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avec le Corrigés bac 2018

Bac 2018

Matière : SES obligatoire

Série ES



DISSERTATION : Le salaire résulte-t-il uniquement de la confrontation de l’offre et de la demande
sur le marché du travail ?

Commentaire : C’est un sujet assez classique avec une formulation permettant une mobilisation assez
large de connaissances.
Difficultés :
Le terme « uniquement » peut déstabiliser.
Il n’est pas forcément facile de rattacher les documents à la question posée et d’illustrer notamment
la partie confrontation offre-demande.
Il s’agit de penser à proposer une réponse en lien avec la question posée. Cette réponse doit être
structurée de façon équilibrée, cohérente, fluide...
Attention à la présentation.

Éléments d’introduction
Dans une période de fort taux de chômage et de faible croissance économique, la question salariale
est particulièrement sensible.
Mais de quoi dépend le niveau des salaires ? Est-il fixé par la libre rencontre de l’offre et de la
demande de travail ? D’autres facteurs influencent-ils ce niveau de salaire ? L’État, les partenaires
sociaux influencent-ils le niveau de salaire et si oui comment ? Le salaire ne dépend-il pas aussi du
profil des personnes qui proposent leur travail ?

Problématique : Si le salaire dépend en partie de la rencontre entre l’offre et la demande de travail,
nous pouvons nous demander dans quelle mesure il est aussi dépendant de l’intervention de l’État,
des partenaires sociaux ainsi que du profil des personnes qui proposent leur travail.

I- Un salaire qui peut résulter de la confrontation de l’offre et de la demande...

1- Le libre jeu du marché permet de trouver le taux de salaire d’équilibre entre l’offre et la
demande de travail.

Le marché du travail est le lieu de rencontre entre l’offre et la demande de travail.
L’offre de travail est exprimée par les ménages. La demande de travail est exprimée par les
entreprises.
Les agents économiques sont supposés être rationnels : ils cherchent à maximiser leur bien dans
leurs prises de décision. Le taux de salaire est le prix de la renonciation aux loisirs, aux temps libres
pour les ménages. Il représente un coût pour l’entreprise (coût marginal) qui le comparera aux
avantages (productivité marginale) qu’elle pourra tirer de l’embauche d’une personne
supplémentaire. Tant que le coût est inférieur aux avantages, elle prendra la décision d’embaucher.

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Le modèle classique du marché du travail montre que la rencontre entre l’offre et la demande de
travail permet de trouver spontanément l’équilibre à condition de respecter les conditions de la
concurrence pure et parfaite.

2- La flexibilité du taux de salaire permet de résorber les déséquilibres qui peuvent apparaître
(chômage, pénurie de travail...).

En cas de déséquilibre sur le marché du travail, la flexibilité du taux de salaire permet de retrouver
l’équilibre offre-demande.
Ainsi, par exemple, en situation de chômage, la baisse du taux de salaire permet de retrouver
l’équilibre puisque la demande de travail augmentera tandis que l’offre de travail diminuera. Et
inversement en cas de pénurie de travail.
Remarque : possibilité de distinguer salaire direct et salaire indirect (cotisations sociales) pour
baisser le taux de salaire.

II- Mais un salaire qui peut aussi être influencé par d’autres facteurs

1- L’influence de l’État et des partenaires sociaux.

La relation salariale entre le salarié et l’employeur est encadrée par le droit du travail.
Celui-ci prévoit notamment l’existence d’un salaire minimum (SMIC) dont le montant est fixé par
l’État (51 % du salaire net moyen en 2011 selon l’INSEE). (document 2)
En outre, le taux de salaire est lié aussi aux accords entre partenaires sociaux (représentants des
syndicats de salariés et des employeurs).
Ainsi, en 2015, sur 31 449 accords signés entre partenaires sociaux, 11 853 portaient sur les salaires
et les primes, soit 38 % du total (source DARES, document 1).

2- Le travail n’est pas homogène.

Le niveau du salaire peut aussi dépendre des caractéristiques, du profil des personnes qui proposent
leur travail. (document 3)
Le niveau de salaire dépendra ainsi des compétences reconnues, elles-mêmes liées aux diplômes
obtenus, à l’expérience engrangée.
Il peut être la conséquence de la productivité estimée, ce qui explique pourquoi les personnes sans
diplôme, jeunes (sans expérience) perçoivent des salaires plus faibles (document 3 : ouvriers par
rapport à cadres, sans diplôme par rapport à bac +2 ou 3 ou plus, moins de 25 ans par rapport aux
autres).
Le salaire peut aussi être une source de motivation (de reconnaissance) et une manière d’attirer les
personnes les plus motivées (salaire d’efficience) : cela peut expliquer le niveau de salaire plus élevé
chez les cadres ou ingénieurs).
D’autres facteurs encore peuvent intervenir : le genre (discrimination vis-à-vis des femmes ?) ou le
type de contrat de travail (CDI ou CDD, intérim...).

Conclusion
Le salaire dépend de différents facteurs. S’il peut dépendre de la rencontre entre l’offre et la
demande sur le marché du travail, nous constatons qu’il est aussi lié à l’intervention de l’État et aux
négociations entre partenaires sociaux.
Nous pouvons aussi souligner qu’il dépend aussi du profil des personnes qui proposent leur travail.
Ouverture : revenir sur enjeu du salaire par rapport à la question du chômage et de la croissance
(intervention de l’État pour un « coup de pouce » au SMIC par exemple ou au contraire laisser-faire).

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ÉPREUVE COMPOSÉE

Commentaires rapides
EC1 : les deux questions ont des niveaux de difficulté assez différents.
Appuyer sa réponse sur un (seul) exemple peut paraître frustrant mais limite la complexité (et la
longueur de la réponse).
La question sur la croissance nécessite une bonne maîtrise des analyses de la croissance endogène,
d’être précis et logique dans sa réponse pour faire apparaître les enchaînements.
La question sur le cumul des inégalités est classique, très ouverte et très accessible.

Une difficulté peut être liée au fait qu’il est demandé au candidat de mobiliser le même type de
raisonnement dans les deux questions (présenter des mécanismes pour en faire apparaître le
caractère cumulatif). Cela a pu déstabiliser certain(e)s.

EC2 :
Le document sur les évolutions du commerce mondial et du PIB mondial ne devrait pas surprendre.
Il est important de structurer son analyse pour faire apparaître des tendances, des dates particulières
et rendre sa réponse la plus fluide possible.
Un rappel : il est demandé de présenter et caractériser les liens entre le commerce mondial et la
croissance et non de les expliquer, ni d’expliquer pourquoi par exemple ils ont tous les deux diminué
en 2009.

EC3 :
Les formes de solidarité ont évolué.
Le sujet est classique.
Le nombre et la nature des documents ont pu un peu perturber certains candidats. Peu d’exemples
fournis dans les documents (2) pour illustrer l’argumentation et un document de présentation de
contenu supposé maîtrisé par les candidats.

Première partie
1. Montrez à l’aide d’un exemple comment la croissance économique s’auto-entretient. (3 points)

La croissance économique (augmentation de la production) peut s’appuyer sur une augmentation de
la quantité de facteurs de production utilisés (capital et travail) ou sur l’augmentation de la
productivité globale des facteurs (PGF).
Selon les théories de la croissance endogène, c’est la croissance elle-même qui permet
l’augmentation de la PGF à travers le progrès technique qu’elle favorise. Ce progrès technique n’est
alors pas perçu comme un résidu, il n’est alors extérieur – exogène – à l’économie comme dans
l’approche de Solow mais endogène, d’où l’expression « croissance endogène ».
La croissance, c’est-à-dire l’augmentation de la production, permet de distribuer davantage de
revenus aux différents acteurs économiques (ménages, entreprises, administrations) sous différentes
formes (rémunérations, bénéfices, dividendes, prélèvements obligatoires). Ces revenus permettent à
ces acteurs économiques d’accumuler à leur tour différents types de capitaux : du capital technique
(du matériel), du capital technologique (innovation), du capital humain (formation), du capital public
(infrastructures) qui vont favoriser l’augmentation de la PGF.
Ainsi par exemple, si les revenus des entreprises augmentent, elles pourront davantage investir en
recherche et développement afin d’améliorer les procédés de fabrication de leurs produits (nouvelle
organisation du travail, nouveaux matériaux...) ou investir dans la formation des salariés. Dans les
deux cas, la productivité sera alors plus élevée.

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De même, si les rémunérations des ménages augmentent, cela peut leur permettre d’investir
davantage dans leur formation (reprise de formation ou allongement de la durée des études pour les
enfants). Or, un individu plus formé sera plus productif et plus innovant.
Autre exemple, la croissance économique aussi a pour conséquence l’augmentation des
prélèvements obligatoires perçus par l’État (les administrations publiques). Celui-ci pourra alors
développer des infrastructures (recherche, formation, transports, communication, santé...) qui
auront une influence positive sur la PGF.

2. Montrez à l’aide d’un exemple que les inégalités économiques et sociales peuvent être
cumulatives. (3 points)

Les inégalités économiques et sociales dans l’accès, entre groupes sociaux, à des ressources
socialement valorisées, ont tendance à se cumuler et à se renforcer mutuellement.
Ainsi par exemple, des inégalités de revenus (salaires...) entre ménages vont conduire à des
inégalités d’épargne (financière ou non financière). Ces inégalités d’épargne vont elles-mêmes
engendrer des inégalités de patrimoine (ensemble des avoirs). Or, ce patrimoine va permettre de
générer des revenus pour le ménage qui est en capacité d’en constituer un (loyers perçus dans le
cadre de logements loués, intérêts perçus pour des placements financiers par exemple) augmentant
encore les inégalités de revenus entre ménages. Les inégalités économiques ont donc tendance à se
cumuler.
Par ailleurs, les inégalités de revenus entre ménages peuvent avoir une influence sur leur accès aux
soins. Ainsi, les ménages aux revenus faibles auront tendance à renoncer davantage à se soigner
(soins dentaires notamment) que les ménages aux revenus plus élevés. Ces inégalités de soins
peuvent elles-mêmes avoir des répercussions sur l’accès à l’emploi et donc aux revenus.

Autre proposition pour la 2e partie de la réponse :
Par ailleurs les inégalités de revenus entre ménages peuvent avoir des conséquences sur les
comportements en matière de formation. En effet, les ménages aux revenus élevés auront tendance à
davantage investir dans la formation de leurs enfants (études plus longues, soutien scolaire en cas de
difficultés...) que ceux dont les revenus sont faibles. Les inégalités de revenus vont alors générer des
inégalités de niveaux de formation. Or, ces inégalités de formation vont conduire à des inégalités de
diplôme qui vont elles-mêmes amener des inégalités d’emploi (cadre ou ouvrier, contrat à durée
indéterminée ou contrat à durée déterminée, intérim...). Ces inégalités d’emploi entraîneront à leur
tour des inégalités de revenus, renforçant ainsi les inégalités de départ.

Deuxième partie : Étude d’un document (4 points)

Vous présenterez le document puis vous caractériserez les liens entre la croissance du commerce
et celle du PIB.

Nous sommes en présence d’un document qui a été publié par l’Organisation Mondiale du
Commerce (OMC) en 2015. Il s’agit d’un diagramme en bâtons qui représente les variations
annuelles en pourcentages du commerce mondial (moyenne des exportations et des importations)
en volume et du PIB réel mondial pour la période 2007-2016.
Les données pour les années 2015 et 2016 constituent des projections.
Il précise en outre les croissances annuelles moyennes du commerce mondial et PIB réel mondial
entre 1990 et 2014.

Deux tendances principales se dégagent à la lecture de ce document.
Tout d’abord, nous pouvons observer que sur la période 2007-2016, le volume du commerce
mondial et le PIB réel mondial ont augmenté quasiment chaque année : entre un minimum de 2 % en

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2012 et un maximum d’environ 13,5 % en 2010 pour le volume du commerce mondial et entre un
minimum de 1 % en 2008 et un maximum de 4 % en 2008 et 2011 pour le PIB réel mondial.
Nous pouvons souligner en outre que les variations annuelles suivent la même tendance : quand la
croissance du volume du commerce mondial diminue (entre 2007 et 2008 ou entre 2010 et 2012
notamment), la croissance du PIB réel mondial fait de même. Inversement quand la croissance du
volume du commerce mondial s’accentue (entre 2012 et 2016 ou lors de la reprise de 2010), la
croissance du PIB réel mondial suit le même chemin.
Ces observations font apparaître un lien fort entre la croissance du commerce mondial et celle du PIB
réel mondial.

Nous remarquons ensuite que, entre 2007 et 2016, quasiment chaque année, la croissance du
commerce mondial a été plus importante que celle du PIB réel mondial. Si en 2012 et 2013, les
valeurs sont sensiblement les mêmes, l’écart a été particulièrement marqué en 2007 (+2 points de
croissance pour le commerce mondial par rapport à celle du PIB réel mondial), 2011 (+2,5 points de
croissance pour le commerce mondial) et surtout 2010 avec un écart de près de 10 points de
croissance entre le commerce mondial et le PIB réel mondial.
Ces observations témoignent d’une ouverte croissante des économies au niveau mondial.

Nous pouvons relever la particularité de l’année 2009 qui a été marquée par un arrêt de la croissance
du PIB réel mondial (-2 %) et une chute brutale du commerce mondial (-12 %). Il est à noter que
l’année 2010 a été marquée quant à elle par une reprise à la fois du commerce mondial (+13 %) et du
PIB réel mondial (+4 %).

Enfin, nous remarquons que, si la croissance annuelle du PIB réel mondial entre 2007 et 2016 est
assez proche de sa croissance annuelle moyenne entre 1990 et 2014 (+2,5% par an en moyenne
entre 1990 et 2014), le rythme de croissance annuelle du commerce mondiale entre 2007 et 2016
est plus faible que sa croissance annuelle moyenne pour la période 1990-2014 (+5% par en an en
moyenne entre 1990 et 2014).


Troisième partie

À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les formes de
solidarité ont évolué.

L’argumentation doit être structurée, fluide, illustrée. Il n’est pas attendu de plan formel (équilibre
entre les parties/sous-parties) comme en dissertation.
Une introduction et une conclusion (courtes) sont conseillées.


Introduction
Le lien social désigne la nature des relations que les individus faisant partie d’un même groupe social
entretiennent entre eux. Ces relations sont-elles plutôt fondées sur la ressemblance ou sur la
complémentarité ? Comment la nature de ces relations peut-elle évoluer dans les sociétés ?

Des sociétés « traditionnelles » fondées sur une solidarité mécanique
Selon Émile Durkheim, dans les sociétés traditionnelles (modèle de la communauté, du village...), le
lien social est fondé sur la ressemblance entre individus. Il n’y a pas de division du travail social (pas
seulement sur le plan économique), les individus sont interchangeables.
La conscience collective (ensemble des droits, coutumes, règles, lois...) préexiste aux individus, elle
est forte et s’impose à eux (ils doivent s’y soumettre). Le droit qui s’applique est répressif.

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Des sociétés « modernes » fondées sur une solidarité organique
Pour Durkheim, du fait de l’augmentation de la taille de la population, la densité démographique est
plus forte. Une division du travail social se développe. Les individus commencent à se spécialiser. La
conscience collective a moins de prise sur les comportements individuels. Les consciences
individuelles s’affirment.
Dans ce type de société, le lien social est fondé sur la complémentarité entre individus sur le modèle
d’un organisme vivant : d’où le terme de solidarité « organique ». Chacun jouant le rôle d’un organe
nécessaire à la viabilité de l’organisme dans son ensemble.
Le droit qui s’applique est davantage restitutif (il s’agit de réparer).

Une persistance de formes de solidarité mécanique dans les sociétés « modernes »
Pour autant, le développement de la solidarité organique dans les sociétés « modernes » n’a pas fait
disparaître des formes de solidarité mécanique fondée sur la ressemblance.
Nous pouvons ainsi citer les relations au sein de la famille. Nous pouvons remarquer par exemple
que 54 % des personnes de 16 à 29 ans ont reçu de l’aide de la part de leurs proches. 45 % ont ainsi
reçu un soutien moral, 22 % une aide financière et 19 % une aide matérielle.
Cette entraide au sein de la famille se retrouve pour toutes les tranches d’âges et notamment pour
les personnes de plus de 75 ans.
Un autre exemple de solidarité mécanique dans les sociétés « modernes » nous est donné par les
groupes de supporters « ultras » au sein desquels prime une cohésion fondée sur la ressemblance et
où la conscience collective est forte et s’impose aux individus (pas de remise en cause des règles en
vigueur, les plus jeunes apprennent à respecter les règles auprès des plus anciens, la place de chacun
est attribuée par le groupe...).

Conclusion
Le passage d’une société « traditionnelle » à une société « moderne » fait évoluer le type de la
solidarité qui fonde le lien social, la cohésion sociale. D’une solidarité mécanique basée sur la
ressemblance entre les individus, nous passons à une solidarité « organique » fondée sur la
complémentarité. Pour autant, des formes de solidarité mécanique continuent d’exister au sein des
sociétés « modernes » : famille, association, religion, pratiques sportives...