Vous êtes sur la page 1sur 12

DOSSIER

Techniques de l’Ingénieur
l’expertise technique et scientifique de référence
j3220
Séparation magnétique - Théorie et
modélisation
Date de publication : 10/06/2003
Par :
Gérard GILLET
Ingénieur ENSG de Nancy (École nationale supérieure de géologie), Maître de conférences à l'INPL (Institut
national polytechnique de Lorraine) et à l'ENSG de Nancy Laboratoire Environnement et Minéralurgie

Ce dossier fait partie de la base documentaire


Opérations unitaires : tri et traitement des liquides et des solides
dans le thème Opérations unitaires. Génie de la réaction chimique
et dans l’univers Procédés chimie - bio - agro

Document délivré le 15/03/2014


Pour le compte
7200092269 - cerist // 193.194.76.5

Pour toute question :


Service Relation Clientèle • Éditions Techniques de l’Ingénieur • 249, rue de Crimée
75019 Paris – France

par mail : infos.clients@teching.com ou au téléphone : 00 33 (0)1 53 35 20 20

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Editions T.I.
Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

Séparation magnétique
Théorie et modélisation
par Gérard GILLET
Ingénieur ENSG de Nancy (École nationale supérieure de géologie)
Maître de conférences à l’INPL (Institut national polytechnique de Lorraine) et à l’ENSG
de Nancy
Laboratoire Environnement et Minéralurgie

1. Principes physiques de la séparation magnétique. Rappel.......... J 3 220 - 2


1.1 Propriétés magnétiques de la matière....................................................... — 2
1.2 Bases théoriques de la séparation magnétique........................................ — 4
2. Phénomène de percolation et matrices d’extraction .................... — 5
2.1 Modèle de capture....................................................................................... — 5
2.2 Adaptation des matrices ............................................................................. — 9
2.3 Classification des séparateurs .................................................................... — 10
Références bibliographiques ......................................................................... — 11

a séparation magnétique des minerais a connu un développement industriel


L rapide dès le début du XX e siècle, avec des séparateurs fonctionnant princi-
palement en voie sèche. C’est seulement dans les années 1960-1970 que la sépa-
ration dite à haute intensité (du champ magnétique) a connu les premières
applications industrielles de fort tonnage. On procède alors en voie humide, ce
qui permet de traiter des particules plus fines qu’en voie sèche. L’exemple le plus
notable est celui des séparateurs à carrousel type Jones.
Au cours des deux dernières décennies, les performances de la séparation
magnétique ont été améliorées et cette technique s’est développée dans la valo-
risation des matières premières. Cela a été dû, d’une part, à la mise au point
d’aimants permanents céramiques à grande énergie spécifique, qui ont trouvé
des applications en séparation basse et haute intensité en voie sèche, mais aussi
à l’apparition de séparateurs qui utilisent une matrice d’extraction ferromagné-
tique placée dans le champ intense produit par un bobinage en cuivre ou supra-
conducteur. Les matériaux à traiter sont alors soumis, dans la matrice, à des
Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

gradients d’énergie magnétique suffisants pour séparer des particules de faible


susceptibilité magnétique, et de faible granulométrie. On parle alors de sépa-
ration magnétique à haut gradient (HGMS) et la séparation s’effectue en voie
humide. Le liquide vecteur des particules solides est très généralement l’eau.
Les phénomènes, qui se produisent au sein de la matrice d’extraction des
séparateurs à haute intensité du champ magnétique et haut gradient, conduisent
dans une première phase à la rétention d’une partie au moins des particules
transportées par le liquide introduit dans le système. Au cours du temps, la
matrice se sature progressivement et perd plus ou moins vite son efficacité, limi-
tant ainsi les performances du séparateur. Les matrices généralement
employées se présentent sous la forme de plaques dentées, de billes, de mousse
ou de laine de fer, ce qui complique la détermination des différents écoulements
et des forces magnétiques en jeu.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés J 3 220 − 1

tiwekacontentpdf_j3220 Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5


Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

SÉPARATION MAGNÉTIQUE ______________________________________________________________________________________________________________

L’étude complète du sujet comprend les articles :


— J 3 220 « Séparation magnétique : théorie et modélisation » (le présent
article) ;
— J 3 221 « Séparation magnétique à basse et haute intensité » ;
— J 3 222 « Séparation magnétique haut gradient (SMHG) et haut champ » ;
— J 3 223 « Séparation magnétique : économie et applications particulières » ;
— Doc. J 3 224 « Séparation magnétique. Pour en savoir plus ».

1. Principes physiques Encadré 1 – Commentaires


de la séparation • Pour les corps magnétiques parfaits, κ est très faible et µr ≈ 1.
magnétique. Rappel Par contre, pour les corps ferromagnétiques et ferrimagnétique,
κ est très grand par rapport à 1 et µr ≈ κ.
• En séparation magnétique, si la connaissance de la suscepti-
bilité magnétique des solides constituant la matière est impor-
1.1 Propriétés magnétiques de la matière tante, il n’est pas impératif de la connaître avec une grande
précision car une étude poussée de la mesure n’apporte pas de
renseignement supplémentaire pour une opération industrielle.
1.1.1 Classification des corps Il est préférable d’orienter l’étude des susceptibilités magnéti-
ques en fonction de la maille économique de libération de la
On pourra se reporter à la référence [1]. matière (taille de fragmentation des grains pour avoir une libé-
ration maximale économique des éléments solides à séparer)
Pour décrire une excitation magnétique, deux entités différentes qui définit une valeur moyenne en fonction de la taille des
sont utilisées : le champ magnétique H et l’induction grains et des impuretés contenues.

magnétique B qui, dans le vide, ne sont pas indépendantes, mais cet alignement, on est en présence du ferromagnétisme, caractérisé
liées par l’équation : par l’existence d’une aimantation spontanée en l’absence de champ
extérieur et par des phénomènes d’hystérésis. L’existence de
B = µ0 H champs moléculaires locaux, caractéristiques de chacun des diffé-
avec µ0 perméabilité du vide égale à 4π × 10−7 H · m−1. rents sites cristallins, permet d’interpréter l’antiferromagnétisme et
le ferrimagnétisme.
Quand une matière est soumise à l’influence d’une induction
magnétique B , chaque élément de volume dV acquiert un moment Les substances diamagnétiques et paramagnétiques présentent
magnétique : une aimantation proportionnelle à la valeur du champ magnétique.
Ces corps sont donc appelés magnétiques parfaits et ont une valeur
m = MdV de susceptibilité magnétique spécifique :

On dit alors que la matière s’aimante et que, d’une manière géné- — négative pour les éléments diamagnétiques (− 2 × 10−9 à
– 7 × 10 – 9 m 3 ⁄ kg ) ;
rale, cette aimantation M est proportionnelle à la valeur du champ
Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

— positive pour les éléments paramagnétiques (0,1 × 10−6 à


magnétique H : 5 × 10 – 6 m 3 ⁄ kg ).

M = κH Cette valeur peut varier en fonction des impuretés ou des modifi-


cations du réseau cristallin (tableau 1). Les substances antiferroma-
avec κ susceptibilité magnétique (encadré 1) de la
gnétiques comme la sidérose FeCO3, ou comme divers oxydes,
matière considérée (notée aussi χ dans la
littérature). MnO, NiO, Cr2O3 par exemple, se comportent macroscopiquement,
à température ambiante, comme des corps paramagnétiques.
La susceptibilité magnétique peut être exprimée par rapport à
l’unité de masse ; on parle alors de susceptibilité magnétique mas- Pour les corps ferromagnétiques et les corps ferrimagnétiques
sique ou spécifique χ (χ = κ/ρ ; avec ρ masse volumique du corps
(tableau 2), l’aimantation est une fonction très complexe de la tem-
considéré).
pérature, du champ magnétique appliqué et de l’aimantation anté-
Dans l’exposé des propriétés magnétiques de la matière, il con- rieure. Ces éléments, comme le fer, le nickel et le cobalt, sont
vient de distinguer le diamagnétisme, attribuable au moment induit
caractérisés par une courbe d’aimantation et de désaimantation
dans les atomes par le champ magnétique, du paramagnétisme, qui
est dû à l’action du champ sur les moments magnétiques perma- (cycle d’hystérésis) dont les points principaux sont l’aimantation à
nents des atomes et qui tend à les aligner dans sa propre direction saturation Ms et l’aimantation rémanente Mr, qui subsistent en
malgré l’agitation thermique. Quand les actions mutuelles entre les l’absence de champ magnétique, et le champ magnétique coercitif
moments atomiques sont suffisamment intenses pour participer à Hc, qui annule l’aimantation.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
J 3 220 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés

tiwekacontentpdf_j3220 Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5


Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

_____________________________________________________________________________________________________________ SÉPARATION MAGNÉTIQUE

(0)

Tableau 1 – Susceptibilités magnétiques spécifiques χ de quelques minéraux (χ > 0)


ou diamagnétiques (χ < 0)
Formule χ χ
Minéraux Minéraux Formule chimique
chimique (en 10−6 m3/kg) (en 10−6 m3/kg)
Sulfures Carbonates
Pyrite ............................... FeS2 0,004 à 0,013 Sidérose .......................... FeCO3 1,06 à 1,30
Marcassite ....................... FeS2 0,004 à 0,013 Rhodochrosite ................ MnCO3 1,31 à 1,34
Millerite ........................... NiS 0,003 à 0,048 Magnésite ....................... MgCO3 − 4,83
Chalcopyrite .................... CuFeS2 0,011 à 0,055 Calcite.............................. CaCO3 − 4,80
Bornite ............................. Cu3FeS4 0,092 à 0,100 Cérusite ........................... PbCO3 − 2,88
Sphalérite ........................ ZnS − 3,27
Molybdénite .................... MoS2 − 6,05 Sulfates
Argentite ......................... Ag2S2 − 3,71 Anhydrite ........................ CaSO4 − 4,47
Stibine ............................. Sb2S2 − 3,17 Gypse .............................. CaSO4, 2 H2O − 5,33
Cinabre ............................ HgS − 2,99 Smithsonite .................... ZnSO4 − 3,41
Galène ............................. PbS − 4,40 Barytine........................... BaSO4 − 3,84
Anglésite ......................... PbSO4 − 2,89
Oxydes
Cuprite ............................. Cu2O − 1,76 Arséniure
Zincite .............................. ZnO − 4,29 Nickeline ......................... NiAs 0,005 à 0,011
Cassitérite ....................... SnO2 − 2,83
Goethite........................... Fe2O3,H2O 0,38 à 0,46 Silicates
Manganite ....................... MnOOH 0,36 à 0,50 Olivine ............................. (Mg,Fe)2 SiO4 0,11 à 1,26
Braunite ........................... (Mn,Si)O2, MnO 1,12 à 2,25 Orthopyroxène ............... (Mg,Fe)SiO3 0,04 à 0,92
Pyrolusite ........................ MnO2 0,30 à 0,48 Monopyroxène ............... Ca(Mg,Fe)(SiO3)2 0,08 à 0,80
Wolframite ...................... (Fe, Mn)WO4 0,40 à 0,53 Amphilobe ...................... Silicate hydraté complexe 0,08 à 1,13
Chromite ......................... Cr2O3, FeO 0,32 à 0,38 Biotite .............................. K(Mg,Fe)3AlSi3O11, H2O 0,05 à 0,98
Hématite .......................... Fe2O3 0,5 à 3,8 Cordiérite ........................ (Mg,Fe)2Al4Si5O18 0,08 à 0,41
Limonite .......................... Fe2O3, H2O 0,25 à 0,76 Grenat ............................. (Ca,Mg,F,Mn)3(Al,Fe,Cr)2(SiO4)3 0,14 à 0,95
Rutile ............................... TiO2 0,012 à 0,05 Rhodonite ....................... (Mn,Ca)SiO3 0,67 à 1,10
Anatase ........................... TiO2 0,003 Dioptase .......................... CuSiO3,H2O 0,106 à 0,111
Ilménite ........................... (Fe,Mg,Mn)TiO3 0,2 à 1,5 Garniérite ........................ (Ni,Mg)SiO3,H2O 0,38 à 0,39

(0)
Pour des éléments paramagnétiques, une bonne précision de la
Tableau 2 – Susceptibilité magnétique maximale κM susceptibilité magnétique peut être obtenue par le calcul à partir de
de quelques corps ferrimagnétiques et ferromagnétiques l’expression de la susceptibilité magnétique molaire (en
m 3 ⋅ kmol – 1 ) :
Nom Formule κM
Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

µ 0 N A η B2 µ B2 1 ,571 4 × 10 – 3 η B2
χ M = ----------------------------- = ----------------------------------------------- (1)
Substances ferrimagnétiques 3kT T
Magnétite................................. Fe3O4 1à6 avec k constante de Boltzmann (= 1,380 × 10−23 J · K−1),
Maghémite ............................... γFe2O3 0,6 à 1,8 T température thermodynamique,
NA constante d’Avogadro (= 6,022 × 1026 kmol−1),
Pyrrhotine ................................. Fe8S9 0,09 à 0,4
µB magnéton de Bohr (= 9,274 × 10−24 A · m2),
Substances ferromagnétiques ηB nombre effectif de magnétons de Bohr (donné
par les tables de constantes).
Acier doux ................................ Fe 5 330
Calcul de la susceptibilité magnétique de la sidérose FeCO3 (à 20 ˚C).
Acier extra-doux....................... Fe 15 000
L’ion paramagnétique est Fe2+, qui a en moyenne 5,3 magnétons de
Acier dur ................................... Fe avec 1 % C 100 Bohr. D’après l’équation (1) :
Fer (suivant origine)................. Fe 2,5 × 103 à 1,43 × 106 χM = 1,571 4 × 10−3 × (5,3)2/293,15
= 0,151 × 10−3 m3 · kmol−1
Cobalt ........................................ Co 42
en divisant par la masse molaire de FeCO3 (115,6 kg · kmol−1)
Nickel ........................................ Ni 70 à 1 200 χ = 1,30 × 10−6 m3 · kg−1

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés J 3 220 − 3

tiwekacontentpdf_j3220 Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5


Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

SÉPARATION MAGNÉTIQUE ______________________________________________________________________________________________________________

(0)

Tableau 3 – Composition chimique (en %) de l’échantillon ∇ est l’opérateur gradient agissant sur un scalaire Φ :
d’hypersthène
δΦ δΦ δΦ
SiO2 51,00 CaO 0,67 ∇ Φ = grad Φ = ------- i + ------- j + ------- k
δx δy δz
Al2O3 1,47 H 2O 0,10
Fe2O3 1,23 TiO2 0,10 avec i , j , k vecteurs unitaires dans les directions x, y, z.

FeO 27,96 MnO 1,16 L’intégration se fait sur le volume de la particule. Si celui-ci est
petit, elle peut être assimilée à un dipôle magnétique de moment
MgO 16,29
m = VM . La force sur le dipôle est alors :
Pour calculer les compositions en Fe3+, Fe2+ et Mn2+, on notera que la
masse atomique de O est 15,99.
F m = ( m ⋅ ∇ )H (4)

(0) En combinant, pour une particule sphérique (D = 1/3),


l’équation (4) avec l’expression de J (3), on obtient :
Tableau 4 – Calcul de ∑ ( η B2 i X i A i– 1 ) pour l’échantillon
i
µ0 κ V
d’hypersthène F m = ------------------------- ( H ⋅ ∇ )H (5)
1 + (κ ⁄ 3)
Données
Ions et comme κ  1 , on peut écrire :
paramagnétiques η Bi Xi Ai η B2 i X i A i– 1
1
F m = --- µ 0 κ V∇ ( H 2 ) (6)
Fe3+ 5,92 0,86 55,85 0,54 2
1
Fe2+ 5,3 21,76 55,85 10,94 ou F m = --- µ 0 κ Vgrad ( H 2 )
2
Mn2+ 5,92 0,90 54,94 0,57
Fe 3+ + Fe 2+ + Mn 2+ 12,05
1.2 Bases théoriques de la séparation
magnétique
Il est parfois plus aisé de calculer la susceptibilité magnétique
spécifique du minéral par l’analyse chimique :
On pourra se reporter aux références [1] [3] [6].
χ = 15 ,714 × 10 – 6 T – 1 ∑ ( η B2 i X i A i– 1 ) (2)
Un séparateur magnétique est un appareil qui modifie les caracté-
i
ristiques du champ magnétique dans l’espace de traitement. Il
avec η Bi , Xi et Ai, nombre effectif de magnétons de Bohr, pourcen- engendre en particulier un champ magnétique agissant de façon
tage massique et masse atomique de l’ion paramagnétique i. sélective sur les corps qui présentent la plus grande aptitude à
l’aimantation. Dans les opérations de tri magnétique (concentration
Exemple : on calcule la susceptibilité magnétique spécifique d’un ou épuration), la séparation est obtenue en appliquant à toutes les
échantillon d’hypersthène en utilisant les données des tableaux 3 et 4. particules contenues dans un mélange une force magnétique
D’après l’équation (2) : d’expression générale :
χ = 15,714 × 10−6 × (293,15)−1 × 12,05 = 0,646 × 10−6 m3 · kg−1.
1 κp
La valeur mesurée est de 0,667 × 10−6 m3 · kg−1. F = --- µ 0 V p  -------------------- – κ f grad ( H 2 ) (7)
m
2  1 + D κp 
Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

avec D coefficient de démagnétisation des particules,


1.1.2 Expression de la force magnétique
Vp , κ p volume et susceptibilité magnétique du corps
On pourra se reporter à la référence [1]. considéré,
La force d’attraction magnétique dipolaire agissant sur une parti- κf susceptibilité magnétique du fluide (air ou eau).
cule paramagnétique dans le vide est donnée par :
En plus de cette force d’attraction, qui agit sur les particules
magnétiques, s’applique, à toutes les particules magnétiques ou
F m = ∇

V
J ⋅ H dV (3) non, une combinaison de forces agissant dans différentes directions
et dont les plus fréquemment rencontrées sont :
— la force de gravité :
avec H champ magnétique,
V volume de la particule. 4
F g = --- π ( ρ p – ρ f )R p3 g
Le vecteur J représente la polarisation magnétique : 3
κ — la force centrifuge :
J = ------------------ µ 0 H
1 + Dκ
avec D le coefficient de démagnétisation des particules. F c = ρp Vp ω 2 R

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
J 3 220 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés

tiwekacontentpdf_j3220 Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5


Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

_____________________________________________________________________________________________________________ SÉPARATION MAGNÉTIQUE

— la force d’entraînement par le fluide : ■ Particules mixtes : la description du comportement de telles par-
ticules est complexe et, dans la plupart des cas pratiques rencon-
F f = 6π η R p ( v f – v p ) trés, les expressions précédentes peuvent être utilisées en fonction
du degré de mixité des éléments. Dans les cas de mixité
avec R rayon du tambour (ou cylindre) de séparation, ferromagnétique importante, il est préférable d’exprimer la force
magnétique en fonction de l’aimantation spécifique M′
Rp rayon de la particule, ( M′ = M ⁄ ρ p ) à saturation et de la masse m de la particule :
g accélération due à la pesanteur,
F m = µ 0 mM′ sat ⋅ ∇ ( H )
v p et v f vitesses de la particule et du fluide,
ω vitesse angulaire de la particule,
ρp et ρf masses volumiques de la particule et du fluide,
η viscosité dynamique du fluide. 2. Phénomène de percolation
Pour que la séparation ait lieu, il est nécessaire que la valeur de la et matrices d’extraction
force magnétique soit supérieure à la somme des forces antagonis-
tes, développées par le système, et des forces interparticules
(figure 1). On pourra se reporter aux références [1] [3] [5] [6].
La valeur du facteur de démagnétisation D dépend de la forme du Pour qu’il y ait force magnétique suffisamment importante pour
corps et varie entre 0 et 1. Les valeurs de κf sont très dévier ou retenir une particule magnétique, dans un système à
faibles (0,4 × 10−6 pour l’air et − 9,0 × 10−6 pour l’eau) et peuvent être champ magnétique fermé (circuits conventionnels ou solénoïde), il
est nécessaire de développer un gradient de champ. La matrice
négligées. Cela permet de simplifier l’expression de F m d’extraction est le matériel (plaques dentées, billes, mousse...) qui,
[relation (7)] en considérant trois cas particuliers. placé dans un champ magnétique, s’aimante, concentre les lignes
de champ magnétique et de ce fait génère un gradient de champ et
■ Corps faiblement magnétiques pour lesquels κ p  1 ; on a : une force. Les configurations de matrice les plus couramment utili-
sées sont représentées figure 2.
1
F m = --- µ 0 κ p V p grad ( H 2 )
2

■ Corps fortement magnétiques pour lesquels κp ≈ µr (>> 1) ; 2.1 Modèle de capture


d’après la relation :

2.1.1 Modèle unifilamentaire bidimensionnel


J = µ0 M , M ≈ D – 1 H

et on peut écrire : On pourra se reporter à la référence [1].


— pour H  DM sat : L’étude du mouvement des particules dans un système magnéti-
que à matrice d’extraction est complexe, mais peut être simplifiée
en ne considérant, dans une première approximation, que l’interac-
F m = µ 0 V p D – 1 grad ( H 2 ) tion entre un élément de la matrice et une particule de petite dimen-
sion dans un champ magnétique uniforme donné.
— pour H > DMsat :
Le modèle de séparation magnétique de haut gradient (en pre-
mier étudié) est représenté (figure 3) par une fibre ferromagnétique
F m = µ 0 V p M sat ⋅ ∇ ( H ) de rayon a, placée suivant l’axe z, dans un fluide diamagnétique. Un

avec Msat aimantation à la saturation. champ magnétique H 0 ( H 0 = B 0 ⁄ µ 0 ) , suffisamment élevé pour


saturer la fibre, est appliqué suivant la direction x. Une particule
sphérique paramagnétique de rayon Rp ( R p  a ) , de volume
Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

4
V p  --- πR p3 , de masse m, de masse volumique ρp et de susceptibi-
Alimentation
3 
lité moyenne κp, est portée par un fluide de viscosité dynamique η
et de susceptibilité magnétique κf qui circule avec une vitesse uni-
Forces magnétiques Forces antagonistes forme vf de direction négative suivant l’axe des x. La circulation du
fluide autour de la fibre est traitée dans une approximation hydrody-
namique où le fluide est considéré sans frottement.
Pour calculer la trajectoire de la particule paramagnétique, on
considère qu’elle est soumise à une force magnétique Fm, à une
force d’entraînement par le fluide Ff et à une force de gravité Fg dans
Forces
interparticules
la direction de l’accélération due à la pesanteur g .
Les équations traduisant le mouvement de la particule peuvent
être décrites en terme de coordonnées polaires en fonction de r et θ,
Magnétiques Non magnétiques celles-ci étant en relation avec x et y par :
Mixtes x/a = ra cosθ et y/a = ra sinθ
Figure 1 – Schéma de principe de séparation avec ra = r/a.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés J 3 220 − 5

tiwekacontentpdf_j3220 Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5


Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

SÉPARATION MAGNÉTIQUE ______________________________________________________________________________________________________________

a plaques dentées type Jones (Humboldt) b grilles trapézoïdales type Rapid (Eriez)

c matrices mousse de fer et métal expansé type haut gradient

Figure 2 – Différents types de matrices


Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

Le comportement dynamique d’une particule dans un séparateur Les trajectoires des particules peuvent alors être décrites par une
magnétique peut être représenté par une équation de la forme : équation de forme générale :

1 dr a v m M sat
ma p = F f + F m + F g ----- --------- = f  -------, ------------, r a , θ
ra d θ  v f 2H 
0
avec ap accélération de la particule, 2 µ 0 κ M sat H 0 R p2
avec vm = ----------------------------------------- ,
1 9ηa
F m = --- µ 0 V p κ ∇ ( H 2 ) où κ = κp − κf ,
2 Msat aimantation à la saturation,
dr vm défini comme étant une vitesse magnétique
F f = 6π η R p  v f – ------ ,
 dt donnée (en m/s).

4 La résolution des équations de mouvement par une solution du


F g = --- πR p3 ( ρ p – ρ f )g quatrième ordre de type Runge-Kutta permet de définir la trajectoire
3 critique et le rayon de capture Rca (Rc/a) (figure 4).
Les trajectoires peuvent être divisées en deux catégories, selon
4
ma p = --- πR p3 ρ p a p qu’il y a capture ou non. Le cas limite de capture définit la trajectoire
3 limite (ou critique) et donne la valeur du rayon de capture.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
J 3 220 − 6 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés

tiwekacontentpdf_j3220 Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5


Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

_____________________________________________________________________________________________________________ SÉPARATION MAGNÉTIQUE

approches selon que celle-ci est supérieure ou inférieure à environ


1 µm : l’approche particulaire et l’approche en milieu continu.
y

Rp 2.1.2.1 Approche particulaire


Particule
Cette approche est réservée aux particules qui sont de dimensions
r assez grandes pour pouvoir négliger le mouvement brownien
B0 g
devant les autres forces mises en jeu.
θ vf Seules les forces magnétiques (Fm) et de résistance hydrodynami-
a β que (Ff ) sont alors prises en compte. L’inertie est négligée, et l’équa-
α
tion d’équilibre des forces se résume à :
x
Fm + Ff = 0

La méthode nécessite de connaître avec précision la répartition


Fibre du champ magnétique et le champ de vitesse de l’écoulement fluide
ferromagnétique
en tout point de la matrice. Pour les déterminer, plusieurs hypothè-
L'accélération g due à la pesanteur n'est pas placée sur cette figure à la
ses sont posées :
verticale pour bien mettre en évidence l'angle β (≠ π /2) qu'elle peut faire — le champ magnétique externe H0 est constant en tout point de
avec l'axe des x la matrice ;
— la vitesse v0 du fluide, hors de l’influence des éléments
Figure 3 – Modèle de capture en séparation magnétique à haut ferromagnétiques qui jouent le rôle de collecteurs, est constante ;
gradient — les différents collecteurs sont magnétiquement saturés ;
— les particules sont assimilées à des sphères identiques de
rayon très petit devant le rayon a des collecteurs et sont suffisam-
ment petites pour que l’on puisse négliger leurs interactions
mutuelles et les perturbations qu’elles pourraient engendrer sur
l’écoulement fluide autour des collecteurs ;
— on se place dans une géométrie bidimensionnelle selon un
plan de section de la matrice perpendiculaire aux collecteurs.
V0
■ Détermination de la force magnétique
On assimile les particules à des dipôles magnétiques ponctuels,
sur lesquels les collecteurs exercent la force magnétique Fm.
On constate que la force est directement proportionnelle au gra-
dient de densité d’énergie magnétique. Le champ local peut être
obtenu à partir du potentiel magnétique scalaire, qui est en tout
point de la matrice la somme des potentiels scalaires dus aux diffé-
rents collecteurs (en nombre fini) et à la source de champ magnéti-
que extérieur.

■ Détermination de la force de résistance fluide


En l’absence de champ magnétique, et sous réserve que les espa-
ces entre collecteurs soient grands devant les dimensions des parti-
cules, on peut supposer que, en traversant la matrice, celles-ci
soient entraînées par l’écoulement du fluide. En présence de forces
magnétiques, elles sont l’objet d’un mouvement relatif par rapport
H0 au liquide ; comme elles sont très petites, le mouvement relatif est à
Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

faible nombre de Reynolds, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un écoulement


de Stokes.
La force s’exerçant sur une particule est alors la force de Stokes :
a une seule couche de fils b deux couches de fils saturés Ff = 6πηRpvd
collecteurs saturés
avec η la viscosité du fluide,
Figure 4 – Capture de particules dans une matrice Rp le rayon de la particule,
vd la vitesse différentielle entre le fluide et la
particule.
2.1.2 Modèle multicollecteur Compte tenu des hypothèses formulées, et étant donné les faibles
vitesses en jeu, on peut prendre pour écoulement d’ensemble du
fluide porteur un modèle d’écoulement laminaire, et même poten-
On pourra se reporter aux références [3] [6]. tiel. En effet, près des collecteurs, la force magnétique sur les parti-
cules est très importante, et leur vitesse relative par rapport au
La plupart des théories sur la séparation magnétique ont été fluide est très supérieure à la vitesse propre du fluide. Celle-ci n’a
développées pour des particules de tailles identiques. Le choix du donc pas à être connue avec précision dans cette zone ; l’hypothèse
modèle à employer pour décrire le fonctionnement du séparateur de l’écoulement potentiel, plus facile à mettre en œuvre, est alors
dépend de la taille des particules à séparer. On distingue deux suffisante.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés J 3 220 − 7

tiwekacontentpdf_j3220 Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5


Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

SÉPARATION MAGNÉTIQUE ______________________________________________________________________________________________________________

Pour pouvoir traiter des matrices à plusieurs collecteurs, il est pour θ compris entre 0 et 90˚ :
nécessaire d’utiliser une méthode numérique (par éléments finis)
afin de calculer l’écoulement fluide en tout point. Fθ = Fmθ + Fgθ + Ffθ (9)
avec Fmr, Fmθ composantes de la force magnétique agissant
sur la particule dans un repère cylindropolaire
La vitesse du fluide porteur et la force magnétique étant con-
centré sur l’axe du collecteur,
nues, la trajectoire d’une particule se détermine ensuite classi-
quement par une méthode de Runge-Kunta d’ordre 4 (figure 4). Fgr, Fgθ composantes de la force gravitationnelle dans le
même repère,
Ffθ force de résistance fluide.
2.1.2.2 Approche en milieu continu
Pour un collecteur de géométrie donnée, les conditions (8) et (9)
Cette approche est utilisée lorsque l’on veut modéliser la sépara- sont vérifiées simultanément dans un domaine de l’espace qui per-
tion de particules dites ultrafines (de taille inférieure à 1 µm envi- met de définir une zone de capture, limitée par une coordonnée
ron). En raison de leur petite taille, leur mouvement brownien n’est angulaire θ1.
pas négligeable par rapport aux forces magnétiques et hydrodyna- Le collecteur étant initialement vierge, on détermine l’angle mini-
miques mises en jeu. Comme on ne peut estimer à chaque instant le mal (θ1) de capture donnée par les conditions (8) et (9).
mouvement brownien de chaque particule, on utilise une approche
statistique et on considère la suspension comme un milieu continu. Le modèle de saturation progressive du collecteur utilise une
approche couche par couche. On peut ainsi construire la première
Pour les particules ultrafines décrites par ce modèle, la capture est couche (de rayon a + b) de particules retenues sur le collecteur. Une
de deux types. On a tout d’abord des captures statiques : la particule fois la première couche construite, on recalcule complètement
piégée est en contact soit avec un collecteur, soit avec une autre par- l’écoulement fluide dans la matrice, car celui-ci a été modifié par
ticule piégée. Il existe également des captures dynamiques : les par- l’apparition de cette couche de particules collectées. On applique
ticules piégées forment un nuage autour du collecteur ou de pour ce nouvel écoulement les deux conditions (8) et (9), ce qui per-
l’agrégat précédent. L’équation de diffusion doit se combiner avec met de construire une deuxième couche (de rayon a + b 3 ) pour un
les équations de l’écoulement pour décrire l’ensemble du processus angle de capture θ2 et ainsi de suite jusqu’à saturation complète du
de capture. collecteur. On considère que le collecteur est complètement saturé
quand le plus faible des angles (θx) donnés par (8) ou (9) est inférieur
2.1.2.3 Limites des modèles à une valeur limite compatible avec le mode de calcul numérique.
On obtient alors le profil final de la région de capture solide, le col-
L’approche en milieu continu n’a pas encore aujourd’hui donné de lecteur est complètement saturé et ne peut plus capturer de particu-
résultats complets satisfaisants du fait de la difficulté de connaître les.
les forces interparticulaires, et parce que son approche statistique La région ultime de capture solide ainsi définie ayant été détermi-
oblige à utiliser des méthodes numériques très complexes et très née, on observe par simulation numérique que des particules arri-
lourdes. De plus, ce modèle ne permet pas de visualiser les trajectoi- vent pourtant en contact avec la surface de cette région. On fait alors
res de particules dans la matrice, le rayon de capture (angle critique) l’hypothèse que ces particules, une fois en contact avec la surface,
sur un ou plusieurs éléments de matrice et de mettre en évidence un glissent sur celle-ci à très faible vitesse en raison de la force tangen-
« effet canal » définissant l’efficacité de la matrice. tielle d’entraînement fluide. Elles sont ensuite éjectées lorsqu’elles
L’approche particulaire donne la possibilité de visualiser les tra- arrivent à un angle d’excursion limite qui correspond à l’annulation
jectoires. Pour l’exploiter pleinement, il convient de modéliser la de la composante normale de la force d’attraction magnétique par le
saturation progressive des différents collecteurs de la matrice collecteur.
(figure 4). C’est la démarche qui permet le développement d’un Cette hypothèse de glissement et d’éjection permet donc d’obte-
modèle général de percolation magnétique. nir un modèle complet cohérent de saturation d’un collecteur.
Ensuite, le modèle permet par simulation et interaction, à partir
d’une matrice vide (collecteurs vierges), de définir la saturation des
2.1.3 Modèle de percolation magnétique collecteurs, rangée par rangée.
multifilamentaire On peut ainsi par simulation, d’une part, visualiser les phéno-
mènes de rétention dans une matrice jusqu’à saturation totale et,
On pourra se reporter aux références [5] [6]. d’autre part, définir le profil du « canal de percolation ». On peut en
Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

déduire également la variation progressive de l’efficacité de la


Le modèle qui est utilisé est un modèle d’écoulement potentiel matrice au cours du phénomène de saturation (figure 5).
bidimensionnel, complété par un modèle de saturation progressive
de la matrice. Ce modèle de percolation peut être extrapolé à d’autres configu-
rations de matrice couramment utilisées comme les plaques den-
Afin de modéliser la saturation progressive de la matrice, il faut tées ou rainurées. Pour modéliser les trajectoires des particules, on
rendre compte du piégeage des particules sur les collecteurs. Les utilise un modèle de calcul permettant de déterminer les répartitions
particules capturées forment une région de capture solide autour du du gradient de champ magnétique et de l’écoulement fluide en tout
collecteur, ce qui modifie l’écoulement fluide dans son ensemble, et point de l’espace de traitement.
donc le comportement de la matrice. La simulation se fait pour une matrice composée de N collecteurs
L’estimation de la rétention maximale de particules est un pro- (pics, dents...) régulièrement répartis sur deux plaques en regard. La
blème complexe ; une généralisation de la méthode de Nesset et symétrie et la périodicité des collecteurs permettent d’extrapoler les
Finch permet de déterminer le profil de cette région de capture résultats à l’ensemble d’une matrice constituée par plusieurs pla-
solide. ques.
Dans le cas d’un écoulement vertical de haut en bas autour du col- Comme précédemment, pour simuler des phénomènes de cap-
lecteur, la particule sera capturée si elle satisfait aux deux conditions ture, on part d’une matrice vide et on observe les trajectoires des
suivantes sur les composantes radiales et tangentielles des forces à particules qui y sont injectées (figure 6). Dans ce cas, également
la surface du collecteur : l’existence de canaux de percolation sont observés.
Les modèles existants jusqu’ici ne permettaient pas d’obtenir
Fr = Fmr + Fgr < 0 (8) l’évolution de l’efficacité des matrices en début de processus, en

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
J 3 220 − 8 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés

tiwekacontentpdf_j3220 Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5


Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

_____________________________________________________________________________________________________________ SÉPARATION MAGNÉTIQUE

L


(mm) 0

5 9 – 0,03
5 9
– 0,06
Collecteur Canal de
saturé percolation
– 0,09
6 10 6 10 – 0,12
Collecteur en
cours de – 0,15
saturation 2,5
1,5 8
7 11 7 11 0,5 6
Trajectoire – 0,5 4 (mm)
d'une – 1,5 2
particule (mm) – 2,5 0

8 12 8 12 a trajectoire des particules dans un mini-entrefer de type Jones

Collecteur Largeur du canal = /L


vierge 3
(mm)
particules piégées par le collecteur n° 6 2
(soit 59 % des particules injectées dans la matrice)

particules piégées par le collecteur n° 7 1

Figure 5 – Trajectoire et canal de percolation dans une matrice 0


de type haut gradient

–1

fonction de paramètres comme la vitesse du fluide ou l’intensité du


champ magnétique externe. Il n’existait pas de résultats traduisant –2
ce fait en fonction du degré de saturation d’une matrice, de l’exis-
tence ou non de canaux de percolation, ainsi que de leurs profils. –3
Sachant que les canaux de percolation interviennent directement –2 –1 0 1 2 3 4 5
dans la détermination de l’efficacité d’un séparateur [défini comme (mm)
le pourcentage de capture (n − ns)/n où n est le nombre total de par- b canal de percolation dans les mini-entrefers de type Jones
ticules entrantes et ns le nombre de particules sortantes], il devient
dès lors nécessaire d’analyser la forme de ces canaux et de quanti-
fier l’influence de différents paramètres sur son évolution.
Figure 6 – Trajectoire et canal de percolation dans une matrice
de type plaques dentées

2.2 Adaptation des matrices


grand nombre de résultats expérimentaux montrent que l’efficacité
Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

d’une opération et les performances métallurgiques ne sont pas


On pourra se reporter aux références [1] [2]. significativement diminuées pour des valeurs de λ variant entre 100
À partir des études de capture des particules par des fils isolés, on et 200.
peut trouver une relation qui définit le pouvoir de rétention d’une
matrice dans laquelle le rayon de capture intervient, ainsi que le La matrice doit également offrir la plus grande perméabilité pos-
rapport λ entre le diamètre du fil D et celui de la particule d. Les élé- sible à la pulpe, un maximum d’efficacité de rétention et une bonne
ments de matrice doivent également être adaptés à la granulométrie facilité de nettoyage.
de l’alimentation, car la force d’adhérence magnétique, convention-
Le pourcentage volumique de vide dans une matrice varie de
nellement notée fH, en fonction du rapport λ, passe par un maxi-
50 % (pour des billes) à 98 % (pour de la laine de fer) et la matrice est
mum.
caractérisée par son facteur de remplissage :
Les études théoriques d’optimisation des matrices, déduites des
modèles de capture, montrent que le rapport λ = D/d doit être
approximativement égal à 3. Cela veut dire que les fils composant la volume de la matrice
matrice doivent avoir un diamètre trois fois supérieur à ceux des F = -----------------------------------------------------------
volume du canister
particules. On se heurte alors à des problèmes de réalisation et de
résistance des matrices quand les particules à traiter sont de quel-
ques micromètres. En fait, le phénomène de filtration mécanique qui dépend de la forme et du diamètre des éléments collecteurs et
doit être au maximum évité dans les opérations industrielles et, qui doit être le plus faible possible afin de diminuer les risques de
pour cela, il est nécessaire d’avoir un rapport λ >> 10 ; en réalité, un piégeage mécanique.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés J 3 220 − 9

tiwekacontentpdf_j3220 Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5


Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

SÉPARATION MAGNÉTIQUE ______________________________________________________________________________________________________________

(0)

Tableau 5 – Différents types de séparateurs magnétiques


Granulométrie µ0 grad(H2)
Capacité (2)
Appareils Générateurs de traitement (1)
(mm)
(t/h) (N · m−3)

Basse intensité ...................................... aimant permanent 5 à 20 20 à 300 (3) 2 × 104 à 2 × 106


Séparateur à bande............................... aimant permanent 10 60 (3) 5 × 104
Séparateur à tambour :
– voie sèche ........................................... aimant permanent 20 300 (3) 2 × 106
– voie humide ........................................ aimant permanent 5 150 (3) 2 × 105
Haute intensité ...................................... aimant permanent 1à5 6 à 180 2 × 107 à 4 × 109
ou électroaimant
Séparateur à tambour........................... aimant permanent en
céramique 5 10 2 × 107
Séparateur à rotor induit ...................... électroaimant 3 8 2 × 109
Séparateur Jones .................................. électroaimant 1 180 4 × 109
Haut gradient ou Haut champ ............. solénoïde 0,05 à 0,1 10 à 800 (4) 6 × 1010 à 6 × 1012
Séparateur conventionnel :
– discontinu............................................ bobine en cuivre 0,1 100 6 × 1011
– continu................................................. bobine en cuivre 0,1 200 à 800 6 × 1011
Séparateur en supraconducteur .......... bobine supraconductrice 0,05 60 à 100 4 × 1012
(1) Dimension du plus gros grain de l’alimentation.
(2) La capacité est donnée à titre indicatif : elle dépend de nombreux facteurs, tels que la granulométrie, le pourcentage du produit magnétique, la dimension du
séparateur (longueur et diamètre du rotor par exemple).
(3) Capacité donnée par mètre de largeur utile (t · h−1 · m−1).
(4) Suivant le nombre de têtes magnétiques sur le carrousel.

La hauteur de la matrice est également un paramètre important — la matière (ou la particule) par sa susceptibilité magnétique et
dans le sens où elle détermine le temps de rétention des particules son volume ;
dans le champ, donc la probabilité de capture. Une hauteur trop — le séparateur magnétique, par le produit µ0 grad(H2), c’est-à-
importante risque de diminuer l’efficacité de lavage et d’augmenter dire par la forme de son champ magnétique.
les risques de piégeage mécanique. Elle augmente également la Les séparateurs magnétiques peuvent donc se classer en trois
puissance électrique consommée, l’importance du bobinage et grandes familles (tableau 5) :
alourdit le séparateur. Suivant le type d’opération, la hauteur indus-
trielle des matrices varie de 100 à 600 mm. — les séparateurs à basse intensité (aimant permanent) avec :

L’efficacité d’extraction va également dépendre de la matière µ0 grad(H2) ≈ 2 × 104 à 106 N/m3 ;


qu’elle peut retenir, sans voir apparaître de dégradation de résultats.
Cela est exprimé par le taux de chargement qui peut être représenté — les séparateurs à haute intensité (électroaimant ou aimant per-
par le rapport de la masse de solide de l’alimentation (ou masse de manent) en céramique avec :
produits magnétiques) au volume ou à la surface de matrice. Ce
µ0 grad(H2) ≈ 2 × 107 à 4 × 109 N/m3 ;
paramètre est important, car il définit la capacité du séparateur, la
vitesse de rotation des carrousels ou la durée de cycle du fonction- — les séparateurs à haut gradient et/ou à haut champ (solénoïde)
Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

nement des appareils discontinus. avec :


Enfin, il ne faut pas négliger les caractéristiques mécaniques et
magnétiques des matrices : les matériaux magnétiques de bonne µ0 grad(H2) ≈ 6 × 1010 à 1012 N/m3.
qualité ont une aimantation maximale, mais une rémanence mini- Cette classification peut présenter certains défauts, mais à notre
male et de bonnes propriétés mécaniques de rigidité et de résis- sens, elle est la mieux adaptée pour répondre aux questions de
tance à la corrosion. l’ingénieur qui recherche un appareil destiné au traitement d’un pro-
duit donné caractérisé par ses propriétés magnétiques et sa granu-
lométrie (dimension maximale du grain).
2.3 Classification des séparateurs Pratiquement, les séparateurs magnétiques à basse intensité ne
peuvent convenir que pour les traitements (concentration ou épura-
tion) de produits fortement magnétiques (ferromagnétiques ou
En séparation magnétique, de nombreux appareils sont disponi- ferrimagnétiques) alors que les particules faiblement magnétiques
bles chez les constructeurs et leur description ne peut se faire sans (paramagnétiques) ne peuvent être traitées (en fonction de leur
une classification. Plusieurs critères de classement peuvent être taille) que par des séparateurs à haute intensité ou à haut gradient.
utilisés : l’intensité du champ magnétique, le milieu de séparation Les séparateurs à haut gradient (bobines en cuivre ou supraconduc-
(eau ou air), le mode de fonctionnement (extraction ou déviation), le trices) sont mieux adaptés aux traitements d’épuration de particules
générateur de champ magnétique, etc. ultrafines contenues dans une dispersion solide ou un fluide.
Les relations de la force magnétique montrent que cette dernière Les applications de la séparation à haut gradient concernent des
dépend de deux facteurs principaux : secteurs variés :

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
J 3 220 − 10 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés

tiwekacontentpdf_j3220 Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5


Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

_____________________________________________________________________________________________________________ SÉPARATION MAGNÉTIQUE

— en minéralurgie, la HGMS permet de purifier des substances Chacune de ces familles est subdivisée en séparateurs travaillant
diverses telles que les kaolins, les talcs ; en voie sèche ou en voie humide (en pulpe minérale), les premiers
— la dépollution et le traitement des effluents sont des secteurs étant réservés en général aux traitements de produits grossiers
d’applications de la HGMS en croissance rapide : on peut citer la
(granulométrie de l’ordre du centimètre à quelques millimètres), les
désulfuration des charbons, où il s’agit ici de réduire le taux de cen-
dres et de sulfures présents dans la matte de charbon utilisée seconds à ceux de produits plus fins (granulométrie inférieure à
comme combustible dans les centrales thermiques. De même la 1 mm).
HGMS permet de traiter les eaux usées domestiques ou les eaux de
rejet provenant des industries métallurgique ou chimique. Elle est
également utilisée en amont de certaines centrales thermiques con-
ventionnelles pour purifier l’eau d’alimentation des chaudières, et Dans cet article et les suivants, les débits sont donnés en ton-
associée à un ensemencement magnétique, elle est envisagée pour nes de produit traité par heure (t/h) ou en tonnes par heure et
éliminer des virus, bactéries, ou algues des eaux de rivière ; par mètre de largeur utile (t · h−1 · m−1). La largeur utile est la
— la séparation magnétique peut être utilisée pour analyser des largeur de la zone de séparation (longueur du tambour ou du
systèmes biologiques par séparation ou isolement de différents rotor, largeur de la bande, etc.).
composés d’intérêt médical. On peut par exemple trier par voie La capacité d’un séparateur représente le débit maximal de
magnétique les globules rouges, dont la susceptibilité est différente produit traité. Par exemple, un séparateur peut avoir une capa-
suivant qu’ils sont dans un état oxygéné ou désoxygéné. cité de 120 t/h, mais ne fonctionner qu’à un débit de 100 t/h.

Références bibliographiques

[1] GILLET (G.). – La séparation magnétique intenses. Application à l’épuration de fluide. [6] VINCENT–VIRY (O.), MAILFERT (A.) et GILLET
sous champs intenses en minéralurgie : Les Doctorat INPL, oct. 1996. (G.). – Magnetic percolation phenomenom in
systèmes cryoélectriques. Thèse de Doctorat [4] NAVA (E.), MAILFERT (A.), GILLET (G.) et high field – high gradient separators
d’État, INPL, Nancy, oct. 1988. COLTEU (A.). – Modélisation d’un séparateur (HGMS). Le phénomène de percolation
[2] GILLET (G.), DIOT (F.) et NAVA (E.). – Optimi- magnétique HGMS. Mines et Carrières, Les magnétique sur les séparateurs à haut
sation d’un filtre magnétique, modèle géné- Techniques, I-II/96, 1996. champs – haut gradient (HGMS). IEEE Tran-
ral de capture. Mines et Carrières, Les saction on Magnetics. Vol. MAG-36, No 6,
[5] SIDO (N.N.). – Étude d’un modèle de sépa-
Techniques, I-II/96, 1996. nov. 2000.
ration magnétique : analyse des phénomè-
[3] NAVA (E.). – Modèle de piégeage de particu- nes de capture et de percolation magnétique.
les ultrafines sous champs magnétiques Doctorat INPL, soutenu le 1/07/2002.
Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés J 3 220 − 11

tiwekacontentpdf_j3220 Ce document a été délivré pour le compte de 7200092269 - cerist // 193.194.76.5