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L

S

N

V

Le système nerveux de tous les mammifères est classiquement divisé en deux parties :

le système nerveux central (SNC), ou névraxe, formé des portions du système nerveux enfermées dans des structures osseuses :

l’encéphale (cerveau, cervelet et tronc cérébral) contenu dans la boîte crânienne, et la moelle épinière protégée dans la colonne vertébrale (ou rachis).

le système nerveux périphérique (SNP) correspond aux portions situées en dehors du névraxe. Le vaste réseau de nerfs qui le compose (soit 43 paires : 12 paires de nerfs crâniens et 31 paires de nerfs rachidiens) assure la communication entre le système nerveux central et le reste du corps. Il comprend lui-même deux composantes, une composante somatique et une composante viscérale qui visent à satisfaire deux besoins complémentaires de l’individu :

établir des relations avec son environnement et s’y adapter : c’est le rôle du système nerveux somatique (SNS) ou de la vie de relation, assurer sa cohésion interne (réguler toutes les fonctions vitales) : c’est le rôle du système nerveux végétatif (SNV) ou système nerveux autonome. Celui-ci comporte deux branches :

la division orthosympathique (ou sympathique) (SNO), et la division parasympathique (SNP).

En règle générale, les organes internes reçoivent des instructions en provenance des deux divisions du SNV, Toutefois, pour chacune d’entre elles, il existe une innervation spécifique. Ainsi, le SNO innerve seul :

la plupart des vaisseaux sanguins (vaisseaux sanguins sous-cutanés et musculaires), les glandes sudoripares (glandes épidermiques sécrétant la sueur), les muscles piloérecteurs de la peau (ou muscles arrecteurs du poil : muscles lisses attachés aux poils, dont la contraction soulève les poils en position verticale, produisant la « chair de poule »). Ces différents effecteurs constituent le contingent somatique du SNO. La médullosurrénale. Le SNP innerve seul les glandes lacrymales.

Les actions des deux divisions du SNV sont généralement antagonistes. Ainsi, le SN orthosympathique prépare l’organisme à réagir aux agressions. Dans des situations critiques, on observe une série de réactions physiologiques appelées réactions de lutte ou de fuite qui se traduisent par une augmentation des fréquences cardiaque et respiratoire et par l’utilisation des nutriments par les cellules, ainsi que par une inhibition des fonctions digestive et d’élimination au niveau des reins.

Le SNO est un système dit ergotrope (du grec : ergon, travail et tropos, direction) qui intervient pour mobiliser l’énergie du sujet dans les situations de stress et d’urgence.

le SN parasympathique, au contraire, a une fonction d’économie d’énergie, de mise au repos des activités végétatives. Autrement dit, dans les conditions normales, les influx parasympathiques vers le cœur, les muscles lisses des systèmes digestif et urinaire prédominent empêchant une accélération inutile de la fréquence cardiaque et établissant les niveaux d’activité normaux des systèmes digestif et urinaire.

Le SNP est un système dit trophotrope (du grec : trophe, nourriture et tropos, direction ) qui conserve et restaure l’énergie corporelle pendant les périodes de repos ou de récupération.

En fait, ces deux divisions du SNV sont en constante interaction pour assurer l’homéostasie, c’est-à-dire l’équilibre dynamique du milieu intérieur en fonction des conditions changeantes de l’environnement (il s’agit de maintenir la stabilité du fonctionnement de nos activités vitales). Pour ce faire, les fonctions viscérales sont régulées par des réflexes locaux mettant en jeu des centres spinaux ou du tronc cérébral. Cependant, la complexité des adaptations de ces fonctions aux contraintes de l’environnement nécessite l’intervention d’un ensemble de centres supérieurs de contrôle, le réseau autonome central (RAC), comprenant notamment une structure essentielle :

l’hypothalamus.

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I) ANATOMIE DU SYSTEME NERVEUX VEGETATIF

1- Le versant afférent

D’un point de vue anatomique, les afférences végétatives présentent une organisation périphérique comparable à celle des afférences somatiques du SNC.

1.1. Les récepteurs viscéraux

Par opposition aux récepteurs qui renseignent sur l’environnement de l’organisme et qui sont qualifiés d’extérocepteurs, ceux qui sont mis en jeu lors du fonctionnement des principaux organes et qui fournissent des informations sur le milieu interne sont dits intérocepteurs (ou viscérocepteurs).

En fonction de la nature des stimuli auxquels ils réagissent, on distingue : Intérocepteurs ou
En fonction de la nature des stimuli auxquels ils réagissent, on distingue :
Intérocepteurs ou
Viscérocepteurs
Stimuli
Localisation
Distension des parois
Tensorécepteurs
Tube digestif
Vessie
Arbre respiratoire
Mécanorécepteurs
Artères
Barorécepteurs
Variation de
Pression sanguine
Oreillettes
Ventricules
Muqueuse
Chémorécepteurs
Composition du contenu
des organes
gastro-intestinale
Composition du sang
Grosses artères et veines
Changements de
Thermorécepteurs
Tube digestif
température
Nocicepteurs
Stimuli nuisibles
Organes malades

Sur le plan de la structure, les intérocepteurs se présentent sous diverses formes. On les trouve sous la forme:

de terminaisons libres (terminaisons dendritiques dénudées de neurones sensitifs)

simples, dans l’intestin, par exemple,

ou en arborisations très ramifiées, dans le système cardio-vasculaire.

très ramifiées, dans le système cardio-vasculaire. de terminaisons encapsulées (dendrites de neurones

de terminaisons encapsulées (dendrites de neurones sensitifs enfermées dans une capsule de tissu conjonctif)

les corpuscules de Krause (petits récepteurs formés d’une mince capsule de tissu conjonctif enfermant des dendrites enroulées en spirale) dans les muqueuses,

des dendrites enroulées en spirale) dans les muqueuses, Corpuscules de Krause les corpuscules de Pacini

Corpuscules de Krause

les corpuscules de Pacini (structures ovales dont la capsule est constituée par une série de lamelles conjonctives emboîtées concentriquement) dans le mésentère et les organes génitaux externes.

dans le mésentère et les organes génitaux externes. Corpuscules de Pacini Cours de C. REDON –

Corpuscules de Pacini

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1.2. Les fibres afférentes végétatives

Les informations issues des intérocepteurs sont véhiculées jusqu’au SNC par des neurones afférents qui suivent ceux de la sensibilité générale.

Leurs corps cellulaires sont localisés :

dans les ganglions spinaux des racines dorsales pour les nerfs rachidiens (nerfs dont les entrées dans le SNC se font au niveau de la moelle épinière), ou dans les ganglions crâniens pour les nerfs crâniens (nerfs dont les entrées dans le SNC se font au niveau du tronc cérébral).

Leurs fibres sont :

soit myélinisées, de diamètre de petite et moyenne importance : il s’agit respectivement, selon la classification d’Erlanger et Gasser, des fibres Aδ et Aβ, soit amyéliniques : il s’agit, selon la même classification, des fibres C.

En règle générale, les fibres conduisant des messages nociceptifs suivent les nerfs orthosympathiques, tandis que les autres sensibilités (mécanique, chimique et thermique) parcourent les nerfs parasympathiques, et en particulier le nerf vague (ou pneumogastrique).

1.3. Les projections centrales des afférences végétatives

Les fibres des neurones afférents végétatifs se terminent, lorsqu’elles cheminent dans :

les nerfs crâniens : dans le noyau du faisceau solitaire (situé dans le bulbe rachidien), les nerfs rachidiens : dans la corne dorsale de la moelle épinière. Les fibres afférentes végétatives se terminent alors plus profondément que les fibres afférentes somatiques : très précisément dans la couche V de Rexed au voisinage du canal de l’épendyme (cf. zone viscéro-sensible).

Centre extéroceptif Zone somato-sensible Centre proprioceptif Zone viscéro-sensible Canal de l'épendyme Zone
Centre extéroceptif
Zone somato-sensible
Centre proprioceptif
Zone viscéro-sensible
Canal de l'épendyme
Zone viséro-motrice
Zone somato-motrice

Diagramme de la répartition des divers centres sensitifs et moteurs à l’intérieur de la substance grise de la moelle épinière

Cortex préfrontal médian, Insula, Cortex somesthésique

Niveau

cortical

Thalamus Diencéphale Hypothalamus Formation Réticulée bulbo-pontique Versant afférent Ganglion Tronc crânien
Thalamus
Diencéphale
Hypothalamus
Formation Réticulée
bulbo-pontique
Versant afférent
Ganglion
Tronc
crânien
cérébral
Noyaux moteurs
Noyau du Faisceau
Solitaire
crâniens
Nerf crânien
Fibres A ,
β
A
δ
ou C
ou
Corne dorsale de
la Moelle Epinière
spinaux
Moelle
Terminaisons
Ganglion
épinière
sensitives
spinal
Versant efférent
Nerf spinal
SNC

Cours de C. REDON – L2 Année : 2008 - 2009

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Ces premiers relais projettent des neurones secondaires vers :

les noyaux moteurs crâniens ou spinaux (points de départ du versant efférent du SNV), la formation réticulée bulbo-pontique, l’hypothalamus et le thalamus, au niveau du diencéphale.

La plupart du temps, ces signaux afférents ne sont pas reconnus consciemment. Cependant, l’activation intense des intérocepteurs peut provoquer des sensations conscientes qui sont essentiellement des sensations de douleur. Les zones du cortex cérébral qui reçoivent alors des afférences végétatives sont principalement : l’insula, le cortex préfrontal orbitaire médian et le cortex somesthésique.

2- Le versant efférent

2.1. Organisation générale

La spécificité du SNV réside essentiellement dans l’organisation de sa voie motrice. Pour la mettre en évidence, comparons les deux composantes du système nerveux périphérique. Dans le système nerveux somatique, les neurones moteurs (ou motoneurones) ont leurs corps cellulaires localisés dans le névraxe. On les trouve dans la corne ventrale de la substance grise de la moelle épinière (cf. zone somato-motrice du diagramme page 4) et dans les noyaux moteurs des nerfs crâniens. Leurs axones sont généralement épais et fortement myélinisés : il s’agit, selon la classification d’Erlanger et Gasser, de fibres de type Aα. Ils innervent directement, via les nerfs crâniens et rachidiens, les organes effecteurs qui, dans ce cas, sont les muscles squelettiques. Autrement dit, dans le SNS, la voie motrice est monosynaptique. La synapse porte le nom de jonction neuromusculaire. Ce contact synaptique est très élaboré. A la différence, le système nerveux végétatif efférent fait, lui, appel à deux neurones en série pour relier le SNC aux effecteurs périphériques qui, dans ce cas, sont un muscle lisse, le muscle cardiaque ou une glande. le premier de ces neurones a son corps cellulaire situé dans le névraxe et chemine jusqu’à un relais périphérique, le ganglion végétatif. Il est appelé neurone préganglionnaire ou neurone connecteur. Le second a son corps cellulaire qui a migré en dehors du névraxe, dans le ganglion végétatif, et chemine jusqu’au tissu effecteur. Il est appelé neurone postganglionnaire ou neurone effecteur.

a) Les centres végétatifs

Les centres végétatifs correspondent aux corps cellulaires des neurones préganglionnaires. Ces cellules se distinguent des motoneurones de type somatique par :

leur petite taille, leur forme allongée et par l’émergence fréquente de leur axone à partir d’une des faces latérales de la cellule.

axone à pa rtir d’une des faces latérales de la cellule. Les centres végétatifs se localisent

Les centres végétatifs se localisent dans :

la zone intermédiaire ou corne latérale de la substance grise de la moelle épinière, qui correspond à la couche VII de Rexed (cf. zone viscéro-motrice du diagramme page 4),

et la région péri-épendymaire du tronc cérébral.

b) Les nerfs végétatifs efférents

Il existe des différences de nombre et de taille entre les fibres pré- et postganglionnaires. Concernant leur nombre, les fibres postganglionnaires sont beaucoup plus nombreuses ; ce qui permet une large diffusion des effets végétatifs.

Concernant leur taille, les fibres préganglionnaires des mammifères sont classiquement finnes (φ < 3μm), mais myélinisées bien que faiblement (leur vitesse de conduction oscille entre 3 et 15 m/s) : elles constituent les fibres de type B du nerf périphérique. Ces fibres quittent le SNC en tant que composantes d’un nerf crânien ou rachidien dont elles se séparent, à un moment donné, pour se diriger vers un ganglion végétatif au niveau duquel elles font synapse avec les neurones postganglionnaires.

Cours de C. REDON – L2 Année : 2008 - 2009

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Ceux-ci se trouvent entièrement à l’extérieur du névraxe. Les fibres postganglionnaires sont encore plus minces (φ ≈ 1μm) et amyéliniques (leur vitesse de conduction est inférieure à 2 m/s) : elles correspondent aux fibres de type C du nerf périphérique (notons que ces données indiquent que le SNV n’est pas «équipé» pour fournir des réponses extrêmement rapides). De nombreux axones postganglionnaires se joignent aux nerfs crâniens ou rachidiens sur l’essentiel de leur trajet. D’autres cheminent avec les artères jusqu’aux effecteurs viscéraux. Dans les deux cas, leur terminaison constitue la synapse effectrice, qui est beaucoup moins élaborée que la jonction neuromusculaire. Les contacts synaptiques s’effectuent :

soit au niveau des renflements terminaux des axones ou boutons synaptiques : on qualifie cette synapse de terminale,

soit au niveau des varicosités disposées le long des trajets axonaux : on parle alors de synapse « en passant » ou synapse transitive.

Ce second type de synapse est le plus fréquent. Ainsi, à l’approche d’organes comme ceux qui composent le tube digestif, les axones se divisent en de nombreux filaments fins qui cheminent seuls ou en faisceaux sur des distances variables, le long des cellules musculaires lisses. Chacun de ces filaments présente le long de son trajet des varicosités axonales renfermant des mitochondries et de nombreuses vésicules qui traduisent la présence de neurotransmetteurs. Ce type de synapse, qualifié de synapse « en passant », permet une large diffusion des effets végétatifs. En effet, au niveau de l’élément présynaptique, l’arrangement des axones postganglionnaires en un réseau très ramifié contribue à cette diffusion. Par ailleurs, même si la distance entre éléments pré et postsynaptiques est variable, ce type de contact synaptique est qualifié de lâche, ce qui permet une libération diffuse du neurotransmetteur. Enfin, au niveau de l’élément postsynaptique, les cellules musculaires lisses sont connectées entre elles par des jonctions ouvertes (aussi appelées jonctions communicantes ou jonctions lacunaires), ce qui permet à l’excitation de se transmettre à un nombre encore plus grand d’entre elles (jusqu’à 1000 cellules), qui forment un syncitium

Vésicules Cellule musculaire lisse Mitochondrie synaptiques Varicosité Axone postganglionnaire Synapse "en
Vésicules
Cellule musculaire
lisse
Mitochondrie
synaptiques
Varicosité
Axone
postganglionnaire
Synapse
"en passant"
Neurotransmetteur
Jonction ouverte

fonctionnel.

Innervation des fibres musculaires lisses

Au niveau des jonctions ouvertes, les membranes plasmiques adjacentes sont très rapprochées, mais ne fusionnent pas. Des protéines appelées connexons franchissent cet écart en formant de minuscules tunnels.

c) Les ganglions végétatifs

Les ganglions végétatifs correspondent au rassemblement des corps cellulaires des neurones postganglionnaires entourés d’une capsule périphérique. On les divise en trois grands groupes selon leur situation topographique, plus ou moins éloignée des effecteurs périphériques. On distingue ainsi :

le groupe des ganglions paravertébraux. Ce groupe de ganglions correspond à celui dont la position est la plus éloignée des effecteurs périphériques, donc la plus proche du SNC.

le groupe des ganglions prévertébraux ou collatéraux. Ces ganglions sont quasiment situés à mi-chemin entre la moelle épinière et les organes effecteurs.

et, le groupe des ganglions préviscéraux qui se situent à proximité des effecteurs périphériques.

SNV :

Des critères, non seulement anatomiques mais aussi physiologiques, ont permis de distinguer deux divisions du le système orthosympathique ou sympathique,

et le système parasympathique.

Au plan anatomique, qui nous intéresse de prime abord, ces deux composantes du système nerveux végétatif diffèrent sur les trois principaux points suivants :

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la localisation de leurs centres végétatifs, c’est-à-dire le niveau du névraxe où se situent les corps cellulaires des neurones préganglionnaires, la localisation de leurs ganglions relais, c’est-à-dire la situation topographique des corps cellulaires des neurones postganglionnaires, et, la longueur respective de leurs neurofibres.

2.2. Le système nerveux orthosympathique (SNO)

Le système nerveux orthosympathique est plus complexe que le système nerveux parasympathique, en partie parce qu’il dessert un plus grand nombre d’effecteurs. Il comprend ainsi deux contingents :

le contingent viscéral qui regroupe l’ensemble des fibres orthosympathiques innervant les organes internes. le contingent somatique (à ne pas confondre avec le système nerveux somatique !) qui regroupe les fibres innervant

certains éléments de la peau comme les glandes sudoripares, les muscles piloérecteurs, les vaisseaux sanguins cutanés et musculaires.

a) Les centres végétatifs

Le système orthosympathique se caractérise par la topographie exclusivement médullaire de ses centres végétatifs. Ainsi, les corps cellulaires des neurones préganglionnaires sont situés dans la corne latérale de la substance grise des douze segments thoraciques et des deux premiers segments lombaires de la moelle épinière. De ce fait, le système orthosympathique est également appelé “système thoraco-lombaire” (niveau T1 à L2, chez l’homme).

b) Les ganglions végétatifs

Dans le système orthosympathique, l’articulation entre neurone pré- et postganglionnaire s’effectue au début de la voie motrice végétative. Autrement dit, deux groupes de ganglions végétatifs appartiennent au SNO : le groupe des ganglions paravertébraux et celui des ganglions prévertébraux.

Les ganglions paravertébraux

Ces ganglions sont disposés à la verticale de part et d’autre de la colonne vertébrale. Ils sont unis les uns aux autres par des cordons interganglionnaires (ou anastomoses longitudinales). L’ensemble forme deux chaînes symétriques, les chaînes latéro-vertébrales ou chaînes caténaires, qui s’étendent de la base du crâne jusqu’au coccyx. Sur la face antérieure du coccyx, ces deux chaînes se rejoignent soit par échange de fibres transversales, soit par convergence sur un ganglion coccygien unique, donc commun, situé en position médiane.

La composition de chaque chaîne latéro-vertébrale est telle qu’elle possède dans :

sa portion cervicale, trois ganglions respectivement nommés :

ganglion cervical supérieur, ganglion cervical moyen, et ganglion cervical inférieur.

sa portion thoracique, 11 ganglions,

chacune de ses portions lombaire et sacré, 4 ganglions,

et dans sa portion coccygienne, 1 ganglion.

Au total, chacune des deux chaînes latéro-vertébrales est donc généralement composée de 23 ganglions paravertébraux.

Les ganglions prévertébraux

Ils forment une chaîne discontinue qui s’individualise au-dessous du diaphragme. Les ganglions qui la composent se trouvent devant la colonne vertébrale ; ils sont irrégulièrement disposés à l’origine des grosses artères abdominales dont ils prennent le nom. On compte, parmi les principaux ganglions paravertébraux,

juste sous le diaphragme, les ganglions cœliaques, présents de chaque côté de l’artère cœliaque,

supérieur, localisé près du début de l’artère

mésentérique supérieure

au centre de l’abdomen, le ganglion mésentérique inférieur, situé près du début de l’artère mésentérique inférieure

dans

le

haut de l’abdomen, le ganglion

mésentérique

dans le bas de l’abdomen, le ganglion du plexus hypogastrique.

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Plan de coupe Gg. coeliaque Gg. mésentérique supérieur Gg. mésentérique inférieur Gg. prévertébraux ou
Plan de coupe
Gg. coeliaque
Gg. mésentérique supérieur
Gg. mésentérique inférieur
Gg. prévertébraux
ou caténaire)
(ou collatéraux)
Gg. du plexus hypogastrique

Gg. paravertébraux

(chaîne latéro-vertébrale

Les ganglions paravertébraux et prévertébraux du SNO

Dans ces relais, un neurone préganglionnaire peut faire synapse avec plusieurs neurones postganglionnaires (au moins 20, en moyenne) ; chaque fibre postganglionnaire innervant ensuite un grand nombre d’effecteurs. Cette organisation anatomique est qualifiée de divergente. Elle explique en partie la généralisation dans tout le corps des réactions orthosympathiques.

c) Les fibres pré- et postganglionnaires

Compte-tenu de l’endroit où s’effectue la synapse, dans le SNO les fibres préganglionnaires sont courtes, les fibres postganglionnaires longues.

Les fibres des neurones préganglionnaires sortent de la moelle épinière en empruntant la racine ventrale du segment médullaire dans lequel elles sont nés. Elles suivent ensuite (avec les fibres motrices somatiques), le segment proximal du nerf rachidien qu’elles quittent par un rameau communicant blanc (RCB) pour gagner le ganglion paravertébral le plus proche. Le rameau d’entrée dans le ganglion paravertébral est dit blanc (RCB) parce qu’il contient des fibres myélinisées de type B. Il n’existe que 14 RCB, répartis entre les niveaux T1 et L2, qui s’articulent avec les 23 ganglions de la chaîne latérovertébrale. Autrement dit, seuls les nerfs thoraciques et lombaires supérieurs possèdent des RCB.

Les fibres préganglionnaires peuvent ensuite avoir trois destinations différentes :

Certaines fibres font synapse dans le premier ganglion où elles sont entrées, ou ganglion correspondant car situé au même niveau que le segment médullaire d’origine. Les fibres postganglionnaires, issues de ce relais, se prolongent jusqu’au tissu cible (cf. trajet 1 sur le schéma).

D’autres fibres longent la chaîne latéro-vertébrale, vers le haut ou vers le bas, sur une distance. Certaines atteignent et font ainsi synapse dans les ganglions cervicaux, lombaires inférieurs, sacrés ou coccygiens qui ne sont pas desservis par des RCB (cf. trajet 2 sur le schéma). Ces fibres ascendantes et descendantes forment, en passant d’un ganglion à l’autre, les cordons interganglionnaires (ou anastomoses longitudinales) qui relient les ganglions paravertébraux entre eux. Enfin, certaines fibres préganglionnaires traversent la chaîne latéro-vertébrale sans s’y arrêter. Au-delà de cette chaîne, elles forment des nerfs appelés nerfs splanchniques qui s’étendent jusqu’aux ganglions prévertébraux et y finissent (cf. trajet 3 sur le schéma). Autrement dit, les nerfs splanchniques représentent un dispositif de raccordement entre les chaînes latéro-vertébrale et prévertébrale.

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Vaisseaux sanguins Ganglion prévertébral (coeliaque, par ex.) Vers l'effecteur Organe cible (dans
Vaisseaux
sanguins
Ganglion prévertébral
(coeliaque, par ex.)
Vers
l'effecteur
Organe cible
(dans l'abdomen)
Peau

(muscles piloérecteurs et glandes sudoripares)

Chaîne latéro-vertébrale

Ganglion paravertébral

Racine postérieure du nerf rachidien et Ganglion rachidien de la racine postérieure Corne latérale de la substance grise (zone viscéro-motrice)

Rameau communicant gris

Racine antérieure du nerf rachidien

Branche postérieure du nerf rachidien Segment proximal du nerf rachidien

Rameau communicant blanc

Les voies orthosympathiques

(1) L'axone préganglionnaire fait synapse dans un

ganglion de la chaîne latéro-vertébrale situé au

même niveau.

(2) L'axone préganglionnaire fait synapse dans un

ganglion de la chaîne latéro-vertébrale situé à

un niveau différent.

(3) L'axone préganglionnaire fait synapse dans un

ganglion prévertébral.

Envisageons le trajet suivi par les fibres du SNO en fonction des effecteurs périphériques qu’elles innervent.

Le contingent somatique

Les neurones préganglionnaires du contingent somatique font synapse dans tous les ganglions paravertébraux (trajets 1 et 2). Les fibres postganglionnaires présentent ensuite un trajet récurrent (qui revient en arrière). Elles empruntent le rameau communicant gris (RCG), qui constitue le rameau efférent du ganglion et court parallèlement aux RCB. Ce rameau est dit gris car il est composé de fibres amyéliniques de type C. Il existe 23 RCG qui émergent de chaque ganglion des chaînes latéro-vertébrales, de la région cervicale à la région coccygienne, ce qui permet aux neurones postganglionnaires d’atteindre toutes les parties du corps. Ces fibres cheminent dans les nerfs rachidiens jusqu’à la périphérie. Elles se terminent finalement sur les glandes sudoripares et les muscles pilo-érecteurs et se distribuent, tout au long de leur trajet, aux artérioles.

Le contingent viscéral

Le trajet des fibres qui composent le contingent viscéral dépend de leur origine médullaire (cf. tableau).

Les axones des neurones préganglionnaires originaires des segments médullaires T1 à T5 font synapse dans certains ganglions paravertébraux :

dans les ganglions cervicaux avec des neurones postganglionnaires qui desservent les organes de la tête (muscles lisses de l’œil, glandes salivaires et des muqueuses nasale et palatine), du cou (glande thyroïde) et du thorax (cœur) (trajet 2).

dans les ganglions paravertébraux correspondants (c’est-à-dire dans les cinq premiers ganglions thoraciques de la chaîne latéro-vertébrale) avec des neurones postganglionnaires dont les fibres innervent des organes thoraciques (cœur, bronches et poumons) (trajet 1).

Les fibres des neurones préganglionnaires originaires des segments médullaires T5 à L2 traversent les chaînes latéro-vertébrales (CLV) sans y faire synapse. Elles forment, au-delà de ces chaînes, les nerfs splanchniques qui atteignent et font synapse dans les ganglions prévertébraux avec des neurones postganglionnaires dont les fibres innervent l’ensemble des viscères abdominaux et pelviens (trajet 3).

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les fibres des neurones préganglionnaires originaires des segments médullaires T5 à T9 forment, au-delà de la CLV, le nerf grand splanchnique qui se termine dans le ganglion cœliaque. Les fibres postganglionnaires, issues de ce ganglion, innervent le foie, l’estomac, le pancréas, la rate et les reins.

les fibres des neurones préganglionnaires originaires des segments médullaires T9 à T11 forment, au-delà de la CLV, le nerf petit splanchnique qui se termine dans le ganglion mésentérique supérieur. Les fibres postganglionnaires, issues de ce ganglion, innervent l’intestin grêle et la partie proximale du côlon (c.a.d le côlon ascendant et transverse).

Les fibres des neurones préganglionnaires originaires des segments médullaires T12 à L2 forment, au-delà de la CLV, les nerfs splanchniques lombaires. Certaines d’entre elles font synapse dans le ganglion mésentérique inférieur avec des neurones postganglionnaires dont les fibres innervent la partie distale du côlon (c.a.d le côlon descendant et sigmoïde) et le rectum. D’autres, font synapse dans le ganglion du plexus hypogastrique avec des neurones postganglionnaires dont les fibres innervent la vessie et les organes génitaux externes.

Les fibres postganglionnaires issues des ganglions prévertébraux suivent habituellement le trajet des artères jusqu’aux effecteurs viscéraux abdominaux et pelviens.

En conclusion, le relais dans la chaîne latéro-vertébrale est obligatoire pour l’innervation des effecteurs périphériques sous-cutanés. Ce mode d’organisation est aussi de règle dans les ganglions cervicaux et dans les premiers ganglions thoraciques pour l’innervation des organes céphaliques et thoraciques ; alors que le second mode (relais prévertébral) prévaut pour les viscères abdominaux et pelviens.

Il faut, enfin, mentionner le cas particulier de la médullo-surrénale (partie centrale de la surrénale, glande endocrine située au-dessus de chaque rein ) qui constitue une exception au modèle habituel de deux neurones efférents en série dans la voie motrice végétative. En effet , certaines des fibres préganglionnaires qui empruntent le nerf grand splanchnique traversent le ganglion cœliaque sans s’arrêter et se terminent dans la médulla des glandes surrénales. Autrement dit, la voie motrice mise en jeu est ici monosynaptique. On a coutume d’assimiler la médullo-surrénale à un volumineux ganglion orthosympathique modifié. Cette assimilation entre médullo-surrénale et ganglion végétatif se trouve justifiée :

par leur origine embryonnaire commune, et par la ressemblance de ses cellules sécrétrices appelées cellules chromaffines (car elles sont colorées par les sels de chrome) avec les neurones postganglionnaires. Au lieu de s’étendre à un autre organe, ces cellules (dépourvues d’axones) déversent dans le sang leurs produits de sécrétion : l’adrénaline, pour l’essentiel, et la noradrénaline. Ces substances agissent sur de nombreux tissus cibles et notamment sur le cœur et les vaisseaux sanguins ; elles accroissent ainsi l’action du SN orthosympathique, fait important en situation de stress.

Contingent

somatique

Contingent

viscéral

Relais

Origine latéro-vertébral prévertébral spinale Tous les ganglions T1-L2 paravertébraux Gg. cervical sup. Gg.
Origine
latéro-vertébral
prévertébral
spinale
Tous les ganglions
T1-L2
paravertébraux
Gg. cervical sup.
Gg. cervical moyen
Gg. cervical inf.
T1-T5
5 premiers Gg.
thoraciques
Nerf grand
T5-T9
Gg. Coeliaque
splanchnique
Gg.Mésentérique
Nerf petit
T9-T11
splanchnique
supérieur
Gg.Mésentérique
Nerfs splanchniques
T12-L2
lombaires
inférieur
Gg.du plexus
hypogastrique

Organe effecteur

Artérioles, Muscles piloérecteurs,

Glandes sudoripares

Muscles lisses de l'oeil, Glandes salivaires,

Glandes des muqueuses

nasale et palatine, Glande thyroïde, Coeur

Coeur

Coeur

Coeur, Trachée,

Bronches, Poumons Foie, Estomac, Pancréas,Rate, Reins Médullo-surrénale

Intestin grêle, Partie proximale du Côlon

Partie distale du Côlon, Rectum

Vessie, Organes génitaux externes

Innervation orthosympathique des effecteurs périphériques

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2.3. Le système nerveux parasympathique (SNP)

a) Les centres végétatifs

Les corps cellulaires des neurones préganglionnaires du système nerveux parasympathique sont, pour leur part, localisés :

dans différents noyaux péri-épendymaires du tronc cérébral, et dans la portion sacrée de la moelle épinière. Le système parasympathique est donc également appelé système cranio-sacré. On dissocie, classiquement, ces deux contingents, crânien et sacré, qui présentent deux modes d’organisation différents.

Système crânien : Les corps cellulaires des neurones préganglionnaires qui appartiennent au système crânien sont localisés, au niveau du tronc cérébral, dans les noyaux moteurs de quatre paires de nerfs crâniens. Il s’agit :

au niveau du mésencéphale, des noyaux accessoires,

au niveau du pont de Varole, des noyaux lacrymaux et noyaux salivaires supérieurs,

au niveau du bulbe rachidien, des noyaux salivaires inférieurs,

et toujours au niveau du bulbe rachidien, des noyaux dorsaux.

Système sacré : les corps cellulaires des neurones préganglionnaires qui appartiennent au système sacré sont, quant à eux, localisés dans la corne latérale de la substance grise du deuxième au quatrième segments sacrés de la moelle épinière (niveau S2-S4).

segments sacrés de la moelle épinière (niveau S2-S4). b) Les ganglions végétatifs Dans le système
segments sacrés de la moelle épinière (niveau S2-S4). b) Les ganglions végétatifs Dans le système
segments sacrés de la moelle épinière (niveau S2-S4). b) Les ganglions végétatifs Dans le système
segments sacrés de la moelle épinière (niveau S2-S4). b) Les ganglions végétatifs Dans le système
segments sacrés de la moelle épinière (niveau S2-S4). b) Les ganglions végétatifs Dans le système
segments sacrés de la moelle épinière (niveau S2-S4). b) Les ganglions végétatifs Dans le système
segments sacrés de la moelle épinière (niveau S2-S4). b) Les ganglions végétatifs Dans le système

b) Les ganglions végétatifs

Dans le système parasympathique, l’articulation entre neurone pré- et postganglionnaire s’effectue à la fin de la voie motrice végétative. Autrement dit, un groupe de ganglions végétatifs appartient au SNP : le groupe des ganglions préviscéraux. De petite taille, ces ganglions sont disséminés dans des plexus nerveux (faisceaux de fibres nerveuses formant un réseau dense et ramifié) à proximité des viscères. On en compte 4 paires :

- 11-

les ganglions ciliaires, les ganglions ptérygo-palatins, les ganglions submandibulaires, les ganglions otiques. Ces ganglions relais peuvent également être localisés à la surface de l’effecteur voire même dans la paroi du viscère. Ils ne portent pas alors de noms individuels et sont collectivement qualifiés de terminaux, dans le premier cas et d’intramuraux, dans le second cas. Dans ces relais, le neurone préganglionnaire ne fait habituellement synapse qu’avec 4 ou 5 neurones postganglionnaires qui, chacun à leur tour, innerve un seul effecteur viscéral. Par opposition au système nerveux orthosympathique, on qualifie cette organisation anatomique de convergente. Les effets parasympathiques ont donc tendance à être localisés.

c) Les fibres pré- et postganglionnaires

Compte tenu de la localisation des ganglions végétatifs, les fibres préganglionnaires du SNP sont très longues, les fibres postganglionnaires très courtes.

Le système crânien

Les fibres préganglionnaires du système crânien émergent du tronc cérébral par quatre paires de nerfs crâniens. Il s’agit :

des nerfs oculo-moteurs (nerfs crâniens n°III) qui prennent naissance dans les noyaux accessoires,

des nerfs faciaux (nerfs crâniens n°VII) qui prennent naissance dans les noyaux lacrymaux et les noyaux salivaires supérieurs,

des nerfs glosso-pharyngiens (nerfs crâniens n°IX) qui prennent naissance dans les noyaux salivaires inférieurs,

et des nerfs vagues ou pneumogastriques (nerfs crâniens n°X) qui prennent naissance dans les noyaux

dorsaux.

Puis, par une branche viscérale, ces fibres se dirigent vers les ganglions relais localisés à la fin de la voie motrice. Les ganglions mis en jeu sont soit préviscéraux, soit intramuraux.

Les premiers innervent des structures de la tête. On distingue :

Les fibres préganglionnaires qui cheminent dans les nerfs oculo-moteurs (nerfs crâniens n°III) font synapse dans les ganglions ciliaires avec des neurones postganglionnaires dont les fibres innervent les muscles lisses de l’œil.

Les neurones préganglionnaires, originaires des noyaux lacrymaux, dont les fibres cheminent dans les nerfs faciaux (nerfs crâniens n°VII) font synapse dans les ganglions ptérygo-palatins avec des neurones postganglionnaires dont les fibres innervent les glandes lacrymales et les glandes contenues dans les muqueuses nasale et palatine.

Les neurones préganglionnaires, originaires des noyaux salivaires supérieurs, dont les fibres cheminent dans les nerfs faciaux (nerfs crâniens n°VII bis) font synapse dans les ganglions submandibulaires avec des neurones postganglionnaires dont les fibres innervent les glandes salivaires submandibulaires et sublinguales.

Les fibres préganglionnaires qui cheminent dans les nerfs glosso-pharyngiens (nerfs crâniens n°IX) font synapse dans les ganglions otiques avec des neurones postganglionnaires dont les fibres innervent les glandes salivaires parotides.

Les seconds innervent les organes des cavités thoracique et abdominale. Le dernier groupe de fibres préganglionnaires du système crânien émerge du bulbe rachidien en empruntant les nerfs vagues (nerfs crâniens n°X). Ces derniers transportent près de 80% des efférences parasympathiques. Les fibres vagales s’étendent au-delà du cou. Elles se terminent en faisant synapse avec des neurones postganglionnaires dans des ganglions intramuraux. Les fibres des neurones postganglionnaires innervent, au niveau du thorax, le cœur, la trachée, les bronches et les poumons. Au niveau abdominal, les principaux organes concernés sont le foie, l’estomac, le pancréas, l’intestin grêle et une partie du côlon (partie proximale).

- 12-

Le système sacré

Les fibres préganglionnaires du système sacré sortent de la moelle épinière en empruntant les racines ventrales des deuxième, troisième et quatrièmes nerfs rachidiens sacrés. Elles quittent directement le nerf rachidien mixte et forment les nerfs splanchniques pelviens (ou nerfs érecteurs) qui appartiennent au plexus hypogastrique. Certaines de ces fibres font synapse dans des ganglions terminaux de ce plexus. Toutefois, la plupart d’entre elles le traversent et se terminent dans les ganglions intramuraux présents à l’intérieur des parois de la partie distale du côlon, du rectum, de la vessie et des organes reproducteurs. Dans la région pelvienne, le système nerveux parasympathique contrôle donc principalement la vidange des

organes.

Système

crânien

Centres

végétatifs

Relais

Noyaux accessoires (Mésencéphale)

Noyaux lacrymaux (Pont de Varole)

(Mésencéphale) Noyaux lacrymaux (Pont de Varole) Nerfs oculomoteurs (III) Nerfs faciaux Ganglions

Nerfs oculomoteurs

Noyaux lacrymaux (Pont de Varole) Nerfs oculomoteurs (III) Nerfs faciaux Ganglions ciliaires Ganglions

(III)

Noyaux lacrymaux (Pont de Varole) Nerfs oculomoteurs (III) Nerfs faciaux Ganglions ciliaires Ganglions (VII)

Nerfs faciaux

(Pont de Varole) Nerfs oculomoteurs (III) Nerfs faciaux Ganglions ciliaires Ganglions (VII)

Ganglions

ciliaires

Ganglions

(VII) ptérygo-palatins

Noyaux salivaires sup. (Pont de Varole)

Noyaux salivaires inf. (Bulbe rachidien)

Nerfs faciaux

(VII bis)

Ganglions salivaires inf. (Bulbe rachidien) Nerfs faciaux (VII bis) Nerfs glossopharyngiens (IX) submandibulaires Ganglions

inf. (Bulbe rachidien) Nerfs faciaux (VII bis) Ganglions Nerfs glossopharyngiens (IX) submandibulaires Ganglions
inf. (Bulbe rachidien) Nerfs faciaux (VII bis) Ganglions Nerfs glossopharyngiens (IX) submandibulaires Ganglions

Nerfs glossopharyngiens

(IX)

submandibulaires

Ganglions otiquesbis) Ganglions Nerfs glossopharyngiens (IX) submandibulaires Noyaux dorsaux (Bulbe rachidien) Nerfs vagues (X) Ganglions

Noyaux dorsaux (Bulbe rachidien)

Nerfs vagues

(X)

Ganglions otiques Noyaux dorsaux (Bulbe rachidien) Nerfs vagues (X) intramuraux Système sacré Cornes latérale des segments

Noyaux dorsaux (Bulbe rachidien) Nerfs vagues (X) Ganglions intramuraux Système sacré Cornes latérale des segments

intramuraux

Système

sacré

Cornes latérale des

segments médullaires S2 à S4

Nerfs splanchniques

pelviens

Gg. terminaux

S2 à S4 Nerfs splanchniques pelviens Gg. terminaux Gg. intramuraux Organe effecteur Muscles lisses de

Gg. intramurauxS2 à S4 Nerfs splanchniques pelviens Gg. terminaux Organe effecteur Muscles lisses de l'oeil Glandes des

Organe effecteur

Muscles lisses de l'oeilpelviens Gg. terminaux Gg. intramuraux Organe effecteur Glandes des muqueuses nasale et palatine Glandes lacrymales

intramuraux Organe effecteur Muscles lisses de l'oeil Glandes des muqueuses nasale et palatine Glandes lacrymales

Glandes des muqueuses

nasale et palatine Glandes lacrymales Glandes lacrymales

Glandes des muqueuses nasale et palatine Glandes lacrymales Glandes salivaires submandibulaires et sublinguales Glandes
Glandes des muqueuses nasale et palatine Glandes lacrymales Glandes salivaires submandibulaires et sublinguales Glandes

Glandes salivaires

submandibulaires et sublingualesnasale et palatine Glandes lacrymales Glandes salivaires Glandes salivaires parotides Coeur, Trachée, Bronches,

Glandes salivaires Glandes salivaires submandibulaires et sublinguales parotides Coeur, Trachée, Bronches, Poumons Foie, Estomac,

submandibulaires et sublinguales Glandes salivaires parotides Coeur, Trachée, Bronches, Poumons Foie, Estomac,

parotides

Coeur, Trachée, Bronches, Poumons

Foie, Estomac, Pancréas, Intestin grêle Partie proximale du côlonsalivaires parotides Coeur, Trachée, Bronches, Poumons Partie distale du côlon, Rectum, Vessie, Organes

Pancréas, Intestin grêle Partie proximale du côlon Partie distale du côlon, Rectum, Vessie, Organes

Partie distale du côlon,

Rectum, Vessie, Organes reproducteursgrêle Partie proximale du côlon Partie distale du côlon, Innervation parasympathique des organes profonds II)

distale du côlon, Rectum, Vessie, Organes reproducteurs Innervation parasympathique des organes profonds II)

Innervation parasympathique des organes profonds

II) PHYSIOLOGIE DU SYSTEME NERVEUX VEGETATIF

1. La neurotransmission dans le système nerveux végétatif

Les neurones du SNV libèrent principalement deux neurotransmetteurs :

l’acétylcholine (ACh), et la noradrénaline (NA).

La nature, excitatrice ou inhibitrice, de la réponse de la cellule effectrice (qu’elle soit musculaire lisse, cardiaque ou glandulaire) dépend non seulement du neurotransmetteur mis en jeu, mais aussi du récepteur postsynaptique auquel ce neurotransmetteur se lie. Comme pour chaque neurotransmetteur, il existe au moins deux types de récepteurs post-synaptiques différents, ces substances chimiques vont donc pouvoir exercer sur les cellules cibles des effets qui le sont également.

1.1. L’acétylcholine (ACh) et les récepteurs cholinergiques

L’acétylcholine est le neurotransmetteur libéré par :

toutes les fibres préganglionnaires du SNV (c’est le neurotransmetteur de la synapse ganglionnaire),

les fibres postganglionnaires parasympathiques (c’est le neurotransmetteur de la synapse effectrice dans le SNP),

quelques fibres postganglionnaires orthosympathiques (fibres destinées aux glandes sudoripares, à certaines artérioles des muscles squelettiques et à certains muscles lisses des organes génitaux mâles).

- 13-

Système

Système

Organes

nerveux central nerveux périphérique effecteurs Acétylcholine Muscle Système nerveux somatique squelettique
nerveux central
nerveux périphérique
effecteurs
Acétylcholine
Muscle
Système nerveux somatique
squelettique
Acétylcholine
Noradrénaline
Muscle
lisse
Axone
Axone
Ganglion
préganglionnaire
postganglionnaire
Système
nerveux
Adrénaline
orthosympathique
Acétylcholine
et
Noradrénaline
Système nerveux
végétatif
Vaisseau sanguin
Glandes
Axone
préganglionnaire
Médullosurrénale
Acétylcholine
Système
nerveux
parasympathique
Axone
Axone
Muscle
Ganglion
cardiaque
préganglionnaire
postganglionnaire

La neurotransmission dans les systèmes nerveux somatique et végétatif

L’ACh a deux types d’effets qui s’expriment par l’intermédiaire de deux récepteurs postsynaptiques différents :

les récepteurs nicotiniques

et les récepteurs muscariniques

Ces récepteurs ont une structure et des propriétés pharmacologiques tout à fait distinctes ; les effets qu’ils engendrent sont également très différents.

a) Le récepteur nicotinique : un récepteur-canal

On trouve des récepteurs nicotiniques,

sur tous les neurones postganglionnaires, tant orthosympathiques que parasympathiques (c’est le récepteur de la synapse ganglionnaire),

sur les cellules chromaffines de la médullo-surrénale.

Les récepteurs nicotiniques sont des récepteurs-canaux perméables aux cations ou récepteur ionotropique.

Un récepteur-canal est une structure au niveau de laquelle le site récepteur du neurotransmetteur et le canal ionique qu’il contrôle sont une seule et même protéine. La fonction de ce type de récepteur est d’assurer une transmission synaptique rapide en convertissant la fixation du neurotransmetteur en une augmentation rapide et transitoire de perméabilité cationique. Le flux ionique qui en résulte entraîne une dépolarisation de la membrane postsynaptique.

Le récepteur nicotinique de l’ACh (nAChR) est une glycoprotéine formée de cinq sous-unités transmembranaires α 2 βγδ (pentamère), qui se regroupent pour former un pore (ou canal) central. Deux de ces sous-

unités, les sous-unités α, sont identiques et présentent un site de liaison pour l’ACh sur la partie extracellulaire de la protéine.

Cours de C. REDON – L2 Année : 2008 - 2009

- 14-

site de fixation de l'ACh

α β γ pore α δ site de fixation de l'ACh
α
β
γ
pore
α
δ
site de fixation de l'ACh

nAChR = pentamère α βγδ

2

En l’absence de neurotransmetteur, le canal central reste fermé. Arrangement des sous-unités constituant le récepteur cholinergique nicotinique

Lorsqu’il se produit une libération synchrone des vésicules synaptique, la fixation de deux molécules sur leurs sites spécifiques provoque un changement de conformation du pentamère (une légère torsion des sous-unités) qui, en quelques millisecondes, se traduit par l’ouverture du pore. La conséquence de ce changement de conformation est un

passage de cations à travers le canal ouvert : flux entrant d’ions Na + et sortant d’ions K + principalement.

R AR A 2 R A 2 R* courant cationique

où,

A est l’acétylcholine, R est le récepteur nicotinique en configuration fermée, R* est le récepteur nicotinique en configuration ouverte.

L’effet de la liaison de l’ACh aux récepteurs nicotiniques est toujours stimulant (formation d’un potentiel postsynaptique excitateur (PPSE)) et il entraîne l’excitation de l’élément postsynaptique, c’est-à-dire du neurone postganglionnaire ou de la cellule chromaffine.

b.2) Le récepteur muscarinique : un récepteur métabotropique (lié aux protéines G)

On trouve des récepteurs muscariniques :

sur tous les organes cibles du système nerveux parasympathique (c’est le récepteur de la synapse effectrice danns le SNP),

et sur quelques organes cibles du système nerveux orthosympathique comme la plupart des glandes sudoripares, certaines artérioles des muscles squelettiques et certains muscles lisses des organes génitaux mâles.

Les récepteurs muscariniques sont des récepteurs couplés aux protéines G ou récepteur métabotropique. Ici, contrairement à ce que nous venons de voir, le récepteur et le canal ionique qui lui est associé sont deux protéines différentes et séparées l’une de l’autre. Le couplage fonctionnel entre ces deux éléments est assuré par une troisième protéine, que l’on appelle protéine G parce qu’elle fixe les nucléotides guanyliques : le guanosine diphosphate ou GDP et le guanosine triphosphate ou GTP. Ce type de transmission comporte, donc, trois phases :

1)

Le

neurotransmetteur

se

fixe

au

récepteur

qui

est

une

protéine

enchâssée

dans

postsynaptique, ce qui induit un changement de sa conformation.

la

membrane

2) Le récepteur activé se lie à une protéine G. Celle-ci est composée de trois sous-unités dénommées αβγ.

A l’état de repos, une molécule de GDP est liée à la sous-unité α (partie la plus spécifique de la protéine), et le complexe tout entier est localisé à proximité immédiate de la surface interne de la membrane.

La liaison du récepteur avec la protéine G provoque un changement de conformation de cette protéine. Le site nucléotidique de la protéine G s’ouvre et le GDP s’échange avec le GTP pris dans le cytosol. Cet échange de nucléotides active la protéine G. La liaison du GTP à la sous-unité α provoque la dissociation de la protéine G en deux parties : la sous-unité α chargée de GTP d’une part, et le complexe Gβγ d’autre part.

Plus tard, après que la troisième phase ait eu lieu, la protéine G s’auto-inactive. Ce processus d’inactivation est liée à l’hydrolyse du GTP par l’activité GTPasique de la sous-unité α . Celle-ci exprime, en effet, une activité enzymatique qui transforme le GTP en GDP + P. En présence de GDP, la sous-unité α retrouve son affinité pour le complexe Gβγ. Les trois sous-unités s’associent de nouveau, et le cycle peut recommencer.

3) La sous-unité α chargée de GTP, active à son tour, des protéines effectrices qui sont :

- 15-

soit des canaux ioniques, soit des enzymes. Autrement dit, l’action sur la perméabilité ionique est obtenue de deux façons :

3.a) La sous-unité α chargée de GTP se lie à un canal ionique transmembranaire qu’elle contribue à ouvrir ou à fermer. On parle, dans ce cas, de modulation directe des canaux ioniques par la protéine G. Cette voie de transmission est relativement rapide ; elle déclenche des réponses cellulaires dans un délai de 30 à 100 ms après la liaison du neurotransmetteur sur le récepteur. Ce processus est néanmoins moins rapide que celui mis en jeu pour les récepteurs-canaux qui ne nécessite aucun intermédiaire, mais toutefois plus rapide que celui auquel nous allons maintenant nous intéresser.

3.b) La sous-unité α chargée de GTP s’associe à une enzyme qui peut être :

l’adénylcyclase

ou la phospholipase C.

Cette enzyme activée catalyse la synthèse d’un second messager (le neurotransmetteur synaptique est considéré comme le premier messager). On parle, dans ce cas, de modulation indirecte par la voie des seconds messagers. Les seconds messagers synthétisés sont :

l’adénosine monophosphate cyclique (AMPc), à partir de l’ATP intracellulaire, dans le cas où l’adénylcyclase est activée (voie de l’AMPc),

les

produits

d’hydrolyse

du

PIP2

(phosphatidylinositol

biphosphate),

c’est-à-dire

le

DAG,

diacylglycérol

et

l’IP 3 ,

inositol

triphosphate,

lorsque

la

phospholipase

C

est

activée

(voie

des

phosphoinositides).

Dans certaines cellules, l’AMPc ou l’IP3 vont se lier à des canaux ioniques transmembranaires ou intracellulaires qu’ils ouvrent ou qu’ils ferment.

Mais, le plus souvent, les seconds messagers formés activent des protéines-kinases spécifiques (protéine- kinase A ou C) dont le rôle est de phosphoryler les canaux ioniques. Des groupements phosphates vont ainsi être transférés de l’ATP à ces protéines ; cette phosphorylation régulant l’ouverture ou la fermeture des canaux ioniques pour produire des potentiels postsynaptiques (PPS).

L’effet obtenu au niveau du tissu cible dépend du type d’ions dont la perméabilité membranaire est modifiée. Lorsqu’il se produit une augmentation de perméabilité (cas le plus courant), le potentiel de membrane tend vers le potentiel d’équilibre de cet ion. On observe alors :

une dépolarisation, lors d’une augmentation de la conductance aux ions Na + et Ca 2+ ,

une hyperpolarisation, lors d’une augmentation de la conductance aux ions K + .

Protéine effectrice

Premier Etat de repos messager Canal ionique Enzyme a) b) E Récepteur Récepteur Inactivation métabotropique
Premier
Etat de repos
messager
Canal ionique
Enzyme
a)
b)
E
Récepteur
Récepteur
Inactivation
métabotropique
métabotropique
α
δ
α β
δ
GTP
α
GDP
α β
GTP
GTP
δ
β
GDP
Adenylcyclase
α
GTP
α
ATP
GTP
GDP+P
Phospholipase C
PIP 2
Modulationindirecte
Modulation directe

Mécanisme d’action des récepteurs métabotropiques

Canal ionique

membranaire

des récepteurs métabotropiques Canal ionique membranaire +ADP ou Seconds messagers AMPc PKA ATP DAG PKC IP
+ADP ou Seconds messagers AMPc PKA ATP DAG PKC IP 3
+ADP
ou
Seconds
messagers
AMPc
PKA
ATP
DAG
PKC
IP 3

Pour ce qui est de la liaison de l’ACh aux récepteurs muscariniques, celle-ci peut avoir, selon l’organe cible considéré, deux types d’effets :

- 16-

un effet inhibiteur observé sur le cœur. L’effet sur la perméabilité ionique est ici obtenu par modulation directe. En effet, dans ce cas, la liaison de l’ACh sur le récepteur muscarinique des fibres musculaires atriales (qui composent les oreillettes) provoque directement, par l’intermédiaire d’une protéine G, l’ouverture de canaux potassiques. L’hyperpolarisation qui s’ensuit est liée à la sortie des ions K + et conduit à un ralentissement de la fréquence cardiaque. un effet excitateur observé sur les muscles lisses gastro-intestinaux, bronchiques et vésicaux. L’effet sur la perméabilité ionique est ici obtenu par modulation indirecte. Dans ce cas, les récepteurs muscariniques sont couplés à une protéine G, dite protéine Gp, dont la stimulation active la voie des phosphoinositides et conduit à la contraction des muscles précités.

1.2. La noradrénaline (NA)

Les fibres postganglionnaires orthosympathiques libèrent, dans leur grande majorité, de la noradrénaline (NA). Les seules exceptions sont les fibres innervant les glandes sudoripares, certains vaisseaux sanguins des muscles squelettiques et certains muscles lisses des organes génitaux mâles, qui elles libèrent de l’ACh.

Fibre postganglionnaire adrénergique orthosympathique MAO Compartiment de réserve DBH DA NA Compartiment
Fibre postganglionnaire
adrénergique orthosympathique
MAO
Compartiment
de réserve
DBH
DA
NA
Compartiment
fonctionnel
AMPc
ATP
Adénylcyclase
DOPA
Décarboxylase
-
-
TH
2
+
Tyrosine
DOPA
NA
Ca
Gi
R
-
α2
Pompe des
catécholamines
Δv
Recaptage
Capillaire
Mécanisme d’action des
Synapse "en passant"
Récepteurs α 2 -adrénergiques
K +
Diffusion
Captation
Récepteur
extraneuronale
adrénergique
Cellule cible
COMT
G

Synthèse, stockage, libération et dégradation de la noradrénaline

a) Biosynthèse, stockage, libération et dégradation

La noradrénaline est une catécholamine (elle possède un noyau catéchol). Elle est synthétisée, dans les varicosités des fibres postganglionnaires orthosympathiques, à partir d’un précurseur, la tyrosine qui est hydroxylée en DOPA (Dihydroxy-phénylalanine) par une enzyme cytoplasmique, la tyrosine hydroxylase (TH). La DOPA est, ensuite, convertie en dopamine (DA) par la DOPA décarboxylase. La DA est enfin transformée en noradrénaline (NA) par une enzyme appelée dopamine β-hydroxylase (DBH).

La NA synthétisée peut être stockée dans deux compartiments distincts contenant son enzyme de synthèse :

un compartiment de petite taille correspondant à des vésicules dont le diamètre est compris entre 30 et 70 nm. Ce compartiment est dit fonctionnel ; il libère le neurotransmetteur dans les conditions physiologiques,

et un compartiment de taille plus importante correspondant à des vésicules dont le diamètre moyen est de 100 nm. Ce compartiment, dit de réserve, entre en jeu dans les situations de stress ou d’urgence.

A partir du compartiment fonctionnel se fait une libération continuelle de NA, qui est augmentée par l’arrivée d’influx nerveux. L’action de la NA, plus durable que celle de l’ACh, est stoppée par trois mécanismes:

La NA présente dans la fente synaptique (plus longtemps que l’ACh) est en grande partie (70%) recaptée par les neurones adrénergiques qui les ont libérés. Cette réintégration du neurotransmetteur dans la terminaison axonique est un processus actif, s’effectuant à l’aide de transporteurs protéiques spécifiques des neurotransmetteurs situés

- 17-

dans la membrane présynaptique (« pompe » des catécholamines). Dans les neurones, la NA est ensuite, soit remise en vésicules c’est-à-dire recyclée en vue d’une nouvelle utilisation, soit dégradée par des enzymes spécifiques comme la monoamine oxydase (MAO) présente dans les mitochodondries.

Une fraction diffuse hors de la fente synaptique et part dans le courant sanguin pour être dégradée par les enzymes du foie.

Enfin, une partie de la NA est aussi dégradée dans les tissus cibles (captation extraneuronale) par la catéchol-O-méthyl-transférase (COMT), une enzyme cytoplasmique.

b) Les récepteurs adrénergiques

La NA libérée dans la fente synaptique se fixe sur des récepteurs couplés aux protéines G ou récepteurs métabotropiques. Traditionnellement, on distingue, selon leur sensibilité aux substances catécholaminergiques, deux classes principales de récepteurs adrénergiques :

les récepteurs alpha (α),

et les récepteurs bêta (β).

Ainsi, la NA excite surtout les récepteurs α (qui répondent ainsi à de très basses concentrations du neurotransmetteur), moins les récepteurs β. En revanche, l’adrénaline agit modérément et de manière égale sur les deux types de récepteurs.

En général, la liaison de la NA avec les récepteurs α a un effet excitateur, tandis que la fixation du neurotransmetteur sur les récepteurs β a un effet inhibiteur. La nature de la réponse enregistrée au niveau des organes cibles du SNO varie d’un tissu à l’autre, selon la répartition différentielle de ces deux classes de récepteurs. Lorsque les deux types de récepteurs coexistent au sein de la même structure, la nature de la réponse dépend alors de la quantité de neurotransmetteur libérée. Les récepteurs α présentant une plus grande affinité pour la NA, leurs réponses prédominent généralement.

Il existe cependant des exceptions remarquables à cette « loi » générale. Ainsi, contrairement à l’effet attendu, la liaison de la NA aux récepteurs β du muscle cardiaque stimule l’activité du cœur. La mise en évidence de ces réponses contradictoires a permis de révéler l’existence de sous-classes de récepteurs. On distingue, ainsi :

des récepteurs α 1 et α 2 dont la distinction repose essentiellement sur une différence de localisation,

des récepteurs β 1 et β 2 dont la distinction repose essentiellement sur la nature différente de la réponse

qu’ils engendrent.

b.1) Les récepteurs α−adrénergiques

Canal calcique NA transmembranaire Dépolarisation Cellule musculaire lisse de vaisseaux sanguins Récepteur de la
Canal calcique
NA
transmembranaire
Dépolarisation
Cellule musculaire lisse
de vaisseaux sanguins
Récepteur
de la
α1
membrane
Gp
Ca 2 + extracellulaire
Phospholipase C
PIP 2
DAG
PK C
IP 3
2
+
2
+
Ca
+ Calmoduline
Ca -Calmoduline + PK
Ca 2 + intracellulaire
IP 3
Récepteur de l'IP
PK*
3
couplé à un canal calcique
ATP
Myosine
+ Actine
Réticulum sarcoplasmique

Cycle de glissement initié

- 18-

Mécanisme d’action des récepteurs α 1

Les récepteurs α 1 -adrénergiques prédominent :

dans les muscles lisses des artérioles, leur stimulation entraînant une vasoconstriction, et dans les sphincters (anneaux de muscle lisse entourant un orifice) des tractus digestif et urinaire, dont ils provoquent la contraction. Ils sont également présents :

dans les muscles dilatateurs de la pupille, et dans les glandes salivaires où ils sont respectivement à l’origine de la mydriase (contraction des muscles de l’iris) et de la sécrétion salivaire.

Prenons l’exemple d’une cellule musculaire lisse de vaisseaux sanguins. Les récepteurs α 1 ici mis en jeu sont

couplés à une protéine G, notée Gp, car elle active la voie des phosphoinositides. Ainsi, la sous-unité α chargée de GTP de cette protéine s’associe à la phospholipase C. Cette enzyme activée catalyse la synthèse, à partir du PIP 2 , de deux seconds messagers : le DAG et l’IP 3 . Le DAG se lie à un canal calcique transmembranaire qu’il ouvre, ce qui provoque l’entrée de Ca 2+ extracellulaire et la dépolarisation de la cellule musculaire lisse. L’ IP 3 se lie à un récepteur présent sur la membrane du réticulum sarcoplasmique. Ce récepteur est couplé à un canal calcique que la fixation de l’IP 3 contribue à ouvrir, ce qui provoque la sortie dans le sarcoplasme de la cellule du Ca 2+ retenu dans cet organite. Au total, la concentration du Ca 2+ intracellulaire augmente, ce qui entraîne la succession d’événements suivante :

Le Ca 2+ intracellulaire se lie à une protéine, la calmoduline. Le complexe Ca 2+ –calmoduline se fixe à une protéine kinase, activant ainsi cette enzyme. La protéine kinase active phosphoryle ensuite la myosine (dans le muscle lisse, seule la forme phosphorylée de la myosine est capable de se lier à l’actine). Un cycle de glissement est initié qui produit une certaine tension. La cellule musculaire lisse se contracte.

Les récepteurs α 2 -adrénergiques sont localisés au niveau présynaptique, c’est-à-dire sur la membrane de la

fibre postganglionnaire orthosympathique. On les qualifie d’autorécepteurs de type α 2 .

Ils interviennent dans la régulation de la libération des catécholamines. En effet, la NA présente dans la fente synaptique stimule les récepteurs adrénergiques postsynaptiques, mais elle agit aussi, lorsqu’elle se trouve en quantité importante, sur les récepteurs α 2 présynaptiques. Elle exerce alors un rétrocontrôle inhibiteur sur le

processus d’exocytose des vésicules synaptiques.

En effet, les récepteurs α 2 sont couplés à des protéines G inhibitrices, notées Gi, qui, comme leur nom

l’indique, inhibe l’activité de l’adénylcyclase et diminuent la formation de l’AMPc. Cet événement a deux conséquences :

Les canaux calciques transmembranaires, n’étant pas phosphorylés, demeurent fermés.

On observe parallèlement l’ouverture de canaux potassiques transmembranaires à l’origine d’une hyperpolarisation de la membrane axonale, laquelle contribue au blocage des canaux calciques voltage- dépendants.

Dans les deux cas, l’entrée de Ca 2+ dans la terminaison présynaptique étant stoppée, le processus d’exocytose du neurotransmetteur se trouve alors empêché (cf. Figure page 16 : Mécanisme d’action des récepteurs α 2 ). Les

quantités de NA présentes dans la fente synaptique sont ainsi contrôlées en permanence.

b.2) Les récepteurs β-adrénergiques

Le récepteur β 1 -adrénergique est le récepteur :

du tissu cardiaque,

- 19-

et du tissu adipeux.

ATP

Récepteur β1

- 19 - et du tissu adipeux . ATP Récepteur β 1 Gs Canal Canal calcique

Gs

Canal Canal calcique sodique Adénylcyclase AMPc PK A
Canal
Canal
calcique
sodique
Adénylcyclase
AMPc
PK A

Son activation est à l’origine d’une augmentation de la fréquence et de la force des battements cardiaques, dans le premier cas et d’une action lipolytique (mobilisation des réserves énergétiques dans une situation critique), dans le second cas. Autrement dit, la mise en jeu de ce récepteur a un effet dépolarisant et excitateur. Il est couplé à une protéine G stimulatrice, notée Gs, qui soit module directement les canaux sodique et calcique, soit module indirectement ces mêmes canaux en activant la voie de l’AMPc, laquelle active la protéine kinase

Inversement, le récepteur β 2 -adrénergique déclenche une hyperpolarisation suivie d’une inhibition. Il est,

ainsi, responsable :

de la vasodilatation vasculaire (ce récepteur est particulièrement abondant sur les vaisseaux sanguins desservant les muscles squelettiques et le cœur), de la bronchodilatation, et du relâchement de la musculature gastro-intestinale et du sphincter vésical. Ce récepteur est également couplé à une protéine G stimulatrice (Gs), dont l’activation favorise la formation de l’AMPc, qui, dans ce cas, bloque le récepteur de l’IP 3 présent sur la membrane du réticulum sarcplasmique. La succession d’événements précédemment décrite et conduisant à la contraction musculaire ne peut alors se produire.

2- Les activités des systèmes ortho- et parasympathique

- 20-

SYSTEME NERVEUX PARASYMPATHIQUE (cholinergique)

SYSTEME NERVEUX ORTHOSYMPATHIQUE

Oeil Récepteurs Récepteurs Récepteurs Gg ciliaire III Tronc α-adrénergiques β-adrénergiques Pupilles
Oeil
Récepteurs
Récepteurs
Récepteurs
Gg ciliaire
III
Tronc
α-adrénergiques
β-adrénergiques
Pupilles
muscariniques
VII
cérébral
Muscles ciliaires
C
VIIbis
Gg ptérygo-palatin
Oeil
Oeil
Glandes lacrymales
A
IX
X
D
Pupille
Gg submandibulaire
G.
salivaires SM-SL
A
Accomodation vision de
loin par les muscles ciliaires
1
Gg otique
G.
salivaires P
A
2
3
A
Glandes salivaires
Coeur
Coeur
4
5
Vitesse de conduction
Fréquence
F
6
7
Vitesse de conduction
Fréquence
Force de contraction
Excitabilité
Bronches
1
Sécrétion
A
2
Musculature
C
3
R
Bronches
Estomac, Intestin G.
4
A
Glandes sudoripares
Estomac, Intestin
Tonus
A
5
Estomac, Intestin
R
Muscle
Sphincter
R
6
C
Sphincter
Sécrétion
A
Gg
Vaisseaux
7
R
Vésicule biliaire
coeliaque
Vésicule biliaire
C
8
Pancréas
D
Vasodilatation
Pancréas
ou
Foie
9
F
Sécrétion endocrine
més. sup.
A
Sécrétion endocrine
F
Sécrétion exocrine
10
Glycogénèse
A
11
Foie
Rate
Pancréas
C
Médullosurrénale
12
Néoglucogenèse
Sécrétion exocrine
A
1
A
Sécrétion
Vessie
2
Vessie
Appareil urinaire C
Gg
més. inf.
3
C
Sphincter
Organes génitaux
R
Détrusor
Gros Intestin
4
Ejaculation
Tonus
A
5
C
Utérus (gravide)
R
Utérus (tocolytique)
Sphincter
R
1
Sécrétion
A
2
Vaisseaux sanguins
Vaisseaux sanguins
3
Vessie
C
Cutanés
D
Cutanés
4
Détrusor
A
C
Musculaires
D
Musculaires
5
Sphincter
R
C
Coronaires
D
Coronaires
Chaîne
C
Autres
D
Autres
Organes génitaux
Moelle
latéro
épinière
vertébrale
A = Activation
F = Freination
C = Contraction
R = Relâchement
D = Dilatation
Erection
roas ea
mc
br
il
qi uecarhot
elacivrec

3. Fonctionnement et régulation du système nerveux végétatif

3.1. Les réflexes végétatifs locaux

De nombreuses activités de régulation des fonctions végétatives sont réalisées par des réflexes locaux, qui s’expriment au niveau spinal ou au niveau du tronc cérébral. Un arc réflexe végétatif comprend :

un récepteur, qui peut être un intérocepteur ou un récepteur associé aux sens somatiques généraux ou spéciaux, un neurone sensitif, viscéral ou somatique, conduisant les messages afférents depuis le récepteur jusqu’au névraxe, un centre d’intégration, composé de neurones d’association, situé dans la moelle épinière ou le tronc cérébral, deux neurones efférents en série (pré- et postganglionnaires) avec leur relais dans les ganglions paravertébraux, prévertébraux ou préviscéraux, un effecteur correspondant aux fibres musculaires lisses, cardiaques, ou aux cellules glandulaires. Ces réflexes locaux sont eux-mêmes soumis à des contrôles impliquant des structures nerveuses hiérarchiquement supérieures qui constituent le réseau autonome central (RAC), et qui permettent, dans certains cas, de modifier volontairement les activités réflexes. On distingue schématiquement trois niveaux de contrôle, qui s’exercent à partir du tronc cérébral, du diencéphale et du cortex cérébral. Les structures qui composent chacun de ces niveaux sont interconnectées, et sont, par ailleurs, plus ou moins directement reliées aux centres végétatifs ortho- et parasympathiques. Elles reçoivent des informations intéroceptives, notamment par le relais du noyau du faisceau solitaire qui voit converger sur lui les afférences de tous les viscères par les nerfs faciaux (VII), glosso-pharyngiens (IX) et vagues (X). Cette structure bulbaire essentielle possède fonctionnellement trois régions :

une région antérieure, qui est un relais gustatif (transmission d’impulsions gustatives), une région moyenne, qui est viscérosensitive (avec viscérotopie),

- 21-

et une région postérieure, région relais des afférences pour le RAC. Cette région est ainsi à l’origine de projections ascendantes qui atteignent les centres viscéraux de la formation réticulée.

3.2. Les centres bulbo-ponto-mésencéphaliques du RAC

La formation réticulée (FR) est une structure diffuse qui s’étend le long du tronc cérébral (depuis le bulbe rachidien jusqu’au mésencéphale). De nombreux groupes de neurones de la FR ont des fonctions autonomes. Ainsi, il existe, au niveau du bulbe rachidien, un centre cardio-vasculaire ; d’autres groupes nucléaires situés plus dorsalement contrôlent la respiration. On distingue plus précisément un centre inspirateur et un centre expirateur ; plus haut, au niveau du pont de varole, un centre de coordination respiration-circulation, le centre pneumotactique, est également présent ; enfin, des noyaux mésencéphaliques de la FR se projettent vers des centres nerveux supérieurs, en particulier l’hypothalamus.

La substance grise périaqueducale, région entourant l’aqueduc de Sylvius, est le lieu de projection d’afférences nociceptives d’origine périphérique (nerfs orthosympathiques) et centrale (issues du cortex préfrontal médian et de l’amygdale, régions qui servent à l’évaluation de la signification affective des stimulations auxquelles le sujet doit réagir). Il s’agit, en fait, d’une structure où se coordonnent les manifestations somatiques (automatismes sensorimoteurs) et viscérales (modifications cardiovasculaires, respiratoires…) qui caractérisent les réactions de lutte et de fuite et en permettent l’expression. Parmi les projections descendantes à partir de la substance grise périaqueducale, on peut retenir celles qui gagnent la FR, et qui au travers de voies réticulospinales activent les fonctions cardiovasculaire, respiratoire, pupillaire et somatomotrice.

3.3. Le centre diencéphalique du RAC

L’hypothalamus est le principal centre de régulation du système nerveux végétatif. Sur le plan anatomique, il est relié aux systèmes ortho- et parasympathique par des neurones dont les corps cellulaires se trouvent dans les différents noyaux hypothalamiques et qui relaient dans la formation réticulée. On distingue fonctionnellement deux zones, qui chacune contrôle une division du SNV.

La zone ergotrope correspond aux parties postérieure et latérale de l’hypothalamus et agit sur les fonctions orthosympathiques. Ainsi, lorsque cette zone est stimulée électriquement, il se produit :

une augmentation de la fréquence et de la force des battements cardiaques, une vasoconstriction des vaisseaux sanguins, une augmentation de la fréquence et de l’amplitude respiratoire, une inhibition du tube digestif, et une dilatation des pupilles (mydriase).

La zone trophotrope correspond, pour sa part, aux parties antérieure et médiane de l’hypothalamus, et contrôle le système parasympathique. La stimulation électrique de ces régions entraîne, au contraire :

une réduction de la fréquence cardiaque, une baisse de la pression artérielle (hypotension artérielle), une diminution du volume respiratoire, une constriction des pupilles (myosis), ainsi qu’une augmentation de la sécrétion et de la motilité du tube digestif.

- 22-

Réseau Autonome Central

Arc réflexe végétatif

Cortex cérébral Cortex somesthésique, Cortex préfrontal médian, Insula Zone ergotrope Diencéphale Zone
Cortex cérébral
Cortex somesthésique,
Cortex préfrontal médian,
Insula
Zone ergotrope
Diencéphale
Zone trophotrope
Tronc cérébral
Centre pneumotactique
Centres
Centre
inspirateur et
cardiovasculaire
expirateur
Relais
Région
viscéro-
Relais
gustatif
du RAC
sensitive
Nerfs crâniens
VII, IX et X
Centre végétatif
Centre d'intégration
Moelle épinière
ou Tronc cérébral
Neurone sensitif
viscéral ou
somatique

Hypothalamus

Formation réticulée

Noyau du

Faisceau solitaire

Neurone préganglionnaire

Ganglion végétatif

Paravertébral,

prévertébral ou

préviscéral

Neurone postganglionnaire

Intérocepteurs

Récepteurs des sens somatiques généraux ou spéciaux

Récepteur

Effecteur

Muscle lisse,

Muscle cardiaque

ou Glande

Fonctionnement et Régulation du Système Nerveux Végétatif

°°°°