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MECA2

Cours Moulage

Chapitre 5 : Etude du remplissage –


Le Système d’attaque

F. Mzali ENIM, 2017


Contenu

1. Définition et rôle du système d’attaque


2. Principes fondamentaux
3. Modes de coulée
4. Modes d’attaque
5. L’échelonnement du système d’attaque
6. Dimensionnement des canaux
7. Verrouillage d’un moule
8. Exercice
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1- Rôle du système d’attaque

Définition : C’est l’ensemble de conduits et d’évidements réalisés


dans le moule afin d’assurer le remplissage de l’empreinte. Il se
compose généralement d’un entonnoir, d’une descente de coulée et
d’attaques de coulée débouchant dans l’empreinte de la pièce.
Masselotte
Entonnoir Event
Descente

Pièce brute

Canal
Attaques de coulée
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1- Rôle du système d’attaque

Le rôle du système d’attaque est d’assurer le remplissage de


l’empreinte :
• sans turbulence (calme),
• sans entraînement d’impuretés (propre),
• selon un temps de remplissage et un débit déterminés
(remplissage uniforme et complet).
Seulement sous des conditions particulières de tracé, le
système d’attaque peut partiellement alimenter la pièce.

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2 – Principes fondamentaux

Le régime d’écoulement du métal liquide est caractérisé par :


Le nombre de Reynolds Re
Re < 2400 : écoulement dit laminaire,
exempt de turbulence. Cas de très faibles vitesses
Re ≥ 2400 : écoulement dit turbulent

Systèmes de coulée courants : 2000 < Re < 20000

1) Coulée faible vitesse (coulée par gravité, basse pression)


Un régime non turbulent est visé : sections fines, Limiter les vitesses
d’écoulement, freins à l’écoulement (filtres, accidents géométriques)
2) Coulée forte vitesse (fonderie sous pression)
On vise plutôt à pulvériser le métal en fines goutelettes : augmenter la
pression, modifier la géométrie des canaux, diminuer la viscosité
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2 – Principes fondamentaux

Deux principes fondamentaux de l’écoulement :

1) Théorème de Bernoulli
Basé sur le principe de conservation de l’énergie
Relie la pression, la vitesse et l’élévation du fluide dans un système
L’équation de bernoulli s’écrit :

p1 v12 p2 v22
h1 + + = h2 + +
g 2 g g 2 g

1 et 2 représentent deux différentes positions dans l’empreinte

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2 – Principes fondamentaux

2) Loi de conservation de masse

La loi de conservation de masse (débit):

Q = A1v1 = A2v2
Où Q est le débit volumique ;
Et v: la vitesse d’écoulement (m/s);

A cause des pertes de charges, le débit diminue le long d’un canal


→ coefficient de perte de charges μ

→ Dimensionnement des canaux de remplissage

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2 – Principes fondamentaux
Principes fondamentaux de l’hydrostatique :
1)Principe de Pascal:
Les alliages liquides transmettent intégralement les pressions et en particulier
leurs poids propres. Le métal placé dans une empreinte en sable ou
métallique est soumis à une pression de:
p = gH
H
Avec: ρ : masse volumique de
l’alliage liquide en Kg/m3
Pression
H: hauteur en m

Empreinte
2)Poussé d’archimède:
« Tout corps plongé dans un fluide au repos, entièrement mouillé par celui-ci
ou traversant sa surface libre, subit une force verticale, dirigée de bas en
haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé »
→ Calcul des efforts à l’intérieur d’un moule 8
3- Modes de coulée

Classification :
• Mode de coulée : Selon le niveau d’entrée de l’alliage (en
chute, en source, mi chute – mi source)
Coulée en chute Coulée en source mi-chute / mi-source

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3- Modes de coulée

Coulée en chute
Hauteur de chute

Profil de température
z

Avantage:
Solidification orientée

Inconvénients:
pourrait provoquer l’érosion du moule, l’oxyde se mélange
au métal
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3- Modes de coulée

Coulée en source

Profil de température
z

Avantage:
Réduction des turbulences et de l’érosion du moule

Inconvénient:
Profil de température défavorable, points chauds en bas du moule

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3- Modes de coulée

Emploi de la coulée en chute:

• Pour les alliages non oxydables à l’état liquide, On peut


citer :
• toutes les nuances de fonte grises lamellaires EN GJL ;
• la grande majorité des bronzes ;
• les laitons ordinaires ;
• les petites pièces en aciers non alliés (dit aciers ordinaires)
pour Hi < 2dm.
• Sauf si la hauteur de chute dans l’empreinte est trop
importante et que l’on craint de la détériorer (cas des
empreintes fragiles ou très fortement noyautées).
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3- Modes de coulée

Emploi de la coulée en source :

• Pour les alliages oxydables à l’état liquide (à la coulée) :


• Ce sont des alliages à base ou renfermant une proportion
notable d’Al, de Mg, de Ti ou de Cr (à partir de 5%), qui
forment facilement des oxydes au moment de la coulée.
• On cherchera un remplissage calme, c’est-à-dire en
réalisant des systèmes d’attaque qui amènent l’alliage
dans les parties inférieures de l’empreinte à vitesse réduite
(entre 0.7 et 1 m/s), notamment au début du remplissage.
• à défaut remplir à mi-source/mi-chute avec limitation de la
hauteur de chute.

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3- Modes de coulée
Emploi de la coulée en source :

• Exemples d’alliages oxydables à l’état liquide :


• toutes les nuances d’alliages d’Al (alliages légers),
d’alliages de Mg (alliages ultralégers),
• les fontes spéciales alliées au Cr, à l’Al, au Ni-Cr ;
• les aciers non alliés (si Hi > 2 dm)
• les aciers faiblement et fortement alliées (au Cr donc les
nuances Inox) ;
• les laitons à haute résistance (laiton HR) ;
• tous les cupro-aluminiums ;
• les alliages de Ti, etc.
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3- Modes de coulée
Cas particuliers :

• La fonte EN GJS (à graphite sphéroïdal) n’est considérée que


modérément oxydable* et on retiendra :
• La possibilité de coulée en chute si Hi < 2 à 3 dm
• La coulée en source ou en mi-chute / mi-source si Hi > 3dm
• Les aciers non alliés (aciers ordinaires) peuvent être :
• remplis en source si Hi > 2 dm ;
• remplis en chute dans le cas de petites pièces avec Hi < 2 dm

*Explication: La fonte GJS contient un élément fortement oxydable à l’état


liquide, le Magnésium, qui provoque la précipitation du graphite sous forme
de sphéroïdes. Toutefois, cet élément est présent dans la fonte en très faible
teneur résiduelle (Mg : 0,03 à 0,06%) ;
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4- Modes d’attaque

Rappel: Modes de solidification des alliages :


• Dans l’intervalle de solidification [TL,TS], un alliage métallique est à l’état
pateux (mushy state) constitué de dendrides colonnaires.
• La largeur de la zone pateuse dépend de la largeur de l’intervalle de
solidification (freezing range) : TL - TS

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4- Modes d’attaque

Le Mode d’attaque (forme, disposition et nombre d’attaques


est choisi en fonction du mode solidification des alliages.
Modes de solidification des alliages :
• Le mode de solidification depend de la largeur de
l’intervalle de solidification (freezing range) : TL - TS
• les métaux purs et la plupart des eutectiques et certains
alliages à petit intervalle de solidification (moins que 50°C)
se solidifient en couche mince,

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4- Modes d’attaque

• alors que les alliages à large intervalle de solidification (plus


que 110°C) se solidifient en couche épaisse

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4- Modes d’attaque
Alliages se solidifiant en couches minces :
• Afin de mieux orienter la solidification, il est recommandé
d’attaquer dans les parties massives les pièces coulées dans
des alliages se solidifiant en couches minces comme par
exemple :
• Les aciers ordinaires, les aciers inoxydables 18/10 et 20/10, les aciers
martensitiques alliés au chrome ;
• Les alliages non ferreux tels que l’alliage AlSi12, les cupro-
aluminiums, les laitons ordinaires 60/40 et 70/30, les laitons à haute
résistance (HR) ;
• Ou bien encore (couches ± minces):
• Les cupro-nickels ;
• Les fontes malléables ;
• Les fontes à graphite sphéroïdal.
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4- Modes d’attaque
Alliages se solidifiant en couches épaisses :
• Dans ce cas, on recherche un remplissage à la température la
plus uniforme possible. Il est alors recommandé de couler
rapidement par des attaques plus nombreuses et en
attaquant dans les parties minces.
• C’est le cas de petites pièces ou pièces d’épaisseur
relativement faible coulées en bronze, en alliages
d’aluminium (excepté AlSi12), en fonte GJL, en acier
fortement allié, au Mn (12 à 14%) ou au Cr (30%).

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5- L’échelonnement

Les paramètres de l’échelonnement sont : Sd (section de


descente); Sc (section de canal) et Sa (section d’attaque)

(en dépression )
( en pression )

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5- L’échelonnement

• D’une manière générale, on peut dire que si l’échelonnement


est convergent, c’est-à-dire si :
1 > Sc/Sd > Sa/Sd
alors le système ne risque pas de provoquer des décollements
de veines fluides (zones de dépression).

• Les systèmes à échelonnement divergent, c’est-à-dire tel


que:
1 < Sc/Sd < Sa/Sd
sont employés afin de réduire la vitesse aux attaques

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6 – dimensionnement des canaux

Forme de la déscente: 1 Bernoulli 2 Conservation du débit

1 = surface libre du métal Bassin de coulée


1
2 = section supérieure de descente hc
3 = section inférieure de descente 2 Descente de coulée
ht

• Hypothèses : 3
– Le métal dans le bassin est à vitesse nulle (hypothèse du reservoir)
– Le moule entier est à la pression atmosphérique (aucun point en dépression) et sans
pertes
Bernoulli →v3= 2𝑔ℎ𝑡 et v2= 2𝑔ℎ𝑐
Conservation du débit →𝑄 = 𝐴3 𝑣3 = 𝐴2 𝑣2

𝐴2 𝑣3 ℎ𝑡 la section de la descente est diminuée


→ = = pour éviter tout aspiration d’air
𝐴3 𝑣2 ℎ𝑐

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6 – dimensionnement des canaux

En pratique et lors d’un moulage mécanisé, on utilise :

Une descente de section constante et même dépouillée


Un étranglement : c’est la section qui détermine le temps de
remplissage du moule

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6 – dimensionnement des canaux
Vitesse du métal liquide en tenant compte des pertes (Théorème
de Bernoulli ):
1 v =  2 gh
La plus petite section S :

2 S = Q / v avec :

𝑸 𝑽 𝑴
→𝑺= = =
𝒗 𝒕𝒓 ∙𝒗 𝝆∙𝒕𝒓 ∙𝝁 𝟐𝒈𝒉

Où Q est le débit (m3/s) ;


v: la vitesse d’écoulement (m/s);
: coefficient de perte de charge (ou B = 1/ : coefficient de débit)
V: le volume de la pièce + masselotte + Système de remplissage;
ρ : la masse volumique de l’alliage à l’état liquide
et tr : le temps de remplissage
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6 – dimensionnement des canaux

Valeurs usuelles du coefficient de perte de charge

En moulage en sable :
Forme de la pièce Coefficient μ
simple 0,5
normale 0,4
complexe 0,3

En moulage en coquille :
Mode de coulée Coefficient μ
Coulée en chute 0,7
Coulée en source ou latérale 0,4
Coulée à plat 0,25

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6 – dimensionnement des canaux
Charge métallostatique
• la charge métallostatique H
est la différence de niveau
entre la surface libre dans le
bassin de coulée et la cote la
plus proche où l’alliage se
retrouve à la pression
atmosphérique.

• Dans le cas du remplissage en


chute, la charge H est
constante.

• dans le cas du remplissage en


source, la charge H varie
pendant le remplissage d’un
maximum Hi à un minimum
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Hf
6 – dimensionnement des canaux
Calcul de la section

• pour le remplissage en chute :

• pour le remplissage en source : on démontre, que tout se passe


comme si l’empreinte considérée était remplie en chute dans un
même temps et sous une charge constante H, telle que :

• La section de descente devient :

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6 – dimensionnement des canaux
Calcul de la section
• Cas général d’un remplissage mi-chute mi-source :

• la charge métallo-statique devient :

avec a : fraction volumique remplie en source

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6 – dimensionnement des canaux

Cas du moulage en coquille par gravité


Vitesse d’écoulement: HU: la hauteur utile de charge. Elle tient compte
des variations du débit pendant la phase de
remplissage. Elle dépend du système de coulée

→La plus petite


section de coulée :
S=Q/U

HA est la hauteur de charge réelle, HM: la distance du milieu de l’attaque au


bord supérieur de la pièce HE: la hauteur de l’empreinte de la pièce. 30
6 – dimensionnement des canaux

Cas du moulage en coquille par gravité

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6 – dimensionnement des canaux
Choix du Temps de remplissage :
Pour les alliages légers (Al et Mg):

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6 – dimensionnement des canaux
Choix du Temps de remplissage :
Pour les aciers :

Pouring time = 𝑲 𝑾;
W is weight of casting in lbs
K isfluidity factor
K = 1.2 for 100 lb casting
K = 0.4 for 100,000 lb casting
(K values plotted against log W)

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6 – dimensionnement des canaux
Choix du Temps de remplissage :
Pour les fontes grises (GJL) :

Pour des pièces d’épaisseurs 2.5 – 15 mm et masse inférieure à 450 kg

t = S √W seconds

W = masse du métal liquide coulé, kg


S = coefficient dépendant de l’épaisseur de pièce

e, mm 2.5 – 3.5 3.5 – 8.0 8.0 – 15.0


S 1.63 1.85 2.20

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7- Verrouillage des moules
Cas d’une coquille
La pression dans le moule pendant la coulée :
p = gH Avec: ρ : masse volumique de
l’alliage liquide en Kg/m3
H: hauteur en m

Efforts sur les parois du moule : A1


H
F = p ∙ A1

S : action de serrage des


chapes l’une sur l’autre
S S

Solution: Chapes

Choisir S > > F pour éviter tout Risque d’ouverture du moule pendant la coulée
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7- Verrouillage des moules
Cas d’un moule en sable
p = h ∙ ρG ∙ g

FA = p ∙ A = h ∙ ρG ∙ g ∙ A

FK = VK ∙ ρG ∙ g - VK ∙ ρK ∙ g
= VK ∙ g ∙(ρG - ρK)

F = (1.3…1.5) ∙ (FA + FK)

Solutions : Verrouillage F ou charge: F/g

p : Pression au sein du moule en Pa


FA ,FK: Efforts de soulèvement en N
h: Hauteur de la colonne de sable au dessus de l’empreinte
ρG: Masse volumique du métal liquide
ρK: Masse volumique du noyau
A: Surface projetée au plan de joint de l’empreinte 36
VK : Volume de la partie du noyau immergée dans le métal liquide
EXERCICE: Concevoir le système d’attaque pour la poulie
(4300Kg) en acier (ρ=7,82 Kg/dm3) ayant Rayon d’action A=~4e
292
38

Ø280
Ø406
Ø2572
Ø2743

Tenir compte des masselottes pour le calcul de la masse totale:


• 7 masselottes externes dia 24,4cm, h=36,6cm
• 1 masselotte interne dia 28cm/38,7cm, h= 36,6cm
37
FIN

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