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SAMEDI 19 MAI 2018 - 5 SIVAN 5778

MAYAN HAIM MAYAN HAIM MAYAN HAIM MAYAN HAIM MAYAN HAIM MAYAN HAIM

M AYAN HAIM
ETUDIER LA TORAH : UNE MITSVA SANS FIN
Rav Elie LELLOUCHE

Parachat À chaque Mitsva que nous accomplissons est associée, le plus souvent, une Béra’kha qui
témoigne autant de la valeur spirituelle que nous conférons au commandement divin en
Bamidbar question que de la ferveur qui nous anime au moment de sa réalisation. Ainsi en est-il
également s’agissant de l’étude de la Torah. La Guémara nous rapporte, en effet, au
traité Béra’khot (11b) l’obligation nous incombant de réciter, chaque matin, une Béra’kha
relative à la Mitsva d’étudier la Torah. Cette obligation est à ce point contraignante
que toute étude nous est interdite, tant que cette bénédiction n’aura pas été formulée.   

Étudier la Torah : Une mitsva.. Cependant la Béra’kha liée à l’étude de la Torah présente une particularité surprenante.
Page 1 Alors que toute autre Mitsva nécessite la récitation de la bénédiction qui lui correspond
Eloge du travail des enfants à chaque fois que nous l’accomplissons, la Béra’kha sur le Limoud HaTorah ne doit être
récitée qu’une fois par jour. Autrement dit, le fait de s’interrompre dans son étude,
Page 2 quelqu’en soit la raison et quel-qu’en soit la durée, ne nous oblige pas à réitérer la
Feu, eau et désert Birkat HaTorah lorsque nous nous replongeons de nouveau dans les textes sacrés.      
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Les Ba’alé HaTossfot soulèvent dans l’une de leurs glose sur le traité Béra’khot (11b)
Chavouot : Roch Hachana de .. cette étonnante différence. Pourquoi, questionnent-ils, la Mitsva de manger dans
Page 4 la Souka, pour ne prendre que cet exemple, exige que nous récitions la Béra’kha
appropriée à chaque repas que nous y prenons, alors que la Mitsva d’étudier la Torah
se suffit d’une seule Béra’kha au réveil, quelqu’en soit la fréquence? Leur réponse est
éloquente. La Mitsva de Limoud HaTorah, expliquent-ils, n’est pas une Mitsva confinée
aux seuls moments où l’homme se plonge dans l’étude et, ceci, du fait même qu’il ne
peut être permis à un juif de se couper, ne serait-ce qu’un instant, de la Sagesse Divine.
En fait l’obligation d’étudier la Torah est incessante, elle ne s’interrompt pas au gré
des occupations journalières et des contraintes de la vie quotidienne. C’est en ce sens
que la Béra’kha sur l’étude de la Torah, récitée chaque matin, couvre l’ensemble de la
ENTRÉE: 21H11 journée d’un Ben Israël.               
Kabalat Chabat : 20h20 Pour Rav Yts’hak Houtner, plus encore, ce caractère ininterrompue, que revêt la Mitsva
d’étudier la Torah révèle un aspect encore plus profond de ce commandement unique.
En effet, alors que s’agissant de toutes les autres Mitsvot s’applique le principe selon
SORTIE: 22H30 lequel «Ha’Ossek BaMitsva Patour Min HaMitsva», c’est-à-dire que le fait d’être occupé
à l’accomplissement d’une Mitsva dispense de l’accomplissement d’une  seconde qui
viendrait à se présenter, il n’en est pas de même s’agissant de  l’étude de la Torah. Le
Limoud HaTorah ne dispense pas, à priori, de l’accomplissement de quelque Mitsva que
ce soit. La raison en est la portée même de l’étude. Tout Limoud implique une traduction
dans les actes. Cette implication en constitue la condition sine qua none. Ainsi l’on ne
peut se soustraire à l’accomplissement d’une Mitsva en arguant être occupé à l’étude

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de la Torah alors même que cette étude est censée mener à la mise en pratique des
Mitsvot.        
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Ce faisant, toute interruption du Limoud HaTorah liée aux contingences du quotidien


Torat

constitue de facto une mise en application des enseignements que ce Limoud doit
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produire. Ainsi, explique le Rav Houtner, l’ensemble de notre vie au quotidien n’est que le
prolongement «naturel» de la Mitsva d’étudier la Torah. C’est pourquoi, poursuit l’auteur
du Pa’had Yts’hak, la Béra’kha que nous formulons chaque matin nous accompagne sans
Beth Hamidrach discontinuer tout au long de nos occupations que ce soit au Beth Hamidrach ou dans
le monde environnant, faisant de notre vie juive un mouvement incessant menant de
l’étude à l’action.

Article et contenu réalisés par TORAT HAIM VECHALOM - 35, rue Emile Lepeu 75011 PARIS - 01.44.93.51.50
Association reconnue d’utilité générale habilitée à recevoir les DONS et les LEGS. Directeur : Rav Elie LELLOUCHE
ÉLOGE DU TRAVAIL DES ENFANTS Yo’hanan NATANSON

« Fais le dénombrement des enfants accorde donc pas de part dans la la Torah est celle de préserver la
de Léwi, selon leur descendance terre, comme aux autres tribus, Torah elle-même. C’est ce que font
paternelle, par familles ; tous les de sorte qu’ils n’aient pas à se les Léwiim de la seule manière que
mâles, depuis l’âge d’un mois et soucier de faire fructifier leur bien. nous ayons jamais connue de puis
au-delà, tu les dénombreras. » Et puisqu’ils ne peuvent subvenir Matan Torah : en devenant des
Bamidbar 3,15 par eux-mêmes à leurs besoins, on Talmidéi ‘Hakhamim, et en faisant
leur fournira de quoi vivre, par les rayonner la Torah parmi le Peuple.
Rashi explique : « Dès qu’il a cessé prélèvements de la Teroumah et du Cette fonction vitale ne saurait
d’être considéré comme un fœtus, Ma’asser. attendre l’âge de trente ans, ni
il sera compté parmi ceux que l’on de vingt, ni même de dix  ! Pour
appelle « les gardiens de la garde Bien sûr, comme il y avait l’accomplir de la meilleure
du sanctuaire » (verset 28). constamment plus de Léwiim manière, à l’échelle de la Nation
Rabbi Yehouda bar Rabbi Chalom que n’en exigeait le Service du toute entière, il faut rien de moins
a enseigné : « On a l’habitude, dans Mishqan, la plupart disposaient de que de mettre les enfants au travail,
cette tribu, d’être compté dès la longues périodes de temps « libre ». par une éducation rigoureuse, et
naissance, comme il est écrit : “qui C’est pourquoi nombre d’entre ce dès la plus tendre enfance, pour
a été enfantée à Léwi en Égypte” eux sont devenus des Talmidei les préparer aux fonctions élevées
(26, 59). Or, c’est à son entrée en ‘Hakhamim de première force, qu’ils auront à remplir.
Égypte, à ses portes, qu’elle est qui diffusaient la connaissance
née, et elle est pourtant comptée de la Torah au sein du Peuple. Ils La Torah, continue le Rav
d’emblée parmi les soixante-dix constituèrent ainsi un véritable Hirsch, nous informe sur une
personnes [qui sont arrivées en « corps enseignant », disponible troisième fonction des Léwiim, qui
Égypte avec Ya‘aqov]. » en tout temps pour l’instruction du solliciterait également les enfants.
Peuple juif. Les tâches effectuées par les Lewiim
Dans son Shoel hou Méshiv, Rabbi au Beit haMiqdash sont appelées
Joseph Saul Nathansohn (1808- Notre verset ordonne de compter mishmeret, une « garde » ou une
1875) explique pourquoi l’âge les Léwiim depuis l’âge de un charge. Une mishmeret peut être
auquel les Bnei Léwi doivent être mois, c’est-à-dire du moment où ils qualifiée dans la Torah de plusieurs
dénombrés est différent de celui sont halakhiquement viables. C’est manières. Par exemple mishmeret
des autres bnei Yisrael. surprenant puisque, comme on l’a haMishqan, ou mishmeret Aharon
Le Juif qui est âgé de vingt ans et souligné, les autres Bnei Yisrael ne haCohen, ou encore mishmeret kol
plus est en effet appelé « Ish », un sont pas comptés de cette manière ; ha’edah. Toutes ces expressions
homme à part entière, pleinement d’autant plus étrange qu’un traduisent un aspect particulier des
responsable de lui-même, que l’on chapitre plus loin, la Torah donne devoirs qu’on accomplit dans le
désigne par son nom personnel. l’ordre de compter les Léwiim à Temple, au nom du Peuple juif.
Les Lévites se distinguent de ce partir de l’âge de trente ans (infra
point de vue, en ceci qu’ils sont 4,3)  ! Si l’on considère que la Une de ces expressions, cependant,
d’abord identifiés, jusqu’à nos tâche de certains d’entre eux était résonne différemment : mishmeret
jours, en tant que « fils de Léwi ». Il physiquement exigeante, trente beShem Hashem. Il s’agit là d’une
est donc normal de les dénombrer ans semble raisonnable, et c’est tâche qui n’est pas comparable
dès le moment où ils ne sont plus bien l’âge où ils commençaient à aux autres. La Guémara (Arakhin
« considéré[s] comme un fœtus » et assurer effectivement leur service. 13b) y voit la mission confiée aux
donc halakhiquement viables. L’âge d’un mois doit donc Léwiim d’accompagner de musique
correspondre à un aspect différent le service des qorbanot. C’est une
Dans son merveilleux commentaire, de la vocation des Léwiim ; un fonction réellement accomplie
le Rav Shimshon Raphaël Hirsch aspect si important, si complexe « beShem Hashem », pour le
(cité par le Rav Adlerstein) propose qu’il exige d’en entreprendre Nom de Hashem, parce qu’ils y
un autre éclairage. Les Bnei l’apprentissage dès le berceau ! agissent davantage, si l’on peut
Léwi, enseigne-t-il, devaient servir Les deux vocations des Léwiim, dire, comme représentants de D.ieu
dans les lieux et les fonctions les poursuit le Rav Hirsch, sont que comme agents des Bnei Yisrael.
plus saints : Les Cohanim pour véritablement complémentaires. Lorsqu’ils font entendre ces chants
l’accomplissement du service, Leur rôle au Beth haMiqdash, d’inspiration divine sont comme les
les Léwiim comme porteurs du c’est d’être les gardiens du lieu qui émissaires de Hashem Lui-même,
Mishqan, et plus tard en tant que abrite la manifestation physique de qui transmettent, par la musique,
gardiens du Beth haMiqdash (qu’il la Présence divine, les Tables de Son message à toute la Nation.
soit reconstruit bientôt et de nos la Loi. L’Arche, avec l’abondant Les enfants peuvent certainement
jours !). symbolisme qui l’entoure, rappelle être associés à une telle mission,
Puisqu’ils devaient consacrer au Juifs l’événement du Sinaï, Elle ne commence sûrement pas à
l’essentiel de leur temps à ces qui les a transformés à jamais un mois, mais son accomplissement
saintes activités, ils n’était pas en serviteurs de Hashem et en ne demande pas d’avoir trente ans !
souhaitable qu’ils s’adonnent gardiens de Sa Torah.
à une activité professionnelle à Mais plus importante encore que la ‘Hag saméa’h lekoulam !
temps complet. La Torah ne leur tâche de conserver les symboles de
FEU, EAU ET DÉSERT
Michael SOSKIN

Nous commençons le Séfer pas apprendre, celui qui sans- ceux qui font de l’homme un « élève
Bamidbar par une remise en cesse parle ne peut pas entendre, d’Avraham » d’après la Michna de
contexte : « Et Hachem parla à et chercher la vérité passe par Pirkei Avot (5, 22) : « un bon œil,
Moché dans le désert du Sinaï – reconnaitre qu’on ne la détient pas un esprit bas et une âme [Nefech –
Bemidbar Sinaï ». Nos sages, nécessairement. Voilà pourquoi l’âme dans son rapport au corps]
dans le Midrach (Bam. Rabb. 1,7), Moché, qui était l’homme le plus diminuée ». Bartenoura explique que
donnent plus de précisions : « la sage, était aussi le plus humble des cette dernière qualité correspond à
Torah a été donnée dans trois hommes. la modération dans le rapport aux
circonstances : le feu, l’eau, et plaisirs de ce monde. « L’esprit
le désert. Le feu, d’où le savons- 2) Le feu représente le trait de bas » fait évidemment référence
nous ? De ce qu’il est écrit : « Et caractère opposé, ou plutôt à l’humilité. Et, plus intéressant,
la montagne du Sinaï était toute complémentaire : celui d’une le « bon œil » est l’inverse de la
fumante » (Chemot 19,18). L’eau, forte conviction, d’une certaine jalousie. Il représente celui qui est
d’où l’apprenons-nous ? Car il fierté qui se traduit dans le feu pleinement heureux de sa part,
est dit : « Les cieux fondirent, de l’enthousiasme, et qui pousse de son rôle, fier de ce qu’il est, de
les nuages fondirent en eaux » Avraham, par exemple, à se jeter sorte qu’il n’a rien à envier à l’autre.
(Choftim 5,4). Et le désert, d’où le dans la fournaise sans la moindre Nous retrouvons donc le feu, l’eau,
déduit-on ? Du verset [déjà cité, et hésitation. Le Midrach (Sifri et le désert, comme des éléments
qui ouvre notre Paracha] ». sur Vezot Haberakha) affirme  : qui permettent d’être dans la lignée
tout comme ceux qui travaillent d’Avraham.
Que veulent nous dire nos Sages constamment près du feu sont
à travers ce symbolisme ? Le aisément reconnaissables [ils sont Rav Avraham Yaffé-Schlesinger fait
Midrach lui-même offre un début brunis par la chaleur], ainsi les remarquer que ces trois éléments
de réponse dans la suite : « Tout Talmidei Hakhamim –les sages en trouvent leurs exacts opposés
comme ces trois éléments sont Torah, sont identifiables de tous dans une autre Michna de Pirkei
à la libre disposition de toute par leur manière de parler, de se Avot (4,28) : « la jalousie, le désir
l’humanité [littéralement : de tous conduire, et de se vêtir. L’étudiant et l’honneur retirent l’homme du
ceux qui marchent dans le monde], en Torah doit maintenir une monde ». Celui qui court après les
ainsi les paroles de Torah le sont estime de soi et s’il est conscient honneurs montre qu’il a une trop
également. » La Torah, nous dit de la valeur de la Torah, il est haute estime de lui-même. Celui
le Midrach, serait comme une nécessairement fier de porter une qui est jaloux, à l’inverse, voit sans-
« ressource naturelle », qui ne peut si noble mission. cesse chez l’autre ce qu’il ne trouve
en aucun cas être confisquée par pas chez lui-même, c’est donc qu’il
des individus et qui est accessible 3) Le désert représente la ne sait pas apprécier pleinement ce
par tout un chacun. Mais cette modération : c’est un endroit reculé, qu’il est. Celui qui est prisonnier de
explication semble limitée : elle peu propice à l’enrichissement. l’un de ces traits de caractères, est
ne permet pas d’apprécier le Dans le désert, les Hébreux de fait « exclu du monde » : il est
choix précis de ces trois éléments recevaient précisément ce qui leur absolument fermé à toute possibilité
naturels plutôt que d’autres était nécessaire grâce à la Manne, de s’ancrer dans un monde de vérité.
ressources. sans possibilité d’accumuler
des biens, et le Midrach nous dit Nous pouvons désormais proposer
Les commentateurs voient dans que « ça n’est qu’à ceux qui se une nouvelle interprétation de
ces trois éléments les symboles nourrissaient de la Manne que la l’explication donnée par notre
de trois qualités indispensables Torah a pu être donnée » (Mekhilta premier Midrach aux trois facteurs
à celui qui souhaite pleinement sur Bechala’h). En effet, la poursuite qui concourent à la promulgation de
acquérir la Torah, c’est-à-dire non effrénée des biens terrestres rentre la Torah. Ces trois éléments sont « à
pas l’étudier comme une science nécessairement en concurrence la disposition de l’humanité », mais
mais plutôt s’imbiber de son avec le développement d’un comme nous l’avons fait remarquer,
enseignement et transformer son patrimoine spirituel. C’est ce que d’autres ressources naturelles
esprit et sa conduite par son biais : veulent dire nos Sages lorsqu’ils auraient pu être utilisées pour
affirment que «  Les paroles de illustrer ce point. Il faut donc –peut-
1) L’eau représente la modestie. La Torah ne peuvent être pleinement être, traduire plus littéralement :
Guemara (Taanit 7a) dit à propos du intégrées que par celui qui se tue ces éléments sont l’apanage de
verset (Isaïe 55,1) « Ah ! Que celui pour elles », c’est-à-dire qui sait « tous ceux qui marchent dans
qui a soif aille vers l’eau », que la renoncer à la conquête de plaisirs le monde », c’est-à-dire ceux qui
Torah est comparée à l’eau car tout matériels de l’instant pour investir cherchent à s’ancrer dans le monde
comme l’eau, par nature, coule du dans une construction spirituelle (à l’opposé de ceux qui s’en retirent)
haut vers le bas, ainsi la Torah ne éternelle. en recherchant la vérité grâce
peut résider que chez celui qui a à un travail de modestie (l’eau),
l’esprit bas (qui est humble). En A y regarder de plus près, ces trois d’appréciation et de conviction (le
effet, celui qui croit savoir ne peut traits de caractères sont aussi feu), et de modération (le désert).
CHAVOUOT : ROCH HACHANA DE LA TORAH
Raphaël ATTIAS

Le Traité Meguila 31b enseigne: fruits des arbres y sont jugés. Pourquoi alors, l’année, alors qu’à Chavou’ot, on est jugé
Rabbi Shim’on Ben Eléazar dit : ‘Ezra Pessah et Souccot ne sont pas considérés sur notre investissement dans l’Etude de
institua qu’Israël lise les malédictions écrites aussi comme des Rosh Hachana ? la Torah. D’ailleurs la Paracha Bé’houkotay
dans Torat Cohanim (Bé’houkotay) avant commence par des versets qui énoncent des
Shavouot, et celles écrites dans Dévarim Rappelons que Chavou’ot est le temps Bérakhot pour ceux qui suivent le chemin de
(Ki Tavo) avant Rosh Hashana. Quelle en du « Don de la Torah » et que c’est par la Torah la Torah, comme il est écrit « Im bé’houkotay
est la raison? Abayé, ou selon d’autres, Resh que la création subsiste. télékhou, véete mitsvotaï tichmerou..  » «  Si
Lakish, répond : afin que l’année s’achève ainsi Rachi, dans son commentaire sur Béréchit (I, dans mes statuts vous marchez et mes
que ses malédictions. 31), justifie ainsi la présence d’un hé dans le mitsvot vous gardez … »
Le Talmud demande : «On comprend pour terme Hachichi, de la manière suivante :
celles de Dévarim (Ki Tavo) - la raison de Le hé superflu (dans hachichi) qui apparaît à - Rachi explique : «  Si dans mes statuts
«que l’année s‘a chève avec ses malédiction» la fin de l’œuvre de la création est destiné à vous marchez  » je pourrai croire qu’il s’agit
s’applique, mais pour celles de Torat Cohanim nous faire savoir que Hakadoch Baroukh Hou ici de l’obser vance des mitsvot mais le texte
(Bé’houkotay), la fête de Shavouot est-elle un l’a assortie d’une condition, à savoir qu’Israël poursuit : « et mes mitsvot vous gardez ».
nouvel an ?» accepte les « cinq » (chiffre exprimé par la Comment expliquerai-je alors : «  si dans
Le Talmud répond : «En effet, la fête de lettre hé) Livres de la Torah. (Chabbat 88a). mes statuts vous marchez  » ? Si vous vous
Shavouot est aussi un nouvel an, car il est Autre explication : « Le » jour sixième : tout donnez de la peine dans l’étude de la Torah.
enseigné : lors de Shavouot, on juge les fruits est en suspens dans l’attente du sixième jour
de l’arbre» (Roch Hachana 16a). – le six Sivan, date à laquelle sera donnée la - Le Shlah Hakadosh (Massechet Shavouot)
Torah (‘Avoda Zara 3a) explique que Shavou’ot est le jour du jugement
Cet enseignement soulève plusieurs lié au Don de la Torah. A Shavouot, les âmes
questions : Déjà les Tossefot (Méguila 31b, Dibour d Israël sont jugées, telles «les fruits de
Quelles sont les malédictions qui sont Hamat’hil «Kelalot») s’interrogent sur la l‘a rbre», car elles ont émergé de l’arbre des
enfouies dans l’année  ? raison pour laquelle nous intercalons la Sidra âmes d’Hachem. On les juge pour savoir si
Il aurait été plus compréhensible de dire de Bamidbar entre la lecture de Béchoukotaï elles ont étudié la Torah et ont obser vé les
«  que s’achève l’année et que s’achèvent les et Shavouot, ainsi que la Sidra de Nitzavim Mitsvot.
malédictions »… En associant les malédictions entre la lecture de Ki Tavo et Rosh Hashana. La joie doit être spirituelle, faite de
à l’année, on comprend que l’année elle-même Ils répondent que c’est pour interrompre par remerciements et de louanges à Hachem, qui
génère les malédictions ! un Shabbat où on lira avant Rosh Hashana nous a donné la Torah. Une personne doit être
« une Sidra qui ne traite absolument pas de inspirée pour se sanctifier et rectifier ses
Nos Maîtres expliquent qu’en effet les malédictions, afin de ne pas juxtaposer les actes et ainsi de s’attribuer la couronne de
malédictions sont liées au terme «  année  » malédictions avec Rosh Hashana. De même, la Torah en accomplissant : «Tu l’étudieras
(Shana en hébreu) nous lisons la Sidra de Bamidbar avant jour et nuit». Car, ce jour saint est un jour
Le mot «  Shana  » veut dire «  se répéter  » Shavouot, afin de ne pas juxtaposer les de jugement.
(Léchanen)… ce qui implique qu’il n’y a pas de malédictions de Béchoukotaï avec Shavouot.
renouvellement, pas de renouveau  ! Comme - Le Tolaat Yaakov écrit : Sache que de même
dit le verset «  ce qui était est ce qui sera Dans ce texte du Talmud, nos Sages nous qu’à Rosh Hashana, Hachem super vise et
et ce qui s’est fait est ce qui se fera, rien de donnent deux enseignements : évalue les actions de l’homme, car c’est le
nouveau sous le soleil » . Dans cette conduite 1) La fête de Chavouot qui approche doit avoir jour de Création et le renouvellement du
la nature reste nature, immuable. Chaque à nos yeux une dimension de Roch Hachana et monde... de même, le jour du Don de la Torah,
seconde amène ce que la seconde précédente d’un jour de jugement. qui démontre le renouvellement du monde,
a amené. Il n’y a pas de bérakha car pas de 2) La veille de ces jours de jugement de Hachem super vise et évalue le bien-fondé
renouvellement… Là, se trouve la source de Chavouot et Roch Hachana, nous avons de l’existence du monde et juge les fruits de
la malédiction. besoin d’entendre les malédictions qui se l’arbre... Nous avons déjà expliqué que ces
La lecture des Kélalot nous fait prendre trouvent dans la Torah d’où l’institution de fruits sont les âmes qui ont fleuri sur l‘a rbre d
conscience de cette situation, de cet ‘Ezra Hassofer. Hashem. Le monde est jugé en ce jour en ce qui
enfermement dans le temps et nous incite à concerne la Torah qui lui a été donnée, on juge
prendre un nouveau départ  :  «  que l’année Ces deux jours de Din (jugement) ceux qui ont négligé d’étudier correctement.
commence avec ses bénédictions… » correspondent à la Création du Monde (Roch Voilà ce que l’on entend par «les fruits de
Hachana) et au Don de la Torah (Chavou’ot) l’arbre» !
D’autre part, pour justifier que Chavou’ot qui est le parachèvement de cette Création.
est considéré comme un Roch Hachana, le Le Din est cependant différent  : A Roch Que l’année finisse avec ses malédictions, que
Talmud donne comme argument le fait que les Hachana, on est jugé sur nos actions de l’année commence avec ses bénédictions…

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Ce feuillet d’étude est offert à la mémoire de Mouchi Ben Rachel