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Contes populaires malgaches. 1893. 1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la

Contes populaires malgaches. 1893.

Contes populaires malgaches. 1893. 1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart

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COLLECTIONDECONTESET CHANSONSPOPT5J-AIRSS-

CONTES

POPULAIRES

MALGACHES

RECUEILLIS, TRADUITS ET ANNOTES

GABRIEL

PAR

FERRAND

AGENTRÉSIDENTIELDEFRANCEA MADAGASCAR MEMBUICDELASOCIÉTÉASIATIQUE DELASOCIÉTÉDEGÉOGRAPHIEDEL'EST ETDELASOCIÉTÉDEGÉOGRAPHIEETD'ARCHÉOLOGIE DELAPROVINCEû'ORAN

PARIS

E R N E S T LEROUX,

F. 1) IT F I1 R

28> RUE BONAPARTE, 28

l8g3

COLLECTION

DE

CONTES ET DE CHANSONS POPULAIRES

CONTES

XIX

POPULAIRES

MALGACHES

k&VS

OUVRAGES

DU MEME AUTEUR

Le Çomal. Alger, 1884.

Notes de

Notes sur la situation

grammaire Çomalie. Alger, 1886'. "'

politique,

commerciale et reli-

du Pachalik de Harar

gieuse

Nancy, 1886.

et de ses dépendances.

Les Musulmans à Madagascar et aux'îles Comores.

Paris, 1891.

1™ partie, Les Antaimorona.

EN PREPARATION*.

Les Musulmans à

et aux îles Comores.

Madagascar

2" partie, Les Tribus musulmanes de la côte sud-est.

de

en ]6i3.

Exploration portugaise

portugais avec

Madagascar

Trad. du

notes et commentaires.

Le Puy-en-Vclay. Imprimerie MARCHESSOUfils.

CONTES

POPULAIRES

MALGACHES

1JEILLIS, TRADUITS ET ANNOTES

ABRI EL FERRAND -—KTENTRESIDENTIELDEFRANCEA MADAGASCAR MEMBREDELASOCIÉTÉASIATIQUE DELASOCIÉTÉDE GÉOGRAPHIEDE L'EST ET DELASOCIÉTÉDEGÉOGRAPHIEET D'ARCHÉOLOGIE DELAPROVINCED'oRAN

ERNEST

PARIS

LEROUX.

ÉDITEUR

28, RUE BONAPARTE, 28

l893

A

Monsieur

RENÉ BASSET

PROFESSEURA L'ÉCOLESUPÉRIEUREDESLETTRESD'ALGER MEMBREDESSOCIÉTÉSASIATIQUES DE''fC\TtIs7~'fc-EJPZIGET FLORENCE,DELASOCIÉTÉ

/ N1-'-

'-;DL\LINGUISTIQUE, ETC.

HOMMAGE

DE RECONNAISSANCE

DE SON

TOUT DÉVOUÉ ANCIEN ÉLÈVE

GABRIEL FERRAND

PREFACE

111K E F°lk-lore &JMJÈ connu contes

!

qui n'est savant

malgache du monde

guère

par

que

dans

des revues

quelques

spéciales en France, de Bonne-Espérance, gascar même, d'une des missionnaires

En

Tananarive

publiés en Angleterre a été l'objet, étude sérieuse

et au Cap à Mada-

de la part

anglais le Révérend

ses Spécimens

ans plus

et norvégiens. Dahle

of Malagasy la Malagasy

1877,

publiait

Dix

Society

folk-lore.

folk-lore

tard,

faisait paraître and folk-tales

le premier of Ma-

volume des Folk-lore

à

Mais ces deux ouvrages,

à leurs auteurs,

malgaches,

qui font ne contien- et sont par

dagascar.

grand honneur

nent

que

des textes

conséquent

peu accessibles

aux folkloristes

II

PRÉFACE

européens.

La traduction

française

des con-

tes qui font l'objet

être

confrères

de ce travail

Je

laisse

décider

lacune.

une

le soin d'en

comble à mes

1.

peut-

savants

Les contes, traditions

laires malgaches

peuvent

et chansons se diviser

popu- en six

:

parties merveilleux 40 contes

et Mahaka, proverbes.

contes

2° contes

d'animaux; et traditions

;

légendes 5° exploits 6° chansons,

;

et

de Rotofetsy énigmes

divers;

et

La première

certaine-

catégorie

occupe par le nombre.

ment

que

la dernière

La

expli-

place de la faune

de Madagascar

pauvreté du reste

treinte

la quantité

relativement Je n'ai même

res-

des contes

d'animaux.

pas pu en recueillir

le fosa [cryptoprocta

romys Madagascariensis) mammifères

caine.

un seul qui

ferox)

mentionne

ou le aiay

(chei-

par exemple, deux

île afri-

à la grande

particuliers

1. L'alphabet malgache comprend

toutes les lettres

du nôtre sauf e, q, u, w et x. une prononciation particulière,

Quelques lettres ont ce sont : o, qui se

prononce ou, comme dans doute ;j, qui se prononce

df : ex.

e : ex. be

jaka-d^akà, et e, qui se prononce toujours

prononcez bé.

PRÉFACE

III

Le caractère

des animaux variable.

des contes popu-

laires

généralement

ruse dans l'une le chat faisant ensuite

est assez

Ils ne conservent

pas dans les différentes

rôle,

dont

le même ils ont

fables

ils jouent ou d'adresse

un

d'elles.

de

esprit fait montre

Le rat qui est mangé

sa revanche

par

dans le n° 2, prend

brûler

(n° 3) son

en Il abuse

ennemi.

(n° 4) de la confiance

(n° 6) se jouera seul paraît

du chien,

qui

du corbeau.

Le

à être tou-

fois, le chien

le coq

le

(n° 8) Le Taka-

c'est

à son tour

chat sauvage jours victime. le fait tuer (n° 7), leur hérisson

destiné

Une première

avait dévoré

puis,

parce qu'il frère

par alliance;

à sa vengeance

mystifié.

qui échappe après l'avoir cruellement

tra,

espèce

de huppe

de Madagascar,

ne

en rien dans

les contes

la répulsion Les Mal- disent

figu-

rappelle

dont

gaches

être de mauvais

son Sakanan' qui vole

rer

il est l'objet craignent

nom

dans la vie réelle.

cet oiseau et font

qu'ils

même

augure dans l'expression être arrêté

suivante

par un takatra c'est-à-dire

takatra,

en travers

du chemin,

voir ses projets fables malgaches

arrêtés

par un obstacle.

Les

lui attribuent

dont

un rôle peu

flatteur par l'ingratitude

il fait preuve

;

IV

PREFACE

envers le Tsintsina

qui

hibou (n° 9). Ce dernier,

l'a débarrassé

du

convoqué

à une réu-

nion des oiseaux l'accouchement ne pas s'y rendre

puni

nères de le traiter

pour "élire un roi, prétexte

(n° 19) pour

de sa compagne

pendant

le jour.

Il en est

par la résolution

prise

par ses congé- Le hibou

en ennemi.

passe attitré des sorciers

19 ressemblent

être le commensal

nos 6,

pour malgaches. Les contes

14 et

d'une

la Fontaine

façon si frappante

aux trois

fables

de

qui leur correspondent,

doutes

que j'ai carac- catholi- en les

eu d'abord quelques

sur leur

tère malgache.

ques ont, en effet, traduit

adaptant

Les missionnaires

du

en malgache,

un certain

; et je crai- du nombre.

aux moeurs

pays, de fables de la Fontaine

ne fussent

nombre

gnais

que celles-ci

Le conte n° 6, Le Chien et le Corbeau,

est sur-

tout remarquable faite avec Le Renard

grand fabuliste. par l'affirmation

ment illettrés, qui connaissaient

longue date et n'avaient

pu les emprunter Pères Jésuites.

par sa ressemblance et le Corbeau

ont

par- de notre été levés

Mes doutes

d'indigènes

âgés et absolu- ces contes de

pas par les

par conséquent

publié

au recueil

PRÉFACE

V

Les Malgaches êtres et des animaux

Quelques

Tsyaombyaomby,

croient à l'existence

des

des contes merveilleux.

affirment

avoir le nain

vu le Ka- n'a

indigènes

les Kinoly, Leur

le petit Koto.

lanoro,,

jamais

traire.

témoignage ; il fait foi au con-

été mis

en doute

On en appelle

à eux pour

essayer de

de la

convaincre

les étrangers

à l'endroit

faune fantastique

de Madagascar.

curieux

C'est du folk-lore ses héros maintes

un

des côtés, non le moins

malgache,

comme

existant

circonstances

propices

que le peuple considère

encore il cherche

et

qu'en à se les contre

rendre leurs ma-

à se prémunir

léfices.

La superstition

la plus

bizarre

est

celle

qui a trait

avec des sorciers

dévorent les personnes

dont

aux caïmans.

Ils vivent,

dit-on,

ils sont les esclaves

leur

et

désignent

que a même,

leurs maîtres.

indigènes,

caïman

Lorsque l'homme

le caïman

terre, si l'itinéraire

Il y

les

et

ajoutent

des mariages

entre homme

et caïman

femelle

et femme

mâle.

ou la femme se déplacent, ou même

eau

par du voyage

ne permet

les suit

par

pas

d'utiliser

racontent

les rivières.

que quelques

Les Betsimisaraka

sauriens

femelles

VI

PRÉFACE

portent

aux griffes

de leurs

neaux donnés

par leurs

maris.

pattes

des

an-

L'histoire

de Madagascar,

depuis

ses ori-

commencement'de

nous

gines jusqu'au n'est parvenue jusqu'à légendes et traditions

lève par conséquent

loriste

ce siècle, aux

re-

que grâce Elle

populaires.

Le

plus du folk-

Père

de

beaucoup

de l'historien.

la

ans d

p. 60 et de

que

Vaissière a reproduit,

Madagascar

(Paris,

dans

ses Vingt

1885, in-8°,

suivantes), tous les lovantsofina

(héritage

l'oreille) qui ont trait à l'établissement

tribu

nous publions simisaraka

de la

des Hovas

dans l'Imerina.

Ceux que chez les Bet-

La légende des

ont été recueillis

de la côte orientale.

raconte

du Dauphin indigènes

que la plupart le témoignage

grande

in-8°,

comme les descendants

lonie juive. La concordance

rahy avec celui

(n° 44) de Sainte-Marie

l'origine de Madagascar se sont plu, sur

{Histoire

Paris

de la

1661,

des auteurs de Flacourt

isle de Madagascar.

et suivantes),

p. 22

à représenter d'une ancienne du nom de Bo-

co-

et Ibrahim

ne

d'Abraham

me semble

pas suffisante

pour justifier

une

pareille

[Souvenirs

hypothèse. d'un séjour

Le Docteur

Poulain

à Sainte-Marie

de

PRÉFACE

VII

Madagascar. nous aprend

Lyon,

1886, in-8°,

p. 23-24)

au contraire

que, « d'après

la

légende la plus accréditée,

épousa, en'88o, contre

guerroyé une fusion l'élément

le fils de Borahy

la fille d'un' Arabe

les khalifes.

qui avait

Il s'ensuivit

des castes

où domina

peu à peu ». Les

de Zanguebar donc

hétérogène

Sainte-Mariens

musulmane

s'est produite

explicable par la communauté mans et aux Juifs de certaines

auraient

une origine L'erreur

et non à leur

israélite.

sujet,

qui est facilement

aux Musul- sé-

pratiques

mitiques. La légende du Ravinala

(arbre

du

voya-

geur (n° 38), qui se trouve

des cimetières, que professent

dans l'enceinte

donne la mesure

du respect

les Malgaches

pour les morts.

Aucun

après peur d'être aperçu qui retournent

d'eux ne se risquerait

à s'approcher du soleil,

des tombes

le coucher

de

par les âmes des décédés

auprès

de leur

quelquefois

la nuit vient.

Les

-corps, quand qui se produisent pays chauds

très fréquemment ont dû contribuer

coup à-accréditer La tradition

gascar.

(lémurien

cette superstition donne

YIndris

qui à courte queue,

feux follets

dans les pour beau- à Mada- babakoto brevicau-

VIII

PRÉFACE

datus de Geoffroy Saint-Hilaire)

tres

à quelques

tribus malgaches

pour ancê- n'est

pas

particulière

à Madagascar.

plades africaines

voient dans

Certaines

les singes

peu-

des

descendants

des premiers

hommes

qui ont

perdu volontairement,

pour

de la parole en esclavage

l'usage

être réduits

ne

et

pas

obligés au travail.

Les contes

de la quatrième

partie, Contes

divers, ont en général une tendance

Ils montrent

jusqu'où

rice et la gourmandise,

satirique. mener l'ava-

peuvent ou plus exactement

la

par

n° 45

héri-

à

ces deux vices malgaches

gloutonnerie,

excellence.

obtient

tière

son esclave pour acheter est considéré

l'indice d'une grande fortune,

Le jeune paysan

du conte et belle

(5 francs) quelque argent

la main en donnant

d'une riche

une piastre qui lui demande

du

riz. Ce don d'une

la jeune

fille

piastre

comme

par

et elle consent

immédiatement

libéralité.

ser sa femme

richesses; toit conjugal n'a

à s'unir

à l'auteur

de cette

épou-

ses

le

Kotokofafa

(n° 47) ne peut

lui avoir

montré

qu'après la gourmande

parce

(n° 48) quitte

que son mari, de viande

croit-elle,

pas eu sa part

des

son

au repas qui cache

funérailles.

Le père de famille

PRÉFACE

IX

sel pour être seul à en user

(n° 46), le mari

(n° 5o) approuvant

une de ses femmes

qui

lui attribue

preuve on rencontre dans la vie malgache.

deux parts

d'un

au lieu

font

d'une,

tous deux

féroce dont

égoïsme souvent des exemples

encore

Les exploits de Kotofetsy

et Mahaka, deux

célèbres brigands

grande

tiennent

malgaches,

une

dans le folk-lore

Un indigène,

dans

de la grande M. Rabezan-

tous

place

île africaine.

a réuni

brochure

les

drina,

contes populaires

une de l'Imerina

dont ils sont

lés héros.

Cet ouvrage

n'est malheureuse- et il m'a été

public

exemplaire.

mal-

dépei-

ment pas dans le domaine

impossible Il ne contient

gaches. Les vingt

de m'en procurerun

du reste

contes

que des textes

que j'ai recueillis

gnent suffisamment

et Mahaka.

le caractère de Kotofetsy

en somme

Ce sont

des voleurs lâches

très ordinaires, et bas toujours, chevaleresque

spirituels quelquefois,

et sans ce côté généreux

rend parfois

et

qui nous

sympa-

bandits d'Europe. Robin Ffood

tahiques nos légendaires

Cartouche

Rob Roy, n'auraient

et emporté

et Mandrin,

ou

certainement

pas tué de la

les quelques

moutons

X

PRÉFACE

vieille pauvresse pitalité.

La chanson

qui leur

malgache,

eût donné

l'hos-

dont

quelques

terminent

parler

ce volume, n'existe

d'air.

à

spécimens proprement roles changent généralement

de rime ni de mètre.

inconnue à Madagascar.

qu'à l'état

Les pa-

avec le chanteur.

Elles sont souci est du reste

improvisées

sans aucun

La poésie

La musique fort intéressante.

est

malgache On y trouve

au contraire dans

comme

la nôtre, les deux modes

majeur et mineur

(celui-là est le plus ordinairement

et les tons et demi-tons.

se rencontre

jamais.

employé) de ton ne

Le quart

Je n'en ai, en tous cas,

trouvé aucun exemple

chansons de résidence

car. Les airs malgaches et il est préférable

rience d'adopter

dont je me suis servi pour le rondeau

vant. La mesure

dans les nombreuses

que j'ai entendues pendant

six ans

sur les deux côtes de Madagas-

sont faciles à noter;

j'en parle

la tonalité

manque

par expé-

de fa majeur,

sui-

le plus souvent;

et le maître

battant

de chant

dirige ses choristes

en

des mains pour en tenir

lieu. Dans

le rondeau que j'ai reproduit,

ment

le commence-

allegreto,

et la fin doivent

se chanter

PREFACE

XI

c'est-à-dire en donnant leur de durée qu'elle

à chaque

note la va-

a dans ce mouvement.

Les deux mesures intermédiaires

sont chan-

tées en mouvement battent ensemble temps et tournent sures.

de valse. Les chanteurs

du

pied avec le premier

pendant

ces deux

me-

La musique malgache mériterait

lignes qui précèdent

plus que ; mais un

les quelques

plus long développement dans le cadre de cet ouvrage.

ne rentrerait

pas Je me propose

dans tous ses détails dans une

de l'examiner

prochaine étude. J'ai traduit

des Spécimens

of Malagasy

folk-lore

de M. Dahle les nos 10, 19, 40, 41,

52, 55 et 81 ; du Folk-lore

and folk-tales

Madagascar

les nos 2, 11, 18 et 53;

of

et le

n° 82 des Ohabolan'

ny ntaolo.

Les autres

contes que j'ai recueillis,

la plupart inédits, appartiennent

bus : Betsileo

et qui sont

pour

à six tri-

(nos 3, 4, 7, 8, 9, 12, 20, 26,

28, 49, 5o, 5i, 54, 56 et 80); Sainte-Marie-

de-Madagascar

(n° 44) ; Betsimisaraka

(nos 1,

i5,

25, 27, 29, 3o, 3i, 36-39, 42, 43, 47 et

48) ; Imerina

(nos 5, 32, 45, 5.7, 60-79) ; A11-

tambahoaka

(nos 6, i3,

14, 16, 17, 21-24,

33-35, 46 et 58), et Antaimorona

(n° 59L.

XII

PRÉFACE

Les notes ne contiennent

que les explica-

tions nécessaires

malgache.

tes, je me suis abstenu

entre les contes

d'Occident

chés, me contentant

à l'intelligence

du

récit

A l'exemple de certains folk-loris-

dont

de toute comparaison et ceux d'Orient

ci-après ils pouvaient

ou

être rappro-

du rôle modeste

de col- à de le

lectionneur

plus compétents soin de rechercher

et de traducteur. confrères

Je laisse

en folk-lore,

les origines

et les parentés

de ces quelques contes et traditions

laires

de la grande

île africaine,

popu-

DU

BIBLIOGRAPHIE

FOLK-LORE

MALGACHE

(CONTESPOPULAIRES,CHANSONSET PROVERBES)

FLACOURT (de), Histoire de la grande isle de Ma-

Paris. 1661, in-8".

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xvi.

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des

dagascar.

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(Ch.

Origine

de la diables. du

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Rasoanor, pp. 46-63.) PARNY (de), Chansons made'casses traduites en

pays sur l'origine des péchez.

création du monde,

des

anges

Ch. XVIII. Certaine fable que content les

gens

français. Paris, 1787.

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Paris, 1840, in-8°, 2 vol. (t. I".

aux îles Comores.

Légendes du coq blanc, p. 33; du vouroun' saranoùn (sic), p. 43 ; Mahao la sorcière, p. 48-51 ; t. II, les Vazimbas, p. 121 ; les Zafferaminians (sic), p. 180; le caïman, 223).

MACÉ-DESCARTES, Histoire et Géographie de Ma-

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part. II, p. 33-48; Hiran ny Ntaolo, t. I, part III,

p. 65-77 ; Lalaon' ny ankizy, t. I, part. IV, p. 97-106;

Créatures merveilleuses, t. I, part. VI, p. 169-174;

Folk-tales, t. I, part. VII, p. 201-211).

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1872.)

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Paris,

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p. 75, the old man and

noro; part. III, mars 1884,

and the wild dog;

part. V, mai 1884, p. 129, Isilakolona; p. 133. Ra-

faranomby;

p.

his three sons;

161.

p. 79. The Frog

p. 137. Ibotity, part. VI, juin 1884,

166. The wild

dog and

Ramaitsoanala; p.

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pauvre n'est pas

Kinoly,

aimé de ses

parents,

1888;

5o, 16 octobre

22 novembre 1888; Le camé-

Progrès

hommes sont la source des rois, n" 47, 23 septem-

bre 1888. Le

2 octobre 1888; Les Les Vazimba, n° 56,

léon et le sanglier, n°

son malgache,

57, 4 décembre 1888; Chan-

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PREMIERE

CONTES

PARTIE

D'ANIMAUX

LE CHAT

ET

I

LE

RAT

D'EAU

(Betsimisaraka)

père des chats se trouvant,

un jour, au

||j|||?E

Hyjs^i bord d'une rivière, qu'il voulait traverser pour se rendre sur la rive opposée, demanda au rat de lui faire passer l'eau. Arrivé au milieu de

la rivière, le rat qui portait le chat sur son dos,

Le chat gagna la

rive à grand'peine.

se dérobe et le fait plonger.

Ayant touché terre, il réu-

nit ses enfants et ses petits enfants

que m'a fait le rat, leur dit-il; c'est une insulte

qui vous atteint tous. Aussi pour détruisons cette race maudite

: « Voilà ce

nous venger,

fois

et chaque

t. Recueillià

sud-estde

Madagascar), où

Mananjary(côte

par

il m'a été raconté

une femmeBetsimisaraka.

2

CONTES POPULAIRES MALGACHES

que l'un

de ses représentants

notre passage, mangeons-le,

se trouvera

tuons-le

'.

»

sur

i. L'expression mangeons-le, tuons-le, s'emploie à l'égard

Klle

à ceux qui me-

la

juré

perte.

de tout ennemi, homme ou béte, dont on a

s'applique souvent, dans les discours officiels, nacent ou menaceraient lu paix du royaume.

KOTOFETSY, MAHAKAET ANDRIAMBAHOAKA23 I

des richesses

Les

et.Mahaka de les conduire

que nous avions sous la main ».

village

demandèrent à Kotofetsy

à l'endroit

où se

du

gens

trouvaient tous ces trésors

: « Voici ce qu'il

faut

faire

Mahaka

pour

cela,

: on va jeter

dirent à l'eau

Kotofetsy et les hommes

d'abord, les femmes

étonnés en voyant toutes

telle abondance que vous en serez émerveillés. »

ensuite. Vous allez être

ces richesses

et en

Les gens du village étaient persuadés

deux compères leur disaient vrai. Ils les avaient

et ils les voient revenir ma-

niant les piastres et les bijoux à pleine main. « Allons à l'étang, criaient les hommes. » Koto-

fetsy et Mahaka les firent

pour

que les

jetés dans l'étang

aligner et les atta-

chèrent

l'un et l'autre

en leur donnant

motif de cette mesure que certains d'entre

voudraient devancer leurs compatriotes dans

eux

l'étang et s'emparer des plus beaux bijoux. Arri-

vés au bord

de l'eau,

jetaient les hommes,

et Mahaka

en

Kotofetsy après l'autre,

l'un

criant : « Ah! vous ne dépenserez

l'argent qui est là. » Lorsque tous les hommes,

jamais tout

furent noyés. au village et

leurs maris

y compris Andriambahoakà, Kotofetsy et Mahaka revinrent aux femmes

annoncèrent

que s'étaient noyés et ne devaient plus revenir. Les femmes et les enfants apprirent cette nouvelle

avec douleur. Us attribuaient

ces morts à un

15

232

CONTESPOPULAIRESMALGACHES

accident, ignorant

la fourberie

qui les avaient

occasionnées. Mais elles s'aperçurent

bientôt

que Kotofetsy et Mahaka n'avaient poussé leurs

maris à aller dansl'étang que pour les faire mou- rir et s'emparer de leurs biens. Les deux fourbes

devinrent

deux seuls hommes.

rois du village dont ils étaient

les

LXXIII

CELUI

QUI CRUT

QUE KOTOFETSY

ÊTRE

PLUS RUSÉ

ET MAHAKA

(Imerinà)

IL

y avait, une fois, un homme être plus rusé et plus fourbe

qui croyait que Kotofetsy

et Mahaka. Il désirait beaucoup les rencontrer.

Un jour qu'il était à leur recherche,

Kotofetsy

passe, une bêche sur l'épaule, retournant dit l'homme

connaissait pas son interlocuteur,

campagne : « Monsieur,

de la

qui ne savez-vous compères qui

où habitent

S'appellent Kotofetsy et Mahaka? » « Si vous

ces deux

madrés

Voulez les voir, répondit le paysan, postez-vous

au pied de ce tombeau.

cher pour vous les montrer. » Kotofetsy court

Je vais aller les cher-

chez les notables

a là-bas

du village

et leur

dit : « Il y sur un tom-

un sorcier

qui danse

234

CONTESPOPULAIRESMALGACHES

beau '. Il va bientôt

l'attraper.

se mettre

à danser. Allons

» Les gens du village s'arment

sur l'homme

de tri- si

ques et arrivent

qu'ils frappent

fortement

qu'il fut près d'en mourir. Le faux sor-

cier puni, les gens retournent

fetsy et Mahaka

perspicace,

Kotofetsy

résister.

mer. » L'homme

guérir des coups de bâton qu'il avait reçus.

au village. Koto-

dirent alors à l'homme

ne t'attaque

tu ne pourrais est aussi profond

: « Si pas à pas leur que la

et s'en alla chez lui se

tu n'es pas plus

et Mahaka; Leur

esprit

obéit

i. La danse sur les tombeaux est un des

Malgaches

signes

évitent

manifestes

soigneuse-

peur

de la profession ment, dès qu'il de troubler les

de sorcier. Les

fait noir, les abords des cimetières de

sorciers qu'ils supposent s'y trouver.

COMMENT

LXXIV

KOTOFETSY

ET MAHAKA TROMPÈRENT

(Imerina)

LE ROI

KOTOFETSY et Mahaka apprirent qu'un prince

s'amusait

à faire battre des grillons

r

sur

une

Un jour,

Kotofetsy

fit entrer

Mahaka dans un trou et ne lui laissa qu'une

ouverture par

Mahaka avait un gros crabe avec lui qu'il tenait

laquelle il pouvait passer la main.

dans la main. Lorsque

le prince vint s'amuser

sur la colline, il vit le crabe et étendit le bras pour s'en saisir. Mahaka lui prit alors la main et se mit à le pincer fortement. Le prince, affolé, appelle au secours : « Je meurs, criait-il. » Kotofetsy arrive

i.

Les Malgaches et les Hovas surtout sont très amateurs

coqs et de grillons.

de combatsde

236

CONTES POPULAIRES MALGACHES

et

vapmba

dit

aux

personnes * qui habite

présentes

: « C'est

dans

ce trou. "Il faut

un

beau-

lui faire lâcher

somme

coup d'argent me donne

prise. Qu'on et j'en débarras-

pour

une grosse

serai le prince.

» Celui-ci

offrit 10 piastres;

mais

refusa d'opérer

pinçait

pour si peu. L'animal,

en plus Le

fort,

roi

Kotofetsy à l'intérieur,

prince 5o piastres l'argent dit : « Tu si tu veux

de plus davantage.

et le

offrit

mit

et

si

en pleurait

sur

pour délivrer

la main

son fils. Kotofetsy

du prince Vazimba, sortir;

prisonnière

es le remède

lâcher

de la pince.

la main,

elle pourra

tu ne veux pas desserrer

Mahaka

moins fort;

pinça

ta pince, mais

elle restera.

il retint

la main.

»

Kotofetsy

dit alors

au roi : « On ne pourra

pas

retirer

la main, le vazimba

5o.

si vous

ne donnez

100 pias- 10 piastres, pleurer

et

pas

a refusé

d'abord' de voir

tres;

puis souffrir Ce dernier. et l'étreinte

prochez

» Le

roi, son fils, donna

désolé

100 piastres sur la main

à Kotofetsy. du prince, « N'ap-

mit l'argent

se desserra immédiatement.

d'ici, dit-il

ensuite

Il y

plus

au peuple.

i. Les Vazimba sont

Malgaches

en ont

généralement considérés comme les

par

les Hovas.

aborigènes de l'Imerina d'où ils furent chassés

Les

fait aujourd'hui des êtres surnaturels protection par des prières où ils leur

graisse de

dont ils recherchent la

promettent de leur offrir, en cas de réussite, de la

coq et de mouton. Cf. Grandidier, Mémoires publiés par la

Société philomathiqve, p. 154 et suivantes.

KOTOFETSYET MAHAKATROMPANTLE ROI 23/

a un vazimba

seulement qu'on ne vît pas Mahaka sortir du

qui vous en punirait

(il désirait

le roi, le prince

et le peuple

trou). Lorsque

furent partis, Mahaka sortit

deux se pâmèrent

du trou, et tous