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République Islamique de Mauritanie Ministère de l’Economie et des Finances Ministère délégué auprès du Ministre
République Islamique de Mauritanie
Ministère de l’Economie et des Finances
Ministère délégué auprès du Ministre de l’Economie et des Finances chargé du Budget
Direction Générale des Impôts
Lettre d’information de la Direction Générale des Impôts No 4 / 1e trimestre 2017
la Direction Générale des Impôts No 4 / 1e trimestre 2017 La réclamation contentieuse relative aux

La réclamation contentieuse relative aux impositions mises en recouvrement, est la procédure par laquelle l’Admi- nistration prend en charge des litiges lorsque les contribuables tendent à obtenir la réparation d’erreurs commises par les ser- vices fiscaux à leur détriment. A travers cette faculté d'essence législative, l'Administration fiscale démontre ainsi qu'en aucun cas, le caractère obligatoire de l'impôt ne peut servir de prétexte à un comportement arbitraire de sa part au détriment du contri- buable dont les droits sont garantis par la loi.

Le recours préalable devant l’Administration fiscale s’avère en conséquence, comme étant la voie idoine pour régler un litige opposant le contribuable et l’Administration fiscale. En effet, ces litiges doivent préalablement être portés à la connaissance de l’Administration fiscale pour trouver leurs solutions dans le cadre des règles prescrites par le Code Général des Impôts. Le contribuable peut faire appel au préalable s’il le souhaite, à l’arbitrage de la Commission Pa- ritaire dont l’institution résulte de la volonté du législateur d’introduire un facteur d’équilibre entre l’Administration fiscale et le contribuable pour mieux garantir ses droits.

Néanmoins, en cas de persistance du désaccord ou en l’absence de réponse de la part de l’Administration dans les délais prescrits, la loi offre d’autres issues au contribuable à travers la possibilité de faire recours en dernier ressort devant la chambre administrative du tribunal de la Wilaya compétente qui tranche définitivement le litige en imposant sa décision aux parties.

Au plan organisationnel, la gestion des réclamations a été automatisée et le cadre égale- ment aménagé, afin de mieux répondre et vite à l’attente des contribuables.

Ely Teiss

Editorial du Directeur Général des Impôts (la première page)

 

Aspects juridique et économique des prix de transfert

(pages 2,3,4 et 5)

Le Centre de Proximité des Impôts (CPI)

( page 5)

Les procédures contentieuses (pages 6 et 7)

Actualité et faits marquants de la DGI ( dernière page)

 

Ministère de l’Economie et des Finances Ministère délégué auprès du Ministre de l’Economie et des Finances chargé du Budget Direction Générale des Impôts Cellule Chargée de la Communication, de l’Orientation et du Conseil aux Contribuables Directeur de la rédaction : le Directeur Général des Impôts Mr. Ely Ould Teiss Rédacteur en Chef : Ahmedou Ould Bouh / DCCOC Membres du Comité de Rédaction : - Souleymane Ould Sidi Mohamed /DIERFF -Ahmed Salem Ould Mohamed Vall / DGE -Noueye Ould Cheikh /DMEN-Silly Camara / DACC.

Avenue Gamal Abdenasser / Nouakchott

 

Tel. 45 25 87 54

Courriel: ahmedouob@yahoo.fr

Dans le cadre d’une série d’articles parcellaires sur le système fiscal maurita- nien ainsi que

Dans le cadre d’une série d’articles parcellaires sur le système fiscal maurita- nien ainsi que les impôts et taxes qui le composent , nous vous proposons ce deuxième article qui a pour objet de définir, d’une part, les aspects juridiques et économiques relatifs aux prix de transfert et, d’autre part, exposé le traitement fiscal qui leur est prévu.

Aspects juridiques et économiques des prix de transfert

Par Monsieur Ahmedou Ould Bouh- Rédacteur en chef / Inspecteur- Principal du Trésor / Directeur de la Communication, de l’Orientation et du Conseil aux Contribuables.

la Loi n°2016-001 du 13 janvier 2016 portant Loi de Fi- nances Initiale pour l’année 2016 a introduit des dispositions en matière de lutte contre l’érosion des bases d’imposition et le trans- fert de bénéfices, précise les obligations des contribuables, et défi- nit les modalités de contrôle, notamment de certaines catégories de contribuables et a renforcée le cadre juridique et fiscal des prix de transferts, en introduisant des dispositions qui réglementent les procédures de vérification de ces prix. Ainsi, il a été institué ce qui suit :

• Le droit de procéder à une rectification des prix de transfert, lorsqu’elle constate que le prix des transactions effectuées par une entreprise implantée en Mauritanie avec une entreprise associée résidente d’un Etat étranger s’écarte du prix du marché.

• La détermination des formes des prix de transfert indirects des bénéfices aux entreprises situées hors de la Mauritanie qui se traduisent par :

- majoration ou diminution des prix d’achat ou de vente ;

- versement de redevances excessives ou sans contrepartie ;

- octroi de prêts sans intérêt ou à un taux réduit ;

- renonciation aux intérêts stipulés par les contrats de prêts ;

- attribution d’un avantage hors de proportion avec le service obtenu ;

- tous les autres moyens.

• La définition de la nature et du contenu des informations et des documents pouvant faire l’objet

d’une communication aux agents de l’Administration fiscale dans le cadre de la procédure de vé- rification des prix de transfert «méthode de la détermination des prix de transfert, contreparties

consenties, la nature des relations avec les entreprises étrangères hors de la Mauritanie, au traite- ment fiscal des opérations financières entrepris avec les entreprises associées situées hors de la Mauritanie…».

• Subordination de la déductibilité des dépenses engagées, par une personne établie en Maurita-

nie, au titre de la rémunération des prestations de service ou autres droits analogues, à des per- sonnes physiques ou morales résidentes d’Etats étrangers, à la justification de leur réalité et leur caractère non exagéré. Ces dépenses se rapportent aux : intérêts, arrérages et autres produits des obligations, créances, dépôt et cautionnements; redevances de cession ou concession de licence d’exploitation de brevets d’invention, de marques de fabrique, procédés ou formules de fabrica- tion et autres droits analogues et rémunérations de service. Ces dispositions s’appliquent également à tout versement effectué sur un compte détenu dans un

organisme financier situé dans un Etat étranger.

I- Définition des prix de transfert Les prix de transfert désignent tout flux intragroupe et transfrontalier, relatif à des achats et ventes de biens, prestations de services, redevances, intérêts, garanties, honoraires, cession ou concession de biens incorporels tels que les marques, brevets, et savoir-faire … etc. Selon la défi- nition de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), les prix de transfert sont les prix auxquels une entreprise transfère des biens corporels, des actifs incorporels, ou rend des services à des sociétés d'un même groupe et résidentes dans des Etats différents. De ce qui précède, en sont exclues toutes transactions internationales établies entre sociétés indépen- dantes et toutes transactions intragroupes réalisées sans passage de frontière. Relèvent également des prix de transfert, dans leur partie services, les frais de siège, correspondant à la part des frais commun d’administration de sociétés faisant partie d’un même groupe.

II- Aspects juridiques et économiques des prix de transfert

1. Notion de dépendance entre sociétés

La dépendance entre sociétés signifie l’existence entre elles de liens qui peuvent être de nature juridique, économique ou autre.

III- Traitement fiscal des prix de transfert

1. Droit conventionnel

Notre droit conventionnel, qui s’inspire des principes gouvernant les modèles de convention de

l’OCDE, tient compte, pour l’établissement de l’impôt dû par les sociétés implantées sur son territoire, du principe du prix de pleine concurrence, dans la mesure où les prix de transfert pratiqués par les sociétés dépendantes peuvent impacter sur l’assiette fiscale de ces dernières. Aussi, des ajustements peuvent, être opérés dans le cas où des pratiques de ce genre sont constatées. Les ajustements consistent en la restitution aux transactions, en question, des conditions commerciales et financières normales, c'est-à-dire, celles qui auraient prévalues s’il n’y avait pas entre ces entreprises de liens de dépendance. Ainsi, les bénéfices illégalement transférés à l’étranger du fait de l’anormalité des prix pratiqués entre entreprises dépendantes sont réintégrés aux revenus de l’entreprise implantée en Mauritanie ayant opéré le transfert et imposés en conséquence. La Mauritanie s’est inspirée de ce qui est prévu dans les normes internationales en particulier celles de l’OCDE qui prévoient que, lorsque :

- une entreprise d'un Etat contractant participe directement ou indirectement à la direction, au

contrôle ou au capital d'une entreprise de l'autre Etat contractant, ou que

- les mêmes personnes participent directement ou indirectement à la direction, au contrôle ou au

capital d'une entreprise d'un Etat contractant et d'une entreprise de l'autre Etat contractant, et que, dans l'un et l'autre cas, les deux entreprises sont, dans leurs relations commerciales ou financières, liées par des conditions convenues ou imposées, qui diffèrent de celles qui seraient convenues entre des entreprises indépendantes, les bénéfices qui, sans ces conditions, auraient été réalisés par l'une des entreprises mais n'ont pu l'être en fait à cause de ces conditions, peuvent être inclus dans les bénéfices de cette entreprise et imposés en conséquence. Si tel est le cas, l’Etat contractant sur le territoire duquel se trouve l’entreprise ayant tiré profit

des prix de transfert procédera, quant à lui, à un ajustement tenant compte de l’impôt perçu par l’Etat dans lequel est située l’entreprise ayant subi le redressement. C’est ce qui ressort de la lecture du paragraphe 2 du même article qui dispose que lorsqu’un Etat contractant inclut dans les bénéfices d'une entreprise de cet Etat — et impose en conséquence — des bénéfices sur lesquels une entreprise de l'autre Etat contractant a été imposée dans cet autre Etat, et que les bénéfices ainsi inclus sont des bénéfices qui auraient été réalisés par l'entreprise du premier Etat si les conditions convenues entre les deux entreprises avaient été celles qui auraient été convenues entre des entreprises indépendantes, l'autre Etat procède à un ajustement approprié du montant de l'impôt qui y a été perçu sur ces bénéfices. Pour déterminer cet ajustement, il est tenu compte des autres dispositions de la présente

Convention et, si c'est nécessaire, les autorités compétentes des Etats contractants se consultent. Si la normalité du prix n’a pu être appréciée du fait de l’absence d’un prix de marché , il est procédé à l’adoption d’un prix comparable qui est celui qu’auraient pratiqué deux entités indépendantes similaires réalisant une transaction comparable. Pour établir la comparabilité, il est tenu compte :

- d’une part, de la nature du produit, sa qualité, sa nouveauté, du délai de livraison, de la présence d’élément incorporels attachés au produit et au degré de finition.

- d’autre part, des conditions de transaction, notamment le volume des ventes, le niveau de

marché auquel situe la transaction, la localisation géographique, la date de la transaction, les accessoires à la vente et la présence d’éléments incorporels attachés à la transaction.

En ce qui concerne les prestations de services, il y a lieu de comparer :

- la nature du service;

- le savoir-faire attaché au service;

- le délai d’exécution.

2. Droit interne En l’absence de convention fiscale internationale liant la Mauritanie à un pays étranger, les prix de transfert sont régis, par les nouvelles dispositions en matière de lutte contre l’érosion des bases d’imposition et le transfert de bénéfices. La création des articles 10.D. à 10.F. du CGI introduit plusieurs dispositions appréhendant les prix de transfert dans le droit fiscal mauritanien. L’article 10.D. du CGI instaure les notions d’entreprises liées et de contrôle indirect, l’article 10.E. du CGI introduit la notion de pleine concurrence, l’article 10.F. du CGI définit la sous-capitalisation et instaure une limitation des intérêts déductibles au pourcentage du bénéfice imposable des entre- prises sous-capitalisées, les articles 10Bis. et 10Ter. renforcent la lutte contre l’évasion fiscale et l’article 10Bis. du CGI introduit la définition d’un Etat à fiscalité privilégiée. La portée de l’ar- ticle 14 du CGI est maintenue tout en limitant l’impact de la réintégration des charges pour tenir compte de la réalité économique de l’exploitation L’article 20(nouveau) du CGI introduit des dis- positions relatives à la traçabilité et au contrôle des titres au porteur, l’article 48Bis du CGI est complété afin de tenir compte des réalités économiques spécifiques à certaines catégories d’entre- prises (entreprises imposées selon le régime du forfait et contribuables non localisés par l’admi- nistration fiscale). Ces dispositions prévoient que lorsque deux entreprises sont liées commercialement ou financiè- rement par des conditions différentes de celles qui auraient prévalues entre des entreprises indé- pendantes, les bénéfices qui aurait été réalisés par l’entreprise apparentée exploitée en Mauritanie, mais n’ont pu l’être du fait de ces conditions différentes, sont inclus dans les bénéfices impo- sables de cette dernière. Il est précisé que cette mesure s’applique dans les mêmes conditions, aux entreprises locales ayant entre elles des liens de dépendances sous quelque forme qu’elles soient.

2.1. Entreprises considérées comme liées

Deux entreprises sont, dans leurs relations commerciales ou financières, considérées comme liées lorsqu'elles présentent l’une des situations suivantes :

- une entreprise exploitée en Mauritanie;

- une entreprise exploitée hors de la Mauritanie, participe directement ou indirectement à la direc- tion, au contrôle ou au capital d’une entreprise exploitée en Mauritanie;

- une entreprise exploitée en Mauritanie, dont les mêmes personnes participent directement ou

indirectement à la direction, au contrôle ou au capital d’une entreprise exploitée hors de la Mauri-

tanie;

- ou, une entreprise exploitée hors de la Mauritanie, dont les mêmes personnes participent directe-

ment ou indirectement à la direction, au contrôle ou au capital d’une entreprise exploitée en Mau- ritanie.

2.2. Opérations donnant lieu à une réintégration aux bénéfices imposables

Les types d’opérations pouvant s’analyser en un transfert indirect de bénéfice et donnant lieu à une réintégration à l’assiette imposable, il s’agit de :

- la majoration ou la diminution des prix d’achat ou de vente;

- le versement de redevances excessives ou sans contrepartie;

- l’octroi de prêts sans intérêts ou à un taux réduit;

- la renonciation aux intérêts stipulés par les contrats de prêt;

- l’attribution d’un avantage hors de proportion avec le service obtenu;

- ou tous autres moyens.

2.3. Charges non admises en déduction du bénéfice imposable des entreprises liées à l’exception

des opérations effectuées avec des Etats ayant avec lesquels la Mauritanie a conclu des conven- tions fiscales, ne sont admis comme charges déductibles pour l’établissement de l’impôt, les :

- intérêts, arrérages et autres produits des obligations;

- créances, dépôts et cautionnements;

- redevances de cession ou concession de licences d’exploitation, de brevets d’invention, de marques de fabrique, procédés ou formules de fabrication et autres droits analogues;

- rémunérations de services;

- versements effectués sur un compte tenu dans une banque ou établissement financier établi

dans un des Etats ou territoires étrangers. Ces charges peuvent, toutefois, faire l’objet de déduction si elles sont dûment justifiées et corres- pondent à des opérations réelles et ne présentent pas un caractère anormal ou exagéré.

3-Procédure de régularisation des prix de transfert

L’administration fiscale peut, en présence d’éléments faisant présumer des transferts indirects de bénéfices, demander, lors d’une vérification de comptabilité ou d’une vérification ponctuelle de comptabilité opérée à l’égard d’une entreprise associée exploitée en Mauritanie, des informa- tions d’ordre juridiques, économiques, fiscales, comptables ou méthodologiques pouvant l’éclai- rer sur :

- la nature des relations qu’entretient cette entreprise avec celles situées hors de Mauritanie;

- la méthode de détermination des prix de transfert relatifs aux opérations industrielles, commer-

ciales ou financières;

- les contreparties reçues pour avoir pratiquer les prix en cause;

- les activités exercées par les entreprises situées hors de Mauritanie liées à l’entreprise vérifiée

par des opérations industrielles, commerciales ou financières ainsi que le traitement fiscal réser-

vé à ces opérations. Il est précisé que les demandes écrites ayant pour objet de fournir à l’administration fiscale des éclaircissements sur la pratique des prix de transfert, doivent indiquer explicitement les points sur lesquels il est jugé nécessaire d’obtenir des informations et documents notamment :

- l’identification de l’entreprise étrangère visée ;

- le produit objet de la transaction ou l’activité concernée ;

- le pays ou le territoire concerné par la vérification ;

- le pays ou le territoire concerné ;

- les contreparties reçues pour avoir pratiquer les prix en cause;

- les activités exercées par les entreprises situées hors de la Mauritanie liées à l’entreprise véri- fiée par des opérations industrielles, commerciales ou financières ainsi que le traitement fiscal réservé à ces opérations.

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Le Centre de Proximité des Impôts (CPI)

La mise en route des centres de proximité des impôts marque l’étape de parachèvement d’un vaste processus de modernisation de l’architecture de l’Administration fiscale qui consacre la répartition du tissu fiscal en trois catégories, à savoir, les Directions Centrales, Opération- nelles et Régionales, les Centres des Impôts , les Centres de Proximité des Impôts.

Cette nouvelle restructuration traduit la volonté affichée par les pouvoirs publics en vue d’améliorer la qualité du service rendu pour rapprocher l’administration du contribuable, une manière de promouvoir le civime fiscal.

Consciente que l'adhésion du contribuable aux reformes dépend de leurs performances, l’Administration fiscale s'est résolument tournée vers la facilitation de l'accomplissement des obligations fiscales en spécialisant les nouveaux centres de proximité des impôts afin qu’ils ré- pondent aux besoins spécifiques de ces contribuables. Le centre de proximité des impôts cons- titue une nouvelle vitrine de l'Administration fiscale, qui s’est assigné une mission fondamentale visant à leur assurer une meilleure qualité de services et ce, par la simplification, l’harmonisation et la modernisation des procédures.

Il s'agit donc, pour le centre de proximité des impôts, d'implémenter une nouvelle approche qui prône la gestion sur place du contribuable. Ce dernier, au lieu d’accomplir ses démarches fis- cales dans différents lieux, formule lourde et pesante, fera désormais toutes ses formalités en un seul lieu et avec un interlocuteur fiscal unique.

Sans aucun doute, le lancement des Centres de Proximité des Impôts va permettre à la Direction Générale des Impôts non seulement d'inciter à plus de civisme fiscal, mais surtout d'effectuer un saut qualitatif vers une consolidation des recettes fiscales.

CCOCC/DGI

LE CONTENTIEUX FISCAL DE L'IMPÔT Par Monsieur Aboubakrine KANE / Reformes Fiscales et de la

LE CONTENTIEUX FISCAL DE L'IMPÔT

Par Monsieur Aboubakrine KANE / Reformes Fiscales et de la Formation.

Inspecteur-Principal des impôts Chef de service des

Le domaine du contentieux fiscal de l'impôt est régi par les disposi- tions des articles allant du 558 jusqu'au 566 du Code général des impôts. En matière fiscale, le contentieux désigne l’ensemble des litiges qui nais- sent de l’action de l’administration fiscale. En effet, les actes pris par l’administration fiscale à l’encontre des contribuables peuvent ne pas recevoir leur assentiment. Dans cette hypothèse, la loi a reconnu l’existence d’un droit à la contestation et a organisé l’exer- cice de ce droit fondamental au profit de tout contribuable. Les litiges introduits dans ce cadre se rapportent à l’assiette, au contrôle, au recouvrement de l’impôt , c’est le contentieux d’assiette ou de recouvrement. Les réclamations font alors l’objet de décisions préalables de l’administration et en cas de désac- cord persistant, les litiges peuvent être présentés devant le juge de l’impôt qui dispose de pouvoir pour annuler, réformer ou confirmer les actes d’imposition ou les poursuites engagées par le comptable public. Par extension et indépendamment de toute action de contestation fondée sur le droit, « la mission contentieuse » des services de la Direction Général des Impôts intègre également d’autres modes de règlement des dossiers fiscaux. Ils consistent aussi en l’examen des demandes de bienveillance présentées à l’administration en vue de l’abandon ou de l’atténuation des impositions ou des pénalités , c’est le gracieux. Ils consistent aussi en la réduction ou en l’annulation spontanée de la part de l’administration d’impositions non dues , ce sont les dégrèvements ou restitutions d’office. Enfin et accessoirement l’analyse des différents recours liés à la saisine de la hiérarchie adminis- trative par les contribuables relève aussi de la mission contentieuse , ce sont les recours.

I- la procédure à suivre:

A - la formulation de la demande:

Le contribuable qui entend protester son imposition auprès de l'administration fiscale doit formu- ler sa demande de réclamation contentieuse signée de lui même au Directeur Général des Impôts pour les impôts dont l'émission et le recouvrement sont assurés par la Direction Générale des Im- pôts ,au maire pour ceux dont le recouvrement est assuré par les collectivités territoriales. Les réclamations doivent, sous peine de nullité :

- Etre individuelles ; toutefois, les contribuables imposés collectivement et les membres des so-

ciétés de personnes qui contestent les impôts à la charge de la société peuvent formuler une récla- mation collective.

- ne viser qu'une seule cote;

- mentionner l'imposition contestée et le numéro d'identifiant fiscal (NIF);

- contenir l'exposé sommaire des moyens et les conclusions;

- être datées et porter la signature du contribuable ou de son mandataire légal désigné;

- être accompagnées soit d'une copie de l'avis d'imposition ou d'un extrait du rôle, soit d'une copie de la quittance délivrée par le service du recouvrement de l'administration en charge de recouvre- ment.

B- les conditions de recevabilité de la demande:

Le contribuable qui, par une réclamation contentieuse, conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge, peut surseoir au paiement de la partie contestée desdites imposi- tions s'il en fait la demande dans sa réclamation et fixe le montant ou précise les bases du dégrè- vement auquel il prétend. Il est tenu, à cet effet, de constituer des garanties propres à assurer le recouvrement de l'impôt. Ces garanties sont constatées par une consignation à un compte d'attente du Trésor ou une caution bancaire réalisable à première demande établie au profit du Trésor public, valable pendant le dé- lai légal du traitement du contentieux prévu.

II-Délais de réclamation et du traitement du dossier:

Le contribuable dispose d'un délai réglementaire prévu à l'article 560 (nouveau) du code général des impôts de trois (03) mois à compter soit de la mise en recouvrement du rôle ou de l'état de liquidation, de la notification d'un titre de perception, ou du versement de l'impôt contesté, si cet impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou d'un état de liquidation ou à la notification d'un titre de perception ou soit de la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. Le Ministre en charge des Finances, le Directeur Général des Impôts ou le Maire doivent, statuer sur les réclamations dans le délai de trois (3) mois suivant la date de leur présentation chacun se- lon sa compétence Par compétence, on entend le pouvoir donner en terme de montant que le responsable de la struc- ture est autorisé à dégrever. Le pouvoir de statuer sur les demandes de dégrèvement d’impôts et taxes perçus pour le compte du budget de l’Etat, en vertu du Code Général des Impôts est dévolu au Directeur Général des Impôts, lorsque le montant des droits n’excède pas 10 000 000 Ouguiya par article. Le pouvoir de statuer sur les demandes de dégrèvement d’impôts et taxes perçus pour le compte des collectivités locales est du ressort du Maire lorsque le montant des droits n’excède pas 500 000 Ouguiya. Si le montant est supérieur à 500 000 Ouguiya et inférieur à 10 000 000 Ou- guiya, le pouvoir de statuer sur ledit dégrèvement est dévolu au Directeur Général des Impôts. Si

le montant est supérieur à 10 000 000 Ouguiya, il devient de la compétence du Ministre chargé

des Finances.

III- Décision des fondés du pouvoir:

La décision est notifiée au contribuable et contient, en cas de rejet total ou partiel de la réclama- tion, un exposé sommaire des motifs. En cas de rejet total ou partiel le contribuable peut saisir la Commission Paritaire dont la composition et le fonctionnement sont fixés comme suit. La Commission, sous la présidence du Ministre chargé des Finances ou son délégué, est compo- sée de : Deux (02) représentants de la Direction Générale des Impôts désignés par le Directeur Général des Impôts ;

- un (01) représentant du patronat désigné par ce dernier, de préférence dans le secteur profes- sionnel du domaine d’activité du contribuable ayant saisi la commission ;

- du contribuable lui-même ;

- du Conseil du contribuable de son choix.

A l’issue de ses travaux pour lesquels la commission peut s’adjoindre des rapporteurs, elle notifie

à l’Administration fiscale et au contribuable l’avis qu’elle ait émis sur le contentieux pour lequel

elle a été saisie. La décision de la Commission peut faire l'objet d'un recours, dans le délai de deux (2) mois à compter de la notification de la décision, devant une Chambre civile des tribunaux des Wilayas. Tout réclamant qui n'a pas reçu avis de la décision du Ministre des Finances ou de son délégué dans les trois (3) mois suivant la date de présentation de sa demande peut porter le litige devant la Chambre civile des tribunaux des Wilayas ; il dispose à cet effet d'un délai de deux (2) mois à

compter du jour de l'expiration de la période de trois (3) mois susvisée . La Commission est saisie par demande adressée à son Président ou en cas d’empêchement, au

Directeur Général des Impôts dans les 3 jours ouvrables à compter de la réception des Avis de Mise en Recouvrement (AMR) sanctionnant les droits rappelés objet du litige. Elle est compétente pour statuer sur les litiges nés d’un rappel des droits supérieur ou égal à 30% du chiffre d’affaire de l’exercice objet du contrôle ponctuel ou de la somme des pourcentages de 30% des Chiffres d’Affaires des exercices contrôlés dans le cadre d’une vérification générale. La Commission se prononce dans un délai n’excédant pas 5 jours ouvrables à compter de la date de réception de la demande sur la recevabilité du recours. Passé ce délai, et à défaut de rejet expressément notifié au requérant, la saisine est considérée comme recevable par la Commission Paritaire. Le recours recevable entraîne la suspension des poursuites pour un délai n’excédent pas 45 jours

à compter de la date d’acceptation du recours par le Président de la Commission.

Au-delà de ce délai la Commission est dessaisie et les services de l’Administration fiscale procé- deront à la mise en recouvrement des droits.

ACTUALITES ET FAITS MARQUANTS DE LA DGI - La Mission de coopération internationale de la

ACTUALITES ET FAITS MARQUANTS DE LA DGI

- La Mission de coopération internationale de la DGFiP( l’Administration fiscale Française) organise régulièrement des séminaires multi pays, le plus souvent pour les pays francophones. La

seconde rencontre, consacrée à la communication interne et externe, s’est déroulée du 24 au 29 octobre. Elle a été orientée sur la stratégie de la relation qui est entretenue avec les publics de la DGFiP ainsi que la mise en œuvre de la politique de communication, en administration centrale comme en local. Quinze cadres ont ainsi pu rencontrer les équipes en administration centrale et à la DDFiP des Hauts de Seine, avec une participation très active de l’ensemble des acteurs. La DGI a été représentée par une délégation importante dirigée par le Directeur Général des Impôts Monsieur Ely Teiss.

- Le 8 octobre 2016 la Commission intersectorielle pilotée par la DGI a entériné le choix du SFR (Système de référence fiscale). Permettant de déterminer la dépense fiscale.

- Au cours du mois de novembre 2016 a eu lieu la venue de la première mission OCDE-DGFiP

(cinq sont programmées) destinée à assister la DGI dans la lutte contre l’érosion de la base d’im-

position et le transfert de bénéfice BEPS ( Base érosion and profit shifting.)

- Du 23-26 novembre la DGI a participé a un atelier sur le cadre inclusif du BEPS en Tunisie.

- Du 8-9 novembre, la DGI a participé au séminaire du CREDAF qui a eu lieu à Rabat sur la mé-

thodologie de remboursement de la TVA.

- Deux cadres de la DGI ont été décorés de la légion d’honneur 1er classe , il s’agit de : Monsieur Souleimane Ould Sidi Mohamed et Monsieur Amadou Tidjiane Lassana Diagana.