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La qualité dans la formation

La qualité dans la formation


« Par « éducation de qualité », on entend une éducation :

· qui donne accès à l’apprentissage pour tous, particulièrement aux


personnes appartenant à des groupes vulnérables ou défavorisés,
le cas échéant en l’adaptant à leurs besoins
· qui développe la personnalité, les talents et les capacités mentales et
physiques de chaque apprenant au mieux de son potentiel
· qui apporte aux apprenants les compétences nécessaires à leur
employabilité et à leur rôle de citoyens responsables ;
· qui promeut la démocratie et le respect des droits de l'homme
· qui transmet les valeurs culturelles universelles et locales aux
apprenants tout en leur donnant les moyens de prendre leurs
propres décisions
· qui offre un cadre d’apprentissage stable où les droits de tous sont
respectés. »

Martin EATON - Comité Directeur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche –


Conseil de l’Europe
De nouvelles exigences

 L’apprenant acteur et maître de sa formation : responsabilisation


accrue de l’apprenant dans son accès aux savoirs et la construction
de sa connaissance
 L’individu acteur de son employabilité – l’individu entrepreneur de sa
carrière
 Notions de parcours professionnel/de sécurisation des parcours de
formation
 Une demande de reconnaissance de plus en plus forte : la
certification professionnelle est un moyen d’assurer la flexisécurité
professionnelle - la certification réduit l’incertitude qui pèse sur la
seule formation et garantit la mobilité des actifs ; elle les protège en
outre du chômage, toutes les statistiques sur l’insertion et sur
l’emploi montrent l’efficacité de la détention d’un diplôme.
 Du point de vue de la qualité de la formation, nécessité d’une chaine
de valeur et d’une implication de toutes les parties prenantes
De nouvelles exigences
 La professionnalisation des diplômes : une nécessité : « une meilleure
prise en compte par le système éducatif de l’évolution de l’emploi et
des organisations productives exigeraient ainsi la multiplication de
diplômes à vocation explicitement professionnelle, construits et
organisés avec l’intervention des représentants du monde
économique. »

 La VAE, reconnaissance des activités sociales : remise en cause de la


position dominante du diplôme, levier de multiplication des diplômes,
débat sur la pertinence des diplômes existants et à créer (plus
d’ouverture aux diplômes aux adultes)
 Dans un contexte d’e-formation, la qualité des ressources
pédagogiques est essentielle : qualité pédagogique, ergonomique,
graphique, possibilité de remise à jour, niveau d’interactivité proposé à
l’apprenant, activités cognitives autorisées, choix d’un modèle
pédagogique, etc.
 Complexification de la chaine de production pédagogique : ingénierie
du dispositif, formation des auteurs/tuteurs, production des
ressources, choix des technologies, etc.  diversité des compétences,
coût financier, multiplicité des prestataires
Cinq conceptions de la « qualité »
dans l’enseignement supérieur
 la conception centrée sur les enseignants (présence de
professeurs diplômés dans des universités prestigieuses et
reconnus pour la qualité de leur production scientifique) ;
 la conception centrée sur les étudiants (établissement
attirant et sélectionnant les étudiants parmi les meilleurs) ;
 la conception centrée sur les ressources (importance
numérique des étudiants, des enseignants et ressources
financières et logistiques) ;
 la conception centrée sur le curriculum (rigueur des
exigences imposées aux étudiants : validation de multiples
cours, travaux personnels, stages dans de prestigieuses
structures affiliées au campus, sanction finale par un travail
académique exigeant) ;
 la conception multidimensionnelle (posséder des points
forts pour chacun des quatre critères précédents)
Mais..
Accumuler des connaissances c’est bien, encore faut il en avoir
l’utilité…

Deux conceptions différentes :

- Apporter des savoirs fondamentaux : la finalité d’un diplôme est


d’apporter des connaissances et des savoirs fondamentaux qui
vont permettre aux apprenants d’être recrutés, de s’intégrer dans
le marché du travail, de développer ensuite des compétences liées
à l’emploi, à l’entreprise (modèle ECTS)

- Apporter des savoirs utiles : on répond aux besoins d’un métier,


d’une branche professionnelle, d’une entreprise (modèle CQP –
ECVET)*

*diapo 19 – ECVET
Mais aussi…quelques réalités
- Ce qui fait marcher l’ascenseur social, ce n’est pas les diplômes que l’école délivre – qui
bien sûr ne créent pas à eux seuls les emplois qui leur correspondent –, mais bien
l’évolution de la structure des emplois…
- Elever sans cesse le niveau scolaire, encourager les élèves à poursuivre leurs études
est un mauvais investissement pour le pays et contribue au creusement des inégalités.
- Le devenir professionnel des jeunes est lié à leur niveau de diplôme mais dépend aussi
beaucoup de leur spécialité de formation. Ainsi, les jeunes titulaires de CAP et de BEP
de la production s’insèrent mieux que certains diplômés du supérieur.
- Aujourd'hui, un tiers environ des diplômés poursuit des études après avoir obtenu un
BTS
- les titulaires de BTS représentent environ 40% des inscrits en licence professionnelle.
- L’allongement des études permet d’accroitre les compétences de l’individu et donc
d’élargir les services qu’il pourra rendre dans le cadre de son emploi (investissement en
capital humain) = tout investissement est un pari sur l’avenir
- 62 % des jeunes diplômés en 2008 n’ont pas trouvé de travail au bout d’un an
- 40 % des français sont diplômés de l’enseignement supérieur, deux fois plus que dans
la génération née au début des années 1960
- La durée des études initiales n’a cessé de croître depuis l’après guerre, passant de 10
ans en moyenne pour les générations nées entre 1940 et 1944, à 14 ans pour celles
nées entre 1970 et 1974.
- En 2009 la France a consacré plus de 150 milliards d’euros à la formation tout au
long de la vie. Les dépenses de l’éducation (hors formation continue des salariés et
des chômeurs) se sont élevées à plus de 132 milliards d’euros dont 26,3 milliards
pour l’enseignement supérieur.
Comment répondre ?
 Un méta-cadre national et européen
 Des outils et méthodes pour l’organisation
 Des outils et méthodes pour le
formateur/l’équipe pédagogique
 Des outils et méthodes pour les étudiants
 Une Ingénierie pédagogique adaptée
 Des indicateurs de contrôle de la qualité
Méta cadre/gestion de la qualité
la qualité n’est pas une situation acquise, c’est un état d’esprit qui vise
à une amélioration continue

- Processus d’accréditation qualité


- Organisme certificateur
- Organisme de certification
- Audit qualité
- Cycle de qualité (roue de Deming ) : Phase de projet/phase
d’exécution/contrôle/adaptation-correction
- Contrôle qualité/Maîtrise de la qualité
- Politique qualité : orientations et objectifs généraux de la direction
- Cadre européen de référence pour l’assurance de la qualité dans
l’enseignement et la formation professionnels (CERAQ/EQARF)
- Cadre européen des certifications pour l’apprentissage tout au long
de la vie (CEC/EQF)
Metacadre - suite
Les outils pour l’organisme de formation

 Normes ISO (MLO, ISO 29900,…)


 Normes NF – AFNOR
 La certification ( RNCP)
 Les standards techniques (AICC, SCORM, Dublin Core, LOM..(interopérabilité des
technologies et des ressources de e-formation)
 Les labels (ISQ - OPQF..), référentiel de bonnes pratiques en FOAD du FFFOD, etc.
 Mais aussi, le management du centre de formation, son organisation interne, ses
performances, ses moyens de communication, le contrat pédagogique établi avec
l’apprenant…

 De fait, des niveaux de garantie différents :


- normes informatiques
- normes du Web : W3C, Dublin Core
- normes et standards du e-learning (SCORM, IMS…)
- contrôle : chartes/labels
- assurance qualité : normes ISO
- management
- qualité totale
Pour l’organisation
Contexte : cluster/groupe d’écoles
- Savoir faire spécifique
- Proposer des services spécifiques
- Des ressources spécifiques à chaque école et pouvant être mises en
commun
- Des fournisseurs communs : économie d’échelle
- Des compétences spécifiques : partage d’expérience entre formateurs/
participation à des programmes européen de mobilité, etc.
- Échange d’expériences/good practice
- Benchmarking
- Efficience des formations (rapport entre les résultats obtenus et les
ressources utilisées) : examen systématique visant à déterminer la valeur
ou le bien-fondé d’un programme, d’une politique d’éducation, des
méthodes employées, etc.
- Process de retour d’information/rétroaction : pour tirer des leçons utiles et
pertinentes afin de favoriser un meilleur apprentissage – collecte, diffusion
des constatations, des recommandations et leçons de l’expérience
- Mise en place d’un processus de veille (cellule de veille)
Pour l’organisation - suite
- Gouvernance dans l’enseignement et la formation : association des acteurs
au niveau sectoriel, local/régional/international, pour renforcer l’interaction
entre les acteurs et améliorer la responsabilité, la transparence, l’efficience,
l’efficacité de la politique mais aussi pour que les professionnels soient
vraiment des partenaires de la formation pendant les périodes de stage des
étudiants
- Actions de Lobbying
- Etablissement d’une norme de résultat : applicable à l’organisation, aux
prestataires, aux individus
- Gestion des différents services de la structure sous forme de centres de
profit indépendants
- Mise en place d’une norme de process : par ex. 50% de toutes les
formations doivent se faire en alternance (?)
- L’offre de formation : importance/diversité tenant compte du contexte
sociétal et des nouvelles tendances (nouveaux métiers)
- Conseil scientifique/pédagogique
- Création d’une charte qualité
- Mise en œuvre Démarche Développement durable/ RSE
- Participation à des projets européens de type Leonardo Da Vinci,
partenariats EVCET, etc.
Pour l’organisation - suite
Autoévaluation de l’organisation :
D’un point de vue interne : services,
personnel, bénéficiaires (clients),
stratégie, plans de développement,
etc.
D’un point de vue externe : analyse de
l’offre éducative existante et
comparaison avec les autres acteurs
Enseignants/formateurs/Equipe
pédagogique
- Certification des prestataires, élément important de la qualité dans la formation
le CQP formateur-consultant : certification paritaire : mise en place par la FFP et les
partenaires sociaux du CQP de formateur consultant : une volonté paritaire de
professionnaliser les intervenants.
Validation des compétences acquises par l'expérience requise par le métier de
formateur-consultant : fonction commerciale, communication, ingénierie de formation
et gestion des ressources.
la certification IPCF : certification par un organisme tiers de la compétence de personnes
physiques (trois niveaux) en fonction de l’expérience, des diplômes et des attestations
de satisfaction.
- Vérification systématique des CVs, des qualifications, des compétences acquises
- Recrutement en cohérence avec le niveau de la formation dispensée…
- Création de postes de référent pédagogique pour chaque formation
- Mentorat- Guidance et soutien apportés sous diverses formes à un nouvel étudiant
(aide au travail, organisation personnelle, soutient personnel, etc.)
- Apprentissage par les pairs : renforce l’interaction entre les apprenants, travail
collaboratif…
- Evaluation par les pairs : dans une perspective formative ou sommative
- Comité d’étudiants : lien entre les étudiants et l’équipe pédagogique
- Performance: mesure des résultats atteints par une équipe, un individu
- Référentiels de formation : adaptation/ amélioration/ contexte normatif et européen,
etc.
Enseignants/formateurs
Equipe pédagogique - suite
 Contrat pédagogique établi entre le formateur et le centre de formation (il
en est de même entre l’étudiant et le centre de formation+ règles de
netiquette)

 La formation interne du formateur, l’actualisation de ses connaissances, sa


participation à la conception des scénarios pédagogiques, une évolution
vers le rôle de tuteur, etc.

 Aider les formateurs à vaincre leurs résistances face aux changements


imposés par une pédagogie mixte, les aider/les former/les impliquer dans
l’utilisation des outils TICE dans leur pratique professionnelle, les mettre
dans une situation active d’apprentissage pour qu’ils puissent ensuite
transférer leurs acquis dans leur pratique enseignante tout en développant
une attitude positive face aux technologies

 Les associer aux programmes de formation, à la création des scénarios


pédagogiques, etc.
Ingénierie pédagogique
La qualité d’une formation se joue
d’abord dans sa conception

- Démarche qualité sur l’ensemble des filières de formation


dispensées par le réseau d’écoles
- Parcours d’enseignement : recherche de la qualité sur
l’ensemble des séquences d’apprentissage
- Utilisation des outils du WEB 2.0, de la FOAD, du travail
collaboratif à distance, des outils de communication
synchrone/asynchrone, mLearning, des TBI, numérisation
des cours en présentiel puis mise en ligne sur les PF de
cours, etc.
- Une réflexion à mener sur la création de référentiels
construits à partir d’un socle de compétences
fondamentales et de modules de spécialisation
Etudiant/Apprenant
Evaluation des résultats d’apprentissage (ensemble des savoirs, aptitudes
et/ou compétences acquis à l’issue d’un processus d’apprentissage formel,
non formel ou informel))
- Validation
- Certification
- Enquête post-formation, afin de rendre compte de l’utilisation des
ressources, l’efficacité et l’indentification des facteurs ayant conduit au
succès ou à l’échec de la formation
- Enquête de satisfaction : indicateur de performance clé pour le tableau de
bord prospectif
- Employabilité des individus : étude visant à identifier la destination des
apprenants après leur formation (mesure de la pertinence et de l’efficacité
des actions d’enseignement et de formation)
- Pré-requis : analyse des compétences de l’étudiant en amont de la
formation
- Auto-évaluation de l’étudiant : en vue d’améliorer sa propre performance
- Mettre à disposition des étudiants des moyens d’expression, de
communication avec les différents acteurs de la formation : blog, forums
Outils de contrôle
Tableau de bord prospectif :
- Innovation et apprentissage (ingénierie pédagogique)
- Processus internes
- Relation clients
- Aspects financiers
- Indicateurs permettant d’évaluer les objectifs, les
moyens, les processus et les résultats de la formation
- Mesure d’audience : taux de participation, nombre de
personnes formées/diplômées, volume de l’offre de
formation
- ROI de(s) la formation(s)  plus facilement
réalisable si gestion sous forme de centre de profit
Intérêt de la normalisation
 Rechercher l’information : moteurs de recherche,
trouver la bonne information, décrire précisément un
contenu de formation, faciliter la classification, mieux
référencer un site, un document..
 Web sémantique : avec les métadonnées rendre
visibles et lisibles que les informations pertinentes
pour l’utilisateur
 Règles métier : faciliter l’échange de données
 Faciliter l’interopérabilité : partager et échanger des
information
 Faciliter la gestion et l’archivage : cycle de vie des
documents, gérer des archives électroniques, gérer
des collections de ressources pédagogiques
 Gérer et protéger les droits : droits de propriété
intellectuelle, droit d’auteurs
Les normes
 La norme ISO 29900 : Services d’apprentissage pour
éducation non formelle et formation – Exigences de
base pour fournisseurs de service

 La norme MLO : « métadonnées sur les opportunités


d’apprendre »  harmonisation les différentes
spécifications en cours en Europe pour la description
et l’échange d’informations sur les cours, le e-learning
et les possibilités d’apprentissage  harmonisation
entre les 2 normes CDM.fr et LHEO d’ici 2013

 Voir documents fournis


Et l’Europe ?
 Le processus de Bologne : un espace universitaire
européen, un système de crédits universitaires ECTS
pour favoriser la reconnaissance des périodes d’études à
l’étranger (cadre de référence commun)
 Le développement d’une culture de l’évaluation de la
qualité : le registre européen des agences d’assurance
qualité pour l’enseignement supérieur EQAR/ENQA (en
France l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et
des établissements scientifiques) et le CNE (Comité
national d’évaluation)
 Le processus de Copenhague : une coopération
européenne renforcée pour l’enseignement et la
formation professionnelle (Long Life Learning) :
transparence des qualifications et mobilité des personnes
en Europe – le système de crédits d’apprentissages
ECVET
Et l’Europe – suite..
4 modèles de rapprochement emplois/certifications
- l’Europe des emplois règlementés par des directives –
relation d’obligation entre profession exercée et diplôme
possédé
- L’Europe des emplois harmonisés – création d’un
dictionnaire européen des emplois => formations et
certifications communes – l’ENIC/NARIQ, un réseau de
centre chargés de la reconnaissance des diplômes (le CIEP
en France)
- L’Europe des certifications harmonisées : l’EQF/CEC et la
construction de référentiels communs à plusieurs pays – le
cadre européen de référence pour l’assurance de la qualité
en éducation et formation professionnelle CERAQ/ EQAVET
- L’Europe de l’ajustement offre/demande: le système
EUROPASS => lisibilité des compétences acquises par un
individu
Les outils européens
 Le CEDEFOP : centre européen pour le développement
de la formation professionnelle : informations et
analyses sur les systèmes d’enseignement et de
formation, sur les politiques, la recherche et les
pratiques dans ces domaines
 ETF : fondation européenne pour la formation ; pour
renforcer la coopération des pays partenaires en les
aidant à se familiariser avec les discussions et les
expériences sur les cadres des certifications, qui se
déroulent au niveau européen et international.
 EUROPASS : cadre communautaire pour la
transparence des qualifications et des compétences
afin de faciliter la mobilité dans l’UE
 Le cadre européen des compétences clés pour
l’éducation et la formation tout au long de la vie
Quelques définitions
 Les « learning objects - LO » ou objets pédagogiques
: ils désignent des ressources pédagogiques
modulaires et réutilisables capables d’être intégrés
avec d’autres objets dans des environnement de type
WEB
 La granularité : ce terme renvoie à la taille et au
nombre de sous-composants que constitue un
learning object. Par ex. une image, un texte..
 Métadonnées : ce sont des données qui caractérisent
d’autres données
 Les « Learning Outcomes » les acquis d’apprentissage
: ce qu'ʼun apprenant sait, comprend et est capable
de faire à lʼissue dʼun processus dʼapprentissage
Merci de votre attention

Questions/Réponses