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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

TRAITEMENT DES EAUX


DE CONSOMMATION
Cours de 2ème année Résidanat en Hydro-Bromatologie Médicale

Année universitaire : 2017/2018

Partie de : BOUSMAHA A.

Plan :

II.2.4.2. Désinfection par le chlore et ses dérivés:

Rappel chimique sur le chlore

Caractéristiques physico-chimiques

Dérivés du chlore utilisés pour la désinfection

Mécanisme d’action chimique

Différentes formes de chlore

Contrôle analytique de la chloration

Sous produits de chloration et santé

Avantages et inconvénients du chlore

Conclusion

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Introduction :
Chaque année, dans le monde entier, 2,2 millions de personnes meurent de maladies véhiculées
par de l’eau non potable. La chloration est la méthode la plus répandue et la plus efficace pour
désinfecter l’eau.

La vulnérabilité de l'homme à ces maladies, l'a incité à trouver des solutions afin de purifier
l'eau de consommation. La première désinfection de l'eau a été expérimentée vers 1897, en
utilisant une chloration temporaire. La première utilisation continue de chlore en tant que
désinfectant de l'eau, a eu lieu vers 1904 en Angleterre.

Ce traitement tout à fait innovateur offrait la possibilité d'améliorer la qualité esthétique de


l'eau et de réduire l'incidence des maladies véhiculées par l'eau.

Définition et intérêt de la désinfection :

La désinfection de l’eau destinée à la consommation humaine est l’étape finale indispensable


dans toute filière de traitement de potabilisation de l’eau et dans la distribution et correspond
à la destruction ou l’inactivation des micro-organismes pathogènes pour l’homme.

La désinfection de l’eau potable consiste à rendre cette eau exempte de :


- germes pathogènes pour la consommation humaine,
- virus
- la majeure partie des germes banaux.
La désinfection des eaux comporte deux étapes importantes, correspondant à deux effets
différents d’un désinfectant donné.

Effet bactéricide : capacité de détruire les germes en une étape donnée du traitement.

Effet rémanent : c’est un effet du désinfectant qui maintient dans le réseau de distribution et
qui permet de garantir la qualité bactériologique de l’eau. C’est à la fois un effet
bactériostatique contre les reviviscences bactériennes et un effet bactéricide contre des
pollutions faibles et ponctuelles survenant dans le réseau.

Conditions générales pour une bonne désinfection :

Pour être efficace, la désinfection doit être sur une eau de bonne qualité :

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 La teneur en matières en suspension doit être aussi réduite que possible et au maximum
= 1 mg/l. en effet, les bactéries et micro-organismes peuvent s’agglomérer sur les MES,
qui les protègent de l’effet des désinfectants.
 La teneur en MO, en COT, et surtout en carbone organique assimilable doit être la plus
faible possible. S’il subsiste une teneur trop importante de ces paramètres, l’eau va
consommer le résiduel du désinfectant, ce qui permet la reviviscence éventuelle de
bactéries.

Condition de l’application de la désinfection :

Critère CT : une désinfection est considérée efficace lorsqu'un résiduel d'oxydant (C) est
maintenu pendant une durée (T) sur l'eau à traiter.
Cette notion est traduite par l'utilisation du critère CT (mg/l min).

Loi de Chick et Watson : La vitesse d'inactivation des germes par les oxydants est donnée
par la loi de Chick-Watson :

(dN / dt) = - kCn

 N : Nombre de germes,
 C : Concentration du désinfectant, qui varie en général au cours du temps,
 k : Coefficient de létalité de l'espèce (suit la loi d'Arrhenius)
o k = A exp (-E/R x Température) où E/R est le facteur d'activation et A la
constante Arrhenius à 20°C (la température doit être exprimé en °K)
 n : Ordre de la réaction

Par commodité on a introduit le concept CT, dérivé de l'équation établie par Chick et
Watson, en considérant que n = l.
La loi cinétique d'inactivation des germes s'écrit alors :

Log (N/N0) = kCT

N0 : Nombre de germes à l'instant t = 0


T : Temps de contact
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Dans ce cas, cela signifie que l'inactivation des germes est directement proportionnelle au
CT, produit de la concentration en désinfectant, en mg/1, par le temps de contact exprimé en
min.

Rappel chimique sur le chlore


Le chlore est l’un des éléments chimiques les plus abondants dans la nature. Il est pour ainsi
dire inépuisable. Sous forme de sel, il constitue 3 à 4% des mers et des océans de notre
planète,

Il fut découvert en 1744 par le scientifique Carl Wilhelm Scheele.

Avec le fluor, le brome, l’iode et l’astate, le chlore est un membre de la série des halogènes,
le groupe d’éléments le plus réactif.

Le chlore n’existe pas à l’état libre; ses composés les plus importants sont des chlorures
métalliques; en particulier, le chlorure de sodium NaCl (sel marin et sel gemme) qui est à la
base de toute l’industrie du chlore et de ses composés, le chlorure de potassium, la carnallite
MgCl2KCl6H2O (mines de Stassfurt, en Prusse).

Il peut être disponible sous forme gazeuse (Cl2) ou sous forme de composés solides solubles
dans l'eau, comme par exemple l'hypochlorite de sodium (NaOCl).

Caractéristiques physico-chimiques :
Symbole : Cl

Numéro atomique : 17

Masse atomique : 35,453 (souvent arrondie à 35,5)

A l’état élémentaire, le chlore est un gaz diatomique Cl20

Sa masse volumique diminue avec l’augmentation de température:

Assez peu soluble dans l’eau: sa solubilité dans l’eau diminue avec l’augmentation de
température:

À température ambiante il se présente sous forme d’un gaz de couleur jaune-vert

Au point d'ébullition (- 34o C), liquide de couleur ambrée,

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Agressif et irritant pour toutes les muqueuses, la peau et les yeux.

Forte réactivité en présence de composés organiques et inorganiques, peut causer des


explosions et provoquer ou aggraver des incendies.

Le chlore possède sept électrons périphériques, il a tendance à en capter un huitième pour


former l'anion chlorure Cl-, en passant au degré d'oxydation − 1.

Mais, avec ses trois doublets libres, il peut également former diverses liaisons atomiques
dans lesquelles ce degré est compris entre + 1 et + 7.

État d’oxydation Formule chimique Nom du sel Nom

+I HClO Acide hypochloreux Hypochlorite

+III HClO2 Acide chloreux Chlorite

+IV ClO2 / Dioxyde de chlore

+V HClO3- Acide chlorique Chlorate

+VII HClO4- Acide perchlorique Perchlorate

Toutes ces formes de chlore à l’exclusion des chlorures ont tendance à capter des électrons et
sont donc des formes oxydantes.

Ces formes oxydantes du chlore ont généralement un pouvoir bactéricide, même présent à
des faibles concentrations.

Dérivés du chlore :
Le chlore est l'un des produits utilisés pour la désinfection de l'eau potable où il est employé
essentiellement sous forme de chlore gazeux ou d'hypochlorite de sodium (eau de Javel).
Doté d'un pouvoir oxydant très important, il est de plus rémanent.

Chlore gazeux Cl2 :

Moins coûteux que ses dérivés, il est commercialisé sous forme liquide dans des cylindres
sous pression

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Hypochlorite de sodium

Il est formé par dissolution du Cl2 dans une solution de soude en excès,

La solution aqueuse commerciale « eau de Javel » est un liquide jaune verdâtre relativement
instable. Sa concentration peut diminuer au cours du stockage selon l’exposition à la lumière,
la température et les impuretés présentes.

Hypochlorite de calcium

Il se compose de sel de calcium et d’acide hypochloreux. Il est produit en dissolvant une


solution de Cl2 dans une solution de CaO et de soude;

L’hypochlorite de calcium Ca(ClO)2 est utilisé sous forme solide surtout pour la désinfection
des piscines.

Mécanisme d'action chimique du chlore


1. Réaction du chlore avec l’eau :
Dans l'eau, le chlore libre se trouve sous trois formes d'états en équilibre : l'acide
hypochloreux (HOCl), l'ion hypochlorite (ClO-) et l'ion chlorure (Cl-).

Les concentrations respectives de ces trois formes dépendent du pH et de la température.

Le chlore gazeux est rapidement hydrolysé dans l’eau pour donner de l’acide hypochloreux
(HClO) selon la réaction suivante : L’addition du chlore
gazeux dans l’eau
diminue le pH
Cl2 + H2O → HClO + H+ + Cl- (1)
K = 4,0.10-4 mol2.L-2 à 25 °C

L’acide hypochloreux est un acide faible (un pKa environ de 7.50) ⇒ dans l’eau il se dissocie
légèrement en ion hydrogène et hypochlorite : Cette réaction est
fonction du pH
HClO → H+ + ClO- (2)
Ka = 3,2 10-8 mol/L à 25 °C

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Celui-ci ce dissocie en chlore et en atome d'oxygène:

ClO- → Cl- + O (3)

C'est essentiellement l'acide hypochloreux qui est le composé le plus actif dans les
mécanismes de la désinfection (l’ion hypochlorite est peu oxydant et peu bactéricide),
c'est pourquoi il est aussi appelé "chlore actif".

La quantité de HClO est donc relative du pH et de la T° ⇒ paramètres de première


importance car ils vont conditionner l’efficacité de la désinfection

Influence du pH :

L'efficacité de la désinfection est déterminée par le


pH de l'eau. À pH inférieur à 4, la forme gazeuse
est la seule présente, alors qu’à pH compris entre 4
et 6, le chlore est presque entièrement sous forme
d’acide hypochloreux. Pour des pH compris entre
6 et 9, le pourcentage d’acide hypochloreux
diminue rapidement au profit de l’ion
hypochlorite, qui demeure la seule entité présente
au-delà de pH 10.

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Lorsque le pH est supérieur à 3, l’eau ne peut pas contenir le chlore sous forme Cl2. Le chlore
se trouve sous forme d’acide hypochloreux. A pH compris entre 5 et 10 l’acide hypochloreux
et l’ion hypochlorite OCl- coexistent telle que la concentration en OCl- augmente avec le pH.

Sachant que l’oxydation chimique des eaux d’alimentation est effectuée généralement à un
pH compris entre 5 et 7.5, on se trouve donc dans une gamme de pH favorisant la
prédominance de HOCl qui est le véritable agent désinfectant.

Son efficacité bactéricide est 40 à 80 fois supérieur à celle de l’ion ClO-. Lorsque le pH de
l’eau traitée est largement supérieur à 8, il est préférable d’utiliser du bioxyde de chlore
(ClO2) et non du chlore en désinfection

A cette température (25°C), une quantité égale de ClO- et HClO avec un pH de 7.58 est
obtenue.

Quand la valeur du pH est 7.5, les concentrations en acide hypochlorique et en ions


hypochlorite sont à peu près égales.

La désinfection au chlore a lieu de façon optimale quand le pH est entre 5.5 et 7.5.
Le pouvoir désinfectant du chlore baisse lorsque le pH augmente
En clair :
– Le niveau d'acide hypochlorique diminuera quand la valeur du pH sera plus élevée.
– Plus on ajoute du chlore gazeux, plus le pH diminue.
– Mais plus on ajoute l’hypochlorite de sodium, le pH augmente, et moins l’acide
hypochloreux est actif contre les micro-organismes.

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Action du chlore sur les bactéries


L'acide hypochloreux HClO est un produit biocide puissant, il ne porte pas de charge
électrique et sa forme ressemble à celle de l'eau.

La membrane cytoplasmique des micro-organismes pathogènes est négativement chargée par


nature, elle va donc repousser le ClO- (du fait de sa charge négative) et ne laisse donc passer
que HClO en même temps que l'eau,

A l'intérieur de la cellule, HCIO bloque toute activité enzymatique, et entraîne ainsi la mort
de la cellule.

REMARQUE !
L’efficacité du chlore en tant que bactéricide est reconnue de même que son action virulicide
notable pour l’inactivation des entérovirus pathogènes. En revanche, son effet sur les
organismes parasitaires notamment enkystés est négligeable.

Réaction du chlore avec les amines


L’urée subit une hydrolyse avec formation d’ammoniaque pour donner des composés
appelés « chloramines » elles-mêmes détruites par un excès de chlore.

Le chlore permet d'éliminer l’azote ammoniacal dans l'eau destinée à la production d'eau
potable.

Au cours de cette réaction, on a formation de chlore combiné « chloramines » : composés


organiques azotés possédant un groupe -NCl, qui peuvent être détruits par un excès de chlore
avec libération d’acide hypochloreux.

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Elle procède suivant un mécanisme complexe qui conduit en premier lieu à la formation de
monochloramine (NH2Cl), puis de la di-et tri-chloramine (NHCl2 et NCl3) :

NH3 + HClO → NH2Cl + H2O

NH2Cl + HClO → NHCl2 + H2O

NHCl2 + HClO → NCl3 + H2O

Ces dérivés peuvent naître de l’interaction entre :


– chlore libre et particules introduites dans l’eau par les baigneurs (sueur, crèmes solaires,
résidus textiles) et l’environnement (feuilles, insectes, déchets divers)
– chlore libre et micro-organismes en cours de prolifération dans l’eau (bactéries, virus,
algues, parasites…).

La présence et la concentration de ces différentes formes de chloramines dépend du pH, de la


température, du rapport chlore/ammoniac.

Influence du pH:

La valeur du pH détermine quel type de chloramine sera formée:

• Les trichloramines sont principalement formées lorsque la valeur du pH est inférieure à 3

• 4,5 ≤ pH≤ 7 : formation de mono- et dichloramine ;

• Lorsque la valeur du pH est supérieure à 7, la concentration en monochloramine sera la


plus importante. La valeur idéale pour leur formation est de 8,5.

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Influence du rapport massique Cl2/NH 3:

Les quantités de chlore et d'ammoniac dans l'eau influencent aussi la formation des
chloramines. Les chloramines, peu stables, sont susceptibles de se décomposer et d’être
oxydés sous l’action d’un excès de chlore.

Pour des taux de chloration plus élevés, on peut aboutir à la destruction des chloramines, la
réaction globale étant la suivante :

2 NH3 + 3HClO → N2 + 3HCl + 3H2O

Cette réaction implique la consommation de 3 moles de chlore pour 2 moles d’azote


ammoniacal, soit un rapport molaire de Cl2/NH3 égal à 1,5 et un rapport massique de 7,6 mg
de chlore par mg d’azote.
En final on obtient : du NO3¯ (nitrate qui reste dans l’eau), du N2 (azote) et du NCl3
(trichlorure d'azote), ces deux derniers éléments sont volatiles et se concentrent dans l’air
ambiant.

Cl2/NH3 = 3-5 : formation favorisée des monochloramines

Cl2/NH3 = 5-7 : formation favorisée des dichloramines

Cl2/NH3 ≥ 7 : formation favorisée des trichloramines

Ainsi la présence de chloramines dans l'eau potable est liée à une insuffisance de la
chloration lors de la production d'eau potable.

Action biocide des chloramines :


Les chloramines présentent un effet bactériostatique du fait de leur forte rémanence. Leur
pouvoir biocide est modéré contre les bactéries et faible contre les virus et les spores de
protozoaires.

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Elles peuvent être un sous-produit de la chloration de l'eau potable ou ajoutées afin de


maintenir une activité de désinfection résiduelle dans un système de distribution d'eau
potable.

Les chloramines ne sont pas appliquées en désinfection primaire, elles sont moins efficaces
que le chlore et le mécanisme de réaction (pénétration de la cellule et blocage du
métabolisme) est plus lent, donc des concentrations plus élevées et des temps de contact
beaucoup plus longs sont nécessaires.

En revanche, elles sont employées en désinfection secondaire pour leur rémanence longue
dans les cas de :

 Concentrations élevées de précurseurs de THM dans l’eau traitée qui


interdisent l’emploi du chlore ;
 Longs réseaux avec temps de séjour et températures élevés ;
 Canalisations avec revêtements donnant des mauvais goûts en cas d’utilisation
du chlore.
 Leur utilisation est répandue aux États-Unis (public habitué au goût de chlore).

Réaction du chlore avec les réducteurs minéraux


De l’eau non traitée peut avoir de différentes quantités d’impuretés qui réagissent avec le
chlore.

En présence du chlore, les ions bromures sont oxydés en réagissant avec l’acide
hypochloreux et former l’acide hypobromeux qui a des propriétés plus réactives que l’acide
hypochloreux qui conduitt à la formation de sous-produits halogénés (THM).

Br- + HOCl -> HOBr + Cl-

L’acide hypochloreux peut également réagir avec du sulfure d’hydrogène (H2S), s’il est
présent dans l’eau traitée. Il donne une odeur de moisi à l’eau.

H2S + HOCl -> H+ + Cl- + S + H2O

Le fer donnera à l’eau un goût métallique indésirable. En réagissant avec l’acide


hypochloreux, il y a formation d’un précipité de fer.

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2 Fe2+ + HOCl + 5H2O → 2Fe(OH)3 (solide) + 5H+ + Cl-

Réaction du chlore avec les contaminants organiques :


La chloration des eaux en vue de la production d’eau de consommation peut produire des
composés gênants du point de vue goût et odeur (aldéhydes, chlorophénols), toxiques
(trihalométhanes) et/ou potentiellement cancérigènes (organohalogénés).

Le chlore réagit avec la matière organique présente dans les eaux naturelles (comme les
acides humiques ou fulviques) conduisant à la formation de composés organohalogénés dont
les principaux sont les trihalométhanes (THM) :

 le chloroforme (CHCl3)
 le dichlorobromométhane (CHCl2Br)
 le chlorodibromométhane (CHClBr2)
 le bromoforme (CHBr3).

Ces produits sont les plus couramment recherchés car ils sont les plus faciles à identifier par
les moyens analytiques disponibles.

La présence dans les eaux chlorées de ces produits secondaires dépend du pH du milieu, de
la dose de chlore appliquée et du temps de réaction. Ces sous-produits indésirables se
forment surtout en présence de chlore libre, donc pour un taux de traitement supérieur au
point critique.

Différentes formes du chlore :


Quelle que soit la source de chlore utilisée, la réaction génère de l’acide hypochloreux,
également appelé chlore libre, dont une partie seulement (le chlore actif) est active pour la
désinfection.

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Chlore Total

Chlore Libre Chlore Combiné

Chloramines
Chlore actif Chlore potentiel Monochlorami
Dichloramines Trichloramines organiques
nes
(disponible) HClO- ClO- NRnCl3-n

Le chlore actif : représente la forme active, efficace vis à vis des bactéries, virus et algues.
On distingue :

Chlore actif libre :

Désigne le chlore lui-même (Cl2) ou existant dans l’eau sous forme d’acide hypochloreux
(HClO), ils réagissent très rapidement avec les réducteurs comme le fer et manganèse.

Chlore actif combiné :

Désigne les dérivés du chlore qui par hydrolyse libèrent de l’acide hypochloreux ou des ions
hypochlorite. Les plus courants sont les chloramines.

Le chlore potentiel est la forme ClO- ou ion hypochlorite susceptible de redevenir actif en
libérant du chlore actif (acide hypochloreux) en fonction du pH.

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Tableau : Différentes formes de chlore

Appellation Synonymes Composition Formules

Acide
hypochloreux HOCl
Ion hypochlorite ClO¯
Chlore libre Chlore libre total Chlorocyanuriques CLCy
Chlore (1) Cl2

Chlore libre actif Acide


hypochloreux HOCl
Chlore réellement
Chlore actif (2) libre Chlore (1) Cl2

Acide hypochloreux HOCl


Ion hypochlorite ClO¯
Chlorocyanuriques CLCy
Chlore résiduel
Chlore total
total Chlore (1) Cl2
Chloramines NH2Cl
NHCl2
NCl3

Chloramines NH2Cl
Chlore combiné Chloramines minérales et NHCl2
organiques NCl3
NRnCl3-n

(1) au pH de fonctionnement le Cl2 est négligeable

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Facteurs influençant la chloration


Plusieurs facteurs environnementaux influencent l’efficacité avec laquelle le chlore
désinfecte l’eau, y compris la température de l’eau, le pH, le temps de contact et la
concentration de chlore disponible, la turbidité et les substances indésirables.

On obtient normalement les meilleurs résultats avec des concentrations élevées de


chlore résiduel, de longs temps de contact, une température élevée de l’eau et un bon
mélange, combinés avec un faible pH, peu de turbidité et l’absence de substances
nuisibles.

De tous ces facteurs, ce sont le pH et la température qui produisent le plus d’effet sur
l’inactivation des agents pathogènes par le chlore.

pH :

Le pH est un paramètre clé dans la désinfection. Dans l'eau, il existe un équilibre entre HOCl,
H+ et ClO-. La dissociation de HOCl en ions H+ et ClO- est conditionnée par le pH de l'eau.

Si le pH est acide : la dissociation de HOCI sera donc négligeable. Ainsi nous pouvons avoir
100 % de chlore actif (HOCl).

Si le pH est basique : la réaction de dissociation de HOCI sera accrue. Ainsi on aura un milieu
pauvre en HOCl par exemple avec un pH = 9 ; on a 10% de HOCl, 90 % de ClO.

Ceci influence négativement sur la désinfection de l'eau car HOCl qui est l'élément le plus actif
au cours de la désinfection est en faible quantité.

Les propriétés germicides de l’acide hypochloreux (HOCl) sont de beaucoup supérieures à


celles de l’ion hypochlorite (OCl-). Comme le HOCl domine à un pH faible, la chloration s’y
avère donc plus efficace.

Au contraire, à des pH élevés, c’est le OCl- qui domine, ce qui nuit à l’efficacité de la
désinfection.

Il faut cependant remarquer que l’addition de chlore gazeux cause une diminution du pH
alors que l’hypochlorite le fait augmenter. En conséquence, si on n’ajuste pas le pH de l’eau
traitée, le chlore gazeux exhibe une plus grande efficacité que l’hypochlorite.

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Dose de chlore et le temps de contact

La variation du temps de contact, permet de jouer sur la dose requise de chlore pour une
désinfection efficace.

Pour un pH donné, si on augmente la dose de chlore, ainsi on pourra diminuer le temps de


contact. Par contre si on diminue la dose, il faudra augmenter le temps de contact. De même le
temps de contact varie en fonction du pH.

Temps de désinfection des polluants fécaux avec de l'eau chlorée

E. coli 0157 H7 bacterium < 1 minute

Hepatitis A virus environ 16 minutes

Giardia parasite environ 45 minutes

Cryptosporidium environ 9600 minutes (6-7 jours)


Tableau 1: temps de désinfection pour différents types de micro-organismes pathogènes avec de l'eau chloré, celle-ci contenant une
concentration en chlore de 1 mg/l (1 ppm) alors que pH = 7.5 et T=25°C

Température :

L’inactivation des agents pathogènes augmente avec la température, du moins en ce qui


concerne les températures caractéristiques de la production d’eau potable. Par contre, le
chlore est plus stable en eau froide et le résiduel persiste plus longtemps. Ces effets peuvent
partiellement compenser la baisse de température de l’eau pour assurer une désinfection
adéquate.

Matières en suspension et solides dissous :

Parmi les substances présentes dans l’eau, les solides en suspension interviennent
grandement dans le processus de désinfection. Les microbes et les micro-organismes peuvent
se loger à l’intérieur de ces particules, restant ainsi insensibles au chlore. Les solides dissous
comme le fer et les matières organiques peuvent aussi affecter l’efficacité de la désinfection.
Dans le processus de chloration, le chlore libre (HOCl et OCl- ) réagit en premier lieu avec
les composés inorganiques comme le fer et le soufre pour ensuite oxyder l’ammoniaque et
les matières organiques. Une fois que toutes ces demandes sont satisfaites, le chlore libre
restant réagit alors sur les microbes et les micro-organismes.

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Turbidité
La présence de matières en suspensions (MES) favorise la protection des microorganismes
contre l'action biocide du chlore. La mesure de la turbidité exprimée en NTU, donne une idée
sur la teneur des matières en suspensions. Le pouvoir germicide du chlore diminue fortement
quand la turbidité de l'eau est supérieure à 5 NTU. Dans ces conditions, les bactéries
pathogènes et celles d'origine fécale s'introduisent dans ces particules en suspension et ainsi,
elles se protègent contre l'action désinfectante du chlore. L'OMS recommande qu'avant tout
traitement, la turbidité moyenne de l'eau soit de 1 NTU mais qui peut occasionnellement
dépasser cette valeur sans jamais atteindre 5 NTU.

Etude de la demande en chlore d'une eau "Chloration au point critique"


Dans l’eau, le chlore agit à la fois comme oxydant et comme agent désinfectant. Un milieu,
selon sa nature, exerce une demande de chlore plus ou moins grande. Or, la quantité de chlore
qu’il faut appliquer à une eau doit assurer à la fois l’oxydation des matières réductrices, la
désinfection au moment même de l’application et un surplus (ou un résidu) de chlore actif pour
la protection du réseau de distribution.

Cette quantité de chlore nécessaire pour oxyder ces matières est appelé la demande en chlore.

Pour une eau donnée, elle varie avec la quantité de chlore ajoutée, le temps de contact et la
température. Elle doit être déterminée soigneusement pour éviter, soit un manque de chlore
résiduel, soit un trop large excès qui communiquerait à l’eau un goût et une odeur
désagréables.

La dose de chlore à appliquer doit être légèrement supérieure à la demande pour assurer une
teneur en chlore résiduel.

On distingue :

 Chlore résiduel libre : chlore demeurant dans l’eau à la fin d’une période de contact
déterminée, et qui peut réagir chimiquement et biologiquement comme acide
hypochloreux ou ion hypochlorite.

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 Chlore résiduel combiné : partie du chlore résiduel total dans l’eau à la fin d’une
période de contact donnée, qui réagit chimiquement et biologiquement en tant que
chloramines.
 Chlore résiduel total : quantité totale de chlore, libre ou combiné, subsistant après le
temps de réaction normale de l’eau à la chloration.

Détermination de la demande en chlore

Méthode au test chlore :

La dose de chlore nécessaire est déterminée dans la pratique par la méthode dite du « test
chlore ».

Principe :

Ajouter à un même volume d’eau des doses croissantes de chlore.

La demande en chlore de l’eau est donnée par le premier flacon dans lequel on décèle la
présence de chlore libre après un temps de contact déterminé (généralement 1 à 2 heures).

Réactifs:

Solution javellisante A : Eau de javel du commerce …………….. 40 ml

Eau permutée q.s.p 1000 ml

Solution javellisante B : solution A……………………….. 5ml

Eau permutée q.s.p 50 ml

Réactif iodoro-amidonné

Mode Opératoire :

Dans une série de 5 flacons bouchés émeri et numérotés, introduire 50 ml d’eau à épurer. Puis,
dans chacun d’eux, ajouter à l’aide d’un compte gouttes normal tenu verticalement, un nombre
de gouttes correspondant au numéro de flacon. Soit 1 goutte dans le flacon I, 2 gouttes dans le
flacon II etc.

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Boucher les flacons. Laisser en contact 30 min en agitant au début, au milieu et à la fin de
l’expérience. Ajouter ensuite dans chacun des flacons 20 gouttes de réactifs ioduro-amidonné.
Agiter et noter agiter et noter le premier flacon de la série où apparaît une coloration bleue.

Expression des résultats

Soit n numéro du premier flacon dans lequel apparaît la coloration. La dose d’eau de javel du
commerce pour désinfecter 1 m3 d’eau sera : X = 4 n ml

Chloration au point critique


Définition:

Une fois la demande en chlore est satisfaite, la chloration atteint son point critique ou Break
point. Ce point de rupture correspond à l’oxydation complète de l’azote ammoniacal et
l’apparition du chlore libre dans le milieu, et c’est au-delà de ce point que le chlore
résiduel libre commencera à se former. Il est donc nécessaire de maîtriser le maintien d’un
résidu libre de chlore du point d’entrée du réseau au dernier point de consommation.

Demande en chlore : quantité de chlore pouvant être consommée par l’eau pour sa
désinfection et pour la destruction des matières organiques.

 Eau sans ammoniaque

Lorsque l'on ajoute du chlore en quantités croissantes à l'eau et que l'on mesure après un
temps de contact donné (en général 30 min) le chlore résiduel total et le chlore libre, on
constate que la teneur en chlore est nulle jusqu’à un certain taux de chlore injecté, à partir
duquel on décèle du chlore résiduel total. Cette consommation de chlore représente la
demande en chlore de l'eau.

Ensuite, la teneur en chlore résiduel total augmente proportionnellement avec le taux de


chloration.

 Eau contenant de l'ammoniaque

On retrouve le phénomène de la demande en chlore, puis en augmentant le taux de


chloration, la teneur en chlore résiduel total commence par croître, puis décroît jusqu'à un
minimum, c'est le Break Point (BP), et de nouveau, se remet à croître.

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

Le chlore libre est nul tant que le chlore résiduel total n'a pas atteint ce minimum, et ce n'est
qu'au delà qu'il commence à croître.
Le chlore combiné commence par croître puis décroît ensuite constamment.

En effet :
- Le chlore introduit est consommé prioritairement par les matières organiques
(azotées, phénoliques) pour donner du chlore combiné (chloramines, les
chlorophénols et trihalométhanes) à faible pouvoir germicide ;
- Dans un deuxième temps le chlore ajouté sert à détruire le chlore combiné (point
critique);
- Dans une troisième phase, le chlore ajouté possède les propriétés désinfectantes
recherchées et constitue le chlore libre résiduel (acide hypochloreux, hypochlorite).

Le tracé de la courbe du break point s’obtient en ajoutant des doses croissantes de chlore
dans une série de flacons contenant un même volume d’eau.

Après un temps de contact donné (1 ou 2 heures) on procède au dosage du chlore total


(chlore libre + chlore combiné).

La courbe représentative de la teneur en chlore résiduel en fonction de la dose de chlore


appliquée est la suivante :

A : destruction du chlore par les composés minéraux,


B : formation de composés chlorés organiques et de chloramines, Réduction des monochloramines et des
dichloramines (d), formation puis réduction des trichloramines; Break Point, les monochloramines,
dichloramines et trichloramines ont quasi disparues

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

C : destruction des chloramines par ajout de chlore supplémentaire,


D : production de chlore actif. Tout le chlore ajouté sera sous forme d’acide hypochloreux mais il reste un
résiduel de trichloramines.

La courbe représente la variation de la teneur en chlore résiduel en fonction de la dose de


chlore appliquée

La droite correspond à la concentration en chlore résiduel dans le cas où la demande en


chlore est nulle. Une eau stérile ultra-pure.

zone A : consommation instantanée du chlore ajouté par des composés très réactifs
(composés minéraux réducteurs et de matières organiques )

zone B : Représente une teneur en chlore résiduel constitué de chlore actif combiné.

La branche ascendante : Elle correspond à la formation des chloramines

La branche descendante : correspond a la décomposition des chloramine.

zone C : Break-point Correspond au point pour lequel la teneur en chlore résiduel est
minimale; à partir duquel tout chlore ajouté se transforme en chlore libre (HClO)

La teneur en chlore résiduel au break pont n’est pas nulle, car les chloramines ne sont pas
totalement détruites , les trichloramines sont encore présente

zone D : Chlore libre + traces de chlore combiné (trichloramine)

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

La dose de chlore nécessaire pour atteindre le break point, en présence d'ammoniaque est,
selon les auteurs, de 8 à 10 fois la dose d'azote présente dans l'eau à traiter.
Pratiquement, pour être sûr de chlorer au delà du BP, il faudra avoir dans l'eau un chlore
résiduel libre d'au moins 0,4 mg/l, et une différence entre chlore résiduel total et chlore libre
aussi faible que possible.

Dose d'eau de javel a ajouter = BP + 0,1 mg/l

Décret exécutif du 4 mars 2014 modifiant et complétant le décret exécutif n° 11-125 du 17 Rabie Ethani
1432 correspondant au 22 mars 2011 relatif à la qualité de l.eau de consommation humaine.

La concentration minimale du chlore résiduel libre de l’eau fournie aux usagers par le réseau
de distribution est fixée à 0,1 mg/l.

Une fois cette demande est satisfaite le point critique ou Break point est atteint. C’est au-delà
de ce point que le chlore résiduel libre commencera à se former. Il est donc nécessaire de
maîtriser le maintien d’un résidu libre de chlore du point d’entrée du réseau au dernier point
de consommation.

Contrôle analytique de la chloration

1. Détermination de la teneur en chlore actif libre


Principe :

L’iodure de potassium est oxydé en milieu acétique et l’iode libéré est titré par une solution
de thiosulfate de sodium N/100 en présence d’un indicateur coloré: empois d’amidon

Le dosage a lieu en 2 étapes:

* addition d’un excès d’une solution de KI à l’échantillon d’eau en milieu acide:


le chlore total (libre + combiné) oxyde les iodures en iode:

Cl2 + 2e- 2 Cl-

2 I- I2 + 2e-

Cl2 + 2I- I2 + 2Cl-

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

* l’iode libéré est dosé à l’aide d’une solution normalisée de thiosulfate de sodium
0,01N

I2 + 2e- 2 I-

2S2O32- S4O62- + 2e-

I2 + 2S2O32- 2I- + S4O62-

Cl2

KI

I2: coloration brune → +empois d’amidon → coloration bleue

S2O3 2-→ décoloration → n ml

Expression des résultats :

Soit n le nombre de ml de la solution de thiosulfate de sodium NaS2O3 N/100 utilisée pour le


dosage du chlore contenu dans une prise d’essai de 100 ml d’échantillon

1l Na2S2O3 → 1N → 1éq → 35,5g Cl2

1ml Na2S2O3 → 1N → 1 méq → 35.5 mg Cl2

1ml Na2S2O3 → N/100 → 1/100méq → 35.5/100 mg Cl2

n ml Na2S2O3 → N/100 → n0.01méq → n.35.5/100 mg Cl2

N x 0.355X10-3 g Cl2 → PE

[Cl2] → 1000 ml

[Cl2] g/l = n × 0.355 /PE

Application:

• Doser le chlore total dans les solutions concentrées de chlore(eau de javel).

• Contrôler la désinfection des puits et des réseaux, lors de la mise en service ou après
des réparations.

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

• Déterminer le titre exact des solutions mères de chlore utilisées pour la préparation
des solutions témoins (étalonner les méthodes d’analyse).

Inconvénients de la méthode :

• Peu précise pour des teneurs < 1 mg/l .

• C’est une réaction d’oxydo-réduction qui n’est pas spécifique au chlore car
l’oxydation des ions iodure n’est pas due spécifiquement au chlore

Méthode au Violet leuco Crystal (VLC)

Principe :

Elle permet de doser le chlore actif libre, le chlore actif total et par différence le chlore actif
combiné.

Le VLC à pH 4 donne instantanément avec le chlore actif libre une coloration bleue dont
l’intensité est proportionnelle à la teneur initiale en chlore libre

A un autre échantillon de la même eau, on ajoute de l’iodure de potassium KI à pH 4, le KI


libère le chlore actif combiné en le transformant en acide hypochloreux à ce moment, on
ajoute le VLC

L’HClO se combine avec le chlore total en donnant une coloration bleue.

Par différence on obtient la teneur en chlore actif combiné:

Chlore actif combiné = chlore actif total – chlore actif libre

2. Détermination de la teneur en chlore total


Principe :

Minéralisation à chaud en milieu ammoniacal par l’eau oxygénée concentrée et dosage du


chlore minéralisé par la méthode de Charpentier-Volhard.

3. Détermination de la teneur en chlore résiduel


Il existe de nombreuses méthodes de dosage du chlore résiduel avec des différences dans la
spécificité, la sensibilité et la productivité;

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

 Méthodes de determination du chlore résiduel total


 Méthodes qui permettent de différencier le chlore résiduel libre et le chlore résiduel
combiné

3.1. Dosage du chlore résiduel total


1. Méthode iodométrique : méthode de la détermination de la teneur en chlore actif.

2. Méthode à l’orthotolidine :

Principe:

L’addition d’orthotolidine à de l’eau contenant du chlore résiduel provoque


l’apparition d’une coloration jaune susceptible d’un dosage spectrophotométrique à
440 nm.

La courbe d’étalonnage donne directement la teneur de l’eau en chlore résiduel total


exprimée en mg/l.

3.2. Dosage du chlore résiduel, libre ou combiné


1. Méthode à l’orthotolidine/arsénite : Méthode de référence:

Cette méthode permet de différencier le chlore résiduel libre, le chlore combiné et, de plus,
d’effectuer les dosages en présence de substances interférentes comme les nitrites, les
composés ferrique ou manganiques.

Principe :

Dans des conditions de temps bien déterminées et suivant un ordre établi, l’addition
d’orthotolidine et de réducteurs (arsénite de sodium) à des eaux contenant du chlore et des
dérivés chlorés donne une coloration jaune qui permet de déterminer, à coté du chlore
résiduel total, le chlore résiduel libre et combiné.

Le chlore libre réagit immédiatement sur l’orthotolidine alors que combiné il réagit
lentement.

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

Expression des résultats :

Se reporter à la courbe d’étalonnage pour déterminer les concentrations dans les différents
tubes (en mg /l de chlore).

o Chlore résiduel total = (III) – (II2)

o Chlore résiduel libre = (I) – (II1)

o Chlore combiné = chlore résiduel total – chlore résiduel libre

Avantages:

- Méthode rapide, sensible et reproductible et permet des dosages en présence de substances


interférentes comme les nitrites

- Permet de différencier le chlore résiduel libre et le chlore combiné.

Inconvénients :

- Ne permet pas de différencier les monochloramines, les dichloramines et les


trichloramines.

2. Méthode à la N, N-diéthylphénylène-1,4 diamine (DPD) (dosage du chlore libre et des


chloramines):

Les méthodes à la DPD permettent d’accéder au chlore total et au chlore libre. La différence
entre ces 2 concentrations donne la teneur en chloramines (chlore combiné).
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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

L’oxydation de la DPD est rapide avec le chlore qui réagit instantanément. Le dosage des
chloramines nécessite quant à lui l’addition d’ions iodures. En présence de ces derniers, les
chloramines libèrent de l’iode qui oxydent la DPD, ce qui autorise leur dosage dans des
conditions bien définies.

L’ajout d’une petite quantité d’ions iodure permet de quantifier la monochloramine, alors que
les di- et tri-chloramines nécessitent l’ajout d’ions iodure en excès.

Principe général:

En présence de chlore, la diéthyl-p-phénylénediamine donne à pH 6.2- 6.5 une coloration rouge


susceptible d’un dosage titrimétrique. La méthode est adaptée au dosage du chlore libre, des
monochloramines et dichloramines, du trichlorure d’azote par addition convenable d’iodure de
potassium.

A. Méthode titrimétrique à la DPD

Principe :

Le radical semi-quinonique issu de l’oxydation de la DPD (en présence de chlore, et à pH 6,2


et 6,5) est dosé par volumétrie en utilisant un réducteur: le sulfate de fer et d’ammonium
(FAS).

Le chlore réagit instantanément avec la DPD or que le dosage des chloramines nécessite
l’addition d’ions iodure dans des conditions bien définies.

Remarque: Une vérification du titre de la solution de sulfate de fer et d’ammonium (2.8


mmol/l) par une solution de dichromate de potassium (K2Cr2O7) à 2,37 mmol/l est
nécessaire.

1) Dosage du chlore libre


Verser dans une fiole conique de 250 ml, 5 ml de solution tampon et 5 ml de solution de DPD.
Ajouter 100 ml d’eau à analyser. Titrer rapidement avec la solution de sulfate ferreux
ammoniacal, jusqu’à décoloration. Soit n1 le nombre des ml utilisés.

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

2) Dosage des monochloramines


Dans la même fiole, ajouter environ 0.5 mg d’iodure de potassium. Pour plus de précision,
l’iodure de potassium peut être ajouté sous forme d’une solution aqueuse à 0.5 % (0.1 ml).
Continuer le titrage avec la solution de sulfate ferreux ammoniacal jusqu’ à décoloration. Soit
n2 le nombre des ml utilisés.

3) Dosage du chlore total


Toujours dans la même fiole, ajouter environ 1 g d’iodure de potassium et agiter rapidement
pour dissoudre. Attendre 2 min et continuer le titrage par le sulfate ferreux ammoniacal jusqu’à
décoloration. Soit n3 le nombre de ml utilisés. En présence de quantités importantes de
dichloramines, il peut se produire à la fin du titrage un retour de coloration. Dans ce cas
attendre encore 2 min.

4) Dosage séparé des di et trichoramines


Introduire dans une fiole conique a environ 0.5 mg d’iodure de potassium. Ajouter 100 ml
d’eau à analyser, mélanger. Dans une deuxième fiole B, introduire 5 ml de solution tampon et
5 ml de solution DPD. Verser le contenu de la fiole A et B. Titrer rapidement avec la solution
de sulfate ferreux ammoniacal jusqu’à décoloration, soit n4 le nombre de ml utilisés.

Expression des résultats :

Pour une prise d’essai de 100 ml :

n1 = teneur en chlore libre (mg/l)

n3 = teneur en chlore total (mg/l)

n3 - n1 = teneur en chlore combiné (mg/l)

n2 - n1 = teneur en monochloramines (mg/l)

n3 - n2 = teneur en di et trichloramines (mg/l)

n3 – n4 = teneur en dichloramines et chloramines organiques (mg/l)

2 (n4 - n2) = teneur en trichloramines (mg/l)

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

B. Méthode spectrométrique à la DPD

Principe :

Se reporter à la méthode titrimétrique. La coloration rose obtenue est susceptible d’un dosage
spectrophotométrique à 510nm.

Mode opératoire

Utiliser le mode opératoire de la méthode titrimétrique. Effectuer les mesures au


spectrophotomètre. Se reporter à la courbe d’étalonnage.

Expression des résultats

Se reporter à la méthode titrimétrique.

3. Méthode ampérométrique

Principe

Dans cette méthode, le chlore est dosé par oxydoréduction grâce à une solution normalisée
d’un réducteur comme l’oxyde phényl-arsénieux :

HClO + C6H5AsO C6H5AsO(OH)2 + HCl

Cette réaction est suivie par ampérométrie (par polarographie à potentiel imposé). A ce
potentiel le chlore est réduit à l’électrode ce qui génère un courant proportionnel à la
concentration du chlore dans l’échantillon.

Les différentes formes du chlore sont dosées en ajustant le pH et en présence ou non d’iodure
de potassium :

 Le chlore libre à un pH compris entre 6,5 et 7,5 (le chlore combiné réagit
lentement).

 Le chlore combiné est dosé à un pH compris entre 3,5 et 4,5, en présence d’une
quantité convenable d’iodure de potassium.

La différenciation de la mono- et de la dichloramine repose sur le fait que la monochloramine


déplace l’iodure de potassium plus rapidement que la dichloramine.

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

3.3. Dosage du chlore libre en présence de chloramines


Méthode à la syringaldazine :

Principe :

L’oxydation de la syringaldazine par le chlore libre à pH 6,5- 6,8 donne une coloration
rouge violet susceptible d’un dosage spectrométrique à 530 nm.

La syringaldazine ne réagit pas sur la monochloramine et la dichloramine par contre la


trichloramine réagit en partie.

Établissement de la courbe d’étalonnage:

Une gamme d’étalonnage est préparée à partir d’une solution étalon de chlore à 1 mg/l.

Une série de fioles jaugées de 25 ml est préparée, introduire dans chaque fiole: 10ml d’une
des dilutions + 5ml de solution tampon+ 10ml de réactif à la syringaldazine.

Attendre 1 minute puis effectuer les lectures au spectromètre à la longueur d’onde de 530
nm.

Etablir la courbe d’étalonnage.

Mode opératoire:

L’échantillon est traité dans les mêmes conditions.

Se reporter a la courbe d’étalonnage

Sous-produits de chloration et santé


Cependant l'utilisation du chlore et de ses dérivés (à l’exception du bioxyde chlore) génère
non seulement en excès des goûts désagréables à l’eau mais engendrent aussi la formation de
sous-produits notamment les trihalométhanes, par réaction avec la matière organique contenu
dans l’eau ou avec les ions bromures. Les études toxicologiques effectuées chez l'animal
montrent que l'exposition à ces composés conduit à la survenance de tumeurs du foie, du
rein, du côlon et du rectum, et peut s'avérer toxique pour le fœtus. Les données
épidémiologiques disponibles chez l'homme montrent un risque de survenance de cancers de
la vessie ainsi que d'une diminution du poids fœtal chez les populations exposées (GRUAU,

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

2004). C’est la qualité de l’eau brute qui entraîne donc ces inconvénients. Le captage d’une
eau brute souterraine de bonne qualité permet de limiter ces inconvénients (MONTEIL et al.,
2003) comparativement à l’eau superficielle qui est plus influencée par la pollution.

Avantages et inconvénients du chlore :


Le chlore présente de nombreux avantages qui contribuent à répandre son usage dans
l’industrie de la production d’eau potable. Il possède notamment les avantages suivants :

• Il inactive de manière efficace une vaste gamme d’agents pathogènes courants.

• Il laisse dans l’eau un résidu facilement mesurable et dont le suivi est aisé.

• Il est économique.

• Il a plus d’une fois fait ses preuves et contribué au succès du traitement.

• Investissement plus faible que pour un système d’ozonisation

• Système très simple: il suffit d’utiliser une pompe à injection ou un injecteur venturi pour
mélanger du chlore avec l’eau.

Les inconvénients du chlore sont les suivants:

• Le chlore réagit avec de nombreux composés organiques et inorganiques naturellement


présents dans l’eau pour former des sous produits de désinfection (SPD) indésirables.

• Les risques associés à l’usage du chlore, surtout en ce qui concerne le chlore gazeux. Il
nécessite des précautions particulières et la planification de mesures d’urgence.

• L’efficacité du chlore dépend du pH de l’eau.

• Des doses élevées de chlore peuvent faire en sorte que l’eau ait un goût et une odeur
désagréable.

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Traitement des eaux de consommation 2017/2018 BOUSMAHA A.

Conclusion
La désinfection représente une phase primordiale dans la chaîne de traitement des eaux
destinées à la consommation. Elle vise à éliminer principalement les bactéries, les virus et les
parasites.

La désinfection par le chlore demeure le procédé le plus utilisé vu son pouvoir biocide, son
coût abordable ainsi que sa rémanence.

La chloration des eaux a permis de réduire sensiblement les risques des maladies à
transmission hydriques telles que la fièvre typhoïde et le choléra.

Cependant, l’inconvénient majeur du chlore réside dans sa forte réactivité vis-à-vis de


certains composés organiques qui induit d’une part la formation de composés organochlorés
suspectés d’être mutagènes et d’augmenter d’autre part les potentiels de consommation en
chlore.

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