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Climat des affaires

 Plan du sujet :
I./ Contexte général du climat des affaires
1) Cadre institutionnel et juridique de l’investissement
2) Classement mondial du Maroc en matière du climat des
affaires
3) Les obstacles entravant l’amélioration du climat des affaires
II / Réformes entreprises par l’Etat
1) Les réalisations du CNEA
2) Mesures en matière de soutien à l’investissement
3) Mesures fiscales et réglementaires
III./ Impact de l’amélioration du climat des affaires sur le développement
économique et social
1) Sur le plan économique
2) Sur le plan social
IV / Les perspectives d’amélioration du climat des affaires
1. Déploiement d’outils d’écoute du secteur privé et de suivi de l’image du Maroc
dans les rapports internationaux
2. L’amélioration du cadre légal et réglementaire des affaires
3. La simplification des procédures administratives liées à l’entreprise et la création
de guichets uniques
4. Développement de la démarche et des méthodologies de travail du CNEA
I./ Contexte général du climat des affaires

1. Cadre institutionnel et juridique de l’investissement


On y trouve :
La Commission interministérielle des investissements
Cette commission est chargée de l’agrément des conventions d’investissement conclues avec
les opérateurs privés, de la mise en oeuvre des mesures propres à lever les obstacles entravant
le développement des initiatives privées.
Le Comité technique de préparation et de suivi de la Commission des investissements
Présidé par la Direction des Investissements, ce comité a pour charge la préparation et
l’examen technique des dossiers d’investissements avant leur présentation à la Commission
Interministérielle des investissements.
Les Centres Régionaux d’investissement (CRI)
Ils sont au nombre de 16, ayant pour mission d’accueillir, informer et assister les investisseurs
et suivre la réalisation de leurs projets et ce, à travers deux guichets à savoir :
• Le guichet d’aide à la création d’entreprises en tant qu’interlocuteur unique de toutes les
personnes qui veulent créer une entreprise ;
• Le guichet d’aide aux investisseurs qui procure à ces derniers toutes les informations et
données afférentes à l’investissement régional.
Les Tribunaux de commerce et Cour d’Appel de Commerce
Ces dispositifs qualitatifs visant à mettre à niveau l’appareil judiciaire à travers la création, à
côté des juridictions traditionnelles de droit commun (tribunaux de première instance et cours
d’appel), des juridictions spécialisées (tribunaux de commerce et tribunaux administratifs)
appelées à juger des affaires particulières, portant notamment sur la matière commerciale.
Instruments financièrs d’aide à l’investissement
- Fonds Hassan II pour le Développement Economique et Social établissement public doté
de la personnalité morale et de l’autonomie financière. L’objectif étant de créer un lien
direct entre les recettes de la privatisation et le financement de projets et programmes
d’investissement visant la promotion économique, sociale et culturelle du pays.
- Fonds de Promotion de l’investissement ce fonds vise à contribuer à la promotion
d’investissement par le biais du financement des activités suivantes :
- Les dépenses relatives à l’acquisition de terrains nécessaires à la réalisation de
programmes d’investissements 20% ,
- Les dépenses afférentes à la réalisation des infrastructures externes 5%,
- Les frais de la formation professionnelle 20%
- Fonds de Développement Agricole (FDA)
à soutenir le développement du secteur agricole dans un contexte d’ouverture et de
libéralisation des échanges et à contribuer à l’amélioration du financement des
investissements agricoles par le couplage des dites aides avec le crédit agricole.
- Fonds Solidarité Habitat (FSH) Créé par la LF 2002 sous forme de Compte
d’Affectation Spéciale, ce fonds vise à assurer la mobilisation de ressources pérennes,
destinées à financer la réalisation du programme national de résorption de l’habitat
insalubre et la contribution au financement des projets d'habitat social.
- Fonds d’accompagnement des réformes du transport urbain et interurbain Créé en
2007, ce fonds est destiné à contribuer au financement des opérations de mise à niveau du
secteur de transport et au renouvellement du parc des véhicules de transport en commun et
de marchandises.
- Fonds de Mise à Niveau et de Garantie
- Fonds de Mise à Niveau (FOMAN) Cogéré par la CCG et Dar AD- Damane, ce fonds
est destiné à accompagner les entreprises nationales dans leurs efforts de mise à niveau, à
l’effet de moderniser leurs outils et modes de production, et partant de leur permettre
d’affronter la concurrence dans un contexte caractérisé par l’ouverture et la mondialisation
des échanges.
- Fonds de Garantie de la Mise à Niveau (FOGAM) Ce Fonds est doté d’un crédit de
100 MDH, destiné à garantir les crédits octroyés par les banques pour les projets de mise à
niveau des PME éligibles.

2. Classement mondial du Maroc


Sept ans après la création du comité national de l’environnement des
affaires (CNEA), le Maroc a pu récolter les premiers fruits des réformes
engagées et procédures simplifiées dans le cadre du comité, comme en
témoigne :
- le rapport Doing Business élaboré annuellement par la Banque
Mondiale et la SFI, En effet, le Maroc a pu améliorer son classement
dans ledit rapport en passant de la 128ème position en 2010 au 69ème
rang mondial en 2018 parmi 190 économies.
Sur le plan africain,
Le Maroc a réussi à améliorer son classement continental de cinq places,
passant de la 8ème position en 2012 à la 3ème position dans le
classement actuel, derrière les Iles Maurice et le Rwanda et devançant
l'Afrique du Sud, la Tunisie, l'Egypte et le Sénégal.
Dans la région MENA,
Le Maroc a amélioré son classement en passant du 8ème rang en 2012 au
3ème rang actuellement, derrière les Emirats Arabes unis, Bahreïn et le
Sultanat d’Oman mais devançant des pays émergents dans la région
comme le Qatar, l’Arabie Saoudite et l’Etat du Koweït.
- En matière de liberté économique le Maroc a réalisé selon le
rapport de la Fondation Héritage une amélioration de son classement, il
occupe désormais le 86ème rang au niveau mondial, le 9ème rang au
niveau de la région MENA ainsi il figure parmi la catégorie des pays
modérément libre

3. Les obstacles entravant l’amélioration du climat des affaires


Nombreuses sont les actions entreprises en faveur d’un climat des affaires propice, mais
beaucoup reste à faire pour pouvoir faciliter l’investissement.
Une étude menée en 2015 par La BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le
Développement) en collaboration avec la BEI (Banque Européenne d’Investissement) et la
Banque mondiale démontre l’existence de quatre difficultés majeures auxquelles sont
confrontées les entreprises marocaines.
- Concurrence du secteur informel
L’étude démontre ainsi, pour ce qui est du Maroc, que la concurrence du secteur de l’informel
est considérée comme la principale contrainte au développement de l’activité économique au
Maroc, Ceux qui vivent dans les zones rurales, en particulier les jeunes et les femmes,
rencontrent des difficultés à trouver un emploi dans le secteur formel, et sont donc relégués à
travailler dans l’informel. En outre, certaines petites entreprises préfèrent opérer dans le
secteur informel afin d’éviter les procédures bureaucratiques complexes et le paiement des
taxes.
- La corruption
La corruption est le second obstacle le plus sévère rencontrée par les entreprises marocaines.
Elle est souvent utilisée pour faciliter ou accélérer les procédures administratives. 18,2% des
chefs d’entreprises déclarent ainsi que, pour obtenir une licence d’importation, il faut donner
des pots de vin.
- Main d’œuvre non qualifiée
La troisième contrainte au développement du climat des affaires au Maroc est le manque de la
formation de la main-d’œuvre qualifiée. Le manque de compétences et de profils pointus dans
certains domaines précis pollue l'environnement des affaires. Selon le Banque Africaine de
Développement, environ 75% des étudiants suivent leurs études en sciences sociales,
éducation et sciences humaines, mais seulement environ 18% des étudiants suivent leurs
études scientifiques, technique et d’ingénierie à l’université.
- Contraintes réglementaires et fiscales
- La complexité de l'appareil judiciaire. Il faut compter en moyenne trois ans et demi
(estimation basse) pour le règlement d'une défaillance.
- L'illisibilité des textes fiscaux, le pouvoir d'interprétation de la législation fiscale par les
inspecteurs des impôts par exemple et parfois le sentiment d'inégalité dans le traitement
d'un même sujet par l'administration fiscale ne sont guère encourageants.

II / Climat des affaires : Réformes entreprises par l’Etat


En vue de promouvoir l’acte d’investir, un intérêt particulier est accordé à l’amélioration du
climat des affaires. Un ensemble de dispositifs visant à renforcer la concurrence et la
transparence a été instauré :
1. Les réalisations du comité national de l’environnement des affaires (CNEA).
Mise en place de plusieurs plans d’action par Le comité national de l’environnement des
affaires (CNEA).
Le comité régional de l’environnement des affaires CREA de Casablanca a déjà élaboré en
collaboration avec le CNEA son premier plan d’action en 2015.
Un autre plan d’action du CNEA a été mis en place en 2016 qui comporte 16 projets répartis
sur 4 chantiers stratégiques, à savoir :
1. Le cadre légal et réglementaire des affaires (4 projets)
2. Dématérialisation des procédures et modernisation du cadre des affaires (4 projets)
3. Généralisation du système des guichets uniques (3 projets)
4. Etudes prospectives et développement des travaux du CNEA (5 projets).

2. Mesures en matière de soutien à l’investissement


 Un plan de réformes de l’investissement lancé en juillet 2016 s’articulant autour de :
a. Recalibrage de la charte d’investissement et redéfinition de son contenu
b. Adoption de nouvelles mesures de soutien et d’incitation à l’investissement
c. Restructuration des organes de promotion de l’investissement
d. Création d’une direction générale de l’industrie et d’une dédiée au
commerce
e. Refonte de la stratégie digitale
 Création de l’Agence Marocaine de développement des investissements et des
exportations (AMDIE) à travers une opération de fusion entre l’agence marocaine de
développement d’investissement (AMDI) « chargée de l'amélioration de l'accueil des
investisseurs au Maroc », Maroc export et l’Office des foires et expositions de
Casablanca (OFFC)

3) Mesures fiscales et réglementaires


 Un impôt sur les sociétés de 0% pendant 5 ans pour les industries en création
 Développent d’au moins d’une zone franche par région
 Octroi du statut Zone franche aux grandes industries exportatrices
 Obtention du statut d’exportateur indirect pour les sous-traitants
 mise en place d’appuis renforcés aux régions les moins favorisées.
 La contribution de l’Etat à certaines dépenses liées à l’investissement : Fonds de
développement industriel et des investissements
 La contribution de l’Etat à certaines dépenses pour la promotion de l’investissement
dans des secteurs industriels déterminés et le développement des nouvelles
technologies : Fonds Hassan II pour le Développement Economique et Social ;
 ’L’exonération des droits de douane dans le cadre de l’article 7.I de la loi de finances
n°12/98 ;
 L’exonération de la TVA à l’importation dans le cadre de l’article 123 -22°-b du Code
Général des Impôts

IV./ Impact de l’amélioration du climat des affaires sur le développement


économique et social

1. Sur le plan économique


L’amélioration du climat des affaires va permettre de :
Atténuer le déficit de la balance commerciale
attirer les investissements étrangers, aider les entreprises locales à se développer et créer des
emplois

Aussi, La promotion du climat des affaires profitera au royaume dans les deux sens à savoir:

moteur de la croissance nationale améliorant le PIB non agricole, et instrument d'amélioration

de balance commerciale à travers l'augmentation des exportations et renforcer la compétitivité

des entreprises marocaines

De ce fait, le développement d'un pôle de compétitivité autour de la promotion des

investissements facilitera l'implémentation de la future stratégie de promotion des affaires aux

niveaux territorial et local les plus efficaces, en orientant l'investisseur vers l'industrialisation

et les projets innovants et non pas le financement de l'économie de rente qui entrave la bonne

croissance économique

Ainsi, La coordination avec les coopératives et les professions syndicales est susceptible

d'éclairer davantage la vision d'investissement à travers une meilleure connaissance du

marché local et par conséquent une parfaite maîtrise du risque lié aux financements des

projets. Les coopératives et les professions syndicales sont des entités locales opérationnelles
qui connaissent au mieux les produits de la région et la culture de la population locale, ce qui

servira l'entreprise nationale ou internationale à l'adaptation de ses investissements en

fonction des variables économiques de la place et tenant compte des contraintes territoriales.

2. Sur le plan social


La baisse du taux de chômage et l’amélioration de l’employabilité à travers la diversification
de l’offre sur le marché du travail.
la création d’emplois et l'insertion professionnelle des jeunes et des femmes.
Réduire les inégalités sociales et spatiales et l’amélioration de la qualité de vie des citoyens

Axe IV Les perspectives d’amélioration du climat des affaires


Le maroc accorde une importance accrue à l'amélioration du climat des affaires,
considéré comme un levier de l'investissement et un facteur de motivation des
entreprises. Il vise à figurer parmi les 50 meilleurs pays en matière de qualité du
climat des affaires à l’horizon 2021.
Ainsi, le gouvernement envisage de mettre en œuvre Un 3ème plan d’action du CNEA AU
TITRE DE 2017/2018, Ce plan englobe quatre axes et 22 projets :
I : Déploiement d’outils d’écoute du secteur privé et de suivi de l’image du Maroc dans
les rapports internationaux dans l’optique du développement d’une stratégie nationale
de l’environnement des Affaires
01 Réalisation d’une enquête des contraintes au développement du secteur privé au Maroc
02 Mise en place d’un baromètre du climat des affaires
03 Mise en place d’une plateforme électronique d’écoute
04 Mise en place d'une plateforme de concertation et de dialogue entre le gouvernement et la
Confédération générale des entreprises du Maroc.
05 Opérationnalisation du système électronique de suivi de l’image du Maroc à l’international
06 Elaboration d’une feuille de route 2018-2021 pour permettre au Maroc d’être parmi les 50
premières économies dans le rapport Doing Business
II : L’amélioration du cadre légal et réglementaire des affaires
07 Adoption du projet de réforme des sûretés mobilières
08 Adoption du projet de réforme du Livre V du Code de Commerce pour les entreprises en
difficulté
09 Elaboration d’un projet de réforme des sûretés Immobilières
10 Réalisation d’une étude sur la dimension économique de la commande publique afin de lui
permettre d’être un levier de développement économique
11 Dématérialisation des procédures de passation des marchés publics en vue de renforcer la
transparence et l’efficacité
12 Elaboration du projet d’Ouverture des Crédits Bureau aux opérateurs non financiers
13 Elaboration d’un projet relatif à la réforme des textes régissant les moyens de paiement
III : La simplification des procédures administratives liées à l’entreprise et la création
de guichets uniques
14 Développement d'un cadre réglementaire pour l'amélioration des services fournis par les
administrations publiques et l'adoption du principe de l'opposabilité pour les procédures
affichées sur le portail "service-public.ma"
15 Mise en exploitation et l'extension du portail informationnel "business-procedures.ma»
pour l'affichage des procédures réservées à l'entreprise
16 Mise en place et opérationnalisation d’une plateforme d’échange de Données entre les
Administrations et les notaires (TAWTIK.MA)
17 Développement et lancement du système de Création d’entreprises en ligne
18 Raccordement de l’ONSSA au système PortNet
19 Poursuite de l'opérationnalisation du Règlement général de construction
IV : Développement de la démarche et des méthodologies de travail du CNEA
20 Révision du décret relatif à la création du CNEA
21 Elaboration d’un guide d’implémentation des projets de réformes CNEA
22 Développement d’une plateforme Electronique de collaboration et de suivi des projets des
réformes
- L'ambition du CNEA est de parvenir à mettre en place une stratégie nationale de
l'environnement des affaires