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Versailles XV
OUIS
Une soirée exceptionnelle au XVIIIe siècle
à travers un docu-fiction et un documentaire :
1 Louis XV le Soleil Noir
1 Versailles, la vie dorée

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à Vers
ailles
1Un documentaire-fiction (90’) de Thierry Binisti
OUIS scénario et dialogues Jacques Dubuisson
et Michel Fessler, adaptation de Jacques Dubuisson
le Soleil Noir musique originale René-Marc Bini (Editions Altynaï)
avec la voix de Vinciane Millereau
avec Stanley Weber, François Berland, Féodor Atkine…

1Un documentaire (52’) de Frédéric Compain ailles,


écrit par Jacques Dubuisson
la vie dorée

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Pris entre le Roi Soleil (Louis XIV) et le roi conduit
à l’échafaud (Louis XVI), Louis XV reste pour le
public un roi sans visage et sans destin, sans
légende et sans images. Une éclipse troublante
alors que Louis XV — sa personne, sa trajectoire,
son époque — offre une matière d’une richesse
dramaturgique égale à sa complexité. En effet,
c’est au cours des cinquante années de règne
de Louis XV (1724-1774) que se développèrent
des idées et des modes de vie nouveaux qui ont
déterminé notre Histoire.
Ainsi est née l’idée de cette soirée entière
Louis XV à Versailles, qui combine la fiction
et le documentaire, explore simultanément la
politique et l’intime, la vie quotidienne et les

es
faits historiques. Une soirée avec pour théâtre
unique les vrais lieux de l’Histoire, le château de
Versailles et ses jardins, dans un huis-clos qui
se voudrait à la dimension de l’histoire d’un pays
tout entier.
Louis XV à Versailles se compose de deux films :
un documentaire-fiction Louis XV le Soleil Noir
et un documentaire Versailles, la vie dorée.
L’un s’attache au personnage du roi tout
au long de son règne, l’autre à en explorer
le siècle vu depuis Versailles.
Ces deux films signés Thierry Binisti pour la
fiction et Frédéric Compain pour
Production le documentaire, sont inspirés par un même
auteur, Jacques Dubuisson, tour à
Serge Lalou et Elisabeth Kiledjian
tour scénariste — avec Michel Fessler —
Une coproduction
rigoureusement passionné d’Histoire et
Les Films d’ici, France Télévisions, conteur d’une époque qu’il traverse pour nous
L’Etablissement public du musée et du jusque dans les endroits les plus méconnus
domaine national de Versailles du château. Ils ont bénéficié non seulement
de l’accueil enthousiaste de l’Etablissement
du château de Versailles mais aussi de son
Unité documentaires
concours à chaque étape de leur conception et
Dana Hastier
de leur réalisation. Cette équipe expérimentée
Conseillère de programmes qui a fait la preuve de son talent dans le film
Clémence Coppey Louis XIV, le rêve d’un roi s’apprête à nous
Directrice des documentaires et magazines conduire jusqu’à la Révolution, point final d’une
Patricia Boutinard Rouelle trilogie consacrée à Louis XVI.

Patricia Boutinard Rouelle

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Photo France 2 / Gilles Gustine

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le Soleil Noir
Dans le Versailles des Lumières, un demi-siècle — de mai 1724 à mai 1774 —
pour une tragédie en trois actes : comment un jeune roi aimé de son peuple,
sensible au bouillonnement artistique et intellectuel de son époque, va finir
son règne dans la déchéance et la haine.
Avant de mourir, Louis XIV avait prédit à l’enfant qu’il serait “le plus grand roi
du monde”. Mais en dépit de son intelligence et de sa vaillance, son arrière-
petit-fils est un héritier mélancolique et fragile que le métier de roi ennuie.
Dans une atmosphère de fêtes et de plaisirs, de douceur familiale et de libertinage sans frein, il se retrouve aux
prises avec un héritage empoisonné : guerre de longue haleine entre jésuites et jansénistes, opposition farou-
che de parlementaires hostiles à toute réforme... La colère sourde du peuple et la frustration de la bourgeoisie
n’affleurent au château qu’à travers les mises en garde voilées du chef de la police. C’est le sombre revers de
ces brillants débats d’idées qu’un d’Alembert ou un Diderot font résonner jusque dans Versailles.
Quinze ans seulement après la mort du roi, c’est la Révolution.

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la vie dorée
es
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Déambulant dans les coulisses de Louis XV le Soleil Noir , Jacques
Dubuisson fait revivre le souvenir du roi et de son siècle sous les dorures
de Versailles. L’occasion d’apprendre, par exemple, comment les cuisi-
niers du roi préparaient la tête de veau, comment dormaient les nobles
en craignant d’avaler leur langue ou comment, d’un simple mouvement
d’éventail, une courtisane pouvait décourager toute tentative… L’occasion aussi d’en savoir plus sur la
petite vérole, l’électricité ou l’anthropophagie. Une vie dorée pas si dorée que ça…

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Louis XV le Soleil Noir s’inscrit dans la continuité aussi connu l’affrontement entre jansénistes et
de Versailles, le rêve d’un r oi. Comment l’avez- jésuites et a vu monter la colère sourde du peuple
vous abordé ? et de la bourgeoisie naissante. La somme de tout
Le principe reste le même : raconter l’Histoire cela a fini par créer les conditions propices à la
depuis Versailles. Comment, sous Louis XV, le Révolution, quinze après la mort de Louis XV.
château a-t-il été traversé par les bouleverse-
ments et les contradictions de la société fran- Pour autant, on s’intéresse généralement peu
çaise ? Comment les a-t-il reflétés, anticipés, au personnage de Louis XV, coincé entre deux
amplifiés ou niés ? Ce parti pris représente une “Louis” plus célèbres…
gageure très stimulante pour un scénariste. Le Il demeure en effet ce roi “intermédiaire”, dont le
XVIIIe siècle, celui des Lumières et des encyclo- souvenir est bordé en amont par la puissance de
pédistes, a été marqué par un bouillonnement son illustre aîné et, en aval, par la décapitation de
intellectuel, artistique et scientifique sans pré- son petit-fils Louis XVI. Mais c’est véritablement
cédent. Il a également été le théâtre de querelles sous son règne que se mettent en place les élé-
incessantes entre le roi et les parlementaires rétifs ments qui vont conduire à la fin de la monarchie.
à toute réforme, cette noblesse arc-boutée sur la En cinquante ans, avec lui, le roi perd peu à peu
préservation de privilèges chèrement acquis. Il a son statut sacré pour devenir un homme comme

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Jacques Dubuisson
scénariste - auteur

De son immersion dans les archives du XVIIIe et les alcôves de Versailles,


Jacques Dubuisson est revenu chargé d’anecdotes, de détails et de
secrets qui ont nourri le scénario de Louis XV le Soleil Noir et ont fini par
rejaillir sur le documentaire Versailles, la vie dorée. Véritable passeur de
l’Histoire, l’auteur y raconte la lente déchéance d’un roi et de la monarchie.
Explications.

homme
les autres. Et, à un “homme comme les autres”, les silences de notr e roi seront son tombeau… ”
on peut demander des comptes. Disons alors que Marqué par le souvenir de la Fronde, Louis XIV
Louis XV a la chance d’être emporté par la petite avait été un roi en mouvement, à la reconquête
vérole… Sinon c’est à lui, et non à son successeur, de son pouvoir, de son statut divin. Louis XV, lui,
que l’on serait allé les demander, ces comptes ! hérite d’une situation établie et n’a plus à se battre.
Et il finit par agir comme s’il prenait le contre-pied
Pourquoi ce titre, le “Soleil Noir” ? En opposition de son bisaïeul. Louis XIV était un conquérant, il
au “Roi Soleil” ? sera un roi pacifiste. Louis XIV s’offrait au public,
L’héritage de Louis XIV pèse lourd sur les épaules il se repliera dans des appartements privés de
de Louis XV et il se montre incapable de l’assumer. plus en plus petits. Louis XIV était un bâtisseur,
Sur ce point-là, il ne peut s’en prendre qu’à lui- il se contentera d’adjoindre à Versailles le Petit
même. Fragile, mélancolique, renfermé, il ne prend Trianon. En somme, il fait toujours plus petit, là où
aucun plaisir à l’exercice du pouvoir. Ainsi sera-t-il son ancêtre faisait toujours plus grand...
un roi hésitant qui oscillera entre laxisme et crises
soudaines d’autorité. “S’expliquer, s’expliquer !
Le roi doit-il s’expliquer ?”, dit-il dans le film. Ce
qu’un ministre commente : “S’il n’y prend garde,

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En décrivant ainsi un personnage complexe, vous
allez contre l’image habituelle du roi libertin…
Bien souvent, quand on évoque Louis XV, on s’en
tient en effet à l’image d’un roi frivole et l’on s’ac-
croche à quantité de petits détails authentiques,
certes, mais très anecdotiques (c’est d’autant
plus vrai qu’il n’a jamais fait l’objet d’un film). Le
Jacques Dubuisson but d’un projet comme le nôtre est justement de
suite se débarrasser de tout ce qui peut parasiter la
lecture, de tout ce qui “fait écran”, pour aller plus
en profondeur. C’est ma responsabilité de scéna-
Le XVIIIe est connu, vous l’avez dit, pour être le riste : au-delà des éléments purement factuels,
siècle des Lumières. Louis XV n’a-t-il tout de dégager et respecter le sens de l’Histoire.
même pas contribué à cette émancipation ?
Il y a cette phrase du commentaire qui résume Vous êtes également l’auteur du documentaire
assez bien son attitude générale : “Louis XV le Versailles, la vie dorée, tourné pendant le tournage
sait et laisse faire”. Tout ce souffle ouvert par les du docu-fiction et dans lequel vous intervenez,
idées de d’Alembert ou de Diderot – et que La commentez, expliquez… Une manière d’incarner
Pompadour a introduites à Versailles –, Louis XV physiquement votre rôle de passeur ?
a l’art de les cautionner, sans les cautionner. L’idée de ce documentaire est venu en cours
d’écriture. Il y a tellement à dire sur le siècle de
Vous évoquez sa mélancolie. S’agit-il d’une expli- Louis XV, tellement à raconter sur la manière
cation rétrospective ? dont on y vivait, bougeait, dansait, mangeait,
On parlait déjà de caractère mélancolique à l’épo- aimait, s’habillait, dormait…, qu’il n’y aurait jamais
que. La psychologie n’existait bien évidemment eu assez d’un seul film ! Tous ces détails n’ont
pas, on ne cherchait donc pas de remèdes ou rien d’anecdotique, ils constituent au contraire
d’explications, mais les descriptions sont très des points d’entrée privilégiés, originaux, ludi-
précises. Aujourd’hui, on dirait certainement ques et inattendus, pour aborder et comprendre
que Louis XV était dépressif. Il faut voir que, roi l’Histoire. On tire un tout petit fil et tout le reste
à 5 ans, il a grandi dans une solitude immense vient. Comment, par exemple, Louis XV, las de
et a reçu une éducation stricte, dispensée uni- ses obligations, en se retirant dans ses appar-
quement par des hommes, totalement dénuée tements privés, a fini par “inventer” l’intimité qui
de toute affectivité. Ses précepteurs en ont fait a elle-même favorisé le début des salons qui,
quelqu’un de cultivé, d’intelligent, un passionné eux-mêmes, ont développé la gastronomie et
de sciences, certes, mais ils en ont fait aussi un le “goût” français… Ensuite, pour la forme du
homme incapable d’aimer, de communiquer, de documentaire, je m’en suis entièrement remis au
s’attacher. Nul ne sait si le roi était conscient de réalisateur Frédéric Compain qui, je dois le dire,
ces difficultés (il n’a jamais écrit une ligne à son m’a eu par surprise. Il n’était pas du tout question,
sujet), mais il est clair que ses multiples conquêtes au départ, que j’apparaisse dans le film !
amoureuses étaient autant de fuites, autant de
manières d’échapper à ses responsabilités.

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Foisonnant, riche, exaltant, le XVIIIe, siècle de la raison et des
philosophes, des arts et des sciences, du goût et de la liberté,
est un des fondements de notre modernité. Pour autant, difficile
de comprendre, sensiblement, de quoi il était fait, comment on y
vivait. La soirée Louis XV à Versailles offre une occasion unique
de s’y immerger et de s’en imprégner.
Quelques aperçus offerts par Jacques Dubuisson.

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L’allégement de la mode
“A quelques exceptions près, la tendance générale sous Louis XV est à un allègement
de la mode. On le voit notamment avec les premiers tissus imprimés, plus légers, ou avec
l’apparition des tronchines, ces robes courtes sans panier qui permettent enfin aux femmes
de s’asseoir et de se déplacer librement. Evidemment, il y a des épisodes qui contredisent
cette tendance, comme les perruques à échafaudages. On voit des femmes se promener
avec de constructions invraisemblables sur la tête : bateaux, paratonnerres !”

Les questions scientifiques


“Louis XV était passionné de sciences, ce qui l’amène, entre autres, à développer la
cartographie avec l’astronome César-François Cassini. Grâce aux premières cartes
de France, il peut engager d’importants travaux de modernisation des routes, facilitant
le commerce entre provinces. C’est également son goût pour les sciences qui le conduit
à trancher le débat au sein de l’Académie des Sciences sur la forme de la Terre : est-elle
sphérique ou aplatie aux pôles ? Pour répondre, il lance la double expédition de Maupertuis
(en Laponie) et de La Condamine (au Pérou). Une épopée fascinante !”

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La botanique au service du peuple
“Louis XV fait cultiver dans le potager royal près de quarante espèces de blé différentes pour
tester leur résistance à la maladie, à la température, etc. Il développe ainsi des semences
qu’il fait distribuer dans toute la France pour lutter contre les crises alimentaires.”

L’invention du goût
“Jusque-là, en France, on mange pour se nourrir, et non par goût. Les banquets, avec leur
abondance de plats, servent surtout à en mettre plein la vue aux nombreux convives. Mais,
avec le repliement du roi (et donc de la noblesse) dans les appartements privés, pour un
cercle restreint d’invités, on commence à réfléchir en terme de qualité, de goût. Dans les
salons, qui apparaissent à ce moment-là, on s’affronte non seulement sur les idées et les
arts, mais on rivalise également en terme de confections culinaires. Les premiers livres de
recettes voient le jour. Le développement du commerce maritime ouvre des questions sur
l’utilisation des épices, sur le mariage des saveurs, etc. Le XVIIIe siècle est vraiment celui
de la naissance de la gastronomie à la française.”

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15 février 1710 – Naissance, à Versailles, du futur Louis XV, titré
“duc d’Anjou”, arrière-petit-fils de Louis XIV.
1712 – Morts successives dans la famille royale : le jeune duc d’Anjou,
2 ans, devient l’héritier du trône de France.
1er septembre 1715 – Mort de Louis XIV. Louis XV devient roi à 5 ans.
1715-1723 – Régence du duc Philippe d’Orléans.
25 octobre 1722 – Sacre de Louis XV à Reims.
22 mai 1724 – Eclipse totale de soleil.
5 septembre 1725 – Mariage, à Fontainebleau, de Louis XV
avec Marie Leszczynska, 22 ans, fille du roi détrôné de Pologne.
Elle donnera dix enfants au roi en dix ans.
1726 – Louis XV appelle à ses côtés le cardinal de Fleury, son ancien
précepteur. Jusqu’à la mort du cardinal en 1743, cette période est
caractérisée par une grande stabilité.
Septembre 1729 – La reine donne naissance à un héritier mâle,
Louis-Ferdinand, le dauphin.
1741 – Guerre de succession d’Autriche.
Janvier 1743 – A la mort du cardinal de Fleury, Louis XV décide
de gouverner seul.
1743 – Premières infidélités du roi, après des années de bonheur conjugal,
avec notamment les sœurs de Nesle : madame de Mailly, madame
de Vintimille et madame de Châteauroux.
Août 1744 – Episode de Metz. Tombé gravement malade sur le front
de l’est, Louis XV est contraint de confesser publiquement ses mœurs.
Sa maîtresse est disgraciée.
1745 – La marquise de Pompadour devient la favorite du roi. Logée au
troisième niveau du château de Versailles, au-dessus des appartements
royaux, elle organise des soupers intimes avec des invités choisis.
1748 – Traité d’Aix-la-Chapelle. Le roi rend toutes ses conquêtes
à l’Autriche. Indignation du peuple.
1750 – Si elle n’est plus la maîtresse du roi, la marquise de Pompadour
n’en demeure pas moins sa conseillère éclairée, influençant grandement la
vie politique et culturelle du royaume. Le parc-aux-cerfs abrite désormais
les amours éphémères du roi.
Avril 1753 – Conflits avec les parlementaires opposés aux réformes.
29 août 1756 – Début de la guerre de Sept ans opposant la France
à la Grande-Bretagne.
5 janvier 1757 – Tentative d’assassinat du roi par Robert François
Damiens.
28 mars 1757 – Exécution de Robert François Damiens en place
de Grève.
1763 – Fin de la guerre de Sept ans. Le traité de Paris scelle l’importante
défaite française.
1762 – Construction du Petit Trianon par Jacques Ange Gabriel.
15 avril 1764 – Mort de la marquise de Pompadour.
Novembre 1764 – Le roi dissout l’ordre jésuite.
20 décembre 1765 – Mort du dauphin. Le roi, inconsolable, s’enferme
huit jours avec l’astronome Cassini.
1769 – Présentation à la cour de Madame du Barry, la nouvelle favorite
du roi.
16 mai 1770 – Mariage du futur Louis XVI avec Marie-Antoinette, célébré
dans l’Opéra royal nouvellement bâti par Ange Jacques Gabriel.
10 mai 1774 – Emporté par la petite vérole, Louis XV meurt. Louis XVI,
son petit-fils, a 19 ans.

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dans des

Thierry Binisti et Frédéric Compain : deux approches, deux

itre titre
regards, deux manières de rendre sensible le règne de Louis XV.
Le premier ressuscite le passé de Versailles, le temps
d’une biographie dense et émouvante (Louis XV le Soleil Noir).
Le second s’aventure “par-delà les coulisses” et dévoile
les dessous du XVIIIe siècle dans un documentaire vivifiant
(Versailles, la vie dorée). Explications des deux réalisateurs.

Thierry Binisti
Réalisateur
Avec Louis XV le Soleil Noir, vous reprenez concrètement les choses là
où vous les aviez laissées à la fin de Versailles, le rêve d’un roi…
Le nouveau film commence en effet là où s’arrêtait le précédent, comme
un passage de relais : le tout jeune roi Louis XV, 5 ans, déambule dans
la Galerie des Glaces, symbole absolu du règne de son prédécesseur.
L’enfant lève les yeux vers cette voûte chargée de toute la magnificence
de son bisaïeul – qui lui avait prédit qu’il serait rien de moins que “le plus
grand roi du monde” – et l’on sent d’emblée combien cet héritage est
écrasant, impossible. C’est toute la question du film : comment vivre,
comment exister, derrière le Soleil ?

D’où le motif de l’éclipse…


Historiquement, elle est absolument authentique. L’éclipse totale de soleil
de 1724 a été un événement marquant du règne de Louis XV. D’un point de
vue cinématographique, elle constitue une réelle aubaine ! En une image,
elle concentre l’enjeu même du film. Elle devient la traduction symbolique,
visuelle et poétique, de toute la vie future du jeune roi.

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Thierry Binisti
suite

Un film sur Louis XV, c’est une première, non ? ne voulais pas non plus d’un comédien trop connu du
Il n’y a eu, à ce jour, aucun film centré sur Louis XV en grand public, pour favoriser d’avantage l’identification
tant que personnage principal. Preuve qu’il était et reste au personnage. Surtout, comme pour Versailles, le rêve
aujourd’hui encore un roi méconnu, mal compris. En d’un roi, je voulais un acteur… beau ! C’est pour moi
parcourant sa vie, depuis le point d’observation privilégié une façon très claire de traduire d’emblée la grandeur,
de Versailles – de son enfance solitaire à son goût de la la majesté, la puissance du roi par une forme de beauté
famille, de ses hésitations politiques à ses libertinages, supérieure et incontestable.
de ses débuts prometteurs à sa déchéance finale –, le
film permet de mieux l’appréhender, de mieux le cer- Vous ne filmez pas tout à fait Versailles comme dans Le
ner. Avec Le Rêve d’un r oi, on avait pu voir comment Rêve d’un roi…
Louis XIV, menacé enfant par la Fronde, était parti à la C’est vrai. L’esthétique générale consistait à filmer le châ-
reconquête de son pouvoir grâce à Versailles. De même teau légèrement en contre-plongée, pour que l’on sente
comprend-on maintenant combien Louis XV, roi mélan- autant sa puissance, sa beauté que son poids accablant.
colique et fragile, s’est montré incapable d’assumer ce Partir en repérages sur les traces de Louis XV, à Versailles
Versailles et comment son règne a préparé, quinze ans à ou ailleurs (car il reste assez peu d’intérieurs d’époque
peine après, la Révolution française. De Louis XIV à Louis à Versailles même), est une expérience intense. On se
XVI, en trois rois, on est ainsi passé de la constitution de laisse imprégner par la richesse évocatrice des lieux. On
la monarchie absolue à sa destruction. Et Louis XV est a envie de les filmer et de transmettre ce qu’on y ressent.
un rouage essentiel pour comprendre cet implacable Versailles est un endroit qui résonne. Le passé n’est plus,
mouvement. mais la vie est encore présente, d’une certaine manière.
Avec ces films autour de Versailles, j’espère avoir réussi
Pourquoi avoir choisi Stanley Weber pour le rôle à raconter un peu ce que j’y ai “entendu” et “vu”…
principal ?
J’ai été sensible chez lui à ce mélange indissociable
de puissance intérieure et de fragilité : les deux quali-
tés indispensables pour incarner ce roi complexe. Je

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et grandiose : les coulisses d’un film, avec des centaines
de techniciens, acteurs, figurants ou spécialistes dans
des décors impressionnants et mystérieux. Avec mon
équipe (Pierre Boffety à l’image, Laurent Malan au son,
mon assistant Roméo Guilbert et l’indomptable et mer-
veilleux Jacques Dubuisson comme guide), j’ai arpenté
les couloirs, déambulé dans les soutes du tournage pour
réaliser un film “au-delà des coulisses”.

Comment l’avez-vous envisagé ?


Le documentaire possède son temps propre. Un temps
qui permet de s’attarder sur un plat de fraises ou sur
le plissé d’un vêtement, par exemple. Un temps qui
permet de saisir les mots – volés entre deux portes –
d’un des gardiens éblouis de ce Versailles méconnu et
vivant, mais qui a l’air – allez savoir pourquoi ! – figé pour
l’éternité aux yeux de la plupart de nos contemporains.
Il m’est toujours difficile d’expliquer ma méthode. J’aime
procéder par approximations successives, avancer à
l’aveuglette, sans grandes idées préconçues. Là, je
savais que le film jouerait sur des frontières, sur une
certaine ambivalence des territoires : entre le docu-
mentaire et la fiction, entre le passé et le présent, entre
le badin et le sérieux, etc. Je voulais qu’il y ait une cir-
culation impromptue du savoir, dans une forme de joie
communicative, de gai savoir…

On reconnaît là la personnalité de Jacques Dubuisson,


auteur et “personnage principal” de votre documen-
taire…
Evidemment ! Il incarne ce gai savoir. Il possède une
forme d’auto-ironie, avec un mélange de timidité et
d’autorité, qui m’ont beaucoup plus. Et, tout en étant un
véritable puits de science, il est également très joueur.
Ma rencontre avec lui a été déterminante – et très sti-
mulante – pour l’ensemble du film.
Frédéric Compain On vous connaît davantage pour vos investigations
Réalisateur (EADS-Airbus, une affaire d’Etats, Cindy rêve d’argent
sur Arte ou Bouthan naissance d’une démocratiesur
Vous avez filmé Versailles, la vie dorée en parallèle du France 5), comment avez-vous abordé l’exercice
tournage de Louis XV le Soleil Noir , sans pour autant particulier de ce documentaire historique ?
réaliser un making of traditionnel. Comment définiriez- Avouons-le, je ne connaissais rien de Louis XV et de
vous ce film ? son siècle. J’étais même d’une inculture crasse. Et, au
Le documentaire est pour moi l’équivalent de l’essai fond, ce film est l’occasion d’une revanche personnelle
en littérature. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit néces- sur l’école. Je déteste tout ce qui est scolaire, qui s’ap-
sairement plus intéressant ou plus réussi qu’une forme parente à un savoir professoral, figé, pesant, où tout
romanesque comme la fiction. C’est simplement une n’est que compétitivité et ennui. Avec Versailles, la vie
autre tentative d’avancer dans “l’épaisse forêt vierge du dorée, j’espère avoir montré, prouvé, qu’il est possible
réel”, selon la superbe expression de l’écrivain argentin d’apprendre en s’amusant et de transmettre tout en
Juan José Saer. Pour Versailles, la vie dorée, j’avais, si restant dans la gaieté et le plaisir.
j’ose dire, une “matière première” passionnante, originale

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Stanley Weber
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Comment avez-vous réagi quand on vous a pro- L’image de Louis XV a été quelque peu faussée par
posé le rôle de Louis XV ? le temps. Vous en faites un personnage mélancoli-
Avec excitation, nervosité et enthousiasme ! que et profond, là où l’on ne retient d’ordinaire que
Pouvoir jouer un personnage historique et l’ac- sa légèreté et son goût du libertinage… Comment
compagner sur cinquante ans, c’est une chance avez-vous composé avec cet imaginaire ?
rare pour un jeune comédien. A toutes les étapes, C’est en fait plutôt agréable de pouvoir jouer un
j’ai eu le bonheur d’être entouré par une équipe personnage que l’on connaît peu ou mal. Ça ouvre
formidable et attentive. Une équipe “d’artisans”, plus de liberté. Louis XV était un roi taciturne,
de passionnés, d’enthousiastes, emmenée par le replié sur lui-même, secret. Il l’était par nature, par
grand et délicat metteur en scène qu’est Thierry éducation et par nécessité. Il laissait volontaire-
Binisti. Ce sont là toutes les raisons qui me pous- ment courir les rumeurs (globalement fondées, il
sent à faire et à aimer ce métier : le plaisir de est vrai) sur ses libertinages pour mieux cacher
“jouer”, au sens premier du mot, s’amuser. Je ces choix politiques. Il était d’une grande intelli-
ne vous cache pas que je suis tout de même gence politique mais, malgré cela, manquait de
anxieux en pensant au soir de la diffusion. Anxieux volonté. Comme tous les timides, il pouvait être
et impatient… extrêmement brutal.

Comment vous êtes-vous approprié Louis XV ? Votre jeu est très intérieur…
A chacun sa méthode quand il s’agit d’aborder Louis XV a été pour moi un rôle intense, difficile,
un personnage historique. Moi, je me suis rempli sensible. J’ai été particulièrement bien soutenu par
de lectures. Un travail de recherches intense qui l’habile maquillage de Marie-Hélène Duguet et les
est allé de Wikipedia à la superbe biographie somptueux costumes de Valérie Adda. Pour un
de Michel Antoine, en passant par… mes cours acteur, ils constituent un masque indispensable
exhumés pour l’occasion ! Le scénario lui-même qui permet d’effacer tous nos “tics” de jeu habi-
était très fort, détaillant les étapes-clés de la vie tuels. On n’est jamais autant soi-même qu’avec
de Louis XV. Ensuite, j’ai laissé reposer tout ce un masque. Ensuite, quand on tourne à Versailles,
foisonnement d’informations, de témoignages, dans ces magnifiques décors chargés d’histoire
de sources, d’images, pour mieux m’en déta- – et dans la chambre même du roi ! –, il n’y a plus
cher. Il faut laisser tout cela mûrir à l’intérieur de ni cinéma, ni scénario, ni acteurs… Il s’est passé
soi – physiquement, mentalement – pour, au final, beaucoup de choses en moi, pendant le tournage,
composer le personnage avec sa propre person- dans mon corps, dans mon esprit.
nalité, sa propre sensibilité.

rôle intense
Stanley Weber avoue avoir eu le déclic pour le métier de
comédien, à 14 ans, en assistant à un Cyrano de Bergerac mis
en scène par son père Jacques Weber. Depuis, élève au Cours
Florent et au Conservatoire, il enchaîne les mises en scène au
théâtre (L’Epouvantail) et les rôles au cinéma (Le premier jour du
reste de ta vie). Avec Louis XV le Soleil Noir, il a pour la première
fois le rôle principal d’un film de télévision. Rencontre.

L à XV
S
Versailles

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V ailles,
ie
ill
illes
la vie dorée
TECHNIQUE
Réalisé par Frédéric Compain
Ecrit par Jacques Dubuisson
Image Pierre Boffety
Son Laurent Malan

F
Montage Alberto Yaccelini
Recherches iconographiques Valérianne Boué
Mixage Stéphane Larrat
Voix Frédéric Compain
Direction de production Valérianne Boué
Une production Les Films d’Ici
En coproduction avec l’Etablissement public du musée
et du domaine national de Versailles
avec la participation de France Télévisions
Avec la participation de Béatrix Saule, Conservateur général du
patrimoine, directrice du musée national des châteaux de Versailles
et des Trianon ; Frédéric Didier, architecte en chef des Monuments
historiques ; Jean-Paul Gousset, directeur technique de l’Opéra
Royal ; Antoine Jacobsohn, responsable du Potager du Roi ;
Gabriela Lamy, documentaliste au service des jardins de Trianon ;
Joel Cornette, professeur d’histoire moderne, Université Paris 8
Vincennes-Saint-Denis ; Catriona Seth, professeur des Universités
(Université de Nancy) ; Christine Blondel, chercheur au CNRS ;
Catherine Lanoë, maître de conférences en histoire moderne à
l’université d’Orléans ; Catherine Denoyelle, styliste culinaire ;
Stéphane Houplain ; Ulysse Houplain
et… Jacques Dubuisson, scénariste.

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ARTISTIQUE
Stanley Weber Louis XV
François Berland Richelieu
Féodor Atkine Cassini
Marina Cristalle Mme de Laborde
William Mesguich Monsieur
Romane Portail Mme de Pompadour
Coralie Revel Mme du Barry
Léa Wiazemsky Mme de Châteauroux
Blandine Bury Madame de Mailly
Karine Pinoteau La reine Marie Leszcynska
Florian Cadiou Le Dauphin
Camille Grosjean Adélaïde
Delphine Théodore Henriette

L
Benoît Solès Duc de Choiseul
Serge Barbagallo Comte de Broglie
François Daubigny Marquis d’Argenson
Jean-Michel Meunier Jacques Gabriel
Laurent Soffiati Croÿ
Philippe Magnan Maupéou OU
OU
UIS
Didier Vinson Sartine
Gabriel Hallali Louis XV enfant
Alain Floret Evêque de Fréjus
Cassandre Vittu de Kerraoul Madame de Prie
XV
le Soleil Noir

Jean-Marie Cozic Duc de Bourbon


Alexandre Carrière Damiens
Jean-Luc Placé Médecin
Serge Esposito Monseigneur Fitz-James

TECHNIQUE
Bruno Buffoli Papillon de la Ferté
Pierre Londiche Abbé de Beauvais
Jacques-Henri Delcamp Grand Aumonier
Réalisation Thierry Binisti
Scénario et dialogues
Jacques Dubuisson
et Michel Fessler
Adaptation de Jacques Dubuisson
Musique originale René-Marc Bini
(Editions Altynaï)
Voix Vinciane Millereau
Directeur de la photographie
Dominique de Wever
Son Jean Minondo
Décors Patrick Valverde
Costumes Valérie Adda
Maquillage Marie-Hélène Duguet
et Dominique Plez
Coiffure Isabelle Bertaud Patocska
Styliste culinaire Catherine Denoyelle
Montage Stéphane Kazadi
Effets spéciaux Dan Rapaport
Mixage Denis Leleux
Direction de production Raymond
Spartacus
Production exécutive et artistique
Elisabeth Kiledjian
Production déléguée Serge Lalou
Une coproduction France Télévisions,
Les Films d’ici, L’Etablissement public
du musée et du domaine national
de Versailles, avec le soutien
de la Région Ile-de-France
et la participation de TV5 Monde

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Contact presse
France 2 :
Audrey Dauman > 01 56 22 46 95
audrey.dauman@francetv.fr
assistée de Ghislaine Orville > 01 56 22 59 97
ghislaine.orville@francetv.fr

Edité par la Direction de la Communication de France 2


7, Esplanade Henri de France - 75907 Paris Cedex 15
Directeur artistique des Éditions : Philippe Baussant
Rédaction : Cyrille Latour
Conception et réalisation : Valérie Meylan
Photos France 2 : Jean Pimentel
Chef du service des Éditions : Marie-Jo Fouillaud
Chef du service Photo : Violaine Petite
Directeur de la Communication : Stéphane Bondoux
Directeur de la publication : Patrick de Carolis
Impression : Advence - N° ISSN 1764 1608 -
Novembre 2009

france2.fr

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