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François de MALHERBE, « Consolation à Monsieur Du Périer, gentilhomme d’Aix-en-Provence, sur la mort de sa fille »,

1599.
Monsieur Du Périer est un ami de Malherbe. À la mort de sa fille, âgée de cinq ans, le poète offre ces vers au père malheureux.

Ta douleur, Du Périer, sera donc éternelle, D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière, Éteins le souvenir. […]
Et les tristes discours Qu’en fût-il advenu ?
Que te met en l’esprit l’amitié paternelle La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
L’augmenteront toujours ? […] Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste On a beau la prier,
Elle eût eu plus d’accueil ? La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles
Je sais de quels appas son enfance était pleine ; Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste Et nous laisse crier.
Et n’ai pas entrepris, Et les vers du cercueil ?
Injurieux ami, de soulager ta peine Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre,
Avecque son mépris. Non, non, mon Du Périer, aussitôt que la Parque Est sujet à ses lois ;
Ôte l’âme du corps, Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
Mais elle était au monde où les plus belles choses L’âge s’évanouit au-delà de la barque N’en défend point nos rois.
Ont le pire destin ; Et ne suit point les morts. […]
Et, rose, elle a vécu ce que vivent les roses, De murmurer contre elle et perdre patience,
L’espace d’un matin. Ne te lasse donc plus d’inutiles complaintes ; Il est mal à propos ;
Mais sage à l’avenir, Vouloir ce que Dieu veut est la seule science
Puis, quand ainsi serait que, selon ta prière, Aime une ombre comme ombre, et des cendres Qui nous met en repos.
Elle aurait obtenu éteintes