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MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE, DE LA RECHERCHE ET DE LA

TECHNOLOGIE

CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET METIERS

ECOLE SUPERIEURE DES GEOMETRES ET


TOPOGRAPHES

MEMOIRE

PRESENTE EN VUE D’OBTENIR

LE DIPLOME D’INGENIEUR DE L’E. S. G. T


_______

LE PROGRAMME D’ELECTRIFICATION RURALE


GLOBAL AU MAROC : LE PERG
ET
SA CONTRIBUTION AU DEVELOPPEMENT DU
MONDE RURAL

Soutenu le 09 juillet 2002


JURY :
Par Siham BOUTAYEB Président : M. NISSE
Membres : M. SEITE

1, Boulevard Pythagore – Campus Universitaire – 72000 LE MANS – Tel: 02.43.43.31.00 –


Fax.: 02.43.43.31.02 – www.esgt.cnam
REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier tous ceux qui m'ont aidée, de près ou de loin, à la réalisation de ce
travail de fin d'études.

De vifs remerciements vont à M. BERRADA, mon maître de stage, pour m'avoir accueilli
dans son cabinet durant ces six mois.

Je remercie M. BOUJAMAA, du Ministère de L’Urbanisme, de l’Habitat et de


l’Aménagement du Territoire, et les architectes urbanistes, M. HAFILI et M BENMIMOUN
pour avoir porté à ma connaissance les plans d’aménagement des communes rurales.

Ma gratitude s'adresse aussi à M. SEITE, mon professeur référent pour sa précieuse aide
dans la réalisation de mon TFE.

Je suis aussi reconnaissante envers tous ceux qui m'ont écrit ou reçu durant ce TFE, pour le
temps qu'ils y ont consacré, les données fournies, tout ce qu'ils m'ont appris et leurs encouragements :
M. BOUKRI, le président du conseil régional centre de l’ordre des géomètres topographes au Maroc,
M.André DUMONT, du groupe Hauts Monts de Québec, concernant le service de photogrammétrie
numérique, M. LISSIGUI, M. LEGSSAIR, et M. GAMRANI de L’Office National d’Electricité, M.
BERRADA, Mme Fatema, Mlle Aicha, Mlle Malika et Mme Khadija du cabinet SETA pour leur
encadrement dans les études électriques.

Enfin, je remercie ma famille pour son soutien, ainsi que tous les amis qui ont jalonné ce
parcours.
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION : 7

PREMIERE PARTIE : présentation du Programme d’Electrification


Rural Global au Maroc

I/- Présentation du programme initié par le gouvernement : le PERG : 8


A/ Historique de l’électrification rurale au Maroc 8
A-1 Avant la création de l’ONE 8
A-2 Etape 1963-1979 8
A-3 Etape 1980-1995 PNER 8
A-4 Etape 1996-2000 PERG 8
B/ Présentation du PERG 8
B-1 Objectifs du PERG 8
B-2 Financement du PERG 8

II/ Présentation de l’Office National d’Electricité : 10


A/ Les principales missions de l’ONE 11
B/ Les objectifs de l’ONE 11
C/ Organigramme de l’ONE 11

DEUXIEME PARTIE : Etat des lieux des besoins ruraux et


établissement d’un schéma directeur de planification 12

I/ Diagnostic du secteur de l’électrification au Maroc : 12

II/ Etude des besoins ruraux : 12


A/ Rappel des caractéristiques structurelles des zones rurales 12
B/ Analyse des aspects sociaux-économiques 13
B-1 Typologie des besoins 13
C/ Evaluation de la demande et anticipation de son évolution 13
D/ Segmentation du marché 14

III/ Planification du Schéma Directeur du PERG : 14


A/ Le recensement des besoins ruraux 14
B/ Critères du choix des villages à électrifier 14
C/ Elaboration du schéma directeur du PERG 15
C-1 Le taux de couverture 15
C-2 Calcul des coûts par foyers 15
C-3 La contrainte de la dispersion de l’habitat 16
C-4 Equilibre régional 17
C-5 Le plan d’action 17

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

TROISIEME PARTIE : Les études électriques et la restitution


numérique des villages candidats au PERG 19
I/ Présentation des techniques de l’électrification : 19
A/ Electrification conventionnelle : connexion au réseau national 19
A-1 Connexion au réseau national 19
B/ Electrification décentralisée 19
B-1 Electrification par énergie solaire 19
B-2 Electrification par énergie éolienne 20
B-3 Electrification par micro-centrale hydraulique 20
B-4 Electrification par groupe Diesel 20

II/ Etude de la ligne de la moyenne tension : 21


A/ Le profil en long 21
B/ Etude de branchement de la moyenne tension 21

III/ Méthodologie de levé de villages candidats au PERG : Restitution


numérique 21
A/ Etablissement de la mosaïque avec délimitation des villages concernés 21
B/ Stéréo préparation 22
C/ Aérotriangulation sur DIAP 22
C-1 Présentation du logiciel DIAP 22
C-2 Etapes de l’aérotriangulation 22
D/ Etablissement du MNT : Le modèle numérique du terrain 23
E/ Captage 23

IV/ Etude de la ligne basse tension : 25


A/ Le recensement 25
B/ Etude du réseau basse tension 25
B-1 Présentation du logiciel LVPLAN 25
B-2 Le principe du calcul effectué par LVPLAN 26

QUATRIEME PARTIE : Le dispositif juridique concernant les


modalités de l’électrification 28

I/ Prérogatives de l’Office National de l’Electricité : Les servitudes crées par le


passage de lignes électriques : 28
A/ Définition de la servitude 28
B/ Définition des prérogatives de l’ONE 28

II/ Textes relatifs aux communes rurales : 29

III/ Le régime juridique relatif à l’expropriation pour cause d’utilité publique et


à l’occupation temporaire : 29

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

A/ Expropriation pour cause d’utilité publique 29


B/ L’occupation temporaire 29
C/ Autorisation de passage 30
C-1 Recherche des autorisations de passage 30
C-2 Versement des indemnités aux propriétaires 30
D/ Régime juridique concernant le bois à abattre lors du passage de la ligne électrique 30
D-1 Délimitation et comptage des bois à abattre 30
D-2 Abattage des bois 31

IV/ Analyse de ce dispositif juridique 32

CINQUIEME PARTIE : Apport de l’électrification au développement


des communes rurales 32

I/ L’intervention des acteurs : 31


A/ Rôle de l’ONE dans la distribution de l’énergie 32
B/ Rôle des bureaux d’études : Etat d’avancement du projet 32

II/ Suivi du PERG et analyse des résultats : 33


A/ Analyse des résultats du plan d’action 33
B/ Les réalisations du PERG 33
C/ L’évolution du Taux d’Electrification Rurale : Le TER 34
D/ Analyse de l’évolution de l’électricité à l’échelle des communes 34
E/ Les prévisions des réalisations du PERG 2002-2008 35
F/ Les problèmes rencontrés lors de la réalisation du PERG 35

III/ Apport de l’électricité sur le plan socio-économique : 36


A/ Tendance à la scolarisation et un meilleur service des équipements publics 36
B/ Aménagement des foyers, équipement et hygiène de vie 36
C/ Impact sur les activités socio-économiques 37
D/ Emigration 38

IV/ Apport de l’électricité sur le plan de l’aménagement de l’espace : 38


A/ Regroupement des douars 38
B/ Eclairage public et sécurité 39
C/ Réorganisation spatiale 39

V/ Apport de l’électricité sur le plan urbanistique : 39


A/ Problématique du monde rural du point de vue urbanistique et approche du monde rural 39
B/ Dotation en documents d’urbanisme 40
B-1 Le PDAR : Le plan de développement des agglomérations rurales 40
B-2 Le plan de développement communal : le PAC 42

VII/ Le souci du respect de l’environnement : 43

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

VIII/ Le cas concret du village de Talmest : 44


A/ Les données géographiques et naturelles 45
B/ Le potentiel humain 46
C/ Talmest et son environnement spatial 46
C-1 La forme urbaine 46
C-2 Les pôles et les zones fonctionnelles 46
C-3 Le volet foncier 46
C-4 Le volet habitat 47
C-5 Les équipements sociaux-culturels 48
C-6 Le volet équipement en réseaux électriques 49
D/ Conclusion 50

CONCLUSION 52
TABLE DES ABREVIATIONS 54
BIBLIOGRAPHIE 55
RESUME 56
ANNEXES
Annexe I : Plan de profil en long de la moyenne tension
Annexe II : Plans des villages restitués et étudiés en basse tension avec les notes de calcul.
Annexe III : Les plans du village de Talmest, et un dossier contenant les photos aériennes et la note de calcul
concernant la basse tension.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

INTRODUCTION : les raisons de la décision politique du PERG

Le Maroc est un pays dont l’économie de base est l’agriculture, or un constat fait sur le monde
rural montre un retard loin d’être négligeable sur le plan économique, social et culturel, caractérisé
exhaustivement par un analphabétisme particulier dont souffre la population rurale, par un accès qui, reste en
dessous des normes, à l’eau, l’électricité, l’assainissement, la santé et à l’éducation. Cette situation s’est
aggravée par la sécheresse qui sévit le pays encourageant ainsi l’exode rural.

L’électrification rurale qui constitue l’une des étapes importantes du développement rural, est le
fruit d’une stratégie globale et à long terme, susceptible d’apporter des réponses aux multiples problèmes
précités.

Cette stratégie constitue une orientation spécifique de la politique de développement national, qui
est une politique de justice sociale et de solidarité, et qui doit être centrée sur un ensemble d'axes stratégiques
de développement, en s'attelant méthodologiquement, au préalable, sur l'amélioration qualitative de la vie de
la population rurale afin de contribuer à son développement durable. Exhaustivement, ces axes stratégiques
prioritaires concernent :

• La mise en œuvre de projets de désenclavement inter et intra-régional;


• Le renforcement des infrastructures de base par la création et le renforcement des routes
nationales, régionales et intercommunales;
• La densification et la mise en place d'infrastructures d'accompagnement en matière
d'électrification rurale et d'eau potable;
• La mise en œuvre de programmes nationaux de secteurs productifs;

L’électrification rurale intègre parfaitement le processus spatial et temporel de développement, qui


est basé sur une démarche de dynamisation des ressources locales, exigeant la participation de l'ensemble des
acteurs bénéficiaires de ce projet, une compréhension du milieu rural; une bonne évaluation et exploitation
des mécanismes de mise en valeur et de mobilisation des ressources locales endogènes de manière à
favoriser une occupation territoriale plus équilibrée et homogène, moyennant l'obtention d'un rapport
population/ressources plus favorable et une formulation concertée des programmes d'actions tels que le
Programme d’Electrification Rurale Global.

Ce programme ambitionne de renforcer les capacités de mobilisation de la communauté, augmenter


ses moyens de production et de création d'emplois, améliorer ses conditions de vie et de contribuer à l'effort
national de lutte contre la pauvreté et l’exode rural.
Pour mener à bien ce programme, il a fallu tout d’abord déterminer les besoins du monde rural en procédant
à des études d’analyses et d’enquêtes tant sur le plan social que sur le plan économique ou urbain.

Ces études vont aboutir à la création du schéma directeur du PERG qui va planifier l’électrification
rurale du pays selon des seuils de coûts bien étudiés.
L’objectif de ce mémoire est de montrer l’implication de l’électrification dans le développement
rural, tout en étant consciente que sa contribution ne peut à elle seule garantir le développement du monde
rural.
Ce mémoire va donc traiter :

• Le dispositif juridique lié au passage des lignes électriques,


• Des aspects techniques liés à la restitution numérique des villages candidats au PERG,
• Des aspects techniques liés aux études électriques de la moyenne et basse tension,
• Les besoins du monde rural grâce à des études socio-économiques,
• Les apports et les bienfaits de l’électrification au monde rural,
• Le cas concret du village de Talmest.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Présentation du Maroc

• Situé au nord ouest de l’Afrique


• Superficie : 710.850 Km²
• Population : 28.5M dont 13.9M urbaine et 14.5M rurale
• Densité au Km² : 55 hab

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DU PROGRAMME


D’ELECTRIFICATION RURALE GLOBALE AU MAROC

I/- Présentation du programme établi par le gouvernement : le PERG

A/ Historique de l’électrification rurale au Maroc :


Il est intéressant de relater les différentes étapes de l’électrification rurale au Maroc avant l’arrivée
du PERG en 1995.

Le PERG a été précédé par d’autres procédés d’électrification, dont le diagnostic a fait ressortir
des défaillances au niveau du rythme trop lent, du financement des projets d’électrification rurale supporté
principalement par les communes rurales et des techniques utilisées limitées à l’électrification par réseau.

A-1 Avant la création de l’ONE :

L’électrification du monde rural se faisait en fonction de la proximité du réseau électrique et des


moyens financiers propres des bénéficiaires qui prenaient en charge la totalité des frais occasionnés.

A-2 Etape 1963-1979 :

L’Office National d’Electricité, l’ONE, a été crée en 1963. L’électrification est devenue alors l’un
des objectifs de l’office et des pouvoirs publics qui ont commencé à lui réserver des budgets, en l’occurrence
par :
Le Ministère de l’intérieur à travers le Fonds de Développement des Collectivités Locales ( FDCL)
L’ONE sur Fonds Spécial par le prélèvement de 4.5% de son chiffre d’affaire tant que ce
prélèvement n’entraîne pas de déficit dans son compte d’exploitation. .
Le taux d’électrification a ainsi atteint 6% en 1978, avec un nombre total des foyers ruraux
électrifiés de 130 000.
Malgré ces efforts consentis par les pouvoirs publics, le taux d’électrification rurale restait toujours
très faible en l’absence d’une stratégie claire d’électrificateur du pays.

A-3 Etape 1980-1995 : PNER

La faiblesse du taux d’électrification rurale jusqu’à la fin des années soixante-dix et


l’importance de l’électricité dans le développement du milieu rural, ont poussé les pouvoirs publics à
repenser à une autre méthode pour améliorer ce taux. C’est ainsi qu’est né le Programme National
d’Electrification Rurale ( PNER)

La réalisation de ce programme, financé à hauteur de 50% par l’état, et 50% par les collectivités
locales, a été confiée à l’ONE, qui était rémunéré pour les peines et soins au taux de 10% du projet.

Le choix des villages et de la technique d’électrification était arrêté par un comité inter ministériel
( le COSPER (Comité d'Orientation et de Suivi du Programme d'Electrification Rurale)) groupant tous les
départements concernés.

La première phase de ce programme appelée PNER I a été réalisée entre 1980 et 1986 et a
concerné 287 villages, permettant ainsi le raccordement au réseau national de 64 000 foyers. Le taux
d’électrification est passé ensuite à 14%.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Les résultats très encourageants de l’étude socio-économique réalisée à la fin de cette première
phase ont incité au lancement d’une action plus ambitieuse devant toucher 600 villages et 200 000 foyers.

La deuxième phase appelée PNER II, devrait être réalisée entre 1991 et 1995, mais en raison de
difficultés financières, cette phase a fait l’objet d’une révision. Ainsi, certaines électrifications n’ont vu le
jour qu’en 1999 à cause entre autres, des problèmes d’opposition des terrains traversés. Cette deuxième
phase a été financée à 100% par les collectivités locales et a bénéficié des prêts des bailleurs de fonds
étrangers.
Le nombre de villages électrifiés était de 284 (1991-1995) et 240 (complément PERG II)

Parallèlement au PNER et pour électrifier les villages éloignés ou enclavés, des projets pilotes
d’électrification décentralisée ont été réalisés par différents intervenants dont la Direction Générale des
Collectivités Locales ( DGCL ) ou le Centre de Développement des Energies Renouvelables ( CDER ) à
travers différents programmes ou projets, notamment le Schéma d’Approvisionnement Energétique Rural
(S.A.E.R) ( 200 Kits solaires individuels ), le Projet de Pré - Electrification Rurale ( PPER ) (électrification
de 30 villages de 1500 foyers par micro-centrales hydrauliques, groupes électrogènes et kits solaires, la
deuxième phase concernera 200 villages ) et le Programme National d’Electrification Décentralisée ( PNED
) (électrification de 180 villages la première phase et 450 villages durant la deuxième phase totalisant 25 000
foyers )

A-4 Etape 1996-2000 : PERG

Malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics, le taux d’électrification est demeuré bas et le
nombre de foyers électrifiés annuellement très faible. A ce rythme, ( 55 villages en moyenne par an ) il aurait
fallu plusieurs décennies pour électrifier les 1.500.000 foyers ruraux recensés en 1994. Le PERG enrichi des
expériences des programmes précédents, apparaît alors comme l’ultime solution à apporter pour aboutir à un
taux d’électrification de 99% à l’horizon de 2010.

B/ Présentation du PERG :

B-1 Objectifs du PERG :

Le Programme d’Electrification Rurale Global a été approuvé en conseil de gouvernement en août


1995 et mis en œuvre en 1996. Son objectif est de ramener le taux d’électrification rurale à 80 % en 2006
sachant que ce taux ne dépassait guère 21 % à fin 1995.

Tableau récapitulatif des objectifs du PERG


Année Nombre de foyers Taux d’électrification
ruraux électrifiés rurale
1995 400 000 21%
2000 900 000 45%
2005 1 500 000 75%
2010 2 000 000 99%

L’atteinte de cet objectif nécessitera un investissement annuel d’un Milliard de Dirhams par an en
moyenne. La volonté d’accélération du PERG ( horizon 2006-2008 au lieu de 2010) a poussé l’ONE à
injecter à partir de 1999, 500 Millions de Dirhams supplémentaires pour la construction des dorsales
Moyenne Tension permettant de réduire le coût par foyer pour l’électrification d’agglomérations
importantes éloignées du réseau, soit 150 Millions d’Euros environ par an. L’amélioration du taux
d’électrification rurale demandera l’intégration de la double solution technique : le raccordement au réseau
national ou l’électrification décentralisée par le recours aux énergies renouvelables.

Ce plan se caractérise par sa globalité tridimensionnelle :


• Globalité géographique : Il concerne tout le territoire ;

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

• Globalité technique : Les techniques sont diversifiées telles que le raccordement au réseau national,
l’utilisation des énergies renouvelables, l’utilisation des micro-centrales hydrauliques ou des groupes
Diesel ;
• Globalité financière : Toutes les parties concernées participent au financement de ce plan.

L'élaboration des projets d'électrification rurale sur le plan technique et financier, tout en
respectant les critères de choix (coût par foyer), permet d'avoir une action planifiée et structurée selon des
moyens identifiés et recensés. Dans ce sens et afin de maîtriser la planification des villages à électrifier
jusqu'à la fin du PERG, la préparation du schéma directeur de l'électrification rurale a constitué une étape
importante et nécessaire.

B-2 Financement du PERG :

Le diagnostic du programme national d’électrification rural, a ressorti des défaillances au niveau


du financement des projets d’électrification rurale. En effet, la prise en charge de la totalité ou de la moitié de
l’investissement par les collectivités locales était un obstacle majeur devant la réalisation de ce programme,
puisque les communes rurales à faible revenu ou à revenu limité ne pouvaient accéder à ce service.

C’est dans cette perspective qu’en 1995 l’ONE a proposé dans le cadre d’un plan d’électrification
rurale le PERG, un nouveau mode de financement participatif, comme suit :

¾ La commune rurale : ne prend en charge que 20% du coût de l’électrification soit 2050 DH (205
Euros) par foyer ou 500 DH par foyer par an sur cinq ans.
¾ Le citoyen bénéficiaire : 25%, soit 2500 DH par foyer ou 40 DH par mois sur sept ans.
¾ L’ONE : le reliquat de 55% : est financé à 25% par l’ONE et 30% par les citoyens déjà
électrifiés moyennant une taxe sur leur consommation électrique.

Grâce au PERG, c’est un milliard et demi de dirhams, soit 150 millions d’Euros, qui sera investi
annuellement par l’ONE dans le développement rural. L’ONE pré-finance la totalité des travaux, les autres
partenaires ne commenceront à verser leurs quotas qu’une fois les travaux terminés et le réseau mis sous
tension.

II- Présentation de l’office national d’électricité :

Au lendemain de l’indépendance, l’Etat a dû prendre lui-même en main le secteur électrique afin


de l’organiser, le soutenir et garantir le service public. L’Office National de l’Electricité a été créé par un
Dahir en août 1963 et a été substitué à la Société Energie Electrique du Maroc à qui était confiée depuis
1924, la concession d’une organisation de production, de transport et de distribution de l’énergie électrique.
A cette date, les usines de l’Energie Electrique du Maroc assuraient 90% de la production nationale.

L’ONE est donc un établissement public à caractère industriel et commercial, doté de la


personnalité civile et de l’autonomie financière et s’est investi depuis sa création dans l’exclusivité de la
production et du transport de l’énergie électrique. Il en assure également la distribution dans plusieurs
provinces du royaume notamment en milieu rural. Les droits et obligations de l’ONE sont définis dans un
cahier de charges approuvé par décret en 1974, lequel définit les conditions techniques, administratives et
financières relatives à l’exploitation des ouvrages de production, de transport et de distribution de
l’électricité.

La production et le transport de l'énergie électrique sur le territoire national sont ainsi assurés,
depuis 1963, par l'Office National de l'Electricité (ONE), établissement public à caractère industriel et
commercial placé sous la tutelle administrative et technique du Ministère en charge de l'énergie.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

A/ Les principales missions de l'ONE :

• Répondre aux besoins du pays en énergie électrique;


• Gérer et développer le réseau du transport;
• Planifier, intensifier et généraliser l'extension de l'électrification rurale;
• Œuvrer pour la promotion et le développement des énergies renouvelables;
• Et, d'une façon plus générale, gérer la demande globale de l'énergie électrique.

B/ Les objectifs de l'ONE :

• Satisfaire dans les meilleures conditions techniques et économiques la progression de la demande en


énergie, sans cesse croissante ;
• Œuvrer pour la baisse des tarifs moyenne tension et haute tension en vue d’atteindre des coûts de
l'énergie électrique compatibles avec les marchés internationaux ;
• Assurer au meilleur coût directement ou indirectement la couverture financière des programmes
d'investissements de plus en plus lourds et indispensables au développement de l'économie du pays,
face à la volonté de désengagement de l'état.

D’autre part, l’ONE s’est orienté depuis 1995, vers l’approche qui consiste à avoir recours aux
producteurs concessionnaires privés, à la coopération par les interconnexions des réseaux électriques avec
des puissances voisines, à ce qu'on appelle le financement des programmes d'économies d'électricité
consistant à opter pour une politique plus vigoureuse et plus volontariste au niveau de la demande finale de
la consommation et la promotion de la cogénération, tout en associant, le plus possible, les consommateurs
au financement des projets qui sont intéressants sur le plan des économies d'énergie.

C/ Organigramme de l’ONE :

La principale direction concernée est la DER : la Direction de l’Electrification Rurale, dont


l’organigramme est présenté ci-dessous :

Direction de l’Electrification rurale


Directeur

Division Etude et planification Division Energie Décentralisée Division Réalisations

Service Gestion Projets Service Réalisation Nord


Service Planification Service Réalisation centre

Services rattachés Service Réalisation Tensift


Service Réalisation sud
Service RH
Service Etudes et Ingénierie
Service Contrôle de Gestion

Dépt Comptabilité

Service Achats et Gestion Stocks

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

DEUXIEME PARTIE : Etat des lieux des besoins ruraux et


établissement d’un schéma directeur de planification

I/ Diagnostic du secteur de l’électrification au Maroc :

Malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics depuis l’indépendance du Maroc jusqu’à la fin
des années quatre-vingt, le taux d’électrification rurale est demeuré faible. Un tiers de l’énergie consommée
dans le pays est l’énergie bois utilisée principalement dans le monde rural. Malheureusement,
l’électrification d’un village n’a pas de grande conséquence sur la diminution de la consommation du bois.
Afin de réduire cette destruction rapide de la forêt, l’ONE a développé le concept de maison d’énergie pour
les régions où les populations ne disposent pas du réseau d’électricité. Il s’agirait de petits locaux
commerciaux qui centraliseraient au niveau du village des activités de service énergétique : recharge de
batteries, de lampes solaires, remplacement de bouteilles de gaz domestique.

Par ailleurs, l’objectivité du PERG s’est vérifiée sur le terrain puisque les clients reconnaissent
largement que l’électricité est moins chère que la non-électricité. Nous pouvons ainsi aisément répondre à
certaines critiques émanant certainement d’intellectuels coupés des masses qui disent que « le paysan
marocain n’est pas monétarisé et ne peut pas trouver des dirhams pour payer régulièrement son électricité»

Le PERG se retrouve donc porteur d’une vision sociale forte.

II/ Etude des besoins ruraux

A/ Rappel des caractéristiques structurelles des zones rurales :

Le milieu rural possède un certain nombre de caractéristiques structurelles spécifiques.

Sur le plan socio-économique, les zones rurales sont caractérisées par des revenus monétaires
faibles du fait de la prépondérance de la logique d’autoconsommation et du manque d’accès aux réseaux
commerciaux pour l’écoulement de la production agricole. Celle-ci étant dans la plupart des cas l’unique
source de revenu.

La contrainte de revenu qui se traduit par des capacités de paiement faibles et irrégulières est de
nature à limiter la demande individuelle en énergies « commerciales », en particulier l’électricité.

D’autre part, le faible développement industriel des zones rurales fait que la demande énergétique
pour les applications productives sont limitées : développement des centres de collecte de lait, des ateliers de
soudure et de l’habitat.
Sur le plan physique, deux caractéristiques méritent d’être mentionnées :
• L’enclavement des localités rurales rend difficile les travaux d’installation de
réseaux électriques.
• La forte dispersion de la population dans certaines communes rurales rendent
difficilement viables leur électrification.
Ceci peut se traduire par une « densité de demande faible » dont les conséquences économiques
sont désastreuses sur toute activité de desserte organisée en réseaux commerciaux ou physiques.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

B/ Analyse des aspects socio-économiques :


L’évaluation des besoins en énergie des populations reste difficile à déterminer compte tenu de la
difficulté qu’ont les usagers à définir avec précision leur consommation.
La réussite d’un projet est liée au développement économique local induit par l’électrification, il
faudrait donc définir des systèmes viables économiquement.
Les études socio-économiques permettront de définir les besoins, les attentes et les capacités financières des
populations concernées tout en prenant en considération la solvabilité des clients. Les enquêtes réalisées ont
montré une certaine typologie des besoins ruraux.

B-1 Typologie des besoins :

Les enquêtes montrent qu’en milieu rural, les usages productifs de l’électricité restent marginaux
et ce sont avant tout les consommations domestiques qui prédominent : L’éclairage et l’audiovisuel.

• Prépondérance des besoins domestiques

1-Eclairage
L’éclairage constitue le besoin le plus important. On constate en effet que les familles hors réseau
ont des dépenses significatives en petits consommables. (Gaz, pétrole lampant, bougies…) pour répondre à
ce type de besoin.

2- Audiovisuel
L’audiovisuel vient en seconde place avec la radio et la télévision. Les ruraux sont prêts à payer
très cher en piles et batteries pour être reliés au reste du monde.

3- Froid
Le froid représente un besoin extrêmement limité dans les usages domestiques. Ce dernier
représentant un coût élevé. Par contre, il peut s’envisager pour les usages essentiellement communautaires.

4- Besoins productifs
Ces besoins sont souvent limités à des activités liées à l’agriculture dans le but de transformer un
produit agricole (pompage pour l’irrigation, meunerie, huilerie…)

5- Besoins communautaires
Ces besoins concernent les coopératives, l’administration, les dispensaires, la maternité, les écoles
et les mosquées. La quantification fine de la demande est nécessaire pour l’évaluation économique des
besoins.

C/ Evaluation de la demande et anticipation de son évolution :


Il s’agit de l’évaluation de la demande solvable

• Notion de la disponibilité à payer :

Il faut s’appuyer sur les dépenses substituables envisagées à partir des dépenses actuellement
engagées par les populations non connectées au réseau. Dans ce cas, la disponibilité à payer sera fortement
liée au type de service apporté.
• Anticipation des évolutions de la demande :

Un paramètre qu’il est difficile d’anticiper est la modification du comportement des usagers une
fois qu’ils auront accès à un service électrique, et donc la création de nouveaux besoins. En effet, dans la
plus part du temps, les usagers ont des besoins grandissant qu’il n’est pas toujours évident d’anticiper,

14
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

principalement, lorsque le projet n’a pas commencé à donner ses premiers résultats comme c’est le cas pour
le PERG.
Généralement, c’est la télévision qui constitue la première demande.

D/ Segmentation du marché :
Les besoins des usagers ne peuvent être satisfaits au cas par cas, pour des raisons de rentabilité
économique du projet. L’objet est de classifier les profils de consommation actuels des usagers en vue de
définir des niveaux de services tels que l’éclairage, la radio, la télévision. Pour cela, les méthodes statistiques
de classification permettront d’établir des classes de besoins.

III/ Planification du schéma directeur du PERG :


L’énergie est un bon moyen de lutte contre la pauvreté et l’exode rural, c’est une des clés du
développement économique, sanitaire et éducatif.
Pour répondre à cette problématique, et réussir la planification de l’électricité, une méthode
s’appuyant sur une approche économique globale, intégrant la recherche du meilleur coût, la prise en compte
des critères politiques, et environnementaux serait intéressante. La préparation du schéma directeur de
l'électrification rurale a constitué une étape importante et indispensable.
Cette étape, qui se situe en amont des études de la moyenne tension, de la restitution
numérique et de la basse tension, a nécessité l’utilisation d’un système d’information géographique, fondée
essentiellement sur le critère du coût, en prenant en compte la situation économique et sociale des ruraux

A/ Le recensement des besoins ruraux :


Dés la mise en place du PERG, l’ONE a entamé le recensement de l’ensemble des besoins du
Royaume en matière d’électrification rurale afin d’établir un schéma directeur. Pour effectuer ce
recensement, une campagne de prospection a été lancée au début de 1996. Ainsi des équipes de techniciens
de l’ONE se sont rendues dans tous les villages du Royaume et ont établi un rapport d’études détaillé sur
chaque site. Ces rapports ont été analysés, traités et intégrés dans la banque de données PERG national.

L’élaboration du schéma directeur du PERG permet à l’ONE de le réaliser avec un succès


souhaité :
¾ Une large campagne de prospection de la totalité des villages non électrifiés à fin 1995 a permis de
constituer une banque de données d’environ 35 000 villages ( situation géographique avec coordonnées
Lambert, nombre de foyers, infrastructure nécessaire pour leur électrification, nombre de commerces, de
puits, existence ou non d’équipements publics tels que la commune, la caïdat, l’école, le dispensaire,
etc..)
¾ L’acquisition de moyens informatiques adéquats,
¾ La mise en place d’une banque de données de réseaux de distribution électrique.

B/ Critères du choix des villages à électrifier :


Les critères du choix des villages à électrifier dans le cadre du PERG sont axés principalement sur
le coût par foyer, mais, sont corrigés pour tenir compte de l’équilibre national du point de vue du taux
d’électrification rurale par province ou par préfecture. Le PERG doit concerner toutes les provinces du
royaume et même toutes les communes dans la mesure du possible.

Le coût par foyer arrêté par le COSPER ( Comité Supérieur pour l’électrification rurale ) pour le
PERG I et II ( Réalisations 1996-2001 ) est de 10 000 DH ( 1 000 Euros)

15
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

C/ Elaboration du schéma directeur du PERG :

La gestion d’un nombre de données aussi important nécessite des moyens informatiques
performants pour le traitement de toutes les données. En outre, l’électrification d’un tel nombre de villages
disséminés à travers le territoire national, une planification rigoureuse du développement territorial du réseau
national de distribution est nécessaire pour optimiser le trajet de chaque ligne afin de pouvoir y raccorder le
maximum de villages possibles.

Pour gérer géographiquement les villages et les réseaux de distribution, l’O.N.E s’est doté dès
1996 d’un système d’information géographique (SIG). Ce système a servi à la projection des réseaux de
distribution aux positionnements des villages et à l’évaluation des différentes phases du PERG.

C-1 Le taux de couverture :

Le taux de couverture est un indicateur établi dans le cadre de l’élaboration du schéma directeur
pour s’assurer de la couverture par les prospections de l’ensemble des villages du Royaume. On entend par
taux de couverture le nombre de foyers abonnés dans les villages électrifiés avant fin 1995, plus les foyers
des villages prospectés non électrifiés à fin 1995 rapporté au nombre total des foyers ruraux du Royaume. Le
taux de couverture à fin 1998 ressort à 95 % environ, ce qui parait suffisant pour l’établissement du schéma
directeur.
Les villages prospectés comptent en moyenne 60 foyers environ. L’électrification par réseau de
l’ensemble des foyers prospectés nécessiterait en moyenne 53 m par foyer de basse tension, 26 m de réseau
moyenne tension, et 800 VA de puissance installée dans les postes de transformation.

Le tableau suivant montre la répartition des villages par tranche de foyers.

Taille des villages Villages Population des villages


par tranche par tranche (%) par tranche (%)
< 50 foyers 39% 19%
De 50 à 100 foyers 30% 25%
De 100 à 150 foyers 15% 17%
De 150 à 200 foyers 7% 12%
De 200 à 300 foyers 5% 12%
Plus de 300 foyers 4% 16%
Foyers totaux prospectés 100% 100%

Ce tableau montre que 60 % des villages soit environ 20.000 regroupent plus de 80% des foyers ruraux
prospectés.

C-2 Calcul des coûts par foyer :

Le critère de choix des techniques arrêtées depuis le début du PERG en 1996 est le moindre coût
pour l’électrification de chaque foyer. Ce critère a été amélioré par le taux de rentabilité économique interne
pour chaque technique, pour pouvoir choisir la technique appropriée à chaque village. Par ailleurs ce critère a
été complété par deux nouveaux critères : L’analyse de la dispersion de l’habitat, et l’analyse de l’équilibre
régional de l’électrification rurale.

En parallèle avec la campagne de prospection des villages, il est nécessaire pour l'établissement
d'un schéma directeur de procéder au tracé géographique du réseau MT existant et des réseaux à projeter
pour l'alimentation de ces villages. Ces tracés sont significatifs sur des cartes au 100.000ème. Il est à rappeler
que le Royaume compte 289 cartes au 100 000ème ce qui rend la gestion manuelle complexe et pratiquement
impossible avec une équipe composée de 1 ou 2 techniciens.
Par ailleurs, pour l'analyse efficace d'un schéma directeur dont la réalisation se fera par étapes, il
faut tenir compte dans chaque étape des données techniques et du tracé géographique des réseaux réalisés

16
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

dans l’étape précédente pour l'alimentation des villages à réaliser au courant de l'étape en question. La
gestion de l'évolution future du réseau est encore plus complexe manuellement sachant que l'objectif est
d'électrifier 1000 villages par an. Il est donc nécessaire de recourir à un système informatique performant
pour gérer le tracé géographique du réseau de distribution et son évolution future.

Un système d'information géographique a été acquis par l'ONE, son installation s'est faite en 96-97
en parallèle avec la préparation du schéma directeur. Les réseaux de distribution ont été reportés sur système
informatique et des réseaux ont été projetés pour l'électrification des villages prospectés. Après l’introduction
des données de prospection sur les villages et la projection des réseaux, les calculs des coûts d'électrification
de chaque village ont été lancés.

PRODUCTION ELECTRIQUE AU MAROC

C-3 La contrainte de la dispersion de l’habitat :

On entend par dispersion deux phénomènes :


• La dispersion inter-village, mesurée par la distance entre les villages;
• La dispersion intra-village, mesurée par la distance entre les foyers ou les petits
groupements de foyers (5 à 10) d’un même village.

Si en électrification rurale le problème de la dispersion inter-village peut être résolu par la


réalisation de réseau de distribution MT au titre des infrastructures, la dispersion intra-village pose un réel

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

problème, puisque l’investissement à consentir serait fort élevé pour amener à chaque foyer isolé ou petit
groupe de foyers isolés, le réseau électrique, l’eau potable, la route et le réseau téléphonique.

L’ONE a donc décidé à la lumière de cette conclusion d’analyser dans un premier temps la
dispersion de l’habitat intra-village, en ne prenant pas en compte le réseau moyenne tension puisqu’il est
commun à un ensemble de villages. Ainsi seuls le réseau basse tension et les postes de transformation à
réaliser pour l’électrification du village ont été pris en compte pour évaluer sa dispersion.

Le graphique illustre la distribution des foyers prospectés en fonction de ce coût.

Il est à signaler que le coût au foyer hors réseau moyenne tension présente au niveau
national une moyenne de 10 100 DH et un écart type de 8 700 DH. Les villages ayant un coût au foyer
supérieur à 18 800 DH représentent 10 % des foyers étudiés et nécessitent 30 % des investissements pour la
réalisation des postes de transformation et des réseaux basse tension. Le graphique suivant illustre ce constat.
Les villages présentant un coût au foyer sans réseau MT supérieur à 18 800 DH sont considérés comme
fortement dispersés.
Dans la perspective de mieux appréhender la dispersion au niveau des régions et des provinces, le
coût moyen par foyer hors moyenne tension est analysé au niveau de chaque région, ainsi que la part de la
population ayant un coût au foyer hors moyenne tension supérieure à 18 800 DH.

L’habitat dans la région de RABAT - SALE - ZEMMOUR - ZAER est très fortement dispersé,
celui de la région CHAOUIA - OUARDIGHA est assez dispersé et celui des régions ABDA - DOUKKALA,
L’ORIENTAL, TAZA- AL HOCEIMA-TAOUNATE et TANGER-TETOUAN est relativement dispersé.
Dans les autres régions l’habitat est assez groupé ou très groupé.
La même analyse au niveau provincial montre que l’habitat dans les provinces de Khemisset et
Jerada est très fortement dispersé et celui des provinces de TAOURIRT, KHOURIBGA, CHTOUKA AIT
BAHA, OUJDA - ANGAD, AL ISMAILIA, CHEFCHAOUEN, TAZA et BENSLIMANE est relativement
dispersé.

Pour des villages dispersés ne pouvant être raccordés au réseau national ou électrifiés par mini
réseau local dans des conditions de coût admissibles, l’ONE propose leur électrification par kits
photovoltaïques individuels. Le nombre de villages est estimé à 6200 regroupant environ 180 000 foyers.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

C-4 Equilibre régional :

Les critères de choix retenus jusqu’à présent ont conduit à un déséquilibre important entre les
différentes régions du Royaume en matière de taux d’électrification Rurale.
Pour remédier à cette problématique, il a été décidé de construire des réseaux moyenne tension
d’infrastructures dans les provinces faiblement électrifiées pour désenclaver les zones où le réseau électrique
est faiblement développé, et rechercher un meilleur équilibre de l’électrification du pays.

C-5 Le plan d’action :

Le plan d’action se décline en trois étapes:


* La première vise à l’horizon 2004 l’électrification de l’ensemble des villages à un coût au foyer inférieur à
10.000 Dirhams et la recherche d’un équilibre entre les différentes provinces du Royaume;
* La deuxième vise l’atteinte de l’objectif du PERG à savoir l’électrification de 80% de la population rurale
du Royaume à l’horizon 2006 ;
* La troisième étape visera la finalisation de l’électrification du Royaume.

Le plan d’action 1999-2006 vise l’électrification de 1.050.000 foyers dans plus de 18.000 villages
avec un investissement d’environ 13,5 Milliards de Dirhams. Le plan d’action annuel peut être décliné de la
manière suivante :

Réseau interconnecté
1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 Totaux

Villages 1 549 1 550 1 700 1 950 2 030 2 030 2 030 2 030 14 869

Investissements (MDH) 1 270 1 240 1 599 1 643 1 609 1 609 1 609 1 609 12 189

Foyers 135 42 138 800 126 059 121 277 113 832 113 832 86 359 86 359 921 960

Electrification par systèmes solaires individuels


1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 Totaux

Investissements (MDH) 15 135 150 200 200 200 200 200 1300

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Foyers 1 500 13 500 15 000 20 000 20 000 20 000 20 000 20 000 130 000

Les objectifs du PERG reposent sur 3 piliers :

• Electrification de l’ensemble des villages à coût au foyer inférieur à 10.000 DH en


début de plan et la réalisation des derniers parmi eux sera lancée à fin 1999 début
2000;
• Améliorer autant que possible l’équilibre en matière d’électrification rurale entre les
différentes régions du Royaume;
• Mettre en place une action volontariste et bien étudiée en synergie avec le CDER et
le secteur privé pour le développement de l’utilisation des systèmes solaires
individuels.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

TROISIEME PARTIE : Les études électriques et la restitution


numérique des villages candidats au PERG

I/ Présentation des techniques de l’électrification :

A/ Electrification conventionnelle :

A-1 Connexion au réseau national :

Cette technique consiste en la construction d’un branchement moyenne tension MT à raccorder sur
un réseau électrique MT existant, un poste de transformation MT/BT, et un réseau basse tension BT pour
desservir la totalité des foyers du village.

La recherche des économies au niveau des ouvrages PERG a permis de prendre les actions
suivantes :
- Réduction de la hauteur des supports BT de 10.5 à 9 m puis à 8 m, permettant un gain sur leur coût
de 20%,
- L’utilisation systématique des postes de transformation aériens sur poteaux au lieu des postes
maçonnés a permis de réduire les coûts de plus de 35 %.

B/ Electrification décentralisée :

L’électrification décentralisée est la deuxième composante du PERG, elle se base essentiellement


sur les systèmes photovoltaïques individuels compte tenu de leur faisabilité technique et économique. Ce
mode d’électrification devrait toucher environ 200.000 foyers représentant 7 à 8 % de la population rurale.

B-1 Electrification par énergie solaire :

Ce type d’électrification doit faire l’objet d’une convention entre l’ONE et l’association des foyers
bénéficiaires, dans des régions isolées.
Les équipements utilisés en Kit solaires sont :
- 1 panneau photovoltaïque de 50Wc
- 1 régulateur
- 1 batterie
- 4 lampes
- 1 prise de courant et des fils conducteurs

Chaque villageois dispose à son domicile de son propre moyen de production d’électricité. Deux
modalités sont possibles :

Par kit photovoltaïque individuel : C’est un petit système d'énergie électrique complet (module
solaire, régulateur, batteries et applications) permettant de répondre aux besoins en éclairage et en moyens
audiovisuels (TV / radio) Selon sa taille, le nombre d'applications et la durée quotidienne de fonctionnement
diffèrent.
Par batteries individuelles : Chaque villageois dispose de sa propre batterie d'accumulateurs. Une
centrale collective de production d’électricité (groupe électrogène, panneaux photovoltaïques, éolienne ou
centrale hydraulique), permet de les recharger régulièrement à un " poste d’approvisionnement en énergie ".

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

B-2 Electrification par énergie éolienne :

L’avantage de cette technique est le faible coût puisqu’elle ne nécessite pas de carburant, mais, elle
n’est réalisable que dans des sites possédant un potentiel éolien considérable.
Avec plus de 3.500 Km de côtes, le Maroc possède un gisement éolien important. Dans certaines
régions, la vitesse dépasse les 6 m/s. L’ONE a déjà électrifié un village pilote dans la région d’ESSAOUIRA
par cette technique.

B-3 Electrification par micro-centrale hydraulique :

C’est une technique simple à installer sur des rivières dont le débit est régulier, assurant une
production continue de l’électricité. Un projet a été réalisé dans la province de TAROUDANT dans l’Anti
Atlas ( Tichka ) par l’installation d’une micro centrale hydroélectrique devant alimenter une vingtaine de
villages.

B-4 Electrification par groupe Diesel :

C’est une technique utilisée pour électrifier les zones isolées et loin du réseau national, et malgré le
coût élevé d’exploitation générée par cette technique, elle reste une solution provisoire en attendant
l’approche du réseau national.

Les énergies renouvelables pour alimenter les sites isolés.

Les énergies renouvelables : solaire, éolienne et micro-hydraulique constituent donc un gisement


énergétique considérable pour le Maroc, et dans le cadre de la promotion des énergies renouvelables
(photovoltaïque et éolienne) pour l'alimentation des sites isolés, un renforcement de la qualité des systèmes
d'alimentation s'avère être un préalable nécessaire pour favoriser l'émergence de produits fiables et bien
adaptés aux besoins.

22
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

II/ Etude de la ligne de moyenne tension :

A/ Le profil en long :
Le plan de base pour l'étude de la ligne est le profil en long de la bande planimétrique. Il définit la
configuration du terrain existant sous l'emprise de la ligne, l'axe de celle-ci servant de référence.
Le relevé du profil en long est effectué avec précision pour toutes les natures de terrain :
montagneux, accidenté et même plat, il est établi systématiquement pour les lignes suspendues. Si le terrain
est accidenté ou montagneux, il faut multiplier les levés de points, notamment aux changements de pente et
les matérialiser sur ce profil.

Les tolérances admises sont les suivantes en centimètres :

pour les longueurs :


a) en terrain plat : 2 D
b) en terrain moyennement accidenté (pente moyenne de 10 %) : 3 D
c) en terrain accidenté (pente moyenne de 20 %) : 4 D

Pour les altitudes : 0,5 D


D exprimée en mètres, représente la longueur de l'alignement considéré.
Les échelles à adopter pour son exécution sont en général :1/5000ème pour les longueurs et
ème
1/1000 pour les hauteurs.
En outre, doivent y figurer en particulier les angles de tracé, les routes et chemins, les voies de
chemins de fer, les lignes électriques traversées, ainsi que tout le détail que la future ligne est susceptible de
traverser.

Dispositions graphiques
Voir l’annexe I

B/ Etude du branchement de la moyenne tension :

Les principales étapes de l’étude du branchement moyenne tension sont :


¾ La reconnaissance du tracé de branchement MT en partant de l’origine du branchement sur le
réseau existant et en arrivant au poste de transformation du village à électrifier,
¾ La réception du balisage par l’ONE avant le commencement des travaux,
¾ Le levé du profil en long du terrain emprunté par le branchement MT avec une bande
planimétrique de 150 mètres de part et d’autre de l’axe de ce branchement,
¾ La répartition des supports MT sur ce profil en long,
¾ Le calcul mécanique de ces supports et de leurs armements par le logiciel CAMELIA,
¾ L’approbation de l’ONE des calculs effectués et du carnet de piquetage,
¾ L’établissement du carnet de piquetage et de la liste du matériel nécessaire à la réalisation de ce
branchement,
¾ Le piquetage des supports conformément à l’étude approuvée,
¾ L’établissement du dossier technique à transmettre aux ministères concernés.

III/ Méthodologie de levé des villages candidats au PERG : Restitution


numérique

A/ Etablissement de la mosaïque avec délimitation des villages concernés :


Sur le logiciel du système d’information géographique, Arcview, en lançant des requêtes pour
trouver les villages et leurs lignes de vol, on peut aisément déterminer les photos nécessaires à

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

l’établissement de la mosaïque, comme on peut choisir de la faire en une ligne ou en deux selon la position
des villages entre les lignes de vol.

B/ Stéréopréparation :

La stéréopréparation consiste à rechercher quatre points de contrôle situés si possible aux


extrémités du bloc de la mosaïque, et levés au sol par GPS, ce qui nous permettra de valider les coordonnées
GPS aéroportés levés grâce à l’ensemble caméra-GPS Cinématique, lors du calcul d’ajustement
d’aérotriangulation pour tenir le bloc.

Le sysytème Caméra-GPS aéroporté au bord


de l’avion CN-TKH

Système GPS « bifréquence » servant à lever les points de contrôle au sol

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

C/ Aérotriangulation sur DIAP :

C-1 Présentation du logiciel DIAP :

Le logiciel DIAP est un logiciel d’aérotriangulation numérique, il permet de réaliser toutes les
étapes à savoir les orientations internes, relatives, ainsi que le calcul d’ajustement du bloc, la création du
modèle numérique du terrain et enfin le captage et l’édition.

Avant de le manipuler, il est impératif d’avoir des connaissances en les matières suivantes :
Photogrammétrie
DIAP
Windows NT
Microstation 95

L’outil nécessaire pour entamer l’aérotriangulation est l’ATM (Aeriel Triangulation Manager)
C’est un système qui automatise toutes les tâches de l’aérotriangulation, il est capable par exemple lors de
l’orientation interne, de conduire l’opérateur directement à la marque fiduciaire à mesurer ce qui aide à
économiser le temps. Et lors de l’orientation relative, nous n’avons besoin que de cinq points à mesurer pour
enlever la parallaxe.

Le logiciel DIAP

Les étapes à suivre sont les suivantes :


• La création du bloc de photos
• La mesure des cinq points de liaison et les points de contrôle.
• L’exportation des mesures dans un programme d’ajustement de l’aérotriangulation : PATB
• Le calcul d’ajustement
• L’importation des résultats dans DIAP ATM pour la création des modèles et du MNT.

Avant de commencer l’aérotriangulation, on convertit les photos scannées en format TIF sous
format SIS, pour que les photos soient reconnues par DIAP, la numérisation de ces photos est faite avec une
résolution de 1800 Dpi.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

C-2 Etapes de l’aérotriangulation :

C-2-a Création du fichier bloc

DIAPATM.dgn est ouvert dans microstation, le bloc est ensuite crée en précisant les
recouvrements longitudinaux et latéraux ainsi que le nombre de points à mesurer sur la médiane, le nom de la
caméra et le fichier de points de contrôle et des photos ; ensuite, on attache les photos et on commence
l’orientation interne.

C-2-b Orientation intérieure

Cette étape consiste à mesurer les marques fiduciaires, l’écart doit être inférieur à 15 microns. Le
logiciel peut faire cette étape d’une façon autonome sans l’intervention de l’opérateur.

Les repères de fond de chambre sont identifiés et leurs centroides sont calculés dans une contrainte
symétrique par la méthode de moindre carrés. Ces calculs de grande précision sont alors utilisés pour
localiser géométriquement toute autre mesure prise sur l’image.

C-2-c Orientation relative

On identifie la position physique des photos et la position approximative des points, ensuite, on
pointe sur les cinq points de liaison en validant par « data et tentative » tout en s’assurant que la parallaxe est
enlevée.
Lorsque les cinq points sont lus, on procède à la lecture des points de contrôle, pour ensuite exporter toutes
les données dans le programme d’ajustement de l’aérotriangulation : PATB.

C-2-d Calcul d’ajustement

Il s’agit de s’assurer que les résiduelles ne dépassent pas les tolérances permises selon l’échelle des
photos, et de refaire les lectures jusqu’à ce que les résiduelles entrent dans les tolérances. Les lectures
doivent être faites pour les points GPS, les points de liaison et les points de contrôle.
Les fichiers générés sont le résultat de l’orientation absolue et donc sous forme de résidus ne
dépassant pas une tolérance de 30 à 50 cm qui est le rayon moyen quadratique, pour pouvoir créer les
modèles automatiquement.

D/ Etablissement du MNT : Le modèle numérique de terrain :

Après la création des modèles, un autre système de modélisation du terrain intervient pour la
création du MNT c’est le TIN/CIP.
TIN : réseau irrégulier d’aérotriangulation
CIP : Contour Interpolation Programme

Il a pour mission de générer le semi de points, les triangles et les courbes de niveau, tout en
travaillant en trois dimensions. Cette méthode par auto corrélation assure précision et fiabilité dans la
détermination du modèle numérique de terrain.

Une fois les courbes de niveau et les triangles habillent parfaitement le terrain et suivent sa
morphologie, on crée l’othophotoplan en géocodant les pixels de l’image dans un applicatif de DIAP :
SYSIMAGE.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

E/ CAPTAGE :

Le captage se fait en trois dimensions grâce à DIAP Viewer, la carte est générée en utilisant une
orthoimage comme base et les outils d’extraction standard de microstation (Linestring, Shape..). Chaque
élément a son propre niveau de couleur et de style de ligne.

DiAP Viewer accepte tout modèle pré-orienté et ses fichiers graphiques correspondants. Le
système permet le stéréo modèle par l’utilisation de paramètres d’orientation relative et absolue provenant de
la mise en place du modèle sur DiAP ou des paramètres provenant de l’aérotriangulation. DIAP Viewer
permet aussi l’affichage automatique des différents modèles compris dans un secteur défini dès que l’on
s’approche de la limite du stéréo-modèle affiché à l’écran.

Le captage de données en 3D

La souris est le seul accessoire requis pour le captage des informations cartographiques. Les
coordonnées X/Y sont obtenues à l’aide de celle-ci. La valeur Z est interpolée à partir du modèle numérique
de terrain. Toute nouvelle donnée est stéréoscopique, conforme à la surface du terrain et surimposée en
temps réel.
Interconnections Auto-Z

DIAP Viewer comprend l’option Auto-Z qui attache le curseur (souris) au modèle numérique de
terrain lui permettant de suivre les différentes variations du relief en relation avec le stéréo modèle.

La surimposition image/vecteurs

DIAP Viewer supporte la surimposition de vecteurs DGN en 3 Dimensions avec le stéréo modèle,
permettant ainsi un excellent contrôle du contenu et de la qualité.

Pour permettre une certaine cohérence entre les différentes entités de production cartographique et
une homogénéisation des procédures, il est nécessaire de se référer aux spécifications suivantes :

E-1 Spécification de la saisie photogrammétrique :

- Les éléments linéaires sont continus et non interrompus par d’autres éléments.
- Les éléments de surface sont fermés ou intersectés à d’autres éléments ;
- A la saisie, l’opérateur tient compte de la priorité des éléments à représenter afin d’assurer la
continuité des détails cartographiques.

o Saisie de la planimétrie

Lors du captage, le réseau routier est saisi comme objet linéaire :


- Les objets linéaires ne sont pas interrompus au niveau des carrefours ;
- Toutes les autres voies de communication sont saisies suivant l’axe central de la voie ;
- Les bâtiments à l’échelle sont saisis et interprétés comme une entité de surface : polygones fermés ;
- Les lignes électriques doivent être saisies comme des objets linéaires si l’opérateur est sûr de leur
continuité, sinon, il doit saisir les pylônes en tant qu’objets ponctuels.

o Saisie de l’hydrographie
les éléments de l’hydrographie sont saisis comme simples objets :
- Surface de cours d’eau : lacs, polygones fermés avec remplissage opaque ;
- Les éléments de l’hydrographie sont interrompus lorsqu’ils traversent un chemin ou une route ;

27
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

- Le passage des talwegs ou des cours d’eau doit coïncider parfaitement avec les inflexions de courbes
de niveau.

o Saisie de la végétation

- L’élément « arbre isolé » n’est saisi que lorsque cette interprétation permet une information
pertinente, à condition qu’il ne cache pas de détails planimétriques. Cette remarque est également
applicable pour l’élément rangée d’arbres ;
- Les surfaces boisées sont représentées par des polygones fermés.

Il est à noter que les éléments les plus importants à ne pas omettre sont les constructions à
électrifier et les rues par lesquelles passeront les lignes de basse tension.
Ensuite, le fichier est exporté dans Autocad pour la finition du plan et son édition.

Tous les cas ambigus d’interprétation d’un détail cartographique doivent être repérés et complétés
sur le terrain.

IV/ Etude de la ligne de basse tension

A/ Le recensement :
La restitution numérique des villages étant achevée, une opération de contrôle et de recensement
des foyers est faite sur le terrain avec la coopération des agents de l’ONE et les responsables des autorités
locales et des communes.

Le contrôle consiste à comparer la distance réelle du terrain avec celle du plan ; l’écart ne doit pas
dépasser 1 m. Les opérateurs établissent la liste des foyers et de leurs occupants, et dessinent le cheminement
de la ligne électrique desservant tous les foyers.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Ce recensement permet d’identifier la nature des foyers à alimenter et leurs puissances demandées.
Suivant la nature des foyers, le CPCT ( Cahier des Prescriptions Communes Techniques ) de l’ONE fixe la
puissance à prendre en compte pour les calculs électriques.
Le poste de transformation est généralement installé au barycentre du village, il est relié à la
moyenne tension la plus proche existante.
L’étude ne peut être entamée qu’après approbation des responsables concernés du recensement
effectué et du choix du tracé du réseau basse tension, par l’établissement d’un procès verbal et la signature
des plans correspondants.

Le recensement a donc l’avantage de connaître avec précision les foyers à électrifier, mais encore,
il peut être utilisé ultérieurement lors des études statistiques ou socio-économiques afin de connaître les
besoins des populations rurales.

B/ Etude du réseau basse tension :

B-1 Présentation du logiciel LVPLAN :

L’étude du réseau basse tension se fait sur la base de relevés des villages décrite auparavant, du
recensement effectué et du choix du tracé du réseau validé par l’ONE, à l’aide du logiciel LVPLAN ( LOW
VOLTAGE PLANIFICATION ) C’est un outil de planification aidant le concepteur du réseau Basse Tension
aérien d’un village à localiser les clients à alimenter et à proposer un tracé optimal des lignes électriques.

Le tracé est reporté initialement sur Autocad, par la suite, on exporte en bloc les foyers et les
supports dans un logiciel de conversion CADCONVERTER pour les importer dans LVPLAN.

Ensuite, le logiciel réalise les étapes suivantes :


• Il positionne les supports.
• Il Positionne le poste.
• Il connecte les charges au support le plus proche.
• Il recherche les sections des conducteurs sur la base d’un critère économique.
• Il positionne les mises à la terre.
• Il choisit le type de support.
• Il présente pour l’heure et l’année sélectionnées les résultats électriques ( courant, tension, perte)
• Il présente un devis de matériel.

B-2 Le principe du calcul effectué par LVPLAN :

Ce logiciel est utilisé pour le calcul du réseau basse tension, raccordé au réseau national.

Les calculs électriques se font à partir d’une représentation unifilaire du réseau. Celui-ci est donc
supposé être entièrement triphasé et parfaitement équilibré.

Le choix des sections résulte de l’optimisation de la fonction de coût constituée des coûts
d’investissement et du coût des pertes sur la période de l’étude. Cette optimisation est réalisée sous la
contrainte du respect des limites de capacité des lignes et du respect des contraintes de chute de tension en
tout point du réseau.

En triphasé, trois sections normalisées sont utilisées, les 35 mm², 50 mm² et 70 mm², la section la
plus proche du poste est souvent la plus forte : 70 mm², et elle s’affaiblit aux extrémités de la ligne, cette
section est calculée automatiquement par le logiciel.

Lorsque à l’extrémité du nœud la chute dépasse les 10 %, le logiciel reprend les calculs en
proposant d’autres solutions de façon à respecter cette limite contractuelle avec les clients.

29
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

La puissance du poste de transformation est calculée en tenant compte du nombre de foyers


recensés. Elle varie de 50 à 250 KVA.

Le facteur de l’altitude influence sur le choix du voltage du poste, il est de 36 KV quand le terrain
est d’une altitude supérieure à 1000 m ou en bord de mer, et 24 KV en continental ou si l’altitude est
inférieure à 1000 m

B-2-a Raccordement des charges :

Chaque charge est raccordée au nœud le plus proche, la distance doit rester inférieure à la distance
maximum définie dans les paramètres de l’étude.

B-2-b Optimisation des lignes :

L’optimisation se fait en respectant les contraintes suivantes :


• Le courant maximum à l’année cible de chaque tronçon doit être inférieur à la capacité de la ligne
retenue.
• La chute de tension maximum à l’année cible doit être inférieure à la chute de tension maximale
autorisée définie dans les paramètres de l’étude ( 10% )
• Les lignes en aval d’un nœud équipé d’un éclairage public doivent permettre son alimentation.

La fonction de coût à minimiser est la somme des termes suivants :


• Les coûts d’achat et de pose des lignes à l’année 0.
• La somme des pertes actualisées de l’année 1 à l’année cible.

B-2-c Choix des supports :

Le choix se porte sur le premier support du catalogue de construction, de résistance supérieure à


l’effort calculé.

B-2-d Mise à la terre :

Elle est posée aux extrémités de la ligne et au poteau amenant au poste. Le logiciel procède ensuite
aux calculs électriques concernant le calcul des courants, des chutes de tension, des pertes… Voir l’annexe II

30
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

QUATRIEME PARTIE : Le dispositif juridique concernant les


modalités de l’électrification

I/ Prérogatives de l’Office National d’Electricité : Les servitudes créées par le


passage de lignes électriques :

A/ Définition de la servitude :

L’art.108 du Dahir (décret royal) du 19 rejeb (2 juin 1915) de la législation domaniale stipule
qu’une servitude est une charge imposée sur un immeuble pour l’usage et l’utilité d’un immeuble
appartenant à un autre propriétaire. La servitude crée par le passage de la ligne électrique est établie par la loi
puisqu’elle a pour objet l’utilité publique.

Le Dahir 1-61-346 du 24 Joumada I 1382 (24 octobre 1962 ) réglementant les conditions relatives
à la délivrance des autorisations, permissions, et concessions des distributions d’énergie électrique ainsi
qu’au fonctionnement et au contrôle des dites distributions ( BO du 18 novembre 1962 page 1603 ) stipule
que « les distributions sur terrains privés pourront être établies sans aucune déclaration préalable ni
autorisation, et que celles en tout ou partie sur le domaine public feront l’objet d’une demande au ministre
des travaux publics pour la délivrance d’un arrêté d’autorisation »
Au cas où cette demande est établie par un concessionnaire, elle doit être justifiée d’utilité
publique. Cet arrêté fixe les conditions auxquelles la permission est subordonnée. Il définit les occupations
admises sur le domaine public, les conditions dans lesquelles elles seront exercées et celles à observer pour
la fixation aux façades des bâtiments publics, les facultés laissées au permissionnaire pour l’élagage des
plantations voisines à sa distribution, de façon à supprimer les branches dont le mouvement ou la chute
pourraient occasionner des avaries aux ouvrages.

B/ Définition des prérogatives de l’ONE :

L’article 2 bis du Dahir n° 1.63.226 14 rebia I 1383 (5 août 1963) portant création de L’ONE,
stipule que pour assurer le service public de la production, du transport et de la distribution de l’énergie
électrique, l’ONE :
• Est autorisé à occuper les parcelles du domaine public nécessaires à l’établissement des ouvrages de
production, de transport et de distribution de l’énergie électrique.
• Peut procéder à l’élagage, à l’abattage ou au dessouchage des plantations publiques voisines des
ouvrages précités.
• Est habilité pour les ouvrages à installer sur les propriétés privées :
⇒ A établir à demeure des supports et ancrages pour conducteurs aériens soit à l’extérieur des murs
ou façades donnant sur la voie publique, soit sur les toits et terrasses des bâtiments
⇒ Pour les ouvrages dont les servitudes précitées ne suffiraient pas à assurer l’établissement,
l’ONE est investi de tous les droits que les textes législatifs et réglementaires reconnaissent à
l’état ou aux collectivités publiques locales pour l’exécution de travaux publics, notamment en
matière d’expropriation et d’occupation temporaire.

En réalité, sur le terrain, et conformément à l’article 9 de la convention signée par l’ONE et la


commune bénéficiaire pour l’électrification des villages dans le cadre du PERG, ce sont les communes
rurales qui sont chargées à agir en cas de nécessité, notamment en cas de contestation d’un propriétaire privé,
pour obtenir l’autorisation de passage des lignes électriques, à défaut, l’ONE peut ne pas réaliser le projet au
cas où la commune n’arrive pas à obtenir les autorisations de passage nécessaire.

31
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

II/ Textes relatifs aux communes rurales :

L’administration des candélabres et conduits électriques destinés à l’éclairage public relève de la


responsabilité de la commune rurale après accord de l’état ou de l’ONE.

Le Dahir du 28 juin 1954 relatif aux domaines des communes rurales stipule d’après l’article 3
que « peuvent être incorporés dans ce domaine public à raison de leur affectation à l’usage public, soit de
leur utilisation pour le fonctionnement des services publics locaux dépendant de la commune rurale
notamment : Les pistes, chemins, rues, place, jardins ou parcs publics, égouts et installations d’éclairage »

L’affectation au domaine public est effectuée par arrêté viziriel pris après avis du directeur de
l’intérieur et des chefs des administrations intéressés, sur proposition de la commune rurale. Ces biens
d’après l’article 6 du même Dahir, sont cédés gratuitement aux communes rurales.

III/ Le régime juridique relatif à l’expropriation pour cause d’utilité publique et


à l’occupation temporaire :

A/ Expropriation pour cause d’utilité publique :


L’article 3 du Dahir n°1-81-254 du 11 rejeb 1402 (6 mai 1982) portant promulgation de la loi n° 7-
81 stipule que le droit d’expropriation est ouvert à l’état et aux collectivités locales ainsi qu’aux autres
personnes morales de droit public ou privé en vue d’entreprendre des travaux ou des opérations déclarées
d’utilité publique. Après la prise de possession et le prononcé de l’expropriation, les indemnités sont fixées
par jugement.

Etant donné la faible portion de terre expropriée nécessaire pour la pose des pylônes et supports
électriques, l’indemnité attribuée reste relativement faible.

B/ L’occupation temporaire :
D’après l’article 50 de la même loi concernant l’occupation temporaire : Est autorisée la prise en
possession provisoire d’un terrain, pour tout exécutant de travaux publics en vue de faciliter la réalisation des
travaux dont il est chargé.

L’ONE, peut de cette manière :

• Procéder aux études et aux travaux temporaires.


• Déposer temporairement des outillages, matériaux ou y établir des chantiers et des voies nécessaires
à l’exécution des travaux.

Les agents de L’ONE peuvent pénétrer dans les propriétés privées, à l’exception des maisons
d’habitation, en vertu d’un acte administratif indiquant la nature desdites opérations.
L’indemnité est prise en charge par les communes rurales et elle est fixée soit par accord soit
judiciairement. On y trouve mention dans l’article 180 du Dahir n° 1.89.187 du 21 rebia II (21 novembre
1989) portant promulgation de la loi n° 30.89 relative à la fiscalité des collectivités des collectivités locales
et de leurs groupements, qui précise que les redevances d’occupation temporaire du domaine public
communal, pour usage lié à la construction sont dues à la suite de l’occupation temporaire du domaine public
communal, notamment par des dépôts de matériels et de matériaux, par des clôtures ou par des saillis dues
aux échafaudages.

32
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

C/ Autorisation de passage :

C-1 Recherche des autorisations de passage :

A l'aide du plan parcellaire et de la liste des propriétaires précédemment établie, il est procédé à la
recherche des autorisations de passage compte tenu des surplombs et des implantations de supports.

La recherche des autorisations de passage doit être confiée à une personne possédant toutes les
compétences requises pour négocier en vue de leur obtention par la voie d'accord amiable, et notamment
pour agir avec toute la courtoisie désirable dans ses rapports avec les propriétaires ou leurs exploitants.

Il y a lieu de s'assurer de l'identité des propriétaires du fond et de leurs droits exclusifs de propriété et
de porter une attention particulière aux régimes matrimoniaux, aux indivisions, aux usufruits, aux
hypothèques et aux incapacités éventuelles.

C-2 Versement des indemnités aux propriétaires :

Dès que les formalités de régularisation sont accomplies par l'O.N.E, celui-ci adresse à chaque
propriétaire l'exemplaire des conventions qui lui est destiné.
Le versement de l'indemnité s'effectue en une seule fois, à la remise des conventions signées.
L'indemnité sera réglée après envoi des exemplaires de la convention.

D/ Régime juridique concernant le bois à abattre lors du passage de la ligne


électrique :

D-1 Délimitation et comptage des bois à abattre :

Le personnel chargé des études détermine les tranchées à effectuer dans les bois et indique les
arbres isolés à abattre.

La largeur du déboisement sera en principe définie comme suit :

D-1-a Ligne en conducteurs nus

• De la distance prescrite par l'Arrêté Interministériel en vigueur, majorée de la longueur de pousse


entre 2 élagages successifs, élagage dont la périodicité est fixée à 5 ans environ sauf indication
contraire de l'O.N.E.
• Des problèmes liés à la construction de la ligne pour l'accès des engins et de déroulage en particulier.

Dans le cas d'arbres fruitiers ou d'ornement arrivés à maturité à proximité ou sous la ligne,
une distance minimale de 3 m devra être conservée entre les conducteurs et les branches.

D-1-b Ligne en conducteurs isolés

Les élagages ou abattages seront déterminés de manière à éviter les risques éventuels d'usure ou de
détérioration de l'isolant des conducteurs par frottement ou contact.
Après accord par l'O.N.E. sur le projet de délimitation des zones de déboisement, le personnel chargé
des études procède au marquage à la peinture des bois à abattre et au décompte correspondant.

D-1-c Marquage des bois à abattre :

Les bois à abattre, ainsi que les arbres isolés, déterminés comme indiqué précédemment, sont
marqués d'un trait à la peinture rouge. Un décompte de déboisement est établi sur un formulaire O.N.E. pour

33
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

les bois appartenant à une personne privée. Pour les forêts soumises au régime forestier, une procédure
particulière sera mise en œuvre en accord avec l'Office des Forêts.

D-2 Abattage des bois :

Si l'ouvrage à étudier est important, ou intéresse un nombre considérable de propriétaires, l'O.N.E.


peut demander aux représentants des administrations locales intéressés de prendre un arrêté autorisant ses
agents ou ses représentants, et par suite les agents des entreprises, à pénétrer dans les propriétés privées pour
procéder à l'étude de la ligne.

Avant le commencement de l'étude détaillée de la ligne sur le terrain, le personnel chargé des
études rend visite aux responsables des communes et autorités administratives concernées ; le cas échéant,
prévient éventuellement par lettre, les propriétaires, et les exploitants, afin qu'ils soient informés des travaux
d'études qui vont être entrepris. A cette occasion, il demande aux propriétaires de préciser s'ils sont
propriétaires exploitants ou dans la négative, le nom et l'adresse de l'exploitant qui sera également avisé des
travaux à entreprendre.

Le personnel chargé des études doit s'assurer du nom des propriétaires des cultures, bois ou forêts
traversés, les aviser de l'exécution de layons sur leur propriété et obtenir leur accord préalable dans le cas
exceptionnel où cette exécution entraîne l'abattage d'arbres, soit sur la valeur du dommage, soit sur les
éléments nécessaires à son évaluation.

Il ne sera procédé à aucune coupure de bois en forêts domaniales ou communales soumises au


régime forestier sans l'accord préalable du responsable des services des Eaux et Forêts.

IV/ Analyse de ce dispositif juridique :

Le présent dispositif a pour objectif de protéger les droits de l’exproprié mais il reste insuffisant en
raison de certains problèmes rencontrés tant au niveau de la phase administrative qu’au niveau judiciaire.

Parmi les lacunes dont souffre la loi sur l’expropriation et l’occupation temporaire :

¾ L’insuffisance des critères retenus pour arrêter les montants des indemnisations
¾ La lenteur de la procédure judiciaire lorsqu’il s’agit de fixer l’indemnisation définitive
des expropriés.

Il est à noter cependant, que le particulier grevé de la servitude de passage de la ligne reste
propriétaire de son terrain, les conséquences se limitent seulement à la servitude non aédificandi sur un
couloir de part et d’autre de l’axe de la ligne le long de cette ligne. La largeur de ce couloir varie avec la
variation de la tension en volts de la ligne ( de 7,5 mètres à 15 mètres )

Les distances réelles à observer entre la ligne électrique et les différents types de construction sont
fixées pat l’arrêté du ministre des travaux publics N+127-63 du 15 mars 1963.

En ce qui concerne l’abattage des bois, l’ONE, dans le cadre du PERG, s’engage à le réduire afin
de préserver l’équilibre écologique du pays.

34
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

CINQUIEME PARTIE : Apport de l’électrification au développement


des communes rurales

I/ L’intervention des acteurs :

A/ Rôle de l’ONE dans la distribution de l’énergie :


La distribution de l'énergie électrique est assurée, soit directement par l'ONE, notamment en zone
rurale et dans plusieurs centres urbains, soit par des Régies Municipales ou intercommunales, placées sous la
tutelle du Ministère de l'Intérieur pour les grands centres urbains.

Le prix de l'énergie électrique distribuée est fixé par Décret du Premier Ministre. En ce qui
concerne les villes de Casablanca, Rabat, Tanger, Tétouan, et Larache, la gestion déléguée de la distribution
est assurée par des opérateurs privés tels que le concessionnaire français : la Lyonnaise des Eaux : LYDEC

A l’adoption du PERG, le Gouvernement a désigné l’ONE comme unique électrificateur du pays,


l’ONE s’est appuyé sur les entreprises privées pour la réalisation des travaux d’électrification des villages
ruraux.
Ainsi, 64 entreprises ont participé à ce jour en tant que sous-traitantes à ce programme dont une
quinzaine étrangère.

B/ Rôle des bureaux d’études : Etat d’avancement du projet :

Les bureaux d’études, à partir des appels d’offre lancés par l’ONE, réalisent les plans et les études
électriques pour les livrer par la suite à l’ONE ou à des sociétés privées qui réalisent la construction des
lignes électriques.
Le bureau d’étude dans lequel j’ai effectué mes travaux de fin d’étude, avait pour objectif d’étudier
4800 villages dans le cadre du PERG II en 18 mois. A la date du 07/05/02, 3800 villages ont été restitués,
étudiés et livrés à l’ONE, les 1000 autres villages sont en cours d’étude.

A la date du 01/11/2001, le bureau d’étude a entamé un nouveau marché, comprenant 4763


villages dans le cadre du PERG III pour un délai de 18 mois et dont l’état d’avancement des travaux au
31/05/02 est le suivant :
* 1632 mosaïques sont envoyées au terrain pour la délimitation,
* 1343 reçus du terrain,
* 115 incomplets et donc exigent un retour
* 122 électrifiés,
* 1100 restitués,
* 600 villages étudiés pour la Basse Tension.

Ainsi, les principaux retards sont dus au mauvais temps qui empêche le vol des zones concernées,
et à la difficulté d’obtenir les signatures nécessaires d’approbation de la part des responsables communaux,
des autorités locales et des agents de l’ONE.

Malgré ces difficultés, le rythme d’avancement du projet est satisfaisant et l’on pense respecter les
délais et atteindre l’objectif que s’est fixé l’ONE pour ce marché.

35
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

II/ Suivi du PERG et analyse des résultats :

A/ Analyse des résultats du plan d’action 2000-2004 :


Une analyse du taux d’électrification par réseau interconnecté et par région entre 1998 et 2004,
montre une tendance à l’équilibre entre les différentes régions du Royaume à l’exception de la région de
Rabat-Salé-Zemmour-Zaer dont la population rurale est fortement dispersée et qui bénéficiera en priorité du
programme solaire. Néanmoins une disparité persiste au niveau des provinces.
• 8 provinces n'atteindront pas un taux d'électrification de 50% ;
• 9 autres provinces ne dépasseront pas un taux de 56 % ;
• 37 provinces dépasseront les 60 %, certaines approcheront les 100 %.

Il est à préciser que les autres provinces ne comportant presque pas de population rurale ne sont
pas concernées par le présent dossier.

Analyse des résultats du PERG : Suivi du PERG

Evolution du nombre de foyers


électrifiés

200000
150000
Nombre de
100000
foyers
50000
0
96

97

98

99

00

01
19

19

19

19

20

20

Année

B/ Les réalisations du PERG :


Depuis le commencement du PERG en 1996 jusqu’en décembre 2001, l'électricité a été mise à la
disposition de plus de 500.000 foyers dans plus de 5.290 villages selon les réalisations annuelles suivantes :

Année Nombre de Nombre Longueur Nombre Longueur


villages de foyers MT( Km) Postes BT( Km)
1996 557 72113 1471 449 2136
1997 1044 108293 2218 669 3289
1998 1130 107973 1154 674 3587
1999 1650 153985 1740 1193 5804
2000 1715 152559 1737 1070 6200
2001 1760 112538 2154 1023 5411
TOTAL 7856 707461 104474 5078 26427

36
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Evolution du nombre de villages ainsi que celle du nombre de foyers :

Evolution du nombre de villages électrifiés

2000
1500
Nombre de
1000
villages
500
0
96
97
98
99
00
01
19
19
19
19
20
20

C/ L’évolution du Taux d’Electrification rurale : TER :

L’évolution du TER ( Taux d’Electrification Rurale ) entre 1996 et 2001 est récapitulée dans le
tableau ci-dessous.

Année 1990 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001


TER (%) 14 16 22 27 32 39 45 50

D/ Analyse de l’évolution de l’électrification au niveau des communes :

Au niveau des communes, l’évolution globale de l’électrification est très significative comme
l’illustrent les deux graphiques :

Il ressort de ces 2 graphiques que si 4 % des communes uniquement dépassaient un taux


d’électrification de 50 % en 1996; ce sont environ 60 % d’entre elles qui le dépasseront à l’horizon 2004.
D’autre part si 48 % des communes n’étaient pas touchées par l’électricité en 1996, elles ne seront plus que 8
% en 2004.

Ainsi les communes qui ne seront pas touchées par le réseau électrique interconnecté à l’horizon
2004 seront au nombre de 110, dont 34 dans les provinces sahariennes. Les 76 communes des autres
provinces qui ne seront pas touchées sont situées en majorité dans des régions montagneuses.

Une analyse réalisée par l’ONE a permis de prévoir des dorsales pour 33 communes, à condition
que le coût au foyer hors dorsale soit inférieur à 14.000 DH, soit 1400 Euros. Le nombre de foyers concernés
serait de près de 6000 foyers pour un investissement d’environ 210 Millions de Dirhams, soit 21000 Euros.

37
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

E/ Les prévisions des réalisations du PERG 2002-2008 :

Les réalisations du PERG I et II ont accéléré l’accroissement du TER. Mais, même si le nombre
de villages électrifiés par an ne cesse d’augmenter, il a été constaté que celui du nombre de foyers électrifiés
par an commence à chuter de façon alarmante.

Ceci a amené les décideurs à revoir leurs objectifs pour les années à venir, raison pour laquelle il a
été décidé de relever le coût par foyer des villages éligibles à 14 000 DH ( 1400 Euros ) et de fixer les
réalisations annuelles en nombre de foyers et non plus en nombre de villages.

TE R (% )

60 50
45
50 39
40 32
27
30 22 TE R (% )
14 16
20
10
0
0

1
9

0
19

19

19

19

19

19

20

20

En effet, l’objectif de la réalisation du PERG était fixé à 1000 villages par an entre 1996 et 1998
avant de passer à 1500 villages par an entre 1999 et 2001. Il est actuellement fixé à 2000 villages par an pour
2002 mais passera dès 2003 à 150 000 foyers par an pour 2003-2008.

Le TER a été fixé au terme du PERG en 2008 à 95% comme objectif principal. Les décideurs
auront alors l’obligation de suivre minutieusement l’évolution de ce taux et de corriger leurs objectifs de
réalisation annuelle ainsi que le coût par foyer pour atteindre ce taux.
Les 5% des foyers restants dont le coût par foyer est très excessif, seront alors électrifiés par kits
solaires.

F/ Les problèmes rencontrés lors de la réalisation du PERG :

Les principales entraves rencontrées lors de la réalisation du PERG sont :

¾ Les oppositions des propriétaires des terrains traversés par les lignes électriques
¾ Les réclamations des foyers éloignés non touchés par l’électrification
¾ Le taux relativement bas du branchement des foyers au réseau électrique réalisé ( 62% )

La législation en vigueur relative aux passages des lignes électriques est traitée dans la quatrième
partie de ce mémoire.

Les réclamations des foyers non touchés sont examinées cas par cas et trouvent généralement une
solution acceptable et satisfaisante de la part des réclamants.
Le taux relativement bas du branchement des foyers au réseau électrique réalisé a fait l’objet
d’une étude détaillée par un organisme privé, qui a conclu que la principale cause était le revenu relativement
modeste des bénéficiaires ruraux qui ne pouvaient supporter les frais de l’installation intérieure et du
branchement basse tension ( environ 4 000 DH ou 400 Euros )
Une solution intermédiaire a été adoptée par la signature d’une convention entre l’ONE et une
banque privée pour l’octroi d’un prêt d’un montant équivalent à cette somme avec des facilités de paiement
pouvant s’étaler sur huit ans.

38
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

III/ Apport de l’électricité sur le plan socio-économique :

A/ Tendance à la scolarisation et un meilleur service des équipements


collectifs :
Une étude faite par l’ONE confirme le rôle important de l’électrification des foyers sur la
scolarisation des enfants. L’électricité a donc une part importante dans le processus de lutte contre
l’analphabétisme, positionnée aujourd’hui comme une priorité nationale.

Il s’agira donc pour l’ONE de :


• Continuer à soutenir le financement de l’électrification des écoles en mode
conventionnel et en mode décentralisé ;
• Mesurer quantitativement par l’observation directe l’impact de cette action
(mouvement début/ fin année scolaire dans les douars récemment électrifiés ou en
phase de l’être, taux de scolarisation...)

*Conventions avec le Ministère des Affaires Sociales et le Ministère de l’Education Nationale :

Les deux conventions ont pour objet de :


* Raccorder et abonner les établissements sanitaires et scolaires dans les centres ruraux déjà alimentés ;
* Réaliser les raccordements des établissements sanitaires et scolaires et leur abonnement dans les centres
ruraux programmés au PERG dès leur électrification.

Sont concernés, les établissements qui relèvent d’une alimentation en basse tension, dont le coût de
raccordement en réseau évalué par l’ONE n’excède pas 50 000 DH, peines et soins compris. Les
branchements seront à la charge de l’ONE. Les autres cas seront étudiés cas par cas. Les deux conventions
ont une durée de 5 ans à partir de la date de sa notification.

Le nombre d’établissements sanitaires (centres de santé et dispensaire) et scolaires, susceptibles


d’être électrifiés est de l’ordre de :
247 établissements sanitaires
1080 établissements scolaires

B/ Aménagement des foyers, équipement et hygiène de vie :

B-1 Habitat :

Avec l’avènement de l’électrification, l’habitat a subi des transformations et des évolutions :


Diminution de plus de 40% du nombre total des pièces construites en pisé. Pour 47% des douars,
le pisé était le type de construction dominant ; il ne représente, depuis l’introduction de l’électricité que
17.5%.
Diminution légère du nombre de pièces en mixte.
Augmentation du nombre en dur (cette tendance ne ressort pas au niveau des foyers électrifiés en
décentralisé)
Diminution du nombre de pièces par foyer. La moyenne est en effet passée de 5.3 à 4 après
l’électrification.
L’impact en terme économique est évident : Main d’œuvre, unités de production des matériaux, de
commercialisation, de transport…

Cependant, cette évolution n’est pas sans conséquence sur l’harmonie architecturale, l’habitat
marque le paysage du pays, et les transformations du pisé vers le dur ne sont pas toujours heureuses à voir et
parfois dénaturent le paysage et dévalorisent l’authenticité régionale.

39
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

B-2 Equipement :

L’effet de l’électricité sur l’équipement électroménager est très important et concerne de façon
principale :

Les réfrigérateurs, qui sont achetés par une personne sur trois depuis l’introduction de l’électricité.
Les changements dans les habitudes alimentaires sont exprimés en terme de consommation plus
accentuée de produits périssables.
Autre facteur positif induit par l’acquisition du réfrigérateur réside dans l’atténuation des conséquences de
certaines maladies entretenues par le fait du non-respect des normes de conservation des produits médicaux
(insuline, antibiotique etc.…)
Notons qu’au niveau des foyers décentralisés, la majorité des foyers n’ont pu acquérir du fait de la
capacité limitée en puissance du mode d’électrification en décentralisé, ce type de matériel.

Les appareils Audiovisuels dont l’apport en électricité a été en terme de qualité d’image et
notamment par l’acquisition de la télévision couleur et par l’achat d’écran plus grand ( 50% des chefs de
foyers en ont acquis depuis l’électrification)
L’accès aux informations et l’atténuation du sentiment de marginalisation ressenti par les ruraux ressort
comme l’un des principaux effets positifs de l’acquisition de la TV.

Le fer à repasser : Depuis l’électrification, 25% des chefs de foyers en sont pourvus.
L’acquisition du matériel électroménager, dans la quasi-totalité des cas sans recours au crédit, s’effectue la
première année qui suit l’introduction de l’électricité.

Par ailleurs, plus de 50% des chefs de foyers, en phase d’aménagement de leur espace, déclarent
avoir l’intention de se doter de matériel électroménager.
L’équipement ménager est aujourd’hui une tendance lourde. L’électrification de 150000 foyers chaque année
correspondrait, selon les résultats de l’enquête, à une demande rurale globale de 50000 réfrigérateurs.

En terme d’impact direct sur l’économie nationale, l’électricité installe une demande potentielle
capable de garnir les carnets de commande des entreprises.

B-3 Hygiène de vie :

L’électrification en conventionnel a eu un effet direct sur l’installation et la modernisation des


lieux d’aisance et d’hygiène corporelle :
25% des foyers qui ne disposaient pas de lieux d’hygiène corporels et d’ablution s’en sont dotés
depuis l’électrification ;
11% seulement des foyers se sont dotés de systèmes d’évacuation des eaux.
L’effet de l’électrification sur l’incitation à l’installation de ce système est assez faible. Mais ceci
est lié à la disponibilité non évidente de l’eau potable dans les localités.

Cette tendance à réserver un espace pour l’hygiène corporel ne ressort pas au niveau des foyers
électrifiés en décentralisé. Ceci est lié à l’organisation spatiale que la nature du mode d’électrification en
mode décentralisé n’induit pas de façon tangible.

A ce niveau, l’électricité agit sur le levier économique et sur ceux de la santé et l’hygiène ; aussi
une action conjuguée avec le Ministère de la santé pour électrifier les centres de santé aura un impact direct
sur l’amélioration de la qualité du service sanitaire.

C/ Impact sur les activités socio-économiques :

50% de chefs de foyers ayant une activité secondaire l’affectent à l’arrivée de l’électricité.
1 foyer sur 5 attribue à l’électricité l’augmentation de ses revenus. Certains ont vu leur revenu s’améliorer
considérablement avec l’électrification.

40
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Au niveau des foyers électrifiés en mode décentralisé, seuls 5% ont perçu une amélioration au
niveau de leurs revenus.

3 chefs de foyers électrifiés sur 10 déclarent avoir l’intention de créer leur propre affaire (atelier,
boutique)
70% des chefs de foyers considèrent que l’électricité a une action directe sur le développement des
activités socio-économiques et qu’il y a eu du changement au niveau de leur douar depuis sa mise en service.
Le secteur de la construction et de services de logement sont les secteurs où le développement est
le plus significatif :
Le nombre de douars disposant de point de vente de matériaux de construction a gagné plus de 10%.

Les activités de menuiseries, de serrureries, de plomberie et de maçonnerie, se sont implantés dans


un nombre important de villages :

Menuiserie : de 4% à prés de 20%


Serrurerie : de 6% à prés de 18 %
Plomberies : de 4% à prés de 10%
Maçonnerie : de 31 % à prés de 40

Dans les secteurs électrifiés en décentralisé, ce sont uniquement les épiceries et les petits ateliers
qui ont vu le jour, les chefs de foyers déclarent ne percevoir aucun changement depuis l’électrification.
Des actions d’encouragement à la création de micro-entreprises dans les localités pourraient être envisagées.

D/ Emigration :

L’émigration est un phénomène naturel, qui résulte des conditions de vie précaires dans le monde
rural. Parmi les avantages de l’électrification, elle a permis en terme de séjours prolongés une rétention d’une
partie d’actifs et un ralentissement de plus de 30% de la fréquence d’émigration des membres de la famille.

La décélération de la tendance à l’émigration est à plusieurs titres bénéfique pour le monde rural :

* Freiner les conséquences néfastes de ce phénomène qui prive le milieu rural d’une partie dynamique et
entreprenante de sa population ;
* Maintenir et développer un savoir-faire par une population jeune, un potentiel de talent et de possibilités de
ruraux et de leur terroir ;
* Eviter le vieillissement de la population active et la féminisation comme c’est le cas dans certaines
localités.

IV/ Apport de l’électricité sur le plan de l’aménagement de l’espace :

Avec l’électrification, trois phénomènes apparaissent :

*Regroupement des douars


* Réorganisation spatiale du douar
* Eclairage public et sécurité.

A/ Regroupement des douars :


Le type d’habitat a connu un changement significatif puisque l’habitat dispersé et éclaté est passé
respectivement de 35.3% à 27.5% et de 6% à 2% depuis l’électrification des douars. Avec l’électricité, on
enregistre donc une diminution du taux d’éclatement ou de dispersion de certains douars.

41
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

B/ Eclairage public et sécurité :


L’éclairage public est l’une des conséquences les plus importantes après l’éclairage des foyers.
Son positionnement est d’abord effectué lors des études électriques par le bureau d’études, le critère est
d’éclairer les groupements de plus de 2 foyers.
Cependant, on constate dans la réalité que beaucoup de communes rurales ne semblent pas toutes consacrer
une part de leur budget à l’éclairage public.

Sur le plan de la sécurité, 6 foyers sur 10 considèrent que la sécurité s’est renforcée depuis
l’électrification. La sécurité constitue un phénomène nouveau :
* Libre circulation dans les rues la nuit, la protection contre les animaux, les fossés, les talus…
* Sensation de protection des biens personnels grâce à l’éclairage plus pratique et plus souple à l’intérieur du
foyer.
C/ Réorganisation spatiale :
* Apparition de pôle de commerce, de points de rencontre
* Rapprochement des lieux de services et donc diminution des coûts des réparations (matériels
agricoles, appareil audiovisuel)
Dans plus de 66% des douars, il y a eu une nette augmentation de demande d’autorisation de construction.
Le secteur de la construction est considéré comme étant le secteur qui a le plus bénéficié de l’apport de
l’électrification.

Les effets de l’électrification sur l’aménagement du territoire se traduisent par :

• La conception d’un plan d’aménagement pour 49% des douars.


• Les facilités d’accès aux lots pour 30%.
• La lutte contre l’habitat insalubre pour plus de 16%.

V/ Apport de l’électricité sur le plan urbanistique :

A/ Problématique du monde rural du point de vue urbanistique : Approche


du monde rural
Comment peut-on la définir de ce point de vue ?
Dans le monde rural, l’urbanisme n’a pas suivi le rythme de la croissance démographique.
Ces deux facteurs ne vont pas de pair, sachant que l’urbanisation est un mécanisme qui doit
contribuer à la redistribution équilibrée de la population et des activités sur un espace donné. En milieu rural,
la lenteur du développement urbanistique et la rapidité de la croissance démographique ont donné lieu à un
grand nombre de problèmes, dont on cite :

- La pression sur les ressources naturelles et le déferlement de l’urbanisation au détriment des zones irriguées
- Le rétrécissement de l’espace agricole.
- L’urbanisation anarchique et non contrôlée à la périphérie des villes dont le contrôle échappe aux pouvoirs
publics, car elle ne fait pas partie de leur ressort territorial. Par conséquent, on assiste à une dénaturation des
paysages urbanistiques à la lisière des grandes agglomérations et entre autres les zones de piémonts.

Par ailleurs, une partie du monde rural vit encore dans l’isolement et l’enclavement faute de
manque de réseaux d’infrastructures, des équipements collectifs et des moyens de transport et de
communication.

Face à l’énormité de ces problèmes, deux modes de planification s’avèrent nécessaires pour le
développement du monde rural : Le plan d’aménagement communal : le PAC, et le plan de développement
des agglomérations rurales, le PDAR.

42
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

B/ Dotation en documents d’urbanisme :

B-1 LE PDAR : Le Plan de Développement des agglomérations rurales :

Le PDAR institué par le dahir n° 1-60-063 du 30 Hijja 139 (25 juin 1960), avait comme approche
principale de s’inscrire dans une vision globale du territoire de la commune, à travers la recherche d’un
noyau et l’établissement des priorités et des actions à mener afin de garantir une répartition équilibrée et
structurée des différentes composantes physiques de l’espace (commune, centre) et une vie meilleure de ses
populations.

B-1-a Objectifs du PDAR :

• Freiner l’exode rural par l’équipement d’un certain nombre de centres ;


• Créer et organiser des noyaux ruraux attractifs tout en orientant leur extension ;
• Etre un moyen de contrôle pour toute demande d’autorisation de construire et de
lotir dans les agglomérations rurales.

Il a également pour objectif de définir :


• Le rôle et la fonction de l’agglomération par rapport à la commune rurale dont elle
relève (voir même par rapport à la province) ;
• La relation que doit entretenir celle-ci par rapport à son environnement ;
• Les zones réservées à l’habitat des agriculteurs comportant l’installation de
bâtiments d’exploitation agricole ;
• Les zones réservées à l’habitat de type non agricole, au commerce, à l’artisanat et à
l’industrie ;
• Les zones dans lesquelles toute construction est interdite ;
• Les tracés des principales voies de circulation ;
• Les emplacements réservés aux places publiques, aux espaces libres et aux
plantations ;
• Les emplacements réservés aux édifices et services publics ainsi qu’aux
installations de la vie sociale et notamment aux souks et à ses annexes.

B-1-b Le Plan de Développement de l’agglomération de TADIGHOUST : Fiche de


présentation

43
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

* objectif

L’objectif de ce plan consiste à trouver un plan qui intègre la vie saharienne des habitants. Vu le
caractère spécifique de cette région, le rapport entre le tracé de la voirie et le bâti doit créer des espaces qui
soient en harmonie avec les réalités climatiques, économiques et sociologiques de la région.

* Options d’aménagement

Pour le développement futur du centre de TADIGHOUST, les options d’aménagement peuvent se


résumer comme suit :
- Présentation de la palmeraie et du cadre naturel existant et renforcement des liaisons des équipements
socio-collectifs au sein du centre ;
- Création d’un ensemble d’équipements touristiques, afin d’offrir une activité régionale et nationale ;
- Déplacement du souk sur l’axe routier pour faciliter l’accessibilité ;
- Développement de part et d’autre de l’axe routier qui mène vers Goulmima.
Parmi les contraintes à l’extension du centre de Tadighoust figure :
L’existence de reliefs au nord et au nord-ouest du centre ; l’existence d’une palmeraie à préserver, et qui
occupe toute la partie ouest du centre.

B-1-c Evaluation du PDAR :

D’après la direction de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, si l’on prend en


considération le nombre d’agglomérations rurales dotées d’un PDAR : 809, (plan de développement des
agglomérations rurales) à ce jour, tel qu’il est institué par le dahir n° 1-60-063 du 30 Hijja 139 (25 juin
1960), on constate que le chiffre total ne correspond même pas à un plan par commune rurale. Ce fait est dû,
en grande partie, à l’absence d’une planification qui permet de fixer l’ordre de priorité dans lequel les
agglomérations rurales doivent être pourvues de tel ou tel document.

En outre, ces plans présentent l’inconvénient de traiter un centre ou une agglomération


indépendamment des autres centres appartenant à une même commune rurale, ce qui génère des
disfonctionnements et des répétitions de projets dans la même commune. C’est pour cette raison, que la
direction de l’urbanisme a décidé, en 1999 de créer le PAC, le Plan d’Aménagement Communal.

B-2 LE PAC : Le Plan d’Aménagement Communale :

B-2-a Définition du PAC

Le Plan d’Aménagement Communal, se veut à la fois, un document d’orientation et de


développement à l’échelle de la commune rurale. Il prend en charge la planification territoriale et spatiale de
l’ensemble de la commune. Outre l’identification d’un centre prioritaire à couvrir par un plan
d’aménagement, il précise les centres ou parties de la commune, à couvrir par un document d’urbanisme
(plan de développement ou éventuellement un document spécifique)
Il a pour mission de déterminer le rôle, la fonction et les rapports des différents groupements entre
eux en vue de définir une dynamique pouvant assurer une stabilité permanente de la population.
Ce plan de développement est donc un outil de planification à l’échelle de la commune rurale, son
élaboration sera menée par un chef de projet architecte ou architecte urbaniste qui devra faire appel à des
consultants reconnus pour les domaines suivants :

* Architecture et urbanisme
* Foncier
* Economie
* Démographie
* Infrastructures
* Environnement

Le PAC est amené à traiter les sujets suivants :

44
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

* Les données naturelles de la commune : relief, oued, forêt, zone agricole,


Le mode de répartition des différents centres de la commune, les douars, et les groupements existants,
* Les zones à protéger : les sites historiques, archéologiques, touristiques et le patrimoine classé,
* Les réseaux de liaisons existants entre ces groupements, la nature des voiries et leur utilisation.

B-2-b Objectifs du PAC

Ce plan est donc un document d’orientation et de développement à l’échelle de la commune rurale


qui a pour objectifs :
* Etablir un schéma d’orientation générale favorisant le développement de la commune rurale et proposer
un programme de projets socio-économiques en identifiant les sites spécifiques susceptibles d’être
développés, relatifs aux activités économiques, touristiques, artisanales et industrielles ou à leur mise en
valeur.
* Définir un centre prioritaire à doter d’un plan d’aménagement et établir une hiérarchisation des centres
et des groupements ruraux de l’aire d’étude, ainsi que les documents d’urbanisme dont il faut les doter
(PDAR, PA ou un document spécifique) ;
* Définir les actions prioritaires et urgentes à mener en terme de réseaux d’infrastructure : adduction en
eau potable, électrification, assainissement voirie, etc.
* Définir un programme d’équipements nécessaires structurants et de base pour combler, éventuellement,
le déficit existant.
* Dans le volet équipement, le contractant est appelé à se référer aux programmes nationaux
d’électrification rurale globale (PERG), d’Approvisionnement Groupé en Eau potable des populations
Rurales (PAGER) et des priorités sociales (BAJ1) afin d’envisager la possibilité d’en faire bénéficier la
commune, objet du PAC.

B-2-c Elaboration du PAC

L’évaluation du PAC passera par l’élaboration d’un diagnostic mettant en valeur les aspects
relatifs aux études sociaux-démographiques, économiques, spatiales, foncières, environnementales et aux
études relatives à l’habitat, aux équipements collectifs et d’infrastructure, au transport et aux potentialités
financières.

Ce qui aboutira à l’élaboration d’un schéma d’orientation et de développement définissant les


centres prioritaires à couvrir d’un plan d’aménagement, un plan de développement ou d’un plan spécifique.
Cette phase constitue la clé de voûte de l’étude puisque c’est l’étape déterminante qui permettra d’arrêter les
objectifs du PAC et la stratégie de développement de la commune.

La deuxième phase de l’étude consistera en l’élaboration d’un plan d’aménagement pour un centre
pilote prioritaire choisi sur la base du schéma d’orientation et de développement. Pour cela, il convient de
souligner la nécessité d’impliquer la société civile et toutes les parties concernées au processus d’élaboration
de l’étude jusqu’à la phase d’approbation.

Ainsi, le développement communal deviendra une maille incontournable dans le processus


d’équipement et de modernisation du pays et ce, dans le cadre de la politique générale de l’aménagement du
territoire qui s’avère stratégique et nécessaire (mais non suffisante) pour appréhender le monde rural et le
faire sortir du sous-développement économique et social.

B-2-d Le respect du cachet architectural

On reproche parfois au document d’urbanisme destiné au monde rural le non-respect du cachet


architectural de la campagne. Le PAC, prend-t-il en considération ce problème ?
Le respect du cachet architectural du monde rural est une partie intégrante dans l’élaboration de
l’étude. Le fait d’exporter le mode de production urbain vers le monde rural constitue déjà une agression et
une atteinte au caractère rural.

45
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Parmi les objectifs du PAC, figure le respect de la spécificité rurale lors de l’aménagement et entre autres la
sauvegarde des spécificités locales, notamment, les modes d’occupation du sol, d’organisation de l’espace et
de construction.

VII/ Le souci du respect de l’environnement

Le monde rural, ce sont d’abord les richesses naturelles dont l’exploitation doit respecter
nécessairement l’environnement et assurer par conséquent, un développement durable.
Concernant la protection de l'environnement, l'ONE a alloué un budget de 400 millions de dirhams
pour l'amélioration du fonctionnement des centres thermiques.

Les travaux d'électrification rurale doivent être conçus dans un souci d'intégration des réseaux dans
l'environnement. Les modalités d'intégration sont multiples : mise en façade, utilisation des postes de
transformation aériens, choix des matériaux (poteaux bois, poteaux béton teintés,...)

La mise sous terre des ouvrages électriques n’est pas d’actualité pour le moment, en raison du coût
élevé que cela impliquerait, or l’objectif du PERG est justement ciblé sur le critère du moindre coût.

Le défi de diversifier l’économie rurale ne peut être relevé que par la mise en valeur des territoires
ruraux et par la persévération de l’équilibre écologique. Cependant ce défi ne saurait son chemin vers la
réussite s’il est inculqué de tendances économiques propres à l’espace urbain car la politique de
développement rural doit toujours considérer les réalités locales propres au terroir étant les éléments moteurs
du développement économique rural.

VIII/ Le cas concret du village de TALMEST

La part de l’électrification dans le développement du village de Talmest

Le village de Talmest est un cas concret de l’effet temps sur l’évolution urbaine associée au rôle de
l’électricité. Une simple constatation des plans urbains datant successivement de 1963, 1981 et de mai 2002,
montre le processus de cette évolution qui a pris un élan significatif dés le raccordement du village au réseau
électrique national en 1981. Voir l’annexe III.

46
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Comparaison succincte des 3 plans :

1961
Existant Projet

Superficie du centre : 7 Ha Ecole


Caïdat Terrain de sport
Commune Poste
Gendarmerie Tribunal
Souk Hôtel
Maison forestière
Hammam
Ecole
mosquée

1981 (En plus de ce qui existe depuis 1963)


Existant Projet

Superficie du centre : 13 Ha Lycée


Hôtel Mosquée
Cimetière musulman Halte routière
Dispensaire Maison de
Foyer féminin jeunesse
Ecole Poste
Commerce Terrain de sport
Clients raccordés : 100 Tribunal

2002 (En plus de ce qui existe depuis 1981)


Existant Projet

Superficie du centre : 30 Ha Hammam


Lycée Terrain de sport
Internat 4 Lotissements
Hôpital
Poste
Ecole
Maroc Telecom
ONE
ONEP, Château d’eau
Ateliers de soudure
Commerce
Clients raccordés : 714

L’enquête terrain que j’ai réalisée avec l’aide des responsables de la commune et de la caïdat, m’a
permis de confirmer les constatations ci-dessus et d’aboutir à une analyse en adéquation avec l’évolution
réelle. Il paraît toutefois intéressant de cerner, avec autant de précision que le permettent les données
disponibles, les principaux mécanismes qui régissent la structuration spatiale locale, tant au niveau de la
dynamique démographique et socio-économique que sur le plan des composantes physico-urbanistiques,
pour mieux assimiler l’apport bénéfique de l’électrification.

47
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Comparaison de l’extension urbaine entre 1981 et 2002

Partant de là, les volets constitutifs de cette partie se présentent comme suit :

♦ Les données naturelles;

♦ Le potentiel humain;

♦ Les données spatiales et urbaines;

♦ La situation du réseau électrique;

A/ Les données géographiques et naturelles :


La municipalité de Talmest relève de la province d’Essaouira dans la région de Marrakech-Tensift-
Al-Haouz. Située sur la route nationale RN1 à 60 km au nord d’Essaouira et à 366 km au sud de rabat. Elle
est délimitée au Nord, à l’est et au sud-est par la commune de Sidi Abdeljalil, au sud par la commune de
Zaouiat Ben Hmida et à l’ouest par la commune de Sidi Ali El Korati.

Le périmètre de cette commune est délimité selon les dispositions de la loi n° 12-90 relative à
l’urbanisme, promulguée par le dahir n° 1-92-31 du 15 hija 1412 (17 juin 1992), qui stipule que « les limites
du périmètre des centres délimités et de leur zone périphérique, ainsi que les limites des groupements
d’urbanisme sont fixées par décrets pris sur proposition de l’autorité gouvernementale chargée de
l’urbanisme, et après avis des ministres chargés de l’intérieur, des travaux publics, de l’agriculture et de
l’habitat »

D’une superficie de 13 km² environ, cette commune est située à une altitude d’environ 160 m. Le
relief est légèrement accidenté, ce qui représente une contrainte physique non négligeable face à l’extension
urbaine. Son climat est de type tempéré en hiver et chaud en été. Les précipitations pluviales sont faibles et

48
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

irrégulières. Cependant, elle bénéficie d’un potentiel en forêts d’arganiers, qui sont classés en raison de leur
caractère unique et rare dans le monde.

B/ Le potentiel Humain :
Etant à la base des activités économiques et des rapports sociaux qui en découlent, les données
relatives au potentiel humain sont naturellement le point d’appui élémentaire de toute étude de nature
urbanistique et spatiale.
La population est composée de 1100 ménages, soit 3800 villageois dont 55 % environ sont d’âge
inférieur à 25 ans.

C/ Talmest et son environnement spatial :

C-1 La Forme Urbaine

La commune urbaine de Talmest s’est développée initialement autour du souk vers le sud, sur les
collines à gauche de la route nationale RN1, dans le sens Casablanca-Essaouira.

Ultérieurement, la croissance urbaine a suivi la route principale. Elle présente une morphologie
urbaine constituée de groupes d’habitations de type économique en RDC ou R+1 au centre, et de groupes
d’habitations de type semi-rural ou rural en RDC à la périphérie.

Signalons également la présence de construction précaire réservée en majorité à de petits entrepôts


d’artisans. Le souk avec la grande mosquée constitue le cœur de la municipalité, tandis que les équipements
administratifs sont implantés le long de la RN1 pour plus de commodité et de communication. Toutefois,
signalons que le développement urbain s’est limité d'un seul côté de la route nationale.

C-2 Les pôles et zones fonctionnels


Compte tenu de la petite taille de l'agglomération, on ne peut parler ici que d'un pôle dilué le long de
la R.N. Il regroupe à la fois les activités administratives, les services et les commerces.
Les possibilités d’extension urbaine sont favorables tout en prenant en considération les contraintes
naturelles suivantes :
• La dénivelée importante de 30 m au nord de la RN,
• Les dépressions à l'est de l'agglomération,
• L’Oued inondable à l'ouest.

DEVELOPPEMENT URBANISTIQUE LE LONG DE LA ROUTE NATIONALE


RN1

49
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

C-3 Volet foncier

Le statut foncier de Talmest est sous forme de propriété privée, or la plupart des propriétés ne sont
pas enregistrées dans la conservation foncière et donc ne sont pas titrées excepté les bâtiments à caractère
administratif et social. D’autre part, la commune ne dispose pas de réserve foncière autre que la parcelle
siège de la Municipalité.

Les limites Urbaines

Si l'on considère que les limites du centre englobent les principales concentrations d'habitat, le
périmètre urbain couvre environ 168 Ha incluant les grands équipements, les espaces agricoles et les espaces
interstitiels vacants.
Le périmètre de cette commune est délimité selon les dispositions de la loi sur l’urbanisme.

Les espaces urbanisés

Les parties urbanisées de manière continue ne couvrent que 30 Ha environ, éparpillées entres les
zones agricoles et naturelles.
L’agriculture reste la principale composante de la structure d’occupation du sol (environ 120 ha)
On peut définir l’occupation du sol à travers 8 catégories fonctionnelles et spatiales :

♦ L'Habitat;
♦ L’enseignement et la formation professionnelle;
♦ La santé;
♦ Les équipements sociaux et culturels;
♦ L'administration, les services publics et casernes;
♦ Les équipements d’utilité publique et de transport;
♦ Les Activités;
♦ Les espaces libres et espaces agricoles

C-4 VOLET HABITAT

De par son importance économique, son rôle social et son impact spatial, l’habitat est l’aspect le plus
sensible de l’urbanisation et de l’aménagement urbain.
La fonction habitat occupe près de 11 ha de manière éclatée soit 15,27 % de l’ensemble urbanisé.
Cette surface comprend de multiples espaces vacants.

La répartition du parc logement en fonction de la typologie arrêtée par l’enquête ménage apparaît comme
suit:

♦ Immeuble : 0%
♦ Economique 90 %
♦ Clandestin 0%
♦ Type traditionnel 0%
♦ Rural 10 %

50
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

C-4-a Les permis de construire selon les dates :

35
30
25
20
permis de
15 construire
10
5
0
1993 1995 1997 1999 2001

On remarque que les demandes de permis de construire ne suivent pas une courbe régulière, et
connaissent une baisse ces dernières années. Cette constatation peut être expliquée par la sécheresse dont
souffre le pays et par le faible revenu des habitants de Talmest.

Une analyse sur le revenu serait donc concluante pour mieux discerner la stratification sociale qui
détermine la nature et le rythme de développement du bâti et des équipements :
• Plus de 35,7 % de la population active occupée de la commune dispose d’un revenu mensuel
inférieur au salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG)
• Les revenus mensuels compris entre 1.501 et 3.000 Dh, environ (150 à 300 Euros), concernent
environ 36 % de la population active occupée.
• Les salaires supérieurs à 3.000 Dh sont déclarés par plus de 16 % de la population enquêtée.

C-4-b Les types d’habitat :

Il importe de signaler que le Plan de Développement du centre de Talmest, homologué en 1981,


avait prévu de l’habitat rural dense dans tout le centre et très peu d’habitat individuel type villa. L’habitat
dispersé avec les différentes dépressions et l’Oued Talmest ceinturent le centre.

Quant à l’enquête que j’ai menée sur le terrain, elle a révélé l’existence de deux types d’habitat qui
sont l’habitat économique 90%, et l’habitat rural 10%.

Talmest : Type de construction avant l’électrification

51
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Talmest : Type de construction aprés l’électrification

C-4-c Les statuts d’occupation des logements :

Statuts d'occupation des logements Pourcentage %


Propriétaires 61,30
Locataires 32,25
Logements de fonction 6,45
Total 100
Source : Enquête ménages, 1999

L’examen des données générales concernant les statuts d'occupation des logements de la commune
fait apparaître les constats que voici :

♦ La catégorie des propriétaires constitue la part la plus élevée parmi les autres statuts, soit plus de 61 %.

♦ Les locataires viennent en second lieu avec un pourcentage dépassant 32 %.

♦ Les ménages occupant des logements de fonction ne représentent qu’un peu plus de 6 %.

C-4-d Les matériaux de construction :

La ventilation des types de matériaux utilisés dans la municipalité de Talmest est donnée par le
tableau suivant :

Matériaux de construction Pourcentage %


Briques maçonnerie 93,33
Pierres sèches 16,66
Dalle 86,66
Bois 13,33
Tôle 10,00
Source : Enquête ménages, 1999

La somme des pourcentages mensionnés dans le tableau précédent dépasse la valeur de 100 %.
Cette situation est due au fait que plusieurs matériaux peuvent coexister dans un même logement.

Ainsi, nous pouvons remarquer que :


52
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

♦ La majorité des constructions de Talmest, soit plus de 93 %, est en briques maçonnerie.

♦ Les Dalles sont présentes dans plus de 86 % des habitations.

♦ Les pierres sèches et le bois sont utilisés respectivement dans 16,7 % et 13,3 % des constructions locales
et le tôle dans 10 %.

C-5 Les équipements sociaux-culturels :

C-5-a Les équipements sociaux- culturels :

Dans le domaine des équipements sociaux culturels, le village accuse un léger déficit. Il ne compte
qu'un foyer féminin d'une classe, et une maison de jeunes de 120 m2. Par ailleurs la commune dispose d’un
budget pour construire un hammam et une mosquée, et pour équiper un terrain de sport de 5500 m².

C-5-b Administration, services publics et casernes :

La fonction publique occupe une part importante de l’urbanisation, elle occupe 6,76ha.

Caïdat 43609 m2
Municipalité 2800 m2
Eaux et forêts 3000 m2
P.T. 1000 m2
Gendarmerie 8000 m2
ONEP 1200 m2
Hôpital 8000 m2
TOTAL 67 609 m2

C-5-c Equipements d’utilité publique et de transport :

Cette catégorie regroupe les divers bâtiments communaux: (souk hebdomadaire, abattoirs,
pépinière, fourrière et cimetières) qui totalisent 3.02 ha environ.
Aucune installation pour le transport n'est réalisée (gare routière, station de taxi…)

Commerces

Les activités commerciales implantées le long de la route principale ainsi que le souk occupent une
superficie de 18 000 m2.

L’artisanat

La place occupée par l’artisanat reste insignifiante. Aucune mise en valeur de l'artisanat traditionnel
local, n'est entreprise. Seul l'artisanat moderne de type menuiserie - ferronnerie est représenté.

Espaces libres et agricoles

Ils occupent la plus grande superficie 140 ha et se situent, en importance, immédiatement avant la
fonction habitat.

Si on considère, en plus, les espaces vacants déjà comptés dans les surfaces brutes des diverses
fonctions urbaines, les espaces libres représentent près de 85 %, proportion anormalement démesurée pour
un centre urbain.

53
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Ce phénomène paradoxal est lié à trois facteurs conjugués : une urbanisation anarchique et éclatée, la
domination de la composante rurale du centre et l'absence d’une dynamique économique. Cette constatation
doit mener à des interventions volontaristes, mais, néanmoins réalistes en vue de favoriser le développement
et l’utilisation de ces espaces.

C-6 Volet équipement en réseau électrique :

C-6-a Analyse du tracé existant :

La municipalité est alimentée par un réseau de moyenne tension (4 km) qui se termine en un réseau
de basse tension ( 4,5 km) assurant la distribution électrique aux usagers. La plupart des quartiers sont dotés
de possibilités de distribution d’électricité et d’éclairage public, à l’exception des douars périphériques.

La consommation globale des particuliers et des administrations s'élève à plus de 640400 Kwh/an.
L’Office National d’Electricité compte 714 clients sur les 1100 ménages pour la basse tension et 5
clients pour la moyenne tension dont l’Office national de l’eau Potable (ONEP), le lycée, les deux opérateurs
de téléphone, Maroc Télecom et Méditel, et la RTM (radio et télévision marocaine)
Le réseau basse tension est assuré par un transformateur d'une puissance de 160KVA, quant à
l’éclairage public, il s’étend sur une longueur de 6 km.

Tamest : Le poste de transformation existant

Aujourd’hui, L’électrification rurale se fait par des postes aériens en raison de leur
coût économique intéressant.

54
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

C-6-b Influence de ce tracé sur les composantes urbaines et spatiales :

D’après la reconnaissance sur le terrain, on remarque que le réseau de moyenne tension, 22000
KV, traverse le village et passe à proximité de quelques constructions, ce qui veut dire que la servitude non
aédificandi n’a pas été respectée lors de la délivrance du permis de construire.

En ce qui concerne le réseau de basse tension, en raison de son ancienneté, il nécessite des
aménagements et un renforcement de sa puissance afin de pouvoir alimenter les lotissements futurs et même
quelques constructions existantes. C’est dans ce contexte que doit intervenir le futur plan d’aménagement,
puisqu’en déterminant les rues, on détermine également le tracé du réseau électrique.

D/ Conclusion
L’analyse des données recueillies lors de l’enquête concernant les insuffisances dont souffrent les
habitants de la commune, nous permet de formuler les remarques suivantes :
♦ Environ 47 % de la population souffre de l’absence d’équipements sportifs, 36,7 % de foyers féminins et
33,3 % de maisons de jeunes.
♦ Plus de 23 % de la population déclarent une insuffisance en pharmacies, 16,7 % en cabinets de
vétérinaires, 20 % en centres de santé et 6,7 % en cabinets médicaux.
♦ Les hammams et les fours existants sont insuffisants selon respectivement 33,3 % et 20 % des ménages.
Les insuffisances concernant les égouts et leur état sont mentionnées par 13,3 % des ménages enquêtés.
Les réseaux d’électricité et d’eau potable sont revendiqués par moins de 6,7 % des foyers.

Les insuffisances du quartier


%
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♦ Les mosquées et les marchés sont déclarés insuffisants respectivement par 16,7 % et 3,3 %.

Le problème amont de la commune est l’inexistence d’un plan actuel sur lequel pourront travailler
les agents de l’ONE, et les architectes en vue de réaliser un nouveau plan d’aménagement, puisque le dernier
date de 1982.

Dans le cadre de mes travaux de fin d’étude, j’ai réalisé ce plan par le procédé de restitution
numérique et j’ai également réalisé une nouvelle étude du réseau électrique afin de le renforcer et couvrir
tous les foyers. Cependant, un bon réseau électrique est nécessaire, mais, non suffisant pour améliorer
l’espace urbain de Talmest.

Il faut tout d’abord prendre en considération les contraintes suivantes :


• Une contrainte physique : l’extension du bâti limitée par l’oued inondable,
• Une contrainte environnementale : interdiction de construire dans les espaces où existent les arbres
d’arganiers,
55
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

• Une contrainte foncière : la plupart des propriétés foncières sont privées, d’où la difficulté de réaliser
des aménagements et des équipements collectifs,
• Une contrainte financière : la commune a besoin de moyens financiers pour améliorer son
infrastructure et pouvoir entretenir les réseaux électriques et ceux de l’eau potable.

Pour réussir un développement équilibré du centre, et améliorer la base économique qui est assez
fragile, il faudrait utiliser des moyens ingénieux afin de mobiliser les ressources et les potentialités locales. Il
serait intéressant par exemple de mettre en valeur la valeur artisanale et la notion du terroir ou d’inclure dans
les règlements d’urbanisme des directives quant à l’utilisation des matériaux de construction qui doivent être
typique pour la région, comme il faut insister sur le respect des servitudes d’urbanisme surtout celles
relatives au réseau électrique.

56
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

CONCLUSION

Le monde rural est un ensemble géographique et humain varié et complexe, et encore plus
difficilement cernable et circonscriptible. Ainsi, un développement global de ce monde doit considérer toutes
les composantes économiques, sociales et urbaines pour aboutir à un environnement propice incitant à
l’émergence d’activités productives.

Par ailleurs, en l’absence de critères bien déterminés et fiables de distinction et de classement des
agglomérations urbaines et rurales, l’extension des périmètres urbains des agglomérations qui connaissent
une forte urbanisation se fait au détriment des terres agricoles et forestières, mettant ainsi en péril l’équilibre
entre le monde rural et urbain, ainsi que l’autosuffisance alimentaire du pays. Devant cette situation, la
planification du monde rural grâce à l’outil du PAC, le Plan d’Aménagement Communal, s’impose comme
une priorité inévitable pour le sortir du sous-développement économique et social.

Une enquête menée en 1996 dans le cadre du « programme de développement humain durable et
de lutte contre la pauvreté » a permis d’identifier les cinq priorités socio-économiques nécessitant des actions
urgentes : l’alphabétisation, la scolarisation, la construction des routes, l’encouragement à l’habitat social,
l’alimentation en eau potable, l’électrification, et l’accès aux soins de base.

Il est évident de constater que l’électricité apporte une nette amélioration du niveau de la qualité de
la vie, comme par exemple le développement des activités économiques liées à la production du lait grâce
aux réseaux de coopératives laitières qui suivent souvent l’arrivée du réseau électrique, et par la suite une
meilleure organisation des habitudes alimentaires. L’ONE cherche à promouvoir, auprès de l’industrie
locale, le concept de réfrigérateur économique qui serait adapté à la bourse du paysan moyen.

Parmi les autres changements décelés au niveau des foyers électrifiés :


• Une plus grande implication des agents de l’ONE et des installateurs pour la
sensibilisation et l’encouragement à l’adhésion à l’électrification ;
• Un renforcement de la création de mouvements associatifs ;
• La création de coopératives ;
• L’amélioration des conditions de vie comme condition de désistement à
l’émigration ;
• Le type de construction : passage du pisé au mixte ;
• La diminution de l’habitat dispersé ;
• Augmentation des demandes d’autorisation de construction ;
• Augmentation des activités commerciales ;
• L’implantation d’établissements publics : maisons communales, dispensaires et
écoles
• Le développement de services liés au logement : maçonnerie, plomberie,
menuiserie, ateliers de soudure…

Le taux de branchement est également un paramètre important à suivre et qui constitue une
boussole pour l’avenir. Il est important de savoir que la moyenne nationale, pour les taux de branchement en
milieu rural la première année d’électrification, est de 50% et elle atteint les 100% au bout de cinq ans.
L’électricité peut aussi changer la carte d’une région puisqu’elle incite les populations à se regrouper autour
du réseau.

Dans la région de Ouarzazate par exemple, des villages qui n’existaient presque pas il y a 15 ou 20
ans, ont vu le jour grâce aux premiers programmes d’électrification, ce qui a donné naissance à de vraies
petites villes, comme le village de Skoura qui est une création de l’électricité.

57
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Cependant le rôle de l’électrification est-il suffisant pour contribuer au développement des


communes rurales ?

On se pose constamment des questions sur l’intelligence et le degré d’anticipation de cette


électrification. Y aura-t-il encore des gens dans 10 ou 15 ans pour vivre dans ces régions électrifiées, là où
les populations auront sûrement du mal à accéder à un niveau de vie mondialisée ? Faut-il investir pour
amener l’électricité à des gens qui n’aspirent qu’à quitter leur village pour la ville ? Ou, plutôt, suffit-il de
bénéficier de l’électricité pour se fixer chez soi ? En fait, l’exode rural semble être un phénomène
incontournable : les puissances agricoles modernes n’emploient que quinze pour cent de population rurale.
Le Maroc en est encore à quarante cinq pour cent. D’un autre côté, et c’est cela l’important, il n’y a pas de
puissance agricole sans couverture électrique massive.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

TABLE DES ABREVIATIONS

PERG : Programme d’Electrification Rurale Global

ONE : Office National de l’Electricité

FDCL : Fonds de Développement des Collectivités Locales

PNER : Programme National de l’Electrification Rurale

COSPER : Comité d’Orientation et de Suivi du Programme d’Electrification Rurale

DGCL : Direction Générale des Collectivités Locales

CDER : Centre de Développement des Energies Renouvelables

SAER : Schéma d’Approvisionnement Energétique rural

PPER : Projet de Pré-Electrification Rurale

PNED : Programme National d’Electrification décentralisée

TER : Taux d’Electrification Rurale

DER : Direction de l’Electrification Rurale

MT : Moyenne Tension

BT : Basse Tension

SIG : Système d’information Géographique

GPS : Système de Positionnement par Satellites

MNT : Modèle Numérique de Terrain

CPCT : Cahier des Prescriptions Communes Techniques

LYDEC : Lyonnaise des eaux

PDAR : Plan de Développement des Agglomérations Rurales

PAC : Plan d’Aménagement Communal

PAGER : Programme d’Approvisionnement Groupé en Eau potable des populations Rurales

BAJ1 : Programme des priorités sociales

ONEP : Office National des Eaux Potables

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

BIBLIOGRAPHIE

Recueil des textes juridiques

• Administration de la Conservation Foncière du Cadastre et de la Cartographie – Bulletin officiel


n°4225 – février 1995 – 210 pages – loi n° 7-81 relative à l’expropriation pour cause d’utilité
publique et à l’occupation temporaire du Dahir n° 1-81-254 du 11 Rejeb 1402 (06 mai 1982)
• BOUJDA. M et BOUKHAL. M – Code de l’urbanisme, de l’architecture et de l’aménagement du
territoire du guide juridique de l’administration locale – édition 1995 – à propos du développement
des agglomérations rurales – Guide juridique de l’administration locale.
• Bulletin Officiel du Royaume du Maroc – 20 octobre 1993 – Article 2 bis du Dahir n° 1.63.226 14
rebia I 1383 (5 août 1963) portant création de l’Office National d’Electricité.
• Ministères des travaux publics – Textes officiels relatifs aux conditions techniques auxquelles
doivent satisfaire les distributions d’énergie électrique – 1977 – concernant le régime juridique de
l’abattage de bois
• Recueil des textes relatifs aux divers régimes des biens immobiliers au Maroc – Edition 1992 – à
propos de la loi sur l’urbanisme pour la délimitation des périmètres des villages,
• ZEJJARI. A – Recueil des textes juridiques relatifs au Domaine public – Edition 2000 – 419 pages
concernant les servitudes de passage des lignes électriques – publications de REMLAD.

Ouvrages et rapports

• Synthèse d’étude d’impact ALCO, 1989


• Appel d’offre concernant le plan d’aménagement communal, le PAC, 1999
• Synthèse intermédiaire de l’étude du plan d’aménagement du village de Talmest, 1998
• Rapport d’activité de la Direction de l’Electrification Rurale, la DER, 2001
• Le Cahier des Prescriptions Communes Techniques de l’ONE, le CPCT

Sites Internet

www.one.org.ma : Office National d’Electricité


www.minenv.gov.ma : Ministère de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de
l’environnement
www.mtpnet.gov.ma : Ministère de l’équipement
www.seh.gov.ma : Secrétariat d’état à l’habitat
www.ourworld.compuserve.com : Concernant l’énergie décentralisée.
www.leconomiste.com : Revue économique, concernant la situation de l’électrification au Maroc.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

RESUME

Le monde rural au Maroc est une composante complexe qui n’est pas facile à résoudre ou à
comprendre si on traite séparément ses aspects sociologiques, économiques, et urbanistiques.

L’électrification rurale est un projet ambitieux, qui constitue l’une des étapes importantes du
développement rural, il est le fruit d’une stratégie politique visant le long terme, dont l’unique but est
l’amélioration des conditions de vie des ruraux.

Cependant, cette stratégie bien que nécessaire, ne peut garantir à elle seule le développement du
monde rural, si on ne l’intègre pas dans le concept urbanistique.
C’est dans ce contexte que le Plan d’Aménagement Communal doit s’inscrire, puisqu’il doit prendre en
compte dans sa réalisation les trois programmes nationaux qui sont le Programme d’Electrification Rural
Global, le PERG, le Programme d’Alimentation Groupé en Eau des populations Rurales, le PAGER, et le
programme des priorités sociales, le BAJ 1.

Pour réussir le PERG qui est un projet purement social au service des ruraux, il est nécessaire de
s’appuyer sur des outils juridiques et techniques, cependant, le dispositif juridique devrait être enrichi
davantage pour garantir le droit des propriétaires privés et celui de l’environnement.
En ce qui concerne l’aspect technique, s’appuyant sur le procédé de la photogrammétrie numérique
et les études électriques, il se révèle être efficace et intègre bien la notion du moindre coût qui est le critère
absolu de ce programme. Le coût d’électrification est de 10000 à 14000 Dirhams par foyer, c’est à dire, de
1000 à 1400 Euros. Le plan d’action mené par l’ONE repose sur 3 piliers :

• Electrification de l’ensemble des villages à coût au foyer inférieur à 10.000 DH en


début de plan et la réalisation des derniers parmi eux sera lancée à fin 1999 début
2000;
• Améliorer autant que possible l’équilibre en matière d’électrification rurale entre les
différentes régions du Royaume;
• Mettre en place une action volontariste et bien étudiée en synergie avec le CDER et
le secteur privé pour le développement de l’utilisation des systèmes solaires
individuels qui est l’une des solutions apportées par l’énergie décentralisée, pour
pallier le problème de la dispersion d’habitat inter et intra-villages.

L’objectif de cette étude est de mettre en évidence l’implication de l’électrification dans


l’amélioration des conditions de vie des ruraux, à travers les apports et les bienfaits bien réels, sur le plan
socio-économique, d’aménagement de l’espace, ainsi que sur le plan urbanistique. On peut citer par exemple
les bienfaits sur le regroupement des douars, le développement des activités socio-économiques, la création
d’établissements éducatifs et sanitaires via des conventions entre l’ONE et les ministères concernés et
l’électrification par micro-centrales hydrauliques.

En terme d’impact direct sur l’économie rurale et nationale, on constate également que
l’électricité installe une demande potentielle capable de mobiliser le secteur industriel du pays.

L’évaluation économique a nécessité un recensement et une quantification fine des besoins ruraux
qui ont pris la forme d’enquêtes sur le terrain pendant une durée de trois ans, afin d’aboutir au schéma
directeur du PERG. Ces enquêtes sont fondées sur des études socio-économiques et spatiales, ainsi que sur
l’implication directe des ruraux qui sont les premiers concernés par ce programme. Par ailleurs, l’effet temps
sur l’évolution des douars et des foyers semble agir d’une manière plus significative sur les douars où les

61
Mémoire de fin d’études Juillet 2002

opportunités économiques sont bien réelles et d’une manière générale, sur les douars raccordés d’une
manière conventionnelle.

L’exemple du village de Talmest situé prés d’ESSAOUIRA, est un cas concret du critère de l’effet
temps. Si l’on compare trois plans datant successivement de 1963, 1981, et mai 2002, on peut relever un net
développement du bâti et des équipements administratifs, malgré les problèmes liés au non-respect des
servitudes d’urbanisme relatives au passage de la ligne de moyenne tension.

Il est à noter également que l’évolution des villages engendrée par l’avènement de l’électricité
n’est pas sans conséquences sur l’harmonie architecturale. L’habitat marque le paysage du Maroc, et les
transformations du pisé vers le dur ne sont pas toujours heureuses à voir, et parfois dénaturent le paysage et
dévalorisent l’authenticité régionale. Pour respecter le paysage naturel et architectural et éviter le
développement urbain au détriment des terres agricoles, une action concertée entre la commune et le
ministère de l’urbanisme semble opportune.

Malgré les efforts qui doivent être concrétisés, le PERG apporte ses fruits, puisque le taux
d’électrification a atteint les 65%, et si on maintient le rythme de la réalisation actuelle qui est de 2000
villages par an, on réussira l’objectif que s’est fixé l’ONE à l’horizon 2008, à savoir un taux d’électrification
de 80%.

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Mémoire de fin d’études Juillet 2002

Le Programme d’Electrification Rurale Global, le PERG, et sa contribution au


développement du monde rural
Mémoire d’ingénieur ESGT
présenté par Siham BOUTAYEB

Résumé

Le Programme d’Electrification Rurale Global, le PERG, est l’un des moteurs essentiels dans le
développement du monde rural au Maroc, mais ne peut le garantir entièrement si on ne prend pas en
considération l’aspect urbanistique dans sa réalisation. C’est dans ce contexte que le Plan d’Aménagement
Communal, le PAC, doit s’inscrire.

Pour réussir le PERG, qui est le fruit d’une politique purement sociale, les intervenants se sont
appuyés sur des outils juridiques et techniques, pour garantir le droit de la propriété grevée de servitudes et
faire respecter le paysage naturel et architectural du monde rural. En ce qui concerne l’aspect technique
fondé sur les procédés de photogrammétrie numérique et les études électriques, il se révèle être efficace et
intègre bien la notion du moindre coût qui est le critère absolu de ce programme.
Aujourd’hui, le PERG apporte ses fruits, puisque le taux d’électrification est à 65% et l’on pense
atteindre les 80% à l’horizon de 2008.

Mots clés : Le Programme d’Electrification Rurale Global, Le PERG, le développement du monde


rural, l’aspect urbanistique, le Plan d’Aménagement Communal, le PAC, le droit de la propriété, les
servitudes, le paysage naturel et architectural, la photogrammétrie numérique, les études électriques, la
notion du moindre coût, le taux d’électrification.

Abstract

The Global Rural Electrification Program, the PERG, is one of the essential mainsprings
of the rural society development in Morocco, but could not guarantee it if we neglect the urbanistic
aspect in it realisation. The communal development plan, the PAC, should come within this context.
To succeed in the PERG, which is the fruit of a purely social politic, the interveners lean
on juridical and technical tools, to assure the property right strained on constraints, and the respect
of architectural and natural landscape of the rural society. As far as the technical aspect is
concerned, lying on digital photogrammetry and electrical studies process, it proves to be efficient
and integrates the least cost notion which is the absolute criterion of this program.
Today, the PERG brings its fruits, taking into consideration that the electrification rate is
65%, and would reach 80% in the horizon of 2008.

Keywords : The Global Rural Electrification Program, the PERG, the rural society
development, the urbanistic aspect, the Communal Development Plan, the PAC, the property right,
the constraints, the respect of architectural and natural landscape, digital photogrammetry, electrical
studies, the least cost notion, the electrification rate.

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