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COURS DE

MACROÉCONOMIE

Dr AHMINE CHAFFIR
Rappel:

 La macroéconomie est l’étude de l’économie dans son ensemble tant


dans les faits (description) que dans son analyse théorique
(compréhension).

 C’est la discipline de la science économique qui traite de l'agrégation


des comportements de l'ensemble des agents économiques sur une
zone géographique donnée, telle qu'un pays. Cela permet de
construire des indicateurs macroéconomiques tels que l'inflation, le
chômage ou la croissance qui permettent aux gouvernements de
mettre en œuvre leur politique économique.

 Le Keynésianisme (milieu 20ème siècle), fondé par J.M. Keynes, est le


courant de pensée économique qui est à l’origine de la macro
économie contemporaine.
Rappel:

La démarche de la macroéconomie peut être résumée en quatre étapes


:

1. La recherche des principales variables déterminantes des agrégats


macroéconomiques, élaborés et mesurés par la Comptabilité Nationale (production
nationale, revenu national, consommation, épargne, investissement, emploi global,
niveau général des prix, …)

2. L’étude des relations stables (donc faire ressortir des lois) entre ces agrégats :
Existe t-il une relation stable entre la consommation et le revenu par exemple ?

3. L’analyse des causes et des origines des principaux déséquilibres


macroéconomiques : surproduction, chômage, inflation et déséquilibres externes…

4. L’apport des solutions à ces problèmes par la mise en œuvre de politiques


économiques conjoncturelles efficaces (politiques budgétaires, politiques
monétaires, politiques de change…).
Rappel:

1. Les agents économiques


Pour décrire l’activité économique, on regroupe les flux autour d’un certain
nombre de pôles ou centre de décision : il s’agit des agents économiques.

Les agents économiques sont nommés aussi unités institutionnelles,


regroupées en secteurs institutionnels qui réalisent des opérations
économiques et engendrent des flux réels (physiques) ou monétaires.

Un agent économique est un regroupement homogène d’unité économique.

La comptabilité nationale propose de distinguer cinq secteurs institutionnels


selon deux critères de base:
 Nature des agents composants le secteur
 Leur fonction économique principale
Rappel:
Les agents économiques, leurs nature et leurs fonctions principales

Les secteurs Nature des agents composants le Fonctions économiques principales


institutionnels secteur

1. Les Sociétés
(ou entreprises)  Entreprises publiques et privés  Production de biens et services marchands et
non financières non financiers
 Elles distribues des revenus en achetant les
facteurs de production nécessaire a son activité
économique.

2. Les ménages  Familles, célibataires, casernes..


 Entrepreneurs individuels  la consommation finale des biens et services
(qui disposent de ressources en + Epargne
communs et d’un centre de décision
économique unique)

3. Les sociétés
(institutions) Banques, caisses d’épargnes, autres  financement de l’économie: Un triple rôle:
financières institutions de crédits  récolter l’épargne
 Organismes d’assurance…  accorder des crédits
 création de monnaie et autres produits
financiers comme les actions, les obligations,
les bons du Trésor,…
+ les assurances
Rappel:

Les agents économiques, leurs nature et leurs fonctions principales

Les secteurs Nature des agents Fonctions économiques principales


institutionnels composants le secteur

4. Les  les Administrations centrales  Production de biens et services non


administrations (l’Etat, la Sécurité sociale) et les marchands
publiques Administration locales (Wilayas, redistributions des revenus et des richesses
Daïras et Communes) nationales
(Elles remplissent cette fonction en procédant
à des prélèvements obligatoires (taxes, impôts,
cotisations sociales)

5. Le reste du monde  On regroupe sous ce terme tous  Toutes les opérations économiques avec
les agents situés dans un pays l’étranger, il s’agit en fait:
étranger (non résidents) et qui
ont des relations monétaires avec  Des importations qui viennent
les agents économiques de accroître l'offre de biens sur le
l'intérieur (résidents). marché national.
 Des exportations qui ont l’effet
inverse; ils vont accroître l'offre de
biens sur le marché extérieur.
Rappel:
Le système des comptes économiques algérien identifie quatre secteur
institutionnels et un quasi-secteur:

Il s’agit des secteurs:

1. Sociétés et Quasi-Sociétés non financières (SQS): il s’agit des entreprises publiques et les
entreprises privées de plus de 10 salariés et qui ont pour fonction principale la production
de biens et de services marchands non financiers et dont les ressources proviennent de leurs
ventes;

2. Ménages et Entreprises Individuelles (MEI): Ce secteur institutionnel se compose donc de


deux sous secteurs:

 Les ménages qui ont pour fonction la consommation et dont leurs ressources proviennent
de la rémunération de leur travail et éventuellement des transferts;
 Les Entreprises Individuelles (EI). La fonction principale des EI est la production de biens
et de services marchands non financiers et leurs principales ressources proviennent de
leurs ventes. Par convention, nous considérons comme entreprises individuelles toutes les
entreprises privées de moins de dix (10) salariés ne disposant pas de comptabilité
complète.

3. Institutions financières (I.F)


4. Administrations publiques (A.P)
5. Du reste du monde (R.D.M)
Rappel:

2. Les opérations des agents économiques:

Les opérations économiques comportent trois types d’opérations :

Les différentes catégories d’opérations

Les opérations sur biens et services Les opérations de répartition Les opérations financières
Elles décrivent l’origine des biens et services Elles décrivent la formation du revenu Elles sont relatives à la création et à la
disponibles sur le marché national: Ressources circulation des moyens de paiements
(production + importation), ainsi que les
des agents (distribution et redistribution). indispensables dans une économie, elles
différentes utilisation qui en sont faites: Emplois Elles montrent ainsi comment les revenus montrent ainsi la manière dont les agents se sont
(consommation, investissement…). circulent entre les agents économique . financés.
Rappel:

A.Les opérations sur biens et services


(ou circuit de la production) :

Comprennent:

 Les opérations de création des ressources dont dispose l’économie


nationale: ressources (la production PIB et les importations M)

 et Les opérations résultant de l’utilisation: emplois des biens et services:


 consommation finale(CF),
 consommation intermédiaire(CI),
formation brute de capital fixe(FBCF) appelée aussi
investissement(I),
 variation des stocks(VS),
 et exportations (X).
Rappel:

Les opérations sur biens et


service et l’équilibre emploi -
ressources

Les ressources disponibles Les emplois des ressources


pour l’économie disponibles

La La formation
Les consommation Les
importations Les brute du La variation exportations
La finale capital fixe
(M) consommations de stocks (X)
production (CF)
Mise à la intermédiaires (FBCF) (VS)
(PIB) Valeur des Valeur des
disposition de (CI) Valeurs des
Activité de l’économie biens et services biens et
biens durables services
création de nationale de Valeur des biens sortant du (bâtiments, Valeur du produits par
biens et biens et services et services processus de
réintroduits dans
matériel..) stockage ou l’économie
services produits par le production et utilisés dans le
reste du le processus de servant à la du nationale et
processus de déstockage mis à la
monde production pour satisfaction des production de l’année disposition
produire d’autres besoins pour une de biens du reste du
biens et services individuels (des durée monde
ménages et des supérieur à 1
produits
administrations an
)
Rappel:

 L’équilibre des opérations sur biens et services:

Il est résumé par l’égalité macroéconomique suivante:

P + M = CI + CF + FBCF + ∆S + X
Ou encore :
P = CI + CF + FBCF + ∆S + (X-M),

où (X – M) représente le solde commercial de la


nation.

Cette égalité signifie que chaque produit possède forcément une origine ; c’est
un produit de l’économie nationale ou une importation et une destination:
consommation, investissement, stockage ou exportation. 
Rappel:

B. Les opérations de répartition (ou circuit du revenu)

Elles Concernent:
 La distribution ou répartition primaire: elle est directement liée à la
production et répartis entre:

Les salariés (Revenus du travail: Les salaires)


 et Les propriétaires (Revenus du capital ou de la propriété : profit,
rente, intérêt...)

 La partie non consommée du revenu constitue l’épargne:

Epargne = Revenu disponible – Consommation


Rappel:

 la redistribution ou répartition secondaire:

Elle est assurée par les administrations publiques (État et


organismes de sécurité sociale) qui prélèvent des impôts,
des taxes et des cotisations (sociales) pour ensuite les
répartir sous forme de transferts sociaux afin de corriger
l’inégalité des revenus résultant de la répartition primaire.

l’objectif principal de la redistribution est de corriger les


inégalités sociales en augmentant les revenus des ménages
défavorisés et en mettant des services collectifs (santé,
éducation, sûreté…) à la disposition de tous.
Rappel:

C. Les opérations de financement de l’économie


(ou circuit financier):
Elle portent sur les créances et les dettes des différents agents économiques.

Les opérations financières décrivent le circuit financier sous l’aspect du règlement des
transactions, de la collecte de l’épargne et du financement des agents économiques.

On distingue ainsi:

Les instruments de paiement


Les instruments de placement
Les instruments de financement

Ils sont principalement Ils représentent les créances nées


d’un accord personnalisé entre un
Immédiatement disponible, ils permettent représenter par les dépôts non
créancier et un débiteur. On
de régler toute transaction; ils comprennent monétaires (dépôts à terme, distingue les crédits à court terme
la monnaie (pièces, billets, dépôts à vue) et
les moyens de payement internationaux .
obligations, actons…) à moyen et long terme.
Rappel:

3. Les agrégats macroéconomiques:

On mesure l’activité économique d’une nation, durant une période (une année en
général), à l’aide de concepts appelés agrégats macroéconomiques (Appelées aussi
agrégats de la comptabilité national).

Un agrégat est un indicateur global (ou une grandeur synthétique) qui permet de
mesurer l’activité économique: la production, l’investissement, le revenu…etc.

A. Le produit intérieur brut (PIB): Le PIB mesure la richesse crée par tous
les agents économiques résidents sur le territoire national pendant une
période déterminée (généralement une année).

 Les méthodes de calcul du PIB: Le PIB peut être mesuré par la


production, les revenus ou les dépenses.

On distingue ainsi, Trois grandes approches:


Rappel:

 Le PIB optique production:

Le PIB =  VA + TVA + DT/M

Evolution du produit intérieur brut optique dépenses:


Unité: Milliard de DA (sources: ONS)
Le PIB de l’Algérie (optique production)
Des années 2015, 2016, 2017: (Source ONS)

2015 2016 2017


Agriculture 1935.1 2140.3 2281.8

Hydrocarbures 3134.2 3025.6 3660.0

Industrie hors hydrocarbures 919.4 989.7 1062.0

B.T.P. y compris T.P. Pétroliers 1917.2 2072.9 2202.8

Services 4553.1 4841.3 4867.1

Sommes des valeurs ajoutées 12459.0 13069.9 14073.7

Droits de Douane +TVA 1353.7 1395.6 1455.9

Le P.I.B 16712.7 17525.1 18594.1


Rappel:

 Le PIB optique dépenses:

PIB = CF + FBCF + VS + Exportions - Importations

Evolution du produit intérieur brut optique dépenses:


Unité: Milliard de DA (sources: ONS)
Rappel:

 Le PIB optique Revenu:

Le PIB = RS + CCF + Impôts Indirects nets de subventions + ENE

Evolution du produit intérieur brut optique Revenu:


Unité: Milliard de DA (sources: ONS)
Rappel:

Intérêt et limites du PIB:

 Le PIB permet de calculer le taux de croissance économique d’un pays.


 Il représente la valeur du marché de tous les biens et services servant à la
consommation finale, produits dans un pays durant une période donnée.

 Il donne une idée sur la richesse d’un pays,


 Beaucoup d’indicateurs de structures et de performance sont déterminés
par rapport au niveau du PIB :

Exemple:
 Le taux d’investissement : rapport de l’Investissement brut et du PIB
 Le taux d’épargne intérieure: rapport de l’épargne intérieure et du PIB
 Le taux de déficit commercial « déficit de ressources »: rapport de la
différence Importations –Exportations et du PIB
 Le degré d’ouverture de l’économie: [(importations +exportations)/2]/ PIB
 Le taux de pression fiscale: rapport impôts directs et indirects et du PIB.
Rappel:

En revanche, le PIB soulève des limites, telles que:


 Il sous estime la production du pays (la richesse nationale):
 De façon générale le secteur informel et l’économie souterraine sont ignorés dans
l’évaluation de cet agrégats,

 Le calcul du PIB ne tient pas compte des transactions productives effectuées hors du
marche (Ex: travail domestique non rémunéré telles que les services rendus par les
femmes au foyer ou les travaux effectues pendant les heures de loisir, ou encore toutes
activités bénévoles…).

 Il ne tient pas compte des inégalités sociales (PIB par habitant ou par tête)

 Le PIB ne tient pas compte des effets néfastes sur l'environnement (la pollution
sous toutes ses formes) et des couts économiques pour L’économie (dégradation
des forets, effets nocifs sur la sante, problème d'eau potable...).

 Le calcul d’un PIB en volume est délicat puisqu’il fait ressortir le problème de
l’élimination des hausses de prix, alors que les produits peuvent avoir changé
d’une année à l’autre.
Rappel:

B. Le Revenu National
C’est l’ensemble des revenus perçus par les agents économiques
nationaux en raison de leur participation à la production.

Il existe 3 grandes sources de revenus:


 Les salaires (S) que perçoivent les travailleurs
 Les profits (P) que réalisent les entreprises
 Les rentes (R) que reçoivent les propriétaires

Toute autre forme de revenu en dérive.

RN = Profits + Rentes + Salaires + Autres revenus


Rappel:

C. la Dépense Nationale
Elle est la somme des dépenses effectuées par tous les agents
économiques au cours d'une année, Ou encore l’ensemble des emplois,
des biens et services effectués par les agents économiques au cours de
l’année. En distingue dans cet agrégat:
 La dépense nationale brute (DNB) ; c’est le PIB diminué des
importations.

DNB = CF + FBCF + variation des stocks + X – M

 La dépense nationale nette (DNN) : c’est la dépense nationale brute


diminuée des amortissements.

DNN  = DNB – amortissements.


Rappel:

4. Le circuit économique:
A. Définition:
Le circuit économique est une représentation imagée et
simplifiée de l'activité économique qui permet de décrire
via un ensemble de flux, les relations essentielles entre les
agents économiques (Ménages, Etat, RDM , Entreprises...).
De telles relations peuvent être traduites ou représentées
par l’équilibre emplois-ressources des agents:

 Ressources = Offre globale = Production nationale +


Importations
 Emplois = Demande globale = Consommation +
Investissement + Exportations
Rappel:

B.La représentation du circuit économique:

a.Circuit en économie fermée:

i. Le circuit économique simplifié (Circuit à deux agents):

C’est un circuit qui représente une économie avec deux catégories d’agents
économiques: les ménages et les entreprises non financières.
Les flux entre ces deux catégories d’agents seraient les suivants:

 Les ménages fournissent aux entreprises des biens et services productifs


(travail, terre…) et celles–ci leur livrent des biens et services: ce sont des flux
réels.

 Les entreprises versent des revenus aux ménages qui les utilisent pour régler
le montants de leurs achats: ce sont des flux monétaires.
Rappel:

La circulation des biens et services et de monnaie peut être représenter


de la façon suivante:
Rappel:

ii. Circuit d’ensemble de l’économie nationale:


Ce circuit (complet) traduit le fonctionnement du système dans son ensemble.
Ainsi Lorsque l’on passe d’une économie à deux agents à l’ensemble de l’économie nationale, le
circuit se complexifie quelque peu par l’intégration des Institutions Financières et des
Administrations.
Le rôle des Institutions Financières consiste à servir d’intermédiaire financier entre les
entreprises et les ménages. Elles interviennent sur deux grandes variables économiques:
l’investissement et l’épargne.

Les entreprises peuvent financer leurs investissements par l’autofinancement (amortissement


plus bénéfice non distribué), mais également par le recours au crédit (dans ce cas l’entreprise
devra verser des intérêts aux banques) ou encore grâce au marché financier (émissions de titres :
actions, obligations).

Les ménages peuvent utiliser leur épargne pour acquérir des actifs monétaires (billets, pièces,
dépôts à terme), des actifs financiers (titres émis sur le marché financier par les entreprises) ou
encore des actifs réels (or, argent, immeubles...). L’épargne des ménages est généralement
rémunérée sous forme d’intérêts par les banques.

Les administrations telles que l’Etat, les collectivités locales et la Sécurité Sociale, financent leurs
Dépenses Publiques (DP) grâce aux prélèvements obligatoires (Fiscalité, Cotisations Sociales) qui
touchent les ménages et les entreprises.
Rappel:

Le circuit d’ensemble de l’économie nationale peut être représenter


de la façon suivante:
Rappel:

a. Circuit en économie ouverte:


En économie ouverte, il faut introduire le reste du monde.

En quoi consistent les principaux flux entre une économie nationale et le


reste du monde?

 Les ménages reçoivent des revenus en provenance des entreprises


résidentes mais aussi de l’extérieur, aussi leurs achats de biens et
services ou de titres sont réalisés pour partie auprès du reste du monde.

 Les entreprises résidentes effectuent des achats à l’étranger et


produisent aussi bien pour la marché intérieur que pour l’exportation.

 Enfin les marchés financiers internationaux se développent, de même


que les activités de collecte et de prêt des institutions financières.
Rappel:

On peut représenter les principaux flux entre agents résidents


et non résidents de la façon suivante:
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
1. La croissance économique, les indicateurs et les facteurs :
La croissance économique peut se définir comme « un accroissement durable de sa
dimension, accompagné de changements de structure et conduisant à l’amélioration
du niveau de vie ».
Elle peut être défini aussi comme « Une augmentation soutenue pendant une
période longue de la production de biens et services. Elle peut être mesurée par le
taux de croissance en volume du PIB sur du long terme ».
A. Les indicateurs de la croissance économique:
a. Les indicateurs de dimension et de structure:
Pour rendre compte du changement de dimension d’une économie, on a très
souvent recours à des agrégats permettant de mesurer l’évolution de l’ensemble des
productions tels que le PIB (Produit Intérieur Brut) ou le PNB (Produit National
Brut).
les économistes préfèrent utiliser le PIB en volume comme indicateur de la
croissance. Le taux de croissance se définit alors comme la variation relative du PIB
en volume d’une année sur l’autre .
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

Pour rendre compte d’une modification des structures d’une économie, on


retiendra que la croissance économique s’accompagne très souvent d’une
nouvelle répartition des activités par secteur et par région.
Ainsi, même un taux de croissance élevé du PIB peut cacher la baisse de certaines
productions et le déclin de certaines régions.

Evolution de la structure économique au cours de la croissance

Nouvelle répartition sectorielle des activités Nouvelle répartition géographique des activités

On constate que les parts relatives de la production agricole, industrielle, de la répartition des activités entre la ville et la campagne,, entre les
services marchands ou non marchands dans le PIB évoluent régulièrement. régions elles-mêmes, évolue.
Le calcul de la production agricole, industrielle, de services... Permet de Le calcul du PIB par région et de son taux de croissance permet
rendre compte de cette évolution. ainsi d’indiquer l’évolution des déséquilibres régionaux.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

b. Les indicateurs de progrès économique:


Parmi les indicateurs économiques les plus important pour apprécier
le niveau de vie d’un pays, on peut rapporter:
Le PIB à la population totale, on obtient ainsi le produit par tête (ou
encore revenu moyen par habitant).
Le PIB à la population active occupée on obtient de cette façon la
productivité moyenne du travail.

Mais, L’augmentation du PIB par tête n’est pas toujours synonyme de


progrès. Elle peut en effet s’accompagner d’une dégradation des
conditions de vie (pollution, dégradation de l’environnement,...), des
équipements collectifs ou encore d’une aggravation des inégalités et de
l’exclusion.
C’est pourquoi, le programme des Nations Unis pour le
développement calcule depuis 1990, un Indicateur pour le
Développement Humain (IDH). Ce dernier prend compte les facteurs
suivants:
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

L’IDH prend en compte trois série de facteurs

le niveau de santé le niveau d’éducation le niveau de revenu moyen


obtenu à partir du PIB par habitant corrigé par la
représenté par le niveau d’espérance de appréhendé par le taux d’alphabétisation non-prise en
vie et le nombre moyen d’années d’études compte des revenus les plus élevés. ..

B. L’influence respective des différents facteurs de la croissance:


a. L’utilisation des fonctions de production:
Comme vous le savez, la production d’une entreprise est réalisée grâce à un
certains facteurs de production (Capital et Travail notamment): La quantité
produite (Y) est fonction des quantité de facteurs travail (L) et de capital (K)
utilisées, selon la relation suivante:

Y= f(K,L)
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

En transposant cette analyse microéconomique sur le plan macroéconomique, certains


économistes on mesuré les variations sur une langue période des quantités et de la
qualité des facteurs utilisées afin de pouvoir calculer (à l’aide d’une fonction de
production) l’augmentation du PIB que de telles variations auraient dû produire.
La mesure de la variation de la quantité et de la qualité des facteurs exige que soient
prises en compte de nombreuses variables:

Mesure de la variation des quantités et de la qualité des facteurs

Facteur travail: Facteur capital:


- Les variation de la quantité de travail résultent:
- des de la populations active occupée;
- des migrations intersectorielles de la main-d’œuvre; - Les variation de la quantité de capital résultent:
- des variations de la durée du travail; - des variations de stock de capital
- Les variation de la qualité du travail sont liées à:
- des variations des taux d’utilisation (capital en activité par rapport au capital total)
- l’âge moyen;
- le niveau d’instruction; - des variations de la durée d’utilisation du capital (C, M ou long terme)
- l’intensité du travail - des variations de la qualité du capital sont liées à son âge.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

Les économistes considèrent que même en tenant compte des quantités


des facteurs utilisés et de leurs qualités, une partie de la croissance reste
inexpliquée, c’est ce qu’ils appellent: le résidu inexpliqué.

b. L’importance du progrès technique et organisationel:


Résidu inexpliqué peut s’expliqué par un phénomène connu en économie
qui est: les économie d’échelle qui s’observe dans de nombreuses
branches (automobile, aéronautique, électronique…)

Réalisation La
de la production
Baisse du
production augmente
coût
sur une plus plus vite que
unitaire les quantités
grande
échelle de facteurs
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

Pour l’essentiel, le facteur résiduel de la croissance économique est lié à


l’existence du progrès technique que l’on peut définir au sens large comme
le progrès technologique mais aussi le progrès en matière d’organisation:

Le progrès technique

Le progrès technologique Le progrès dans l’organisation


- Du système productif dans son ensemble:
- La mise au point de produit nouveaux: - orientation
- pour la consommation intermédiaire - spécialisation
- pour la consommation finale
- De l’entreprise:
- la gestion
- l’utilisation de nouveaux procédés de fabrication - L’organisation du travail
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

Le rôle du progrès technique dans la croissance :


CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

c. La théorie de la croissance endogène:


Pour les tenants de la théorie de la croissance endogène, le progrès technique ne
tombe pas du ciel. La croissance est ainsi assimilée à un phénomène autoentretenu
par accumulation de quatre facteurs principaux : la technologie, le capital
physique, le capital humain et le capital public. Le rythme d’accumulation de ces
variables dépend de choix économiques, c’est pourquoi on parle de théories de la
croissance endogène.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

d. Le rôle des institutions:


Selon Douglas North, les institutions désignent les règles, qu’elles soient formelles ou
informelles, qui régissent les interactions (relations) humaines.
Les penseurs de l’école Institutionnelle considèrent que la qualité des institutions
incite les agents à adopter des comportements favorables à la croissance. Cette
dernière dépend de la qualité de la gestion des affaires publiques (poids de la
réglementation, existence d’un état de droit et absence de corruption), de la protection
des droits de propriété et des limites imposées aux dirigeants politiques.
Les bonnes institutions, en alimentant notamment la confiance, stimulent, le travail,
l’investissement, les échanges et le progrès technique.

Pour le auteurs de cette école, La corruption est tout particulièrement nuisible à la


croissance économique. D’une part, elle réduit la confiance des agents et accroît
l’incertitude à laquelle ces derniers font, D’autre part, les agents devront s’acquitter
de pots-de-vin, c’est-à-dire sacrifier de l’argent, du temps et d’autres ressources qu’ils
auraient pu utiliser pour consommer, produire, investir, innover, etc.
Le risque est qu’une petite minorité dirigeante contrôle le pays et détourne une large
part des richesses, à son propre profit.

Dans tous les cas, il y a un gaspillage des ressources. L’Etat lui-même perd des recettes
qu’il aurait pu utiliser pour améliorer les infrastructures, les services publics, etc.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

2. Les fluctuations rythment la croissance économique:

l'activité économique n'est pas linéaire: elle s’effectue à un rythme variable, parfois même
elle s’interrompt et le PIB peut diminuer d’un période à une autre.

Les économistes contemporains désignent par fluctuation économique : l’ensemble des


mouvements de ralentissement ou d’accélération du rythme de la croissance économique.
Le repérage des fluctuations s’opère grâce à des séries statistiques qui portent sur le
volume de la production, les prix, le chômage, le niveau des stocks, les carnets de
commande des entreprises, etc.

Cependant, il faut distinguer entre:

 Les mouvements d’expansion et de récession qui ne dure que quelques mois ou


quelques année, que l’on peut désigner sous le nom de fluctuations conjoncturelles.

 Les fluctuations de langue période qui sont ponctuées de grandes crises du type de
celle de 1929 ou de 2008.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

A. Les fluctuations conjoncturelles:


De nombreux économistes ont insisté sur la régularité que semblent
marquer les fluctuations économiques, régularité qui conduit à l’idée de
cycles dans les mouvements économiques.
On parle de cycle économique lorsque les fluctuations se reproduisent à
intervalle régulier.
Les cycles peuvent être périodiques (ex: les ventes de certain produits
augmentent à l’approche des périodes des fêtes), ou saisonniers (ex: les
cycles agricoles), ou encore de cycles qui affectent l’ensemble de
l’économie à cours terme tel que les cycles de Kitchin ou à moyen terme
tel ceux de Juglar:
a. Cycles de Kitchin: c’est des cycles court de 40 mois en moyenne
appelées aussi cycles mineurs, découvert par Kitchin en 1923 et qui
s’explique par la variation des stocks des entreprises: hausse en
période d’expansion, baisse en période de récession.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

b. Le cycle Juglar:
C’est un cycle d’une durée moyenne de 8,5 ans (entre 6 et 10 ans) appelé aussi cycle
majeur, mis au point par l’économiste Clément Juglar en 1862.
Juglar montra que l’activité économique est constituée d’une succession de phases :
l’expansion, la crise, la dépression et la reprise, qui s’expliquent par les facilités de
crédit accordé aux entreprises par les banques en période d’expansion provoquant un
surinvestissement.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

B. Les fluctuations de langue durée ou les crises:


L’analyse des rythmes longs de l’économie est le plus souvent menée en termes de mutations
technologiques ou mutations du système économique.

a. Les cycles longs « Kondratiev »:


En 1922 que l’économiste N.D Kondratiev met en évidence l’existence de mouvements longs et
concordants des prix et de la production (cycle d’une durée moyenne de 50 ans environ). A ces
variations de prix correspondaient des variations de même sens des profits et de l’activité
économique. Schumpeter a désigné ces ondes longues du nom de « cycle kondratiev » ou plus
simplement de Kondratiev.

Le cycles de Kondratieff de 50 ans se déroule en 2 phases:

 Une phase « A » ascendante de croissance d’environ 25 ans, liée à la mise en œuvre d’une ou
de plusieurs grandes innovations : exemple de la machine à vapeur (1780 - 1810/1817), du
chemin de fer et de l’acier (1844/1851), (1870/1875), de l’électricité, du moteur thermique et
de la chimie (1890/1896), (1914/1920). Les innovations majeures donnent naissance à des
branches motrices, elles sont à l’origine de vagues d’innovations ou de grappes d’innovations
qui sont copiées par les entrepreneurs en dehors même des branches d’origine. Elles sont en
effet l’occasion de profits supplémentaires et elles déclenchent de nombreux investissements.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

 Suivie d’une phase « B » descendante de dépression de la même durée, qui


succède à la phase ascendante lorsque les branches motrices liées aux
innovations principales arrivent à maturité ou entrent en déclin et lorsqu’il
n’y a plus de possibilités nouvelles d’exploitation de ces innovations.
Il n’y a donc au cours de ces phases une raréfaction des occasions
d’investissement et de profit tandis que la concurrence entre les entreprises se
fait de plus en plus destructrice.
trois Kondratiev ont été ainsi repérés dans l’histoire du capitalisme jusqu’à
la seconde guerre mondiale :

PHASE A PHASE B
1er Cycle 1789/1793 1816
1816 1847
2e Cycle 1847 1873/1874
1873/1874 1896
3e Cycle 1896 1920
1920 1945/1945
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

Les spécialistes distinguent trois révolutions industrielles:


Energies Inventions Industries Transport/ Organisation
communication de la
production

1 ère Charbon Machine Sidérurgie, Chemin de Machine


révolution coke à vapeur textile Fer usine
Industrielle Machine à télégraphe
Fin du 18ème tisser
siècle

2ème Pétrole Moteur à Pétrochimie Automobile (ost)


révolution électricité explosion électrique Avion Taylorisme/
Industrielle Lampe téléphone fordisme
Fin du 19ème
siècle

3ème Energie Numérique Ordinateur Conteneur Toyotisme


révolution renouvelable 0.4 Informatique internet
Industrielle Téléphonie Flexibilité
Fin du 20 ème
mobile
siècle
innovations en
finance

Cours d'économie générale 19/10/2019 48


CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

3. panorama des crises économiques:


Périodes Caractéristiques Mécanismes

Précapitalisme Crises de sous- Un choc exogène comme une mauvaise récolte engendre une sous-production
agricole et une forte hausse des prix. La spéculation donc dans notre exemple, le
(Avant 1500) production stockage du blé dans l’attente de la hausse des prix, la faiblesse des moyens de
(crises agricoles) transports aggrave la crise. La baisse du pouvoir d’achat se répercute dans les
secteurs artisanaux et industriels.

première moitié crises mixtes Si la crise naît dans le secteur agricole, elle a des conséquences plus marquées
sur le secteur industriel, qui s’est développé avec la 1 ère Révolution industrielle.
du XIX siècle
Capitalisme crises de surproduction La crise naît dans le secteur industriel souvent dans des secteurs exigeant de
lourds investissements comme les chemins de fer. Les facilités de crédit et la
industrielle hausse des valeurs mobilières provoquent un surinvestissement. L’effondrement
des valeurs mobilières provoquent le retournement du cycle.

La grande crise de surproduction L’ampleur de la crise, sa brutalité et sa durée ont marqué le monde
contemporain. Elle débute par le jeudi noir aux EU : le krach boursier. Elle se
dépression industrielle et crise propage dans le monde entier par les flux de capitaux et le commerce
1929-1939 structurelle. international. La crise est en outre structurelle si bien qu’elle implique une
transformation du système capitaliste et l’instauration d’un Etat providence
pour renouer avec la croissance.

1973-1974 et Crise Les fortes hausses du prix du pétrole engendrent une accélération de l’inflation,
un net ralentissement de la croissance, une montée du chômage. C’est la
1979-1980 multidimensionnelle stagflation. S’ouvre une période de croissance plus faible que celle des 30
glorieuses dans les pays développés.

A partir des crises financières et A partir des 80s, la libéralisation financière, la constitution d’un marché
financier mondial s’accompagnent d’une série de crises financières récurrentes
années 80. crises systémiques ? dont la dernière est celle des subprimes de 2008-2009. Ces crises posent la
question de la régulation financière.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

4. L’interprétation théorique des crises:


a. Crises d’Ancien Régime: crises de sous-production
Appelées aussi crises préindustrielles ou précapitalistes, elles sont des
crises de sous-production agricole liées aux conditions naturelles
(sécheresse, inondations, les parasites…) qui affectent les récoltes et
engendrent des pénuries alimentaires et provoquent la montée des prix,
les famines (disettes) et la surmortalité.
Les crises d’ancien régime s’expliquent par:
b. les conditions climatiques et les alias de la nature, ce qui marque la
dépendance de l’homme vis-à-vis de la nature vue la part très élevée
de l’agriculture dans l’activité économique;
b. Les faibles capacité de production et de stockage des richesses
produites;
c. Une incitation à la spéculation par les agents économiques ce qui tend
à aggraver la pénurie.
d. Les manipulations monétaires qui provoquent des dévaluations de la
monnaie et aggravent la hausse des prix
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

Les crises d’Ancien Régime:


CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

b. Les crises modernes: crises de surproduction


Appelées aussi crises industrielles ou crises du capitalisme, elles ne sont pas des
crises d’offres, au contraire ce sont des crises ou l’appareil productif produit
une masse croissante de marchandises qui ne trouvent pas d’acheteurs, ce qui
provoque successivement une crise globale de surproduction.

Comment la théorie économique explique les crises modernes?


i. L’explication de l’école libérale:
Aux yeux des économistes de l’école classique qui dominent la pensée
économique de la première moitié du XIX siècle, les crises apparaissent
comme des accidents de nature conjoncturelle puisque les marchés
s’autorégulent automatiquement (la loi de Say).

Selon cette loi, L’offre crée sa propre demande car les revenus issus de la
production sont utilisés pour financer soit la demande des ménages
(consommation), soit la demande des entreprises (investissement). Il ne peut
donc y avoir de crise de surproduction, plus exactement, il ne peut pas y
avoir une production qui ne trouve pas de demande face à elle.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

La Loi des débouchées

Production
(offre)

Emploi

Profits Distribution de revenus Salaires


CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

A la fin du XIXe siècle, le courant dit marginaliste (l’école néoclassique: Stanley Jevons,
Carl Menger, Léon Walras) continuera à entretenir cette idée.
Ainsi, dans le modèle néoclassique, l’équilibre est automatique et la crise est
logiquement impossible. Les déséquilibres observés ne peuvent provenir que de facteurs
exogènes venant entraver le libre jeu de marchés supposés autorégulateurs. D’où la
condamnation par les économistes néoclassiques de la plupart des interventions
publiques.

En résumé, pour les économistes libéraux:


 Les marchés s’autorégulent automatiquement et lorsque les conditions de la
concurrence sont respectées, l’allocation des ressources par le marché est
efficiente et la distribution des revenus est optimale;

 Les crises sont des crises de l’offre dues à l’excès des coûts de production résultats
de salaires trop élevés ainsi que de charges sociales et fiscales trop lourdes.

 Les déficits publics provoquent la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt. Les
décisions changeantes en matière de politique monétaire accentuent l’instabilité de
l’économie.

 Les réglementations portant atteinte aux lois de la concurrence (salaire minimum


ou monopoles des services publics...) retardent les ajustements nécessaires.
CH 3: Croissance, Fluctuations et Crises économiques

ii. L’explication de l’école Marxiste:


Pour les marxistes, Les crises sont le produit des contradictions
internes du capitalisme.
Karl Marx (Le Capital, 1867) considère que l’économie capitaliste est
condamnée en raison de ses contradictions internes : en voulant lutter
contre la baisse tendancielle du taux de profit, les capitalistes
accumulent du capital et renforcent la concurrence, ce qui paupérise
les membres du prolétariat tout en augmentant sa taille dans la
société; mais cette paupérisation et cette croissance du prolétariat
font pression à leur tour sur le taux de profit.
Les capitalistes peuvent apporter des réponses « momentanées » à la
baisse du taux de profit (par exemple en augmentant le surtravail).
Elles provoquent des cycles économiques et donc des crises
industrielles et financières. Mais ces réponses ne peuvent être que
temporaires tant les contradictions internes sont fortes :
le capitalisme est donc condamné à disparaître.
Marx et les crises du capitalisme