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INSTITUT SUPERIEUR DE STATISTIQUE DE KINSHASA

FORMATION DES TECHNICIENS SUPERIEURS DE LA STATISTIQUE

(Projet PDS)

MACROECONOMIE

Prof. DR. EKEMBE PULUSI Serge & LOMEMBE KAMBA Jacques

AOUT 2020
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PROFESSEURS DR. EKEMBE PULUSI Serge & LOMEMBE KAMBA Jacques
PLAN DU COURS DE MACROECONOMIE

Chapitre 1. Introduction à l‟analyse macroéconomique

Chapitre 2. Fonction de Production

Chapitre 3. Fonction de Consommation

Chapitre 4. Fonction d‟Investissement

Chapitre 5. Monnaie et Politique monétaire

Chapitre 6. Equilibre Macroéconomique

Chapitre 7. Balance des Paiements

Chapitre 8. Equilibre macroéconomique en économie ouverte

APPLICATIONS

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CHAPITRE 1. INTRODUCTION A L’ANALYSE MACROECONOMIQUE

1.1 . Objet et intérêt de la macroéconomie


1.2 . Objectif du cours
1.3 . Relation entre la macroéconomie et les politiques économiques
1.3.1. Objectifs classiques ou traditionnels
1.3.2. Objectifs moderne „‟ hexagone de la politique économique ‟‟

1.4. Deux traditions fondamentales de la pensée macroéconomique

1.4.1. Pensée classique

 conception générale
 principes fondamentaux
 loi des débouchés
 la théorie quantitative de la monnaie
 structure d‟un modèle d‟inspiration classique (seulement 3 qui sont modélisés).
 Marché du travail
 marché du capital de prêt
 marché de la monnaie
 marché des biens et services (conditions d‟équilibre restent implicites).

1.4.2. Pensée keynésienne

 Conception générale de l‟économie


 Principes fondamentaux de la macroéconomie keynésienne
 Principe de la demande effective
 Principe de la préférence pour la liquidité
 Politique économique

1.5. Grandeurs de la macroéconomie

1.5.1 Production globale

1.5.2 Taux de chômage

1.5.3. Taux d‟inflation

1.5.4. Taux de change

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1.1 Objet et Intérêt de la macroéconomie

La macroéconomie a pour objet l‟analyse et l‟explication de l‟évolution des


principales variables économiques agrégées issues de la comptabilité nationale.

Elle s‟intéresse à des agrégats tels que la production ou le revenu global, la


consommation, l‟investissement, la masse monétaire, etc. elle s‟intéresse également à de
soldes importants comme le solde de transactions courantes, de finances publiques ou encore
de variables clés telles que l‟inflation, le taux de change ou le taux d‟intérêt.

En d‟autres termes, l‟objet de la macroéconomie est la compréhension de l‟activité


économique dans son ensemble. L‟analyse et l‟interprétation des mouvements et des
interactions entre ses variables doit déboucher sur un diagnostic et sur les recommandations
pouvant servir de guide aux autorités ayant la responsabilité de conduire la politique
économique. C‟est ce qu‟on appelle « le cadrage macroéconomique ».

En effet, suivre les mouvements et les interactions de variables, cadrage


macroéconomique. Si le cadrage est maintenu sur la fourchette bien déterminée, il y a
équilibre du cadrage macroéconomique par rapport aux projections.

En outre, la macroéconomie s‟intéresse à la structure, au fonctionnement et au résultat


de l‟économie dans sa globalité. Son objectif principale est d‟expliquer les tendances suivies
par les agrégats à savoir le PIB, le chômage, l‟inflation, la balance des paiements, c‟est-à-dire
le carré magique. La macroéconomie revêt donc d‟un intérêt crucial car d‟une façon ou d‟une
autre, les faits dont traite la macroéconomie influencent ou affectent le bien-être de tous. Etant
donné que les résultats obtenus par une économie ou dans une économie sont liées aux
politiques économiques mises en œuvre, les problèmes macroéconomiques sont par
conséquent constamment au-devant de l‟actualité et jouent un rôle crucial dans les débats
politiques.

L‟influence des résultats macroéconomiques sur les évènements politiques revêt un


intérêt certains durant les campagnes électorales et les tendent à confirmer que les résultats
des élections sont biens influencés par la situation économique à travers les principaux
indicateurs macroéconomiques qui sont l‟inflation, le chômage et le taux de change
économique. La compréhension qu‟on les responsables politiques des facteurs qui
déterminent la croissance et les fluctuations est essentielle. Elle leur permet de concevoir et de
mettre en œuvre des politiques dont l‟impact sur le bien-être peut-être énorme. Aussi, la

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macroéconomie cherche-t-elle le plus clairement possible la façon dont l‟économie fonctionne
et la manière dont elle est censée réagir aux politiques particulières et aux divers chocs qui
perturbent l‟offre et la demande.

La théorie macroéconomique est un ensemble d‟idées relatives au fonctionnement de


l‟économie organisée en un cadre cohérant (modèle) et qui sert de fondements à l‟élaboration
et de la mise en œuvre des politiques économiques. Remarquons cependant qu‟il n‟y a pas de
consensus entre les économistes sur un véritable modèle représentatif de l‟économie et par
conséquent, il existe d’importants désaccords sur le rôle et la pratique de la politique
macroéconomique.

1.2. Objectif de la macroéconomie

L‟objectif de ce cours est d‟analyser la question de la détermination du niveau de


l‟activité et de l‟emploi et celle de la politique économique sous l‟angle des imperfections de
marché (concurrence imparfaite, information imparfaite, frictions, défauts de
coordination,…).

1.3. Relation entre la macroéconomie et les politiques économiques

La macroéconomie constitue le fondement de toute politique économique dont les


objectifs sont repris dans le carré magique de N. KALDOR. Ses objectifs (permettant
d‟évaluer la performance macroéconomique) sont les suivants :

 La croissance économique ;
 La maitrise de l‟inflation : stabilité des prix intérieurs ;
 La réduction du chômage : plein emploi du facteur travail ;
 La soutenabilité de la dette : rechercher l‟équilibre des paiements extérieurs.

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Le carré magique de Kaldor permet de comparer de façon plus visible les
performances économiques d‟un pays par rapport à celles des autres pays ou encore
les performances réalisées à une période par rapport aux autres périodes.
Il met également en évidence trois relations qui sont très importantes dans histoire
macroéconomique, il s‟agit de la courbe de Phillips (proposée par l‟économiste néo-
zélandais Alban W. Phillips, en 1958), la loi d‟okun (Arthur okun , en 1962) et la
relation de la demande globale. Il est dit magique puisqu‟en réalité ces 4 objectifs ne
peuvent être atteints simultanément. Noter toutefois que c‟est le japon qui s‟en est
approché le plus près. La réalisation de ces 4 objectifs est parfois contradictoire ou
antimoniques, on parle alors de « dilemme de politique économique ».

Ces 4 objectifs sont parfois « contradictoires » ou antimoniques, on parle alors de


« Dilemme de politique économique »
a. Les règles minimales de rationalité du comportement étatique
Les règles de Tinbergen (Il est impossible d‟atteindre simultanément les quatre objectifs
théoriques de la politique économique) et de Mundell (Le concepteur de la politique
économique dispose de moins d‟instruments indépendants que d‟objectifs).
b. Les conflits potentiels entre les objectifs
Inflation – chômage : Courbe de Phillips (1958). Évolution du taux de chômage et du
salaire nominal en GB entre 1867 et 1957. Relation inversement proportionnelle entre le taux
de croissance des salaires et le taux de chômage.
La monnaie n‟est pas neutre : les politiques de relance sont une source d‟inflation. Remise en
cause par la période de stagflation E.Phelps : il y aurait un déplacement de la courbe de
Phillips.

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Croissance économique – Équilibre extérieur : Il est difficile de maintenir son solde
extérieur en période de forte conjoncture. Les niveaux de demande influent sur les niveaux
d‟importations et d‟exportations. La France en 1992 et 1994 ; les États-Unis au cours de la
seconde moitié des années 90.
Inflation – Croissance : L‟inflation peut stopper plus ou moins rapidement une phase
de croissance économique soutenue. L‟effet capacité de l‟investissement (dimension offre).
L‟effet accélérateur Aftalion, Clark (1910,1914). La comparaison Zone euro – États-Unis au
cours de la décennie 90.
Exemple de Dilemme de Politique Economique

Commentaires

Réfléchir en économie, c‟est réfléchir en termes de marché. Excès de l‟offre sur la


demande malgré la flexibilité du prix crée la crise de surproduction. Les paramètres du
marché sont les quantités et les prix. L‟instrument qui permet la réalisation de l‟équilibre est
le prix. Le marché joue le rôle d‟autorégulateur grâce aux prix.

NB. Actuellement, les institutions internationales ajoutent encore deux autres


objectifs à savoir la stabilité du système.

1.4. Traditions fondamentales de la pensée macroéconomique

Dans la littérature, nous avons deux pensées classiques à savoir la pensée classique et
la pensée keynésienne.

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1.4.1. La pensée classique

La théorie classique est un courant de pensée qui va d‟Adam Smith (recherche sur la
nature et les causes de la richesse des nations 1776), JB Say (traité d‟ecopol, 1803) ; et David
Ricardo (principes d‟ecopol et l‟impot, 1817) jusqu‟Alfred Marshall (principe d‟ecopol, 1890)
et Arthur Cécile Pigou (théorie du chômage).

En effet, on associe donc les auteurs classiques proprement dits (Adam Smith, JB Say
et David Ricardo) et les auteurs, généralement qualifiés de néoclassiques (Alfred Marshall,
Pigou, Walras).

a. Conception générale de l’économie

Les systèmes économiques sont conçus comme des « économies réelles d’échanges ».
(càd toute activité économique susceptible d‟être saisie comme activité marchande et des
économies réelles càd la monnaie est considérée comme un simple instrument d‟échange et
n‟intervenant qu‟au moment des transactions et par conséquent, elle n‟est jamais demandé
pour elle-même.

Selon les classiques, le mécanisme essentiel qui permet de coordonner les décisions
des agents économiques c‟est le marché. C‟est dans ce sens que les économies sont décrites
comme étant les économies des marchés. C‟est une économie libérée de tous les obstacles de
l‟Etat à sa bonne marche, fonctionne de manière harmonieuse permettant l‟émergence
spontané d‟un équilibre général de marché qui est aussi « optimum collectif ». La pensée
classique est celle qui fonde le libéralisme et la doctrine du laisser-faire.

b. principes fondamentaux
1. la loi des débouchés

Elle est aussi appelée « la loi de Say » du nom de l‟économiste français JB Say. Cette
loi stipule que « l’offre crée sa propre demande de sorte que l’économie ne peut jamais
connaitre la surproduction ». Associé à hypothèse de flexibilité des prix, cette loi garantie
que la production des entreprises peut être portée à son niveau maximum correspondant au
plein emploi des ressources productives. En d‟autres termes les entreprises doivent produire
jusqu‟à l‟épuisement des facteurs de production sans craindre l‟insuffisance de la demande
qui se crée mécaniquement.

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D‟après la pensée classique, il ne se pose pas un problème de la demande ; c‟est plutôt
l‟offre qui peut être limitée à un moment donné. D‟où les mesures libérales pour améliorer
l‟offre (subventions, réduction de taxes,…).En effet, les modèles classiques sont donc les
modèles « d‟offre »

Question de compréhension

 Quels sont les arguments en faveur de cette loi ?

« SAY explique de la façon suivante : lorsque le dernier producteur a terminé un


produit, son plus grand désir est de le vendre pour que la valeur de ce produit ne se chôme pas
en ses mains, mais il est aussi pressé de se défaire de l‟argent que lui procure sa bande pour
que la valeur de l‟argent ne puisse pas chômer entre ses mains. Or, on ne peut se défaire de
l‟argent qu‟en achetant un produit quelconque »

2. la Théorie quantitative de la monnaie

Cette théorie exprime le lien direct qui existe entre la quantité de monnaie en
circulation dans l‟économie au cours d‟une année et le niveau général de prix. Plus le stock de
monnaie en circulation est important, plus le niveau général de prix est élevé.

C‟est Irving FISHER, 1930 qui a donné la version moderne de cette théorie comme
étant une théorie explicative du niveau général des prix par l‟offre de la monnaie

Elle s‟écrit :

Où : le stock total des signes monétaires dans l‟économie.

V : la vitesse de circulation de la monnaie qui est un paramètre constant.

Q : c‟est le volume de production déterminé préalablement dans le secteur réel.

Or

Etant donné que

Ce qui implique que :

 Tout accroissement de la masse monétaire provoque l‟accroissement du niveau


général des prix. C‟est qu‟on appelle « l’inflation ».

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 Cette théorie n‟est donc qu‟une mise en évidence de la relation causale entre la
quantité de monnaie en circulation et le niveau général des prix. elle est en fait une
expression synthétique de la pensée monétaire classique selon laquelle :
 La monnaie n‟est qu‟un simple instrument intermédiaire dans les échanges et
elle n‟est jamais demandée pour elle-même (pas de préférence pour la
liquidité).
 La monnaie n‟est qu‟un voile posé sur les grandeurs réelles (la production,
l‟emploi,…)

c. Structure d’un modèle d’inspiration classique

Dans la pensée classique, le mécanisme essentiel qui permet de coordonner les décisions
des agents c‟est « le marché ». C‟est pourquoi on parle de l‟ « économie de marché ». La
théorie classique identifie 4 types de marchés :

 Marché du travail ;
 Marché des biens et services
 Marché de titres financiers et
 Marché de la monnaie.

N.B. Seuls trois marchés sur 4 sont modélisés : « la théorie classique choisit en général de ne
traiter que le marché du travail, les marchés de titres et le marché de la monnaie. Les
comportements et les conditions d’équilibre sur le marché des biens et services restent
induits ou implicites.

 Marché du travail
 Selon l‟approche classique, le niveau d‟emploi dans l‟économie est déterminé
uniquement sur le marché du travail par la confrontation d‟une courbe d‟offre et
d‟une courbe de demande du travail.
 La demande du travail est déduite des conditions techniques de production et de
l‟hypothèse de la rationalité des entreprises. les conditions techniques représentent
une contrainte pour l‟entreprise et sont données par une fonction
macroéconomique à court terme :
( ) où demande du travail (la rationalité des entreprises exige le
comportement de maximisation du profit).
Pour maximiser le profit ( ), nous allons appliquer C.P.O :
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( )

( ) ( )

L‟offre du travail émane des individus, elle est une fonction croissante du taux de salaire réel.

( ( ) )

Le niveau d‟emploi obtenu N est donc un niveau de plein emploi en ce sens que tous
ceux qui désirent travailler au taux au taux de salaire réel peuvent le faire, il n‟ y a pas donc
de rationnement. En conséquence une situation de chômage involontaire durable est donc
inconcevable. Cependant le salaire de réservation est celui supérieur à celui proposé sur un
marché du travail et qui occasionne le chômage involontaire.

En effet, si le mécanisme du marché fonctionne normalement (flexibilité des prix), ce


chômage involontaire sera résorbé par la baisse des salaires réels. Dans le cas contraire, cela
peut être dû à la rigidité de salaire réel qui interdit tout ajustement. Donc c‟est la rigidité des
salaires réels qui demeure la cause du chômage dans la pensée classique.

 Marché du capital de prêt (ou le marché de fonds prêtables)

Ce marché met en relation les agents à capacité de financement càd les épargnants et les
agents à besoin de financement (les entreprises qui cherchent à investir et l‟Etat qui cherche à
financer son déficit). Le marché est modélisé sous forme d‟un marché des titres selon lequel
l‟offre des titres financiers correspond à la demande de fonds.

En effet, l‟offre du capital de prêt (demande des titres) résulte d‟une procédure
d‟optimisation inter temporelle entre la consommation d‟aujourd‟hui et celle de demain. Dans
ces conditions les taux d‟intérêt apparaissent comme une récompense de l‟abstinence de
consommation.

 Marché de la monnaie

L‟introduction de la monnaie a pour seule fonction de déterminer les grandeurs nominales


et par la suite, le niveau général de prix étant donné que les grandeurs réelles sont déterminées
dans les deux premiers marchés.

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C‟est ainsi que le modèle classique est dit dichotomique car le secteur monétaire et le
secteur réel sont distants et la monnaie est neutre sur le niveau des variables réelles. La
demande de monnaie provient de l‟équation de Cambridge (théorie quantitative de la
monnaie).

Comme (loi de SAY) et ̅ ̅

L‟offre de monnaie est exogène et sous contrôle exclusif des autorités monétaires. ( ̅)
Ainsi, à l‟équilibre du marché monétaire :

̅
̅ .

Ainsi la seule variable endogène dont le niveau est déterminé sur le marché de la
monnaie « c‟est le niveau général de prix ».

1.4.2. Pensée keynésienne

1.4.2.1 Conception générale de l’économie

 Les projets de KEYNES


L‟œuvre, principale de Keynes publie en 1936, sous le titre évocateur de « théorie
général de l‟emploi, de l‟intérêt et de la monnaie « n‟est pas une théorie de tous les
phénomènes économiques.
Comme son nom l‟indique, c‟est essentiellement une théorie de l‟emploi : il s‟agit pour
Keynes de mettre en linéaire les processus qui président à la détermination de cette grandeur
macroéconomique particulière.
Le projet de Keynes c‟est de démontrer que le marché du travail peut se clore
dans une situation ou demeure le chômage involontaire, malgré la flexibilité des salaires réels
qui devraient autoriser d‟après la vision classique un ajustement en offre et la demande du
travail.
Cela revient à dire que le chômage involontaire ne résorbe pas spontanément
sous l‟effet de force de marché et n‟est pas non plus le fait de blocage de salaire.
Dans le cadre de la théorie économique, c‟est une situation ou les entrepreneurs
refusent d‟augmenter leur demande du travail (refusent d‟embaucher (alors que les salaires
sont prêts à accepter les baisses du salaire réel ne peut se concevoir qu‟à la condition que les

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entrepreneurs ne soient pas rassurés de leur débouché, il ne leur sert alors à rien d‟accroître
l‟emploi « le supplément de la production qui en découle ne peut être vendu »
Une telle situation ne peut se concevoir que lorsque les entrepreneurs ne sont
pas assurés d‟écouler leur production car ça ne sert à rien d‟augmenter la production si l‟on
est pas sûr de la vente.
On comprend par-là que la véritable attaque de Keynes concerne la loi de Say.
En effet, une situation de chômage involontaire malgré la flexibilité de salaire réel ne peut
être envisageable que moyennant l‟invalidation de la loi de Say. Cette invalidation de la loi de
Say devra à son tour, conduire à remettre en en cause la théorie quantitative de la monnaie et
l‟idée sous-jacente que la monnaie est neutre et n‟est demandé jamais pour elle-même, ce qui
permet de fonder la loi de Say.
Cette invalidation de la loi de Say remet aussi en cause la mission classique du
marché de capital de prêt, du rôle que joue le taux d‟intérêt, et la manière dont se réalise
l‟égalité « Épargne - Investissement » ; finalement la théorie générale de l‟emploi sera une
théorie générale de l‟emploi de l‟intérêt et de la monnaie.
 La nature de l’économie
Dans la vision de Keynes, les systèmes économiques sont conçus, comme les
économies monétaires ; de production. Les économies de productions, cela signifie que
l‟activité économique s‟organise autour de la mise en œuvre par les entrepreneurs et la
production qui est un acte économiquement spécifique et qui ne se réduit pas à un acte
marchand c'est-à-dire acheter les facteurs de production et vendre les produits finis.
Le marché n‟est plus le lieu où s‟ajustent les différentes décisions mais un lieu
où se confirment ou s‟infirment les différentes décisions des anticipations des entrepreneurs.
Les économies monétaires cela signifie que :
- La monnaie est à la fois l‟unité de compte de transaction ou ensuite moyen de
paiement et en fin moyen de détention privilégié de la richesse (réserve de la valeur)
- La monnaie n‟est pas neutre c'est-à-dire le comportement vis-à-vis de la monnaie vont
influencer le niveau de l‟ensemble des grandeurs économiques (niveau de la
production et de l‟emploi).

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1.4.2.2. Principes fondamentaux de la macro économie keynésienne
 Le principe de la demande effective
Ce principe est un critique à la loi de Say. En effet, dans la pensée
Keynésienne, les volumes de la production et l‟emploi sont déterminés par les entrepreneurs
en fonction de leurs anticipations de débouchés (demande) et non pas comme les résultat de la
confrontation marchande d‟une offre ou d‟une demande de travail comme dans la pensée
classique, dans les entrepreneurs anticipent juste, c‟est le niveau de plein emploi et quand ils
anticipent moins c‟est le sous-emploi (ce qui cause le chômage involontaire chez Keynes).

 Le principe de la préférence pour la liquidité

Ce principe est une critique de la théorie quantitative de la monnaie, en effet,


contrairement à la pensée classique selon laquelle la monnaie n‟est jamais demandées pour
elle-même (pas de préférences pour la liquidité Keynes affirme que la communauté fait
montrer d‟une préférence pour la liquidité c'est-à-dire elle préfère toujours détenir son
patrimoine sous forme de monnaie ( préférence pour la liquidité)
Et si l‟on veut inciter à cette communauté à se défaire de ses encaisses liquides
pour acheter de titres, financiers (placement), il faut leur proposer un taux d‟intérêt élevé, le
taux d‟intérêt est donc le prix à la renonciation à la liquidité.

1.4.2.3. Politique Economique


Politique économique est nécessaire, puisque spontanément, l‟économie n‟est
pas à mesure d‟assurer le plein emploi. Ils conviennent d‟aider par la mise en œuvre de la
politique économique destinée à soutenir le niveau de la demande puisque (ce mal vient d‟une
insuffisance de la demande globale anticipée ».
C‟est essentiellement pour faire en sorte que le niveau d‟activité économique,
soit suffisant pour assurer le plein emploi de capacité productive que l‟Etat doit intervenir.
Keynes est un défenseur de l‟économie libérale et au nom de cette défense, il
plaide, pour l‟intervention, massive des États dans le fonctionnement économique.

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1.5 GRANDEURS DE LA MACROECONOMIE

1.5.1 Production globale


Des systèmes de comptabilité nationale ont été adoptés dans les grands pays à partir de
la fin de la seconde guerre mondiale.
PIB, valeur ajoutée et revenu
La mesure de la production globale en comptabilité nationale est le produit intérieur brut
(PIB).
Il y a trois façons équivalentes de concevoir le PIB d‟une économie :

1. Le PIB est la valeur des biens et services « finaux » produits dans l‟économie durant une
période donnée. Le terme « final » est important. Un bien final diffère d'un bien «
intermédiaire » utilisé pour produire le bien final.

2. Le PIB est la somme des valeurs ajoutées créées dans l‟économie au cours d‟une certaine
période. La valeur ajoutée par une firme durant le processus de production est la valeur de sa
production moins la valeur de ses consommations intermédiaires.
Les deux premières façons sont liées à l‟examen du PIB du côté de la production On peut
prendre en compte les revenus.

3. Le PIB est la somme des revenus primaires distribués dans l‟économie au cours d‟une
période donnée. Les revenus dont disposent les entreprises après avoir payé les
consommations intermédiaires sont distribués comme suit: impôts indirects, le revenu du
travail (salaires) et revenus du capital.
Résumé des approches équivalentes
Approche par la production : le PIB est la valeur des biens et services finaux produits au
cours d'une certaine période.
Approche par la production toujours : le PIB est la somme des valeurs ajoutées dans
l'économie durant une période.
Approche par le revenu : le PIB est la somme des revenus primaires distribués en une
période.
PIB nominal et PIB réel

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Le PIB nominal est la somme des quantités de biens finaux produits multipliée par leur
prix courant. Le PIB nominal peut croître dans le temps pour deux raisons : La production de
la plupart des biens s‟accroît avec le temps et Le prix de la plupart des biens croît également.

Pour mesurer l'évolution de la production au cours du temps, il faut éliminer cet effet
de la hausse des prix. D'où le calcul du PIB réel.
Le PIB réel est la somme des quantités de biens finaux multipliée par un prix constant.
Année Quantité de voitures Prix de voitures PIB nominal PIB réel(2011)

2010 10 10000€ 100000€ 120000€


2011 12 12000€ 144000€ 144000€
2012 13 13000€ 169000€ 156000€

* Le PIB réel est défini en multipliant le nombre de voitures par un prix commun, par
exemple le prix de 2010. Cette approche nous donne le PIB réel aux prix de 2010.
* En pratique, une difficulté supplémentaire est de choisir la pondération entre les différents
biens finaux.
Le PIB nominal s‟appelle aussi PIB en euros courants ou encore PIB en valeur.
Le PIB réel est aussi appelé PIB en termes de biens, PIB en euros constants, PIB ajusté de
l‟inflation ou PIB aux prix de l‟année t (si l‟année de référence est l‟année t) ou encore PIB en
volume.
Le taux de croissance du PIB pour l'année t est le taux de croissance du PIB réel au cours de
l'année t :

Les périodes de croissance positive sont appelées expansions.


Les périodes de croissance négative sont appelées récessions.
La composition du PIB
 La consommation (C) regroupe les biens et services achetés par les ménages. C‟est la
composante la plus importante du PIB (51,7 % en 2014 en Belgique).
 L’investissement (I) regroupe l‟investissement des entreprises (achat de nouveaux
terrains ou de nouvelles machines) et l‟investissement des particuliers (achat de
nouvelles maisons ou nouveaux appartements).

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 Les dépenses gouvernementales (G) correspondent aux achats de biens et services
par les autorités locales ou nationales. Transferts et intérêts de la dette ne sont pas
compris.
 La différence entre les exportations (X) et les importations (M) est appelée
exportations nettes ou balance commerciale. Si les exportations dépassent les
importations on parle d'un excédent commercial. Dans le cas contraire, il s'agit d'un
déficit commercial. En 2014, la Belgique avait un excédent commercial de l‟ordre de
0,9% du PIB.
 La différence entre les biens produits et les biens achetés pour une année donnée est la
variation de stocks.
En négligeant la variation de stocks, on peut résumer cette décomposition fondamentale de la
façon suivante :

Le PIB est égal à la somme des achats finaux : consommation, investissement, dépenses
gouvernementales et balance commerciale.

Des indicateurs économiques basés sur le PIB


 Les décideurs de politique macroéconomique se basent sur le PIB pour évaluer les
efforts à fournir dans la conception et la conduite des politiques dans plusieurs autres
domaines.
 En finances publiques, notamment, plusieurs balises sont construites, parmi lesquelles
les ratios dette/PIB et déficit public/PIB.
 Le traité de Maastricht avait par exemple établi que les pays de la zone Euro devaient
avoir un déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB. La crise de la dette européenne a
commencé lorsqu‟on découvrit que le déficit courant grec a atteint 15,5%.
 Un niveau d‟endettement public élevé devient également une préoccupation. Dans le
Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance signé en 2012, seuls les pays
de l‟UE ayant un niveau de dette franchement inférieur à 60% peuvent se permettre un
déficit public structurel de 1%, les autres doivent rester à moins de 0.5% du PIB.

Il va de soi que le PIB représente la garantie en termes de création des richesses


comparativement à l‟endettement.

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Les autres grandes variables macroéconomiques Le PIB est la principale variable
macroéconomique.
Deux autres variables décrivent d‟autres aspects importants de la performance d‟une
économie :
 le chômage ;
 l‟inflation.

Le taux de chômage est le ratio du nombre de chômeurs sur la population active :

Taux de chômage = chômeurs / actifs


La population active est la somme du nombre de travailleurs employés et du nombre de
chômeurs :
L=N+U
Population active = travailleurs en emploi + chômeurs

1.5.2. Taux de chômage


Le taux de chômage est calculé à partir de larges enquêtes auprès des ménages. En
France, il s‟agit de l‟Enquête emploi, qui est réalisée par l‟Insee. En Belgique, il y a l‟enquête
sur les forces de travail (EFT) de Direction générale Statistique et Information économique
(SPF Economie). Sont classifiées comme “chômeurs” les personnes qui n‟ont pas d‟emploi et
en recherchent un.
Les personnes sans emploi qui sont découragées et cessent de chercher un emploi ne
sont pas comptabilisées comme chômeurs.
Un taux de chômage plus élevé s'accompagne en général d'un plus grand nombre de
personnes quittant la population active, soit un taux de participation plus faible.

Le taux de chômage : chômage et activité économique


La relation entre les variations du taux de chômage et le taux de croissance du PIB est appelée
loi d’Okun. Une forte croissance s'accompagne en général d'une baisse du taux de chômage

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Cette relation se comprend intuitivement : une forte croissance conduit à une forte hausse de
l'emploi, parce que les entreprises embauchent pour produire plus.
1.5.3 Taux d’inflation
L‟inflation est une hausse entretenue du niveau général des prix. Le taux d‟inflation est le
taux d‟accroissement du niveau des prix. Le problème est de définir le niveau des prix. On
utilise surtout deux mesures :
 le déflateur du PIB ;
 l‟indice des prix à la consommation.
 Le déflateur du PIB
Le déflateur du PIB de l‟année t, Pt, se définit comme le ratio du PIB nominal au PIB réel
durant l‟année t :

Pour l‟année où PIB nominal et réel sont égaux par construction, cette définition implique un
niveau des prix égal à 1 ou 100 (si on multiplie par 100). Le déflateur du PIB est un simple
indice. Son niveau est arbitraire. Son taux de variation est le taux d‟inflation.
Le PIB nominal est égal au PIB réel multiplié par le déflateur du PIB :

 L’indice des prix à la consommation


Le déflateur du PIB donne le prix moyen des biens inclus dans le PIB.
Au contraire, l’indice des prix à la consommation (IPC) donne le prix du panier de
consommation moyen d‟un consommateur urbain. Il mesure le coût de la vie.
Tout comme le déflateur du PIB, l‟IPC est un indice : il est posé égal à 1 (ou 100) à la période
de base.
Quand le taux de chômage est faible, l‟inflation s‟accroît. Lorsqu‟il est élevé, elle
décroît en général (Il y a des exceptions).
Il y a une relation entre inflation et chômage, mais elle n‟est pas mécanique : elle varie dans le
temps et selon les pays.
Pour la France, on observe une corrélation « souvent » négative entre le taux de
chômage et la variation de l‟inflation. Cette relation est appelée courbe de Phillips. Il existe
toutefois des exceptions : la stagflation dans les années 1970.Pourquoi les économistes se
préoccupent-ils de l‟inflation ? Les économistes se préoccupent de l‟inflation car il n‟existe
pas d‟inflation pure (croissance identique de tous les prix et salaires) :

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 Pendant les périodes d‟inflation, les prix et les salaires ne croissent pas
proportionnellement. Pour cette raison, l‟inflation affecte la répartition. Les retraités
en général dans le monde (la Belgique fait exception), ne reçoivent pas un revenu
indexé, ils s'appauvrissent.
 L‟inflation conduit à des distorsions. Certains prix sont fixés par la loi ou réglementés
; ils sont distancés par les autres, ce qui modifie les prix relatifs. La fiscalité ajoute
parfois la distorsion si les limites de tranches imposables n'intègrent pas le niveau réel
des revenus.
La croissance faiblement plus vigoureuse peut expliquer la faible baisse du chômage
comme le suggère la loi d‟OKUN.
 Le niveau de l‟inflation qui augmente est un sujet de préoccupation de plusieurs
décideurs dans la zone euro. Cette poussée de l‟inflation est de nature à susciter
l‟abandon d‟une politique monétaire souple par la BCE.
 Le chômage baisse mais reste élevé dans d‟autres pays comparativement à
l‟Allemagne qui retrouve presque le plein emploi.
3.4. Le long terme, le court terme et le moyen terme

Les déterminants de l‟évolution du PIB dépendent de l‟horizon temporel considéré :

 A court terme (quelques années), les mouvements du PIB sont principalement


déterminés par les fluctuations de la demande (Notamment dues aux variations dans la
confiance des consommateurs…) ;
 A moyen terme (une décennie), l‟économie revient vers le niveau de PIB déterminé
par les facteurs d‟offre : stock de capital, niveau technologique, taille de la main-
d‟œuvre… ;
 Dans le long terme (quelques décennies), il faut étudier les facteurs qui
déterminent l‟évolution du stock de capital et du niveau technologique (système
éducatif, taux d‟épargne, rôle du gouvernement…).
Remarques
 La croissance économique est l’augmentation durable de la création de
richesse dans un pays pendant une période donnée. Elle est un
processus quantitatif qui a comme outil de mesure le PIB.
 Mais le développement réunit l’ensemble des transformations
économiques et sociales d’une société sur le long terme. Il est un
processus global représenté généralement par l’IDH.
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 La croissance n’entraine pas systématiquement le développement, la
question centrale est la repartition.

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