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I.N.E.S.S.M. D’ALGER – DEPARTEMENT DE MEDECINE D’ALGER.

CHU Bab El Oued (Pr .Aiouez)


MODULE PSYCHIATRIE (5eme année de médecine)

LES ADDICTIONS
Dr. Z/A. SAYAH
sayahzohrabrinia@gmail.com
I. DEFINITION DES CONDUITES ADDICTIVES

 Des conduite impulsives ou l’envie de passer a l’acte est vécue comme irrépressible.
 A l’origine , visent la recherche et l’ obtention de plaisir.
 Ont une dimension compulsive ( craving) puisque la satisfaction de la consommation dure
peu et que progressivement s’installe un besoin impérieux de répétitions de l’acte addictif;
 Ces cpts ont une finalité de « régulation homéostatique » avec incapacité à trouver un
moyen pour apaiser les tensions qui alimentent l’addiction .
Pouvant être

UNE SUBSTANCE : COMPORTEMENTALES:


les médicaments psychotropes Les troubles du comportements alimentaires
jeu : jeu pathologique
Les principales classes sport
Psycholeptiques : Danger
Sédatifs ,Hypnotiques Internet
,Anxiolytiques, Barbituriques Sexe
Travail ……..
Psychoanaleptiques
Stimulants mineurs: Café , tabac
Stimulants majeurs:
Amphétamines ,Cocaïne

Psychodysleptiques :
Hallucinogène ( cannabis ,LSD)
Opiacés (héroïne morphine ,
codéine ) ,
Alcool
II .LES HYPOTHESES ETIOPATHOGENIQUES
1. NEUROBIOLOGIQUE + 2. PSYCHOPATHOLOGIQUE

Le circuit de récompense : hédonique A la base il existe chez le sujet , une pauvreté de


Fait partie du système limbique la vie psychique (pensée , affect ) et une
Fait intervenir la dopamine ( voie prévalence de l’agir .
mesolimbique)
L’activation , permet à l’individu de
connaitre le plaisir Donc l’addiction est en rapport avec une
• Elle intense et instantanée après la défaillance de l’élaboration psychique ,a l’origine
prise d’une comportementalisation : l’addiction privilégie
• Plus vite cette activation va suivre le les sensations , au détriment des émotions , car
comportement , plus il sera renforcé ces émotions sont vécus comme menaçant le
La voies inhalée donne lieu a un pic narcissisme du sujet
plasmatique plus rapide que voie IV :
Poumon , cœur gauche et cerveau /
Système veineux , cœur droit ,poumons Elle trouverait origine à l’adolescence , vécus
,cœur gauche , cerveau . comme un compromis entre une revendication
d’autonomie et le besoin d’une dépendance : la
dépendance a une substance remplace la
Entretien des relations avec d’autres dépendance a l’entourage non elaborables et
circuits : dénié .
Mémoire et apprentissage: Le plaisir ou
soulagement de l’angoisse vont agir comme la répétition de ces conduites renforcerait la
renforcement du Cpt psychopathologie de base .
Régulation du stress :par la vulnérabilité
personnelle au stress
Motricité :ayant un lien avec les aspect moteurs
du comportement
Enfin , des traits de personnalités prédisposent à l’addiction :
 L’impulsivité
 La recherche de sensation nouvelles
 Un faible niveau d’ évitement du danger
 La dépressivité
 L’anxiété
 L’hyperactivité et le déficit attentionnel
 La faible estime de soi
 Un niveau élevé de réactivité émotionnelle
III. DIAGNOSTIQUER UN TROUBLE LIE à L’UTILISATION DE SUBSTANCE :
USAGE

Correspond a une consommation sans retentissement psychosocial et somatique


C. Occasionnelle :fumer un joint / an
C. Régie par us et coutume : boire lors d’un repas familial

ABUS

Une consommation répétée induisant des dommages dans le domaine psychosocial


Selon le DSM :
Utilisation inadéquate de substance
Pendant une période d’au moins 12 mois
Marqué par au moins une altération de la qualité de vie suivantes :
1.Incapacité de remplir des obligations professionnelles : absentéisme , scolaire : une baisse de rendement ou
familiale :négligence des enfants .
2. Entrainant des risques potentiellement aigus : conduire régulièrement en état d’ivresse
3.Induit des problèmes répétés avec la justice : multiple arrestation en état d’ivresse et perte de permis ,
des plaintes suite a des agressions sous alcool
4. L’utilisation poursuivie malgré des problèmes interpersonnels ou sociaux crées ou majorés par l’utilisation
de substance ( dispute avec son conjoint au sujet du toxique)

Il n’y a pas a ce stade les caractéristiques de la dépendance


DEPENDANCE

L’incapacité de ne pas consommer le produit .


Selon le DSM :
Il s’agit d’un mode de consommation inadapté d’une substance ,
Une altération du fonctionnement ou une souffrance cliniquement significative ,
Caractérisée par la présence de 03 manifestations ou plus parmi les suivantes :

1.L’existence d’une tolérance : la nécessité d’ augmenter progressivement les doses pour avoir l’effet
voulu ou à la diminution de l’effet en cas d’utilisation prolongée de la substance.
2.L’existence d’un sevrage : apparition d’un syndrome caractéristique de chaque substance à l ’ arrêt .
3. La prise de la substance de manière plus importante ou plus prolongée que prévu.
4. Un investissement massif en temps pour se procurer et utiliser la substance .
5. Un abondant d’activités sociales , professionnelles ou de certains loisirs du a la substance .
6.Un caractère autodestructeur , c’est-à-dire une utilisation prolongée chez un patient conscient des dégâts
psychologiques et somatiques causés par la substance .

Quand des signes de dépendance physique ( sevrage) sont présents , il faut préciser dans le
diagnostic : dépendance à la substance avec des signes de dépendance physique
IV. ATTITUDE THERAPEUTIQUE ET SUIVI :
Les approches sont le plus souvent pluridisciplinaires et institutionnelles .

Les soins nécessitent à la fois souplesse et fermeté afin de sauvegarder le lien avec le patient
et donc de permettre un travail au long cours .

le soin a un patient toxicomane ne peut débuter que si , et uniquement si , le sujet ne considère


comme étant en échec avec sa consommation de drogues et dés lors en demande d’aide

A.LE SEVRAGE = CURE DE DESINTOXICATION

Un moment important du trajet thérapeutique :


L’objectifs:
o Il s’agit de vivre sans produit un certain temps ,et de faire l’expérience d’une mise à distance de la pratique
addictive
o Mais aussi de permettre la séparation avec le milieu et l’entourage

Les sevrages ambulatoires sont possibles , mais une hospitalisation peut s’imposer et permettre un isolement
de l’ extérieur et un accompagnement proche du « nursing ».

Le temps du sevrage pourra être prolongé et renforcé par un second temps de post -cure ,
généralement à distance du contexte de vie , en communauté thérapeutique ou en famille d’ accueil
.
Il est fondamental de considérer que les rechutes font partie intégrante du trajet du sujet dépendant
B.CHIMIOTHÉRAPIE

Présente à différents titres


Il peut s’agir :
 d’un traitement de trouble psychiatrique associé , antérieur ou non à la prise de substance
 Aussi d’un traitement du sevrage ou de post -sevrage
 Ou d’un traitement de substitution
3. PSYCHOTHÉRAPIES :
A. TCC: thérapies cognitivo-comportementales
Dans le but :
Agir sur les conduites addictives et le renforcement
Agir sur le processus de dépendance
Agir sur l’estime de soi

Diverses techniques thérapeutiques sont utilisées , en individuel ou en groupe :


 Stratégie cognitive d’opposition : apprendre à résister aux manifestations de
craving
 Relaxation : prise en charge corporelle pour réduire l’anxiété
 Remédiation cognitive : pour corriger les croyances erronés concernant le produit et
son utilisation

Dérivée des TCC , les entretiens motivationnels de communication directive , centré sur la
personne et visant au changement de comportement par l’exploration et la résolution de
l’ambivalence
B. THERAPIE FAMILIALE:
Lorsque la toxicomanie s’inscrit comme symptôme d’un dysfonctionnement familial
Aussi une indication au sein d’une problématique de couple , lorsque l’un des conjoint est toxicomane

C. THERAPIE DE GROUPE :
Des groupes d’entraide animés par des pairs aidants , le groupe favorise la constitution d’une sorte de foi
commune .