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E2

Inflammabilité - Lutte contre l'Incendie


PRÉCAUTIONS ET PRÉVENTIONS CONTRE LES RISQUES D'INCENDIE
ET D'EXPLOSION -1
PRÉVENTIONS ET PRÉCAUTIONS SUR LES INSTALLATIONS
Ingénieurs en EN FONCTIONNEMENT NORMAL
Sécurité Industrielle

I - MESURES PRÉVENTIVES ET PRÉCAUTIONS ...................................................................... 1


1 - Contenu du document .................................................................................................................. 1
2 - Règles de base ............................................................................................................................ 1
3 - Directive ATEX .............................................................................................................................2

II - CONTRÔLER OU SUPPRIMER LE MÉLANGE AIR-COMBUSTIBLES ................................... 3

1 - Marche normale ...........................................................................................................................3


2 - Purges/décompression.................................................................................................................5
3 - Échantillonnage............................................................................................................................ 9
4 - Fuites .........................................................................................................................................11
5 - Bacs de stockage .......................................................................................................................13
6 - Travaux ...................................................................................................................................... 14
7 - Nettoyages .................................................................................................................................14
8 - Incendie...................................................................................................................................... 15
9 - Zones ATEX ...............................................................................................................................17

III - CONTRÔLER OU SUPPRIMER LES SOURCES D’INFLAMMATION ................................... 18


1 - Flamme ...................................................................................................................................... 18
2 - Foudre ........................................................................................................................................ 18
3 - Étincelles dues à l’électricité statique.........................................................................................19
4 - Étincelles dues à l’établissement ou à la rupture de circuits électriques.................................... 24
5 - Points chauds créés par le travail .............................................................................................. 25
6 - Étincelles dues aux chocs d’outils / aux frottements ..................................................................27
7 - Échauffements anormaux .......................................................................................................... 28
8 - Composés pyrophoriques .......................................................................................................... 28

Ce document comporte 29 pages


SE OPE - 02285_A_F - Rév. 0 25/04/2005

 2005 ENSPM Formation Industrie - IFP Training


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E 2 -1

I- MESURES PRÉVENTIVES ET PRÉCAUTIONS

1- CONTENU DU DOCUMENT
Les mesures préventives et précautions diverses présentées dans ce document se rapportent au
travail journalier dans le cadre des opérations de routine sur une installation en fonctionnement
normal où peut apparaître une atmosphère explosive (ATEX).

Les techniques de lutte contre l’incendie sont abordées de manière succincte.

Ne sont pas abordées dans ce document :

- les mesures relatives aux règles d’implantation des équipements, au choix des matériaux
prises en compte lors de la conception d’installations

- les phases d’exploitation inhabituelles comme les démarrages et les arrêts d’équipements

2- RÈGLES DE BASE
Le fait de supprimer l’un des trois éléments du “triangle du feu” est suffisant pour éliminer ou combattre
le risque d’incendie ou d’explosion.

Prévenir tout risque d’inflammabilité ou d’explosion consiste donc à :

- contrôler ou supprimer le mélange air-combustible


- contrôler ou supprimer les sources d’inflammation

O - comburant F+ F
- extrêmement - facilement
inflammable inflammable
T
AN

CO
UR

Si l'un des trois éléments


MB
MB

US

n'est pas présent,


CO

TIBL

la combustion est impossible


E

D SEC 200 A

SOURCE D'INFLAMMATION

Combustion impossible

Bien sûr, on ne peut éliminer l’air ambiant pas plus que l’on ne peut supprimer les combustibles dans
une installation. Mais il est impératif d’éviter la réunion accidentelle de ces trois éléments, ou tout ou
moins, la contrôler.

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3- DIRECTIVE ATEX
La directive Européenne relative aux atmosphères explosives, dite “directive ATEX (1999/92/CE)”
décrit les prescriptions minimales visant à améliorer la protection en matière de sécurité et de santé,
les travailleurs susceptibles d’être exposés aux risques ATEX.

En particulier, l’employeur doit :

- empêcher la formation d’ATEX

- éviter l’inflammation d’ATEX (si l’activité ne permet pas d’empêcher la formation)

- atténuer les effets nuisibles d’une explosion pour préserver la santé et la sécurité des
travailleurs

- …

Ce document répond, en partie, aux exigences de cette directive.

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II - CONTRÔLER OU SUPPRIMER LE MÉLANGE AIR-COMBUSTIBLES

1- MARCHE NORMALE
La présence d’air dans les équipements en service contenant des produits inflammables peut avoir
deux origines :

- air nécessaire au bon fonctionnement de l’unité


- air entré accidentellement

a - Air nécessaire au bon fonctionnement de l’unité

– Certains procédés font appel à la présence d’oxygène pour obtenir les réactions chimiques
souhaitées ; le mélange air-combustible existe donc dans l’exploitation de ces installations :

- soufflage de bitumes, “craquage catalytique”, “Merox”


- fabrication d’acide sulfurique
- fabrication d’oxyde d’éthylène/de propylène

Précautions :

- contrôle strict de l’air admis dans les conditions pour lesquelles l’équipement a été conçu

- contrôle basé sur l’utilisation correcte des instruments de mesure adéquats telles que :
teneur en oxygène, température, pression, …

- interprétation correcte des résultats d’analyses ainsi que l’évolution des variables
opératoires

– Certains équipements sont alimentés en air et combustible pour réaliser des réactions de
combustion dans des brûleurs. Ce sont les fours, les chaudières, les incinérateurs. La quantité d’air
est contrôlée pour assurer la combustion totale et optimale de combustible admis.

D MTE 1256 A

Combustion contrôlée dans un four Combustion contrôlée dans une chaudère

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Précautions :

- s’assurer du bon fonctionnement des appareils de contrôle et de sécurité


- respect des consignes et procédures d’allumage, de marche normale et d’arrêt
- contrôle de la performance de la flamme et de la combustion totale du combustible dans
le brûleur

b - Air entré accidentellement

L’air, entré accidentellement, peut créer des conditions d’explosions ou de perturbations de


procédés entraînant des accidents :

- air dissous dans les produits, l’eau process ou l’eau de lavage


Par exemple à 15°C et à la pression atmosphérique, la solubilité de l’air dans l’eau est de
2,6 cm3 par litre. Elle diminue si la température croît (1,5 cm3 par litre à 80°C) et entraîne la
libération de l’air.
- air comprimé utilisé pour souffler les circuits
- air introduit en pompant un additif ou un inhibiteur à partir d’un conteneur ou d’un fût vide
- air retenu ou concentré en point haut des équipements ou dans les bras morts

D MTE 1257 A

Possibilité d’accumulation d’air dans les “bras morts”

- air introduit par non respect des conditions normales de fonctionnement (défaillance d’un
système d’inertage)

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Précautions :

- contrôles périodiques (tournées de quart) sur l’ensemble de l’installation et notamment


aux points sensibles
- isolement des lignes d’injection d’air, fixes ou provisoires, utilisées en particulier lors
d’opérations, d’arrêt ou de démarrage (test d’étanchéité à l’air), par vannes et joints pleins
ou démontage
- surveillance de l’étanchéité des équipements sous-vide : brides, vannes, purges et évents
bridés ou bouchonnés, garnitures de pompes, …
- contrôle de la teneur en oxygène des effluents gazeux

2- PURGES/DÉCOMPRESSION
Pour vérifier un niveau, éliminer une impureté, amorcer une pompe, vidanger ou décomprimer
un circuit. Prendre les précautions qui s’imposent.

a - Réseaux appropriés

– Diriger les purges vers les réseaux appropriés.

– Ne jamais effectuer une purge non contrôlée à l’atmosphère ou laisser s’écouler un produit sur le
sol.

– Pour purger un combustible liquide, connecter un flexible vers le réseau approprié pour faciliter
l’intervention sur la vanne de purge en cas d’incident. Si seul l’égout huileux est utilisable, fixer
l’embout du flexible pour éviter qu’il ne fouette.

Si nécessaire, mettre en place des goulottes de récupération vers un réseau de drainage, en


particulier si la purge risque d’être en contact avec un point chaud.

RISQUE D'AUTO
INFLAMMATION
Réseau de drainage
D SEC 3043 A

VAPEUR HP
450°C

Mise en place de goulottes de récupération

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– Pour purger un combustible gazeux ou susceptible de le devenir, connecter le flexible autant


que possible vers le réseau torche ou vers un réseau d’évents.

D SEC 1489 A
Purge incontrôlée (!) à l’atmosphère

– Avec les gaz de pétroles liquéfiés, utiliser les 2 vannes de purge en série pour éviter tout risque
de blocage par givrage en respectant l’ordre d’ouverture et de fermeture correct.

1 Ordre de
Ordre d'ouverture
fermeture
des robinets
2 des robinets
D SEC 3044 A

Purge d’un gaz liquéfié

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b - Conditions opératoires

– Ne jamais purger à l’atmosphère un produit dont la température est supérieure au point d’éclair
(et encore moins supérieur à sa température d’autoinflammation).

Si c’est le cas, s’assurer que le refroidissement est effectivement réalisé par un réfrigérant fixe ou
mobile.

Raccord Robinet

Conduite Robinet de
réglage
Eau froide
ou
eau tiède

D SEC 3047 A
Égouttures

Exemple de montage de réfrigérant mobile

La température de réfrigération dépend du produit à prélever.

Une attention particulière doit être portée au refroidissement des produits visqueux. En effet, une
réfrigération trop importante risque de figer le produit et empêcher tout écoulement.

Dans ce cas, ne pas oublier de refermer la vanne de purge. Sous l’effet de la chaleur et de la
pression, le “bouchon peut sauter” entraînant un épandage de produits.

– Tenir compte du changement d’état possible en fonction des variations de pression et de


température. Il faut en particulier se méfier :

- de la vaporisation des produits légers par baisse de pression


- de la condensation de produits légers par baisse de température

– S’assurer que le débit ou le volume des purges est compatible avec les réseaux d’accueil.

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– Purges et évents impérativement munis de bouchons ou de brides pleines.

D SEC 1490 A
Évent bouchonné Purge avec bride pleine

– N’essayer en aucun cas de déboucher un piquage avec des moyens de fortune (tournevis, tige
d’acier, coups de clé à vanne, baguettes de soudure), mais :

- utiliser la vapeur pour réchauffer, si les conditions process le permettent

- en cas d’insuccès, employer un débouche piquage adapté (diamètre, pression,


température)

Dépôts

Manchon et vanne
à monter

Vanne de
décompression
Presse étoupe
D SEC 3045 A

Exemples de débouche piquage

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– Certains piquages interdisent l’emploi d’un débouche piquage (trop près du sol, coudes, …)
essayer alors de déboucher en utilisant une injection d’azote ou une pompe à épreuve.

Détendeur

AZOTE

ible
N2

Fléx
Vanne de
décompression

D SEC 3046 A
Raccords Pompe
et vannes à épreuve
à monter

Débouchage d’un piquage par injection d’azote ou pompe à épreuve

– Vérifier la pression de calcul de l’équipement avant toute injection, et ne jamais dépasser


cette pression même si le débouchage ne se fait pas.

3- ÉCHANTILLONNAGE
a - Produits chauds

Lorsqu’il s’agit d’un produit chaud ne jamais prélever un échantillon, même exceptionnel, sans
utiliser un réfrigérant (fixe ou mobile) ou une boucle de refroidissement.

Prendre les mêmes précautions que lors des opérations de purge.

Conduite

TI
TI

Eau froide
ou Bouteille
eau tiède
D MEQ 2125 C

Égouttures

Boucle d’échantillonnage

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b - Produits risquant de figer

Pour des produits risquant de figer, le réfrigérant est équipé d’un réchauffage à la vapeur. Ouvrir
d’abord celui-ci pour réchauffer l’eau de réfrigération et “décailler” éventuellement le produit contenu
dans la canalisation.

Conduite
Vapeur
TI
TI

Eau froide Condensats


ou
Protection
eau tiède

D MEQ 2125 D

Évacuation des
égouttures

Boucle d’échantillonnage tracée et réfrigérée

Pour ce type de produits, des vannes d’échantillonnage à piston (dite casse-croûte) sont souvent
utilisées.

Volant ou
manivelle
Paroi du bac Support
D MEQ 1161 B

Sortie du
produit

Vanne à piston Strahmann, avec volant, en position fermée

Sur les gaz liquéfiés, il est conseillé d’utiliser des robinets dits “Homme-mort” en plus des 2 robinets
réglementaires pour arrêter toute fuite en cas de problème humain.

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4- FUITES
a - Pour éviter les fuites

– Vérifier l’étanchéité des circuits et des capacités.

– Afin de supprimer sinon limiter les fuites sur les niveaux à glace, vérifier la position des robinets
à bille de sécurité.

Ceux-ci ont pour rôle d’isoler le niveau en cas de rupture de la glace.

L’étanchéité est effective si les robinets sont totalement ouverts permettant aux deux billes de se
plaquer sur leur siège respectif.

10

9 3 4
8 5
6 11 1

2
D SEC 2065 B

Robinet à bille pour niveau à glace Montage sur niveau à glace

– Lors des chargements et déchargements de camions ou wagons-citernes, il importe de


vérifier le matériel (état des capots, des organes de vidange, …) et d’éviter les débordements.

En cas de débordement : arrêt d’urgence des transferts, interdiction de démarrer les véhicules ou
de déplacer les wagons, lavage des produits épandus.

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b - En cas de fuites

– Avoir toujours à l’esprit que lors d’une fuite, la concentration en vapeur combustible est
pratiquement égale à 100 % à la sortie de la fuite, diminue au fur et à mesure par dilution, passe
par la zone d’inflammabilité et aboutit finalement à une valeur nulle.

LIE
LIE
LIE

LIE LSE
Zone inflammable

D SEC 2095 B
Zone inflammable lors d’une fuite

– Suivant le type de fuite, mettre en place une lance vapeur à faible débit (garnitures de pompes
par exemple) ou mieux, utiliser de l’eau pulvérisée pour diluer à l’air et tomber en-dessous de la
LIE.

– Les vapeurs combustibles sont souvent plus lourdes que l’air. Elles ont tendance à
s’accumuler en point bas : fosses, caniveaux, égouts, …

De plus la nappe chassée par le vent, peut aller très loin de son point d’émission.

– L’eau pulvérisée sous forme de rideaux d’eau permet de contenir une nappe de gaz et de
disperser le nuage de vapeur.

– Le dispositif de sécurité consistant à injecter de l’eau dans les réservoirs (en particulier dans les
capacités de gaz liquéfiés) est un excellent moyen pour substituer celle-ci à une fuite de
combustibles liquides.

– Lorsque des gaz liquéfiés se vaporisent par détente à travers une fuite, ils absorbent
suffisamment de chaleur à l’air ambiant pour entraîner la condensation de la vapeur d’eau et former
un nuage blanc semblable à un nuage de vapeur inoffensif.

Le nuage ne se produit pas lorsque l’air est très sec.

Pour des fuites de faible débit un chiffon mouillé peut être efficace par gel de l’eau.

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E 2 -1

– Vérifier régulièrement le bon fonctionnement des détecteurs d’explosivité à poste fixe.

D SEC 1492 A
Détecteur d’explosivité

5- BACS DE STOCKAGE
– Respecter les consignes de températures de stockage.

– Surveiller le bon fonctionnement de systèmes de “blanketting” à l’azote ou à la vapeur.

– S’assurer de l’étanchéité des murettes de rétention.


D MEQ 1493 A

Cuvette de rétention avec fourreau

– Vérifier périodiquement l’atmosphère des caissons des bacs à toit flottant.

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6- TRAVAUX
– Dégazage soigneux des capacités avant tout travail à chaud.

– Chalumeaux et flexibles de gaz doivent être enlevés des capacités ouvertes, lorsqu’ils ne sont
pas utilisés et à chaque arrêt de travail.

D SEC 3048 A
Dangers dus aux flexibles de gaz dans une sphère

– Il est interdit d’introduire des bouteilles de gaz (oxygène, acétylène, propane, …) dans les
capacités.

– Prévoir des mesures fréquentes d’explosivité ou la mise en place d’explosivité portable de


chantier.

– Pas de purge ou de dégazage pendant des travaux de feu.

7- NETTOYAGES
En plus de leur caractère agressif pour la peau et de leur toxicité, en raison des risques d’incendie il
est interdit, sauf exception, d’utiliser pour le nettoyage les produits solvants en général et en
particulier :

- le white-spirit
- l’acétone
- le perchloro-éthylène

Dans le cas contraire, prendre toutes les précautions qui s’imposent.

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E 2 -1

8- INCENDIE
a - Règles générales

– Refroidir, en déversant par les moyens fixes ou mobiles de grande quantité d’eau, les surfaces
exposées au feu pour absorber la chaleur rayonnée par les flammes.

D SEC 3049 A
Refroidissement de structure

– Suppression de l’air :

- en constituant un matelas de mousse


- en créant un nuage de gaz carbonique
- etc.

– Dilution par l’air des gaz inflammables pour tomber en-dessous de la LIE en utilisant de l’eau
pulvérisée.

– Rideaux vapeur ou rideaux d’eau pulvérisée autour des unités.

– Ignifugeage avec un temps de résistance au feu suffisant pour :

- les supports d’équipements et de tuyauteries dans les unités


- les instruments de contrôles critiques et leur liaison (IIPS)
- les liaisons des systèmes de commande d’urgence à distance

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E 2 -1

b - Fuite de gaz

• Fuite enflammée

Ne jamais éteindre un feu provoqué par une fuite de gaz sans avoir d’abord supprimer la
source, puis laisser le feu s’éteindre de lui-même ou extinction dans les cas mineurs avec un
extincteur à poudre. Si l’on éteint d’abord, il y a toutes les chances que le métal surchauffé réallume
violemment l’incendie.

• Fuite non enflammée

Stopper la fuite aussi rapidement que possible. Arrêter la circulation, les travaux, …

c - Gaz liquéfiés

Refroidir, en déversant par les moyens fixes de grande quantité d’eau, les surfaces exposées au
feu pour absorber la chaleur rayonnée par les flammes et éviter un probable phénomène de BLEVE.

Dans le cas d’une nappe de gaz liquéfiés en feu, l’eau projetée à la lance incendie et non vaporisée
par les flammes vient en contact de la masse liquide, la réchauffe, provoque un accroissement de la
vaporisation et des projections liquides qui aggravent l’incendie.

Le tableau ci-dessous indique les quantités de gaz liquéfiés vaporisés par kg d’eau introduite.

Chlorure
Méthane Éthylène Propane Propylène Butane Butadiène
Gaz liquéfiés de vinyle
CH4 C2H4 C3H8 C3H4 C4H10 C4H6 C2H3Cl

Point d’ébullition à
– 161,5 – 103,7 – 42,07 – 47,7 – 0,5 – 4,41 – 13,9
pression 1 atm (°)

Volume (litre) de vapeur


formée par kg d’eau à
15°C introduit dans le 689 584 485 492 397 396 433
liquide

D’après H. Chaillot

Toute projection d’eau, autrement que par les installations fixes, doit donc être prohibée.

L’utilisation de mousse à moyen foisonnement permet de constituer à la surface de la nappe une


couche froide (glace + mousse + gaz + …) :

- limitant l’évaporation du produit


- stable aux courants de convection créés par les flammes et aux vents
- entraînant l’extinction par étouffement et rupture chimique de chaînes

La mousse doit être déversée en plusieurs points et couvrir toute la surface sur une hauteur suffisante
pour réduire de manière satisfaisante l’évaporation de la couche de gaz.

Ne pas oublier qu’une mousse de densité trop élevée apporte une grande quantité d’eau et entraîne
donc les mêmes problèmes que précédemment.

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E 2 -1

9- ZONES ATEX
– Subdiviser en zones les emplacements à risques où des ATEX peuvent se former :

- zones 0, 1, 2 pour les liquides


- zones 20, 21, 22 pour les gaz

– Matérialiser ces zones par le pictogramme suivant :

D SEC 1191 G
Délimitation d’une zone à risques d’explosion

– Prendre les mesures de prévention et de précaution en fonction de ces zones (choix du


matériel, procédures opératoires, …).

Voir chapitre E2-2.

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E 2 -1

III - CONTRÔLER OU SUPPRIMER LES SOURCES D’INFLAMMATION

1- FLAMME
Pas d’allumettes, de briquets dans les zones à risques.

Pas de travaux de feux sans permis. Prévoir au minimum, si le travail est autorisé, un extincteur
portatif à proximité (quelques mètres).

2- FOUDRE
Vérification :

- de l’étanchéité des soupapes de sécurité et des évents vers l’atmosphère et du bon


fonctionnement de leur système d’étouffement éventuel (vapeur, azote)

Cage
de Faraday

Mise à la terre

Étouffement
à la vapeur
(ou à l'azote)
D MEQ 2126 B

Échappement soupape avec cage de Faraday et système d’étouffement

- des arrêtes-flammes
- des joints de bacs à toit flottant

Par temps d’orage :

- éviter purges, prises d’échantillon, jaugeage de bac, …


- n’effectuer aucun branchement ou débranchement sur navire, wagons-citernes, camions-
citernes
- suspendre toute opération de chargement en dôme des camions et wagons
- de plus fermer les capots, dômes, couvercles, …

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E 2 -1

3- ÉTINCELLES DUES À L’ÉLECTRICITÉ STATIQUE


a - Liaisons équipotentielles - Mise à la terre

Pour obtenir la suppression des charges électrostatiques et donc les risques d’étincelles, on doit relier
tuyauterie et capacité par une liaison équipotentielle de façon à favoriser la circulation de l’électricité
puis de réaliser une mise à la terre efficace (R < 20 Ω).

En effet, la terre étant une réserve inépuisable de charges électriques, elle peut en céder ou en
recevoir indéfiniment. Il convient donc de respecter des temps de rééquilibrage électrique plus ou
moins longs suivant que l’on a des corps isolants ou conducteurs.

Ces liaisons équipotentielles concernent :

- les EPI du personnel en usine : pas de vêtements générateurs d’électricité statique,


chaussures “antistatiques” (R ≅ 106 Ω)

- les capacités (ballons, bacs, …)

- les tuyauteries : entre brides la continuité électrique est assurée par les tiges filetées ou
par pontage

D SEC 3050 A

Liaison équipotentielle entre brides

- les flexibles dont la continuité électrique doit être assurée (fil conducteur incorporé, etc.)

- les courroies d’entraînement de machines qui doivent être rendues conductrices par
incorporation des fils métalliques ou par utilisation de caoutchouc conducteur

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E 2 -1

- les chargements ou soutirages de fûts

D SEC 1139 A
Liaison équipotentielle ou contact permanent
entre fûts bec et seau

Liaisons équipotentielles entre récipients

- les opérations de chargement ou déchargement de wagons-citernes

Liaison équipotentielle entre les


tuyauteries et la tubulure du
wagon citerne
D SEC 1137 A

Liaison équipotentielle et mise à la terre des


tuyauteries de déchargement et des rails

Liaisons équipotentielles - Mise à la terre d’un wagon-citerne

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E 2 -1

- les opérations de chargement ou déchargement d’un camion-citerne

De plus, les camions-citernes se chargent d’électricité statique par frottements de l’air. Il y a


donc lieu de les “décharger” par mise à la terre avant toute opération de chargement

Dispositif
de mise
à la terre

D MEQ 126 D
Liaison équipotentielle - Mise à la terre - Camion - Poste de chargement

- les opérations de chargement ou déchargement de navires

• mise en place de la prise de terre, dispositif de coupure ouvert


• fermeture du dispositif de coupure
• connexion du flexible ou du bras
• opérations de chargement ou déchargement
• déconnexion du flexible ou du bras
• ouverture du circuit de coupure
• débranchement de la prise de terre

Pince / Borne de liaison


équipotentielle
Liaison équipotentielle

Interrupteur dans boîtier ATEX

Chaland Mise à la terre


D MEQ 113 A

Mise à la terre d’un appontement - Liaison équipotentielle d’un chaland

Attention, dans le cas où il existe une isolation électrique (par joints isolants) entre un
appontement et navire, et dans ce cas seulement, la liaison équipotentielle n’est pas
prescrite.

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22
E 2 -1

La pince de “mise à terre” doit être mise en place avant d'effectuer les manœuvres de remplissage
ou de vidange.

En effet, la pince de “mise à terre” d'une capacité en cours de remplissage ou de vidange est
particulièrement dangereuse; la décharge d'électricité statique provoque une étincelle lors de la mise
en place de celle-ci.

Il existe trois sortes de prise de terre :

- le câble ordinaire, reliant la capacité à la terre sans contrôle visuel de son efficacité

- la prise de terre sécuriterre, toujours par câble, mais avec voyants lumineux rouge et
vert :

• ROUGE : mauvaise mise à terre


• VERT : bonne mise à terre

- la prise de terre sécuriterre, avec action directe sur la vanne de chargement :

• si pour une raison quelconque la mise à terre est défectueuse, le chargement ne


peut s’effectuer

• si pour une raison quelconque la mise à terre ne se fait plus pendant le chargement,
celui-ci s’arrête immédiatement

Sécuriterre Enraf
pour navires
D MEQ 1461 A

Sécuriterre Enraf
pour camions/wagons

Sécuriterre Enraf

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23
E 2 -1

- les lances d’eau et de vapeur, les lances de lavage haute pression, les éducteurs, les
aérateurs utilisés lors de travaux sur capacités ouvertes

D SEC 1141 A
Liaison équipotentielle

Vaporisation et lavage à l’eau des réservoirs

Il est indispensable de vérifier que ces mises à la terre ou ces liaisons :


- ne soient pas débranchées ou détériorées
- soient réalisées par des parties métalliques propres (pas de graisse ou de peinture qui sont
des isolants)
- les bouteilles de prises d’échantillons de gaz liquéfiés connectées par flexible
- l’échantillonnage à la bouteille des bacs de stockage

Cordelette

Métal non
ferreux
D MEQ 2194 C

D MEQ 2183 A

Liaisons équipotentielles lors d’échantillonnage

On doit utiliser une cordelette en fibres naturelles (coton, chanvre, …) et non pas en fibres
synthétiques.
- les mesures manuelles de niveau et de température dans les bacs de stockage (ruban en
métal non ferreux, liaison équipotentielle)

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b - Temps de relaxation - Précautions d’exploitation

Quelle que soit l’efficacité de la mise à la terre et de différentes liaisons équipotentielles, quelques
grandes règles sont à respecter :

- avant l’accès sur les équipements pour des opérations de jaugeage, d’échantillonnage, …
respecter les temps de relaxation suivants :

Bacs avec Camions-citernes


Bacs à toit Bacs à toit fixe Bacs à écran couverture ou et
flottant et navires interne
“blanketting” wagons-citernes

Attendre plusieurs Attendre 30 min. Attendre la


heures après après fin de flottaison de Aucun danger Attendre 3 min.
flottaison du toit remplissage l’écran

- éviter d’introduire des pièces métalliques dans une capacité

- ne pas transférer des produits très mauvais conducteurs à des vitesses élevées (1 m/s
est souvent le maximum recommandé)

- ne pas remplir “en pluie” les camions et les wagons-citernes : le remplissage en vitesse
maximum ne doit s’effectuer que lorsque la canne est immergée

- ne remplir un réservoir par l’entrée normale que si la hauteur de produit est au moins
égale à + 20 cm au-dessus de la tuyauterie d’entrée. Dans le cas contraire commencer le
remplissage par la reprise de fond en limitant la vitesse de pompage

- dans le cas de fluides (de très mauvais conducteurs : kérosène, …) éviter de les mélanger
avec de l’air, de les déplacer à l’eau, de les pomper lorsqu’ils sont mélangés avec de l’eau

4 - ÉTINCELLES DUES À L’ÉTABLISSEMENT OU À LA RUPTURE DE CIRCUITS


ÉLECTRIQUES
– Pour supprimer ces sources d’inflammation, on doit utiliser du matériel de sûreté agréé pour
atmosphère explosive (matériel ATEX), voir chapitre c.

– Interdiction de connecter la prise de masse d’un groupe électrique de soudage à l’arc sur une
tuyauterie ou une capacité contenant des combustibles.

– Étincelles dues à la mise en contact accidentelle des conducteurs sous tension : ne pas faire
passer de câbles au-dessus de tuyauteries, de réservoirs, …

– “Consigner” les appareillages électriques avant d’intervenir ou faire un contrôle d’explosivité


avant intervention.

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5- POINTS CHAUDS CRÉÉS PAR LE TRAVAIL


a - Définition d’un point chaud

On appelle travail à chaud, tout travail dont l’exécution nécessite l’utilisation d’appareils ou d’outils
générateurs de flammes, d’étincelles ou peut faire apparaître des surfaces ou des points susceptibles
d’être portés à des températures élevées (points chauds).

Particulièrement :

- soudure à l’arc
- chalumeaux - lampes à souder
- appareillage électrique qui n’est pas de sûreté
- outillage susceptible de produire des étincelles : meule, pistolet de scellement, scie
mécanique, sablage

Air respirable

D SEC 1140 A

Génération d’étincelles lors du sablage

- moteur thermique d’engins de chantier

Seuls les moteurs Diesel “de sûreté” ne sont pas considérés comme point chauds s’ils sont
conformes aux règles de construction en vigueur :

• dimensions des jeux, des joints, des interstices


• systèmes anti-emballement avec volet d’étouffement sur l’admission et coupure
simultanée de l’injection de gazole
• température de toute surface extérieure et des gaz d’échappement après
refroidissement inférieure à 200°C
• extrémité de la conduite d’échappement à 2,5 m du sol au minimum
• …

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E 2 -1

b - Prévention - Précautions

Tout travail à chaud, doit faire l’objet d’un permis ou bon de feu.

Parallèlement, lors des travaux à chaud et principalement durant le découpage au chalumeau et le


meulage, des étincelles peuvent être projetées aux alentours du point d’intervention.

Précautions :

- tenir compte du vent

- protéger par des bâches ignifugées ou un dispositif équivalent (matelas de mousse


incendie, plâtrage) le matériel se trouvant à proximité, les drains, les caniveaux, regards
d’égouts

D SEC 1494 A

Égout à obturer avant travail à chaud

- interdire toute manœuvre sur les équipements (purge, prise d’échantillons, …)

- disposer du matériel de première intervention (extincteurs, …)

- éviter les découpes à chaud des tuyauteries (même “dégazées”) et préférer l’utilisation
d’un coupe-tube

- utiliser le sablage humide

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E 2 -1

Lors des travaux de peinture la nature des solvants entrant dans la composition des peintures,
génère des vapeurs inflammables.

Afin d’écarter tout danger d’explosion, il est interdit de pénétrer dans des locaux ou appareils où
s’effectuent des travaux de peinture avec des feux nus, d’utiliser de l’outillage pouvant provoquer des
étincelles.

6- ÉTINCELLES DUES AUX CHOCS D’OUTILS / AUX FROTTEMENTS


a - Chocs d’outils

L’étincelle, à la suite d’un choc d’outils, ne se produit généralement qu’en présence d’acier très dur.
L’étincelle est en fait une particule de métal en fusion.

Dans certains cas, utiliser des outils en cuivre-béryllium dits anti-étincelles.

D SEC 3052 A

Outils en cuivre-béryllium “anti-étincelles”

Néanmoins, l’usage de ces derniers ne supprime pas tout danger.

L’expérience montre que les particules arrachées de l’outil ne donnent pas d’étincelles, mais que les
parties détachées des pièces métalliques ou du béton sur lesquels frappe l’outil sont des étincelles.

Dans une certaine mesure, on peut supprimer ces étincelles par humidification du lieu de travail.

b - Frottements

Prévoir des protecteurs d’accouplement anti-étincelles sur les machines tournantes.

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E 2 -1

7- ÉCHAUFFEMENTS ANORMAUX
Surveiller en particulier les machines tournantes, vibrations, frottements (suivi des appareils de
contrôle, haute température huile de butée, …) et les nettoyer régulièrement (exemple : grille
ventilateur d’un moteur électrique).

D SEC 3051 A

Blocage roulements - Échauffements - Rupture d’arbre - Incendie sur une pompe

8- COMPOSÉS PYROPHORIQUES
a - Sulfure de fer

– Avant l’ouverture d’une capacité pouvant contenir ce type de composés, il est recommandé
d’effectuer un lavage chimique acide (par entreprise spécialisée). Prévoir le barbotage dans une
solution de soude des gaz générés par cette opération car ils contiennent de l’hydrogène sulfuré.

– Si le lavage chimique n’est pas effectué, un lavage à l’eau est recommandé avant l’ouverture,
ensuite humidification en permanence (flexible d’eau devant chaque trou d’homme, …).

Le stockage des déchets retirés de la capacité doit être fait dans des fûts pleins d’eau avant
destruction définitive (enfouissement, incinération).

– Mettre hors service les serpentins de réchauffage lorsqu’ils ne sont pas complètement immergés
car la présence de sulfures surchauffés peut déclencher l’inflammation d’une phase gazeuse.

b - Autres composés pyrophoriques

Certains catalyseurs à base de lithium, d’aluminium sont pyrophoriques et réagissent violemment avec
l’eau. Utiliser un solvant inerte ou travailler dans ce cas sous atmosphère d’azote.

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