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Installations de pompage

Phases de réalisation et d’exploitation

par Jean POULAIN

Ingénieur de l’École supérieure d’électricité Ancien élève de l’institut Von Karman Ancien conseiller scientifique de l’Association française des constructeurs de pompes

1.

Réalisation de l’installation

J 2 911 - 2

1.1

Approvisionnement

2

1.1.1 Approvisionnement de la pompe. Cahier des charges

2

1.1.2 Approvisionnement du moteur d’entraînement

2

1.2

Montage

4

1.2.1 Mise en place de la pompe et du moteur. Lignage

4

1.2.2 Raccordements

4

1.3

Mise en service

5

1.3.1 Premier démarrage

5

1.3.2 Adaptation de la pompe au circuit

6

2.

Exploitation de l’installation

8

2.1

Pièces de rechange. Sauvegarde de la production

8

2.2

Surveillance de l’installation

9

2.3

Maintenance

9

2.3.1 Maintenance corrective

9

2.3.2 Maintenance programmée

10

2.3.3 Maintenance préventive conditionnelle

10

2.3.4 Maintenance prédictive

10

2.4

Économie d’énergie

11

2.4.1 Cas d’une pompe unique

11

2.4.2 Cas où l’installation comporte deux pompes fonctionnant en parallèle

11

2.4.3 Cas d’une installation comportant trois pompes

11

2.5

Difficultés d’exploitation

12

Références bibliographiques

12

C et article fait suite à l’article « choix des pompes et conception du circuit ». Il aborde maintenant de nouvelles étapes :

— lancement en fabrication des composants : le point essentiel, est de trans-

mettre correctement les informations nécessaires aux fournisseurs. C’est le rôle d’un document appelé « cahier des charges ». Ce document se doit d’être complet, mais il ne doit pas tout imposer au constructeur de la pompe, et se

substituer à celui-ci. En cas de litige, le cahier des charges sera le texte qui fait foi, auquel chacun devra se conformer ;

— montage et mise en service de l’installation : cette partie fait appel, surtout,

à ce que nous a transmis la mémoire et l’expérience des installateurs ;

— exploitation de l’installation : les conseils, qui sont donnés dans cette partie, sont établis sur des bases théoriques, et sur l’expérience acquise par d’autres exploitants. L’accent est mis sur le besoin d’économiser l’énergie.

L’ensemble « Installations de pompage » fait l’objet de plusieurs articles :

— [J 2 910] « Choix des pompes et conception du circuit » ;

— [J 2 912] « Coût global et perspectives ».

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. ©Techniques de l’Ingénieur

J 2 911 1

INSTALLATIONS DE POMPAGE

1. Réalisation de l’installation

1.1 Approvisionnement

1.1.1 Approvisionnement de la pompe. Cahier des charges

Le cahier des charges a pour objet de transmettre au constructeur de la pompe et plus généralement à l’ensemble des fournisseurs toutes les informations qui leur sont nécessaires pour fournir un produit aussi bien adapté que possible au service demandé.

1.1.1.1 Cahier des charges pour une pompe véhiculant de l’eau froide

Plutôt que donner une description abstraite et non numérique du cahier des charges, nous avons choisi de traiter l’exemple de la

pompe F is ([J 2 910], § 2.3.5.2, tableau 6, figure 8). Rappelons que la pompe F is est une pompe verticale, à hydraulique immergée, avec moteur en surface. Elle comporte deux étages, et véhicule un débit

d’eau froide Q = 0,36 m

/s sous une hauteur manométrique

H = 60 m. Sa vitesse de rotation est N = 980 tr/min. Le tableau 1 présente ce cahier des charges. Il est constitué de deux parties. Le texte de la colonne de gauche constitue un ques- tionnaire auquel il convient de répondre pour n’importe quelle pompe véhiculant de l’eau froide. Les renseignements portés dans la colonne de droite correspondent aux réponses qu’il conviendrait de donner dans le cas particulier de la pompe F is .

3

1.1.1.2 Cahier des charges dans le cas général

Dans un cadre autre que celui d’une pompe véhiculant de l’eau froide, le cahier des charges restera inchangé dans son esprit, mais il devra être adapté au cas traité, et souvent complété. Il n’est mal- heureusement pas possible de présenter ici un cahier des charges type, pour chaque famille d’installation de pompage, par suite de leur extrême diversité (pompes alimentaires de chaudières, pompes pour fluide dangereux, pour puits profonds, pompes pour fluides destinés à l’alimentation humaine, etc.). Il est par contre possible d’établir un cahier des charges à partir du tableau 1, en utilisant les conseils qui sont donnés dans le paragraphe qui suit.

Conseils pour adapter le cahier des charges au cas d’un fluide et d’un circuit quelconques •Toutes les rubriques 1 à 7 seront conservées et complétées.

• Une rubrique supplémentaire, placée en tête, précisera l’applica-

tion (chimie, pétrochimie, pétrole, production d’énergie, agroali- mentaire, etc.). Cette même rubrique donnera les spécifications, et les normes à suivre qui sont associées à l’application (ISO, API,

ANSI, autres normes et spécifications).

• Lorsque les notions de bassin, de niveau, etc., disparaissent, on

les remplacera par la notion de pression (avec valeurs minimale et maximale, surtout pour la pression d’aspiration).

• Lorsque la notion de hauteur géométrique disparaît, on ne par-

lera que de hauteur manométrique, avec ses variations +/.

• Lorsque le fluide n’est pas un corps pur, mais un mélange de liqui-

des (et par conséquent capable de distillation lorsque la pression baisse), on donnera toutes les informations nécessaires pour calculer

p v la tension de vapeur qui intervient dans le calcul du NPSH.

• La rubrique n o 2 concernant « la nature du fluide pompé » devra

être complétée. Il conviendra de donner toutes les caractéristiques physico-chimiques du fluide et, en particulier, sa viscosité. Les conséquences sur l’environnement d’une fuite extérieure devront être détaillées. La température du fluide devra, dans certains cas, être remplacée par un domaine de températures et, par conséquent, un domaine de viscosités Il conviendra d’indiquer si la nature du fluide et les conditions de fonctionnement peuvent évoluer durant la durée de vie de l’installa- tion. La présente liste d’informations n’est pas limitative.

• La rubrique n o 4, traitera de façon complète, de la plage d’opéra- tion en débit, surtout si un fonctionnement à Q < 0,7Q n est demandé. Dans ce dernier cas, le nombre d’heures de fonctionne- ment à débit minimal sera indiqué. • La rubrique n o 7 « conditions particulières » devra être complé- tée. Par exemple, il conviendra de signaler le risque de « marche à sec », même s’il est transitoire. Autre exemple, si le fluide pompé peut approcher le point d’ébullition, les conditions de marche correspondantes devront être décrites précisément. • Le bon sens et la prise de conscience des risques seront les meilleurs guides pour remplir le cahier des charges.

1.1.2 Approvisionnement du moteur d’entraînement

1.1.2.1 Approvisionnement d’un moteur électrique

Ce paragraphe se situe dans la perspective où le moteur n’est pas fourni par le constructeur de la pompe. Il convient d’abord de faire les remarques suivantes :

— dans un certain nombre de cas le moteur électrique devra être

fourni de manière obligée par le constructeur de la pompe. C’est le cas si le moteur et la pompe constituent un ensemble mécanique solidaire (par exemple s’il s’agit d’un groupe motopompe submersi- ble). Seul le constructeur de la pompe peut alors prendre en charge la responsabilité du bon fonctionnement mécanique de l’ensemble, faire le calcul des vitesses critiques et de l’amortissement modal, pour finalement intervenir sur l’architecture du groupe motopompe, si les calculs en montrent la nécessité ;

— l’approvisionnement du moteur électrique ne peut pratique-

ment jamais se faire sans l’assistance du constructeur de la pompe,

ne serait-ce que pour connaître l’inertie des masses tournantes.

Lorsque l’approvisionnement sera fait par l’utilisateur, ou par l’installateur, celui-ci devra fournir au constructeur du moteur élec- trique les informations suivantes :

— puissance maximale absorbée par la pompe, à l’intérieur de sa

zone d’opération. Elle dépend de la plage de débit, du rendement optimal, et surtout de la forme des courbes caractéristiques de la

machine. L’information est à demander au constructeur de la pompe (la puissance maximale se situe presque toujours en dehors du point nominal) ;

— couple de démarrage (surtout important pour certaines pom-

pes volumétriques) ;

— inertie des masses tournantes, y compris éventuellement celle

du volant d’inertie résultant de l’étude antibélier ;

— fréquence du réseau électrique (s’il est prévu une alimentation

à fréquence variable, par changeur de fréquence, donner : la plage

de fréquence, la forme d’onde, le taux d’harmoniques

)

;

— nombre de phases (monophasé, triphasé) ;

— tension normale du réseau (exemple 220/380 V) ;

— variations de tension minimale/maximale ;

— présence éventuelle de microcoupures (si oui : durée maxi-

male d’une microcoupure) ;

— mode de démarrage ;

— fréquence et cadence des démarrages ;

— dans le cas (moins fréquent) d’un service intermittent régulier,

préciser le « facteur de marche » = (durée d’enclenchement)/(durée d’enclenchement + durée de repos) ;

— mode de fixation (à pattes, à flasque bride, etc.) ;

— mode d’entraînement (manchon + accouplement, poulie et

courroies, autre) ;

— environnement : température ambiante maximale, minimale,

taux d’humidité et de poussière, atmosphère explosive, installation « indoor » ou « outdoor », autre.

1.1.2.2 Autres types de moteurs

En dehors du moteur électrique, on rencontre les modes d’entraî- nement suivants :

— moteur à essence (attention au sens de rotation) ;

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— moteur Diesel (attention au sens de rotation) ;

— turbines à vapeur (centrales thermiques) ;

— turbines à gaz ;

— turbine hydraulique ;

— coupleur hydraulique.

INSTALLATIONS DE POMPAGE

Ces modes d’entraînement ne sont pas suffisamment fréquents, pour qu’il soit justifié de les aborder ici en détail. (0)

Tableau 1 – Cahier des charges pour une pompe véhiculant de l’eau froide – Exemple de la pompe F is

Questionnaire pour une pompe quelconque

 

Réponse au questionnaire dans le cas de F is

1.

Site et conditions d’installation

 

• Entraînement

moteur électrique

• Disposition de la pompe

verticale

• Disposition du moteur

verticale

• Situation pompe (en surface ou immergée)

immergée

• Situation moteur (en surface ou submergé)

en surface

• Prise d’eau (en rivière, en bassin, souterraine, etc.)

en bassin

• Conditions d’aspiration (crépine, clapet, autre)

chambre d’aspiration

Diamètre de la tuyauterie d’aspiration

(norme CEN TC 197 (CR 13930) de juin 2000) sans (immergé)

• Diamètre de la tuyauterie de refoulement (d)

(m)

 

0,5

• Profil de la tuyauterie (fournir un schéma de la partie aspiration)

voir [J 2 910], figure 6 sous abri (indoor) non déflagrant

• Type d’installation (indoor, outdoor)

• Environnement

• Température maximale de l’air (refroidissement moteur)

(°C)

 

30

2.

Nature, origine, température du fluide pompé

 

• Nature du fluide

eau douce

• Origine (rivière, surface, forage, pluviale, eau usée, etc.)

bassin en surface

• Température maximale du fluide pompé

(°C)

 

25

• Masse volumique

(kg/m

3

)

1

000

• Qualité chimique (teneur en sels, fourchette du pH)

pH 7 (constant)

• Charge en particules (sable, autres particules abrasives, concentration,

granulométrie, fibres et matières agglutinantes, etc.)

eau claire

3.

• Débit de la

• Hauteur géométrique normale

• Hauteur manométrique normale

• Perte de charge totale du circuit H

Caractéristiques hydrauliques au point nominal

pompe

(m 3 /h) (m) (m) (m)

 

1

300

57,00

 

60,1

3,1

H tient-il compte d’un vieillissement/encrassement

oui 22 mini, 23 normal, 24 maxi

• Altitude (niveau) du bassin d’aspiration

(m)

• NPSH disponible estimé sans marge pour le niveau bas du bassin d’aspiration

(m)

11,06

• NPSH requis demandé

(m)

< 8,50 (marge 1,3)

• Vitesse de rotation attendue

(tr/min)

 

980

[le constructeur pourra (outre la solution à 980 tr/min) proposer une autre variante, s’il l’a jugée

 

intéressante.]

4.

Caractéristiques hydrauliques en dehors du point nominal

• Hauteur géométrique maximale (par variation de niveau)

(m)

 

59

• Hauteur géométrique minimale (par variation de niveau)

(m)

55

• Mode de réglage du débit

vanne refoulement Fonctionnement normal

• Plage opératoire en débit

par tout ou rien Q très peu variable

5.

Alimentation électrique. Moteur électrique

Fourniture du moteur par le constructeur de la pompe

 

oui

Si le moteur est fourni :

 

— fréquence du réseau électrique (50 Hz, 60 Hz, f variable)

(Hz)

 

50

— nombre de phases (monophasée, triphasée, autre)

triphasé

— tension

(V)

220/380

— variation de tension

+/4 % non sans objet

— présence de microcoupures

— durée maximale d’une microcoupure

6.

Exploitation

 

• Durée totale prévue de l’exploitation

(ans)

 

20

• Temps d’exploitation par an

(h)

6

600

• Répartition annuelle

uniforme

• Nombre maximal de démarrages horaires

3

7.

Conditions particulières

Matériaux imposés/interdits

 

sans

• Étanchéité (tresses, garniture mécanique, pompe étanche)

à définir

• Présence d’un clapet au refoulement (oui, non)

 

oui

• Niveau de bruit

selon normes

• Configuration d’installation (pompes en parallèle, en série)

• Étude des régimes transitoires (antibélier) demandée au

1

seule pompe

constructeur, avec proposition financière (oui, non)

oui

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INSTALLATIONS DE POMPAGE

1.2 Montage

Certaines recommandations données dans ce paragraphe sont extraites des références [1] et [2].

1.2.1 Mise en place de la pompe et du moteur. Lignage

1.2.1.1 Mise en place et scellement sur le massif

1.2.1.1.1 Groupes motopompes à axe horizontal expédiés montés sur châssis

Ces groupes sont montés et lignés en usine dans de très bonnes conditions. L’expérience montre cependant que les châssis arrivent sur le site, après transport, souvent légèrement déformés. Il con- vient donc de faire un montage du châssis sur le massif qui réta- blisse la planéité et l’horizontalité parfaites du châssis.

Après présentation du groupe sur le massif et scellement des tiges de fixation, on met en place (de part et d’autre des tiges de fixation) des cales ajustables en hauteur, constituées de pièces métalliques et de clinquants superposés. On ajuste autant de fois que nécessaire l’épaisseur des cales, pour que, après serrage du châssis sur le massif, celui-ci devienne parfaitement plan et horizon- tal. On vérifie simultanément le parallélisme des plateaux d’accou- plement.

Lorsque cette condition est réalisée, on coule, entre le massif et le châssis un ciment à faible retrait qui noie le système de cales et assure l’immobilisation définitive du châssis. On vérifie que la cou- lée n’entraîne aucune déformation du châssis, puis on laisse durcir le ciment pendant plusieurs jours.

Si le moteur et la pompe sont prévus pour être montés sur un châssis commun, mais sont envoyés séparément en pièces déta- chées, on procède exactement ainsi qu’il vient d’être dit.

1.2.1.1.2 Groupes motopompes sans châssis commun

Il conviendra de vérifier d’abord que les axes et les manchons n’ont pas été faussés pendant le transport.

Puis on procède au scellement séparé de la pompe et du moteur, comme il vient d’être dit précédemment (§ 1.2.1.1.1), mais avec pour conditions supplémentaires importantes : que l’axe des deux machi- nes se situe dans un même plan horizontal (hauteur d’axe identi- que), et que l’axe des deux machines se situe dans un même plan vertical.

En pratique, on assurera le positionnement correct des deux machines avec des jeux de cales comme il vient d’être dit, de façon qu’il n’y ait ni décalage latéral ni décalage angulaire au niveau des plateaux d’accouplement, avant de couler le ciment à faible retrait d’abord sous la pompe, puis sous le moteur.

On trouvera des informations beaucoup plus complètes dans la norme NF E 44-190 « Pompes – Notice de montage et d’installation », et dans les publications de l’AFPR (Association Française des Pompes et de la Robinetterie).

1.2.1.2 Lignage

Rappelons que le lignage a pour objet d’assurer la parfaite coïnci- dence des plateaux d’accouplement de la pompe et du moteur, de façon qu’il n’y ait ni déport parallèle, ni désalignement angulaire des plateaux d’accouplement, ainsi que le montre la figure 1.

La procédure de lignage d’une pompe et de son moteur ne diffère en rien de celle utilisée dans le cadre général des turbomachines. Elle se fait habituellement en utilisant deux comparateurs, l’un des comparateurs vérifie le parallélisme des plans des deux plateaux d’accouplement, l’autre comparateur leur concentricité.

Lignage parfait D é port parall è le D é port angulaire D é lignage

Lignage parfait

Lignage parfait D é port parall è le D é port angulaire D é lignage par

Déport parallèle

Lignage parfait D é port parall è le D é port angulaire D é lignage par

Déport angulaire

Lignage parfait D é port parall è le D é port angulaire D é lignage par

Délignage par combinaison des deux déports

Figure 1 – Lignage correct et lignage incorrect

La procédure de lignage d’une pompe avec son moteur est décrite de façon détaillée, avec l’appui de figures illustrant la façon de faire, dans les publications de l’AFPR.

1.2.2 Raccordements

1.2.2.1 Raccordement des tuyauteries

1.2.2.1.1 Élimination des corps étrangers

La chasse aux corps étrangers doit commencer dès le début du mon- tage des tuyauteries, alors que l’intérieur de celles-ci est encore visible ou accessible. Cette condition est si importante que, pour les grosses installations, on équipe le circuit de filtres temporaires, situés à l’aspi- ration des pompes, qui ne resteront en place que quelques jours.

1.2.2.1.2 Raccordement des tuyauteries avec la pompe

Quel que soit le type de raccordement prévu (joints à bride, sou-

le raccordement doit être tel qu’il ne laisse aucun effort

important sur les brides de la pompe. Cette condition prend une importance particulière lorsque les tuyauteries sont constituées de

tubes épais en fer ou en acier.

Dans le cas de tuyauteries « chaudes », des lyres de dilatation (ou tout autre élément élastique et déformable) sont nécessaires, pour que les forces et les moments sur les brides de la pompe restent dans des limites acceptables. Le calcul du circuit « chaud » nécessite de connaître les valeurs limite acceptables, qui sont normalisées.

dure

),

La norme NF CR 13931 de décembre 2000, « Pompes rotodynami- ques – Forces et moments applicables aux brides – Pompes centrifu- ges, hélicocentrifuge et hélices à axe horizontal et vertical » indique la valeur des forces et des moments qu’il convient de ne pas dépasser au niveau des brides.

La procédure à suivre pour assurer dans de bonnes conditions le raccordement des tuyauteries est décrite de façon très détaillée dans les publications de l’AFPR.

1.2.2.2 Raccordement des appareils de mesure

Le raccordement des appareils de mesure doit être fait dans les conditions définies par les normes. Il est conseillé de suivre les recommandations données par la norme NF EN ISO 9906 de juin 2000, bien que celle-ci concerne davantage les installations d’essais que les installations industrielles.

Le non-respect de ces recommandations, en particulier pour ce qui concerne les prises de pression, peut conduire à des informa- tions fluctuantes, instables, erronées et pratiquement inutilisables. La figure 2 reproduit les exigences de la norme, en ce qui concerne les prises de pression (diamètre et longueur du trou

On vérifiera, sous peine de destruction, que la limite de pression des appareils est bien compatible avec la pression à mesurer. Ne pas inverser, par exemple, le manomètre qui lit la pression d’aspira- tion, avec le manomètre qui lit la pression de refoulement (ils peu- vent beaucoup se ressembler).

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INSTALLATIONS DE POMPAGE

r d a paroi épaisse r d b paroi mince
r
d
a
paroi épaisse
r
d
b
paroi mince

2,5 d

r d /10

où d = 3 mm à 6 mm, ou 1/10 du diamètre de la tuyauterie, en choisissant la valeur la plus petite.

Figure 2 – Exigences pour les prises de pression statique

Lusage de manomètres à cadran, à lecture directe, de type « Bourdon » représente une solution économique, mais elle offre beaucoup moins de possibilités que lusage de « transducteurs » suivis dun équipement électrique ou électronique. Ces derniers permettent une lecture à distance, un enregistrement éventuel, lamortissement du signal sil est instable, etc. À partir dun enregis- trement, on pourra, dans certain cas, retrouver la cause dun inci- dent. On pourra savoir, par exemple, si lon est entré accidentellement dans une zone de cavitation

1.2.2.3 Raccordement électrique

On considère ici le raccordement des moteurs triphasés qui sont de beaucoup les plus utilisés. Si la plaque du moteur porte la men- tion 220/380, cela signie que la tension normale de chaque enrou- lement du moteur est de 220 V. Si lon dispose du réseau habituel 220/380 donnant 220 V entre phase et neutre, et 380 V entre phases, le moteur devra être monté en étoile.

On trouve (ou on peut trouver) entre le réseau et le moteur les équipements suivants :

un coffret de protection : il a pour mission de protéger le

moteur contre des surintensités, ou encore contre un déséquilibre différentiel des phases, par un disjoncteur à relais magnéto-thermi-

que. Ce disjoncteur doit prendre en compte les surintensités norma- les que lon rencontre durant la période de démarrage ;

un démarreur « étoile triangle » éventuel : il a pour mission de

limiter lappel de courant durant le démarrage. Ce type de démarreur ne peut être utilisé que si le moteur est normalement branché en triangle. Pendant la période de démarrage, le moteur est

branché transitoirement en étoile, ce qui assure une réduction de la

tension sur chaque enroulement par un facteur 1/

un système de démarrage à selfs ou à résistances statoriques :

son rôle est, comme celui du démarreur étoile triangle, de réduire le courant dappel au démarrage. Au contraire des selfs, les résistances statoriques supportent un échauffement qui peut être élevé en fin de démarrage.

Enn si le moteur est à rotor bobiné, le branchement du rhéostat rotorique, qui contrôle le glissement du moteur, fait aussi partie des raccordements quil convient dassurer.

3
3

= 0,577 ;

1.3 Mise en service

1.3.1 Premier démarrage

1.3.1.1 Vérifications avant démarrage

Lubrifiants

Certains équipements peuvent être stockés non lubrifiés, et expé- diés également non lubrifiés. Sil y a doute, se renseigner, pour être certain que les roulements ont bien été graissés normalement (ne pas bourrer les roulements de graisse supplémentaire, systémati- quement, lexcès de graisse est préjudiciable).

Machines avec une réserve d’huile : vérier le niveau. Si besoin

est, refaire lappoint. Se référer aux indications du constructeur, en

particulier pour la qualité de lhuile.

Machines utilisant une alimentation d’huile sous pression

(paliers lisses ou à patins, butées à patins) : faire tourner le circuit

dhuile, vérier le niveau de pression à lentrée des coussinets et de la butée. Sassurer que le circuit de retour dhuile nest pas obstrué. Si elle existe, suivre la procédure de mise en service du circuit dhuile prévue par le constructeur.

Remplissage des circuits

Il a pour objet d’évacuer lair contenu dans la pompe et dans les tuyauteries.

Pompes en charge pourvues d’un clapet de pied : ouvrir les pur-

ges. Ouvrir partiellement la vanne au refoulement. Fermer les pur- ges à lapparition du uide. Mettre la vanne de refoulement dans la position prévue pour le démarrage.

Pompes de surface munies d’un clapet de pied, mais ne pouvant

pas être remplies par le circuit de refoulement : remplir les parties vides par le système de remplissage, sil existe, ou en utilisant le robinet entonnoir.

Pompes de surface sans clapet de pied : fermer la vanne disole-

ment. Mettre en marche la pompe à vide du système damorçage. Ouvrir la vanne de communication entre le circuit et la pompe à vide damorçage. Laisser le système en marche le temps du démarrage, puis effectuer les opérations inverses, disolement et darrêt de la pompe damorçage.

autoamorçantes : opérer selon les indications du

constructeur.

Sens de rotation du moteur

Lancer le moteur durant un temps très court. Noter le sens de rotation. En général le sens de rotation normal sera indiqué sur la machine. Pour les pompes à volute, le sens de rotation normal cor- respond toujours au sens denroulement de la volute. Pour les machines à refoulement coaxial, sans volute, il est nécessaire que le sens de rotation soit indiqué sur la machine, ou ait été repéré au moment de la mise en place. Linversion du sens de rotation du moteur, sil est nécessaire, se fait en inversant deux phases de lalimentation électrique.

Autres vérifications

Pompes

Vannes :

vanne au refoulement : elle doit être en position ouverte ou

fermée, selon le type de pompe, et selon les préconisations de démarrage données par le constructeur. Elle sera en général fermée

pour le démarrage dune pompe centrifuge ;

vanne à l’aspiration : sil en existe une, elle devra être ouverte en grand.

Protections hydrauliques :

système antibélier : vérifier que les vannes disolement qui

raccordent les différents appareils au circuit sont bien ouvertes, et ne peuvent être refermées accidentellement. Vérifier le gonflage des ballons antibélier, sil en existe ;

antidévireur : vérifier que le rotor tourne librement dans le sens de rotation normal et se bloque dans le sens de rotation inverse ;

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INSTALLATIONS DE POMPAGE

vérifier le raccordement, et le bon fonctionnement des appa-

reils de mesure qui vont jouer un rôle important lors du premier démarrage (manomètres daspiration et de refoulement, thermomè- tres, mesures électriques, dans certains cas débitmètre et accéléromètre) ;

sassurer que lon dispose bien de la documentation du

constructeur, et la lire ou la relire en détail. Prévoir, par le calcul, la hauteur et le débit que lon peut attendre dans les conditions du démarrage, si celui-ci seffectue normalement (ces conditions seront souvent différentes des conditions de marche normales).

Sécurité des personnes et de l’installation

Sassurer que lon dispose de moyens permettant un arrêt durgence (coup de poing, ou autre).

1.3.1.2 Actions et vérifications lors du premier démarrage

Lancer la pompe en notant lheure du premier démarrage, et pro- céder aux vérications suivantes.

Vérifications quasi immédiates

La pompe débite effectivement.

On ne constate pas de bruit anormal.

Le niveau vibratoire est celui prévu (contact avec la main, ou

mieux lecture dun accéléromètre).

Lire la pression daspiration. Sassurer quelle est compatible avec le NPSH requis.

Lire la pression de refoulement. Calculer la hauteur fournie par la pompe (ou le p) et les comparer à ce qui était prévu.

Aller voir le dispositif d’étanchéité. Vérier quil ny a pas de fuite importante. Dans le cas dun presse-étoupe, une petite fuite est tout à fait normale. Ne pas resserrer les tresses prématurément.

Sassurer que le moteur électrique nest pas surchargé (soit par mesure de la puissance électrique absorbée, ou plus simplement encore par lecture de lintensité en ligne).

Vérifications après stabilisation

Les différentes températures du groupe motopompe vont évoluer lentement vers un état stable. Il convient de noter régulièrement (ou denregistrer) les températures pour savoir à partir de quand cet état stable aura été atteint. Lorsque la machine sera bien stabilisée, on notera :

la température des paliers de la pompe et du moteur. Ces tem-

pératures seront comparées avec celles spécifiées par le construc- teur (ou avec les températures préconisées par le fabricant des roulements) ;

si lon dispose dun thermocouple dans les enroulements du

moteur, noter la température du moteur ;

noter l’évolution du niveau vibratoire dans le temps ;

si lune quelconque des températures ne se stabilisait pas, arrêter linstallation.

Mise en mémoire

Il conviendra de conserver un maximum dinformations concer- nant le fonctionnement de la machine dans son état neuf.Toutes les informations citées précédentes sont à conserver. Elles permettront plusieurs années plus tard de savoir si la température stabilisée des roulements a évolué, si le niveau vibratoire a évolué, etc. Il conviendra de noter le temps darrêt de la machine lorsque lon coupe son alimentation électrique (une dérive dans le temps « du temps darrêt », associée à dautres informations, comme la tempé- rature des roulements, sera riche denseignements). On procédera de la même façon à la mesure du temps de démarrage, avec si possible lenregistrement du courant appelé. Si un enregistrement nest pas possible, on notera au moins la valeur maximale du courant dappel. La liste des vérications et des actions ci-dessus nest pas limitative.

1.3.2 Adaptation de la pompe au circuit

1.3.2.1 Le besoin d’adaptation et ses origines

Très fréquemment, on constate, à la mise en service dune instal- lation de pompage, que la pompe est surabondante. La situation inverse peut également se rencontrer, mais elle est beaucoup plus rare, en réalité exceptionnelle. Les raisons qui conduisent à cette situation sont les suivantes.

1.3.2.1.1 Incertitude sur les caractéristiques de la pompe

La cause principale dincertitude résulte du mode de réalisation par fonderie de la quasi-totalité des pièces dune pompe (roue, diffuseur et volute). Ce mode de réalisation qui, à lintérieur de lensemble des turbomachines, caractérise les pompes ne permet pas de reproduire sans faute la géométrie du plan. Dans le cas où la pompe dérive dune maquette ou dune autre pompe, le défaut de réalisation intervient deux fois, une première fois au niveau de la maquette, une deuxième fois au niveau de la pompe qui en est déduite.

Une différence sensible, en plus ou en moins, peut donc exister entre le point de fonctionnement espéré et la courbe caractéristique que lon relève lors des premiers essais, sans que le constructeur ait commis une quelconque erreur de conception.

Des statistiques menées sur un grand nombre de pompes, réa- lisées à partir du même modèle de fonderie, conrment une telle dispersion.

Lorsque la pompe est de conception entièrement nouvelle, une incertitude supplémentaire existe au niveau du calcul, puis une autre encore au niveau de la réalisation du modèle de fonderie, qui ne représente le plan que de façon imparfaite.

Pour ces différentes raisons, le constructeur définit sa pompe de telle façon quelle satisfasse au besoin du client, même si elle se situe au niveau bas de la fourchette de tolérance.

1.3.2.1.2 Incertitude sur le point de fonctionnement demandé

Le point de fonctionnement résulte dun besoin, parfois imprécis, et de quantités calculées, telles que les pertes de charge du circuit. Le projeteur, par prudence, prend de petites marges, car il sait que la hauteur de la pompe sera plus facile à réduire qu’à relever. Cette procédure conduit encore à un excédent de la hauteur fournie par la pompe, que lon corrige en coupant la roue.

1.3.2.2 Coupure des roues centrifuges

1.3.2.2.1 Coupure d’une roue de géométrie simple

Dans un premier temps, nous considérerons une roue dont la lar- geur de sortie est constante dans lintervalle de coupure et dont langle de sortie ne change pas ou change peu avec la coupure. Nous supposerons en outre quil ny a pas de prérotation à lentrée de la roue, V u1 = 0, que le coefcient de glissement est conservé et que la vitesse de rotation N est constante.

Lorsque lon coupe une roue, on obtient un triangle des vitesses semblable à celui dorigine (gure 3). Il y a, dans cette transforma- tion, conservation de langle β 2 de la vitesse relative et de langle α 2 de la vitesse absolue. Ce dernier représente indirectement langle dentrée dans la volute et, par conséquent, il ny a pas désadaptation de la volute.

Par contre, bien que cela napparaisse pas sur la gure 3, il y a modication des angles dentrée dans la roue, puisque le débit est réduit à vitesse constante. Cette désadaptation de lentrée de la roue contribue, entre autres, à générer une perte de rendement.

Un point de fonctionnement se transpose en un autre point par une réduction de la hauteur h = U 2 V u2 η h comme le carré du diamè- tre, à rendement supposé constant. Le débit est également réduit

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INSTALLATIONS DE POMPAGE

V 2 W' 2 W 2 V' 2 β 2 α 2 β 2 U'
V 2
W' 2
W 2
V' 2
β 2
α 2
β 2
U' 2
U 2
V m2
V' m2

Figure 3 – Coupure d’une roue : transformation du triangle des vitesses

h M 1 h 1 h 2 M 2 O Q Q 2 Q 1
h
M
1
h
1
h
2
M
2
O
Q
Q 2
Q 1

Figure 4 – Déplacement d’un point de la courbe caractéristique d’une pompe centrifuge par coupure de la roue

H (m) 70 A B C D 1 60 D A' B' C' 50 D'
H (m)
70
A
B
C
D
1
60
D
A'
B'
C'
50
D'
E
40
E'
30
F
F'
20
10
Essais
D 2 = 0,904 D 1
0
0
20
40
60
80
100
120
140
Q (m 3 /h)

Figure 5 – Exemple de coupure d’une roue de pompe centrifuge de géométrie simple

comme le carré du diamètre puisque la vitesse débitante V m et la section débitante varient chacune comme le diamètre (gure 4) :

h 2 /h 1 = Q 2 /Q 1 = (D 2 /D 1 ) 2

(1)

Lindice 1 désigne les conditions dorigine et lindice 2, celles après coupure.

Pour déduire la courbe caractéristique après coupure dune courbe de référence (représentée par ABCDEF sur la gure 5, on

procède en multipliant H = h/g et Q en chaque point par (D 2 /D 1 ) 2 . Le

point dorigine et le point transposé, par exemple D et

gure 5, se trouvent sur une même droite passant par lorigine.

de la

D

D

2

ADF

Exemple : la figure 5 correspond à une coupure de 9,6 %

D 1 = 0,904) . Pour une pompe à petit N s , comme celle de l’exem-

ple, on constate souvent une bonne concordance entre la courbe

transposée comme il vient d’être dit et la courbe d’essai repré-

sentée en tireté. Un écart significatif n’apparaît qu’au-delà de Q = 70 m 3 /h.

Inversement, pour calculer la coupure que lon doit effectuer an de faire passer une courbe caractéristique par un point donné, on procède comme indiqué sur la gure 4. On trace une droite qui

η 2 /η 1 1 0,99 0,98 0,97 0,96 0,95 0,94 0,85 0,9 0,95 1
η 2 /η 1
1
0,99
0,98
0,97
0,96
0,95
0,94
0,85
0,9
0,95
1

d 2 /d 1

Figure 6 – Évolution du rendement de pompes centrifuges

en fonction de la coupure

passe par lorigine et par le point M 2 représentant lobjectif à

atteindre. Cette droite coupe la courbe caractéristique en M 1 . Le rap- port de diamètre à réaliser par coupure doit être égal à :

D

-------

D

1

2

=

Q

-------

Q

1

2

1/2

=

h

------

h

1

2

1/2

(2)

Par suite de limperfection géométrique des roues réalisées en fonderie, la concordance entre la courbe ainsi transposée et la réa- lité expérimentale est souvent moins bonne que ce quindique la gure 7. Dans la pratique, on effectue généralement la coupure en plusieurs fois pour être certain de ne pas dépasser lobjectif.

1.3.2.2.2 Chute du rendement

Nous avons vu que la coupure de la roue entraîne une désadapta- tion de l’œillard, responsable dun supplément de pertes. Lallonge- ment du trajet offert au uide avant datteindre la volute intervient

dans le même sens.

Les informations de la gure 6 concernent le rendement global de pompes centrifuges au point de fonctionnement optimal. La forte dispersion que lon note se réduirait si lon considérait les pompes dune même famille, bénéficiant dun mode de tracé systématique.

Bien que cela ne soit pas rigoureux, on pourra admettre que la correction de rendement est applicable à tous les points de la

courbe transposée. Dans lexemple de la gure 5 où le coefcient

;

η

correcteur est η 2 /η 1 = 0,98, on admettra

η

E

=

0

,

98η E

D

=

0

,

98η D

; etc.

En toute rigueur, il conviendrait de tenir compte de la chute de rendement dans la prévision de hauteur dune roue coupée. Le coef- cient de réduction de la hauteur serait alors :

h 2 /h 1 = (D 2 /D 1 ) 2 (η 2 /η 1 )

(3)

La coupure des roues, parce quelle permet de réaliser dimportantes variations sur Q et h au prix dune faible pénalité sur le rendement, est utilisée par les constructeurs pour couvrir, à partir dune gamme de produits nécessairement discontinue, lensemble du domaine offert par le marché. Une pompe nest plus alors représentée par une courbe h(Q), mais par un domaine dopération h(Q, D).

1.3.2.2.3 Coupure d’une roue dont la largeur et l’angle de sortie sont évolutifs

On trouvera dans larticle [B 4 308] Pompes rotodynamiques. Exploitation des informations détaillées sur ce sujet. Nous nous contenterons de rappeler ici la procédure de coupure préconisée.

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INSTALLATIONS DE POMPAGE C 2 C 1
INSTALLATIONS DE POMPAGE
C 2
C 1
INSTALLATIONS DE POMPAGE C 2 C 1 Figure 7 – Cols à la sortie roue après

Figure 7 – Cols à la sortie roue après et avant coupure

L’évolution de la hauteur avec le diamètre de coupure est identi- que à celle du paragraphe précédent, soit :

h 2 /h 1 = (D 2 /D 1 ) 2

L’évolution du débit est donnée par la relation suivante :

avec

b 2 , b 1

C 2 , C 1

Q 2 /Q 1 = (D 2 /D 1 )(b 2 /b 1 )(C 2 /C 1 )

(4)

largeur de sortie roue après et avant coupure,

cols à la sortie roue après et avant coupure selon la gure 7.

Lorsque le tracé des ailes est effectué à β 2 = Cte, cest-à-dire selon

un segment de spirale logarithmique C 2 /C 1 = D 2 /D 1 , et si de plus la

roue est de largeur constante, la

relation (4) se réduit à Q 2 /Q 1 = (D 2 /

D 1 ) 2 . Nous retrouvons bien la relation (1).

Lorsque les ailes de la roue sont courtes ou si le rapport r 2 /r 1 est

petit, la conservation de langle géométrique ne suft pas à assurer la conservation de langle β 2 du uide ; en effet, il peut y avoir une variation rapide du facteur de glissement. On aura alors intérêt à introduire une correction supplémentaire sur la hauteur. Cette cor- rection sera égale au rapport des coefcients de glissement [cf. [B 4 302], relation (28)].

Pour ce type de roue, la prédiction du point de fonctionnement après coupure est toujours plus incertaine que pour une roue de géométrie simple. Il est alors prudent de procéder par coupures successives.

2. Exploitation de l’installation

Pour réaliser, dans de bonnes conditions, lexploitation dune ins- tallation de pompage, il convient de :

définir la nature et le volume des pièces de rechange ;

assurer une surveillance régulière des machines et de leur environnement ;

pratiquer la maintenance corrective des défauts constatés lors de la surveillance ;

assurer la maintenance programmée, telle quelle est définie par les manuels dentretien des constructeurs ;

prendre suffisamment tôt, les mesures qui permettent de

réduire le temps dimmobilisation de linstallation et les pertes dexploitation. Ce sera le rôle de la maintenance préventive ;

exploiter linstallation avec un souci permanent d’économie. On cherchera à consommer le moins d’énergie possible.

Enn, un exploitant se doit d’être toujours très attentif aux sug- gestions qui lui sont faites (par le constructeur ou par dautres) an daméliorer les conditions dexploitation.

2.1 Pièces de rechange. Sauvegarde de la production

La nature et la quantité de pièces de rechange dont disposera lexploitant vont contribuer de façon décisive au temps dimmobili- sation de linstallation, avec les conséquences que cela comporte sur les pertes de production. Pour définir la liste des pièces de rechange quil faut approvisionner, il conviendra de pouvoir répon- dre aux questions posées dans lencadré 1.

Encadré 1 Questions préalables avant de définir la liste des pièces de rechange

La pompe et le moteur sont-ils des matériels de série, pour lesquels le constructeur dispose dun stock permanent ?

Si oui, quel est le délai dapprovisionnement (commande,

transport, etc.) ?

Sinon, combien faut-il de temps pour couler, usiner, expé-

dier, monter les grosses pièces, qui ne sont pas en stock, mais qui sont nécessaires à une remise en route de linstallation ?

Le personnel de lusine est-il qualifié pour assurer le

démontage, et surtout le remontage des machines ? Sinon quelle est la disponibilité du personnel extérieur spécialisé ?

Quel délai représente le simple remontage de la machine ?

Quel est le coût dune heure de perte de production ?

Quel est le coût de chaque pièce de rechange exprimé en heures de pertes de production ?

Le catalogue des pièces de rechange à approvisionner dépendra des réponses données au questionnaire (encadré 1) (avec la coopération obligée du constructeur de la pompe).

Dans le cas extrême, où la pompe nest quun tout petit élément dun gros ensemble, et plus encore si elle nest pas un matériel de série, on approvisionnera une motopompe complète installée en « stand by », capable de se substituer immédiatement (voire auto- matiquement) à la pompe défaillante.

Dans le cas extrême inverse, les pièces de rechange se réduiront à très peu de choses.

La liste des pièces de rechange pour une installation ordinaire est donnée par lencadré 2.

Encadré 2 Liste type des pièces de rechange pour une installation ordinaire

Un arbre de pompe (ou mieux un rotor complet comportant arbre + roue de pompe).

Les éléments essentiels de la pivoterie (selon le cas, roule- ments, ou coussinets/butée).

Un accouplement.

Des courroies, si lentraînement se fait par courroies.

Une garniture mécanique ou un presse-étoupe.

Des bagues dusure, si la pompe en comporte.

Des composants électriques pour le coffret de protection du

moteur,

ainsi que quelques composants dinstrumentation

(manomètre, thermomètre).

Dans le cas des pompes volumétriques, les pièces à approvision- ner dépendent totalement du type de pompe et, compte tenu de la multiplicité des types, il nest pas possible den faire ici la liste (sauf pour ce qui concerne la soupape de décharge et de by-pass, qui est vitale pour le fonctionnement de toutes les machines volumétri- ques). Pour les autres pièces de rechange, on prendra conseil auprès du constructeur.

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INSTALLATIONS DE POMPAGE

Pour des machines véhiculant des uides très abrasifs ou érosifs, il conviendra encore de prendre conseil auprès du constructeur. La liste des pièces de rechange s’élargira. Elle comportera souvent un rotor complet, et les éléments du stator qui sont soumis à l’érosion.

Attention à la conformité des pièces de rechange, les approvi- sionner de préférence chez le constructeur.

Stockage des pièces de rechange

Le stockage des pièces se fera en respectant les règles suivantes :

— à la commande des pièces, informer le fournisseur de la durée estimée du stockage ;

— à la réception des pièces, faire un contrôle de conformité.

Remettre les pièces dans leur emballage dorigine, ou dans un emballage spécialement conçu pour la durée de conservation programmée ;

protéger avec soin toutes les parties ayant reçu un usinage de

précision, tels que portées de roulements, soies darbres sous les coussinets, centrages précis, portées d’étanchéité, etc. ;

choisir pour lieu de stockage un endroit sec et sans tempéra- tures excessives ;

de

déshydratation ;

sassurer que les éléments didentification des pièces ne ris- quent pas d’être détériorés et de devenir illisibles ;

— éviter le déplacement fréquent des pièces dun lieu de

stockage à un autre. Moins les pièces seront transportées et mani- pulées, mieux cela vaudra.

remplacer

ou

vérifier

régulièrement

les

sachets

2.2 Surveillance de l’installation

Avec la signication que nous donnons ici au mot surveillance, cest-à-dire pour des installations petites ou moyennes, elle est faite de gestes simples, répétés régulièrement, dont il ne faut pas sous- estimer limportance (encadré 3).

 

Encadré 3 Liste minimale des points à surveiller sur une installation petite ou moyenne

Le niveau de bruit de linstallation évolue-t-il ?

Le niveau vibratoire évolue-t-il ? Contact avec la main

Écoute avec un tournevis appuyé sur la machine Lecture dun appareil de mesure (un contact rotor stator est facilement iden-

tifié) Pour une oreille experte, une cavitation inhabituelle ou une rentrée dair à laspiration peut être décelée.

Constate-t-on une fuite à la traversée darbre (information

sur la garniture mécanique ou le presse-étoupe) ?

Le presse-étoupe chauffe-t-il ?

La température des paliers reste-t-elle stable ? (lecture des

thermomètres sil y en a, sinon poser la main sur le palier. Si

lon ne peut tenir la main sur le palier, il faut intervenir.)

Surveillance des alarmes préventives. Des voyants (sil y en a) sont-ils allumés ?

Puisquune pompe participe toujours à la production, ou à

lalimentation de quelque chose, vérier que le niveau de pro-

duction horaire ne baisse pas et reste conforme à ce qui est attendu.

Surveiller les conditions météo. Mise hors gel de circuits

extérieurs. Vidange des circuits et de la pompe en cas darrêt de longue durée.

La surveillance entraînera systématiquement des actions cor- rectives.

Exemple : on desserrera le presse-étoupe s’il chauffe, on le resser- rera ou on changera les tresses s’il fuit. Si l’on croit avoir décelé une entrée d’air sur le circuit d’aspiration, on en recherchera l’origine, etc.

circuit d’aspiration, on en recherchera l’origine, etc. Pour de tr è s grosses installations les informations

Pour de très grosses installations les informations précédentes seront souvent centralisées, et éventuellement enregistrées. La sur- veillance, avec cette nouvelle signication, prend une autre dimen- sion. Elle se trouvera alors intégrée, ou associée, à la maintenance préventive du paragraphe 2.3.3.

2.3 Maintenance

La maintenance des pompes est constituée de quatre niveaux dis- tincts. En allant du plus simple au plus évolué, on trouve les niveaux suivants.

2.3.1 Maintenance corrective

Cette maintenance, qui consiste à intervenir après la constatation dun défaut, peut prendre trois formes.

Maintenance palliative

Elle a pour objet de faire une réparation provisoire, dans lattente, soit de pièces de rechanges dont on ne dispose pas, soit dune période darrêt déjà programmée et qui nentraîne pas de pertes de production, soit de conditions qui permettent denvisager une main- tenance damélioration (voir plus loin).

Maintenance curative simple

Elle ne met en jeu aucune idée de diagnostic. Elle nimplique aucune tentative de compréhension des phénomènes qui sont à lorigine de lincident. On reconstruit la machine telle quelle était, sans modier le circuit, et sans chercher à comprendre. Cela se jus- tie tout à fait si lincident sest produit après de très nombreuses heures de bon fonctionnement, et si une immobilisation longue de linstallation est impossible ou trop coûteuse.

Maintenance corrective d’amélioration

Elle comporte trois étapes.

Première étape : comprendre les raisons qui sont à lorigine du défaut. Pour cela, dune part, on analyse les enregistrements faits avant lincident, dautre part, on fait procéder à lexamen des pièces cassées, ou endommagées, par un laboratoire spécialisé (éventuel- lement le laboratoire du constructeur). Les causes de la défaillance seront presque toujours identifiées.

Deuxième étape : trouver ce quil faut faire pour éliminer les cau- ses de la défaillance. Cette étape sera, en général, plus longue et plus difcile que la précédente. Elle associera le constructeur, les laboratoires et lexploitant. Lamélioration portera soit sur la moto- pompe, soit sur le circuit, soit sur la façon dont est géré le procédé, soit sur les dispositifs de surveillance, soit sur la abilité des sécurités. Elle peut impliquer aussi la formation des personnels.

Troisième étape : avec laval du constructeur de la pompe (même si la modification ne porte que sur le circuit ou les procédu- res d’exploitation) réaliser et mettre en place la modication.

La maintenance corrective damélioration ne peut se faire que si lon dispose de temps.

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2.3.2 Maintenance programmée

Elle se réduit à un certain nombre dactions simples, périodiques et systématiques, indiquées dans les spécications du constructeur :

renouvellement de la graisse des roulements ;

vérification du niveau dhuile pour une pivoterie à huile. À plus long terme remplacement de lhuile ;

bagues dusure, si la machine en

comporte ;

vérification du serrage des presse-étoupes (par exemple en fai-

sant tourner larbre de la machine à la main ; il ne doit pas y avoir daugmentation importante du couple) ;

vérification de l’état des garnitures mécaniques (présence

dune fuite) ;

remplacement des roulements et/ou des garnitures mécaniques

(généralement sur des intervalles de temps beaucoup plus longs).

Le remplacement systématique programmé de grosses pièces, telles que roue de pompe ou volute, nest pratiquement jamais prévu, sauf pour des machines véhiculant un uide soit abrasif (par- ticules solides), soit chimiquement actif.

remplacement

des

2.3.3 Maintenance préventive conditionnelle

2.3.3.1 Notions préliminaires

La maintenance conditionnelle substitue à la notion dinterven- tion systématique, à intervalles réguliers, et sans quaucun défaut nait été constaté, la notion dintervention à la réception dune infor- mation danomalie (cest la condition dintervention).

Il convient de faire la différence entre la notion de maintenance et la notion de sécurité :

la maintenance préventive conditionnelle incorpore une

notion de diagnostic. Elle met le doigt sur le point sensible du défaut, cavitation, vibrations, rentrée dair, etc. ;

la sécurité nincorpore aucune notion de diagnostic. Elle se

contente d’émettre un signal visuel ou sonore, pour une anomalie qui se situe on ne sait pas trop où, et a une origine que lon ignore. Les consignes dexploitation définissent, en fonction du niveau 1 ou 2 de lalarme, la conduite à tenir par le personnel ;

la maintenance préventive conditionnelle doit être accessible à

un maximum dinstallations. Elle doit donc être dun coût relative- ment modéré, mais qui pourra différer selon la taille de linstallation.

Si lon fait une comparaison avec lindustrie de lautomobile, qui utilise de façon intensive la maintenance préventive conditionnelle (baisse de pression dhuile, usure des plaquettes, baisse de pression des pneus, température du liquide de refroidissement, etc.), lindus- trie des pompes apparaît très en retard. Nous verrons que cette situation risque d’évoluer rapidement.

2.3.3.2 Constitution d’un système de maintenance conditionnelle

La maintenance conditionnelle se fait, le plus souvent, en plaçant sur le corps du groupe motopompe des capteurs accéléromé- triques, en des points de la machine définis par le constructeur ou par des normes. Le nombre de capteurs dé