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nsei9nement Supérieur REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE

et d« {a ~clierclie Scientifique Union- <Discipline- 'l'ravai{

Année académique : 2014/2015

l 'I\ Ei11,ITC
NANGUIABROGOUA

UFR des Sciences de laNatur


Laboratoire de Biologie etAmélioration des Productions Végérales

MÉMOIRE DE' MASTER PROTECTION DES VEGETAUX ET DE


L'ENVIRONNEMENT (PVE)
Thème

Microbouturage chez le poivrier [.Pt]Jer


nigrumL. (Piperaceae)] : Effet de deux
systèmes d'acclimatation sur quelques
paramètres agromorphologiques

Par: DJIWONOU Koffi Jean-Baptiste

Mémoire Soutenu le samedi 30 Janvier 2016 devant Je jury composé de :

Mr Y APO Angoué . . . . . . . . . .. . . . . . . . . .. Professeur Titulaire . . .. . . . . . . . . .. . . Président

Mme DOGBO Denezon Odette . . . . . . Professeur Titulaire . . . . . .. . . . . . .. . . Directrice scientifique

Mr KOUAKOU Tanoh F-Iilaire . . . Maître de Conférences Examinateur


TABLE DES MATIERES
REMERCŒMENTS iii

RESUME iv

LISIB DES SIGLES ET ABREVIATION v

LISTE DES FIGURES vi

LISTE DES TABLEAUX vi

INTRODUCTION 1

'J.REVUE BIBLIOGRAPl-IlQUE 3

1. Généralités 3

1.1. Origine et répartition géographique sur le poivrier 3

1.2. Systématique et botanique 3

1.3. M.orphologie du poivrier 4

1 .3 .1. Racines 4

1.3.2. Tiges 4

1.3.3. Feuilles 5

1.3.4. Inflorescence 5

1.3.5. Fruits 6

1.4. Ecologie 6

1.5. Culture du poivrier 7

1.6. Récolte 7

1 .7. Pays producteurs, importance et usage du poivre 8

1.8. Ravageurs et principale maladie du poivrier l0

1.8.l. Ravageurs 10

.l .8.2. Les maladies du poivrier 10

1.9. Multiplication végétative 10

1.9.1. Différents types de muJtiplication végétative artificielle 11

1.9.2. Avantages et inconvénients de la multiplication végétative 11


MATER1EL ET METHODES 13

2.1. Matériel 13

2.1.1. Matériel biologique 13

2.1.2. Matériels techniques et chimiques 13

2.2. Méthodes 14

2.2. l. Dispositif expérimental 14

2.3. Etude des paramètres agronomiques 16

2.3.1. Temps moyen de germination des boutures 16

2.3.2. Nombre moyen de feuilles 16

2.3.3. Taille moyenne des racines avant planting 17

2.3.4. Biomasse racinaire 17

2.4. Analyse statistique des résultats 18

RESULTATS ET DISCUSSION 18

3.1. Résultats 18

3.1.1. Temps de germination des boutures 18

3.1.2. Nombre moyen de feuilles 21

3. 1 .3. TailJe moyenne des racines avant planting 21

3.1.4. Biomasse racinaire 22

3.2. DISCUSSION 23

CONCLUSION ET PERSPECTIVE 24

BIBLlOGRAPJ-IlQUE 25

ANNEXE 28

ii
REMERCIEMENTS

Le travail qui a fait l'objet de ce mémoire s'est effectué au Laboratoire de Biologie et


Amélioration des Productions Végétales (LBAPV).

Ce travail a été réalisé sous la direction du Professeur DOGBO Denezon Odette. A ce


titre. je tiens surtout à exprimer ma profonde gratitude et mon infinie reconnaissance au
professeur DOGBO Odette. Elle a guidé mes premiers pas dans la recherche et m'a permis de
bénéficier de son expérience et de ses conseils.

Je tiens à exprimer toute ma reconnaissance à tout le personnel enseignant du


Laboratoire particulièrement aux Professeurs ATTA DIALLO Hortense, KOUAKOU Tanoh
Hilaire. KONE Mongomaké et YAPO Angoué pour leur soutien et Jeurs conseils ainsi que
tous les Maîtres Assistants et Assistants.
Je remercie également l'ensemble des enseignants de l'UFR Sciences de la nature et
de l'Environnement pour leur contribution à notre formation.

Je tiens également à exprimer ma reconnaissance au Docteur GOGBEU Seu Jonathan


qui a suivi ce travail. Son aide, ses conseils et sa sollicitude ont permis d'améliorer et de
finaliser ce document. Qu'il trouve ici l'expression de toute ma gratitude.
Je tiens à remercier Mlle DJIWONOU Ayabah Peggy et ma fiancée AGBODJA
Affiwa Victorine pour leur soutien matériel, financier et spirituel.
Grand merci à messieurs DIBI KOUADIO Honoré et ASSALE Yannick pour leur
soutien moral et financier, ainsi qu'à mes frères (KOUADIO Léonce. KOUASSI WA Yao
Roland. BAKO Allan Alex) et à toutes mes sœurs qui de près ou de loin m'ont soutenu dans
la réalisation de ce mémoire.
Un merci particulier à l'Amicale des Servants de Messe de la Cathédrale St Augustin
de Yamoussoukro pour leur soutien spirituel.

Et enfin. je remercie tous mes camarades de la promotion Master de la Protection des


Végétaux et de l'Environnement (M PVE) et ainsi que tous mes amis du Laboratoire qui de
part leurs conseils et leur coup de main ont contribué à la réalisation de ce présent mémoire.

iii
RESUME
Piper nigrum, généralement connu sous le nom de poivre noir est une plante dont les
fruits (fruits et graines) sont reconnus pour leurs vertus médicinale et aromatique. Ce qui peut
entraver sa multiplication par graines. Pour éviter à long terme son extinction, le bouturage
des rameaux orthotropes est le seul moyen efficace pour la multiplication de cette espèce. La
présente étude a été menée pour mettre au point une technologie permettant une meilleure
régénération des plants à partir des boutures. Pour ce faire, deux systèmes de culture de
boutures (culture sous tunnels et sous ombrière) et trois types de substrats (compost de sous
produits de ferme, terre arabe de forêt, mélange 1-1, des substrats précédents) ont été testés.
Les résultats obtenus ont montré que les plants produits sous tunnel dans le substrat compost
ont présenté les meilleures performances agronomiques (délai de germination. nombre de
feuilles et de racines, et longueur de racines) au bout des six mois de pépinière des boutures
du poivrier.
Mots clés: Piper nigrum, bouturage, substrat, système de culture

ABSTRAT

Piper nigrum, generally known under the name of black pepper is a plant whose fruits
(fruits and seeds) are recognized for their virtues medicinal and arornatic. This can obstruct
its multiplication by seeds. To avoid its extinction, the orthotropic braoch cutting is the only
effective means for the multiplication ofthis species. The present study was undertaken to
develop a technology allowing a better regeneration of the seedlings from the cuttings. With
th is intention, two farm ing systems of cuttings (conservatory and shade) and three types of
substrates ( compost of under products of farm, Arab ground of forest, mixes 1- t, of the
preceding substrates) were tested. The results obtained showed that the seedlings produced
under conservatory in the substrate compost presented the best agronomie performances
(germination time, numbers sheets and roots, and length ofroots) at the end of the six months
of nursery of the slips of the pepper plant.

Key words: Piper nigrum, cutting, substrat, farming systems

iv
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATION

CNRA : Centre National de Recherches Agronomiques


EC : Concentré Emulsionnable
Fig. : Figure
mL : Millilitre
Nbre :Nombre
NF : Nombre moyen de feuilles
NR : Nombre moyen de racines
pH : Potentiel hydrique
UV : Ultra-violet

V
LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Poivrier âgé de deux ans 5


Figure 2A : Fruits verts ou poivre vert 6
Figure 2B : Fruits secs ou poivre noirs 6
Figure 3 : Bouture de poivrier avec deux nœuds 13
Figure 4 : Pots remplis de substrat 15
Figure 5 : Plants sous tunnel l6
Figure 6 : Plants sous ombrière 16

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Principaux pays producteurs de poivre 8


Tableau Il : Influence des systèmes de culture sur le temps de germination 20
Tableau Ill: Influence des conditions de culture sur la production foliaire 21
Tableau IV : Influence des conditions de culture sur la taille des racines 21
Tableau V : Influence des conditions sur la biomasse racinaire du poivrier. 22

vi
INTRODUCTION

Le poivre est le fruit du poivrier (Piper nigrum L). Connu sous le nom de poivre noir
ou "black pepper "en anglais, le poivre est considéré comme Ja « reine des épices » en raison
de son usage dans l'industrie des épices et sa valeur marchande sur le marché international
(Ravindran et al., 2000; Srinivasan, 2007; Sasikumar el al., 2011). Il est originaire des
régions tropicales et subtropicales de l'Inde plus précisément de la côte ouest de Malabar de
l'état du Kerala (Nair et al., 2003 ; Khan et al., 2010). Le poivre a migré dans les autres
régions tropicales lors du commerce triangulaire avec les navigateurs (Maistre, 1964). Il a
gagné les côtes ivoiriennes par les colons français pendant la période de la colonisation.
Compte tenu de son importance comme épice et son usage multidimensionnel dans les
systèmes médicaux asiatiques (Scott et al., 2008), Je poivre a fait l'objet de plusieurs études
(Umit el al., 2008 ; Ahmad et al., 2011 ).
Depuis des siècles, les épices sont employées dans les systèmes traditionnels de la
médecine, particulièrement en Inde. Elles sont reconnues pour leur rôle en thérapie et
pharmacologie. La plupart des propriétés médicinales sont attribuées aux métabolites
secondaires. Parmi ces métabolites de nombreuses molécules ont été identifiées et
caractérisées comme les flavonoïdes. terpénoïdes, sulfures, composés phénoliques,
caroténoïdes, stérols de saponine, etc. Ces épices agissent sur certaines maladies comme
l'hypolipidémie, le diabète, la lithogénie, l'inflammation laquelle est utilisée comme
antioxydant, antimutagène et anticarcinogène (Umit el al., 2008 ; Ahmad et al., 2011 ).
Vue son importance en gastronomie et en médicine, sa demande n'a cessé de croître.
Cependant, sa multiplication est sujette à de nombreuses difficultés. En effet, la viabilité des
graines est sévèrement affectée au cours du stockage (Chaudhury et Chandel; 1994Ravindran
el al., 2000), ce qui a conduit les paysans à multiplier traditionnellement la plante par la mise
en terre de morceaux de tiges (Nair et Gupta, 2006).
Pour faire face à la difficulté de régénération de cette espèce, plusieurs méthodes de
culture ont été mises en place afin de produire plus des plants vigoureux et regroupant les
caractères morphologiques, qualitatifs et quantitatifs. Ces méthodes concernent les techniques
de propagation in vitro, la germination in vitro, l'embryogenèse somatique etc. Les résultats
sont probants mais ne sont pas accessibles aux. petits agriculteurs.
C'est dans ce contexte que ce projet a été initié dans le but de produire des plants
viables et à moindre coût.

1
L'objectif général de ce travail est de favoriser la disponibilité du matériel végétal à travers
l'amélioration des pépinières. De façon spécifique, il s'est agit d'étudier l'effet de deux
systèmes d'acclimatation sur quelques paramètres agromorphologiques. Ce sont des
paramètres qui permettent d'atteindre ces objectifs spécifiques :
l'évaluation du temps de germination des boutures
la détermination du nombre moyen de feuilles par plant
l'évaluation de la taille moyenne des racines
l'évaluation de la biomasse racinaire
Après l'introduction et la revue bibliographique, le matériel et les méthodes utilisés ont
été présentés. Les résultats obtenus ont ensuite été discutés. La conclusion qui en résulte a été
suivie de quelques perspectives et la référence bibliographique.

2
I. REVUE BIBLIOGRAPIDQUE
1.1. Généralités
1.1.1. Origine et répartition géographique sur le poivrier

Le poivrier (Piper nigrum L) est une plante originaire de l'Inde (Nair et al .• 2003; Khan
et al .. 2010). li a gagné le Vietnam, l'Indonésie, la Malaisie, le Brésil, le Sri-Lanka et l'Ouest
de l'Inde (Backer el al., 1963).

Le poivre est l'une des épices la plus anciennement connu, utilisé depuis au moins trois
mille ans. Le poivre était le plus apprécié et le plus cher des épices. Il a été très convoité
puisque sa provenance a été longtemps entourée de mystère pour l'intérêt de ceux qui le
commercialisaient. Mais après son expansion, la plupart des pays ont contribué à
l'épanouissement du commerce si lucratif de cette épice en court-circuitant les voies
traditionnelles. Ce sont surtout les européens qui se sont livrés à une âpre compétition durant
des siècles. Selon plusieurs écrits, le commerce des épices aurait fait intervenir
successivement les Arabes. les Italiens. les Portugais, les Espagnols, les Hollandais et les
Anglais (Borget ; 1991; Richard, 1992).

Le poivre a été introduit dans les colonies françaises dont la Côte d'Jvoire pendant la
colonisation par le botaniste français Pierre Poivre. Testé au Centre d'Essai de Bingerville
(aujourd'hui Jardin Botanique de Bingerville), il a été déclaré apte à pouvoir être produit
localement. Cependant, il n'a pas pu bénéficier de programme de développement et de
promotion. Sa production est restée limitée à un petit nombre d'agriculteurs.

l.1.2. Systématique et botanique

Le poivrier est une liane vivace, ligneuse appartenant à l'embranchement des


Spennaphytes et au sous-embranchement des Angiospermes. C'est une Pipéracée de la classe
des Dicotylédones et de la sous-classe des Apétales. Il fait partie de l'ordre des Pipérales. Le
genre Piper comprend plus de 600 espèces dont une dizaine donne des produits plus ou moins
utilisés soit comme épice, soit comme drogues médicamenteuses (Nair al., 2003; Abbasi
2010; Nelson et al .. 2011).

Piper nigrum L. est le plus connu et comprend deux grandes variétés : le type
« Lompong » ou « Kawur » avec de grandes feuilles, à épis long et à petites baies et le type

3
« Muntok » ou « Bangka » à petites feuilles, à épis court et à grosses baies. Ces deux variétés
sont présentes dans le verger ivoirien (Borget, 1991 ).

Le poivrier est cultivé pour ses fruits dont la récolte débute à partir de la troisième année
de plantation. TI se multiplie principalement par bouturage (multiplication asexuée).
Cependant, la multiplication peut se faire également par la graine (multiplication sexuée).

1.1.3. Morphologie du poivrier


Le poivrier est une liane pérenne s'élevant sur un tuteur et pouvant atteindre plus de
10 m de hauteur.
1.1.3.1. Racines
Le système racinaire est généralement adventif composé de trois à six racines principales
portant un réseau important de racines latérales qui constituent un chevelu abondant. Le
poivrier est une plante à enracinement peu profond, de 30 à 60 cm de profondeur seulement.

1.1.3.2. Tiges
La partie aérienne comprend trois sortes de tiges:
- les stolons qui se développent sur le sol et qui permettent l'enracinement de la plante. Les
stolons sont périodiquement éliminés.

- les tiges orthotropes qui constituent le bois de charpente de la plante et croissant dans le sens
vertical (Fig.1). Elles sont flexibles, épaisses, longues et comportent des nœuds distants de 7 à
10 cm, au niveau desquels se trouvent des racines crampons. Ces derniers aident la plante à
s'accrocher à son support.

- les rameaux plagiotropes alternent sur le bois orthotropes. lis sont moins épais et plus
courts et comportent des nœuds qui ne portent pas de racines adventives. Ils portent les
inflorescences et sont grossièrement horizontales (Bhat et al., 1995). Une feuille fait face
normalement à un rameau plagiotrope.

4
Tuteur

Feuille

Tige orthotrope

Rameau plagiotrope

Figure 1 : Poivrier âgé de deux ans

1.1.3.3. Feuilles
Les feuilles sont alternes, pétiolées et simples. Le pétiole, long de 2 à 3 cm, est dilaté au
niveau de son point d'insertion en une gaine qui embrasse le rameau et forme deux stipules
latérales. Le limbe, long de 10 à 15 cm et large de 5 à 10 cm, est entier, ovale ou elliptique et
aigu à l'extrémité. La face supérieure est brillante. luisante et de couleur vert foncé. La face
inférieure, par contre, est mate et sur les tiges orthotropes, les feuilles sont de forme régulière
et de couJeur foncée tandis que sur les tiges plagiotropes, elles sont de couleur plus claire et
asymétriques par rapport à la nervure principale.

1.1.3.4. Inflorescence
Les épis de 7 à 12 cm de longueur, prennent naissance au niveau d'un nœud sur le bois
plagiotrope à l'opposé de la feuille. Un épi peut porter jusqu'à cent cinquante fleurs. Ces
fleurs sont hermaphrodites ou unisexuées. La plante peut être hermaphrodite, monoïque ou
dioïque. La fleur, de couleur jaune verdâtre, est dépourvue de périanthe. Le gynécée est
5
composé d'un ovaire sessile, uniloculaire surmonté d'un style très court qui se ramifie très
vite en un stigmate en forme d'étoile de trois à cinq branches. L'androcée est constitué par
deux, rarement quatre, petites étamines d'environ 1 mm de longueur, disposées de chaque
côté de l'ovaire (Nelson et al., 2011).
1.1.3.5. Fruits
Le fruit est une baie sessile, monosperme, sphérique, de 4 à 8 mm de diamètre. De couleur
verte initiale, il devient jaune et rouge à maturité. La graine renferme, sous ses téguments, un
endoderme farineux dont le sommet est occupé par un albumen réduit enveloppant un très
petit embryon. L'ensemble « fruit et graine » renferme trois substances principaJes : huiles
essentielles, alcaJoïdes, oléorésines qui confèrent au poivre ses propriétés gustatives et
aromatiques (Fig. 2).

A: Fruits verts ou poivre vert B : Fruits secs ou poivre noir


Figure 2 : Fruits du poivrier

1.1 .4. Ecologie


Le poivrier est une plante qui s'adapte aussi bien en climat tropicaJ humide
qu'équatorial avec:
- une température moyenne annuelle oscillant entre de 23 à 26 °C,

6
- une hygrométrie de l'air élevée,
- une altitude inférieure à 600 m,
- une pluviosité annuelle moyenne supérieure à 2500 mm avec des pluies régulières et bien
réparties dans l'année. Cependant, il faut une saison sèche bien marquée mais courte, pour
favoriser la maturation et le groupement de la récolte (Borget, 1991 ).
Le sol doit être facile à drainer, léger ou profond mais poreux et de préférence en
faible pente pour faciliter l'écoulement des eaux. Le pH souhaitable est en général légèrement
acide mais il faut noter que le poivrier peut s'adapter aussi à des sols acides au pH compris
entre 4 ,5 et 6 (Borget, 1991). Le poivrier préfère les sols profonds, argilo-siliceux ou silico-
argileux, meubles dont la surface est à plus de 2 m de la nappe phréatique, donc le plus
souvent des pentes de collines. Les possibilités d'adaptation du poivrier aux divers types de
sol sont relativement larges et variables, avec une impérative principale : un bon drainage
(Maistre, 1964).

1.1.5. Culture du poivrier


Le poivrier nécessite un ombrage léger et un tuteur avant la mise en place de la
plantation. Il est impératif de planter d'abord les tuteurs. Pour ce faire, après la préparation
préalable du terrain les tuteurs sont plantés. Le choix du tuteur favorisera un arbre à
croissance rapide ? Le tuteur préconisé est le Glyricidia septum avec un écartement de 2 m
sur la ligne sur 4 m entre les lignes (Anonyme 3, 1990). Néanmoins, les paysans malagasy
utilisent beaucoup d'autres tuteurs comme l'Albizzia lebbeck (« bonara »). I'Albizzia
fastigiata («sambalahy »), le Leucaena glauca (acacia), le Pterocarpus sp (sandragon), le
Ceiba pentandra (kapokier), et parfois même le caféier. Selon le tuteur choisi, les opérations
de plantation du poivrier se font généralement après le sixième mois de l'implantation des
tuteurs qui devraient coïncider au début de la saison de pluies. Les plants utilisés sont
généralement des boutures prélevées sur des poivriers existants. li est préférable d'effectuer la
plantation tôt le matin ou en fin d'après-midi car les jeunes plants craignent le soleil et
nécessitent un ombrage. Un poivrier issu de boutures entre en production à la troisième année
et peut donner de bonnes récoltes durant une trentaine d'années.

1.1.6. Récolte
La première récolte se fait à partir de la troisième année. Les grappes ne murissent pas
en même temps ce qui fait que la récolte s'étale presque sur toute l'année. Mais en principe, il

7
y a deux floraisons et deux récoltes par an. Selon le stade de sa récolte et le type de sa
préparation, le poivrier produit :
- du poivre vert, obtenu à partir de baies immatures au stade laiteux, récoltées après environ
quatre mois de la floraison. Les grappes ne doivent contenir que de grains de couleur verte. Il
est généralement conservé dans de la saumure,
- du poivre noir, obtenu à partir de baies parvenues presque à maturité c'est-à-dire que les
grappes peuvent contenir des grains de couleur verte, jaune et même rouge, récoltées après
sept mois de la floraison. Il est mis à sécher après avoir été soumis à la fermentation,
- du poivre blanc, obtenu à partir de baies arrivées à maturité complète c'est-à-dire des
grappes à grains de couleur rouge, récoltées à partir du neuvième mois qui suit la floraison. Il
est constitué de baies mûres débarrassées de leur péricarpe, puis mises à sécher (Anonyme 2,
2010; Anonyme 1, 2011).

1.1.7. Pays producteurs, importance et usage du poivre


Pays producteurs du poivre
Le poivre est produit dans les pays dans plusieurs pays mais les grands producteurs
sont les pays asiatiques et de l'Amérique du sud (Tableau I). La production ivoirienne est
estimée à 20 tonnes par an.

Tableau I : Principaux pays producteurs de poivre

Rang Aire de production Production


(Million de
tonnes)

l VietNam 89300
2 Brésil 77770
3 Indonésie 74131
4 Inde 69000
5 Chine 26210
6 Sri Lanka 19390
7 Malaisie 20090
8 Thaïlande 10419
9 Mexigue 6854
10 Mada_g_ascar 5200

8
Importance et usage du poivrier
Le poivre (fruit du poivrier) est considéré comme la " reine des épices " à cause de
l'importance de ses échanges sur le marché international (Srinivasan. 2007: Mathew et
autres, 2001 ). Il est largement répandu dans les préparations culinaires, dans le domaine
médical et en parfumerie (Philip et al.,, 1992; Bhat el al., 1995). Sa qualité est jugée par son
odeur et son âcreté (Kay, 1970). La pipérine est un composant actif dans le poivrier qui
contribue à son âcreté (Tripathi el al., 1996). Piper Nigrum est utilisé comme conservant, et
comme un agent bio-régulateur (Awen el al., 2010; Hussain et al., 2011). Cette plante est
réputée dans les systèmes médicaux locaux de l'Inde parce qu'elle possède les propriétés
médicales multidimensionnelles (Scott et al., 2008). En effet, ses métabolites secondaires
jouent un rôle de défense contre les infections par les microbes, les insectes et les animaux
(Lupina and Crrips, 1987 ; Umit et al., 2009 ; Donnan et Deans, 2000). La piperamide
extraite de Piper nigrum présente une activité insecticide (Scott et al., 2005 ; Boff el al.,
2006). La P-caryophyllène a un pouvoir anesthésique (Santa et al., 2005). Le poivrier
possède une activité antimutagène (El-Hamas et al., 2003), anti-tumorale (Sunila et Kuttan,
2004). Il possède également une activité anti-diarrhéique et anti- spasmodique (Bajad et al.
2001). Il a été rapporté par Ravindan (2000) que le poivrier traite les maladies pulmonaires,
la fièvre, le désordre colique et gastrique (Parmar et al., 1997; Kumar et al., 2007).
Les grains du poivre blanc sont récoltés mûrs et ceux du poivre noir pas mûrs, pour
être séchés ensuite. Cette épice à la saveur piquante accompagne agréablement les plats de
viande, les grillades, les sauces, les mixed pickles, les dressings, le poisson et le fromage en
d'autres mots, on peut l'employer partout où l'on souhaite donner une saveur particulière à
des plats épicés. Comme les grains du poivre noir sont bactéricides, ils sont également
excellents pour la conservation des aliments.
En Côte d'Ivoire, il n'existe pas de données statistiques fiables sur la
commercialisation de Piper nigrum. Cependant, selon les résultats d'une enquête non publiée,
le coût du kilogramme des grains séchés oscille entre 5000 et 8000 FCF A selon la taille et la
pureté des graines sur les marchés d' Azaguié et d' Adjamé, soit cinq à huit fois le prix du
kilogramme de cacao, principale culture de rente en Côte d 'Jvoire.

9
1.1.8. Ravageurs et principale maladie du poivrier

1.1.8.1. Ravageurs
Parmi les ravageurs, on peut citer principalement les termites, les criquets, les
chenilles défoliatrices et les nématodes (Mohandas et Ra.mana, 1982).
Les termites attaquent les tuteurs, blessent les plants et affaiblissent les plants. Les criquets et
les défoliatrices perforent et détruisent les feuilles des plants. Ces ravageurs sont une porte
d'entrée des champignons et d'autres maladies du poivrier.
Les nématodes les plus dangereux pour le poivrier sont principalement Trophotylenchulus
floridensis Raski. Nous notons également Meloidogyne incognita et Radopho/us similus
attaquent et affaiblissent les racines. Ces attaques favorisent la pénétration des champignons
telluriques. Ces champignons engendrent la chute des fleurs et des fruits immatures (Huettel
et al .. l 988; Williams et Siddiqi, 1973).

1.1.8.2. Maladies du poivrier


Plusieurs maladies peuvent attaquer Je poivrier. Ces maladies sont d'origine virale
fongique et bactérienne.
La principale maladie fongique chez le poivrier est la pourriture des racines causée par
Phytophtora capsici (Farhana et al., 2013). Elle provoque le jaunissement des parties épigées,
la chute des feuilles et la mort du plant survient au bout de dix jours. La pourriture des
racines est également causée par Fusarium solani sp piperis et les autres champignons du
genre Phytophtora.
L'anthracnose est une maladie provoquée par Colletotrichum gloeosporioides. Les infections
causées par le champignon laissent des taches jaunes de formes irrégulières qui évoluent en
tâches brunes foncées avec des halos chlorotiques.

La maladie de la pourriture des feuilles est causée par Rhizoctonia solani provocant la chute
des feuilles en pépinière.

Les maladies virales sont provoquées par le virus de la mosaïque du concombre. TI peut causer
une sévère maladie de la mosaïque du poivrier dans certaines localités (Scot, 2011).

1.1.2. Multiplication végétative


La culture du poivrier se fait essentiellement à partir des boutures obtenues des tiges
orthotropes. Cette multiplication végétative est un processus de reproduction qui permet

10
d'obtenir un individu génétiquement identique à la plante mère, sans passer, par la
reproduction sexuée. Elle permet une reproduction fidèle de l'appareil végétatif.

1.1.2.1. Différents types de multiplication végétative artificielle


Les principales méthodes de multiplication végétative des ligneux sont la
multiplication par le bouturage de tiges ou de racines, le greffage et l'écussonnage, ainsi que
diverses méthodes de marcottage et de micropropagation.
Les boutures sont des morceaux de plante coupés, possédant au moins un nœud. Diverses
parties de la plante notamment les tiges, les racines et les feuilles peuvent servir de boutures.
Les boutures sont placées dans un milieu d'enracinement approprié, à forte humidité, jusqu'à
l'apparition de racines et de pousses. La multiplication végétative par bouturage peut donner
un taux de multiplication élevé et produit des plantes dotées de leur propre système racinaire
(Tchoundjeu, 1996).
Le greffage permet de combiner plusieurs plantes. C'est la technique idéale lorsqu'un seul
génotype ne permet pas de réunir tous les caractères recherchés, tels que la résistance ou un
rendement élevé des parties aériennes (Hartmann et al., 1997).
Le marcottage est une technique de multiplication, analogue au bouturage. Cependant, les
rameaux ne sont détachés de la plante-mère qu'après l'apparition de racines. Le marcottage
permet donc de faciliter l'enracinement des espèces qui s'enracinent difficilement. Son taux
de multiplication est inférieur à celui du bouturage. En revanche, il peut produire des plants
de plus grande taille (Edmond et al., 1975 ; Hartmann et al., 1997).
La micropropagation recouvre toutes les formes de culture de tissus. Ce qui singularise cette
technique est le fait que les plantes sont développées à partir de cellules uniques ou de tissus
cultivés en milieu stérile. Elle donne un taux de multiplication très élevé, de sorte qu'à partir
d'une seule plante on peut produire des milliers de nouvelles plantes «filles».
La multiplication végétative présente de nombreux avantages mais également des
inconvénients.

1.1.2.2. Avantages et inconvénients de la multiplication végétative


La multiplication végétative a pour avantages essentiels de maintenir des génotypes
supérieurs, de surmonter les problèmes posés par la germination et le stockage des semences.
Elle combine en une seule plante les caractères convoités de plusieurs génotypes et favorise
une floraison et une fructification plus précoces. La multiplication végétative permet de

11
contrôler certaines phases de développement de la plante et d'assurer l'uniformité des
plantations.
La plupart des essences tropicales sont exogènes, ce qui signifie que lors de la
recombinaison des gènes durant la reproduction sexuée, de nombreux caractères importants
peuvent disparaître. La multiplication végétative permet, dès qu'un arbre exceptionnel a été
repéré par des chercheurs, d'en fixer l'infonnation génétique, ce qui permet de reproduire ce
même spécimen au cours de la génération suivante.
Certaines essences donnent des fruits sans graines. notamment certains cultivars
d'agrumes, et doivent donc être multipliées végétativement, tandis que d'autres portent peu de
fruits ou en portent de manière imprévisible. De nombreuses espèces tropicales produisent des
graines récalcitrantes qui exigent des traitements spéciaux souvent pénibles. En pareil cas. la
multiplication végétative peut remplacer avantageusement la production de plantules, tout en
s'avérant moins onéreuse.
Cependant, en cas de maladie, tous les individus peuvent disparaître puisqu'iJs sont
identiques à l'individu de départ et identiques entre eux.

12
Il. MATERIELS ET METHODES

2.1. Matériels

2.1.1. Matériel biologique


Le matériel biologique est constitué de boutures de poivrier du cultivar "Lompong". Ce
cultivar a été fourni par la station de recherche du CNRA d' Azaguié (Figure 3).

Figure. 3: Bouture de poivrier avec deux noeuds

2.1.2. Matériels techniques et chimiques


Le matériel technique est constitué de machettes, de limes, de tronçonneuse qui ont
servi à la préparation du site d'expérimentation et des sacheries qui ont accueilli les différents
substrats et la réalisation des tunnels. Un mètre ruban a été utilisé pour la prise des mesures
des travaux. Le matériel chimique est constitué d'insecticide (Décis 12 EC), fongicide (Banko
plus) et de fertilisants (DI-Grow).

13
2.2. Méthodes
2.2.1. Dispositif expérimental
Pour la mise en place du dispositif expérimental. trois substrats ont été utilisés. Ce sont
la terre arabe de forêt, un compost obtenu à partir de la litière issue d'une ferme avicole et
fermenter durant deux: mois. et un mélange formé de compost et de la terre arabe de forêt à
des proportions identiques. Ces substrats ont été respectivement appelés ML M2 et M3. Ces
milieux ont été désinfectés avec de l'insecticide Carbofuran, appelé également Furadan. Les
sachets en plastique noir de dimension 10 cm / 20 cm ont été remplis à ras-bord par ces
substrats et disposés en trois doubles rangées de 15 pots (Figures 4). Pour un substrat, deux
milieux de germinations ont été constitués ; un milieu sous tunnel et un milieu sous ombrière.
Ensuite, les boutures prélevées avec deux nœuds sur les rameaux ortbotropes des plants âgés
d'un an ont servi de matériels biologiques. Ces boutures sont dépourvues de feuilles et de
crampons. EJles ont été ensuite trempées dans une solution de Manèbe 80 WP, un
antifongique, pendant deux minutes. Avant le semis. les extrémités inferieures des boutures
ont été coupées en dessous du nœud. Ces boutures ont été ensuite enfoncées dans les
différents substrats sur les 2/3 de leur longueur avec une inclinaison de 30 degré par rapport à
la verticale tout en respectant la polarité. Ces pots remplis de substrats ont été disposés soit
sous tunnel ou sous ombrière (Figures 5 & 6)
L'entretien de la pépinière a été fait par arrosage une fois tous les deux jours pour les
boutures sous ombrière et de deux fois par semaine les boutures sous tunnel. Toutes les
semaines. un traitement antifongique a été effectué avec le Banko plus (lG) à raison de 40 mL
pour un pulvérisateur de 15 L. Chaque quinzaine, nous procédions à une fertilisation des
plants avec une solution Dl-grow avec une proportion de 50 mL pour 15 L d'eau,

14
Figure 4 : Sachets remplis de substrat

Figure 5: Plants sous tunnel

15
Figure 6: Plants sous ombrière

2.3. Etude des paramètres agronomique

2.3.1. Temps moyen de germination des boutures


Le temps de germination est la période qui s'est écoulée entre la date de repiquage des
boutures et l'apparition de la première feuille épanouie. Pour l'évaluation de ce paramètre,
une visite régulière de la pépinière a été effectuée afin de déterminer avec précision la date de
la sortie de la première feuille épanouie.

2.3.2. Nombre moyen de feuilles


Six mois après la mise en culture des boutures, un comptage direct du nombre de feuilles
épanouies sur chaque plant a été fait dans chacun des deux systèmes de culture après la mise
en culture des boutures de poivrier.

Le nombre moyen de feuilles par plant a été calculé par la formule suivante

L feuilles par plant


NF=--------
Nbre total de plants
16
NF: Nombre moyen de feuilles

2.3.3. Taille moyenne des racines avant planting


Six mois après la réalisation des pépinières, les pots ont été vidés de leur contenu et les
racines ont été débarrassées de leur substrat puis lavé avec de l'eau de robinet. Après lavage
les plants ont été dépourvus de leur système racinaire adventif et à l'aide d'un double
décimètre. la longueur de chaque racine dans chaque unité expérimentale a été mesurée. La
longueur moyenne des racines par plant et dans chaque unité expérimentale a été calculée par
la suite (Fig.4).

Cette mesure a été obtenue par la formule:

Iracines par plant


NR = --------
Nbre total de plants

NR : Longueur moyenne des racines

Figure 4: Système racinaire adventif

2.3.4. Biomasse racinaire

Dans chaque unité expérimentale, la biomasse racinaire fraîche a été collectée six mois
après la réalisation de la pépinière en coupant au collet, la tige principale des plants de Piper
nigrum. Les racines ont été débarrassées de leur substrat puis lavées avec de l'eau de robinet.
Après lavage, les tiges ont été dépourvus de leur système racinaire adventif et à l'aide d'une

17
balance électronique, la biomasse racinaire fraîche a été déterminée pour chaque unité
expérimentale.

2.4. Analyse statistique des résultats


Les données obtenues ont été soumises à l'analyse de la variance (Anova) à l'aide du
logiciel SPSS version l J .5. L'analyse de la variance à deux critères de classification a été
faite au seuil de probabilité (P:5 0,05) pour classer les moyennes.
Si il y a différence significative, les groupes homogènes des individus sont déterminés par la
méthode de Duncan. Cette méthode est basée sur la comparaison de toutes les paires de
moyennes.

RESULTATS ET DISCUSSION

3.1. Résultats

3.l.l. Temps de germination des boutures


Le temps d'émission des feuilles n'est pas significativement influencée par l'interaction
système de culture-substrat (P=0,282). Le temps d'émission est indépendant du système.
Cependant, dans le système (tunnel) et le substrat (compost) la germination des boutures
semble être groupée par rapport à l'ombrière et aux autres substrats. Il est à noter que dans la
terre arabe de forêt, la germination a été précoce. Elle a débuté à partir de 16 ème jour et s'est
étendue jusqu'au 30 ème jour après le repiquage. Par contre, sous ombrière, la germination a
débuté le 20 ème jour après la mise en terre et a pris fin au 27 ème jour.

Avec le substrat, mélange compost - terre arabe, les boutures sous tunnel et sous ombrière
ont germé simultanément au bout de 17 ème jour. Cependant, les boutures sous tunnel ont eu
une germination étalé jusqu'à 37 ème jour alors les boutures sous ombrière ont une
germination tardive mais groupée au bout 30 ème jour tableau TT.

18
Tableau II: Influence des systèmes de culture sur le temps de germination

Temps de semis (jours)

Systèmes substrats 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 30 31 32 35 37 39

Terre arabe de 3 5 6 7 8 9 10 12
forêt

Sous tunnel Mélange 2 4 7 9 11 12

Compost 2 7 8 11 12

Sous Terre arabe de 3 7 8 9 11 12


ornbrière forêt

Mélange l 4 9 11 12

Compost l 4 5 6 9 10 11 12

p 0,282

20
3.1.2. Nombre moyen de feuilles
Le nombre moyen de feuilles a été fortement influencé par l'interaction système-substrat
(P=O). Le nombre de ces organes a été plus élevé sous tunnel avec un nombre moyen de
9,083 feuilles pour le substrat terre arabe, 5,083 feuilles pour le mélange et 5,91 feuilles pour
le compost. Sous ombrière, le nombre de feuilles a été respectivement de 4, 75 dans la terre
arabe, 5,5 dans le mélange et 4,666 dans le compost (Tableau III).

Tableau ru : Influence des conditions de culture sur la production foliaire


Systèmes
Substrats de culture Sous tunnel Sous ombrière

Terre arabe de forêt 9,083 ±2,9 4.75 ± l.54


Mélange (Terre arabe de 5,083 ± 1.78 5.5 ± 2,74
forêt et compost
compost 5 .91 ± 1.82 4,666 ± 2,06

F 11,2
p 0

3.1.3. Taille moyenne des racines avant planting


La longueur moyenne des racines a été significativement influencée par le système de
culture. Cependant, l'analyse du tableau a monté que l'élongation des racines a été plus
importante sous tunnel avec un optimum 18,921 cm dans le compost contre 15,96 cm sous
ombrière (Tableau IV).

Tableau IV: Influence des conditions de cultures sur la taille des racines

Systèmes
Substrats de culture Sous tunnel Sous ornbrière

Terre arabe de forêt 15,926 ±1 ,27 13,167 ±2,33


Mélange (Terre arabe 16,793 ± 2,49 13.32 ±2.85
de forêt et compost
compost 18.921 ±1,87 15.96 ±1.78

F 02173
p 0,841

21
3.1.4. Biomasse racinaire
La production racinaire n'a pas été influencée par le système de culture. Mais, l'analyse
du tableau a montré que le système racinaire a été plus dense dans le compost que les autres
supports de culture. En effet sous tunnel, la moyenne de la biomasse racinaire a été de 2,23 g
et t,53 g sous ombrière (Tableau IV).

Tableau V: Influence des conditions de culture sur la biomasse racinaire du poivrier

Systèmes

Substrats de culture sous tunnel sous ombrière

Terre arabe de forêt 2,088 ±1,07 0,864 ±0,41

Mélange {Terre arabe de 1,37 ± 0,56 0,896 ±0,51


forêt et compost

compost 2,23 ±3,15 1,53 ±1,35

F 0,384

p 0,682

22
3.2. DISCUSSION
La réussite d'un protocole de régénération tient compte de plusieurs paramètres analysés.
Au cours de l'étude réalisée. le temps d'émission des feuilles n'a pas été influencé par les
conditions de culture. Cela peut s'expliquer par le fait que tous les plants, pour germer les
boutures utilisent leur propre réserve pour l'induction de la germination des bourgeons
axillaires. Cette germination est sous l'action des facteurs intrinsèques et du stade
phénologique (Verheij, 2004). Nos résultats sont en accord avec ceux de Cornu et Boulay
(1986) qui ont monté que la durée de germination des bourgeons axillaires est la même
quelques soit le niveau de recepage des boutures et les conditions de cultures desquelles
celles-ci sont placées.

La biomasse foliaire a été considérablement influencée par l'interaction système-


substrat de culture. En effet, les tunnels engendrent une augmentation de la température allant
de 28 à 30 °C et une hygrométrie autour de 80 %. Ceci favoriserait le métabolisme au sien des
boutures. L'envergure des feuilles caractérisent la vigueur des plants. Les feuilles étant le
siège des principaux métabolismes des plantes, leur surface et/ou le nombre élevé témoignent
de l'importance de la production de la biomasse (Brouwer et De Witt, 1969).

La production racinaire n'a pas été influencée directement par le système. Ce faisant. il
est à noter que l'initiation des racines dépend de la photosynthèse qui s'opère au niveau des
feuiJJes. Les feuilles de la bouture. par photosynthèse, synthétisent les produits carbonés qui
vont migrer dans les racines et induire leur développement. Ce qui favoriserait l'initiation des
racmes (Leakey et Storeten-West, 1992).

La production racinaire est sous le contrôle de l'activité foliaire. Cependant, son


élongation est dépendante du type de substrat dans lequel il a été ensemencé. En effet, le
compost contient les minéraux et en libère au fur et à mesure de sa décomposition. Ce qui
permet la nutrition minérale de la plantule. De plus l'élongation des racines est importante
dans les substrats légers et meubles tels le compost. Nos résultats sont en accord avec ceux de
Verheij (2004) qui a montré que l'élongation est plus importante dans la tourbe que la perlite.

23
CONCLUSION ET PERSPECTIVE
Au terme de ce travail, on peut retenir que les substrats et les conditions de culture ont
influencé considérablement la production de plants de poivrier. Ils ont influencé tous les
paramètres étudiés. Le système sous tunnel a donné de meilleurs résultats par rapport à la
culture sous ombrière. Le temps de germination des boutures a été précoce et groupée sous
tunnels. Les plants issus de ce système présentent un nombre élevé de feuilles et de racines.
Ces racines sont assez longues pour puiser les éléments nutritifs dans le milieu de culture.

En attendant d'approfondir ces études, le système de culture sous tunnels et le substrat


compost peuvent être conseillés pour la réalisation des pépinières du poivrier.

En perspective, il serait intéressant d'évaluer l'influence des phytohormones sur les


paramètres phénologiques et la vigueur des plants de poivrier.

24
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27
ANNEXE
Annexe 1: Matériel technique (A) et Produits chimiques (B)

Matériel technique (A) Utilisation Marque

Sachets noirs 10/20 Réalisation de la pépinière


Film de bâche transparent anti Réalisation des tunnels
UV
Machette Préparation du site SOTACI
Lime Aiguiser les machettes JK
Daba Préparation du site Fabrication
artisanale
Terre de forêt Support de culture
Litière Support de culture
Arrosoir Arrosage de la pépinière
Brouette Transport du matériel SOTACI
Pulvérisateur Divers traitements SOLO
Stylo Prise de notes Bic
Blocknote Prise de notes ACIPAC
Appareil photo Prise de photos Orégon
Balance numérique Prise de masse des racines

Rameaux flexible de bambou Réalisation de l'armature


de chine des tunnels
Rameaux de palmiers Réalisation de I'ombrière
Produits chimiques (B)
Dl-Grow Fertilisation les plants DINAPHARM
Décis 12EC Insecticide CALLIVOIRE
Banko plus fongicide CALLIVOIRE
Eau Arrosage des plants

28