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Module : Finance publique

Thème: les contrôles financiers externes

Elaboré par: Encadré par:


ADIL BENDOUZANE Pr LATIFA LANKAOUI
AZIZ SAHBANI

Année universitaire 2017/2018


Plan
Introduction

Partie I: Généralités sur la cour des comptes


I. Historique de la cour des comptes
II. Définition et mission et organisation
III. Attributions de la cour des comptes

Partie II: Moyens de la cour des comptes

Partie III: Contraintes de la cour des comptes

Conclusion
INTRODUCTION

La double exigence de transparence et de la bonne gestion


constitue le souci majeur des citoyens et de l’opinion public. le
contrôle financier externes des finances public est assuré par la
Cour des comptes et les cours régionales des comptes ,
Le contrôle externe des finances public est dicté par les
principes de bonne gouvernance , de transparence et de
démocratie
Le Maroc a tenu à l’instar de tous les états modernes à ériger
la cour des comptes en institution constitutionnelle en lui
confiant la mission de contrôle d’éxecution des lois de finance qui
est exercé par les juridictions financier privilégie l’approche visant
l’appréciation des résulta atteints par les entités public
Partie I: Généralités sur la cour
des comptes
I. Historique

1 •Institution de la Commission Nationale des comptes


960
•Création de la Cour des Comptes, en vertu de la loi n° 12-79
1979

•Elévation de la Cour des Comptes au rang d’Institution constitutionnelle


1996

•Promulgation de la Loi n°62-99 formant code des Juridictions financières


2002

•Renforcement des attributions constitutionnelles de la Cour des Comptes


2011
II. Définition , mission et organisation
• Définition
Selon L’article 147 de la constitution : « La Cour
des Comptes est l’institution supérieure de contrôle des
finances publiques du Royaume. Son indépendance est
garantie par la Constitution ; La Cour des Comptes a
pour mission … »

L’article 149 stipule que les Cours régionales des


comptes sont chargées d’assurer le contrôle des
comptes et de la gestion des régions et des autres
collectivités territoriales et de leurs groupements. Elles
sanctionnent, le cas échéant, les manquements aux
règles qui régissent les opérations financières publiques.
• Mission

La Cour des Comptes a pour mission:

 Consolidation et la protection des principes et valeurs de


bonne gouvernance, de transparence et de reddition des
comptes de l’Etat et des organismes publics.

 Assurer le contrôle supérieur de l’exécution des lois de


finances.
• Organigramme
III- Les Attributions de la cour des
comptes
Attributions non
Attributions juridictionnelles
juridictionnelles

 Jugement des comptes des  Contrôle de la gestion (ou


comptables publics ou Audit)
assimilés (Comptables des EPA)
 Contrôle de l’emploi des fonds
publics (ou subventions)
 Discipline budgétaire et
financière (Infractions par  Assistance au Parlement dans
rapport à la règlementation. les domaines prévus par la loi
Exemple: Marchés publics, (de règlement, ..)
statut du personnel, fiscalité,
…)
 Assistance au Gouvernement
(Audit des projet publics sur
demande du premier ministre)
Attributions juridictionnelles
Vérification et jugement des comptes

Vérification • Le comptable produit les comptes annuels


• La cour vérifie les comptes et communique les observations aux intéressés;
et
• Le procureur général du Roi transmet le dossier accompagné de ses conclusions, au
instruction président de la chambre pour inscription au rôle des audiences.

•Cas 1: Pas d’irrégularités arrêt définitif 1: justification


Jugement •Cas 2 : existence d’irrégularité arrêt provisoire
des 2: reversement des dues
comptes •Cas 3: existence d’infraction Le procureur saisit la cour en matière de discipline
budgétaire et financière

• La cour juge les comptes des comptables de fait.


Gestion de • Elle déclare comptable de fait, toute personne qui effectue sans y être
habilitée par l'autorité compétente, des opérations de recettes, de
fait dépenses, de détention et de maniement de fonds ou de valeurs
appartenant à l'un des organismes publics soumis au contrôle de la cour.
Discipline budgétaire et financière
Les autorités habilitées à saisir la Cour en matière de DBF

– La cour est saisie par le procureur général du Roi agissant, soit de sa propre initiative, soit à la demande
du premier président ou d'une formation de la cour.
– Le chef du Gouvernement (le 1er ministre selon la loi 62-99) ;
– Le président de la Chambre des représentants ;
– Le président de la Chambre des conseillers ;
– Le ministre chargé des finances ;
– Les ministres pour les faits relevés à la charge des fonctionnaires et agents placés sous leur autorité et
pour les faits relevés à la charge des responsables et agents des organismes placés sous leur tutelle .

Personnes justiciables
Les organismes soumis au contrôle de la cour en matière de discipline budgétaire sont:

– les services de l'Etat ;


– Les établissements publics ;
– Les sociétés ou entreprises dans lesquelles l'Etat ou des établissements publics détiennent séparément ou
conjointement, directement ou indirectement, une participation majoritaire au capital ou un pouvoir
prépondérant de décision ;
– Ne relèvent pas de la juridiction de la cour en matière de discipline budgétaire et financière, les membres du
gouvernement et les membres de la Chambre des représentants et de la Chambre des conseillers
• INFRACTIONS
 Article 54 LOI 62-99:
Tout ordonnateur, sous-ordonnateur ou responsable ainsi que tout fonctionnaire ou agent placé sous leurs ordres
ou agissant pour leur compte, sont passibles des sanctions si, dans l'exercice de leurs fonctions, ils ont :
o Enfreint les règles d'engagement, de liquidation et d'ordonnancement de dépenses publiques ;
o Enfreint la réglementation relative aux marchés publics ;
o Etc

 Article 55 de la Loi 62-99:


Tout ordonnateur, sous-ordonnateur ou responsable ainsi que tout fonctionnaire ou agent placé
sous leurs ordres ou agissant pour leur compte, sont passibles des sanctions s’ils n'exercent pas les contrôles
qu'ils sont tenus, d'effectuer sur les actes d'engagement des dépenses et sur les actes relatifs aux recettes
lorsque les desdits actes relèvent de leur compétence, pour s'assurer :
o de la disponibilité des crédits :
o de la disponibilité du poste budgétaire ;
o Etc

 Article 56 de la Loi 62-99:


o Tout comptable public ainsi que tout fonctionnaire ou agent placé sous ses ordres ou agissant pour son compte, sont
passibles des sanctions si, dans l'exercice de leurs fonctions, ils n'assurent pas les contrôles qu'ils sont tenus d'exercer,
conformément à la réglementation qui leur est applicable et qui portent sur :
o La qualité de l'ordonnateur ;
o La disponibilité des crédits
o Etc
Attributions non juridictionnelles
Contrôle de la gestion

 Apprécie la qualité de la gestion;

 Contrôle tous les aspects de la gestion;

 s'assure des systèmes et procédures mis en place ;

 Elle peut effectuer des missions d'évaluation des projets


publics.
Contrôle de l’emploi des fonds
publics (ou subventions)

Organismes cibles:
• les entreprises, les associations, ou tous autres organismes bénéficiant d'une
participation au capital ou d'un concours, quelle que soit sa forme de la part de l'Etat,
d'un établissement public ou de l'un des autres organismes soumis au contrôle de la
cour.

 Objectifs du contrôle
• S'assurer que l'emploi des fonds publics reçus est conforme aux objectifs visés.
• Pour les associations qui font appel à la générosité publique. Ce contrôle vise à
s'assurer que l'emploi des ressources collectées est conforme aux objectifs visés par
l'appel à la générosité publique.
Assistance au parlement

• La cour traite les affaires qui lui sont transmis par le


parlement en matière de DBF ;

• La cour élabore deux supports:


• le rapport sur l'exécution de la loi de finances;
• la déclaration générale de conformité;

• La cour répond aux demandes de précision que lui


soumet l’un des deux présidents du parlement.
Assistance au gouvernement
la cour peut inscrire à ses programmes, à la requête du chef du gouvernement, des
missions d'évaluation des programmes et des projets publics ou de contrôle de la gestion
de I ‘un des organismes soumis à son contrôle.

Autres attributions non juridictionnelles


– Inspection des cours régionales des comptes
– Contrôle des déclarations obligatoires du patrimoine
– Audit des comptes des partis politiques
Partie II: Moyens de la cour des
comptes
Ressources
Moyens financiers et matériels:
 Matériels: CC, 12 CRC, centre de formation, logiciels d’audit et
d’analyse des données;
 financiers : Budget 2015: 274 Millions DE dhs
 204 fonctionnaires (soit 75%)
 4O autres rubriques du BF (soit 15%)
 30 investissement (soit 10%)

Moyens humains:
• 339 magistrat dont 157 au niveau des CRC, 212 fonctionnaires.
• profil: études sup sc. éco et jur, ING d’état, doctorat.

La formation:
• Initiale
• continue

 la coopération:
• CCF: Jumelage
• OCDE: Développement des compétences et diffusion des guidelines;
• USAID : Moderniser les méthodes e travail (SDI)
Dans l’exercice de leurs attributions, les juridictions
financières font usage de l’ensemble des textes
législatifs et réglementaires en vigueur, mais aussi,
selon les cas, de normes professionnelles locales et
internationales.

Pour accomplir sa mission la cour fait appel aux:


• Normes
• Procédures
• Référés
• Arrêts
• sanctions
• Reporting
Les normes

Les normes internationales des institutions supérieurs de contrôle des finances


publiques (ISSAI) sont publiées par l’organisation internationales des institutions
supérieurs de contrôle des finances publiques (INTOSAI), Exemples d’orientations
relatives aux normes :

• INTOSAI GOV 9100: lignes directives sur les normes de contrôle interne à
promouvoir dans le secteur publique;

• INTOSAI GOV 9400: lignes directives sur l’évaluation des politiques publiques;
Procédures
La Cour peut 1
décider de rendre Choix de
publique des l’équipe organise
l’enquête
observations ses contrôles sur
et de
définitives 2 pièces et sur place
l’équipe
8 Phase
Procédure en matière de Contrôle de gestion

publication sur son initiative d’instructio


ou à la demande n
du Parlement ou
du Gouvernement
saisie du Les conseillers de
procureur général Procédure en la chambre
7 délibèrent
du Roi pour une matière de 3
éventuel Suites collégialement sur
poursuite. juridiction Contrôle de 1er délibéré le dossier
nelles gestion d’instruction

À l’issue de la procédure
contradictoire et des
6 résultats des
4
Communicati investigations
complémentaires Phase de
on des
(rapport) contradictio
observations
n
définitives 5
Les observations définitives sont Un relevé d’observations
2ème provisoires est rédigé et
adressées aux organismes délibéré
contrôlés sous forme d’une adressé à l’organisme
lettre de président de chambre contrôlé
Procédures (suite)

 Poursuite en matière de DBF

La procédure juridictionnelle en matière de DBF, telle qu’elle est prévue par les articles
de 58 à 65 du CJF, consacre le principe de séparation des trois autorités
juridictionnelles suivantes :
– L’autorité de poursuite (le parquet général) ;
– L’autorité d’instruction (le conseiller rapporteur) ;
– L’autorité de jugement (la formation).

Cette procédure peut être résumée en cinq étapes :


– La phase de poursuite;
– La phase de l’instruction;
– La phase de dépôt des conclusions du parquet général;
– La phase de la prise de connaissance du dossier par la personne poursuivie ou par son avocat;
– La phase de jugement de l’affaire.
Référés
Le référé désigne une procédure d'urgence (sauf en matière pénale) engagée
devant le président d'une juridiction, pour que cesse une situation contraire à la loi.
Exemple : le référé demandant la non parution d'un ouvrage. Le référé aboutit à la mise
en œuvre, à titre provisoire, de toutes les mesures :

• qui ne se heurtent pas à une contestation sérieuse ;


• de conservation ou de remise en état, pour prévenir un dommage imminent ou faire
cesser un trouble manifestement illicite

Les arrêts :
Les arrêts désignent les décisions de justice rendues par la cour des comptes. Ils
peuvent être provisoires ou définitifs .
Les sanctions
 Retard dans la production des comptes et documents:
Article 29 de la loi 62-99:
 Quand un comptable public n'a pas présenté à la cour, les comptes, les situations comptables ou les pièces justificatives dans
les délais prescrits, le premier président peut, sur réquisition du procureur général du Roi, lui enjoindre de présenter les
documents susvisés et à défaut, prononcer à son encontre une amende dont le montant peut atteindre au maximum mille
(1.000) dirhams.

 Le premier président peut en plus prononcer une astreinte dont le maximum est de cinq cents (500) dirhams par mois de
retard.

 Infractions
Conformément aux dispositions de l’article 66 du CJF, la Cour prononce à l'encontre des personnes ayant commis
une ou plusieurs infractions visées aux articles 54, 55 et 56 du CJF, une amende dont le montant calculé
selon la gravité et le caractère répétitif de l'infraction, ne peut être inférieur à mille (1.000) dirhams par
infraction, sans toutefois que le montant de l'amende par infraction puisse dépasser la rémunération nette
annuelle que la personne concernée a perçue à la date de l’infraction.

• Toutefois, le montant cumulé des amendes précitées ne peut dépasser quatre (4) fois le montant annuel de
ladite rémunération.

• Si la Cour établit que les infractions commises ont causé une perte à l'un des organismes soumis à son
contrôle, elle ordonne à l'intéressé le remboursement à cet organisme des sommes correspondantes, en
principal et intérêts.

• Si elle relève des faits de nature à justifier une action disciplinaire ou pénale, il est fait application des
dispositions de l'article 111 ci-après (mesures disciplinaire ou pénales).
Reporting :
• Rapport annuel :
– la Cour rend compte de l’ensemble de ses activités,
– fait la synthèse des observations qu’elle a relevées,
– Fait des propositions d’amélioration de la gestion des finances publiques

• Référés du Premier Président :


le Premier Président peut présenter ses observations et suggestions aux autorités gouvernementales
compétentes par voie de référés. Dans chaque ministère,

• Rapport sur l’exécution de la Loi de finances :


L​ a Cour des comptes élabore un rapport sur l’exécution de la Loi de finances qui accompagne le projet de Loi
de règlement. Ce rapport retrace notamment les résultats de l’exécution de la Loi de finances et les observations
suscitées par la comparaison des prévisions et des réalisations.

• Déclaration générale de conformité :


La déclaration générale de conformité devant accompagner le rapport sur l’exécution de la Loi de finances,
permet de rapprocher les résultats des comptes individuels produits à la Cour par les comptables publics de ceux du
compte général du royaume établi et communiqué à la Cour par le ministre chargé des finances.

• Rapports particuliers relatifs au contrôle de la gestion :


Les rapports particuliers délibérés en chambre, sont adressés par le Premier Président au chef du
gouvernement , au ministre chargé des finances et au ministre de tutelle, .

• Rapports thématiques :
Dans le cadre de son assistance au Gouvernement et au Parlement, la Cour des comptes publie des rapports
thématiques en relation avec les réformes économiques et sociales menées par le Maroc.

• Lettres des Présidents de Chambres :
Dans le cadre du contrôle de la gestion, les Chambres peuvent décider d’adresser des observations aux
responsables des organismes concernés sous forme de lettres des Présidents de Chambres.
Partie III: Contraintes de la cour des
comptes
Analyse SWOT
FORCES FAIBLESSES

Qualité des magistrats, conséquence d’un Risque de stagnation dans le processus de


recrutement très sélectif et d’une jugement des comptes en ce qui concerne
formation initiale de deux ans très ceux de l’Etat;
complète;
Certaines pratiques et expériences
Volonté forte des magistrats de professionnelles en matière de contrôle de
perfectionner leurs capacités la gestion peuvent être encore améliorées
professionnelles ; et méritent d’être développées davantage;

Coopération bilatérale et multilatérale qui Suivi des recommandations des audits


lui permet d’être au courant des nouvelles effectués.
procédures et techniques en matière de
contrôle externe public. Ressources humaines et matérielles
insuffisantes par rapport aux missions;
OPPORTUNITES MENACES

Le cadre juridique (Constitution, Code, Retard dans la mise en place des reformes
etc.) favorise l’indépendance des administratives et institutionnelles
juridictions financières; annoncées;

Les réformes en cours ou annoncées Insuffisante prise en compte par les forces
(bonne gouvernance, régionalisation) politiques et la société des travaux des
soulignent le rôle éminent réservé aux juridictions financières;
juridictions financières;
Résistance des administrations à un
Les réformes et l’évolution en cours de la contrôle des résultats et aux
gestion administrative vers la performance recommandations relatives à leur
et l’atteinte des résultats, doivent pouvoir performance.
être contrôlées et évaluées par une
institution indépendante;
CONTRAINTES

Devant l'abondance des tâches qui lui sont assignées, l'ISC se heurte à des
limites matérielles et humaines et financières. Ces facteurs négatifs rejaillissent sur
la qualité du contrôle de gestion et sur le jugement des comptes publics. Les
contraintes auxquelles est confrontée la cour sont:

 Liées au moyens:
• La Cour est contraint de mettre à la disposition des CRC les moyens
humains et matériels nécessaires pour qu’elles s’acquittent de leurs
missions dans les bonnes conditions 157 magistrats.
• Disparité dans l’affectation des ressources humaines la CC compte 339
magistrats;

 Liées à l’environnement:
• L’autonomie;
• l'aboutissement des opérations de contrôle;
• la publication des résultats de l'audit;
• un fossé sépare la Cour des Comptes et les citoyens .
 Liées à l’organisation:

• La dématérialisation croissante des actes d’exécution budgétaire, à l’image des


nouveaux systèmes de gestion intégrée de la dépense (GID);

• Développement des méthodes et outils de travail conformément aux normes et


standards internationaux;

• La standardisation des contrôles et des rapports;

• Cloisonnement de la cour vis à vis des autres départements sources des


informations.
Conclusion
le contrôle exercé par les Juridictions Financières n’est plus
focalisé essentiellement, comme par le passé, sur la régularité et
la conformité des différents actes de gestion.

En outre, ce contrôle privilégie l’approche visant


l’appréciation des résultats atteints par les entités publiques
contrôlées en terme:

• d’efficacité,
• d’économie,
• d’efficience, (5E)
• d’environnement
• et d’éthique.