faut le faire garder.
V: Alors, c’est… J’ai la chance que c’est ma maman qui me le garde parce qu’elle est assistante
maternelle(1).
A: Ah ! D’accord !
V: Donc j’ai la chance (2) que ma mère me le garde. Et donc…
A: Donc elle le garde avec d’autres enfants ?
V: D’autres enfants, oui. Ils…
A: Ah ouais ! C’est sympa !
V: Ils ont un an de moins que Quentin mais bon, maintenant qu’ils… qu’ils marchent, donc ils
s’amusent bien ensemble. Donc c’est… c’est bien.
A: Ah, c’est bien ! Ah d’accord, je savais pas qu’elle était assistante maternelle.
V: Oui, oui, oui.
A: Et alors elle en garde combien ?
V: Elle en garde trois.
A: Donc il y a Quentin et deux autres.
V: Donc Quentin et un garçon et une fille.
A: Oui, oui, oui. Donc c’est pas trop dur pour toi de le laisser ?
V: Non, pas du tout, non, non, non.
A: Tu savais dès le début que ça allait être comme ça en fait ?
V: Oui. Oui, oui, oui.
A: Tu as pas eu à chercher…
V: Non.
A: … de nounou (3), de crèche (4)…
V: Ma mère m’a proposé. Non, non. Donc, j’ai la chance…
A: Ça, c’est vrai que c’est un souci en moins.
V: Tout à fait.
A: Oui, oui. Et alors au niveau de (5) tes horaires, tu commences à quelle heure le matin ?
V: Alors je commence à 8 heures.
A: Oui.
V: Donc le matin, c’est mon mari qui va amener Quentin.
A: Parce que lui, il commence plus tard ou… ?
V: Plus tard, oui. Voilà. On s’est organisés. Et je finis vers 4 heures. Voilà. Donc c’est qui vais… qui vais
récupérer (6) mon fils le soir.
A: Oui, oui. Vous pouvez en profiter (7)…
V: Oui.
A: … correctement. Travailler et puis…
V: Voilà, voilà
A: … vous en occuper et tout ça.
V: Pas trop… le soir, le récupérer trop tard (8). Donc…
A: Oui, oui. Tu peux…
V: Même le matin.
A: … t’occuper du bain (9), de faire à manger, tout ça…
V: Voilà, ça, c’est l’avantage.
A: Oui, oui, c’est l’avantage d’avoir un travail quand même qui permet de concilier les deux. Parce que
tu travailles à temps complet ?
V: Oui. oui, oui.
A: Parce que tu aurais pu aussi décider aussi de faire, je sais pas, un mi-temps ou…
V: Non, non, non. Non, je trouve pas la nécessité pour le moment. Je pense quand il commencera à
aller à l’école, qu’il aura d’autres activités sportives, là, oui, je pense que je prendrai…
A: Peut-être…
V: … mon 80% (10).
A: Oui, d’accord, pour pouvoir…
V: … profiter un peu plus. Voilà.
A: Les accompagner… l’accompagner aux activités, les choses comme ça.
V: C’est ça.
A: Et bon bah là, donc chez ta maman, il est avec d’autres enfants. Mais il y a… il y a beaucoup de
mamans en fait qui les mettent après dans… en halte-garderie (11), de temps en temps.
V: Je pense que je vais le faire.
A: Tu penses ?
V: Je… je… je… Je pense !
A: C’est un effort ?
V: Parce que c’est très difficile de trouver une halte-garderie, comme ça, quand…
A: Oui ?
V: … le prendre. Parce que…
A: Il y a pas trop de places ?
V: Il y a pas trop de places, non, non.
A: Ouais, ouais, c’est ça. C’est surchargé ?
V: Ouais, c’est très surchargé. Donc je vais essayer quand même de l’inscrire à l’école. Mais
maintenant, avec les nouvelles lois, ils te le prennent pas avant trois ans (12).
A: Eh oui.
V: Donc il aura que deux ans et demi, donc je pense que…
A: Il faudra attendre l’année d’après.
V: Je pense. Donc on va essayer de l’inscrire à la halte-garderie au moins deux… deux jours par
semaine, ça serait bien. Pour qu’il voie d’autres enfants, pour qu’il s’habitue pour la rentrée (13)
prochaine.
A: Bah oui, oui. Puis c’est vrai qu’il y en a qui… qui aiment ça, hein, de toute façon, être avec les
enfants de leur âge. Voilà, ouais, ouais. Et pour toi, c’est dur de le… Bon, chez ta maman, c’est peut-
être pas trop dur de le laisser mais si tu dois le laisser, voilà, à la halte-garderie, puis après à l’école, tu
penses que ça va être dur ?
V: Oui, ça va être très dur ! Parce que je l’ai jamais laissé. Le soir, pour le moment, j’y arrive pas, quoi.
A: Ah ouais, vous sortez pas sans lui ?
V: Non, sans lui, on part… On sort pas encore.
A: Mais par exemple, si vous allez, je sais pas, dîner chez quelqu’un (14) ou quelque chose, vous
l’emmenez ou vous le faites pas ?
V: Non. On l’emmène.
A: Il suit partout ?
V: Il suit partout, oui, oui.
A: Ah bah c’est bien ! Et il dort ou… ? Comment il fait ?
V: Non, il dort pas. En principe, il fait comme nous, quoi.
A: D’accord. Et oui, c’est ça, donc tu as pas cherché de baby-sitter ?
V: Non, non, non.
A: Tu as pas envie du tout ?
V: J’ai pas envie. Bah je trouve que la semaine, on l’a pas, donc…
A: Oui, oui. C’est pas pour le laisser en plus…
V: Le laisser le weekend.
A: Bah puis c’est ça, hein, ils sont petits. Bon, peu à peu, après, on se sépare ! Mais… Au début, c’est
dur, hein !
V: C’est très dur… quoi (15), pour moi, c’est très dur, oui !
A: Bon, bah je te remercie pour tous ces renseignements. Et puis, bah, bonne continuation avec
Quentin. Et puis, bah… je te parlerai peut-être une autre fois, quand il sera entré à la… à l’école
maternelle.
V: Volontiers.
A: Tu me raconteras ce que ça fait (16).
V: Tout à fait, oui oui. Volontiers.
Des explications
1. une assistante maternelle: ici, c’est une femme qui garde des enfants à son domicile et qui est
agréée pour ça. (Obligation d’examen médical, vérification des conditions matérielles d’accueil des
enfants, contrat signé entre elle et la famille, etc…)
2. j’ai la chance que…: bien sûr, Vanessa apprécie que tout se passe en famille, ce qui est en général
moins stressant (et plus souple) que la crèche par exemple.Et Quentin grandit avec sa grand-mère !
Elle veut dire aussi qu’elle n’a pas eu à chercher quelqu’un de confiance ou à demander une place en
crèche des mois à l’avance. Pour beaucoup de familles, trouver comment faire garder son enfant est un
souci qu’il faut résoudre le plus vite possible dès qu’un bébé est annoncé ! (Les femmes françaises
travaillent, donc le système de garde est crucial.)
3. une nounou: c’est le nom familier donné aux assistantes maternelles. (abréviation de nourrice)
4. la crèche: c’est une structure d’accueil collective des bébés à partir de trois mois (après la fin du
congé de maternité) jusqu’à l’entrée à l’école maternelle à trois ans. Le problème, c’est d’avoir une
place car il n’y a pas assez de crèches. (La crèche est payante alors que l’école maternelle ensuite est
gratuite.)
5. au niveau de: = en ce qui concerne
6. récupérer un enfant = aller le chercher ( à la crèche, chez la nounou, à l’école). Vous pouvez
employer l’une ou l’autre de ces phrases de façon équivalente.
7. vous pouvez en profiter: de tels horaires peermettent à Vanessa de s’occuper de Quentin toute la
fin de la journée. (Et comme elle n’habite pas loin de son lieu de travail, elle ne perd pas de temps en
transports)
8. pas trop… : il aurait fallu dire: Le récupérer pas trop tard. Mais à l’oral, on comprend très bien, c’est
juste bizarre quand on doit transcrire en fait !
9. le bain: en fin de journée, on donne le bain aux enfants. Cela fait partie des rituels familiaux !
10. prendre son 80%: Vanessa envisage de travailler à temps partiel quand Quentin sera un peu plus
grand. Ainsi, elle ne travaillera pas le mercredi, jour où dans la plupart des écoles (maternelles et
primaires), il n’y a pas classe. Et c’est le jour réservé aux activités sportives, artistiques, etc…, ce qui
suppose que quelqu’un accompagne les enfants aux clubs où ils sont inscrits.
11. une halte-garderie: c’est comme une crèche, mais les enfants n’y vont pas tous les jours. On ne
peut les y laisser que de manière occasionnelle, quelques demi-journées par semaine. C’est une bonne
transition entre la vie de famille et la vie à l’école maternelle à 3 ans.
12. avant trois ans: avant, il y avait des classes maternelles dès deux ans, deux ans et demi, pour les
familles qui le souhaitaient. C’était la section des « bébés ». Bien sûr, c’est petit. Mais les professeurs
des écoles sont de vrais professionnels, il y a un véritable projet éducatif de développement de l’enfant,
ce n’est pas juste de la garderie, loin de là. Donc il faut bien comprendre que pour certaines familles,
aller à l’école très tôt, c’est fondamental, d’un point de vue financier (c’est gratuit et cela permet aux
mamans de retourner travailler) et d’un point de vue éducatif, pour l’apprentissage du langage, de
toutes sortes de compétences et de la vie en société. (Pour certains enfants qui grandissent dans des
milieux défavorisés, l’école maternelle est un des moyens de compenser ces handicaps de départ.)
Mais bien sûr, cela coûte cher à l’Etat, qui a peu à peu diminué les budgets consacrés à l’éducation, ce
qui fait qu’aujourd’hui, les enfants, en général, ne peuvent aller à l’école qu’à 3 ans.
13. la rentrée: c’est le début de l’année scolaire, en septembre.
14. aller dîner chez quelqu’un /chez des amis: en France, on s’invite entre amis à la maison, autour
d’un bon repas.
15. c’est dur… quoi pour moi, c’est dur: ici, quoi sert à annoncer une nuance, dans un style oral:
Vanessa précise que c’est pour elle que c’est dur. (pas forcément pour toutes les mamans, mais pour
elle, ça l’est.) Elle aurait pu dire aussi: C’est dur… enfin, pour moi, c’est dur.
16. tu me raconteras ce que ça fait = tu me donneras tes impressions, tu me diras comment tu vis ça.
Comment cela se passe-t-il dans votre pays ?
– Comment sont gardés les enfants quand leur mère travaille ? En crèche, par des nourrices à
leur domicile, ou au domicile des parents ?
– En France, des familles s’organisent et se regroupent pour faire garder leurs enfants au
domicile de l’une ou l’autre famille par une assistante maternelle. Est-ce que cela existe chez
vous ?
– Est-ce difficile de trouver un mode de garde ? Est-ce cher ? En France, il existe des aides
financières. Cela favorise le travail des femmes.
– Si vous avez des enfants petits, est-ce que vous trouvez que c’est difficile pour vous de les
confier à quelqu’un d’autre ?

La naissance de Quentin
Comment cela se passe-t-il quand on travaille et qu’on attend un bébé ?
Comment s’organise ensuite la vie dans les premiers mois après la naissance ?
Congé de maternité, choix du prénom, allaitement, retour au travail, c’est de tout cela dont parle
Vanessa, jeune maman comblée d’un petit garçon qui pousse vite, très vite !
Transcription:
A: Anne / V: Vanessa
A: Bonjour Vanessa.
V: Bonjour.
A: Alors, tu es une jeune maman, en fait.
V: Oui, tout à fait, ouais. Il a deux ans maintenant.
A: Ah ! Quand même (1) ! Oui, ça passe vite, hein !
V: Oui, ça passe très vite !
A: Deux ans. Donc c’est un… un petit garçon.
V: C’est ça, qui s’appelle Quentin.
A: Et alors, il est né à quelle période de l’année en fait ?
V: En février, en 2010. En février.
A: D’accord. Oui, et toi, tu travaillais, en fait.
V: Oui, je travaillais avant. Donc je me suis arrêtée six mois avant… Six… Six semaines ! Six semaines
avant…
A: Oui, six mois, ça aurait été bien, non !
V: Ça serait bien, mais bon. (2)
A: Oui, six semaines, c’est le congé…
V: Six semaines.
A: … légal.
V: Voilà. Six semaines avant la naissance de Quentin. Et j’ai pris dix semaines après (3). Voilà.
A: Oui, d’accord. Donc tu as fait exactement ce qui est prévu par… par la loi en France et tout ?
V: Oui, et après j’ai rajouté mes congés (4) en fait, qui m’a permis… qui m’a permis de le garder
pendant sept mois avec moi. Le garder…
A: Ah oui ! Tu as pas repris au bout des dix semaines.
V: Non, pas du tout.
A: Oui, parce que là, c’était petit (5), hein ! C’est dur.
V: Oui, ça faisait beaucoup.
A: D’accord. Oui, tu as pu cumuler comme ça. C’est bien.
V: Voilà, c’est ça.
A: Et alors, avant, donc avant la naissance, tu t’es arrêtée six semaines avant. Bon mais tu travaillais.
C’était dur ou pas ? Ou à la fin, tu étais fatiguée ?
V: Non. Non, non. Je…
A: Tu étais en pleine forme (6).
V: En pleine forme ! Oui, oui, oui. Non, non (7), j’ai… j’ai bien profité de ma grossesse. Non, non, ça
s’est très bien passé.
A: Tu étais contente de t’arrêter quand même ?
V: Aussi, oui, oui.
A: Parce que ça veut dire quoi… Tu as arrêté… quoi… en décembre ? Quelque chose comme ça ?
V: En décembre… Ouais, début… début janvier, allez, on va dire début janvier.
A: Début janvier. D’accord.
V: Non, non (8), c’était une bonne période.
A: Et alors après, qu’est-ce que tu as fait, une fois que tu travaillais plus (9), là ? Tu as préparé tout ?
V: J’ai préparé la chambre de mon fils. J’ai profité pour (10) acheter…
A: Les vêtements…
V: Les vêtements de première naissance (11). Ça passe vite, quoi. J’ai… J’en ai bien profité, oui, oui.
A: Et donc après, bah il est né. Et bah ensuite, donc tu as profité de tes dix semaines plus la suite.
Alors ça t’a fait combien de [mois]… de temps, tu m’as dit ?
V: Ça m’a fait… Dix semaines… ça m’a fait…
A: Tu as repris quand en fait ?
V: Septembre.
A: Ah oui, tu as pu…
V: Début septembre.
A: Ouais, d’accord, de février jusqu’à septembre, tu as pu…
V: Voilà de février…
A: Parce que après, ici, enfin, il y avait les vacances, ouais, les grandes vacances.
V: Les vacances scolaires, donc qui m’a permis de…
A: Ah bah c’était bien alors !
V: … d’accumuler en fait.
A: Oui, oui, c’est bien tombé (12). Là tu t’es bien organisée ! Et au fait, oui, tu… enfin, tu savais si
c’était un petit garçon ou… avant qu’il naisse ?
V: Oui, oui, oui. Tout à fait.
A: Tu avais voulu savoir ?
V: J’ai… On a voulu savoir si c’était un garçon ou une fille.
A: Et vous aviez choisi le prénom à ce moment-là ou vous aviez… ?
V: Très tardivement. Je crois qu’il… que j’étais enceinte de huit mois.
A: Vous étiez pas d’accord ?
V: On n’était pas du tout d’accord. Et un jour, par hasard, dans la rue, j’ai entendu « Quentin ». Voilà,
qui m’a énormément plu. A mon mari aussi. Et depuis ce jour-là, voilà. Et on a appelé notre fils Quentin.
A: Et du coup, vous avez… Vous n’aviez pas cherché de prénom de fille. Si un peu, au départ peut-être
quand même ?
V: Oui, oui, oui. On avait pris… On avait réfléchi entre garçon et fille, oui oui.
A: Bon et alors après, quand tu… Donc après, tu es restée à la maison, tout ça, tu t’en es bien
occupée. Et après, bah, il a fallu reprendre le travail. C’était un choix ou c’était… Enfin, tu voulais
continuer à travailler ? Ou financièrement, c’était nécessaire ? Ou…
V: Un peu les deux mais le choix aussi de… d’aller travailler. J’avais besoin de… de retrouver une vie
active, une vie…
A: Avec des adultes.
V: Avec des adultes. Même que (13) c’est dur le matin de laisser mon fils mais j’avais besoin de… de
reprendre le travail. Je pense que sept mois, c’est…
A: Il était prêt à…
V: C’était prêt, voilà. Oui, oui.
A: Toi aussi, tu étais à peu près prête ?
V: Oui, oui, prête, à peu près. Parce que je l’allaité pendant sept mois.
A: Ah oui !
V: Voilà. Et après, quand j’ai repris le travail, je l’allaitais plus que (14) le matin et le soir. Et petit à
petit…
A: Et il a bien accepté… tout ça ?
V: Oui, très facilement, oui, oui. Très très facilement.
A: Bon, je te remercie.
(A suivre…)
Quelques explications:
1. Quand même: cette expression montre qu’on réalise tout à coup que ce petit gars a déjà deux ans
et qu’on est un peu surpris de voir comme le temps est passé vite.
2. six mois / six semaines: Vanessa voulait bien sûr dire six semaines, ce qui est le congé auquel ont
droit en France toutes les femmes enceintes qui travaillent. (en étant payées normalement bien sûr)
C’est le congé prénatal, avant l’accouchement.
3. dix semaines: c’est le congé après la naissance, ou congé postnatal. Les femmes françaises ont
donc un congé de maternité de 16 semaines. (6 semaines avant et 10 semaines après). Si on n’a pas
pris les 6 semaines en entier avant, on ajoute les jours non utilisés à ces dix semaines. Une femme a le
droit de travailler jusqu’à 3 semaines avant la date prévue de l’accouchement et peut donc reporter les
3 autres semaines après la naissance. Ou si elle accouche plus tôt que prévu, les jours sont reportés
après l’accouchement.
4. mes congés: ce sont les jours de congé, c’est-à-dire les vacances, auxquels a droit tout salarié.
Donc en ajoutant les 16 semaines légales de congé de maternité à ses jours de vacances, une jeune
maman peut repousser la date de reprise de son travail.
5. c’était petit: c’est une façon de dire: il était petit. C’est une façon de généraliser. On dit par
exemple: Trois mois, c’est petit.
6. être en pleine forme: être en parfaite santé et dynamique / Aller très bien physiquement
7. Oui, oui. Non, non: ça peut paraître bizarre d’employer ces deux mots contraires juste l’un à côté de
l’autre. En fait, c’est fréquent à l’oral. Vanessa dit « oui, oui » en pensant au fait qu’elle était en forme.
Et ajoute « non, non », parce qu’en même temps, cela signifie qu’elle n’était pas fatiguée.
8. non, non: à nouveau ce « non, non » alors que juste avant, il n’y a pas eu de question posée. C’est
comme précédemment, Vanessa veut dire qu’il n’y a eu aucun problème pendant sa grossesse.
9. une fois que tu travaillais plus = une fois que tu ne travaillais plus. N’oubliez pas la négation
complète à l’écrit. Ici, c’est juste la transcription fidèle de ce style habituel dans une conversation
ordinaire.
10. J’ai profité pour… : plus souvent, on dit: J’en ai profité pour… Ou alors, il faut dire: J’ ai profité de
mon congé de maternité / de cette période / de ces semaines pour… (comme le fait Vanessa ensuite)
11. de première naissance: on dit plutôt: les vêtements de naissance / les vêtements premier âge.
12. c’est bien tombé: tout s’est bien organisé côté dates.
13. Même que = même si
14. je l’allaitais plus que… = je ne l’allaitais plus que… (il manque ne: style oral jamais à l’écrit) = je
l’allaitais seulement le matin et le soir, après l’avoir allaité totalement avant.
Et chez vous, comment cela se passe-t-il ?
– Quelle est la durée du congé de maternité dans votre pays ?
– Est-ce que c’est possible de concilier vie de famille et vie professionnelle pour les femmes
dans votre pays ?
– Une majorité de femmes en France continuent à travailler après avoir eu des enfants. Qu’en
pensez-vous ?

Si seulement j’avais un portable !


Vous connaissez déjà Enzo, ce collégien de onze ans qui est entré en sixième en septembre dernier.
Quitter l’école primaire, c’est une étape dans la vie ! On se sent grand. Le problème, c’est que les
parents ont souvent du mal à considérer leurs pré-ados comme des grands, notamment quand il est
question d’avoir un téléphone portable !
A quel âge est-on assez grand pour posséder enfin l’objet magique ? Enzo n’est pas tout à fait d’accord
avec ses parents. C’est ce qu’il a expliqué à Eve. Ce qui est certain, c’est que l’âge du premier portable
ne fait que baisser !
Transcription:
( E : Eve / En : Enzo)
E : Alors Enzo, aujourd’hui je voulais qu’on parle des téléphones portables. Donc quel âge as-tu ?
En : J’ai 11 ans.
E : Et tu en as un ?
En : Non.
E : Et tu en voudrais un ?
En : Oui.
E : Mais… mais pourquoi tu (1) en as pas, alors ?
En : Parce que mes parents ne veulent pas. (2)
E : Ah ! Mais tu… tu sais pourquoi ils (1) veulent pas ?
En : Oui: parce qu’ils trouvent que je suis trop petit et ils disent que je n’en aurai pas besoin (2).
E : Et donc toi, tu penses le contraire ?
En : Oui.
E : Et pour toi, alors… Enfin, pourquoi il te servirait, le portable ? Explique-moi.
En : Beh si… Si je rate(3) le bus et que je ne peux pas rentrer à pied, bah que (4) je peux les contacter.
E : Oui. Mais dans ces cas-là, tu as… il y a toujours quelqu’un avec toi qui a un portable, non (5) ?
En : Oui, mais comme j’ai (1) pas leur numéro (6) en tête (7) et que eux, ils (8) ont (1) pas leur
numéro…
E : Ah , d’accord. Donc ce serait que pour si tu loupes (3) le bus ?
En : Si je loupe le bus ou pour d’autres choses aussi.
E : Comme quoi ?
En : Beh… Savoir… Si par exemple, j’ai des devoirs que j’ai oublié de marquer (9), que (4) je peux
contacter mes amis.
E : D’accord et sinon… donc sinon, tu as beaucoup de copains (10) qui ont de… des portables ?
En : Oui.
E : Beaucoup ou… Enfin, quelques-uns, ou… ?
En : Une dizaine.
E : D’accord. Et… et donc ils s’en servent pour quoi (11), eux (12) ?
En : Pour aussi contacter leurs parents et ils s’en servent aussi dans le bus pour jouer.
E : Ah, pour jouer !
En : Mais je m’en servirais pas tout le temps pour jouer quand même !
E : Pas tout le temps ? Donc tu voudrais bien un portable pour jouer aussi.
En : Pas exactement pour faire ça.
E : Mais si tu en as (13), tu jouerais avec. (14)
En : Oui.
E : Voilà. Et sinon, tu (1) trouves pas que ça fait un peu jeune pour avoir un portable ?
En : Non.
E : Parce que tu as juste 11 ans ! c’est (1) pas beaucoup… Comparé à tes frères et à tes sœurs, ils
l’ont eu à 11 ans, eux aussi ?
En : En fait, eux, ils l’ont eu plus tard.
E : Ils ont… Ils l’ont eu vers quel âge ?
En : Vers 14 et 15 ans.
E : Et donc ça veut dire qu’ils étaient en 4ème, 3ème ? (15)
En : Oui.
E : Et tu trouves que ça fait… enfin c’est … ça fait un peu… c’est un peu vieux, quoi, pour avoir un
portable ?
En : 13-14… ?
E : Non, 14-15 ans.
En : Non.
E : Bah alors (16) ? Pourquoi toi, tu… ? Parce que tu en veux un, en fait ! C’est pour faire comme tous
les autres ou… ?
En : Non, pas pour faire comme tous les autres. Mais ça me servirait pour contacter mes parents et
mes amis et…
E : oui, oui, c’est sûr. Mais… mais bon, les… les autres, ils te font… ils se moquent de toi ou… ?
En : Non, non.
E : Ah, non ! Ils se moquent pas de toi. Ils comprennent que tu as pas de portable ?
En : Oui.
E : Oui ?
En : Il y en a même des fois, dans le bus, ils (17) me le prêtent pour un peu jouer avec.
E : Ah oui ! Donc c’est sympa, quoi. D’accord, bon très bien, je te remercie.
En : De rien.
Des explications:
(1) Tu en as pas / ils veulent pas: Tu n’en as pas / Ils ne veulent pas. (Oubli de la négation ne,
comme très souvent à l’oral.)
(2) mes parents ne veulent pas / que je n’en aurai pas besoin: Enzo, lui, n’oublie pas toujours ne.
(3) Rater le bus : Manquer le bus. Ensuite, Eve utilise le verbe louper qui signifie la même chose mais
qui est plus familier.
(4) que je peux… : que n’est pas nécessaire (ni correct ici).
(5) non ?: à la fin d’une question, cela signifie qu’on attend en fait l’approbation de celui à qui on parle.
(6) leur numéro: c’est-à-dire le numéro de ses parents. Le piège avec les listes de contacts dans nos
portables, c’est que personne n’apprend plus par coeur les numéros de téléphone de ses proches !
(7) avoir en tête quelque chose = savoir quelque chose / se souvenir de quelque chose. (comme une
adresse, un nom, une date, etc… )
(8) ils: ici, ils’agit de ses copains. (qui, bien sûr, n’ont pas rentré le numéro des parents d’Enzo dans
leurs contacts à eux.)
(9) marquer les devoirs: les professeurs donnent du travail à faire à la maison et les élèves doivent
marquer ça dans leur agenda pour ne pas oublier.
(10) un copain: un ami. C’est le terme qu’on utilise tout le temps. (Le termeami est un peu plus
solennel en quelque sorte et fait plus adulte.)
(11) pour quoi: ici, il ne s’agit pas de Pourquoi. Eve veut savoir pour quoi faire ils se servent de leur
portable.
(12) eux: ce pronom reprend « ils » et cette structure sert à insister. C’est très fréquent en français oral.
On peut le placer aussi au début: Et eux, ils s’en servent pour quoi ?
(13) si tu en as: ici, Eve aurait dû dire: si tu en as un.
(14) si tu en as un…: théoriquement, il faudrait bien accorder les temps. Soit on dit: Si tu en as un, tu
joueras avec. (au présent et au futur). Soit on dit: Si tu en avais un, tu jouerais avec. (à l’imparfait et au
conditionnel présent). Mais souvent, à l’oral, on commence une phrase d’une façon, et en cours de
route, on change un peu. C’est ce que fait Eve ici.
(15) 4ème, 3ème : En classe de quatrième et de troisième, les deux dernières classes à effectuer du
collège. (Ensuite, on va au lycée.)
(16) Bah alors ! : c’est ce qu’on dit pour montrer qu’on ne trouve pas très logique ce qui vient d’être dit.
Eve trouve qu’Enzo se contredit un peu: il admet que 14 ans, ce n’est pas vieux mais il veut quand
même un portable à 11 ans !
(17) Il y en a même… ils me le prêtent: normalement, il faudrait dire: il y en a même des fois , dans le
bus, qui me le prêtent. Mais à l’oral, on perd parfois le fil de ce qu’on dit et on change un peu la
construction de la phrase. Ici, « ils me le prêtent » est séparé de « il y en a » par des fois et par dans le
bus. C’est pour ça qu’Enzo utilise ils au lieu de qui.
ET CHEZ VOUS? COMMENT EST-CE QUE CELA SE PASSE ?
– Est-ce que les enfants ou les pré-ados ont un portable ? A quel âge pensez-vous qu’on devrait
avoir son premier portable ?
– Est-ce que c’est impossible aujourd’hui de vivre sans portable ?
En 2012, c’est décidé, je vais…
Le mois de janvier est déjà bien avancé, les fêtes sont derrière nous.
Mais il est encore temps de vous souhaiter une très bonne année !
C’est aussi l’époque où nous sommes tous – ou presque – pleins de bonnes résolutions. Comme si
symboliquement, tous les espoirs étaient permis. Allez, on va y arriver ! En 2012, on va faire ci, on va
faire ça. Alors voici comment Mike voit l’année à venir et ce qu’il a décidé de changer ! Bravo !
(Bon, on prend rendez-vous avec lui dans quelque temps pour savoir si ses résolutions sont devenues
une réalité…)
Et vous, avez-vous pris de belles résolutions ?
Comme par exemple faire plein de français ?
Transcription
M: Mike / F: Franck
F : Oh ! Salut (1) Mike, tu vas bien ?
M : Salut, ça va et toi ?
F : Oui ! Nickel, nickel(2)… ben écoute (3) bonne année, hein ! Et meilleurs vœux !
M : Bonne année à toi aussi, hein!
F : Ouais merci, et puis surtout une bonne santé et puis écoute, de la réussite dans tes projets, hein.
M : Toi de même (4), la santé le plus important et toi aussi, de la ré… de la réussite dans les études
surtout.
F : Ouais, merci. Et dis-moi, tu as pris des… des bonnes résolutions un peu pour 2012 ?
M : Ah oui j’en ai… j’en… j’en ai une longue liste !
F : Ah ouais?
M : Ah oui, une longue, très longue !
F : Tu as pris quoi (5), par exemple, comme bonnes résolutions ?
M : Par exemple, déjà je vais manger plus équilibré.
F : Ouais.
M : Parce que à force de manger des pizzas, à force de manger des steaks frites, je commence à
prendre du poids et c’est pas bon(6) !
F : Et comment ça se fait (7) ? Tu as pas le temps ou bien tu sais pas cuisiner (8) ?
M : Non. En fait, c’est… J’ai pas trop le temps avec le… l’IUT, les études, tout ça, j’ai… j’ai pas trop le
temps de… de manger équilibré, de… donc… la plupart du temps je… je vais à des fast-food (9) , ou je
m’achète une pizza ou deux.
F : Oui, oui, mais pourtant y a… y a pas (10) un restaurant universitaire (11) près de… près de ton
campus ?
M : Si, justement ! Mais… Ils proposent des plats équilibrés mais… moi, en ayant l’habitude de manger
des steaks frites et tout ça, donc… comme ils proposent des steaks frites et ben, je choisis les steaks
frites !
F : Ah ah ! Ok ! Ouais. Et tu as pris d’autres bonnes résolutions ?
M : Oui… aussi… justement pour éliminer les kilos que je prends par rapport à… à… à la malbouffe…
à la malbouffe (12), eh bah je fais… je compte faire plus de sport !
F : Ouais… Tu… tu comptes faire quoi, comme sport ?
M : Ben déjà, courir.
F : Oui.
M : Courir, de la piscine et après, du sport avec les collègues (13) le week-end.
F : Oui, oui, ah c’est, c’est cool, c’est cool (14).
M : Voilà et ensuite… j’ai une autre bonne résolution, je pense peut-être que c’est la plus importante !
C’est me lever plus tôt le matin et… et arriver… et arriver en forme à l’école et pas… et pas fatigué,
avec les… les longues cernes (15) et encore les traces de l’oreiller sur le visage.
F : Ah oui ! Pourquoi tu… tu arrives souvent en retard le matin ?
M : Ça m’arrive de temps en temps en fait, je décale le réveil… parce que je… j’aime bien dormir le
matin et…
F : Ah ouais ?
M : Et donc, à force de décaler le réveil et ben, il arrive à un moment donné où je suis à la bourre (16)
et… et il faut que je fasse vite pour… pour me préparer, quoi.
F : Ouais, ben bon courage alors, hein !
M : Ah ben merci ! Parce que j’en ai bien besoin.
F : Bon allez, je te laisse, j’ai un truc (17) à faire ! Ciao (18)
M : Ok, ça va. Allez… .
F : A la prochaine (19).
M : A plus. (20)
F : Allez, ciao ciao.
Quelques explications:
1. Salut: c’est la façon familière de dire Bonjour (ou Au revoir aussi d’ailleurs!). On l’emploie avec ses
copains en général. (Jamais avec ses profs, ni son supérieur au travail, etc…)
2. nickel : mot familier qui signifie que tout va bien ! C’est comme: Très bien, super.
3. Ecoute : expression qu’on utilise à l’oral pour attirer un peu plus l’attention de celui à qui on parle.
4. de même : c’est ce qu’on répond pour souhaiter la même chose à quelqu’un. C’est comme dire: à
toi aussi. Par exemple:
– Bonnes vacances. / Bon weekend. / Bonne journée.
– De même.
5. Tu as pris quoi comme bonnes résolutions ? : Cette façon de poser une question est très
naturelle à l’oral. Plus correctement, il faut dire: Qu’est-ce que tu as pris comme bonnes résolutions ?
6. c’est pas bon ! : il y a une faute sur la négation, incomplète comme souvent à l’oral. Il faut dire: Ce
n’est pas bon, si on veut parler un français parfait.
7. Comment ça se fait ? = Pourquoi ? On utilise souvent cette expression pour demander la raison de
quelque chose, quand on est surpris.
8. Tu sais pas cuisiner ?: même remarque qu’à la note 6. La forme complète, c’est: Tu ne sais pas
cuisiner ?
9. un fast-food: c’est comme ça que les Français appellent ces restaurants bien connus.
10. Y a / Y a pas: ce n’est pas correct d’écrire juste ça bien sûr. Mais c’est ce qu’on dit à l’oral
familièrement, au lieu de Il y a / Il n’y a pas.
11. un restaurant universitaire : restaurant destiné aux étudiants et aux professeurs. Il y est proposé
des entrées, plats et desserts différents. Le prix est de 3€ afin que les étudiants puissent avoir accès à
un repas équilibré et peu coûteux. On dit aussi le resto U.
12. la malbouffe: ce terme apparu dans les années 80 désigne une alimentation industrielle et peu
équilibrée. (La bouffe, en argot, c’est la nourriture. Bouffer, c’est manger en argot.)
13. les collègues = les copains, pour les jeunes Marseillais. (Michaël n’a pas encore de collègues au
vrai sens du terme car il n’a pas encore d’emploi.)
14. cool : mot familier emprunté à l’anglais qui signifie « c’est bien »
15. les longues cernes: Michaël fait une faute car le mot cerne est masculin, donc il faudrait parler
de longs cernes (sous les yeux, quand on est fatigué).
16. je suis à la bourre: je suis en retard. (très familier et oral)
17. j’ai un truc à faire = j’ai quelque chose à faire. (familier et oral)
18. Ciao: les Français, surtout dans le sud, emploient souvent ce mot italien pour se dire au revoir
familièrement.
19. A la prochaine = à la prochaine fois. (Autre façon de se dire au revoir si on sait qu’on se reverra.)
20. A plus (on prononce le S): c’est un raccourci pour à plus tard. (On ne prononce pas le S). C’est
familier aussi et normalement seulement à l’oral. Ne l’employez pas avec n’importe qui, ni dans
n’importe quelle situation.
Et pour savoir pourquoi certains sont toujours en retard, vous devriez aller regarder la vidéo de
Norman.

Garçon !
La cuisine est l’une des spécialités de la France, mais pour la déguster, encore faut-il savoir passer
commande au restaurant… Que va vous proposer le serveur ou la serveuse ? Commande-t-on tout à
la fois ? Quelles sont les habitudes ? Mickaël est allé poser son micro sur une table d’un restaurant de
la région. Voici donc un petit exemple à l’heure du déjeuner !
Bon appétit !
Transcription:
Le serveur (S) / le client (C)
S : Excusez-moi monsieur, vous avez choisi ?
C : Oui. Alors, ce sera une entrecôte (1), s’il vous plaît.
S : Française ou allemande(2)?
C : Allemande.
S : La cuisson (3), s’il vous plaît, monsieur ?
C : A point (4).
S : A point ! Alors une entrecôte française (5) à point. Avec ceci, s’il vous plaît, monsieur ?
C : Un petit quart de rosé (6), s’il vous plaît.
S : Un quart rosé !
C : Vous mettez… Domaine (7)… un « Domaine Guerrand ».
S : Ah, je fais pas (8), monsieur. « Côte du Rhône », c’est bon ?
C : « Côte du Rhône », ben ça ira très bien.
S : Allez. Alors, je récapitule votre commande : donc nous avons une entrecôte française saignante (9),
et un quart rosé « Côte du Rhône »
C : Voilà, c’est ça.
S : Allez monsieur, je vous envoie ça de suite (10). Je repasserai tout à l’heure pour le dessert.(11)
C : Ok merci.
S : Avec ceci, monsieur ? Un apéritif ?
C : Oui: un « 51 » (12) s’il vous plaît.
S : Un « 51 », tube ?
C : Un verre tube (13).
S : Un verre tube ! Allez ! Je vous envoie ça de suite !
C : Merci.
Quelques explications:
1. une entrecôte: c’est le nom d’un morceau de boeuf qu’on fait cuire au grill ou à la poêle.
2. française ou allemande: ce restaurant est spécialisé dans la viande. Donc on peut choisir la
provenance de cette viande, c’est-à-dire où a été élevé l’animal. En fait, on ne vous posera pas cette
question très souvent ailleurs.
3. la cuisson: quand vous prenez de la viande de boeuf comme une entrecôte, un steak, on vous
demande comment vous la voulez, si vous la voulez plus ou moins cuite, donc plus ou moins rouge.
4. à point: ça veut dire que l’entrecôte sera passée sur le grill ou dans la poêle, mais pas trop
longtemps. Elle reste un peu rouge. Si vous la voulez moins cuite, il faut la demander « saignante« . Au
contraire, si vous ne la voulez pas rouge à l’intérieur, il faut la demander « bien cuite« . Mais le cuisinier
va trouver que c’est un sacrilège ! Dans ce cas, il vaut mieux prendre un plat différent où la viande est
cuite en sauce longtemps !
5. Le serveur se trompe en fait !
6. un petit quart de rosé: il s’agit de vin rosé, mais pas la bouteille entière de 75cl. Le client dit « un
petit quart« , mais un quart est un quart ! C’est juste une façon de parler.
7. Un domaine: les vins en France sont appelés par le nom du domaine, de la propriété et non pas par
le nom du cépage.
8. je fais pas: cela signifie: Je n’en ai pas parce que ce n’est pas un vin que je propose sur ma carte.
9. Encore une erreur du serveur ! Ce qui est bizarre, c’est que le client ne rectifie pas ! Il est souple !
10. je vous envoie ça de suite: je fais préparer ça en cuisine tout de suite et ça va venir rapidement.
C’est pour vous montrer qu’on s’oocupe de vous et que vous n’attendrez pas trop.
11. le dessert: la plupart du temps en France, on ne commande pas le dessert en même temps que
l’entrée, le plat principal et le vin. Le serveur ou la serveuse revient une fois qu on a mangé le plat,
avec la carte pour proposer les desserts. (Il peut aussi vous dire oralement ce qu’il y a comme
desserts)
12. un 51: c’est du pastis, un alcool à base d’anis qu’on dilue plus ou moins dans de l’eau, très
populaire dans le sud de la France notamment.
13. un verre tube: c’est la forme du verre, par opposition à un verre ballon.

L’entrée en sixième d’Enzo


Enzo, comme tous les enfants de son âge, vient de quitter l’école primaire pour rentrer au collège en
septembre, en classe de sixième. Il raconte comment se passe sa vie de collégien et nous donne ses
impressions sur les nouvelles matières qu’il étudie et sur ses professeurs. C’est un grand changement !
Il a l’air de bien apprécier.
Transcription:
Ev: Eve / En: Enzo
Ev : Bonjour Enzo.
En : Bonjour.
Ev : Alors, quel âge as-tu ?
En : J’ai 11 ans.
Ev : Donc tu es rentré en sixième ? (1)
En : Oui.
Ev : Au collège ?
En : Oui.
Ev : Alors raconte-nous ta rentrée !
En : Ben, ma rentrée des classes… Beh, le premier jour, ils nous ont fait … Ils nous ont passé les
papiers (2) et ils nous ont…. Et certains profs(3) nous ont expliqué certaines… certaines choses du
collège.
Ev : Les règles à respecter ?
En : Voilà, le règlement intérieur (4).
Ev : Oui.
En : Et après, le deuxième jour, on a commencé à travailler.
Ev : Tout de suite, alors ?
En : Oui, dès le 2ème jour.
Ev : Dès le 2ème jour. D’accord. Et tu trouves que ça… ça change du primaire (5) ?
En : Oui, ça change énormément (6).
Ev : Pourquoi ?
En : Parce qu’on a plus… on a plus de profs et on en a des différents.
Ev : Ouais.
En : Les… les cours de récréation (7) sont plus courtes.
Ev : Et ça te dérange pas (8) ?
En : Non.
Ev : Pourquoi ?
En : Parce que au… parce qu’au primaire… c’est vrai qu’on s’ennuyait (9) un peu à la récréation.
Ev : Mais tu pouvais jouer ?
En : Oui mais… Mais aussi, on s’amuse un peu.
Ev : D’accord. Et par… Et donc dans ta nouvelle classe, les… les gens, ils sont sympas (10) ?
En : Oui.
Ev : Et…
En : Ils sont tous sympas.
Ev : Et tu en connais beaucoup ? Enfin, tu en connaissais beaucoup de ton école ?
En : J’en connaissais que deux (11).
Ev : Et donc sinon, tu t’es fait beaucoup d’amis ?
En : Oui je m’en es (12) fait beaucoup.
Ev : Et donc, tu as une matière… enfin une matière, c’est le sport ?
En : Oui.
Ev : Tu fais du sport ?
En : Oui, par rapport au sport, j’ai… j’ai deux sports différents avec mon professeur.
Ev : Oui.
En : J’ai l’athlétisme et j’ai le handball (13).
Ev : Et ça te plaît (14) ?
En : Oui.
Ev : Et vs allez changer avec d’autres sports ? Ou toute l’année tu vas faire ce sport ?
En : On n’en… On ne sait pas encore.
Ev : Ah, vous ne ne savez pas ?
En : Non.
Ev : Et au niveau des professeurs alors, tu m’as dit que tu en avais beaucoup ?
En : Oui. Certains …
Ev : … sont gentils ?
En : Oui, certains sont gentils et d’autres, non ! Donc il y a ma première prof de français qui…
Ev : Elle est sympa ?
En : Un peu.
Ev : Elle est sévère (15)?
En : Oui.
Ev : Beaucoup ?
En : Oui.
Ev : Et donc tu as des nouvelles matières ?
En : Oui, j’ai… j’ai l’histoire des arts, j’ai l’éducation civique (16), j’ai… et j’ai la musique.
Ev : La musique ?
En : Oui.
Ev : Et donc en musique, comment ça se passe ? Vous jouez des instruments ? Vous chantez ? Vous
faites des contrôles (17) ?
En : Oui. On chante et on fait du piano.
Ev : Oui.
En : Et on a déjà fait quelques contrôles.
Ev : Et donc le piano, c’est… c’est difficile ?
En : Non, ça va.
Ev : Ça te plaît ?
En : Oui.
Ev : Oui. Et donc tu as des matières préférées ou…?
En : Oui. Matières préférées: j’ai les maths (18).
Ev : Oui.
En : J’ai le sport, si on peut le compter comme une matière.
Ev : Ouais, c’est pas… ouais.
En : Et j’ai un peu l’histoire.
Ev : Tu aimes bien l’histoire ?
En : Oui.
Ev : D’accord. Bon, bah merci, Enzo !
En : Au revoir.
Quelques explications:
1. La 6ème : la sixième, c’est la première classe du collège. On y rentre généralement à l’âge de 11
ans. Les années collège durent 4 ans (6ème, 5ème, 4ème et 3ème) avec à la fin, le brevet des
collèges, l’examen qu’on passe en 3ème pour clôturer cette période.
2. les papiers: ce sont tous les documents administratifs distribués aux élèves au début de l’année.
3. un / une prof : abréviation familière mais très courante de un professeur.
4. le règlement intérieur: c’est un document qui indique les règles à respecter au sein du collège, les
devoirs de chacun, les sanctions si on ne respecte pas ces règles.
5. au primaire = à l’école primaire.
6. énormément : synonyme de beaucoup.
7. Les cours de récréation : La récréation, c’est un moment de pause au milieu de la matinée et de
l’après-midi, ce qui permet aux élèves de se reposer, de s’amuser avant de recommencer les cours.
Cela dure à peu près quinze minutes. Les élèves vont dans la cour. C’est pour ça qu’Enzo parlent des
cours de récréation. En fait, il devrait dire juste les récréations. (La cour, c’est le lieu.)
8. Et ça te dérange pas ?: Abréviation orale de: ça ne te dérange pas ?
9. On s’ennuyait : on ne savait pas quoi faire.
10. Sympa: abréviation orale de sympathique. C’est un adjectif familier qui signifie gentil, agréable.
11. J’en connaissais que deux: façon orale de dire: Je n’en connaissais que deux. Ou J’en
connaissais seulement deux.
12. Je m’en es fait beaucoup : faute de conjugaison du verbe être. Il faut dire « je m’en suis fait
beaucoup ». C’est courant chez les enfants.
13. le handball: Enzo prononce ce mot comme football, basketball, etc… alors que normalement, en
français, on dit ça comme le mot « balle » à la fin.
14. Et ça te plaît?: Est-ce que tu aimes ? Est-ce que tu apprécies ?
15. Elle est sévère?: A opposer à sympathique /sympa.
16. L’éducation civique : nouvelle matière faite uniquement en collège. Cela parle des institutions
françaises (par exemple : le Gouvernement, le Sénat), des élections, des éléments de « savoir-vivre »
en société (les règles, les lois à respecter). C’est une éducation du citoyen.
17. un contrôle: un test.
18. Matières préférées, j’ai les maths: Ce n’est pas vraiment correct. Il faudrait par exemple
rajouter comme en début de phrase: Comme matières préférées, etc…

Au régime !
Un certain nombre de petits Français n’échappent pas aux problèmes de surpoids des pays
occidentaux: sédentarité, alimentation trop sucrée, trop grasse, trop industrielle, et c’est le début des
régimes pour certains, surtout dans un pays où par ailleurs, ce n’est pas si bien vu que ça d’être gros.
Esmeralda a raconté à Myriam les efforts qu’elle fait pour perdre du poids. Difficile de ne pas craquer.
Transcription:
E: Esmeralda / M:Myriam
M: Bonjour Esmeralda. Ça va ?
E: Ça va. Et toi ?
M: Ça va, merci. Alors, il paraît que (1) tu fais un régime ?
E: Oui.
M: Ce régime, il consiste à faire quoi ?
E: A perdre du poids.
M: Bah oui, ça, j’imagine ! Tu… tu … tu pèses à peu près combien de kilos (2) ?
E: 89.
M: 89 kilos ? Et tu dois… Tu suis une diététicienne ou tu le fais toi-même ?
E: Oui.
M: Tu… Tu suis une diététicienne ?
E: Oui. J’y vais deux fois par mois.
M: Deux fois par mois ? Et tu la… tu la payes combien ? Tu payes à chaque fois la consultation (3)
ou… ?
E: Non, c’est une fois par mois et c’est 40 €.
M: 40 € une fois par mois, c’est ça ?
E: Oui.
M: Et… tu… tu dois faire quoi ?
E: Je dois peser tous mes aliments, tout ce que je mange, sauf… sauf les… les légumes.
M: D’accord. C’est à volonté (4), c’est ça ?
E: Oui.
M: Et tu dois tout le temps peser: le matin, midi, pour le goûter (5)…
E: Oui. Tout.
M: Le soir aussi ?
E: Oui. Tout le temps.
M: Et tu dois faire beaucoup de sport à côté ?
E: Bah, oui. Je dois faire 45 minutes (6) de…de marche ou… Peu importe (7).
M: De sport, quoi.
E: Oui.
M: Minimum ?
E: Oui. C’est le minimum.
M: Et c’est… Tu le fais ou pas ?
E: Bah, pas tout le temps. Bah le jeudi, j’ai entraînement de… de badminton (8). Et le mardi, j’ai… j’ai
boxe.
M: Tu as de la boxe ? Mais normalement, c’est 45 minutes par jour, non ?
E: Oui. Mais je le fais deux heures.
M: Ouais. D’accord. Et tu as perdu combien de kilos depuis ?
E: Trois.
M: Trois kilos ? Et ça fait combien de temps que tu as commencé ce régime ?
E: Un mois et demi.
M: Un mois et demi. Et ça se passe bien pour l’instant ou c’est un peu dur ?
E: Bah en fait, ça devient dur.
M: Oui. Tu as le droit à quelques petites sucreries ou pas ?
E: Deux biscuits par… par semaine.
M: Par semaine ?
E: Oui.
M: Et tu obéis à cette règle ou… ?
E: Des fois, je… Des fois, non.
M: Des fois non ? Surtout pour une grosse gourmande comme toi, hein ! Et tu es en quelle classe ?
E: En quatrième.
M: Tu as quel âge ?
E: Quatorze ans et demi.
Quelques explications:
1. Il paraît que…: j’ai appris que… / J’ai entendu dire que… / On m’a dit que…
2. combien de kilos: le plus souvent, on dit juste: Tu pèses combien ?
3. une consultation: c’est le mot qu’on utilise pour désigner la visite chez un médecin.
4. à volonté: autant qu’on veut.
5. Myriam fait référence aux repas que font les Français. (le petit-déjeuner, le déjeuner, le goûter –
pour les enfants ou les ados – et le dîner. )
6. 45 minutes: on dirait qu’Esmeralda dit « 47 minutes », ce qui n’a pas vraiment de sens. (Ce n’est
pas aussi précis que ça !)
7. peu importe: ça n’a pas d’importance / c’est comme on veut
8. le badminton: Esmeralda prononce ce mot comme beaucoup d’ados – et certains adultes – et dit
quelque chose comme « babinton »,

Les pizzas du samedi soir


Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Question classique.
Pas trop envie de cuisiner ? Alors, direction le camion pizza du coin. C’est pratique, c’est bon, ça plaît à
tout le monde.
Jade nous emmène faire un petit tour dans le camion où elle travaille tous les samedis soirs, avec
énergie et bonne humeur.
Transcription:
J: Jade / A: Anne
A: Alors, bonjour Jade.
J: Bonjour.
A: Vous… Le… Qu’est-ce que vous faites le samedi soir ?
J: Tous les samedis soirs, je travaille donc dans un camion de pizza, de 18h30 à 21h30 normalement,
sauf s’il y a plus de demande, je reste jusque…
A: Un peu plus longtemps ?
J: Voilà, un peu plus longtemps.
A: Le temps qu’il y ait plus de clients.
J: C’est ça.
A: D’accord. Et alors, donc oui, c’est un camion pizza, c’est-à-dire un truc (1) typiquement marseillais.
J: Oui !
A: Donc comment ça se passe alors dans le camion pizza en fait ?
J: Alors, dans le camion de pizza, on est deux. Donc j’ai mon chef et moi. Donc lui, il prépare la pâte. Et
donc moi, je garnis les pizzas.
A: D’accord.
J: Et je les enfourne. Je prends les commandes et je fais régler donc les personnes qui viennent
récupérer leurs pizzas.
A: D’accord. Et alors… Mais pourquoi vous faites ça ? Enfin, vous avez trouvé le boulot comment ?
J: Alors, c’est des amis à mes parents, en fait, donc qui m’ont demandé si je voulais bien travailler avec
eux, tout ça (2), pour les aider parce que le samedi soir, en fait, c’est leur grand-père qui travaille dans
ce camion et il a besoin d’aide et du coup, parce qu’il y arrive pas (3) tout seul. Donc…
A: D’accord. Oui, oui, bah oui. Pour faire tout, c’est pas possible.
J: Voilà.
A: D’accord. Et alors, vous faites ça depuis quand ?
J: Ça va faire un an. Là, cet été, ça fera un an.
A: Ah ouais ! Bon sang ! (4) Tous les samedis, et…
J: Oui, tous les samedis.
A: Et l’été aussi, enfin, pendant les vacances ?
J: Tout l’été, oui.
A: Ah oui.
J: Tous les samedis aussi.
A: Et alors, il est… Il est installé où, ce camion ? Parce que…
J: Donc, sur Rognac (5), donc où j’habite. C’est… en fait, c’est sur le passage, on va dire… C’est sur
un passage. Voilà. Il y a une petite place et on est dessus.
A: Oui. On peut se garer facilement ? Donc on voit le camion pizza…
J: Voilà. Ils ont fait un… Ils ont fait un parking, tout ça, exprès (6).
A: Oui, oui, d’accord. Et alors, il y a beaucoup de clients ?
J: Oui.
A: Vous êtes connus… […]
J: Bah ça fait 25 ans qu’ils y sont.
A: Ah ouais, d’accord ! Et ils ont jamais en fait acheté une pizzeria, par exemple… enfin…
J: Non.
A: … Un truc en dur (7).
J: Non, je crois que le concept du camion…
A: Ça leur plaît.
J: Ouais.
A: D’accord. Ouais, ouais, ouais. Oui, c’est marrant, ça, hein. Et puis c’est vrai que, bah, ça a du
succès, en fait.
J: Oui.
A: Et alors, le samedi soir donc, c’est quoi, les clients ? C’est des gens qui…
J: De tout (8). On a donc des gens qui ont prévu avec des amis de manger des pizzas ce soir-là.
D’autres personnes qui, finalement, ils ont pas envie de faire à manger qui viennent. L’autre jour, on a
eu une mamie (9) qui gardait ses petits-enfants, que elle a dit… qu’ils avaient épuisée (10) toute la
journée. Elle a dit: « Bon, beh on va… Je vais prendre des pizzas, j’ai plus envie de faire à manger ! »
Voilà.
A: Oui, et c’est le succès assuré avec la pizza en plus !
J: Voilà, c’est ça.
A: D’accord. Ça peut être comme ça, au pied levé (11)…
J: Oui, voilà.
A: « Tiens (12), il y a un camion, on va s’acheter un truc à manger et… »
J: Oui, c’est ça. Ouais. Oui, la dernière fois, il y avait deux jeunes qui avaient faim. Donc ils nous ont
vus, ils se sont arrêtés…
A: Oui, d’accord. D’accord.
J: On a tout type…
A: Et alors, combien de temps il faut entre le moment où la personne vous demande une pizza et le
moment où vous lui donnez, quoi ? Ça dépend si il y a beaucoup de clients peut-être aussi.
J: Oui, voilà, c’est ça. En fait, à part si nous… Parce que on a des commandes aussi, donc ils peuvent
nous télephoner avant pour nous dire: « Pour telle heure, il nous faut tant de pizzas (13). » Donc quand
ça se passe…
A: D’accord, donc vous préparez et…
J: Voilà, donc quand ça se passe comme ça, on prépare après en fonction… par rapport aux clients qui
viennent directement au camion dire: « Je veux tant de pizzas. » On voit en fonction. Mais en général,
une pizza, on va dire qu’on met trois minutes…
A: Oui ? Ça cuit si vite que ça ?
J: Ouais. Trois, quatre minutes.
A: Combien vous en cuisez à la fois ? Il y a un four, quoi ?
J: Une. Ouais.
A: C’est une à la fois ?
J: C’est un four à bois, nous, qu’on a…
A: Oui, oui. Bon et alors, c’est quoi les grands succès des pizzas ? Qu’est-ce qui est très demandé ?
J: Alors, ce qui est très demandé… Alors, ça dépend des périodes.
A: Oui, c’est ça. C’est saisonnier.
J: Oui. Cet hiver… cet hiver, on a eu beaucoup de Quatre Fromages. Et là, l’été, on a plus de Royales,
donc Royale, dedans, il y a du jambon, des champignons et de la sauce tomate et de l’emmenthal.
Donc voilà, ça dépend.
A: Oui, en hiver, c’est plus consistant ?
J: Ouais, l’hiver, c’est plus fromage. Oui.
A: D’accord. Ouais, ouais, ouais.
J: On a remarqué ça.
A: Oui, parce que vous faites ça, oui, toute… tout le temps ?
J: Oui.
A: Parce que pour moi, la pizza, c’est un peu associé à l’été.
J: Ah, on a beaucoup plus de monde l’été. Parce que à part… On a beaucoup plus d’habitués l’hiver,
tout ça. Mais l’été, on a beaucoup plus de monde parce que justement, les gens, ils nous… Ils nous
expliquaient l’autre soir que ils invitent beaucoup de monde, ils reçoivent plus…
A: Oui, on est dans les jardins, tout ça…
J: On reste plus tard dehors. Voilà.
A: … sur la terrasse…
J: Voilà. Surtout qu’on est entourés que de villas, nous, en fait.
A: Ah ! C’est un endroit bien choisi.
J: Donc… Voilà.
A: Oui, parce que c’est ça, il y a quand même sûrement une stratégie, là, pour choisir l’endroit où on
fait ça .
J: Oui. Ouais. Ben on est…
A: Du passage. (14)
J: Oui. Il y a du pa[ssage].
A: Un parking ?
J: Oui, c’est ça. Ouais.
A: Et puis, oui, un quartier où les gens, peut-être, vont inviter les autres et se retrouver entre eux.
J: Oui, c’est ça. Surtout que il y a beaucoup… Donc les fêtes de voisins, tout ça, se font beaucoup (15)
là-bas. Donc ils se connaissent tous, donc de temps en temps, ils mangent ensemble. Donc… Après,
ils se rejoignent au camion. On les voit au camion. Tout le monde se connaît.
A: Bon, et alors je suppose que vous arrêtez pas une minute.
J: Non !
A: Ça doit être un peu crevant (16), non ? Il fait chaud ?
J: Très chaud.
A: Ouais, c’est ça.
J: Très, très chaud. L’hiver, il fait très froid.
A: Ah oui, bah oui, c’est ouvert.
J: Mais l’été, il fait très, très, très chaud !
A: D’accord. C’est les extrêmes.
J: Oui, c’est ça.
A: Bon, et vous aimez les pizzas ?
J: Oui.
A: Vous êtes pas dégoûtée après en avoir fait plein comme ça ?
J: Il y a des soirs, oui. Il y a des soirs où je peux pas !
A: D’accord. Non, bah, c’est bien. Et c’est payé correctement ?
J: Oui, je suis payée 10 € de l’heure.
A: C’est pas mal, ouais.
J: Ouais.
A: D’accord. C’est sympa parce que bon… Mais c’est ça, c’est pour récompenser quand même ce…
C’est un effort.
J: Oui. Ouais. Et en plus, on me laisse des pourboires.
A: Ah oui, alors. Ouais ?
J: Donc ça, je les garde.
A: Ah c’est vrai ? Il y a des pourboires ? (17)
J: Oui. On m’en laisse…
A: Ah, les gens, ils laissent…
J: Bah, ils ont décidé que, vu que j’étais sympathique… Souvent on me laisse… Donc voilà. Il (18) me
les laisse. Il les garde, parce qu’il y en a qui récupèrent, qui partagent. Lui, non, il me laisse tout. Tout
ce qu’on me donne, je le garde. Et si on finit plus tard, voilà, il me paye en plus.
A: Oui, donc c’est réglo (19) et tout se passe bien.
J: Oui. Très bien.
A: D’accord. Et vous faites quoi alors, avec cet argent que vous gagnez ?
J: Alors, plein de choses ! Ça dépend. Soit, bah si j’ai besoin de quelque chose en particulier, de
vêtements, parce que j’aime beaucoup la mode !
A: D’accord.
J: Autrement, bah, pour l’essence pour venir jusqu’à l’IUT, parce que j’habite pas à côté quand même.
A: Ah oui, d’accord.
J: Et vu que je viens en voiture…
A: Ouais, donc il y a le côté plaisir, on se fait des petits plaisirs.
J: Voilà.
A: Mais il y a aussi…
J: Il y a aussi le côté, pour payer mon essence.
A: L’obligation…
J: Ouais.
A: Eh oui, puis en plus, elle est chère, hein, quand même !
J: Oui, très chère !
A: Donc c’est vous qui financez ça ? Les parents, non ?
J: Non. Non, non. Je… Je me débrouille toute seule.
A: D’accord. Bon, bah écoutez, la prochaine fois que je mange une pizza, je penserai à vous !
J: Oui !
A: Bon, j’habite pas du côté de (20) Rognac mais sinon, je serais allée vous… vous voir. Et puis, bah
c’est bien. Bah, continuez bien alors tout l’été.
J: Oui, merci. Oui.
A: D’accord. Merci beaucoup.
Quelques explications:
1. un truc: quelque chose (familier). Attention, si vous utilisez quelque chose, qui est moins familier,
plus neutre, il faut rajouter « de »: quelque chose de typiquement marseillais.
2. tout ça: dans un style familier, ça sert à ne pas donner tous les détails de l’histoire.
3. y arriver: ce n’est pas comme le verbe arriver. Cette expression signifie: réussir à faire quelque
chose. On dit par exemple: Tu y arrives ou tu as besoin d’aide ? / Je n’y arrive pas. Tu peux m’aider ?
4. Bon sang ! : cette exclamation marque la surprise. (familier)
5. sur Rognac: encore un exemple qui montre que de plus en plus de gens utilisent « sur » à la place
de « à », qui est pour le moment considéré comme seule forme correcte pour les villes: à Rognac.
6. exprès: spécialement pour ça.
7. en dur: un bâtiment, une boutique, etc… avec de vrais murs.
8. de tout: de toute sorte.
9. mamie: c’est comme ça que beaucoup de petits-enfants appellent leur grand-mère.
10. épuiser quelqu’un: fatiguer quelqu’un énormément.
11. au pied levé: au dernier moment, sans avoir rien prévu ou préparé, en improvisant.
12. Tiens: dans ce cas, ce verbe n’a plus du tout le sens du verbe tenir. C’est juste pour attirer
l’attention de celui à qui on parle.
13. tant de pizzas: c’est ce qu’on dit pour sous-entendre un nombre. Jade ne veut pas donner un
chiffre précis parce que c’est un exemple général. (Ici, tant de ne signifie pas du tout tellement de)
14. du passage: un endroit où il y a du passage, c’est un endroit où il y a beaucoup de monde qui
passe.
15. se font beaucoup: sont fréquents / fréquentes
16. crevant: fatigant (familier)
17. les pourboires: c’est surprenant, car d’une part, les pourboires ne sont pas du tout obligatoires en
France et en plus, les pourboires ne concernent que les serveurs dans les restaurants, ou le personnel
dans les hôtels par exemple. Mais comme le service est compris, beaucoup de gens ne laissent rien.
Donc Jade a de la chance !
18. Il: Jade parle de son patron.
19. c’est réglo: c’est juste, tout est fait dans le respect de la loi, des règles. (familier)
20. du côté de: dans les environs / dans ce coin-là.
Sur facebook ou pas ?
Ces dernières années, nos modes de communication ont beaucoup évolué: téléphones portables,
SMS, emails, messageries instantanées font partie de notre vie quotidienne. Et bien sûr, les réseaux
sociaux, avec facebook notamment.
Facebook est arrivé en France en 2008. Avec environ 19 millions d’utilisateurs – 31%, seulement, des
Français – ce site est devenu incontournable chez les ados et les jeunes adultes.
Julie, Rachida, Yannis, Myriam et Grégory racontent comment ils s’en servent – ou pas.
La discussion est plutôt animée !
Transcription:
M: Myriam / G: Grégory / R: Rachida / J: Julie / Y: Yannis / A: Anne
A: Bonjour à tous.
Tous: Bonjour.
A: Alors, est-ce que vous avez tous un compte facebook ?
Tous: Oui / Non.
A: Oui ? On est combien, là ? Vous êtes cinq… Trois, quatre, cinq. Donc cinq comptes facebook ?
M: Non, j’en ai pas. (1)
G: Cinq comptes ? Non, quatre.
M: Je trouve pas ça intéressant.
A: Bon, alors quatre comptes facebook et une anti-facebook. Alors, pourquoi, Myriam ?
G: Et… et un compte inactif.
M: Ben, j’aime pas raconter, en fait, ma vie. J’aime pas que les gens sachent… ma vie, avec qui je
parle.
A: Mais vous en avez jamais eu ou… ?
M: Non, jamais, jamais.
A: Vous avez pas essayé.
M: Non.
A: D’accord. Donc c’est le refus total.
M: Voilà.
A: Et Grégory, lui, il en a un mais…
G: Ben, moi, je ressens pas véritablement un besoin de… d’utiliser facebook, bien que ça m’a permis
(2) de retrouver quelques copains. Mais bon, je trouve que c’est une perte de temps, donc j’ai arrêté,
parce que c’est…
A: Oui, c’est ça. Pourquoi ? On y passe beaucoup de temps ?
G: C’est des redondances (3), toujours la même chose et voilà. Donc j’ai arrêté.
A: Bon.
G: C’est… c’est une perte de temps. C’est inutile.
A: Mais vous le gardez quand même au cas où…
G: Oui, voilà, au cas où.
A: … quelqu’un veut vous contacter ?
G: Voilà, bon, c’est ça.
A: D’accord.
G: Exactement.
A: Bon, et les autres, alors ?
R: Bah, moi, j’en ai un. J’y vais de temps en temps. Ça me permet…
A: Elle rit parce qu’en fait, c’est pas de temps en temps ?
M: C’est pas vrai ! C’est pas vrai. Elle y va très, très souvent !
Y: Rachida est une accro (4)…
R: Non, c’est pas vrai ! En fait, je fais comme Grégory. J’en ai un. Ce… C’est bien parce que ça me
permet de… de garder le lien avec ma famille.
M: Voir les potins (5).
R: Voir les potins.
J: Oui, ça c’est vrai que des fois, c’est rigolo (6).
R: Garder le lien avec ma famille, mes amis.
A: Ah oui ? Parce que la famille est sur Facebook aussi ?
R: Oui.
A: Mais qui, la famille ? Les parents ?
R: La famille un peu. Ma famille du Maroc. Surtout mon oncle. Après, j’ai mes frères et… mes frères et
soeurs, qui sont pas forcément chez moi. Et après, j’ai des amis aussi d’enfance ou des amis qui
étaient avec moi au lycée. Et comme on est partis étudier dans des villes différentes, bah, ça permet
de… de rester un peu en relation aussi.
A: Oui, oui. C’est quoi ? Vous regardez les photos ?
R: Oui, elles aussi, certaines… Enfin, elles mettent pas toutes des photos non plus parce que , enfin,
on est un peu d’accord sur ce point de pas mettre toute sa vie dedans, enfin sur Facebook. Je trouve
que c’est pas…
A: D’accord. Vous limitez un peu.
R: Voilà. Moi personnellement, j’ai pas de photos. Ma page d’entrée, c’est des petits canards, quoi.
Enfin… Deux petits canards. Donc… non, je mets pas de photos.
A: D’accord. Mais vous avez combien d’amis sur Facebook ?
R: D’amis ? Je dois en avoir 54.
A: Ah, quand même !
G: J’en ai deux.
Y: C’est pas beaucoup, 54.
J: C’est vrai. Comparé à certains…
R: Certains, ils en ont…
A: Julie, Julie, combien vous en avez ?
J: J’en ai pas loin de 200 (7).
A: Et alors, vous mettez quoi, vous ?
J: Je regarde de temps en temps les gens ce qu’ils mettent (8). C’est plus… Enfin, passé un temps, je
m’en servais beaucoup pour… ben pour dire de temps en temps des banalités: par exemple, bah, « J’ai
lavé ma voiture. Elle est toute propre. Trop bien (8) », quoi. Bon…
A: Ah oui ?
J: Non mais c’est l’humeur du moment qui passait. Et au fur et à mesure, il y a des gens avec qui, bah,
je m’entendais plus, et avec qui je voulais plus avoir de relations. Donc je me suis restreinte sur ce que
j’écrivais parce que je voulais pas qu’ils sachent ce que je faisais. Et même sur les photos, ça fait… ça
doit faire un an que j’ai pas mis de photos non plus.
A: Mais on peut choisir à qui on les montre.
J: Oui, oui, on peut choisir. Mais après, bon, il y a des amis en commun qui font que… Bah des fois, je
fais attention à ce que… à ce que j’écris.
A: Oui, c’est ça, par un autre biais, quoi. Pas par le compte direct mais par des photos de ph[…] Enfin
des… des comptes d’amis et tout ça.
J: Ouais.
A: D’accord. Donc vous êtes un peu… C’est un peu la désillusion par rapport à l’usage qu’on peut en
faire.
J: Après, parce que ben, ils ont rien à faire vraiment de la journée. Et il y en a, c’est de temps en
temps pour donner un petit potin, comme ça. Et… mais des fois, il y a… On peut apprendre des trucs,
ça, c’est vrai, sur, bah, sur ce qui se passe sur les gens. Et c’est rigolo.
A: Oui, oui. D’accord.
M: Mais c’est un peu risqué aussi, parce que après, plus tard, les employeurs, ils peuvent regarder nos
photos, les amis.
G: Mais c’est sécurisé.
M: Mais non, parce que la dernière fois, j’ai vu un reportage, en fait, ils vendent…. Facebook, ils
vendent les informations…
R: Les bases de données.
Y: C’est les Américains.
J: Même en France.
M: Même en France, hein.
G: Oui, mais qui c’est-ce qui le fait, ça ?
M: C’est facebook qui vend aux autres entreprises, à l’employeur.
A: Bah la confidentialité, c’est un problème sur Facebook quand même, quoi, de toute façon. Et vous
avez bien vu, là, que… c’est quand ? C’est l’an dernier, là, il fallait choisir des tas de choses (10).Enfin,
il y avait plein de réglages à faire si on voulait pas que tout le monde ait accès à tout… Mais c’est…
Y: Oui, parce qu’ils estiment que si… si on bloque pas, en fait, ils ont le droit de le…
A: Voilà.
Y: … de faire ce qu’ils veulent. Donc…
A: Oui, oui. Oui, oui, c’est ça le principe au départ donc… Et vous, ça vous embête (11), Yannis, alors ?
Y: Bah moi, j’ai… j’ai rien en fait. J’ai… Il y a… il y a mon nom, il y a où je suis en ce moment et…
A: Un canard !
Y: Y a pas… Non ! Non, il y a une photo de moi.
A: Ah bon.
Y: Bien habillé et tout. Mais je veux dire, il y a pas ma date de naissance, où je suis né, etc… des trucs
comme ça, je les ai pas mis.
G: Mais tu as dit… tu as dit si c’était un homme ou une femme ?
Y: Oui, non mais ça, il y a la photo, donc normalement, ça se devine (12) !
G: Ah, tu as mis ta photo.
Y: Oui, et normalement…
G: Parce que moi, j’ai mis une photo de montagne. Donc on sait pas ce que c’est. Des blocs de
pierre…
J: Non mais attends (13), Grégory, excuse-moi, c’est pas tellement un prénom de fille !
A: Alors, pourquoi vous en avez un ?
Y: Ben moi, je m’en sers essentiellement pour garder contact avec les gens de… de Strasbourg où
j’habitais avant.
A: Ah oui.
Y: Donc… Mais en fait, je regarde si il y des… des événements importants. Des fois, ils… il mettent si
ils ont eu le permis, si ils ont une école, si ils ont eu le concours (14), tout ça. Sinon…
A: D’accord. Mais vous, vous mettez rien ?
Y: Moi, je mets rien. Je mets juste, voilà, que…
A: Il est juste voyeur !
Y: J’ai… j’ai… Les deux derniers trucs que j’ai mis, c’était que… J’ai même pas mis que j’ai eu mon
permis. Et j’ai juste mis que je… que je stressais pour le concours quand même, sinon, je… je mets
rien, quoi.
J: Oui, enfin… Bref ! (15)
J: Julie n’est pas d’accord !
J: Non, pas tout à fait, non.
Y: J’ai rien mis dessus.
J: Oui, c’est ça ! (16)
A: Bon, on va pas entrer dans les détails, hein. Bon, et vous trouvez que c’est… sinon, c’est une perte
de temps ? Enfin, ça prend beaucoup de temps ? Vous connaissez des gens qui y passent beaucoup,
beaucoup de temps ?
J: Ah oui, il y en a qui passent [beaucoup] de temps.
Y: En fait, c’est pas une perte de temps, dans le sens où, si on l’utilise normalement. Mais après, se
connecter pour dire que…
A: C’est un peu…
Y: Moi, je connais des gens qui se connectent pour dire que, en ce moment, ils sont en cours…
A: Oui.
R: Ils s’ennuient.
Y: Tout… tout le monde s’en fiche (17), quoi, en fait !
A: Oui, oui, c’est ça, ouais. Ça devient tellement banal que c’est…
Y: Pour dire que: « Hier, enfin, il y a une heure, on a bu de l’eau. » Voilà. Tout le monde s’en fout (18),
quoi !
M: J’ai mangé une pomme !
A: Vous êtes très critique !
Quelques explications:
1. j’en ai pas: forme orale de « Je n’en ai pas ».
2. bien que : normalement suivi du subjonctif. Grégory aurait dû dire: « Bien que ça m’ait permis… »
3. une redondance: une répétition
4. accro: elle ne peut pas s’en passer. (familier). On dit: Elle est accro à facebook.
5. les potins: les petites histoires qu’on se raconte sur les gens, pas toujours très vraies. Des
commérages.
6. rigolo: amusant, drôle. (familier)
7. pas loin de 200: presque deux cents.
8. Je regarde les gens ce qu’ils mettent: phrase très orale. La phrase correcte (et écrite) serait: « je
regarde ce que les gens mettent. »
9. trop bien: super / génial. Cette expression est devenue à la mode chez les jeunes surtout. (familier)
10. des tas de choses: beaucoup de choses. (familier)
11. ça vous embête ? = c’est un problème pour vous ? / Est-ce que ça vous ennuie ? (plutôt familier)
12. ça se devine: on peut le deviner (grâce au prénom)
13. Non mais attends: on dit ça quand on n’est pas vraiment d’accord avec ce que quelqu’un a dit et
qu’on veut le lui faire remarquer.
14. avoir un concours: réussir les examens d’entrée dans une grande école, une école de commerce.
(Il faut être classé dans les premiers pour être admis.)
15. Oui, enfin… Bref ! : c’est une façon de dire « Je ne vais pas tout vous dire / je ne vais pas vous
donner tous les détails, mais ce qu’il raconte ne correspond pas bien à la réalité ! »
16. Oui, c’est ça: on peut dire ça, avec ce ton, pour montrer qu’on n’est vraiment pas d’accord avec ce
que quelqu’un vient d’affirmer. (Le ton est important, pour montrer qu’on est ironique.)
17. Tout le monde s’en fiche: ça n’intéresse personne. (familier)
18. Tout le monde s’en fout: c’est comme « tout le monde s’en fiche », mais en moins poli. (Très
familier, et péjoratif). Un verbe neutre serait: « Tout le monde s’en moque. »
Vertigineux !
Ces dernières semaines, un certain nombre de Français ont pris des vacances pour aller à la
montagne. Il faut dire qu’il y a beaucoup de possibilités en France. Il y en a pour tous les goûts: petites
ou grandes stations, ambiance familiale ou plus sportive. Alors, dès que l’hiver revient, Romain a du
mal à résister à l’appel de la neige ! Il a attrapé le virus quand il était petit ! Tous les ans, il s’organise
donc pour avoir le budget pour s’offrir au moins une semaine sur les pistes en février. Cette année, il
est retourné à Tignes. Très grande station, très bien équipée. Mais parfois, il y a des petits ratés…
C’est ce qu’il raconte aujourd’hui.
Transcription:
A: Anne / R: Romain
A: Bon je sais que les vacances (1) sont déjà un peu loin pour toi mais quand même, ça devait être
bien, non, tes vacances à Tignes (2) !
R: Oui, je suis parti au début du mois de février.
A: Oui. Pour skier.
R: Une semaine au ski (3), oui.
A: Et alors, c’était de la bonne neige, du beau temps ?
R: Oui, la neige était… elle était excellente. Il a neigé deux jours mais le reste du temps, c’était un beau
soleil. Donc on a eu de la chance.
A: D’accord. Et alors, tout s’est bien passé ?
R: Bah, tout s’est bien passé. On a eu un petit incident sur le téléphérique de la Grande Motte.
A: Oh !
R: Donc c’est le téléphérique qui permet d’accéder au… au sommet du domaine skiable (4), donc à…
sur le glacier à 3456 mètres d’altitude.
A: Oui, oui, c’est… c’est une grosse cabine.
R: Oui, voilà, c’est des cabines qui… C’est une grosse cabine qui prend plus de 100 personnes, je
pense, 115 personnes.
A: Oh ! Quelle horreur !
R: Et donc, ce qui s’est passé, c’est qu’on est… donc on est rentré tous. Mais c’est vrai qu’on… J’avais
l’impression qu’on était plus que d’habitude, parce que j’ai l’habitude de le prendre régulièrement. Et
c’est vrai que là, on était quand même très serrés, par rapport à d’habitude.
A: C’était bizarre.
R: Voilà, c’était bizarre. Et donc la… la cabine a démarré, et puis au bout de… de quelques minutes,
c’est… elle s’est arrêtée brutalement.
A: En plein milieu de… rien ?
R: Voilà, en plein milieu, en plein milieu, au-desssus du vide.
A: Ah ! Mais c’est… c’est très, très haut, non !
R: Oui, et puis ça s’est mis à balancer (4).
A: Ah oui !
R: Et donc…
A: A cause du vent ? A cause de quoi ?
R: Non, non, c’est pas le vent. C’est qu’elle s’est arrêtée brusquement, donc avec la vitesse, elle
s’est…
A: Ouh ! Ça doit faire un choc, ça !
R: Ça a balancé. Et puis, le… donc le… parce qu’ il y a un pilote à l’intérieur qui…
A: Qui commande tout ça.
R: Qui commande, voilà, qui commande la cabine… nous a dit qu’en fait, on était trop chargé. Donc il y
avait trop de personnes à bord. Donc on devait retourner au point de départ à vitesse très réduite.
A: Non… Quelqu’un doit sauter !
R: Voilà !
A: C’est vrai ? C’était… Elle était surchargée.
R: Voilà, elle était surchargée. Donc on est revenu à la gare de départ à vitesse réduite.
A: Ah oui… Ça doit être assez impressionnant, quand même, non ?
R: Oui, puis ensuite, il a fait descendre quelques personnes… Une… Cinq, cinq, six personnes. Mais il
y a d’autres personnes donc qui étaient plus au fond de la cabine qui se sont mises à… à paniquer, qui
voulaient descendre, alors que la cabine était déjà repartie…
A: Ah !
R: Et qui se sont mis à faire un malaise (6)…
A: Les pauvres !
R: … à l’intérieur.
A: Ah oui ?
R: Donc là, il a relancé un arrêt d’urgence.
A: A cause des gens ?
R: A cause des gens, oui. On est encore revenu à la gare de départ et là, il a fait sortir les… les gens
qui étaient…
A: Qui se sentaient mal.
R: Voilà, qui se sentaient mal.
A: Quelle aventure ! Et après, toi, qu’est-ce que tu as fait, alors?
R: Bah, nous, on est aussi descendu du coup (7), parce que bon, après… Ça commençait à traîner (8).
Et puis c’est vrai que…
A: Deux fois comme ça !
R: Oui, voilà.
A: Puis on dit « Jamais deux sans trois »! (9)
R: Oui, voilà ! Donc on est sorti, puis on est allé faire d’autres pistes (10) ailleurs.
A: Ah bon, d’accord. Et tu l’as repris, après, ce téléphérique ?
R: Oui, oui, je l’ai repris après. Il y a… Il y a pas eu de problèmes.
A: Oui, oui, et c’est ça, tu avais vraiment l’impression que là, ils avaient fait une erreur, enfin…
R: Oui, c’est… parce que normalement, le… le nombre de personnes est… Enfin ils comptent le
nombre de personnes au moment où on embarque avec des portes… avec des… des tourniquets.
A: Automatiques, là, ouais.
R: Voilà, des tourniquets automatiques.
A: Quand tu passes, ça compte, oui.
R: Qui sont… enfin qui se bloquent dès que le nombre de personnes maximal est atteint. Et là, c’est
vrai que j’ai l’impression qu’il y a eu un problème dans ces… ces tourniquets.
A: Oui, ça n’a pas fonctionné normalement.
R: Il y a trop de monde (11) qui s’est… qui est passé.
A: Bon ! Ouh là, là ! Ça doit être impressionnant, quand même parce que… !
R: Ah oui, c’est… c’est haut au-dessus du sol.
A: C’est vertigineux (12). Oui. Bon. Vive le ski !
R: Oui !
Quelques explications:
1. les vacances: les Français prennent souvent des vacances en hiver pour aller à la montagne par
exemple.
2. Tignes: une des plus grandes stations de ski en France, dans les Alpes. Le domaine skiable s’étend
sur les stations de Tignes et de Val d’Isère.
3. une semaine au ski: le ski, c’est un sport. Mais on dit souvent qu‘on va au ski, qu’on a passé une
semaine au ski, comme si c’était un lieu. Evidemment, si on ne skie pas, on dit qu’on va à la montagne,
ou à la neige.
4. le domaine skiable: c’est l’ensemble des pistes dans une station de ski.
5. balancer: on peut dire aussi « se balancer« : La cabine a commencé à se balancer.
6. faire un malaise: se sentir mal. On dit aussi : avoir un malaise.
7. du coup: donc, par conséquent (plus familier que « par conséquent« , qui est d’un style assez
soutenu)
8. ça commençait à traîner: ça devenait vraiment trop long, à prendre trop de temps.
9. Jamais deux sans trois: c’est un proverbe basé sur la croyance que quelque chose qui s’est déjà
produit deux fois a de grandes chances d’arriver une troisième fois.
10. faire d’autres pistes: skier sur d’autres pistes. On utilise souvent le verbe « faire » dans ce
contexte: j’ai fait une piste noire.
11. trop de monde: c’est plus naturel de dire ça que « trop de personnes ». C’est la même chose
avec: beaucoup de monde / peu de monde. Pensez à utiliser le mot « monde » dans ces expressions.
12. vertigineux: qui donne le vertige. Quand on regarde en bas, on a le vertige.

Home sweet home !


Camille est une jeune femme qui vit avec son compagnon depuis plusieurs années. Evidemment, le
problème, c’est de se loger car les loyers ont beaucoup augmenté en France ces dernières années. Ce
jeune couple était installé dans un appartement qui lui convenait bien. Mais leur propriétaire les a
informés qu’il ne souhaitait plus louer ce logement. Alors, début des recherches, visites
d’appartements, puis travaux d’aménagement, histoire de se sentir vraiment chez soi dans un
appartement refait à neuf ! C’est cette période de transition – où les parents ont aussi leur importance –
que raconte Camille à Julie.
Transcription:
C: Camille / J: Julie
J : Bonjour Camille.
C : Bonjour Julie.
J : Alors, ça fait 6 ans que tu vis avec ton compagnon et là récemment, bah, vous avez décidé de
changer d’appart (1). Alors pourquoi ?
C : Alors, ça faisait environ 3 ans qu’on était dans l’appartement. Puis on a reçu une lettre de notre
propriétaire nous informant que il voulait récupérer son appartement. Et donc, il mettait… il mettait fin à
notre bail (2).
J : D’accord ! Et alors, vous avez fait comment après ? Vous en avez recherché un ? Vous êtes repartis
chez tes parents ? Comment ça s’est passé ?
C : Donc sachant que cet appartement, on était en location privée, et que le loyer était assez élevé, on
a décidé de se diriger plutôt vers un organisme HLM (3) pour avoir un loyer un peu plus abordable. Et
donc, on s’est adressé donc (4) à différents organismes qui existent sur… sur (5) notre ville. Et on a
déposé nos dossiers et on a attendu qu’ils nous contactent pour nous donner un appartement.
J : Et vous avez attendu longtemps ?
C : Alors…oui. On a attendu environ 3 mois.
J : D’accord ! Et vous aviez eu à peu près combien de propositions ?
C : On a eu en tout quatre propositions.
J : D’accord ! Vous avez visité chaque appartement ?
C : Voilà. Donc sachant qu’on a eu un… une première visite où le logement était…était à la limite de
l’insalubrité (6)…
J : D’accord !
C : … Donc on n’a pas accepté. Et ensuite, on a eu deux autres appartements mais qui ne… deux
autres propositions d’appartements, mais les appartements ne nous convenaient pas.
J : D’accord ! Et donc le dernier, là, celui dans lequel vous êtes en train d’emménager (7).
C : Donc voilà ! Et ensuite, on a visité celui-ci qui nous a convenu, et donc on a attendu que les
locataires qui étaient là avant nous quittent l’appartement pour pouvoir…pour pouvoir récupérer les
clefs.
J : D’accord. Et donc là, ça y est, vous êtes en train d’emménager ?
C : Donc là, ça fait 3 semaines que nous sommes en train d’emménager, donc sachant qu’on a fait
quand même pas mal de travaux dans l’appartement…
J : Vous avez fait quoi à peu près (8)?
C : Donc dans l’appartement, on a refait donc tout ce qui était peinture. Sachant que dans le salon, il y
avait une tapisserie (9) qui était posée et en-dessous, c’était du béton vibré (10) – donc du béton lisse
avec des trous – et donc il a fallu enduire tous les murs pour pouvoir poser les peintures.
J : Ok ! Ça, ça prend bien du temps.
C : Voilà, tout à fait !
J : Et après, vous avez fait…vous avez passé de la peinture ou vous avez remis de la tapisserie ?
C : Donc on a peint toutes les…toutes les pièces, hormis (11) la chambre où il fallait enduire et on
n’avait pas forcément le temps donc, parce qu’on est un peu pressé d’emménager après 3 mois chez…
chez mes parents. Donc du coup, on a mis de la tapisserie.
J : D’accord ! C’était pas trop dur de repasser (12) chez tes parents quand ça fait à peu près trois ans
que tu vis avec ton…avec ton chéri (13) ?
C : Si, c’est vrai que c’est…Il faut se réhabituer à pas mal de choses, sachant que quand on est chez
soi, on prend certaines habitudes, que on ne peut pas garder quand on retourne chez nos parents.
Mais bon…il faut… il faut se dire que c’était pas…On savait que c’était pas indéfini (14) et…
J : Oui, c’était pour un temps…
C : Oui. Voilà, c’était que pour un temps, et bon. On a quand même bien…On est bien chez mes
parents quand même !
J : Oui, on est toujours bien chez papa et maman ! Et là, il te reste combien de temps à peu près avant
de pouvoir emménager définitivement ?
C : Donc là, j’espère que d’ici une semaine on pourra enfin emménager dé[…]… définitivement, quoi !
Ça fera environ un mois que on (15) aura fait les travaux.
J : D’accord. Donc là, tu m’as dit que tu as fait tout ce qui était peinture, tu as acheté un nouveau…un
nouveau…enfin, un nouveau sol.
C : Un nouveau sol.
J : Et… et il te reste quoi à faire dedans ?
C : Donc là, il nous reste, ben, les finitions, tout ce qui est…un petit peu les baguettes pour faire passer
l’électricité… enfin plein de petites finitions, quoi !
J : D’accord, ça marche (16) ! Ben, écoute, bon courage (17) en tout cas !
C : Ben merci (18)!
Quelques explications:
1. un appart : abréviation familière de « appartement ». Normalement, on ne l’écrit pas. Donc
l’orthographe de ce mot est un peu floue, avec une apostrophe, ou pas. (Un appart’)
2. un bail: c’est le contrat de location qui indique la durée de la location. A la fin du bail, le propriétaire
peut décider de ne pas renouveler le bail avec son locataire.
3. HLM : signifie Habitation à Loyer Modéré. Ces logements sont destinés aux personnes à revenus
modestes. On dit qu’on habite dans un HLM, ou en HLM. Il faut remplir certaines conditions pour y
avoir droit.
4. donc : le deuxième « donc » n’est pas nécessaire. Mais à l’oral, on répète souvent les mots.
5. sur notre ville : normalement, il faut dire « dans notre ville« . Mais de plus en plus de gens
emploient « sur » dans certains cas: par exemple, je travaille sur Paris (au lieu de « à Paris »).
6. l’insalubrité d’un logement: c’est quand cet appartement n’offre pas le confort de base et est en
très mauvais état. Là, le logement visité était presque insalubre.
7. emménager : s’installer dans un appartement, une maison. Julie prononce ce verbe avec l’accent du
sud, presque comme « aménager », qui signifie « arranger », « transformer ». Camille, avec un accent
du sud aussi, le prononce plus clairement.
8. Vous avez fait quoi à peu près? : question très orale, avec « quoi » à la fin de la question. A la
place, on peut dire « Qu’est-ce que vous avez fait? »
9. la tapisserie : c’est du papier peint collé sur le mur. En France, pendant des années, les gens ont
préféré tapisser les murs de leur maison. Mais c’est redevenu aussi très à la mode de peindre. On
trouve donc les deux techniques et beaucoup de choix dans les magasins de bricolage.
10. le béton: c’est un matériau de construction.
11. hormis: sauf (style assez soutenu)
12. repasser : ici, ça veut dire revenir pour un temps limité.
13. ton chéri : façon familière de dire « ton amoureux« , celui que tu aimes. Avant, Julie avait employé
le mot « compagnon », parce que Camille et lui ne sont pas encore mariés. On dit qu’ils vivent en
couple.
14. indéfini: ici, ce mot n’est pas tout à fait le mot juste. Camille voulait sûrement dire « indéfiniment« ,
qui signifie « pour toujours ».
15. que on : normalement, on doit contracter et dire et écrire « qu’on« . Mais à l’oral, on traîne souvent
sur les mots, on cherche la suite. Comme on peut dire aussi : « que nous », Camille commence par
dire « que », puis ajoute « on », sans corriger ensuite. On fait ça très souvent à l’oral: que il…/ que
elle…, au lieu de qu’il / qu’elle. C’est un peu bizarre d’écrire ça mais c’est ce qu’on entend.
16. ça marche: ici, ça veut dire « c’est bon », « c’est bien », « Parfait« . C’est juste une petite
conclusion dans un style familier.
17. Bon courage: on dit ça pour encourager quelqu’un qui a du travail, ou un problème à résoudre, ou
qui se trouve dans une situation difficile, etc… On dit : Bon courage pour vos travaux. / Bon courage
pour finir tout ça. (avec la préposition « pour » si on ajoute une suite.)
18. Ben: comme d’habitude, on ne dit pas clairement « Bien » ou « Eh bien« , mais quelque chose
comme « Ben », « Bah », « Beh ».

Humour au petit déjeuner


Nous avons déjà parlé du petit déjeuner ici. Bien sûr, c’est avant tout une affaire de goût mais c’est
aussi une question d’âge : les jeunes ont souvent grandi avec leur bol de céréales du matin. Mais
qu’en est-il de leurs parents qui ne connaissaient pas ce genre d’aliments dans leur enfance ?
Jacques a donc accepté de répondre à cette question fondamentale sur ses habitudes ! Le problème
avec lui, c’est qu’il n’est jamais très sérieux… Donc ça donne cette toute petite conversation un peu
loufoque, dans son beau français bien articulé !
Transcription :
J : Jacques / A : Anne
A : Bon alors Jacques, tu es français.
J : Je suis français.
A : Alors, qu’est-ce que tu manges au petit déjeuner ?
J : Je commence par une douzaine d’escargots, que je mange, mais seulement l’intérieur, pas la
coquille.
A : Ah ! C’est dommage !
J : Et ensuite, mon grand plaisir, c’est de faire des sandwiches (1) avec des grenouilles encore vivantes
(2). C’est délicieux et ça maintient vraiment en forme.
A : Oui, c’est vrai ! On voit que tu es en pleine forme (3).
J : Oui, c’est vrai.
A : Bon, sans rire (4), qu’est-ce que tu manges au petit déjeuner ?
J : Eh bien (5), comme vraiment les Français, je prends un bol de café, du pain grillé, du beurre et je
mets de la confiture dessus. Voilà.
A : De la confiture maison (6)?
J : Hélas non. Quand je peux, oui. Mais de la confiture que j’achète dans un supermarché et voilà.
A : D’accord. Et tu as (7) toujours le temps de déjeuner le matin ? Tu prends le temps ?
J : Je le prends, je le prends. Je mange également (8) un fruit. Je commence toujours par un kiwi.
A : Ah d’accord. Pour les vitamines, je suppose. Oui, c’est aussi bien que les cuisses de grenouille ! Tu
vas pas le croire, mais moi, j’ai jamais mangé de cuisses de grenouille, ni d’escargots d’ailleurs (9).
Voilà. Bon écoute, merci pour toutes ces recettes fantaisistes (9) du début et puis, à bientôt.
Quelques détails :
1. des sandwiches : c’est un des nombreux mots anglais adoptés en français, avec évidemment une
prononciation à la française. (On voit aussi écrit : sandwichs)
2. des grenouilles : Jacques se moque des clichés qui circulent à l’étranger sur les Français. Il ne
manque plus que la baguette sous le bras, le béret et la bouteille de vin rouge !
3. être en (pleine) forme : être en parfaite santé et avoir beaucoup d’énergie, de vitalité.
4. sans rire : sérieusement
5. Eh bien : pour une fois, voici quelqu’un qui parle très bien et ne dit pas « Ben » ou « Bah » ! Jacques
a toujours une belle diction comme ça.
6. de la confiture maison : faite à la maison. Beaucoup de Français (surtout des Françaises !) font
eux-mêmes ( ou elles-mêmes) leurs confitures, avec les fruits de leur jardin ou de leurs arbres fruitiers.
7. Tu as… : la diction n’est pas aussi belle que celle de Jacques puisqu’on entend « T’as… »
8. également : aussi. Ce mot est d’un style plus soutenu que « aussi ».
9. C’est le cas de beaucoup de Français en fait ! Ce ne sont plus des plats si à la mode que ça,
même s’il paraît que c’est bon quand c’est bien cuisiné. Désolée de détruire le cliché du Français
mangeur de grenouilles !
10. fantaisiste : pas sérieux / pas sérieuse

La vie en colocation
Aujourd’hui, quand on a la trentaine, un travail et qu’on est célibataire, quelles solutions a-t-on pour se
loger ? De plus en plus de jeunes Français vivent en colocation, pour partager les frais mais aussi les
bons moments. Evidemment, ça suppose toute une organisation ! Marion nous raconte comment ça se
passe avec ses colocataires à Toulouse. L’ambiance a l’air très agréable !
Transcription:
M: Marion / A : Anne
A: Bon alors, Marion, où est-ce que tu habites maintenant?
M: J’habite à Toulouse dans le nord, à Croix Daurade (1).
A: Oui. Et alors, c’est quoi? Un appartement ou une maison?
M: C’est une maison où on vit à quatre, donc, où on a quatre chambres.
A: Mais quatre, pourquoi quatre?
M: On est quatre colocataires.
A: Ah, c’est ça, voilà. C’est pas… c’est pas la famille.
M: Non. On vit en colocation. On est… On a tous les quatre 30 ans à peu près.
A: Oui.
M: Et… Et pour des raisons chacun… enfin chacun… chacun pour nos raisons à nous, en fait, on a
décidé de vivre en colocation. Moi, c’était financier.
A: Oui.
M: Surtout. D’autres, c’était pour pouvoir voyager.
A: C’est-à-dire?
M: Bah, Marilou, en fait, elle… elle est en CDD (2), et elle économise donc en vivant en colocation. Et
comme ça, elle a du temps pour voyager. Et comme ça, on lui (3) garde son espace, son chat et ses
affaires.
A: Ah! D’accord ! Oui, elle a un chat.
M: Voilà. Elle a un chat.
A: Donc alors, il y a 4 colocataires plus un chat ? C’est tout ?
M: Plus deux chats.
A: Deux chats?
M: Oui, il y a le mien et celui de Marilou.
A: Ah bon. Et les chats s’entendent bien?
M: Pas du tout ! C’est la guerre, là. Là, ça fonctionne pas (4) du tout, non! C’est…
A: Ah bon!
M: Non, ça fait trois-quatre mois et ça marche toujours pas. Donc…
A: D’accord! Et les colocataires, eux, ça marche?
M: Ça va. Ça se passe bien. Bah Marilou est partie pendant trois mois en… aux Philippines.
A: Donc c’est pratique.
M: Donc on n’était plus que trois.
A: Oui.
M: Et les deux autres… enfin et moi, on travaille, donc on se croise plus qu’autre chose (5)
finalement.
A: Alors comment ça s’organise? Vous avez chacun une chambre? Comment ça se passe?
M: On a chacun une chambre, deux salles de bains, deux toilettes. Et après les parties communes,
c’est un salon et une cuisine, et un garage qu’on a aménagé puisque deux des colocataires sont
musiciens. Donc ils font de la musique dans le garage.
A: C’est vrai ? Bon. Et au point de vue pratique, enfin comment ça se passe, je sais pas, la cuisine, les
courses ?
M: Alors, les courses, tout ce qui est sec, aliments secs, on l’achète en commun. On a une caisse
commune où on met 50 euros par mois à peu près.
A: Et donc il y a quelqu’un qui va au supermarché et…
M: Et on va au supermarché, voilà. Alors des fois, on y va par deux, des fois, on y va tout seul. On va
acheter ce qui nous manque. Et après, tout ce qui est frais, légumes, viande, etc…, vu qu’on n’a pas du
tout les mêmes goûts, on fait les courses nous-mêmes.
A: Ah bon. Mais qui est-ce qui cuisine ? Vous cuisinez chacun pour vous ou pour le groupe ?
M: Alors, jusqu’à maintenant – ça fait 4 mois, hein – on… on cuisine souvent pour le groupe. Après, ça
dépend qui il y a dans le groupe au moment où on cuisine aussi, quoi.
A: Oui, oui.
M: Donc voilà.
A: D’accord.
M: Puisque moi… en plus en travaillant, je mange souvent au travail, donc du coup, ils cuisinent
souvent pour deux.
A: Tu veux dire, tu manges le midi, au travail ? Ou le soir, ou… ?
M: Le midi et parfois le soir.
A: Oui, d’accord.
M: Donc voilà.
A: Et, je sais pas, côté entretien de la maison ? Parce que c’est une maison quand même.
M: Oui, c’est une maison, deux étages, 120 m2 (6), donc c’est une grande maison. Alors, au niveau
nettoyage, ça, ça dépend un peu des personnes.
A: Oui. Tout le monde n’a pas le même…
M: Voilà !
A: Les mêmes critères.
M: Voilà. Et puis nous, on est… Il y a un garçon et trois filles. Et alors petit à petit, on s’aperçoit que
c’est le garçon le plus maniaque(7).
A: C’est vrai ?
M: Oui ! Donc c’est lui qui fait le plus le ménage. Mais bon, on tourne (8). Mais on n’est… on n’est pas
non plus… Les parties communes, en tout cas, on les fait tous ensemble, on tourne. Et après, chacun
sa chambre, son espace.
A: Oui. Et alors, il râle contre (9) les filles ?
M: Il râle pas, non, il est pas râleur, ça va! Il dit rien pour l’instant, ça fait quatre mois, hein! Peut-être
d’ici quelques mois, il dira quelque chose mais pour l’instant, ça va.
A: D’accord. Et tu disais, alors, côté financier, c’est vraiment intéressant? Parce que sinon, alors, tu
serais obligée de vivre… quoi… dans un… Non, tu voudrais vivre dans un deux- pièces et ce serait
beaucoup plus cher?
M: Alors, moi, l’année dernière, j’étais dans un deux-pièces. Je payais pas cher. Pourtant, je payais
quand même 563€, exactement. Et là, donc, en ayant un 110 m2 plus le jardin, etc…, je paie 300 €.
A: Ah oui, d’accord.
M: Donc c’est pas négligeable.
A: Oui, c’est vraiment plus intéressant.
M: Voilà. Et ça… Et l’électricité, 20€. Donc avec les charges (10), on est à 350€ par mois, à peu près..
A: D’accord. Et vous vous connaissiez de…. avant?
M: On se connaissait avant, ouais, tous les 4. On a choisi…
A: Mais comment ? Par, je sais pas, parce que tu dis, bon, vous avez à peu près 30 ans. Donc c’est
quoi ? C’est des amis de…
M: Alors, en fait…
A: Du lycée ? D’avant ? De…
M: Alors, en fait, Elise était au lycée (11) avec moi.
A: Donc vous vous connaissez depuis longtemps.
M: Et puis j’ai déjà fait une colocation avec elle.
A: Oui.
M: Michel était un ami de… Il est aveyronnais comme moi. Donc on est de l’Aveyron (12), donc je le
connaissais aussi. Et Marilou en fait est… a été collègue avec Elise. Donc elle connaissait Elise
puisqu’elle est aide-soignante (13), et Elise est aide-soignante.
A: Bon, bah on va voir comment ça continue.
M: Oui, bah je te … Je t’en reparlerai. C’est sûr !
A: Bon, bah bonne colocation alors !
Quelques détails :
1. Croix Daurade : c’est le nom d’un des quartiers de Toulouse.
2. Un CDD : un contrat à durée déterminée. Elle a du travail pendant quelques mois et ensuite, elle doit
changer. L’autre type de contrat, c’est un CDI, contrat à durée indéterminée. Il y a évidemment
beaucoup plus de sécurité avec un CDI. Mais au début de sa carrière, c’est souvent difficile aujourd’hui
d’être embauché de cette manière.
3. On lui garde : j’ai l’impression qu’on entend en fait « on y garde », qui n’est pas correct en parlant de
quelqu’un.
4. Ça fonctionne pas = ça ne marche pas.
5. On se croise plus qu’autre chose : en fin de compte, on ne fait quasiment que se croiser.
6. 120 m2 = 120 mètres carrés. C’est la surface de l’appartement. On dit souvent : J’ai un 120 m2.
7. Maniaque : c’est être très attaché à la propreté, à l’ordre, de façon un peu extrême. On ne supporte
pas le désordre.
8. On tourne : on fait ça à tour de rôle.
9. Râler contre quelqu’un : se plaindre de quelqu’un
10. les charges : c’est ce qu’on paie en plus du loyer (électricité, eau, gaz)
11. le lycée : c’est l’école où on va entre 15 et 18 ans à peu près, après le collège.
12. L’Aveyron : c’est un département français, dans le sud-ouest.
13. Une aide-soignante : c’est le grade en-dessous de infirmière, dans un hôpital.

Famille nombreuse ou pas ?


Le nombre d’enfants dans une famille dépend de différents facteurs : du pays où on vit, de sa culture,
de l’époque, du niveau de vie de la famille, du désir d’enfant des deux conjoints par exemple… En
France, une famille est considérée comme famille nombreuse à partir de trois enfants.
Après des années où l’image de la famille idéale, c’était une famille avec deux enfants, si possible un
garçon et une fille, de plus en plus de couples décident d’avoir trois enfants. Et ça ne signifie pas que
les femmes sont obligées de choisir entre leur vie de famille et leur vie professionnelle : même si le
système n’est pas parfait, les aides aux familles, les crèches, les écoles maternelles font que les
Françaises ont envie d’avoir des enfants !
Rachida et Grégory viennent de familles radicalement opposées dans ce domaine ! Alors, qu’est-ce
que ça fait de ne pas avoir de frères et soeurs ou d’en avoir au contraire beaucoup ?
Et vous ? Plutôt famille nombreuse ou pas ?
Joyeux Noël à ceux qui le fêtent. Et bonnes fêtes de fin d’année !
Transcription:
G: Grégory / R : Rachida / A : Anne
A : Bonjour Grégory, on avait dit qu’on parlerait famille (1) aujourd’hui. Alors, est-ce que… Bah voilà, je
voudrais savoir si vous avez des frères et sœurs ?
G : Non, j’en ai pas (2), je suis fils unique. Et donc… Pour moi, ça a jamais… ça a jamais représenté
une réelle souffrance mais… Mais c’est vrai que j’aurais quand même peut-être aimé avoir un frère
pour…
A : Pour l’embêter(3) ?
G : Pour me confier à lui. Voilà.
A : D’accord.
G : Pas forcément toujours se…se raccrocher aux parents.
A : Oui d’accord. Et Rachida ?
R : Bon, moi je… Mes parents… Enfin (4) j’ai trois frères et trois sœurs, donc c’est une famille
nombreuse.
A : Donc ça veut dire, il y a combien d’enfants à la maison ?
R : Sept.
A : Sept ?
R : Voilà. Et moi, je suis la troisième. Donc… Devant moi, j’ai… enfin… Avant moi, j’ai deux grandes
sœurs. Ensuite, j’ai… Il y a moi, il y a trois petits frères et une petite sœur.
A : D’accord. Alors, ça fait quoi ? De… de quel âge à quel âge ?
R : Ça fait de 23 ans à 12 ans.
A : Wow ! La maman, elle a dû travailler, là !
R : Ouais, beaucoup même !
A : Oui oui !
R : Et donc c’est bien. Par rapport à… à Grégory, c’est bien parce qu’il y a toujours de l’ambiance,
enfin, quand il y a du silence, ça fait vraiment bizarre. On se sent… Enfin on sent qu’il manque quelque
chose.
A : Et Grégory, y a (5) du silence chez vous ?
G : Ah oui…
R : Enfin moi, le silence, je connais pas.
G : Pour travailler, oui, ça…ça peut être un avantage, parfois.
R : C’est vrai. C’est vrai que par rapport à moi, moi, fallait (6) toujours trouver une pièce où on… où y
avait pas vraiment de bruit ou bien aller à la bibliothèque parce que c’est vrai que c’était assez bruyant
quand même.
A : Oui, et puis surtout avec des âges si différents.
R : Oui, c’est vrai.
A : Bon, y en a qui jouaient, y en a qui travaillaient et tout ça…
R : Fallait de l’organisation.
A : D’accord. Et, je sais pas (7), est-ce qu’il y a des… Par exemple, quand on a autant de frères et
sœurs comme ça, est-ce qu’on est jaloux ou pas du tout ou… ?
R : Bah en fait, il y a… Moi, mes parents, ils (8) nous ont bien appris quelque chose, c’est le partage
toujours. Enfin… je sais pas, ça fait partie aussi de leur culture, c’est… Fallait partager. Donc, je savais
que quand il y avait quelque chose, je laissais toujours la part à mes frères et sœurs, enfin… C’était le
partage. C’est vrai, des fois, il manque un peu… enfin… C’est vrai que des fois, on a tendance à se
dire « Ah mais non, aujourd’hui, je partage pas ». Mais c’est automatique, on partage. On a quelque
chose, on.. . on partage. C’est… Je sais pas, moi personnellement, je trouve que c’est bien, enfin…
Moi j’ai bien (aimé)… J’aime bien. Avoir c’est bien.
A : Alors justement, je sais pas, qu’est-ce que… Par exemple Rachida, vous avez envie d’avoir – bon,
c’est peut-être encore lointain – mais des enfants, et vous imaginez une grande famille ou vous… ?
R : Non !
A : Non ?
R : Y a trop de travail ! Quand je vois ma mère quand même… enfin pas que ça… Ça lui demande
énormément de temps et je pense que aussi, pour elle-même, ça lui a pris trop de temps dans sa vie,
je pense…
A : Oui, elle y a passé toute sa vie.
R : Et c’est peu… enfin… C’est bien, c’est très, très bien même. Mais c’est un peu dommage (9) pour
elle, quoi, enfin…
A : C’est bien pour les enfants.
R : Voilà, ouais.
A : Ça fait une tribu et…
R : Moi, je sais que j’aimerais pas être fils unique comme Grégory. Je trouve que non, parce que être
fils unique c’est un peu…enfin, c’est un peu égoïste, quoi.
A : On est seul ?
R : Oui, voilà, on est trop seul en fait. Et on n’a vraiment personne à qui se confier, on a les amis mais
je trouve que les frères et sœurs c’est… C’est comme les amis, voire (10) en mieux, quoi.
A : Oui, d’accord, on se connaît vraiment, complètement et…
R : Quand on s’entend bien (11) avec eux, c’est… C’est très, très bien. Donc, voilà.
A : Et Grégory, vous imaginez avoir des enfants ou pas ?
G : Ça fait un peu… un peu anticipé, ça !
R : Non, mais tu aimerais en avoir qu’un seul ou…deux ?
G : Non, je pense que je vais adopter la même vision : un seul enfant peut-être.
A : C’est vrai ?
R : Un seul ?
G : Ouais.
A : Ah oui, d’accord. Et Rachida, alors vous avez dit… ?
R : J’aimerais bien trois, deux-trois.
A : Deux ou trois ?
R : Trois, ça serait bien, parce que un, ça me paraît…. Non, pour moi, non, c’est… c’est inimaginable.
Un enfant, c’est…
A : Surtout pour les femmes parce que finalement c’est… ce sont elles qui assument le maximum de
choses quand il y a des enfants. Oui, parce que vous voulez travailler, Rachida, vous voulez avoir un
travail.
R : Mmm (12)…
A : D’accord.
R : Mais j’aimerais aussi élever mes enfants un peu quand même, enfin…
A : Oui, avoir le temps de tout faire.
R : Et vous, vous avez combien d’enfants ?
A : Moi, j’en ai deux.
R : D’accord. Et vous auriez aimé en avoir plus ou c’est suffisant ?
A : Oui, on aurait pu envisager d’en avoir trois.
R : D’accord.
A : Mais en fait, le problème, c’est que moi, je voulais pas qu’il y ait trop d’écart (13) entre les enfants.
Et donc les deux premiers…. enfin les deux enfants ont deux ans et demi d’écart. Et après, au moment
où il aurait fallu décider d’en avoir un troisième, c’est-à-dire, je sais pas, à peu près, ouais, deux ans
plus tard, ben je… on a déménagé et il y avait trop de choses à ce moment-là, et je me suis pas
imaginé avoir un nouvel enfant, une nouvelle vie et ainsi de suite. Et donc voilà, ça s’est pas fait. Mais
bon. Et puis peut-être que… je sais pas, mon mari était pas trop chaud (14) non plus. Deux, ça suffisait.
Deux, ça allait très bien. Voilà.
R : Le bon nombre.
A : Oui.
G : L’avantage, c’est qu’on peut dire beaucoup de choses. Dans une famille nombreuse.
A : Oui.
R : Oui, ça, c’est vrai, il y a toujours des choses à dire !
A : Oui, des bavardages sans arrêt et toujours quelqu’un à qui parler.
R : On se surveille aussi… enfin on se… je sais pas comment dire… Quand quelqu’un connaît quelque
chose sur… enfin…
A : Sur l’autre ?
R : C’est un peu du commérage (15), quoi, enfin… « Tu sais ce qu’il a fait, untel (16)? Tel jour, Il a fait
ça, il a fait ça, enfin…
A : Ah bon ! Il y a une espèce d’auto-surveillance ?
R : Des fois… Voilà. Des fois, c’est positif mais des fois c’est…. C’est un peu… un peu méchant…
A : Envahissant ?
R : Oui, voilà. Un peu trop, surtout quand on commence à devenir, enfin, adulte.
A : Oui, on aimerait bien avoir un peu plus sa vie personnelle, privée un peu plus.
R : Peut être, ouais.
A : D’accord. Merci beaucoup !
Quelques explications :
1. parler famille : parler de la famille en général. On peut parler politique par exemple. Ou parler sport,
etc…
2. j’en ai pas : c’est ce qu’on dit oralement à la place de «Je n’en ai pas».
3. embêter quelqu’un : taquiner quelqu’un.
4. enfin : Rachida utilise beaucoup « enfin » quand elle cherche ses mots ou pour nuancer ce qu’elle
dit. C’est très courant à l’oral. Et on entend juste la dernière syllabe « ‘fin » parce qu’on dit ça très vite,
entre les idées importantes.
5. y a du silence : il manque « il » comme très souvent à l’oral. : il y a du silence. Il y en plein d’autres
exemples dans nos conversations.
6. Fallait… : il manque « il » ici aussi. C’est très fréquent avec le verbe falloir.
7. Je sais pas : on dit souvent ça, très vite, pour se laisser le temps de trouver ce qu’on veut dire et
avec quels mots.
8. Moi, mes parents, ils… : dire « moi », c’est très oral. Et utiliser le nom et le pronom en même temps,
c’est très oral aussi. On devrait dire juste : Mes parents nous ont…
9. c’est un peu dommage pour elle : c’est un peu négatif pour elle.
10. voire : et même
11. bien s’entendre avec quelqu’un : avoir de très bonnes relations avec quelqu’un.
12. Mmm : on « dit » ça pour approuver.
13. trop d’écart : trop de différence d’âge
14. il n’était pas très chaud (pour faire quelque chose) : il n’était pas très favorable, pas très
enthousiaste, pas très motivé. (familier)
15. des commérages : des choses qu’on raconte sur les autres mais qui sont fausses, ou pas vérifiées.
16. untel : on utilise ce mot pour parler de quelqu’un sans citer son nom. ça reste vague. (On peut aussi
l’écrire en 2 mots)
Quand on parle, on supprime certains mots et on avale des syllabes (comme Rachida par
exemple quand elle dit « enfin ».)
Si vous avez envie de mieux comprendre ces transformations orales, vous pourriez aller
écouter des exemples dans cet enregistrement sur francebienvenue2.

La vie parisienne
Romain habite Paris depuis maintenant un an et demi. Il s’y plaît toujours autant. Il y a eu quelques
changements dans sa vie. Il a dû déménager récemment.
Voici ses impressions sur son nouveau studio et son nouveau quartier.
Transcription:
A : Bon alors, cette vie parisienne, ça va toujours bien ?
R : Oui. Ça va toujours très bien. J’ai déménagé donc au mois d’août, du 13è arrondissement au 12è
(1).
A : Ah oui ? Pourquoi ?
R : Donc parce que mon ancien contrat de location dans le 13è arrondissement se terminait… se
terminait au mois d’août.
A : Oui, et donc il fallait que tu partes.
R : Et donc, il fallait que je trouve un autre appartement. Et en même temps, comme je suis… J’ai
changé de lieu de… de travail, on va dire, je voulais un peu me rapprocher de… de l’endroit où j’allais
devoir aller tous les jours.
A : D’accord. Et alors, du coup, tu t’es installé où ? (2) Parce que le 12è, ça veut dire quoi ?
R : Donc maintenant, je suis à côté de la Gare de Lyon.(3)
A : Et alors, c’est pratique ?
R : Oui, oui. C’est beaucoup plus pratique que… qu’avant, parce que je suis quand même plus proche
du centre et de tout… de toute la vie parisienne, on va dire.
A : Oui, c’est ça. La ligne de… quoi, de RER et de métro…
R : Donc il y a la ligne de RER A et le RER D, le métro 1 aussi… (4)
A : Oui, donc tu es tout de suite là où tu veux aller.
R : Oui, voilà. C’est beaucoup plus simple pour se déplacer.
A : Mais alors, c’est quand même tranquille, ce quartier ?
R : Oui, parce que mon appartement, il est (5) dans une cour. C’est une résidence avec une petite cour
intérieure. Donc moi, je donne dans la cour (6). Donc il y a vraiment pas de bruit. Et c’est entouré par
des…
A : Oui, parce que bon, si on donne sur une rue un peu passante, ça peut être assez invivable, quand
même.
R : Et puis la… la petite rue de… enfin de l’autre côté de la cour, elle est quand même… Enfin, elle est
pas… Il y a pas énormément de trafic, donc c’est… c’est assez calme.
A : D’accord. Et alors, ton appartement, il est mieux que celui que tu avais avant ? Il est comment ? (2)
Plus grand, plus… ?
R : Oui. Il est déjà plus grand parce que je passe de 20 m² à 27 m². (7)
A : Oui. Ce qui n’est pas très grand mais bon, c’est un studio à Paris.
R : Voilà, oui. Mais j’ai aussi la cuisine qui est vraiment dans une pièce à part. Donc…
A : Ah oui, avant, c’était une kitchenette (8), enfin…
R : Oui, voilà. Alors que là, j’ai vraiment le frigo (9), la gazi(nière), enfin les plaques chauffantes dans
une… dans une pièce à part.
A : D’accord. C’est plus… Ça donne plus de confort, quoi, finalement.
R : Voilà, oui.
A : Et alors, tu es à quel étage ?(2)
R : Bah, je suis au rez –de-chaussée, c’est un peu ça le problème, parce que c’est pas… Bon c’est
moins on va dire si il y a plus d’inconvénients que d’être dans les étages. Déjà (10), pour laisser les
fenêtres ouvertes, c’est pas trop…
A : Mais pourquoi ? Il y a des gens qui passent, là, devant ta fenêtre ?
R : Il y a pas énormément de gens mais bon, il y a des… il y a des gens qui pour aller dans leur appart
(11) doivent traverser la…
A : La petite cour.
R : La petite cour intérieure. Donc ils passent là. Bon, c’est pas… c’est pas comme une rue. Mais il y a
quand même un petit peu de monde. Donc c’est vrai que…
A : On se sent pas tout à fait chez soi si on laisse ouvert…
R : Oui, voilà, on peut pas laisser les fenêtres ouvertes n’importe quand. Le soir, quand il fait nuit, bon,
si on… si on ferme pas les rideaux, on voit à l’intérieur.
A : Oui, avec la lumière allumée, on voit tout ce que tu fais donc. Oui, oui, d’accord.
R : Donc c’est un peu l’inconvénient. Mais bon, sinon…
A : Bon, l’avantage, c’est que tu as pas à monter d’escaliers ou attendre l’ascenseur !
R : Oui, voilà. Avec les courses, quand il y a les courses (12)… quand on est chargé de courses, c’est
pas trop… pas trop dur.
A : Oui, oui. D’accord. Bon… Et sinon, enfin c’est un quartier agréable, je sais pas, pour faire les
courses ? Tu… tu arrives à trouver ce que tu veux sur place ?
R : Oui, oui. J’ai tout à proximité. Il y a un Monoprix pas très loin, à même pas cinq minutes à pied.
Donc c’est… c’est souvent là que je vais.
A : Oui, d’accord. Et je sais pas, le… le pain… ?
R : Le pain, il y a pas trop de boulangeries par contre à proximité.
A : Ah ! C’est bizarre, ça !
R : Mais… mais sinon, oui, il y a même un marché… un marché couvert qui se tient tous les jours
quasiment, juste à côté.
A : Ah oui, tu pourrais y aller si…
R : Oui.
A : Je pense pas tu y ailles beaucoup ! (13)
R : Non, j’y vais pas très souvent. Mais ça peut dépanner (14) quand même.
A : Oui, oui, d’accord. Bon et alors, tu disais, c’est plus pratique pour se déplacer ? C’est-à-dire par
exemple pour aller à ton… à ton travail, tu mets combien de temps ?
R : Bah pour aller à mon école, j’ai 20 minutes de… Je prends le RER A, donc j’ai 20 minutes de… de
RER. Et pour aller à la gare du RER, il me faut cinq minutes à pied. Et après, de la gare d’arrivée
jusqu’à mon école, il y a encore 5 minutes.
A : Ah oui, d’accord.
R : Donc j’en ai pour, oui, un peu plus d’une demi-heure (15). Mais…
A : Oui, ce qui est quand même très agréable à Paris, parce que…
R : Oui, oui. Puis sans stress de… sans le stress de la conduite en région parisienne.
A : Eh oui, c’est vrai que avant, toi tu as… Tu étais obligé de prendre ta voiture et… Oui, c’est quand
même un…
R : Oui, l’an dernier, j’avais… Je devais prendre la voiture et c’est vrai que…
A : Il y a une tension, il y a… Il faut être très… vigilant.
R : C’est plus fatigant que le RER ou…
A : Oui, oui. Mais il y a pas des, je sais pas , au moment des heures de pointe et tout, là, vous êtes pas
serrés comme des sardines (16)?
R : Bah si, un petit peu. Mais ça dépend… Bon généralement quand il y a pas de… de soucis, on va
dire, techniques sur le RER, bon ça reste… on arrive quand même à rentrer. On n’est pas trop trop
écrasés. Bon après (17), c’est vrai que il y a des jours où, voilà, si il y a une panne ou un incident, bon
c’est vrai qu’après, c’est un peu plus compliqué mais bon…
A : Oui, on voit les quais noirs de monde (18) et tout.
R : Mais bon…
A : Mais tu arrives à être assis des fois (19), quand même ?
R : C’est assez rare, on va dire. Mais je cherche pas non plus spécialement à m’asseoir donc… Mais
c’est plus… C’est plus facile de s’asseoir le matin que… qu’au retour. Il y a toujours plus de monde (20)
le soir que… le matin.
A : Oui ? Pourquoi tu pars à quelle heure, de chez toi ?
R : Alors, le matin, je pars vers huit heures et quart, et…
A : Tu commences à neuf heures ?
R : Je commence à 9 heures, oui. Donc j’arrive vers 8h50 là-bas, on va dire. Et le soir, je termine à 5
heures. Donc je prends le RER vers 5h10, cinq heures et quart.
A : Oui, donc là, il y a du monde.
R : Donc c’est… c’est toujours plus chargé.
A : D’accord. Bon, ben, bonne continuation à Paris, alors.
R : Merci.
Quelques explications :
1. Paris est divisé en vingt arrondissements. Très souvent, on dit juste : j’habite dans le 12è, dans le
15è, etc…
2. Tu t’es installé où ? / Il est comment ? : des questions très orales et très naturelles dans une
conversation familière. Ce serait bizarre à l’oral de faire de vraies belles questions du genre : Où t’es-tu
installé ?
3. la Gare de Lyon : une des grandes gares parisiennes, qui dessert le sud-est de la France.
4. Le RER : Réseau Express Régional, avec des lignes qui desservent la grande banlieue. Les lignes
sont désignées par des lettres. (A, B, C, D, E) Les lignes de métro portent des numéros. En général,
les Parsisiens les désignent aussi par le nom du terminus, c’est-à-dire la station tout au bout de la
ligne, dans un sens ou dans l’autre.
5. Mon appartement, il est… : cette construction avec « appartement » et « il » est orale.
6. Je donne dans la cour = mon appartement a ses fenêtres sur la cour. Il donne sur la cour et non
pas sur la rue.
7. 20 m² = vingt mètres carrés
8. une kitchenette : mot emprunté à l’anglais « kitchen » et francisé avec cette terminaison –ette qui
indique quelque chose de petit. Donc c’est une toute petite cuisine.
9. un frigo : abréviation de frigidaire (familier) = un réfrigérateur. C’était un nom de marque à l’origine.
10. Déjà : ce mot annonce la première raison. On pourrait dire « Premièrement ».
11. un appart : abréviation de « appartement » (familier)
12. les courses : tout ce qu’on achète pour manger et entretenir son appartement ou sa maison.
13. Romain ne va pas souvent au marché, car un marché, c’est en général, le matin. Donc, soit il
travaille, soit il fait la grasse matinée !
14. ça peut dépanner = ça peut rendre service. (quand on a oublié quelque chose)
15. J’en ai pour une demi-heure : je mets une demi-heure pour y aller. (N’oubliez pas « en » dans
cette expression très courante)
16. être serrés comme des sardines : se trouver dans un train ou un métro bondé, plein de
passagers et donc on ne peut pas bouger. (familier)
17. Bon après : on utilise cette expression quand on veut apporter une nuance à ce qu’on vient de
dire.
18. noir de monde : autre expression courante pour décrire un lieu où il y a foule.
19. des fois : parfois, quelquefois (familier)
20. il y a du monde : on dit ça plutôt que « Il y a beaucoup de gens ». C’est plus naturel.

Mais pourquoi tu fumes ?


Nicolas est fumeur.
Mais qu’est-ce qui fait qu’il fume ? Est-ce un gros fumeur ?
Depuis quand ? Combien ça lui coûte ?
Voici quelques-unes des questions que Julie la non-fumeuse lui a posées.
Transcription:
Julie : Bonsoir Nicolas
Nicolas : Bonsoir
J : Quel âge tu as(1) ?
N : J’ai 21 ans.
J : A quel âge tu as commencé à fumer ?
N : A mes 15 ans environ.
J : Et tu te rappelles pourquoi ?
N : Ben, c’est parce que j’avais un ami qui avait le même âge que moi et qui fumait, et je voulais
essayer par curiosité et pour l’accompagner en même temps.
J : D’accord. Et tu as commencé avec quel genre de cigarettes ?
N : J’ai commencé à fumer des roulées toutes sèches, avec du tabac tout séché qui traînait(2) dans un
fond de… de tiroir.
J : Et est-ce que ça a un goût différent des cigarettes ? Des cigarettes normales ?
N : Ouais, c’est … suivant comment on les roule(3), si c’est tassé(4), si on met un filtre au bout… ça
change beaucoup
J : Et ça change par rapport à…à la nicotine et tous… tous les composants ?
N : Non, ça ne change rien du tout.
J : Et… Et à part des roulées, tu as déjà fumé des joints (5) ?
N : Oui, quand je devais avoir, quoi, 16 ans, j’ai… j’ai testé et … Tout ce que je peux en dire, c’est que
« plus jamais », quoi ! ?Ça ne sert…
J : Mauvaise expérience ?
N : Non, pour moi, c’est totalement inutile.
J : Ça t’a pas fait (5) planer(6) ?
N : Enfin si. Mais, bon, planer pour rester assis sur un sofa dans une soirée, c’est pas (5)le top, quoi !
Dans une soirée, on est là pour être entre amis et s’amuser, et pas pour rester assis à comater, quoi(7).
J : Et vu qu’à l’époque tu avais 15 ans, comment tu faisais pour te procurer l’argent nécessaire pour
acheter tes cigarettes ?
N : L’argent de poche.(8)
J : Mais tes parents, ils s’en sont jamais rendu compte ?
N : Ben je rationnais(9). Et je faisais pas par rapport à mon besoin en nicotine, mais par rapport à… à
mon budget.
J : D’accord. Et tes parents, comment ils ont su que tu fumais ?
N : A mes 18 ans … Quand… Quand j’ai eu 18 ans, le lendemain, j’ai été faire et mon tatouage et je
leur ai dit que je fumais(10), quoi.
J : Et quelle a été leur réaction ?
N : Ils pouvaient rien(5) me dire puisque de toute façon, depuis que… Enfin, quand j’étais petit, ils me
sortaient toujours que « à tes 18 ans, tu feras ce que tu voudras ». Donc je les ai pris au mot (11) et…
Et j’ai fait ça, quoi.
J : Ça leur a pas fait (5) bizarre ?
N : Non, ils ont dû l’accepter tel quel, quoi, parce que de toute façon, je leur ai mis sur le fait, sur le fait,
quoi. Je les ai mis sur le fait (12)donc voilà.
J : Et par rapport au début, tu… tu fumes beaucoup ?
N : Euh, oui, j’avoue que maintenant vu que j’ai moins de restrictions, c’est plus… C’est plus aisé
pour… Enfin, c’est beaucoup plus facile pour moi de fumer, donc bah, effectivement, maintenant, je
fume un paquet… enfin un paquet tous les jours environ dans le sens où(13) c’est entre 10 et 20
cigarettes par jour, quoi, suivant ce que je fais.
J : Et ça te fait un budget à peu près de combien ?
N : Ben pour être exact, 162 euros par mois vu que je prends par mois mes cartouches.
J : D’accord. Est-ce que tu as vu des conséquences que ça aurait pu avoir sur ta santé ?
N : Radio du… du poumon et tout ?
J : Ouais, bah ouais, par exemple
N : Non, ça j’ai jamais vu. Je me suis jamais posé la question. Je sais la… la… Je sais…Je vois à peu
près quelle tête aurait mon… mon poumon(14). Mais bon, c’est sûr, c’est pas… c’est pas glorieux mais
je sais à peu près les conséquences qu’il y a, qu’il y aura, hein.
J : Si demain tu fais un 100 mètres … Sans souci ? Pas essoufflé ?
N : Sans souci !
J : Est-ce que tu as… tu as changé certaines habitudes ?
N : Oui, certaines habitudes. C’est dans le fait de mettre des pauses cigarettes dans ce que
j’entreprenais dans une journée, si c’était…
J : Tu en mets beaucoup ?
N : Ça dépend combien… combien mon travail me prenait. Si c’était un travail d’une journée, ben oui,
je mettais plusieurs pauses cigarettes, avant, après le repas, plusieurs pauses dans l’après-midi et
dans la matinée. Souvent, quoi.
J : Et comment ça se passe quand toi, tu es dans une soirée et qu’il y a des…il y a des non-fumeurs ?
N : Je fume dehors ou je fume pas. Parce qu’après, fumer, fumer ne… Enfin, je peux ne pas fumer
d’une soirée
J : Ça te rend pas trop stressé ?
N : Non. Je fais avec. Généralement dans une soirée, c’est fait pour s’amuser, donc je m’y amuse… je
m’y amuse, et la cigarette… la cigarette passe à côté, quoi.
J : D’accord. Et tu as déjà essayé d’arrêter de fumer ?
N : Euh … Pas vraiment.
J : C’est que tu en as pas envie ? Tu y arrives pas ?
N : Pas la motivation(15) pour l’instant. Je vois pas en quoi… pourquoi est-ce que j’arrêterais.
J : Parce que ça détruit la santé !
N : Ouais …mais non …Enfin oui… C’est sûr, mais… Autre(16).
J : D’accord.
N : Moi j’attends… j’attends une nuisance autre. C’est-à-dire que un enfant (17), ou si vraiment ma…
ma copine me le demandait … Déjà, mais un enfant, sûr !
J : Donc plus tard, c’est sûr ?
N : Sûr, oui oui ! Ça, c’est sûr et certain!
J : Bon, d’accord, ça va. Ben merci pour ton témoignage !
N : De rien !
Quelques explications:
1. Manière orale de dire : «Quel âge as-tu ? »
2. Du verbe traîner. Argot pour désigner quelque chose qui est à un endroit où il ne devrait pas être, ou
qu’on aurait oublié là.
3. Il faut comprendre : « suivant la manière dont on les roule », ou encore « en fonction de la manière
dont on les roule ».
4. Si le tabac est tassé.
5. Manière orale de dire : « ça ne t’a pas fait planer ? ». A l’oral, on peut éviter de dire le « ne » dans la
plupart des phrases. Le « pas » permet de savoir si la phrase est négative.
6. Du verbe planer. Argot pour exprimer l’effet que produit la drogue sur l’homme, ce sentiment de
légèreté.
7. Du verbe comater, inventé à partir du nom « coma ». Argot pour montrer la ressemblance avec un
zombie, donc quelqu’un qui n’a pas vraiment les idées claires.
8. L’argent de poche est l’argent donné par les parents chaque mois ou semaine à leurs enfants.
9. Du verbe rationner. Nicolas veut dire qu’il prévoyait à l’avance les quantités de cigarettes dont il
aurait besoin.
10. Il faut comprendre : « j’ai été faire mon tatouage et je leur ai dit que je fumais ». Le premier « et »
sert à renforcer, pour bien montrer qu’il y a eu deux choses importantes faites par Nicolas à ce
moment-là..
11. Expression : « prendre au mot ». Prendre quelqu’un au mot signifie que l’on applique directement
ce que la personne nous a dit, même si elle ne le pensait pas vraiment ou même si elle ne pensait pas
que nous allions faire ce qu’elle disait.
12. Expression : « mettre sur le fait ». Cette expression n’est pas très correcte. Pour Nicolas, mettre
quelqu’un sur le fait à propos de quelque chose signifie que l’on accomplit quelque chose, et que la
personne est obligée de l’accepter. Normalement, on dit : « mettre quelqu’un devant le fait accompli ».
On ne laisse pas le choix à la personne.
13. C’est-à-dire
14. Il faut comprendre « quel aspect aurait mon poumon ».
15. Manière orale de dire : « je n’en ai pas la motivation ».
16. Ici, « autre » se réfère à la raison pour laquelle Nicolas pourrait arrêter de fumer.
17. un enfant : Nicolas veut dire que fumer en présence d’un enfant est mauvais. C’est une nuisance
pour cet enfant. Et donc ça le poussera à arrêter.
Petit détail : un joint, c’est une cigarette de cannabis. C’est illégal d’en consommer en France.
Pourtant, la consommation est très répandue chez les ados et les jeunes adultes notamment.

En VO ou en VF ?
Quand vous regardez un film étranger, vous le regardez dans sa langue d’origine ou pas ?
En France, la majorité des gens regardent les films et les séries dans leur version doublée par des
acteurs français. Pas toujours facile de trouver des cinémas qui proposent les films en VO, sauf si on
habite Paris. Et à la télé, ça dépend des chaînes.
Thomas, Quentin, Gaël et Anne discutent de ce qu’ils aiment ou pas.
Transcription:
T: Thomas / Q: Quentin / G: Gaël / A: Anne
A : Thomas, vous regardez des films en VO (1)?
T : Plutôt VF (2), moi.
A : Pourquoi ?
T : Je sais pas, c’est une ques[…]… C’est une question d’habitude. Enfin, ça m’arrive d’en regarder en
VOST (3) aussi, mais plutôt en VF, ouais.
A : D’accord. Parce que c’est plus…
T : C’est plus facile.
A : Oui.
T : Ouais. Mais c’est vrai que les voix, c’est mieux si on a le… si on a…
A : Si on a la vraie voix ? La voix originale. Hm, hm. Mais… Et Quentin ?
Q : Ben moi je regarde surtout des séries en version originale, soust-titrées français. Mais bon c’est vrai
que si… Le sous-titrage, des fois, c’est un peu embêtant (4) parce que on peut pas vraiment suivre
l’histoire, enfin la série.
A : Oui, il faut faire deux choses à la fois et… Il faut lire et…
Q : Et regarder.
A : Et regarder. Oui, ça fait beaucoup de choses à la fois.
Q : Donc c’est peut-être plus intéressant de le regarder en…en VF des fois.
A : Oui, c’est ça et… Mais il y a quand même des… des inconvénients, je trouve, avec la… la version
française, non ?
Q : Bah, ouais, comme l’a dit Thomas, les voix des acteurs qui sont pas forcément très bien doublées.
A : Oui, c’est ça. Puis des fois, on voit que c’est pas… Enfin, on voit que c’est du… du doublage parce
que c’est pas exactement synchronisé…
Q : Naturel.
A : C’est pas naturel, on voit les lèvres, ça correspond pas et c’est pas pile poil (5) comme il faut. Et…
Oui. Et puis en plus, enfin je sais pas, franchement vous aimez, enfin, avoir la… Il y a le problème de la
voix : c’est pas la voix normale de l’acteur.
Q : Bah ouais, c’est l’avantage de la version originale. Le problème, c’est que on ne peut pas beaucoup
regarder de films en version originale, par exemple au cinéma. Il y en a très peu qui proposent la …. de
films en version originale…
A : Ouais, vous voulez dire les salles ?
Q : Voilà.
A : Oui, par exemple à Marseille, vous avez une idée de combien il y a de cinémas qui proposent des
films en V… en VO ?
T : A mon avis, c’est plutôt les petits cinémas, les cinémas d’Art et Essai (6).
A : Oui, voilà, c’est ça. Ouais, parce qu’en fait, il y a… il y a deux salles à Marseille. Et sinon, tout le
reste, les grandes salles, c’est toujours en VF. Par exemple, vous avez vu Avatar ?
Q : Ouais ? Aux Trois Palmes (7), il est proposé qu’en VF.
A : Oui, c’est ça, hein. On peut pas voir VF et 3D, en fait.
Q : Et pourtant, c’est le plus gros cinéma de Marseille.
A : Oui, oui, oui. Oui mais bon, y a pas vraiment… Il y a pas un public, je pense, en fait. On est habitué
comme ça, on est un peu paresseux ! Et… Non, Gaël ?
G : Si, bah moi, par contre quand je suis allé à Paris, à chaque fois que je suis allé au cinéma, je suis
allé voir des films en VO et là, il y a pas mal de cinémas qui proposent…
A : Ah oui, oui, c’est différent, hein.
G : Sur dix films, il y en a sept qui sont en VO et… Mais c’est intéressant. Moi, j’aime bien parce que ça
permet de… de s’habituer un peu, au niveau de la langue.
A : Bah oui, c’est ça, hein. En fait, c’est le meilleur moyen d’entendre de l’anglais.
G : Ouais. Et puis ce qui est marrant, c’est que des fois, le sous-titrage, c’est pas exactement ce que
disent réellement les acteurs.
A : Oui, c’est vrai. Il y a des fautes, il y a des omisssions.
G : Voilà. C’est pas exactement ce qu’ils disent, ce qu’ils veulent dire, et pour ça, c’est intéressant.
A : Oui, oui, oui. Non, c’est sûr. Et bah sinon, la solution c’est de regarder des DVD ? Non ? Vous en
regardez ?
Q : Bah, maintenant, on n’en achète plus trop (8), donc forcément…
A : Qu’est-ce que vous faites ?
Q : Bah soit on les télécharge sur internet… illégalement.
A : Ah ! D’accord.
Q : Soit…
A : Faut pas le dire !
Q : Soit en streaming.
A : D’accord. Et là, vous les avez en VO ? Ça dépend ? Vous choisissez ?
Q : Faut choisir. Mais c’est vrai que là, c’est plus… plus dur de trouver des sous-titrés.
A : D’accord. Bon beh, on va aller regarder la télé… On va essayer d’écouter des choses… Non, il y a
pas beaucoup de choses, en fait,…
Q : En anglais.
A : En anglais, hein. C’est vrai, il faut attendre tard le soir ou des choses comme ça. OK, merci.
Quelques explications :
1. un film en VO : en version originale, donc dans la langue des acteurs. (Evidemment, il y a beaucoup
de films en anglais.)
2. en VF : en version française. Le film est doublé par des acteurs français… Pas toujours très réussi…
3. en VOST : en version originale sous-titrée (en français)
4. c’est embêtant : c’est un problème.
5. pile poil : exactement (familier)
6. Les cinémas d’Art et Essai : ce sont des cinémas qui projetent des films indépendants, qui ne vont
pas forcément attirer un énorme public, ou des films qui passent dans les autres salles mais en VF. Les
films y sont toujours en VO
7. Les Trois-Palmes : c’est le nom d’un des multiplexes de Marseille.
8. on n’en achète plus trop : pas très souvent. (En fait, Quentin veut dire que les jeunes n’en achètent
pas !)
ça sent bon le pain maison !
Un repas sans pain, ce n’est pas possible en France ! On peut aller à la boulangerie du coin bien sûr
pour acheter sa baguette, son pain au sésame, aux céréales, du pain de seigle, du pain complet, etc…
Mais ces derniers temps, de plus en plus de gens se sont mis à faire leur pain eux-mêmes ! C’est la
mode et c’est bon !
Transcription : R : Romain / A : Anne
R : Bon alors, j’ai vu que vous aviez acheté une nouvelle machine à pain.
A : Bah oui, l’autre est tombée en panne et… bah comme on s’en sert, enfin pas tous les jours mais
presque, ben voilà, il fallait racheter une machine à pain.
R : Donc vous faites… vous faites le pain tous les jours, presque ?
A : Bah, pas tout à fait tous les jours parce que un pain, ça nous dure quand même, oui, deux jours.
Mais dès qu’on n’en a plus, on en refait, oui. On n’en achète plus du tout.
R : D’accord. Et donc ça fait… ça fait faire des économies sur le… ?
A : Bah écoute, je… je… Oui, je pense. Bon, il y a bien sûr… Il faut acheter la machine à pain, c’est sûr.
Mais il y en a qui sont pas très chères. Mais c’est surtout que le… Moi je trouve que le pain chez le
boulanger a énormément augmenté. Et en plus, ils nous vendent du pain de mauvaise qualité. Donc
franchement…
R : C’est mieux de le faire chez soi.
A : Oh bah oui, oui. Moi je trouve que c’est lamentable, là, les baguettes qu’ils nous vendent ! C’est, je
sais pas, 85 centimes d’euro, ou un euro, ou même un peu plus. Et franchement, c’est nul (1), quoi !
Enfin ils sont… Leur pain n’est pas bon. Donc voilà !
R : Et donc cette machine, elle fait des pains de… de combien de… de kilos ?
A : Oh bah ça fait… Il faut mettre 500 grammes de farine, à peu près 300 grammes d’eau et puis un
peu de sel et de la levure. Et ça fait un pain de, je sais pas, 750 grammes à peu près. Ça fait quand
même un gros pain.
R : Oui, ça fait quand même un gros pain.
A : Oui.
R : C’est plus… plus lourd qu’une baguette.
A : Ah oui, oui, c’est beaucoup plus lourd qu’une baguette, oui, oui. Parce que ça fait un pain… Oui. On
peut faire plus petit. On peut en faire des… des plus petits. Mais… Mais c’est … oui, c’est évident que
ça coûte moins cher que de… d’acheter… Si on achetait la même quantité de pain chez le boulanger,
ce serait multiplié par, je sais pas, trois ou quatre.
R : Et donc cette machine, elle a quoi de… de mieux que la précédente ?
A : Oh bah… Elle est… Non elle est pareille. Mais… Si, ça se … Je sais pas, je crois qu’elle fonctionne
un peu mieux, ça se démoule mieux et c’est plus facile. Mais c’est exactement le même principe. Mais
en France, oui, j’ai l’impression qu’il y a quand même pas mal de gens (2) qui se sont mis à (3) faire
leur pain comme ça.
R : Oui, ça se… ça se… ça se répand bien, ces machines.
A : Oui, oui. Puis on trouve les farines facilement, la levure, tout ça (4). Puis c’est tellement facile !
Parce que moi j’étais restée, il y a longtemps, sur… J’avais essayé de faire du pain il y a longtemps.
Mais comme ça, sans machine et ça levait pas bien (5). Et là, ça marche très, très bien (6). Donc…
R : Et il faut combien de temps pour… pour faire un pain ?
A : Ah oui, bah c’est ça. Il faut quand même s’y prendre un peu à l’avance (7) parce que c’est pas
compliqué du tout à faire, il suffit de mettre les ingrédients dans la cuve. Et après, on laisse faire. Mais il
faut… il faut compter minimum trois heures.
R : D’accord.
A : Donc si c’est pour le dîner, il faut quand même pas arriver à sept heures moins cinq pour faire du
pain pour le dîner à huit heures, disons. Voilà, il faut être organisé.
R : Donc la boulangerie peut encore servir pour dépanner (8) … si jamais (9)…
A : Oui, de temps en temps. Mais c’est vrai qu’après, on prend l’habitude de s’organiser comme ça.
Quelques détails :
1. c’est nul : ce n’est vraiment pas bien. (familier)
2. pas mal de gens : un nombre assez important de gens (familier)
3. se mettre à faire quelque chose : commencer à faire quelque chose et en prendre l’habitude
4. tout ça : cette expression familière et très orale sert à montrer qu’on pourrait en dire plus mais qu’on
ne veut pas être trop long en donnant trop de détails.
5. lever : c’est quand un gâteau ou un pain grossit, grâce à la levure qu’on a mis dans la pâte.
6. ça marche très bien : il n’y pas de problème, le succès est garanti !
7. s’y prendre à l’avance : anticiper et commencer à faire quelque chose assez tôt. Exemples : « Pour
certaines recettes, il faut s’y prendre la veille ». / « Pour avoir des places à certains spectacles, il faut
s’y prendre plusieurs mois à l’avance ».
8. pour dépanner : pour aider quand il manque quelque chose. C’est une solution de remplacement.
Par exemple : « J’avais une pizza au congélateur. Ça nous a bien dépanné hier soir ».
9. si jamais… : au cas où…

On s’invite chez Morgan !


Chez Morgan, on mange bien ! Et toutes sortes de bons petits plats. Elle aime essayer des nouvelles
recettes et les faire partager à sa famille et ses copains. Mais où trouve-t-elle toutes ses idées de menu
?
Transcription :
M : Morgan / A : Anne
A : Morgan, c’est vous qui cuisinez chez vous ?
M : Eh oui. J’adore cuisiner. Donc je fais souvent des bons petits plats.
A : C’est vrai ? Et vous avez toujours aimé cuisiner ou c’est nouveau, depuis que vous êtes partie de la
maison ?
M : Alors, j’ai… j’ai toujours aimé cuisiner. J’ai toujours regardé ma mère faire quand j’étais petite et j’ai
commencé à cuisiner moi-même quand je suis partie de la maison, donc à 16 ans.
A : Ah bon…
M : Et là, je me suis découvert une passion pour la cuisine et…
A : C’est vrai ?
M : Je… j’essaye d’innover tout le temps.
A : D’accord. Oui, c’est ça, vous… vous cherchez toujours des nouvelles recettes.
M : Voilà.
A : Quoi par exemple ? Quel genre ?
M : J’aime bien la cuisine marocaine, donc tout ce qui est tajines, tout ça et j’aime bien aussi la cuisine
asiatique.
A : Oui.
M : Je sais bien faire les…les nems.
A : Ah oui ?
M : Le porc au caramel.
A : Mmm !
M : Tous les plats chinois.
A : Il y en a qui ont de la chance chez vous !
M : Oui !
A : D’accord. Et… Mais alors, vous trouvez où toutes ces recettes ?
M : En général, je… je me renseigne sur internet et je compare plusieurs recettes pour avoir plusieurs
avis. Et… alors des fois, je prends une recette qui… qui me convient du début à la fin, ou alors je la
modifie un petit peu.
A : D’accord.
M : Et sinon, je… je regarde dans les livres de recettes.
A : Oui ? Ce qui est bien sur internet, c’est ça, c’est qu’on a aussi les commentaires des gens.
M : Voilà, ouais.
A : Et ça permet…
M : Les gens donnent leur avis sur le plat, donc…
A : Oui, et puis les… les transformations, des choses comme ça, des fois, ça…
M : Ils apportent des petites astuces…
A : Oui, oui, oui.
M : … pour améliorer la recette.
A : D’accord. Ouais, c’est bien. Et alors, vous avez des livres aussi ?
M : Oui, j’en achète beaucoup aussi.
A : C’est vrai ?
M : J’aime bien les images, les recettes.
A : Oui, c’est beau, ça fait envie.
M : Oui.
A : Ça met l’eau à la bouche (1). Oui, oui. Et… c’est vrai, que quand on va à la FNAC (2) par exemple,
le rayon cuisine est vraiment très développé, hein. Oui, oui, oui. Et là récemment, une bonne petite
recette ?
M : Récemment, j’ai fait des poivrons à l’huile. C’est une recette typique du sud. Donc c’est des… des
poivrons rouges cuits qui marinent dans des épices et de l’huile d’olive.
A : Mmm ! J’ai faim. Oui, oui. Et alors, les… c’est… enfin, les… les… Vos invités, c’est vos cobayes (3)
ou…?
M : Alors, ça… ça a duré la soirée. Normalement, ça se met en bocal et puis on peut en… Ça se
conserve et on peut en manger toute l’année. Mais là, ils sont partis trop vite (4)!
A : Ah bon, d’accord ! Bah c’est la preuve que c’était réussi.
M : Voilà.
A : Oui, oui, oui. Et… Mais vous êtes… Vous cuisinez tous les jours…
M : Voilà, oui, tous les jours.
A : Mais des fois, vous vous dites pas : « Oh la barbe (5)! Je sais pas quoi faire… »
M : Si, alors des fois, quand je sais pas quoi faire, c’est… ça peut être des… des légumes en boîte
ou… comme tout le monde, des pâtes, du riz…
A : Des surgelés, tout prêts.
M : Voilà.
A : Oui, oui, d’accord. Bon ben , un vrai cordon bleu (6) alors !
M : Ouais. C’est ce qu’on me dit.
A : Merci.
Quelques explications :
1. mettre l’eau à la bouche : donner envie de manger parce que c’est appétissant.
2. la FNAC : la grande chaîne de magasins qui vend des livres, des CD, des DVD, des ordinateurs, des
appareils photos, etc… dans toutes les villes de France. Une vraie institution.
3. un cobaye : normalement un animal de laboratoire sur lequel on effectue des tests. On l’emploie
aussi pour les humains.
4. ils sont partis vite : ils ont été mangés rapidement.
5. La barbe ! : exclamation quand quelque chose nous énerve, nous casse les pieds ! On peut utiliser le
verbe aussi : « ça me barbe, je ne sais pas quoi faire à manger. »
6. un cordon bleu : expression pour désigner quelqu’un qui cuisine très bien.
J’aime, je n’aime pas
Tout le monde a des goûts différents en matière d’alimentation. Anne, Morgan ainsi que Quentin vont
nous raconter ce qu’ils aiment et ce qu’ils détestent ! Ils vont aussi nous expliquer leurs habitudes, leur
hygiène alimentaire.
Transcription
A : Anne ; M : Morgan ; Q : Quentin
A : Alors, est-ce qu’il y a quelque chose que vous détestez complètement, à manger ?
M : Alors moi, il y a quelque chose que je déteste plus que tout, c’est les épinards. Pourtant je suis pas
difficile dans mes goûts alimentaires mais les épinards…
A : C’est pas possible ?
M : Ça me répugne ! (1)
A : C’est vrai ? C’est pourtant si bon !
M : C’est ce qu’on me dit à chaque fois, préparés avec un œuf, tout ça, il paraît que c’est délicieux mais
non… ça passe pas (2), non …
A : Depuis toute petite, vous ne pouvez pas manger ça ?
M : Non.
A : Et vous avez réessayé ?
M : Non.
A : Elle reste sur un a priori d’enfance !
M : Non, mais rien que l’odeur… j’aime pas !
Q : Ben moi par exemple, ce que j’aime pas, c’est les champignons. Je sais pas je…
A : Ah bon ?
Q : Ouais.
A : Toutes sortes de champignons ? Les champignons de Paris ?
Q : Ouais vraiment. Pourtant, quand ils sont pas encore cuisinés et cuits, ça pourrait donner envie, ça
sent bon, mais alors vraiment, cuisinés…j’aime pas.
A : D’accord.
Q : Mais bon, c’est vrai que il y a pas que ça que j’aime pas. Il y a par exemple tout ce qui est fruits de
mer. Je suis pas très fan.
A : Ah bon ? Vous êtes difficile (3) alors.
Q : Ouais, un petit peu.
A : Moi, dans les produits de la mer, il y a un truc que j’aime pas, c’est les huîtres. Ça, je peux pas !
M : Ah ouais ? Moi j’adore ça !
A : Morgan, elle aime tout !
M : Tout ce qui est de la mer, tous les poissons, tous les fruits de mer, j’adore.
A : D’accord, et puis…
Q : Sinon, côté cuisine, ouais, tu respectes un peu les cinq fruits et légumes par jour (4)?
M : Euh ben, cinq fruits et légumes par jour, je sais pas s’il y a les cinq mais j’essaie de manger tous les
jours au moins un fruit et un légume.
A : D’accord, mais il faut… Le problème, les légumes, c’est qu’il faut un petit peu les préparer.
M : Ouais ouais.
A : C’est ça le…la difficulté.
M : Ouais, alors ben souvent, en entrée, en crudité, la salade, les tomates ça fait déjà deux légumes.
A : Bon. Et Quentin, alors ?
Q : Ben moi, c’est pareil, j’aime bien quand il y a des fruits et légumes. Je trouve ça très bon. Sauf que
bon, c’est vrai que quand je suis chez moi tout seul, j’ai pas souvent…
M : C’est long à préparer.
Q : …l’envie, ouais, de préparer un vrai repas avec tous les fruits et légumes, un plat complet et
équilibré.
A : Juste pour vous.
Q : Juste pour moi tout seul.
A : Oui, c’est ça, parce que cuisiner, c’est quand même cuisiner aussi, bon, pour soi et pour les
autres…Non, Morgan ?
M : Non, quand je suis toute seule, je ne me laisse pas aller. (5)
A : D’accord.
M : Je me fais quand même à manger…
A : Des bonnes choses ?
M : Des bonnes choses.
A : Bon, on va s’inviter chez Morgan, Quentin !
Q : Oui.
A : Merci !
Quelques explications :
1. ça me répugne : ça me dégoûte. ( C’est un verbe très fort ! Morgan n’aime vraiment pas les
épinards. )
2. ça passe pas = ça ne passe pas, ce qui signifie que Morgan ne peut pas avaler ça !
3. être difficile, c’est ne pas aimer un grand nombre d’aliments.
4. « 5 fruits et légumes par jour » : c’est le slogan de la campagne du Ministère de la Santé pour
lutter contre l’obésité, la malbouffe, les mauvaises habitudes alimentaires. Il paraît que c’est la quantité
nécessaire pour être en bonne santé.
5. se laisser aller : c’est ne pas faire attention à soi, à ce qu’on mange, à la façon dont on vit. C’est se
négliger. Morgan, elle, ne se laisse pas aller. Elle ne cède pas à la facilité et se fait des bonnes choses
à manger.

Vous prendrez bien un peu de fromage !


Camembert, bleu d’Auvergne, cabécous, reblochon, roquefort, tomme de Savoie… Impossible
d’énumérer tous les fromages de France car il y en a plus de 400 ! Toutes les régions ont les leurs.
Alors, du bon pain et du bon fromage et tout va bien ! Quentin et Anne sont deux amateurs et ils nous
parlent de leurs préférences.

TRANSCRIPTION
Q : Quentin / A : Anne
A : Bon, ça va Quentin ? La journée n’est pas trop chargée aujourd’hui ?
Q : Bah… j’ai pas beaucoup de temps, là, pour manger, donc que je pense que je vais juste me faire un
petit bout de fromage sur un… sur un bout de pain, pour… pour déjeuner. Puis après, je vais repartir
travailler.
A : D’accord, oui. C’est pratique, hein, ça, le fromage et le pain, en fait ! Vous aimez le fromage ?
Q : Bah oui, j’aime beaucoup le fromage, donc c’est vrai que j’en mange plutôt souvent, le soir
généralement ou surtout pour les grands repas. Mais…
A : C’est-à-dire quand… enfin je sais pas (1), c’est quand vos parents cuisinent ou … ?
Q : Voilà, quand on fait des… des vrais repas en famille, c’est… c’est vraiment un plat à part entière
(2), quoi.
A : Oui, il y a toujours le plateau de fromage qui arrive.
Q : Voilà.
A : Et qu’est-ce que vous aimez comme fromage alors ?
Q : Bah, moi j’aime beaucoup, bah, toutes sortes de fromages mais j’aime beaucoup les… les forts,
ceux qui ont bien… bien mûri (3), donc les fromages au lait cru (4), les camemberts (5)…
A : Oui ? Ah, d’accord. Des fromages un peu corsés qui ont du goût… et qui sentent ? Pour ne pas dire
qui puent (6), parce qu’il y en a quelques-uns quand même qui sentent très fort !
Q : Oui, bah, ça… ça repousse souvent un peu les étrangers mais c’est vrai que… il faut tester le
fromage et…
A : Oui, parce que des fois, ils sont… Ils sentent fort mais ils sont pas forts du tout au goût.
Q : Voilà, au goût, il sont très, très bons.
A : Oui, oui. Moi aussi, je mange beaucoup de fromage, j’aime beaucoup ça. Et… Moi j’aime bien les
fromages… Ouais, j’aime beaucoup les fromages de brebis et les fromages de chèvre. Les fromages
comme le roquefort (7), les fromages comme ça qui ont vraiment du goût et, c’est vrai, que c’est
pratique. Mais… Moi, souvent, en fait, j’aime bien manger… Enfin, quand on a fait un vrai bon repas, je
trouve que manger encore en plus du fromage, pour moi, ça fait beaucoup. Donc je préfère finalement
un peu en dehors… enfin voilà, sur un morceau de pain…
Q : Passer directement au dessert.
A : Oui oui, parce que ça… ça fait quand même pas mal (8).
Q : Bah, c’est pour ça que moi, c’est souvent sur les grands repas, puisque c’est des repas un peu plus
étalés, dans la longueur (9). Donc on peut…
A : Digérer entre les plats…
Q : …prendre son temps et donc manger peut-être plus. Donc le fromage… c’est une bonne idée.
A : Mais, par exemple, enfin, il y en a toujours du fromage chez vous dans votre…
Q : Oui, toujours.
A : … à la maison, oui ?
Q : Bah c’est… c’est simple pour cuisiner, il y a toujours quelque chose, pour manger un petit bout de
pain, comme ça quand on n’a pas le temps.
A : Oui, oui, oui. Et par exemple, je sais pas, c’est votre maman qui cuisine à la maison ?
Q : Euh, non, c’est tout le monde.
A : Tout le monde ? Ah bon, parce que, je sais pas, est-ce que vous mangez du, je sais pas, du gruyère
râpé, des choses comme ça qu’on met sur les pâtes ?
Q : Voilà, généralement pour assaisonner les plats ou …
A : Oui, oui. Nous, on mange beaucoup de parmesan (10), en fait. On met du parmesan. Et puis aussi,
moi j’aime bien la feta (11) dans les salades et tout ça, ou la mozzarelle.
Q : La mozzarella (12) . Mais souvent, ça, c’est l’été.
A : Oui, pour les salades avec les tomates et… et tout ça. Bon, bah, bon appétit !
Q : Merci.
Quelques explications :
1. enfin je sais pas : ça ne veut rien dire ! C’est un tic de langage, quand on cherche ses mots ou ses
idées, dans des conversations familières.
2. un plat à part entière : un vrai plat, pas juste un accompagnement. Le fromage a souvent une vraie
place dans les repas français, juste avant le dessert.
3. qui ont bien mûri : normalement, ce sont les fruits qui mûrissent. Ici, ça veut dire que ces fromages
ne sont pas trop jeunes et donc ont vraiment du goût.
4. les fromages au lait cru : par opposition aux fromages faits avec du lait pasteurisé et donc plus
insipides…
5. le camembert : c’est un fromage très réputé en France. Mais il faut manger des vrais camemberts,
pas les fromages industriels qui portent juste ce nom !
6. qui puent : puer, c’est avoir une odeur forte et pas très agréable ! Il y a des gens qui trouvent que
certains fromages « puent » !
7. le Roquefort : fromage au lait de brebis fabriqué dans le département de l’Aveyron, affiné dans des
caves spéciales à Roquefort.
8. ça fait pas mal : c’est une façon de dire que « ça fait beaucoup ».
9. Des repas plus étalés : les repas en France peuvent prendre un certain temps ! Beaucoup de
Français aiment bien passer du temps à table, en famille ou avec des amis, à manger et discuter. Ça
fait partie de la convivialité.
10. le parmesan : fromage italien.
11. la feta : fromage grec
12. la mozarella : fromage italien. Francisé en « mozarelle ».

Si on faisait sauter les crêpes !


En France, la tradition veut qu’on fasse des crêpes début février pour la Chandeleur. Mais beaucoup
de Français mangent des crêpes tout au long de l’année, garnies de toutes sortes de bonnes choses!
Traditionnellement aussi, on fait sauter les crêpes dans la poêle, c’est-à-dire que pour les faire cuire
des 2 côtés, on les retourne sans ustensile, juste en les faisant sauter ! Morgan, Thomas, Gaël et Anne
aiment les crêpes et nous expliquent comment ils les préparent et les dégustent.
TRANSCRIPTION
M : Morgan / T : Thomas / G : Gaël / A : Anne
A Bon, demain, c’est la… C’est la Chandeleur. Est-ce que vous allez faire des crêpes?
M Non, moi pas demain, parce que j’en ai déjà fait la semaine dernière. En fait, j’attends pas trop le jour
de la Chandeleur pour faire des crêpes. J’en fait un peu toute l’année (1).
A D’accord. Une bonne recette? Qu’est-ce qu’il faut pour faire des crêpes?
M Pour des bonnes crêpes, il faut de la farine, du sucre, des oeufs, du beurre, du lait (2). Et moi, je
rajoute un peu de fleur d’oranger(3) aussi.
A Ah oui, pour parfumer. Il y en a qui mettent du rhum.
T Ouais, du rhum.
A : Mais… Et vous mettez du beurre?
M : Oui, du beurre fondu.
A : Ah d’accord. Moi, j’en mets pas, du beurre (4). Et Thomas aussi, vous aimez les crêpes?
T : Oui. Moi, c’est pareil, je… C’est pas… pas forcément à la Chandeleur. C’est plus pour les crêpes en
elles-mêmes. Quand on les fait à la Chandeleur, c’est plus trop… plus trop pour la tradition, je pense.
Et voilà.
A : Oui, oui. Et vous mettez quoi, alors, dans vos crêpes?
T : Ben, pareil que Morgan. A la place de la fleur d’oranger, plutôt du rhum.
A : Oui, oui. Mais après, je veux dire, dans la… la garniture, en fait? Parce qu’on les mange pas juste
comme ça.
T : Ouais. Moi, j’aime bien du sucre avec un peu de citron. Ou du Nutella (5).
A : Ah, du Nutella! Morgan, le Nutella, c’est bon?
M : Du Nutella aussi. Je mange qu’avec du Nutella, les crêpes. (6)
A : C’est vrai? Moi, je trouve ça écoeurant! (7)
A : Et Gaël?
G : Moi, je mets du jus de citron avec du sucre.
A : Ah d’accord. Traditionnel aussi. Oui, oui, il y en a qui mettent de la confiture.
T : Ouais.
M : Des bananes, de la glace.
A : Oui, on peut carrément… De la glace ?
T : Sinon, il y a des crêpes salées aussi.
A: Oui, vous en mangez ?
T: Ouais. Mais plutôt avec de la farine de sarrasin. (8)
A : Oui, comme on fait en Bretagne, en fait. (9)
T : Ouais. Avec des œufs, du jambon, du gruyère (10), tout ça.
A : Ouais, ça c’est bon ! Ça fait le plat complet. C’est vrai que c’est très agréable. Gaël, vous en
mangez aussi, des crêpes salées ?
G : Ouais, ouais. Ouais parce que ma mère, elle est bretonne, donc…
A : Ah !!!
G : … elle en fait souvent.
A : C’est vrai ? Et oui, la Bretagne, c’est la capitale de la crêpe. Enfin pas la capitale, mais c’est le pays
de la crêpe ! C’est vrai qu’il y en a des très bonnes, hein.
G : Ouais, c’est là où il y a les meilleures !
A : Oui. Et comment vous faites, Morgan ou Thomas ? Vous faites sauter les crêpes dans la poêle ?
T : Moi, j’y arrive pas trop ! (11) Plutôt ma mère ou…
A : C’est dangereux !
T : Oui.
M : Non, moi je les fais pas sauter non plus.
A: Oui, oui. Mais… Non, ce qui est un peu énervant des fois, c’est que ça attache (12). Il faut avoir
vraiment une poêle…
M : C’est pour ça que je mets du beurre dans la pâte.
A : D’accord, ça aide. Bon bah, écoutez, bonnes crêpes la prochaine fois et… Moi, chez moi, c’est
pareil aussi. J’en fais un peu n’importe quand. Et tout le monde aime ça et… Le seul truc, c’est que
c’est un peu long à faire quand même. Parce qu’on les mange…
T : Faut les faire à l’avance…
A : Ouais, mais c’est moins bon !
T : Non, mais une demi-heure à l’avance.
A : Oui, les faire toutes et puis après, on les fait un peu réchauffer.
T : Ouais […].
A : Moi, je les fais au fur et à mesure (13) mais j’ai l’impression d’y passer tout mon temps et puis de…
de jamais avoir le temps de m’assoir pour en manger, pendant que la famille mange.
M : Ouais, et puis il y en a qui laisse reposer la pâte (14) une heure aussi.
A : Oui, moi, je le fais pas.
M : Moi je laisse pas… Moi, je lui laisse pas le temps de reposer.
A : D’accord. Moi j’ai jamais vu la différence, en fait.
M : Non.
A : Donc bon…
M : Y en pas. (15)
A : Bon, bah écoutez, on va aller faire chauffer la poêle et puis bon appétit avec les crêpes !
Quelques explications :
1. un peu toute l’année : expression qui signifie que c’est n’importe quand, tout au long de l’année. Il n’y
a pas d’occasion particulière.
2. du lait : Morgan a un accent du sud. Ecoutez comment elle prononce ce mot. Ce n’est probablement
pas ce que vous apprenez à l’étranger ! Dans le sud, on ne fait pas la différence entre les mots en « ai
» et ceux en « é » en fait.
3. de la fleur d’oranger = de l’eau de fleur d’oranger.
4. J’en mets pas, du beurre : Très oral ! La phrase de base, c’est : je ne mets pas de beurre.
5. le Nutella : tous les Français connaissent le Nutella. C’est une pâte chocolatée qu’on tartine sur du
pain, des tranches de brioche. Ou que certains mangent à la cuillère, dans le pot !
6. Je mange qu’avec du Nutella, les crêpes : très oral aussi. La phrase parfaite serait : Je ne mange les
crêpes qu’avec du Nutella, ce qui veut dire « seulement avec du Nutella ».
7. écoeurant : un peu difficile à digérer si on en mange beaucoup !
( Mais c’est très bon ! )
8. le sarrasin : c’est une céréale spéciale.
9. La Bretagne : région dans l’ouest de la France. Les crêpes sont un plat traditionnel de cette région. Il
y a beaucoup de crêperies, c’est-à-dire des petits restaurants qui servent toutes sortes de crêpes,
salées et sucrées. Et on boit du cidre avec. ( boisson peu alcoolisée à base de pommes. )
10. le gruyère : fromage fabriqué en Suisse et dans l’est de la France. Beaucoup de Français le
consomment râpé, sur les pâtes par exemple, ou pour faire des gratins de légumes.
11. J’y arrive pas trop = Je n’y arrive pas trop. Thomas a un peu de mal à les faire sauter . Il risque de
faire tomber la crêpe par terre !
12. ça attache : ce qu’on fait cuire reste collé au fond de la poêle.
13. au fur et à mesure : les unes après les autres, pendant que les gens les mangent, pas à l’avance.
14. laisser reposer la pâte : attendre un peu avant d’utiliser cette pâte, de la faire cuire.
15. Y en a pas = Il n’y en a pas. ( très oral, mais très courant ! ) = il n’y a pas de différence.

C’est l’heure du dîner. A table ! On mange !


Après sa journée de travail, chacun rentre chez soi. C’est le moment de décompresser mais c’est aussi
l’heure du dîner, en famille en général. Thomas, Isabelle et Anne nous racontent comment ça se passe
chez eux et comment ils s’organisent. A table ! On mange !
Transcription:
T : Thomas / I : Isabelle / A : Anne
A: Alors bonjour, c’est pas encore l’heure de…manger mais on pourrait peut-être parler de… du dîner
et Thomas, je voudrais savoir à quelle heure vous dînez le soir ?
T: Moi je dîne à… vers huit heures, huit heures et quart.
A: D’accord. Et c’est en famille ?
T : Ouais, en famille, on est quatre et voilà.
A : Avec qui ? Alors le père, la mère et…
T : Ouais, et ma petite sœur.
A : La petite sœur. Et tout le monde… Comment ça se passe alors ? Vous vous mettez à table ?
T : Ma mère dit « à table ! » et on descend et on mange.
A : D’accord, « à table ! » Et tout le monde arrive dès qu’elle le dit.
T : Ouais.
A : Oui d’accord.
T : Un peu en retard des fois…
A : Oui oui, et elle râle (1)?
T: Non, ça va.
A : Non, et donc c’est quoi, alors ? C’est elle qui a mis la table, qui a fait la cuisine… ?
T : Soit ma mère, soit mon père parce que mon père rentre tard. Avant, c’était lui mais maintenant c’est
plutôt ma mère.
A : D’accord, oui. Mais sinon, il faisait la cuisine ou… ?
T : Oui, il faisait la cuisine avant.
A : Oui.
T : Mais maintenant, c’est ma mère qui s’y est mise (2).
A : Oui oui. Et vous ? Non ?
T : Non.
A : Jamais ?
T : Oui (3), je la fais mais quand je suis seul ou…
A : Oui, obligé !
T : Ouais !
A : D’accord, et sinon, vous… Enfin, par exemple, mettre la table ou la débarrasser ou… ?
T : Je débarrasse des fois, mais mettre la table, enfin pas trop…
A : C’est déjà tout prêt, d’accord, vous avez juste à vous mettre les pieds sous la table (4).
T : Ouais, voilà.
A : Super ! D’accord et ça dure combien de temps, un repas ?
T : Moi, je mange vite donc je finis en dix minutes après je débarrasse mon assiette et tout.
A : Oui.
T : Sinon, mes parents, ils doivent rester vingt minutes.
A : Oui d’accord, et… C’est quoi… Une petite sœur ?
T : Oui.
A : Elle, elle reste jusqu’au bout ?
T : Oui, peut-être pas jusqu’au bout mais plus que moi.
A : Oui d’accord, c’est le privilège de l’âge de pouvoir sortir de table assez vite.
T : Oui.
A : Bon, et Isabelle, alors, c’est pareil, vers huit heures le soir ?
I : Oui, vers huit heures, neuf heures du soir.
A : Ah ! Neuf heures carrément ?
I : Oui
A : Ouh, c’est tard ça !
I : Parce que mes… mon frère et mon père, ils arrivent plutôt tard du bureau. Donc…
A : Ah !
I : C’est à partir de là qu’on commence à manger tous ensemble.
A : Oui.
I : Mais bon, on est tous ensemble dans la même maison mais…
A : Avec des rythmes un peu différents ?
I : Ouais voilà, on est chacun de notre côté.
A : Ah bon ? Et quand même, vous dites que vous attendez vers huit heures – neuf heures, donc ça
veut dire que quand même, vous vous mettez à table ensemble, quoi, donc …
I : Oui. Enfin ma mère, elle prépare la cuisine, elle fait le repas et on vient chercher notre assiette.
Après, on fait notre vie (5).
A : Ah d’accord, c’est ça, oui oui. Et donc qu’est ce que vous faites alors ? Il y en a qui mangent devant
la télé ou des choses comme ça ?
I : Moi, je mange dans le salon devant la télé, mon frère, il est plus enfermé dans sa chambre avec son
ordinateur.
A : Ah ouais, il mange dans sa chambre ? Ah bon ben c’est… Oui. Donc du coup, tout le monde mange
à son rythme et on peut pas dire que vous mettez une demi-heure ou je sais pas quoi ?
I : Non.
A : Et alors, après, chacun rapporte son assiette ?
I : Oui, on rapporte notre assiette, on la met directement dans le lave-vaisselle et…
A : D’accord.
I : Comme ça, c’est fait !
A : Oui. Et qui est-ce qui vide le lave-vaisselle quand il est propre ?
I : C’est un peu tout le monde.
A : Oui, d’accord c’est une organisation différente alors, oui oui. Moi, chez moi, c’est un peu différent
quand même parce que on mange peut être un peu plus tôt quand même, sept heures et demie, huit
heures à peu près, et puis… ben… on mange tous ensemble, on s’assoit tous ensemble à table et c’est
mon fils -parce que j’en ai deux, mais il y en a un qui vit plus à la maison – et c’est lui qui met la table,
c’est obligé, et puis, c’est lui qui vide le lave-vaisselle, voilà, on a réparti un peu les tâches ménagères.
Et puis la cuisine, ben, c’est soit mon mari, soit moi et voilà. Et puis, ben, c’est comme Thomas : mon
fils, il se fait à manger quand il est tout seul. Voilà. Qu’est-ce que vous faites, Thomas, comme… ?
T : Des plats individuels.
A : Ah d’accord, des trucs tout prêts.
T : Mais sinon, quand j’ai le temps, je me fais…
A : Des pâtes ? Un steak ? Oui oui, moi, mon fils, il sait faire, ouais voilà, il sait faire cuire des pâtes, il
sait se faire cuire un steak ou une escalope (6). Et puis effectivement, oui voilà, il y a des surgelés, des
choses comme ça et on met au micro-ondes (7) ou on fait réchauffer, on… Oui oui, d’accord. Bon ben,
écoutez, ben là, c’est presque l’heure du déjeuner. Alors en attendant, je vous souhaite bon appétit et
puis…
T et I : Bon appétit !
A : A bientôt.
Quelques explications :
1. elle râle = elle proteste, elle n’est pas tout à fait contente et elle le dit.
2. se mettre à faire quelque chose : commencer à faire quelque chose et s’en occuper.
3. Oui : ici, Thomas devrait dire « si ».
4. se mettre les pieds sous la table : cette expression signifie qu’on n’a rien à faire, qu’on ne participe
pas à la préparation du repas, qu’on se fait servir.
5. faire sa vie : chacun fait ce qu’il veut, en toute liberté, sans s’occuper des autres.
6. une escalope : c’est une tranche de veau qu’on fait cuire à la poêle.
7. un micro-ondes = un four à micro-ondes.

Et vous, vous aimez faire les courses ?


Il n’y a pas à dire : pour se faire à manger, il faut d’abord faire les courses ! Pour ça, le plus ordinaire,
c’est d’aller au supermarché et de remplir son chariot. Mais ça prend du temps, surtout s’il y a du
monde dans les rayons et à la caisse. Alors Romain explique comment il s’y prend pour se simplifier la
vie !
TRANSCRIPTION
R : Romain / A : Anne
A : Alors Romain, c’est pas trop casse-pieds (1) de faire les courses à Paris, parce qu’il y a du monde
quand même dans les supermarchés, non ? Dans les centres commerciaux ?
R : Oui. Il y a du monde. Oui, surtout le soir après… après le travail, en fait, c’est vrai que c’est…
A : Ouais, c’est ça.
R : C’est quand même chargé, donc j’ai découvert, il y a… il y a un mois à peu près , il y a un magasin
de… en fait de courses par internet qui a ouvert à côté de mon travail. Donc le principe, c’est de…
Donc on réalise ses…ses… sa commande sur internet. Donc, comme dans un vrai magasin en fait. Il y
a différents rayons (3) et on… on sélectionne les produits qu’on veut, et en fait on va les récupérer
ensuite directement sur place au magasin avec ses… ses courses faites.
A : Ah oui ? Qui est-ce qui t’a… Comment tu as trouvé ça ?
R : Bah c’est… c’est en passant devant, hein. Il y avait une… une pancarte et…
A : Oui, oui.
R : Et voilà !
A : Et tu t’es dit « ça vaut le coup d’essayer ! ». (4)
R : Donc je me suis dit « Bah ça vaut peut-être le coup d’essayer. » Et en fait, c’est vrai que ça marche
très bien. Donc on passe… Ça va assez vite de faire ses courses finalement parce qu’en plus, on peut
se sauvegarder des… des listes pendant…
A : Ah oui, toutes faites.
R : Oui, voilà. Les trucs (5) qu’on… qu’on achète à chaque fois, on n’a pas besoin de recliquer dessus,
de perdre du temps. Donc c’est vrai qu’au final, c’est assez rapide et… Et puis quand on passe… donc
on passe au magasin, on paye à une borne et puis, deux minutes après, il y a quelqu’un qui… un
livreur qui arrive avec un chariot et qui… et qui nous met les sacs directement dans la voiture.
A : Ah ouais ? Tout est prêt ? Tout est rangé ?
R : Tout est prêt, voilà. Donc entre le moment où on paye et le moment où on repart avec la voiture
pleine, ça prend moins… moins de cinq minutes.
A : Ah oui, d’accord. Alors là, c’est le record !
R : Voilà. Donc c’est vrai que c’est… c’est assez pratique.
A : Oui, oui. Pas besoin de traîner dans les rayons, de pousser un chariot qui marche pas… D’accord.
Et alors, tu trouves tout ce que tu veux ou pas ? Parce que… quand même, c’est bien de choisir aussi.
R : Oui, c’est ça le problème. C’est qu’il y a… enfin, il y a pas tous les produits vraiment. C’est vrai que,
bon, il y a un choix plus limité. Donc…
A : Oui ? Mais par exemple, les produits comme, enfin je sais pas (6), les légumes ou les fruits, en
général, on… on choisit un peu… ce qu’on prend.
R : Alors, on choisit pas vraiment (7) , parce que donc on choisit pas non plus la quantité. Donc c’est
souvent ou cinq cents grammes ou un kilo. Donc c’est vrai que c’est un petit peu le problème si… Bah
on peut pas acheter par exemple une pomme ou une poire. C’est…
A : Oui, oui d’accord.
R : Il y a une quantité minimale et on peut pas la… la choisir vraiment. Mais sinon…
A : Mais c’est pas des… enfin… parce que des fois, quand on est au supermarché, on voit bien qu’il y
a, je sais pas, moi, une pomme qui est un peu pourrie ou… Et on la prend pas. Alors là, comment…
R : Bah, ça, ce qu’il y a de bien, c’est que …
A : Ils te mettent pas des trucs comme ça ?
R : Non, mais ils te … Quand… Quand tu arrives … Quand ils te chargent la voiture, ils te montrent les
fruits. Et donc si jamais ils te plaisent pas (8), que tu les trouves trop mûrs ou pas assez mûrs
justement, tu peux leur demander de le changer. Ils te le changent immédiatement… sur le moment.
A : D’accord. Et alors tu penses qu’il y a beaucoup de gens qui font ça ou… (9)?
R : Bah là, à côté de mon travail, c’est pas… Ça vient juste d’ouvrir. Donc il y a pas encore beaucoup
de monde mais… je sais pas, peut-être ça doit bien… ça doit bien marcher parce que c’est vrai que
ça… ça permet de gagner pas mal de temps, même si c’est vrai que ça dispense pas complètement
de… d’aller au supermarché pour les petites courses d’appoint (9), et pour ce qu’on trouve pas
justement dans… dans ce magasin-là.
A : Oui, oui. Ouais bah c’est une bonne solution parce que c’est vrai que quand on fait les courses…
Combien tu… Combien tu mettais, quoi, quand tu y allais ?
R : Moi, je mettais bien…
A : Minimum…
R : Quarante-cinq minutes. Facile ! (10)
A : Donc là, tu…
R : Et puis, il y a pas… Ce qui est bien surtout, c’est qu’il y a pas de… Enfin le service n’est pas payant,
comme dans certains magasins… Enfin comme…comme certains magasins font déjà.
A : Oui mais c’est…Ouais mais c’est quand même un peu plus cher, non ?
R : A priori (12), ça a l’air un tout petit plus cher mais c’est pas non plus énorme, donc…
A : Ça vaut le coup.
R: Ça vaut quand même le coup.
A: D’accord. Bon écoute, je sais pas si à Marseille, il y a ça mais…
R : Enfin ça ouvrira… Pour l’instant, il y en a pas mais c’est… ça ouvrira peut-être un jour !
A : Oui, oui. D’accord. Bon, bah moi qui n’aime pas faire les courses…
R : Oui, c’est la solution idéale !
A : Ah oui, parce qu’alors franchement, la perte de temps ! Bon bah écoute, merci.
Quelques explications :
1. casse-pieds : mot familier qui signifie « embêtant », « ennuyeux ». On peut l’utiliser en parlant de
quelque chose ou de quelqu’un.
2. il y a du monde = il y a beaucoup de gens. Mais c’est bien plus naturel de dire « Il y a du monde ».
3. un rayon : les supermarchés sont divisés en différents rayons. Il y a le rayon fruits et légumes, le
rayon viande, le rayon fromage – très important, le rayon fromage en France ! – le rayon vaisselle, le
rayon vêtements pour enfants, ec…
4. ça vaut le coup = ça vaut la peine ( de faire quelque chose ) = Il y a des avantages à faire ça. « ça
vaut le coup » est plus familier, plus oral que « ça vaut la peine ».
5. les trucs : mot familier pour remplacer ici « les produits ». On l’utilise seulement à l’oral et dans des
conversations familières.
6. enfin je sais pas : cette expression orale sert juste à gagner du temps, à chercher ses mots.
7. On choisit pas vraiment : il manque « ne » pour faire une phrase négative absolument correcte
grammaticalement. Oralement, et familièrement, une majorité de Français font ça.
8. Si jamais = au cas où / si un jour. ( Ce n’est pas du tout le sens ordinaire de « ne… jamais ». )
9. Il y a beaucoup de gens qui font ça : ici, on emploie « gens » parce qu’il y a une proposition relative
après : « qui font ça ». Quand il n’y a rien, on dit : « Il y a beaucoup de monde dans ce magasin ».
10. les courses d’appoint = les courses qu’on fait quand il nous manque juste un produit ou deux, pour
compléter le reste.
11. Facile ! : ça veut dire que 45 minutes, c’est plutôt sous-estimé. On atteint très vite les 45 minutes.
C’est vraiment le minimum et il faut souvent plus.
12. A priori : au premier abord / à première vue. Avant toute analyse plus poussée.

Bonjour, bonsoir, salut… Comment se salue-


t-on en français?
Anne, Bao Chau et Quentin discutent des façons de saluer en France et commentent leurs habitudes
personnelles. En effet, la langue française est très variée et on ne salue pas de la même façon selon à
qui on s’adresse ou selon l’heure à laquelle on se salue. Pas facile de s’y retrouver parfois, surtout
quand on n’est pas français, comme Bao Chau !
TRANSCRIPTION
Q : Quentin / B : Bao Chau / A : Anne
A : Bonjour à tous, ça va ?
B / Q : Ça va.
A : …Ben justement, je voulais vous demander un petit peu, comment… comment vous faites quand
vous rencontrez quelqu’un dans la journée pour la première fois ? Qu’est-ce que… qu’est-ce que vous
lui dites ?
Q : Ben, ça dépend surtout à qui on va s’adresser parce que si on s’adresse à un supérieur ou à… ou à
un professeur surtout, on va rester beaucoup plus formel (1), on va lui dire « Bonjour », simplement.
Alors que avec ses amis par exemple, on va être beaucoup plus familier, avec « Salut », « Ça va ? »…
A : Oui, oui. Oui, c’est vrai que « Salut », on l’emploie beaucoup mais il faut faire attention… enfin…
avec qui on l’emploie en fait.
Q : Voilà.
B : Moi, je trouve entre les amis qui sont… sont… très proches… normalement les filles, on dit «
Coucou » aussi, je trouve (2).
A : Ah oui, c’est vrai ! Oui, oui, c’est vrai. On arrive, on dit « Coucou ! Ça va ? »
B : Ouais.
A : Oui, oui, c’est vrai mais c’est très familier.
B : Ouais…
Q : Et puis, c’est plus pour les filles.
A : Ah bon, Quentin… non ? Tu dirais pas ça ? Pas avec tes… tes copains… D’accord. Et… donc on dit
« Bonjour », on dit « Salut », on dit « Coucou ».
Q : Mais bon, faut faire attention parce que vers cinq heures du soir à peu près, ça dépend… c’est
plutôt comment on le sent, c’est… c’est plutôt « Bonsoir »que « Bonjour ».
A : Ah oui, c’est vrai ça aussi.
B : Oui.
A : Et… C’est des fois un peu difficile non, Bao Chau ?
B : Ouais, sinon parfois j’ai oublié je dis « Bonjour » même que si ça fait six heures du soir (3).
A : Oui. Et les gens répondent « Bonsoir » ?
B : Oui, oui, ils disent « Bonsoir », c’est là… je trouve je me suis trompée (4).
A : En fait, je sais pas si c’est vraiment… une… une faute. C’est… Parce que ça dépend un peu des
gens. Mais c’est vrai que…
B : C’est l’habitude en fait.
A : Oui, oui. Mais je sais pas à quelle heure ça commence en fait. Quentin, il disait à cinq heures (5).
Mais…
Q : Ah… Il y a pas vraiment d’heure. Ça se fait surtout… ouais… au feeling (6), comment on va
appréhender…
A : Oui, c’est vrai peut être, quand il commence à faire un peu sombre, quand c’est la nuit qui tombe.
B : Quand il n’y a plus de soleil en fait.
A : Oui. Ce qui est sûr, c’est que par exemple moi, à partir de… je sais pas, sept heures ou huit heures,
je dis pas « Bonjour ». Effectivement, je dis « Bonsoir ». Mais c’est avant : est-ce que c’est vers six
heures ? Est-ce que c’est vers sept heures ? Je sais pas. Oui… Et alors, après, comment… Comment
vous vous dites… Comment vous vous séparez ?
Q : Bah pour… pour se séparer, généralement, c’est… « Bonne journée », « Bonne soirée », « Au
revoir », c’est assez…
A : Oui, « Au revoir » évidemment, oui, oui. Et…
B : Et après, si on est entre les collègues ou bien les amis, on va se rencontrer demain, on dit « A
demain » ou bien « A tout à l’heure » (7)
A : Oui, quelquefois même vous abrégez, non ? Vous dites pas « A tout à l’heure », vous dites…
Q : Oui. « A plus », « A toute »…
A : Oui, oui… Carrément (8).
Q : Mais bon, là c’est pareil, c’est beaucoup plus familier.
A : Oui, et moi j’ai remarqué à Marseille aussi, comme il y a l’Italie qui est pas très loin, en fait, il y a
beaucoup de gens qui disent….
A / B / Q : « Ciao ! »
A : Et même deux fois « Ciao, ciao ».
Q : Ouais, ben c’est un peu comme « Bye bye » pour les Anglais.
A : Oui c’est ça, oui. Mais… Je trouve… que c’est un truc… assez… marseillais là, dans le Sud de la
France, et probablement parce qu’on n’est pas trop loin des Italiens, donc il y a cette influence…
D’accord. Et… Bao Chau, non, c’était pas trop dur au début… « Bonne journée », « Bonsoir », de
savoir quand est-ce qu’on le disait ?
B : Ouais… normalement au début je connais pas beaucoup les mots… pour dire… pour faire les
salutations… pour dire quand on est séparé … donc… je sais « Bonjour », « Bonsoir », et « Au revoir »
seulement (9).
A : Oui, oui.
B : Et… dès que j’arrive à Marseille… j’ai connu « Ciao », « Ciao » aussi . Je trouve il y a les…
Normalement, la plupart des Français utilisent « Ciao » aussi, parce que… Et après, je sais… je peux
confondre entre « Bonjour » et « Bonne journée » parce que quand je rencontre un Français, je dis… «
Bonne journée » mais il m’a dit « Bonjour ». Mais après, je sais que… on dit « Bonne journée », c’est
quand on dit « Au revoir » en même temps (10).
A : Oui, on souhaite une bonne journée à quelqu’un… Au moment de… de se séparer, on se souhaite
une bonne journée… Oui, oui. Et c’est pareil avec « Bonne soirée » et « Bonsoir » finalement.
B : Oui, c’est… c’est la même chose.
A : Oui, parce que « Bonne soirée »… c’est pour souhaiter une bonne soirée à quelqu’un.
Q : Ouais, c’est quand on va plus le revoir.
A : Oui, oui. Et… c’est pareil, il y avait aussi « Bonne nuit ». C’est difficile ça, « Bonne nuit » ?
B : Oui, avant… Une fois, j’écoute une dame qui dit à un Monsieur qui quitte… qui quitte le boulot… et
c’est sept heures seulement mais elle dit « Bonne nuit »(11).
A : Ah oui ?
B : Parce que… oui…
A : C’est bizarre, non ?
B : Oui c’est bizarre parce que… j’écoute une fois… c’est vrai. Donc je trouve bizarre… mais je pense
que peut-être… elle lui souhaite « Bonne nuit » chez lui… de reposer… toute la nuit (12).
A : Oui, oui voilà, il était fatigué… et elle lui souhaite… Parce que « Bonne nuit », c’est vraiment…
Q : Oui, ça s’utilise généralement, surtout bah… le soir ou vraiment tard.
A : Oui, au moment d’aller se coucher en fait. C’est vraiment on souhaite…
B : Ou sinon « Bonne soirée »… Ou sinon « Bonne soirée », c’est… on l’utilise (13).
A : Oui voilà, c’est ça, à la place sinon c’est « Bonne soirée ». Non, « Bonne nuit » c’est vraiment au
moment d’aller se coucher et on pense vraiment à quelqu’un qui va dormir, en fait. D’accord. Bon ben,
je vous dis… quoi ? Au revoir ?
Q : Ben, bonne journée !
B : Bonne journée en fait !
A : Merci !
Quelques commentaires :
Certains passages où parle Bao Chau sont un peu confus car elle est vietnamienne et elle cherche ses
mots. Ainsi, certaines choses qu’elle dit ne sont pas marquées, seuls les mots les plus justes sont
transcrits ici. De plus, il reste des passages grammaticalement faux. Une phrase juste est donc
proposée ci-dessous pour les phrases concernées, avec les bons temps, par exemple l’imparfait ou le
passé composé.
(1) Formel : contraire de familier, désigne quelque chose de guindé.
(2) Proposition de phrase : Moi j’ai remarqué, aussi, qu’entre les amis qui sont très proches, les filles
normalement, on se dit « Coucou ».
(3) Proposition de phrase : Oui, sinon parfois j’oublie et je dis « Bonjour » alors qu’il est six heures du
soir / même s’il est 6 heures du soir.
(4) Proposition de phrase : Oui, et ils me répondent « Bonsoir », c’est là que je me rends compte que je
me suis trompée.
(5) Quentin, il :C’est une erreur fréquente a l’oral on double le sujet. Ici l’utilisation de l’un ou l’autre
suffit.
(6) Au feeling : signifie « instinctivement ». On dit « Bonsoir » à l’heure qui nous semble la plus
appropriée.
(7) Proposition de phrase : Et après, si on est entre collègues ou bien entre amis et qu’on va se
rencontrer demain, on se dit « A demain » ou bien « A tout à l’heure ».
(8) Carrément signifie ici « Ah oui, , on va jusque là, on va jusqu’à abréger l’expression normale».
(9) Proposition de phrase : Oui, en fait au début je ne connaissais pas beaucoup les mots pour se
saluer, pour se séparer. Je connaissais seulement « Bonjour », « Bonsoir » et « Au revoir ».
(10) Proposition de phrase : Et, quand je suis arrivée à Marseille, j’ai appris « Ciao » aussi. D’ailleurs, je
trouve qu’il y a beaucoup de Français qui utilisent « Ciao ». En plus, quand je suis arrivée, je
confondais « Bonjour » et « Bonne journée ». Mais après, j’ai compris qu’on utilise « Bonne journée »
quand on veut se dire « Au revoir » en même temps.
(11) Proposition de phrase : Oui, une fois j’ai entendu une dame dire à un monsieur qui quittait le
boulot, « Bonne nuit » alors qu’il était seulement sept heures du soir. Mais elle lui a dit « Bonne nuit ».
(12) Proposition de phrase : Oui, c’est bizarre mais bon, je l’ai entendu une fois. Mais je pense qu’elle
lui souhaitait de bien se reposer chez lui.
(13) Proposition de phrase : Ou sinon on utilise « Bonne soirée ».
Remarques sur le français oral :
– A l’oral les Français ne prononcent pas les « ne » de la négation, alors qu’ils sont toujours présents à
l’écrit. Cette particularité se retrouve surtout dans le « Je ne sais pas » qui devient « Je sais pas ».
– De plus, les Français ont tendance à manger le « Il » dans « Il y a », ce qui donne souvent des
phrases de la sorte : « Y’a quelque chose » pour dire « Il y a quelque chose ». Ou encore dans « il
faut… » , on dit juste « Faut… ».

C’est l’heure du déjeuner !


Il est midi ! C’est l’heure du déjeuner.
Adrien qui est étudiant et Romain qui travaille expliquent ce qu’il font pendant la pause déjeuner.
A table !
TRANSCRIPTION
Ad : Adrien / R : Romain / A: Anne
A : Bon alors Adrien, où est-ce que tu manges le midi quand tu vas à l’IUT (1) à Aix ?
Ad : Ben en général, je mange au resto U (2), restaurant uni… universitaire.
A : C’est pas trop loin ?
Ad : Non, c’est à deux minutes… Enfin, c’est juste à côté de l’IUT.
A : Oui. Et… il y a la queue(3) ou… ça va ?
Ad: Ben si, il y a un peu de monde quand même. Mais…enfin… c’est… ça va, on a quand même le
temps de manger.
A : Tu mets combien de temps ? Vous avez… Vous avez combien de temps, en fait, de coupure, à
midi ?
Ad : Nous, on a une heure et quart.
A : Mm, mm. Et ça va… ça va ? Ça tient ? C’est… ?
Ad : Oui, oui, oui.
R : Et pour les prix, c’est … ça coûte cher ou pas ?
Ad : Non, c’est pas très cher. C’est 2,90 € ( deux euros quatre-vingt dix )… Il y a un plat, enfin le plat du
jour et une entrée et un dessert.
A : Les deux ? C’est pas entrée ou dessert ? C’est entrée et dessert.
Ad : Ouais. Enfin on peut prendre aussi deux desserts ou deux entrées en fait parce que c’est deux
trucs (4) au choix.
A : Ah bon, d’accord. Oui, oui. Et alors, c’est bon ?
Ad : Oui, ça… Enfin, ça dépend des jours mais… Enfin, ça dépend des plats…
A : Oui ? C’est varié ?
Ad : Oui.
A : Quand même. Qu’est-ce que tu prends, toi, en général ?
Ad : Bah, ça dépend ce qu’il y a.
A : Mais tu as (5) repéré des trucs qui sont bons et des trucs qui sont vraiment pas bons ?
Ad : Bah… Non, pas spécialement. Enfin il y a des trucs que moi, j’aime pas mais qu’ après il y a
d’autres gens qui aiment aussi.
A : Oui, oui. D’accord. Et vous vous (in )… Enfin, tu prends un plateau, tu te sers, et puis après, tu
t’installes quelque part ?
Ad : Hm.
A : C’est sympa comme endroit ?
Ad : Oui, bah oui.
A: C’est pas trop bruyant, pas…?
Ad : Bah un petit peu mais enfin… c’est comme une cantine.
A : Comme une cantine, oui. Et toi Romain, tu as (5) une cantine à ton travail ?
R : Ben non, nous on n’a pas de cantine parce que donc on est une… une petite structure. Donc en
fait, on a juste une… une petite salle de restauration où… avec des micro-ondes, un frigo (6) et un petit
four, mais pour faire réchauffer… bah notre nourriture qu’on a préparée nous-mêmes.
A : Ou achetée.
R : Achetée, voilà. Et toi, tu fais comment alors ?
R : Bah donc moi, je le prépare le soir, enfin la veille…pour le lendemain.
A : Tu es (5) organisé, alors !
R : Voilà, oui. C’est un petit peu pénible… Mais bon… (7)
A : Oui… Qu’est-ce que tu te…
R : On n’a pas trop le choix.
A : Qu’est-ce que tu te prépares ?
R : Ça dépend. Ça dépend si j’ai un peu le temps de préparer ou pas. Si j’ai vraiment pas le temps, ça
peut être juste des pâtes et un bout de jambon.
A : Ah oui ? (8) Tu emportes (5) les pâtes cuites et tu les réchauffes ?
R: Oui. Voilà, oui. Dans un… dans un petit récipient et… qu’on passe au micro-ondes après là-bas.
A : Ah oui. Et si tu as le temps alors, qu’est-ce que tu aimes (5) bien faire ?
R : Bah ça peut être des petites salades un peu plus… un peu plus sophistiquées, on va dire… avec
plus d’ingrédients… ou… ou faire cuire une viande aussi à réchauffer après.
A : Ah ouais. D’accord. Et vous mangez tous ensemble ?
R : Bah oui et non, parce que en fait, la… la salle n’est pas non plus très grande, donc… Enfin, tout le
monde ne peut pas manger en même temps. Donc c’est un peu des… comme des services (9), on va
dire. C’est…
A : Chacun son tour ?
R : Oui, voilà.
A : On peut manger à combien ?
R : Bah on peut manger à… huit, neuf sans être trop se(rrés)… Enfin, huit-neuf, c’est déjà un peu le
maximum quand même.
A : Ah oui. Ah, d’accord. Bon eh bah alors. Et… oui, et si tu as rien (10) préparé…
R : Bah il y a des magasins autour. Il y a… Il y a un supermarché pas loin. Ou sinon, il y a un McDonald
ou… ou d’autres petits restaurants comme ça.
A : D’accord. Et toi Adrien, tu vas pas au McDo (11) ou… ?
Ad : Bah si, quelquefois pour… Enfin quand on a… soit quand on a plus de temps, soit quand on a
envie de manger autre chose ou… Voilà.
A : C’est quoi, là-bas à Aix, près de ton IUT ? Il y a McDo, il y a quoi ?
R : Il y a un McDo et un Quick. (10)
A : Bon, eh ben, bon appétit alors !
Quelques explications :
1. un IUT : un Institut Universitaire de Technologie.
2. le resto U : tout le monde emploie cette abréviation pour le restaurant universitaire. Et l’orthographe
s’est simplifiée en « resto ».
3. il y a la queue : il y a du monde qui attend pour entrer. On est obligé de faire la queue.
4. des trucs : mot familier et oral = des choses.
5. Tu as repéré : en fait, on entend juste « t’as » à l’oral. / Tu es organisé : on entend juste « T’es ». / Tu
emportes : on entend juste « T’emportes ». / Tu aimes : on entend juste « T’aimes ». On n’écrit pas
cette contraction.
6. un frigo : abréviation très utilisée oralement pour le réfrigérateur. Elle vient de « frigidaire » qui était
une marque très courante de réfrigérateur. Donc tout le monde dit « un frigidaire » ou « un frigo » parce
que « réfrigérateur », c’est long !
7. Mais bon… : expression courante qui signifie « Mais bon, ça va quand même » = Ce n’est pas un
énorme problème.
8. Ah oui ? : avec un ton interrogatif, exprime la surprise.
9. des services : dans les cantines, il y a souvent plusieurs services parce qu’on ne peut pas servir tout
le monde en même temps. On mange au premier service, au deuxième service, etc…
10. Si tu as rien préparé : On avale les syllabes ( t’as ) et on supprime une partie de la négation, c’est-
à-dire “ne”. On devrait dire « Si tu n’as rien préparé ». C’est très familier et uniquement oral.
11. le McDo : les Français ont abrégé ce nom de cette façon. On va au McDo, on mange au McDo. On
dit un McDo.
12. Quick : c’est le concurrent de McDo en France. Il y en a partout. On dit qu’on va à Quick. Et
maintenant, il y a aussi de plus en plus de KFC… On va chez / à KFC. Et pour généraliser, on dit qu’on
va au fast-food…
Vivre dans une grande ville ou une
ville moyenne?
Comment est-ce qu’on s’habitue à la vie marseillaise quand on vient d’une ville moyenne et qu’on fait
les trajets toutes les semaines ?
C’est ce que racontent Philippe et Sophie, étudiants sur le campus Saint Jérôme.
TRANSCRIPTION
S : Sophie / P : Philippe / A : Anne
A : Alors, bonjour, Philippe et Sophie. Je voulais juste savoir… Où est-ce que vous habitez ? Parce que
je sais que vous n’habitez pas à Marseille. Mais je voulais savoir d’où vous venez en fait.
S :Alors moi, je viens de Montélimar.
A : Oui… C’est-à-dire… ?
S : C’est dans la Drôme. C’est… bon c’est entre Marseille et Lyon. C’est… C’est au milieu.
A : D’accord. Il y a combien de kilomètres ?
S : Oh il y en a bien cent cinquante. (150 )
A : Oui, d’accord. Bon.
S : Donc je mets bien une heure et demie, deux heures moins le quart pour faire… pour faire le trajet.
A : Hm. En voiture ?
S : En voiture.
A: Oui, oui, oui. D’accord.
S : Avec l’autoroute.
A : Oui, c’est ça, il y a l’autoroute.
S : Ouais.
A : En fait, c’est… c’est pas compliqué mais il faut…
S : Ouais, c’est tout droit mais c’est quand même long, quoi ! (1)
A : D’accord, oui, oui. Et Philippe ?
P : Et moi, je viens de… d’Avignon, enfin (2) un petit village, enfin plutôt une petite ville à côté de…
d’Avignon. Quinze mille ( 15 000 ) habitants environ. Et Sophie me récupère au péage (3) de… de
l’autoroupe. Et je mets… enfin on met à partir du péage d’Avignon une heure environ.
A : Oui, c’est ça. Ouais, parce qu’il faut expliquer que Avignon, c’est… c’est… c’est plus au sud que
Montélimar.
P : Voilà, c’est entre Montélimar et Marseille et c’est… c’est plus au sud donc.
A : Mais comment vous vous connaissez en fait ?
P : Beh, on est camarades de classe.
A : Avant, au lycée ?
P : Non. Non, non.
A : Non ? Ici ?
P : Non, à l’IUT de… de Marseille.
A : Ah, d’accord !
P : On s’est… Voilà, on s’est connu dans la classe. Et voilà, je lui ai posé la question où elle habitait et
tout (4). Et elle m’a dit Montélimar et bon maintenant, on fait du covoiturage.
A : D’accord !
P : Je paye le… l’autoroute et elle, ça l’arrange. (5)
A : Ah bon.
P : Enfin, on a trouvé un compromis.
A : Oui, oui, vous partagez une partie des frais, quoi, enfin les frais.
P : C’est un bon compromis.
A : Ah d’accord ! Oui, oui. D’accord. Non, je pensais que vous vous connaissiez d’avant et en fait
comme vous me dites effectivement que vous n’êtes dans pas la même ville, tout d’un coup, je me suis
dit « Mais comment ils ont compris qu’ils pouvaient faire les trajets ensemble ? ».
S : Parce qu’en fait, il y a une coïncidence aussi, c’est que on est dans la même classe et on est dans
la même résidence pour étudiants.
A : Ah, c’est ça !
S : Donc en fait, on s’est croisé et… Donc voilà. (6)
A : D’accord. Ouais, c’est parfait alors !
S : Ouais. C’était une bonne coïncidence.
A : Oui, oui, oui. Oui, c’est bien.
P : Tout le monde fait des économies.
A : Oui, oui parce que c’est ça, c’est quand même cher. Combien c’est, le péage ?
S : Ben de…
P : C’était six euros presque, le péage.
A : L’aller, ouais.
P : Et l’essence, je sais pas combien.
S : Ouais, je fais un plein (7) toutes… toutes les semaines, quoi. A peu près.
A : Oui. C’est quoi ? C’est une petite voiture ?
S : Une petite voiture, donc c’est trente euros, 30 € le plein, mais toutes les semaines.
A: Enfin là, c’est un peu moins cher maintenant, mais il y a eu une période où c’était beaucoup plus
cher.
S : Ouais, c’est sûr, ouais.
P : L’essence, ça a pas mal augmenté. C’est un euro quatorze ( 1,14 € ) le litre d’essence.
A: Ouais, ouais, ça fait cher, hein, quand même.
S : Ça va, j’ai un diesel (8) mais l’autoroute a augmenté aussi. Pas de grand-chose (9) mais il y a pas
longtemps…
A : Oui, oui, oui. Ça fait une somme.
P : Moi, ça me permet de pas prendre le train, parce que je mets deux fois plus de temps, c’est moins
pratique. Et je paye onze euros (11 € ) le voyage.
A : Ah oui, d’accord. Oui, oui, oui. Non, c’était bien de trouver cette solution. C’est sûr. Et vous l’avez…
vous avez… vous l’avez fait toute l’année, quoi, comme ça.
P : A partir de, je sais pas, peut-être…
S : Un mois et demi après la rentrée.
P : Voilà. Un mois… un mois et demi après la rentrée.
A : D’accord.
P : Après s’être bien connu, voilà.
S : On a commencé le covoiturage.
A : Bon, et elle conduit bien, Sophie ?
P : Oui, oui, ça va.
S : Un peu pressée le vendredi à midi.
A : Oui, Bon !
P : La conduite des Marseillais est différente mais…
A : C’est vrai ?
S : Ah ouais !
A : Vous avez vu la différence ?
P : Bah… C’est beaucoup moins strict. C’est…
S Ils respectent rien…
P : Voilà, ils respectent pas grand-chose, quoi.
S Les priorités à droite et tout ça.
A : Il faut faire… Il faut être très prudent.
P : Le code de la route est pas trop respecté.
S : Ouais, voilà.
A :Et ça se voit vraiment, même… ?
P : Ah la différence par rapport…
A : Pourtant, c’est pas loin, Montélimar et Avignon.
S : Beh c’est une grande ville aussi…
A : Oui, c’est ça.
S : … Par rapport à chez nous.
P : Les grandes villes, à mon avis, ils sont un peu moins… Ben il y a qu’à voir (10) les gens en scooter,
les cinquante centimètres cube ( 50 cc ), il y en a aucun qui met le casque !
A : Oui, oui, oui.
P : Et j’ai l’impression que c’est typiquement marseillais.
A : Non, c’est sûr, que ça surprend au début.
S : Ouais.
A : Après, on s’habitue mais… Enfin plus ou moins !
S : Oui voilà. On voit un casque sur… sur un scooter…
A : Oui, puis comme… comme vous disiez tous les deux, là, les comportements, enfin c’est vrai qu’on
voit des drôles de choses quand même, hein !
S : Ouais, au volant, c’est sûr.
A : Au volant, oui. Et alors, c’était pas trop dur de s’adapter ?
S : Au début, les premières fois que je suis venue, bah sur la voie rapide, là, pour venir sur Marseille,
alors, ça double à droite, ça slalome, alors vraiment au début, j’étais un peu perturbée. Mais là, ça va.
Je m’y fais. (11)
A : Oui, oui. D’accord. Non parce que…
P : Les ronds-points aussi, ils mettent jamais les clignotants.
A : Non ! C’est vrai.
P : Et on se demande un peu ce que fait la police, quoi, si…
A : Oui, ça s’est vrai que c’est spécial, hein, quand même.
S : On s’y fait.
A : On s’y fait, oui ! Et alors, justement, oui, vous vous êtes faits à la vie à Marseille… en général ?
S : En général, moi, j’ai l’impression de pas voir Marseille… Quoi, vu le quartier où on est, j’ai
l’impression de pas voir le centre-ville. J’ai pas l’impression d’être dans Marseille, quoi, ici.
A : D’accord. Oui, oui. Il faudrait prendre le temps d’aller…
S : Oui, voilà. Il faut le temps d’aller en ville et tout ça.
A : Au Vieux-Port.
S : Oui, voilà. Je trouve qu’on est vraiment… écarté un peu de la ville.
A : D’accord.
S : Ici à l’IUT.
P : Le treizième arrondissement, ouais, c’est vrai qu’il est vachement (12) reculé. Il est très au nord de
Marseille. Et le temps de prendre le bus, puis le métro, pour aller en centre-ville, il y a souvent du
monde… Ça… ça prend pas mal de temps et puis… enfin, c’est vrai que c’est assez quand même
décalé par rapport au centre-ville qui est plus attrayant avec le Vieux Port, le soleil, la mer. Il y a tout ce
qu’il faut. Et…
A : Oui, oui. Mais c’est différent, c’est vrai. Là, on est un peu à l’écart.
P : Un peu à côté des cités (13) et tout. C’est pas très, très beau. Enfin voilà, c’est pas… C’est pas le
vrai Marseille, quoi.
S :Ouais, voilà, c’ est pas le… le beau Marseille qu’on peut voir en carte postale, quoi.
P : C’est pas le Marseille qu’on se représente. Quand on dit Marseille, ben on pense de suite (14 ) à la
mer, etc…
A : Mais en même temps, c’est pas loin parce que c’est vrai que…
S : Non, c’est pas loin.
A: …en prenant le métro, on est en un quart d’heure, vingt minutes, on est en plein centre-ville.
S : Ouais, c’est sûr.
A : Donc… Oui.
S : C’est plus la… la contrainte de… de prendre le bus, prendre le métro et tout ça. C’est vrai que nous
aussi, on n’est pas habitué à tout ça. Je veux dire quand on se déplace dans notre ville, on prend la
voiture, en deux minutes, on est à l’autre bout de la ville, quoi. Donc bon.
A : Oui, alors que Marseille, prendre la voiture pour aller au centre-ville…
S: Faut trouver une place… Oh là, là ! (15)
A : Ouais. Y a des embouteillages, on peut pas se garer…
S : C’est plus pratique de prendre le métro mais…
A : Oui, c’est sûr ! D’accord. Bah merci beaucoup !
S : De rien !
Quelques détails :
1. quoi : à la fin des phrases, ça ne veut rien dire ; c’est une habitude dans une conversation familière
chez pas mal de Français.
2. enfin : ici, ça ne veut pas dire « finalement ». On l’ajoute à l’oral quand on veut nuancer, corriger un
peu ce qu’on vient de dire. On le prononce très vite et on n’entend souvent que quelque chose comme
« ‘fin ».
3. le péage : les autoroutes sont payantes en France. Au péage, on prend un ticket quand on entre sur
l’autoroute et on paye quand on sort de l’autoroute.
4. et tout (ça ) : on ajoute souvent cette expression dans une conversation familière quand on ne veut
pas développer tous les détails.
5. ça l’arrange = c’est un avantage pour elle.
6. Donc voilà : on dit ça comme une sorte de conclusion.
7. faire le plein : remplir complètement le réservoir de la voiture. Sophie a besoin d’un plein par
semaine.
8. un diesel : en France, le gasoil – qu’on met dans les voitures diesel – est moins cher que le sans-
plomb. C’est pus cher d’acheter un diesel mais si on roule beaucoup, ça vaut la peine.
9. pas de grand-chose : pas beaucoup
10. Il y a qu’à voir les gens en scooter = il n’y a qu’à voir… = il suffit de prendre l’exemple des gens en
scooter.
11. je m’y fais = je m’y habitue.
12. vachement : c’est de l’argot = très. A utiliser à l’oral seulement. Très familier.
13. les cités : dans les grandes villes, ce mot désigne les quartiers où il y a beaucoup d’immeubles et
où les loyers ne sont pas aussi chers qu’ailleurs.
14. de suite = immédiatement. L’expression complète, c’est « tout de suite ». Mais à Marseille, on dit «
de suite ».
15. Oh là, là ! : employé ici pour montrer que c’est compliqué. Sophie imagine la situation et commente
avec notre « oh là, là » national !

Paris, Paris !
Paris fait rêver beaucoup de monde ! Romain s’y est installé au mois d’août. Il y travaille mais il a aussi
le temps de profiter de cette ville magnifique. Premières impressions d’un nouveau Parisien.
TRANSCRIPTION
R : Romain / A : Anne
A Alors Romain, il y a deux ans, tu t’étais installé à Valenciennes, tu as passé un an et après, l’année
dernière, tu étais à Aix… Et là maintenant ?
R A Paris ! Donc ça fait un mois que… que je m’y suis installé.
A Ouais, c’est pour ton travail en fait.
R Voilà, pour mon travail. Et donc j’ai un petit studio (1) dans le treizième arrondissement (2) de Paris.
A C’est bien ? C’est calme ?
R Oui, oui, c’est calme. C’est dans le quartier… quartier chinois de… de Paris. Donc il y a plein de (3)
boutiques asiatiques et de restaurants… restaurants asiatiques.
A : D’accord.
R : Donc c’est assez animé.
A : Oui. Et euh… Qu’est-ce que je veux dire… Qu’est-ce que tu as… Qu’est-ce que tu as eu le temps
de faire, alors là, depuis un mois à Paris ? Parce que bon, tu travailles, mais tu as quand même le
temps un peu de… visiter ou…
R : Oui, bah, j’ai fait… bah les principaux coins touristiques : la Tour Eiffel.
A : Tu es monté ?
R : Euh non, j’y suis pas monté cette fois-ci parce qu’il y avait beaucoup… Enfin il y a beaucoup de
touristes, donc il y a beaucoup de monde. (4)
A : Oui, il y a la queue.
R : Oui, il y avait une heure d’attente ou…
A : Oui, oui.
R : Un truc comme ça. (5)
A : Oui, c’est sûr que le mois d’août, il y a (6) plein de … y a du monde, quoi, hein ! Plein d’étrangers.
R : Bah surtout… même le soir parce que y a… Elle est toute illuminée en plus.
A : Ah oui, c’est beau, ouais.
R : C’est joli.
A : Bah tu iras après quand tout le monde sera…
R: Oui en hiver.
A : … au travail ! Oui, oui. Et puis ?
R : Sinon, bah les… les principaux coins (7) du centre comme Notre Dame de Paris.
A : Oui, c’est agréable.
R : Puis les… les Quais de Seine.
A : Mm. En marchant ? Tu es allé à pied ?
R : Oui, en marchant. Oui, le soir, c’est… c’est agréable. En plus, il faisait beau et chaud, donc…
A : Oui, oui. Bah c’est vrai que depuis un mois, vous avez eu de la chance finalement.
R : Oui, il a quasiment pas plu depuis un mois. Il a toujours fait très… très beau,même… voire (8)
chaud.
A : Oui. Donc du coup, c’est agréable de flâner…
R : Oui.
A : … au bord de la Seine. C’est très romantique !
R : Sur les quais de Paris-Plage. (9)
A : Ah oui, tu es allé voir, alors ?
R : J’y étais passé la nuit donc j’ai pas vu grand-chose mais… Oui, il y a trois tas de sable ! (10)
A : C’est un peu bizarre, quand même ! Oui. Parce que bon, on peut pas se tremper dans la…dans la
Seine de toute façon. Donc c’est juste… oui, c’est ça, des chaises longues et…
R : C’est juste pour bronzer. Puis les Parisiens râlent (11) vu que ça empêche… Enfin on peut plus
circuler en voiture sur les quais, donc…
A : Ah oui, oui, pendant… pendant l’été.
R : Un mois.
A : Oui, oui. Bah là, ça va bientôt s’arrêter en fait.
R : Bah ça… ça fait une semaine, je crois, que c’est fini.
A : Ah ! Ils ont tout remballé. Et sinon, alors tu te déplaces comment dans Paris ?
R: Bah dans Paris, toujours en métro, en tramway ou en RER. (12)
A : Mm, mm. C’est vrai que c’est pratique, oui. Il y a des stations partout, oui.
R : J’ai pas encore fait de Vélib. (13)
A : Ah ! Tu as pas essayé ?
R : Non.
A : C’est pas un peu… angoissant, non, à Paris quand même ?
R : Le Vélib ?
A : Oui.
R : Je sais pas trop. Mais j’ai pas… Là, c’était l’été donc il y avait pas… Y avait pas encore beaucoup
de circulation mais…
A : Oui, oui.
R : Non, bah si les gens le font, ça doit se faire. (14)
A : Oui. Tu veux essayer ?
R : Bah, je pense que j’essaierai peut-être mais bon, pour l’instant, ça marche bien en métro donc…
A : Mm, mm. D’accord. Et sinon, il y a des trucs qui te plaisent pas, toi, à Paris ou… ?
R : Bah c’est un petit peu le monde dans les transports aux heures de pointe. C’est vrai que c’est un
petit peu pénible des fois. Il y a du monde partout. Ou même quand je vais à la piscine, il y a beaucoup
de…
A : Ah oui, tu t’es… Tu vas à la piscine, alors?
R : A la piscine, oui.
A : Et tu t’es inscrit dans une salle de sport ?
N : Non, pas pour l’instant.
A : T’as pas trouvé ?
R : Non. Pas vraiment. Bah c’est vrai que c’est cher. Donc c’est…
A : Il faut que tu voies par rapport à ton organisation.
R : Oui, voilà, donc…
A : … de la semaine.
R: On verra plus tard.
A : Donc là, la piscine.
R : La piscine, ouais. Mais il y a beaucoup de monde. C’est comme le périphérique ! (15)
A: C’est-à-dire ?!
R : Bah, il faut s’insérer dans la circulation et puis…
A : C’est vrai ?! Carrément ? (16)
R : … nager. Tu peux te faire… Si tu nages trop lentement, tu te fais… tu te fais… « klaxonner », entre
guillemets ! (17)
A : Ouais. D’accord, mais alors, c’est quoi… Ouais mais ils ont dû quand même… je sais pas, il y a des
lignes d’eau ?
R : Oui, il y a plusieurs lignes d’eau en fonction des vitesses et puis après, bah, ç’est… ça nage à
l’intérieur. Mais bon, il y a du monde, donc…
A : Oui, oui.
R : Faut trouver les bons créneaux pour s’insérer…
A : D’accord !
R : …dans le mouvement.
A: C’est fou, ça !
R : Ouais.
A : Remarque, bon, il y avait peut-être du monde parce que c’était l’été. Peut-être que quand il va faire
plus froid, les gens vont rester à la maison.
R : Je sais pas. On verra bien.
A : Oui, oui. D’accord. C’est laquelle ? C’est quelle piscine ?
R : C’est la piscine de… des Halles (18). Donc en plein centre de Paris.
A : Ouais, ouais, c’est une grande piscine.
R : Oui. Bah c’est une piscine olympique et elle a l’avantage d’être ouverte jusqu’à 22 heures ( vingt-
deux ) ou 23 heures le soir. Donc c’est assez pratique parce que celles qui sont plus proches de chez
moi ferment assez tôt. Donc je peux pas… je peux pas trop y aller après le travail.
A : Ouais, c’est trop court.
R : Voilà.
A : Et tu es allé au cinéma ou… ?
R : Oui, je suis allé au cinéma. Donc c’est bien parce que dans… pas loin de chez moi, il y en un qui
fait des promotions donc la place à 3,90 € ( trois euros quatre-vingt dix ) pour les moins de 26 ans
( vingt-six ).
A : Ah ouais ! Dis donc ! Alors que normalement, c’est combien ?
R : Bah en tarif normal, à Paris, c’est entre 9 ( neuf ) et 10 ( dix ) euros.
A : Ah ouais ! La différence ! A n’importe quelle heure ?
R : N’importe quelle heure, à toutes les séances, tous les films.
A : Ah ouais, c’est bien, ça ! Et les musées ?
R : Les musées, non, j’en ai pas encore vus. J’ai juste fait la Cité des Sciences.
A : Ah oui, c’est bien ça !
R : Donc voilà, oui, c’était… J’avais… Je l’avais déjà fait quand j’étais plus jeune.
A : Oui, mais bon.
R : C’est vrai que les expositions changent. Puis je m’en souvenais plus forcément beaucoup.
A : Oui, oui. C’est à l’autre bout, ça, quand même.
R : Ouais. Bah c’est sur ma ligne de métro mais c’est à l’opposé de… à l’opposé de chez moi.
A : Mm, mm. D’accord. Bon enfin, il te reste plein de trucs à faire, à voir…
R : Ah bah oui, c’est une grande ville, donc il y a… y a de quoi faire ! (19)
A: Ouais, puis c’est vraiment bien quoi. Il y a tellement de belles choses et…
R : Puis à toutes les heures de la journée.
A : Oui. Et puis tous les quartiers, il y a quelque chose, hein. Ça, c’est vraiment spécial. Tu as bien de
la chance d’habiter là-bas !
R : Oui !
Quelques explications :
1. un studio : un appartement avec une seule pièce, en général avec un coin cuisine. ( Et une salle de
bains bien sûr. )
2. Le 13ème arrondissement : Paris est divisé en 20 arrondissements. Le 13ème, est au sud-est.
3. plein de : c’est la même chose que « beaucoup » mais on l’utilise plus souvent à l’oral.
4. Il y a beaucoup de monde : c’est comme « il y a beaucoup de gens » mais c’est plus naturel
d’utiliser le mot « monde».
5. un truc comme ça = quelque chose comme ça. ( Romain donne un chiffre approximatif. )
6. Il y a : en fait, on dit « Y a » . Mais on ne l’écrit pas !
7. les principaux coins = lieux, endroits. Mais ce n’est pas naturel d’employer ces 2 mots ici.
8. voire = même
9. Paris-Plage : l’été, la Mairie de Paris installe une « plage » sur les bords de la Seine. Les voies sur
berges ( c’est-à-dire les routes qui passent sur les quais sous les ponts de Paris ne peuvent plus être
utilisées par les voitures. )
10. trois tas de sable : Romain veut dire qu’il n’y a pas grand-chose, que ça ne ressemble pas
vraiment à une plage !
11. râler : protester, exprimer son mécontentement. Quand on n’est jamais content, on est un râleur
( ou une râleuse ).
12. le RER = Réseau Express Régional. Ce sont des lignes qui relient Paris à la grande banlieue.
13. Le Vélib : on peut prendre des vélos ( en payant avec sa carte bleue ), se déplacer et les déposer
ailleurs. ( = Vélo + Liberté )
14. ça doit se faire = ça doit être possible / ça doit être faisable.
15. le périphérique : l’anneau autour de Paris. Il y a beaucoup de circulation, à toutes les heures. Il
faut savoir y entrer, changer de files, être très vigilant, etc… Bref, ce n’est pas le calme ! ( comme sur
ce genre de voies dans les grandes villes du monde ! )
16. carrément : ici, ça veut dire qu’Anne est surprise par la comparaison entre la piscine et le
périphérique. Pour Romain, c’est carrément = complètement la même chose !
17. entre guillemets : on dit ça quand on utilise un terme qui ne convient pas tout à fait, quand c’est
une image. A l’écrit, on met le mot entre guillemets, et à l’oral on ldit « entre guillemets ». Ici,
évidemment, les nageurs n’ont pas de klaxon ! Mais Romain continue sa comparaison avec la
circulation automobile.
18. Les Halles : quartier de Paris. Avant, il y avait ds vraies halles ( un grand marché de gros pour la
nourriture ). Puis elles ont été tranférées en dehors de Paris. Ce quartier a été complètement
transformé. Et on y a construit le Forum des Halles ( un centre commercial ) et cette piscine.
19. Il y a de quoi faire = il y a beaucoup de choses à faire et à voir.

Petite mésaventure
Marseille, c’est une très belle ville, avec tous ses bons côtés. Mais il y a aussi parfois quelques
inconvénients, comme dans certaines grandes villes. Philippe et Sophie, qui ne sont pas de Marseille,
l’ont découvert lors d’une petite mésaventure vite oubliée mais dont ils se seraient bien passés !
TRANSCRIPTION
P : Philippe / S : Sophie / A : Anne
A : Alors, je crois qu’il vous est arrivé une petite mésaventure, je sais pas, c’était quand… Il y a
quelques mois ?
S : Oh, c’était bien au… vers le début de l’année à peu près.
A : Oui, une petite mésaventure en venant à l’IUT.
S : Oui, voilà.
A : Alors qui est-ce qui raconte ?
S : Alors, je commence. Alors le vendredi, donc un midi, on garait la voiture avant… vers l’IUT, avec les
valises.
A : Avant de partir en weekend.
S : Avant de partir en weekend. Comme ça, on partait directement de l’IUT. On n’avait pas à repasser
par la résidence (1) et tout ça. Et donc… donc on sort du cours d’anglais à midi le vendredi. Et donc là,
on voit que… un copain (2) de la classe avait sa voiture cassée. Donc on rigolait (3) un peu. On arrive à
notre voiture et là, on voit que toutes nos valises ont été… quoi (4), ont été emportées. La vitre était
cassée.
A : D’accord.
S : Et… donc on n’avait plus rien. Donc…
A : Oui, ça fait un choc.
S : Ça fait un choc parce qu’on s’y attendait vraiment pas du tout. On était… On était super contents,
on était en weekend et là, on se retrouve avec plus rien !
A : Oui, oui, oui. Et alors en fait, ils ont… Enfin, ça s’est fait en combien de temps ? C’est rapide ?
S : Bah oui, parce qu’on avait juste cours la matinée, on avait juste deux heures de cours.
A : Ah oui ! Donc ils sont passés…Enfin, vous avez garé la voiture juste à côté de l’IUT, ils sont passés
et ils se sont servis.
S : Voilà, c’est un peu ça.
A : D’accord. Oui, oui.
P : Pour…enfin pour cinq minutes… pour gagner cinq minutes sur le trajet, volià on a perdu au final, je
sais pas, quatre heures.
S : L’après-midi.
P : L’après-midi parce qu’on a dû aller au commissariat du… de l’arrondissement.
A : Ah oui, pour porter plainte.
P : Et on a attendu deux heures qu’ils nous prennent. On a passé une heure devant un policier qui
tapait sur l’ordinateur la… la contravention, enfin le…
A : Oui, le constat, enfin la déposition.
P : Voilà, la déposition. Et au final, ça a pas servi à grand-chose vu que… on n’a toujours pas de
nouvelles. Les assurances ont pas été vraiment efficaces.
A : Oui alors, comment ça s’est passé ? Qu’est-ce qu’on vous a volé en fait ?
P : Bah à peu près tous nos bagages…
A : Donc qu’est-ce qu’il y avait ? Des vêtements ?
P : Le… Le linge sale, les vêtements pour… pour la maman…
A : Est-ce qu’ils ont fait la lessive ?!
P : La lessive, je pense pas !
S : J’espère qu’ils les ont gardés quand même.
P : Il y avait un ordinateur portable. Et puis…
A : Oui. Là, c’était plus intéressant.
P : Voilà. Et sur… Directement ce qui était très contraignant aussi, c’était les cours. Parce que on avait
des contrôles après le weekend et….
A : Oui, et tu avais de quoi réviser…
P : J’ai perdu… Voilà, j’avais pris tout ce que je pouvais réviser et j’ai tout perdu.
A : Oui, et ça, ils l’ont volé aussi.
P : Voilà. Donc après je me suis rattrapé avec des camarades de classe qui m’ont donné leurs cours
pendant le weekend, enfin par internet. Et donc j’ai pu réviser et bon, j’ai eu des bonnes notes !
S : Tant mieux !
A : Oui, oui. Mais par exemple, bon, l’ordinateur, l’assurance, elle fait rien pour le rembourser ?
P : L’assurance n’a rien fait parce que… enfin c’était un petit truc, mais donc j’étais dans la voiture d’un
tiers (5)…
S : Ouais, voilà, c’est ça.
P : J’étais dans la voiture de Sophie donc c’était pas considéré comme ma voiture, donc on me
remboursait rien.
A : Ah !
P : Mais mon père a insisté et vu que on a tout dans ma famille qui est assuré dans la même
assurance, ils ont fait un geste commercial.
A : D’accord.
P : Et on a obtenu entre guillemets « gain de cause » (6) et ils nous ont remboursé l’ordinateur, enfin en
grande partie.
A : D’accord. Oui, oui. Mais en même temps, ça rembourse pas…enfin, ça remet pas dans l’ordinateur
tout ce qui était dedans, quoi.
P : Bah, je l’avais acheté huit cents euros ( 800 € ), l’ordinateur, et ils m’ont remboursé cinq cent euros (
500 €), je crois. Et donc voilà, c’était déjà un petit dédommagement.
A : Oui, oui. D’accord.
P : Pas négligeable.
A : Et Sophie, toi, tu as eu des choses précieuses volées ou tu avais… ?
S : Euh moi, non. Ça va. C’était juste des vêtements.
A : Juste les vêtements.
S : Puis bon, rouler avec la voiture, quoi, rouler avec la vitre cassée.
A : Oui, après, il a fallu faire réparer.
S : Oui, il a fallu aller à Carglass. (7)
A : Oui, c’est des ennuis, tout ça.
S : Ouais, voilà. C’est des… C’est des tracas. Et bon le commissariat… le commissaire, il a bien rigolé
quand même quand il nous a vus arriver.
A : Ouais, il s’est dit « Des petits jeunes… »
S : Voilà, c’est ça. Il a… Nous, on était énervés, ça faisait deux heures qu’on attendait, et puis il nous
riait au nez (8), limite quoi ! Alors on était encore plus énervés. Mais bon. Après, il nous a dit : « C’est
de votre faute aussi ! Vous êtes trop naïfs ! »
A : Oui, c’est ça.
S : C’est ça.
A : C’est… Maintenant, vous avez compris qu’il faut rien laisser dans une voiture.
S : Ouais, maintenant, c’est ça. Ouais.
A : Et en plus, bon c’est ça, je pense qu’elle est immatriculée… Combien ?
S : 26 ( Vingt-six. ) (9)
A 26. C’est la Drôme.
S : Hm.
A : Donc ils ont dû…
S : La voiture est pleine.
A : Oui, oui, juste avant le weekend, une voiture 26, devant l’IUT… Allez hop, c’est des petits étudiants
qui… qui rentrent le weekend chez eux, il y a peut-être quelque chose à prendre… Est-ce qu’on voyait
de l’extérieur… ?
S : Non.
A : Un peu ?
S : Non, du tout (10).
P : Absolument rien.
A : Donc ils ont vraiment…
S : Et surtout que ils ont cassé… Donc c’est une petite voiture, ils ont cassé la petite vitre en triangle de
derrière.
A : Ah oui.
S : Et ils sont arrivés à… à sortir les… les valises de la toute petite vitre.
A : C’est vrai ? !
P : Ils ont… ils ont en fait ouvert la porte de l’intérieur, je pense. Ils ont passé la main, ils ont crocheté
quelque chose…
S : Non, je crois pas, parce qu’il y a même pas de poignée sur…
P : Ah non, ils ont dû… Ils ont peut-être dû soulever les sièges et prendre les valises. Parce qu’il y a
une manette pour soulever les… les sièges.
A : D’accord. Mais ce qui est fou, c’est que, bon, c’est quand même pas un lieu isolé, c’est devant l’IUT.
Donc il faut qu’ils soient drôlement culottés (11), quoi, pour faire ça !
S : Ils ont dû être super rapides aussi parce que il y a plein de choses que…qu’ ils ont pas trouvées.
Par exemple, ils ont fait mon sac (12), ils ont pris de l’argent, mais j’avais par exemple des lunettes de
marque et des lunettes qui étaient pas de marque. Ils m’ont pris les lunettes qui étaient pas de marque.
A : Ah ouais, ils ont fait vite, quoi.
S : Ouais. A mon avis, ils ont… ils ont fait très, très vite.
A : Oui, oui. D’accord.
S : Ils ont… pas cherché, pas regardé.
P : Moi, malheureusement, mon bagage était très bien… ordonné. Donc ils ont juste eu à prendre la
valise. Ils sont partis. Mais c’est vrai qu’on a été très naïfs. Puis on connaît pas vraiment le contexte
marseillais, de cette grande ville. Et puis on s’est rendu compte en fait que cette rue qui est juste à côté
de l’IUT, elle craint énormément (13).
A : Oui, elle est visitée tout le temps et… ils viennent faire leur petit marché. (14)
S : Ouais, voilà.
P : C’est ce que nous a dit le policier après coup. Il nous a dit que…
A: Oui ! On voit tout le temps du verre par terre…
S : C’est vrai. Après… Après, avec le recul, on s’en rend compte. Mais c’est vrai que…
A : Oui, la première fois…
S : Nous on trouve une place, on s’est garé,voilà.
A : On réfléchit pas et on se fait avoir (15)!
S : Ouais, voilà c’est ça, on se fait avoir.
A : D’accord. Bon, eh ben, vous avez fait votre expérience et…
S : Voilà, il faut assumer…
A : C’est un mauvais souvenir.
S : Voilà, c’est ça.
A : Juste un mauvais souvenir.
Quelques explications :
1. la résidence : beaucoup d’étudiants qui n’habitent pas à Marseille ont un studio dans une résidence
étudiante.
2. un copain : mot familier pour « un ami ». Le féminin, c’est une copine.
3. rigoler : synonyme familier de « rire ».
4. quoi : ici, il n’a pas son sens habituel. C’est juste un petit mot qui s’intercale à l’oral, quand on
cherche un peu ses mots. C’est un tic de langage fréquent en français.
5. un tiers : terme juridique pour désigner une autre personne. Ce n’était pas la voiture personnelle de
Philippe, mais celle de Sophie.
6. obtenir gain de cause = obtenir que notre demande soit satisfaite.
7. Carglass : entreprise qui répare rapidement les pare-brise, les vitres cassées sur les voitures.
8. rire au nez de quelqu’un : se moquer ouvertement de quelqu’un. C’est assez provocant.
9. Une voiture immatriculée 26 : sur les plaques des voitures françaises, il y a le numéro du
département. Donc on sait d’où vient la voiture. A Marseille, c’est 13. Dans la Drôme ( région de
Valence ), c’est 26.
10. Non, du tout = non pas du tout. ( C’est fréquent de dire comme ça. )
11. être culotté : expression familière. Quelqu’un de culotté, c’est quelqu’un qui a du culot, c’est-à-dire
quelqu’un qui ose faire quelque chose d’interdit sans craindre les conséquences, quelqu’un qui ose
faire ce que beaucoup n’oseraient pas faire.
12. Ils ont fait mon sac = ils ont fouillé mon sac.
13. Cette rue craint : c’est de l’argot pour dire que ce n’est pas un endroit sûr à 100%, qu’il peut se
passer des choses pas vraiment agréables, comme des vols dans les voitures.
14. faire son marché : c’est normalement faire ses courses, acheter ce dont on a besoin. Ici, c’est
ironique évidemment.
15. se faire avoir : expression familière pour dire qu’on se fait piéger, qu’on est victime de quelque
chose parce qu’on n’a pas bien compris la situation.
La France, du nord au sud
Valenciennes, complètement au nord de la France. Marseille, complètement au sud. Romain le
Marseillais parle des différences qu’il a remarquées pendant l’année qu’il a passée chez les gens du
nord.
TRANSCRIPTION
R : Romain / A : Anne
A : Bon, Romain, l’an dernier, tu… tu n’étais plus à Marseille.
R: Bah non, j’ai fait une année d’école à Valenciennes dans le nord de la France. Donc c’est à… à côté
de Lille. Et donc j’étais… bah oui, j’étais à…à mille kilomètres ( 1000 km ) de… de Marseille.
A: Oui, et donc cette fois, tu t’étais rapproché de la frontière belge.
R : Voilà, oui. Bah ça m’a permis de… de visiter les pays d’ Europe du nord…
A : Oui ?
R : Donc les Pays Bas…
A : Hm. Tu es allé où, aux Pays Bas ?
R : On est allé à Amsterdam, Rotterdam. Sinon, bah la Belgique, l’Allemagne et puis le… le Royaume
Uni.
A : Oui, oui. Eh oui, c’est beaucoup plus près.
R : Bah oui, c’est vrai que on est un peu au coeur de l’Europe et… on a tous les… tous ces pays à
proximité, contrairement au sud de la France, où on est quand même plus éloigné de… bah de la
Belgique et de…
A : Ah ça, c’est sûr, oui ! On est plus près de l’Italie ou de l’Espagne.
R : C’est sûr.
A : Oui, oui. Hm, hm. Et alors, la vie là-bas ? C’était vraiment différent ?
R : Bah, le climat, c’est pas le même, ça c’est sûr !
A : Oui. Raconte un peu !
R : Bah il pleut, il pleut beaucoup plus. Il… fait gris, il y a du vent.
A : Oui.
R : Bon, c’est… ça change, hein, quand on est habitué au climat méditerranéen ! C’est pas… c’est pas
la même chose. Mais bon, on s’y habitue.
A : Oui.
R : C’était pas…
A : C’était pas invivable !
R : Non, c’était pas invivable.
A : Et puis toi, tu es… Tu t’intéresses beaucoup à la météo, donc au moins là, il y avait de l’activité !
R : Oui, ça… Ça changeait, là, ça voilà ! C’était pas toujours ensoleillé comme ici.
A : D’accord. Et tu as eu du… non, je sais pas, il y a… il y a eu du… du très mauvais temps, là, quand
tu y étais, toi, tempête ou autre, non ?
R : Non, pas vraiment. Il y a eu, bon, un peu de vent en hiver mais pas… pas plus que ça. (1)
A : Hm. Bon… Et autre chose qui serait différent là-bas ?
R : Bah peut-être sur le… les gens. Enfin les gens sont pas… C’est vrai qu’on… on dit toujours que…
que les…les gens du nord sont chaleureux, et je pense que c’est vrai. C’est pas… C’est un peu dur à
expliquer mais c’est pas… c’est pas comme dans le sud de la France.
A : Oui ? Tu l’as remarqué… comment, enfin… ?
R : Bah, chez les commerçants par exemple, ou… ou dans la rue par… C’est pas… Les gens sourient
peut-être plus.
A : Ah, c’est marrant, ça ! (2)
R : Ils sont plus accueillants…
A : Oui.
R : Voilà.
A : Comme dans le film « Les Ch’tis ». (3)
R : Oui. Non, c’est pas… c’est pas si faux que ça en fait. C’est…
A: Ça reflète bien…
R : Ça reflète bien.
A : La réalité. Ouais mais quand même, ils ont un drôle d’accent (4), hein !
R : Ah oui, c’est sûr que c’est pas… ! C’est pas… c’est pas comme ici ! Mais bon, ils doivent dire la
même chose en venant ici.
A : Bah oui.
R : Que les gens de… du sud ont un drôle d’accent !
A : Oui, oui. Mais bon, l’accent du sud, il fait un peu rêver parce que c’est associé au soleil, les
vacances et tout, alors que l’accent du nord, bon, ça fait pas rêver de la même façon !
R : Oui. C’est sûr.
A : Oui, oui. Et… Bon c’est pour ça que tu rentrais quand même de temps en temps à Marseille.
R : Bah oui, je rentrais à peu près une fois… une fois par mois. Donc pour les weekends.
A : Oui. Ça faisait court quand même pour les weekends.
R : Bah ça faisait court mais bon, il y avait le TGV donc je partais de Valenciennes à… vers seize
heures quarante ( 16h40 ) et j’arrivais à Marseille à dix heures et demie le soir, le vendredi soir.
A : Oui, c’est vrai que c’est rien du tout.
R : Donc ça allait assez vite quand même. Et puis je revenais… je repartais le dimanche à dix-huit
heures ( 18h ) et j’arrivais là-bas vers vingt-trois heures trente ( 23h30 ).
A : Oui. Mais en fait, c’était pas direct, Marseille…
R : Non. Fallait (5) … Ou… Ou fallait changer de train à Lille et faire Lille-Marseille en TGV, ou faire
Valenciennes-Paris en TGV et après Paris-Marseille en TGV aussi. Donc changer à Paris ou à Lille.
A : Hm, hm. Tu connais toutes les… tous les trajets.
R : Oui. J’avais… J’avais testé les deux parce que des fois, c’était moins cher sur l’un… Donc voilà…
A : Et… T’as pas eu trop de problèmes de… de retard, de choses comme ça ?
R : Bah de temps en temps… Enfin, il y en a eu un une fois où il y avait eu des… un incendie près de la
gare de Paris-Nord. Donc mon TGV Valenciennes-Paris avait été très en retard. Du coup, j’avais…
enfin j’avais raté mon TGV Paris-Marseille et j’avais dû… enfin j’avais… J’avais dû terminer mon
voyage, enfin arrêter mon voyage à Aix-en-Provence et faire la suite… bah en voiture.
A : Oui, oui, oui.
R : Parce que le TGV n’allait pas plus loin. Donc j’étais arrivé avec deux heures et demie de retard.
A : Oui, c’est… très pratique ! Et… Mais une autre fois aussi, tu as été obligé de dormir à Paris, non ?
R : Oui, une fois, j’avais dormi à Paris parce que… donc le TGV Marseille-Paris était en retard et j’avais
raté le dernier TGV Paris-Valenciennes. Donc la… la SNCF (6) m’avait payé l’hôtel à Paris.
A : Oui, c’est ça.
R : Et j’avais pris le TGV le lendemain matin.
A : Oui, oui, quand on rate la correspondance à cause d’eux…
R : Voilà, si c’est… si c’est à cause d’eux, ils nous payent (7) le… la nuit d’hébergement.
A : Hm, hm. D’accord. Mais ils remboursent aussi des trucs (8), non, quand même ?
R : Oui, s’il y a plus de trente minutes de retard et que le retard est… est imputable à la SNCF, donc ils
remboursent un tiers du billet sous forme de bon de réduction pour un voyage futur.
A : Ah oui, d’accord. Oui. Mais il faut que ce soit eux les responsables.
R : Oui, voilà. Si c’est parce qu’il a trop neigé, là, ils remboursent rien du tout.
A : Oui.
R : Ils sont pas… ils sont pas responsables de la météo.
A : D’accord. Bon. Bah ça peut être intéressant à savoir quand même. Oui, oui. Donc des fois, on
regarde sa montre et on se dit « Zut… » (9)
R : Oui, parce que c’est vraiment trente minutes, hein ! Si c’est vingt-huit minutes…
A : Il y a rien. (10)
R : Ils ne le rembourseront pas.
A : Donc à ce moment-là, il y a plus qu’à espérer que le train va traîner encore deux minutes de trop
et… Oui, oui. Bon bah écoute… Et pourquoi tu revenais à Marseille alors ?
R : Bah parce que c’est vrai que cette région me manquait quand même…
A : Oui, tu venais prendre le soleil. (11)
R : Oui, voilà, prendre un petit bain de soleil de temps en temps, ça fait pas de mal ! (12)
A : C’est sûr !
Quelques précisions :
1. pas plus que ça = pas de façon très importante, rien d’exceptionnel.
2. C’est marrant, ça ! : on fait ce commentaire quand on est un peu surpris par quelque chose.
3. Les Ch’tis : c’est le titre d’un film qui a eu un gros succès en France et qui se passe dans le nord.
Les Ch’tis, c’est le surnom des gens du nord en France.
4. un drôle d’accent = un accent étrange
5. Fallait = il fallait. On laisse souvent tomber « il » à l’oral dans cette expression.
6. La SNCF : la Société Nationale des Chemins de Fer.
7. ils nous payent : on peut dire aussi « ils nous paient »
8. des trucs : des choses. ( familier, oral )
9. Zut ! : exclamation familière – mais pas impolie – quand il se passe quelque chose qui ne nous
convient pas, quand on n’est pas content. Par exemple : « Zut, j’ai raté mon train ! »
10. Il y a rien = il n’y a rien. ( Comme dans le reste de la conversation, il manque « ne » dans la plupart
des phrases négatives, parce que c’est une conversation familière. Dans d’autres situations, si on fait
attention à la façon dont on parle, on n’oublie pas de dire « ne ».
11. prendre le soleil = se mettre au soleil et en profiter.
12. ça fait pas de mal = ça fait du bien.

Anaïs et son iPhone


Comme tous les jeunes, et comme la plupart des Français maintenant, Anaïs ne peut pas vivre sans
son téléphone portable. Mais un portable, ça ne sert pas qu’à téléphoner. C’est ce qu’a compris Apple
avec son iPhone, commercialisé en France depuis quelques mois. Anaïs explique ses relations avec
son iPhone.
TRANSCRIPTION
An : Anaïs / A : Anne
A : Anaïs, j’ai vu l’autre jour par hasard, là, que vous aviez un iPhone.
An : Oui, tout à fait.
A : Et alors, depuis quand ?
An : Alors, je l’ai depuis décembre, donc avant la sortie officielle.
A : En France.
An : Voilà, en France.
A : Parce que c’est… c’est récent en France en fait.
An : C’est… C’est tout récent. Et ça fait un mois qu’il est sorti (1).
A : C’est ça, oui. Parce que c’est vrai que moi, j’avais l’impression que ça faisait plus longtemps mais
c’était aux Etats-Unis, donc…
An : Exactement. C’était aux Etats-Unis. Bon il y avait des… des importations mais bon, c’est vrai que
ça se faisait rare quand même, hein.
A : Et alors, comment vous avez fait, vous ? Vous avez un truc (2)?!
An : Du coup, oui. Parce qu’en fait, il y a une… Donc mes parents, ils ont un magasin de portables. Et
donc du coup, des fois, ils ont des portables…
A : Pour essayer.
An : Avant pour essayer, voilà. Pour essayer. Et donc du coup, j’ai essayé, puis… Au début, ça a pas
été facile parce que déjà (3), la particularité de ces téléphones, c’est que c’est tout tactile. Donc…
A : Oui, c’est joli, hein, d’ailleurs, je trouve (4). Pour moi, c’est magique.
An : Ouais. C’est… C’est vraiment… Et puis surtout, dans… dans cet iPhone, le… la particularité, c’est
que c’est vraiment au point (5). Le… le… l’écran tactile, il est vraiment… Dès que vous appuyez, de
suite (6), ça vient…
A : C’est très précis.
An : Voilà.
A : Et très sensible.
An : Comparé aux autres, aux autres portables.
A : D’accord. Donc il faut apprendre à…
An : Des fois, il y a des bugs (7). Donc là, il faut déjà apprendre à adopter le… le tactile, quoi.
A : Oui, et à le … à bien le manipuler.
An : Voilà.
A : C’est précis.
An : C’est… c’est très précis. Et puis surtout, le deuxième, enfin, inconvénient quand on est débutant,
quoi, sur l’iPhone, c’est que tout est à ajouter, en fait.
A : Ah oui… Les applications…
An : Voilà, exactement. C’est un portable où au début, il n’y a rien. C’est juste pour recevoir des appels
et…
A: Oui, oui, un téléphone.
An : Voilà, un téléphone normal. Et donc du coup, vous pouvez mettre tellement de choses justement…
A : Oui, j’ai vu la pub (8) à la télé.
An : Que vous… Que justement, après, ça devient un peu… On devient un peu addict (9), quoi.
A : D’accord.
An : C’est que…
A : Vous, vous avez quoi, là, exactement ?
An : Alors, moi, là, j’ai des choses vraiment étonnantes. C’est que j’ai… Donc on peut ajouter la radio.
Donc ça c’est des applications… mettre… Il y a une application aussi où ils nous donnent des recettes,
donc du monde entier.
A : Ah oui ! D’accord.
An : Où il y a une lampe. Donc c’est-à-dire que quand vous êtes dans le noir, vous cherchez vos clés,
ça peut faire aussi lampe.
A A: h d’accord. Ça fait tout. Ça fait la vaisselle !
An : Voilà ! Exactement. Ça peut faire des jeux… Enfin, il y a énormément de jeux. Donc il y a des
choses folles, quoi, dedans.
A : Oui, on peut se faire un peu submerger.
An : Voilà, c’est ça. Le… le risque, c’est… c’est d’être trop accro (10) après.
A : Oui, oui. De s’en servir pour tout et…
An : Voilà, tout et n’importe quoi. Et en fait, c’est… C’est ce qui m’arrive en partie, parce que
maintenant, j’ai même plus besoin d’agenda (11) puisque je marque tout pour mes rendez-vous, mes
devoirs à l’intérieur. Enfin, je… je fais tout avec.
A : Oui, mais c’est bien aussi de… je trouve, d’avoir un seul endroit où on a tout.
An : Voilà.
A : C’est finalement pratique.
An : C’est ça aussi. C’est que vraiment, c’est pratique parce que vous n’avez plus besoin de vous
trimbaler (12) avec votre iPod, votre portable, votre appareil photo, votre caméra, parce que vraiment,
ça fait tout, quoi ! Donc même si vous partez en vacances, quelqu’un qui aime faire des gâteaux par
exemple, il prend l’application « recettes du monde », et puis voilà, il a plus (13) besoin d’apporter son
gros livre. J’ai téléchargé pas plus tard que tout à l’heure, il y a deux heures de temps, j’ai téléchargé
une application. C’était « Le Monde »(14). Donc maintenant, j’ai plus besoin de l’acheter, Le Monde. Je
l’ai. Voilà.
A : Vous le lisez directement.
An : Voilà. Je le lis directement sur le téléphone. Et ce qui est bien aussi, ce qu’a pensé Apple Surf
surtout, c’est qu’il y a aussi bien des applications gratuites que des applications payantes. Ça veut dire
que les gens qui ont pas trop les moyens (15) d’acheter des applications…
A : Ils peuvent quand même trouver leur bonheur. (16)
An : Voilà, exactement.
A : D’accord. Donc vous êtes complètement fan et convertie !
An : Ah ouais, ouais, ouais. Vraiment, je… j’en changerais pas !
A : Et les autres étudiants, là, ils vous regardent avec envie ou… ?
An : Oui. En fait…
A : Il y en a d’autres qui l’ont ou pas ?
An : Dans la classe, non. Non, non. Mais c’est vraiment… Ils me regardent vraiment avec envie parce
que… il y a tout, quoi. C’est-à-dire que quand on fait une recherche, et qu’on est dans la classe, qu’on
fait… qu’on doit faire une recherche…
A : Sur internet.
An : Sur quelque chose, et ben (17) moi, je vais directement sur mon portable, et… je le fais, quoi. Je
vais sur Google et j’y suis, quoi. Je suis directement connectée.
A : D’accord. C’est génial, ça.
An : C’est vraiment la facilité, quoi.
A : Bon, plus besoin de profs, plus besoin de rien !
An: Presque ! Il manque plus que (18) les explications ! Voilà.
A : D’accord. Bah merci beaucoup pour tous ces renseignements.
An : De rien.
Quelques détails :
1. Il y a un mois : pour la version la plus récente.
2. Vous avez un truc ? = Vous avez une astuce / un moyen spécial ? ( expression familière pour dire
que quelqu’un sait faire quelque chose et que ça paraît presque magique. )
3. déjà : ici = premièrement
4. je trouve = à mon avis.
5. C’est au point = ça marche vraiment très bien.
6. de suite = tout de suite / immédiatement.
7. des bugs : le terme anglais est passé dans la langue française, comme beaucoup de termes
technologiques, même si certains voudraient qu’on emploie le mot « bogue » à la place pour protéger
la langue française des anglicismes…
8. la pub = abréviation très fréquente de « publicité »
9. addict : c’est le terme anglais passé en français.
10. accro = c’est le français pour addict.
11. un agenda : un carnet avec tous les jours de l’année pour marquer ses rendez-vous par exemple.
12. se trimbaler : se déplacer ( style familier )
13. Il a plus besoin = il n’a plus besoin de…
14. Le Monde : un des grands quotidiens nationaux français.
15. avoir les moyens de = avoir assez d’argent pour acheter quelque chose.
16. trouver son bonheur : expression qui signifie qu’on peut trouver quelque chose qui nous donne
satisfaction.
17. et ben : oralement on dit souvent ça, mais normalement, c’est « Et bien »
18. Il manque plus que = Il ne manque plus que… = C’est la seule chose qui manque.

Si on parlait cuisine !
La cuisine, c’est important en France, même si le mode de vie actuel et les horaires de travail ne
permettent pas toujours d’y consacrer beaucoup de temps. Chez Bernard et Françoise, dans ce
domaine, les rôles sont bien définis, mais pas forcément comme on pourrait s’y attendre.
TRANSCRIPTION
B : Bernard / A : Anne
A : Bon, Bernard, qui est-ce qui cuisine chez vous ?
B : C’est moi.
A : C’est vrai ?
B : Oui, c’est vrai.
A : Bon alors, raconte un peu. Pourquoi tu cuisines ?
B : Alors je cuisine d’abord parce que… pour plusieurs raisons. La première, c’est parce que je suis
originaire du sud-ouest de la France.
A: Oui.
B : Et que dans le sud-ouest de la France, il y a une… une tradition culinaire chez les hommes.
A : Ah, c’est vrai ?
B: Oui.
A : Je savais pas, tu vois, parce que bon, je sais qu’on mange bien, c’est sûr.
B : Ah c’est lié. Mais c’est vrai qu’il y a une tradition culinaire chez les hommes. Et puis moi, il s’est
trouvé que quand j’ai été nommé professeur dans la région… la région parisienne, on était une petite
bande de… de garçons et on s’invitait beaucoup chez les uns, chez les autres. Et il fallait faire à
manger.
A : Oui. Et il y avait pas de femmes !
B : Il y en avait pas… Enfin…
A : Enfin…
B : Il y en avait pas toujours…
A : Elles servaient pas à ça.
B : Elles servaient pas à ça ! Donc on… on essayait de se surprendre en faisant des soirées et en
dégustant du vin et en y associant de la cuisine.
A : D’accord mais… Donc ça veut dire que ça fait longtemps que tu cuisines quand même .
B : Ça fait très longtemps. Je cuisine donc depuis une trentaine d’années.
A : Mais tu as appris avec qui (1)? Avec ta mère ? Avec…
B : Des traditions, des cuisines de tradition familiale, oui, bien sûr. Avec ma mère. Moi je cuisinais un
peu chez moi. Mon père cuisine. Mon grand-père cuisinait.
A : Ah oui ?
B : Et puis, j’ai appris un peu tout seul aussi. J’ai appris dans des livres, j’ai appris au contact d’autres,
et puis par envie.
A : Alors que tu vois, chez moi, mon père, il savait même pas faire cuire un steak, en fait.
B : Pas chez moi. Mes parents cuisinent. Mon père cuisine toujours.
A : Oui, oui. D’accord.
B : Voilà.
A : C’est bien. Et alors, qu’est-ce que tu aimes cuisiner par exemple ?
B : Qu’est-ce que j’aime cuisiner ? Oh beaucoup de choses ! Alors il faut séparer quand même la
cuisine de tous les jours…
A : Oui. Qui est-ce qui la fait ? Françoise ?
B : C’est moi, c’est moi.
A : Bon, qu’est-ce qu’elle fait Françoise ?!
B : La quiche lorraine. (2)
A : Bon. Grande spécialité.
B : Grande spécialiste de la quiche lorraine ! Et moi, je cuisine tous les jours. Bon bah voilà.
A : Mais c’est toi qui fais les menus, quoi, qui… ?
B : Alors c’est moi qui fais les courses, c’est moi qui fais les menus et c’est moi qui fais ce qu’on mange
dans la semaine, oui.
A: Oui, oui. Bah c’est un peu comme Jean-Claude en fait.
B : Sans doute !
A : Oui.
B : Et puis il y a la cuisine quand on… quand on reçoit, quoi. Alors là, qu’est-ce que j’aime cuisiner ?…
J’aime cuisiner beaucoup de plats de chez moi, enfin des plats du sud-ouest, beaucoup de magrets (3),
beaucoup de canard, beaucoup de… Qu’est-ce que j’aime faire ?… J’aime faire aussi… des plats du
sud, style paella, des choses comme ça.
A: Et les desserts, non ? Moins ?
B : Pas du tout.
A : Pas du tout.
B : Je ne fais pas de desserts. C’est Françoise qui fait les desserts.
A : C’est vrai ?
B : Moi, je fais les entrées, des foies gras poellés, des rôtis, des viandes, des gigots d’agneau, des
choses comme ça. Mais je ne fais jamais de desserts.
A : D’accord. Et comment tu fais par exemple… avec le vin ? C’est des fois le vin qui te dicte ce que tu
vas faire à… à manger ou c’est l’inverse ?
B : Y a pas de règle de d’or. Mais parfois quand… Tout dépend qui j’invite aussi. Si j’invite des gens qui
sont connaisseurs en vins et que je veux leur faire boire des bouteilles particulières, dans ce cas-là,
c’est le vin qui va… qui va déterminer le repas. Voilà. Si c’est des gens que je connais pas trop, ou dont
je sais peut-être qu’ils sont pas forcément des…
A : Des amateurs.
B : Des grands amateurs, voilà, c’est plutôt le repas… Je mettrai un vin dessus. Et peut-être de
moindre qualité.
A : D’accord. Et Françoise m’a dit qu’elle t’avait offert un super cadeau d’anniversaire, il y a pas très
longtemps.
B : Tout à fait. Donc on a découvert… Elle a découvert, en cherchant sur internet, un site dans lequel, à
Toulouse, dans lequel un grand chef, enfin un chef, quelqu’un qui a travaillé dans un deux-étoiles
Michelin (3), donc c’est quand même un restaurant important, organise des stages de cuisine.
A : Oui.
B : Alors, comment ça se passe ? Eh ben, il… Ça s’achète, quoi, par internet, on achète la prestation et
on y va, mais avec un torchon, un panier. Donc le but du stage, c’est d’y faire la cuisine et de ramener
ce qu’on a cuisiné.
A : Oui, et donc tu apprends plein de…
B : Alors on apprend plein de choses. D’abord, ce qu’il faut… Ce qu’il faut dire, c’est qu’ on peut choisir
son menu, c’est-à-dire que sur internet, une fois qu’on est inscrit au cours virtuel, on a le choix de la
date, c’est-à-dire que tous les mois, il affiche des menus… Le bon… le bon d’achat dure six mois, je
crois. Donc on regarde le jour qui convient en fonction du menu qu’il veut faire. Moi j’avais choisi un
menu qui m’intéressait. Voilà, c’était des feuilletés aux asperges et au foie gras, un suprême de volaille
aux écrevisses…
A : Oui c’est vraiment comme un grand chef !
B : Ah oui, c’est un grand chef et le… le dessert, c’était des tuiles avec un gâteau de fruits exotiques
avec de la chantilly fait main. C’était… Ce menu m’intéressait. Voilà. Donc après on va… on va à
l’adresse dite, et là on fait un cours de cuisine mais on fait tout de A à Z (4), c’est-à-dire… sortir les
ustensiles, préparer ses fours, préchauffer ses fours…
A : Oui, oui. Et dans le bon ordre, enfin… Voilà.
B : Dans le bon ordre, préparer ses viandes, couper l’échalote, la ciseler. Donc, non seulement la
confection des plats, mais il y a aussi des techniques.
A : Oui. Bah oui.
B : Par exemple, moi je savais pas ciseler une échalote à la main.
A : Oui, c’est impressionnant quand on les voit, là, hein.
B : Oui, ils sont impressionnants, les mecs (5)!
A : Et tu sais maintenant ?
B : Maintenant je sais, j’ai appris !
A : Bon, il va falloir que tu nous montres.
B : Ouais, ouais. Je ne savais pas non plus faire une espèce de… une espèce de sauce qui
accompagnait les… les asperges, où il récupère… Enfin dans une asperge, il ne perd rien. Il récupère
la… ce qui est la partie qu’on jette habituellement des asperges, lui, il la garde, il la passe au chinois
(6), il en fait une sauce qu’il mélange avec de la crème fraîche et puis des échalotes, et après, ça
accompagne les asperges. Ça, je savais pas le faire.
A : Oui, oui.
B : Plein de choses comme ça. Très intéressantes.
A : Et donc à la fin, tu es reparti avec ton repas… Pour combien de personnes ?
B : Pour six personnes.
A : Six personnes ?
B : Pour 6 personnes. A la fin, on repart avec des… avec des boîtes, on repart avec tout ce qu’on a
confectionné. On arrive à la maison, et on en fait profiter les autres.
A : D’accord. Et alors là, qui est-ce qui en a profité ? C’est juste la famille ?
B : La famille. Et on avait 2 amis. On avait un couple d’amis qui est venu parce qu’en fait, il y a un ami
qui aurait voulu venir avec moi ce… ce jour-là mais qui s’y est pris trop tard (7). Et c’était plein, quoi. Il a
pas pu s’y rajouter. Voilà. Donc j’ai dit, puisque c’est ça, je te ferai goûter. C’est ce que j’ai fait.
A : Et alors, c’était bon ?
B : Ah c’était bon ! C’est très bon. Mais j’ai appris plein de trucs (8).
A : Ah oui, c’est sûr.
B : Et je refais des recettes ou des parties de recette que j’ai apprises ce jour-là. C’est un cadeau très
intéressant.
A : Ah oui, c’est sûr. Pour tout le monde !
B : Pour tout le monde.
A : Il y en a qui en bénéficient.
B : Et les enfants étaient contents… de manger la nourriture que papa avait fait en stage en fait !
A : Eh oui ! Et eux, ils cuisinent un peu ?
B : Martin, oui, puisqu’il est étudiant cette année. Donc il commence à faire…
A : Oui, il est obligé… Il a quitté la maison.
B : Alors je fais une hotline cuisine parfois le soir. C’est-à-dire qu’il m’appelle au moment du repas.
Quand le téléphone sonne vers huit heures moins le quart, je sais que…
A : C’est « Qu’est-ce que je pourrais faire à manger ? »
B : Voilà. Ou des fois, c’est en live (9). C’est-à-dire que l’autre jour, je lui avais laissé des filets de
canard que j’avais achetés, des filets de canette (10) que j’avais achetés. Ils étaient en train de brûler
dans sa poêle parce qu’il s’est pas méfié avec la graisse. Donc il me dit « J’ai le feu dans la poêle »…
A : Conseil !
B : « J’ai le feu dans la poêle. Est- ce que c’est normal ? »
A : Pas vraiment !
B : Pas vraiment ! Donc, voilà.
A : D’accord.
B : L’autre jour, il a fait cuire des œufs et c’était bizarre, quoi !
A : Ah bon.
B : Il avait oublié de mettre de l’huile dans la poêle.
A : Oui, des petites choses de base.
B : Des détails de base.
A : Qu’on apprend au début.
B : Mais l’intérêt, c’est qu’il se fasse autre chose à manger que McDo (11), frites et…
A : Exactement.
B : Et il le fait. Il aime bien.
A : D’accord. Merci !
B : De rien.
Quelques détails :
1. Tu as appris avec qui ? : On prononce souvent juste « T’as appris… » . Mais on ne l’écrit pas
comme ça.
2. une quiche lorraine : une sorte de tarte salée avec des lardons, de la crème fraîche et des œufs.
3. Le guide Michelin : on y trouve des restaurants sélectionnés et classés. Une vraie institution en
France !
4. de A à Z : du début jusqu’à la fin.
5. les mecs = les gars. Mots familiers pour parler d’hommes. Le mot “mec” est de l’argot.
6. un chinois : en cuisine, c’est une passoire très fine, qui a la forme d’un chapeau chinois.
7. s’y prendre trop tard = décider de faire quelque chose trop tard. Pour réserver, il faut s’y prendre en
avance.
8. plein de trucs = plein de choses ( style oral et familier )
9. en live = en direct. ( Les Français adoptent des mots anglais en les adaptant au français. )
10. une canette : la femelle du canard
11. McDo = McDonald’s : les Français abrègent ce nom et disent qu’ils vont au McDo. Evidemment, les
jeunes vont souvent au McDo.

Debout ! C’est l’heure du petit déjeuner !


Vous pensiez peut-être que les Français mangeaient tous des croissants au petit déjeuner… Ou alors
une bonne baguette ! Eh bien non ! Ce n’est pas tout à fait ça. Et c’est en fin de compte assez variable.
Le tout, c’est de tenir le coup jusqu’au déjeuner. Tony, Emilie, Fanny, Prescillia et Anne discutent de
leurs habitudes.
TRANSCRIPTION
T : Tony / E : Emilie / F : Fanny / P : Prescillia
A : Alors, bonjour à tous ! Je voudrais savoir si vous avez pris un bon petit déjeuner ce matin.
T : Alors oui, un très bon petit déjeuner. Alors je prends toujours le même petit dejeuner depuis l’âge de
huit ans.
A : Oui ?
T : Donc il est composé de céréales anglaises qui s’appellent des Weetabix.
A : Oui, je connais. J’ai déjà vu…
T : La reine d’Angleterrre même les mange.
A : C’est vrai ?
T : Ouais.
E : Classe !
A :Ah bon ! Ça fait vivre vieux !
T :Ouais. Et donc je les trempe dans… Je les mange dans du… dans un bol de jus d’orange et ensuite,
je mange… je bois un verre de lait chaud, et voilà.
A : D’accord, mais d’habitude, les… les céréales, on les met dans du lait, non ?
T : Oui, mais bon… Ma mère a toujours fait ça, et donc moi aussi, je fais ça et c’est vraiment très bon,
donc…
A : Bon… Vous avez déjà essayé ça, vous ?
E / F : Non.
E : Ah non, pas du tout !
A I: l faudra qu’on essaye parce que…
E : Ça a l’air écoeurant !
A : Moi, j’y aurais pas pensé (1) en tout cas. J’aurais bu le jus d’orange à côté mais pas mélangé avec
les céréales.
T : Ah, c’est très bon, hein !
A : D’accord. Bon.
T : Faut essayer. (2)
A: On veut bien te croire. Emilie ?
E : Alors moi, je m’inspire aussi de Tony parce que je prends du thé, donc ça fait un peu anglais aussi.
(Oui ) Et voilà, donc pareil, thé à la bergamote, j’ai des habitudes, avec deux tartines, beurre et
confiture, et toujours confiture d’abricot. Et voilà.
A: Ah bon, la confiture de fraise, c’est pas bon ?
E : Euh si, mais je préfère… J’aime pas trop changer. Voilà.
A : D’accord.
E : J’ai des habitudes.
A : D’accord. Et en fait, c’est un petit déjeuner vite avalé ou… ?
E : Oui, plutôt. Faut être efficace (2) le matin, pour partir vite.
A : D’accord. Parce que tu… tu te lèves à quelle heure et tu… pars à quelle heure ?
E : Alors, je me lève à six heures du matin et… et donc je pars à sept heures.
A : Oui, donc il faut pas perdre de temps avec le petit déjeuner. Donc quand on sait exactement ce
qu’on prend, c’est facile et…
E : Les gestes sont automatiques…
A : C’est vrai, hein. C’est un peu un rituel, un petit déjeuner, c’est vrai. Ensuite ?
F: Ben moi, depuis cette année, comme j’habite un peu plus loin, je prends juste un verre de jus
d’orange, pour que ça aille plus vite parce que j’ai qu’une demi-heure pour me préparer.
A : Un verre de jus d’orange ? Et ça suffit ?
F : Oui. Enfin, à dix heures, j’ai un petit creux (3) . Mais des fois ça va.
A : Oui, oui, oui. Mais c’est parce que tu n’as pas le temps, ou parce que tu peux pas vraiment avaler
grand-chose le matin ?
F : Déjà, le matin, j’ai un peu du mal (4) à déjeuner, à manger. Mais sinon, j’ai vraiment… enfin, je me
sens pas de me lever plus tôt. (5)
A: Oui, oui. Pour prendre bien le temps d’avoir faim et de se préparer un bon petit déjeuner. D’accord,
mais ça fait un peu léger, hein, quand même ! Même pas de céréales dans le jus d’orange ?! Et ensuite
?
P : Ben moi, contrairement à Fanny, je prends le temps de déjeuner. Donc ça dépend. Ça dépend de
mon humeur, ça dépend du temps. Donc à la fois, ça peut être un bol de chocolat chaud avec des
tartines, ou alors un yaourt avec des céréales. Ça dépend vraiment de… du temps, de…
A : De l’humeur.
P : De l’humeur, de l’heure à laquelle je me lève, si j’ai un peu plus de temps ou un peu moins.
A : D’accord. Donc là, c’est pas vraiment un rituel comme… comme tous les autres.
P : Non, non. Pas du tout. C’est un petit plaisir, le matin, de prendre le petit déjeuner.
A : Varié… D’accord. Mais toi, tu habites plus près alors peut-être ? Tu es…
P : Non, pas forcément. J’habite juste à côté d’Emilie. Mais c’est juste que je me lève plus tôt et je
prends le temps de déjeuner.
A : D’accord. Oui, oui, c’est important.
P : Oui, c’est important pour moi de déjeuner le matin. (Oui, oui ). Ça met de bonne humeur après pour
le reste de la journée.
A : D’accord.
E : Et sinon, vous, vous prenez quoi au petit déjeuner ?
A : Bah moi, c’est pareil. C’est vrai que c’est un peu effectivement des habitudes, hein. C’est vrai que
les petits déjeuners, c’est… On fait toujours la même chose, les mêmes gestes, les mêmes… On
mange les mêmes choses. Bah moi, je bois du thé, du bon thé que j’aime bien.
P : Comme Emilie.
A : Et puis… Oui oui. Et puis ensuite, bah je mange un yaourt, je mange une compote. Et en fait, ce
que je fais, c’est que je mets de la compote sur… je sais pas… des tartines de pain ou… Je mets pas
de confiture. Je mets la compote à la place de la confiture ou alors sur des… Vous savez les trucs (6)…
les petits pains suédois, là, les choses comme ça. ( Des Krisprolls ) Ouais, ce genre de choses. Voilà.
Mais c’est vrai que c’est pas si varié que ça. Et… bah je suis comme vous, en fait. Non, je prends le
temps de déjeuner quand même. Moi, j’habite pas très loin. Donc j’ai quand même le temps. Voilà. Bah
merci beaucoup !
Quelques précisions :
1. J’y aurais pas pensé : il manque « ne » : Je n’y aurais pas pensé = je n’aurais jamais eu cette idée
moi-même.
2. Faut essayer = Il faut essayer / Faut être efficace : il faut être efficace. A l’oral, on oublie de dire « il
».
3. avoir un petit creux : expression familière pour dire qu’on a un peu faim.
4. j’ai un peu du mal à … = J’ai un peu de mal à … On entend « de » ou « du ». Normalement, ça
devrait être « de » après « un peu ». Mais il y a mélange de 2 constructions parce qu’on dit : « J’ai du
mal à faire ça ». Voici toutes les constructions avec les différentes intensités : J’ai un peu de mal à … /
J’ai beaucoup de mal à… / J’ai vraiment du mal à … ( Tout ça pour dire que c’est difficile, un peu
difficile, très difficile pour nous de faire quelque chose. )
5. Je me sens pas de me lever plus tôt = Je ne me sens pas de… Expression familière pour dire
qu’on n’est pas prêt à faire quelque chose, qu’on ne s’imagine pas / qu’on ne se voit faire quelque
chose. Fanny n’a pas envie de se lever plus tôt juste pour avoir le temps de déjeuner.
6. les trucs : mot familier qu’on utilise à l’oral quand on ne trouve pas le mot exact pour désigner
quelque chose. = les choses
Se faire la bise ou pas ?
Comment se dit-on bonjour en France ? On peut se contenter de dire ” Bonjour ” ou plus familièrement
” Salut “. On peut y ajouter une poignée de mains. Mais très souvent, on se fait la bise. Et ça, c’est très
compliqué ! A qui fait-on la bise ? ” La ” bise ? Une seule ou plusieurs ? Eh oui, l’autre problème, c’est
de savoir combien on en fait. Faire la bise, c’est tout un art !
TRANSCRIPTION:
T : Tony / A : Anne / F : Fanny / P : Prescillia
A : Alors, je voudrais savoir un petit peu comment vous vous dites bonjour entre… je sais pas… entre
étudiants, entre… entre amis… tout ça… comment vous faites.
T : Alors, beh, moi, entre… Qu’il s’agisse de filles ou de garçons, je fais la bise.
A : Les garçons aussi ?
T : Ouais, les garçons aussi, ouais, ouais. Depuis pas mal d’années, ouais.
A : Oui, oui, d’accord. C’est un truc un peu surprenant, hein, ça.
F : Oui, oui. Parce que moi, je sais que je viens du nord. Et en septembre, quand je suis arrivée, j’ai vu
les garçons se faire la bise. Et ça m’a un peu surprise, quoi, parce que dans mon école, enfin même
dans ma ville, les garçons se serraient la main.
A : Oui, oui. Moi aussi, j’ai eu l’habitude de ça et quand je suis arrivée à Marseille, bon… J’ai
l’impression qu’au début, je…enfin j’avais pas remarqué que les garçons se faisaient la bise et puis
plus les années ont passé, et plus j’ai eu l’impression effectivement qu’ils se faisaient la bise. Et en fait,
c’est vrai que j’avais… dans ma tête, au début, je me disais « Mais ils sont de la même famille ou
quoi ? ». Et puis en fait, après je me rendu compte (1) que c’était pas possible ! La famille aurait été
vraiment trop grande ! Et donc, ouais, c’est un petit peu surprenant, ça, c’est vrai. Et dans… dans ta
famille, je sais pas, les…les hommes, comment ils font ? Parce que ça c’est peut-être un truc de jeunes
ou d’étudiants, je sais pas…
T : Ouais, plutôt de jeunes, ouais. Parce que mon père serre la main à son frère, donc…
A : A son propre frère ?
T : A son propre frère. A son propre frère, oui. Donc ouais, c’est plutôt récent et entre jeunes, ouais.
A : D’accord.
T : Et même si on se connaît même quasiment pas (2), on se fait la bise quand même. (3)
A : Ah, même quand on se connaît pas trop… (4)
T : Oui. Quasiment, ouais, ouais.
A : D’accord.
E : Je pense que c’est une histoire de génération et aussi une histoire de milieu social. Parce que moi
je sais que j’étais dans un lycée un peu bourgeois, et les garçons, c’était hors de question qu’ils se
fassent la bise.
A : Oui, d’accord.
E : Ah c’était carrément (5) leur virilité qui était mise en jeu, quoi ! C’était pas possible.
A : C’est vrai ?
E : Ah oui ! C’était pas possible.
A : Donc il fallait se serrer la main et…
E : On se serre la main, voilà, très…
A : Oui, oui, on garde une certaine distance, quoi, finalement.
E : Une très bonne poignée de mains. Et c’est tout.
A : Mais entre filles ?
E : Ah non. Entre filles, c’est la bise. Et les filles font la bise aux garçons.
A : Oui, voilà, c’est ça.
E : Voilà, quand c’est des filles, non, ça passe bien (6). Mais sinon (7), non.
A : Oui, oui, oui. Bon et le problème, c’est de savoir combien de bises !
T : C’est le grand dilemme. Ouais ! Beh à Marseille, c’est deux, deux bises. C’est la norme. Mais dans
le nord, plutôt dans les Alpes, c’est trois bises.
A : Hm, hm. C’est vrai qu’il y a des tas de régions (8) où c’est trois. Je sais pas pourquoi trois, hein.
C’est vrai que c’est marrant (9). Dans le nord, c’était… Fanny… c’était…
F : Deux, enfin en général, on faisait deux.
A : D’accord, ouais. Et en fait, ça dépend… ça dépend des endroits. Des fois, c’est pas très loin.
P : Non, c’est vrai, des fois c’est juste à côté. Moi, par exemple, je vois (10), mon parrain, je suis à deux
heures de route, et pourtant, c’est trois bises au lieu de deux. Alors on se fait souvent avoir (11) . On
sait pas. On attend de voir si c’est deux, trois, quatre. On sait jamais.
A : Eh oui, c’est vrai parce que il y a même des régions où c’est carrément quatre ! C’est beaucoup,
hein, quatre !
E : Ça dure longtemps, la bise !
A : Oui ! C’est vrai.
E : Si (il )y a beaucoup de monde…
A : Oui, oui, exactement. Oui oui, non, c’est vrai. Et moi, j’ai remarqué vraiment à Marseille, enfin
dans…dans des tas de circonstances, vraiment, il faut faire la bise. Et moi, j’avais pas trop l’habitude et
avec les collègues, par exemple, bon bah souvent, on se disait… enfin quand j’étais dans le nord de la
France, on se disait bonjour comme ça. Et puis… bah là, non, il faut vraiment faire la bise à tout le
monde et c’est vrai comme tu dis, Emilie, des fois (12), c’est… c’est long !
E : Aussi, se faire la bise, c’est une marque de convivialité aussi. (Il ) Faut être … Faut se montrer
accueillant et parfois, une simple poignée de mains, ça… ça paraît un peu froid quand même. Alors que
de faire la bise, c’est chaleureux, c’est… On se sent à l’aise, quoi.
A : C’est vrai.
E : Tout dépend combien de temps dure la bise, mais bon .
A: C’est vrai. En tout cas, ce qu’il faut, c’est… c’est ça, c’est observer où on habite et faire comme
les… comme les gens qui vivent là.
E : Voilà.
QUELQUES EXPLICATIONS :
1. se rendre compte : comprendre.
2. quasiment pas : presque pas
3. quand même : malgré tout ( « malgré tout » est d’un style plus soutenu. )
4. on se connaît pas trop = on ne se connaît pas trop. On utilise souvent trop à la place de « vraiment
», pour atténuer. Par exemple : Tu aimes ça ? Non, pas trop. C’est souvent un moyen d’être moins
direct.
5. carrément : pour insister. = très nettement, directement, absolument.
6. ça passe bien = ça paraît tout à fait naturel.
7. Sinon, non : Si c’est entre filles, ça va. Sinon, ça ne va pas. « Sinon » signifie « dans le cas
contraire », « si ce n’est pas le cas », « si la situation est différente ».
8. des tas de régions : expression orale qui signifie « beaucoup de… »
9. C’est marrant : on dit souvent ça quand on veut dire que c’est un peu bizarre.
10. je vois : Fanny ne veut pas dire qu’elle voit son parrain. Mais c’est une expression qui montre
qu’elle pense à cet exemple et qu’elle va nous faire partager son expérience.
11. se faire avoir : se faire piéger. Ici, Fanny veut dire qu’on se trompe sur le nombre de bises à faire.
Et dans ce cas, il y a un petit moment de flottement si l’autre personne s’attend à vous faire 3 bises et
si vous retirez votre joue avant par exemple.
12. des fois : expression orale équivalente à « parfois ».
Qui n’a pas son portable ?
Pour certains, le premier téléphone portable, c’est déjà de l’histoire ancienne. Pour d’autres, c’est plus
récent.
Et parfois, beaucoup plus récent !
TRANSCRIPTION:
Anne G: Alors, bonjour à tous ! Je crois que vous avez tous un portable parce qu’aujourd’hui… un
téléphone portable, parce que les jeunes aujourd’hui, on ( ne ) peut pas les imaginer sans portable !
C’est bien ça ? Marion, tu as un portable ?
Marion : Oui, j’ai un portable, ça fait un bout de temps maintenant !
Anne G : C’est-à-dire ?
Marion : Je devais avoir 12 ans quand j’ai eu mon premier téléphone portable.
Anne : 12 ans ?
Marion : Oui, tout à fait.
Anne : Et pourquoi ?
Marion : Et bien… Déjà… c’est vrai que moi, j’en voulais un et ma mère n’était pas contre non plus car,
à cet âge-là, elle voulait toujours savoir … ben… où j’étais. J’étais encore un peu « son bébé » donc,
elle voulait me joindre, savoir ce que je faisais et donc… C’était plutôt un forfait (1) … pas un forfait
d’une heure (quoi) !
Anne : Oui, oui c’était un petit…
Marion : Surtout pour pouvoir me joindre, quoi …
Anne G : D’accord, hm hm, bon… Il y en a d’autres qui l’ont eu aussi tôt que ça ?
Anne : Moi, je l’ai eu juste un an après, vers 13 ans !
Anne G : Hm hm.
Anne : Et moi, c’était plus particulièrement parce que j’ai un frère et une sœur qui l’avaient déjà eu
auparavant, donc… On a fait des achats groupés !
Anne G: D’accord (rire)
Anne: J’ai eu droit à l’avoir assez tôt aussi !
Anne G: Oui, oui, oui… c’est bien ça ! Quand on a des grands frères et des grandes sœurs, on a les
choses plus rapidement !
Anne : Exactement !
Anne G: Et ensuite, on va continuer avec les…
Luc : Alors…
Anne G: Oui.
Luc : Moi, je l’ai eu à 14 ans, mais moi, c’était pour faire comme tout le monde, en fait !
Anne G : (Rires)
Luc : Parce qu’il y avait tout le monde qui avait le Nokia 3310, le bleu, et je l’ai acheté… Enfin, oui . En
plus, il coûtait cher à l’époque ! Maintenant, ça (ne ) vaut plus rien donc… Voilà, j’étais content, je
l’avais et tout… (2)
Anne G: C’était un bel objet qu’il fallait avoir, pour être comme tout le monde, hm hm. Mais tu t’en
servais ?
Luc : Ah ! Ah bah oui, je m’en servais… C’était un forfait… Enfin, c’était pas un forfait. C’était…
Anne : A carte …
Luc : A carte, ouais !
Anne G: Ah d’accord. Quand elle est finie, il faut en racheter une autre et…
Luc : Voilà, et il y a plusieurs tarifs : 5 euros, 10 euros, 15 euros…
Anne G: D’accord !
Luc : Voilà !
Anne G: Et toi, Bruno ?
Bruno : Moi, je l’ai eu un peu plus tard, à l’âge de 15 ans . Pour mon entrée en Seconde. (3) Bah là,
tout le monde en avait un, j’étais le seul à (ne) pas en avoir un ! Donc on en a acheté un et c’était par
utilité principalement !
Anne G: Hm hm, tu as dû te battre pour l’avoir ou… ?
Bruno : Non, pas du tout.
Anne G: Non ?
Bruno : Au début, j’éprouvais pas (4) l’utilité de… d’avoir un téléphone.
Anne G: Oui, oui d’accord, et Julie ?
Julie : Eh bien moi, je l’ai eu à 11 ans mais…
Anne G : A 11 ans ?!
Julie : Ouais, à 11 ans.
Anne G: Ah ! C’est le record !
Julie : Mais c’est pas moi qui… c’est pas moi qui le voulais, en fait. C’était… Comme je faisais que
sortir… (5) Je voulais sortir, sortir, sortir et ma mère, elle ( ne ) voulait pas trop… Alors, elle m’a acheté
un portable ! Et voilà, elle était rassurée ! Elle pouvait me joindre n’importe où… Voilà !
Anne G: D’accord, bon. Bah, c’est bien !
Anne : Et vous, ça fait combien de temps ?
Anne G: Moi, ça fait… un an !
Anne : Waouh !!
Anne G: Oui c’est ça, un an ! Noël 2008 ! (6)
Bruno : Vous vous en servez beaucoup ?
Anne G: Non, en fait au départ, moi j’en voulais pas spécialement, j’en avait pas spécialement besoin…
Moi je ( ne )suis pas de la même génération que vous, donc… Bon, on n’a pas grandi avec ! Et ensuite,
j’en ai eu un finalement. C’est parce que mon fils aîné est parti… faire ses études à Valenciennes, à
l’autre bout de la France, et lui, il n’avait qu’un portable, et donc pour le joindre, c’était plus simple
d’avoir aussi un portable… Voilà, mais bon…
Anne : C’est moins cher aussi si c’est sur le même opérateur ! (7)
Anne G: Eh non ! On n’a même pas fait ça ! C’est même pas la raison ! Et donc, voilà, maintenant j’ai
un téléphone portable. Donc puisque je l’ai, je m’en sers, mais en fait, j’ arrive jamais au bout de mon
forfait ! Je (ne ) peux pas manger toutes les heures que j’ai !
Bruno : Ce n’est pas reporté ? (8)
Anne G: Non ! C’est pas reporté !
Marion : En plus !
Anne G: Et voilà, et puis de temps en temps… Bah si ! On communique par SMS (9), et voilà ! Mais
franchement, c’est pas… Enfin moi, si je l’oublie à la maison, c’est pas grave ! Alors que je suppose
que vous, quand vous l’oubliez chez vous… D’ailleurs, vous ne l’oubliez pas !
Marion : ça arrive rarement oui !
Anne G: Voilà… Donc bah, c’est très différent !
Quelques explications:
1 un forfait: on prend un forfait auprès d’un opérateur. C’est ce qui définit le nombre d’heures et de
SMS auxquels on a droit.
2 Je l’avais et tout: on ajoute souvent “et tout” à la fin d’une phrase. ça ne veut pas dire grand chose!
C’est comme une petite conclusion.
3 la Seconde : c’est la 1ère classe du lycée. On y entre vers 15 ans.
4 j’éprouvais pas : je n’éprouvais pas… ( On omet “ne” comme souvent à l’oral )
5 je faisais que sortir: je ne faisais que sortir. Expression très orale qui signifie : ” Je passais mon
temps à sortir. / Je sortais beaucoup ( avec les copains et les copines ).
6 Noël 2008 : Anne voulait dire “Noël 2007″ en fait, ou janvier 2008. Elle s’est un peu embrouillée dans
les dates!
7 sur le même opérateur : si on a le même opérateur.
8 reporté : avec certains forfaits, les minutes non utilisées sont reportées sur le mois suivant. Avec
d’autres, elles sont perdues si elles n’ont pas été consommées.
9 les SMS : on les appelle aussi des textos. Les Français de tous âges en envoient . Mais évidemment,
les jeunes sont les rois du SMS !

Une soirée au cinéma


Qu’est-ce que vous faites ce week end? Vous allez au cinéma?
Si vous voulez vous tordre de rire*, allez voir Coco, le film de Gad Elmaleh qui vient de sortir !
TRANSCRIPTION:
Julie : Elsa, qu’est-ce que tu as fait ce week end ? Tu m’as pas raconté.
Elsa : Je suis partie (1) au Palace (2) au cinéma de Martigues (3) et voilà…
Julie : Tu es allée voir quoi comme film ?
Elsa : Ben en fait, je suis partie (1) voir une avant-première du film Coco de Gad Elmaleh.
Julie : Gad Elmaleh, c’est le comique, non ?
Elsa : Ouais, ouais, c’est le comique qui est à peu près en France depuis trois, quatre ans. Il sort des
DVD, il fait sa tournée un peu dans toute la France et voilà… Et là, en fait, il avait monté un projet de
sortir un film.
Julie : Il t’a plu, le film ?
Elsa : Ouais, franchement (4), il était trop bien !
Julie : Et comment ça s’est passé, l’avant-première en fait ? Parce que je suis jamais allée à une avant-
première de film.
Elsa : Ben, il y avait Gad Elmaleh, c’est-à-dire le réalisateur et les acteurs principaux et voilà, il a
présenté un peu son film, il a fait un spectacle et voilà.
Julie : Il a fait un peu un sketch (5) ?
Elsa : Ouais, vite fait(6), et après, on a regardé le film et puis on est partis.
Julie : C’était bien ?
Elsa : Ouais, ouais, trop (7) !
Julie : Tu as passé une bonne soirée, du coup (8) ?
Elsa : Ouais, voilà.
Explications :
* Se tordre de rire : cette expression signifie “beaucoup rire”
(1) Je suis partie : normalement on dit « je suis allé(e) » et non « je suis parti(e )», mais les Français
du sud de la France font cette faute de langue assez souvent et se comprennent!
(2) Le Palace : c’est le nom d’un cinéma à Martigues. C’est un nom assez courant pour les cinémas en
France.
(3) Martigues est une ville du Sud de la France, proche de Marseille, à l’ouest.
(4) Franchement : c’est un adverbe qui exprime la franchise, la sincérité. Ici, Elsa veut insister sur le
fait que le film lui a vraiment plu.
(5) un sketch : c’est une partie d’un spectacle, de courte durée, généralement comique.
(6) Vite fait : on utilise cette expression à l’oral pour expliquer que l’action est de courte durée. Par
exemple, on peut dire: J’ai mangé vite fait et je me suis remis(e) au travail.
(7) trop : On entend souvent ” C’ était trop bien ! “ pour dire que c’était très bien, vraiment bien. Ici, Elsa
ne répète même pas l’expression entière et tout le monde comprend que ça lui a beaucoup plu.
(8) Du coup : on peut assimiler « du coup » à « finalement », à “donc”, à “alors”, à “par conséquent”.
On l’emploie beaucoup en parlant alors que “par conséquent” est beaucoup plus soutenu et plus écrit.

Les loisirs, quel plaisir !


Le foot, la danse, la gym, ce sont les loisirs les plus répandus en France chez les enfants et les jeunes.
Quels sont vos loisirs ?
Peut-être sont-ils différents des nôtres ?
Marion et Bruno parlent de ce qu’ils font ou ont fait comme activités.
TRANSCRIPTION
Marion: Bonjour Bruno, donc (1) on va parler des loisirs et des activités…Toi, tu as fait quoi jusqu’à
maintenant comme activité ?
Bruno: Alors moi, j’ai fait un an de foot (2), un an de natation et 4 ans de tennis de table.
Marion: Ok, mais tu en as fait… Tu avais quel âge quand tu as fait toutes ces activités ?
Bruno: Je devais avoir environ 9 ans quand j’ai fait du foot, 10 ans quand j’ai fait …euh… (3) de la
natation et 4 ans quand j’ai fait du ping-pong.
Marion: Et maintenant, tu fais plus rien ?
Bruno: Maintenant, non, j’ai arrêté. Maintenant c’est juste… c’est pas… c’est pas en club.
Marion: D’accord, donc, eh bien moi, j’ai fait aussi plusieurs activités et je fais plus aucune activité
maintenant. Donc j’ai fait de la danse pendant 3 ans aussi : de la danse classique et de la danse
moderne. Ensuite j’ai fait du théâtre et par la suite, j’étais dans une chorale pendant 4 ans, voilà. Donc
ça (4) m’a permis… de chanter à l’opéra (5) , de faire des voyages, dans les Chorégies d’Orange (6) ,
tout ça (7). Voilà, c’était une très belle expérience.
Bruno: Et pourquoi t’as arrêté (8)?
Marion: Ben (9), j’ai arrêté parce que, je suis rentrée au lycée et… j’avais envie de me concentrer sur
mes études…Voilà !
Quelques commentaires et explications:
1 Donc: conjonction de coordination utilisée très souvent à l’oral.
2 le foot : abréviation de « football », sport très populaire en France et pratiqué par beaucoup de
garçons.
3 Euh : Quand un Français hésite, c’est ce qu’il dit.
4 ça : Equivalent de « cela », qui est plus soutenu.
5 l’Opéra: De nombreux artistes chantent à l’opéra.
6 Les Chorégies d’Orange : Festival de musique lyrique se déroulant chaque été dans le théâtre
antique d’Orange, qui est une ville située dans le sud de la France.
7 Tout ça : Annonce la fin d’une énumération. On l’entend souvent. Expression familière qui s’emploie
oralement.
8 T’ as : Se dit couramment à l’oral au lieu de “tu as” et ici à la place de la forme interrogative normale
qui serait “As-tu” ou “Est-ce que tu as”. Mais n’oubliez pas, on n’écrit jamais ces contractions. Ici, c’est
juste parce que nous avons voulu transcrire ce qu’on entend.
9 Ben : Signifie « Eh bien » qui est plus soutenu. On n’écrit jamais “Ben”.