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Guerre des Pâtisseries — Wikipédia


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La guerre des Pâtisseries (en espagnol Primera Intervención


Francesa en México - « première intervention française au
Mexique », ou Guerra de los Pasteles, littéralement « guerre des
gâteaux ») est un blocus naval, de fin 1838 à avril 1839, du port de
Veracruz au Mexique par les armées françaises.

Contexte[modifier | modifier le code]

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Instabilité politique[modifier | modifier le code]

La guerre survient durant une période d'instabilité politique dans les


premières années de la République mexicaine, entre la fin de la
guerre d’indépendance avec l’Espagne et avant la Guerre
américano-mexicaine.

L'instabilité se traduit aussi par des difficultés financières des


gouvernements mexicains, qui imposent des "emprunts forcés" sur
les ressortissants étrangers, dont français.

Commerce florissant entre la France et le Mexique[modifier |


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Durant cette période, les exportations françaises vers le Mexique


augmentent rapidement, si bien que la France se fait une place en
tant que troisième — puis deuxième — partenaire commercial du
Mexique. Le marché mexicain est désormais un débouché
important pour les produits français.

Alors que les États-Unis et l’Angleterre (les deux autres partenaires


commerciaux principaux du Mexique) ont déjà obtenu des
garanties commerciales fermes en signant des traités commerciaux
bilatéraux, la France n'est toujours pas parvenue à répliquer avec
un accord lui permettant de bénéficier de la clause de la nation la
plus favorisée. Les articles en provenance de la France sont donc
taxés plus lourdement que ceux venant des États-Unis ou de
l'Angleterre.

La guerre des pâtisseries intervient plus largement dans le cadre


des tentatives françaises d'obtenir des privilèges économiques en
Amérique hispanique. L'intervention présente notamment des
similitudes avec le blocus du Rio de la Plata de 1838 en Uruguay.

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Tensions et incidents xénophobes[modifier | modifier le code]

La décennie qui précède la guerre des pâtisseries connait une


montée de la défiance entre le Mexique et la France, à travers ses
ressortissants et commerçants. Violences, pillages, interdictions
diverses, restrictions commerciales et leurs perceptions donnent à
la France une excuse pour intervenir.

Après l'indépendance du Mexique et sa reconnaissance par la


France en 1830, une communauté de Français a émigré et s'est
installée au Mexique. Le commerce entre la France et le Mexique
prospère, en particulier avec une augmentation des exportations
françaises. La distribution de ces articles français fait vivre une
bonne partie de la communauté française.

Cependant, les diplomates français relaient de nombreuses


plaintes et réclamations émanant de ces commerçants français.
Ces plaintes concernent les pertes matérielles et financières subies
lors de pillages comme ceux du marché du Parián à México en
1828, de la pâtisserie Remontel en 1832, ainsi que de multiples
actes de violence à l'égard de ressortissants français[1].

Au mois d'août 1829, 5 Français sont lapidés dans les rues de


México.

En 1832, sous prétexte que des officiers auraient pillé la pâtisserie


d'un Français du nom de Remontel, le baron Gros réclame 800
pesos de dédommagement. Les journaux mexicains rapportent que
le montant de la demande était de 30 000, voire 60 000 pesos.

« En 1838, une flotte française fit une démonstration à Veracruz : il


s'agissait d'obtenir le paiement d'indemnités dues à des Français
pour les dommages subis au cours des troubles des années

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précédentes. Un des sinistrés étant un pâtissier dont la boutique


avait été pillée, les Mexicains appelèrent l'affaire « la guerre des
petits gâteaux. »

— François Weymuller[2]

Le 21 août 1833, ce sont encore 5 Français qui sont assassinés à


Atencingo.

À Tehuantepec, le vice-consul de France, Jean-Claude-Barthélemy


Gallix, voit sa blanchisserie de cire et sa propriété pillées.

Un autre incident eut lieu à Tampico en 1837 où un citoyen français


accusé d'actes de piraterie fut fusillé[3].

Les étrangers dont les propriétés sont endommagées ou détruites


sont le plus souvent dans l’impossibilité d’obtenir le moindre
dédommagement ; les gouvernements successifs n'ont ni la volonté
ni les moyens d’indemniser qui que ce soit, Mexicains ou étrangers.
Ceux-ci font donc appel à leur pays d'origine pour obtenir de
l’aide[4].

Prenant ces incidents pour prétextes, la France réclame donc


600 000 pesos[5] en guise de réparations, soit environ trois millions
de francs-or[6].

Après avoir renforcé sa base navale à Cuba, la France envoie


également régulièrement des bâtiments aux ports mexicains afin de
manifester sa présence et de rassurer la communauté française.

« Monsieur le commandant,

Les négociants établis au Mexique étant exposés à de graves


dangers par suite des révolutions qui agitent ce pays, le Roi a
décidé qu'une de ces frégates sera envoyée à Veracruz et Sa

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Majesté m'a autorisé à donner cette destination à la Thémis que


vous commandez. L'objet de votre mission est de notifier aux
autorités du Mexique que le Roi ne laisserait pas impunies les
vexations que des Français éprouveraient dans cette contrée. »

— Instructions du ministre de la Marine au Capitaine de vaisseau


Lecoupé, 1829[1]

Déroulement du conflit[modifier | modifier le code]

Le paiement ne venant pas, on envoya d'abord le capitaine de


vaisseau Bazoche à bord de la frégate l'Herminie pour faire le
blocus et faire connaître les exigences de la France.

Mais ses moyens étant insuffisants et l'équipage atteint de la fièvre


jaune, Bazoche demanda son rappel[7],[8]. Le gouvernement
français envoya alors une escadre de la marine française sous le
commandement du contre-amiral Charles Baudin, pour faire le
blocus de tous les ports mexicains de l’océan Atlantique depuis le
Yucatán jusqu’au Rio Grande[9]. Cette escadre comportait une
corvette : la Créole, commandée par le Prince de Joinville, fils du
roi Louis-Philippe.

Cette flotte réussit facilement à venir à bout de la faible garnison de


la forteresse mexicaine de San Juan de Ulúa, car son artillerie était
obsolète et qu’elle était construite en coraux (piedra mucara), ce
qui la rendait plus vulnérable que si elle avait été construite en
pierre. Les troupes purent débarquer dès le 4 décembre 1838 et
prendre le port de Veracruz.

Leur commerce interrompu, les Mexicains commencèrent à faire


passer leurs marchandises depuis le port de Corpus Christi au

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Texas, puis à travers le Rio Bravo.

Craignant que la France ne bloque aussi les ports du Texas, une


milice texane commença à patrouiller dans la baie de Corpus
Christi pour empêcher le commerce mexicain.

Selon le Journal des débats du 11 août 1838, à la suite de leur


blocus, les Français comptèrent en deux mois 30 navires
marchands qui ne purent décharger leurs marchandises estimant à
1 900 000 francs les sommes perdues par le commerce du port de
Veracruz[10],[11]

Cependant, sans l'autorisation explicite du gouvernement mexicain


du président Anastasio Bustamante, Antonio López de Santa Anna
mena des troupes contre les Français. Dans un combat, Santa
Anna fut blessé à une jambe, qui dut être partiellement amputée.
Les dernières fortifications furent libérées en avril 1839.

Après notamment une intervention diplomatique du Royaume-Uni


en soutien de la France, le président Bustamante promit finalement
de payer les 600 000 pesos envers les victimes françaises et les
forces françaises se retirèrent le 9 mars 1839.

Toutefois, cette somme ne fut jamais payée et cette promesse non


tenue servit, parmi d'autres arguments, de justification à
l'intervention française au Mexique de 1861.

Après ces événements, le gouvernement mexicain donna le titre


d’« héroïque » (toujours en vigueur aujourd’hui) au port de
Veracruz.

Composition de l’escadre[modifier | modifier le code]

22 bâtiments dont :

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3 frégates,

1 corvette (la Créole) ;

4 000 hommes (essentiellement des marins) dont :


3 compagnies d’artillerie de marine,

29 mineurs (génie).

Pertes[modifier | modifier le code]

mexicaines : environ 95 morts

françaises : 12 morts

Notes et références[modifier | modifier le code]

1. ↑ a et b Jacques Penot, « L'expansion commerciale française au


Mexique et les causes du conflit franco-mexicain de
1838-1839 » [archive], sur www.persee.fr, 1973
(DOI 10.3406/hispa.1973.4100, consulté le 2 mai 2015)

2. ↑ François Weymuller, Histoire du Mexique, Paris, Presses


Universitaires de France (PUF), 1953, p. 90

3. ↑ [1] [archive]

4. ↑ Documents relatifs à la guerre entre la France et le Mexique et le


blocus des ports du dernier par la première (copies et traductions
authentiques publiées successivement à Paris), faisant partie du
Nouveau recueil des traités depuis 1808 jusqu'à présent, Tome XV,
1830-1838, publié à Göttingen, Dieterich Verlag (1840), p. 803-817

5. ↑ Henry B. Parkes, Histoire du Mexique, Payot, Paris, p. 219.


(ISBN 2-228-12790-6)

6. ↑ 1 peso or mexicain équivalait à 1,692 grammes d'or au titre de

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875/1000, soit 1,48 gramme d'or pur - le franc français équivalait à


0,3225 g d'or à 900/1000, soit 0,290 gramme d'or pur. Soit 600 000
x 1,48 gramme (peso or) = 888 000 grammes divisés par 0,290
(franc-or) 3 062 068 francs-or. Lire : T.V. Buttrey & Clyde Hubbard -
A Guide Book of mexican coins 1822 to date - Thomas Michael
Editor (ISBN 0-87341-193-5)

7. ↑ J. E. Jenkins, Histoire de la Marine française , Albin Michel 1977,


p. 344

8. ↑ René Jouan, Histoire de la Marine française, Payot, 1950, p. 275

9. ↑ Jean Meyer et Martine Acera, Histoire de la Marine française des


origines à nos jours, éditions Ouest-France, 1994

10. ↑ Journal des Débats du 11 août 1838 Paris

11. ↑ Vicente Riva Palacio (es) México a través de los siglos, tome IV,
p. 418, Editorial Cumbre, reprint 1979, Mexico

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Intervention française au Mexique

Relations entre la France et le Mexique

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