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16 I ENTREPRISES INVENTER LA TRIBUNE - VENDREDI 14 FÉVRIER 2014 - N O 78 -

LA TRIBUNE - VENDREDI 14 FÉVRIER 2014 - N O 78 - WWW.LATRIBUNE.FR

Six start-up qui vont faire parler d’elles

Elles sont belges, israéliennes, franco-américaines, britanniques ou françaises. Leur date de naissance est récente et elles sont positionnées sur des secteurs du numérique en forte croissance, comme la vidéo, les jeux, le social marketing ou la réalité augmentée. Toutes sont particulièrement prometteuses. Voici, à n’en pas douter, les futures vedettes du digital.

PAR PATRICK

CAPPELLI @patdepar
CAPPELLI
@patdepar

La nouvelle histoire belge de l’équipe de

87seconds.com,

start-up créée par Tibaut Dehem (à gauche au deuxième plan) :

faire travailler

le client…

© ALEX KRASINSKI

Jean-Baptiste Hironde, 27 ans, créateur de edjing, application freemium de mixage musical pour le grand public.

© DR

freemium de mixage musical pour le grand public. © DR 87SECONDS met les boîtes en images
freemium de mixage musical pour le grand public. © DR 87SECONDS met les boîtes en images

87SECONDS met les boîtes en images

P récisément 87 secondes : ce serait la durée idéale pour avoir un impact maximal sur une audience avec une vidéo. La start-up belge

87seconds.com propose aux entreprises,

y compris les TPE et PME, de créer

des vidéos explicatives en motion design (éléments graphiques animés).

« Les groupes comme Saint-Gobain ou KPMG

s’en servent pour leur communication interne, les PME pour présenter leur activité de manière originale », explique Tibaut Dehem, un des trois cofondateurs. L’originalité de 87seconds, c’est la plate- forme collaborative qui permet une coopération étroite entre le client et les graphistes, grâce à des templates (gabarits).

« Le client explique son idée dans un texte et il

peut ensuite concevoir son brief en paramétrant en quelques clics le scénario, le graphisme, la voix

oet la musique. » Le script final est toujours validé par le client, à 6 290 , en passant par le produit standard à 3 490 (87 secondes, voix o, animation détaillée). Par ailleurs, les vidéos s’achèvent toutes par un call-to-action (cliquez ici, appelez ce numéro, etc.) car, selon la société belge,

« une vidéo est 64 % plus convaincante

qu’une page statique pour eectuer un achat ou eectuer une action ». Persuadée que ces vidéos animées sont un outil marketing puissant, 87seconds

a ouvert un bureau à Paris et embauché sept personnes. Prochaine étape : ouvrir des filiales aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Allemagne.

www.87seconds.com

Tous DJ avec EDJING

J ean-Baptiste Hironde, 27 ans, était encore étudiant en école d’ingénieur en 2009 quand il a lancé sa start-up. « Je l’ai créée avec 100 000 euros et deux

associés, mon meilleur ami et un camarade de promo, eux-mêmes ingénieurs », raconte le jeune entrepreneur. Passionné de musique, il a développé une application de mix pour le grand public : edjing. Lui-même DJ amateur, il s’aperçoit qu’il n’existe aucun logiciel facile d’utilisation pour animer une soirée comme un pro. « Les softs comme VirtualDJ ou Traktor sont payants, réservés aux professionnels et incompréhensibles pour le grand public », estime Jean-Baptiste Hironde. Or, la demande est forte pour un logiciel gratuit : le mot clé « DJ » est tapé 35 millions de fois chaque mois sur Google ! Les trois associés sortent en 2011 une application pour iPhone, qui devient edjing en février 2012. Désormais compatible avec toutes les plates- formes du marché (iOS, Android et Windows), elle se présente sous la forme de deux platines virtuelles avec lesquelles on peut scratcher (ralentir manuellement la rotation), synchroniser deux morceaux, piloter la vitesse pour les transitions entre les plages, bref, la panoplie complète de l’apprenti David Guetta. Edjing propose 18 eets diérents : boucles, échos, filtres, etc., et des « skins » (habillages) pour personnaliser son appli. Le plus :

l’application permet aussi d’enregistrer son mix

et de le diuser sur les réseaux sociaux. D’où l’appellation de « first social DJ app ». La start-up

a levé 2,5 millions de dollars en septembre 2013

auprès d’Entrepreneur Venture et de Daniel Marhely, cofondateur de Deezer, le site de streaming musical, véritable succès international. « Nous espérons bien suivre le même chemin que Deezer », assure Jean-Baptiste Hironde. Disponible en 15 langues dans 182 pays – 93 % de la base utilisateurs est internationale –, edjing est une appli gratuite en modèle freemium : les deux premiers eets sont gratuits, les suivants payants, avec un panier moyen autour

de 15 euros. Le règlement se fait en euros ou en crédits. « Plus les gens partagent leurs mix, plus ils obtiennent de crédits », précise le créateur d’edjing. Grâce à ses 12 millions de téléchargements, la start-up est déjà rentable. L’équipe de 17 personnes – moyenne d’âge, 24 ans – va doubler d’ici la fin de 2014 et des bureaux devraient ouvrir bientôt

à New York et Hong Kong.

www.edjing.com PLUS D’INFORMATIONS SUR LATRIBUNE.FR
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LA TRIBUNE - VENDREDI 14 FÉVRIER 2014 - N O 78 - WWW.LATRIBUNE.FR

Richard Jones,

cofondateur de

EngageSciences :

un précurseur

désormais dans

le tempo.

© DR

: un précurseur désormais dans le tempo. © DR ENGAGESCIENCES transforme les fans en ambassadeurs C

ENGAGESCIENCES transforme les fans en ambassadeurs

C omment activer ses fans sur les réseaux sociaux ? Cette question taraude les directeurs marketing, déboussolés devant ces nouveaux médias en perpétuelle évolution. Les solutions pour améliorer le taux d’engagement

vis-à-vis des marques (pourcentage des internautes qui interagissent) sont nombreuses, mais souvent éparpillées :

une appli Facebook par ici, un tableau de bord par là. EngageSciences, société britannique, a créé une plate-forme marketing réunissant l’ensemble des contributions, avis, post, etc. Précurseur sur ce créneau du marketing 2.0 dès 2009, Richard Jones, cofondateur, a dû attendre 2013 et la proliféra- tion des nouveaux réseaux sociaux (Pinterest, Instagram, Google +) pour voir décoller son activité. « Créer une base de fans gérée par des community managers constitue un premier pas. Aujourd’hui, il faut passer à la deuxième étape du social marketing en amplifiant leur engagement », estime-t-il. Sa solution : transformer les fans en ambassadeurs.

« Il faut établir des profils de chaque individu qui se connecte à la

marque. Combien sont prêts à acheter le produit ou le service ? etc. », explique Richard Jones. Selon lui, 4,7 % d’une base de fans génère 100 % des interactions. Pour Facebook, le taux en France serait même de seulement 1 %, selon Graph Insider. EngageSciences propose aux entreprises de connecter son module Amplify (1 600 $, soit 1 175 ) ou sa suite logicielle Advocate (6 000 $, 4 400 ) à leur base de données marketing.

« Il faut envisager les réseaux sociaux comme un programme de

fidélité », estime le cofondateur de la plate-forme. Et de citer

l’opérateur télécoms Foxtel qui aurait vu son taux d’engagement bondir de 3 à 70 %, ou Rakuten UK (Priceminister en France) qui aurait augmenté ses revenus issus des médias sociaux

de

30 % en six mois. EngageSciences emploie une cinquantaine

de

personnes dans ses bureaux à Londres, New York et Sydney,

et

envisage de s’implanter en Europe continentale.

www.engagesciences.com

ROOJOOM ou le storytelling du BtoB

L a richesse du Web est aussi

son talon d’Achille. Comment

s’y retrouver dans ces millions

de textes, sons, images fixes

et animées ? Réponse : avec les sites de « curation » de contenus. Le terme

est dérivé de l’anglais curator, qui désigne le commissaire d’exposition d’un musée chargé de sélectionner les œuvres présentées. Ces sites permettent de sélectionner, éditer, commenter et partager les contenus les plus pertinents sur un sujet donné. En France, on connaît déjà Pearltrees, Scoop.it, Storify, ou encore Paper.li. Pour les entreprises, les sites de curation sont une source de trafic bon marché, puisqu’elles ne produisent pas elles-mêmes les contenus. En termes d’image, c’est aussi un moyen ecace de faire du brand content à moindres frais. Roojoom est un nouvel acteur sur ce marché. Basée en Israël avec des bureaux à New York, la start-up

est issue de l’Accélérateur Microsoft, un incubateur financé par le géant informatique. En hébreu, Roojoom

désigne un cairn, ces piles de cailloux qu’on trouve sur les chemins.

« Au départ, nous étions plutôt orientés vers les particuliers. Mais nous avons remarqué que les entreprises nous

utilisaient pour diuser leurs contenus marketing », explique Marni Mandell, responsable développement. La start-up se recentre alors sur le BtoB. L’atout du site : le temps passé par les internautes. « Le temps moyen de présence est de 9,36 minutes, c’est énorme ! C’est cinq fois plus que sur un site Web normal », arme Marni Mandell. Roojoom se rémunère grâce aux abonnements, de 29 $ (21 )

à plusieurs milliers. La société

israélienne a levé 600 000 $ (442 000 ) et revendique plus de 700 utilisateurs professionnels.

« Nous “historisons” les contenus de nos

« Nous “historisons” les contenus de nos clients pour les moteurs de recherche. Google, par exemple,

clients pour les moteurs de recherche. Google, par exemple, aime les contenus qui sont très bien classés dans les pages de résultats », note Marni Mandell. De passage à Paris lors de LeWeb 2013 en décembre dernier, la responsable développement

en a profité pour présenter Roojoom aux agences de publicité de Paris et Londres. Une version française est à l’étude.

www.roojoom.com

Marni Mandell, responsable du développement de Roojoom, revendique plus de 700 utilisateurs professionnels et a annoncé l’étude en cours pour une version française.

© DR

Sylvain Weber a positionné sa start-up sur la création de jeux multijoueurs et ne nécessitant pas de connaissances techniques pour leur installation sur un site.

© DR

UBLEAM veut démocratiser la réalité augmentée

S amuel Boury, cofondateur

de la start-up toulousaine

Ubleam, passe sa carte

de visite devant l’objectif

de son smartphone et une série

de pictogrammes apparaît

sur l’écran. En cliquant dessus, on

a accès à un pitch commercial, des informations sur le détenteur de

la carte et son entreprise, etc. Cette

application de réalité augmentée insue une nouvelle vie à la bonne vieille carte de visite en carton. Mais cette appli peut aussi être utilisée par les marques pour de nombreux usages. Le logo, devenu intelligent et appliqué sur divers supports de communication, permet de diriger le mobinaute vers le site Web de la marque, sa page Facebook, ses vidéos You Tube, etc. Ingénieur télécoms, Samuel Boury a passé dix

ans chez Thales où il a travaillé sur

le système de GPS européen Galileo.

Son acolyte, Olivier Mezzarobba, est un ancien de Motorola, où il a planché sur la norme 3G. En 2009, ils se rencontrent lors d’une formation au marketing à Toulouse et décident de monter leur société dans l’univers du mobile. « À l’époque, il fallait entrer une URL longue et compliquée si l’on voulait accéder à un complément d’informations en ligne », évoque Samuel Boury. Le QR Code, qui existait déjà, est « trop technique et pas assez engageant pour le consommateur »,

selon le cofondateur d’Ubleam. C’est à l’Institut de Recherche en Informatique de Toulouse (IRIT) que Samuel Boury déniche

une techno 3D de reconnaissance de cercles, utilisée pour les eets spéciaux au cinéma, et l’applique au

mobile. En décembre 2012, une levée de fonds de 550 000 euros auprès

de business angels permet l’embauche de huit ingénieurs et techniciens pour développer une plate-forme Web. Un an plus tard, l’appli de réalité augmentée est prête pour être présentée

à LeWeb 2013, où elle finit demi-

finaliste du concours des start-up Web les plus innovantes. La société

toulousaine a déjà séduit plusieurs entreprises comme EDF, Krys, Essilor, Stabilo, Radisson ou Marriott. « Notre objectif est de démocratiser la réalité augmentée et de proposer une alternative crédible et sexy au QR Code » précise le cofondateur. Avec un business modèle fondé sur un abonnement professionnel de 37,50 euros par mois, qui apporte statistiques en temps réel, géolocalisation, support, etc., il espère être rentable dès cette année avec un CA d’1 million d’euros. Prochaine étape : ouvrir des bureaux aux États-Unis et en Asie. « Nous

voulons devenir un leader de la réalité augmentée », arme Samuel Boury.

www.ubleam.com

augmentée », a ffi rme Samuel Boury. www.ubleam.com Cofondateurs de Ubleam, Olivier Mezzarobba (à gauche) et

Cofondateurs de Ubleam, Olivier Mezzarobba (à gauche) et Samuel Boury veulent devenir des leaders mondiaux de la réalité augmentée.

© DR

des leaders mondiaux de la réalité augmentée. © DR PLEX.IO fait jouer en masse sur les

PLEX.IO fait jouer en masse sur les réseaux sociaux

L es jeux sont la première industrie du divertissement,

devant le cinéma. Et les jeux en ligne ont explosé

avec le haut débit sous le sigle barbare de MMORPG

(Massively Multiplayer Online Role- Playing Game),

ou « jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs ». Des communautés de milliers de joueurs se connectent en temps réel pour s’aronter au sein d’univers fantastiques ou guerriers. Sylvain Weber, cofondateur avec sa compagne

de la start-up Kontestapp en 2010, s’est positionné sur

le créneau des jeux concours et autres casual games très

appréciés des marques. En eet, ces jeux sont un moyen

ecace de créer du trafic sur son site ou sa page Facebook, et de fidéliser les internautes. « Kontest est une plate-forme livrée clés en main qui permet de créer des jeux concours et les diuser sur de multiples canaux », explique cet ancien de DailyMotion et Google. La plate-forme de jeux

a rapidement séduit des annonceurs comme Kiabi, Orange,

Electrolux ou Nespresso grâce à la simplicité de son utilisation. « On peut lancer un jeu sans connaissance technique, en installant un Widget [composant logiciel, ndlr] sur la page

Facebook de la marque », précise le cofondateur de Kontest. Avec un panier moyen d’environ 500 euros, la start-up est rapidement devenue rentable. Une version mobile en responsive design (conception adaptative) a été lancée. Son nouveau projet s’appelle plex.io. Il s’agit d’une appli mobile de jeu de course qui peut accueillir jusqu’à 150 participants en simultané via une connexion WiFi. On fait avancer son avatar en tapant rapidement sur son smartphone ou sa tablette. Un jeu volontairement basique selon Sylvain Weber, qui le destine aux événements corporate. « Il s’agit du premier jeu massivement multijoueur au monde », s’enthousiasme le jeune entrepreneur, qui n’a pas encore défini son business modèle. Plusieurs sociétés, dont NRJ et Red Bull, ont montré un intérêt pour cet outil ludique d’animation de conférences, séminaires et autres événements.

www.kontestapp.com - plex.io