Vous êtes sur la page 1sur 156

Enseignement

1 re scientifique
Programme 2019

Livre du professeur

Sous la direction de
Thierry Cariat   Benoît Merlant   Mathieu Ruffenach
Yves Jusserand   Michel Poncy

Adeline André Yves Jusserand


IA-IPR, académie de Versailles Lycée Bernard Palissy, Gien

Alban Caillette Catherine Lebert


Lycée Ronsard, Vendôme
Adeline Marois
Thierry Cariat Annexe du lycée Jean-Baptiste Say
Lycée Dhuoda, Nîmes Centre Édouard Rist, Paris

Pascal Chauvel Benoît Merlant


Lycée Charles Lepierre, Lisbonne Lycée Bernard Palissy, Gien

Nicolas Courbaize Paul Pillot


Lycée Jean Jaurès, Professeur, développeur
Saint-Clément-de-Rivière d’applications scientifiques, Montréal

Aude de Quillacq Michel Poncy


Lycée Descartes, Tours
Philippe Roger
Fatima El Aziz Khalil Lycée Bernard Palissy, Gien
LFI Georges Pompidou, Dubaï
Mathieu Ruffenach
Bastien Gravière IA-IPR, académie de Montpellier
Lycée Lalande, Bourg-en-Bresse
Laurent Toix
Lycée Aristide Maillol, Perpignan

04733691_.indb 1 08/10/2019 14:42


SOMMAIRE

Partie 1 – Une longue histoire de la matière


  Un niveau d’organisation : les éléments chimiques.............................................3
  Des édifices ordonnés : les cristaux..........................................................................9
  Une structure complexe : la cellule vivante..........................................................21
Préparer le contrôle continu..............................................................................................33

Partie 2 – Le Soleil, notre source d’énergie


  Le rayonnement solaire...............................................................................................35
  Le bilan radiatif terrestre............................................................................................43
  Une conversion de l’énergie solaire : la photosynthèse....................................57
  Bilan thermique du corps humain............................................................................69
Préparer le contrôle continu..............................................................................................77

Partie 3 – La Terre, un astre singulier


  La forme de la Terre......................................................................................................79
  L’histoire de l’âge de la Terre.....................................................................................91
  La Terre dans l’Univers............................................................................................. 101
Préparer le contrôle continu........................................................................................... 109

Partie 4 – Son et musique, porteurs d’information


  Le son : un phénomène vibratoire......................................................................... 113
  La musique ou l’art de faire entendre les nombres......................................... 121
  Le son : une information à coder........................................................................... 135
  Entendre la musique................................................................................................. 145
Préparer le contrôle continu........................................................................................... 155

04733691_.indb 2 08/10/2019 14:42


PARTIE   1

Chapitre
Un niveau
d’organisation :
les éléments chimiques
Manuel p. 12

LE PROGRAMME

1. Une longue histoire de la matière

1.1 – Un niveau d’organisation : les éléments chimiques

Comment, à partir du seul élément hydrogène, la diversité des éléments chimiques est-elle apparue ? Aborder
cette question nécessite de s’intéresser aux noyaux atomiques et à leurs transformations. Cela fournit
l’occasion d’introduire un modèle mathématique d’évolution discrète.

Savoirs Savoir-faire

Les noyaux des atomes de la centaine d’éléments Produire et analyser différentes représentations
chimiques stables résultent de réactions nucléaires graphiques de l’abondance des éléments chimiques
qui se produisent au sein des étoiles à partir de (proportions) dans l’Univers, la Terre, les êtres vivants.
l’hydrogène initial. La matière connue de l’Univers
L’équation d’une réaction nucléaire stellaire étant
est formée principalement d’hydrogène et d’hélium
fournie, reconnaître si celle-ci relève d’une fusion ou
alors que la Terre est surtout constituée d’oxygène,
d’une fission.
d’hydrogène, de fer, de silicium, de magnésium et
les êtres vivants de carbone, hydrogène, oxygène et
azote.

Certains noyaux sont instables et se désintègrent Calculer le nombre de noyaux restants au bout
(radioactivité). de n demi-vies
L’instant de désintégration d’un noyau radioactif Estimer la durée nécessaire pour obtenir une certaine
individuel est aléatoire. proportion de noyaux restants.
La demi-vie d’un noyau radioactif est la durée Utiliser une représentation graphique pour
nécessaire pour que la moitié des noyaux initialement déterminer une demi-vie.
présents dans un échantillon macroscopique se soit
Utiliser une décroissance radioactive pour une
désintégrée.
datation (exemple du carbone 14).
Cette demi-vie est caractéristique du noyau radioactif.

Prérequis et limites

Les notions, déjà connues, de noyaux, d’atome, d’élément chimique et de réaction nucléaire sont remobilisées.
Aucune connaissance n’est exigible sur les différents types de radioactivité.
L’évolution du nombre moyen de noyaux restants au cours d’une désintégration radioactive se limite au cas de
durées discrètes, multiples entiers de la demi-vie. Aucun formalisme sur la notion de suite n’est exigible.
Les fonctions exponentielle et logarithme ne font pas partie des connaissances attendues.

04733691_.indb 3 08/10/2019 14:42


JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 12 dans l’activité 2. Puis ils découvriront à travers
l’activité 3 une illustration de l’aspect aléatoire des
SITUATION 1 transformations radioactives.
Cette situation permet de revenir sur la notion
d’élément chimique, rencontrée au cycle 4 puis
en classe de seconde.
ACTIVITÉS
›Exemple
› de réponse attendue p. 14 ❚ ACTIVITÉ 1
Le diamant et le graphite ont en commun l’élé-
ment carbone qui les compose tous les deux. Abondance relative
des éléments chimiques
› classe de 1re enseignement scientifique
›En Cette activité a pour objectif de traiter les parties
L’activité 1 permettra de découvrir la chronologie suivantes du programme :
de la formation de l’Univers à partir du Big Bang
Savoir : « La matière connue de l’Univers est
et de travailler sur l’abondance des éléments
formée principalement d’hydrogène et d’hélium
chimiques qui le composent.
alors que la Terre est surtout constituée d’oxy-
gène, d’hydrogène, de fer, de silicium, de magné-
SITUATION 2 sium et les êtres vivants de carbone, hydrogène,
Dans cette situation, on veut vérifier si les élèves oxygène et azote. »
ont retenu la notion d’isotopie découverte en Savoir-faire : « Produire et analyser différentes
classe de seconde. représentations graphiques de l’abondance des
éléments chimiques (proportions) dans l’Univers,
›Exemple
› de réponse attendue
la Terre, les êtres vivants. »
Le noyau de carbone 12 contient 6 protons et
6 neutrons, alors que celui de carbone 14 contient DOC

6 protons et 8 neutrons ; ils ont donc une masse Pour mener une investigation
différente.
◗◗Exemple de correction
› classe de 1re enseignement scientifique
›En •  Les particules présentes étaient essentiellement
Comme exemple de transformation des noyaux des protons.
atomiques, le programme s’intéresse au phé-
•  Les noyaux d’hydrogène et d’hélium sont les
nomène de la radioactivité. L’activité 4 en décrit
noyaux les plus simples avec un ou deux protons.
la genèse, en insistant sur l’aspect historique et
décrit une application (la datation) qui illustre le •  Les réactions nucléaires qui se produisent dans
modèle mathématique d’évolution discrète d’une les étoiles fabriquent les atomes plus lourds.
population de noyaux radioactifs. DOC

Pour mener une investigation


SITUATION 3
L’objectif de cette dernière situation est de vérifier ◗◗Exemple de correction
si les élèves savent distinguer les trois types de C’est le diagramme circulaire qui est le mieux
transformation de la matière, qu’ils ont étudiés en adapté.
classe de Seconde. S
Fe H autres
Si 3,7 %
›Exemple
› de réponse attendue 14 % autres 90 % 2%
14 % He
Une transformation nucléaire modifie un ou 2,3 % 8%
plusieurs noyaux d’atomes, une transformation
chimique concerne les électrons des atomes
(des espèces chimiques disparaissent et d’autres
apparaissent), alors que dans une transformation
Mg O
physique la matière change d’état, sans création
17 % 49 %
de nouvelles espèces chimiques. sur Terre dans l'Univers
› classe de
›En 1re enseignement scientifique •  Les deux éléments H et He représentent à eux
Le programme s’intéresse aux différentes trans- seuls 98 % des atomes présents dans l’Univers, ils
formations nucléaires et les élèves les aborderont sont donc ultra majoritaires.

4 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 4 08/10/2019 14:42


•  L’oxygène est l’élément le plus abondant sur Lors d’une désintégration radioactive spontanée,
Terre. Mis à part H, He, C, N qui sont à l’état de un noyau instable se transforme en un autre
traces, aucun élément, sauf le soufre n’est négli- noyau plus stable.
geable si on utilise le rapport 1/10 pour décider
2. Une réaction de fission nécessite des condi-
qu’un élément est en proportion négligeable.
tions de température et de pression particulières
•  L’abondance des éléments H et O est liée à la (350 à 450 °C et 150 à 200 fois la pression atmos-
forte proportion d’eau qui constitue les êtres phérique). Dans les mines d’uranium d’Oklo, à
vivants. une profondeur de plusieurs milliers de mètres,
ces conditions de température et de pression
›Exemple
› de correction des pistes de travail étaient réunies.
1. On est parti du plus simple (les particules C’est l’eau qui circulait à travers la roche qui a
notamment des protons et des neutrons) pour servi de modérateur, pour ralentir les neutrons
former des noyaux, puis arriver à un assemblage responsables de la fission.
plus complexe (d’abord des atomes légers puis 3. Si la roche est peu profonde, le radon, dont la
des atomes de plus en plus lourds). demi-vie est 3,8 jours, a le temps de la traverser et
2. Ces noyaux les plus simples (avec un ou deux de passer dans l’atmosphère avant de se désinté-
protons), les plus légers, se sont formés les pre- grer, sinon il reste piégé dans le sous-sol.
miers et en plus grand nombre, la formation
des atomes plus lourds étant venue ensuite par
fusion entre atomes plus légers dans les étoiles. p. 18 ❚ ACTIVITÉ 3
3. L’abondance des éléments diminue globale- Décroissance radioactive
ment au fur et à mesure que leur masse atomique Cette activité a pour objectif de traiter les parties
augmente. suivantes du programme :
Savoir : « L’instant de désintégration d’un noyau
radioactif individuel est aléatoire. »
p. 16 ❚ ACTIVITÉ 2
Savoir-faire : « 
Estimer la durée nécessaire
Transformations nucléaires pour obtenir une certaine proportion de noyaux
dans l’Univers restants. »

Cette activité a pour objectif de traiter les parties DOC

suivantes du programme : Démarche expérimentale


Savoirs : « Les noyaux des atomes de la centaine Exemple de courbe expérimentale montrant l’évo-
d’éléments chimiques stables résultent de réac- lution du nombre de dés restants en fonction du
tions nucléaires qui se produisent au sein des temps :
étoiles à partir de l’hydrogène initial.
Certains noyaux sont instables et se désintègrent
(radioactivité).
La demi-vie d’un noyau radioactif est la durée
nécessaire pour que la moitié des noyaux initia-
lement présents dans un échantillon macrosco-
pique se soit désintégrée.
Cette demi-vie est caractéristique du noyau
radio­actif.  »
Savoir-faire : « L’équation d’une réaction nucléaire
stellaire étant fournie, reconnaître si celle-ci relève
d’une fusion ou d’une fission. »

›Exemple
› de correction des pistes de travail DOC

1. Lors d’une fusion, deux noyaux légers s’unissent


Démarche expérimentale
pour former un noyau plus lourd. Les figures suivantes montrent des exemples de
Lors d’une fission, un noyau lourd se brise en l’évolution de la fréquence des résultats pour 50,
deux noyaux plus légers. 100 et 200 mesures.

CHAPITRE 1 • Un niveau d’organisation  : les  éléments chimiques 5

04733691_.indb 5 08/10/2019 14:42


Statistiques sur 50 comptages : p. 20 ❚ ACTIVITÉ 4
La radioactivité, de sa découverte
à ses applications
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme :
Savoirs : « Certains noyaux sont instables et se
désintègrent (radioactivité).
La demi-vie d’un noyau radioactif est la durée
nécessaire pour que la moitié des noyaux initia-
Statistiques sur 100 comptages : lement présents dans un échantillon macrosco-
pique se soit désintégrée. »
Savoir-faire : « Calculer le nombre de noyaux res-
tants au bout de n demi-vies.
Estimer la durée nécessaire pour obtenir une cer-
taine proportion de noyaux restants.
Utiliser une représentation graphique pour déter-
miner une demi-vie.
Utiliser une décroissance radioactive pour une
datation (exemple du carbone 14). »
Statistiques sur 200 comptages :
›Exemple
› de correction des pistes de travail
1. Becquerel met en évidence la radioactivité de
l’uranium en 1896. En 1898, Marie Curie montre
qu’il existe d’autres éléments radioactifs ; elle géné-
ralise la radioactivité. Avec Pierre Curie, son mari,
elle découvre le polonium et le radium, d’autres
éléments radioactifs. Tous les trois obtiendront le
prix Nobel de physique 1903 pour leurs travaux.
Une unité de radioactivité porte le nom de Becque-
›Exemple
› de correction des pistes de travail rel et un élément chimique celui de Curium.
1. Le nombre de noyaux radioactifs décroît régu- 2. Le report de la moitié du nombre initial de
lièrement en tendant vers zéro. noyaux sur la courbe de décroissance radioactive
2. Non, les fluctuations des comptages ne peuvent donne la valeur de la demi-vie.
s’expliquer par des incertitudes de mesure car on 3. D’après la courbe du doc. 2, le nombre de
en retrouve systématiquement en recommençant noyaux qui ne sont pas désintégrés à la date
l’expérience. La désintégration d’un ensemble t = n · t1/2 est déterminé en utilisant la relation
de noyaux radioactifs est un phénomène qui N
présente des fluctuations, mais ces fluctuations N = 0 , où n est le nombre de demi-vies.
2n
peuvent être caractérisées pourvu que l’on multi- 4. Le carbone 14, produit dans la haute atmos-
plie les observations. phère, est assimilé par les plantes et les animaux
3. Pour un intervalle de temps donné, lorsque le de leur vivant. À leur mort, les échanges de car-
nombre d’observations augmente, la distribution bone cessent avec la biosphère et le contenu en
des fréquences se régularise. carbone 14 décroît. En mesurant la radioactivité
résiduelle dans un échantillon, il est possible de
4. Influences des autres paramètres :
remonter à l’âge de la mort de l’organisme.
– la nature de la source : elle fait varier le nombre
de désintégrations par seconde ;
– la distance entre la source et le compteur :
CORRECTION DES EXERCICES
quand elle augmente, le nombre de désintégra- p. 25 ❚
tions enregistrées diminue ; Vérifier ses connaissances
– la durée de comptage : quand elle augmente,
le nombre de désintégrations enregistrées aug- 1  Connaître les mots-clés
mente aussi. Voir définitions p. 23.

6 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 6 08/10/2019 14:42


p. 27 ❚
2  Questions à choix multiples S’entraîner
A-1 ; B-3 ; C- 1-2-3 ; D-2 ; E-3 ; F-1. 7  Retour vers les problématiques
3  Distinguer des transformations nucléaires •  De quoi est faite la matière qui compose
l’Univers, la Terre et les êtres vivants ? Quelle
Fusion : réaction entre le fer et le bismuth pour
en est l’origine ?
former le meitnerium.
L’Univers est principalement constitué d’hydro-
Fission : « transformation de l’uranium en deux
gène et d’hélium (98 % des atomes) qui se sont
noyaux sous l’impact d’un neutron ».
formés juste après le Big Bang. La Terre est sur-
Désintégration radioactive  : désintégration du
tout composée d’oxygène, de soufre, de fer, de
meitnerium, « tous ses isotopes se transforment
silicium et de magnésium. Les êtres vivants sont
spontanément en émettant des particules ».
constitués essentiellement de carbone, d’hydro-
gène, d’oxygène et d’azote. Les éléments plus
4  Décrypter la nucléosynthèse
lourds que l’hydrogène se forment par fusion
des éléments chimiques
dans les étoiles.
1. Composition des noyaux :
•  Certains noyaux d’atomes existent depuis
Z = 2 donc 2 protons,
4 He  :
2 des millions d’années, alors que certains ne
A – Z = 4 – 2 = 2 donc 2 neutrons ; durent qu’un instant. Comment décrire cette
3 Z = 3 donc 3 protons,
7 Li :
instabilité ?
A – Z = 7 – 3 = 4 donc 4 neutrons. La radioactivité est un phénomène aléatoire et il
2. Ces noyaux sont des isotopes, leur masse est est impossible de déterminer à quel moment un
différente. noyau radioactif va se transformer pour être plus
stable. Elle obéit à des lois statistiques et la courbe
3. Un élément chimique est caractérisé par son
de décroissance montre l’évolution d’un échantil-
numéro atomique Z. Il s’agit du nombre de pro-
lon radioactif au cours du temps. La courbe de
tons contenus dans le noyau de l’atome. Lors
décroissance est déterminée par la demi-vie qui
d’une transformation chimique, les protons du
est caractéristique d’un noyau donné.
noyau ne sont pas mis en jeu, seuls les électrons
interviennent.
8  Abondance des éléments chimiques
p. 26 ❚ 1. Hydrogène, hélium, carbone, azote, oxygène,
Exercice similaire magnésium, silicium, soufre et fer.
6  Utilisation d’un isotope du thorium 2.
Terre
1. N
N0

0,2 0 0,02 0,03 49 17 14 3,7 14


N0 H He C N O Mg Si S Fe
–––
2
Univers
N0
–––
4
N0
–––
8
t
0 t1/2 2t1/2 3t1/2

2. 57 jours correspondent à 3t1/2. 90 8 0,008 0,015 0,057 0,002 0,0023 0,0010 0,0014

N N H He C N O Mg Si S Fe
Il reste : 0 = 0 donc la masse restante est :
23 8 3. a. Les deux éléments H et He représentent
m 1,0 98 % des atomes présents dans l’Univers.
= soit 0,125 µg.
8 8 b. Ces atomes qui ont les noyaux les plus simples,
3. Il restera 6,25 % soit 0,062 5 avec un ou deux protons, se sont formés les
1 premiers et en plus grand nombre, la formation
soit des noyaux initiaux à t = 4t1/2
16 des atomes plus lourds étant venue ensuite par
soit une durée t = 4 × 19 ; t = 76 jours. fusion entre atomes plus légers.

CHAPITRE 1 • Un niveau d’organisation  : les  éléments chimiques 7

04733691_.indb 7 08/10/2019 14:42


9  Radioactivité du césium 137 Prépa
12   BAC Réactions de fusion dans les étoiles
1. La radioactivité est un phénomène aléatoire.
1. La réaction de fusion a consomme 4 noyaux
2. Plus le nombre de mesures est important, plus d’hydrogène et libère une énergie E = 4 × 10–12 J.
la distribution des fréquences se régularise et la La masse du Soleil disponible pour les réactions
valeur moyenne du nombre de désintégrations se de fusion, notée md, représente 10 % de sa masse
stabilise. totale :
3. a. On trouve 307,5 désintégrations par seconde md = 0,10 MS
en moyenne. La réaction aura lieu N fois :
307,5 md 0,10 MS
b. = 61,5 N= = .
5 4mp 4mp
Il y a 61,5 désintégrations par seconde.
Elle libérera une énergie totale ET = N · E.
10  Scintigraphie osseuse Ms · E
ET = 0,10
1. Tracé de l’évolution du nombre de noyaux en 4 mp
fonction du temps :
0,10 × 2 × 1030
N (t) ¥ 106 ET = × 4 × 10 −12
600 4 × 1,67 × 10 −27
500 Soit ET = 1 × 1044 J.
400
2. Si, en une année, le Soleil consomme ES = 1034 J,
300 alors en Δt années le Soleil aura consommé
200 ET = 1 × 1044 J.
100 ET 10 44
Δt = =
0 ES 1034
0 5 10 15 20 25 30 35 40
t (h) Soit Δt = 1010 années.

Le nombre de noyaux radioactifs diminue au Il faut donc une durée Δt de 1010 années pour que
cours du temps. le Soleil consomme toutes ses réserves.

N0 3. On remarque que t1 = 2 t1/2.


2. Quand N = = 277,5 × 106, alors t = t1/2 ≈ 6 h ; Au bout d’une durée égale à deux demi-vies, il
2
c’est la demi-vie. reste un quart des noyaux initialement présents,
soit :
3. Ce traceur est adapté car il est rapidement
N N (t ) 1
éliminé. En effet au bout d’un jour et demi, il ne N(t1) = 0  donc  1 = .
reste pratiquement plus de noyaux radioactifs 4 N0 4
chez le patient.

11  Âge d’une momie


PROJET EXPÉRIMENTAL ET NUMÉRIQUE
1. En lisant sur la courbe : pour 60 % d’atomes de p. 29 ❚

carbone restants, on a t = 4 500 ans. C’est l’âge de L’objectif de ce projet est de réaliser un dispositif
la momie. pour mesurer la radioactivité ambiante ou celle
de différents échantillons. Après s’être procuré le
2. À partir du décès, il n’y a plus d’ingestion de
tube Geiger-Müller dans le commerce, les élèves
matière carbonée.
devront le faire piloter par un microcontrôleur
3. Non, puisqu’au bout de tant d’années, il n’y a Arduino afin d’afficher le nombre de désintégra-
plus de carbone 14 dans les échantillons. En effet, tions observées pendant une durée donnée. Il est
on voit sur la courbe que la proportion est quasi aussi possible de produire un signal lumineux ou
nulle après 30 000 ans. sonore lors de chaque événement détecté.

8 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 8 08/10/2019 14:42


PARTIE   1

Chapitre

Des édifices ordonnés :


les cristaux
Manuel p. 30

LE PROGRAMME

1. Une longue histoire de la matière

1.2 – Des édifices ordonnés : les cristaux

L’organisation moléculaire étant déjà connue, ce thème aborde une autre forme d’organisation de la matière :
l’état cristallin (qui revêt une importance majeure, tant pour la connaissance de la nature – minéraux et roches,
squelettes, etc. – que pour ses applications techniques). La compréhension de cette organisation au travers des
exemples choisis mobilise des connaissances sur la géométrie du cube. Elle fournit l’occasion de développer
des compétences de représentation dans l’espace et de calculs de volumes.

Savoirs Savoir-faire

Le chlorure de sodium solide (présent dans les roches, ou issu Utiliser une représentation 3D informatisée
de l’évaporation de l’eau de mer) est constitué d’un empilement du cristal de chlorure de sodium.
régulier d’ions : c’est l’état cristallin.
Relier l’organisation de la maille au niveau
microscopique à la structure du cristal au
niveau macroscopique.

Plus généralement, une structure cristalline est définie par une Pour chacun des deux réseaux (cubique
maille élémentaire répétée périodiquement. Un type cristallin simple et cubique à faces centrées) :
est défini par la forme géométrique de la maille, la nature et la – représenter la maille en perspective
position dans cette maille des entités qui le constituent. cavalière ;
Les cristaux les plus simples peuvent être décrits par une maille – calculer la compacité dans le cas d’entités
cubique que la géométrie du cube permet de caractériser. chimiques sphériques tangentes ;
La position des entités dans cette maille distingue les réseaux – dénombrer les atomes par maille et
cubique simple et cubique à faces centrées. calculer la masse volumique du cristal.
La structure microscopique du cristal conditionne certaines de
ses propriétés macroscopiques, dont sa masse volumique.

Un composé de formule chimique donnée peut cristalliser Distinguer, en termes d’échelle et


sous différents types de structures qui ont des propriétés d’organisation spatiale, maille, cristal,
macroscopiques différentes. minéral, roche.
Ainsi les minéraux se caractérisent par leur composition Les identifier sur un échantillon ou une
chimique et leur organisation cristalline. image.
Une roche est formée de l’association de cristaux d’un même
minéral ou de plusieurs minéraux.
Des structures cristallines existent aussi dans les organismes
biologiques (coquille, squelette, calcul rénal, etc.).

04733691_.indb 9 08/10/2019 14:42


Dans le cas des solides amorphes, l’empilement d’entités se fait Mettre en relation la structure amorphe ou
sans ordre géométrique. C’est le cas du verre. Certaines roches cristalline d’une roche et les conditions de
volcaniques contiennent du verre, issu de la solidification très son refroidissement.
rapide d’une lave.

Prérequis et limites

Les notions, déjà connues, d’entité chimique, de roche et de minéral sont remobilisées. L’objectif est de
présenter l’organisation de la matière propre à l’état cristallin à partir d’exemples. La diversité des systèmes
cristallins et des minéraux est seulement évoquée. La description de l’état cristallin est l’occasion d’utiliser les
mathématiques (géométrie du cube et de la sphère, calculs de volumes, proportions) pour décrire la nature et
quantifier ses propriétés.

JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 30


›Exemple
› de réponses attendues
a. Le cube a 8 sommets, 12 arêtes et 6 faces.
SITUATION 1 b. Volume du cube : V = a3.
Cette situation permet de vérifier que les notions c. La diagonale d’une face du cube (de longueur D)
d’atome et d’organisation moléculaire vues anté- est l’hypoténuse du triangle rectangle constitué de
rieurement sont connues des élèves. la moitié d’une face du cube.
›Exemple
› de réponse attendue
Un atome est constitué d’un noyau contenant des
protons et des neutrons, entouré d’un cortège
d’électrons. L’atome est électriquement neutre. D

Un ion est formé par un atome ayant perdu ou


gagné un ou plusieurs électrons, il n’est donc pas
électriquement neutre.
Une molécule est formée par des atomes liés a
entre eux.
En appliquant le théorème de Pythagore dans ce
› classe de 1re enseignement scientifique
›En triangle rectangle :
On aborde une organisation possible de ces enti- D2 = a2 + a2 = 2a2
tés dans l’espace : l’état cristallin.
donc D = 2a.
Les élèves découvrent dans l’activité 1 un cristal
qu’ils connaissent bien : le chlorure de sodium
› classe de 1re enseignement scientifique
›En
constitué d’ions chlorure et d’ions sodium.
Les cristaux les plus simples peuvent être décrits
D’autres cristaux sont constitués d’atomes comme
par une maille cubique. C’est le cas du chlorure
le fer ou de molécules comme la glace.
de sodium dont la maille cubique est reliée à la
L’activité 4 montre que la structure des cristaux
forme cubique de cristaux au niveau macros-
est retrouvée au sein de systèmes biologiques et
copique dans l’activité 1. L’activité 2 permet de
de roches. L’activité 5 a pour objectif de relativiser
découvrir deux structures cubiques (cubique
cette observation et permet de comprendre que
simple et cubique à faces centrées), dénombrer
tous les solides ne sont pas des cristaux : certaines
les entités par maille et calculer la compacité de
roches magmatiques sont constituées de cristaux
chacune d’entre elles à partir de considérations
tandis que d’autres ont une structure amorphe
géométriques dans le cube.
selon les conditions de leur refroidissement.

SITUATION 2 SITUATION 3
Cette situation permet de vérifier que des proprié- Cette situation permet de vérifier que les élèves
tés du cube sont connues et permettent d’établir connaissent la notion de masse volumique et
des relations simples à partir de considérations savent que sa valeur dépend de la nature du
géométriques. matériau.

10 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 10 08/10/2019 14:42


›Exemple
› de réponse attendue p. 32 ❚ ACTIVITÉ 1
La masse volumique ρ du métal est égale à la
masse m de l’échantillon divisée par son volume V.
La structure des cristaux
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
On lit la masse directement sur la balance :
suivantes du programme :
m = 54,0 g.
Savoir : « Le chlorure de sodium solide (présent
Le volume de l’échantillon de métal se déduit par
dans les roches, ou issu de l’évaporation de l’eau
différence des deux volumes d’eau dans l’éprou-
de mer) est constitué d’un empilement régulier
vette graduée :
d’ions : c’est l’état cristallin. »
V = 60 – 40 soit V = 20 mL.
Savoir-faire : « Utiliser une représentation 3D
54,0 informatisée du cristal de chlorure de sodium.
ρ = 
20 Relier l’organisation de la maille au niveau
ρ = 2,7 g · mL–1 = 2,7 × 103 kg · m–3. microscopique à la structure du cristal au niveau
La masse volumique est caractéristique d’une macroscopique. »
espèce chimique. Elle permet donc de l’identifier.
Le document 1 présente l’observation de cristaux
› classe de
›En 1re enseignement scientifique de chlorure de sodium à différentes échelles.
Dans l’activité 3, les propriétés macroscopiques Le document 2 introduit le concept de maille qui
des cristaux sont mises en lien avec leur structure permet de décrire l’empilement régulier d’entités.
microscopique. Le carbone n’a pas les mêmes Le document 3 donne deux autres exemples de
propriétés s’il s’agit de diamant ou de graphite. cristaux en présentant leur maille.
La détermination de la masse volumique de deux DOC

solides cristallins (polonium de structure cubique Pour mener une investigation


simple et argent de structure cubique à faces cen-
trées) permet de comprendre que la masse volu- ◗◗Exemple de correction
mique dépend du type de structure cristalline. Un On dénombre les ions chlorure dans la maille :
autre exemple est donné dans l’activité 4 avec la
−− les 8 ions chlorure situés sur les sommets du
clivabilité de la biotite due à son organisation à
1
l’échelle microscopique. cube comptent pour chacun ;
8
−− les 6 ions chlorure situés aux centres des faces
1
ACTIVITÉS du cube comptent pour chacun.
2
1 1
On aborde dans ce chapitre une forme particu- Au total, une maille contient donc 8 ×   + 6 × 
lière d’organisation de la matière : l’état cristallin. = 4 ions chlorure par maille. 8 2
Celui-ci est introduit au travers de l’exemple du On dénombre les ions sodium dans la maille :
chlorure de sodium (activité 1). Une démarche
les 12 ions sodium situés au milieu des arêtes
expérimentale est proposée dans le but d’obser-
ver au microscope des cristaux de chlorure de 1
comptent pour chacun ;
sodium. L’utilisation d’un logiciel pour représen- 4
ter la maille du cristal permettra aux élèves de l’ion situé au centre de la maille appartient entiè-
mieux appréhender son organisation spatiale en rement à la maille.
1
trois dimensions. Au total, une maille contient donc 12 ×   + 1
= 4 ions sodium par maille. 4
Des cristaux particulièrement simples ont une
structure cubique : l’activité 2 présente les struc- Une maille contient donc autant d’ions chlorure
tures cubiques simples et cubiques à faces cen- que d’ions sodium, ce qui est conforme à la for-
trées et aboutit au calcul de leur compacité. La mule chimique NaCl.
structure microscopique d’un cristal conditionne
ses propriétés macroscopiques (activité 3). Les ›Exemple
› de correction des pistes de travail
cristaux qui nous entourent sont nombreux et 1. Le document 2 permet d’observer l’organisation
divers dans les roches, mais aussi dans les orga- des ions dans les cristaux de chlorure de sodium :
nismes biologiques (activité 4). Enfin, l’activité 5 chaque ion chlorure est entouré de six ions
permet de comprendre pourquoi certaines roches sodium, chaque ion sodium étant lui aussi entouré
contiennent des cristaux alors que d’autres ont de six ions chlorure. Les ions dans le chlorure de
une structure amorphe. sodium sont disposés de manière très ordonnée.

CHAPITRE 2 • Des édifices ordonnés : les cristaux 11

04733691_.indb 11 08/10/2019 14:42


La structure du chlorure de sodium peut être Le problème est donc d’exprimer le volume
décrite par une maille cubique : les ions chlorure occupé par les entités en fonction du volume
Cl– occupent tous les sommets et les centres des d’une sphère.
faces de ce cube, tandis que les ions sodium Na+ Il reste à aborder le cas où les sphères sont
occupent le centre du cube et le milieu de toutes tangentes.
les arêtes. Le volume d’une sphère dépendant uniquement
de son rayon, le problème qui se pose est de cal-
2. La maille cubique à l’échelle microscopique a
culer le rayon d’une sphère dans chacun des deux
pour conséquence la forme cubique des cristaux
cas : maille cubique simple et maille cubique à
de halite à l’échelle macroscopique.
faces centrées.
3. Les entités dans un cristal occupent des posi-
Le document 3, avec l’utilisation du fichier fourni,
tions très précises : la structure d’un cristal peut
permet de faire une conjecture sur la valeur de ce
être décrite par la répétition d’une maille conte-
rayon pour chacune des deux mailles (et pour une
nant quelques entités ; c’est le cas du chlorure de
maille cubique de côté 1).
sodium, mais aussi du fer, ou encore de la glace.
Les élèves peuvent, de manière intuitive, « voir »
que la maille cubique à faces centrées est plus
p. 34 ❚ ACTIVITÉ 2 compacte que la maille cubique simple.
Le document 4 donne des pistes pour le calcul
Des cristaux à structure cubique du rayon d’une sphère dans le cas d’une maille
Cette activité a pour objectif de traiter les parties cubique à faces centrées.
suivantes du programme :
Savoirs : «  Plus généralement, une structure DOC

cristalline est définie par une maille élémentaire Pour mener une investigation
répétée périodiquement. Un type cristallin est
◗◗Exemple de correction
défini par la forme géométrique de la maille, la
nature et la position dans cette maille des entités •  On commence par représenter la face ABCD, qui
qui le constituent. est dans le plan frontal.
Les cristaux les plus simples peuvent être décrits Puis on place le point F de telle sorte que la droite
par une maille cubique que la géométrie du cube (BF) forme un angle de 60° avec la droite (AB) et
permet de caractériser. La position des entités BF = 0,5AB.
dans cette maille distingue les réseaux cubique
simple et cubique à faces centrées. »
Savoir-faire : « Pour chacun des deux réseaux D C
(cubique simple et cubique à faces centrées) :
−− représenter la maille en perspective cavalière ;
−− calculer la compacité dans le cas d’entités
F
chimiques sphériques tangentes ;
−− dénombrer les atomes par maille. » a = 60°
Ainsi, il s’agit dans cette activité de définir et A B
calculer la compacité dans le cas d’entités sphé-
riques tangentes, et ce pour une maille cubique •  Le milieu de chaque face est le point d’intersec-
simple et pour une maille cubique à faces cen- tion de ses diagonales :
trées. Il sera alors possible de déterminer quelle
est, de ces deux mailles, la plus compacte.
Le document 1 rappelle les règles de la perspec-
tive cavalière, règles qui seront particulièrement D C
utiles pour déterminer le rayon des sphères dans
le cas où elles sont tangentes.
Le document 2 définit la compacité comme le
F
rapport du volume des entités par le volume de
la maille. Ici, les entités sont identiques et sphé- a = 60°
riques mais on se place dans un cas général où
elles ne sont pas tangentes. A B

12 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 12 08/10/2019 14:43


DOC

Pour mener une investigation

◗◗Exemple de correction
•  On note V le volume d’une sphère.
Chaque entité qui se trouve au sommet d’une
maille (sphère rouge) se partage entre 8 mailles.
Le volume qu’elle occupe dans une maille est
1
donc de V .
8
a
Pour une maille cubique simple, le volume occupé
par les huit entités est ainsi égal à :
1
8 × V , soit V.
8
•  Pour une maille cubique à faces centrées, le
volume occupé par les huit sphères rouges est :
1
8 × V.
8
Le volume occupé par les 6 sphères bleues est : b
1 Pour une maille cubique simple, on conjecture
6 × V.
2 que le rayon est égal à 0,5.
En effet, chaque sphère partage son volume entre
•  Pour la maille cubique à faces centrées, on place
deux mailles.
le curseur c sur 1 et le curseur nb sur 2.
Le volume occupé par les entités est donc égal à :
V + 3V , soit 4V.

DOC

Pour mener une investigation

◗◗Exemple de correction
•  Pour la maille cubique simple, on place le cur-
seur c sur 0 et le curseur nb sur 2.

On procède comme pour la maille cubique simple


en faisant varier le rayon R et en changeant
l’orientation du cube. Lorsque l’on a trouvé une
valeur de R pour laquelle chaque sphère bleue
semble tangente aux quatre sphères rouges qui
l’entourent, on peut placer le curseur nb sur 1.
Seules les sphères bleues apparaissent, et on
peut vérifier que chaque sphère bleue semble
bien tangente aux quatre sphères bleues qui
l’entourent.
Ensuite, on fait varier le rayon R jusqu’à ce que
les sphères rouges semblent tangentes. On peut
modifier l’orientation du cube de façon à s’assurer
que les sphères sont bien tangentes. Par exemple,
pour R = 0,48, on s’aperçoit que les sphères qui
paraissaient tangentes (figure a ) ne le sont pas
(figure b ) :    
Pour une maille cubique à faces centrées, on
conjecture que le rayon est égal à 0,35.

CHAPITRE 2 • Des édifices ordonnés : les cristaux 13

04733691_.indb 13 08/10/2019 14:43


DOC
p. 36 ❚ ACTIVITÉ 3
Pour mener une investigation
Les propriétés macroscopiques
◗◗Exemple de correction d’un cristal
•  Pour la figure en bas à gauche, on a construit le Cette activité a pour objectif de traiter les parties
milieu E de la diagonale [AC], puis le milieu F du suivantes du programme :
segment [EC] et le milieu G du segment [AE]. On Savoir : « La structure microscopique du cristal
a ensuite construit le cercle de centre E passant conditionne certaines de ses propriétés macros-
par F et G, ainsi que les arcs de cercle de centres copiques, dont sa masse volumique. »
respectifs A, B, C et D, et de rayon AG. Savoir-faire : « Pour chacun des deux réseaux
Pour la figure en bas à droite, on a construit un (cubique simple et cubique à faces centrées),
carré de même côté que celui de ABCD et les dénombrer les atomes par maille et calculer la
milieux H, I, J et K des quatre côtés. On a ensuite masse volumique du cristal. »
construit les demi-cercles de centres respectifs H,
Le document 1 présente différentes structures
I, J et K et de rayon AG.
cristallines du carbone et donne quelques pro-
•  D’après le théorème de Pythagore, dans le priétés de ces cristaux.
triangle rectangle ABC : Le document 2 présente le polonium, dont la
AC2 = AB2 + BC2 structure cristalline est cubique simple.
donc AC2 = 12 + 12 = 2 Le document 3 présente l’argent, dont la struc-
ture cristalline est cubique à faces centrées.
et AC =  2.
DOC
Le rayon des sphères r est donc :
Pour mener une investigation
2
r =  . ◗◗Exemple de correction
4
•  Les 8 atomes de polonium situés aux sommets
›Exemple
› de correction des pistes de travail 1
du cube comptent chacun pour .
1. Le volume d’un cube d’arête de longueur a est 8
1
égal à a3. 8 ×  = 1.
8
Pour une maille cubique simple : Une maille contient donc un atome par maille.
a •  La masse d’une maille est donc égale à la masse
−− le rayon d’une sphère r est r =   ;
2 d’un atome de polonium :
3 mmaille Po = mPo
4 ⎛ a⎞ 4 a 3 πa 3
−− son volume V est V =  π ⎜ ⎟ = π × = . soit mmaille Po = 3,47 × 10–25 kg.
3 ⎝ 2⎠ 3 8 6
•  La maille étant un cube de longueur d’arête a,
La compacité c est définie ainsi :
son volume V est :
volume des entités V = a3 = (336 × 10–12)3
c =  .
volume de la maille soit V = 3,79 × 10–29 m3.
V π
Donc c =  = , soit environ 0,52. DOC

a3 6 Pour mener une investigation


Pour une maille cubique à faces centrées :
◗◗Exemple de correction
2a •  Les 8 atomes d’argent situés aux sommets du
−− le rayon d’une sphère r est r =   ;
4 1
−− son volume V est cube comptent chacun pour , tandis que les 6
3
8
4 ⎛ 2a ⎞ 4 2 2a 3 2πa 3 atomes situés aux centres des faces comptent
V =  π ⎜ ⎟  =  π × = . 1
3 ⎝ 4 ⎠ 3 4×4×4 24 pour .
2
4V 2π 1 1
Donc c =  = , soit environ 0,74. 8 ×   + 6 ×   = 4.
a3 6 8 2
2. La maille cubique à faces centrées est plus Une maille contient donc quatre atomes par
compacte que la maille cubique simple. maille.

14 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 14 08/10/2019 14:43


•  La masse d’une maille est donc égale à quatre Savoir-faire : « Distinguer, en termes d’échelle
fois la masse d’un atome d’argent : et d’organisation spatiale, maille, cristal, minéral,
mmaille Ag =  4 × mAg = 4 × 1,79 × 10 −25 roche.

soit mmaille Ag = 7,16 × 10–25 kg. Les identifier sur un échantillon ou une image. »


Cette activité est conçue de façon à démontrer
•  La maille étant un cube de longueur d’arête a,
que les minéraux retrouvés dans les roches et les
son volume V est :
minéralisations retrouvées chez les êtres vivants
V = a3 = (409 × 10–12)3 correspondent à des cristaux. Pour cela, des infé-
soit V = 6,84 × 10–29 m3. rences se basant sur les connaissances acquises
précédemment sont attendues.
›Exemple
› de correction des pistes de travail
1. Les sujets d’étude se prêtent à des activités pra-
tiques : observation de lames minces (voir fiche 10
Masse volumique ρ
Couleur Dureté p. 288), préparation microscopique, modélisation
(en kg · m–3)
moléculaire avec le logiciel MinUSc, observation
Graphite quasiment peu dur
2,3 × 103 d’échantillon.
noir et friable
Dans le document 1, la biotite est l’exemple
Diamant transparent très dur 3,5 × 103
choisi pour l’étude des minéraux, car elle fait par-
2. La masse volumique du polonium est : tie des minéraux communs déjà connus, qu’elle
est facile à identifier à l’œil nu (document a) et
m 3,47 × 10 −25
ρ =  maille Po = en lame mince (document c), et que sa propriété
V 3,79 × 10 −29 mécanique singulière de débit en feuillets (docu-
soit ρ = 9,16 × 103 kg · m–3. ment b) s’explique par son organisation à l’échelle
La masse volumique de l’argent est : atomique (document d) typique des phyllosili-
cates (silicates dont les tétraèdres [SiO4]4– sont
mmaille Ag 7,16 × 10 −25
ρ =  = disposés en feuillets).
V 6,84 × 10 −29
Les minéralisations d’oxalate de calcium présen-
soit ρ = 1,05 × 103 kg · m–3. tées dans le document 2, permettent d’illustrer
3. Les propriétés macroscopiques d’un cristal l’existence de minéralisations dans le monde
sont conditionnées par sa structure microsco- vivant, tant chez les végétaux que chez les ani-
pique. Bien que constitués tous deux d’atomes maux. L’objectif visé est à nouveau de rechercher
de carbone, le graphite et le diamant ont des pro- les propriétés communes avec les cristaux.
priétés macroscopiques très différentes, car leur
structure microscopique est différente. La masse
›Exemple
› de correction des pistes de travail
volumique d’un solide cristallin est directement 1. On observe au microscope des lignes de clivage
liée à sa structure microscopique. parallèles entre elles, qui découpent le minéral en
feuillets. La modélisation moléculaire montre une
organisation en feuillets (*) constitués d’entités
ACTIVITÉ 4 chimiques très proches entre elles séparés par
p. 38 ❚
des couches d’ions potassium. Les lignes de cli-
Les cristaux qui nous entourent vage correspondent à l’emplacement des couches
Cette activité a pour objectif de traiter les parties d’ions potassium.
suivantes du programme : (*) : un feuillet a une structure TOT, deux
Savoirs : « Un composé de formule chimique couches (T) de tétraèdres de silicates (liaisons
donnée peut cristalliser sous différents types de covalentes entre Si et O) encadrant une couche
structures qui ont des propriétés macroscopiques d’octaèdres d’oxydes de fer ou de magnésium.
différentes. 2. À l’échelle macroscopique, la biotite possède
Ainsi les minéraux se caractérisent par leur com- une organisation géométrique régulière : elle se
position chimique et leur organisation cristalline. débite en feuillets parallèles entre eux. Lorsque
Une roche est formée de l’association de cristaux l’on casse la biotite, la même organisation est
d’un même minéral ou de plusieurs minéraux. observable sur ses fragments.
Des structures cristallines existent aussi dans À l’échelle microscopique, cette propriété se tra-
les organismes biologiques (coquille, squelette, duit par la présence de lignes de clivage parallèles
calcul rénal, etc.). » entre elles.

CHAPITRE 2 • Des édifices ordonnés : les cristaux 15

04733691_.indb 15 08/10/2019 14:43


À l’échelle atomique, l’organisation est basée sur Il est également possible de sceller les lames
la répétition d’une même maille dans les trois utilisées en utilisant des rubans adhésifs de
directions de l’espace. plomberie. Les préparations sont alors entière-
ment réutilisables et ne dégagent pas d’odeur.
3. Le document a montre une structure à l’organi-
L’analyse des résultats montre la relation entre le
sation géométrique, dans laquelle on peut observer
temps de refroidissement et la taille des cristaux,
des stries de croissance. Le document  c , montre
ainsi que le caractère amorphe.
que la surface des calculs rénaux présente des
solides ayant une forme géométrique commune L’observation au microscope à effet tunnel pré-
(cristaux dipyramidaux). Dans le document  d , on sentée dans le document 3 a une importance
constate que les calculs rénaux croissent par des particulière dans l’histoire des sciences. En effet,
dépôts de couches successives. William Zachariasen avait postulé dès 1932
(« The Atomic Arrangement in Glass », Journal
of ACS) que les liaisons entre les tétraèdres de
ACTIVITÉ 5 silice se faisaient de façon aléatoire dans le
p. 40 ❚
verre, tandis qu’elles étaient régulières dans un
Les solides amorphes cristal. Les schémas réalisés par l’auteur à cette
Cette activité a pour objectif de traiter les parties époque ont une ressemblance frappante avec
suivantes du programme : les observations présentées dans ce document.
Il est important de noter que, dans le dispositif uti-
Savoirs : « Dans le cas des solides amorphes, l’em-
lisé, les auteurs ont synthétisé un film de silicate.
pilement d’entités se fait sans ordre géométrique.
Le réseau cristallin ne s’étend alors que dans deux
C’est le cas du verre. Certaines roches volcaniques
dimensions, et donc pas en volume. L’utilisation
contiennent du verre, issu de la solidification très
de cette technique a permis ensuite l’obtention de
rapide d’une lave. »
telles images au microscope à effet tunnel.
Savoir-faire : « Mettre en relation la structure
amorphe ou cristalline d’une roche et les condi- ›Exemple
› de correction des pistes de travail
tions de son refroidissement. » Le verre est présent dans les roches magma-
L’ensemble documentaire proposé permet d’asso- tiques lorsque le refroidissement du magma se
cier des observations à l’échelle macro­scopique, fait en surface et qu’il est donc rapide.
des expérimentations et des observations à 1. La vitesse de refroidissement est responsable
l’échelle atomique pour construire la notion de de la formation de verre.
verre ou de solide amorphe.
2. Plus le temps de refroidissement est bref, plus
Le choix de la rhyolithe et de l’obsidienne comme les minéraux sont petits, et plus la présence de
objets d’étude dans le document 1 permet de verre est importante.
faire le lien avec le granite observé dans l’activité 4.
3. Dans le quartz, les atomes de silicium sont
Les caractéristiques du verre volcanique sont disposés de façon régulière, en hexagones.
définies : Dans le verre, les atomes de silicium forment
−− à l’échelle de l’échantillon (photographie b ) des polygones de façon aléatoire : quadrilatères,
par les cassures d’aspect conchoïdal, c’est-à-dire pentagones, hexagones, heptagones, octogones,
courbée et lisse (en forme de coquille) à comparer etc.
avec les cassures géométriques des minéraux,
4. Lorsque le refroidissement est rapide, les enti-
−− à l’échelle microscopique par l’utilisation du
tés chimiques s’agencent de façon aléatoire et
microscope polarisant (photographie c ) et en
forment un verre. Lorsque le refroidissement est
particulier la comparaison des observations en
lent, les entités chimiques s’organisent de façon
LPNA et LPA.
régulière et forment un cristal.
La comparaison de la série « granite – rhyolite –
obsidienne » montre l’association entre la vitesse
de refroidissement et la taille des cristaux ainsi
que la proportion de verre. CORRECTION DES EXERCICES
p. 45 ❚
L’expérimentation présentée dans le document 2  Vérifier ses connaissances 
est facilement réalisable en classe. L’éthylvanilline
est un substitut à la vanilline, moins irritant pour 1  Connaître les mots-clés
les voies respiratoires. Consultez la liste des mots-clés du chapitre, p. 43.

16 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 16 08/10/2019 14:43


2  Questions à choix multiples 1 1
8 ×   + 6 ×   = 4.
A- 2 et 3 ; B- 1 et 3 ; C- 3 ; D- 1, 2 et 3. 8 2
Une maille contient donc quatre atomes.
3  Avoir un regard critique
3. La masse volumique ρ du cuivre peut être cal-
1. Les cristaux de chlorure de sodium ont une culée en divisant la masse d’une maille (4 atomes
forme de cube, car la maille du cristal est cubique. de cuivre) par le volume d’une maille.
2. Tous les solides ne sont pas des cristaux. Dans La maille étant cubique, le volume de la maille est
certains solides, dits « amorphes », l’empilement égal à a3.
des entités se fait sans ordre géométrique. 4 × mCu 4 × 1,05 × 10 −25
ρ =  =
3. La masse volumique d’un cristal dépend de a3 (361× 10 −12 )3
sa composition chimique, mais aussi du type de soit ρ = 8,93 × 103 kg · m–3.
structure cristalline. Ce résultat correspond à la valeur de référence
4. Une espèce chimique peut cristalliser selon donnée.
des structures différentes, comme le carbone, qui
cristallise en diamant ou en graphite. p. 47 ❚
 S’entraîner 
4  Connaître les notions essentielles
8  Retour vers les problématiques
Les roches sont formées par l’association de cris-
taux d’un ou plusieurs minéraux, qui peuvent être •  Comment sont organisées les entités consti-
décrits par la répétition d’une maille. tuant un solide ?
La majorité des solides sont des cristaux, c’est-
5  Reconnaître un cristal à-dire qu’ils sont constitués d’un empilement
1. La représentation a correspond à un verre, régulier d’atomes, ions ou molécules. Leur struc-
car la disposition des entités est sans ordre géo- ture peut être décrite par la répétition dans l’es-
métrique, contrairement à la b , qui peut corres- pace d’un parallélépipède contenant des entités,
pondre à un cristal. appelé « maille ». Enfin, certains solides, dits
« amorphes », ne sont pas des cristaux. Dans ce
2. Certaines roches contiennent du verre, car
cas, l’empilement des entités est sans ordre géo-
elles sont issues de la solidification très rapide
métrique précis ; c’est le cas du verre.
d’une lave.
•  Comment expliquer les propriétés macro­
p. 46 ❚
scopiques des solides ?
 Exercice similaire  Les propriétés macroscopiques des solides
comme la masse volumique sont conditionnées
7  Masse volumique du cuivre par la structure cristalline caractérisée par la
1. La représentation de la maille du cristal de forme géométrique de la maille, la nature et la
cuivre en perspective cavalière est la suivante : position dans cette maille des entités qui la consti-
tuent. Enfin, d’autres solides comme le verre ou
certaines roches sont dits « amorphes », car les
entités les constituant ne sont pas organisées de
manière ordonnée.

9  Les roches de la croûte océanique


1. Le gabbro et le basalte sont deux roches issues
du refroidissement d’un magma. Ils ont la même
composition chimique et contiennent les mêmes
minéraux.
2. Un huitième de chacun des huit atomes sur 2. Le basalte contient du verre, matériau  amorphe,
les sommets est situé dans le cube ; de même, car il est issu du refroidissement d’un magma en
la moitié des six atomes au centre des faces est surface de la croûte océanique plus rapide que
située dans le cube. celui du gabbro.

CHAPITRE 2 • Des édifices ordonnés : les cristaux 17

04733691_.indb 17 08/10/2019 14:43


10  La peste de l’étain 4
1× πR 3
1. L’étain blanc et l’étain gris sont constitués d’un 3 π
cCS =  =
(2 × R )
3
empilement ordonné et régulier d’atomes. Ce 6
sont donc des cristaux.
soit cCS ≈ 0,52.
2. Étain blanc et étain gris ont des propriétés dif-
férentes, car la structure microscopique de leurs 3. Dans une maille de polonium, il y a un atome
cristaux n’est pas la même. Les atomes des deux de polonium de masse mPo = 3,47 × 10–25 kg.
types d’étain sont absolument identiques (même Le volume V d’une maille est V = a3. La masse volu-
masse notamment), c’est leur organisation spa- mique du polonium est donc :
tiale qui est différente : la masse volumique de m n ◊ mPo 1× 3,47 × 10 −25
l’étain blanc étant supérieure à celle de l’étain ρ =  Po = =
V a3 (336 × 10 −12 )3
gris, les atomes de zinc sont plus proches les uns
des autres dans l’étain blanc. soit ρ = 9,15 × 103 kg · m–3 soit 9,15 × 103 g · L–1.

3. On peut penser que la température étant lar- Cette valeur est conforme à la valeur de référence.
gement inférieure à 13 °C, l’étain blanc des bou-
tons a subi la peste de l’étain. Les atomes se sont 12  Des minéraux de même composition
réarrangés : l’étain blanc est devenu de l’étain gris chimique
sous forme de poudre. 1. Les minéraux ont une structure cristalline et
existent dans les milieux biologiques : la calcite
et l’aragonite sont présentes dans les coquilles
11  Structure cristalline du polonium
d’œufs et d’animaux marins ; la vatérite existe
1. a. La représentation de la maille du cristal de dans l’oreille interne des saumons, les coquilles
polonium en perspective cavalière est la suivante : des œufs de certains oiseaux, et dans la croûte
qui recouvre les feuilles d’une plante, la Saxifraga
scardica.
2. a. Ces trois minéraux sont différents, bien
qu’ils soient constitués de carbonate de calcium
de formule chimique CaCO3, on peut penser que
c’est leur structure cristalline qui les différencie à
l’échelle microscopique.
b. Leurs propriétés macroscopiques sont diffé-
rentes, par exemple leur masse volumique.

b. Seulement un huitième de chacune des huit Prépa


13   BAC Structures cristallines du fer
entités est situé dans le cube, ce qui se traduit
par : 1. La maille du fer α n’est pas celle d’une structure
1 cubique simple, car un atome de fer se trouve au
8 × = 1.
8 centre du cube.
Une maille contient donc une entité par maille. 2. a. La représentation de la maille du cristal de
Le volume occupé par cette entité sphérique de fer γ en perspective cavalière est la suivante :
rayon R est :
4
Voccupé = 1 × πR 3.
3
2. a. Dans le cas d’atomes tangents sur l’arête du
cube :
a = 2 × R.
b. Le volume de la maille est donc :

( ) = (2 × R ) .
3 3
Vmaille = a

La compacité de la structure cubique simple du b. Un huitième de chacun des huit atomes situés
polonium est donc : sur les sommets appartient à la maille, et la moitié

18 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 18 08/10/2019 14:43


des six atomes au centre des faces appartient à la c. La compacité du nickel, qui cristallise selon la
maille, ce qui se traduit par : structure cubique à faces centrées, est aussi 0,74
1 1 car la compacité dépend uniquement de la struc-
8 × + 6 × =  4. ture, et pas de la nature des entités.
8 2
Une maille contient donc quatre atomes de fer. mmaille 4 × mFe 4 × 9,28 × 10 −26
4. a. ργ =  =  = 
3. a. Dans le cas d’atomes tangents le long de la Vmaille a3
(365 × 10 )
3
−12
diagonale de chaque face, la longueur de celle-ci
est égale à quatre fois le rayon d’une entité, soit soit ργ = 7,63 × 103 kg · m–3.
4R : b. La valeur trouvée pour la masse volumique du
fer γ valeur est différente de celle du fer α.
A B On peut en conclure que la masse volumique du
A B fer dépend de la structure cristalline.
R
R
R
PROJET EXPÉRIMENTAL ET NUMÉRIQUE
p. 49 ❚
R
L’objectif proposé est d’étudier un cristal à travers
D C la mesure ou l’évaluation de propriétés macrosco-
D C piques et de les mettre en lien avec sa structure à
l’échelle microscopique.
En appliquant le théorème de Pythagore dans le
Certaines propriétés macroscopiques peuvent
triangle rectangle ABC, on a :
être évaluées par la mesure de grandeurs phy-
AC2 = AB2 + BC2 donc (4R)2 = a2 + a2 = 2a2. siques vues dans les classes précédentes, comme
D’où la relation 2a = 4 × R. la solubilité d’un solide dans un solvant ou sa
Le paramètre de maille a est : masse volumique.
4×R C’est l’occasion de réinvestir des techniques
a= .
2 comme la mesure de masse volumique par dépla-
b. Le volume occupé par les quatre atomes sphé- cement d’eau.
riques de rayon R est donc : La représentation de la maille du cristal par un
4 logiciel permet par exemple de comprendre cer-
Voccupé = 4 × πR 3 .
3 taines propriétés, comme la forme cubique de
Le volume de la maille est : certains cristaux ou la clivabilité d’un cristal à
3 structure en feuillets.
⎛ 4 R⎞
Vmaille =  a 3 = ⎜ ⎟ . Dans le cas d’un cristal cubique à faces centrées,
⎝ 2⎠
la valeur de la masse volumique mesurée expéri-
La compacité de la structure cubique à faces cen- mentalement peut être comparée à la valeur cal-
trées est donc : culée dans le cas d’entités sphériques tangentes.
4
()
3
4× π R
3 2π
cCFC =  =
3
⎛ 4R ⎞ 6
⎜ ⎟
⎝ 2⎠
soit cCFC ≈ 0,74.

CHAPITRE 2 • Des édifices ordonnés : les cristaux 19

04733691_.indb 19 08/10/2019 14:43


04733691_.indb 20 08/10/2019 14:43
PARTIE   1

Une structure
Chapitre

complexe : la cellule vivante


Manuel p. 50

LE PROGRAMME

1. Une longue histoire de la matière

1.3 – Une structure complexe : la cellule vivante

Dans le monde, la matière s’organise en structure d’ordre supérieur à l’échelle moléculaire.


Un exemple est ici proposé : la structure cellulaire.

Savoirs Savoir-faire

La découverte de l’unité cellulaire est liée à l’invention Analyser et interpréter des documents historiques
du microscope. relatifs à la théorie cellulaire.
L’observation de structures semblables dans de très Situer les ordres de grandeur de taille : atome,
nombreux organismes a conduit à énoncer le concept molécule, organite, cellule, organisme.
général de cellule et à construire la théorie cellulaire.
Plus récemment, l’invention du microscope
électronique a permis l’exploration de l’intérieur de
la cellule et la compréhension du lien entre échelle
moléculaire et cellulaire.

La cellule est un espace séparé de l’extérieur par Relier l’échelle de la cellule et celle de la molécule
une membrane plasmique. Cette membrane est (exemple de la membrane plasmique).
constituée d’une bicouche lipidique et de protéines.
Schématiser la membrane plasmique à partir de
La structure membranaire est stabilisée par le
molécules dont les parties hydrophile/lipophile sont
caractère hydrophile ou lipophile de certaines parties
identifiées.
des molécules constitutives.

Prérequis et limites

La notion, déjà connue, de cellule est remobilisée. Il s’agit seulement de montrer comment s’est construite la
théorie cellulaire et d’illustrer l’importance des progrès techniques dans son développement.
Les formules chimiques des molécules membranaires et la prédiction de leur caractère hydrophile/lipophile ne
sont pas exigibles.

21

04733691_.indb 21 08/10/2019 14:43


JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 50 localisée l’information génétique, sous la forme
d’ADN.
SITUATION 1 On remarquera que la cellule végétale présente
des éléments supplémentaires, comme la paroi,
Afin de mieux comprendre les apports des diffé-
qui est bien visible sur l’image, et une vacuole, qui
rentes techniques de microscopie découvertes
est responsable de la clarté visible au centre des
dans ce chapitre, cette première situation per-
cellules. C’est cette vacuole qui plaque contre la
met de se remémorer les différentes échelles que
paroi les chloroplastes et le noyau, bien visibles
l’élève a déjà été amené à croiser notamment en
également.
classe de Seconde.
› classe de 1re enseignement scientifique
›En
›Exemple
› de réponse attendue
L’étude de l’histoire de la microscopie (activité 1)
Le corps humain est constitué de différents
sert à comprendre comment certaines amélio-
organes (comme le foie), eux-mêmes constitués
rations technologiques ont permis de décrire et
de cellules, elles-mêmes composées de molécules
d’appréhender l’organisation et le fonctionne-
(comme le glycogène).
ment de la cellule, aboutissant ainsi à la théorie
Le vivant s’organise donc selon ces trois échelles, cellulaire (activité 2).
de la plus grande à la plus petite.

›Complément

On peut ajouter qu’il existe d’autres échelles d’or-
ACTIVITÉS
ganisation intermédiaires entre les précédentes :
−− différents organes collaborant ensemble pour Dans ce chapitre, on traite les notions du pro-
une même fonction forment un appareil ou sys- gramme en partant de l’histoire de la microscopie
tème, comme l’appareil respiratoire, le système optique et de son principe de fonctionnement au
reproducteur, le système nerveux etc. ; travers d’une manipulation (activité 1). On intro-
−− un ensemble de cellules identiques correspond duit l’historique de la découverte des cellules.
à un tissu. Ainsi, les organes sont constitués de Dans l’activité 2, l’analyse de documents et d’ex-
différents tissus ; périences historiques permet de comprendre
−− les cellules contiennent différents comparti- comment la théorie cellulaire a été formulée et
ments assurant des fonctions différentes ; ce sont les difficultés que ses défenseurs ont rencontrées
les organites, comme le noyau, les chloroplastes pour l’imposer (débat scientifique).
ou les mitochondries.
L’étude des différentes techniques de la micros-
› classe de
›En 1re enseignement scientifique copie électronique à transmission et à balayage
abordée dans l’activité 3, permet de faire le lien
Ces notions servent à comprendre l’intérêt de la
entre les échelles cellulaire et moléculaire, ici
microscopie, qui a permis de passer « visuelle-
sur l’exemple du support physique du matériel
ment » de l’échelle cellulaire à l’échelle molécu-
génétique.
laire. Au cours du chapitre, l’élève sera amené à
observer certains objets à différentes échelles, L’activité 4 permet de montrer qu’au gré d’expé-
notamment dans les activités 1 et 3. riences et de progrès technologiques la construc-
tion d’un modèle évolue au cours du temps. Ici,
l’élève est amené à construire lui-même le modèle
SITUATION 2
en mosaïque de la membrane plasmique en
On cherche ici à remobiliser les acquis (cycle 4, reprenant le fil de l’histoire de la conception de
Seconde) des élèves sur l’organisation commune ce modèle.
des cellules, qu’elles soient végétales ou animales.
Ce chapitre permet de respecter certaines exi-
Cette situation permet de montrer que, sans
gences du programme :
microscope, elles sont impossibles à observer.
« L’une des manières de comprendre comment
›Exemple
› de réponse attendue se construit le savoir scientifique est de retra-
Ces deux types de cellules ont pour éléments cer le cheminement effectif de sa construction
communs une membrane plasmique, qui les au cours de l’histoire des sciences. Il ne s’agit
délimite, un cytoplasme, où ont lieu les activités pas de donner à l’élève l’illusion qu’il trouve en
métaboliques de la cellule, et un noyau, où est quelques minutes ce qui a demandé le travail de

22 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 22 08/10/2019 14:43


nombreuses générations de chercheurs, mais plu- La comparaison des tailles de l’objet observé
tôt, en se focalisant sur un petit nombre d’étapes (1 cm = 20 carreaux), de l’image de l’objet observé
bien choisies de l’histoire des sciences, de lui faire par L1 (1 cm = 3 carreaux), et de l’image issue de
comprendre le rôle clé joué par certaines décou- L1 grossie par L2 (1 cm ≈ 1 carreau), montre que
vertes. Le rôle prépondérant joué parfois par tel l’addition de lentilles augmente le grossissement
ou tel chercheur sera souligné. » de l’objet étudié. Il est de 6,66 avec une lentille,
d’environ 20 avec deux.

p. 52 ❚ ACTIVITÉ 1 L’activité se termine avec le document 3 : Hooke


utilise un microscope dont le grossissement
Invention du microscope est très faible. Il ne lui permet pas des observa-
et découverte de la cellule tions aussi précises que celles réalisées par Van
Cette activité a pour objectif de traiter les parties Leeuwenhoek, mais son appareil lui permet d’ob-
suivantes du programme : server des compartiments vides de liège, compar-
Savoirs : « La découverte de l’unité cellulaire est timents qu’il nomme « cellules ».
liée à l’invention du microscope. Cette observation historique est facilement réali-
L’observation de structures semblables dans de sable en classe à partir d’une préparation utilisant
très nombreux organismes a conduit à énoncer le un bouchon en liège.
concept général de cellule. »
Savoir-faire : « Situer les ordres de grandeur ›Exemple
› de correction des pistes de travail
de taille  : atome, molécule, organite, cellule, On indique en italique quelques éléments de réflexion
organisme. » destinés à l’enseignant•e.

Le document 1 permet de montrer la diffi- 1. Sur la photographie représentant une cellule de


culté d’apporter une paternité à l’invention du mousse × 1000, on peut, à l’aide de l’échelle repré-
microscope : sentée, estimer sa taille. Sur le livre, elle mesure
−− si on considère que le premier microscope est environ 2,2 cm, soit 22 mm. Or, sur l’échelle don-
celui qui a permis pour la première fois d’agran- née, 10 µm correspondent à 10 mm. La cellule a
dir de petits objets, Jansen en est l’inventeur. Mais donc une taille de 22 µm, soit 0,022 mm.
puisqu’il n’existe aucun exemplaire de l’appareil L’œil humain étant incapable de distinguer des
et que ses reproductions sont issues de plans et objets plus petits que 0,07 mm, une cellule de
de témoignages de l’époque, a-t-il été réellement mousse ne peut donc être observée à l’œil nu.
fabriqué ? 2. Pour répondre à cette question, il peut être inté-
−− le microscope de Galilée, lui, a été vraiment ressant pour l’élève de disposer d’un microscope
fabriqué, plus tardivement, mais est-ce le premier optique et de le comparer aux modèles historiques
à l’avoir été ? présentés, un rapide rappel sur le fonctionnement
−− si on considère que le premier microscope du microscope optique pouvant ainsi être fait.
est celui qui a permis d’observer des structures Les innovations techniques ayant permis d’abou-
jusqu’alors invisibles à l’œil nu, la paternité en tir au microscope actuel sont :
revient donc à van Leeuwenhoek. Cependant, son −− l’utilisation de plusieurs lentilles, au lieu d’une
appareil d’optique n’est pas un vrai microscope, seule, dans l’oculaire et l’objectif ;
mais une loupe particulièrement performante, −− une augmentation de leur qualité (avec une cor-
puisqu’il n’utilise qu’une seule lentille de très rection plus ou moins efficace des aberrations chro-
bonne qualité. matiques et géométriques) ;
Les élèves pourront ainsi déterminer, en relation −− une amélioration du système d’éclairage avec
avec le document 2, les innovations techniques la molette de réglage de l’intensité lumineuse, ou
très progressives ayant permis l’émergence de la encore la présence d’un diaphragme ;
microscopie, puisque l’invention du microscope −− la présence d’une vis micrométrique permettant
moderne s’étale finalement de la fin du xviie siècle un réglage plus précis de la netteté ;
au xxe siècle. −− l’ajout d’une platine mobile facilitant l’explora-
tion de la préparation.
Le document 2 propose une expérience, réali-
sable en classe en un temps très court, qui per- 3. L’utilisation d’un microscope doté d’un objec-
met de démontrer l’intérêt d’utiliser plusieurs tif × 60 et d’un oculaire × 15 permet de grossir
lentilles, et, ce faisant, de comprendre le principe l’image d’un objet :
utilisé par les microscopes optiques. 60 × 15 = 900.

CHAPITRE 3 • Une structure complexe : la cellule vivante 23

04733691_.indb 23 08/10/2019 14:43


Avec ce microscope, une image est grossie ambitieux ont tenté de pénétrer au-delà du terme
900 fois. naturel de l’analogie anatomique en s’efforçant
L’image d’une cellule de 50 µm aura donc pour de former le tissu générateur lui-même par de
taille : chimériques et inintelligibles assemblage d’une
50 × 600 = 45 000 µm sorte de monades organiques qui seraient dès
lors les vrais éléments primordiaux de tous les
soit 45 mm.
êtres vivants. L’abus des recherches microsco-
Avec ce microscope, l’image de la cellule de 50 µm piques et le crédit exagéré qu’on accorde trop
sera donc parfaitement observable. souvent encore à un moyen d’exploration aussi
équivoque contribuent à donner une certaine
spéciosité à cette fantastique théorie issue évi-
p. 54 ❚ ACTIVITÉ 2 demment d’un système essentiellement méta-
physique de philosophie générale. »
La théorie cellulaire
Enfin, avec le document 4 décrivant une expé-
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
rience historique de Pasteur, on démontre qu’un
suivantes du programme :
milieu stérile, maintenu isolé de tout contact
Savoir : « L’observation de structures semblables extérieur, et donc de toute contamination, ne
dans de très nombreux organismes a conduit permet pas le développement « spontané » de
à énoncer le concept général de cellule et à micro-organismes.
construire la théorie cellulaire ».
Le milieu dont le col a été cassé peut, lui, être
Savoir-faire : « Analyser et interpréter des docu-
contaminé, et on y observe le développement de
ments historiques relatifs à la théorie cellulaire. »
moisissures.
En guise de rappel de notions vues en Seconde, le Les conclusions de Pasteur, réfutant la théorie de
document 1, qui présente une partie de l’histoire la génération spontanée, ont été fortement criti-
de la construction de la théorie cellulaire, peut quées à l’époque, comme en témoigne la carica-
être étoffé par l’observation au microscope de ture présentée figure 3 page 60.
cellules animales (bouche, foie, etc.) et végétales
(oignon, poireau, mousse, etc.) afin de confirmer ›Exemple
› de correction des pistes de travail
l’unité structurale de la cellule et faire ainsi l’ob- 1. Le premier principe de la théorie cellulaire est
jet d’une séance de travaux pratiques. On montre décrit dans le document 1 : la cellule est l’unité
également qu’à la même période et grâce à l’in- structurelle et fonctionnelle du vivant, ce qui
vention du microscope divers scientifiques réa- signifie que tout être vivant est constitué de cel-
lisent des observations similaires sur différents lules, qui sont à l’origine de son fonctionnement.
objets d’étude, permettant d’aboutir au premier Le deuxième principe de la théorie cellulaire est
principe de la théorie cellulaire. Le document 2 donné par le document 2 : toute cellule provient
complète cette théorie en posant son deuxième d’une cellule préexistante, la cellule-mère, qui
principe sur la division de la cellule. s’est divisée en deux cellules-filles.
La théorie cellulaire a été mise à mal par de nom- 2. Les défenseurs de la génération spontanée
breux scientifiques et philosophes, ce qu’illustre estiment qu’un être vivant peut apparaître spon-
le document 3. Il peut être complété par d’autres tanément à partir de matière inerte (doc. 3) :
textes historiques. −− pour Aristote, les êtres vivants peuvent naître
Par exemple, Bichat, médecin anatomiste et « de matière en décomposition activée par la cha-
physio­ logiste, publie en 1800 un Traité des leur du soleil » ;
membranes dans lequel il propose une classifi- −− pour Van Helmont, un tissu imprégné de sueur
cation des tissus du corps humain. Lors de ses humaine et en contact avec du froment permet la
recherches, il n’utilise pas le microscope. Pour formation de souris ;
lui, le tissu est un élément irréductible, qui est le −− pour Pouchet, la production d’un nouvel être
constituant anatomique de base des êtres vivants. vivant peut se faire à partir des « éléments pri-
Il nie ainsi l’existence de la cellule. mordiaux […] tirés de la matière ambiante ».
En 1838, le philosophe Auguste Comte, dans son La théorie cellulaire, quant à elle, affirme que
œuvre Cours sur la philosophie positive, au tome 3, toute cellule provient d’une cellule préexistante
intitulé La Philosophie chimique et la philosophie qui s’est divisée. Les êtres vivants n’apparaissent
biologique, discrédite le microscope : « Ces esprits donc pas spontanément (doc. 2).

24 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 24 08/10/2019 14:43


3. Dans l’expérience de Pasteur, le bouillon sté- Enfin, dans le document 3, à partir de l’exemple
rilisé sert de milieu de culture, et l’air extérieur du support physique de l’information génétique,
contient des moisissures. déjà connu des élèves, le passage progressif de
Dans le cas du flacon à col recourbé non rompu, l’échelle cellulaire à l’échelle moléculaire est pré-
le milieu de culture est isolé de l’air extérieur ; senté. L’élève peut mesurer concrètement les dif-
aucune moisissure n’apparaît. Dans le cas du fla- férents grandissements obtenus.
con à col recourbé rompu, le milieu de culture est L’échelle atomique n’est pas actuellement obser-
en contact avec l’air extérieur ; des moisissures vable sur ce type de microscope, mais une nou-
apparaissent et prolifèrent. velle génération d’appareils, les microscopes à
En conclusion, les êtres vivants n’apparaissent pas force atomique, permettent d’aller jusqu’à l’obser-
spontanément. Cette expérience de Pasteur inva- vation des liaisons hydrogène.
lide bien la théorie de la génération spontanée.
›Exemple
› de correction des pistes de travail
1. Le document 1 indique que la longueur d’onde
p. 56 ❚ ACTIVITÉ 3 des électrons utilisés en microscopie électronique
est 100 000 fois inférieure à celle des photons,
De l’échelle cellulaire et que la longueur d’onde de ces derniers est de
à l’échelle moléculaire 0,55 µm, soit 0,55 × 10–6 m.
Cette activité a pour objectif de traiter les parties La longueur d’onde des électrons λélec est donc
suivantes du programme : de :
Savoir : « Plus récemment, l’invention du micro­ 0,55 × 10–6
scope électronique a permis l’exploration de l’in- λélec = 
100 000
térieur de la cellule et la compréhension du lien
0,55 × 10–6
entre échelle moléculaire et cellulaire. » λélec = 
105
Savoir-faire : « Situer les ordres de grandeur
λélec = 0,55 × 10–6 × 10–5
de taille : atome, molécule, organite, cellule,
organisme. » λélec = 0,55 × 10(–6 –5)
λélec = 0,55 × 10–11 m.
Le document 1 présente le principe de la micros-
copie électronique sous un angle historique : la L’objet théoriquement le plus petit observable au
résolution du microscope optique était bloquée microscope électronique doit avoir une taille infé-
par le fait que la longueur d’onde de la lumière rieure de moitié à cette longueur d’onde :
ne permettait pas, virtuellement, d’observer 0,55 × 10–11
= 0,275 × 10–11 m
des objets d’une taille inférieure à 0,275 µm. En 2
effet, les problèmes d’aberration liés aux lentilles soit 0,00275 nm.
empêchent d’arriver réellement à cette résolution.
Une molécule d’anticorps de 15 nm est donc bien
En ayant l’idée d’utiliser une source d’électrons,
observable au microscope électronique.
les scientifiques ont donc énormément augmenté
le pouvoir de résolution des microscopes. 2. a  
Photographie de chromosome au MET  :
l’échelle de 15 µm correspond à 44 mm sur le
La longueur d’onde d’un électron dépend du
livre, soit 44 000 µm. Le grandissement est de
potentiel d’accélération du microscope électro-
nique. Ainsi, la longueur d’onde des électrons 44 000
= 2 933.
pour un microscope dont le potentiel est de 10 kV 15
est de 12,3 × 10−12 m, et de 2,5 × 10−12 m pour un Le grandissement de l’image du chromosome est
microscope à 200 kV. donc de 2 933 fois.

Montrer l’un des premiers modèles de micro­ b  Photographie de fantôme de chromosome :


scope électronique, avec une photographie en l’échelle de 10 µm correspond à 26 mm sur le
noir et blanc, renforce l’aspect historique de l’in- livre, soit 26 000 µm. Le grandissement est de
vention, qui remonte déjà à presque 90 ans ! 26 000
= 2 600.
10
Le document 2 montre les deux principales
techniques de microscopies électroniques (MET Le grandissement de fantôme de chromosome
et MEB) couramment rencontrées par les élèves est donc de 2 600 fois.
au sein des documents ainsi que leurs intérêts c  Photographie de chromatine : l’échelle de 1 µm
respectifs. correspond à 44 mm sur le livre, soit 44 000 µm.

CHAPITRE 3 • Une structure complexe : la cellule vivante 25

04733691_.indb 25 08/10/2019 14:43


44 000 Schématiser la membrane plasmique à partir de
Le grandissement est de = 44 000.
1 molécules dont les parties hydrophile/lipophile
Le grandissement de l’image de la chromatine est sont identifiées. »
donc de 44 000 fois. L’étude de la série de documents va permettre
d  Photographie de filament constitué d’ADN et de aux élèves de suivre le cheminement effectué par
protéines (MET) : l’échelle de 100 nm correspond les scientifiques pour la construction du modèle
à 7,5 mm sur le livre, soit 7,5 × 106 nm. Le grandis- actuel de la membrane plasmique, ceci au gré de
7,5 × 106 différentes découvertes scientifiques.
sement est de = 75 000.
100 On montre dans le document 1 la nature lipi-
Le grandissement du filament est donc de dique de la membrane et les caractéristiques d’un
75 000 fois. phospholipide membranaire. L’expérience des
physiologistes Gorter et Grendel permet à l’élève
e  Photographie d’ADN (MET) : l’échelle de 50 nm de construire un premier modèle de membrane :
correspond à 7,5 mm sur le livre, soit 7,5 × 106 nm. la membrane est constituée d’une double couche
7,5 × 106 de phospholipides.
Le grandissement est de = 150 000 .
50 Le document 2 démontre que la membrane
Le grandissement de l’ADN est donc de n’est pas uniquement constituée de lipides. En
150 000 fois. effet, elle possède aussi des protéines et des glu-
cides, lesquels, associés aux protéines, forment
Photographie d’ADN agrandie (MET) : l’échelle des glyco­ protéines. L’erreur des physiologistes
de 2 nm correspond à 7 mm sur le livre, soit Danielli et Davson est de les répartir de part et
7 × 106 nm. d’autre de la surface de la membrane.
7 × 106
Le grandissement est de = 3 500 000. La microscopie électronique à balayage a permis
2 de finaliser le modèle actuel de la membrane plas-
Le grandissement de la photographie d’ADN mique (document 3). Les observations au MEB
agrandie est donc de 3 500 000 de fois. montrent que les protéines ne recouvrent pas
toute la surface de la membrane (doc. 3 c et d ).
3. L’échelle de la cellule est la dizaine de micro-
mètres, ce qui correspond à la résolution Les expériences de cryofracture, qui ne sont pas
moyenne du microscope optique. L’échelle de la représentées sur le document, ont permis de
molécule, le nanomètre, a pu être atteinte grâce montrer que les protéines sont insérées dans la
au microscope électronique. Donc, tout comme surface, et que certaines la traversent.
le microscope optique a permis de passer de
l’échelle de l’organe à celle de la cellule, le micros- ›Exemple
› de correction des pistes de travail
cope électronique a permis de comprendre en On indique en italique quelques éléments de
partie l’organisation moléculaire de la cellule. réflexion destinés à l’enseignant•e.
1. Pour répondre à la question, il faut utiliser les
résultats de l’expérience de Gorter et Grendel en
p. 58 ❚ ACTIVITÉ 4 comparant la surface totale des globules rouges
utilisés pour l’expérience et la surface de lipides
Le modèle de la membrane plasmique mesurée dans la cuve.
Cette activité a pour objectif de traiter les parties On calcule la surface totale des globules rouges
suivantes du programme : utilisés :
Savoirs : « La cellule est un espace séparé de 1 µm2 = 1 × 10–12 m2.
l’extérieur par une membrane plasmique. Cette 4,74 × 109 × 99,4 × 10–12 = 0,47 m2.
membrane est constituée d’une bicouche lipi- La surface obtenue lors de l’expérience est de
dique et de protéines. La structure membra- 0,89
naire est stabilisée par le caractère hydrophile 0,89 m2 soit environ deux fois plus ( = 1,89).
0,47
ou lipophile de certaines parties des molécules La membrane ne contient donc pas une couche
constitutives. » de lipides mais deux.
Savoir-faire : « Relier l’échelle de la cellule et Remarque : Gorter et Grendel utilisent les globules
celle de la molécule (exemple de la membrane rouges, car ces derniers étant dépourvus de noyau,
plasmique). les deux scientifiques considèrent que les lipides

26 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 26 08/10/2019 14:43


obtenus suite à leur solubilisation par l’acétone pro- CORRECTION DES EXERCICES
viennent quasiment tous des membranes cellulaires. p. 63 ❚
Vérifier ses connaissances

bicouche 1  Connaître les mots-clés


de lipides
Consultez la liste des mots-clés du chapitre, p. 61.

Premier modèle de la membrane plasmique : 2  Question à réponse unique


modèle de Gorter et Grendel A-2 : La théorie cellulaire explique que toute cel-
2. La membrane n’est pas uniquement consti- lule provient d’une cellule-mère par un processus
tuée de lipides. Elle possède aussi des protéines, de division cellulaire.
qui, selon Danielle et Davson, sont attachées les La réponse 1 est fausse, car de nombreux êtres
unes aux autres à la surface des deux faces de la vivants sont constitués de plusieurs cellules, tels
membrane. les animaux, les végétaux, les champignons, etc.
Complété avec la représentation des protéines, La réponse 3 est fausse, car Pasteur a démontré
le modèle établi à la question précédente est le que la théorie de la génération spontanée est
suivant : invalide.
La réponse 4 est fausse, car nos cellules diffèrent
d’un organe à l’autre en fonction du rôle qu’elles
doivent assurer. Par exemple, la cellule nerveuse
de la fig. 2 p. 60 est différente de la cellule du foie
protéines
de la situation 2 p. 50.
double B-2 : La microscopie permet aujourd’hui d’obte-
couche nir des grossissements de plus en plus impor-
lipidique
tants, jusqu’à × 1 600 pour certains microscopes
optiques de recherche, et jusqu’à × 1 000 000
pour les microscopes électroniques.
Modèle de Danielle et Davson La réponse 1 est fausse, car on peut toujours
Remarque  : l’illustration du document  2 (sérine agrandir une image, quelles que soient les per-
proté­ase) peut constituer une aide à la schématisa- formances de l’outil utilisé pour l’obtenir.
tion des protéines par les élèves. Les réponses 3 et 4 sont fausses, car la résolution
maximale des microscopes électroniques est de
3. La comparaison des photographies b et c
l’ordre du nanomètre. On ne peut donc pas distin-
montre que les granules observables en c sont
guer des objets de taille inférieure au nanomètre,
des protéines. Les photographies c et d du docu-
comme les atomes.
ment 3 montrent que ces protéines ne sont pas
réparties sur la totalité de la membrane. Elles C-3 : La membrane plasmique comporte des
sont « dispersées et insérées dans la membrane protéines, qui sont localisées sur l’une ou l’autre
plasmique ». Ces observations permettent de des faces de la membrane ou au travers de cette
construire le modèle de Singer et Nicholson, éla- dernière.
boré en 1972 : La réponse 1 est fausse, car la membrane est
essentiellement de nature phospholipidique.
La réponse 2 est fausse, car la membrane plas-
mique est constituée de deux couches et non
protéines
d’une seule. Ces deux couches s’organisent d’ail-
leurs en orientant les queues hydrophobes de
double leurs phospholipides vers la zone interne de la
couche membrane.
lipidique La réponse 4 est fausse, car l’adjectif « plas-
mique » s’applique à la membrane qui délimite la
cellule. Par ailleurs, le noyau est entouré de deux
Modèle de Singer et Nicholson membranes formant ensemble une enveloppe.

CHAPITRE 3 • Une structure complexe : la cellule vivante 27

04733691_.indb 27 08/10/2019 14:43


D-4 : L’utilisation sur un microscope d’un objec- et non à l’une des deux couches phospho­lipidiques
tif 40 et d’un oculaire 15 permet d’obtenir un d’une unique membrane, comme on pourrait l’ob-
grossissement de 40 × 15 = 600. server sur le doc. 3  a de l’activité 4 page 59.
La réponse 1 est fausse, car il ne faut pas addi- Titre : membranes plasmiques de deux cellules
tionner les grossissements de l’objectif et de accolées, observées au microscope électronique
l’oculaire, mais les multiplier pour obtenir le gros- à transmission.
sissement total.
① : cytoplasme de la cellule A.
La réponse 2 est fausse, car avec un objectif 60,
② : cytoplasme de la cellule B.
le grossissement final aurait été de 60 × 15 = 900.
③ : membrane plasmique de la cellule A.
La réponse 3 est fausse, car le grandissement
d’une image est sans rapport avec le type d’op- ④ : membrane plasmique de la cellule B.
tique utilisé pour obtenir cette image.
5  Mettre en relation des connaissances
3  S’exprimer à l’oral
A : observation d’une molécule d’ADN : micro­
Pour votre oral, vous devez définir ce qu’est la scope électronique à transmission ; la résolu-
« théorie cellulaire » en justifiant le premier prin- tion du MEB, plus faible que le MET, ne permet
cipe à l’aide de dessins d’époque de différents pas une observation précise de ces molécules.
tissus cellulaires (animaux et végétaux), issus
B : observation de levures de bière vivantes :
d’observations au microscope optique.
microscope optique.
Vous pouvez prendre comme exemples la figure 1
page 60 et la figure c du document 1 page 54 du C : observation détaillée d’une patte de mouche en
manuel. Vous pouvez aussi utiliser des photo­ « relief » : microscope électronique à balayage.
graphies actuelles de cellules observées au D : observation de cellules buccales : microscope
microscope optique, comme les cellules d’élodée optique.
page 50 du manuel.
E : observation d’un anticorps (taille : 15 nm) :
Vos illustrations doivent montrer que toutes les
microscope électronique à transmission  ;
cellules possèdent la même unité de structure :
la résolution du MEB, plus faible que le MET,
membrane, cytoplasme et noyau.
ne permet pas une observation précise de ces
Vous présenterez ensuite le deuxième principe : molécules.
toute cellule provient d’une cellule préexistante
qui s’est divisée, et démontrerez ainsi la non vali- F 
: observation des protéines en relief sur
dité de la théorie de la génération spontanée. une membrane : microscope électronique à
Vous argumenterez en présentant l’expérience balayage.
réalisée par Pasteur en 1861 et son interprétation G : observation du mouvement des chloro­
(voir doc. 4 page 55). plastes dans une cellule végétale  : micro­
L’argumentation peut être étoffée par des scope optique  ; les conditions d’observation,
recherches : notamment la nécessité de faire le vide, ne per-
−− sur des personnages de l’époque opposés à la mettent pas de faire d’observations « in vivo » au
théorie cellulaire, tels que le philosophe Auguste microscope électronique.
Comte et/ou le médecin Marie François Xavier
H : observation de l’organisation interne d’une
Bichat ;
mitochondrie (taille : 1 µm) : microscope électro-
−− sur des découvertes plus anciennes confortant
nique à transmission ou microscope électro-
les résultats de Pasteur : expériences du natura-
nique à balayage, si la mitochondrie est ouverte
liste et médecin Francesco Redi en 1668 montrant
à très basse température (technique de cryo­
que l’apparition spontanée des insectes n’existe
fracture). Voir un exemple doc. 2  b page 56.
pas.

4  Légender une photographie p. 64 ❚

Dans cet exercice, il faut faire attention à l’énoncé, Exercice similaire


où il est indiqué que l’on observe une zone de
7  La fluidité membranaire
contact entre deux cellules. Cela signifie que
les points 3 et 4 correspondent chacun à une La membrane cellulaire est une mosaïque de
membrane plasmique de l’une des deux cellules, phospholipides parsemée de protéines.

28 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 28 08/10/2019 14:43


Ces molécules peuvent être marquées par un pro- espèces se retrouvent mélangées à la surface de
duit fluorescent de couleur verte. la membrane plasmique.

molécules
fusion
fluorescentes vertes protéines
côté extracellulaire
membranaires
marquées
cellule cellule
bicouche humaine de souris
phospholipidique
40
minutes
a protéine
photoblanchiment
côté
au laser
intracellulaire

molécules fluorescentes p. 65 ❚


détruites S’entraîner

8  Retour sur les problématiques


•  Comment l’évolution de la microscopie a-t-
b elle permis de découvrir les cellules et leur
récupération fonctionnement ?
de la fluorescence par
déplacement des molécules Dans un premier temps, l’invention du microscope
membranaires optique, qui s’appuie sur l’utilisation de deux (ou
plus) lentilles grossissantes, a permis de mettre
en évidence que tout être vivant était constitué
d’une ou de plusieurs cellules, donnant ainsi nais-
sance à la théorie de l’unité cellulaire : la cellule
c est l’unité structurale et fonctionnelle du vivant, et
toute cellule provient d’une cellule préexistante.
a Avant l’expérience, la fluorescence est partout. Dans un second temps, l’invention de la microsco-
pie électronique a permis de révéler les détails de
b À t = 0 min, la fluorescence est détruite à l’aide
l’organisation interne des cellules, et d’établir le
d’un laser dans la zone arrondie qui devient
lien entre les échelles cellulaires et moléculaires,
sombre.
affinant ainsi nos connaissances du fonctionne-
c À t = 2 min, la fluorescence est revenue dans ment cellulaire.
la zone traitée au laser. Des molécules (phospho-
•  Comment est organisée la membrane plas-
lipides et protéines) fluorescentes sont venues
mique, élément fondamental de la cellule ?
dans la zone traitée qui redevient fluorescente.
La membrane plasmique se constitue de deux
Plus le temps passe, plus la zone redevient fluores-
couches phospholipides accolées par leur face
cente. Les molécules ne sont pas statiques dans
hydrophobe. On parle alors de bicouche phospho­
la membrane. Elles bougent les unes par rapport
lipidique. C’est elle qui délimite la cellule.
aux autres, ce qui explique un rééquilibrage de
la fluorescence dans la zone traitée. On parle de La membrane plasmique est aussi constituée de
« mosaïque fluide ». protéines et de glycoprotéines réparties aléatoi-
rement sur l’une ou l’autre des deux faces de la
Complément membrane ; certaines protéines peuvent cepen-
Une autre expérience (Frye et Edidin, 1970) per- dant la traverser. Ces dernières assurent les
met de visualiser cette fluidité membranaire. échanges entre la cellule et le milieu extérieur.
On fait fusionner une cellule humaine et une cel-
9  Les avantages d’une nouvelle technologie
lule de souris, dont on a marqué certaines pro-
téines membranaires à l’aide de colorants. Les 1. La résolution du Titan Krios est de 0,1 nm. Celle
protéines membranaires humaines ont été mar- d’un microscope électronique à transmission tradi-
quées avec de la rhodamine, celles de la souris tionnel est de l’ordre de la cinquantaine de nano-
avec de la fluorescéine. Après 40 minutes, on mètres, comme ce qu’on peut voir dans le deuxième
constate que les protéines des cellules des deux encadré de « L’essentiel en images », page 62.

CHAPITRE 3 • Une structure complexe : la cellule vivante 29

04733691_.indb 29 08/10/2019 14:43


Sa résolution est donc 500 fois supérieure à celle insectes que de fournir un abri et de la nourriture
d’un MET traditionnel. aux œufs qui s’y développeront. Si les femelles
n’y pondent pas, aucune descendance ne s’y
2. Jusqu’à présent, avec les MET traditionnels,
développera. »
l’étude des molécules était difficile. Leur observa-
tion va être beaucoup plus précise avec le Titan
Prépa
Krios. Grâce à ce microscope, on va aussi accéder 12   BAC La microscopie à fluorescence
à l’échelle atomique. En effet, les atomes ont un
1. La fluorescence permet de suivre le devenir de
diamètre de l’ordre de 10–10 m, soit 0,1 nm.
molécules dans une cellule vivante. Dans l’exemple
3. Ce microscope est entièrement automatisé et de la division cellulaire, on peut observer la loca-
nécessite donc peu de personnel. Il peut traiter lisation de deux protéines différentes et de l’ADN
jusqu’à 12 échantillons en même temps, contre contenu dans les chromosomes, et ainsi observer
un seul dans un MET traditionnel. les molécules impliquées dans la migration des
chromosomes. En microscopie optique classique,
10  Les différentes techniques d’observation il est seulement possible d’observer des cellules
1. Tout comme le microscope optique, la loupe vivantes et les mouvements d’organites tels que
binoculaire comporte plusieurs lentilles (objectif les chloroplastes. Contrairement à un microscope
et oculaire). Ses deux oculaires permettent une classique, le microscope à fluorescence utilise les
vision en relief. Les deux types d’éclairage per- photons émis par l’objet observé, et non les pho-
mettent d’observer l’objet, soit par transparence tons d’une source de lumière extérieure.
(éclairage par le dessous), soit par le dessus. 2. L’avantage de cette technique est le marquage
2. L’éclairage par le dessus permet l’observation de molécules précises, dont on peut suivre le
d’objets épais, puisque les rayons lumineux n’ont devenir au cours du temps dans une cellule. En
pas besoin de traverser l’objet observé, contraire- microscopie optique, il n’est pas possible de cibler
ment à une observation au microscope optique. précisément telle ou telle molécule. En micro­
On peut donc étudier des petits animaux, comme scopie électronique, les cellules et molécules sont
des insectes, ou des végétaux entiers. De plus, figées.
l’absence d’observation entre lame et lamelle per- 3. Les protéines membranaires extracellulaires
met de les étudier vivants. Seules des cellules ou de levures ont été colorées soit en vert soit en
des animaux microscopiques sont observables rouge. Sur la photo, on observe des levures de
vivants au microscope optique. quatre couleurs différentes, qu’on peut interpré-
ter ainsi :
11  Une expérience historique −− levure rouge : la cellule n’a pas fusionné ;
1. Pasteur part de deux « bouillons » stérilisés. −− levure verte : la cellule n’a pas fusionné ;
L’un est isolé du milieu extérieur, donc stérile, et −− levure bicolore jaune-orangé et vert : deux cel-
l’autre est mis en contact avec l’extérieur. lules sont en train de fusionner, et la partie jaune-
Aucune moisissure ne se développe dans le milieu orangé correspond aux protéines membranaires
isolé au contraire du milieu en contact avec l’exté- qui se sont déjà mélangées ;
rieur. On peut donc dire qu’aucun développement −− levure jaune-orangé : deux cellules ont tota-
d’êtres vivants dans un milieu ne peut se produire lement fusionné, et leurs protéines se sont
spontanément. mélangées.
Le schéma doit montrer que, suite à la fusion de
2. Le bocal témoin est en contact avec l’extérieur.
deux cellules appartenant à chacun des lots, les
La mouche peut pondre sur le morceau de viande,
protéines situées sur la face extracellulaire sont
et quelques semaines plus tard, on observe le
réparties au départ de manière homogène, par
développement d’asticots.
exemple les rouges sur la partie gauche de la
Dans le bocal recouvert d’une moustiquaire, cette
cellule issue de la fusion, et les vertes à droite.
dernière isole le morceau de viande des mouches,
D’autres cellules apparaissent orangées, mais
qui ne peuvent pas y pondre. Quelques semaines
aucune n’est pour moitié rouge et l’autre moitié
plus tard, on constate qu’aucun asticot ne s’est
verte comme on pourrait s’y attendre. En effet,
développé dans le morceau de viande.
la membrane étant fluide, les protéines rouges
3. Une conclusion actualisée du travail de Redi et vertes ont migré et se sont mélangées, ce qui
serait : « La matière organique animale ou végé- donne leur couleur jaune-orangé aux cellules
tale n’a d’autre fonction dans la reproduction des ayant fusionné.

30 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 30 08/10/2019 14:43


cellule apparaissant rouge
fluorochrome rouge
lié à une protéine
membranaire

déplacement
des protéines
fusion des cellules au sein
de la membrane

fluorochrome
vert lié à une protéine cellule apparaissant jaune-orangé
cellule apparaissant verte
membranaire

PROJET EXPÉRIMENTAL ET NUMÉRIQUE p. 67 ❚ 1. Réaliser une préparation microscopique per-


mettant l’observation du mouvement.
Ce projet sur la vie microscopique en mouve- Vous pouvez par exemple vous intéresser à :
ment s’organise autour de la résolution d’un −− l’élodée, afin d’étudier la vitesse de déplacement
problème scientifique à l’aide d’une démarche de ses chloroplastes lors d’une cyclose ;
expérimentale. −− une algue unicellulaire telle que le Volvox ou
Voici quelques exemples de problèmes scienti- l’Euglène, afin d’étudier ses mouvements de rota-
fiques en relation avec ce chapitre : tion et de translation ;
Certains organites sont en mouvement dans la cel- −− une feuille de mousse, afin d’observer la vitesse
lule, comment calculer leur vitesse intracellulaire ? d’ouverture et de fermeture de ses stomates en
Certains êtres vivants sont unicellulaires et se fonction de différents facteurs.
déplacent dans leur environnement. Quelles sont 2. Acquérir une séquence vidéo numérisée du
leur vitesse et leur trajectoire ? mouvement à l’aide d’une caméra, d’un appareil
Quels sont les facteurs pouvant les influencer (tem- photo numérique ou d’un smartphone.
pérature, luminosité, composition chimique du 3. À partir de la séquence vidéo numérisée
milieu de vie, densité de la population, etc.) ? acquise et à l’aide d’un logiciel tel que Tracker, cal-
Cette démarche peut, par exemple, impliquer les culer la vitesse de déplacement et déterminer
trois étapes suivantes, que vous pourrez plus ou la trajectoire d’un organite cellulaire ou d’une
moins développer selon votre problème. cellule.

CHAPITRE 3 • Une structure complexe : la cellule vivante 31

04733691_.indb 31 08/10/2019 14:43


04733691_.indb 32 08/10/2019 14:43
PARTIE   1

Préparer
le contrôle continu
Manuel p. 68

CORRECTION DES EXERCICES

1  Le polonium c. Dans l’approximation des sphères tangentes,


a = 2r.
1. Un noyau radioactif est un noyau instable qui va
forcément subir une désintégration. Il se formera 4
Vatome =  π r3 et Vmaille = a3 = 8 r3
alors un noyau fils avec émission de particule (élec- 3
tron ou positon ou noyau d’hélium) et d’un rayon- V π
donc la compacité vaut c = atome =  = 0,52 = 52 %.
nement électromagnétique. Vmaille 6

2. d. Cela signifie qu’il y a dans le cristal des espaces


vides entre les atomes de polonium.
N (t)
3 ¥ 1021
2  Datation : carbone 14 ou potassium argon ?
2 ¥ 1021 1. Le texte nous dit qu’au bout de 40 millénaires, la
teneur résiduelle devient trop faible.
1 ¥ 1021 Or 40 millénaires = 4,0 × 104 ans : comme le corail
est plus vieux, la méthode au carbone 14 n’est pas
adaptée.
0
0 50 100 150 200 250 300 2. a. Au bout de t1/2, la population est N0/2, il reste
t (j)
donc 50 % des noyaux initialement présents.
3. La demi-vie est la durée au bout de laquelle la Au bout de 2t1/2, la population est N0/4, il reste donc
moitié de l’échantillon radioactif s’est désintégrée. 25 % des noyaux initialement présents.
Au bout de 3t1/2, la population est N0/8, il reste donc
N0
Graphiquement, pour N =  = 1,43 × 1021 noyaux, 12,5 % des noyaux initialement présents.
2
on trouve t1/2 = 138 jours = 1,2 × 107 s. Au bout de 4 t1/2, la population est N0/16, il reste
donc 6,25 % des noyaux initialement présents.
4. a. Il s’agit d’une fusion, deux noyaux légers
4,5 × 109
s’unissent pour former un noyau plus lourd. b.  = 3,5.
1,3 × 109
b. Les fusions se produisent au cœur du Soleil.
L’âge de la Terre est donc 3,5 fois la demi-vie du
c. D’après la loi de Coulomb, des corps portant des potassium argon. Il reste alors entre 6,25 et 12,5 %
charges électriques de même signe se repoussent. des noyaux initialement présents.
5. a. Le polonium cristallise sous la forme cubique Cette méthode est donc adaptée à la mesure de
simple. l’âge de la Terre, le pourcentage de noyaux restants
b. Dans cette maille, chaque sommet du cube est étant supérieur à 1 %.
occupé par un atome de polonium. Chaque atome
1
de polonium compte pour car il se partage entre
8
1
8 mailles. Il y a donc 8 ×  = 1 atome de polonium
8
par maille.
33

04733691_.indb 33 08/10/2019 14:43


3. a. b. La masse volumique de l’eau liquide étant de
1 000 kg · m–3, cela veut dire que 12 molécules
d’eau occuperaient un volume de :
12 × 2,99 × 10 −26
V =  = 3,589 × 10–28 m3.
1 000
On peut donc dire que l’eau solide occupe un volume
plus important que l’eau liquide (3,89 × 10–28 contre
3,59 × 10–28 m3).
L’observation des deux modèles moléculaires
permet de confirmer ce résultat : dans un même
a volume, il y a plus de molécules d’eau lorsqu’elle est
c. Les atomes d’argon sont placés aux sommets liquide que solide « Dans l’eau liquide (b), les espaces
et aux centres des faces du cube, donc la maille observés dans la maille de glace (a) sont quasiment
renferme : absents. Ils sont occupés par d’autres molécules d’eau. »
1 1 Ceci explique l’augmentation du volume des cel-
8 × + 6 × = 4 atomes.
8 2 lules suite à la solidification de l’eau et donc leur
La masse de la maille est mmaille = 4 mAr. fragilisation. On voit dans le document 2 que le
froid désorganise la membrane et qu’elle peut
Le volume de la maille est Vmaille = a3 même subir des ruptures.
mmaille 4 mAr En parallèle, la congélation entraîne la forma-
donc ρ = = .
V maille a3 tion de cristaux de glace pointus qui déchirent la
membrane cytoplasmique (doc. 3). Ces mécanismes
provoquent au niveau moléculaire la désorganisa-
3  Les effets du gel sur le vivant
tion et la rupture de la double couche phospholi-
On sait que la maille de l’eau à l’état solide contient pidique (doc. 3). Les cellules, dont la membrane va
12 molécules d’eau et occupe un volume de se percer, vont se vider de leur contenu et mourir
3,89 × 10–28 m3 (document 4). (doc. 1). À l’échelle de l’organisme, les zones tou-
chées par le gel vont noircir et mourir (photogra-
phie du pied de vigne).

34 PARTIE 1 • UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MATIÈRE

04733691_.indb 34 08/10/2019 14:43


PARTIE   2

Chapitre

Le rayonnement solaire
Manuel p. 72

LE PROGRAMME

2. Le Soleil, notre source d’énergie

2.1 – Le rayonnement solaire

Le Soleil transmet à la Terre de l’énergie par rayonnement.

Savoirs Savoir-faire

L’énergie dégagée par les réactions de fusion de


l’hydrogène qui se produisent dans les étoiles les
maintient à une température très élevée.
Du fait de l’équivalence masse-énergie (relation Déterminer la masse solaire transformée chaque
d’Einstein), ces réactions s’accompagnent d’une seconde en énergie à partir de la donnée de la
diminution de la masse solaire au cours du temps. puissance rayonnée par le Soleil.
Comme tous les corps matériels, les étoiles et le Soleil
émettent des ondes électromagnétiques et donc
perdent de l’énergie par rayonnement.
Le spectre du rayonnement émis par la surface À partir d’une représentation graphique du spectre
(modélisé par un spectre de corps noir) dépend d’émission du corps noir à une température donnée,
seulement de la température de surface de l’étoile. déterminer la longueur d’onde d’émission maximale.
La longueur d’onde d’émission maximale est Appliquer la loi de Wien pour déterminer la
inversement proportionnelle à la température absolue température de surface d’une étoile à partir de la
de la surface de l’étoile (loi de Wien). longueur d’onde d’émission maximale.

La puissance radiative reçue du Soleil par une surface Sur un schéma, identifier les configurations pour
plane est proportionnelle à l’aire de la surface et lesquelles la puissance reçue par une surface est
dépend de l’angle entre la normale à la surface et la maximale ou minimale.
direction du Soleil. Analyser, interpréter et représenter des données de
De ce fait, la puissance solaire reçue par unité de températures. Calculer et comparer des moyennes
surface terrestre dépend : temporelles de températures.
– de l’heure (variation diurne) ;
– du moment de l’année (variation saisonnière) ;
– de la latitude (zonation climatique).

Prérequis et limites

Les notions de base concernant l’énergie et la puissance, déjà connues, sont remobilisées.
La loi de Planck n’est pas explicitée : toutes les analyses spectrales sont réalisées à partir de représentations
graphiques.
La relation entre la température absolue, exprimée en kelvin, et la température en degrés Celsius est fournie,
ainsi que la loi de Wien.

35

04733691_.indb 35 08/10/2019 14:43


JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 72 corps noir développé par le physicien allemand
Max Planck au début du xxe siècle. L’exploitation
mathématique dans le cadre de la loi de Wien est
SITUATION 1 ici mise en œuvre pour évaluer la température
Il s’agit ici de vérifier que les élèves ont bien acquis des étoiles (activité 2).
au cycle 4 la notion de puissance électrique, ainsi
que le lien avec l’énergie correspondante. La dis-
tinction des unités énergétiques du joule (J) ou du SITUATION 3
watt-heure (Wh) est également remobilisée. Il s’agit ici de vérifier que les élèves ont bien
acquis au cycle 4 la notion de rayonnement
›Exemple
› de réponse attendue électromagnétique.
La relation entre la puissance et l’énergie s’écrit :
P = ΔE/Δt. ›Exemple
› de réponse attendue
Ces clichés ont été pris grâce à des ondes électro-
On calcule par exemple la valeur de la puis-
magnétiques : la première dans le domaine de la
sance P à partir des deux valeurs affichées sur le
lumière visible et la seconde dans le domaine des
compteur :
rayons X qui sont capables de traverser la peau et
ΔE = 0,33 kWh, soit ΔE = 330 Wh. les tissus mous.
Et Δt = 47 min 20 s
› classe de 1re enseignement scientifique
›En
Δt = 47,33 min, soit Δt = 0,7888 h.
En classe de Première, la longueur d’onde est une
On en déduit : grandeur centrale pour caractériser le rayonne-
P = 330/0,7888, soit P = 418 W. ment solaire et exploiter la loi de Wien (activité 2).
Cette valeur est proche de celle indiquée sur le
compteur.

› classe de 1re enseignement scientifique


›En ACTIVITÉS
Dans l’étude du rayonnement solaire en classe p. 74 ❚ ACTIVITÉ 1
de Première, les grandeurs puissance et éner-
gie sont mobilisées pour quantifier l’influence du Le Soleil perd chaque jour de la masse
Soleil sur la Terre. Dans la totalité des activités Cette activité a pour objectif de traiter les parties
du chapitre, ces grandeurs sont utilisées par les suivantes du programme :
élèves pour évaluer les effets énergétiques du Savoirs : « L’énergie dégagée par les réactions
Soleil sur notre planète. de fusion de l’hydrogène qui se produisent dans
les étoiles les maintient à une température très
élevée.
SITUATION 2
Du fait de l’équivalence masse-énergie (rela-
Dans cette situation, l’objectif est de remobiliser tion d’Einstein), ces réactions s’accompagnent
les attendus de la classe de Seconde sur l’étude d’une diminution de la masse solaire au cours du
des spectres d’émission, et, plus précisément, les temps. »
spectres d’origine thermique.
Savoir-faire : « Déterminer la masse solaire trans-
›Exemple
› de réponse attendue formée chaque seconde en énergie à partir de la
donnée de la puissance rayonnée par le Soleil. »
L’illustration représente des spectres d’émission
continus. Leur allure dépend de la température la Le document 1 apporte la définition de la
source de rayonnement. constante solaire en termes de puissance surfa-
cique rayonnée.
Plus une source est froide et moins son spectre
est riche. À l’inverse, plus une source est chaude Le document 2 fournit aux élèves des données
et plus le spectre s’étend vers le violet. On en diverses sur le Soleil et, en particulier, sa masse
déduit que T3 est la température la plus élevée car qui sera utile pour les calculs attendus.
le spectre associé est le plus étendu. Le document 3 présente la notion d’équivalence
masse-énergie et rappelle la valeur de la célérité.
› classe de 1re enseignement scientifique
›En Le document 4 rappelle les expressions permet-
En classe de Première, les spectres d’origine ther- tant de calculer les surfaces et les volumes de
mique sont étudiés dans le cadre du modèle du quelques formes géométriques.

36 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 36 08/10/2019 14:43


›Exemple
› de correction des pistes de travail température donnée, déterminer la longueur
1. On cherche à évaluer la puissance rayonnée par d’onde d’émission maximale.
le Soleil dans toutes les directions de l’espace en Appliquer la loi de Wien pour déterminer la tem-
utilisant la constante solaire F. Cette dernière cor- pérature de surface d’une étoile à partir de la lon-
respond à la puissance moyenne du rayonnement gueur d’onde d’émission maximale. »
solaire pour une unité de surface. On calcule donc
Le document 1 présente le modèle du corps noir
la surface S de la sphère représentée au doc. 1b :
à partir de l’observation de la couleur des étoiles.
S = 4πR2
Le lien avec la température de surface est ainsi
S = 4 × π × (1,5 × 1011)2 explicité.
soit S = 2,8 × 1023 m2. Le document 2 permet de réaliser expérimen-
On en déduit la puissance rayonnée par une rela- talement l’acquisition du spectre de la lumière
tion de proportionnalité : blanche et permet de mieux comprendre la
P = F · S notion de profil spectral.
P = 1 368 × 2,8 × 1023 Le document 3 présente le profil spectral du
soit P = 3,9 × 1026 W. Soleil. Le rappel des différents domaines de
rayonnements électromagnétiques facilite la lec-
La puissance rayonnée par le Soleil dans toutes ture du graphique.
les directions de l’espace vaut 3,9 × 1026 W. Le document 4 introduit la loi de Wien qui n’est
2. L’énergie et la puissance vérifient la relation : pas connue par les élèves.
ΔE = P · Δt
›Exemple
› de correction des pistes de travail
ΔE = 3,9 × 1026 × 1,0
1. Par lecture graphique sur le doc. 3, on déter-
ΔE = 3,9 × 1026 J.
mine la valeur de l’abscisse du sommet de la
L’énergie rayonnée en une seconde par le Soleil courbe. On trouve λmax = 450 nm.
vaut 3,9 × 1026 J.
2. D’après le doc. 3b, cette radiation appartient au
3. On utilise la formule d’Einstein : domaine visible.
ΔE = Δm · c2 3. On exploite la loi de Wien donnée dans le doc. 4 :
donc Δm = ΔE/c2
2,8978 × 10 −3
Δm = 3,9 × 1026/(3,0 × 108)2 T=
λ max
Δm = 4,3 × 109 kg.
En une seconde, la masse du Soleil est donc 2,8978 × 10 −3
T=
réduite de 4,3 × 109 kg, soit 4,3 millions de tonnes. 450 × 10 −9
4. Ce résultat est très faible par rapport à la valeur T = 6,44 × 103 K.
de la masse du Soleil qui est indiquée dans le doc. 2. La température à la surface du Soleil est de
6,44 × 103 K.
p. 76 ❚ ACTIVITÉ 2 4. La valeur indiquée dans le doc. 1 est de 6 000 K
et celle calculée de 6 440 K. Les deux valeurs sont
La température du Soleil donc voisines.
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme : Remarque : la lecture graphique sur le doc. 3 peut
être remplacée ou complétée par une mesure
Savoirs : « Comme tous les corps matériels, les
expérimentale sur le modèle décrit dans le doc. 2.
étoiles et le Soleil émettent des ondes électro-
magnétiques et donc perdent de l’énergie par
rayonnement. ACTIVITÉ 3
p. 78 ❚
Le spectre du rayonnement émis par la surface
(modélisé par un spectre de corps noir) dépend Les climats sur Terre
seulement de la température de surface de l’étoile. Cette activité a pour objectif de traiter les parties
La longueur d’onde d’émission maximale est suivantes du programme :
inversement proportionnelle à la température Savoirs : « La puissance radiative reçue du Soleil
absolue de la surface de l’étoile (loi de Wien). » par une surface plane est proportionnelle à l’aire
Savoir-faire : « À partir d’une représentation gra- de la surface et dépend de l’angle entre la nor-
phique du spectre d’émission du corps noir à une male à la surface et la direction du Soleil.

CHAPITRE 1 • Le rayonnement solaire 37

04733691_.indb 37 08/10/2019 14:43


De ce fait, la puissance solaire reçue par unité de 2. Plus l’angle est faible, plus la surface éclairée
surface terrestre dépend de la latitude (zonation est réduite et donc plus la puissance surfacique
climatique). » reçue est importante.
Savoir-faire : «  Sur un schéma, identifier les 3. La puissance surfacique est donc maximale
configurations pour lesquelles la puissance reçue quand l’angle d’incidence par rapport à la nor-
par une surface est maximale ou minimale. male est nul. Inversement, la puissance est mini-
Analyser, interpréter et représenter des don- male lorsque l’angle d’incidence tend vers 90°.
nées de températures. Calculer et comparer des 4. Sur le doc. 3, on observe que l’incidence proche
moyennes temporelles de températures. » de la normale correspond à la zone proche de
Le document 1 présente les grandes zones clima- l’équateur. Cette partie du globe, qui reçoit une
tiques du globe. forte puissance surfacique, correspond à un climat
Le document 2 établit une distinction entre les globalement chaud. À l’opposé, pour les régions où
termes climatologie et météorologie qui sont sou- l’angle d’incidence est plus important, la puissance
vent confondus par les élèves. surfacique reçue diminue, et le climat est polaire.
Le document 3 présente une expérience quali-
tative qui permet d’illustrer l’influence de l’axe de p. 80 ❚ ACTIVITÉ 4
rotation de la Terre sur la répartition de l’énergie
Le Soleil et les saisons
solaire à la surface de la Terre.
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
Le document 4 propose l’utilisation du logiciel Geo-
suivantes du programme :
gebra pour aborder quantitativement les considé-
rations évoquées dans le document 3. Les élèves Savoirs : « La puissance radiative reçue du Soleil
ont généralement l’habitude d’utiliser cet outil en par une surface plane est proportionnelle à l’aire
mathématiques en classe de Seconde et au collège. de la surface et dépend de l’angle entre la nor-
male à la surface et la direction du Soleil.
DOC De ce fait, la puissance solaire reçue par unité de
Pour mener une investigation surface terrestre dépend du moment de l’année
(variation saisonnière). »
◗◗Exemple de correction
Savoir-faire : «  Sur un schéma, identifier les
•  Dans ce modèle, le cylindre représente un fais- configurations pour lesquelles la puissance reçue
ceau lumineux émis par le Soleil, le plan modélise par une surface est maximale ou minimale. »
la surface de la Terre et l’angle α évalue l’inclinaison
entre la direction d’incidence du faisceau et le plan. Le document 1 présente les caractéristiques du
mouvement de la Terre autour du Soleil et autour
•  Choisir l’outil « mesure » en cliquant sur de son axe.
l’icône puis sur . Cliquer sur la surface
Le document 2 associe, pour l’hémisphère Nord,
d’intersection.
la position de la Terre sur son orbite aux saisons.
•  En modifiant la valeur de l’angle α, on obtient : Il s’agit également de s’opposer à l’idée souvent
A0° = 28,3 cm2 ; A23,5° = 30,8 cm2 et A66,5° = 70,9 cm2. admise par les élèves que l’été correspond au
•  On calcule les rapports correspondants : moment où la Terre est la plus proche du Soleil.
A23,5°/A0° = 1,1 et A66,5°/A0° = 2,5 Le document 3 donne une estimation de la puis-
sance surfacique reçue en chaque point du globe.
•  Les rapports précédents permettent d’évaluer
Le document 4 est une animation qui permet
l’influence de l’incidence sur la puissance sur-
aux élèves de mieux appréhender l’influence de
facique reçue. Plus le rapport est grand, plus la
la rotation de la Terre autour de son axe sur la
surface éclairée sera grande et la puissance sur-
surface éclairée sur Terre.
facique sera faible.
DOC

›Exemple
› de correction des pistes de travail Pour mener une investigation
1. Le doc. 2 indique que la climatologie et la météo-
◗◗Exemple de correction
rologie se distinguent par les échelles de temps
•  L’animation « 
Ensoleillement 
» ne nécessite
considérées. La climatologie s’intéresse à l’étude
aucun paramétrage spécifique.
des variations climatiques sur des durées très lon-
gues, alors que la météorologie ne considère que •  L’axe de rotation de la Terre est représenté par
les variations à court terme, soit quelques jours une droite blanche et le plan de l’écliptique reste
ou quelques semaines. horizontal sur l’écran.

38 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 38 08/10/2019 14:43


•  Les valeurs 1 et 1,7 sont des coefficients qui 3  Avoir un regard critique
traduisent la surface interceptée par la lumière a. La masse du Soleil varie car, en perdant de
solaire en fonction de l’inclinaison de l’axe de l’énergie, il perd de la masse.
rotation de la Terre. Ainsi la surface notée 1,7 est
b. Le Soleil émet des radiations sur toutes les lon-
1,7 fois plus grande que la surface notée 1.
gueurs d’onde du spectre électromagnétique.
•  L’apparence de mouvement de l’axe de rotation c. Le spectre d’un corps chaud dépend de sa
de la Terre traduit le mouvement de révolution de température.
la Terre autour du Soleil. Selon l’éloignement de
d. La loi de Wien apporte une information sur la
la Terre et de son étoile, l’incidence de la lumière
température de surface d’une étoile.
du Soleil varie.
•  De janvier à juillet, le tropique du Capricorne 4  Restituer le cours
s’éloigne de la zone 1, la puissance surfacique
1. Les variations saisonnières sont liées à l’incli-
reçue diminue, on passe de l’été à l’hiver (hémis-
naison de l’axe de rotation de la Terre par rapport
phère Sud), puis inversement de juillet à décembre.
au plan de l’écliptique, qui induit une variation de
›Exemple
› de correction des pistes de travail la puissance solaire surfacique reçue en fonction
1. D’après le doc. 2, la Terre est en position la plus de l’angle d’incidence du rayonnement. Voir le
éloignée du Soleil (aphélie) au mois de juillet, qui document 3 p. 79.
correspond à l’été de l’hémisphère Nord. Inverse- 2. L’existence de grandes zones climatiques est
ment, la Terre est la plus proche du Soleil (périhé- liée à l’influence de l’angle d’incidence du rayonne-
lie) au mois de janvier, soit en hiver. Les variations ment solaire. Ainsi, les zones climatiques chaudes
saisonnières ne peuvent donc pas s’expliquer par se trouvent autour de l’équateur qui est la région
un plus ou moins grand éloignement entre la où le rayonnement solaire à une incidence nulle
Terre et le Soleil. par rapport à la normale.
2. Dans le doc. 4, on remarque que, pour un point 3.
de l’hémisphère Nord, la puissance surfacique rayonnements
perpendiculaires
reçue est plus élevée en juin qu’en janvier, ce qui à la surface A
correspond à l’été et à l’hiver. Il y a donc un lien
entre l’existence des variations saisonnières et la
A
variation de la puissance solaire reçue.
3. L’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par
rapport au plan de l’écliptique implique une varia-
tion de l’angle d’incidence des rayons du Soleil au 4. Le Soleil, comme toutes les étoiles, libère de
cours de son mouvement de révolution. l’énergie sous forme de rayonnement. Elle a pour
origine la fusion nucléaire de ses constituants.
La puissance surfacique reçue en chaque point Il y a donc perte de matière et diminution de la
du globe varie donc tout au long de l’année. La masse.
conséquence en est l’alternance des saisons.
4. Les saisons sont inversées dans les deux hémis- 5  Exploiter les relations du cours
phères. C’est une conséquence directe de l’incli- 1. a. La relation d’Einstein s’écrit ΔE = Δm · c2 avec
naison de l’axe de rotation. E, l’énergie (en J), m, la masse (en kg), et c, la célé-
rité de la lumière (en m · s–1).
b. En connaissant la valeur de l’énergie rayonnée
par le Soleil, on calcule la valeur de la diminution
CORRECTION DES EXERCICES de masse correspondante grâce à la relation
p. 85 ❚ d’Einstein :
Vérifier ses connaissances ∆E
∆m =
1  Connaître les mots-clés c2
3,8 × 1026
Consultez la liste des mots-clés du chapitre, p. 83. ∆m =
(3,0 × 108 )2
2  Questions à choix unique soit m = 4,2 × 109 kg.
A-3 ; B-1 ; C-2 ; D-1 ; E-3 ; F-3. Le Soleil perd 4,2 × 109 kg par seconde.

CHAPITRE 1 • Le rayonnement solaire 39

04733691_.indb 39 08/10/2019 14:43


2. a. La loi de Wien est : • L’énergie solaire reçue sur Terre est-elle iden-
λmax · T = 2,90 × 10–3 m · K tique partout et à tout moment ?
avec λmax, la longueur d’onde correspondant à L’énergie reçue du Soleil sur Terre n’est pas
l’intensité maximale (en m), et T, la température identique en tout lieux et à chaque instant. Elle
(en K). dépend de plusieurs paramètres : moment de la
journée, saison, latitude.
b. D’après l’énoncé, on suppose que λmax =
480 nm, soit λmax = 4,8 × 10–7 m.
9  Perte de masse du Soleil
Grâce à la loi de Wien, on détermine la tempéra-
ture de surface du Soleil : 1. Einstein a démontré l’équivalence entre masse
2,90 × 10 −3 et énergie en posant la relation ΔE = Δm · c2.
T=
λ max Une perte d’énergie s’accompagne donc d’une
perte de masse.
2,90 × 10 −3
T=
4,8 × 10 −7 2. a. On calcule la surface S de la sphère à travers
laquelle le rayonnement solaire est réparti :
soit T = 6,04 × 103 K.
S = 4πR2
La température de surface du Soleil est d’environ S = 4 × π × (1,5 × 1011)2
6 000 K.
S = 2,8 × 1023 m2.
On utilise la donnée de l’énoncé pour un mètre
p. 86 ❚ carré en réalisant une proportionnalité :
Exercice similaire P = 1,4 × 103 × 2,8 × 1023
P = 3,9 × 1026 W.
7  Température de surface d’Aldébaran
On en déduit l’énergie correspondante :
1. Sur le graphique, on mesure l’abscisse du maxi-
ΔE = P · Δt
mum de la courbe. On trouve 580 nm.
ΔE = 3,9 × 1026 × 1
En utilisant le spectre de l’exercice précédent, soit ΔE = 3,9 × 1026 J.
on observe que cette valeur de longueur d’onde
correspond à une couleur orange. Ce résultat est En une seconde, le Soleil libère donc 3,9 × 1026 J.
cohérent avec l’information donnée dans le texte. b. La relation d’Einstein s’écrit :
2. La loi de Wien s’écrit : ∆E
∆m =
2,90 × 10 −3 c2
T=
λ max 3,9 × 1026
∆m =
2,90 × 10 −3 (3,0 × 108 )2
T=
580 × 10 −9 Δm = 4,3 × 109 kg.
soit T = 5,00 × 103 K. Chaque seconde, le Soleil perd donc 4,3 × 109 kg.
La température de la surface de l’étoile Aldébaran 3. On calcule le rapport de la masse perdue sur la
est d’environ 5 000 K. masse totale du Soleil :
3. Cette valeur est inférieure à celle du Soleil. mperdue 4,3 × 109
= = 2,2 × 10–21
mtotale 2 × 1030

p. 87 ❚
2,2 × 10–19 % < 1
S’entraîner Cette valeur est très faible. En première approxi-
mation, la masse perdue est négligeable devant
8  Retour sur les problématiques la masse du Soleil.
• Comment l’énergie solaire qui nous parvient
est-elle produite ? 10  Mort d’une étoile
Le Soleil – comme presque toutes les étoiles – est
La relation d’Einstein s’écrit :
le siège de réactions nucléaires qui produisent de
grandes quantités d’énergie qui sont émises sous ∆E
∆m =
forme de rayonnement dans l’Univers. c2

40 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 40 08/10/2019 14:43


On détermine un ordre de grandeur de cette b. L’axe de Mars a une inclinaison très proche de
perte de masse par seconde : celle de la Terre. Il est donc probable que Mars
1026 connaisse une variation saisonnière. À l’inverse,
∆m = Vénus à une inclinaison très faible, elle ne subit
(3,0 × 108 )2
donc probablement pas de variations saison-
Δm ≃ 109 kg.
nières. Ces prévisions sont cohérentes avec l’as-
Chaque seconde, le Soleil perd donc une masse pect des courbes du graphique.
d’environ 109 kg.
La masse du Soleil vaut MS = 1027 tonnes, soit 12  Soleil de minuit
1030 kg. 1. a. À Pékin, Madrid et Denver, qui sont toutes
Une relation de proportionnalité τ permet d’éva- trois à la même latitude, la durée de la journée
luer l’ordre de grandeur de la durée de vie du augmente de la fin du mois de décembre jusqu’à
Soleil en seconde : la fin du mois de juin, puis diminue à nouveau.
τ = 1030/109 b. La journée la plus longue a lieu au solstice d’été
et la plus courte au solstice d’hiver.
τ = 1021 s soit plusieurs milliard d’années.
2. a. Au niveau de l’équateur, soit à une latitude
de 0°, les journées et les nuits ont une durée
11  Vénus, Mars et Terre
égale de 12 h.
1. La température de la surface de Vénus varie b. Cette latitude atteint l’ordonnée 24. À partir de
très peu au fil des mois. cette latitude, il est possible d’observer des jour-
2. a. Sur un graphique, on représente les varia- nées sans nuit, et inversement.
tions annuelles des températures de surface de
Prépa
Mars et de la Terre : 13    uissance radiative,
P
BAC
T (°C) surface éclairée et température
1. Les surfaces éclairées sont différentes, car l’angle
20 d’incidence du rayonnement solaire n’est pas le
0,0
même pour ces deux régions du globe terrestre.
2. a. La puissance radiative par mètre carré est
– 20
d’autant plus grande que la surface éclairée est
– 40 réduite. La puissance reçue par mètre carré est
donc plus forte au Cameroun qu’en Suède.
mois
– 60
J M M J S N b. Le Cameroun est proche de l’équateur et son
Mars Terre climat est globalement chaud, alors que la Suède
se trouve au nord de l’Europe et que son climat
b. On calcule la moyenne des températures sur
est globalement froid. Les caractéristiques cli-
une année à la surface de la Terre :
matiques de ces zones sont donc bien cohé-
TTerre = (5 + 8 + 11 + 14 +16 + 22 + 25 + 24 + 20 + 16 rentes avec les considérations vues à la question
+ 11 + 6)/12 précédente.
TTerre = 178/12
3. a. Le Cameroun est proche de l’équateur, soit à
soit TTerre = 15 °C.
une latitude de 0°. On estime donc que la valeur de
On calcule la moyenne des températures sur une sa puissance radiative par mètre carré moyenne
année à la surface de la Terre : est celle de la courbe bleue, soit 420 W · m–2.
TMars = (– 49 – 41 – 40 – 38 – 36 – 35 – 36 – 36 – 42 b. On cherche à déterminer la valeur approchée
– 49 – 54 – 57)/12 de la puissance radiative par mètre carré reçue
dans la zone géographique de la Suède. Pour
TMars = – 513/12
cela, on exploite la relation de proportionnalité
soit TMars = – 43 °C. suivante :
Les températures de surface sont en moyenne de E (totale)
puissance surfacique =
15 °C sur la Terre et de – 43 °C sur Mars. surface
3. a. Les saisons sont principalement dues à l’incli- 420 × 4,1
puissance surfacique =
naison de l’axe de la Terre. 12,4

CHAPITRE 1 • Le rayonnement solaire 41

04733691_.indb 41 08/10/2019 14:43


soit puissance surfacique = 1,4 × 102 W · m2. PROJET EXPÉRIMENTAL ET NUMÉRIQUE
p. 89 ❚
La valeur approchée de la puissance par mètre Ce projet vise à proposer une exploitation de
carré en Suède est donc de 1,4 × 102 W · m2. l’énergie solaire reçue sur Terre. La réalisation
c. Proposition de réécriture de la réponse : d’un dispositif de recharge de téléphone portable
On a déterminé qu’au moment de la prise de la permet de mobiliser les élèves sur une problé-
photographie, où la zone éclairée du globe fait matique réaliste et quotidienne. Il se fait de plus
4,1 cm2, la puissance radiative par mètre carré l’écho des préoccupations environnementales
était de 1,4 × 102 W · m2. Par ailleurs, on sait grâce auxquelles les élèves sont sensibilisés.
au tableau que la Suède se trouve à une latitude La conduite de ce projet va également amener les
de 60 °, et donc que la courbe rouge du graphique élèves à réinvestir les notions du programme de
présente sa puissance radiative par mètre carré Seconde et de Cycle 4 sur les circuits électriques
en fonction des mois. et les signaux.
On cherche donc la ou les intersections entre la
L’utilisation d’un microcontrôleur peut également
courbe rouge et l’ordonnée 140 W · m2 pour déter-
être envisagée pour communiquer à l’utilisateur
miner à quel(s) mois a été prise la photo. Les deux
des informations sur le fonctionnement du dispo-
intersections renvoient aux abscisses ayant pour
sitif : puissance produite par le panneau, temps
valeur les mois de février et d’octobre. La photo a
de charge écoulé, etc.
donc été prise en automne ou en hiver.

42 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 42 08/10/2019 14:43


PARTIE   2

Chapitre

Le bilan radiatif
terrestre
Manuel p. 90

LE PROGRAMME

2.2 – Le bilan radiatif terrestre

La Terre reçoit le rayonnement solaire et émet elle-même un rayonnement. Le bilan conditionne le milieu
de vie. La compréhension de cet équilibre en classe de première permettra d’aborder sa perturbation par
l’humanité en terminale.

Savoirs Savoir-faire

La proportion de la puissance totale, émise par le Soleil En s’appuyant sur un schéma, calculer la
et atteignant la Terre, est déterminée par son rayon et sa proportion de la puissance émise par le Soleil
distance au Soleil. qui atteint la Terre.
Une fraction de cette puissance, quantifiée par l’albédo L’albédo terrestre étant donné, déterminer la
terrestre moyen, est diffusée par la Terre vers l’espace, le puissance totale reçue par le sol de la part du
reste est absorbé par l’atmosphère, les continents et les Soleil.
océans.

Le sol émet un rayonnement électromagnétique dans le Commenter la courbe d’absorption de


domaine infra-rouge (longueur d’onde voisine de 10 μm) l’atmosphère terrestre en fonction de la
dont la puissance par unité de surface augmente avec la longueur d’onde
température.
Une partie de cette puissance est absorbée par
l’atmosphère, qui elle-même émet un rayonnement
infrarouge vers le sol et vers l’espace (effet de serre).
La puissance reçue par le sol en un lieu donné est égale à la
somme de la puissance reçue du Soleil et de celle reçue de
l’atmosphère. Ces deux dernières sont du même ordre de
grandeur.
Un équilibre, qualifié de dynamique, est atteint lorsque le Représenter sur un schéma les différents
sol reçoit au total une puissance moyenne égale à celle qu’il rayonnements reçus et émis par le sol.
émet. La température moyenne du sol est alors constante. Expliquer qualitativement l’influence des
différents facteurs (albédo, effet de serre) sur la
température terrestre moyenne.

Prérequis et limites

Les notions de longueur d’onde du rayonnement et de spectre visible, déjà connues, sont remobilisées.
L’objectif de ce paragraphe est de comprendre qualitativement comment le bilan énergétique de la Terre
conditionne sa température.
La théorie de l’effet de serre et la connaissance de la loi de Stefan-Boltzmann ne sont pas exigibles.
Le réchauffement climatique global associé au renforcement de l’effet de serre sera étudié en détail en
terminale, mais il peut être utilement mentionné.

43

04733691_.indb 43 08/10/2019 14:43


JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 90 gaz naturel) depuis la révolution industrielle du
milieu du xviiie siècle.
SITUATION 1 Complément : De nombreux scientifiques
Cette première situation permet de resituer la cherchent à prévoir l’évolution future du climat en
Terre au sein du système solaire et de rappeler modélisant l’évolution des rejets de CO2 dus aux
l’importance de la distance au Soleil vis-à-vis du activités humaines. Cependant, le climat dépend
rayonnement reçu et, dans l’exemple, de l’appa- de très nombreux autres facteurs, ce qui rend ce
rition de la vie. travail difficile.

›Exemple
› de réponse attendue › classe de 1re enseignement scientifique
›En
On voit sur le graphique que plus la puissance du La notion d’effet de serre sera traitée lors de
rayonnement de l’étoile est grande, plus la zone l’activité 3 et réinvestie dans l’activité 4. Le cas
d’habitabilité est éloignée. On sait qu’une étoile des autres gaz à effet de serre (GES) sera traité
émet un rayonnement qui permet d’augmenter la comme la vapeur d’eau, le méthane et l’ozone.
température d’un objet. On peut donc penser que On montrera, par ailleurs, que l’effet de serre est
si une planète est trop proche de son étoile, il y en premier lieu un phénomène naturel majeur et
fera trop chaud pour que la vie s’y développe. Au indispensable pour le développement de la vie
contraire, si elle en est trop éloignée, il fera trop sur Terre.
froid. Le facteur qui conditionne l’apparition de la
vie est donc la température, qui est déterminée SITUATION 3
par la distance de la planète à son étoile et par Dans cette dernière situation, on cherche à clari-
l’intensité du rayonnement émis par cette étoile. fier le vocabulaire associé au comportement de la
Complément : La température d’une planète lumière lorsqu’elle rencontre un obstacle sur son
conditionne la présence d’eau liquide sur celle-ci. trajet.
La présence d’eau liquide est une condition
›Exemple
› de réponse attendue
nécessaire à l’apparition de la vie telle que nous
la connaissons sur Terre. S’il fait trop chaud, l’eau
➊ = Transmission : la totalité ou une partie du
rayon incident traverse l’objet (une vitre par
sera à l’état de vapeur. S’il fait trop froid, elle sera
exemple), sans changement de direction.
à l’état solide (glace).
➋ = Réflexion : le rayon incident est totalement
› classe de 1re enseignement scientifique
›En renvoyé sans traverser l’objet (miroir par exemple).
Dans l’activité 1, on montrera que la distance au ➌ = Réfraction : le rayon incident traverse l’objet
Soleil est un facteur important dans la détermina- mais change de direction.
tion de la puissance solaire reçue. ➍ = Absorption : le rayon incident est absorbé par
l’objet.
Selon la longueur d’onde du rayonnement, la
SITUATION 2
nature du milieu rencontré et l’angle d’incidence,
On remobilise ici les notions d’effet de serre et l’ensemble de ces phénomènes peuvent avoir lieu
de gaz à effet de serre (comme le dioxyde de car- simultanément.
bone) en comparant l’évolution de la température
moyenne de la surface terrestre avec la propor- › classe de 1re enseignement scientifique
›En
tion de dioxyde de carbone dans l’air. Ces notions (et plus précisément les notions d’ab-
sorption et de réflexion) seront remobilisées lors
›Exemple
› de réponse attendue de l’activité 2 dans deux cas de figure :
On voit sur le document que la température −− l’absorption du rayonnement solaire incident
moyenne du globe augmente significativement par les gaz de l’atmosphère ;
à partir de 1800. Simultanément, la quantité de −− la réflexion du rayonnement solaire par les
dioxyde de carbone dans l’air augmente, passant aérosols atmosphériques et par les surfaces réflé-
de moins de 280 ppm à plus de 400 aujourd’hui. chissantes terrestres (dont les nuages), réflexion
On peut donc postuler que l’augmentation de la à l’origine de l’albédo.
température est liée à cette augmentation du La notion d’absorption (et ses conséquences) sera
taux de CO2 qui est un gaz à effet de serre. également remobilisée dans l’activité 3 (absorp-
L’augmentation du taux de CO2 est liée à l’utilisa- tion du rayonnement infrarouge par les gaz à
tion de combustibles fossiles (pétrole, charbon, effet de serre).

44 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 44 08/10/2019 14:43


ACTIVITÉS puissance solaire totale reçue par un objet céleste et
de la puissance solaire surfacique moyenne, autre-
Les notions abordées dans ce chapitre sont relati- ment dit de la puissance solaire moyenne reçue par
vement complexes et nécessiteront de la part des une surface d’un mètre carré de l’objet considéré.
élèves de mobiliser de nombreuses notions sou-
Le document 3 permettra de prouver expérimen-
vent abstraites ainsi que certaines compétences
talement que la distance à une source lumineuse
mathématiques (calculs notamment). Plusieurs
est un facteur majeur de la quantité de lumière
activités expérimentales seront proposées.
reçue par un objet. Cette manipulation simple
L’activité 1 permettra ainsi d’estimer la fraction peut être réalisée en classe en un temps limité.
d’énergie solaire reçue par la Terre et quelques Elle est l’occasion de sensibiliser les élèves à l’utili-
autres objets du système solaire afin de montrer sation de capteurs et au traitement numérique de
l’importance des facteurs distance au Soleil et dia- ces données (projet numérique).
mètre de l’objet considéré.
Si la manipulation ne peut être réalisée, nous pro-
Les activités 2 et 3 se focalisent sur le devenir de posons une série de résultats obtenus en classe
la puissance solaire reçue par la Terre, puissance afin de permettre aux élèves de tracer le gra-
qui sera soit absorbée soit réfléchie (activité 2) et phique demandé.
qui sera à l’origine d’un rayonnement infrarouge
en partie piégé par l’atmosphère (activité 3).
›Exemple
› de correction des pistes de travail
La température moyenne terrestre résulte donc On indique en italique quelques éléments de
de la puissance solaire reçue, de l’albédo et de réflexion destinés à l’enseignant.
l’effet de serre (activité 4), ce qui permet d’établir
le bilan radiatif terrestre qui est susceptible de 1. La puissance solaire envoyée par le Soleil est
varier à différentes échelles de temps. interceptée par un disque dont la surface dépend
du rayon de la planète.
Ce chapitre est essentiel au regard du programme
de terminale d’enseignement scientifique qui trai- Exemple de calcul pour la Terre :
tera des problématiques associées au réchauf- Surface du disque :
fement climatique (thème 1 : Science, climat et πr2 = π × 6 371 0002 = 1,275 × 1014 m2.
société). La Terre reçoit sur une surface d’un mètre carré
perpendiculaire au rayonnement incident une
ACTIVITÉ 1 puissance de 1 368 W ⋅ m–2.
p. 92 ❚
Soit une puissance solaire totale de :
L’énergie solaire reçue par la Terre 1 368 × 1,275 × 1014 = 1,744 × 1017 W.
Cette activité a pour but de traiter les parties sui-
Le Soleil émettant 3,85 × 1026 joules à chaque
vantes du programme :
seconde, cela correspond à une puissance de
Savoir : « La proportion de la puissance totale, 3,85 × 1026 W.
émise par le Soleil et atteignant la Terre, est déter-
La Terre reçoit donc un pourcentage de l’énergie
minée par son rayon et sa distance au Soleil. »
émise par le Soleil :
Savoir-faire : « En s’appuyant sur un schéma, cal- 1,744 × 1017 1,744
culer la proportion de la puissance émise par le × 100 = × 10(17–26) × 100
3,85 × 1026 3,85
Soleil qui atteint la Terre. »
= 0,453 × 10–9 × 100 = 0,453 × 10–7 %
Afin de mettre en évidence les deux paramètres
Le tableau ci-dessous résume les valeurs obte-
déterminant la fraction de l’énergie solaire reçue
nues pour les trois objets considérés :
par un objet du système solaire (distance à l’étoile
et diamètre de l’objet considéré), nous compa-
Fraction
rons dans le document 1 les puissances solaires Surface Puissance de l’énergie
reçues par la Terre, par Vénus (de diamètre simi- Objet
du disque solaire reçue solaire émise
céleste
laire à celui de la Terre) et par la Lune (d’une dis- (en m2) totale (en W) correspondante
tance au Soleil équivalente à celle de la Terre). (en %)
Bien évidemment, on ne s’intéressera pas ici aux
Terre 1,275 × 1014 1,744 × 1017 0,453 × 10–7
différences de température qui dépendent en
grande partie de l’effet de serre. Vénus 1,151 × 1014 3,613 × 1017 0,938 × 10–7
Le document 2 permet de poser les bases géomé-
Lune 0,09479 × 1014 0,1297 × 1017 0,0337 × 10–7
triques du calcul (en lien avec le document 1) de la

CHAPITRE 2 • Le bilan radiatif terrestre 45

04733691_.indb 45 08/10/2019 14:43


La fraction de l’énergie émise par le Soleil reçue Le document 3b permet de tracer la courbe de
par les différents objets célestes est donc extrê- la variation d’éclairement (énergie lumineuse
mement faible. en lux) mesurée en fonction de la distance à la
source lumineuse :
Remarque : selon le niveau des élèves et le temps
consacré à cette partie, il serait judicieux d’utiliser éclairement (lux)
90 000
les fonctionnalités d’un tableur pour automatiser
les calculs, une fois que les élèves auront déter-
67 500
miné et intégré à la feuille de calcul les équations
nécessaires.
45 000
2. La puissance moyenne reçue sur une surface
d’un mètre carré de la Terre dépend de la quan- 22 500
tité totale de puissance incidente précédemment
calculée ainsi que de la surface de la sphère ter- 0
restre : en effet, puisque la Terre est sphérique et 2 5 10 20 30 40 50 100 150 200 250 300 350 400 450 distance
(cm)
en rotation sur elle-même, la puissance solaire
reçue totale se répartit non pas sur un disque Variation de l’éclairement en fonction
mais sur une sphère. de la distance à la source lumineuse

Surface de la sphère terrestre : Ce graphique ressemble à celui du document pré-


4πr2= 4 × 1,275 × 1014 = 5,100 × 1014 m2. cédent : plus la distance à la source lumineuse
augmente, plus la puissance reçue diminue. On
La puissance moyenne reçue par 1 mètre carré de
peut donc valider l’hypothèse selon laquelle la
la sphère terrestre est donc :
puissance solaire reçue par un objet est détermi-
(1,74 × 1017)/(5,100 × 1014) = 341 W · m–2.
née par sa distance au Soleil.
Remarques :
Remarque : on peut observer que cette diminution
−− Le calcul proposé présente l’avantage de réutiliser
correspond à une décroissance de type 1/x2. En effet,
les valeurs obtenues lors de la question 1 et donc
la quantité constante de puissance solaire émise
d’établir le lien entre la puissance solaire totale
dans l’espace se propage dans toutes les directions
reçue et la forme de la Terre. On pouvait également
de l’espace, sous la forme d’une sphère qui s’agran-
utiliser la valeur de la puissance solaire surfacique
dit. Le rayon de cette sphère augmente et donc sa
reçue par une surface perpendiculaire et la diviser
surface également (4πr2). La quantité de puissance
par 4 pour tenir compte de la forme sphérique de la
par mètre carré diminue donc de façon inversement
Terre (1 368/4 = 342 W · m–2).
proportionnelle au carré de la distance (voir figure 1
−− Une difficulté peut apparaître dans l’esprit des du cours page 100).
élèves puisque le schéma du document 2 montre
clairement qu’une seule face de la Terre est éclairée. 5. La quantité d’énergie solaire reçue par une
On pourrait donc penser qu’il faut diviser la puis- planète comme la Terre dépend donc de sa dis-
sance solaire totale reçue par la moitié de la sur- tance au Soleil (doc. 3) : plus la planète est proche
face d’une sphère. Il faut alors porter l’attention des et plus elle reçoit d’énergie. Le second paramètre
élèves sur le terme de « moyenne » qui doit donc bien est son rayon (doc. 1 et 2) : plus la planète a une
inclure la face non éclairée de la Terre. grande surface et plus elle intercepte une grande
quantité d’énergie.
3. La puissance solaire reçue par Vénus (égale à
3 140 W · m–2) est supérieure à celle de la Terre
(égale à 1 368 W · m–2). Cette différence peut
s’expliquer par la distance au Soleil : Vénus étant p. 94 ❚ ACTIVITÉ 2
plus proche du Soleil (108,2 millions de km) que la
Terre (150 millions de km), la puissance qu’elle en Le devenir de la puissance solaire reçue
reçoit est plus importante. par la Terre
Cette activité a pour but de traiter les parties sui-
4. Le document  3a présente les puissances
vantes du programme :
solaires reçues par les planètes en fonction de
leur éloignement au Soleil. On observe que plus Savoir : « Une fraction de cette puissance, quanti-
les planètes sont éloignées du Soleil, plus les fiée par l’albédo terrestre moyen, est diffusée par
valeurs de puissance solaire reçue sont faibles, ce la Terre vers l’espace, le reste est absorbé par l’at-
qui tend à valider notre hypothèse. mosphère, les continents et les océans. »

46 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 46 08/10/2019 14:43


Savoir-faire : « L’albédo terrestre étant donné, de la Terre. Cette approche est, ici encore, une
déterminer la puissance totale reçue par le sol de occasion de sensibiliser les élèves à l’utilisation
la part du Soleil. » de capteurs et au traitement de données dans le
cadre du projet numérique et de mener, avec les
Au cours de cette activité, on se propose de véri-
élèves, une activité pratique généralement attrac-
fier la différence de puissance solaire reçue entre
tive. Ceci justifie que le savoir-faire proposé par le
le sommet de l’atmosphère, déterminée lors de
programme n’ait pas été, ici, parfaitement suivi.
l’activité précédente (342 W · m–2), et la puissance
absorbée par la surface terrestre (170 W · m–2). Il est Nous attirons votre attention sur les valeurs de
important de ne pas confondre les termes « absor- surface présentées par le doc. d qui tiennent
bée » et « reçue » car une partie de la puissance est compte de la répartition aléatoire des masses
réfléchie par les surfaces (notion d’albédo). nuageuses au-dessus des autres types de sur-
face. Cette méthode, plus réaliste, permet donc
Ces notions, complexes, seront construites tout
de mesurer l’albédo global de la Terre (surfaces
au long de l’activité. Nous suggérons que la piste 1
et nuages). Cette précision aura son importance
soit traitée à la maison, en préalable à la séance si
dans la résolution des pistes de travail.
la partie pratique est envisagée. Le document 1
s’intéresse à l’absorption de la puissance solaire Concernant le protocole, nous présentons une
reçue par certains gaz de l’atmosphère. La com- méthode qui s’est révélée efficace dans la réa-
binaison de mesures expérimentales (doc. 1a) lisation des mesures en accord avec les valeurs
et d’un schéma explicatif à l’échelle moléculaire trouvées dans la littérature. Il s’agit donc, dans un
(doc. 1b) permet de comprendre les phénomènes premier temps, de déterminer la valeur du rayon-
en jeu et de repérer les principaux gaz respon- nement « incident » (bien qu’en réalité la lumière
sables : la vapeur d’eau et le dioxygène notam- soit réfléchie par le support avant d’atteindre le
ment dans le domaine des infrarouges (notions à luxmètre) en recherchant la position où la valeur
remobiliser en activité 3). mesurée sera maximale. Pour cela, on peut s’aider
d’une feuille de papier blanc posée sur un récipient
Le document 2 permet d’introduire les notions de
équivalent à ceux qui contiendront les différents
diffusion et de réflexion vers l’espace de la lumière
échantillons représentatifs des différentes sur-
par différents gaz ou particules (notions ré-exploi-
faces de réflexion (ceci afin de tenir compte de la
tées lors de l’activité 4). Il sert d’appui à la présen-
variation de distance parcourue par la lumière et
tation de la notion d’albédo du document 3.
donc des valeurs mesurées, si la feuille de papier
Le document 3, au travers d’une phase expéri- était simplement posée sur la paillasse comparée
mentale simple mais demandant une certaine à la situation des récipients qui diminue cette dis-
rigueur et impliquant quelques compétences cal- tance, voir schéma ci-dessous).
culatoires, permet de déterminer l’albédo moyen

torche luxmètre
torche luxmètre électrique
électrique

récipient
récipient contenant l’un
des échantillons
feuille blanche

Mesure de la valeur de la quantité de lumière


Recherche de la valeur de la quantité de lumière
réfléchie par un échantillon (valeur permettant
incidente (valeur de référence)
le calcul de l’albédo de l’échantillon)

CHAPITRE 2 • Le bilan radiatif terrestre 47

04733691_.indb 47 08/10/2019 14:43


L’utilisation d’une feuille de papier permet de Surface Quantité
repérer la lumière réfléchie par un halo lumi- Échantillon représentée de lumière Albédo
neux. Il suffit ensuite de disposer la source lumi- dans la réalité réfléchie
neuse (nous conseillons l’utilisation d’une simple
Glace Neige et glace 137 0,761
lampe torche, un autre type d’éclairage, du type
lampe de bureau, ne diffusant pas une quantité Sable Déserts (arides) 56 0,31
de lumière constante) et le luxmètre de façon à
ce que la valeur mesurée soit maximale (en veil- Herbe Végétation 30 0,17
lant, par exemple, à ce que le luxmètre lui-même Eau colorée Océans 20 0,11
n’obstrue pas le passage de la lumière tout en
étant le plus proche possible du halo lumineux). Coton Nuages 120 0,667
Pour plus de rigueur, il est possible d’ajouter un
facteur correctif à cette valeur de 1,1 afin de tenir Exemple de calcul
compte d’un albédo de 0,9 de la feuille blanche.
Cette possibilité n’a pas été retenue afin de ne pas Pour la glace, l’albédo a pour valeur :
complexifier davantage l’activité. albédo (glace) = quantité de lumière réfléchie
/quantité de lumière incidente
Différentes précautions concernant des pollu-
tions lumineuses possibles sont indiquées. albédo (glace) = 137/180 = 0,761

Enfin, il est conseillé de faire réaliser ces mesures L’albédo moyen de la Terre dépend de la propor-
par différents groupes et de moyenner les résul- tion de ces différentes surfaces indiquée dans le
tats obtenus. La partie calculatoire pourra être doc d.
traitée à la maison à partir des valeurs mesurées albédo moyen de la Terre = (0,761 × 0,05) + (0,31
en classe. × 0,17) + (0,17 × 0,1) + (0,11 × 0,48) + (0,667 × 0,2)
albédo moyen de la Terre = 0,29
›Exemple
› de correction des pistes de travail
1. D’après les documents 1 et 2, l’atmosphère joue La Terre a donc un albédo moyen de 0,3 environ.
un double rôle vis-à-vis de la différence obser- 3. En tenant compte de la réflexion nuageuse
vée : d’une part, il réfléchit une partie de la puis- (donc atmosphérique) et de celles de la surface
sance solaire reçue et, d’autre part, il en absorbe terrestre, le schéma précédent devient :
environ 20 % (soit 342 × 0,2 = 68,4 soit environ
70 W · m–2) du fait de la présence de certains gaz puissance solaire
puissance solaire réfléchie par
comme la vapeur d’eau et le dioxyde de carbone, reçue au sommet l’atmosphère
notamment dans l’infrarouge. On peut proposer de l’atmosphère (environ 30 %)
comme exemple de correction le schéma suivant :
34
2
W

puissance solaire
·m
–2

puissance solaire réfléchie par


reçue au sommet l’atmosphère
de l’atmosphère (valeur ?) puissance absorbée
puissance solaire par la surface
34

absorbée terrestre
2

par l’atmosphère Terre


W

puissance solaire
·m

(environ 20 %
–2

parvenant à la surface
soit 70 W·m–2)

puissance solaire atmosphère


absorbée
par l’atmosphère Terre
(environ 20 %
soit 70 W·m–2) 4. La puissance solaire absorbée par la surface de
la Terre vaut donc environ 50 % de la puissance
atmosphère solaire reçue (puisque 20 % est absorbée par l’at-
mosphère et que 30 % est réfléchie vers l’espace)
soit environ 170 W · m–2 ((342 × 50)/100).
2. D’après les valeurs proposées dans le doc. 3c,
on peut calculer l’albédo de chaque type de sur-
face. Les valeurs sont présentées dans le tableau
ci-après :

48 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 48 08/10/2019 14:43


p. 96 ❚ ACTIVITÉ 3
L’effet de serre
Cette activité a pour but de traiter les parties sui-
vantes du programme :
Savoirs : « Le sol émet un rayonnement électro-
magnétique dans le domaine infrarouge (lon-
W · m–2
gueur d’onde voisine de 10 μm) dont la puissance
85 218 350
par unité de surface augmente avec la tempéra-
ture. Une partie de cette puissance est absorbée
par l’atmosphère, qui elle-même émet un rayon-
nement infrarouge vers le sol et vers l’espace
(effet de serre). La puissance reçue par le sol en
un lieu donné est égale à la somme de la puis-
sance reçue du Soleil et de celle reçue de l’atmos-
phère. Ces deux dernières sont du même ordre
de grandeur. » UA*

Savoir-faire : « Représenter sur un schéma les 0 1 2 3 4 5 6

différents rayonnements reçus et émis par le


Mise en évidence des corrélations entre
sol. »
le rayonnement IR émis par la Terre (en haut)
Dotée de supports documentaires variés (photo- et la concentration en vapeur d’eau atmosphérique
graphies, tableaux, images satellites, graphiques), (en bas)
cette activité vise à comprendre l’origine de l’ef-
fet de serre en s’interrogeant sur les différences Les documents 3b et 3c permettent d’identifier
observées entre la Terre et la Lune dont il a été vu, les principaux GES et de comprendre leur contri-
lors de l’activité 1, que la puissance solaire reçue bution respective à l’effet de serre qui dépend
était la même. d’une part de leur capacité à absorber le rayonne-
Le document 1 explicite la nature du rayonne- ment IR (doc. 3b) et, d’autre part, à leur concen-
ment infrarouge et présente quelques applica- tration atmosphérique (doc. 3c).
tions concrètes de leur observation, ce qui pourra Cette activité se présente donc comme l’occasion
être remobilisé lors du chapitre sur le bilan ther- de travailler les méthodes associées à l’exploi-
mique du corps humain et lors du projet numé- tation de documents et à la construction d’une
rique (capteurs thermographiques). démarche explicative pour résoudre une problé-
matique simple.
Le document 2 illustre le rayonnement IR émis
par la surface de la Terre et par son atmosphère. ›Exemple
› de correction des pistes de travail
L’échelle et la valeur indiquée (240 W · m–2) sont On indique en italique quelques éléments de
à mettre en relation avec les ordres de grandeur réflexion destinés à l’enseignant.
vus lors de l’activité précédente afin de montrer
qu’il s’agit d’un phénomène quantitativement 1. Dans le doc. 1, on nous indique que tout objet
important. L’imagerie satellitale du doc. 2 est à dont la température augmente émettra d’autant
relier avec l’imagerie satellitale, prise à la même plus de rayonnement IR à l’image de l’écran de
période, de la concentration en vapeur d’eau l’ordinateur ou du chauffage d’une habitation.
atmosphérique. Une correspondance assez pré- On observe dans le document 2 que la Terre
cise des deux cartes (voir ci-dessous) est visible, émet un rayonnement IR plus important dans
laissant penser que la vapeur d’eau joue un la zone intertropicale (avec quelques exceptions
rôle dans l’absorption du rayonnement IR par au niveau équatorial) que dans les zones de plus
l’atmosphère. haute latitude. Or on sait que les zones de basses
latitudes reçoivent un rayonnement solaire maxi-
Les imageries satellitales proviennent du site sui- mal d’où une élévation de leur température de
vant : https://neo.sci.gsfc.nasa.gov/ surface.

CHAPITRE 2 • Le bilan radiatif terrestre 49

04733691_.indb 49 08/10/2019 14:43


Le rayonnement IR émis par la Terre correspond 4. On peut proposer les schémas suivants :
donc à un rayonnement thermique émis suite à
l’élévation de sa température provoquée par la
puissance solaire qu’elle absorbe. 1
2. Si l’on compare le document 2 avec le docu- puissance 3
absorbée par rayonnement IR
ment 3a, on constate que les zones bleues équa- la surface lunaire émis intégralement
toriales qui traduisent une faible émission d’IR vers l’espace
vers l’espace (puisque le capteur est satellitaire) 2 par la surface
élévation chauffée
correspondent géographiquement à des zones où de la température
la concentration en vapeur d’eau est très impor- de surface
tante. On peut donc penser que la vapeur d’eau 4
a absorbé le rayonnement IR émis par la Terre, chute de
l’empêchant ainsi d’être évacué vers l’espace. Lune la température

Dans le document 3b, on voit que la Terre émet


4
un rayonnement IR très important à partir d’une rayonnement
longueur d’onde de 8 µm jusqu’à 16 µm. Or, IR émis par
on peut voir que la vapeur d’eau absorbe de 20 1 l’espace
à 60 % environ de ce rayonnement (avec un pic puissance
d’absorption de 50 % environ entre 6 et 7 µm et absorbée par
un autre pic, plus large, à 60 % pour une longueur la surface terrestre
d’onde de 12 µm). 2 3
élévation de rayonnement
Par ailleurs, la vapeur d’eau est le gaz à effet de la température IR émis par 5
serre le plus important quantitativement bien que de surface la surface rayonnement
sa concentration soit variable selon les conditions chauffée piégé dans
météo (de 0,5 à 5 %). l’atmosphère
Terre
Enfin, l’eau est aussi présente dans l’atmosphère
sous la forme de masses nuageuses (constituées 6
de microgouttelettes d’eau liquide) dont on nous augmentation de la température
moyenne de 40 °C par rapport
dit qu’elles participent pour 19,3 % à l’effet de à la Lune
serre.
Schéma explicatif des différences de température
Cela confirme que l’eau atmosphérique est bien entre la Terre et la Lune
un contributeur majeur à l’effet de serre à hau-
teur de presque 68 % !
3. On voit dans le document 3b que le dioxyde de
carbone absorbe environ 50 % du rayonnement p. 98 ❚ ACTIVITÉ 4
IR émis par la Terre vers des longueurs d’ondes
Bilan radiatif et température
allant de 14 à 16 µm.
Cette activité a pour but de traiter les parties sui-
De la même façon, l’ozone absorbe 90 % de ce vantes du programme :
rayonnement à 10 µm.
Savoir : « Un équilibre, qualifié de dynamique, est
Enfin, le méthane absorbe de 20 à 80 % du rayon- atteint lorsque le sol reçoit au total une puissance
nement de 6 à 8 µm. moyenne égale à celle qu’il émet. La température
Ces gaz sont donc bien des GES. moyenne du sol est alors constante. »

Remarque : on peut montrer par le même document Savoir-faire : « Expliquer qualitativement l’in-
que le diazote et le dioxygène ne participent pas à fluence des différents facteurs (albédo, effet de
l’effet de serre. serre) sur la température terrestre moyenne. ».
Le document 1 présente une expérience de
modélisation intéressante que l’on retrouvera
­
sur le site de l’ENS de Lyon (https://planet-terre.­
­ens-lyon.fr/article/serre-gutjahr.xml), modélisation
produite par Gilles Gutjahr (Lycée Marot, Cahors) et
Jean-Louis Dufresne (laboratoire de météorologie

50 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 50 08/10/2019 14:43


dynamique, CNRS, Paris). Sur ce même site, d’autres température d’équilibre qui se stabilise au cours
manipulations sont proposées et pourront faire du temps. Cela traduit une perte d’énergie simi-
l’objet de pistes de travail pour le projet numérique. laire à l’énergie apportée par le rayonnement de
Il s’agit donc de montrer les effets combinés de la lampe.
l’albédo et de l’effet de serre permettant d’abou- La température d’équilibre la plus élevée (31,5 °C)
tir à une température équilibrée mais présentant coïncide avec la boîte contenant du sable gris
des oscillations. et quelques gouttes d’eau : les rayonnements
Les mesures effectuées fournissent un résultat lumineux chauffent le sable gris dont la couleur
proche de l’évolution de la température moyenne sombre est à l’origine d’un albédo faible (une
de l’hémisphère Nord qui présente une certaine grande partie de l’énergie incidente est absor-
stabilité (document 2). bée). Le sable émet en retour un rayonnement
infrarouge piégé dans l’atmosphère limitée par la
Cette observation est bien sûr à remettre en
plaque de verre et renfermant de la vapeur d’eau,
question à une échelle plus globale et sur une
ce qui engendre un effet de serre important.
période plus récente du fait du réchauffement
climatique que nous évitons ici. Une vigilance par- La boîte contenant le même sable gris et fermée
ticulière sera portée sur les échelles de temps et par une plaque de verre mais dépourvu d’eau a
de température très différente entre le modèle et une température d’équilibre plus faible car l’effet
la réalité. de serre est moindre.
Ces deux documents permettent ainsi d’établir la La boîte qui contient du sable clair enregistre une
notion d’équilibre thermique dynamique. température légèrement plus faible car l’albédo
Le document 3 montre deux facteurs suscep- d’une surface plus claire est plus important donc
tibles de faire varier cet équilibre en influençant la perte d’énergie est plus grande.
le bilan radiatif de la terre : Enfin, la boîte contenant du sable gris mais sans
−− une augmentation de l’albédo (à déduire de la atmosphère confinée a une température d’équi-
baisse du pourcentage de transmission suivant libre plus faible car l’effet de serre est négli-
les éruptions volcaniques présentée par le docu- geable : les infrarouges ne sont pas piégés.
ment 3b) conduisant à un refroidissement ;
Remarque  : nous pouvons proposer le tableau
−− une diminution de l’albédo provoquée par
ci-dessous pour récapituler les résultats observés et
la fonte des glaces (ici de la banquise arctique
les facteurs responsables dans chaque cas :
présentée par le document 3c) conduisant à un
réchauffement. Température
Facteurs
Les élèves découvrent ainsi qu’un même para- Boîte d’équilibre
responsables
mètre (l’albédo) peut subir des influences (en °C)
contraires et complexes ce qui sera retrouvé
Sable gris, 31 Effet de serre
en classe de terminale Enseignement scienti-
eau et accentué par l’eau
fique (partie  1.2 « 
La complexité du système
plaque de Albédo faible d’une
climatique »).
verre surface sombre

›Exemple
› de correction des pistes de travail Sable gris, 29 Effet de serre
On indique en italique quelques éléments de plaque de Albédo faible d’une
réflexion destinés à l’enseignant. verre surface sombre
1. Chacune des boîtes représente une surface ter- Sable clair, 28,5 Effet de serre
restre constituée de matériaux de natures et de plaque de Albédo fort d’une
couleurs différentes permettant d’en faire varier verre surface claire
l’albédo. Certaines sont recouvertes d’une plaque
de verre limitant une atmosphère confinée et Sable gris 25 Albédo faible d’une
permettant ainsi de modéliser l’effet de serre, surface sombre
notamment si on ajoute de l’humidité. La lumière
correspond au Soleil.
3. Sur la Terre, l’atmosphère existe et comporte
2. Dans toutes les boîtes, la température aug- de la vapeur d’eau. Le modèle qui se rapproche
mente durant les 35 premières minutes. donc le plus est celui de la première boîte du
Cette durée est nécessaire pour atteindre une tableau.

CHAPITRE 2 • Le bilan radiatif terrestre 51

04733691_.indb 51 08/10/2019 14:43


4. Différentes méthodes de mesures ont contri- La réponse 2 est fausse car si elle était vraie, cela
bué à reconstituer les variations de la tempéra- voudrait dire que la température de l’air serait
ture de la Terre. Le recoupement de ces méthodes beaucoup plus élevée qu’elle ne l’est et qu’il n’y
a permis d’obtenir des données fiables sur les 800 aurait pas de lumière parvenant au sol.
dernières années ici, pour l’hémisphère Nord. La réponse 3 est fausse car certains gaz de l’at-
On observe que la température terrestre a varié mosphère absorbent le rayonnement solaire.
régulièrement (l’amplitude de variation est d’en- C-3. Lorsque la température d’un objet est de
viron 1 °C) mais globalement, chaque augmen- l’ordre de quelques dizaines de degrés, il émet
tation de température précède une diminution : un rayonnement infrarouge lointain de longueur
la température terrestre est donc soumise à un d’onde comprise entre 3 µm et 1 mm.
équilibre dynamique.
Les variations pourraient s’expliquer par une 3  Annoter un schéma
modification de la puissance solaire incidente, ➊ et ➍ : Rayonnement absorbé
par une modification de la composition des gaz ➋ et ➎ : Rayonnement réfléchi
atmosphériques (et notamment des gaz à effet de
➌ : Rayonnement infrarouge
serre) ou encore par une modification de l’albédo
terrestre moyen.
➍ : Rayonnement absorbé
➏ : Sol
5. On peut proposer le schéma suivant :
➐ : Atmosphère
diminution de la surface
➑ : Rayonnement incident
éruption volcanique
de la banquise Ce schéma permet de visualiser qualitativement
les éléments à prendre en compte dans l’établis-
émission d’aérosols dans sement du bilan radiatif terrestre.
l’atmosphère diminuant
perte de surface claire Le bilan sera égal à :
la puissance solaire
transmise au sol ➑ – (➋ + ➌ + ➎) que l’on pourrait aussi écrire ainsi :
➑ – (➋ + ➊ + ➍ + ➎)
– + car l’énergie absorbée finira par être réémise
ALBÉDO sous forme d’infrarouge. Cela conduit à un bilan
+ – nul et à une température équilibrée.
température terrestre
4  Argumenter de façon rigoureuse
a. FAUX. Le bilan radiatif terrestre est dans un état
d’équilibre dynamique, et n’est donc pas toujours
nul. De nombreux facteurs peuvent l’influencer
CORRECTION DES EXERCICES positivement (augmentation de l’activité solaire)
p. 103 ❚
ou négativement (éruptions volcaniques). Il
Vérifier ses connaissances dépend aussi de la période de temps sur laquelle
1  Connaître les mots-clés on l’étudie (le bilan sur une journée sera différent
de celui d’une année ou d’une décennie).
Consultez la liste des mots clés du chapitre, p 101.
b. VRAI. Par exemple, dans l’hémisphère Nord,
2  Questions à réponse unique entre janvier et juin la durée du jour augmente,
d’où une augmentation de la quantité de lumière
A-3. Plus une planète est proche du Soleil et de reçue et une hausse progressive des tempéra-
grande taille et plus elle recevra une puissance tures. De plus, à cette période, les rayons du Soleil
solaire élevée. parviennent au sol de plus en plus verticalement,
B-4. La puissance solaire qui parvient sur Terre est ce qui diminue leur absorption par l’atmosphère.
en effet en partie réfléchie et absorbée par cette Enfin, ils sont répartis sur une surface de plus en
dernière. plus petite. L’ensemble de ces facteurs explique
le réchauffement progressif des températures en
La réponse 1 est fausse. Si elle était vraie, cela
fin d’hiver et au printemps.
voudrait dire que les nuages ne réfléchiraient
pas la lumière, donc qu’on ne les verrait pas de c. FAUX. L’albédo moyen de la Terre peut être
l’espace ! considéré comme constant sur une échelle de

52 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 52 08/10/2019 14:43


temps inférieure à l’année. Il faut des change- qui joue un rôle majeur dans l’augmentation de
ments significatifs dans la proportion des diffé- la température terrestre du fait de l’effet de serre.
rents types de surfaces réfléchissantes terrestres Sa couleur bleue constitue un indice de son pou-
(nébulosité, glaces, océans, déserts, forêts, etc.) voir d’absorption de la lumière reçue.
pour entraîner une variation de l’albédo. Ces chan-
gements ont besoin de temps pour s’installer.
p. 104 ❚
D’autre part, les variations saisonnières (d’en-
glacement notamment) se compensent d’un Exercice similaire
hémisphère à l’autre puisque les saisons y sont
7  Le rôle de la réflexion et de l’absorption
inversées.
1. Dans l’exercice précédent, on a estimé à
5  Retrouver des notions 1 346 W · m–2 la puissance solaire reçue au som-
On voit sur cette image des masses nuageuses met de l’atmosphère.
blanchâtres au-dessus de l’océan Atlantique. On Pour évaluer la puissance solaire absorbée et
remarque également la réflexion de la lumière réfléchie par l’atmosphère, on doit évaluer la sur-
sur l’océan. Cela évoque la notion d’albédo qui face située sous la courbe bleue et la soustraire à
correspond au pouvoir réfléchissant d’une sur- la valeur précédente (voir graphique ci-dessous).
face. L’importance de ces masses nuageuses
On obtient une surface totale de :
nous rappelle également le rôle que joue l’eau
dans l’établissement du bilan radiatif terrestre car 0,1 × (527 + 1 000 + 1 570 + 1 435 + 1 000 + 726
il s’agit d’un facteur de réflexion de la lumière très + 658 + 321 + 405 + 267 + 277 + 122 + 275
important. C’est aussi le gaz majoritairement res- + 272 + 120 + 38 + 17 + 102 + 95 + 41) = 926,8
ponsable (à presque 50 %) de l’effet de serre (tout soit 927 W · m–2.
aussi efficace sous la forme de microgouttelettes
1 346 – 927 = 419
dans les nuages).
La puissance solaire absorbée et réfléchie par
On voit aussi des zones sombres continentales
l’atmosphère est donc de 419 W · m–2 soit environ
ou océaniques qui évoquent l’absorption de la
30 % de la puissance solaire totale reçue.
lumière reçue par ces surfaces. Enfin, on voit en
haut de l’image la tranche de notre atmosphère 2. On peut répondre sous la forme d’un tableau
en s’aidant de l’exercice précédent :

Domaine de longueur
UV Visible Infrarouge
d’onde

Puissance solaire reçue 135 670 541


(en W · m–2) (0,1 × (1 250 + 100)) (0,1 × (2 000 + 1 800 + 1 600 + 1 300)) (1 346 – 135 – 670)

Puissance solaire
52,7 500,5 373,6
parvenant au sol
(en W · m–2) (0,1 × 527) (0,1 × (1 000 + 1 570 + 1 435 + 1 000)) (92,8 – 500,5 – 52,7)

Différence
135 – 52,7 = 82,3 670 – 500,5 = 169,5 541 – 373,6 = 167,4
(en W · m–2)

puissance solaire (W . m–2 . µm–1)

UV visible IR
1 570 1 435
2 000 hors atmosphère
1 000
1 000 au niveau du sol
726 405
1 000 658 277 275
527 321 267
122 272 38 102 longueur
120 17 95 41
d’onde (µm)
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 2,2 2,4 2,6

CHAPITRE 2 • Le bilan radiatif terrestre 53

04733691_.indb 53 08/10/2019 14:43


La différence entre la puissance solaire reçue au 9  Températures des planètes telluriques
sommet de l’atmosphère et celle reçue au sol est À l’exception de Vénus, on constate que plus une
donc plus importante dans le domaine du visible planète est éloignée du Soleil, plus sa tempéra-
et dans le domaine des IR. ture moyenne mesurée est faible. Or on sait que
plus une planète est proche du Soleil et plus la
puissance solaire qu’elle reçoit est élevée d’où ces
p. 105 ❚
différences de température.
S’entraîner
On observe que la température moyenne mesu-
8  Retour sur les problématiques rée de la surface de Mercure est très proche de sa
Nous conseillons de faire appel à la fiche méthode valeur calculée (respectivement 167 et 172 °C). Ce
p. 281 qui comporte des éléments pouvant guider n’est pas le cas pour les trois autres planètes pour
les élèves dans leur expression orale. lesquelles on peut constater que les températures
mesurées sont systématiquement supérieures
•  Quelle fraction de la puissance solaire aux valeurs calculées. Ainsi, Vénus présente une
la Terre reçoit-elle ? anomalie de température positive de + 494 °C, la
Chaque objet du système solaire reçoit une frac- Terre de 33 °C et Mars de 7 °C.
tion de la puissance solaire qui est fonction de sa
Or on voit que seule Mercure, qui ne présente pas
taille et de sa distance au Soleil. Ainsi, un objet
d’anomalie de température, ne possède pas d’at-
de grande taille et proche du Soleil recevra une
mosphère. On peut donc supposer que cette der-
fraction de la puissance solaire plus importante
nière joue un rôle dans les anomalies positives de
qu’un objet de petite taille et éloigné. Les caracté-
températures observées sur les autres planètes.
ristiques de la Terre (petite planète relativement
On sait en effet que certains gaz, nommés gaz à
proche du Soleil) font qu’elle reçoit une très faible
effet de serre (GES), sont capables d’absorber le
fraction de la puissance solaire (environ 0,45 ×
rayonnement infrarouge émis par la surface ou
10–7 %).
l’atmosphère d’une planète suite à son échauffe-
•  Quels sont les différents facteurs qui ment provoqué par l’absorption d’une partie de la
conditionnent la température moyenne puissance solaire reçue. Ce phénomène, appelé
à la surface de notre planète ? effet de serre, entraîne donc l’augmentation de la
La température moyenne de la Terre dépend en température de l’atmosphère.
premier lieu de la puissance solaire absorbée On voit que sur Vénus, dont l’anomalie est la plus
par l’atmosphère (environ 20 % de la puissance forte, l’atmosphère est très dense (donc riche en
solaire totale reçue). Une autre fraction de la gaz) et essentiellement composée de dioxyde de
puissance solaire reçue est absorbée par la sur- carbone (96 %) dont on sait qu’il s’agit effective-
face terrestre (environ 50 %, les 30 % restants ment d’un GES.
étant directement renvoyés par l’atmosphère et
la surface de la Terre du fait de l’albédo). L’éner- Mars présente également une atmosphère com-
gie absorbée par l’atmosphère ou la surface de posée à 95 % de dioxyde de carbone mais l’effet
la Terre est à l’origine de l’émission d’un rayonne- de serre y est très faible car son atmosphère est
ment infrarouge dirigé vers la surface et vers l’es- peu dense : le rayonnement infrarouge peut donc
pace. Une fraction de ce rayonnement est piégé facilement « s’échapper » de l’atmosphère.
par certains gaz atmosphériques appelés gaz à Enfin, la Terre, qui présente une anomalie positive
effet de serre (vapeur d’eau, dioxyde de carbone de température relativement modeste, possède
et méthane). Cet « effet de serre » provoque une une atmosphère peu dense, pauvre en dioxyde
élévation de la température moyenne de la Terre. de carbone, riche en diazote (78 %) et en dioxy-
À terme, un équilibre s’installe entre la puissance gène (21 %) qui ne sont pas des GES. En revanche,
solaire reçue et la puissance réémise (du fait de elle possède de la vapeur d’eau (1 %) qui est un
l’albédo et du rayonnement infrarouge). On dit GES important et qui explique le faible effet de
alors que le bilan radiatif est nul. Cela conduit à serre de la Terre.
une température stable.
Les différences de température observées entre
Les facteurs qui conditionnent la température de ces 4 planètes telluriques dépendent donc des
la Terre sont donc la valeur de la puissance solaire différences de distance au Soleil et des diffé-
reçue, la valeur de l’albédo et l’intensité de l’effet rences dans la densité et la composition de leur
de serre. atmosphère.

54 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 54 08/10/2019 14:43


10  Albédo et températures d’équilibre 11  La solubilité du CO2 :
des planètes un effet amplificateur
1. La formule du calcul de la température d’équi- On observe sur le graphique que plus la tempé-
libre pourrait s’appliquer à ces exemples si l’on rature de l’eau augmente et plus la solubilité du
suppose que ces mondes imaginaires gravitent dioxyde de carbone diminue : elle est divisée par
autour d’une étoile émettant un rayonnement deux pour une augmentation d’environ 20 °C.
d’une puissance équivalente à celle du Soleil, On nous indique que les océans absorbent une
qu’ils se situent à une distance identique à celle part importante de nos rejets de dioxyde de
de la distance Terre-Soleil et qu’ils disposent d’un carbone dans l’atmosphère (rejets à l’origine du
effet de serre. réchauffement climatique). Or le réchauffement
2. Les températures d’équilibre pour ces quatre climatique augmente la température des océans,
mondes seraient : donc y diminue la solubilité du dioxyde de car-
Teq(Kamino) = 35 °C. bone, autrement dit leur capacité à absorber nos
Teq(Endor) = 28 °C. rejets. On peut aussi supposer que le dioxyde
de carbone contenu dans les océans rejoindrait
Teq(Tatooine) = 1,1 °C.
l’atmosphère. En conséquence, il y aurait une
Teq(Hoth) = – 44 °C.
augmentation plus rapide du taux de dioxyde
Exemple de calcul : de carbone atmosphérique et une accentuation
Teq(Kamino) = 280 × (1 – A)1/4 – 240 de l’effet de serre (car il s’agit d’un gaz à effet de
= 280 × (1 – 0,07)1/4 – 240 = 35 °C. serre), d’où une accélération du réchauffement
climatique.
3. Les températures obtenues pour Kamino,
Endor et Hoth sont compatibles avec leur Ce dernier est donc capable de s’autoamplifier.
description : Prépa
−− Kamino est plutôt chaude, ce qui entraîne un cli- 12   BAC Le « trou » de la couche d’ozone
mat agité (« nombreuses intempéries ») ; NB. Une erreur s’est glissée dans les deux premières
−− Endor est également chaude et possède une éditions du manuel. Dans le graphique du docu-
couverture forestière importante (mais l’on pour- ment 1, le fond violet correspond aux UV-c et le fond
rait critiquer le qualificatif « tempérée » pour ces bleu aux UV-a.
forêts ; à cette température il s’agirait plutôt de
forêts tropicales) ; 1. Selon le document 1, le rayonnement solaire
−− Hoth est froide avec une température extrême- contient des UV partiellement absorbés par l’at-
ment négative, ce qui correspond bien à ses envi- mosphère. L’analyse du graphique permet de voir
ronnements glacés. que :
−− les UV-c ne traversent pas la couche d’ozone : ils
La valeur obtenue pour Tatooine (1,13 °C) n’est
sont totalement absorbés ;
pas compatible avec son image de déserts chauds
−− les UV-b sont partiellement absorbés par la
et arides. Sa température « réelle » doit donc être
couche d’ozone ;
beaucoup plus élevée. Cela signifie que Tatooine
−− les UV-a ne sont pratiquement pas absorbés par
ne respecte pas certaines des conditions d’appli-
la couche d’ozone.
cation de la formule (voir question 1).
Le document 2 est un histogramme présentant
Pour expliquer son climat apparent, on peut for- les fréquences de mélanomes (cancers de la peau)
muler les hypothèses suivantes : en fonction des régions du globe. En Australie, la
−− elle serait plus proche de son étoile que la Terre fréquence des mélanomes est plus importante.
du Soleil ; La population australienne est soumise à un fort
−− son étoile émettrait un rayonnement plus ensoleillement, ce qui accroît les risques d’altéra-
important que le Soleil ; tion de l’ADN par les UV.
−− elle disposerait d’un effet de serre plus impor-
tant que celui de la Terre. Les documents 1 et 2 permettent de conclure
que l’ozone protège les populations humaines
On peut également imaginer que plusieurs de ces
des effets cancérigènes des rayonnements
hypothèses expliquent ensemble la différence
ultraviolets.
observée.
Le document 3 présente un schéma récapitulant
l’action des CFC (gaz fluorés) sur l’ozone stratos-
phérique. Sous l’effet du rayonnement solaire,

CHAPITRE 2 • Le bilan radiatif terrestre 55

04733691_.indb 55 08/10/2019 14:43


une molécule de CFC relâche un atome de chlore PROJET EXPÉRIMENTAL ET NUMÉRIQUE
p. 107 ❚
qui réagit avec une molécule d’ozone. Cette der-
nière se scinde en une molécule de dioxygène Les pistes de mise en œuvre présentent des pos-
et reconstitue une molécule ClO. Cette réaction sibilités d’investigation liées à la capture et au
détruit donc l’ozone. stockage de CO2.

Les documents 1, 2 et 3 démontrent que les Une première approche consiste à mesurer le
gaz fluorés détruisent les molécules d’ozone. Or CO2 atmosphérique (gazeux) et dissous, ce qui
l’ozone absorbe une grande partie des rayons permet d’identifier les océans comme des sites de
ultraviolets nocifs. Ainsi, l’émission de CFC peut stockage.
augmenter la fréquence des cancers de la peau. L’étude de la précipitation du CaCO3 montre com-
2. Les 196 pays ont réagi rapidement afin d’éviter ment le CO2 est intégré plus durablement dans
une catastrophe sanitaire mondiale. Les molé- un réservoir lithosphérique sous forme de roches
cules d’ozone se reconstituent lentement alors carbonatées mais aussi quels facteurs sont à l’ori-
que leur dégradation a été soudaine, d’où la gine de sa libération.
nécessité d’une réaction rapide. Le stockage de CO2 dans les roches d’anciens
3. Le document  4 présente l’évolution de la gisements d’hydrocarbures épuisés est l’occasion
concentration en ozone au niveau de l’hémis- de travailler sur des données géologiques (car-
phère Sud, observée par des satellites. La densité tographie du site de Lacq, porosité des roches
d’ozone était forte (couleur bleu clair au niveau observable via des lames minces).
du pôle à verte autour du pôle : environ 250 à La photosynthèse est également un mécanisme
350 Dobson) en juillet 1980, puis la concentration envisagé pour capter naturellement le CO2 atmos-
diminue progressivement jusqu’en 2000 (couleur phérique. Cette piste mobilise et peut permettre
bleu foncé dominante au niveau du pôle : environ d’approfondir des acquis, d’effectuer des mesures
210 Dobson). ExAO, etc.
Or, de 2010 à 2014, la concentration a augmenté Des mesures de vitesse, des quantification du
et devient pratiquement égale à celle de 1980. stockage de CO2 de chacune de ces approches per-
Le trou dans la couche d’ozone s’est donc colmaté. mettront d’évaluer leur impact et leur efficacité.
Le protocole de Montréal a donc été efficace.

56 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 56 08/10/2019 14:43


PARTIE   2

Chapitre

Une conversion de l’énergie solaire :


la photosynthèse
Manuel p. 108

LE PROGRAMME

2. Le Soleil, notre source d’énergie

2.3 – Une conversion biologique de l’énergie solaire : la photosynthèse

L’utilisation par la photosynthèse d’une infime partie de l’énergie solaire reçue par la planète fournit l’énergie
nécessaire à l’ensemble des êtres vivants (à l’exception de certains milieux très spécifiques non évoqués dans
ce programme).

Savoirs Savoir-faire

Une partie du rayonnement solaire absorbé par les


organismes chlorophylliens permet la synthèse de
matière organique à partir d’eau, de sels minéraux et
de dioxyde de carbone (photosynthèse).
À l’échelle de la planète, les organismes Recenser, extraire et organiser des informations pour
chlorophylliens utilisent pour la photosynthèse prendre conscience de l’importance planétaire de la
environ 0,1 % de la puissance solaire totale photosynthèse.
disponible. À l’échelle de la feuille (pour les plantes),
Comparer les spectres d’absorption et d’action
la photosynthèse utilise une très faible fraction de
photosynthétique d’un végétal.
la puissance radiative reçue, le reste est soit diffusé,
soit transmis, soit absorbé (échauffement et évapo- Représenter sur un schéma les différents échanges
transpiration). d’énergie au niveau d’une feuille.

La photosynthèse permet l’entrée dans la biosphère


de matière minérale stockant de l’énergie sous forme
chimique.
Ces molécules peuvent être transformées par
respiration ou fermentation pour libérer l’énergie
nécessaire au fonctionnement des êtres vivants.

À l’échelle des temps géologiques, une partie de la À partir de l’étude d’un combustible fossile ou d’une
matière organique s’accumule dans les sédiments roche de son environnement, discuter son origine
puis se transforme en donnant des combustibles biologique.
fossiles : gaz, charbon, pétrole.

Prérequis et limites

Les notions de biologie et géologie utiles à ce paragraphe, déjà connues, sont remobilisées (photosynthèse,
respiration, fermentation, sédimentation, combustible fossile). Sans les approfondir, il s’agit de montrer
comment elles sont utiles pour comprendre les flux d’énergie à différentes échelles.
Aucun développement sur les mécanismes cellulaires et moléculaires n’est exigible.

57

04733691_.indb 57 08/10/2019 14:43


JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 108 Pro- Consom- Consom- Consom- Consom-
ducteur mateur mateur mateur mateur
primaire primaire secondaire tertiaire quaternaire
SITUATION 1
lapin
Dans cette première situation, les élèves sont plante serpent rapace renard
sauterelle
invités à remobiliser leurs acquis sur les notions
de métabolismes (respiration et photosynthèse) On peut remarquer qu’une espèce donnée peut
vus en Seconde au travers des résultats obtenus appartenir à différentes chaînes alimentaires
lors d’une mesure expérimentale classique. Ceci constitutives du réseau trophique, comme le
constitue aussi une occasion de travailler une serpent, dans notre exemple.
compétence simple : l’analyse de graphique. › classe de 1re enseignement scientifique
›En
›Exemple
› de réponse attendue Ces notions seront nécessaires pour aborder l’im-
On observe qu’en absence de lumière, le taux portance de la photosynthèse dans le fonction-
d’O2 diminue, alors que le taux de CO2 augmente. nement général de la biosphère abordée dans
On en déduit que les algues absorbent l’O2 et l’activité 4 et, en particulier, les phénomènes de
rejettent du CO2. Or, on sait que ces échanges perte d’énergie d’un maillon à l’autre d’une chaîne
correspondent au métabolisme respiratoire. alimentaire.
À la lumière, les échanges s’inversent ce qui cor-
respond donc à une production d’O2 et à une SITUATION 3
consommation de CO2. Le métabolisme corres- On souhaite ici réactiver les notions d’autotrophie
pondant est la photosynthèse. et d’hétérotrophie (vues en classe de Seconde),
Les échanges gazeux liés à la photosynthèse sont étroitement associées aux métabolismes cellu-
quantitativement supérieurs à ceux de la res- laires, à l’échelle de l’organisme.
piration. Autrement dit, à la lumière, les algues
libèrent davantage d’O2 qu’elles n’en consom- ›Exemple
› de réponse attendue
ment et consomment plus de CO2 qu’elles n’en On rappelle que des cellules autotrophes sont
libèrent. Les échanges liés à la respiration sont des cellules capables de fabriquer leur propre
donc « masqués » par ceux liés à la photosyn- matière organique à partir de matière minérale
thèse. On peut donc préciser que les algues res- (le plus souvent par photosynthèse), alors que
pirent aussi à la lumière. des cellules hétérotrophes utilisent des matières
organiques préexistantes produites par d’autres
› classe de 1re enseignement scientifique
›En cellules.
Dès l’activité 1, la photosynthèse sera vue comme Les parties orange (base de la tige et majeure par-
un processus de conversion de l’énergie lumi- tie de la racine) sont non chlorophylliennes donc
neuse en énergie chimique exploitable par la cel- hétérotrophes.
lule chlorophyllienne elle-même (comme source Les feuilles sont vertes, car chlorophylliennes.
d’énergie et comme précurseurs aux autres Elles sont photosynthétiques, donc autotrophes.
familles de molécules biologiques) et par d’autres
types cellulaires non chlorophylliens pour alimen-
ter leur respiration ou leur fermentation.
ACTIVITÉS
SITUATION 2 Dans ce chapitre, on traite les notions du pro-
On cherche ici à rappeler la place essentielle gramme en partant de l’échelle moléculaire (acti-
des organismes photosynthétiques au sein des vité 1 axée sur les molécules organiques et les
réseaux trophiques et des chaînes alimentaires métabolismes cellulaires, déjà vus en Seconde),
qui les constituent, notions vues lors du cycle 4 puis en passant à l’échelle de l’organisme et de
du collège. son fonctionnement (activités 2 et 3 présentant
l’origine des pertes énergétiques de l’énergie
›Exemple
› de réponse attendue reçue et le rôle de la chlorophylle) avant de réflé-
On peut résumer la réponse sous la forme d’un chir à l’importance de la photosynthèse à l’échelle
tableau : des écosystèmes (activité 4), sans oublier son
rôle dans la constitution des combustibles fos-
siles, qui représentent aujourd’hui 80 % de nos
ressources énergétiques mondiales (activité 5).

58 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 58 08/10/2019 14:43


Rappelons également que l’énergie solaire est au Le document 2 présente la molécule d’ATP et
cœur de cette partie du programme, et que l’ob- son importance dans les phénomènes biolo-
jectif est d’en suivre le devenir au sein du vivant, à giques. Cela permet de mieux comprendre les
différentes échelles. différences entre les métabolismes revus dans le
Enfin, les auteurs ont à cœur de proposer aux document 3.
élèves, quand la thématique s’y prête, des expé- Si le matériel le permet, on pourra utiliser ce docu-
riences réalisables en classe dans des temps ment en complément du suivi d’une mesure ExAO
courts et/ou des résultats expérimentaux per- des taux de CO2 et d’éthanol au sein de cultures
mettant de leur faire travailler leurs compétences de levures placées dans les mêmes conditions.
dans l’analyse et l’interprétation de contenus
scientifiques complexes, et ainsi, de respecter cer- ›Exemple
› de correction des pistes de travail
taines exigences du programme, comme celle-ci : On indique en italique quelques éléments de réflexion
« Dans le cadre de l’enseignement scientifique, destinés à l’enseignant•e.
il s’agit, chaque fois que l’on met en œuvre une 1. On rappelle dans « Des clés pour réussir » qu’il
authentique pratique scientifique, de l’expliciter faut commencer par la matière minérale, et donc le
et de prendre conscience de sa nature. », le savoir processus de photosynthèse rappelé en introduction.
scientifique ne devant être ni imposé ni asséné, Dans l’expérience, on voit que la première tache à
mais démontré. Cela sera aussi l’occasion de sug- apparaître à t = 1 s est de l’acide phosphoglycérique
gérer des problématiques, des activités et des (APG). Autrement dit, la première molécule orga-
outils utilisables dans le cadre du projet numé- nique construite à partir du CO2 radioactif fourni
rique (thème 5). n’est pas le glucose mais l’APG, ce que l’élève peut
traduire simplement de la façon suivante :

p. 110 ❚ ACTIVITÉ 1 CO2


+ APG
Les molécules organiques H2O
source d’énergie cellulaire
Cette activité a pour objectif de traiter les parties On voit ensuite, à t = 5 s, apparaître des oses, dont
suivantes du programme : le glucose. Le tableau du document 1 (b) indique
Savoirs : « Une partie du rayonnement solaire que les oses sont des précurseurs des glucides et des
absorbé par les organismes chlorophylliens per- acides nucléiques, ce que l’élève peut traduire ainsi :
met la synthèse de matière organique à partir CO2
d’eau, de sels minéraux et de dioxyde de carbone + APG oses (dont glucose)
(photosynthèse). H2O
Ces molécules peuvent être transformées par glucides acides
respiration ou fermentation pour libérer l’énergie nucléiques
nécessaire au fonctionnement des êtres vivants. »
Enfin, on observe, à t = 15 s, l’apparition d’acides
Ainsi, et pour apporter des éléments nouveaux
aminés, précurseurs des protéines, et d’acide car-
et complémentaires de ce qui aura pu être vu
boxylique, précurseur des lipides, d’où le schéma
en classe de Seconde, on fait, d’une part, le lien
final suivant :
entre le glucose produit « final » de la photosyn-
thèse et l’ensemble des autres molécules orga- CO2
niques nécessaires au fonctionnement d’une + APG oses (dont glucose) acides carboxyliques
cellule (document 1), et, d’autre part, le lien entre H 2O
les métabolismes et la récupération de l’énergie glucides acides acides
solaire sous forme chimique via la molécule d’ATP nucléiques aminés
(documents 2 et 3).
protéines lipides
Le document 1 présente les résultats simpli-
fiés d’une autoradiographie bidimensionnelle, 2. Le document 2 nous explique que l’ATP est une
sans qu’il soit nécessaire de comprendre ce type molécule capable de libérer 30 kJ · mol–1 d’énergie
de manipulation complexe. On s’appuie ici sur si elle est dégradée. Cette énergie est utilisable
certaines notions de Seconde, comme celle de pour les réactions cellulaires réalisées par les
« précurseur ». enzymes. On nous indique aussi que la quantité
d’ATP du corps humain est faible, mais constante.

CHAPITRE 3 • Une conversion de l’énergie solaire : la photosynthèse 59

04733691_.indb 59 08/10/2019 14:43


On voit aussi sur le schéma que la dégradation Remarque : on pourra se demander si les cellules
de l’ATP conduit à la formation d’ADP et de phos- chlorophylliennes fermentent. Pour le savoir, on rap-
phate inorganique (Pi). Étant donnés les besoins pellera que la photosynthèse produit du dioxygène
importants de l’organisme en énergie, on peut ou bien que les feuilles, en contact permanent avec
se poser les questions suivantes : comment l’or- l’air, n’en manquent pas. Ainsi, les élèves pourront
ganisme renouvelle-t-il rapidement son stock comprendre, voire répondre d’eux-mêmes, que la
d’ATP ? ou comment l’organisme peut-il produire fermentation n’est jamais nécessaire chez les cellules
de l’ATP à partir de l’ADP et du Pi ? chlorophylliennes, et n’est pas pratiquée. Cela ne dit
Remarque : on pourra ici accepter diverses formula- pas si elles en seraient capables, ce qui est une autre
tions pour les questions. problématique, abordable en projet numérique.
3. On sait que la respiration correspond à une
consommation d’O2 et de glucose, et à un rejet de
p. 112 ❚ ACTIVITÉ 2
CO2. Or on voit, dans le document 3, que dans la
première expérience : La réception de l’énergie solaire
−− l’oxygène est présent, tout comme le glucose ; par la feuille
−− la quantité de CO2 produit est élevée.
Cette activité a pour objectif de traiter la partie
On peut donc en déduire que les levures respirent. suivante du programme :
4. La fermentation correspond ici à une produc- Savoir : « À l’échelle de la feuille (pour les plantes),
tion d’éthanol, un alcool. Cet éthanol est produit la photosynthèse utilise une très faible fraction de
en forte quantité dans la dernière expérience, la puissance radiative reçue, le reste est soit dif-
durant laquelle l’oxygène est absent. Or, l’étha- fusé, soit transmis, soit absorbé (échauffement et
nol était déjà présent, en moindre quantité, dans évapotranspiration). »
la seconde expérience, durant laquelle le taux Remarque  : ces savoirs ne seront totalement
d’oxygène était plus faible. L’oxygène n’est donc construits qu’à l’issue de l’activité 3.
pas nécessaire à la fermentation. Par ailleurs, Savoir-faire : « Représenter sur un schéma les
on nous informe que les levures consomment différents échanges d’énergie au niveau d’une
le glucose venant de leur environnement ou de feuille. »
leurs réserves pour se développer. Dans les trois
expériences, les levures disposent de glucose, Pour estimer correctement la proportion de
qu’elles doivent donc consommer. Le glucose est lumière reçue utilisée par la photosynthèse, il
donc l’unique réactif de la fermentation. Enfin, faut d’une part estimer la proportion de lumière
on constate une forte production de dioxyde de absorbée (document 1), et, d’autre part, tenir
carbone dans tous les cas, qui constitue donc le compte d’aspects énergétiques associés à l’éva-
second produit de la fermentation, avec l’éthanol. po-transpiration (documents 2 et 3), mais aussi à
l’efficacité de la photosynthèse elle-même, ce qui
On peut donc déduire de ces observations une
sera abordé à l’activité 3. Il faut veiller à une utili-
équation simplifiée de la fermentation :
sation rigoureuse du vocabulaire, car la confusion
glucose → éthanol + CO2
s’effectue rapidement entre lumière « absorbée »
5. En comparant les résultats des trois expé- et lumière « reçue ».
riences, on voit que plus l’air est riche en dioxy- Les auteurs proposent ici une activité expéri-
gène, plus les levures produisent d’ATP. On en mentale simple (document 1) pour évaluer les
déduit que la production d’ATP s’effectue selon proportions de lumières réfléchie, transmise
deux mécanismes, en fonction des quantités de ou absorbée par la feuille à partir de mesures
dioxygène disponibles : de quantités de lumière. On s’appuie ici sur les
−− grâce à la respiration, au cours duquel du notions construites dans les chapitres précédents
glucose est dégradé en présence de dioxygène au sur le rayonnement lumineux émis. Différentes
sein des mitochondries, ce qui est le cas pour les mises en situation sont envisageables au sein de
levures ou les cellules chlorophylliennes ; la classe : démonstration au bureau, élaboration
−− grâce à la fermentation pour les levures, en cas du protocole, travaux en binômes sur différentes
d’appauvrissement du milieu en dioxygène. espèces végétales puis mise en commun, etc.
Quant au glucose, il provient toujours de la pho- L’activité est réalisable en classe en une heure,
tosynthèse réalisée par les cellules chlorophyl- l’exploitation des résultats pouvant se faire à la
liennes, dont elles consomment une partie par maison ou à la séance suivante.
respiration.

60 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 60 08/10/2019 14:43


Cette expérimentation rentre dans le cadre du Au final, le pourcentage de lumière absorbée est :
projet numérique (thème 5). En effet, elle sensibi- % de lumière absorbée = 100 – 27 – 11,7
lise les élèves à l’utilisation d’outils et de capteurs. soit % de lumière absorbée = 61,3 %
De plus, ils peuvent développer, par exemple, un
En conclusion, le pourcentage de lumière absor-
projet sur la comparaison des caractéristiques de
bée par la feuille est d’environ 61.
feuilles différentes : abondance des cires, épais-
Remarque : il faut bien comprendre que la première
seur, quantité de chlorophylle, couleur, etc.
ligne du tableau correspond aux valeurs obtenues
On veillera au respect rigoureux du protocole,
avec les témoins, donc sans feuille, lesquelles sont
notamment de la distance et de la position des
à comparer aux valeurs des résultats de la seconde
capteurs par rapport à la source de lumière, et à
ligne.
l’absence de pollution lumineuse. On évitera éga-
lement d’utiliser des plantes dont les feuilles pro- 2. Le devenir de la quantité de lumière reçue par
duisent trop de cires, qui réfléchissent davantage la feuille peut être présenté sous la forme du
la lumière. Les résultats présentés ont été obte- schéma ci-dessous. Les résultats sont arrondis du
nus pour une feuille de Catalpa, dont la grande fait de la grande variabilité possible des mesures.
surface facilite la manipulation, et avec une lumière
ampoule de 40 W. Contrairement à ce qui est pré- lumière réfléchie
senté dans le manuel, par souci de simplification, incidente 12 %
100 %
le capteur utilisé lors de l’expérience était un cap-
teur ExAO. Quel que soit le capteur, il faut prendre
garde à son calibrage. lumière
Il convient d’associer les documents 2 et  3 absorbée
61 % lumière
puisqu’ils traitent de la perte d’énergie par évapo- transmise
ration (document 2) et par « transpiration » (docu- 27 %
ment 3). Attention, la notion d’évapo-transpiration
s’applique davantage à un écosystème qu’à un
Remarque : on veillera à ce que l’épaisseur des
organe. L’approche qui est proposée ici de l’éva-
flèches soit proportionnelle à la valeur représentée.
poration puis de la transpiration nous semble
donc être davantage correcte du point de vue 3. On voit dans le document 2 que plus la feuille
scientifique que celle décrite dans le programme. reçoit une forte quantité de lumière, plus l’humi-
Enfin, les auteurs proposent ici aux élèves d’exer- dité qu’elle dégage est forte. Ainsi, pour 12  000  lux,
cer certaines compétences mathématiques on atteint une humidité d’environ 23 %, tandis
simples au travers de calculs et du maniement de que pour 20 000 lux, on atteint environ 36 %
pourcentages. d’humidité. Or, on apprend que l’évaporation
de l’eau nécessite de l’énergie : 2 265 kJ pour un
›Exemple
› de correction des pistes de travail litre. L’énergie absorbée par la feuille n’est donc
On indique en italique quelques éléments de réflexion pas totalement utilisée pour la photosynthèse,
destinés à l’enseignant•e. car une partie d’entre elle provoque l’évaporation
de l’eau contenue dans la feuille, qui est ensuite
1. Le pourcentage de lumière absorbée par la
évacuée sous forme de vapeur par l’ostiole des
feuille correspond à l’égalité suivante :
stomates, comme le montre le document 3.
% de lumière absorbée =
On nous indique que 72 % de l’énergie absorbée
lumière reçue et fixée arbitrairement à 100 – %
est au final perdue de cette façon.
de lumière réfléchie – % de lumière transmise
On calcule d’abord le pourcentage de lumière 4. La feuille n’absorbe que 61 % de l’énergie reçue.
réfléchie : Sur cette fraction, 28 % peuvent être utilisés par la
110 photosynthèse, si on enlève les 72 % à l’origine de
% de lumière réfléchie =   × 100 l’évapo-transpiration. On calcule la part d’énergie
940
reçue utilisable pour la photosynthèse :
soit % de lumière réfléchie = 11,7 %.
61 × 28
On calcule ensuite le pourcentage de lumière  = 17,08 %.
transmise : 100
460 La part d’énergie utilisable pour la photosynthèse
% de lumière transmise =   × 100 est donc d’environ 17,1 %.
1700
Remarque : cette valeur est reprise dans l’activité sui-
soit % de lumière transmise = 27 %.
vante, mais arrondie à 17 % (voir piste de travail n °3).

CHAPITRE 3 • Une conversion de l’énergie solaire : la photosynthèse 61

04733691_.indb 61 08/10/2019 14:43


p. 114 ❚ ACTIVITÉ 3 du spectre d’action de l’élodée (doc. 2) sont très
similaires : elles présentent un pic de 400 nm à
La chlorophylle, un pigment 500 nm, et un autre vers 650 nm, et les valeurs
photosynthétique sont faibles de 500 à 600 nm. L’élodée réalise
Cette activité a pour objectif de traiter les parties donc la photosynthèse de façon efficace dans les
suivantes du programme : radiations absorbées par la chlorophylle. Ceci est
Savoir : « À l’échelle de la feuille (pour les plantes), un argument en faveur de l’idée selon laquelle
la photosynthèse utilise une très faible fraction de la chlorophylle est impliquée dans le processus
la puissance radiative reçue, le reste est soit dif- photosynthétique.
fusé, soit transmis, soit absorbé (échauffement et
3. Le document 3 nous indique que pour produire
évapo-transpiration). »
une mole de glucose, qui représente une quantité
Remarque : en complément de l’activité précédente.
d’énergie de 2 840 kJ, il faut que le chloroplaste,
Savoir-faire : « Comparer les spectres d’absorp- siège de la photosynthèse, absorbe 56 000 kJ
tion et d’action photosynthétique d’un végétal. » d’énergie solaire.
On cherche ici, d’une part, à expliquer le rôle de On calcule le pourcentage de perte d’énergie
la chlorophylle via la comparaison des spectres pour produire une mole de glucose :
d’action des organismes chlorophylliens et d’ab- 56 000 – 2 840
sorption de la chlorophylle (documents 1 et 2),  × 100 = 95.
56 000
et, d’autre part, à évaluer la part finale de l’énergie
reçue réellement utilisée pour faire la photosyn- Il y a donc une perte de 95 % d’énergie. Autrement
thèse (document 3). dit, seuls 5 % de la lumière absorbée sont conver-
tis en énergie chimique sous forme de glucose.
Comme précédemment, les auteurs proposent
ici une manipulation simple, réalisable en temps On nous indique que la proportion de lumière
limité : extraction d’une solution de chlorophylle reçue et disponible pour la photosynthèse n’est
brute, et visualisation de son spectre d’absorp- que de 17 % On calcule alors le pourcentage de
tion par un spectroscope à main. On pourrait lumière reçue réellement utilisé pour la produc-
aussi envisager de faire réaliser aux élèves des tion de glucose :
mesures de spectrophotométrie plus précises à 17 × 5
= 0,85.
partir de solutions brutes préparées au labora- 100
toire. Ceci serait une occasion supplémentaire de La proportion de lumière reçue réellement uti-
les sensibiliser à l’utilisation de capteurs et au trai- lisé pour la production de glucose n’est donc que
tement des données dans l’optique du thème 5 d’environ 0,85 % !
du programme. Enfin, on pourrait réfléchir à la
réalisation d’un spectre d’action. Cette expérience
est cependant beaucoup plus délicate à mener, et ACTIVITÉ 4
p. 116 ❚
à réussir en temps limité.
Sans entrer dans les détails, qui seraient bien trop La photosynthèse à l’échelle planétaire
complexes à saisir pour les élèves, le document 3 Cette activité a pour objectif de traiter les parties
illustre les pertes énergétiques liées au processus suivantes du programme :
photosynthétique lui-même. Savoirs : « À l’échelle de la planète, les orga-
nismes chlorophylliens utilisent pour la photosyn-
›Exemple
› de correction des pistes de travail thèse environ 0,1 % de la puissance solaire totale
1. On observe dans le document 1 qu’une solution disponible. La photosynthèse permet l’entrée
brute de chlorophylle absorbe essentiellement dans la biosphère de matière minérale stockant
les radiations bleus et rouges, à partir de 600 nm de l’énergie sous forme chimique. »
pour ces dernières. Les radiations vertes, qui
Savoir-faire : « Recenser, extraire et organiser
courent de 480 nm à 570 nm environ, les jaunes,
des informations pour prendre conscience de
qui se trouvent vers 575 nm, et les rouges, qui
l’importance planétaire de la photosynthèse. »
s’étendent de 580 nm à 600 nm, sont peu absor-
bées, et donc majoritairement transmises. Les On cherche ici à aborder l’importance du phéno-
radiations vertes étant dominantes, cela explique mène photosynthétique à la fois du point de vue
la couleur verte des chloroplastes. quantitatif (document 1), et du point de vue qua-
litatif (document 3). Il s’agit aussi de sensibiliser
2. On observe que la courbe du spectre d’ab-
les élèves à certains enjeux (document 2) déjà
sorption de la chlorophylle (doc. 1 (e)) et celle

62 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 62 08/10/2019 14:43


évoqués dans le chapitre précédent, et qui font absorbée par un être vivant chlorophyllien,
partie intégrante des programmes de Terminale. comme le montre le document 1 (b). Par exemple,
Les notions abordées dans le document 1 sont la PPN est très faible au cœur des domaines océa-
à réinvestir dans le document 3. Ce dernier pré- niques ainsi que dans les déserts arides, comme
sente un écosystème différent de ce qui est vu par l’Australie, du fait de l’absence d’organismes
les élèves en Première spécialité SVT, où l’ensei- chlorophylliens.
gnement est axé sur les domaines forestiers, de De plus, même si l’énergie est reçue par un être
façon à élargir leur culture scientifique. Une ani- vivant chlorophyllien, on sait que celui-ci n’en
mation accompagne la compréhension des pyra- exploitera qu’un très faible pourcentage (inférieur
mides écologiques, notion qui sera également à 1 %).
revue en Première spécialité.
3. On élabore un schéma pour représenter les
›Exemple
› de correction des pistes de travail flux d’énergie entrante et sortante dans une
chaîne alimentaire de quatre espèces de l’écosys-
On indique en italique quelques éléments de
tème du document 1 :
réflexion destinés à l’enseignant•e.
énergie solaire
1. On nous indique que la pro-
100 %
ductivité primaire brute (PPN)
correspond à la biomasse pro- producteur producteur producteur producteur
primaire secondaire tertiaire quaternaire
duite suite à la photosynthèse, à 10 % 1% 0,1 %
laquelle on soustrait la biomasse phytoplancton zooplancton jeunes poissons
consommée par les organismes poissons adultes
chlorophylliens pour leur per-
80 % 8% 0,8 % 0,08 %
mettre d’assurer leur respiration.
pertes pertes pertes pertes
On peut donc écrire :
par respiration par respiration par respiration par respiration
PPN = PPB – biomasse respirée.
Remarque : l’objectif est ici de faire comprendre aux
2. D’après le document 1, pour connaître la PPN
élèves que l’énergie transmise d’un maillon A vers
végétale mondiale totale, il suffit d’additionner les
un maillon B est toujours quantitativement 10 fois
PPN continentale et océanique, soit 117 et 55 Gt.
inférieure à celle absorbée par le maillon A. La
En un an, la biomasse végétale s’accroît donc de
proportion d’énergie parvenant aux derniers orga-
172 milliards de tonnes, soit 172 × 1012 kg.
nismes d’une chaîne est donc très faible par rapport
Comme un kilogramme de biomasse sèche peut
à l’énergie solaire initialement convertie en énergie
produire une quantité d’énergie de 18 × 106 J,
chimique.
cette biomasse représente une quantité d’énergie
E de : 4. Si la PPN venait à diminuer, les écosystèmes
E = 172 × 1012 × 18 × 106 seraient moins bien alimentés en énergie
chimique, et l’ensemble de la biosphère verrait sa
E = 172 × 18 × 1018
biomasse se réduire. Autrement dit, l’importance
E = 3 096 × 1018
et la stabilité de nombreux écosystèmes seraient
soit E = 3,1 × 1021 J. remises en cause avec, pour conséquence, une
Sachant que la Terre reçoit, en une année, envi- disparition de nombreuses espèces, à com-
ron 5,47 × 1024 J, on peut calculer le pourcentage mencer par celles se situant à la fin des chaînes
de cette énergie finalement stockée sous la forme alimentaires.
de biomasse : D’autre part, d’après le document 2, on verrait
% (énergie) = (3,1 × 1021) / (5,47 × 1024) × 100 aussi une accentuation du réchauffement clima-
% (énergie) = (3,2 / 5,47) × 10(21 – 24) × 100 tique du fait de la diminution de la capture du
% (énergie) = 0,566 × 10–3 × 102 dioxyde de carbone par les écosystèmes.
% (énergie)= 0,566 × 10–1 Remarque : cette notion est à relier au programme
soit % (énergie) = 0,056 %. de Première spécialité sur les services écosysté-
miques. On pourra, à cette occasion, évoquer le rôle
Remarque : ce résultat est en accord avec les don- de l’Homme et de la déforestation dans la diminu-
nées du programme, lequel indique une valeur infé- tion globale de la PPN en en posant la probléma-
rieure à 0,1 %. tique, cette dernière ne trouvant des réponses que
Ce résultat s’explique par le fait qu’une grande dans le cadre du programme de Terminale.
partie de l’énergie reçue par la Terre n’est pas

CHAPITRE 3 • Une conversion de l’énergie solaire : la photosynthèse 63

04733691_.indb 63 08/10/2019 14:43


p. 118-119 ❚ ACTIVITÉ 5 Remarque : en cas de difficultés, on peut renvoyer
les élèves au rabat vi de fin de manuel présentant le
Une biomasse convertie tableau de la classification périodique des éléments.
en combustibles fossiles En fin d’activité, on peut faire le lien entre l’enrichis-
Cette activité a pour objectif de traiter les parties sement ici mis en évidence en carbone du charbon
suivantes du programme : par rapport au végétal, et les processus de fossilisa-
Savoir : « À l’échelle des temps géologiques, une tion expliqués par le document 3.
partie de la matière organique s’accumule dans
2. Les combustibles fossiles se forment par accu-
les sédiments puis se transforme en donnant des
mulation rapide et massive de biomasse végé-
combustibles fossiles : gaz, charbon, pétrole. »
tale, phytoplanctonique en domaine océanique et
Savoir-faire : « À partir de l’étude d’un combus- forestière en domaine continentale, dans un envi-
tible fossile ou d’une roche de son environne- ronnement pauvre en dioxygène, ce qui empêche
ment, discuter son origine biologique. » la décomposition par respiration. Cette biomasse
Les documents 1 et 2 permettent de répondre est enfouie par l’accumulation qui poursuit son
simplement aux exigences du programme quant cours. Elle se transforme alors en kérogène sous
à l’origine biologique de ces combustibles, dont l’effet de l’action de certaines bactéries. Ce kéro-
l’importance dans nos sociétés est aussi souli- gène est appauvri en oxygène et azote, et s’enri-
gnée. En effet, les combustibles fossiles repré- chit donc relativement en carbone et hydrogène.
sentent 80 % de nos ressources énergétiques En milieu continental, le kérogène correspond au
à l’échelle mondiale en tenant compte du gaz charbon.
naturel. L’enfouissement se poursuivant, la température
et la pression augmentent, conduisant à une
Le document 3 explicite les conditions de forma-
pyrolyse du kérogène et à sa transformation en
tion de ces combustibles, en différenciant le cas
pétrole et gaz naturel.
des hydrocarbures de celui des charbons.
L’ensemble de ces processus se déroule sur des
›Exemple
› de correction des pistes de travail temps longs, c’est-à-dire de plusieurs millions
d’années.
On indique en italique quelques éléments de
réflexion destinés à l’enseignant•e. 3. Ces roches constituent un enjeu majeur pour
l’humanité, car, ensemble, elles assurent plus de
1. Concernant le charbon, on observe dans le
59 % de nos besoins mondiaux (32 + 27), auxquels
document 1 (a) une empreinte fossile de feuille
il faut ajouter le gaz naturel pour environ 21 %.
dans un échantillon de houille, ce qui laisse sup-
L’énergie récupérée est utilisée dans tous les
poser l’origine organique de cette roche. Pour
domaines : production de carburants pour les
le confirmer, le document 1 (b) nous permet de
transports, production de chaleur et d’électricité.
comparer les compositions chimiques du gra-
Le pétrole est aussi exploité pour produire certains
nite, de la houille et d’un géranium. On voit que
matériaux, comme les plastiques, le bitume, etc.
ces deux derniers présentent de nombreux élé-
ments communs, notamment l’hydrogène (H), le Ces roches constituant des ressources non renou-
carbone (C), l’azote (N) et l’oxygène (O), les trois velables du fait du temps nécessaire à leur forma-
premiers éléments étant absents du granite. tion, on peut s’attendre, dans les années à venir,
à leur épuisement et à une augmentation de leur
De la même façon, le granite comporte du sili-
valeur, ce qui les rendra inaccessible aux popula-
cium (Si), de l’aluminium (Al), du calcium (Ca) et
tions les plus pauvres. Cependant, il s’agit aussi de
du potassium (K), ce dernier étant absent du char-
ressources polluantes, dont l’exploitation massive
bon et en faible proportion dans le géranium.
depuis le xixe siècle a conduit au réchauffement
On peut donc penser que le charbon est issu de la
climatique. Pour ces raisons, il est important de
fossilisation de biomasse végétale.
développer des alternatives à ces ressources.
Grâce au document 2, on constate que certaines Remarque : pour ce qui est de l’épuisement des
molécules présentes dans le pétrole sont très ressources, nous vous renvoyons à l’exercice n° 10
proches de certaines molécules d’une cellule page 125.
végétale. En effet, la porphyrine ressemble à la En terme de recherches complémentaires, nous
chlorophylle, le cholestane et le cholestène res- conseillons le site suivant, qui propose des infor-
semblent au sitostérol. Le pétrole et le gaz naturel mations détaillées et présentées de façon objec-
seraient donc issus de la transformation de molé- tive : https://www.connaissancedesenergies.org/
cules d’origine biologique. fiches-pedagogiques-energies

64 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 64 08/10/2019 14:43


CORRECTION DES EXERCICES c. Le phytoplancton est constitué d’organismes
p. 123 ❚
aquatiques, marins entre autres. Sa fossilisation
Vérifier ses connaissances conduit à la formation d’hydrocarbures, comme
le pétrole et le gaz naturel, et non de charbon. Le
1  Connaître les mots-clés
charbon provient de la fossilisation de biomasse
Consultez la liste des mots-clés du chapitre, p. 121. continentale forestière, comme le prouvent les
empreintes de feuilles ou de tiges que l’on peut y
2  Question à réponse unique retrouver. Voir le doc. 1 (a) de l’activité 5 p. 118.
A-3 : voir la courbe rouge de la figure 5 du cours d. Le kérogène se forme très lentement par fos-
page 121. silisation de la biomasse végétale. Ce processus
La réponse 1 est fausse, car si la chlorophylle prend plusieurs millions d’années. On ne peut
absorbait toutes les radiations vertes, elle ne donc pas le considérer comme étant un combus-
pourrait pas être de couleur verte. tible renouvelable.
La réponse 2 est fausse, car la chlorophylle
absorbe majoritairement les radiations bleues et 4  Résumer les notions essentielles
rouges. a. La lumière reçue par la feuille est en partie per-
La réponse 4 est fausse, car aucune des radiations due par réflexion (environ 10 %) et en partie par
n’est totalement absorbée donc toutes sont, au transmission (environ 20 %). Une partie de l’éner-
moins en partie, transmises. gie lumineuse absorbée provoque un échauffe-
B-4 : le pourcentage de lumière utilisée pour ment à l’origine de l’évapotranspiration de l’eau
la photosynthèse est estimé par rapport à la contenue dans la feuille. Enfin, la conversion de
quantité totale de lumière reçue. Il faut être vigi- l’énergie lumineuse en énergie chimique par la
lant à bien distinguer lumière reçue et lumière photosynthèse est aussi à l’origine de pertes sous
absorbée. forme de chaleur. Au final, 1 % seulement de
l’énergie reçue est réellement convertie en éner-
C-4 : l’organisme chlorophyllien est celui qui pra-
gie chimique.
tique la photosynthèse, donc il est le premier à
produire de la matière organique à partir de b. Dans une cellule, le glucose peut subir le pro-
matière minérale. cessus de respiration et être entièrement dégradé
La réponse 1 est fausse, car le premier niveau est en CO2 et H2O, ce qui fournit de l’ATP. Ce proces-
le producteur primaire qui n’est pas consomma- sus a lieu principalement dans les mitochondries.
teur, mais simplement producteur de biomasse. Il peut aussi subir une fermentation dans le
La réponse 2 est fausse, car seulement 10 % de cytoplasme et être à l’origine de la formation d’al-
la biomasse produite par un niveau est consom- cool et d’une faible quantité d’ATP. Enfin, la molé-
mée par le niveau supérieur. Voir le doc. 3 (b) de cule de glucose peut aussi servir de précurseur à
l’activité 4. la fabrication des autres molécules biologiques.
La réponse 3 est fausse, car les herbivores sont c. Au sein des écosystèmes, la biomasse peut être
des consommateurs primaires, pas des produc- consommée par la respiration et assurer ainsi les
teurs primaires. besoins énergétiques des êtres vivants. Pour les
êtres vivants hétérotrophes, cela suppose une
3  Avoir un regard critique consommation de la biomasse d’un autre être
a. Le glucose n’est pas entièrement consommé vivant. Il y a donc des transferts de matière et
par la respiration de la cellule végétale, car une d’énergie d’un maillon à l’autre d’une chaîne ali-
partie du glucose produit permet la formation des mentaire. Au final, la biomasse morte, comme les
autres molécules organiques. Si tout le glucose excréments, les cadavres ou les débris végétaux,
produit était consommé, toute croissance de l’or- sera décomposée en matière minérale.
ganisme chlorophyllien serait impossible. d. Le pétrole et le gaz naturel se forment par fos-
b. La fermentation a lieu dans un environnement silisation d’une importante biomasse d’origine
anaérobie (pauvre en O2) et conduit à une faible océanique dans des sédiments pauvres en O2.
quantité d’ATP comparée à ce que peut produire On obtient alors un kérogène qui, par enfouisse-
la respiration. La fermentation peut être vue ment, subit une augmentation de pression et de
comme un métabolisme « de secours » permet- température, d’où un appauvrissement des molé-
tant une faible activité cellulaire en cas de pénurie cules en oxygène et en azote. Au final, des hydro-
de dioxygène. carbures se forment.

CHAPITRE 3 • Une conversion de l’énergie solaire : la photosynthèse 65

04733691_.indb 65 08/10/2019 14:43


5  S’exprimer par un vocabulaire adapté p. 124 ❚
Exercice similaire
On voit que la productivité primaire nette (PPN)
est inégalement répartie au niveau des conti- 8  Origine de la productivité d’un
nents, mais aussi des océans. écosystème
Au niveau continental, la PPN est maximale au Dans cet exercice, il n’est pas utile d’exploiter toutes
niveau des régions équatoriales et faible dans les les données du tableau. Des choix peuvent être faits
régions désertiques. dans les éléments à comparer. Par exemple :
Dans les régions équatoriales, les conditions clima- On observe que les forêts tropicales et les déserts
tiques sont en effet très favorables au développe- arides ont des surfaces équivalentes, respective-
ment des végétaux : forte humidité, température ment 3,3 % et 3,5 % de la surface terrestre. Or,
élevée, pas d’hiver. On remarque que certaines leur productivité est très différente, respective-
zones ne présentent pas de mesures, mais on ment 187 Gt · an–1 et 24 Gt · an–1. On voit que la
peut supposer qu’elle y est inexistante du fait des concentration en chlorophylle est très supérieure
conditions climatiques défavorables : zones arc- pour les forêts tropicales (160 mg · m–2) à celle
tiques et antarctiques, Sahara, etc. des déserts (4,2 mg · m–2). Or, on sait que la chlo-
rophylle permet de réaliser la photosynthèse. On
Au niveau océanique, la PPN est plus forte dans
peut donc dire que la concentration en chloro-
certaines zones côtières. Le phytoplancton profite
phylle est l’un des facteurs favorables à la PPB.
ainsi des apports minéraux des continents. Mais
la PPN est presque nulle au cœur des océans. Elle On remarque que les zones océaniques pro-
est globalement inférieure à celle des continents. duisent davantage que les forêts tropicales, alors
que leur concentration en chlorophylle est plus de
6  Comprendre le cours 1 200 fois inférieure, mais on voit aussi que leur
surface est 20 fois supérieure. On en déduit que
Ce schéma explique le devenir final de l’énergie ini- le second facteur favorisant une forte PPB est la
tialement reçue par des végétaux chlorophylliens. surface de l’écosystème.
Pour conclure, la contribution d’un écosystème
lumière reçue par
la surface du globe à la PPB planétaire sera plus importante si cet
écosystème dispose d’une forte concentration en
chlorophylle, et s’il couvre une grande surface.

lumière reçue par une lumière reçue p. 181 ❚


surface chlorophyllienne par une surface S’entraîner
(100 %) non chlorophyllienne
9  Retour sur les problématiques
lumière absorbée par une •  Quelle part de l’énergie lumineuse est utili-
surface chlorophyllienne sée par les organismes chlorophylliens pour la
(66 %)
photosynthèse ?
Si on étudie le cas des végétaux continentaux,
énergie lumineuse
convertie en biomasse
on peut montrer que leurs feuilles n’absorbent
(1 %) qu’environ deux tiers de la lumière reçue, le reste
étant soit réfléchi soit transmis.
Sur ces deux tiers de lumière absorbée, la
biomasse consommée pour biomasse utilisée pour majeure partie est perdue sous forme de chaleur
le métabolisme végétal la croissance végétale à l’origine de l’évapo-transpiration de l’eau conte-
(0,8 %) (0,2 %) nue dans la feuille.
Enfin, une très faible fraction de l’énergie lumi-
neuse utilisée pour la photosynthèse est réelle-
biomasse biomasse biomasse utilisée ment convertie sous forme d’énergie chimique
fossilisée décomposée par les chaînes
au sein des molécules de glucose du fait des
(0,001 %) (0,099 %) alimentaires
(0,1 %) pertes de chaleur liées aux différentes réactions
métaboliques.
Au final, 1 % seulement de l’énergie reçue par la
feuille est convertie en énergie chimique.

66 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 66 08/10/2019 14:43


•  Que devient la matière produite par ces orga- 5. Parmi les facteurs pouvant retarder l’épuise-
nismes ? ment des réserves mondiales, on peut penser à :
La matière produite par les végétaux chlorophyl- −− la mise en place de politiques d’économies
liens peut : d’énergie par réduction de la consommation ;
−− être respirée par le végétal lui-même afin de lui −− une augmentation de la valeur de ces res-
permettre de produire l’ATP dont il a besoin pour sources les rendant inaccessibles pour les popu-
fonctionner ; lations les plus pauvres ;
−− être utilisée pour assurer la croissance du −− l’augmentation de la proportion d’énergie pro-
végétal ; duite à partir d’autres ressources, comme les
−− être consommée par des organismes non chlo- énergies renouvelables ou l’énergie nucléaire ;
rophylliens pour produire leur propre énergie −− la découverte de sources d’énergie encore
(respiration et/ou fermentation) et leur propre inconnues aujourd’hui ;
biomasse (croissance). Les végétaux chlorophyl- −− la découverte et l’exploitation de nouveaux gise-
liens sont ainsi à la base du fonctionnement des ments.
écosystèmes ; Parmi les facteurs pouvant accélérer l’épuisement
−− être fossilisée sous forme de combustibles des réserves mondiales, outre l’absence des fac-
fossiles, tels que le charbon, le pétrole ou le gaz teurs cités précédemment, on peut penser à :
naturel. −− la poursuite et l’accentuation des modes de
consommation actuels des sociétés occidentales
10  Le futur épuisement des réserves et des pays émergents ;
de combustibles fossiles −− l’accélération de l’augmentation de la popula-
tion mondiale.
1. La consommation annuelle de combustibles
fossiles pour la période allant de 1860 à 1998 est 11  La production de vinaigre
de :
−− 0,83 Gtep pour le pétrole ; 1. La fermentation alcoolique est réalisée à partir
−− 1,04 Gtep pour le charbon ; du glucose par des levures, dans un milieu pauvre
−− 0,41 Gtep pour le gaz naturel. en dioxygène. Elle est à l’origine de la production
d’éthanol et de dioxyde de carbone.
Exemple de calcul pour le pétrole :
123 123 La fermentation acétique produit un acide, l’acide
 =   = 0,83. acétique, et non un alcool. Elle se réalise en pré-
1998 – 1860 138
sence de dioxygène grâce à des bactéries qui
2. Les valeurs trouvées pour la période allant de consomment l’éthanol, et non le glucose.
1860 à 1998 sont toutes nettement inférieures à
2. La production industrielle de vinaigre est plus
celle de l’année 2017. Par exemple, la consomma-
rapide, car le dioxygène nécessaire à la fermenta-
tion de gaz naturel sur l’année 2017 est 7,7 fois
tion acétique est insufflé dans le vin, qui est ainsi
supérieure à celle d’une année de la période
soumis à une forte agitation permettant aux bac-
allant de 1860 à 1998.
téries de mieux se développer, contrairement à la
3. Ce constat s’explique par l’augmentation de production artisanale, où l’oxygène de l’air n’est
la consommation annuelle de ces combustibles. pas mélangé au vin, ralentissant son utilisation
Cela peut être dû à l’augmentation démogra- par les bactéries. Ces dernières ne se développent
phique de la population humaine, l’accès de cer- donc qu’à l’interface air/vin, et mettent plus de
taines populations en voie de développement à temps à métaboliser l’ensemble de l’alcool présent.
des technologies énergivores, l’augmentation des
besoins en énergie des sociétés occidentales et Prépa
12   BAC Production de biocarburants
des pays émergents.
Les biocarburants, ou agrocarburants, sont une
4. Le nombre d’années restantes de consomma- source d’énergie alternative aux hydrocarbures
tion est de : pour alimenter nos moyens de transports à
−− 47,2 ans pour le pétrole ; moteur thermique. Dans tous les cas en effet, ces
−− 194 ans pour le charbon ; biocarburants sont produits à partir de la trans-
−− 52,5 ans pour le gaz naturel. formation d’une biomasse d’origine végétale.
Exemple de calcul pour le pétrole : Industriels et scientifiques ont développé diffé-
218 rentes techniques de production basées sur des
 = 47,2.
4,62 sources de biomasse différentes.

CHAPITRE 3 • Une conversion de l’énergie solaire : la photosynthèse 67

04733691_.indb 67 08/10/2019 14:43


Quels sont les avantages et inconvénients de surfaces agricoles, d’autant plus que ces usines
ces techniques ? peuvent être installées dans des zones peu ou
pas cultivées, comme des zones arides ou des
Dans le document 1, on peut voir que la produc-
jachères industrielles, et de limiter les dépenses
tion de biocarburants est basée sur l’utilisation
en eau et pesticides. Il doit cependant exister une
d’une biomasse cultivée de colza, tournesol,
dépense énergétique liée à l’éclairage des algues,
betterave, canne à sucre, blé, maïs et pomme
ainsi qu’une utilisation d’engrais, bien que proba-
de terre. Ce procédé a donc pour avantage de
blement minime par rapport à celle des cultures
mettre à disposition des quantités importantes
dites « conventionnelles ». On peut également
de biomasse, et donc de produire beaucoup de
supposer que les produits utilisés restent dans un
biocarburants.
environnement de culture confiné, et ne sont pas
Selon la culture, on peut produire soit du bio-
à l’origine de pollutions extérieures.
diesel pour les moteurs diesel, soit du bioétha-
nol pour les moteurs essence. L’inconvénient de Pour conclure, de nombreux progrès ont été réa-
cette méthode est le détournement de ces pro- lisés en matière de production de biocarburants.
ductions agricoles d’objectifs alimentaires. On On peut aussi constater que leur production à
sait également que ces cultures sont de grosses partir d’algues présente de nombreux avantages
consommatrices d’eau et d’intrants, comme les par rapport aux autres méthodes, notamment au
pesticides et les engrais, lesquels sont à l’origine niveau de la limitation de l’utilisation de surfaces
de pollutions. de terres agricoles et de rejets polluants moindres,
Une autre technique de production de biocar- mais aussi du fait de leur forte productivité.
burants est, d’après le document 2, la culture du
miscanthus, une graminée. Comme précédem-
ment, on note que cette culture mobilise une sur-
face agricole qui ne peut plus être exploitée pour
une production alimentaire, mais, au contraire PROJET EXPÉRIMENTAL ET NUMÉRIQUE
p. 127 ❚
des cultures précédentes, celle du miscanthus L’objectif proposé par ce projet sur la science au
ne nécessite pas d’apports en engrais et pesti- service de l’agriculture et des jardiniers est la
cides. D’autre part, on remarque que son ren- recherche des conditions idéales de développe-
dement énergétique annuel par hectare, qui est ment d’une plante cultivée. Ce projet vise la mise
de 91,5 GJ · ha–1 · an–1, est bien supérieur à ceux en place d’une grande diversité de protocoles,
du colza ou du blé, qui sont respectivement de comme le choix des espèces, les conditions cultu-
41,8 GJ · ha–1 · an–1 et 73,6 GJ · ha–1 · an–1. Ces dif- rales, le suivi de la croissance, et l’utilisation d’une
férences proviennent d’une plus grande producti- grande variété de capteurs, comme les luxmètres,
vité : 3 tonnes de bioéthanol par hectare et par an les thermomètres, les sondes à dioxygène et
contre 2,55 pour le blé. Son principal inconvénient dioxyde de carbone, etc.
réside dans le fait qu’il n’autorise que la produc-
tion de bioéthanol. On peut aussi s’intéresser à l’impact de la présence
Enfin, le document 3 présente une production d’une plante sur les espèces animales, son attrac-
industrielle et hors sol de biocarburants basée sur tion ou sa répulsion, ce qui fait ainsi écho à ce qui
la culture d’algues unicellulaires, comme les chlo- a pu être étudié en classe de Seconde dans le cha-
relles. Leur productivité est 3,5 fois supérieure pitre sur la gestion durable des agrosystèmes.
à celle du miscanthus en terme de biomasse, La photographie en haut à droite de la carte men-
et 8,22 fois en terme d’énergie récupérée ! Cela tale montre un dispositif de mesure accessible,
est lié à leur rendement photosynthétique bien constitué d’une caméra Beecam et du logiciel
supérieur à celui des plantes, du fait de leur forte Agathe de la société Advansee, permettant de
teneur en chlorophylle, le pigment photosyn- capter le passage d’insectes devant un écran. Des
thétique. Si la production semble se limiter à du renseignements complémentaires existent sur de
bioéthanol, ici encore, cette technique présente nombreux sites internet par l’emploi des mots-clés
l’avantage de ne pas mobiliser d’importantes « Beecam », « logiciel Agathe » et « Advansee ».

68 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 68 08/10/2019 14:43


PARTIE   2

Chapitre

Bilan thermique
du corps humain
Manuel p. 128

LE PROGRAMME

2. Le Soleil, notre source d’énergie

2.4 – Bilan thermique du corps humain

La température du corps est stable. Cette stabilité résulte d’un ensemble de flux présentés ici.

Savoirs Savoir-faire

La température du corps reste stable parce que Représenter sur un schéma qualitatif les différents
l’énergie qu’il libère est compensée par l’énergie échanges d’énergie entre l’organisme et le milieu
dégagée par la respiration cellulaire ou les extérieur.
fermentations.
Utiliser des données quantitatives sur l’apport
Globalement, la puissance thermique libérée par un énergétique d’aliments dans un bilan d’énergie
corps humain dans les conditions de vie courante, au correspondant à des activités variées.
repos, est de l’ordre de 100 W.

Prérequis et limites

Les notions de conservation et de conversion d’énergie, déjà connues, sont remobilisées.


La respiration et le rôle énergétique des aliments, déjà connus, sont remobilisés.
Aucun développement n’est attendu concernant les mécanismes cellulaires et moléculaires.

69

04733691_.indb 69 08/10/2019 14:43


JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 128 en produit beaucoup moins. Dans les deux types
de métabolismes, une partie de l’énergie conte-
SITUATION 1 nue dans les nutriments, comme le glucose, ne se
retrouve pas sous forme d’ATP, mais sous forme
Dans cette première situation, les élèves sont
de chaleur.
invités à remobiliser leurs acquis sur les sources
énergétiques que constituent les aliments, vus en › classe de 1re enseignement scientifique
›En
cycle 4 du collège. Il s’agira aussi de rappeler que Dans l’activité 2, la production de chaleur par le
l’alimentation doit remplir des contraintes quan- corps est étudiée comme un processus de conver-
titatives, afin de compenser les dépenses, mais sion de l’énergie chimique des aliments consom-
aussi des contraintes qualitatives, qui sont d’ap- més. Lors de la respiration cellulaire, l’énergie
porter à l’organisme tous les nutriments néces- contenue dans les nutriments est convertie en
saires à son fonctionnement. énergie chimique (ATP) et en énergie thermique.

›Exemple
› de réponse attendue
Une alimentation équilibrée du point de vue éner-
gétique consiste en une égalité entre les apports ACTIVITÉS
et les dépenses, autrement dit en un bilan éner-
L’objectif de ce chapitre est double. Il s’agit tout
gétique nul.
d’abord d’appliquer au corps humain les mêmes
Si les apports énergétiques sont supérieurs aux
concepts énergétiques que sur le système Terre.
dépenses, cela provoque une prise de masse. Au
Il s’agit également pour la première fois dans le
contraire, si les apports énergétiques sont infé-
système éducatif de questionner l’origine de la
rieurs aux dépenses énergétiques, alors cela pro-
température corporelle et de sa stabilité.
voque une perte de masse.
La température du corps humain est stable, car
› classe de 1re enseignement scientifique
›En l’énergie thermique qu’il libère est compensée
Dans l’activité 2, on montre que l’essentiel de par l’énergie dégagée par les cellules de l’orga-
l’énergie contenue dans nos aliments est à l’ori- nisme. Ce chapitre propose ainsi de commencer
gine de notre chaleur interne. On explique donc par constater la stabilité de la température cor-
comment établir un bilan énergétique en fonction porelle, puis à étudier les pertes de chaleur par
de l’alimentation et de l’activité physique d’une le corps humain (activité 1). Pour cela, les pertes
personne. de chaleur sont quantifiées et les mécanismes de
transfert de l’énergie thermique étudiés. Dans un
deuxième temps les mécanismes producteurs de
SITUATION 2 cette énergie thermique sont abordés et mis en lien
On cherche ici à remobiliser les acquis sur les avec le bilan énergétique global du corps humain
réactions métaboliques productrices d’énergie, (activité 2). Enfin, les productions et les pertes
comme la respiration cellulaire et la fermenta- d’énergie thermique sont comparées, afin d’établir
tion, vus en Seconde et rappelés dans le chapitre le bilan thermique du corps humain (activité 3).
précédent. Ceci constitue aussi une occasion de
travailler une compétence simple : comparer.
p. 130 ❚ ACTIVITÉ 1
›Exemple
› de réponse attendue
Le métabolisme désigne l’ensemble des réactions
Corps humain et flux de chaleur
chimiques qui se produisent dans une cellule. Il Cette activité a pour objectif de traiter les parties
existe différents métabolismes. Ici sont présen- suivantes du programme :
tées de manière très simplifiée la respiration cel- Savoir : « Globalement, la puissance thermique
lulaire et la fermentation. libérée par un corps humain dans les condi-
tions de vie courante, au repos, est de l’ordre de
Dans les deux cas, le glucose est la molécule uti-
100 W. »
lisée pour produire une énergie utilisable par la
Savoir-faire : « Représenter sur un schéma qua-
cellule sous forme d’ATP. Mais la respiration cellu-
litatif les différents échanges d’énergie entre l’or-
laire utilise du dioxygène et a donc lieu en milieu
ganisme et le milieu extérieur. »
oxygéné au contraire de la fermentation. Enfin, la
respiration cellulaire permet la production d’une Le document 1 donne des pistes d’investigation
grande quantité d’ATP, alors que la fermentation pour mener des mesures et des observations.

70 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 70 08/10/2019 14:43


Ces investigations peuvent être remplacées par ou infrarouge, ou d’un contact avec un objet
des données qui permettent de constater que : chaud, et/ou si les flux de chaleur dirigés vers l’ex-
−− selon l’endroit de la prise de température, térieur du corps diminuent, à cause de l’absence
celle-ci varie ; de vent ou d’une faible vaporisation de la sueur,
−− pour un endroit de prise donnée, la tempéra- alors la quantité de chaleur présente dans l’orga-
ture est stable au cours du temps. nisme augmente, d’où une augmentation de sa
température.
On commence à construire l’idée que le corps
humain n’est pas thermiquement homogène, Au contraire, si les flux de chaleur sortants aug-
mais que la situation thermique globale est stable. mentent, comme avec l’augmentation de la
sudation ou le contact avec un objet froid, et/
Le document 2 présente des données de puis- ou que les flux de chaleur entrants diminuent, à
sance thermique, c’est-à-dire de flux thermique cause d’une diminution du rayonnement reçu par
ou encore de quantité d’énergie thermique dissi- exemple, alors la quantité de chaleur présente
pée par unité de temps, pour différents organes dans l’organisme diminue, d’où une baisse de sa
du corps humain. Les données confirment que le température.
corps humain n’est pas thermiquement homo-
gène, et que la puissance thermique d’un organe
n’est pas proportionnelle à sa masse.
p. 132 ❚ ACTIVITÉ 2
Le document 3 présente les mécanismes des
flux de chaleur, ainsi que les compartiments qui Production de chaleur
échangent de la chaleur. Ainsi, le corps humain par le corps humain
peut être considéré comme deux compartiments Cette activité a pour objectif de traiter les parties
imbriqués : le compartiment central et le compar- suivantes du programme :
timent périphérique. La chaleur est globalement Savoir : « La température du corps reste stable
produite par le compartiment central, puis éva- parce que l’énergie qu’il libère est compensée par
cuée vers le compartiment périphérique. Enfin, le l’énergie dégagée par la respiration cellulaire ou
compartiment périphérique perd l’énergie ther- les fermentations. »
mique vers l’environnement, si l’environnement
Savoir-faire : « Utiliser des données quantitatives
est plus froid que le corps humain.
sur l’apport énergétique d’aliments dans un bilan
Dans tous les cas, les flux de chaleur se font selon d’énergie correspondant à des activités variées. »
quatre modalités : le rayonnement, la conduction, Cette activité a pour objectif de comprendre
la convection et l’évaporation. la manière dont le corps humain produit de la
chaleur.
›Exemple
› de correction des pistes de travail
1. Le compartiment central est composé des Le document 1 présente la manière dont le corps
organes suivants : reins, cœur, poumons, cer- humain produit de la chaleur par le métabolisme,
veau et viscères. Le compartiment périphérique afin de maintenir sa température corporelle
est composé de la peau, des muscles et d’autres stable. Les acquis sur les notions de métabolisme
organes, comme le squelette. Ainsi, la puis- sont ici remobilisés et approfondis. Ce docu-
sance thermique du compartiment central est de ment confirme que la respiration cellulaire et les
72,4 W, et celle du compartiment périphérique de fermentations permettent la production d’énergie
27,6 W. On constate également que la puissance chimique sous forme d’ATP, mais aussi de chaleur.
thermique globale du corps humain est de 100 W. Il sert de plus à comprendre que la consommation
d’ATP permet également la production d’énergie
2.
La puissance thermique du compartiment thermique. La notion de métabolisme basal (méta-
central est de 72,4 W pour des organes repré- bolisme minimal permettant le fonctionnement
sentant 7,7 % de la masse du corps ; celle du du corps éveillé, mais au repos) est introduite.
compartiment périphérique est de 27,6 W pour
Le document 2 montre le lien entre puissance ther-
des organes représentant 92,3 % de la masse du
mique et effort physique. La puissance thermique
corps. Il n’y a donc pas proportionnalité entre la
correspond à la quantité de chaleur produite par
puissance thermique dégagée par chaque com-
le corps par unité de temps. Tout corps qui produit
partiment et la masse des organes.
et émet de la chaleur est caractérisé par une puis-
3. Si les flux de chaleur dirigés vers le corps aug- sance, qui est exprimée en watt (W), c’est-à-dire en
mentent sous l’influence de rayonnements solaire joule par seconde ( J ∙ s–1). Ici, on rappelle que la

CHAPITRE 4 • Bilan thermique du corps humain 71

04733691_.indb 71 08/10/2019 14:43


puissance thermique pour une personne au repos p. 134 ❚ ACTIVITÉ 3
est de 100 W, et on remarque qu’elle augmente
considérablement avec l’activité physique.
Le bilan thermique du corps humain
Cette activité a pour objectif de traiter la partie
Le document 3 montre que l’essentiel de l’éner- suivante du programme :
gie contenue dans nos aliments est à l’origine de
Savoir : « La température du corps reste stable
notre chaleur interne. Ce document permet d’éta-
parce que l’énergie qu’il libère est compensée par
blir un bilan énergétique en fonction de l’alimen-
l’énergie dégagée par la respiration cellulaire ou
tation et de l’activité physique d’une personne. En
les fermentations. »
classe, une activité avec le logiciel Equil’al peut
être envisagée. Cette application gratuite est dis- Cette activité a pour objectif de mettre en
ponible en ligne à cette adresse : https://www. lien les pertes de chaleurs constatées dans
pedagogie.ac-nice.fr/svt/productions/equilal/. l’activité 1 et les productions de chaleur étu-
À partir de ses propres données, l’élève comprend diées dans l’activité 2 pour construire le bilan
le lien entre métabolisme, dépenses et apports thermique du corps humain. En effet, le bilan
énergétiques, et équilibre alimentaire. thermique est la différence entre les quantités de
chaleur produites et perdues par un corps pen-
›Exemple
› de correction des pistes de travail dant une période donnée. Cette activité aborde
1. Grace à leur métabolisme, les cellules pro- également les conséquences des déséquilibres de
duisent de la chaleur, afin de maintenir la tempé- ce bilan et les mécanismes de retour à l’équilibre.
rature corporelle stable. Grâce à la respiration et à Le document 1 présente donc le bilan thermique
la fermentation, elles récupèrent 40 % de l’énergie du corps humain à l’équilibre en quantifiant les
contenue dans les nutriments sous forme d’ATP ; productions et les pertes de chaleur des com-
les 60 % restants sont perdus sous forme de cha- partiments central et périphérique selon leurs
leur. L’ATP produit par la respiration et la fermen- différentes modalités. Le bilan thermique est
tation est également à l’origine d’un dégagement équilibré, car les productions et les pertes de cha-
de chaleur, équivalent à la moitié de l’énergie qu’il leur se compensent.
contient. Le document 2 indique que les proportions des
40
Au final, plus de 80 % (60 + ) de l’énergie conte- différentes modalités de pertes de chaleur entre
2 un corps et son environnement varient selon les
nue dans les aliments absorbés est à l’origine de conditions de cet environnement. Cela suggère
la chaleur interne du corps humain. Ainsi donc, l’existence de mécanismes physiologiques, entre
même au repos, l’organisme assure un métabo- autres, permettant de s’accommoder aux condi-
lisme basal à l’origine d’une production minimale tions environnementales.
de chaleur.
Le document 3 présente les réponses physio-
2. La puissance thermique du corps humain au logiques et comportementales d’une personne
repos est de 100 W. Elle peut être modifiée par lorsque sa température diminue ou augmente.
l’activité physique. En effet, les muscles consom- On présente ici un exemple de boucle de régula-
ment d’énormes quantités d’ATP pour fonction- tion, dont le principe est déjà connu des élèves.
ner, d’où une intense activité respiratoire et un Une température de référence existe, à laquelle
dégagement de chaleur important, jusqu’à 45 fois la température corporelle est continuellement
celui du métabolisme basal ! comparée. En cas d’écart, des réponses sont
3. Les nutriments apportés par les aliments enclenchées.
constituent le « carburant » énergique pour que
›Exemple
› de correction des pistes de travail
le corps humain fonctionne, mais aussi pour qu’il
1. Le document 1 montre que dans un environ-
maintienne son bilan thermique à l’équilibre. Les
nement à température ambiante les deux prin-
apports alimentaires doivent donc être adap-
cipales modalités de perte de chaleur du corps
tés qualitativement et quantitativement pour
humain sont le rayonnement infrarouge (54 W) et
répondre à l’ensemble des besoins, et assurer un
l’évaporation d’eau par la peau (19 W).
bilan énergique équilibré. Ce bilan énergétique
est établi en fonction des caractéristiques de l’in- 2. On constate que, quelle que soit la tempéra-
dividu : sexe, âge, degré d’activité physique. En ture de la pièce, les pertes par conduction sont
cas d’apports insuffisants, on pourrait constater faibles et négligeables, c’est-à-dire inférieures à
une perte de masse. L’inverse pourrait se pro- 3 W. Les pertes de chaleur par évaporation respi-
duire en cas d’apports exagérés. ratoire sont stables et égales à 10 W.

72 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 72 08/10/2019 14:43


On observe par contre que, si la température La réponse 2 est fausse, car cela signifierait que
augmente, les pertes de chaleur par convection la température corporelle augmente en perma-
et rayonnement diminuent. Cela s’explique par le nence.
fait que la chaleur s’évacue alors principalement La réponse 4 est fausse, car cela signifierait que la
par évaporation d’eau par la sudation, laquelle température corporelle diminue en permanence.
représente presque 80 % de la puissance dissipée
B-2 : La puissance thermique moyenne libérée
à 35 °C.
par un corps humain au repos est de l’ordre de
3. Si la température corporelle augmente, les 100 W (voir le document 2 de l’activité 1).
principales réponses sont : En cas d’effort, la puissance thermique libérée
−− des réponses comportementales consistant à peut atteindre plus de 4 000 W.
se découvrir ou à diminuer son activité physique ;
C-1 : Le mécanisme principal qui provoque la pro-
−− des réponses physiologiques, que sont l’aug- duction de chaleur libérée par un corps humain
mentation de la circulation sanguine dans le est la respiration cellulaire (voir activité 2).
compartiment périphérique pour augmenter les
En effet, lors des réactions de respiration cellulaire
pertes de chaleur, et la transpiration.
ou des fermentations, l’énergie contenue dans les
Si la température corporelle diminue, les princi- nutriments, par exemple le glucose, est convertie
pales réponses sont : dans un premier temps en énergie chimique sous
−− des réponses comportementales consistant à se la forme de molécules d’ATP, et en chaleur.
couvrir ou à augmenter son activité physique ; Les réponses 2 et 4 sont fausses, car le rayonne-
−− des réponses physiologiques, que sont la réduc- ment infrarouge et l’évaporation sont des méca-
tion de la circulation sanguine dans le compar- nismes d’évacuation de la chaleur, et non de
timent périphérique pour limiter les pertes de production. La contraction musculaire produit de
chaleur, et la production de frissons par les mus- la chaleur, mais de façon très variable selon les
cles, qui dégagent alors beaucoup de chaleur. circonstances.
4. Une infection peut provoquer une augmenta-
tion de température, qui est une réponse physio-
3  Savoir argumenter
logique du corps humain à cette attaque par un a. La production de chaleur par le corps humain
élément pathogène. En effet, une température n’est pas répartie de manière homogène. En effet,
plus élevée est défavorable au développement au repos, le compartiment central, qui comprend
du pathogène et limite l’infection. Une des consé- les organes vitaux comme le cerveau, le cœur, les
quences associée à cette réponse est l’augmenta- reins, les poumons et les viscères, produit une
tion de la température de référence. Dans ce cas, chaleur plus importante que le compartiment
l’individu se retrouve le plus souvent dans la situa- périphérique. Inversement, au cours d’un effort
tion où la température corporelle est nettement physique, la production de chaleur par les mus-
supérieure à celle de l’environnement, d’où des cles du compartiment périphérique peut devenir
réponses comportementales ou physiologiques supérieure à celle du compartiment central (voir
conduisant à se découvrir et à suer. doc. 3  a de l’activité 1 page 131).
b. Le bilan thermique est en équilibre instable ;
très souvent la perte de chaleur par le corps
CORRECTION DES EXERCICES humain est supérieure ou inférieure à sa pro-
p. 139 ❚ duction. Si la perte est supérieure à la produc-
Vérifier ses connaissances tion, alors la température corporelle diminue. Au
contraire, si la perte est inférieure à la production,
1  Connaître les mots-clés
alors la température augmente.
Consultez la liste des mots-clés du chapitre, p. 137.
c. L’affirmation est fausse, car les dépenses éner-
gétiques totales du corps humain sont d’autant
2  Question à réponse unique
plus importantes que l’intensité de l’activité phy-
A-3 : Le bilan thermique du corps humain est sique pratiquée est élevée. Dans ce cas, la quantité
équilibré, car l’énergie thermique qu’il libère est d’énergie chimique consommée par les muscles
égale à la quantité de chaleur qu’il produit. est même supérieure à celle que nécessite l’effort
La réponse 1 est fausse, car cela signifierait que à réaliser. En effet, 50 % de l’énergie contenue
la température extérieure soit généralement à dans l’ATP est convertie en énergie mécanique, et
37 °C, ce qui n’est pas le cas, en général. 50 % est perdue sous forme d’énergie thermique.

CHAPITRE 4 • Bilan thermique du corps humain 73

04733691_.indb 73 08/10/2019 14:43


À l’inverse, l’organisme dépense beaucoup moins les apports sont supérieurs aux dépenses, alors le
d’énergie en situation de repos, comme lors du bilan énergétique est déséquilibré et la masse cor-
sommeil, par exemple. porelle augmente. Au contraire, si les apports sont
inférieurs aux dépenses, alors la masse corporelle
4  Retrouver une notion du cours diminue.
Le graphique montre l’augmentation de la tem- Selon l’énoncé, Antoine dépense moins d’énergie
pérature d’un muscle en fonction de la durée d’un qu’il n’en récupère. En effet, on a :
exercice physique qui utilise ce muscle. 3 400 – 3 000 = + 400.
On observe qu’au cours de l’exercice la tempé- Antoine a un surplus moyen quotidien de
rature du muscle augmente de manière rela- 400 kcal. Il serait donc en situation de prise de
tivement linéaire. Au bout de 90 secondes, la masse corporelle.
température du muscle a augmenté de 0,4 °C.
D’après nos connaissances, cette augmentation p. 140 ❚
de température est provoquée par : Exercice similaire
−− la production de chaleur lors de la respiration
cellulaire, permettant la production d’ATP ; 8  Effort physique et refroidissement du corps
−− la libération de chaleur lors de l’utilisation de Dans cet exercice, il faut veiller à titrer le schéma
l’ATP au moment de la contraction musculaire. et à légender tous les éléments figuratifs.
Au cours d’un effort physique de courte durée, Les éléments clés du texte à faire figurer sont :
la production de chaleur par le muscle est supé- −− l’augmentation de la production de chaleur par
rieure à la chaleur perdue, donc sa température le compartiment périphérique qui devient supé-
augmente. rieure à celle du compartiment central (ici figuré
Complément : cette chaleur est essentiellement éva- par les nuances de gris des compartiments) ;
cuée par le sang, qui la transporte jusqu’à la peau, −− un flux de chaleur plus fort vers l’extérieur et
où elle est évacuée par sudation. inversé entre les deux compartiments (flèches
rouges) ;
5  Mobiliser ses acquis −− des variations des débits sanguins et de la
Environnement plus froid que le corps sudation.
Exemple de schéma :
évaporation rayonnement
d’eau infrarouge
29 watts 54 watts
milieu extérieur ++
air
réchauffé ++ compartiment +++compartiment
périphérique périphérique
corps convection
humain 14 watts
air ++ +
frais
compartiment compartiment
conduction surface central central
3 watts froide

La puissance thermique moyenne libérée par un


corps humain au repos est de l’ordre de 100 W, et situation au repos situation à l’effort
les pertes de chaleur se font selon quatre modes :
la conduction, la radiation, la convection et l’éva- débit sanguin +
poration. Donc, pour trouver la puissance ther- production de chaleur
sudation +
mique perdue par radiation, il faut effectuer le croissante flux de chaleur
calcul suivant :
100 – 29 – 14 – 3 = 54. p. 141 ❚
La chaleur perdue par radiation est donc de 54 W. S’entraîner
6  Avoir un regard critique 9  Retour sur les problématiques
Le bilan énergétique est équilibré si les apports éner- •  Quels sont les flux de chaleur qui existent
gétiques sont égaux aux dépenses énergétiques. Si entre le corps humain et l’extérieur ?

74 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 74 08/10/2019 14:43


Il existe des flux de chaleur allant du corps 2. Pour éviter le risque d’hydrocution, puis de
humain vers l’extérieur, essentiellement sous la noyade, on peut se protéger du soleil afin que la
forme d’un rayonnement infrarouge, mais aussi température de la peau ne soit pas trop élevée.
par évaporation de l’eau de la sueur ou de l’air On peut surtout faire en sorte que la chute de la
expiré, par convection avec l’air ambiant, et, enfin, température de la peau soit progressive. Il s’agit
par conduction, c’est-à-dire par contact avec des alors de mouiller petit à petit des zones de peau,
objets plus froids que le corps humain. et non pas de plonger directement dans l’eau.
À l’inverse, il existe des flux de chaleur dirigés de
l’extérieur vers l’intérieur du corps. C’est le cas 11  L’effet des vêtements sur le bilan
pour le rayonnement solaire ou le rayonnement thermique du corps humain
infrarouge d’objets chauds de l’environnement, Deux situations sont décrites ici :
ou par conduction (contact avec un objet plus −− une personne  A dans un environnement à
chaud que le corps). –  15 
°C et pratiquant une activité physique
•  Comment l’organisme assure-t-il un maintien intense. Ses muscles produisent donc beaucoup
de sa température ? d’énergie thermique ;
L’organisme assure un maintien de sa tempé- −− une personne B dans un environnement moins
rature grâce à des mécanismes de régulation froid, à – 10 °C, mais ne pratiquant aucune acti-
physio­logiques ou comportementaux déclenchés vité physique, et dont la production de chaleur est
par l’écart de la température du corps d’avec sa donc beaucoup plus faible.
température de référence. Étant donnée la grande quantité de chaleur pro-
Si la température du corps devient supérieure à la duite par la personne A, un vêtement moins résis-
température de référence, l’individu cherche des tant au froid est nécessaire pour maintenir une
zones plus fraîches, s’hydrate, se découvre (méca- température corporelle stable.
nismes comportementaux), tandis que sa circula- En revanche, même si la personne B est dans un
tion sanguine cutanée et sa sudation augmentent environnement moins froid que celui de la per-
(mécanismes physiologiques). sonne A, comme elle produit moins de chaleur,
À l’inverse, si la température corporelle diminue, un vêtement plus résistant thermiquement lui est
l’individu cherche des zones plus chaudes, se couvre nécessaire pour maintenir une température cor-
ou bien augmente son activité physique. Parallèle- porelle stable.
ment, sa circulation sanguine cutanée se réduit et
des frissons, qui sont de brèves contractions mus- 12  Les effets de la cryothérapie
culaires, permettent de produire de la chaleur. 1. Pendant les séances de cryothérapie, le port
de gants, chaussettes, bonnet et masque est
10  Attention à l’hydrocution ! indispensable afin d’éviter les gelures, mais
1. Voici un schéma résumant les causes d’une aussi la perte de chaleur par le compartiment
hydrocution : périphérique.
2. Pendant une séance de cryothérapie, la tempé-
Entrée dans l’eau rature du corps a tendance à diminuer. Afin de la
maintenir à sa valeur de référence, des réponses
Chute brutale de la température de la peau
physiologiques se mettent en place, telles qu’une
réduction de la circulation sanguine dans le com-
Réponse physiologique : contraction des vaisseaux
sanguins du compartiment périphérique
partiment périphérique pour limiter les pertes de
chaleur et la réalisation de frissons par les mus-
Diminution de la pression sanguine périphérique cles, qui dégagent ainsi beaucoup de chaleur.
et augmentation de la pression sanguine centrale
Prépa
13   BAC  ne méthode pour déterminer
U
Diminution du rythme cardiaque l’heure du décès
La température moyenne d’un corps humain est
Approvisionnement insuffisant du cerveau
de 37 °C. La température corporelle moyenne
reste stable au cours du temps, car l’égalité entre
Évanouissement dans l’eau
la production de chaleur et les pertes de cha-
leur est régulée. Lors de la mort, la température
Noyade
corporelle n’est plus régulée du fait de l’arrêt du

CHAPITRE 4 • Bilan thermique du corps humain 75

04733691_.indb 75 08/10/2019 14:43


métabolisme cellulaire (respiration), dont on sait Pour conclure, d’après les informations apportées
qu’il est à l’origine de la chaleur produite par le par le document 1 mises en relation avec celles
corps humain. Des méthodes permettent de des documents 2 et 3, le décès de la victime, dont
déterminer l’heure du décès par rapport à l’évo- le corps a été découvert à 9 h, a certainement eu
lution de la température corporelle. Quel est le lieu la veille, à 16 h. La fiabilité de cette méthode
principe de cette méthode de datation ther- reste faible, car on présume que la température
mométrique, et quelle est l’heure du décès de du corps à la mort de la personne était de 37 °C,
la victime ? donnée qui veut varier de façon importante dans
le cas, par exemple, d’une hypothermie ou d’une
Dans le document 1, l’extrait du rapport d’en-
hyperthermie. De plus, cette méthode suppose
quête apporte des informations essentielles, que
que la valeur de la température ambiante est res-
nous exploiterons au fur et à mesure de notre
tée constante.
démarche.
Le document 2 explique l’évolution de la tempé-
rature corporelle après la mort d’un individu. La
température corporelle a tendance à s’aligner sur PROJET EXPÉRIMENTAL ET NUMÉRIQUE p. 143 ❚
celle de la température ambiante. La température
de la peau, qui correspond à celle du comparti- L’objectif d’un projet sur la protection du corps de
ment périphérique, s’aligne assez rapidement sur la chaleur excessive consiste à étudier l’effet de
la température extérieure. La température cen- différents tissus sur des échanges thermiques. En
trale met deux à trois fois plus de temps à s’équi- effet, le confort apporté par un vêtement dépend
librer avec le milieu extérieur, et est donc plus beaucoup des propriétés techniques du matériau
fiable. D’après le rapport d’enquête, on apprend duquel il est constitué, et de ses capacités à trans-
que la température corporelle centrale de la vic- mettre ou non certains rayonnements et certains
time, mesurée au niveau du foie, était de 30 °C flux.
au moment de la découverte du corps, à 9 h du Par exemple, le corps humain peut être modélisé
matin. par une bouteille remplie d’eau chaude. Cette
Le document 3 présente la méthode thermo­ bouteille peut être placée dans des environne-
métrique du Dr. Claus Henssge, méthode mathé- ments différents (températures moyenne, haute
matique basée sur la température centrale du ou basse) ; elle peut être entourée de matériaux
corps, la température ambiante, et la masse de (vêtement ou autre, une ou plusieurs couches).
la victime. Dans le rapport d’enquête, on apprend On peut alors suivre l’évolution de la température
que la victime pesait 80 kg, que sa température de l’eau de la bouteille en fonction du temps, et
corporelle centrale était de 30 °C à 9 h, et qu’elle évaluer ainsi les capacités thermiques de maté-
a été retrouvée dans une pièce fermée à 20 °C. riaux ou de vêtements.
À l’aide du document 2  a , on estime que le décès L’étude peut aussi être réalisée sur les élèves
remonte à 14 h. Le document 3 montre, lui, l’inté- eux-mêmes, soumis à différents environnements
rêt majeur de considérer d’autres éléments, tels et couverts de différentes manières. La prise de
que le degré d’habillement, l’humidité ou non du température peu être faite par thermographie, ce
corps, etc. Le rapport d’enquête précise que la qui révèle le caractère isolant des vêtements.
victime se trouvait dans une pièce fermée, donc Les recherches concernant des matériaux inno-
dans un air ambiant calme, dont la température vants, principalement en lien avec des sports,
peut être supposée stable. Le rapport fait état sont très nombreuses et peuvent susciter à la fois
d’un corps sec et modérément habillé, retrouvé un questionnement des élèves ou un prolonge-
allongé sur le dos et sur le sol. D’après ces infor- ment intéressant.
mations, et à l’aide du document 3  b , il faut donc On pourra trouver diverses expérimentations de
multiplier la valeur de la durée écoulée depuis le qualité menées par un groupe d’élève, à cette
décès par 1,2. L’instant du décès remonte donc à adresse : https://odpf.org/images/archives_
environ 17 h. docs/21eme/memoires/groupeK/memoire.pdf

76 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 76 08/10/2019 14:43


PARTIE   2

Préparer
le contrôle continu
Manuel p. 144

CORRECTION DES EXERCICES

1  Cultiver sous serre −− l’apport de CO2 par des gaines perforées per-
mettant d’atteindre un taux de 800 ppm (deux
a. On cherche d’abord à expliquer l’intérêt de la
fois la teneur extérieure). D’après le document
culture sous serre vis-à-vis de la productivité de
3  a , on voit que l’activité photosynthétique aug-
tomates.
mente avec le taux de CO2 : en extérieur, à 400
Sous serre, la productivité est beaucoup plus impor- ppm de CO2, l’activité photosynthétique est d’en-
tante (290 t ⋅ ha–1 sous serre contre 44 t ⋅ ha–1 en viron 100 UA contre 118 UA environ à 800 ppm.
extérieur d’après le document 1). Ceci peut s’expli-
quer par un développement beaucoup plus impor- La température est également un facteur capable
tant des plants en serre, qui peuvent être 6 fois d’influencer l’activité photosynthétique : d’après le
plus grands qu’en extérieur et par une période de document 3  b , on voit que plus elle augmente et
culture occupant 11 mois sur 12 (contre 8 en exté- plus la photosynthèse est importante (elle passe
rieur) dont 8 mois de récolte (contre 4 en extérieur). de 1 UA pour 10 °C à 1,2 UA à 30 °C). Or, une serre
permet d’augmenter la température de l’air (et
Le document 4 nous explique qu’une serre est un donc des feuilles) même en période hivernale, car si
environnement fermé où il devient possible de les vitres laissent passer l’ensemble des radiations
contrôler finement de nombreux paramètres : du domaine visible (dont celles utiles à la photosyn-
−− l’utilisation de lampes de 400 W, 18 heures par thèse) comme le montre le document 5  a , on voit
jour soit au maximum 540 heures par mois, per- aussi qu’elles ne transmettent pas l’ensemble du
met de compenser un manque d’ensoleillement. rayonnement infrarouge. Les vitres transmettent
On sait en effet que la photosynthèse, processus moins les radiations IR vers 2,5 nm (pourcentage
par lequel les végétaux produisent leur propre de transmission à 65 %), 3 nm (pourcentage de
matière organique à partir de matière minérale transmission à presque 0) et à partir de 4 nm (pour-
(CO2 et H2O), nécessite de la lumière moins pré- centage de transmission à environ 20 %). Or on sait
sente en automne et en hiver. En effet, d’après qu’il s’agit d’un rayonnement thermique. Le rayon-
le document 2, l’ensoleillement mensuel, dans le nement IR piégé permet ainsi d’augmenter la tem-
Loiret, varie de moins de 80 h en hiver à presque pérature de la serre.
240 h en été. Ces lampes sont donc à même de
D’autres mécanismes (chauffage, brumisation,
compenser le manque d’ensoleillement. Il est
aération, etc.) permettent de réguler la tempéra-
même possible d’utiliser des LED pour apporter
ture pour qu’elle se situe dans une gamme allant
spécifiquement certaines radiations lumineuses
de 18 à 25 °C toute l’année, d’où une activité pho-
plus efficaces pour la photosynthèse comme le
tosynthétique allant de 1,04 UA à 1,13 UA environ.
rouge (doc. 4) ;
On voit que dans le document 2  b , la température
−− l’apport d’eau et de sels minéraux, par une irri- extérieure varie de 0 à 8 °C en période hivernale et
gation au goutte à goutte, permet de compenser de 13 à 25 °C en été. La régulation de la tempéra-
un éventuel manque pouvant avoir lieu en exté- ture, en serre, permet donc de garantir une activité
rieur. On voit dans le document 2  c que les pré- photosynthétique plus régulière.
cipitations extérieures varient entre 50 et 75 mm
par mois, ce qui peut sembler insuffisant pour ali- Pour conclure, la productivité de tomates est
menter des plantes pouvant atteindre plusieurs supérieure en serre du fait d’un contrôle précis
mètres de hauteur ; de différents facteurs et leur optimisation pour la
77

04733691_.indb 77 08/10/2019 14:43


croissance végétale (apports de lumière, augmen- λmax (nm) T (K) λmax · T (m · K)
tation du taux de CO2, irrigation et apports en sels
minéraux et contrôle de la température) tout au 1 600 1 800 2,88 × 10–3
long de l’année.
1 800 1 600 2,88 × 10–3
b. On cherche maintenant à préciser les risques
encourus par le personnel de serre et à justifier les 2 100 1 400 2,94 × 10–3
mesures prises pour favoriser leurs conditions de
2 400 1 200 2,88 × 10–3
travail.
En serre, la température est élevée notamment en La moyenne des valeurs obtenues est :
période estivale. Cela influence la température cor- 2,90 × 10–3 m · K.
porelle dont on sait qu’elle est stable et maintenue On prend donc : λmax · T = 2,90 × 10–3 m · K.
par l’organisme à environ 37 °C. b. On dirige la sonde d’un spectromètre vers le
Soleil.
En serre, la température corporelle peut subir une
élévation du fait de différents facteurs : c. Le graphique du doc. 1  b montre un maximum à
500 nm.
−− une température élevée de l’environnement ;
2,90 × 10 −3
−− l’absorption du rayonnement lumineux solaire λmax = 500 nm  donc  T = = 5 800 K.
500 × 10 −9
ou artificiel.
t (°C)  = T (K) – 273 = 5 527 °C = 5 530 °C en tenant
−− l’augmentation de l’activité physique et une pro-
compte des chiffres significatifs
duction de chaleur accrue de la part des muscles ;
−− l’inefficacité de la sudation, permettant nor- 2. a. P = 7 × 107 × 4 × 3,14 × (7 × 108)2 = 4 × 1026 W.
malement d’évacuer une part importante de la ∆t 4 × 1026
chaleur interne, du fait d’une atmosphère très b. m = P · = = 4 × 109 kg
c 2 (3 × 108 )2
humide.
soit 4 millions de tonnes chaque seconde.
Une augmentation trop importante de la tempéra- c. MS = 2 × 1030 kg.
ture corporelle (hyperthermie) peut être à l’origine MS 2 × 1030
de malaises (liés à une déshydratation) ou entraî- = = 5 × 1020 s
m 4 × 109
ner des conséquences bien plus graves (jusqu’au
décès). 1 année = 31,6 × 106 s donc l’espérance de vie du
Soleil est de 1,6 × 1013 années.
Cela justifie certaines mesures :
−− un décalage des horaires de travail en été de 6 3. Le rayonnement reçu du Soleil au niveau d’une
à 13 h et un arrêt l’après-midi aux heures les plus planète du système solaire dépend :
chaudes pour éviter l’hyperthermie ; −− de la distance de la planète au Soleil ;
−− une augmentation de la consommation d’eau −− de l’angle entre la normale à la surface et la
pour favoriser le refroidissement et éviter la direction du Soleil.
déshydratation.

2  Le Soleil, source d’énergie


1. a. D’après la loi de Wien, λmax ⋅ T = constante.
On calcule cette constante pour les différents
maxima de la courbe du doc. 1  a , puis la moyenne
des valeurs obtenues.

78 PARTIE 2 • LE SOLEIL, NOTRE SOURCE D’ÉNERGIE

04733691_.indb 78 08/10/2019 14:43


PARTIE   3

Chapitre

La forme de la Terre
Manuel p. 148

LE PROGRAMME

3. La Terre, un astre singulier

3.1 – La forme de la Terre

L’environnement « plat » à notre échelle de perception cache la forme réelle de la Terre, dont la compréhension
résulte d’une longue réflexion. Au-delà de la dimension historique et culturelle, la mise en œuvre de
différentes méthodes de calcul de longueurs à la surface de la Terre permet de développer des compétences
mathématiques de calcul et de représentation et invite à exercer un esprit critique sur les différents résultats
obtenus, les approximations réalisées et les limites d’un modèle.

Savoirs Savoir-faire

Dès l’Antiquité, des observations de différentes


natures ont permis de conclure que la Terre était
sphérique, alors même que, localement, elle apparaît
plane dans la plupart des expériences quotidiennes.
Historiquement, des méthodes géométriques Calculer la longueur du méridien terrestre par la
ont permis de calculer la longueur d’un méridien méthode d’Ératosthène.
(environ 40 000 km) à partir de mesures d’angles
Calculer une longueur par la méthode de
ou de longueurs : méthodes d’Ératosthène et de
triangulation utilisée par Delambre et Méchain.
triangulation plane.
Calculer le rayon de la Terre à partir de la longueur du
méridien.

On repère un point à la surface de la Terre par deux Calculer la longueur d’un arc de méridien et d’un arc
coordonnées angulaires, sa latitude et sa longitude. de parallèle.
Le plus court chemin entre deux points à la surface de Comparer, à l’aide d’un système d’information
la Terre est l’arc du grand cercle qui les relie. géographique, les longueurs de différents chemins
reliant deux points à la surface de la Terre.

Prérequis et limites

a b c
La connaissance de la loi des sinus ( = = ) n’est pas exigible. Elle est fournie pour mettre en
sin  sinB̂ sinĈ
œuvre le principe de triangulation plane (calcul d’une longueur à partir de la mesure d’une autre longueur et
de deux angles).
On admet que la longueur d’un arc de cercle est proportionnelle à l’angle qui l’intercepte.
Le repérage sur une sphère, déjà connu des élèves, est remobilisé.
Le calcul de la longueur entre deux points le long d’un grand cercle n’est pas exigible.

79

04733691_.indb 79 08/10/2019 14:43


JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 148 SITUATION 2
La situation 2 est un travail sur les angles et les
Ce chapitre utilise des notions mathématiques et
côtés d’un triangle : on utilise les notions de base
également géographiques étudiées au collège et
de la trigonométrie vues au collège.
en Seconde.
›Exemple
› de réponse attendue
SITUATION 1 C
La situation 1 permet de mobiliser des connais-
sances sur le globe terrestre : la notion d’hémis-
phère Nord et d’hémisphère Sud, la notion de
parallèle et de méridien, le méridien de Greenwich A B
et la compréhension des coordonnées géogra- Dans le triangle rectangle ABC, on peut appliquer
phiques d’un point du globe. une formule de trigonométrie.

›Exemple
› de réponse attendue On a :
a. Les villes situées dans l’hémisphère Nord sont  AB 6
cos BAC = d’où cos (17°) =
New York, Castellon et Kaduqli, puisqu’elles sont AC AC
toutes les trois situées au-dessus de l’équateur. 6
On en déduit : AC = .
b. Le méridien de Greenwich est l’arc reliant les cos 17°
deux pôles qui coupe l’équateur au point indiqué On peut lire dans la dernière colonne de la table
0° sur le globe dessiné. Les villes situées à l’ouest donnée :
de ce méridien sont celles situées à gauche du cos (17°) ≈ 0,956.
méridien : ce sont New York et Rio de Janeiro.
On en déduit que AC vaut environ 6,28, au cen-
c. Le parallèle passant par Castellon est l’arc de tième près.
cercle « parallèle » à l’équateur passant par Cas-
tellon : on observe que cet arc passe par New › classe de 1re enseignement scientifique
›En
York. Ces calculs trigonométriques dans le triangle
rectangle interviendront dans tous les calculs
d. La ville ayant pour coordonnées géogra-
que l’on réalisera dans l’activité 4. De plus, ils pré-
phiques 20° Est – 30° Sud est située à l’intersec-
parent les calculs trigonométriques de l’activité 3,
tion du méridien noté 20° (sur l’équateur à droite
pour lesquels une nouvelle formule (la loi des
du méridien de Greenwich) et du parallèle noté
sinus) est donnée ; il faudra cependant savoir uti-
30° en dessous de l’équateur : cette ville est Le
liser la touche sin de la calculatrice.
Cap.

70°
80°
SITUATION 3
60°
50° La situation 3 fait le point à l’aide d’un énoncé de
New York méridien de
40° géométrie dans un rectangle sur quelques pro-
30° Castellon Greenwich
priétés géométriques qui vont être utilisées dans
20°
ce chapitre : les angles alternes-internes, la réduc-
10° Kaduqli
tion des figures géométriques et le calcul d’aires.
80° 60° 40° 20° 0° 20° 40°

10°
équateur ›Exemple
› de réponse attendue
20° Rio de Janeiro a. Puisque les droites (AB) et (EF) sont parallèles,
Le Cap  
30° les angles BAF et AFE sont alternes-internes : ils
40° sont donc égaux. La figure donne la valeur de
50° 
60° l’angle BAF :
70°
80° 
BAF = 30°.

› classe de 1re enseignement scientifique
›En On en déduit : AFE = 30°.
Ces notions seront nécessaires pour aborder l’ac- Puisque ABCD est un rectangle, (AB) est per-
tivité 4 du chapitre, et particulièrement la notion pendiculaire à (AD). On sait que (EF) et (AB) sont
de coordonnées géographiques à la surface du parallèles, donc (EF) est perpendiculaire à (AE) : le
globe. triangle AEF est donc rectangle en E.

80 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 80 08/10/2019 14:43


Dans ce triangle rectangle, on applique une for- Savoir : « Dès l’Antiquité, des observations de
mule de trigonométrie : différentes natures ont permis de conclure que
 AE 2,0 la Terre était sphérique, alors même que, loca-
tan AFE = soit tan (30°) = . lement, elle apparaît plane dans la plupart des
EF EF
expériences quotidiennes. »
On en déduit :
2,0 La vidéo « La forme de la Terre, de Thalès à Aris-
EF = , tote » présente l’évolution des conceptions de la
tan 30°
forme de la Terre, depuis Thalès à Aristote, en
donc EF vaut environ 3,5 m.
passant par Pythagore et Parménide. Elle expose
L’aire du triangle AEF est égale à : en particulier l’argument des éclipses de Lune,
1 1 utilisé déjà par Aristote.
AE × EF = × 2,0 × EF soit 3,5 m2 à 0,1 près.
2 2 Le document 1 présente quelques-unes des
b. Le coefficient de réduction est égal au rapport conceptions qui ont existé sur la forme de la Terre
AE 2 au cours de l’Antiquité.
, soit .
AD 3 Le document 2 décrit les premières observations
Puisque le triangle AEF est une réduction du qui, au cours des siècles, ont amené à penser que
2 la Terre n’était pas plate : les navigateurs avec la
triangle ADC de rapport , l’aire du triangle AEF
3 ligne d’horizon, les ombres en différents lieux de
est égale à l’aire du triangle ADC multipliée par la Terre.
2
⎛ 2⎞ 4 C’est Aristote qui, le premier, affirme que la Terre
⎜ ⎟ , c’est-à-dire . est ronde en donnant des arguments scienti-
⎝ 3⎠ 9
fiques : c’est l’objet du document 3. En particu-
L’aire du triangle ADC est égale à l’aire de ABC, car
lier, il met en évidence l’importance des éclipses
ces triangles ont les mêmes dimensions, et l’aire
de Lune pour appuyer son argumentation : cette
de ABC est environ 7,8 m2 d’après la figure.
« démonstration » est expliquée dans le docu-
Donc l’aire de AEF est environ égale à : ment 4, et renforcée par une animation.
4
× 7,8 c’est-à-dire 3,5 m2 à 0,1 près. ›Exemples
› de correction des pistes de travail
9
1. Une des plus anciennes conceptions des
› classe de 1re enseignement scientifique
›En Hommes quant à la forme de la Terre est celle
Les notions de géométrie qui sont réactivées dans d’un disque plat : celui-ci est parfois décrit comme
cette situation seront utilisées dans l’activité 2 en flottant sur un océan infini, parfois baignant dans
ce qui concerne les angles alternes-internes, et un océan fini.
dans l’activité 4 en ce qui concerne les calculs de
2. Plusieurs éléments ont permis aux savants de
longueurs à l’aide de la notion de réduction entre
l’Antiquité de faire évoluer leurs conceptions sur
figures planes.
la forme de la Terre : les observations des navi-
gateurs sur les navires qui « s’évanouissaient »
à l’horizon, la longueur des ombres dues à un
bâton en deux lieux différents, l’ombre projetée
ACTIVITÉS par la Terre sur la Lune lors d’une éclipse de Lune
Dans ce chapitre, on s’intéresse à la forme de la et la position des astres dans le Ciel lorsqu’on se
Terre et aussi aux différentes méthodes de calcul déplace à la surface du globe.
de longueurs à la surface de la Terre. Les diffé- 3. C’est Aristote, au ive siècle avant J.-C., qui, le
rentes activités mettent en évidence l’évolution premier, avance des arguments scientifiques
des connaissances sur notre planète au cours des aboutissant à des conclusions correctes sur la
siècles, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. forme de la Terre.
4. Il n’y a plus débat de nos jours sur la forme de
p. 150 ❚ ACTIVITÉ 1 la Terre. La Terre est bien sphérique, en première
approximation. Elle ne l’est pas tout à fait cepen-
La rotondité de la Terre dant, car elle est légèrement aplatie aux pôles.
Cette activité a pour objectif de traiter la partie Elle a la forme d’un ellipsoïde, très proche d’une
suivante du programme : sphère.

CHAPITRE 1 • La forme de la Terre 81

04733691_.indb 81 08/10/2019 14:43


p. 152 ❚ ACTIVITÉ 2 Texte : « Lorsque donc le cadran solaire de Syène
est à la verticale sous le soleil, si nous imaginons
La mesure du méridien terrestre une ligne droite venant du soleil jusqu’au sommet
par Ératosthène du gnomon du cadran, il en résultera une ligne
Cette activité a pour objectif de traiter la partie droite venant du Soleil jusqu’au centre de la Terre.
suivante du programme : Si nous imaginons une autre ligne droite à partir
Savoir : « Historiquement, des méthodes géo- de l’extrémité de l’ombre du gnomon et reliant le
métriques ont permis de calculer la longueur sommet du gnomon du cadran d’Alexandrie au
d’un méridien (environ 40 000 km) à partir de Soleil, cette dernière ligne et la ligne qui précède
mesures d’angles ou de longueurs : méthode seront parallèles, reliant différents points du
d’Ératosthène. » Soleil à différents points de la Terre.
Savoir-faire : « Calculer la longueur du méridien
terrestre par la méthode d’Ératosthène. »
K
La vidéo 3 « Le calcul d’Ératosthène » présente
comment s’est déroulée l’expérience d’Éra- K
gnomon
tosthène et détaille le calcul fait, ce qui permet à ombre A
l’élève de vérifier son calcul.
centre 5 000 gnomon
Le document 1 situe le contexte historique et le de la stades S
problème posé : comment Ératosthène a calculé Terre
la longueur du méridien terrestre et trouvé une
valeur très proche de celle que l’on connaît, alors
qu’environ 200 ans auparavant, Anaxagore a cal- O
culé la distance entre la Terre et le Soleil et trouvé
Texte : « Sur ces droites donc, qui sont paral-
une valeur aberrante.
lèles, tombe une droite qui va du centre de la
Le document 2 permet de s’apercevoir que les terre jusqu’au gnomon d’Alexandrie, de manière
hypothèses des deux savants sur la forme de la à créer des angles alternes égaux ; l’un d’eux
Terre et sur le Soleil étaient différentes, et permet se situe au centre de la Terre à l’intersection
d’en tirer les conséquences sur les calculs faits par des lignes droites qui ont été tirées des cadrans
les deux hommes. solaires jusqu’au centre de la Terre, l’autre se
Les documents 3 et 4 permettent de comprendre trouve à l’intersection du sommet du gnomon
le calcul d’Ératosthène. d’Alexandrie et de la droite tirée de l’extrémité de
son ombre jusqu’au Soleil, à son point de contact
DOC
avec le gnomon. »
Pour mener une investigation

◗◗Exemple de correction K
Le document 3 explique comment construire la 7,2°
K
figure. gnomon
Texte : « Si nous nous représentons des droites ombre A
passant par la Terre à partir de chacun des gno- centre 5 000 gnomon
mons, elles se rejoindront au centre de la Terre. » de la stades S
Terre
K
F gnomon O
ombre A
›Exemple
› de correction des pistes de travail
centre 5 000 gnomon 1. Le document 1 décrit l’observation : le jour du
de la stades S solstice d’été, à midi, un gnomon planté à Syène
Terre n’a pas d’ombre. Le même jour et à la même
heure, un gnomon planté à Alexandrie, 5 000
stades égyptiens (environ 800 km) plus au nord,
fait une ombre, et l’angle entre les rayons du
Soleil et la verticale est de 1/50 d’angle plein (7,2°).

82 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 82 08/10/2019 14:43


Le document 2 précise quelles étaient les connais- traite de l’évolution de ces méthodes jusqu’à la
sances d’Anaxagore et celles d’Ératosthène sur méthode triangulation qui, au xviie siècle, va per-
la forme de la Terre et sur le Soleil : Anaxagore mettre de déterminer des longueurs en mesurant
pensait que la Terre était plate ; Ératosthène esti- essentiellement des angles.
mait que la Terre était sphérique et que le Soleil
Le document 2 décrit cette méthode que l’abbé
était très loin. Sachant que le résultat d’Anaxa-
Jean Picard a utilisée pour déterminer une dis-
gore est aberrant et que celui d’Ératosthène est
tance correspondant à un degré de latitude le
très proche de la réalité, il s’agit ici de bien obser-
long du méridien de Paris.
ver les différences entre les deux schémas de la
figure a. pour expliquer l’erreur d’Anaxagore. Le document 3 explique les raisons de la création
Anaxagore pensait que la Terre était plate. du mètre, dans une France en proie à la Révolution
En représentant les deux gnomons, l’ombre à et qui va nécessiter la mesure la plus précise pos-
Alexandrie, et les rayons du Soleil, il en arrive à sible d’un arc du méridien de Paris. Cette mesure,
situer le Soleil à l’intersection des deux rayons. Il a qui avait déjà été effectuée plusieurs fois aupara-
alors calculé la distance entre la Terre et le Soleil. vant, va utiliser les nouvelles techniques de trian-
gulation et aussi un nouvel outil de mesure des
Ératosthène, quant à lui, savait que la Terre est
angles, le cercle répétiteur de Borda.
sphérique et que le Soleil est très loin. La figure b
permet de comprendre pourquoi les rayons du Le document 4 décrit cette aventure, dirigée par
Soleil sont alors parallèles sur la figure a. Delambre et Méchain, qui consiste à mesurer
l’arc du méridien de Paris entre Dunkerque et
2. Le document 4 explique comment calculer la
Barcelone.
circonférence de la Terre.
En utilisant la propriété citée et avec les notations DOC

utilisées dans le document : Pour mener une investigation


800 LM 800
= donc LM = 360 × ◗◗Exemple de correction
7,2 360 7,2
Picard applique la loi des sinus dans le triangle
soit LM = 40 000 km.
ABC.
Le résultat est très proche de la circonférence de AC AB
la Terre connue aujourd’hui. Il peut donc écrire : =
 
sin ABC sin ACB
AC 5 663
soit =
p. 154 ❚ ACTIVITÉ 3 sin (95°6'55'' ) sin (30°48'30'' )
On convertit les angles donnés en degrés,
La mesure du méridien au xviiie siècle
minutes, secondes en degrés décimaux :
Cette activité a pour objectif de traiter la partie
6 55
suivante du programme : 95° 6’ 55”= 95 + + degrés, soit 95,115° à
Savoir : « Historiquement, des méthodes géomé- 0,001° près. 60 3 600
triques ont permis de calculer la longueur d’un 48 30
méridien (environ 40 000 km) à partir de mesures 30° 48’ 30” = 30 + + degrés, soit 30,808°
à 0,001° près. 60 3 600
d’angles ou de longueurs : méthode de triangula-
tion plane. » AC 5 663
D’où : =
Savoir-faire : «  Calculer une longueur par la sin (95,115) sin (30,808)
méthode de triangulation utilisée par Delambre
5 663 × sin (95,115)
et Méchain. » et AC = , en toises.
sin (30,808)
La vidéo « La mission de Delambre et Mechain »
expose les différentes étapes ayant conduit à la Avec la calculatrice, on obtient :
définition du mètre, puis les détails de la méthode AC ≈ 11 012,999 toises
utilisée pour mesurer la méridienne, et enfin l’aven- Et ainsi AC vaut environ 11 012 toises et 5 pieds.
ture de cette mesure par Delambre et Mechain.
Au fil des siècles, les méthodes de calcul des lon- ››Exemples de correction des pistes
gueurs sur la Terre se sont développées, mais il a de travail
fallu attendre le xiie siècle pour que la trigonomé- 1. La méthode de triangulation apporte un chan-
trie permette de déterminer des longueurs sans gement fondamental dans le problème de la
avoir à les mesurer effectivement. Le document 1 mesure des longueurs sur la Terre. Pour mesurer

CHAPITRE 1 • La forme de la Terre 83

04733691_.indb 83 08/10/2019 14:43


une distance importante, on mesure une seule la conclusion suivante : on ne peut pas comparer
distance, assez courte et facile à mesurer (sur un des distances en utilisant un planisphère.
terrain plat par exemple) et on mesure un grand Pour cette investigation, on peut par exemple
nombre d’angles. Par des calculs trigonomé- choisir des points deux à deux de même longi-
triques, on en déduit de proche en proche toutes tude situés sur des parallèles différents comme
les longueurs nécessaires. ci-dessous :
2. Le calcul complet de Picard est rédigé plus
haut : après l’application de la loi des sinus, on
doit d’abord convertir les degrés sexagésimaux
en degrés décimaux, puis obtenir le résultat en
utilisant la touche sin de la calculatrice.
3. La mesure d’arcs de méridien terrestre permet
d’en déduire la longueur d’un méridien, donc,
puisque la Terre est sphérique, de tous les méri-
diens. Ceci entraîne la connaissance précise du
rayon de la Terre. Et surtout, cela a permis au
cours des siècles de produire des cartes de plus
en plus précises, et ainsi de connaître la position
de lieux à la surface de la Terre de manière très Distance loxodromique : 18 809 km
précise.
4. Le but premier de l’expédition de Delambre et
Méchain est la mesure de l’arc de méridien ter-
restre entre Dunkerque et Barcelone. Mais le but
essentiel est de définir avec la meilleure précision
possible une nouvelle mesure de longueur, qui
serait universelle, car s’appuyant sur un élément
commun à tous les pays du Monde : la longueur
d’un méridien. C’est donc pour donner une défini-
tion du mètre qu’a été organisée cette expédition.

p. 156 ❚ ACTIVITÉ 4
Distance loxodromique : 15 336 km
Calculs de longueurs
sur la sphère terrestre Il est donc nécessaire de faire des calculs, calculs
Cette activité a pour objectif de traiter la partie expliqués dans les documents 2 et 3, respecti-
suivante du programme : vement pour la longueur d’un arc de méridien et
celle d’un arc de parallèle.
Savoir : « On repère un point à la surface de la
Terre par deux coordonnées angulaires, sa lati- Quant à connaître le plus court chemin reliant
tude et sa longitude. Le plus court chemin entre deux points à la surface de la Terre, une conjec-
deux points à la surface de la Terre est l’arc du ture peut être faite en utilisant le fichier Geogebra
grand cercle qui les relie. » fourni dans le document 4.
Savoir-faire : « Calculer la longueur d’un arc de
méridien et d’un arc de parallèle. Comparer, à DOC

l’aide d’un système d’information géographique, Pour mener une investigation


les longueurs de différents chemins reliant deux
◗◗Exemple de correction
points à la surface de la Terre. »
On peut soit utiliser le coefficient de réduction,
Le document 1 permet de rappeler ce que sont soit utiliser la trigonométrie.
les parallèles et les méridiens et de poser le pro-
•  En remarquant que le parallèle est une réduc-
blème : le plus court chemin entre deux points A
tion du cercle de l’équateur :
et B à la surface de la Terre est-il celui qui relie ces
Avec les notations de la figure, le coefficient de
deux points en ligne droite sur un planisphère ?
r
L’investigation menée dans ce document amène à réduction est : .
R
84 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 84 08/10/2019 14:43


  3. Pour comparer les chemins loxodromique
Les angles OAC et JOA sont alternes-internes
  et orthodromique, on peut utiliser l’animation
donc OAC = JOA = 40°.
« Orthodromie et loxodromie » proposée par le
Et dans le triangle OAC rectangle en C, manuel ou un logiciel SIG.
 AC r Pour les points A et B de coordonnées géogra-
cos (OAC) = = .
OA R phiques : 40° Est – 60° Nord et 40° Est – 20° Sud,

Le coefficient de réduction est donc cos (OAC), les deux chemins sont identiques.
soit cos (40°). Pour les points A et B de coordonnées géogra-
En notant LT la circonférence de la Terre, on a : phiques : 20° Ouest – 40° Nord et 80° Est – 40°
Lc = LT × cos (40°) , soit LC ≈ 40 000 cos (40°) et donc Nord, la route loxodromique (qui suit le parallèle)
environ 30 642 km. est plus longue que la route orthodromique.

•  En utilisant la trigonométrie : 4. On utilise ici le document 4.


LC = 2πr Avec le logiciel Geogebra, on déplace le point M
 r jusqu’à trouver la plus petite longueur L. On fait de
D’après ce qui précède, cos (OAC) = donc même pour d’autres positions des points A et B.
r R
cos (40°) = et r = R cos (40°). On peut conjecturer que la plus courte longueur
R est celle qui relie A et B en suivant l’arc du grand
Par conséquent, LC= 2πR  cos (40°). cercle qui les relie car les points A, B et M se
On remarque que 2πR est la circonférence de la trouvent alors dans le plan qui passe par A, B et
Terre, on retrouve le résultat : LC = LT × cos (40°). le centre de la Terre. On peut ainsi expliquer que
la plus courte distance entre deux points situés
›Exemple
› de correction des pistes de travail sur un même méridien est la longueur de l’arc de
méridien qui les relie, puisqu’un méridien est un
1. Il faut ici utiliser le document 2.
grand cercle. Mais la plus courte distance entre
La longueur d’un arc de cercle est proportionnelle
deux points situés sur un même parallèle, autre
à l’angle qui l’intercepte donc, en notant O le
que l’équateur, n’est pas la longueur de l’arc de
centre de la Terre et LM la circonférence du méri-
parallèle qui les relie, puisqu’un parallèle n’est pas
L L
dien, on a : = M . un grand cercle.
 360
AOB

Or LM ≈ 40 000 et AOB = 20°+60° = 80° (car A et B
sont de part et d’autre de l’équateur),
L 40 000 40 000 CORRECTION DES EXERCICES
donc : ≈ . D’où L ≈ 80 × , c’est-à- p. 161 ❚
80 360 360 Vérifier ses connaissances
dire : L ≈ 8 889 km.
1  Connaître les mots-clés
2. Il faut ici utiliser le document 3.
Voir définitions page 159.
La longueur d’un arc de cercle est proportionnelle
à l’angle qui l’intercepte, donc en notant C le a. Le degré : unité de mesure d’angle ; 90° est la
centre du parallèle et LC sa circonférence, on a : mesure d’un angle droit.
L L h. Éclipse de Lune : occultation du Soleil par la
= C .
 360
ACB Terre.
Comme A et B sont de part et d’autre du méridien
 2  Restituer le cours
de Greenwich, ACB = 20° + 80° = 100°.
Il faut maintenant calculer la longueur LC du 1. Le premier savant ayant avancé des arguments
parallèle 40° Nord. scientifiques quant à la forme sphérique de la
D’après l’investigation menée dans le document 3, Terre est Aristote, au ive siècle avant J.-C.
Lc ≈ 40 000 cos 40° 2. Une éclipse de Lune permet d’observer la
L L L forme arrondie de l’ombre de la Terre sur la Lune.
= C donc L = 100 × C ,
100 360 360 3. La méthode de triangulation ne nécessite
40 000 cos 40° qu’une seule mesure de distance AB. On considère
soit L ≈ 100 ×
360 ensuite un triangle ABC, dans lequel on mesure
L ≈ 8 512 km. tous les angles, et on en déduit les longueurs de

CHAPITRE 1 • La forme de la Terre 85

04733691_.indb 85 08/10/2019 14:44


tous les côtés du triangle ABC à l’aide de formules 
En notant L la longueur de l’arc de parallèle UZ,
de trigonométrie. On peut ensuite réitérer l’opé- on a :
ration avec un autre triangle adjacent au triangle
28 284 L 28 284
ABC. ≈ donc L ≈ × 90 kilomètres,
360 90 360
On construit alors une chaîne de triangles
soit 7 071 kilomètres.
adjacents et on obtient par mesures d’angles
puis calculs les longueurs de tous les côtés de ce
4  Appliquer la méthode d’Ératosthène
triangle.
4. La mission de Delambre et Méchain a permis de G
déterminer la longueur d’un arc du méridien de
Paris. Le mètre a été alors défini en 1799 comme D gnomon
ombre 5°
la dix-millionième partie du quart du méridien Churu C
terrestre.
R
553 km gnomon
3  Déterminer la longueur d’un chemin Ratlam
reliant deux points
O
1. a. Vrai. Ce sont tous des cercles de centre le
centre de la Terre et de rayon le rayon de la Terre.
Leur longueur est d’environ 40 000 km. On note L la circonférence de la Terre. On veut cal-
b. Faux. Les parallèles n’ont pas tous la même culer L connaissant la longueur d de l’arc de cercle
 
longueur. Tout dépend de la latitude des points RC et l’angle CGD.
du parallèle : le parallèle le plus long est l’équa- 
La longueur d de l’arc de cercle RC est proportion-
teur, et il est beaucoup plus long qu’un parallèle 
nelle à l’angle ROC qui l’intercepte.
proche des pôles.
L d
c. Faux. La représentation choisie fausse le juge- Donc : = .
360 ROC
ment. En effet, la longueur du parallèle sur lequel
 
sont situés les points U et Z est inférieure à celle du Or d = 553 km et comme les angles ROC et CGD
parallèle sur lequel sont situés les points C et M, sont alternes-internes, on a :
car ce parallèle est plus éloigné de l’équateur.  
ROC = CGD = 5,00°.
d. Faux. Le plus court chemin est l’arc du grand L 553
Ainsi : = .
cercle qui les relie ; le parallèle qui les relie n’est 360 5,00
pas un grand cercle. 553
Par conséquent, L = × 360 = 3,98 × 10 4.
2. A-1. La longueur d’un arc de méridien est pro- 5,00
portionnelle à l’angle qu’il intercepte. La circonférence de la Terre est d’environ
 3,98 × 104 km.
En notant O le centre de la Terre, BOW = 60° + 15°
= 75°.

5  Appliquer la méthode de triangulation
En notant L la longueur de l’arc de méridien BW et
1. Dans le triangle ABC, on applique la formule
LC la circonférence de la Terre, on a :
des sinus :
LC L 40 000
= donc L ≈ × 75 BC AC
360 75 360 =
sin  sin B̂
B-1 et 4. Ce parallèle est une réduction du cercle 100 AC
de l’équateur et le coefficient de réduction est D’où : =
sin 35° sin 80°
égal à cos (45°).
100
et par conséquent AC = × sin 80° .
La longueur du parallèle est donc d’environ sin 35°
40 000 × cos (45°) kilomètres, soit environ 28 284 On en déduit que AC vaut environ 172 mètres, en
kilomètres. arrondissant au mètre.
C-1 et 3. La longueur d’un arc de parallèle est pro- 2. La somme des angles d’un triangle est 180°.
portionnelle à l’angle qu’il intercepte. En appliquant ce résultat au triangle ACD, on
 obtient :
En notant D le centre du parallèle UDZ = 90° – 0° = 
90°. CAD + 25° + 30° = 180°,

86 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 86 08/10/2019 14:44


 évolution, comme Thalès, Pythagore et surtout
d’où CAD = 180° – 130° – 25°
Aristote. Présenter alors les divers arguments qui

soit CAD = 25°. ont permis à Aristote d’affirmer que la Terre est
3. On applique à présent la formule des sinus bien sphérique.
dans le triangle ACD : •  Comment se sont mises en place, au cours
AC CD des siècles, les méthodes de calculs de lon-
= .
sin D̂ sin  gueurs à la surface de la Terre ?
172 CD Exposer une méthode ancienne, celle d’Éra-
D’où : ≈ et par conséquent
sin 130° sin 25° tosthène pour mesurer le méridien, puis les
172 méthodes de mesure du méridien au xviiie siècle
CD ≈ × sin 25°.
sin 130° par triangulation, et enfin les méthodes actuelles
On en déduit que CD vaut environ 95 mètres. pour mesurer des longueurs sur le globe terrestre.

p. 162 ❚ 9  Mesure de la base de Melun par Delambre


Exercice similaire 1. Chaque règle pouvant être déplacée au maxi-
7  Calcul de la longueur d’un arc de méridien mum 45 fois, elle pouvait donc mesurer au maxi-
mum 90 toises, chaque règle mesurant 2 toises.
1. Les points A et B ont la même longitude : 100° Puisqu’il y avait 4 règles, on pouvait donc mesurer
Ouest. Ils sont donc sur le même méridien. au maximum 90 × 4 toises, soit 360 toises par jour
2. A et B sont du même côté de l’équateur (au soit environ 702 m.
Nord) car leurs latitudes respectives sont 20°
 2. On compte 41 jours de travail potentiel entre
Nord et 66° Nord. Donc l’angle AOB est la diffé- le 24 avril et le 3 juin. Puisque Delambre trouve

rence de ces latitudes : AOB = 66° – 20° = 46°. 6 076 toises, il a finalement mesuré en moyenne
148 toises par jour (6076/41), soit environ 289 m.
3. La longueur L de l’arc de méridien reliant les

points A et B est proportionnelle à l’angle AOB qui
l’intercepte. En notant LT la circonférence de la 10  Triangulation avec une chaîne
L L de trois triangles
Terre, on a donc : T = .
360 AOB 1. On calcule d’abord le troisième angle du
 40 000 L triangle AMC. La somme des angles d’un triangle
Or LT ≈ 40 000 et AOB = 66° donc ≈ . 
360 46 étant 180°, on a : AMC = 180° – 22° – 34° = 124°.
40 000 Dans le triangle AMC, on applique la loi des sinus :
Donc L ≈ × 46, soit L ≈ 5 111 km.
360 AM AC
La longueur L de l’arc de méridien reliant les = .
sin (34°) sin (124°)
points A et B est d’environ 5 111 kilomètres.
10 × sin (34°)
On en déduit : AM = , soit 6,7 km à
4. C’est bien le plus court chemin car un méridien sin (124°)
0,1 km près.
est un grand cercle : en effet, il a pour centre le
centre de la Terre. On applique à nouveau la loi des sinus dans ce
MC AC
même triangle AMC : = .
p. 163 ❚ sin (22°) sin (124°)
S’entraîner 10 × sin (22°)
D’où : MC = , soit 4,5 km à 0,1 km
sin (124°)
8  Retour sur les problématiques du chapitre
près.
Nous conseillons de faire appel à la fiche méthode
 
page 281 qui comporte des éléments pouvant gui- 2. Les angles AMC et CMN sont supplémentaires
der les élèves dans leur expression orale. (leur somme est un angle plat), donc :
 
•  Quelle est la forme réelle de la Terre ? Quel CMN = 180° – AMC = 180° – 124° = 56°.
cheminement intellectuel a conduit à la com- Puisque la somme des angles d’un triangle est
préhension scientifique de sa forme ? 
180°, on obtient : MNC + 47° + 56° = 180°, et ainsi :
Exposer l’évolution des conceptions, en par-

lant des grands savants qui ont participé à cette MNC = 180° – 47° – 56° = 77°.

CHAPITRE 1 • La forme de la Terre 87

04733691_.indb 87 08/10/2019 14:44


3. On applique à présent la loi des sinus dans le On applique la loi des sinus dans le triangle mLM :
triangle CMN : ML mL
=
MN MC 4,5 × sin (47°)  
= d’où : MN = , soit sin (LmM) sin (mML)
sin (47°) sin (77°) sin (77°) 6 076 mL
soit = et donc :
3,4 km à 0,1 km près. sin (41°) sin (63°)
CN MC 6 076 × sin (63°)
Dans le même triangle, on a : = mL = .
sin (56°) sin (77°) sin (41°)
4,5 × sin (56°) La distance Lieursaint-Malvoisine mL est ainsi
d’où : CN = , soit 3,8 km à 0,1 km égale à 8 252 toises, à une toise près.
près. sin (77°)
2.
 
4. Les angles MNC et CNE sont supplémentaires,
  Monthléry (m')
donc : CNE = 180° – MNC = 180° – 77° = 103°.
Puisque la somme des angles d’un triangle est ς = 53°
Lieursaint (L)
180°, on obtient :
ε = 51°

CEN + 47° + 103° = 180° γ = 76° 8 252 toises
 6 076
et ainsi : CEN = 180° – 47° – 103° = 30°. toises
δ = 76°
Pour calculer la distance NE, on applique la loi des
α = 63°
sinus dans le triangle CNE : Malvoisine (m)
NE CN 3,8 × sin (47°) Melun (M)
= d’où : NE = , soit
sin (47°) sin (30°) sin (30°)
On applique la loi des sinus dans le triangle Lmm’ :
5,6 km à 0,1 km près.
Lm′ mL Lm′ 8 252
= soit =
5. Les points A, M, N et E sont alignés, donc : AE =   sin (76°) sin (53°)
sin(Lmm′) sin(Lm′ m)
AM + MN + NE
8 252 × sin (76°)
D’où AE ≈ 6,7 + 3,4 + 5,6 en kilomètres. On en déduit : Lm′ =
sin (53°)
La distance AE mesure 15,7 km à 0,1 km près.
La distance de Lieursaint à Monthléry est donc de
10 026 toises, à une toise près.
11  Distance de Lieursaint à Malvoisine
et à Montlhéry à une toise près 12  Commentaire de texte
1. a. Jean-Baptiste Delambre donne les résultats de ses
Lieursaint (L) mesures, tout en expliquant les conditions dans
lesquelles celles-ci se sont déroulées.
γ = 76° Il explique d’abord que les objets sont « très
6 076 beaux », ce qui signifie qu’il a une excellente visi-
toises bilité, puis, à partir du « treizième angle », les
β = 41° objets deviennent « faibles », ce qui signifie qu’il
Malvoisine (m) est difficile d’effectuer les visées.
Melun (M)
On peut remarquer aussi qu’il fait un très grand
  nombre de mesures et qu’il en élimine certaines
mLM est l’angle entre Malvoisine et Melun. LmM (« en rejetant 6 angles »). On se rend compte
est l’angle entre Melun et Lieursaint. également qu’il fait plusieurs séries de mesures,
 et qu’il fait ensuite une moyenne à partir des
Delambre donne pour mesure de l’angle mLM
environ 75°39’33”, ce que l’on arrondit à 76°. mesures qu’il conserve.

Il donne pour mesure de l’angle LmM environ 13  Recherche d’une unité
40°37’1”, ce que l’on arrondit à 41°.
On a vu que c’était la multiplicité des unités de
b. On détermine d’abord une valeur approchée
mesure en France au xviiie siècle qui a conduit à
à un degré près du troisième angle du triangle
ce que l’Académie des sciences décide de définir
mLM :
une nouvelle unité de mesure des longueurs en

mML = 180° – 76° – 41° = 63°. 1791, le mètre.

88 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 88 08/10/2019 14:44


Cette problématique n’était pas nouvelle et on voit b. En notant L la longueur de l’arc de parallèle, on a :
que Cassini en parle dans son livre, paru en 1720.
25 712 L 25 712
Et déjà il propose de définir cette nouvelle unité à ≈ et donc L ≈ × 72, soit envi-
partir de propriétés de la Terre : soit la « six-mil- 360 92 − 20 360
lième partie de la minute du grand cercle » soit ron 5 142 km.
« la dix-millionième partie du demi-diamètre de la c. Non, le plus court chemin est l’arc du grand
terre ». Un méridien est un grand cercle, donc la cercle qui relie ces deux villes.
première idée de Cassini est bien voisine de celle
4. En suivant l’arc de parallèle, la consommation
qui sera adoptée par l’Académie des sciences :
est de 15 426 litres (car 5 142 × 3 = 15 426).
« la dix-millionième partie du quart du méridien
En suivant le plus court chemin, la consommation
terrestre ».
est de 14 799 litres (car 4 933 × 3 = 14 799).
14  Méthode d’Ératosthène La différence de consommation est de 627 litres
de kérosène.

1. Les angles b̂ et BOG sont alternes-internes,

d’où : BOG = 30°.

Les angles a et AOG sont alternes-internes, donc
 PROJET EXPÉRIMENTAL ET NUMÉRIQUE
AOG = 11°. p. 165 ❚
    L’objectif de ce projet est de réaliser l’expérience
On a : BOG = AOG + BOA , donc BOA = 30°– 11° =
d’Ératosthène, afin de déterminer une valeur
19°.
approchée du rayon de la Terre. Ératosthène a
2. On note L la circonférence de la Terre. réalisé son expérience en deux villes distantes
L 2 115 de 800 kilomètres environ, Alexandrie et Syène,
On a : =
360 19 situées sur un même méridien. On peut de nos
2 115 jours trouver une ville sur la Terre située sur le
Donc L = × 360, soit environ 40 074 km.
19 même méridien que la ville de notre lycée, et
réaliser cette expérience le même jour et à midi
15  
Prépa
Choisir le plus court chemin heure solaire en ces deux lieux.
BAC
1. Chittagong et Ulaangom sont sur un même La première partie de ce projet consiste donc à
méridien. trouver un établissement scolaire qui vérifie la
propriété évoquée plus haut et décider d’une date
Cracovie et Ulaangom sont sur un même parallèle.
opportune pour les mesures. On peut ensuite
2. a. En notant L la longueur de l’arc de méridien, fabriquer le gnomon avec une planche en bois
on a : bien plane sur laquelle on fixe perpendiculaire-
40 000 L 40 000 ment à la planche en bois (utiliser un fil à plomb),
≈ et donc L ≈ × 27,5, soit envi-
360 27,5° 360 un morceau de bois assez long qui tiendra lieu de
ron 3 056 km. gnomon.

b. Oui, c’est le plus court chemin, car un méridien Pour les calculs mathématiques qui permettront
est un grand cercle (il passe par le centre de la d’obtenir la circonférence de la Terre, on aura
Terre). besoin de la distance entre les deux villes, et on
pourra pour cela utiliser un logiciel spécifique
3. a. Ce parallèle est une réduction du cercle
(comme QGIS, MapInfo, ArcGIS ou GRASS GIS).
de l’équateur et le coefficient de réduction est :
cos (50°). La longueur du parallèle est donc d’en-
viron 40 000 × cos (50°), soit environ 25 712 km.

CHAPITRE 1 • La forme de la Terre 89

04733691_.indb 89 08/10/2019 14:44


04733691_.indb 90 08/10/2019 14:44
PARTIE   3

Chapitre

L’histoire de
l’âge de la Terre
Manuel p. 167

LE PROGRAMME

3. La Terre, un astre singulier

3.2 – L’histoire de l’âge de la Terre

L’âge de la Terre est d’un ordre de grandeur sans rapport avec la vie humaine. Sa compréhension progressive
met en œuvre des arguments variés.

Savoirs Savoir-faire

Au cours de l’histoire des sciences, plusieurs arguments Interpréter des documents présentant des
ont été utilisés pour aboutir à la connaissance actuelle de arguments historiques utilisés pour comprendre
l’âge de la Terre : temps de refroidissement, empilements l’âge de la Terre.
sédimentaires, évolution biologique, radioactivité.
Identifier diverses théories impliquées dans la
L’âge de la Terre aujourd’hui précisément déterminé est de controverse scientifique de l’âge de la Terre.
4,57 × 109 ans.

Prérequis et limites

L’objectif n’est pas de connaître dans le détail les arguments utilisés au cours de l’histoire des sciences, mais
de savoir interpréter des données relatives à ces arguments. Il s’agit de prendre appui sur cet exemple pour
montrer comment la science construit et perfectionne peu à peu sa compréhension de la nature, en exploitant
des faits nouveaux apparus successivement. Il s’agit aussi de montrer qu’une question scientifique complexe
est résolue grâce à la participation de plusieurs domaines de spécialité.

91

04733691_.indb 91 08/10/2019 14:44


JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 166 −− le graphique montre que cette méthode ne
permet pas de dater des objets plus vieux que
SITUATION 1 50 000 ans, ce qui est très inférieur à l’âge de la
Les élèves sont amenés à effectuer un calcul qui Terre. En réalité, la précision requise pour cette
leur permet de s’approprier les échelles de temps méthode fait que l’on peut dater avec une bonne
en géologie. C’est ici une occasion de faire effec- fiabilité entre aujourd’hui et – 5 000 ans environ.
tuer aux élèves des calculs simples et de convertir
des valeurs d’une base 10 à la base 60. › classe de 1re enseignement scientifique
›En
Les notions de radioactivité et de loi de décrois-
›Exemple
› de réponse attendue sance sont à la base des méthodes de radio­
D’après le document, la Terre a un âge de 4,6 mil- chronologie, qui sont utilisées lors des activités 3
liards d’années, qui correspondent donc aux et 4 (méthode plomb-plomb).
24 heures d’une journée. Une seconde de cette
journée hypothétique correspond donc à
4,6 × 109
53 240 années ( ).
(24 × 60 × 60)
ACTIVITÉS
Dans 200 000 ans, il y a 3,75 secondes imagi-
200 000 Les activités 1 à 4 suivent une progression chrono­
naires ( ), donc l’espèce humaine est appa- logique afin de mieux reconstituer l’histoire de
53 240
la détermination de l’âge de la Terre. Des esti-
rue à 23 heures 59 minutes 56,25 secondes.
mations basées sur les écrits religieux, on passe
Dans 65 millions d’années, il y a environ
aux premières expériences et modèles explicatifs
1  221 secondes de notre journée imaginaire
basés sur des études physiques (activité 1), puis
65 × 106
( ), soit 20,35 minutes ou encore à la présentation du débat scientifique qui s’ins-
53 240 talle entre géologues, évolutionnistes, et physi-
20 minutes et 21 secondes (0,35 × 60 = 21). L’ex- ciens (activité 2). L’activité 3 est consacrée à la
tinction des dinosaures a donc eu lieu à 23 heures présentation de la radiochronologie, des progrès
39 minutes 39 secondes (24 heures – 20 minutes qu’elle a permis en termes de datation, et aux dif-
et 21 secondes). ficultés de son utilisation.
Cela rend bien compte de l’immensité des temps
géologiques. L’âge de la Terre actuellement admis est fina-
lement déterminé dans l’activité 4 par la data-
› classe de 1re enseignement scientifique
›En tion de météorites, dont l’origine et l’intérêt sont
Les élèves sont amenés à manipuler les diffé- expliqués.
rentes échelles de temps tout au long des activi-
On pourra consulter l’article « L’âge de la Terre : la
tés. Les notions de l’évolution du vivant du cycle 4
démarche de Clair Cameron Patterson » par Flo-
sont remobilisées en lien avec l’activité 2.
rence Trouillet, professeure de physique-chimie,
paru dans le bulletin de l’APBG (association des
SITUATION 2 professeurs de biologie-géologie) n° 4 de 2009.
On cherche ici à remobiliser des acquis du même Cet article résume les grandes lignes de l’histoire
programme probablement travaillés avant cette de la détermination de l’âge de la Terre, et donne
partie sur les notions de radioactivité et de loi de des clés intéressantes pour la comprendre.
décroissance radioactive appliquée au cas du car-
bone 14. Au travers du questionnement proposé,
on cherche à exercer l’esprit critique des élèves.
Les élèves peuvent s’appuyer sur les données de p. 168 ❚ ACTIVITÉ 1
la situation 1 pour argumenter leurs réponses.
Des estimations scientifiques
›Exemple
› de réponse attendue de l’âge de la Terre
La méthode au carbone 14 ne peut être appliquée Cette activité a pour objectif de traiter les parties
pour l’âge de la Terre car : suivantes du programme :
−− elle s’applique sur des fossiles, or la vie n’existait Savoir : « Au cours de l’histoire des sciences, plu-
pas à la naissance de la Terre. La situation 1 nous sieurs arguments ont été utilisés pour aboutir à la
rappelle que la vie serait apparue il y a environ connaissance actuelle de l’âge de la Terre : temps
4 Ga (4 milliards d’années) ; de refroidissement, […] »

92 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 92 08/10/2019 14:44


Savoir-faire : « Interpréter des documents pré- Y = 39,75 × 1 274 800 000 – 14,66
sentant des arguments historiques utilisés pour Y = 5,06 × 1010 min.
comprendre l’âge de la Terre. »
Sachant que, dans une année, il y a 525 600
Alors que les Grecs de l’Antiquité considéraient minutes (365 × 24 × 60), le temps de refroidisse-
que la Terre avait toujours existé, les chrétiens ment de la Terre, donc son âge, serait de :
ont utilisé la Bible pour situer, d’après les généra- 5,06 × 1010
tions écoulées depuis Adam et Eve, l’origine de la  = 96 270 ans.
525 600
Terre à environ 4 000 ans avant Jésus-Christ.
L’âge de la Terre selon l’expérience de Buffon est
Au xviiie siècle, des scientifiques, partant de l’ob- donc d’environ 96 000 ans.
servation que la Terre refroidit, tentent des data- 2. Selon l’étude du graphique, plus l’âge de la
tions de l’âge de la Terre audacieuses pour leur Terre est ancien, plus le gradient géothermique
époque, selon des méthodes variées, comme l’ap- est faible.
proche expérimentale de Buffon présentée dans
En utilisant le gradient géothermique actuel,
le document 1, ou la modélisation mathéma-
que l’on peut déduire du texte où l’on indique
tique de Kelvin présentée dans le document 2.
une élévation de 3 °C tous les 100 mètres, soit
Les méthodes, ainsi que leurs résultats, sont peu
30 °C ∙ km–1, on peut tracer une droite parallèle
précis, mais, globalement, ils repoussent une
à l’axe des abscisses placée à une ordonnée de
durée communément admise de quelques mil-
30 °C ∙ km–1. Cette droite recoupe la courbe vers
liers d’années, et tendent vers des âges beaucoup
100 millions d’années environ.
plus anciens, à exprimer en centaines de milliers
Donc, d’après Lord Kelvin, l’âge de la Terre est
d’années, puis en millions d’années.
d’environ 100 millions d’années.

›Exemple
› de correction des pistes de travail 3. Dans les deux cas, Buffon et Kelvin considèrent
que la Terre est une sphère de matière initiale-
On indique en italique quelques éléments de
ment en fusion, qui refroidit. Buffon l’assimile à
réflexion destinés à l’enseignant·e.
un boulet de fer, alors que, pour Kelvin, la Terre
1. Selon les travaux de Buffon, le graphique est un solide constitué de roches.
est une fonction affine du type Y = aX + b dans Buffon choisit une approche expérimentale, alors
laquelle Y correspond au temps de refroidisse- que Kelvin réalise une modélisation mathéma-
ment et X au diamètre du boulet. La relation est tique basée entièrement sur des calculs.
donc linéaire entre le temps de refroidissement
4. Buffon a réalisé des mesures approximatives
d’un corps et son diamètre.
du temps de refroidissement des boulets, car il
Le calcul de la pente a peut être effectué en consi-
ne disposait pas de thermomètre pour les hautes
dérant, par exemple, deux points A et B de coor-
températures. Son extrapolation proportionnelle
données A (1,35 ; 39) et B (13,5 ; 522).
de la relation temps de refroidissement par rap-
On calcule la valeur de la pente : port au diamètre est une simplification non véri-
522 − 39 fiée. De plus, ses mesures ont été effectuées sur
a = 
13,5 − 1,35 des boulets de fer, alors que la Terre est consti-
soit a = 39,75. tuée d’autres éléments.
Remarque : Buffon a effectué également des tests
On calcule l’ordonnée à l’origine : sur des boulets de matières composites, mais l’âge
b = Y – aX obtenu n’a pas changé fondamentalement.
b = 39 – (39,75 × 1,35) Kelvin réalise des calculs précis fondés sur les lois
soit b = – 14,66. physiques de la diffusion de la chaleur au sein
L’équation de la droite affine est donc : des roches. Cependant, les paramètres initiaux
choisis pour établir son modèle, que sont la tem-
Y = 39,75X – 14,66.
pérature initiale de la Terre et sa température de
En considérant que cette fonction peut être surface, ne sont pas vérifiables.
extrapolée, il suffit de remplacer X par le diamètre Remarque : selon les paramètres choisis, Kelvin a
de la Terre dans l’équation : obtenu des résultats avec d’importantes incertitudes,
Y = 39,75X – 14,66 de 20 Ma à 400 Ma.

CHAPITRE 2 • L’histoire de l’âge de la Terre 93

04733691_.indb 93 08/10/2019 14:44


p. 170 ❚ ACTIVITÉ 2 vallée a été creusée sur une longueur de 35 km à
L’âge de la Terre selon les géologues une vitesse de 0,46 pouce par siècle, soit 1,15 cm
par siècle. En effet, 0,46 × 2,54 = 1,15.
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme : Il faut convertir les 35 kilomètres érodés en
centimètres :
Savoir : « Au cours de l’histoire des sciences, plu-
sieurs arguments ont été utilisés pour aboutir à la −− soit des kilomètres aux mètres, 35 × 103 m ;
connaissance actuelle de l’âge de la Terre : empi- −− puis des mètres aux centimètres, 35 × 103 × 102,
lements sédimentaires, évolution biologique, soit 3,5 × 106 cm.
[…]  » À la vitesse d’1,15 cm par siècle, il aura donc fallu
Savoir-faire : « Interpréter des documents pré- 3,5 × 106
soit 3 043 478 siècles,
sentant des arguments historiques utilisés pour 1,15
comprendre l’âge de la Terre. Identifier diverses soit 304 347 800 années pour éroder cette vallée,
théories impliquées dans la controverse scienti- c’est-à-dire environ 300 millions d’années.
fique de l’âge de la Terre. » Remarques : dans la première édition de L’Origine
Les physiciens du xixe siècle utilisent les lois de dif- des espèces, Darwin propose comme âge de la
fusion de la chaleur (lois de Fourier) afin de calcu- Terre 306 662 400 ans : la différence tient aux arron-
ler la durée de refroidissement de la Terre. Leurs dis. Darwin considérait que l’érosion était inverse-
estimations varient de 20 millions à 400 millions ment proportionnelle à la hauteur de la falaise, et
d’années. On admettra, dans le cadre de l’activité il a estimé une vitesse de recul de 1 pouce par siècle
proposée, un âge de la Terre d’environ 100 mil- pour une falaise de 150 m (500 pieds) de haut. La
lions d’années, déterminé par les élèves dans l’ac- falaise du Weald mesurant 330 m (1 100 pieds), sa
tivité précédente. Les géologues, qui observent vitesse de recul est donc de 1,15 cm (0,46 pouce) par
les phénomènes liés à l’érosion (document 2), à la siècle.
formation de dépôts sédimentaires (document 3) 3. Calculs du temps nécessaire au dépôt des for-
ou encore à l’évolution du vivant (documents 1 mations sédimentaires de Grande-Bretagne :
et 3), réfutent ces valeurs. En effet, ils estiment
que ces phénomènes s’inscrivent dans des durées Vitesse de
Durée de dépôts
beaucoup plus longues que les âges proposés par sédimentation
Géologues (en millions
(en cm par milliers
les physiciens. Une querelle oppose alors les phy- d’années)
d’années)
siciens aux géologues, les uns se basant sur des
Philips 22,9 96
calculs pour dater l’âge de la Terre, et les autres
sur des intuitions et des observations. Cette unité Haughton 3,5 628
permet d’identifier certains des arguments qu’ils Wallace 1,9 1 158
se sont opposé. Geickie 4,4 500

›Exemple
› de correction des pistes de travail Joly 10,1 218

On indique en italique quelques éléments de On peut prendre comme exemple de calcul les
réflexion destinés à l’enseignant∙e. formations sédimentaires de Grande-Bretagne,
qui sont assimilables à une couche de dépôts de
1. Les idées évolutionnistes défendues par
22 km d’épaisseur, soit 2,2 × 106 cm. La vitesse de
Darwin dans son ouvrage L’Origine des espèces
dépôt pour Philips étant de 22,9 cm, en 1 000 ans,
expliquent l’apparition des espèces les unes à par-
on obtient un temps de dépôt de :
tir des autres, depuis des formes simples comme
les bactéries, jusqu’à des formes plus complexes 2,2 × 106
 = 96 069 milliers d’années
comme l’Homme. 22,9
Les transformations progressives des êtres soit 96 069 000 années ou 96 millions d’années.
vivants, basées sur l’apparition de petits chan- 4. Les géologues cherchaient à argumenter que
gements, sélectionnés ensuite ou non par l’en- les phénomènes qu’ils observaient nécessitaient
vironnement, de générations en générations, des durées considérables, bien plus longues que
nécessitent de très longues durées qui ne coïn- l’âge de la Terre admis à leur époque, qui était de
cident pas avec l’âge de la Terre calculé par les 100 millions d’années.
physiciens.
Les durées des dépôts des formations de
2. On calcule le temps nécessaire à l’érosion de la Grande-Bretagne données par les géologues
vallée du Weald. Selon Darwin, du sud au nord, la sont extrêmement variables selon la vitesse de

94 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 94 08/10/2019 14:44


sédimentation estimée : de 96 Ma, pour Philips, Par exemple, en 1906, Rutherford donne un âge
à 1,16 Ga, pour Wallace. Ces valeurs ne permet- de 500 Ma à un minéral riche en uranium. En
taient donc pas une estimation fiable des durées 1905, l’âge donné à certains échantillons est de
géologiques, et n’avaient donc pas convaincu les l’ordre du milliard d’années. En 1946, Holmes et
physiciens. Houtermans estiment l’âge de la Terre à 3,4 Ga.
3. Les géochronomètres les plus adaptés sont des
p. 172 ❚ ACTIVITÉ 3 éléments qui sont présents dans la roche étudiée,
et qui ont une demi-vie compatible avec l’âge sup-
Vers un âge radiochronologique posé de l’échantillon, soit 109 années ici. D’après
de la Terre les estimations précédentes de l’âge de la Terre
Cette activité a pour objectif de traiter les parties s’exprimant en centaines de millions d’années,
suivantes du programme : et d’après le fait que la fiabilité des géochrono­
Savoir : « Au cours de l’histoire des sciences, plu- mètres va du millième de la demi-vie jusqu’à dix
sieurs arguments ont été utilisés pour aboutir à fois celle-ci (voir tableau ci-dessous), on peut
la connaissance actuelle de l’âge de la Terre : […], utiliser l’ensemble des couples proposés, excep-
radioactivité. » tés le 14C, dont la demi-vie est trop faible, et le
40K, dont on dit qu’il est difficile à utiliser sur des
Savoir-faire : « Interpréter des documents pré-
sentant des arguments historiques utilisés pour roches magmatiques.
comprendre l’âge de la Terre. »
Limite Limite
Le document 1 permet de faire une liaison « his- inférieure de supérieure
torique » entre les travaux de Kelvin (activité 1) et Géochrono- Demi-vie la fiabilité de fiabilité
la révolution radiochronologique qui s’annonce. mètre (en années) = demi-vie = demie-vie
× 10–3 × 10
Rutherford a en effet été le premier à donner un
(en années) (en années)
âge radiochronologique à un échantillon géo­
logique, et s’inscrit donc dans la longue liste des 14C/14N 5 730 5,73 57 300
scientifiques ayant repoussé ensuite les limites de 40K/40Ar 1,25 × 109 1,25 × 106 12,5 × 109
l’âge de la Terre par cette méthode (document 2).
235U/207Pb 0,7 × 109 0,7 × 106 7 × 109
Les documents 3 et 4 montrent que cette 238U/206Pb 4,47 × 109 4,47 × 106 44,7 × 109
méthode n’est pas si facile à appliquer, et qu’elle
232Th/208Pb 14 × 109 14 × 106 140 × 109
requiert de nombreuses conditions, comme le fait
87Rb/87Sr 48,8 × 109 48,8 × 106 488 × 109
d’être en système fermé, la présence des isotopes
souhaités, le choix de la demi-vie, etc. De plus, on 147Sm/143Nd 106 × 109 106 × 106 1 060 × 109
montre que les roches ayant le même âge que le
Remarque : au début du xxe siècle, les recherches
Terre semblent plutôt rares à la surface du globe,
portaient surtout sur les isotopes du plomb avec
ce qui a justifié de travailler à partir des météo-
la mise au point de la méthode plomb/plomb
rites (activité 4).
(235U/207Pb, 238U/206Pb, 232Th/208Pb). Par la suite, les
›Exemple
› de correction des pistes de travail géochronomètres Rb/Sr et Sm/Nd ont été davantage
On indique en italique quelques éléments de utilisés.
réflexion destinés à l’enseignant∙e. 4. Les roches les plus anciennes de la Terre ont
1. La découverte de la radioactivité invalide les nécessairement été soumises à l’érosion, de
travaux de Kelvin, car celui-ci n’avait pas pris en même que celles mises en place dans les pre-
compte dans son calcul du refroidissement de la mières croûtes continentales. Les roches aussi
Terre que celle-ci possède des éléments radio­ anciennes que la Terre sont donc rares. Il n’est
actifs. En effet, la communauté scientifique l’igno- d’ailleurs pas certain qu’elles existent.
rait à l’époque de ses travaux. Leur désintégration De plus, la Terre s’est formée avant le plus vieux
produit une chaleur non estimée par Kelvin, ce minéral terrestre (actuellement 4,4 Ga), puisque
qui invalide son modèle de calcul de l’âge de la l’âge de la Terre est nécessairement antérieur à
Terre. la formation des premières roches continentales.
Dater des roches terrestres ne permet donc pas
2. Les méthodes radiochronologiques permettent de dater l’âge de la formation de la Terre.
de donner un âge aux roches terrestres, dont on
voit qu’il devient rapidement supérieur aux esti-
mations des approches précédentes.

CHAPITRE 2 • L’histoire de l’âge de la Terre 95

04733691_.indb 95 08/10/2019 14:44


p. 174 ❚ ACTIVITÉ 4 Le fait d’observer des météorites différenciées
La datation des météorites comme les achondrites et les sidérites est un
argument en faveur de ce scénario, puisque l’or-
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
ganisation de la Terre et celle des astéroïdes dif-
suivantes du programme :
férenciés est identique : croûte, manteau, noyau.
Savoir : « Au cours de l’histoire des sciences, plu-
sieurs arguments ont été utilisés pour aboutir à •  La composition chimique des météorites non dif-
la connaissance actuelle de l’âge de la Terre : […], férenciées correspond à la composition chimique
radioactivité. » globale de la Terre c’est-à-dire celle obtenue en
Savoir-faire : « Interpréter des documents pré- faisant la moyenne des teneurs dans le noyau, le
sentant des arguments historiques utilisés pour manteau et la croûte.
comprendre l’âge de la Terre. » Remarques : Patterson a réalisé sa datation histo-
rique grâce à des météorites non différenciées et des
L’objectif de cette activité est double :
météorites différenciées, notamment la sidérite de
−− faire comprendre aux élèves l’intérêt de travail- Canyon Diablo, qui est à l’origine de MeteorCrater
ler sur des météorites, afin de contourner les dif- dans l’Arizona, aux USA.
ficultés mises en évidence lors de l’activité 3. C’est
Exemple de calcul, non exigé ici, permettant de
l’objectif des documents 1 et 2, qui introduisent
déterminer la composition globale de la Terre : pour
les notions d’astéroïdes et d’accrétion du matériel
la teneur en Si02 :
protosolaire en différents objets de façon simulta-
(1× 65) + (0,3 × 50) + (65 × 45) + (33 × 0)
née : astéroïdes différenciés ou non, et planètes. = 30,05.
La comparaison de la composition chimique des 100
astéroïdes de type chondrite (indifférencié) à celle 2. Patterson a déterminé les rapports isotopiques
de la Terre valide cette approche ; de certains échantillons. En les plaçant dans le
−− expliquer, au mieux, la méthode de Clair Patterson graphique 207Pb/204Pb en fonction de 206Pb/204Pb,
(voir l’article « L’âge de la Terre : la démarche de il observe que tous les points sont situés sur
Clair Cameron Patterson » par Florence Trouillet, une droite appelée alors «  géochrone  » (voir
paru dans le bulletin de l’APBG n° 4 de 2009), et per- ci-dessous), puisqu’elle permet de donner l’âge de
mettre aux élèves, qui ne maîtrisent pas certains tous ces objets que sont les météorites et la Terre.
outils mathématiques, de réaliser une estimation
207
de l’âge de la Terre à partir du tracé du géochrone, Pb
204
40 Pb
de l’estimation de sa pente et d’une lecture gra- Achondrites
35
phique du document 3  c . 30
25
En numérique, pour le public intéressé, comme les
20
élèves spécialistes de mathématiques, quelques 15 Chondrites et
compléments d’informations sont donnés au tra- 10 sédiments 206
Pb
vers de l’éclairage apporté par Pierre Thomas, 5 Sidérites marins 204
Pb
professeur émérite à l’ENS de Lyon. 0
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55

›Exemple
› de correction des pistes de travail La droite qu’il obtient présente un coefficient
1. Pour prouver que les météorites sont issues directeur « a », qui permet de déterminer l’âge
d’objets contemporains et cogénétiques à la Terre, des échantillons. Plus le coefficient directeur est
il faut regarder plusieurs de leurs caractéristiques. important, plus l’échantillon est ancien. D’après
•  Il existe des météorites issues d’astéroïdes non le graphique, ce coefficient directeur est environ
différenciés et des météorites issues d’astéroïdes égal à 0,6.
différenciés. 3. Grâce au graphique du document 3  c , on peut
Les astéroïdes se sont formés à partir du nuage estimer l’âge de la Terre à 4,5 Ga.
protosolaire par accumulation de matière. Une Remarque : pour la détermination de l’âge de la
faible accumulation donne des astéroïdes non diffé- Terre par Patterson en 1955 (publiée en 1956), l’in-
renciés, alors qu’une accumulation beaucoup plus certitude est de plus ou moins 0,07 × 109 ans pour
importante de matière aboutit à une accrétion, et, un âge de 4,55 × 109 ans, soit un âge compris entre
simultanément, à une différenciation de l’astéroïde, 4,48 Ga et 4,62 Ga.
c’est-à-dire à la migration des éléments chimiques
dans le noyau, le manteau ou la croûte.

96 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 96 08/10/2019 14:44


CORRECTION DES EXERCICES altérer leur composition chimique. L’eau peut
p. 179 ❚ aussi altérer des roches magmatiques. Il faut
Vérifier ses connaissances donc être vigilant quant au choix des échantillons
à dater.
1  Connaître les mots-clés
c. Faux. Les processus d’érosion sont extrême-
Consultez la liste des mots-clés du chapitre, p. 177. ment variables selon la nature de la roche et les
agents d’érosion qui l’affectent. La sédimentation
2  Questions à réponse unique peut aussi s’effectuer à des vitesses très variables
A-1 : L’âge de la Terre déterminé par radiochrono- selon les moments et les lieux. Les calculs basés
logie est de 4,57 Ga. sur l’érosion des roches ont cependant contribué
à valider des périodes longues pour la formation
B-4 : L’âge de la Terre a été déterminé à partir de la Terre, allant de 100 millions à 300 millions
de nombreuses études expérimentales (revoir d’années.
l’activité 1 montrant l’expérience de Buffon par
exemple), sur des modèles mathématiques (tra-
vaux de Kelvin de l’activité 1, loi de désintégration 4  Annoter un graphique
radioactive) et sur des observations géologiques Légende de l’axe des ordonnées : concentration
(désintégrations radioactives des isotopes conte- en isotope-père (en unité arbitraire).
nus dans les minéraux des roches). Légende de l’axe des abscisses : temps (en année).
Les autres propositions sont fausses, car il La demi-vie t1/2 correspond à l’instant où la concen-
manque toujours l’un de ces aspects de la tration de l’isotope-père a diminué de 50 %. Il faut
démarche scientifique : observations, expérimen- donc repérer sur l’axe des ordonnées la moitié de
tations et modélisations. la valeur maximale de l’isotope-père et reporter
C-4 : L’âge de la Terre a été effectivement déter- cette valeur sur la courbe, puis sur l’axe des abs-
miné par la méthode plomb-plomb appliquée aux cisses pour repérer la durée correspondante.
météorites de type chondrites. Cette méthode L’isotope radiogénique est l’isotope-fils, dont
prouve en même temps que ces roches sont nées la concentration augmente au fur et à mesure
en même temps que la Terre. On dit qu’elles sont que celle de l’isotope-père diminue. Sa courbe
cogénétiques. est donc l’inverse de la courbe rouge. Les deux
Les propositions 1 et 2 indiquent des méthodes courbes se croisent au niveau de la demi-vie.
effectivement utilisées pour déterminer un âge,
concentration en isotopes
mais qui s’est révélé être faux. Un âge correct a père et fils (%)
pu être donné par l’étude de certaines roches ter- père
restres, mais la datation des météorites a validé fils
avec certitude que ces roches étaient nées en
même temps que la Terre.
D-2 : L’âge de la Terre n’est effectivement plus dis- 50 %
cuté aujourd’hui.

3  Avoir un regard critique


temps (années)
a. Faux. Buffon a effectivement réalisé des expé- 0 t1/2 10
riences basées sur le refroidissement de boulets
de fer chauffés au rouge, et pas sur leur réchauf-
fement. Elles lui ont permis de calculer un âge 5  Comprendre le cours
de 96 000 ans bien supérieur à celui admis à Darwin est le père de la théorie de l’évolution.
l’époque, qui était de 4 000 ans. Celle-ci postule que les êtres vivants évoluent
b. Faux. La roche sur laquelle les mesures sont par l’apparition de petites modifications, ensuite
effectuées doit avoir conservé en elle tous les sélectionnées ou non par l’environnement. Pour
éléments-fils apparus lors des désintégrations Darwin, il s’agit donc d’un processus très lent et
des éléments-pères. Les roches magmatiques graduel nécessitant une durée bien supérieure à
satisfont généralement ce critère, au contraire celle avancée par les physiciens de son époque.
des roches sédimentaires, où l’eau, en circulant Pour lui, la Terre doit donc avoir un âge de plu-
au contact des minéraux, peut les dissoudre ou sieurs centaines de millions d’années.

CHAPITRE 2 • L’histoire de l’âge de la Terre 97

04733691_.indb 97 08/10/2019 14:44


Aujourd’hui, on voit que Darwin avait raison, car d’isotopes radioactifs, et à l’invention de la radio-
l’échelle des temps géologiques s’exprime bien chronologie. Cependant, la datation des roches
en millions d’années, mais on remarque qu’il terrestres ne permet que de s’approcher de l’âge
avait sous-estimé l’âge de la Terre, qui s’exprime véritable de la Terre, puisque toutes ces roches lui
en milliards d’années, donc en milliers de millions sont postérieures. De plus, les roches anciennes
d’années. sont rares du fait de l’érosion. L’âge de la Terre
est donc déterminé par la datation de météorites,
p. 180 ❚ notamment des chondrites, formées en même
Exercice similaire temps que la Terre lors de la naissance du sys-
tème solaire.
7  L’isochrone de la méthode plomb-plomb
Si l’on trace l’isochrone plomb-plomb pour ces 9  Gradient géothermique et âge de la Terre
quatre météorites, on observe que les points sont 1. Pour le calcul du gradient géothermique, l’axe
pratiquement alignés. Or, on sait que tous les des abscisses fournit la température, et l’axe des
points appartenant à cette droite sont du même ordonnées indique la profondeur. Le gradient
âge. On en déduit que ces quatre météorites ont, géothermique s’exprime en °C ∙ km–1. Il faut donc
à très peu de choses près, le même âge. utiliser au choix deux points de chaque droite, et
207Pb/204Pb effectuer le calcul suivant :
40
X 2 – X1
35
Richarton Y 2 –Y1
30
25 Elenovka où (X1 ; Y1) et (X2 ; Y2) sont les coordonnées de
20 Saratov chaque point.
15 Par exemple, pour 10 milliards d’années, si on
10
Beardsley choisit les points de coordonnés (100 ; 25) et
5
0 (300 ; 75), le gradient G est :
10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 300 – 100
206Pb/204Pb G=
75 – 25
200
G=
p. 181 ❚ 50
S’entraîner Soit G = 4 °C ∙ km–1.
Pour 1 milliard d’années, le gradient est égal à
8  Retour sur les problématiques
12 °C ∙ km–1.
•  Quelles ont été, au cours de l’histoire, les Pour 100 millions d’années, le gradient est égal à
méthodes utilisées pour calculer l’âge de la 37,3 °C ∙ km–1.
Terre ? Pour 10 millions d’années, le gradient est égal à
Les premières estimations chiffrées de l’âge de la 100 °C ∙ km–1.
Terre s’appuient sur l’étude des écrits bibliques, et
datent du xvie siècle. Aux xviiie siècle et xixe siècle, 2. La relation entre le gradient géothermique et
on cherche à déterminer l’âge de la Terre via des l’âge de la Terre est donc la suivante : plus l’âge
démarches scientifiques s’appuyant sur l’expé- de la Terre est élevé, et plus le gradient géo­
rimentation pour Buffon, qui cherche à évaluer thermique est faible.
le temps de refroidissement de la Terre, sur la 3. Pour évaluer l’âge de la Terre selon la méthode
modélisation mathématique pour Kelvin, qui de Kelvin, on estime que le gradient qui se rap-
cherche à estimer la durée nécessaire à la diminu- proche le plus du gradient actuel (30 °C ∙ km–1)
tion du gradient géothermique, ou encore sur des correspond au gradient de 37,3 °C ∙ km–1, ce
observations géologiques et paléontologiques, qui permet de conclure que la Terre a environ
pour estimer les durées nécessaires à l’évolution 100 millions d’années.
des espèces et à la formation ou la destruction
des strates sédimentaires. 10  Une dague extra-terrestre ?
•  Comment l’âge de la Terre a-t-il finalement 1. En comparant le métal de la dague à celui des
été déterminé ? sidérites, les chercheurs testent l’hypothèse selon
L’âge de la Terre fut finalement déterminé au laquelle ce métal proviendrait d’une sidérite, ce
xxe siècle grâce à la découverte et l’utilisation qui expliquerait l’existence de la dague à une

98 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 98 08/10/2019 14:44


époque où l’Homme ne savait pas extraire le fer Sud-ouest Nord-est
du minerai dans cette région. Zone de la (à 1 cm du Centre de (à 1 cm du
carte étudiée bord du la carte bord du
2. D’après le document comparant la composi- document) document)
tion chimique de la dague avec celle des sidérites, reculs mesurés
mais aussi avec d’autres objets en fer de la période (en m, valeurs
de l’âge du fer du Proche-Orient, on voit que la mesurées sur 8 m 12 m 1 m
la carte entre (0,2 cm) (0,3 cm) (0,1 cm)
lame de la dague présente un rapport fer/cobalt
De 1966 parenthèse en
situé entre 100 et 1 000, alors qu’il est supérieur à cm)
à 1995
1 000 pour les autres objets. Elle présente, par ail-
vitesse
leurs, une teneur en nickel située entre 10 000 et d’érosion
100 000 ppm, alors que les autres objets ont une 0,27 0,41 0,037
calculée
teneur inférieure à 10 000 ppm. La composition (en m ∙ an–1)
de ces objets et de celle de la lame est donc diffé- reculs mesurés
rente. Les sidérites présentent une composition (en m, valeurs
également différente, mais très proche de celle mesurées sur 12 m 8 m
0 m (0 cm)
la carte entre (0,3 cm) (0,2 cm)
de la lame. En effet, leur rapport fer/cobalt s’éta-
De 1995 parenthèse en
blit aux alentours de 100 et leur teneur en nickel à 2008 cm)
aux alentours de 100 000. L’hypothèse selon
vitesse
laquelle cette lame a été forgée à partir du métal d’érosion
0,41 0 0,27
d’une sidérite est donc acceptable, mais il reste à calculée
expliquer les différences observées. (en m ∙ an–1)
Remarque à l’attention de l’enseignant∙e : on pour-
Les vitesses d’érosions varient donc de 0 à
rait faire l’hypothèse d’une différence liée au travail
0,41 m ∙ an–1 à la fois en fonction du lieu et du
du métal chauffé pour être forgeable.
temps. Elles ne peuvent donc pas être utilisées
3. On sait que les sidérites sont une famille d’as- comme outil de datation.
téroïdes qui se sont formés en même temps que
les autres objets du système solaire comme les 12  L’âge de la Lune
planètes. Si cette lame a été forgée à partir du
1. Comme pour la Terre, il est difficile de donner
métal d’une sidérite, ses métaux ont donc un âge
un âge à la Lune, car on nous indique que sa sur-
proche de celui de la Terre, c’est-à-dire environ
face a été en partie renouvelée, donc rajeunie, par
4,57 milliards d’année.
une activité volcanique importante. Les roches
11  Érosion et datation que l’on a pu échantillonner au travers des diffé-
rentes missions spatiales n’ont donc pas obliga-
Selon la zone de la carte étudiée, on peut mesurer toirement le même âge que celui de la Lune.
le recul de la falaise à l’aide de l’échelle proposée,
Remarque à l’attention de l’enseignant∙e : on peut
et, connaissant les positions de la falaise à diffé-
aussi remobiliser certains acquis des élèves de la
rentes dates, en déduire la vitesse d’érosion.
classe de Seconde, puisque, sur Terre, l’érosion,
Exemple de calcul accompagnée de phénomènes tectoniques plus
Au centre de la carte, on mesure à la règle un complexes vus en Première spécialité, est essentielle-
recul des côtes de 0,3 cm entre les lignes rouge ment à l’origine de la destruction des roches les plus
et bleu : anciennes des surfaces émergées.
0,3 × 40 = 12 m. 2. D’après le doc.  a , on voit que plus les échantil-
12 mètres ont été perdus entre 1966 et 1995. lons récoltés sont âgés, et plus le nombre de cra-
On en déduit la vitesse d’érosion sur cette période tères d’impact est élevé dans la région où ils ont
de 29 ans : été trouvés. Par exemple, pour des roches d’envi-
12 ron 3,2 Ga, on aurait un nombre de cratères situé
 = 0,41 m ∙ an–1. aux alentours de 1 pour 10 000 km2 contre 5 pour
29
Il est aussi possible de montrer qu’en un même des roches âgées de 3,9 Ga.
lieu la vitesse d’érosion a varié au cours du temps : 3. Sur le doc.  b , on observe 98 cratères d’impact
pour une surface de 150 000 km2 soit :
98
 × 10 000 = 6,53 cratères pour 10 000 km2.
150 000

CHAPITRE 2 • L’histoire de l’âge de la Terre 99

04733691_.indb 99 08/10/2019 14:44


D’après le doc. a , cela correspondrait à un âge Il faut ensuite calculer la durée nécessaire pour
situé entre 4 et 4,1 Ga. que les rivières apportent cette masse de sodium
Remarque à l’attention de l’enseignant∙e : jusqu’aux océans. Selon Joly, les rivières trans-
portent 1,57 × 1011 kg de sodium par an, soit un
−− cet exercice pourrait être traité à l’aide du logiciel
temps t de :
Mesurim et son outil comptage si les conditions le
permettent ; 1,42 × 1022 × 10–3
t=
−− l’image de la surface lunaire est tirée du site 1,57 × 1011
https://quickmap.lroc.asu.edu à explorer sans 1,42 × 1019
t=
modération ! 1,57 × 1011
4. Cette méthode est peu fiable, car les impacts t = 0,90 × 108
météoritiques restent aléatoires. De plus, on soit t = 90 000 000 années.
voit que les points correspondant aux missions Remarque : il faut veiller à convertir les grammes en
lunaires ne sont pas parfaitement alignés. On ne kilogrammes, d’où le facteur 10–3.
peut donc utiliser cette méthode pour obtenir un L’âge de la Terre est donc d’environ 90 millions
âge précis. d’années, durée requise pour apporter le sel
5. Il faudrait étudier la région de la Lune la plus depuis les continents jusqu’aux océans.
fortement cratérisée pour en estimer l’âge, en 2. Tout d’abord, la valeur de l’âge de la Terre
supposant que cette région ait subie ces impacts admise actuellement est d’environ 4,57 milliards
aussitôt la Lune formée. d’années, donc la masse de sodium mNa accumu-
Prépa lée dans les océans devrait être bien plus élevée
13   BAC  a calcul de l’âge de la Terre par le
L que celle estimée dans l’énoncé.
sel de mer Elle devrait en effet être de :
1. Pour calculer l’âge de la Terre selon la méthode m Na = 1,57 × 10 11 × 4,57 × 10 9 = 7,175 × 10 20 kg,
de Joly, il faut tout d’abord calculer la masse totale soit 7,175 × 1023 g, soit 71,75 × 1022 g, donc plus
de chlorure de sodium présent dans les océans 71,75
de 50 fois la masse actuelle (  = 50,52).
mNaCl. Pour cela, on sait que l’eau de mer contient 1,42
environ 35 g ∙ kg–1 de sels, dont 77,8 % de NaCl. Ensuite, grâce au document 3, qui présente les
Par ailleurs, on nous indique que les océans sources chaudes océaniques, on observe que
contiennent 1,33 × 1021 kg d’eau, donc : l’eau de mer pénètre dans la croûte océanique.
mNaCl = 35 × 1,33 × 1021 × 0,778 Par ailleurs, le tableau indique que :
soit mNaCl = 36,21 × 1021 g. −− l’eau de mer entrante contient 10 500 ppm de
Cette masse correspond à la somme du sodium et sodium et 19 500 ppm de chlore ;
du chlore, dont les masses molaires sont respecti- −− l’eau de mer sortante ne contient plus que
vement de 23 g ∙ mol–1 et 35 g ∙ mol–1. 9 931 ppm de sodium et 17 300 ppm de chlore.
Donc, dans une mole de NaCl, la proportion de En conclusion, le chlorure de sodium est en partie
sodium (Na) est : stocké dans la croûte océanique, et l’hypothèse
23 est la suivante : le sel apporté par les rivières
aux océans est en partie intégré dans la croûte
(35,5 + 23)
océanique.
soit 39,3 % de la masse totale de NaCl.
Il aura donc fallu une durée beaucoup plus impor-
La masse de sodium des océans m est donc :
tante pour atteindre la concentration actuelle de
m = 36,21 × 1021 × 0,393 sel mesurée dans les océans. Cela explique la
m = 14,2 × 1021 différence de l’âge de la Terre calculé par Joly, et
soit m = 1,42 × 1022 g. celui admis actuellement.

100 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 100 08/10/2019 14:44


PARTIE   3

Chapitre

La Terre dans l’Univers
Manuel p. 184

LE PROGRAMME

3. La Terre, un astre singulier

3.3 – La Terre dans l’Univers


Le mouvement de la Terre dans l’Univers a été l’objet de célèbres et violentes controverses. L’étude de
quelques aspects de ces débats permet de comprendre la difficulté de la construction du savoir scientifique.

Savoirs Savoir-faire

Observée dans un référentiel fixe par rapport aux


étoiles, la Terre parcourt une trajectoire quasi
circulaire autour du Soleil.
Le passage d’une conception géocentrique à une Interpréter des documents présentant des arguments
conception héliocentrique constitue l’une des historiques pour discuter la théorie héliocentrique.
controverses majeures de l’histoire des sciences.

Observée dans un référentiel géocentrique, la Lune Interpréter l’aspect de la Lune dans le ciel en fonction
tourne autour de la Terre sur une trajectoire quasi- de sa position par rapport à la Terre et au Soleil.
circulaire. Elle présente un aspect qui varie au cours
de cette rotation (phases).
La Lune tourne également sur elle-même et présente
toujours la même face à la Terre.

Prérequis et limites

L’organisation du système solaire est déjà connue. L’accent est mis ici sur la compréhension de cette
organisation au cours de l’histoire des sciences et sur l’importance des controverses scientifiques concernées.

101

04733691_.indb 101 08/10/2019 14:44


JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 184
›Exemple
› de réponse attendue
On peut dire que le mouvement du marcheur est
SITUATION 1 rectiligne uniforme car on peut relier (quasiment)
les positions du centre du marcheur par une
Il s’agit ici de faire un état des lieux des connais- droite et les positions du marcheur sont réguliè-
sances des élèves sur la composition du système rement espacées. Pour décrire un mouvement, il
solaire, identifier éventuellement des représenta- faut préciser la nature de la trajectoire et l’évolu-
tions erronées et revoir le vocabulaire associé. tion de la valeur de la vitesse.
›Exemple
› de réponse attendue › classe de 1re enseignement scientifique
›En
L’étoile du système solaire est le Soleil, la Terre est Dans une approche spiralaire de l’enseignement
une planète du système solaire et la Lune est son de la physique-chimie, la description du mouve-
satellite. On peut rappeler que le système solaire ment introduite en cycle 4 et détaillée en classe
est constitué de 8 planètes : Mercure, Vénus, de Seconde est appliquée ici au mouvement de
Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune. la Terre dans le référentiel héliocentrique traité
Les six dernières planètes ont des satellites. dans l’activité 3 et à celui de la Lune dans le réfé-
rentiel géocentrique dans l’activité 4.
› classe de 1re enseignement scientifique
›En
Dans une approche spiralaire de l’enseignement
de la physique-chimie, on insiste sur la dimension
historique de la représentation du système solaire
et l’évolution des connaissances sur la place de la ACTIVITÉS
Terre dans l’Univers. Les élèves approfondissent p. 186 ❚ ACTIVITÉ 1
en particulier les controverses liées à la représen-
tation du Monde dans l’activité 1 et l’activité 2, sur Du géocentrisme à l’héliocentrisme
l’exemple particulier du mouvement de la planète Cette activité a pour objectif de traiter la partie
Mars. suivante du programme :
Savoir : «  Le passage d’une conception géo­
centrique à une conception héliocentrique consti-
SITUATION 2 tue l’une des controverses majeures de l’histoire
Il s’agit ici d’insister sur l’importance de définir un des sciences. »
référentiel pour décrire un mouvement. Savoir-faire : « Interpréter des documents pré-
sentant des arguments historiques pour discuter
›Exemple
› de réponse attendue la théorie héliocentrique. »
Sur l’illustration, on constate que les deux person- Cette activité présente certains acteurs et tra-
nages dans le train sont immobiles l’un par rap- vaux de l’Histoire de la représentation du Monde
port à l’autre mais en mouvement par rapport à la et permet aux élèves de travailler sur des docu-
vache. Il faut toujours préciser le référentiel avant ments historiques. On parle plutôt de la repré-
de décrire un mouvement. sentation du Monde que du système solaire car
la notion de système solaire implique l’héliocen-
› classe de 1re enseignement scientifique
›En
trisme. L’utilisation du logiciel Stellarium n’est pas
Dans une approche spiralaire de l’enseignement indispensable pour répondre aux questions. Si on
de la physique-chimie, on réinvestit l’importance l’utilise, il faut bien veiller à l’orientation Est-Ouest
de préciser le référentiel pour décrire un mou- pour retrouver les observations de Galilée. Il faut
vement (vu en classe de Seconde). Le mouve- également utiliser l’oculaire avec un grand champ
ment des astres est différent selon le référentiel. visuel apparent pour observer les satellites de
On définit aussi le référentiel héliocentrique et Jupiter.
géocentrique qui sera utilisé pour décrire le mou-
vement des astres dans les activités 2,3 et 4. DOC

Démarche expérimentale
Voici un extrait d’une simulation du ciel du 7 jan-
SITUATION 3 vier 1610 à Padova à 18 h avec Stellarium. Les
Il s’agit ici de vérifier que les élèves savent bien satellites observés sont Ganymède, Callisto, Io
décrire un mouvement en particulier à partir et Europe. Sur cette image, Io et Europe sont
d’une chronophotographie. confondus et l’Est et Ouest inversés.

102 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 102 08/10/2019 14:44


4. Des religions se sont opposées à l’héliocen-
trisme car dans cette théorie la Terre, la planète
sur laquelle l’Homme se trouve, est une planète
comme les autres.

p. 188 ❚ ACTIVITÉ 2

Le mouvement de Mars
Cette activité a pour objectif de traiter la partie
suivante du programme :
Savoirs : « Observée dans un référentiel fixe par
rapport aux étoiles, la Terre parcourt une trajec-
›Exemple
› de correction des pistes de travail toire quasi circulaire autour du Soleil. Le passage
1. d’une conception géocentrique à une conception
héliocentrique constitue l’une des controverses
Terre majeures de l’histoire des sciences. »
Lune
Savoir-faire : « Interpréter des documents pré-
Soleil
sentant des arguments historiques pour discuter
Vénus la théorie héliocentrique. »
Mercure
Le mouvement de Mars est beaucoup plus simple
Mars
dans la théorie héliocentrique que dans la théorie
Jupiter
géocentrique. Pourtant, cela n’a pas empêché les
Saturne astronomes de l’Antiquité de trouver des modèles
très astucieux pour expliquer le mouvement de
étoiles fixes
Mars par rapport à la Terre. Pour observer la
rétrogradation de Mars avec le logiciel Stellarium,
on peut choisir n’importe quelle date pourvu
qu’on fasse défiler les 30 mois.

2. La vision du Monde de l’Antiquité est dite DOC

géocentrique car elle place la Terre au centre Démarche expérimentale


de l’Univers. La vision de Copernic est dite Du 1er janvier 2020 au 1er juillet 2023, on constate
héliocentrique car elle place le Soleil au centre du que Mars évolue devant les constellations dans
Monde. La vision de Tycho Brahé est dite géo-hé- l’ordre des constellations du zodiaque, semble
liocentrique car la Terre est au centre de la repré- revenir en arrière quand elle se trouve derrière
sentation mais le Soleil est un autre centre de la constellation du Taureau en janvier 2023, puis
rotation (pour Mercure et Vénus). reprend sa trajectoire devant les constellations à
3. Arguments en faveur du géocentrisme : partir d’avril 2023.
−− Si la Terre était en mouvement, un projectile DOC

envoyé verticalement vers le haut ne retomberait Démarche


pas au même point : document 1. expérimentale 20
−− Les convictions philosophiques et religieuses
qui placent l’Homme et donc sa planète au centre Voici le résultat
du Monde : document 1. du pointage :

Arguments en faveur de l’héliocentrisme :


−− Le mouvement du Soleil dans le ciel terrestre
peut être décrit comme le résultat du mouvement
de la Terre autour de son axe et de son mouve- y
ment autour du Soleil : document 2.
−− Jupiter est également un centre de rotation : des
astres tournent autour de Jupiter : document 4. référentiel x
Tous les astres ne tournent donc pas autour de géocentrique
la Terre. 1

CHAPITRE 3 • La Terre dans l’Univers 103

04733691_.indb 103 08/10/2019 14:44


›Exemple
› de correction des pistes de travail l’hémisphère Nord et est au Nord à midi solaire
1. Doc. 1 : le point de vue est géocentrique car on dans l’hémisphère Sud.
se réfère au centre de la Terre.
›Exemple
› de correction des pistes de travail
Doc. 2 : le point de vue est géocentrique car on se
réfère au centre de la Terre. 1. Selon la troisième loi de Kepler, la trajectoire de
la Terre autour du Soleil est une ellipse qui a une
Doc. 3 : le point de vue est héliocentrique car on
forme ovale donc quasi circulaire (doc. 1).
se réfère au centre du Soleil.
Doc. 4 : le point de vue est héliocentrique car on 2. Le mouvement de la Terre autour du Soleil s’ex-
se réfère au centre du Soleil. plique par la vitesse de la Terre et l’attraction exer-
cée par le Soleil sur la Terre (doc. 2).
2. On parle de rétrogradation car dans le ciel, sur
3. Si on note d la distance parcourue par la Terre
le fond des constellations, Mars part en arrière
pendant une révolution, Δt la durée en seconde
puis reprend son chemin dans les constellations
correspondant à une révolution et R le rayon de
sur la simulation de la démarche expérimentale
l’orbite de la Terre autour du Soleil, la vitesse
du document 1. C’est aussi ce que l’on constate
moyenne de révolution de la Terre s’exprime :
sur le pointage du document 3.
d 2πR
3. Les mouvements de Mars et de la Terre dans v= =
∆t ∆t
le référentiel héliocentrique sont circulaires
Le rayon moyen de l’orbite terrestre vaut :
uniformes.
147 000 000 + 152 000 000
4. La rétrogradation de Mars s’explique très sim- = 149 500 000 km,
2
plement dans le référentiel héliocentrique car
soit 1,495 × 1011 m.
lorsqu’on pointe les positions de Mars depuis la
Terre, on explique la rétrogradation. Dans la théo- 149 500 000 000
Donc v = 2 × π ×
rie géocentrique, Mars tourne sur un épicycle qui 365,26 × 24 × 60 × 60
tourne lui-même sur un déférent. Cette explica-
= 29 765 m ⋅ s–1 ≈ 30 km ⋅ s–1.
tion est plus complexe.
4. Des manifestations du mouvement de la Terre
autour du Soleil sont : le mouvement apparent du
Soleil qui est plus ou moins haut dans le ciel selon
p. 190 ❚ ACTIVITÉ 3 la saison et la latitude du lieu dans lequel on se
trouve ; les saisons.
Le mouvement de la Terre
Cette activité a pour objectif de traiter la partie
suivante du programme : ACTIVITÉ 4
p. 192 ❚
Savoirs : « Observée dans un référentiel fixe par
rapport aux étoiles, la Terre parcourt une trajec- Les phases de la Lune
toire quasi circulaire autour du Soleil. » Cette activité a pour objectif de traiter la partie
Cette activité permet aux élèves de bien com- suivante du programme :
prendre les caractéristiques et les manifes- Savoirs : «  Observée dans un référentiel
tations des mouvements de la Terre. Dans le géocentrique, la Lune tourne autour de la Terre
document 3, les animations apportent une vraie sur une trajectoire quasi-circulaire. Elle présente
plus-value, mais l’activité peut être réalisée avec un aspect qui varie au cours de cette rotation
les schémas  c et e . (phases). La Lune tourne également sur elle-même
et présente toujours la même face à la Terre. »
DOC
Savoir-faire : « Interpréter l’aspect de la Lune
Démarche expérimentale
dans le ciel en fonction de sa position par rapport
•  Le Soleil décrit une courbe d’Est en Ouest dans à la Terre et au Soleil. »
l’hémisphère Nord, plus ou moins haute selon la Cette activité permet aux élèves de bien com-
saison. prendre l’origine et les caractéristiques des
•  Dans l’hémisphère Sud, le mouvement est phases de la Lune. Lors des simulations sur Stella-
aussi curviligne d’Est en Ouest, mais lorsque le rium, on pourra utiliser la fonction oculaire pour
Soleil est au plus haut dans l’hémisphère Nord, il bien visualiser la Lune. Il est possible de modifier
est au plus bas dans l’hémisphère Sud et inver- directement la latitude sur l’onglet « situation »
sement. Le Soleil est au Sud à midi solaire dans pour se placer en différents points de la Terre.

104 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 104 08/10/2019 14:44


DOC
•  On observe les aspects suivants :
Démarche expérimentale
1 2 3 4
On observe un cycle complet de phases de la Lune
(lunaison) sur un mois environ.
Les différents aspects de la Lune dépendent de 5 6 7 8
la latitude du lieu : ils sont opposés en deux posi-
tions symétriques par rapport à l’équateur dans
les hémisphères Nord et Sud. Les parties éclairées
ne sont pas disposées de la même manière selon
Pour mener une investigation
la latitude donc ne sont pas les mêmes aux pôles
et sur l’équateur. 1 nouvelle lune 5 pleine lune
2 premier croissant 6 lune gibbeuse
Phases de la Lune à Quito (latitude 0°) 3 premier quartier décroissante
PC PQ PL DQ DC 4 lune gibbeuse 7 dernier quartier
croissante 8 dernier croissant

hémisphère Nord
Phases de la Lune pour Paris (latitude de 49° Nord)
PC PQ PL DQ DC
nouvelle premier premier lune
lune croissant quartier gibbeuse
croissante
Phase de la Lune pour Puerto Aisén au Chili (latitude
49° Sud)
PC PQ PL DQ DC pleine lune dernier dernier
lune gibbeuse quartier croissant
décroissante

hémisphère Sud
Phases de la Lune au pôle Nord
Les phases de la Lune aux pôles sont complexes
et dépendent des saisons. Voici un exemple pour
nouvelle premier premier lune
une ville au pôle Nord en hiver :
lune croissant quartier gibbeuse
PC PQ PL DQ DC croissante

pleine lune dernier dernier


DOC
lune gibbeuse quartier croissant
Démarche expérimentale décroissante
•  La Lune a un mouvement de rotation et un mou-
›Exemple
› de correction des pistes de travail
vement de révolution autour de la Terre.
1. La Lune a un mouvement de rotation sur elle-
•  Le repère fixe est toujours orienté vers la Terre.
même et un mouvement de révolution autour de
•  On compte un peu plus de 13 révolutions et
la Terre.
rotations de la Lune pendant une révolution de la
La Lune fait environ 13 tours autour de la Terre
Terre autour du Soleil.
pendant une année sidérale, donc cela signifie
DOC
265
qu’elle fait un tour en = 28 jours environ. En
Démarche expérimentale 13
•  On place une lampe fixe qui modélise le Soleil. disposant un repère fixe sur la Lune, on constate
Une personne se place face à la lampe, elle que la Lune fait un tour sur elle-même en même
modélise la Terre. Elle fait tourner la boule de temps qu’elle fait un tour autour de la Terre. Elle a
polystyrène autour d’elle et se place à chaque fois donc une période de rotation égale à celle de
en face d’elle pour constater la partie de la boule révolution soit 28 jours environ.
qui est éclairée. La boule de polystyrène modélise 2. La Lune a une trajectoire circulaire dans le réfé-
la Lune. rentiel géocentrique.

CHAPITRE 3 • La Terre dans l’Univers 105

04733691_.indb 105 08/10/2019 14:44


p. 198 ❚
3. La Lune montre toujours la même face car sa Exercice similaire
période de rotation et sa période de révolution
sont identiques. 7  Éclipse de Lune
4. Les phases de la Lune sont liées à la position 1.
de la Lune par rapport au Soleil et à la position de Soleil
Terre
l’observateur sur la Terre. Lune
5. La valeur moyenne de la lunaison est de :
30 + 29 + 30 + 27 + 31+ 29 + 30 + 29 + 30 + 30 + 29 + 30
12
= 29,5 jours.
ombre
Le décalage par rapport à la période de révolution
est lié au déplacement de la Terre sur son orbite, 2. La Lune est en phase de pleine lune.
donc par rapport au Soleil.
3. a. On représente la trajectoire de la Terre
autour du Soleil et celle de la Lune autour de la
CORRECTION DES EXERCICES
Terre qui est dans un plan incliné par rapport à
celui de l’orbite de la Terre.
p. 197 ❚
Vérifier ses connaissances b. La situation 1 correspond à l’éclipse de Lune
car les 3 astres sont alignés dans l’ordre de la
1  Connaître les mots-clés question 1.
Voir définitions p. 195.

2  Questions à choix multiple p. 199 ❚

A-1 et 2 ; B-1 et 3 ; C-2 et 3 ; D-2 ; E-1. S’entraîner

3  Appliquer le cours 8  Retour vers les problématiques

a. C’est un argument en faveur puisqu’il place la •  Comment a évolué la représentation du sys-


Terre au centre de l’Univers. tème solaire depuis l’Antiquité ?
b. C’est un argument contre car dans la théorie Les savants de l’Antiquité étaient majoritairement
géocentrique, tout tourne autour de la Terre. partisans de la théorie géocentrique qui place
la Terre au centre du Monde. La complexité des
c. C’est un argument contre car la trajectoire des
mouvements des planètes du système solaire par
planètes est plus complexe autour de la Terre.
rapport à la Terre et les observations du ciel qui
d. C’est un argument contre la théorie géocen­ se perfectionnent imposent progressivement la
trique car c’est plus logique que les astres tournent théorie héliocentrique qui place le Soleil au centre
autour de l’astre le plus brillant et volumineux. du système solaire.
e. C’est un argument en faveur du géocentrisme
•  Quelles conséquences a le mouvement de la
car le Soleil est en mouvement depuis la Terre.
Lune sur son apparence depuis la Terre ?
4  Restituer le cours La Lune a un mouvement de révolution autour
de la Terre et un mouvement de rotation sur elle-
1. a. Cela concerne la Terre.
même qui se font avec la même période. Elle pré-
b. Cela concerne la Lune. sente toujours le même hémisphère à la Terre.
c. Cela concerne la Lune. Selon la position du Soleil, de la Terre et de la
d. Cela concerne la Terre. Lune, cet hémisphère est plus ou moins éclairé, ce
e. Cela concerne la Lune. qui constitue les phases de la Lune. Les phases de
f. Cela concerne la Terre. la Lune dépendent de la latitude de l’observateur.
2. La Lune montre toujours la même face car elle
fait un tour sur elle-même et autour de la Terre 9  Dialogue
pendant la même durée. Arguments pour l’héliocentrisme (Salviati) :
−− il y a d’autres centres de rotation, comme Jupiter ;
4  Exploiter un schéma
−− les mouvements sont plus simples autour du
a-5 ; b-2 ; c-7 ; d-4 ; e-1. Soleil.

106 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 106 08/10/2019 14:44


Arguments pour le géocentrisme (Simplicio) : 13  Rétrogradation de Vénus
−− la Terre est la planète de l’espèce humaine, elle
1. a. On étudie ces mouvements dans le référen-
doit donc avoir une position centrale dans l’Univers ;
tiel héliocentrique.
−− le Soleil tourne dans le ciel depuis la Terre.
b. Le mouvement de la Terre et de Vénus sont cir-
10  Les phases de la Lune culaires uniformes.
1. a. Origine des phases de la Lune : le Soleil 2.
éclaire la moitié de la Lune et la partie éclairée 22
visible depuis la Terre est plus ou moins impor- 21
tante au cours de la révolution de la Lune autour 20
de la Terre. 19
T
b. a premier croissant ; trajectoire 18
b premier quartier ; 1 S de Vénus
17
c dernier quartier. 2 par rapport
à la Terre 16
c. On peut modéliser le Soleil par une source de 3 15
lumière comme une lampe et la Lune par une
4 14
sphère. L’observateur est la Terre. On fait tourner 5
la sphère autour de l’observateur en laissant fixe 13
6 12
la source de lumière. 7 8 9 10 11
2. A B C
3. Le mouvement de Vénus par rapport au Soleil
est beaucoup plus simple que celui de Vénus par
rapport à la Terre.

Prépa
14   BAC Les phases de Vénus
b. L’observation des satellites de Jupiter par Gali-
lée est un argument contre la vision géocentrique 1. a. La théorie de Ptolémée est le géocentrisme.
d’Aristote. b. La théorie de Nicolas Copernic est l’héliocen-
trisme.
11  Lever de Terre
2. a. Cela s’inspire de la Lune.
1. Le Soleil se situe en haut à droite, en direction
b. Ces différentes apparences dépendent de la
de la partie éclairée de la Terre.
position de la Lune, de la Terre et du Soleil.
2. En comparant avec les phases de la Lune dans
c. 1 Premier quartier  2 Pleine vénus.
l’hémisphère Nord, cette phase de la Terre serait
la terre gibbeuse. 3. a. Les phases de Vénus de la figure 1 sont en
accord avec le système de Copernic de la figure 2.
3. La Lune tourne autour de la Terre et sur elle-
même avec la même période. La Lune présente b. Des planètes du système solaire ont des satel-
donc à la Terre le même hémisphère appelé : lites donc tous les astres ne tournent pas autour
face visible. L’autre hémisphère est appelé face de la Terre.
cachée.

12  La parallaxe
PROJET EXPÉRIMENTAL ET NUMÉRIQUE p. 201 ❚
1. Il s’agit de l’héliocentrisme.
Ce projet permet de réinvestir beaucoup de
2. La théorie adverse est le géocentrisme : la
notions abordées dans ce chapitre et a l’avantage
Terre est immobile au centre de l’Univers et les
d’aboutir à une réalisation pratique. De plus, le
autres astres sont en mouvement autour.
matériel pour expérimenter les différents cadrans
3. a. La trajectoire de la Terre est quasi circu- est très facile à obtenir et les élèves peuvent expé-
laire autour du Soleil donc dans le référentiel rimenter en autonomie. Le cadran solaire est un
héliocentrique. objet qui peut paraître simple mais sa compré-
b. La Terre fait un tour autour du Soleil en un an. hension est plus complexe.
La parallaxe se mesure au bout d’un demi-tour On peut trouver de très nombreuses ressources
donc au bout de 6 mois. dont des logiciels dédiés en ligne sur ce sujet.

CHAPITRE 3 • La Terre dans l’Univers 107

04733691_.indb 107 08/10/2019 14:44


04733691_.indb 108 08/10/2019 14:44
PARTIE   3

Préparer
le contrôle continu
Manuel p. 202

CORRECTION DES EXERCICES

1  La Terre par rapport au Soleil Une période de cette sinusoïde étant d’un an, on
compte sur cette période 365 strates.
1. On ne peut pas dire : « Il faut plus chaud l’été
parce que le Soleil est plus près de la Terre » car : c. La position du Soleil dans le ciel varie au cours
−− l’été et l’hiver sont inversés dans les hémis- d’une année en raison de l’inclinaison de l’axe de
phères Nord et Sud ; rotation de la Terre. Cette inclinaison est constante
−− le Soleil est en fait légèrement plus éloigné de au cours du temps mais, du fait du mouvement de
la Terre quand c’est l’été dans l’hémisphère Nord la Terre sur son orbite, l’angle que fait un rayon du
(152 millions de kilomètres de distance contre Soleil avec la surface varie au cours de l’année : le
147 millions de kilomètres de distance quand Soleil paraît donc plus ou moins haut dans le ciel.
c’est l’hiver dans l’hémisphère Nord). d. Cette variation de position du Soleil dans le ciel au
2. a. La distance moyenne Soleil-Terre est : cours de l’année ne concerne que les planètes qui
ont un axe de rotation qui est incliné. Ce phénomène
dmax + dmin 152 + 147
dm = =  = 149,5 millions de sera peu notable sur Mercure, Vénus ou Jupiter dont
2 2 l’angle d’inclinaison est inférieur ou égal à 3°.
kilomètres soit 149,5 × 106 km = 1,495 × 108 km.
d
b. On utilise la relation : v = . 2  Vol Toulouse-Toronto
∆t
La Terre fait 1 tour autour du Soleil en 1 année, donc 1. a. On se place sur le 43e parallèle :
parcourt le périmètre de son orbite en 1 année :
d = 2πR = 2π × 1,495 × 108 = 9,389 × 108 km. A
O' 43e parallèle
∆t = 365,25 × 24 × 3 600 = 8 766 × 3 600 43°
= 3,156 × 107 s. 6 371 km
Donc : 43°
d 9,389 × 108 O
v= =  = 29,7 km · s–1.
∆t 3,156 × 107 équateur
3. a. Dans l’hémisphère Nord, le Soleil est haut
dans le ciel en été et bas en hiver. Il retrouve sa O est le centre de la Terre.
position haute dans le ciel tous les ans. Sa position On a la relation :
décrit donc une sinusoïde de période 1 an.
O' A
Comme les stromatolites croissent en s’orientant cos 43 =
6 371
vers le Soleil, leur centre de gravité cherche à
s’orienter vers le Soleil et donc décrit lui aussi une Donc O'A = 6 371 × cos 43 = 4 659 km.
sinusoïde de période 1 an.
On en déduit la circonférence du 43e parallèle :
b. Chaque jour, le Soleil a une autre position dans
p = 2π · O'A = 2π × 4 659 = 29 260 km.
le ciel et les stromatolites ne croissent qu’en jour-
née, le nombre de strates que l’on peut compter est b. L’écart angulaire entre Toulouse et Toronto est :
donc le nombre de jours. 79 – (– 1) = 80°.

PRÉPARER LE CONTRÔLE CONTINU 109

04733691_.indb 109 08/10/2019 14:44


Pôle Nord On va donc déterminer la circonférence du grand
cercle puis la longueur de l’arc de ce grand cercle
qui relie A et B.
La circonférence du grand cercle est :
O' p' = 2π · OA = 2π × 6 371 = 40 000 km.
Toronto 1° Pour en déduire la longueur de l’arc du grand cercle
79°
Toulouse qui relie A et B, il faut déterminer l’angle en O dans
èle
méridien de Grenwich 43e parall le triangle BOA.
Dans le triangle OHA on a la relation :
On en déduit la distance le long du 43e parallèle qui ⎛ 5 990 ⎞
correspond à l’arc AB : ⎜ ⎟
 ⎝ 2 ⎠
⎛ 80 ⎞ sin HOA =  = 0,47
⎜ ⎟ × 29 260 = 6 502 km. 6 371
⎝ 360 ⎠ 
Donc HOA  = 28°.
2. Le tunnel aurait pour longueur AB. 
Donc BOA  = 56°
Dans le triangle isocèle O'AB, connaissant O'A, on On en déduit la longueur de l’arc AB :
peut en déduire HA puis AB. 56
× 40 000 = 6 222 km.
360
O'
On retrouve la valeur proposée dans l’énoncé.

40° 40° d. L’avion de ligne met 7 h 05 min pour effectuer


cette distance.
1
5 min = h = 0,08 h.
12
B H A On peut donc calculer la vitesse moyenne de l’avion
de ligne :
6 222
HA v =  = 880 km · h–1.
sin 40 = 7,08
O' A
donc HA = O'A × sin 40 = 4 659 × sin 40 = 2 995 km 3. La distance Terre-Lune au cours
donc AB = 2 HA = 5 990 km. des temps géologiques
3. a. La distance la plus courte qui sépare deux 1. D’après le document 1, les nautiles actuels pré-
points qui sont sur une sphère est l’arc de cercle sentent, dans leur coquille, des loges où le nombre
qui s’appuie sur le « grand cercle » et qui relie les de stries de croissance (de 29 à 30) est similaire à
deux points. la période synodique, c’est-à-dire au nombre de
b. La trajectoire de l’avion de ligne entre Toulouse jours séparant deux phases lunaires identiques
et Toronto ne suit pas le parallèle mais suit sans (29,53 jours). Cette période dépend du temps que
doute l’arc de cercle qui s’appuie sur le grand cercle met la Lune à réaliser une révolution complète
et qui relie Toulouse à Toronto. autour de la Terre.

c. Pour déterminer la distance la plus courte entre On observe dans le document 1c que le nombre de
les deux villes, il faut déterminer la longueur de stries observées chez des nautiles fossiles est diffé-
l’arc qui s’appuie sur le grand cercle. rent : plus le fossile est ancien et plus le nombre de
stries est faible (il était à 9 il y a 420 millions d’an-
O nées). Cela signifie que la période de révolution de
la Lune autour de la Terre était plus courte, donc
que la Lune était plus proche. L’étude des fossiles
6 371 km
confirme donc l’augmentation de la distance Terre-
Lune au cours des temps géologiques.

H 2. À l’aide du document 2, on peut connaître la dis-


B 5 990 km A tance Terre-Lune en fonction de la période syno-
dique. Le tableau ci-dessous indique les distances

110 PARTIE 3 • LA TERRE, UN ASTRE SINGULIER

04733691_.indb 110 08/10/2019 14:44


Terre-Lune correspondant aux différents fossiles On peut donc dire que la vitesse d’éloignement de
du document 1 : la Lune était supérieure à l’actuelle (3,8 cm · an–1).

Nombre 3. Si on considère une vitesse d’éloignement de


Distance 42,3 cm · an–1 et que la Lune, lors de sa formation,
Âge du fossile de stries
Terre‑Lune
(en Ma) (= période était à une distance initiale de 25 000 km, le temps
(× 103 km)
synodique) mis pour parcourir la distance de 150 000 km
(175 000 – 25 000) est de :
30 25 340
d
v =
190 17 260 t
420 9 175 d 150 × 108
t = =  = 3,54 × 108 ans.
v 42,3
Par exemple, de 420 à 30 millions d’années (soit La Lune aurait donc mis 354 millions d’années pour
en 390 millions d’années), la distance Terre-Lune a atteindre la position qu’elle avait il y a 420 millions
augmenté de 340 – 175 = 165 milliers de km (soit d’années d’où un âge de :
165 × 108 cm), ce qui donne une vitesse moyenne
354 + 420 = 774 millions d’années.
de :
165 × 108 4. L’âge réel de la Lune doit être supérieur car la
 = 0,423 × 10(8 – 6) = 0,423 × 102 vitesse d’éloignement semble avoir diminué au
390 × 106
cours des temps (autrement dit, sa vitesse initiale
= 42,3 cm · an–1. devait être supérieure). Elle aura donc mis beaucoup
plus de temps pour atteindre sa position actuelle.

PRÉPARER LE CONTRÔLE CONTINU 111

04733691_.indb 111 08/10/2019 14:44


04733691_.indb 112 08/10/2019 14:44
PARTIE   4

Chapitre

Le son :
un phénomène vibratoire
Manuel p. 206

LE PROGRAMME

4. Son et musique, porteurs d’information

4.1 – Le son, phénomène vibratoire

La banalité du son dans l’environnement cache une réalité physique précise.

Savoirs Savoir-faire

Un son pur est associé à un signal dépendant du


temps de façon sinusoïdale.
Un signal périodique de fréquence f se décom- Utiliser un logiciel permettant de visualiser le
pose en une somme de signaux sinusoïdaux de spectre d’un son.
fréquences multiples de f . Le son associé à ce Utiliser un logiciel pour produire des sons purs et
signal est un son composé. composés.
f est appelée fréquence fondamentale, les autres
fréquences sont appelées harmoniques.
La puissance par unité de surface transportée par Relier puissance sonore par unité de surface et
une onde sonore est quantifiée par son intensité. niveau d’intensité sonore exprimé en décibels.
Son niveau d’intensité sonore est exprimé en déci-
bels selon une échelle logarithmique.

Une corde tendue émet en vibrant un son com- Relier qualitativement la fréquence fondamentale
posé dont la fréquence fondamentale ne dépend du signal émis et la longueur d’une corde vibrante.
que de ses caractéristiques (longueur, tension,
masse linéique).
Dans les instruments à vent, un phénomène ana-
logue se produit par vibration de l’air dans un
tuyau.

Prérequis et limites

Les notions de son et de fréquence, déjà connues des élèves, sont remobilisées.
La sinusoïde est définie à partir de sa représentation graphique. Aucune construction mathématique
de la fonction n’est attendue.
La formule donnant la fréquence fondamentale d’une corde vibrante en fonction de ses caractéris-
tiques n’est pas exigible.

113

04733691_.indb 113 08/10/2019 14:44


JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 206
›Exemple
› de réponse attendue
Le décibel (dB), sous-unité du bel (1 dB = 0,1 B)
SITUATION 1 est une unité qui retranscrit la sensation auditive.
Le nombre de décibels augmente peu lorsqu’on
Il s’agit de vérifier que les élèves ont bien acquis double le nombre d’instruments.
la notion de fréquence pour un phénomène
périodique. › classe de 1re enseignement scientifique
›En
L’intensité sonore et le niveau d’intensité sonore
›Exemple
› de réponse attendue sont introduits dans l’activité 2. Celle-ci permet de
La fréquence d’un phénomène (en hertz) repré- les différencier et de se familiariser avec les parti-
sente le nombre de fois qu’il se reproduit par cularités de l’échelle logarithmique, à travers une
seconde. Elle est également définie comme activité documentaire.
l’inverse­de la période (en seconde).

› classe de 1re enseignement scientifique


›En
ACTIVITÉS
La notion de fréquence est incontournable du ACTIVITÉ 1
p. 208 ❚
phénomène sonore. Dans l’activité 1, au travers
de documents et d’une activité expérimentale, Les instruments à corde
le lien est fait entre la fréquence de vibration Cette activité a pour objectif de traiter les parties
d’une corde et ses paramètres physiques (lon- suivantes du programme :
gueur, tension, masse linéique). Dans l’activité 3, Savoir : « Une corde tendue émet en vibrant un
construite sur le même genre d’activités, il s’agit son composé dont la fréquence fondamentale ne
de relier la hauteur d’une note (sa fréquence) à la dépend que de ses caractéristiques (longueur,
longueur de la corde ou de la colonne d’air, sui- tension, masse linéique). »
vant le type d’instrument utilisé. Il est également
Savoir-faire : «  Relier qualitativement la fré-
question du lien entre la fréquence de son fonda-
quence fondamentale du signal émis et la lon-
mental et les fréquences des harmoniques. Dans
gueur d’une corde vibrante. »
l’activité 4, essentiellement expérimentale, ce
lien est réintroduit à travers la notion de spectre Les paramètres physiques influençant la fré-
en fréquence et du timbre de l’instrument utilisé. quence de la note produite par une corde sont
mis en évidence dans cette activité. L’accent est
mis sur l’influence de la longueur à travers une
SITUATION 2 activité expérimentale. La conclusion s’appuie sur
la formule donnant la fréquence en fonction de
Il s’agit de vérifier que l’élève associe un son à un
la longueur de la corde, de sa tension et de sa
phénomène de vibration.
masse linéique. Bien que non exigible en classe
›Exemple
› de réponse attendue de première celle-ci permet ici un bilan exhaustif
de l’influence de chaque paramètre.
Lors du passage du courant électrique dans la
bobine, cette dernière se déplace, entraînant la DOC

membrane dans son mouvement. Le mouvement Pour mener une investigation


de la membrane produit le son en faisant vibrer
l’air. ◗◗Exemple de correction
Le mouvement de la corde est périodique car il
› classe de 1re enseignement scientifique
›En se répète à l’identique au bout du même laps de
temps.
L’émission d’un son par la vibration de la corde ou
de la colonne d’air est abordé lors de l’activité 3. Le fait de raccourcir la corde en utilisant un capo-
Celle-ci présente, à travers divers documents et à dastre semble diminuer la période du phéno-
l’aide d’une activité expérimentale, les similitudes mène et donc augmenter sa fréquence.
entre les deux phénomènes produisant un son. DOC

Démarche expérimentale
SITUATION 3 ◗◗Exemple de correction
Il s’agit de vérifier que l’élève connaît l’unité déci- •  Les paramètres qui semblent intervenir sur la
bel et ce qu’elle représente. hauteur de la note sont :

114 PARTIE 4 • SON ET MUSIQUE, PORTEURS D’INFORMATION

04733691_.indb 114 08/10/2019 14:44


−− la longueur de la corde (« lorsqu’on presse fer- 6
f(x) = 8,14882422284965 x − 0,00208505409093
mement sur une corde […] cela a pour effet […] de 5
R ² = 0,999766423627635
rendre la corde plus courte ») ;
4
−− la force de tension de la corde (« Leur tension se
règle à l’aide des clés se trouvant dans la tête de 3
l’instrument ») ;
2
−− son épaisseur (diamètre) (« Une guitare clas-
sique comporte 6 cordes de diamètres […] 1

différents »). 0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7
•  Pour chaque paramètre étudié, il faudra conser-
ver les autres identiques. On obtient une droite passant par l’origine : T est
La longueur de la corde doit être raccourcie pour proportionnel à L.
une même corde, en la bloquant sur une frette DOC

par exemple, ce qui ne change pas sa tension.


Les relations proposées font toutes appa-
La tension sera modifiée sur une corde en tour- raître les paramètres évoquées plus haut. Leur
nant sa clé. influence n’est pas la même pour chaque relation,
Pour comparer deux cordes d’épaisseurs diffé- étant donné qu’elles apparaissent avec des expo-
rentes, il faut qu’elles subissent la même tension. sants différents.
On peut par exemple les enrouler ensemble sur
un cylindre de clé. ›Exemple
› de correction des pistes de travail
L’observation qualitative montre que la fréquence 1. La vibration de la corde est un phénomène
augmente si : périodique. Le motif observé se répète à l’iden-
−− la longueur L de la corde diminue ; tique au bout d’un certain temps. C’est cette vibra-
tion qui génère le son.
−− la force de tension F augmente ;
−− le diamètre de la corde et donc sa masse 2. Les paramètres qui agissent sur la hauteur de
linéique diminue. la note sont :
−− la longueur de la corde ;
DOC −− la force de tension de la corde ;
Démarche expérimentale −− son épaisseur (diamètre).
3. À partir de l’étude qualitative, seules les for-
◗◗Exemple de correction
mules b et c sont à conserver. L’étude quanti-
Sur l’enregistrement b , la mesure se fait sur une tative nous montre une proportionnalité entre T
seule période, ce qui est imprécis. La valeur lue sur et L, donc F et L sont inversement proportionnels,
l’enregistrement n’a qu’un seul chiffre significatif. ce qui valide finalement la formule b .
Il vaudrait mieux mesurer une durée correspon-
dant à plusieurs motifs et diviser par le nombre
de motifs. Ainsi, la précision serait meilleure.
Les mesures obtenues dépendent de la corde p. 210 ❚ ACTIVITÉ 2
choisie et de la tension fixée pour celle-ci.
Intensité sonore
Exemple de mesures obtenues : et niveau d’intensité sonore
T (s ) L (m) Cette activité a pour objectif de traiter les parties
0,0051813472 0,63 suivantes du programme :
0,0048780488 0,596 Savoir : « La puissance par unité de surface
0,0044444444 0,555 transportée par une onde sonore est quanti-
0,0043103448 0,5305 fiée par son intensité. Son niveau d’intensité
0,0041493776 0,505
sonore est exprimé en décibels selon une échelle
0,0037593985 0,469
logarithmique. »
0,0036363636 0,447
0,0034364261 0,422 Savoir-faire : « Relier puissance sonore par unité
0,0032051282 0,398 de surface et niveau d’intensité sonore exprimé
0,0030959752 0,376 en décibels. »
0,0029673591 0,359

CHAPITRE 1 • Le son : un phénomène vibratoire 115

04733691_.indb 115 08/10/2019 14:44


Cette activité documentaire permet de définir Lorsqu’on multiplie la distance de la source par 2,
l’intensité sonore (I ) comme puissance par unité l’intensité sonore est divisée par 4 et le niveau
de surface et d’expliquer ainsi l’effet de la distance d’intensité sonore diminue de 6 dB.
à la source. À travers cette activité, c’est aussi
l’occasion de définir le niveau d’intensité sonore Nombre 1 2 4 8
de sources
(L) partir de l’intensité sonore I et d’illustrer ainsi
les particularités de la fonction « logarithme », en I (W ∙ m–2) 8 16 32 64
étudiant l’influence sur L de la distance à la source
L (dB) 129 132 135 138
et du nombre de sources.
DOC Lorsqu’on multiplie le nombre de sources par 2,
Pour mener une investigation l’intensité sonore est multipliée par 2 et le niveau
d’intensité sonore augmente de 3 dB
◗◗Exemple de correction
•  L’échelle correspondant au niveau d’intensité ›Exemple
› de correction des pistes de travail
sonore est linéaire : une division représente 10 dB. 1. Le niveau d’intensité sonore L (en dB) se calcule
•  L’échelle correspondant à l’intensité sonore n’est à partir de l’intensité sonore (en W ⋅ m–2) grâce à
pas linéaire. En effet, lorsqu’on augmente d’une l’expression :
graduation, la valeur est multipliée par 100. I
L = 10 log  avec I0 = 1,0 × 10–12 W ⋅ m–2.
I0
I
(W ∙ m–2) 10
–12 10–10 10–8 10–6 10–4 10–2 1 100
2. Lorsqu’on multiplie la distance de la source
Log I – 12 – 10 –8 –6 –4 –2 0 2 par 2, le niveau d’intensité sonore diminue de
6 dB.
La fonction log prend la valeur qui se trouve
3. Lorsqu’on multiplie le nombre de sources par 2,
« dans » la puissance de 10. C’est la fonction réci-
le niveau d’intensité sonore augmente de 3 dB.
proque de la fonction 10x.
Plus généralement, pour augmenter le niveau d’in-
•  Un son de 60 dB à 50 Hz donne une sensa-
tensité sonore de 3 dB, il faut doubler l’intensité
tion auditive correspondant à environ 10  dB
sonore (de même, pour diminuer le niveau sonore
(à 1 000 Hz). Par contre, un son de 60 dB à 500 Hz
de 3 dB, il faut diviser l’intensité sonore par 2).
donne une sensation auditive correspondant à
60 dB (à 1 000 Hz)
•  Pour un niveau sonore égal à 60 dB, un son de p. 212 ❚ ACTIVITÉ 3
500 Hz produit une sensation d’intensité sonore
bien supérieure à celle d’un son de 50 Hz. Le saxophone et la guitare
DOC
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme :
Pour mener une investigation
Savoirs : « Un signal périodique de fréquence f se
◗◗Exemple de correction décompose en une somme de signaux sinusoï-
•  S = 4πr2. daux de fréquences multiples de f. Le son associé
L’expression donnée pour l’intensité sonore est à ce signal est un son composé.
donc bien la puissance par unité de surface sur f est appelée fréquence fondamentale, les autres
une sphère de centre la source et de rayon r. fréquences sont appelées harmoniques.
•  Si  I = 1,0 × 10–12, Une corde tendue émet en vibrant un son com-
posé dont la fréquence fondamentale ne dépend
1,0 × 10–12
L = 10 log  = 10 log 1,0 × 100 = 10 × 0 = 0. que de ses caractéristiques (longueur, tension,
1,0 × 10–12 masse linéique).
DOC Dans les instruments à vent, un phénomène ana-
Pour mener une investigation logue se produit par vibration de l’air dans un
tuyau. »
◗◗Exemple de correction
Savoir-faire : «  Relier qualitativement la fré-
d (m) 1 2 4 8 quence fondamentale du signal émis et la lon-
gueur d’une corde vibrante. »
I (W ∙ m–2) 8 2 0,5 0,1
Le but de cette activité est de mettre en parallèle
L (dB) 129 123 117 110
la production d’un son par une corde et par une

116 PARTIE 4 • SON ET MUSIQUE, PORTEURS D’INFORMATION

04733691_.indb 116 08/10/2019 14:44


colonne d’air. L’idée est de présenter l’influence D’après le schéma b fourni, le microphone
de la longueur sur la hauteur du son mais égale- semble sensible à la pression relative.
ment l’origine des harmoniques d’une note à tra- La fréquence suivante doit être f3 = 3f1 ,
vers les modes propres de vibration, qui, bien que
soit f3 = 1 020 Hz et l’allure du mode doit être
non exigible en classe de première, illustrent par-
celle-ci :
faitement les points communs qui peuvent être
faits entre les deux types des instruments cités en
exemple.

DOC
›Exemple
› de correction des pistes de travail
Pour mener une investigation Lorsqu’une corde ou une colonne subit une vibra-
tion, seuls les modes propres de fréquence parti-
◗◗Exemple de correction culière ont une amplitude non négligeable. Ainsi,
La vibration de la corde correspond à une somme la note jouée ne comportera que les harmoniques
des modes propres de vibration de la corde. de fréquence fn = n · f1 .
Plus la longueur de la corde est importante, plus Comme cela a été vu dans le doc. 1, le fait de
la fréquence est faible. diminuer la longueur de la corde fait augmenter
la fréquence du fondamental et donc la hauteur
La fréquence fn de l’harmonique de rang n est :
de la note. Il semble qu’il y ait un comportement
fn = n · f1 où f1 est la fréquence du fondamental.
identique dans la colonne d’air d’un instrument
Enveloppe des 4 premiers modes de vibration : à vent (modes propres, fréquences des harmo-
nœud ventre
niques…). On peut donc imaginer la même consé-
quence pour un instrument à vent : diminuer la
longueur de la colonne fait augmenter la hauteur
f1
(fonda- de la note.
mental)

f2
p. 214 ❚ ACTIVITÉ 4

f3 Notes de musique réelles


ou synthétiques
f4 Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme :
Savoirs : « Un signal périodique de fréquence f se
DOC
décompose en une somme de signaux sinusoï-
Démarche expérimentale
daux de fréquences multiples de f. Le son associé
◗◗Exemple de correction à ce signal est un son composé.
f est appelée fréquence fondamentale, les autres
Première résonance
fréquences sont appelées harmoniques. »
Pour un tube de 50 cm de long, on trouve une fré-
Savoir-faire : « Utiliser un logiciel permettant de
quence minimale f1 = 340 Hz.
visualiser le spectre d’un son.
Il y a un ventre au centre du tube et deux nœuds Utiliser un logiciel pour produire des sons purs et
aux extrémités, soit schématiquement : composés. »
Cette activité expérimentale, mettant en jeu
des acquisitions informatisées de son, met en
évidence la relation mathématique entre les
Les autres fréquences de résonance du tube fréquences des harmoniques et celle du fonda-
On trouve une amplitude maximale pour mental. La notion de spectre abordée à l’activité 3
est réinvestie ici en ajoutant la dimension tem-
f2 = 680 Hz environ, soit f2 = 2f1 . porelle indispensable à la compréhension de ce
Il y a 2 ventres de pression séparés par un nœud qu’est réellement un son.
au milieu du tube (3 nœuds en tout) soit : Remarque de mise en œuvre : la partie 2 de l’ac-
tivité (fabrication d’une note) se fait assez faci-
lement avec le logiciel Audacity qui propose de

CHAPITRE 1 • Le son : un phénomène vibratoire 117

04733691_.indb 117 08/10/2019 14:44


nombreux effets pouvant être appliqués sur E-piano 1
chaque canal, représentant chaque harmonique.
Pour donner l’impression d’une note jouée à l’aide
d’un instrument, il faudra, en particulier, augmen-
ter l’amplitude progressivement au début de la
note (attaque) et rajouter une atténuation en fin
de note.

DOC

Démarche expérimentale

◗◗Exemple de correction
•  Les fichiers Audacity sont disponibles sur le
manuel numérique et sur le site ressources pro-
fesseur :
enseignement-scientifique.editions-bordas.fr Piano 1
Note 1 : e-piano 1, piano 1, violon 1, harpe 1.
Note 2 : orgue 1.
Note 3 : e-piano 2, harpe 2.
Note 4 : piano 2, orgue 2, violon 2.
•  Pour une note identique jouée par deux instru-
ments, on peut dire que le son est différent.
•  Voici des exemples de spectres obtenus avec la
première note (les enregistrements ont été zoo-
més sur l’ordonnée et la fenêtre étendue sur la
largeur de l’écran de l’ordinateur, pour une plus
grande lisibilité).

Harpe 1

Violon 1
Pour les 4 enregistrements, la fréquence du pre-
mier pic (fondamental) est f1 = 440 Hz (correspon-
dant au la3 ). Le premier pic est certainement dû
à une distorsion due au micro qui a enregistré le
son.
Les harmoniques ont pour fréquences des multi-
ples entiers de la fréquence du fondamental. Ainsi
la fréquence de l’harmonique n est : fn = n · f1 .

118 PARTIE 4 • SON ET MUSIQUE, PORTEURS D’INFORMATION

04733691_.indb 118 08/10/2019 14:44


DOC
4  Calculer un niveau d’intensité sonore
Démarche expérimentale
I 3,2 × 10 −2
1. L = 10 log = 10 log = 105 dB.
◗◗Exemple de correction I0 1,0 × 10 −12
Exemple : 2. L’intensité sonore est divisée par 2, car elle est
directement proportionnelle à la puissance de la
source. Le niveau d’intensité sonore est en loga-
rithme de l’intensité sonore : il diminue seule-
ment de 3 dB.

5  Prévoir l’influence des caractéristiques


d’une corde
1. Si la corde est plus épaisse on peut supposer
que sa masse linéique sera plus importante. En
conséquence, la note jouée sera plus grave.
2. Pour compenser le problème, il suffira simple-
ment d’augmenter la tension de la corde, ou, si
cela est possible, de diminuer sa longueur.

p. 220 ❚
Exercice similaire
7  Fabrication d’une flûte de pan
1
1. f = avec f, la fréquence, en hertz (Hz) et T, la
T
période, en secondes (s).
›Exemple
› de correction des pistes de travail
2. La durée de 3 motifs est ∆t = 5 ms = 3T.
1. Si on fixe la hauteur de la note, la fréquence
du fondamental est fixée : c’est la fréquence de la 1
D’où T = 1,7 ms  et  f = = 600 Hz.
note. Les harmoniques ont alors des fréquences 1,7 × 10 −3
fixées puisque la relation entre la fréquence fn de Les harmoniques du spectre sont régulièrement
l’harmonique de rang n et la fréquence f1 du fon- répartis : f4 = 4f1 = 2 400 Hz. Ainsi, la fréquence
damental est fn = n · f1 . du fondamental est f1 = 600 Hz. La flûte est bien
2. Ce qui différencie deux notes identiques jouées accordée.
par des instruments différents, ce sont les ampli- 3. Le spectre en fréquence du tube aura les
tudes de chacune des harmoniques. mêmes fréquences d’harmoniques mais pas les
mêmes amplitudes (ces dernières sont propres
au timbre de chaque instrument).
Ce niveau sonore présente un danger pour l’utili-
CORRECTION DES EXERCICES sateur car il est supérieur à 85 dB.
p. 219 ❚
Vérifier ses connaissances
p. 221 ❚

1  Connaître les mots-clés S’entraîner


Voir définitions p. 217. 8  Retour vers les problématiques

2  Questions à choix multiple •  Comment décrire simplement les sons d’ins-


truments de musique et la sensation sonore
A-2 ; B-1 ; C-2 ; D-1 et 3 ; E-2 ; F-2 ; G-1. qu’ils procurent ?
Les sons produits à un moment donné par un ins-
3  Identifier des spectres
trument de musique comportent plusieurs carac-
Le spectre a car le son de la guitare est un son téristiques : l’intensité sonore – ou mieux : son
composé (contenant des harmoniques) dont la niveau d’intensité sonore, qui correspond davan-
fréquence fondamentale est de 500 Hz. tage à la sensation auditive liée à la puissance – la

CHAPITRE 1 • Le son : un phénomène vibratoire 119

04733691_.indb 119 08/10/2019 14:44


hauteur des notes jouées (graves ou aiguës) asso- Prépa
12   BAC Cordes de piano
ciée à la fréquence du fondamental de chaque
note et enfin le timbre, qui correspond aux ampli- 1 F 1 400
tudes relatives des harmoniques de la note jouée. 1. L = = = 5,8 m.
2f µ 2 × 27,5 3,9 × 10 −3
Ainsi, la connaissance du spectre en temps réel
nous fournit directement ou indirectement toutes 1 F 1 400
ces informations (l’intensité étant liée à l’ampli- 2. a. L = = = 49 cm.
2f µ 2 × 27,5 540 × 10 −3
tude globale de la note).
b. Entourer les cordes des notes les plus graves
9  Niveaux sonores de fil de cuivre permet de les alourdir afin d’aug-
c. 82,1 dB car le niveau sonore augmente un peu menter leur masse linéique et de limiter ainsi leur
lorsque les deux instruments jouent ensemble. longueur pour produire la même note.
3. a. Les intensités sonores s’ajoutant, on peut
10  Son pur ou son composé ainsi obtenir avec plusieurs cordes de notes
1. Signal a  : T = 8 ms d’où f = 125 Hz. aiguës un son d’intensité équivalente à celui d’une
Signal b  : T = 4 ms d’où f = 250 Hz. corde de note grave.

2. Le signal b correspond à un son pur : le motif I 3,16 × 10 −4


b. L = 10 log = 10 × log = 85,0 dB.
élémentaire est de forme sinusoïdale. I0 1,0 × 10 −12
Le signal a correspond à un son composé : le
3I 3 × 3,16 × 10 −4
motif élémentaire n’est pas de forme sinusoïdale. c. L = 10 log = 10 × log = 89,8 dB.
I0 1,0 × 10 −12
3. a. Le son a est joué par un violon : en effet, un
violon produit un son composé, pas un son pur.
b. Le point commun serait la fréquence ou la PROJET EXPÉRIMENTAL ET NUMÉRIQUE
période de la note. La différence se situerait dans p. 223 ❚
la forme du motif élémentaire. Le projet se déroule en deux étapes.
4. Le spectre du son pur ( b ) est constitué d’un Dans un premier temps, il s’agit de fabriquer la
unique pic correspondant au fondamental. Sa flûte en étudiant le lien entre la longueur d’un
fréquence est égale au double de celle qui cor- tuyau sonore et la fréquence de la note jouée.
respond au son composé ( a ). La seule solution Puis, à partir des relations mathématiques liant
possible est : les notes entre elles, de trouver les relations
c correspond à a et f correspond à b . mathématiques entre les différentes longueurs
des tuyaux de la flûte. Bien sûr, il faudra ajuster
I 4,5 × 10 −4
5. L = 10 log = 10 log = 87 dB. les profondeurs de tuyaux (en utilisant des bou-
I0 1,0 × 10 −12 chons cylindriques) à l’aide d’un accordeur pour
être plus précis.
11  L’orgue et la flûte
C’est le second temps de ce projet. Le micro-
1. a. Plus la corde est longue, plus le son est contrôleur recevra une tension sinusoïdale et un
grave, donc sa fréquence diminue. algorithme fondé sur le calcul de la transformée
b. Puisque le comportement est semblable dans de Fourier rapide permet de récupérer la fré-
les instruments à air, on peut imaginer que plus quence, en vue de la comparer à la valeur théo-
la longueur du tuyau est importante et plus le son rique de la note la plus proche, calculée à partir
est grave. des relations mathématiques existant entre les
différentes fréquences des notes. Le traitement
2. a. Les flûtes soprano ont une gamme de fré- du signal est obligatoire avant l’acquisition par
quence plus petite que les flûtes alto, elles doivent le microcontrôleur : il faut rajouter un offset (les
donc être plus courtes que les flûtes alto. mesures s’effectuant entre 0 et 5 V, les tensions
b. Plus on bouche les trous, plus la longueur de la négatives seraient coupées), amplifier et filtrer les
colonne d’air est importante et donc plus la note harmoniques de fréquence supérieures aux fon-
jouée est grave. damentaux des notes de la flûte.

120 PARTIE 4 • SON ET MUSIQUE, PORTEURS D’INFORMATION

04733691_.indb 120 08/10/2019 14:44


PARTIE   4

Chapitre

La musique ou l’art de faire


entendre les nombres
Manuel p. 224

LE PROGRAMME

4. Son et musique, porteurs d’information

4.2 – La musique ou l’art de faire entendre les nombres

Comment l’analyse mathématique du phénomène vibratoire du son aboutit-elle à une production artistique ?
La musique et les mathématiques sont deux langages universels. Les Grecs anciens les ont dotés d’une
origine commune puisque la théorie pythagoricienne des proportions avait pour but de percer les secrets
de l’harmonie musicale. Depuis, les évolutions de la musique et des mathématiques se sont enrichies
mutuellement.

Savoirs Savoir-faire

En musique, un intervalle entre deux sons est défini par le


rapport (et non la différence) de leurs fréquences fondamentales.
Deux sons dont les fréquences sont dans le rapport 2/1
correspondent à une même note, à deux hauteurs différentes.
L’intervalle qui les sépare s’appelle une octave.

Une gamme est une suite finie de notes réparties sur une octave.
Dans l’Antiquité, la construction des gammes était basée sur
des fractions simples, (2/1, 3/2, 4/3, etc.). En effet, des sons dont
les fréquences sont dans ces rapports simples étaient alors
considérés comme les seuls à être consonants.
Une quinte est un intervalle entre deux fréquences de rapport
3/2.
Les gammes dites de Pythagore sont basées sur le cycle des Calculer des puissances et des quotients
quintes. en lien avec le cycle des quintes.
Pour des raisons mathématiques, ce cycle des quintes ne
« reboucle » jamais sur la note de départ. Cependant, les cycles
de 5, 7 ou 12 quintes « rebouclent » presque. Pour les gammes
associées, l’identification de la dernière note avec la première Mettre en place un raisonnement
impose que l’une des quintes du cycle ne corresponde pas mathématique pour prouver que le cycle
exactement à la fréquence 3/2. des quintes est infini.

Les intervalles entre deux notes consécutives des gammes dites


de Pythagore ne sont pas égaux, ce qui entrave la transposition.
La connaissance des nombres irrationnels a permis, au
Utiliser la racine douzième de 2 pour
xviie siècle, de construire des gammes à intervalles égaux.
partager l’octave en douze intervalles
égaux.

121

04733691_.indb 121 08/10/2019 14:44


Prérequis et limites

La construction des gammes dites de Pythagore s’appuie sur des connaissances mathématiques acquises au
collège sur les fractions et les puissances et permet de les mobiliser dans un contexte artistique. L’introduction
des gammes « au tempérament égal » permet de comprendre en quoi la découverte des nombres irrationnels
a des applications en dehors du champ mathématique.
La racine douzième de 2 est introduite par analogie avec la racine carrée, en lien avec l’utilisation de la
calculatrice.

JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 224 tionnel. On a démontré dans le cours de mathé-
matiques de la classe de Seconde que 2 est bien
Ce chapitre utilise des notions du chapitre précé-
un nombre irrationnel, en utilisant un raisonne-
dent (le son : un phénomène vibratoire), ainsi que
ment par l’absurde.
certaines notions mathématiques.
On peut rappeler cette démonstration :
SITUATION 1
On suppose que 2 est un nombre rationnel,
La situation 1 présente un double objectif : tout p
d’abord, mettre en évidence un questionne- c’est-à-dire qu’il s’écrit 2 = avec p et q entiers et
q
ment fondamental sur la nature des nombres, et
premiers entre eux.
aussi rappeler l’utilité d’un type de raisonnement
mathématique vu en Seconde : le raisonnement Alors, en élevant au carré, on obtient :
par l’absurde. p2
2=  soit p2 = 2q2.
›Exemple
› de réponse attendue q2
Cette situation nécessite des savoirs mathéma- On en déduit que p2 est pair. Ceci entraîne que
tiques du collège (propriétés du carré et théo- p est pair, car s’il était impair, son carré serait
rème de Pythagore) et de la classe de Seconde impair, ce qui est impossible.
(nombres rationnels et irrationnels, racines car- Ainsi, p = 2k, avec k entier et alors (2k)2 = 2q2 soit
rées et raisonnement par l’absurde). 2q2 = 4k2 et q2 = 2k2.
Soit un carré ABCD de côté 1. Donc q2 est pair, ce qui entraîne q pair.
D C On aboutit à une absurdité car p et q étant pre-
miers entre eux, ils ne peuvent pas être pairs
simultanément : ainsi, 2 n’est pas un nombre
rationnel.
A B
› classe de 1re enseignement scientifique
›En

L’angle ABC est droit, donc le triangle ABC est rec- Cette situation permet de réactiver la notion
tangle en B. de nombre rationnel et de nombre irrationnel :
On applique le théorème de Pythagore dans le celle-ci est centrale dans les travaux des pythago-
triangle ABC : riciens, puisque tout intervalle musical doit être
rationnel. Elle permet aussi de rappeler un raison-
AC2 = AB2 + BC2.
nement important en mathématiques, le raison-
Puisque ABCD est un carré de côté 1 : AB = BC = 1. nement par l’absurde : celui-ci sera utilisé dans
On en déduit : AC2 = 12 + 12 = 2. l’activité 3 pour montrer que le cycle des quintes
est infini.
D’où : AC = 2.
Ainsi, AC est un nombre irrationnel, c’est-à-dire un
nombre qui ne s’exprime pas comme le quotient SITUATION 2
de deux entiers. En disant que la diagonale d’un La situation 2 reprend des notions du chapitre sur
carré de côté 1 est incommensurable avec son le son avec les harmoniques, notions qui sont au
côté, Hippase exprime que 2 est un nombre irra- cœur de la construction des gammes en musique.

122 PARTIE 4 • SON ET MUSIQUE, PORTEURS D’INFORMATION

04733691_.indb 122 08/10/2019 14:44


›Exemple
› de réponse attendue p. 226 ❚ ACTIVITÉ 1
On a vu dans le chapitre précédent que le spectre
d’un son composé présente plusieurs pics : la fré-
Les intervalles en musique
quence f1 du premier pic est la fréquence fonda- Cette activité a pour objectif de traiter la partie
mentale, les autres fréquences qui apparaissent suivante du programme :
sont les harmoniques, et la fréquence de chaque Savoirs : « En musique, un intervalle entre deux
harmonique est un multiple entier de la fré- sons est défini par le rapport (et non la différence)
quence fondamentale. de leurs fréquences fondamentales. Deux sons
On a donc : dont les fréquences sont dans le rapport 2/1 cor-
respondent à une même note, à deux hauteurs
f2 = 2 f1 ; f3 = 3 f1 ; f4 = 4 f1 ; f5 = 5 f1 ; f6 = 6 f1.
différentes. L’intervalle qui les sépare s’appelle
› classe de 1re enseignement scientifique
›En une octave. »
Cette situation revient sur les rapports existant Le document 1 présente comment Pythagore et
entre la fréquence fondamentale d’un son et ses ses disciples, au vie siècle avant J.-C., ont élaboré
harmoniques : cela permettra, dans l’activité 1, de une théorie de la musique, en liaison avec leurs
comprendre les intervalles choisis par les pytha- travaux et leurs connaissances sur les nombres.
goriciens pour construire une gamme, puisque En effet, selon la tradition pythagoricienne,
les rapports 2/1, 3/2 et 4/3 apparaissent naturel- reprise par les philosophes arabes, la musique est
lement à partir des fréquences calculées en fonc- avant tout question de proportions.
tion de f1. Le document 2 décrit les travaux de l’école pytha-
goricienne dans le domaine de la musique. L’ins-
trument utilisé était le monocorde : la longueur
SITUATION 3
de l’unique corde de cet instrument pouvait être
La situation 3 permet de réfléchir à un phé- modifiée grâce à un chevalet mobile. C’est ainsi
nomène familier dès que plusieurs personnes que Pythagore met en évidence l’octave, la quinte
chantent et ainsi revenir sur une caractéristique et la quarte, associés respectivement aux rap-
d’un son, sa hauteur. ports 2/1, 3/2 et 4/3, rapports formés avec les
premiers entiers.
›Exemple
› de réponse attendue
Le document 3 permet d’appréhender la notion
La hauteur d’un son est définie par sa fréquence
d’intervalle en musique, par la génération de sons
fondamentale. Les choristes chantent la même
de fréquence donnée, puis par l’écoute de sons
note, mais à des hauteurs différentes.
séparés par des intervalles usuels.
› classe de 1re enseignement scientifique
›En Le document 4 fait le lien entre les observations
Cette situation revient sur la hauteur d’un son, des pythagoriciens, fondées sur l’expérience, et
notion qui sera utilisée dans l’activité 2 afin de dis- nos connaissances actuelles en physique, qui uti-
tinguer des notes séparées par une ou plusieurs lisent l’analyse spectrale.
octaves. En effet, si un son a pour fréquence fondamentale
f, ses harmoniques ont pour fréquences 2 f, 3 f,
4 f, 5 f, … Un son situé à l’octave a pour fréquence
fondamentale 2 f, et ses harmoniques ont pour
ACTIVITÉS fréquences 4 f, 6 f, 8 f, … : leurs spectres ont beau-
coup de fréquences communes.
Dans ce chapitre, on traite les notions du pro-
gramme relatives à la construction mathéma- De même, un son situé à la quinte a pour fré-
tique des gammes musicales. Elle permet de 3
quence fondamentale f , et ses harmoniques
comprendre les problèmes qui se sont posés aux 2
hommes pour élaborer une théorie musicale, et 3
ont pour fréquences 3 f, f , 6 f, 9 f, … : leurs
comment ils les ont résolus. On comprend à tra- 2
vers ce chapitre les liens étroits qui existent entre spectres ont là aussi beaucoup de fréquences
la musique et les mathématiques. communes.

CHAPITRE 2 • La musique ou l’art de faire entendre les nombres 123

04733691_.indb 123 08/10/2019 14:44


DOC
L’intervalle entre le 3e harmonique et le 4e harmo-
Pour mener une investigation