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UNIVERSITÉ D’ANTIOQUIA – ÉCOLE DE LANGUES –COMMUNICATION ÉCRITE II L3

LE TEXTE NARRATIF - Le genre narratif

Le genre narratif est la catégorie de textes qui racontent un récit présentant des événements, des
péripéties. Il est possible d'en dégager le schéma narratif et le schéma actantiel. Lorsqu'on analyse un
texte appartenant au genre narratif, on peut observer le type de narrateur, les points de vue narratifs,
la chronologique de l'œuvre, l'époque, les personnages, le temps, etc.

Les principaux genres sont les suivants : Le roman, La légende, La fable, Le mythe, Le conte et La
nouvelle littéraire.

Les théoriciens de la littérature ne s'entendent pas toujours sur ce qu'est un genre littéraire. La
définition que nous avons choisie se colle au Programme de formation de l'école québécoise et à la
définition qu'en donne le Dictionnaire du littéraire.

Les univers narratifs

Un univers narratif fait référence au thème principal que le texte exploite. Des thèmes secondaires
peuvent aussi être présents, mais c'est le thème principal qui donne son nom à l'univers narratif. Les
principaux univers narratifs sont les suivants : Le récit d'aventures, Le récit policier, Le récit fantastique,
Le récit de science-fiction, Le récit psychologique, Le récit historique, Le récit d'amour et lLe récit
merveilleux.

La structure du texte narratif

Un texte narratif est une histoire réelle ou fictive racontée à l’aide d’un narrateur. L'histoire racontée
peut être vraisemblable ou invraisemblable. Il s'agit d'un texte qui décrit une succession de faits qui
s'enchaînent. Il présente un ou des personnages qui évolue(nt) dans un temps donné et un lieu donné.

Le texte narratif offre plusieurs aspects d’analyse: le type de récit, les évènements, les caractéristiques
des personnages, la narration, les lieux où se déroulent l’histoire, les indices de temps, la chronologie
des événements, le vocabulaire employé, les dialogues, etc.

Le schéma narratif

Le schéma narratif est un outil qui facilite la compréhension de la structure d'un texte narratif et de
l'évolution d'une histoire. Principalement, le schéma narratif a été conçu pour décortiquer le récit dans
ses cinq étapes essentielles.
Étapes essentielles du texte
Les éléments qui composent chacune des étapes
narratif
Le personnage vit une situation normale où tout est en équilibre.
Les éléments suivants doivent, en principe, faire partie de la
1. La situation initiale situation initiale : la description du héros (quelques
(qui ? où ? quand ? quoi ?) caractéristiques physiques et psychologiques), le lieu et le temps,
l'action principale qui occupe le héros avant que sa vie soit
perturbée.
Un événement ou un personnage vient perturber la situation
2. L’élément déclencheur d’équilibre. C’est le déclenchement de la quête du personnage
(ou perturbateur) principal qui cherche à retrouver une situation d’équilibre.
L’élément déclencheur engendre la mission du héros.
Cette étape présente les diverses péripéties (actions,
événements, aventures, etc.) qui permettent au personnage de
3. Le déroulement poursuivre sa quête. Le déroulement comprend les pensées, les
(ou nœud) paroles et les actions des différents personnages en réaction à
l'élément déclencheur ainsi que les efforts qu'ils font afin de
résoudre le problème.
Il s'agit du moment où le personnage réussit ou échoue sa
4. Le dénouement
mission.
C'est le moment où l’équilibre est rétabli. Le personnage a
5. La situation finale
retrouvé sa situation de départ ou vit une nouvelle situation.

Voici un exemple présentant le schéma narratif d'une des versions du conte Cendrillon de Charles
Perrault.

Situation initiale: À la suite de la mort de son père, Cendrillon devient la servante de sa méchante
belle-mère et de ses deux filles.

Élément déclencheur: Le prince organise un bal et tout le village y est convié.

Déroulement:
1. La belle-mère et les belles-soeurs se préparent pour le bal, alors que Cendrillon doit exécuter
diverses tâches ménagères.
2. Alors que Cendrillon est triste de ne pas aller à la soirée organisée par le prince, une fée marraine
apparaît et lui offre un carrosse et des vêtements, et ce, jusqu'à minuit.
3. Cendrillon éblouit le prince et toute la cour.
4. Sur les douze coups de minuit, elle quitte rapidement le château en perdant une de ses chaussures.

Dénouement: Voulant retrouver la belle inconnue du bal, le prince demande à toutes les jeunes filles
du royaume d'essayer la chaussure abandonnée par Cendrillon. Grâce à cela, le prince retrouve l'élue
de son coeur.
Situation finale: Elle quitte la demeure familiale et épouse le prince. Le couple est heureux et fonde
une famille.

Le schéma actantiel

Le schéma actantiel, comme le schéma narratif, est un outil d’analyse créé pour décortiquer et
analyser les textes narratifs ou dramatiques.
Le schéma narratif met l’accent sur les actions, alors que le schéma actantiel porte sur les personnages
et les relations qui existent entre eux.
Voici la construction du schéma actantiel et ses constituants :

Constituants du
schéma actantiel
C'est le personnage qui doit accomplir une mission. Il s'agit généralement du
Le sujet
personnage principal.
C'est ce que le sujet cherche à obtenir, l'enjeu ou l'objectif de sa quête. Il peut
L'objet
s'agir d'un objet réel (ex. un trésor) ou d'un élément abstrait (ex. l'amour).
C'est ce qui pousse le sujet à agir. Il apparaît donc au début de la mission. Le
Le destinateur
destinateur peut être un personnage, une chose, un sentiment, une idée, etc.
Ce sont tous ceux qui obtiennent un bénéfice, un avantage, à la fin de la
Le destinataire mission. Le sujet peut être le destinataire, mais il est enrichi par l'obtention de
l'objet de la quête.
Ce sont tous les personnages ou les éléments qui nuisent à la réalisation de la
Les opposants
mission.
Ce sont tous les personnages ou les éléments qui aident le sujet à accomplir sa
Les adjuvants
quête.
Voici un schéma actantiel d'une des versions du conte de Cendrillon de Charles Perrault:
Le sujet: Cendrillon
L'objet: Aller au bal
Le destinateur: Le roi qui envoie des invitations pour le bal à toutes les jeunes filles du royaume
Les destinataires: Cendrillon et le prince
L'adjuvant: Sa fée marraine
Les opposants: La belle-mère et les méchantes belles-soeurs

Dans certains textes, il est possible que certains éléments du schéma actantiel soient absents. Il est
tout aussi possible qu’un héros (sujet) accomplisse sa quête pour lui-même (destinataire). De plus,
dans une même histoire, il serait possible de construire plusieurs schémas actantiels. En effet, il peut
arriver que des personnages adjuvants deviennent des opposants et vice-versa.

Bref, bien des scénarios sont possibles à l'intérieur de ce même cadre. Il n'en demeure pas moins que
ce schéma permet d’explorer les liens entre les personnages et de mieux comprendre les intérêts qui
animent chacun d'eux.

Les péripéties: Le mot péripétie est emprunté du grec peripeteia qui signifie événement imprévu. Une
péripétie est un changement soudain dans la situation du héros qui donne une nouvelle orientation à
l'histoire. La majorité des récits contiennent plusieurs péripéties puisqu'elles sont des composantes
essentielles à l'intrigue dramatique.

Dans un schéma narratif, les péripéties constituent le déroulement et représentent toutes les actions
entreprises par le héros pour ramener une situation d'équilibre. La dernière péripétie d'une histoire est
celle qui règle le problème et qui constitue le dénouement.

Voici un exemple de péripéties présentées dans l'une des versions du conte Les Trois Petits Cochons:

1-Le premier cochon construit une maison de paille.


2-Le loup souffle sur celle-ci et la détruit.
3-Le deuxième cochon construit une maison de bois.
4-Le loup souffle sur celle-ci et la détruit.
5-Le troisième cochon construit une maison de briques.
6-Le loup tente de la détruire.

L'univers narratif

L'univers narratif, c'est l'univers dans lequel prend vie l’histoire. C'est le résultat obtenu par la
combinaison de personnages, de lieux, d'actions et d'une époque, éléments judicieusement choisis et
suffisamment bien décrits pour créer une atmosphère unique qui saura bercer le lecteur pour qu'il
s'évade ailleurs en lisant...

Source: L'univers narratif: un monde à créer, une ambiance à installer...


Décrire l'univers narratif d'un récit, c'est repérer ce qui le rend particulier et unique. Pour ce faire, on
doit généralement porter son attention sur les éléments suivants: 1. Les personnages, 2. Les lieux, 3.
L'époque (le temps) à laquelle l'histoire se déroule, 4. Les actions importantes, 5. Le degré de
vraisemblance, 6. Les thèmes et 7. L'écriture

Les personnages: Les personnages sont les personnes présentes dans l'histoire. Ils sont l'âme du récit.
L'attachement que le lecteur développe ou non envers eux aura un impact majeur sur son degré de
motivation à poursuivre sa lecture.

Le personnage principal dont on raconte l'histoire doit avoir une personnalité bien définie. Que fait-il?
De quoi rêve-t-il? Avec qui s'allie-t-il ou s'oppose-t-il? Pourquoi? Ses caractéristiques principales
transparaissent dans sa façon d'être, plus précisément dans sa façon de travailler, de parler, d'agir, etc.
et c'est principalement ce qu'il faut observer pour bien comprendre un personnage.

Les caractéristiques d'un personnage s'expliquent également en raison de l'environnement particulier


dans lequel il évolue.

Une Japonaise du 20e siècle n'aura pas les mêmes comportements et habitudes de vie qu'une
Québécoise vivant dans le même siècle, bien que toutes deux pourraient partager des similitudes. En
effet, les contextes social, culturel, politique et économique ont une influence certaine sur la façon
d'être d'une personne.

1. Construire le schéma actantiel est une excellente manière pour analyser les personnages principaux
d'un récit.
2. Dégager les valeurs importantes chez un personnage permet de mieux le dépeindre.

Les lieux: Le lieu est un endroit. Nécessairement, une histoire se passe quelque part. Ce lieu contribue
d'ailleurs énormément à créer l'ambiance de celle-ci.

L'atmosphère d'un lieu peut également symboliser l'état psychologique du personnage.

1. Un appartement dans lequel il fait toujours sombre peut révéler un esprit troublé.
2. Une maison luxueuse peut révéler une personnalité superficielle.
3. Un environnement chaotique peut mettre l'accent sur l'incapacité d'un personnage à s'organiser, à
s'adapter, à se conformer.

Dans un texte narratif, le lieu mis en scène peut être réel (repérable sur une carte géographique),
entièrement inventé ou suggéré (les repères présents dans le récit permettent de visualiser un lieu qu'on
n'arrive pas à nommer précisément).

Différents détails permettent au lecteur de se faire une bonne idée du lieu de l'histoire:

1. Les particularités géographiques (désert, forêt, rivière, etc.),


2. Le climat et la végétation,
3. L'architecture
4. Les odeurs, les bruits

L'époque d'un récit correspond à un moment, à une période de l'histoire, etc. pendant laquelle se
déroulent les actions. L'univers narratif s'inscrit soit dans le présent, le passé ou le futur de la personne
qui lit. Il est certain que le choix de l'époque influence les actions des personnages et, par le fait même,
les péripéties qui conféreront de l'intérêt à l'intrigue.

Le temps de l'histoire peut être indiqué de façon précise (par la mention d'une date) ou peut être
déduit grâce à différents indices.

1. Les objets (les moyens de transport et de communication utilisés, les outils, etc.)
2. Les événements historiques (référence à des guerres, à des personnages historiques, etc.)
3. Les productions artistiques (livres, films, pièces de théâtre) mentionnées dans le texte narratif
4. L'organisation politique (royauté, démocratie, dictature, etc.)
5. Le rapport des personnages avec la religion (on sait que, dans les années 50 au Québec, la religion
était partie prenante de la vie des gens)

Les actions d'un récit représentent des événements qui surgissent, qui font progresser l'histoire. Elles
constituent le déroulement de l'intrigue, car c'est grâce à la présentation d'actions structurées que
l'histoire évolue. Les actions s'enchaînent dans une séquence logique.

Dresser un schéma narratif permet une bonne observation de la progression de l'intrigue, car celui-ci
résume les actions importantes du récit.

Le degré de vraisemblance fait référence à la variation de la part de vérité présente dans un récit. En
effet, l'univers narratif peut être complètement inventé ou comporter des éléments du monde réel. Il
peut être vraisemblable ou invraisemblable.

1. Un univers narratif vraisemblable (bien qu'il soit inventé par l'auteur) présente des faits qui pourraient
avoir cours dans la réalité. C'est le cas, par exemple, des récits policiers.
2. Un univers narratif invraisemblable (ou fantastique) présente des faits, des lieux, des actions, etc. qui
sont irréels. Ceux-ci n'existent pas et ne pourraient pas exister non plus dans notre monde. C'est le cas,
entre autres, des contes merveilleux et des récits fantastiques.

Il peut arriver qu'un univers narratif soit ambigu parce qu'il comporte des éléments vraisemblables et
invraisemblables.

C'est le cas des récits de science-fiction qui présentent une éventualité. Par exemple, il peut s'agir d'une
histoire portant sur la vie sur la terre dans plusieurs années. Le degré de vraisemblance de ce genre de
récit est donc variable selon l'objet observé (les personnages, les lieux, les faits, les actions, etc.). Dans
ce cas, nous incluons ces récits dans la catégorie des univers invraisemblables.
Les thèmes d'un récit se rapportent aux sujets généraux et spécifiques qui sont abordés dans l’histoire.
Par exemple: l'amour, l'amitié, l'angoisse, la mort, la liberté, etc. Pour comprendre le sens d'un récit, il
faut dégager les thèmes en observant et en analysant le comportement des personnages (les conflits qui
les opposent, les causes qui les rassemblent, les rêves qui les animent, etc.); les propos qu'ils tiennent
(qui sont très souvent révélateurs des valeurs qu'ils défendent ou de leur vision et de
leur compréhension du monde).

Différents indices permettent au lecteur de dégager les grands thèmes de l'histoire.

1. Des objets (la montre est reliée au temps, les bijoux symbolisent la richesse et ils peuvent même être
des symboles de vanité et de superficialité, etc.)
2. Des lieux (la chambre est associée à la solitude ou à l'intimité; la rivière évoque l'eau qui est
un symbole de vie, etc.)
3. Des sentiments vécus par les personnages (la passion amoureuse, la vengeance, l'angoisse, etc.)

Pour mieux analyser une histoire, il est incontournable de savoir dégager les thèmes importants de celle-
ci.

L'écriture

Le style d'écriture d'un auteur définit sa manière personnelle de présenter l'univers narratif qu'il a créé.
Certains récits développent davantage l'intrigue et les rebondissements de l'histoire; l'écriture ne sert
alors qu'à rendre compte de l'histoire (c'est le langage propre qui dominera dans ce genre de récit).
D'autres explorent davantage les ressources de l'écriture (c'est le langage figuré qui dominera dans ce
genre de récit).

On reconnaît le style d'écriture d'un auteur par différents aspects, dont le choix des mots; l'emploi de
figures de style (métaphores, comparaisons, etc.); l'organisation de la phrase (les phrases longues
évoquant la complexité des sentiments; les phrases courtes rappelant la densité des émotions) et le ton
général du texte.

Selon l'effet recherché, l'auteur adopte un ton particulier: 1. humoristique/ironique, 2.


dramatique/tragique
3. poétique/lyrique et 4. populaire/familier

Le système verbal d'un récit

 Les récits écrits au passé  Les récits écrits au présent


o L'emploi du passé simple o L'emploi du présent
o L'emploi de l'imparfait o L'emploi du passé composé
o L'emploi du plus-que-parfait o L'emploi du conditionnel
o L'emploi du conditionnel o L'emploi de l'imparfait
o L'emploi du passé antérieur
Les récits écrits au passé

La grande majorité des récits sont écrits au passé. Si tel est le choix de l'auteur, celui-ci doit employer le
système verbal du passé afin que son histoire soit compréhensible et cohérente.

Dans le système verbal du passé, on utilise principalement :

1.Le passé simple comme temps de base;


2.L'imparfait, le plus-que-parfait, le passé antérieur, le conditionnel présent, le conditionnel passé, le
subjonctif présent et le subjonctif passé comme temps associés.

L'emploi du passé simple: On utilise le passé simple pour formuler les actions qui font avancer
l'histoire. Chaque action au passé simple se produit après la précédente et a la particularité d'avoir une
durée limitée qu'il est possible de situer de façon précise ou approximative sur une ligne du temps.

1. Je marchai en tâtonnant. Après cinq pas, je rencontrai une muraille de fer, faite de tôles boulonnées.
Puis, me retournant, je heurtai une table de bois, près de laquelle étaient rangés plusieurs escabeaux.

2. Ned ne se fit pas prier et recommença mon récit que je compris à peu près. Le fond fut le même, mais
la forme différa. Le Canadien, emporté par son caractère, y mit beaucoup d'animation. Il se plaignit
violemment d'être emprisonné au mépris du droit des gens, demanda en vertu de quelle loi on le
retenait ainsi, invoqua l'habeascorpus, menaça de poursuivre ceux qui le séquestraient indûment, se
démena, gesticula, cria, et finalement, il fit comprendre par un geste expressif que nous mourions de
faim.

- Vingt mille lieues sous les mers, Jules Verne

L'emploi de l'imparfait

Imparfait d'action secondaire: L'imparfait d'action secondaire insiste sur la continuité de l'action,
créant ainsi un fond sur lequel se déroule l'action principale. Ces actions secondaires formulées avec
l'imparfait sont plus souvent qu'autrement d'une importante durée et leur achèvement n'est pas
précisé. Dans ce type d'emploi, on peut dire que l'imparfait pose le décor.

1. En bas, je me sentis observé par des yeux qui clignaient dans le noir, avant de distinguer peu à peu
des silhouettes serrées les unes contre les autres, ainsi que leur ombre projetée sur les murs par la
faible lueur de deux lampes à pétrole. Des murmures discrets s'élevèrent. En arrière-fond, on
entendait le clapotement de gouttes d'eau qui s'écrasaient quelque part, et aussi un autre bruit
indistinct, comme un grattement.
- Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini

2. Derrière lui, sur le gazon, des domestiques empilaient des assiettes sales; ses voisins parlaient, il ne
leur répondait pas; on lui emplissait son verre; et un silence s'établissait dans sa pensée, malgré les
accroissements de la rumeur. - Madame Bovary, Gustave Flaubert
Imparfait de description: On utilise l'imparfait pour décrire les lieux, les personnages, leurs
sentiments, etc. L'usage de l'imparfait de description contribue à créer une ambiance et à donner corps
au récit.

1. On était aux premiers jours d'octobre. Il y avait du brouillard sur la campagne. Des vapeurs
s'allongeaient à l'horizon, entre le contour des collines; et d'autres, se déchirant, montaient, se
perdaient. Quelquefois, dans un écartement des nuées, sous un rayon de soleil, on apercevait au loin
les toits d'Yonville avec les jardins au bord de l'eau, les cours, les murs et le clocher de l'église.

2. Alors on vit s'avancer sur l'estrade une petite vieille de maintien craintif, et qui paraissait se ratatiner
encore dans ses pauvres vêtements. Elle avait aux pieds de grosses galoches de bois, et le long des
hanches un grand tablier bleu. Son visage maigre, entouré d'un béguin sans bordure, était plus plissé de
rides qu'une pomme reinette flétrie, et des manches de sa camisole rouge dépassaient deux longues
mains à articulations noueuses.

- Madame Bovary, Gustave Flaubert

Imparfait d'habitude: On utilise également l'imparfait pour faire référence aux actions qui font partie
de la vie quotidienne des personnages.

1. Il y avait, au couvent, une vieille fille qui venait tous les mois, pendant huit jours, travailler à la
lingerie. Protégée par l'archevêché, comme appartenant à une ancienne famille de gentilshommes
ruinée sous la Révolution, elle mangeait au réfectoire à la table des bonnes soeurs, et faisait avec elles,
après le repas, un petit bout de causette avant de remonter à son ouvrage. Souvent les pensionnaires
s'échappaient de l'étude pour l'aller voir. Elle savait par coeur des chansons galantes du siècle passé,
qu'elle chantait à demi-voix, tout en poussant son aiguille. Elle contait des histoires, vous apprenait
des nouvelles, faisait en ville vos commissions, et prêtait aux grandes, en cachette, quelques romans
qu'elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne demoiselle elle-même avalait de
longs chapitres, dans les intervalles de sa besogne.
- Madame Bovary, Flaubert

2. C'était sans effort que, des années auparavant, Hassan et moi gravissions la colline au nord de la
maison. Entre deux galopades, nous nous asseyions sur une crête qui offrait une bonne vue sur
l'aéroport, au loin. Nous regardions les avions décoller et atterrir, et recommencions ensuite à nous
courir après. - Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini

Imparfait de simultanéité: L'imparfait de simultanéité est employé quand une action passée se produit
au même moment qu'une autre exprimée au passé simple. Dans ce cas, l'action employée au passé
simple est celle sur laquelle l'auteur veut mettre l'accent. Presque toujours, une marque de temps vient
préciser que deux actions partagent une même zone temporelle.

1. Je venais alors de découvrir la seconde des liasses qu'il me fallait; et je trouvais justement la
troisième, quand un grand et pénible soupir, poussé contre mon épaule, me fit faire un bond de fou à
deux mètres de là. - Apparition, Guy de Maupassant
2. Un jour qu'elle arrivait à cette fontaine, une pauvre femme s'approcha d'elle et la pria de lui donner
à boire.
- Les fées, Michel Laporte

L'emploi du plus-que-parfait: On utilise le plus-que-parfait pour formuler les actions qui se sont
déroulées avant une autre action dans le passé.

1. Mais, mon oeil ne s'était pas encore appliqué à l'oculaire, que l'instrument me fut vivement arraché
des mains.
2. Quant à moi, j'avais soigneusement regardé dans la direction observée, sans rien apercevoir.
3. Rentré au salon, je notai d'abord les relèvements de Ceylan, à laquelle l'Antiquité avait prodigué
tant de noms divers. - Vingt mille lieues sous les mers, Jules Verne

L'emploi du conditionnel: Dans un récit écrit au passé, le conditionnel peut être employé pour
formuler un fait incertain, une hypothèse (exemple 1), mais il peut aussi être employé comme étant le
futur du passé (exemples 2 et 3).

1. Dès le commencement de juillet, elle compta sur ses doigts combien de semaines lui restaient pour
arriver au mois d'octobre, pensant que le marquis d'Andervilliers, peut-être, donnerait encore un bal à
la Vaubyessard.
- Madame Bovary, Gustave Flaubert

2. Le monstre, dans sa terreur, avait vidé les lieux pour toujours ! Je ne le verrais donc plus jamais !
- Le chat noir, Edgar Allan Poe

3. Et je sentais bien que je n'aurais plus jamais la force de remonter... et que j'allais mourir là... moi
aussi, de faim - de fatigue - et de froid. - La nuit, Guy de Maupassant

L'emploi du passé antérieur: Le passé antérieur traduit un fait passé achevé qui s'est produit
immédiatement avant un autre fait passé principalement exprimé par un verbe du passé simple.

1. Mais, mon oeil ne s'était pas encore appliqué à l'oculaire, que l'instrument me fut vivement arraché
des mains.
2. Ce jour-là, le travail habituel fut accompli avec plus de vigueur encore.
3. Les robinets des réservoirs furent alors ouverts en grand et cent mètres cubes d'eau s'y
précipitèrent, accroissant de cent mille kilogrammes le poids du Nautilus.
- Vingt mille lieues sous les mers, Jules Verne

Les récits écrits au présent: Il arrive que des récits soient écrits au présent. Si tel est le choix de
l'auteur, celui-ci doit employer le système verbal du présent afin que son histoire soit compréhensible
et cohérente.
Dans le système verbal du présent, on utilise principalement :

1.Le présent comme temps de base;


2.Le passé composé, l'imparfait, le plus-que-parfait, le futur simple, le futur antérieur, le conditionnel
présent et le conditionnel passé comme temps associés.

L'emploi du présent: On utilise le présent pour raconter la suite des actions en cours.

1. Le temps s'assombrit. Les nuages grondent. Le vent pivote sur ses pentures. Les fondaisons
s'affolent. Les feuilles s'éparpillent.

2. La moto court maintenant à tous gaz et double un dernier train de voitures pour parvenir en trombe
à un croisement où la voie, devant, semble plus dégagée. Mais soudain un long coup d'avertisseur
déchire le sourd et industrieux grondement de la rue. - Le balayeur, Gaëtan Brulotte

L'emploi du passé composé: On utilise le passé composé pour raconter les actions qui se sont
déroulées avant l'action en cours.

1. Icare a perdu ses ailes. Dérapage, embardée, le cheval métallique, en voulant éviter un piéton, a
produit un écart, a tamponné une auto et a rebondi, en un éclair de chrome, contre un lampadaire.

- Le balayeur, Gaëtan Brulotte

L'emploi du conditionnel: On utilise le conditionnel, entre autres, pour raconter ce qui pourrait ou
aurait pu avoir lieu si certaines conditions faisaient partie du contexte délimitant l'action.

1. Avant, à mes débuts dans le métier, je ne dis pas, j'aurais pu commettre une erreur. On me l'aurait
sûrement pardonnée en l'imputant à l'inexpérience. Avant, j'aurais pu passer à côté, j'aurais pu faire
mine de ne pas le voir. Mais aujourd'hui, il ne m'est tout de même pas possible de l'ignorer.

- Le balayeur, Gaëtan Brulotte

L'emploi de l'imparfait: On utilise l'imparfait pour faire référence à un élément qui a eu lieu dans le
passé.

1. Les gouttes tombent par milliers, par millions. Des grains durs et blancs. La météo le prévoyait. Une
pluie froide mêlée de grêle.

2. En maniant une poignée d'admission, un levier d'embrayage et un sélecteur de vitesses, il devient


soudain comme les dieux des anciennes mythologies qui, d'un simple geste, libéraient le tonnerre et le
vent.
- Le balayeur, Gaëtan Brulotte

http://www.alloprof.qc.ca/bv/pages/f1660.aspx