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RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT
DE

LA PENSÉE .lURIDÏOLi ET MORALE

EN GRÈCE

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le développement
I.A

DE

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EN GRÈGE
(ETUDE sem;antique)

PAR

Louis GERNET
DOCTKl'R Es LETTRES

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ERNEST LEROUX, ÉDITEUR
28, RLE BONAPARTE, VI^

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B«Cr«(^^ VERSION
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AVAILASie

PREFACE

présente étude est une étude de sémantique nous proposons comme matière de recherches un certain nombre de termes juridiques et moraux du grec
soi, la
:

En

nous

ancien
et

(1). 11

ordonnée;

faut bien qu'une pareille enquête soit définie il faut que Tunité d'un problème y préside, et
est le suivant.
il

ce

problème

A

l'époque classique,
;

y a véritablement des délits contre

l'individu

il

n'y a pas seulement des crimes contre les Dieux,

contre les choses sacrées ou contre la

communauté;

et

l'homicide, par exemple, au lieu de déchaîner une guerre entre deux clans, provoque en faveur de la victime un châ-

timent

collectif.

du

même

D'autre part, et suivant un progrès qui va pas, l'idée positive d'un coupable s'est dégagée
soit la responsabilité

d'une pensée primitive qui impliquait
solidaire

tion «

du groupe familial, soit, plus largement, une concepmystique » (2) du délit où il n'y a pas place pour la

11 va (le soi qu'en Grèce, c'est Athènes qui nous fournit le plus; comme grande majorité de nos documents en provient, il arrive que certaines questions, ou certains chapitres, intéressent la seule Athènes. Mais nous pouvons dire ici ce que nous répétons plus loin pour l'étude scientifique, la, restriction du champ d'expérience n'est pas nécessairement vice rédhibitoire. nous (2) Nous continuerons à nous servir de ce terme-là et d'autres analogues ne voyons pas moyen de faire autrement. Ils ont le défaut de suggérer une idée très inexacte c'est que ce qui nous paraît hors nature et plus ou moins inintelligible puisse paraître tel à une mentalité qui justement ne fait pas la distinction entre « naturel » et « surnaturel » (cf. E. Durkheim, Formes élém. de La

(1)

la

:

:

:

PREFACE

notion autonome d'une volonté criminelle. Nous dirons tout de suite, sauf à nous justifier plus tard de cette synthèse le droit pénal des cités grecques comporte une certaine
;

représentation de l'individu. Et nous nous demanderons comment le vocabulaire l'atteste-t-il, et comment l'histoire
:

des mots permet-elle d'en expliquer la genèse? La notion de l'individu, nous la considérons donc succesl'idée sivement sous deux aspects, objectif et subjectif d'atteinte à l'individu est étudiée dans la seconde partie; dans la troisième, la représentation du délinquant en tant
:

que principe individuel du délit. Mais puisqu'aussi bien ces conceptions sont naturellement encadrées dans une
la peine

pensée générale et que les notions générales du délit et de en sont pour nous la base nécessaire, nous avons

d'abord consacré à celles-ci une partie spéciale. On pense bien que le biais de la sémantique, par où nous

avons pris l'élude des notions juridico-morales, ne nous
offrait pas,

On prend mais nous devons marquer tout de
ce qu'on a

au premier moment, d'en faire le tour complet. nous avons trouvé que c'est beaucoup, ;
suite
:

comment

notre

notions qui font de la première partie se prêtaient directement à une l'objet car ici, objet et matière coïncident, le élucidation totale

matière

même

s'est

trouvée délimitée

si

les

dans les mots qui les désignent n'en allait pas de même pour les deux autres parties, où nous avions affaire à des éléments moins définis en euxdélit et la peine étant étudiés

il

mêmes,
du

plus.spirituels

tivement aucun terme
délit, l'idée

en un sens, et que ne traduit exhausl'idée de la personne comme objet
:

comme sujet du délit représenune certaine forme de pensée, répondent à un sentiment continu et diffus, plutôt qu'elles n'offrent au langage une
de l'individu
tent
vie relie]., pp. 33-40) et pour qui Texplication « théoloffique », suivant Comte, exerce sa vertu bienfaisante qui est de satisfaire et rassurer est donc entendu que des^épittiètes de cet ordre définissent seulement
la

vue de
rapport

l'esprit. Il
le

d'une pensée primitive à la nôtre.

qu'il n'y a rien à y perdre. Justibrièvement. et que. désignation du délit public d'outrage 'jêpt. d'après les données . tions générales et à propos : — croyons-nous. II tions-le Donc. mêmes. nous avions un parti-pris. doivent même : fait précéder ces trois études d'une étude préliminaire et toute descriptive sur l'évolution du terme uêpiç. après avoir été considérée occasionnellement dans la première partie quant à ses condiunité la le droit dénommable. L'idée claire et distincte de l'individu est une conquête de la pensée humaine. pour l'essentiel. l'intelligence d'un pareil terme. mais autre chose est de l'interroger en se plaçant délibérément à certains points de vue. Nous avons On en verra la raison l'histoire des mots est partout la base de notre travail. s'il faut le dire. Et l'utilité de celle-là. Pareilles observations d'une catégorie elles se feront d'ellesvaudraient pour la dernière partie et son présent. en tête de l'essai et portant sur un mot privilégié. Ainsi — du délit d'homicide ne sera directement étudiée dans la seconde qu'à travers le terme on verra. l'interprétation des systèmes d'idées où l'engagent son passé nous faire pénétrer jusqu'à la racine fondamentale. telle qu'on peut la retracer dans la suite de la littérature. De pareilles observations ont quelque chose de commun avec les « expériences pour voir ».ç. sans savoir précisément où l'on veut aller. sans parti-pris. sans intention et. sans quitter le terrain de la sémantique. apparaîtra suffisamment. Nous avons essayé de décrire cet avènement au point de vue du droit pénal.PREFACE m notion du respect de l'individu que postule pénal. autre chose : delà considérer de façon tout empirique.

on le considère. domaines de la sémantique. : détinie. Cette vérité ne peut être que générale elle vaut pour la autant que po^ir la phonétique et. dépen: dre des hasards de Thistoire. IX. se laisse singulièrement observer.IV PREFACE la que nous fournit langue d'un peuple chez qui l'évolution morale. nous l'étudions dans les mots. Moillel a : le plus fait pour accréditer déûnitivemenl cette opinion. marqué fortement quen l'espèce. tout : est sentile fait de (3) M. ils sont encore domiles nateurs rités ni la langue d'un écrivain peut otfrir des particulaou manifester des prédilections mais outre que des unes : . in Année Sociol. de la « grâce » d'un peuple ou des caprices de l'imagination morale. 1906. D'autant que ce processus. dans notre pensée. arbitraire. Par là nous entendions retenir le cas c'est un progrec comme cas privilégié. quel que soit le domaine où il ne pouvait pas. le langage On est une réalité objective. et qui atteste à des autres la direction n'est absolument un groupe les notions auxquelles le groupe mentalement attaché les vraies innovations sont tous. Particulier ne veut pas dire spécial. qu'une » ? Mais traduite dans le langage qu'il faut. et non pas de quelques-uns. Revue des Idées. pour l'essentiel. et donc obéit à des lois nécessaires. rien autre chose dans une expérience cessus universel et fondamental que. Certes l'expérience était particulière . entre tous sémantique : . celui des termes moraux manifeste à un degré éminent les caractères de l'objectivité. Comment les mots changent de sens. peut aujourd'iiui poser comme admis (3) qu'indépendant. elle doit suggérer l'idée des relations profondes et uni- verselles entre les faits. depuis des origines assez lointaines. 11 a pp. et modeste « contribution que donner. 306 et s. il à un seul de transformer le sens d'un mot n'appartient pas dont le milieu lui impose les acceptions.. réciproques. réalité objective et réalité sociale étaient termes . Fût-ce dans des documents littéraires. en l'interprétant. voir notainuient L'élal actuel des éludes de liiif/uisflque générale (leçon d'ouverture du cours de f. t. de l'initiative des sujets parlants. nous avions en vue et. .rammaire comparée au Collège de France).

en étudiant postulat les idées et les sentiments qui se traduisent dans une langue. la philologie se voulait comme une province d'une grande étude. Hirzel. pas irréfutable dilemme où elle voyons nous essayerons de montrer que le nous enfermerait s'inspire d'une double : est spécieuse nous ne la et conception de la philologie qu'il faut aujourd'hui dépasser. de ci de là. en tout cas à moins de frais et avec moins de risques certes.PRÉFACE : V Le langage est un fait social s'il s'agit de l'expression des idées morales. et avec une pauvreté de contenu qui désespère. tout cela. On nous objectera qu'elle l'est trop la réalité morale. attachement à l'égalité. respect de la loi. domaine justement. il elle implique comme est advenu ce qui devait advenir l'unité concrète de Tesprit humain. ou populaires. sympathie. il y a où l'appréhender : — l'histoire. philosophiques ou commune — sinon : mais il n'est qu'un langage peut l'exprimer. de même la foi événements qui témoignent de réactions dans les théories. m Dans sa conception classique. . Mais d'une prétention ainsi formulée. ou à la banale répétition du se condamne ou aux déjà connu? — L'objection . autonome et qui. dans dire. y le qui paraît vouloir le traiter en réalité le fait. et quand elle avait encore de nobles ambitions. pourrait-on dans les institutions.. elle retrouvait une sorte d'âme éternelle de l'humanité vengeance. collectives. faute d'être situé dans un milieu bien : : devra apparaître comme sous des espèces impersonnelles. vraiment. dans interprétations superficielles tout ensemble et arbitraires. Quand on reconnaîtrait. à sa façon a t-il lieu de lui consacrer une étude reflet. R. l'étude de l'esprit humain un dans notre attardé. atteste encore de ces visées — . . la formule est doublement vraie. des étrangetés et une défini. dans les plus directement. etc.

elle n'ose pas croire à son objet. on : étofferait Tétude. on ne la nourrirait pas « ce sont îlots de barbarie « civilisée » race » éminemment — en qui.ç quand on en a déduit plus on n'a pas expliqué logiquement les diverses acceptions de la Thémis des oracles. L'histoire ne chez une des pas l'humanisme nôtres — n'a pas cessé de saluer une maîtresse sera l'essentiel est ailleurs. . Quand on a on est aussi avancé c'est une paresse d'esprit en action. ni au premier en acceptant d'aussi bon gré et comme adéquate la perception de ses en travaillant sa matière au gré des inspiratémoins. logiquement « sens et de l'illusion de remonter en deçà primitif » : — redescendre au-delà se plie avec : — sens « dérivés » — car — la matière Vêtement verbal. . quand on a dit que la réflexion avait reconnu une étrange facilité. celle qu'on négligée avec mesure et sans règle. la Justice. reste une pure Idée. il n'est que d'en voir le fort soumission aux textes et sobriété intelplacer d'abord : : lectuelle — au point de vue et sans — des sujets parlants . Grecs le appel. dans ni au second moment — nécessairement l'idée de justice celle de talion. Ainsi. sous le soleil. point de pertinent. mais elle ne sera qu'une servante. volontiers on demandera.VI PRÉFACE sorte de non-conformisme humain. Le résultat. et rien de le mot Oifji'. puis n'est tions de la pensée logique pareille philologie — objective. toutes les « démocraties » et qu'il n'y fini. ni pourquoi le mot oUri en est venu à désigner la vengeance. sinon peut-être que c'est la même chose dans méthode. et l'on déroule tout ce qui se trouve on peut se donner impliqué dans le mot. Quant au positif de la interroge elle consiste à se méthode. mais aux sans s'en sens d'un mot. sans avertir et rendre compte. on se placera au point de vue d'une conscience impersonnelle. a rien de nouveau . non pas au grec. d'enseignement positif sur là conscience grecque. on le voit par Hirzel qui va bravement jusqu'au bout de la par exemple. au demeurant. puis.

: analyses d'un 0. les représentations et sentiments d'une époque et d'un milieu. il admet d'une part des « : réalités ». est particulièrement accentuée dans les Déynocraties nous avons eu occasion de traiter cet ouvrage comme représentatif. Il a chez l'historien comme une tendance invincible au y — dualisme (4) . traiter Iç langage pour lui-même. Glotz : Ici encore il faut dénoncer des propre. encore un coup. et par exemple. C'est justement parce que (4) va-et-vient des antiques' de M. à savoir. Ce n'est pas seulement une constitution politique ou une organisation du droit que nous comprendrons sous ce terme. l'élucidation diligente des mots OÉpiLç. préjugés. t. n'a aucune raison d'être dans la science positive. Il ne les considère pas séparément il : reconnaît bien que les institutions manifestent ou déterminent une certaine psychologie. c'est tout ce qui lui apparaît comme matériel . bien sûr. . au demeurant. — c'est justement pourquoi on peut à l'occasion. d'une façon générale. cp'lXoç. que la distinction du matériel et du spirituel qui. mais toutes les réalités permanentes et en quelque sorte solidifiées qui expriment l'action du groupe sur les individus un système de rites est une institution une forme ou un régime économique sont des institutions une langue est une institution.). collectif. les institutions (5) et d'autre part. on ne voit pas en quoi l'étude même d'une catégorie de termes peut avoir un objet M. La philologie nous a amassé des nous a enrichis de suggestions. en a moins que jamais dans ce domaine. SIxt]. et dans l'expression directe des idées morales. On voit tout de suite. Miiller relaelle aurait bien droit à la d'histoire reconnaissance. . d'un terme une certaine psychologie.PREFACE : VII Entendons-nous à le prendre au pied de la lettre. le mot ou grossier. et ne comptematériaux. et de proposer une critique des conceptions très répandues qui se trahissent dans son plan même {Amiée SocioL. (5) Le concept d'institutions sera pour nous à la fois plus large et plus défini qu'il n'est d'ordinaire. il croit voir attestés certains principes le des institutions. elle n'est utile que nourrie la philologie sera science auxiliaire. etc. a bien servi la théorie du droit préhistorique dans la Solidarité de mais. XI. : L'expression en . Mais. elle éclaire d'une lumière précieuse une étude proprement historique. Croiset. 331 et s. fût-ce dans l'expression des idées morales. serait injuste rait-elle à son actif que les tives à la vengeance du sang. dira-t-on. ou elle ne sera point. pp.

peut-on vraiment reconnaître un certain? — Que si les institutions sont la « cause . ni le vouloir . psychologie l'historien était vraiment elle conçue pour ce qu'elle est au fond. toutes ces questions sont bien le vaines parce que Si la dualisme qui dont traite les provoque est factice. ou la pensée qui commande les institutions? Tour à tour et sans règle s'affir- primat de l'une ou des autres. xMais la conception de ces rapports réciproques ne laisse pas d'être confuse. irait à admettre une sorte de parallélisme psycho-social inuC'est de la : : tile d'insister sur les difficultés nouvelles qu'il soulève. La dernière démarche. pour collective. comfaut bien se représenter cette causalité concrète ment se la représenter? Comme un rapport « d'influence » ? métaphysique du sens commun elle n'a jamais rien expliqué. Heureusement qu'en fait. n'apparaîtrait ni aussi extérieure aux institutions ni en définitive aussi mystérieuse dans l'étude d'une société. et comment conditionnera-t-il celte réalité solide qu'est un droit? Bien mera le : dans des théories morales ou dans des intentions qu'on cherchera au moins un point de départ à l'explication. sont matière de science. Ce sont des idées et des sentiments communs à tous qui entretiennent la vie d'un groupe. sinon même une explication exhaustive plus. Dans ces conditions. Et les difficultés ne s'arrêtent pas à cette incertitude peut-on accepter que l'idéalisme d'un peuple soit un inconditionné. ». et qui se peuvent considérer aussi bien dans les institutions que dans les consciences la réalité sociale est en son fond une réalité psychologique. c'est souvent : aux unes effet il et aux autres. dans le droit. mais c'est proprement les croyances qui. elle : serait l'objet essentiel. qu'on ne fait pas. et non seulement le droit repose : sur des croyances. ni les théories morales. Sont-ce les institutions qui déterminent la pensée.VIII PRÉFACE actions et réactions s'impose à sa vue et semble conditionner son objet qu'il ne peut concéder à l'étude philologique aucune espèce d'autonomie.

à titre de document. dépôt de la pensée morale. en traversant la conscience — des sujets parlants. Meillet {Année SocioL. ils offrent la leur accorde Thistorien d'un individu — ne — . considéré en lui-même et dans toute la série de ses emplois. il retient toute les fantaisies individuelles : rendre compte (6). à chaque fois qu'il est prononcé de là. ce qui ne relève pas d'une action intentionnelle et nous ne voulons pas dire seulement les changements de sens qui ont bien pour lieu la conscience collective et dont les individus comme tels peuvent ne pas se confusément. Mais antérieur aux esprits individuels. par elle seule. telles notions. il est un objet d'emblée nous sollicite. il est notable que les Grecs ne l'aient pas eue nettement ils savent bien que : . ce qu'il y a souvent d'insuffisant. En revanche. mais la tra- duction n'est pas nécessairement adéquate même la caractéristique d'un délit chez un orateur. nous. p. : tères éclatants cieux que les atteste la pensée sociale en caracen lui tout un enseignement préporte consciences individuelles n'aperçoivent que il il une réalité solide sur quoi ne mordent point. ne sera : foi. du reste. le caractère se laisse directement appréhender pas pour nous article de . d'in- certain ou de superficiel dans les définitions de termes que nous trouvons chez nos propres témoins. Sans faut bien que le mot. Réalité que nous garantit ce qu'il y a d'inconscient ou de subconscient dans la langue. produise la représentation commune dans un milieu individuel. mais la permanence de . traduction que peut se donner de la représentation collective une conscience plus ou moins réfléchie.PREFACE IX les « intentions » d'un législateur. En lui. ils ne peuvent être qu'inconscients en général sur un assez long espace de temps. par transitions insensibles. et que nous pourrons retenir. ils se font d'ailleurs (6) En eux-mêmes. IX. cette pensée en lui. 6). collectif doute. par méritent plus cet intérêt complaisant que exemple ce sont des signes. il de celte pensée est immédiatement sensible. en vertu de cette disconlinuité dans la transmission du langage sur quoi insiste M. et c'est justement le langage qui lui-même. Quant à l'idée même d'évolution sémantique.

ou la subsistance de ces valeurs obscures qui ne peuvent être reconnues qu'après coup. Verhann. décèlent parfois une manière de sentir ou de penser collective (7). certains mots sont plus lente le même. de plus immédiat et de plus superficiel pour l'observateur.. XXII. ou même que leur sens matériel n'est qu'au temps de Solon (Lysias. qu'un terme en pleine époque classique retient la forme inconsciem- — ment tenace d'une pensée primitive . cf. XVII. au celle iv» siècle. par la comparaison des emplois qui auront pour origine.. ce sera encore ce qu'il y a de moins subjectif dans le langage. p. E. elle C'est sur tout cela : admet que toute son affaire est de dire les sens des mots. fidèles à un enseignement qui avait nourri leur jeunesse et lisant Homère comme ils eussent fait un contemporain. . p. JEcht. distribution des formes : la que nous avons voulu fonder notre anaPar quoi nous laissions entendre que. Platon. u. X. {!) 161 A). Mais la : transformation des valeurs morales reste inaperçue de là des erreurs 10) comme que commet spontanément un Aristote ('a6. Charm. (R. les Grecs de l'âge classique. 41. paraît souvent inopérante. pp20. le souvenir d'un rite religieux. c'est en partie parce qu'elle n'ose pas être assez philologique de trop bonne foi. par ex. par exemple. nous 23. ou la timide apparition de celles qui. 13-32). la construction d'un nom. 16-20).. tombés en désuétude. 27). qui feront. comme celle d'un certain type de solidarité. lIoX. utilisaient son vocabulaire moral comme s'il n'eût i)oint de date (cf. G. la du discours et les usages syntacde telle expression substantive. tendues vers un avenir prochain. A plus forte raison. 56). Dans un petit travail sur le mot aoesvTf. par exemple.. que l'action obsédante des termes moraux impose impérieusement aux esprits. en comprenant par là ce qu'il y a de plus conscient pour les sujets.X PRÉFACE implicites et cependant reconnaissables. avons donné comme un spécimen de la méthode (pp. un sens pourtant qui sens du motàTifxo. l'emploi fréquence tiques absolu d'un verbe. n» 24. annoncent déjà et suggèrent des sentiments inédits. dans un exemple ancien sur le — est encore attesté vers 450 (Usteri. si la philologie lyse..

figées forme d'articles suivant comme elles apparaissent au et discontinues. D'un sens à l'autre. le langage nous l'explicitait — — : une logique d'une espèce particulière nous entendons restituer. mais par toute une psychologie collective qui commande efficacité sur les leurs emplois et.PREFACE XI IV La question ne se pose plus de savoir si et dans quelle mesure nous utiliserons les « institutions » autres que le nous les utiliserons tout le temps. pour ainsi dire. assure leur esprits. En d'autres termes. D'après l'idée que nous nous faisons de notre objet. sans elles. langage nous ne saurions apercevoir le contenu de la pensée morale. la et on ne pensée morale serait en quelque sorte aveugle : si le langage ne pourrait parler de conscience collective sans cesse. dans la construction devra les notre domaine tout au moins : éprouver. premier moment. dirons-nous. nous admettons a priori qu'il y a des attaches profondes. et non pas seulement ce rapport extérieur que définissent des expressions logiques comme « élargisse- ou « rétrécissement de notions ». Encore est-il que signifie c'est elle qu'il nous faut des principes. Constatons-nous un même terme et à une même époque uêpiç notampour ment est caractéristique de cette bigarrure une série d'em» ment — — plois divers et comme sens. leurs différentes significations ne peuvent plus nous apparaître. échelonnées sous la façon des dictionnaires. nous dirons qu'il y a des postulats de la sémantique. mais pourquoi ne pas les avancer dès maintenant? 1° Si les termes moraux ne valent pas seulement par ce qu'il y a en eux de conscience claire et de notions tout de suite évidentes. qui nous apparaîtrait vide. de sens séparés? Ce sont moins des que des valeurs successives dont le lien . Mais inversement.

Soit le mot à£'. et en conservant une espèce d'identité. mais qui a changé toute seule pour ainsi parler. comment l'attiment n'est pas indéterminé teindre? Dans certains emplois caractéristiques qui nous renvoient à la pensée des plus vieux âges. et que l'efficacité ressentie de ce dernier entretient dans le tige il impérieux. plus obscur si y a quelque chose de l'on veut.xiÇ(o même dans ses emplois anciens. nous avons présumé la continuité les changements sémantiques. de plus objectif le sentiment. derrière le sens immédiat d'un terme. lorsque logie et le comme et sens d'un terme s'est modifié. Mais ce sens'il l'était. à propos d'une société qui a changé. nous voyons les — termes moraux receler la notion du rite. qui forme la base des notions et comme la trame des sens. Constatons-nous. mais de plus vivant aussi et. nous y a il une pensée plus cachée. Le principe de continuité implique qu'il ne faut pas considérer seulement dans les termes moraux les idées plus ou moins définies et souvent superficielles qu'au premier moment ils semblent exclusivement connoter il n'y dans 2^ . : mot même un y a là l'expression grossie d'un phénomène général dirons que. Comme il presarrive souvent des « origines ». mais plus réelle aussi bien. en fin il : de compte. a pas en eux que de l'intelligence. Même de façon générale et sauf action pertubatrice. dirait-on. et qui en constitue le centre de gravité. un rapport d'anade proportionnalité entre les emplois d'un moment ceux du moment postérieur — ainsi dans la Tiatopta-vengeance et dans la ^[jiwpU-pénalité? Nous consi- dérerons qu'une certaine forme de pensée se perpétue au cours de l'évolution. que le : sens de déshonorer en maltraitant » mais sous un pareil d'idée générale type qui offre bien ce qu'il y a de plus extérieur dans la pensée puisqu'il ne répond qu'à une « — . « expérience vague » de.XÏI PREFACE spirituel nous est garanti par ce pouvoir du mot qui symbolise Tunité de la conscience collective. il n'a d'abord.> sujets parlants comme de l'obser- .

et l'histoire brute des mots ne nous intéresse pas en elle-même. et entre lesquelles s'atteste une correspondance. s'avère fort bien à des époques différentes dès lors qu'on le considère à des plans différents (9). de là vient. (9) Du reste. 3° En dernier soit lieu. une explication objective est celle qui atteint des rapports nécessaires. Plus encore parce que nous essayons de reconstituer une évolution dans la suite des valeurs recelées par un même : terme. nous ne saurions accepter que notre chronologie de ses données. l'action est inconsciente pour une large part nous la reconnaîtrons par le : rapprochement des emplois d'un même terme et par la confrontation des termes qui obéissent aux mêmes tendances. primitive à une mentalité rationnelle. propres à une société définie. puis tel autre. Et l'on y considère plutôt un temps abstrait que la durée brute. qu'un par exemple le passage d'une menta: (8) Môme toute proche encore de ses données concrètes. à considérer le langage dans son rapport avec les autres insti: . Une mentalité ancienne peut encore se produire en survivances incontestables. mais les deux évolutions ne sont nullement synchroniques. nous pouvons cons: étude asservie absolument à la tater différents étages. M. Autre chose est l'explication génétique d'un phénomène.PREFACE vnteiir XIII on aperçoit des notions spécifiques. et non pas purement temporels même lité processus (8). C'est la représentation collective que nous étudions en lui. dans des emplois relativement récents à une même époque. des couches successives de pensée. l'observation historique confirme cette manière de voir. nous ne les cas : le mot sommes pas obligés d'affirmer dans tous a d'abord eu tel sens. — Des jugements de valeur qui commandent ainsi l'usage et qui fondent ainsi l'objectivité du mot. en particulier. autre chose la simple description de ses témoins dans leur succession concrète. Aussi bien. Dans la conclusion de son beau livre sur Le nombre duel en grec. autour desquelles gravitent les emplois du mot. Cuny marque un rapport entre l'évolution de la langue et l'évolution de la sculpture en Attique c'est un même processus.

on peut dire qu'il a une tendance à relarder — même absence de synen ce sens que. (11) Gf. : il est vrai. et contribuent à expliquer la supériorité intellectuelle du droit. relève à la le plus souvent. — droit (11). r. d'un organe spécialisé du droit (10). et les docu- ments mêmes qui nous restituent droit laissent transpaces orateurs. dans un langage technique.Eh^ par exemple. le passé y est généralement plus discernable. les notions n'ont pu se ainsi dire. vent même. à Rome. pourtant. sur rédaction de la formule par le préteur auraient grandement favorisé. et par avance ils tutions. p. témoins. et. il faut bien sans doute des conditions favorables. pour qu'elle puisse même. nos raître les conditions d'un pareil état serait en eux seuls. 286) qui portent principalement. Perrot (Essai chronisme — sur le droit public d'Athènes. elles sont pour beaucoui). et ce sera conclure ces observations de méthode que d'en analyser les ressources. en fait. ni. de la vie du caractéristique. les contours en restent indécis le . nous nous référerons assez souvent. 1« partie. Pour des raisons qu'il est facile d'apercevoir. pour En l'absence. pour l'ordinaire. le grec ne présente pas une ligne de démarcation bien nette entre juridique et le moral fois de Tun et de l'autre. Ils s'adressent communément à de grands jurys populaires. la formation d'un vocabulaire technique. (10) En regard. § . pTjTwp si elle était est même la fonction du quelque part en Grèce. la compétence : et l'autorité. ils reflètent plutôt qu'ils ne définissent la représentation collective. le droit civil des pratiques comme la dans la « vocation » juridique du peuple romain. pour que l'étude d'un vocabulaire Il puisse les exploiter. chap. implicitement ou explicitement. se prêter à nos fins. 11 nous a paru que le grec nous offrait riche matière. le : aLoiy. de fait. Soupétrifier. 11 est certain que. d'une manière générale. on peut retenir les judicieuses observations de M.XIV PREFACE va de soi que ces postulats nous étaient suggérés par l'observation. C'est là un principe secondaire auquel.

la traduit encore pour la plus grande part et il se trouve que cette traduction est particulièrement limpide.. la mentalité grecque . Ici comme ailleurs. saires. — De ces procédures légitimes ou plutôt néces: on voit tout de suite le bénétice nous étudions la pensée morale à travers le droit criminel parce que c'est le droit criminel qui. ceux-là s'organisent immédiatement en systèmes. l'étude du grec nous offre d'apercevoir. qui connaît d'une bonne partie du droit pénal la — (le délits politiques) le meurtre. directement à l'expression populaire de la pensée juridique. nature de l'intelligence grecque. non pas seulement à litre d'indication se rattache les ou de suggestion. moment où ils entendent la formuler. dans le domaine juridico-moral. dans une société antique. c'est que le sentiment la domine. pour la pensée juridique. l'Aréopage a beau peuple subsister. et l'usage de ceux qu'on pourrait dire des spécialistes. l"*avènement d'une pensée rationnelle. il convient d'utiliser les termes purement moraux. Nous avons posé en principe qu'étudier l'expression des idées morales. de grands avantages nous si la représentation est en un risés . Or. Une autre condition favorable. certains délits religieux. Dès lors. il n'y a pas solution de continuité même l'expression législative ques : . par exemple. nous la trouvions dans la . un principe d'indétermination qui prévaut chez les plus auto- nous verrons que les orateurs ne nous offrent pas. dans son ensemble. il convient de retenir comme éminemment emplois non juridi- instructifs les textes littéraires et les entre l'usage du poète tragique. mais comme témoignage pertinent: avec termes juridiques. Juger est l'affaire du lui-même. c'était étudier une espèce de logique. une idée Ce défaut même comporte pour adéquate du délit d'jgpi. Dès lors aussi. dans le — : sens indéterminée.PREFACE XV en subissent a ^) pensée et la passion. par moments certains il y a là une condition fondamentale pour : vocabulaire juridique et. un sentiment collectif qui reste ainsi apparent dans le vocabulaire.

sieurs travaux . est trop lointain sa mentalité et sa moralité se laissent assez bien ressaisir. On sait comme diffère de la nôtre la mentalité propre aux sociétés primitives. VI) H. Mauss. Mauss. Les fondions mentales dans les sociétés inférieures. celui du vévo^ ou clan. quoique bien livr. . p. exclusivement ou non. Elle a été décrite. RivAUD. Pludo l'école sociologique portent. taires de la vie religieuse. et l'intégration des familles dans un groupe gation — Lévy-Bruhl. Hubert et M. par exemple. Durkheim et M. présente étude éclairera donc peut-être un phénomène très général. car on y aperçoit nettement les phases successives par où la constitution sociale est passée. pp. et on a déjà pu se rendre compte que la philosophie et la science en retenaient bien quelque chose (13). 58-84 E. .. cf. c'est de savoir comment s'est fait le passage aux formes modernes de pensée. l'expérience grecque est encore privilégiée. modestes lueurs. Certes l'âge le plus ancien. elle. . Le Problème du devenir. A. (13) H. La Grèce. a connu les formes primitives. Assez bien aussi se manifeste le double procès séculaire qui s'achève à l'établissement définitif de la cité la désagrédu vivo. celui de la famille autonome précisément pour nous être restitué par des documents contemporains mais . 501-528. et souveraine. Théorie générale de la magie {ib. Les formes élémen97-128) (12) L. Hubert et M. . et II. celle qu'on a pu qualifier de a prélogique » (12). et par de très pensée positive. Les et le vocabulaire y laisse représentations morales aussi : assez bien transparaître l'évolution logique pour nous faire ressaisir parfois un véritable trait d'union entre la pensée religieuse — ou magico-religieuse — et la Dans un domaine la restreint. sur le môme objet. Mais le point de vue sociologique consiste justement à admettre une relation entre structure de la société. 200-336 . c. Dlrkiieim. elle commence à être expliquée mais ce qui reste un problème. 1 timide.. Malss. môme. par les traces qu'elles ont marquées dans la langue.. l. De quelques formes primitives de classification {Année socioL. pp. E. VU.XVI • PREFACE est un objet précieux d'expérience parce qu elle représente un intermédiaire. 118. A les modes de l'intelligence et la cet égard. dans la philosophie grecque.

Dès lors. notamment pour . loin de sur leur objet. mais H. elle nous permet de définir un fait dominateur : il en faut bien un à qui veut établir des rapports de fonction. ceux qui ont vraiment réfléchi si même été. et titre du fonds inconscient de la langue. il est légitime d'en attendre l'explication positive des croyances et de Fintelligence morales. : il nous intéresse au plus haut degré si vraiment le langage a la fonction que nous avons dite. 2*» Glotz. Rohde. . mais la conscience morale en est le lieu. tout ce qui touche à la pensée religieuse on en jugera par la fréquence relative avec laquelle nous citons non seulement E.PREFACE XVIÏ nouveau. A. Pour ce qui est des bases mêmes de notre essai. Phénomène fondamental. La solidarité de la famille dans le droit criminel en Grèce. l»"* et parties. si vraiment l'étude sémantique se doit de déborder le peut connaître à bon cadre étroit qui semblait la comprimer. YI On pense bien que nos dettes sont considérables. et c'est un processus psychologique qui s'y atteste. en pénétrant jusqu'à la structure de la société. Usener. miss Harrison. particulièrement nous ont fois la nous qu'apparaisse parmatière de leur étude. phénomène non pas purement « matériel ». Dieterich. et dont l'analyse précise et sûre a pu faire solide d'une interprétation systématique du droit pénal en Grèce (14). bien connu depuis Fusla base tel. on croira facilement qu'il (14) G. Elles le sont justement d'autant plus que nous n'avions pas de devanciers directs l'idée que nous nous sommes faite des : ressources de la sémantique et des fins auxquelles on peut les utiliser nous conduisait à demander des précisions ou des suggestions à des auteurs assez divers utiles .

XVlli FKEKACb: n'auiail pu cire entrepris sans le il grand ouvrage de M. Durklieim : de son école. mais si on lecarte. et . dire maintenant nous la devons aux écrits de M. est presque superflu de le Quant à l'inspiration générale. nous n'avons qu'à désavouer notre travail. Glol/. L'ambition que nous y avons puisée était peut-être excessive.

elle ne pénètre pas directement ce qu'il y a de plus profond dans une notion mais . la volonté criminelle de Mais de cette étude. que préliminaire puisque. il s'agit de mettre à jour soit le rapport qui les unit à groupe et de sentiments attesté dans un mécanisme par quoi s'enchaînent les états successifs de la notion. irréductible à cette logique . elle fraye les qui s'y voies. à l'époque classique. est naturel de l'entreprendre pour un le mot prête aussi abondamment que mot uêpt. délit. il s'agit. exprime l'élément spirituel du l'individu. de définir les transformations du sens et d'en dessiner la courbe. elle sert à débrouiller. il elle doit il méthode toute d'observation dont témoigne — pensée nous indiquer par quelle convient d'analyser la pensée vivante. sans plus. Elle peut être sysléuiatique étant donnée une série de : représentations que nous trouvons exprimées ou suggérées par le mot. il désigne dans le droit pénal l'oflense à l'individu et. toute proche de l'observation immédiate et s'en tenant par définition aux sens fournis par des auteurs successifs. c'est aussi et surtout un enseignement elle doit nous montrer ce que général que nous attendons : c'est qu'un terme moral. Elle peut être simplement desétant donnée une masse suffisante d'exemples réparcriptive tout un ensemble social. Cette étude-ci ne saurait être là où elle Il est possible.GHAPITHE PRÉLIMINAIRE L tlISrOlPiK D LN MOI : TEPl^ L'élude des termes moraux peut se l'aire à deux points de vue. d'idées le soit : tis entre divers auteurs ou groupes d'auteurs qui se succèdent en une suite plus ou moins continue. et qui sera comme au centre de notre essai puisque.^. tout ensemble.

Inslr. 63. 473. qui semble avoir passé inaperçue M. violent» (cf. on a cru pouvoir autoriser. p.-. pour l'instant. Il la fau- Trop souvent. Jipi/. èTzl (comme dans cypr. Curtius. ngrah : . En pareille matière. jusqu'aux tragiques où l'on peut dire : qu'il s'achève. d'après les témoignages de la littérature. comme notion de « philosophie tive. qui combine un peu trop ingénieude Bugge dans les Bezzenberqer's Beilrûge. Descrip- présente envisagera. le terme comprend aux différents moments de son évoluet que nous ne pourrons encore que constater. S. vigoureux ». « fort. p. c. Ppiapôç.. Nous verrons . der fp'. toutes les fois que des allusions transpa- rentes les proposeront à notre attention. «fort. p. est (Mcillet. soit mascidin. celle = = = — = . pt Boisacq. qui rattache le mot à 'jTtép. sinon quant à l'étymologie. que tion. qui lé rapprochent de skr. y a quelque chose à retenir de Usener. der fjv. Gollernamen. l'idée d'uêpi. 156) serait substariliellement la que celle de pta. Ppiapo. lequel p. uoêsTv (idée d'impétuosité violente). 188. au sens de « au-delà » l'autre est celle de Bezzenberger et de Fick dans les Dezzenbei'fjer's Beitràge.. on a fait valoir des raisons phonétiques (Prcllwitz. Celle de Prcllwitz. Il. p.. uyr\ph)v Signalons enfin la conjecture de H. Woti. . èrù tùyr^) + ppt. monstre dévorant la racine serait la même que dans oroSapô. il faudra bien qu'elle confronte les états successifs de l'idée avec cer- taines réalités sociales. nous n'aurons donc pas à expliquer... 540. Grundz. du sens plus ou moins vague que sans méthode on attribue à un terme. XIV. publ. Etyni. Contre celte scconde-étymo: même logie. 11. p. l'étude morale populaire » elle en montrera le développement depuis Homère où il débute. Nous ne commencerons pas par l'élymologie drait tout à fait claire. skr. ni le système d'idées où s'insère la notion le ni davantage les valeurs subjectives d'atteinte à l'individu D'uêpt. sens juridique.ruo. est (Ij Deux étyiiiologies principalement représentée par G. Mcyer. ne ont été proposées l'une. à ce dernier point de vue. vd. et elle (1).. 240) et sémantiques Une autre. s'en rapproche (u et Ppt dans èTri/etpou dessus.). : désigne parfois un être divin.. classique. elle doit nous préparer à comprendre fonction du mot en tant que mot. qui décompose en 6 aucf. Du reste. 372. L. il ne faut pas être l'est pas. Spr.. du moins quant à la pensée qui l'a inspirée.. il considère le mot u6pt. qu'il . est identique à Lamia. der qr. au-delà. Usener. Etym. Ilandb. 155 et p. à moins de rester aveugle. L. cf. p. Belg. tantôt déesse et tantôt satyre.ii RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE et vague a priori qui s'efforce de « dériver la » les divers sens — . u Tu/a p. connue le même que i:û6apiî qui est aussi un être divin. VllI. soit féminin. OuTepoî et cypr. sement ces deux-là. in Bev. l. 1904. la notion d'^êpi. les déductions d'une phonétique un peu précaire. Ehj)n. et qui. 292).

. Iniiiria. les poèmes hésio- : apercevoir une évolution. ramène l'idée d'uSotç à l'idée de violence. La valeur spirituelle y déborde manifestement la représentation d'actes concrets. partout (3). — — . Il'ne faut pas être non plus trop juriste. Us se répartissent surtout entre les poèmes homériques les tragiques (entre la poésie ïhéognis élégiaque et la dramatique. et sans s'aventurer aux généralisations qui font voir l'Oêp».? est généralement un acte de violence. On peut le montrer en s'en tenant aux emplois certains du mot. axe autour duquel tournerait l'histoire du terme. et la — — : par la permanence du mot. à Buchholz. — Solon et . lui échappe. p. d'emblée qu'on recoure à l'histoire du droit. Ils sont nombreux. il faudra faire une place à la poésie chorale). 2. chose plus large. notion morale. Chez Homère Tuêp!.. Même un auteur aussi : pénétrant qu'Hitzig (2).. il y a là autant de groupes assez homogènes et qui s'échelonnent en eux se laisse diques . I. puisqu'il a presque toujours été dans sa fonction de refléter à la fois et de communiquer la pensée morale commune. le concept Id^notAon. Homer. s'enfermanttrop. par exemple. c'est parfois pétition de principe. Uomer. 301. telle qu'elle est : un régime de répression organisée. Dans l'état de nos documents. Il est hien certain pourtant que poursuivie sous les dans : — . qu'on recoure à l'étymologie une « idée générale ». p. est antérieure au concept juridique ou qui tend à l'être en règle générale on l'admettra sans peine celui-ci prolonge celle-là. tant qu'on n'a pas regardé le mot d'assez près. et à Nâgelsbach (Autenrieth). . 184 ets. Ce dernier reproche s'appliquerait. Il faut étudier directement les emplois du terme lui-même nous examinerons ici les témoila continuité Il du progrès est garantie faut donc renoncer à fixer — — : gnages de la poésie grecque. une « idée fondamentale ». Hitzig. TheoL. complexus d'idées et de sentiments.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE à trop linguiste définir le sens par l'étymologie. Notion à la fois objective et subjective. s'aveugle préoccupé d'une catégorie juridique et de définir l'uSpi. Beal. il ne verra emplois non juridiques du terme que ce qui lui sert et J'intéresse du circonscrit. l'uêp^ chez Homère est autrement riche. du délimité. : (2) (3) m. mais on a voulu qu'elle le fût essentiellement c'est une erreur.

Dans le texte de VIliade. TGêpt. — i26-9. Meillet donne du mot (4). WII.. (//. 669) (7). XIH.\thènè) ïva j^p: v Iot) 'Ayaueavovo. IV. (6) Sur les témoignages d'un état primitif du droit pi'-nal en Grèce. est évidemment amende 'r. outrageant Achille.. ÛTtepf. dans celui d'Anlinoos molestant un hôte.. 192-3) et au guerrier qui se dérobe à l'obligation du service commencement (//.. car de groupe supérieur à la famille. Solidarité. 17-24. v.. pp.. s.. une justice populaire qui manifeste générale sont punis par un d'organisation dans la Owy]. allusion à propos du délit de trahison et d'autres textes (Kinkel.âTvWi. 170 : 300: XXIV. (1) Dans le texte de VOdyssée. scholiasle l'est aussi. n" 1318 B. art. jTrspS'. . Çxiv'jseai 368. voir Glotz dans le Dicl.v..//."2.v è'/ovtsî XVII. j6p'.ov jCpiv I/ovts. i<"". Harpocration. comme infligée au devin imposteur (Oa?. « acte contraire à la loi ». relève de celle-là.3.ji£tjL'|'v.). Xtj. 1" partie. encore qu'inor- A prendre ganisée. Od. chez Homère n'est suivant la définition que M. Gr. (8). comme l'avait vu Eustathe (le cf. Pour l'espèce de trahison dp Od. ovte. et surtout (Jlot/. Fr. voici une autre donnée : l'Oêpiç n'a pas lieu à l'intérieur d'un groupe organique : ni à rintérieurdugroupefamilial. 86 410: 418 (Antinoos renchérit sur TuSpiî en médiXV.f. Tuêp». t'vo)v is/d\(5) Cf. P<*:na et surtout art. — 49. I. la Owr. 169. v. non de celui-ci. : elle A interprète x^^v . <ha[t. XVI. Michel. ?. .227-8.ni à l'intérieur du groupe polia vraitique. passim. voyons-nous qu'il y ait liêpts? Dans le cas d'Agamemnon l'Hiade (8) .S. Lapidatio. Plus précise. il Homère lui-môme fait (5) y est crime religieux — << 56-7. un pas. = . 388-9. tant la mort de Télémaqnp . — L'jêpiç est d'un autre ordre : et pour autant qu'on puisse parler chez Homère de morale et de droit. 1. en 'pillant sa maison).. XVI. XVI. 282 : . : : .) gardent' le souvenir très net diffuse « qui marque le premier état du de cette répression droit pénal (6) D'autre part. les actes contraires à la sécurité . 14.p. = ûeptlJovTs. Où. cf. Les actes contraires à la loi religieuse sont l'objet d'une réaction sociale très intense. au premier dans celui des prétendants pillant chant la de maison d riysse (4) (9). /tt5^. il n'y en ment que par rapport aux Dieux ou par rapport aux ennemis. 'Atp3:6ao I. 027..1904. Hl. VOdf/ssée : 1.. (contre Télémaque. un menc. û IV... des Ant. imprécations de Téos. . 207. Meillet. XVfll..i RECHKRCUES SIR LE l)ÉVELOPF»EMENT DE LA Ï'ENSÉE les termes strictement. 213-4. 321 ÎH. Ep. 3S1 : XX. . amende dont il est deux fois. /. Hrèqui ne convient guère h la phrase^ hierinfleu. en effet.. 329 XVII. (fl) môme emploi. 56'i = 6 p { !. -^apt^axo. 203 (Achille à . question par H. (\iiQS Exemples nombreux xaxi ôojija .. chez 426-9). I.

les o vx e ç.. 328-36) cf. Cf.. 64 (10) Od. n. : •. Cette (le terme est d'ailleurs un aTiaQ rie saurait être encore inconnu d'Homère l'harmonie garantie par un système de lois\ le mot vôjxo. Od. La vsixsan. XVII. E. l. 485-7 les Dieux parcourent les villes sous la figure d'étran- yêptv Te xal zùvo\v:t\v i'iorM^nz'. 27) vcTTijAaTa (13) xs'povxaç xal xTtjxxCovTaç à'xoixiv divopo.. De l'auteur à la viclime de ï-jScf. Les droits d'Agamemnon.. II. de { !. 101 XIX. On remarquera que. v s . . plutôt. Cf. n. p.ç n'en viole pas moins un ordre un de nos textes. à des prétendants. R. Moreau. : V'j^oiç. : de Hirzel se retourne contre lui l'association entre les idées de v6\ioz et de chez itôTki. . Au reste. exercées par les Pyliens sur les Epéiens qui. 121-5. G. 136. c'est-à-dire parce qu'ils n'avaient : : reprises.xov è'yvo). Od. 255 l'-j^pt. et il ne prendra qu'assez tard sa valeur cf. 695 question. 581. 262. l'argument gers. Themis. De toutes façons. dans le passage. du « déshonneur » est ici l'épouse même.. de façon de vivre.307. du chef. 40 les prétendants n'avaient égard ni à la vindicte des Dieux.. toute négative. est ici. L'jêpt. XIV.Jl s a ari c aiTÔ xsv av^. l'objet propre.. F. II.. la leçon de Zénodote universellement abandonnée pour Od. : aucun respect des étrangers qui arrivaient parmi eux. (Suaia. XXlll. IX. sont définis par la coutume (//. 1. XX. XXII. 143 et s.. XI. VIII. 370. XVII. profitant de la faiblesse de ceux-là. .p (14) Cf. XVII. comme le plus souvent chez Homère. Ceci explicite dans Od. ni à la vsfxe t ç àv6po)TCo>v. commise par les prétendants est bien une atteinte à la (13) : propriété et une atteinte à l'honneur mais la règle. vôtxov n'aurait que le sens de coutume ou même. n. propos de . XVIII. 367. c'est-à-dire l'uSpiç (cf. VI. 487 Pénélope croit que les prétendants ont été tués à cause de leur jêoK. rOêpiç est ici une espèce de sur droit [i2). 3 tîoXXwv 8' àv9pwi:wv l'Ssv (ÏTTsa vtal vô.. il est (11) IL. uêpiç est l'antithèse de s'jvojx'Iti : mais lequel? Dans sjvopiiri (15). à propos des avaient « maltraités » (xavtouv). 136). dans celui des Epéiens exerçant des déprédations Pyliens (H). n'a pour elle que la sanction inefficace de l'opinion publique (14). le yspa. : (15) Od. où il est question des prétendants qui commettent des actions àxâsBaXa. (16) A moins qu'on ne veuille conserver avec Hirzel. ou immédiat. 1. I. elle représenterait un anachronismo. . . est (16).HECE O (liant (10). (12) Cf. ne se retrouve et n'est possible qu'à une époque bien postérieure : : Homère. On sent qu'Agamemnon ne doit pas enlever Briséis mais il le peut. etc. il contre les n'y a pas de relation de droit normalement sanctionnée.^. ce qui s'accorde avec le prestige de la femme dans l'épopée homérique et ce qui confirme le caractère | collectif des représentations moralefe associées à l'idée d'uSpiç. 335 351 Od. = 146 et XXIV. OSo déprédations commises par les compagnons d'Ulysse en Egypte. 23. 228-9 aia/sa : | tzôW ôpowv. l'opinion publique se manifestant dans la réprobation morale (notamment IL..IUHII»[Ol:E HT MOFULE E\ C. d'habitude... 93. D'autre part.

qui longtemps encore s'obstineront à vivre rfijvojAiTi. sens concret. caractère ». ef J. qui est due H Clisthène. les 7£vt..) (18). 276 et s.. et si llir/el avait rapproché ce qu'il observe ici de la sémantique du mot vôjjlo.jLÎa naturellement une élude spéciale.). Au vrai. Hirzel [Themis^ p. "A.. voir en partage » ainsi lo-ovojjLÎa. c'est le partage . le précoce^ qu'à la il8) du vr siècle.— d'où le sentiment. à la fin du vi® siècle au plus tôt (17) en tant qu'il désigne une règle. Tr. mais pourtant la meilleure part de son ouvrage sur T/iemis.^ XXIV.Bo.) a très bien montré qu'un . insuilîsamment réaliste. et dans Hésiode. ne sont nullement mais de véjjlsiv.. l'ait Le sens (te « loi » n'appa- pour vôjio^. et parfois. et /. : équitable entre leurs sphères d'intluence. Dtke nnd VerwaniUes^ y fournirait au moins des éléments. les éléments qui s'associent dans la primitive eOvojjiîa. au phis tAt (la loi parait avoir été un peu plus sur Tostraeisme. 282) et le domaine sur quoi : {W. 7V. désigne un lieu d'habitation (dans Homère. 52"». v6|jlo. valeur concrète qu'il enferme ainsi iiuplioitement. v£|jL£TOai. 3()6 et s. sinon l'idée. exigerait re'jvo. aÙTÔvojjio?. p. \M. désignant la tradition des vsvtj. « donner et recevÔjjlo. vôjjlo. 107. 6î>9K Pour la . lui-même de Themis. et qui. L'observa: vation méritait d'être plus approfondie. Les iHit lois de DraciMi tin et de Solon sont des OsJjjioi. 222. de la déprédation commise aux dépens d'une famille le droit de propriété définissant le — type t< même du torre » des rapports négatifs.6 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : moderne à Athènes. L'Oêpt. : l'essai de llirzel. dont ce n'est pas le lieu (cf. c'est une relation toute externe. Et voilà pourquoi la notion d'Gêpt. — dérivés de bon nombre de mots de la famille de vojjlo. est d'abord absent n'a dans les plus anciens textes que le sens de « coutume ». explicile- uuMit. dans ce qu'elle a de propre i\ chacun d'eux. entre ces dfytniiùa qu'évoque le premier sens. £'jvo{jLia. évoque d'abord et par son étymologie l'idée du « partage » (Hésiode. «n lieu qu'il n un sens fiioral aux v. II. qui en est venu à signi6er « manière d'être. se fixe spontanément et comme avec complaisance sur l'idée du vol. XXll). {M. rapprocher le mot f. de l'obligation. Le terme v6{jlo. Nous retiendrons ici que. il aurait pu situer la pensée à son vrai moment social. qui les associe ces éléments sont les seuls vrais groupes d'une pareille époque. 242 et s. ce sera après Solon. Au reste. nullement organique. à l'origine.. du mot vÔjjlo^. est ainsi désignée par Aristote. ce sera d'occuper la \x>isin (Od. à Athènes (dans les eolonies.

elle sans l'altérer par du nouveau.... Eustalhe. nous constatons que son rôle. sentence de l'arbitre armé du bi\ton religieux. XXIV. ou encore chez les Dieux (Od. C'est là qu'a sa source la notion primitive de la môme « sens de » (//. (td. XVlll. principe de la composition n'étant obligatoire. mais il nous paraît impossible de déduire les autres valeurs. tradition (pluriel otxai).. l'hospitalité. Or la Oéjjiw. Sixr) dési^'ue caution dont le dépôt enga^'e le procès). une valeur judiciaire. la Oé|/. TGêpts se hiisse en quelque sorte c'est Oêjai. Dans ce domaine. équité » {IL. 324. 275. 312. et lorsque nous la voyons jouer. mesurer.r^i/avix(o. TiO-lOS). la ex|>li(. ôtxY) entendue comme le que est. de « pi'ocès » (//. extrêmement restreint. des prescriptions religieuses comme celles de est fréquent chez Homère. : une lOeTa 5(xrj est celle qui lespecte les celle qui ne s'y conforme pas ou les invoque à tort pp.. avec le sens de Le terme Sfxr^ (OtZ.'e XIV.. 218) de là « à la manière de ».JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 7 s'étend la propriété du ysvos est dans le principe comme une sphère d'influence religieuse dont la pensée ne saurait ôtre abstraite des représentations relatives à la « Terre-Mère »...t. tantôt sentence arbi- trale et tantôt coutume traditionnelle. elle prolonge en un sens. c'est le sens de décision arbitrale qui commande les antres. Il a aussi. ainsi La notion londamentalo d'où dérive « convenance. il signiOe non seulement coutume. le vftudrait Hirzel {Themis. qui plus de XVI. du mot. 59. L'ordre en j^énéral. 570) ou. XI. en principe. une axoXià ((ilotz. : au moins implicitement. c'est Tordre son essence. de la <r « alVaire ». mais manière d'Atre habituelle chez les hommes. le : — ni «luestion de fait : la rançon du meurtre a-t-«'lle ou . n'est pas encore facteur d'harmonie ni d'organisation. 239-240).itement dans Hymne à Hermès. l'emploi de otxfjv comme jjréposition.ç. Od. se borne dans les procès de sang à (//. multiples et générales. 09. pp. XVIII. Il y est synonyme d'usa{. scène judiciaire figurée sur le bouclier d'Achille) précédents. 387.. XI. 84) est bien plutôt celle de « dits » dont Tasseinblage constitue le corps môme de la précédents. XIX. XVIil. L'exercice de la fonction judiciaire créer du nouveau. chez Homère. 498-508. 291)).. HoUdariU. quant aux rapports avec : l'étranger. n'aboutit donc pas à un arbitrage sur non été payée? ni le cetti. ihid.. ce sont les règles de la dans et par le ysvos morale familiale que complètent. respecte en tout cas. IV. Eclairée par cette notion de la solidarité sociale. : « sentence » (//. :K)8 . ISO) et. beaucoup plus raremcMit d'ailleurs. de justice sentence Stx-r). XIV. taux de la composition n'étîuit fixé la discussion de (ilotz {Solidarité. Mais la oIxt). 4:î) et même dans la nature [Od. et ouyi. 542 Ôtxr. XXIII.. XIX. et réalité fondamentale.

— Aux Oéjjit. IX. Solidarité.NSEE 15 et S. en vient à se manifester sur l'agora : (20) où : s'assemblent leurs chefs ou représentants de là l'opposition. apparaît précaire et partiel. — — — Dieux personnels rf. crit. dans un régime les clans ne sauraient être rigoureusement étrangers les uns aux autres. Pour ce qui est de celle-ci.8 pp. Tfiemis. c'est la justice familiale. en l'espèce. E. été transformée. E.) est là-dessus définitive. C'est peut-être la seule reuïarqne pénétrante et positive que contienne la fumeuse première partie de cet ouvrage. H17). Il y a là-dedans comme un son de litanie. II.. p. 19 et s.. iV.. IX. D'ailleurs.. et c'est comme un symbole plus assez fort pour protéger social que contient toute une partie de VOdyssée (22). 286 cf.. XXIV. pp.. Harrison. maison » et l'orgueil du Mais l'ordre qu'institue la Qijji!. 269 . décisions où divines (inspirées de Zeus) d'un chef du '[vw. . dans le passage de VOdyssée relatif aux Cyclopes IX. 1905. n.. (21) Cf. : ï-KOLTzoi I iratôojv r^o l'esprit du yévo. carie respect de l'hôte. Ce n'est — atteint l'hôte qu'il n'est pas hasard. la contradiction même. l'ordre considéré sous son aspect spécialement humain. 500. Pind. 484. 26-27 et notes. renouvelée donc pas la — La valeur essentielle du terme n'a elle ne le sera que plus lard : — et cette valeur essentielle est pratique d'une justice organisée par d'habitude presque inconsciente celle de tradition au sens d'habitude et dont le spectacle de la nature semble refléter la notion. pp. Solidarité^ p. fois. c'est 6£|jiiç.. et qui.. 2t-22. précaire). 56. Wilamowitz Zuw iiUeslev ^Irnfvpcld. J. il est entamé puisque lOêpi. Themis. comme garants d'un ordre in moral (c'est-à-dire. Reinach in pp. nous nous en tenons à l'interprétation. à la faveur de l'évolution sociale. la « XI. p. Notamment Th.^ se rattachent les obligations de l'hospitalité . p. i HECIIERCHES SIR LE l»E VOLOPPEMENT HE LA l'E. Mais dans ce groupe de y^vt. mais du droit qui est commun à tous les y^vt) d'un même milieu. (Glotz.. Esch. 9-H si les poèmes homériques évoquent Rev. li4). Harrison {Themis. Et c'est en fin de compte la l'action d'une divinité protection d'Athùnè qui fera obtenir raison à la victime Sur le rôle des personnelle intervenant spécialement et miraculeusement. il ne la valeur du terme s'élargit s'agit plus seulement du jus d'une : famille isolée. 483 et p. Hirzel. Hirzel. c'est le respect de clan. vraiment positive. 112 uts . retranchée dans une autonomie absolue [Od. évidemment. . est en voie de dissolution en lui-même : d'ailleurs. 2). XIV. SuppL. 8. p. qui s'exprime en particulier dans les BéaiTreç. Comme — l'indique J. 114-5 6e jjli ateue t Sï TO^ar/ ô'o'jx' àyopac [âouXr^cpopoi o'jte 6e : |ji . malgré les objections d'ordre philologique qu'on a élevées contre elle (19) : la Oéjjii?.. Theynis. (22) On a déjà noté que l'olfense des prétendants à Ulysse se renouvelait par trois (19) (20) Cf. c'est toujours moralité de clan qui prévaut il s'agit d'un jus gentium : au sens premier de l'expression devoirs familiaux de la (Od. maintenant que leysvo. la àXo/tov (21). 360). 21. de Cîlotz.

. s'oppose : tion sociale. — que l'astuce intri- Dans le cas des Epéiens et des Pyliens. . L'observation n'implique. XI. de la notion taritôt celle-ci — : s'exprime à travers sujet.. qui en soi implique l'idée d'une on le voit particulièrement jouer. PhiL. 112. //. 7. sont-ils incomparablement plus nombreux dans Y Odyssée que dans V Iliade il semble que celle-là réponde plus que c«lle-ci à un état de désagréga£'jvo[jL'la.IWRiniOUE ET MORALK EN la f. 213-4) cf. et ne légitime pas (23). parleurs déprédations. (Orf. Pourtant. à un degré au-dessous. de cette d' rupture de Tordre le : c'est donc qu'à prestigieux stabilité idéale qui s'exprime par terme un principe de désorganisation. Il va sans dire que l'individu n'est : un après tout que l'organe plus ou moins fidèle de cette conscience c'est le cas d'Achille. se trouvaient devoir aux seconds (24) Oc?. : VI. l'emploi du mot [loipa.. craint de se trouver chez des peuples 5Ta( ts xal àypiot oùSè ôtxatot s.) tant de fois Tidée de rGêoi. IV. la signification du terme s'élargit l'u^p'.ç s'op: pose à toute organisation sociale (24) ou. 688. 106 et qui ne connaissent pas la vie (25) //. 1. p. : le droit de l'hérédité aurait dû faire attribuer à Néoptolème.' L'Oêp». 671-701 (répartition des prises règle) exercées sur les Epéiens) Achille se sent donc justement lésé et ce n'est pas pure invention de poète si Athènè lui garantit une réparation au triple uêpiocïvexa (//. 396 et 1364 (à propos des armes d'Achille que : . et quelle que soit T « à la notion d'uêp'.. nullement accidentelle. Aussi bien. Orf. Mais encore est-il que rOêpt-ç oscille entre des représentations nécessairement partiales et une conception nécessairement indéfinie. elle est le fait de ceux qu'on appellera plus tard les « Barbares » (25). le (23) Un : certain principe d'équité. Solidarité.? a beau être. victime d'un surdroit que la coutume permet à la rigueur. se réveillant -jêpi chez les Phéaciens. commande partage du butin (cf.. IX.ç. Xni.. dans Soph. Ulysse. et s'est fait » gante d'Ulysse c'est adjuger). aucune hypothèse : sur la chronologie respective des deux poèmes mais nous ne oublier que V Odyssée envisage beaucoup plus les groupouvons En tout cas. les exemples du mot jêpi. Sous ce dernier aspect. tantôt elle traduit le jugement de la conscience commune. la dualité. d'égalité proportionnelle. — Pour l'idée du surdroit. 120-1 XI.. cf.. on s'explique pes familiaux et leurs rapports..RECE î. 632-4 : C €p i tt 7. Glotz. //. les emplois bilité et comme l'attente d'un anomie » qui semble présider du terme manifestent la possiprogrès.. les Cyclopes àBqjLiTTO'. une « dette (ypstoç) : que les premiers.v | TpMa(v. 97.) — quelque chose comme sociale. de soi. les emplois de uSpi.

.10 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : comme qui dirait. XIV. cf. XVJI. . Sur mot cf. à un certain point de vue. cha18 pitre I. 139) le terme aTao-BaXo. 63-7. 363 : O^piî.. prend tout son relief dans la conscience commune que l'acte : on que la loi qu'il viole reste insiste d'autant plus sur l'aberration qui provoidéale et que la sanction qu'il s'attire est est-il hypothétique. qu'apparaisse un acte particulier d' Oêp!. Si banal et si profane souvent religieuse. oEtt. u6piv pendant de àTaffeaXtaç . retrouve Orf. XVI. 588. chez Homère s'il évoque déjà quelque peu imprégné de psychologie : d'une part l'idée d'u aveuglement» fatal et suscité par les Dieux (//.. cf. mais désigne une réalité quelque peu mystérieuse. d'Agamemnon. XX. prédomine. garants de l'ordre (26). d'àTti le ..^ (IL. XX. m.rr^c/Xo^ (27). en marge de la société organisée l'auteur et la victime n'en sont pas moins pensés. 111. OêpîCovxe. (28) IL. 3» partie. XI. XVIIÏ. par naturel (29) auquel l'homme ne sait pas (26) //. .. § ii. XVIII. (29) Cf. OcL. et notion du mal d'aveuglement. de là siSavTsç (Od. xal àxaaOaXot. 86 X(t^v yàp àToiaôaXov 'j6piv . ou plutôt sentis comme de la môme société. Xlll. 1. XXIV. V liêpiç en soi appelle la la fois concrète et indéfinie. 352 : àTjfcrOxXov Oêpiv. 431) qui a l'expression Sgpei pour pendant jjLsyaATÎTopi BujjkJ) d^cf. qui déjà sanction des Dieux. 213-4. III. et l'observation est d'importance — Nous que la signification subjective de l'uêp'. IX... Hymne à Apollon Pythien. 18 et s. 485-7. XIX. 633-4 uSpiaTTiaiv : | Tpwalv. cf.). pouvons dire — même même les Dieux.. 274 32 : : l'oêpi. (iv [xévoî alèv dtTJtaÔaÂov OcL. Ainsi le terme uêpt.. le qui désigne le criminel frappé de (28) qui démence par temps que idée la évoque. expression consacrée qui se JL.. 21: ait jcrr^v àopaSéovTi à-ca. XVII. IX. Cf. XXIV. et bien plus explici- tement que exemple.. à fait l'effet d'une force Et cela doublement. no'et 370 : . d'ailleurs. il désigne d'autre part. . d'un sujet mystérieusement est couramment en relation avec M.. l'idée En second lieu. et [^îr^ xal xàpTsi eixwv (OcL. chap. 282 ij6pt(jTal . terme. OéfAiî sïtI vtaTaQvritwv àvQpoWov. XXlIl. 206-7. 351-2. IX. XXllI. par les conditions mêmes où se produit l'idée. . 169-71. 139.ç. 63-67 ./avôwvTo 207. § I. substantialisé. 109-110) à propos de rOêpt. àTaa6a>»a |xT. l" partie. 695 : 0</. dans : aveuglé avec oLTfi aêpt. 143. Il le faut bien. 262 =^ XVII. un penchant souvent résister. : àTTi. d'Agamemnon 115 : qualifiée 88.. pour qu' uêoiç ne soit pas un terme purement sentimental. en la réalisé. Sur le mot i-cdafialo^. XVI. (27) IL. I. . 412 = .. •?.

s substantielle (30) spécialement. outre que l'appel aux Erinyes prend ici une 8) : forme spéciale (31). Mûller. pp. la justice que suscite la plainte de l'offensé la . (Ofl?. 565.. On remarquera 1» le 166. traditionnelle apparaît justement précaire et insuffisante sous son aspect externe. Achille et Ulysse. Ce n'est pas encore une notion adulte l'uêpi. s-. XVII. carac- aux ceux-ci (à la dilférence de IL. Cf. v. 204]. El' ITOU xTw/ôiv ys Osol xal èf)ivÛ£<. XI. 627. tandis que la malédiction paternelle agit avec une efiicace autonome. 454.vu£s au service de l'hôte molesté aussi bien que d'un parent malréclame ici l'assistance des suite traité la p. Or. 280 passages relatifs à des délits familiaux). XV.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE H : à propos de Tuêp^ qu'Ulysse s'attribue à est le fait lui-même le surdroit présomption. 320 XVII. W.. : en soi les conditions de son développement. ni dans la punition des délits familiaux et religieux. dès Homère. On est tout de du rôle de ces derniers dans la réparation de frappé l'uêp^ dont sont victimes. (31) li.. de la de perdition — — que. 410. sont qualifiés u^oet-s. Il y a ici une espèce d'anticipation sur le tion confirme la règle. c'est bien sous l'aspect de 1' u6pt. est localisée la société (les en certains points et comme sur la frontière de actes qui. cette présomption a quelque chose de fatal ce surdroit procède de la nature et dépasse la nature tout ensemble. XV. la violation de l'hospitalité n'est rapportée à Tiiêpi-s que parce que la hi^\. . 571 Od. qui n'est pas encore examen doit faire offre ressortir : une notion adulte. 368. développement postérieur de la pensée. (voir mais. 2° l'association . 135.. XYIl. Griico-ital. Cf. XVI. quant aux rapports avec l'étranger. seraient tout autre chose) . — 0. ce qui est dire en d'autres termes que violence à l'égard des hôtes est réprouvée par la Qspi'. Sans doute. Rechtsgesch. Leist. commis à l'intérieur de la famille. II. il existe des £pt. 418 . IX. 484. = I. Rien de tel dans la vengeance du sang. et l'excepsi éclatants que puissent se mani- (30) De là rexpi'ession uêpiv s/clv. par exemple. IV. Dieux personnels. commis sur un étranger. 86. tère hypothétique de l'invocation .ç. Voici maintenant ce que cet V'jSpiq.. Od. : p. prééminence de [cf.. 169. Osot et la Emn. Et en définitive. 314-5). mômes réprobation qu'elle provoque est inquiète et humiliée ou encore. 475). Seulement. la notion s'impose à nous.aîv (cf. esprit . 320.

: JiîîpoTCAirid'. représentation primitive du délit uTOpêaiveiv désigne l'offense au sacré (34). rentre dans le cercle de la nécessairement sacré. 410 •jêp'. sj>érialf. 1. Donnée essentielle.. 368 = IV. On ne saurait donc partir du sens de « violence matérielle » pour fonder l'étymologie du mot. %-x\ âjiapxTi. voisin de 205 I. XVII. L'Oêpt. àiào-Qa/o. il est il doit être maintenu légitimé par la phonétique (32) s'autorise de tous les exemples oii Oêpi. uTtspSaa-tfjî répondant à ôêpîîJovTcî. si souvent rapproché de uêpiç. il est à la fois pleinement satisfaisant et explicatif. donnée (32j Cf. n'est j^uère encore qu'un noyau.. VIII. de ?iefa?'iii. un renouvellement des idées morales qui fait de l'évolution d'Sêptî. Meillet.6piv. il y a. 292. nous ne devons caiactère pleinement poétique du mythe. Et pourtant. 694-5 : les Épéiens ù~z- pr.javéovTSî 'jgpIÇovte. h. c'est une hypothèse que nous n'avons pas à discuter et pour l'interprétation scientifique. (33) n. la notion : générale du à retenir ce qui nous M. une évolution (35) Nous laissons de : côté. 203 et : i. l'âge primitif une fois écoulé. a. 321 et XVI. Rapprochement avec Dieux (34) IL. Le domaine où elle s'aventure n'est pas et l'jêp^. Ce qu'il y a dans rO^pw de concret et de Vivant. 581 : -jTtepTivopeôvTwv. a le sens. ne laissaient place en effet qu'à Taction d'êtres religieux aussi personnalisés et liumanisés. et indéfinie variété môme de ses modes l'atteste. fréquents chez Homère et qui participent de la : : .Ii2 RECUEKCUES SLR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PEiNSÉE suscités par le fester les miracles pas nous faire illusion sur une Ailièno. : JTTï'pStov -jgpiv. représente donc la spécialisation et l'utilisation. même développée. 226: uêptÇovxe.. voisine avec les composés de uTiÉp. IX.. se laissent fléchir) ots xsv tiî ÔTLcoêfVr. même notion spirituelle (33) . telle que nous la retraçons. Dans Théogonie l'histoire descriptive du mot. les^ emplois de la le crime en général. XI. en soi.. comme rêt. on peut très bien s'en dispenser aussi. au profit du senti: ment plus ou moins individuel. 206-7. . insoluble et au fond comme dénuée d'intéce qui est terme Cêpt. 11 faut marquer en quel sens. la Mais c'est une notion toute spirituelle. c'est incontesjamais par table.. uirsp^iiXtoî . le mot.s'. de crime (35). impuissantes ou plutôt inditTérenles. III. S. de sceiestus.. la question de savoir si le — — . 501 (parfois les latin [siiperbia) et v. de par ses origines. et d'actif. Od.. elle est usurpation » sur un terrain interdit. n'a pas désigné d'abord bien possible cf. Le rapprochement avec uTrép. De toute façon.? « dépasse ».v. Le terme d'Oêpi. dans un domaine où les forces sociales. qui est presque traditionnel. ne sera définition le sacrilège. L. pour la sémantique <( enfin.

. les conditions sociales aidant. (37) MaXXov 6è pexTf. L'uêptî apparaît ici comme un c'est pourquoi vague que les vers immédiatement précédents ^ n'a pas la valeur cf. au moins explicite. ç » (36) û ::£ p d Théog. Les poèmes hésiodiques déjà. 821). qui poursuit plaideur de mauvaise foi et les rois (v.. 28-9. IV. Chez les tragiques. D'abord. II. 134 uêptv. pour l'instant. 214-6 : uêpiç. .. notion s'imprègne de plus en plus de religieux traditionnelle.pa xal uêptv àvipx crime particulièrement abominable. cïvsx' uêptTTT.. àxxîôaXa à-cjtfjôaXo. la môme . elle devient plus dominatrice. àrda^alo^ . . Général et spirituel. . l'assimilation avec à-rr. 217) qui châtie les jugements obliques iTaî9aA{T. qui marque les cités 191-2) (37). IX. : si Ton veut. demeurera comme une : sollicitation continue pour II. ÏV. par opposition à celles où la et J.. Chose d'importance que la conscience commune ait toujours affaire à du familier chose d'importance aussi qu'en se prolongeant dans une poésie savante et solennelle. C'est lui qui qualifie l'homme du cinquième âge. 213-222) évoque à l'encontre de « et /. C'est lui maudites. est : Dans les œuvres postérieures de langue ionienne (le mot particulièrement ionien).. et J.. Parfois aussi dans la poésie chorale Pind. : : •JfipiO'Tf. 3o-6 Théognis.. de la « indignation mangeurs de présents » la AixT) même le 238). Hésiode. Perdes. 732-6. 749-51 Miranerme. n'apparaîtra plus qu'iso- lément (Eschyle. 185-189. neXiT^ç xai dtTàaôa'Xoî 66pi[x6£pYo. et TtixrjîouTt. : uirspTivwp. justice est bien rendue (7V. 111-2.. te xal i^^apér^ii . le pire de tous en ce que les parents n'y sont plus respectés (7V.. .. : prévaloir Solon.. en ce qu'elle acquiert des modes nouveaux : le terme s'applique maintenant à la violation des devoirs familiaux et à la forfaiture du roi-juge. Hésiode. : de plus en plus. la conscience collective l'ugpw pourra fructifier.jravâaTa:. r-iêp^ (v. XI. 314-6 i: X u 995-6 . est encore l'écho d'Homère à uêptç s'accole toujours le même cortège de mots (36). les mêmes associations continuent de . Les Travaux surtout. 3-4. 54-6.JL'KIDiUUE ET MOHALK EN GKÈCE 13 en intéresse.. Par la vertu d'une tradition poétique oii s'atteste la continuité et les Jours et se réalise ici des notions. c'est qu'elle suggère bien un étal de société où la pensée morale est en voie de renouvellement. manifestent un vrai progrès.. èyx'jpaaî àxticriv 238-41 : 06pi. [iT. feraient croira le : mot très explicites.. Il. Mais la vérité est que la notion.. v. voilà donc un terme qui. prend corps.. P.v oè Mevoîxiov.

Mais l'anarchie gagne. IV. les ôps^TT. Girard. et que deux d'Homère pendant dans les ôpÉTCToa qn'Homère et Hésiode ne sont pas les témoins de deux âges essentiellement diflérents Hésiode a seulement le spectacle et le sentiment tout ensemble de l'anomie. Tr. 158. les /r. 214 et s. XVII.pwcjTai' sont en principe les tuteurs des orphelins. ne fert arbitraire. RECHERCDES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE 219). il ne s'agit d'un trans- d'une logique spontanée. est antérieure à Hésiode. (40) (« collatéraux ») de IL. 307). (au cinquième âge) ne sera plus respectée les orphelins n'ont de protection que préest encore plus significatif caire. s'est pas appliqué aux violences qui pouvaient y surgir. — : : Enfin le cas sanctionnées par un pouvoir social effectif (v. Dont l'intervention. Perses contre Hésiode indique bien. garantissent sutïisamment le fonctionnement d'une institution. et le vers 330 (6'^ xt fit' à<ppaôtr. d'une part. Suivant l'inter(38) A vrai dire. là encore. F. àXiTaivr^x' opcpavà téxva) paraît faire allusion à un régime où la tutelle est déférée à un parent (39).14 (v. . en ce domaine. le respect des n'est plus une unité organique règles traditionnelles ne s'y impose plus et ne peut y être . 11 est bien certain : prétalion très plausible d'Ameis. . parents. mais dans un état social intermédiaire où ne subsiste plus la garantie du vivo? sans que prévale encore la garantie d'un groupe supérieur (40) le délit dont il s'agit fait partie de toute une catégorie d'infractions qui ne sont pas : : . Il est également remarquable que l'idée des rapports contractuels (c'est-à-dire. le terme d'jêpi. 188) à la charge des enfants et au bénéfice des vieux OpsTXT^pia. d'autre part. trop étroite.pia d'Hésiode ont leur {IL. duire : : '•>.. 418. est toujours assez lente à se prodans le droit romain de l'époque républicaine. Le jtiincipe de robligalioii alimenlaiie (déjà désignée du terme de et J. en (d'où. on peut mên)e encore gUivre ses progrès P. il le faut bien si l'on admet que les mœurs et l'opinion publique. dans une leçon directement adressée à Perses. aux époques primitives. les relations de droit réel relèvent d'un certain notamment.331-2. indiquerait déjà un état social où le vivo. le vers principe : entre étrangers) pénètre les relations familiales. Tant que la discipline était assurée à l'intérieur de la famille. Manuel de droit romain p. on voit que celte obligation Voici qui 48o-9 cf. ne l'orme plus un toul organique (38) et. l'anomie le pénétrant. non seulement qu'il n'y a plus de co-propriété au-delà de la famille stricto sensu^ mais encore qu'entre — pouvoir judiciaire 282 qui. frères. V. elle-même commence à s'intégrer en des groupes plus larges où les rapports familiaux déjà relèvent d'une justice publique et où les délits familiaux tendent à perdra leur singularité. 327-334). semble faire allusion à l'àvTtotjioaîa des plaideurs). : imposé . Et là encore. Ni dans Tun ni dans l'autre cas. (39) L'institution. Le ré'^o^ s'est dissous la famille..

— (41) Cf. en devenant rendant la vie sociale impossible de réflexion.T<|» YSÀdcaoc. I.. 405-417. avec des valeurs légèrement diffé- — ici violence hrutale. 1906 ce s'erait le plus ancien exemple de (42) Cf. du reste.Yvr. — le sentiment de 'j6p'. et J. (j.ov. Mais loi le changement a laissé les consciences en désari^oi. Trach.. ùëpKsxry x'àvo [xov. s'analyse. et /. A l'intérieur de celle — — société. sur VIliade mais la sentence est exécutoire et n'a plus seulement pour garant la cau. R. d'aujourd'hui frappe Elle la frappe surtout directement la majesté des Dieux. Soph. pp. cf. — — tion déposée par les deux parties (43).î la règle commence aussi L'adjectif est appliqué à se préciser à Ménoitios [Théog. VII. in the âge of Hesiod. 1899. Bonner. ce composé négatif par quoi le dans terme voaoî. orirfine. p. J. of jusl. foudroyé par Zeus pour son impiété. 514). l'jêpt. dans l'état que supposent les Travaux et les Jours. 146) et..? devient chez Hésiode un mot très fort et un terme très général synonyme d'(( anomie ». 1-32. la fonction judiciaire joue un rôle importanl. (43) Id. 3 ... thèse reprise dans Rev. hist. 58 et surtout L. à ce point sairement au roi (41) et où la justice est purement arbitrale (42) désorde vue... in Class. Philol. et là usurpations car la notion. Ainsi liêpt. en faveur Tu'-çdtova. Kaî -rs assez détachés l'un de l'autre pour qu'Hésiode èrt Oluôat (le yekàxa<T'. De Graecorum judiciorinn 1904. in Class. PhiloL. Désordre criminel. der Slaal in der llias und Odyssée... Paris. et ce sont comme ses objet général divers éléments qui sont projetés dans les moments successifs : rentes dans les deux cas. l'âge d'argent {Tr. 1-23. . il s'applique déjà aux grands criminels de la geste des Dieux (44). Admin.. pp. 17-23.àpxopa soulignant ce qu'il y a d'étrange encore et de nouveau dans une «If pareille idée).. il signale telles époques du passé légendaire de l'humanité. Fantu. un progrès marqué sur l'état homérique où la justice n'appartient pas néces: encore que VOdyssée marque une avance. V.La le senti- de la famille avait été trop impérieuse pour que : ment du désordre ne s'aiguisât point.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE frères soient 15 normalement 371) : puisse dire aa. Bréhier. de la légende. (v. 134) et l'âge d'airain (/6.. àvs[i. 227 et 240).. the âge of H orner. Corrélative à la dissolution l'ancien groupe familial. Hésiode ne parle des rois-juges de Thespies que pour les décrier et les maudire mais il n'y en a pas moins. pp.ffTï. Variante (44) Tliéog. la constitution nouveau par d'un groupe supérieur est signalée par l'emploi nouveau du terme ToXtç comme désignant une société orgarapport à Homère nisée ou en voie d'organisation (Tr. Administr. II. : : pp. of justice in . 306-7 de la première leçon.

la 9ijjn. dont le domaine primitif était celui de la famille ou qui n'exprinmil. plus sentie évoque une AUr. 269. 219.. on attend beaucoup de la ^Uri que manifeste la sentence du juge et la hUr^. homérique est une en quelque sorte. pour désigner une exécution sommaire. A ces deux formes de la otXTj s'oppose dans ces deux passages. Et il en était déjà ainsi chez mais raiSois.. 338). lequel répond à une très ancienne représentation. \'22). les rois « mangeurs de présents » rendent des : . XIII. et les deux notions se renforcent lloiiiùrc.coutume sera à l'occasion la force : primant la . 264. prolongeant la même notion primitive de la ôixr^ et du vôuw. divine plus émouvante et plus Tune l'autre. procès. 238-9). sinon.1. 200 La même opposition subsiste. à la faveur d'une pensée toute synthétique et qui. /s-poôr/ai . d'une force religieuse presque pure. 192 : ôixy] ô' èv yt^^i — FaustreclU) (45) . Le pouvoir de la Aî/. celle Aussi bien. 37-38. XX. anôts iniques. général des choses. tous ces genres se fondent les uns dans les autres. dans Théognis. de divinité personnelle ('/'/'. Glie/. 291-2. sans autre forme de èv /e-.r^-tradition. XVI. comme antithèse de l'uôpiç. 221 262. vient rejoindre celui du Serment. ôixr^-ordre ôtxr^-sentence. Aîxr. (193). notamment Michel. el 7. dans J/. indélinie par nature.. 254. la comme divinité. que la venemlio dont le supjdiantet le meurtrier repentant doivent être lobjct. Chez Hésiode. 271). la oi-Af. . no4H. 219-220 et 258 sq. cf. est l'antila A(xr^ divine. Ainsi la pensée de l'Oêp». L'Oêpi. l'aîStû. sans rien dessencomparer avec //. — tiollciiicnt iK'Uvenii. se montre impuissante les jois corrompus. 213-217 .. ôixr. idéale . tt. 11. très faiblement. se pénètre d'un ressentiment plus passionné en se fixant sur l'idée d'une institution : Tinstitution judiciaire. est et à un élut critique de société le droit (181) : multiple et contradictoire parce qu'elle répond à un état nouveau la ôtxr..^ se dérobant. 'Opxo?.pô.. . elle prend la forme. cf. (45) v()[xoç : On dira plus tard. laisse une bonne part de son objet dans l'inconscient (le sentiment dominant y est celui de Vhahitude). 170) : Rurle groupe tout entier de la cité commençante.t.sentence est fréquemment considérée comme injuste (39.v Sïxtiv ÀaêôvToç èv/sipwv voaw. la oi/j/„ qui irest gurre encore puissance active (elle n'y ligure pas traire. au con- pensée de Tune évoque invinciblement la pensée de l'autre {Tr. homogène ôty. et sous cet aspect. C'est que. d'ailleurs..10 RECUEHGilES SUK LE DEVELOl'PEMEM DE LA PENSÉE lorsque ia justice est mal rendue. La ôtxrj hésiodique.. pour Hésiode. : thèse formelle des ôixat (46). étend maintenant sa vertu (46) L'j6pi. — : elle. qu'elle n'avait pus chez Homère. à demi-impersonnelle. en dehors de la famille. a aussi pour contraire Homère (Ot/.. n'apparaît nulle part et J..

en effet. La prendrons-nous telle quelle. alimente le sentiment sourd du malaise . — — social. à propos d Hésiode aussi bieu que des élégiaques. 11 y a là une forme intellectuelle vraiment caractéristique du Grec de cet âge (47). et comme un témoignage de la « faculté généralisatrice » d'un peuple? Elle s'explique par nature. : l'injustice affaire. des sens inédits valeurs nouvelles qu'absorbe •jêpt. les inspirations que nous devons au livre suggestif de T. jusqu'à devenir l'esprit de perdition sur quoi médite une pensée morale déjà large bien qu'encore neuve. le mal qui s'étend à toute la société par la faute de quelques-uns. autant de significations particulières on ne peut pas dire. Les sentences dans la poésie r/1'ecque. la disposition d'esprit fatale à tous. 1' ufspiç restait plus confinée chez Hésiode. est à du particulier et du elle la fois Elle extension. Si 1' î>6'pw s'élargit dans les Travaux 47) Signalons ici. progresse par expansion plutôt que par — D'autre part. soit la forfailurc du roi-juge mais on a le droit et il est nécessaire de dire qu'elle s'y rapporte.ç. Ce n'est pas en mais par les mécaniquement. que ru6pf. L'î>êpt. Stickney. Elle a plutôt des modes que des f( espèces. le forfait que consomment les jugements obliques. à proprement parler. : des jugements obliques » en approfondit l'idée. dont Hésiode qu'il a s'est senti la général victime en une pauvre pu constater en des affaires semblables. D'une part. les emplois du terme ne permettent pas de voir dans ruêpis un ensemble d'actes définis en eux-mêmes et réunis sous un concept défini.. l'usurpation injuste. : avons constatées ne sont point.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 17 comment s'élargit la notion. et que le souvenir . la pensée dépasse\ mais : chez Homère.ç est au-delà de ses manifestations. Voyez plutôt tout un passage des Travaux et des Jours (213-247) Tuêpiç. celle s'entle : c'est la présomption paresseuse dont Perses doit se garder. de l'anomie régnante. certes. nous voyons s'intensifier cette réalité plus ou moins mystique à la conception de laquelle le mot même offrait un point de départ et un cadre. le nom du désordre. . si localisés que puissent être certains de ses emplois. De là vient que les valeurs que nous On observera s'accolant. par exemple. qui donne le sentiment ou veut donner d'une société plus stable.

Que l'ordre tout entier du monde dépende de la bonne conduite du chef et de son mana. du moyen âge hellénique » (48). p. nous y trouvons d'ailleurs l'idée de la Terre-Mère que A. l' îiêpi.).. ax/iuiv. et nous la retrouvons explicite dans Homère (52). point. 494.. 111): mais les sjoixîai sont tout autre chose que les Stxai des rois-juges. Usener. . pp. c'est une conception universelle dans les sociétés primitives (51). c'est que la pensée se fixe sur un élément délini.. ôv. de M.. Mauss in Année sociologique. u sont le poème de 1' « âge de fer : ». Oxford. 11)05. Mutler-Erde. Cette double représentation est tradition- A celui-ci Zeus envoie la ramiiie et la et J. 1905 I. En tant qu'esprit de perdition. Dans le passage d'Hésiode. sur une la fonction sociale déterminée dont l'aspect est essentiellement humain fonction judiciaire. que corrompt 1' jôg'. elles représentent la bonne tradition dans le : sens plus général et '48 1 le plus multiple (Od. | et bien né) ÔT. etJ. cf. Sur (le la Kojpotpôsoî.18 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE c'est qu'ils et les Jours.. . 225-8. . plus sentie que définie.. 70 et s. la notion représente une puissance concrète autrement générale que chez Homère. 154.t5{toî ôjvaTa. les animaux (225-237) et les femmes y sont féconds. Dieterich a montrée une des plus anciennes qui soient (50). les observations l'idée A. 244 : Nestor connaît les ôîxai. mot sert d'épilhète en vertu du processus général qu'a défini Usener (v. — le GuUernamen. Dieterich. Lectures on Ihe Early Uistonj of Ihe Kingship. London. 228 . vivant et funeste au commise par le roi-juge. pp. III. Mais surtout. est plus lourde et.. la société principe substantiel. 214-6. elle gagne en plus intensive que conceptuelle. l'homme riche a-jr?. Sur ce moment d'anoniie. E. (49) Tr. H. Ein Versuch iiber Volksreligion^ Leipzig. 1-4. II. pp. les maisons déclinent [Tr. p. Pour Homère. Se 6' u::' éy^ùpix. p. . fr.. elle appelle de la fatal qui part des Dieux un châtiment retombe sur le peuple les femmes n'enfantent peste 238-247). L' îiêpiç devient ainsi plus consciente d'elle-même elle tend à se caractériser comme violation des règles qui gouvepnent la conduite des réalité : hommes entre eux. jCp'. Harrison. Ihe Classics.lCo |âpoTw (c'est-à-dire au pauvre homme) èaÔÂÔî (c'est-à-dire . pp. Hameau '52 d'Or. la terre. Mais ce (lu'il y a de nouveau dans Hésiode..XIX. Le tableau fait pendant à celui de la félicité qui rè^'ue dans les cités où les sentences sont « droites » le peuple y est prospère et nombreux. 1908. à tous plus redoutable (49). trad. yip ts xaxr. c/J. voir Glotz. Elle se manifeste davantage comme : cœur de entier. le mana procède desejôtxîai du roi (Od. (51) : Elp-ri'/fi Frazer.xoupoTpô'fo. G. une des formes que prend la notion. Themis^ p. (50) Cf. 13 et s. 204-268. SoUdarUé. cf. : nelle. Murray in Antfiropology and 172 sq. IX...'i5apûO£i * o>jè vàp çspsiJiev le puissant..

en ce qu'il est devenu une désignation générale pour : En somme. tant s'en faut (voir p. contre les autres les xax.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE c'est-à-dire c'est la ôtxTiori 19 beaucoup de « dits ».. : soit la Mégare de Fisthaie de Corinthe) et Théognis.tax£i. Hymne à Dém. — — que ces 6£[j. sont rendues et que la ôix-r^ est chassée. 46 et . Auxtr^v si'puTo : : aOévet t]) {cî. 1910). qui commence une plèbe confuse sur laquelle s'appuient parfois ces à rentrer dans les cadres de la cité (v. mais plutôt se succéder ils ont ils beau n'être pas compatriotes ni de môme tempérament de Solon de : . qui ne peuvent faire allusion qu'à l'émotion provoquée en l'époque vi" siècle) (première moitié du de Grèce par été le les conquêtes de Cyrus en Asie-Mineure (545). XVI. 1302 b 31 4. pensée commune. plus sociale plus sociale. ne signifie pas nécessairement sentence judiun pressentiment qui vaut d'être noté. brutale. les Sîxat. 15).<TT£. à l'ordinaire. 154).at 0£[jLt. car OéiJiicrTs. (53) Sur la patrie {Megara Nisaia. pp. il y a là peut-être. quelques indications d'Aristote (Po/i^. 240). A Mégare.. 12.. par l'expropriation Théognis tient pour la première classe. à l'égard de ses adversaires. IV. les manquements la le en ce que à la règle mais plus mystique par là même. gr. Cf. des tempêtes déchaînées par Zeus quand des axoX'. réalise nécessai. Hudson. rement III. dans cette forme élégiaque* ont le .. ne sont pas encore.û{ : — plèbe et « nouveaux riches » — qui sont pour lui il écrit au lendemain d'une victoire de ses adversaires. à ce stade. 4-12.. V. que connaît Hésiode et qui représentent une organisation de justice plus avancée et plus systématique. représentant la tradition des « nouveaux riches » forts de l'empire grandissant de la yévr). 384 et s. Théognis a contemporain de troubles sur lesquels nous renseignent seulement . principe du mal conçu comme» anomie ». Entre Hésiode et et l'âge classique. . d'autre part les : : propriété 290) et qui mobilière. : ils spectacle de réalités sociales assez voisines (53) s'expriment tous deux. en particulier les vers 773 et s. procède volontiers. qu'il désigne par le terme d'«ya9o(. p. S'il est question dans XVI. 1300 a 17. 542 (Sarpédon) o. ]/. XVIII) c'est une période de révolutions il y a d'une politiques sous lesquelles on aperçoit d'âpres luttes de classes part une aristocratie de propriétaires fonciers.Williams dans son édition (London. même pensée dans de précédents Glotz. Solidarité. et derniers. 2. 53-56 cf. c'est seulement la poésie Théognis qui nous offre un groupe notable ces deux poètes ont beau d'exemples. l'opinion traditionnelle nous paraît la seule plausible voir la discussion récente et approfondie de T. 1304 b 35) et de Plutarque {Qu. x le terme d' uêpiç chez Hésiode a pris une valeur à la fois plus « mystique » et plus pleine. Groupe assez cohérent ne pas être contemporains. mais à condition d'ajouter ciaire t£ xal VIliade.

. par représente comme un capital de pensée. à ce point que de bien des vers on ne : pouvait dire l'auteur. En effet. nous sommes réduits presque à le deviner. on est frappé de voir combien le terme Oêpi. accumulée. que les idées morales ont pris corps forme sociale et tonds commun.. Les mêmes notions s'imposent à leur poésie et s'expriment en elle (54). obversation doit justement porter sur le genre de l'élégie. c'est dans le distique. Par tempérament. Il les débiteurs ne veut pas évoquer immédian'évoque pas. dune la y revenir. valeur la recèle. Cf. c'est l'uêp'. De tout ensemble. 5. Théognis devrait être explicite. autant sans doute qu'elle a jamais pu l'être. Il ne Test une réalité sociale s'alteste derrière ses diatribes. l'élégie vit du vertu de la tradition là. îpyaavi -:re(eeaeai) Théognis.^0 HECHERCUBS SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE qui a unetout autre valeur que celle d'une convention littéraire. auxquels le mot s'appliquerait par un transfert de sens. il : car Hésiode est toujours prêt à généralité qui. mais pas laquelle. il l'eût pu cependant mais jamais il : : concentrée qu'elle énigmatique au ne s'applique par exemple au traitement subi par insolvables. on pour: rien de défini. Les démarches de la pensée morale sont rait : — ici à l'inverse de la logique abstraite Pour le : il ne se constitue pas 12 un et (54) rapport dans lexpression. Même chose chez Théognis. n. il ne désigne des actes définis de violence. 380 (àS(xo'. — . et d'atteindre un degré de généralité qu'Hésiode ne pouvait que nous faire pressentir part du singulier.î cf. presque insinuer qu'il ne veut rien dire.'. dans le distique défini et Une première même souvent lapidaire. s'est encore spirilualisé chez Solon nulle part. Cela est vrai. Solon. et général. Ceux qu'il flétrit ne forment pas une catégorie particulière (ïb^o'. à propos de 1' 06ptî. isolé ou qui tend à l'être. la continuité que manifeste la notion. en un sens sa valeur impérieuse est antérieure à ses déterminations. et une phase de la pensée morale qui caractérise une forme chez les Grecs. 11 et XII. La pensée éthique a donc ce double caractère d'être parfaitement socialisée. II.- — il ÇovTe. presque premier moment. Pendant toute une période. Le crime : de ses ennemis. et dont le prestige occupe d'emblée l'esprit. tement de faits concrets. A force de vouloir tout dire.ç mot puissant.

cf. elle s'impose Solon pourtant a commercé. tel : un face dans en dans : . connaît le présent et l'avenir (H. dont le : « désir » est l'essence même de la tit. On s'exposerait à méconnaître le sens de la pensée morale représentée par Solon si. mot. . civOpwTTw (= SoloR. (55) é'iTT. et ce sentiment reflète bien une réalité sociale. qui poursuit sa victime jusqu'à satisfaction totale.v. d'autre part. l'attitude d'une pensée morale fixée la tradition ne peut être que la défiance. ii«m p. s'apparente de très près à celle de la Né[ji£ai. une oUr. et elle représente comme une fatalité ici la plasticité d'une même notion morale qui admet des utiùzili. on n'attribuait qu'un rôle subordonné ou simplement préliminaire à l'élégie sur la richesse (fr. autant que nous en pouvons juger. conçue comme on aperçoit ordre général des choses. A Solon lui-même.is seulement au sens banal et superficiel du M .JURIDIQUE ET MORALE E\ GRÈGE 21 concept sous l'extension duquel rentreraient de nouvelles espèces. ou poussée d'individualisme. et qu'anéan(X. devant le désordre social. 3-4) cf. . 25 et suiv. sentie et son Mais la : sont une époque critique dans l'histoire de l'âme grecque.I1. C'est milieu que la notion de l'Oêpiç se développe (55) du changement.Ta'. tout au moins conditionne une se Une psychologie commerçante dans le La fièvre des richesses passe monde. Le vu® et le vi® siècles.(v xavcw ôX6o. et sa poésie laisse entrevoir l'inquiétude de la conscience grecque qui aurait encore besoin de permanent. Entre la richesse poursuivie èo' -jftoio. 751. de stable. inconsciente peut-être. Tuêpiç est immédiatement nom invinciblement évoqué. dont la subsistance. le' gain par à-coups. notion s'approfondit elle s'alimente d'un sentiment nouveau. 14-16): elle conserve des traits de la ôtx?) primitive. (Xlt. et qui doit constater le va-et-vient qui règne d'une condition sociale à l'autre. La rupture des cadres s'achève le développement d'une économie : interurbaine provoque. 16) et l'autre. XII). voudrait se détourner de cet esprit d'entreprise qui trop souvent s'accompagne d' « injustice ». crée. « désiré les richesses » mais sa pensée profonde. 835-6 I : xspôsa xai .ç. à travers de nombreuses générations et entre les mains du môme groupe familial. psychologie commerçante. Théognis. dans l'œuvre de celui-ci.) dont la notion : aussi bien. 153_4 . cf. la Atxr^ divine. jgp-. 8. il y a opposition morale^. est le témoignage et la garantie du bon vouloir de la divinité. IV-V. mais en un sens profond et religieux il y a d'une part les biens durables. immédiate ou tardive. ot. jgp'.

22 RECHERCHES SUR DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE lisations diverses et successives.aTi. 835-6 xoXXiôv èç àyaeôiv è. 33 et s.paxat itoXXr.. la -rrôXiç et cf. sion est toute voisine.v éç xaxôxr. Ce qu'il y a de plus caractéristique dans la notion de l'uêpiç. mais où survit l'idée latente d'une antithèse entre entre l'àpsT-/. c'est qu'elle nous laisse apercevoir. : c'est elle : elle est — De perdition. avec une tout autre version) du En tout cas. 6-J9LivTf.. et XIV où la pensée àoTrax-uà. au moment d'Hésiode.u. 57-61. Euripide. Tr.Sc. . IX-X . l'avènement d'une classe nouvelle. à l'âge du y^voç. si ce dernier terme n'a guère maintenu le sens de uuvT'j/^tr^ (56).. 149-150. [jLT. sm^yéeiv. -z" àSixo'. morale et religieuse. dont l'expresMême conception dans Bacchyl.8è I.. o et s. des àYaOoî l'ordre traditionnel des choses et le nouveau.pa xaxf. (jlt. faut bien entendre le xspôoç au sens des élégiaques. pour qui l'homme de bien. àXh' tùiuyé ôX^ou 8' èTrztpuévTo. et J. Hérod. 13 richesse il tère. Sur cette opposition entre le durable et le précaire (cf.|jLaxa ô'oj/ 9 et s. — on rapprochera Théognis. — et le ttXojxoç des xaxot . non seulement de l'esprit d'orgueil et de ce qu'il y a de « réaction- naire dans détenteur de la poésie la vérité de Théognis. Xovxat /pf. Médée. que Solon paraît désigner en des vers obscurs 65-70. » vraiment le lieu là. et l'r. : n'a puis gardé que s ù 8 a { tx w v 8' av ou. 32. Sî^fiôv ts ci..eîvw). tsxy^ àvSpa àaxoi 'xèv yJtp è'9' oïSs tsoiô'-fpo^K^.zath (annonce d'une prochaine et inévitable tyrannie). sans mesure. : naguère hors de S^xa-. GsoaSoxa noXXov à[j.ji S-. de l'iiêpLç.aeTÉpT. une 68. rait « porte en soi un principe pernicieux et sinistre.: /p-/.Ge(p<i)j'.|xaai TretôôjXEVot. richesse ayant partiellement changé de carac».Swsiv | (il s'agit de la plèbe. xaXéetv xto ô)v6iov. i) t o î 8t. . cf. prompte au changement et prête au despotisme. la ne se prêtait plus à en exprimer la notion). : | 8(xa. xûst -^ôXii. apparente et sans doute même la pensée consciente est de morale abstraite et assez vague. l'aristocratie commerçante qui suscite les tyrannies comme c'est d'elle que se défie Solon.. déjà Hés.yEixôvov^ ôiStxoî "jÔo^. en fait dire (56) Cf. oitriv kxoï\xov ji p i% [xeydtXT. 585-590. malgré tout. qui à Solon lui-môme : i:plv 5' 5v xeXeurf. | | \ • | . ardente à gagner qu'attaque Théognis (57) sans l'aveu des Dieux.. que | ces « mauvais bergers xotl » y font rentrer 39-42 : • pour l'emploi de 54) olxsîwv xspSétov sïvcxa xpâxeo. àXyôa iroXXà ita9£Tv où yxp STriatavTai xaTS/siv xôpov cf.v àsTol Jioû(57) Solon. toujours portée à s'élever plus haut. chez les élégiaques. àvopwv xe ^{t.xa r. (ici ôTkjâoî /jatépoç àXXou yévoix' àv àXko^. voir XII. Théognis. terme de atr^ (XII. 75) qui est le contraire même de l'eoSaijjiovta (et on pourobserver que. 8é8oixa 8è : iW | xaxÔTT. c'est que.î xexpa. . xal xépôea SctXi xai •jjBpi.ou 8' f... c'est l'homme. xxxoïaiv Sot).XV. t. 1229-30: le sens de « richesse ») e ûtu- aÛTol 8è '«pOefpeiv [xe^âXTiV irôÀiv à!ppa8trjg'. T.î I | Kypvs. Ce gain-là. Tjcuôvêî 6è ujâp to. a. 230.x' è'3aXev. à l'époque des élégiaques. II. 44-6 oxav C 6 p iîje i v Toïa'. Théognis. il (XII.

tout (61) : : intérieurs zixpèv I . Le sentiment la cité (61). Hérod. Ainsi les élégiaques continuent Hésiode. n'en est pas moins dans tous les cas un principe .. à me- (58) Le terme euvofxffi apparaît. y>. Théognis. ni yic. Ill-i ([jloi àvSivîi) -jnetpaç /Bovoî T:aTp{5o. d'une inégalité équitable entre ceux qu'il appelle. 34. XII). Les termes de %ol%6. (63) L'Gêptç. Du reste. représente les usurpations violentes : d'une classe sur une autre. qui tantôt est envoyée par les Dieux et tantôt se développe sponsinistre 65). et maintenant. IV. avec un accent religieux. Tournier. au demeurant. 33. par la perte de tous (63): — Mais contre-partie instructive châtiment divin. se fait jour. Théog. Cf. même récente cf.uxùv wSe cpiXoia'. 1). n. : ùï . xaxoïaiv saô'Xoij. la cité. 2. Nous n'en jugeons pas seulement d'après Théognis (chez qui l'invective. ne va pas à nier la cité. doit être maintenue contre vdfxou (ap. (62) Solon.. tout comme Théognis. cf. sur la conception que se fait Solon de la « bonne constitution « on aperçoit seulement que la 5'javo|j. qu'il ne faut ni aveivai. Dans XXXll. antithèse de V'j6pi<. 39 et s.. au temps de Solon.ea8ai peuple justifier tlxtsi : son principe politique. 57). 'AO. 23 yh-r\ appuyés sur l'antique propriété foncière. Busolt. 2. IcroV. et de ItOXos sont encore des désigna| comme chez Théognis. ce qu'il y a de statique et de traditionnel dans son idée de — mais des vieux Veunomie qui « (58) qui n'est est bien plutôt le pas encore l'organisation par les lois (o9). où l'on voit seulement que reuvofjLÎti réprime l'uPptî (33). 'A9. v. 10. XXXll. èy^paXi: \xiat: Zz sur l'aphorisme vcaxoù. les bons » ce sont les bien-nés et les « mauvais » ce — — — sont les vilains (60). I. . le « 3. Némésis. 5-6 (Sots) ôIvx: Torat [xèv aîootov. 11. 224. voir* aussi XII.jL{T„ mot dont le sens s'est enrichi depuis [Hés. XVI. mais en l'enrichissant. 39-42) mais on connaît la fameuse l'ègle de Solon. c'est ainsi que Solon qualifie ses propres lois. appuyée des témoignages concordants d'Aristide et de Plularque.oipiav è'/£iv. « étant donnée la notion particulière de de là l'idée. p. puissance de mal side : entamée par une mystérieuse Sentiment religieux plus que jamais. n. n. 18.. 59. xoiai 5è oeivôv ISsîv . 2 et p. qui interdisait la neutralité dans les troubles tions sociales. ne nous renseignerait guère. dont l'idée répond h un état d'agitation inquièle dans la cité. maintien de l'équilibre. Le sentiment de cette solidarité nouvelle n'est d'ailleurs pas encore parfait. par opposition à 6uavo. aussi ce qu'il y a de « conservateur » dans la conception que Solon lui-même se fait de l'ordre. 8-9 : oùBé [j. Arist. 44 et s. p. pouf » !3ix!. : dans des uns entraine. la leçon Ô[j. xôpoç G^oiv. 16. (cités n.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE fait. 230. du terme de Osajxôç (cf. (59) La loi est encore désignée..]. 173.{r. que l'antiquité prêtait à Solon.. Aristote. Gesch.. tanément (v. de la solidarité dans compromise (62). n. Tiiêpiç — l'eunomie le » qui y pré- l'idée qui se répète. Gr. par lui-même.ou. l\oX. qui obsède — que.. (GO) XXXI. cf. noX. tout le passage..

153-4..?. Eurip. cette opposition se ramène à celle qui se précisera par la suite. Uêptv . dans XIII. et sous un aspect plus | : | réaliste. Théognis. Kûpvs. une cité : 5 et s. cf. 731-2) et le produit de : : — la liberté II. 835 et s. ô'Xscrsv. xal Mâyvr. ÎJ ttXoûto.. est : : Tf. H03-4 "r^ipi.. oîa Ta vûv '. cf. oj u. 451. et humaine. 751 chez Solon. et pourmôme terme les connote toujours toutes deux étrange unité de la notion qui serait.. Cf. de la sagesse réfléchie. II. remarquablement voisins par : la pensée). 77 xôpov u^pioç uîôv. rapimplique à lui seul l'idée de l'insolence et de la présomption : = évoç funestes. et par le sentiment immédiat d'un état nouveau de société Diogène Laerte (I. uêpt.\x) itavxwç. 1 et s. comme un « dit » de Solon tôv [lèv xôpov toû ttT^oûtou vewôtçôa'. I la vindicte des Dieux et s. La repré- sentation substantialiste continue de prévaloir dans le terme. xai -jtxfA' (Welclier ditoXeî. 541-2 : pour : la perdition de toute [x^. et l'esprit d'imprudence individuel en principe — est Il l'antithèse de l'intelligence là (65). 59) cite. nous avons vu la pensée mythique et la pensée psychologique obstant le curément associées maintenant. : (64) TixTct yitp %6^o^^ -irXoÛTo) xcxopTfijx 06p:î.v 5' u6piv uità Toû xôpoy .. indépendant de la causalité divine (Solon. 0.:ii RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE sure que la représentation do la société devient plus directe et plus complexe. uêpiv ts ] t(xts'.v i]i.. Chez Homère. ttoXù xpsiajow 6 p lo. l'analyse psycho- logique peut s'approfondir. Théognis... 43 Asitxatvw tVSe : itoXiv. proché de : Solon. TjTrsp KevTaûpouç (ùixocpâyoui. est à la fois du naturel et du « surnaturel ». contradiction.. elles se dissocient. \dL psycïioloyie^ dans Oêp!. et — : et proverbe nouveau de vertige — national (64).xa àxwAeas xai KoXoœwva xal SjxûpvT.v TT. . le mot xôpoç. Rapport inverse : : donc plutôt incertaine encore. >v3'jya- (65) Théognis. Théognis. et dont nous indiquons la raison d'être rOSpr. la conception toute positive et toute profane que l'on croirait. mais il est notable de la voir s'enrichir maintenant. n'y a pas pour autant.voe tzô\vj xaTéyei. l'oracle cité par Hérodote. IX. étant tout ensemble le principe fatal que les Dieux suscitent (Théognis. Cf. mais comme cette pensée s'exerce sur un donné social plus complexe et cependant directement perçu.. II. VIII. la psychologie. remarquons-le bien.. l'jêpi. 1173-5 : (v v •?... pour une logique abstraite. Cette notion apparaît ainsi plus fréquemment. 441. •j€oi <. 13 uSpiv xôpou [xaTÉpa epaaûixuOov. qui entraîne fatalement Solon. 603-4 ToidtSs xai MdtyvTixaç à:rwA£!jcV êpya xal ii6p iç. Pind. se dessine plus nette c'est la « satiété » accompagnée d'orgueil qui l'engendre. 35 et Théognis. oû'XoaévT. En fait.epr. ) fr. que chez Hésiode. noXuiratST.. 1175. 3-4 Théognis. t.

comme une âme de quié: il (66y Particulièrement notable. contre Héraclès). est la protestation de Théo- de la solignis. par l'usage qu'elle fait de la notion d'Oêpi. on doit ressaisir Técho d'un certain état collectif. 25-6.. 161) Pind. empire dans ni la loi la du genre ni le tempérament du poète conscience grecque. que la pensée morale revienne au mythe qu'avec les élégiaques elle avait plus ou moins quitté forcément. dressèrent contre la divinité les grands impies et les monstres illusavec tres.28-9 (j^ptc d'Ixion). IV. à propos de Tuêpn. monstres domptés par Apollon). pour une part.X GKllCE ^O Le changement de Mais la la notion ne est pensée en un sens. 36 ('Jêpiv . le fantôme de l'u^piç.... est d'une sérénité trop hau- dans l'atmosphère du mythe trop constamretenir la sensation immédiate du social et néanmoins. I. XllI. C'est un moment de transition que dénonce la poésie d'un Solon et d'un Théognis (66) et la cité veuille rester. contre le principe religieux darité familiale en vertu duquel les fils répondent pour les pères. P. Il.. Il n'est pas indifférent. un y tel fallait. Cf. x^oiSaXwv. en accumulant avec complaisance les allutique sions aux désordres insolents qui.MOIIALK K. même.. IV. il faudra bien que fléchisse cet esprit de tradition qui commande encore. 731 et s. encfre que timide. . La poésie de Pindare. la pensée se prépare à exercer une que prise directe sur la réalité. il faudra bien que tombe le privilège désormais anachronique de Vîùyiveia dont le prestige obsède encore l'esdoprit du second.. dans le sentiment qu'elle lui associe et comme dans le ton même oii le terme s'y produit. miner. si voilé qu'il plutôt. d'abord. 50 (uSpiv icvwSaXwv.. elle atteste un obscur parti pris que ne commandaient . 111-12. elle y revient dans un esprit noutaine. elle. seulement transformée le gain de pas indéniable. hésiodique. en des temps abolis. Sans doute. elle plane ment pour pouvoir : : veau en repoussant dans le passé des légendes l'image pathéde l'j^p^ç (67). Tuêpiç n'a rien perdu de la société a s'est : autrement riche dans l'Oêpis des élégiaques dans rOêpi. X. monstres envoyés Bacchyl. cet aspect s'accentuerait son vague mystérieux Mais comme le sentiment de la société. N. est : s'instaurant maintenant. On entrevoit que la pensée morale pourra sinon exorciser complètement.JCRIDÎOL"!': ET . : donc retenti sur la notion. . la réflexion du premier.

o). . 124) n'a guère changé depuis Solon. et la notion des lois de la nature apparaît.tÇetv) : dans la cité . Co II. mais synthèse Tout ce mouvement de pensée correspond un progrès . nous devons nous borner ici à quelques indications.€ai(ji tiixcîsvtsî àpj^âQev (69) /. veau de ridée une pensée autrement forte et confiante qu'elle n'avait pu l'être tant que le passé achevait de se dissoudre. a encore. et loi. dans et par la cité. Chez Hérodote.26 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE du sentiment de Tuêpi. n'y a pas seulement antithèse. Mél. 29) et de vojjlo. en ce v" siècle commençant. 23-7 famille des Cléonymides. le mot vofjio. la cité auquel à Athènes. presque constamment. le verrons mais : il : savent. qu'un aspect. 144) surtout. VIII. Torganisation sociale apparaît une œuvre humaine. celle de l'ordre.î uSpiv h | àvx^w.. des coutumes divergentes et souvent étranges de nombreux peuples. Ici plus particulièrement. 284. la société.. Cf. Qu'il n'y ait là. le vôfxo. elle exalte ceux qui tude. le sens de « coutume ». Cependant le même Hérodote qualifie déjà de vô|j(. p. les lois de Solon ont établi une base de un corpus (Francotte. nous importe de le marquer. la poésie chorale est pénétrée d'optimisme de préférence. x' 6p'favo( C6p loç. 54-6. invocation à 'Aauyîa : : tî6e'.vaincue (68). xot jxèv èv XéyovTai irpé^evot XI. | x' iix'fixxiôviov xeXaSewa. commence à s'opposer à la et devient une véritable catégorie. : Ordre de plexe.^.oi. A ce moment. P. qui la — suite rationnelle. de dr. mais la notion d'un ordre essentiel des choses se l'idée de « convention » (v6{jio. et la valeur du terme euvojjiîri (I. elle chante l'Oêp!.. eT. III. car l'eùvofjiia par » de r dans un milieu que pénètre l'intelligence. IV. public yr. perpétue en lui. peu à peu s'adjoignent de nouveaux éléments que dans la suite social : elles constituent (68) /*. décisif de la pensée grecque par le spectacle des multiples vôij.oi les lois de Solon (I. une règle consciemment établie par un groupe social (I. croyance rationnelle grecque. . 12. car le sentiment de l'eunomie nouvelle s'étend à l'univers. produit de la croyance : moment croyance brute chez les Barbares.. son Histoire répond à un . C'est bien à un état d'«ame nouveau que répond l'état nouon voit s'afïirmer.. suivre leur chemin loin des voies de Tiiêpis (69). sous la paisible influence de l'hérédité et des traditions familiales. et ainsi entre la « nature » et la à il « loi ».-vo[jt. Sur l'évolution du concept de loi. Ordre du monde aussi. Le terme suggère ou exprime cpûdic. perd de son sens fatal. et devient organisation comen vertu « erreur des hommes succède à la fatalité de la MoTpa.

exprime avec ([xâ/^saOat. [j. d'où loi la C'est clite p. Themis. Perses. Ant. Sur morale. Harrison. '/^^r^ force ridée ÙT.à. ol. 480 attentat 887 : contre l'autorité. naguère considéré comme possible (Aristote.) si — est la formule célèbre 'Epivjs.. liers On multiplie en attentats définis et n'en finirait pas de dénombrer les actes particu: auxquels successivement le terme s'applique sacrilèges de toutes sortes. Du même Heraclite de la nature qui.awv : Esch. qu'expliquent suffisamment ses origines. 1347 El. La représentation oùSèv [xs'Xsi. Météor. nom môme de Solon. uTTsp -zsi/so. 920 f. ôfjfjiov 29 B) : TjXio^ O'j/^ 'jTcepê-fjas'îai [xi-z^a : oï [j.j et s. p. cité — Hirzel. 309. rj vô. 46. 960 verbales. 8. dans le même moment que Tidée de loi s'étend à l'univers (cf. 103. : Œ. 1311 516. 806 injures réelles. 58 mauvais suicide. 1364 : : atteinte . 1297. suicide.). cpÛTt. J. Marquons les traits nouveaux. attentats contre l'autorité... : .. 72. mais la pensée rationnelle. Trach. 424 et s. 1092 et 1385 sacrilèges (des Perses en Grèce) .. ProbL du dev. fr. Le plus extérieur l'jêpiç n'est point. offenses aux parents. 1029 violences sur la personne des faibles. qui a grandi parallèlement à révolution le du terme voîjloç.^ p. parent. 406. 257 u6piî injures réelles outrages à un Dieu dans les relations sexuelles avec une femme d'un rang supérieur. indifférent : autant jusque là apparaissait ou localisée ou imprécise. 80. traditionnelle est encore dansEurip. : : .JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 27 notion d'un système : on rapporte souvent au des lois. 845 uêpt? des fils d'^Egyptos.. violation des droits de l'hospitalité. Themis^ p.- cjoucTi cette notion des Erinyes et de la Dikè n'est pas essentiellement nouvelle (Uivaud. 399. p. 817. 426. R.). autant rOêoLç chez les tragiques se distincts. sur ce que la Moipa comportait de contingence. : : : 873 injures profanation d'un lieu consacré. inceste. sa fonction même. Hirzel. par ailleurs. Œ. NagelsbachAuteurieth. 31. parce que (70) Voir aussi.ïp du vô{jio. SuppL. injures verbales ou réelles. prestigieux 'zryj ' de Toù vô|Jiou ô'xw. outrage aux morts. voir n. ses caractères. cf. conçue comme une souillure.. 73. Hera- applique le terme de vo|jloî à la 392 et s. adultère. 271 union avec le meurtrier d'un contre le respect dû aux parents. Atxr^^ èTiixouoot. Sept. Eurip. 502: attentat contre la majesté des Dieux. il s'en faut. la la constitution de l'Oêpiç comme notion religiosodéfinitive. 124.. AJ. I. 266. Homer. 345 a 15 (70).iv la xov (fr. Themis. 396. PhiL. 120 : : : . V. 881 moqueries outrageantes. Bacch. n. E. 375. 613 790 et 794 outrage aux morts (injures). C. et tragédie eut une action profonde. violation des droits religieux de l'hospitalité : despotisme.... au droit de l'hérédité. Theol. et nie désordre dans la nature. Soph. 560 (71) : : : : outrage aux morts (refus de : la sépulture) EL. 528. è^euor. pénètre la pensée antique et mythique. 280. il y a de tout (71). . L'unité de la notion n'en est pas atteinte...

13 adultère (de la part d'un (relations coupables avec lépouse du père) Médée. elle comme par le ne se fragmente pas. parce que. : : : : : : : : .. parce qu'il continue d'évoquer un être sinistre. on peut établir une correspondance intelligible. c'est que. Dans le terme liêpi. 12N moqueries outrageantes. c'est la Grèce du temps. 1360 adultère (très ditl'érent du dernier cas de la jtart du étranger) mari) SuppL. une substance néfaste. il y a à la fois du concret et de l'abstrait du concret. il en : vient presque à exprimer la notion générale tend à devenir 1' « injustice ». désormais. . c'est bien : En — sans préjudice toutefois de la punition divine — qu'appelle maintenant V'jèpi^. : . et s'ordonne sous cité entre le terme ou des ISpjfxaTa dont le respect est -zt^évri réclamé. et qui entretient la notion. puis- que c'est le s'exprime dans leur idée de sentiment d'une certaine organisation sociale qui Cela ne nous empêche pas l'jêp'. mais continu. 266 : : injures à l'adresse d'un parent. si l'on veut. en fonction au lieu de la AUti lointaine d'elle. d'un acte d' Gêpiç à l'autre. c'est la justice organisée des hommes définitive. 902 outrages aux morts ^injures) le respect dû à un lieu saint. T/ov. On dira d'Euripide qu'il fait descendre la tragédie du ciel sur la terre. Par là se laisse pressentir cette synthèse l'idée 'JBpiq et — d'où. du délit. Le « mal » avec l'idée de sanction. . a varié qu'invoquait Hésiode. ce qui représente déjà un elï'ort de l'analyse. la cité du temps qui transparaît dans l'œuvre de tous les tragiques. l'uêpiç est une notion est continu réalité vivante. qu'il embourgeoise le drame : expressions forcées d'une vérité qui n'est pas propre à lui puisque. symbolisant le groupe social présent et actif. l'association fréquente des qu'on aperçoit comment toute celte multiplicité la notion de l'attentat religieux réprimé par la que la conscience commune veut établir entre les idées des divers actes délictueux qui représentent comme dillerents étages de société et de moralité. mais de l'abstrait aussi. 11 contre moqueries outrageantes. que l'idée d'uêpL. Sentiment latent. : Mais. : 331 : llèracL.ç. 7'. notamment. 924 contre des orphelins HippoL. : Iruilcmcnls à l'égard d'un orphelin. pouvant s'appliquer à tous les actes qui appellent une sanction certaine et délinie. Ici se laisse bien pénétrer l'esprit moral de la tragédie.NSÉE développement de passé. 1073 inceste /. assuré par le Chœur ou le chef. 633 attentat contre la majesté d'un Dieu et profanation d'un lieu saint.. de notre point de vue.fi9 attentai contie nn Dieu: tr.^8 le KKCUERCUES SLR LE DÉVELOPPEMENT DE LA la l'E.

ysvov. de la cratie (73) plus antique comme de la plus récente. . qui £îit. .. il y a plus de symIsée. c'est elle aussi qui donne son aspect nouveau. c'est la manifestation du despotisme contre quoi se dresse la conscience de la démoc'est en définitive la violation de la morale. 980 sq. Et comme cette repré- ou non. est beaucoup plus tolérante pour les c'est unions entre consanguins la OéjiL. ou ces divers 942 sq. Schr. ('3j 845: Esch. mais toujours présente. Cf. (v. c'est l'infraction à la règle qui exige le consentement du pèie au mariage.. de la vieille Bép. qui a pour appui et garantie la force incoercible de la cité. dans offre bole.^ 8o5 : »e'jyooaa aur^yevfj yi|xov cf. la cité affirme une une.. C'est dans le cadre de cette organisation que se déiinit l'Oêpt. c'est aussi l'abus de la force contre le plus faible que protègent et le respect d'un lieu saint et la puissance active de : la collectivité. 225 s/Opwv ô mellement : : .^ des fils d'^Egyptos. d'où viendrait l'horreur exprimée par les Danaïdes pour un mariage qu'elles qualifient. (v. son contenu nouveau à ï'jêp\. pourrait caractériser sa philosophie sociale premier on s'il en était : sentiment profond de l'intégration du yévo. ou loi du clan est tout autre chose x v g v x w v oj v xal x proprement la loi d'cxogamie.. pp. : un curieux rapprochement avec El. comme Weil. et du passé au présent en sanctionnant pour une part la morale antique. v. 38) de l'époque classique. (12) Contrairement à ropinion de VVelcker. 3o6. une espèce de procédé. III. vi.xXy]p(j)v 45-46. l'idée de riuceste autrement. 486-9.. donc plus de vérité tragique.i(I>v. 10) et dont elles disent for: la règle wv BÉîJL'.. qui.. à quoi renvoie souvent la tragédie. IV. chez Euripide.Sm/j/jL.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE ^9 d'observer. i : . 122 et s. Voir aussi l'allusiuu dans l'roin. dans la donnée de la pièce. et que le symbole tourne à la transposition ainsi on retrouve rGêp^.î etpysL? Il ne sert à rien d'invoquer. commande pensée morale des tragiques. Weii dans son édition des Suppliantes. suivi par H. de àaeôf. en lui-même. il nous paraît impossible de ne pas considérer comme fondamentale. à la cité. Surtout chez « le ». p.^ 58. (72).j. Chez Eschyle et Sophocle. : |jl i ij. explicite la au fond général. au v. en sentation.. et noter l'emplui du mot 'iiXou.»-? qui prohibe l'union à l'in: les plus c'est la violation térieur du ysvo. en etfet. Kl. — Rien de plus caractéristique à cet égard qu'une des pièces archaïques. points de vue se trouvent indiqués. par le : antithèse éclaorganisation d'autant plus solide et efficace tante de l'anomie dont la pensée obsédait la poésie du vui*^ au vi'' siècle. àvc(|.. les Suppliantes l'jêo'..

l'absence du groupe familial qui rend possible l'jêpi. 150-771. tend bien à se préciser. mystérieuse et qu'on ne saurait localiser qu'après coup (75) quand la catastrophe l'a — (74) Esch..s. le nouvel élat de rOêpiç atteste un effort de l'intelligence. A(j. émanation de l'individu tout ensemble. prospérité. par la multiplicité des actes définis qu'il embrasse. chez les tragiques mômes. l'Oêp». la notion objective de TGêpt. le tragique réside précisément dans l'espèce d'équivoque qui entoure ro6p:î c'est l'oêpi. spécialement personne.. mouvement de la pensée apparaît solidaire d'un certain De fait. Et pourtant. de l'individu. d'une organisation eflicace de la société. elle reste aussi notion concrète. l'idée de même la faute inévitable. dont il sera convaincu : lui-m. c'est... par la Et ce individualisme. n. nous voyons la pensée se conquérir elle-même la de individuelle. D'autre part. 71). et c'est i'jêpi. A ce point de vue aussi. que Penthée poursuit chez les Bacchantes (113. quant aux êtres humains qui sont la victime de rî>êp'. dans la faute il localise la cause des désastres (74).liO RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE Dans l'élaboration de l'idée d'iiêpi. l'idée subsiste d'un esprit de perdition qui soulUe où il veut.. dans des situations caractéristiques. la notion subjective de V'j^pi. entre le religieux et le profane. et nécessaire l'intervention de la cité.*me et qui causera sa perte (cf. pour une part. est plus que jamais conçue pour elle-même « insolence » toujours et aberration. : — manifeste pourtant produit de la liberté. . phème qui attentent à conçue comme pour les orphelins par exemple. et la représentation des rapports individuels est même — transposée dans l'idée de la faute religieuse par Oêpt.. : séparation qui s'indique en conséquence. il chose nouvelle s'agit souvent du sacrilège ou du blas- — : une divinité personnelle. filschyle proteste contre la conception d'un fatum où le malheur inévitable serait l'aveugle talion elle se . même après ce progrès. n'est pas encore absorbée par la raison. que suggère le terme. de la raison.. Nous l'avons noté si elle devient : notion quelque peu abstraite. on pourrait définir ce dernier progrès une volonté de pensée claire par le sentiment actuel. (7o) Dans une pièce comme les Bacchantes d'Euripide. 779). dans celle d'une atteinte à l'individu. elle : dépasse la fatalité et elle affirme l'individu. et dans l'Gêo!.

. Gomment cet indéfini.N GHKGE 3l dénoncée — l'idée enfin d'une réalité du néfaste qui ne sera jamais transparente à l'esprit.elle s'intensifie à la fois et gagiie en étendue par Tidée pathétique d'une « anomie » qui n'apftelle pas encore la sanction des hommes. substantielle et. Pour rinstant. : : la personne. c'est la fonction du mot. il y a toujours un résidu impénétrable à la pensée claire? Ce que nous appelons réflexion. et dont nous avons pu marquer l'empire grandissant. l'évolution de la pensée manifeste aussi. en un sens elle se monnaye presque la pensée alors. chez Hésiode et les élégiaques. Ce qui s'indique là. elle se multiplie. analyse. c'est du « mal ». reçu par les consciences. celui de la dissolution du vévoç. à sa façon. Ne serait-ce pas que dans les notions morales. ment. qui continue de vivre avec éclat dans la tragédie. pas de pensée et de pensée morale moins que d'autre ce que la permanence du or. une véritable continuité. continue. celui de la cité souveraine. affirme impose à la l'intelligence des individus . : le il mot. Et voilà une première donnée.JURIDIQUE ET MORALE E. Les moments successifs de ce progrès seraient inintelligibles sans la notion des moments sociaux qui leur répondent celui du vévoç. recueillons les résultats de l'étude dans leur ensemble. modeste et : . celui de l'établissement de la cité. une notion morale incertaine subordonnée chez Homère où elle se réduit parfois à l'idée du surdroit. Sans mot. en terrain clos. raison. elle retient le sentiment du trouble social chez les tragiques. Mais on peut aussi parler d'un développement interne de la notion parallèle à une évolution sociale proet que nous pouvons suivre à l'état d'isolelongée. nous aurons à l'étudier. justement en son fond. l'idée du « désordre ». ne réussit pas à entacette idée d'une réalité mer ce noyau là un prestige spécial. cet audelà se réfracte dans la notion de l'atteinte à l'individu et dans l'idée de la volonté délictuelle. : : de l'atteinte à — : terme laisse subsister des états premiers de la notion. inconcevable. celle se développer : Nous avons vu encore. elle n'en a pas moins déjà une substance religieuse. s'insère dans la représentation d'une société organisée qu'on peut dire qu'elle pressentait l'idée du « mal » tend à devenir celle du « délit ».

est l'idée même. sous bénéfice d'inventaire — n'est pas le chose. de l'institution plus : — impliquée dans les états successifs de l'jêp!. et jusqu'à celle de l'organisme que constitue la société elle-même. Au vrai. se situe dans la pensée morale d'îiêp'.. : mais qu'il faille retenir l'idée et produits de la pensée morale cela nous apparaît légitime. du terme moral étudié ce caractère fondaet de tous. le malaise ou le désarroi de l'autre.. Ce n'est pas tout. c'est tout ensemble le besoin profond d'une réalité oscille entre : . doivent avoir chacun leur rôle ce qui fait l'intérêt ce qui. le trouble. parce seul terme. une relation immédiate entre chacun de ses moments et un état correspondant de l'institution judiciaire. Quant au progrès même de d'abord une donnée essentielle si la si notion. nous avons vu ainsi. de représentations variant en fonction les unes des autres. progressant du même mouvement et en relation réciproque. du Grec. d'un rapport externe le sentiou moins nette.. il ne s'agit pas ment même. d'un rapport étroit entre les les formes de l'organisation Aussi bien. les idées de violence injuste. et nous voici amenés à définir. Quelle nous ne le savons pas encore portée peut avoir Fobservalion. pas plus qu'il n'évoque néces- mental : il nom d\me : il sairement des images précises enveloppe une série. la quiétude d'une part. essentiellement nous avons aperçu morale. sous ce rapport. Il generis : : deux pôles la confiance. ces deux extrêmes dont l'opposition même produit ou aiguise la conscience.. avec le vêtement mythique fallait à la pensée grecque. est bien le plus d'ailleurs qu'il instructif qui soit. de Tordre du monde et de l'ordre dans la société. de <le la l'aveuglement d'un coupable.*. « idéaliste » qu'elle puisse être. en soi indéfinie. Au ment centre de tout ce système. nous avons reconnu un sentisiii le sentiment que la société a de soi. sanction du mal. du fonctionnement de la justice. Les formes successives de la ûUyi. Le représentation d'une terme d'Oêc». l'établissement d'une justice sociale de plus en plus souveraine se reflètent dans son évolution. nous retiendrons si : générale.32 RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE chose plus ou 4iioins surnaturelle. sociale. il n'exprime pas tme notion délimitée et autonome.

. ce qui se présentait à l'origine comme surdroit ou comme acte de guerre. éléments de la notion sont en relation réciproque. de la société solide et efficace. quant à Tobjet spécial de notre de cette première vue. celle-là revendique plus assuré. et d'autre part. nous apparaissent liées l'une à mesure que progresse celle-ci. et la volonté obscure 33 ou inquiète du progrès. Puisque les étude. qui On voit en même il comment s'éclaire la réprouve ou : l'autre à un droit la réprime. qui est la victime de l'uêpLç. et celle de la société.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE stable. temps. l'idée de l'individu. le développement que nous verrons se conclure par consisté à la création d'un délit de rGSotç a de plus en plus à la société ce qui était intégrer en quelque sorte en dehors d'elle.

.

ce sont ceux oii plusieurs termes se placent avant celui-là la représentation du sacrilège.. de l'idée double et ambiguë qu'exprime le latin . en àous^v. Il est donc naturelet nécessaire de compropre cept délits et du l'offense mencer par elle.A NOTION DU DELIT Nous étudierons expriment ici les termes de la famille l'idée abstraite à'mjiiria^ d'« injustice de àô^ew. Logiquement et chronologiquement. dans un grand nombre de cas. I Aussi bien. à notre cond'autre part désigne. à la personne. nous n'atteignons pas. ou un : des pôles. à la valeur essentiels.PREMIÈRE PARTIE LES NOTIONS DE DÉLIT ET DE PEINE CHAPITRE PREMIER [. par un de ses aspects aux inlérels. Nous définissons cette dernière notion comme un des aspects. de l'individu. de la violation d'une prévaut chose sacrée d'oià résulte la souillure du criminel. ou du moins nous n'atteignons pas directement ce qu'il y a de plus primitif dans la notion du délit. Voilà une notion qui d'une part est assez générale et devenue assez positive pour répoudre. qui ».

nous rencontrons tion qu'on : — nous noterons pour l'instant. n. et la religion se manifeste à point nommé pour donner satisfaction aux consciences dans un moment où la justice sociale. la notion de souillure n'appaSolidarité. en vertu de ce il : postulat inconscient que la représentation du matériel se produit avant la conception du moral. : (1) Notamment dans la peine qui. que l'homicide mais l'homicide est un délit récent. et en Grèce. les abandonne au désarroi. est bien la plus universelle De prime aboid.iii)- . En fait. est lui-môme saccr il : pour . 2o On paraît (Glotz au moins) ne vouloir considérer. religieuse de pureté comme apparaît que l'on considère la notion celle de la pureté morale et. est essentiellelibération pour groupe le sacrifice. en fonction de l'idée de souillure.) est toute négative raît qu'au Moyen Age hellénique. 229 et s. dont la notion de souillure n'est qu'un aspect.36 RECHERCHES SLR LE DÉVELOPPEMENT I»E LA PENSÉE sacer. et celle de sacrum. mais d'une horreur leligieuse qui n'est pas essentielle- distincte de la veiieratio puisqu'aussi bien le principe sacré qui vit en lui est. d'« artificialisme » dans cette interprétation -^ car enfin les idées religieuses ne s'inventent pas à lin moment donné pour répondre à tel ou tel besoin. ment la question de la souilUtre. moyen de le primitives. instinctivement on hésitera à reculer dans le passé les prescriptions relil'apparition des idées de pureté et d'impureté : gieuses concerneraient d'abord la propreté matérielle. 1" S'il importe de ne pas discuter à côté et de respecter la pensée sociale dans l'originalité de ses produits. exploite vis-à-vis des puissances religieuses la peine. ce n'est qu'à la faveur d'un développement secondaire très tard dans les textes que la pensée réfléchie met l'accent sur le premier terme Hohde notamment inorale. la notion fondamentale de tabou n'est ni ou elle est les deux. Est sacrum tout ce qui. et sanctifiant que redoutable et sinistre religieux avoir atlenté à une chose sacrée. : Or. sous certaines conditions. cest-à-dire. chez les sociétés ment supplicium. réservé et interdit. impuissante. Particulièrement : — net est ves la cas du sapixaxôî où survit l'idée d'utiliser à des fins religieuses collectipuissance mystique dont lindividu sacer est le sujet (v.xta(T|jLa. ni matérielle. Pour ne rien dire de ce qu'il semble y avoir d'intellectualisme. ayant à revenir sur certains proqui soil blèmes spéciaux. chap. 75. est aussi bien le criminel. p. les points suivants. il. 2) signale le caractère « matérialiste » de la notion de en pleine époque classique. La posipeut dire classique (représentée en dernier lieu par Glotz. c'est bien ici pas d'anachronisme. ensuite seulement la pureté morale. — — : (Psyché. reste chargé de forces effrayantes qui en font un objet d'horreur. . au sens étymologique. qui s'apparente ainsi au donc une vivtus immanente au criminel. pp. 2^ partie. utilisable à des fins religieuses (i). pour étrange que soit le fait.

. Glotz... De « 2). en matière d'époque primitive. avec toutes ses . à la communauté Oewv Tcarpwwv) meurtre du roi (Id. êvaysa (svayT. d'un mort (Soph. Solidarité. une pensée déjà très travaillée. comme on le fait. Schrader(2) a déjà eu le mérite de retrouver dans le mot àyo. n.. Œ. p. comme l'a décidément établi Rohde. le Or 0. sv ayst wv) doit être comme doublet d'à(yo<. 123. qui apparaît ainsi (4) Cf. est appliqué au comme délit spécifiquement religieux. la pensée religieuse. il Schrader. c'est confondre deux choses dis- tinctes : il est bien certain que la doctrine de la souillure. . 3° Rapporter exclusivement. 229. 56). parricide (Soph. Dict. pp. Kultusalt. . yépas.. 70). V. on continue à gratifier de cet attribut !'« état homérique ».. la caution. est de date relativement récente mais Vidée de la souillure est celle qui domine.. sinon le correspondant du lalin sacer (3) ? On s'étonne de voir les étymologistes (4) dis. qui correspond au latin devotos. 1246) àyoç entreprise contre le roi ou le chef (particulièrement contre son llérod. parfois tout en le niant. non-ensevelissement tinguer radicalement. plus voilée chez lui. Mais n'y a-t-il pas chez Homère. 117) ou Rohde et c'est une notion [Psyché. un parti-pris d'ignorance à l'endroit de la : Nous verrons que religion populaire"? en même temps.. Esch. l'idée de souillure aux enseignements « cathartiques » de Delphes. même. précisions dogmatiques. chez Hérodote et les tragiques. dit miss Harrison et ce ne serait pas peu dire.^ p. maudit le ».. à l'influence de la religion apollinienne du vin« au vi« siècle. Boisacq. p. 78) glissent sur ce fait essentiel — — : — antique s'il en fut. Mais qu'est-ce que cet àyoç.. A(j. Heallex. préhistorique. celui 4» même est Homère couramment qu'a décrit miss Harrison dans ses Prolegomena. et (2) comme si la chose allait de soi. Ag. 1017 .. : /?. II. 7 et 9. 1426) VI. il faudrait en finir avec ce « primitif » là parfois inconsciemment.^ signifie par ailleurs rattaché pour le sens à à'yoi. . très intellectualisée ? The Olympians of Homer are no more primitive than his hexameters. Le mot ayo^ n'apparaît pas chez Homère (de : quoi n'y a aucun argument à : tirer (3) Cf. contra.. tout un très vieux fonds religieux. comme délit fami- trahison (Esch.. Et des anciens délits il est pourtant. la notion du cpaptxaxôç est celle d'un criminel souillé étrange que des auteurs comme Stengel {Gr.. p. sacrilège. En tout cas. étymol. "Ayoç. 641 è^aYia9évTa<.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 37 essentiellement sacrilèges on ne dit rien. apparaît cependant.. on pourrait ajouter : ni que sa langue . c'est-à-dire en violation de son caractère sacré attentat : comme : Sept. Suppl.. .. 'J05. 256) violation du droit d'asile (Hérod. ayoç 0. en Grèce. une très vieille désignation du crime conçu comme crime lial. Ant.

. double. : C. plus intellectuels. ~75. 117. religieux. comme nous le verrons.a B-jTÎa.TT.^. o70 construction bien notable Od. . etayo. IV. se rencontrent surtout dans les plus anciens textes encore. — trahison (à moyen la àXixa'vsuôat. ad /Z.pîou. Nous avons môme ainsi comme une échelle descendante. 387. cf. Anf.. 182). des mots comme àXiTa^vw. Les mots àXixa'vw. en particulier J. VIII. à'yioî -itapà toT. V. religieuse. . àXEÎTr. où jxdvov Eustathe.. peul-(^l. Prolegomena.re (5) Depuis Robedson Smith.7rAax'lTxto..j. réfèrent pas moins plus abstraits. E. 1357.î fI>a'ôoa.. Durkheim. XXIV. 59 ajlI : miss Harrison cite -aXaioî. Les formes élément. 584-590. de la stèle sur laquelle on inscrit toj? àX'. mais avec leur pleine : I 126. : nom de divinité à laccusatif .à tô toO i'YOuç 6... IV. mais encore pénétré de la môme idée. (\VOr.. la plus fondamentale.. elle a deux ni plus ni antithétiques suivant que la force religieuse qu'elle exprime apparaît ou bienfaisante. 'Avoç • aVy[-r. souillure. : refondue. ne s'en à une notion essentiellement religieuse du Plus récent. : c'est une des vérités les mieux acquises de la sociologie religieuse voir lexposé le pins récent dans E. àTao-BaXoç. D'autre part. la logique des sentiments religieux valeur Thuc. chez Homère. pour ayo.. A la représentation la plus associée la notion la plus primiancienne du délit est donc tive. sanctifiante.:\H HECHERCUES SUR LK DEVULOPPEMENT DE LA PENSÉE là. il est question dans Lycurgue. p. au moins dans nos textes..v àXt-ovTo.59: oDtw ô xahapèç.vaîr.. nous trouvons le sens « moyen de purification» Snphorle. Cf. qui représente plus ou l'ordre moins du temps et une certaine évolution de la pensée. etc. H. expriment l'idée du sacrilège. Od. comme délit. //. tJocr.361 et surtout Od. VI.. le cas môme de cette stèle est des plus intéressants pour elle provenait de la propre statue... conr>95. avec un //. et qu'admet TpooÔTa.. La construction du verbe àXiTpo. SoïoxXr. d'Hipparque condamné par coutumace pour haute : Ces termes rapprocher la pensée à laquelle nous faisons allusion.]. xal -ro-j. 5'. àXXi xal ô [xtapôî. se place àijiapTàvw. du crime Ils se survivent à l'époque classique.'trX6!jT. deux doublets pôles : la notion i\e sacrum est moins. [Lys.. 1). (6) Cf. 52. comme à|i. v. sainteté.îxov inversement. 108. V. fïesy: chius.XXHI. ou du moins la représentation religieuse apparaît plus purement dans l'expression. Ilarrison. de la vie relig. n. //. association consacrée. XXIII. ou omineuse et souverainement redoutable (5) de là les idées de pureté et de . pas primitive non plus. à la différence de « criminel vis-à-vk des Dieux ». 807) n'est Od. 429. ce sont pureté. déjà le mot ayo. s. la plus universelle de la pensée souillure que connote a-^^oç-àyoç (6). leur valeur est-elle parfois très affaiblie déjà (notamment dans l'adjectif .. pp.

se : et familial (0. v.. — 345. II. IV. 241) et les élégia.. . 745) c'est une force religieuse qu'atteint et déchaîne Tacte criminel (7) : : rappelons à ce propos l'emploi hien connu de « oLkizr^ipio. etAristote {Rhét. cf. Prellwitz. SuppL..28. xàxsT xaiJLO'ju'. 131). 51. 345.:. Théognis.. 146) et familiaux (Pind. par une dérivation identique à celle que nous avons signalée dans aTâaOaXo. 24| d'ailleurs Ionien d'origine). 377). a. nous distinguons sa valeur primitive et essentielle délit religieux {IL. ils prennent parfois dès Homère une valeur analogue à celle de 'J6pt. 30. OIG essentiellement sacrilège. 919. . cependant. 64-66. p. mais presque point ailleurs. Tr. 117). 10. ^•^'•'^ aXXoç èv et — de Pindare.13. 409.. 27 Dans à[ji7:Xaxtaxw.. XIX. c'est analogies profondes l'idée (Vnn mana dernier. {Ztschr.. 330). Od. 88 . 388. Pind. 'AjjLTXaxîa a été principe fr. Od. fantôme : (Cf. 921 et surtout 927 Ag. opxov {cW Théognis..XX.. a le montré les sinistre qui commande serinent. 88-91) y reconnaît : comme » au sens banal) la plupart de ses emplois. SuppL.. P. II1.. 7) « traîtrise . Hés. 3. SuppL. Les mots de cette famille nous Platon. il est étranger à la poésie chorale (aucun exemple dans Pindare. il a un aspect moins archaïque dans l'ensemble que les termes précédents (le verbe àxacrOàXXeiv. Ant. — : (//. <(ui 0) Schrader. Le terme paraît spécialement ionien.. 1 Quant à àxâaôaXo. II. la valeur subjective est surtout en relief la même que dans à. ques (Solon. reportent..0(i. 317. Eurip. 3). XXII. 8o4 B.ef J.. y^-. La correspondance avec àXixaîvto. . existent entre rordalie et Gottesurleil.Esch. f. Eurip Andr. IV. P... àAt-ijOa'. 26. Pollux. KaOapfjioi. 1212. : . IX.]. plus c'est l'idée récent essai d'étymologie de sacrilège que VV. 948. . . 30. V. 220. originairement. l'emploi de àXixpaivoj et de àXi-ipô. xà o . exprime l'idée de pp. dans Homère. le considère comme une yXwxxa fréquent chez Homère et Hésiode. et J. .IX. chez Homère même.. est garantie parle rapprochement d'Esch. P. suggérée par le parallèle entre Esch.j. de là leur application aux délits familiaux (Od.. 121) chez Hésiode (Tr. Mais d'autre part. 29. L. auteur du XLII. 1 chez Bacchyljde [XVIII.. àXixpà xaxà oixâJIet xi. 57. IV.. XVIII.. XII. Xoy^-î. « se tromper » mais objectivement. 30. vergL Sprachfonch . Médée.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 31) servée par Apollonius de Rhodes. XI../. pour désigner . I. spécialement considéré comme souillure Pind.. x à fjLTrXaxY^ [jiaO'. : 115.. 111. 204. II. le » du mort qui crie vengeance [Ant. et qui en explique la puissance.. s..apxàvto.. Hipp. on le rencontre encore dans Théognis et dans Hérodote. Ag. 2.. Etant donné son domaine.. Empédocle. 0. àvajjnrXaxrixoç et les constructions identiques signalées plus haut pour àXtxpo^. 7 8 ô. fondamentale. de appliqué à l'homicide. à la moralité du yé^o. rapportent h V'Sfjp'. 111.. VI.. d». XVI. en la représentation de ce somme. 220-221. le mot concerne les délits religieux (Théognis. 4..... Esch.. 37o. il est totalement étranger aux tragiques dont le vocabulaire pourtant puise volontiers dans Homère. sont remarquablement les mêmes que ceux de uôpiÇto et de uêpt^wv. 314). Soph. ôixàî^si Il. Osoï..v. Reallex.

. 1 à[x-n:AaxT.. les emplois en sont proportion.ax(ai<ji. Mais Pindare n'a encore que 2 exemples de l'adjectif àoixo. le nombre des emplois augmente. n.. (cf. 3 de àôtxeïv. Hipp. xwv itapot9év xtvo. 76 P. . II. à^'^xeliv. 228.v xà yàp sx itpoxéowv Eum. 260. et J. (8) crime dont répondrait solidai- Les membres du 12b. 445) I. II qui représente d'emblée quelque chose de postérieur. ôé : . lentement ils ne sont fréquents que chez Euripide (chez Eschyle. VI. Psyché. 2 exemples de àôixoç. 199 380 744). Ils sont dits aussi àXiTTipioi : Thuc. . on peut suivre l'extension progressive.). 934 et s. Le substantif àôtx-iri. . Rohde. x^TiOÉv-cî (Plut.. voir plus loin. 48) et aucun des autres mots de la famille. à H. III.. ~pô.. Théognis. le soit employé pour désigner rement tout un yivo.. 7.). H te èxeïvot xai àirà tojtou èvayetî vcal sxa>>o!JvTo xal tô yévoî tô : i\'.. fr. : . .. : — Pour tîou xâvÔe xoix{î^ojj. 831-3 itpôjwôev à[nr>. Alcméonides. en èxôeôico. Du terme dans Homère les Hymnes homériques offrent un Il ne se rencontre pas exemple du verbe {H.^i^p\. iiaxi Eurip. nellement plus nombreux (II. 7. à l'opposé des autres termes. II. 34. ils la contagion de se transmet ils que la souillure contractée par le sacrilège aux siens et à ses descendants (8). yevoî des èvayetî Cylonides...jLa n'apparaît pas dans nos textes avant la (in du v^ siècle chez les tragiques. 367) et peut-être un de l'adverbe àoîxco. Chez les tragiques. ojx àôîxoj. v. 12) et s'accordent le plus souvent avec ceux de jôpt. Il n'y a pas d'exemple qu' àoixeîv. oLoi-Ko^y en antithèse du reste à AtxT. xf. XII.at ôai|xôviov xù/av âfjiapxotvsiv. Très nettement. Aristoph. . on ne le rencontre que dans Euripide chez les orateurs mêmes.40 RECHERCHES SLR LE DÉVELOPPEMENT DE LA : PENSÉE Ces termes se laissent assez bien situer oulre qu'ils font « tritransparaître la moralité de clan et une sorte de moralité bale » qui en serait à la fois l'idée le impliquent la faute : de la solidarité complément du yévoç et de et le cadre. 9 exemples des mots de la famille. 316 Hésiode en présente très peu {Tr.. toujours employé absolument chez Sophocle. Pour la transmis- — sion héréditaire des àirXaxT.. {tl. nous reportent à une phase primitive du droit criminel en c'est ainsi Grèce. 7 Rz. . 22. xisS' (Erinyes) àiziye: cf. .o•. Esch. Beoû (cf. 334 Cat. p. 6. 11. SoZo?t. à la suite du meurtre sacrilège des XU). à Dém.. . Cav.. dont 3 seulement de àôixelv). .ç «::' èvceîvtov. nous observons qu'il n'est pas très fréquent dans Antiphon et qu'il est absent d'Andocide. Chez Solon. Baumeister corrige la leçon des mss. (0.[xaTa. .

55. propres. parle Thucydide. IloX. relativement tardifs. p. évoque l'idée du fonctionnement de la justice (noter l'expression — (9) tides. — 804). G. (10) Aux cas cités par Glotz. Mitteil. aussi bien. ni dans les témoignages littéraires (0). o. 20-26. cf. J.. /. 1. 10) : proposée par van Herwerden. exemple se trouve dans une inscription de Tralles. Arch. 181. à propos du bannissement à perpétuité des Pisistrade la stèle Ttspi rr. pp. à l'époque classique. Verhann. ajouter ceux qu'a recueillis Usteri dans la première partie de JEchtiinçi und Verhannung im fjriechischen Recht. mais est-ce un hasard si nous ne rencontrons jamais. soit les siens . 'A6. disposition morbide que Platon.. . elle est Gesc/i. 466 et s.-Epigr. on se sert plutôt. ni dans les documents épigraphiques. Lois. attribue aux anciens (ancestraux) et non purifiés ». de àfxapxdcvw. entendue comme essentiellement religieuse. en pareil cas. IX. surtout hors d'Athènes ((ilotz..î xwv Tupâwwv dSixta^. mais seulement de religion et ce sont deux exemples isolés. Sans doute les peines collectives se sont perpétuées à 466). R. le terme àôixsïv (10)? et n'y a-t-il pas ici comme l'indice de la désaffection croissante du'droit en tant que tel pour ce genre de pénalité? Ce qui est certain. ... que sanctionne une pénalité qui semble être aussi purement religieuse différence de L J. l'époque classique.àpxr([xa ([Lys. Solidarité. D'un pareil emploi nous ne connaissons que trois exemples dont deux de Platon Tun est dans les Lois. adoptée par Swoboda. i. XXVII. p. dans le second exemple. p. à propos des charlatans de magie qui se vantent de pouvoir remettre les péchés de chacun (désignés par àStxr^[jia). U-. A. tous deux du philosophe qui fait une si grande place à la pensée la plus populaire. 478 et s. mais que le droit a déjà dépassée pour rendre la même notion. u. Aristote. comme nous l'expliquerons.).-C. en tout cas. 398.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE H : Ce n'est pas que l'idée religieuse de la transmission héréditaire des crimes ne soit quelquefois associée au terme àôtxeTv lui-môme mais l'idée religieuse seulement. 37 Busolt.|j. 364 C. A^cht.]. Encore une fois. 759 C) il est même remarquable que l'emploi du mot Le dernier détermine le champ et mesure la dignité de la pensée. et qui commine : la malédiction (à^wXrj) contre délit. Glotz.. VI. àjj. Plat.. où il est question de l'idée fixe qui pousse au sacrilège. c'est que le terme àôixeïv. continue à receler une valeur religieuse assez générale pour pouvoir être associé à des représentations très définies qu'il n'évoquait pas dans le principe. à ceux qui expriment et exploitent une conception encore populaire. le mot est-il plus ou moins attribué aux charlatans. Usteri. VI. 41 Lipsius. 513. XVI. 512 et s. du iv^ siècle av. soit pour la réfuter. Att. dansHép. qui interdit 1 àôr/Ja à Tégard d'un suppliant dans un sanctuaire (Michel. n. 14. 8o4 B. le cendance et (à la mais il s'agit d'un très ancien coupable et sa desnettement religieux. fidèle ou presque : asservi par àôtxTjtjLata « moments aux idées de la religion commune. l'autre.. XVI. il n'est pas question de droit. soit ceux de ses ancêtres. . II. soit pour l'admettre : simplement que le terme àoixr. par luimême. la correction àTtfxîaç.. VI.a. et encore de façon exceptionnelle. 20. Gr. 2. p. s'impose (cf... ces emplois attestent : .

une conception plus moderne du délit. toute une évolution intellectuelle y transpalà. XXI. l'interprétation ici le biais nécessaire. l'intelligence s'est-elle élevée au concept. il n'en dessinera plus les contours. Parallèle instructif religieuse en soit absente vite. de part.Ï'I RECUERCHES SUR LE DEVKLOI»PEMENT DE LA PENSEE caractéristique de àoi/siv xaTavvoJ:. la substance de Kn revanche.9 et 25-2t> ou de àoidéfinir une responxetv xaxe/£ipoTovTj<T£v. dans : un cadre plus large et dans une société plus complexe.. injustice ». l'étude sémantique est part. Si. on voit — ne se dit jamais de la famille qui poursuit la pure vengeance du sang il n'est applique à la famille lésée que dans le moment où il suppose l'organisation judiciaire. : voque le jugement de tous : à reconnaître le délit . sinon même inconscient s'il fait la notion. et la « soli- darité active » qu'il suggère peut bien retenir le souvenir de l'indépendance des familles elle se situe pourtant dans le cadre de la cité et dit la famille dépendante. çà et la et distincte. Ainsi. et la négativement dissolution de l'ancien groupe familial laisse en présence. explicitement. pensée confuse. si impornouveau dans un pareil terme. Et le religieux n'y sera plus primitive et : comme qu'implicite. et la que nous proposerons de ce processus en apparence tout formel. et d'autre logique. l' Comprenons d'abord (^est la notion de « notion dans ce qu'elle a de spécifique. d'autre part. c'est le problème que nous essayerons de résoudre. Ce que nous en avons marqué la d'abord suppose un état social qui peut se définir au moins l'homme n'est plus absorbé par le yévo. par une certaine couleur positive. Problème fondamental car d'une à l'idée claire : Comment.\ sabilité personnelle.. tante — et ceci est on considère la notion passive. Mais très par destination. il se dégage de la confusion entre droit et religion. des . nous fera pénétrer dans réalité morale assez avant. par lui-môme. raît : car on y entrevoit. n« 471. toute une mentalité primitive. où il proqu'à5'. 175) ahoutissani . ne désigne ni le « délit public » ni le « délit privé » de il — le mot représente. Dém. : nous verrons le contraire..x£iT6a!. Non que toute valeur : l'époque préhistorique. il tranche. Michel. sur les autres termes.

au délit général individuels. et c'est assez naturel.JURIDIQUE ET MORALE EiN GRÈGE 13 individus. le verbe àSuelv tantôt com: absolu. ce que l'olfense contient de substan. il y a là un véritable dualisme. qui n'apparaissent guère dans les plus anciens textes. qui est fréquent. mauvais traitements à l'égard des orphelins ou des parents Agés : : . môme y a quelque chose de paradoxal à ce qu'un ternie connote des idées aussi distantes l'une de l'autre. l'in- III Les mots de cette famille. 5 a-. Le langage même aux deux extrêmes. un emploi tiel et de social. morale et droit étant primitivement absorbés (H) Nous n'avons pas besoin de citer d'exemples où àoixïiv désigne des altcinnon répressibles nous retiendrons seulement Aristote..vcia'. XXIX. 3° terprétation que requiert l'étude des faits. Que la notion d'àSixeiv. à la lésion des intérêts Mais justement. ils la première assise de la moralité donc aux crimes famis'appliqueront : liaux (12). relations coupables avec la femme du frère. Tr. (12) Hésiode. nous considérerons : aspect objectif. 2° la notion sous son aspect subjectif. chez les Grecs. iô'. ProbL. En sorte qu'àSus^v et. l'idée de la lésion ressentie avons d'une part la notion de 1' « injustice » objective. la par la réaction collective qu'elle provoque notion du Iprl apprécié subjectivement. juridique d'autre part.) mauvais traitede toute une série d'oflenses à la moralité familiale ments à l'égard d'un hùte ou d'un suppliant. 326-334 Ics : . presque en forme de code (6? xe. la moralité familiale. irsp: xi ÔTjuaTa. c'est en témoigne porte passif et. Procédant i'' la notion sous son inductivement. tantôt évoque son nous paf le passif. morale dans son contenu. : une remarque qui s'impose. : o. énumération. etJ. enveloppe une espèce de contradiction. n'en laissent pas moins apercevoir d'abord.. même quand il ne s'agit pas de mots iizôppr^'cx. donc pour désigner des injures verbales qui ne tombent pas sous le coup de la loi.. peut s'appliquer tout ensemble spécialement. T£. dans la consscience de l'individu (11). Mais.. où le besoin et la représentation anticipée d'une réparation déborde.. religieuse dans son principe. Il Nous verrons que le problème qui se pose ainsi se ramène au problème général que nous posions en commençant.

. le mot àôixsTv paraît être spécialement associé Plutarque. Il. Au renouvellement do la pensée religieuse qui s'accomaux vui^-vi* siècles. 63). Solidarité. et ce n'est pas là s. p. il ne ait été affectée : : semble pas que son évolution postérieure en par ailleurs.. Salmoneus..). donc de « désordre » (de même. plit : = : 'rà è'iJ-t^'J/a xal là ouoiasva. 920 (èxoixo-j? qualifiant ceux qui attentent au : Hés. les àor/.. XVI Moralia. Cat. un cas unique : Pindare. è'poovrs. Dans Hésiode (/. 367-9 (Hadès à Perséphone) : — è'jasxai TJiJiaTa Tràvca. aune valeur très générale et assez plastique épithète d'un impie légendaire. sous un aspect d'ailleurs plus superficiel que etc. 58o). h\ 7 Hz. chez Solon et Théognis. c). Au reste. 14). 0. OE. parait impliquer l'idée de relations s'opposant à la eéixiî intra-familiale : Glotz. ExatépioOt.44 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE par la religion. il il convient de noter le caractère relativement récent du mot àoixsTv s'agit dans ce passage de la religion éleusinienne et de ses enseignements nouveaux en matière d'immortalité et de châtiment infernal (l'idée morale de la punition d'outre-tombe était inconnue à Torigine Glotz. Vï. C'est une idée religieuse générale qui seule peut fonder les emplois multiples que nous rencontrons chez les tragiques. jjistvavTSs oltzo TrâfjLTrav àolY.uacrav àôiXTjiJiaTa «]/u/âv. 47-9). au moins chez Sophocle et Kuripide Soph. dans un passage tout pénétré d'orphisme Gava-roùvre. j^o-.. 0'jaÎT. Le cycle mystique. P. eùaYÉw. tôjv ô' àS t XT^a àv: w v -rtatî H. p.. les tout cela repris par le le terme le collectif àSixa spyx.. même dans cet emploi religieux. Dans Platon. p. ils sont ayo. C.. § IX) 11 est à remarquer du reste que : mol àoixcïv. Hép. plus ou moins. : ôwpa TcXeùvcsi. dans les plus anciens exemples. peut-être » doit aussi Platon. surtout sous la forme de Tadjectif.ue. qui dans (la principe (voir inter-familiale entre étrangers oîxt.. dans Pind.. du retenue (Diès. à Dt'm. 21). Cf.. l'idée mys« tiq. p. termes de cette famille sont en rapport fréquent avec la notion d'uSpi. 303 D. s'applique ici à tout ce qui violente l'antique morale du Y6vo.tx>^ è'/^eiv désigne les fautes morales qui réclament punition après la mort (v... Dans Anaximandre.. des Sept Sages. nous conserve un emploi notable. c'est l'idée de la faute religieuse qu'ils retiennent d'abord. : II.ai tÉov |ji£vo.. iXâ^xiovrai j .. : Solidarilé. èorpl. particulièrement orphique. cycle probablement être Pourtant. àAiTaîvw. àTroXXûvTs.a è'pYa appellent la vengeance divine. dans un moment où celui-ci s'avère impuissant à faire sa police lui-même c'est le marnent que nous avons marqué à propos du terme ment manifeste chez Hésiode un si notable ppgrès. 159 B. primitive aôixo? si du terme instructive que soit cette particularité quant à l'histoire et à l'induction qu'elle permet sur son âge. n. à ô ixoÙ'jls v.. 7!i et reproduisant des mythes éleusiniens ou orphiques ] ocroi ô' èToX.. èvataijjia r/{ | x£v [Jir. lequel juste- .î. Banq. dans la notion représentés : /• du criminel (aoixo. cité plus loin.

lorsqu'on dit (16) àouelv 1. De là vient que. 310. y woav (13) Cf. : àousliv est un terme idéaliste cler : . avant tout. 1) contre Midias -i:po'j6a)v6[JLT.v (cf. I.. Car c'est par là. cette famille sont remarquables. fr. cette formule de Dém. la Platon. mais TÔ àSixeîv 7:o). Bacch. p. se est ne'cessaire que. n» 557 (décret du Conseil amphictyonique). permettra le terme àoix/jUiaTa punition après d' « injustice ».. considérés dans l'ensemble de leur histoire.y. (14) L. Rechi. Lipsius. Et l'observation s'impose que l'idée chez les Grecs. 332 . en un certain perpétue. n. souligne et suggère tout ensemble un caractère d'universalité.oôS' fus-fiy^ti'ke oux' t\i. 175). : — . Elhik Griechen. culières.v à 5 ixeïv toOxov Tispi rr. 522 : E une âme raisonnable ne redoute pas yéjxovTa xYy mort.v xoû 'AirôXXwvo. le tion obsédante.^ 1. toû flToi-ou txr.wv laxtv..?) par Xénophon [Mémor. par exemple. Cf. J04. : Xo'. (16) : . ad l. p. XXI. mot les fixe un sentiment général. dans du passé. 1344.epiv s. yvwijia. AU.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE : 45 respect de la divinité et au droit d'asile). (15) On connaît la formule de l'accusation contre Socrate qui nous est rappor- mêmes termes ào-. aor/o. XXXVII. 7 àôixou. il avec une n'y a qu'à voir la fonction du terme même de àoweTv Si l'on : sorte de volonté. les mots de que. 7 et xtiv 8è Dittenberger2. 127.aTO)v 4"^XV stç "AiSou à'icxsaôai TravTwv è'ayaTov xay.v éopTr. Celte couleur religieuse restera l'évolution de sens. Le verbe paraît figurer normalement tée (avec les en tête àStxcî b Ssïva c'est peut-être aussi le cas dans l'accusation de Démosthène (XXI. Fidée de : il la conscience morale. 46 «0 ixo Ov taç. la construction même TipoSaXXsaôai iôixsiv est consacrée et visiblement technique cf. r « injustice ». (passage où il est question de la transmission héréditaire de ces Eurip. Chez Platon (14). en tant que dispositions morales) . 19 B) et par Diogène Laërte (II. p.aÔ}v yàp jtor/tT>[i. II.slv est l'acte de blasphémer une divinité . veut comprendre en quel sens il y avait là une condition nécessaire à la constitution de l'idée positive du délit. Guêpes. Gorg. disposi- tion à l'impiété. . 518. Aristoph. 896.. Schmidt.. qualités. Voir Meier-Schômann-Lipsius.xst Sw/cpâxT. àô'..iîV Z'^pîcv Tr. . étant donnés ces débuts. àoi xsîv [xTjSsvx Michel. et sa répéti- dans formules d'accusation notamment (15). Noter aussi l'emploi. Mais. 40). en apparence explétif. 997. en antithèse à s'jasôsT:. . : . éd. par Platon {ApoL. s'il évoque parfois du concret comme nous Talions voir.. 5. est à la fois juridique et morale. il n'évoque pas vraiment d'images en ce sens. la enveloppe toutes les fautes qui réclament mort. Goodwiu. 427. 1. a de qui n'est pas liée à des représentations partiprime abord un caractère de généralité (43) qui les progrès de la pensée. 215. '. de àSixeiv dans p. de la Midieime. 1).' outs tôv EîJspyov w.

èiv 6s xt. xata- Xûeiv t[i xâ)]v ùr. l'ordre de la nature aussi bien que l'ordre des choses humaines. c'est un objet .v (fbo^ùv elî "caO-ra y^veorÔai xaxà zb Xpewv Tiatv àXXVjXoi.oj oioovat v^? aùtà ôtXT.. sur l'état de la question..à[v ojs ti. quelquefois môme d'un temps rythmé.v xal /oovoj -â^iv.. Vil. àô : xwv xi lepi : [v-ïî] xoùç Tpoyôvouiî i Ozèp (I)[y yéJYpairrai.. logiquement. . C'est d'un tel passé : .. Celle-ci apparaît en quelque sorte à l'état pur lorsqu'elle s'insère dans la notion religieuse du temps. 18 : 2 (Simpl. ào ixsTv. du sacrilège.. 476) : à^ wv oï •?. n" 128 (it'gleiijcnl religieux h Suiyrnci 11. et seul que traduit le verbe. èdzi zo~i:: ouai xal tr. Pliys. fr.. 1 < .v. àôtxta. à l'idée des tice » se forces religieuses indéfinies. L)iès. L' « injustice » s'expie. Archaeol. elle est associée à une représentation concrète du cosmos. . 142 Michel. Gilbert in Arch. 17 et s. dit dev 'Jd {^ n. Cycle myst. : 100 (testament de Diomcdon de Ces.. 190 0. n. 'Y.v •.) \i'r. que l'intelligence humaine a dû se libérer le décrire. 16. • yh^aî. la notion d'àôuslv conteen elle se laissent apeicevoir nait en soi un très vieux fonds elle retlète quelque chose de les anciennes formes de pensée la mentalité. aux mots qui désij^nent des actes matériels et qui.v txt. Diels. IV Toute générale qu'elle fût d'uboid. J. la notion primitive de 1' « injusrapporte à l'idée d'un ordre substantiel du monde. HcHyionsiviss. Von. 804 txéxv iat. àSuew s'ajoute dans la formule qui réprouve. tt.b AtO[xé5ovxoî auv[Ts]TaY(j. Le texte a été Irè.<jT/. sembleraient impliquer assez ridée du délit. îj/bû..évti)v. qui représente l'ordre sous sa forme la plus générale.. de l'entendement primitifs. àSueîv '//Oàç (des animaux sacrés). p. f. Dans tous ces cas. . à6ix-/. « selon l'ordre du temps ». tcpoô? 1. 1" Antithèse de oix/j. : à6tX£Ï(v). /.Xt. p.. e'. Prohl.iC» RECHERCHES SUR LE DÉVELOPl'EMENÏ DE LA l'ENSEË (une terre sacrée).s discuté (cf. Cette formule est rapporléo par Théopliraste.. : et il faut d'abord Notion religieuse concrète. 03. V. 24. dit Anaximandre. . Mltleil. . G. xaxà xr. ToXixr. > . x>. : religieiix qu'offense V « injustice ».-Epigr. — Cf. à l'idée d'une efficace spécifique et sinistre de l'àoixia.. la représentation d'un acte déterminé de violence est débordée par le sentiment ment c'est ce sentif/éiiéral du délictueux. Hivaud. Dox.

mais au bout (Vun certain teinj^s (Solon. le TToXXà . II.''. I. est assurée.JURIDIQUE ET MORALE EN GRKCE XIII. assure une prédiction.. en un texte obscur (0. TpiTiXÔjxt. sous forme mythique (Hohde. que l'idée de l'àôixta reste totalement ou partiellement engagée dans la conception religieuse du cosmos. /. Gilbert. suivant lui Diels a rétabli iXlr^Xoi:.. accepté par Platon. J. l'orphisme. 47 : 311). • xtj> [jiexa^ù xoj /^povou Tisîaeaôai. Enfin mrme représentation est impli- quée. aTpatsûeaOat èx AsXcpojv.. [iio'jXovTat. 89 Y. » : c'est . Gomperz {Gr.. moins fréquemment que ceux de 7 et de 9. : Lorsque les Eginètes ont oU'ensé les Athéniens.. il. ont pourtant. p. TroXéfjLO'j. il faut bien reconnaître que la conception suggérée par le texte d'Anaximandre s'accorde avec toute une partie de la pensée 46). eux aussi. autrement générale que 1' « injustice » humaine (cf. (ablettes orphiques de Compagno Murray — àôixta /. pp. àiro xoO Al^iyr^xiM^ àôixtou TpfiQXOvta : ï-Eci. c'est-à-dire. du parricide expié par un talion rigoureusement équivalent è'v -icri /povot.j Atax(|) tsijlsvoî. forme rationnelle — Psychc.Xoic.ÀOe tj. et fondement de V « injusl'interprétation de Zeller {Phil. 668. sv . Dans le fr. V. Avec ou sans àXXr.) . sans vouloir retrouver ici. E.. on apprend que l'expiation des Dieux qui se sont souillés d'un crime dure 30.000 années.Ta. il s'a^Wiait de l'injustice liumaine. avec Th.ap-àoa iqir.Xr^rji).ocv-:/. chap. xat j'^t /jLopr^Gtiy zt. Sans àXÀT^Xot. 0.). Hii des KaSapiaoî d'Empédocle. Lois. une valeur religieuse (cf. c. à[j. n» VI. — chilVre mystique .i|irrs la sa cliute : KpoTcroc Bï Tiéfjntxou yovso. Les multiples de 3..) qu'elle permet d'éclairer.ov xa-. n. v.y.. dans uti (lcl. 872 E.. mais alors victoire leur Hérod.. dans cet adage courant de la pensée religieuse quo les Dieux ne punissent pas toujours tout de suite. comme nous l'avons montré. d'une façon générale et à quelque degré. ne peuvent pas tirer vengeance incontinent de r àô'lx'. cf. 91 (réponse de la Pythie à Ciésiis. v.£vot(Ti sti" Alvivr^Ta.:. xa'. 'AOY/zatoiai ôp[jLT^jj.v Ô£ aoxtxa èTria'ûpaTe'JWVxa-. les iVthéniens. etc. XII. Harrison. 2). la phrase d'Anaximandre semble bien se rapporter à une (G. p. I. Prolegoet jusque dans Pinmena. on serait conduit à voir dans l'existence individuelle elle-même le tice p.ov ils ne le pourront qu'au bout d'une période : de trente ans. Dans un fragment d'Eschyle.xtac. Denker. pp. soit sous telle qu'elle se retrouve dans les ap. des spéculations identiques à celles du bouddhisme.. devant -?. T(o 2v. trad. Diès. o. 63 sq. VT.u£v acpsa. 118-9). 17 et s.. pliilosophico-religieuse des soit vii«=-vi'' siècles.ii (h'Iini. I.. de toute façon. 122-3). 43) dare. c'est dans celle-ci qu'elle a son fondement manifeste. 235-6) p. 2« partie. p. ap/^ear6ai toù rpo^ A'-y'. des Grecs.. IX. ïr. . àroôé^avTa. (Id. 4. C'est aussi à la notion mystique d'un temps rythmé que se rapporte le mythe. Ou rapprochera Hérod. telle qu'elle s'exprime notamment dans H. èTita/ovca.. àô-. 3 et s.

C'est spécialement. 9 rapporte vôfj.. rappelle la doctrine orphique des troia existences consécutives. XÉYOvro. 4. 69). délinies par des multiples de 3 les cérémonies qui les snpplup de Prométliée V. 14 . [Ant.'jvr.!. nolamnient pi>. qu'on doit « garder (|l)éni. n. nécessaires à la rédemption des élus. mais on la retrouve dans un très vieil adage. gr.ç. |. montré qu'il la : Il. {jiuptâôa. (11) Sur la conception religieuse du temps rythmé.W p.y?. de la rupture de l'équilibre.. l'idée duêp'. Pindare. des Hel. xpiaxâ. 189). G.. pp. On « les activités récipropourrait rapprocher de cette idée le rai- sonnement par lequel Démosthène. (18) Dans les exemples de Selon ou de Théogiiis. nous apercevons le fondement religieux de conception du temps (17). sur quoi Hitzi^.. Théophraste. où le gain « injuste » est opposé au ypf. J. èva^a.|j. voir H. RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE est porté à tcsï. une règle du droit positif : l'initiative du désordre. Parfois.s-:a^'j s'agit d'une période réservée. dans Stobée. qui s'autorisent du nom légitime défense mythique de Rhadamanthe. 01.. se réfère à ^ représentation fondamentale. n» XI.(jLa eTvai) et en matière d'aixîa. t. Il y a trois périodes du deuil. (Weil. de IIubert-Mauss. d'IIist. la : . mr Vaut. ^. pp. Toù /pivou il et il faut . matière de ô-xaio. et ques comme un complexiis». La représentation du temps dans la relujion. o. par exemple Théovoilée. de là le principe qui attribue la responsabilité à celui qui a porté les premiers coups (yipçe yetpwv àSUwv) et dont Hitzig a suffisamment ne saurait s'expliquer par la notion moderne de on y entrevoit.ov 'PaôajjiàvOuo.a. 0. 75. confuse d'ailleurs et volontairement cf.. où l'adjectif àoixo. Apollod. TcapfAÔviiiov. I. to àôîxT. av à. observe : le législateur considère 54. ttXt. en certains celui-là est coupable qui a pris cas. cpovo. II. justice ». 181. et nous y retiendrons notamment le èv tôj le texte d'Hérodote. est celle d'un désordre plus ou moins cosmique gnis. IV.-:a' Cette règle est appliquée en /£vpo)v àô'xtov xaTap^avTa. à6àjov eTvat. Et. 200-201.XLVn. g.j. Hubert. XXIII. plus » le tombeau de la victime d'un meurtre critique... in Mél.. 1. : Tôjv — : Iniw'ia. la terminent sont Tptxa..2.le. 2 ooxeT oi [xoi tsoI tôv ocp^avTa -:?. la représentation est plus confuse (18). ^i-ù. dont la subsistance est garantie par les Dieux. 197.nombre 30 qui définit une « période » dans les rapports internationaux nous rappellerons la paix : : de trente ans entre A^thônes et Sparte. « insécable» en attendre la fin pour que commence à agir la vertu immanente à 1' « in: . et surtout cette disposition de la ciuu te d'une colonie locrienne en vertu de laquelle l'alliance sous serments entre Naupacte et sa métropole pourra être renouvelée au bout de trente^ années Dans la (/. d'antiques représentations. : c'est pendant la première.l.. qui est devenu. (par ex.j.

n. : Ôésfxtov yap. Tr. p. l'idée se retrouve aussi dans nos textes que l'àSuia appelle une violence compensatrice. VI.. Çà et là. Par toute cette pensée s'explique en prin« illogiquecipe la syntaxe même du verbe àSueliv. 2. EL. 1564 le : TraOciv tov Ip^avTa • talion est garanti par les 314. jusqu'à satisfaction. Cho. au moment d'engager le combat contre les gens de la ville. mais par TefTet d'une loi de la fatalité (19). et par M^r. IV.. àôixtov) . 130 VI. 3 (il s'agit justement de la puni- (19) Eschyle. : « nier im so lange sis nicht gebïisst Priisens ». De cette àôixta.. 306(cf. àoix'/jao [Jiev dans une vT^v x/jVÔe '/-XOofxsv .. attendu . n. 129. et J.. 3 u'. [rr.... (20) Cf. C.]. 11. I. Psyché. en corrélation avec YSvéaOai xà . rjv xt. II. le devin les avait engagés à ne pas attaquer. . souvent et ment » employé au présent (20) celui qui a commis une injus- — : tice. C. il y a d'autres exemples noté Eurip. I. avant que l'un des leurs ne tut tué ou : : : : — blessé » premier — assure (Xénophon.. Hérod. on La signification profonde déclare responsable celui qui a commencé. dans une defixio. Soph. Toitotjiev. . non pas en vertu d'un sentiment légitime de yengeance. 708.. de l'antique loi de Rhadamanthe se manifeste par les applications que nous en voyons faites dans une pensée religieuse Arcliidamos. Platon. 870 D. H.i o'S-zz ty. mythes populaires noter l'expression ttjV xaxà ajûaiv oîxtiV./ àp/-?// àôîxw. p. B. Rohde. YI. 10-11. etc. reste d'abord tranquille « en efï'et. 9 I. insiste sur le fait que. l'autre laloi de Charondas qui ne donne pas d'action au vendeur à crédit.. Strafrecht.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 49 XLIV. 4. [Lys. les Platéens ayant commencé. Lois. . . Tuii la loi de Dracon qui ne punit pas le meurtre commis involontairement dans les jeux. 27). 1430. 26 (ô . è-Tit ouTE v'jv. 229-36 .. II. même notion dans Hésiode. dauert das à5:x£Tv Jede Verfehlung ist ein man redet davon ini: . ô. entretient au fond Tidée de ap/^eiv x-^î àôtxta. où MoTpa-. il ne se trouve pas en état d'àôixîa (Thuc. àSusT. 1. Œ. Eurip. invocation aux dites divinités). 87. Thrasybule. 915. et qui en explique la fréquence relative dans nos textes (Hérod. 500. 2). dans un état anormal par rapport à la loi d'équilibre. IX. est particulièrement net).. 22. de ce TrâSoç. jiisti lient. entreprenaat le siège de Platées et préoccupé de ne pas s'aliéner les divinités indigènes. 872 E. 2. HelL. sorte de : c'est le devin qui tombe le du reste (§ 19) p. — car — nous avons . àoî-iCTip-a.xotpiSîa xiatç. il est et demeure. 163... 9 (àSixoùvxa après tqôîxouv) 17 (àôixeTv et àôixw) 18 (àôtxeTv xov [jlti àôixoùvxa. 267 (en : corrélation avec èylvexo) Ant. Wilamowitz in Zum illt. 24 ist. Gomme où cas particulièrement probants l'aoriste serait plutôt . 18) et dont la précieuse mort C'est la représentation religieuse qui le succès des siens. Ag.74. 4 et p.. n. fr. — — une justementdevotio. Y£vô[jL£va). citant des 870 E (cf..

: quant à xoùxo. (v. Inversement. Sept. telles inscriptions de ré|»oque romaine usent du parfait en pareil cas Pittenberger. Cf.J. nous trouvons cet adage dans 3o5 d'Euripide : oùôcU stpa- . 15). chap.). puisse et : nité (21). [. coné- Ménandre. n" 174. secours à des vuvl 6s orct xe to'jto xt^v xtjjnriv àSixo j fxsvo <^£pei. n" 471. 2d. 24. — : méfait une fois perune réaction doit le crime se retourne dans une représentation plus personnaliste des forces de l'univers moral et cosmique.) et qui doit la victoire aux Athéniens. que Thésée.. dans le principe. ni. G.xsïv exprime donc tout ensemble I. 2° x\insi déjà s'indique cette idée que le pétré déchaîne une puissance mystique naturellement succéder au désordre. 308-309 : c'est le fait de réprimer insolente qui refuse leur sépulture aux morts. cette notion du jugement de Dieu qui transparait quelquefois dans les emcontre son auteur. l'impiété il est développé aux v.) latifs à (les imparlaits) . àoixojv-a. v.. De explique. d'ailleurs opposé ici à àxi[jLâTa. Gr. Cioiset. : l'abstention serait indiquée s'agissait pas de porter. Cas analogue et notion identique dans les Supplianteti d'Eschyle.. Suppl. du iJ!. détenteurs des cadavres Thébains àôtxrrjvxe?. Michel. en particulier. '. àô'.')() RECllERCUKS SUR LA PE. § n). iv. 30. 1. 1. : insignifiante.oOàva7o. 'Ao'. . : — ridée particulière d'un acte et l'idée substantielle de la culpabilité permanente à en juger par tout le système d'idées que nous analysons.v implique l'idée d'une efficace divine (2" partie.£vo'. 282 (cf.. le monde une {:i\) « mort violente »..NSEï: JURIDIQUE ET MORALE |Déni. la formule deraccusation (n. LV. 302. n" 316. à son Le témoignage est particulièrement instructif: v. garantir sur les encore l'idée d'une efficace sinistre de l'àou'la elle est dans la représentation primitive du meurtre ou. 1205 et s.i.|. 3o (présents lion divine qui atteint -où. là. le trouble qu'a déterminé dans là : De visible . III. cette association ou cette confusion n'est ni accidentelle. 301 sq. ne 300) il est xi[jiT. 341-3.. M. Arb. — Cette syntaxe paraît avoir été abandonnée dans la grécité postérieure. chez doive accéder à la prière des Suppliantes qui se porte au secours des àouoûtjLsvoi a l'appui de la diviplois et qui du verbe Euripide. /Ethra expose fils Thésée que la pensée des Dieux et de la religion doit inspirer sa s'il conduite..a'. On retrouve quelque chose de cette pensée de ràôixta dans le rite qu'Athènè conseille à — Thésée d'accomplir (Eurip. plus généralement.. dont la valeur est toute religieuse . non seulement provoque une le fr. ad /.xo'j.'..

2. dit-il. . son premier . xa TraôovTwv Tefficace immanente au j^LoBàvaxoç est utilisée.. 17 sq. Œsl. on représente r 'ASwia (23) comme une force plus ou moins divinisée les individus en seraient donc. temps et au même titre que celle des des êtres morts prématurément. Vasen . Mus. Praef. (23) Ainsi dans l'allégorie reproduite sur le «'oH're do Kypsélos (Paus. en àwpo'.. p. p. Doubner in Le. en tel passage. Supplément au C.. suivant H. à la puissance TÔSv à^'. V..rituelle. occasionnellement.~ H. invoque comme argument en faveur de l'immortalité de Tàme : la croyance bien connue. est-ce un adjectif qu'on ? lit sur tel Plus probablement un adjectif la pensée religieuse. I. vase (24) où nous la voyons représentée du Sondergott^ à désignation non personne Ile. : châtiant 'Aôixia. elle n'est même pas localisée quant à son principe religieux. 412 et p. une force de contagion. en reste à ce qiii est. A. le lieu. VITT.. quand elle s'exerce sur la notion. elle agit commt. p. mit. I. et qui trouve sa garantie dans sa persistance même. p. et par là se révèle.. -. 2112). Rohde. ceux qui portent en eux un principe de perdition à ceux que favostade : celui substantive. et le participe votwv.. : La notion est celle d'une puissance indéfinie pas limitée quant à son objet. III.vikon de Roscher. et du désordre cosmiques pensée que la la (22). elle s'attache aux êtres à la façon d'une maladie. même gieuse de l'ordre vieille 3° impliquée dans Fidée de T « injustice ». 7. n» 319). « was gegen abstracte Autfassung spricht (T. Thésée reproche à Adraste de s'être allié à une famille maudite il ne convient pas au sage. 424 . Volontiers. Xénophon. col. 263 et p.1) AixT. — . (24) Sur une amphore de Nicosthèaes (Masner.-ni D'aulre part. 39. conception reliC'est une très elle n'est magie prolonge et exploite. SammL. A.. (22) Cf. iv. Defixionum tabellae alticae. . la puissance de l'àSt-xia rayonne indéfiniment. 18. ira A. Est-ce un nom.. 11. stupeur religieuse et nécessite les procédures de préservation mais dans certains cas constitue pour les victimes un bénéfice posthume que savent capter les auteurs de defixiones. Cyr. de mêler les « corps » injustes à ceux qui ne le sont point. Wiinscli. l'adjectif àoixoç peut s'appliquer aux « corps ». cette àou'la même n'est point personnifiée de façon cou: rante. 277. Psyché. avec l'inscription aô[i]TtTi. Mais de plus.. Usener. lui répond comme un équivalent certain dans les Suppliantes d'Euripide (220-228).

10:{. fr. c'est ce qu'atteste (cf.: p6{Ji£voi Twv T£ àoLXYijjLaTwv. dont témoigne l'idée populaire et mythique à laquelle Euripide fait allusion dans un fragment fameux de Mélanippe (26). Nous n'avons pas à expliquer.52 rise le RECHERCHES SUR LE DEVELOIM'EMEM DE LA PENSÉE .Of. récent et le plus positif. dans superstition populaire. . 250 A).. 854 B : àxaÔàoTwv àôv. (25) Qu'il n'y ait pas là non seulement l'inspiration religieuse de chez Platon simple « langage figuré toute sa doctrine ». [xaTwv) (25) il convient que les immanente à liste aboutit à une conception substantiarà8'lxTri|jLa. On retiendra.ovo'jv-:aç) confondant alors les destinées des purs et des impurs. à un autre plan. si la pensée s'est épurée chez en général du principe de la solidégagée puritiés. 508 TTspoTdi (27) Les résultats acquis par l'ethnographie. la Nous avons vu quel empire pouvait conserver. de àSUrifjia. Vil. Phédon.ji. en particulier. ont été approfondis et systématisés dans les travaux de l'école sociologique française. comment ce type de pensée (27) a été éliminé. si elle s'est — — darité familiale.- àoixyijjiaTa soient l'objet d'une de purification qui les dépouille de leur nocivité. mais l'adhésion explicite et sans réserve des Lois au système de purifications institué par le droit religieux. pour l'instant. On conçoit que le substantif (IX. 877 E) ôuo-Tuyr. dérivé de la notion de mana (cf.Sâv xàStx/jixaT' eîç toùç Osoùç (26) Eurip. : . contaminée. comme celle dont Platon dit dans les Lois x. SoxsTte Trr.- de l'impureté [Gorg. d'une maison tout entière condamnée par les Dieux. Théorie f/ënérale de la magie in Année : Sociol. Phèdre. espèce Enfm la représentation d'une force mystérieuse et indéfinie.^ 522 E. par ailleurs. en matière de pensée et de logique primitives. LévyBruhl. n'en persiste pas moins à considérer les àot. 113 D xaQa'. dans ceux de MM. Tidée des àSu-z-piaTa ancestraux non Mais Platon lui-même. frappe des mêmes coups s'agit là l'être « malsain » et celui qui n'est pas mal- sain ni injuste.. ilS). i)p. encore que Il tous les mots de la famille. car le Dieu.. Mais nous devons montrer. n-i:i. Durkheim. rejoigne parfois la notion de la souillure. où x/ijjiaTa sous l'aspect religieux l'on remarquera le mot concret ysjjiovTa.al kr^t^rfir^. Hubert et Mauss.r. en principe contraire (£Ùoaî. Hubert et Mauss. lui. le rapport entre la pensée que nous décrivons et celle qu'on retrouve.. Lois^ IX. dans la notion de -pûaiç.

p. 92.x'. se manifeste chez Hésiode. on le voit se définir expressément en fonction de l'idée de jugement rendu — suivant les règles. AÔ.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 53 par contraste. mais aussi de l'incertitude de ses arrêts. XXI. ce n'est . XX.ûil. bien spécialisé dans la plus ancienne histoire du mot. 749 strict. noX. « et que le greffier de la i). Platon. n» 19o (c'est la fameuse rhèlra éléenne. celui de la fonction reli: gieuse du roi-juge. 26 (30) Le principe est particulièrement formulé par Dém. du : commencement du a: vi» siècle). s. 41. 6. XX 111. in Pauly-VVissuwa. Lois. (29) — Cf.. IV. 1. pp. les fautes du ma^strat. VI. sv B'. au juré ou au fonctionnaire. signifie « les moyens de droit ». avec le sentiment de méfiance plus hautaine qui convient à une démocratie. Ll. L'organisation de la justice apparaît d'abord précaire un double sentiment. LIV.conviendrait à pareille époque étant réglée par la coutume mieux. — Ilypér. formes et de la régularité s'exprima dans le le besoin inquiet des mot ào'. àSixfou est l'un des trois chefs d'accnsalioii les deux qui peuvent atteindre un magistrat lors de sa reddition de c(»mptes. 39. .. la. Périclès.a. : les terme . 1. XXXIl) le terme . autres étant xXoii-ri*.x£'..oivz: (il s'agit du compto des Eschyle. Dans le Ant.. la notion Nous noterons d'abord comme une Progressant du celle de ùUri cristallisation de l'idée. peut-être au point de vue financier (Pollux. fois créé le substantif àôU7]p. vol au détriment du trésor public. Meier-Schomann-Lipsius. finalement. peut être. terme récent. De bonne heure. Dém. et ôwpwv. enjploi a C. u. de quoi objective du délit. Arist. corruption àoûiov (Aristote. Dém. s'est trouvée faite. Ta ijixaia. dans certains emplois anciens (28). 8 et s.. Uo'k... Solidarité. l'illégalité ou TiiTégularité dans y a là du reste un point de terme en vient à désigner à généralisation départ pour l'époque classique. dans toutes les formes requises (30). : (trad. 762 A 15. droit public d'Athènes. la Il : — le une D'autre part. — Cette (28) De citerons TtV a Ç comme t. XIX. 2: cf. col. chez Arist.x£ 1 cet emploi.. Plutarque. privée l'action à5:xto'j) cf... il désigne. 'A6. Hoa. 250 : subisse la même peine commet une illégalité au préjudice de qncliinim : » : pas précisément d' « illégalité » qu'il s'a. dans le même texte. . les délits administratifs (29).iliu' p. mais du même ordre. 'M: Dém. XXIV. VI.. — môme mouvement d' « injustice » se fixe la notion que son opposé sur la pensée de l'insti- — comme tution judiciaire. v. 't27. : au sens voix). excès de pouvoir. Athen.v : appli- qué au magistrat. action VIII. 'A6. xô [xr. nous exemples Michel.. 31 commet certainement un contic-sens quand il considère comuie Arislot. s'il xai icaTpiaç o ypocpsuç xau[T]a %a ira?/. ses l'administration de la justice. Wilaniovvitz. Euiplois non II. 4.. 43.^'. (>lll. désigne l'irrégularité dans la gestion. et qui parait ancien. Eum. àS iks tv asêovTe. . de Glotz. piocivlurc « irrégularité .. chez Lys. 14 et s. demi-technique. 322-3: Thalheim. techniques.

-y.. 367 08. àoixeTv 32 : xwv n. corrélation. le progrès de la Suyi. Mais il est teuips de considérer dans sa généralité la représentation du tlélit. : zo\i |ji£v Upou o'j-ze Aiulo**.':pa?Tav . . Tfj Toj. le témoignage d'un eflbrt de la y — pensée pour se définir et une indication profitable sur le processus logique qui nous intéresse. qui est d'abord pure tradition et à l'occasion sentence inspirée des précédents. une fois la preuve faite en « "c x justire. est parallèle à celle de la o'Ixtj : or. traître. : . a pour point de départ la notion religieuse et concrète de Y « injustice ». impie de — vùv ôl àaeôôj 132 déposer un rameau de suppliant dans lEleusinion xat àSixtï) eltriwv £t. sacrilège. Le con: formules toutes en l'espèce. [jir. qui devient spécialement arrêt d'un arbitre et (inalement décision souveraine d'un juge. sonnel. . reflète l'empire grandissant d'un pouvoir supérieur et imper- celui de la cité. VI Le terme ào'./ I. infra.xe-iv est souvent associé à celui à'k<7z6eh ou. tout ensemble. 32) dési^'nant — spécialement au re^'ardxaTayvwvaireligieuse traditionnelle delà : ô tXTjXoxoiv àaeoetv HO le fait loi (cf.:ii HliCllERCUKS SUH LE DÉVELOI'PEMKNT DE LA PENSÉE ('volulion. en général.Ô£v àôixoùvTa. de l'Rtat Il a donc là.. mais de telle sorte que. 31 toù^ àas|jlt. en . ào'xojTi àoiXTjTa. 1 : : àjeoojT'. visiblement. ne sont que termes d'accusation .vixïOt' à 6 '*-f. à l'idée d'impiété... Dans le discours do l. tt. le terme àjeSsïv n'apparaît pas une fois..51v ôoùv-a. ta Upâ 137.ysias (Vil) Sur Volivier sacré. : !-« Y'Yvêtai (cf. -ôX-. IV. § VII). Mais l'injustice se situe et se délielle est comprise dans une pensée assez substantielle mite cept. mais en revanche. . disions-nous. Thuc. avant la décision judiciaire (xpiatç).v . pour pouvoir unir les consciences et assez définie pour fixer les : esprits sur l'idée claire et distincte du groupement organisé le concept de délit se traduit dans la notion de l'impiété com- mise à l'intérieur et au détriment de la cité.. .. 3.. de meurtrier. ï'Aesm. Aristoph. Comment la notion abstraite naît-elle? Des faites échoueraient à qualifier le phénomène n'est pas en dégageant des caractères communs aux difféce rents délits que la pensée sociale élabore un concept. celui de la société organisée.. les deux notions sont l'envers Tune de l'autre.

. /.. Lois. Sept. délinie^ oaî. au xaî 46-7 (décret ordonnant Se : la î i . : : Dém. IX. /Jép. 363 D : xoùç X u . 3 tjj .. IV. A. 29 et 31). XIV. XXll. xa'.. 15)... : àj£o£ia xa'. de la première espèce d'àoixîa qui donc est essentiellement oLdioeix..aSixi[jL£v |ji£iÔ£va ouxio^ ceux-ci ». 109. 520. Idérostjlie (cf. en corrélation avec Twv àSixr. 10 à ô x w ./o.. G. Sur le rapport entre les idées d'impiété. . 32 D. XXIV. : a. cf. xat r^ à tr é 6 e i a xat II. . Plat. parfois.du sanctuaire d'Apollon Koropaios) J. [xr^Sk aux Eleusinies ôuw. liép. -rXY^aasXEÎa. Lois. veiller àofxr. 5. 6\ /. 85i. 1251 a 31. II. La notion commune en est (railleuis très l. dans la Midienne correspond parfois. (jlotz note des « assimilations ». celui de àasôetv. semble avoir son centre sens. .|jiàx(ov Lyc. -à leoà : Apo/. IX. une création mais sous un aspect.ô' èoyâCs^Oat. 2.irge Platon. [Aristote].) . La continuité est la loi. et comme toujours. : i n" 694. XXIV. 29-30 xr) [jt. x. : : . à la àôtxojvx'- -£pl cpôvou. 323 E wv (défauts contre lesquels on s'irrite) èaxîv h . 350.jiivoj. Plat. 7:£pl xaxo!. II. 104. manifestement synonyme (199 227) XXII.£Ô£ xsv ttoXiv xsv 'Aôeva-ov [jlsôs xo ©so. : w ressées cités à la n. 4. [Lys. du même ordre. izepl lEptov l^'asébie est un chef d'accusation en matière de d'homicide qui ne sauraient ètic autrement atteints (Dém. juXXtqôôtiv Ttàv to èvavxtov xf. 24. xaxaXûast xcov [ji'jaxTjp'wv no 842 B 37 (décret de Démétrias relatif à la protection. 94 147. 'Aôevaîo.uova.j.axa xal xt^jx [xaV] à 7 £ S £ a à ^ { àvouîou:. c'est bien du nouveau. au terme plus technique de àôixelv. 7. 24 à ô x £ I v xat xà tspà àva6Yj{ji. Inversement. LIX. etc. 55.. Pro^. 557. VI. 7r£p'. 6 ..i^a (2. de trahison. 190 -zoù? rjcrsSrjXoxa.9-10. XXXVl. Platon.. escalade nocturne et tentative d'incendie d'un sanctuaire eu' àôixîat n° 471. : . cf. xo'j. Vertus et rires. ajouter enfin les exemples àôix£ïv se rapporte à l'offense au sacré. en un la notion d'àirioEia. traite toute la première partie du dialogue.j. n^ 71.. à propos d'une arrestation arbitraire àvoaiov ijnrjôsv àSixov [jlt..£t. SOS I).<?ocr. : xat T^ àoixia xtXT. aux morts) la cité. X. Eufijphron. y. PoL. C. I. IL. piété » comprenant les crim<\s i't'îgard des Dieux. 147. VII. Eschine. C. se prolonge de gravité dans l'idée traditionnelle et ancestrale de l'atteinte à la famille (aux parents. elle continue le -(ho. n. Dans tout cela on îipercevra comment le passé. . des délits qui paraîtraient d'aspect profane sont désignés du Holleaux in où terme i<jefjz\v ou de termes analogues y) : Ant. àocXTjç. en tant que eTooY.. 877 E. 1' « imà l'égard des parents. II. XXI. tradition et progrès nous apparaissent inséparables. 3. . A propos de l'inscription de Milet qu'il étudie C. 3(>). av (xr^ôelç àStxri à or s ttso'.JURIDIQUE ET MOHALE EN GREGE 53 L'archonte doit 6 fi ceux de àoixsTv.jl]£ àôix5<T'. 44 (règlement des mystères d'Andanie) èirt àôtxoï. vovéwv et de crime envers les morts. : i xat à [v <T •] (ouxojc =z : « Dittenberger. 16. TzoX». — délits familiaux : i'i et l'homicide . roXiv . . 175. Léoci'. Michel. 5 E le terme x àa£6ouvx résume xXo-àç x. 1906. de xàxojTi. 69 (cite parmi les àoixr^iaata. kpoauX-a xaî àasosia). en première ligne. àoixia. .. 97 137. 93 (en pari lant d'homicide). c'est-à-dire les divinités protectrices des cités intéc . R. 5 .. xf. 9. on n'a qu'à voir Lycurgue.E consécration des prémices aux divinités d'Eleusis) hoîjxivs? av [. . -îpl (itob. 615 C-l). xai -ip\ -axpioa (cf. X. . y. xai -spl yovîI.. 6. . 8 . SG9 A)..

avait éié pratiquement abrogé par un décret du contrevenant à une amende de 1. à la pensée sacrilège (par active bien entendu. 2-3. de qui y attente : les deux une impiété «(Andoc. au sens juridique du mot. aurait tendu à disparaître Isocr. Sixâî^riTai -rapà toj.oî 115-6). el jurid. exceptionnellement.. Jusjurandum dans le Dict. consciemment envisagé en tant qu'atteinte directe à la cité.. Et d'une façon générale. d'autre part. .ce peuple.. de la : : hiérosylie. des : Ant. on dira y a à la fois impiété et délit parce que. Att. des Eumolpides. mais qu'on s'en remet aux Dieux du soin de punir tel est au moins le faux serment (Glotz. « il commet un délit et — On a vu l'extension considérable de Fidée commune d'asébic on retiendra spécialement la « définition « du Pseudo-Aristote. cependant. peut-être. 132) termes se définissant l'un par l'autre. la notion juridique de «l'impiété » se rapporte essentiellement non pas à des actes matériels. dans le sentiment qui inspire sentiment collectif au premier chef puisqu'il s'exprime dans X*' livre des Lois la pénalité. à celle en particulier qui se manifeste dans l'enseignement c'est cette conception qui commande la législation répressive au : de Platon. vÔ[j. n'apparaît que lorsque la cité a sanctionné. C'est une survivance et nécessaire des forces religieuses peut se suffire à elle-même — — une survivance qui. n'attirent pas sur leurs auteurs une sanction juridique. A un certain point de vue. si l'on parfois de façon éclatante vait périr sans jugement le — c'est d'après peut dire. Mais. ou l'action privilégiée d'un groupe restreint du jour oii la cité (32) déclare public et réglemente le culte dont les Eumolpides et les Géryces avaient àôusl xal ào-sês^ le monopole. Le concept juridique lui-même. l'impiété. le délit public d'àorsêst-a est nettement. (32) L'intervention directe : et. I. mais à la pensée.56 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE L'association est visible même qu'il dans le cas du délit propre- ment religieux. les grands (31) On sait que certains crimes. on peut dire. R. personnelle de la cité se marque celui-là dev(5[xoç iroéxpio. est très large. soc. 182). ou la vio- lence inorganisée de communauté. p. : opxoLi. qui condamnait 1. les Athéniens l'ont restreint ils le distinguent de la notion de sacrilège. ce qu'on ne fait pas dans les autres cités (Lipsius. d'une part. abstraction faite de quelques survivances de l'asébie- exemple. dès lors. p. l'atimie primitive qui déposait un rameau de un — suppliant dans rEleusinion. le délit est une atteinte au sacré et que. fait mention d'une loi récente àv ti.. si Athènes avait vécu. art. la = Éludes réaction dans l'état primitif. comme on peut s'y attendre. 362) . et même il s'en faut qu'il soit strictement délimité. XVIil. le fait d'arracher des oliviers sacrés était sans doute qualifié d'àalôeia). à sa façon.000 drachmes (Andoc. ce que sanctionnait dans le principe ou la : la vindicte des Dieux (31).

les délits publics à maintes reprises sont expressément représentés comme une violation du sacré. y relève 33 exemples du mot 6eôî. 12 . k. Untersucli. Rehdantz. Eutyphron. dans son édition. note. 360) (34).JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE jurys (cf. Lipsius. la démagogie. 908 C-D. der G). 513. à l'acmais la notion à la fois juridique et courante de 1' « impiété » cusation d'àjsês'. voilà ce (33) Nous croyons que polémiques. zum Sokr. Menzel. en disant que le jugement était commandé en grande partie de par des considérations Lipsius. 147).-Proz. l'immoralité. 2 de ôsîov. 25 Lipsius. 363. Un procès de trahison. Le crime de trahison et le vol des richesses de la cité sont assimilés au sacrilège. « politiques » (L. A.. au vrai. Eth. ruption de la jeunesse : devait spontanément l'admettre. mais peut-être de façon étroite et superficielle. 68. i. AU. in Zum ait. même nitive. p. CXLV. dans certaines cités. réflexion dans Platon. p. R. 3 B) (33). c'est le (cf. (34) Sur le rapport entre l'impiété. ment impérieux : l'atteinte à la chose publique est l'atteinte au sacré. . Ak. l*ar là s'ex- plique que. est parfois qualifié de sacrilège. 24 ni la « cor» ne devait constituer. Att. I. c'est abandonner les Dieux. p. le droit pénal tout entier semblé se fonder sur la loi contre le sacrilège (Michel. nous considérons ici non dans son emploi juridique. l'impiété. Schanz. édit. 24 de ispôç. Ol Wilamowitz. une catégorie spéciale d'impiété. d. p.. cf. 359de l'impiété est associée à la pensée réfléchie d'un danger couru par la cité ce moment de réflexion se marque bien dans le procès de Socrat'e.. de atteignit Socrate. pp. a nécessairement une couleur religieuse très accentuée : témoin Contre Lg'ocm/ès de Lycurgue (nous y avons vu les emplois d'àasêsia.. la notion d'àasSsia comme notion géné- De même que cité. 2i) . l'offense à la divinité est plus ou le fonction de la le délit contre la chose publique Glotz. 1318).a . 23. Porter les atteinte aux ispà la de la cité.. p. etc. zu Wien. R. la magie. cl. observant que de même la cité est moins considérée en un crime religieux. Strafr. n. le : (Lyc. la tyrannie. Schmidt. tout cela fondu dans une unité confuse. . un texte bien intéressant de Platon. C'est lu même chose au fond qu'on exprime. V àouia trouve dans F ào-iêeia (35) son conet les deux termes sont à coup sûr synonymes.. R. p. l'idée instinctive : de la jeunesse sont étroitement rapprochés Même et conception. Lois. p. p... 908 B-C. ni elle ne se joignait. X. Att. touchant nature de l'accusation qui : cf. X. 418) à propos du ^cas d'Anaxagore. in Sitzb. où l'enseignement des Dieux nouveaux et la corruption 360). 11. dans l'Athènes de la fin du iv^ siècle. il ne s'agit pas d'un procédé intellectuel. C. comme chose étrangère et distincte.) trahir. Platon. no« 418. Wiss. 8 de otio. comme le marque Fustel Coulanges {Cité ant. R. tenu Mais en revanche. mais d'autant plus instructive. (3o) rale et (36) Bien entendu. l'orthodoxie étant tout ensemble indissolublement politique et religieuse. la fausse divination. Ihéoriguement. En définon-conformisme. les morts. se sert de l'expression un peu trompeuse d' « assimilation » . lorsqu'il : s'agit de délits publics (36). p. n'ont au fond qu'un intérêt secondaire ï Apologie de Platon. n. I. mais d'un senti- crime contre 1906. Lois.

. Quant au vol des richesses publiques. le sens religieux des délits le qui l'ofTensent... Lys. 48.58 qu'il UKCUKRCIIKS SUH LE l)i:VELOi»l>E. était associé et plus ou moins identifié à celui' de trahison (Dém.une seule et entraînait la peine de mort. cf. la cité et. . C. même et suiloiii Or. tepoTjXoi. ont par elles-mêmes un caractère sacré. 40 65 XXIV. 11 et s. etc. et lorsqu'Aris» tous les biens contisqués sur les criminels ou les prétendus criminels d'État. Hell..37 B). en matière de la notion de délit l'àSix-a XXIV. de Tàôu-la que nous venons de réalisée dans définir ils représentent comme des dégradations. F/or. Léocr. si' -i. XLIII. xal 7rpo5<5Tai.Tzi'zpioi lepà Tiji-V^doi porte à l'ensemble des choses sacrées que synthétise le terme de ttôXi. une association toute spontanée. Lyc. Dém. à Athènes. nous le notion de la solidarité religieuse verrons. xal l'expression tepà xal ô'ata se rapXT. parce que jtas là pure fantaisie de théoricien : conforme à une représentation La notion religieuse de collective. Léocr. 64) il est apparenté au sacrilège. Pollux. HelL.. 142) — est majeur « évidemment substantif qui s'est comme spécialisé contre la cité» (Lyc. sera celle de xaTo UpoaoXelv xal -zh Trpooioovai tt. biens. 22). 7. . : . 66. 124 126. bien sacré (cf. 22 — — au moins : même loi. i) ixi] Treiôr^xai.vaUov ôr. à même Athènes. qui peut être puni de mort (Lyc. Dans le décret de — Gannonos. 1. le bien do la . le crime de renversement de la constitution. Lyc. . 2r.. renfermées à Athènes dans le sanctuaire du Métn^on. « — politique » à la fois et religieuse . Léocr. traduit bien cette unité profonde du délit public D'ailleurs.. xat avxt. des Arginuses. C. La législation jUatonicienne.. 'JrÈp ojx àîci- . 147). apparaît à l'évidence dans tel document comme ser- ment des éphèbes C. Le décret de Gahnosuivant lequel Euryptolémos proposait de faire juger les généraux nos. comportent et par la cité. la consécration d'une cité étant — partie des biens confisqués est instructive par elle seule tote proposait {Polit. 2:i : : : . ou moins prévus sont ceux de renversement de la constitution et de suppression «les lois les lois. il n'y avait la chose était concevable.. C. 112. ce que nous disons du délit public employé absolument.. XXX.. 8..x£v/.. XXIII. tel qu'en supprimer une. c'est commettre un sacrilège Lyc. Léocr. Pour les traîtres et sacrilèges. Dans le langage d'un orateur.. 10). à propos des plus grands crimes..) (Stobée. Léocr. 117).v ttôXiv (Ant. tov -o^v 'AOr. C. C. IX. àvaip^ "zob^ OeajjLoùç . V. ^ VI.6) de déclarer « sacrés . XXIII. les délits plus Lys.. lepwv xal Tpé<|^to ô jîtov :. — vaut d'une façon universelle la : tous autres à^u/juaTa... Dém. prévoyait la peine du barathron et la confiscation des (cf. . (Xén.. 144. 1320 a.. 106. Lois. dont 1 10 serait consacré à Athènè. l'interdiction de sépulture et la confiscation des biens 403 Xén. XXX.. qui avant ïtA : tov v6|jiov . par suite. 117. dans toute la première partie du IX« livre des Lois. 7.. Platon. Léocr. ToT.Mlv\T DE LA PENSÉE y a do substantiel dans le inol àot. ou xaTaïu/uvo) oirXa -zx lepà à[Jiuvto 61 xal : Lyc. VIII. I.[jiov àotxf.

c'est.. 47 I. V. un peu éteinte à l'époque classique. p.. V. un acte auquel on surseoit à l'occasion (Thuc.^ V. Platon. o91).. VI. comme celle de àôixelv ty^v YY(V en parlant d'ennemis. . Michel.Dém. Arist.. Xy. l'idée verbale cristallise en des emplois définis qui n'ont pas besoin d'être commentés. expression qui paraît lecbniqut^ on au moins consacrée cf. la catégorie lorsque le délit public est conçu comme le délit privé. J. Eth. . Sur toute cette pensée religieuse.. Thesm. c'est un acte considérable que le fait de àôixsiv la terre d'autrui. II. V. 74..JUKlDlgUE ET MORALE EN GRECE cf. XXI. 43 6:i 66 69.). 3). Platon {Rcp. Le groupe etje sol sont imprégnés d'une vertu religieuse qu'ils se communiquent l'un à l'autre aussi. mento afficere. V^ ilj. XXll. zol Ypâ[JL[Jia'^a]. XLIV. IX... 470 D et s. dans le principe. Lys. y a-t-il doue àôtxia ? Réponse pie.-C).yc. Guêpes. Glotz. à celle de xaxàXuai. lloX. .tov : avOpwûo. Quelquefois elle est prise au simple sens de detrilà . 11 sq. Nie. 84. : : contre la cité atimie (lu « » àquoi peut-être fait suicidé était enterrée à part » — et c'est pourquoi suicide est passible d' une certaine allusion Eschiiie quand il dit que la main le »< (TII. si l'on peut : j'entends que. le sentiment de se préserver troubla ou de stupeur religieux qui commande au groupe de ou de se purifier en quelque manière (cf..). 873 C-Dj.çOy. 473 B sacrilège iàv àor/. 6. d'ailleurs^ que le verbe a pour régime un nom de chose. etc. : — — : : même pour d'autres cités (cf. iVte. construction plutôt rare. Loii>^ IX. 4). . Léocr. 59 1. à celle de délit grave et plus ou moins exceptionnel (Aristoph. 9. ai Ô£ Tip aôsaXitohaie Tafv) axaXav. 244) En. Enfin le sentiment religieux que la cité a d'elle-même se manifeste et se précise dans les rapports avec l'étranger une expression. 24. wp aYaXfjtaxocpiopav £ov:a naa/T//'. 1). ('. XXXI. — . demande-t-il alors. 29. nécessairement banalisée. 3) et dont le plein sens nous est offert dans la pieuse démarche d'Arcbidamos auprès des divinités de la terre de Platées (Thuc. à celle de trahison(Lyc.... tb. Michel. (io/'y. De l'expression consacrée de . Aristole (B^/<. fait. ôr^[jio'j (Platon. on y peut retrouver le il faut se sens certain d'une atteinte au sacré rappeler ici la notion fondamentale de la Terre-Mère et Divinité. ce n'est pas la réllexion sur le tort positif que peut causer le suicide à la communauté. hie. 7 et . a dû avoir à l'origine une valeur profonde qui se laisse encore déceler toutes les fois. XXIV.. Antiph. Solidarité. t) : lin du v« siècle av. Loin.) est instructif. comme semble le suggérer Aristote qui raisonne ici en logi- fantôme impuissant (cf.. dire. pénétrée de la notion d'atteinte au sacré. 66) cien sur le verbe transitif àôixeïv .. n^ 724 (lasos. la main coupée : fait le ce qui prévaut ici. s. Rép. intensivement ou tout au moins à l'idée nette et irrécusable d^asénous trouvons le verbe usité absolument et. C. 122. 'AO. -upavviôi linit èTriôouXsuiov.. [-Y/y i-z-Qa^^] à<pav[(!^T. i?). Platon. Par ailleurs. 1138 a 11) définit le suicide comme délit cou lie qui. : -f^v os -v. 307. 1138 a 14 cf. sous mais sa pleine valeur apparaît quand elle est de l'obligation : jointe à l'expression. 1. n» 71. iraa/^s-to kpoauXo. 471 B). qui se commentent eux-mêmes parce qu'ils évoquent un sentiment reconnaissable à tous et tout de suite : ils correspondent ainsi à la notion générale de délit public (Aristote. n" 1334 (Olym- iV s. àoi/siv ty// ttôXiv (Aristoph. Léocr. 4:. .

133.. 10. Dém. il àoixeliv TTEûl T>jV y a un mot spécial. 214. L'idée du délit est spécialement conçue en fonction de comme en témoigne l'expression remarquable de Lycurgue. liO bien de la cité étant sacré Dém. la cité. 14.365 E. à un moment particulier! Mais c'est qu'il : — toùtw tw [se. XIX. l'onnule mt'nie de raecusation de Démosthène ^cf.v: cf. Lois. pour désigner toutes offenses qui affectent en particulière. 28.y 134 : tov 6tco tôjv jjlt^osv àôixojfj.. désordre môme violence même légitime. de à[ôtxt]av dans Hyper. Les moments en question sont ceux où la cité célèbre ses Tout ce qui est trouble alors.. loi. et c'est àôu£^v £0pTY]v. Aussi bien. — Léocr. r^ç IspopiTivia. 213. Formule remarle « délit » s'agit. X. XXXVII.. c'est l'idée religieuse 1 : Dém. etc. 900 D. cf. devant les Athéniens assemblés (37). prévaut dans tout ce domaine. XXIY. p. il doit y avoir des minutes plus ardentes de la vie sociale où elle apparaît plus pure. 20. le rôle de raccusateur est ainsi C'est la n. 19. Lipsius. il commentant 7. AU. àoixoGvTO^. intensive.. Aristoph. 10) prohibe la saisie au cours des Dionysies et. où nous pouvons la voir surgir on quelque sorte de la surexcitation collective. XXIV. Platon.. étant donné le contexte..60 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE le S5G A-B. twv àÀ)vWV twv àououvTtov à yi^paTT- Démosthène. IV. dans le même procédures prévoit une accusation spéciale contre le contreve(citée iispl nant w. au cours des Dionysies. — — : . Xénoplion. pré- cisément. par Dém. C. Zî. titre cratès qu'aucune cité n'avait admis au en parlant de Léode métèque. La loi d'Evégoros et autres esprit. C. PhiUpp. M.. 0.v . '::poj6aXô}xï. Mais puisque cette conception de ràSwU est une conception puisqu'elle ne se comprend dans son principe que par la vertu d'un sentiment collectif intense.. voilà notamment le nom du délit dont : s'est rendu coupable Midias en frappant Démosthène. XXI. GuC'pes. : dès le début de la Midienne. c'est peutêtre le sens. ces instants la délicatesse plus ombrageuse du sentiment comléger. Lys. chorège... mun.évwv |jLiaoj{ji£vov. Il. spécialement enfin à celle de pcculatus Lys. In.povG) et probablement loia [jl/j-te même citant une rappelle l'interdiction £v pL/j-:' xoiv^ {jctioèv cùXriXoiiq àowslv la loi prohibe quable étrange à première vue en général.v £opT/. Cette confirmation nous est offerte. 120) défini àStxsïv toûtov itepi tt. est ressenti avec une acuité Or. concordance notabifî pour àvOpwTrov). cf. de l'idée qui (31) la notion pure et intensive du délit. 29 pense des circonstances iden- tiques lorsque. Revenm.. fêtes religieuses. XXI. 9. 244.). xaOà -ra'. Rép. vraiment technique. .

mais ce surnaturel mystique jusque-là nous apparaissaient vides et inintelligibles parce que nous n'apercevions plus la société qui. s'applique à tout ce qui est non (38) C'est à celte àoixta fondamentale qu'il faut rapporter le pouvoir judiciaire du prAtre. transposant dans une pensée religieuse le sentiment vivant de la soliet ce : darité. désordre bénin devient alors délit Ainsi se concentre toute la substance religieuse que nous percevions comme à l'état diffus.. 11 est notable . où sont à rapprocher 1. àousTv et l'expression synthétique àot. elle ait rarement donné lieu à une théorie rationnelle. a-t-il là une indication générale à retenir quant à la notion unique les idées d'excuse ou de circonstance atténuante apparaissent relativement de bonne heure dans le droit pénal et qu'en revanche celle de circonstance aggravante ne se soit jamais bien dégagée et que. . en tant que le mot àousiv. tout ce l'ordinaire qui serait à qualifié. dégratlations possibles. général et impersonnel. IH et s..JURIDIQUE ET MORALE EX CRÈCE 61 : générale de rsjxoTaia (Michel. contre la gravité. . VII Mais en revanche. "75 et s. note et réprouve comme délinquant celui qui violente cette pensée (39). . C'est sans doute que la ce n'est pas pleine notion du délit se manifeste par la réaction la plus intense en principe une notion logique à laquelle conviendrait tout aussi bien. comme il modalité. Elle représentait du mystique. l'idée d'aggravation que l'idée d'atténuation y en a seulement des Peut-être y verselle du délit. 9 et s. animait une pareille notion un sens dans la cité alors que la société tout entière. Elle fonctionne comme telle. du surnaturel. etc. 44) (38). aux ils reprennent temps primitifs. notion abstraite. 39 l. du moins dans le droit lui-même. Ainsi se continue à certains égards. 18 et (39) s. les citoyens contre la majesté que requiert Taccôm plissement des rites par assemblés. lequel a pu être à l'origine plus étendu que nous ne le retrouvons dans des inscriptions de date récente (iVIichel. n° 694. : . 1. sous un autre aspect. . môme dans les sociétés les plus avancées. Le mot £'jo-^Yi[ji6voK. n" 694. la notion qui atteint par là son maximum d'intensité n'en est pas moins.). àxoa-[j^ouvT(ov. A Athènes et hors d'Athènes. et se revivifie la valeur primitive de la notion.x£lv itspl ty^v eopTviv désignent tout ce qui se fait contre le bon ordre. n» 698. . 42 à8uoï.

..Te : toî. M8 Eschine. à Torigino. . Il y a là le ganisation permanente de la justice représente un progrès capital (Sumner l'idée de . avec éclat : os^ '^-Jià. Lys.-/.. XXIV. 9).. xr^v -vijiioptav.xr.. par suite. XXIII. XXII. -'SvÉTOai ar. dans la notion de ce pouvoir du juge que nous ne connaissons plus guère qu'en matière de jurisprudence civile.30. ou provoque les sessions occasionnelles. Lyc. è'ôsaOe ttoo tîôv àoiXY^aâxtov. mais pensé comme lésant la colleclivilé. 2G. formule règle abstraite se produit (cf. XXIV. desAth. et cela pour un empire relativement étendu. irrégulières. Oïl voit bien comment cette idée abslraite se déiinit en lonction de l'institution Judiciaire 6 : les dans un exemple comme [Xén. et que Lyc. du groupe. 30) mais il subsiste quelque chose de la pensée originelle dans l'espèce de philosophie du droit pénal que nous venons de voir exprimée par les orateurs et. singulièrement. XXV. Hép. XXIV. . Tcapaêà..jL£vot.. l'orC. 10 : "va 7rapaxoXouO/. cf. 29) et qui.xaorrà. l'idée d' « injustice » lend à devenir un vrai concept dans la mesure où elle cesse d'être rattachée explicitement à un ordre cosmique.Xoi^ jjlÈv xoT. àÔTjXoi. .. de ces emplois absolus du verbe où nous le voyons clairement et non moins frésynonymie de l'expression plus complète de àSix£v> T/jV 7t6)v!. témoignage d'un état intermédiaire entre la représentation primitive «!t le concept rationnel.(H KECHERCHES SUR LE DÉV ELOl'FEMENT DE LA PENSÉE là seuleinenl senti. réaction aveugle et diffuse. r^oiilaùs. les suOuva'. 9. n fortement marqué cette évolution) : Dém. tojv v6. I. 3(>. celui que nous avons vu jouer (cf.. 20 ..outo. cf.(JLa(Tiv XXIII. Abstrait et défini sont ici termes quente une notion générale et définie. irspl ^ôv v6[jlov aoxov àôty. des tribunaux (Dém. XXI. car il semble parfois que celle-ci ne soit pas encore sûre d'olle-méme on voit exprimée assez souvent par les orateurs l'idée d'une espèce de primat du Jwje: — àS"/. 30 oùô' èirsiôàv àôixr. et se situe dans une société organisée.(Tr.]. 109. jurys d'Athènes. 92 àôîxr.. met de saisir le moment où se conslilue la notion abstraite. L'idée du crime répond dans le principe à un sentiment immédiat.0'j. notamment Dém. o'. 4. ào'. : : le sys. 22) et tème des lois Dém. aovov -oj v-jv ào-x/ua-ro. En d^autres termes. Léocr.. LIX. mais se renforcent (Dém. dans {'Ancien Droit.Maine. àoiXT^- ment. xac èvapY^ notion abstraite est particulièrement mise en : relief dans Dém XXI. £x xwv 38. qui doivent prononcer sur les ôtxai (actions les Ypo'?^' (accusations publiques). C. III. La notion du délit suppose l'organisation privées). àXXà Toùvavxîov vo(ji.v. suscite Texécution collective. .. ont fort à faire wjxs Tatieiv Toùî àôixoùvra. 54. L'établissement des tribunaux périodiques et. c'est en Tespèce réciproques — — : une notion abstraite.[jia dacps. dans un état de justice peu ou point organisée. àXXà xa- . ziq . ètt' Précisément le cas grec nous per^ouaiv. .Jo. (redditions de comptes)....ji(ov ou. Léocr. XXI.Of. (cf. la è'/ovTa. T^ôixei XXIII. XXI... c'est grâce au jugement que les lois non seulement se maintiennent. 187). vôijiwv . os toT.

dont l'expression bien postérieure à celle vergL Rechlswiss. AU.. Pour la pensée propreelle s'est perpétuée dans les représentations tout ce qui trouble l'ordre essentiel.. 184. sacer. du suicide par tolérance des condamnés : mort (noter les expressions [xt.. la allusion. en droit religieux. Peut-être était-ce là Tunique exception. autant que Lipsius. 463. qui pût épargner au à : suicidé Fatimie à laquelle nous avons fait notable : commandée ou recommandée par la cité. des Ath. — f. : criminel : ce fait que la notion de Suaio. Parmi la matière en quelque sorte nébuleuse de l'àSuia : primitive. omineuse. elle n'en serait que plus mort volontaire n'est plus l'âôixo. XVI. la marche normale du monde était d'abord « injustice » ainsi tout indi- ment la de — magie religieuse . (41) C'est ce que manifestent les prescriptions à la fois religieuses et juridiques de Platon. totçaiTT. mais tout de même directement inspirée d'un état de choses positif puisqu'aussi bien Platon prévoit le cas. Dans le même ordre d'idées. dans des sociétés déchaîne le la passion de vengeance que neque fas est eum immolari^ dit Festus (40) du sacei\ tout en ajoutant que celui qui le tue ne sera pas puni.JURIQUE ET MORALE EN GREGE ^/oixoU-x^ sine lege. R. Et ce sentiment est assez fort pour contrebalancer. la cité découpera elle dira dans quelles conditions positives tel acte peut être dit oLOiy^ot.. 6 . Et qu'il n'y ait ce que confirme l'idée. des délits extraordinaires (Aristoph. s. Cf. [Xén. (40) Festus. aovoî. entre ceux qui sont condamnés justement et injustement. Rép.. 873 C-D législation idéale.tc -ôasw<. normal à Athènes. entre ceux qui se tuent pour se punir et ceux qui se tuent insontes (41). 590 et s. nous notons primitives. in Zlsehr. au moins théorique. Sîxti et Six-riv àSivtov siriôfi). comme fait la cité. La notion de odvoç comme d'une chose néfaste se trouve ici limitée par celle d'un o(xaio. c'est assez importante dans la conscience juridique du pas là cf. créée et maintenue par le vouloir d'une société organisée. Aussi bien pouvons-nous directement apercevoir comment s'exerce l'intervention de la cité dans cet esprit de u socialisaen un sens très particulier tion » et de « laïcisation » du — — délit. vidu qui a péri de mort violente est le siège de forces redoutables. technique apparaît tardivement v.]. : 63 c'est la iié/. la pensée même qui fonde la procédure des elaayYcXîai. Rulischer. n'exige plus les mesures de préservation rituelle... IX. Grec.'atioii. — . III. Mais le travail de pensée que nous avons défini s'exerce sur la religion elle-même elle distinguera. Guêpes. Lois. — est (^^ô^joz. de l'adage nulla pœna seulement fantaisie des intelligences. 5). p. p. c'est entendu.

avec celle de l'adverbe p'. que l'àoLX'la y est définie par l'intention. (43) U y a seulement. mais la notion profonde qu'elle contient a quelque rapport. àSixeïv. h l'intérieur du groupe Voir d'ailleurs Dém. pas dire. l'idée d'intenarchaïque) (4o) — les : tion s'étant complètement incorporée au verbe. mais non pas entièrement puisque l'idée d'intention En employant le s'y trouve exprimée pour elle-même (44).a'lw. où l'homicide involontaire est qualifié de àô'xr. toGtov (ùpitr^^^ ojx où certes l'idée de délimitation. I. en principe. terme de oixaioç cpovoç. on peut dire que la notion essen: en est exprimée dans cette formule. IX.. 26). (42). 274). cf. Lois. et Aristote. XXXV. ou plutôt de plus explicite. elle légitime tue agit comme son mandacertains actes en délimitant. : mort violente perpétrée 21. Le cas de l'homicide involontaire nous fournit une confirmation du môme ordre : Démosthène.. (43) tel que nous : le verrons associé à xT£Cv£t. de son point de vue.o\/. § u) c'est-à-dire qu'on y trouve l'idée obscure et le sentiment vivace d'une vertu sinistre attachée à l. Plus tard seulement. 88. d'abord. cpovo. il est vrai. Dém.04 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE ne se définit pas du tout en fonction au fond. Lois.de la nous n'entendons société était. 11. 1373 /) 2).i tie. tout meurtre commis à l'intérieur . le texte cité à la note Il est précédente. mort violente ». on aper- (ifi) L'exemple le plus ancien csl d'Eschine.aapTâveiv (cf.o. -commente la loi de Dracon en ces termes àôixelv.ijLa. àuoxTsivrj Ttvà. â. quelque chose de plus précis. d'àôt-xo. dont l'expression reparait ailleurs (Eurip. une notion d'abord indéfinie. : 54. IX. IX.. dans àSuw. cpovo. Ccllê-ci : de celle-là . l'individu qui taire (Lys. la société en est venue à dire que. cela va de soi. l'expression niunque dans Platon. 1. dans « — tels cas particuliers.. XVllI. RhéL. 13. manifestement archaïque. àoixo^ cpôvo. 58= XXXVIII. où justement on l'attendrait.. est suffisamment accentuée De cette action spécifique de la société organisée.v (cf. c'est la yévo. . on ne dit même plus oûx on emploie un autre mot. ait jamais été un pur pléonasme. 871 A o. Par opposition. que l'expression ci. dans le principe. Lois. 2' par- chap. on peut dire. 872 D. (45). dès le i)rincipe. de Platon.xsr ô Ôôiva. 874 B. 871 A. àv èx irpovoiaî ts xxl àoîxwç ôvTtvaoûv twv s [x'fj>v tojv aùtôtielle : yeip XTeivT) — du (44) F àoixo? cpôvoî. Héc. XXIII. Et c'est une espèce de pléonasme que nous constatons dans les emplois de Platon. 801. II. que dans jiiaiw. àv tiç sv ôcOXot. possible que anciens coutumiers (la disposition dont parle Démosthène est tout à fait aient dit ainsi oûx àS-.

il se réfère à l'idée du sacrum et. à l'idée du tabou ou même de la souillure ridée du sacré utilisable (cf. fr. le droit et la morale. I. Yll.. et avec une certaine prédilection. . « d'injustice les vaut dans . de profane par opposition au sacré (Harpocration. s. v. Quant à la séparation entre le droit et la morale.}. aussi l'emploi : — — : Harrison. 344 A. citant Didyme Schol. p. primitivement. 66). utilisant les oaia et les faisant siens d'où la formule consacrée tspi xaî oTta où parfois les deux termes se distinguent. s. en particulier § 120). au sentiment religieux en tant que tel. tend à s'individualiser cf. comme la notion » est une notion générale. Platon. et une indication intéressante et à retenir nous est fournie sur les conditions où se fait le départ entre les deux àouàv est fréquemment appliqué. se rapporte spécialement aussi au départ se faisant dans le mot même que sentiment religieux. évoque la (46) qui. à considérer l'évolution Le fait se terme comme o^^. celui du droit et celui de la morale ils n'en sont pas moins conçus comme distincts. par là. avec lintervention active et personnelle de la cité. nous en sur la pensée populaire en général. le premier désignant par exemple les temples. Prolegomema.. 504). firme et s'éclaire.. p. se réfère explicitement soit aux choses ou aux biens de la cité les o<tix se l'expression même et Témanation de la cité. 47o. et sur — pensée philosophique. 16. J. au point d'arrivée. oaio. spécialement (dans ses composés comme mais peu à peu. même.). . E.. notion brute du taôou.. — — : Par la variété de ses sens et par la richesse de son histoire. c'est «'«poaioûsOa. Nous retiendrons ici que. Suidas. E. Lex.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE çoit 65 une double répercussion : apparaît plus net la et le sens. et. surtout à celui qui.o:. le droit étant conçu comme con- sémantique d'un au point de départ. — distinguant même formellement des Upà soit. La distinction se fait enlre la leligion. et Tiniée.^. v. puis du licite. Rép. dans le discours de Démosthène Ce qui n'empêche — le [XXIV] contre Timocrate cf. J. l. Plat. couramment.. le mot osio? un des plus remarquables qui soient. Lex fi/ie^. (40) est : qui prévaut en lui de là. dans un tout autre ordre d'idées. Nous avons indiqué comment s'opérait une certaine subordination de la première au second. d'humain par opposition au divin. etc. : spécial de oava pour désigner les richesses de la cité. le sens de libre par opposition à taboue. régénéré dans la religion dionysiaque et dans Torphisme (Eurip. 398 et s. distinguées de celles des Dieux (ainsi. elle se fait — — nécessairement aussi en ce que la pensée du délit se fixe sur l'idée d'une répression organisée. o. Or il apparaît que cette évolution est en rapport avec le régime même de la cité. Harrison. Seulement. le même terme deux domaines. le second les bâtiments publics (Isocr.. de là .

— : : — (par exemple. 800 et s. 15. nécessaire la VIII Nous considérerons maintenant (47) 'ASixetv est parfois la notion d'ào'lxYi{xa au sens à l'adultère XLV. à des personnes de la Il y a d'ailleurs des cas où la faute est aussi délit : nettement religieux (Eurip.w[xev àS'. 95). l.. tw (lèv ôew xaXà itavxa xai (49) Iléracl.. c'est créée la cité (50).. : il s'agit d'un tort considéré tradidionnelle- est assez le mais qui n'est pas sanctionné par ton.j. raclite (49) laisse apercevoir le sens réel . clans .()() RECHERCHES SLR LE DEVELOPPEMEM DE LA PENSEE aux fautes commises à l'intérieur du groupe familial (47). c'est un certain relativisme qui commence à poindre. Ant. 227 D. p. : Eurip. nous trouvons le passif àSixcïaOai en spécialement appliqué. Vorsokrat. S 8è Stxaia.].. Vorsokrat. fr. Epich. d'un groupe en un sens. XI.k 3 1344 a 8 et s. telle une unité mystique l'ordre humain et Tordre du monde. (48) Particulièrement expressif est un passage fameux d'Euripide.. 265 . « ..xa xai Sivcai' wpiafxévoi. les rapports entre époux..al (rejeté par Nauck sans raison suffisante) vô. mais les hommes ont supposé telles choses injustes. et la notion nouvelle. fr.. toutes choses sont belles. 791. Œcon. àvOpwTroi Se (50) 5t |j. défini par lui-même. organisé qui a rendu possible réflexion des hommes. Médée. y. I 2. 35 (Diels. 102 (Diels. Lys. Dans la plupart de ces exemples. et dont la formule d'He. p. Ant. voir Appen- dice I. Cf. 15. del' « inque l'a Dans ce domaine. L'antithèse profonde est entre l'ancienne Oéijl'. [Arist. C'est le champ même où vivaient primitivement les idées de bien et l'àoixla contre la cité se distinguant de Tàoixia famide mal liale. . Héc.èv à'Sixa ÙTrsiXr/faiyiv. telles choses justes ». fjo'jfJLeBa !. 64).w yàp toù? 6îoù. — . Médée parlant de l'épouse abandonnée ment comme grave. Les idées de justice et d'injustice sont si bien de la sous un aspect comme contincité qu'elles apparaissent : idée que les sophistes n'ont pas inventée. dont l'aspect 265). noter surtout l'emploi de wpiafjLévoi (cf. Déin. Il est à rapprocher de la pensée d'Heraclite. 692.. 76) : | : àya6à xai Sixaia.... En second lieu.. ou l'ancienne ouyi qui associaient dans justice ». 79 p. Offenses à des parents Plamême famille Soph. I. nous verrons la signification. donc la constitution et. droit. Lois. 26. l^. Sur la conception philosophique du délit chez Aristote. contre les orphelins et épiclères) de ces cas où l'emploi du mot est consacré. c'est en quelque sorte le présent qui s'oppose au passé. qu'ils gentes (48) n'ont fait que tourner à leurs théories. abstraite. bonnes et justes pour les Dieux. 165.

il y a lieu à théoriquement. Les critères que nous adoptons ici nous paraissent — mieux convenir à notre objet propre que ceux qu'on pourrait emprunter à la considération générale des sociétés on ne saurait dire.. Nous avons noté. 402). dans le vocabulaire i^oS) C'est ce qui se traduit aussi. à la fois « répressive » et « restitutive » (Durkheim. n'est pas perçu il comme : offensant immédiatement fait la collecti- ne fait jouer que secondairement nisée d'un groupe ce qui se reconnaît au vité. le meurtre. injustice » éprouvée se trouve tout entier. groupe socialise. que de F « injustice » était. une verrons la raison d'être : poursuite. Voir là-dessus appendice II.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE ^ 67 passif l'idée ou subjectif. à la différence du meurtre sous le régime des clans ou de certains delicta privata il : a les caractères suivants (51) T du il très ancien droit romain (32) . le « Gomment se cette représentation. travail social. mais imparfaitement. individuelle comment sentiment d'une le être partagé par déterminer. comme nous : le comprenons requiert une sanction il juridique suppose une justice organisée. et régime de la cité. sous l'un de ses deux aspects. Division du . où l'offensé a parfois encore le choix entre le talion et la composition (Girard. 391. en commençant. 61) : la sanction de l'homicide est purement répressive. et on peut même dire qu'elle rentre dans la règle parce que. l'atteinte sont des délits publics : (51) Il s'agit donc d'une notion autrement large que celle des delicta privata du droit romain. 2^* mais lésant des individus. Le sacrilège. par exemple. voilà ce qu'il nous faut dans de délit privé que nous avons en vue. 398. et que l'intervention d'un tiers ne se produit que pour suppléer la victime incapable ou la famille défaillante. (34) Cette exception porterait sur les actes de xâxwa'. par la distinction des ypa'faî et des otxa'. la . p. c'est elle seule qui exerce ypacoT. en pratique. principe. (32) Lequel marque une phase intermédiaire. Dans ces deux cas. qui. que le délit privé se reconnaisse au fait que la sanction en est « restitutive » ou du moins mixte. la pour le Grec. dans juridique. pp. et la réaction orga- que la partie offensée a le privilège de la trahison le vol. Nous en mais l'exception ne nous intéresse pas directement ici. Le délit privé. encore que celle-ci retienne des traits plus primitifs que l'àôtxTijxa de l'époque classique. le pourtant. commis à l'égard des vieux parents ou des orphelins. et sur V'j^o:^. s'entendre. la formation. — poursuite (53). peut être intentée par le premier venu. Manuel. et ressenti celle d'un tort subi le par l'individu.c. c'est la famille seule qui la peut requérir. Mais le terme peut avoir plusieurs sens. et dans chaque cas il faut absolul'idée C'est en somme c'est d'elle que nous étudierons ment ici. si la victime en a les moyens matériels et juridiques. d'une façon générale et sauf exception (54).

[xé V '. la notion : : produit récent d'une élaboration prolongée et partiellement discernable. s'il est vrai aussi que la conscience du Grec est trop réfléchie tout ensemble et trop vive pour que sa langue ne le nous conserve » pas le dépôt de ici sa pensée. tw dis IX T. . (56) (jassôiî [Antiphon]. enfin. .îiv. nous nous demanderons d'abord de quoi est faite. (56) —à : la victime (57) . IV. le vrai contenu nous échappe. |i sv w tôv àtSiov ypôvov T'.jLiopojî vEvédOai pft<ja( dSKTiv aÙTOÏî T. Conformément àôtxb existe en elle-même. une expérience d'apercevoir le contenu « 1' expérience d'un pareil con- — Procédant inductivement. xî'Xsûto xal tw t. p. 88 : (ip9Û>î [xiv é stt'. àSi xsïaôai A cette notion de Viomix doivent être rapportés dans le principe les emplois de l'adjectif ou de Tad verbe joints à l'expression ou à l'idée de meurtre (Eschyle. ûrèp xoû à5 ixTiS vtoî. : grecque est vraiment cept. 21 : syw (remarquer ys xw tîQvswti 29 vî . pour la science.}iw- . Cho. t x t. aux origines. èûiv-K-f^Tzxo'Ju: (les victimes de meurtre) yàp y/eosBsvta Tiawpta t'. . chez le Grec de l'époque classique. à la famille est appliqué . : présent : cf. plusieurs (55) . VI. .wxovta oO ôixaiov le xaTxX».0 évTt . étant rejeté dans l'inconscient. 113. Mais s'il est vrai qu'elle est. Il est naturel de considérer en commençant le plus grave des délits privés l'homicide. Quelque isolés qu'ils puissent : être dans nos textes. . o'SiçavT» o-^ àSi x Ît a pif/ . (51) Antiphon. . comme de bien d'autres. à la chose d'autrui — sont des délits pri- D'une bien plus large extension qu'elle ne l'est aujourd'hui. elle nous prépare et allant du mieux connu au moins connu. entre ce point de départ et ce point d'arrivée. EL. cette la famille. 6: TttAwpîa. l'idée de 1' « injustice » d'où est sortie la notion positive d'àoixYiULa privé. pour la famille. XXXVIl.. e 9 == t(5v xe i yio ô'. un intéelle prépare.wfxevoi xal 9 iaxovTô. au premi'er rang.x6av£iv. comment se définit et se situe. ijlt. à une transaction). sous le régime de la cité. en un sens elle traduit. elle nous offre à en expliquer la genèse. que l'homicide ait été volontaire ou non (Déni.xev t. doivent retenir notre attention.). objectivement. 21: TzoXki. V.. VI. la reprérêt manifeste sentation de l'individu comme d'un sujet de droits catégorie devenue banale pour nous et dont. 49). grecque du délit privé offre. cite les àxoûjioi aôvo: dont ViB'Mx donne lieu. —à o'i o' (55) Antiphon. du mort — au poursuivant : il emplois du passif àow£^o-Qa'. ûixà. 5. 58 ôixT^a 8 a XXXVIII.. 8 XT. 26 aÎT. 398: Soph. la notion de délit privé.'i = r. en quoi consiste l'évolution. ensuite. 1.. i . au[ji6é6T.68 RECHERCHES SIR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE à la personne ou vés. la croyance primordiale de etc.

xo'jfjiévwv (63). que rinterdit ou 7cp6pp-/^. marque le premier acte et produit le déclenchement de tout le rite judiciaire. le passif àoLX£lo-9a'. sanctionnée par tous. à la faveur ou par la vertu de laquelle un plaideur s'apprête à faire confirmer.. sous condition suspensive de retour (loi de Dracon. le groupe de la l'homicide. et de l'écarter définitivement (61).. à l'ordinaire.jLa : souligne ce qu'il y a de substantiel lésion qui offense. attester le délit (60). 39. C/io. 6'. le territoire (59) C'est la cité pourquoi. réparation peut déborder la notion objective.ais n'a bien entendu d'efl'et définitif que si elle est confirmée par le jugement.xsv(i)v. Lois. 874 A-B). I. zpaxTipwv. IX. Dém.i\\ka. 871 A. en l'écartant de la communauté.(7t. reproche à la loi d'Aristocrate d'enlever à ceux qui auront Charidème le seul moyen de salut. ? — Il est évi- dent. de le mettre hors la loi sq. Escli. — ici cité question. : la notion de la cité apparaît ici sous xt. tué Dém. XXIII. : x^P'-'-^oî 5^'Pïs<j9«- tôv àvopooôvov. de Vh?ÀY. àyopâî. est sur la terre twv ^-rfiïv : ào'.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE la cité le 69 tout entière (S8). 871 D. la qué au poursuivant. IX. C'est En second lieu. Tant qu'il ne se dit que de la famille. il faut que l'homicide ait été jugé par . qualifié tel (60) Antiphon. (59). Lois. la xpôppriaK: est définie cf. dans un sens : strict.. . secondairement sans la' société dans son ensemble et et dans objective. défini et strictement limité. /. 28 Platon. 291 et s. savoir iJisTaïTâvxaç si? "zry twv \x-rfib) àôi: y.. En tant qu'il est appliici. rào'lxyi. XX. . 26.çqui.j xwv [jiTiSâv àSixou asv o)v. (62) Dém. dans une mais qui offense doute. mais lorsque l'inculpé s'enfuit ou qu'il est momentanément inconnu. n" XXI. le groupe (62) dont il est le premier point. Gomment cette offense est-elle sentie et conçue son unité. 18.èv 6 t^. la (61) C'est ce qu'on aperçoit bien dans un cas particulier : : pour être ~p6ppT. sa valeur définitive de délit et aussi bien. XXIII. a pour fonction avouée d'écarter le coupable. C'est aussi cette notion elle seule. qu'affirme en ce cas le substantif. mais pour cela même sans doute on n'y insiste pas assez. XXIII.. le sentiment de la vengeance. visant un àoLxwv../. pour désigner (oS) D('m.O'j. Platon. Appliqué enfin à la cité tout entière. Dém. 39 d'une cité à qui n'appartient pas la victime du meurtre. de la communauté du sacré. Il. c'est. 30 = .v.v aîtCav è'/wv xal àôi xôiv. le . la TîpôppriŒtç a pour résultat. terme n'a évidemment pas sa pleine valeur. 26 syw [j. VI... XXUl. en pays étranger.. (63) tspwv. szovSûv. — Enfin. wç o-jtoî 'iaj'. il n'^n est déjà plus de même besoin d'une : notion suppose lexistence d'une organisation de justice.

que la présence d'un tel être devait susciter des nau- des sacrifices (Ant.70 RKCIIKRCIIES SUR LE DÉVELOPI'KMKNT DE LA PENSÉE un double aspect. Mais cette représentation complexe.n. au passif. par le territoire même de « Même à celui la cité qui avait commis un meurtre légitime. Dans les Lois de Platon. — Ainsi. c'est la notion d'une ctiose reli- la cité affirme sa solidarité comme une communion. et la pensée du délit d'homicide implique celle de la fonction judiciaire et plusieurs fois nous avons eu occasion de l'observer (64) — — des règles systématiques qui définissent en l'espèce le pouvoir d'un groupe supérieur et les rapports de ses subordonnés entre eux. Aussi frages ou faire échouer soit naturellement ici la pensée relibien. I.. qui ne laisse pas quant à la matérialité des faits. de ce point de vue. le meurtrier involontaire hors de chez lui. si incertaine que gieuse. et comment l'action de la souil- lure se définit. Ainsi un décret pas : accorda bien à ceux qui avaient tué Myrrhine fille de Pisistrate et quelques autres le droit de cité et une récompense en argent : mais ils reçurent l'ordre de résider l\ Salamine.. C. V. 42 . par le fait la cité tout entière. le — un principe d'un danger funeste. : — cité est la notion positive d'une société organisée. communion résulte d'une mort violente. c'est une chose religieuse qu'olfense le meurtre perpétré contre un individu. D'un gieuse et de cette : côté. vaut du moins pour montrer tout ensemble quelle réaction religieuse peut susciter le seul terme de '^ovo. . Et certain témoignage. en un sens d'être suspect pas que — n'est plus. contaminera la souillure qui. parce : qu'on n'avait pas le droit de pénétrer en Attique dès lors >qu'on />*. Et le sentiment de crainte le meurtrier « aux mains impures » religieuse que répand l'évidence dans cette conception populaire et bien apparaît à connue. n'oublions àSuwv. toute la théorie du droit pénal relatif à l'homicide est construite sur cette notion. ne sont que D'un autre côté. Aristocr. 80-3). il n'était permis de rester à Athènes. de Patmos. dans les croyances. qu'est-elle autre — (64) Voir p. aussi bien de la cité que de la victime les deux emplois. 71 p. C. 138). ao et 59. et de là vient qu'on peut dire àoueixai. //. avait tué » (Lex. la notion de la l'envers l'un de l'autre...

Cf. encore une fois. sont le donc réprouvé et pendant exact l'une de l'autre. 1. Léocr. n» 1383. on lie par la religion la cause de l'individu à la dans ce cas cause de la cité. dans un cas analogue. décret de Chios sur la vente des biens des enfants d'Anni1. 58.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 71 chose. . A. relative à un délit public (66). Cas exceptionnel. sinon celle que nous avons reconnue et analysée à propos de l'à^u'la conçue comme atteinte directe à la cité? L'ex- pression de Démosthène. à Halicarnasse (Michel. ils en seront débiteurs si les Quinze ne la perçoivent pas sur eux. et que la pensée consciente à laquelle il permet de se manifester est représentation du la même délit qui joue inconsciemment dans la privé en général (67). Michel. l'exception ici est grossissement lière et consciente. Il est légitime d'admettre que l'homicide. kéas. mais lors de son entrée en charge. . est cas typique. En d'autres termes. désignées du apparaît de façon frappante dans un texte comme Michel.. cas extrême. 9 et 14. des bornes » ne font pas recouvrer l'amende. — propriété sera décrétée àStxia t/jç ttoAswç. 39. 4-5).ïkt\i T f.. relative à l'homicide (65). 9 r.. considérons ce qu'il reçoive une sanction. 1. la garantie ([Ssêaiwirtç) des Dieux. 134.T. la ville est intéressée par la religion à cas ment probante. — : — de façon particu- — (65) Voir la citation n. 60. Mais nous n'en : sommes de la propriété. choses sacrées. et ses magistrats s'exposent à la malédiction s'ils n'assurent pas le recouvrement de l'amende. C. celle de Lycurgue.z^zK\\. n*» 835. et on le retient sous la forme spéciale de Tarrachement ou du déplacement des bornes. ait besoin de s'affirmer plus énerl'atteinte à la Itz giquement en une circonstance exceptionnelle. pas réduits à une conjecture plausible que le respect par exemple. n° 698. à S X (tj '. (66) (68) même mot.vx twv )x. en tant que sa victime est inté: et le sentiment de cette solidarité a grée à la cité solidaire tout ensemble un aspect positif et un aspect religieux. L'homicide est défini délit. ï rJ' opwv toûtwv % ïi. fi 5cpavsa ^0'.v xîç t'.. XXIII. h sTiapfii laTwv. IxaTÔv axaT-^pa. Voir la citation p. (67) Le rapprochement des deux espèces d'dStxtai. . Il s'agit de protéger les acquéreurs de biens confisqués contre toute dépossession: le délit prévu est défini comme religieux. où nous trouvons le même emploi du passif àSiet xsïo-Qat.ç X 6 X £ 0) ç. ô'fsiXsTw xâttjxoç saTw si les « gardiens : -t^ '.Tê'. Qu'est-ce à dire? L'analyse d'un « fait ostensif le » étant toujours particulière- de cette inscription de Chios (68)oii nous rencontrons l'expression.

14 (cf.r. (H) Ce qui décide d'ailleurs si le délit relève de Tune ou de l'autre catégorie. délit privé du délit public. no 694. slffcABôjv -rpcô-rov iJLèv àp/T. Taux' s/siv vca: xpaxeiv. elle rapprochera le (69) Aristote. % xi. ou celui de àoix-riixiTtov. mais il faut aussi qu'ils soient. nous avons vu qu'il pouvait devenir : plus grave à l'époque des fêtes religieuses àS'. il faut qu'ily : dépassés ou revivifiés par l'intervention directe du groupe souverain celle-ci créera de nouveaux délits. archaïque.. IX. c'est toujours celui-ci qui entretient celui-là subsistance. cité p. par leur vulgarité même. Platon devenue un élément essentiel dans nous donne le sentiment la vie de la société : vif et direct Lois. et la exactement. 29. pénalité prévue fùt-el le bénigne. cf. tête d'article dans le règlement des mj'stères d'Andanie (Michel. représentations en ait. la sanction. 861 E. qui en autorise la du délit privé est toujours liée indispensée solublement à celle d'une justice organisée. De cette disposition archaïque.. n° 698. i6. (72) Pour le sens où nous prenons ici le m«t. ce n'en est pas la matérialité même. çà et là. il y a le même rapport qu'entre le Mais au fond. le \xr^Bhj à>v>»T. exemple. 1. dans le règlement du sanctuaire d'Oropos. sî/ev xal ô HoX. restent plus ou moins entre les àSixrjijLa'ra à quoi elles inaperçues de la société donnent profane lieu et les autres. mais plutôt le moment. et dans la pensée du droit.!Jâiv àvSpiavxa yp'jjoûv (irf. àSixeîv. en certains points le droit traditionnel de la coutume : .xetv.v ap/iov £'J6ù. plus sensibles. t^. infra. au cas de transgression des lois àvae-f'.Xo u. est celle que prévoit le serment religieux des archontes. également {xéypi àp/. xTipÛTxei.. est une notion sociale. iôvArfii: . fût-ce en matière de servitudes foncières ou d'écoulement des eaux ou. De temps à autre.). de maintenir en Fétat toutes propriétés (69). XXIV. 1).72 RECHERCHES SUR LE DÉVOLOPPEMENT DE LA PENSÉE l'archonte alhénion jurait — simple formalité à l'époque hismais souvenir d'une procédure évidemment sérieuse torique. prend sa valeur essentielle on notera.. en opposition avec ou bien. et le sacré (71). La jours est faite d'un grand nombre de rela: tions (70) qui. au demeurant. 67) . et c'est pourquoi la notion objective (72) de VaoUr^iLcf. n. 'AO. oaa tii. mais c'est alors aussi : que le mot par ou l'emploi de 1.î téXojç. dans lequel il se produit médiocre à l'ordinaire. ou le plan. « politique ». 2 itptv aÙTÔv elasXOsîv : jjièv sî. — Sans doute vie de tous la les pensée n'apparaît que rarement explicite.v. H\ et s. : (10) De cette multiplicité. attestation vivante et continue de la solidarité. LVI. dans Déni. VII. si l'on peut dire. plus — — de temps à autre se manifeste l'empire de la société sur les des rapports vulgaires que nous avons dits. Michel. 60. la . Et c'est encore de quoi témoignent certains emplois du mot.

XXX. àSU7]tjLa Fuêpi. celle d' « obligation » — conscience juridique des Grecs. Voir 2"= cf.]. . mais pourtant réelle. dette : 50. ol è'tJLTropoi) sv xw è[jLTropiw (remarquer (7o) [Dém. . et 2^ partie. 7. XXXIV. est — danger directement ressentis par la communauté (75).. chap.. ii. il y a lieu à une procédure spéciale et à une : pénalité supplémentaire (détention). lâche encore. et sans compter que ào'. \AV. Où en retrouver les antécédents? Si haut que nous puissions remonter dans l'étude de la toire. début.à l'emprunteur le vaisseau chargé qui devait garantir la cet à8{x-ri.axo?. Ce qui se traduit dans cette notion intensive du « délit » privé. (73) (74) les représailles mais ces actes ne suscitent pas s'accompagnent du seni. cf. c'est la sollicitude inquiète dont la cité entoure son commerce. naturellement : qu'un acte de guerre. partie. chap. IX De le qui s'exprime par substantif abstrait^ celle d'une créance positivement exécul' cette notion de àoix7i|jLa privé — celle au plein sens juridique du mot nous avons défini ce qui constitue la substance morale et proprement religieuse. 60 sq. 43). il y a une solidarité. : — une alxU représentée comme délit public (74). à y^vo. si l'on veut. Francotte.j. p.. on pille. que la « société homérique » mais c'est tout autre chose qu'une simple juxtaposition de familles entre elles. i et chap. èâv xi àoixwvxai {se.xa donne lieu à eisangélie et a entraîné la peine de mort {ib. voire même des actes de désobéissance militaire dans les nations (76) temporairement organisées qui ont pu constituer la Grèce priC'est une société « patriarcale ».xsT Tïcpl TT. \ la localisation même du délit).v ko^-zry (73). et dont bénéficient même les ê|jL7:opot des étrangers la plupart du temps. : tue. on mitive. II. nous rappellerons la défense de la saisie ou de la le contrevenant marins injectio pendant les fêtes religieuses D'autre part. àoi/tTi. pp. cf. des délits religieux définis. 43-44.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE to D'une part. il est visible que la notion de trouble social ne peut être épuisée par des termes qui désignent des délits familiaux définis. De ylvo. Mélanffes de droit public giec. pour désigner le fait de n'avoir pas produit. — (76) Sur le sens que nous donnons ici au mot « nation ». Sur ce point. nous pouvons invoquer tels délits commerciaux où l'on considère la lésion ou le et où Ton souligne par àoixew.

de la conviction d'une injustice subie (77). dans Vil. 10 : . en fait usage pour désigner les actes de Philippe XVIII. et nos études précédentes chez Homère de permettent. On sait qu'il reste fréquent pour désigner les inciirsions.oiy.. VI. 688. qui met fin à la poursuite du meurtre et à la guerre entre familles (Glotz. 27. voir les clans rigoureusement indépendants les uns des autres. la grécité postérieure brigands notamment n» 929. 74. 3 37. . 79. de cité à cité. chap. qui est celle d'un certain équilibre. I. suivant l'idée intuitive et volontairement schématique qu'en donne le mythe des Gyclopes : ils ils sont les éléments d'une même société. et d'une évidente gravité morale. Thucydide. cf. 49 84.. nous le Il faut aller plus avant. 10: . Cf. 33. Et que les valeurs primitives du terme y. nous avons vu qu'elle impliquait l'idée de l'sùvctJLU.. nous en voyons fréquent. V. Le vrai sens ne doit pas elle correspond à un état ancien oii la nous en échapper société est constituée parla réunion des yévri. 23 69 V. etc. 35. c'est le terme qui. Michel. 277. 9. : Hérod. p. 3 . dans cet . 29.). 1. A un autre point de vue on peut encore montrer la correspondance entre le droit interfamilial et le droit international. (79) C'est dans plusieurs des exemples précités d'Hérodote et de Thucydide que nous avons trouvé le témoignage des représentations analysées plus haut : surtout. sous un aspect : religieux et avec tive et concrète une valeur cosmique. furent souvent conçus à l'image des rapports : interfamiliaux. le récit de Nestor.tvj se soient alimentées à un la preuve dans un emploi pareil sentiment. 3 IV. . en particulier. dans un régime de « solidarité mécanique » d'une part. emploi du uiot est prédominant . n" 70. 89 . Banalisé. L'observation — — était moment de plus de portée que nous ne pouvions l'apercevoir à ce car l'idée de l'équilibre se retrouve. : l'égalité . 1. prélim. n° 1^. Considérant le premier état la notion d''j6piq. Dittenberger 2/ n" 220. 2 79. I. qui en est fait surtout au v^ siècle (78) il s'agit des rapports entre cités qui. //. etc. 2. VI. Instituts. des mlerr. 1905. : voir p. des Michel. mais en revanche. aux xaxojpyîa-. pp. 7. peuple à peuple (Démosthène. XI. archnol. 49. 1) a son prototype dans r lïÔTTjç-'f tXôxf. I. 1. . 128 Jahresher. (78) Chez Hérodote . n. 87 92 Thuc. . Solidarité. n'ont entre eux que des rapports quasi négatifs. 18 . Et c'est ce double aspect de la réalité (T7) D'où l'eraploi du mot et xpsvo. dans la notion primi1' « injustice » (79). dans le principe. entre la notion primitive de la « lidée de paix » et la conception des rapports réguliers entre les cités des parties contractantes (Thuc. on ne saurait concede : . . II. 142-3).7i RKCUERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE timent. s'appliquera aux déprédations. de . ou les usurpations. I.. 2 II. 23. V. etc..

(. 103. Tr.) codifiant que les (jùXai. XXXVI. et J.. 218) le mariage est en principe de droit interfamilial. la pensée du D'une part. ôpax^jjiai. I. (il — la coutume suivant : ai se ô (JL£v (Apollon).. : irrégulièrement dans la formule de 18 : « à propos de la conclusion du mariage » noter aussi eut ôixaîot. Od. comme la ôîxr. 315-6. Rise of the Greek Epie. il ne saurait un sens causal) fait manus injeclio du « rite traditionnel..v c'est en vertu d'une coutume bien établie. p.. retenant. analogue à règle d'antiques procédures (cf. Eschyle. nombreuses et plus impunies dans l'anarchie de 1' « tige de fer ». impliquée dans la oUr^ interfamiliale. reporte la conception de TAiSwî et de la Nsixeai. c'est L'aclion des lioiumes étant nécessairement associée à leurs représentadans le domaine d'une coutume que se fixe parfois la notion 1' primitive de Chaléion et /' àôvxîa : delà.. 200. en faveur des victimes individuelles (vieux parents. revient en avoir ayant [âouatv somme à cela : sur sa personne. orphelins) la représentation de nouvelles puissances religieuses notamment de l'Alows divinisée dont Taction tutélaire — — et vengeresse satisfera (80) C"est les besoins moraux d'une société encore à ce luoLuent de désagrégation sociale et de démoralisation que Murray.) : : — xsTope. n.. Hymne à Hermès. seraient permises désormais en mer.. comme le le traité entre Œanthè j-jÀov. prél. — L'idée de la règle. se marque de plus en plus et. V « individuel » n'est plus le groupe familial dans un groupe plus large c'est l'individu.ai. plus les atteintes à la vieille moralité familiale. 46) . 32.. àôîxoj. Hésiode. Eum. C'est à ce droit que 1' àoixîa.. que nous transcf. XLVI.JURIDIQUE ET MORALE EN GREGE 75 que reflète admirablement la représentation religieuse de l'équi- libre. -325-359) qu'Apollon surpris son voleur sur le corps même du délit eu' ajxocptopttj (car £71-. au sens : Au strict..[JL£p^£a cptovwv. no 3). . où nous ne voyons aucune raison d'adopter la correction de Baumeister contre le témoignage des manuscrits (èxosôau)^ pour oj/w àôîxto. suscitent. Beauchet. p. les prises maritimes. non dans le port). tions. se rapporte à Torigine. l' èYYÛYia'.f. 139.y. = conformément au rite ». — second moment. un emploi comme vient d'être dit aô '«. Gilbert chap. met [Démosthène]. dans un texte ancien (Michel. accusant son caractère religieux. Droit privé. contre l'individu apparaît pour elle-même.. Dans la période délit où la famille antique se désagrège (80). o'jx àûtxto^ èul jSoualv èXà^uxo xuôt[jLOV celle qui 'Ep[a. se prolonge dans la notion après un verbe comme XaJ^'j|j. VIII. Mais de pareils emplois ont leur prototype dans le domaine des relations interfamiliales ainsi. notamment (Dém. : vr.. comme puissarces actives (cf.

elle n'a de postérité directe et propre elle dessine bien une sorte de schème pour la représentation juridique. mais les réalités qu'elle aflirme. l'équilibre se D'aiiti'o part. ào. Année Sociolog. est exploitée à des fins nouvelles.£ai. et le rôle de l'individu n'est pas de créer la notion de : la fixer parle langage en l'injuslice. qu'avait élaborée celle-ci.n'i Magie et droit individuel. fait isolé que cette utilisation.. C'est encore ce que nous indiquons ici et ce que nous confirmerons plus tard l'évolution réelle est des représentations familiales aux représen. il localise après coup le désordre et détermine par avance la sanction. Mélanges d'hist. .70 RECUERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE penséo antique et religieuse de dans la notion d'un talion nécessaire que prolonge des procédures magiques. par le fait de l'intégration des anciens groupes et de la pensée même des anciens groupes dans la cité. (( : . il ne se dépouille point de ses valeurs comme la . d'une . des relig. vrai. à la laveur d'une synthèse sociale. comme On voit en quoi nous nous séparons de cet fondement du droit privé. xxiii). Hubert-Mauss. le sentiment individuel qu'elle sanction exalte. 26) à propos de sa théorie générale de la v£ji. au la constate. mais essentiellement de M. individuel ». X. de la vsijieai. pour lui. : . ils sont d'abord conçus d'après le type de repréîi l'individu victime. d'une certaine force religieuse. Pour donne le branle à tout le développement du droit nous.. nous le montrerons. au contraire 1° La notion religieuse de l'équilibre a ses origines dans la vie des clans. 1-47. on ne saurait admettre qu'elles aient été un intermédiaire actif. élaborées par le vouloir de la société et. Huvelin signale l'usage de cette iormule [Les tablettes magiques et le droit romain.. il mais ne l'oxpliquo pas il semblerait même que ce soit une idée pure et comme un décret arbitraire de l'intelligence qui. tations de la cité. . donnant au verbe un sujet et yri complément. ne prendront un sens objectif et ne recevront de collective que transformées. elle est exploitée par elle et. cosmiques . : . p. dans une certaine phase delà morale et du droit.oixTia-sv ètjLs. : quant aux représentations individuelles magiques (dont Huvelin. « les senlalion qui s'imposait aune période ((organique». et du même coup s'accuse formule familière aux malédictions aùrôs r. la — garantissent où Dans un état social critique » entre individus commencent à prendre une rapports valeur propre. l'idée. (( loi de partage ». qui se survivent dans les devotiones^ iiiipuissanlp. où elle exprime une réalité elle n'est donc pas créée par la magie. ]). pp. c'est le témoignage d'un phénomène général 2" Pas plus que la pensée magique ne crée. — auteur : la notion de l'équilibre. ce n'est pas un. par c'est la loi du monde que l'olTensé met de son côté parce que le verbe devient transitif. a du reste exagéré le champ cf.

la notion comment la primitive à opéré le passage de cette pensée encore de l'époque classique ? Car ce n'est point pensée s'est par un développement spontané que l'idée positive a pu sortir de la notion jiiagique de F ào'lxT. ne vaudrait rien. IX. les rites violente et par conséquent : de préservation la conditionne sans doute pas la une pareille sympathie du « délit ». l'un sentimental. C'est qui garantit la Tcopprio-^ se présente sous un double aspect elle pourquoi écarte l'inculpé des lieux sacrés. //. la dissolution sociale. procédure archaïque s'il en fut.a. Mais les anticipations du mythe. se préforme la représentation future de le premier manifestant la sympathie de la société. cette syrnpatliiel à prépare et fait pressentir une sympatiiie Tune se prolonge dans l'autre par un développement continu (dont : début s'aperçoit chez Homère cf. 482). mais elle est aussi un acte à famille : [%\) A plus active le vrai dire. en s'intégrant le ylvoç qui se perpétue si remarquablement dans cette partie du droit criminel. Même une procédure comme la poursuite des animaux ou objets inanimés ayant causé mort d'homme. il nous a semblé trop essentiel déjà pour que l'analyse historique n'en doive pas être révélatrice. de ces représentations nécessairement anarchiques que suscite un état de crise et de désarroi à la cause de l'individualisme. par d'une créance exécutoire. se pénètre des sentiments et de la mentalité qui ne deux des emplois antérieurement signalés àSusl^-ca'. : Lois. il s'agit la d'une participation une réparation nécessaire. XXIV.JURIDIQUE ET MORALE EN GREGE peut dire que.. ràôUr. : — de la famille et — valaient jadis qu'à l'intérieur du groupe familial. notre commentaire à Platon. par ces deux éléments.) . 874 E sq. et l'on ne saurait tracer une ligne de démarcation bien nette. manifeste bien sous une forme toute religieuse la passion collective qui associe la cité à la famille de la victime (cf. : par elle-même.z\iax en parlant en pailant de la cité représentent deux moments de la notion la cité. Or il est bien évident que hZiy. celle qui commande. Il ne s'agit plus d'une sympathie en quelque sorte négative (81). en présence d'une mort sinistre.ji. Si particulier qu'apparaisse d'abord le cas de l'homicide. elle n'en est répression active de la cité cause .{jia : On le second exprimant. Taulre intellectuel.

Suvaixiv lîpoî ôeâov ïyv. G. la victime du meurtre. : gieux du mot qui explique la force du passif.. 12 : « Prononcer l'interdiction contre le meurtrier. De . dans Hérod. E.]. Maintenant dans la — besoin de réparation. àSixia de la part du fils à l'endroit du père si ce dernier ne recevait pas satisfaction. 13-32. laos. tout mort qu'il est et salé. Mais.a)v eipYS^Oa: twv ootùî £<jt'. pp. est du milieu du ive siècle) aussi bien.. désignant celui qui tue un de ses parents.5'. voir B.T0î et Aristote.. avec les éditeurs des Inscriptions juridiques (II. p. 57 xal dtv£<}ioO) izâioL'.xxX)iOv f. 21). L'homicide a été défini délit lorsque. oYio-!. le préliminaire d'un châtiment public (8:^). s'il n'avait pas accompli son devoir de vengeance. que l'état de choses relaté par Aristote existait déjà trente ans plus tôt (le Contre Macartatos. xal ô innovation. » (83) Sur ie mot aùeév-cr. la pensée se situe dans le cadre de la famille.T.vtT. [Uém. (85) Eurip. avec une valeur religieuse. l'intégration des familles dans cité se trouvant achevée.xîTaOai. 583-4 (Oreste vient de dire que. jjLcv il aurait été en | proie aux Erinyes de son père) : r. > i . mieux. 5 ix-r^ . XLIII.. l'offense à un mort (84). de à6ixoû|j. au nom de la cité. G. E.. il y aurait zapsijv ff!j[i[xayo'. lorsque ceux-ci la désignèrent le meurtrier par le même mot ajôévr^ç (83) aùSévrriç que et faisaient ceux-là. comme confirmant et éclairant celle de àS-. Osai. [ATritpl tw S'où itâpe'.?.ij. Des deux termes justement.78 KECUERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE (l'accusation. 49). la prononce (86). le sentiment éprouvé par les parents fut partagé par les autres citoyens. Primililivement.pov. IX. (82) Cf.. c'est. XXII.évo..ai . àouEw. Platon. finalement c'est l'archonte-roi qui. qui nous fait connaître cet article de la loi de Dracon. ou. spécialement celle qui résulte gnant du déni de vengeance d'un parent (85). LVII..v). voir /•'. saisir 120 : Protési- ovTa xbedôai. suscite chez révolte du sentiment religieux et c'est tout le prestige reli- que le cadavre T. appelle de leur part et en faveur de la victime l'accomplisseajQsvTTiç à8u£iv de son côté désiment d'une vengeance obligatoire.. dans cette vûjxt. p. la loi de Dracon ap. (84) Par exemple. 2 (Xayyâvovxai -rtpoayopeûwv : ôè xal aï Toû cfôvou ôixai itpôç toûtov cette [l'archonte-roi]. G. sans étant dans les siens la môme l'état de même ait subi d'outrages. Pour la valeur parallèle du mot aûeévtT. dont l'acte. J. le même sentiment religieux qui chez tous se manifeste. I. nous ignorons la date nous ne voyons pourtant aucune raison de dire. {r. xôv àStxé le du même coup. p. 23.jl£ v w .:. Or. p. puis le meurtrier étranger. magistrat compétent.svo. (cf. l'évolution est à certains égards parallèle. L'évolution des termes reflète le progrès des institutions la irpopcité définitivement constituée — — — : c'est le même émanait primitivement du parent le plus proche. 11. appliqué à la victime aussi bien qu'à sa famille. Ilo)». apprécié par les parents.j. 'A0. (86) Comparer svTÔi.ilw to> xxcivavci èv àyopi àv£»^i6TT. XXll.

se trouve au regard de la cité.:. atteste et confirme le même procès psycholo- l'atTranchi. continue d'avoir Tinitiative familiaux gique : (87). par lui. parle de r « interdiction » comme prononcée par le parent en revanche. il permet la zoôppr^j'.JURIDIQUE KT MORALE EN GRÈGE 79 En elles-mêmes. 871 A-B. affranchi de la famille en principe. Appendice II). Nous avons retenu . àà'lxriti. la persistance des rapports .a. lorsque. l'organisation nouvelle de la famille plus étroite. meurtre. comme l'accusation à tout citoyen qui voudra. . il dépasse lo droit positif.». contraire à son nouveau status^ parce que la garantie d'une communauté familiale ou quasi familiale qui continue de s'exercer à son service peut jouer avec l'aveu et la comme sous caution d'un groupe supérieur. ces idées peuvent aujourd'hui paraître banales il semble qu'elles n'aient plus que faire d'un suppléelles le méritent pourtant et. ce s'y détache en pleine lumière. ment de précision deviennent assez riches d'enseignements. [/idée abstraite des « violences » eoinmises 'contre un affranchi au mépris de sa condition nouvelle est rendue dans les actes par le terme partie des Loin où il suit tle si près la législation athénienne (IX. ce n'est pas pour euxmêmes dans le principe. 12 et 47) ou du moins tout ce qui. le cas intense le mental par quoi se constitue et se définit le concept à savoir la représentation de la victime comme est le la il bénéficiant de solidarité religieuse de la cité — nous l'y voyons jouer. celle-ci acceptant et protégeant la libre volonté de celle-là. : que le cas de l'homicide devait éclairer la notion générale du : délit privé parce qu'il phénomène d'àoUYiuia — cas typique. ni en vertu d'une sympathie sponla société ne s'intègre pas les individus. il est assuré contre toute lésion. dans la répression du : et le privilège de la pourtout ce qui représente dans la vie suite c'est aussi pourquoi du droit le prolongement du passé. elle intègre des tanée groupes. admettant la défaillance de celui-ci. C'est bien pourquoi la famille. : . familiale relative à Tiotxîx d'un parent contre un parent (87) La pensée est compatible avec (cf. de cette pensée. Mais est-il comment que nous contre phénomène lui-même : apparu? C'est ce savons maintenant les offenses qui les si la société protège ses membres peuvent atteindre. n. est comme spontanément les oflenses à la moralité familiale suscitent accepté par le groupe tout entier même une réaction toute spéciale et pour ainsi dire privilégiée (cf.

80

RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE
de
la saisie,

àôtxeïv (l'idée concrète

qui apparaît d ailleurs
n^^ 3081,

le

plus souvent,
:

étant exprimée par XXX, n^ 8 (ïhisbé);
.

ècpâTr-rccrôai,
J.

y.aTaoojXoùdOai, àvTi7:o'cIa6a'.)
1,

/. J.

G.,

Il,

Gr. Sept.,

3084,

3083

Le mot est employé de la même façon et dans le même propos des étrangers que la cité entend protéger spécialement et qu'elle rapproche d'elle par la collation d'une immunité (cf. n. 92). De fait, la cité, de par sa loi {J. J. G., l. c, n" 34 eXeuOepa^ eaaa; vo[jio>i ttoXeio; cf. xa-:à vo;i.ov) et la formule courante dans les actes delphiques ^e^aico-î-r^pe; de par ses Dieux (dans les atîrancliissements par consécration ou vente à la divinité) assume elle-même la protection de l'affranchi et fréquemMais il y a en un sens confirmation par ment la permet à qui voudra.
:

(Orchomène). sentiment qu'à

;

:

aussi bien, l'affranchissement entraîne-t-il un status civique, et non pas seulement civil, pour son bénéficiaire (il est assimilé au métèque, à Athènes et probablement à (lortyne) ; et cette confirmation ne laisse pas
la cité
:

(/, J.

d'apparaître pour ainsi dire en forme dans un fragment de loi de (iortyne G., l, p. 403, K) où d'ailleurs les àzsXsjOEpo!. sont considérés comme

une catégorie dans la cité. En fait, il subsiste des traces très nettes de la pensée originelle suivant laquelle le groupe sanctionne la volonté et la et de la famille comme telle, en tant que colcroyance de la famille, le consentement des parents héritiers est souvent mentionné lectivité (voir pour les actes de Delphes 7. J. G., H, ç. 234; de même, xxx, n" 3

:

cf. n° 37) n" 34 [PanticapéeJ parfois, les « garants », dont la |Elide] fonction est de re[)rendre de force (auXàv) les affranchis molestés et saisis comme esclaves, sont le manumisi^or lui-même et les siens (Collitz-Dau; ;
:

nack, Dialektinschr.,
lovav 01 T£ aTro5o[jL£voi

Ill,
r,

n» 1685

;

n**
;

1717

:

îâsSaiov Traps/ovTw Ttoi Oecot -rav

nous voyons'par le registre de Tènos (J. J. G., I, vu) que les ^sêaicoT/^pe;,. en fait de ventes immobila lières, sont assez normalement des membres de la famille {Ib., p. 99) similitude du terme et le rapport des institutions rendent du moins vraisemblable qu'il en fut de même, et aussi généralement, en matière
ot,

£T:ivo|a.oi)

du

reste,

:

daffranchissemertt. Ce qui apparaîtrait ainsi à l'origine, comme sanction de ce dernier, ce sont les aùXai exercées de plein droit par la famille; la

même
ment
lut

procédure sommaire est ensuite ouverte à tout venant, conformédû se passer pour le meurtrier en rupture de ban, lequel d'abord rtziixo^ au regard de la famille de la victime, et postérieureà ce qui a

tout citoyen (cf. notre commentaire à Platon, Lois, IX, 871 D-E). D'autre part, à la « garantie » de la famille qui n'est plus que sousentendue dans la plupart des cas {I. J. G., Il, p. 260), s'adjoint, dans l'institution

ment pour

d'individus étrangers à la régularisée, la garantie spéciale à Delphes, ils apparfamille et qui se trouvent représenter la cité
:

tiennent de préférence aux plus grandes maisons (P. Foucart, Mémoire sur C affranchissement des csdaves par forme de vente à une divinité, p. 16).

quelle distance nous sommes maintenant de la représentation primitive que suggérait le mot àoucv/, on le voit. Celle-

A

JURIDIOOE ET MORALE EN GRKCE
ci

81

impliquait l'idée des rapports externes entre groupes famila croyance qui Tenlretenait était reconnue, non sanc; tionnée c'est à partir du moment où elle est vraiment, intéliaux
;

rieurement partagée par toute une société plus large qu'elle donne naissance au concept du délit privé. Encore faut-il expliquer la généralité du concept, car eniin
pas de délits privés que l'homicide ou Tatteinle au d'un atîranchi. Si l'explication est possible, la démonsil sera avéré tration sera probante que la catégorie en quesil

n'y a

slatîis

:

que grâce au processus social de l'intédes familles dans la cité (88). C'est donc par celui-ci gration qu'il s'agit de rendre compte des caractères qui nous ont paru constitutifs de la nolion de délit privé.
tion n'a pu se produire

Cette notion, avons-nous dit, qui est celle d'une créance exécutoire, a une forme rationnelle et un contenu religieux.

Donc, deux points à considérer.
la répression sociale de d'une croyance partagée. Il en est de rhomicide, même, bien que d'un tout autre point de vue, pour la répression des délits familiaux mauvais traitements à l'égard des
c'est le
fait

1"

Le fondement psychologique de

parents,

etc.

Or

cette

nouveau

et original.

croyance — Le droit pénalproduit immanent

se

sous un aspect au régime

la représentation concrète du groupe familial, dont l'action recommence à chaque occasion nouvelle, soit

des yhri suppose

pour la répression des délits qui peuvent se produire à l'intérieur du yéyoq, soit pour la réparation d'une oflense collectivement subie et ces deux ordres de « délits » se manifestent
:

totalement différents. Dans le droit pénal de la cité, c'est tout le contraire le môme mot àoUrjaa apparaît, comme en des cristallisés mais avec une valeur identique, emplois également
:

Ce terme d'intégration se trouve commenté et justifié partout notre trala constitution de la cité, on a quelquefois tendance à ne retenir d'abord qu'un phénomène négatif de là à voir dans la désagrégation du ysvo; la cité même quelque chose d'entièrement nouveau et de plus ou moins créé de
(88)

vail.

Dans

:

;

toutes pièces, il n'y a qu'un pas. Pour nous, au contraire, bien que la décomposition de l'ancien groupe familial nous apparaisse la condition indispensable de l'établissement de la cité, celle-ci a réalisé avant tout la synthèse des familles, en ce sens que toute une partie des croyances familiales est devenue un élé-

ment

essentiel

do

la

moralité du groupe nouveau.

8:>

RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE
les

deux genres. Nous avons vu Tusage spécial à propos des « crimes do sang », qui ne furent d'abord poursuivis que contre les coupables étrangers à la famille (89). Par ailleurs, les délits intrafamiliaux les mauvais traitements à l'égard des épiclères, notamment
pour désigner
et priviligié

de àous^v

appellent la

môme

expression

comme

visiblement consacrée et

technique.
Ainsi dans Dém., XXXVII, 33 a'.'/eiav xaî uSpiv /.%\ Ji'.attov y.at -pô; po'j^ àô ixi^'fjia'ca 46 stJVj'ystXe (il s'a;^'it d'une s'.aaYYeAta xaxtôTstoî) éi- àStxoùvTa^; sans doute l'àôixia dont il est question en ce pas: ; :

£7: t/Xr,

sage serait

commise par un étranger à

la famille

;

mais

c'est que,

dans

la

cité qui intègre les familles, la distinction n'a plus lieu d'être faite (90). Il est évident d'ailleurs que la plupart des faits de xdxoicri; (mauvais traite-

ments à l'égard des parents, dilapidation <les tuteurs, bien des « offenses » aux épiclères) émanent d'un membre de la famille; do là l'emploi défini de ot àoixojvxe; dans Lys., XXXII, à propos de gestion de tutelle (cf. Dém.,
l

XXVll,

7,

XXIX,

1,

20, etc.);

pour

la xâxtoai; Yovécov, le

rapprochement
;

s'impose entre Platon, Lois. IV, 717 D (àoixe^jOai) et Dém., X, 40 (ôixatto;) cf. Sopli., Aiit., 791-2. Le sentiment défini qui inspire tous ces emplois

nous

est attesté par leurs antécédeuts (n.
II).

12) et

leurs analogues

(n.

47;

Appendice

même
lier,

VA d'autre part, la croyance de la famille, assurée d'elle(91), trouve sa garantie dans le fonctionnement régu-

impersonnel

et

comme mathématique

d'une société supé:

rieure, relativement lointaine, et dont l'action se produit avec les attributs d'une sorte de vérité abstraite la croyance par-

tagée revêt raspect de la raison.
(89)

Dès

lors, elle se

détache de ses

Les cpovixol vôjjLoi ne prévoyaient pas le meurtre commis contre un parent, Diogène Laërce, 1, 2, fait exprimer cette pensée à Solon, que le parricide n'était pas puni parce qu'il était trop abominable pour être possible c'est en réalité parce que la législation ne vise que les meurtres commis par un étranger
et
:

commis par un parent, ils sont d'abord i'atfaire exclusive de la famille (voir Glotz, Solidarilé, p. 321 sq.; cl', p. 434) même à Tépoque classique, il n'existe pas de procédure directe pour contraindre un parent à exercer la
à la famille;
:

poursuite contre un des siens coupable de parricide. (90) La loi citée dans [Dém.], XLIII, 75, à laquelle renvoie évidemment sage 45-46 du Contre Panténèle, a pu avoir ainsi une portée universelle.
(91) Cette sécurité

le

pas-

nouvelle des croyances familiales, l'institution commençante il est à rend sensible peu près certain que les premières « accusations publiques » eurent pour objet les faits de viixwj'; h l'égard des vieux

des Ypacsaî

la

:

parents, des orphelins et des épiclères. (Voir Append.

II).

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE

83

conditions

:

elle se fixe

sur l'idée d'une victime qui a droit à
état social

une réparation. Et dans un
la

désormais plus complexe,
apparaître de F
àSixrjijLa

notion générale

et abstraite (92) doit

commis aux dépens d'un individu. 2° La seconde question n'est qu'une autre face de la première. Pour que la notion ait pu devenir « rationnelle » et notamment
s'étendre à toutes les formes
fut'

du

d'abord

demandée

à la magie,

délit privé il a fallu

dont

la

que

la

réparation croyance au

dans son passé que des représentations individuelles (elles-mêmes dérivées, d'ailleurs, de représentations collectives) il a fallu qu'elle eût pour principe lointain
droit eût autre chose
;

les convictions

passionnées de la famille. Et

c'est

encore l'expé-

rience privilégiée de l'homicide qui nous rend intelligible le

contenu religieux de cette croyance. Par elle nous apercevons le gain définitif et universel que fait réaliser la synthèse des
anciens groupes
à la

notion

d' ào'lxYi|jia, et

qui consiste propre-

ment

à créer,

entre les

membres de

la société

nouvelle, une

sympathie religieuse devenue générale et spontanée. 11 n'est que de considérer comme deux extrêmes de la pensée. Lorsque est l'intégration est inexistante ou incomplète, la sympathie

provoquée par des moyens relativement artificiels et quasi mécaniques par exemple, deux individus appartenant à deux cités différentes ne sont pas normalement unis que l'un des deux lie l'aulrc par la vertu de la supplication, et celui-ci est en quelque sorte engagé dans l'àoixTifxa dont le premier est victime (93). Mais à l'intérieur d'une même cité, le rite de la
;
:

unilatéral, accompli au nom d'une famille, lie d'un seul coup tous les membres de la cité; et au lieu que la procédure, dans le premier cas, avait un caractère privé, tendait vers
7tp6ppr,T'.ç,

le

magique, dans
Générale

le

second
:

elle est

publique par essence

comme
:

la cité. toujours dans le cadre et dans les limites de peut s'intégrer plus ou moins des individus étrangers en interdisant Yàùi%r,ixx à leur égard (Michel, no» T6, 1. i et 8-9 19, 1. 16; 91, 1. 20; 102, 1. 31 Supplément, n^^ 1434, 1. 43; 1435, 1. 35 cf. [Déni.], XXXIll, 1),
(92)

et abstraite
telle

La

cité

comme

;

;

;

elle

nous

pp. 60 sq.

;

Délien, la
et les

« injustice (cf. pensée générale qui prohibe toute dans l'inscription précitée, n" 91, où la proxénie est accordée à un protection du bénéficiaire doit être assurée par le Conseil, les stratèges

fait

saisir

la

»

Amphictyons).
sens des Suppliantes d'Eschyle, des Héraclides et des Suppliantes
ixéxai

(93) C'est le

d'Euripide.

La présence des

aux autels engage

la cité.

8i
le

HECUERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

conlirmc son état

linal. Qu'est-ce à dire,

sinon que les cons-

ciences adhèrent beaucoup plus Tune à l'autre dans le second cas que dans le premier; et que le lien religieux, accidentel

dans le premier, est essentiel dans le second? Mais cette idée d'un lien religieux nécessaire et comme sous-entendu, nous voyons bien comment elle est née sa condition dne qua non, ce fut que les sentiments forts de la famille devinssent les sentiments forts de la cité (94). L'individu tout seul aurait pu forcer de lui-même il n'y avait pas, dans le principe, cette sympathie
: :

un

titre

permanent

certaines

et essentiel; et nous le voyons bien par survivances d'une pensée primitive, dans ces cas
ào!.xoûjA£vo; lie,

par un acte religieux partià sa cause, où le citoyen même fait figure d'étranger. Dans la vie normale, il n'est pas besoin de l'universalisation des croyances familiales renouces rites
la cité
:

exceptionnels q\x un culier, concret (95),

velées fait que l'individu récupère dans le groupe de la cité, mais pour des objets plus multiples et sous une forme plus abstraite, la confiance qu'il éprouvait au sein du groupe
familial.

(94) L'exil

du meurtrier involontaire suggère un rapprochement

:

Platon, Lois,

IX, 865 E, reproduisant manifestement le langage de vieux couluniiers, prononce que l'auteur de cpdvo? dxoôaioî doit se bannir pour une année des o\%zlo'. xôr.oi de

par quoi doit s'entendre en principe le territoire de l'oîxoç, du yévo; de la victime c'est là, en effet, dans les t.ôt, du vivant, que le démon du mort continue d'habiter et manifeste son hostilité, conformément à la tradition religieuse qu'invoque Platon. Et dans le même esprit, la législation idéale bannit le meurtrier involontaire d'un étranger du territoire de cet étranger. Mais pratiquement, la cité tout entière devient tôtto; o-.vcero; aux yeux de la famille qui et la projette sur elle en quelque sorte ses représentations et ses croyances cité sanctionne, en acceptant par sa coutume que l'auteur d'homicide soit ctTcctivement banni de son territoire. Moralement, il n'y a plus, pour ainsi [»arler,
sa victime
;
: :

de

mur mitoyen. De même, la irpôppT,ji; a pour décarter l'inculpé de tous lieux saints qui sont victime et aux autres.
:

effet

immédiat
à la

et nécessaire

communs

famille de la

îïivxa yàp xôv -ôXsjxov, ...où/ ixôTTip-av è'6r,x£ xo'.r,o%pyfj^ (95) Déni., XVIII, 101 Le temple oùSel; -o'jToB" w; à 5 -.x o-j[X£v o ; irap' ûfiîv, oùx sv Mouvi/îa; sxaOsî^cTO.
. .

d'Artémis Mounichia,

qui servait de lieu d'asile en général (Lys., XITI,. 24 et schol. de Dém., 52), était spécialement le refuge des triérarques à3ixoj}jisvoi p. 262, 17. Le rite du rameau du suppliant rappelle les cas indiqués n. 93. Cf.
:

Andoc,

I,

ItO sqq.

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE

85

XI
Dès
nous pouvons aborder
la

lors,

le

problème que nous avions

posé. Qu'on

considère sous l'aspect actif ou sous l'aspect

passif, la notion positive

du

délit se produit

Mais dans quel domaine

faut-il

dans et par la cité. chercher les conditions d'exis-

« délit public » ou dans celui »? privé Que les termes anciens qui désignaient le crime soient tombés en désuétude, il y a là déjà une indication. S'ils s'étaient maintenus et si, en se maintenant, ils avaient laissé tomber peu à peu leurs valeurs mystiques pour revêtir l'aspect d'une notion positive, on pourrait croire à un progrès continu et spontané

tence du concept? Dans celui du
« délit

du

de la pensée. Puisqu'ils ont à peu près disparu, il y a toute chance pour que le développement n'ait pas été unilinéaire, et pour que l'explication doive recourir à un facteur étranger. Cette réalité extérieure, ce fait nouveau, ne serait-ce pas ce phénomène d'intégration sociale par quoi nous avons expliqué la notion du délit privé ? Ce serait alors dans le domaine du

chercher le lieu d'origine du concept. l'antinomie que nous avons reconnue dans la notion d'àôws'.v, Tantériorité que nous avons cru pouvoir attribuer à
délit privé qu'il faudrait
fait,

De

l'idée d' « injustice » privée, tout cela n'est pas sans raison d'être et si nous ne voyons pas que l'idée primitive du délit
:

public, l'idée de l'ayo;, se soit transformée

spontanément en

notion rationnelle, en revanche nous entrevoyons tout de suite

combien la représentation du délit en général a pu bénéficier de cet effort de rétlexion et de cette discipline mentale que
requit l'élaboration de l'idée d'àoixr.aa privé. Kien de plus suggestif que de considérer ce substantif même d'à5'lxT,ti.a. Sans

doute, nous lui avons vu prendre, parfois, une valeur concrète mais par une sorte de retour au passé; de fait, ce mot-là s'est
:

formé relativement tard
consciente, et c'est
cept, en opposition
Sur

(96),

il

relève d'une création à demiabstrait, le

un
à

vrai

nom

nom

d'un vrai con-

àSuia qui évoque l'idée d'une puissance
la famille, cf.
?!

(96)

l'histoire

externe des mots de

ii.

86

RECHERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

active. Or, par rapport à la notion verbale, il suppose un travail manifeste d'objectivation (97) au lieu que les emplois du verbe
:

laissaient place à toutes les exagérations

du sentiment indivi-

duel,

le

substantif,

rallier les

de réprobation et de sympathie, ou en tout cas d'attester le droit, sociaet

prononcé par tous, a consciences dans un sentiment

pour fonction de

commun

sanctionné (98), à une réparation plus ou en moins définie. De l'action réciproque entre le particulier et la société qui confirme qui se sent lésé, principe, la famille

lement reconnu

son appréciation, résulte une pensée objective. Que ce mouvement retentisse sur toute la pensée juridique, c'est bien
et linnte

une hypothèse plausible. Et nous essayerons de la vérifier. En fait, le délit, aux origines, ne saurait être considéré d'une manière objective comme on le voit aussi bien dans les pratiques et dans les représentations de la vengeance du sang que dans ridée, poumons confuse et indéfinie, de l'ayo;, il est plutôt senti que pensé. D'où l'intérêt qui s'attache au mot juge:

ment dont ce

n'est pas hasard

si,

en grec
il

comme
la

en français,
fois l'opéra-

comme
un
fier

en bien d'autres langues,
par excellence

désigne à

tion intellectuelle
délit.

et

l'appréciation

portée sur

raît

qu'en grec le mot n'appadès l'origine en ce second sens yvcôijLrj, pour signipoint la sentence, est relativement tardif (99); mais une fois
:

On remarquera justement

280;

6, 2; Dém., XIV, 37; XVIU, 121 123; 233; XXIV. 67; 118; XXV, 38; 86 92 XXXVI, 53; XXXVII, 18, etc. En revanche, àStxTijjLa retient encore une valeur toute subjective dans un exemple comme Ilérod., Il, 118. (98) Cf. le sens objectif de Sâ>a6T, dans ôîvcti JÏXxÇyi; comparé aux emplois de 20 et 21; où l'idée passive d'un (Jommage subi ^>.âi:Tciv chez Dém., LV, 18,

(97)

Thuc,

1,

132, 3; [Ant.;j, IV,

;

XXI, 136;

XXIII, S;

148;

;

;

n'entraîne pas celle d'une réparation nécessaire.
(99)

SixajTT^î
jo

Le mot yv^ixT, est spécialement rapporté à la conscience individuelle du dans quelques-uns des serments de juges qui nous sont parvenus Serment des héliastes athéniens (Dém., XXIV, 149 (*'Ti©ioû|xa'.) ... Trepl wv 6'
: :

àv

vôjjLo'.

\i.\

«051, yvwixT, T?, ô'.xaioxâTïi

%%\

o'JTE /ip'.Toç svEx' oût'

è/6paî

;

ce

membre

de phrase a été maintenu par Krankel, in Hermès, XIII, p. 464, comme y autorisent suffisamment l'analogie du document suivant, et la restitution nécessaire de l'expression xa-ra yvfoaav xav S'.xaioxaxav dans le dernier du reste, l'idée des cas extra-législatifs» en matière de droit pénal public tout au moins, n'était nul;

2° Serment des amphictyons lement étrangère à Athènes elle-môme cf. p. 63. de Delphes (Michel, n" 702, 1. 3-4) Aixa[Çew Tja; Sixa; w; xa 6'.xatoTaTa[i] yvwjjLai
:

:

Ta
30

[isv yEvpaajjLe[vx....l

lîspi

wv
le

8s

{xt,

v£ypa[irxat,

x]aTa yvwixav Tav auTo(w).
(/.


x.

Serment des juges dans

jugement de Cnide pour Calymna

J. G.,

I,

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE

87

apparu, sans se substituer à

Slxtj,

il

terme qui, dans

le

principe, se

référait à

imprègne de sa valeur un une pensée essen-

tiellement indéfinie et essentiellement religieuse. De là encore et surtout l'apparition d'un terme nouveau comme xpivsiv, à côté de 3ixàs£!.v (100) qui ne pouvait plus sulFire, évoquant la
tradition aveugle des
fois
«

précédents
à

».

La pratique du jugement suppose que

le délit est

conçu

à la

comme
:

chose intérieure

la

société et d'une manière

elle réalise la synthèse de cette espèce d'antinomie notion définitive du crime ne laisse pas de contenir, que puisque dans le terme qui l'exprime, aussi bien en grec qu'en

objective
la

français,

il

faut qu'il y ait
le

:

d'une part, une force sentimentale

mot même, le terme moral, serait inexistant, étant inefficace, — un pareil terme suggère une certaine idée de surnaturel et prolonge en un sens, nous l'avons vu, une
sans laquelle
d'autre part, le produit d'une élaboration pensée primitive; intellectuelle sans laquelle il ne serait pas entré dans le droit, sans laquelle il ne serait pas devenu le nom d'un concept. Or

on aperçoit d'emblée comme la formation du concept est conditionnée par l'évolution de la société. En l'espèce, il n'aurait pu naître spontanément de la notion primitive du crime qui correspond à l'état du clan homogène et qui, indéfinie, embrasse
dans une unité confuse et cosmique et celle de

du trouble religieux à la collectivité, l'idée du coul'atteinte
et nécessaire l'idée
:

pable et de tout ce qui est avec lui dans un rapport de solidarité « mystique », l'idée de la punition et celle du sacrifice cette notion-là, n'admettant ni délimitation logique, ni mesure

répond à un pur sentiment dont l'idée conceptuelle Mais si la société a comporté, à un moment donné, des éléments hétérogènes qu'elle a peu à peu intégrés, nous restituons l'évolution logique qui a dùse produire. Entre
objective,
est déjà loin.
A,
1.

4-5)

:

...

ôivtaadcw

....

xaxa

Y[va);j.av

xav

5ixaioTaTa]v

Les conditions où

apparaît ce yv^tx-ri sont tout à fait comparables à celles qui commandent le départ entre xptveiv et Sixà!;eiv (cf. Aristote, 'A6. noX., IX^ 2 xpiasoç) il faut s'en référer au « jugement», à Tappréciation du juge dans les cas où la sentence n'est pas en quelque sorte mécaniquement déterminée; mais de là résulte, aussi
:

:

on le voit par l'emploi bien, une conception nouvelle et générale du judicium du mot yvwjxTr] dans le second document, 1. 3, ditlerent de ce qu'il est à la 1. 4.
:

(100)

Voir Appendice

TIT.

88

RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

ces éléments
çoit d'abord

les yirt] «

tnécaniquement
:

»

associés

— on con-

une relation d'équilibre notion religieuse et cosnous avons retrouvée dans le premier état du terme mique que mesure qu'intervient un pouvoir supérieur aux àôt.y.£~.v. A c'est par un dijudicare (o'.a-Yiyvwo-xei.v (101^ notamfamilles,
ment), par un jugement entre deux prétentions contradictoires, qu'il s'atïirme. Mais quand, finalement, les plus importants
« tortsprivés », en particulier l'attentat à la vie et l'attentat à la propriété, sont, si l'on peut dire, intégrés à la cons-

des

cience sociale, lorsque la notion en a rejoint celle de l'attentat religieux perpétré contre la cité, c'est l'idée générale du délit qui, en retour, bénéficie du caractère objectif qu'avait reçu

ràouT.aa privé.

pensée sociale, celui-ci a foui'ui un schème logique, parce qu'il est devenu notion universelle. Cette induction est confirmée par les faits sociaux, et spéciala

A

lement par les faits sémantiques eux-mêmes. Dans les premiers jugements que nous apercevions, jugements tout arbitraux, ce sont des rapports interfamiliaux qui se manifestent

ou se voilent à peine. Développée et devenue autonome, la justice interfamiliale que la cité, surtout à l'occasion des affaires
de meurtre, distribue,
justice organisée.
fait saillir la

première
les

les

traits

d'une

Là nous devons voir
:

conditions d'exis-

les Grecs de l'époque classique en avaient tence du judicium le sentiment bien net; le prestige antique de l'Aréopage le leur attestait; et c'est dans les « tribunaux de sang » qu'ils

retrouvaient le principe de toute leur justice. L'homicide, justement, dont nous avons vu l'importance centrale poui- la le notion du délit privé, prit une signification symbolique
:

nom

qui désignait
publics
les

le

délits

meurtrier put servir à désigner jusqu'aux plus graves, et devenir un terme géné-

riq;ae (102).

s. f.

(lOnPour Le mot

l'emploi de ô'.aviyvw^xe.v, dans la loi de Dracon, voir lAppendice III, n'a pas « disparu presque entièrement » dans la suite, comme le
I.

disent les éditeurs des
vo siècle (Esch.,

J.
;

Eum., 709
,

Ant.,

G., puisqu'on le trouve encore III, a, \ ; V, 96 VI, 3; 18
;

:

non seulement au etc. Andoc, 1,
.".,

),

Lyc, C. Léocr., 63 Platon, Lois, IX, 863 C;. Sa déchéance relative est évidemment due au fait que l'idée de la justice sociale s'est affirmée de plus en plus autonome.
iv«

mais au

(Lys

VII, 22

;

Eschine,

I,

32

;

63

;

:

(102) Michel, n" 1334,
loi

1.

4-5

Olympie,

iv«

siècle)

:

celui

d'amnistie ss-jycTw...

a'.;xaTop

=

w;

èo' aïaaToç), c'est-à-dire qu'il

qui contrevient à la sera assi-

JURIDIQUE Eï MORALE EX GRÈCE

89

Sans doute,
judiciaire (103)

la vie
:

du yévo^ admettait un certain appareil mais sans la poussée qu'exerça sur la pensée

sociale Tintégration progressive des Y£vr, d'abord indépendants, la notion spécifique de jugement n'aurait pu se produire.
l'âge familial, l'idée de

A

sentence est encore dominée et comme absorbée par l'empire de la coutume la sentence, c'est notamment la Uikiq d'un chef de famille, et elle passe pour inspirée.
:

le

Peu à peu, domaine
ne

elle se

est

dégage, mais elle se dégage d'une oUri dont proprement celui des relations interfamiliales
;

la oUy]
le

laisse pas de se
la Qiti.^
:

concevoir d'abord, timidement, sur

modèle de

elle n'ose pas usurper, elle est tradition-

nelle strictement, et la « plus droite » est celle qui respecte le plus les précédents (104). C'est parce que les familles lui sont
elle

de plus en plus subordonnées, c'est parce que, de l'arbitrage, passe à la justice que la 8uyi conquiert son autonomie.

progrès s'opère, nous l'apercevons dans une institution nécessairement, a son histoire celle du vote dans les tribunaux. A l'origine, sous l'empire religieux de la coutume, elle
le

Comment

remarquable

et qui,

:

nous le comprenons par le sens primitif de voyons par exemple dans la scène judiciaire du Bouclier iV Achille (IL, XVIII, 506-8). Comment est-elle apparue? La question se pose d'autant mieux que le vote des tribunaux, spécialement en matière
n'aurait pas de raison d'être
:

laôtxT^, et

nous

le

de meurtre, est considéré comme une institution religieuse. 11 n'est que de voir avec quel soin, avec quelle minutie quasi rituelle Eschyle, qui glorifie dans les Euménidc<> la législation sur l'homicide, représente le

moments, quel souci de la norme s'atteste chez lui dans l'énoncé des règles qui conditionnent la sentence, si graves qu'elles réclamaient la garantie d'un patronage divin (105). D'un pareil état d'esprit,
vote à ses divers
mile au meartrier
s'est
cf. Szanto, Ausgew. Abhandl., p. 201. La même expression rencontrée dans un décret milésien de proscription, à l'occasion de délits
:

publics (Glotz in Comples rendus de VAcad. des
yev TT,v
la Qiise
stt'

/n^scr., 1906, p.

512 et

s.)

:

asu-

at;j[aTi
loi,
:

hors la

rupture de ban

de l'atimie au premier sens du mot, de semblable par conséquent à celle qui atteint le meurtrier en de même dans l'inscription il est vraisemblable qu'il en va
ccuyTiv].

H

s'agit

ici

d'Olympie (cf. Szanto, l. c). (103) Sur cet état préhistorique, voir Glotz, Solidarité, p. 38 et s. (104) Nous avons rappelé, dans le précédent chapitre, comment fonctionnait
5(x-ri

la

primitive

(p. 1).

(103)

Le terme de

oiayvôivat

est

appliqué au second
:

moment du

vote, au
:

moment

ov à déposer le suffrage dans l'urne (v. 709 (^fj-f cf. 0. Mûller, Eum., p. 161) c'est le premier acte xai S'.ayvôiva'. SixT;/ aïps-.v rà5tx(a dans le décompte des voix est réprouvée comme chose particulièrement

décisif qui consiste

:

et le nom même de l'Aréopage pour désigner les (108) Voir Glotz. L'idée fondamentale et originelle.[x£i. 934-3. a . on relève des l'état le traces du combat judiciaire (Glotz.. 882. (107) Noter dès maintenant l'expression "Apsw champions du mort. De juge- impie (749) d'une façon générale d'ailleurs. p. Mûller.. etc. Meister. xi Tcapisyt^Tai [jLapTÛpo)v ô 5iu>xwv (lOH) Arist. un souvenir de cela dans Esch. 461. Bacchyl. 741). dans le jugement d'Oreste (Eùrip.) qui. 326.. o. G. 1470. p. Il y a comme Esch. c. n° 1150) que cite et commente R. que le l'ait même de cette associamais entre tion qu'il y aura lieu plus tard d'expliquer plus à fond (106) .. p. Choéph. Cf. II. a dû être un moyen de vider un procès d'homile cide. et non pas à 'fovov mais sur la nature même de linstitution on ne saurait hésiter: cf. on l'attribuait à Athènè qui joue ainsi le rôle décisif dans les Euménides (v. p. 1' « assis- — victoire » à l'accusateur (110). p. T. /. Et.u)xsiv) cf. è'voyov eîvai xCo aôvtj) tôv Siwxovxa. Solidarité. qu'on a relevée. Griech. La cojuration représente une nouvelle dégradation de l'idée qui y préside est encore exprimé dans une inscription de Crète. 575. 1269 a 2 sq. concours et « lutte judiciaire » nous n'avons à retenir. 1908. du li<5 siècle av. Dissert. L. d'ailleurs incomplète. en rapportant tmv aJTou auyysviov à \ixpzjpwv. le souvenir des cojureurs revit dans la procédure de l'Aréopage où les parents sont associés dans la poursuite ((j. pour parler comme « Aristote ne s'agisse de cojureurs dont le plus exactement. Théof/.). jur.. Il y a encore des cojureurs pour une affaire de xpxûiJLa. Solidarité. suivant une tradition constante de <\)T/fix profite à l'accusé avait l'antiquité. 163.. 271 et s. 290. L. 13-16 o-rspa aura cause gagnée pour celle des deux parties qui fournira le plus de : : cojureurs ». Postérieurement. dans une curieuse inscription de Thèbes en Egypte. Voirchap.. XI. La cojuration offre ainsi le moyen de trancher un différend sans verser le sang (108).v6'. ridée dune lutte â>kXTf.\T DE LA PENSÉE et d'où vient que le procès d'hoquelles sont les conditions historiques. J.. — cf. : commis une erreur. dans un (110) « : . : ([Hés. Eschyle insiste sur le côté religieux de la procédure du vote dans l'Aréopage. On sait du reste qu'elle a son emploi spécial en matière d'homicide comme nous l'apprend entrée autres une loi de Kymè « (109) où » il n'est pas douteux qu'il témoignage » tance — assure sans combat la . 8.. Nubien. c'est l'idée de la guerre qui domine dans la vengeance du sang (107). Recht. est des guerres interfamiliales la volontiers représenté comme une lutte et ses métaphores sont des souvenirs. A Athènes. (106) l. II. : Le mot àywv signitie à la lois combat. EL. 1. m. Ch. 288. TÔv cpdvov Twv aûxoû aoyycvwv. R. 5734. et même. en général. pour l'instant. Eideshelfer im f/riech.90 RECHERCHES SUR LE D*ÉVELOPPEME.]. av itXnôéi. La règle essentielle qui veut que l'iaoson origine. Meister. donc pour un crime de sang ». — Kpivetv implique volontiers. entre le meurtrier et le vengeur. Ostraka ans jEf/ypten u. avec une bibliographie. Glot?. nous en apparaît comme le lieu privilégié? micide Cette constatation n'est pas insignitiante que le procès. 11. : tinal de la pensée. pp.. « il y v ixev ô' J. J. PoL. 0. SuppL. 1269. principe x' ot ttAisç o[[jLocrov':'-]. à rorigiue.. p. 6). justice retient longtemps l'image. Bonn. (Wilcken. des jalons se peuvent plus lointain et l'état retrouver. Glotz. et soc. o.

Class. [ôoxr. dont le sont dans le (112) R. mais de résoudre mécaniquement un démêlé entre familles et Tinstitution du témoignage étant d'abord dominée parle souvenir de ses origines (111). c'est la notion même de preuve que Solon imposait au droit l'idée d'une vérité objective reconnue par les esprits individuels. n" x. U. 560-1. et qu'il fût plus ou à son rang.).ap'c'jpa si xa [i. II. p. Gilbert. p. c'est l'absence cipe proprement psychologique de témoins qui rend nécessaire la décision propre du juge. permettait de départager deux groupes familiaux adverses. A mesure que le besoin moral de la paix s'affirme avec plus d'empire. le mot [xioT-jp est parfois employé au sens de cojureur^ ainsi notamment dans le passage précité d'Aristote. Mais : dans la législation de Gharondas (Hérondas. (113). intervient oj. nous voyons à tout le moins une oio>[j. o. 242. p. collectivement prêté par l'accusateur. Les témoins itspl toO fjôoy. jurent les juges. Meier-Schomann-Lipsius. l'appré- textedont rinterprétation est délicate ([Uém. c'est-à-dire un serment introductif d'instance par devant fAréopage. xa-ra évolution a eu lieu La — [j. la yvwfjirj otxatr. Le compte des voix a pour origine lointaine ce dénombrement des combattants qui. I. pp.. XLVIi. cf. c'est [j-ap-cûptov Gtio ôtxdcï^etv comme dit Eschyle.. p. ou oixaauîto. : aXaOsa même pour le serment en restrei- gnant le serment dêcisoire aux cas où faisait défaut tout autre mode de preuve. n. 1376 a 23 sq. Gilbert. 376.ocr'a. Par là s'éclaire tout un développement intellectuel. qui continue le sentiment à dessiner le schème du « procès ».. pour la conscience juridique. \. (111) Dans les textes. se transpose . 471. sans combat. en même — la conception primitive. et jur. G. sa femme et ses enfants (cf. Sur l'emploi du mot xptvciv dans : même Aristote même cas fait cf. une spécialité de [xâpxupô. /. le témoignage. juger. A. : savoir o.v. s'il n'y a pas de témoins? Il a fallu recourir à un prindans la loi de Gortyne. 127 et s. n. la loi I. a pu avoir une fonction du même ordre et du . J. 6-7) marque à la fois le progrès. se trouvait abolie juges étaient obligés à l'appréciation personnelle sur le point même de temps. (114) Cf. {Rhét. pp.]. . Appendice IIL (113) Cf. soc. la xpta^ (112). l. des juges en devient le champ : la pensée se libère. Meister. sùopxei'v ooxet {Lex. suivant laquelle le serment n'est qu' « une les ordalie en parole » (Glolz. Bonner. et la survivance inconsciente de l'ancienne : pensée : [jiap-jjps'. ce qui doit être le souvenir tfune institution ancienne. 85-6). Beiirâge. 19) (114).. 13. Beitruge. l'idée de la « lutte». 934-0.S. et souvent à un moins considéré comme mode de preuve que — rang inférieur le jugement de Cnido déjà cité (/. PhiloL. Seij. 466.) de Gortyne. 3. Et..JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 91 ment au sens précis. àio-ap-rupoiv £uvx(ov et détermine la xptcit.. 89. 70). il n'est pas encore question.T. Il a fallu aussi la conception même du témoignage se modifiât. J. lo4). premier rang : SuppJ.

considéré comme un droit primordial et c'est pourquoi la àv(ov'. à l'occasion.jj. Mais s'il est vrai qu'un pareil principe ait d'abord joué dans ces « tribunaux de sang » qui eureut pour fonction primordiale d'être des tribunaux de paix. dont on admet formellement.î^6[jL£vo. in Hermès. 110) Voir Ziebarlh. : vérification doit pouvoir s'étendre à la période historique cardans un droit comme celui d'Athènes. Justement. On de la traduira le fait en disant que la prime est une partie la cité abandonne à l'accusateur en récompense de peine que son bon vouloir. le sentiment individuel semble revendi- quer une primauté et comme manifester une intempérance qui auraient lieu d'étonner si l'analyse historique n'en dénonçait la raison. c'est lui qui fait l' « estimation » du délit. nous en pou- que la vons saisir et les antécédents et la raison d'être. et cette croyance. possède la somme . LIX. qu'il soit intéressé en Dans les àycovc^ t'.. l'affirmation de la conscience pensée positive nous apparaissent liées et nous disons que la notion du délit devient Quand rationnelle. par « consciences individuelles représentée ». cela signifie que la pensée sociale. et si étonnante majorité fait loi. est repensée au sens précis du mot. l'accusateur. dans telles institutions où Ton ne peut pas voir que singularité ou accident.. En principe. cette institution nouvelle. et. est purement les sentie et même essentiellement vécue. 11 arrive aussi. . est suspendu maintenant à la décision des consciences. devenue nécessaire. et le règlement d'une affaire. nous devons attendre que la notion générale du délit atteste l'influence persistante de ses origines. prime n'apparaît que dans (115) <' le cas d'une peine pécuniaire. 6). du vote. lieu . et — En somme. personne à la punition du coupable. qui à Toriginc Tapparition de la solidaires.yj'to'I. dont le développe- La ment est en somme récent. Le délit public est poursuivi par un particulier. cette confiance accordée par la société au sentiment individuel. et fréquemment.i)i fiECHERCHES SUR DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE ciation (11 5) naît. De là à première vue. pour- Le rùlc (Je ccUe appréciation» est sufïisammcnl marqué du fait qu'elle a pour des délits publics aussi graves que celui (rinipiété (procès de Socratc) oud' « illégalité Dém. lieclil. asservi d'abord à des réalités extérieures.. que le poursuivant touche une prime (116).. l'opularklaf/eu mif Delatorenju'iJmien nacJt f/riech. XXXll. ce n'est pas tout à fait cela sur — <( > : payée parle coupable.

JURIDIQUE ET

MOUALE EN GRÈCE

93

quoi elle en est presque toujours la luoitié au moins et souvent
les trois

ainsi

;

il

quarts. C'est le rôle social de l'individu qui paraît s'accuse dans un cas tout à fait typique un traité
:

entre Hiérapytna et Priansos, qui est déjà du iii^ siècle (Michel, n" 16, 1. 46 et s.) contient une disposition de droit public dont
si quelqu'un lèse la commuen essayant de rompre le traité, il sera poursuivi (aô'-xo!.7i) par le premier venu, qui fera estimation du délit (T'.jxajjLa er.ixaxa to aôuYi^a) et qui, s'il triomphe, recevra vpa'|a|jL£vo; Taç ôt-xaç le tiers de la peine. Ainsi on reconnaît formellement que la

on

a souligué l'importance (117)

:

nauté

valeur de

A

est appréciée, en elle-même, par l'individu. ràoflx/,ji.a tout le moins, en adoptant comme condition nécessaire et
T'l[jLr|a-!.ç

point de départ de son appréciation la

d'un particulier

timide de jugement, exalte le sentiment individuel de qui reconnaît et « estime » le délit; car c'est un besoin de la société que satisfait l'accusateur, en
bénévole,
il

semble que

la société,

épargnant pour une part la peine de penser; et sans être il recueille sinon toujours les honoraires, au moins la dignité d'une fonction. De cette abdication apparente
lui

fonctionnaire,

de

la société,

faut-il

chercher bien loin l'explication? La pro-

cédure bilatérale des tribunaux de sang s'est imposée comme modèle à la procédure criminelle en général (118) l'àvcov qu'elle
;

représentait est

devenu le prototype de tous les procès criminels; et le rôle du parent qui, pour la famille, poursuit la réparation d'un meurtre se retrouve, transposé, dans le rôle de
l'accusateur qui, pour
la

cité,

réclame

la

punition d'un délit

HT) Ziebarth, l. c, p. 616, signale le fait que, à la ditî'éi'encie des autres cas où intervient la prime, il n'y a pas ici de disposition législative prévoyant une peine fixe. On peut ajouter qu'il n'y a pas non plus, semble-t-il, de « contre-appréciation » de la part de Faccusé, et que ralternalive parait être entre une condamnation et un acquittement.
(s-,

xx

vi/taaT,'.)

(IIS) C'est ce qu'atteste le vocabulaire relatif à la « poursuite » criminelle en général. C'est ce que montrent aussi des pratiques comme celle du serment déclaratoire et inttoductif d'instance, imposé d'une façon universelle aux deux

moins

parties {àvTW|j.o!jîa, terme que le langage courant en est venu à assimiler plus ou à s'vxXt.jjlx, àvT'.ypa^iTi etc. R. J. Donner, Class. PliUoL, III, p. 176, à propos
:

de V Apologie de Platon)
étant, à l'origine,
les

:

ce double serment ne se

comprend bien que comme

une deux parties dans

déclaration de guerre légale » ; la S'.w;j.ocj{a prêtée par les atï'aires de meurtre, en vue de la solution pacifique de
«

ce vïîxo;, de ce -oX-uo^
la oiwixoïîa,

ô;j.o(Vo; (Orf.,

disons-nous, est

le

XXIV, 543) où aboutit la vengeance du sang, modèle authentique de toute àvrwij-oaîa.

9i
public.
l'autre.

RECHERCHES SLR LE DEVELOPPEMENT UE LA PENSEE

La
Et

oUyi interfamiliale, qui
les

légitimait l'un, a suggéré formes de pensée qui régnaient dans tout le

domaine des réparations privées, se sont étendues, nécessaires qu'elles devinrent, au jugement des causes publiques. Nous conclurons c'est par la pratique du jugement que la pensée sociale s'élève à la notion objective du délit; et c'est le « délit privé » qui a imposé l'idée et suggéré les formes du
:

jugement.
Est-il besoin de souligner qu'eu

reconnaissant au délit privé

pareil rôle, nous n'entendons pas renouveler ni réhabiliter les interprétai ions les plus vieillies du droit pénal? A aucun degré, à aucun moment ni dans aucun sens, on ne peut dire que le sentiment individuel soit le principe de la notion

un

de

délil

:

le

principe,

c'est la

l'offense à

la

collectivité.

Mais

représentation religieuse de pour que la pensée devînt

pour qu'elle se dégageât de la plus ancienne menhumaine, pour qu'elle pût s'apparenter déjà à un entendement logique et à ce que nous appelons raison, il fallut
positive,
talité

que la notion des torts privés, intégrée à la conscience d'un groupe supérieur, rejoignît, par un élargissement de sympathie, la conception du délit directement perpétré contre le groupe
celte intégration nécessita, spécialement à l'occalui-même sion du meurtre, l'élaboration logique que nous avons vue. Mais ces torts privés eux-mêmes, le sentiment premier en est:

il

individuel pour autant?
c'est

Il

s'en faut bien
;

:

le

sentiment prel'idéalisme

mier,

celui d'un
le

groupe familial

et

c'est

détermine. L'explication dernière du processus intellectuel est dans un processus social, dans un phénomène de synthèse. Fondu dans ime solidarité nouvelle,

propre à celui-ci qui

.

leysvo; se survit dans sa pensée, qu'il impose, mais qui doit aussi bien s'adapter adaptation qui se manifeste ainsi comme le principe de la raison commençante.
:

Du môme mouvement
:

d'ailleurs,

l'iudividu

commence

à

s'affirmer dans le droit pénal. L'individualisme n'est pas pridans une société plus large et complexe, mitif, il est dérivé
la dislocation des anciens groupes, pensée abstraite peut se proposer les rapports individuels comme un objet nécessaire. Et de là, non seulement la notion

et
la

maintenant consommée

JURIDIQUE ET

MORALE EN GRECE

95

du

générale, qu'avaient préformée les représentations magiques, délit privé et d'une victime individuelle, mais l'expression

même

du concept d' àÔuritjLa par son dualisme, par cette de polarité qui tout de suite s'y marque, par le privilège espèce qu'y revendiquent tour à tour le « public » et le « privé », elle
:

atteste

pensée de l'atteinte aux individus large champ de la conscience collective. Et la occupe déjà fonction sociale de l'accusateur pourra commander, même exercée à son profit, la procédure des actions publiques.
société

une

la

un

CHAPITRE

II

Ï.A

NOTION DE PENALITE

Une étude
seulement
désigne
le

des termes qui désignent la pénalité n'est pas complément naturel de Fétude du terme qui celle-là doit confirmer et éclairer les résultats délit
le
:

que l'idée du délit implique le acquis par sentiment d'une certaine forme de solidarité, l'idée delà peine,
celle-ci. S'il est vrai

réaction collective au délit,

doit l'impliquer aussi. Il est seconde étude nous fasse pénélégitime d'espérer que trer plus avant que la première car, pour brutale qu'elle soit

môme

la

:

en un sens,

la peine, institution sociale,

ment

En outre, par cela seul que plus direct de la société. la peine vise un coupable et venge à l'occasion une victime,
l'étude des termes qui la désignent est une préparation immédiate aux deux études que nous nous sommes surtout proposées.

manifeste un senti-

En
le

soi d'ailleurs, elle présente aussi

un

intérêt général

môme

que

la

précédente

:

nulle part peut-être

mieux qu'en

Grèce, ne se laisse analyser, dans le vocabulaire même, l'ensemble des représentations dont l'idée de peine est faite; nulle
part on n'aperçoit mieux, en somme, un passé sous-jacent au présent nulle part on ne peut mieux définir les conditions où
;

se constitue la notion abstraite et conceptuelle de la pénalité. En décrivant les différents aspects de cette notion, c'est du

familier et

du banal que souvent nous retracerons puisque la conception moderne et « rationnelle » de la peine comporte des éléments qui nous semblent tous vrais sinon de toute antiquité, du moins par eux-mêmes mais nous verrons que de ce fami:

lier et

de ce banale de cette

« vérité » et

de cette

«

raison

»,

une explication historique et génétique est permise. Notre point de départ sera l'époque classique ce n'est pas seulement prudence inductive ce n'est pas seulement qu'elle
:

;

98

RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMEiNT DE LA PENSEE
le passé,

nous permet de remonter dans
large
d'investigation, et

car

elle

présente un

d'expliquer, champ objet capital, les conditions qui commandent la naissance d'une c'est aussi qu'il n'y a presque pas de pensée rationnelle
:

ce qui est notre

termes désignant la pénalité en dehors de ceux qu'elle nous offre, et qu'en particulier, la représentation la plus ancienne
de la peine, celle du supplicium, n'est plus directement traduite en grec par aucun mot.

A

l'époque classique, et surtout au

iv^ siècle, les

termes qui
l'unité est

désignent la pénalité, répondant à

une fonction dont

plus ou moins clairement perçue, sont synonymes dans l'usage

courant

:

T'.jjiwp'la,

srjjjLta,

ô'ixr,,

xoXàîJeiv

ment l'un pour l'autre chez

les orateurs.

s'emploient fréquemMais d'emblée, et d'une

première vue superficielle, nous y distinguons deux groupes. L'un se rapporte exclusivement à la répression collective il est représenté surtout par les mots Ç'oi^'-a et xoXàÇeiv dans l'autre
:

;

s'est

maintenue, indépendamment de
et Tt-ucopia
oiy.r\.

cette idée-là, celle d'une
:

satisfaction obtenue par l'individu

lésé

nous y trouvons

les

termes
ces

deux

dire tout de suite que successivement, seront aux centres des deux groupes,
:

Nous pouvons

parties de notre étude

à l'analyse, il apparaîtra qu'ils supen eux-mêmes, des représentations assez différentes. posent,

La peine comme
Même
est

réaction personnelle.

d'une notion morale complexe

premier plan qui retient, accapare d'abord la pensée commune, et qui, le terme prononcé, s'impose tout de suite à la conscience des
sujets parlants.
Il

passablement

— complexe

et celle

de pénalité

il

y a

comme un

se dessine surtout, cela est naturel, dans

l'idée verbale. Et

généralement,

primitif dans
l'instant

la notion.

y — C'est ce premier aspect, ce
l'idée de pénalité,
:

il

reflète ce qu'il

a de plus

appellerons l'aspect

immédiat de
Çt,ijh.oGv

que nous que pour

nous nous proposons d'étudier

nous

le

décrirons sur-

tout d'après les termes d'en rendre compte.

et xoXàî^sLv, et

nous essayerons

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE

99

I

Une première remarque s'impose
désigner
la coercition

:

les

exercée par
si

le

chef

pu — cette idéequi laquelle à
du droit
Il

termes

ont

Mommsen

attribue

pénal romain

grand — ont à peu près (119)

un

rôle dans la formation

disparu.

des traces d'une pareille notion, soit que les soit qu'on s'agit apparaissent eux-mêmes isolément, puisse de certains mots que l'idée de coercition y induire des emplois
fût d'abord présente, soit que, par

y a pourtant termes dont il

un

transfert intermittent,

des termes qui ont normalement une autre fonction soient appliqués à l'action répressive ou disciplinaire d'un Conseil, d'un prêtre, d'un magistrat ou du chef de la famille. L'idée

donc pas abolie, elle reste en quelque sorte souterraine, et nous verrons, dérivation singulière, les notions qui se rattachent au pouvoir disciplinaire du paterfamilias réapparaître dans le régime de la cité, à propos de la pénalité sociale. Mais
n'est

dans l'ordre juridique, table rase Owv^ a disparu; eTriTiQsva», ou du moins de sujet; sjOuvat. devient rare et change de sens,
:

désigne tout autre chose à l'époque classique que ce qu'il a dû

désigner dans

le

principe (120).

La

cité s'est substituée
:

au chef. Et ce n'est pas
le

une

vérité
et

toute formelle

l'idée d'une coercition exercée directement

comme personnellement
qui,
à

par

groupe a pénétré

les

deux mots

l'époque classique, désignent de façon expresse et exclusive la pénalité sociale. Yoilà qui est remarquable pour qui considère que ÇyijjlU, comme nous le verrons, ne contient ni dans ses débuts, ni sans doute dans son étymologie, le principe

de cette notion, et que
(119)
(120)

/.oXàÇeiv,

mot relativement récent
i.

(121),

siècle encore est-il absent (121) de Pindare, et Eschyle n'a-t-il que l'adjectif xoXaaxriç. il n'y a aucune raison de penser qu'il ne date que de cette époque-là mais il est visible que le sens, du moins, en a été refait, et qu'il n'a plus alors qu'un lien très lâche avec la valeur
:
:

Mommsen, Droit pénal romain^ liv. 11. cha)». Sur tous ces termes, cf. Appendice IV. Dans nos textes, il n'apparaît pas avant le v*

étymologique.
Prellwitz,

On y retrouve
2,

la p.

môme racine que
233;

dans

l'adjectif xdXos, «

tronqué

»

:

Elym. Wort.

Boisacq, Dicl. étym., p. 486; 0. Schrader,

100

RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE
trop

ne comportait d'abord qu'une valeur d'emblée le sentiment d'une répression Pour bien comprendre, eh effet, la deux termes, il n'y a qu'à observer

vague pour

fixer

émanant d'un supérieur.
valeur

commune
quelle

de ces
ils

avec

facilité

viennent à désigner çà et là, ce que nous indiquions en commençant, le pouvoir disciplinaire d'un chef et, plus spécialement, plus juridiquement en quelque sorte, d'un Conseil.
Pour xoXà^siv, nous verrons le rapport particulièrement étroit qui le lie aux idées de coercition familiale. Mais d'autre part, c'est aussi le mot qui
se présente à Tesprit de

Xénophon quand, décrivant
:

Sparte,

il

insiste sur la discipline exercée

les institutions de par certains magistrats (122) ou

sur

le

pouvoir discrétionnaire des Ephores
o't

T'jpavvot xat

èv xoT; y^H^^ixoT; àytimi^

èirtaruàTat,

Rép. Lac, VIII, 4 oidirep ol xiva alaôàvwvxai -^'v Tiapa:

vofxoùvxà Ti, eùôùç

son emploi

7rapa)^p^(Jia xoXà^ouai, où itapavofJioùvxa, conformément à plus général, désigne celui qui contrevient non pas à une loi définie, mais au vofjtoç dans son acception la plus large, à reùxoajjLta, etc. Les deux rapprochements qu'indique Xénophon sont à retenir, surtout le
le
:

l'idée de xoXàÇeiv, ici, prolonge celle de la coercitio exercée au second cours d'une fonction religieuse. Quant à l'emploi favori dexoXà^siv en parlant des tyrans, on le notera dans Isocr., IX, 43, Arist., PoL, VIII, 11,

1315 a 9 et 20

(cf.

Newmann dans
de Platon,

Dans
849
il

la cité idéale

c'est

son édition de la Politique, IV, p. 473).— encore le terme qui désigne la punition

infligée d'oliice, par les

A;

IX, 881

D;

représente le Nous ne connaissons pas d'exemple où xifjicopo; soit appliqué à Zeus comme l'est xoXaoxT-; dans Esch., Perses, 827 ou Eurip., HéracL, 388 xijjiào:

nomophylaques notamment {Lois, VI, 775 B; VIII, Dans des textes plus littéraires, châtiment infligé par un chef (123).
XI, 932 B-C, etc.).

épithète d'Hermès, Esch., Ag»., 514, signifie « protecteur » ; PpoTîov Ttjiaopou; Ôsoùî àvtoôev, Id., ibid., lo78-9, suppose les Dieux comme « vengeurs », comme assistant et garantissant la vengeance du sang;
poç,
xi[ji(op6;,

comme

qui est couramment joint à ôixr, ou aux 6eot utto/Ôôvioi, se réfère à d'autres représentations qu'à celle du Dieu-chef. On observe en outre que l'idée de xoXâÇetv, dans les exemples que nous citons, ne sau-


:

rendue par ôtxr^, ni même par -ifjLwpsïaOai; l'idée d'une coercitio exercée par un chef est absente de ce dernier terme sans doute, dans
rait être

.

Reallex., p. 837; peut-être y aurait-il lieu de penser ici, pour les origines, le rapprochement n'a à la mutilation qu'une valeur bien conjecturale qui est une des formes de la vengeance privée dans le très ancien droit romain.

mais

(122)

Xén.,

Rép.

Lac,
:

II,
;

2

:

toiîtov

Si

curgue)... Icrxupûî xoXâ^etv
(123) Soph., Aj., 1107-8
cf.

même

emploi,

(pédonome) -aùçho^j ètioîTjîs '^^c LyII, 10. Cf. Ephore ap. Strabon, 483.
xal xà
aéjjiv' ëirri
:

àXX' wvTtep

àpy-'.<i àio/e,

EL, 1462-3; Eurip., Bacch., 1322 (Penthée à Cudmos)
to

Xsy',

xôXaC' £x;(vaw;; wç xôXiÇw xov

iS'.xoû'/ra j',

Trâxep.

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE
Xén., Rép. Lac,

101

IT, 8, xoXà^ouat, alterne avec xifxtopoùvtat; mais il s'agit alors de la punition inlligée par « les Laoédémoniens »; id., i6., II, 2, è'ôcoxe (Lynirgue) 8" aùx^t (pédonome) xal xwv -^lôwvtwv dTzis};

fxaaxiYocpopouç,

xijjLwpoTev

ô'te

ôéoi, l'emploi

de

l'actif est l'indice

d'une notion spéciale
«

:

les
le

[xaoTtYocpopoi n'agissent

pas pour leur compte, mais

font respecter

»

pédonome. Pour Çrjfjnoùv, nous relevons chez Xénophon des emplois parallèles à ceux du précédent, à propos des nomophylaques {Econom., IX, 14), à propos des Ephores (Rép. Lac, VIII, 4). Même analogie, et courante, dans les Lois de Platon, où il semble que le philosophe transpose systématiquement l'idée athénienne, et rapporte aux magistiafs ce que sa patrie dit couramment du « peuple » Ainsi IX, 866 C, à propos du meurtrier en rupture de ban, ol vo[jio<p'jXaxe; ôavàtttj ^r^{j.iojvxtov aùxov, où le terme représente plutôt un pouvoir d'exécution que de coercition mais le premier dérive du second, et retient assez de ses ori<,'ines pour que les magistrats soient dispensés de toute procédure judiciaire; X, 910 C, l'action disciplinaire des nomophylaques e!?t exprimée de façon typique « si quelqu'un sacrifie à un autel particulier, qu'ils s'efforcent de l'en détourner par des avertissements », t^Tj Tret6ovxe; 8è, ^TjJjhojvxcov, etc. Dans [Lys.], XX, 4, c'est au pouvoir coercitif (cf. Xén., Econ., IX, 14). des magisirats qu'il est formellement fait allusion, aùxov TQvaYxa^ov, èiriôoXà; èutôàXXovxs;; xac ^TjjjLtoùvxsç, la ^r^iiix paraissant plus arbitraire que ne l'est l'èirvôoXT^. Est-il question d'une amende? La dualité de l'expression semble indiquer une autre pénalité. En tout cas, notons tout de suite que la ^Tjfjita infligée par voie de coercitio au sens strict est assez souvent une peine pécuniaire. Le terme associe alors deux sentiments qui ne celui de la coercitio elle-même (de là l'emploi laissent pas de s'opposer ôajjita, dans un texte de Gortyne, caractérise le prédominant du verbe;
: :

:

pouvoir correctionnel du magistrat, /. J. G., 1, p. 436) et celui d'une pénalité réglée. Cette espèce de contamination n'a pu se produire que du moment où le pouvoir exercé par des magisirats ou un Conseil se
;

l'idée

trouva limité par des mesures législatives (cf. Appendice IV). Quant à propre de l'amende, son origine profonde doit être cherchée ailleurs, nous le verrons, que dans l'action disciplinaire du chef. D'autre part, nous voyons Cr({i.toùv désigner la peine infligée par des
:

prêtres ou des magistrats au cours des fêtes religieuses Prott-Ziehen, Leges Graecorum Sacrae, l, n" 12, 1. 26 (décret relatif à la réorganisation des les UpoTioiot auront le pouvoir de C^ijJitov xoù;; àxoajjiovHéphaisties, 421) xa?;" II, n<» 88, 1. 24 (décret d'Erétrie sur les fêtes d'Artémis, milieu du
:

iv« siècle)

:

ol

ÔY^{j.a pj^oi...

^Yjjjitoùvxcov

xôv àxaxxéovxa xaxà xov

vôfjLov

;

les

démarques agissent
vojjieïv;
I,

à l'occasion d'une fête religieuse, àxaxxsTv uapan° 29 (dérrel relatif à la célébration des petites Panathénées,
ici
iv« siècle)
:

=

2* moitié

du

xaï? ex]

xwv

v6|j.tov ^r,[j.(ai;;

xoù^ os kpoTcotoù;... ^T^fjiioijvxa;; xôv iif\ '7rei0ap)(^o[ùvxa Michel, n° 702 (loi des Amphictyons xot i]apo:

|jLva[{i.]ovc;

J^afjiiovxwv oxivt,
J.

xa

8 tx

ai

tôt

âoxïii
:

e

!,[j.£

v STttl^afjiitoi;

n°1336

(Epidaure)

Gr.Sept.,1, no 3073 (Lébadée)

ÇrifxiwÔVjaexat, 6iro

xwv

vaoTrotcov

102
y.aOoTt

RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE
i
;

Stv (paîvr.Ta a^io; elva •.... i. J, G., I, une inscription de Gyzique {R.E. G., VI, p. 8, 1.21

p. 494,

1.

3-4; etc.
le rôle

et s.)

Dans du magis-

trat retient le souvenir

du marché

»,

d'une fonction religieuse, celle qui assure la « paix nous lisons que le contrevenant sera maudit, Çr^fjiioudOat te

ûrô xwv [àpxôvJTtov xal àva/OlvTa eU tov ôt^jjlov.... (cette dualité, du pouvoir du magistrat et du pouvoir du peuple, semble attester le changement des institutions qui a substitué celui-ci à celui-là).
Enfin, dans un usage particulièrement notable des deux termes, usage qui paraît assez ancien et plus ou moins fixé, ils se trouvent appliqués à TAréopage : Aristote, à deux reprises dans la Constitution des Athéniens,
et

comme

par une formule consacrée, nous dit
;

qu'il avait le

pouvoir de

Çr^lJiioùv

xal xoXàCeiv

conditions, le

même
:

où reparaît, dans les mêmes mot xoXà^etv, accuse le caractère à demi-technique
uii

texte d'historien,

de l'expression
^7)|jitoOcTa

Aristote, 'A6, IIoX.,
Trâvxa; xoù?

III,

6 (constitution de

Dracon)

:

xaî xoXà^ouaa

xai
:

xupîa

àxoa(i.oùvTa? xupdo;; VIII, 4 (constitution de Solon) ou(Ta xai [^Tjfjit[oùv] xa-. xoXà^e-.v. La première expression surtout est

à relever, représentant le pouvoir de l'Aréopage comme en acte, plutôt que défini par une théorie constitutionnelle que le chapitre sur la constitution de Dracon soit ou non authentique, le texte indique en tout cas
:

dont on se représentait la « juridiction » de l'Aréopage pour une époque reculée. Au demeurant, que signifie Çr^|jiioùv ici? On le comprend parfois au sens de « frapper d'une amende » par opposition à xoXà^eiv, « frapper d'un châtiment corporel » (Haussoullier, Rev. de Phil., 1893, p. 55, n. 1); l'interprétation n'est pas certaine, et nous pencherions plutôt
la façon

de B. Keil (Die Solon. Verfass. in Ar\ Verfassungsgesch., 1892, semble voir dans les deux termes comme deux aspects moraux de la même idée l'aspect-discipline dans le cas de xoXà^stv (pour l'usage d'Aristote, cf. R/iét., I, 10, 13G9 b 12), et l'aspect-châtiment dans le cas de Çr^fxtoùv. L'alliance des deux mots paraît toute faite; le redoublement même de l'expression accentuerait l'idée de coer-

pour

celle

p. 102, n. 1) qui

:

cition.

Phanodèmos et Philochoros ap. Ath., IV, 19, p. 168 A F. H. G., I, p. 368, fr. 15 : ô'xi toÙ;; |ji£v àatôxo-j; xal toj; [ir, è'x tivo; "Trepiouaia^ J^tovra; xo TtaXaiov âvexaXoùvxo xe oi 4>. xac 4». 'ApeoiraYTxai xaî èxoXa^ov, ifixôpr^ffav KoXdt^eiv est encore appliqué au pouvoir disciplinaire de l'Aréopage

=

dans V Aréopagitique dlsocrate, notamment 46 (cf. 22 39). ZT,|jLtoùv, se pénétrant de plus en plus de l'idée de peine pécuniaire, est spécialement appliqué, à l'époque classique, au pouvoir que possède la Boulé de prononcer des amendes jusqu'à un certain chiffre ([Dém.], XLVII, 43 :...
;

Î^T,{jiiu)(ieie

xaT;

Ttevxaxoatai?,

ojoj

r.v

x'jpta

xaxà xov

vofjiov),

tandis

que

xoXdÇeiv,

en pareil cas, a perdu sa raison d'être; pour le rapport qui s'établit ainsi entre les deux termes, cf. [Dém.], LIX, 80 è^r^fztou xov 8eoY£VT,v oja x-jpta èaxiv... où yàp aùxoxpâxopé; etatv w; âv SoûXwvxai 'AOtj:

vattov xivà y,o/À70L<..

.jjloç retournant contre les magistrats cette idée d'autorité qui faisait la bonne conscience àpx.. la préoccupation des formes. n" 4) à l'égard d'une prêtresse. 104 sq. [xiapoûç t£ xal oÂiyap^txoû.jxioûv. qui y ajoutent.évT. 29) et (Appendice IV). s'impose au sentiment juriau moins depuis la fin du v* siècle avec une certaine dique — — obsession passionnée (125) . Solon ou tel autre. et lorsqu'il laisse à un prêtre ou à magistrat un pouvoir restreint de répression. IV. cf.v implique que la notion d'une justice organisée n'est pas.(«)tj. xoXâÇsi aÎT'. l'idée de — coercition que représentent les mots Çrijjiioùv et xo>. 191. V. l'inverse. leur dit-on) qui : établissent les lois. le . un élément nécessaire dans la représentation immédiate de la pénalité. Une . dans c'est le j-jrsjO'jvoî fonctionnaires religieux. c'est le même qu'on aperçoit dans un emploi de ÎIt. Sans doute.. appliqué aux membres d'une société religieuse (Foucart. l'idée du Ossixô. cela n'est comme un punit un chef (124). (126) . même à l'époque classique. la punition infligée par les prêtres mêmes ou les du chef. et pourtant. 48. Positivement. le St.. privés » et tout particulièrement dans les affaires tout le Contre Aristocrate de Démosthène) .O'^'^^î ûfj. de V « établissement » des lois. disant d'elle toùç : On notera ici w. Assoc. Négativement. et notamment les fêtes religieuses. a de lui-même il punit : risés. modifient. alors que c'est le terme consacré pour désigner. l'idée que le souverain pouvoir du peuple n'est pas soumis au respect légalité strict d'une que d'ailleurs il promulgue et définit (126) se manifeste (124) Par là s'explique l'emploi quelque peu péjoratif de xoXâî^siv dans un passage où Platon [Réf. p.xsîv (n. avec ce sentiment d'un droit souverain que les grandes réunions. il y a là un mandat. change d'orientation ce n'est même plus le législateur. dans le vocabulaire une sorte de « choc en retour » du sentiment. prêtre ou le Conseil auto- pas indifférent ce n'est pas seulement l'idée de pénalité que les deux termes expriment. relig. affirment et concentrent en lui. la délégation d'une charge qu'il est toujours prêt à exercer lui-même. en pareil domaine.v comme il est à l'occasion le chef.JURIDIQUE ET MORALE EX GRÈCE 103 : Par là se manifeste bien ÇviiAiojv le sens de la notion soit que le sujet des verbes et xoAiÇs'... c'est le peuple.àÇ£'. ce sont les Athéniens (ufieTî. mais un générale sentiment collectif très défini. suppriment — ou confirment. 562 D) récrimine contre la démocratie. normalement le peuple. ces emplois attestent la bonne conscience que le SrjijLo. c'est que ce respect de la procédure judiciaire se manifeste surtout en matière de « délits d'homicide (Ant. à pp. etc. (125) Une observation qui concorde bien avec la thèse soutenue dans toute notre l^e partie. — même phénomène que nous observons dans iS-. de la procédure régulière.. Par le fait de l'évolution « démocratique ».

7. lui donner une valeui. soit qu'il se conçoive libre d'agir contre le délinquant avec une brutalilé directe. pp. XXII. Le sens s'en trouve précisé parThuc. Même après le rétablissement de la démocratie. le peuple <]^T. héritée des anciens âges. ne s'applique pas seulement aux cas traditionnels (voleur pris en flagrant C'est institution en dernier nomothètes et de TépicheirotoniÊ des lois (dont traite. Perrot [Droit public alh. non seulement le peuple est tout à s'en attribuer l'institulion. il n'admel pas qu'on la lui oppose.. est 26.. caracté'istique : on àxpixou.]. que semble prévoir Dém. ouç xà Tz'krfio^ ijuvsXôôv xai Soxt|xâaav îypi'J^z.. et minelle (par exemple. Eschine. . Mélanges de droit public grec. : comme des orateurs où des citoyens Xén. soit que le ot. presque sentimental car lui faire signifier l'assemblée du peuple. Hellén. àiréxxeivav. » : cf. 42 : lîavxe.6o. HelL. L'illégalité Hell.104 RECHERCHES SUR DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : la loi. 12).. depuis la fin du v^ siècle.) manifeste un pareil état d'esprit elle ne fonctionne d'ailleurs quaprès le rétablissement de la démocratie. 368 E. XXIV. contrairement à l'assertion de en particulier définir le droit en matière crides décrets I.ijlo. XXV. collective se produit ainsi I. Nombreux sont les passages celle des lieu. Les cas les plus significatits sont évidemment ceux de V « atimie à l'intérieur » qui se continuent en pleine époque classique. par exemple à l'égard de la femme adultère qui paraît dans les cérémonies religieuses (loi citée dans [I)ém. la pratique ne disparut pas on y pensait du moins spontanément pour tirer raison de marchands de blé accapareurs (Lys. ce serait contredire les institutions mêmes du iv*' siècle (cf.. 2)..|. Mémor. II.y I.constitutionnelle. n. et trouve « scandaleux qu'on ne lui laisse pas faire ce qu'il veut » en matière par intermitlence de justice pénale (Xén. soit qu'il autorise contre des criminels d'Etat convaincus ou pré- sumés la violence irrégulière des particuliers. p. Xén. 7. 208.»{aiiaxa. Athéniens pour délits publics dans la période de troubles qui suit le régime des Quatre-Cents. à propos d'individus condamnés par les : où il s'agit d'ennemis.. La procédure sommaire de 1' àraYWYr. I. L'idée de coercition comme à l'état pur.. 336. 13-14 commise à rencontre des généraux des Arginuses 34) aboutissait à les condamner « sans jugement . 175). Handb. 2. yip outoi : vôjxot elutv. L'expression toute faite de xaTa4^Tj(p't£(TGai la trouve dans Lys. décide par son vote et « sans jugement ». immédiate et spontanée de la part de l'assemblée populaire.. 5 et s.. 20). 67. Francotte. une àiraYWYT^ [manus injectio aboutissant à l'exécution) collective. LIX. Ax. àxpÎTou. 89. » : Théoriquemf-nt d'ail- ne vote que des peuvent avoir un objrt général leurs. et 1^. (Xén. mais ces « décrets » permanent. Gilbert. « 3j. la eux-mêmes 1. [Plat. création de la loi est rapportée à l'ensemble concret et vivant à relever la définition de la loi que donne Périclès dans . cppatÇov S ts SeÏ iroieiv xal i fiT„ où xô T:Vr.. 183)... p. a d'ailleurs un sens très général. 7. mais à corlains moments disposé de crise. H.. le décret de Cannonos.

'analogie de la législation athénienne dont Erétrie a naturellement subi l'influence lors de la première et de la seconde ligue maritimes. dans la notion brute de la en le retrouvant dans le vocabulaire.. 486 A. au groupe concret la cité. ici et ailleurs. 18. dans la représentation la plus immédiate. AU. depuis 409 — se nomme 7roXé[jLtoç. Pœna dans le Dictionn. le type en est offert par le décret de Dèmophantos (ap.. et que la pénalité prévue doit intervenir d'elle-même et de plein droit outre : son [6àvaxovj o. on pourrait faire valoir . 60).. il faut agir tout de suite où l'exécution sommaire approuvée après coup. 124-5).. le justifie en disant que. p. des Ant.. o[rj(jt. Léocr. XII. par un procès fait au cadavre délits. 96) en matière de xaxàXua!. c'est le fait : Verbann.. venge lui-même voilà l'élément essentiel. C. le parlait Il de Ainsi rapportée à la société tout entière. Gorg. 1.. Lycurgue. no 110. et que le droit ne paraît : pas toujours prévoir explicitement (Kscli III. . le sens profond et les conditions détermi- . 5-55 à l'époque classique (où le proscrit à Athènes. IX. et sans même d'un individu fut (H2-114). Mais ce qui est encore . 9 et s.oLicc^i^^oiay. Lys.ev/ — du moins suivant une désigner. xoù or^iio'j. Andoc. que certains criminels sont l'objet d'une proscription ipso jure. I. 16 Dém. qui le rappelle (C. p. p.. art. cf. par un transfert suggestif.JURIDIQUE ET MORALE EN . I. il est dit tout court du coupable de trahi: — aùxoù] xaxeyvwaÔa'' xal xà j^pr^ixoLXot. /. p. 130. meurtrier en rupture de ban) de délits contre la cité. 346) qu'il n'est pas question d'une condamnation en justice. I. p. interprétation qui paraît plausible l'exécution ipso jure d'un « hors la loi » dans un décret d'Erétrie (Dittenberger ^.. u. — Usteri. GRÈCE 105 elle a d'autres emplois en matière délit. 322 rapprocher Plat.). .ô(Tta eTvat. ap.. Alexis.. « ennemi public »). des emplois propres au nouveau régime continuation obscure et adoucie de l'atimie primitive. et qu'il est permis à tout le monde de les frapper « sans jugement ni décret nominatif » (Glotz. R. Usteri. Lyc. 522) voir tous les cas de « mise hors la loi » recueillis par plus significatif.. jEcht. « die unfehlbare eintreffende Strafe ». t2i. pour de pareils attendre la tentative . . l'idée de coercition n'est que l'enveloppe d'un sen: Le groupe . . . 226 A-B cf. Ath. Lip^ius. le sentiment de la vengeance collective. relève avec raison contre Thalheim {in Hermès ^ XXXVII.. nous en pénalité timent impérieux se : pourrons définir nantes. . il cite le cas On voit même une fois le terme y.. Léocr. pp. : xaxeYvwaSai qu'il invoque avec raison comme indiquant.

v (127) l'exprime normalement et sous une forme quasi pure. que connote même en même temps chacun de ces termes. XXV. se croit tenu d'exprimer formellement (Lois. dans le droit public. <t>())X£(«)v 6â ne se croit pas justiciable d'Argos on observera du reste Y?.. 917 C). 286.23. 114 . 43 . Notons d'abord que Çrijjiia qui.. et que : est . 146. que Platon. 135. mais si nous considérons la masse importante des discours démosthéniques. Platon. : . 212. a.loL. mais. (128) J'écarte ceux des proœmia et du second Contre Aristoqilon. 771 où 7rpoaT. ÇriiJLta qui. et couramment.. 36.v 6u(a6?. à l'origine. 784 D XI. (127) Le principe même de la coercition collective est fortement marqué' dans ce vers d'Euripide. qui relient encore le sens de réparation privée pécuniaire. à l'occasion il faut qu'il (V. 113 . : . VIII.vaî ou d' so-^axal Çri|jiîa!.hxfi\ XLV. . 119. et pour le verbe dans la grande majorité de ses non seulement l'un et l'autre ont toujours cette emplois valeur dans un discours aussi long que le Contre Léocratès de Lycurgue. Et cela en dépit des notions différentes. 19. Lys. ..Lyc. nous voyons que. d'ôp^v). 7. 218). 29. à « tous » les Athéniens Andoc. presque contradictoires. Xén. : IV. XX. 126. XXI.. KoXàÇs'.. Soph. Platon.. 562 D Arist.]. IV.. (129) XIX. pour sujet.. IV.LIV. Cf. C. dit Pylade qui que itpodi^xeiv est le terme consacré pour exprimer un rapport de parenté. 10 . 731 A. : \2. 167.e au singulier (128). 40. dans les Lois. la collectivité et il ne manque le plus volontiers. De là cet emploi fréquent de xoXiÇsiv avec.ojv . Rép.e offrent une multitude d'exemples de Criat. 439. . HelL. 74 . Or.. I. et que dans presque tous les exemples du pluriel. — ..XXIV. et surtout Dém. XXXIX. veut que tout citoyen soit vin xoXâsoJv et en acte. 80. impliquait l'idée de vengeance privée. I. est vivant. 762 C. 21 .). PoL. etc. XXIV. 731 C) agisse en personne contre les — : délinquants (VI. 6. puisque le verbe seul ridée de le sujet en est d'ordinaire le peuple unie par un lien nécessaire à celle de xoAàÇ£t.sv xoXâÇsiv ToïaSe.. dans ii^-iù^ioL et 8Uri. c'est à la seconde pas d'exemples où les orateurs en usent personne du pluriel —en s'adressant non seulement au jury (ainsi [Ant. le sentiment apparaît intense dans 'C. 25. sur 25 exemples de ÇnjJiia lui-mêm. V. Esch. Sous des formes diverses. admet cependant aussi.. comme théoricien. 1306 a 36 sq.xo|j. Œ.r\\k.lOT) RECOERGHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE Le déceler d'abord n'est pas difficile. 7. LV. XXIII. les prosateurs de tout ordr. etc. D cf. par delà le jury. Dém. le sens de pénalité c'est le cas pour le substantif le plus souvent. dans V « atimie » de l'époque classique. il s'agit de o£'. cf. a le sens si connnu d' « amende ». il y en a 13 oii le terme est associé à QàvaToç (129). 131 252. Dém.

XIII.i. Si/aiov slvai TaTç aÙTaî. Esch. 6. sans ailirmer que l'expression Ti[xwpstî9ai ôavaTw manirencontre Jamais. p. XXXIV.(jaT9at 5. LIX. XVIII. ne faut pas que la ville soit « frustrée de sa venôirèp u[jia>v : geance (134) ». 132.. a déjà signalé le fait pour effet évident à vrai dire. Au vrai. — de le toùç cette xo'q aùxoTî ^T..sv(i). le verbe et le substantif. à propos de la lepoTokiTi et delà ^. Dém. 141. crim. !^T.. 214. XXIV. Léocr. . pourquoi nous le voyons assoà une notion intensive du délit un acte criminel par quoi c'est : comme dans le en elle.(opla et oUti. Tiji. <sk 93. opY'/i mais le substantif.. C. expriment de temps en temps l'idée d'une pénalité violente infligée plus ou moins directement par le groupe lui-môme (d3o). c'est plus souvent le verbe Tip-copelo-Oa'. OivaTov cide suivant la qualité de la victime cf. 83: [Dém. . de son côté. MORALE EN GRÈCE ^/iix-la 107 faite et est une phrase toute consacrée...wp'la (132). respect de ses Dieux. [J- î 'AkoT7f\ ypTiiJLaTwv 67)[JLoa(wv : . C.[j.o\i%e<5Hi. 111.q Y. ^fiiiU contient l'idée d'un droit fortement la satis- répressif. Isocr.îJ.jLyc.. L'un et . 59... 64 (poT. C. avec les Evolution la peine in Arch. XXV. T Hyper. StaxpouCTÔf. reste. nous voyons cité. droit comparé. 82.. 21 (132). L. 1237-8 : tw Se ^ûfxiravxi.wpta. 7. XIII.[j. de vengeance trans- posée de l'individu à la et il est en T!. d'anlhrop. Quant à out). telle est moment. ffxpaTw ). a.. dans le respect du sacré qui est provoque une réaction violente dont on n'admet pas. Gàvaxoç scttiv t. ex. dans sa sécurité. 19 . Dém. sur le directement atteinte.67)(jai 8' £[xol à6i%ou[j. [xèv (133) Par exemple Dém. [Ant.[xioûv ôavotTw est l'expression technique les anciens législateurs n'ont pas gradué la peine du (131) Lyc. .. analogies qu'offre [xw pf. Z. Makarewicz. TtixwpV. Lys. Lyc. C. nous pouvons dire que nous ne l'avons pas relevée festement. 147. se trouve (134) qui en souligne assez la valeur. : qu'elle soit proportionnée à l'offense ou au dommage Par et c'est cette réaction qu'évoque expressément le l'idée motÇ7]jjif:a(131). XXI.vai T'. Léocr. XXIV. ni la peine de l'homimais pour toutes les infractions. — Tf.'^ cipiffav elvai tV ^'"i : : . 86 Esch.]. Philipp. IV. Thuc. Soph.. 1 : ïSTai.-T\\i. exercé par la faction de sa vengeance cié la cité communauté elle-même pour .. cf.115. PhiL.]. VIll... XXV. etc. 156.{a è'pyotç Pour « irritée STTi^etpoûvxaî » et qui ne calcule pas.é^w TdtS' IXÔwv. il est superflu d'indiquer des exemples d'une expression aussi du — ne se (130) A l'inverse. .. 197. (133) qui reflète ce sentiment : On — phénomène attendu associé à l'autre. 6a vol ni la peine du sacrilège suivant l'importance du délit. etc. cf. 11 aÛTwv)... Hérod. (133) 34. 111 138 130. 118.ioi\. i 6 (opyîssaOat xal TiiJLwpsTffôxi).JURIDIQUE ET 6avàT(t)(130). VI. Léocr. XXI. XX. 111.

. que le plus de plus « diffus » dans sa réaction soit qu'il s'agisse de la coercition exercée. ces violences d'indignation dont le Contre Timocrate nous offre un exemple grossi peut-être.. 'A6. sur l'emploi qu'on entendait faire du produit des mines de Maronée).Xaxiî àTroOavwv ôoûvat SîxTjV xw 'JîxeTepo) n'/âfiei. Aussi bien.. fut partagée également entre tous les citoyens ceci à la fin du : . Wok. 356.. 186-7 o-cpayai S'Ixyi. Moralia. à plus forte affirme au raison. tout seul peut-il exprimer vengeance dans plus c'est o'ixai. : — iv* siècle XXll. elle semble ne plus retenir aucun caractère passionnel dans un de ses usages les plus fréquents pour : — les débiteurs publics —. soit qu'il s'agisse de la lapidation collective d'un coupable (Xsùo-. ayant été confisquée. Eiim. Eschyle. XXVIII. le passionnel (Eschyle. p. elle s'est transformée à ce point que dans bien des cas. qu'elle est. ocp9aX|Ji(opù'/oi. Arist. concessionnaire malhonnête. aux yeux des Athéniens. L'atimie de l'époque classique manifeste encore la même mentalité. cf. Mais d'abord. Ag. ailleurs.108 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE courante que celle de SUtiv Siodvai rri TxoXet. u. Vie des Oral..cf. VII. Lois^ I. Or... Ce qui n'est pas judiciaire en sorte de tous nos termes. « et même la à une mort qu'on vouSixyj presque exaspérée la » (136). il ne faudrait pas méconnaître que la préoccupation de la richesse publique (137) légitime. pœnas solvere civitati: précisons seulemont en faisant remarquer qu'elle peut se rapporter à drait la peine de mort. 1615-6). la vengeance : sous son aspect xapaviTT/ips. est parfois appliqué à ce que quelque la « vindicte sociale » peut avoir de plus violent à la fois et moins remarquable. pénalité. 637 A). . Eurip. par le premier venu : (Plat. On pas même insiste souvent sur le fait que l'atimie des débiteurs publics ne serait une peine à proprement parler (Bôckh-Frànkel. à un Etat abstraitement (137) Les richesses publiques n'appartiennent pas conçu elles sont la chose de tous principe qui revêt parfois une forme des plus ingénues la fortune d'un certain Diphilos. elle apparaît comme une privation temporaire dos droits civiques sous condition résolutoire de paiement. au nom du groupe. . il même dans ce domaine et...'{4 = .iJioç Sixt). En tout cas. dt^(av 1 : xo>. : Plut. der (136) Particulièrement caractéristique Lys. te). Sans doute.. mais significatif. Staatshaush. convient de reconnaître l'atimie pour ce pour une pénalité dont le nom premier chef le besoin moral de frapper.^ 614 Bacch.. 843 D '.

t. un scandale de déclarer è^e. cet aspect pécuniaire qui s'accentue à la faveur d'un développement récent. laisse provisoirement la question de côté. remarque-t-il. peine pécuniaire et qui n'est pas toujours totale (140).). Atimia dans le Dict. c'est surtout Beauchet. Beaup.. 3. p. presque de comptabilité et de régularité financière (cf. nous paraît exprimer plus profondément le caractère de ce « moyen de contrainte » « il y a une analogie' incontestable. Demisch. p. toî.. les débiteurs publics frappés d'atimie sont nettement distingués d'autres àxijjioi. Dém. 12. . Ses arguments ne nous convainquent pas. 6) (138). Schuldenerbf im ait.. III. 1910.W. p.. et non à tous les héritiers. art. LIX. comme semble p. ne doit pas nous faire oublier le caractère fondamental (cf. En sorte que l'atimie transmissible des débiteurs publics de la mais le prolongement.. : — Aussi bien. 542). cf. 461 Dr. Caillemer. Plusieurs fois. . pol. plusieurs fois. ce n'est pas essentiellement en tant qu'héritiers. nous adhérons à l'interprétation de Beauchet et nous comprenons que. I. essaye de prouver. ôcps^Xouat xaôâiïa^ dt't{[iOiç . Wachsmuth. usités par l'Eglise » . LVllI. (140) Nous faisons allusion à ràiroi-pasT. p. Mais surtout. I. LXIII. J. II. 342. 522 .. si les fils et les petits-fils du débiteur public sont frappés d'atimie jusqu'à libération. les vrais (139). aussi bien manifeste l'adaptation : — — — — vieille idée de solidarité familiale et du sentiment de vengeance qui s'y associait [Dém. 510 et s. XXIV. voir Dareste. voudrait accuser le caractère en quelque sorte extra-pénal de l'atimie des débiteurs publics. se transmettait qu'aux enfants et petits-enfants. mais par l'esprit de toute son étude. La véritable notion en apparaît dans l'expression (138) Est-il le caractère besoin de dire que nous ne songeons nullement pour cela à en nier tout à fait spécial. 235. l'atimie est nettement séparée de la confiscation. n.. 30 Tw SY^ixoattp : ce serait toï. que tout parent héritier était tenu ceci : dans un intérêt économique.. 510. pour des raisons compréhensibles. Leipzig. Bûrgschaftsr. ET MORALE EN GRÈCE 109 . pense qu'elle ne s'applique qu'aux oIxeTot. ne o.. Glotz qui. pp.].JURIDIQUE Ath. III.. /. sur la distinction. E. Helleji Altertumsk. qui a nettement soutenu que bien le dire la loi citée dans [Dém. de Dém. l'atimie. II. 43. (139) Dém. la place à part qu'elle occupe dans le droit criminel. Plaid. 'Aô. c'est en tant qu'ils celle sont les siens (conformément à la conception nouvelle de la famille il n'est pas question de la familia réduite aux parents et aux enfants des collatéraux). chet. 43.. Glotz. et dans Aristote. delà peine.. entre elle (l'atimie en question) et le ban et interdit du moyen âge comme moyens de contrainte pp. p. 634. XXV. il nous semble que ment parti dans une grave question celle de la : prendre arbitraire- transraissibilité de l'ati- Partsch. p. procédure équivalant à une proscripr\ tio honorum du débiteur pubUc qui ne s'était pas libéré dans le délai voulu (nous . . 58... au contraire {Solidarité. Elle se retrouve dans une loi citée ap. dénier le caractère passionnel à c'est l'ati- mie des débiteurs publics.ath. 592 et s. et l'influence du facteur économique qui s'y révèle? Nous-même insisterons sur tout cela. Solidarité.]. 542). XLIII. privé de la Rép. des Ant. HoX. Recht.. paraît pencher vers la même solution mie.vai T^s'yeiv. 197. Griech.

J. \x. comme telle. Sur l'emploi de l'IvBeiÇiî. cf. cf. comme elle. 113 ôfxifjLOi.. voir Harpocration.73) paraît considérer que l'une d'elles consiste justement dans la confiscation.. 332 et . même que remise c. pp... 155). l'Ivoeiç^ s. de ràiraytoYr.. itoXew.jia.^. d'en faire. v. droits civiques . l. de civils.). 317-8.fzé'/ziw xôiv xoivwv est même s.. vise la peine de mort id.llU KKCHERCHES SUR LE DEVKLOPPEMEiNT DE LA PENSEE sur les corps » d' « îitimie Dém.). TrôXeto. de myst. la commune « atimie juqu'à la fin du v confirmé par siècle : l'ex- longement de aux biens. plus tension de l'atimie. 165. n® xxvni. 21). le caractère religieux d'une pareille conception nous est garanti par l'emploi de la même formule dans une devotio attique (Wûnsch. : subs- xa/oôpyoi. II. Dém. et qui. Cette confiscation avait un caractère si purement pécuniaire était faite au débiteur du reliquat si le montant de la confiscation dépassait celui de la dette (/. (Lys. et l'on procédera contre lui par l'evôei^t. 41). G. V. H: 26.]. 24-5. un étranger. IIoX. 5) (142). de Dém. dans le fait.. il reste désarmé en face de toutes violences. Att. xal xi èxtvou axi|ia • (142) L'expression txT..^i. Andocide (1.. tout en le conservant dans les murs. de toutes « injustices » à quel point sa condition d'outlaw peut devenir lamentable. XXVIÏ. Dém. étrangers... on le voit par [Lys. dans le rèf^Mement de la phratrie des Labyades (J. 12) la vieille — (aojjjiaTa à-i. Andoc. 177). De fide Andocideae orat. ib. /. on n'est ofTtfAOi. est souvent distinguée de la confiscation l'accompagner (Lys. s'applique aux exclus etc. il n'y a aucun fond à faire sur ce témoignage (cf. à propos d'Andocide. VI. elle a pour fonction d'exclure violemment l'individu de la société et. p. 331. XXV. on dira ainsi définie [xr^ ot.. faxo) xal Traî6bç xal xi èxeCvou. : il n'a plus ni droits chose particulièrement douloureuse.. C'est pourquoi l'atimie appartient au domaine des peines à Delphes. 1.ti[io^ xf..5£vô<. 87. 156. La notion primitive de l'atimie survit en partie et inconsciemment dans formule caractéristique de la loi citée ap. et : pp. (Arist.. temporaire des débiteurs publics.. LVllI. socialement. Mais l'expression que nous trouvons à Delphes est confuse à force d'être concise . : que parce qu'on ne sion tri parti te C'est qui peut 67. Schol. 74. il se titut présente à l'assemblée.. Elle signifie essentiellement une exclusion de là. 33 et s. pourquoi l'atimie.. XII. Pour R. et l'atimie est 'A6. 1. H. B. XXI.. 504. Haussoullier. (143). in B. XX. C. XXI. dans la divides différentes espèces d'atimie. 25. I. p. le Leptine. G. Contre rixaywYi.. que. est à certains éjuards le proidée qui affirme un rapport de solidarité entre le corps » : coupable et sa famille comme entre lui et sa propriété (141). Quand elle est pleine et entière. l'expression «tiijloi azotrouvons Ypa^pevxo qui désigne l'atimie conditionnelle des débiteurs publics . rapport entre rè'v56t. etc. Qu'il passe outre. p. II. par exemple. et par Dém. des LI. Naber. no 1324) 15) à l'atimie (143) : èxîvo. à propos du diétète Straton que Midias fit condamner. 24. 40. 1. XXI. Lipsius. {jLexÉ/eiv t?. Dans certains cas. ni le supprimer en quelque manière et. s'est pas acquitté et tant qu'on ne l'est pas si. p. n° 107 (141) la : = Michel. Texpression axifjioî trzw ey Aa6uaôav.. appliquée (Dém. VIII.

14. 82. cf. la statistique des emplois î ÇT. VI. se rapporte moins. (146) axiijLOî et le substantif àx'. Ant. La passion le vocabulaire la dénonce ici apparaît toute pure dans l'in. au second moment.ç des actions qui comporteraient bannissement. dans la prédominance (146) avec laquelle reparaît le verhe tantôt au tribunal qui appliqué tantôt à l'accusateur qui l'emporte (147). 262. 71 sq. 16 comparés de ÇT.vat ordinaires bannissement. Michel. Dieterich. Lois.[x(a.. 7 (148) [Xén. (145) Déni. 10. c'est le mot qu'à ce que toùç TipwTOJs sla-ayayôvTaç aTijjiwtTaTE . 182 xal ttoaXoùç STspou. Esch. XI. Cf. XIX. : timent nation il ». la mort etl'atimie. è'xoifJ-' av Xsysiv. les moyens ne man- . l'emploi de î. ot 8'f. 106. ou on ne pense que confusément. Mutter(xèv Erde. 49 XLV. III. le I. XXXVII.£voi 8ià KoXkû) Toutwv slalv sXâTTW Ttpdtyaata. 1. XVIII. — : sistance. pourrait-on dire. Cf. 232. matière de (149) il faut se souvenir que tel crime aussi grave que le faux en LIX. malgré ce qu'on pourrait croire.touv et (147) Lys.. qu'à » r (( exécution même. I.oCiv. . Ainsi chez Démos- thène. 928 B. 24. Dém. . Dém. : C'est de quoi témoignent tous ou presque tous les exemples que nous venons de citer. Une seule chose paraît faire le bannissement : plus grave que Fatimie totale et définitive c'est qu'il entraîne l'interdiction d'être inhumé en tient avec terre de cité (sur l'importance de cette règle et le rapport qu'elle soules sentiments religieux : les plus profonds. X. significatif.7itJLioÛv. 52). 186. Tatiniie. V. 6 . Michel. 1.. 134. Mais sur l'instant. laquelle dite (Esch. mais au même titre (144) on frappe d'atimie ceux qu'on ne « tue » pas (145). se le les £Î59i. est plus usité que l'adjectif les discours démosthéniques offrent respectivement : de ces trois mots. et il en sera de même juspartout. pour . 6. XXI. Rép. lois n'était pas réprimé par un texte spécial : seulement. après la mort. Par de semblables emplois. jugeront à Chalcis. à la « condamdont ridée nette est plus ou moins résorbée.j. III.jjLta ypacpri ûwpoSoxiaç possible. aux voies juridiques on a l'idée qu'on trouvera bien (149). n» 72. wv oi Tsôvâa . XIX. représente comme la série des peines les plus graves : : la mort...ata Le verbe. 87 91 Platon.[i. 20. Athènes se réserve rè'cpsa^'. et 13 exemples. le : : (144) Andoc. le verbe représente comme une anticipation du senàTt. il y aura bien une allusion (§ 275) à une en etfet entraînait une àT'.]. mettre à la raison.. I. n.. p. on aperçoit assez l'action propre de qui se venge. XXI. 262 l'influence corruptrice de Philippe pénètre dit l'orateur aux Athéniens.Ti[jLO). on ne proprement pense pas. sévit ou au peuple qui frappe (148). terme sentimental auquel Démosthène pense tout de suite pour signifier frapper. .. 232). Isée. 19.jj. Ath. A. n» 10.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 111 : graves et violentes. 84 22.

les x-relvca. serment des irôXiv. c'est un autre postulat légitime que la société doit exprimer dans le sentiment de sa vengeance le sen: timent qu'elle a d'elle-même duit : la représentation collective tra- une structure ni les sociale. 866 D 881 D). simples ministres de la peine (Arist. 1. serinent de la Boulé et des juges. ainsi disent les membres de la membres d'un à la fonction sociale (( de l'accusation. 73. . 78. : plus graves la cité. Léoci\. Lyc.. C.. no). tantôt elle : ne retient plus que celle de l'exécution de plein droit elle est technique en parlant des Onze. 11 cf. II.v aux Athéniens ûixei. 967). décret de Dèmophantos. condamne mort on tue III Collectif. » : tribunal. 'A9.v 6T.112 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE Celle préflominance de l'idée d'exéeution est earactéristique des leimes qui dési^neiil la pénalité. vengeance en acte.... représentation qui dit société dit idéalisme.. 1. En éprouvant (Glotz. IV.. représentent et la la pénalité. des Ausgew. t : Athéniens : xxsvu) xal >»ôy(î) xal Ipyw xal (^t/xw xal rr. I. 5. L'unité de la Tzâytù pouXf. Platon.. : Mévwva tàv |xuXw6pôv àirsxTstvaTs de même dans Isée.. xfy Tca-cpiSa notion est manifeste dans Andoc. Frohberger.. etc. Falsum dans des Ant. quaient pas. (150) assimilations Art. Lois. éd. Reden de Lysias. 9 . . Dans les termes qui . C'est un postulat légitime que le sentiment est aussi. lîepuXofJLSVT. IX.. et 52 "^ |J.. (oùSevà àxpiTov). décret relatif à Chalcis. 4. (151) Michel. p.. TOÙ. dans l'expression des autres peines les en particulier.uioùv Savàxw est parliculièremenl nolable tantôt elle implique l'idée assez nelte de la législation ou de la : condamnation en justice. 1. p. le Dict..èv yàp 'Xaêoûua àiiÉxTetve. nous trouvons personnelle de la désignation concrète conception comme ainsi ainsi dans àTt. àv xaxa- XùiïTj Tf. è[jLa'jToû /eipi . n» 70.. : : -f. en principe...[ioxpaT(av. Le rapport entre cet emploi et la notion de la vengeance collective immédiate apparaît dans le rapprochement de ces deux exemples de Lycurgue C. ce sentiment de la vengeance n'est pas expliqué pour autant qu'il est constaté. 59 Dinarque. ces deux postulats. où8è àTTOXTevô . .XXIV. 122 8v pouX-f. L'expression Çr. Léocr. LIT. Toùî çsùyovta. s'adressant : . On l'a jusU»ment signalée dans certains emplois du verbe ÇtjJjl'. èv 'Apzii^ axeçavouç a ù t o y e pi à-rréxTeivsv.[jLoCiv. 97. en général. 23. les particuliers qui exercent On ne dit même pas que l'on (151). 28. 8ti )>ôya) |x6vov ève/e(psi irpoSiSovai t>. .oGv (iriOj. n» 95.

svayeTç 50 (sirdfpaxoç saxw xai àxijxoç). entraîne comme sanction de l'interdit une exécution à mort ipso jure norvAndoc. 182). En Grèce. n» 29. Andoc. la forme primitive de la pénalité la connaissons pour l'époque du ysvo. pénalité du second ordre pourtant. no 363 B. qui a pour fonction d'écarter le cienne. s. la proscription primitive (1S2).. relèvera l'alliance de mots 1. LIX. I. . 81 Eschine. p. celui qui viole les interdictions contenues dans l'atimie est l'objet d'une : -î^ . (Dém. I. Lois.. entre Erétrie et les entrepreneurs de travaux publics (/.ouç /". les accusations calomnieuses d'impiété. G. nous devons entrevoir le prolongement inconscient de la représentation la plus an- caractère le plus évident de l'atimie primicaractère religieux (153). aTcoôavsïxai) malement. il s'est perpétué dans tive. 96. continue. l'atimie. 57). Usteri. 1. 2° à quel : caractère de la société répond le premier caractère de la peine. JEcht. 45. (Diod. la réaction violente. . que la subsistance du mot atteste ici quelque survivance de la pensée. c'est celle que Ton a toujours constatée dans le premier état des nous sociétés. i^iczai aùxw stî t6 Ispov toïv 6soÏv slaiévat. il autorise les sévices d'un chacun sur sa personne ([Dém. XVI.). à la réaction collective. u. dans le principe. xal àywyifjLou. 60).JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 113 nous rendrons compte de l'aspect immédiat de la pénalité. est synonynie de ciT:i[J. Cf. « » et inorganisée. effet. plus anciens emplois du mot d'autant plus nécessaire que l'atimie de l'époque classique. Nous nous demanderons donc 1^ quelles représentations ont dû être associées. les Il est nécessaire d'étudier la pensée profonde que recèlent aTLiJLOç. dans certains cas. VI. la sanc- tion déprévue comporte à la fois l'atimie et la consécration totale des biens du linquant à la déesse Artémis (dans les autres cas. et qu'a fortiori^ dans les pénalités plus graves. Dans un contrat 1. 183. c'est le l'atimie de l'époque classique. J. or.. Platon. ix.. 784 D). c'est la « mise hors diffuse — — la loi ». le En coupable du centre religieux de la communauté : un àTi^uoç. « maudit et frappé d'atimie » dans Michel. par la menace qui pèse sur le condamné qui : dans rom- latimie qui frappe ceux qui contreviennent à la sainteté des mysprait le ban tères et qui atteint. au (152) Le souvenir de la proscription primitive ne laisse pas de se retrouver l'atimie de l'époque classique. XXI. condamnation à mort obtenue par voie d'è'vSsiçK. la proscription. On sïvai. 33 oyy. où dywY{aou. Verb. en vertu d'un talion bien connu.]. celle qui permet à tous les delà société de dire qu'ils « tuent ». et dont l'expresmembres sion correspondante de l'époque historique atteste le souvenir. La réaction collective au sens plein du mot. la consécration n'est plus que partielle). I. (Usteri rapproche le décret de Dèmophantos.. sous une forme adoucie. (153) cf.

du mal mystérieux et sinistre qui. de réduire à l'impuissance son « fantôme » . xal t&v îepôiv. 24 : r. [Lys.. (155) cf. ronge sement le principe religieux de la vie. Voir aussi Handbuch. et que primitive caractérise notamment une loi de « participation » c'est dans passablement abstraite : une atmosphère de pensée originel de la religieuse le peine de la suppression d'un coupable n'y apparaît sous un aspect positif.. Nous aurons à revenir Le texte essentiel est Eschine. EL. et c'est ce que manifestent l'atimie n'implique pas formes primitives de la peine nécessairement une participation active de la communauté à (lu4) — Gilbert. 182) Le parjure n'a jamais été atteint par le droit (Glotz. Esch. elle est dérivée d'une représentation qui porte la marque d'une mentalité effacée. Michel. 444-3.. Pour le caractère religieux de cette interdiction. p.6ç (156). de dans la magie (157). — = Cf. il dénonce une fin certaine. chez le délinpas comme sentiment que plonge sentiment originel du délit. el j'ur.. attestée par un Empédocle (158). 1. wtrxe \rt\B' iù>. il a son usage d'anéantissement ou d'affaiblissement mystiques et que ces emplois dérivés reflètent bien le sens originel de la pénalité..xoj[iEvov ûrô TÔv l'/6pti)v oûvaaOai 5(xt. appliqué au mort qui a subi l'outrage du aaTyaAt. V. l'idée quant.]. un être idéal. celle d'empêcher le mort de nuire.. soc. VI. le D'une part. une sorte de vertu mystique. Hérod. 23. (157) Wiinsch.11 i RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE plein sens du mot.o-. se concentre une vertu religieuse à laquelle il n'a plus pari. elle est déjà .ji. les — silencieuet c'est ce qu'indique ce dernier cas (159). (156) Eschyle.^àtszaùxàv (Andocide) eipysciOa'. n" 101 (158) Kae.. Même observation. les textes groupés dans i^TjçfffaaOe uixsTî . d'ailleurs) du mot ol-zv^o. VI. EL la punition en est toute divine (cf. où il : évoque l'idée même. ne peut plus assister à l'assemblée parce que dans l'assemblée. Choéph. ne peut plus se présenter aux tribunaux (155) parce que la force religieuse qui est dans la communauté. suppose Mais celte représentation qui joue à l'époque classique et qui la conception d'une société organisée. 324-6. nous le voyons dans la représentation primitive. Tf. 86). chez le parjure. l^ pp. Choéph. il s'agit d'anéantir. 439-444 Soph. etc.v Xaêsïv. dans notre deuxième partie sur cet emploi du mot. n» 1324. : . 4 et (159) s. qu'inaugurent des rites (154). 295-6.ç àyopai. la communauté ne l'administre qu'en faveur des siens. D'autre part. comme on le : voit dans certains emplois (dérivés.

l'est au vrai sens (162) est tué. Verh. SuppL. die Strafe der Steinig. par quoi se traduit souvent la proscription. Esch.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 115 Avant tout. (162) La mort physique n'est en quelque sorte qu'un corollaire. on a le sentiment qu'on importe qu'il meure ou non physiquement mort socialement. Szanto. l'idée du jugement par les Dieux la loi. ^cht. réagissent même de façon sont intimement liées. Append. p. des 1. Rechtsvnss. et le décret milésieu de proscription dans Comptes rendus de : : Inscr. p. avons relevé (cf. Grimm. mettent hors Ce caractère de l'atimie primitive a été surtout marqué par Kulischer marquer cette coexistence. AbhandL. le crimineJ est abandonné^ ce qui s'excar aussi bien dans la proscription que dans l'ordalie prime le rapport constant que nous apercevons entre la pratique de l'exécution. russe isgoi. Hirzei. nos 31 et 32 de Usteri. Ausgew. pp. « fuir » (cf. : loup J. des Anl. ajouter VAcad. ce qui s'aperçoit dans certaines survivances de l'âge historique : société : (160) Pour la Grèce des yévr. 46 et 49. rapproche un être séparé... 1.axs'.). n'aboutit pas XVI). Kovasigi^i - lewsky.. 598. Loi anc. mais se contente de Nous Poena du Dict. fondues.. le supprime (161). K\x vrai. Choéph. suiv. dans l'article — : (161) dans ses Untersucli. f. xapi/euOsvTa (163) Wargus « ^ -:ra|jL'f6apTw [J-opw. elles — sont absorbées par une représentation religieuse d'ensemble qui dresse dans les consciences la notion d'une réalité totale et divine. u.v X?^^^} I xaxw. en lui l'être réel. 396. est exprimée tout aux entière dans le terme çs-jysiv. p 520. ûber das primit..) proscrivent. 1906. vergl. nécessairement à la mort du coupable (R. rejeté de la vie ». le p. Slrafrecht [Ztschr. qui est un être idéal. 21 et s. Cf. Mais cette notion n'est pas inintelligible pour nous c'est la elle-même qui s'impose au respect religieux des siens.. En sorte que la pensée de l'humanité et celle de forces naturelles qui réagissent contre le crime qui. : il .t.. En abandonnant le coupable par le moyen de la . sur le maudit qui ne venge pas son père -âvxwv S' à'Tiixov autels. 4-5). — — pratiquement le droit pour un chacun de tuer le coupable. qui .o'Xo^j evr. n. : Cf. n» 1334. et coût. et finalement (293-6) : il est exclu des a. 320.. on dit parfois qu'il n'est plus qu'un animal (le ivargus des Germains) (163). 291 et s. 1909. La lapidation. rejeté de la cité. Esch. p.. peu proscription.. par exemple. Deutsche Rechtsaltertûmer. c'est-à-dire (v. Glotz marque lortement. Il est à noter aussi que l'idée de la mise hors la loi. : Fune et la pratique de l'autre ne saurait être de pure coexistence (160) la vérité est que nous avons là les deux faces d'une même notion. — dans le autonome cas de parjure. 111) que la notion de l'ordalie aboutissait parfois â or les Dieux « bannissent » (Michel. 201) Michel. 4-0. n» 1334.. 312. qui entraîne p. fierait contemp.

et pour la signification fondamentale de la tiiit. Léocr. I. 96 valeur positive de xaBapô. 6-7) nous trouvons l'expression fep(p)ev «utov '7ro(T) tov Ata elle est équivalente. n» 1327 'fejysTw tîot (devotio de Gnide) avec l'idée 4-3 : tw Aïop twXu|j. Ailcht. p. 9).. IV. déchu de l'humanité. Dans une autre inscription d'Olympie du ve siècle (Michel. ou de la liberté reconnue d'exercer des sévices sur la personne d'individus « déshonorés » de telles sanctions qui tout ensemble ont un sens religieux et s'exercent par l'intervention ou en présence du groupe assemblé. art. : n» 194.'jciw (cf. mais il est spécifié qu'en tuant. : . sa force ou son « honneur » peut disposer de tout cela parce que l'individu tient tout cela sentiment qui se produit alors et se commud'elle-même. on ne proscrit pas. 77). sans plus. IX. est indissolublement associée par religion au groupe lui-même. p. ToùTO h^ Xéyei. Platon. où elles seront spécialement considérées. B. Pqena dans le Dict. Michel. Pour la Michel.]. : (166) Glotz. Vei-bann. I. nique avec Tévidence de la passion. mais il est dit que le proscril est chassé par il ne le Dieu (165) participe plus à cette communauté du sacré est une réalité à la fois si une et si complexe. 6è àiroxTEtv». 1. Lois. sa vertu. on aperla société retire à un individu son pouçoit bien l'essentiel et elle voir de réaction. » slvat .?. IX. Pour la valeur religieuse de ces pratiques.. ô. (proscription ipso Jure des traîtres) Que le sens de l'expression ne soit pas seulement négatif (comme dans xaôapoî innocent. 521. . sans plus. : ô cf. C. En outre. . c'est ce qu'atteste suffisamment la formule de la proscription dans le décret de Dèmo- = phantos. d'efficace bienfaisante. reçoit les morts. . ([Ant. 8<tioî sa-cw %<xl eùayT. 874 B. des Anl. 10. la substance n'en saurait être que sociale on le voit nettement dans le cas du wargus. (165) Michel. 11. 1. ap. : les êtres et les choses et s'étendant à la terre qui nourrit les la vivants. qu'elles visent à supprimer. Andoc.. on le voit aussi dans une espèce particulière d'ati: mie. — (164'i Dém..116 RECHERCHES SLR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE on ne tue pas. cpr. Dittenberger [Insclir.. 125 tôv aîaOavôiJLSvov xaOapôv slvai àTroxTcîvavxa. la force mystique que Ton conçoit dans l'individu. nous devons nous borner à renvoyer à notre deuxième partie. embrassant qui . Usteri. n» 1318. 44 (atiniie d'Arthmios de Zéleia) toûtwv tiv' : : « xai àTi[xo.. .alv « xeôvaTto » . von Olympia. celle qu'on a pu appeler l'atimie à l'intérieur (166) et qui paraît bien aussi ancienne que la proscription au sens strict : il s'agit de pratiques comme les promenades ignominieuses imposées aux adultères. n» 1334. vca6apov t6v dtTtOTCxsîvavx' Lyc. n" 11) la rend par « ein Verbannter sein in seinem Verhaltnis zum Zeus ». ou reste pur (164) car c'est un impur qu'on exécute.

I..<. pour toutes d'un organe spél'on peut dire. De là le sentiment. LXIII. que la colère. 106. entre la Grèce historique et : . il ne suffit pas d'invoquer. p. en un autre sens réduite et atrophiée il n'en subsiste plus qu'un sentiment brut. . le juge est moins l'homme d'une fonction que le repré- — sentant immédiat de la société concrète. cf.)? vtat.. qu'elles traduisent. dans son ensemble et comme puissance concrète. toute cette pensée : pri- mitive. 5' àirXwç oùSsvl tûv dfXXwv às/f. Ce que nous l'idée d'un état social cette homogénéité.. tout citoyen non axi[ioq Cig^' de plus de trente ans était juge de droit (Arist. extérieur au lieu oii nue.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 117 Que si maintenant nous considérons les désignations géné- rales de la pénalité à est dérivé le Tépoque historique. Ce qui revient à dire que le droit est. A Athènes. 416-8. un trait d'union plus immédiat. lll.. Cf. Seulement. 'A0. Mais puisque ce sentiment est remarquablement accentué dans la Grèce historique. p. tw [xsts/slv zpicj-». liiVKo^j Hirzel. de supprimer et s'il un coupable. T/iemis. la continuité serait garantie besoin passionné. 1275 a 22 sq. (169) 6p(!. nous voyons de quoi était besoin. 3). § vu. est défini intermittent — par la qualité de juge (169). la persistance de la passion dans le droit pénal de toutes les sociétés il est nécessaire de préciser et il est légitime de rechercher. s'est en un sens déplacée. en un sens. JloX. nous verrons pourquoi. est pour le juge un devoir (168) dans un état social oii l'élément actif. souvent exprimé. : le citoyen. sentiments (167) communs à tous.£Ta: PoL. . voir R. Par ses traits caractéristiques. se contiavons décrit de la pénalité. qui réagit au délit. par l'histoire en du mot àT'. que ce qui est principe réel. Arist. il doit accentuer les. 1.pioç. opy/i. la pensée que nous avons aperçue dans la pénalité primitive reflète un état de société bien la défini : c'est proprement la pensée d'une société homogène comme est le clan. en quelque sorte. Grèce préhistorique. à chacune des applifois cations qu'il requiert. sont encore elle-même. c'est moins la loi que le jugement (167) . Sur cette conception et son caractère systématique. supra. de là encore l'idée que la passion. il une si recommence. pour en rendre compte. chap. 62 sq. : 'icoa{tt. donne Or les fonctions judiciaires peu différenciées : c'est la société : d'être la fonction définie cialisé. de la société sentie et perçue plutôt que conçue et comme tel. jusqu'ici. pp. — Là où l'organisme politico- (168) Sur ce primat du jugement.

XXIX. Ce n'est pas hasard si on le voit associé à àuLapTàvew (171) qui. 5 ordonne que si quelqu'un abandonne son poste par lâcheté. C. 1. etc. sible que soit la valeur de âtjLapxavw dans nos exemples. du môme coup. l'hoplite sera jugé par TTpaTitixa. Toùi. C'est ici que le mot xoXàÇs'. qui déjà a requis explications et précisions. était une traduction incomplète de l'idée de coercition collective. 439. 943 A) 6ixa!. p. Elh. 140.. Arist.118 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE « judiciaire de la il démocratie » est une unité vivante et intan- retour. oixâîjêiv... et c'est bien passion. etc.ocix. OK. Lois.. XII. 15. parfois môme désigne la correction du chef de famille. OE. elle le continue. 175.Diod. Ho). ne se sont pas constituées à part.. Prohl. à l'état de grossissement. dans un emploi défini. xaToaTsiat. XXI. . 4. comme nous le verrons. Nir. XII.£tv. XXIV. il retient le souvenir parfois conscient du passé. Isocr. la cité ne laisse donc pas de au vrai.l<x des femmes.)..v apf»elle certaines observations. que ou suggérée : le chef a simplement.. : . fl. s'ap- le Nous apercevons d'ailleurs un dérivé bien connu de la Volksjustiz dans la loi jugement des délits militaires par l'armée elle-même Lys. Platon. VIII. H47-9 . ixajxo-Jî (Lois. il est imposde ne pas voir un indice intéressant dans la prédilection avec laquelle il est associé à xoXi^w. Stralèges athén. II. les hoplites.. Hauvette.. puisque. XII. nous pouvons ressaisir directement certaine liai: du châtiment. — . 37. 29.. et que ses origines nous reportent à une société (171) Quelle essentiellement familiale (Soph. Platon. et non pas môme mouvement à la répression môme toujours. aTpaxs'joravxa. Dém. dans sa législation idéale. IV Par cette notion s'apparenter au vévoç pourquoi la tuée. un des aspects essentiels de la pénalité. nous allons voir comme le terme de ven- geance. à propos des lois sur l'iùyt. et y a bien comme un où la masse participe du (170).. mutalis mutandis^ à cet gible. « diffuse » se soit. 964 C. décidée On s'explique que la Volksjustiz. izepi toûto-j t o ù î (110) : : cf. 6t5. XIV. elle atteste. 21... est encore si accen: son . que la dans tels ou tels domaines. 13. 1119 a 31 b 6 'AO. d'exécution.. état premier d'indifférenciation où les fonctions de commandement. Mais il y a plus entre les sentiments de la famille et ceux de la cité. RoXàÇsiv a ceci de notable qu'il évoque. dans son droit pénal. III. n'a garde d'oublier le principe en cas de ypa'-?T. etc. perpérépression tuée vivace encore.

127). Kulischer (cité n. Parlerons-nous de métaphore? Pur semblant d'explication. Non seulement le châtiment membres mineurs de la famille. 15. etc. Lois. de -irpoaT. Pol. EL.est inutile de rappeler ici en quel sens l'esclave fait véritablement partie de la famille. XXIX. 2. (cf. to'jxwv ffU[x»£pov Itt'' T'. par les vieillards sur jeunes gens.. VI. Prohl.. il est assez concevable. un rapport manifeste entre l'idée de la correction familiale et l'idée de la pénalité publique.xoixsv et de xoXoc!. soit de « rétrécissement » du sens pour désigner le passage entre des notions aussi discontinues que le sont. VIII. 5. où le terme cptX(a retient le souvenir de son premier sens. d'après nos expériences antérieures (et considérant que la familia est dérivée de la gens). dt)v>vf. Rép. [Arist. suggère immédiatement l'emploi du môme est : — — le mot tion (172).Xouç xolc. \\\. 793 E et s. Plus exact serait le terme de souvenir. Nie. la répression est le sentiment caractérisée par une véritable antinomie (173) de la réprobation suscité par des actes délictueux doit produire une réaction violente contre la personne du délinquant. Eth. Dans les sociétés primitives. celles de discipline paternelle et de répression sociale. du mari à l'égard de la femme : . (Econ. du Platon. 1255 b 12 sq.. H. par ce sentiment de sympathie : Pouvoir disciplinaire exercé sur les esclaves Aristoph. cpûasi et par fi^ito[j:svotç. à l'époque classique. à Rome. mais : il est contrebalancé. V. xal cpiXta SojXw vcal ôsaTXÔTY^ irpo.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 119 infligé plique aux fautes familiales. l'un et l'autre sont Au demeurant. il n'y a pas dériva- contemporains dans nos textes.... celui du clan et celui de la cité. contentons-nous de relever Tadage aristotélicien.stv dans Eurip. Platon. conséquent d'un rapport familial). Nuées. m . les formes (173) Il est possible que ce dualisme se retrouve jusque dans les on plus graves de la pénalité primitive. que chez les Grecs la pénalité puisse apparaître sous des espèces analogues.^ I.. et d'autre part on ne peut guère parler soit d' « extension ». 465 A. ne aux esclaves Foublions pas pline exercée par les rendu par le \erhe xoXàJ^eiv la discimari sur la femme.]. 1 Platon. (172 Lois.. 161).. E. 771 n. et notamment dans le fait que. et le Entre ce sens restreint logique : sens large. souvent. nous pouvons établir quelque rapport historique entre la pensée des deux âges sociaux. : . 46'0 et s. On : Pol. père à l'égard des enfants notera l'assjciation de xo'Xaaetç et de Tcatptxwç dans Arist. des vieillards à l'égard des jeunes gens Eurip.. VII. p. (il . 1119 b 6. 1028. Et si l'on a pu constater. 1315 a 20 . évite d'exécuter le proscrit cf. cf. 13. parfois.. 1. Or.

120 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE que dégage une société restreinte et auquel. xoXàÇeiv dans Thuc. est instructive : cf. o-jôs vouOsxeï Xoyoi. Toutes proportions gardées. à côté des emplois oii xo^àÇeiv exprime une répression impitoyable ou brutale. disent les philosophes.. 43. accompagnée d'objurgations. 1160. : qu'ils soient souvent. seule. D'autre part....111. « avertissement » et amendement pour le coupable (cf.. IX. pas plus que celle de Traxpixtô^ et de xoXdcjetî dans Aristote (n. L'antithèse de Soph.. xat aX v o u 0e x -/((T e i. A. le . 4. 'îv' à[jietvwv 9)) et surtout 964 B-G. Aj. contre ceux s'applique notamment en pareil cas Xén. Ti^xepov où 8eT 8 8à ax o vxa . de même dans les Lois. . A la limite se manifeste l'idée d'une pénalité qui ne saurait faire abstraction de 1' « âme » à l'améliorer.. une organisation définie du droit fait passer outre.. il exprime un sentiment (voir notre commentaire à Platon... 478 A. la pensée qu'ils condensée qu'elle est dans le mot. Aulu-Gelle. —Selon Prolagoras. est bien une retiennent. xoXà^eiv a même valeur Gorg. Notons d'abord ralliance de mots {Jlexpîw.. à propos de l'enseignement SeojjLevtf) moral dispensé par les exégètes : . ih. . qui ont trompé 7. XII. Lois. N. xoXàÇwv xov auxoù 6'j[jiôv. cf. ^Sià^ecrGai Tiap^ la peine ne doit pas seulement se concevoir comme moyen d'intimidation et de prévention (Platon. 46. moralisante. VI. 1107-8. : 323 E. il n'en manque pas où il désigne le « châtiment » sous une forme adoucie. tout cela rattaché au terme xoXà^ctv Platon. d'invitations au repentir.. : « I. D (xov y<^P xaxov àel oeT o'jSs . où vojjlijjlw. Isocr. Prot. 324 A-B). 323 C. elle est aussi vouôecita.. IX. 505 B . 172) on ne la trouverait ni ne la comprendrait pour les autres termes désignant la pénalité car [j-éxpio. Dans la théorie propre de Platon. mais à une èTrieixeta coutume. i) i xîj> xoXd^eaBaî xe xal : èiciTcXf^^at àjjLapxdtvovxi. 944.. du coupable le châtiment sert Chimère de philosophes? : (174) peuple » La procédure spéciale de la TrpoêoX-f. comme c'est le cas le plus fréquent. 35. Ils expriment une punition modérée. ne .. IX. : 8iSà(Txei oùSl xoXà^ei xoXd^eiv. Uell. 867 G le meurtrier involontaire doit s'exiler. littéraires Pour d'appels à la raison... désigne pas du tout xoXà^eiv qj définie pur la la conformité à la loi écrite. 866 A): cf. n'implique pas seulement une idée de « mesure ». la même antinomie se retrouve à Tépoque classique dans l'idée la plus immédiate de la pénalité la passion connaît bien des revirements. réalité objective. at xoXàaei<. et c'est une chose fréquente que le peuple « se repente » (174) de ses condamnations. 14).

d'une espèce de supplicium très adouci : et de même nécessaire dans la mentalité rite que cette notion-là eut sa place le religieuse et domestique — de correction est spécialement pratiqué à l'intérieur de l'olxos sous la forme de la tlagellation (176). comme une œuvre d'amende- Et certes. désigne l'absence de règle morale chez l'individu. VI. la conscience sociale transpose tout de suite l'externe en interne et. Eth. est toute prête à se représenter la punition comme ment. Ce qui suppose une société restreinte. homogène à certains égards et quasi familiale. 2e partie. la médecine délivre de la maladie. 503 B To xoXdtÇeiv àpa xr. qu'elle soit et qu'on y vise une volonté momentanémal. àxoXaaTa^vovTaç. chap. Cf. Le langage : le substantif qui s'oppose à xo>. est une pensée proprement familiale. comme le moins dissimulées du terme.'5 Nie. dans un emploi spécial. àxoXa<T{a est appliqué ût[xapTÎaç.. mais percevoir immédiatement la parenté entre les deux Platon. 8. une correction.. 1' « intempérance ». 216 et passim. 15. sttI tAç itaiSixiç (176) Sur Il. Scxti Se àxoXaataç xai iStxîaç . sur ce point. Or la con- ception platonicienne. dessinée par l'œuvre inconsciente du : langage. Qu. 478 A : : . la persistance de ces pratiques. (xo). on ne peut guère dire que le droit positif fasse sa part à de semblables conceptions on n'en doit pas moins retenir que cette pensée. 1119 a 31 et s. en particulier.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE Il 1^1 faut au moins comprendre qu'elle se soit produite.. souvent évoquée par le mot xoXàÇsLv — elle se retrouve. encore le prouve : car c'est àxoAao-ia (175) qui d'elle-même. implique qu'on se représente immédiatement la conscience du délinquant. Les idées de Platon. .. Car contirme l'examen des valeurs profondes et plus ou l'idée de la correction morali- sante est la transposition ou le prolongement d'une idée religieuse. conv. intellectualisée. celle du rite purificateur. III. juge est comme un médecin. àv-oXoLsia Arist. r\ otfxsivov sïtiv Tj 4"^/.àÇ£iv. n. l'anomie individuelle. Plut.. : précisément que. Elle témoigne de la continuité psychologique entre les « époques » du droit.âÇei) toùç àStxoGvxaç xotl toù. les deux termes se correspondent Aristote observe (175) fait le : Le grec Gorg. ont pu revêtir une forme systématique comme transparente le ment tournée vers et par suite inadéquate à la pensée tiennent à toute la structure morale commune mais elles du Grec.

HelL.oXâleiv associé à l'idée de correction manuelle des esclaves notamment Platon. IX. se faisait avec un bois spécial. développant l'idée de xoXà^eiv.). Xén. 881 C XI. 2. pp. VI. exercée par le centurion. pour avoir enfreint l'interdit qui pesait sur sa cité la législation idéale de Platon (Lois. : : . IX. De fait. il est bien frappant de noter. Par tion (177) la conception familiale du châtiment. la castigalio est volontiers administrée sous la forme de coups. dans son usage courant. cf. Ferrini. chose d'autant plus notable qu'à son époque. Enfln.122 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE le non méconnaissable. la définit par le grec vouOsaia . il s'applique à une espèce de coercilio. N. pense tout de suite. s. dans le principe. 480 G-D). est d'un emploi beaucoup plus large et plus multiple. une etficacité religieuse dont la pensée doit être rapportée à la plus ancienne société grecque ceci ne nous est immédiatement attesté que pour la flagellation (sur quoi nous aurons même à revenir. 762 C. 17. C. . V. pour des raisons qu'il resterait à déterminer. 41. VII. Cnsligare est couramment : appliqué au châtiment familial. WÔrt. de qu'il nous disent fut ïhuc.^ (Platon. aussi bien. et Paus. 2. ministère des paê 8 0-5 x^oi. 854 D. Diritlo pénale romano. 1908. v. Lois. cf. c).. Seulement. de voir -/. le cep de vigne. pp. 4 : -iiXT^Yà. des esclaves. à une coercitio adoucie. Lois.. IX. châtiment du premier degré. de pœnis.. voir de même les cas réunis connu est celui .A. 881 E) l'applique au sacrilège et à la violation d'un interdit religieux. aux TrXr^j'at (Gorg. 881 D-E.. et c'est le terme technique pour désigner la flagellation (Callistratus. III. VI. que son étymologie implique l'idée de la pureté religieuse {castus. : est frappant (ainsi quand il s'agit qui même. et Aulu-Gelle. 777 E. par Glotz. et c'était. 2. par le . elle se un cas bien perpétuait dans le domaine de la criminalité religieuse : : comme du Lacédémonien Lichas auquel les Hellanodikes l'infligèrent à Olympie. d'autre part. 1336 b 10 sq. 917 C 932 B-C Arist. {jià<rct. dans système de Platon. l'idée de coercise complète. Inscr. collective L'analogie que nous A casligare voir xoXiCeiv d'un peu près.. ÏV. de façon spéciale). une signification religieuse (177). 50.. 46 et s. 881 G. puisque la fustium admonitio. une pareille pénalité était réservée en général aux esclaves il y a là comme un souvenir. Polit. Comptes-Rendus de VAcad. 572 et s. FAym. WaUie. fouetté. à celui des enfants. . il est impossible de ne pas penser au latin l'analogie est irrécusable et suggestive. oppose le terme à celui de vouôexeTv) bu à des mots comme TJTrxEtv. . des Lichas.. 2. 14. à cette occasion. Lafein. il faut ajouter que la notion de xoAiÎJetv. 21. ils ne nous en offrent pas moins une analogie instructive. 2. mais à l'époque classique. flagellation et bastonnade sont volontiers confondues tzkr^yoLi signifie les deux il est appliqué à la flagellation dans Platon. s'intègre. pour une fois. VI. Tzkr^ycû. Platon. auquel il y a tout lieu d'attribuer. . 1. vu). 784 D. Ajoutons qu'elle a elle-même une signification.. qui tout de môme Il ne Ta pas inventée. eXaSev. Lois. cf.. Les Romains distinguaient les deux (Gallistratus in Dig.) . l.

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 123 avons aperçue entre l'époque primitive et l'époque classique. car une société. n'était donc point toute formelle de la : mentalité de celle-ci à la mentalité de celle-là. et que la pensée qui l'anime peut-être affectée profondément par les transformations sociales. ne peut pas. On peut voir par là comme la était nécessaire de marquer plus spécialement pour Grèce une relation entre la structure de la société et la notion de peine entendue comme réaction collective essentiellement sentimentale. ceux reste à analyser doivent correspondre à un autre qu'il caractère de la même société. il y a corresil pondance et continuité.- . d'ailleurs. expérience particulière que cette réaction a bien son origine dans l'état le plus ancien des sociétés humaines. De fait. que ne le suggérait l'expression pure et simple de « vengeance » nous y gagnons surtout de pouvoir situer le : problème qui nous occupera maintenant. s'il est vrai que la pensée primitive s'y voile et s'y dérobe derrière le sentiment brut. entre le ysvoç et la cité. sous une forme ou sous une autre. àïàfe. la notion a déjà cette forme « rationnelle » que nous lui voyons dans les temps mais si les caractères que nous y avons lus jusmodernes : correspondent à un' caractère défini de la société. en agissant. Nous n'y gagnons pas seulement de confirmer par une . s'empêcher de penser. Ainsi s'établirait cette hypoqu'ici nous thèse que le développement du droit criminel n'est pas unilinéaire. en son principe. dans le clan ni d'en préciser le sens et de la montrer plus complexe. pour le Grec. La notion de pénalité. n'a pas seulement l'aspect que nous venons de décrire : il le faut bien.

.

Problème que posait déjà la notion du délit il se pose plus immédiatement encore.CHAriTRElII LA NOTION DE PÉNALITÉ II (Suite). Appendice I. mais aussi l'interprétation plus ou moins populaire que nous font connaître les difl'érentes formes de la littérature. Introd. et si qu'il faut entendre par le sait : là. la notion de peine. et que les systèmes d'éthique et de politique ne font en somme que prolonger (178). guère que d'intuition. elle est postérieure à la constitution de l'idée rationnelle. art. livre IX. les : résultats déjà obtenus. c'est de l'apparition de l'intelligence qu'il faut essayer de rendre compte.. Il faut définir par épreuves successives. on le sait l'on veut : mais on ne par expérience vague. le Sur des Anl. par quoi pas entendre seulement les doctrines que est la réflexion mêmes. Lois. rapport entre les conceptions philosophiques et les conceptions « popu- — laires ».\ cf. et comment. qui nous offre ici notre prinplus rigoureusement est d'un certain point de vue cipal champ d'expérience : Nous constatons que — — notion rationnelle. PœiNA dans le Dict. elle elle est le fait de la pensée philosofamilière au Grec il ne faut phique. Et il s'agit de fonder solidement. en Grèce disons à Athènes. Mais cette réflexion des philosophes — n'est pas antérieure. Ce d'abord. cf. si possible. trad. on ne peut définir que Dirons-nous que la notion de peine est rationnelle en tant : assigne à la peine une fin ? Cette réflexion. I C'est d'un progrès décisif de la pensée. Pour que la peine puisse en être l'objet. Platon. La notion rationnelle de la pénalité. il (178) Sur les différentes fins attribuées à la pénalité. . voir Glotz.

323 D-E. Isocrate. 934 B XII. 1374 b 31. et ce n'est sophes — — : s'est accrochée. 4 : xoXaatjia). au besoin l'analyse grammaticale. cf. en passant'par Platon. pour ainsi dire. nous n'en connaissons pas uti seul exemple. qui s'est imposée à la spéculation (180) (Protagoras d'après Platon. v. à xoAàÇsLv à Aristote. En d'autres termes.1:2(» RKGUERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE : la rétlexion faut que la peine soit représentée objectivement 'ne travaille que sur une matière qui lui est déjà donnée. à la représentation collective. . : la rétlexion TapâSôiyp. Chez les orateurs attiques contemporains des deux philosophes. Le sentidu droit criminel et de la fonction' qu'il remplit incline . — (179) Sur les procédés de la pensée philosophique en ce domaine. Dinarque et Hypéride. 476 A 505 B Lois. 1369 b 12 14. II. 944 D Aristote. I. 1104 b 16. . Eschine. aussi qu'il est rare dans le fréquent chez Platon et Arislote Ce n'est pas à langage ordinaire (181). 10. . cf. c'est l'idée de : — l'amendement du criminel. rationnelle qu'elle ne la crée. 1 N. 324 A-B XII. Lycurgue. suivant des modes que l'analyse philologique. telle est l'obsession du mot qu'elle a obligé de 10. en Grèce. Platon. suggérée par le mot. Eth. elle appelle même celle de l'exemple. III. la rétlexion se suiajoute pas la de son donné. — qu'on accentue le côté — ciera au (181) mot (Critias. 1109 b 35 X.£iv prévalant la notion de coercition' collective et violente c'est la pensée seule d'une peine intimidatrice qu'on assoutilitaire. 1. au terme qui eût dû être le moins de Protagoras au verbe significatif poui* elle. Prol. elle n'écarte pas. .a ment même vers l'idée si la notion d'amendement du coupable est au premier plan dans sur xoXal^siv. : le substantif xoXaT^. 3.les esprits d'une pénalité essentiellement préventive : l'autre aspect de xo>. — Aussi mais elle ne la fait pas plus bien. Ce sont les formes du langage qui car l'évolution de la pensée s'est faite révélatrices : pour une bonne part dans l'inconscient. elle retient dilection. telle en particulier que la rend sensible aux consciences l'emploi du substantif abstrait sont ici (179). met. ou du moins d'animer d'une vie factice.dt!. . 1180 a 9) créer. fr. doit déceler la philosophie est venue ensuite qui.. L'absence du mot est certaine pour Andocide. s'imagine expliquer les origines et la raison d'être d'une institution. Tassociation est particulièrement nette chez Protagoras. ce qui en est le plus ancien. . si l'on peut dire. Nie. Appen- dice l. Gorg.. le plus dépassé la philospécialement chez les philosophie de la peine. Démosthône. .. avec une sorle de préseule fois. et.. à l'aide d'un fina: lisme étroit. (180) Du reste.

or. la le plus remarquable. et dont aucune. mais la peine tout simplement. Cette définition écartée — qui serait aussi une interpréta- — : — — — tion — considérons d'abord les raisons qui peuvent comman- der une conception de la peine plus intellectuelle que celle que nous avons décrite.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 127 nous avons vu philosophie crée de toutes pièces que ridée de « correction ». à ce point de vue. de I. qu'elle rejette mais obsédée par ridée que la peine doit avoir une fin immédiatement reconla naissable. La preuve en est dans la diversité même des fins qu'elle assigne au châtiment. philosophie ne retient que l'idée brute de vengeance cf. méconnaissant que la peine n'est en soi ni talion. oii le droit public occupe un champ notable : carie droit public représentant une dire espèce de résumé ou d'abstrait. et rien qu'eux : directe exercée parla société tout entière. u'est directe- ment exprimée par les institutions en vérité. — châtiment pratireprésentation le concret. dans un aucun système d'idées cas. Appendice : 10 . répond à un droit répressif dont la notion coordonnerait les éléments réaction directe ou relativement suivants. elle trahit plus qu'elle ne traduit la représentation sociale. n'a rien d'intentionnel en son principe. on peut collective s'intellectualise à proportion que la pensée qu'il du domaine recouvre. du reste. ni intimidation. Forme de pensée oii domine Par quoi elle ne peut traduire que partiellement la conscience juridique d'une société comme l'athénienne. elle a hâte de lui substituer ses : propres constructions. avait des racines dans ni qu'elle ne réponde à quelque chose comme la réalité même dire que la — . qué à l'intérieur d'un groupe restreint — . une réaction de la société à quoi peut correspondre un sentiment brut à quoi nous l'avons vu peut correspondie aussi une représentation au sens strict. intensive du délit. que nous avons vue exprimée essentiellement par les termes J^vijxia et v-oXâ^eiv. Celle-ci. Spécifions. elle passe à côté du concept (182) de peine. est xi(xwp{a. un appel de pensée collective tâche avant tout à retrouver dans la — on peut : observer qu'elle peine d'autres notions que celle de la pure vengeance. L'état d'indilTérenciation supposé par les pratiques primitives de la vengeance sociale n'est plus qu'un (182) Le substantif Titxojpta. notamment. un nous le verrons mais qui. ni procédé d'amendement.

les délits viennent se placer sur le même plan. et ô. twv. dans la répression du meurtre. s'objective. nous relèverons . le plus proche de la victime (184). qu'il y a des tribunaux semblables qui ont à juger de causes diverses et fréquentes. appliqué au parent.. Le droit.. voir chap. 26. Dém. XVIII. €. 278. probablement. est corrélative à leur comme une fonction reconnue qu'assume. — Pour la conception . les allusions à renrichissement. . 170. XXV.. pour un objet identique. d'où l'association fréquente de pT^Two et de nTpaTiriyôi. — Enfin. implicitement. etc. à lointain de son unité intime et étroite. 31 (Léocratès se plaint w.-cwp est fréquemment opposé à 16iwtt. (184) Cette idée apparaît plus nette parce que grossie. Dém. dès lors. plus ou moins honnête.aoroç. Philoclès.î Léocr.. C.. VII. aux nomophylaques).. . 318. Appendice V. P. puisant dans une opposition continue aux autres catégories sociales le sentiment perpétuer. 138. apparaît plus il se détache quelque peu du sentiment immédiat. correspond à 867 E.. xàç xp(j6i<.. Sivcaîw. ou l'expression ol prixopeç comme désignant une catégorie spéciale dans l'Etat.. Lycurgue répond en xal auxo'fivTou Scivôtt. Aussi bien. èviTTa|xsvuv).(. 868 B 871 B. XVIII. § xi. cf.toî dtvap-Jiaî^ôixevo. XXV. I. des orateurs (Dém. des particuliers — sans mais à demi-spécialisés comme en exercent témoignent certains emplois du mot prjTwp (183) comme une charge de ministère public qui. XXI. 14. les formes de pensée archaïque héridu régime familial on a toujours bien affaire à trente mille citoyens pour le moins. Léocr. Aristog.. (185) comme à Sparte. 30 (183) Le mot pT. 62 XXXII. 71 86. à quoi se disant. il .. C. XV. . : .128 RECHERCBES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE dft la réalité. 219. 232. Mais Dinarque. 31 . : . Isocr. XV... appliqué. Dém. C. de l'accusateur en général. 31 Hyper. 27. dans les Lois de Platon toC pTiXopoî qui. 280. Ctcô tt.. la cité associe décidéparent ment un trop grand nombre d'individus pour que puissent s'y tées : l'état pur. I. : . C. 19. Eschine. dépassant le droit positif. 124) comme témoignages directs de cette fonction. ... : Isocr. aspoct De plus en pltis. 7 Lycurgue. L'idée qu'il évoque naturellement est celle de fonction politique. qui. parle fait même qu'il y a un organisme judiciaire.. (185) Sur le rapport entre 1'(jo<. 94. — le SyIjjlos gouverne et fonction politique. 41. 90 c'est un des rôles de l'orateur que de poursuivre la répression des délits qui intéressent la communauté c'est par là que s'expliquent... dans une cité où mandat défini il est vrai. . . et c'est aussi juge tout ensemble. 866 A. et on n'est plus en présence d'un groupe d'opiolio'. Euxén. VII. dont l'office est de « conseiller » Isocr. 205. mais prolongeant son esprit. et l'idée de mesure devient essentielle dans la pénalité : non pas d'une mesure appréciée subjectivement. èxtaxoTro. 40. 189. 189 XXiV. Lyc. cf. èTriyvwixovai. XXI. prévoient des sanctions contre la défaillance du plus proche parent de la victime (IX. 112.

issu de la relila réalité autonome et le prestige des objets gion.[ji(opia et ceux de : . mais qui est loin d'être négligeable de Ti[jL(opia. Par est : cédure sommaire. En dépit de leur valeur nécessairement sentimentale. : Cette pensée abstraite. revendique même. . la « cité ». T'. c'est que les caractères mêmes de ce nouvel objet la lui imposent. par leurs emplois caractéristiques.uiwpia est en . trer dans la notion abstraite d'un droit fonctionnant pour lui- — sous un aspect impersonnel et comme transcendant aux consciences. proprement . sensiblement. Nous définirons d'abord le fait par une donnée toute formelle la notion en apparence. nous ne l'avons pressentie que pour la pouvoir reconnaître dans plus directement.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 129 par quoi la ment à la colère réparalion qu'on impose se proporlionnerail vaguequ'on éprouve mais d'une mesure objeclive.(i)pia S'Ixy] mots qui l'évoquent le qui. Il n'est pas indifférent de relever la proportion entre les emplois de Tt. définir par avan(re. en opposition avec celle de ^r^it-U. se distinguent ainsi des autres désignations de la pénalité.ri[KU et de sont identiques.j. par opposition au verbe. laquelle a ses origines — .un substantif Juridique il a un sens impersonnel. -z'-jj-topia et que nous nous proposons d'analyser. ce sont là des termesbeaucoup plu^ intellectualisés. il ne faut pas oublier qu'il a qu'ainsi pour sujet le « peuple ».oùv Au contraire. du substantif de pensée : Comme nous comme tel l'avons déjà noté pour à3ix7i. comme la xtfjiwpîa — dans la .jjiwp'la seul : T'. l'usage peut vraiment caractériser une forme il suffit de cette simple observation que.a. tout verbe a un sujet.'jiwpelia-Qat. et sentiment de vengeance collective y demeure pur au premier plan. pratiquement. religieux et si la pensée prend une forme « rationnelle ». est pensée plutôt comme substantive que comme verbale.[j. en eux-mêmes. Par cette transcendance.le verbe désigne une proles valeurs qu'il contient. pour concevoir que le degré d'objectivité d'une notion peut être sinon défini. !^7ipn. C€ sont la langue et : les T!. En un qu'on peut ou qu'on pourrait les sentiments relatifs à la pénalité tendent à se concenmot. Le rapport entre les deux s'éclaire aussi d'un rapprochement comme celui de àTràys tv -aTua yto y/. Or la valeur juridique de « T'. du moins indiqué par la fréquence de l'expression substantive. les valeurs de Z. lequel retient le sentiment et la partialité du sujet qui se venge.. -^lawpsiG-Oat. le droit. signifie très se venger le » lorsqu'on peut le traduire par « punir souvent ».

. c'est celle de procédure.. et elle implique l'aftirmation d'un sujet en principe. ou meurtrier en rupture de (comme dans la loi de Dracon citée dans Dém. Je prends le groupe des orateurs de la seconde (186) Voici les chiffres que nous avons relevés . le cas n'en est pas moins typique. II. au premier cas. au sens purement privée) une procédure judiciaire. De aTraY^y'^o aciione ap. 80. hors d'Athènes et à une époque postérieure. Alh. elle a pour condilion la conformité à une règle abstraite. Rangabé. 52). 1884.axoùpYo. plus. au second cas. sens de indicatio (dans une inscription d'Erétrie de voir Ziebarth in Hermès. par l'emploi du mot spiritualisé qu'est alors le substantif. De quoi est faite cette croyance-là. mais la valeur du rite. est suspendue à l'eiiicacité du geste. XXXII. que le substantif a pris 618. d'un sujet familial. cf. sur une matière aussi instable. est : l'àraytoY-/. Particulier. Vratisl. l'action consé. et elle suppose. le l'époque romaine. mais complexe l'autre — comme la cité. c'est à le définir que vise justement la présente partie de notre étude.. p. Paderborn. et le recul de la justice strict. le l'un et contraste entre aTrâYsiv et àTraYWY'/i nous le laisse mieux voir : évoquent l'idée du rite. à un v6[jio.. dans celle du substantif — juridique. On constate même. n» 689 . certaine statistique est assez suggestive (186). XXIII. que la notion la plus apparente. H. en ce 1908. ce qu'il faut entendre par là. celle d'une société non plus simple comme la famille. une croyance impersonnelle. cutive à la manus injectio la différence de valeurs entre verbe et substantif a été marquée par Meuss. où d'ailleurs apparaît un progrès notable. en dépit de toutes les influences perturbatrices qui peuvent empêcher de fixer. Weber. p.130 RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE (Glotz. des De rapports mathématiques.. Attisches Prozessrecht in den Seebundstaaten. soit y. 427) : vengeance privée le fuit d" « emmener » un indi- ban vidu. Solidarité. ou esclave fugitif. elle. peut-être.

.o\J^ dépasse plus ou moins celui des emplois de ^'^aU. le chiffre — — l'emportent de beaucoup sur ceux de Ti|A(i)p£io-Qa'.^ Le même mouvement de la passion se traduit. mesure. et en ajoutant Isocrate qui représente une génération un peu antérieure.[jLtopia : date). p. 3° Inversement.io'jv. venons de comparer deux seulement de nos termes mais la : — contre-épreuve se être : fait d'elle-même. les la proportion est de 2 à 1.(op'la (chez Isocrate lui-même.v n'a pour ainsi dire pas de substantif qui lui réponde. èxSixa^wv dans Eurip.. même chez Isocrate. fait considérer surtout Yexécution. Cette première constatation est confirmée par l'étude des on peut dire que ces valeurs mêmes de T'. formes. et la notion de SUvi ne s'exprime par aucun verbe . Il. Hirzel. n. à TL5J. et. limite. dans Ç71!j. un des derniers en T'. on conçoit que la réaction passionnelle ne doit pas être indéfinie. elle doit se plier à la nécessité d'une procédure et se subordonner à l'obtention d'un jugement. on admet que.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 131 de Tépoque où les notions sont le moitié du iv" siècle plus en retranchant Hypéride dont les fragments sont formées trop merlus pour donner prise. 65. 154). isolément. d'autant que temps un mot indépendant. Tliemis. mais de pareils emplois sont rareis et plutôt littéraires (ainsi Pind. sauf chez Isocrate contre 37 à 100)^ un « intel- — — : — — un spéculatif. (187).tj. la proportion de ^r. 6.. et aussi patente qu'elle peut xoAà(^£t. Par eux. il marque arrive bien que SixiÇsiv s'applique à la pénalité le » — C'^it^Ca au est plutôt : alors la anticipation du sentiment qui. ils les Nous dépassent considérablement (37 contre 8). 0.. même indépendant de toute idée de Judicium. (dans l'ensemble. cf.a(op'la et de Slxti : mots introduisent la l'idée : sous ces trois aspects de la règle dans la notion de peine. emplois de lectuel » d'ailleurs. même collective. 65 à 100 2" Chez tous.w!jv à ^r^jj-'la dépasse notablement la proportion de TiuopsTo-Oa'. 161 contre 93) ils ne descendent au-dessous chez aucun orateur. mais qui offre un large champ de comparaison 1° Chez tous. Suppl. enfin on se : représente. par pensée qu'ils résument et produisent. et dans deux cas (Eschine et Lycurgue). 137. sinon une échelle générale des peines. et dans un cas (Lycurgue. dans StxaioOv et autres mots de la même famille. plus enclin à user du nom des emplois de ty\\k\. du moins un rapport numérique entre certaines d'entre elles sentiment qui en plus marquée avec sens d' (187) « Il amende de Tiawpta sur ^i\\i.i<x.

ô vojJLoBiTTjç) « « Idtv tiç tôv àvSpotpdvov xTsfvT) iitsyoïJLevov àyopS. sans spécifier. cpTjfffv. 89) prévoit la même peine en cas de meurtre de Charidème qu'en cas de meurtre d'un Athénien. XXII. (189). en eOet. 55 Tt[X(up{a<. particulier Dém. c'est : oùBe^. sans faire les distinctions ni exceptions que la loi prescrit (XXIII. à tous les plans de la pénalité... à propos des rentrées d'argent faites sur les — — : débiteurs publics . : 'tva . plus adoucie. 6ewv • Çtôaa yàp sùXéwv é^éÇeas. : implicitement les mêmes réserves que son accusateur. qu'il attachait à Tijjiwpia.. 54 62 ÔTav Ihù twv TexayfjLévwv. au lieu que ÇTjfjiia. cf. dont le décret (cité XXIII. Juridique. 53 : 5(xTiv >va|jL63ivÊtv.LCi)pfla. autant la vengeance démesurée semble incompatible avec une société c'est aux Barbares que les Grecs en attribuent la organisée (188)..tj-ia-peine —. ou plutôt même qu'il feint de ne pas comprendre en portant son décret. socialement imposé au mot. à quelles conditions la Tiuwpîa requise par une famille en faveur d'une victia)e a pu et dû devenir la peine. vwvrai.. C'est d'ailleurs d'un la discussion de l'orateur indique ergotage qui ne laisse pas d'être instructif bien.[jLâTwv al xifiwpiai yiy».. au sens objectif. il « inscrit » la Tifxojpb en tout état de cause. [iiriS' àirépavcoi twv à8txT.pL'la. Ta. apparaît surtout dans du mot TL|. la notion de la d'être juridique. Aristocrate ne pouvait pas ne pas . évoquant par lui-même (188) Cf. dans le en sont une illustration assez nette. : 73. pratique : Le grand Il principe. ôpwv : .. àpa dvOpwTtoKTi \\. on conçoit que la même idée prévale. tiré vengeance des Barcéens. xdxû. en et. a't àiréBave irpô. faire : (191) Nous pouvons noter dès maintenant que. se rapporte. en tout cas. IV. Tàç Ttjjiwpiaç le àuepàvTou^ : slva».. dans l'ensemble. El c'est bien pourquoi il s'applique indistinctement à tous les degrés de la pénalité (191).132 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE la multiplicité trouve sa complète expression dans pécuniaires. considérée sous le seul aspect autant Tijjiwpia appelle Tidée d^une limite : vengeance comme telle apparaît toujours légitime. et c'est le même sens. 39 ». 53.. influencée par nomique — le facteur éco- à la différence de la notion de xoajî^e'. la TijjLwp'la est. Siûw Ti. ècpopiaç (190) A Aristocrate. 91). (189) Dém. i^ y a gros à parier que Démosthène ergote.. .. Démosthène reproche de violer toutes les règles du droit il « donne ». Aussi bien. le' terme a tout ensemble le sens subjectif de « satisfaction » et le sens objectif de « peine ». 1° Avant des peines même moral.v et de ^T. à une réaction plus impersonnelle Cf. Par là. l'idée de pénalité exprimée par les termes Ti[jLwpta et 6(xt. ayant ox. Tt|ia>p(a<.. qu'il exploite des négligences de rédaction. Hérod. Mais comme dès lors. 205 : la réaction immédiate et violente d'une Phérétimè.. èypa^ev (se. domaine de l'homicide les emplois Contre Aristocrate de Démosthène (190). XXIII. par là même.r^ tayupai Tifiwpiai êirC'fôovoi y^vovrai. Tijjicopia marque un progrès sur Çr. a fortiori^ restreinte.

v ôUtiv. expressions comme au coupable qui expie. 1 . de la loi : c'est la loi.. Xo^t^j [jlev n'a pas alxîai. 119. VI. . 579 . XXI. 9 Dém. . aussi bien col- qu'individuelle. Isocr XV. — Du juger par l'analyse d'Aristote n avons pas relevé d'emploi (cf. I.. 173. se trouve extériorisée. 34 XXIV.. XVIII 280.wpta s'aperçoit dans Lyc.. 1312. 7. qui. . Noter aussi. dans Platon. Dém. 742... n° 471. C'est seulement avec : Tt{ji. laquelle même sens Cr^fJitav veut dire. « .. 2° Ceci « déjà implique l'idée . : — La valeur objective de xcôv vofjicov s'il xt[i. pourlant. IX.) dont on avouera bien qu'il substantif ^r^iata qui. en fallait grande valeur que celle de afflcl : du reste. Appendice 1). Tuy^âveiv — signifie être puni » Dém. Ti|j(. fr. è'/^eiv ôtxr. en se rapportent à l'otfensé qui se venge. et !« recevoir satisfr.(|) 8' axi[jt.. objectivée. elle signifie aussi « êlre puni » Hérod. Bacch. : c'est ce sens-là 74. — 9 10 précédente (Andoc. I.(ai. : . Le on dira qu'il « obtient sa peine ». Lys. Ant. Michel.JURIDIWE ET MORALE EN GRECE collectivité 133 qui se sent personnellement atteinte. Bacch. le sujet du verbe.). 8 Eschine. xoyxàvetv (Soph... l'expression ttfjLwptav Xa{j. III. Léocr.XXn. III. L'expression ôixt^v Xa(jL6àv£iv est le plus souvent synonyme de . fr. .). 71 111 parfois. 53.. damno (Soph. Eschine. .6àv£iv. Lyc. 93 xo yàp xoTç rjôixrjxoai xu^etv xifjiwpta èaxtv..{Acopiaç. Eurip. Lois..v (Eurip. 27. Léocr. C. 356 HippoL.v Tt. 161. . I. . 8. .v = être puni). C. 583. 10 -^ le génitif désignant le couxoù àSixoùvxoç xi(i.. pourtant. d'Hél. autrement parlante que celles du même type (comme « les lois infligent les châtiments ») ne saurait être négligée. etc. cf. 179. Tuy/àveiv. 75 XX. on peut qui mesurer limportance du piincipe. Une pareille expression. I. dans Ant. I. 672) dont le sens premier ne peut être que le même que celui de Eurip. 12. des Bacchantes. étant . Bacch. éd. Dalmeyda. que la « vengeance : les mots Tijjiwpla ». II. 853 A. dans Ménandre.. 1327) et Sixr. aurait pu y prêter. etc. 37-38 (cf. 30. .wp(a qu'on emploie : pable puni Ti[jLwptaç Lyc. dans le même sens.. . I. vojj. /. I. sont appliquées principe. sinon celui-ci.. 7 (a^toç . . 55. de la peine. 4 Le sens premier n'est pas douteux. Léocr.. Théophr..(optav Xa[ji6av£i. donne » les Tt-jj^wp-lai et par la généralité du mot. nous analogue. XXIV. désignait de façon presque exclusive les formes extrêmes. El.6àv£iv. C. de dorgias (?). )va[xêQ!V£t.. exclusivement. 154. et quelque sorte. 38. Tifjicopiac. XIX. 29). VI Lys... en revanche. 3.. Texpression y peut très bien avoir le Xa{j. 29 34 35. . exaspérées en et Slxyi. XXI. qui a même valeur (Thuc III.. c'est l'accusateur qui fait fonction de ministère public. l. àpy^f) Ss CYifjiîac..a)pîa. Aussi est-ce par par eux seuls. 115 la . EL. donnée la valeur primitive du substantif faction ») qu'a la locution dans Thuc. dit-on. XXX. des délinquant est puni lective Tuy^àvst.

oiyt. mais sanctionnée par XXIII.. cf. Plus particulièrement.v Twv ^ixaTT-^piwv.. la notion rationnelle de oUr.. Twv oixwv... 13 -col'. . C. 12) entre les deux. xi[jLiopta donnée contre les inculpés connrelèvera Dém. do « satisfaction »..87 y prio-Oai (le meurtrier condamné) expressions chose jugée ùUri Dém. v(5{xoi. LVIII. XXXVI. de son chef et en contravention aux lois. siulv at xifjitopîat. à la faveur d'un jugement (Dém. Dans quelque sorte fondus. xaracppo- pensée de la coercition collective. à propos de la procédure en matière de crime de trahison (192). : 30 (cf. XVIII.. 126. : par les lois en matière do délits publics (Dém. LIX. des Ti|jLtop(ai abusives 7 62). ÛTrapj^O'jfTa^ èx xtov xupiiov voijLtov xiawpia^. èx xwv v6|Jitov xt|jitop{ais. 36. XXI. XXIV. vengeance privée à létat brut. 15 'la Y] SrijAoa-La (cf. XXIII. le môme mot : ment régulier d'une justice : . nous avons tous les intermédiaires -riiJLwpfa accordée à la victime d'un homicide et à sa fgimille.... SoGva'.|Leocr. XXIII. IX. A'Ixyi a beau s'appliquer souvent à la satisfaction appréciée pour elle-même et par une victime : . dans le même discours. 856 A. 45) et dans Lycurgue. tantôt la valeur : les objective de « peine » (celle-là est évidemment la première en date) deux extré^mes sont représentés par la zi^uipia. du sentiment même de la procé: dure judiciaire Platon.îj. T'. paraissant dans les endroits sacrés. Yj 25). Tifjiwpîa donnée contre la femme adultère qui. XVIII.. à l'ordinaire.].jio)p(a également « donnée » . 54 t^oUt^ xal Tw . o7) et par la-:i. Lois... tombe sous le coup d'une atimie exercée par voie de : .wpia retenant plus présente l'idée d'une satisfaction obtenue par l'individu ou le groupe. au contraire. 53 la : . ou^eXOsîv ttiv oUyiv 856 E. : (192) Il arrive même que. XXIV. ôixTiv Tfi TToXe». l'orateur reproche à Aristocrate de donner à Gharidème.v6[ji(}) prédilection. et les différ^jnts moments de la répression sont en vsT.-t\ s'y oppose comme plus impersonc'est ce nel et comme expriuiant la notion dune justice assujettie à la règle rap|)ort que souligne l'emploi successif des deux termes dans Démosthène. « donnée » par la loi à la victime de Tadultère (c'est-à-dire le droit de tuer le coupable pris en fla- le droit grant délit. wv èv xoT. Eschine. V. vaincus en justice Dém. 54. implique une série réglée d'actes et gestes obligatoires le mot est imprégné de l'idée. On a vu un de ses aspects il n'en est que plus important de constater avec quelle évoque le fonctionneainsi dans des impersonnelle comme Ant. III.. 86). : = r. : c'est le terme o'ixri qui introduit dans la pénalité Tidée d'une procédure normale. tout est dominé par l'idée de l'exécution nécessaire. 59.134 Ti{jL(opta RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMKXT DE LA PENSÉE y a tantôt la valeur subjective.. Volksjustiz ([Dém. donc do la cité la : Dém. 123 : — : : 102 : xàç . 6 TpÔTco.

. . xà aw[i.y... La règle. XXlll.wpiav dans Dém. de Dém. : — Y.jxaxa : : Tijxwpîaç.axa (lîoietaôai) en question la punition typique pour les C'est hommes libres (être puni « sur son corps ». 55 tU XpT. le premier terme désignant la pénalité pécuniaire. (Aristoûtjjiyyé'KkovToi.v ouxs xi[j.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE i'So par un phénomène fréquent. I. le A un déterminé correspond une pénalité administrée par des voies spéciales : définie. sî. pol. Tiii-wpiaî 80. 143 Dém.. mais attendu... Et c'est un phéno: mène notable. puisse prendre assez souvent un sens tout voisin de celui de « procédure » (193). comme un complément naturel. le même terme s'applique spécialement à l'amende. : : .. 32 è'vSôi^iv. crate) Ta'JTT. 'Xa[x6àv£iv. toî? ôè Sua-ireiôéai oîxa.. XX.. L'orateur fait de la Slxti — l'emprisonnement. l'idée essentielle (celle et S'IxYi la persistance du terme permet à dejudicium) de subsister virtuellement. mais qui se retrouve jusque dans les actions qui ont un caractère public la notion d'une : procédure organisée s'associe à la pénalité sociale. LYIII. (194) Platon. SixT^v. le même rapport que semble traduire l'expression oûxs 8£xt. (19o) ÈTriTiBévat.. fonction du législateur. xtixwpia T:ç)Q(i âirâo'a'. 88. ixAiL^^y (Aéropage) xal Ta. XVIII. . 215) traduit « mode de poursuite » Pour le rapport nécessaire entre l'idée de Ttfxwpta et celle de jugement. "X.. Et surtout..s xaûtaii.... lui aussi.. que Tt-uopia. (193) £'. Sentiment qui apparaît dans le plus ancien emploi de la formule ôixT^v oioova». T>\v êi. %. 6 : opOwç Lois. il arrive que l'idée de la vengeance se dérobe derrière celle des formes nécessaires de la justice. TaÔç ex twv vdfiwv xiawpiaiç irap' aù-cà Ta5iXT.. p. 3° délit Par là sont suscités des besoins nouveaux d'analyse.[jLaTa /pfjCTOai... Dém. sv xxùxt^ vo^î[JLO'j. et parfois devance en quelque sorle la passion lors même qu'il s'agit de trahison. XXIV. . aussj bien qu'à la réparation pécuniaire privée les biens est : la oix/i même parfois opposée à la Tiif. 67 : uapaterminant l'éniimération des diverses voies qui s'ouvrent à qui veut faire punir un meurtrier exi toCvuv Iïô' I'xtt. l'adjectif TaxToç (194).. portant sur portant sur la personne (195). (il s'agit des conditions où peut avoir lieu l'àTraywyfi) Dareste [Plaid.v. yip yvwa6ivTa Ti[itop{a èjtIv ÛTièp toû àSixïiôévTOi. Cf. Dém. cf. préventif ou supplémentaire (ordonné sur irpoaxtuT. sîffayysTkîaç 13 : [lèv à^ia xpatTovO' Ëojpa.Tiç).. Ant..o)^<. judiciairement mot oUr^ appelle. x. 88 = VI. cela convient aux esclaves). c'est d'abord qu'une vengeance légitime ne saurait être conçue du seul point de vue l'offensé fût-il la cité de l'offensé elle implique une procé- reste un cadre à nouveau Fidée — : dure bilatérale.èv 1..wpia. p. le second xàç xt[j. xal iXXaç Ti[xa)p(a. . xa-cxot. XXII. oij la pensée sociale peut insérer toujours de la règle. 632 B : Taxxà...

est devenue la notion abstraite de la pénalité. voilà donc comse manifeste la notion que nous qualifierons de rationnelle. en particulier dans la plus graves c'est là qu'inlellectualisée. § m. Ni cette définition ne paraîtrait d'aboid sufîisante. et l'idée à^ww. C'est l'antilhèse des termes qui oblige à poser le problème. système du droit pénal. : De ces deux idées. jde connu. . de préférence. Et la pensée d'une satisfaction requise normalement par la l'évidence dans les du châtiment. n'est l'objet que d'un sentiment confus (196).wp(a et ôuY) qui. expriment une pensée rationnelle. ni Ç-ofjiU. indiscutable. II.. dans les formes primi- tives de la peine. ce doit être une conception relativement abstraite de la société qui.136 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE II Notion abstraite d'une pénalité organisée. expriment les valeurs que nous venons de retrouver avec une minutie qu'on aurait pu juger excessive. chap.à!j£'. de la vengeance du sang le fait est bien pour l'instant il nous suffit. La notion « rationnelle » comporle en somme l'idée d'une fonction sociale de la peine. Car enfin. d'abord l'idée d'une venT'^ikiô^loL exprime la : Or geance familiale. Comment ce concept s'est-il produit? Puisque ce sont les mots Tt. de préférence à d'autres. c'est se manifester à société elle-même doit formes les : leur histoire qu'il faut interroger. si/pra.v ne les traduisent par eux-mêmes contiennent est comme tendue dans une tout autre direction. première donnée qu'elle nous fournit est d'une extrême conséquence TL^wpia et SUri se rapportent dans le principe à /a vengeaîice privée.j. ces valeurs. ni la pensée qu'ils xo). l'analyse philologique peut-elle expliquer l'apparition? Ce qui caractérise la première. Quant à il paraîtrait s'appliquer d'emblée à une notion abstraite mais un examen un peu attentif montre bien justice la : et : (196) Cf. la peine de mort notion primitive de la sacratio. ni ces ment éléments ne sembleraient mériter l'attention s'il n'était attesté que certains termes. oixTi. de la conséciation du coupable. rationalisée.

Hirzel. en tant faut primitivement rapporter.) Tovxa>v£t[jLSvoi xav Sixav So]j.2^Gena elle s'est appliquée à qui oH're de s'exécujuge.. sur la relation qu'elle suppose entre deux parties. G. à qui paye \d. plus généralement. les formes qu'elle anticipant la sentence et Et non pas seulement comme on le voit dans l'exrequiert. 127. pression Sixriv 8i. 24. 1. est manifeste : du domaine de l'arbitrage en matière de procès privés. un jugement..sv tov apyov (TovxaXsifievoi désigne celui qui intente l'action d'illégalité contre les auteurs de : = : menées contrevenant au présent décret). de des rapports juridiques plus ou qu'il implique moins définis. u. dont la valeur bcinalisée est souvent c'est dans le (197) A une seule exception près. n. mais qui confirme la règle décret réglant la fondation de la colonie locrienne de Naupacte. (B. 41 sq. mais qu'il joue pour des questions de meurtre. procès primitif dans une organisation de justice rudimentaire et avea la pratique de l'arbitrage consenti. I. p. (198) Pour les significations primitives de 6{xt. voir Appendice VI. que ce procès peut avoir : entre étrangers. 1.. à qui et si nous remontons plus avant à la ôUti (198). Michel.familial qu'il le . — Themis. c'est le magistrat Sur la signification consqui « fournit » ce que fournissait une des parties. Il ne s'agit nullement de sentence ren- due. mais d'action accordée ou. lieu yévoç. mais dans une procédure primitive avant de : — s'appliquer à qui s'exécute après décidée par ter. propose de faire trancher un joue pour entre c'est. des questions de vol. c'est sur elle que se fixe la pensée des : intéressés. . ce n'est pas entre parents. eu des valeurs tout à plus. cf.JURIDIQUE ET MORALE EN (?RÈCE qu'il a d'abord 137 fait concrètes que. dans le terme. Verbann. l'expression est passée à celui de la justice en fait d'accusations publiques . traduit très justement xav Siviav 5o[X£v daa Rechtsverfahren gewclhren) de plus. c'est à l'idée d'un droit inter. 16 sq. qui jamais n'a pour sujet le juge qui « donnerait » ou qui « dirait le droit » (197). ^cht.S6vai. De l'expression caractéristique SUriv SiSovat. mais toujours une des — l'origine doit être cherchée non pas dans une notion parties idéale de la ôlxr. qu'il : ou plus généralement litige par devant arbitre. J. tante qu'otlre par ailleurs l'expression Sîxtiv ôtôdvai. et avec les progrès du droit organisé.v StSdvai. L'idée motrice. d'ailleurs : . somme ou qui dépose lingot représentant une caution ou le prix du jugement. C'est ^iW. et sur le contraste que présentent sur ce point le grec et le latin. du même coup. devient celle de satisfaction en vertu de la tendance pratique du langage. n» XI. tout à fait isolée. de voies de droit ouvertes parle magistrat (Usteri. p. I. la dérivation. membres du même au sens strict. procès que nous renvoie l'histoire du mot. n" 585 I.

MKNT DE LA PENSÉE : de « dédommagement » le souvenir du droit interfamioù plonge tout le passé du mot. la vengeance du sang (199).). de dérivation des sens qu'instinctivement les consciences ne manquent pas de dresser. Esch. sous un et aussi relativement aux délits contre l'Etat.. Si les termes en question avaient perdu leur sens primitif. voir plus loia . XV. môme de cette notion complexe — en matière de crimes de même relativement au délit public d'j(3pt. . simplement. par un « élargissement » — naturel et par l'oubli de leurs valeurs premières et restreintes. Le sens de vengeance privée lorédomine dans l'aspect immédiat de et cela non seulement au v« siècle. c'est que le sens de châtiment infligé par la société et celui de satisfaction accordée à une victime sont couramment fondus d'abord et c'est évidemment là qu'il faut chercher le « injustices » privées (Isocr.. dans celte hiérarchie ou dans cette table . l'idée de la répara147. ou l'expression Ti|icopîav Aa|ji6àveiv est appliquée à l'accusateur qui obtient condamnation (Dém. serait le « premier ». puisqu'il ne désigne pas le concept de peine) bien plus.. c'est-à-dire. tout spécialement. XXI. L. 64. XVIII.r). même : — fondement sang. 75. la valeur apparaît assez souvent toute seule et toute pure (''. 6. . (199) Sur cet emploi de 5{y.). XI. XX. qui Dans parlent comme la langue populaire du droit. . dans le Contre Aristocrate de Démosthène). . 30 226. . chez les philosophes notamment. puisse désigner la vengeance^ dans toute la force et avec toute la gravité de l'expression. chez Hérodote et Thucydide.. 173) et où la condamnation même. même : ou bien le mot exprime l'idée de la réparation judiciaire du meurtre. ils en sont venus-à désigner les sanctions pénales en général : y aurait eu évolution logique. Dém. chez les tragiques. les orateurs.. KKCliKKCIlIvS SUR LK HKVIÔLOPI'E. . il est visible que celui-là. au bénéfice de la famille de la victime (à tout moment chez Antiphon. conserve assez de prise sur les esprits pour que oUt. etc. Ce qu'il y a de remarquable. etc. Mais le sens de satisfaction privée n'est nullement aboli.{jLtopîa au sens de vengeance personnelle Isocr.. 280. Esch. on pourrait se contenter de dire que.138 celle lial. à l'époque classique (à la différence de ce qui s'est produit pour Çt. 8 iv. 20 28 d'une réparation non judiciaire (Isocr. tion des 45 1 3 19 Dém. de etc) .. . — Que le concept de peine soit précisément exprimé par les mots qui ont d'abord désigné la « satisfaction » ou la « venà première vue le fait ne laisse pas d'étongeance » privée ner. TiîJLtopta. (Dém.. 27). l.. mais encore au tv«. 76 . XXI.ijlU qui nous il fournit la contre-épreuve. . pour Titxwp'laet pour oIxt). 1. XXI.

notre : objet essentiel.oipia la ont directement contribué à constituer notion définitive de Il comme nous avons averti. par ailleurs. etc. XV. XXXVII. Au reste.. est de ressaisir le : moment d'une intégration définitive celle-ci. du moins en un sens fort cution du meurtrier.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE certain aspect. Dém. tantôt avec l'idée plus accentuée de On et vengeance (Dém. c'est que. LIX.. VI. nous verrons qu'ils supposent un état social assez avancé oii la solidarité entre les clans se dessine déjà fermement. vant Ant. tantôt au sens d'un droit surtout restitutif (Déni. Aussi bien. avant de se faire. même la supposent l'exé- III Ce n'est pas les « origines » mêmes de l'idée de vengeance que notre étude pourrait se flatter d'atteindre si haut que nous fassent remonter les témoignages linguistiques. VI.. la la peine. que nous avons signalés pour Tt. 26). se prépare.copr. XXX.jLo>ptav XafjL6àv£iv Stxr^v àaeêetaç XaêeTv en parlant de l'accusateur. : xoù Sy(Opov Titj.. en principe. contenue dans l'idée de vengeance ne renouvelés. 27) l'idée d'un arrangement à Famiable extra-judiciaire — [Lys ]. est considérée souvent 139 comme lajuste vengeance des torts l'éj^'ard dont l'inculpé. sait assez que l'expression ôr/T. la Tiawpla et et privilégié. la .. sens subsiste aussi vivant. Aucun mot de la famille de -riiatopia n'apparaît chez Homère nous n'en et concluons rien du tout. dans : le le domaine antique de la justice ô'U-ri. sinon qu'il y a là une preuve nouvelle : — . XXIV... 9 avopa zz : : s'est rendu coupable à du poursuitocpeX-i^aat . pensée et le sentiment de la primitive Tt{ji. privée. il nous est donné d'apercevoir de très anciennes conceptions. : Si un pareil substance morale.v ôiôovai se rapporte le plus souvent'.wpta dans Isocr. xi[jitopeTa6at Tipoaiaction contre un à-iuo. en contravention cf. ici comme ailleurs. .v iroXiv ^orfif^ccû 6' ajjia ttj TiôXei xal : ':t. I) quelquefois elle implique (comme Tt{j. 12. o9 el tov £/6pôv 'coO ira-cpà. c'est donc que la si l'on peut dire.(Ta<T0ai xal tt. s'est pas résorbée tout d'un coup. à une réparation toute privée. VI. 8 . 12 offre un emploi tout à fait parallèle à ceux (Ant. nous s'agit de le montrer montrerons surtout pour la peine de mort. En revanche. 38).[i.wptav ôitep wv ÈTïeTTovôsiv XaôîTv dans une LVIII. poù[jiai.

Grdco-ital Hechtsgesch.. et xtfjLtopîa n'ont pas cessé de vivre et de se développer.24. les Lebas-Waddington. qui vengeance — personnage bien connu en assume comme personnellement la charge de la droit comparé Esch. 5. 41 . c'est d'ailleurs ce qui a favorisé son évolution. et se sert beaucoup plus de ses deux prédécesseurs) à l'actif. parlera des puissances divines qui réclament ou garantissent sa venEuripide. iv« siècle abolies (Euripide s'en sert beaucoup moins. . Soph. xi[jia)pô. de par leur composition même. quant à xtijitDpoi. p. elle serait décisive convient de faire souvent sur le témoijinage « indirect » du vocal'ulaire homérique. mot est employé parent de le plus souvent au singulier et s'applique au plus proche la victime. n'a pu être que déchéance souvent XIII. W. fréquent chez les tragiques. III. n" 1683 IX.. il n'est pas attesté avant : — la famille un seul exemple dans Eschyle). . Au lieu que plus plastique comme nous le verrons. où aucun orateur ne nous deux mots se rapportent à des notions cf.). une pensée extrêmement ancienne. le verbe actif xtfjiwpeTv et le substantif Ti[j. ne nous permettent pas de douter que ces termes. 14^1 a 10. 14.topt!x. Leist. nous en relevons en tout six exemples (cf. V. 1280. geance . Eschine.. et la même encore Lysias(VI. : Choéph. Ag.. Polit. . désignera le ou les « vengeurs ».. 872 E). du moins le premier. et Aristote eu offre iv« siècle. De fait.(op6. Tt[jLwp£"î(i0ai. est intéressant d'observer la fortune. à des objets différents de la vengeance du : sang. 143. la baisse est continue chez les orateurs Antiphon s'en sert encore assez est consommée : : (1. 729 E. . Au iv« siècle. 11. 10. . 716 A.. En revanche. etc. 12. leur de xifjLwpsTv.3 . 1 . etc. dans le principe.2 . 1156.l. 811. or Ti[Jiwpta est un il mot plutôt abstrait.£/. Dinarque. G.. mais dans toute masse des orateurs du milieu du Isocrale. 3. concerne spéTi{i. n.. ont décliné ont reçue. chez les tragiques surfout. 4 cf. si l'on excepte quelques emplois isolés et traditionnels de Platon [Lois. sa propre action elle se servira da verbe. V..140 RECHERCUKS SUR LE DÉVKLOPPEMEN'T DE LA PENSÉE du peu de fonds qu'il n'aurinns-nons que celle-là. 4 . une autre observation c'est que le substantif xifjitopta paraît relativedoit avoir plus de portée ment récent (parmi les poètes du v* siècle. 24.. 42 51). 4. a. naient retenu toute vive. 1372 b 4. en : tant qu'obligé d'assurer satisfaction au mort de son propre bras les enfants et petils-enfants sont des xtijccopot nés (noter une vieille formule dans Paus. trop engagés qu'ils étaient dans des représentations l'extension même qu'ils primitives et strictement familiales. La notion la plus ancienne de la vengeance nous apparail avec nn caractère religieux qui porte bien la in arque de la moralité de clan. IV. caries emplois que nous constatons par ailleurs. 186). VI. « vengeur ». Lycurgue. 1311 b21). Le fait peut s'expliquer n'a guère à nommer. Des autres termes.. IV. Démosthène. sauf : . on peut dire qu'il est mort au en offre d'exemple. désigne le vengeur lui-même. d'un terme plus ou moins objectif. 323) ce . que xiijitopeTv. Hypéride. : cialement l'action du vengeur. juste trois {Hhét. 29. précaire et ne les a pas sauvés.

ou £-:aIpot. 4 et s.^ II. comme la cité exalte et garantit la moralité familiale. on conçoit que l'opinion publique tout entière commande la « poursuite » devoir (cf. les alliés et les phralères participent avec les I. En outre. . elle estavant tout un devoir. comme associés à la ven- autres à : geance du sang (//. à l'époque et le rapport classique. XLVII. X. XIII. si nous n'avions à souliune remarquable continuité historique sous le régime gner de la cité. elle se satisfait immédiatement au famille . cet olxsûç désigne tour à tour. and Devel. quant aux phratères. est suffisamment souligné du fait que la SixYi cpovou n'est recevable que conlre le meuitrier du parent ou de — : l'esclave de l'accusateur (iDém. n" XXI. 19) (200) les seuls : . en son principe. chez Homère. la vengeance satisfaction d'nn besoin Il n'est nullement. se survit sont désignés. le parent et le serviteur. C'est l'état de choses le plus chez Homère.]. Non seulement elle l'est à l'époque primitive. plus archaïque. les alliés ancien qui. 15) l'interdiction est prononcée par tous les parents en deçà du degré de cousin les cousins issus de germains. 90).. et qui sont dérivés de ov/lq:. comme un Westermack. il est possible qu'il les faille reconnaître dans les Ixa'. Od. Orvj. I. cf. Un membre déterminé qu'il exerce. ici.. si la vengeance peut s'accompagner de plaisir. G. sous le nom de tiyio'I.a)X£iv). c'est de la famille fin pour- suit : c'est une charge une sociale (204) Le commentaire d'une pareille disposition nous serait fourni déjà par termes qui désignent le plus anciennement l'esclave. l'action de meurtre est intentée. mais telle est la force de ce sentiment social qu'il s'est tutions le traduisent perpétué jusque dans la période classique dont les instiavec netteté relativement au groupe : plus large de la cité. YIIÏ. of Ihe ^loral Ideas. bénéfice de la mais du reste. (loi de Solon citée dans Lys. la poursuite (a-uvôt. Solidarité^ p. Mais surtout.? et. /. 70) (200)..'f\ mais droit privé relativement à la famille. oixsû. la famille intéressée à la vengeance est encore une très large famille aux termes de la loi de Dracon (/. (201) Cette fin sociale... il peut paraître que la TijAwpLa relève d'un elle n'est obtenue que par voie de ùly. 581-3). Qa grande maison ou la grande famille) oîxéxT. . stricte obligation.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 141 D'abord. 460 et s. par le maître de l'esclave assassiné social. serait piesque ()is<'ux de le rappeler ici : . p. la individuel. Elle est chose collective. elle est de toute évidence l'objet d'une — . cf. en un sens. de l'épopée (Glotz.

soin ») certains emplois archaïques.. : dans i\ opàv. 286. où l'idée de « payer » sens n'a était devenue prédominante on s'est trop pressé d'assimiler Titjiâv où W où il est presque toujours bref (notamment blotz. 871 B). Pour lïnstanl. « souci. est suggestive : le xi. Pai. mais surmort la iiif. et. chap. dans certains cas.'r\ tout le — second — la ti^jl/j à laquelle il a droit. La lotine primitive de -ri^aiopô^ est -ijjiàopo. celle d' « résoudre.jl-/. pu se produire qu'à la faveur d'une confusion momentanée avec les mots de la famille de ttoivtj. c'est. II.oî. éxoOs'. partie. que la Titxf. dont l'idée est contenue dans laxijxwpia regarde plutôt. on conçoit que le mot ti.y^ ne doit être que dérivée le : mentale dans mot valeur que nous reconnaîtrons comme fonda(203). signifie Dict. dans le principe.. et on a pu et : y rattacher (cf. au sens d' être à la Ti[j. par elle Nous verrons essentielle seule. IV comment le terme traduit une pensée au régime du ysvoi. en : . Au demeurant. le « latin servare (qui. Transigeant hors des cas licites (202). wpa. s. ni. L'étymologie. 30. (203) 2» partie. s'il s'abstient. comme un èlre idéal à qui l'inditirer vidu doit sacrifier son égoïsme. toute seule.awoô. J. pour d'autres objets d'ailleurs que la vengeance du sang (//.iA± qu'il RECUERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE en vue. 1. c'est moins faute a d'organisation que respect de la famille : la famille est toujours conçue comme une unité.-/.. c'est celui qui « f/arde Ihonneur ». « gardien ». XXII. 868 B. la famille que l'individu victime. La racine en est la même que celle du verbe ôpâv. si la cité n'intervient pas dès le premier moment. L'étymologie en est transparente mot se retrouve dans 6'jpwpô. . honneur » comme la TiijLOipta peut se une compensation pécuniaire. L'idée de « paiement » dans Tt. De là. des sanctions contre le parent qui se dérobe à l'action nécessaire de vengeance {Lois. 105-G). (202) Les cas II. qu'on trouve chez Pindare la seconde partie du chez Eschyle. IX. il commet une infamie que la loi ne punit pas.j pp. il apparaît qu'un pareil paraît irréductible.. ait pu désigner celle-ci ainsi dans Homère. Au vrai. tivio (letau)).là se spécifie la valeur étymologique de TLuiwp'la : une vengeance du meurtrier^ c'est essenliellement assurer au à la fois « paiement » et « honneur ». — regarder. 111. mais que la morale réprouve. G. ils n'ont rien à voir : est long et tîvsiv p. 459 Od. Solidarité. 288. chap. dans la législation de Platon. ce sont ceux de « meurtre involontaire » . au fond. p. d'ailleurs.|i.-composition. observer ») cf. négativement. Hoisacq. dans l'homérique oupo. nous n'avons pas en vue autre chose sinon d'établir. rencontrons bien plus tard dans une loi d'ilion 57) T'-tj-ai. que nous « amende » remonte peut(J.. 7). les transactions sont souverainement immorales . . de môme. 709-710. nous croyons que. étym. pp. licites. no xxH.-. en un sens très défini et qui nous la . 3** ï»ôvoi. IIG). en matière de cf.

169-171). Lexilogus. celle de la solidarité du clan qui s'exprime dans l'idée d'une « assistance » réciproque : les cle remarquables que nous rencontrons.JURIDIQUE l'un avec l'autre. IX. n. ils sont nécessaires les uns aux autres. Que représente cette -rip. CurVius. II. expressions l'idée « comme . 1448-51). nous le dérober. le s'établir que dans un état où sens primitif de la Tiawpia elle n'a pu la solidarité entre citoyens se con: çût à l'image de la solidarité familiale. ..p qui signifie. si le meurtre impose la vengeance. Au vrai. ii'. p. plus loin. XXIII. que Bréal conteste à tort. en particulier. fondamentale dans « c'est esprits par — suggéré Nous conclurons donc que celle — sauf à la défmir — d'un celui de Pindare..-/] ? A l'époque classique. Hipp. « défenseur » et qui. le mort combat avec les siens. XXXVII. D'autres termes qui désignent tifs : le vengeur sont immédiatement instruc. sans d'ailleurs . c.. v.fjitopeTv. 80).. l'étymologie de G. . honneur et de là un emploi comme 83-4: YJXOov TijJiâopo. mitivement. 0. si que si Ton admet la même valeur pour le régime primitif et dans la pure vengeance du sang. Lois. et la phonétique la justitie amplement : le mot serait de la même famille que le latin socius et s'ap- parenterait à £7ro|jiai ainsi qu'oTtàcov qui justement. ainsi l'homérique ào(TJTj-:r.7Tpo[Jicic/ou [jiÎTpav. -ziixi^v ce). est encore plus intéressante pour nous. et il y a même de fortes raisons de penser qu'elle a son prototype dans le pardon accordé par la victime d'un meurtre au meurtrier son parent (204) pri.j. 333 Od. elle éteint la poursuite (Dém.. 235 (204) (20o) : . en général. V. 59 Platon. pp. 119) . Gruiidzuge o. les siens avec le mort. 869 A D-E cf. c'est parce déclenche une force impérieuse. Eurip. . est synonyme de -ctiatopoç (//. au v® sièexemples du mot Tt-iJ^topia au sens de « secours ». /.. et en pardonnant. s'applique Sur la signification de celte àfeatî. IX. Mais le ET MORALE EN GRECE était 143 aux des rapprochement xîv£t. Mais une pareille institution voile. elle est : la victime peut parconçue sous un aspect individualiste donner. 'IdOjjiîaiat Aa.. meurtrier — elle serait sans raison d'être à l'égard d'un autre l'homicide même involontaire est nécessairement qu'il vengé. chez Homère. ne s'expliquent (205). s... XXII.v {IL. 461. Bréal {Pour mieux connaître Homère. Sens fréquent chez Hérodote et Thucydide nous indiquons les références on y retrouve l'idée persistante d'un lien de parenté (Hérod. l'explique comme équivalant à a-j^r^xT-p et comme proche parent de aux'ilium. voir notre commentaire à Platon.

Schmidt. dans désigne les tenants. Andoc.. et une fois personnelle. les partisans des deux familles adverses . Eth. Hérod. serment des Amphictyons dans les deux derniers exem- avec n'en est que plus remarquable les dieux » comme régime au datif . (Soph. cf. 1 [Dém. — : .). De fait. 24). . nous voyons le mort assister les siens dans Esch. la scène judiciaire du Bouclier d'Achille {IL. 1. 461-509. p.. Gr. EL. Inversement. une la souffrance et comme une parce que le diminution. II.144 RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE même groupe social... cf. II. Sur le sens même de la Tijjiwpia. Choéph. ples. 138) ou aljjLaTwv àpcoyô. « apaisé ». le c'est d'elle moment privilégié de ce devoir. 86 Esch. : représente.}jiwi-. et le fait le Dieu » ou « CE. dire que le sens religieux et sang apparaît tout de suite plus indéfini que ne le traduirait la notion d'un sacrifice au mort. il représente l'équivalent du « secours prêté par à un individu du . Les vengeurs sont encore désignés du terme "Apeoj àXxx-^pe. d. (E. R. dans l'expression attxâ-wv èTiîxoupo. (Soph. ft. 477 rapporté aux divinités clithoniennes. le verbe Tiacopelv nous fournit les précisions nécessaires.]. et vengeance du mort est la forme plus active de cette réaction. qu'il y (( ait subsisté.. 115. 502). où l'on retiendra l'emploi du mot àpioy^j au v. » n'y a pas lieu d'établir entre les deux sens vengeance Il — du prêté aux Dieux chronologiquement antérieur à le — — ni de soutenir que tout qe qui l'autre . /?..496. de la défense. 139. I.(5. et on le trouve encore — . Œ. il s'agit d'une action collective. : ») les vivants. dans sentiment la collectif et religieux du vlvoç. II. (206) Pour T. Soph.. que mot faire Tij^copeiv (« divines ») fixe plus spécialement la notion. 63 ïhuc. 127.çpt. 136.. qui se commenfe lui m^me on notera aussi l'idée du secours.....à[j. le verbe n'a pas pour régime le nom personnel d'un Dieu dans . il n'existe plus de façon active ni aTio: s'expliquerait pas que d'un Ti-ji-woc^v tw QavovTi tout seul ait pu être dérivé un TijjLwpsîv toiç Oeo^ On ne on remarquera du reste cette dernière expression elle-même... 147). XVIII. Tt-jAcopelv a une valeur essentiellement à l'époque classique si peu religieuse. celui-ci n'est pas un honneur aux puissances Ce qui revient à fondamental de la vengeance du Dieu. LIX. Eurip. déclenche une réaction nécessaire . directe et brutale groupe qui une « dérivation logique familiale et « secours l'un est » Tijjiwpei toîç OsoTç (206). 126 (L. àocoYOt. .

par le sacrifice bien connu de Polyxène. a relevé comme swruiyaZ remarquable dans (207) Rohde. victime (207) la élément essentiel un sacrifice expiatoire à victime est exigeante. Psyché. les /. [Ant.wpia zolq ôeoTç comporte un combat et c'est bien en effet par un àywv que l'on fait honneur aux puissances divi.]. d'un érarpoç qui ne doit pas rester sans de la vengeance relèvent de la môme l'idée psychologie. s'agit le rite où appatoujours. c). 175 et s. et qui s'intègre et s.ç (//. en pleine lumière. au premier du mort qui s'impose aux la consciences elle est affirmée par les rites de vendetta qui comportent la comme . les rites du deuil et : il s'agit les rites . Esch. L'idée du fantôme. Solidarité. l'image d'un fantôme du mort qui réclame impérieusement des siens l'offrande d'un meurtre compensatoire ? Cette puissance qui habite la victime. qui émane de son cadavre. soit dans la vengeance soit dans La c'est réparation sera conçue comme le acte religieux parce que une unité religieuse que : yévoç. et la raison pourquoi il est également consacré au combat judiciaire et aux luttes athlétiques. mais en pleine époque historique. mais le vocabulaire. XI. une" des forces les plus redoutables qui soient. impersonnelle.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE le 145 — L'exemple vengeance tales .. mais la notion fondamentale qui joue ici. ne peut être que révélateur : raît ici la T'. I. XXIII. . l'épopée homérique le sacrifice des Troyens sur le tombeau de Patrocle {IL.. et les il est même le employé absolument. c'est la Sans doute. la notion de l'individu soit assez forte et assez émouvante pour faire surgir. par certaines exécutions fameuses. D'une façon générale. isolée et comme autonome. IX. Platon. 73 (208). 73-76). 872 B. du sang elle-même. sépulture Dans ce dernier exemple.ov ne jouit nullement du privilège qui la elle répond certes à poussée naturelle d'une imagination collective et passionnée. (208) cf. serment des Amphictyons. qui nourrit cette image. 7) est |x'?iv!. r£'iSw). les termes de cette famille impliquent d'un courroux religieux et d'une force religieuse. Mais comment croire que.. XXII. la même M pensée primitive se perpétue (Glotz. cérémonies religieuses. à elle toute seule. de semblerait. à l'âge du yévoç. ti^ut] plan. IV. et son ressentiment.[i. Non seulement dans la légende. pp. d'Hérodote manifeste rapport intime entre la il comme représentations religieuses les plus fondamende choses égyptiennes. c'est celle d'une force à la nature religieuse confuse. pp. sa 358 Od.). nes (cf. Lois. y. Par là se marque grandes l'unité profonde du terme.. il ne faut pas la considérer en elle-même.

). . elle est battue en brèche 161.. cf. déter[jLidaTcop. des mythes comme celui .vtsaaa d'Esch. 129.o. 7. ni à dériver àXiTT^pio. cl le yaîa tA'f. — d'Alcméon (210 Cf. 4.. 1377 et s. TtpocrcpoTraio. 306-14. III.>[i. Choéph. 6eôiv qui est à la disposition du mort et qui : : : : s'associe à la Ti[xwp(a des siens (Hérod. o.. n'éprouve aucun embarras à désigner par les mêmes termes [jiiâaTtop ou TraXâir/aio. mieux encore. où le talion est garanti parles Moïpa: et par A{xt„ normalement associées pour exprimer l'idée d'un ordre cpsmiquc [J. chez Or. 296). 276. Ag.. d'une Suvaiiiî Tipo. cf.^ 212 276-82. Themis. p. 141 (Tifxojpoi envoyés par le Dieu). Choéph. 9).t. aa fantôme de sutlisamment dans la multiplicité des termes qui les pourtant de façon spéciale désignent àXâaxwp. et III. p. 39). IX. Il n'est même pas nécessaire que l'être auquel la assure satisfaction soit conçu sous les espèces plus ou Tt. le criminel et le fantôme du mort.. a. se traduit : : : . souvent. ni à exprimer dans les mots de même famille Tipourpéirecyea'. : (209) L'idée d'une force divine immanente ù la vengeance a suscité la notion du Dieu personnel qui tout ensemble ordonne et garantit la xifxwpia c'est là proprement la pensée de la tragédie. . 267. Mais cette idée se manifeste aussi de manière plus profonde. 4). on dit aussi -zb irpoTcpoTraiov ([Ant. 1578). . de mêmeTipocTTpoTratoi. la Terre souillée et « courroucée » par le meurtre.. SuppL. 120). sous l'influence des idées nouvelles. 2. -^o £v6j[jliov aussi bien ces ligures indistinctes se transforment spon{ibid.. un esprit moderne ferait la distinction mais la pensée religieuse. qui sont également principes de souillure et objets de préservation rituelle. Rohde. On observera en outre qu'une partie de ces mots se rapporte en même temps à d'autres idées ou plus exactement. àXiTr^pio.]. II.. a. Euripide.|jL(opta \ moins individuelles du fantôme le sang de la famille — puissance impersonnelle. et TrooripoTraio. p. IV. noie.]. II. Le genre ni le nombre n'en sont minés on dit le plus souvent ol àXiT-rjptot. c^est le « sang » — fimpersonnalité des représentations relatives à l'àme. Rohde. dans celle d'une « puissance ». 2). soit. (c'est l'emploi normal dans les Tétralogies du Pseudo-Antiphon IV. et d'autre part. 277. . A(/. Surtout. sous des espèces plus impersonnelles soit dans la notion des divinités chthoniennes ou même des « Dieux d'en haut » (Esch. IV. a.. n. 3 4 ^. TaXàjjLvaio. la victime. 1429-30. n. (210). du verbe qui signifie la faute religieuse (p. £v0. 28. 8 y. Harrison. l'ordre des choses (209). . 2) tanément l'une en l'autre ([Ant. n.. 517-8] cf. . 1. Ti(xaopou. au v.. E. 1\syche. la vertu divine de la vengeance présente un caractère en quelque sorte cosmique : elle impose aux consciences l'idée du talion comme d'une loi du monde (Esch. 163. 4).146 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE : môme la la Tt[xwp'la mort violente suscite la fatalité mécanique du est une libération qu'autorise et sanctionne talion. Hérod. etc. Psyché.. essentiellement indéfinie. a. p. la puissance néfaste provoquée par le meurtre appelle les maladies mystérieuses sur le parent qui se dérobe au devoir de vengeance (Esch. dans VOreslie d't^schyle (on sait que. Sur la notion de pp..

144.. que de et àptoyo. ^.. Schrader.sQvKÔoyj Aff. 8) : l'expression de fXYJvijjia OsoJv chez Homère (cf.. 44. cf. pp. relatives même probable.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE l'acte 117 religieuse l'effet démon du meurtrier suppliant — revêtu d'une puissance redoutable delà victime (211). 2« partie.. Eurip. On sait du reste : que le mot cpovo. uv^vlw. s. être lavé. exige le sang — 1197) (212). T. et de là vient elle la multiplicité des emplois d'un mot comme [a-ôv-ç — correspond aux diverses attitudes des vivants.] "^o'jTou 'jovtj> to [jt.tov Wkv. le sang de l'animal du sacrifice (ta-jest dans Esch. : : 101 : (î>. Reallex. 733 aT. v. (p. S27-8 Le sentiment avec lequel on considère les meurtres perpétrés à l'intérieur relever en particulier de l'oî^oî ne laisse pas d'éclairer la xiixwpîa elle-même (213) Gilbert. '^ôô' aT. § II. 71. 491).. Psijche.. 1568 et — invoqué par Clytemnestre dans Esch. Rohde.T|vi[j.. I.. (214). et à la même époque..ç. c'est le sang versé qui suscite la vengeance du mort (d'où place tout à fait à part que le délit d'empoisonnement a gardée dans le droit) (213). sinon très vieilles représentations s'attestent ici. R. .aà^ov ttoXiv ... l/idée du sang comme requérant la vengeance apparaît dans Eurip. [Ant. i. Il est possible.. 400 a'îfjiaxoç Tijjicopîai.a tôjv IV.. (211) Cf.ji£vou^. p. pour peîou cpovou de là oôvttj çpovov ey-viir-eiv (Eurip. Cette forme de pensée dit un âge primitif. . Le sang. à la vertu le divine du sang.aa /^£i. On a rappelé l'évolution du mot «ùOsvtt. Troy. si conformes à tout ce que nous savons de la mentalité primitive. dans la le principe. 5a{îj. de même dans les expressions alijiâToiv èTTtxo'jpo... etc. Beitrcige. on arrive à distinguer la puissance divine qui habite le mort et le mort lui-même ([Ant. Sept. l'animal victime étant substitué à la victime humaine. c'est-à-dire ''' • — pour l'oxécution du meurtrier. parce qu'il en éteint la vertu redoutable Le même principe joue aussi bien. chose remarquable. sous — — et le d'un besoin relativement récent d'abstraction et de personnalisation. 78). MYivt. on notera IV. et plus nette encore. l'empire du ylvoç fortement intégré c'est la famille solidaire que les puissances : mythiques attestent aux consciences impersonnalité . Esch. effective. Mord. cf. lîél. le sang expiatoire a des vertus du même ordre que le sang du mort. III. 516-8.. dans la vengeance réelle. précisément d'où Tunité du terme cpovo. et Eurip. 1177) et sang (particulièrement nets parfois même. il n'est que de faire observer que. chap. 4. Aie... 77. fr. citées p. c'est ce qui en précise le sens il y a : sacrifice.].. 101). a. dans le même ordre d'idées. Or.aa TifxtopeTjeai. Y> "^^9 àXiT-fjpuov àx£(7a. Soph. A qui voudrait nier l'antiquité de pareilles notions. Eum. cf. (212) Cf. Du reste.. signifie assez souvent Alcman. et de là vient leur ce sont les sentiments de la famille qui se traduisent dans les sentiments des êtres religieux. OE. Principe qui est appliqué à l'époque classique dans la purification du meurtrier involontaire. (214) : la notion du s.

. Esch. chap. cf. VII. la leçon : c'est — [xf. chez Eschyle et chez Euripide.. drapeau de la famille. IV. et où nous le voyons désigner spécialesentiment d'une cité. 84 (où c'est un objet religieux qui provoque la « colère» les Athéniens veulent venger sur les Epidauriens l'outrage fait aux statues de : Damia (219) mort à fin de vengeance. une espèce de proverbe.|jLa cf. C. V. 123. 1274.^ n° 3541. l'idée de sa Tt. on peut rapprocher le mot IvGùjxwv qui. Tr. Rapport que traduit l'emploi bilatéral de TitjLâv. familial et religieux. peut très bien admettre que le fantôme du mort soit normalement : et d'Auxèsia) .. à qui s'adressent ces injures. répond TiuLY] aux deux faces de la notion de Bien suggestifs sont aussi les exemples qu'offre Hérodote du verbe p-rivlo). Sur la pratique des injures au . à qui la contradiction ne coûte point.î. Dialektinschr. 274. lui fait écho. assez puissant pour que le meurtrier ait besoin de l'enchaîner. . 177 (215). chap. 7. garantit refficacité du père) Soph. Ant.. la victime devenant représentation. le xat.viî (jLdfaTeip' ix Oeôiv. l'est aussi aux divinités (£v9upn.vt(.. violentes d'Oreste et d'Electre. Soph. XVI. Ainsi. ment un sentiment collectif (218) mais la cité succède au yévoç et. (2n) Voir 2« partie. Oewv d'Homère). [jL7ivi. Ewn. du fils). OE. 8. Au reste. et normalement aussi exige d'être réveillé pour concourir à la poursuite. : entre lui et eux.. que la colère des Dieux pèse lourdeune pensée générale. la TLp-wpia intéresse moins.118 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE peuvent s'appliquer spé(*ialement à la colère des dieux (//. 281) entre (jLTfivtôfjLdç et cpiX(5TT. {XTiv'lw s'applique au « courroux : » . c'est en fonction d'elle que la pensée de ext [xf. la pensée religieuse. — la famille : le fantôme de celle-là est si force religieuse pouraction indépendante. V. ordinairement rapporté au démon du mort. 101). paraît avoir échappé à Ameis qui corrige le texte... la victime que (217). p. 'Epivy. m. voir 2« partie. tantôt le mort qui « exauce » les siens. Dans le domaine de la famille (216). a été réduit à l'impuissance par ses meurtriers grâce au jxaayamais rien n'indique que ce soit là' la raison d'être des objurgations >via|xô(. Collitz. 1. (216) Remarquer l'opposition {II. OE. Esch. C. d'un proche dont l'àpà ou Soph.. (218) Hérod. Il est vrai qu'Agamemnon.. au fond. un mystique do (215) Nous adoptons ment sur les hommes. J327 ('Epivj. Koupa. 229 IX. Ce double emploi. lequel a pour sujet tantôt le parent qui « honore » la victime. dans le vocabulaire. lequel s'applique proprement au sentiment de famille.ov Eo-TG) AajjiaTpo. ce qui Cf.p. SuppL. symbole. 965.yi est si peu autonome que l'efficace du mort (219) a besoin tant — — peu capable d'une d'être entretenue c'est par l'efficace des vivants ut des..^ 1177 ('Epivù.

régime représentant l'individu poursuivi la construction avec l'accusatif de la vengeance du mort. et au I. cf. 24 349. 74 (datif au § 3) et dans quelques rares survivances (Dém. VIII. : de la personne dont on se venge ou que l'on châtie (Thuc. 1311 b 21). . TijjLtopeTv zolç ôeoTç Arist. IX. 1.. elle reste la règle après lui. en face de tifjiwpia suivi du datif. pp.. génitif.. il ait eu ainsi la fortune que nous savons en tout cas. en général. 2^ partie. et suppose déjà la nécessité des voies judiciaires. « faire hon: on sait d'ailleurs que.. elle Eurip. . EL. 88. soit datif :Esch. 42. .. 100) et que. ne se développe qu'après le v^ siècle Ant. V. à la personne définie du meurtrier. 120 Ant. 41. etc. 14. IV.wpta : bien avant de dire (220) Voir les cas légendaires rassemblés par Glotz.. Aie. Solidarité. 1.[jL(i)p£lv tw kizo^avôyv.. Léocr. I. Soph.. VIII. 776 924 29 IV. 25. à propos . 811. a . V. il principe.. 82. 165 et s. n. d'abord : est possible que. etc. 719. Ant. 547. C. 10. 433 avec le nom de l'individu puni n'est devenue fréquente que sous un régime de justice sociale dont elle ne de là aussi xtfxwpîa avec le génitif laisse pas de traduire la souveraineté : apparaît. Eurip. a 4 y. XXIII.. .) dans les emplois les plus anciens de xi[jt. 10). : déjà xiijLwpta uTiép. . chez Lysias. soit à rapporter à la famille — Hérod. 6. En principe. celle-ci n'a pas égard au meuitrier.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 149 la TijjLwp'la se constitue. concernant naturellement une action collective. 143. 399.. R. soit au 21. le plus souvent. Tt-p-copslcrBat. à l'actif. .. Œ. dans Soph.. et pour seul régime. mais dans la . Lyc. dans le tout entière (pour cette valeur 0ai.. l'un et l'autre ont pour régime au datif — le nom de l'individu vengé (Soph. Ainsi dans Tijj-wpsLv.) La construction avec ôusp. —D'autre part. qui représente un lien moins exclusif entre le vengeur et le vengé. Chose naturelle si la « poursuite » vise en réalité une espèce de sacrifice à l'être religieux qu'est la famille une première phase dont gnage (220). EL. concerne l'acte propre du vengeur. Or. Ttjjiwpoç au début.. les plus anciens emplois de ne comportent pas. répondent indistinctement les uns pour les autres. )>. quant il à Tiixwps'ia- du moyen.. Choéph. PoL. VI. 107. 733.. sauf dans l'expression 51. l'idée d'un individu que poursuit la vengeance glisse au second plan pour laisser s'atïirmer le privilège de la victime la vraie valeur de la notion est dans T!. 185. de TijjLwpsïv et même de xtfjLtop£T(T0at : . c'est cette dernière construction qu'il emploie en revanche.. Or. L'idée de la victime comme bénéficiant du même primat dans les constructions de xif^topoç (qui n'a pour régime que le nom de la victime.. dans Grèce porte indirectement témoimembres du yévoç du meurtrier sont soumis à : la neur au mort Tt|jicop£Tv. les une solidarité passive.. à venger apparaît Isocr. a. grande majorité des cas. celle de uTiép devient normale XIII. 1. 4.

130
xifjLcopta

RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE
-tvi;

on Ta

au sens de punition ou vengeance exercée sur quelqu'un, au sens de satisfaction assurée à un mort (de quoi témoignent Eurip., Or.^ 425; 400, [xr^zoo; a"ijLaxo; xifjitiiptai Ant., I, o) et c'est encore toute une partie de l'histoire sociale ot morale qui se traduit dans le contraste de ces deux usages.
dit
;
;

IV

A

gieux

la TijjLwpia est donc de là cette gravité
:

inhérent un véritable idéalisme relimorale dont le mot est resté toujours

chargé. Mais il est évident que, pour comprendre comment le terme a été transposé de la vengeance familiale à la pénalité,
faut faire intervenir un grand fait social. Déjà le tableau que nous avons retracé retient l'idée latente d'une solidarité assez étroite entre les ysvYi pour la pensée collective, la loi de talion joue suivant une fatalité mécanique qui n'est vraiil
:

ment

intelligible

que

si le

meurtrier et la victime sont sentis
il

comme
entre la

de

la

même

société: de fait,

s'est

opéré une fusion

Gs^at.;,
:

justice intra-familialc, et la oUri, justice inter-

familiale

les tragiques, derniers échos des vieilles idées, ne voient plus la différence chez eux, symbole expressif, la SUti sévit avec prédilection sur le meurtrier crim parent (221). Du
;

point critique oii les idées relatives à la vengeance tournent et s'infléchissent, c'est le mot SUyi qui va nous donner la position. Pendant la période où la cité se constitue pour nous, elle

dans une série de témoignages linguistiques qui ne commence qu'après Homère pour s'achever aux tragiques oU'o s'est incorporé les valeurs religieuses que nous avons pu lire dans Tifjtwpîa. A'Ixy) ou oixai 7ra-:p6s se dit dans le même sens et avec le même sentiment que Tiawpia ^la^pôç.
se reflète

C'est ainsi

que nous relevons dos constructions
;

comme

Esch., Ag.,

1432:

èiJif,;

iraiScx; ôtxTjV
•?!

fr.

259 N.,
xôxov,

fjijioiv

ys

{J.£vxot

Niti-sai; è'aO' JTCspTepa,

xal Toù GavôvToc
AtxTj

Aîxr, Tipâaaret,

il

du mort

»

:

parallèlement à
Clioéph., 148;

y^ijkov NéijieiTt;, «

convient de comprendre « la la Némésis des dieux »
515 523 539
cf.

(221)Esch.,

yl<7.,

1432

;

Eum.,

511
la

;

;

:

;

554 et 564,

également dans
lièrement sur
le

le

chœur des Erinyes (dans
aux Erinyes
:

conception spéciale des EuméEurip.,
Or., 194
veille particu531, etc. Cf.
;

nides, la AfxTj, associée

[v.

511] qui la représentent,

mariage

211-8); Soph..

EL. 34

;

Platon, Lois, IX, 872 E.

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE

lai

(d'en haut), suivant l'interprétation de H. Weil, Et. sur le dr. ant., p. 57, 2° parce qu'ainsi le sens est plus satisfaisant avec la leçon xôxov, et n. 3
;

la

6't(o

la leçon xàcpov Soph., E/., 33-34 Eurip., EL, 676 iratpo?,.. ôtXTjV Or., 531 -ivci; ixr^-zpo^ ô(xa<;. Cet emploi est tout à fait parallèle à celui que nous avons signalé plus haut pour -zijjLOjpîa suivi du génitif; il ne se retrouve plus en dehors des tragiques. La fusion entre la Tijjiwpia et la Sîxtj est
;

construction bien plus naturelle avec
xpoTTtjj

:

TraTpo; ôîxa^

àpot[ji.-ir)v

;

:

;

:

xiixoiooq StxY)

assez intime pour avoir suggéré l'expression fréquente et toute faite de celle-ci a pu prendre, notamment sous l'influence des spéculations orphiques qui attribuaient une importance centrale à la Aîxr^ (222)
:

très général, ainsi dans Plat., Lois, IV, 716 A (223) mais sa valeur primitive, qu'indiquerait déjà le seul terme vieilli de xifjitopô;, n'est pas

un sens

;

douteuse

:

elle

exprime

l'idée

Platon, Lois, IX, 872 E).

de la vengeance du sang (Eurip., E/., 676 Dans Soph., fr. 104 N., 9, ôîxt) xifxwpo;; est
;

accompagné du
tion
.

génitif xaxôjv,

comme

recelant l'idée nouvelle de la puni-

Par

8(x7i

comme

par

Ti^jtwp'.a,

c'est

une nécessité religieuse

qui est conçue dans la vengeance, c'est une efficace religieuse qui est attribuée au meurtre (224) la Suti est envoyée par le
:

mort à qui Ton demande
Choéph., 147-8);
et
la

d'être

uojjltco;

twv eo-OXwv àvw (Esch.,

immanente à la Ton rapporte volontiers, mais non exclusivevengeance que ment, à l'àptoY'/] du mort, explique le rapprochement et presque
notion d'une force divine
l'assimilation de AixYi et de
'Ep',vuc,

laquelle est proprement la

malédiction toute-puissante (Esch., Ag.^ 1432-83). Dans ce derle mot itkoq et ses nier texte, la oixyi est qualifiée de TÉXew^ l'idée d'une vertu efficace contenue composés, qui impliquent
:

originairement dans le rite^ sont volontiers associés au mol Wiinsch, n" 103 a (Pirée); Elien, H. V., III, 43, réponse S'IxYi t' de la Pythie aux Sybarites, v. 5 Soph., Aj., 1390 ij.v7][àwv xal T£À£(7cp6poç A'ixri. Dès Hésiode, à vrai dire, la relation 'EpivOç
:
;

:

est

c'est

et ce qui en précise le sens, et /., 217-8) a en quelque sorte pour ministre la force que redoutable et infaillible de ce Sondergott qu'est le « Serment »,

indiquée {Tr.
la ôUyi

"Opxoç (v.

219); mais la
la A^vcti

Vv/.i\

n'est

devenue

-ziltioc,

par elle-

(222) Sur la place de legomena, p. 506.

dans

la

pensée orphique,
:

cf. J.

E. Harrison, Pro-

(223)

d'ailleurs elle se suffit à
lui

elle-même

Hirzel, Themis, p. 141, n. 2,
vôjxou.

com-

met un contre-sens en
(224)

rattachant toG Sstou
[xr.vttxa

Exemple de

8{xt,

issue d'un

dans Paus,, IX,

25, 8-9.

lo2

RECDERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

même,
de
la

pénétré

notion de sa valeur impérieuse et universelle n'a pensée morale qu'en s'impré^nant de l'idée même vengeance du sang, de sa nécessité religieuse et de sa
la
la

vertu divine.

Par

suite,

la

oixT^

vient s'insérer dans les

qu'on lui prêle, sur le modèle de imaginée la malédiction entraînée par le meurtre et indéfiniment rebondissante (225), ou sur le type des TijjiaL de clans, forces divines qui s'entrechoquent (226). Ce sont les tragiques surtout qui

cadres de
à

la

pensée familiale,

et

l'aclivité

comme

une vraie puissance,

est

dressent cette idée; mais dans leur langue, héritage social, se traduit bien une psychologie collective dans un texte ancien,
:

la

vengeance du sang, avec

la

forme nouvelle

mence à

revêtir, est rapportée sous le

nom

de

qu'elle comSrlxrj à Apollon,

symbole des enseignements delphiques (227). Si, en effet, la SUy] retrouve et prolonge d'anciennes représentations, elle les retrempe. Par lui-même, le mot affirme une notion neuve et impérieuse celle du jugement par la société le meurtre déchaînait la guerre il provoque une action en justice. Mais on s'explique que, tout ensemble, il y ait désormais du nouveau dans la pensée sociale et que les anciennes représentations ne soient pas périmées pour autant. Relativement au meurtrier et à la victime, Tidée de la « venn'est pas d'abord fondamentalement changée la geance cité, respectueuse du privilège de la famille, continue de lui assurer son dû, qui est une espèce de sacrifice. Mais elle le lui
: ; :

))

:

le

assure par le ministère d'une justice organisée, hors de laquelle châtiment du meurtrier ne saurait s'obtenir. C'est cette
(225) Eurip., SiippL,

615

:

6{xa 6(vcav
et

êxd)^£c:s

xal cpovo?
cpôvo;

oôvov

(cf.

à|i£(4'S'f*i tp(5vov Sixiîjuv

cpdvoç,

les

emplois de

signalés p. 147).

EL, 1093: La ôixt;

« appelle »

la Sîxt,,

comme
(cf.
:

ï

'Epivûi;,

à qui" elle est

souvent associée, rebondit

d'un individu à l'autre
"ApT,; et la

Hirzel, Themis, p. 143, n. 5).

"Api^ç "Apst ^u|jL6a>^cT, A(-/ca Aîxa(pour le rapport entre vengeance du sang, cf. p. 90). Cf. Pind., fr. 215. (221) Alcée, dans un péan en Ihonneur d'Apollon (ap. Himer., Or., XIV, 10), raconte que le Dieu avait été envoyé à Delphes par son père Zeus, sxeîdev ~po-

(226)Esch., Choéph., 461

.

!pT,x£ÛovTa o(xT,v xal eéjxiv toîç "EXXt.g'.v (cf.

Gilbert, Beilriige,

pp.

apercevons

ici la

fusion entre la

6é}ii<;

et la Sixti (cf. p. 150).

La

Sixti

506-7). Nous est si bien

la voit rapportée spécialement aux divinités chthoniennes (pseudo-pythagoricien Théagès ap. Stob., Flor., I, 67, cf. K. F. Hermann, Ueber Gesetz... im gr. Alt., p. 7), c'est-à-dire aux ministres de la tijxwp(a, avec qui dans le principe elle n'avait aucun rapport.

associée à la vengeance qu'on

JURIQUE ET MORALE EN GRÈCE

153
le

notion d'un pouvoir supérieur et souverain qui pénètre
5(x7i
:

mot

que la S'IxTi-jugement réalise la vengeance du sang que, tout ensemble, celle-ci se subordonne à celle-là, et que la première, en retour, bénéficie du prestige impérieux qui s'attachait à la seconde. Tant que la sentence d'un arbilre ne tranchait que la question du paiement d'une tcoivt] ou même d'une délimitation de propriété, certes elle apparaissait déjà
c'est parce

car la liaison du procès se fait suisous un aspect religieux vant des formes solennelles et consacrées, et une vénération spéciale entoure le corps des Suai, la tradition des précédents

où puise
«

le

juge

— mais

la hUri

par laquelle est reconnu un

vainqueur », la SUyi, puissance idéale que le SuàÇwv dit être en effet (228), et non métaphoriquement, de tel côté, n'agit plus, une fois émanée de sa sentence, qu'en dehors de la
société (229), c'est-à-dire sous
lise la

un aspect non plus proprement

quand elle réavengeance du sang, sous le contrôle et la garantie de toute la société, que la Stxri, puissance jadis émouvante, mais lointaine, prend sous les yeux des hommes corps et âme (230). Chose frappante, l'évolution sémantique où se reflète le mouvement de la pensée sociale, s'est faite avec une rapidité et comme en une crise qui témoigne que tout était prêt dans les consciences. On assiste à une sorte de cristallisation le sentiment d'une solidarité entre les familles, que nous avons vu préformé dans la 'zi^iùpioL, brusquement se dessine avec netteté, traduit tout d'un coup, dans le domaine de l'homicide, l'empire nouveau d'une justice sociale rien ne montre mieux
;
:

religieux, mais en quelque sorte magique. C'est

(228)

C'est parce

que

la

Six-ri

recèle

une puissance
:

religieuse,

même

à ce

moment, qu'on peut
(229)

la dire

plus ou moins forte

Hés,, Ti\ et

J., 272,

[xs{Ç(.) Sfvt-riv

On

sait que,

même
:

à l'époque classique, l'exécution du jugement est

l'af-

faire de la partie gagnante (de là, du reste, BU-f\ au sens de voie d'exécution dans 8[vtr, oûat'aç et autres Beauchet, Dr. pr. de la rép. ath., III, p. 370). A l'ori-

gine, l'exécution a

se faire sous la

forme des
à fixer
le

«

représailles

»,

de ces aOXai

dont nous aurons

(2^ partie,

chap.

111)

sens premier.

(230) C'est l'idée de la vengeance du sang, et de la « victoire » où elle s'accomplit, qui donne son plein sens à l'expression Sut^ vixTiÇÔpoî, Esch Choéph.,
,

148.

développement et l'exaltation de la Aîtcti comme puissance divine, de quoi témoigne le vocabulaire d'Eschyle lui-même (Dindorf, Lex. JEsch., s. v., relève 33 exemples de Aîxt, divinisée, sur 92 contre 5 de es[jLt;).
De
là le

|.*>4

RECHERCnES SLR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE
la cité était

comme

attendue.

En

eiïet, le

et nous en avons, plus anciens exemples que nous en ayons ne désigne jamais chez Homère, une quantité appréciable chez les tragiques, au contraire, ce sens appala vengeance
:

— —

terme

oUri,

dans

les

raît

avec un éclat sinistre.

Aussi bien, riiistoire du mot nous permet-elle de ressaisir un intermédiaire entre la période de la ven^jeance purement privée et celle de la jusde la « société liomérique » sont exclues aussi bien la coutice sociale
:

tume d'une composition

tarifée

que

la faculté

même

de faire admettre,

par voie d'arbitrage, le principe ou le taux d'une ttoivtj ; or, nous constatons à l'époque classique que Stxr, a pris le sens de « rançon » (231), et de
d'après tout ce que nous rançon plus ou moins fixée par la coutume savons de lui, d'après son sens positif lui-même, le mot n'a pu recevoir cette valeur que s'il l'avait eue dans les relations inter-familiales otxr, (ou xaxaotxri), ce fut donc la sentence qui fixe, conformément à la coutume, ce fut aussi la composition même. le taux d'une composition (232),
: :

Cette période se place après Homère; régime de la justice sociale entre ces
\_

tance

qu'entre vô[jio;-coutume et
;
:

immédiatement après, s'établit le deux moments, il y a la môme disles deux évolutions sont vo[jio;-loi
:

connexes l'idée de Stxr^ se libère de la notion de précédent— de Tinconscient de la coutume elle traduit le pouvoir autonome d'une justice organisée et souveraine. En d'autres termes, elle prend un aspect rationnel.

Ainsi définie, tout ensemble nourrie de religion et fortement intellectualisée (233), l'idée de.(( vengeance » offre les conditions nécessaires pour devenir comme le modèle de la notion de
pénalité dans les cadres de la tioXiç
:

régime

oii le délit

public lui-même

est

on conçoit que, sous un réprimé sur l'initiative

des particuliers, les représentations qui lui sont associées obsèdent les consciences et dessinent un prototype de l'action criminelle à tous ses moments. De là l'emploi général des mots
5'.G)X£t.v se rattache évidemqui désignent la « poursuite » tout d'abord, à la vengeance du sang, et il continue ment,
:

(231)

Thuc,

V, 49,

1.

Il

s'agit d'ailleurs d'une peine
la

relative à

un

délit

reli:

gieux; mais elle est calculée à

rançon des prisonniers de guerre deux mines par hoplite, ce qui est bien le tarif normal du XÛTpov (Hérod., Y, 11). tt.ç 5{xt,i; tô xtîxr.ixa StirXoûv (232) Une trace assez nette dans Hérondas. Il, 47-8
la
:

manière de

TsXetTW.

JX, trad. et

Ce double aspect apparaît dans la doctrine delphique (cf. Platon, Lois, comment., Introd.) où du reste nous apercevons l'emploi nouveau du mot vdfjLo;, celui-ci exprimant à peut-être les premiers emplois nouveaux la fois, dans un stade intermédiaire, l'idée du rite traditionnel et celle d'une réglementation systématique du droit (Platon, Lois, IX, 865 B, etc.).
(233)

;iURIDIQUE ET

MORALE EN GREGE

15o
la fois juridique de Dracon, 1. 21
;

à êlre consacré dans le langage technique
et religieux

— pour

—à

l'action de

meurtre

(loi

[Dém.], XLVII, 70); mais il s'applique aussi à toute accusation de même sTtsÇspy^scrQat. dont la même valeur primitive est
;

II, a, 2 (234), Platon, Lois, IX, I, 1 871 B, 873 E, etc. le procès tout entier est une « lutte », nous le savons^ et la sentence détermine une « victoire ». Mais il y

assez indiquée par Ant.,
;

;

a plus qu'une analogie l'analogie sans doute est ici assez fonelle dée, assez réelle pour gouverner la pensée sociale,
;

explique que les mots Sîxyi et Ttpiwpta aient été promus à désielle n'explique pas leur gner la pénalité privilège incontestable. Pour comprendre, il faut ressaisir la valeur profonde et inconsciente que recela toujours pour les Athéniens la -rt.tji.djp'la. Et pour cela, il faut faire état d'un des sens les plus anciens celui de que garda le mot dans le régime de la cité
:

« secours », assistance » (235) nous en avons (au v'' siècle seulement, chez Hérodote et Thucydide) plusieurs exemples qui valent d'être analysés. D'abord, ils sont assez nombreux pour attester que la langue courante a pu dériver de la primi((
:

tive

-t,jjLG)pia

un intermédiaire
portent
«

une valeur aussi définie. Mais comment? Il faut car, dans nos textes, il s'agit de cités qui se
:

» l'une'à l'autre; est-il possible qu'on soit directement du sens premier à celui-là? Avant la TijjLwp'la passé

secours

entre cités, il y a la Tt-jjKopîa entre familles et que celle-ci fournisse l'intermédiaire requis, c'est ce que l'observation suggére:

rait déjà

;

un secours quelconque, n'importe quelle
à observer

car, le plus souvent, la Tt.ixwpla entre cités n'est pas alliance. D'abord il est

que l'on consulte l'oracle sur le point de savoir s'il y il aura ou non T'.piwpîa (Hérod., Yll, 169; Thuc, I, 25, 1) y a
:

ainsi

communion
le «

religieuse supposée ou établie entre ceux qui
» et

prêtent
(234) Cf.

secours

ceux qui

le
1.

reçoivent (236). Mais parti-

P^ohberger-Thalheiin ad Lys., X,
1,
1,

(235) Hérod.,
Ttov)
;

141;
25,
1

111,

148; V, 80;
;

VU, 169
;

(T'.-JLwpioucri,
;

T'.|x(-jptT.?,

r.jiwpr.îxi;

Thucyd.,

{bis)\ 3
/.

38, 6; 58, 1

69, 5

124,

1

;

111, 20, 1
:

IV, 25, 9;

Y, 112,2; Yl, 93,2. Cf.
~o)Ȏ|xti)

Gr.Sept.,

1,11» 2537,

épitaphe thébaine, 3

evvficrxw S' sv

TL[j.wpwv AcX'-p^S'.

X^pa.

L'exemple d'Hérodote est particulièrement net, puisque le mot Ttfxwpeîv appartient à la formule de consultation (eïaç'. àfjLsivovyîvsxai Ttîxwpsouat xt^ 'EXXiSt) et à la réponse de la Pythie. La x-.awpia paraît conseillée par l'oracle dans
(236)

Hérod., Y, ^0.

'':Jéiii

156

RECUKRCBES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

culièrement,

du
1

«

sang

»

— par exemple,

il

s'agit

de

la

Tiawpîa autorisée par la communauté à Tintérieur de cet immense ylvoç
la

que
;

se croit

cf.

— ou par VI, 93, 2; Hérod., V, 80)
a surtout retenu le sentiment.
la famille,

ou se proclame

race dorienne (Thuc, I, d24, le lien qui rattache une

colonie à sa métropole (Thuc, I, 25, 1). C'est donc d'une solidarité du même type, plus restreinte et plus accusée, que le mot
Tî.piwp'la

De

fait, la cité,

en suc-

cédant à
:

elle-même comme une vaste toute la législation relative à Thomicide est empreinte famille de l'esprit du vévo;, non pas seulement en ce qu'elle fait sa part au vévoç traditionnel, mais en ce qu'elle prolonge, renouvelées,
se conçoit
les représentations qui constituent l'ancienne Bljjit,; c'est pourquoi la hUf] est si souvent associée à T'Epivù; qui, d'ahord,
;

n'a d'effet et de signification qu'à l'intérieur de la famille. Et la doctrine de la souillure, qui domine la notion collective

une forme relativement nouvelle, ce qu'on pourrait appeler l'intégration du meurtrier et de la victime à un groupe social analogue à l'antique yévo;.
du meurtre,
traduit, sous

rieur de la

Ainsi Tij^wpîa exprime le sentiment de la solidarité à l'intéuôX'.ç sous la forme vivante de F « assistance »
:

le terme prêtée par toute la société à la famille du mort consacré de j^oYiQeTv (237), qui désigne cette assistance, explique le terme -ri.awpslia'ôa!.. La substance religieuse que contient la

Tipicopia se

ment

toute la cité est directedéploie en quelque sorte intéressée à l'élimination d'une souillure. Par là le mot
:

rejoint celte conception de l'àSuTifjia que nous avons vue se modeler sur le cadre défini de la cité, par là aussi il retrouve l'idée primitive, oubliée, mais sous-jacente, de la sacratio que
fut d'abord la peine

publique (238)
àiroBavôvTt)

:

la satisfaction

accordée

au mort

(Ti{ji(opta

tw

est

devenue
comme

la

satisfaction

(237) 11

n'est pas

douteux que
le
«
le

le

terme
»

pOT,6£lv,

tous ceux du

même
:

ordre, représente
[Ant.],
il,

d'abord

secours

prêté par la famille

au mort

ainsi

plus souvent, à l'époque classique, il désigne l'assistance garantie par la cité, soit au mort, soit aux siens (Ant., I, 3 21 22 24, etc.). LIX 74 (noter l'emploi priviDém., XXI, 40 127 (238) Ant., I, 3, cf. 24
p,
; ; ; ; ; ; ;

13; mais

légié de

xwv T,(j£6T,jxévo>v 'jroioû[J.evo'. xal xoXi^ovxe; xoù; 15; 43 (où sTijjLwpf.aaaOe, après xaTc'lT/iisacrOe, accuse, dans un sens nouveau, l'idée étymologique de xifjLwpta cf. Rehdantz, ad. l.) ;
Ti|i(i)p(ai
; :

Ti[xwpîav ÛTrâp

àô'.xo'jvraî)

Lyc,

C. Leocr.,

:

76

;

146, etc.

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE

157

requise par les Dieux et la cité (Tt.|jiwpia uuèp twv Gewv xal ttjÇ la TLjxwpia, châTzôlsiù;). La notion de peine est constituée timent du meurtrier, se définit par des caractères généraux
:

qui peuvent et doivent être étendus au ctiâliment qui frappe
les délits les

donc, en définitive, à part le sentiment de

plus graves, donc au châtiment le plus significatif, la pénalité en soi. Le mot traduit d'une
la solidarité

sociale, d'autre

part l'idée

d'une satisfaction accordée à cet être religieux qu'est la société et que représentent ces deux termes, indissolublement unis,
«

la cité et les

Dieux

premier moment,

Cette pensée, elle restait inaperçue au ^yiiAt.ojv ni xoAàÇ£t.v ne la faisaient sentir, elle
».

disparaissait dans l'idée immédiate de la coercition collective: TiuwpU et oixTi, plus riches et plus profonds, la produisent aux

consciences.

y a eu un long détour, et cette sacratio n'a plus rien Entre la pensée primitive et la conception primitif. elle représente, si l'on veut, comme un intermédiaire moderne, elle est pourtant beaucoup plus voisine de celle-ci qu'elle ne laisse pas d'éclairer. C'est encore le langage qui en témoigne
Mais
il

de


la

:

:

— qui n'a pas cessé, en unpour d'en animer notion, sens, — se produit avec minimum d'imaaujourd'hui encore
reste,

le

sentiment religieux qui

les Grecs, essentiel à la

pénalité

ici

le

ges mythiques.
C'est une représentation toute concrète et confuse que nous retrouvons aux origines mêmes de la peine ni la pensée de l'humanité ne s'y détache de celle de la nature, ni les êtres que satisfait le châtiment n'y sont distinctement conçus. Mais dans
:

la cité qiii réalise la

synthèse des anciens groupes, qui résume
représentations,
c'est
et

et

systématise

leurs

par une
guidées.

pensée

que verrait déjà dans ce
Ttuicopla est offerte

abstraite

les

consciences sont ralliées
fait

On

le

— les Dieux

que

les

puissances religieuses à qui la diffèrent largement de la cité

de ces forces indistinctes qui, comme l'Erinys, réagissaient à la façon des forces de la nature en qui elles se confondaient leur personnalité même, création de l'intelligence qui désor:

les conçoit, reflète la notion nouvelle de l'homme abstrait. Ces Dieux qui sont devenus les Dieux de tous, mais dans le passé desquels on aperçoit souvent une vie localisée ou parti-

mais

\mc:..

lo8
cularisée,

RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

ces

Dieux
;

sont nécessairement plus lointains,

de préférence, d'ailleurs, la pensée de plus séparés que jadis la TtjjLwpla est dirigée vers les plus récents, les plus abstraits c'est Apollon, la divinité panhellénique qui, à une société nou:

velle,

enseigna des
cité,

rites

nouveaux surtout Athènè
;

(239),

image

de la

qu"^

les

consciences

et

les

institutions

mêmes

associent volontiers à la justice pénale, et que les Euménides, par une vivante intuition du poète, représentent à la fois comm-e
la

trice

gardienne ou la personne d'Athènes et de l'Aréopage.
lors,
».

comme

linstaura-

Dès
«

la

positive

La

pensée religieuse est toute proche de la pensée directement TiijKopLa, parfois, sera presque
l'être

conçue

comme

ayant pour objet
:

à la fois réel et idéal
cas

qu'est la

société

la

supprimer,
:

dit

Démosthène dans un
:

typique (240), c'est tout détruire « Peuple, Chevaliers, Conseil, choses saintes et choses sacrées ». Double notion vivante c'est

l'ensemble des choses sociales que la peine intéresse, c'est par l'exécution régulière, normale, de la peine que la société
s'affirme et se perpétue. Bien plus que dans les diverses philosophies de la peine, c'est dans des déclarations de cette sorte
qu'il faut retrouver la signification

du concept.

celle d'un

dont nous avions à rendre compte, c'est droit pénal. Ce qu'il faut entendre par là, tous les délits relèvent d'une idée déjà nous l'avons aperçu abstraite, d'une catégorie; chacun a pour ainsi dire sa case et,
idée

La seconde

système du

:

à l'avance, on

sait

que

la

sanction qu'il requiert doit être

obtenue par telle ou telle voie, suivant telle ou telle procédure. Mais de plus, ils se distinguent les uns des autres quantitativement sans doute, ce n'est que pour partie d'entre eux
:

(239)

Déiu,, XIX, 272

:

le

décret contre les traîtres a été
t.^io'jto

installé à côté de la
xf,;

statue d'Athènè, t'ôaTe Tf,î aÙTT,; xô>v àoixoûvxwv x'.jiiopîa:.
(240)

aTijEwç xô

x'

àpisTetov

Geoû xat al y.axà

Dém., XXIV,
r/j

101

:

xtiV

[lèv

u-rcipyoujav

Xûtja;

xaxà xwv xà
'.-riTisa;,

xf,;

irôXeo);

t/ovxu)v, iikaiu

vpi.i;a;,

râvxa xà

-pjtyjxax' àvaipîï, ôf.ixov,

'^o'Skîy^ '.spi,

JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE

'

159

qu'à Tavanco les peines sont dites « eslimaltlos » (Ilar'pocration,

— pour les aulres, elles sont fixées,
;
:

àTijxT.-o;; àywv xal tljjltitoç) terme, oij domine l'idée d'appréciation, implique une hiérarchie nécessaire des délits et des sanctions aussi hien

mais

le

du juge peut être limité par la loi (Lys., XXI, 2o). En somme, une fois réalisée l'unité du droit pénal (241), la notion essentielle, caractéristique, du système, c'est la notion
l'arbitraire

de mesure.
Les Grecs considéraient
la

fixation

forme de l'amende,

comme une

des

des peines, spécialement sous la innovations essentielles dont ils
:

étaient redevables à l'établissement des lois
ap. Strab., VI, 1, 8, p. 398 tion de Zaleukos; cf. Dém.,

c'est ce

= F.

que marque Éphore

H

G.,

I,

p. 246, 47,

XXI, 30; XXIV, 116. assez forte pour s'imposer au droit purement privé; témoin la oîxtj qui vise l'entrave au libre écoulement des eaux et qui est restée, par une
(Dém., LV,2o); dans le même ordre d'idées, exclusivement « répressif » de la législation sur l'aixîa (Hitzig, Iniuria, pp. 16-17). Le droit a dû s'assouplir mais par une gaucherie assez naturelle à ses débuts, l'idée fondamentale de la
survivance curieuse, notons le caractère
k-z'-ix-r^zo:;
:

à propos de la législaLa tendance fut alors

mesure
que
la

oscille entre

notion de

Vàziiir^zoç et
:

ce qui montre deux expressions ron(radi<-toires du -zlix-r^-zo; àytov sont corrélatives plutôt

la fixation législative, qui fait saillir davantage le pouvoir impersonnel de l'État, et l'appréciation judiciaire qui manifeste avec un empire exclusif l'aspect de « représentation » dans la pensée du délit. De là un conflit d'idées qui intéresse encore beaucoup Platon [Lois,

qu'elles ne s'opposent

IX, 875

D

et suiv.).

mesure apparaît comme avec une insistance naïve dans les fréquentes comparaisons d'un délit ou d'un ordre de délits à l'autre (ïsocr., XX, 9; Dém., XVIII, 282; XXII, 43; XXIV, 174; 214; XXXVIl, 58 = XXXVIII, 21, etc.). Les analyses d'Aristote {Rhét., I, 1374 et s.; Probl.,
L'idée de

XXIX) témoignent que la notion s'approfondit et, par un remarquable passage de l'objectif au subjectif, permet le progrès de l'idée de responIl est interne. sabilité ràôîxT,[j.a se mesure d'après Pàoixîa disposition à noter que, dans la représentation du droit organisé, l'idée de procédure
:

les diverses (241) Dans rancienne histoire d'Athènes, l'assimilation entre à la fois parties du droit pénal se traduit dans le double rôle de l'Aréopage, tribunal pour les crimes de sang— en tant que tribunal, c'est là sa fonction ori-

ginelle

et Conseil souverain pour ia répression des délits proprement publics ou contraires à rsÙTcoatxta. Platon, pour sa cité idéale, est encore très soucieux de les causesde respecter cette uiéme unité les nomophylaquos sontchargés de juger de certaines sacrilège (à l'époque classique, l'Aréopage gantait encore le jugement à la constitution, de a flaires de îspoauVvia Lys., dise. Vil), de renversement trahison et de meurtre "{Lois, IX, 835 C 850 C, E 871 D^.
:

:

;

;

en un sens. in Brugmann. 9 et 26.. I. L'observation confirme les mois qui. XI. cite ÇapLiovxw ^atiiat en arcadien. 1... concernent V appréciation dM TifjLàfa) qui. 43. Esch. ce sont ceux de la famille de dans l'usage courant. no 70.. Or une courte étroit qui si remarquable deux sont l'envers l'un extension des peines pécuniaires. Lois. car on y rencontre à la fois les désisens économique (242) de 1' « estimation » (de là par exemple gnations techniques l'emploi du mot k'Koxi^r\)xcL^ hypothèque dotale sur estimation) moins : de la pensée se manifeste encore dans la syntaxe le génitif verha judicialia est relativement récent. J. 47. Dialeldinschr. 136. mais avec le terme qui désigne le montant de l'amende (Hérod. brute de la pénalité Une autre construction l'instrumental soit resté le cas le plus ordinaire. 328 no 1222. 88.r. 1. /. est celle de l'accusatif (5of}x'.[xioûv. J.. xaxiôaEw. 117. 1.. Léocr. et parmi les jugements moraux mesure — unit réllexion sutïil pour se convaincre dii rapport ce premier fait généralité de la notion de : et cet autre fait bien connu et : : — dons. le fait qu'il accompagne souvent TiiJ. ôixiÇeiv xaitojaewî par ex. expriment par excellence l'idée de mesure. il n'y a qu'à l'elever : le verbe Delbrûck. 915 B. etc.. à celle de mesure sonT ceux qui ouvrent plusieurs voies de répression Dém. et ôavaxwt î^a[xtoa9a) en éolien. G. Michel. 27. la construction la plus ancienne paraît être celle du datif (Delbrûck. 914 A. l. I. n<'213). C. Gr. C. 7. Prott-Ziehen. considère aussi accompagne les verha judicialia en latin. comme un génitif de prix celui qui .o[xev Sapxvav. qui l'y plus ou manifestent même comme si essentielle qu'ils prennent le sens de peine. III.) ou dans l'expression. c). no XXXI. en revanche. 22. au d'une psychologie collective jugements de valeur qui relèvent les jugements économiques ont pour caractère distinctif et constitutif de se formuler précisément en termes de mesure. [Dém.. 329. la peine apparaît sous un aspect nous entenéconomfque. 1. Lyc. Collitz. — celle pareille syntaxe. de ipyupiti) ^r. p. Gnmdriss. ^xil:ol^/ wcpeiVr.. IX. n«> XXVIII. Léocr. XLVII. Platon. 113. 1.àv cf. /6. non seulement avec BavocTw et cpuyô (Escti. il est naturel qu'avec le verbe.]. 1). 16. etc. etc. Gramm. Les de l'autre par le second. I. 41. II. I.. p.\i<. G. VI.100 se RECHERCHES SLR LE DÉVELOPJ'EMENT DE LA PENSÉE : ^ subordonne parfois. 866 C.. Lerfcs Sacme. sens large : les — : dans le droit pénal. 21.i. Synt. I. c'est la cons(242) L'évolution : {de prix) après les : truction qui est restée courante. XV. p. n» 477.). 65) : l'idée prédominante — — notable. C. n° 47. 17). /. H. Kriiger. étant formé sur Sîxt. 6) qui se justifle par l'idée de dette (cf. Pour s'expliquer le génitif du nom de condamnation — (lequel n'a rien à voir avec celui du nom de délit.).. Pour !. XXII. Biugmann-Delbriick. qui explique uhe qui inspire les emplois priuntifs et qui s'est conservée dans la notion étant celle de « frapper ».ovw (Lyc. les délits graves (Isocr. 881 D. 314.

1. IV.. sous conditions suspensive et résolutoire poui' ses héritiers directs. Sans doute. 8) ou s-L-'ljj-'. etc. Glotz. XX. même et surtout les plus graves (243). . aucune n'est plus remarquable que la singulière extension donnée aux peines Lyc. C'est que l'évolution politique et sociale qui a fait triompher la juridiction de l'Etat a été elle-même déterminée par le développement de la propriété individuelle ».. Mais cette condition a-t-elle été déterminante? En d'autres termes : est-ce dans un phénomène économique qu'il faut voir la cause de la transforCe que nous venons d'établir le mation du droit pénal ? — laisserait supposer. D'abord l'extension des peines pécuniaires pas suppose un adoucissement du droit criminel dont il ne rend pas compte. concomitant avec celui de la cité (244).. 522 formations que subissent les institutions pénales de l'époque primitive. /. 175 . déciel ap.ov qui. I. privation des droits civiques sous condition résolutoire pour le débiteur public. 14. D'autre part. C. C. de commun avec l'obligation délictuelle privée. Esch. 38. De plus. l'exécution d'une peine pécuniaire n'a rien de commun avec un acte économique ait rien : on ne saurait même dire que l'obligation. PœxA dans le Die/. ici. il nous est donné de constater une sorte de transil position des rapports économiques dans le droit pénal n'y : un terme comme a qu'à considérer l'évolution de l'atimie et la transformation partielle — — des valeurs attachées au terme même : l'atimie. lll. à y bien regarder. art. Lyc. 155-6. Cependant.. : pécuniaires. des Anl. J. appaïaît surtout comme thoyen de contrainte. IV. XVlll.. G. 15.. 174. Léocr.r. 114. S. Léocr. p. ici.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE et 161 qui s'applique à la pénalité en T'iu. Esch. « De toutes les trans(244) Cf. on peut insinuci' qu'au da?) m uni subi correspond un lucrum deux. désigne toute espèce de peines. rapport est extérieur et accidentel. sinon à la faveur (243) [Anl ]. facteur a fourni : il un cadre à la pensée nouvelle qui anime la pénalité il n'a créé celte pensée.a général (Dém. économique.jj.. pour une analyse même élémentaire.. 'i. uest pas une condition suffisante le .. Déui. le plus souvent employé au pluriel. 90. noXXlI. Il est évident que l'extension des peines pécuniaires est conditionnée par le développement de la propriété mobilière. 20. Il . ]. le réalisé par elle (peine) par la cité (délit) mais entre les .

12. éd.I.. celle de damnum. 12. 3..162 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE d'uno cerlaino publique lire le n'f'^t : démoralisation (245). Esch. revue par Thalheim. il n'est que de elle a un caractèi-e sacré (246i Contre Timocrate. pp. 25.. qui veut modifier en faveur 'les débiteurs publics les procédures traditionnelles. Une expression toute faite est celle de tr^iJifav Xafjiôâveiv : = delrimenlo affici (Soph. 1320 a 6 sqq. XXX. Ou encore on opposera au gain Parfois même — (xépoos) la perte et il s'agit alors qui de rapports juridiques lui fait équilibre. C'est avec ce sens que zamia a passé dans le vocabulaire de Plante {AuluL. VII. 21. Hérod. et nous avons affaire à une notion double comme. : La peine pécuniaire la plus fréquente. Xén. 1132 b 14. L'antithèse entre t\[i. . 27 IV. Platon.}. classique o) . quelques exemples). 1226. IV. de sacrifice obligatoire. fr. 25 : 295. 1130 a 25 Météor. C'est que la fortune nullemenl considéréj'. XXXII. p. . «ous l'aspect . 38. 202. Prom. Dém. Hipp. Aristopli. .JlI. (Diels. nous constatons. 22. ^. I^. p. se contente de relever.. 53. Lys. 12. etc. VI. Rev. Platon. EL.. E Arisl. etc. Eurip. (245) C'est celle dont se plainit Aristote quand il tions dans les d^-mocratifs {PoL. Me.. b 11 . le Contre Androtion. Ausgew.. c'est Famende du mot Çrio-rla qu'il faut interroger.fji'la) tort ». 5. 1132 a . Ainsi Çyi[j(. 18.. dans un assez grand nombre d'emplois. Cependant.. XI. Le sens de « dommage subi » esl des plus fréquents Epich. — Ç'/iata dommage qui donne lieu à réparation. XXX. Lys. Tout un idéalisme. c'est une espèce de sacrilège que Déniosthène reproche (XXIV.. dénonce l'abus des confisca- (246j A Timocrate. Lois. Eth.i.. 3. ou de douleur une idée différente celle de dommage subi : — soufferte. XIII. chez le seul Lysias.i% et xÉpôoî est universelle. Arist... . 742. Reden des Lysias.40. Cet emploi est assez frappant. Tiiucyd. 111. 382. H. Nous sommes dans le domaine tantôt du délit privé. cf. 101. 29.)... 27. 12. fr. en principe. 26. IV. la réparation elle-même. V. 139). . XXXII. il Ses deux sens principaux sont connus semblerait se rapporter à une justice pénale publique. : 29). 4249. dès l'abord. de ci de là.. C'est qu'ainsi la nous appaïaît comme une espèce peine pécuniaire.. Paix. d'après Frohberger VII. 226 Démocr fr. 359 a 11. désigne tantôt le en latin. Nie. de prime abord. Eth. : ÇrijjL'la. il faut économique : remonter dans C'est l'histoire le passé. 94). la domine et la commande pour en saisir la raison d'être. 220 et 221 (Diels.oGv signifiera « faire (Çr. V. et il est étonnant qu'on ne s'y soit pas autrement arrêté (Frohberger.. par conséquent. 916 E 933 E.

peut èlre indiiléiemment celle-là (laiin nOoca} 'U. réclame. lequel est le est t-il premier? impossible de dériver celui-là de celui-ci.. : . aussi c:vec le sens de réparation privée que d'ajlleurs il est ludispensabie d'admetlre comme moyen teime entre celui de dommage et celui d amende dans un empioi coimiie celui (l< Lys.. 519-ïiO. \1. l'amende? 11 faudra admettre Z/ipiia désigne-t-il 1° de la une double et même une triple dérivation de sens en général à la peine pécuniaire 2° de la peine pécupeine 3" de l'indemnité au niaire publique à l'indemnité privée la ^^. Ces déductions purement logiques. ou luttadiée a ^r^lxl(x. a aiii>i 1 <• nue valeur la p(. Rhét 1. Le mot a certainement eu. . se déplaçât pour considérer en quelque sorte froidement délinquant c'est la mort. sont déjà bien suspectes qui la : textes interdisent la seule justification possible en l'espèce. quelle qu'en soit la « notion du tort privé s'alimente à une pensée religieuse. de pareilles distinctions sont plutôt extérieures. 46 R. celle-ci.. dommage et les dans la conscience commune. àî^ï'fjitoç se rapporte exclusn rmeiil aux (. d'ailleurs. oii l'expression zk^ Iv/oL^ a. injustice » soutferle est immédiatement liée celle de la réparation le point de départ dans les .. 1372 a 8i 8. av èpYàCcovxai ol ol/ixai ne peut être que technique et celle même de Solon./Yuîa — . =^ l'o ôiôôfi-evov. comme double : a l'occasion [iXaôvj et surtout comme <> daiunum..'nsée de rapports de droit prisé. Zr^^la. o . d abord concentrée par le sentiment de vengeance collective.in Hyper. le mot ^t^ixîol appaïaît dommage au simple ou au double ». est à rapprocher des expiesbions bien connues « ixoi cpépsi. .. emploie au sens métaphorique où yàp elç àTrXoùv y) Çrjjjita. comme il semble que ce léiymologie >(rac. Du 11 sens de dommage-indemnité et de sens de peine publique. (cf.) cite une loi de Solon lai. I. 37.) et pour ^r. La dérivation inverse s'impose.. . On notera aus>i cette phrase toute faite OE.e second Contre i héumnesio^. qui payer le D'autre part..|J^ta. ET MORALE EN GRECE fait 163 de rapports : 12. 1372 a 8 . Arist.(jLÎa dépenser. : que Soph. Athénog. H. Au demeuiant. en de droit privé. .JURIDIQUE Rhét. \. ou damenum lui-même qui se rapporte primitivement à l'idée de vengeance. et n'ont qu'une valeur relative nous essayerons d'établir dans notre ^^ partie que : soit le cas \innr damnum.b-uinia-es inhMi'ls ou liouvimême LTj|jL. X (p. un emploi aussi défini que damnum en C. celle d'une force mystique » qui se manifeste a la lois dans l'attentat et dans la réaction à l'attentat. dap. col.a ainsi usité dans . 12. celle que fournirait la chronologie. 35. désignece châtiment passionné que nous avons vu? On ne com- prendrait pas que l'attention.. : la perle ou la deminutio subie par le dans un grand nombre de cas.

yâtâna. a été rattaché à la même racine que skr. yâvan. En outre. p. après Diintzer. (cf. donne une valeur précise et juridiquement définie au substantif mais ni l'une ni l'autre ne rendent compte de cette valeur primitive qui permet adamnunude signifier à la fois le « dommage » et la « réparation »..ME. 62o et. 13). — > : La première hypothèse. 42 et s. p. il présente la signifie à la fois dommage et réparation [noxa moins nettement. Brugmann-Delhriick. La forme cré toise ôajaîa (attestée dans Compare tti. et peut-être milita). étym. daps. lat. Vanicek. on a proposé de ratyâtâr.. « peine nettement.. p. le latin on sait assez que le mot nous offre une analogie frappante damnum est passé. 1) à rapprocher ^r^jata de damnum et tous les deux de oa. Or le predemeuré assez prédominant pour témoigner de son antériorité.} Ritschl. pén.^. fr. l'est : > caractère religieux de la damnalio tel qu'il s'atteste dans les dcfi. damnum un peu mologie doive ou non dualité que et de plus. trad.ôo[ji£vov [da-mcnum de dare Opusc.. Huvelin. 708. — — tacher damnum c'est la à la racine dap (grec ôairâvr^. idée de « dépense ») conjecture qu'adoptent. Grundz. plus aventureuse. Léo Meyer. Bréal-Bailly Huvelin. mier sens y ÇTjuia : est Dr. aussi.. n"" 157) induisait Huschke (cf. 309) et il est vrai que la sonante y initiale a le plus souvent pour corrélatif en grec. mais on sait que t peut aussi la représenter. Les linguistes d'aujourd'hui: considèrent cette relation comme très conjecturale (Prellwitz. et dont Tinteiisité est sulfisamment marquée par le mot de la même famille damnare (Huvelin. I-. 67. Que Tétyles séparer. « )> : ' — . Reallex. p. 832) où la multiplicité des valeurs. gr. /..01'I>H. p. la seconde. p..TÎonea magiques oii la damnqtio est un dérivé de [adevotio). Gnindriss. 12). VI Cette dérivation une fois l'expliquer historiquement? ^dmise — Tenons-nous en fait. En dehors de cette dernière étymologie. Ehjm. philoL.\T DE LA PENSÉE sens juridique de domde réparation paraît le plus ancien. rom. I. -o Ô!. ^. Le leggi di Gortyna. plus vengeur ». (Curlius. I. n.. pén. /. « agresseur ». suivi par Mommsen.j. p.164 HECUERCHES SLR LK IH:VK[. Dict. H. a insisté sur le sop-nus somnus). TabI marj. o.âwdomare. Schrader. satisfaisante quant à la phonétique [dap-num damnum comme beaucoup moins quant au sens. p. même dammim et Çyipiia sont rigou- reusement l'équivalent Tun de Zr^iJita l'autre. ou d'y voir l'équivalent de c). p. en pouvons-nous d'abord au . 163) ou comme franchement inadmissible (cf. Dr. du sens de réparation privée. à celui de Elle est d'abord légitime parce que et le mage : peine publique (Mommsen. p. Boisacq. tout à fait parallèle à celle de C'^lfJtta est en tout cas instructive par elle seule.. Wôrt. 46.

la-composition et l'amende. successivement. législation solonienne sur l'injure verbale (Plut. SiSôvai. col. pp... l'origine. devait être ad libilum: thèse réfutée par L. /7. victime d'un tort. C. p. une De fr. CIV. : les deux (/.].. pp. p. p.. Hyper.^ I. d'un ici « dépôt à — dans la Blxr. XII. — (247) — le fait A E]. 3). l'un la composition. simplement. Bausleine far eine allgem. elle est avec elle dans un rapport défini. rien n'indique dans cette expression (Q£{jit. C. XXI. 394-5).) l'idée propre de Qejjlyiv. la racine. pour 19 et 20. 6. Dareste. Reehlswiss. I. III. se distinguent parfois dans le . se sert deux fois de payée la oIy:i\ z^oxikt^c. paraît avoir échoué ces tarifs concernaient le fredum. Appendice VI. l'amende publique. vocabulaire n° XIX. pp.v (249). . 1. hist. tentative récente contre la théorie classique.ov en est venu à signifier. à propos des emplois de Sixr. relativement aux tarifs de la loi F. XXI.. Aussi bien. satisfaction 1. XIV. Il y a tout lieu de penser que l'idée. 2). s'est d'abord La même une réparation toute privée. Comparetti. de Genève ad IL. 282. Solon. les est « : .[jl ttoX». Athéniens disent parfois qu'elle en plus » Dém.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE : 165 c'est de la dérivation des deux problème le plus immédiat de celui de réparation privée à celui sens les plus voisins — d'amende qu'il faut rendre compte. s'ajoute accordée nous voyons qu'aux dompar la coutume à la {Etudes. (247) Cf. /?et\ de PhiL. impliquée par » à forme religieuse (248). d'Arbois de Jubainville et originelle de l'amende : mages-intérêts. que. Reinach. 16. (248) Cf. 19) et dans la 44).sur le droit celtique^ I. Treich {ibid. XXI. 100). n° 157. 17 Le leggi di Gortyna^ p. Ricci [Rev. la Hi\k\q^ part de la cité. 20n-20l. surajoutée à celle-ci dans diverses législations helléniques. de upocro'feas'. rapportée dualité qu'à Gortyne apparaît à Athènes dans la loi de Solon sur l'action è^ouAyi. dans la SUt] eiaipicrecoç ([Dém. 1. cf. 7rpoTTi. XXI. la compo293-309 sition. 44. n" 150. cette part de l'État. Diod.. ibid. 93) a pu rapprocher l'islandais dire et le gallois dirwy (racine commune dhà) qui désignent. J.. [iiaîwv (Dém.. Une 147 et s. Post. (schol. 312. 84. 1. 311 -325) a soutenu que salique. p. à Gortyne 8. l'autre.. 16. n° xviii. Mais une fois généralisée.v (249) Le mot -pô(jTt[i. et que la faida. LVIII.atwv LVIII.'xil.|jLâv. et pour la oUri (B'. G. peine infligée par l'État (/i. pp. Cl. aussi bien le châticf. Nous nous souvenons qu'en Grèce comme ailleurs — l'amende publique est postérieure à la parait général composition privée. 1891.. 97). : : — Th.

c'est-à-dire d'un acte considéré comme (v. 24 sq. Nouv.v Tw SrijjLocT'lti) le T'IuYifjia est alors la con: . è^oûXt.. XXI. (cf. X. exactement identique à l'emploi le plus fréquent de -pouxijxâv (loi de Solon dans Lys.a culier. l. ou même pour sTriTiixiov dans [Dém. XXXlil. nous voyons quo l'on considère comme une unité la somme lotal(. à Cos. Eiqenluinsstreil im System der Diadikasie. v. II. croient Dareste. 114. Mais sa valeur première est transparente. Ainsi a pu survivre ÏTipi'la ici.. qui sont nom primitif de la composition privée. 46-7) Tr.7l|jLaToç o^£iÀ£(. : comme comme le préfixe r. lOîi. . cas. on ne compte plus par addition. de qui se rend coupable de violences. Ti<xTi[j. L\ III. damnation totale. p. et c'est raison égard : l'ensemble qui est aiïecté d'un signe. 26.a. XXIV. . il est dit apparentées lois. Solidarité. Ici. (251). 1.. 40. on comple par soustraction.].. XXI. Sixt.. de Genève.'. 44). etc. Leist. p. 391. s^ èXsu&epiav {asseriio in libertatem) illégitime.) : El. 44-5) soumis à la peine du double la loi dit du coupable ([Dém.oo^ : aussi bien. en partilui donne expressément. s'ajoute à 1 une peine principale. — — et sans doute aussi de .. 21) tô r|a'. l'autre à Athènes. 16 et Dém. p.l. c. Cf. Der Alt. XXIV. dans les deux cas. 60. (250) Comme à Athènes en matière de Sîxt. qui s'ajoute à une réparation privée). soit qu'il y ait appréciation judiciaire (vl 47) ou fixation législative coupable doit le double Aq ce 'riijLTipia. comme des ment ÈT'. XXiV. celle de elle nous parait cependant tout aussi certaine. question d'une à'^aipeo-!.o[j. il s'agit de la détention qui Dém. La coriipade deux emplois du terme T'ifxrjua est inslruclive à cet ils ont l'avantage de se trouver dans deux textes de il de Charondas).ç Suriç zb 'ziiK-f\^oL ù\Tzko\i^ -ztldxtù. G. A. 53) : le une part à PUlo. jâiatwv également (Dém. et Glotz. lemploi du mot dans Hérondas nous paraît exclure le sens d'amende que Glotz.. Schol.{i. autrement que ridée de « en plus » y restait-elle sensible en témoiji:ne remploi de èriTiix-ov dans Dém. chacun des deux éléments est parlie de l'ensem: ble. et'comme tel (Dém. et on n'y Test moins : saurait expliquer le préfixe ir.Tijxiov capital que l'aQiende.\kri ailleurs.Tj Toû T«. dont une moitié revient à l'Etat. (251) « reçoit le double de la part donnée à l'État ». d'hist (lu droit.166 fois RECHKRCnES SUR LE DÉVELOF'PEMENT DE LA PENSEE cnlrée dans les mœurs la pratique de ramcnde-compo- silion. 115. Dans la loi il est d'Athènes. une part à la cité (250). à tort que l'oQensé. le sens d' « estimation » du litige prédomine dans Ti|j. de l'ac^tion alxiaç et d'autres actions s'agit premier.. c'est-à-dire l'offensé. nous constatons en effet que dans deux pour nous comme des vestiges.. l'un à Cos (législation Dans le : (Hérondas. XXXlll.. son unité le est parfaite et définitive.

qui est une ô'ixri arl^k-r^-zo.. c'est qu'il : 25 et 35) c'est pourtant de purs dommages^Yijjtîa (Dém. le « peu nous importe au fond c'est un principe ancien que nous savons en quel sens. la réparation piivée ne pouvait passer pour accessoire. ferait dans la peine du viol une itotvi^ encore moins doute. doit double (253) Glotz. Solon.. 1. de amende ». au temps de Solon. intérêts qu'il s'agit. . c'est-à-dire le simple. ou simplement que le chiffre de la condamnation ait été haussé comme ce fut le cas pour la 6txr. Plutarque ne pouvait pas l'ignorer (253). pour un cas particulier de SU*^ à la même action. àTt[XT. au iv^ siècle. r « si opposé à l'usage postérieur où Çr. (252) Que comme xaxTjopîas (comparer Plut.Ât. n. Plutarque. par un archaïsme bien notable. 83). car il y : en a plusieurs. ï. pp. '^\k^-t\q elle donne lieu à une réparation fixe de 1.. à l'époque de moins que jamais. lut devenue Ti[ii]xoq au iv siècle l'admet Lipsius (Meier-Schômann. La ^T. atteste c«>tle division et le viol ^'.xX£a) et qu'une des demandes. 44. — violent ».aU ne signifie que vraisemblablemenl le t<'xte même de Solon nous produit. fait — auquel cas principe.iy. 100). au début du v*" siècle.jjLia comprend donc 50 drachmes de dommages-intérêts et 50 drachmes comme part de l'Etat.000 drachmes qui. en général. puisque la ^Tijxia est revendiquée dans une action civile (irpôç Ka>. D'abord dans la peine du viol. LY.. l'archaïsme de faille aller ^t\ii. XXUI. XXI. l'ac- aurait Mais d'autre part. est encore qualifiée. nous savons que le même exposait encore. or nous savons par ailleurs que le viol donnait lieu. 393-i. à l'époque classique. : 1 et Hyper". 32-33) dont une moitié. dit que Solon avait frappé le déliiKjnant d'ime t^ri|jLia de 100 drachmes. est dirigée contre l'héritier tion. Nous ne croyons : pas qu'il jusque là. El comme. voit même pour le coup.a'iojv. En conservant cet emploi du la mot. Solidarité. p. la ^'^jj-'la la comprend. donne Démoslhène.. à supposer qu'elle fût pénale dans le cessé de l'être.JURIDIQUE ET MORALF EN GRÈCE ' 167 « lémoins ». elle est d'accord avec l'esprit qui anime Solon législation commençante.Toi. à une réparation au double (Lys. à Une véritable la St'xrj. le mot ^/"iU'la a dû désigner celte chose une et complexe: à la fois les dommages-inlérêls et l'amende. Solon. Ce qui doit : : dater de Solon (2o2\ c'est celte division même elle se retrouve dans d'autres de ses lois. fr. 309. — L'autre cas est celui de la SUti en matière de libre écoulement des eaux. revenait à l'Klat lieu XXI.

encore que J^n[j. sinon la croyance à non seulement l'Etat qui commande et assure les a res)) titutions nécessaires. G. en opposition VII Il faudrait expliquer maintenant» cette intervention de l'Etat? les deux éléments de l'amende-composition ont pu homogènes. eut une fortune identique une loi d'Ilion (/. fût-ce indirectement. fut d'abord décomposant et l'indemnité. l'Etat. terme qui s'appliquait d'abord à la réparation privée. Mais la solution de ce problème se trouapparaître s'est si le mot vera engagée par la solution d'un autre Çop-'-a ainsi perpétué. Comme lors. Quels sont donc les sentiments qu'il a dû évoquer dans la première phase de son histoire ? la Ce ne peut primitive. n'a pas pu sortir. Dans un autre cas qui confirme celui de nous voyons que le 'Qi\^i^. tout à la fois Tamende Mais Çir)|i. dès une indemnité privée. la fusion s'étant opérée. mais l'Etat qui frappe. /. à il est impossible d'admettre qu'il n'y eût pas lieu. d'une (l'emploi môme purement privée purement publique du terme.^ XXXI).168 : RECHERCHES SLR LE DÉ VELOPPEMEiNT DE LA PENSÉE amende Thémistoclc l'avait souvent perçue comnie inspecteur des eaux. chez Démosthène. Il être est que les sentiments relatifs à la vengeance permis de les retrouver. 1.^ très probableen deux parts égales. serait inexpliqu'une s'Ai{J^'^a et ÇvijjL'la cable). force est bien de conclure ment tarifée et se que la 'Qr^w. et l'ensemble désormais qualifié quelle est la pensée qui en entretient la notion. 7) offre un exemple : c'est essentiellement la Çïll^ia. en fin de pécuniaire infligée par de Tiquai avec les pour désigner l'amende perçue par dommages-intérêts. pénalité lui: c'est exclusivement. c'est que les représentations qui lui étaient associées dans le principe avaient assez de vigueur et de prestige pour préparer. qui punit ? La compte. Thêni.'la soit . en l'espèce.tj. II.. avait pu faire une ollrande à Sardes (Plut. croyance qui domine le mot même.ia. l'amende.. et du montant des condamnations prononcées par lui. si d'autre part il a passé de son sens primitif au et comment : sens de pénalité violente et passionnée. notion de peine. m. n° xxii. quelle est la l'Etat. plus exactement même à la composition.

'M^Éi . 436). sur le sens du passage. dans sa plus ancienne histoire. l'évolution du mot ^r^jj-ta est analogue à celle que nous étudierons dans les termes {iXàrcreiv et alxt^eiv (2« partie. ch.E EX GRÈCE 160 lés. \\iro/p-ri|xâToiat est formé comme ifTTotva = iuÔTroiva. 66. cf. C'est en somme le même cas que pour uoivr. c'est la mort du meurtrier. Les Ir^iJ-îon sont le prix du sang. ce que ((jioi/àYpia) suggérerait déjà l'exemple d'Eschyle.ixî'x èo-rrtv (cf. 1223. vengeance légitime. qu'ils familiale que soutient et moralité religieuse du clan.]. Ainsi. le terme implique l'idée du « mal » sinistre que la magicienne a déchaîné par ses sortilèges snr la famille de Gréon. que ^YjijLÎa ait eu. xat -ojtou eàva^o. qui est si explicite chez eux.JURiniQUE ET MOHAr. au sens le plus : fort et le plus élevé. XIII. 606) peut être question d'une peine publique. du principe de vengeance privée }] : quand I. à laquelle peut d'ailleurs se On s'explique assez. cf. 217-8. le même brocard réapparaît dans Dém.. 66). àvTa- TTOXTeTvai Xéywv iTzoypr^ix. Médée. Taupojfjievov. n.. Médée. 33). 11 et ni) ceux-ci ont eu primitivement un rapport avec l'idée religieuse de la venCr^pia est la bien alors substituer un prix de rachat . le pur prix du sang. mais qui ne consiste pas d'abord en argent le vrai. dont triiJ. fr. LIX. La dit èXVjçpOïi jj. adl. un adage Meier-Schômann-Lipsius. l'évocation obscure d'une puissance redoutable dont Isr vengeance obligatoire devait naturellement susciter « l'idée.. comme nous l'avons vu. 26) puisque l'adultère. Et ainsi s'explique la valeur plus nous renvoient. Weil in Rev. Lys. et qui se « retournera » contre elle La ^r^fxta envoyée par les Dieux (Weil. se fait reconnaître à son caractère mystérieux et redoutable à la suite d'une grave impiété. maux Loxias. dans quelques emplois isomais caractéristiques c'est à la vengeance.â-zoi<yi meurtre pour meurtre. 11 ne p. absent de nos plus anciens textes.). c'est des vieux coutumiers qu'il nous transmet : (cl'..nous conte Hérodote (II.. XLV. — : (234) Pour l'emploi de TaupoûaBai. même par métaphore (en ce sens que l'offensé serait considéré comme un ministre du châtiment. le roi d'Egypte Phéron. 274-3) m'a prédit les^ pires si je ne faisais pas subir à ma mère un talion rigoureux ». I. dit Oreste dans I^^schyle {Choéph. Lysias. s'il n'est pas tué en cas de flagrant délit. voir H.. le sens de composition en même temps que celui de vengeance (cf. de Phil. 111) . D'un point de vue. 80. la — ou moins « mystique » qui se retrouve çà et là dans la C'^pa. très la ancienne. 92 et 381.îoi nous apparaît l'équivalent. à la vengeance vivifie.. 407. ne laisse pas de transparaître parfois dans tr^ix'ioL. dans Eurip. Eurip. 1894. tr.. Arist. pp. même convaincu par-devant tribunal. échappe à la mort ([Dém. D'autres emplois de ^T^ijita sont relatifs à une autre application. : et d'avoir commajidant ^r|[jiîai.01/0. — : geance et la notion d'une force religieuse. a en horreur les réparations à prix d'ar- me — gent » (254)..

Dém. Seiin. on ne (2o5] Peut-être le mot prit-il alors une valeur plus ou moins magique. reprenant la vieille «levise : delphique èv-^ûa. l'emploi de ^ti|j.170 fut l'nippé ici RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE de cécité ce mal. . quoique bien déchue.iyix> ôtSovxs.). 83 613. puissant c'est sur : n'a retenu. — 1 rant ensuite en représentations individuelles. un point l'idée de l'idée de vengeance à l'idée de rançon. : . 35. sentations religieuses de époque primitive et du légime familial d 'géné: tion est instructive l'idée [i-otpa. ni. il la paraphrasait èYY'ja <5'> axa.. cette pe. Paix. Rev.. XLIII. Od XI. <Ya> Archytas ap. Ir. 276 et s. ou (Aristoph. l'associa- implique d'une foice néfaste et s'avère alors parfait synonyme de àxr.. et le caractère « commercial iroieTv » (Frohberger ad Lys . c'est-à-dire (ju'il peut prendre un sens banal [damnum en général par ex. 2"> (Diels. le mot est la — — appliqué aux maladies épouvantables et divines (cf.. ô' axa. est qualifié de ^T. Les lepré517. dans ses emplois les plus expressifs.iojv dans : Hérod. 94) reconnaissait la parenté entre C'r/[Jtta et azr. 83. et la vengeance collective en représailles privées (2oa). L'importance et les ressources du sens de rançon. Et ÇrijJL'la ayant glissé. 292. parle des : lois divines. mais : . que ce sentiment brut et le besoin moral de faire soulfrir.. KO^rr^poLV jjioïpav y. particulier qu'il a rendu possible la rationa- lisation de de peine : en préparant la notion de peine les pécuniaire. chez Eschyle même. OuYa-'^ip. XXXII.) q^i frappent le parent coupalde de déserter la TifjLwpta du mort. I^ p. 22) d'expressions comme 5) ^t^^iIolv ^Tifxîav XoY'-^£<T6ai (Xén. d'emplois comme celui de 1226). le facteur écopartie. quand... sous lequel on retrouve parfois... etc. TztiOo[j. Prom 329 et 382). 26. sa fortune na : façon de il T!. XXX. ch. c'est dans les rapports individuels que le sens de dainnum se précisa. par ailleurs. la force mystérieuse de la toute-puissante àxrj Epich.sfis (jlii dura dix ans on reconnaît et qui ne devait ces>»er que par conception religieuse du temps l'accomplissement d'un rite étrange. Tout engagé la qu'il fût geance.. 129. ^fj"^2. IV.fj.. 1032) qui fait apparaître le rapport entre ridée de mana sinistre et celle de la vengeance obligatoire.tr.. 629. XIX. V. VII. de la pénalité.. Stob. rdtpa Ô£ ^a[JLÎa.olI ^/^jjiîav x(ï> [xr. (//. § 2) ne tut sans notera en ce sens le rappoit fréijuemment établi — A sa délinii!ation rôle (2^ le xépSoç. comme tous ceux que nous étudions dans notre 2° partie cf. 87. — Parla suite. IV.|jLwpia notion primitive de la venpas permis au mot de se développer à et quand il a pris le sens de pénalité en la dans général. Dans un exemple d'Eschyle {Choéph. nomique dont nous montrerons doute pas étranger entre Ir^iiia et : on positive. XXI. Kr^^iix évolue comme [3>vào7j.

au sens purement rachat.vv] économique. 310).. des Tîaetç ce sont des mots de même racine des npa^iûtxai (Tcpâaaeiv = poursuivre le recouvrement d'une dette). ainsi dans le mot :to!. à considérer la composition primitive. ^r. la famille offensée reçoit est moins la raison qu'un des Aussi bien qu'à la composition en argent ou en bétail. XIV. Ce : sens. XXI. et que l'emploi de TToivTj au sens de vengeance soit une espèce de métaphore tout au contraire. : Clioéph. pût désigner à la fois un acte aussi honorable que le sacrifice au mort de son meurtiior. la « dette » est en principe celle qui ne s'éteint que par le talion. 28. sauf en certains diaoù TT = devant e cypr. et il n'y a plus à revenir aujourd'hui sur l'origine d'un des mots. L'idée morale et religieuse de la dette explique les emplois particuliè-z . EL. après Homère.jj. comme le produit d'une j)ur(» démoralisation. déchu et discrédité. Et que l'idée de « payement » se retrouve dans la désignation môme de la rigoureuse vengeance. le mot TiotvTj s'applique à l'exécution du meurtrier {IL. et sur les formes diverses qu'a pu prendre la conC'est l'idée sonne kw initiale (en gr. le substantif TioivaTcop est exactement synonyme de TiIJLwpo. comme désignant le plus proche parent chargé d'assurer au mort une vengeance sanglante (Esch. Car spécialeineni malériel d'ini d'où viendrait que le même mot.JURIQUE ET MORALE EN GRÈCE 171 comprendrait point. Mais il n'y a aucune raison de penser que l'idée primitive soit celle du « rachat ». . 1280. etc. 398. cf. ocpetXeiv (par ex.v7] qui velle? — s'applique fort bien à l'exécution du meurtrier avant d'avoir un sens être là un fait sans portée : — ce ne peut la dette a eu un sens moral. n. 48o XIV.. 1281. la composition pour meurtre.. ne l'a pas pu rési- perdre en devenant composition qui se joue un drame religieux l'offenseur à piscence.). d'être le quand payement d'une somme en actes.. ou encore à la servitude pénale (2® partie.v/j. sur les équivalents qu'en attestent les langues congénères. la c'est tout Tto'.'la comme iroiv/j. c'est le . lectes -: : : ment graves de oaXuxàvsiv. qui peut ainsi .. sens le plus fréquent. le mot qui signifie « composition » eût assez de prestige sur les consciences pour s'insinuer dans le droit d'une société nou- La vérité est que la rançon mênie a une valeur idéale.les mieux expliqués de toute la famille indo-européenne. et un acte aussi déstionorant que le trafic des choses saintes? D'où viendrait surtout que.. 268) l'idée de la vengeance totale et parfaite a suscité les figures divines bien connues de la ïlo'. Eurip. Ag. et sa pi'alicjue comme une vengeance dégénérée. Tcsiaoj = -rEiaw). — — de dette qui se trouve à la racine de ttoiviq. 223). devant e et r^ iz ailleurs.

— .. nous voyons la composition hors de Grèce /. 873 E. de même. zo è'çiXov en pa^rlant de « le meurtre nécessite des procédures de purifiattendu que le mot ttoiv/^ ait pu signifier le châtiment envoyé par les Dieux (Hés. mais quand il sagit de la peine de mort pour crime ou de '/^pio:. « l'offenseur ne consent à fournir ce dédommagement que pour sauver sa vie » (Glotz. terme idéaliste mais sa valeur religieuse s'est à la fois accentuée et déplacée.. 749 et 754. p. victime. d'intégrer. en définitive. Solidarité. Esch. A l'ûge du yivoç. Murray ap. Prolcgomena. çante. 95 et s. 235. E. dans Platon. strict. Muller avait déjà montré dans ses Euménides avec une pénétration singulière (notamment pp. dans un sens idéaliste. IX. Sans doute. il ne peut émaner que de la famille de la au sens do composition. la composition. C. 144-146) et sur ce que M. Mais lorsque naît la cité. rend concevable que l'exécution. l'animal meurtrier dont cation). Lois. 106. On aura observé que dans la tcoivt. n. dans l'établissement de tarifs de composition. pour la violation d'un tabou. Et il nous est donné d'entrevoir la continuité entre les âges successifs de la morale. au sens social du mot. 668). pp.. Suppi. 325) — qui peut équivaloir à 472-3.). était donc de prime abord un Zï^jjL'la. 2). Mantinée. tablette orphique de Compagno. lorsqu'une société nouvelle manifeste son empire dans la généralisation des procédures de pgjx. n" VI. et nous étions suffisamment justifié par la généralité du sens de ttoiv/j. souillure » (Soph. est inutile de revenir sur ce que 0. non seulement en matière d'amende. c).1 /:2 RECUKRCUES SUR LE UEVELOI'PEMEM' DE LA PENSEE désigner le rapport entre le délinquant et la divinité. cf. Glotz a définitivement établi en analysant le sens religieux de ra'&£<T!. la servitude pénale et la composition proprement dite soient sinon équivalentes. sans doute aussi varier selon le rang du coupable et non pas seulement selon le rang de la victime mais le sentiment qui prédomine dans la notion est un senti: — — ment religieux et collectif. réalisant l'assimilation de celui-ci à la famille elle a donc pour fonction. nous ne pouvions faire qu'une place accessoire à l'idée du rachat proprement dit. p. Tr. impliquant la veneratio comporte à l'égard du meurtrier suppliant. cf. dans le groupe nouveau de la cité commen.. L'idée commune de dette.î {Solidarité. et J. 4 dans le — C'est donc un fait classement de Il (i.. et par l'emploi homérique de roivr^ tivo. Œ.composition. J. et la ^ù^ô-zr^^.. est subordonnée à un acte religieux qui deux temps forts l'aloso-'. Harrison. v. p. dans la distinction des délits privés par exemple du meurtie volontaire et de l'homicide involon- la -oivT' au sens : . où le génitif ne désigne jamais le meurtrier ou l'offenseur (exemples recueillis par Glotz. de sacrilège (affaire d'Alaea dans Fougères. du moins homogènes pour le sentiment religieux.

XII. l'influence delphique lui traça les voies en Rome commandant une tant (258). Mommsen. 321 J. in R. elle . G. étendue aux délits religieux (ainsi dans la loi sur le bois sacré de Spolète. Prolegometia. 144). p. Feste. pourquoi pu prendre un sens exclusivement relidésigne un sacrifice expiatoire (Harpocration et Hésychiu?. MuUer.. La réparation imposée par les prêtres égyptiens à quiconque tue involontairement un animal sacré est qualifiée aussi de ^-rnxir. 129.. Eumen. E. plus une mulla en argent.. p.. 297. v. Glotz. 20) si telum manu ftiqit plus taire (VIII. p. 237 fois qu'il le peut. IH. Harrison. Solidarité. 11.txia ait gieux : dans Thesmophories. A Rome. Patara. . p..|J^'-a. : Apollon » la fait que à élever un sanctuaire : Dorier. (258) Cf. pourquoi elle était payée aux tem(260). aries subjicitm\ où le bélier est une victime substituée à la victime (257) . par Hérod. I. Voilà oii sont les origines de l'amende : de même qu'à même (257). 24 quam Jecit. quand rinfraction a été consciente). p. et aux juges la première idée de l'amende ».. Fontes j'uris romani. 65. est c. supra.JURIDIQUE ET MOKALb: EN GRÈCE taire • 173 — cette fonction. connue pour aux les temples de Gorinthe. p. 301). l. La même espèce de piaculum a été humaine (cf. E. De ses marque de « : réparation pécuniaire au meurtrier repen- ples tion (261). 52. de en Grèce. L'idée religieuse (256) se nourrit alors du sentiment de plus en plus défini de la souillure. elle n'est pas née spontanément puisque le mot s'r. avec une conjecture inutile sur Tétymologie) qui a lieu à la fin des fêtes (256) On s'explique que les le mut ÇT. elle eut pour modèle lointain le sacrifice imposé par le droit religieux à l'auteur d'homicide involontaire. Girard. où toute infraction entraîne Todrande d'un bœuf. la forme primitive de l'amende est l'amende en têtes de bétail a son prototype dans la règle des Xll Tables en matière d'homicide involonP. il . cf. nous temps garde la anciennement (259). (259) Par exemple Hérod. 0. pourquoi elle revêtait la forme d'une consécraet c'est origines. par tout son passé. Amphi- polis . (261) L'idée était assez naturelle esprits pour expliquer la conduite de Thé- mistocle. (260) La pratique nous cf. en réparation des irrégularités ou fautes rituelles qui auraient été commises pendant leur cours. p. de 300 as. c'est à la cité qu'il s'agit d'intégrer ou de réintégrer l'offenseur. p. Cette peine pécuniaire religieuse. p. 260. qui désigne la réparation privée et qui est d'ailleurs emprunté au grec. sur la généralité du fait. F. l'amende quelque elle est qualifiée. 0. sacrée » (Upà ÇyiuL'la). chapar là il donne aux Dieux leur part de la tcoivt. MûUer. A. et ce n'est pas seuse trouve jouer dans un cadre plus large lement à la famille offensée. 0. « paraît avoir eu d'abord une signification religieuse » et « est probablement venu par la langue des sanctuaires » (Bréal. Bruno. et c'est dans un sens nouveau que la composition s'avère expiation. cf. Muller. qui resle substantiellement la même. Textes de dr. — — Le terme de pœna. s. 168. cf. consister (l'expiation). rom.

que nous considérions dans le concept de peine l'idée de fonction — ou l'idée de système. les mots qui désignent une même réalité Il : morale la la peine peuvent l'exprimer ou plutôt une force sous des aspects différents percevoir inconsciente qui se trahit dans l'emploi des termes. IV. n" 702. amende — semble consacré : il s'agit alors comme les Amphictyonies (Michel. et de concluie. J. 18.ii-wo'la désigne vengeance du sang à l'époque primitive et. 43) . 6). d'arrangements internationaux ([Andoc].'la signifie d'abord vengeance ou réparation privée. renvoie aux àj.ixia consistant presque toujours dans une de communion propri'uient religieuse 1. G. c'est aux conduits l'enquête philologique. Les termes qui évoquent la pénalité sous son aspect rationnel la se rapportent dans le Comment comprendre (262) I>'eniploi principe à l'idée de la vengeance privée. un môme mot J^7i[j. 02)..174 RECHERCOES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : mai'i là encore. ou de groupements comme Ttlexapole dorienne (llérod. . Fait naturel et attendu si elle consomme comme une synthèse des anciens groupes par une inslilution dont les vieux âges lui avaient légué le modèle et le dessin.es de la vengeance faoïilialo la société nouvcUo a repéiri la pensée de la préct'denle. 1. XXXI. et finalement amende. Notre enquête même interchangeables fondée sur un fait d'expérience dans l'usage courant. pénalité à l'époque classique. /. abstraitement. affirment et consacrent leur la signification par l'établissement de ÇxtA'la'. (262) dont première est indiscutablement religieuse. 1. elle atteste sa solidarité à : elle. la mêmes résultats que nous a Un même mot T'. Les résultats sont du môme ce fait? — du mot î^r. la : représentation objective et conceptuelle de la pénalité s'exprime avec une préférence visible dans plusieurs mots..iAÎa dans le cas d'une association entre cités — la I^r. 25 et s. VIII s'est y a lieu de nous résumer. Or. les communautés qui se constituent par-dessus unité la cité et à son image. et instinctivement. VI. 144)^ d'alliances plus ou moins durables (Hérod.. atteste un certain dépari dans la pensée spécialement. qui se — en l'espèce. 1. — faire : traduit à roccasion dans la statistique des formes verbales.

aussi bien. de vengeance (263) Voir notamment Thucyd. a pour eff'et d'amortir la vio- lence primordiale du besoin de répression. La place qu'occupe l'amende dans le droit pénal. l'influence du facteur économique. pour lui l'objet et le principe un mécanisme^ trouve en Nous avons reconnu. comment en rendre compte sans rappeler l'économie nouvelle et sa jeunesse vigoureuse? Mais il y a dans le droit un idéalisme que l'économie n'explique pioint et qui. aux assentiments. est certaine l'histoire atteste la conlinuité pas d'un pur accident les notions et les sentiments que : qui entretenaient les vengeances familiales se prolongent obscurément. comporlent uae interprétation analogue. Le facteur économique est une condition. par le groupe de : animaient les groupes antérieurs et plus étroits. obligée de monter. III. utilise les notions économiques. c'est la reconnaissance.. conscients ils étaient. mais efficacement. la société. la passion 1. elle Mais elle la pénètre d'un esprit nouveau s'imposait ainsi ainsi dire. ce qu'il rale y a môme de presque intempérant dans l'application génédes catégories monnaie et dette. ne s'agit D'abord. 38. en élargissant jusqu'à la cité tout entière le cercle des tretiennent. D'abord s'atteste un adoucissement de la pénalité : l'existence d'un mécanisme judiciaire. C'est en eft'et toute une pensée inédite qui s'épanouit. le processus intellectuel. bien plutôt.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 175 la ordre que ceux qui avaient été obtenus par l'étude de notion du délit : ils il . Synthèse psychologique comparable à celle qui se manifeste quand une classe grandissante impose des représen- tations nouvelles à la société nouvelle qu'elle informe. expression de la cité. le contenu est moral dans son principe. par le fait qu'elle a nécessité la création : de l'organisme juridique d'une pensée rationnelle. L'idée de la la vengeance. . il n'est pas une cause. et proprement religieux. Même de l'idée de dette. rejoint notion sympathies passionnées qui l'enfondamentale de la sacratio. en un processus sentimental la cité. . des croyances qui définitive. les Grecs reconnaissaient combien le retard procédure est un retard (263) — use — comme et la . au cours d'un développement régulier qui a permis la constitution d'une idée déjà à demi-moderne de la pénalité. Ce qui domine.

emploi favori du passif àoixeîaôai. que pourrait signifier la TtjjLYi familiale? Elle se résorbe. Ainsi se dessine l'idée d'une valeur propre de la personne au respect du vivant. et dans la personne d'un coupable. F^n outre.) (265). 21 : toO ..}jia>p(ai. cf. la fois dans la personne d'une victime du mort par la Tijjiwpia subsistante et de l'individu commence à s'affirmer. et l'adaptation nécessaire des croyances antiques. puisqu'elle ne s'emploie que sous un régime de justice organisée (cf. affirme encore son empire sur les cons- (264) Ant. la société prélude par le respect du mort. L'expression TtfjLtop{a le concours de la famille et de la cité en faveur de la victime. tîOvswto. le droit de la cité. p. 149).. açio. à notion ... xai sXe'oo xai (àoTiôeia. de la cilé qu'il s'agit de rétablir la sécu- rité religieuse et morale.116 RECHERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE d'où cette impersonnalité moins véhémente que soulignent de la peine. 1° La famille n'a subordonné dans lise sa la répression de maintenant qu'un rôle plus ou moins Thomicide. fait naturell«'ment apparaître le sentiment propre de la cité et accuse (265) Pour cet ôirip Ttvo. n.. et commande ainsi l'apparition d'une pensée individualiste qu'elle ne comportait pas par elle-même. de l'individu victime. elle est moins une réparation pour la famille qu'une elle (264) tw aTtoBavovTi réparation pour l'individu {iiikio^ioL jtxso toj àouyiQévTo. C'est ce qu'on peut établir par un exemple que nous savons privilégié : celui de la -iijiwpia la transformée. o.. représenlanl ainsi le respect collectif du mort. Avec la dislocation du yévo. fait saillir comme les contre essentielles désormais les catégories du délit personnes et de l'auteur individuel du délit. Tiap' I. parfois les désignations qui suppose tout ensemble la dislocation de l'ancien groupe familial et le renouvellement de ses croyances prolongées. L'idée antique des réparations nécessaires se continue en un sens nouveau. T'. . xai û[xïv xuyetv. : un sentiment la zv^tùplcn spécial de « pitié » s'adresse à devient chose plus personnelle. . puisqu'elle ne réala cité et puis- vengeance que par l'intervention active de c'est qu'en définitive. : sacrifice à la victime. Mais la pensée de la victime se détache. loin Cet individualisme commençant explique que la notion du de s'effacer à l'intérieur d'un groupe aussi large et avec une certaine régression des vieilles représentations religieuses. 31.

où le texte est altéré. L'appareil encore y a-t-il des « survi(266) Non pas. La TitjLwpLa 7:p6ppTria-t. IX. dans les institutions mais vances «notables indiquées par Platon. IV.]. et est : c'est l'offrande d'im coupable qu'exige la l'auteur des l'antithèse le principe religieux qui de la religion préhistorique (268) frappante innocent. tw (jièv mais la pensée certaine. . 10. 2). S.ç. nous l'avons vu. 2° Encore que la notion d'une solidarité familiale passive se soit effacée de bonne heure et que nous ne l'atteignions plus que par conjecture. qui rétrécit encore l'intervalle entre l'homicide et le délit public. Tindividualisme retentit quelque peu sur l'ensemble du droit pénal. dans un procès public. l'institution juridique tend les pensées vers l'auteur individuel de l'homicide. si Si' àWry f. comme le manifestent spécialement les Tétralogies. (268) [Ant. R. — — . religieuse aussi.và àiroôavovTi où Ti[iupoOvTec Seivoùî à'k\. Der Zeuge im AU. la mort d'un innociences (266). II. vise à satisfaire rà^ttTiptoi. dans une question de crime d'Etat comme le renversement de la démocratie. 8. 4 : cf. depuis qu'une nouvelle solidarité. -f. ce n'est pas « faire honneur » à la fantôme redoutable de celle-ci se dresse contre : Tétralogies formule poursuivre un victime. Leisi. cent et cette ypacpv] nous reporte à la crise la fin du v^ dressait au premier plan des préoccupations collectives l'hor- reur des condamnations à mort illégales. un inculpé interdiction religieuse formulée par la famille. 872 B. s'est substituée à l'ancienne. la Depuis que s'est évanouie la -zi^t^ri familiale qui requérait primitive. Lois. 87-8 dans les consciences tout au moins toute action de meurtre. institution du iy'' siècle. 128'. è'/ôpav Toùç pîoyç é'. bien entendu.[ji(opia du mort. II. intentée par les parents du mort contre qui avait provoqué par taux témoignage. a. derrière le sentiment impérieux d'une satisfaction inéluctable. .fjLetç xz ol Ti[xcopol ivaiTÎouî 5iwxoi[xsv. et qui. vise du juge(et même affirme un coupable).. : — juridique et morale qui marque siècle. Eschine. d'un sujet individuel delà vengeance se dérobait. p. La ùUri <{>£uoo{j. (267) Sur l'existence de cette dernière.aprjp{wv. E. de la victime.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 177 H y a plus par la T!. et le pareille forfai- ture. dans le plein régime du ysvoç. l'idée du meurtrier. Il n'en est plus ainsi victime. a vraisemblablement son point de de'part dans la ypa^pri (j/euSopiapTupiwv (267).o[jLev tûv SucpeapjAÉvwv. tout de même.^zt^'' toùî xwv à-nroôavdvxcov itpoaTfoicabu. (cf.

Ln oiwuioo-îa. ce préliet conçue dans la forme minaire.. par cité. 11. X. 28.178 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE à ment est destiné localiser la (•. se manifcsle céduie religieuse enire deux individus.. Ant.ulp.. IxTsive Siôjxvutai Lys. . et — : — la préméditation (269). cette annonce de la Tijjiwp'la le seul mot à7roxT£iv£f. nolion de Tintentionnol devient essentielle au concept de là encore. pensée antique dessine une représentation toute nouil se trouve que le serment de l'accusateur. la velle . wç l'xteiva . sormcnl conlradidoire des deux p-irlies. en s'inscrivant dans les institutions de la délit la : comme une proDu même mouvement. cf. et I.v implique l'idée de traditionnelle . . V.:bilit(^. ô jièv Sitoxwv w. 11 (dans une affaire de tpôvoî éxotiffioç)..

que la répression de l' « injure » mais derrière. Par là s'élargit sa signification juridique elle-même: simple accident de la pénalité. elle est pour la morale une catégorie. uêpiç. il mais aussi de les préciser dans les deux yévos à la ttoâiç. appelle de longs échos. il terme qui désigne cette injure-là est le dans la conscience des prestigieux et dramatique le : le système du droit elle revendique une place centrale dans les sentiments delà société. les d'outrage à l'individu n'occupent dans ce droit qu'une place tout à fait subordonnée. Sans doute. Jusqu'ici nous avons proce«isus mentaux le s'expliquait par un processus domine de la : passage du complexité et progrès s'agit de les vérifier. études qui vont suivre. l'injure comme délit public apparaît chose bien particulière et presque exceptionnelle. Si elle n'est pas pour le droit. commence à : . progrès dans le sens Ces données générales. spécialement des Athéniens. sans doute. semblerait-il. La première concerne délits privés l'atteinte à la personne dans le droit pénal des Grecs. — social qui les de l'Etat. L'uêptç a beau rester étroitement localisée dans . Mais terme Grecs.DEUXIÈiME PARTIE L ATTEINTE A LA PERSONNE pu noter un rapport étroit entre le dévede la pensée rationnelle et Taffirmation de l'indiloppement vidu et nous avons aperçu que cette connexité entre deux .

1042-4. —Platon. D'une idée aussi et comme le secret ? Pour grave.. d'y puiser même des suggestions nécessaires. c'est qu'une espèce délictuelle comme l'Oêpt. et qui se elle suppose en surface. comme premier objet d'explication. Plut. les exemples d'Aristophane G»-e/?. so sert du mot uêpsi... C. 691 C . et abstraite : celle l'investigation philologique.. PoL. le mot GêoLç a pour ainsi dire deux pôles : d'une part vers l'idée du désordre cosmique.s. 21 : . III. — des résultats déjà acquis. la forme juridique que ces notions ont pu revêtir solidifiées et où elles nous apparaissent consolidées et : : . cf. Nuées. l'autre. 884 A. vers le sentiment de la lésion personnelle dans ce qu'il peut avoir de 11 sera donc légitime de nous appuyer sur plus mesquin (2).. VI. ylc/î.180 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE une notion moderne du respect de Tindividu. 1316 22. c'est un objet qui vaut la peine. 1441. le terme uêpi^eiv se laisse comme àSixsliv. 630 B .ç joint à àSuia comme un synonyme avéré (1) . — comme àSt-xs^v. un système A . 1417 et s. il assez bien comparer avec le terme àSixdv au moins dans la langue populaire du droit. 1. dans une unité passablement contradictoire à première vue. l'on peut dire. (1) Platon. Guêpes. une notion objective et une notion il tend subjective. Lettre III. 1299. Schol. surprendrait-on la naissance se dessiner. II. . où celte dernière n'est même jamais réprimée : . cf. Polil. Soph IV. VI. lence » au sens banal dans Platon. 713 C. il associe.. 775 229 . la présente étude se raccorde à celle qui précède par un lien direct. définissons le sens et marquons l'unité de nos recherches. Sur deux points. 774 C. Ceci posé. 308 . Lois. f. (2) 'VBpi^zvj est souvent employé pour désigner une injure verbale quelconque ceci contrairement au droit. Aristote. sinon prend une valeur générale on voit dans le vocabulaire technique : — — : du reste uêp'. suppose toute une psychologie que nous n'inventerons trouve déposée dans la langue si môme K : pas. Arisloph. Lois. 906 A-B . tives. I. pour désigner différentes espèces du délit public. 662 A . de l'autre.. . 319 B.\ [Plat. d'idées et de sentiments caractéLois. désigne 1' « inso- . D 777 D X. X. Pour la facilité avec laquelle est employé le mot. Aussi bien. particulièrement. 348. c'est Que les notions morales soient des réalités objecpour nous un postulat fondamental nous n'admettons pas qu'elles se créent ni ne varient au gré ou à la fantaisie des esprits individuels. Il suit de là deux conséquences l'une. VII. : — "rêpi. Dém. timide encore et inconsistante. c'est qu'il faut avoir en vue. 12..]. Ilypér.

ce sont les représentations qui furent associées dans le principe aux désignations jêpiç. En d'autres termes. et.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 181 ristiquesdu moment social où elle s'est produite. le passé.l'individu s'intéresse ou se passionne. . en profontout l'inconscient d'une tradition à la fois prolongée et deur. renouvelée par révolution de la société. il faut étudier en elle un présent qui la justifie et un passé qui la fait comprendre : le présent. dans vivante de la cité qui pour . c'est la solidarité multiples de l'outrage.

.

qu'on rencontre parfpis dans ne doit pas induire en erreur. : — Il Contre Timarqiie d'Eschine est unanimement consiy avait une seule loi sur Tuêpiç (Dém. 17) l'expression de vofioi Oêpewç. Mûcke surtout argument. que seule l'uêpi.ne dût . n.. apocryphe. Mûcke(De iniuriarum ex ypacoTi. renforce le témoignage de Démosthène de ceux d'Hypéride [i^"^ discours contre Mantilhéos) et de Lycurgue La loi citée fi : ^Xsuôéptov {Contre Lycophron) dans des communis. XXI. XXI. Midienne est considéré comme authentique sur au contraire. p. Cf. L'uêpLç est un délit public. Mais quel délit ? Question très débattue. 188. : Le texte transmis dans insérée dans le la question. Lois. VI. 15. Gôttingen. 10 et. 777 D uêpiv uSpiÇsiv Les textes n'autorisent nullement la distinction faite par iure attico gravissima. cas du Contre Nicostratos dont R. « L'action est le estimable » : le tribunal fixe la peine que mérite condamné dans sa personne ou dans ses biens. sur Vu6piç nous est conservée dans le Contre Midias. 46 . 35.. quelque antique. tire — Voir n. twv Twv SoûXwv. 8.CHAPITRE PREMIER LE DÉLIT PUBLIC DINJURE La loi Dém. Platon. semble a priori que l'atteinte à la personne de l'inprovoquer qu'une faible réaction de la communauté c'est ce qu'on apercevrait dans le système des délits ils ne font jouer privés (4) qu'une solidarité négative en sorte. VI. au même sens que le droit romain. 266-7.Recht. personne d'un homme. d'une femme ou d'un enfant. il : même commise (3) sur un la esclave (5). une prétendue loi sur l'uêpi. cf. 422. 427. par voie d'action publique. question fondamentale. pour le. dérée comme I. Dans un état de société dividu. . p. Lipsius.. ôi' a'. les textes. (5) par Démosthène le dit formellement 'Eav xtç ûêpt^Ti scç Tiva. 92. Alt.a/poupyCaç (viol) par voie de Lipsius. sic — Rapprocher l'expression de — plaidoyers perdus : la loi devait fournir : un locus Toùç ouézaq. libre ou il y aura lieu à action publique.. Eschine. 47 esclave. ouverte à qui voudra. 1872) qui prétend commise contre un esclave était réprimée R. Elle porte qu'en cas d'Oêpt-ç commise sur la (3). Athénée.^. On peut donc s'étonner de voir réprimer Tuêpiç. (4) Nons entendons ici délits privés au sens restreint.

iixT:\r^yo:. C. Munchen. Lipsius. Din. d'après Luc.. 176. 15). préfère visihlement u6pi. 23. rixe. qu'il abandonne. 394. A la de rigueur. la Ypacpr. il existe une Sîxri alxUç une réparation pécuniaire . pour définir — — a'. (8) C*est ce qui résulte du Co7itre Midias et faudrait-ii élargir quelque peu cette définition. (Athénée.. . fr. LIV. VIII. 423-4. orateur Eschine. (9) Pour l'exercice p. Isocr. est bien plus rarement employé au iv* siècle. est coups dans une l'alxîa. Anccd. 1899. 4). 34. intente. jêpewç et la ùU-ri alxlaç excluent l'injure verbale toutes deux (9). c). nous n'y trouvons pas d'autres éléments matériels que dans l'alx'la positivement. 1 . Iniuria. 5. l. était citée par Hypéride à l'occasion d'une 8îxT( atxîa. p. la ypa'fhi C^osojç.18i RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE et qu'elle soit traitée comme un attentat si grave qu'elle peut entraîner la peine de mort (Lys. p. or. cf. est familier On s'explique que les lexicographes aient recours à 'J&pt. n. même Pollux. coups par une bande de fêtards. et tel n'en offre aucun exemple. à qui j^pt. l. c'est ce qui paraît bien malaisé d'après les témoi: : gnages mômes de nos auteurs.. on dirait les deux actions interj. fait on a indiqué aussi (Hitzig. elle consiste dans le fait de frapper (8) négativement.. eût pu recourir à la ypa^pri uêoswç.. Anach. elledu fait de cracher à la figure: cf... Et voici qui accuse le problème à côté de la '^poL^h i>%£wç publique. sont pris l'un pour l'autre ~ : 10 sq. I.. p.. XX. 42. de privée qui ne donne lieu qu'à les actes ou circonstances qui fondent l'une ou distinguer l'autre. en dehors de l'acception juridique. 98) parle : du début du Contre Conon. Et ceci suggère un rapprochement avec Démosthène. qu'il Mais en définitive. Rhét.. 76 (Hyper. 423-4. p. n. Il est vrai qu'il y a une autre variété de : . 421. 12. l'-iêpt. on pourrait taxer de sophisme l'argumentation roué de Démosthène prétendant (Contre Co7ion) que son client. chaque fois que nous voyons définir l'Oêpiç. la définie l'action de porter les premiers qui est justement la définition juridique de langue parlée. Peut-être mais au bénéfice de l'jSpK. i24. II. I. —Même les injures à un magistrat dans Lipsius. Dém. La loi LIV. II.7\ alx'là.fr. 24. Bekker.ta : cf. changeables (|Dém.. voir Meier-Schômann-Lipsius. par préférence à la oiy. 1402 a. Lipsius. à aixîa: ce dernier.. 49. D'ailleurs. I3j. sur l'uSpi. 1273 a courant. cf.es commentateurs anciens s'y perdaient: ainsi Denys Les deux mots. dans l'usage d'Halicarnasse (cf. Détn. chez Aristote. Trouvera-t-on dans la matérialité même des actes d'Oêpiç et d'alxU le fondement de la distinction? C'est impossible. pour désigner des voies de fait ce quelconques.'/. p. 355 : aixîa. 'j^pi. Hitzig. XXI.. 41) le de déchirer les vêtements.

constituent rCSpiî. — .XX. au sens d'attentat à la pudeur. il n'est pas question non plus d'injures adressées sur la scène soit à un individu (contre Bockh. — Sur la . Huvelin. ^laioiv (Il n'est pas question d'autre action privée. dans la conscience réfléchie. % 10. c. 1007. Coups violence » : dire. 6. Caillemer in Dict. 461-4). Reallexiko?i.. qui interprète son témoignage très arbitrairecf.. Cf. cf. XXI.. Schrader.. H.JURIDIQUE ET MORALE : EN GRÈCE 185 l'attentat à la pudeur. et qui niaire. Dinarque. 11 en est de même « aux deux autres. 72. XXIV.3) : : en quoi certes il de ses fonctions ne sont pas réprimées par cette voie Dém. insiste sur ce qu'il y a de particulièrement grave.III. Mais la construction juridique qu'on trouve dans l'Argument est tout arbitraire la troisième espèce duêpi? est une invention de grammairien. 40 et n. : . 15. pén. elle s'intente exclusivement pour des coups cf. 40. p. Le viol ne donne lieu alors qu'à des dommages-intérêts. 415 E -J&pi^ (cette les moqueries outrageantes notion II...ywv et et uêpi. les définitions des grammairiens. de la rép. le viol (iO).. 308. XXI. à vrai profonde que ferait un moderne. il n'y a pas lieu. dtTi|xiav cpspouŒa oô yip si sirixaçev TrivTw? jSpLasv. par : . des Ant. (13) Dém. Mais le viol est à Tuêpiç l'ordinaire réprimé par une Slxri ^la^wv (11). dans le Contre Midias. v.. 1 (iTATiyaO. et il est frappé d'une amende de 25 as (cf. cf. Dém. p. XLIV. Isocr. Qu. On cherchera à définir Tuêpiç par un élément spirituel. purement privée elle aussi. Le second Argument de la Midienne. aîx^aî.. reste indéterminée et inconsistante). Meier-Schômann-Lipsius. p. essentielle à l'aîa^^poupyîa. 23. p. Dr. : comme et viol sont également des actes de en droit romain. 1374 a 13 oîov Toû (XTiixacrai sxôïvov définition même indique combien la t. àXK' si svsxa tou. mais sans fournir de référence Meier-SchômannLipsius. ath. 18. Thalheim in Pauly-Wissowa. 654 E. parle d'une uêpiç oi' atffj(poupYta<. on indique parfois la 8(xt. n. 646-8 I. Quant à la Sîxt. p.. [Platon]. Lysias. . quant uêpi. p. de faire entre elles la distinction germaniques (cf. hiiuria. (11) : dans les droits 44. . d'une des trois espèces de luêpiç (les deux autres étant Oêpiç 8ià itXr. Thonissen. LIV. d-ciixiaî. « violence » (. 593. 32. conv. aÔTOî -riaOfivai : : : De même. 581). 28. 5ià Xdywv) la langue . 13. — : : . ment) soit au peuple (malgré Schol. SoZow.. le viol n'est qu'une espèce de Vinjuria. Staalsh. est assez fréquent dans exemple. Aristoph. p.i. Démosthène. plus ou moins graves d'ailleurs (Dém. 264. 397). LIV. p. s. gr.. Gêpsiç xat : • XVIII. 15. p. il neur d'un individu par des voies de fait (1. 205. 1.3ta) (12) pp. Uhét. LUI. augmentés d'une amende égale Lysias. I. et on croira le trouver dans la volonté du délinquant on dira qu'il : y a î>êpiç quand riandi (12). De là ne tend non plus qu'à une réparation pécuune autre difficulté qui ne paraît pas avoir été signalée. 32-34 Plutarque. 1. 9 Def. 23 Plutarque. 348) m. ^. 41 (?s6ou'XcU[isvwç) alliance de même mots. alxta. 50 (10) XLVII. 478. III.. 425. Ilitzig. I. 5. 13) Dém. 12. 24.. d'uêp'. 2. 36.... Arist. Harpocration. de socialement inadmissible dans la volonté décidée et froide de ravaler l'hon- y a intention d'outrager.. Lipsius. XXI. Croiset.. 47. àôixia irpô. et qui^ pour être parallèle à la première. animits injuEt de fait. n'en est que plus grave. Ach.378 b 23 sq. cf. I.

1). l'acte pements de Démosthène (XXI. XXXIV [1899]. la notion est tout autre quen cas de procès privé où il y a lieu à SixTi pXiÔT. impossible de voir une sorte d'appendice à la la « philanthropie » des facilement l'explication d'Eschine En loi réalité.^ I. p. mais de celle qui entre dans Faula même et Isocrate (XX. niens. il est dis- dans une position qui attesterait une tout autre conception de \'v6oi^ que sa prétendue définition juridique. tout cas. Au reste. en pareil cas et dans le même sens. aux offenses subies par un particulier. l'interprétation. dans tale. le pseudo-Xénophon [Républ. Au demeurant. comment comprendre Xanimusl Gomme intenl'erreur est tion pure et simple? L'uêp!. tantôt utilitaire. définira très bien 1'uêpt. 5). Démosthène. iO) invoquait la difficulté de distinguer les hommes libres et les esclaves. voulait qu'on s'abstînt d'autant plus et à plus forte raison de Tuêpiç à l'égard des hommes libres. 8) les lésions involontaires. Lipsius a bien senti la difficulté. r « honneur » d'un esclave. 560. mais lui qui se défie parfois des interprétations des anciens. n. Ueber die rechtliche En Slellung der Slaatssklaven in Alfien.. Iniuria^ p. 48) sur Athéniens. il): h savoir que Tuêpt-çà l'égard des esclaves. accepte trop le législateur. Mais on dit bien la Quand Démosthène parle de rendus coupables Conon et ses de « déshonorer ». des Ath. qu'est-ce? L'esclave peut cependant être la victime d'une uêpiç (14). commun. il ne s'agit pas de celle qui fonde une ypacpri jêoewç. dans l'intérêt du maître lésé dans sa propriété. tantôt sentimen- Eschine indique le calcul du l'humanité bien connue des Athélégislateur. Rien de moins cohérent que tout cela. en général.ç par . en interdisant (I.ç se trouve donc sur le même pied que Talxia. qui exclut (Hitzig. et qui ne voit que tirade oratoire dans les dévelopl'alxla. Waszynski. chez les anciens. comment soutenir qu'elle sera spécia- (14) Ce n'est pas lui qui intente l'action. — . — Comme préoccupation de déshonorer? Mais si la société s'intéresse relativement peu. in Hermès. naturellement: la question pourrait seulement se poser pour l'esclave public (cf. varie d'un auteur à l'autre : une ville comme Athènes où les conditions sociales ne se mar- toujours à quent point d'un signe extérieur et où craindre.186 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE paraît d'accord avec le sentiment même chose en matière d'alxia. on notera que. Et puis. chez qui frappe. Tuêpiç outrageante dont se sont amis.

c'est la voix. a.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE i87 lement lévollée pnr ce qu'il y a de plus subj<'ctif clans l'ontiago? Sans compter qu'il s'agil... mais frappé qui est le soit le déshon- hommes libres — bien qu'il le fait d'être — plus intolérable pour des mais le fait de l'être dans une intenle tion d'outrage. aucune vraie distinction entre l'uêptç Dans l'usage courant du mot. p. d'une cho'ie presque impondérable. XXI. car le terme d'uêpiç. presque délit objectif les adversaires s'at. la ypacpTi il iîijuriandi cet égard. comme 16). 4. Fr. 72) en parle. : Bacch. En de compte. ce n'est pas les coups qui provoquent l'indignation.. Il n'est que de voir comme Démoslhène (XXI. de qui se ^ent oulragé. d'autre part. Hitzig. Démosthène ferait juger — — le contraire : Démosthène ergote (15). ils intentaient la ypacpy] ([Dém..]. IV. « Ce ne sont pas neur. . "rêpi. cf. 775 D ceci opposé à Déra. mais inexpiimable et instanlanée. à tendaient à ce que l'enfant libre qu'ils avaient envoyé commettre du dégât sur le bien d'autrui fût pris pour un esclave et. Lois. Rien ne fait mieux sentir. même dans son emploi juridique. — Démosthène lui-même se contredit : XXI. 6. battu : dès lors. Tùituition infaillible. Athéniens. ». l'élément psychologique à la volonté quoi Ton recourt comme élément d'incrimination n'est guère appréciable en l'absence de critères réfléchie objectifs. H3. besoin de toutes ces discussions. dans l'acte de celui qui frappe. Platon.. VI. Chez le délinquant. . [Ant. Philippidès in peut être associée à l'Cêptç Meineke. 7. 41. uêpei xal oùx oïvo) toûto iroioûvroç. l'ivresse même (15) Là-dessus. 74 Eurip. Gr. si nous ne devions en retrouver plus tard le bénéfice ? Aux yeux mêmes Mais serait-il des contemporains. au lémoignage d'un Démoslhène. dans le délire dionysiaque : — . le cas pourtant bien connu du Contre Nicostratos oii nous voyons l'iiêpt. Esch. 4 . 6. et malgré qu'il en ait. fr.. 31. Il est du reste aussi peu certain que possible. fin tel.. II. ne paraît pas exclure du tout l'idée d'emportement.] et LUI. animus : et est singulier Gêp£wç peut ne supposer aucun qu'on n'ait pas relevé. c'est le regard_. l'anti- thèse entre la notion individuelle et subjective et la notion et que la première ne saurait objective et sociale de l'injure — fonder la seconde. Corn. que la victime même serait souvent incapable de rapporter à autrui : c'est l'altitude. Car il y a bien des circonstances..

contre un esclave d'où il et un passage d'un discours démosthénique résulte que le maître d'un esclave. enferment un sentiment juste. des grands jurys. Quand le législateur avait porté la loi il n'avait pas autrement défini cette uêpt-ç. ils les confondaient. sur ïanimus injurandi (16). il est vrai. le droit darité de Parfois enfin. Ces réponses. dans un déjà cas ordinaire. ou môme à faire comme ïlitzig en vient qui. 39-40 . comme ce dernier auteur y invite. . Solution bien pauvre. carde conclure simplement. on se résigne à la discrétion des formules qui ne résolvent rien : môme moment. — dans l'une des actions. la victime insisterait surtout sur la matérialité même du délit dans l'autre. quand donc la ypacpyi avait-elle lieu (Meier-Schômann-Lipsius. il faudrait tirer la morale : Démosthène. . dans la seule violence. II est bien certain. d'après ce que nous venons de voir. n'aurait pas songé un instant à intenter la ypacpTi cité. On a souvent noté un désaccord entre la loi qui punit l'uêp!. u^^tiii^. Kt on a répondu — justement — que — si celle-ci. que Vuëpiç est appréciée délit public en tant que la « violence » met en péril les intérêts collectifs. et disons à plusieurs) condamnations mort? A (16) la vérité. l'affaire mais c'est il n'y a point de norme a priori des tribunaux.. la conscience immédiate pouvaient les confondre. pénal n'est gouverné par un calcul de la raison.^ commise sàv TLç OêpîÇri. Une observation s'impose qu'il est permis d'invoquer ici. Le langage parlé. à déclarer les deux actions interchangeables. voyant l'essentiel de l'uêpi. Caillemer dans l'article Aikia du Dict. qu'il n'y . 400-401).18S l'aixta si HECUERCflES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE Ton accepte trop complaisamment des commentaires d'avocats. n'était pas usuelle Mais de cette réponse pp. des Anl. Il semblerait qu'il ne reste plus qu'à dénoncer l'insutïisance du critère habituel. Ce qui'n'est d'ailleurs pas confirmé par les textes. Thalheiin dans l'article Aikia du Pauly-Wissowa. elle grave qu'à en croire entraîna de nombreuses (faisons la part de : l'exagération oratoire. c'est répondre à la question par la question le : n'est-ce pas le sentiment social réprouve l'îiêp'. en faveur d'un esclave. de dégager un senti: : Pour ces diverses solutions Ililzig. dans l'individu et de la cité? Pas plus ici qu'ailleurs. pp. et affirme la soliqui. avait pas de distinction théorique entre l'jêpiç et l'alx'la.

l'idée collective que le terme àôixetiv suggérait (17) Ceci indiqué. L'accusateur qui ne poursuivait pas ou qui n'obtenait pas le cinquième des voix était passible. elle est d'accord avec ce que nous a appris l'histoire du terme.. Voilà avec la liberté nécessaire. le jury fixe la peine. toujours et Oêpiç. Nous nous rappelons qu'il y a une parenté étroite entre les termes àouia Or. n. des sujets : une première donnée certaine elle est instructive en elle-même. Lipsius. d'où il est possible d'associer l'idée du délit en général et de l'atteinte à un particulier. Ueber die bel de?i allischen Rednern eingelegten Urkun(19) den. oui risquait pas (19). Ce qu'il faut déterminer. . (18) Cf. instructive.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 189 ment collectif (17). dans sa les autres actions « estimables ». 299. nous l'avons trouvé dans les grandes réunions. : et le tribunal statuant comme deux (18) sitôt la condamnation prononcée. où s'exalte la solidarité du groupe social. Affirmé par la collectivité. le point culminant de 1' àôixia. p. Lipsius. les Ne serait-il pas possible de rapprocher jusqu'au bout tient deux notions qui nous ont paru analogues ? D'abord. le sentiment reste sentiment il ne se traduit pas directement en concept.000 drachmes: la loi sur V iiSp:^ le dit formellement (on l'avait contesté sans raison suffisante : cf. Et qui intentait l'action savait bien devancer plus ou moins. c'est ce qui explique que tout impression sociale il affirme dans certains cas son droit d'intenter une : uêp£u)ç Il et que pratiquement il se contente : d'une ouri mais il ne s'y pouvait recourir à la première. 421) qui n'en tire pas les conséquences. conformément à un sentiment impérieux et immédiat. p. Il on estiuiera immédiatement la mériter dans sa personne ou dans ses paraîtra n'y a donc pas ce débat contradictoire qui a lieu par l'Héliée. religieuses à quelque degré. c'est le moment où la notion d'uêp^ apparaîl pure et dans toute son intensité. 429). il de: meure mal défini pour la conscience des individus. pressentir cette ensemble ypacpYi alx'laç. égard. d'une amende de 1. 1897. 438. conformément au droit commun. Drerup. p. mais indiqué seulement par Lipsius (p. La procédure môme de « Quand La loi dit : la ypa^vi est. à cet l'accusé sera dé- claré coupable peine qu'il biens ». 38. chaque partie proposant arbitre entre les TijjLYiT!. et elle nous prépare à aborder le problème parlants.

nous révèlent une certaine continuité psychologique interdiclion spéciale de l' àoLX'la commise contre un individu dans des fêles religieuses. nous la voyons se recréer. des Ath.. des « contraintes violentes ». qui en est comme l'exten37-38. à la loi d'Évègoros. nous connaissons existe : : pour les Dionysies de la ville (la loi qui la concerne est citée c'est celle du Contre Midias. de l'exécution d'une caution. C. 17 et s.190 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : dans le régime de à toute la structure de la pensée juridique ainsi dire.. |ji. de la 7namis injectio. n. |i. lois d'Évègoros et autres le pour Il même objet..) a établi Tauthenticité. 372 et XIV. XXI.ai. Michel. : la irpoêoArj. è^eTvat (jlV^ts la irpoêoX-/. d'Athèna : . à se cristalliser en institutions celle de la Trpo6oX-/. citée dans pour Dém. [Xén. 158). H. II. . pour proscrire tous désordres. 212. pour les grandes Dionysies n'est pas antérieure aux dernières années du v« siècle (Lipsius.oŒiJLÎa fausses promesses au peuple. àTroôià^eaOai. en des mala cilé. et qui devait justement avoir la Ypacpr. V. B.V(Te Xa(Ji6âveiv ?){jiépai. institution d'une procédure spéciale. Rép... 84. aux Lènaia et aux Thargélies le principe admis pour les grandes Dionysies elle interdit la èvssaisie et la manus injectio. il est à noter que la solidarité nationale s'élargit ici en solidarité internationale. contre tout ce qui offense des cérémonies religieuses. u6p£co. èvxo.. pixriàJleiv.]. opiwv. la loi d'Évègoros. artistes les On en rapprochera le second décret amphictyonique relatif aux dionysiaques. LA. de Phil. pour instrument : cf. — : : •/yoi<soL. de la saisie. 5 : ôià -/povou ôè ôiaSixàtrai ôeT àorpaxcia. eTspov Exépo'j. Le sentiment développé par locale réunions religieuses a pour résultat une immunité soit temporaire. étend aux Dionysies du Pirée. rapprochées. XXI. pp. Sv xauxai. 551. III. n°291.à laxpoôoXT^^ moins orgamystères..XXni. 168 et s. — C'est la même pensée qui se reflète. XX. xaï. comme dans le cas du meurtrier écarté des tepà à[açpixTuovixà.. les fêtes des Mystères (Dém. défense d'opérer saisie ou manus injectio. Foucart {Rev. 175).) : ocYEiv. De la première espèce. deux espèces de irpoSoXat l'une. 8). mais qui. 1. l'autre.r. contre la sycophantie et les reùy. des sion. 19). et. XXI. pour nifestations qui apparaissent d'abonl spéciales ou de circonstance. ôteyYuâv (cf. toute violence individuelle dans certaines cérémonies.. même au cas de protêts [ir. iO et dont P. la Trpo^oXr^ en partie dans Dém. dans la procéon interdit au meurtrier les dure d'excommunication qu'est la -rpoppr... C. réunions religieuses et les lieux de réunion (Dém. Il semble d'ailleurs que cette pensée tende. au iv^ siècle. xa-.o£ xwv UTreprdJLÉpwv. 116) elle est antérieure. à l'inverse. soit ce dernier cas dans la collation du droit d'asile au -réfjievo. d'autre part.lYo). Auparavant a dû exister un rétame de répression nisée. I [1877]. : : . Niképhoros (reconnu par les Étoliens à l'occasion des jeux ISikèphoria interdiction. p. comme le dit formellement Démosthène (XXI. Dém. l.

parle du Upo. v(5fjio? relatif aux Dinnysies comme venant renforcer la répression organisée u6picrfi.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE èàv -et. 29) les pratiques qui sont propres . à Athènes et à Rome. Solidarité. il (21) Ce vol là est une des variétés du vol aggravé peut. 35. comme une contamination insupportables (cf. p.a. sympathise avec une victime individuelle. dont l'institution paraît bien postérieure au est. 205 sition obligatoire. xe ào-eSTjcraxTt. Mais des idées nouvelles se sont insinuées dans l'institution la violence des procédures garan: tissant le privilège légiés. P. le fxirtum nec manifestum entraîne la compoGlotz. : : régime de la vengeance familiale. car la même circonstance aggravante a lieu . 391-4) le même principe est admis pour l'adultère cas où le coupable n'est pas mis à mort sur le champ. sur le rapport entre la répression du délit privé en droit romain et le degré de légitimité attribué au sentiment de vengeance. prend corps de plus en plus Démosthène. 191 xiveç aTjOsî aXXo èàv è^aTrival'ov àôîxr^{JLa yiy^-(]'zixi. Ainsi. n'a pas une semblable origine. du une pensée primitive L'origine lointaine de cette interdiction doit sans doute être cherchée dans la séparation rigoureuse entre la vie sacrée et la vie : profane fait réprouver tout ce qui apparaîtrait comme un mélange. différée (d'oîi l'interdiction de porter des armes dans procédure de la cptipa.. Dém. cf. Manuel'^. . et la vengeance n'est plus légitime si elle préhistorique de la famille (Glotz. c'est le privilège : : Solidarité. du prêteur ou du proprit^taire suscite. se révolte et. pp. XXIV. par suite. H3-114). à la seconde ne doivent pas avoir lieu au cours de la première. : par voie de Ypa^pr^ oôpscoç. le droit du mari victime cesse d'être absolu. une certaine idée du respect de l'individu. volontairement ou non. tection. p. Tout autre est le cas du vol commis dans un gymnase il s'agit là d'une réaction de la collectivité qui. Ou bien les offenses qui : atteignent l'individu sont particulièrement réprouvées le vol commis dans que (20) les gymnases est puni beaucoup plus sévèrement le vol ordinaire (21). la : . être puni de mort (Dém. interdiction de la : maîiîis injectio au cours des fêtes (20). Et il s'agit aussi d'une vraie peine. Gidans le rard.. la mise à mort est un acte de vengeance. pp. les injures verbales ordinaires qui. art. des Ant. XXII.. au moment et par d'une association solennelle.) qui se perpétue et qui d'ailleurs se limite (Glotz. dans un moment de socialité plus intense. tiv te 66p(Ça>ai une pensée propre à la cité s'alïirme en elle. F. On la vertu peut dire que nous voyons se dessiner. à des instants privi- une réaction spéciale. Il s'agit alors de tout autre chose que dans le cas du voleur de nuit dont l'exécution est permise à la victime ici. d'une effets réguliers Ou immunité temporaire ou bien l'individu bénéficie d'une prodéfinitive contre les d'une justice antérieure à la cité et que l'association nouvelle veut plus ou moins dépasser amnistie pour qui tue accidentellement dans les jeux publics. Klopè dans le Dict. 304 et s. XXI. 827) . perquisition faite au domicile d'un détenteur possible à Rome. On pourrait même se demander si la suppression de la contrainte par corps.

: ce serait toute justice dubitative. contrairement au droit Platon. en définitive. des ergotages et de ces contradictions dont la pensée consciente ne pouvait se débarrasser. des Ant. 629. n» 694. et le cas est parallèle à celui du magistrat outragé pour î. Michel. une catégorie intermédiaire de ypatpal . 51-55). « sur lequel d'ailleurs Démosthène n'insiste particulièrement que dans ce passage. I. Meier-Schômann- (voir notes 143 et 144). que c'est le seul terme. Plut.s esprits se contredit. Soloîi. laisse clairement voir le véritable lieu de la notion Démosthène. de fait il y a là un élément un peu spécial. Pour la loi même. pour désigner l'ouau point de vue juridique.. XXI — — — étend la défense à l'agora [Lois. Ces avocasseries ont égaré Brewer qui. la majestas du peuple est offensée dans un Ue ses représentants privilégiés. qui prolonge cette pensée de façon instructive (Glotz. u6pi. 1901). Staa(sh\ p. et elle est formulée s. Kakègoria dans le Dict. Le délit d'àdsôeia n'est ajouté ici que sous forme impiété » venant renforcer l'uôpw en tant que celle-ci est commise contre un y^opr^yàç. à travers il même : subi ces outrages sans être chorège. N'est-il pas dès lors à présumer que l'uêpiç intense. Wien. Hitzig. Midias devait être condamné pour mais il me semble que.v u6p£Wî. (22) Cf. I6îa.. celle qui attentat majeur (23). c). frappé lors des Dionysies en présence des Athéniens assemblés. 28 dans une construction universellement critiquée [die Unterscheidung der Klagen nach altischem fiec/i/.. 935 B). et.. port. sont proscrites par Solon quand elles ont lieu dans un endroit public au cours d'une cérémonie religieuse (22). p. u6pt. après l'avoir commentée. la distinction n'était pas nette dans le. dans la même loi (Dém. sens strict. ses discussions.ai. (23) Visiblement. il 25. 51 . Dém. C'est la loi sur luôpi. mais peu importe ici Lipsius. 75 et Bôckh-Frânkel. est par c'est celle qui est : : est sentie comme délit public et comme excellence une victime de Fiiêpiç (Dém. XI.. XXI.. parmi les actions privées xal ypacpà. 444-5 . §§ 51-55. chorège. semble ranger la ypa^ri uepso). XXI. au cours d'une grande réunion et perpétrée spécialement d'une fête religieuse? Les textes confirment cette manière de voir la Mûlietine notamment.192 RECUERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE lieu temps de Solon. pour fixer la « Si donc j'avais notion du délit. : accusations publiques au tS'.. p. les actions privées et les : . 47. il ajoute Démosthène se sert constamment du terme a été victime : trage intolérable dont on aperçoit. que cite l'orateur. 1' ». Cf. xai yoacp^. 789). ne paraissent pas donner encore à une réparation judiciaire.. possible. si on le condamnait en outre pour impiété. p. 26-27. art. le vol commis dans un 1. en dépit des digressions. voudrait établir entre.

yop[a Ttpôç t6v 8f|[xov àasêeiaç . précisément. 191.. (27). (23) Dém. mais cette TrpoêoAvi a bien pour objet une îiêpewç : car l'essentiel pour nous. (24) Dém. iasêT. Eschine. 3.. 46. 39). d'où l'expression à demi technique de àaeSeïv Tiepi tt. TroXixivtf. lytvovTO 5e xal r^^ol twv è^uêpiaâvTtov ffuxoaavcfaî (ce sont les deux II. Rép. Ce dernier terme (26) Cf. 72. le chorège outragé par uêpewç (26) Alcibiade. xoû [XT^Sèv àv wv TZSTzoii)-/. àSixsïv (= 66pt!Σiv) repl tt. grande réunion dans un texte déjà cité (Dém. procédure spéciale destinée à faire mettre en cause les auteurs de violences dans les Dionysies.. oiéy'/waav.]. la présence de nombreux témoins oculaires n'est pas tant considérée comme élément de preuve que comme une hypothèse qui va de soi. lequel ne procède pas par voie de Quant à la notion d'impiété. [Andoc]. le jugement que nous disions les : c'est dans ce jugement qu'il faut saisir la produit avec éclat valeur de l'uêpiç.. 8. 199. il y aurait eu.. 20). (27) : . XXI. : vpacpri le cas de Tauréas. Déni. Il est môme vraisemblable qu'au v° siècle. la définition. 216 cf. fait penser à une .ç aîxiaî.. 227.. 218 : où vàp èy.v sopT-Z^v (24). III. 191 .v ïo^'zrfy : cf. [Xén.èv '. : s-jïeiot^ xs/ei poTov èvc Tfjxai. Car la TipoêoXï) a lieu à la suite de ces fêtes elle le dernier jour des Ilàvôia dans le cas de la Midienne est jugée dans le sanctuaire de Dionysos pour les grandes Dioet comme — nysies et pour les fêtes prévues par la loi d'Évègoros synonyme de •?.v. àva)v'jffai . dans cette appréciation sociale que le pleine : mécanisme du fêtes droit devait susciter le au lendemain même des — sentiment collectif qu'elles prolongeant eussent fait surgir. XXI. à la suite des mots cités note 25 . Au demeurant. p..'' SûvaaOai )ip{vexat. cf. l'accusation Contre Midias n'est pas une ypacpv) c'est une action consécutive à une TrpoêoXvi.soôj 8' oî xaûxa xpCvovxsç xaOsJJôtJLsvo'. 147). on comprendra qu'elle u6peto? (voir n.. § 216. VIII. de l'uêpi. Pollux.a{ . 307 xaTT.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 193 ypacpTi dans Texercice de ses fonctions. XXI. iXk'' èl uêpswç.v T:po6oXT. t6 irpâyîx' sivai. même subjective. : -î^ objets de la irpo6o>ai). XXI. p. cité p. des Ath. 10 {è%%k-i\<six èv A-. o68' CxsTzzp 'AptuTocsôiv à-oSoùî toù? STsaivouî iXuars tt. 145. IV. — Sans doute.. Quant aux conditions où réagit la conscience publique. le laisse assez voir (Dém. XXI.aavxwv irspi xàç Éopxjtç Schol. Cf. à propos des Tcpo6o>. c'est que le jugement prélimiliêpiç naire du peuple avait ainsi qualifié l'acte de Midias (25). [xèv uêpi.. s'associe spontanément à celle d'u6piç. supra.ovjoou).

ôiôt-. Mais de plus.a6ixà:. IH. quand nous sont rapportées des accusations publiques Même. une seule pourtant que ce témoignage nous est — — : religieuse (28).v archaïque (/. 1886). à l'égard des mineurs de condition libre est particulièrement réprouvée) (29). -aïS' £7>îû6cpov z% n£AAr. la même qu'ailleurs nous avons vu se manifester.. . Démosthène soutenant qu'il y eut Hêpi.. nous connaissons le cas d'un individu condamné à mort comme coupable d'uêpLç pour avoir violé une joueuse de cithare aux Eleusinies. il n'y en avait pas. (cf.£'. nous observions que le viol est généralement l'objet d'une Suri jBia-lwv toute privée. Rép.. averti : Nous avons il définir. tlûte esclave). dans ûiaSixa^c-. Andoc. lena. eavixw iîjT. Dém.dans 6iw[jLoab même. il semble indiquer une décision entre deux propositions contradictoires. XXI. Dinarque. et a tout l'air d'être une Ménandre. l'emploi de 5'. sans doute mais l'acte avait été commis dans une fête à si haut prix subsistants. Cette gravité singulière résidera notamment en ce que la victime a pour elle tout ensemble le prestige d'une valeur sociale et le prestige d'une faiblesse à protéger (l'jêpt. 12 (joueur de cf. nous pouvons ressaisir une pensée sociale plus ou moins inconsciente. 17'). Ant.. .. 28-34). ne faut pas entendre que Tuêp'.intiaaTs. 28) ûixei. 1908. C. (29) [Dém. or.aytyvwaxe'. Midias le niant rapprocher le S'. dans les plaidoyers Ce discours — proprement dite retenons donné presque involontairement et que. p. Arbilr. 60 cité à la n. en apparence. 187. comme : y avait lieu sans doute à ypacpvi Gêpswç dans d'autres cas pourvu qu'ils fussent spécialement graves. soit à espèce juridique^ par les voies de fait commises dans une assemblée solennelle de définition. ypa^T) uêpeco.ç Ju/sv £v [xuXojvt. cité p.. A. 23 pîaxpiav {iêp: Tcv 'E).eo5ivtoiî. D'une façon générale. Sans doute ù la suite d'une ryôpiî. (28) : irpoCoXi^ : cf.l. der Zeuge im Att. (rapproché du texte S'. dans OLa|iapTi.v à propos de : [Xén. Frauenfeld. et la valeur du préfixe 5ia. o. 13) de la loi de Dracon prononcé entre les Siwjjloîîxi contradictoires de l'accusateur et de l'accusé. que le témoignage d'un seul et aussi bien. LUI. 191). nous n'avons plus. 23 (Blass) xôv [xuXwôpôv â-nsxxsivaxs . xîî» Msvwva {xèv cf.v (G. I. tt. Leist. et dans les conditions ordinaires on attendrait peu que la xi.a justeeût vu mettre son « honneur » ment une esclave.v 'Pooîav xi6aDinarque.. der atlisclie Eigenlumsstreit im System der Diadikafien.. .194 RECHERCHÉS SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE serait peu. : fr. 11.p{a (Leisi.iixi 16. des Alli. G. Dém. p.vT. (per- sonnage d'Habrotonon).QapiTTp!. Redit. pp. 6£[jl'jxiov 5è tôv 'AaiovaTov.. sous les expressions de l'orateur ou de la loi.]./. Celte étrangère anonyme esclave : cf.

(cf. 32 (30) 44. XXIV. toûto irotôv -rrpoauêptÇet.) .) est au fond de la même espèce (cf. qui d'ailleurs pouvait entrer plus ou moins en ligne de compte dans l'appréciation du peuple-juge. 630. S-ci toùç vq|xou<. c'est la pleine réalité de l'jêpiç en régime de cité. une de ses significations les plus fréquentes est celle de volonté outrageante en tant que perverse. 41 et impliquent très nettement qu'elle fut intentée dans l'intérêt d'une famille et pour venger l'offense qui lui avait été faite. c'est la société qui se sent atteinte par l'outrage. dans l'observation d'un moment intense de la pensée collective. La sensation de la réalité sociale n'est pas nécessairement plus exacte que Le terme même. 348 Schol. XXI. devenait facilement prépondérant dans la conscience et dans l'argumentation de la victime. de par sa fonction même. en définitive. Ce que nous venons de voir en tout cas. l'uSpiç de Phormion (Dém. (31) Par exemple Dém. . Ainsi donc. d'indéfini. 320). prêtait. XL Vil. comme offense au peuple Aristoph. nous sentons se combiner... XLV. faute de précision juridique. celui du respect de la famille et l'intérêt sympathique que la cité porte aux membres les plus faibles nous aurons du reste à revenir sur une de la famille (30) variété de Ï'j6p\<. on le comprend de reste. VEII. histoire. élément. et de nettement dans ces Les circonstances qui entourent la Ypacpr. de celle de la réalité physique.. citée par Isée. inadé- quates le plus souvent. 137-8. 3 et s. en tant qu'il il exprime le d'un outrage. et cet plus. anti-égalitaire. son foyer. 41. a quelque chose de mystérieux et. Aussi la notion d'une majestas populi apparaît-elle souvent. de la part . à propos de cette majestas le sens religieux s'aperçoit 1' L>êpt. : — xal TÔv û[X6Tspov xoivôv (Txécpavov L' 'jSpiç vial xô : tt^ç irôXsw. oii se manifeste oii il faut situer son principe moral. anti-sociale. sentiment subjectif de la victime de l'accusateur.ç (31) . C'est parce qu'elle étend sa vertu vivante sur l'individu que l'individu peut élever la voix. contradictoires et. avec sentiment de la dignité sociale. ôvojxa. uSpewi.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE le 195 de « violence ». à la confusion entre le délit proprement privé et un délit public enfin. dont la notion a pour ressort le sens fami: lial.Sr. en tout cas. f. les représentations que s'en font les individus soient inconsistantes. de par toute son de par ses emplois courants. Que maintenant. n. Ach..

. très facilement. IV.iTwv L'offense à la peruSpiaBév..? e'ivsxa Ttida TtapeaxeuâÇeTO. d'un acte le plus souvent médiocre. Ce principe. Plut. Cf. le délit religieux.. Taûxa yoptiyb^ t. Dém. X. 19. puis. celuien fraude des Uoà destinés ci est relevé qu'il s'empara aune cérémonie avant la ville » ([Andoc]. 21. lorsque la victime affirme que toute la cité a été lésée « avec elle. peut désigner le sacrilège. iVic.? TrdXswi. semblent admettre la faculté de transiger (autre interèyw 0' ô TteTrov6(l)<. reprochés à Alcibiade. Eth. 885 A Tô TtoXtTtxôv âv eTt. pour l'extinction possible (36) C'est dans la personne du citoyen que la solidarité religieuse de ha irôXi. Platon nous offre : comme un système proprement des différentes modalités de u6pi<. cf. au premier rang. Platon. on arrive à l'offense — commise contre un (33) (34) citoyen. Cf. Lois. les habits protégeait une espèce mêmes qu'il portait et que d'interdit (34). des actions {Jêpso).. Xriat.. s'accompagne d'actes qui. 215. : (32) Au début du livre X 1' des Lois.. peut faire un une chose crime capital.v. d'autres espèces. c'est le principe religieux (32) diffus dans toute la société (33) il n'y a donc pas lieu de s'étonner que le délit soit désigné d'un mot qui. insistera sur ce qui devait l'entourer d'un respect religieux la fonction qui lui était dévolue pour la célé: : : bration des Dionysies. XXXVII. de même. parmi les actes d' uêpt. 885 A). Dém. 217 etn. r\ t' laO-^iÇ tti? éoûtt. IV. I. accusateur de Midias. 208. surtout quand elle rien qu'en eux-mêmes. Dém.X. atteinte directe à la divinité.. trouve en quelque sorte son point le plus sensible. chap.196 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DK LA PENSÉE textes OÙ. (35) Dans le système même de la Tzpo&oli. En effet.. celui d'enchaîner notamment cas cités dans la note 29. § vi. p. Voir l»-» Dém. XIII. n. Instinctivement. on peut ne pas poursuivre après la sentence préjudicielle Lipsius.. ce caractère religieux est attribué à l'individu (35). 27. Dinarque. XVIII. C. Seulement. ets'en servit 29. Aie. p. XXI. XXI. Démosthène. X. en dernier lieu. Lois. 5. un social qui exalte momentanément la valeur de l'inprincipe dividu et qui. Platon. avaient une valeur symbolique. 6. Ste yàp yopà<i : V rr. 1126 a 7. 26 partie. Les derniers mots de l'article de loi cité Dém. : — sonne libre est ressentie avec une acuité : particulière. Ainsi. qui représentent la dégradation continue d'un même principe . 2. tout cas. 58 — En = XXVIII. éxxcTTou tûv xoT.. : — prétation chez Lipsius. XXII. cf.. et. 205. 8.. et à l'individu abstrait essentiellement au citoyen (36). 128). ce n'est : pas là un appel oratoire aux sympathies indi- viduelles collective a été atteinte par le délit. l'acte d' Oêpiç dans ces conditions doit il attente à la s'apparenter au sacrilège régularité majestueuse d'une cérémonie. 136.

8è 9ea[ji. comme l'établit D'une façon générale.]. LIX. Psyché. mais exercée pendant les mystères voulait condamner à mort. C.. laxai xa6aita. à celles-ci. était au moins une étrangère de Rhodes. I8{av cpeu^sxat.o6éx7iV. il d'un germe préexistant dans quelles notions antérieures fautle chercher et. le délit d' uêpiç se distingue de l'outrage à un prêtre ou à un magistrat f39). Inversement. Cette valeur individuelle qu'il faille la concevoir — — si peu « individualiste » nous la rencontrons dans une : société déjà avancée. XXI. 175-6 le peuple corps autorisée par jugement. 23. Ainsi se posent les problèmes qu'il nous faut maintenant aborder. sic Sxal TTiV lévry^ xai x-f^v 80 û /vr^v sXôeïv è^ouaiav ëSoaav 01 vôjjloi >cal Oea<TO(JLévT.v •kolI ixeTEÛou(38) — : : (jav slarisvai. I. chez Dinarque. XXI. La joueuse de cithare. : : — : Les esclaves pouvaient être initiés aux mystères d'Eleusis.v xaxTiYop{a.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 197 mais aussi aux femmes.. Dém.0TeXûv.. les esclaves peuvent au Rohde. quelle élaboration a fait subir la : cité ? un Carien intente une 'irpo6o)v-/j à raison d'une prise de (37) Dém. moins participer aux fêtes [Dém. 32 ypacpV : àv (xs'v xoCvuv iStoixTiv ôvxa xvv' aùx&y è3r/ ùBplai^ xi? -î^ xaxûç 5xi[xoî u6p2ta? xal 6i>cT. 286. p. et à un certain degré d'abstraction elle n'a pas pu naître tout d'un coup elle est le développement . Dém. aux étrangers (37) et même aux esclaves qui peuvent être intégrés à la société religieuse qui célèbre une fêle (38). . •» (39) s'iTtij. 83 twv îepwv twv 8-ri[j..

.

874 B) (42) . [xoiyeia (42). 1131 a b et s. celle qui s'est conservée dans le droit de mettre à mort le voleur de nuit (cf. 406. Dém.. hors de la sphère des obligations des ffuvaXXaYjjLaxa àxoûaia (obligations délictuelles). 176). existe le délit n'est Puisqu'il une ypa-p^i ixoi/sCa. c'est cpwp (cf. ses conditions personne et ses origines doivent pouvoir se lire dans tous ceux du groupe. c'est le délit privé d'outrage personne devenant momentanément délit public (40). de l'atteinte à la : qui concerne les « délits privés ». n'est pas le terme primitif le vieux mot qui signifiait voleur et qui se continue depuis l'indo-européen. uêpt.. xoii toGtov donc. comme cpovoç. Cf.ç L' à la Sans doute. mais seulement un particulier ration personnelle. dans Arist. 'ùBpiq ne se distingue pas essentiellement d'autres termes comme aUia. Eth. 28 tti -jtdXe — : Tî^î Ti|xwp(a<. : Comme liste 5. pas de dommages xàv àyôiv' i'-p' ou [XTiSèv ïaxi Xf^jxfJLa Xxêstv intérêts (ce n'est pas d'ailleurs une règle absolue. XXI. Dém. A l'époque classique. à certains égards ^Xàêvi. IX. A prendre cette expression dans un sens large.CHAPITRE II VALEUR PRIMITIVE DES TERMES DÉSIGNANT L' « OUTRAGE » juridiquement définie.. latin fur). Mais ce groupe lui-même rentre dans une catégorie celle inter pares. par ses emplois isolés. elXdixTjv : dans le système de la irpoêoÂTi cf. considérés dans leur ensemble. xAoTiy] (41).. le vol commis au préjudice de l'État. TpaGiAa. pourtant. (Meier-Schômann-Lipsius. (41) Le mot vcXoxfi qui désigne aussi. en principe. sur la Nie. XXI. xaxTiyopia. Lipsius.. au contraire. spécialement. il répond. les vue. on sait qu'elle doit s'appliquer aux actes qui ne sont pas perçus comme : offensant la collectivité. termes qui désignent les délits privés se répartissent à première quant à la forme de pensée qu'ils supposent. irapaj^wpw è[ioi : le mot u6ptî ne figure pas tel. le prestige plus impérieux qu'il exerçait sur les consciences explique assez qu'il ait pris place dans le droit pénal avec le sens que nous avons vu en lui-même. Lois. atxfa. V. Mais. . p. d'où poursuite personnelle et répaOr. privilège de la famille : même — — Platon. en deux : espèces (40) les uns. pas considéré comme purement privé. à la plus ancienne conception. : ce mot-là n'est que Si une certaine idée primus a pu s'épanouir en lui.

.. en particulier. mais tout un groupe familial dont ils : non pas un indila provoquaient vengeance.ç. cette délictuosité a (46). Ehebruch). Dans Dans xoixr^yopia Schrader. s. mais en eux-mêmes. alxia et môme des mots essentiellement « abstraits » xaxTiyop'la (43). Le vocabulaire reflète cet aspect de la réalité. 25. III. qui est aussi indéfini en lui-même que défini dans son application. : — : cf.. Il n'y a pas seulement dualité dans le mode de pensée plus ancien état social alors. hanli. frapper. 429 et 431). matérielle- (cf. (44) les termes qui désignent le meurtre expriment presque toujours l'idée matérielle de « frapper » (voir Schrader. le mot paraît désigner. clairs et irrécusables comme est un meurtre (44). ment.. ils ont une valeur sans doute. L'idée d'empoisonnement a eu quelque mal à entn r dans la notion du meurtre. que hors des limites de la le groupe à famille on sait que Robertson Smith a pu définir le clan arabe les langues indo-européennes. l'élément essentiel est xaxwç. (xaxto. s. les autres.. ils atteignaient vidu. Mém. àyopeûetv). v. Mais c'est qu'alors l'adultère est conçu sous deux aspects en soit entretenue il faut que la moralité familiale sens. strictement familiale. LIX. Xén. 1. pas de : langue juridique. Les délits xle la première catégorie ont leur origine dans le : indistincte et qu'on dirait môme parfaitement vague. — En lui-même. v. c'est un ennemi de la famille Lys. et celle-ci est la raison d'ôtre de cellelà. nettement matériels en eux-mômes. : — par la répression des délits contre les mœurs (dans le même esprit. sont sont des désignations concrètes. : : : . tuer ghanahy massue). on l'a vu suffisamment dans la première à noter. apparaît aussi dans le droit de tuer le coupable. comme uêp'. La conception primitive. (45) Pour le meurtre. en principe. Mais c'est un idéalisme dont même.2(H) RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE ils présentent d'abord l'idée d'un matériel. j^Xàê/j. Mord) cp^vo. Les actes qui peuvent léser un yévoç sont définis. au premier moment. 15. — ils varient de l'une à l'autre — : — . pas de droit. partie (46) La vengeance du sang n'a lieu.]. ils il y a dualité dans les choses. Beallexik. en particulier. acte : évoquent des images plus ou moins précises en tant qu'ils s'appliquent à des délits définis. chez les Slaves. par leur étymologie et par leur sens général. le le divers — sous même reconnue et sanctionnée — à des degrés gardé mol mot lui- est le régime de la cité. 88).. l'acte sexuel (43) 1. la désignation du meurtre qui signifie » sang ». quelque chose de son origine un p. une loi frappe d'atimie le mari qui reprend sa femme après le flagrant délit d'adultère [Dém. Non pas certes que des représentations morales et spécialement d'ordre religieux ne se surajoutent à la perception du fait matériel (45) sans idéalisme. est de la môme racine que e£(vto (skr. Reallexik. fait abstraction. Et resté parce que. il intéresse la cité.

ils ont atteint dès l'origine un indi- vidu.ç. Et voilà une première donnée. Aussi bien. formellepp. ne le réprime pas directement (Glotz. 321-322). Mais la vérité est que les notions dont nous traitons furent d'abord pensées parles Grecs comme . En voici une seconde. d'une réalité quelque d' Gêpiç termes de l'acte réprouvé peu mystérieuse n'y est pas conçu en luiet pour lui-même. Solida- Tintérieur duquel rité. Dans le cas de l'injure par paroles. le la notion explicite nom verbal. Si Comment les furent-ils d'abord la famille conçus? ont en principe cette valeur que Ton dit « abstraite ». attesté en droit romain et en droit français qu'il n'y a pas fiirtum à l'intérieur d'une domus. nous sommes portés à concevoir le : même délit privé sous un aspect surtout passif comme la lésion qui appelle une réparation définie.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 201 : Les autres ils délits privés signifient un autre moment social atteignent proprement. xaxYiyop^a. il n'y a pas vengeance du sang. si l'idée que l'histoire du mot uêpiç nous a fait pressenen est indéfinie. la syntaxe. ils ont normalement un régime au génitif ou bien ce régime désigne le sujet du verÊe correspondant. tels que les a faits l'habitude d'un droit organisé. c'est justement que le terme fait penser à une certaine puissance de mal. est celle du verbe actif (xaxwç Xéyeiy). au début. on connaît le principe. autant et plus que C'est encore ce tir : comme notions passives. cela signifie que l'image d'un fait matériel y est obscurcie et même plus ou moins effacée par la notion d'une chose morale. Avec nos entendements modernes. C'est de quoi témoigne toute l'histoire du mot uêp(. observons-en la construction. notions actives. Il survit des traces de cet état primitif dans le droit d'Athènes qui considère le parricide comme chose tout à fait à part et qui même. si Fon aperçoit que le contenu n'en saurait être épuisé par la somme des « injures » particulières dont l'individu peut être la victime. simple de plus. mais alors le substantif est encore un nom : verbal dont le génitif représente le régime direct. le phénomème est presque évident : le terme de . ou bien il désigne la personne lésée. ici encore révèle un certain mode de pensée. si souvent instructive. n'a point de valeur passive et mot même n'étant pas technique dans le droit. — ment — — . Pour ce qui est du vol. Quant aux autres substantifs.

v 'A6T.:202 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE elle est La distinction paraît d'abord bien délicate. ne saurait être poursuivie par la victime même. D'ailleurs. sî.v 'EXévTiî xaxT.. Enfin. n'enveloppe en lui-même aucune idée èfa^j ou passive. par un citoyen étranger à la famille la vise implique la notion active.mgement associés. confrontons le vocabulaire è7ttxX-/. Verbannung.v avec l'accusatif sont les moins nombreux (chez Eschyle. étr. pX[dt6T<v xt. toù. Chez un prosateur du exemple contre 4 du verbe employé nous siècle encore chez Isocrate — — notons: 13 exemples de l'emploi transitif. IV. p.. TuSpn. Ach.vattov est restituée par Scala. or c'est bien ce second sens qui apparaît. dont quelqu'un = est vic: = l'jôpi. de de Cléon.xdxoî. : : ..? twv èXeuOépojv jêpsoj. elç u6piv xoC Noter aussi la valeur de alx(a yovéwv TcôTroiT. 188. ô ttjv tou «rwfjiaxoç u6piv Treirpaxtô. 1. : deux emplois. Platon. irA pXiÔTj xoC 5yiu. 2 avec si.é. I. la Ypa»-^ : 5i^|jL0u xaûxa — — Texpression è. dans le mot si (47) Eschine. nous n'avons relevé qu'un exemple. yovswv).yopîa. perpétrée contre quelqu'un au time. de OêpiÇeiv tout court ou de OêpiÇetv dç 'tva. et l'oSpt. c'est que la victime ne dira jamais uôpi? jôptç è|jioù et il est tardif : •?) ?) •?) : toujours •?) jôptç el. n° 2. 20 encore chez Polybe. ^chtung ii. les emplois de seul iv* û6p{!. l. xivo. IX. 113... dans une du premier.yop(av. et qui est vraisemblablement du temps de Dracon (cf. oîi il n'est pas même sûr qu'on ne puisse traduire xt)v et. construction identique. la et elle peut l'être. dans C. 336-7 ^XiST) xivl xî] xôv Pour xaxT. Lois.. 64. w. tiv6.xoiq. Ce qui montre que le substantif jêpt. 1. VI. Die StaatsverIràge des Allertums. Usteri. 114 : TraiSwv uêpeiç vtal yjvïixÔ)v. (48) Chez Eschyle et Sophocle. xa(Swv u6p£i^. : — : xf. Thesm..e'. en ces termes àSixîa. xo (jtôfxa uôpiv). 1 idée active de V'ù&pi^ peut légitimer ces . semble nous transmettre la formule même yuva'. Isocr. 5). xal iiaiowv dtpTrava.. Platon. 881 D.ou dans une loi citée par Dém. KoV. I. désigne un fait.. pareille construction : (Eschine. signifiant également dont quelqu'un se rend coupable. 10 de l'emploi absolu .. A.piov. xîbv par exemple. que le second cas n'est pas moins instruclif que Ajoutons que l'objet môme du verbe actif n'a pas besoin d'être conçu explicitement ou immédiatement les sorte : En nombreux. è{j. 243 A 6ii yuva. dans une impréiizl cation qui parodie de vieilles formules.. fan. second sens.xwv. Tùôpt. Hyper. entre jôpi. l'autre. Phèdre. . 42 Aristophane. Il . perpétrée contre : si quelqu'un. tivo. 5 èizi xàç xwv yuvaixôiv vêpsii. Dans tels exemples caractéYpaçr'j qui ristiques (47). XXI. presque forcée. et les institutions : l'uGpt. TtapBivwv. outrage aux parents (au même sens que xdtxo)îi. 348.. et non pas un état.. quelquefois plus nombreux que les emplois autres chez' un même auteur. : tt.vtwv ald/ùva. autant dire toujours. le génitif ne saurait se rendre par la tournure correspondante du français en grec. 17 . 8. sont là pour en témoigner (48). une action. en revanche.. riiôpt. p. le scholiaste d'Aristophane. et le même jôpi. u6pi<.. Disc. un absolument). et en réalité profonde.

1234. 47 moins quand (49) : . Eschyle est le premier en date de nos auteurs qui substantif fk(i&r\ : otire un assez bon nombre d'exemples du or ce substantif n'a jamais chez lui de sens à la fois matériel et passif. . les voir note 202. des defixiones^ des devotiones^ tablettes écrites où la victime d'une « injustice » remet aux divinités infernales du soin de punir le « mé» de Grèce même. 938. TwôSwv (dommages causés par les animaux) est visiblement archaïque et doit avoir figuré dans le titre même de la loi de Solon. Dans les termes qui nous intéressent. la valeur or.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 203 la même qui semblerait exprimer plus que tout aulre cette notion point passive de damnum.oô:.. 100. pp. dans le principe..stv tic. fr. I. A quoi il faut ajouter deux choses l'une. nous devons admettre que. XXI. y a d'ailleurs un rapport étroit entre cette partie du droit pénal et cette Sous le terme uêpi. que la magie est pénétrée de représentations religieuses. Solon. la signification est essentiellement active (8 emplois sur 13 Ag. et elle n'apparaît bien d'ailleurs elle se multiplie. Huvelin et (50) a que toute une montré que toute une partie du droit pénal partie du droit civil (51) ont leur source dans des procédures magiques. D'où le rôle. — Huvelin. notion n'est iv^ originelle (49). Choeph. partie du droit civil actions xatâ xivoç du droit privé répressif et r. en particulier. mais dont la force sociale ne lui assure pas encore réparation. puisque son office s'en chant : — : propre est de dériver au prolit de l'individu cette force concrète et indéfinie dont le prototype est offert par la notion désormais classique de ??2ayi«.. 889. trou- paraît probable que la construction transitive n'est pas la première en.. 1-47). 11 (51) : — furent d'abord confondues : Hérodote. Taulre.. et dans la majorité des cas. Isolé et physiquement impuissant.date.. 180). 24. 56p{!. dans j^Xàêr. 491 . en particulier. qu'au siècle où de tous ces mots est active tiellement Ainsi. 1535. au les lois portent toujours le verbe est employé dans un sens fort XLlll. 956. Tiva ou -:t£pi xtva (Dt'm. si l'acte n'y est pas conçu essen: comme faire appel pour rendre qui est le leur? matériel. à quelles représentations faut-il compte du sens « abstrait » et indéfini M. Eum. l'individu recourra à la magie pour obtenir vengeance d'un tort qu'il sent réel. T6). : Dans Plut. Magie et droit individuel {Année sociologique^ X. nous en avons un bon nombre. xiva du droit privé restitutif (oOj P. l'expression fki&-i\ xsTpa859. que la réaction aux actes réputés nocifs entraine nocifs une conception magico-religieuse des actes eux-mêmes.

Lycurgue. apocryphe (voir Uehdantz dans son édition mais on y trouve sans doute l'écho crate et l'auteur du serment : a l'idée que la vertu de V uêpi. longtemps Spartiates. è'{j. spécialement. pp. — cf. ->. VIII. fait surgir une punition terrible. d une pensée antique (cf.a Xiyovzai ôtà xo ^laaOf^vat utto Aax£oat[j.. disent Iso: du Contre Léocratès.ovîtov xivtov à7toxx£"tvai lauxdç. la conscience morale acceptait que le droit la sanctionnât Arist. 81) est les temples Isocr. IV. Le prétendu serment pï-êté par les Grecs avant Platées (Diodore. Rfidt. des valeurs magiques? Puisque ces termes désignent les atteintes mêmes dont l'inr dividu est victime. Dans Tétude du terme àSuew. (ilotz. o4..204 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE la trace vons-nous d'une pensée religieuse primitive et constatons-nous. 8éoi a'i èvxaùôa Aax£6at{j. il y le sacrilège des Perses est une u6pt.. 775) — est filles retenue et de Leuctres rappelle la pratique bien connue.. 806 et conservée dans les ruines mêmes. indi- quer une analogie de plus entre V u6p». XI. 7. quelquefois très long. X.. kr. universellement connue. 2) détruits par les Perses. : oîov SocpoxXf.jeunes cas des . Léocr. une armée Spartiate subit un désastre: Isocrate. — LeThéognis. au bout d'un certain temps. 1374 b 36 et s. Pausanias. l'idée des atteintes fois. Diod. derrière cette pédagogie moralisante.el ànidcpa- . Le cas le plus net est celui-ci : des jeunes filles sont outragées par des . YixTTjôf^vat ë V Oa xo xwv Tcapôévwv -r^v {jLV7)(i. C. ne devaient pas être relevés. par — excellence (Eschyle.. nous n'attendrons guère d'y rencontrer. 29. met en la — avons aperçu néfaste que ferait précipiter notion d'une puissance.7rpoa0£v y^^ôLe récit de Xénophon. affirmait une tradition. 35. 3) xà.. pp» 64-66) néfaste dégagée par l'acte d'uêpi. d'une sorte de l'acte d' « injustice » et mana l'effi- dont celles cace agirait suivant des lois plus ou moins définies notamment d'un rythme mystique du temps et d'un talion — nécessaire. non vengée.ç et 1' àouia il arrive que r uêp'. •jTEp Euxx/(Jiovo^ Tjvr^-^opôi'^ . et forces sinistres que la réaction à ces Encore est-il qu'elle y apparaît quelquejeu.. Nous voyons maintenant dans quel ensemble nous pouvons : se situe cette représentation. I. Et tout de suite. xal xa'jtTjV (défaite de Leuctres) : XV. «Pour attester éternellement l'impiété des Barbares ». èv xoT. 100 voi. rapporte la tradition. 171-3). s. notons que cette idée était encore reconnue et vivante au v" siècle. atteste la vertu religieuse attribuée aux victimes et agissant dans VendroU même où elles ont été violentées : un oracle assurait tî>. 4. du suicide par le suicide fixe la puissance vengeance (cf.. : : 14. pour l'ordinaire. nous manifestement.. le démon du mort vient la renforcer. Solidarité.oviou(. VI. Perses. Hell. dans la région de Leuctres après.Txr^8T^(jav. au même lieu. 156. ôià xà . u6p£iî (cf.

10 Ztschr. nous religieuse. — les defixiones de Cnide. ou xi[x-f^(js. malédiction de la mère ou du père. La defixio comporte toujours une malédiction. cf. verbe xaxaoéa). L'induction se vérifie : nos termes. Mavf. exprimée (53) ou sous-entendue. n" 109 = Michel.JURIDIQUE Eï ^£v èauxov MORALE EN GRÈCE -î^j 205 ô Traôwv (s%t\q. C'est la notion du sacré. pp. 7 = Michel. lequel se dit de la comecratio en général. no 1320. la première de nos observations termes dont il s'agit n'ont en eux-mêmes aucun sens matériel. (53) Wiinsch. (chez . Pratiquement. : xaxipaTo. elle a quelque chose de mixte elle tient à la fois de l'excommunication familiale et de l'im. 8é. naturellement. et saisissons la notion d'une force idéale. surajoutée à la perceprepousse d'abord l'image de l'acte positif pour s'imposer impérieusement aux consciences. a parfois pour synonyme àvaxiôévai. II. XVI. ou encore àvtepoùv (55). exemple tion : Rechtswiss.a. excommunication lancée contre : (comme Vàpi classique.v. n» 1325 xal 'Ep[xf. J. par exemple cf. en matière de fondation.xéyjzc aùxôv. 12.. 142. ni de la cité pénale). le plus fréquemment employé.v'j. par emploi du verbe en matière de fonda'Aviepoûv — . c'est plutôt dans Fidée même de l'offense que nous devrons retrouver une pensée religieuse ou dans toute la série de magique. -Adxoyz v. /. D. c'est que tion. Ziebarth in 62). p eauxqj èxt|jLr^(Tev. n» XXllI (t. cpîXai noa^iSixai.. ou et la t : 66 TcpoppTjaiç. mais bien et seulele et la devotio sont choses même ordre. p. et en ce lan: si les gage doit s'exprimer.. même dans les defixiones. n° 1328 (Cnide). time une qui à l'occasion offense en la personne de la vicréalité du même ordre. Michel. Nous procéderons dans ce nous tenterons ensuite une chapitre à une analyse des faits : interprétation. relève d'abord de la religion Homère) mais. G. le même Mais. Ainsi se justifie. dans le moment de la dissolution du ysvoç.i'zeyj Mavf.1. p. (55) 'Avaxiôévai notamment dans C'est le mot employé pour Prolegomena. 310-311. (comme l'àxifjita primitive. Souvent elles sont indiscernables. le verbe peut avoir pour sujet ceux-là en même temps que celui-ci (54). prototype de la loi ment de l'individu (52) or cette malédiction-là du proscription.. f. sous son aspect néfaste à la fois et actif. la représentation religieuse.v xaxa6w %ai • : xaxi/w û[i£Î. ce pouvoir de réaction peut se confondre avec celui qui est attaciié à la malédiction malédiction non publique. n» 1013. . qui se retrouve dans la pratique des defixiones. les Dieux infernaux étant immédiatement associés à l'auteur de l'imprécation. meurtrier).o2) L'èp'.i^ i^r^ èXàxxovo. yt. : précation individuelle. Michel. 1. c'est celle qui n'émane ni du ^évo. n» 77 (o4) Wùnsch. la consécration. J. E. Harrison.

no 988. 329. un attentat direct à la divinité ou à la religion (S7). de rencontrer 1. (56) Lysias. 130 et s.. I. (itoOàvaxo. Isocr. 23. 24. Même juridique. 98. p. nous l'avons vu. p. XII. 44. 2. 115 (opposé à à[jie>k(a). Wiinsch. 2. ^laia. 81. 170). III. 11. Elle transparaît dans le nom commun lui-même.. der Eigentumsstreit. 63. c'est le fait de la « mort violente». d'outrage envers les Dieux (56). le ^latqj 6avàxt}> C. VI. 2128). jSoioî chez Solon. il désignera un acte positif. Spratt dans Hellanikos. Et il en reste quelque chose dans le droit privé qui traite les ^laia comme une espèce de catégorie (G. fr. peut désigner contraire à la religion (ainsi dans Esch. c'est que toute mort produite j^iaîw^ appelle une purification nécessaire il est formulé par Antiphon. B La représentation primitive qui attribue une sorte de vertu religieuse à. G. 3.. II. Leist. Polit. 046 rt. ins. col. Platon. X. pp.. Od. A. 28. de même dans des textes législatifs (Michel. p.. cette pensée. Dittenberger. pléonasme. 1. Inscr. Thucyd. 26) et qui considère que la « violence » en général fonde une réparation au double (Dém.. 173. 893.. et il y a là.206 L'idée RECEERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE violence » n'est pas pure et simple outre que le à lui tout seul une violence intolérable et ^ta. (57) = valeur au tive . De là le sens de profanation. est souvent associé à l'idée d'impiété. 803. Men Tyrannos » : Michel. XVI. qui n'en est pas un pour le sentiment. 188 . iv« siècle où elle est fréquemment employée au sens de s©' rî. 129 son édition.. H. Plus particulièrement.. Le terme d'uêpis. le terme est loin d'être indemne de le quel qu'en soit et même. Suppl. 23. "rêpiç. dérivation de la pensée primitive suivant laquelle la victime d'un homicide devient une puissance redoutable.6piç subjec- auparavant. 414). que nous rencontrons ici. loi de Gharondas dans Hérondas. 1 (cf... S/G. la mise en jeu de l'appareil judiciaire. II. n» 735..35. 412. iv. 37 Aussi ne faut-il pas s'étonner la législation platonicienne sur le : . VI. 1. Rohde. la « violence » se reflète dans l'existence d'une divinité Bia (L. Sept. qui provoque — bien dans meurtie le principe fondamental. F. XV. Gr. Hirzel. Inscr. Themis.^ner une puissance à la fois impersonnelle et active (Hom. Psyché. même mode. 812. XXI.. outre que le même de « : mot verbe ^làJIeaOat peut s'employer absolument dans la langue religieuse pour à des interdictions rituelles (règlement du signifier le fait de contrevenir sanctuaire de piîaio. Deubner dans le Lexikon de Roscher. Michel. Texpression èf' Oêpsi. à-rcoxxetvetv.. n» 99. 46-48). p. dans ce dernier sens. 2725. 821). 308 E. fr. cf. a changé de Gr. qui peut dési.).. I. l'usage de l'expression : 6àva^o. 884 A et s. XII. H. les mesures de sécurité religieuse on le voit par suite. simplement. H : c'est que . retient « péri de mort violente une pensée religieuse les êtres qui ont recèlent une force utilisable pour la magie (cf. Lois.

tentat à la : commis hors des ôtxïj limites de l'enceinte familiale. est passablement effacée. il ne manque pas de choses sacrées qui jouissent d'un prestige auton'aurait de nome.. Il subsiste la notion d'at- tentat à la mais u6piç) la représenta- — tion des la primitive des puissances redoutables qui régnent dans le domaine rapports sexuels. ce qu'il y a de fondamental dans Fiiêp». (Année Sociolog. V. ils s'élèvent à la pire u5p'. 202 Ziebartti.. 883 B. n'étant pas rapportées. relativement laïque ». des rel. Nous avons vu Tuêpu des Perses profanateurs. 13. le viol. Dém.. Cette régression de la pensée religieuse tient sans doute à la dissolution du yévoç. à telle ou telle divinité : l'étant par les interprétation tombeaux. XXIV. extension. fondation).JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE ^()7 sacrilège. t. et chez les Grecs. X.. 188. I.. VI. n» 733. Durkheim. l'idée de sacrilège est appliquée aux entreprises législatives contre une Dans Lysias. (58) E.yopta justifiera . . sur une chose insignifiante en elle-même vertu seraient pAàêrj vénielle à l'ordinaire. Défin. suivant l'expression de Platon (59). 163 . 2 Schol.. Mél. ici « comme là. Dém. Hubert-Mauss. 8 et s. Lois. 108. cf. Mais cette espèce de déduolion que ferait ici : un esprit moderne valeur que pour lui on sait assez que l'idée de personne divine n'est pas essentielle dans la pensée religieuse (58). p. etc. 268 (par u6pi<. « (60) Cf.1e sens est à la fois entre celui d'esprit de perdition et celui de sacrilège — — . considérée comme faute religieuse. 29.. xxxv et s. p. par la mystique qui leur est momentanément infuse. l'idée de l'atpudeur s'est constituée. D'où vient r la valeur religieuse subjective. XIX. dans une fête religieuse. XXI. 55. entre 175 D. le rapprochement (39) Lois. au ive siècle.. qui peuvent être offensés par une Oêp». VII. Platon. est devenue rintention d'outrager une personne. nous l'avons vu.. D"où la réprobation intense (}ue provoquent parfois les « outrages » exercés. 40 et s. 21. En somme. Les formes élém. 121. I. 281. f.ç (Dém. Pausanias. c'est une interfamiliale. 25-26).. Ztschr. XVI.. consommé à l'intérieur de l'oTxo. En général. de la vie relig. Eschine. p. des phén. cf. . au recul de morale gentilice où cette pensée avait tout son empire. paroles » et « actes ». 185 . : ils une trace de cette conception religieuse dans pudeur (que désigne. . relig. Il). de Icp' (jêpst est alors transposée). iNotre étude de la xaxT. les arbres sacrés. 116 . ou secondaire.. p. 636 B. autour de ces deux réalités l'adultère. d'hist.Rtswiss. à une chose sacrée. au surplus. par exemple. c'est 1' « atteinte par actes ou paroles ». qui est en cause. le mot guère plus que pour notre pensée morale (60).. Michel. sous le régime de la cité.

elle est parfois rapportée à l'idée religieuse d'un ordre du monde. bien entendu on sait qu'ils sont apparentés aux adjectifs fémiles eia. n'apparaît guère en ce point (un peu seulement dans le mot ^îata. 329 fr. et se manifeste au contraire dans alxta.. Même les noms exception nins en r. yip twv xaxôii. : 1. en ne font pas plus anciens. adjectif (Hésiode. aytJL»opà. (61) Cf. et que les noms d'actions en Tt.. Od. dérivée de la pensée religieuse. XV. désignent facilement un être agissant. — : . 817) il ne faut pas que "Vêpiç comme puissance fasse illusion Sêotç était le : purement nom apparence d'?m Satyre. Cf.. — ne s'élève que abstraits de en 5. et il en est bien ainsi. qui désigne le viol en droit privé). nous le verrons. p. d'une I.. par religieuses que le coupable entrerait exemple. comme l'àSu-la. chap. la divinisation Esch. (63) "rêpiî divinité (64) H.etc.. tout à fait indépendant de celui-là. Usener. . Lois. a pris corps dans le domaine des premières relations : . Léo... aÙTo. Roscher. dans un pareil état de pensée.. C'est pourquoi. n. ? D'abord de ce que l'idée magique. "rêpiç apparaît quelquefois comme . 372.208 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE que la pensée magique. 636 ment qui commande le respect de ses lois (Platon. : économiques. que l'idée du maj^âque. d'un équilibre qui ne peut être rompu impuné(62). (crtç) comme N£|jl£o-iç. 2767. col. est une Hom... (62) Eurip. dans le cas des jeunes filles de Leuctres de plus. c'est dans un domaine défini. dans l'antiquité classique. I. dppwSwv itaBêrv. TreTrpayôxwv ûurwTioO' : Gêpia'. Aussi bien.a. Mais non seulement 1' îiêpiç offense une chose sacrée elle est une puissance sinistre en elle-même une puissance (61) elle est celle qui provoque la réaction redoutable et certaine que nous avons vue. ailleurs intermédiaire entre l'idée religieuse et c'est toujours avec des forces ridée positive. 6rô7/erna/nen. etJ. xi. d' Aà-y^scnç. ts ^i-t\ ts criô-^peov oûpavôv txei. H. C'est pourquoi elle est si facilement représentée (DÙ(Tiç comme une force divine (63) dont la conception n'a rien pour nous d'inattendu. prélim. ici n'a pas de raison d'être en contact. dont un drame l'uSpi? abstraite en satyrique de Sophocle portait le titre (64).. ^Xà6r. Sz<t/)/?/. 190. B). Usener a établi que.. les puissances religieuses sont d'abord pensées sous la forme de l'adjectif : elles sont autant de Sonderg ôtter dont la l'activité réalité se définit entièrement par et peu à peu à divinités : — la forme personnelle. 128 : twv uSpi. Tr.

on conçoit que tout un sexe soit atteint de l'esprit d' u6pi.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 209 force qui s'apparente aux puissances de la nature (65). représente quelque chose de social. 77 comme un u6ptv (l'enchaînement est conçu pensée s'attestera de plus en plus dans le domaine de 1' u6pt. en particulier.54). ou un souvenir. qui pénètre la nature même. prévaut l'idée plus ou moins obscurcie d'une force expansive comme est celle d' ax?) ou celle de souillure. -jêpiv aSswûvai (xaXT^ov -rrupxaÏTiv. en elle-même. | monstres. 238 A-C u6piç 8è 6-^ ixeva : : comme un — : • Tto>vuojv'j}xov TToXuixsXèç yàp xal TioXueiôsi. mi-morale — Que. u6piv aéewuvai.. 3) : Ô£(T|jiîj) èv à/^Xuoevxt. mais concrète. 1' CSpiç se reconnaît dans la yaaxpijxapyCa^ dans l'ivresse. rite) — Toute cette : — — Puissance multiple et indéfinie.. I^.. fr. . uauauôpiv ôixt^v irupo. est : devenue l'attribut : des êtres ténébreux. C'est par là que s'expliquent. retentisse à la fois dans la mythologie et dans le rituel. Lois. et qui phore s'éclaire par le rapprochement de l'inscription. (v. dans le principe.t£ OTa v o <tw5ti ixôvTa eîvai [xtitê oaa Î56pe w ç i[ àSixCaç èyôse méfier de l'ivresse. en vertu de ces représentations lointaines qui associent une puissance morale à l'ordre de la les femmes. V. x?^i uôptç. -irpâxTEiv !J. 360. gfr. 773 D pourfœuvre de procréation. il convient eùXaeetî8ai xai |xt. Prom. Tuêpiç se manifeste dans les affections du corps. Théognis. penser la société. affirmée parle mot. dans la pensée philosophique. citée par Hérodote. c'est aussi penser la nature purement morales en principe. qui est à peine une métaphore. le mi-physique.. Géants. (nÔTjpéqj è'aSsaev . Enfin.t. 541-2 68). Phèdre. De là Eschyle. mais qui est immédiatement perçue comme des ligures universelle.. 120). êtres dangereux nature. 77) ce n'est pas transfert du « moral » au physique » on conçoit une force religieuse qui. Elle possède la vertu religieuse de la contagion (Théognis. IV. 305-8). exige la purification (Plut. les « métaphores » apparentes qui attribuent l'uôptç à des animaux (Hérod. s'épanouit en maladie langage mystique de Platon (66) n'est ici qu'un témoignage. fr. V u6pt.. Force sinistre. sont aussi des figures du êtres « . Centaures (63) Heraclite. et le souvenir inconscient des rites apotropéiques comme ceux qui survivent çà et là dans la vie domestique (flagellation rituelle). comme l'Érinys. dans l'amour. indique souvenir. T|7rsp Ksv-aupouç tj 42 (Die! s. on reconnaisse les traits caractéristiques de ces forces impersonnelles dont l'idée est à l'origine même de la pensée religieuse on comprendra que ce soit : toute cette pensée primitive qui. (66) Platon. dans ce tableau. : ': monde physique. VI. ou à des inanimés (Esch..i. Qu.. et la métaconsacrée.

-K.. .. reconnaît là des notions fondamentales : le port . aussi l'usage de alx(!^ti) en matière de deuil. (69) Cf.. au sujet de la législation de Charondas. Hacchyl. 5. 2. IX. note à Eschyle. enactionde grâces : les cf. iVw/. Nous venons de reconnaître à cette pensée deux directions. spécialement. le droit — seulement.J'J. 200 .. n. quelquefois elle lui est sous-jacente mais.. p. Si' G6pio). Iniuria. 275. 16. rf^jxo'^aYÎa a uih. sinistre — Etant une force. Argiens. Pindan. 541 995). ne pénètre pas directement dans : la côtoie. notamment à pro- Aussi bien. VU. 1005-0 (il s'agit df!s Centaures) 5t. sur les Cyclopes. . en commémoration d'une victoire remportée par les femmes argiennes sur les Spartiates. Eurip. Isocrate. XII. i)\k 322-3. 411. magie. Il la le mot îiêpi. viileur icli^'ieuse. relève comme caractéristique essentielle des Géants V u6pt<. et n. .^ X. 02. elle s'élève au rang . I. . Xiov .cpuf. ipso jure l'homme muliebria aux mœurs : passm (09). peut rtre utilisée de là que nous fait connaître. on célèbre une cérémonie religieuse. 178. attentat est considéré comme àxi|jio. dans les rites dionysiaques). à Argos. 66pi7TV') I ôtijux-cov .. chez Spartiates. TÔv avo|xov. : Diodore. llarrison.82 chez les changement. (68) l't olegomenu. du port des vêtements féminins par les hommes. 'nT7ro6(i|aova Soph. 20 : aktov (Centaures) tt|V uôpiv è'-raudev (Thésée). Tucker.. La même pensée d'utilisation a lieu à un autre plan. Plut. qui (07). — religion infernal lointaine. Ném. Od. dans l'idée de l'attentat au sacrée! dans l'idée d'une force religieuse de nature néfaste.S'ep^. (rcpa- t' Tmc/t. dans le rite religieux.. la fête des 'VSpKjx'. Or ce sont \h toutes fif^'ures d'une XV. ou àxaaOaX(a (d'après Ilom. sanctifiée. avec une vertu expiatoire. tous les ans. 12.xâ 245 E-F. cf. des vêtements et le changement de costume ont une vertu attestée (08) pour ce qui est. et réciproquement on . (70) xoXiuii. 3. : d'une catégorie parce qu'elle atteste sous elle peuvent s'ordonner les autres termes seulement sous un certain aspect de géné- ralité la pensée religieuse qui les anime. dans (70) : pénal commençant pos du terme Xu[jwt(ve(TGai. la notion s'y manifeste sous une forme relativeabstraite comme nous l'indiquions. nous retrouverons.. 2. 41. (67) Cf. (on sait i\uv. ûuépo/ov fllav OtjPwv. 1. on y reconnaît une idée qui transparaît dans cerlaine forme de 1' u6pi.»-() (Apollon) yeXi 0' ôpwvuôptv opÔtav : xvojfiâXtov.tilO HECIIEHCIIES SUK LK l'JXeîev l»K VKLOIM'KMKNT ItK LA PENSEE (ôiaocpâyo-j. 1' avaient i)iis un aspect spécialement . X. la supériorité qu'il a conquise sur les autres termes de la par môme ment espèce. dans laquelle les femmes prennent les vêtements des hommes.. Ji(tcch. Milzig. : 50 : (Héiaklès) a(jiovev u6ptv xvw5â- Pylh. Hérod. J. la cette vertu est utilisée. jfipv..... virl.

— et dont au chef de famille. les coups . n'a lieu qu'à l'égard de personnes revêtues d'un prestige — Œ. . d'où la formule de la sttt^v 8' loi alxeiV. aîxurfxô. par exemple. la notion du respect qui s'adresse à une catégorie déterminée et : — notion morale concrète.xvis. social. implicite dans le mot àeix7]ç. au citoyen. : èXsuôspô. alxio-fjLoç. R. de | Gharondas.. mais morale purement. qu'en principe. tout cas. X. purement et simplement.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 211 : En nous apercevrons ainsi étudiant les autres mots. II. à l'égard au contraire. às'. . (72) sûr — Dans Boisacq. v.. étym. et la dérivation la notion primitive d'une atteinte 2. (parfois alxTÎ. . II. p.. 3). l'origine Est-ce que nous devons les lire dans ces termes eux-mêmes? Il se peut que nous ne rencontrions au point de départ qu'une — au guerrier. cette Bixr\ n'assure réparation qu'au maître. è'Xx wv sitiaTî-rii. est dérivée. pour l'esclave.).). àsixéXw. contraire de èmeuyiç. T.xaTo. . citée dans Hérondas. 1153.. nous atteindrons du concret le rapport entre ces deux iddes. serait traiter de façon « indigne » certains individus (71) — — — aixtÇet. fsix-. être convenable » às'. àeixsiT)). tiî a IxCdTi l'a '.xwç (àïxw. c'est le maître qui est lésé dans sa chose la 8l%-i\ ^Xaêr.v 27. s. aixio-jxa. ressembler. voir le sens primitif ..xta Chez Homère de l'esclave. opposant a/ûv-f) pour l'homme libre et TiXT^va- yw ToG (jw. 431. pr.. àsuiri. paraître. n. Cependant. àsixi^. y l'a'. p. ce ou bien. 46-7 de là aussi Dém. ou du moins le premier étal est à rechercher. Alxia. Chez Soph.. En : — gner. qu'un sens physique. compris l'hôte que protège un respect religieux.. 2. la pensée du religieux qui rend possible à l'individu. Hitzig. laquelle signifie paraître bon. dans un régime de droit organisé. du dr. le mot aîxia en est venu à dési- sonne d'un esclave (en sens contraires n. « on aurait tort de dans une notion morale tout abstraite il suffit de considérer que l'idée même de ce qui est « convenable » ou non est commandée par la représentation du rang social. Dicl. s'intente normalement. : toute aix'la une (hom. vivante qui se traduit en pratiques spéciales.. aîxiÇeiv n'a égalenjent. SoûXt. de la racine avec a privatif.. Hist.v.. De celui-là l'étymologie est transparente (71) famille de mots. 44. puisse s'intenter pour violences commises sur la per: Beauchel. etc. il est possible que la ô^xr. aixsta. ce n'est pas le droit athénien de l'époque classique. Aussi bien. il ne saurait y avoir d'atxia à l'endroit d'un esclave (72) de là. c'est ce qui n'est pas convenable.

et. Hérod.. entre la valeur négative et modeste de à-fsu-î^ç.212 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE qu'une notion toute matérielle. 208). avec prédilection » au sens matériel : : nous verrons ce que c'est que ce sens matériel. 1131 a 8 la irr. circonscrite. la notion n'a qu'une valeur toute matérielle? Mais comment expliquer cette brusque rupture avec le sens étymologique? Et comment comprendre que ou ici àsuY]?. Ce qui la distingue du Tpaûjia.) ont la môme relation avec l'adjectif que tous les mots de cette catégorie sur ces substantifs . car Talxta. à côté de alxia et trop près de signifier ». alx(a (de d-f txT... à-f sueîa.. 3. appelle une réparation au bénéfice du maître. dans le droit romain primitif. mais ajoute (p. (14) D'autant que le substantif est apparenté à l'adjectif isixei-r^ (Hom. en rapport apophonique avec ion. une idée matérielle? Physique : moral doivent être associés et de plupart des emplois courants du mot alxU témoignent d'un sentiment passionné qui dépasse beaucoup la simple représentation d'un acte physique. (73) L'aîxîa peut être blessure (Hitzig. matériellement tout voisin . en tout état de cause. au moment de la constitution de la cité. p 3). abstraits en général. lamentable fait. — alx-lÇeiv aurait pris de très bonne heure le sens défini de « frapper. 2. et. vraiment. appartient à un domaine radicalement diff'érent de celui du Tpaû|jia. révoltant » tout en suggérant à l'occasion. aucune de ces deux hypothèses n'est satisfaisante. c'est que le Tpaû[xa est rattaché aux « crimes de sang » qui sont tout autre chose que le délit couche privé ordinaire. V. Arist. terme autonome désormais. Ajoutons que. n'aurait plus rien à voir avec sa valeur étymologique (7H) ce que sembleraient confirmer l'emdu substantif. : — Dirons-nous qu'à son point de départ.. le Il emploie déjà mot « note bien l'étymologie. même dans le droit oii la notion devient positive. continue de même « triste. et lui aussi. cf. l'idée d'alx'la l'expression stricte ne saurait être ni épuisée ni même définie par de « coups » ou « coups et blessures » (75) :. user de sévices ». ploi courant du verbe et l'emploi juridique Mais en vérité. 3) qu'Homère que s'en fait Hitzig. Eth. une chose aussi grave que la mutilation fait l'objet d'une action purement privée. « lui pour ne pas l'influencer (74).pwatç comme fondant une obligation délictiielle). IJsener (supra. et le sens (73) C'est l'idée n. Parlerons-nous de notion purement morale? Ce serait s'en tenir à l'étymologie mais il y a disproportion. une soli- darité sociale beaucoup plus active Rappelons que. att. qui affirment des représentations religieuses d'une autre et qui mettent en jeu. injuriarum (cf.). : . p. àeixT. la indigne. exercée sur un esclave. comme : ofTensé. Nie.

y a toutes chances pour et définition appuyée comme : diserte qu'il faille voir ici. dans la du sens. pour tout dire. intellectuel de la langue homérique. IV. semblerait primitive. la valeur primitive s'est scindée. 95). alxta et autJ^w le plus souvent (77). L'idée morale. pas consommée) sur la personne religieuse de et il l'hôte .. presque homérique du mot àeweiTi (78) moralisante. et elle idée l'idée n'enveloppe pas nécessairement. l'apparition explicite de morale n'a lieu que par une espèce de retour plus ou — on le voit dans un emploi moins conscient à l'étymologie où la valeur morale. le travail réfléchi d'une pensée déjà mûre ce qui s'accorderait avec le caractère récent. Ajax. — — . C'est plus tard que le sens devient imprécis à l'époque classique. Sans doute le sens étymologique de àsuv]^ est un sens purement moral mais il a : — fallu-que cette valeur très générale se spécifiât. Puisque la valeur première de la notion n'est ni purement matérielle.. où le conet vaguement « indignement traité »). frapper. comportent une représentation matérielle défigurer. plus. et cela Théog. quand elle apparaît dans alxia. Parfois môme. (11) Constamment dans les plus anciens exemples. 166 (parricide compliqué justement dans les emplois les plus anciens d'anthropophagie). 401-3 {iXkà (x' a Atô. n. c'est bien. non plus néga- tive. en fonderait difficilement le sens courant. Télémaque à Ktèsippos la : : jjl-/^ • cpaivéxo) ti5t. 12) et parfois un mi-chemin entre il représentation primitive et la notion banale du iv^ siècle retient encore l'idée d'une puissance religieuse (cf.. ni purement morale. et de là : : vient qu'on trouve parfois sens purement moral (ainsi dans Isocr. (76) Il y a des cas où ces mots s'appliquent à des crimes abominables. une solution de continuité pour que pût se constituer la notion vivante de l'alxia : celle-ci est positive. mais l'acte de Ktèsippos lançant un pied de bœuf sur Ulysse impose d'abord l'idée d'une : sorte l'àeue'la n'est de sacrilège matériel (Ulysse n'ayant pas été atteint. xw ti. il s'agit de trouver ou de retrouver les représentations qui religieuses sans doute doublent l'image des actes concrets d' alxia mais. |xoi àeixeîaç évl oïv«}) (78) Od. Un exemple texte légitime pour alxia9c(ç la traduction comme Soph. une de blâme. il a fallu. àXvi{|xa Oeôç 6>vs6piov aîxtîjei) est à . 154.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 213 De presque toujours accentué de tous les mots de cette famille (76). . comme cette image est inséparable des termes que nous étudions. | | — un sens purement matériel — (voir n. 308-10. èïOXi xe xal xà j^épsia. yàp vosto xal olSa èVau-ca.x7]ç même parfois. XX. mutiler. à£t. tant s'en faut..

. une observation que nous avons déjà faite. le verbe lui-môme. 26 mouches au il peine sensible s'agit de V « outrage » des cadavre de Patrocle. ^.\U. l'idée verbale. 1529. 24 de iVxw. Soph. en effet.206. il faut pouvoir rendre compte ment le sens primitif. El.8' o'. cite. Eurip. . textes postérieurs. XXIV.. 345 559 XIX. (dérivation à : . VI. nous montrerons qu'il résulte plutôt d'une valeur générale ici spécialisée mais puisque. c'est ce que la fréquence du verbe alxiÇeiv est en raison direcle. mais religieux :il s'agit de l'acte ou plutôt de la tentative. alx'lÇw est fréquent chez Homère et deux encore chez les tragiques. : autre ordre.. alxi^fiaxa. 22.]. D'un sens aussi nettement défini et privilénon pas qu'il soit forcégié.214 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE l'avons suggéré.. EL. : aè jièv xûvs. sens particulier et instructif: ce sont les corps mutilés eux-mêmes (la correction de Nauck. des gnant par — mutilation eux-mêmes des par exemple — sévices définis s'ajoutât un terme comme exemples de Vlliade présentent ce sens XVI. [Lys. emploi différent. l'emploi de ànxetT. — Dans VOdyssée.wvol | ÉXxT. et donc. Or. 336 (l'alxta nettement opposée aux rites funéraires (79) Tous les : . 256 404.. Soph. sur^ce point particulier. alxiaiç. il faut retrouver un lien entre elles et les emplois homépouvoir riques. il n'a pas évolué parallèlement au substantif. XXII. tov 8è xTepioûîiv 'Ay^ciioi). dans les il — . les alxCat. 20. de molester un hôte. est inutile") cf.. . chez Homère : (79). Anf.. et la fréquence du substantif alxia : en raison inverse de l'âge des textes fois aieiy. Phén. XXII. 206.ao'jj' àVxôiî.. sont d'un Si. de vengeance.. 395 XXIII. comme nous qu'il faut prendre pour point de départ. t6. . XXIV. c'est dans les représentations morales qui accompagnent ces derniers que nous devons chercher. le verbe àsix'lJJw àewlÇEo-Sat. . n'a guère qu'un emploi s'applique aux outrages exercés sur le cadavre d'un ennemi (80). a'. La valeur homérique du mot se rencontre parfois.tif\ n'est attesté que chez Homère.'i (in <le pénalité : Soph. juridiquement défini. d' alxia ploie alors presque par survivance.. (80) : . = . pour . la l'outrage au cadavre n'était qu'un acte matériel on ne comprendrait pas qu'aux termes désiactes concrets. (Voir notes 78 et 96). rare dans la prose du v" et du iV* sièles orateurs dans leurs plaidoyers ne s'en servent jamais cles : le mot s'emsignifier l'acte.. plus ou moins expliaprès Ilomîîre a'.x-ï.— I/aîx'ï homérique . a'. 54. 222. Ce qui justifie cette pro- cédure et confirme.xîjixaxa ovjawv eu alxijaaTx v-xpwv. que les vivants doivent pieusement conserver) XXI l. 102. Cf.xùi. 19 de àsix-riç. XVIII.

mais c'est-à-dire quelque chose d'idéal. XXHI. chez voir chap. XVI. irâpaxTiTe. vengeance. III. C'est qu'ils ont. le des morts avec tous les développements où il s'épanouit dans de la vengeance et que V Iliade ne rappelle plus que lieu (81) La distinction a se dit <ju>v5v : dans le vocabulaire : « enlever les armes ». véritablement. L'observation a d'autant plus de portée que. de pareilles alxîat. unis par un lien de participation Od.. cf. sur l'analogie entre alxiî^sivles mots de la famille de xaxôç. Mais en réalité.y\ oltzo i xeù^s' | Aavawv xs^oXo) ixév o ociaot ôXovTo)le verbe /oXoOjGai désigne l'indignation obligatoire. principe du devoir de vengeance. dont la signià l'instinct et fication primitive s'est passablement effacée. comme a rituellement. le sens est géné?'alement et nécessairement affaibli chez = (7/. Homère les rites : Homère ne connaît » « culte plus. le fait de la cruauté toute pure ils servent la . p. XXIII. 395 XXIII. as 9. Lorsqu'Achille fait que les sacrifices le le humains subir à Hector. Le nombre : 173-176).6exo 23). évidemment par lui-même une il est à signification rapprocher du nombre de neuf chiens sacrifiés et de douze Troyens égorgés sur le tombeau (//. vs[JLejafieriTS MupfJLt'Sovs. Ils ont une allure rituelle. tout à fait parallèle à àsixéa [iT. ni liers personnel de la vengeance. les sévices exercés sur le cadavre sont. on le voit par l'emploi de xaTatxîî^siv en parlant des armes Homère.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE celui-là.. religieuse. Et le rite de vengeance a sa contre-partie dans le rite des funérailles trois fois aussi les chars des Myrmidons : avaient été conduits autour du cadavre de Patrocle 14).Sero epya de XXII. /Z. Voilà l'acte typique d' aU-.'XXIII. et non une valeur morale de réprobation : = cf. plus net que ne l'a chez Homère l'enlèvement des armes (81). Que d'ailleurs les mêmes représentations s'appliquent à l'individu et à ses armes. § 6. 24. Ils apparaissent régupresque réglementaires. un sens religieux. (83) Par allusion à ce [JLf. : 290 = XIX. ou veut ignorer. XVI. et. 24). : (82) IL. X taaeixji 5è -vôxpàv '. et Ëpya. en principe. 16). Ils ne sont pas la vengeance du mort les (82). 544-6 'AXXà. l'ÂwvTat. .. 217. bien autre chose qu'une satisfaction procurée notion générale de ces sévices.a (//... Homère emploie l'expression xaxà 5è opsal où XXHI. Achille traîne victime. trois fois (//. § ii. 395 xaxi a un sens purement actif. 215 que son étymologie ne prépare à exprimer ni la le sentiment général de la vengeance. 5è 6u[jlw... sacrifice. infra. XXIV. ils ont le même sens offerts à l'âme de Patrocle (83) . et il cadavre d'Hector autour du tombeau de sa traîne. XXII. cp(Xot. | [i.

) c'est homérique avait recueilli déjà et. EL. expliquant le ûitèp toû : même èxxAtveiv d'Aristoph. principe qui est pleinement admis à la fin du vi'' siècle: Hérod. il annihile la puissance de l'ennemi mort ainsi s'expliquent — . 4. (p. 206. isolés (84). Par elle. : plus intime entre les clans . dans la conscience de raccomplit. la mécon- naissance systématique d'Homère à l'égard de faits religieux qui. à passer les débris sanglants dans un cordon qu'on attache au cou de voir la victime (ou du meurtrier lui-même ? cf. dans les procédures magiques de V à/pwTiripiao-ijLoç ou du jjtaa^/^aXia-jjLoç (86) comme par une allusion sinistre. 11 en manière de survivances et en sous-enlendus faut tenir compte ici d'une double condition : d'une part. cf. 439 et par Sophocle lui-même dans la même pièce •rtiv jjifiViv (87) : . ne laissaient pas de se perpétuer et c'est ce que Rohde a fortement d'autre part.. on est venu à proscrire l'alxta exercée sur le cadavre de l'ennemi (voir l'épisode de la vexowv àvatpeai. IL. 102. 63-64 (avec les : rapprochements ethnographiques . 322-326 (où le sa réalité même est définitivement établie) et Glotz. allusion au tiaayaXicriJiôî d'Agamemnon tradition suivie par Esch. n. aucune raison de rapporter IX. le bénéfice sous l'effet d'une solidarité de bonne heure.. 486.. Soph. Il. s'agit de mettre mort hors détat de nuire Rohde est plus précis rompant avec les principes d'une philologie un peu étroite. p. et que son éloignement apparaît comme réprouvée même consacre. des interprétations multiples. en définitive. auxquelles renvoient souvent. 221 N. les mots de cette famille (87). sur les Rudimenten (84) Voir tout le premier chapitre de la Psyché de Rohde ou survivais que contient la partie relative aux funérailles de Patrocle. Byz.)... 439 en Choéph. certaines mutilations. Psyché. — — permise et ceux où elle d'un passé reculé. un groupe ou un individu venge les siens par elle aussi. il reconnaît par exception l'antiquité des pratiques « purificatrices » et ne craint pas d'en voir une dans le [xad/aXtaud. 14 et s. une profonde transformation morale dont l'époque établi : . Prov. "cà è'pyov à'foutoûaevoi... il : 2. 408 et s. Homère reproduit avec sérénité les exploits et les vertus. mais il n'y a.. Anh. avec les références à la note 6 (où il faut corriger Esch. L'interprétation de cette pratique a été donnée par Rohde. 96. èirl raU xaôipaeaiv. 79 (85) à des époques différentes les il faudrait que la distance fût énorme le . : Glotz.216 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE par places. Weil. Apostolius. de son temps. Choéph. gr. Ag. 183-192. ce qui ne l'empêche pas de laisser transparaître la moralité même de son époque. (85) Sur cette évolution morale. 325) d'après Schol. 1' passages d'Homère où alxia apparaît : comme — Aussi bien. 88) et sous les aisselles . 439). qui le rite de T alxia suscitera. Etudes sur l'ant. que la vision épique autorise.. sous l'effet même d'une solidarité hellénique. Solidarité.. le [xaaya(86) L' dxpojTTipiaafxdç consiste à couper les extrémités du cadavre Xt(T[A(5î. H. Solidarité. qui s'imposent) 1. pp. (p. . 445. pp. pp.. El. pp. VII.

: cf. 8a [xaddai agôa 'AXXà. gieuses qui se dissimulent.aea6ai. ils — derrière cette : l'expression àeixéa {jLYiSeo-Qat. « nous savons les représentations religloire ». p. 'AaX' eï (xiv ie tx iffd ai (leô' àcps'Xo tfxeôa. àsuiÇeaOat. dxpa)x'r\piaa}xoç xal où est question d'Andocide enchaîné pour trahison par àXXà xai Ta xaO' -fiiAépav [i. \>r{Kiï ya'kv. XXIV. n'implique aucune réprobation. I. il double son propre pouvoir. Tcâaiv àvôpoiTTOi. 111. 26. v£{jLe<jaT. après avoir tué Mélanippe. 1). Andoc. C'est toutes ces tendances que traduit. ietxCffawui .. \x.. cf. XVl. : STpaTsûffai lîOTS (88) L' alvcta è-ji' «ôtôv ... 1-18 àp' oùx av iizX itav èOvôoi (le roi de Perse). en son sens. 558-561 TEu/eâ : Patrocle aux xeïj^oç t' deux Ajax. : et y voient un supplément nécessaire de gloire. n. p. VI.i\ : Tcip(jT7\TS. atx r toc dtxptoT^pia ^wv-coç à'7to'C[iTfi8T. cpô6ov urapiu^^ot toO olôfjievoî . n. il s'agit de s'assimiler la force. //.xtÇ£o-8aL On voit bien maintenant comme il est impossible de immédiatement la valeur de àsuiÇw. à-suiÇeo-ôai doit être rapproché d'un mot que (445). lui fend le crâne et se repaît de la cervelle de son ennemi (ApoUodore. De àet-xv]. wç -fifiàç xà ïisyjxza alx(':a[jL£V0(.. le meurtrier se décorait parfois luimême des [xa(T/aX(ajjiaTa (Rohde.. — Cf. nous trouvons de cette pensée une traduction extrême et suggestive Tydée. il faut donc séparer alxiÇw et la notion d'eflîcace premier qu'il enveloppe Dans .. IV. 6. 212 .. 234. . au moins suivant une version que le même Rohde a peut-être tort d'abandonner (2* éd. 35 mort procédure du [xaa^^aXiafAÔç. l'"" éd. . à l'idée morale de l' àeixéç. XVI. il s'est transformé en tortures exercées sur le vivant Xén. Weil [Etudes. 188). — dans . (89) L'opposition des valeurs de l'actif et du moyen est explicite dans Hom. sa propre vertu (88). 558-561) ils (ainsi ne désigneraient pas leur fait d'un mot infamant ou même . fâcheux. 8). de l'enlèvement des armes Dans le mythe et dans le rite le plus anciens. I. à savoir que l'emploi du mot suppose la réprobation du poète en principe. Psyché. en regard de 544-6 (Glaukos aux Troyens) Se 6u(xtô. Anab. cp(Xot. on ne saurait rapporter l'acte d' «outradériver : ger » le cadavre de l'ennemi. synthétise et ordonne sous une notion religieuse le verbe moyen (89) àet. est alors à rapprocher : IL. 253. de la valeur étymologique de àsurj.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE - 217 par elle encore. tout comme l'expression xaxà IJLviSeo-Qat. 138.. : il tyran de Citium iiTfjLaTa.î^.dvov tôv 6âvaT0v scpo6eÏTO. vsxpôv Mup}xi5ov£ç. le [Lys.]. a perdu son sens originel.6TfiTe . après | la mort de Sarpédon | : Ksïxat àv-^p ôç irpôÎTOç i<Ti\k(xxo sXovTsç. la vertu du II. xat xiv' ÉTaîpwv aÙToO àjjLuvofjLÉvwv 'A. car cet acte est à tout le moins les guerriers qui l'exécutent Tannoncent des plus légitime dans le passage que nous citions.^ 111. 322). XXll. à cette époque. 347 la .. I (îi[xoiVv SapitïiSwv. qui comporte un blâme. p. C'est pourquoi nous ne pouvons adhérer à ce que dit H.(atwv.

mort. 190: {xéyx 8à caoeat T:év8oç àÉ. à un certain principe. le vêtement peut avoir une signification reliemploi est un indice et c'est un indice deux fois gieuse. sérieux si l'on considère que. : . cf. a absence de àeuïi £i[i. sens (92). blessures) qui. Tattention (91) or. de les abattre au sens religieux. que Laerte il recourt à diverses pratiques couche dans la cendre il des vêtements qui ne sont pas dits (Od. mot désigne spécialement deuil. cette forme d' « atimie ». .. Tzi^^rci. XI. partie. (jLiya cf. XVI. Pour . : .. il s'agit de vêtements de deuil [Od. chap. àéçstv rapportée au vengeur. EL. XVII. les deux termes s'appliquant au [. IV. 2^ . 93. : sière. (92) Od. traduisant à la fois la douleur obligatoire des parents et la diminution sociale qui par le ban les atteint. l'idée vieux puisqu'il se réfère en particulier à de douleur (90) Pour (91) Od. c'est comme atteint d'une àr/).a-:a peut avoir pour synonyme naturel Xuvpà sur la « elVaTa. relatitrop particulier pour ne pas retenir les vêtements sont dits àsurj. a pour effet de les amoindrir.(7[jt. 228 250 . 231 xsvOo. 204 Xjypi eïtiata) Soph. mais xaxà (ibid. chez et le vieux Laerte. défait.. Homère qui insiste douleur le » de très la Laerte. 19T (àsixia § ii. porte seulement àeuYÎ. nous trouvons associés les deux mots aT-.(90).£i : .fJio. 191. 191). Peu importe qu'Ulysse ne soit pas mort il un contreen effet. égratignures. i/ovTa.aa-^aX(. Et c'est une notion de iset ordre qu'exprime.. àetxéÀia.^ XXIY. dans certains cas. le port de vêtements àsix-^: l'idée générale vague d'indignité serait visiblement.6. cf.. de il désigne l'alteinte.wv XXIV. — L'expression 233: 7:£v6oî à£. qui n'est à-Tijjiàv pas nécessairement répréhensiblc. En mot outre. et c'est présomption comme endeuillé. dans ce cas. apsui n. 199 XXI V. TcÉvGoç. 228. 250) car le deuil comporte toute une série de moyens rituels (aspersion de pous- qui réfléchit que un tel . A cette conception d'une alx-la essentiellement active. le sens de l'adjectif àsuviç pourrait opposer une difficulté. . Se xsvOo. et a'-xiTOsU. Tun de ses emplois. à une certaine force religieuse incluse dans l'individu. XI. il y qualifie presque toujours une voyons-le chez Homère : chose et non pas un homme est : vement fréqueni.) nous voyons qu'ailleurs y prolongée.2!8 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : nous retrouverons. Pourtant. pendant de .

. un mimen peut désigner une sorte pei'sonnel ou directement conçu alxia les comme numen impersonnel tragiques.. que les mots de cette famille doivent pouvoir s'appliC'est dès lors à l'idée leur emploi répété dans confirme. chez les surparent vivants. il y a quer : un passage d'Euripide (94) le un étroit rapport entre cette forme d'aU'la (deuil) et la précédente (outrages au cadavre). ÔAsOpiov aixiÇst ..cii.Tiev Èvt TOUS' ol'xouç Tro>vJT:â[xova.JURIDIQUE ET MOHALE EN sTa-. sîî oI'xo'jî «". En définitive. Pind. àxuÇofiéva Eurip. la nourrice X uï.. 133 (voir Rohde.. 130-1 (le chœur à Andromaque) Hermione loi [loi txot alvtéXiov xaTaXet6eiv. Psyché. la défavenr avec laquelle semblent être considérées les manifestations excessives de r aix'la elle se laisse comprendre à qui se rappelle la législation restrictive du deuil qui. 2). se manifestera dans des sévices exercés aussi bien sur l'ennemi que sur eux-mêmes.. celle-ci.. L' alvxoL est douée d'efficace. ffoù. 82o-8 aicdpayfia xô(jLa<: ôvuw icaï. S47 . nous rend dans le clan primitif. — Aussi bien. XVII. Eurip. n. a été : assez générale. à mesure que recule l'esprit gentilice. 139. et de la diminuvolontaire qu'il exprime. 208 : t^ aoi xaipô.. telle que nous la précisions. attribué à ses (95).xCa. iXKi (i* i liàç âXxîjxa 8cè. GHECE ^10 la obligatoire d'un parent ou d'un de celle qui entraîne vengeance du sang (93).. àé^sLv dans II. Traxep. du deuil en général. mot : de fléau. | cf. elle doit développer l'idée d'une force religieuse le : cette idée existe en effet.. XVllI. 1374-6 : tdtvS' aîx(av Aiôvucro.axa H^so\i. L'analyse de ces deux emplois si notables nous permet de définir. Tt Spot^eiç aô5|JLa dôv xatai-/oiv T£ Sxi' à||xuy[j. à (93) C'est là le sens de lexpression fr. d'un lèle. 513-5 (95) Soph. .po. l'alxia. pour elle-même. d'une efficace idéale.vtta . : : ou xî lîw EA'. tîsvOo. EL. les deux espèces paral- d'alxiai disparaissent. Comme lelle. la mort d'un déchaîne une passion collective. ou diminuent. en ce qu'elle a de fondamental. AJax. 401-3 (94) • Ssfiaç : : | : . des gestes paihétiques où il se tion traduit. XVI. plusieurs repri— D'autre part. mouvement On notera dans les exemples d'Euripide que nous citons. la notion d' a'.. p. et on n'ignore pas que les rites du deuil et les rites de la vendetta ne sont en quelque sorte que cette unité intelligible : l'envers les uns des autres. Andr. toù. Bacch. tout comme TGêpî. et la valeur du mot tovOoç. saspev. 324. l'attestent. II. dans les cités grecques.

épithète 32). les emplois de l'adde Xoiyos (//. OcL. si générale qu'apparaisse leur désigna- le religieux et le moral sont encore plus ou moins confonce qui les viole l'un et l'autre c'est ainsi que le terme est appliqué à la rupture des lois de l'hospitalité (Od. Iv tw toO Aiôç toû <jMxr\po^ îepoffuXf. VI. 717 B-C V.. Od. associé lifier le parricide (IX. — L' auU. et comme l'empoisonnement est d'abord conçu comme procédure magique. La force immanente aU'la peut et doit être considérée : comme . [Od. de là encore. donc presque . à propos du même objet Eurip.aat xal aîxt- TalxCa Yovéwv {Lois. Notion morale. XIV. 199-200). Le foyer du religieux. 308. XX. 339.v (par la magie de Médée). ràeuÉ.IV.xi7}jL£VT. restreint l'emploi juridique d' alxta ï cdxix véritable dans sa législation idéale.a)6T.. : .j sixôva (97) Lycurgue. mais sont eux-mêmes des divinités. comme domaine du ôa'luwv sinistre. c'est le religieux. 250. 142). 308-10). Platon d'ailleurs. . 84-7 . 1130 Tupavvwv saxfav f. aux mots àasêsia et hpoau'kici un nous signa(98) Soph. 740 B-C). ou (du père de Léocratès) tt.220 RECBERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE atteinte considérée plus ou moins netlement comme sacré (96). XXII. 242-3..v yjxk-Ar. des statues vivantes de la divinité (XI. IV... : T 5i6piç des prétendants) ou même. 26o XXll.. encore. de o-tôvoç (//.. comme uêp:. l'emploi large du délit objectif. 184). 550). nous ne particularisons pas seulement les résultats que nous a valus l'étude d' uêpiç mais nous apercevons que se réfère : mot les injuriae primitives. XI. De fait. 341 398 IX. — iro'Xsjiîot. 881 D) . Tr. 130 . l'atteinte à l'intégrité. 394 : . XI.) de . du ysvoç (/Z. 869 B) — et pour quaun parricide commis par colère.. IX. XXI. chez Homère. c'est à lui que spontanément le terme fera allusion (98). c'est : aaseai. à Dém. 396. 931 A sq. XVII. au Et cela. de Xd)^-/) (//. pour lui... qui retient et prolonge directement cette pensée religieuse dans la notion d'atteinte à la personne. non seulement ont droit à une vénération toute religieuse (IV. est le XVI. . mot alxia. Médée. V alxîa typique. 496-9 Od. spé- là. 839 alxi^ei en parlant de la tunique de Nessus lons plus loin l'emploi du mot >. . XVIII. 222. X... XV. cialement sinistre de .ç. XX. 136 autre famille (Orf. peut s'apparenter au sacrilège (97). III. T alxîa a sa place aux divers moments de la moralité gentilice ou tribale [IL. jectif àeixr. c'est que les parents. dus VcàxioL est . 483. 131 XIX. par opposition au eeô. conçue comme « honneur ». en temps de paix. XXIV. sur une (96) : Chez Homère. : IxSoTOv xaTAizs Toï. .. 364). C. c'est le clan est alxta l'usurpation. //. Léoa\. : . à 1' Mais voici le magique. II. I. 20. 432 . 142). là. 495 XVI. 340. soit un bouleversement néfaste dans une famille..deu6T{jiOs(//. néfastes : l'utilisation individuelle des forces aux pratiques qui déchaînent soit des troubles mystérieux chez un individu. comme attentat et illicite réprouvé.

PhiloL. Wunsch. . Vrom.. ia p. souvent associés au mot alx^Çet-v. postérieurs.. XwêâTQai. (99) alx((jT\ Dans un exemple comme Soph. Egypt les Exploitation Found Quarlerly Statement. . . comme tendant à annihiler un principe idéal. Quant à la flagellation. la flagellation et l'enchaînement (101). il la vie religieuse ne peut être insignifiant de rappeler le rôle qu'elle joue dans primitive et d'annoncer en même temps le rapprochement qu'elle permettra d'établir entre alxîÇsiv et d'autres mots de la même catégorie. témoin l'emploi constant de xaTaSéw dans les : ment les . Sophocle. p.. consistent en des actes très définis. I. (en parlant du traitement qu'Ajax : Aj. Xu|jLaîv£a-9ai. qui sont les le au vrai : des rites magiques. 8f. comme une instructive réminiscence.. des Inscr. procédure singulièrement infamante. [x>. £me an/iAe Rachep uppe.Ta tôv Suffxflvov w5s y' croit infliger à Ulysse). pareille association se laisse comprendre. EL..s XLIV. le mot anologue de pXaTrxstv (lOl)Esch. (100) Nous avons rappelé que les sévices exercés sur cadavre et même. les pratiques spéciales qu'ils attestent ont fourni plus tard le prototype des procédures réprouvées (100) . tablettes magiques : et si nous avons pu Gêpiç relever l'espèce d'insistance avec laquelle se rapporlait. et par suite. l'idée l'image de la devotio. . 536. 21. à l'occasion. en régime de ysvo. VI. Clerraont-Ganneau dans Comptes-rendus de VAcad. 27.]. 332 . Car et dans les textes l'enchaînement est une des formes favorites de l'envoûte- poupées magiques sont enchaînées (102) c'est par de l'enchaînement que se traduit. dès maintenant. mais un outrage imaginé comme ayant une vertu religieuse.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 221 tion (99). p. les pratiques du deuil ont été peu à peu réprouvés par la conscience sociale. avec toute l'autorité et toute la vertu religieuses qu'évoque dans ce cas.. C'est à cette espèce de déchéance que doit être attribuée la déchéance — morale du mot lui-même le terme aîxb qui s'applique parfois à la vengeance (Soph. (102) H5 [Lys. 111. nous le verrons. évoquent l'idée lointaine d'un véritable rite destiné à provoquer Vinfamia. par- tiellement. 97 168 178 emploi des mots de la famille dans YAjax de : . la notion est le relativement abstraite.. LXI [1902]. . d'elle-même. Nous conclurons la : V alxia primitive est l'outrage matériel à personne physique. au geste comme à une même d'enchaî- ner. suggèrent emplois homériques religieuses d'abord. Mérod. une force mystique dans celui qui en est l'objet. 511 515) a dû pouvoir la désigner. la représenta- tion primitive n'est pas effacée mais le sens s'en étant obscurci. .

38-39. XIII. Chez Homère. là même oii elle semble accusée.. associé. Psyché. yàp blessé. c'est le sens plus banal d' « embarrasser. mrklàh. à plusieurs reprises. dans une expression « figurée ». sentence à forme de proverbe : aÙTÔ. mais » (105). 330-331.. etc. paraîtrait comsouvent. porter. VI. dans un passage de ï Iliade où la âXàêri infligée aux chevaux d'un concurrent suppose bien plutôt l'idée lointaine d'un sorl jeté sur eux alors secondaire : (103) Cf. le (105) IL. en parlant d'un mort (r.. il émerge dans Le mot iSAàêvi à : : le droit au même moment elle social. se confondant à certains égards avec le Rohde. Dans Od. au point de vue matériel. XVI. 13.v dva et plàTiiEi^^ xuà ont ressorti d'abord tés . skr. note 205). et par l'étymologie même (104). n'en peuvent être abstraits alxLÇe-. ni à une mentalité qui n'a pas désappris les participations religieuses entre les réaliles armes (103). la signification matégêner. le sens de lésion matérielle que ce mot plus que tout autre.pOî. PcêXaiAaévov r^xop. è'féXxeiai àvSpa atST. peut signifier beaucoup plus 7/. v. 660. XVI. En réalité. aux mots pXâi:Tciv ou XufjLaîveijôai. 22. comme ^t^/j.)."l^l^l HECUERCllES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSÉE doit é(re joint aux précédents bien (ju'il pai'aisse un domaine bien distinct à l'époque classique. verbe môme : . '^AÔLTvztw ne signifie pas « endommager ». troubler rielle n'est pas autant que l'on croirait au premier plan. [âXiiiTsiv. se rapporter en effet. un examen plus attentif la révèle ainsi. (104) Rapprochements avec éhjm. 44 cf. Dict. 645-7. dans des textes postéprincipe vital rieurs. mais l'atteinte à la chose. XV. il fait partie du même groupe il met enjeu des représentations du même ordre. n'est pas celui qui commande son évolution .. léser. l'idée de gêner ne saurait être dérivée de celle d'en- dommager par une lésion. le mot pioç. : à une seule notion fondamentale. De toute façon. et si la distinction entre la personne et la chose a une raison d'être à une époque relative- ment récente. s. p. ne saurait répondre à une société où l'indi- vidu n'a pas encore de valeur propre. aussi « bien. il concerne non pas l'alleinte à la personne.. (Boisacq. fait. entraver les mouvements » en parlant d'un objet matériel. le : — En endommager. marcdynli. Du reste. I.Top. Od. les que distingue la pensée lationnelle vêtements d'un individu tiennent à l'individu. 294 = XIX. .

IL.X Juridique et morale en grèce 223 qu'en lait. I. 301 (NagelsbachAutenrieth. 955-6 (Loxias) (^Xàt|. M03-4. 6É0JV xeXe'jOou. 195 : : pXàrxoudt 463-4. 1051. Choéph. une arme. au point de vue subjectif. en aveuglant l'esprit. Soph. 461 3Xa({. //... Antig. Od. Pind. 455.'ac. iVm. VIII. 1104. adesp. 824.. — l'expression ^XàuTELv cppéva. Od.). 456. 512 ("Axr. . la Ménélas à Antilochos : 7Î!j/uva. Fr.. cf. ôuvai' àv îaj^utov cpuyeTv . à pas grande signiflcalion. XX. XIV. yàp ôewv TcoStoxei. xaxoopova^ ^Xà6ai. cf. une parenté mystérieuse de perdition et puissance pensée De à faire foi ples suivants suliisent cette diversité des emplois et de cette unité de la notion les exemàXXà vu tôv ye (Ulysse) 6eot Od. 297. ce dernier cas fois.. fur. [iii6Xa{jL[i. 705. 127. TheoL. 774 è'vO' A'. XXII.. 54d . àvôpô. en faisant périr. Soph. sont doublement parentes. 387 intervention d'Apollon. VII. tr. IX. exemples n'auraient lecture. tivà. ce sont les emplois fréquents où l'acte de ^lâ-nzeiv est rapporté à la puissance d'un Saijjiwv. XIV. 507 et XIX. Ajax. 94 ("Axr. I. xoù. : XV.. Schol... {IL. 571. surtout celui qui est le principe de la punition divine {IL.. [^XdcTixoua' àvOptiirou. ici d'Alhènè et là d'Apollon. 137 (épithète de OeoSXaÔT. 296 : ôxav y^cp opy'^i ôatjjiovcov ^XaTixT. 15. XXlll. 387. EL. cf... : . Od.. ô'xav 8i xi. auvxâfjivoucT!. rappelle directement 1' "Axr^ aGevapr^ xe xaî àpxtiro. la variété de ces en frappant d'inefficacité un emplois car un dieu interviendra instrument. àpi(TTT. cf. Anlig. l'expression homérique ^Xàirxeiv cppéva. Les notions de pAor^ et p.). l'un et l'autre terme désignent l'aveuglement. (pour valeur du mot ala^^veiv.. 505). 520. Eschyle. lui-même n'est pas brisé. Ce qui doit fixer pour nous la valeur fondamentale du terme. 6é [xot 'tz^jrou. dans la apparaît plusieurs la comme consacrée — entre ^Xàêri et d'erreur.v.oc l'arc Teuxpou {iXaçOév-a [iéXefjLva. d'ailleurs.^ adesp. . 387 et 774-782 oii la pXxêr. Ion.) XV. 418-437 sur les conditions où s'est produite la victoire d'Antilochos) mais ils s'éclairent par le rapprochement avec les v. de VIliade (IX..a.. Homer. 296. XV. 484 : /pTjCTSio. fjièv i\iry àpstY... . 712 (épithèle de . Ant. XXIII. tr. gr. subie par un concurrent est imputée à rintervention mystérieuse.. Eurip. ils n'ont eu à subir aucune action matérielle (108).. 14. Même emploi après Homère Théognis. : : | Eurip.) 725. ^Xa'l'îwpwv).. atteste tout de suite. : De là. En eux-mêmes. Oewv jSXâ'iixrj.£v Y^p 'A6y>Tj) ôoXîav ôôXoi. Fr.. IX. aTTi. 782. [jlev ôXiaÔe : : : cf. 512. la : 16 . Hérod.. ils retiennent seulement par une certaine étrangeté (voir v. . Soph. ^Xà8o. d" axT^ (106) IL. Fr. ces l'attention. [^XaTtxo fjiév av <<T:àXtv pXà6av> èy/povKTGeïaav èuotjrexat. — 291). tr. etc.£va zr^q xwv xo^wv XXHI. 18 Esch. 696-7 . IX.. attribut à un nom de Dieu. commune. § 6). 724 . Sep^. 179. Herc. 178) correspond à çpévac: àajs. gr. 489 AiôGsv [iXacpOÉvxa ^éXsfjiva (Zeus a brisé la corde de l'arc. en suscitant des « embarras ».

àyav Ôeai ^poxâv axr.-puissance. i303 (Penàxutoixéwoi) : : : thée) (Tuv'v^e iràvxaç el. (lil)Esch. (Electre). au point de vue objectif. o. JîXâxxsi. est de : môme famille que verbe agir par un charme la . appellatif du mot. pour fécondité des femmes. Gêpiç et aUia de l'autre elle se poursuit en : Dans Soph. mais qui est aussi. Eschyle attribue : . à Ulysse J?/. xôtv Stxafw. (109) Esch.. à elle. c'est une pestis. c< yeôva (l'adjectif Sû<jvit.. il .. appliquée pXaÔT. en reste une trace dans Od. [jiiav [iXàÔT^ v (comparer 1' àxr^ qui frappe toute une famille) (107)..vîv x'. on voit la [^AàSr. théologie d'Homère.ôs sion T. -âcra yàp ixti^oi'j pXaêT. 622. . RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE . la p^àê/i est imputée à l'action d'un Dieu personnel.ffTixe le o"JîvtT.v' T. la réalité vivante du néfaste. 1233-4 : SxuXXav à vauxiXwv ^Xiêiriv. rapprocher 661. chez les tragiques. celle représentation n'est pas primitive. est curieux de voir que la représentation de : est Il (108) ^Xxêaiç. mais cette Dans la que religieuse. dépassée ixouaioiaiv.. appliqué à un être mythique De là l'emploi : une I^Xàêyi. Bacch. et 834-6 offrandes aux Érinyes pour la naissance et Ihymen. humanisée et ordonnée.. xe xal àlXXou. etc_ .. distinguée des divinités personnelles.Xov xT. ou réel (109) nature spécialese desle pou- elle agit alors à la façon d'un sort voir de la provoquer (111) sur ces vertus sympathiques que sont la fertilité de la terre et la fécondité ^làS-fi (107) l'àrr. antérieure à la j^Xàê/i-attribut. Geffcken. : Phil. IL..8' uit6p6û[xwi. XXI.. dans les emplois des tragiques. des femmes. 888-9: où jxf. ApoL.X 224 gr. 301... [asXit. 824-5 |i-^. Zwei fjriech. la fertilité de la terre.. elle est même plus poétique et la notion profonde qu'elle dissimule est d'une puissance malfaisante et impersonnelle (108). oîtii ^h [âXâ'|/i ôeô. le mal aux Sattxove. (110) Elle s'indique : .. d'ailleurs. Car c'est aussi la ment sinistre (110) de la pAàêxj qui. »)... P/ii/.>. xf. ApoL. C'est ce que pourrait suggérer déjà la conception de V àr/) que souvent un Dieu suscite. Mais surtout. 296 et 4oii) des forces religieuses et des réalités substantielles de mal (1' axr^ objective associée à la (iXà^T]. Égisthe et. sine ou plutôt s'accuse aux Erinyes. Pour xô xixx(>. cf.jLevov) s. le chœur des Erinyes réconciliées jati (938 et SevSpotc/jiawv 8è irvioi pXiê a..>véw. déjà cité. : dit Athèna.St. Eum. f. VI.o. 293-4 oIvôî ïs Tpwc. . 26 (éd. 705 ^Xdt6Ti rapportée à Perséphone Athénagoras.. toute seule. expres784. L'analogie est reconnaissable entre d'une part. 38-9 Eur.. invoque le fragment 455 des tra^ica adespota. J.y 1318.7. p. qui parfois représentent plus immédiatement la pensée religieuse. l'une et l'autre sont adesp. | 5' sirtppéiïoiî rShti !2>k3t6T>v axpâxw. à l'appui de l'opinion qui attribue le bien dans les choses humaines à Dieu. ^..) : (se. E/. dans Théognis. Soph. 145).

IV. Esch. après purifi- cation. eêXai^'ev iroSi uxetêwv àvoutw. chap. par le mot même. 258.. à une notion religieuse analogue à celle que contiennent les termes uêpi. J.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 225 ce que pXàêri peut désigner l'atteinte à une chose religieuse (112). on ne et religieux dans Eschyle {Choéph. Qu. Harrison. p.piov aùxoT. pXotirTsiv au sens de souiller Eurip. D'une part. xal awTr. l'utilisation personnelle. c'est « le vengeur» il faut se rappeler la puissance religieuse attachée à la vengeance du sang et garantie.. Et à celle-ci. III. 47 (114) cf. 6 t^Xàuxwv. Pour ce qui est de l'utilisation proprement individuelle de la pXàgri. J. : (un lieu x. contre autrui. nous pouvons déjà comprendre Tassociation des deux valeurs que nous avons lues dans ùêptç. cf.^ 23. 144. il suffit de considérer tout ensem- — : — ble le point d'arrivée délit privé le et le point de départ de la notion de l'époque classique remonte. a cessé d'être nocif. 1 (prières accompagnées de libations [ôiate] Thesmophories. 107. 327).6Xsu6ov J. 7. c'est le délit sous son aspect religieux 6t((jiouou £t:1 : ^Xà6ri tout court. L.. Voir n. non pas seulement de façon positive et toute matérielle.. pXa^/siv <tù 8' au 868-9. § i]. par l'intercession d'Apollon. 285 (113) àSXaêeï . levée d'an et Tzetzès {Hist. 98. ^uvoua{a. D'autre part... et partant de la notion centrale de l'ayoç qu'évoque alors le mot. et dont témoignent Plutarque. de même. : Tr. e'xe xal pXà6oç On voit ainsi ce : que devra signifier l'acte de ^XàirTsiv rap- ce sera l'acte de maltraiter autrui. . la (âXàpT) de là certains pourra être considérée comme principe de souillure emplois qui se perpétuent dans la langue religieuse. 177.. parodie à6Xa6^ tabou) (114). comme à celle qui est laisse pas d'apercevoir parfois immanente à un sens familial l'alx'la. 111. E. mais suivant une eflicace religieuse. ^Xaicxeiv M-Aty. Ion. 1. 84. E. sTx' ouv XtjJLoç s'xe Xoi[jlo. droit. o. . il s'agit du contact d'Oreste qui.ç et alx'la il a fallu qu'avant d'être reconnue par le : . A travers ^Xà^rj. Prolegomena. xoù cpapjaàxou xr^v /p^aiv yevÉaGa!. conv. utilisation du «papfjiaxoç en tant : que aXXo) xàOapfjLa [voir . Sur cette signification religieuse. des forces religieuses domaine indépendant du (112) nous sommes replacés dans un droit pénal public et des procédures . 729. de là les emplois consacrés de l'expression dont l'origine doit être cherchée et èizl ^Xà6i[^ vieilles formules solennelles dans les religieuses qu'Aristophane. Hél. dans le cours de la trilogie. Eurip. Harrison. .. Thucyd. sacré) Si Tii.6-r\ ait été. la illicite.. p. dans porté à un individu sa personne ou dans sa chose. dans les : de façon instructive (113). Soç xaOapaio) '•ç'koyi'. pXàST). et Eum. ^\y. Hésiode.

Rép. n. BXi-xciv. o'jx' fr. et même.v là alSo'j. pour ressaisir le trait d'union entre ses deux extrêmes. ce n'est guère que mais il offre ce double intérêt de confirmer : d'indications précieuses les résultats précédemment acquis et.. dans le domaine où régnèrent d'abord magiques.P/«7. qu'on songe aux sorts jetés sur la récolte du voisin. aux formes Nous avons Xu[jLaîv£(j8a'-. fjXazTc'. à propos de procéPlaton. dans tous ces exemmais dans //.. Awêrj. dans le comme atteinte tout à fait directe à même sens précisément que l'a^xia et que ruêpiç(115). dures magiques : Talions voir. 4. Il n'a pas été consacré par le droit. XVIll. 364 C. comme nous dramatiques de Tinfamie cf. : [xfzxTzçtir^v. Orf. en nous présentant comme la transition entre l'idée de l'offense matérielle et l'idée de l'injure verbale. et le mot est naturellement associé à aiTyoç (116) cialisé dans un cas notable comme (115) mais nous voyons spéune obligation oùSé tc. c'est une . du reste. 107. cf. 39-40 lyf.. Une Xwêïi. entre plusieurs aulies. 178-180. 225. Soph. : « honte c'est ». aÙTÔv | le Tyrlée. p. Nous notions tout à l'heure un exemple précieux d'Eschyle pour comprendre la (^Xàfiy). XwJît. : — dans ce passage.2:20 RECHERCOES StIR LE DÉVELOI'l'EMEM DE LA PENSEE vengeance du sang. il : suggèrent beaucoup.. Il va de soi. chez Homère... 118 et une dérivation de l'idée d'atteinte au sacré. Ici à semble que les emplois homériques représentent moins purement que ceux des tragiques le premier état ou plutôt la valeur profonde de la notion. . ojxe Sîxtiç èOeXci (allusion. le rapprochement ples la notion est abstraite des deux uiots suggère l'idée commune d'une espèce de souillure. Dans le même groupe de termes. 230). de Etant donnée la généralité primitive de la notion. (116) /Z. de la les représentations : qu'il n'y a là p)vàê/i. v. Mais il n'y a aucun inconvénient à commencer par eux d'çux-mêmes. il conviendrait de faire une place au mot XwêTj.. IX. de nous préparer comprendre le sens fondamental de cette dernière. s'il par survivance subsiste à l'époque classique. qu'une expression.X11I. XVIII. II.. ils encore.622.pxjxwv àj-coïa-. la la la pXàê/j peut se manifester personne.

//. 224) nous voyons à quel plan agit spécialement r « opinion publique » elle se manifeste comme garante de la moralité : — : familiale commune d'où la XwJâYi (419) Elle au groupe des ysvr.. Ici laXwêviest au moins toute proche de la souillure. De fait. 101 XIX. . la force substantielle.. VI. la réprobation sociale qui n'aboutit pas à une pénalité proprement dite s'exprime d'abord en rites significatifs qui actualisent Vinfamia [infra. XXIV. autres règles de la moralité primitive Od.^ et elle émane directement de celui-ci homérique que nous étudions en particulier. puissance de l'opinion publi- ne comme force religieuse. C'est la sensation directe de la puissance. 205 et s. est formulée par Platon. § i). XIX. . ajourne toute occu- dogme pation profane jusqu'à l'accomplissement de sa vengeance et tant qu'il n'aura pas fait expier sa àw^yi (//. qui est voisine chez Homère de l'opinion publique [II... III.). II. voir notre commentaire à .JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 227 impérieuse que de venger les siens tombés sous les coups de l'ennemi. Usener. XVI[I. VII. 254 Od. de la « contrainte » sociale qui se traque. 136 XXII. XVUI. un Sondergott (H. Lois. Pour l'instant. ce passage. Mais n'oublions pas que la pensée religieuse donne communément une consistance mystique. 205-8 Od.. : — : . à propos du respect des ta hôtes. une )v(oêr| atteint celui qui s'y dérobe. une force religieuse. 136). 335 XVI. 371) d'ailleurs dans Od. 97 propos de l'honneur guerrier. 433. à ce qui n'est pour nous que concept (d'où il résulte que la viptEo-iç primitive. mais parfois. Par le traitement de l'adultère à Gortyne (n. XIX. XXIV. 225. 146 H. . Et il n'est pas douteux que cette l<ly6'f\ ne soit en quelque sorte actualisée par de l'opinion publique et qu'elle ne touche ainsi à la réprobation sociale (117). mal comprise si nous ne trouvons attestée qu'après Homère la théorie et quasi le duit dans ridée d'un : qui attribue aux parents de la victime d'un meurtre une souillure conditionnelle (H9). IX.. Gôtternamen. non seulement réalise est perçue se numen et qui seprolonge dans une notion bien connue. = . dès Homère nous apercevons une trace indéniable de cette pensée dans le cas d'Achille qui. p. 139. et il est une question préjudicielle à vider. § 6 et chap. La Xciêri sanctionne les (117) IL. Nous aurons lieu de revenir sur la question du pur et de l'impur. 178-180. (lis) La v£[xeaiî.. Nous avons déjà rencontré la souillure du criminel en général. mais dans de véritables rites qui pleinement que la rendent certaine aux consciences) (118). semble-t-il. la vÉLtsui. Mais nous touchons encore à un problème difficile. est au fond .. 40. 871 B. est le pendant de r'Eptvvî. II. par un sentiment de crainte religieuse.

la (120). n. mais non le territoire de la sienne propre (122). si. ne doit contracter aucune tache celui qui tue un de ses parents n'est pas — — . chez Homère même. voir notre commentaire à ces passages. non plus ner loir. IX. Safx^oç. èî icpveîou (?) en dvSpôî èç âYvixea). Non pas. : IL.. 134. a priori. à vrai dire. : vtféi Kpoviwvi ai'iiaTi xal Xù^pio ireTîaXaYfjLÉvov sû^etiairôai.. (122) Platon.. (123) Noter aussi l'emploi du mot XûOpov apparenté à Xû[xa (sang répandu et mêlé de poussière). qui fait demeurer le Encore provoque-t-il. p. visiblement toute faite. //. (121) Voir le texte de Démosthène cité l^e partie. et l'on du parent de la victime comprend assez. XVI.). et si consacrée qu'on la considère comme un seul verbe et pureté qu'elle admet un second accusatif (//. d'expliquer par une pensée exclusivement profane l'origine de l'expression homérique xaôatpetv atjjia. 37-38). VI. sont à interpréter au point de vue du régime des clans un étranger évidemment celui qui tue le membre d'un autre yévo. . De fait. iNous croyons même que la correction d' 0. Quant à prononcer que. et si. MuUer {Eumen. III. cf. pièces sa pensée même elle n'invente guère. 79. il faut prouver qu'elle fût absolument inconnue avant le développement de la religion delphique. 866 A. l'une. Lois. etc. elle dogmatise. 268-9 oûSs titi eaTi xeXav(120) . Il sera toujours bien avennierait l'antiquité de l'idée de souillure : tureux de dénier toute valeur religieuse à des termes qui signifient la et. XXIV. 371 IV. 482 (pour la valeur de edfjjLêoç. souillé au regard d'un clan étranger classique. . sans aller plus loin. : Dans ces conditions. n... et ce que traduit l'emploi du verbe passif âôixeTaGat. 35). de la : souillure du meurtrier lui-même. une stupeur religieuse.228 c'est RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE de les la souillure du meurtre qu'il s'agit. 58. le champ libre à la discus- Nous ne pouvons croire que : la théorie delphique ait créé de toutes elle ordonne et coordonne. 865 E. des deux versions de la légende d'Œdipe. que lisaient d'anciens scholiastes le meurtrier demanderait la purification comme dans un épisode bien connu d'Hérodote (1. exclusivement appliqué aux compatriotes du meurtrier et de la victime (121) ajoutons que l'auteur d'un homicide involontaire commis dans la cité sur le membre d'une cité étrangère se voit interdire le territoire de celle-ci. 10) se laisse fort bien recommander àvSpô. la cité ayant remplacé le y^^o^» la souillure a en quelque sorte pour limites les limites mêmes de celle-là ? C'est ce que manifeste l'exception formellement prononcée en faveur des lepà àfjicppixTuovixà où ne peut paraître le meurtrier (Dém. les exemples homériques que l'on invoque — : pour établir que le meurtre n'entraîne point de souillure chez les plus anciens Grecs. on peut dire que Vonus probandi incombe à qui il faut non seulement montrer qu'on ne la rencontre pas ici ou là chez Homère. mais de celle mais deux problèmes sont solidaires. Et c'est ce qu'on ne voit pas possible. et une sentence comme //. 667-8) (123). Comment s'en éton- à l'époque même représentation continue de préva- transposée. XXIII. qu'une discussion sur celle-là puisse laisser sion sur celle-ci.

et il engage à préparer le repas pour le coucher du soleil seulement. cependant que se poursuivent ces lamentations rituelles qui attisent dans les cœurs une passion toute religieuse. M. 425 et 435. p. 605 sq. cf. à qui Iris commande d'éviter la « honte » que ce serait de voir le cadavre de Patrocle la proie des chiens et tives tête oij le humaine (124) Od. Millier. on ne saurait s y risquer sans arbitraire. approximativement. est postérieure à la légende supposée primitive d'OEdipe (Glotz. Aussi bien.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 229 — la plus connue ou que la légende d'Alcméon. et qui dirait un parent (125). le (125) Sur le sens homérique de éxaipoç. le sentiment religieux qui est associé à la Xwêr. c'est est très net atteint. soit tellement postérieure à l'Odyssée. — : Litt.wêyi. Croiset. Cette digression était nécessaire à qui veut bien entendre le cas d'Achille et le sens de la ). . i^' oct. Solidarflé.). qui lun des chants si les plus récents ait de le l'ignore ? et qu'une pareille idée. 233-4). si saisissante... X. £-riv Tt.. le cas d'Achille d'un véritable tabou que le héros se sent nous en trouvons l'analogue dans les sociétés primi: comme c'est ban du deuil n'est levé que par l'acquisition d'une (126). et stt.est reporté. Contribution à une étude sur représentatio7i collective de la mort. pp. p. 1907. On a beaucoup insisté sur le fait que Télémaque admet dans son embarcation un meurtrier avéré. 344. Eumen. 85-90. qui connaît la héros à Thèbes après ses crimes. souillure. p. et on en a conclu que l'idée de souillure était postérieure à ce passage. est antérieure à l'autre — — . Hertz.. Croiset. et le chant XV de ï Odyssée . sxalpoç. au nom même si parlant ('I^îwv \y.<Ta[{jL£9a Xa)êT.v il ajoute qu' « aucune nourriture ni boisson n'entrera dans sa gorge « tant que restera étendu dans sa tente le cadavre de son e-ra^po. 0. Or un . et rapport la enti'e ÉTarpo. étant admis du reste qu'elle apparaît chez Arctinos de Milet. dans V Année Sociolog. pp.. est eu temps de se produire dans l'intervalle compter avec la liberté d'Homère et avec (124) ? Il la liberté certain qu'il fau des légendes.ézr^ç pp. (126) R. impérieuse. voir Glotz. se manifeste encore parfaitement chez Achille. voir M. non vengé. XV. Solidarité. in Revue des Deux Mondes. pourra-t-on vraiment soutenir que VMthiopis. Que faire encore de la légende d'Ixion. Or V^Ethiopis est déclarée de la seconde moitié du vui* siècle.!. à la première moitié pour cette chronologie. Solidarité. Achille demande que l'on combatte sans retard pour venger le meurtre de Patrocle.. 231. p. lequel décrivait dans son JElhiopis la purification d'Achille après le meurtre de Thersite (Glotz. 137-8)? Ou enfin. 255-294. gr. 65.

quant au sens. (129) Rapprochement proposé par Trautmann. ou les mots de la même famille (129). Walde.v ou Ttvuoôai Xw6t. 5.Orf. s. De là l'expres6 t. et lat. chez Atôêv) soit. : indiqué par d'autre part.230 « RECUERCHES SUR » (d27). mettait fin à la sang souillure. p. ruine » (mênie fftmille qqe Idbi) Wahje. Xw6t„ à des expressions : : . t(<tst£ notion géné: de aussi. il : . et de souillure. mais non pas. s. 169. ce ne peut être qu'une Lois^ IX. Et le cas de l'Achille homérique nous le confirme. 142 vûv (jièv irarpè. TpwTiai xufflv . par les valeurs attachées ?(ivoî et La pensée que nous vengeance.xsî9(o et les (127) //. IL. VI. qui n'y conlamne à une déduction absolument arbitraire. . or nous verrons la valeur magico-religieuse des armes. /4. quant à le distinguer de lâbes. il est tout à fait lâhes. 323 434 Soph.) IL..8pa : Y£V£a6ai oCi | <joi s t Xwêiri. « tactie.180 cf. Iflhe. XIX. XI. Observons d'ailleurs que la doctrine de l'époque classique a la théorie delphique n'a nécessairement ici des antécédents pas devancé de beaucoup l'établissement de la justice sociale en matière de meurtre.xéXitT. elle Homère lui-même. mais cette pensée-là. la On rale s'explique que. « souillure ». làbes. XX.. v.s. (//. pour des raisons phonétiques. IX. « travail » possible. Nous croyons qu'il faut y revenir et que la sémantique.. : à xsa X ti sion toute à avons rencontrée est générale la Xoj6ïi nécessite la faite de tîvs-. et à l'occasion redoutable. v. 178-180 (Iris à Achille) • 5é ers | IlixpoxXov è'XOri.jLtjLévoî Cf. : souillure ». 1" partie. voit qu'un mot. l'impose d'une part. Xw6t. p. Curtius. celle d' àr/i 6u[x6v '. 387.. (128) comme alpia TtfKopeîffOa: cf.. 167 et 417) pour le meurtre d'un parent. et la souillure conditionnelle du parent a pour terme l'accomplissement des rites judiciaires (Platon. une variété de rasêa. le carac- déshonoré même : instructif de aiêaç qu'éclairent les marquées. XXIV. entre le gr. pensée antique qui : se prolonge le et s'adapte. elle.. WÔrL. le second exprime l'idée qu'Achille « se retient » de dépouillei' le cadavre d'un ennemi tué. Laleln. 369. v. visiblement. le il rapport certain entre les idées de n'y X^fj-r. 871 B) : tère sacré. XVllI. dont elles sont . 108. Elym. v. et nous paraît impossible de ne pas « chute. qu'on écarte aujourd'hui (128). Grundzilge. et il s'explique ici. se suivi par Walde. originairement. aï xév Ti véxuç ri5/u. primitivement.. 11 LE est DÉVELOPPEMENT DE LA PENsiE alors souligné par le terme deux emplois homériques de le premier désigne Thorreur <T£6àî^£o-Qat..v (le verbe a son plein sens dans la vengeance du sang. .. lôbor. Boisacq. pleine raison d'ôtre dans F/étymologie même du mot Xo)8r^ s'éclaire peut-être de toutes ces considérations G. par Boisacq. et qui avait sa pur régime de la vengeance du c'est la vengeance qui. //. Dict élym. contre G. XI. 142. aucune relation XtôSr^ et le latin lahor. Curtius admettait le rapprocliement entre gr. 146 sq.

to. — Rép.) Pour l'adjectif Xwê-r^To. liée..Tf.. réalité elle est en son fond la substantielle et sinistre (132) qui enveloppe un individu ou une famille de son mystère effrayant. : — : .. X.p£. Mais tragiques nos meilleurs témoins dans la une il : fois de plus. XIX. dans l'allégorie des deux tonneaux où puise Zeus oj c'est nettement Ss •/£ Tôiv Xuypwv Bo'.Tav t' wpjév t-.. 20 sq. 531 l'idée du sinistre. 326. (132) Epithète de Xa)6T. (133). celle de Àwêr. Mais elle aussi. 239 de Xw6T. I. III. 87-8.)6t. 199-201 è/OiïTav àppT. Ant. 232 = la Xw€r. 338. où qu'il a IL...Tf. 'jêptî des prétendants Od. 882.p£.. 211 xarptûa Xoipa.ç Le domaine moral de : IL. Même idée d' « aveuglement » que dans ârri Soph. mais bien plutôt celui de perdite. Eurip. Noter surtout il n.. IL. 1074-3. (133) r->6p-. 170). en parlant de Philoctète atteint par une puissance divine et néfaste. et plus évidemment peut-être. 7'.) Xtie-r) au vocatif. à propos de la mort d'Oreste qui vient : : annoncée) Eurip... La XwSti est en relation avec P'Epivû. les valeurs juste que nous attendons... Trach. Soph... P^ï^. pleinement affirmées.. 233). rapportée à une divinité plus ou moins d'être . XXIV. (131) Soph.. EL.. 1103. le même fait qualifié de Xo)6t. 957 et 1031. Orf. 242. et imputé successivement à Zeus et à Athénè.. Une ). Soph. 791-2 (Eros) Trach. 42. ôat txwv. comme l" "aT-ri {IL. XX. avec le (130) //. oTav o'tav au aoi X ci 6av La XojSyi rapportée au 8aîixo>v Eurip. . et IX.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 231 témoignages que nous en pouvons produire (130) sont d'autant plus considérables que. 90VW xoLi : : | | personnelle Soph.XV. 215 (cf. 864 (àV/oTro? i 1 m 6 a. note 111. imputée ou non chez de l'être — à une divinité personnelle toujours — : ou au Saiawv anonyme.. Comme : l'idée d'àrAi. (le outrage chez Homère que celui de d'Agamemnon Od. Héc. Cf. Emploi du verbe dans le langage mystique de Platon. appliquée aux Erinyes. . du participe X(. . XI... plonge dans les représentations morales d'une société primitive nous venons de la voir en rapport avec les obligations religieuses du régime du yévo. (Priam l'emploi traite ses fils n'y a pas de raison de donner au mot Xw6tiW. è-rtl Xwêa en parlant de Lyssa. 385. XXIV. mot est d'ailleurs rapprocht^ de O^oiIJovts?. . fur. de V àxT. 648 (le jugement de Paris a été rendu èirl 5opl xal èowv (jLsXiOpojv Xwêa. XX. 169 . banalisés déjà. les termes de cette famille n'en laissent pas moins apercevoir un ainsi dans le texte où l'épithète de état primitif de pensée est appliquée à l'homme pour qui Zeus n'a puisé que IiôSti-iôç : jarre des « maux ». Hér.-r^ Xwê-r^fèv ibT^%s) (//. Ant. parfois solidifiés. ce sont les est saisissant de rencontrer eux.. Ant. 792 Trach 538. pXâ67i. II. XXIV. 611 C. est le même II. « par l'aveuglement d'un père » qui fit prononcer à Agamemnon le vœu dont il est question v.p le sens 139). 387.wêyi.. wç : .. /.. figure sinistre. c'est une a-uri (l3l) principe d'aveuglecar elle n'a pas besoin ment quelquefois.

religieux. et que les la divinité outragée venge sur correspondance entre Xw6tj et u6pv. Trach. Que dans le mot Xwêri. se uEpixEipaç) et se flagelle. par excellence. voir le 'début au n'est pas Pour autant que la Xtoêvi fût à considérer comme délit. 473 B-G. 54 1069. : moyen au (134) but nous font penser. de ràxpwTTipiatxjjLoç (136). c'est possible tond d'une manière infamante (xaxw. qui nous offrent souvent deux moments : . dans le moment oii se dissolvent les ysvYi. cf. il disons. — ). les valeurs primitives que nous dans le fait même qu'il relate. s'inflige : le nez. Soph. Lois^ IX. : : Soph. AJ. 87. il est question surtout des perpétrées par un individu sur un autre elles sont ces atteintes à la personne qui longtemps ne relevèrent pas du droit. elle seulement voisine toute proche du sacrilège (134) mais chez les tragiques. à autre chose. l'acte sinistre son caractère essentiel.. oij nous apercevons c'est quand elle se laisse ramener. Ce n'est pas hasard sans doute si l'expression Xwêaç XioêriQeU.. à cet en eux-mêmes et par le rapprochement qu'ils indiquent avec ceux d' alxia. directement ou indirecteplusieurs emplois. 873 C-D.. 154-155. c'est certain mais l'accumulation des circonstances et la disproportion du Hérodote ne perçoive plus . qu'il emploie. Cet s'applique aussi à d'autres attentats religieux respect dû aux morts. nous. 1392. et notre commentaire. change son orientation en elle aussi se laisse apercemoins d'une évolution qui. fait allusion aux tortures archaïques. : ainsi à la violation Le mot du (Jocaste) lîXsxTaiaiv àpTavaiai >. dans ment. sont des plus instructifs — : Platon. III. .. >. Aj. les oreilles. loêàTai pîov . Sur la signification religieuse du suicide. voir les textes cités n. rappelle certains une réminiscence emplois de awlÇeiv oîj nous voyions comme Le cas de Zopyros. à des procédures magiques égard. Gorg. et c'est pourquoi le terme de Xwêri s'applique parfois au suicide (135). La notion en est au fond d'ordre.. ^w^.. (136) Sur cet emploi dérivé. qui. ne voie pas autre chose qu'une ruse de Zopyros pour tromper les assiégés en se donnant pour un déserteur de Darius..w6a. il se coupe à la prise de Babylone. Platon..232 RECQERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : temps. 1388. pour aider une Xwêrj àvTÎxsoro. est particulièrement grave Zopyros.a)êai bien distincts d'une notion morale. exemple Acj67i oùxin. 180 atteste la le coupable sa ^'>^i6r. que.. fait dégénérer la religion en magie. (135) Soph.. dans Hérodote. aux peines « exaspérées » que subit le tyran.

12.. insulteur »). 935 C).. plusieurs fois attestée chez le même Hérodote (137). de cpapfjiaxeiai c'est le même emploi que celui de alxiÇ£!.. dérivé. 98. mais la parole douée d'efficace mystique.v au vers 839 (138). 957 et 1031. Platon emploie pourtant Xoiôopta dans les Lois (XI. 11.Z. en fait. d'abord. l'injure proférée dans les lieux publics). « (139) . YI.. Sens dérivé sens banal d'outrage. aux exemples (137) Hérod. Phil. § 6. Od. et ses antécédents. de la valeur pour les tragiques. II. qui impute son mal aux divinités. Le droit de l'époque classique en comporte un il est désigné du terme xaxwç àvop£U£t. au sens positif. déjà passablement ». : XXIII. Trach. voir (138) Voir le texte cité n.v (xaxTiyopEW.v) qui se distingue nettement de son synonyme Aotoopeliv.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 233 religieuse- sévices sont d'ordre magique. a un parfum de tradition et elle efficaces . sont conçus comme l'expression consacrée de Xwêri àv7]xeo-Toç. : il arrive que XoiSopeTv soit employé à la place de xaxrjYope^v plus loin. 275 (XwêT. .. XIII. — Dans la langue non juridique. ETciXwêsusiv. que nous rapprocherons de Xujjlti àv/ixeoroç. d'abord parce que celui-ci est relativement rare et que la Xwêrj a presque toujours. 622. 13 et 26 (sens >>) . VIII. mais le mot la xaxv^Yop'a est est explicitement distingué de xaxTQyopîa (934 E sq. chez Homère et : ensuite parce qu'il appacouleur religieuse. oià Héraclès. 5. 323.TTip. KaxYiyopia. 28. xaxwç Xsysi. — — — fondamentale du mot : il y a toutes chances pour que la Xwêri- injure soit primitivement non pas la simple parole offensante. dès Homère oii déjà raît de trop bonne heure dans nos textes il est terni ne pas avoir participé. « insulter Orf. dans Sophocle. et le délit est alors réprimé par : la coercition spontanée des citoyens. le terme Xwêvi a quelquefois celle d'inmais il ne saurait l'être du jure verbale (139). affaibli « se moquer Soph .. ment pour désigner des pramagie apparaît explicite tiques particulières. Mais voyons le délit même d'injure verbale. s'est offerte si spontanément à — l'historien la Enfin : Entre autres valeurs. lequel n'a aucune : valeur juridique. 607. souffre. Xwêsûsiv.

v. Probl. nettement le délit même. Dans le . fr. art. et progressivement sans doute (Glotz. 6 et 9 où Mais justement. troisième cas. 01.. v. 5 cités par Glotz. délit purement privé dans le troisième (143). art. 21.v. fr. Pour tous ces délits. il est à peu pi'ù-s certain que la coadauination était au bénéfice du seul demandeur (Meier-Schômann-Llpsius. Dém. postérieurement (Bôckh-Frankel.\nstogiton. s'est Mais la législation : en matière d'injures ne et la pas constituée en une fois seule diversité des cas visés par elle nous interdit de la traiter en bloc. 632. le sens est voisin de : . (143) Dans les deux premiers cas. Guâpes^. LIV.ooiua. s. n. 104. IX. : . IX. civ. iraûe Lex. La répression des deux premières espèces remonte à Solon Plut. lat.y : XXIX. p. flypér. Dict. l'injure proférée d'assemblées (sanctuaires. une valeur religieuse on .. théories des fêtes religieuses) nombre de termes offensants dont la liste est dressée par . la somme payée par le coupable se partage entre la cité et la victime ou la famille du mort (Plut. Solon. (142) 21. .. p. àitor/^ixsva. Kakf. fonde aucune action cf. ao/ovrx xixwç si^r). 790). légitime la procéilure d è'vSsiS-. il semble appartenir au même domaine rattache aujourd'hui au latin ludu^. 629.. ludus) il pratique rituelle des moqueries et injures dont nous verrons l'étroite Un 'vieux mot qui désignait aussi l'injure. art. (141) En : principe. le (Walde. XL.. 629 Hitzig. 32 : Glotz.]. p. 18 ..). — la loi (àTCoppTiTa) (142). 80. 790) fut dressé le catalogue des àrôppriTa. de par ses origines. Harmodius et . loidoîi y a donc toutes chances pour qu'il se réfère à la — : que les termes désignant l'outrage en général (Roisacq. dea Ant. . 26-27). Meier-Schrtmann-Lipsius. blaspliémer. il peut être entraîné comme nous le verrons dans Celui de le même cercle d'idées. U. 100). un seul terme. 47. la xax-riYopîx proférée contre les grands morts d'Athènes.7. Èiv Se tiç ISioWtiv. 100. il est instruc- de constater que XoiôopeTv peut avoir une dignité bien plus haute que dans ses emplois courants chez Pindare. p. p. Solon^ XX. Daresle. 14 oû6év. valeur fondamentale : Il y a donc en lui une il faut la retrouver.^3i RGCURRGIIBS SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSÉE 788. XX. tribunaux. c'est que non seulement. cf. l'injure verbale s. p. L'injure est délit à demi-public dans les deux premiers cas. xi. ajouter [Lys. par la synonymie qu'il offre avec xaxto^ Xéveiv. . XoiSopeïv désigne tif 33). relation avec la xaxr^vopta. n. p.Xsco par son étymologie... La répression de vise dans le droit : d'Athènes ne l'injure aux que des cas particuliers (141). 144-3. p. : mais qu'il doit avoir. 49 Suidas. au contraire.x3yaXa xi èrtiTÎixia. l'injure verbale ne èiv txs'v Meier-SchomaaQ-Lipsius. v. Kakégori\. 671. Plaid. Aristoph.. Slaalshaush. 1207 (140). s. p. Sont punies dans un certain nombre de lieux ou morts. n. Karègorlv. c'est £pea/^T. — de Dém. 401.. Diod...î et peut entraîner l'atiinie.. (Dém. 1. Hyper. (140) Sur cette terminologie. Cantabi-. locaux occupés par les — tain l'emploi d'un cermagistrats. Arist. cf.

dans )iy£'..ol a-jropa yajTpîu-apyov [iaxipwv (148) Pind. gation de respecter les morts avait originairement son plein sens et son domaine strict à l'intérieur du yévo. 243 (èôXaTcp/^fjirjXs). les îîpo'jç votxîî^siv.v sir' dvSpxaiv sy/sTJtasr: : (141) L'explication que donne Plutarque. de la loi est. délit religieux la xa/Ti^opia jusqu'ici n'est qu'une espèce ou un degré du sacrilège. la cité. Même loque. .j-wTa.6£lî Sià T'^.£tv si:' àvôpotTiv.j. 60 : QÙy tiaiov (à la fois où yào sjôXà -/ta-ôzvoÛT'. : . Le client de Lysias.r. IX. L. P. 718 243 A (Stésichore) tôî>v yip ôfxaaTwv |jLèv oùn dtxoôacTat Tiaxw?.. mais il faut l'interpréter • pour sacrés.j'. à l'intérieur de : la cité désormais. : xal yàp ouiov toùî iicB. : — : Platon. se sentant elle-même nous plus d'intensité. (cf. tiv' eîxeïv S' àxépSîia £. les morts sont sacrés (146) mais de la vieille morale. Car. 64 est lui-même instructif.v pouira signifier Euripide.JUHIDIQUÉ ET MORALE EN GRÈCE 235 La seconde espèce cité (144) : es( lu dans le moment où ment avec — avec Solon — on réprime plus cMictctérislique du régime de celui-ci se constitue définitiveles injures qui offensent la société le aux lieux (li5) et aux instants où. .. p.. mais aussi de mauvais augure (prononcées pendant un sacrifice Platon. très : heureuse car. D'antiquité immémoriale. Eurip. pén. XXII.' (149) Cf. A Ce mot [^Xa^cpr^jaslv : (xaxr^Yopîa). fr. Floril. et cette pensée.î xa>tT.. c'est une pensée plus complexe que nous rencontrons. 284). loi de Zaleukos citée par Stobée. : (144) Pour le principe de l'association de la cité à l'individu (luême solidarité que dans le cas de l'uSpit. Phèdre. Il. (146) En matière d'injure aux morts.y.. II. Dans la première — espèce. c. Schniidt... élargit le cadre. l'avons déjà reconnue et analysée. pour une fois. de son chef. VII.j.Ainsi dans Pindare. Platon. Eth. étant rigoureu- sement parallèle à x7. XXIV. est le pendant visible de Isocr. « blasphémer «. cf. Dr. p.yop{av. vuv eùcpr^les paroles : .. Pensée religieuse. Gr. Phèdre. 800 C ïhéophr.. ir^. 01. l'antique pensée est formulée par Archi(145) (cf.oû XsAoyysv Oa^iivà %axaydpo'j<. le terme xaxw. les La cité s'intègre les morts de tous sont sacrés pour tous morts elle étend sur eux sa vertu.. d. : aT£pT. y. 52-3 Zbû^ oè s^ i\i.yopeiv il désigne en effet le blasphème. l'obli.v 'EXsvt. elle s'affirme sacrée.. 11. l'étaient déjà. il n'était point coupable. 412 il est impie et il est néfaste) xxaaévo'. I. 21 : lieux l'injure adressée au magistrat ne paraît être délit qu'en certains Thonissen. dit formellement qu'injuriant un magistrat hors du cjjvéSptov. plus ou moins implicite. dans Platon (148). 19) (149) même représentation. Od. X. Lois. XLIV. dans Dém.). 53. Héracl. (147). G et 10. Cf. 26 ^XaacpT^jjLta v àv:'.spTo. morts : l.

revêt facilement un qu'avant d'être réprimée comme pareil aspect (151). comme une il comporte : des manœuvres Ménandre rituelles imaginées comme efficaces au pre- (150) xaxwç — 6pYi!Jô[j. xaxrjopta : (le est attribuée. p. est consacré au défunt par une formule spéciale [Kovàlewsky. 934 B : Dém. tout court. conlemp. RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE A l'acte de la piXaacpT. XXII. d'une façon génésignifie à la fois l'injure et le — rale.('. de fait. encore la notion qu'on retrouve. en somme.yopia qui vise les morts d'un yévoç étranger a dû être considérée le sacrilège alors se spécifie. 177 (Diels. p. Dém. . 323). conçue comme mystiquement efficace chant des oiseaux de mauvais augure.. èfxGXo.ov aç ôSpa cpo6oû[JLe9\ 5v yXaù^ àvaxpâyri 8e6o{xa(XîV.. Lois. Coul. — où « Au vrai. 1. les songes. ou rpÉTrei xaxayyéXto yXoSuTi) [jLiafvsiv. Floril. pourra répondre la troisième espèce de xaxvjyop'la? Déjà dans la notion de la première s'insinue l'idée d'une action magique l'outrage aux morts.. C.. t. la xaxr.îi. XI. Une pensée proprement : 636-7 eûsTifiov (loi) Nous religieuse est celle qui apparaît dans Esch. c'est Tidée du sinistre qu'évoque l'adverbe xaxwç.. l'avons vu pour aîxta. en un sens général XeYOocriv . lequel : . ^Xà(T?prj{jioù (Platon. 21 . : XuTtoijpie9' àv Tz-zipr. àyaÔT) Xoyou çT(|jL{ri ^Xaa- Xufjiaîvexa àXXT^Xouç 12).236 [jita.. et loianc.v (8u<Tcp'^|jLoç : peut prendre. la mot est employé dans une defixio même : efficacité B.. avant d'être définie délit.(oç Xéysiv dans un exemple assez récent — domine le sens » : mauvaises paroles « paroles de mauvais augure ». H.jLetv magique qu'à VI. Dinarque. P. il n'est pas plus sur moyen T. toute proche de celle de ôL»a-cpr^|A£~. le sens de « injurieux » Théognis. 417-8) 14-18) c'est : Q^ie Xoyoi. et ce ne peut être qu'une survivance saisissante. 500.- yopta et désigne l'injure. d'autre part. Et il est certain délit plus ou moins public et. 8 sqq. fr. Chez les Ossètes. d'ailleurs. cet emploi de de Ménandre (150) xa/.. xaxwç C. 98. Stob. àv eïirri àv ïSt^ tiç èvÛTr.ap pour oflenser un individu que de tuer un chien sur la tombe de son plus proche parent: le chien.. la même évolution que xaxT. l'idée de xaxtùç XévEiv Déjà révolution du terme s'indique est. ap. A quelles représentations. le cri de la chouette. entreprise de magie . affaiblie et dépassée.e6'. 307) et le texte de Ménandre suggère un rapprochement entre la désignation grecque de l'injure et le latin occentare. tiî. cpauXr^v Tip-^^tv à|jiai»ptaxet outs 7rp^$i. Les sont mises ici sur le même plan que l'éternuement. Le terme enfin a subi vts. oHrande impure. Ag. p. dans l'aphorisme de Démocrite.

Cette idée de la réaction magique apparaît singulièrement nette dans Wûnsch. 22. prototype de la xaxr.n° 83 = Audollent.. l'injure qui interpréter. le — xaxYivopîa. Wûnsch. p.£t' £x[£(v(«)]v [xt. Gomment sinon par la même pensée (153).xa[3T(liv. Ajoutons defixiones se laisse interpréter dans que le le témoignage des sens : même si les defixiones sont utilisées contre la xaxTjyopia.. Discov.. Les XoiSopiai rituelles. 80 sqq. Ce n'est pas... pour commencer. Ajoutons que le vocabulaire retient la trace du carmen magique à origines religieuses (154). a toutes développée à partir de semblables origines. et la société lui or le sens fondamental de xaxwç àyopsuet-v est un sens religieux .).fioç îx-i^. que nous venons de rencontrer. n» 4 ['AvaJTfÔT. dans une devotio attique (Wùnsch. in Philol. III. . àiaaièTcl Tàxaxiova. Pour sjl'it [a] ridée de l'opposition du magique au magique. s'adresse aux vivants? Un individu se sent atteint par une mier rang.. O'jtwç xà Kpi-zr^io^ xà p-f.. II. à la N£[X£Ti<. Enfin. délit (133) L'injure est : (134) Nous avons vu comme est instructive l'étymologie de XôiSopeTv.v. Ko'jpai Tov xax' s ix o [0 : du carmen magique. sinistre de l'objet même sur lequel est gravée la defixio doit se communiquer à .[vjt(Ï»v] xal twv 5'. ne sympathise pas encore avec : mais une pensée religieuse qui ne sympathise pas..ixi Aafiaxpi xal vxa OTi Twi èfxcai. nous devons dire un mot de l'interprétation de Hitzig il tient les àTroppTj-a pour les « noms défendus par la loi » et. n" 84 = Michel. dans ce passage. XLVIl [1888].txaTa 'i'O/pi [xal ènxla nature pijuTcpa y£v[oi]To xal twv |j. C. le catalogue des àiioppyiTa devra se comprendre. àv8[pl] tpapiiaxa iroitô. c'est une pensée magique.loi cosmique du talion garantie par le pouvoir des Dieux).. Le rapprochement avec le droit romain le confirmerait déjà. dans le droit comme : H. et. 18 et s. 33 sjjiè 6â xP^wv oeûysiv oixo? iôivôv viaxayop-.Yopeïv (Platon. n' 67 = Michel. : : Taûra '^uypi xxl i-îtapîîTspa. comparant (pp. à l'examen. l'écho d'une pensée lointaine s'y prolonge. Et ce n'est pas pour rien que sont associés les deux mois xwtjiwSstv et xaxT.coi Sf. v..yopb.) le : (132) Trace certaine dans 3 : la loi qui interdit l'injure à Harmodius et Aristogiton ypât^^aç [ô] : Hyper.. romain. c'est que le magique s'oppose au magique (155). Praef..âv (rapportée.. [jiTlSsvlJ év v<)[j. xaraSôi xal ttiv yXûTxav Tt|V xaxT.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 237 carmen comme chant magique (152). le carmen magique qui : seul au début. une force religieuse qui peut se retourner contre le coupable Pind. 23 et s. p. l'opinion qu'on s'en fait. etno'9697. Réf. fut réprimé Cf. en général. De là. L'idée chances de s'être ofCn. Volksjusl. 393 E).. uifJTZsp : l'auteur des mauvais propos et frapper sa langue d'impuissance. Ital. cf. p. comme celui des mots sinistres — et efficaces : l'institution a beau être relativement récente. P. Usener..t' dirsÏTrev [jl-^te [Xejyeiv eÇeîvai xaxciç 'Ap[xéSi[o]v xal 'Ap[i(y]Toye(Tova. Iniuria. pp. Philipp. n» 1322) 'AvSpoxXeîSr. n» 1319 (133) Newton. Huvelin. ont un étroit rapport avec ràywv de la comédie ancienne (Zielinski.. .

. Sur la signification réelle des myslères. et se rapporterait ainsi à l'idée fondamentale du sacré ou du tabou {Prolegomena. en vont siinplemenl « au devant du sentiment personnel » le limiteraient en lui faisant sa part. 154). de restriction. Lois. ainsi dans l'expression toute faite p^à xa-. Il ne faut pas se laisser égarer par les formes modernes que présente l'action à l'époque classique.238 RECUERCUES SUR DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE le droil germanique. d'ailleurs. Ou encore. — . reconnaît-il mais il n'est pas interdit d'énoncer en d'autres termes une imputation semblable (Lys. il Ironve que l'un et l'autre. mais. (15Ti Cf. ils quoi il faut compter. Ant... On voit dès lors la valeur précise ne signifie pas au juste les mots que de l'expression ovoua-ua àTroppr^xa elle la loi interdit de prononcer. En principe. IX. (lob) Miss Ilarhssoii. 236). Dém. aussi S. Utilitarisme bien suspect: il ne rend pas raison. mais à (xjao. 6). Mais il est nécessaire de bien entendre le terme àTrôppr.xa est employé comme équivalent du terme juridique : : àirôppTjTa (157).. p. appellent une autre interprétation. emploie le verbe aTraYopejeiv au sens de xpoaYopeueiv. 44 et aussi OE. I. Ë. in R. qui suppose une psychologie collective. il exprime une interdiction religieuse ainsi. 122). Au reste. Aussi bien. àiroppr^ia. Reinach. les valeurs que nous avons reconnues à ce terme. de Théomnestos àl'encontre du client de Lysias tel mot est défendu.. XXVIII. 871 A. lequel tour à tour s'applique à la divinité même et qualifie les « mauvaises paroles » qui ont leur place. du sentiment individuel lui-même. purement absurde en apparence. XVflI. dans la pensée du droit. cf. aussi : bien. — : . il signifie non pas « interdit » tout court. nefandus.. en tout cas. Mots qui sont un attentat par eux-mêmes. R.piov le mystérieux » des mystères : une étyinologie nouvelle mot ne se rattacherait pas àjjLJw. il signisités sociales avec : : fiera les paroles néfastes — il a pour synonyme certain appr^xo. même quand il exprime directement une interdiction. dans la plupart de ses emplois.. moyen inopérant sans doute. 122) or le mot àtppT. mais qui atteste la survivance de la vieille pensée.. p. Soph. droil d'Athènes avec dressant une ce sentiment.. la thèse de Hitzig explique ce qui. de divulguer les mystères mais cette idée-là n'est pas celle d'une interdiction arbitraire prononcée par une autorité. C'est du reste ce qui permet de compiendre la défense.. G. constatant que le caractère « n'est que dérivé et subordonné. Alors. à certains moments du rite (Dém. Thalheiui in Frohberger's Ausgewd/ilte Reden des Lysias. 6). car il y a des néces. 158. X. il est défendu (cf. 4 Il s'appliquera spécialement aux mystères. p. interdiction du meurtrier /cf. 1/association des diverses espèces d"« injures » sous un même terme. stricte- ment. XVIII. elle devait préexister à la loi même. Elle signifie. liste. qui aboutit à constituer la notion positive du délit privé. mots qui ont une efiicacité par eux-mêmes. propose de [lua-Tf.xo. les mots « abominables ». elle est bien plutôt enveloppée dans la notion générale du « mystique » (156). X. au sens plein. est négatif: l'effort de limitation. 6. Platon. et c'est par une réflexion postérieure qu'on lui découvre cette portée (Lys.

fj. XIII. mais y a du vrai dans la thèse de Szanto (159) qui soutient que..xa. du religieux au magique. souillure (cf. le droit athénien a prétendu réprimer l'injure pour elle-même. Kakègoria. Hél. c'est aussi marquer la même pensée que nous avons lue les dans le terme Xioôt). que donne Lysias. idée d'efficace immanente au délit privé et nous y lisons le même passage. 75 : Tz^ocffHyixoLtji^ °'-* H-tatvo[i. le client de Lysias. et la y.JURIDIQUE ET MORALE ES GEÈGE le ^39 il détendeur est admis à laire lu preuve (158. LVII. en etfet. .. Le meurtre suscitait une réaction meurtre d'une personne étrangère à la famille immédiate dans la vengeance du sang d'abord. Tcaxp6<povo. — — : regard des membres de Y^P : la communauté une aéôçv) . C'est. ce dernier mot qui a dû faire partie des àiroppT. p. AhhandL. Eurip. claire et certaine. p. mais qui ne ressortissent pas au système du droit primitif 'iiaxpaXotaî. 790) qui réagit contre l'interdiction des àirôpp-rixa la doctrine de Bôckh. Glotz (art. sous le nom de xaxrjyopta.riyopl'x en pareil cas n'avait pas de raison d'être. d'une souillure c'est en somme reprocher. !o9- . plus sec en quelque sorte parce que la notion en est plus étroitement délimitée. (158) Pas toujours d'ailleurs le marché. X. faut la reculer dans le passé et la comprendre dans un : sens religieux. primitif « la » même . o. au moins dans les premiers temps de la cité au contraire.7)xpaXota?. que l'opinion publique réprouve. du reste. xaxTiyopias [Dém. c'est que les premiers mots qui ont dû appartenir au catalogue (160) désignent des attentats à la moralité familiale. . 4. en principe. abstraction faite de la diffamation. constituent essentiellement au : : .xY. 30. Ce qui nous confirme dans cette vue. faire descendre à une époque trop basse cf. les offenses à la moralité et à la religion familiales. 163 (160) Il : = Die Verbaliniurie im Attisc/ien Prozess. pp. au début du plaidoyer. cela (159) suffit reprocher à quelqu'un le métier qu'il exerce sur à fonder une 6{xf. semble bien mettre le l'imputation d'homicide en général à part des àT:ôppr. Ainsi. Théomnestos aurait eu la partie belle et se serait défendu au moins par des sophismes autrement spécieux (161) d'autre part..]. ne faudrait pas. 6 sable (àXV àvSpocpovov étant d'ailleurs tout voisin par l'écriture de àXXà c'est le mot Tiaxpocpovov et se trouvant attiré par les lignes suivantes) qu'on attend naturellement dans le passage. 148. il de la fausse imputation d'un fait qualifié délit seulement. L. : : Ausgew. dans la poursuite judiciaire ensuite. n. le terme signifiant l'injure est d'un enseignement aussi profitable que les précédents et non moins net : nous y retrouvons.Ta. in Wie7ier Studien. en place de la correction nous paraît indispenàvSpôcpovo. pp. 103-108. (161) La difficulté a été quelque peu sentie par Thalheiiu.at. et si c'était àv8po96voc qui eût figuré au catalogue. cette pensée.

120 sqq).. notam. Jusjuhaxdum Et..v. Polit ^ VIIF. — — impliquent des représentations du même sont dans le même cas. atiÀvi de revenir upoTr^Aaxio-iJioç qui méritera au moins une allusion.àêYi et de xaxviYopîa. alors que tout témoignage s'accompagne de serment. 182-185). xo aôofjia a d ^ ù v a i) . li. ô' il f. il n'existe le délit privé de l'espèce que pas de terme juridique désignant nous étudions (162). aspersion de poussière en signe de deuil.s'jooixapTjpîa. et le parjure est abandonné à la vengeance des Dieux (cf. justement.).. l'applique aux deux modes homériques de l'alxta véxj. ordre : nous avons vu Xwêrj sur ces deux là nous aurons occasion ment..5T. XXIV. Pourtant. on retrouve daivs le verbe des correspondances I. XVIII. soc. 929) .a retenait lai-même quelque chose liste des « délits privés » s'est accrue. En dehors d' liêpt-ç. et faisant. Il. Eth. Nous avons montré que primitive. peut avoir une valeur tout objecTTpojtoTrov. délit plutôt tardif (Leisi. primitivement. 1311 b 6 (xo el. 305 . Mais d'autres mots. de p).. gr. 2.jL-^. (Od. I.(j/ufjL|jLévo. 48. les mots de la famille de xaxoç. comme Gôpiî^eiv.240 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE 6. 169 sq. 15. n. 615 oLXayr^ (xèv. . s'appliquent dans le môme sens que uôpt^eiv aux délits sexuels : implique alors l'idée d'une puissance religieuse un : Eurip. AL»{ji. d. w y^vaixei. il est compris sous la notion de parjure. les termes que nous venons d'étudier : : ala/^jvetv : 180 //. Schmidt. : ala^ûvr.). à propos des sévices exercés par Achille oùSé sur le cadavre d'Hector. Il le terme dune pensée chemin fait défini : va de soi que la ^{a. p. a l <j x ^ v r. pp. ^pépsiv. 't (162.. /aptev tive. où8' àv sTç »ûyoi ^poTth^ TtoÔ' w — exclusivement un = : xal Zs-j.. G/. Arist.. 11. et que les Dieux frappent d'inefficacité : fjLiv a'ta/uvei. d' alxia. de termes positifs.aîv£o-8at. Dict. Ag.. art. désignant directement mais le « faux témoignage ».. è»op. pp. est déjà fort avancée dans Homère le substantif XVIII. Psyché. Glotz. 1626 (cf. aTtuàÇeiv. 323) désigne le sentiment de l'honneur. remarquables avec . 12 XXI. T. et j/ u V £ 23-24.. . est un. 'évolution du premier . à un degré au-dessous de Talôw^'IL. vôtouî iyiyAT^''zkii ôer. Zeugeim A.'Xixou. — ainsi (163) dans fragment de la Phèdre de Sophocle pour l'intelligence duquel il est bon de se rappeler la représentation quasi matérialiste de ce que nous appellerions la maladie monde du personnage et qui est en réalité une souillure (164). qui n'ont pas été consacrés par le droit. XVIII... AT(t)(_o. Le verbe et le substantif avec une valeur active Esch. (163) Soph. xaxdt • (164) Cf. 87 (xfi toù awfjLaxo. sur Vanl.. p. Or. alayijv£(. à propos de VlHppolyle d'Euripide. VII. el Jurid. Eschine. Hohde. des Anl. fr. ainsi ^{.

on sait L'adjectif xaxoc. : . ô. Se fxot. toûtwv 8' aiôa^psTOv oûSsv.. iL. (168) V... (169) "Hvsyxov xaxdxax'. Tyrtée. : aux Erinyes. TcaTÉpwv. 9. 489 X. 6avàxoio ôoxeipa (notion dérivée de la xVjp homérique. : 571 . dit Zeus à l'adresse des mortels et en parlant. impliquent. la voùaoç étant conçue notera comme une sorte d'enchaînement magique (cf. . l'idée d'un fléau de nature religieuse.) expression de a I a / u v £ v ylvo. l'adjectif substantivé xaxov. 521-2. sv voûao) xf. p. ÔTipàv XT. pond dans terme de xaxappuTratvEiv. 308 le : cf. par réaction même contre l'idée de l'impiété objective. XXIV..xoi. Lois. le substantif xaxôxr^c...xai xpdxsp' tàEXysa itocaywv. "iiirou. C. qui a V. 364) ou « les Dieux » (XIII. est en corrélation avec celui d'otxY). J.ojv. 364 pour sujet un Dieu (XVIII. rieurs attestent une correspondance notable avec le système de notions que nous avons défini dans Hés. pXàt^'a. dans leurs emplois primitifs. T. VII.. mais souvent reconnaissable dans VOdyssée : je V. de Pandore) apTTa^ SI xaxTj. même — XXIII. ôç TtÔTajjiov oiaof. ce sens est accusé dans xaxoHérod. 919 E. XVI. on y particulièrement significatif (166) èv vouaqj. 321 veux parler de l'expression de . iaiiâcriov S' oîpa xov ys 6eoî xaxÔTT. E. Le dernier exemple : est . 134). souiller. et J. ailleurs (168). = . (166) 'Qç S' ot' àv auitiaio. l'opposition du ôat[i. le terme xaxo. et l'expression expae ôaîfjitov Les textes postépour exprimer la xaxoxTjÇ est consacrée {Od. Harrison. 174. notion concrète du « mal ». 235-6. etc. même dans CE. 414. : : (165) Voir les textes indiqués à la note 106. 740 : Prolegomena. jâtôxoî iraiSsaui oavr^Ti Tzctxpàq. la valeur est un peu affaiblie.wv néfaste et des Oeot bienfaisants le SatiJiiov est souvent 394-7). Le mot est technique dans la langue religieuse « du faîte des temples coule un sang noir.. 5è oî è'/pae 5aiij. xaxov = fléau (5a>aw 356 xaxôv.JURIDIQUE ils ET MORALE EN GRÈCE 241 évoquent alors des représentations déjà effacées. crTÛyspo. appliqué sinistre (associé — : . 57-o8. xaxà a le sens de .T{ ys /sTpaç àvnrxo. le verbe rapprocher de Xu[j. XTQÇ (469). 129) et surtout de Xueiv xaxoxV^xoi.xô|xevoî. (à quoi corres. eXuaav. 736. le mot xaxoxr^. Quant à son domaine moral IL. ou plutôt préhistorique. VIII. fr. xaxôrf. dans une prière d'Ulysse IX. (167) Cf. TipoTzr^Xaydtei^) retient obscurément une idée de magique dans l'exemple d'Homère. 64). EL. X. ». t Od. ôsàç taxu). u a î <t y^ 6 v r. 43). 207 et — : ..^ xaxoxrjxa (III. Hés. à l'individu qui néglige un rite essentiel. Chez Eurip. 1193. . Ion. XI.vsyxov sX(bv [xèv. association de la xaxoxr^c et de T ocxtj Chez Sophocle. Tr. qui prévoit un délit de y £ v o Eurip. (^d^eI... III. désigne à la fois l'impiété subjective et 1' axv] objective. /.. àvàyxa. r^cryuva. qui est à Mais d'autre part. mais qui ont primitivement une valeur religieuse très forte. réponse de la Pythie TTpotôôv xaxoxTjxo... BoucL. II. 175 . Od. VI. IL. 1' ala^ovr^ est du même type que la Xcoôt) la véfjieai.. (jlÈv £[jlT(V àpsTr^v. qui est entre autres xT^p Gavàxoio) (167) aux vers 352-3. 149. 242 (rapport avec ancien. et Platon. (165) que la même valeur s'est développée relativement aux modes d'aixta que nous avons vus rapportés au même terme.atvea6ai. Ji ^évoi. f. passage le ..

retentit doublement sur le droit. et xuxXou x' àXXûs'agit ffat xat àvai^^ij^ai xaxôxiQXo.. 118. qui (Tompare Empédocle avec les fragments orphiques 153. Leisi. 237. mais souillure. VIII. 119. — — : : . n° 916). Lac. 493. sauf pour la vente d'un esclave Meier-Schômann-Lipsius. cf.. IX. et p. 4. d.1a xaxoxe/via du droit privé est restée marquée d'un caractère si individualiste qu'elle n'y reçoit qu'une sanction précaire ou très localisée il n'existe pas de Sixt^ xaxoxÊ/vîwv (d'action « de dol ») universelle tendant à la rescision de la vente. AUiénog. I. 109.(jia Hto^Or. 493 p. (HO) (171) Cf. s. Axadikia du Dict. {jiéXXet. p. G. 22. terme qui se rapporte souvent à l'idée du sinistre. en général. xaxô^ au sens de — quelque sorte privés qui n'étaient pas d'abord réprimés par l'Etat. mais seulement à une indemnité pour le préjudice causé (Meier-Schômann-Lipsius..'xt. Psyché. p. d'ailleurs.. 0. xaxôv aûaxr^vov synonyme. Il : xaxôv Ant. v. appellent sur les coupables les « malheurs » (C /.. les sacrilèges en D'autre part. . fr. dans le droit pénal public . II.E. le mol xaxÔTr. Dieterich. n"» 96 pov çôéYYSffôat ^j 97 : e'. 1. Reinach à Hyper. n.2i2 RËCllEKCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE Dans l'orphisme. IL. 144 (Diels. I.. (171). . in R. « al(T/uv6£tT( xov ».. il de se libérer du cycle des existences mortelles : d'où les expressions orphiques xuxXou xe Xf^^ai xal àvaTtveùaai xa x o'xtjxo. : d'où l'expression I^. a pris un sens défini. 215). le mot s'applique à cette infamia Or active et rituelle que nous allons retrouver : et qui. Kern. 124. du mot d' axr^ (Empéd. n° 84 ZtoTrupo^ xaxov xal {xéXeov la violation : : = malum huit et infelicem se fois. et spécialement l'empoisonnement de là l'emploi du mot chez xt roif^aat). chez Empédocle... 97t Gide-Caillemer. cette notion religieuse de la xaxôxT^. un attentat de nature magique. cet emploi technique..- ne faut donc pas s'étonner si le composé xaxoxe^^veïv (172) désigne.. irapaXaêelv a d'ailleurs pour . 1. dérivé des anciennes représentations les rites que préconise la doctrine sont deslinés à éteindre le « mal » inhérent à la vie présenté et désigné : — aussi. p. Beauchet.G.). f. n. l'idée du xaxov tend vers le magique : lâche fréquent chez Homère. Eludes. : p. C. se reproduit par Et l'acte nocif lui-même est un xaxov. VT. fr.. II. 2. Nekyia. . Beauchet. p. PhiL. que la defixio veut . note de Th. des Ant. 121) (170) fr. V. mais surtout l'usage du mot xax6.. . /.'i'i. 10. frappe : le xaxo? chez les Spartiates Tyrtée. elle n'aboutit pas à la rescision du jugement. p. art. XIII. c. 301. Voir spécialement sur cette locution 498 sq.. n. Rohde. 'Weil. cette réaction religieuse répond à la nature également religieuse de son objet représentation qui se laisse encore apercevoir dans les termes mêmes par lesquels Xénophon. = quant à la xaxoTe-/>iwv Six-rj intentée contre le plaideur qui a produit de faux témoignages. Arcli. 132 et s. (Txeùaai xaxoxTj-ro. p. habeat. Gesch. pf. p. exprime la mise au ban du lâche Tra? ijlev av : xt. Rép. 223. 181 H.11. /rf. 222.. et restreint (172) Prise dans un sens positif . in Dict. dépouiller de son efficace (Wijnsch. ib. 228. est familier aux auteurs de defixiones AudoUent. Zeuge. XjYpo. 227. par exemple. des Ant. ainsi des tombes. D'une part. 1 .

des purifications incontestablement religieuses qui consistent dans un véritable lavage (175). luere. v.. le plus considérable est 0. de la thèse (174) Cf. souiller. n. Il oii — : xaGaipco. tôt la confusion.JURIDIQUlî ET MORALE EN GRÈCE 243 L'ensemble s'impose par sa masse. pour une raison : moderne.. Il ne se retrouve pas chez Homère signifie un aira? nous n'avons que le composé aTtoXujjiaivsa-Qa'. p. que nous avons rencontrés. Il vaut par la concordance des résultats. adverse. 654-6 'AX'X' eIjxi upd? ts Xouxpà xat i:apaxT£ou<. la supprime. Lustratio dans le Dict. souiller. un sens tout Des tenants (173) p.. 3. Et quand on voit.. IV. si contradictoire. 229 sqq. : luere.. 228. . s. p. laver. qu'on semble : le écarter pour des raisons sémantiques. Quant au rapport entre Xoûw et luere {delubrwn). Mûller. des Anl. Solidarité. mais le substantif Xûjjia y est fréquent et vivant. : purement physique et ils avaient à l'origine un sens s'appliqueraient à la saleté matérielle (jctapoç. qu'elle peut très bien comporter la synthèse des idées qu'expriment en latin les trois luej'e (profondément distingués par Bréal. Lors donc que les emplois homériques nous donnent pour xaOaipw et les autres Voir Glotz. il n'y a a priori aucune raison de penser que cette signification leur ait été dévolue tout d'un coup.. XG[ia lat. v. xaOapdî Boisacq. Mais il est un dernier terme que nous voulons étudier ici résumé et la conclusion de une valeur religieuse l'enquête présente et il comporte des emplois dérivés. délier (voir d'ailleurs art. Dict. nous ne voyons pas de l'aison de ne pas maintenir la notion de souillure est si multiforme et. et luere. s. 1406). entre les idées reté morale. et polluere. | XsijAÛvai. lat. {juaivd). Xûfjia. lutum. analogues à ceux générale. 172) les : rapprochements proposés par Bouché-Leclercq. Mais la purification qui nous toute physique a un sens religieux pour la pensée reliapparaît gieuse celle-ci nie nos catégories le témoignage des langues indo-européennes (174) manifeste l'association étroite. ou plu- au nettoyage qui : . étym. xaOapoç. parce qu'il porte en : lui comme le c'est AujjLaLveo-SaL 11 a « salir. Prellwitz*. . d'impureté physique et d'impudans les textes postérieurs à Homère. — d'ailleurs On a soutenu (173) que tous les mots de cette espèce. et se soit produite un beau jour dans l'intervalle relativement bref qui sépare Homère des premiers écrits qui en témoignent. souiller ». bibliographie. AJ. (175) Ainsi Soph. boue. p. La probabilité du détail s'élève à la certitude de l'ensemble.

. dans le deuil général. 23. : : I I \ xaTTjûÇaTO. les que l'on est évident que la propreté matérielle n'est pas ici conçue pour elle-même et qui oserait dire que la pensée d'Hésiode fût nouvelle à l'âge — d'Hésiode? eïpiaTa — Pour [Od. que (116) IL. C. 316 cendres. nous en ajouterons un d'Hésiode. que nous avons déjà fleuve. . HEÔpCvwv S<5[jLwv èffBfjxa x(5<J|xov t' eÛTipeirû). 724-5. texte cité à la note 168.. XXIV. (177) mer une idée constamment a une vertu religieuse de cf.. àTïoXu- I..2i4 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE il profane. 313. (180) En — : . 63...\ p. celles qui résultent de la peste. ne changeaient plus de vêtements. il cité : avant de passer un xaxoTYiç il faut se laver le contracte attire mains. xat (jxâsx rpôaOev éaTÎai. 302 le Voir sq. 229. particulier. Alt. Regarderons-nous au seul emploi du verbe |jLaive(j8aL (//. T^<j%-f\<jxxo. sont accomplies suivant des procédés auxquelles la pensée grecque attribue constamment par ailleurs une valeur religieuse.. Eurip. lY. Les deux exemples de l'époque classique qui sont cités (178) comme attestant un changement d'idées sont exactement semblables aux exemples suite? La même homériques. n. 1 Soph. IL. Xeuxôv XP^* èXoyaaT'. sans doute. bien. — Or que trouve-t-on dans les actes religieux. chez Homère. i% S' ÉXoûaa aToXiî. Od. Aie. chez les Grecs. 48). la purification. (179) Cf. II. sinon en fonction d'une pensée religieuse ? Celte de l'armée est le prélude des hécatombes. Hés. on le sait. véritable convient de replacer Homère lui-môme à son Aussi intellectuel. parce que. sinon la courroux des Dieux (177). p. 159 sqq. religieuse (180). 335 sq. D'abord. ni plus ni moins. XVIII. les Achéens ne se lavaient plus. Gr. on rejette les souillures à la mer la : c'est attestée. Schômann. Tr. 97). Orf. on se revêt de xaBapà la cbose. se couvraient la tête de étaient souillés cf. est le prélude obligé des actes religieux (176). les pratiques moment parmi de purification que nous observons dans V Iliade et dans V Odyssée. Œ.. envoyée par Apollon en punition d'une faute Ces purifications.. vojcroç à£t. XII. 750 = XVH. comment l'interpréter. qui n'est pas du tout primitif.. xax-?] (v. 1597 uSaai TtoTafjLioi. la pensée religieuse est loin d'être méconnaissable. . Solidarité. et J. Ainsi. XXIV.xriçXotY6s(v. 312-3)? Avec la meilleure volonté. débarrasse des souillures Quelles souillures? De toute nécessité (179). 10). 261. Ameis-Hentze ad v. on se purification (XujjiaTa). Aux textes d'Homère. IXuae ÔuaTriveiî (178) Glotz.

Walde. = non fa!<) Un emploi notable de xaOapoc.. qu'Hermès fait XXIV. Eurip. suffio. Ce qui. p. expression la mer dans — : ne peut donner à xaxà une autre valeur que celle qui a précédemment et que nous venons de constater. Homère trouve = .. 3) et n'a pas été retenue. 259. pure » : la II. Rohde. februs.. 790-7) auparavant. p.. sentation ne peut appartenir qu'à un très vieux fonds r^ à[jL'lav: 1193 On purifie Toç désigne F]sch.s. XXI. v. 652.. où l'on été définie conception se retrouve chez les Latins (Pline. Od. le soufre est qualifié de xaxwv àxo. I.. Or. il est impossible de ne pas se rappeler ici la Antisignification qu'attribue la pensée religieuse aux aperta Iocq. XXXV. : II. 405. 230.. Psyché. infra. 50). cf. Iph. Et. 491 X. Gz. apparenté à 9uoç 8u6w. « claire ». dans la notion de Xu|jLaîv£a6ai. (182) eéstov Curtius. témoignerait de l'antiquité des représentations religieuses. atteste que les causes de meurtre sont jugées en plein air afin que les juges ne se trouvent pas sous le même toit que les hommes aux mains impures (cf. .. lîupydv pour désigner une hauteur correction en zùcmyr^ est inutile (Rohde. et c'est /. eûayT.. n. 'à àvQpwTTwv xaxà. Eurip. C'est à propos de l' alxta infruc- l'occasion de se : des cadavres » . une commune sentence que GàÀao-o-a xÀu'Cs!. c'est une locution déjà aussi banalisée que èv xaôaptj) au sens de in apei^to (IL. Priam : — (181) Voir Rohde. gr. Perses. 199 XXIII. non seulement la même explicite. Psyché. (183) phon. p. fehrus. 481).. est justement qu'il fût souillé (fjLiatveaôai). — (183j Cf. T. 3. Anh. il n'avait pas été permis (où 0£[jit. VIII. 578 (181). et nous préparent à en voir. El. n" 320. ([jLiapoç) XVI. d. H. remonte à une racine indo-européenne exprimant l'idée de purification (182). p. le principe même et le fondement. Sur la vertu purificatrice du soufre. V. plus dans l'adage d'Euripide. cf. Dans ce dernier exemple. Sur le rapport avec sabin februm. *.. 420) que ce cadavre n'est point souillé c'est à propos du casque d'Achille (184) qu'il est dit (//. n. : — sur le cadavre d'Hecfor. chap. 237. Cette repréT. 61). 11. « SuppL. Psyché. « là où le terrain n'était commenter pas occupé par mais de plus. § ii. à . 219. aussi avec le soufre (//. H y a surtout lieu de relever ici quelques emplois homériques qui se relient très bien au système de représentations magico-religieuses que nous nous efforçons de définir.. Dans le premier de ces exemples... pide. N. Lat. 1177). Wort. XVI. un de ceux qu'on invoque pour dénier à l'idée religieuse de la souillure tueuse savoir tentée par Achille (//. etc. mais le mot Oéstov « soufre ».. dans l'expression même homérique de la « pureté ». (184) Sur la vertu religieuse des armes. III.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE le 245 vers d'Euri- purification. lat.

2) : REcnERcnKS sur le développement de la pensée rantiquitt'. du sens de « souiller ».. p. alors qui! s'agit d'une notion à double face.. assez le nombreux et suffisamment nets. 79. IX. modeste qu'est l'antiquité homérique (Glotz. 16. 28) permet à la famille de la victime d'un meurtre de mettre à mort le meurtrier en rupture de ban (àTcoxTetvEtv) ou de procéder contre lui à la manus injectio en le traînant par devant les magistrats (aTtàye'. Aow.aiv£(T8a«. mais interdit de le ). IX. alors que la peine capitale est une purification pour le Dans le même ordre d'idées. V. observons que l'emploi homérique de l'adjectif . le sens physique dans répandu l'opprobre » sur la t^te de leurs maîtres et « dormi » dans la couche des ennemis de la famille. 214. lll. La loi de Dracon (citée dans le ment terme Dém. (186) que de tirer par ceux de {j-aa-iyoùv (fouetter). notions que nous avons étudiées et qui ne peuvent soutenir qu'un étroit rapport avec elle. l'idée de souillure.. 462 sqq. 11.. de lui une compensation en argent Démosthènc commente le terme de Auj^a'lvsTSat. 1.v). le XujjLaLveo^Qa». 12. Choéph. Ssîv. attestent pour le mot même sens (187). Hérodote. Et des exemples. IxaoTiyoûv. Ssîv (enchaîner) et autres. s'applique une punition qui. 121 S. actif: le {jLaKfôvo. réservé au Dieu Ares. XX. 873 B. Prom. V. On ne voit pas d'ailleurs pourquoi dans un pareil cas. Xu[Aa(v6!y9ai.>. 991. L'étude des mois.33. quoi qu'on dise. sous la forme du verbe les comme homérique est le pendant du jjLaicpovo.a6ap«ï) ne doivent pas périr pendues. à la représentation religieuse de la souillure. VI. 147.>. 9 : . : t6 itSitv \i. ïélémaque annonce que les servantes infidèles y. (187) Esch.246 jusqu'à n. est celle d'une force elle est donc com: prise sans dilliculté. OavaTfu.u[i. aussi bien (àTCoivâv). aux coupables qui du mot ont (463-4) . XXlIi. à savoir par le fer : elles seront A i vrai dire. constitue un outrage plus actif. l'examen des faits. signifiant 1' « impureté ». même à l'époque classique (185).y XXII.jiiaicp6voi.. notamment fièv 5-^ jjlt. — textes postérieurs. u. 33 {i. 63.. dans le sens actif de cruore poUuens et non pollutus. il est passé à celui de maltraiter. si Od. cf. Isocr. de ci de lîi. justement parce qu'origi nelle dans la pensée religieuse. chez les orateurs encore Ant. n'aurait-il pas. se relie fort bien.. Ta TOiaÛTa xoieîv ^évei. comme dans les qu'il n'était : n'est pas plus « moral » dans ce cas les autres il est religieux.. groupe.. 229. indiquant des pratiques analogues. sens religieux de « souiller »? Or. ordinaire.T. la « pureté » serait incompatible avec la mort violente sinon. tout concorde : com- de toute antiquité. il faudrait admettre que toute mort violente est absolument un principe de souillure. (183) (186) Voir Platon. 290. yv»ôpi[jLOv oI5' 6x1 Dém. XXIII.

31. Verbann. 4. — — : il a l'air d'admettre (§§ 31 et 33) .èv -cq^) à$ovi àyopejei. : : — — . le désigne. car il ne se retrouve ni sur la pierre. et qui ne serai licite qu'avec les modalités définies par la loi. Mais cette construction. implicitement réfutés dans ce qui suit. qu'ainsi la contradiction dénoncée par Thalheim subsiste en tout état de cause. mais on n'a qu'un indice. et qu'en définitive il n'y a pas lieu de croire à un amendement on s'est trop pressé de jurer sur la parole de Démosthène dont l'argumentation est suspecte de sophisme Démosthène fait ou laisse entendre qu'il n'est pas permis aux parents de la victime de tuer le meurtrier. il — parait en efîet se retrouver sur la pierre : place qui convient au passade. c'est (jitj XuiJiatvedôai ^lT^Bi àrcoivav il fut permis de procéder par manus injectio contre le coupable. vraiment. la valeur morale. faut admettre que la loi. . dont les arguments se trouvent. de ce dernier terme qui est en question. les délits commis par un individu (188) Cf. Giotz. pour les Athéniens du vu" siècle. 245). Les éditeurs des Inscriptions juridiques restituent dans l'inscription le texte de Démosthène. purement et simplement. Surtout. et qui n'en est pas une. Thalheim In llermanns Gr. py. 42. ni dans son texte même celui-ci : exécuter par l'entremise des magistrats comprend seulement (le a>. nous ne voyons aucune raison sérieuse de le contester.. avec une lettre faible. fut amendée sur ce l'amendement. à la 1. XXIII. suivi par Usteri. de le maltraiter ou mettre à rançon. c'est-à-dire de le traîner par-devant les magistrats compétents (les thesmothètes Dém. correspond à la citation de l'orateur. on s'explique bien mal la forme même de l'amendement si le progrès des mœurs avait fait admettre la nécessité de s'adresser au magistrat pour l'exécution du meurtrier en rupture de ban.JURIDIQUE ET MOIULE EN GRECE 247 celle qui interdit les Que la seconde partie de l'article de Dracon sévices et la composition t'orcée — remonte à Dracon lui-même. p. n. et en etfet. Dracon ne peut pas avoir tout ensemble permis de tuer il y aurait là une véritable contradiction. B. contre un autre. èv -ctjj à$ovi e'pTjiat : membre de phrase qu'il donne pour une citation. 8-9. (h:. en revanche. p. Argument dit-on (188). repose sur une pétition de principe que savons-nous s'il y avait contradiction. Usteri. 31) et de le faire exécuter par leur ministère il fut interdit. d'une façon générale et abstraite. il .. — Chez Démocrite (Diels.. Sur quoi Thalheim. 320. : raisonne ainsi postérieurement à Dracon. qu'àiToxxeîveiv et àizàyEiv désignent un seul et même acte. Sotidarilé. Alt. ^cht. que l'orateur falsifie dans verbe terme explique celui d' u6piî). u. dans cette inscription tcoi/t^Sov. la o. à permettre de tuer et à interdire de XufxatvsdOat ? C'est justetement la valeur. i». . qui. croyonsnous. l'amendement ne devait-il pas porter aussi sur ce point-là. : . mais seulement de le faire point : et interdit de Xujjtaîveaôai. le premier soin des nouveaux rédacteurs ne devait-il pas être de modifier àTcoxxeîveiv qui prêtait au moins à équivoque? Mais la vérité est que ce terme avait conservé la seule valeur que raisonnablement il puisse avoir celle de tuer.

Qu'il signifie « luer ». nous fournissant un terminus ante qiiein n'ait reçu une telle signification qu'en vertu du caractère magique qu'on attribuait dans Torigine aux « mauvais traitements ». à l'exemple d'Athènes et en développant les — — : . c'est bien celle là. Il prétend que Xu{j. il droit. dans l'emploi fait Dracon. 6 irpcatu/wv irpto-roç Tôâv mier de toute équivoque possible : oîxetwv Toy à7ro6avovTO^ Enfin.aîvea6at. c'est l'allure embarrassée d'un Démos- chances pour que reculée — Dracon — : thène. tantôt interdites. répondrons-nous ? Les auteurs d'homicide involontaire (189). chez Dracon. cpépsiv /al èXauveiv.^48 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE son commentaire. il débarrasse le pre871 D-K. à une époque Aufjiatveo-Bat. il résulte manus àyeiv. qui désignent. il est à peu près certain qu'on ne comprend plus ce qui en témoignerait. XXIII. 845 G). ni àTràyeiv. àiroxTeîvsiv qui vient tl'ailleurs avant ne saurait avoir deux sens.. seulement à l'intérieur de l'Attique. tout autre chose que l'acte positif de mal- (189) La 43. or. c'est-à-dire ni la injectio sur la personne. loi l'indique par elle-même: voir le commentaire de Démosthène. certaine espèce de meurtriers. ni èXajveiv ni cpspetv. En réalité. tantôt licites. Tj xal xôjv ttoXitôôv est àvaTt x-rsivéxco. 2° qu'il n'est pas permis de « maltraiter » au sens de Xu|xa[v£(T9a!. qu'il distingue (à7cox-£tv£iv et à'Kà-(tiy). ni les représailles ou voies d'exécution sur les biens. Kt aussi bien. continue-t-il. deux teimes. il est permis àTràyeiv un argument qui propre à IJsteri se : — — permis èXauveivxal cpépeiv xat àyeiv (Dém. ! 1° que Xufxaîveaôat ne comprend cette discussion. le Le îémoignage de Diacon proscrit la chose. des pratiques. la prescrit dans ce cas exceptionnel. dans notre article il est à leur endroit et elle l'aurait interdit à l'égard des meurtriers volontaires S'il est une contradiction inadmissible. . ctysiv. : De toute soi ni en ceux qu'il est permis de mettre à mort purement et simplement. c'est ce que àTToeYeiv confirme la législation platonicienne Platon. « laïcisé » et banalisé. cette valeur même pourrait avoirdisparu du vocabulaire de Dracon. si attentif en général à écarter de son système Tatimie primitive {Loi^. 44/ Mais quels meurtriers. elles sophismes qu'il s'impose pour accorder la permission de tuer et l'interdiction des « mauvais traitements ». retourne contre lui. à l'égard du au sens nouveau meurtrier. IX. qui y a déjà des ainsi employé. Ainsi donc. la loi aurait continué de permettre le Xu[jLaîv£<T6at . est considérable : consacre le mot pour nous. au iv** siècle en tout cas. (au premier sens emmener comme esclave). XXIN. peut comprendre en soi aTràYetv. Mais le qu'en sens premier du mot nous induirait déjà à voir.

mais aussi : •: — Xû[XT. le sens que nous avons mise à : indiqué pour l'enchaînement et la flagellation (191) en particulier. de movle peregr. Glotz. IX. il les réactions s'agit de limiter. conclusion de l'analyse.. la pensée son qui dicte l'article draconien se laisse fort bien situer à moment pour la législation pénale commençante. pa-^savi. v. ne paraît pas douteux que. Ainsi. Cf. Suidas. (191) Pour l'usage de la flagellation et quant à l'énergie avec laquelle la cité commençante réprime cette pratique. v. ceux qui avaient à mesure pris un caractère magique de plus en plus accentué se constituait une solidarité que reculait l'esprit gentilice et que social : nouvelle.. s. mais on interdit certains sévices de sens religieux. comme inhérente au système de représentations que nous avons défini. la permis de ressaisir. nous dit Démosthène. AaxtdSat). par ces deux moments de mitive du il mot Au[jiaiv£o-Qat. en les autorisant partiellement. = Dracon ôevxa (192) et la î^'. t^.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE traiter. 4. aux pratiques définies que peut désigner le mot. 1. Lois. 871 D-E. 7 at x[s] tC. . enchaîner. parmi les survivances de la vengeance privée. quand elle interdisait les » voir notre commentaire à Platon. par suite. on permet de tuer dans certaines conditions. Lucien.. notion. et « autres choses semblables » on peut penser aux tortures (que Platon permet à l'égard de l'esclave meurtrier nous verrons que le mot Lois. Michel. 858 B). Surtout. un sens tout à fait spécial. D'ailleurs.vtatov Il fameuse rhètra éléenne. 9 Hésychius. est interdit. et les autres termes la même cor(190) Au[xot(v£aeai signifie. que s'adres: sait la loi quand elle mauvais traitements permettait de tuer et. dans les outrages — — infligés à l'adultère (Aristoph. l'idée particulière de nous est la souillure. Solidarité. dans le principe. retrouve. 1083 et le schol. : . 168 . fouetter. par la valeur priet par la dérivation qui s'en est faite. IX. s. 250 et n. la 249 retenons que le ).. aux sévices exercés sur le cadavre. s'il qu'une telle idée atteste et confirme la signification essentiellement religieuse de ce système mais c'est une conEt c'est est vrai : comme une clusion dont la valeur probante se doublera si nous pouvons retrouver entre Auu-aivsa-Gai. tov aiTiaifxaavtot. ce fût au yévo. Nuées.. on a attaché d'abord (190). dans la vengeance du familiales (192) qui se donnaient carrière sang. un rapprochement s'impose entre la loi de Plut. quand mort est licite nécessairement. le sens que nous avons reconnu en général à travers tous les termes que nous avons étudiés. n» 193. et c'est le sens que nous fait pressentir la valeur religieuse deXu[jia'lv£a-Oai. .u[jLa'lv£(TQai. à cette alxîa y fait parfois allusion L'idée et le fait de )vu[xa(vea6ai se que nous avons vue dégénérer en magie.

878 (cf. d'un iléau (193) a-nri. Esch.. etc. E. 47). OE. notione et indole. les emplois du IV* siècle où Xu|jLa(vea-ôxt exprime avec un accent pathétique ridée de la subversion de la cité. V.. (198) Lysias. cf. Cfioéph.. 64. f. n» 728 (tO : jxTiSè axîOo. Isocr. émane les substantifs de cette d'une pestis.6<JvTwv : — "ci. cf. la Xwêri... la . èizl . que nous avons aperçue vérifie. en vertu de la conception religieuse du délit public. Sept.ç Oeoû X u|jLaiv£ x(. XVIII. fûja. t\ (JTpaTTiyôiv 'sixu\6x()<. 803 (Xûjia opposé à spévx. tivoç t.civ.3Xàê7i.. La représentation se survit. Xw|Aî(iva. l'idée très nette du sacrilège (197) d'où dérivent. bx'-^ç. Tous ces emplois. t. où Xu[xav8èv Séjxxî correspond aux iTxt u-f' r. C. (193) Remarquer l'expression 8ô|X(jv èirlXJfXTi. tu/t.. 632 sqq.. . D'autre part. 88) ai. cet emploi répond à la conception f/éc. . it<iXEt. comme ràTri (195). 1099 (XûjjLTiv XujjLaivea9ai avec.. XVlli.. n. pour sujet. dans certaines procédures droit pénal primitif.. 22). (196) . des lois.. dans une inscription de Cyzique XX.. : . c'est l'idée générale d'un attentat au sacré..awv xaxix. Utilisation religieuse.. . 29 (pendant de TcporriXanotons aussi. puissance et — Et cette néfaste notion multiforme. 648 131) favorite de T "Att. Esch. 378) le sens que nous indiSoph. quons semble préférable à celui d'opprobrium que propose llermann).. itivTa taût' iXu[xa(vgTO toïç oXoiî . 1. s'affirme dans 1' « aveuglement » de l'esprit (196). G. p.). irrésistiblement à émet des prolongements identiques . J. ceux que nous avons observés.. Kypris) Bacch.. Il s'agit de cette réaction collective du et inorganisée qui s'est perpétuée dans certains cas à (193) Rome : (199) Eurip. sinistre. l'usage du substantif X-jastiv pour désigner l'atteinte criminelle aux intérêts vitaux de la cité il s'agit de celui qui aura entravé la commodité de l'approvisionnement et altéré le marché si. su t'w Xû|x' 'A/aiwv. . Eum. dans un exemple de Démosthène. 591. 303 el S'-rî Siî|iovô. chez Eschyle T'Atti frappe toute une famille. c'est la pensée d'utiliser une force vivante et efficace. : (199) Usener.. Isocr.. de l'un à l'autre de L'expérience qui Le verbe d'une famille expriment l'idée parfois de la se suffit à elle-même et. u. etc.250 REcaERcriRS sur le développemrnt de la pensée respondance ceux-ci. tiûcro. 290. d'abord. twv itao6'. Eurip... VI. Michel. du vivante. p. Eurip. divinité (194). : (197) Règlement religieux de Smyrne.. llalische Volksjustiz. 1858. 371. parfois. 64.. 8. LIX. D'une part. txeXiOpwv Xtôfia. twv tt. . il Dém.u[jLa£v6Tat en renversant la maison.. Hél. (198). XUI. De là l'emploi appellatif de Xûfjiat.-rap dont Apollon menace celui qui négligerait une vengeance obligatoire. utc' içpovi X'j[Aa (rapportée à la souillure. moins techniques que ceux de ^XiS-rj (n. : de Graecorum "Atti. Scherer. leur sont rigoureusement parallèles. 9 (fl. comme de ^Xâ6Ti et de Xw6îj Troy.. Diss. xotv6v tti? -ndXiw. (194) Esch. (Bacchos >. au iv« siècle.

. XVlll. 28 Xujxai dvTxecjTot.. Dém. et non point celle de l'acte positif qui appellerait un régime direct la construction avec le datif pourrait bien être primitive on la retrouve : . apparaît l'expression visiblement consacrée d' « outrages irrémédiables » (204). l'objet d'outrages ([Dém. . XX.]. (202) D'où l'excommunication rapprocher la Xwêri que nous avons étudié dans Homère. 242). sont celles qui atteignent dans l'individu le Hérodote principe religieux le plus intime (205). la pensée qui dicte cette atimie est exactement traduite il s'agit d'écarter une souilpar l'auteur du Contre Néaira : mais le procédé même qui la réalise a. : Leur caractère défini. Dans un exemple d'Eschyle où la pensée est particulièrement dense et riche (201). xm vexpc^ Eurip. voir tout le passage. id.. Le règle(Michel. Ces Aujxaî. : èv TOti. conçu comme rite ensemble la souillure déprécatoire on y trouve coniractée par le fils qui se dérobe au : devoir de vengeance (202). et (yaXxr.. 303). à un âge de pensée positive. (204) Hérod. . 9. y peut être impunément LIX.5' à!je6-r. dans le principe. (203) Appliqué aux outrages exercés sur un individu. tardif un emploi remarquable et pourtant recommandés du mol Xuaa'lvsTÔai. XtiSr.)vàx(|) la flagellation qui purifie la cité A Chez rcXàorTt. 85-7).xecrxo. (200) [Déni. n" 694. comme û6p{Çîiv. 12 et VllI. atteste la valeur originelle. : 154. la réaction eût été collective et eût consisté dans l'acte... 286-294. 214 et IX. et la xaxdxT. expression de XujjLaîveaôa'. p. 1. se construit volontiers sans accusatif : ce qui y domine. nous le lure (200) toléune signification religieuse. 631 Isocr.. si lu aux cérémonies religieuses. Or de ces sévices verrons. 19. l'intuition est : du poète dans un tout revivifie l'idée lointaine d'une pénalité -qui consiste Xufxaivso-Oa». tepoï.avOèv 8é{xas).|X3tTa YÎyvTiTai Choéph. dont nous savons la signitication « infamante ». Emploi dérivé sans doute il est hautement vraisemblable que. 290.JUKIDIOÙË KT MORALE EN GRECE et qui se rciroiive très nette "^Sl femme adultère elle se permet d'assisler chez les Grecs. àvT.. 86 (201) Esch. — — ment des mystères d'Andanië s'il 25-26) porte contrevenu aux prescriptions qui concernent le que. III. côté de l'utilisation religieuse. Par exemple.. . VI. classique. rés ceux-là. 1. (20a) Celui-ci. l'utilisation magique (203). est désigné qui accompagne volontiers les mots de cette famille. c'est l'idée de la force religieuse. ïva ^\ ixiiffjxaxa [xt. LIX.? Bacch. Nous avons de quoi la commenter.]. du délit. à l'époque par le mot abstrait j^io.. de déchirer le vêtement.yYi Atjp. Cf.ç dans Tyrtée {supra. çà et là (Hérod. XujiaîveaOai. le gynéconome aura pouvoir de XujjLaiveTOai le corps vêtement..

coïncideraient : de Tunà l'autre. 33. Trach. Isocr. I. 141. nous observons des correspondances certaines et révélatrices. cadavre de nullement un mot abstrait il évoque imméAi»jjLatv£o-8ai n'est diatement l'image de sévices définis.xiaer.. xaxd». mais il n'en a pas moins une valeur générale.. . 63. XXIII..w6t| que s'inflige Zopyros [supra.. Cf.. : çà et là.. rappelons que les ont souvent les bras ou le coips traversés efligies magiques d'un clou (206) chez Hérodote. il s'agit d'interpréter. 16.]. 33 Ant.. où ce dernier mot. Unité profonde. l'expression homérique [âeSXaix: ixévov T. maintenant.. 121 o. H93 Toû piou pxiTïTovtaî. III. sévices exercés sur le alx'lÇe'. Dém. en d'autres : termes. — sSie-fi Dém. Unité réelle.. Esch. Maintenant. V. V. XX. 27. pour la flagellation. à la fois quant aux objets qui leur sont rapportés et quant aux valeurs qui leur sont incluses.v. 214.154. VI.. : : À'jjxavTriv piou. de façon discontinue. 9 \xépo^ ti ^ûfJiri ^îo'j. 16 . (206) Voir n. tous les termes que nous avons analysés.v enchaînement.^ 691. . III.. 33. Par lui. 111.. Esch.. 793 Soph. où XujjiaTa répond à xévTpw — enfin dans les pratiques spéciales auxquelles fait allusion le : même terme et que nous avons vu rapportées au verbe flagellation. Hérod. puisque nous dans la notion tant soit la voyons se faire aux deux extrêmes abstraite d'Oêpiç et dans la notion concrètement religieuse peu de Xi»piaLvea-9ai. IX. Pour renchainement — pour l'outrage aux cadavres.. l'ennemi (208). sous laquelle peuvent se grouper."lût RECHERGUES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE signification leur fondamentale apparaissent chez Eschyle. où le frère du voleur de Rhampsinitos rase èul Xuarj la joue droite des gardiens (207) . Hérod. Ssôsixévou xal XutxaivoiJLsvou. tV XXIII. Cf. Prom. nous nous sommes élevés à l'unité des représentations. répond à XuijLatvoixévTjV de la ligne suivante. 102.. cf. (20i. (208) TEpixsîpai. pour nous. 991. dont nous savons les valeurs primitives. puisque ce ne sont pas seulement les sens de ces termes qui. 290.Top. Choéph. nous pouvons ordonner les résultats acquis et nous devons ressaisir le mécanisme suivant lequel fonctionne tout un système de notions. xal /. 104. 79. . Prom. x6jxt. Cf. pendant de [Lys. £Z. Hérod. Hérod. p. . n. lïl. pour : la >. 232).

pensée enfin. offre de particulièrement instructif. Ce qu' Oêpi. il n'est pas question de la montrer comme elle mentalité religieuse. — — l'individu dans le droit et termine l'ère des représentations magiques. nous y pou irons distinguer deux dans celle d'une force religieuse et celle du pensées essentielles rite qui la met en œuvre. quelle est au juste sa fonction? Nous savons que les mots étudiés jusqu'ici ont pris à l'époque classique une valeur positive et un sens juridique. — est visible dans maints emplois de auU. Par abstraction. de cette évolution même qui tout ensemble fait entrer « r otFense . : De est la première. etc. : la société.CHAPITRE III LES COMMENCEMENTS DE L'INDIVIDUALISME La pensée que nous avons pu déceler. Elle primoi'diale dans Xwêri. d'ailleurs presque toujours modeste. quelle est la cause déterminante? Définir c'est une pensée en fonction d'un inoiuont de attaches. Il se retrouve notions religieuses qui jouent à d'autres plans de la vie sociale. Nous ne voulons qu'indiquer les conditions oia se constitue ici l'idée d'un mana sinistre. Plusieurs problèmes se à quel moment social répond l'idée primitive de posent : — » quels sont les facteurs qui permettent à cette de s'affirmer et qui commandent son évolution. d'abord reconnaîti'e ses atteste un certain système mental ce Le matériel même des idées n'est pas les Le vocabulaire nous système est-il autonome? original. . Cette idée transparaît dans le mot universelle et Oêpiç. '^j/Mr\.

il désigne le criminel comme une « souillure » (Aristoph. la conception cosmique a rôle de une fonction certaine sans elle. Harrison. 18. [Lys.].. par l'idée d'une dès lors elle se délinit et se légitime.. Mais à ce plan de la pensée sociale. chargée de rétablir l'équilibre du monde (cette vue de l'univers est attestée dans les defîxiones) (209). à l'époque classique infamant. Durkheim. donc. Huvelin. E. comprend à la fois la notion de la souillure que le à criminel a contractée. VI. en réaction nécessaire : se situant dans comporter la fatale. en réa(210) Ce sont là deux choses pour une pensée abstraite et moderne lité. et celle de la puissance redoutable l'occasion. M. X. . les forces équivoques dont il est le sujet. p.W. VI. Or la notion du pouvoir religieux. Or on connaît l'instituaux Thargélies d'Athènes.BVj les deux termes qui n'est pas encore contiennent l'idée d'une puissance de châtiment déclenchée c'est le : de l'acte répi-ouvé. 1405.ax6?. est même attestée aux consciences. Dém.Marseille Hôfer dans le Lerikon de Roscher. Gren. mais à Abdère. Huvelin a pu exagérer cette idée de véfxejiç. elle prend en quelque sorte une bonne conscience. 2880-1. de la vertu religieuse de l'offense a des attaches certaines cadre d'une conception cosmique qui pourra théorie plus ou moins consciente d'une véaeo^'. la atteste leur unité : notion d'une efficace religieuse immanente à ï « outrage » se renforce. Psyché. deux individus sont promenés à travers la ville au cours et exécutés. utilisable — — qu'il recèle. 95 et s. pp. oà et là. qui est une désignation préhistorique du nel.. ou plutôt la langue celle-ci se prolonge en celle-là. [Lys. sans doute. pp.CAey. Prolegomena. Ephèse. . 389). 53. compte-rendu dans VAnnée Sociologique.. terme particulièrement 11 apparaît encore. Le mot <pap{j.2o-i RECUERCHKS SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE rapport qui s'indique en lui avec un système de pensée etlacé dans le mot cf. Ainsi. au sixième tion religieuse des Pharmakoi (211) : : jour du mois Thargélion. . à Phocée UI. : — Rohde. : (209) Cf. Les F»harmakoi sont attestés non seulement à Athènes. (211) Cf. — : . II. le avec l'idée primitive du crimideux choses (240) l'impureté dont il s'est chargé. et à vrai dire.uiy.]. 733. 2. 11 n'y en a qu'une comme nous le verrons de plus en plus. J. Les tahlelles le magiques et le droit romain. ils traînent en quelque sorte les [tii<ni%zix (cf. 30). 18 et s. ils jouent nettement le rôle de boucs émissaires de leur promenade. oii l'on aperçoit : criminel.. les parla puissance nocive deux forces néfastes sont de même ordre. et s'exposer ainsi au reproche d'intellectualisme (E. la notion de TofTense resterait inconsistiunte par elle. p.

oipixoLY. pp. 445). en tant que -jrpoaxpoiîatoç..JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE VI. n'a pas seulement le Choéph. (214) 5JLT. est ici directement intéressée (213). Millier (214) meurtre dont ici. xoù Traôôvxo. ib.. (213) Cf. k. 196). 53 : 2oH àroôto'jtoiJ. 16 [44] 17 [44] fr.) a très bien montré qu'il est l'objet d^ane crainte religieuse Dans le même sens on peut relever comme des plus instructive la sémanitque des mots de la famille de TcpoaxpsTîeaôai le . Perses. le fait de irpoaxpsTreaôai est rapporté à la victime du pouvoir religieux agit sur le parent qui se dérobe au devoir de vengeance c'est la même force qui se manifeste dans la personne du meurtrier lui-même. MuUer (Eum.v. p.. Mais surtout.oç). Mythol. concentrés en^leurs personnes. ou Tcpoo-xpouaio. 234.. il prend aussi celui de « rejeter la souillure sur autrui » dans un exemple remarquable de Platon (Lois. IX. 4^44] 40) et par la relation qui La pensée du .. 285. 47.. Celle-ci s'opère suivant le mode archaïque et de l'exécution pénale.tv. aussi un être dangereux vénérable à certains égards.. xô Twv àX-xTiptov xp îxp s-j/ oaa t '^mss. : 131 sq. pp. Forsch.. 1907. par lapidation (Harpocration. : le . le Pharmakos comme repréPaton. Usener.. s. et le verbe -TrpotTxpéTTeaôat. Voir aussi I.. The Pharmakoi and the story of the fall. idée soulignée par l'emploi des procédures « apotropéiques » (Hipponax. 83). la valeur de homo piacularis (Esch. . sont ensuite expulsés par leur mise à mort. histor. irpoaxpoTuaio. 18 . 237.). : d. Eum. v. der Stoff d. A un premier examen. désigne le meurtrier souillé qui en demande la purification (Esch.Tre'iŒÔat) qui. . mais il a temps. 168) sens « implorer la purification » (Esch. sentant le Wachstumsgeist.Epos. Eum. elç aoxov TrspieXTjXuôôç. CXXXVÎl [1898]. la croissance des espèces végétales. on associe au rite le souvenir mythique d'une exécution pour sacrilège — — (id.]. rite a donc comme deux pôles d'une part d'autre part.. IV. Archéol. Akad. Choéph.. c'est en raccordant à la conception primitive du (212) Cf. : Dans [Ant. : De même. 13 [44] 15 [44]. d. si le meurtrier Ixétyi. Tipoaxp£7ro{jL£vou xT. o [3.. in Rev. Mannhardt. 8.. — est 0. .) (212). Eum. 866 B. 216.a pp.. toute cette pensée n'est pas sans ana- logie avec celle de V'jSo^^ où nous avons pu noter le dualisme des forces religieuses et leur faculté d'expansion inattendue. en s'indique avec les rites agraires particulier. Wien. phil. une correction nous paraît possible û{j..j. 51-57. : substantif TtpoaxpoiTTj est justement traduit par Ô.. Kl. Wiss. (qui se préil sente aux autels en suppliant) est en un sens un réprouvé. l'idée de Vutilisatïon de la souillure. : ridée du criminel souillé . xô (jiiaafjLa to. Millier demiithiges Flehen (Esch. et naturellement. in Sitzungsber. 134 sq. gr. d. : rpoîTp((^0[xa'. 21.v iràôrjv) qui confirme de façon saisissante l'induction même : d'O.

il aurait pu répondre à cette le crime notion du cpapjjiaxoç en qui se complètent Tun l'autre les deux aspects de TGêpi. à tous ces alx'lÇeo-Qai .d'une force néfaste. certaines pratiques du deuil à >v(oêâo-Qat. uêpîî^siv à alxiÇeo-Oaf. c'est le relisignification magique n'est . ce peut même être le pur rite religieux.. et c'est la xaxriyop'la primitive les sévices matériels retiennent la pensée indéniable d'une action du même ordre. n'est pas pour rien que certaines pratiques très définies sont rapportées aux termes alxiÇeo-Sai. infligés au cadavre de l'ennemi : . Pourquoi cette synthèse? Au-jLalveTOai. il vaut la peine de constater que les emplois de p)vdt6o<. On se souvient en effet que. véritables En somme. (215) A dans la voir les ce point de vue. Qui souille est souillé. Ainsi l'idée d'une puissance néfaste imma- — désigné proquement >. du sacrilège et l'idée du mana malfaisant.. . la flagellation et l'enchaînement. rites. l'outrage se conçoit sur le modèle du crime religieux elle exploite les notions (215) qui ont leur emploi originel dans nente à r « : . c'est que le carmen r « outrage » est en principe un rite magique famosiim en est un. : . dans le nous avons vu associées l'idée le plus général terme Oêpts — : — . des mutilations volontaires. On en a vu la mais au-delà du magique. Ainsi dans la flagellation. nous ne trouvons de l'original : magique que l'adaptation ou la dérivation du religieux. la pensée de 1' pas plus dans la pensée du rite efficace que dans le ôcTiri sinistre. et réciil a aurait pu désigner peut-être en général. que parfois mêlés ce. à encore. de sens religieux.256 (pap|jiax6ç RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE notre système de notions que nous pouvons comprendre l'unité de celui-ci. où. mots plus ou moins. Ce que nous atteignons au point de départ. 225). le régime de société le plus primitif et dans le mode de pen- sée le plus ancien.ao-fjio. à alx-lÇeo-Oai et XufjtaLvea-Qai les outrages. certaines tortures qui ont leur prolotype dans 1' àxpwTTipî. A(o6âo-6at. ou l'offenseur Si l'offensé — même — sont disposés à voir dans r « outrage » la mise en jeu . langue religieuse sont en rapport avec la notion générale de cpipjiaxov exemples de Plutarque et de Tzetzès cités plus haut (p. Xujjiai: veo-Qat. dans un cas instructif. nous trouvons du religieux et du magi: . le suggère. à vrai dire..L>[jLalv£(T8ai — outrage » résulte d'une espèce d'utilisation par elle.

n. II. mais chez lui seulement. coiiv.. Iniuria. p.. fr. : XVIII. Cf. Wôvr^.. tr. (218) Usener. p. La flagellation est un élément essentiel des Pharmakoi (Ilipponax. II.. attachée au xax/iyops'. retenu ici. Ach. Walde. et comme tel. 4. II. . fr. . s. Eschine. 732 sqq. ont lieu au cours des Eleusinies.. 534). la notion d'une efficace flagitium de flagrum. n. Thesm. qui sont des moqueries outrageantes.^ 23. Dém. Nie. du rite VI. Anstoph. . Thucyd. par exemple à Sparte. Psyché. qui rapproche du Ainsi encore. . ylvoç : III. s. 209. Ital. pp. Hist... XXI. 8) (216). du dr. Hésych. Schol. si du moins nous acceptons l'hypothèse séduisante de H. Lat. flagitium. p. il en est aussi le synonyme car nous le voyons spécialement appliqué aux cas d' uôpn. 122. Il fait : ([Andoc]. 12.v se retrouve dans le culte où les « mauvaises paroles » — ont leur rôle nécessaire et sanctifiant : ces infandae voces^ app/ixa. Qii. 380 sq... XXI. XVIII. 834. 54. . 7. Dareste.. 53 et (219) s. L'hypothèse de Usener est reprise et développée par Huvelin. 622. en l'honneur d'Artémis Orthia (Pausan. XXIV.. spécialement dans la vie religieuse du perpétué dans certains rites domestiques (Plut. en Gr. Tzetzès. 242 et 260. lesquels mais non pas seulement ont une elFicacité purificatrice (217) — négative puisqu'aussi bien le rite est utilisé pour la croissance des espèces végétales. 12. en vertu de l'unité qui préside à la conception des ^laia. le même rapport entre la notion rite et l'idée primitive de l'outrage. 406-7. 5. 5 et s.. Rameau d'Or. V. XVIII... BibL. dans l'énumération des . (216) Il s'agit de la flagellation d'un esclave dans la cérémonie de l' « Expulsion sur quoi Frazer. d'Aristoph. On sait le rôle de la flagellation dans la religion.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 257 gieux qu'on aperçoit. 214. Cf. 154. p. Elym.])^. XIV. 61 66 cf. 424. des Thesmophories. Athénée. intense Dans le même ordre d'idées. ^4) aussi bien que réelles. VI. Se. (220) Cf. v. nous observons la même dérivation du religieux au magique.via. 1. IV... v. 7).. 4 56). il Eth. il s'est 10-il).. (JTT. A l'époexprime l'idée d'une espèce de délit privé (il figure chez Aristote. il pourra évoquer la pensée des injures verbales (Dém. même Dém. (217) Voir Rohde. Anh. obligations délictuelles à cause de « violences » 1131 a 9) (220).. A Rome. de la Faim » . XIX. Volksjiist.) elle s'opère alors avec des branches de figuier et des oignons de scille (Ilelladios in Phot. Usener (218). pp. le terme TrpoTrr^Xaxiteiv semble devoir être manifestement partie du groupe que nous avons étudié associé à uêpt^eiv (Dém. des Dionysies (219). 21 que classique.

. Prolegomena. . il y a lieu de retenir le . III.T6H RECHERCUÈS SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE . « boue. comme le suggéreexpression figurée « traîner dans la boue » ? Pas plus ici probablement. la : rait notre dire? Faut-il voir à l'origine du mot une métaphore. Lois. XVIII... Aglaoph. il est un acte qu'ailleurs. IV. p. — dans les outrages exercés sur le cadavre de l'ennemi d'autre part. remonte à une antiquité immémoriale les fidèles s'enduisaient le corps d'argile. pp. TrpoTTTjXaxî^eiv s'encadre bien dans le système de conceptions que nous avons défini. Schelten und Fluchen. D'une part. 351 et s.aiv£!jOat. XXI. Mais surtout. puisque sa légitimité est subordonnée à la vertu d'une formule et d'un geste solennels. : . iyyÛT.attradictoires. Rader. VllI. : . et une pensée fondamentale qu'a maintes attestée (222) Esch. 495 (Orestrc et Electre. 1238 (Pylade. la pensée du rite se prole longe dans les procédures pénales (223) accomplies partout (221) Cf. dans cette remarquable pratique des injures rituelles adressées au mort (222) et destinées à réveiller sa {atîviç préliminaire efficace de la — ou vengeance . 16). 259) laisse assez entrevoir. i\). la collectivité (Platon. s. argile ». ad Dém.. par le yévoç. Cette force religieuse est d'abord exploitée collectivement. Religionswiss. 131 XXXVI. Wôrt. XXIIl. et il est retenu par les étymologistes (Prellwitz. elle est exploitée à fin de vengeance. à ce propos. LIX. mais qui. 11 et s. il est associé à l'idée de sévices particuliers auxquels recourt soit un individu ([Andoc]. — lors. à Harpocration). 3"Î5). [Od.. un mot très fort (Dém. in Aixh. IX. àTroiJLàxTtov. le rite peut comporter un Xu[jLatvea6at. aussi bien. 491-3. (223) Au-delà de la pensée magique qui se manifeste dans la pratique de l'enchaînement. E. /?... quand on songe à un rite qu'avait restauré Torphisme. ^. Oreste. f. sur le rapport entre fois les inter- prétations orphiques l'ethnographie. l'intime parenté qui associe les idées. pour nous conaussi bien qu'un à7ToX'j{j. icitep Eurip. Qu'est-ce à soit. : : efficace. C'est d'ailleurs 258) que : Dès par mesure pénale. CAoe/j/i. Harrison. L'enchaînement consécutif à une manus injeclio nous apparaît déjà comme un véritable rite.j.. devant le tombeau d'Agamemnon.].. l'interprétation de ce passage a fait l'objet d'une communication à l'Associafion des Etudes grecques : cf. 47 Esch. et une pareille opération était censée avoir une vertu éminemment religieuse (221).. J. positif. le rapport question de l'étymologie vaut la peine d'être posée avec 7rr. de souillure et de purification veffôat (d'après la correction de Lobeck. 653. avant tout. nous apercevons une procédure religieuse qui a son rôle dans la vie des yévr\.X6. après quOreste et Electre ont invoqué l'âme d'Agamemnon) ouxouv ôveïSti xâSe xXuwv pûaei xéicva cf. 88-9) doit nous aider à comprendre comme Xu. macher. G. La glose d'Harpocration {s.^. v.. son rapprochement avec XujjiaîveaÔai ([Dém. 1908. E. après avoir rappelé le meurtre infâme dont il fut victime) àp' è^eyetpTi xotaS' ôvet8ea:v. Etyin. 855 B). pp. paraît s'indiquer de lui-même.

25. Voir notre commentaire â aTXïeiç. sous forme de cris rituels (224) Elien. laquelle exige un matériel spécial dont la signification primitive se laisse entrevoir comme religieuse (l'adultère est couronné de laine à Gortyne. 355 C. le sycophante est couronné de tamaris dans la législation de Gharondas) (224). à mesure que le yévoç se dissout et se fond dans une solidarité plus large l'esprit gentilice a perdu de son empire.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE : 259 . 11. 2.. XII. var.pou(. groupe ainsi dans le )vi»|jiaiv£TQai plus ou moins réglementé car la vertu religieuse des outrages collectifs n'apparaît pas seulement dans le cas des Pharmakoi... 144. Nous avons vu le sens religieux de la .? vôaoy) rapport meurtre : : qu'à la condition d'être esclave trois ans. 764).yop£iv et l'emploi magique des à-noppriTa.ç purement religieuse du xaxT. magiques suggestive. -î) : . et c'est une pensée antique qui se prolonge dans la législation idéale de Platon quand elle se propose d'utiliser pareil mimen pour subjuguer les passions les plus violentes : xa8!. MuUer. XII. elles prennent spontanément une signification magique. religieuses.j. L'insti\iù^'t\. Lois^ IX. mais dans 1' « atimie à l'intérieur ». 838 D).. lîist..£pa)Taç TauTTjv tyiv ®'/]pi. 2 meurtrier d'Iphitos qu'il ne sera libéré de la souillure (àîraXXayr.£o-. la Pythie annonce à Héraklès d'après Soph.. sans disparaître complète- ment. (223) Il est attesté. Quant à celles qui sont associées à la vengeance familiale.v -rf. p. 12. et les sur: vivances des pratiques religieuses qu'il autorisait apparaissent Pratiques publiques. pp.. Ainsi encore du haro (225) dans lequel peut s'exprimer la verbale et collectivement appliquée. Platon. Dioi. è'Soaç voir Glotz. Trach. infamie tution du haro nous fournit le trait d'union entre la pratique et privé v£. interdites. : l'antithèse est transformation de la société que nous trouvons la seule interprétation possible et nécessaire de la dans la intime que manifeste la pratique de la servitude pénale à cause de et l'idée de [xcaT^ia 0. 6. Solidarité.viv [Lois^ VIII. C'est comme extra-sociales.. 142 (cas d'Apollon).. : en général spécialement les « mauvaises paroles » y la ^rlpi est une dividevaient avoir leur rôle et leur vertu nité chez Hésiode {Tr. Celles de ces pratiques qui doivent être rapportées à une justice tribale ou de clan ont reculé peu à peu devant les progrès du droit criminel organisé. 238 et ApoUod. — pratiques individuelles. à[xôp. 12. licites. Eiim. et /.

dans la représentation primitive de l'offense à l'individu. d'une sanction non seulement. Par l'analyse même. elle sert l'instinct des vengeances purement privées. . vue siècle lui avec l'accusatif. pp. l'idée des « injustices » commises d'individu à individu.260 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE transmutation de valeurs que l'analyse historique atteste en un mot comme alxia et laisse transparaître pour un mot comme Ainsi nous dirons que. ne traitait qu'en corps et c'est dans recevront une sanction positivement efficace. Son moment (226) est intermé- diaire entre le règne du le ports qui y jouent. des jugements de valeur n'est plus la collectiqu'ici le sujet le terme de cpàpjjiaxoç est employé par vité. c'est rique. par exemple xaTayûa-fw au sens de xaTaSsw (226) Encore que ce la ciironologie même : . transposant ingénument le collectif en individuel. INon chez la victime d'un tort. 499 et s. se prolongent les valeurs religieuses qui procédures d'un droit pénal préhistoce qu'il y a de saisissant. conformément à la conception magico-religieuse qu'on s'en fait aux origines (cf. c'est-à-dire à l'époque où le : comme yévo. ne les connaît plus parce que le yévo. Huvelin. mitive s'autorise et s'exalte de toute la passion d'une famille : — l'al/îa une dérivée est d'un isolé qui capte les forces religieuses pour fin égoïste. se dissout définitivement. Mais c'est toute l'atmosphère morale qu'elle pénètre et trouble. par l'exploitation individuelle . Y^voç n'agissait. les rapyévos et le règne de la tzôIiç. n» 1326). pp. et construit Michel. Magie et droit indiv. qu'ils C'est alors la cité que la pensée du magique peut se dresser. ne laisse pas de confirmer l'induction. dans une imprécation de Gorcyre Or l'écriture commence à se répandre en Grèce au cours du (Busolt. 34-35) une pareille pensée n'aurait même pas besoin d'être explicite. Gr Gesch. elle satisfait le besoin seulement. toute cette pensée se : si elle laisse situer exploite sans plus d'originalité. c'est un terme de )vL>jjLa'lv£o-9a{. chose nouvelle et chose multiple à quoi s'apsoit surtout un moment logique que nous marquons ici. c'est qu'elle répond à une désagrégation sociale. mais aussi bien le vocabulaire des defixiones l'atteste directement (cf... tout le un groupe. La devotio est l'instrument ordinaire des réactions magiques l'écriture même y a une efficace particulière. des pratiques collectives. qualificatif qui rallie les consciences est employé par une victime. c'est une : l'alx'la pridésignation qui n'intéresse plus que deux parties. 1. Ce qu'il y a de nouveau. mais l'individu s'étaient fixées dans les .). .

par fonction. offrent bien le point : Moment d'anarchie morale : de départ nécessaire. apparition de la et constitution d'un certain esprit individuapensée positive liste.aiv6[ji£voç. on le voit bien dans les defila pensée se fait déclamatoire. et quel désarroi. D'une part. ciale soit intéressée . c'est de savoir comment un certain individualisme a pu sortir de la pensée que nous avons définie pas spontanément. d'autre part. à coup sûr. il faut tenir compte des deux faits dont nous avons établi la solidarité dans la première partie. Le problème.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 261 plique le terme àSwsTv. Elle est celle d'un acte réprouvé. . le Moyendont nous savons quelle dissolution il repréAge hellénique sente. et religioso-magique : TuêplL^wv au fond est un ). Ainsi.u|i. Impossible d'en demeurer là. Les représentations magiques de r alxU ou de la xa/inyopia. mais ce n'est pas pour rien qu'elle est aussi celle d'un acte efficace à l'exercice de cette activité. — xiones. pour nous. toutes les exagérations du pathétique se donnent carrière. se fixe en un certain dola légitime. par exemple. serait la suivante maine où sa fonction Une seconde question : dans la transfor- mation qu'ont subie dans notre domaine les notions magicoreligieuses. il il faut que toute une partie de la vie sofaut que la pensée du magique. sans lequel une mentalité pénétrée tout entière de notions religieuses ne saurait où se prendre mais c'est tout. incon- sistante si elle reste indéterminée. se teinte plus ou moins d'une couleur ces injustices sont le fait d'un OêpLÇwv. La dissolution de l'ancien groupe familial a fait le : une certaine poussée des égoïsmes anarchiques mais comment le sentiment personnel de l'individu deviendra-t-il sentiment social? terrain libre à : II L'idée de l'attentat magique renferme une antinomie bien : remarquable. c'est 1' « âge de fer ». la plupart du temps* mais — — tout de môme sanctionnés par un pouvoir social . il est vrai. du reste. des termes comme alxia en viennent à désigner des délits privés.

noX. Ttepl vôjxwv. « c'est-à-dire les billets ou enga(229) : lation de ... il convient de la concrétiser. Meillet. Théophraste n'ose pas se prononcer sur ce point. les actions commerciales et la poursuite de l'aixCa nouvelle la paix : (Arist. ainsi dans la classification des è'atArjvot ô'ixat. chez les Solon. évoque l'ardeur au gain dont se défie l'esprit de tradition. les deux problèmes suggèrent une solution unicette solution devrait être que que nous allons éprouver : cherchée dans l'apparition et le développement de la vie économique. XLIV. Abrégé d'une hist. mais c'est aussi celui où l'économie grandit. Les relations que celle-ci la garantie du groupe (227) Théognis. Mais avant de vérifier l'hypothèse. à la fois cause et effet de la fondation des colonies. la Tzoki^ au vieux sens du terme (227) à l'autre extrémité. Tout d'abord. de la langue gr. p.. en un pôle-mèle instructif. cf. Il nous faut un principe d'explication qui rende compte de ce procès complexe. sur la signification du délit auquel fait allusion Démosthène. il est présumable. on notera tout d'abord une concordance chronologique c'est le : le moment où se prépare l'individualisme. 2).. 6. 915 D-E. n. Nous l'avons vue par l'histoire du mot uêpis qui.262 ils RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE laissent été tomber les valeurs « mystiques » qui leur avaient essentielles. Flor. Sur le sens primitif du mot -reôTviî. De cet état primitif. et c'est une règle que Platon a consacrée dans les Lois. qui. (228) Cf. qui embrasse. chez Théognis. en soi. flétrit les nouveau-venus qu'hier encore n'accueillait point la ville étroite. Stobée.. moment où national. XI. que les représentations magiques aient dû avoir une fonction dans les com- mencements de la vie implique (229) n'ont alors pour elles ni économique. ap. 114 et s. Iniuria. 30) (228). 53 et s. Huvelin. il subsiste des traces à l'époque historique la légisCharondas ne donnait pas d'action pour la vente â crédit (Théophraste. De fait. celui notamment où le commerce interla cité se constitue. comme violation de du marché (Dém. Nous saisissons môme dans termes qui nous intéressent une relation manifeste avec les progrès corrélatifs de l'activité économique et de la civilisation urbaine. les lois de Zaleukos interdisaient les auv^pa-paî. ainsi dans le délit de xaxTjyop'la. 'A9. 390. LVII. le droit de l'époque classique nous offre la définition des mots en rapport avec la civilisation . soulève tout un esprit nouveau. Ainsi posés. pp. LU. 22).

76 et s.. 1897. p. du dr. 265). 15).JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 263 familial comme le contrat primitif d'syyuvi. 4. p.). (230) Le suicide par jeûne prolongé.. Jurispr. Gli anlichi sconqiuri giuridici coiiiro pp. n. du droit. A. Tamassia. incL. 204) était d'institution sociale en Grèce (Aulu-Gelle. Lasch. p. ce genre de suicide est désigné du nom de Hindous en ayant offert le type classique Jolly in Ztschr. Solidarité. si : caractéristique de la Grèce et l'un des plus graves pour la moralité hellénique. d'un commerce inter-urbain dont le témoi. di social. et l'observation est de conséquence. All-arisches Jus gentium. p.) et l'exercice de la contrainte . des forces religieuses de là le procédé qui magiquement un co-contractant (Huvelin. Et. même le com- 10. 15. 28). à l'usure d'abord et ensuite à la cession des créances. p. à l'usage du créancier. p. n. scient. d'hist. Steinron. du dr. LXXIV. Rache als Selbstmordmotiv [Globus. Dareste. 562 B. p. metz. en Gr. qu'entre individus. 2. on redoutait dhist. dans les « clauses d'injures » (Huvelin. 243. . C'était un obstacle apporté . En droit comparé. // Rechtswiss. ital. On le retrouve. et.. f. il n'y a pas dans le principe la règle : — — : d'obligation contractuelle à proprement parler. /. pp. verçjl. que toute obli- gation est au fond ex delicto. p. Leist. nous est offert par la disparition à peu près complète du contrat formel. Nouv. N. dhàrna. en tout cas. 6 Girard. p. » : merce cf. 37 et suiv. 363. Magie : qui fournit la puissance nécessaire à de là aussi ces dérivés des procédures magiques que nous observons dans le suicide du créancier (230). Ethnol. ibid. J. 575. pp. cf. 126 « Dharna » in Germania ed in Grecia {Riv. les 10-11). R. 114. Kohler. XXIV. Il comporte notamment le siège mis devant la porte du débiteur. III. III. N. : . W. Shakespeare vor dem Forum der Jurisprudenz. ni la garantie d'un pouvoir d'Etat comme les contrats que nous voyons jouer sous le régime de la cité les sanctions qu'elle requiert. Une pareille mentalité est du reste en accord avec le caractère primitif des obligations on a pu noter (Glotz. II. o. Textes^ p. 36 et s. 28. l'indi: vidu les sollicitera consiste à /z>r et dr. 309-310. i debitori {Riv. II. del Diritto. III..).. De ce point de départ. Se. qui apparaît comme une forme de vengeance {supra..). la spéculation. Or on aperçoit immédiatement gements écrits pour prêt d'argent. gnage. VIII. (231) Cf. pp. pp. Kohler.. 21 p. ou dans romaine des XII Tables (III.. p. 13) qui permet aux créanciers de se partager suggestive alvia le corps du débiteur (231). l'évolution dut être rapide rapidité dont la cause pourrait bien être dans le phénomène précoce. Dareste. 25 et s. pratique que connaissaient les Hébreux [Deuté: . . dans maintes sociétés Post.

D'autre à qui accepte \^ fides d'autrui.âv. qu'une fois là. Vérifier l'hypothèse. la multiplicité et l'opposition des points de vue chez les sujets parlants commandent la répartition.264 RECHERCBES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE comme dut grandir l'idée de l'individu à la faveur du développement économique. : possédait. celle qui a pour objet un système définis dont l'individu est le centre de rapport entre rapports : rapport entie créancier et débiteur. la pensée et le vouloir de l'individu sont ici au precroyaace le : mier plan. dans une bonne partie de ses emplois définis.. il ne faut pas oublier qu'impliquant. Au reste. Notre principe directeur sera le même qui. ce serait donc établir par une étude sé- mantique : 1° que les procédures familiales et religieuses d'oii sont issues les procédures magiques ont pu. celle de Vhomo œconomicus\ maintenant peut se lever la pensée positive. le terme (TuÀâv a des chances de participer de la psycho- . la propriété collective du groupe familial. rapport entre ces deux choses morales que sont la dette et la garantie de la dette. : est une notion un mot qui nous SuXâv a une riche variété dans ses emplois et parfois même une remarquable contradiction dans ses valeurs il est presque typique pour qui veut montrer la plasticité des termes : juridiques et moraux. Ce n'est pas une mince affaire que de s'y débrouiller. la mobilière. nous a déjà guidés modifiées suivant les milieux. des sens parfois les plus bigarrés. certaines voies de fait. prendre pied dans l'économie . adaptées à des moments différents. leur transformation a pu faire saillir positive de l'individu. ofiTre cette vérification Nous croyons qu'il le mot o-i»). Du coup. dans le moment 2** qu'elles s'individualisaient. le propriétaire et la propriété. plus ou moins explicite. les valeurs attachées à une notion n'en prolongent pas moins une : vie parfois souterraine. la libre et pour tout dire l'arbitraire logique qui semblerait enchaîner l'une à l'autre les diverses significations d'un mot n'est dans notre domaine qu'une trompeuse apparence. et que la complexité des activités sociales. Détaché du yévo. il faut. l'individu commence d'être l'ancienne propriété. mais il possède la nouvelle. sous un même terme. c'est une notion relativement abstraite qui se fait jour. un fondement à sa part.

116. Phil.. Proche parente de Falxla homérique. (233) 60. P?-om.. Tout de suite. 198 et s.. Sur remploi de ce dernier terme.Si les armes sont plus ou moins sacra res.). 198 et s. quand celui-ci a revêtu les armes d'Achille qui seront sa perte IL. 413 et 1365 où il est quesarmes « enlevées » à son fils Néoptolème et dont la propriété constitue un yspa.. in Rev.III. Phil. on comprend tout ensemble. 817 et s. « enlever. Soph.. mot évoquait précisément Vî. XVI. 428. Soph. les dans Nous ne cherchons pas bien douteux riques — à savoir — ce qui est naturellement si. (234). une signification religieuse : et les indices ne manquent pas qui légitiment l'hypothèse. supra. propos d'objets insignifiants.. dès Homère. et ce qui se manifeste parfaitement chez les Romains (S. dans le principe. XIII. 230.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 265 logie que nous avons décrite dans le précédent chapitre. 81-2) elles pourront apparaître l'objet d'un tabou ce qui s'entrevoit déjà pôles. : . 500 . les l'échange des armes peut communiquer à l'une des parties le principe funeste d'une catastrophe (cf. cette pratique a dû avoir. p. 82-3 : (235) et à Le mot auXâv. dans la langue très évoluée des poèmes homé- (235). noter aussi Esch. XVI (. 1061. 71. 640. voir n. 416-9 (233). le IV. 223-253). d'un mana spécial attachés aux arnies se laisse : reconnaître dans paroles de pitié de Zeus à l'égard d'Hector. s'est banalisé au point de signifier en général. D'ailleurs le mythe des armes divines traduit une pensée générale. cf. Aj. l'idée consciente des (232)/. XV. 466. archéol-. destiné à transférer immédiatement la « gloire ». XVII. Reinach. nous assez souvent dans Ylliade (232). 1908. Cultes. puisque le sacré a deux — pourquoi le guerrier s'empare de celles de l'ennemi pour s'en revêtir et pourquoi quelquefois aussi pour les consacrer (//.pp. 269. IV.. le retrouvons du familier verbe a-jXâv est appliqué à celui qui dépouille de ses armes le : cadavre d'un ennemi. — : dans l'exemple homérique cité plus haut {11. VII. X. VI. 42-74 d'aiUeurs que l'enlèvement = des armes s'accomplit au beau milieu du combat et avant que de s'assurer du corps de l'ennemi. un privilège religieux héréditaire. ce qui ne laisserait pas de sembler étrange s'il ne s'agissait d'un acte consacré. Tarpeia. la retrouve après vertu des armes à qui s'en revêt. 1. ile/. — On remarquera Mythes.) ainsi que dans //.. en effet.. pp.. où ôswv yspa s'applique aux flèches d'Hercule.. 343. (234) il Pour la valeur de 's&ôd^e^bcii dans ce passage.. 105 . Une pensée analogue se Homère. L'idée d'une vertu.. XVII.. dès les exemples homériques. ôter » IL. et la valeur attachée au mot auXàv apparaît — tion des exemples typiques de Soph. 387. 28.

VI. dans des gestes traditionnels l'idée ne vit vraiment qu'à des points précis.. à propos d'un .aai. celle de « voler » en général n'est pas : — — o-uXàv bien plus. voilà qui nous entre les emplois « laïques » d'autre part. Prom. par une double dérivation logique. au moins pour une morale aussi définie.. toû TJpavva << axf... 234) où le sens est tout proche de : « sacrilège ffuXT. (237) Ainsi dans Esch. procéder à des représailles sous forme de saisies. de dépouiller. C..rtpov : ihid. elle retient le souvenir de signification l'institution des o-ùXai (236) ici 1' « idée générale » serait plutôt attestée pour : : dérivée de 1* « idée particulière o-uXàv ». aussi engagée qu'elle peut l'être primitivement dans des actes. 313 objet xi twv itpoycivwv spya ajXf. aurait conduit. lorsque la s'en étend quelque peu. œ. 761 : Ttpà. 241). à ces deux notions particulières... par certains accentués du mot (237). 19 «jjXr. le rapport ne saurichesses sacrées . (le extension déjà plus large. étant si nettement définie et pour un objet aussi grave d'autant que. . dans un emploi Spécial. xà. une idée générale qui fonde un rapport accidentel. soit plus : que probable permet de poser un problème et les emplois religieux du terme..Ofjje-cat ». certes. rait être direct le : mais est-il purement accidentel? On pourrait soutenir : Tidée générale d'enlever. dans Soph. en des emplois spéciaux. poGç. «jxf.. n'est pas moins saisissante. (n. 82-3. dans Dém. de l'emploi dans = voler D'autre part. d'une part. en TuÀâv signifie. . l'expression auXâv lîâTpaç chez 1330 et Eurip. quel rapport? La plupart des exemples du verbe se répartissent. Les «JûXai primitives ont dû s'exercer notamment sur les troupeaux (cf. n.esiî vàp 'HpaxXf. Il faut donc conclure qu'entre emplois . la spécialisation des richesses sacrées.. voler des effet. les ment (236) Par ex. il est visible que. en deux groupes : pour les origines.. l'extension de sens se fait à partir de la notion de sacrilège on le voit bien. Mais que cette valeur. : deux valeurs si divergentes de o-uXâv. propreparlant. Mais quand nous disons remonter à un sens général. De fait. Entre ces valeurs.266 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE si vertus religieuses. figuré » emploi ou encore. Uél.zToa est un insigne religieux). 171 particulièrement cher et vénérable. Isocr.. prenons garde que nous faisons une construction et non pas une observation pour le droit et même pour la morale. cf. il n'y a pas. mais un sentiment primordial qui autorise une relation. XIX. 669. là encore.

Le rapprochement de 1' àvSpoXïi'l'la est doublement instructif il : y eut forcément parenté. Ne l'admettrionsa-u). à R. l'acte de o-j). Considérons donc maintenant l'institution des les o-uXat. Telle. de la prise d'otages en cas de meurtre com- atteindre. indirecte assurément. nous ne soutiendrons que le sens premier soit celui qu'il nous atteste mais tous les deux supposent . pp. dliist. à l'user. /. Essayons L'emploi homérique du terme nous a tout de suite retenus. elle nous intéresse plus par ce qu'elle permet de conclure que parce qu'elle atteste directement. mais d'une interprétation positive. (240) L' dvSpoXTitl^îa est prochement entre prévue par la deux institutions loi a. il faut donc remonter à un régime antérieur à la cité.âv se laissant rapprocher de celui de aUlÇe'. en effet. du Voir pourtant Paus. mais d'un vlvoç à l'autre. la notion de pratiques religieusement efficaces. Dans la Grèce les documents qui nous la font connaître sous historique.. 83). . — forme ne remontent pas au-delà du v® siècle (239) c'est une institution internationale qu'un membre d'une cité ait à faire valoir contre un membre d'une autre cité une créance cette : — judiciairement irrecouvrable.. sont des actes de guerre de la part du ylvo. peut-être. Et. c'est dont. et dans la vie elles s'impliquent naturellement l'une l'autre. 38-54. XXIII. les 4. p. il une hypothèse faudra bien suf- que s'éprouve le bien-fondé. ou plutôt représentations qu'elle suppose. il procédera à des saisies-représailles (crGAat) contre les compatriotes de son débiteur qu'il peut là une solidarité passive qui a son certain dans le régime des clans.. entre la vengeance pro: voquée par un meurtre et la vengeance provoquée par un vol toutes deux. oii elles ont lieu non pas d'une ville à l'autre. 5 et s. que nous la voyons couramment fonction- ner (238). Le rappar Dareste. 40. été indiqué de Dracon (Dém. Dareste. manifeste la relation entre les deux espèces de solidarité (240). pour .v pas lointaine : plus que pour al/'lÇsiv. IV. c. Pour comprendre les o-ùXat. Le droit de reiwésailles (239) in Nouv.iURibtQUÈ ET MORALE EN GRECE 267 indéniable. dt\. Nous reconnaissons mis par un étranger. (238) Nous renvoyons. à l'origine. L'institution si voiprototype sine de l'àvôpoXri'^'la.âv nous pour fisamment qu'à titre appuyée et d'hypothèse. les crûXai comme procédure juridique.

dans rables. une pratique comme celle de la perquisition en cas de furtiim nec manifestum [(ù(ù^ôl: quaestio lance licioque des Latins) est un véritable rite il est infiniment probable. nous paraît insutfisante suivant cet auteur. certaine violation du sacré. que l'obligation d'y procéder suivant des formes spéciales et sans autres vêtements que rudimentaires. p. 16. rapproche les états de nudité rituelle. Ceci doit se manifester aussi bien dans les repi'ésailles mobilières vengeance du sang celles-là comme celle-ci pouret d'une suivent le recouvrement d'une « dette » (//. 683). sont pensées comme : attentats. H (242) Iluvelin Solidarité. la vengeance qu'il évoque le elle doit procurer une satisfaction efficace. telle expression nous savons la valeur morale primitive. D'autre pa^-t. étant considéré comme religieux.XI. une représente. ôlO et s. honod'autre part. C'est en somme la notion équivoque de a pu s'appliquer.ou illicites aux personnes et les faits de sacrilège attentatoires à la divinité de ceci uêptÇsiv est la : preuve. comme le montre Huvelin [Magie et dr. RECUERCDES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE Or la couleur religieuse qui règne sur la première ne peut s'étendre à la seconde n'y aurait-il pas là les éléments que : d'une explication ? Etant donnée l'ambiguïté fondamentale des notions gieuses. Cf. La loi du talion. qui est en rapport avec une notion religieuse de r « équilibre ». dans des razzias par représailles comme celle que raconte Nestor. XI. le terme comme. p. et s. mais comme attentats rituels et obligatoires. 5). fait participer son objet de sa substance religieuse les réactions familiales. Un vengeance. est inspirée par des que dans la : — — : conceptions religieuses (242).. s'applique aux biens comme aux personnes. OêpîÇeiv et alxiÇeiv permettent de comprendre o-ulâv. vol des richesses d'un temple. pour rendre compte d'une pratique aussi parti: alléguer là un calcul trop conscient encore et trop raisonné quasi-nudité n'est pas vraiment expliquée.. n. XXI. il s'agirait : d'empêcher le port des armes . principe. le même terme pourra désigner à la fois les outrages licites. le reli- même mot le aurait pu désigner l'attentat à des acte de choses sacrées. impliquant une solidarité inlerfamiliale. culière. indiv. par la répartition systématique du butin... 203 et s. la marque très nette d'une institution sociale.. à des sévices licites. Od. c'est la .. (241) Ainsi //. et où Ton voit déjà.268 (241). mais si l'alx-lÇsiv . l'interprétation de Glotz.

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 269 Objectera-t-on que o-uXâv suppose toujours une idée maténi plus ni moins matérielle que rielle? Il faut s'entendre et que alxi^siv. 441). à l'époque classique. pagne Il donc pas sans intérêt que l'étymologie de auXàv puisse l'appaqui. : Jusqu'ici. pie. peut-être. Estienne. mérite d'être retenu. il n'a pas cessé d'être un acte Sa vertu primitive transparaît encore dans un texte d'Hérodote. . par un développement uXâv (cf.. Observons du reste que aùXov. Les étymologistes ne seraient pas opposés à l'hypothèse (Prellwitz. de beaucoup. suppose une forme plus ancienne on devrait avoir et on a. Du moins. Esch. et quand on voit la similitude des sens de aùXov et (T/uXov. est permis. : sont vainqueurs. v. Que faut-il comprendre. axuXeuaaî toùç 'Apystwv vexpojî. dépouiller le cadavre de ses vêtements et de son argent l'acte de axuXsûsiv en revanche.. le débordent. 1233-4: SxuXXav -uivà. on peut bien se demander si ce n'est pas là un seul et même mot. p. 469 C-D). . et concernerait aussi bien des pratiques comme l'enlèvement des armes que des sévices infligés au cadavre ou au vivant (l'idée d' « écorcher » est essentielle dans «txjXov elle apparaît aussi dans auXàv) le rapprochement s'indique encore avec alxta. c'est notre première conclusion l'intérêt en est indéniable. Wôrt^. Hésych. Le sentiment primitif de l'efficacité religieuse a suscité l'image mythique du monstre Skylla. nous n'apercevons dans TuAav essentiellement rien d'autre que dans la préhistoire dealxiÇsw. sous le régime des clans. Et.. à moins d'être un mot emprunté. I. s. rapporte les armes des ennemis dans le camp des les Lacédémoniens siens. La racine commune implipostérieur querait l'idée de voies de fait efficaces au sens que nous avons dit. Le fait d'exercer des sévices sur le OêpiÇeiv : cadavre de l'ennemi ou de le dépouiller de ses armes s'accomde représentations qui. axY] vivante et plus ou moins personnalisée (cf. iiy.. du combat entre 300 Argiens . ûXatai). distingue nettement anuXsûsiv de ce dernier qui signifie.. qui a oublié la valeur homérique de uuXàv. et reprend son poste disputes. 82 il s'agit les : Chez Lacédémoniens pour la possession du territoire de Thyréa-. le rapprochement. dans ce passage. . auXàw.. puis combat général et 300 . vauxtXwv n'est renter à crxuXs'jeiv — : — — . restent survivants deux Argiens et un Lacédémonien les premiers ont tout lieu de seci'oire vainqueurs et reviennent à Argos mais le Lacédémonien. Mais o-uAâv a eu un : — développement autonome. sans quelque souvenir de la pensée homérique primitive (243). que faisait déjà H. parmi les actes de o-uXâv? Actes de vengeance et dominés par l'idée obscure de la « participation ». ce qui n'est pas vraisemblable a priori. il est douteux qu'ils com(243) Platon [Rép. V. a le même sens que le auXâv et non pas. Grecs de l'époque classique.

(opia est d'abord. aTtéOavev). déjà des armes sur l'idée se fixe en certains points : enlèvement exercées un ennemi mort. trancher les membres Pind. ce n'est plus le yÉvoç qui exerce les les o-ùD. est déjà qualiflée .. v. un tel état de société du point de vue des auteurs. ses bestiaux. § ni. par ce ejjioç ysvsTaç dernier exemple se précise le rapprochement que nous avons risqué..270 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE portent une distinction profonde entre les personnes et les choses (244) les individus d'un clan ennemi. 223. Le second moment de la notion répond à un autre moment : . P. mais c'est qu'entre plus exercée que contre des étrangers vidu : : .a9£^. 18. terme synonyme de «ûXa'. Cependant..a. : : 6 8' 916-7 . II. XXIII. comme les autres. social .. par la servitude pénale la loi de Dracon admet encore. Le rapport entre les représailles sur les biens et la vengeance sur la personne apparaît encore Ion. II. au choix. du point de vue de l'autre partie. une satisfaction reli- gieuse (246). i6.. vol de là l'emploi de o-ulâo-Qai au sens pur et simple de « être dépouillé ».y. D'ailleurs la seconde peut consister à s' approprier la personne : même. : dans le double sens de uXâTai(Hésych. 674). c'est l'indi- deviennent une procédure de la vie éconoProcédure générale à l'époque classique. entre o-uXâv et aUlÇet-v. déchirer. o-i>). elle n'est mique.. et surtout représailles sur la propriété d'un ysvoç adverse c'est ce qu'il faut admettre pour expliquer le sens spécialisé de l'époque classique (247) avec la double valeur qui doit naturellement se développer dans — — .. son sens premier donner ici à dtrâystv : G. La razzia par vengeance que rapporte le vieux Nestor de ô'jfj'. chap. eo-TspTiOri. qu'il faut le double sens du cf. Eurip.. et cette forme : de Ttp. tout cela peut être également objet de prise quand une prise est nécessaire. M£oo'l(yaç. n. è'ppet.. 28) (245). en parlant de Persée eÙTcapàoj xpâta o-uXào-aiç. la mise à mort ou la réduction en esclavage du meurtrier en rupture de ban (Dém. (244) C'est peut-être mot homérique (245) C'est èvaptÇstv. p. /. o-OXas.a'. L'indistinction a dû prévaloir dans toute la préhistoire du mot o-uXâv puisque nous rencontrons parfois des exemples où ce verbe signifie non pas dépouiller. XI. olwvoi. « à cet état de pensée qu'il faut rapporter dépouiller » et « tuer ». et 2^ partie. [IL. J. acte licite. ses : armes. XII. (246) (247) Voir 1" partie. mais écorcher.

C.]. encore inorgarnisée pourtant. individuelles à l'intérieur les traces qui subsistent de ces dernières à l'époque classique. XXXV. — enfin.). 194. et Il est de la que nous voyons rétrograder les o-GÀat. c.v wçXiQxoxe. JuXotxo. ôe xi. n° 194.ç irôXewt. loi De même dans une siècle. IX. — de procédure : entre les faut <j\)'koLi les a-C»)vat. la cité. par les o-ùXat. décret apparaît encore dans un texte comme Michel. — et il est bien (Michel. et Frohberger ad Lys. en principe.. du v^ siècle des Chalandriens qui. . 41-42 aux Ji. /.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE cités. par son passé lointain individuelles de cité à cité.. e/sO: : (230) la de Gortyne du v^ restitution certaine de Comparetti. n» XIX E. à lui tout seul. de l'individu qu'un tiers veut réduire en esclavage : — c'est le cas le plus fréquent. 1. On peut aussi invoquer le droit de auXàv qui s'exerce en faveur d'un particulier nouvellement intégré à la cité et qui affranchi ou naturalisé — — représente alternativement deux choses ou bien la reprise. connu par les actes d'affranchissement de Delphes t250) ou bien la mamis injectio pratiquée contre le tiers qui attente à un nouveau status — ainsi dans un décret d'ilion. prononcé d'un jugement ([Dém. I./. (248). l'ouverture des aùXat. I.. évidentquela même évolution a dû avoir lieu à l'intérieur cité même l'hypollièse nous est commandée par l'uni. Staatshaush. d'organisation judiciaire versalité de l'institution : celle-ci n'a pu surgir l'état à l'état de pratique internationale sans avoir existé à dans il la cité commençante de vsvri et (249) .£. de un intermédiaire. C'est à l'imitation de cette espèce de « représailles » que semble se conformer parfois l'institution des aùXai internationales à l'intérieur de la société. l.. 1. p. Nous avons déjà rappelé qu'en droit l'affaire privée Texécution du jugement est gagnante. lo). . continue en disant (1. par le Le ouôl 8txr.ô6vat cf. il 271 : celle-ci se dessine. n'y a pas. p. avec . H. de la partie : que constitue l'ensemble des cités helléniques. 5-6) a.. après avoir conféré le droit de cité et gamnti sa : propriété à un individu. G. no 527.. : — souvenir de aùXai plus anciennes. suppose une certaine intervention des pouvoirs publics qui se traduira par une concession ofiicielle (nuXaç 8t. XXX. Bôckh-Frànkel. 160) . 11 (convention entre les villes Cretoises de .. p. C. IX. : (248 textes cités joindre Par la pratique des traités internationaux Dareste. Ath. /.. les décrets relatifs au droit qui se laisse rapprocher d'une clause contenue dans ce genre d'asile de Téos {B. J. auXat. de vive force et de plein droit. G. Lyttos et Malla). H. d. signifie « droit de prise » (contrat d'entreprise à Erétrie. mieux encore. n» ix. p. 1. à l'intérieur de la cité et sans jugement. (249) L'institution des aOXai est d'ailleurs dominée par une idée de droit qui ne peut avoir son lieu d'origine qu'à l'intérieur d'un groupe plus ou moins organisé oûXov.. 26 22) ou. 59 sixiç ctOXov xaxi xf.

p. ce sont des sévices pour les origines. II. Mais sur un plan nouc'est en fonction de l'économie que veau.). Cette idée. vu dans le terme alxîa : doivent prolonger d'abord l'idée fondamentale de V alxia. et comprendre permet premièrement de situer la pensée ensuite. celui de pua-iàÇ£(. J. elles l'avons. c'est par l'économie qu'il nous permet de nous et la déchéance de cette pensée et l'apparition de l'individualisme. celui de l'économie : le mot o-uÀàv magique. et pourtant dans la cité tions que s'applique le mot «ruXàv. En effet. Par l'économie d'abord se dresse dans la conscience sociale : l'idée des relations individuelles.^ll'l RECUEKCUES SLK LE DE VELOri'EMEN T DE LA PENSEE de représailles garantit. certains emplois du particulièrement mot : graves qu'impliquent.v.^ peut avoir pour objet la personne uiôme c'est du moins le cas dans le décret d'Ilion (cjuTvîv i% xr^<. ensuite quera que dans ces semblerait : 1° l'acte : collaborent (décret d'Uion). mais pas tant qu'il le s'accomplit sans qu'il y ait eu jugement. c'est que la pensée se déplace à la fois et se continue comme nous en s'individualisant. 3® xkai on voit se substituer les fonctionnaires religieux (/. supra. dans le principe. le mot o-uXàv a dû désigner les « repré- personnes autant et plus encore que les contre les biens (251) c'est ce que marquent non représailles seulement certains emplois du terme.. p. dans un état préhistorique oii sont encore indistincts le délit privé et les magique obligations contractuelles et où l'individu ne se distingue pas nettement de sa chose. On remar(jOXav. 237). G. individuelles dérivent des o-ùXat. . sailles )) contre les : Le terme pûo-iov est rigoureusement parallèle au terme <jû1o'k (231) Nous avons indiqué que l'acte juridique de tAj. 'iXici: 5o. c'est la pensée qui. L'intervention de la société organisée tend à régulariser des institutions qui visiblement fonctionnaient dans le principe en dehors d'elle. de yévr. même : c'est à ces institu- Si les (TtjÀa'. les pouvoirs publics. 2" il peut être exercé par des intéressés. D'autre part. et qui en revanche trouve en elle à se préciser et à s'affirmer. mais encore le rapprochement avec un mot tout voisin par le sens. qui d'abord laissent faire (loi de Gortyne). 270.. l'entretient. les -zi-oti ou garants de l'affrancbissement une évolution se laisse discerner aux agissant en leur nom personnel. celle de la vengeance religieusement ellîcuce. d'ailleurs spéciales. Ce sont les deux moments que nous devions retrouver dans le terme marquons-les. T àauXta dont bénélicient les membres d'un groupe plus ou moins organisé. en vertu d'une espèce de talion.

et l'on dit indifféremment pÛTia ou étroit voies de fait o-ùXai. cf. privées. mais il évoque aussi des ou dès sévices exercés sur un individu. Aussi l'acte de o-jAàv qui visait d'abord l'individu ne vise plus que ses meubles. dominées parla notion . s'est : d'après tout ce que nous voyons de leur histoire. en tout cas.JURIDIQUE ET MOKALÈ EN GRÈCE 2l3 Même dualité : il signifie représailles porlaiit sur les biens. Tout ensemble le règne des représentations magiques se clôt. 19) mais sans que rien ne l'y prédisposât.. lui. et ce point de vue manifeste un rapport PhiL.v : cpovov. les gestes ou — l'action contre la personne -sont définis et fixés par l'autorité ainsi de prestige d'une pensée mystique renchaînement. . objets de procédure. dans le sens d'exécution sur la personne (Uolleaux in B.. 859). le développement même de l'économie se reflète les progrès de la dans l'avènement de la pensée rationnelle propriété mobilière appellent une distinction définitive entre les choses.. OE. puis.àÇ£!. avec l'idée de vengeance (Soph. (TuAoLi purement « laïques » portant sur les biens du débiteur. et qu'il est saisissant sans vouloir d'une tradition et le : exagérer la — de voir suggéré par portée de l'observation : — l'éty- mologie probable et par tels emplois singuliers de o-uXâv. — entre ces deux pensée positive à quoi l'indimoments dont nous la termes désignant l'outrage. au surplus... C. H. le rapport final entre puo-t-àÇeiv et auXâv. aurait tout aussi bien pu être inverse. brusque suc- . 959 pu(7t. des yévYi. sujets de droits. et les personnes. cpôvoj pûo-wv. nous le voyons parla nécessité où nous sommes de marquer ces trois étapes dans l'évolution du mot o-GXai. Le verbe spécialisé. tionnant dans la vie économique commençante et dominées la — par la notion de la vengeance individuelle et magique. L'insuffisance de nos documents ne nous permet pas d'établir les moments successifs de ce dernier progrès qui. — dans les rapports internationaux. foncvengeance religieuse et familiale.. : de a-uAas.Mais ensuite. (7. Entre la pensée magique et vidualisme voyons. ainsi du fameux procédé de Shylock dont on a montré l'universalité. p. à un pareil stade. a dû être rapide qu'il soit certain. sur les biens de ses la compatriotes solidaires. par est les lié. XIV. Or. et l'individu cesse plus ou moins de répondre sur son corps.

. de rationalisme et d'individualisme. divergents en apparence. Si. . on peut indiquer comment la solidarité que nous avons vue jouer au début et que nous voyons jouer au terme de cette partie protège la personne de l'individu contre les violences l'interdiction de la manus injectio et de toutes voies de fait que peut injustes et les désigner le verbe a pour domaine spécial les sanctuaires. : III saire. concrète (cf. elle a pu développer l'esprit qui était en elle. Mais si nous trouvons dans l'économie une condition nécesnous n'y voyons pas une cause déterminante. c'est que.274 cession. il regarde hors de la facteur d'individualisme que par la vertu d'un idéal qu'il n'avait pas fait. au premier moment. lieux d'asile emplois d'Eschyle dans les Suppliantes (412 et 594) manifestent sous une forme (252) A propos du terme yieuse de la cité — — : . Si. rait — venue plus tard que d'autres à l'économie d'échange. l'assistance de la cité à l'individu victime d'une sorte de sacrilège chai». dans sa liberté. mais solidaires en fait. saire : RECUERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE — elle réconomie nous ollVe donc le trait d'union néces. mais elle ne les crée pas son idéalisme est hors d'elle-même. et d'assez bonne De lui-même. ensuite. c'est . lui offrait le terrain qu'il fallait et des représentations que suscite alors une société qui se décompose. ici Athènes nous fournit une expérience viduelles. fixe d'abord les représentalions magiques puis. dans l'organisation le vouloir nouveau de la société dans la TroAi? nouvelle le lui a permis (252). com- inerte Il il tend vers société. : — — — cruciale : elle seule a heure. l'esprit de l'économie reste: le matériel. son prien deux sens. supprimé la contrainte par corps. elle a pu affirmer l'idée des relations indique la dissolution du ysvo. 1** Le domaine des relations individuelles se pénètre d'un relipuciidtÇeiv. § V). n'a été un ment mat? — le sentiment de Il l'affirme la cité affirme-t-il son empire. en vérité. elle nourrit sa pensée commençante. elle dépouille le vêtement de la grandissant elle-même devient une sollicitation à la pensée religieuse pensée positive. A la faveur de cette condition que nous avons définie. prélim.

mais qui en Grèce suppose le régime de la cité. parle vouloir du groupe de \ injuria en général (254). Din. 1. aquilien. restreinte. X. Lois. 927 D. Eurip. col. cf. n" xvii. (233) Pour a-cTi.. ce sont les deux expressions toutes semblables. 32. 14-15. Presque brusquement. a le sens défini de dom: mage aTT. l'idée nouveau économique. nées pourtant indépen- damment « l'une de l'autre payer Va. nous la trouvons dans irrécusable des deux mots àxTi et p). 1.. s'en — mouvement. 1. la cité chasse les représentations magiques pour leur substituer les notions « laïques » d'un droit privé de ce mouvement témoigne bien l'histoire des termes désignant l'outrage c'est une nette coupure que nous constatons entre les valeurs anciennes de ces mots et la valeur . 936 D-E) retient le souvenir de la représentation primitive de la p^âêr. Hirzel. 360 (sur : C . et la valeur profane des deux mots. cf. Lois. 1. 14-13. au double. iâXocSr. ce qui donne au fait la valeur certaine d'un phénomène. étouffée. une sanction. Si peu parallélisme qu'on s'attende à les voir rapprocher. 9-10. pénètre.. n. 191. s'en banalise.ii\ » ou « payer la j^Xàêvi » Entre la valeur religieuse au simple. n» XIX E.. etc. s'absorbe dans la première qui est or les deux termes en sont venus celle d'une force religieuse .v ^'Xâ6T. col. XJ. J. 60. Et ce qui accuse à l'évidence le parallélisme. p. (253). à l'origine. 833 E. ridée juridique de T « obligation » qui s'introduit ainsi dans le domaine réservé jusque là à la vengeance. entre la peine proprement dite . XI. G. n" xviii.. Themis.v ocpsîXstv. : rabaissée. à désigner cette notion double.. 1. 43-44. que nous connaissons déjà. etc. Xi. de damnum p). VI. 1. ples ne manquent pas en attique Lys.v (Platon. col. (234) C'est ce qui apparaît dans la distinction qui nous est tout à fait familière. qui est la leur dans le droit de l'époque classique. à l'époque classique. 1.àêYi.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 275 esprit nouveau. 864 E. l'idée s'en ternit. moment que les l'atteinte matérielle devient un délit et^appelle laïcise. voir les lois de Gortyne. IX. n» xvii. col. /. cependant que contact de la vie autres termes sont plus ou moins portés dans le môme la notion de damnmn^ née au et souverain. 34-33. le précieuse. les exemDe'm. Pour l'expression correspondante avec ^T^aêri.. atteinte matérielle à la chose d'autrui. 7-8: cf. IX. col. V.àê7i. Une expression comme èçiàaôai tt. Andr. nous avons vu que la Une confirmation seconde notion. le sens de « dommages-intérêts » est attesté dans la pour loi de Gortyne. 3). vil. I. Platon.. il y a une belle dislance on voit immédiatement avec quelle vigueur la représentation : — : mythique au Et et pathétique de l'individu a été rabaissée.

le sentiment collectif de la cité. restreint et parfait que voudrait être la cité. vie propre de l'individu. une signification proprement juridique. ont une forlune bien divergente. et les : . il l'individualisme semblerait s'assoupir paraîtrait qu'il ne dans la pensée morale. 877 B. Il n'en est rien. Et. ce n'est pas sans faire au langage quelque dans ses emplois courants. à cet égard.. l'idée de l'offense à la personne apparaît plus indéfinie et. la cité fait saillir l'idée des rapports de propriété désorde façon plus comme tel. tel qu'à travers la langue on peut le lire. religieuse. En réglantj à propos de la [^XàêTi. IX. de son chef.. résonne d'un tout autre pathétique. Ainsi peut-on rendre compte de ce double caractère que nous a révélé l'analyse de la notion d' Gêpiç. dans une rixe. qui a ou qui n'a pas droit à la réparation de son « honneur » et le : . quand sa un indéniable un sens nouveau. que conditionne le facteur économique. cependant. impose au terme a'. Oêpiç et alx-la de l'autre que l'opposition : dommages-intérêts en fait de délits contre les personnes Platon croit devoir insister spécialement là-dessns. Rien n'est donc juridique plus instructif. l'afiîrme avec force. fcf. la cité rie veut pas précisément savoir qui a tort. entre I^Xàêr. du reste — intervient pour définir et même pour restreindre cette idée même de là. d'une part. Ainsi. la notion de l'alxia comme simple délit privé.xia . môme fonds d'idées. 861 E sq. elle déclare elle responsable celui qui a porté les premiers coups matérialise le délit et. notamment. respect C'est que. Mais justement. le besoin l'individu : autonome et sous un aspect tout autre de l'oiïense à sentiment d'une réglementation des rapports sociaux. s'est exprimé en un principe de souveraineté hautaine et désinléresséc la paix publique nécessaire. Lois. pénètre pas Par le : Ce départ entre la chose et la personne. en Gêpswç. nouvelle.doute. délit banal. qui a raison. Sans. toute spéciale. en s'opposant à la notion du damnum matériel. la cité elle-même affirme. en outre. le mot a un tout autre violence accent. la société organisée — en Grèce comme ailleurs.270 2° RECnERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT OK LA PENSÉE fonctionnement régulier d'nn droit pnrement privé. application du principe au cas de ToaOjxa). Le mot et les mots alx'la et u^o'.àêr. qui ressortissent d'abord au ^:i). par la : ypacpri s'exalte. mais conçus comme profanes. dans ce xoo-jjig.

il est. se pose naturellement : la : conscience mais elle ne crée pas de toutes pièces elle élabore du passé. . qui a rendu possible une abstraite de l'individu la seconde. une fois organisé. sont parfaites. . De la notion pripareille idée : mitive de l'outrage. c'est l'idéareprésentation lisme propre à la cité sur cette représentation qu'il fait saillir. nous cause de ce progrès. du respect de l'individu. nous n'assistons naturellement qu'aux débuts d'une mais là justement est l'intérêt. La le facteur économique. C'est un fait général et profond qui s'atleste là les rapports auxquels donne lieu la propriété portent sur des choses l'objet est ici susceptible d'une détermination rigoureuse à un moment donné. dominée par la pensée magico-religieuse. c'est la condition et la objet de respect.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 277 celui-là est nettement circonscrit. Il n'en est pas de même de la notion. tout ce qu'il peut être les règles qui le traduisent sont adéquates. : le sentiment religieux se fixe. : donné. imprécis pour la conscience individuelle et où il entre du mystérieux. Grèce. la il s'agissait de montrer quel mécanisme a pu faire sortir notion positive de l'individu comme avons essayé d'établir première. Dès lors qu'il apparaît dans l'histoire des hommes. le germe le d'oii est déposé d'un développement peut-être indéfini caractère religieux qu'il n'a pas cessé d'avoir et qui : même En est aujourd'hui plus accusé que jamais. dans un état social : . D'où vient la notion même d'une valeur individuelle? . ceux-ci restent bordés d'une frange de sentiments. Le dernier problème sociale crée. ou plutôt du sentiment.

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và. un sens religieux bien connu Ttjjiàv. Le français s'emploie de même il semble qu'il n'y ait là qu'une notion purement abstraite.CHAPITRE IV L'HONiNEUR INHIVIDUEL Il n'y a point de mot en grec qui traduise vraiment le mot ce qui n'a rien d'étonnant puisqu'une notion honneur » morale comme celle-là a ses racines dans un passé qui nous « : est propre. : dès ses plus anciens emplois. . I 11 a. et suppose un fonds de sentiments relativement original. mais les Dieux « honorent » aussi les hommes et cela ne veut pas dire seulement que la considération dont jouissent les hommes est T:i|jLàv. La : vérité est plus intéressante. tout langage possède quelque terme voisin du nôtre. et dès lors on n'y verrait pas autrement d'intérêt. dont l'histoire est instructive « : c'est tiut]. le fonds de la langue. dans le domaine moral. en grec. Il en est un. al T'. unilatérale au sens religieux. Il est vrai que l'on dit tout aussi bien Tt-jjiâv Tt. « honorer un homme ». et c'est lui que nous nous proposons maintenant d'étudier. un de ces termes généraux et vagues dont on ferait volontiers.[jial. : D'abord les . c'est « honorer » les Dieux. a son histoire à elle. Mais au-dessus d'un certain minimum d'individualisme. ne s'emploie pas de façon hommes « honorent » les Dieux. toute société connaît forcément une idée parente de la nôtre. Tiari peut quelquefois se traduire par honneur ». ce sont les « honneurs » rendus aux Dieux.

Cf. 80 remportent le prix en parlant de Prométhée..6p(5voj AiiSev xal StuxVjirTpou tiaf^i. (257) Principe général exprimé dans IL. 0. dans Paus.jxai indûment accordées par lui aux hommes Esch. 1337. IV. 711-2 et 719-20 à rixitiia dont seraient victimes les Érinyes répondrait (cf. et qui frapperait la terre même. 81 Soleil vaisseaux.ay] (257). en général (258) c'est pourt!. liiopsv Aiêûa. I. Pour àpex-^. cette TtjiT. 30. fr. 399. par suite. Aiàî vcoiJpai iizyi\oiQ\ Pind. La pensée parfois se définit en des la Tt. de VllI. plus indéfinies. TêTi[X6vo. 44-5. ov à9ivaToî itep est le principe du respect que doivent les humains les Dieux à Achille et à tijjl-^ accordée par TiTtjxT.. XX.. fr.. Usener a dénommées.xev xâv8£ aùv xtjxâ 6ewv vîaov £X9(5vxs.ijlt. c'est-à-dire comme une les biens : de ces forces religieuses que H. 38. p. sa v£jjL£(Tt. V.. 69. 57. 946... [Hés. Choéph. chars et athlètes /. 31 VI.. Choéph.. .. XXIV. X.jiy] cette 'z^Y-'n efficace sera attribuée non pas exclusivement quoi aux divinités catalcfguées d'un Panthéon.. ?Tiaav... sa [xy^vi. — ou.. invocation à Théia. 51-2 AaxoCSa.ç. 28 Hector. las et Agamemnon : 5t.280 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE (255). .. 281. . (260) Soph. VI. 242 : Zeù? 8' àpsT-J^. la x-.. à une chose pénétrée de vertu reli- gieuse (260). pour la réussite d'une entreprise particulière. Pind. comme la puissance d'un mort (Esch.TOî Tyrtée. Prom. Ttfjiav. : 259-60 u!X[ii o. l. rapprocher aussi Od. VI.^ 509). (259) Esch.jjltî.Jt . Tôav. Esch. invocation d'Oreste : Eum. etc. p.. comme l'action collective des vagues divinités chthoniennes (259). il : y a quelque rapport entre Le lien entre 25. mieux encore. xXGxe 5è râ y6ov{wv xe xiixa(. 4 et s.. 0. Phil.. 110-1. — . Épithète de e£OTf[jiT.xV| et l'accomplissement d'un rite est explicite divine et la possession de la toison d'or. mais qu'assez humains (256) dépendent de cette t'. Ag.]. 8. XXIV. Sondergôtter ou Augenblicksgotter C'est pourquoi on . fille du : : : iV. généralement émanent de celle T'. (258) Pind. la xi. irîSfov sùv 6ewv xiaaïî ô'féXXsiv.aot!. ôWasTa.. due H leur grâce chose déjà instructive. implore sur sa (255) /Z. x'. fils d'Apollon et ancêtre d'une race de devins.. 2) (256) Notamment la royauté ^i'. /*. 472 et XIII. où Jamus.. 1061-2 {infra. oii Hermès protège (Tt-ixâ) l'Arcadie féconde en hommes. Théog. 111) une àxifxfavengeresse de leur part.). 80. 284).|ji7) des Dieux peut agir comme emplois remarquables une fonction spéciale.. ou dans un moment donné. 533 ov tiva Tij^T^crwa'. P. au v. IX.. Ménéles rois de Sparte eeoTifjLTjToi (Tyrtée.. : : : . Rapportée aux Dieux durable. moins personnalisées. ùx^pàv î^sOyoç 'AxpêCSaiv (Esch. suivant les cas. 353 (Achille) tiixtiV irsp jjloi ô'-?£X>wev "OXûixttioi... 43-4). 2.. la -zv^r^ comme impliquant une prospérité apparaît dans Pindare. IX.v 5v6peaTiv à'-çé'K- Xei Te {xivjOei xs.. Ag. cf. infra. n. : . syyua)v(ça'.. VllI. 51 (ib. mais à des forces parlera de la « des Dieux » . 57 et 66 : : : Beot. IV.

. 220 (Diels. XVI. IV.. à propos et des sera 8£ÔKO{jL7rot. 181). (262) Esch. 498).. Eurip. accompagne constamment un ysvo. ce qui.. c'est que l'eflicace de cette Tt. ce » des siens. p. (Zeus) t6v tî. 260. Mais on voit aussi l'unité le gémissement » notion. 37 sq. 'Apxaoiav z sùàvopa téristiques..)^ et de ^îtj. 509).a!. Od. —La gloire. (264) '. appliqué au mort qu'il faut venger. Choéph. EL. assure la réussite de la vengeance (Esch. Boisacq. 171-2). XX . V. IV. XVIII. Le numen s'affirme-t-il par un succès particulier.. H. poô. 30 sq. : -rraïS' dt-ciixasaç. ôiSou ô' apxav. 1420. 895). s. la variété nécessaire des traductions. sont caracles des observations du même (rapproché de ordre propres aux Dieux [ihid.. lapsxTj atteste : une puissance religieuse (Sibylle d'Érythrées R..fji'. c'est une formule consacrée. SuppL. Le mot àpExr. Thucyd.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE tête iV.[xa3[xév7i par les Érinyes qui ne l'as- sistent pas. par Holleaux. VII. hom. au sens de 1*. réussissent dans le monde. Philoct. Soph. 281. ou refuser assistance (263)... Pindare emdes Argonautes (P. E. 33.. xjSf. HarpoPlaton. p. comme 0. IV. Eum. f.. 108 D. 136 P. que StSou 8' àpe-V. 992-3. par la grâce des Charités . en souligne la signification générale. crat. désigne la vhHus à la fois comme qualité. L. des TcpàÇe^ T'. puissance et comme fr.. 134). Tt. (263) Esch. à la fois honneur et prospérité. et Gallim. l'étymologie « gloire » dans Pind. dont l'idée s'associe naturellede puissance {IL..... avec « les Dieux » pour sujet. ïyndarides (2G1). 0. OE. s...\psTT. Soph. V. considération..a*/i est parfois associée à de la la continuité même de la vie du groupe ^: Pindare. p. le verbe signifie que le mort « exauce (Soph.. 281 une bénédiction nourricière de peuples (XaoTpocpov Tip-àv) X. opposé à xaxwo'av)... 69) l'expression de ploiera. Cf. d'ailleurs. 1. On voit assez. p... et noter l'emploi de 212. 529. VIII.. (261) Cf.. 71. étym. //.[jl7]. de xùôoç. 93 : Clytemnestre àTtTiT'.. où nous trouvons la double idée de l'illustra- tion des héros et de la protection divine qui se manifeste dans la conduite et dans l'heureuse issue de l'expédition... Dict. S. sont des actions qui. . de la part d'une divinité. àTL[Aâv. 424). IX. 89.[jiaî. (264) Tt[jia expressions de et AaoTpocpov Ttjjiàv. « honorées par les Dieux. /?.va-. G. d'une façon générale.. ce vouer au malheur (202).J5:^. avec la richesse du sens. appelle désigne la puissance et l'efficace ai celles que les Dieux confèrent aux hommes zi^ii^ : il (Od.X\ et d'où la restitution d'une inscription béotienne archaïque. en s adressant à un Dieu.. Banq. M..) . . 2 (cf. I. est chose divine en soi (cf. 1. où la t'.v xe xac ôX6ov [H. ment à celle Démocr.

v. le Chœur déclare que. efficace pour l'homme. et le : . qui 15-16). n'étant plus honoré. et la valeur qui lui est communément attachée commanderait de comprendre qu'Apollon. eî yàp al Seî Dieux dispensent ainsi leur leur culte. La notion de la tijjly] se résout en celle d'un do ut des inconscient complexe. Reinach (ibid. 168-9) Foucart. mais sidédicace à Athèné. œuvre puissante.[A'/iv l'allégorie des Prières.). Voir Ameis-Hentze.? proche dans l'Évangile au sens de notamment de Dieu »). V.. pouvoir sur les hommes et propriété on la sur les choses. est-elle conçue sous un aspect objectif en même temps que subjectif 1' « honneur » décerné aux puiset : sances divines est en lui-même une réalité.î. nous paraît contournée et peu surtout avec la négation. puisqu'il implique le numen du mort et qu'il évoque la notion des -ifjiat II Ainsi peut-on voir que le rapport entre les deux emplois religieux de Tt-jjiâv n'est ni imprécis. r. TijAixai. — premier de ces deux exemples rattache doublement xpaTo. lequel miracle ». courage. t' àtXXwv Platon. C. ne se fait plus sentir aux consciences. dans un exemple isolé. plus exactement une force on le voit dans ce passage de V Iliade (266) par quoi . H. Le terme qui désigne spécialement la puissance. IX. la TijjLvi qui. et aussi « et s. c'est ce que suggère. tes (le mot hébreu. IX. s'adresse aux Dieux. s-Jîc^Oai xiaT. C'est que le rite. 895 sq. le v. 'A-jtôXXojv 6{jLïiav/.. iî. ne manifeste plus sa vertu : bienfaisante.. l'édite. se réfère ici à S. de l'homme. Ttfxtai. 480 et 490) le : .. Choéph. pp. mière moitié du iv« siècle [B. ni purement verbal. Phénix conclut sTiTco-Sat T«. il ne célébrera plus aux Dieux. peu plus loin. — C est cette conception réaliste de la ti[jlti qui commande. « action de valeur. un en soi. ad l. pp.. 909 îtoOSaaoO Ti(xaï<. XIII. Aussi bien. fait rigoureusement pendant à xt — : (263) Dans un passage de Sophocle auquel nous avons renvoyé Toiaiôî itoi^êi. de la preà l'expression du miracle gnificatif. témoigne parfois de la même pensée demande aux Dieux ou aux êtres divins (Esch. — Comment le culte est nécessaire : tijat. Lois. . — Cf.. RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE mot a pu se prêter ainsi. 513-4 7:ep àXX' 'AyiXeû itops xai o-j Atôç xo'jpT^aiv 721 A Oeiov yàp àyaôôv irou t'. si les en favorisant des impies. -Apiioç. sTreo-Sai.). est nécessaire aux Dieux (265). implicitement.282 1. le mot Ti|xotî semble plutôt devoir être rapporté à la fois aux hommes et à Apollon lui-même. gcboura. l'interprétation traintelligible ditionnelle. ^z yopeûeiv .). Targumentation de Xénophon en faveur de limmor: èiriyvaixiiTci vdov è<ï6Xa)v. lalité de l'âme (n. puissance. à tijjlV. par èix^avw. (266) IL. raptraduit par virtusignifie force.{xt|. et où l'expression ar/iv (CE. 261 5jva|jiet. suiv.

a' rendues aux Dieux et celles qui manifestent leur puissance (Xénophon vient de rappeler notamment la vertu des âmes twv àSixa iraeôvTwv) sont des réalités du même oinire. sur » Tinjonction des quiconque les repousse.|jlo. et sur les Dieux. dans le cas du mort à qui l'on adresse des prières ou des injures chez Eschyle rituelles Oreste et Electre menacent l'âme d'Agamem[Choéph. sens.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE a. (268) Idée que préciserait Tadjectif cÛxt.o. XI. Eum. si (xtiSsvôî aùxwv al <\i-jTitJLà. àv SovtetTS. 6ûa>c7i"Xov yôôva. Instructif aussi est le (267) Cette idée 17 sq.fjia'l. 484-5). évoquée par leur plainte. 82o. 111.vr\ 283 désignant. : : . 237-42). sence redoutable » : d'Apollon vaincrai et ((( tu n'es plus àT!. sachant que ces Litai à Zeus. Platon. et solidaires. si elle n'accorde pas leur -ziit-ri aux morts. avec la les fortifie même idée d'efficace le 711-2. Esch. Cyr. oiaijievsiv sti /ai xupiai Tisav. ») oii passage qu'il faut rapprocher de la réponse honoré chez les Dieux. à propos de la fécondité de la terre (parallèle à celle des êtres vivants). ne pas de sa puissance divine. elle-même ne soit pas « honorée » le mot £'vti. Par exemple.\\l\.. Les Ti[j. chœur des Erinyes conseille d' « honorer sa pré-rt. Même réciprocité. les : — — au sens de Ainsi la « accédera.. Lois. : Toîç Se ^ôijxévoiç ta. Electre prononce contre elle-même cette imprécation que.|ji. où immanente aux dans \es Eiiménides.. le fléau sinistre qui. : — — non : si. statues vivantes delà Divinité. est une transposition du TijjLâv appliqué aux Dieux. Chez Sophocle (EL.. : — impliquer ici l'idée de l'infécondité (268). il continue en disant que tout homme de sens « redoute et honore les prières des parents ». c'est moi qui associe les deux idées des honneurs divins du numen de qui les reçoit (267). que de son côté elle « honore leur gémissement ». et donc. 931 D. elle ne les exauce pas. de relation réciproque apparaît aussi dans Xén.ai efficaces sur les parents. montre les Ti[/.'Xoî cf. paraissant d'ailleurs par eux. doit « accompagner Dans même prières vent été efficaces numen ont soumalédictions d'OEdipe par exemple l'idée d'une relation réciproque entre le et l'homme est précisée par l'emploi du verbe Ttjjiâv qui. le lui. 'z\\k-r\ déclenche dont la nature et le mode les forces religieuses bienfaisantes d'action s'aperçoivent mieux quand on regarde plus avant qu'à une théologie de façade comme celle d'Homère. exaucer ^ ».. compromise par la présence des Erinyes voir n. elle ne sera plus « honorée » dans les festins des morts. 7.

Thucyd. La notion primitive de la T'.y] et de très anciennes divines.asv opxov.. Ihéog. Dans \Ajax. Phén. du pouvoir religieux départi à un mortel — — même Dieux (Eurip. 877. 874.. par les pouvoir d'accomplir les malédictions). 1654. où TitAw répond à yepawv). ^svocpôvouî Tt[j.. 57. qu'il s'agisse Phén. V. — L'association . ti{jlt. entre les termes 395... où Tifialç et yspaç se répondent. 612-3.Soûî. et les exemples que l'on invoque pour se rapportent au culte aussi bien justifier cette synonymie (269) : qu'au Dieu même. 1652.C. de façon très su- surant des armes dont la admise dans ici la pièce et fonde en définitive tout constamment drame (272) . nous ajouterons notion dans Eurip. ou enfin la tiixt. l'idée d'une efficace religieuse. Alc.. Dans le qu'Ulysse (271) s'assurera en s'asvertu religieuse est le — traduirions. : raire.. H'ippol. La notion fondamentale. 1061-2 (Ulysse à Philoctète) xal -ri/' àv tè (tûv yspa? (appli- dualité que dans MiLteil. êvépwv. pour impersonnelle ainsi.v ijxol vetiieiev. 874 à des morts divinisés Thucyd. 45. 111.. Nie. Exemples recueillis par Schneidewin. parallèle à la l'onction du prêtre la vertu salvatrice des vépa. etc. en parlant des Lacédémoniens tombés à Platées. cependant que le sens religieux est confirmé par l'emploi du terme yj>'r\'^^ équi- valent de in faits est (273).. yepwv.. t. c'est cette en acquérant la possession pouvoir religieux. 1134 b 7. ajouter Soph. I. que correspond (Eurip. 812. 393. 5. 9 STuyô.. 58.. Eum. 440... Esch. 0. ou de la fonction même du prêtre.. est celle de privilegium au sens religieux. 272. et 53-53. ou des « honneurs » rendus à une puissance religieuse (à la personne vénérable d'un père Eurip. et cela avec une de la « part » faite au prêtre ou faite au chef... 992-3) Dioscures.. dans ce mot. etc. de l'honneur recèlent d'objets qui un tijjlt] certain Philoctète.... une c'est à un fonction divine. xauTTiV olùtT^ tt[jLTiV S-.. Zeùî e-ofT.^ 30.ai.J. àTi[xou<. 10. Tttxàç — Eurip. VI.. : à quoi d'une divinité. 776. Eth.^84 RECUERCHES SUR LE DÉVELOI^PEMENT DE LA PENSEE cas de ces divinités spécialisées qui exercent un yipa.). Phil. et yépaç est familière au grec 352 et 336 [Hés.. 986. dans une épitaphe funé: . îlSwp .. 2.. T. 58. III. Voir notamment v. Or. I. Esch.. Tijjiai o-w-rrlpsç.. : par essence et localisée acquerra de perficielle : la « Tiix/i — occasionnellement un individu nous ».. multiplicité tout à fait instructive dans les valeurs de yépa. xb 5è tt. 1521. Œ. encore. AV.. le moi^i^r^ est associé au motyépa. 3.jjiyi (270) a donc pour centre. : : qué aux armes d'Héraklés) (272) (273) xi [X'f. C.^ ê/siv. Eurip. noyau. ^wpfl. fléL.. (271) Soph. Alhen. 68-69. ad Œ..v az ypr. Eurip. — (269) répa? du prêtre : Pind.? (270) L'idée de mafia est encore discernable chez Apollod. Soph. /.. 419 même (//. .. Arist.. Phil. 1061-2. le mot aTt-ixo^ est également en rapport avec l'idée de la possession d'armes Entre cette notion de la Ti{j(. 1892. p...

52. p... 847. l'individu objet de l'imWiinsch. Esch. mot à-ziixlot. III. (Elien. qui est évoquée par le Perses. p. IV. Ils concernent notamment les sévices exercés sur le cadavre (Esch. n° 107 précation est voué à une espèce d' « atimie » Michel. . . s. 353. Esch. A. V. (274) Voir^ïfpra. 88 . l'atimie primitive à l'intérieur atteste la vertu du Xu{xatv£a0ai. Soph. xal xà en est assez marqué par le rapprochement avec <\)u-/^p6ç. Mayer in Lexikon de Roscher. § (275^ Cf.. Ji. 78. Papyri magicae. 62 . Abraxas. EL. Périk. Praef. n. terme familier aux auteurs de defixiones (Wunsch. 1475. d'autre part. l'idée autilhélique d'à-i|j. tantôt malfaisante (274) .. Sepl. //. C/iéoph. Hkt. . var. 444-3 . P. nos 57^ ^Qo.ta transparaît aussi la notion d'une eiiiattachée à certains gestes ou à certaines pratiques. cf. chap.. (276) Cf. 12). àxifxa xal '\''->/. àTi[j. dans le cercle ôcijifjLo. 1893. 106) et par la croyance à la vertu magique du plomb (276). « à a'. Dans les defixiones. Dieterich... A cet égard. dans la Tip. le fait T^. I. D'une part. ^(ttw .. rcpi'éseTitutions leligieiises il y a un lien qui dans nos textes n'est qu'à moitié efïacé les armes transmises de la main à la : sante. supra. et les mots de la même famille rentrent manifestement Dans cace des représentations que nous avons analysées à propos des termes désignant l'outrage. mais certaines concordances suggestives (275) permettent d'y retrouver le souve- nir confus de l'alxîa typique.. XII. 231 (Xu[xaivca9at consistant dans de déchirer les vêtements). devient dès lors suggestive. Appliqués d'autre part aux outrages » individuels. 1012) c'est l' alxia du deuil à propos des vêtements déchirés.. Dans Ménandre. 232 (xaxwç TOpivcsipaç) et p.^ Wessely. 48. Kronos.Juridique Et Mokalë en grèce 28o — geste qui.lll. p. comme celui de établit une — retiennent unepaumée tantôt bienfaivertu espèce de communion main la « ».. ojtoj èxsvo.ç>^ le sens xal ^uy^po.v 439-44. p. 5 M. cf. on reconnaît le prolongement de l'acte rituel d'Euphèmos recevant une motte de terre symbolique : une expression comme TitjiYjV evyuaXl^ai (proprement « mettre dans la main »). à-:i[jLÎa et a-^tijio? se laissent comparer de très près et trouvent leur emploi légitime dans le même ordre d'idées. Oswv de Pind. : = n° 1324 èxévou : xxî oj^ o\)-zo^ b [ioXuôôo.xtJ^Ê'. Wunsch.o. àxi[jiia pour désigner le mauvais traitement infligé à Glycère n'a plus sans doute qu'un sens banal. . III Mais la puisqu'aussi bien le terme tija/j suppose souvent considération accordée par des individus à un autre.

. Aj.. 1 culte des morts p. apparaît la même spécialisation. 74 Eurip. IX. mots comme xiiJiâv et tXàoxsaÔai (qu'on désigner le culte d'une façon complète. 1.. Les ne manquent pas.ixoî èjATTÛpoiiri xviauixoî. 8-12 . p. -4y. IXàaxeuGai apparaît à propos du comme pour = .xôxt xiîxài. 1129 et Eurip.. . Ath. 150 et s.286 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE l'idée implique faut-il situer. qui précisent en rapportant la tiut. 1). Opferbràuche. Suppl.) et relève ainsi du rituel qu'on oppose celui des Dieux Olympiens (Rolide. n. EL. des Dieux) 1037 Ti|XT. la signification rituelle du yoo. dans quel groupement originairement. .) : or... rite essentiel D'autant plus remarquable est cet emploi spécialisé que morts est volontiers associé à celui des divinités chthoniques le culte des et infernales communément à (Stengel. r^-zi[kOL<j\Lv^o<i. tj/o'jffa ^Tépuyai..). Sept. Eurip. Quelque chose déjà pouvait nous le faire pressentir la Tt. 5 6 : . 484-5 : irap" êCiûcÎtcvoiî earj (âx'.. On peut môme « honneurs » requis par ajouter qu'aux devoirs funéraires. Ap. p. Kidtusalt.a£t. . VIII. £/. Psyché. des morts à la ti|jlt.6o. xiio). nous pouvons même : dire le ysvoç. Psyché. spécialement à propos des honneurs funéraires.pi. rem praebeant pour .. 18 (cf. Michel. Sienne].!. Lex. et aussi marquée (Soph. (278) : : — . 323 xÛ[j. pp. vexpoTç yivoixévwv. n. Harrison.r( que nous avons vue suppose un régime essentiellement familial puisqu'elle s'adresse. (277) Dans le . 148. quasi technique ainsi dans la définition que donnait Kleidèmos du service des morts. 55 et s.. Kultusalt. 433 Ant. 6 et 9 [II.. E. nous le terme oaioî. 1405 . Soph..... G. Choéph. 409 F èirl xwv ei.v toi. tiîjlt. 40 123 HippoL. un des plus anciens du vocabulaire religieux comme savons.. chez les tragiques surtout. Stengel. Vcnzôyiix^T.. 126 et s. 130])... cf. Sophocl. /.. Esch.. Esch. (278). : Choéph. 241-3 ita ut nullumjam hono: . v. pp. pp. Rohde. p. EL. 111. p. 120. Opferbrdiiche. 19. s. singulièrement. le dernier étant plutôt réservé à ce que miss Harrison nomme le rituel de 1' « aversion » (cf.. ôçuxôvwv yowv (éxxtfiouç : = Soph. TTposâ-Ttxeiv Anl 745 xifiàç 6ewv. aux le défunt. la tijjl/î : — Toute de rapports sociaux. 1081. De fait. 7. etc.. : (cf. entre des comme Ôûeiv et èvayt^eiv se retrouve. 509) 355xw xeevf. où ils exemples traduisent de façon expresse l'idée du culte. Cyrop. évoque? indiscutable une série d'exemples nous offre une réponse en tant qu'elle suggère une idée de retenue ou de respect de la part d'un individu à l'égard d'un autre. l'antithèse qui existe entre des mots quoique moins voit associés explicite. . aux morts. EllendtGenthe. les notions qu'il désigne ou qu'il a pour domaine premier la famille. Prolegomena. Cf. 58. 127 .. Yoviojv èxTtijLOu. J. n... 272... J. 1012 xa'fsvT' àTt{jLwç (cf. Thucyd. Xenoph. s'applique (277) : du mot d'un un emploi bien spécialisé. p. n. 269)... 267). I. n" xxv n« 854. Suppl.

67. désigne le sentiment de étendue à l'oiigine {Od..Sa[i. 373. fils 1409.. (Iphigénie) Traxpôî csîaou Tptxdjirovôov sutîotjxov Traiàva »()»(«)!. Lois. Eurip. III.. c'est le sentiment fami. (les 244-6 624 : mêmes honneurs qu'à Zeus) iixziptvj yovswvpîov -îrexpwixévov. 932 A Tijxat. 930 E 931 E. 4) terme moiilre bien que l'opposition n'a qu'une valeur toute relative le mort inspire des sentiments qui. (281) Soph. XIII.. les ancêtres (279) du mari à l'égard de la : femme cle (282) (280). nécessaire. 1. 877 (Œdipe T. fr.JURIDIQUE ET MORALE EN : GRECE 287 mais l'emploi fréquent de l'autre (Hérod. VII. Paus. 185 Théor/nis. 464). 26-7 . : : T'-lxâ.xT. Or. : : . h\.xéo s[xtiv. N'y a-t-il là que dérivation spontanée d'un sens général ? Mais pour le soutenir. 1354.avTa? yoveïç.aî xaÛTaç 5è [xtj tzqxz vTipjtaxovxa^ i'ziiiiZo-J7'. 582-3). 134-5. 927 B. : Eurip. le tout le long de la grdcité.z 6' à'xo'.. or nous voyons — le père. 13. 7V. Pour la pensée religieuse qui anime ces TifAxî.a'r'. le v. à Ap. .. par ses fils).. les en plein iv^ siècle honneurs rendus des personnes éminentes. X'. . XVIIl. et qui demande à se retremper par l'elficace du culte Platon. yovswv 61 uerà xaÛTa (après les honneurs à rendre (souvenir certain de la valeur : ira. Eiim.. 33. Esch.tpôî ... VII.fxTjéoi. Pind. d'ordinaire. la non seulement la Tipi mère.. Od. VIII.Ti[xa5ixévo. Eurip.) Aie. 178. Ag. il faudrait d'abord. Te 6p£«|. Tt. d'une famille très En outre. £vvo. : : ToiçôsoTç.. Lois. xonf. . peuvent se traduire par la fameuse formule de do ut des que miss Harrison réserve au culte des divinités olympiques. 696 Médée axtfjLo. ce semble. et ©J S' àr.-riTov) . Plat.Q . : . l'onau neveu. IX. emploie le mot famille. ixr. àx-y-isêiv en parlant de Zeus à l'égard d'Hèra. ici à ceux qui les reçoivent. eux aussi.. (OEdipe en parlant de ses Eurip.8oi.xal ÎJwvtojv. o'ç eitxiî etc.txfj réciproque.oû xiixà? vstxsiv C. le' et encore. xr.îoucri xoxf. lial qui se prolonge par-delà le tombeau. 486 — . : comme on peut s'y attendre : 11... Un père « honore » son fils (283) du reste.. cf.[xâ!. XI. « après qu'il Ta faite son épouse ».tiv. tel notamment qu'il se manifeste dans les rites du deuil (« deuil » est le sens le plus fréquent) et dans la vengeunce du sang (J^. il est rapporté à ceux qui rendent les « honneurs ». (282) Œ. de la part de son époux (cf. etc. C.[jLàv désigne aux parents. Médée. VI. 821 olv\ix Se yT^pacntovraç àxL[XT.. 1378 Soph. Mais de cette formule la signification est plus profonde qu'on ne la fait à l'ordinaire ce qui domine ici. : (279) Hés. 717 : aux Dieux et aux héros) Ti.ai. puisque 484 (Ménélas. se justifiant de parler à Oreste parricide) du frère. Phén. èx([ia. 219 Osoûî x£ Ttixiv xo'j. 6t. i'::\xi%e<7y. 438. Polynice à ses sœurs : [x/i \i (XTitxàjfixé ye. 20. 161. or../.y Zeus a-t-il ordonné ii'f. . XI.. Tat. tiixoctw iriîaiî (280) T'.. Eschine. Œ. en vertu de cette relation réciproque que nous avons observée plus haut. 28 parents oDç sç l'^ou ôsî xtixâv fils : î. mais celle que rend la sœur au frère (281).. 63-4 xôv TzâXai 5' i[jLÔv ttotiv Ti[x<Ji)(ja. Pour la généralité du principe. pour exprimer la bienveillance des morts à l'égard de leurs parents qui leur témoignent la piété : xr]8ea6at. IV. primitive de ce dernier mot).xoiî (= « traditionnels ») toùî aÛTou ysvvTiTopa. llél. P.. que la -cijLrj fût exclusivement décernée par des inférieurs à verbe respect.. cf.. 450-1 (Phénix par- lant de son père) //..

Soph. 1273.p.. Aie. 1. les 142 parents par affinité sont qualifiés de x/ioio-Tot. Or... Rép. 13o6. Ag. 230) et de Rapp (art. chez Homère . à rapprocher du latin paricida p. G.aaov . R. -jjiXouî xaivoùç ôpôJcji V. (cf. CE. éXXTivtxdv TOI Tôv ô[xô8ev Tijxdtv olzL les esclaves à leur — A Fintérieur de la dormis. les dénégations de Hohde {Para(285) Etant lipomena in KL Sc. par spépar sang (Od.. p.Ta. 176. E... Cf.. 6 Trâcriv xôS' A. Eurip. Plat. avec les références à Homère.]. id. (283) IL. la Tiixfi est due par : maître : Od. I.. 640). Le cas n'y a rien à en conclure contre son antiquité (285). donné ce que nous entrevoyons de la famille primitive. 848. VIII. 833 (rapport avec eé|xtO. wç a' à-zvxitv. alSeîaea-. X. Aj. J. /. 839-40 (Glylenmestre à Achille) . « parent . 21-22...vJî l'égard du uiari et réciproquement. comme membres de la famille en tant que tels.. 1278. 276. IL. 306-1 317. HéracL. habite chez son beau-père vate Se -mtp IIptifjLw ô Se txiv tîsv icra Téxsaïiv.. Esch.X<5xr. H. (286) Dans le second de ces exemples. Eurip. il n'y a rien là que de conforme à la conception primitive de la parenté l'Erinys peut être au service des enfants tout comme des autres membres : il de la famille (284).. . XXIV. Imbrios. 20. IX. : alSoï xal ètxzs'. 1389. (288) Voir Glotz. Nous dirons donc que. IL. 25.' où5èv f.. 472*. III «ISiô xal Théognis. 399 : : : bergers Beilrâge. 659. Soph. . 164. Solidarité.?uxev. alStiç (cf. pp. 821. C.hr.. n. cf. : . cp^ouç (cf. 809.. se rapporte aux la t'.^88 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE que le (ils possède une pareille Tipî. Il y a là une pensée dont la racine plonge dans la Grèce dans la Grèce des ylvï). 895. Théog. le gendre de Priam. 583) cialisation d'un terme qui semble signifier à l'origine. /. [Dém. Platon. Ant. xiar. Rép. mais dans la loi de Dracon (1. après les parents ordinairement de tt^iol. 96-97.. et dans » (287) et ce n'est pas seulement sont appelés à la vengeance du sang (cf. 156-7 àxitAdtaas (Zeus) xàv aùxo. EL. ib. etc. un sens très large. chez Homère.. — du gendre. 80). (284) [Hés. Eurip. mentionné par deux 176) (286) doit le fois (//. et si cette notion n'apparaît pas chez Homère. 465 B. r alow. p. .. XIV. Médée. parlant de 'OpéaTT^.. Od. G. fjiivicjov IX.. p. II.. 1433 correspondant à la ti[xtj de la femme ù t) Aiodxôpw. Esch. et en présence d'un texte aussi ancien que la Théogonie. 595 B). p. n. Pour le rapport entre a-Sw? et . ç'.. iraTT. tt'jXctTCTwv) TÔ <juYY£V£î aéêwv. SuppL. : Frôhde in Bezzen- XXII. : également retenir l'attention et et XIII. VIII. Eid.. col. XLIH.. 57 cf. qu'ils Glotz. Nous en trouvons déjà un primitive. 203. 3 sur l'étendue du domaine de V 22... 1. — Pour 1" "Ep-. Tyndare et de Léda) : tijxwvts jj. — cf.. Erinys dans Je Lexikon de Roscher. itot' exTidiv vovo) Soph. d'une façon générale. (288). à quoi l'on peut ajouter alSsÏjeai. Trach. voir Hirzel. 506.. u) çtXTaO' A-aor/. 1322) ne nous paraissent pas justifiées. XIII.].. IX. p.jjlVj. p. Solidarité. 465 (Oreste. 15). • : (287) D'un primitif "pasos. 142 (Agamemnon offre à Achille de le faire son gendre) : T(!jto 5s irais' 572 : tôv Tà<. XVI..

N. t' acpevo.. 329 et s. Soph. I. Basel. ou Tt-pial HéracL. des droits et des obligations religieuses.. EL. ôéfjiti. 37 et s. I. Bruck. 0. : . métropole qui furent d'abord compris sur le type de la morale familiale nous l'avons vu par le mot Ti-pLcopLa.) .. Schulm. Dieux) xat oj.^. Soph. Les v. . L'bypothèse se fortifie d'eux-mêmes attestent la dérivation de plusieurs exemples notables qui sémantique le chef de la : famille qui à son fils laisse un domaine matériel et moral.]. xi(jif. 396 èx'j/Gr.a£^Tcop£v àyXaà owpa.àv concrètement de ix£-(à- Xav TtpoYovcov 6àc7a(jOai. n<* XVII. loi de Gortyne.. IV.|jLa'l. exemples qui manifestent la transposition d'une pensée assez lointaine..v (Hécate) Tispl Tràvxtov Zeùç eTzi^Tiuéiiey. entre l'étendue xifi-Tj de la xt|jLr[ et le fait d'être ou non . . même qualifié du premier cas qu'il le conviendrait la dominium de xijjlt. X. 1907. i. peut être xt. qui s'est qualifié F (V. rappelle : : H.^ 947) les rapports de colonie à . xà Tipwxa èii-zoï/a à[j. Kabel. Poséidon. Teilung dans la. où Ton ou réparties dans l'association des Dieux nettement conçue comme association familiale : exemples anciens..jlouvoy£vt. . soit sous la contrainte d'une situation spéciale n° xi. Track. l'individu qui appartient à un yIvos illustre et qui participe de sa vertu est du môme coup yevsa Tipiioç (Soph. w. Déjà dans IL. Sàaaavxo (les [Hés. 71-2). IX. Eurip. 189. [jioïpav è'/£iv y^ttiO? "^^ ^'*. . c'est de rapprocher famille. soit parles soins du père imminente mortis periculo : L'idée de (cf.'f '. Schenk. t. assez établie dans les consciences pour projeter un ordre bumain en organisation divine. à Dém. 83-6 8a(i[jioç w..JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 289 indice dans voit les Ttpiai possédées un bon nombre d'exemples de la Théogonie. 10 et s. la colonie de Naupacte. Ant. VersammL u. 426-7 et 448-9 indiquent un rapport. pareils emplois du mot nous font penser à une institution qui fonctionne à l'épocelle dé V « apporque du YÉvo^ et qui a dû en précipiter le déclin (289) tionnement » des fils. avoisine ainsi parfois celle d'apanage. 148).(.ï(î. — En tout cas. la xi[jirj 1. J.. objet hésiodique. VI.. xt[JiT. : du partage. 111 393 (Zeus maintient les xi^ai en leur état) . 809-10. Breslau. EUerl. cf. Théog . charte de G. mot de la — (289) Sur cette institution. . : xal xt. qui n'est pas autre^^içtatxiv : ment défini. 23 et s. une des sacra propriété. — — lui laisse TraTpwo'. et dans oï xifjiïi eXXa)(£v (Aidoneus). 73-4. pp. ô[jt. 155-163).. col. (cf. de fait. XV. 8 et s.. par (Pind. pp. u. 37 et là môme des s. R.àxpuyexoio ôaXàaarj.. rôm.. — 'pi/^Oà 61 irâvTa oéoaaTai. dit Pindare (P. F. 1. 411-3 6s o\ KpovtÔTji.. ô' è'jjifjLope ti[ji.. cf. Ti[jià? ôisXovxo Zeus promet à tout Dieu qui n'aura pas été pourvu par Kronos. Festschrift zur 49. E.6Tt[jioç de Zeus 186). 309-10. èaxtv . deiilscher Philol. auf den Todesfall im gr. les Tiquai Trarpôç T!. .tji. 1909. exauxo.

mais active. 1. dans l'idée des choses familiales.ayôvTôî. p.. (292). 187) oûte Koptv- 8ia) ivSpi rpcxatxp/ôfjLcvoi xôiv îepwv. 4). entretient toute la force d'une expression comme^t-pial 7:aTpô)ot. xai tt.ayj : divine et ti|jlt. et nous ne disons moderne de pensée attestent un même type d'abstraire et distinguer à savoir cette pensée religieuse concrète que nous : — ainsi que par besoin avons lue souvent aux « origines » et qui s'affirme ici. chassés par les Pélasges et venus à Sparte. ter Et maintenant.iô.'. Hérod. xiixaç. Strabon. 25. Et le : elle traduise la . : (cf.vr^yùps'si Taîç xo'. II.. 38.<: iiro). HéL. rapport que nous marquons là en dénonce un autre plus cette idée primitive detficace. les éxaîpoi étant considérés essen(293) De là un point de vue quasi féodal tiellement comme des compagnons de guerre dans des exemples comme II. A7i[XTixp6(. PaffiXêî.... 145 : dants des Argonautes se réclament auprès des Lacédémoniens d'une origine commuue. II.. que le groupe communique aux siens pensée qui s'exalte dans cerintégré : désigne une sorte d'apanage religieux C'est enfce sens qu'il faut faire une possédé par le yévo.. d'autre part. 1. VI. qui vit au profond cœur de la pensée religieuse. où est employé le terme voisin de yépa. et quel en est le sens religieux.. loi con- J. waxep ai àXXat iitotxtai. f/ovT6î Ttva. IV. et /. humaine — . twv i^aï. 5ie<j6ai oè oîxésiv a[jLa toûto'. XI V..vaî.. — — : . de virtus. cernant la colonie athénienne de Bréa. 0. les descen(291) Cf. Eurip.î yf. considérée d'un point de vue spécialement humain. transmission héréditaire de : la fonc- tion divinatoire. on comprend qu'impersonnelle. Ce qu'est cette t'.(.. pour interpréter.v TiixViv. la Tifi. 1. il n'y a guère qu'à confronles deux plans de la -zii^'/i s'éclairent l'un l'autre x'. SiSùvxe. G.. 3 : xal ixi vûv ol èx xoû yévouî 'AvSpôxXou ôvo|X3t^ovTai en particulier xai xi tepà xf. qualifiée de Tiiias. dans la notion spécialement religieuse des objets pénétrés de mana et conférant la Ti^xy]. on le voit par un autre passage du même Thucydide (I. 3. et oi» les Corinthiens précisent leur grief à' l'endroit des Corcy- réens oute yàp èv Tzj./] n'est autre que la vertu du groupe. icaoà Tzcirph^ èvSévceTat T^. d'une part. de ce dominium foncier et religieux de la famille(291). Hérod. 60. réalité même du groupe familial fortement dès lors. 65 soin de chacun des animaux sacrés dévolu en particulier à certains Égyptiens. place centrale. dont la représentation plus ou moins consciente. 13-15.ïi ixotpav xt t: [xéwv {XcTé/ovTe. à la notion bien attestains emplois où Ti|jiYi — tée d'un « honneur » du clan (293) : et des relations récipro- (290) 'Ihuc. H et s. dans l'analyse de la Tiji-y].:21)() RECUERCHES SUR LE DE VELOIM'EMENT DK LA PENSÉE même espèce — supposent une Tipir] rendue par l'une à l'autre (290). (292) Pind. Michel. n*> 72. yépa.

142. celui qui est « sans (295). 92. parents tante. notamment Théognis. VI. c'est par lui. 696 (àXX' su ^éyouari toTç 'fiXotç Ti[ià. pour Nestor reconnaissant en Télémaque le fils d'Ulysse la valeur de uéSaç. que cette comme le mana personnel pensée revête un aspect subjectif n'existe que par la force et la vertu du yévos. (296) ancien. reflétées dans la sécurité morale et lui conscience de l'individu. 1429 (dTÎsTov eti as Aj. IV. 1351 lafxèv o'i axepoixévav cp(Xwv). lîpô toO cp^Xot. lui confèrent une communiquentle sentiment de sa dignité : l'homme de haute naissance bénéficie du haut honneur de sa famille (294). celle d'un familiale. III. Soph. <ié6a<.à XVI. dans le seul langage que connaisse d'abord la pensée sociale. (294) Cf. êaôXôç. le XP^.(TopôwvTa. 393. ce mot. qui désigne la parenté dans le groupe familial le plus mot TifXTi est également associé dans Esch.. VIU. et aussi Od. . o^-^eTa!. individus possèdent. expression [Od. X. au sujet des rapports entre Achille et les siens. les autres emplois de la même : .. chargés de soutenir sa xijx-^. Cf. » est un misérable. . On conçoit. de même cellestence : ci. et il le sait bien . 271 XVII. pour alSoiç.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 291 celui-ci ques qui unissent le groupe familial et l'individu le do ut des de soutenant la -ïifjivi de celui-là et inversement — — la TijjLY] religieuse est Nous conclurons que ses une image magnifiée. 161 Vlll.. ïytK «'.).. Au mot ^fXoç. de l'individu émane de celle du groupe. etc. p. preux parents. Médée. En une formule éclaPindare le dit (A^. comme tous ceux du même groupe ou comme les termes antithétiques (àyaôdç.. la notion grecque de T « honneur que » a mana particulier que. [x' Od. Ag. cf. (295) Par ses différentes valeurs (cf. n. etc. 351). un Ssàoç : à l'opposé. dit Médée abandonnée par Jason).. 288. 78) (jîiXwv raTQjjiÉvtji cpcoxi (296). 123. La Tipivi n'existe que pour qui a bons «piXoi. le sentiment que la valeur dans le vévoç et origines dans la primitive société d'abord une notion religieuse.. qu'ils possèdent môme les uns «à l'égard des autres et qu'en définitive cette représentation ne fart que traduire.. 75. Ti|ji.. (àtîjxoi 5' Eurip. au demeurant. parce que la personnalité même de cet individu tient par toutes les fibres à l'exis- même de ce groupe. marque la synthèse entre les idées de gloire individuelle et de puissance familiale. 384) et voir supra.. 90. 230. les . vs|ieiv).

c'est la cité qui devient la source de la Tip. qui va . nous le voyons dans deux séries de faits sémantiques. Ttfj.T* Théognis.292 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE IV Si tel est le point de départ de la notion.).jjLoijjLsvo. l'em- ploi de table. D'abord. et la TifiT. comment et pourC'est le double problème qui se quoi la notion a-t-elle évolué? pose maintenant. a fait place à une notion plus intellectuelle. XXIII. III. ces : Pind. encore. /.. » et M 10-2 : ti. àv Èîopwv.. marque comme le front des bien-nés. c'est la généralisation et de Tabstraction. Ce qui apparaît tout de de suite.-/]. X. T'... Dém. dans Soph.. ysve : TroXiTaiç èaTÎv. et presque féodale se distinguent des autres par une naissance plus illustre. Ce procès accompli. [j-èv (298) yo'..\k-r\ s'est transformé pour devenir. dans la cité commençante. àyaOoyç àTijxoTépouç. 666 TCi'j. xal xaxô. de notre idée « rationaliste » : celle de la dignité de l'individu. celui de la cité comment. (itoXûv'^wTov Yévo. i^^xf^ i la continuité se : marque entre : la Ttjxfi primitive. mais ceux d'un groupe plus large et gène et elle est devenue plus plus complexe comme est la cité abstraite en ce que la notion concrète de mana. — dans la direction. AT. celle qui et de voir prostituer à des la traditionnelle. 103 : honneur richesses sont chose ins- . la t'.. réactionnaire » comme Théognis (298) gémira d'assister à . Mais rapprochés. la familiale. dérivée. « àJv sXa/ev. familiale.jxtv TOti. on irrésistiblement là . par la transposition qu'elle un progrès dans le sens devenue : elle n'a d'un groupe restreint et homoplus eu pour objet les membres comme est le ysvo.v) T.fi. — yévTi proprement 0Ù6' dits. La pensée est a subie plus générale.!. fr. une transmutation des valeurs usages scandaleux la vraie tiixt]. par suite. et : leur « ou bien. xaxto'jç Se \il'/6vz%s Cf. aperçoit que. 37-8 privilège de certaines familles On sait qu'à Athènes.ijlt] parfois prend certains hommes couleur aristocratique. les thiases et les orgéons sont des familles mineures que la réforme de Clisthène a mises sur le même pied que les (291) Ti-AT. atteste un privilège (297) TtjjLY]. 25. xev Taux' dvéTifAT. Comment le cadre de la 'z^. qui en était le noyau. un exclusive. 24 S 8' (se. civique *'^*' cf. par moments.

Tipiy]. Od. XXI. conféré par la cité dans Dém. et la pensée religieuse ci'ète. 56. de conrelativement abstraite. démocratiser la ti^jl/]. VIII. et le respect en eût été commandé ]^ar son caractère sacré et la menace d'une Erinys. 306.. Poi. Lyc. la conférer ce peut être toujours. IX. C. il cesse d'être conçu comme aussi étroitement spécifique. revêtu d'une émià sa sphère d'influence . p. I. 32. dans les exemla ples du mot qui témoignent d'une pensée primitive. le dernier exemple montre bien un changement dans le mode de . Vratisi. 11.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 293 : exemples laissent deviner un nier atteste le moment de transition le der- prestige et la force d'un groupe veut diffuser. dans un sens abstrait chez Dém.. gloire IV. et En même clan (302). V. Soph...v 8w (cf. 49 1278. 67. [AncToc]. Goldstaub. C. knilix. (302) Les vainqueurs dans les grands jeux n'augmentent pas seulement la : : . etc. que ceux qui ont honorés » par leur tribu doivent faire une consécration Michel. . f. Caillemer. 1 XVllI. une idée morale a succédé à la conception religieuse jadis. des Ant.. n" 725. et l'on voit se répartir les constituants de la cité (303). pensée les Athéniens ont accueilli les suppliants et les ont défendus « pour l'honneur ». Tiva Ti[x-f. Œ.. De ces exemples aux (299) été 1. 33 irspl Ttavxwv oTç àv KÔ'k:^ Tiv' àÔsiav f.|ji7i du la cité. XIV. au fond. on eût parlé de la tijjlt) de Ihôte ou du suppliant eux-mêmes (cf.. Lois. 66. et par le fait qu'il se démocratise. 28. — Même titre religieux : nolione et usu in iure publico atlico. un titre religieux que le titre à sa possession (299). 1322 b 26) (300). on voit la cité soumettre impérieusement la xii^ri et c'est le second moment — nouveau qui — — mieux encore. presque analytiquement. Nous avons vu. par exemple. mais la tijjltj de leur cité : Pind. 63. 67 et s. Ensuite. de 'ASeîaç (300) Sur la xoivr. la lient du « commun foyer » (Arist. /. notre commentaire à Platon. de même par le vouloir temps. art. XXIII. 21. 97. qui en soutient la représentation devient. on voit la règle s'exprimer spontanément. . (301) Par exemple Thuc. pendant avéré de l'ancienne Tt.. Voir les textes cités n.. (303) (Je leur famille. 1888.). 6 et s. M.cpopîav (cf. on voit s'alïirmer un « honneur » de celle-ci (301). (jTe'favT. M Par suite.). mais le magistrat. : nenle 8. centre sensible de la cité. 856 X. que ti^l'/i notion de rite défini contenait. Adeia dans le Dict. Tiaa'l entre les éléments Le second procès est solidaire du premier : si 1' « honneur » se « démocratise ».. Léoa\. p. 122) f. : 1 et s cf. l'idée d'un ou d'une chose particulière dont l'accomplissement le ou la possession garantît à l'individu la vertu et la considéra- tion évoquées par terme d' « honneur ».

Cf. à savoir. la Il vertu d'une chose religieuse qui.. Thucyd. cf. c'est et d'autre part. /aXxf. -oXù (jlcIÎJwv ti. wTOuaiv sî. E/h. 197 xéxpicreai irpwTov. une idée abstraite Dém.. comme le droit en général.. s. naissance.v tT^ «ûîjsi iîpoTT. par le fait môme. la T'. V.. .. — bénéficie. d'une la cité.jl>. tt. — VFII. a maintenant différentes sources. Platon. en quelque sorte initié par un — y encore il a évolulion. n. Nie. office de . Ainsi davantage VJiomo comme immédiatement donnée èire civis. elle est de plus en plus pensée comme interne. a rendu possible une pensée plus détachée du concret..xo. l'individu qui acte de reconnaissance 'zi\t. Po/. 1134 b 6. Sans doute. confère la n'en est pas moins vrai que celle-ci tend à être conçue avec le citoyen.j. . 434 A : tsxtwv uxuto•tô}ioy è-i/stpwv Ipya : ipyi^z^rbx'. la richesse en particulier (305) la révolution morale. au lieu d'être dérivée de la seule éminent. et beaucoup plus qu'ayant commencé par être. plus intellectuelle.... Platon. souvent.. avec xaXwv xàyaOwv 1123 b 20 . : : êiv xe o"f ÉTêpoç è'xyovoî u-nio/aXxoç T. dont l'idée par suite est plus conceptuelle : la division œuvre. et même plus défini que jamais. t t i . etç yôojpyojç . (305) Théognis... en faisant perdre h V^ùyiessentiellement attachée à » l'individu. IV. en vient à évo- du fonction sociale dévolue à chacune des classes. 111. ih 7. V àTroSôvTci. 1. 1302 b 10 et la « s. appartient au vsvoç naturellement certaine : il esl-il qu'il n'y appartient pas a été intégré. dans le régime de encore Tijjtrl. association cptXavOpwTTt»). ûtcoit£5tjPOî yevriTa'. 216 D-E.io'jpyovj. fort travail y a déjà fait son remarquablement.. 3. Elh. Nie . 233 D Arlst. IV.. 298. celui d'une valeur Aussi bien. t>. Bang. ou môme à un ordre de métiers (306). 434 A-B si un homme que sa de la a xi ôpyava ixExaXatxêïvovTSç -àVAi^Xwv f. ou qu'un « guerrier » veuillo faire. 8t. 415 R-C de la classe des magistrats ont une obligation impérieuse. nature » confine dans la troisième classe se [jl .xôvo.. Le sentiment de la vsia société y est certes toujours présent. Prohl.ç s'. Arisl. comme « honneur : son prestige exclusif. IV.. 42.. . 1124 a 25 et (306) les hommes Dans plusieurs exemples caractéristiques de Platon Rép. extérieure. avec abstrait que le y£vvy]Triç..'t\ . mAle des affaires s'^conde. 10.pivi. s'explique le sens plus ou moins abstrait que prend le mot dans certains emplois de l'époque classique (304).. » L'idée même de considération est XXIX. XXIll. ?. Phèdre. r. 5. (304) Arist. III. mais d'une société plus multiple. etc..^(jav Ti[x>.294 RECHERCHES SLR LE DEVELOf PEMKNT DE LA PENSEE exemples modernes. 209 et 316 (la TifiTi : émane des Athéniens assemblés. : XVIII. 8. elle terme quer la Titrai.

Thucyd..[ji7] ait pu subir une transposition corrélative. Il est à remarquer que l'idée de tiijly. Lois.. 696 A). partie. que ces vô[j. Le souvenir d'un pareil état semble . — — se conserver dans le la tradition (Apollod. cf.. et le livre III vôjjio'.^. l'expression visiblement consacrée. 2 : I.apparaît quelquefois en relation avec celle (680 A . . de « partaj^'e » prime volontiers (Hérod. Platon. 1.. des Lois : nous y voyons que chaque famille avait ses -rrà-piot 681 C). xifii. Il y a là toute une pensée qui semble répondre au moment de transition où la cité se constitue. souvenir de traditions irrécusables (680 B) dans le tableau de l'humanité primitive que retrace Platon dans la première partie du p. III. L c. II. ôpyava . sous règne de Cécrops. quelle cause assigner? : A à dire le définir? Cette notion d'origine familiale et religieuse. vcal 631 C-D). IV. 14. il est évident que l"-" .xsTaAa[jLSavwffi xat xài. 178) (307) par où s'exla notion primitive du vojjlo. Eum. celle que nous venons de cette transformation. 624 Phil. vefxo[jLévouç xà auxwv . 111. p.. on peut apercevoir qu'elle a eu dans les débuts de la cité un usage bien notable. (307) Cf. propriété de la famille comme « réparties « à l'intérieur du groupe nouveau. 369).JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 295 Ce qui revient du réginie des vévyi au régime de la passage pourquoi cité s'esl-il opéré de telle sorte que la notion de la t'.178) suivant laquelle les Dieux. mier ne peut pas être pris dans un sens ironique. on relèvera aussi.^ chap. 1351 III. voir aussi (308) Voir éxdtffxou. prélina.. Aj. § iv et § ix. chap.14. notable. le pre- chap. I. Confionté avec les autres exemples. dû lui enlever sa valeur première. 6. pour comprendre il telle idée. Lois. encore que l'usage .-. 145. et que de leur synthèse a résulté la loi commune (681 G).. décidèrent de prendre possession des xi àX^-r^Xtov ouxoi « conseiller I..ot se rapportaient notamment au culte (681 R). 632 B Soph.. (cf.. comme répondant à la dis- comme ait tribution des Y^vï] sur la surface du territoire (308).. Nous avons déjà fait allusion à l'apanage religieux que possèdent certaines grandes familles et que désigne le mot Tip.. prélim. ApoUod.-/] : or. ». 1062. et où la synthèse commençante entre les ^(VJT^ fait apparaître les Ttfjiat en principe. la dérivation qui s'est faite d'une faut se reporter à la phase sociale qui a précédé et préparé Il la cité. y a une véiitable^ intuition historique comme le dit Hirzel {Themis.. de xi[jià? véjjieiv (Esch. .

. Au demeurant. 49. é'xacTTOC. Tôppfer. Lef/es 239.]. 16 et 25 . Sladt Alh. celui-ci ne s'en éclaire pas moins par l'indication qu'il nous y donne au sujet des irpuTaveta primitifs qui sont des centres religieux. Michel. A\0 A.yip Ksxpoiro.) précise le sens de la réforme de Clisthène lorsqu'il parle de la fusion des cultes particuliers dans un petit nombre de cultes publics (312). Cicéron. au point de départ. 4. \\~. lesquels y^vt. 34. De des exégètes. 620 sq.. p.. Critias. 4-5 : xaOÔTt Sx{p[ioa]i £S-riyou[j. èv c. la symbolisait. Usener. Hérod. de sept daus une inscription axoi/T. la Socrae. è'jJieXXov ej^stv Ttfxà. n» 71 cf. 'Attix^. (310) Cf. pp. Athénée. : èitl toutou (Cécrops). voulant conserver /. les Hèsychides est tenu par une autre dans le service des Se|jivaî. là Dans le rôle anciens y^vr^ ont importé et enseigné leur culte. p... lettres et A. l'ouvrage la spécificité Tôppfer. 1. n. [è/aeyôjvTai.Y6Ïaeai . (312) /rf. Cf. n° 71. G. . v. H. p. (309) Cf. Thucyd. par intellectualisme.svoi elacpépouai. . Mommsen. L.. 44.. Jjxeîxo . il est bien cultes — . certain qu'une pareille évolution a exigé des siècles : c'est le nom de Thésée qui.) . 268. fragm. 52. soit au lieu — V. 4.. VI. ad Alt. 2. Ziehen. est riche de suggestions : patrimoniaux à l'origine se traduit dans l'exclusion des Eupatrides du culte des Sefjivat.' Et Aristote (PoL. IV... Francotte. H. 315-316. suivi par Michel forme ordinaire. Schenkl in Sic Foucart in I. IX.296 diverses est ici RECHERCnES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE « villes » où chacun devait être honoré ^(i'^ri : lesirôXei. s. . Attische Généalogie. d' « introduction » » entrer la tradition les exégètes « font plutôt que d' « explication » de leur Y^vocdans la religion de la cité. [Lys. d'autant que la première notion pourrait bien être celle è^r^yt]xix'i. 6. 1. l'aoriste avec àv est plus attendu. è'Soçe toï. l'association de plusieurs yévt) dans la vie religieuse se marque dans le rôle secondaire qui est dévolu à certaines familles pour l'exercice d'un culte où le rôle éminent les Thaulonides dans lesDipolies. les Kèrykes à côté des Eumolpides l'extension à toute la cité d'un culte patrimonial a pour type celle du culte de Zeus Herkeios. xaxi luoXeiç Apollod. (311) J. telle qu'on peut la conjecturer d'après la formule de serment des archontes. pp. La Polis grecque. YôJvTït n» 4. Platon. est réduit à lire [èycht.5dv . n° 27 b. 1. (313) H. etc. L. 10. p. 158 et s. 1-2. aï. accentue le côté politique dans le tableau des origines de la cité (II. o. Gotternamen. n» 480. d'ailleurs.. 2. . ont laissé leur trace Sur de des dans les noms « patronymiques » de dèraes (3H). etc. de Sisyphe (Diels. Wiener Slud.. d'où la forme : èa7)Yeï<ï9at qui paraît attestée dans Michel. Timée. VI. ôeoïî TCûXeiç xaTaXaêéaOai. 1. Feste d. irdxpia familiaux (Michel. six 59. C. 36-7 (xaOoTi av PvjiJLoXuîôai [è<Te]Yé[<To]vxai) (313). Lex. pp. II. IV. 265-266. Cf. 9. et si Thucydide.. xwv TrpwTojv |3ajtXéwv 'faaîv. £crT. synthèse religieuse qu'il est permis de reconstituer. r. p. et justifie la lecture de Foucart. xxl l. 170 et s. I. 1319 b 24 sq. et par les explications dont il le fait suivre en rappelant des « foyers » — les nombreux sanctuaires qui sont groupés auprès de la cité. « interprètes » du droit religieux et dépositaires de l.. . II. pp. B. 7 et s. SitppL.). . Kirchhoff. 176. les l'Acropole. où sont rapprochés È^Tiyetaeai et Vorsokrat. 15 : sTtl. p. (309) dont il question sont autant de centres de la (310). 15). 25.

comme plus complexes. Uol. sont nommés par le peuple. — XXI. p. xàç èoûca!. 1). Chr.. : (3. et enfin auprès de l'Acropole (-Plut. noX. rites et de culte. yévïi (315). II. 26. IV. 66 : HepiiXXa r. Elle a accepté que mais en les soumettant à son empire et les cultes familiaux dans une certaine mesure à sa réglementation..15) £v6a Bt\ C'est peut-être ainsi qu'il faut entendre le mot tiixaé dans Hérod.. d'abord parce que les cultes de la cité. celle-ci put introduire dans les cultes patrimoqu'à niaux ou choisir dans les familles privilégiées ses fonctionnaires à elle (317). Paus. I.!.. XIII). au moment où ils les yévyi se fondent dans un apportent avec eux leur contingent de groupe nouveau. Paus. — cf. 'AS. LVII.pye 'A9T/^aîwv. 59 ô nsKJÎaxpatoç r. 3]. peuvent associer le ministère de plusieurs familles. quoique pris obligatoirement dans Ehrmann.. s'affirme général.^ pp. mais surtout parce que la possession des Tiaai fut comme une sorte de concession de la cité (316) et ce titre. .. Rapprocher le cas des « labourages sacrés » qui ont lieu à la fois à Skiros. 1. 410 et s. Erinys dans le Lexikon de Roscher... Ainsi dut se faire cette synthèse religieuse regardée (314) Ce mouvement de centralisation le fait (cf. Sylla. 6) : mais sur 153.. 1. u. De iuris sacri inter13). d'un groupe supérieur. (317) Une partie des exegètes des la Eumolpides famille (cf. Les -ci^olL traditions. XLII. col.38. un parmi les Kèrykes. 15. la cité s'est intégrée : correspondantes n'ont pas cessé d'être la propriété de certains Clisthène la leur maintient (Arist. — Praec. Zeit. yépaç héréditaire. Sur cette centralisation religieuse en général. Petersen in Arch.p.. oûxe xifià. auvTapa^aç O'jtc 6£a[xta (316) èiraûaBTi D'où "^^i^ le droit de retirer les Tt|j. I.aî : cf. comment dont le principe d'objets sacrés — se est privilège religieux d'une famille rapporté à la possession exclusive le perpétue dans la cité et au service de : la le droit de la cité. dans la plaine de Rharia. 1852. VII. 4) se marque après que certaines divinités ont leur culte en différents endroits.f. 144. Thuc.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 297 En résumé. le culte étant identique (cf.. : prelibiis Atlicis [Religionsgesch.7Î.6. lètes du culte des «léesses d'Eleusis sont nommés par le Les épimé- un peuple les Eumolpides. 6.. Vorarb. Et derrière les on entrevoit toute une vie religieuse particulariste en la centralisant (314). qui est proprement leur Tt. Récit symbolique TTOÀ'. VI.). Rapp. coup dans : I. conj. 'ctfJ. lîpôfjLavxK. Hérod. le grain provenant de ce dernier était destiné au culte à'Athènè (Plut. et deux parmi tous les citoyens 'AO. hors d'Athènes et dans Athènes même ainsi les ilsfjLvaî. parmi (Arist. 1331-2). à Colone et sur l'Aréopage. cette propriété s'est étendu le droit éminent On voit très bien dans un récit d'Héro- — dote.. Vers. art.. p.

se ditTuse.. et par exemple le terme d' olxetoç de la famille elle-même yévoi. il conserve encore le souvenir de son passé. 2.de larép.. du de cujus : ([Dém. XLVIII. (318) Cf. sinon les ysvri de Antinomie qui s'est résolue les divine descendance? ont gardé. cultes qu'elles ont introduits. en un sens.v dans Eurip. Les anciennes valeurs se et. il serait « déserté ».. l' olxo. VI Aussi bien.]. l'assise profonde restée.]. possède une vertu religieuse. entre le moment de la famille indépendante et de la cité souveraine. : La elle ne laisse pas d'en prolonger la mentalité. v. [Dém. p. XLIII.. H). famille au sens étroit. Sans doute. par (Beauchet. comme oîkoç. appartient virtuellement. sinon d'une source religieuse. la continuité est plus profonde encore qu'il ne l'a paru jusqu'ici. est proprement la domus du père. représente alors un groupe étroit. : cf.. il désigne la «grande famille » (cf. Inlrod. i. etc. Xe(iie'. l'extension s'en est réduite en même temps que celle oTxo.).298 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE que fut essentiellement rinl(3gration de la cité où commence à naître l'individu. Harpocration. Mais à l'époque classique. c'est l'unité sociale [Dém. ^ p. (cf. à l' oTxo. de la famille primitive même. : opposition à qui désigne tout « proche » qui possède une vocation héréditaire (àY/ioreta). s. 23 ôj' o'-'xiov XTjXoupyojv-wv). est apparenté à plusieurs termes des langues indo-européennes. et c'est à quoi remédie l'adoption ('(va {xt) £^£pT. 356). comp. par excellence.. est la continuation manifeste de la famille au sens large. l'expression SdjAOv èpfavôv a d'abord eu un sens étendu. Le mot oTxo. . Meillet. à Vét. la t'. pr. : En définitive. (318) de là l'emploi du terme pour désigner la fortune des orphelins dans l'expression {jitaOcoat. XXXVIII. D'où pourrait dériver. 656-7 : 6(5[xoç. en un sens.|jLto6fi 6 oTxo. d'un fonds d'efficace religieuse. o'xou (Dém. ath.. de la pensée qu'avaient élaborée les premiers âges. I. XLIV. après 'la dissolution la même du morale. Dr. XLII. mais l'o^xo.|ji-/i .des langues L e. est bien yévo. Aie. celui conservent. et notamment au latin vicm. . leur mais elles ne familles illustres et comme tous participent aux l'ont gardée qu'en la donnant — : Tt. 20). T oTxo. 4.. àiroxifjLT^xaî). de la mère et des entants en l'absence d'enfants. en quelque sorte. etc. entre tous aussi la tiu/.].jjltî qui se répartira maintenant entre tous les citoyens?— mais qui. à l'origine. 13.

. r) Tzaïôa }] Yuvatxa. à la condition d'un accord unanime qui est le souvenir certain de l'état piimitii". It la première catégorie de parents définie par la loi de Dracon.. à zlacc-f/sKkevj et à û6pi^o{i. d'ailleurs : famille). 10.oeatç avec le meurtrier. I. (319) Voir l'e partie. générale et presque techniquement. Demisch.].. il correspond à ([Dém. III. en général. . 13 (cf. XLIII. mauvais traitements à l'égard des parents. Ath. 45-6 : . 15. XXÎ. 927 B et 927 D. 885 A. 66pî^eiv à propos des tuteurs et veuves) (320).. [Andoc].. pour un débiteur^ de libérer les siens de la dette en les donnant en adoption dans une famille "étrangère (Glotz. 114 A oj. IH.. p. u6pt. p. Médée. âàv ôé -zi^ Jôpt^r. Phédon.]. il s'agit d'u6p£t. Il. chez Platon. 11 est bien notable pas moins son individualité propre. hérite de la moralité du ylvo. 48) qui ne se manifeste pas seulement en général. cf.. p. d'une façon d' jêpiç. correspond à 113 E. elle n'en conserve il la réglementation que notable qu'elle vise pour une large part. 53). die Schuldenerhfolge im att. correspond.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE l>a 299 même du mot a une profonde raison d'être. 45-6. Or la cité. loi sur 1' ùfjpi. l'uôpi. lui impose est bien aussi que l'atteinte à ces derniers soit dénommée.xia-:a £XP^^ (orphelins : . 4 (l' liôpiî de Phormion aurait consisté en ce que. le « maintien de la maison » est l'objet d'un sentiment religieux (Wilamowitz. de la ypawTi uSpstoî au cas Apollodore contre Phormion. Dans tout cela. pensée de défense familiale que nous rapporterions l'extenexceptionnelle.est des coups. « maltraités » par 66piar[j. loi Esch. Ion.particulières ou plus sévèrement réprouvées que dans les cas ordinaires chez Isée. : XXXII. mais aussi par l'impossibilité morale. fondant l'action xaxcoaew. .]. 54). comme ayant droit de faire a'. spéciale perpétrée contre les parents. 75. 810. X. dont il est traité à un autre endroit. .. Solidarité. R. u. XI. 10 xaxojîjOat. Lois.]). 885 A.évou. [Dém. par cette préoccupation des sacra que nous voyons si vive dans un plaidoyer comme le continuation étroit. . Eurip. souveraineté de celui-ci. IX. . (uôpi? contre les orphelins. contre un purent [Dém. uôpuav.£VTjV. Si. il avait épousé la femme de son patron (320) C'est à cette sion. X.. leurs tuteurs) comme : XLIII. 6(p' wv f. XLV.. Ce groupe dont l'unité se reconnaît encore au fait d'un habitat commun 13. § 2. du terme En dehors d'exemples IV. Lois. la protection môme des membres de V olxoç en tant que tels (319). Arist. p. . XL. 880 E sq. simple d'où la réaction de la affranchi. Plat. nous relèverons particulièrement Lys. plus menue et la famille subit la désormais intégrée à un groupe supérieur. 82.. consiste dans la modicité inadmissible de la dot (rapprocher : la loi citée distincte dans [Dém. et dès la législation solonienne. : contre les orphelins. 14). TuSpi. : Contre Macarlatos. déjà significatifs comme Eurip. 1366). épiclères Isée. 543.

sur toute l'étendue de la cité. thèse de r uêpiç — pensée se continue (322). du droit contem- porain? En nous voyons dépit de la « désagrégation » apparente de la famille. et parallèle à cette acception. TU) ^ouXo|x£v(«) xijjLwpsïv Cirèp twv à5txou(jLsvwv. Le terme même paraît sous-entendu dans Ttixoipeiv (xifir^ et xifxwpsïv s'évoquant l'un l'autre dans l'usage courunt Hérod. l'Etat ne fait que définir. particulière. ont dû avoir pour objet primitif la protection des membres de 1' olxoç cf.300 elle RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE se qui désigne. ïlol. vis-à-vis des mineurs de condition libre est sentie comme plus intolérable (321). La TitjLrî des orphelins et autres la — car si le terme ne se conserve plus.. les devoirs que reconnaît ou pressent une moralité diffuse. comme étant Et sans doute. confond avec la xàx(oai<.. IX. elle nous offre à l'état de grossissement un phénomène général. cf. 29. 19. l è. celte vérité se déclarer. nous voyons dans la vie du droit que 1' u6pi. En regard de l'acception générale du terme 'j^oh... elle Par quoi la cité : l'unit à la famille sa condition à elle. Les sentiments que la famille éprouve normalement à regard de ses membres. 115). l'expérience Sur cette variété de V dêpt. de fait. entre une pensée primitive (321) et une pensée rationnelle. à propos de rinstitution des Ypaœaî qui. l'emploi spécial méritait de fixer l'attention.6îva'. comme anticette Tt. 'AO. rayonnent sympathiquement autour d'elle. et en attestant de la façon la plus concrète la continuité efficace entre une société primitive et une société déjà avancée. l'expérience grecque est ici succédant directement à la famille et rete: atteste le nant beaucoup d'elle dans sa propre constitution mais par là. devenu pour une part moins conscient. 1. 932 A) d autre part. les sentiments dont la famille est le foyer. n'est-ce pensée du même ordre que tendent à universacertaines innovations. le manque . timides parfois.. p. cependant qu'en intervenant de plus implique-celle en plus dans la vie de la famille. supra. yovéïx)'^ platonicienne. chez Arist. dans la terminologie d'égards (XI.'j et n. (322) : : : .{jL7i est l'objet d'une religion inquiète. que l'individu et les siens un lien nécessaire et que la protection de l'un des autres. Appendice 11. la cité rapport d'interdépendance qui veut que celle-ci subsiste. Dans des conditions analogues à pas une liser la fois et profondément différentes. à sont unis par la charge de tels membres et en faveur de tels autres.

c'est dans le cercle de la famille que se situe d'abord l'idée d'une valeur de l'individu. les sociétés humaines semblent avoir conservé en l'adaptant un souvenir lointain et impéest susceptible du rieux. dont elles dérivent. source de respect religieux. .JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 301 grecque ainsi : d'une interprétation qui se traduirait clan.

.

môme à une époque récenle. dans le parler non technique. Nous étudierons successivement comment s^élimine la institutions et les : alimente — l'histoire des notion primilive de délit objectif. dans la langue couranle. le dépôt d'anciennes notions qu'à travers eux il est permis de déchiffrer car. Gomme nous l'avons déjà indiqué. A l'étude de ce la sémantique de plusieurs mois se prête avec richesse progrès tantôt ils gardent. comment se fait la distinction du volonlaire et de l'involontaire comment se constitue . et ils en permettent l'interprétation. lion (lu délinquant se constitue : — l'histoire des mots relarde à certains égards sur de la tantôt ils pensée qui découvrent le mécanisme menlal qui produit les notions nouvelles delà responsahililé. la représentapour elle-même. plusieurs désignations primitives du délit retiennent la double idée d'une souillure du 21 . une psychologie du délinquant. mouvement de pensée que nous venons de : en voici un autre principe du délit se l'idée de la volonté individuelle comme dégage et s'affirme.TROISIEME PARTIE LA IIEPUÉSENTATION DL DÉLINQUANT CHAPITRE PREMIER COMMENT LA NOTION DE RESPONSABILITE SL TRANSFORME Parallèle au définir.

: — il se maintient mais tout aussi usité dans le môme sens jusqu'à la fin du v*" siècle en bonne posture (i) (chez Thucydide. 5) ou les « injustices emploie par ailleurs pour désigner le délit » de cité à cité (cf. et en raison de prendre Fétiide. Un terme nous y servira àjjiao: général et un délit : Taveiv. On sait bien qu'il signifie se tromper. .v (notamment II.. 45. un Isocrate emploi décliner. Sur cette évolution. toute l'attention qu'il mérite. !'« partie. § 5. se dissout ou s'est dissous. (2) 32. se On pourrait demander comment disparaissent : ces deux représentations le biais par on il convient de dansTétat de nos documents. III. 53. III. histoire en sus d' àôuslv coexistent. commettre un mais puisque ces valeurs délit. lui font . pouvait garder un aspect nelles. encore une grande place des orateurs^ àaapTàvsiv comme : (l)Chez Andocide.v et sçaixapxave-. semble-t-il. purement privé n. 12 de àSix^tv. 1. on paraît oublier la fréquence de ses emplois et sa longue et moins technique si l'on veut. On ne lui a jamais prêté.v au sens de delinquere. la pensée retient essentiellement ce qui. de àoixsïv mais les autres emplois continuent d'en être vivants et multiples. 3 (1. . de la représentation spéciale d'un sujet du délit. et on passe à côté et puis.xa et àjxapTia.xia. 1. c'est ce que nous nous proposons ici. mais lentement (2) : — » chez la dernière génération désignation du délit tend à disparaître au bénéfice. voir plus loin. commettre une faute plus ou moins involontaire. définitivement. 23 exemples de i[xapTr.ax. Thucydide use au uioins aussi volontiers de âijLapTâvê-. leur âge sans doute. 78). nous relevons . : de âixaptivs'. 4. dans la première moitié du iv% on voit cet un Lysias. ces notions-là que nous retrouverons sont en chemin faisant et comme sous forme d'allusions détachée de ses conditions origisorte extérieures quelque connexes ce n'est pourtant pas — — : prolongeant la mentalité du ysvûç dans un moment où fho. chez Andocide). de cette mentalité.304 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE criminel et de la responsabilité collective du yévoç. 45. En matière de délit proprement dit. en revanche. 3) qu'il 95. commettre une faute morale : y a là déjà un problème. il . 1 de xô. être égaré. le contenu proprement moral la notion de Montrer comment celle-ci s'élimine au profit objectif. aucun de àStxT. 3) que de àStxeïv (I.

et c'est le sens de démens qui s'associe naturelleest par excellence la (3). le délit est objectif. elle commence l'v' y/'-pW yVWJJLTiV. Le sens courant.... Théog.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 305 De son évolution. sur la valeur primitive.. 76 psiv.. notamment Platon.v. 881 B. Léocr. V. Tr. 88. 915 : itoX'X' âfjiapTwv : oùûàv wpôwuai. errare^ nous renseigne comme il faut. le terme s^est imprégné de l'idée d'intention celui-là est coupable. qui est le facteur du délit le délit existe en dehors de lui.j... on peut donner une vue d'ensemble.. n'' 296) 92 quand la colère des Dieux ment à l'adjectif àjxapTLvooç (4). qui a commis en le voulant commettre un acte crimile : Le sens nel . Commettre un crime. ou qui n'est que cause intermédiaire (3) (5).. Dans ces conditions. 29 ivaas(5j Notamment dans les exemples d'Euripide. etc. Or. lontaire.^ Fr.. [Hés.(XT. mot se réfère à une notion que nous avons déjà aperçue. C. maladie de l'esprit = : s'appesantit sur sens. 1261 cppevwv 5u(T»povwv â. dont le crime est invovolonté a été dominée. celle d'égarement de l'esprit. est un terme plus ou moins juridique . il faut remonter à : lui ol'atpw èpsuTotxéva cpsûysi àtjLapTÎvoot. dans le premier et le troisième. . àuapTwv. : se transforme suivant deux directions qui marquent progrès de la notion de responsabilité. Rép. 379 C-D Phèdre.. la représentation traditionnelle de la « folie » apparaît de façon typique dans un fragment de tragédie (ap. 540-2 Le sens de deynens est trop fort. n.jLaxa.6sa. celui-là ne l'est pas. : (cf. IX. 596 Bacch. encore dans Platon. l'idée d' « ignorance » qui prolonge encore à l'époque classique la notion du délit objectif (cf. Platon. . adesp.apT/i. ou dont la oùy àjjLapTwv. â|xapT{av..V sq. 243 . d'aveuglement. pour le moment. Ant. le criminel est la proie d'un délire... ce n'est pas l'individu en tant que tel. n'est pas purement négative (cf. s'est « se tromper » mais « se tromper » en un sens très fort le : .M2 : â[xapTivoôv : (4) Esch.. TpÉTCSt. 9psv( . H. IX. ce n'est pas la pleine volonté du sujet. pour pouvoir rtre dérivé immédiatement de la notion simple àeerrare l'idée de la « folie » du crime. 502 : cppsvwv.. qui l'a suscité. slS^ [ATjSèv par lui enlever le wv àf/apTavEi. D'une part. Ant. £IÇ Ss TY^V un homme. Gr. etc. Siippl. Soyîxixwv répondant à oîaxpo. 154 et 226) . de l'àTaaôaXta. Soph. semblec'est t-il.. SuppL. Lois. Lois.. et surtout Esch..).]. 864 D). Ag. au-delà de laquelle t' 'Eii'. L'àj/apTia Rapportée au mot àtjiapTàv£t. Lyc.

. 5. C'est seulement dans des juges seconde moitié du iv® siècle que. C. la notion de l'involontaire. 6 èjtiv àfjLapxavôvxtov. àjjiapTàs'applique aux délits vulgaires (7).. utto xôv. Ixtov.6staiv en parlant de coups dans une (7) [Dém. (6) la : .. VI. : . l'on veut. V..[j..àxtov. le mot veut avoir un certain accent pathétique. Dém. veiv . lidce juridique de la faute qui commence à se préciser. mais l'homicide. 91 : àfjtapTrjjjLa : opposé àxoudia àfjiapxà- à Ttapavofxtav. on àtjiapxta. Ant. opposé à : rapavojjitav . V. mais engageant également la pleine respon- — — — sabilité de l'auteur. XXXI. a fructifié le mot est appli: qué à la « faute » plus ou moins excusable. 4 5. io. xà. y. 10: Sià xô -^jyeTaOai àxovxac .jj. 27. Encore faut-il remarquer que. opposé à àÔixY^aaort. n'est guère usité qu'au sens de délit contre la cité ouïes Dieux Antiphon l'emploie (III. 91 à àoréÔT^fjia.. en un sens. 10 par exemple) pour le meurtre. dans les deux premiers de ces exemples. . le piemier désignant les dont Démostliène invoque l'analogie et qui donnèrent lieu à acquittement.£VT. En même temps. du reste. par la préoccupation de la souillure que cet orateur réveille si souvent dans l'esprit n'est pas un délit privé (6). xptvojjiévtov Y£Yevr([a. . c'est l'idée de citlpa. nous citerons Thuc.]. |ji£v aùxoù<. 8 92. qui se trouvait. 92 àfjLâpxTjfxa opposé Twv à(jiapxT. I . D'autre part.. : àxoudiojv à|jiapxTj{jiàTa)v. LIV. LU. 1.apx£ xi. la une cause véritablement substantifs ont En sorte que le verbe ou les : chose qu' àSixeliv le délit pu désigner volontaire qui est l'objet d'une poursuite dans le régime de la cité. . 6 Ne retenant ici que les : : . le second s'appliquant aux méfaits de Démostliène lui-même. âixapxatveiv. l'évolution se dessine assez nettement teurs. 6 affaire d'alxta LV.306 RECHERCflES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE efficiente.(jLài:a)v Lys. àxtov Dinarque est question de délinquants qui furent acquittés parce que la peine légale était ju^'ée plus forte xf. si en germe dans àjjiapTâvG). 98. 57 il 60 àîJLapxT.v prenait aussi le sens de faute morale. non réprimée par le droit criminel. I. 22. Dém. le terme la. Quant à la matière même de cet k^àp-rr^iia. Ant. XVIII. et l'on ne saurait dire alors qu'il soit en matière de meurtre le simple équivalent de iSixeiv 1. 69. • è^Y. : délits Dans bien des cas.*^ exemples touchant de plus ou moins près ahta jjlsv yàp cptXwv àvôpwv au droit. le : même dans la première génération des ora- mot . dans une affaire d'écoulement des eaux. . et quo dans le troisième. banalisé.. V. chez Antiphon. v£'. renferme plus que pure idée du délit.. IV.. xaTr^Yopta Sï â/Gpôjv àoixr^aâvttov -wv IV. 274 : : àSixel xt. [6. toTî â[jLapTT. à celle qui ne suppose que partiellement ou point du tout la volonté consciente de l'individu..

1' délit intentionnel. fr. : distinction qui ne laisse pas d'être influencée par le droit. celui-ci commet une faute quand que malheureux ». les deux notions ainsi opposées étant d'abord confondues du ni*^ siècle : cf.. famille qu'en y joignant l'idée d'intention mauvaise et pleinement répréUn 'des cas les plus nets est tardif il est de Philippidès (donc : Michel. ressort assez de la distinction entre la seconde et la troisième espèce que. mais pas très nombreux Eschine. « même. où àfjiapxâveiv signifie on peut mesurer parla tout le la faute excusable par antithèse à Tuôpi. 1123. Le caractère de théorie. est hors de lui. 1. n" 126). En second lieu.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 307 pourra ajouter Sopli. « On La théorie aristotélicienne est formulée Eth. et de théorie plutôt morale que juridique.. : dans celle d' àxr. pour celle-ci. 4. Aussi bien. les actes commis à la suite d'un l'ignorance est dans il le sujet . . mais qui. seulement chez Aristote que cette dernière analyse devient : se distingue ainsi de explicite. altère la pensée du droit nous verrons même la . l'idée de ou de l'involontaire. lors(fjXâôai) qu'on ne savait pas à l'avance la victime. dans les relations sociales. avôpwitot £$a[i. ou on a blessé en voulant piquer. aussi bien. etc.). car lorsque le principe de voulait. de la circonstance atténuante : — — hensible. il y a les actes commis sciemment. TiâvTa àxo'jdia xaÙT' 111. VI. la nature. et qui Finalement. trois espèces de dommages : : il y a d'une part les àfjLapT'/jiJLaTa commis avec ignorance. il y a accident (àxû/^r^fxa). ISic. il y a faute (à{jiàpx-r]fjt. même au iv* siècle. Fab. le mot exprime la notion définie du délit involontaire qui comporte la faute et quasi technique au sens juridique. inc. ou on le mais avec autre chose. Lycurgue n'emploient jamais les termes de cette génération à[jiap-:àv£iv n'implique pas l'excuse. L'analyse de tous ces cas montre que logiquement.ijLa. d' àxaaôaXîa. 10... Cyrop. r][jLapTev où/_ Ixouaîa en parlant de Déjanire. ëyoiys. on ne voulait pas frapper. ou nécessaires ou conformes à la nature humaine. mais assez tard. et de 1' à-rjàSix'/i[jia. et on notera l'emploi général du mot dans le principe formulé par Xénophon. mais il y a dans le mot certaine tendance sentimentale qui le fait spontanément appeler par l'expression d' âxoJatov en particulier. lorsque le dommage a été causé contre toute prévision raisonnable. mais non point l'intention délictuelle. accident totalement indépendant de la volonté c'est '^r. distingue.. mais sans préméditation (àSixT^jjiaTa) ceux-là procèdent de la colère et d'autres passions.a) . l'instrument ou le pourquoi de l'acte » (par exemple. En troisième lieu. mais qu'il a été causé sans mauvaise volonté. il n'est : — choix raisonné et qui font dire de leur auteur qu'il est pleinement àôixo. progrès du mot. les exemtels orateurs de la dernière ples sont certains. Trach. vojjlî^o). 38 : ôiroaa Se àyyoicf. 1135 b 11 et s. lorsqu'il pouvait être prévu.apTàvou(Tt.

mais sans détermination précise XXIX. est un méfait particulièrement odieux r Probl. l'équité (to èTriei/i. supérieure. chez lui. opposé à àS'. du dr. La division tripartite de 13. désigner sous l'aspect nouveau de l'intentionnel il suggérait l'idée d'une volonté dominée par une force il Mais d'où s'applique à la faute excusable. impose des représentations qui ne se plient pas aussi docilement à la raison raisonnante. 12.xetv.[j.. et y est aussi plus large (9). 1. pour Arislote. il commente la seconde espèce de jàXâ6ai (volontaire) en ces termes xaûxa yip pXàitxovxe. 1115 b 13 sq. étant chargé de pathétique. 210. au sens fort [Rliét. mais sans intention pleinement mauvaise. Se. il n'y a et il subsiste pas de milieu il faudrait que le terme disparût ou qu'il y eût une brusque solution de continuité et il ne : — — peut pas y en avoir.apt-/. 'Aixapxâveiv. De fait. Dareste. xai àStxf.a-ca qui le comportent. et relativement à la théorie du droit. dans le passage môme de l'Ethique où il donne la définition de V «[jLdtpTirijia. 1372 b 6 sq. Essai sur la mor. : les la Rhétorique est sensiblement différente de celle de V Ethique. àxu/T({jiaxa. 2. C'est au second sens que le mot est pris. de l'idée primitive de cette « faute » qui est aussi une « erreur ». III. III. — L'évolution est purement logique. 100. par ailleurs.v désignait il : avec le le continue de . où T âpLâpxTjtxa..(jLaxa crime. ne se fait-il pas faute d'employer le mot conformément aux usages ordinaires c'est au point que. 14). principe du délit et de limmoralité cf. Autrement. 1396 a 21. p. Entre le la — concept de délit objectif et le concept de délit subjectif.). .) exige qu'on ne traite pas de même qui ne comportent aucun calcul ni intention d'aucune sorte. l'évolution réelle du mot ne concorde qu'en apparence avec un processus logique. d'Avis t. ]. et les â8txT([jiaxa (cf. dans Rhét. xal à[xapxa: : vovTsç dSixoûji [xèv. à[jLapTàv£t. comme représentant la faute. (8). (9) Aussi bien Aristote. Il n'en est rien on s'étonnera que le terme àjjiapTàveLv. 1110 b 27 sq. la pensée rationnelle eût dû tirer d'abord la notion de la faute . 22. une responsabilité atténuée..308 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE seconde espèce pouvait à roccasion confluer avec la première. en Gr. 1374 b 5 sq. \Pol.(j. il y a un à[jLdpTr. 13. 1281 b 25 sq. . H. désignera le délit en général. au lieu d'être inférieur — à 1' àSîx-rifia.). alors que le droit pénal faisait depuis longtemps la distinction entre le volontaire et réelle qui entraîne (8) Cf.. ou encore àixapxaveiv est {Eth: A'ic. à première vue temps la valeur du mot bifurque.a au sens large qui se subdivise en à(ji(xpTrj{jia au seps étroit et àx^/r^iiot. les à{j. ou l'erreur de Tintelligence.aaxa saxîv. En tout cas.). p. le — — viendrait persistance du mot? Un mot qui désigne le délit. la notion des àfjiapx/. plus précis qu'Ollé-Laprune.. II..

Œ. du pleinement répréhensible et de l'excusable. Gorg. 1368 b 6. C. sont confondues les dans àjjtàpTYijjLa notions de l'involontaire pur et simple. 1135 a 16). 1114 a il et V. quand il excusable » qu'à la fin : n'avait pas le sens général de délit ou de manquement à la loi morale. et que l'expression ào(- (10).JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 309 le l'involontaire.. et po. il est question de 1' à. 19 sq.. si l'on peut dire. dans la bouche d'Œdipe.. ApoL. 438-9. quelque degré. 10. ne se rencontrent pas seulement dans le même temps.ov la notion d'à8'aYi|xa.. a le sens de errore admissa. sera appliqué dans les deux sens successivement au même fait. dans la même tragédie. Dans l'usage courant. Dans plusieurs exem. Platon. Nie. Mais le plus étrange. Rhét.. Mémor. 925-8. l'expression n'est employée que par les philosophes. par quoi s'indique l'idée d'absolution. qu'une place était vide. et on pourrait dire jusqu'au bout. Et les deux valeurs antithétiques. 509 E. pouvait légitimement passer pour contradictoire. 1' — — : Chez Soph. Durant deux siècles. c'est bien la coexistence de ces deux sens contradictoires commettre volontairement un délit ou une faute morale commettre une faute plus ou moins involontaire. La vérité.jiapTÎa ab/pà de . Eth. dans le Philoctète (1012. — ples d'An%one (558 743-4. et elle se rapporte à la théorie socratico-platonicienne de V « injustice involontaire » Xénoph. mais. n'a retenu qu'une espèce de valeur sentimentale. 7. Lois. III. de la langue courante. comme nous le verrons. les mots à{jiapT«vw et à|jiapTÎa.v twv Tiplv -^[jiapTrjfxévtov. les deux termes s'excluent (Arist. à côté de xTipia àxouo-t. IX. sollicité par le vocabulaire juriditlue lui-même. dégage Arislote et cela : alors que le concept en question était attendu.. c'est que.ur la pensée philosophique. 2. ne se soit vraiment décidé pour sens de « faute du iv® siècle.àfjiâvGavov xov 6u|jiov èxôpafxovTa [loi [xet^co xoXaaTT. le sens oscille entre l'idée de . 10. IV. désignent le parricide et l'inceste dont le crime ne doit pas lui être imputé en revanche. 1224-8 1248-9). le même mot. I. paraissant tourner autour de l'idée distincte qu'à la fin seulement. 967-8... d'ailleurs équivoque et insuffisante. de même. : . faisant ainsi saillir la contradiction. 1259-60). et chez un Aristote dont les analyses marquent une avance logique sur la conscience commune de son temps c'est pourtant la vérité. cf. 860 D. (10) De fait. non pas seulement dans le même auteur. ce dernier mot. 37 A. de la faute excusable à et d'autres encore. le mot. y. l'erreur fatale et celle de la faute purement personnelle.

Deux dérivés logiques et contradictoires. dont Néoptolème. germe . pour qu'une idée première se développât dans ces doux sens. mais l'àfJLapxta est aussi caracvé}xe<Ti<. térisée comme une tromperie dont l'inexpérience du jeune homme fut victime. qu'ils sont autrement complexes qu'ils ne paraîsociété la traient d'abord. mais bien le répréhen: sible et l'excusable. et dont nous allons voir. Il ne servirait à rien d'invoquer la supériorité du peuple grec. de réprobation et de « sympathie ». la notion d'àixaptémoigne d'une mentalité que nous aurions bien du mal le nous traduire en langage moderne lors. une méthode réaliste s'impose donc. celte espèce de résistance qu'elle oppose au concept. l'idée de responsabilité subjective n'est pas plus « raisonnable » que l'idée de responsabilité objective. c'est que l'évolution de la pensée ne résulte nullement d'un processus intellectuel. l'avance intellectuelle la : — : il s'agit d'étudier des sentiments et des représentations que la impose aux consciences. d'une analyse des conle volontaire et l'inditions subjectives de la responsabilité volontaire n'apparaissent pas d'abord. c'est trop. Ce qu'il a fallu. Pour expliquer le progrès de la pensée. au demeurant. se sent coupable (et qui se trouve définie. qui ne se transforment qu'à faveur d'un progrès continu. elle ne laisse des conceptions futures. puisqu'ici pensée pure n'est pas son fait. objeclivemenl. dont Philoctète eût dû bénéficier). par là seulement pourront être la intelligi- bles la coexistence des deux valeurs contraires et confusion qui s'élale dans l'idée d' à[xàor/i[xa excusable. Ce qui se lit avec évidence. . c'est que les mêmes actes pussent inspirer des sentiments contraires. dans son foi intérieur. l'une et l'autie sont des faits intellectuelle. par la violation du respect religieux.. dès et pourtant.310 RECHERCHES SUR LK DÉVELOPPEMENT DE LA PEN?ÉE Néoptolème. 11 ne s'agit pas de l'apparition spontanée et impérieuse de la raison en un sens. le pas de contenir. II Dans Tàvetv h plus ancien état qu'on y distingue.

etc. dans d'autres langues indo-européennes. atteinte directe à la sainteté des Dieux. des congénères qui représentent les mêmes valeurs cf. qui consiste gner dans l'excès des lamentations et du deuil (17). le sens de » trahison ». 243 A et à l'égard d'êtres divins.. p.[jLa a fourni. p. ohlivisci) OcL. IX. XXI. C'est ainsi que le mot est employé par : Homère. la « du mot àtAàpTr. Plutarque. IX. qui domine dans un certain nombre. y..pLa [Salon. dvôpwTtou^ i'-sooi. tragiques et mais enfin ils sont inspar Hérodote pour dési- Oeov (14).. 379 C-D : insultes de Simonide et d'Ho- (16) Cf.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 311 Nous conslatons que les Qu'est-ce que le délit objeclif? valeurs premières d'à^xap-ràveLv reposent sur un fond primitif de notions (H) elles concerneut la criminalité essentiellement . à l'égard des Dieux. essentiellement dangereuse (16). : xoiii^é xo: à[xapT{aç ase 6eî 6sotî SoOvai Sixtiv (14) Esch. au moment du christianisme.£A£^at {De Siiper. S 6' sU s[jl' TiP-ipBacch. la boisson. o. tourmenté de scrupules touchant la nour- riture. les crimes contre les parents sont conçus comme crimes religieux. faute (tl) Le mot semble avoir.apTÎaici (Penthée) Hippol. 8-9 Eurip. 37). Boisacq. — par gner notamment le crime eU tructifs. le terme nécessaire pour la désignation du le comme dans (12) En se péché. 11.st. 1120-1 xiU SfiaT. Hérod. Prom. I. I. s'explique peut-être : terme àyoç (1^ partie. IL.fxâpxavs Swpwv (sans qu'il soit nécessaire. 68 Hector. 212-213: Zsûî a-fsa. avec Araeis. i'Erinys de là des emplois (17) 11 faut se : .. 501 6i^(ïi : les Dieux se laissent : fléchir par des offrandes Sts xsv tiç ÛTîsp- xai aixapTTi . xsv â[xapTT). souvenir que. : xal tivuTat. ouxt cçiXwv f. (13) //. TidatTO IxeTT. — religieuse. : : (15) mère Platon. involontaire à Torigine aussi bien que volontaire manquements au rite formaliste. 6. étym. xal (xXao'ji. Rohde. 21-2 tôv -î^Xiov ajJLapxôvra. Xlll. par Platon à propos d'une xaxYivopia d'ordre religieux (15). Phèdre.. (13) — les - exemples sont les rares. . (12)... 138 s<. s. de remonter au prétendu sens fondamental de omitlere. — L' âaapTÎa peut évidem- ment être involontaire cf.. pp.. le terme semble bien appartenir au langage traditionnel de la religion populaiie. 536-7. xal 7rXyi[ji[j. la crainte des àpiapT'la!.. Lorsque Plutarque attribue au superstitieux. etc. dont le vocabulaire est souvent un témoignage. Ti[jL(opTi!jO[xai 'ItttcôXutov (Aphrodite). Dict. — et l'idée de l'intention- nel en est exclue. 8). une puissance religieuse qu'ils suscitent et qui les châtie. c'est. dans le plus ancien état de la morale et du droit. 222-3.. â[j. : . fie'/). xe . XXIV. rrixs. Psyché.atoî.. âaipTT. 5) pour dési- ». perpétuant dans la langue proprement religieuse. retrouvant par une intuition des mieux fondée le sens religieux de la législation solonienne restrictive se sert Le même du deuil. 50.

. dans les : : Stà Ta Twv Trpoyovwv àjxapTT. 9. entame le principe à même 88. 5... V. 11.v âfiap-zid'i xiîoX'JaaiTo il s'agit de la souillure que contracteraient les juges. De là aussi c'est l'idée. Rusi7ns. le mot ojtoç (pur) ou son contraire [Ant. 874. p. pareille pensée est spéciale- ment accentuée. chap. de plus en plus. Plat. lui aussi à l'origine. œ. 10. 138.v ttiv àjjiapT'lav (21) en ce sens que Platon. 93. 9. T. ?. 3. Isocr. 11.312 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE V « erreur » est La nolion de évidemment solidaire de cette représentation originelle quoi toute incursion dans des forces le religieuses en vertu de doit domaine des choses sacrées : — fatale et aveugle. P/tén. . xal toùî s^ êxeCvwv (22) [Lys. fr. — On conçoit que : l'idée d' àj/. 10. sion héréditaire qu'évoque spécialement le même mot. comme tout autre. le droit a que faire (18) c'est le cas. de la vie (20). plus ou moins lointaine où (22). y. 12. 25 (impliquant d'ailleurs une sorte de protestation contre la pensée antique du châtiment ajourné et hérédiPlaton. . 12. 967-8). Vorsokrat. 243 A. 6. Ce crime (Soph.[xaTa cf. même involontaire (19) le châtiment sur son auteur. oùx ea-rtv 81:01 âv xi. I. propos du lépreux dont la maladie est expliquée par les Perses comme résultant d'une « faute » mystérieuse à l'égard de la divinité du Soleil. C. 207). IV. (20j Dans le môme sens. [â. Lois. C. On comme Soph. II. Léocr. cette punition est proprement une oLTri qui. peut Hre involontaire l. stsoou. Phèdre. de « couimettre volontairement un parjure » cf. H. de la transmisdu « mal » et de l'ajournement de la punition divine à une génération Œ. chez Empédocle. infra. Eurip. dont on a senti le besoin. A Toccasion. comme exposant le criminel à une punition sinistre et en quelque sorte mécanique. 139 et Lyc.ueêTjvtÔTa. 111. emploie l'expression à7roo£p£t. 10 .. taire) . parle d'un xaBapjjLoç àpyaloç destiné à éteindre les effets d'un à|jLàpT7ijjia..v et àiioXùei. apparaît. § iv..].. Phèdre..apT'la puisse s'associer à celle de souillure c'est en ce sens qu'Antiphon. (Diels. (19) D'après l'expression. (18) 11 religieux. VI. justement dans le cas du parjure. pour provoquer une réaction — — et qui. dans des textes comme Andoc. VI. Dans les deux cas. 243 A. comment.Il. idée que « : donne suborles Dieux : Tétralogies. à l'époque classique. . àTceveyxwv r)-. 759 C. 6. 20 souligne souvent. nous le humain n'y pénal le faux serment qui n'est puni que par les Dieux savons. En cas de condamnation injuste. attirera. est même curieux de voir. cette notion primitive se : à l'idée postérieure de la Ttjxoipia administrée par la cité aveuglent » le coupable de manière à le livrera la justice des hommes. 115 ou encore dans Hérodote.]. C. cf. (2i. yip6'^(ù SeSoiXÔTaç 8ixif\v. La pure notion de l'àjjiapTia. 1269. p. 6. 2.

1. 224. est d' ixàaOaXoç. il Prellwitz...v le crime suscitant la réaction fatale des êtres religieux.. vtat twv tévcvwv oiùtt. G. Cf.. qui embrasse à la fois le principe du crime et le châtiment. le pp. vergl. que C'est surtout dans des textes plus ou moins poputemps. dt-xa-a8aXoç. 810 -itpôi. : (25) Michel. il s'agit alors : <x[XT:Xax(Tiv irpo'fûvoii. elle doit impliquer une cergnation collective taine représentation du sujet. à propos d'un manquement religieux âfiapxwAoi è'axojaav [6eôi]v icàvxwv (24) On le construit notamment avec . il sera question de la « devoir » à l'être religieux envers qui on a rée comme une chose objective dont — le : péché (25). uêpiç. Mitteil. d'après la dernière étymologie qui in Ztschr. l'adjectif àtjLapTco>. Aussi bien l'erreur est-elle conçue dans le terme àiAapxàvw ainsi que — dans les termes àTao-GaXoç. qu'on trouve aussi dans le même cas Arch. Spracliforsch. Cependant il y a bien autre chose dans la pensée primitive du délit que cette espèce de « chosisme » qui semblerait d'abord indifférent à toute psychologie.? cf. devrait se décomposer en premier élément étant . : elle suppose et manifeste l'indi- dès le principe.toÛ(. n. 142 : ê^éitVriïe [loïpav. et qui paraît plus ancienne que celle de àixapxwXôî saxw sic xoùç Ocoùç à'iravxaç. 3. 6'fi'Xsxo) Mt^vI Tupdcvvwi. (26) Cf. le — — la rigueur on comprendrait . éclaire celle OetÔv d'ip-apxîa).v 6'fst>. en parlant de Polycrate. 88-91).JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 313 I. etc. 12). TTÉpiTCTO'j ^^ovéo^ 91 : Kpo^o-oç oï àp. Le sens de « maudit » apparaît encore dans Wiinsch. laires que nous apercevons la notion originelle d' àp. n" 4259 le violateur ifj. Sâ). notera en particulier l'expression d'Hérodote. n» 103 a.£iv d'Eurip. la « faute » est considé- le châtiment n'est. 1' àfjLapxla étant conçue comme chose mystique et réalité en soi. aura le sens de « maudit » (24). mais la notion fondamentale d' dîxTi.apTàSa e^éTzkr^dE (23) . par ex. III. 360 : citées 2e partie. l'emploi d'un terme tout voisin chez Théognis.-Epigr.apxwXôî saxto 6swv T:âvTa)v xai At.6<. si l'on déroulement môme. dans une inscription de Telmissos.apTàv£(. n. -^iV 14 (règlement du sanctuaire de Mên Tyrannos) ijxapxîav où ^r\ 8ûvf\xai ê^siXajajQai (rapprocher les expressions : pour 5x7] et pXâ6T. construction significative.. et comme en dehors et au-dessus de l'humanité. n» 988. : le génitif des noms de Dieux (formule des tombeaux lyciens. Pour ce qui en ait été proposée (W. (26) — comme égarement (23) Cf. de l'auteur du délit. ^nrfr. Vil. et la peine elle-même n'est suppose droit pénal la société élid'un mécanisme raisonné jamais produit minant par voie de supplicium un individu dangereux qu'à Délit . : .QtêT.. ainsi dans C. XLII.^ de rapports de droit privé. f.. sous une loi mystique du peut dire. I.

Dans le même sens se prononce Buchtiolz.. il est vrai. comme procédant de Tentendement. et le troisième contenant une racine qui se retrouverait dans les languos indo-onropéonnes. 24. V. : : ment de parle la l'esprit. 34. sont trop particuliers. comment se le représenter? Il semvoulût parfois piôler à l'époque primitive une plus ou moins systématique. Eschyle et Hérodote. et encore.. et l''ù6pi. .. Diritto e pena nel pens. les trois auteurs qui la représentent de façon typique étant Pindare. s'autoriser de textes comme ceux que nous citons p. classique. 476. et à celle qui pose comme fondamentale la relation de rhomme à une divinité personnelle elles supposent qu'aux origines. stoliflus. Mais la distinction entre la volonté et l'entendement est si peu primitive que. une pareille notion rale Tournier : ou de Niobé. notamment dans le latin stul- lus. p. /. Harrison. ni d'invoquer P. pour une part. III. blerait qu'on Cet égarement. et dans une société essentiellement familiale. n'exprime que peu ou point. dans sa Némésis. III. représentent Tournier. ne se produit en forme que la première moitié du ve siècle. le même — reproche s'applique à la théorie qui admet une psychologie intellectualiste du coupable.. en soi. distingue 1' axrj. et — moderne. lence E. aveugle- La bacli.o. 59). comme procédant du mais cette distinction systématique. apparaît souvent. p. — A. Real. la psychologie courante. il puisse y avoir une repré: sentation de l'individu pour lui-même. la pensée populaire. trop « poétiques » le langage. qui. est bien arbitraire: l'ùSpiç. cas. notamment Nàgelsbach-Âutenrieth. Homer. nous Pavons vu. prt'fixe. 290 (àxT^) ist also Tliorlieit.. et même le mot ûppt. qui est spé- dans cialement chargée de punir cette aberration. rutit. 2. le second « réduplication ». 286. J.314 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE (le l'esprit. 299 et s. IV. encore qu'elle puisse 6u[j. Prolegomena. on peut dire notion d'une psychologie expressions psychologiques de pp. p. que en dépit des Suivant une conception assez répandue. 14. 10. même réfléchie. dans la désignation de la faute. p.. dei : 6fï*eci. suivant laquelle le principe théorie en question est notamment représentée par Nàgels« sie selbst Homer. nicht im Willen ». im Verstande. des Grecs ne Ta jamais bien faite. TheoL. le « mal » essentiel serait 1' « inso» imaginée comme une sorte de folie des grandeurs qui voudrait hausser l'homme au niveau de la divinité inaccessible mais il ne sutiit : pas de rappeler des mythes la comme ceux d'Ajax : philosophie de Pindare (0. nous le verrons.. consciente en tout psychologie du délit dût ôtre rapporté à Tenlendement. Les uns L'autre se rapporte à un moment plutôt la tardif de la mo- montre en somme que notion de la Nijjieai.^ II. non à la volonté.. LeM. De vrai.. 104. de turbamento deW armonia intellettuale passablement awcppoajVT^.

l'incohérence de ses « interprétations vient. d'une représentation plus autonome du sujet. dans son fond. les qu'on s'imagine trouver. Trop souvent encore. I. celui-là ne voyant dans 1 idée de l'aveuglement parles Dieux qu'un « essai de justification personnelle » sans fondement (28). 254). qu'on a posé. de l'opposition entre l'idée lointaine du délit objectif et le besoin. relèvent d'une mentalité profondément différente de la mentalité rationnelle dessine d'un trait : Homère accuse même différents la contradiction volontaire les de la représentation morale. Buchholz. 294. (28) (29) Nagelsbach-Autenrieth. celui-ci les mettant sur le même plan (27). 236-7). La vérité est que toute tentative pour réduire en théorie la représentation homérique est destinée pp. 288. du rapport entre le relion gieux et le moral dans la conception homérique de la faute conclut (29). le forcément impliquée par réprobation sociale. dans sa forme. parce que l'explication comme en bien des cas. /. En effet. Schmidt [Eth. à première vue. dans âfxapTàvetv : : (27. d. pour une part. ici pensée raisonnante à la fois la « poétique » au plein sens du mot. . p. Nagelsbach-Autenrieth. la voit chez Homère? Ceci non plus ne représentation homérique. p. Homer. comme une hyperLa question du rapport entre la causalité divine et la causalité humaine dans la faute. représentation collective et primitive : l'u6ptc.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE - 3lo Dii'ons-nous que V « aveuglement » signifie l'aclion néfaste d'un Dieu qui emporte sa victime à la perdition. justement à propos du terme àtJLapTàveiv. que le second prédomine sur le premier. un peu gratuitement d'ailleurs. : à échouer. est un produit de et artistique. Gr. est tranchée par les modernes dans des sens difTérents.. D'où le problème successifs. et trahit plus qu'elle représentation sociale. on voit dans Homère le représentant fidèle d'une ainsi L. de plus en plus senti. Cette dernière hypoelle se refuse à considérer comme un thèse est manifestement arbitraire fait le fait de la croyance au Jupiter dementat. a. côte à côte >- moments — aspects — en ce qu'il les et parfois. TheoL. mais ceci encore est beaucoup trop systématique. lequel comprend en même temps trophie du moi (p. comme on le serait pas exact. est relativement récente « : la théologique ». Nous verrons se situe : comment la pensée homérique est mais encore une tlu saurait être conçu sans une participation la crime ne dont l'idée sujet fois. Les notions primitives qu'Homère retient à la fois et « stylise » en quelque sorte. et la théorie est uniquement fondée sur la valeur toute subjective en fait. parce annonce déjà un sentiment qui s'exprimera chez qu'Homère ne traduit les tragiques : le besoin d'excuser.

chap. péché. Les textes sont cités à la note 13. Solidarilé. . où ces manquements sont pour eux un outrage personnel [cf. le délit : sens moderne du mot.) Moires et Kères a'î x' àvSpwv te Oswv ts zapaifia^taî pécheurs filés.]. elle Ce n'est pas le lieu d'entreprendre ici une étude de ce terme déborderait (30) Cf. est d'abord en dehors de la morale non seulement les Dieux comme individus n'interviennent pas pour châtier les manquements moraux. . ces point de figure individuelle. fr. qui reflète la vie des hommes. Sat(j. V. : : : £»£7:o'j7iv. manifeste les mômes relations de droit pénal privé et peut ainsi les plier à la nécessité des compositions (Orf. Théog. 218 . ni de la « folie » au Involontaire. y soit impliquée le moins du monde — ne l'est donc point. antinomie. 332) ou des expiations (cf. Ces forces. IX. et 220 : -apaiêauîaî répondant à aiiapTr. E. Cette antinomie n'existe pas pour la pensée primitive. uTrepêaivco). [Hés. considérée en elle-même. l'idée du crime ne comporte pas non plus l'intention délictuelle si le crime se définit objectivement. 583 et s. J. 218. mais dont la vie obscure et multipliée est au cœur même de la ces 'Epiv'jsç. d'une atteinte aux choses sacrées (31)Il y a là. 558 et s. VllI.. C'est l'idée que nous avons reconnue dans l'étymologie d' jêpi. 0. s'écarter).. Le point de vue ferme auquel il Ameis ad IL. la notion d'invoexister pour elle-même il ne saurait être lontaire ne pouvant Teffet ni de V » erreur» pure et simple. Glotz. La notion fondamentale est celle de et on s'étonne que miss : Harrison. 140 et s. ce sont surtout les êtres mythiques que la poésie d'Homère nous voile partiellement (33) : ces Kripsç. MùUer. pp. Prolegomena. conscient ou non. 301. qui peuple le monde de forces religieuses participant les unes des nels autres. d'une usurpation sacrilège (7:apaêaiv(i>. qui n'ont vie des hommes. 113. ûai}jLov£ç. p. mais la notion est formellement attestée des Dieux Etimen. la vie des Dieux. (31) IL. le cadre de notre essai. 501.. crime [apa-carali. (32) La notion de divinité personnelle. ne lui ait pas consacré un examen spécial.tov. p.316 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE gieux emplois homériques du mot expriment la notion du pur délit reli(30). s'il est consommé par le seul fait..3tpTav2tv. sans même que l'idée de la conscience morale de l'individu dans le premier en tout cas. sinon à la faveur d'un dévelop: pement très lent.). dans le mythe.. pour nous. Mais en revanche. on la retrouve dans le sanscrit apac</?'«. dès ses Prolégomènes. et dans la mesure. IX. uTuspgaîveiv associé à â|j. non seulement. d'abord.] Tliéog. ce ne sont pas seulement les Dieux persond'Homère (32). Voir Harrison. prémédité ou non. (33) Empédocle.

IL. notamment à Od. 134. 59) et la ^{y. Campbell. . cf.. 561). en tout cas. Schol. 418 les a pour servantes (40) et chez HéracL.. L. Dietericb. VIII. XIX. l'individu. 221. Usener (34) le ôatjjitov.. 1 . 992 D]). 21. daemon. Psyché. X. Religion s. Engagé dans le domaine de ces forces entrecroisées et d'une extension. VII. Vers. 2il . de anliq. 281. XXIII.) (36). 23. . . III. du dev. n'est pas un dieu défini et personnel (3o) . Epin. (41) Cf. 134 et Anhang J. II.. . (39) Pour I. 587. . 29 B (41) et elles sont particulièrement associées à la fertilité de la terre (Esch. le : .. mais dans celle d'Homère lui-même {IL. d'une contagion indéfinies. 643. Od. 634 et s.. 4 sq.. 293 et s. (36) Voir XIV. sont bien moins des « esprits » spécialement conçue comme néfaste (37). Mannhardt. (38) Rohde. de Dém. quoi justifier cette conception non seulement dans l'étude des tragiques. Schr. elles sont. cf. les notes de Araeis. Esch. Psyché. 61 . on les voit agir comme telles dans IL. 146-7 XIX. etc. la Soph... Mylh. Psyché. Ag. in Greek Lilerature. notamment . Hora. p. 143 et s.. pensée religieuse. Erinyes Aie. s'atteste un numen (Esch.' Sur Dèraèter Eriuys (Pausan. Germ. 242. cf. I. Psyché. 54.) (42).tov.. De là la multiplicité de ces manifestations et les Harpyies. in Religionsgesch.. XI.1. qui lui-même (34) (33) Gôtternamen. etc. Hirzel.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE : 317 convient de se tenir est celui qu'a indiqué H. 825... E. Rivaud.. V. Eum. col. un état des choses humaines .. à Od.). les vengeresses de l'ordre dans règne animal (Esch.. comme 291 sq. 84. p. p. L.. u. particuliers : que des manifestations de cette réalité divine. C'est — celle VIII. 77-8). n'offre qu'un exemple du mot rapporté à une divinité particulière (//. les .. fr. p. 1. p. pp. : 1. IX. VI. XX. Rhein. 246 et s... 11. Ag. 1324. 39. Mus. 71 et s. qu'on voit se produire les dans des où. hommes pour fr. n. la représentation des Erinyes dans Hés. VII. Vorarb. 134-5). cf. pp. Perses. Nekyia. Prolegomena. Rohde. Erinys dans le Lexikon de Roscher. 3. J. 248 et s. p. Rohde. (40) p. o87 XVIII. (42) Cf. pp.. de [Plat.. 443. p. d'ailleurs. le suggère Usener. 420). La notion se trouve déjà caractérisée du fait que le terme s'emploie très souvent sans article. événements du monde qui impliquent ou intéressent l'activité le ôaîjjicov est même.r„ qui est l'ordre cosmique. Themis. Rapp. 124. 64.. 273 et . 346) (39) . représentations analogues d'autres mythologies. à et on trouverait de l'origine.. Probl. Il. pp. voisines leur relation fréquente à toute la vie de l'univers des Erinyes (cf. (37) D'où 68-69. sont des figures du monde physique (38). et 803 .. d'une réalité divine et impersonnelle (le ôaiiJioviov d'Hérodote. tout court. p. p. — (associées au Od. arl. Contra Rohde. Ilarrison. Les Erinyes elles-mêmes apparaissent sous cet aspect (cf. II.. Kl. 13. Tr. 974 . Les Kères... Andr. Od. 1.j. 904 sq. Tambornino. Homère.. 394. Eurip. pp. I. 33 et 220. 8at[i.

Dict. X. se d'Œdipe en qui . 18 . 0.. p. 418).^otTot mentionné par Hésychius. Boisacq. 11.pt (TÛvtpofo. les linguistes rejettent l'autre (cf. (45) Cf. p.. IX.. Diels.. mais « nourri par » ou « avec la Kère » (44). et le composé équivaloir à xT.Tp£çpyiç qui.. mais plutôt celui du locatif qu'est originairement le « datif » singulier ou même pluriel des thèmes terminés par sonante ou consonne. étym. la folie » « le Phén. keeps him alive. 450) ou notera du reste que dans les mots qui relèvent de la « composition syntactique ». fr. Ilom. le premier terme ne semble pas pouvoir prendre le sens du datif d'intention. du crime SaïuGiv. Psyché. distingue en soiuiiie deux couches successives psychologie homérique: celle qu'il qualifie de « rationnelle » et qui appartiendrait en propre à Homère. la I. 78. p. (43) Rolide. E. possédé par mais ce n'est qu'un aspect de la pensée le verbe suggère aussi comme une assimilation.ai xf.une forme systématique en séparant nettement le oaîijLwv de l'àme (cf. 317. Le Saîiiwv àyaOéî apparaît semblable au genius des Latins dans Michel.. /. 35. a thing that nourishes him.. Rohde. 119. 9-10. le premier élément pourrait avoir la valeur comitative qui appartient. cf. 1). Sprachgesch. J. Ziir indogerm. ou celui de l'instrumental. p. 163 Pind. 28. Et de même que chaque homme est accompagné de sa Kère. . n. 411).pô.318 recèle RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE aux xrip!. est pénétré par elles. s'est développée par-dessus la vieille conception religieuse de la '^^yy^. : uian has a : : : pendant l'un de l'autre. 294 et — — — 2. remplacé de très bonne heure par le locatif dans xT. 107 D. p. de même.. /Z. R&p. «mortel » ou « infortuné ». Kère » et par suite. p. 617 D. 1). p 146) et à laquelle les stoïciens développement postéiiour . Diels.. duel ou d'un (( démon » ..1. IV. KtH4tcti.et chez Eschyle. n. la notion de %i. appliquée ne signifie pas « nourri pour la /. Dans le parait xTip'. Vorsokral. P.pixpscsT.. (H. 161... [Lys. Mein. a sort of fate as it were on which his life dépends ». 238) (45). Rohde. pi>. Psyché. 10. 42-48.. comme on le sait. II. Platon. 316. comme on traduit d'ordinaire. 171. un principe De là religieux (43). L'interprétation n'a rien que de correct au point de vue linguistique. 888. 123.ont cru devoir donnei. à l'instrumental. 5^. dans la conception générale et indéfinie du Sa'ljjiwv a été découpée celle d'un sort indivi: déchaîne l'individu paraît ainsi personnel (Théognis. cf.. Prulegomena. n. H. II. n» 854.?/. VII. XIII.]. Phédon. fils et surtout chez Euripide. I (5iy8aS. GÔtternamen. Psyché.. « the idea seems to be that each Harrison. Ménandre.r) étant essentiellement équivoque du vivant s. fondu l'épithète de hommes (Hés. Usener. V. xripî avoir une valeur simplement instrumentale les deux mots sont d'ailleurs le dépensée dans (44) Cf. C'est la notion qu'Heraclite s'efforce de rationaliser (fr. pp. au sens de oaoi vojw xcôvrjxaaiv. 43.. De là aussi Femploi du verbe oaijjiovàv rapporté à un individu avec elles. 18j Ker wilhin hem. à propos des 1001. Tr.

devient fou (46) lesErinyes. Wunsch. On ne peut pas dire que conséquence : . la conception du gennis indiviLa même « loi de participation » s'applique. pourraitduel ? dont l'idée on dire. 6^^.. l'association de la et force néfaste.a8oCîo-à eaaiv' fr. (48) Eum. mais chez Eschyle. 5 .) : immédiatement associée à non seulement l'Erinys inspi.. avec la puissance essentiellement conscience de Tindividu //. SÉfffxioç [lotpa. après son parricide. propre du crime . Sans doute. phores. è^ ^psvôiv. et l'idée de la possession ou du délire provoqué par les Dieux (cf. 4 {jle 'Eptvu. : u[j. « rendent fou » ('EpivuTiv r. 234. rapportée au môme mot Sa'lpiwv et du reste indécise encore. 84). Noter.. expliqueront le sacrilège de Cléomène en disant £x SaijjLovlou (tivoç) [xavrivai KXsojxevéa (Hérod.. par exemple. chez Homère. 103-4-. ). elle en est aussi la — — — Oreste.Xi9i(ovat. .. puisque le atteste la causalité des YI.[jL0vâv d'Euripide le fait prévoir que l'individu commette une « faute ». qu'il s'élève au sacrilège. ministres de vengeance. mais il faut se souvenir de l'aspect qu'on voit prendre spontanément au « démon ».).. cosmique XXII. XIX. la fin des Cfioé- (47) Cf. 508. : XXIV. au temps comme à l'espace. schol. à 'Epivûwv. Aussi bien la notion d'une réalité àjjiapTla.vo. 603). XV. Soph. mais elle sera Oc/. 87 sq. 331 sq. et qu'il est à la n'est-ce pas chez le même fois hors de l'individu et en lui : Théognis que nous trouvons. c'est une conception bien connue que le Satjjiwv « pousse » les hommes vers la faute (Théognis.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE : 319 Le 8at. Ant. dénoncera la vengeance de le la divinité : d'où le rapprochement naturel entre plutôt l'accent sur la « faute ». IV. La « folie » n'est pas seulement n'a plus dès lors qu'une valeur relative imaginée comme le principe du crime. l'individu comme crime tel porte en soi le principe de son crime : puissances sinistres les Argiens. 49. V.ç. Soph. c'est à la fois son la être intime et ces êtres mythiques qui en sont la cause : pensée ne les distingue point. Esch... etc. mot qui met sinistre et « surnaturelle » est-elle : l'expérience psychologique (48) rera l'aberration (//. 1021 sqq.. mais on ne peut pas dire que l'individu soit étranger à son crime puisque sa folie même. 517. à l'occasion. n° 108 b) (47). indépendamment de l'idée assimilée à un principe moral (46) Non pas seulement chez Euripide.

rsyche. 438-89 (49) Glytemnestre et Egisthe sont dits 8i8u|jiav 'Epwuv. XIX. 409). non seulement est à la fois hors de l'individu elle est à la fois l'individu lui-même et une autre personne même d'un coupable. les » que mêmes fois termes. Soph. III.. 'Epivuç dans Esch.oî.320 et RECUERCHES SUR LE DÉVELOFPEMEiNT DE LA PENSEE dire. Tr.. 603).. (dans les Dissert. aAào-rwp (51) . n'en sont pas moins trompeuses.. de isa-xwv TrepyàiJLov 'Attoâ^. et Médée. m-aio. Or.wvîwv epivuv dansEurip. et le point de départ de la TiraAauvalio. Harvard Studies. Ant.'. Zacher. JEn. Hal.... Cf. 222-230). Ellendt-Gcnthe.. . pp. l'c Voir aussi and -npoaTpÔTcaio. (jr. Comparer dXafvstv (Eurip. et « littéraires » qui sont trop nettement définis pour être taxés de Bélène est qualifiée de vu [jicpoxÀauToi. EL. 11. — — . 1081 (50). 573 (rapproché par Weil) Trojae et palriae communis : Erinys. A quoi nous rattachons une observaSoph. (51) Cf. W. à certains égards TErinys. (dans les partie. 217. itaXafxvaîo. ment 1' « esprit» de vengeance (Xén. dans ce domaine. K. — tion dont on va voir de la « loi la portée de participation : tel est l'empire. 1259 [Weil] où il est rapproché de (52) 'AXïCTTwp . TAe use of iXirr. d'une façon générale. P. 146. n. — £v9û[j.. que nous venons de voir possession de sa volonté. philol. Hatsch.. ainsi pLwo-Twp. II. Psyché. H. défaille et — sombre. p.. chez les tragiques. V1II_. .oî. à>»iTpoî. On voit en quel sens l'auteur du crime est un àfxapTwv qu'on et surnaturelles qui prennent parle de volontés étrangères de raison qui tout d'un coup de contamination enfin. p. à la un fantôme. 2.. De nom. (Soph... p. Virg. Cyrop. I.. donc fantôme Lobeck. 1084. Or. àXiTTipioç.. Lex. p. '^pevwv 'Epivus ou plutôt : epivû. àoatoî. peuvent désigner «esprit» de vengeance et le criminel lui-même.. 123. (50) Cf. on pourra tout court. 7. 749.p-. 18j c'est le cas pour ou la notion d'une espèce de fantôme d'abord cette image en vertu à>và(TT(i)p qui paraît (52) évoquer pensée pourra être aussi bien la notion le — c'est cas TtaXaiAvaioç — — - (49) Dans le récit lyrique du Phrygien. 430 Rohde. qui ont leur valeur. rapporté plus ou moins consciemment à àAîffôai. 1908) errant (cf. 525. Paralip. Le nom peut en être atlribué à la : -4^. puissance. un du coupable souillé qui signifie dans le principe pour « l'homme aux mains mais qui signifiera égaleimpures ». Le contcxle n'indique pas l'idée duiic vengeance divine exercée sur les murs de Troie. p. Kohde. et dont Hélène serait l'instrument. principe de et en lui : folie... toutes ces expressions. on en a plusieurs exemples.

dcutsch.. les tragiques ou les lyriques. le même la puissance de malheur. plus large. p. l. et l'esprit. p.. ààaa. . s. 374.. Lois. . Elle est en : mais serait démence temps crime. Aj. de rapporter le crime qu'elle évoque à la simpliste toute pure l'abri est bien autre chose. VIII. . soit v. (cf.p'. le malheur lui-même.^. Or. Eum. k propos du mort sans sépulture. : s.oj5T. F. ((. Eurip./ et àcppaôéovxi aux vers 21 et 32). Od XIV. oii d'ailleurs le verbe celle. et -jr£pff£po{Xcvo. à une idée proprement matérielle 724. étrangement complexe et dont la complexité même traduit la conception la plus ancienne du crime : celle d'à-rri. une sorte de déduction logique assez arbitraire. . : //. 108) et de Schrader : Wort. 237. au v. N. à quoi le mot ocxtj courant. .. : on comparera il piXàiixeiv cppéva.. et lui-même : rapporté dans l'usage le veut Ebeling. d'aveuglement.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 321 d'une « étymologie populaiie à Têtre coupable. (//. 6* éd. h celle d'ayoî. c'est l'aveuglement il de serait trop court de s'en tenir là. /. p.. wunds. est toute relative à notre entendement {'. qui le soutient. \j. X. 268) qui rapadoptait celle de lirugmann (in Kuhn-Zeitschr proche du got. çà el là. qui absorbe. Médée. lat. 467 sq. sons.. VI. àXiTT. F. cppealv ejjiPaXov aypiov axTjV.. l'esprit. 18.. 908) à signale. il faudrait se souvenir qu'on ne peut avoir affaire qu'aune notion comme celle de [^XâGr^. à fois indéfinie et synthétique. Divl. Et. a dans celle-là (conçue comme aveuglement) le principe de celle-ci. toute cette pensée. (53) . comme Schrader. son principe. et qui. swita. dans la peîisée bindoue. XIV. àMaxopoî. le délire que le mot que suscite un Dieu ou qui lui-même azr... Kluge. nous la retrouvons dans unenolion primitive. tort de vouloir retrouver c. . C'est surtout chez Homère.piwSriç (Platon.. rapporté à Zeus. x^8' aTr. la déduction inverse. ses conséijuences et son châtiment. 'La vérité est que la distinction entre les idées de souillure. Lex. est un numen emploi èvéoTjje tre.. 236. il L'arri sans doute. En tout cas. même — d' ramène « l'idée d'aveuglement à enchaînement-» ou de sort de calamité sinis- XIX. 178). li. blessure. à-TiàxT. est obligé de recourir {Reallex. s'applique au maudit (Esch.es ttièse (in linguistes ne sont pas d'accord sur Tétymologie du mot l'tiypode Frolide {Bezzenbergers Beitràgc. V. cf. Schrader. ». a.)3). beaucoup plus que chez désigne l'aveuglement..XV.. est aujourd'hui rejelée Hoisacq. le piincipe de la notion. n'apparaît pas que l'idée eslvolojitiers de l'aveu- glement de Homer. àXixT. Soph. 88. 1333). éiym. qui rattache ocxr. Siinde. p.f. 387j. Spr. ail. qui a raison de rattacher la notion d'àxT. IX. par conséquent. X. Lex. dG) Si l'on . Plat. Kuhn-Zeitschr. et non pas. 834 B) rétymologie en question est donnée par Timée. p. etc. mais qui atteste l'idée d'un coupable.. d. IX. de crime..

68).. Esch. 327 Od. Héc.. 21 Esch.. c'est son indétermination elle peut être . î Théognis. si souvent joint chez Homère au substantif arr. p. 457) ou à une pure ignorance . le 688.. 261-2 . . 133. Théognis. Perses. Théognis.. 231 413. de celui-ci il peut signifier simplement calamilale affîcere {IL. . fr. (58) Comparer nifeste fàlTTi '. Scherer.. XII. Mais la preuve que la notion d' « aveuglement » (55) ne se suffît pas. 202 : 5uff. 123) (58). : (56) Ceci entrevu. et nous savons que cette étymologie ne paraît pas impliquer l'idée de folie. Cho. 315). Sept. fr.. à Moira et à l'Erinys.. 133 .. 103. lui àÎTTi a pris sens de damnum comme C^iixCa Sept.. Médée.. et en tant que les Dieux confèrent l'un et l'autre (Théognis.. 824-5.. 386. en ost du verbe àatw.. P. Eurip. . Eurip. Eum... 7. 526. Perses. II. Munster. 509).. Esch. et jâXâêT. cf. Sept.<. 109. C. 93. 306.. con<.. Graec. elle appa- passion (//. 264 (55) Il à-zr^pi 'fpevi . « enchaînement V oL-zr. : et faux {IL.. Séaixio. cf. telles expressions typiques évoquent l'idée magique de — r . (cf. celle d'une substance religieuse. IX. .. Soph. 851 la jjiolpa. 233-4 (54). Aj. Soph. XI.. 129. Prom. //.. Trach 1001-3). et dans le même moment.. 287. 74-75. mais celle de fait.. 761). pour le même acte.. Af/. Tr.ç d'Eschyle. Théognis.. (59). comme . désastre (57) (Hés. souvent avec un accent de mystère (Esch. de superst. 344) qui maet surtout le YiyyaiJLOv 5tt. non seulement l'action des Dieux personnels.. 979. Solon... — ..rèptvj. IV.. IX. a-rr. cf.. qui atteste l'emploi du mot dans la langue de la religion populaire. cf. dont les notions ..)9. 307). Trach. etc. cf. —Dans Démocrite. Ob'. recelée par lui (Eurip. IV. C. Soph.ue comme une force (56). du châtiment. . . 1124. signifie malheur. 986 cf. p.322 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE : "Axr^v. (o4) Dans les tragiques. ^^. quand on la voit combattue par des incantations (Soph. 21 rapportée à une sorte de calcul tout intellectuel cl". 55. d'une réalité du néfaste. Tous les deux ont manifestement même étymologie. Médée. Aj. 424). mais entrevu seulement. 278 XXII. 332. Œ. Dans l'axY].. CE. raîtra le fait de la le sens général de la notion. ààxat rapporté à Zeus. par... . (Esch. Eurip. Soph. Choéph. Ag. XII. c'est dans un esprit religieux. des Erinyes (Esch. 18 . X. Ag... i59) Solon. Esch. 824-5. 213 (Diels. C. 361. Médée. Chez Plutarque. 119). Od.. nous n'avons rien à dire qui n'ait été c'est la même idée qu'on propos des termes désignant l'outrage retrouve dans le mot pXàôr^ par exemple. Soph. 856 fr.. manifeste sa nature propre quand on la voit attachée à un objet.. 848. //. y^ Tcàv-ra. Od. IX.ppovoî ata. Ay. Pind. 631) elle peut être inspirée par les Dieux comme elle peut (^tre l'aberration de qui se dresse contre les Dieux {Od. etc. 653 1037. 168 B. Y Jixvo.). Vorsokrat.. VIII.. I .. il convient de voir en effet. IX. Hippol. famine désastre Sur dit à : . 281 XVI. 9i et 129 XV. . 503. » (Soph.. (57) Cf. d'une armée dans Pind. De souvent opposée au xépâo.).. quand on la voit enfin . le superstitieux attribue ses malheurs au peùjjia ôai|ji6vtov axT. le Sai{Jiwv. 1858. d'aveuglement. Eurip. 241. Trac/i. comme 1001. De nolione et indole. T.. XXIV. Aj. 601. si est puissances impersonnelles 1192. L' axr. misère. sont apparentées.. "Axr. 62-68). 986-7. et J. V.

Esch. 1230). 1284) mais il s'appliquera. poursuivent sa descendance. s'appliquer spécialement à la souillure. . 1032). . Esch. Choéph. mi-physique. l'individu son acte cause mécanique de souillure ou encore — — l'individu et les forces de perdition qui àxaç la l'aveuglent. Dans cette réalité touffue. : = XVI. (61) objet dans la même que nous avons retrouvée dans le même pièce (v. une môme force qui se perçoit dans le criminel.[jL(a appliqué au même p. notion elle-même indéfinie (Eurip. aussi bien. il est au centre de la représentation. 23. 274 VI. dans la folie qui l'assaille... 356 et appliqué pourtant au 359 (cf. 504 XXIV. . Choéph... : c'est la même pensée religieuse qui prévaut loin d'être exclusivement l'esprit de vertige qui pousse le criminel. Eurip. l''" partie... c'est celle qui n'implique pas de faute de leur part. IX. C. il est les : comme le lieu essentiel de ï ax-fi. àvaxoç des Danaïdes.wv qui le séduit et l'entraîne.. Lui-même pourra être désigné une olvï] (Soph. /o?z. cf..360.. car ces ne faut pas opposer abstractions ne valent tout au plus que pour un esprit moderne. 57. I. 1240. 386 XXIV. Pind. ..-n:). 805 PhiL. 204. H&. dans Esch. 70o. 532 AnL. no.. 276). ^^. le coupable ne disparaît pas il y a un coupable. Dans le domaine du crime. criminelle est une. HippoL..... mi-morale (IL. SuppL.fur. OE. avec le nom du coupable comme régime //. 533 (cf. auchâtiment (Théognis. Dans le (60) ucp' -î^-irap : notion est la mot ÇT. 148. Kôchly. J. 480) . 1' octyi est un ensemble indiscernable (//. on conçoit que le terme puisse et indéfinie . 0.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 323 (60) . C'est un même — être que l'on voit lever et fructifier. ou encore son crime sera son aTYi (dans Homère. dans le SaLji. il comme et des abstractions réalisées. dans le crime même et dans calamités qui poursuivent Tauteur. 272 Soph.. Et il y a lieu de noter les emplois différents de àvaToç. /.. Eurip. . la notion de Y aLTf\ qu'elles ne sont point souillées. 28).. Esch. Quand donc on parle de délit objectif. 836. 412 au moins conçu . et à}j. I. et essentiellement active. XVI. 7 et 196) la : même «puyyi objet. ni de danger pour qui les accueille puisAu fond.a>i(a Comparer les emplois de â[xapTb dans les textes cités n. ni de châtiment prononcé contre elles.. ad L) (61). Ag. cf.

lui aussi. p initial. Mânes. 232). 221 et s. dans les Bezzenbergers Beitràge. — (63) Cf.vt. n. — et spécialement familial — de la uf. d'ailleurs rare. ne peut pas se séparer du verbe XV. Car c'est bien ce sentiment qui apparaît fondamental dans un mot 25. camp. et le sens de èpivueiv s'accommode mal de la déduction arbitraire que propose Bréal.. 163. Boisacq [Dict. 137) de [JtY.vi. p. tout est fundu et confondu. 6) signale HoL'. p..viî. en vient à désigner un numen redoutable. pour dénier à l'a le caractère de préfixe (62) Pour le caractère collectif III. .) ta plionétique n'y trouve pas son compte (cf. Le substantif àXàaTwp. rûslas. de comme le fait Bréal [Pour mieux connaUre Homère. lequel signifie « être irrité » et s'applique spécialement. 187 et s a donné une explication aussi correcte au point de vue linguistique que satisfaisante pour la sémantique il rapproche le mot de skr.). lequel implique une idée très voisine de celle d'sptvj. II. « être en colère ».. comme sp'./ mais on sait qu'il peut y avoir ifes reformations analogiques .. : . aussi bien. et pourrait bien remonter à l'indo-européen (63). I. voir 1"^ partie. 21. ELym. (6i. àXacTxeïv [IL. On le sait que Pausanias (Vllï. peu importe qu'on dérive qu'il rend par fjj^jiw ypYiO-verbe du substantif comme le 1) suggèie Uobde (Psyché... è'ptvvj. d'autre part.i5. tout de même que dans le mot [jl^v. qui. lit. : que la prothèse grecque de e est de règle que le a tombe devant nasale avec allongement compensatoire dans les parlers autres que le lesbien et le thessalien (1*1 est long dans èpiv-i. p. ne semble pas qu'on puisse rapproclier..Cette étymologie est celle qu'admet Usener. car on ne voit pas d'objection linguistique k Ihypothèse : d'un *à-XaO-to. Ag. latin Dans Esch. 41) lapasse sous silence elle ne paraît pas mériter ce dédain.. Od.. en vertu d'une étymologie traditionnelle... v. il est évidemment de la même famille que similation vocalique.324 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE senlimeni «le la réprobation colloclive. s. 2801. (64) . jxf. p. XX. d'où epiavu. survit peut-être dans la graphie latine £rm«//. t^"^.. [xf.v. « irrité ». et qui dans le principe évoque la notion du «courroux » — du « courroux » d'un groupe Il (62).s.. Dict. Xir. par disàpà. rusijati. pp. et on peut ajouter que la forme éolienne attendue.vu^. Précis de <jr. pluriel d'ua Manisl Voir Boisacq.. Je n'oublie pas qu'en vertu de la loi des aspirées de Barthoiomae. (Henry. du type (ivixT<i.vÛ£'. la plus probable ou inversement — — et c'est l'opinion : l'idée de « colère » est primordiale. et le dérive de e-pua-vu.v. Boisacq. I. au courroux qui « n'oublie pas «.. § m.. étym.. l'arcadien £p'.î est synonyme de ipivû. Quant au sufiixe -vu. Dict. 64. Frohde. étym. chap. pour l'étymologierèptv'j. on devrait donc avoir âXa-ySo. On sait devant on sait aussi le suffixe d' « abstrait» -vi.

l'idée de la souillure n'apparaît point isolée comme dans la traduction qu'une intelligence et religieux. des Kères ancienne du crime. dans l'esprit du Grec. 227 sqq. à l'époque classique. nous. èpivusi... [jLUa-jjLa (67) : . èXeuôepiij p 7rp6(T£(Txtv où xaX/j. — 41-44). Chev. dans un temps discontinu (66) à l'individu lui-même que peuvent s'appliquer les noms neutres et nous savons que commettre un xàSapua. 423. ce soit un meurà Aristoph. pp. il n'y a pas celle disproportion qui semblerait d'abord et que nous créons. XXIV. quand nous transposons en On verrait affirmations dogmatiques touchant. et qui. Xûfxa. parlera du ôaîjjioov (65). Cela seul l'indiquerait explicative que. la cause du crime. frappant que. . sinon presque choquants.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE privatif. 453-4) peut bien dire w. La souillure ne commence c'est pas à un moment précis. le contraire de 1' « amnis(Usener. Ag.. XIV. 974)... en pareille occur- sinistres prévaut dans la justement que rence {Andr. 1' àXàarTwp. 207. ainsi qu'entre la notion du délit objectif et les idées postérieures. I. Cette pensée-là ment moderne et abstraite s'en donnerait. 35. de vrai. dans un récit d'Hérodote (I. nulleau sens actuel du mot.. 516). la valeur étymologique de celui-ci transparaît encore dans des expressions comme otXaaxov oâjpeaôai deOd. et pourtant. 391 .. laisse également entrevoir le caractère social du « ressentiment ». 1645 . àXaaxov de Od. pratique.. GetàXaoxelv. à Aphr. 23). d'Eschyle (Prom. Et. sée c'est comme telle : (l^euosl xaXsïaôat xy. 1133 1028. Plut. la pensée qui sort naturellement d'un sentiment global est... qui fait penser aux [jiv/j[jlov£. p. Cho„ Le latin piaculum s'emploie de même.. 325 on est obligé de modifier racceiituation traditionnelle de l'àXacrco.. crime. 174 ou TTÉveo. 434 .. H.. . c'est déjà être possédé du Saipiwv. la malédiction vivante ou criminel : fantôme vengeur que suscite l'acte parce que cette image prévaut et repousse au second plan la conception de l'impureté que cellele et c'est même (65) (66) 11 est trier — Rapprocher l'emploi du mot Xojgiri. la représentation la plus réprobation collective est penSophocle {Trach. l'idée de celle-ci apparaît confondue dans l'image des êtres mythiques comme i'spLvu. Ajoutons que les rapprochements que propose personnellement Boisacq sont. quant au sens. Gôtternamen. Si nous regardons aux suites de la souillure. Eurip. Esch . 293. si la notion des forces tie » religieuses. homérique en àXaaxo. une autre (67) qui soit en quelque sorte voué par avance à un second meurtre. bien lointains. par essence. n. involontaire d'ailleurs ^u[xcpopVi. et Euripide. 342. Troy. a été rajeuni en {jLVYicTixaxeTv. . par exemple.

qui individualise. Choéph. 78. pour notre ohjet présent.. nous l'avons vu. Cf. dans la mesure où elle traduit des émotions et tout un idéalisme collectifs. Prolec/omena. 68. en images mythiques. chap. ou presque.326 ci a RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE pu être niée pour : les origines (68) solubles (69) l'idée religieuse mais les deux sont indisdu crime fleurit spontanément . (71) Esch. s'épanouit en « maladie » SiaXyr.). remords (71).?. 48) . elles reflètent ou plutôt réalisent. « infernale » comme on l'aperçoit encore quelquefois (cf. Usener. de nature néfaste. U àxi\ n'en est pas moins une réalité profondément spirituelle. 126 et s. la morale d'Homère à celle des celle-là. etc. 103 tppovT^S' d^rXr.. tragiques dominée par la représentation de puissances extérieures comme collective : : l'Erinys.? ôfxa Sia-^ épei xôv aÏTiov Travapxexai. : : une Weltanschaming enfin. à la pensée primitive. Inversement. celle de l'individu lui-même pour son acte 1' 'é. : — : (72) L'aspect subjectif peut être accentué dans le mot àxr^. de l'état avancé de la pensée homérique où se dessinent plusieurs systèmes d'idées par quoi cette notion est reléguée dans l'ombre : une théologie plus ou moins systématique. 91) une théologie. p. qui affirme déjà inquiète de précisions (cf. est intégrée au monde des divinités olympiennes (elle est fille de Zeus. 1. Rohde. Harrison. nous avons vu comment la notion de souillure. 1076 [aévo. il y a bien quelque chose de moral dans les à-cai 6.aTov XûitT|î. II. arr. 11 faut tenir compte spécialement.. 230 et s.vr^ sera parfois. 302). (73) Rohde. OujiO^edpov àxTiv.p' i^-KOLp du vers 272. pareille catégorie ne conviendrait pas. E. Esch. substantialisent des états de sentiment et ce n'est pas seulement la réprobation que nous voulons dire. personnalise à outrance le Dieu qui provoque l'aveuglement agit comme une personne (d'où la personnalisation d"'ATTfi elle-même H. à Toccasion. que Rohde a pu opposer. C'est en vertu d'une conception beaucoup trop systématique.. ii. : . l'existence d'un ordre universel à demi-abstrait des êtres et des événements. en général. Cf. Kl. mais. //. XIX. — — — Psyché. XIX. Choéph.. à ce point que T'Att. p. n. /L. (70) A prendre le mot dans un sens strict. Ag. et en construisant une notion toute logique du « délit objectif». d'un de vue au moins. II. pp. —une psychologie .. Il n'est que de se placer point au vrai point de perspective pour apercevoir qu'un élément subjectif (72) est forcément impliqué dans la plus ancienne représentation du crime.. la Gewissensangst (73) . comme il l'a fait. 1 <ÎTT.. n. Schr.. p. par suite. vdffou ppûeiv. reste chez lui sous-entendue. ignorerait. 70. où d'ailleurs conformément à sa nature originelle. pris dans un sens général. la notion n'en est pas construite arbitrairement : . celle- (68) En ce qui touche Homère. Qu'est-ce à dire? Ces puissances qui sont pour nous mystérieuses et qui le sont bien en un sens pour le Grec. GÔtternamen. (69) J. Esch. spiri- tuelles (70).

lui-même. mais décidé. donc.. 327 l'idée d'un effort quelquefois contredit. c'est que le sujet n'y est pas conçu « comme individu de l'idée des puissances sinistres que nous voyons s'épanouir en une végétation serrée. 3. et clairement reconnaît » après coup son a-ry] (//. 587. mais encore l'acte lui- même le son principe. Gôlternamen. Si la notion et : de la faute personnelle s'affirme au cours de l'évolution. objectif et subjectif et — Le Saipiwv d'une chose à certains égards person- même fr.. p. mais non pas de ce que le sentiment interne est fondu avec la révolution : notion d'une puissance religieuse. 4H-2 XVI. 273-4). De la « fait. n'aurait germe au moins en pas exercé dans la suite des temps l'empire religieux que nous n'avons cessé d'y sentir. dans les plus anciennes expressions de V àxYi. Ce qu'il faut seulement admettre de l'ancienne conception de » aTT) r ou de : 1' àjjLapxia.. il ne s'ensuit pas qu'il n'existe le progrès a consisté essentiellement à l'affirmer pour point . que 1' àr/i n'est pas seulement ce que nous appellerions la conséquence de l'acte. le le fait est était déposé au point de départ que cette invention des hommes.j 561. a un aspect à la fois dans l'expression tov -apôvTa Saipiova chez surtout chez Soph. . n. repousserait de la causalité purement divine. 293. (73) Cf.. Que signifient pareilles notions. : = on en « gémit » comme nelle [Od. à quel moment de la l'idée de Tindividu y participe » (74) Id. Usener. IV. de même « Taveuglement » qui provoque crime ne fait point évanouir Tactivité du sujet. 2. si elle n'avait dans la pensée du « délit objectif et dans la représentation d'un vertige divin. à propos de la III De même. au bénéfice de la cons- cience individuelle et de la responsabilité subjective (74). AIc. on conscience ne laisse pas d'intervenir. Psyché.^ I. II. 230. l'idée du coupable. Eurip. son origine à la fois et sa condition même. c'est incontestable. honte d'une fille séduite (75). 260-2). p.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE ci. Il y a progrès chez les tragiques.

{Il) s.vùî. celui de maléun texte ô' Eptvjç En réalité. Glotz. dont tous les membres se par un lien de consubstantialité. pas plus que la [XTiviç ou la Tt.|ji7i du mort. Ag. donner pour sens « premier ». Sf'pt. XIX. dans aussi ancien que la Théogonie. C'est dans une ligure comme l'Erinys que la plus ancienne familial feste représentation du criminel apparaît marquée de ce caractère au sens préhistorique. comme fait diction personnelle. pp. l'Erinys est imaginée chez les tragiques comme habitant dans une famille qu'elle favorise (Ksch. et c'est de les la terre et reflète le pouvoir et l'unité même bien pourquoi elle est associée à la fertilité à la fécondité des femmes. etc. 1191 et (76) Cf. A?iL.). Hréal. l'Erinys est impersonnelle qui familial. Nous savons qu'elle se mani- — à comme principe d'aveuglement. 1433. l'expression T£'la-a?. io\o Tta-lSwv te (472-3). Soph. art. .. 134-5) et d' ôctti mais il OcL. Au demeurant. lî.) (//.328 société RECHERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE répond cette forme de pensée. 229-244 ERINY8 dans le Lexikon de Roscher. est inutile de rappeler qu'elle est. maîtresses d'imprudence et d'erreur. . dans une famille. On aperçoit quelle réalité se reflète ici : c'est le yévos lui-même.. . notamment Rohde. c'est ainsi qu'on les voit parfois dériver la volonté d'un descendant vers le crime fatal et la difficile . vertus sympathiques une figure du groupe ou combat conformément à une des conceptions enracinées dans le clan. dan^ un vévoç transmises héréditairement. qui rendrait inintelligible. etc. Ces èp'. L'individualisme sentent unis en est néces- sairement banni place : autonome dans pas plus que les décisions de la société (76). En vertu ou en suite de cette plus pensée fondamentale.To Tzy-pb.. Ag. ii. démence démoniaque. de I»"". infuses dans le sang. Paralipomena dans les Kleine Scimften... chap. 233. elle n'est conçue sous à lui l'aspect individualiste qui semblerait et il y aurait erreur . liv. cette "Atyi. 87-8 : . 40 et s.. Rapp. pp. do ce sentiment du groupe. on dii'a volontiers qu'elles habitent dans une « maison ». 603.. Solidarité. l'idée la volonté individuelle n'a de d'une causalité vraiment personnelle ne saurait se faire jour. par excellence et à l'origine. U. et elle se trouve associée des notions comme celles de Ba'lfjtwv (0^.. c'est ce qu'il n'est pas de décclei* à travers les expressions caractérisli(jues da délit objeclif. 700. le numen qui punit les crimes famiiimfx {11). XV. Esch.

Choéph. 75-6. l^Airip. 914..T.. 561. est représentée comme transmise d'une génération à l'autre (Solon. Théognis.. De là encore le ôaijxwv xot.. il ne fait pensée en langage modeine quand situe au centre que traduire cette du droit [IS) C'est ce moment de transition qui se réfléciiit dans la doctrine des tragiques (notamment Eurip. Mère (Esch.). où oa'fjiovLov est en o6 fjLwv-ôa'l|jLovo. XII. Choéph.-. tructif ici. l'unité il apparaît il exprime ainsi le générations dont Clytemnestre espère oaiijLwv Ulzirr^e^nùiûy (Esch. mais de sort dominé. f. mais surtout.iJLa. 403.. 204 Esch.. c'est le même que d'un même être à travers les : 1660) le seul mot oaîawv. il est associé aux sentiments Eurip. 587 N. qui rebondit indéfiniment en aTa». les [jt-éXa^pa.). Phén.. Sept. Soph. 958 et 1001). (cf. 886-8). etc. Ce qu'il y a de plus inslui aussi.. dont la cité idéale ception première de l' ciences àîjiàprr.. 7'.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 329 même que 1' 'AXào-Twp dont elle est rapprochée dans l^^ui'ip. 147-8. et quand ont déjà pris un contact intime. 235). qui du reste peut incliner (v. ... on entrevoit cet état d'extrême intégration qui commande la conPlalon. Aie. continue obscurément le yévo.. Choéph. que la notion d'une famille « souillée » peut s'imposer aux consdivers yhrri âmes des : mais derrière. /.. 974) et à la conception de la Terre. Aie. Eurip.. et l'emploi du verbe ûa'. l'aTri. : Une qui. . 1569) en vain que désormais il cessera de sévir. c'est encore la notion centrale du oai^wv familiaux (Soph. . fr. désigne plus loin (v.. 566.. dans . 1342) vers le sens de sort individuel. Aîidr.. 466 sqq. 1260.v6..). — commun aux frères ennemis. réel. et pour la plus ancienne société. A g.. 123 et s. pareille représentation est dépassée par la doctrine classique de la souillure le meurtre du moins. Médee.. ne considère que rimpureté de l'individu. maison » tout entière 1269. 812 rapporté à la « cf.. et dans la réalité historique parle cas des Alcméonides la famille est encore assez intégrée pour imposer à la conscience commune l'idée de son uuité substantielle.. rapport avec 199 et s. englobé— les vers précédents l'indiquent assez par le oaïawv de la famille elle-même. Sans doute. El. c'est à un moment de transition (78). que la source individuelle du péril religieux. E/.. comme personnalisant à demi la famille elle-même. et elle dépend déjà assez étroitement d'un groupe supérieur pour être Jugée comme un principe de danger collectif.tjiovâv (Esch. (Soph.

opinion commune des Tâveiv : Lois. notre attention est sollicitée par certains emplois du mot qui. est àcppovi. le délit puni par la l'erreur qui trouble l'entendement et d'où sortent les société. C'est tout le passage : qui est significatif (v. nous allons la voir persister. oîi le . à la fois par la confusion et par la richesse du sens. la faute excusable.apTxveiv. du « bon » et du « maud' à[jf. vais ».[ia 864 B. plusieurs fois répétés.. 863 A. Ta àixapTavôjxeva. l'avenir. se troublent. C-D. mais d'un moment. ê^ajj. Tout de suite.apTàv£t. comme significatif non seulement d'un auteur. futures Comment voyons-nous se dessiner. où la pensée traditionnelle doute de soi. terme collectif.v? faute morale. 345 D oiiSsva àvôpwnwv éxôvTa.[j. L'exemple du vers 665 est typique. de r àyaGô. Platon use avec prédilection du terme i\ioLp- redoublement a[xapxT. Théognis est sans doute le premier chez qui apparaisse le début de l'évolution sémantique. ou le désastre? Rien de tout cela explicitement. dit-il. Prolag. et du xaxôç.330 RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE la théorie pénal lui-même (79). où le verbe et le substantif. se substituent complètement à àSixeîv. i5{xT. ici. voir notre commentaire à 860 E.. Que trouvons-nous dans à[jLapTà- v£î. attestent tout ensemble un tournant de la morale et une crise de la société. 860 E. à y bien regarder. : « sages ». de 1' « injustice involontaire » IV Cette relation entre l'élat de la société et les représentations morales. Nous avons déjà noté ce caractère de la perception morale. Cf. et sous une forme saisissante. IX. Il s'agit de marquer Tinstant où les conceptions familiales se désagrègent. à ce moment. d'une obscurité redoutable So^a £(T7:£to | : xal o-wcppwv vifjiapTe xal TtoXXàxi. 863 A. les valeurs Ce que nous savons de Théognis suggère la réponse elles naissent dans un état instable de croyances les catégories morales traditionnelles. . car c'est offenser les Dieux. De nos témoins.v? : . mécomptes La — mais tout cela ensemble. qui peuvent accomplir ce qu'ils veu(79) C'est pourquoi.aTa)v te xal iStxTjfxxxwv précise le caractère archaïque de la conception du délit. dans une pensée qui s'interdit la précision. 659-666] « Il ne faut jurer de rien.

« fou » même coup le renversement des valeurs les « bons » voient leur àjjLàpTY) [xa dans le fait qu'ils perdent leur tija/j. obtient de « folie » s'allie (acppovi) sentation du crime. p. 8. à la plus ancienne repré- deux termes qui s'attirent l'un rompue parce que l'idée de o-wcppwv. I. et le fou souvent. la Dans la valeur fondée sur transformation sociale qui s'accomla naissance cède devant d'autres o-uvri valeurs. Cette « santé » de l'âme et de l'esprit car la swïjpoauvr. si l'on conserve le texte tel quel. L. 70. Thucyd. en une nuit. — .Williams est laborieuse et peu convaincante.pTàv£t. Scbmidt. /. 181. V. est avec les dépossédée de son primat le passage de Théognis — . III. A.. 80 sv -zr^ que produit : vertu instinctive. 68. 3. n" 2339 Themis. 1664. (cf. xi du v. essentiellement" natuet entretient la vie familiale. ou qui. vilain. 82. 30. Crusius). 1. et inversement. 1 H. sans doute.. II. Thucyd. cf. sont l'autre. relève justement le caractère « aristocratique » de la (jfu^poCTÛvT. spontanément en principe. — : nent des ainsi aussi bien et juridiquement. A. 1). il faut convenir que l'interprétation du dernier éditeur Hudson. introduisent une forme sans augment normalement étran- gère à la langue de l'élégie). Eurip. d. plit. u. dans : acppwv et àp.. àpiaToxpaT^aç awcppovoç. que moralement. Les uns supposent une omission (Bergk. 1. Hiller. HippoL.. — . EUi.. 379-80. tout mauvais la considération et l'honneur w. . comme le Tipf. . gr. et. das Idéal d. mais interprète cette donnée dans le sens de la philo- sophie de Nietzsche plutôt que dans un esprit vraiment historique. (81) Le sens primitif de la TWfpoaûvTi nous est suffisamment garanti par son association fréquente avec 1' at6wç (Esch.[jLot.^av de Ileimsœth. et du nouveau riche. 1111) — de divers moments. deux « bon ». lement liée à celle de la tradition familiale qui. le sage peut faillir. n. L'expression qu'il soit. celle qui vit dans la tcù^^otraditionnelle (81).. HippoL. un lent (80) tout d'un coup est riche. qu'ils devien- séries antithétiques : vais ». Moment d'inquiétude morale : les àyaôo'l de l'ancien temps ne sont plus adaptés.. perd pauvre sa richesse. concerne les deux (cf. die Lebensauffass. et le riche.. 310) : —est la cpùseï) relle » (Eurip. 78-81 /. Gr. bien né.. d. p. Gomperz. Le changement d'àaapTavstv résulte du conflit entre les représentations de divers groupes ou àT!. Ag. Hirzel. p. mais qui ne (80) Je néglige le xal irpr^'^ai {jlévtol peut modifier l'idée essentielle. antithèse d' acppwv. G. 2...JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE : 331 il font d'un mauvais un bon. Cette association est est égala crise de la société et avec la dissolution des anciens groupes. l'antique morale du yévoç. « Qualité distinctive et titre d'honneur des vieux yévT„ elle prend parfois couleur réactionnaire » à l'époque classique cf. d'autres corrigent (corrections qui alourdissent. « sage » et « mauatteste la crise. inneren Freih. est ébranlée. Groiset ad I. 84. 661 qui reste obscur. Philos.

.{av oùSè dtxoXaaiav. et dans quelle société pareille pensée se situe la oixr. m ÉTaîpe.j. « la ». ce sont o». ou plutôt est lice. 6au[xaaa!. Voués avec une audace au bien par naissance. cette identité.vwvta) entre parents principe exclusif de la vertu en général.i.apTivouaLv èv Itît.ta en alïirmc le sens religieux elle exprime rattilude obligatoire du fidèle pendant le rite.v A :* 'faul 0' oî w KaX)>ix)»£iç. oôx àxo<J[j. on perçoit la conception ])rimitive d'une identité substantielle entre l'ordre ptiysique et Tordre moral. avSpa êùyôvsïi.oèv oJv yovata'. L'allusion à des colle d'Einpédocle en précise la signification profonde et nous y sous le rajeunissement prolongement d'une pensée lointaine du vocabulaire.' eti oç [xt. Aj. 1' e6xoî[j.. enfin. 9'. Mais dans une société primitive.elle de sentir le crime comme excep- expressions de délire.. .î. xal oûpavôv xal yr. 1093-H sl6' : oùx av tôt'. Voir un passage très suggestif de Platon. Gorr/.v xal ôeoù. souvent même n'ont pas cessé dans le cas de l'inexcu- sable. nous le savons. c'est d'inspirer et d'entretenir la confiance au le el résorber tionnel . de d'en escorter nom.oû<Jiv. un sens profond qui ne se perçoit bien qu'en ce moment critique. quand ceux qui passent pour r/énéreux s'emportent à des paroles aussi blâmables? » C'est d'une pensée plus en avance. ooy. dont la valeur esi soulignée par une association naturelle avec l'idée de l'ordre du doctrines comme le sentir .>»ôtt.ov iXlav xal TCoatxiOTTja xal aoJxpojûvTiv xal SixaiôxiriTa. Les 'j6}'fc>oysq dont la moialité est entretenue et garantie par le groupe familial. voilà qu'on les juge et qu'on les condamne.. Le privilège normal de la société. L'idée de 1' « erreur » avait. chons les prennent leur place au de Teucer dans ÏAjax paroles soleil. à'vSosç. ne laisse pas de s'étonner de soi qui Ce conflit entre le présent et le passé retentit sur toute la morale mais spécialement la notion du criminel en est trou- — — : blée. mais de la même veine.v Xoyo'. â|xapTivoi. poui.332 RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT Ï)E LA PENSÉE les xaxo'l les écarlent. ce sentiment marcpie toute la pensée d'une empreinte impérieuse l'ordre dans les choses et l'ordre dans les consciences apparaissent comme des : réalités de même espèce. 06' ot Soxouvtcç TrscsuKevai xoiaûô' àij. — « Rappro- (82) : comment m'étonnerais-je maintenant que celui qui n'est pas né aille faire le mal (àuiaoTàvoi). comme la même réalité (83) : à l'idée du bien moral par une synthèse a priori^ (82) Soph.oîJy'ZE^ sùysvcliç Trscpuxsvai. o07 E-508 t->. (83) ffô'foi.[j. implique. vial ivôpwTOUç 'f xoîvwviav auvs- y_£iv xal xaÛTa fait xôa. exclusif et vain de lui-même. de la awwpoTÛvT. sous le régime du ylvo. : : monde.. désigne à l'origine cette solidarité (xo-.. cœur des siens mal que de leur faire les le : c'est une façon folie. xal tô o)vOv toCto 6tà xa).

intimement. 0. : : 67 oi Tuya jxèv 1' 5a^[jLOvo.[xa et rintelligence exacte des oracles.XXIV.. dont elle exprime. à[j..^ p. — eu TrpaxTstv.JURIDIQUE ET MOHALE EN GRECE l'idée 333 l'idée du succès (84) . 11. chez les philosophes. 546 étroite entre àij. pour une part. de Cf.. chez un Sophocle. Phén. a une importance capitale. tout engagée dans la tradition.. V.. 554. àvîpojv . 910. Eurip. VIII. confiance fondamentale est ébranlée la rite (87). cf. Andoc. est si docile à la qui.9>*. cet aspect est priil est vilégié significatif que les morales grecques soient essentiellement des morales du bien. 124. Les mêmes conditions. Th. . I. c'est la confiance. I. et on <« — — : : tend.. Trach. même x îa i = (87) Cf. bien connu. une revendication éternelle le « devoir ». étymologiquement.. A(xrjvvav àja -:r)va .sitiaxafjievov S' olov tô ijjiapTÔVTa npi^ott xaxwç. 403-4. 1234. au fond. les sens de « commettre une faute » et de parfois là échouer. 13. 832-3) Œ. les mêmes antécédents sociaux expliquent. II. développer de façon prédominante.. Et.. p. à'6'jTo.. Eurip. du désastre. Par « s'explique que àpiapTàvst.. à la surface des mots. et la cpûatç comme la ?ialura. Aie. manquer : ». B. à l'idée du mal moral. par ailleurs..v. et surtout dans son prétendu tradition que la vertu est une science on sait comme Platon et Aristote ont réagi. coup. et 810 (cf.. (86) Cette synthèse s'est perpétuée en un certain sens dans la morale. renouvelle le groupe familial primitif. tlippoL. : De là le double sens. § i. avopsaç 8' oùx ifjntXaxwv. originelles (85) Pour les valeurs morales Ire partie. on notera lassocialion chez Théognis. HippoL. . La swcppoauvT. — paraît désigner le « péché » (Prellwitz.axî<TXciv (85) associent. Archil. 472. . 109). du passé très car une pareille synthèse (86) définit la lointain affleurait conscience. plus exactement avec la « santé » de l'homme la ao). 18). I. cf. réside dans la csûji? (Eurip.semble-t-il.. Mais. . . Worl^. certain caractère de la psychologie morale il y avait et lé : quelque chose de trop décidément révolutionnaire dans la théorie de Socrate utilitarisme ». (84) pensée morale perpétue ensemble et nécessairement Mais que surgisse la crise dans la société du même nous le voyons. à l'origine. — de âixiîAax^axw... le sens d'erreur ou d'échec (comme dans ôtixap-riveiv.. 386-7. chap. « bien faire » et « réussir ». voir et. d'un être un et continu {de sera num. XVI Moralia.. d'une société très l'idée simple. Eurip. 630. A.-ir>vâxT. qui pour nous n'auraient aucun lien logique. : àixol. la faute y est aussi délire et atteste le 6ai[xwv ou 1' àxT.. Pind. . Gomperz. dans la cité si intégrée. la « naissance » comment se perpétue l'idée que nous avons vue vivre dans le dans un passage on : yevo. l'individu ne communique avec le monde que par l'intermédiaire de la société.T:).Pind. 79). vind. n. 120. 559 D-E). 242.. . 23). Pour le rapport entre la vertu et un ordre objectif.ppo!jûvT. HippoL. c'est.. Il est remarquable de voir un terme qui. Eurip. III. p. Pen5. obligatoire tout — . et dont du la efficace. : fr. 145: . 68. Ant. homogène. C'est comme si. raperçoit de Plutarque qui transporte à la cité la notion du SaipLow familial. 147-7 ttsaxvwv. à la considérer comme le principe exclusif de la vie morale (cf. //. : grecque qui. c'est aussi le « bien ». : sentiment normal qu'inspire celle-ci... L'accomplissement du « bien » est d'accord avec la nature. Théognis. 70.

par suite. l'une vient limiter et. de nouvelles images se dessinent. produit ces rente. elle est rapportée aux êtres nettement individuels de la mythologie. chez même Théognis. apparaît. une pensée nouvelle les pénètre. la pensée sociale tend aussi. excuser l'autre. et tels crimes qui pouvaient être châtiés par la mort ne sont plus frappés que d'une peine médiocre (88). Ce n'est pas sans heurt que les cultes patrimoniaux sont englobés dans la vie religieuse de la cité. 2° Plus éprise d'abstrait. la causalité divine se manifeste à part et. aux oatjjioveç multipliés et incohérents.334 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE le le terme uêpiç comme dans le du délinquant s'obscurcit. 1. à une généralité supérieure. la catégorie traditionnelle du délit. IL. « malheurs » que sont les fautes excusables ou involontaires. sont sur le même plan (89) elles ne font pas évanouir l'action des Bat{jiov£ç momentanés qui . la Tu-j^yi qui. celle du délit religieux. L'une et l'autre de ces conceptions a son prototype dans la poésie homérique où nous voyons les actes néfastes rapportés soit à l'intervention des Dieux. en vient à s'absoudre de ràpLapTYipia. 115-6 . 849 XVlll. et des conceptions nouvelles. (89) Cf. quelquefois. Mais il n'y a guère là qu'une anticipation du sentiment les deux formes de causalité. apparaissent. pour contradictoires d'une loi du monde le « hasard ». . soit à cette loi du monde qu'est la Molpa. La pensée morale est obligée de se reconquérir. : qu'elles de plus. : elle substitue l'unité sans règle appamais d'un pouvoir constant et invincible. XVI. le Destin. n. 410. c'est un symbole. en certains points. un Œdipe qui. en vertu de cette personnalisation dont l'histoire d'uêpiç nous a déjà fourni le témoignage. Aussi bien. vacillante. et du même mouvement. XIX. En elle. Il faut continuer de lire l'histoire nous retenir : du mot àjjLapTàvsLv où deux ordres de faits doivent 1° Nous rencontrons d'abord une représentation : proprement mythique et que les tragiques surtout accusent à mesure que la causalité humaine est plus distinctement conçue. (88) Cf. 32. Andoc. : voir !»•« partie. 119. dans terme àjjiap-càvco — et l'idée — Maintenant que les les attaches séculaires de l'individu sont : consciences s'interrogent sur la faute religieuse coupées. par une voie lente et douloureuse.

iJ-oipa. pour une part.. 117-9 : . l'exprèssion tj-oipa BavaToio {Od. ce qu'elle justifie par l'action de toutes ces forces religieuses. XXllI.ol^rk^ rjv oGtw 'filo^/. Soulwv (cf. 24. et plus souvent. Vrolegomena. elle est c'est bien une crise crise révolue. mais. 76. aux Kères ([liés.s sp^o'.. 217 IL. 29. dans une (90) Souvent. ov£t. Ilarrison. qui est celui de « dieux momentanés » Od. '^cg sont aussi bien. ils n'entendent pas nous — donner une impartiale théorie de le l'action chez eux. Sophocle rapportent rà[AàpTTi[i. . 745. 199-200).. r|jAapT£ (cf. d'ailleurs. 174. Hés.. 269 les vieux âges. Tfiéog. E. 100. cependant qu'au vers 576 rà|jLàp-:yi..r. Non moins et qu'Euiipide déjà. sur quoi J.. — — — : et s. : . XIX. 1030 et s.]. C. XXI. plus ardemment encore. El puis. mais revipassionnée vifiée par le sentiment t'esqu'elle* proclame.. dans les Eiic'est à lui ménides. quoique dans un esprit plus religieux vraiment a pris soin d'insister sur la resEschyle plus grec non seuleponsabilité d'Apollon dans le parricide d'Oreste ment les Choéphores en appellent à l'oracle delphique (v. 135) est l'équivalent de y. H97) qu'est le par- Et rappelons-nous l'expression énergique de Sophocle. parce qu'elle se prescrit de contemles . fait-il dire au vieil ŒMipe stcsI xaQ' auTov oùx av e^sLipo'. eU <I>oIêov àvacospouo-a -rriv àjxapT'lav. c'est une sérénité superbe que baigne la poésie d'Homère elle : événements humains.p 6avâTOio..8oç oOôèv àv6' oTO'j Tao' rifjiàpTavov et Euripide. 145: XXIV. prit du mythe : quand les tragiques — et non pas seulement Euripide. qui imprègnent dans ne se préoccupe guère d'excuser. 111. Elle schématise la pensée des très Les tragiques rendent un autre son. CE.JUftlDIQUE ET MORALE EN GRECE 3^0 se multiplient pour ainsi dire la volonté des hommes (90).jLa est formellement attribué au Dieu : sxsTvo.. apparaît manifestation des ricide comme o-uv/îyopoç et presque comme partie que doit être rapportée. XVIII. Il. 964-8 ^s. 558.a des mortels à la volonté des Dieux. cf. malheurs que les fautes. et surtout Or. Bacch. 238. Soph. la pensée des tragiques est obsédée du présent surtout.) dont le poète a compliqué comme à dessein la donnée traditionnelle. /l^. la . EL. 78-80) revêt leur aspect essentiel. Pénétrée du passé.v àjjiapT'lav Xéyouç. mais le Dieu. c'est présent qui dépose contre le passé normaleuient associée : humaine. 3V.. sic Zriv' àvacpépeiv Tr. dans pler et ce qu'elle explique. à propos de Sémélè. cette dernière : à'jiapT'lai. et J. De là poétique : — — . p.àjxapTlaç y' d'Oroste.

. de l'àvBpwmvYi cpùo-iç... 45. Aristote. L'intellectuacomplexité.. i[i. I.. Néophron 91 . . Rép. II. c.x+. 2 Plat. de la poésie épique. Esch. (93) Pareille pensée est expressément rapportée au mot â[xapTâv£'.. propos d'une faute qu'excuse l'hérédité. 45. 37. 165 (cf. 189 D: 191 D. II. . . sont tous également abominables et où l'idée qu'on s'en fait est absorbée dans la représentation concrète du néfaste (91) dans le plan spécial de : la contemplation.336 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE morale périmée. 76. Hérod.1. III. Eurip. —A Mot'. : humaine. lll.. le néfaste peut être rap- porté à teste une loi dans le du monde. Banq.) se rapporte spécialement à Tidée du néfaste Moïpa : cf. mais avec une valeur ptiysique.. lisme d'Homère ne pouvait que s'élever à la notion à la fois — : — : générale et confuse d'une Mo-ipoc. emploie l'expression de »u5'. Phédon. l. disons vrai cette intuition ne fait donc point Cette vue tort à la conception abstraite d'une Tùyr. 3. . 1387. 854 A. I.. L'idée du « hasard » est au point de croisement de deux tendances profondes qui tendance à la toutes deux témoignent du progrès de la pensée tendance à l'universalité abstraite. III. ici La TJ/^T^ mérite bien de nous retenir comme sentation collective. Gr. peut être le châtiment ap. /.. Choéph. c'est seulement chez Thucydide et.. Lois. 13. l'homme se détache de la nature où l'engageaient et le retenaient les oa'ljjLoveç. notamment Hés. 306-14. 45). comme rixi. cf. 7 84. Platon. Isée. 615. 113 E.. et en vertu d'une loi nécessaire au-delà du monde humanisé. souvenir d'un état social d'une simplicité extrême où les crimes. on la perçoit faillible par essence (93). la Ttiyrj qui distribue et le succès et le désastre. 10. 1023-4. 713 C IX.. on .. qui produit entre autres effets les fautes des hommes.]. peu divers. .. 217(qui.) elle comporte un élément déréglé qui nécessite la coercition sociale. Xénoph. 1004. Thuc. Cyrop. 1. 395 B. plus tard. etc.. III... qu'on lui voit prendre une signification morale (notamment Thuc. Soph. chez Platon et Isocrate. dont paraît qu'au milieu du v^ siècle (92) la désignation même n'ap- en même conçoit la loi abstraite d'une puissance divine. IV. puisque l'aspect dominant en est (91) -La traduisant une reprétout comme de la — : 8. dans Eurip. Théog. HippoL. : : YI. Mais cette volonté humaine qui désormais proclame son autonomie. 875 A).. Eur. est déjà dans Hérod. mais pénétrant ce monde par intervalles. mais au sens de (92) L'expression pouvoir ». [Hés. La « nature « : Tr. /on. Lois. Schol. ils reconnaissent des volontés contraintes. 745. Platon. Médée. et 7. Une pensée nouvelle se dégage. s'atcelle de la nature plein régime de la cité : temps que l'individu s'affirme. 6. humaine » s'oppose à la « loi » (Thuc. c..!xpxia. 2 cf.v Ant.

table de la Tjx... I. 684). en définitive. 1427 principe néfaste. à la La pensée philosophique aboutit à opposer. 360. à proMoTpa pos des fragments de Démocrite) ou. 309.. la notion s'est développée au-delà du groupe familial anciennement à roccasion des : jeux publics 1 cf.. 6). contre l'accord des mss. 176.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 337 l'aspect « moral » (Rivaud. 590 1078 un objet. ]). laxux. Pind.rj (Hild. « dans le sens le plus précis. L'idée de mana apparaît ici comme ailleurs la « xjyr. Paus.. se rapporte aux seuls événements qui intéressent Tactivité humaine » (94). Popul. V. xs^vay. primitif (elle paraît se manifester le plus Mais visiblement. d69. : comme nom n'apparaît ni dans Vlliade.. Euripide. [Ant.. p. Fortuna dans le Dict. à Déni... Ag. L. art. cf. HippoL. Schol. 371-2. 91. notion n'en repose pas moins sur son. Médée. on en jugera facilement par l'association si fréquente de Salf/wv donc. 226. Harri- une des expressions de la Kourotrophos. . Ot'5. en tout cas. de la — et de xux. P. en relève 20 chez Eschyle. 4. mais on ne peut faire remonter au-delà du v^ siècle un culte véri- commun.. l'aspect de VAugenhlicksgott. Ô. 37. (96) cf. 418. 417. ni dans VOdyssée (cf. 671. 0.. a. Diels. L. Et par une sorte de retour instinctif.). quelle que soit l'importance de l'idée dans la philosophie générale. comme « donatrice » des biens et des maux (Démocr. on lui voit prendre souvent. tragiques 85 chez Euripide c'est d'une z^xf] atoxetpa (Esch. Troy. .. (cf. Meuss. p. du dev. quelque chose de plus objectif que dans la déduction mythologique tentée par Allègre au début de son Étude sur la déesse grecque Tyche.. l'idée de xu^^r. dans ses manifestations.]. 832. p. spécialement tj^'^i ôat[jiovo^ (l'ind. Diels. cf. De fait. Aufsàtze. Tyche bei der att. on le sait. 270. 15. (HéracL. ad /. Bacchyl. 420 et dans la Théogonie. 176. 2^ éd. Hér. Eiim. et par le grand nombre d'emplois du mol au pluriel chez les H. SuppL.. lui. 140. Index Aristotelicus.. Esch... Probl. fr. VIII. etc. Trag. XII. Prolegomena. y a là. 417.. fr. Eurip. .. humain chez Aristote lui-même. Eurip. 922-6 (95). p. 233. la Tu/^r^ se : — manifeste avant tout fr. autrement dit. n. y voit un fonds primitif d'idées : J. 780 A.. semble inutile : Meuss. fr. antithèse parallèle àcelle de la auvxuytr^ et de 1' eùôatfjiovta chez Solon. comme étant celle d'un Esch. cf. 302) oppose (94) (93) il Voir Bonitz. Hérod. p. Rivaud. C'est une notion relativement moderne xû/r. fur. 1129 (96). cf. . p.. Ag. de Weil. 422) crise (Démocr. : .. p... Où la correction 0. 664.... 2. : .. 1201 IX. 199. le mot. IL. Lehrs. V. 0.. La E. 1265).). p.^. 10. p. II. 0. en faveur de quoi on pourrait Terre-Mère... même 176. Ag. traduction lointaine du changement de la société et de cette : réalité sûre et stable que nous attestait à{xapxàveiv . est tout à fait analogue à la xi[jlT( Ôswv la xj^r^ est attachée à : . des Ant. Vorsokrat. peut avoisiner celle de souillure cf. du dieu ». 1315) qu'a été 138) agissant dans le moment tirée la notion d une divinité personnelle et permanente (Pind.).. même Bôckh. invoquer Esch. T6yr^ est une personne divine dans H. 62. 67. . cpjat^ comme une fortune inquiète et capricieuse à une Diels. XII. I2.. Choéph. 50 et s.. sq. 390.. Aristoph.rj.

la Tuyvj lui est transcendante le oaipiwv. etc. qu"il n'est pas insignifiant de voir associée à l'effort « monothéiste » des Orphiques (J. fur. à (fr.. d'ailleurs. et si insaisissable. fr.. 1555. T. p. . (E. (W. 104.338 la Tj/r.. 271). Dém. 11. mais elle est en marge du jugement moral (cf. : . OE. socialep. non négative. (Eurip. Harrison. 894 Hippol. C. P. Hivaud. n'est pas tenant excusable . 249-50. que la distinction .. fr. lieu que somme elle pour parler un langage commode. 1156-9): elle représente la limite vers laquelle tend l' àixàpTTjiJLa mainT'jyr. elle est rapprochée. Diels. 15. 1. 214 Thucyd.. p... 587. était en immanent à l'humanité. etc. Vers l'idée en est attestée bien avant. qu'exprime-telle ? Notion religieuse abstraite. éd. à l'époque classique. o. chacune à leur niveau. comme . 894). et assez fréquemment pour caractériser la Tu. de la Motpa (Archil. cette . . 50 sq. Ant. /. . 407) et l'antithèse classique de yvwaYi et de Tuyj. 423).. 79). La conception du monde définit maintenant le cadre où pourront se situer. si le culte d'une Tùyr^ t. Andr. 1(38). E.r. L A. : suppose. . . l'activité la des hommes qu'elle vient limiter. Mais au « » Or. XVllI. 973. Si mobile soit-elle. La précisément en dehors. Dans ces conditions^ et à un pareil moment. dans le inèine esprit que Démociile à la «jojopoTJvr.. C. elle répond à un âge défini de l'entendement humain ment. en général (Soph. à la fois traditionnelle et renouvelée. 475 Eupolis. 212 Plat. unité. d'où cette il devait l'être du même coup qui à l'idée de malc facere\ notion du » : malheur ne la « . 18 V. laisse pas d'enveHér. 511 .. Sous sa forme achevée.. /. notamment Soph. Hippol Fiacchyl. lopper i3H et la suite. ad aTu/r. faute Eurip.. nous avons vu. . le mot a pu servir de pavillon à la pensée. Femmes àVass.X. parce qu'elle s'y oppose formellement.(r. en effet. d'un Genius civilatis n'est pas antérieur à l'époque hellénistique VU. critique de Démocrite 119. Prolegomena. il y a pourtant dans la Tj/t^ cetlft substance sans lesquelles la pensée ni le nom ne seraient possibles. Andr. Aristoph.. 478. de la faute. cf... . Gehurtsl. Elle est chose positive. RËCHËRCUËS SUR LE DKVKLOI'PKMËNT DE LA PENSEE r £ÙY£veia. p. et telle que nous la retrouverons chez Thucydide... Dieis. d'un accord profond entre : la réalité objective et la moralité des cedfire hommes associé à eùupa^îa au sens de bene suc(Soph. in Rcligioyixgcsch... 1554 Eurip. P. X. HippoL. de Slallhaum. p.).oX&m. Schmidt. par quoi s'expliquent (fr. 210. ^uées. les notions diverses du délit intentionnel. 905 A (cf... lHl-2) ou de V i^^iyy. Loh-. im Alt.. elle appartient à l'âge de la cité car...^). Eurip. dans la philosophie des atomisles. 700 . 673. IV. VI.

embrassent les seconds. (§ 91) à r dasSsia la plus grave. Dans ce cadre nouveau de pensée. il est excusable.. V. et 8' o"ô' àjJiapTàvouat. l'idée de pleinement répréhensible et celle d'excuI. on l'aperçoit dans un exemple caractéristique d'Eschyle.. . entre àjjLapT/^fjiaTa età-ru'^TijjLaTa. il convient que la sécurité morale se restaure (97). Aussi se prête-t-il. de préservation. 6. avec une plasticité singulière. 334.. Gr. 33. restait.apTwv oûSèv wp9o>5ai. 914-5 (Pélasgos au héraut) xapêavoç wv . pour large. 6. et dans le On . Schmidt. le mot aixàpxr. qu'Hérodote applique exclusivement aux Barbares le mot dTâaôaXoç (rapproché même. Ant. incertaine les premiers. (98) La contradiction s'accuse dans un passage comme celui d'Antiphon. faute religieuse le fait même le groupe nouveau.|jLa d'acquitter un coupable de meurtre. (99) assimilé d'abord (§ 88). . : s'établissent. mais qui n'a . 91 à[ji. 88-92.âpxT.. ôeois xaXà. à exprimer des notions inédites et au besoin contradictoires (98) celle du délit involontaire..JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 339 malgré l'effort d'analyse d'Arisune part. du terme «barbare »). en particulier: v. Suppl. incertitude de l' àjjtapxîa 926-9. 69. à quelques lignes de distance.B'/ ziB' èoriiv èv .. 558.. de plus ou moins involontaire. celle de la faute morale.. au sens tote.i'5%zvi cette idée d'excusable. où. pas assez vécu disparaît avec les tragiques qui. relèvera ici. . et à plusieurs reprises. et où on le voit.. oîSv la : même àXX' et • pensée apparaît (jlsv un esprit nettement religieux ^M^(^(yo\iJ. e\ l'orateur va : — IV. les faute réelle. xal ttoXa' à|i. en termes exprès. celle il aura fait son office : du délit volontaire. assure la confiance et garantit en moralité des siens. d.. sont d'ailleurs les seuls à l'employer). des catégories nouvelles Attaquée un instant. Comparer Tobservation de L. TcaOôvxs? av fjjjtapTrjXoxe.jjLa implique successivement. cppevt. Soph. puis opposé On remarquera que (il n'a pas pénétré i\xi:'Kixf. à son tour. I. de leur temps. Ant. — Ttiucyd. mais excusée pardonnée par consistant dans Dieux.. le fait L'apparition de l'idée d'excusable est évidemment plus frappant dans l'évolution d'àuapTàvsw (99). Nous avons déjà indiqué nos exemples. terme tout à fait voisin d' âjjLapxâveiv. sable. Vil. La persistance du mot est un symbole le mot continue de rallier autour des croyances nécessaires. 98. V. (97) Coaiment principe la : p. El/i. mais sourdement transformées il ne doit tomber que quand .

col. bien confuse comprend pêle-môle de véritables délits qu'on excuse plus : ou moins. le délit est plein et car le axovxa*. les mais notoire. dans la catégorie des àxojdia mais il n'en est pas moins une faute positive. Dém. Rhét. [ôixajorxTjpicoi àTTo|0aveI]xai '7rax[ptôo. ici comparés condamnation d'un à|jiapxVj(jiaTa : : . formellement écartée. èj/^àxoi. àfjiapxeTv àXXà jjLrj àôixe"îv.. C. PoL. 4} et acquittement d'un coupable l'un est a guérissable résulte surtout d'une condition objective (àxeax(5v). et traduisant une pensée commune... se perpétue il se perpétue dans la notion nouvelle des àjjLapTTÎfxaTa. à[j(. Arist. Din. H. elle existe pour le sentiment moral (chez Lys. pour àfjLapxàvetv appliqué également aux magistrats qui pèchent par ignorance (àçpo<TJVT^). 1372 b 16 sq.]. elle D'abord. mais Arist. où il s'agit de véritables délits.. 1281 b 25 sq.. Pisistrate xoT. 11. y. . xb àjjiàpTT(fj. xxv-xxvi. la faute. àp/. III.£v tôuoxwv ofxwv èàv xi. LI. èv x<]> i-) [Ôi' àrei]ptav t^ àjJiàpXT. innocent (§ 88. implicitement (§ 92). .. Ceux-ci sont bien loin d'Atre conçus sous une forme positive. que le tribunal acquitte.. sont « pardonnes ». ùiro xouxtov x[axapèx xy. mais surtout continuité dans l'évolution les représentations les plus Ainsi le : anciennes régressent. âv — . pour désiéxojjto?.ooxo.XVI. èTriTifjiioK./.].. mais où le châtiment n'en intervient pas moins xwv |j. : èvéÇexai) entier (toT. y.340 jusqu'à le RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE comprendre. 7 au fond. l'autre — » non fàv/xeorov) . pour une part.. xal oT. a. l'idée en serait. d'homicide survenu au cours d'une rixe l'accusé prétend qu'elle doit retomber plutôt sur la victime qui a porté les premiers coups.<. est m(^me qualifié d' « involontaire» exemple analogue chez Hypéride. la difcl". XXXI. — . mais leur empire. 12. IV. l'idée d'excuse n'existe pas ici pour délit le droit. C'est qu'il y a non seulement lenteur. xat ô'Xw. uri sentiment des tribunaux.]. — — : : èvSé^^TjXat ôià xuj(^TjV 8ô$ai irpâ^ai i-) 6i. ôi' è'Oo.. mais jamais com- .. 57 et 60. 2. jugeant trop forte la peine légale 'A0. au gré de la logique. qui sembleraient impliquer une volonté fautes réelles. 11-12 IV. cette fois. enlin.5. : àjjiapxàveiv) : xtv[a ap/_(ov] ôi' àyvoiav p7)]xop£uOeti. où l'idée de l'intentionnel est. I. noX. [Ant. 11. terme même qui se rapportait à la conception la plus ancienne du crime s'applique maintenant aux fautes excusables. III.. dans une affaire : : . Au demeurant.(i) i^ xi. tovTiç èi è'vôeiav à{jiàpxTj. tout en reconnaissant qu'on peut dire de lui-même â^T^ixapTev Dém. I. l'accident pur et ils simple. religieux férence entre les deux i^oL^x-Zfix'xxT. particulièrement instructif quant à l'extension de l'idée de « faute « excusable. par opposition à àôixeîv.apxàvou(n (jo-^-^vtoixo'/iYJj^ c'est au fond le même cas.. cf.v suf-'géré par la pauvreté . — 11 : èàv }i. 5. — : [Id. àv^yx/// i] 8ià (pucrtv i. Arist.. cf. la négligence.a gner par opposition au délit propre de cpovo.] èxTretreTxai.£v TrévT^. |Ant. d'un caractère 10 M III. a.

à-ojji.]. (Ant. toûtw 5*0 *)^àpt. 854 D bien qu'elle ait deux faces comme la tu-)^/!. lement dilïerent. aux yeux du Grec. elle sera très bien 1' àr/i qui se manifeste dans le crime et s'appesantit sur le criminel (Platon. OE. dira à propos du Tpaùtxa involontaire Tuy/^ç yàp vofjLoOéTriç oùSsl^ uavoç apyeiv le cas de Tpaù[i... elles ont droit au respect. : du mythe il mais dans un domaine nouveau et restreint : elles fournissent à l'imagination collective le schème nécessaire pour la représentation de l'excusable.R. On voit dès lors ce que signifie sion subsistance et la régres- est localisé. IV. Ôç auTOv xal xov TpwôévTa £X£7](ja(. r^v oè où uavTaTTao-'. C. 6). volontiers accentué. . 879 B.. 70). s. IX.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 341 plètement. en dépit de l'apparence o-uacpopà dénonce ramment une puissance divine (ainsi dans ce passage de Thucyla « : dide cf. IX. II. les forces sinistres continuent d'exister. la souil- lure qui réclame puritication (Harpocration.. idée d' à-wri qui.. 11.v Tw SaifjLovt 8i86vTa xtX.. XLVII. la même 127. et la manière dont Platon s'exprime à son : le coupable devrait être sujet est des plus instructives (877 A) assimilé au meurtrier. —y 117) — est plus il laire religieux. puisque nous le voyons par ailleurs évoquer l'idée. Soph.fr. 873 A 877 A C 878 B). 2. Volontiers. 98. Soph. volonté du sujet (Thuc. C'est qu'en tout cela transparaît. — C'est I.a volontaire n'est pas essentiel: . mérite d'êlre retenu.. une puissance religieuse devant laquelle il s'incline. terme du vocabuconcernera en général le « mal ». 1).jjLa. : V. OE. Kt l'expérience grecque a bien son prix ce n'est pas par une libération plus ou moins soudaine. . a. xaxYiv TU'^viv aùxoG (jsêôaevov xal tov Saijjiova. . VJ. dans certains à^xapTiriuaTa. : . Le mot o-uptcpopà. 31) et en particulier la souillure d'un meurtre (Soph. môme au cas d'un acte accidentel. [Ant. f*as de terme moins coula positif ». . [Dém.àTTwv. l'aspect malfaisant et sinistre parfois rapporté à des Dieux spéciaux (Isocr. . 99. la peut fonder la notion d'excuse. que nous rencontrons dans ce passage. Platon.]. qu'un adoucissement de peine dans le cas d'une faute véritable. et cela se conçoit Lois. 9t2). .. parce qu'il est dépassé. Thuc. Lois. v. on parlera alors de tÙ'/y. mais plus ou moins excusée. et qui réclame aussi bien une certaine expiation. associée à celle d'un « concours de circonstances » indépendant de d' àuLàprr.

dans la II..xÔTi.. mot . Ant.oi». Vi.. 147. Reinach. 79. /?. 4 (cf.tjLa àxGj7'. 1 . 73. .v. XXlï. •?. Ce qui rappelle le plus fortement l'ancienne conception du crime... (ITl. le comme continue entre le passé et le présent. atjiap-r'la xal àcré- êsta £(r:tv tl^ tê toùç Oeoùç xal £'. et que le délit fon- damental d'impiété Mais il : est pensé sous la catégorie du « politique ». exaltait lo rôle de TAn'opBge. Thucyd. (100) : est nécessaire l'aspect religieux soit accentué pour (XTfiSèv Ê^TifxapTr. le religieux. : m. c'est celui-ci le cle.. 45. . I.342 et RECHERCHES SUR LK DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE en tout cas mystérieuse.v cotilinue de désigner engageant la pleine responsabilité du sujet et par conséquent il ne laisse pas d'impliquer l'idée (^100). nouvelle de Tintentionnel. 52.ov. L'étude du mot àSueîiv nous a enseigné. 82 et s. celte valeur se justifie par la nécessité d'une transition En même temps. la conception du délinquant. elle . 88. E. 1 iSixîa. correspondant au terme ancien de àxoo-uo'jvTa. est d'ailleurs spécialement appliqué AjjLap-ràvEiv aux délits reli- gieux (Andoc. le terme àjjtapTàvs'.Tïfa. c'est le délit perpéet nous savons l'extension d'une tré contre les choses sacrées c'est en définitive le délit proprement public. que la pensée sociale en viendrait à distinguer le crime voulu et prémédité. que la cité absorbe en soi. Anl. il est vrai. 1. Contradictoire avec la précédente. Constitution des Athéniens àWv\?^\o\o^ VIÏl. crime. Andoc. que lui-môme il l'est par àixapTàvs'.. Lys.4). el la » raison » sans doute n'aurait jamais levé sans le mythe. pour ainsi dire. 102. 30 . n'évoquait pas Valeur particulièrement accentuée dans un exemple comme Ant. I. dans la iritpioç TîoX'. 6) à propos des délinégalement quants jugés par l'Aréopage apparaîl trop spécial pour ne pas — — devoir être attribué aux sources mêmes de l'historien (101). Du môme coup. continue d'être nourrie de religion le premier de ses états est la condition du second. pp. correspondant à tû/ti iiiWo^j (101) Sans doute à cette littérature politique de la fin du ve siècle qui. 4). Cf. 47. V. àixapTavovra. IV. Pliitiis^ 915. G. .. qui une certaine prédilection Aristoph. 1 46. Iti faute excusable et en tant qu'elle affirme V à[X7pTr. jusqu'au début du iv^ sièest môme alors employé avec àjjLapTavciv. fr. Toùç v6tji. idée pareille — : Et que désigne encore. en soi. 29 . 33 . l'emploi de-roù. 77. le fait involontaire . que le mot àou£v>. Th. V.

2 de à. à Andocide chez qui il prédomine. cf.. II.. 759 C X. Dinarque (aucun des deux verbes. Arlstote. se balancent à peu de chose près. 42. Ainsi. 5 A. Rép. àuapTàv£t. 77). redoublement.[jLa. Eschine l'applique surtout à l'immoralité de Timarque.v décline il assez rapidement : la transition assurée (404). Sa langue . p. I. tiép. 11). le seul mot vivant pour le délit public. Schraidt. un de àjxapxta au sens de « faute ». 461 A Lois. cet emploi du mot est en baisse.j. Démosthène en use relativement peu pour désiXXI. 908 B. dont un au sens de « faute »). (102) perd sa raison d'être. D'ailleurs. timide encore. Il est impossible de dresser des statistiques exactes. c'est pour être opposés l'un à l'autre (voir en particulier les exemples de Démosthène.. cités pp. spéciale (103). Lois. et peut-ôtre volontairement.àpxr^|jia) D'une extrémité à l'autre. (104) Ce rôle de transition s'atteste notamment dans : Taspociation. V. dans Lys. 217. Dinarque. 65. On notera toutefois . 729 E). «[lap-câvEiv et . qualifie de le « Pruderie ». quand les deux mots sont rapprochés. V. avec cette que tout le passé d'àaacTavsLv gardait efficace et impérieuse. gner le délit public (considéré sous l'aspect religieux XXIV. on le trouvera assez abondant sans qu'il y ait à cela de raison : : : : : .JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 343 expressément — car il oriente d'abord dehors. aucun d' sfajjiapTâveiv. elles ne sont pas indispensables : Tavetv chez les orateurs. au contraire. on peut le dire démonétisé il n'a plus cette valeur si définie que nous lui voyons. 306 sq. surtout pour l'emploi religieux du mot {Eutyphron. est immé- diatement sensible. retarde. faute de pouvoir toujours distinguer. 314. . comme le Contre Evandro?. répondent Hypéride (2 exemples d'afjiapxàveiv dont aucun n'est probant. 2 de ot. 379 D. 15. ni d' àiJLàpxr^fjLa sinon un contesté. goût de Platon pour le mol. vers l'objet du délit — les pensées vers le gravité mystique.. etc. MX. au sens de délit. 6 A. Phèdre. 175. Au reste. un certain s'appliquent notamment au peuple d'Athènes et s'expliquent par ce que : L. VI. 'Ajjiapxàvetv est encore assez fréquent chez Isocrate (i02). dès le ive siècle. qui est un exemples en sont innombrables jusqu'au milieu du iv^ siècle ensuite. Parce qu' àSusliv repré- Môme du sens de delicfum nombre (103) substantif âtxapxTiixa.tj. c'est alors àoi/eïv. la notion propre du délit la décadence de àfaappublic. de la fin du v siècle à la fin du iv". chez Andocide dans tel discours de Lysias. de de àStxsïv les . XXVII. dans à[jiapx«v£iv et dans àôr/sTv. comme nous l'avons vu. . nous avons fait un relevé pour la première moitié de son œuvre les emplois des deux verbes. 243 A. l'antithèse semble apparaître pour la première fois. Lycurgue (2 de àuapxàveiv. V. la décroissance est continue Lysias marque la transition d'un siècle à l'autre. 22).âo'zr^ixy. s'impose aux esprits avec cette puissance d'émotion surnaturelle Dans le cours du iv« siècle. XXXI. par exemple. LU. nous relevons chez lui 27 exemples au ils sont loin de tenir tous la place d'un à8^xT.

iiâTwvj . xapavôjjiwv. et comment. délit est le le le délit public pensé comme religieux essentiellement. se dislingue La répression du crime s'est : jective? L'idée de la volonté délictuelle est inséparable de hZiy. une notion nouvelle et distincte a pu se (105) La ypaïf. pensée abstraite signifie complexité l'idée des espèces délictuelles n'a pu s'élaborer que par la substitution de la cité au yÉvoç. en perdant de son homogénéité. a perdu de cette puissance divine qui lui semblait immanente. » estimable 1/ dcjsêeia ». en organisant la raison. il appartient de produire décidément la notion nouvelle.344 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE le sente une unilé abstiaite. c'est que la cité. concept positif de la responsabilité subjective. se distingue delà îepojuAîa. tentat contre la cité. Nous sociale : savons qu'ici.spciv ypr. trahison. la cité même est regardée comme le principe de la «justice ». Sans doute. parce qu'il est lui mot de la cité. mais conçue. c'est-à-dire d'un système de règles qui émanent de son pouvoir souverain. Lois. et celle-ci a son degré inférieur voir notre commentaire à Platon. '. dans Taltentat contre la religion (105) surtout. diffé. IX. Mais ces dittérents genres n'en existent pas moins. Gomment ne pas voir une autre face du même phénomène dans la notion de la responsabilité subtiative d'une famille. qui ne peut être poursuivi que sur l'ini- profondément des délits aux esprits organisée publics. 854 A. le meurtre. car la notion toujours : — du meurtre rents est toujours pénétrée des représentations tradition- nelles. le meurtre. la société n'étant plus seulement sentie. C'est que le crime.t\v l'idée abstraite du délit implique un coupable dont la : volonté. est une action et se distingue ainsi des accusations pour sacrilège et trahison. nous l'avons rappelé. dans ses trois grandes espèces sacrilège. on conçoit même des espèces et des degrés dans l'at. : xXottt. par le fait même de cette complexité. Nous avons vu coms'impose ment la notion collective des délits s'élève ainsi à une unité abstraite. vol des richesses de la cité. l'a le châtiment par ce fonctionne- ment raison régulier des institutions qui est » comme pressentiment de plus ou moins vidé de sa l'image et le « dé- originelle. distinctement conçue. apparaît comme le principe de la faute. l'idée des espèces délictuelles. Mais.

). les relations contre les mœurs ou contre nature Eutip. . 2 23. testament de Tbéophraste ap. 1036 HippoL. cf. 284. . 48. 185.rom.v. Hippol. [Dém. s. èirayYeXia. nous voyons le substantif employé juridiquement pour désigner les cas de faute de la femme qui. en cas de divorce. 1336 a 2. 192.. 1511. il désigne les fautes com- mises contre les parents. sexuelle aussi rattachée àjjiapTàveiv. . dès le principe. . v. 464 LA. . XLV. Girard. 184.. 55.. : L'usage esta la fois défini et fréquent Eurip.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 345 dégager : : celle de la faute Il pris àjjLapTàv£{. 16 .. XXVII. Glotz. IV. H. dans la grécité postérieure. Le mot peut naturellement s'appliquer aux Textes dedr. donnent lieu à la retentio propter liberos (fragments de droit romain publiés par R. est L. Mais le ptiénomène est autrement marqué et autrement significatif dans est inverse à[i. V.. Diog. LIX. Aie... 183.puxTo. 84. ce n'est pas à des relations quelconques : par deux fois il est employé dans le dis- .. VII. C'est emploi privilégié. 86. XXXI. 22. 39. ... C Léocr Si c'est dans un emploi défini et tech5.]... Arist.. Lyc nique que nous voyons mentionnée la faute familiale. nombreux exemples dans le Contre Timarque d'Eschine I. XIX. texte différent dans P. soit èirt àfjLapT/.. 45 XL. 16. etc. : àSiXT^fj-ati s. D'ailleurs. p. 320. I. en effet. p. Nous avons vu le terme àouslv s'appliquer assez volontiers aux fautes familiales Il s'en faut. etc. Rhet. Lex. 1028. PoL. 900. 2. En revanche. . . SuppL. dans son traire ne l'a là un des sens qu'a de façon indéterminée ni arbipas pris morale. on rapprochera Dém. 194. : droit pénal la cité affirme et. le départ se faire aussi entre le juridique et le moral. EL. à propos de l'aTtocette « répudiation » du fils a lieu soit pour cause de délit (èttî XTjpu^iç .puxxo(. par lui. s'applique aux relations entre les groupes.. C. 323 Or. le processus : à[xapTàv£t. Lys. 709. 195. sauf quand le en prenant part aux affaires publiques. se dis- in Bekker. . p. 485). Dareste in B.v. la morale. Dém.. : 1204.fjiatfiv (Hésych. Troy. 357) . 3. il a pu faire bénéficier quand il (106) Aussi. 452. 649. c'est et une valeur primitive qu'à l'époque classique il prolonge adapte (106). familiales l'adultère s'exprime : — Lys. 47. — — que tous ces àijLapTripLa'ra relèvent du une certaine opposition à par quoi la famille qu'elle a dominée et qu'elle dépasse. — fautes des esclaves : L'immoralité V. 14. 94. àTToyw-/. F. En se perpétuant ainsi. pour le cas spécial de Timarque qui ne provoque pas l'intervention du droit. 9) qui à7toxY. etc.