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Les théories des cercles vicieux de la bureaucratie :

Dans le langage courant, quand on parle de bureaucratie, on caractérise une organisation


qui a tendance à mal
fonctionner. Cela s’applique à des entreprises et à des administrations.
Le mot bureaucratie fut inventé sous la révolution française pour dénoncer les abus de
pouvoirs des comités
révolutionnaires. La première bureaucratie moderne fut mise en place dans la Prusse au 18è
siècle.
Au départ de la sociologie des organisations, Max Weber étudie le phénomène
bureaucratique en considérant la
bureaucratie comme un instrument de rationalité (manière de pensée fondée sur la raison et
la logique). A partir des
années 40, les sociologues américains tels que Merton, Gouldner, Crozier, Selznick
s’intéresse aux effets de la
bureaucratie.

Contexte historique :
Fin du 19è siècle et début du 18è siècle, cette période a été marqué par :
L’émergence du Capitalisme et la constitution des classes ouvrières et leurs premières
luttes.
Le DVP de la pensée Marxiste
Les révolutions scientifiques et technologiques
La crise de 1929
Les deux guerres mondiales

I-Max Weber et la Bureaucratie Wébérienne :


Il distingue entre 3 types de légitimité. Pour lui la légitimité la plus efficace est la légitimité
légale (acceptée par tout
le monde, on doit l’accepter comme un juge) et rationnelle (on juge qu’on s’est servis de
notre cerveau pour mettre
en oeuvre l’ensemble des règles).
On ne peut comprendre ce qui se passe à l’intérieur d’un groupe de personne qu’à travers :
-La logique scientifique : chercher à comprendre les raisons qui ont poussé un individu à agir
de telle ou telle
manière ainsi que les conséquences de son action.
-La logique juridique : l’intérêt est de nous dire que cette autorité est appliquée par des
règles.
II - Les cercles vicieux de la bureaucratie :
Selon les études et les analyses de MERTON, SELZNICK et GOULDNER, le modèle
wébérien est fondé sur une
conception mécaniste du comportement humain, une conception qu'ils réfutent. Ce que ces
auteurs veulent démontrer, c'est
qu'il se peut que le modèle wébérien ne réussisse pas, dans tous les cas, à diriger le
comportement des fonctionnaires dans
le sens voulu, qu'il peut y avoir des résistances de l'être humain à ce schéma mécaniste et
que des conséquences non
prévues peuvent rendre difficile, voire impossible la réalisation des objectifs de l'organisation.
On aboutit donc à des
dysfonctions.

A – Le modèle general :
La structure générale des modeles théoriques de MERTON, SELZNICK, et GOULDNER est
remarquablement semblable. Elle peut etre présentée comme suit :
Les procédures de contrôle des membres de l’organisation utilisées par ces auteurs sont basés sur la
représentation graphique du comportement humain et ont des conséquences prévues et des
conséquences imprévues par les leaders dans l’organisation.

B- Le modèle de Merton : ( Sociologue américain) :


Il tente de reformuler le problème de la bureaucratie pour comprendre comment la rationalité
peut devenir source de
rigidités et de dysfonctions. Merton va comparer l’idéal type proposé par Weber avec la
réalité empirique, et en mesurer les
écarts.

Le schéma explique l’analyse de Merton sur la


Bur.Wèberienne.
1. Au départ du système de Merton, on trouve une exigence de
contrôle de la part de la hiérarchie dirigeante afin d’avoir une
certitude à l’égard des comportements des individus et même
les prévoir.
2. Cela demande une insistance sur la régularité du
comportement en utilisant des techniques dites « mécanistes »
de la conduite humaine, on parle de la défense.
L’insistance sur la régularité a pour conséquences :
• Amoindrissement des relations individualisées : La
bureaucratie est un ensemble de relations entre fonctions et
rôles et non entre individus.
• Intériorisation des règles de l’organisation au point qu'elles apparaissent comme des fins en
soi et non plus des moyens
d'atteindre des fins, c’est ce que Merton a appelé (“ déplacement des buts’’)
• Augmentation de l’utilisation des catégories comme technique de prise de décision : La
bureaucratie contribue à créer des
catégories privilégiées en raison du niveau d’étude de plus en plus nécessaire pour entrer
dans l’administration.
Cela donne lieu à 3 dysfonctions majeures
Rigidité des conduites des exécutants : Qui leur interdit de répondre aux exigences
concrètes de leur tâches d'où,
finalement, une très grande inefficacité dans la poursuite des buts officiellement recherchés.
Possibilités de défense de l'activité individuelle : la régularité est le gérant de stabilité de
la pace de chaque individu au
sein de la société. Déplacement des buts une 2è fois, puisque l’objectif devient la défense en
cas d’abus d’autorité, et non la
réalisation des objectifs de la société.
Insatisfaction des clients : L’observance des règles accentue le caractère impersonnel des
rapports entre la bureaucratie et la
clientèle. Cette dernière a souvent l’impression d’être mal servie, d’être considérée comme
autant de numéros …etc.

Le modèle de Selznick :

Selznick insiste sur la délégation d'autorité. Comme Merton, Selznick désire montrer
comment l'utilisation d'une technique
de contrôle ( ici la délégation ) produit une cascade de conséquences imprévues.
Il va étudier la délégation de l’autorité tout au long de l’échelle hiérarchique d’une une
agence
gouvernementale, la Tenesse Valley Authority: les supérieurs délèguent des compétences à
leurs
subordonnés les plus compétents, conformément d’ailleurs aux théories de WEBER.
Normalement,
les compétences devraient être parfaitement réparties. Or, chaque spécialiste a tendance à
ne
percevoir que ses intérêts propres et oublier les finalités communes de l’organisation. Il y a
de
plus en plus de conflits entre des spécialistes différents, ce qui se traduit par des écarts de
plus en
plus importants entre les objectifs initiaux et les objectifs redéfinis par ces spécialistes, ce qui
oblige à une délégation supérieure de compétences, puisque ces spécialistes sont les seuls
capables de pouvoir régler les problèmes qu’ils ont eux-mêmes définis.
SELZNICK conseille alors aux dirigeants, pour éviter ces dysfonctionnements :
De s’assurer que la motivation des agents coïncide avec les buts de l’ensemble
de l’organisation.
D'entretenir des relations équilibrées avec l’environnement.

Et pour cela, il suggère de faire participer aux décisions, aussi bien les experts, que les
représentants des intérêts concernés par l'administration.

C- Modele de GOULDNER (sociologue américain) :