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MUMMYREXIE :

QUELLES CONSÉQUENCES POUR LA MERE ET L’ENFANT ?

PESME Carla
BDNH2

Travail de recherche présenté à


Solène MISCOPAIN – Professeur de Nutrition Thérapeutique
Maëlle MELINON – Professeur de Besoins Nutritionnels

EDNH – Aix en Provence


Le 06 janvier 2020
Table des matières
INTRODUCTION .............................................................................................................................. 1
I – UNE RÉELLE PATHOLOGIE .................................................................................................... 2
A) Les caractéristiques de ce trouble du comportement alimentaire ........................................... 2
B) Les causes de cette pathologie .................................................................................................... 3
II- LES SYMPTOMES DURANT LA GROSSESSE ....................................................................... 5
A) Chez le fœtus................................................................................................................................... 5
B) Chez la mère .................................................................................................................................... 6
III- LES CONSEQUENCES APRES L’ACCOUCHEMENT ........................................................... 9
A) Pour l’enfant .................................................................................................................................... 9
B) Pour la mère .................................................................................................................................... 9
C) La relation mère/ enfant ............................................................................................................... 10
CONCLUSION ............................................................................................................................... 11
RÉSUMÉ EN ANGLAIS ................................................................................................................... I
ANNEXE 1 – Répartition du poids gestationnel moyen............................................................ II
ANNEXE 2 – Scandale sur la grossesse Sarah Stage. ............................................................ III
ANNEXE 3 – Témoignage d’Océane ........................................................................................... IV
BIBLIOGRAPHIE : .......................................................................................................................... V
INTRODUCTION

Selon la Revue de l’Ordre de diététistes du Québec, en 2018, 65% des femmes enceintes ont un gain
de poids inadéquat lors de leur grossesse.
De plus, « La prévalence des troubles du comportement alimentaire (TCA) durant la grossesse est de
5 à 8% » selon les recherches de Sandra Gebhard dans le revue médicale Suisse, en 2017.
Ce chiffre comprend toutes les pathologies appartenant aux TCA possibles, qu’elle soit boulimie
nerveuse, hyperphagie boulimique, orthorexie ou encore anorexie mentale.
Parmi le nombre de femmes enceintes souffrant de troubles alimentaires, 1/8 souffre de mummyrexie,
appelée aussi prégorexie. Ce terme est une contraction du mot « mummy » (mère) ou « pregnant » (enceinte)
et du terme anorexie. En effet, la mummyrexie est une pathologie à part entière qui se caractérise par le refus
de la femme enceinte de prendre du poids durant sa grossesse. L’objectif de la mère est donc un déficit
énergétique important : elle est en restriction cognitive alimentaire en limitant ses quantités et/ou en
augmentant ses dépenses par le surentrainement.
Nous allons alors nous demander quelles sont les conséquences de la grossesse d’une mère qui
présente une prégorexie ?
Pour cela, dans un premier temps nous allons voir ce qu’est la mummyrexie exactement, puis en étudier ses
effets pendant la grossesse sur le fœtus mais aussi sur l’organisme de la mère, pour enfin analyser ses
conséquences après la grossesse sur la mère et l’enfant.

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I – UNE RÉELLE PATHOLOGIE

A) Les caractéristiques de ce trouble du comportement alimentaire

Comme vu dans l’introduction, la mummyrexie se caractérise comme le refus de la mère de prendre du poids.
Ce refus catégorique peut amener à une prise de poids trop faible, inexistante, voire une perte de poids durant
la grossesse. Il s’apparente à de l’anorexie mentale mais est spécifique à cette période gestationnelle.

La prise de poids est évidemment une des caractéristiques majeures de la grossesse. En effet, ce poids est
vital pour le bon développement du futur bébé. Le poids pris lors de la grossesse est de 9 à 13kg, en moyenne.
Mais la plupart des femmes pensent que prendre du poids signifie une augmentation de la masse grasse
uniquement, ce qui peut créer certaines réticences.
Or, la masse grasse prise lors de la grossesse ne représente, théoriquement, qu’une mineure partie du poids
pris comme l’explique l’ANNEXE 1 : Répartition du poids gestationnel moyen.

En effet, la grossesse nécessite beaucoup d’énergie et donc requiert une modification de l’alimentation en
conséquence afin de ne pas puiser dans les réserves énergétiques de la mère mais surtout d’éviter un
quelconque stade de dénutrition.
Or, Si la prise de poids est trop faible, ou absente (donc que la mère présente une dénutrition) les tissus
développés lors de la grossesse seront moindres et/ou « en mauvais état » ce qui fera augmenter les risques
de complications pour le fœtus (comme une hypotrophie fœtale).

Aujourd’hui, on estime que la prégorexie touche environ 5% des femmes enceintes, ce qui est un chiffre non
négligeable. De plus, de nombreuses femmes en souffrent sans en être conscientes ou alors le cachent par
honte de leur comportement.
Ce comportement est un nouveau trouble du comportement à part entière étant donné que l’état d’esprit de
la future mère n’est en faveur d’aucune fonction de l’alimentation.

En effet, la fonction biologique n’est pas respectée étant donné que la femme est en restriction permanente
et ne change pas son alimentation en fonction de l’augmentation de ses besoins.
La fonction affective, de plaisir et d’émotion liée à l’alimentation n’est pas présente puisque la mère estime
que le fait de manger augmente la prise de poids déjà présente par le développement du fœtus et tous les
autres organes spécifiques à la femme enceinte (ANNEXE1 : Gain de poids gestationnel recommandé).

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Enfin, la fonction relationnelle de l’alimentation peut également être affectée chez une femme souffrant de
prégorexie. En effet, le moment du repas est, certes, un moment d’échange entre plusieurs personnes mais
surtout pour la femme enceinte un moment où celle-ci davantage en cohésion avec son bébé puisqu’elle le
nourrit et lui donne la force de se développer.

B) Les causes de cette pathologie

Pourtant, la grossesse est un des rares moment de la vie où la prise de poids rapide est inévitable mais
surtout recommandée, d’où son nom contenant le préfixe « gros » qui évoque le fait de grossir.

Cette prise de poids liée à la grossesse a toujours été perçue comme un signe de bonne santé et de bonheur
pour la société et n’a donc jamais été redoutée par les femmes auparavant.
Or, il y a quelques années, les notions de mummyrexie ou prégorexie sont apparues ; c’est pourquoi on la
qualifie de « nouvelle pathologie ».

Société et médias :
L’apparition de ce comportement est étroitement liée aux comportements de la société actuelle et notamment
au culte de la minceur et l’obsession corporelle.
Il est vrai que, l’essor des médias et des réseaux sociaux encourage le partage du quotidien de la population
et notamment des stars, entrainant complexes, comparaisons, jugements, et perte de confiance en soi pour
les internautes mais aussi parfois pour les célébrités elles-mêmes.

D’ailleurs, certaines popularités ont fait l’objet de scandales à propos de leur poids gestationnel, comme c’est
le cas de Sarah Stage, mannequin américaine (ANNEXE 2 : Scandale sur la grossesse de Sarah Stage). Sa
silhouette a été à l’origine de nombreux commentaires négatifs qui affirmaient que le futur bébé était en
danger, mais a aussi créée des complexes chez certaines femmes à l’origine de comportement
prégorexiques, dans le but d’obtenir une silhouette similaire à la mannequin.
Les termes de mummyrexie et de prégorexie restent cependant assez peu employés aujourd’hui car c’est
encore un sujet très tabou dans la société.

Entourage :
De plus, certaines femmes ont des aprioris concernant le poids gestationnel en écoutant les témoignages de
certaines mères qui avouent avoir pris plusieurs dizaines de kilos. Ce cas arrive seulement lorsque les
femmes n’ont pas une alimentation équilibrée et l’alimentation d’une femme enceinte doit être deux fois plus
importante qu’avant grossesse. Cela résulte seulement d’un manque d’information et de prévention de la part
de la société et notamment du corps médical.

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En réalité, la grossesse ne consiste pas à manger deux fois plus mais plutôt deux fois mieux.

TCA :
Mais dans la plupart des cas de mummyrexie, les femmes concernées sont (ou ont été) atteintes de TCA
(surtout atteintes d’anorexie mentale) avant leur grossesse.
Le moment de la grossesse est redouté pour ces femmes, car il entraine forcément une prise de poids et un
changement visuel du corps. C’est pourquoi Gérard Apfeldorfer explique que leur désir d’enfant est présent
mais l’angoisse de la grossesse est plus forte et qu’elles souffrent d’« intolérance sociale au surpoids».
Parfois, la mummyrexie se déclare chez des femmes qui n’ont jamais été touchées par des TCA mais qui
étaient malgré tout, assez soucieuse de leur alimentation et pouvaient avoir certains comportements
orthorexiques (obsession de manger sain), ou ayant effectué de nombreux régimes restrictifs.
Le point commun de toutes ces femmes est le fait de percevoir le corps juste comme un physique et on
comme un organisme prêt à se transformer pour donner la vie (ANNEXE 3 : Témoignage d’Océane).

Heureusement, la mummyrexie n’est pas systématiquement présente chez une femme touchée par les TCA.
En effet, certaines guérissent de ces troubles lors de cette période ; elles prennent conscience de l’importance
du corps dans la transmission de la vie et décident donc de prendre davantage soin du leur pour leur futur
bébé.

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II- LES SYMPTOMES DURANT LA GROSSESSE

Les principales conséquences de l’état de prégorexie sont toutes liées à des carences, apparues à cause
d’un apport alimentaire suffisant. Nous allons donc étudier les conséquences spécifiques aux différents
carences possibles.

A) Chez le fœtus

L’alimentation en macronutriments, vitamines, minéraux et oligo-éléments du fœtus se fait exclusivement à


travers de l’alimentation et des réserves de la mère.
En effet, si les apports exogènes alimentaires de la mère sont insuffisants, quels que soi(ent) le(s) nutriment(s)
manquant(s), son organisme va les métaboliser ou les puiser dans ses réserves, le développement du fœtus
étant la priorité.
Les conséquences des différentes carences chez le fœtus sont donc plus graves que les carences chez la
mère (qui elles surviennent plus fréquemment.)

Carence en protéines :
La carence en protéines survient quand les apports de la mère sont inférieurs aux besoins, soit 10 à 20% de
l’AETQ (Apport Énergétique Total Quotidien) ou 12 à 20% de l’AETQ au 3ème trimestre.

Ce manque crée des naissances prématurées, des déficiences immunitaires, la naissance d’un enfant chétif
(très petit) et de faible poids avec un cerveau pas assez développé (problème de troubles cérébral après la
naissance).

Carence en fer :
Les besoins en fer de la femme enceinte sont de 16mg les 6 premiers mois puis 30 mg au 3ème trimestre.

Si les apports ne sont pas couverts, le fœtus risque de mal se développer et risque également de ne pas
pouvoir faire ses propres stocks en fer durant le troisième trimestre.

Carence en calcium :
La grossesse nécessite du calcium pour la formation des dents, des os et du squelette du bébé. Pour autant,
les besoins restent identiques à la population générale (950mg et 1000mg au 3eme trimestre car le bébé
grandit très rapidement à cette période) car les réserves et les apports de la mère sont censés couvrir les
besoins. Un apport en vitamine D normal (15µg) doivent être apportés par l’alimentation pour aider
l’assimilation du calcium.

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Une carence en calcium peut être à l’origine d’une naissance prématurée, un retard de croissance (enfant
chétif), ou d’une santé osseuse fragile de l’enfant comme nous pouvons le lire dans l’ANNEXE 3 : Témoignage
d’Océane.

Carence en vitamine B9 (acide folique) :


Vitamine la plus importante lors d’une grossesse, ses besoins sont de 600µg chez la femme enceinte (330µg
pour le reste de la population), qui dans l’idéal devait être supplémentée de 40µg par jour avant la conception.

Une carence en acide folique aurait de graves conséquences sur le fœtus comme un mauvais développement
de la colonne vertébrale ou du système nerveux, ou encore des malformations du cerveau et du crâne
appelées anencéphalie). Toutes ces conséquences seraient liées à un manque de différentiation cellulaire
par manque de création de l’ADN (rôle principale de la l’acide folique).

Cette représentation évoque une malformation de la


colonne vertébrale qui contient la moelle épinière. Elle
est très dangereuse et a des impacts sur l’ensemble du
système nerveux du bébé. Un des causes de ce
problème est la carence en vitamine B9. Selon le degré
de gravité du problème, le bébé pourrait avoir des
séquelles irréversibles qui pourraient toucher
l’ensemble de son organisme.
Source : doctissimo.com

B) Chez la mère

Notons que les carences en protéines chez la mère surviennent systématiquement avant celles du bébé.

Lorsque le fœtus manque d’un nutriment, alors la mère est en carence mais le contraire n’est pas obligatoire ;
la femme enceinte peut avoir une/des carence(s) sans que le fœtus ne soit encore en manque. Cependant,
il est exposé à un fort risque de carences si les besoins exogènes ne sont pas rapidement couverts.

Carence en protéines :
La mère présentant une carence protéique présente une fatigue chronique, un amaigrissement, un déficit
immunitaire (étant donné que les cellules immunitaires sont des protéines) ainsi que des risques d’avoir un
accouchement et un allaitement difficiles.

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Afin de palier à cette carence, on conseille de consommer au moins deux fois par jour une source de poisson,
viande ou œufs ainsi que des produits laitiers, des légumineuses et des oléagineux.

Carence en fer :
Les carences en fer ont davantage de conséquences chez la femme que chez le fœtus. C’est d’ailleurs la
carence la plus fréquente chez la femme enceinte.
En effet, le fer est primordial étant donné que le volume sanguin augmente considérablement, la fabrication
du placenta nécessite du fer et les apports sont très hauts pour palier à l’importante perte en sang durant
l’accouchement. Si ces apports ne sont pas couverts, alors la femme enceinte est en anémie ferriprive.

Pour pallier cette anémie, la future mère devra être supplémentée en fer (120 à 150mg/j selon le niveau de
carence) jusqu’à ce que le taux de fer dans le sang redevienne normal.
On conseille aux femmes enceintes de consommer des aliments sources de fer comme les viandes, poissons
et œufs, les légumes secs plusieurs fois par semaine, aliments malheureusement redoutés par les femmes
ayant des comportements prégorexiques car plutôt riches en énergie. On conseille également les végétaux
riches en vitamine C puisque la vitamine C aide à l’assimilation du fer par l’organisme (eu aussi augmente
l’immunité de la femme enceinte).

Carence en calcium :
Les carences en calcium et/ou vitamine D chez la femme enceinte mummyrexique sont assez fréquentes.
Ces carences créent de l’ostéoporose (décalcification osseuse) car les besoins du bébé puisent le calcium
directement dans les réserves de la mère.

C’est pourquoi il est fortement conseillé de consommer 3 produits laitiers (calcium) par jour ainsi que des
poissons gras (vitamine D liposoluble). Si les apports alimentaires ne suffisent pas, une supplémentation peut
aussi être envisagée.

Carence en vitamine B9 (acide folique) :


Une carence vitaminique B9 peut provoquer chez la mère des difficultés à maintenir une grossesse saine
(fausse couche ou accouchement prématuré). Son rôle est d’améliorer l’état de fécondité chez la mère. C’est
pour cela qu’une supplémentation avant et au début de la grossesse est nécessaire.

On trouve la vitamine B9 dans tous les légumes verts notamment ceux à feuilles, ainsi que les légumineuses
et les fruits de couleurs vives (oranges, melon, mandarines…).

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Conséquences psychologiques :
Bien que ce syndrome ait des conséquences physiologiques néfastes, il a également des conséquences
psychologiques tout aussi importantes pour la mère.
La mummyrexie étant considérée comme une TCA, nous pouvons affirmer que les symptômes sont
semblables à celle d’une TCA c’est-à-dire une obsession alimentaire, un besoin de contrôle permanent du
corps, une tendance à la dépression, une honte de soi-même et un jugement de son propre comportement,
emmenant à un isolement de la femme enceinte.

En effet, celle-ci culpabilise d’une part de se restreindre car elle se met en danger mais aussi de priver son
bébé des nutriments nécessaires à son développement ce qui éloigne cette mère souvent du/ de la conjoint(e)
et de l’entourage, par peur du regard des autres.
Les femmes en situation de prégorexie présentent une forme de dénégation de grossesse (refus d’accepter
la situation de grossesse) : elle n’accepte pas leur grossesse alors qu’elles en sont conscientes et acceptent
leur bébé. La dénégation de grossesse va de pair avec la dénégation de prise de poids car ces femmes sont
victimes de dysmorphophobie toute leur vie.

La dysmorphophobie est d’après le dictionnaire Larousse, est une « préoccupation exagérée manifestée
par quelqu’un au sujet de l’aspect de tout ou d’une partie de son corps, que cette crainte ait un fondement
objectif ou non ».
Cette peur vient d’un jugement intérieur datant d’avant grossesse et se manifeste, pour la plupart d’entre
elles, avant la grossesse ; Ces femmes ont une image déformée de leur corps et donc s’imaginent, enceinte,
beaucoup plus « grosses » que ce qu’elles sont, ce qui entraine une peur de prendre du poids et crée un
cercle vicieux.

C’est pourquoi il est de proposer un suivi psychologique à ces femmes afin de limiter les conséquences de
ce mal-être pour la suite de la grossesse et après l’accouchement

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III- LES CONSEQUENCES APRES L’ACCOUCHEMENT

La mummyrexie est un trouble du comportement qui disparait après l’accouchement puisque la femme
n’est plus enceinte mais ce syndrome peut tout de même avoir de nombreuses conséquences sur la mère et
l’enfant après la naissance.

A) Pour l’enfant

Comme nous avons pu voir, les nombreuses carences créent des problèmes de développement du futur bébé
qui peut donc avoir un retard staturo-pondéral appelé hypotrophie fœtale (poids et/ou taille inférieur à la
moyenne), des troubles de développement cérébral, un enfant prématuré.
Une carence en protéine pourrait également influencer l’immunité du bébé et donc ce dernier pourrait être
immunodéprimé (immunité réduite et donc risque plus important de tomber malade).

D’un point de vue métabolique, l’organisme du bébé ayant eu des difficultés à trouver de l’énergie et des
nutriments lors de son développement dans l’utérus, risque d’avoir tendance à faire des réserves plus
facilement, et donc les risques de surpoids et d’obésité sont plutôt accrus.
Leur immunodépression dues à leur retard de croissance intra-utérin les expose à de nombreuses maladies
comme lors de leur vie :
- Diabète de type II et dyslipidémie,
- Maladies cardiovasculaires et Hypertension artérielle.

B) Pour la mère

Les troubles du comportement alimentaire provoquent systématiquement des problèmes de relations sociales
avec les proches. Alors, la mummyrexie engendre souvent une période après la naissance où la mère
présente une dépression.
Cette dépression, appelée « baby blues » (qui peut arriver à toute femme enceinte) est provoquée par la
culpabilité de la mère de ne pas avoir pu nourrir correctement son enfant lorsqu’il était en plein
développement.
Le baby blues se manifeste donc par une période où la mère se sent incapable de s’occuper de son enfant
et culpabilise encore plus. Ce phénomène constitue donc un cercle vicieux. Il est donc conseillé à la maman
de suivre une thérapie psychologique, seule ou avec son enfant.

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C) La relation mère/ enfant

La prégorexie est une période où la mère connait un certain refus de la grossesse donc n’est pas
psychologiquement en osmose avec son bébé : c’est une période où les sécrétions des hormones du stress
augmentent considérablement. Le bébé ressent donc ce stress par le biais des hormones sécrétées par la
mère mais aussi de la sous-alimentation ce qui aura des conséquences plus tard sur la relation des deux
individus, il se perçoit lui-même comme « celui qui détruit le corps » explique le psychiatre Gérard Apfeldorfer.
En effet, la relation va être modifiée (inconsciemment) et les rapports vont être assez conflictuels le long de
leur vie. Cela se manifestera dès la naissance avec des possibles difficultés d’allaitement.
De plus, la mère ayant une tendance au contrôle permanent, pourra peut-être avoir un comportement assez
strict et sévère vis-à-vis de son enfant.

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CONCLUSION

Nous pouvons donc conclure sur le fait que la mummyrexie doit être considérée comme une réelle
pathologie psychologique puisqu’elle présente des signes, des symptômes, des conséquences ainsi qu’un
traitement essentiellement psychologique.
Il est également important de savoir que la prégorexie, bien que maladie qui ne dure pas très longtemps (car
maximum 9 mois le temps de la grossesse) a malgré tout un retentissement définitif sur la vie du futur enfant
car les conditions de développement de ce dernier sont difficiles.
Les différentes conséquences de la mummyrexie dépendent des carences que la mère présente et donc
chaque carence aura un traitement différent (supplémentation et/ou rééquilibrage alimentaire).

Bien que le végétarisme ne soit pas une pathologie, nous pouvons tout de même nous posons la question
suivante : le végétarisme peut-il être considéré comme une forme de prégorexie étant donné que la mère est
exposée à diverses carences ?

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RÉSUMÉ EN ANGLAIS

My research work is about an eating disorder called mummyrexia or pregorexia. Pregorexia is a form of
anorexia for pregnant women. This eating disorder appeared some years ago, because of social medias,
pictures showing pregnant women without too much weight. Therefore, women fear gaining too much weight
during their pregnancy. We studied that pregorexia occurs with women who have (had) eating disorders like
anorexia nervosa, orthorexia or bulimia nervosa.

Then, we studied that mummyrexia have consequences for the foetus’ development and the mother’s body.
Indeed, both organisms don’t have enough energy to be healthy. Consequently, they tap into greasy reserves,
calcium reserves, iron reserves, muscles reserves. This phenomenon creates deficiencies and its dangerous
for both lives. deficiencies don’t have only consequences during pregnancy but also after delivery.

Unfortunatly this subject is taboo in the society (and there is not a lot of studies about it) because women are
ashamed about it.

To avoid pregorexia, we all have to inform women that the body is able to gain weight healthily and remind to
mothers that giving birth is the best thing in life.
Both solutions to cure pregorexia are psychologic and dietetic therapies which help mothers keeping control.

I
ANNEXE 1 – Répartition du poids gestationnel moyen

Deux tiers de ce poids comprend la croissance de l’utérus, du placenta et du liquide amniotique,


l’augmentation de la masse de l’utérus, ainsi que l’expansion volumique des seins et du sang. Le tiers
restant du poids pris lors d’une grossesse (soit généralement 3 à 5kg) comprend l’augmentation des
réserves graisseuses (surtout au 3eme trimestre) en prévention de l’allaitement et pour la fin de la
croissance du bébé qui est très rapide et qui nécessite de l’énergie. Mais ces 3 à 5 kg comprennent
également la rétention d’eau qui représente environ 2L (donc 2kg).

Maintenant que la répartition de la prise de poids lors de la grossesse a été explicités, nous
pouvons constater que la prise de masse grasse lors de la grossesse n’est censée représenter qu’une
partie petite partie mineure du poids total et a pour but de fournir assez d’énergie pour l’allaitement du
nourrisson donc est censé être perdu peu de temps après la naissance.
Généralement, pour prévoir d’avance le poids pris lors de la grossesse, on prend le poids idéal de la
femme auquel on rajoute 21,5% de ce poids.

Afin de prouver ces affirmations, le site Canada.ca, guidé par le ministère de la santé, a réalisé, en 2010
un exemple ci-dessous d’une mère avec un IMC à 23.

II
ANNEXE 2 – Scandale sur la grossesse Sarah Stage.
En 2015 et 2017, lors de ses deux grossesses, cette jeune mannequin
affichait fièrement ses rondeurs sur les médias sociaux (photos d’octobre
2017 sur son compte Instagram officiel).
Mais celle-ci a récolté beaucoup d’inquiétudes et fût à l’origine d’une
polémique car sa silhouette est le résultat un perpétuel contrôle de
l’alimentation et de son mode de vie (très sportif jusqu’aux derniers jours
avant l’accouchement) s’apparentant fortement à de la prégorexie.
De nombreuses rumeurs lancées par les internautes évoquaient le fait que
le bébé était en danger.
Face à cela, Sarah Stage a tenu à s’exprimer lors d’une interview orale
(pour Entertainment Tonight), en disant que sa grossesse était suivie de près par de nombreux médecins
et que son bébé était en pleine santé.

III
ANNEXE 3 – Témoignage d’Océane
Lors du tournage de « Toute une histoire », émission France 2, en juin 2015, nous avons le témoignage
de quelques femmes souffrant de troubles alimentaires à propos de leur grossesse. En effet, elles sont
toutes connu des difficultés lors de ces 9 mois et nous allons analyser le cas d’Océane,25 ans.

Océane a des phases d’anorexie et boulimie vomitive depuis l’âge de ses 11ans.
Elle a pu tomber enceinte, suite à une hospitalisation qui lui a fait reprendre un poids proche de la normale
et reprendre son cycle menstruel.
Les troubles du comportement alimentaire ont réapparu après 3 mois de grossesse « la date butoir pour
que le bébé s’accroche » selon elle.
Psychologiquement, Océane était « heureuse car le désir d’être maman était présent mais le changement
physique fut très difficile ». Malheureusement, Océane avait des attentes physiques basées sur des
images d’autres femmes : « J’avais du mal à accepter ce ventre qui grossissait car il n’avait pas la forme
d’une femme enceinte {…} pour moi c’était un ventre d’une femme qui avait trop mangé ».

Le comportement d’Océane a eu des conséquences sur son enfant mais aussi sur son propre organisme.
En effet, Océane n’a pris que 5 kilos durant ses 8 mois de grossesse : « Le bébé grossissait mais moi je
perdais : il a tout pompé », dit-elle.

Voici une photo du ventre d’Océane à 6 mois de


grossesse.

Puis, l’accouchement a été prématuré d’un mois à


cause d’un problème de calcification du placenta
(carence en calcium) : océane « reste persuadée »
que ce problème est lié à sa maladie. L’enfant pesait
1,6kg, soit la moitié du poids normal attendu.
De plus, Océane a ressenti des contractions à partir de
6 mois de grossesse. Elle ressentait que son enfant
avait besoin de sortir de son environnement car il n’y
était surement pas en totale sécurité.
Elle avoue avoir très honte de son comportement
mais a été encouragée et suivie durant toute sa
grossesse par une équipe médicale pluridisciplinaire
qui l’a aidé

IV
BIBLIOGRAPHIE :

- Définition de symorphophobie consulté le 4/11.


https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/dysmorphophobie/27153

- Livre « Alimentation : nutrition et régimes », page 687 à 702, chapitre « Besoins nutritionnels
de la femme enceinte »

- Cours de besoins nutritionnels de la femme enceinte de Mme Melinon et de Mme Rousset.

- Informations sur le scandale de Sarah Stage : compte Instagram officiel de Sarah Stage + Le
figaro, consulté le 3/11 : http://madame.lefigaro.fr/societe/mummyrexie-la-grossesse-xs-
230115-93956, rédigé par Peggy Frey le 01/02/2015

- Connaissances sur les besoins de la femme enceinte et les carences, écrit par Lucie Emile en
2017, consulé le 7/11 https://www.doctissimo.fr/html/grossesse/dossiers/alimentation-
grossesse/articles/14266-regime-amincissant-grossesse.htm#grossesse-les-dangers-des-
regimes-restrictifs, publié par Lucie Emile le 4/09/2017

- Conséquences du RCIU sur la vie du bébé, consulté le 7/11


https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2016/01/medsci20163201p74/
medsci20163201p74.html, rédigé par Laurent Storme en 2016

- Connsaissances sur le baby blues, consulté le 8/11https://www.consoglobe.com/mummyrexie-


danger-pour-bebe-cg/3, rédigé par Souto, Eva le 14/01/2014

- Témoignages et idées reçues su la grossesse, tout une histoire de 2015, consulté le 29/10 :
https://www.youtube.com/watch?v=RjfVNoImQLg

Complémant alimentaires de la femme enceinte, écrit par l’anses le 01/12/2017, consulté le 9/11 :
https://www.anses.fr/fr/content/compléments-alimentaires-destinés-aux-femmes-enceintes