Vous êtes sur la page 1sur 7

Gestions des risques financiers des produits participatifs

1. Généralités sur la notion de risque :


• Toute personne physique ou morale confronte et peux s’exposer au risque de plusieurs
manières.
• Personne physique: Diminution de l’immunité (Risque), Opération chirurgicale
(Certitude)
• Personne morale: Diminution de la valeur d’un bien (Risque), Dépréciation de la valeur
(Certitude)
• Étudier le risque c’est analyser les forces entrainant la déviation d’un résultat désiré.

a. Définitions :
• Grecque: chance d’un résultat; Positif ou négatif
• Latin: challenge qui a des connotations aves des imprévus égales et des évènements
défavorables
• Anglais: le mots risque a des associations négatives définies
• Français: connotations négative mais occasionnellement positives.
• Arabe: Rizq: Toute chose dotée à l’Homme par Allah pour atteindre la bonté et qui a des
connotations positives.
• Donc le risque est la possibilité de déviation défavorable d’un résultat prévu et désiré.

b. Risque et Danger :
• Il est important de différencier les notions de DANGER, de RISQUE et de FACTEURS
DE RISQUES.
• Le risque n’est pas un danger: il en est la conséquence s’il y a exposition au danger.
• DANGER: Un danger est une propriété ou une capacité d’un objet, d’une personne,
d’un processus… pouvant entraîner des conséquences néfastes, aussi appelés
dommages. Un danger est donc une source possible d’accident.
• RISQUE: Le risque est la probabilité que les conséquences néfastes, les dommages, se
matérialisent effectivement. Un danger ne devient un risque que lorsqu’il y a exposition
et donc, possibilité de conséquences néfastes.

c. Facteurs de risques :
• EXPOSITION: Dans le présent contexte, quand on parle d’exposition, il s’agit du
contact entre le danger et une personne ou une chose, pouvant dès lors entraîner un
dommage. Sans exposition, pas de possibilité de dommage. Le risque est donc la
probabilité que quelqu’un soit atteint par un danger.
• FACTEURS DE RISQUES: Les facteurs de risques sont des éléments qui peuvent
augmenter ou diminuer la probabilité de survenance d’un accident ou la gravité d’un
événement.

d. Risque et incertitude :
• Incertitude peut créer des problèmes et des opportunités dans la vie de toute personne
• Manque de prévisibilité; une valeur perdu ou non gagnée: variation des résultats
possible
• Risque et incertitude interchangeable, mais: Le risque est quantitatif/statistique, alors
que l’incertitude est manque d’information et non-quantitatif.

1
• Les composantes de risque : Probabilité d’occurrence, degré d’impact, influence
externe et Degré d’interdépendance

e. Prime de risque :
• Aversion au risque est un comportement économique
• Les investisseurs préfèrent un gain relativement réduit sur à un gain plus élevé mais
aléatoire : ≪ Un tiens mieux que deux tu l’auras ≫
• L’aversion au risques est très individuel et peut dépendre de plusieurs paramètres
comme l’âge, la profession, la situation familiale
• L’aversion au risque a conduit à la notion de prime de risque
• La prime de risque désigne un supplément de rendement exigé par un investisseur afin
de compenser un niveau de risque supérieur
• Le risque –surtout financier- peut être appréhender comme un bien qui s’achète et se
vend
• Un investisseur exige en général, que le rendement attendu soit supérieur pour un
placement risqué qu’à un non risqué
• la prime de risque d’une entreprise est décomposé en :
o prime de risque commune à toute les entreprises (général)
o Prime de risque intrinsèque au risques de cette entreprise (Particulier)

Pourquoi la gestion des risques ?


La gestion des risques est devenue une fonction centrale et transversale dans les institutions
financières, y compris islamiques.
• Les banques, islamiques ou non, sont des machines spécialisées dans le traitement et la
transformation des risques;
• Ces risques sont plus divers, plus complexes et plus interdépendants que jamais; les
crises sont plus soudaines, plus nombreuses, et plus intenses;
• Donc…. L’institution financière, islamique ou non, la plus compétitive sera celle qui
peut gérer son risque proprement.
• Une culture organisationnelle, et un instrument de différenciation stratégique.

2
2. L’approche islamique :
• Selon la perspective islamique, l’activité économique est jugée selon la valeur ajoutée
et la richesse crée et non pas selon le risque inhérent.
• Donc le risque est considéré comme opportunité pour réaliser un profit
• L’approche de partage de risque dans la gestion est centrale dans la finance
islamique,
• En finance islamique il y a plusieurs risques interconnectés, il est différent mais pas
forcement supérieur à celui conventionnel.
• On distingue le risque essentiel et le risque prohibé :

✓ Le risque essentiel: il est remarquable dans tout les business et transactions, doit être
assumé pour tirer profit de la transaction. Deux principes:
• Pour avoir le profit il faut assumer des pertes (Ghounm Bi lGhourm)
• Le bénéfice d’une chose nécessite la responsabilité de supporter la perte
(Al Kharaj Biddaman)

✓ Le risque prohibé: Il s’agit de Gharar excessif, comme:


 L’ambiguité ou l’ignorance dans le termes du contrat ou son objet.
 L’incertitude en quantité, qualité, prix ou le temps de bien vendu.

• Il faut distinguer entre la cause de risque et le résultat incertain. Les personnes peuvent
contrôler la cause et non pas le résultat final.
• Donc l’approche islamique dans la gestion de risque contient la compréhension et le
contrôler de la cause, et laisser le résultat à la volonté de dieu
• L’aspect éthique dans la gestion de finance islamique est que l’action est jugé par
l’intention, et les moyens sont en ligne avec les fins,
• Donc l’activité économique qui crée la valeur est celle que la chance de gain est
supérieur à la chance de perte

Gérer les risques, c’est: Définir, Identifier, Mesurer, Tarifer


Gérer les risques, c’est: Assumer, Suivre, Contrôler, Réduire
Problématique :
• Les institutions financières islamiques font face à une série de risques spécifiques à
leur nature.
• Les banques islamiques sont encore faiblement enracinées; leur histoire n’a guère plus
de 30 ans;
• La plupart des banques islamiques sévit au sein des pays émergents, où les habitudes
de transparence, ainsi que les pratiques de gouvernance et de gestion des risques
demeurent perfectibles;
• Au sein de l’industrie financière islamique, en plein essor, les ressources et
compétences humaines sont rares, donc sous tension.

3
3. Le principe de partage de risques
Le partage des risques peut contribuer à assurer la croissance économique et la
stabilité financière en encourageant l’esprit d’entreprise dans tous les secteurs de la
société.
Le rôle du partage des risques par une allocation optimale des ressources se comprend
mieux par rapport au transfert des risques et en relation avec la stabilité financière.

a. Efficacité VS Equité :
• La mobilisation de ressources est régie par la rentabilité et le risque des projets.
• Ceci favorise sans doute l’efficacité en termes d’allocation, mais la question de
l’équité demeure sans réponse.
• L’objectif de la Charia, dans le domaine de la finance, n’est pas d’obliger les
individus à partager la prospérité en distribuant la richesse par le biais de la charité et
du qarḍ ḥasan, devenant eux-mêmes pauvres.
• L’objectif est plutôt de partager, de manière équitable, les risques économiques et
financiers, auxquels sont exposés tous les secteurs de la société. (Partage de perte)

b. Actif VS Passif :
• Les arrangements bancaires basés sur les passifs à court terme et les actifs illiquides.
• Les actifs ayant une échéance plus longue et exige un rendement plus élevé pour
accroître le volume des liquidités et faire face aux retraits.
• Un ralentissement économique potentiel est de nature à accélérer la dépréciation des
actifs et accroître la probabilité de difficultés financières.

c. Transfer VS Partage :
• Le système financier classique est fondé sur des relations de transfert ou déplacement
des risques.
• Le principe du partage du risque en finance islamique veut que le rendement du
capital soit déterminé ex post et non pas ex ante.
• Cela permet d’avoir une base pour des liens plus étroits entre le secteur financier et
l’économie réelle

d. Ex Ante VS Ex Post :
• la principale contradiction du capitalisme réside dans le caractère prédéterminé des
taux de rendement ex ante du capital.
• Mais la rentabilité des capitaux propres est déterminée ex post et dépend du taux de
croissance.
• Le taux de croissance peut être positif ou négatif, selon la réalisation d’états de nature
favorables ou défavorables.
• Ceci implique qu’on ne laisse pas le capital augmenter indépendamment des taux de
croissance et qu’il doit diminuer en cas de croissance négative.

e. Taux de rendement VS Taux de croissance :


• la contradiction centrale du capitalisme reflète une rupture dans la relation entre les
taux de croissance du capital et de l’économie.
• Le facteur déstabilisant est le caractère prédéterminé du taux de rendement sur une
base ex ante alors que l’information sur le taux de croissance de l’économie n’est
disponible qu’ex post.

4
• La contradiction centrale du capitalisme peut alors être liée aux facteurs
d’actualisation et au ‘’problème d’intérêt’’

f. Marché monétaire VS Marché financier :


• Puisque le taux de rendement du capital est déterminé par les marchés financiers, une
distinction doit être faite entre marchés monétaires et marchés des capitaux
(obligataires et boursiers.)
• Les marchés monétaires et obligataires offrent des possibilités d’investissement
marqué par la certitude, la rentabilité du capital étant fondée sur les taux d’intérêts et
le rendement des obligations.
• En revanche, les marchés boursiers offrent des possibilités de retour sur capital dans
des conditions d’incertitude.

g. Création monétaire VS Création de richesse :


• Dans le cadre des arrangements participatifs, il n’y a pas de place pour la création de
crédit ou l’engagement dans un investissement qui n’est pas soutenu par l’épargne
réelle.
• Sans la capacité du système bancaire à créer de la monnaie à travers le crédit, c’est la
banque centrale qui a le pouvoir exclusif de création de monnaie.
• Par conséquent, un système financier islamique est de nature à favoriser l’efficacité
dans la répartition parce que le partenariat dicte la prudence

h. Inclusion VS Exclusion :
• L’inclusion financière et la stabilité financière ont toutefois peu d’importance pour
les ménages pauvres, en l’absence des mécanismes de partage des risques,
• Par conséquent, les fondements de l’inclusion financière et du partage de la
prospérité se trouvent dans le partage des risques.
• Il importe que l’inclusion financière favorise l’accès aux services bancaires ainsi que
les instruments financiers de partage des risques et de couverture contre le risque, sur
une base équitable.

Initiatives participatives : La promotion des initiatives participatives sur la base


d’accords de partage des risques concernant les éléments suivants :
• l’initiative la plus importante concerne l’investissement dans l’éducation
• l’émission ‘’d’obligations’’ indexées sur le PIB, dans lesquelles le revenu n’est pas
fixé ex ante, mais EX Post.
• la mise en œuvre de mesures destinées à encourager la concurrence.
• Les systèmes de partage de l’information d’une manière transparente.
• L’intégration de Zakat et Waqf dans la finance et la microfinance.
• La promotion de Takaful comme forme de couverture contre le risque fondée sur la
mutualité et la solidarité.

Mécanismes de partage de risques :


• Il existe ainsi différents mécanismes de partage des risques, notamment les
instruments financiers du mudarabah et du musharakah
• il existe dans le cadre de la finance islamique d’autres institutions de redistribution
pour le partage des risques, telles que la Zakat, Awqaf, Qard Hassan.

5
4. Catégories de risques :

A. Risque spéculative est la chance de perte ou gain, Risque pure est la chance de perte
ou non perte
B. Risque systématique: affectant une grande partie des actifs (Taux d’inflation),
Risque spécifique: n’affecte qu’un seul actif, ou une poignée d’actifs (grève dans un
secteur)
C. Risque fondamental: perte impersonnelle causée par des événements économiques,
sociales, politiques et influence une large population. Risque particulier: perte qui
touche des individus ou secteur en particulier.
D. Risque statique concerne la perte due aux péril naturel ou personnes non honnêtes et
non pas aux changement économique. Risque dynamique concerne la perte due aux
changement économique come le niveau de prix, technologie, consommation
E. Les risque non financiers : qui n’ont pas un caractère financier, on distingue trois
risques non financiers :
a. Risque stratégique :
• Risque lié aux choix des activités développées par les banques.
• Due aux tendances et influences macroéconomiques externes.
• C’est est un risque qui est pris par le management
• Ce risque est plus élevé pour une organisation rigide, lente ou incompétente.
• Ce risque ne peut pas directement contrôler par la banque
• ce risque stratégique peut se transformer en risque de réputation ou risque d’arbitrage
chariatique.

b. Risque de conformité chariatique :


• Lié à l’adhérence de la banque aux valeurs islamiques
• Pour réduire ce risque, il faut faire attention aux implication d’interets, non paiement
ou retard de paiements, les traces, les document, l’audit.

6
• la pression concurrentielle d’ordre économique peut amener certaines banques
islamiques de recourir à des opinions (fatawas) moins contraignantes que celles de ses
concurrentes « arbitrage chariatique »
• Une banque peut se prévaloir d’être « plus islamique » qu’une autre. Dans ce cas, les
incitations à l’innovation sont faibles.

c. Risque de réputation ou de l’image :


• La réputation/ image est un actif stratégique pour le développement et la valeur
• Ce risque est due à la mauvaise gouvernance, stratégie et processus.
• L’image est risquée si il y a mauvaise publicité, donc perte de confiance et de
crédibilité.
• La finance islamique est une compartiment de la finance éthique. ses ressorts sont
aussi d’ordres religieux, psychologiques et sociaux. « capital réputationnel »

Mesure des risques non financiers :


• Les risques non financiers sont difficiles à identifier, à cerner, à quantifier et à réduire.
• Les banques islamiques doivent favoriser un degré élevé d’intégrité et de déontologie,
décliné jusqu’au niveau le plus individuel.
• La gestion de ces risques se font par une bonne gouvernance au sein de la banque :
• Mise en place d’un service de conformité afin d’éviter les investissement dans des
domaines à fort risque de réputation
• Mise en place des Sharia Board afin de prémunir contre le risque de réputation liée à
la licité des activités

F. Le risque financier : C’est le risque de perte d’argent suite à une opération financière
ou économique ayant une incidence financière:
➢ Operations sur biens ou services
➢ Operations financières: achat/vente de devises ou de titres…
• Ce risque n’a pas de signification si il n’est pas mesuré (élevé ou réduit)
• Les personnes évitent les activités si il y a ambiguïté de risque
• L’investissement qui n’a pas un risque claire est un investissement risqué.
• Il est possible de réduire le risque financier par la diversification