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C`est le début de mon stage aux urgences de Guéret.

Le service n`est plus partage en deux parties, c`est


à dire cote propre et cote covid, et personne ne discute plus de cette histoire que j`espère être passée.

Je jette un œil sur le grand écran qui affiche les noms de patients dans leurs boxes et je me mets sur le
dossier qui n`est pas «  vu ».

Il s`agit d`une dame de 66 ans, et comme motif de l'admission je lis « douleur abdominale ». Je feuillete
dans les archives pour mieux comprendre le contexte et je trouve qui`il s`agit d`une patiente
épileptique, que sa dernière admission aux urgences date depuis un mois, qu`elle était venue pour une
crise épileptique et qu`elle est sortie contre avis médical. Elle souffre aussi de cystites récidivantes, sans
d’autres détails.

Je me rends vers son box, je me présents et elle me répond directement « faites quelque chose pour
cette douleur car je ne supporte plus ». C`est une dame coquette, avec les cheveux blonds et coiffés, le
regard suspicieux fixé sur moi, elle a l`aire de souffrir, les joues sont rouges et les yeux en larmes. Je lui
demande de raconter ce qui se passait et quelle était la raison pour laquelle et était venue. Elle me dit
avoir cette douleur depuis quelques jours, mais que ça fait déjà trois mois qu`elle a des brulures
mictionnelles qui ne passent pas malgré les antibiotiques donnés par son médecin traitant. Elle me
montre un petit dossier avec pleins d`examens d`urine, un ECBU datant du mois d`avril, qui révèle une
infection à Escherichia Coli, puis que de bandelettes urinaires positives, la dernière a été faite il y a 4
jours. Elle avait pris différents antibiotiques pour cette cystite, mais ils n`ont rien fait pour ses douleurs,
en plus elle me dit qu`elle avait supporté ces brulures sans vouloir s`adresser aux urgences. Je la
demande pourquoi elle a attendu si longtemps et elle me dit très convaincue qu`elle voulait
catégoriquement éviter l`hôpital, pour ne pas attraper le coronavirus, et que lors de son admission pour
la crise épileptique elle n`a rien dit pour ne pas risquer d`être hospitalisée. Elle dit avoir comme
antécédents une épilepsie depuis son enfance pour laquelle elle prend du Lamictal et d`Urabnyl et
qu’elle “n`a été jamais malade ».

Je me mets pour faire mon examen clinique et je commence par l`abdomen. Il est souple, dépressible et
très douloureux dans le flanc droit, douleur qui descend vers la fosse iliaque droite, sans défense sans
fièvre, et la douleur est aggravée par l`ébranlement lombaire du côté droit. Dans ma tête je me disais :
« c`est une colique nephretique, je sais bien quoi faire ensuite ». Contente de croire avoir le diagnostic,
je finis de faire le reste de mon examen clinique qui est normal et je lui dis que je vais lui prescrire des
médicaments pour la douleur. Elle me dit qu`elle répondait très mal aux antalgiques et que sa dernière
crise épileptique a été provoqué par l`Ixprim. Je décide donc de lui donner du Perfalgan et du Profenid
et je me rends vers ma place pour faire rapidement la demande pour le scanner. Je présente le cas à un
sénior, je lui dis assez convaincue qu`après moi il s `agissait d`une colique nephretique et que je voulais
demander un scanner abdomino-pelvien. Il me conseille de faire tous les examens dans une ordre
logique avant de passer au scanner, bien qu`elle ait un bandelette positive récente. Après avoir les
résultats, (le syndrome inflammatoire sur la prise de sang et la bandelette urinaire positive) qui
montraient ce que j`attendais, je fais la demande pour le scanner. J`informe la patiente concernant les
résultats de la prise de sang et de la bandelette urinaire et la nécessite de faire le scanner. Elle était
contente car la douleur avait baissé, mais elle avait peur du scanner car, après elle, ça pourrait lui
provoquer une crise épileptique. Je l`ai accompagné pour la rassurer et tout s`est bien passé. Nous
descendons dans le service, et avant de rentrer dans le box elle me demande s`il s`agit d`une maladie
grave. Je réponds que probablement il s`agissait d`une affection de reins, qu`il n`y avait pas de raison
d`inquiétude et que nous allions avoir le résultat du scanner bientôt. Elle dit ne pas vouloir être
hospitalisée,et elle voulait lui promettre qu`elle n`allait pas passe la nuit a l`hôpital. Je lui ai dit que je ne
pouvais pas faire une telle promission, mais que probablement il n`y avait pas besoin d`hospitalisation.

J`attends le résultat du scanner, j`imprime le contrendu, et je suis très surprise par la conclusion : ‘’pas
d`argument pour une colique nephretique ; syndrome de masse du dôme vésical, d`aspect suspect,
classe T3 ; internes d`un avis urologique ’’. Pourquoi este-ce que j’avais pas envisagé d'autres
diagnostiques dans ma tête ? Est-ce qu'il y avait de detalis que j'avais ratés ? Je reprends dans ma tête le
discours et j`essaie de trouver tout ce que j`avais omis. Je retourne dans le box de la patiente et je
demande si jamais elle a vu du sang dans les urines. Elle ne confirme pas. J`insiste après sur la question
de tabagisme. Elle me dit ne plus fumer depuis 30 ans, et qu`elle avait fume très peu de temps pendant
son adolescence. Je discute avec mon senior, il m`explique que je dois appeler l`urologue et que j’allais
réserver éventuellement une place dans un service de médecine pour elle. J`appelle l`urologue qui me
dit qu`il allait descendre pour voire la patiente.

Je me rends dans son box, assez triste, et je lui communique le résultat. Sa première question était :
« est-ce qu`il s`agit d`un cancer ? ». J`explique qu`un tel diagnostique n`est pas posé seulement sur un
résultat d`imagerie, qu'il faudrait faire d'autres exploration, ainsi q'une biopsie et qu`elle allait être vue
par un urologue bientôt. Après la visite d`urologue, j'apprends qu`il faut hospitaliser la patiente pour
faire une cystoscopie d`urgence le lendemain matin. Ma patiente est très déçue par cette information,
et elle me dit que j`avais promis qu`il n`y avait pas besoin d`hospitalisation.

J`essaie de lui expliquer que l`hospitalisation lui permettrait d`avoir une consultation urologique rapide,
d`indentifier la cause précise et de pouvoir commencer un traitement correct, mais ma patiente ne
m`écoutais plus.