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Production de froid

Exemples de calcul de machines


par Georges VRINAT
Ingénieur du Conservatoire national des arts et métiers
et de l’Institut français du froid industriel
Ancien Directeur projet et développement de la société SAMIFI-BABCOCK

1. Changement de frigorigène .................................................................. B 9 745 - 2


1.1 Données du système avant changement .................................................. — 2
1.1.1 Cycle de référence .............................................................................. — 3
1.1.2 Calcul des performances.................................................................... — 3
1.2 Performances après changement de fluide............................................... — 3
2. Groupe refroidisseur d’eau glacée...................................................... — 4
2.1 Données du problème................................................................................. — 4
2.2 Bases de définition du groupe.................................................................... — 4
2.2.1 Puissance frigorifique brute............................................................... — 4
2.2.2 Températures du cycle ....................................................................... — 4
2.3 Choix du compresseur ................................................................................ — 4
2.4 Choix de l’évaporateur ................................................................................ — 5
2.5 Choix du condenseur .................................................................................. — 5
2.6 Étude du circuit ............................................................................................ — 5
2.6.1 Points principaux ................................................................................ — 5
2.6.2 Calcul des débits................................................................................. — 5
2.6.3 Dimensionnement des tuyauteries ................................................... — 6
3. Circuit frigorifique pour surgélateur industriel .............................. — 6
3.1 Données du problème................................................................................. — 6
3.2 Bases de définition du circuit ..................................................................... — 6
3.2.1 Puissance frigorifique nécessaire...................................................... — 6
3.2.2 Températures du cycle ....................................................................... — 7
3.3 Choix des compresseurs............................................................................. — 7
3.4 Choix du condenseur .................................................................................. — 8
3.5 Appareils auxiliaires .................................................................................... — 8
3.5.1 Points principaux ................................................................................ — 8
3.5.2 Calcul des débits................................................................................. — 9
3.5.3 Détermination de l’économiseur
pour un séparateur de liquide vertical.............................................. — 9
3.5.4 Détermination du séparateur
de liquide basse pression de type horizontal................................... — 9
3.5.5 Pompe de circulation.......................................................................... — 9
3.5.6 Tuyauteries principales ...................................................................... — 10
4. Bilan frigorifique d’une chambre froide ............................................ — 10
4.1 Refroidissement des denrées ..................................................................... — 10
4.2 Refroidissement des matériaux de conditionnement .............................. — 10
8 - 1996

4.3 Chaleur métabolique des denrées ............................................................. — 10


4.4 Échanges thermiques par les parois de la chambre froide...................... — 10
4.5 Échanges atmosphériques.......................................................................... — 11
4.6 Éclairage ....................................................................................................... — 12
4.7 Moteurs et engins en fonctionnement dans la chambre ......................... — 12
4.8 Personnes présentes ................................................................................... — 12
B 9 745

4.9 Ventilation interne de la chambre .............................................................. — 12


4.10 Majoration. Puissance frigorifique ............................................................ — 12

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es exercices ont pour but de familiariser le lecteur aux calculs des composants
L essentiels des circuits frigorifiques à savoir les compresseurs et les
échangeurs.
Ils ne prennent pas en compte les accessoires indispensables tels que les dis-
positifs de sécurité, l’automaticité et le contrôle.
Le choix de ces appareils se fait dans les catalogues des fournisseurs et ne
nécessite aucun calcul précis.
L’exercice concernant le changement de frigorigène est applicable à des
frigorigènes différents mais de même nature (halogénés). Ainsi, il est possible
de transposer l’exercice traitant le groupe refroidisseur d’eau glacée à un autre
frigorigène, étant entendu que les performances des échangeurs ne sont que
peu ou pas modifiées par l’emploi d’un autre frigorigène.
Le dernier exercice est relatif au calcul du bilan thermique d’une chambre
froide. En fait, il faut le considérer beaucoup plus comme une méthodologie
qu’un exercice d’application.
Son intérêt réside dans sa portée générale car la méthode est applicable à
tous les types de chambres froides qu’elles soient à température supérieure
à 0 oC (denrées fraîches ou vivantes) ou inférieure à 0 oC (stockage des denrées
et produits surgelés).
Elle peut également servir de guide pour le calcul du bilan d’un système de
réfrigération ou de congélation de produits en considérant que tous les postes
sont thermiquement couverts en une heure de fonctionnement de la machine
frigorifique.

1. Changement de frigorigène À partir d’un relevé complet du cycle avant transformation, on


évalue les deux rendements ηV et ηeff qui vont servir au calcul des
nouvelles puissances frigorifique et absorbée.
Compte tenu des problèmes causés par certains frigorigènes (CFC)
sur l’environnement et, en particulier, sur la couche d’ozone et l’effet
de serre additionnel, la production du CFC 12 (CF2CI2) est arrêtée 1.1 Données du système avant changement
depuis le 1er janvier 1995.
Les procédures légales de récupération de ce fluide sur des
installations existantes ont été mises en place, mais les quantités Le circuit frigorifique (figure 1) renferme un compresseur ouvert,
récupérées ne peuvent suffire à l’entretien des machines restant en à simple effet, dont les caractéristiques de construction sont les
service. suivantes :
Si l’installation utilisant du R 12 n’est pas trop ancienne, on peut — alésage (diamètre du piston).................................... D = 80 mm
envisager d’en prolonger l’existence en remplaçant son frigorigène — course (déplacement du piston) ...............................c = 70 mm
par le R 134a dont les caractéristiques, vis-à-vis de l’environnement, — nombre de cylindres ........................................................... n = 4
comparées à celles du R 12 sont les suivantes : (0) — vitesse de rotation ....................................... N = 1 450 tr · min–1
Son rendement volumétrique peut se représenter par la loi
linéaire :
Fluide R 12 R 134a ηV = 1 – a τ (1)
potentiel de dégradation de l’ozone (ODP) .. 1 0
pC
potentiel d’effet thermique (GWP)................ 3,06 0,30 avec τ taux de compression tel que τ = -------- (rapport des pressions
pF
ODP : ozone depletion potential
GWP : global warming potential absolues de refoulement et d’aspiration).
Les conditions de fonctionnement relevées avant changement de
fluide sont les suivantes :
Le but de cet exemple est de montrer comment recalculer, avant
toute intervention sur l’installation, les nouvelles performances du — température d’évaporation ................................................ θF = 0 oC
système avec le nouveau frigorigène. Le circuit considéré dans cette — température de condensation ................................ θC = + 40 oC
application est un groupe de refroidissement d’eau glacée. — surchauffe utile sortie évaporateur..................................... 10 K
— sous-refroidissement sortie condenseur .............................. 5 K
La méthode consiste à déduire des performances de la machine, — puissance frigorifique
fonctionnant au R 12, celles qu’aura cette même machine avec du dans ces conditions........................ φF = 59,70 kW (frigorifique)
R 134a. — puissance effective absorbée ............................ Peff = 15,10 kW
Pour cela on admet, sans faire de grosse erreur, que, pour des
taux de compression voisins, les valeurs des rendements volumé-
trique ηV et effectif ηeff du compresseur demeurent utilisables.

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— puissance théorique de compression :

P th = ṁ (h2 – h1) = 0,479 × (379,16 – 357,97) = 10,15 kW

— débit-volume aspiré par le compresseur :


3 –1
V˙ a = ṁv 1 = 0,479 × 0,058 3 = 0,027 9 m ⋅ s

— débit-volume engendré par le compresseur :

D 2 cNn ( 0,080 ) 2 1 450


V̇ e = π ------- ------------ = π --------------------- × 0,070 × ------------- × 4 = 0,034 0 m 3 ⋅ s –1
4 60 4 60

— rendement volumétrique du compresseur :


ηV = débit-volume aspiré/débit-volume engendré

V̇ 0,027 9
η V = -------a- = --------------------- = 0,820
V̇ e 0,034 0

— coefficient a de l’équation (1) qui exprime ce rendement :


9,607
• taux de compression .................................... τ = ---------------- = 3,12
3,080
1 – a × 3,12 = 0,820
( 1 – 0,820 )
• coefficient ........................................... a = ------------------------------- = 0,057
3,12

Figure 1 – Circuit frigorifique de refroidissement d’eau glacée — rendement effectif du compresseur :


fonctionnant soit au R12, soit au R134a
puissance théorique de compression ( P th ) 10,15
η eff = ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- = ---------------- = 0,67
puissance effective absorbée ( P eff ) 15,10
1.1.1 Cycle de référence

Les différentes valeurs du tableau 1 sont issues du logiciel


Thermofluid ou des tables de vapeur éditées par la société Dehon. 1.2 Performances après changement
(0) de fluide
Tableau 1 – Caractéristiques du circuit de refroidissement
d’eau glacée fonctionnant au R 12 On envisage le fonctionnement de la machine avec le R 134a, en
conservant les valeurs des températures d’évaporation et de conden-
Pression Température Enthalpie Volume sation, ainsi que la surchauffe et le sous-refroidissement relevés avec
Point particulier absolue  massique massique le R 12.
(figure 1) p h v
On admet que le coefficient a calculé (§ 1.1.2) est encore valable
(bar) (oC) (kJ · kg –1) (m3 · kg–1) avec ce fluide et que le rendement effectif est inchangé.
Vapeur À partir du logiciel ou des tables de vapeur du R 134a
surchauffée ...... 1 3,080 + 10 357,97 0,058 3 (CFH2 – CF3 ), on détermine les valeurs du tableau 2 qui permettent
Vapeur les calculs suivants. (0)
surchauffée ...... 2 9,607 + 55,7 379,16 0,021 2
■ Nouvelle puissance frigorifique F′
Liquide — taux de compression :
sous-refroidi..... 3 9,607 + 35 233,52 0,8 × 10–3
Liquide
τ ’ = pC /pF = 10,164/2,920 = 3,48
détendu ............ 4 3,080 0 233,52 (1) — rendement volumétrique :
Vapeur
saturée.............. 5 3,080 0 351,47 0,108 8 ηV′ = 1 – 0,057 τ ′ = 1 – 0,057 × 3,48 = 0,802
(1) Après détente, le frigorigène est à l’état diphasique, son titre en vapeur — débit-masse :
est alors x4 = 0,22.
ηV′ 0,034 0 × 0,802
ṁ′ = V̇ e --------- = ------------------------------------------- = 0,375 kg ⋅ s –1
v 1′ 0,072 7
1.1.2 Calcul des performances
— puissance frigorifique :
Les relevés du tableau 1 vont permettre de calculer successive-
ment les paramètres suivants : φF′ = ṁ′ ( h 1′ – h 4′ ) = 0,375 ( 406,41 – 248,75 ) = 59,15 kW
— débit-masse de frigorigène circulant :
φF 59,70
- = ------------------------------------------------- = 0,479 kg ⋅ s –1
ṁ = ------------------------
( h1 – h4 ) ( 357,97 – 233,52 )

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Tableau 2 – Caractéristiques du circuit de refroidissement 2.2 Bases de définition du groupe


d’eau glacée fonctionnant au R 134a
2.2.1 Puissance frigorifique brute
Pression Température Enthalpie Volume
absolue  massique massique φ F = q × ρ × c p × (θ E – θ S )
Point particulier
p h v
(figure 1) avec φF (kW) puissance frigorifique brute,
(bar) (oC) (kJ · kg–1) (m3 · kg–1)
q (m3 · s–1) débit d’eau,
Vapeur ρ (kg · m–3) masse volumique de l’eau
surchauffée .......1 2,920 10 406,41 0,072 7
(ρ = 1 000 kg · m– 3 ),
Vapeur cp (kJ · kg–1 · K –1) capacité thermique massique à
surchauffée .......2 10,164 53,4 433,62 0,023 0 pression constante de l’eau
Liquide (cp = 4,186 kJ · kg–1 · K –1)
sous-refroidi......3 10,164 35 248,75 0,9 × 10–3
φF = 0,004 × 1 000 × 4,186 (12 – 6) = 100 kW
Liquide
détendu .............4 2,920 0 248,75 (1) La puissance frigorifique nette utilisable sur le réseau est infé-
rieure à la puissance frigorifique brute qui sera délivrée par le groupe
Vapeur
saturée...............5 2,920 0 397,21 0,068 9 car il faut retrancher à cette dernière :
— les gains thermiques dus au réchauffement des tuyauteries
(1) Après détente, le frigorigène est à l’état diphasique, son titre en vapeur d’eau glacée ;
est alors x 4 = 0,25.
— l’équivalent thermique de la puissance de pompage.

■ Nouvelle puissance effective absorbée Peff


2.2.2 Températures du cycle
′ = ṁ′ ( h 2′ – h′1 )/ η ′eff
P eff
■ Évaporation
0,375 ( 433,62 – 406,41 )
P ′eff = ----------------------------------------------------------------- = 15,23 kW En règle générale, les constructeurs d’évaporateurs-refroidisseurs
0,67 d’eau annoncent, dans leurs catalogues, les performances de leurs
appareils pour des écarts entre la température de sortie d’eau glacée
■ Comparaison des coefficients de performance (COPF ) (0) θ S et la température d’évaporation θF de 3 à 7 ou 8 K.
Dans tous les cas, θF doit rester au-dessus de 0 oC pour éviter le
φF gel possible de l’eau.
Frigorigène φF (kW) Peff (kW) COP F = ----------
- Si on choisit un écart de 6 K :
P eff
θF = 6 – 6 = 0 o C
R12.................. 59,70 15,10 3,95
R134a.............. 59,15 15,23 3,88 ■ Condensation
Dans le cas des condenseurs à air, l’écart entre la température de
condensation θC et la température de l’air ambiant θa est choisi entre
La diminution de 2 % du coefficient de performance est négli- 10 et 15 K.
geable pour ce régime de fonctionnement, un calcul analogue, réa- La plus petite valeur conduit à un condenseur de plus grande
lisé pour des régimes à plus basse température d’évaporation, fait surface donc d’un coût plus élevé, mais la température θC est plus
apparaître des différences plus marquées. faible qu’avec la plus grande valeur, l’écart θC – θa est plus réduit
et la consommation d’énergie est plus faible.
Si on choisit un écart de 11 K :
2. Groupe refroidisseur θC = 29 + 11 = 40 oC
d’eau glacée
2.3 Choix du compresseur
2.1 Données du problème
Le catalogue Carrier donne pour une température θF = 0 oC et une
Nous envisageons le refroidissement de 14,4 m 3 · h – 1 température θC = 40 oC les valeurs de la puissance frigorique, de la
(0,004 m 3 · s–1) d’eau de + 12 oC à + 6 oC, par un groupe frigorifique puissance absorbée et du coefficient de performance (tableau 3).
monobloc fonctionnant au R 22 et comprenant :
(0)
— un évaporateur-refroidisseur d’eau glacée à détente directe ;
— un compresseur à piston hermétique accessible ; Tableau 3 – Choix du compresseur
— un condenseur à air, calculé pour une température ambiante (extrait du catalogue Carrier)
maximale de 29 oC.
Puissance Puissance
Type frigorifique absorbée F
de compresseur F Peff COP F = --------
-
à piston P eff
(kW) (kW)
06 EM 199 105,26 31,12 3,38
06 EA 299 106,59 29,30 3,63

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Ces valeurs s’entendent pour les conditions thermiques 2.5 Choix du condenseur
suivantes :
— surchauffe utile ..................................................................... 11 K La puissance thermique dégagée au condenseur est fournie par
— sous-refroidissement........................................................... 8,3 K la relation :
Le motocompresseur retenu 06 EA 299 possède les caractéris- φC = φF + P
tiques technologiques suivantes :
φC = 106,59 + 29,30 = 135,9 kW
— alésage..................................................................... D = 68,3 mm
— course ....................................................................... c = 73,0 mm Dans le même catalogue Friga Bohn, on sélectionne l’appareil
— nombre de cylindres ............................................................ n = 6 CA 135 C5 S dont les performances sont :
— vitesse de rotation........................................ N = 1 430 tr · min–1 — pour θC – θa = 11 K, φC = 135 kW ;
— débit-volume engendré. V̇ e = 139,6 m 3 ⋅ h –1 ( 0,038 8 m 3 ⋅ s –1 ) — pour θC – θa = 15 K, φC = 196 kW.
— diamètre à l’aspiration........................................................2’’1/8 Le condenseur retenu possède les caractéristiques techno-
— diamètre au refoulement....................................................1’’5/8 logiques suivantes :
— longueur du compresseur ............................................. 865 mm — surface d’échange ............................................................ 440 m2
— largeur du compresseur ................................................ 595 mm — volume interne ...................................................................... 50 L
— hauteur du compresseur ............................................... 515 mm — nombre de ventilateurs ............................................................. 5
— masse du compresseur ....................................................245 kg — vitesse de rotation ................................................. 680 tr · min–1
— débit d’air total.................................................... 48 500 m3 · h–1
— puissance par ventilateur............................................... 0,73 kW
2.4 Choix de l’évaporateur — diamètre entrée vapeur du R22 ........................................ 2’’1/8
— diamètre sortie liquide du R22 .......................................... 1’’5/8
Dans le catalogue de Friga Bohn, on sélectionne l’évaporateur — longueur hors tout...................................................... 5 360 mm
dex 200-15Q dont les performances de puissance et de perte de — largeur hors tout ......................................................... 1 195 mm
charge sont données dans le tableau 4. (0) — hauteur hors tout ........................................................ 1 020 mm
— poids net ............................................................................ 591 kg
— pression sonore à 10 m (sans champ réverbérant) ..55 dB (A)
Tableau 4 – Performances thermiques
de l’évaporateur dex 200-15 Q
(doc. Friga Bohn) fonctionnant au R 22 2.6 Étude du circuit
DT LTD (en K)
Performances 2.6.1 Points principaux
(en K) 3 4 5 6 7
φF (kW) 27,2 51,3 73,7 93,5 Les points principaux du groupe frigorifique fonctionnant au R22
4 sont indiqués figure 2 et les caractéristiques sont données dans le
∆p (m) 0,9 3,0 6,2 10,0
tableau 5. (0)
φF (kW) 32,6 56,5 78,2 98,3
5 Le rendement isentropique est défini comme le rapport entre le
∆p (m) 0,8 2,3 4,5 6,9 travail adiabatique et le travail réel, la valeur de 0,70 choisie ici repré-
φF (kW) 36,9 61,6 82,0 106,4 sente une valeur courante, la valeur réelle est mesurée en plate-
6 forme par le constructeur du compresseur :
∆p (m) 0,8 1,9 3,4 5,7
φF (kW) 31,2 66,5 85,3 114,9 152,4 ∆h is
7
∆p (m) η is = ----------------- = 0,70
0,6 1,7 2,7 4,9 8,7 ∆h réel
DT écart entre les températures d’entrée et de sortie de l’eau.
LTD écart entre les températures de sortie de l’eau et d’évaporation.
2.6.2 Calcul des débits

Pour le couple, LTD = θS – θF = 6 K et DT = θE – θS = 6 K (avec ■ Débit-masse de frigorigène :


LTD écart entre les températures de sortie d’eau et d’évaporation,
φF
DT écart entre les températures d’entrée et de sortie de l’eau). ṁ = ------------------------
-
( h1 – h5 )
La puissance délivrée par l’évaporateur est : φF = 106,4 kW.
La perte de charge sur l’eau est de ∆p = 5,7 m de fluide. 106,59
ṁ = ------------------------------------------------- = 0,612 kg ⋅ s –1
L’évaporateur retenu dex 200-15Q possède les caractéristiques ( 413,32 – 239,31 )
technologiques suivantes :
■ Débit-volume aspiré :
— nombre de tubes rainurés.......................................................44
— longueur des tubes ..................................................... 1 520 mm
V̇ 1 = ṁv 1″ = 0,612 × 0,049 6 = 0,030 4 m 3 ⋅ s –1
— surface d’échange externe .............................................9,68 m2
— diamètre de la calandre.............................................. 219,1 mm
■ Débit-volume refoulé :
— longueur hors tout ...................................................... 4 737 mm
— diamètre entrée R 22 ...........................................................1’’1/8
V̇ 2 = ṁv 2′ = 0,612 × 0,019 5 = 0,011 9 m 3 ⋅ s –1
— diamètre sortie R 22 ............................................................2’’1/8
— diamètres entrée/sortie d’eau ..........................................3’’ gaz
■ Débit-liquide :
— charge de R 22 .................................................................... 4,6 kg
V̇ 4 = ṁv 4 = 0,612 × 0,000 9 = 5,513 ⋅ 10 –4 m 3 ⋅ s –1

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Tableau 5 – Caractéristiques du groupe frigorifique monobloc fonctionnant au R 22


Température Pression absolue Enthalpie massique Entropie massique Volume massique
Point particulier  p h v
(figure 2)
(oC) (bar) (kJ · kg–1) (kJ · kg–1 · K–1) (m3 · kg–1)
Aspiration...............................1 11 4,970 413,32 1,780 0,049 6
Refoulement théorique ........2’ 69 15,33 443,06 1,780
Refoulement réel (1)..............2 85 15,33 455,80 1,810 0,019 5
Condensation.........................3 40 15,33 416,67 0,015 1
Sortie liquide .........................4 32 15,33 239,31 0,000 9
Entrée évaporateur................5 0 4,970 239,31 (2) 0,009 7
(1) Le point représentatif du refoulement réel correspond à la fin de la compression polytropique, alors que le point théorique correspond à une compression
adiabatique.
(2) Après détente, le frigorigène est à l’état diphasique, son titre en vapeur est alors x5 = 0,19.

Tableau 6 – Dimensionnement des tuyauteries


du groupe frigorifique monobloc fonctionnant au R 22
Vitesse
Diamètre Débit-volume Diamètre
du R22
sur appareil V̇ retenu
Tuyauterie u
pouces 3 · s–1)
(mm) (m (mm) (m · s–1)

Aspiration ....... 1 2’’1/8 (54) 0,030 4 54 × 2 15,48


Refoulement ... 2 1’’5/8 (42) 0,011 9 42 × 1,5 9,96
Liquide ............ 3 1’’5/8 (42) 5,513 · 10– 4 35 × 1,5 0,685

3. Circuit frigorifique
pour surgélateur industriel
3.1 Données du problème
Nous souhaitons calculer la puissance frigorifique nécessaire à un
tunnel de congélation industriel traitant 5 t/h de petits pois de + 20 oC
à – 18 oC. Le tunnel, son isolation et son équipement interne (bat-
teries froides, ventilation, tapis, etc.) sont intégralement fournis par
une société spécialisée.
Pour le refroidissement du circuit, nous envisageons l’utilisation
d’un condenseur à évaporation forcée pour économiser l’eau ; la
température humide extérieure est de 22 oC. Le frigorigène retenu
est l’ammoniac (R717 ).

3.2 Bases de définition du circuit


Figure 2 – Groupe frigorifique monobloc fonctionnant au R 22 3.2.1 Puissance frigorifique nécessaire
D’après les catalogues des constructeurs de tunnels, cette puis-
sance est :
2.6.3 Dimensionnement des tuyauteries
n
φ F = 660 kW
Sur un groupe compact, on considère, d’une part, que les
longueurs de tuyauteries sont réduites et, d’autre part, qu’il faut se Elle correspond à la somme de :
rapprocher des dimensions des raccordements des appareils prin- — la puissance de base du tunnel proprement dit (gains ther-
cipaux pour éviter les changements de diamètres des tuyauteries miques, ventilation, etc.) ;
(tableau 6). (0) — la puissance consommée par le traitement du produit :
n b p
φF = φF + φF

La conception générale du circuit frigorifique desservant ce tunnel


apparaît dans le schéma de principe (figure 3).

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Figure 3 – Circuit frigorifique au R717 pour surgélateur industriel

3.2.2 Températures du cycle


Tableau 7 – Caractéristiques thermiques du compresseur
■ Évaporation retenu pour le R717 aux températures choisies
Le fournisseur garantit les performances de son tunnel pour une Évaporation
Condensa-
alimentation des batteries froides (BF) par pompe basse pression Caractéristiques thermiques
tion – 38 oC – 40 oC
(P) avec de l’ammoniac (R717 ) à une température d’évaporation
de – 38 oC. Puissance frigorifique φF /2 ....... (kW) 395 355
Cependant, étant donné ce principe d’alimentation, la pratique Puissance absorbée Peff /2 ........ (kW) 224 217
conduit à considérer une perte de pression dans la canalisation de
Puissance sur l’huile.................. (kW) 153 153
retour du mélange biphasique. + 34 oC Température
Cette perte de pression, de l’ordre de 900 Pa, reportée sur la courbe de suralimentation ..................... (oC) – 22 – 24
de saturation correspond à une différence de 2 K entre la température
d’évaporation dans les batteries et celle régnant dans le séparateur Puissance
économiseur φe /2 ..................(1)(kW) 72,4 68,2
de liquide (SL) soit θF = – 40 oC.
Puissance frigorifique φF /2 ....... (kW) 392 352
■ Condensation Puissance absorbée Peff /2 ........ (kW) 233 226
Dans le cas des condenseurs à effet d’évaporation forcée (C), Puissance sur l’huile.................. (kW) 164 163
l’écart entre la température de condensation et la température + 36 oC
humide de l’air se situe entre 10 et 15 K, on choisira donc a priori Température
une température de condensation de 36 oC. de suralimentation ..................... (oC) – 22 – 24
Puissance
économiseur φe /2 ..................(1)(kW) 76,5 72,4
(1) La puissance de l’économiseur est égale au produit du débit-masse
3.3 Choix des compresseurs basse pression par la variation d’enthalpie subie par le liquide entrant et
sortant de l’économiseur : φ e = ṁ ( h E – h S ) .
Compte tenu de l’importance du bilan frigorifique, le choix se
porte sur deux compresseurs (K) à vis birotor York dont les carac-
téristiques unitaires sont les suivantes : Pour le couple de températures retenues, la puissance frigorifique
fournie par les deux machines fonctionnant en parallèle est :
— type .............................................................. 2317.S 717 GV 06 M
— diamètre des rotors (D )................................................. 233 mm φF = 352 × 2 = 704 kW
— rapport L/D...............................................................................1,7
— volume engendré donc légèrement supérieure à celle strictement requise
à 2 950 tr.min–1 (Ve ) ................... 1 851 m3 · h–1 (0,514 m3 · s–1) n
( φ F = 660 kW ) ce qui constitue une marge de 6,6 %.
— système de suralimentation..................................économiseur
— refroidissement d’huile ........ par ammoniac liquide condensé Chacun des compresseurs est intégré à un groupe préfabriqué
en usine qui comprend :
Un extrait du catalogue technique du fournisseur, pour 4 couples
de températures de condensation et d’évaporation, est donné — un séparateur d’huile ;
tableau 7 (0) — un refroidisseur d’huile refroidi par de l’ammoniac liquide pro-
venant du condenseur et retournant au condenseur sous forme d’un
mélange liquide/vapeur [B 2 365] ;

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— un moteur électrique 2 pôles (2 950 tr · min–1) d’environ


300 kW ; Tableau 8 – Facteur de rejet de chaleur (1)
— la tuyauterie et la robinetterie nécessaires depuis l’entrée des Température humide (en oC)
Température
vapeurs basse pression dans le compresseur jusqu’à la sortie des
de condensation
vapeurs refoulées en sortie du séparateur d’huile ; 18 20 22
— un châssis support de l’ensemble. (oC)
Les caractéristiques d’un groupe complet sont les suivantes : 34 1,03 1,14 1,28
— longueur hors tout ...................................................... 4 000 mm 35 0,95 1,06 1,16
— largeur .......................................................................... 1 600 mm 36 0,90 0,98 1,08
— hauteur ......................................................................... 2 450 mm (1) Catalogue Baltimore.
— masse .............................................................................. 5 900 kg

■ Définition du condenseur
L’appareil de la société Baltimore dont la puissance nominale est
3.4 Choix du condenseur la plus proche, soit 1 292,5 kW, est le modèle VXC N300 dont les
caractéristiques générales sont :
La puissance thermique à dégager au condenseur, pour le régime — débit d’air..................................................................29,3 m3 · s–1
thermique établi, est égale à la somme de la puissance frigorifique — puissance du motoventilateur .......................................... 15 kW
et de la puissance absorbée : — débit d’eau........................................ 29,0 L · s–1 (0,029 m3 · s–1)
— puissance de la motopompe ........................................... 4,0 kW
φC = φF + Peff — charge d’ammoniac .......................................................... 163 kg
— longueur........................................................................5 400 mm
φC = 2 (352 + 226) = 1 156 kW — largeur ...........................................................................2 400 mm
— hauteur ..........................................................................3 500 mm
— masse en ordre de marche .......................................... 9 000 kg
Si le refroidissement du refroidisseur d’huile était effectué par
un fluide extérieur (air ou eau), il y aurait lieu de déduire de ce
bilan la puissance abandonnée sur l’huile soit 163 kW par
machine. On notera au passage l’intérêt que peut présenter l’uti- 3.5 Appareils auxiliaires
lisation de cette puissance pour une récupération de chaleur
éventuelle, généralement pour du préchauffage d’eau.
Les principaux postes à définir sont :
En se référant au catalogue de la société Baltimore, par exemple, — la bouteille intermédiaire (E) [B 2 365] ;
la détermination du choix se fait à partir des critères suivants. — le séparateur de liquide (SL) ;
— la pompe basse pression (P) ;
■ Facteur de rejet de chaleur — les dimensions des tuyauteries principales.
Ce facteur permet de revenir aux bases de définition de la puis- Pour définir ces appareillages, il est indispensable de calculer les
sance nominale des appareils proposés, il est fonction du couple débits de l’ammoniac circulant aux différents points du circuit ; pour
température humide de l’air entrant (22 oC) et température de ce faire, on a recours soit au diagramme de Mollier de l’ammoniac,
condensation (36 oC). Le tableau 8 donne un extrait du document soit aux tables de vapeur, soit à des logiciels spécifiques.
fournissant ce facteur.
La puissance nominale de l’appareil à sélectionner est alors :
1 156 × 1,08 = 1 248 kW. (0) 3.5.1 Points principaux

Les valeurs du tableau 9 sont données par le logiciel Thermofluid


diffusé par la société Dehon. (0)

Tableau 9 – Caractéristiques du circuit frigorifique au R717 pour surgélateur industriel


Température Pression absolue Enthalpie massique Entropie massique Volume massique
Points particuliers  p h v
(figure 3)
(oC) (bar) (kJ · kg–1) (kJ · kg–1 · K–1) (m3 · kg–1)
Aspiration............................ 1 – 40 0,717 1 707,85 7,247 1,567 3
Refoulement mesuré.......... 2 100 13,90 1 970,74 6,734 0,122 9
Condensation...................... 3 36 13,90 1 788,06 6,195
Liquide condensé ............... 4 35 13,90 662,40 0,001 7
Liquide détendu.................. 5 – 24 1,58 662,40 (1)
Liquide économiseur ......... 6 – 24 1,58 391,65 0,001 5
Vapeur économiseur.......... 7 – 24 1,58 1 731,42 0,738
Liquide détendu.................. 8 – 40 0,717 391,65 (1)
Liquide basse pression ...... 9 – 40 0,717 320,55 0,001 5
Le point de refoulement (2) figure la température des gaz volontairement réglée à 100 oC par injection du débit d’huile à 40 oC, car la valeur réelle qui serait atteinte
en fin de compression, sans refroidissement par injection d’huile, dépasserait 200 oC.
(1) Après détente, le frigorigène est à l’état diphasique, son titre en vapeur est alors x5 = 0,20 et x 8 = 0,05.

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3.5.2 Calcul des débits correspondant à un diamètre interne de 500 mm, la hauteur du
cylindre est en général égale à 3 à 5 fois le diamètre de la bouteille.
■ Débit-masse de frigorigène basse pression :
φF
˙ = ------------------------
3.5.4 Détermination du séparateur
m - de liquide basse pression de type horizontal
1 ( h1 – h6 )
m˙ 1 = 704/ ( 1 707,85 – 391,65 ) = 0,535 kg ⋅ s –1 Pour des puissances frigorifiques de cette importance, on sélec-
tionne généralement des appareils horizontaux ; leurs dimensions
débit-volume aspiré en basse pression : dépendent de deux facteurs [B 2 366] :
— le volume de liquide à stocker qui est essentiellement fonction
V̇ 1 = 1,567 3 × 0,535 = 0,838 m 3 ⋅ s –1 du volume interne des batteries froides et de celui des canalisations
de liaison ;
■ Débit-masse venant de l’économiseur : — la vitesse de séparation des gouttelettes.
φe Pour ce type de réalisation, le constructeur de l’installation sélec-
˙ 7 = ------------------------
m - tionne, parmi les bouteilles qu’il a normalisées, un modèle dont il
( h7 – h4 )
vérifie les possibilités. Les dimensions sont les suivantes :
˙ 7 = 144,8/ ( 1 731,42 – 662,40 ) = 0,135 kg ⋅ s –1
m — diamètre ....................................................................... 1 400 mm
— longueur....................................................................... 3 000 mm
débit-volume réintégré par l’orifice de suralimentation : — volume interne ................................................................. 5 200 L
— niveau maximal du liquide ........................................... 850 mm
V̇ 7 = 0,738 × 0,135 = 0,10 m 3 ⋅ s –1 — hauteur libre pour séparation des gouttelettes.......... 550 mm
— volume utile...................................................................... 3 300 L
■ Débit-masse refoulé par les compresseurs : — section de passage des vapeurs ................................... 0,54 m2
˙ + m˙ = 0,535 + 0,135 = 0,670 kg ⋅ s –1
˙ = m — vitesse de passage horizontale
m 3 1 7 ( V̇ 1 /0,54 = 0,838/0,54 ) ............................................. 1,55 m · s–1
débit-volume refoulé par les compresseurs :

V̇ 3 = 0,122 9 × 0,670 = 0,082 3 m 3 ⋅ s –1 3.5.5 Pompe de circulation

(On se reportera à l’article [B 2 366]).


3.5.3 Détermination de l’économiseur Le constructeur du tunnel, concepteur des batteries froides, fixe
pour un séparateur de liquide vertical en général le taux de circulation retenu (rapport du débit-masse de
la pompe à celui qui est vaporisé dans les évaporateurs). (0)
Pour éviter les entraînements de gouttelettes de liquide vers le
compresseur, on adopte en général, dans ce type d’appareil, une
vitesse de passage de 0,50 m · s–1 d’où une section de :

0,10/0,50 = 0,20 m2

Tableau 10 – Dimensionnement des tuyauteries du groupe de surgélation fonctionnant au R717


Diamètre Débit-masse Volume Débit-volume Diamètre Vitesse
sur appareil massique V̇ retenu du R717
Tuyauterie ṁ
v u
(mm) (kg · s–1) (m3 · kg–1) (m3 · s–1) (mm) (m · s–1)
Aspiration générale (BT) (3) .............. .......................... 0,535 1,567 3 0,838 0 273 16
Aspiration compresseur (BT) ............ DN 200 0,268 1,567 3 0,420 0 219 13
Refoulement compresseur ................ DN 150 0,335 0,122 9 0,041 1 168,3 2,06
Refoulement général.......................... .......................... 0,670 0,122 9 0,082 3 168,3 4,12
Condenseur tube entrée .................... 2 × 100 0,670 0,122 9 0,082 3 2 × 100 3,77
Condenseur tube sortie ..................... 2 × 100 0,670 0,001 7 0,001 1 2 × 100 0,06
Liquide haute pression ...................... .......................... 0,670 0,001 7 0,001 1 48,3 0,75
Retour économiseur........................... .......................... 0,135 0,738 0,100 0 114,3 11,10
Liquide moyenne pression ................ .......................... 0,535 0,001 5 0,000 8 42,4 0,76
Alimentation pompe (BT) .................. .......................... 2,00 0,001 4 0,002 8 114,3 0,34 (1)
Départ vers batteries (BT) .................. .......................... 2,00 0,001 4 0,002 8 60,3 1,30
Retour des batteries (BT) ................... .......................... 2,00 0,400 (2) 0,800 0 323,8 11
(1) Cette vitesse est choisie pour éviter les problèmes de cavitation de la pompe.
(2) Dans cette tuyauterie le mélange est biphasique. BT basse température.
(3) Tubes en acier basse température. DN diamètre nominal.

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Pour un taux de 4 par exemple, le débit de la pompe serait ici 4.2 Refroidissement des matériaux
de :
de conditionnement
4 × 704/(1 707,85 – 320,55) ≈ 2 kg/s
ou 2 × 0,001 5 ≈ 0,003 04 m3 · s–1 ≈ 3 L · s–1 ≈ 11 m3 · h–1 Les emballages, les palettes, etc., qui accompagnent les denrées,
subissent également des variations de température :
On rappelle que le taux de circulation de frigorigène R est Q 2 (en kJ/ j) = me ce (θe – θ int)
˙ p et le
égal au rapport entre le débit véhiculé par la pompe m avec me (kg/ j) masse des éléments entrant, par jour, dans
la chambre froide ; elle est souvent donnée
˙F :
débit de frigorigène vaporisé dans l’évaporateur m comme une fraction du tonnage entrant,
ce (kJ · kg–1 · K –1) capacité thermique massique de ces
m ˙p φF éléments,
˙ F = -------------------
R = ---------- avec m -
m ˙F h1 – h9 θ e (oC) température d’entrée de ces éléments
dans la chambre ; souvent égale à θd , elle
peut en différer si ces éléments sont pré-
La hauteur manométrique à prévoir est calculée sur les bases levés dans un parc extérieur (palettes).
suivantes :
— pertes de charge par frottement dans les tuyauteries ;
— pertes singulières dans la robinetterie courante ;
— perte hydrostatique ; 4.3 Chaleur métabolique des denrées
— pertes singulières dans les robinets de réglage de débit.
Il est courant de déterminer une hauteur manométrique de 20 Dans le cas où les denrées entreposées sont vivantes (fruits,
à 30 m de fluide. légumes, etc.) ou si elles sont le support d’êtres vivants (milieux en
fermentation, fromage, etc.), on doit tenir compte d’un apport ther-
mique lié au métabolisme de ces milieux vivants (chaleur de res-
3.5.6 Tuyauteries principales piration, de fermentation, etc.).
Cet apport thermique est proportionnel à la masse de denrées
La définition des tuyauteries principales en fonction des caractéris- présentes dans la chambre froide, Md (kg) :
tiques de circulation du R717 est donnée dans le tableau 10.
Q3 (en kJ/ j) = Md q̇
avec q̇ (kJ · kg–1
· j–1)
chaleur métabolique qui dépend fortement :
4. Bilan frigorifique — de la température θd de la denrée ; elle croît fortement
avec θd (figure 4) ;
d’une chambre froide — de la nature de cette denrée, genre de matériel biologique,
espèce, variété, etc.

Étudions les différents postes du bilan frigorifique d’une chambre


froide pour laquelle le calcul avec l’hypothèse du régime thermique
permanent est acceptable. 4.4 Échanges thermiques
par les parois de la chambre froide

4.1 Refroidissement des denrées Si l’on admet que le régime thermique est permanent, le flux
thermique unitaire (par mètre carré de paroi) ou flux surfacique, ou
encore densité de flux thermique, est :
Lorsqu’il n’y a pas changement d’état de ces denrées, le refroi-
dissement s’exprime par la relation : ϕ = K (θext – θ int )
Q1 (en kJ/ j) = mdcd (θd – θ int ) avec K (W · m–2 · K –1) coefficient de transmission thermique
globale de la paroi considérée.
avec md (kg/ j) masse journalière de denrées entrantes
(masse à refroidir), Pour une paroi plane formée par la juxtaposition de n parois
élémentaires d’épaisseur er et de conductivité thermique λ r , on a :
cd (kJ . kg–1 · K –1) capacité thermique massique de ces
denrées, 1
K = --------------------------------------------------------
-
θd (oC) température moyenne de ces denrées à 1
r=n
e 1
leur entrée, ------------ + ∑ ------r- + -----------
α ext λ r α int
θ int (oC) température que ces denrées doivent r=1

atteindre. avec αext et α int respectivement, coefficients de convection (ou


On fait parfois usage de diagrammes enthalpiques relatifs aux de convection-rayonnement) c’est-à-dire coef-
denrées considérées, en particulier quand il s’agit de la congélation. ficients de transmissions thermiques superfi-
cielles entre cette paroi et les milieux extérieur ou
intérieur,
θext température du milieu extérieur.

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On fait généralement cette détermination en considérant, à part,


les parois latérales, le plafond et le sol, parois qui ne sont généra-
lement pas soumises à la même température extérieure θext .
Pour les parois insolées, on peut être amené à modifier la valeur
de θext pour tenir compte du flux de rayonnement solaire.
Pour un avant-projet, on peut adopter un flux thermique sur-
facique identique pour toutes les parois et de valeur comprise entre
6 et 12 W/m2 (6 W/m2 pour les chambres à basse température de
préférence).
On a donc (avec ϕ en W/m2) :

Q 4 ( en kJ/j ) = ∑ Q4j = ∑ ϕ Sr × 3,6 × 24


avec S r (m2) surface de l’élément r considéré.

4.5 Échanges atmosphériques

Une enceinte froide est le siège d’échanges atmosphériques entre


l’intérieur et l’extérieur. Les échanges en question peuvent être
voulus : introduction d’air neuf et extraction d’air vicié si des per-
sonnes sont présentes en permanence dans l’enceinte, lutte contre
les odeurs ou les dégagements gazeux (éthylène pour les fruits), etc.
On connaît alors l’importance de ces échanges à prendre en compte
dans le bilan.
Mais très souvent ces échanges ne sont pas souhaités (chambre
d’entreposage des denrées surgelées). Ils ne s’en effectuent
cependant pas moins à l’occasion des ouvertures de porte.
Lorsqu’une porte, qui sépare une chambre froide de l’espace exté-
rieur, s’ouvre, l’air intérieur I, plus froid et plus dense que l’air exté-
rieur, s’écoule au dehors par la partie basse de la porte (figure 5).
Il est remplacé par de l’air extérieur E plus chaud, plus humide, moins
dense, qui pénètre dans la chambre par la partie haute de la porte
apportant à cette enceinte l’enthalpie de changement d’état (chaleur
latente) et l’enthalpie sensible (chaleur sensible) caractérisées par Figure 4 – Variation en fonction de la température
le terme Q 5 (en kJ/j). de la chaleur de respiration de divers fruits et légumes

L’importance des échanges atmosphériques dépend :


— de la température interne θint de la chambre ;
— de l’écart de température (θext – θint ) ;
— de la surface de la porte S =  ×  ;
— de sa hauteur  ;
— du nombre d’ouvertures de la porte et de leur durée, etc.
Pour estimer assez grossièrement Q 5 , on considère souvent un
nombre de renouvellements d’air de l’enceinte, exprimant le
nombre de fois, par jour, où le volume d’air intérieur de la chambre
froide (vide) est rejeté dehors et remplacé par l’air extérieur. Pour
une ouverture donnée de la chambre, ce nombre est évidemment
d’autant plus grand que la chambre est plus petite (tableau 11).(0)

Figure 5 – Échanges thermiques provoqués par l’ouverture des portes


Tableau 11 – Nombre de renouvellements journaliers (n)
d’une chambre froide (en volumes par jour)
selon le volume de celle-ci (d’après Backstrom) Notons que, avec cette manière de faire, ni la géométrie de la
porte, ni sa durée d’ouverture n’apparaissent explicitement, ce qui
Volume Volume est critiquable. Elles sont toutefois implicitement prises en compte
n n
(m3) (m3) dans le nombre des renouvellements d’air donnés dans le
7 38 100 9 tableau 11. Ceux-ci correspondent à des nombres d’ouvertures et
10 31,5 500 3,5 à des emplois courants. On peut aussi utiliser la relation n = 70/V,
20 21,5 1 000 2,5 avec V (en m3 ) volume de la chambre.
40 14,5 3 000 1,35

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4.6 Éclairage est souvent caractérisée par ce que l’on appelle le coefficient de bras-
sage défini par :
Si Pel (en W) est la puissance électrique totale consommée par volume d′airdéplacé par heure par le (ou les) ventilateur(s)
les appareils d’éclairage installés dans la chambre et tel (en h/j) la k b = -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
volume interne de la chambre froide
durée de leur fonctionnement, on a :
Ce coefficient k b peut varier dans d’assez larges limites, de 6 à 200
Q 6 (en kJ/j) = Pel tel × 3,6
et même plus. Pour les chambres d’entreposage, les valeurs varient
généralement de 10 à 40. Pour les enceintes de préréfrigération, où
les denrées doivent être refroidies assez vite, ces coefficients sont
4.7 Moteurs et engins souvent de l’ordre de 100. Pour les tunnels de congélation, les coef-
ficients de brassage sont encore plus élevés.
en fonctionnement dans la chambre
Une forte ventilation procure les avantages suivants :
Les machines entraînées et les moteurs d’entraînement sont géné- — un accroissement des phénomènes de convection au niveau
ralement ensemble dans la chambre froide et la puissance électrique des denrées, facilitant les échanges thermiques air-denrées et
dépensée dans les moteurs se retrouve intégralement sous forme augmentant les vitesses de refroidissement ;
thermique dans l’enceinte. Si Pmj (en W) est la puissance électrique — une amélioration de l’homogénéité de température dans la
absorbée par le j-ième appareil qui y fonctionne pendant une durée chambre.
journalière t mj (en h/j), on a : Mais elle s’accompagne aussi de quelques inconvénients :
j=n — un accroissement des pertes d’eau des denrées si l’humidité
Q 7 ( en kJ/j ) = ∑ Pmj tmj × 3,6 de l’air n’est pas suffisamment élevée ; cela est le résultat de l’aug-
mentation des coefficients d’échange de masse entre les denrées
j=1
et l’air due à l’élévation de la vitesse d’air ;
— une consommation d’énergie électrique accrue ;
— une puissance frigorifique nécessaire accrue puisqu’une plus
4.8 Personnes présentes grande puissance thermique est dégagée dans la chambre par le
fonctionnement des ventilateurs ;
La puissance thermique totale φp (en W) dégagée par une personne — un inconfort accru pour les personnes stationnant dans la
dépend de l’importance du travail physique qu’elle exécute chambre.
(tableau 12). (0) Le débit-volume d’air de ventilation (en m3/h) :

V̇ = k bV
Tableau 12 – Puissance thermique dégagée
par le personnel présent dans la chambre froide avec V (m3 )
volume de la chambre, traverse la (ou les) batterie(s)
qui lui oppose(nt) une résistance représentée par la chute de pression
Puissance dégagée ∆p (Pa). C’est la chute de pression due à la batterie froide qui est
par personne (  p ) prépondérante, la chambre elle-même offre peu de résistance si le
Activité
gerbage des denrées est bien fait. En appelant ηv le rendement des
(W) ventilateurs, η M celui des moteurs d’entraînement et t v le temps de
marche journalier des ventilateurs (en h/j), on a :
Personne assise............................................. 102
Personne marchant lentement..................... 131 Q 9 (en kJ/ j) = (∆p t v)/(η v ηM × 1 000)
Personne travaillant légèrement.................. 220
Personne dansant.......................................... 249
Personne travaillant intensément ................ 426
4.10 Majoration. Puissance frigorifique
Ces valeurs sont des moyennes. Elles dépendent en tout état de cause de la
taille, de l’âge, du sexe, de l’habillement de la personne, mais aussi de la
température ; φp croît quand la température baisse. On effectue la somme ∆Qi de ces différents postes et on majore
le résultat obtenu de y %, généralement de 5 à 10 %, pour tenir
compte des apports incalculables que doit également supporter l’ins-
Si la puissance thermique dégagée dans la chambre par la j-ième tallation frigorifique : reliquat de chaleur après dégivrages, apport
personne qui y séjourne t pj (en h /j) est φpj (en W), on a : calorifique du circuit frigorifique lui-même, etc.
j=n On se fixe ensuite un temps de marche journalier des machines
de t (h/jour) et on obtient la valeur de la puissance frigorifique φF
Q 8 ( en kJ/ j ) = ∑ φpj tp × 3,6
j (en kW) de la machine :
j=1

∑ Qi  1 + ----------- / 3 600 t
Ce poste thermique est généralement de faible importance dans n
φF =
le bilan des chambres froides. 100 

Le choix du temps de marche journalier est important : trop court,


il accroît la puissance frigorifique φF (donc l’importance et le prix de
4.9 Ventilation interne de la chambre l’installation), trop long, il complique l’entretien de la machine et
réduit sa durabilité. Il peut être imposé par les conditions parti-
Elle est assurée par le (ou les) ventilateur(s) qui équipe(nt) la (ou culières d’emploi de la machine : machines frigorifiques ne devant
les) batterie(s) refroidissant l’enceinte. L’importance de la ventilation fonctionner que pendant les heures de nuit (heures tarifaires creuses
pour l’électricité), durée de fonctionnement d’un congélateur, etc.

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