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TRAN-B-110

Histoire générale des sociétés occidentales


Didier Viviers, Jean-Marie Sansterre, Michèle Galand, Pieter Lagrou

Plan général du cours


1. Périodisation en histoire
2. Exercice du pouvoir
3. Religions et sociétés
4. Pénurie et abondance
5. Horizons mouvants
6. Circulation des savoirs

1. Périodisation en histoire

A) L'antiquité

0) Introduction : L'Occident et l'antiquité

0.1. LES GRANDS HERITAGES de L’ANTIQUITE

Lorsqu'on parle de l'antiquité, on parle essentiellement de la Grèce et de


Rome pour toutes les matières suivantes qu'ils nous ont apporté :
→ l'écriture
→ la monnaie
→ les concentrations de populations (les villes)
→ la pensée rationnelle (en histoire, en philosophie)
→ la vie politique, les régimes politiques
→ le sport
→ certaines formes d'art (poésie, théâtre, architecture, …)

Exemple : Du Parthénon au Walhalla

0.2. LA RECUPERATION DE L’ANTIQUITE

De nos jours, nous avons beaucoup récupéré des ces civilisations mais en leur
faisant parfois dire des choses qu'elles ne disent pas.
Exemple : aux Jeux Olympiques, il existe deux mythes
→ le mythe de l'amateurisme
→ le mythe de la participation
Carrière de Markos Aurélios Asclépiadès (fin IIè P.C.)

=> cette récupération est à l'origine des grandes périodes qui ont été données
à cette partie de l'histoire.
→ époque mycénienne ± 1500 A.C. - ± 1200/1150 A.C.
→ âges obscurs ± 1150 A.C. - ± 800 A.C.
→ époque archaïque ± 800 A.C. - 508 A.C.
→ époque classique 508 A.C. - 323 A.C.
→ époque hellénistique 323 A.C. - 31 A.C.
→ époque impériale 31 A.C. - 476 P.C.

I) L'apparition de sociétés de l'écrit (XVe – VIIIe A.C.)

I.1. L'écriture est née au Proche-Orient (3200-3400 A.C.)

Les premiers écrits étaient des comptes. Plus de 5000 tablettes en terre
cuite on été retrouvée à Uruk, en territoire sumérien. Il s'agissait d'une
écriture pictographique qui a ensuite été remplacée par le cunéiforme.

Tablette assyrienne en écriture


cunéiforme (ca 865-860 a.C.)
I.2. Les premiers écrits en Occident

Les premiers écrits occidentaux proviennent de la Grèce mycénienne.


Trois palais ont été fouillés (Mycènes, Pylos et Tirynthe) où l'on a
retrouvé des tablettes d'argile cuites suite à la destruction de cette
civilisation par les incendies comportant une écrite appelée le linéaire B
(écriture en syllabes).

La Crète minoenne (2100-1400 a.C.)

Tablette en linéaire B (Pylos)


I.3. Les âges obscurs : disparition de l'écriture (XIe – IXe A.C.)

L'écriture disparaît mais on trouve de la céramique dite géométrique.

Céramique géométrique

I.4. Le VIIIe siècle A.C. : La Renaissance

– L'écriture réapparait sous la forme d'un alphabet. Le premier alphabet


grec est inspiré de celui des Phéniciens.
→ la poésie apparaît avec Homère : 750 Illiade
700 Odyssée

Homère

– C'est l'apparition des cités : villes de petite taille, situées près de la mer le
long des côtes, sans roi, avec un culte commun et des murailles.
– C'est le début de la colonisation.

II) L'unification culturelle de la Méditerranée

II.1 La colonisation grecque (VIIIe – IVe A.C.)

Les grecs fondent des cités sur tout le pourtour de la Méditerranée pour
deux raisons → fondation de comptoirs de commerce
→ recherche de terres inoccupées pour palier au manque de
terres grecques.
Cette colonisation se fait en même temps que celle des Phéniciens (à
l'origine de la création de la ville de Carthage).

Les grecs colonisent principalement le nord de la Méditerranée tandis


que les phéniciens se concentrent au sud avec toutefois deux points
problématiques, la Corse et la Sicile.

II.2. Le modèle de la cité

– petite taille
– communautés hiérarchisées par les statuts de droit
– communautés dirigées par une élite (oligarchie), les citoyens (démocratie)
– communautés urbanisées
– communautés disposant de lois écrites

Le plein épanouissement de la cité se fait de 500 à 300 A.C.


Les cités ont le goût de l'indépendance. C'est pourquoi elles se sont
alliées lors des guerres médiques en 490, 480 et 478 (envahisseur perse).
II. 3. Les conquêtes d'Alexandre

Philippe II de Macédoine réussit à former un royaume de Macédoine


uni. Son fils Alexandre le Grand poursuivit son œuvre en conquérant la
Grèce entière, l'Empire Perse dirigé par Darius III, l'Égypte et l'Indus.
Il fondit de nombreuses cités pour asseoir son autorité.
Il meurt en 323 A.C.

La Macédoine de Philippe II

L’empire d’Alexandre le Grand


III) L'unification politique de la Méditerranée (IIIe A.C. - Ve P.C.)

III. 1. Les principaux royaumes hellénistiques

A la mort d'Alexandre le Grand en 323 A.C., ses généraux perpétuèrent


son œuvre. Des guerres de succession éclatent entre les dia-doctes
d'abord puis les épigones. Trois grands royaumes sont alors créés :
l'Antigonide (Macédoine), la Séleucide (Proche-Orient) et la Lagide ou
Ptolémaïque (Égypte). Ces grands royaumes sont caractérisés par leur
grandeur et les cités qui ne jouent aucun rôle dans la vie internationale.
Il s'agit de l'idéal des royaumes donné par Alexandre.

III. 2. La conquête romaine

La conquête romaine est un processus de long terme (500 A.C. - IIIe


P.C.) qui se déroule en trois phases :
- la conquête de l'Italie (Ve - 250 A.C.)
- lutte contre les carthaginois : 3 guerres puniques
- 264 - 241 A.C. pour le contrôle de la Sicile
- 218 - 201 A.C. Hannibal attaque Rome
- 149 - 146 A.C. sac de Carthage
- la conquête de la Méditerranée orientale (IIIe A.C. - 31 A.C.
bataille d'Actium)

Conclusion

On date la fin de l'Antiquité en 476 P.C., date qui correspond à la chute de l'Empire romain
d'Occident. L'Empire romain d'Orient ne chutera lui qu'en 1453.

Rappel des grands points :


- épanouissement d'un type d'état : la cité
- la cité est un instrument d'unification culturelle
- le terreau culturel commun permet l'impérialisme (Alexandre puis Rome)
- Rome est un état gigantesque aux pratiques culturelles et politiques communes avec
des cités et une présence militaire
- les cité grecques sont exclusives en opposition avec les cités romaines qui sont
incluses dans l'Empire (idée de cité mourante)

B) Le Moyen-Age

1. Le « Moyen Âge »

1. Un âge méprisé entre Antiquité et Renaissance.


Toujours méprisé sauf au 18ème siècle (romantisme)
2. Une période conventionnelle.
3. Sans nette césure chronologique avec l’Antiquité et les Temps modernes.
4. Des dates symboliques pour le début et la fin : 395, 476, 1453, 1492…

2. Des tendances majeures

1. Un monde méditerranéen partagé.


2. Des centres de gravité en Europe au-delà de l’espace méditerranéen.
3. La religion comme facteur identitaire.
4. Tensions entre la recherche d’une unité politico-religieuse à l’échelle d’un
« monde » et d’autres réalités ou aspirations.

3. L’Empire romain au IVe siècle

1. Événement majeur, l’Empire passe au christianisme :


( l'attraction augmente car il s'agit d'un appui et la répulsion et le danger
diminuent avec le temps)
• conversion de Constantin (après 312)
• le christianisme religion de l’État sous Théodose Ier (380)
le reste des religions deviennent illégales
2. Fondation de Constantinople (330) [Byzance, Istanbul].
3. 395 : partage de l’Empire à la mort de Théodose Ier: Orient (Arcadius) ; Occident
(Honorius).

4. L’Empire byzantin

Définition : l’appellation Empire byzantin est une création occidentale du XVIe


siècle. Il s’agit d’une appellation conventionnelle consacrée par
l’usage. Elle vient du nom de Byzance, le nom de la cité sur
l’emplacement de laquelle Constantinople sera fondée. Ceux que nous
appelons les Byzantins se désignaient officiellement par le nom de
Romains et ils appelaient leur État l’Empire des Romains.

1. Continuation de l’Empire romain en Orient.


2. Chrétien ; de langue grecque ; centré sur Constantinople.
La nouvelle Rome est Jérusalem
3. VIIe siècle : Syrie, Palestine et Égypte conquises par les Arabes.
4. Une grande puissance jusqu’au XIIe siècle inclus (apogée vers 1025).
5. 1453 : Constantinople prise par les Turcs.
5. Le monde chrétien orthodoxe

Définition : l’usage s’est établi d’appeler « orthodoxe » le christianisme byzantin et


« catholique » le christianisme occidental depuis leur séparation au XIe
siècle. C’est une nécessaire convention. Chacun se considère à la fois
comme « catholique » (« universel ») et « orthodoxe » («ayant la foi
droite »).

1. Distanciation progressive des chrétientés byzantine et occidentale pour en arriver


au schisme.
2. Christianisation byzantine des Bulgares, Serbes et Russes (IXe-Xe siècles) qui
crée une civilisation byzantine.
3. Un idéal commun d’appartenance politico-religieuse et ses limites.

6. Le monde musulman

1. Mohammed: La Mekke ; l’Hégire (622); mort en 632.


Hégire : l’Hégire est l’ « expatriation » de Mohammed à Médine en raison de
l’hostilité qu’il rencontrait à La Mekke (qu’il soumit en 630). C’est la
date du début du calendrier musulman, un calendrier lunaire.
2. L’expansion musulmane (très rapide car il s'agit d'une communauté politique et
religieuse).
3. Juifs et chrétiens en terre d’Islam.
Ceux-ci sont en infériorité mais ils ne doivent pas se convertir mais ils doivent par
contre payer une taxe spéciale.
4. Islamisation et arabisation.
5. L’unité entre réalité et rêve:
• Le calife. Celui-ci est refusé par certain au VIIe siècle (ils ne sont pas les
descendants d'Ali, frère de Mohammed)
Calife : le calife était le successeur de Mohammed, « le successeur
-khalifat- de l’Envoyé de Dieu » et donc, au moins en principe, le
chef de la communauté politico-religieuse musulmane.
• sunnites et chiites.
Sunnites : les sunnites étaient les tenants de l’Islam officiel, dit
« traditionnel ». En rupture avec celui-ci, les chiites affirmaient
que seuls les descendants d’Ali, cousin et gendre de Mohammed,
avaient droit à la direction de la communauté musulmane. Ils
formèrent dès lors une communauté dissidente qui se ramifia
rapidement en plusieurs tendances.
• des califes rivaux (Xe siècle).

7. La fin de l’Empire romain en Occident

1. Fin IVe-Ve siècle : migration de « peuples » germaniques entre violence et


installation légale.
2. Formation de royaumes romano-germaniques.
• Germains minoritaires : royauté et pouvoir militaire.
• Appui sur les élites romaines.
• Séparation, puis fusion.
3. 476 : déposition du dernier empereur romain, Romulus Augustule.
8. L’Europe carolingienne

1. Dilatation du royaume des Francs sous les Carolingiens, sous Charlemagne en


800.
2. 800 : Charlemagne empereur.
3. L’Empire : une idée vague. Un facteur d’unité éphémère sous Louis le Pieux.
4. 843 : partage de l’Empire carolingien à Verdun en 3.

5. Sa dislocation.
6. 962 : Otton Ier empereur du Saint Empire (royaumes de Germanie et d’Italie
[septentrionale]).

9. Entre deux prétentions à l’hégémonie

1. Le roi-empereur = chef de l’Église impériale.


2. 1075 : le pape Grégoire VII réclame l’indépendance de l’épiscopat par rapport aux
pouvoirs laïcs.
3. Le conflit au sommet (jusque 1122)
• perte de sacralité pour l’Empire;
• le pape vrai chef de l’Église occidentale.
4. La théocratie et sa finalité : une société chrétienne homogène sous l’autorité du
pape.
5. Son échec face au roi de France (vers 1300).

10. L’affirmation des royaumes

1. Le Saint Empire après 1250 : une coquille vide.


2. De multiples États.
3. Les principaux royaumes : la France et l’Angleterre.
4. La « Guerre de Cent ans » (XIVe-XVe siècles) : des monarchies ébranlées puis
renforcées.

11. Un facteur d’unité chancelant

1. La papauté déchirée : le « Grand Schisme d’Occident » (Rome & Avignon).


2. De nouvelles contestations au sein du christianisme.
C) Les Temps Modernes

- début : 1492, découverte de l’Amérique ? (vision européenne sur l'autre)


- fin : 1789, fin de la période ? (Révolution française dont les principes se sont très vite
répandus partout)

Les grandes tendances

1. L’ouverture sur le monde, le commerce et la colonisation

1. Le contournement de l’Afrique par les Portugais

Une liaison commerciale avec l'Asie était de ce temps très importante


notamment pour le commerce des épices et de la soie. Cette liaison est
associée au développement d'un état, ici en l'occurrence le Portugal et
l'Espagne.
En effet, l'Espagne veut atteindre l'Asie par l'ouest. Elle mandate un
explorateur, Christophe Colomb pour réussir cette mission. Celui-ci
par donc par l'ouest et arrive aux Antilles.

2. La découverte de l’Amérique par les Espagnols

En 1506-1507 on parle dès lors d'un Nouveau Monde appelé


"America".
3. Les deux premiers empires coloniaux

Commence alors la rivalité entre l'Espagne et le Portugal qui aboutit


au final au partage des mers entre ces deux-ci.

Le premier tour du monde est effectué en 1519 par Magellan.


Dès lors, les Philippines revinrent à l'Espagne.

4. L’expansion de la colonisation en Asie et en Amérique au 17e siècle

Deux types de colonisation sont observables à cette époque :


- les portugais instaurent une thalassocratie basée sur de
nombreux comptoirs.
Thalassocratie : pouvoir sur la mer fondé sur la possession
d’une flotte maritime (militaire ou
marchande) importante, la maîtrise des
routes commerciales et le contrôle de
quelques points stratégiques sur terre.
(comptoirs portugais en Afrique et en Asie à
partir du 16è siècle, comptoirs hollandais
dans les mêmes régions à partir du 17è
siècle).
- les espagnols quant à eux forment des colonies d'exploitation.
Celles-ci impliquent une occupation permanente et sont un
choc terrible pour les populations indigènes (beaucoup de
morts dus aux maladies importées, aux travaux forcés, ...)
Colonie d’exploitation : la colonie d'exploitation implique la
conquête militaire d'un territoire en
vue d'en exploiter les richesses
naturelles, dans l'intérêt de la
métropole. Dans ce type de
colonisation, les colonisateurs
fournissent les cadres et les
indigènes y sont les exécutants.
(colonies espagnoles d'Amérique
centrale et du Sud).

Au 17è siècle émergent de nouvelles puissances : la France,


l'Angleterre et les Provinces-Unies qui obtiennent très vite la maîtrise
des mers.

5. La traite négrière et l’esclavage

Dès lors, ces trois nouvelles grandes puissances installent des


plantations de café, de canne à sucre, ... qui nécessitent des esclaves.
Un système est mis en place de cette manière :
1. transport de marchandises de l'Europe vers l'Afrique
2. transport des esclaves au départ de l'Afrique vers l'Amérique
3. transport des produits coloniaux d'Amérique vers l'Europe
Colonie de plantation : la colonie de plantation est une colonie dans
laquelle la population venue de la métropole
est chargée de l'encadrement, mais où les
exécutants sont principalement des esclaves.
(colonies françaises et anglaises aux Antilles,
colonie portugaise du Brésil, certaines colonies
anglaises d'Amérique du Nord).

2. Les divisions religieuses

1. Les réformes protestantes

La Réforme protestante se met en place pendant cette période avec


plusieurs chefs de file comme Martin Luther, Ulrich Zwingli et Jean
Calvin.

Protestantisme : ensemble des doctrines religieuses et des Églises


issues de la Réforme. Celle-ci est née de la
redécouverte de l'importance décisive de l'Écriture
pour l'Église.
Les deux doctrines maîtresses de la Réforme :
- autorité de l'Écriture
- salut par la grâce seule
Le salut de l'homme est un don totalement gratuit de
la grâce divine ; il ne peut être reçu que dans la foi.

De même, se développe en Angleterre l'anglicanisme sous Henri VIII.


Anglicanisme : doctrine, principes et institutions de l'Église officielle
d'Angleterre, née de la politique religieuse d'Henri
VIII, à la suite d'un profond désaccord avec la
papauté. En 1534, l'Acte de suprématie stipula que le
roi devait être regardé comme chef suprême de
l'Église d'Angleterre. La Réforme anglicane apparaît
comme une voie moyenne entre le catholicisme dont
elle conserve la hiérarchie et les formes extérieures du
culte, et le protestantisme dont elle a adopté les grands
principes doctrinaux.

2. Les guerres et paix de Religion

- Le Saint-Empire et le compromis confessionnel (1517-1555)


 la paix d’Augsbourg 1555 = religion du prince
- Les guerres de Religion en France (1562-1598)
 l’édit de Nantes (1598) = tolérance religieuse
- L'Église d'État en Angleterre et les dissidences
 la Glorieuse Révolution (1688) = tolérance de culte
- La révolte des Pays-Bas (1566-1581)
 la naissance des Provinces-Unies, une république
pluriconfessionnelle
- La guerre de Trente Ans et les confessions (1618-1648)
 la Paix de Westphalie (1648) = paix entre les états

3. La formation des États modernes

Les grands états : Empire ottoman, Angleterre, France, Empire de Charles


Quint (prince catholique)

On découvre également la diplomatie.

1. L’échec de la monarchie universelle


2. La guerre, moteur d’expansion
3. Le contrôle des territoires et des populations

4. Une société essentiellement rurale

1. L’évolution de la population européenne à l’époque moderne

Les rendements sont faibles, médiocres.


Tout se concentre autour d'un noyau : la famille.
Il y a un taux très fort aussi bien de natalité que de mortalité
2. La montée en puissance des villes

Les principales villes européennes en 1500

Les principales villes européennes en 1800

5. De la République des Lettres à la République des Sciences

1. L’humanisme et la Renaissance

création d'un réseau (correspondances et voyages)


2. Les progrès des sciences et des techniques aux 17e et 18e siècles

- académies (géographie, astronomie, physique, math, ...)


- science expérimentale

Progrès techniques au niveau de l'agriculture, des industries.


Invention de la machine à vapeur.

6. Lumières et Révolutions

1. Les principes des Lumières

Les Lumières : mouvement intellectuel, culturel et scientifique du 18e


siècle, à dimension européenne, aux formes très
diverses, se référant à la Lumière, c’est-à-dire au
passage de l'obscurantisme à la connaissance
rationnelle.

Primauté de la raison, de la liberté de pensée, de la recherche du


bonheur sur terre, foi dans le progrès de la science.

2. La fin de l’Ancien Régime

Remise en cause de la société d'Ancien Régime, à la fois dans les


domaines politiques, sociaux, économiques et religieux :
- Voltaire (1694-1778) admire la monarchie parlementaire
anglaise.
- Montesquieu (1689-1755), dans De l'esprit des lois, institue
le principe de la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et
judiciaire.
- Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) propose le modèle d’une
société démocratique fondée sur un « contrat social »,
garantissant l’égalité et la liberté entre tous les citoyens. La
souveraineté ne viendrait plus de Dieu, mais du peuple.

Certains souverains se tournent alors vers le despotisme éclairé


Le despotisme éclairé : doctrine politique inspirée des idées des
philosophes du siècle des Lumières, qui s’est
développée durant la seconde moitié du 18e
siècle.
Dans ces régimes, le pouvoir est exercé par
des souverains dont les décisions sont guidées
par la raison et qui se présentent comme les
premiers serviteurs de l’État, sans pour autant
renoncer aux principes de l’absolutisme.
D) Époque contemporaine

1. Le long XIX° siècle, 1789-1914.


De la Révolution Française à la Grande Guerre

1. Le siècle révolutionnaire

1. Histoire Moderne, Histoire Contemporaine

1. Des périodisations en histoire

Histoire contemporaine > 1789


Histoire moderne > 1492 = l'Ancien régime
Histoire médiévale > 476
Histoire de l’antiquité > - 3000
Préhistoire

2. Périodisation et rupture

La « modernité » de 1492 :
Rupture épistémologique (magistère
église/écritures saintes)
Transformation socio-économique: villes et féodalité
Une nouvelle doctrine politique: absolutisme et
centralisation administrative
Guerres de religion, guerres dynastiques
Révolution industrielle & proto-industrielle
La « modernité » politique: nous sommes tous les
contemporains de la révolution française

3. 1789

- Révolution copernicienne de la doctrine


politique: le peuple souverain
- Le contrat social et le refus de la représentation
- Révolution politique: constitution, destitution, décapitation
- Tabula rasa

Un processus de radicalisation :
- 1789: nationalisation des propriétés de l’Église
- 1790: suppression des ordres religieux
Émigration de l’aristocratie
Hostilité des puissances Européennes
- 1791: fuite du roi
- 1793: exécution du roi & établissement de la République
- Guerre civile & terreur
- 1794 Robespierre guillotiné
- 1794-1799: directoire, guerres révolutionnaires,
Napoléon Bonaparte

=> stabilisation avec Napoléon Bonaparte


=> défaite à Waterloo en 1815 => restauration
2. 1776 ou 1789, Philadelphia ou Paris ?

1. Une nouvelle société de colons

- Éloignement du centre du pouvoir


- Égalitarisme de fait
- Dissidence religieuse

2. Une société coloniale

- Indigènes, « frontier »
- Esclaves (différent du statut de droit)

3. Une révolution française ou universelle ?

- Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen vs.


Declaration of independence
- Les Lumières: intellectuels, cosmopolitisme,
hégémonie française
- La France contre l’Europe, La France pour l’Europe :
- la levée en masse
- le parti de l’étranger (Boulainvilliers, Sieyès,
"Qu’est-ce que le Tiers État ?")
- L’Europe napoléonienne :
- libéralisme, nationalisme
- « collaboration », « résistance »?

2. Le siècle bourgeois

1. Qu’est-ce la bourgeoisie ?

- Ni le peuple, ni l’aristocratie
- Distinction et conformisme vs. opulence ostentatoire
- Un statut non héréditaire qui fonctionne par lignage et
accumulation générationnelle
- Un capital financier, capacitaire, symbolique
- Stratégies de transmission dans la tourmente

2. Les clivages politiques du XIXe siècle

1. Le conflit Révolution - Réaction


2. Le conflit anticléricaux - cléricaux
Libéraux - conservateurs
3. Le conflit intérêts agricoles – industriels

3. La question du suffrage

Une nation de contribuables :


no taxation without representation, no representation without taxation
vs.
One man, one vote :
suffrage universel uninominal
- Suffrage censitaire
- Suffrage capacitaire (lié à l'alphabétisation)
- Suffrage familial
- Suffrage universel plurinominal
- Suffrage masculin

4. La question des partis politiques

- Partis de notables
- Conservateurs (rural, clérical, protectionniste)
- Libéraux (urbain, laïc, libre échange)

- Partis de Masse
- Partis socialistes / ouvriers :
- Labour Party
- Sozial Demokratische Partei Deutschlands
(SPD)
- Parti Ouvrier Belge (PoB)
- L'utopie du suffrage universel

3. Le siècle des nationalismes

1. La question de la souveraineté du peuple

- Le couple État-Nation et la généralisation des révolutions nationales


bourgeoises
- Quelles frontières géographiques pour la démocratie?
- La coexistence de l'État-Nation et de l’Empire

2. Les 3 mouvements de l’émergence de l'État Nation

- Première décolonisation :
- 1776-1825: l’indépendance des États américains.

- Mouvement de séparatisme & recul des Empires :


- 1830: Belgique, Grèce
- 1878: Bulgarie, Roumanie, Serbie

- Mouvement d’unification :
- 1861: Italie
- 1871: Allemagne

3. Faire la Nation, produire du citoyen

- Les cercles concentriques de la nation


- La longue durée de la fabrique du citoyen
- Les outils de l'État bourgeois libéral

4. Le siècle du colonialisme

1. Décolonisation ou indépendance des colons ?

- La fin de la domination et de l’exploitation d’un pays par un autre


(Boston Tea Party)

- Indépendance des colons ?


États Unis
Amérique Latine
Afrique du Sud / Rhodésie
Israël
Algérie
- Indépendance des indigènes?

L’indépendance des colons

2. La mission civilisatrice : un devoir d’ingérence ?

1. Exploration et conquête

- Sociétés géographiques et congrès de Berlin, 1885


- La course impérialiste :
Les leaders : UK : Inde + Chine
France : Algérie, Sénégal, Indochine
Pays-Bas : Indonésie
Les retardataires : 1885 : Belgique - Congo
1898 : États Unis - Philippines,
Puerto Rico
Allemagne ; Italie
Les exceptions : 1791 : révolution de Saint-
Domingue
Le Japon

2. Le court XXe siècle, 1914-1989.


De la Grande Guerre à la Chute du Mur

1. L’ère des masses

1. La Grande Guerre et l’émancipation des masses

1. La Grande Guerre en chiffres

- 70.000.000 hommes mobilisés


- 9.000.000 morts
- 3.000.000 veuves
- 10.000.000 orphelins
2. La consécration de la fabrique du citoyen

- Patriotisme
- Impôt du sang

2. La fin d’un monde

1. La fin de 4 Empires : Allemand, Russe, Austro-Hongrois, Ottoman

La fin des Empires en Europe

2. La fin d’un monde bourgeois et libéral

3. La fin de la civilisation, la brutalisation ?

3. Le Printemps de Républiques

1. Le triomphe du suffrage universel (masculin)

2. La représentation proportionnelle

3. L’exportation d’un modèle constitutionnel

- Parlement > exécutif


- Centralisme > fédéralisme

4. Le difficile apprentissage de la démocratie de masse

1. Les espoirs, les défis, les moyens

2. Défaillances systémiques
- Nouveaux pays, minorités nationales
- Fragmentation politique

3. L’attrait et l’horreur des alternatives : 1917

4. La crise de 1929

2. L’âge des extrêmes

1. Réinventer la politique à l’ère des masses

1. Le parlementarisme peut digérer les masses


2. Restaurer les élites et faire marche arrière
3. La démocratie politique est un leurre sans démocratie économique
4. Les masses ont besoin d’être encadrées : la révolution de l’Ordre

2. Les enfants de la Grande Guerre

1. Effondrement de l’ordre et virginité politique


2. Guerre civile et désir d’ordre
3. Expériences formatrices

3. Idéologie et mouvement

1. Une idéologie se dote d’une organisation politique


2. Une organisation politique se dote d’une idéologie
3. Orthodoxie, Hétérodoxie, Syncrétisme

4. Violence et consentement

1. Totalitarisme
2. Violence
3. Consentement
4. Chiasme russo-italien

3. L’énigme de la paix européenne

1. Deux après-guerres

- Pourquoi 1945 ne réédite pas 1918?


- Les limites explicatives de la brutalisation
- Trois piliers de l’ordre d’après-guerre
Système politique national
Organisation socio-économique
Ordre européen

2. Le parlementarisme réinventé

- Sédentariser l’électorat
- Réinventer le parti de masse
- Le pluralisme centriste

3. L'État Providence

1. Comparaisons désavantageuses

- Planification et économie étatisée


URSS
Italie
Allemagne
New Deal

- Droits sociaux et autoritarisme


Bismarck et les origines de l’État-Providence
Le modernisme du nazisme et ses politiques Völkisch
William Beveridge, 1942 : Warfare State to Welfare State

2. Un consensus Européen : un ordre nouveau, 1938-1948

- Le consensus de 1940-1941
- Corporatisme et socialisme national
- État autoritaire/exécutif fort
- Anti-parlementarisme

- Le consensus de 1943-1946
- Pas de libération nationale sans libération sociale
- Welfare State
- Planification économique

4. L’ordre européen

- Le double mensonge de Versailles, 1919 et Rome, 1957


- Une Europe Américaine (Plan Marshall) ?
- Une Europe des perdants
- Un État Providence Européen
- Charbon, Acier
- Agriculture
- Une expérience inédite

4. 1989 et la fin de l’histoire

1. 1989 et l’échec des sciences sociales

2. 1989, une clôture

3. 1989, une ère nouvelle ?


2. Exercice du pouvoir

A) Antiquité

Le pouvoir

- Définition du pouvoir : action accomplie sur demande

- Pouvoir d’injonction >< Pouvoir d’influence


ordonner peser sur un comportement

- De la sphère privée à la sphère publique

- Pouvoir fondé sur l’usage ou sur la loi

- Équilibre des pouvoirs, séparation des pouvoirs

Les citoyanes ont le pouvoir.


Inspiration issue de l'Antiquité

1. L’invention de la politique

1. Le principe du pouvoir politique

Critères de définition du pouvoir politique :


- Un pouvoir tournant
- Un pouvoir exercé collectivement
- Un pouvoir réservé aux détenteurs du droit de cité
- Un pouvoir fondé sur la conscience d’une ‘chose publique’.
- Un pouvoir exercé dans le dialogue

2. Royauté, tyrannie et régimes politiques

Les traces les plus anciennes sont la royauté avec par exemple Rome de 753
A.C. à 509 A.C. (7 rois légendaires dont le fondateur Romulus et les trois
derniers qui n'étaient pas romains mais étrusques).

C'est en 509 A.C. que débute la République romaine et en 508 A.C. la


démocratie athénienne.

Pour chaque régime il existe une version naturelle et une version dégénérée

L E S R E G I M ES S P O L I T I Q U E
V E R S I O N N A T U R E L L E V E R S I O N D E G E N E R
1 L. E P O U V O I RD ’ U A N U S X E UM L A II N DS I V I D U

Ro y a u t é D e s p o t t i y s r m a en , n i e

2 L. E P O U V O I RD ’ U A N U P X E TM I AT I NN OS M B R E

A r i s t o c r a t i e O l i g a r c h i e

3 L. E P O U V O I RD U PA E U U X P LM E A I N S

D é m ,o P c o r la i t ie e i a O c h l o c r a t i e
ochlocratie : mouvements de foule

Polybe a écrit dans son livre "Histoire" un schéma des régimes politiques :
"La forme primitive, spontanée et naturelle de gouvernement, c’est le
gouvernement d’un seul,…la royauté. Celle-ci se transforme ensuite en un
régime de même nature, mais abâtardi, le despotisme. Puis, sur les ruines de
l’un et de l’autre, s’instaure l’aristocratie qui, par une loi de nature, dégénère
en oligarchie. Puis, quand la colère du peuple a puni les abus des dirigeants,
naît la démocratie. Enfin, avec le temps, sous l’action d’une licence effrénée
et du mépris des lois, s’instaure, au terme de la série, l’ochlocratie."

"On passe de la démocratie au régime de la violence et de la force brutale.


(…) Le peuple institue le régime de la force brutale, se rassemble, massacre,
proscrit, redistribue les terres, jusqu’à ce qu’il retombe au niveau de la bête
féroce et retrouve un maître et un monarque."

Bons tyrans et mauvais tyrans :


- PISISTRATE (Athènes)

- PHALARIS (Agrigente)
- PERIANDRE (Corinthe)

Il existe aussi des mélanges des différents types de régimes tels qu'à Sparte
qui combinait royauté (une dyarchie (deux dynasties ; les Agiades et les
Eurypontides) => chefs de guerre, prêtres, domaine royal, avantages fiscaux)
et démocratie
(- magistrats (Éphores) => surveillent le fonctionnement de la cité, pouvoir
législatif, collège
- assemblée des citoyens => élit les magistrats, vote les lois, fait la guerre
- conseil des anciens => nommés à vie, tribunal suprême, pouvoir législatif
(veto) )
3. La naissance de la démocratie et de la république

Démocratie : δεμος : le peuple - κρατειν : commander, diriger, gouverner


Il s'agit du gouvernement du peuple, par le peuple, pour le
peuple

Le terme "démocratie" apparaît pour la première fois dans "Les suppliantes"


d'Eschyle.

C'est en 508 qu'apparaît en Grèce la démocratie, plus précisément à Athènes


avec les réformes de Clisthène :
- création de l'ostracisme
- découpage du territoire
- système institutionnel => assemblée & conseil des 500 (permanence)
=> tribunaux : Aeropage & Héliée

=> 700 magistrats par an dont 10 stratèges


élus avec une charge militaire

Pour la République romaine, il s'agit d'un roi remplacé par deux consuls élus.

2. Droits et devoirs des citoyens

1. Les obligations militaires du citoyen-soldat

A Rome, tout citoyen âgé de 17 à 45 ans a l'obligation de servir pendant 10


ans dans l'armée.
En Grèce, il existe un groupe de citoyens en arme, les phalanges
2. Les droits politiques et judiciaires

- voter et bénéficier de la loi pour le citoyen


- droit de vote
- charges publiques

3. Le droit de posséder la terre des Ancêtres

Ce droit est réservé aux citoyens


En Grèce, il est réservé aux autochtones

B) Le Moyen-Age

1. La seigneurie et la féodalité

1. Institutions caractéristiques du Moyen Âge central en Occident (XIe-XIIIe siècle)


avec des variantes selon les pays.

2. Ici : le royaume de France (surtout au Nord de la Loire).

3. Contexte : d’abord grande fragmentation du pouvoir, puis reprise en mains par les
autorités supérieures (d'abord princes territoriaux puis roi de France).

2. La seigneurie et le seigneur

1. La seigneurie est la structure de base d’encadrement de la population paysanne.


La seigneurie : ensemble de droits et de prérogatives sur des biens (des terres) et
des personnes qui permettent l’exercice du pouvoir dans un espace
d’une étendue variable.

2. Le seigneur cumule le plus souvent deux types de droit.


• droits liés à la possession de la terre => redevances et corvées.
• droit de ban => amendes et services.
Droit de ban : pouvoir de juger et donc de punir, de commander et de
contraindre ; c’est l’exercice de la puissance publique.

3. En outre, taxes pour l’utilisation des équipements

4. Protection, mais domination lourde

3. La seigneurie : la force militaire

1. Des guerriers à cheval : les chevaliers.

2. Remarques :
• le seigneur est lui aussi un chevalier ;
• progressivement le statut de chevalier fut valorisé et fut monopolisé par la
noblesse.
3. Un château :
• d’abord une motte, terre et bois

• puis donjon et enceintes maçonnés

• puis plan plus complexe.

4. La féodalité (1)

1. Féodalité, vassalité, fief


Féodalité : néologisme formé au XVIIe siècle sur le mot latin feodum (fief). Il
désigne les pratiques institutionnalisées régissant les relations entre le
vassal et son seigneur, les relations féodo-vassaliques. Certains
historiens emploient le terme au sens large pour désigner le type de
société du Moyen-Age central, ce qu’on appelle aussi la « société
féodale ».

Vassalité : relation bilatérale, de nature contractuelle, entre deux individus libres


(et, au Moyen-Âge central, appartenant d’ordinaire à l’aristocratie) qui
sont en principe d’inégale puissance. Elle voit l’un, le vassal, se
soumettre de façon rituelle au plus puissant, le seigneur, et tenir de lui
un fief en échange d’un certain nombre de services.

Fief : terre tenue d’un seigneur par un vassal.

2. La seigneurie : le plus souvent exercée sur un fief => s’intègre dans la féodalité.

3. Le fief est héréditaire, mais appartient au seigneur => l’héritier doit devenir son
vassal.

4. Rituel :
• hommage
Hommage : acte rituel par lequel le vassal fait don de lui-même au
seigneur ; il marque sa soumission.
• baiser sur la bouche
• serment de fidélité
• investiture du fief (en remettant un objet symbolique).

5. La féodalité (2)

1. Relation contractuelle => obligations réciproques.

2. Seigneur : concession du fief, loyauté et protection.

3. Vassal : fidélité passive et obligations positives : conseil, aide (militaire et


financière).

4. « Félonie » si les obligations ne sont pas remplies. Se règle souvent par les armes.

5. Vassal de plusieurs seigneurs => hommage lige.


Hommage lige : hommage supérieur que le vassal prête au seigneur choisi ou
imposé comme le premier parmi tous ceux dont il dépend. Le
vassal doit servir en priorité son seigneur lige même contre ses
autres seigneurs.

6. Hiérarchisation de l’aristocratie et pyramide féodale.

6. Les villes : aperçu général

1. Essor urbain en Europe occidentale (surtout XIe-milieu XIVe siècle).

2. Phénomène toutefois limité dans un monde essentiellement rural.

3. Deux exceptions (plus grande densité urbaine): Flandre ; Italie du Nord et du


Centre.

4. Les villes tendent à se gouverner elles-mêmes


• en restant soumises à une autorité supérieure (Flandre, France, Allemagne...)
• en se rendant indépendantes : cités-états italiennes (chacune : ville +
territoire rural).
7. Les cités-états italiennes. Patriotisme urbain et communication politique

1. Vif sentiment d’appartenance à la cité.

2. Mais à l’intérieur de la ville : autres facteurs d’appartenance et concentration de


rivalités.

3. En réaction, communication politique (surtout XIIIe - première moitié XIVe


siècle) basée sur le patriotisme urbain.

4. Ses thèmes : bien commun, paix, concorde entre les citoyens, liberté contre la
« tyrannie ».

5. Thèmes diffusés de multiples façons.

8. « Le Bon gouvernement ». Fresques du Palazzo pubblico de Sienne

1. Sous le gouvernement des Neuf : popolo grasso (haute bourgeoisie).

2. Nouveau palais communal.

3. Décor à signification politique de la salle de réunion, de promulgation et de


réception : Ambrogio Lorenzetti (1337-1340).

4. Proclamer les vertus du gouvernement des Neuf et montrer les dangers d’un
changement de régime (tyrannie).

5. Allégories du Bon et du Mauvais Gouvernement et peintures de leurs effets en


ville et dans la campagne.
C) Temps Modernes

Un modèle d'État à l’époque moderne : la monarchie absolue

1. La monarchie absolue en France

1. L’ordre monarchique

Les jalons vers l’absolutisme :


- les guerres de Religion (1562-1598)
- les révoltes populaires
- la Fronde (1648-1653)
- la guerre et la survie de l’État

=> deux objectifs principaux de la politique intérieure :


- faire régner l’ordre
- percevoir l’argent

Le royaume de France :
- un pays très peuplé entre 16 et 20 millions d’habitants au 16e siècle
- une société très hiérarchisée : trois ordres
- le clergé : le service de Dieu
- la noblesse : la défense de la
société
- le tiers-état : le travail

=> au sommet : le roi (l’homme choisi par Dieu, le premier des guerriers, le
père de tous ses sujets)

Le roi de France :
- le roi est un chef de guerre
- un roi dans un État de Droit
=> la loi salique organise la succession au trône
=> la couronne est inaliénable
=> le roi doit respecter des principes fondamentaux
(ex. la propriété)
- le roi n’intervient pas dans les affaires de droit privé sauf si elles
troublent l’ordre public.
Le pouvoir du roi n’est « absolu » que dans la sphère publique
(l’État, le gouvernement), mais la monarchie est contrôlée par les
cours de justice (les Parlements) => conflits fréquents
- le roi gouverne sans être obligé de consulter les assemblées
représentatives
- le roi est indépendant du pape et de l’empereur

2. Le développement de l’administration

L'état remplit une fonction de contrôle et d’arbitrage des groupes sociaux et


des entités et administrations locales.
=> Ce contrôle nécessite de mettre en place une bureaucratie et de lui donner
des moyens de connaître les territoires administrés (statistiques,
cartographie).

La direction du Royaume :
Le Conseil du Roi, organisé en plusieurs sections

L’administration centrale :
Les ministères (Secrétariats d’État à la Guerre, à la Marine, aux
Affaires étrangères, le Contrôle général des finances)

Les relais du pouvoir central dans les provinces :


Les Intendants
Intendant : commissaire royal établi dans une généralité
(circonscriptions financières établies à partir du 15e siècle)
pour y exercer des pouvoirs en matière de justice, de
police et de finance.
A partir du 17e siècle, les intendants, devenus
administrateurs et plus seulement inspecteurs, furent les
principaux agents du pouvoir central dans les provinces.
Ils ont joué un rôle unificateur par l’exercice de leurs
pouvoirs de justice et de police.
3. La mise en scène de la puissance du souverain

Louis XIV en
Apollon, 1668

Fondation de l’Académie des Sciences, 1666


4. La propension à l’expansion

L’État s’appuie sur :


- une volonté hégémonique en Europe
- le développement commercial et maritime
- la colonisation

=> Il faut donc désormais entretenir une armée permanente et


perfectionner l’armement.

Construction d'un système de défense pour les villes

Montmédy

Lille
La marine royale

5. Une pression fiscale accrue

La puissance de la monarchie française repose sur la fiscalité bien organisée :


1. impôts directs, prélevés par l’administration royale
2. impôts indirects, affermés (= donnés en bail)
3. autres prélèvements

Les dépenses :
- dépenses pour la Cour
- la politique étrangère (ambassades, armée)
- les « comptants », soit les dépenses du roi sans autre précision :
pensions attribuées aux alliés
remboursements des prêts
=> importance des dépenses liées à la guerre.

Le coût de cet État nécessite la quête de nouvelles ressources.


On passe donc d’un État justicier à un État financier.

6. Le contrôle de l’économie

Cette forme d’État centralisé permet de prendre des mesures pour encourager
le développement économique, grâce au contrôle des frontières et des flux
commerciaux.

Mercantilisme : théorie économique du 16e et du 17e siècle, qui considérait


que les métaux précieux constituent la seule richesse
véritable d’un État. Cette théorie préconisait une politique
protectionniste. Le gouvernement devait donc favoriser les
exportations et limiter les importations par une politique de
production nationale.
Cette politique, encouragée par Colbert en France, y est
appelée «colbertisme».
7. La politique religieuse

Une politique de contrôle religieux

Révocation de l’édit de Nantes (1685) :


L’édit de Nantes fut révoqué en 1685 après de nombreuses tracasseries
infligées aux huguenots (dragonnades).
L'édit de révocation autorisait les protestants à rester en France, mais
ordonnait la démolition de tous leurs temples, défendait l'exercice du culte
protestant, prescrivait que les enfants fussent élevés dans la religion
catholique.

2. La remise en cause de l’absolutisme : deux autres modèles d’État au 17e siècle

1. La république des Provinces-Unies

Les Provinces-
Unies au 17e
siècle

Un pays tourné vers la mer.

Les sept provinces ont un haut degré d'autonomie : elles disposent chacune de
leurs propres institutions, et d’une assemblée législative, les États
provinciaux.

Les institutions centrales doivent tenir compte de cette autonomie :


Les États-Généraux, assemblée permanente depuis la fin du 16e siècle, se
réunissaient à La Haye et conduisaient la politique extérieure de la république
fédérale.

Le Grand Pensionnaire était le chef de l’administration fédérale et il dirigeait


la diplomatie.

Le Stadhouder commandait l’armée.


=> Hésitations entre la légitimité des armes (Stadhouder) et celle des
dirigeants municipaux (États).

2. La monarchie parlementaire anglaise

Le 17e siècle anglais est marqué par une tension permanente entre le roi et le
Parlement.

=> des actes fondamentaux, concernant les droits individuels :


- La Pétition des Droits 1628
=> Les onze articles de ce texte émanant du Parlement garantissent à
la fois des principes de liberté politique (respect des droits du
Parlement) et de liberté individuelle (sécurité du peuple).
Nul ne peut être arrêté sans que le mandat indique les motifs de
l’arrestation.
Le texte rappelle la propriété absolue des biens et conclut
qu’aucun impôt ni aucune taxe ne peut être levé sans l’accord du
Parlement.

- L’Habeas Corpus 1679


=> La procédure d'habeas corpus garantit la liberté individuelle contre
les risques d'arrestations et de répressions arbitraires.
L’acte de 1679 fut rédigé sous le règne de Charles II par les
membres du Parlement.
Il dénonce les abus et énumère des règles précises concernant le
respect des droits des accusés et des prisonniers.

- Le Bill of Rights 1689


=> Imposée par le Parlement anglais à la future reine Marie (fille de
Jacques II) et à son époux Guillaume d'Orange, la Déclaration des
Droits (Bill of Rights) fait suite à la Révolution anglaise de 1688 et
met fin à l'absolutisme royal.
Il s'agit, pour la première fois, d'un véritable contrat établi entre les
souverains et le peuple, lui-même souverain. Ce contrat met fin au
concept de royauté de droit divin.

John Locke (1632-1704)


Un des principaux précurseurs des Lumières
Il jette les bases de la démocratie libérale,
fondée sur l’individualisme et la propriété privée.
D) Époque Contemporaine

1. Nation et Empire

1. Rupture : Modernité vs. Ancien Régime

Souveraineté : citoyens vs. sujets


Le citoyen fonde la nation (contrat social)
Critère individuel vs. collectif (états, régions, religions)
Symétrie vs. Asymétrie
Départementalisation vs. « provincialisme » : administratif & identitaire
Séparation Église/État, émancipation des juifs
Empires continentaux, Empires coloniaux

2. Coexistence et continuité :

L’Empire continue l’Ancien Régime


Coexistence citoyens - sujets
Régimes collectifs et statuts personnels
(taxation, juridiction, code civil, liberté de mouvement)
Asymétrie
Dépendance directe de l’exécutif

- Statuts personnels : citoyenneté et code de l’indigénat - l’exemple de


l’Algérie Française

1830: conquête française


1848: annexion et départementalisation
Colonie de peuplement ? Français, Espagnols, Italiens : « européaniser
la colonie » (1889)
1870: décret Crémieux et émancipation des juifs
« code de l’indigénat » pour les musulmans, 1946, de fait 1962 Saint
Louis du Sénégal et Gorée, 1833

- Structures impériales :

Empire Britannique :
colonies, dominions, crown colony
Dominion Office, Colonial Office, Commonwealth Office

Empire Français :
Algérie : départements => Ministère Intérieur
Tunisie - Maroc : Protectorat => Ministère Affaires Étrangères
reste: Ministère des colonies

3. Nations are good at equality, Empires are good at tolerance ?

2. La fabrique du citoyen

1. Les trois outils de la III° République

1. École (suffrage capacitaire)


2. Service Militaire : « l’impôt du sang » (suffrage censitaire)
3. Suffrage universel masculin
2. Les cercles concentriques de la Nation

1. Bourgeois, prolétaires, ruraux


2. Citadins, provinciaux, « indigènes »
3. Les horizons du projet national : espace, temps

3. Émanciper le peuple, nationaliser les masses

3. Démocratie bourgeoise, démocratie de masse

1. Démocratie bourgeoise

1. Le suffrage : censitaire, capacitaire, plurinominal

2. Les « partis » : notables, de masse

3. Les clivages : l’agenda politique du XIXe siècle

Révolutions nationales
Conflit État-église
Conflit Centre-périphérie
Révolution industrielle
Conflit primaire/secondaire (agraire/industriel)
Conflit capital/travail

2. L’ère des masses

1. La Grande Guerre et l’émancipation des masses

2. La fin d’un monde

1. La fin de 4 Empires : Allemand, Russe, Austro-Hongrois, Ottoman


2. La fin d’un monde bourgeois et libéral
3. La fin de la civilisation, la brutalisation ?

3. Le Printemps de Républiques

1. Le triomphe du suffrage universel (masculin)

2. La représentation proportionnelle

3. L’exportation d’un modèle constitutionnel

Parlement > exécutif


Centralisme > fédéralisme

4. Le difficile apprentissage de la démocratie de masse

1. Les espoirs, les défis, les moyens

2. Défaillances systémiques

Nouveaux pays, minorités nationales


Fragmentation politique

3. L’attrait et l’horreur des alternatives: 1917

4. La crise de 1929

5. Chronologie des sortants

1. Hongrie, 1919 : Bela Kun => Amiral Horty


2. Italie, 1922 : Benito Mussolini
3. Espagne, 1923 : Primo de Rivera
(1931: République ; 1936-1939 : Guerre Civile)
4. Portugal, 1926 : Carmona; 1932: Salazar
5. Pologne, 1926 : Pilsudski
6. Albanie, 1928 : roi Zog
7. Yougoslavie : 1929 : roi Alexandre
8. Années 1930 : pays Baltes, Roumanie, Bulgarie…

4. L’age des extrêmes

1. Réinventer la politique à l’ère des masses

Le parlementarisme peut digérer les masses


Restaurer les élites et faire marche arrière
La démocratie politique est un leurre sans démocratie économique
Les masses ont besoin d’être encadrées : la révolution de l’Ordre

2. Les enfants de la Grande Guerre

A window of opportunities

Effondrement de l’ordre et virginité politique


Guerre civile et désir d’ordre
Expériences formatrices
3. Idéologie et mouvement

Une idéologie se dote d’une organisation politique


Une organisation politique se dote d’une idéologie
Orthodoxie, Hétérodoxie, Syncrétisme

4. Violence et consentement

Totalitarisme
Violence
Consentement
Chiasme russo-italien

(il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger )

Un État contre son peuple ?

Domination et résistance : La terreur et le désarroi (Werth)


Utopie, ingénierie sociale, violence
L’archipel du Goulag : 24m./3m.
Politiques et « droits communs » : 1/6
La dékoulakisation, 1932-33
La Grande Terreur, 1937-1938
Asociaux et ethniquement suspects

Totalitarisme ?

Désarroi, archaïsme, poids des campagnes : Smolensk under Soviet


Rule (Merle Fainsod, 1958)
La politique des nationalités
Le consentement des gagnants : citadins, ouvriers, « apparatchiks »
La NEP de Lénine
La Grande Guerre Patriotique et l’émergence de légitimités
alternatives
La sortie du Stalinisme, 1953-1956

Violence et consentement

1919-1922 : saisir le pouvoir


Benito Mussolini et la Guerre
Effondrement dell Italia Risorgimentale
Une méthode : la violence paramilitaire

1922-1926 : établir la dictature


Le premier gouvernement Mussolini
Les élections de 1924 : 403-106

1925 : suppression de l’opposition

Consentement et violence

1926-1935 : contrôle et consensus


1929 : Concordat avec le Vatican
Politiques scolaires, dopolavoro
Grands Travaux
1935-1945 : Radicaliser le régime :
1935 : conquête coloniale
1936 : Guerre Civile Espagnole
L’alliance avec l’Axe : 1938-1943
La Repubblica di Salo : 1943-1945

5. L’énigme de la paix européenne

1. Deux après-guerres

- Pourquoi 1945 ne réédite pas 1918 ?


- Les limites explicatives de la brutalisation
- Trois piliers de l’ordre d’après-guerre
Système politique national
Organisation socio-économique
Ordre européen

2. Le parlementarisme réinventé

Sédentariser l’électorat
=> Éliminer les extrêmes
L’épuration
Un fascisme de régime
Un fascisme de collaboration
- Épuration judiciaire
- Épuration administrative
- Épuration professionnelle
- Innere Emigration
L’anticommunisme
Italie, France : triangolo, cintura…
Allemagne, Pays-Bas : Berufsverbot
Réinventer le parti de masse
Le parti, du berceau à la tombe
La « famille politique » : syndicat, mutuelle, coopérative,
associations culturelles, sportives, vacances, mouvements de
jeunesse, maternités et maisons de retraite
Le parti, premier guichet de l’État Providence : argent public, gestion
privée : pluralisme étatisé
Spoils-system, ou politique de quotas
fonctionnaires et nominations politiques
Mobilisation culturelle : pacte culturel 1972 (historiographie :
représentation proportionnelle du passé)
tangentopoli : représentation proportionnelle et marchés
publics
Le pluralisme centriste

6. 1989 et la fin de l’histoire

1. 1989 et l’échec des sciences sociales

Modèles interprétatifs
Totalitarisme (polycratie, consentement, Eigensinn)
Orientalisme et pédigrée démocratique
Modèles prescriptifs
Une « transitologie » normative : la société civile introuvable et
l’Ostalgie
La myopie de la « transitional justice »
La thérapie de choc : le stalinisme des Chicago boys
Exporter un modèle en crise ?

2. 1989, une clôture, une ère nouvelle ?

Une clôture?

1. La crise du suffrage universel


2. La crise de l'État Providence
3. La crise de la Construction Européenne

Une ère nouvelle ?


3. Religions et sociétés

A) Antiquité

Définir la religion

Le mot "religion" vient du latin "religare" qui signifie "relier à"


De ce fait, on a "religio, le fait de s'occuper d'une nature supérieure que l'on appelle
divine et de lui rendre un culte" (Cicéron, De l'invention oratoire, II, 53)

Les différences entre polythéismes et monothéismes

- en matière de DOGME : le monothéisme est une religion du livre, basée sur des
écrits (Bible, Tora, Coran)

- en matière d’IMAGE DU DIEU : les dieux sont figurés à l'image des hommes dans
les polythéismes

- en matière de PLACE DU DIEU DANS LE PROCESSUS DE CREATION DU


MONDE : pour le monothéisme, il sagit d'un seul dieu organisateur

1. Religions du mythe

1. Religions du Livre, religions du mythe

Il s'agit de la parole révélée de Dieu.


Mythe : le mythe n'est pas lié aux textes.
« un ensemble de récits qui concernent les dieux et les héros »
( Jean-Pierre Vernantles)

Les fonctions du mythe :

- fonction idéologique
- fonction historique
- fonction éthique/morale
- fonction étiologique

2. Mythes et mythologie

Le mythe de Penthée

Après un long voyage jusqu’en Inde, Dionysos revient à Thèbes,


accompagné de ménades asiatiques, pour s’y faire reconnaître.
Le roi Penthée résiste au nouveau culte que le dieu, déguisé, lui
propose, et le fait arrêter ainsi que son cortège. Dionysos se libère,
embrasant le palais, et semant la folie parmi les femmes de Thèbes,
dont Agavé, mère de Penthée et tante de Dionysos, qui s'égaillent sur
les pentes du Cithéron. Penthée se laisse tenter par le spectacle de
l'"autre scène" (les femmes dans leur relation d'intimité à la nature) et,
travesti, va espionner les femmes du haut d'un pin. Aveuglées par le
dieu, les ménades prennent Penthée pour un animal sauvage et sa
propre mère Agavé le met en pièces et ramène sa tête au bout de son
thyrse, croyant que c'est celle d'un lion.
La tragédie se termine sur l'effroi d'Agavé reconnaissant son fils mort,
la fuite de Cadmos et la victoire de Dionysos.
Dionysos et deux Satyres

Dionysos et deux Ménades

Le démembrement de Penthée
Le mythe de la fondation de Rome

La fondation de Rome serait l'oeuvre d'un descendant d'Enée et de son


fils Ascagne Iule, tous deux s'étant enfui de Troie lors de sa
destruction par les grecs à la fin de la guerre de Troie et étant parvenu
dans le Latium où il furent acceuilli par le roi de l'époque qui donna à
Enée sa fille en mariage. Enée fondit en l'hommage de sa femme
Lavinia la ville de Lavinium.
Plus tard, la légende raconte : le roi d'Albe-la-Longue avait deux fils :
Numitor et Amulius. A la mort de leur père, l'héritage fut partagé à
parts égales : l'aîné, Numitor, obtint le trône, tandis qu'Amulius, le
cadet, récupéra les richesses et l'argent paternel.
Déçu par le partage, Amulius détrôna son frère et tua tous les
descendants mâles de ce dernier, à commencer par son neveu Lausus.
Afin d'être sûr que la lignée de Numitor disparaisse, il fit également de
sa nièce, Rhéa Silvia, une vestale dont le sacerdoce l'obligea à rester
vierge tout au long de sa vie.
Néanmoins, le dieu Mars tomba fou amoureux de la jeune fille qui
accoucha de jumeaux : Romulus et Rémus. Amulius fit alors emmurer
la vestale et condamna les nourissons à être jetés dans le Tibre.
Les enfants furent abandonnés dans une fondrière, sur les rives du
fleuve en crue par les serviteurs chargés d'exécuter la sentence.
Ils furent alors receuillis par une louve qui les allaita dans la grotte du
Lupercal, au pied du Palatin. Par la suite, le berger Faustulus, témoin
de ce prodige, receuillit alors les jumeaux au pied du Ficus Ruminalis
(figuier sauvage) situé à l'entrée de la grotte et les éleva en compagnie
de son épouse Acca Larentia. Cette dernière aurait été une prostituée
que les bergers des environs auraient surnommée "lupa" (louve).
La légende de la louve allaitant les jumeaux tirerait peut-être son
origine de ce surnom.
Devenus adultes, Romulus et Rémus décidèrent de fonder une ville.
N'arrivant pas à départager celui des deux qui donnerait son nom à la
ville nouvelle, ils s'en remirent aux augures. Rémus ut le premier à
voir six vautours voler dans le ciel. Aussitôt après, Romulus vit douze
vautours. Rémus avcait donc pour lui la primauté alrs que Romulus
avait le nombre le plus important. Ce fut Romulus qui finalement fut
désigné.
Alors qu'il trace le pomoerium, sillon sacré délimitant la ville,
soulevant l'araire pour ménager des portes, son frère Rémus, pour se
moquer de la faiblesse de la ville nouvelle, franchit d'un pas ce
rempart symbolique. Aussitôt, Romulus le tua en songeant à l'adage
"insociabile regnum" (le pouvoir ne se partage pas) marquant ainsi
tout aussi symboliquement l'intransigeance sourcilleuse de Rome
devant toute incursion malveillante.
Ce rite fondateur est suivi de divers événements qui concourrent au
peuplement initial de Rome : enlèvement des Sabines, guerre contre
les sabins,...
La date de la fondation de Rome est estimée à 753 A.C.
Le débarquement d'Enée et Ascagne dans le Latium
2. La représentation des dieux

1. L’anthropomorphisme

anthropomorphisme : tendance à donner à des objets ou à des animaux des


caractéristiques propres à l'espèce humaine.

therianthropie, zooanthropie

2. Corps des hommes et corps des dieux

3. Panthéons

3. Des dieux organisateurs du monde

1. Dieu démiurge et dieux organisateurs

pas de date de naissance

2. Cosmogonies et théogonies

Au commencement du monde, trois personnages : le Chaos, Gaia et Eros.


Chaos a deux enfants : Erebe et Ténèbres. Erebe a lui même deux enfants :
Ether et Jour. Le cycle jour/nuit est donc instauré.
Eros est le principe de génération du monde.
Gaia a 3 enfants : le ciel, les montagnes et la mer. La topographie de la terre
est installée. Gaia s'accouple ensuite avec son fils le ciel, Ouranos.
Ensemble ils ont les 12 titans, les 3 cyclopes et les 3 cent-bras.
Les 12 titans se marient entre eux. L'un deux, Cronos émascule son père qui
les retenait prisonnié par peur d'être renversé. Le sang qui s'écoule donne
naissance à des puissances maléfiques lorsque les gouttes touchent le sol.
Cronos, marié à sa soeur Rhéa, engendre la génération des Olympiens.
De même que son père avant lui, Cronos ne veut pas être renversé par un de
ses enfants, c'est pourquoi il avale ses enfants. Rhéa en ayant marre, elle
cache un de ses enfants, Zeus. Celui-ci devenu grand, détrône son père en lui
tranchant également ses attributs masculins. Les gouttes de sang tombant
dans la mer donnent naissance à Vénus, déesse de la beauté. Il délivre ainsi
ses frères et soeurs pour former le panthéon des olympiens.
Avec le olympiens au pouvoir, l'ordre s'établit. Les dieux sont donc
responsables de l'ordre du monde.
La naissance de Vénus

La chute des titans


4. Rites et pratique cultuelles

1. Religions éthiques et religions ritualistes

Il y a perpétuation du monde à l'identique.


Les religions sont là pour apporter des messages moraux.

- Religions éthiques
orthodoxie : idée ou opinion exacte, conforme.

- Religions ritualistes
orthopraxie : exécution correcte des rites prescrits.

2. Les formes du culte ; le sacrifice

Sacrifices, prières, processions, rites des épisodes/événements de la vie

La prière pour protection ou en remerciement ; les offrandes sont de


différentes formes selon la fortune ; libations ; sacrifices animal/végétal,
chtonien (sol) => eschara : autel bas ; la nuit ; holocauste / olympien
(haut/tête).
Sacrifice suovetaurile (cochon, mouton, taureau) en guise de purification
uniquement avec des animaux domestiques. Le sacrifice ultime est
l'hécatombe (sacrifice de 100 boeufs).
Processions
Lors des sacrifices, la fumée était pour les dieux (graisse + os brûlés). Il y
avait partage entre les dieux et les hommes.

3. L’omniprésence du religieux

Il y avait des rituels pour tout à tous les niveaux.


Il existait des divinités polyades, honnorées par toute la cité.
Il existait également des cultes à mystères avec des secrets et une conception
de l'au-delà.

La religion n'avait pas d'intériorité propre, elle était collective.

4. Sanctuaires et temples

sanctuaire : espace sacré délimité.

temple : maison du dieu ou de la déesse honoré(e).


B) Moyen-Age

1. Le monachisme : essor

1. Rupture avec le monde, prière, ascèse pour se rapprocher de Dieu et se donner


plus de chances d’obtenir le salut.
2. Essor à partir du IVe siècle : nostalgie de l’époque des martyrs et réaction contre
un christianisme favorisé et installé.
3. Rupture dans le genre de vie et rupture spatiale (clôture, lieu isolé…).
4. Vivre seul en ermite ou en groupe dans un monastère.
5. Trois vœux pour devenir moine ou moniale dans un monastère : pauvreté
(individuelle), obéissance à la règle et à l’abbé ou à l’abbesse, chasteté.
6. D’abord peu de moines prêtres, puis forte augmentation de leur nombre.

2. Le monachisme : fonction sociale

1. Nombreux contacts avec le monde malgré l’idéal de séparation.


2. Le monachisme apparaît utile à la société : croyance en l’efficacité de la prière
des moines.
3. Prières pour la collectivité et, plus particulièrement, pour les fondateurs et
bienfaiteurs des monastères => fondations et donations de terre = investissement
dans l’au-delà pour faire son salut.

3. Le culte des saints : essor

1. Vénération, puis culte (ensemble de pratiques religieuses) des martyrs.


2. Fêtés et priés comme des intercesseurs auprès de Dieu et comme des patrons
protecteurs (église, monastère, cité).
3. Le culte s’étend à des saints évêques et de saints moines.
4. Il répond aux besoins des païens convertis.
5. Promotion par les évêques, en soulignant que les saints tiennent leur pouvoir de
Dieu.

4. Le culte des saints : importance

1. Les saints : indispensables intermédiaires entre les hommes et Dieu.


2. Protections contre le démon, les malheurs.
3. Guérisons considérées comme miraculeuses.
4. Surtout auprès des reliques : le saint vit au ciel et est présent dans ses reliques
(corps entier ; fragments) + pouvoir des objets ayant été en son contact.
5. Recherche effrénée de reliques ; prestige et retombées économiques pour églises et
les monastères qui orchestraient leur culte.

5. Être chrétien : une appartenance nécessaire

1. L’appartenance et les obligations religieuses sont aussi sociales.


2. Première obligation : le baptême, sacrement qui fait entrer dans la communauté
chrétienne et dans la société.
3. Exception : juifs et, en Espagne chrétienne, les musulmans (mais en état
d’infériorité).
4. D’autres obligations, dont :
- connaître le « Notre Père » et le credo
- ne pas travailler le dimanche + messe dominicale
- respecter le calendrier chrétien (réactualise l’histoire du Christ et célèbre les
saints)
- respecter les règles du mariage chrétien.
Sacrements : Rites qui confèrent ou augmentent la grâce divine, c.-à-d. l’aide
surnaturelle que Dieu accorde aux hommes pour leur permettre
d’arriver au salut (échapper à la damnation éternelle, à l’enfer,
et obtenir la vie éternelle, le paradis).

Credo : Profession de foi (« je crois ») énumérant les dogmes chrétiens. Elle


remonte au IVe siècle.

6. L’Église maîtresse du salut

Les trois significations du mot église/Église :

Il désigne
• le bâtiment (dans ce cas on l’écrit avec une minuscule) ;
• la communauté des croyants, le peuple chrétien dans son ensemble ;
• la part institutionnelle de la communauté, c’est-à-dire le clergé (dans
les deux derniers cas on met une majuscule).

C’est ici de l’institution dont il s’agit. Elle est composée de clercs


hiérarchisés en plusieurs degrés. Les principaux clercs sont les prêtres (les
supérieurs des simples prêtres, l’évêque, l’archevêque et le pape étant prêtres
eux aussi).

Eucharistie : Sacrement par lequel le pain et le vin, aux paroles prononcées


par le prêtre à la messe lors de la consécration, sont transformés
en vrai corps et vrai sang du Christ. La présence réelle du Christ
dans le pain et le vin après la consécration fut d’abord une
doctrine discutée.

Communier : Recevoir en nourriture le corps et, pour le prêtre célébrant, le


sang du Christ. La communion est donnée aux laïcs sous la
forme d’une hostie - petite rondelle de pain sans levain -
consacrée).

Extrême-onction : Sacrement donné aux mourants et destiné à effacer les


derniers péchés.

7. Insatisfactions, dissidences et répression

1. XIe –XIIIe siècle : contexte de croissance et essor des villes. Mentalité plus
individualiste.
2. Recherche d’une vie religieuse plus personnelle. Certains laïcs ne veulent plus être
les objets passifs de l’enseignement et de l’instruction des prêtres.
3. Critiques d’un clergé trop riche et puissant en opposition avec les exemples de
l’Évangile et de l’Église primitive.
4. Dissidences : refus de reconnaître l’autorité de clergé et parfois un christianisme
fort différent.
5. Intolérable pour l’Église, qui veut une société chrétienne homogène. Elle montre
une sévérité croissante à l’égard de l’hérésie, en exagérant le danger pour renforcer
son emprise.
6. Un redoutable instrument de répression créé au XIIIe siècle: l’inquisition.

Hérésie : Doctrine, opinion, en rupture avec ce qui est considéré comme


l’orthodoxie (« la foi droite »), en l’occurrence le catholicisme.

Inquisition : Tribunal ecclésiastique spécial chargé d’extirper l’hérésie. Les


inquisiteurs relèvent directement du pape, ils enquêtent d’office,
la procédure est secrète, la torture peut être utilisée. Si ceux qui
sont reconnus coupables se repentent, ils subissent diverses
peines selon la gravité. S’ils refusent de se convertir ou
reviennent sur cette conversion, ils sont livrés au bras séculier
(les autorités laïques) et envoyés au bûcher.

8. Les ordres mendiants

1. Une nécessité : reprendre en main les laïcs et tâcher de répondre à leur aspiration.
2. La papauté favorise la création au XIIIe siècle des ordres (grands groupements
bien structurés) de religieux mendiants.
3. Comme les moines, les « frères » font vœux de chasteté, de pauvreté et
d’obéissance, et vie en groupe (dans des couvents), mais, contrairement aux
moines, un idéal d’ouverture au monde.
4. Prêcher dans les villes par la parole (discours reconnaissant une valeur aux laïcs et
à leurs activités), et par l’exemple d’une humilité et d’une pauvreté allant jusqu’à
mendier pour vivre.
5. Les deux premiers et principaux ordres mendiants : dominicains fondé par un
prêtre espagnol Dominique († 1221) et des franciscains fondé par un laïc italien
François († 1226).

9. François d’Assise

1. François (fin 1181 ou début 1182 - 1226) fils d’un riche marchand d’Assise
(Ombrie). Jeunesse dorée.
2. Changement radical : charité et baiser aux lépreux, renonciation à ses biens.
3. Prêche dans la joie en exhortant à mener une vie chrétienne.
4. Petite fraternité itinérante et pauvre dans laquelle clercs et laïcs se trouvent sur un
pied d’égalité.
5. Mouvement évangélique suspect. François demande l’approbation du pape qui
donne un accord verbal.
6. Accroissement considérable du nombre de frères (vers 1220, déjà entre 3500 et
5000).

10. La normalisation : l’ordre franciscain

1 Transformation du mouvement évangélique en ordre religieux, que la papauté veut


mettre à son service.
2. François proclamé saint après sa mort. Construction d’une grandiose basilique en
contraste avec son message de pauvreté.
3. Mendicité moins humiliante et plus institutionnalisée.
4. Les prêtres instruits majoritaires et prépondérants dans l’ordre.
5. Des franciscains deviennent évêques et inquisiteurs et donc des hommes de
pouvoir.
6. Opposition d’une minorité prônant le retour à une pauvreté totale. Elle fut
marginalisée.
C) Temps Modernes

L’Église dans la ville aux Temps modernes : le cas de Bruxelles

1. Entre Réforme protestante et Réforme catholique (16e et 17e s.)

1. Le Concile de Trente

Concile : Assemblée d’évêques et de théologiens qui décide des questions de


doctrine et de discipline ecclésiastique.

Le Concile s’est réuni à Trente, en Italie du Nord, de 1545 à 1563, avec de


longues interruptions en raison des guerres qui ravageaient l’Europe. Il fut
suivi d’une renaissance de l’Eglise catholique : la Contre-Réforme, ou
Réforme catholique.

2. Les « troubles » dans les Pays-Bas


Iconoclasme : Doctrine s’opposant à l’adoration et au culte des images
saintes
3. La réforme catholique dans les Pays-Bas méridionaux

Les Archiducs Albert et Isabelle (1598-1621)

2. Les institutions religieuses à Bruxelles

1. Le cadre de vie quotidien : la paroisse

Les paroisses de Bruxelles à l’aube des Temps modernes


Le développement des paroisses à Bruxelles aux Temps modernes

2. Les fondations religieuses

Tables du Saint-Esprit : distribution des aumônes, dans les paroisses


Maisons des orphelins et écoles des pauvres, dans les paroisses
Fondations particulières pour l’éducation d’un certain nombre d’enfants de
l’un ou l’autre sexe
Hôpitaux, les uns pour les vieillards, les autres pour les vielles femmes
Fondations particulières pour la distribution des aumônes

Établissements religieux à Bruxelles au milieu du 18e siècle


Le grand béguinage de Bruxelles (gravure du 17e siècle)

Le soin des malades


L'enseignement

3. Vivre et manifester sa foi

Monuments funéraires dans les églises


Les processions

Char de triomphe exécuté en 1770 par les écoliers du collège des Jésuites, à
l’occasion de la cavalcade organisée en commémoration du 400ème anniversaire du
miracle du Saint-Sacrement à Bruxelles.

3. Le processus de sécularisation au 18e siècle

1. La politique religieuse sous le régime autrichien

« À l’exception de quatre objets (la prédication de l’Évangile, l’exercice du


culte, l’administration des sacrements et la discipline intérieure de l’Église),
il n’y a donc aucune sorte d’autorité, aucune prérogative, aucun privilège,
aucun droit quelconque en un mot, que le clergé ne tienne uniquement de la
volonté libre et arbitraire des princes de la terre »
Extrait d’un mémoire du chancelier Kaunitz (juin 1768)
Sécularisation : Transfert à l'État des biens ecclésiastiques ou exercice par
l'État de fonctions précédemment réservées au clergé (état
civil, assistance publique, enseignement).

L'anticléricalisme : L'anticléricalisme est une réaction de défense contre la


prétention des clercs à régenter la société civile. Cette
réaction, amplifiée par les effets de la Contre-Réforme,
n’implique cependant pas l’absence de religion.

L’anticléricalisme s’oppose à l’ultramontanisme, c’est-à-dire la volonté de


défendre la position traditionnelle de l’Église catholique italienne (pouvoir
absolu du pape).

2. Les débuts d’un enseignement officiel en 1773

1773 : suppression de la Compagnie de Jésus.

Dans les Pays-Bas, les 17 collèges jésuites sont remplacés par des collèges
royaux : début de l’organisation d’un enseignement officiel.

3. La suppression des couvents « inutiles » en 1783

1783 : suppression des couvents dits « inutiles », qui ne se livraient ni à


l'enseignement, ni à la bienfaisance.

15 couvents supprimés à Bruxelles, 161 dans l’ensemble des Pays-Bas


autrichiens.

Objectif : mieux utiliser ces ressources pour l’encadrement paroissial, les


soins aux malades et l’enseignement.

D) Epoque contemporaine

1. Introduction

1. Sociétés industrielles et pré-industrielles

Ernest Gellner, Nations and Nationalism (1983)

La société pré-industrielle : spécialisation et cloisonnement

Horizontal : Gelding (castration)


- Clercs Eunuchs, esclaves, juifs
- Guerriers Jannissaires, mamluks, gardes suisses, zouaves
- clerge célibat

Vertical : cloisonnements géographiques, linguistiques, confessionnels

La société industrielle : homogénisation, mobilité, formation généraliste


Son organisation : l’Etat Nation

2. Une particularité chrétienne : l’inquisition

- 1492 et la Reconquista
- L’inquisition, l’obsession des conversos, la naissance de l’absolutisme
- Cuius regio eius religio: guerre des 80 ans, guerre des 30 ans…
- Le modèle ottoman

3. L’Etat-Nation et la réligion

Etat-Nation et laicité :
- Vivre avec la diversité confessionnelle: l’Etat neutre
- L’Etat contre l’Eglise: Kulturkampf
(Robbespierre, Jules Féry, Otto von Bismarck, Giuseppe Mazzini,
Theodore Herzl, Kemal Mustapha…)

2. Trois villes au XXè siècle

1. Thessalonique

- 1912: Thessalonique devient grecque


- Le feu de 1917 et le plan Hébrard
- L’expulsion des musulmans de 1923
- La déportation des juifs de 1943

2. Vilnius

1. < 1916: ville tsariste


2. 1916-1923: disputée entre Polonais et Lituaniens
3. 1923-1939: ville polonaise
4. Sept 1939 – juin 1941: RSS Lituanie
5. 1941-1944: Reichskommissariat Ostland
6. 1944-1989: ville soviétique
7. 1991 < : capitale de la Lituanie

3. Jérusalem, capitale contestée

- Sionisme, Tel Aviv, Jérusalem


- Une ville orientale, mais très peu juive
- La guerre de six jours, 1967 et la conquête militaire
- La « re »-construction du quartier juif sur les combles du quartier
« marocain » : un Disneyland biblique
- Archéologie sioniste

3. De l’Empire Ottoman à l’Etat-Nation turc

1. Un « modèle ottoman »? (millet)

- Nations opprimées? Grecs, Bulgares, Serbes, Monténégrins…


- Le « Millet »
- Tolérance religieuse : musulmans, juifs (« espagnols »), chrétiens,
syncrétisme
- Rôle des convertis dans l’administration et l’armée
- Constantinople, Damas, Jérusalem, Alexandrie, Salonika

2. L’effondrement de l’Empire

1. Pertes territoriales (voir cartes)


1878

1912
2. Expulsions et ingénérie démographique

Les Balkans en 1914

3. L’Empire et la guerre totale

La boîte de Pandore du nationalisme :


- Le Tsar et le Sultan
- Lawrence of Arabia et Lord Balfour
- Sikes-Picot et la révolution Bolchévique

L'accord de Sikes-Picot, 1916


- L’humiliation de Sèvres

La Turquie du Traîté de Sèvres, 1920

4. Question arménienne et « Grand Jeu »

1. Génocide en 1915
- 2m., dont 1,5m déportés, dont 1m meurent
- Hommes, femmes, enfants <-> hommes en âge de combattre
- « modernité » du génocide : nationalisme <-> théocratie

2. Un contexte d’intervention extérieure


- Contrôle des Dardanelles pour les Russes
- La route des Indes pour les Britanniques
- Duplicité arménienne ?

3. Un effet domino ?
- La Guerre de Crimée 1853-1856 (2m.)
- La Crise orientale 1878
- Les guerres des Balkans, 1912-1913

5. La question des orthodoxes

- Et pourquoi pas les Grecs?


- Megali Idea: Eleuterios Venizelos et l’expédition de Smyrne, 1918 :
occupation et discrimination
- L’offensive de juillet 1921
- Contre-offensive Kemaliste et retraite grecque sur terre brûlée
- Septembre 1922 : la catastrophe de Smyrne
- Juillet 1923 : Traité de Lausanne : 1,2m. Grecs contre 350.000 Turcs
Formation de la Grèce moderne

Le Traîté de Lausanne, 1923


6. La révolution Kémaliste

Kemal Mustafa, dit Atatürk

1. Crise politique :

- Tanzimat (Odile Moreau-Richard)


- Ottomanisme vs. Millet
- 1908 : Révolution des Jeunes Turcs

2. La Révolution Kémaliste

- Salonika, 1881
- Gallipoli, 1915
- Smyrne, 1919

Réformes Kémalistes

- 1922 : abolition du Sultanat


- 1923 : Fondation de la République Turque
- 1923 : Traité de Lausanne
- 1925 : imposition du mariage civil et abolition de la polygamie
- 1928 : suppression de la religion d’État
- 1934 : droit de vote féminin (15 ans avant la Belgique)
- Introduction de l’alphabet romain
- Turcification des noms : Constantinople -> Istanbul ; Angora ->
Ankara (capitale) ; Smyrne -> Izmir