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Chapitre 2 : Commerce international et concurrence monopolistique

Armel JACQUES

PremiËre mise en ligne : 18 fÈvrier 2007 Cette version : 8 avril 2007

1 Introduction

Dans les modËles de Ricardo, de Heckscher-Ohlin-Samuelson et dans les modËles de concurrence ‡ la Cournot du chapitre 1, le nombre de biens produits est exogËne. Il existe un petit nombre de biens et tous sont produits dans líÈquilibre díautarcie et dans líÈquilibre de libre Èchange. Líouverture des frontiËres ne permet pas aux consommateurs díaccËder ‡ de nouveaux biens qui ne sont pas produits dans leur pays. Dans ce chapitre, au contraire, le nombre de biens produits est endogËne. Il existe un grand nombre de biens potentiels et seule une partie de ces biens potentiels est produite dans chacun des pays. Líouverture des frontiËres va permettre aux consommateurs díaccÈder ‡ de nouveaux biens.

LíinterprÈtation la plus courante est quíil existe un nombre Öni de "biens de base" (voitures, vÍtements, Ölms de cinÈma, DVD, CD, etc), mais, que chacun de ces "biens de base" peut se dÈcliner en une inÖnitÈ de variÈtÈs. La di§Èrence entre deux variÈtÈs díun mÍme bien est beaucoup plus faible quíentre deux biens di§Èrents. Par exemple, le bien "repas au restaurant" se dÈcline en un grand nombre de variÈtÈs di§Èrentes : restaurants chinois, indiens, japonais, franÁais, italiens, etc. De mÍme, on peut distinguer di§Èrentes variÈtÈs de Ölms : Ölms franÁais psychologiques, Ölms díactions amÈricains, massala movies, Ölms japonais, dessins animÈs, etc. Chacune de ces catÈgories de Ölms regroupant des Ölms di§Èrents. Certaines variÈtÈs potentielles peuvent ne pas Ítre produites. Le nombre de variÈtÈs de voitures imaginables est supÈrieur au nombre de modËles

CERESUR, UniversitÈ de La RÈunion, FacultÈ de Droit et díEconomie, 15, avenue RenÈ Cassin, 97715 Saint-Denis messag cedex 9. Email : Armel.Jacques@univ-reunion.fr.

1

rÈellement disponibles.

Pour reprÈsenter formellement cette di§Èrence entre biens di§Èrents et variÈtÈs di§Èrentes, on peut introduire des fonctions díutilitÈ ‡ deux niveaux :

U = U [u 1

(:) ; u 2 (:) ; :::; u I (:)]

u i (:) est la "sous-utilitÈ" engendrÈe par la consommation du bien i et U (:) est une fonction díutilitÈ díun niveau plus ÈlevÈ qui transforme les sous-utilitÈs associÈes ‡ chacun des biens en un niveau global de bien-Ítre. On va supposer que si le bien i est un bien homogËne (blÈ, eau, ÈlectricitÈ, etc) alors u i (:) ne dÈpend que de la quantitÈ du bien consommÈe D i , et plus particuliËrement, on va poser : u i (D i ) D i . Si, au contraire, le bien i est un bien di§ÈrenciÈ, alors u i (:) va dÈpendre de la quantitÈ de chaque variÈtÈ consommÈe.

Le go˚t pour la variÈtÈ peut Ítre modÈlisÈ de deux faÁons di§Èrentes. On peut supposer que pour certains biens, les individus ont un go˚t pour la diversitÈ. Par exemple, en matiËre culinaire, les individus peuvent apprÈcier de varier : manger chinois, indien, japonais, libanais, etc plutÙt que toujours chinois. De mÍme, les individus peuvent prÈfÈrer voir un Ölm romantique indien, un Ölm policier hong-kongais et un dessin animÈ japonais plutÙt que trois Ölms policiers hong-kongais. Les consommateurs considËrent que toutes les variÈtÈs sont de qualitÈs Èquivalentes. Des Ölms avec Sharukh Khan, GÈrard Depardieu, Al Pacino ou Takeshi Kitano 1 sont considÈrÈs comme des produits di§Èrents mais de qualitÈ Ègale. A líinverse pour díautres biens, on peut supposer que les individus ont une variÈtÈ idÈale et essayeront díobtenir une variÈtÈ qui síen rapprochera le plus possible. On peut, par exemple, penser que cíest le cas pour les automobiles. Si, cependant, cette variÈtÈ idÈale est di§Èrente pour chacun des individus composant la population, au niveau agrÈgÈ, on aura une prÈfÈrence pour la diversitÈ comme dans le cas prÈcÈdent. Plus il y aura de modËles proposÈs et plus les individus auront de chance de trouver un modËle proche de celui de leurs rÍves. Le bien-Ítre de líensemble de la population aura, donc, tendance ‡ augmenter lorsque le nombre de variÈtÈs disponibles augmente. Dans ce chapitre, on va dÈvelopper la premiËre approche 2 : chacun des individus a un go˚t pour la diversitÈ 3 .

On a vu, dans le chapitre sur la di§Èrenciation horizontale du cours díÈconomie industrielle, que les Örmes peuvent dÈvelopper des stratÈgies assez sophistiquÈes de positionnement de leurs produits

1 Alternative : Scarlett Johansson, Virginie Ledoyen, Zhang Ziyi ou Rani Mukherjee. 2 Cette approche est basÈe sur les travaux díÈconomie industrielle de Spence (1976) et Dixit et Stiglitz (1977). 3 Les Ètudiants intÈressÈs par la seconde approche peuvent se reporter ‡ Helpman et Krug- man (1985) ou ‡ Lancaster (1980).

2

par rapport ‡ ceux des Örmes concurrentes. IntÈgrer ce type de stratÈgies dans un modËle díÈquilibre gÈnÈral serait trop compliquÈ. On supposera, donc, que les consommateurs considËrent que toutes les variÈtÈs díun mÍme bien sont symÈtriques. Le bien-Ítre des consommateurs dÈpendra, donc, du nombre de variÈtÈs disponibles et non de leurs caractÈristiques prÈcises. On supposera aussi que líÈvaluation des biens par les consommateurs ne dÈpend pas de leur lieu de production. Par exemple, les consommateurs ne supposent pas a priori quíune voiture produite en Allemagne est de meilleure qualitÈ quíune voiture produite en Italie. Autre exemple, un cinÈphile franÁais attribue la mÍme valeur ‡ un Ölm Ètranger quí‡ un Ölm franÁais. On Èvacue, donc, tous les problËmes de di§Èrences de qualitÈ, de prÈfÈrences nationales, díinformation imparfaite sur les biens importÈs, etc 4 .

Dans ce chapitre, la variable stratÈgique choisie par les Örmes sera le prix. On sait que la con- currence en prix peut rendre la rÈsolution des modËles assez complexe. Pour simpliÖer líanalyse, on supposera que le nombre de Örmes est "grand", ce qui permettra de supprimer les aspects stratÈgiques liÈs ‡ la Öxation du prix.

On fera, donc, des hypothËses assez restrictives sur les prÈfÈrences des consommateurs et sur les fonctions de co˚t des Örmes aÖn díessayer de conserver des modËles relativement simples.

Dans ce chapitre, on va prÈsenter trois modËles, tous dus ‡ Krugman. Le premier permet de rendre endogËne le nombre de biens et díÈtudier líe§et des Èchanges sur le nombre de biens produits et le niveau de production par Örme. Le deuxiËme modËle Ètudie les e§ets dans ce type de modËles de di§Èrences factorielles entre les pays. Le troisiËme modËle Ètudie líimpact de líintroduction de co˚ts de transport.

2 ModËle de Krugman (1979)

Líune des premiËres Ètudes formalisÈes qui endogÈnise le nombre de biens produits est due ‡ Krugman (1979) 5 , qui a transposÈ ‡ líÈconomie internationale le modËle de Dixit et Stiglitz (1977).

4 Ces problËmes feront líob jet (sous rÈserve de temps) díun autre chapitre (en cours díÈcriture). 5 LíidÈe Ètait dans "líair du temps" et plusieurs autres Ètudes ont dÈveloppÈ des modËles similaires a peu prËs simultanÈment : Helpman (1981), Lancaster (1980), Lawrence et Spiller (1983), parmi díautres. Une premiËre synthËse de ces travaux a ÈtÈ rÈalisÈe par Helpman

(1984).

3

2.1 HypothËses du modËle

LíÈconomie ne contient quíun seul facteur de production : le travail. Ce facteur peut Ítre utilisÈ

pour produire un grand nombre de biens. Le nombre de biens produits, n , est grand mais infÈrieur

au nombre de biens pouvant potentiellement Ítre produits.

Tous les individus ont la mÍme fonction díutilitÈ :

U =

n

X v (c i ) avec v 0 > 0 et v 00 < 0

i =1

c i reprÈsente la quantitÈ consommÈe du bien i. La fonction v (:) est concave. Le bien-Ítre díun

individu augmente donc lorsquíil consomme un peu plus díun bien mais de moins en moins. En

revanche, la fonction U est additive. Le bien-Ítre apportÈ par la consommation de líun des biens ne

dÈpend pas des quantitÈs consommÈes des autres biens. Avec ce type de fonction díutilitÈ, si tous

les biens sont vendus au mÍme prix, le consommateur va acheter la mÍme quantitÈ de chacun de ces

biens. En outre, si n augmente et que le prix des biens reste identique, le bien-Ítre du consommateur

augmente. Il y a donc un go˚t pour la diversitÈ.

On dÈÖnit la variable, " , qui sera trËs utile dans la suite, de la faÁon suivante :

" i = v 0

v 00 c i

et on fait líhypothËse que @" i < 0. Cette hypothËse est importante et conditionne une partie des

@c i

rÈsultats obtenus. La variable " i va se rÈvÈler Ítre líÈlasticitÈ de la demande ‡ laquelle un producteur

individuel est confrontÈ.

La quantitÈ de travail nÈcessaire pour produire un bien se dÈcompose en un co˚t Öxe de mise au

point du bien et un co˚t variable constant :

l i = + x i

; > 0

i = 1; :::; n

l i est la quantitÈ de travail utilisÈe pour produire le bien i et x i est la quantitÈ produite de ce

bien. Le co˚t moyen est, donc, dÈcroissant et le co˚t marginal de production est constant.

Lío§re de travail est exogËne. Elle est Ègale ‡ L. On note w le taux de salaire.

2.2 Equilibre en autarcie

On commence par dÈterminer líÈquilibre díautarcie avant de le comparer ‡ líÈquilibre de libre Èchange

pour caractÈriser les e§ets des Èchanges.

4

2.2.1 Conditions díÈquilibre

Pour que líÈconomie soit au point díÈquilibre, trois conditions doivent Ítre remplies.

1) Le marchÈ de chacun des biens produits doit Ítre en Èquilibre. Lío§re du bien i, Ègale ‡ x i , doit Ítre Ègale ‡ la demande du bien i, Ègale ‡ la quantitÈ demandÈe par un consommateur multipliÈe par le nombre de consommateurs.

x i = Lc i

2) Le marchÈ du travail doit, lui aussi, Ítre en Èquilibre. On suppose que le taux de salaire est parfaitement áexible et quíil síajuste pour assurer líÈquilibre du marchÈ du travail.

L =

n

X ( + x i )

i =1

3) Il y a libre entrÈe et libre sortie, donc, le proÖt des Örmes ‡ líÈquilibre doit Ítre nul.

2.2.2 Calcul de líÈquilibre

On cherche ‡ dÈterminer les valeurs de trois variables : le prix auquel est vendu chacun des biens (prix relatif par rapport au taux de salaire), le niveau de production de chaque bien et le nombre de biens produits. Comme le modËle est symÈtrique, tous les biens seront proposÈs au mÍme prix et les quantitÈs produites seront identiques : p = p i et x = x i , pour tous les i.

On va díabord dÈterminer la demande qui síadresse ‡ chacune des Örmes. On dÈterminera, ensuite, le prix et la quantitÈ choisis par chaque Örme. On utilisera, enÖn, la condition de proÖt nul pour dÈterminer le nombre de biens e§ectivement produits ‡ líÈquilibre.

Comportement des consommateurs : Les consommateurs maximisent leur utilitÈ sous leur contrainte de revenu. Le revenu de chaque consommateur est constituÈ de la rÈmunÈration de son travail et Ègal ‡ w .

Le programme du consommateur reprÈsentatif est :

max

c 1 ;:::;c n

n

X

i

=1

v (c i )

s=c

n

X

i

=1

p i c i w

Les conditions de premier ordre du programme de maximisation des consommateurs sont :

v 0 (c i ) p i = 0

5

i = 1; :::; n

est le multiplicateur de Lagrange et peut Ítre interprÈtÈ comme líutilitÈ marginale du revenu.

On en dÈduit :

p i = 1 v 0 (c i ) = 1 v 0 x i

L

i = 1 ; :::; n

Si le nombre de biens est grand, líe§et du prix díune Örme sur líutilitÈ marginale du revenu díun

consommateur est nÈgligeable et chaque Örme va considÈrer la valeur de comme indÈpendante

de sa dÈcision de prix. Dans ce cas, líÈlasticitÈ de la fonction de demande de la Örme i va Ítre

(approximativement) Ègale ‡ " i = v 0

v 00 c i .

Rappel : LíÈlasticitÈ de la demande díun bien est Ègale ‡ 6 :

Dans líexemple :

" =

dq

q

dp

p

= p dq

q

dp = p dp = p q

q

dq

1

dp

dq

" i ' 1 v 0 (c i )

c

i

1 00 (c i ) = v 0 (c i )

v 00 (c i ) c i

1 v

Comportement des Örmes : Chaque Örme est trËs petite par rapport ‡ la taille de líÈconomie.

Chaque Örme considËre, donc, que son prix nía pas quíune ináuence nÈgligeable sur les prix choisis

par les autres Örmes. Le grand nombre de Örmes permet, donc, de nÈgliger les e§ets stratÈgiques.

Le proÖt díune Örme i est Ègal ‡ :

i = p i x i (p i ) ( + x i (p i )) w

Pour trouver le prix choisi par la Örme i, on dÈrive sa fonction de proÖt par rapport ‡ son prix

et on recherche la valeur de ce prix qui annule cette expression.

d

i

dp i

= 0 , x i (p i ) + p i

dx i dx i

dp i

dp i

w = 0 , x i (p i ) + (p i w ) dx dp i i = 0

,

p i w

= x i (p i ) , p i w = x i (p i ) , p i w

dx

dp

i

i

p

i

p i dx i dp

i

p

i

= 1

"

, p i w = 1 " p i , p i 1 " p i = w , " 1 p i = w , p i =

"

"

" 1 w

On a donc :

p i =

"

" 1 w

6 Attention : La dÈÖnition de líÈlasticitÈ change díun manuel ‡ líautre. Certains manuels

dq

dq

dp .

dÈÖnissent líÈlasticitÈ comme : " = p dp , tandis que díautres la dÈÖnissent comme " = p

q

q

Le plus simple est souvent díemployer la valeur absolue de líÈlasticitÈ, j "j , qui est la mÍme pour les deux dÈÖnitions.

6

Dío˘ :

p = "

w " 1

On ne connaÓt pas encore la valeur du prix de chacun des biens puisque la valeur de líÈlasticitÈ

dÈpend du point de la fonction de demande o˘ elle est mesurÈe, donc, du prix choisi par les Örmes.

Pour dÈterminer simultanÈment les valeurs de p et de x, on va combiner la relation que líon vient

de trouver et la condition de proÖt nul ‡ líÈquilibre de long terme. On peut construire un graphique

1 est une fonction croissante dans

ce graphique, notÈe PP, (car, on a supposÈ que " est une fonction dÈcroissante de c). La seconde

relation síÈcrit :

en plaÁant c en abscisse et w en ordonnÈe. La relation p

p

"

"

w

=

px ( + x) w = 0 , px = ( + x) w ,

p

w = x

+

Or :

x = Lc

dío˘ :

p

w = x

+ =

Lc +

On obtient donc une fonction croissante, notÈe ZZ. Líintersection de ces deux courbes dÈtermine

líÈquilibre du modËle et les valeurs de c et de

p

w .

graphe

On peut obtenir le nombre de biens produits ‡ líÈquilibre, en utilisant la condition díÈquilibre

sur le marchÈ du travail :

L = n ( + x) , n =

L

+ x

On ne peut pas dÈterminer quels sont les biens produits. Mais, comme les biens sont parfaite-

ment symÈtriques, la seule information importante est le nombre de biens produits et non pas leurs

caractÈristiques.

Pour obtenir des expressions prÈcises de p , x et n , il faudrait prÈciser la forme de la fonction

v (c). Cependant, si on prend une forme simple pour v (c), certains e§ets potentiels disparaissent.

Il semble, donc, prÈfÈrable, pour líinstant, díadopter une approche graphique et de dÈduire les

principaux rÈsultats du graphique prÈcÈdent.

7

2.3 E§et du commerce international

Avant díÈtudier directement les e§ets du commerce international, on analyse les e§ets díune aug-

mentation du nombre de travailleurs dans líÈconomie. Beaucoup des e§ets du commerce seront dus

‡ une augmentation de L.

2.3.1 E§et díune augmentation de L

Une augmentation de L nía pas díe§et sur la courbe PP mais elle entraÓne un dÈplacement vers la

gauche de la courbe ZZ. Une augmentation de L entraÓne, donc, une diminution du prix des biens

par rapport au salaire (p=w diminue) et une diminution de la quantitÈ de chaque bien consommÈe

par chacun des individus (c diminue). Cependant, líÈconomie comprend un plus grand nombre de

personnes et, malgrÈ la diminution de c, la consommation totale, x, de chaque bien augmente. En

e§et :

p

w = x

p

+ , w x = + x , x =

w

p

Une diminution de w entraÓne, donc, une augmentation de x. Une augmentation du nombre de

travailleurs dans líÈconomie entraÓne une augmentation de la production de chaque Örme. Ce qui

se traduit par une diminution du co˚t moyen de production et une diminution du prix de vente des

biens (mesurÈ en unitÈs de travail).

p

Une augmentation de L et une diminution de c entraÓne une augmentation de n .

n =

L L

+ x = + Lc

Le rapport p=w a diminuÈ et c a diminuÈ. Les consommateurs ont un pouvoir díachat plus

important et ils consomment moins de chaque bien, il faut donc que le nombre de biens augmente

pour que la contrainte budgÈtaire des consommateurs continue díÍtre saturÈe.

Le bien-Ítre des travailleurs augmente. Leur pouvoir díachat a augmentÈ et ils ont accËs ‡ un

plus grand nombre de biens.

2.3.2 E§ets du commerce international

On suppose que le monde est composÈ de deux Èconomies identiques ‡ celles dÈcrites dans la section

prÈcÈdente. Les deux pays sont identiques, L = L . Il níy a pas de di§Èrences de prÈfÈrences entre

les consommateurs des deux pays. Il níy a pas non plus de di§Èrences de technologies entre les deux

8

pays. Et, comme il níy a quíun facteur de production, il níy a pas de di§Èrences de dotations relatives

en facteurs de production. Les thÈories traditionnelles du commerce international (Ricardo, HOS)

prÈdisent, donc, quíil níy aura pas de commerce entre les deux pays. On va, cependant, montrer

quíil y a du commerce ‡ líÈquilibre de libre Èchange et des gains ‡ líÈchange.

Gains ‡ líÈchange : On suppose que les deux pays peuvent Èchanger des biens avec un co˚t de

transport nul. Líouverture des frontiËres a le mÍme e§et dans chacun des pays quíune augmentation

de la force de travail. Les deux pays mettent en commun leur dotation en travail et la nouvelle

Èconomie dispose díune force de travail Ègale ‡ L + L . Le rapport p=w diminue dans les deux pays

et la quantitÈ produite par chaque Örme, x, augmente dans les deux pays. Chaque consommateur

voit son pouvoir díachat augmenter et a accËs ‡ un plus grand nombre de biens. Le bien-Ítre des

habitants des deux pays augmente.

Dans chaque pays, líouverture des frontiËres va entraÓner la fermeture de certaines entreprises. x

augmente dans chaque Örme. Le nombre de personnes travaillant ‡ la production des biens augmente

donc. Comme la quantitÈ de travail disponible est Öxe, il faut parallËlement rÈduire le nombre de

personnes travaillant ‡ la conception des biens. Le nombre de biens produits dans le monde diminue

aprËs líouverture des frontiËres. Mais, comme les consommateurs ont accËs ‡ líensemble des biens

produits et non plus seulement ‡ ceux produits dans leur pays, ils ont accËs ‡ un plus grand nombre

de biens.

Volume des Èchanges : Les pays et les biens Ètant symÈtriques, il níest pas possible de prÈdire

‡ líavance quel pays produira quels biens. On peut juste prÈdire quíun bien ne sera produit que

dans un seul pays (au plus, certains biens potentiels ne sont pas produits) et que le nombre de biens

produits par chaque pays est proportionnel ‡ sa dotation en travail.

n =

L

+ x

n =

L

+ x

La valeur des importations du pays H est Ègale ‡ :

M = wL

L + L L = wL

L + L L = M

Le volume de ces Èchanges est maximum lorsque LL est maximum. Donc, lorsque les pays sont

de mÍme taille. Plus les pays sont identiques et plus le volume des Èchanges est ÈlevÈ. On avait

exactement la relation inverse avec les thÈories traditionnelles du commerce international. Dans le

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modËle HOS, lorsque les pays ont les mÍmes dotations relatives en facteurs, le volume des Èchanges internationaux est nul.

2.4 Conclusion

Líexistence díÈconomies díÈchelle donne lieu ‡ des Èchanges et ‡ des gains ‡ líÈchange mÍme en líabsence de di§Èrences de prÈfÈrences, de technologies et de dotations factorielles. Líouverture des frontiËres permet díaugmenter la taille du marchÈ et de mieux exploiter les Èconomies díÈchelle.

On va síintÈresser ‡ deux extensions de ce modËle. Dans la premiËre, on va introduire des di§Èrences de dotations factorielles entre les deux pays. Dans la seconde, on analyse les e§ets de líintroduction de co˚ts de transport.

3 Commerce intrabranche et gains aux Èchanges

Le modËle prÈcÈdent a montrÈ que líexistence díÈconomies díÈchelle pouvait Ítre une cause des Èchanges internationaux. Il semble intÈressant de faire interagir cette nouvelle explication du com- merce internationale avec des explications plus traditionnelles comme les di§Èrences de dotations factorielles entre les pays. Krugman (1981) a construit un modËle mÈlangeant Èconomies díÈchelle et di§Èrences de dotations en facteurs de production. Cet exercice a deux objectifs principaux : (1) Ètudier les dÈterminants de la dÈcomposition des Èchanges entre commerce intra-branche et inter-branche, (2) Ètudier comment le commerce international modiÖe les rÈmunÈrations des dif- fÈrents facteurs de production. Dans le modËle de HOS, on sait que le commerce international est globalement proÖtable pour tous les pays, mais, ‡ líintÈrieur de chacun des pays les dÈtenteurs de certains facteurs de production voient leur bien-Ítre diminuer si des mesures de redistribution níaccompagnent pas líouverture des frontiËres. Krugman (1981) montre que, dans son modËle, le commerce international peut, pour certaines valeurs des paramËtres, Ítre proÖtable pour tous les agents mÍme en líabsence de mesures de redistribution des gains.

3.1 HypothËses

Pour pouvoir Ètudier ces deux problÈmatiques, il faut introduire un second facteur de production et introduire une distinction nette entre au moins deux secteurs de production. Krugman (1981) suppose, donc, que líÈconomie est composÈe de deux secteurs, chacun produisant un grand nombre de biens di§ÈrenciÈs et il suppose que les travailleurs peuvent produire toutes les variÈtÈs de bien

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díun mÍme secteur mais sont spÈcialisÈs dans les mÈthodes de production díun seul secteur. La

population des travailleurs est, donc, sÈparÈe en deux parties. Une partie des travailleurs ne peut

travailler que dans le secteur 1 tandis que líautre partie ne peut travailler que dans le secteur 2. La

mobilitÈ inter-sectorielle est nulle.

3.1.1 Consommation

La fonction díutilitÈ des consommateurs est une fonction díutilitÈ ‡ deux niveaux. Il existe deux

types de biens. La fonction díutilitÈ des consommateurs pour ces deux biens est de type Cobb-

Douglas. Ces deux types de biens se dÈclinent en un grand nombre de variÈtÈs. On dÈÖnit, donc, des

sous-fonctions díutilitÈ pour prendre en compte la consommation de variÈtÈs di§Èrentes díun bien.

La fonction díutilitÈ suivante permet de capturer ces di§Èrents points :

U = ln

N

1

X

i

=1

@

c ;i ! 1 = + ln 0

1

N

2

X

j

=1

c

2 ;j 1

A

1

=

avec 0 < < 1

c 1 ;i reprÈsente la quantitÈ consommÈe de la variÈtÈ i du bien 1. N 1 et N 2 reprÈsentent les nombres

de variÈtÈs potentielles du bien pouvant exister. Ces nombres sont supposÈs Ítre trËs grands et ‡

líÈquilibre les nombres de variÈtÈs e§ectivement produites (que líon notera : n 1 et n 2 ) seront infÈrieurs

‡ ces maxima.

Cette fonction díutilitÈ a plusieurs propriÈtÈs qui vont se rÈvÈler trËs utiles : (1) la maximisation

de cette fonction sous contrainte de revenu conduit chacun des consommateurs ‡ dÈpenser la moitiÈ

de son revenu dans líachat de chacun des biens (propriÈtÈ standard de la fonction Cobb-Douglas), (2)

si le nombre de produits est grand, líÈlasticitÈ de la demande qui síadresse ‡ chacun des producteurs

va Ítre Ègale ‡ 1 = (1 ) et (3) elle permet de calculer les pertes et les gains dus au commerce

international sans trop de di¢ cultÈs.

La forme fonctionnelle retenue pour la fonction díutilitÈ des consommateurs est plus simple que

celle de Krugman (1979). Notamment, líÈlasticitÈ de la demande ne dÈpend plus de la quantitÈ

consommÈe. Cela va permettre de simpliÖer beaucoup les calculs et notamment díobtenir des for-

mules explicites pour toutes les variables du modËle. La contrepartie de cette simpliÖcation est

que le niveau de production de chaque Örme devient indÈpendant de L (et de z ) 7 . Les e§ets du

commerce international sur líÈchelle de production des Örmes qui Ètaient prÈsents dans Krugman

(1979) níapparaissent plus dans ce modËle.

7 z sera dÈÖni un peu plus loin.

11

3.1.2 Production

Dans cette Èconomie, il níy a que deux facteurs de production, chacun Ètant totalement spÈciÖque ‡ une industrie. En revanche, les facteurs de production ne sont pas spÈciÖques ‡ une variÈtÈ particuliËre díune industrie. On appelle le premier facteur de production : travail de type 1 et le second : travail de type 2.

La quantitÈ de travail nÈcessaire pour produire une variÈtÈ particuliËre díun bien se dÈcompose en un co˚t Öxe de mise au point du produit et un co˚t variable constant :

l 1 ;i

l 2 ;j

=

=

+

+

x 1 ;i

x 2 ;j

i = 1 ; :::; n 1 j = 1; :::; n 2

l 1 ;i est la quantitÈ de travail utilisÈe pour produire la variÈtÈ i de líindustrie 1, et x 1 ;i est la quantitÈ de cette variÈtÈ obtenue.

On note w 1 et w 2 les taux de salaires des deux types de travail.

Lío§re de chaque type de travail est exogËne. Elle est Ègale ‡ L 1 = 2 z pour le type de travail 1 et ‡ L 2 = z pour le type de travail 2. z est un paramËtre compris entre 0 et 1, qui va servir plus tard pour Ètudier líe§et du commerce international sur la distribution des revenus. La quantitÈ totale de travail disponible dans líÈconomie est Ègale ‡ 2 et le paramËtre z indique comment elle se rÈpartit entre les deux secteurs.

Les conditions díÈquilibre sur les deux marchÈs du travail sont :

3.2 Equilibre díautarcie

n 1

X l 1 ;i

i =1

n 2

X l 2 ;j

j =1

=

L 1 =

2 z

=

L 2 = z

On síintÈresse, díabord, ‡ la stratÈgie des Örmes. Le nombre de produits potentiels Ètant trËs grand et les co˚ts de production des di§Èrentes variÈtÈs Ètant identiques, chacune des Örmes va dÈcider de produire une variÈtÈ di§Èrente de celles de ses concurrentes 8 . Le modËle ne permet pas de dÈterminer quelles variÈtÈs seront prÈcisÈment produites mais cette information ne joue pas un rÙle important.

8 Si deux Örmes produisaient un produit identique, la concurrence en prix conduirait ‡ Öxer un prix Ègal au co˚t marginal et les Örmes ne pourraient pas couvrir leur co˚t Öxe.

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Les Örmes Öxent le prix qui maximise leur proÖt. A líÈquilibre, on aura donc :

p 1 c

= 1

p 1

j" j

Le co˚t marginal de production dans le secteur 1 est Ègal ‡ w 1 ; il reste ‡ dÈterminer líÈlasticitÈ de

la demande qui síadresse ‡ chacune des Örmes.

Les consommateurs maximisent leur utilitÈ sous contrainte de revenu. Le lagrangien associÈ ‡ ce

programme est Ègal ‡ :

Lag = ln

N

1

X

i

=1

@

c ;i ! 1 = + ln 0

1

N

2

X

j

=1

c

2 ;j 1

A 1 = 0

@

n

1

X

i

=1

(p 1 ;i c 1 ;i ) +

n

2

X

j

=1

A

(p 2 ;j c 2 ;j ) w 1

En dÈrivant par rapport ‡ c 1 ;i et en Ègalisant ‡ 0, on obtient :

1

X

c

1

;i

1

N

1

c

1

;i

i =1

p 1 ;i

=

0 , p 1 ;i =

, c

(1 )

1

;i

=

c

1

;i

1

N

1

X

i =1

c

1

;i

, p 1 ;i =

c

1

;i

1

N

1

X

i =1

c

1

;i

N

1

X

i

=1

c

1

;i ! p 1 ;i , c 1 ;i =

N

1

X

i

=1

c

1

;i ! (p 1 ;i ) 1

1

Si le nombre de produits est su¢ sament ÈlevÈ alors la dÈpense pour la variÈtÈ i est faible par rapport

au montant total dÈpensÈ pour le bien 1 et le terme

N 1

X

i =1

c ;i ! peut Ítre considÈrÈ comme constant.

1

La fonction demande a alors une ÈlasticitÈ constante Ègale ‡ 9 1

1 .

En introduisant cette valeur dans la rËgle de Öxation de prix des Örmes, il vient :

p 1 c

p

1

= j" 1 j , p 1 w 1

p

1

= (1 ) , p 1 w 1 = p 1 (1 )

, p 1 p 1 (1 ) = w 1 , p 1 = w 1 , p 1 = 1 w 1

De mÍme :

p 2 = 1 w 2

Les Örmes Öxent, donc, un prix Ègal au co˚t marginal plus un certain pourcentage de ce co˚t 10 .

9

" i = p

q

dq dp '

p 1 ;i

0 @

N

1

X

i=1

c

1 ;i 1

A

( p 1 ;i ) 1

1

@

1 0

1

N

1

X

i=1

c

1 ;i 1

A

( p 1 ;i )

1

1 1 =

1

1

1 0 Cette rËgle de Öxation du prix apparaÓt ‡ chaque fois que líÈlasticitÈ de la demande est constante.

13

Plus est faible et plus les produits sont di§ÈrenciÈs. On remarque que est Ègal au rapport du

co˚t marginal sur le prix, qui est Ègal au co˚t moyen (proÖt nul) :

p 1 = 1 w 1 , = w 1

p 1

On va, maintenant, dÈterminer la quantitÈ produite par chacune des Örmes.

Les proÖts des Örmes sont Ègaux ‡ :

1

2

p 1 x 1 ( + x 1 ) w 1

= p 2 x 2 ( + x 2 ) w 2

=

La condition de libre entrÈe impose quí‡ líÈquilibre le proÖt des Örmes est nul : 1 = 2 = 0. Il

vient :

1

De mÍme :

=

,

,

0 , p 1 x 1 ( + x 1 ) w 1 = 0 , 1 w 1 x 1 ( + x 1 ) w 1 = 0

1 x 1 ( + x 1 ) = 0 , 1 x 1 x 1 = , 1 1 x 1 =

1

x 1 = , x 1 =

1

x 2 = 1

Contrairement au modËle prÈcÈdent, on constate que la production de chaque Örme est in-

dÈpedante de L et de z . Cette indÈpendance vient de líhypothËse que les fonctions de demande

sont ‡ ÈlasticitÈ constante.

On va utiliser les conditions díÈquilibre des marchÈs du travail pour dÈterminer le nombre de

variÈtÈs produites :

n

1

X

i

=1

n

2

X

j

=1

l 1 ;i

l 2 ;j

= 2 z ,

= z ,

n

2

X

j

=1

n

1

X

i

=1

( + x 1 ;i ) = 2 z , n 1 ( + x 1 ) = 2 z , n 1 =

( + x 2 ;j ) = z , n 2 ( + x 2 ) = z , n 2 =

z

+ x 2

2 z

+ x 1

Il reste ‡ dÈterminer le ratio des salaires des deux secteurs. Le salaire relatif peut Ítre obtenu

trËs simplement. On sait que les consommateurs dÈpensent la moitiÈ de leur revenu pour líachat de

chacun des biens (propriÈtÈ de la fonction Cobb-Douglas). La recette dans chacune des industries

est, donc, Ègale ‡ la moitiÈ des revenus. En outre, dans cette Èconomie, les proÖts sont nuls. Les

14

recettes dans chacun des secteurs sont donc intÈgralement reversÈes sous forme de salaires. On a

donc :

w 1 L 1 = w 2 L 2

ce qui implique :

w

1

= L 2 =

z

w

2

L

1

2 z

La valeur de z dÈtermine les salaires relatifs. Si z est faible, le salaire dans líindustrie 2 est

supÈrieur au salaire dans líindustrie 1. Líindustrie qui comprend le moins de travailleurs verse le

salaire le plus ÈlevÈ.

3.3 Structure des Èchanges

On va, maintenant, Ètudier les Èchanges qui interviennent lorsque deux Èconomies analogues ‡ celles

de la section prÈcÈdente sont mises en contact. On va montrer que, lorsque les deux Èconomies ont

des dotations en facteurs trËs proches, líessentiel du commerce international est de type intrabranche,

tandis que lorsque les dotations en facteurs sont trËs di§Èrentes le commerce est surtout du commerce

interbranche (de type Heckscher-Ohlin). On suppose que les co˚ts de transports sont nuls.

3.3.1 Dotations en facteurs

On va dÈÖnir la similaritÈ des deux pays de faÁon trËs simple ‡ partir du paramËtre z en supposant

que les dotations en facteurs des deux pays sont les suivantes :

L 1 = 2 z L = z

1

L 2 = z L 2 = 2 z

O˘ les * dÈsignent les valeurs ‡ líÈtranger.

Si z = 1, les deux pays sont identiques. Lorsque la valeur de z diminue, les pays deviennent de

plus en plus di§Èrents.

3.3.2 Indice de commerce intrabranche

On commence par dÈÖnir un indice permettant de mesurer líimportance du commerce intrabranche

:

X jX k M k j

I

= 1 X

k

(X k + M k )

k

15

X k mesure les exportations de líindustrie k et M k les importations de bien k . Cet indice est Ègal

‡ 1 si le commerce est ÈquilibrÈ dans chacune des industries et il est Ègal ‡ 0 si la spÈcialisation est

totale.

3.3.3

Equilibre de libre Èchange

Le modËle se rÈsoud comme dans la section prÈcÈdente.

La demande qui síadresse ‡ chacune des Örmes a une ÈlasticitÈ constante et identique ‡ sa valeur

díautarcie. Les prix qui maximisent les proÖts des Örmes sont, donc :

p 1 = 1 w 1 p = 1 w

1

1

p 2 = 1 w 2 p 2 = 1 w

2

Comme les co˚ts de transports sont nuls, on a :

p 1 = p

1

et

p 2 = p

2

Les salaires versÈs dans chaque industrie sont, donc, identiques dans les deux pays. Comme, en

outre, le nombre de travailleurs est identique dans chacun des secteurs (‡ líÈchelle mondiale), on a :

w 1 = w = w 2 = w

1

2

La symÈtrie des dotations en facteurs conduit ‡ líÈgalisation des salaires entre les pays et entre les

industries.

La condition de proÖt nul entraÓne quí‡ líÈquilibre la taille des Örmes est :

x =

(1 )

La production par Örme reste identique ‡ son niveau díautarcie. Cette absence díe§et des

Èchanges internationaux sur líÈchelle de production des Örmes est due ‡ la constance de líÈlasticitÈ

des fonctions de demande.

LíÈquilibre sur le marchÈ du travail permet díobtenir le nombre de variÈtÈs produites dans les

industries des di§Èrents pays :

n

n

1

2

16

2 = 2 z + x z

+ x

= n

= n =

1

Dans ce modËle, le commerce international conduit ‡ une Ègalisation du prix des facteurs tout en

laissant les structures de production inchangÈes. Chaque pays produit le mÍme nombre de chacun

des biens quíen autarcie et produit les mÍmes quantitÈs de chacun de ces biens. Le commerce

international nía donc aucun e§et sur la structure de production de chacun des pays. En revanche,

líouverture des frontiËres va modiÖer la consommation des travailleurs et, surtout, elle a un e§et sur

la rÈmunÈration des travailleurs.

3.3.4 Volume et structure des Èchanges

Chacun des consommateurs va dÈpenser la moitiÈ de son revenu dans líachat de chacun des biens.

Il partage, ensuite, cette somme ‡ ÈgalitÈ entre les di§Èrentes variÈtÈs. La proportion du revenu de

chacun des consommateurs consacrÈe ‡ líachat de bien 1 produit dans le pays Ètranger est Ègale ‡

1/2 multipliÈ par la proportion de variÈtÈs du bien 1 produite ‡ líÈtranger, soit :

1

n

1

2 n 1 + n

1

Les taux de salaires Ètant identiques entre les pays et entre les industries, les revenus dans chacun

des pays sont les mÍmes. On note ce revenu : Y .

Il en rÈsulte :

2 z n 1 2 z X 1 = 1 Y 1 2 Y +
2 z
n 1
2 z
X 1
=
1 Y
1
2 Y
+ x
=
= 1 Y
2
z
z
2 n 1 + n
2 2 z + z
1
+ x + + x
1 n 2
1
z
X
=
Y
2
2 n 2 + n
= 2 Y z + 2 z =
Y z 4
2
M 1
=
1
2 Y 2 z + z =
n
1
z
1
Y
= Y z 4
2 n 1 + n
1
1 n
2 z
2
M 2
=
Y
= = Y 2 z
1 Y
2 n 2 + n
2
2 z + z
4
2

= Y 2 z

4

Remarque : la valeur des exportations est indÈpendante de z :

X 1 + X 2 = Y 2 z + Y

4

z

4

1

= 2 Y

Contrairement au modËle de Heckscher-Ohlin, le volume du commerce international ne diminue

pas lorsque les dotations en facteurs des pays convergent. La valeur de ces Èchanges est indÈpendante

des dotations relatives en facteurs des pays. En revanche, les variations de dotations relatives

entraÓnent une modiÖcation de la composition des Èchanges. On le constate, en calculant la valeur

17

de líindice de commerce intrabranche :

I

= 1 jX 1 M 1 j + jX 2 M 2 j

(X 1 + M 1 ) + (X 2 + M 2

) = 1

1 Y 2 z

2

1

2 Y z 2

+ +

1

2 Y z

1 Y 2 z

2

2

2

2

1 Y 2 z

2

2

+

1

2 Y z 2

1

2 Y z 2

+

1 Y 2 z

2

2

= 1

2 z

2

z + z

2

2

2 z

2

= 1

2 z

2

+ z

2

+ z

2

+ 2 z

2

2 2 z

2

+

2 2 z

2

z 2 + z 2 + z 2 + 2 z 2 2 2 z 2

2 2 + 2 2

= 1 1 z + 1 z = 1 2 2z

2

2

= 1 1 + z = z

On obtient une expression trËs simple :

I = z

Líindice du commerce intrabranche est Ègal au paramËtre mesurant les di§Èrences de rÈpartition

des facteurs de production entre les deux pays. Si les pays sont identiques, I = 1. La totalitÈ du

commerce international est du commerce intrabranche. Si les pays sont diamËtralement di§Èrents,

z = 0 , alors I = 0, et la totalitÈ du commerce international est composÈe de commerce interbranche.

3.4 E§ets des Èchanges sur le bien-Ítre

On va, maintenant, síintÈresser ‡ líimpact du commerce international sur le bien-Ítre des di§Èrents

agents. Dans le modËle de Heckscher-Ohlin, le bien-Ítre augmente globalement dans les deux pays,

mais, le commerce international a aussi un e§et important sur la rÈpartition des revenus ‡ líintÈrieur

des pays et certains agents (ceux qui possËdent les facteurs de production relativement rares en

autarcie) voient leur situation se dÈgrader. Dans ce modËle, le commerce international a aussi un

e§et important sur les salaires. Le commerce provoque, dans chaque pays, une Ègalisation des salaires

dans les deux secteurs. Le commerce international provoque une modiÖcation de la rÈpartition des

salaires au bÈnÈÖce des salariÈs appartenant au secteur o˘ le nombre de salariÈs est le plus ÈlevÈ et

au dÈtriment des salariÈs de líautre secteur. ParallËlement, le commerce international permet ‡ tous

les consommateurs díavoir accËs ‡ un plus grand nombre de biens. Comme les consommateurs ont

un go˚t pour la diversitÈ, ce second e§et est bÈnÈÖque pour tous les agents. Le problËme que líon

va, maintenant, Ètudier est de savoir si ce second e§et est su¢ samment fort pour que tous les agents

gagnent ‡ líouverture des frontiËres, mÍme si aucune mesure de redistribution des gains de líÈchange

níest introduite parallËlement ‡ líouverture des frontiËres.

Pour le savoir, on va calculer líutilitÈ díun individu recevant un salaire w . Cet individu va

consacrer la moitiÈ de son revenu ‡ líachat de chacun des biens et partager cette somme entre les

18

di§Èrentes variÈtÈs disponibles. Son niveau díutilitÈ va donc dÈpendre de son revenu, du prix des

biens et du nombre de variÈtÈs disponibles.

U

= ln

N

1

X

i

=1

@

c ;i ! 1 = + ln 0

1

N

2

X

j

=1

c

2 ;j 1

A

1

=

= ln n 1

p 1 ! 1 = + ln n 2

w

2

n 1

1

1

ln n 1

ln n 2 p 1 ! + 1

w

2n 1

2 p 2 !

w

2n

=

= ln n 1 + 1 ln

=

1 ln n 1 + ln

p 1 + 1 ln n 2 + 1 ln

w

2

w

n 1

ln n 2 + ln p 1 + 1

2

n 1

2

2 p 2

w

2

n

w

2 p 2

n

p 2 ! 1 =

w

2n 2

=

=

1

ln n 1 + ln 1 + ln 2 + ln 1 + 1

w

p

1

1

n

ln n 2 + ln 2 + ln 2 + ln

w

p

1

1 ln n 1

+ ln 1 ln 2 ln n 1 + 1 ln n 2 + ln 2 ln 2 ln n 2

w

p

w

p

= 2 ln 2 + ln 1 + ln 2 + 1 1 ln n 1

w

p

w

p

+ 1

1 ln n 2

= 2 ln 2 + ln 1 + ln

w

p

w 2 + 1

p

ln n 1 + 1 ln n 2

2

1

n

On peut nÈgliger le premier terme, qui est une constante. On va donc síintÈresser ‡ líÈvolution

des deux valeurs suivantes :

U 1

=

ln w 1 +

p

1

U 2 = ln w 2 +

p

1

ln w 1

p

2

ln w 2

p

2

+ 1

+ 1

ln n 1 + 1 ln n 2

ln n 1 + 1 ln n 2

Lorsquíon ouvre les frontiËres, il y a deux e§ets sur le bien-Ítre des agents. Le premier est une

modiÖcation de la distribution des revenus lorsque les taux de salaire convergent. w 1 et w 2 restent

p

1

p

2

constant. En revanche, w 1 augmente dans le pays 1 et w 2 diminue. Le commerce international

p

2

p

1

provoque une augmentation de la rÈmunÈration du facteur relativement abondant et une diminution

de la rÈmunÈration du facteur relativement rare. Le second e§et est une augmentation du nombre

de variÈtÈs disponibles pour chacun des biens. La structure de la production reste identique, mais,

chacun des consommateurs a accËs aux variÈtÈs des deux pays. Sa gamme de choix augmente donc.

Ce second e§et est bÈnÈÖque pour tous les agents.

Les deux e§ets Ètant favorables pour les travailleurs du secteur 1 (du pays 1), leur bien-Ítre

augmente.

19

Pour les personnes travaillant dans le secteur 2 (du pays 1), les deux e§ets sont de sens opposÈs.

On doit donc recourir au calcul pour voir lequel líemporte (les "í" indiquent les valeurs de libre

Èchange ; líabsence de "í" indique les valeurs díautarcie) :

U 2 U 2 = ln w = w 2 + ln w = w 2

0

0

2

p

0

1

p

1

0

2

p

0

2

p

2

+ 1

ln (n 1 0 =n 1 ) + 1 ln (n 2 0 =n 2 )

=

ln 2 z + ln (1) + 1 ln

z

2 z + 1

2

ln

2

z

=

=

ln z ln (2 z ) + 1 ln 2 1 ln (2 z ) + 1 ln 2 1 ln z

2 1

ln z 1 ln (2 z ) + 2 2 ln 2

Si < 0; 5, alors les travailleurs du secteur 2 voient leur situation síamÈliorer. En e§et, le

premier terme est positif (produit de deux termes nÈgatifs) et le troisiËme terme est plus grand que

le second. Donc si les produits sont su¢ samment di§ÈrenciÈs, tous les agents gagnent ‡

líouverture des frontiËres. Les consommateurs attachent beaucoup díimportance ‡ la diversitÈ

de leur consommation et cet e§et est su¢ samment fort pour dominer les e§ets de modiÖcation du

pouvoir díachat.

Si > 0; 5, alors le rÈsultat dÈpend de la valeur de z , cíest ‡ dire de la nature intrabranche ou

0

interbranche du commerce international. Pour ces valeurs de , on a : (1) U 2 U 2 > 0 lorsque z = 1,

(2) U 2 U 2 < 0 lorsque z = 0 , et (3) U 2 U 2 est une fonction strictement croissante de z . Donc si

les pays ont des dotations en facteurs su¢ samment similaires, tous les agents gagnent

‡ líouverture des frontiËres. Si la di§Èrenciation entre les di§Èrentes variÈtÈs des deux biens est

faible ( > 0; 5), les consommateurs gagnent moins ‡ accÈder ‡ une gamme de produit plus large.

Cette augmentation de la diversitÈ de leur consommation va dominer leur perte de pouvoir díachat si

cette derniËre est faible mais pas si cette derniËre est forte. Si les deux Èconomies ont des dotations

proches ( z proche de 1), la perte de pouvoir díachat est faible et líe§et diversitÈ líemporte. Si, au

contraire, les deux Èconomies sont trËs ÈloignÈes (z proche de 0), la perte de pouvoir díachat va Ítre

forte et elle ne sera pas compensÈe par líaccËs ‡ une plus grande variÈtÈ de biens. Dans ce dernier

cas, il y a un conáit díintÈrÍt entre les travailleurs des deux secteurs ‡ líintÈrieur de chacun des pays.

Une catÈgorie de travailleurs bÈnÈÖcie de líouverture des frontiËres tandis que líautre catÈgorie voit

son bien-Ítre diminuer.

0

0

La suppression des obstacles aux Èchanges entre pays ayant des dotations factorielles proches

se traduit, donc, essentiellement par líapparition de commerce intra-branche. Ce commerce ne

modiÖe pas sensiblement la rÈpartition des richesses ‡ líintÈrieur des pays mais il permet ‡ tous

20

les agents díaccÈder ‡ des biens plus diversiÖÈs. En revanche, la suppression des obstacles aux Èchanges entre nations ayant des dotations factorielles di§Èrentes donne, surtout, naissance ‡ du commerce inter-branche. Ce second type de commerce entraÓne une modiÖcation des salaires relatifs ‡ líintÈrieur de chacun des pays et si globalement les gains ‡ líÈchange sont positifs pour chacun des pays, dans chacun des pays, certains agents voient leur situation se dÈgrader. Le premier type de rapprochement devrait, donc, bÈnÈÖcier díun soutien politique important et faire líunanimitÈ, tandis que le second type de rapprochement devrait donner naissance ‡ des conáits díintÈrÍts et ‡ des oppositions politiques fortes. Ce modËle peut, donc, expliquer (partiellement) pourquoi líintÈgration des pays díEurope de líOuest síest faite sans vÈritable opposition politique 11 et sans entraÓner de modiÖcation importante des salaires relatifs, alors, que líintÈgration des pays díEurope Centrale et Orientale provoque des oppositions. De mÍme, líaugmentation des Èchanges commerciaux avec la Chine et líInde provoque beaucoup díapprÈhensions chez certaines catÈgories de travailleurs 12 .

4 Co˚ts de transport

Krugman (1980) montre comment on peut introduire de faÁon simple des co˚ts de transport dans ce type de modËle et Ètudie les consÈquences de ces co˚ts de transport. Il montre que (1) ‡ líÈquilibre, les salaires sont plus ÈlevÈs dans le pays qui a le marchÈ intÈrieur le plus grand et (2) les tailles relatives des demandes domestiques des di§Èrents biens peuvent ináuencer les spÈcialisations des pays et la structure de leurs Èchanges.

On commence par prÈsenter le modËle de base. On introduit, ensuite, les co˚ts de transport. EnÖn, on prÈsente les e§ets de la demande domestique de chaque pays sur la structure de ses Èchanges.

1 1 En simpliÖant beaucoup ! Par exemple, certains agriculteurs franÁais Ètaient opposÈs ‡ líentrÈe de líEspagne dans la CommunautÈ EuropÈenne. 1 2 Si les Èchanges internationaux peuvent, thÈoriquement, provoquer des variations des salaires relatifs, il ne faut pas exagÈrer líimportance de cet e§et en pratique. Depuis les annÈes 1970, les salaires des salariÈs peu qualiÖÈs ont tendance ‡ diminuer aux USA tandis que ceux des travailleurs qualiÖÈs ont augmentÈ. En Europe, et tout particuliËrement en France, les salaires des salariÈs peu qualiÖÈs níont pas diminuÈ, ‡ cause de la lÈgislation, mais le chÙmage de cette catÈgorie de travailleurs a beaucoup augmentÈ. ThÈoriquement, le com- merce international pourrait expliquer ces Èvolutions, mais, beaucoup díÈconomistes pensent que les vÈritables causes doivent Ítre recherchÈes du cÙtÈ des innovations technologiques, qui ont beaucoup augmentÈ la productivitÈ des travailleurs les plus qualiÖÈs et qui ont diminuÈ fortement les besoins de main díoeuvre peu qualiÖÈe. Krugman (1996) et Cohen (1997), no- tamment, avancent que les changements technologiques semblent une cause beaucoup plus probable des Èvolutions salariales constatÈes que le commerce international. Voir aussi De- watripont, Sapir et Sekkat (1998), Freeman (1995) et Wood (1998), parmi beaucoup díautres Ètudes.

21

4.1 ModËle de base

Le modËle de base est une variante des modËles prÈcÈdents. Le modËle ressemble beaucoup ‡ celui de Krugman (1979) mais la fonction díutilitÈ est choisie de faÁon ‡ ce que líÈlasticitÈ de la demande de chacun des biens soit constante.

4.1.1 HypothËses

Tous les individus ont la mÍme fonction díutilitÈ :

U =

n

X

i =1

c

i

avec

0 < < 1

c i reprÈsente la quantitÈ consommÈe du bien i. Le nombre de biens produits, n , est grand mais infÈrieur au nombre de biens pouvant Ítre potentiellement produits.

Il y a un seul facteur de production : le travail. La quantitÈ de travail nÈcessaire pour produire un bien se dÈcompose en un co˚t Öxe de mise au point du bien et un co˚t variable constant :

l i = + x i

; > 0

i = 1; :::; n

l i est la quantitÈ de travail utilisÈe pour produire le bien i et x i est la quantitÈ produite de ce bien.

Lío§re de travail est exogËne et Ègale ‡ L. On note w le taux de salaire.

4.1.2 Conditions díÈquilibre

Pour que le modËle soit ‡ líÈquilibre, trois conditions doivent Ítre remplies.

1) Le marchÈ de chacun des biens doit Ítre en Èquilibre :

x i = Lc i

2) Equilibre sur le marchÈ du travail :

L =

n

X ( + x i )

i =1

3) Il y a libre entrÈe et libre sortie donc le proÖt des Örmes ‡ líÈquilibre doit Ítre nul.

22

4.1.3 Equilibre díautarcie

On commence par calculer líÈquilibre de ce modËle dans la situation díautarcie. On Ètudie, díabord,

le comportement des consommateurs. On en dÈduit líÈlasticitÈ des fonctions de demande. On

constate que cette ÈlasticitÈ est constante. Cela permet de dÈterminer le prix choisi par les Örmes.

En utilisant, la condition de proÖt nul, on obtient la production de chacune des Örmes. EnÖn, on

utilise la condition díÈquilibre sur le marchÈ du travail pour dÈterminer le nombre de biens produits.

ElasticitÈ des fonctions de demande : Les conditions de premier ordre du programme de

maximisation des consommateurs sont :

c

1

i

p i = 0

i = 1 ; :::; n

On en dÈduit :

p i = 1 c

1

i

=

p i = 1 c

1

i

1 x i

L

1

i = 1; :::; n

, c i = 1 1

1 p

i

1

1

Si le nombre de biens est grand, líe§et du prix díune Örme sur líutilitÈ marginale du revenu díun

consommateur est nÈgligeable, le terme 1 1 1 peut donc Ítre considÈrÈ comme constant et

líÈlasticitÈ des fonctions de demande peut Ítre approximÈe par : 1 = (1 ).

Prix et niveau de production des Örmes : Le prix qui maximise le proÖt des Örmes est alors

Ègal ‡ :

p i = 1 w

i = 1; :::; n

Le proÖt des Örmes doit Ítre nul :

i = px i ( + x i ) w =

0

i = 1; :::; n

On en dÈduit :

x i = 1

i = 1; :::; n

Nombre de biens produits : En utilisant, la condition díÈquilibre du marchÈ du travail, on

obtient le nombre de biens produits :

n =

L L L 1 = L (1 ) = + x = + 1 +
L L
L
1 = L (1 )
=
+ x =
+
1 +
1

23

4.1.4 E§ets des Èchanges

Comme dans le modËle prÈcÈdent, líouverture des frontiËre ne modiÖe pas líÈlasticitÈ des fonctions

de demande. Les prix choisis par les Örmes et la production par Örme sont, donc, identiques ‡ ceux

díautarcie.

Nombre de biens produits :

n = L (1 )

;

n = L (1 )

La structure de la production de chacun des pays ne se modiÖe pas. Le salaire rÈel ne change

pas non plus. Cependant, le bien-Ítre des consommateurs augmente car ils ont, maintenant, accËs ‡

un plus grand nombre de biens.

Les habitants du pays 1 dÈpensent une proportion de leur revenu ‡ líachat de biens Ètrangers

Ègale ‡ :

n

n + n

tandis que les consommateurs du pays 2 consacrent ‡ líachat de biens importÈs du pays 1 une

proportion de leur revenu Ègale ‡ :

n

n + n

Donc, la valeur des importations du pays 1 (mesurÈe en unitÈs de salaire) est Ègale ‡ :

L

n

n + n = L

L (1 )

= LL

L(1 ) + L (1 )

L + L

Cette valeur est aussi Ègale ‡ la valeur des importations du pays 2 puisque le commerce est

ÈquilibrÈ.

4.2 Co˚ts de transport

On cherche, maintenant, ‡ introduire des co˚ts de transport dans ce modËle tout en gardant une

structure simple. Líastuce consiste ‡ supposer que les co˚ts de transport sont de type "iceberg".

Cela signiÖe que seule une fraction g du bien transportÈ arrive ‡ destination. La fraction complÈ-

mentaire (1 g ) "fond" au cours du voyage. Cíest ce qui se produirait si on dÈplaÁait un iceberg

de líAntartique vers un port situÈ dans des eaux plus chaudes. On peut aussi imaginer que líon

dÈplace du fourrage ‡ líaide díun charriot tirÈ par des boeufs et que les boeufs sont nourris pendant

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le voyage avec une partie du fourrage transportÈ. La mÈtaphore est moins Èvidente si on considËre

des biens manufacturÈs. On peut penser quíune proportion 1 g est alors dÈtÈriorÈe au cours du

voyage et devient inutilisable. LíhypothËse de co˚t de transport de type iceberg níest pas faite ‡

cause de son degrÈ de rÈalisme mais parce quíelle permet de conserver la structure "simple" du

modËle. Notamment, ce type de co˚t de transport ne va pas modiÖer líÈlasticitÈ des fonctions de

demande. Cíest la premiËre chose que líon va montrer. Les autres rÈsultats en dÈcoulent.

4.2.1 Comportement des agents