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Cours de Olivier Cardi

Université Panthéon-Assas Paris 2


Macroéconomie
L1 AES
Année universitaire 2009-2010

TD 5 : Le modèle de plein-emploi - Éléments de correction

1 Questions de cours
1. Le modèle de plein emploi constitue le modèle approprié pour étudier le comporte-
ment de l’économie dans le moyen terme. Le moyen terme signifie que les prix ont le
temps d’effectuer un ajustement complet pour équilibrer les marchés. Comme les prix
et les salaires sont parfaitement flexibles, le salaire réel égalise la demande et l’offre
de travail. Ce niveau d’emploi détermine un niveau naturel de production. Et comme
les prix des biens et services sont parfaitement flexibles, la demande s’ajuste à l’offre
si bien que la demande de biens et services est compatible avec le plein emploi.
2. Le niveau naturel de production représente la quantité de biens et services que les en-
treprises sont disposées à fournir, compte tenu de leur stock de biens d’équipement,
et lorsque le salaire réel s’ajuste de façon à ce que le marché du travail soit dans
une situation d’équilibre. C’est donc le niveau de production atteint par l’économie
lorsqu’elle est en situation de plein-emploi, c’est-à-dire utilise les facteurs de produc-
tion dans des conditions normales. Puisqu’à moyen terme, les prix sont parfaitement
flexibles, la quantité offerte sur le marché est égale à la quantité demandée si bien
que l’écart de production est nul.
Par le biais de la fonction de production, le niveau d’emploi d’équilibre N ? détermine
un niveau naturel de production Y ? pour un niveau donné du capital physique et
étant donné le niveau de technologie disponible. Par conséquent, l’offre est déterminée
par la quantité de facteurs de production utilisée et le niveau de technologie, et est
donc indépendante des conditions de demande.
3. Le modèle de plein emploi justifie l’utilisation de politiques de l’offre qui cherchent
à élever la production potentielle en favorisant l’accumulation des facteurs de pro-
duction disponibles (travail et capital) et en encourageant le progrès technique. Par
exemple une politique de subvention à l’embauche de travailleurs peu qualifiés ou une
politique élevant le taux d’emploi des jeunes ou des travailleurs âgés (accroissement
de l’emploi), une fiscalité favorable à l’investissement (accroissement du stock de ca-

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pital physique), des avantages fiscaux concédés aux entreprises qui consacrent des
ressources à l’activité de recherche-développement (augmentation du niveau de tech-
nologie), ou une politique augmentant la proportion des 25-64 ans ayant un diplôme
du supérieur (augmentation du capital humain) sont susceptibles d’influencer positi-
vement le rythme de croissance tendancielle de l’économie.
L’exemple typique de politique de l’offre menée en France est la politique de désinflation
mise en place en 1983. Cette politique avait notamment pour but de stimuler la crois-
sance potentielle française en favorisant l’investissement en capital physique. Comme
le déterminant majeur de l’investissement est la productivité marginale du capital
que l’on peut définir comme le rapport entre l’excédent net d’exploitation et le ca-
pital physique, le gouvernment a bloqué la progression des salaires entre 1983 et
1988 ce qui a restauré les profits des firmes et a abouti à une augmentation du de la
rentabilité du capital. Le taux d’investissement est passé de 20% en 1983 à 22% en
1990 et le taux de croissance potentielle s’est élevé de 1.6% sur 1980-1985 à 3.3% sur
1985-1990.
4. A partir du document (Salanié, 2004, L’économie sans tabou, Le profit, moteur du
changement) :

(a) Le progrès technique permet à la fois une croissance régulière de l’emploi, du


PIB réel et de la rémunération des travailleurs en termes réels. Un changement
technologique élève la demande de travail (déplace la demande de travail vers le
bas dans le diagramme à 4 quadrants), exerce une pression à la hausse sur les
salaires réels. Une fois que le salaire réel a atteint son niveau d’équilibre, l’em-
ploi est plus élevé (premier élément). Parallèlement, pour le niveau d’emploi
d’équilibre initial, la production est plus élevée sous l’effet du progrès tech-
nique, ce qui se traduit pas un déplacement de la fonction de production vers la
droite (deuxième élément). Le nouveau niveau d’emploi d’équilibre et le niveau
de technologie plus important détermine un niveau de production plus grand
(troisième élément). La courbe d’offre globale de biens et services se déplace
vers la droite. L’excès d’offre sur ce marché exerce une pression à la baisse sur
les prix (quatrième élément). Finalement, le progrès technique élève l’emploi,
la production et le salaire réel. Cependant, la relation entre emploi et progrès
technique dépend de la pente de la courbve d’offre de travail. Si elle est pen-
tue, alors une partie importante des gains de productivité va être répercutée en
augmentation de salaire réel ce qui vient limiter l’effet sur l’emploi.
(b) Les firmes ne vont accepter de consacrer des sommes importantes à la recherche-
développement que si elles s’attendent à retirer un profit élevé de la création de

2
nouveaux produits ou de nouveaux procédés de fabrication. La perspective de
profit va donc constituer une condition nécessaire à la production de nouveaux
produits. Pour inciter les entreprises à consacrer une fraction suffisamment im-
portante de leurs ressources à l’activité de R-D, les gouvernements ont mis en
place un système de brevets qui protège l’innovation des imitateurs potentiels
pendant une certaine durée. Ces brevets procurent donc à l’entreprise l’exclu-
sivité de la production d’un bien spécifique et donc une rente monopolistique.
Cette rente monopolistique constitue l’incitation à l’innovation. Mais le brevet
n’a pas que des avantages : il limite la diffusion du progrès technique car els
autres entreprises ne peuvent bénéficier du plan de fabrication du produit pen-
dant la durée de vie du projet. Par ailleurs, l’absence d’entrants potentiels sur
le marche risque de limiter l’incitation à l’innovation car la firme en situation de
monopole est assurée de conserver une demande élévée s’adressant à son produit
sans améliorer la qualité ou la variété de ses produits.

5. Une augmentation du taux de croissance de la masse monétaire d’un point de pour-


centage élève la demande au-dessus de la croissance potentielle et crée un excès de
demande sur le marché des biens et services. Ce déséquilibre exerce une pression à la
hausse sur les prix ce qui provoque une baisse du salaire réel. Il apparaı̂t un excès de
demande sur le marché du travail qui exige en retour une augmentation des salaires
nominaux d’un point de pourcentage de façon à laisser inchangé le salaire réel. L’in-
flation effective s’accélérant, les intervenants sur le marché financier exigent un taux
d’intérêt nominal plus élevé qui augmente d’un point de pourcentage par rapport au
taux d’intérêt initial. Finalement, comme le salaire réel est inchangé, l’emploi n’est
pas affecté et donc la production finale se maintient à son niveau potentiel. Le hausse
de la quantité de monnaie a simplement élevé la valeur nominale de la production
sans modifier les quantités produites. Et comme le taux d’intérêt nominal augmente
du même nombre de points de pourcentage que le taux d’inflation, le taux d’intérêt
réel est inchangé, ainsi que l’épargne et l’investissement.
En conclusion, la monnaie est neutre car elle n’a aucun effet sur les variables réelles
comme l’emploi, la production ou le taux d’intérêt réel. Cette neutralité de la monnaie
repose sur l’hypothèse de parfaite flexibilité des variables nominales qui s’ajustent de
façon à éliminer tout déséquilibre sur les marchés.
Dans le modèle de plein emploi, les variables réelles sont complètement indépendantes
des changements des variables nominales. Ce résultat est dû à la parfaite flexibilité
des variables nominales dont les ajustements rétablissent l’équilibre sur les marchés
en laissant inchangées les variables réelles. Cette indépendance entre variables réelles

3
et variables nominales est appelée dichotomie classique.
6. Le chômage conjoncturel représente une situation de chômage involontaire entraı̂né
par l’insuffisance de la demande de biens et services. Pour que la demande influence
les quantités produites, il faut donc relâcher l’hypothèse de parfaite flexibilité des
salaires nominaux ou des prix des biens et services.
Lorsque les salaires nominaux sont rigides, une demande insuffisante de biens et
services va aboutir à un salaire réel élevé car le prix sera faible. Le salaire réel étant
plus élevé que le salaire réel d’équilibre, il va apparaı̂tre un déséquilibre entre l’offre et
la demande de travail ce qui traduit uen situation de chômage conjoncturel. Comme
l’emploi est inférieur à son niveau d’équilibre, la production sera en-dessous de son
niveau naturel et l’économie connaı̂tra une phase de récession économique.
Lorsque les prix sont rigides, les firmes vont ajuster les quantités produites au niveau
de la demande. Si la demande est inférieure à celle qui serait compatible avec le
plein emploi, elles produiront une quantité plus faible que la production potentielle
et par conséquent, elles conserveront un effectif de travailleurs juste nécessaire pour
produire les quantités demandées. Dans cette situation, du chômage conjonctuel va
apparaı̂tre sous l’effet d’une contraction de la demande de travail.
7. Sous les hypothèses de parfaite flexibilité des prix et des salaires nominaux, la de-
mande va s’ajuster au niveau de l’offre de façon à être compatible avec la production
de plein emploi. En revanche, lorsque les prix ou les salaires sont rigides la production
ne sera plus indépendante des prix et les prix ou les salaires ne s’ajusteront plus pour
mettre à la demande d’être compatible avec le plein emploi. Dans cette configuration,
l’équilibre sur le marché des biens et services peut très être garanti (dans le sens où
il y a égalité entre la demande et l’offre de biens et services) mais si la demande est
insuffisante, l’emploi sera plus faible : (1) soit parce que les salaires réels seront trops
élevés en situation de rigidité des salaires, (2) soit parce que la quantité produite et
donc la demande de travail sera trop faible en situation de rigidité des prix.
L’État doit intervenir de façon à stimuler la demande et l’amener au niveau du plein
emploi. Pour élever la demande, il peut recourir à une politique monétaire ou une
politique budgétaire expansionniste. Lorsque les salaires sont rigides, la hausse de la
demande exercera une pression à la hausse sur les prix ce qui ramènera les salaires
réels à leur niveau d’équilibre. Lorsque les prix sont rigides et donc que la produc-
tion est dictée par le niveau de la demande, une politique qui stimule la demande
s’adressant aux entreprises les incitera à produire davantage. Finalement, en élevant
la demande à un niveau compatible avec le plein emploi, on ramène l’emploi et la
production à leurs niveaux naturels ce qui permet d’éliminer le chômage conjoncturel.

4
8. Il existe des changements de l’environnement économique pouvant affecter à la fois
les conditions de demande et les conditions d’offre. Une crise bancaire et financière
va affecter la demande agrégée en contractant à court terme la consommation et l’in-
vestissement (la baisse du cours des actions réduit la richesse financière des ménages
et aboutit à une réduction de la rentabilité du capital des entreprises). Par ailleurs,
la dégradation de la situation financière des banques peut aboutit à une situation
de rationnement du crédit. La réduction du financement de la consommation et de
l’investissement va en retour contracter la demande agrégée. Une crise bancaire aura
également des effets à moyen terme car la réduction du taux d’investissement aboutit
à un stock de capital physique moins important et un ralentissement de la crois-
sance potentielle. Comme le stock de capital est moins élevé, la demande de ravail se
contracte ce qui réduit l’emploi et diminue davantage la croissance potentielle.

2 Exercice - Les effets de chocs d’offre et de demande sur


l’économie à moyen terme

On considère une économie fermée sans État et caractérisée par les équations suivantes :
¡ ¢
Y = A × F N,K̄ = A × N α , (1a)
2
µ ¶−2
A W
ND = × , (1b)
4 P
µ ¶
S W
N = a× , (1c)
P
M S = M̄ , (1d)
M D = k × P × Y, (1e)

où Y est le revenu réel (ou la production en volume), K̄ est le stock de capital supposé
fixe et égal à l’unité, N D la demande de travail, W le taux de salaire nominal, P le niveau
général des prix, N S l’offre de travail, M S l’offre de monnaie, M D la demande de monnaie,
et A, a, k des paramètres. On pose A = 100, α = 0.5, a = A2 /4, M̄ = 2000, k = 1/2.

1. Les caractéristiques de la fonction de production.

(a) Les dérivées première et seconde de la fonction de production par rapport au


travail sont données par :
∂Y ∂2Y
= A × α × N α−1 > 0, = A × α × (α − 1) × N α−2 < 0,
∂N ∂N 2

5
où α < 1. La dérivée première reflète la productivité marginale du travail et tra-
duit la contribution d’un travailleur supplémentaire à la production. Son signe
est positif ce qui signifie que la production s’élève à mesure qu’on accroı̂t le
nombre de tarvailleurs dans l’entreprise. La dérivée second traduit le fait que
pour un stock de capital fixe, la contribution d’un travailleur supplémentaire à
l’accroissement de la production diminue à mesure que le nombre d’employés
augmente. Son signe négatif traduit la loi des rendements décroissants. Pour
résumer, la productivité marginale du travail est positive et décroissante. Elle
n’est que le reflet de l’applatissement de la fonction de production. En termes
mathématiques, cet applatissement traduit la concavité de la fonction de pro-
duction.
(b) Si α = 1, alors la production devient une fonction linéaire du travail. Cela
signifie simplement que si l’on double la quantité de travail, la production double
également. De manière graphique, la courbe représentative de la fonction serait
une droite. On dit alors que la fonction de production est dotée de rendements
d’échelle constants par rapport au travail.

2. Les fonctions de demande et d’offre de travail.

(a) La fonction de demande de travail est une fonction décroissante du salaire réel
(coût du travail) et une fonction croissante de la productivité des travailleurs
(Expliquez aux étudiants à l’aide d’un graphique montrant la productivité mar-
ginale du travail et le salaire réel). Pour retrouver l’expression de la fonction
de demande de travail, il faut d’abord écrire la fonction de profit de la firme :
Π = P × Y − W × N . La firme va choisir un niveau d’emploi N de façon à
atteindre le bénéfice le plus élevé. Le profit est maximum lorsque l’on se situe
au sommet de la fonction de profit. Au sommet, le profit marginal est nul et
il y a égalité entre la productivité marginale du travail A × α × N alpha−1 et le
salaire réel W/P . La demande de travail déduite de cette égalité sera équivalente
à l’équation (1b) en substituant la valeur de α, c’est-à-dire :
· ¸2
D A
N = .
2 × (W/P )

La fonction d’offre de travail est une fonction croissante du salaire réel. Dans
le d’un cadre d’arbitrage travail-loisirs, plus le salaire réel est élevé et plus il
devient intéressant de travailler (puisque le coût d’opportunité du loisir devient
élevé - c’est l’effet substitution); mais dans le même temps, en travaillant le
même nombre d’heures, on est plus riche car le salaire réel est plus élevé et

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on peut donc à la fois acheter plus de biens de consommation et consommer
plus de loisirs (puisque les ressources augmentent - c’est l’effet revenu). On sup-
pose habituellement que l’effet substitution l’emporte sur l’effet revenu et donc
que l’offre de travail est croissante avec le salaire réel. Les travaux empiriques
montrent que l’offre de travail est pentue ce qui indique que l’effet revenu com-
pense en partie l’effet susbtitution et donc que l’offre de travail est relativement
peu sensible aux variations du salaire réel. Pour simplifier, on a supposé que la
fonction d’offre de travail est une fonciton linéaire. Comme l’ordonnée à l’origine
est nulle et le salaire de réserve est égal à zéro.
(b) Dès qu’il apparaı̂t un déséquilibre sur le marché du travail prenant la forme
d’un excès d’offre ou de demande de travail, c’est la flexibilité du salaire réel qui
permet de rétablir l’équilibre.

3. La fonction de demande de monnaie est formulée à partir de l’équation des échanges.


Elle indique que la demande d’encaisses monétaires réelles est une proportion constante
du revenu réel. Le paramètre k est l’inverse de la vitesse de la monnaie.
En utilisant l’équilibre sur le marché de la monnaie, il est possible de déterminer une
fonction de demande de biens et sevices qui raduit une relation entre les quantités
demandées et offertes. Elle représente l’ensemble des points d’équilibre entre la de-
mande et l’offre de monnaie pour différents niveaux de quantité demandée et de prix.
De manière formelle, il faut utiliser l’équation des échanges : M̄ × V = P × Y . Sup-
posons que le niveau général des prix P augmente et que l’offre de monnaie M̄ reste
inchangée. Comme la vitesse de circulation de la monnaie est supposée constante,
il faut que les quantités demandées de biens et services diminue. Par conséquent,
à partir de l’équation des échanges, on obtient une relation inverse entre la quan-
tité demandée de biens et services Y D et le niveau des prix P . Le modèle IS-LM
permettra de mieux comprendre l’intuition économique sous-jecente à cette relation
inverse entre revenu et prix. L’idée est la suivante. Lorsque les prix augmentent, la
quantité d’encaisses monétaires réelles diminue. Pour amener la quantité demandée
de monnaie au niveau de l’offre de monnaie, il faut une hausse du taux d’intérêt.
La hausse du taux d’intérêt constracte la demande de biens et services en diminuant
l’investissement.
4. Les valeurs initiales des variables macroéconomiques sont obtenues en égalisant l’offre

7
et la demande sur le marché du travail et des biens et services :
µ ¶? · 2 ¸1/3
W A0
ND = NS ⇔ = = 1, (2a)
P 0 a×4
µ ¶?
S W
N = a× ⇔ N0? = 2500, (2b)
P 0
Y0? = A0 × (N0? )α = 5000, (2c)
M̄0 4
P0? = ? = , (2d)
k×Y 5
µ ¶0?
W 4
W0? = × P0? = . (2e)
P 0 5

5. L’offre de monnaie s’élève et passe de M̄0 à M̄ 1 . Seuls le niveau général des prix
et le salaire nominal sont modifiés (expliquez le mécanisme économique permettant
d’aboutir à ce résultat; voir cours) :

M̄1 6
P1? = = , (3a)
k × Y0? 5
µ ¶?
W 6
W1? = × P1? = . (3b)
P 0 5

La masse monétaire s’élève de 50% ce qui élève les prix de 50% et les salaires nominaux
de 50%. La hausse des prix permet d’amener de nouveau la demande au niveau naturel
de production Y0? qui est resté inchangé. L’augmentation du salaire nominal dans la
même proportion que les prix permet d’amener le niveau du salaire réel à son niveau
initial. L’accroissement du taux d’intérêt nominal sous l’effet de l’accélération de
l’inflation laisse inchangé le taux d’intérêt réel et donc l’épargne et l’investissement.
6. Le diagramme de dispersion confirme bien que les pays où la progression de la masse
monétaire a été relativement plus élevée ont connu des taux d’inflation relativement
plus forte.

1. L’hypothèse permettant d’aboutir à une offre de travail exogène est que l’effet sub-
stitution soit exactement compensé par l’effet revenu, ce qui se produit lorsque l’on
suppose que la fonction d’utilité est de type logarithmique (l’offre de tarvail est donc
parfaitement inélastique au salaire réel). Dans cette configuation, l’augmentation de
l’offre de travail du fait de la hausse du coût d’opportunité du loisir est exactement
compensée par la baisse de l’offre de travail du fait d’une rémunération du travail
plus importante.

8
2. Avec une offre de travail exogène telle que N̄ = 10000, les nouvelles valeurs d’équilibre
des variables macroéconomiques sont données par :
µ ¶? · 2 ¸1/2
D S W A /4 1
N = N = N̄ ⇔ = = , (4a)
P 2 N̄ 2
N2? = N̄ = 10000, (4b)
α ¡ ¢α
Y2? = A × (N2? ) = A × N̄ = 10000, (4c)
M̄0 2
P2? = ? = , (4d)
k×Y 5
µ ¶2?
W 1
W2? = × P2? = . (4e)
P 2 5
3. On suppose maintenant que l’indice de productivité globale des facteurs double et
s’établit au niveau A2 = 200. Les nouvelles valeurs d’équilibre des variables ma-
croéconomiques sont données par :
µ ¶?
D S W
N = N = N̄ ⇔ = 1, (5a)
P 3
N3? = N̄ = 10000, (5b)
Y3? = A2 × (N3? )α = 20000, (5c)
M̄0 1
P3? = = , (5d)
k × Y3? 5
µ ¶?
W 1
W3? = × P3? = . (5e)
P 3 5
Choc de productivité en supposant supposante que l’offre de travail est flexible et
donnée par (1c). On conserve les données utilisées pour déterminer (2), notamment
a = A20 /4, et on suppose que l’indice de productivité A2 = 8 × A0 (car cela permet
de simplifier les calculs). Les nouvelles valeurs d’équilibre s’écrivent :
µ ¶? µ ¶ 1 µ ¶2/3
D S W A2 2−α A2
N = N ⇔ = = = 4, (6a)
P 3 A0 A0
µ ¶?
? W
N3 = a × = 2500 × 4 = 10000, (6b)
P 3
Y3? = A2 × (N3? )α = 800 × 100 = 80000, (6c)
M̄0 2000 1
P3? = = = , (6d)
k × Y3? 0.5 × 80000 20
µ ¶?
? W 1 1
W3 = × P3? = 4 × = . (6e)
P 3 20 5
La cas d’une offre de travail flexible permet de montrer qu’à la suite d’une augmen-
tation de la productivité du travail (puisque le capital est absent), l’emploi total

9
augmente par rapport à la situation décrite par (2). Par ailleurs, le salaire réel étant
multiplié par 4 et le niveau général des prix divisé par 16 par rapport à l’état initial,
le salaire nominal est divisé par 4. C’est seulement dans le cas où l’offre de travail
est fixe que le salaire nominal est inchangé. Dans le cas d’une offre de travail flexible,
les gains de productivité sont répartis à la fois en hausse de salaire réel et augmenta-
tion d’emplois ce qui élève davantage le niveau naturel de production sous l’effet de
l’accroissement de l’emploi (à côté de la hausse de l’indice de productivité).
4. A la différence d’une augmentation exogène de l’offre de travail (toutes choses égales
par ailleurs), un accroissement de la productivité globale ou du stock de capital
physique élèverait l’emploi (si l’offre de travail était endogène), le salaire réel et
le PIB réel potentiel. Les études empiriques suggèrent plusieurs déterminants à la
productivité globale des facteurs, en particulier les dépenses en activité de recherche-
développement, le capital humain, le degré de concurrence (si le niveau de la concur-
rence n’est pas trop élevée). Par conséquent, une politique favorisant l’activité de
recherche-développement stimulerait la croissance économique. Par ailleurs, une po-
litique visant à soutenir l’investissement des entreprises en nouveau capital, en parti-
culier l’achat de biens d’équipement plus performants, devrait également permettre
d’élever le PIB réel potentiel, l’emploi (en supposant que capital et travail sont
complémentaires au sens d’Edgeworth, FN K = FKN > 0) et le salaire réel.

1. On peut avancer plusieurs causes à la rigidité des salaires nominaux : [i] le salaire fixé
dans le cadre des conventions collectives n’est pas modifié pendant un période pouvant
aller de 1 à 3 ans, [ii] le salaire d’efficience. L’explication est que les entreprises sont
réticentes à rémunérer le travail à un niveau trop faible et préfèrent payer le salaire
d’efficience. Les entreprises peuvent vouloir payer des salaires réels plus élevés que
le salaire réel d’équilibre pour maintenir une productivité élevée et un effort au travail
de la part des salariés.
2. On se situe à court terme. La règle de demande optimale de travail s’écrit sous la
forme suivante :
W0
PmL = .
P
Puisque W0 est fixé pour une certaine période, si le niveau général des prix se modifie
à la suite d’un changement inattendu de la demande, le salaire réel va varier. La
différence avec l’approche du modèle de plein emploi qui suppose la parfaite flexibilité
des salaires nominaux (ce qui est une hypothèse raisonnable lorsque l’on se situe à
moyen terme) est qu’en présence de rigidité des salaires nominaux, la productivité
marginale du travail va s’ajuster, et donc le niveau d’emploi. Par exemple, si le

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salaire réel s’élève au-dessus du salaire réel d’équilibre, aucune force ne vient rétablir
le salaire réel à son niveau compatible avec l’égalité entre l’offre et la demande de
travail. Comme l’emploi est déterminé par le côté court du marché du travail (ici la
demande de travail), l’emploi va diminuer en-dessous de sa valeur d’équilibre et il va
subsister un chômage involontaire. Comme l’emploi est plus faible, la production est
moins importante. Pour résumer, lorsque les prix diminuent, le salaire réel augmente,
l’emploi baisse, la production décroı̂t. On obtient alors une courbe d’offre agrégée de
court terme qui dépend maintenant du niveau des prix en raison de la rigidité des
salaires. De manière générale, lorsque les salaires ou les prix sont rigides, ce sont
les quantités qui s’ajustent et les quantités offertes de produit sur le marché vont
dépendre maintenant des conditions de demande. En d’autres termes, à court terme,
les entreprises produisent la quantité demandée. En revanche, à moyen terme, lorsque
les prix et les salaires sont flexibles, les individus demandent exactement la quantité
offerte sur le marché.
Pour le graphique à quatre quadrants, voir cours.
3. Pour déterminer de manière analytique l’offre agrégée de court terme, il suffit de
suivre la logique du diagramme à quatre quadrants. La production est déterminée
par l’emploi.
³ ´1/1−α
A×α
On substitue la fonction de demande de travail N D = W/P dans la fonction
de production. De manière paramétrique, on obtient :
µ ¶− 1−α
α
1 α W̄
Y = (A0 ) 1−α ×α 1−α × , (7)
P

et en substituant les valeurs de paramètre, la fonction d’offre agrégée de court terme


est donnée par :
¡ ¢α A2
Y S = A0 × N D = 0 × W0−1 × P = 6250 × P, pour Y < Y0 , (8)
2
où W0 = 4/5.
4. La masse monétaire diminue et s’établit à M̄4 = 1125.
(a) Les nouvelles valeurs d’équilibre des variables macroéconomiques sont données

11
par :
µ ¶ 12
S D M̄0
Y = Y ⇔ P4? = = 0.6, (9a)
k × 6250
W0 4
? = , (9b)
P4 3
Y4? = 6250 × P4? = 6250 × 0.6 = 3750, (9c)
µ ¶ µ ¶−2
? A20 W0 −2 1002 4
N4 = ? = × = 1406.25. (9d)
4 P4 4 3

Le salaire réel (4/3) est supérieur au salaire réel d’équilibre égal à 4/5. Donc
l’emploi et pas suite la production sotn plus faibles. Il apparaı̂t donc un chômage
involontaire.
En présence de rigidité des salaires ou des prix, la production, l’emploi et le
chômage peuvent maintenant s’écarter de manière persistante de leurs niveaux
naturels. Aucune force de marché ne permet de rétablir l’équilibre ce qui justifie
l’intervention de l’État. L’exemple typique est celui de la crise de 1929 quand
Roosevelt à mis en place une politique budgétaire expansioniste en 1933 qui a
permis de faire diminuer le chômage et de ramener l’économie vers son niveau
de plein-emploi. L’intervention de l’État consistant à atténuer l’impact de la
contraction de l’activité économique en menant une politique de relance de la
demande renvoie au rôle de stabilisation économique de l’État. Nous verrons
également que la situation du Japon semmblait suggérer une politique similaire
mais la situation de trappe à liquidités a enlevé toute efficacité à la politique
monétaire pour relancer l’économie.
(b) L’écart de production est égal à la différence entre le PIB réel observé et le PIB
réel potentiel (ou niveau naturel de production) : Y4? − Y0? = 3750 − 5000 =
−1250 < 0. Le chômage involontaire est égal au nombre de personnes qui sont
prêts à travailler au salaire réel courant. D’une manière générale, pour calculer
le chômage involontaire, il faut calculer l’offre et la demande pour le niveau
de salaire réel courant. Comme nous supposons que l’offre de travail est fixe,
au salaire ?
³ ´ réel courant W0 /P4 , les chômeurs involontaires sont égaux à N̄ −
ND W P4? . Le chômage involontaire est simplement égal à la différence entre
0

l’emploi d’équilibre déterminé par l’offre fixe et la demande d’emploi au salaire


réel courant W0 /P4? : N̄ − N̄4? = 10000 − 1406 = 8594.
5. Dans le modèle de plein emploi, l’absence de chômage involontaire s’explique par la
parfaite flexibilité des prix et des salaires nominaux. Dès que la demande se contracte,
les prix baissent et les salaires nominaux diminuent dans la même proportion que

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les prix de façon à maintenir le salaire réel à son niveau d’équilibre. La raison de
l’apparition du chômage involontaire est double : la demande de biens et services est
insuffisante ce qui implique un prix faible et un salaire réel élevé. Comme le salaire
nominal est fixe et ne s’ajuste pour assurer l’équilibre sur le marché du travail, un
déséquilibre entre offre et demande de travail subsiste. Keynes était favorable à une
politique de relance de la demande pour faire augmenter les prix, baisser le salaire
réel et ainsi rétablir l’équilibre sur le marché du travail.
6. La rigidité des prix rend également l’offre dépendante des conditions de demande. Si
la demande est insuffisante, l’offre s’ajuste à la baisse. Les entreprises licencient et de
nouveau un chômage involontaire va apparaı̂tre. La seule façon de faire disparaı̂tre
le chômage involontaire est de stimuler la demande, par exemple par une politique
de relance de la demande. Étant donné que dans le modèle, la demande de biens
et services dépend des encaisses montaires réelles, les autorités monétaires peuvent
élever la masse monétaire de façon à amener la demande à un niveau compatible avec
le plein emploi.

TD 6 : Le modèle kéynésien - Éléments de correction

3 Questions de cours
1. Le modèle de plein emploi est un modèle permettant d’expliquer le comportement de
l’économie dans le moyen terme. Il suppose que les prix et les salaires ont suffisamment
de temps pour effectuer un ajustement complet de façon à équilibrer les marchés.
Mais à court terme, les prix et les salaires nominaux présentent une forte inertie ce
qui rend le modèle de plein emploi inapproprié pour expliquer le comportement de
l’économie dans le court terme. Si la demande n’est pas compatible avec le plein
emploi, l’emploi et la production ne coı̈ncident pas avec leurs niveaux d’équilibre et
le taux de chômage s’écarte de son niveau naturel. Pour expliquer le comportement
de l’économie dans le court terme, il faut adopter l’approche keynésienne qui suppose
que les prix et les salaires sont fixes.
2. L’approche keynésienne est apparue juste après la grande dépression du début des
années 1930 qui a fait suite au krach boursier de 1929. Au début des années 1930, les
Etats-Unis ont connu un chômage massif et une chute importante du PIB réel. En
1933 qui est l’année la plus noire de la dépression, un quart de la population était
au chômage et le PIB était inférieur de 30% à son niveau de 1929. Cet épisode a
amené de nombreux économistes à remettre en cause le pouvoir explicatif du modèle

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de concurrentiel de base que nous avons étudié dans le TD 4. En effet, d’après le
modèle concurrentiel de base, le revenu national dépend des quantités de facteurs de
production et des technologies disponibles. C’est donc l’offre qui crée la demande. Le
problème est que les conditions d’offre n’ont été que sensiblement modifiées entre 1929
et 1933. Les économistes étaient convaincus de la nécessité d’un nouveau modèle pour
expliquer une dépression aussi profonde et inattendue et pour suggérer des politiques
économiques susceptibles d’atténuer les effets négatifs sur la production et le chômage
d’une contraction de l’activité économique.
3. L’approche keynésienne suppose que les prix et les salaires sont rigides. La rigidité des
prix des biens et services implique que les firmes ne modifient pas leurs prix mais les
quantités qu’elles produisent en fonction du niveau de la demande. Si la demande est
insuffisante, ils produiront la quantité demandée et conserveront un niveau d’effectif
juste suffisant pour produire les quantités demandées. A la différence de l’approche
du modèle de plein-emploi, les changements de la demande agrégée vont donc avoir
une influence sur les variables réelles. La rigidité des prix justifie l’intervention de
l’Etat donc le rôle est de stabiliser l’économie à court terme en stimulantla demande
lorsque l’économie est en situation de récession économique de façon à limiter la
hausse du chômage ou en freinant la demande lorsque l’économie est en situation
d’expansion économique de façon à contenir les tensions inflationnistes.
4. A court terme, les prix et les salaires sont rigides et les condition de demande
déterminent les conditions d’offre. La production doit suivre les mouvements de la
demande à court terme de façon à éviter une situation de sur- ou sous- production.
Si la demande est insuffisante et si les firmes produisaient le niveau de plein emploi,
les revenus versés par les firmes aux travailleurs et aux détenteurs du capital ne leur
reviendraient pas intégralement sous la forme d’une demande et l’excès de revenu
sera épargné.
5. En présence de rigidité des prix, l’équilibre sur le marché des biens et services peut
être associé à un déséquilibre sur le marché du travail. Cela se produit dans une
situation où la demande de biens et services n’est pas compatible avec la production
de plein emploi. Cette situation va perdurer tant que les prix ne s’ajustent pas ou que
la demande reste à un niveau faible. Il va apparaı̂tre un chômage involontaire car les
individus seraient prêts à travailler au taux de salaire réel mais ils ne le peuvent pas
car les firmes refusent d’embaucher. Elles refusent d’accroı̂tre leur demande de travail
car la demande de biens et services est insuffisante. Cette demande est insuffisante
car il y a un trop grand nombre d’individus inemployés.
On dit que l’économie est alors en situation d’équilibre de sous-emploi (Y < Y ? )

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lorsque la demande globale est inférieure à l’offre globale de biens et services, pour
le niveau de revenu national associé à la situation de plein-emploi. Dit autrement, la
demande agrégée n’est pas compatible avec le niveau de production de plein emploi.
L’écart entre la demande globale prévue pour le revenu national de plein-emploi et
la production de plein-emploi est appelé écart déflationniste. Cet écart représente
le montant d’accroissement de la demande nécessaire pour atteindre l’équilibre de
plein-emploi.
Faire le graphique du cours faisant apparaı̂tre la courbe de dépense prévue, l’équilibre
économique pour le niveau de production Y < Y ? , l’équilibre de plein emploi pour
Y = Y ? , et l’écart déflationniste.
6. Dans le modèle de plein emploi, en raison de la parfaite flexibilité des variables
nominales comme les salaires nominaux et les prix des biens et services, dès qu’un
déséquilibre apparaı̂t sur un marché, les variables nominales s’ajustent pour rétablir
l’équilibre. Si la demande agrégée se contracte, la production ne sera pas affectée car
elle est déterminée par la quantité de travail utilisée et le niveau de technologie, et non
par la demande. Si la demande se contracte, la baisse des prix des biens et services
permet de rétablir l’équilibre sur le marché des biens et services et la diminution des
salaires nominaux permet d’éliminer toute situation de chômage involontaire. Cette
flexibilité des prix garantit que l’économie se situe en permanence dans une situation
de plein emploi. Si la demande agrégée se contracte, la production ne se modifie pas :
ce sont les prix et les salaires qui s’ajustent à la baisse.
En revanche, en présence de rigidité des salaires nominaux ou des prix des biens
et services, il peut subsister de manière persistante un chômage involontaire dû à
l’insuffisance de la demande. Lorsque les salaires nominaux sont rigides et la demande
est insuffisante, le salaire réel est supérieur à son niveau d’équilibre, ce qui implique
une demande de travail et donc un niveau d’emploi faible qui détermine un niveau
de production inférieur au niveau de plein emploi. Lorsque le niveau général des
prix des biens et services sont rigides et la demande est insuffisante, les entreprises
produisent exactement la quantité demandée et embauchent un nombre de travailleur
juste suffisant pour produire cette quantité.
Dans les deux cas figure, le mécanisme d’ajustement est bloqué tant que les prix ne
s’ajustent pas. Au lieu d’attendre 3 ou 5 ans que les prix s’ajustent, l’intervention de
l’Etat permettait de ramener l’économie plus rapidement vers le plein et d’atténuer
les effets négatifs d’une récession économique. Lorsque les prix et/ou les salaires
nominaux sont rigides et la demande agrégée est insuffisante, seule une politique
de relance de la demande pourra rétablir l’équilibre au niveau du plein-emploi.

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Comme la demande dépend à son tour de paramètres exogènes comme par exemple les
dépenses publiques ou le niveau des impôts sur lesquels les pouvoirs publics peuvent
exercer une influence, l’Etat à la possibilité d’influencer le PIB à court terme et le
chômage conjoncturel. L’Etat pourra par exemple accroı̂tre les dépenses publiques
pour élever la demande agrégée ou baisser les impôts ce qui élève le revenu disponible
des ménages et stimulent leur consommation.
7. D’après l’approche keynésienne, le niveau d’activité économique d’une économie
est déterminé par le niveau de la demande agrégée. D’après le modèle de plein
emploi, le revenu national est complètement déterminé par les conditions d’offre. En
fait, les approches classique et keynésienne sont complémentaires car elles décrivent le
comportement de l’économie sur un horizon temporel différent. L’approche classique
se place sur un horizon temporel de longue période et justifie l’emploi de politiques de
l’offre visant à influencer le niveau naturel de production. L’approche keynésienne se
positionne en courte période et justifie l’emploi des politiques de la demande visant
à atténuer les fluctuations du PIB, de l’emploi et du chômage autour de leurs valeurs
naturelles. Une politique économique est donc une combinaison de politiques d’offre
et de politiques de demande.
8. Jusqu’à présent, nous avons étudié les effets des politiques budgétaire et monétaire
en analysant chaque politique de manière isolée. Dans la pratique, ces outils de po-
litique économique sont souvent combinés pour modérer les tensions inflationnistes
après une politique budgétaire expansionniste ou pour éviter les effets récessionnistes
d’une politique budgétaire restrictive. Cette combinaison des politiques budgétaire
et monétaire est appelée policy-mix.

4 Exercice - Rigidité des prix, récession économique et in-


tervention de l’Etat

L’économie est identique à celle décrite par le système d’équations (1) de l’exercice du
TD 5 consacré au modèle de pelin emploi. Nous supposons que les salaires sont flexibles
mais que les prix des biens et services sont fixes :

1. La courbe d’offre de court terme est représentée par une droite horizontale. Cela
signifie qu’en courte période, la production est parfaitement élastique au prix. Au
niveau de prix P̄ , les entreprises sont prêtes à vendre la quantité demandée par les
clients et à embaucher le nombre de travailleurs juste nécessaire pour produire cette

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quantité demandée. Lorsque les prix sont rigides, les producteurs ne vont pas adapter
le prix de vente de leurs produits face à une modification de la demande, ils vont
ajuster les quantités offertes sur le marché.
2. On suppose que P5 = P̄ = 1 et M̄0 = 2000. L’équilibre de court terme, défini par le
niveau de la production, Y5? , le niveau d’emploi N5 , le niveau de salaire réel (W/P )5 ,
et le niveau de salaire nominal W5? :

M̄0 2000
YS = YD ⇔ Y5 = = = 4000, (10a)
k × P̄ 0.5 × 1
µ ¶1
Y5 α
N5 = N5D = = 402 = 1600, (10b)
A0
µ ¶ " #
D W A0 100 × 0.5 5
N5 = N ⇔ = 1 = 1/2
= , (10c)
P̄ 5 2 × (N5 ) 2 (1600) 4
µ ¶
W 5 5
W5 = × P̄ = × 1 = . (10d)
P̄ 5 4 4

3. On suppose que la population en âge de travailler s’élève à POP = 4400. Il faut


¡ ¢
d’abord calculer l’offre de travail qui prévaudrait pour le salaire réel W
P̄ 5
: N5S =
¡W ¢
a × P̄ 5 = 2500 × 54 = 3125. On peut maintenant calculer le nombre de chômeurs
et la population active L5 :

U5 = N5S − N5D = 3125 − 1600 = 1525, L5 = U5 + N5 = 1525 + 1600 = 3125. (11)

Les taux de chômage volontaire et involontaire, notés respectivement uvolont


5 et uinvolont
5 ,
sont donnés par :
P OP − L5 4400 − 3125
uvolont
5 = = ' 0.29%, (12a)
P OP 4400
U5 1525
uinvolont
5 = = ' 48.8%. (12b)
L5 3125

4. L’écart de production est égal à la différence entre le PIB réel courant (ou observé)
et le niveau naturel de production :

∆Y = Y5 − Y0? = 4000 − 5000 = −1000. (13)

L’écart de production est négatif car la demande est insuffisante (elle n’est pas com-
patible avec le plein emploi).
5. L’Etat a trois rôles : le rôle de stabilisation économique (atténuer l’ampleur et la
durée d’une récession en mettant en place des politiques budgétaire, fiscale et/ou
monétaire), de redistribution (réduire les inégalités), et d’allocation de ressources

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(politiques concurrentielles si concurrence imparfaite, taxer les activités engendrant
des externalités négatives et subventionner les activités engendrant des externalités
positives de façon à modifier les quantités échangées sur le marché et faire coı̈ncider
l’équilibre de marché avec l’optimum social, offre de biens publics qui ne seraient
pas offerts sur des marchés concurrentiels, et intervention lorsque l’information est
imparfaite, par exemple lorsque les banques disposent d’une information imparfaite
ce qui les conduit à pratiquer un rationnement du crédit, l’Etat va garantir une
partie des prêts par le biais d’une institution financière Oseo - en particulier les prêts
accordés à des PME innovantes). Dans la situation décrite dans l’exercice, l’Etat doit
remplir le rôle de stabilisation économique. Ici, on suppose que c’est l’Etat qui mène
la politique monétaire expansionniste mais évidemment, dans la réalité, les autorités
monétaires sont indépendantes du pouvoir politique.
La quantité de monnaie est insuffisante. La quantité de monnaie qui permet à la
demande de biens et services d’être compatible avec la situation de plein emploi est
donnée par :

M̄5
Y0? = ⇔ M̄5 = k × P̄ × Y0? = 0.5 × 1 × 5000 = 2500. (14)
k × P̄
6. Même si les salaires nominaux sont flexibles et diminuent pour augmenter l’emploi,
cela n’a aucun effet car les entreprises refusent d’embaucher davantage du fait d’une
demande insuffisante. Cette fois-ci, le chômage involontaire ne vient pas d’un salaire
réel trop élevé mais d’un niveau de prix trop élevé. Dans le modèle de plein emploi,
les prix s’ajusteraient à la baisse de façon à égaliser la quantité demandée Y0D avec la
production de plein emploi. Mais que les salaires nominaux ou que les prix des biens
et services soient rigides, la cause est identique : une demande de biens et services
insuffisante. Faire un graphique qui est identique à celui du cours en indiquant les
valeurs des grandeurs économiques.

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