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3ème Année Génie Civil Technique et règles de construction

Chapitre 3: Ouvrage métalliques et mixtes

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Chapitre 3: Ouvrage métalliques et mixtes


3.1. Différents modes d’assemblage

Les assemblages actuellement utilisés en construction métallique peuvent être classés en


deux grandes rubriques :
 ceux qui permettent la transmission d’efforts par contact mécanique, que nous rassemblons
sous la dénomination d’assemblages mécaniques ;
 ceux qui assurent une continuité du métal aux joints et qui consistent en divers procédés de
soudage (toujours autogène). Des procédés faisant intervenir une cohésion entre matériaux
hétérogènes (brasages, collages, etc.) ne sont pas actuellement utilisés, sinon
expérimentalement, en construction métallique.
 Le premier type de procédés, dits mécaniques, présente, en général, l’avantage d’une
démontabilité facile (boulons) ou un peu moins facile (rivets), avec récupération intégrale des
composants initiaux ; par contre, ils conduisent le plus souvent à des concentrations d’efforts
au droit des contacts mécaniques, qui obligent souvent à étaler l’assemblage avec
interposition de pièces annexes (couvre-joints, cornières, fourrures, etc.) qui alourdissent
sensiblement l’ossature et peuvent présenter des inconvénients pour les liaisons avec d’autres
séquences de composants (second-œuvre, équipement, etc.) ou pour l’exploitation. Nous
examinerons ci-après, pour chaque procédé, les conditions et les problèmes spécifiques à la
construction métallique, en renvoyant pour les détails aux articles traitant d’une manière
globale de chacun d’eux.
3.2. Modes de transmission des efforts.

Déformations
On peut aussi distinguer les différents procédés d’assemblages d’après le mode de
transmission des efforts et les déformations en résultant, en deux catégories.

 Assemblages avec déplacements

C’est le cas des assemblages mécaniques par contact (rivets, boulons ordinaires, certains
rivets à froid ou rivelons ), lorsque celui-ci se produit après un déplacement égal au jeu
entre les pièces d’assemblage et les trous, plus une certaine ovalisation de ceux-ci.
Ce jeu peut être de 1 à 2 mm dans le cas des boulons. Les procédés de cette catégorie ne
pourront être employés que si de tels déplacements sont acceptables, soit une fois lors de la
première mise en charge si les efforts sont toujours de même sens, soit de manière
alternative si les efforts peuvent changer de signe.
 Assemblages sans déplacements
D’autres procédés assurent des transmissions d’efforts sans déplacements, ou avec des
déplacements extrêmement réduits. C’est le cas des assemblages mécaniques par
frottement (boulons HR) et des soudages.

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3.3. Combinaison de procédés différents dans un même assemblage


La distinction précédente (§ 1.2) permet, en principe, d’indiquer si deux procédés peuvent
être utilisés dans un même assemblage, de sorte que leurs résistances puissent être
cumulées. Il n’en sera ainsi que si tous deux agissent sans déplacement. Par exemple, les
Règles CM 66 (art. 4.013) n’autorisent cette combinaison que pour les soudures et les
boulons HR. Cependant, on peut employer des procédés différents dans un même
assemblage si chacun d’eux est capable de transmettre un type d’effort particulier sans que
les déplacements correspondants troublent le fonctionnement des autres procédés
(exemples dans les règles CM 66 – commentaires 4.013).

3.4. Procédés mécaniques

Les procédés mécaniques actuellement utilisés en construction métallique sont :

 le portage ou appui direct ;


 le rivetage à chaud ;
 le boulonnage ordinaire et ses dérivés (vis, goujons) ;
 le boulonnage HR, à serrage contrôlé ;
 le rivetage à froid (rivelons) ;
 des procédés divers exceptionnels : axes, crapauds, clavetages, grains, etc.

3.4.1. Portage ou appui direct


La plupart des procédés mécaniques énumérés ci-avant font appel à la transmission
d’efforts par portage, mais par l’intermédiaire de pièces d’assemblage conduisant à une
concentration des efforts sur de petites surfaces d’appui. Par contre, il est quelquefois
possible de transmettre des efforts normaux (de compression) par portage sur toute la
surface ou une grande partie de la surface de la section, par exemple (figure 1) à un joint de
poteau, s’il est toujours comprimé, directement ou par une platine d’appui (figure 2).

Figure 1 – Portage ou appui direct Figure 2 – Appuis

La transmission d’efforts se faisant directement, la surface d’appui détermine une


contrainte moyenne :

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σ = N/ω eq 1.1

Avec :
N effort normal à transmettre ou réaction d’appui, ω aire de la surface d’appui
On vérifie que cette contrainte est inférieure à la contrainte de comparaison (c’est-à-dire la
limite d’élasticité du métal, si l’on est en charges pondérées, pour l’appui acier sur acier).

En général, l’appui direct est complété par un autre mode de liaison (couvre-joints boulonnés
ou soudures) assurant le maintien latéral des pièces l’une par rapport à l’autre ; ces pièces
secondaires n’interviennent pas dans la transmission de l’effort normal de compression.
Elles seraient par contre sollicitées en cas de renversement (changement de signe) de l’effort,
ou pour transmettre un effort transversal. Dans le cas d’un excentrement de l’effort normal N,
la transmission par portage peut encore se faire, tant que N reste à l’intérieur du
noyau central de la section :

 soit en réduisant la surface d’appui à une petite surface autour du point d’application de
l’effort N (figure 3a ) ;
 soit sur toute la section, ce qui conduit à une répartition non
uniforme des contraintes (figure 3b ).

Figure 3 – Appuis dans le cas d’un excentrement de l’effort normal.

3.4.2. Rivetage à chaud


Ce procédé consiste à introduire un rivet d’acier porté à température de forgeage blanc
clair (environ 1 200 °C) dans les trous préparés dans deux pièces plates à assembler (figure 4)
et à en forger la deuxième tête à l’aide d’une bouterolle, ou par une presse hydraulique ou
pneumatique (article Agrafage. Sertissage. Rivetage [B5 535] dans le traité Génie
mécanique). La charpente métallique utilise principalement les rivets pleins à tête ronde, plus
rarement les têtes fraisées ou à goutte de suif, pour en réduire l’encombrement ; les diamètres
courants vont de 8 à 24 mm (tableau 1). On peut utiliser des rivets de diamètres
immédiatement supérieurs ou inférieurs à ceux désignés par le tableau, sous réserve de
vérifier les conditions de transmission d’effort suivantes.

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Tableau 1 – Diamètres normaux des rivets et boulons et profils associés


(suivant Règles CM 66, art. 14, 101)
Diamètre des Épaisseur des Largeur d’aile Numéro du profil
Hauteur des ailes
rivets et boulons tôles et âmes des cornières des ailes de
de fers U (mm)
(mm) (mm) (mm) poutrelles H
8 2 30
10 3 35
12 4 40-45 80
14 5 50 100 à 130 10 et 12
16 6 60 140 à 160 14
18 7 70 175 et 180 15 et 16
20 8 80-90 200 et 220 18
22 10 à 14 100-120 240 à 300 20 à 24
24 > 14 > 120 ..................... >2

 Condition de pression diamétrale (Règles CM 66, art. 4, 102-3):


eq 1.2
 Condition de pince longitudinale (Règles CM 66, art. 4, 101-2) :

eq 1.3
Avec
T : Effort total pondéré de cisaillement d’un rivet par une pièce d’épaisseur e
: Limite d’élasticité de l’acier des pièces assemblées.
: Pince longitudinale (figure 4), d diamètre du trou.

Figure 4 – Pinces et espacements normaux des rivures et boulonnages


(pour la pince longitudinale, voir aussi limite inférieure § 3.4.2)

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Ces vérifications doivent être faites, en tout état de cause, pour les faibles épaisseurs. On se
reportera au détail des Règles CM 66 (art. 4.1) et des commentaires correspondants. La
condition générale de calcul vérifie la résistance au cisaillement du rivet. Dans le cas le plus
courant, les rivets sont sollicités uniquement par des efforts situés dans le plan de
l’assemblage, donc perpendiculaires aux axes des rivets ; on dit alors que ceux-ci sont
sollicités au cisaillement. Dans le cas exceptionnel où l’effort F appliqué au rivet présente une
composante non nulle parallèle à l’axe du rivet, on dit qu’il est de plus sollicité à l’effort
normal, ou par la tête. Dans tous les cas, les Règles CM 66 imposent une règle unique de
vérification :
eq 1.4

limite d’élasticité de l’acier des pièces assemblées,
F effort pondéré par rivet, quelle que soit son orientation,
A (mm2) section de calcul du rivet, qui dépend de l’épaisseur totale des pièces
assemblées :

Il convient, en outre, de vérifier la résistance des pièces assemblées, en considérant en


traction la section nette (trous déduits) la plus défavorable (Règles CM 66, art. 3.1).

3.4.2.1. Précautions spéciales au rivetage et contrôles


La mise en œuvre exige une température de forgeage correcte pour obtenir un bon
remplissage des trous ; celui-ci est contrôlé au son en frappant la tête du rivet posé avec un
marteau, qui doit produire un son plein et non des vibrations sensibles sur la tête opposée.

L’exécution des trous doit de plus :

 conduire à un bon alignement des trous des pièces à assembler, soit par la précision des
perçages, soit par un alésage sur le site (procédé coûteux) ;
 éviter des amorces de fissures et un écrouissage incompatibles avec les sollicitations ;
en pratique courante, cela revient à s’interdire le poinçonnage pour des pièces
d’épaisseurs supérieures à 14 mm (dans l’acier E 24) ou bien à usiner un avant-trou
poinçonné par un alésage complémentaire (ces précautions sont indispensables pour
les assemblages sollicités en fatigue ou soumis à des efforts dynamiques importants).

3.4.2.2. Nature d’aciers

Les rivets sont en acier d’une nuance compatible avec celle des pièces assemblées, en général
un peu plus doux (avant pose) : A 37 R ou A 42 R pour aciers de base E 24 ou E 36
respectivement (norme NF A 35-075). Le calcul suivant les Règles CM 66 est malgré tout
basé sur une limite d’élasticité égale à celle du métal de base, en tenant compte de
l’écrouissage obtenu systématiquement lors de la pose.

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3.4.3. Boulons ordinaires


On se reportera à l’article Assemblages par éléments filetés. Calcul [B 5 560] dans le traité
Génie mécanique et aux normes NF E 27-314, E 27-315, E 27-410, NF E 27-411.

3.4.3.1. Description et principe

Le boulon comporte deux pièces : la vis et l’écrou, et quelquefois (rarement en


ossature) une rondelle (figure 5). La tête de la vis et l’écrou sont généralement
hexagonaux (tête et écrou 6 pans), d’où la désignation courante : boulons TH (tête
hexagonale). Exceptionnellement, on utilise la tête fraisée, pour obtenir une face
d’assemblage sans aspérités (figure 6). Le boulon ordinaire (ou boulon brut ou boulon
noir ) est placé dans des trous d’un diamètre supérieur de 1 à 2 mm au diamètre nominal
du boulon, ce qui procure un jeu de réglage ; ce jeu peut être réduit dans les cas où l’on
désire réduire les déplacements relatifs des pièces. Il peut même être réduit à quelques
dixièmes de millimètre en utilisant des boulons tournés (d’une plus grande précision) et
des trous alésés après montage ou présentation en usine (montage à blanc ) des pièces à
assembler : on parle alors de boulons pleins-trous, ou calibrés, utilisés pour des
assemblages sans déplacements, ou encore pour une présentation précise automatique
des pièces, évitant les réglages au chantier.

Figure 5 : Boulons courants en construction Figure 6 : Boulons bruts tête fraisée (symbole )
métallique

Remarque : la position de chaque boulon dans les trous étant aléatoire, les différents boulons d’un
assemblage n’entreront que successivement en fonctionnement mécanique ; la répartition des efforts
entre eux ne sera donc pas uniforme. Cependant, aux charges limites, une adaptation du métal
(empreintes aux bords des trous et sur le corps des boulons) permet cette uniformisation, de sorte que
la répartition prévue par le calcul est alors atteinte. Ce phénomène est confirmé par les essais, tant que
les aciers sont capables d’adaptation (caractéristiques d’allongement) et que les charges sont statiques.

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Le calcul s’effectue suivant la formule générale :

eq 1.5

Avec F Valeur de l’effort pondéré sollicitant un boulon à la traction, ou un plan de


cisaillement d’un boulon au cisaillement (figures 7 et 8).
Ar section résistante du boulon (figure 5) (c’est-à-dire la section à fond de filet, sauf au
cisaillement lorsque le plan de cisaillement passe dans la tige lisse de la vis : c’est
alors la section A de la tige lisse).

Limite d’élasticité de l’acier du boulon,
K coefficient dépendant du mode de sollicitation (K = 1,25 à la traction et K = 1,54 au
cisaillement).

Figure 7 – Fonctionnement au cisaillement Figure 8 – Fonctionnement en traction (ou


des boulons par la tête) d’un boulon

En cas de sollicitations simultanées à la traction (effort N ) et au cisaillement (effort T ), on


vérifie, outre les formules précédentes envisagées séparément :


eq 1.6.

En cisaillement, on doit d’autre part contrôler la pression diamétrale sur la pièce assemblée la
plus mince (d’épaisseur e ) suivant :

eq 1.2

Avec T effort de cisaillement sur un boulon,


d diamètre du trou du boulon,
e épaisseur de la pièce la plus mince,

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Nota : cette vérification n’est pas nécessaire pour les pièces d’épaisseur supérieure à d/6 en
cas de cisaillement simple et d/3 en cas de double cisaillement.

3.4.3.2. Précautions spéciales

Pour les dispositions constructives (espacement des boulons, épaisseur totale des
assemblages), on se reportera aux Règles CM 66 (art. 4. 10) et pour les conditions générales à
la figure 4. On se reportera également à ce qui a été dit pour les rivets concernant le
poinçonnement des trous (§ 2.2.2).

3.4.4. Boulons HR précontraints ou à serrage contrôlé

On se reportera à l’article Assemblages par éléments filetés. Calcul [B 5 560] dans le traité
Génie mécanique.

3.4.4.1. Description et principe de fonctionnement

Les boulons HR précontraints ou à serrage contrôlé sont de formes et de dimensions normalisées (norme NF E 27-711)
voisines des boulons ordinaires, mais transmettent les efforts de cisaillement de manière différente : la précontrainte de
traction du boulon, obtenue par un serrage contrôlé à la clé dynamométrique, assure cette transmission par frottement
des faces en contact des pièces assemblées, suivant la formule générale du frottement :
T = N eq 1.7
avec T effort transversal limite de non-glissement,
 coefficient de frottement,
N effort normal (de précontrainte axiale).

En construction métallique, l’effort de précontrainte est généralement obtenu par


serrage de l’écrou ou de la tête à la clé dynamométrique (figure 9) de manière à obtenir
la valeur :
N0 = 0,8σe Ar eq 1.8

σe limite d’élasticité de l’acier du boulon,
Ar section résistante en traction (c’est-à-dire à fond de filet).
La valeur du coefficient  dépend du mode de préparation des faces d’assemblage
 Avec simple brossage :........................................................  = 0,30 ;
 Avec grenaillage, sablage ou chalumeau spécial :......  = 0,45.

Nota : il est souvent possible d’obtenir des coefficients de frottement plus élevés, par
exemple sur des aciers E 36 (ϕ peut atteindre 0,60), mais il n’est autorisé d’en tenir
compte dans les calculs que sous le contrôle d’essais spécifiques.

Les peintures anticorrosion sont en principe à exclure sur les faces assemblées.

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Figure 9 – Loi du frottement et fonctionnement des boulons HR précontraints

3.4.4.2. Calcul des assemblages à boulons HR

Les efforts pondérés admissibles par boulon (et par plan de cisaillement dans les sollicitations
au cisaillement) sont :
 cisaillement seul :Ta = 1,1N0 ;
 effort normal de traction seul : Na = N0 ;
 combinaison simultanée des deux sollicitations :
Ta= 1,1 (N0 – N )²
 pression diamétrale :

Avec d diamètre du trou,


e épaisseur de la pièce la plus mince,
σe limite d’élasticité du métal de la pièce.

3.4.4.3. Précautions spéciales et contrôles

Les boulons HR doivent être posés avec interposition d’une rondelle spéciale au moins (entre
l’écrou et la pièce et généralement sous la tête) en acier cémenté. Ils sont en France de deux
types (normes NF E 27-701 et NF A 35-556).

Limite de résistance à la
Limite d’élasticité e
Type de boulon rupture r
(MPa)
(MPa)
HR 10-9 1 000 900
HR 8-8 800 640

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Les clés dynamométriques doivent être étalonnées périodiquement ; les couples de


serrage sont indiqués par le fabricant des boulons et doivent être portés sur les documents de
chantier. Les surfaces d’assemblage sont préparées suivant les conditions de calcul, le moins
longtemps possible avant l’assemblage. Pour les assemblages qui comportent un grand
nombre de boulons, l’ordre de serrage définitif doit être étudié de manière à obtenir une bonne
répartition des serrages.

Le contrôle se fait normalement par surserrage, la clé réglée à la limite théorique, on ne doit
pas pouvoir faire tourner la tête ou l’écrou de plus de 10o sans dépasser cette limite. Les
boulons HR peuvent être démontés et réutilisés, mais avec un couple de serrage moins élevé
(consulter le fabricant). Il faut absolument éviter les surserrages importants, qui risquent de
faire atteindre ou dépasser la limite d’élasticité du boulon, ce qui entraînerait sa mise hors
circuit sans que cela soit toujours apparent.

Remarque : l’assemblage par boulons HR précontraints est un procédé très sûr : même dans
le cas où des charges appliquées exceptionnelles conduiraient à un glissement, les boulons
pourraient encore transmettre les efforts mécaniquement par portage, comme des boulons
ordinaires, en bénéficiant des caractéristiques améliorées de leur acier. C’est ce qui en fait un
excellent procédé de chantier, permettant des réglages, assurant normalement des liaisons
sans déplacements et procurant une sur sécurité à la ruine.

Les conditions d’espacement et de pinces des files de boulons HR sont les mêmes que
pour les boulons ordinaires ; toutefois, il n’est pas imposé de limitation maximale à
l’épaisseur des pièces.

3.4.5. Rivetage à froid. Rivelons


3.4.5.1. Principe et description
Le rivelon (huck-bolt en américain) est un rivet spécial posé à froid à l’aide d’un pistolet
pneumatique (figure 10). La tige comporte une tête A ronde, aplatie, un corps cylindrique
lisse C 1, un second corps cylindrique rainuré (et non fileté) C 2, un étranglement de
rupture E et une queue cylindrique rainurée Q. La bague de sertissage B est repoussée par
la bouterolle du pistolet qui tire en même temps sur la queue Q, accrochée par ses rainures.
Lorsque l’effort de pose est atteint, provoquant simultanément le sertissage de la bague sur
les rainures du premier corps C1 et le serrage des pièces, la rupture à l’étranglement E
détache automatiquement la queue Q. Les rivelons se distinguent facilement des rivets à
chaud par les formes des têtes et des dimensions nettement réduites. Ils sont posés à jeux
plus faibles, nécessitant une plus grande rigueur de perçage.

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Figure 10 – Rivelon

3.4.5.2. Fonctionnement et calcul

■ Les rivelons R 80, en acier XC 38, les plus courants, sont utilisés comme des boulons
ordinaires. Le serrage n’est pas suffisamment précis pour autoriser un calcul au
frottement, sans déplacement. On se reportera aux tableaux résultant d’essais spéciaux,
fournis par le fabricant, pour un calcul analogue à celui des boulons ordinaires.
■ Les rivelons C 50 L (dont les têtes sont marquées par 3 barres en étoile) sont en acier
XC 41 traité, d’une résistance minimale à la rupture de 910 MPa. Ils peuvent être utilisés
comme des boulons HR 8-8 (§ 2.4) et calculés de manière analogue, avec des efforts de
précontrainte résultant d’essais, suivant les tableaux fournis par les fabricants.
3.4.6. Autres procédés mécaniques
D’autres procédés d’assemblages mécaniques sont employés, plus rarement, en
construction métallique : axes, goupilles, crapauds, clames, vis (dans des trous taraudés
dans les pièces), grains d’appui, etc.
3.4.7. Boulons d’ancrage
Les boulons d’ancrage (ou de scellement) servent à solidariser les bases de composants
d’ossature avec les fondations, par adhérence dans le béton. Ils comportent une extrémité
filetée destinée à la fixation de la platine de base métallique par un écrou, souvent avec
contre-écrou pour éviter le desserrage, et une partie noyée dans le béton, présentant une
partie droite lisse et une extrémité de forme variable : crosses (analogues à celles des
armatures de béton armé, mais en général de rayon réduit) (figure 11) ; têtes marteaux,
enclenchées sur des chevêtres métalliques (figure 12a ) ; plaques de poinçonnement (figure
12b ).

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Figure 11 – Boulon d’ancrage à extrémité en forme de crosse.

Figure 12 – Boulons d’ancrage à tête marteau ou avec plaque de poinçonnement.

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3.4.8. Soudage
3.4.8.1. Procédés employés et domaines d’emploi
On n’utilise plus guère pour les assemblages d’ossatures que les procédés de soudage à l’arc
(article spécialisé Soudage à l’arc [B 7 730] dans le traité Génie mécanique) :
* soudage manuel, à électrodes enrobées ;
*soudage semi-automatique, sous gaz ;
* soudage automatique, sous flux solide ;
qui réalisent tous les joints par cordons déposés et les procédés de soudage par résistance
(par points ou par rapprochement), d’ailleurs plus exceptionnels.
Le soudage manuel utilise des baguettes (ou électrodes ) en fil d’acier enrobé ; cet enrobage
procure l’isolement de l’arc par rapport à l’atmosphère oxydante et, par la même occasion,
un traitement chimique du bain en fusion. Les électrodes sont marquées suivant
une symbolisation normalisée (NF A 81-309 ; figure 13). Les soudages semi-automatique
et automatique utilisent un fil nu se déroulant de manière continue, ce qui augmente
beaucoup la productivité et la régularité des cordons.

L’isolement du bain de fusion se fait dans le premier cas par un gaz (normalement du gaz
carbonique, en charpente métallique) et dans le second cas par une poudre déposée par gravité
au fur et à mesure de l’exécution du cordon. Le premier procédé peut être
effectué en toutes positions, à l’aide d’un pistolet manié par l’opérateur humain, d’où la
désignation semi-automatique (déroulement du fil et débit du gaz automatiques) ; le second ne
peut s’effectuer qu’à plat ou en gouttière, mais peut être entièrement automatique (poutrelles
reconstituées, par exemple). Ces deux procédés ne sont guère utilisables qu’en usine, à l’abri
du vent et des intempéries. D’ailleurs tous les procédés de soudage posent de graves
problèmes au chantier ; ils nécessitent beaucoup de précautions et de contrôles. C’est une
mauvaise habitude, de souder n’importe comment sur les chantiers, surtout pour de petits
cordons.
Pour les conditions de soudage, en particulier le choix des qualités d’acier, on se reportera à
l’article Aciers de construction. Caractéristiques et bases de choix [C 2 501] dans le présent
traité, à la rubrique Constructions métalliques dans le traité Génie mécanique et à l’article
Soudage et soudabilité métallurgique des métaux [M 715] dans le traité Matériaux
métalliques.

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Figure 13 – Marquage des électrodes (suivant norme NF A 81-309).

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Il est très important de souligner que la qualité d’un assemblage soudé ne dépend pas
uniquement de la qualité (soudabilité) de l’acier, mais de nombreux facteurs, parmi lesquels :
* la température ambiante au moment du soudage ;
* la température en exploitation de la construction ;
* la nature de l’électrode et de son enrobage ;
* les caractéristiques du courant électrique et leur régularité ;
*la complexité et les formes de l’assemblage ;
* les épaisseurs des pièces assemblées ;
* les formes et les ouvertures des préparations ;
* la nature des sollicitations en service (charges statiques, dynamiques, périodiques, etc.) ;
* la position de soudage et l’habileté du soudeur ;sans oublier un coefficient de sécurité qui
dépend de la nature et de l’importance du risque en cas de défaillance de l’assemblage.

3.4.8.2. Calcul des cordons


A. Cordons bout à bout
Les cordons bout à bout doivent toujours remplir entièrement les préparations, dans la
totalité de l’épaisseur des pièces assemblées (figure 14). Celles-ci pourront être
délardées (amincies progressivement) si les sections des pièces ainsi réduites suffisent à
la transmission des efforts maximaux : les joints soudés sont alors automatiquement au
moins équivalents et ne demandent aucune vérification de résistance.

Figure 14 – Joints bout à bout

B. Cordons d’angles (figure 15)


Les formules de vérification des cordons suivant les Règles CM 66 (art.
3.312) sont résumées sur la figure 16, sachant que :
σ, τ// et τ⊥ contraintes suivant les directions indiquées sur la figure 16 ;
σe limite d’élasticité du métal de base (pièce assemblée la plus faible) ;
α coefficient de réduction, fonction de l’épaisseur de gorge :

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α = 1 pour a ≤ 4 mm
α = 0,8 ) pour a ≥ 4 mm

Figure 15 – Joints d’angle

F effort appliqué à un cordon de longueur et de gorge a (la figure 16 l’indique


en traction, mais son sens n’importe pas pour le cordon).

Figure 16 – Formules de vérification des cordons d’angle


(suivant Règles CM 66, art. 3.312)

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On se reportera aux Règles elles-mêmes pour les cordons dissymétriques et


autres assemblages particuliers (attache des semelles d’une poutre en I sur
l’âme, d’une poutre en I sur un poteau, etc.).

3.4.9. Goujons soudés. Connecteurs


On peut souder directement des goujons par un courant continu qui provoque un arc entre
le goujon et la pièce réceptrice (figure 17). Le dispositif de pose comporte un pistolet
spécial et une bague en matériau réfractaire qui protège le bain de soudure. Les goujons
peuvent présenter des extrémités libres de formes diverses : simple filetage pour
boulonnage, tête cylindrique pour goujon connecteur, crochet ou queue de carpe pour
ancrage, etc.

Figure 17 – Goujons soudés

3.4.10. Références
 Constructions métalliques, Moyens d’assemblage, Louis FRUITET.

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Table des matières


Chapitre 3: Ouvrage métalliques et mixtes ............................................................................................ 1
3.1. Différents modes d’assemblage ................................................................................................... 2
3.2. Modes de transmission des efforts. .............................................................................................. 2
3.3. Combinaison de procédés différents dans un même assemblage ............................................ 3
3.4. Procédés mécaniques .................................................................................................................. 3
3.4.1. Portage ou appui direct ....................................................................................................... 3
3.4.2. Rivetage à chaud ................................................................................................................. 4
3.4.2.1. Précautions spéciales au rivetage et contrôles ........................................................... 6
3.4.2.2. Nature d’aciers ............................................................................................................ 6
3.4.3. Boulons ordinaires .............................................................................................................. 7
3.4.3.1. Description et principe ................................................................................................ 7
3.4.3.2. Précautions spéciales .................................................................................................. 9
3.4.4. Boulons HR précontraints ou à serrage contrôlé ................................................................ 9
3.4.4.1. Description et principe de fonctionnement .................................................................. 9
3.4.4.2. Calcul des assemblages à boulons HR ...................................................................... 10
3.4.5. Rivetage à froid. Rivelons.................................................................................................. 11
3.4.5.1. Principe et description .............................................................................................. 11
3.4.5.2. Fonctionnement et calcul .......................................................................................... 12
3.4.7. Boulons d’ancrage............................................................................................................. 12
3.4.8. Soudage ............................................................................................................................. 14
3.4.8.1. Procédés employés et domaines d’emploi ................................................................. 14
3.4.8.2. Calcul des cordons .................................................................................................... 16
3.4.9. Goujons soudés. Connecteurs ........................................................................................... 18
3.4.10. Références ......................................................................................................................... 18

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