Vous êtes sur la page 1sur 17

FRACTURE DE L’ÉXTRIMITÉ INFERIURE DU RADIUS

DR RICHE SALIM

I. DÉFINITION :

Les fractures EIR sont des FR métaphyso-épiphysaires du radius distal situé jusqu’à 4 à5 cm au dessus de l’interligne
articulaire radio- carpienne ; +/- complexes et +/- associées à une atteinte de la styloïde ulnaire.

II. INTÉRÈTS :

1. Fréquence : occupe la 1ère place dans la traumato d’urgence, c’est la fracture la plus fréquente,

2. Terrain : - On les retrouve à tout âge mais elles sont observées essentiellement chez la femme > 60 ans (le sex-ratio
est inversé chez les moins de 30 ans).
- Chez le sujet âgé le plus souvent par simple chute de sa hauteur (ostéoporose),
- Chez le sujet jeune après un traumatisme violent.
3. Diagnostic : facile, clinque, complété par la radio.
4. Pronostic : dépend de la qualité du traitement.

5. Gravité : fractures bénigne, mais risque des séquelles fonctionnelles et morphologique.

III. RAPPEL ANATOMIQUE:


 L’EIR est volumineuse de forme quadrangulaire :
1. Face externe : se prolonge de l’apophyse styloïde.

2. Face interne : perte une surface articulaire « la cavité sigmoïde « du radius qui s’articule avec la tête du cubitus
pour former l’articulation radio cubitale inférieure.
3. Face postérieure : est creusée de deux gouttière sont séparée par une tubérosité « le tubercule de TISTER ».
4. Face inférieure : articulaire, c’est la glène radiale qui s’articule avec le scaphoïde et le semi-lunaire. Normalement
la glène radiale regarder en bas et en avant de 10° c’est l’inclinaison sagittale ou bascule sagittale.

Page | 1
 Anatomie de l’articulation du poignet :
L’articulation radio-carpienne :
 Elle met en rapport : - En haut : la surface articulaire distale du radius (la glène radiale) et le ligament
triangulaire,
- En bas : les trois os de la première rangée des os du carpe qui constitue le
condyle carpien  - le scaphoïde et lunatum (semi-lunaire) s’articulant avec le radius,
- le triquetrum (pyramidal) s’articulant avec le ligament triangulaire.
 Elle permet les mouvements de : - flexion-extension,
- inclinaison radiale et ulnaire du poignet, qui seront amplifiés par la
médio-carpienne.
 L’épiphyse radiale regarde en bas, en avant et en dedans ;
 Ainsi la glène radiale regarde en avant de 10° et de 25° en dedans.

L’articulation radio-ulnaire distale :


 Met en rapport : la cavité sigmoïde du radius et la tête ulnaire avec l’articulation radio-ulnaire proximale, elle
permet la prono-supination.

 La face inférieure de la tête ulnaire est située un peu plus proximalement que la glène radiale (2mm) Ce
décalage correspond à l’épaisseur du ligament triangulaire qui s’insère à la base de la styloïde ulnaire et qui est le
principal responsable de la stabilité de cette articulation.

 Rôle fonctionnel du poignet : Le poignet possède 3 degrés de liberté afin d’orienter la main dans l’espace :
Dans le plan frontal :
 Inclinaison frontale radiale 25° :  Inclinaison frontale cubitale : 45°
- 15° se produisent dans la radio carpienne. - 20° radio-carpienne,
- 10 ° dans la médio carpienne. - 25° médio-carpienne.

Dans le plan sagittal :


 La flexion palmaire est de 85° :  L’extension est 85° :
- 50° pour la radio carpienne. - 30° pour radio carpienne.
- 30° pour la médio carpienne. - 50° pour la médio carpienne.

Prono-supination : - à partir d’une position neutre du poignet, pouce dirigé vers le haut, coude au
corps à 90° de flexion,
- amplitudes +90°/-90°.

Page | 2
 Notions de radio-anatomie :
De face :
 L’index radio-ulnaire distal : - Est négatif et égal à – 2mm.
- Il correspond au « décalage » compté en ‘’mm’’ entre 2 lignes
horizontales ; l’une passant par l’extrémité distale du radius, et l’autre par
l’extrémité distale de l’ulna.
 L’inclinaison frontale de la ligne bi-styloïdienne : inclinaison frontale en haut et en dedans de 20- 25°.
(Forme un angle de 15° par rapport à l’horizontale).
 L’inclinaison frontale épiphysaire radiale : est de 25° en dedans de par rapport à l’horizontale.

De profil :
 L’antéversion épiphysaire est sagittale : la surface articulaire du radius est orientée vers le bas et vers l’avant
d’environ 10°.
 Le lunatum se projette en regard de la glène radiale.

V. ANATOMIE PATHOLIGIQUE :

 Généralités :
 Femme ménopausée ostéoporotique  Le plus souvent dues à un traumatisme à basse énergie par une simple chute
de sa hauteur.
 Plus rarement, et plutôt chez les sujets jeunes  dues à un traumatisme violent à hauteur énergie (AVP, chute d’un lieu
élevé, accident de travail, tentative d’autolyse…) ; elles entraînent alors des fractures plus complexes.

 Mécanisme :
 Direct : exceptionnel
 Indirecte +++ : le plus souvent
- Chute sur la paume de la main en extension donnant des Fr type Pouteau Colles (déplacement post).
- Chute sur le dos de la main en flexion donnant les Fr de Goyrand Smith (déplacement Ant).

 Classification :
Le déplacement = Classification AO.

Page | 3
L’atteinte articulaire = Classification de Mac Murtry Jupiter :
- Groupe 1: Deux fragments.
- Groupe 2: Trois fragments.
- Groupe 3: Quatre fragments.
- Groupe 4: Cinq fragments.

Degré de Comminution = Classification de Jenkins :


-Groupe 1: Pas de comminution visible RX.
-Groupe 2: Comminution dorsale sans atteinte du fragment distal.
-Groupe 3: Comminution du fragment sans atteinte du cortex.
-Groupe 4: Comminution bipolaire.

Le Mécanisme = Classification de Castaing 1964, La plus utilisée, elle


devise les fractures de L’EIR en 02 grandes variétés :

Les fractures par compression –extension : 85 -90% des Fr de l’EIR : ce sont toutes les fractures à déplacement
postérieur  bascule en arrière de l’épiphyse radiale par rapport au fragment proximal.

o Fractures sus articulaires : c’est, elle se caractérise par :


 Son trait : - situé à 15- 25 mm au dessus de l’interligne radio carpienne,
- oblique en haut et en arrière ; Il existe souvent un tassement au niveau de la corticale post.

 Ses déplacements : 03 composantes s’associent de façon variable

Page | 4
- Bascule post du fragment epiphysaire :
Elle orient la glène radiale en bas et en arrière. ;
Radiologiquement, la surface articulaire qui à une inclinaison de 10 ° s’horizontalise ou même s’inverse le
plus souvent.
Elle est responsable de l’aspect en dos de fourchette du poignet fracturé.

- Ascension ou engrènement :
Par impaction de l’épiphyse dans le fragment proximal,
Rx ; diminution de l’inclinaison frontale voire de l’horizontalisation de la ligne bistyloidienne.

- Tassement latéral ± Translation externe (en dehors) :


Moins constatant, se traduisant par l’horizontalisation de la ligne bistyloïdienne.
Il est responsable de la déformation en baïonnette du poignet.
NB : - ces déplacements peuvent manquer complètement dans
les fractures sans déplacement, ou au contraire se manifester à
leurs maximums dans la fracture de GERARD – MARCHANT

 ± associée à des degrés divers à :


- Une fracture de la tête ulnaire,
- Un refend articulaire au niveau de la glène radiale dans le plan frontal et/ou sagittal,
- Une lésion du ligament triangulaire pouvant aller jusqu’à une luxation radio-ulnaire distale.
 On distingue :
- Fracture de Pouteau-Colles : sans refend articulaire ni lésion associée.
- Fracture de Gérard Marchand : sans refend articulaire mais avec fracture de la styloïde ulnaire.

o Fractures articulaires : elles associent au trait métaphysaire (Pouteau colles) un ou plusieurs refends
articulaires.
 Fracture à 3eme fragment postéro interne : ou fracture potentielle de CASTAING :
- Elle associe au trait de fracture de Pouteau colles un 3eme fragment articulaire postéro- interne.
- Le semi-lunaire représente le vecteur principal de la force de compression sur le radius, détachant ainsi
un fragment postéro- interne quadrangulaire.
- Il se déplace le plus souvent vers le haut, parfois il est comminutif.
- Appelée par Castaing fracture potentielle, car c’est à partir d’elle que vont se produire par
augmentation de la force traumatique, toutes les autres fractures articulaires, qui comportent tous ce
3eme fragments interne.

Page | 5
 Fracture en T sagittal :
- Réalisée par l’extension d’avant en arrière du trait sagittal,
- Traits de refend frontal  Le refond est visible sur un cliché de face,
- Il s’agit d’un 4eme fragment détachant la moitie Ant de la cavité glénoïde (frgt ant –int).

 Fracture en T frontal :
- C’est la fissure frontale de la fracture potentielle qui va s’étendre.
- Traits de refend sagittal  Le refond est alors visible sur le cliche de profile.
- Elle détache alors 02 fragments post.

 Fracture en croix : ou fracture en T dans les 02 plans, NB  FR de RHEA- BARTON :


FR radiale + rebord post du
- il se produit une extension des fissures de la fracture potentielle radius.
dans les 02 plans frontal et sagittal, réalisant une forme
particulièrement instable.
 Fracture éclatement : défiant toute analyse, elle est rare.
 Autres :
- FR à composante externe.
- FR à composante interne.
- FR marginale postéro externe : Fr de RHEA- BARTON.
- FR de la styloïde radiale : cunéenne externe.

Les fractures par compression – flexion : rares (6,5 -10%) et font suite à un traumatisme en flexion, entraînant un
déplacement antérieur du fragment distal.

Due à une chute : - Soit sur le dos de la main (rare) : avec une compression axiale et une hyperflexion du poignet.
- Soit en extension modérée du poignet (<90°) : sans déplacement du corps parallèle au sol
vers l’avant, comme cela est le cas dans les fractures en compression-extension : chute en
arrière par exemple le carpe rencontre la partie antérieure de la glène radiale qui bascule en
avant.
Ce mécanisme entraîne une fracture de l’épiphyse radiale distale avec un déplacement selon 3 composantes :
- Bascule antérieure qui oriente la glène radiale en bas et en avant qui exagère l’antéversion normale de
la glène radiale,
- Ascension par impaction de l’épiphyse dans le fragment proximal.
- Tassement antéro-latéral ± translation en dehors se traduisant par l’horizontalisation de la ligne
bi styloïdienne.
Page | 6
o FR sus articulaire ou FR de GOYRAND –SMITH : avec un déplacement ant, réalisant une déformation en
ventre de fourchette on retrouve également  - Une ascension de la styloïde radiale.
- Une translation externe épiphysaire.
- Pose un problème de réduction.
o FR articulaire ou FR marginales antérieures :
 FR simple (type I de Cauchoix et Duparc) : détachement du rebord antérieur du radius et une partie de
la corticale antérieure radiale.
 FR complexe (type II de cauchoix et Duparc) : à la fracture marginale antérieure , s’associe une
séparation metaphyso- épiphysaire , elle s’accompagnent d’un luxation ant du massif carpien , le quel
reste solidaire du fragment inférieure et se réduit spontanément , lors de la réduction de la fracture tjrs
TRT chirurgical
NB : toutes les FR à déplacement ant sont instables et le TRT donc tjrs chirurgical.

Fractures communitives inclassables : elles sont nées avec la traumatologie routière et présentent une
comminution + / – propagée à l’épiphyse.

 Lésions associées ostéo- articulaire :


FR de la tête et du col du cubitus ; elles sont rares. NB : FR Pouteau colles + frq styloïde cubitale :
FR GERARD MARCHAND.
FR de la styloïde cubitale : - elles sont fréq 50%,
- elles signes l’arrachement ligamentaire ( ligt triangulaire et LLI) ;
- Elles évoluent le plus svt vers la PSD de la styloïde cubitale qui reste généralement sans
traduction clinique.

Lésions de l’articulation radio –cubitale inf : il s’agit de lésions ligamentaires qui se traduisent par Diastasis radio-
cubitale inf ou plus rarement par une luxation de la tête cubitale.
Lésions carpienne ; - elles sont rare,
- le plus frqt surtout la fracture du scaphoïde carpien.
Page | 7
VI. CLINIQUE : TDD : FRACTURE DE POUTEAU COLLES RECENTE

 Interrogatoire :
- Les circonstances de l’accident ; Trauma indirect, en hyper extension du poignet,
Trauma direct rare
- L’heur de l’accident ; HDR, ATCD M-C.
- Une violente douleur du poignet.
- Un craquement.
- Présente une impotence fonctionnelle totale.

 Examen physique : bilatéral / comparatif / douceur


Inspection :
- ATMS (dessault).
- L’ecchymose est le plus souvent tardive mais un œdème peut survenir
rapidement (attention aux bagues…).
- Déformation caractéristique :
 De face : aspect de main botte radiale.; déformation en baïonnette, la
main et déjetée en dehors de l’axe de l’AB qui passe en dedans du radius, la
tête cubitale fait saillie :

 De profil : déformation en DOS de fourchette la main est déjetée


dorsalement par rapport à l’axe de l’AB.
Palpation :
- Douleur du poignet de siége articulaire  On recherche une zone douloureuse au bord latéral du poignet à la
palpation de la styloïde radiale au-dessus de la tabatière anatomique.
- Mobilité du poignet possible mais douloureuse  Petite mobilité passive du poignet qui signe le caractère extra-
articulaire et engrainé de la fracture.
- Ascension de la styloïde radiale : horizontalisation de la ligne bistyloidiennne  signe de LAUGIER +++.
Recherche de lésions associées : complications cutanées, vasculo-nerveuses.

VII. RADIOLOGIE :

 Technique :
En première intention : Radiographies standards
Clichés du poignet : face et profil stricts, ¾ si besoin pour apprécier les refends articulaires, l’analyse du cliché porte
sur 4 éléments :
 Epiphyse radiale :
- Trait de fracture : - nombre de fragments (fracture simple, complexe ou comminutive).
- appréciation de la comminution postérieure.
- Déplacement : - Bascule sagittale sur le cliché de profil : 3 éléments pour repérer la face antérieure (le
pouce, la concavité antérieure des métacarpiens et le pisiforme qui se projette en avant du carpe)
- Bascule frontale sur le cliché de face.

 Extrémité distale de l’ulna :


- Fracture de la styloïde ulnaire : très fréquent due à l’arrachement de l’insertion du ligament triangulaire,
(fracture de Gérard Marchant)
- Fracture du col de l’ulna ou de la tête ulnaire

Page | 8
 Articulation radio-ulnaire distale :
- Index radio-ulnaire distal normal : négatif (radius plus long que l’ulna) et égal à 2 mm
- Diastasis radio-ulnaire : normalement absent.

 Bilan des lésions associées : fracture du scaphoïde, entorse scapho-lunaire, luxation du semi-lunaire…
Remarque : Une R(x) du thorax pourra être réalisée dans le cadre du bilan préopératoire si nécessaire (voir RMO)

En deuxième intention : TDM du poignet.


 Indications :
- fractures articulaires,
- fractures complexes+++.
 Permet :
- étude du trait de fracture et des
déplacements,
- appréciation des rapports articulaires+++,
- bilan des lésions associées (lésion
ligamentaire…).

 Résultats : Fracture de Pouteau-Colles


Trait de fracture :
 De face : - simple, transversal,
- sus-articulaire, métaphysaire à ≈ 2 cm au-dessus de l’interligne
articulaire radio-carpien.

 De profil : linéaire oblique en bas et en avant avec rupture de la corticale antérieure,


et comminution corticale postérieure  classification de GRUMILLER KAPANDJI
- Type I : abs de comminution
- Type II : comminution postéro- interne
- Type III : comminution postéro –totale

 Absence de trait de refend articulaire

Déplacement :
 De face : - bascule avec tassement latéral de l’épiphyse radiale (Normale : 25°)
- horizontalisation de la ligne bi styloïdienne (Normale : 15°)
- index radio-ulnaire distal nul ou positif (Normale : -2mm)
- translation latérale de l’épiphyse radiale.
- bascule frontale de la glène radiale.
- signe négatif : l’ulna est normal.

 De profil : - bascule sagittale postérieure de l’épiphyse radiale qui perd son antéversion avec une surface
articulaire qui regarde en bas et en arrière.
- engrènement postérieur et surtout postéro-latéral (pénétration de la diaphyse dans l’épiphyse)

Page | 9
Page | 10
VIII. ÈVOLUTION :
 Favorable :
Délai de consolidation : 6 semaines (45 jours) avec pseudarthrose rarissime.
Récupération fonctionnelle : dépend de la qualité du traitement initial +++.
Les facteurs de mauvais pronostic :
 Locaux : - Comminution importante : risque de déplacement secondaire.
- Nombre de fragments élevé : difficultés d’ostéosynthèse.
- Trait de fracture articulaire : risque d’arthrose secondaire.
- Lésions associées : luxation radio-ulnaire distale (perte de de la prono-supination).
ouverture cutanée (retard de consolidation).
 Généraux : - Age élevé.
- Patient polytraumatisé.

 Complications :
Immédiates :
- Ouverture cutané ; très rare
- Complications vasculo- nerveuses ; exceptionnelle
- Lésions Ostéo- articulaire associées : styloïde cubitale, diastasis radio- cubital, lésions carpienne : rare
Secondaire :
- Syndrome de WOLKMANN.
- Déplacement II aire : c’est la CPC la plus fréquente.
- Œdème sous plâtre.
- Sepsis sur broche.
- Syndrome neuro-algo-dystrophique.
Tardives :
 Les cals vicieuses : Ils reproduisent la déformation initiale de la fracture se voient après réduction imparfaite
ou déplacement II aire sous plâtre entraînant :
- Sur le plan esthétique : persistance de la déformation de l’axe du poignet, et saillie de la tête ulnaire.
- Sur le plan fonctionnel : - Mobilité douloureuse du poignet.
- limitation de la mobilité du poignet ; diminution des amplitudes articulaires
(prono-supination++).
- Enraidissement des doigts.
- Diminution de la force de préhension par désaxation des tendons fléchisseurs.

 Troubles ou complication trophiques :


- Douleurs du poignet.
- troubles trophique et vasculo- moteurs.
- une importante ostéoporose à la RX.
 Arthrose : elle peut s’observer après les lésions articulaires complexes, et peut être très invalidante,
nécessitant parfois une arthrodèse du poignet.
 Les ruptures tendineuses : complications iatrogène, par usure mécanique sur les broches (rupture du
long extenseur du pouce d’origine ischémique).
 Algo- neuro- dystrophie réflexe :
- Clinique : - douleurs du poignet et cyanose, hypersudation, œdème et impotence progressive des doigts.
- Rx : aspect pommelé typique des zones épiphysaires ostéoporotiques.

Page | 11
 Complications liées au traitement :
- Migration des broches.
- Démontage des broches ou de la plaque par manque de solidité ou de tenue du matériel (problème de
la qualité osseuse).
- Infection du site opératoire.

 Complications nerveuses :
- Névrome irritatif du nerf radial ; iatrogène
- La compression du nerf cubitale ; rare
- Syndrome du canal carpien : - fréquent mais habituellement résolutif en 03 à 06 mois.
- Parfois précoce ; lors de la confection du plâtre, ou au début de la
rééducation.
- Peut s’observer après tout type de fracture, même sans déplacement.
- Lié à l’œdème post-traumatique ; stase veineuse et œdème des gaines
synoviales qui entraîne  - une compression du nerf médian.
- une augmentation de volume des éléments traversant le canal
carpien (défilé ostéo-membraneux inextensible),

- Clinique  Douleur nocturne et fourmillement des premiers doigts,


Parfois hypoésthénie digitale,
Diminution de la force musculaire et atrophie thénariénne.

IX. FORMES CLINIQUES :


 Fracture sans déplacement : - pas de déformation,
- clinique : douleur de la face dorsale de l’EIR,
- R(x) : Expose au déplacement II aire.

 Fracture de GERARD MARCHAND : - associe, fracture de Pouteau colles + FR de la styloïde cubitale.


- due au déplacement en dehors de l’épiphyse radiale unie
à la styloïde ulnaire par le ligament triangulaire.
- sans conséquence fonctionnelle ultérieure, en l’absence
de diastasis radio-ulnaire distal résiduel après réduction

 Fracture de l’enfant : - il s’agit de FR incomplète : - en motte de beurre,


- en bois vert,
- fracture sous périoste ; la plus fréquente,
- FR décollement épiphysaire, surtout type II de SALTER et
HORRIS.

 Fractures comminutives : - des sujets jeune ; leur fréquence s’accroît en raison de l’augmentation des AVP,
- les déplacements sont importants,
- Dgc reconstitution difficile.

Page | 12
X. TRAITEMENT :
 Buts : - Obtenir une réduction la plus anatomique possible.
- Assurer une contention solide et stable ; problème du maintien de la réduction (risque de déplacement IIaire).
- Restante la fonction ; articulation stable, mobile, indolore.
- Éviter les séquelles fonctionnelles et les complications ; Ablation des bagues et alliance en regard de la main
lésée pour éviter toute ischémie d’aval.

 Méthodes :
Orthopédique : 2 temps
 Réduction : se fait S/AG ou AL ou loco- régionale elle consiste en :
- Une traction dans l’axe de l’AB pour désengrenée la corticale Ant avec contre extension au nv du coude fléchi.
- Mise en flexion palmaire du poignet réduisant la bascule post et un mouvement d’inclinaison cubitale réduisant la
translation externe.
- Contrôle de la réduction par R(x) F+P.
 Les critères de réduction :
Face : - Rétablissement de la ligne bistyloidienne : oblique en bas et en dehors (bascule frontale moyenne de 25°).
- Rétablissement de l’indice radio cubitale inférieur négatif à 02 mm.
- Restauration de la congruence de l’articulation radio-carpienne.
Profil : - La glène radiale regarde en bas et en avant, avec une inclinaison sagittale de 10°.
- La corticale antérieure doit être accrochée ; le franchissement de la corticale antérieure du fragment proximal par la
corticale antérieure du fragment distal.
NB : au moins trois critères sont absolus

 Contention :
Immobilisation par : - Attelle plâtrée BABP (brachio-antébrachio-palmaire) pendant 3 semaines,
- Suivie par manchette plâtrée pendant 3 semaines.

En position de fonction : - Coude à 90°,


- Poignet en position neutre ou en légère flexion palmaire,
- Articulations métacarpo-phalangiennes libres,
- 1ère colonne du pouce libre (depuis la trapézo-métacarpienne).

Page | 13
Chirurgicales : ostéosynthèse, utilisée lorsque les fractures sont instables
 Embrochage percutané classique : embrochage styloïdien externe
- Après la réduction, le poignet est maintenu en rectitude
- Après avoir repère et écarté nerfs et tendons par une petite incision, on introduit une broche par la styloïde radiale
qui travers obliquement (45°) le foyer de fracture dans un plan frontal et pénètre de la corticale radiale interne.
- + plâtre en BABP Pdt 06 semaine.

 Embrochage selon DUPARC : mise en place de 02 broches ; l’une pénètre par la styloïde radiale (45°) et l’autre
par le tubercule de LISTER et traverse obliquement le foyer de fracture d’arrière en avant et en haut.

 Triple embrochage : - associant les 02 manière précédents ; une broche dans la styloïde radiale, une autre dans
le tubercule de LISTER et une autre broche trans cubito radiale.
+ plâtre circulaire en BABP.

 Embrochage intra focal type KAPANDJI :


- Après réduction de la fracture par manœuvre externe.
- 2 broches, ou même 03 sont introduites à travers le foyer de fracture ; une broche postérieure et une broche
externe est introduite successivement à travers le foyer de fracture tout en maintenant la réduction.
- Les broches sont inclinées vers le haut ; pour venir se fixe sur la corticale opposée formant des butés
mécanique externe et post immobilisant le fragment épiphysaires et s’opposant au déplacement
 Ce qui permet de se passer de tout immobilisation plâtrée et autorise une rééducation immédiate.
- Les broches sont retirées sous AL/ ALR au bout de 6 semaines.

1 broche dans le La broche est inclinée et perfore la Aspect de face et de profil


foyer de fracture corticale

Page | 14
 Embrochage iso-élastique de PY :
- Les broches transfixent l’ERI et sont bloqués dans le canal
médullaire du radius introduit par le tubercule de LISTER et
par la styloïde radiale,
- Permet également une rééducation précoce sans
immobilisation.

 Ostéosynthèse à foyer ouvert par plaque antérieure :


- Abord chirurgical par voie antérieur type Henry et une
réduction à ciel ouvert et contrôle scopique.
- Stabilisation par ostéosynthèse  - plaque console,
- ou vissage.
- Indiquée dans : - FR à déplacement Ant ; GOYRAND –SMITH,
- FR marginale Ant
- Immobilisation par attelle amovible.
- L’ablation de la plaque n’est pas systématique ; dépend du patient  âge, profession…

 Ostéosynthèse indirecte par fixateur externe :


- Réduction de la fracture par traction dans l’axe qui permet la mise
sous tension des éléments capsulo-ligamentaires ; on parle de
ligamentotaxis.
- La réduction est maintenue par : un fixateur externe métacarpo-
radial ± broches ± plaque, grâce à des fiches qui sont vissées dans le
2ème métacarpien et le radius.
- Avantages : poursuite des soins cutanés dans les fractures
ouvertes, ré-axation du poignet.
- Le fixateur est retiré au bout de 4 à 6 semaines et éventuellement
relayé par un plâtre.

Page | 15
AVANTAGE INCONVENIANTS

- Risque de déplacement secondaire +++.


TRAITEMENT - Rééducation tardive, débutée après 6 semaines
- Pas d’AG si fracture non déplacée.
d’immobilisation.
ORTHOPEDIQUE
- Immobilisation BABP sans réduction - Enraidissement des doigts,
- Cals vicieux.
- Algodystrophie

- Geste technique simple.


EMBROCHAGE - Névrome radial.
- Contention stable.
PERCUTANE - Algodystrophie.
- Rééducation précoce.
- Rupture tendineuse.
- Ablation des broches sous AL ou ALR.

PLAQUE VISSEE - Geste technique simple.


- Risque pour le nerf médian.
- Contention stable.
- Risque tendineux théorique.
- Rééducation précoce.

- Névrome radial (fiches radiale).


- Algodystrophie.
- Rapide et simple. - Rupture tendineuse.
FIXATEUR EXTERNE - Améliore la stabilité des autres - Pas de réduction des enfoncements centro-
montages.
articulaires.
- Infections sur fiches.

Les mesures associées :


 Rééducation :
- Débutée le 1er jour par le patient seul : - Mobilisation active des doigts, main surélevée,
- Quotidienne, pendant toute la durée de l’immobilisation,
- Poursuivie par le kinésithérapeute à l’ablation du plâtre : rééducation active de récupération des amplitudes
articulaires et d’entretien de la force musculaire.
 Surveillance : clinique et radiologique : J2, J8, J15, J21, J45.
Arbre de décision thérapeutique :
 Association traumatisme du poignet avec déformation : réalisation en urgence de R(x) du poignet (F+P± ¾).
 Toujours s’assurer de l’absence de complication immédiate : cutanée, vasculaire et nerveuse.
 Les radiographies permettent de : classer la fracture pour proposer un traitement en fonction du
déplacement et de la stabilité ou non de la FR.
Les critères d’instabilité sont : - Bascule sagittale >20°.
- Raccourcissement > 5 mm.
- Horizontalisation de l’épiphyse radiale > 15°.
- Fracture associée de la tête ou du col de l’ulna.

Les indications :
 Fracture simple type Pouteau colles :TRT orthopédique
Si communition post importante : broche styloidienne.
 Fracture par compression extension type CASTAING : TRT orthopédique en maximum.
Brochage percutané pour d’autres
 Fractures complexes : Le TRT orthopédique ne peut assurer aucune contention et le TRT chirurgical est
impossible.
La méthode de détraction par fixateur externe est très indiquée.
Page | 16
 Fractures par compression – flexion GOURAND SMITH : Immobilisation par plâtre.
la plus part des auteurs : embrochage styloidien externe
cause de grande nombre de déplacement II aire
D’autre sont instable ; fixation par plaque vissée.

 Fractures marginales ant : plaque vissée ou plaque console (abord ant ).


 Fractures de l’enfant : TRT orthopédique.

XI. CONCLUSION :
 Il s'agit d'une question facile qui redevient d'actualité car, l'espérance de vie ayant augmenté, les séquelles,
autrefois sous-estimées, sont maintenant mal tolérées.

 Il est donc fondamental de bien connaître ces séquelles qui sont liées aux cals vicieux, secondaires à une
perte de réduction.

 On s'oriente vers l'embrochage intra-focal qui permet d'alléger l'immobilisation mais ce n'est pas encore "la
bonne solution".

 Il faut au moins 6 mois pour que le résultat soit définitif et il persiste souvent quelques douleurs à la prono-
supination ou lors des changements de temps, une limitation de 20 à 40° de la flexionextension et un petit
manque de force.

 Cependant, la plupart de ces séquelles sont bien tolérées et les patients s'accommodent du résultat

Page | 17