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Département:

Production animale
UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI

FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES

LICENCE PROFESSIONNELLE EN AGRONOMIE

ALIMENTATION ET NUTRITION
DES POISSONS

Par

Dr Ir. Hyppolite AGADJIHOUEDE


INTRODUCTION
• Alimentation?

• Nutrition?

- l'alimentation étudie les sciences l'aliment et tous les phénomènes qui


concourent à son utilisation avant son devenir dans l'organisme.

- la nutrition par contre étudie le devenir de l'aliment dans l'organisme,


depuis son absorption dans l'intestin.

 Ainsi l‘Alimentation étudie l'aliment par contre la Nutrition, c'est la phase


qui suit l'alimentation comme le nutriment est la phase ultime de l'aliment
digéré.
• Ces 2 sciences complémentaires et indispensables l'une à l'autre

• Alimentation et nutrition = 2 disciplines étroitement associées, et ces 2


termes utilisés souvent de manière confondue

• En aquaculture: alimentation et nutrition des poissons = disciplines


importantes (Recherche fondamentale et appliquée, secteur de production
aquacole)

• Discipline récente, car production contrôlée des poissons (milieu du XX


siècle) => l’alimentation des poissons dépendante des aliments apportés
par l’homme.

• Aujourd’hui existence de nombreuses équipes de recherche de part le


monde sur la nutrition des poissons
• Mais connaissances demeurent limitées, voire très limitées.

• Raisons: Difficultés d’étude liées au milieu et particularités nutritionnelles


des poissons.

• Très difficile de quantifier la prise alimentaire et a fortiori de faire un bilan


nutritionnel sur un poisson et plus encore sur une crevette

• Difficulté plus grande sur les larves: organismes de taille très réduite et
évolution rapide le stade juvénile, et caractère éloigné de ceux des
vertébrés.
Tableau: Particularités nutritionnelles des poissons
Origine des particularités Conséquences

Zoologiques
40 000 espèces (?) Grande diversité interspécifique
Variabilité des besoins
Biologiques
Stades larvaires Facteurs inconnus (?)
Croissance continue Evolution différente des besoins avec l’âge (?)
Absence éventuelle d’estomac Processus de digestion particuliers
Physiologiques
Ectothemie Influence de la température sur la dynamique des fonctions digestives
Besoin énergétique faible mais très variable avec la température

Ammoniotélie Utilisation nette de l’énergie des protéines plus élevée

Ecologiques
Température corporelle moyenne basse Rôle limité de la flore intestinale
Maintien de la fluidité membranaire difficile
Besoin en certains acides gras particuliers

Faible teneur en oxygène Nécessité d’une ventilation considérable et recours fréquent à l’anaérobiose
Viscosité du milieu élevée – hypertrophie du muscle blanc – grande quantité de protéines nécessaire à la
synthèse de ce tissu (?)

Grande densité du milieu Importance réduite du squelette. Besoins faibles en Ca et P

Diffusion lente des molécules Rôle particulier des attractants alimentaires

Richesse du milieu en certains éléments Apport de minéraux dissous par le milieu lui-même

Chaînes trophiques aquatiques particulières (dominance carnivores) Efficacité différente des sources d’énergie (catabolisme massif des protéines
et utilisation limitée des glucides)
Abondance des acides gras polyinsaturés
Capacité de bioconversion réduite
BASES FONDAMENTALES relatives à l’alimentation
et nutrition des poissons
Stade de développement et modes de nutrition chez les poissons

Ouverture de Fin du Fin de


Fécondation Eclosion l’oesophage vitellus métamorphose Reproduction

Vitellus
Mixte
Nutrition exogène
Embryon Larve Juvénile Reproducteur

Figure: Stades de développement et modes de nutrition au cours de la vie des poissons


ALIMENTS VIVANTS:PLANCTON
 Définition: Plancton?
Plancton = ensemble des organismes vivants de
très petite taille qui flottent librement dans
l’eau. Phytoplancton (végétaux)

Plancton Eau marine:


Zooplancton : grande
animaux diversité
Artemia
Eau douce: rotifères,
cladocères et copépodes

Rotifères Cladocères Copépode


• En aquaculture: zooplancton = maillon
déterminant dans les réseaux trophiques
aquatiques (PATERSON, 2007).
RTA: phytoplancton => zooplancton =>
macroinvertébrés et poissons
Ainsi, zooplancton: utilisé comme aliment dans
production d’alevins et larviculture

Aliment de base (tube


Complément
digestif pas en place,
alimentaire
faible déplacement)
Production du zooplancton local

• Problématique : Artemia salina (Pas disponible


sur marché local, importé, onéreux: 50
000F/kg, qualité douteuse). Utilisable
seulement au laboratoire

• Aquaculture commerciale: nécessité de


production du zoop d’eau douce (zoop local).
Systèmes de production/culture en masse

 Système de production en batch


Principe: inoculer 1grand volume de milieu de
culture chargé en nutriments à partir d’un
système de développement de biomasses par
paliers
 Système de production continue:
apport constant de milieu frais et une sortie
constante d’un volume équivalent qui est
récolté; production sur plusieurs mois

 Système semi-continue: Association des 2


systèmes. Les récoltes s’arrêtent lorsque le
système subit un crash.
Techniques de production
 Culture avec algues: (Barnabé, 1991; Fiogbé et
al.,2003)
 Culture avec levure: (Barnabé, 1991)
 Culture avec algues et levure: (Barnabé, 1991)
 Culture avec régime artificiel: (selco; Awaïss,
1992)
Contraintes: faible disponibilité d’algue, de
levure qui pollue le milieu => du zooplancton sur des substrats locaux.
Aquaculture africaine: production
Techniques de production

Substrats locaux utilisables: son de riz, son de


maïs, déjections animales (bouse, crotte, lisier
de porc, fiente de volaille).
Techniques de production

Exemple:
 Culture avec son de riz micronisé: (Awaïss et
al.,1997)

 Culture avec fiente de volaille (Agadjihouèdé


et al., 2010; 2011)
Diagramme simplifié de production en masse de zooplancton
avec fientes (Agadjihouèdé, 2012)

Préparation de la structure de production (bac/bassin)

Remplissage d’eau de la structure

Fertilisation avec de la fiente de volaille : 600 g/m3

Ensemencement du phytoplancton (1er jour)

Ensemencement du zooplancton 2 jours après le phytoplancton

Récolte du zooplancton à partir du 6ème jour


Production de nauplii d’artemia
Production = incubation des cystes

• Matériels: Cystes (œufs) d’Artemia salina,


bouteilles, sel de cuisine et eau

• Remplir les bacs/bouteilles de l’eau

• Ajouter du sel: 35 g pour 11itre d’eau + 2,5 g


d’œufs.
• connecter les bouteilles à une pompe à air afin
que le milieu soit agité en permanence

• 24 heures après ensemencement => éclosion


des cystes => nauplii d’Artemia

Récolte (24h après) pour


nourrissage des larves
Éclairage = lumière
Incubation de cystes

aération

eau salée(35g/L)
Température
optimale: 28°C

Bac/bouteille cylindrique

Ouverture du bac

Dispositif d’incubation de cystes d’artemia


Dispositif local d’incubation des cystes d’artemia
Larve d’Oreochromis niloticus
Etude de cas: Nourrissage des larves
de C. gariepinus au zooplancton

Comparaison des performances de croissances/survie des


larves nourries à l’artemia et au zoop d’eau douce.
Dispositif expérimental
2 lots constitués:
- Lot 1: contient les larves nourries au
zooplancton ;
-Lot 2: contient les larves nourries à
l’artemia (témoin)

Les larves de Clarias obtenues par reproduction artificielle

Mise en charge : J2 PE transférées dans les aquariums.

Densité :100 larves/panier =>soit 200 larves / aquarium.


• Nourrissage: 4 fois/jour (8h, 12h, 16h, 20h)
pendant 10 jours
• Sevrage: 11ème jour.
• Pour chaque nourrissage:
le zooplancton est récolté dans 10 litres d’eau
de production
Les cystes d’Artemia salina sont préparés et
servis
Contrôle de la croissance des larves: réalisé
tous les 2 jours. (échantillon: 10 larves)

Paramètres calculés:
- Taux Suivie (S) = [Nf de larves / Ni de larves]
x 100
- Taux de Mortalité (M).= [(Ni de larves – Nf de
larves) / Ni] x 100
- Taux de Croissance Spécifique (TCS) = [(ln
Pmf– ln Pmi) / durée de l’élevage] x 100
Performances de survie et de croissance des
larves
Paramètres L1 L2

Durée d’élevage (jour) 14 14

Nombre initial de larves (Ni) 200 200

Nombre de morts 6 4

Nombre final de larves (Nf) 194 196

Taux de mortalité (%) 3 2

Taux de survie (%) 97 98

Poids moyen initial (Pmi) (g) 0.0033 0.0033

Poids moyen final (Pmf) (g) 0.016a 0.0245b

Taux de croissance spécifique TCS (%) 11.28a 14.3b

Gain de poids moyen par jour (g) 0.009 0.0011


Conseils Pratiques

 Début de nourrissage à l’aliment vivant : 48 heures après


éclosion (c-à-d après résorption vitelline)

Nourrissage: Quantité d’aliment servi / jour = poids corporel => croissance très élevée

Suivi d’élevage: contrôle de la qualité de l’eau, de la mortalité et de croissance des


larves

 Sevrage (début de nourrissage à l’aliment inerte): 1 - 2


semaines (au plus)
Transition alimentaire:
1er jour: ¼ aliment artificiel + ¾ aliment vivant
2ième jour: ½ aliment artificiel + ½ aliment vivant
3ième jour: ¾ aliment artificiel + ¼ aliment vivant Servir l’aliment sec de
4ième jour et plus: 100 % aliment artificiel préférence en premier lieu
ALIMENTS INERTES
Pour larves de poissons

Modalité de distribution:
particules d’aliment doivent être présentes en grande quantité autour des
larves

Caractéristiques physiques:
Taille des particules adaptée à celle de la bouche des larves et augmente à
mesure que ces dernières grandissent;
Taille d’aliment sec < taille des proies vivantes (Rotifères, artémias);

Aliments bien calibrés, car grosses et trop petites particules d’aliments


associées aux poussières (pas ingérées) => Conséquences?
Tableau 2: Composition de quelques aliments de sevrage

Taille Teneur en Teneur en Début d’utilisation


(µm) protéines lipides (% (nombre de jours
(% MS) MS) depuis l’éclosion)
Aliment Aliment
seul mixte
Substituts 50 - 100 60 - 65 20 - 25 - 10 - 15
de
rotifères
Substituts 100 - 200 60 - 65 20 - 25 20 - 30 10 - 20
d’artémia
mixtes 200 - 400 52 - 55 12 - 15 30 - 40 -
• Besoins nutritionnels
Mal connus à cause de la masse corporelle des larves
Besoins en protéines des larves > ceux des juvéniles Composition du
Acides gras essentiels = idem vitellus, des proies
Vitamines = idem vivantes et des larves

Exemple: besoins nutritionnels des larves de plusieurs espèces de poissons de


mer = 1,5 à plus de 3% MS de l’aliment)
besoins nutritionnels des juvéniles = 0,5 à 1 % MS de l’aliment
Pour juvéniles et adultes de poissons

Modalité de distribution:
Distribution d’aliments suivant les besoins d’entretien, de croissance et
reproduction

Distribution peut être manuelle ou automatique

Caractéristiques physiques:
Forme : granulée de taille adaptée à la bouche des poissons
Substances nutritives des aliments

• Classes des nutriments


L’aliment contient une gamme variée de substances chimiques qui peuvent être
groupées dans des classes selon leurs constitutions, propriétés et fonctions

Eau
(Humidité) Protéines
Lipides
Aliment Hydrates de carbones
complet Organique Vitamines
Acides nucléiques
Acides organiques
Matière
sèche
Inorganiqu Sels
e minéraux

Figure: Subdivision hiérarchique d'un aliment montrant les principaux composants chimiques
Les hydrates de carbone, les lipides et les protéines les principales
composantes de la matière sèche des aliments;

• Ces macrosubstances nutritives organiques peuvent être soit utilisées


directement comme carburants métaboliques ou stockées dans le corps
ou soit déposées dans les matières structurales qui représentent la croissance
somatique de l'animal

• Hydrate de carbone = principale composante de la MS d’aliment d’origine


végétale

Exception faite des oléagineux qui contiennent de grandes quantités de


protéines et de lipides;

Contrairement aux végétaux, la composition en hydrate de carbone du corps


animal est faible;
• Raisons principales de la différence: cellule mure des plantes composée
essentiellement de la cellulose tandis que celle animale composée de protéine
et le lipide.

• Plantes stockent la plupart de leur énergie comme des hydrates de


carbone (comme l'amidon), tandis que les lipides constituent le principal dépôt
énergique de l’animal

• Les protéines sont les principales composantes d’azote présent dans les
aliments d’origine végétale et animale.

• La matière inorganique = d'habitude une petite proportion d'un aliment.

• Aliment d’origine animale: Principaux composants minéraux = Calcium et


le phosphore
• Aliment d’origine végétale: Principaux composants minéraux = Potassium
et le silicium.
1. Les protéines

• Les protéines sont grandes composés organiques azotés comprenant les


longues chaînes d'amino-acides.

• Les compositions élémentaires de protéines ont tendance à être


semblables, avec des pourcentages approximatifs
C = 50-55 %, H = 6-8 %, O = 20-23 %, N = 15-18 %

• La majorité des acides aminés, a une structure chimique RCH (NH2)


COOH, avec un carboxyle (-COOH) et un amine (-NH2), groupe attaché à
l'atome carbonique α

R représente la chaîne de côté, qui diffère dans la configuration selon l'acide


aminé.
 (1)Séries aliphatiques: glycine, alanine, sérine, thréonine, valine, leucine,
isoleucine
 (2)Séries aromatiques: phénylalanine, tyrosine
 (3)Séries d’acides aminés de soufre: cystéine, cystine, méthionine
 (4)Séries Hétérocycliques: tryptophane, proline, hydroxyproline
 (5)Séries acidiques: acide aspartique, acide glutamique
 (6)Séries basiques: arginine, histidine, lysine

NB: Les protéines ou plus correctement certains des acides aminés qu'ils
contiennent sont un composant essentiel du régime pour tous les animaux.

Les acides aminés peuvent être classées en acide aminés de synthèse ou non
et en acides aminés de croissance.
Acides aminés essentiels = ceux que les animaux ne peuvent pas
synthétiser ou peuvent synthétiser en quantité insuffisant pour permettre le
maintien de bons taux de croissance;

Acides aminés non essentiel ou non obligatoire = acides aminés qui peuvent
être synthétisés à partir d'autres composés.

 essentiels ou indispensables: arginine, histidine, isoleucine, leucine, lysine,


méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane, valine.

 conditionnellement indispensables: cystine, tyrosine. (parce qu'ils peuvent être


synthétisés à partir respectivement de méthionine et phénylalanine) => pas exigés
si leurs précurseurs sont suffisamment présents.

 non-essentiels ou dispensables: alanine, asparagine, acide aspartic, glutamine,


acide glutamic, glycine, proline, sérine.
2.2.Lipides
Lipides
Lipides

Bases glycérols Bases non glycérols

Simples Complexes
Cires Stéroïdes Terpènes

Glycolipides Phospholipides

Acylglycérols Structurale, lipides des membranes de cellule


Dépôt de Graisses et huiles Phosphatidylcholine, phosphatidylethanolamine

Figure: Diagramme hiérarchique montrant la classification des lipides


• Poissons: synthèse des acides gras s’effectue essentiellement dans le foie

• Principaux AG néosynthétisés: palmitate, stérate, le myriastate en


proportion diffrérentes selon les espèces.
Exemple: Truite: Palmitate (AG dominant: 57%), et myristate (29%)
Carpe: palmitate (41%) et myristate (37%)

AG apportés par l’alimentation peuvent être transformés (bioconvertis) en AG


à chaîne plus longue ou plus insaturés.
Chez les poissons , au cours du cycle biologique: existe des périodes de
mobilisation de réserves lipidiques.

Période de jeûne et de la phase de développement des gonades ou de migration


(anadrome et catadrome): TAG des sites de dépôt (visères et muscles)
utilisés pour fourniture d’énergie
• AG essentiels sont nécessaires à l’organismes pour:

- Rôle constitutif: composants des phospholipides (constituants majoritaires


des membranes cellulaires et des lipoprotéines de transport.

- Substrat pour synthèse de toute famille de molécules à caractère hormonal


(prostaglandines, leucotriènes)

- Rôle de second messager: acide arachidonique libre intervient comme


médiateur sur les protéines kinases; contribue à la régulation très complexe
de la multiplication cellulaire
3. Hydrates de carbone ou glucides

Molécules formés d’atomes de carbone, oxygène et hydrogène


• Formule d’origine: CX (H2O)Y
• Le ratio 2:1 d'hydrogène à l'oxygène montre importance des propriétés
chimiques des hydrates de carbone;
Exemple desoxyribose (C5H10O4).

Glucides = polyalcools avec des fonctions aldéhyde ou cétone.


Monosaccharides ou sucres simples ont une seule unité hydroxyaldéhyde ou
Hydroxycétone

Olygosaccharides contiennent entre 2 et 10 molécules d’oses


Polysaccharides = polymères à chaîne linéaire ou ramifiée.

NB: seulement quelques glucides ont une valeur nutritive dans l’alimentation
animale
il s’agit essentiellement d’hexoses (glucose), de disaccharides (formés de 2
Molécules d’hexoses) et de quelques homopolysaccharides (amidon)

Il existe 2 types d’amidon: l’amylose (formé de longues chaînes non ramifiées


d’unités de glucose)

et l’amylopectine: (formé de longues chaînes fortement ramifiées d’unités de


glucose)

Cellule animales: glucide est stocké sous forme de glycogène

Cellule végétale: cellulose


• Glucides : pas indispensables dans l’alimentation des poissons; mais ils
constituent une source d’énergie peu onéreuse.

• Absence de glucides => l’utilisation accrue des protéines et lipides comme


source d’énergie

• Chez nombreuses espèces, apport glucidique nécessaire dans la mesure où


il favorise la croissance et surtout l’utilisation protéique.

• Milieu naturel, alimentation des poissons est pauvre en glucides, parfois


pratiquement dépourvue

• Rareté des glucide dans le milieu aquatique => Mauvaise aptitude des
poissons à valoriser les glucides alimentaires.
• Problèmes dans la nutrition glucidiques des poissons:

 Généralement, digestibilité des glucides complexes comme l’amidon faible


chez les animaux aquatiques

 Animaux aquatiques peu adaptés à l’utilisation métabolique des sucres


simples (mono ou disaccharides): phénomènes d’intolérance se manifestent
dès qu’on dépasse un certain seuil d’incorporation dans l’aliment

• Digestion des glucides:


 L’utilisation digestive des glucides plus faible chez les carnivores que chez
les ominivores
 Quelque soit l’espèce: digestibilité des glucides liée à la complexité de la
molécule
 Efficacité de la digestion augmente lorsque la masse moléculaire diminue.
Ainsi, les sucres simples (glucose ou saccharose) présentent une digestibilité
plus élevée que l’amidon crue.
• En pratique, pas interessant d’incorporer de sucres simples dans les
aliments;

• Les seuls glucides susceptibles de rentrer dans la formulation d’aliments


composés sont les glucides végétaux de structure complexe: amidons de
céréales, de protéagineux, de racines et tubercules

• Chez tous les poissons, traitement hydrothermique préalable (cuisson-


extrusion, floconnage, toastage) améliore la digestibilité des glucides =>
emploi de céréales (blé, maïs) ou de protéagieux comme source d’énergie
dans aliment pour poisson implique un tritement technologique préalable

• Alimentation des poissons , porter attention surtout aux valeurs de


l’énergie digestible des glucides
4. Vitamine

• Vitamine = amine nécessaire à la vie => composés organiques nécessaires


à l’organisme animal, non synthétisables et autres que acides aminés
indispensables ou acides gras essentiels nécessaires en quantités infirmes

• Vitamines hydrosolubles: C, B

• Vitamines lyposolubles: A, E, K, D

• Carences de vitamines => maladies

• Excès de vitamines => peuvent être nocifs; exception faite des vitamines
du groupe B (facilement éliminés par voie urinaire)
5. Minéraux

• Poissons ont besoin de minéraux à l’instar des animaux terrestres

• Minéraux = constituant de certains tissus (formations des squelettes


surtout) ou certains molécules servent de co-facteurs enzymatiques et
participent à l’équilibre ionique intra et extra cellulaire ainsi que la
régulation des fonctions endocrines.

• Chez les poissons et crustacés: besoin nutritionnel qualitatif pas clairement


établi

• En milieu aquatique, maîtrise de l’apport alimentaire liée à la capacité


d’absorption (branchies, peau, voie orale) à partir du milieu lui-même.

• Eau douce = milieu hypotonique => apports alimentaires très importants.


Matières premières et additifs utilisés
en alimentation des poissons
• Une matière première est généralement un aliment en soi, c-à-d une source
de nutriments

• Certains ingrédients sont utilisés pas dans le but de rendre la forme mieux
équilibrée, mais de lui conférer des propriétés particulières: meilleur
appétibilité, couleur attrayante ou stabilité de l’eau

• D’autres présentent des propriétés négatives

Selon leur origine, on distingue:


 Matière première d’origine animale
- Dépassent presque toujours 50% dans les régimes des animaux aquatiques
- Permettent aux poissons carnivores d’avoir des performances meilleures

Raisons diverses: digestibilité, profil des acides aminés indispensables,


appétibilité, richesse en vitamine A, teneur en facteurs de croissance ou en
acides gras essentiels
- Absence de composés de type cellulosique
- Rareté des facteurs antinutritionnels

Inconvénients:
*risque de contamination bactérienne si produit mal stérilisé, recontaminé ou
mal conservé (farine de sang, de viande ou de poisson)
*durée de conservation limitée
*excès de minéraux et en particulier en Calcium des farines de viande ou de
déchets de poissons
*excès d’acide gras saturés des farines de viande ou risque peroxydation des
AG insaturés des produits marins
• Farines de poisson et d’autres produits d’origine marine

= sources de protéines bien adaptés car riches ou très riches en AAI de profil
correspond remarquablement aux besoins des vertébrés et à ceux des poissons.

- Huiles contenues dans ces produits sont une excellente source d’énergie et
teneur élevée en acides gras à longue chaîne polyinsaturés, AGE plus
importants pour les poissons.

- Bonnes sources de minéraux essentiels (calcium, phosphore, magnésium et


oligo-éléments) et des vitamines (vitamines B12, A, D3)

Catégories
Farines de poissons proprement dites
- Composition voisine 66 – 71% de protéines, 9 – 12% de lipides et 12 –
15% de cendres.
Plusieurs qualité:
* qualité norvégienne: à base de merlan, lançon, capelin, morue
* qualité danoise: principalement à base de lançon, mais contenant également
maquereau, pilchard, etc;
* qualité chilienne: à base de sardine et de pilchard
* qualité islandaise: à base de capelin essentiellement
*etc;

Concentrés de « protéines » solubles de poisson


Produit obtenu par hydrolyse des protéines de poissons broyés à l’aide
d’enzymes végétales de type papaïne
Autolysats de poisson
Produits obtenus par hydrolyse des protéines de poissons par les propres
enzymes des tissus des poissons
Ensilages de poisson
Produits liquides ou semi-liquides obtenus à partir de déchets de poisson
Farines de crevettes
Farines de « têtes » (céphalothorax) de crevettes. Riches en calcium mais
pauvre en phosphore

Farines de viande
Obtenues à partir des déchets d’abattoir et de boucherie

Farines de déchets de volaille: viscère et sang

Farine de sang: sans d’abattoir séché et atomisé


 Matières premières d’origine végétale:
- Très nombreuses; moins chères
- Souvent dévouées d’un certain pouvoir liant, associé à la présence de
substances digestibles ou non
- Sources de vitamines du groupe B
- Beaucoup moins bien adaptées aux besoins des poissons
- Moins appétibles
- Renferment souvent importante des glucides complexes, plus souvent
indigestibles
- Peuvent contenir des substances antinutritionnelles variées

• Tourteaux = sous produits d’extraction des huiles.


- Moins riches en protéines,
- Moins de cendres,
- Composés fréquemment des facteurs antinutritionnels
Tourteau de soja
plus utilisé car disponible et régulier sur le marché, bon prix et surtout de sa bonne
valeur nutritionnelle (protéine: 49%) pour la plupart des poissons d’élevage

Tourteau de coton
pas recherché , car rare sur le marché, forte teneur en fibre, carencé en lysine,
présence de gossypol. Toutefois, largement utilisés dans nos pour les aliments
aquacoles du fait de sa richesse en protéines.

Autres tourteaux:
Tourteaux d’arachide (protéines: 48 à 50%, riche en arginine mais carencé en
lysine et méthionine, présence parfois d’aflatoxine)

Tourteaux de palmiste et de copra (protéines respectives: 19 et 22%, teneur en


fibres > 50% => pas d’intérêt en pour l’aquaculture en dehors des contextes locaux.
• Céréales et co-produits:
Farines de blé ou de maïs riches en amidon (62 – 72 %) mais assez peu
digestible à l’état cru
Sons: son de blé, de riz et de maïs sont aussi utilisés mais contient plus de
fibres

Autres matières premières:


- Protéagineux : légumineuses
- Matières premières issues d’organismes unicellulaires: algues unicellulaires
et filamenteuses (spiruline, chlorella), de champignons inférieurs et en
particulier de lévure ou de bactérie. Ces produits sont présentent un grand
intérêt expérimental et semble, a priori, promis à un certain avenir

- Produits purifiés: huile de poisson, huile d’origine végétale, acides aminés


purifiés
- addidifs: composés purifiés autres que acide aminés et caroténoïdes
Méthode d’évaluation de nourriture
Thèmes:
- Formulation et fabrication de granulés pour le nourrissage des
juvéniles de Clarias gariepinus

- Méthodes d’analyse et de détermination de protéines, lipides


et glucides
Valeurs comparées des principaux ingrédients
pour l’alimentation des poissons

Tableau 3: Céréales
Ingrédients Eau (%) Teneur
Protéines Hydrates de Fibre
brutes carbone
Riz, brisures 11,3 F TE TF
Son 10,0 F TE E
Blé, son 12,1 E TE F
Issues/balayures 10,5 E TE F

TE: très élevé; E: élevé; F: faible; TF: très faible


Valeur comparées des principaux ingrédients
pour l’alimentation des poissons
Tableau 4: Tourteaux oléagineux
Ingrédients Eau (%) Teneur
Protéines Hydrates de Fibre
brutes carbone
Noix de coco 8,5 E TE E
Graines de 7,8 TE E E
coton
Arachide 10,0 TE E TE
Soja 11,0 TE E F
Sang de bovin, 79,6 E Néant Néant
frais
Contenu de 57,5 TF E E
panse, frais
Valeur comparées des principaux ingrédients
pour l’alimentation des poissons
Tableau 5: Intervalles de valeur des teneurs; valeur en pourcentages

TE E F TF
Protéines 30-42 16-21 7-13 <5
brutes
Hydrates 40-55 20-30 7-10 <5
de
carbone
Fibres 20-30 12-15 5-10 <2
Détermination des besoins
• Méthode :
Méthode classique: dose-réponse
Cette méthode aboutit à la détermination soit:
- de la dose minimale
- du pourcentage optimal
Principe: comparer les performances ou d’autres
caractéristiques de plusieurs lots de poissons nourris
avec des aliments contenant des doses croissantes de
l’élément (protéines, AAI, lipides, …)
Biological dose–response curve. Dependence of animal function on intake of
an essential nutrient according to Mertz (1986).
Aliment expérimental:

- Composition des régimes expérimentaux


rigoureusement contrôlée:
 vérifier la valeur énergétique réelle des sources de
protéines et glucides et ajuster les teneurs en lipides
 Tenir compte de l’apport éventuel des vitamines,
minéraux, etc des ingrédients

- Rationnement: fonction de l’espèce et du stade


Besoins nutritionnels des poissons
Cas du tilapia Oreochromis niloticus

Besoins varient légèrement chez différentes espèces de tilapias mais présentent


Des variables importantes en fonction des stades de croissance

Besoins en protéines
Besoin en protéines des poisson s≥ 2 fois ceux des mammifères et oiseaux

Stades de croissance Protéines brutes (%)


Premier nourrissage 45 -50 %
0,02 – 2 g 40 %
2 g – 35 g 35 %
35 g - récolte 30 – 32 %

Meilleure source: Farine de poisson, mais très onéreuse


Tableau: Besoins en lipides, glucides et énergies de O. niloticus

Nutriments Besoins Sources


Lipides (%) < 10 Corraze (1999)
Glucides digestibles (%) 35 - 40 (maxi) Kaushik (1999)
Energie digestible 12 122 Kerdchuen (1992)
(kJ/kg)

Alimentation
O. niloticus est une espèce microphage omnivore (détritus organiques,
phytoplancton, zooplancton, larves et insectes)

Espèce capable de valoriser divers sous produits agricoles (tourteaux


D’oléagineux, drêches de brasserie, etc);
Accepte facilement des aliments composés sous forme de granulés.
Tableau: Besoins en protéines, lipides, glucides et énergies de C. gariepinus
Nutriments Besoins Sources
Protéines (%) 44 - 48 Uys (1989)

40 Balogoun (1994)
Lipides (%) 1-2 Barnabé (1991);
Pouomogne (1998)
Glucides digestibles (%) 30 - 35 Kaushik (1999)
Energie digestible (kJ/kg MS) 12 000 Hecht et al. (1988); Uys
(1989)

12 549 – 16 720 De Graaf et Jassens


(1996)
Alimentation
- Régime alimentaire: omnivore; mais essentiellement carnivore (se nourrit
principalement
des cichlidés, larves d’insectes, crustacés etc).
- Nourriture naturelle de C. gariepinus comprend le zooplancton, insectes, organismes
benthiques et autres proies animales (grenouilles, sauterelles, crevettes, poissons)
- Granulés et sous produits agro-industriels (drêche, son de riz, de blé, tourteaux de coton,
Cas du tilapia Heterobranchus longifilis
Tableau: Besoins en protéines, lipides et énergies de H. longifilis
Nutriments Besoins Sources
Protéines (g/kg) 400 Henken et al. (1986;
Madu et al. (2003)

450 Olufegba et al. (2002)

410-430 Kerdchuen (1992)

350 Legendre (1992)

425 Fagbenro et al. (1992)


Lipides (g/kg) 40 - 140 Kerdchuen (1992)
Glucides digestibles (g/kg) <350 Guillaume et al. (1992)
Energie brute (kJ/g) 16,3 Kerdchuen (1992)
Energie digestible (kJ/g) 14,0-16,0 Kerdchuen (1992)
Protéines/Energie digestible 26,0 Fagbenro et al. (1992)
(mg/kJ)
28,2-40,6 Kerdchuen (1992)
Choix des ingrédients
Considérations économiques

Hormis toutes les considérations : choisir des ingrédients sur


base de valeur
Ex: Plusieurs farines de poisson disponibles et appropriés pour
l'utilisation dans une formulation et ont un taux égal de protéine
de même disponibilité,
=> décision de choix simple : choisissez le moins cher.

Si, cependant, les taux ou la disponibilité de protéine sont différents


=> Les calculs sont exigés pour la déterminer de la meilleure valeur.
Considérations économiques

Protéine: 64 % Farine de poisson blanc : CUP = 6,64


Farine de viande
Coût: 425 F
Farine d’anchois: CUP = 6,52

Farine d’anchois Protéine: 69 % Meilleur valeur: car CUP plus faible


Coût: 450 F

Quel ingrédient choisir? Comparaison d'ingrédients de cette façon


est de valeur, mais ne prend pas en
calculez le coût par unité de protéine considération la qualité de la protéine
Considérations économiques
Qualité de protéine: est Exemple: supposez qu’on veut
déterminée par sa déterminer si c'est moins cher d'ajouter
composition en acide aminé Dl-lysine ou augmenter le niveau de la
farine de poisson blanche dans une
et la digestibilité apparente formulation d'aliment pour augmenter le
de protéine et des acides contenu de lysine.
aminés. Une approche est de calculer le coût
de lysine dans chaque produit.
Méthode de comparaison des
ingrédients d'aliment sur la base (1) Dl-Lysine coûte 300 par kg et
de coût par unité de substance contient 4,9 % de lysine
CUL= 61.22
nutritive peut être appliquée à Farine contient 5,36% de lysine et coûte
n'importe quelle substance 425F/kg
nutritive et à l’énergie. CUL = 79,29