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Université Hassan 1erer

Ecole Supérieure de Technologie de


Berrechid

Rapport de projet de fin d’études

L’audit fiscal :

Réalisé par : Oussama SALIH Encadrant pédagogique :

Filière : Techniques de Management M. Abderrahim AMEDJAR

Formation : DUT Encadrant professionnel :

Période de stage : Du 01/04/2012 au M. El Mostafa NAIM


31/05/2012 Qualité : chef comptable

Année universitaire : 2011- 2012

1
Sommaire

Introduction………………………..………………………………………………….………1

Première partie : l’audit et la gestion du risque fiscal

Chapitre I : généralité sur


l’audit………………………………………………...4
1. La notion d’audit………………………………………………………………..4

2. L’audit et notions voisines……………………………………….……………..5

3. Les types d’audit……………………………………………………………..…6

4. L’audit fiscal……………………………………………………………….........7

5. Les limites d’audit fiscal……………………………........................................ ...9

Chapitre II : La gestion du risque fiscal…………………………………………...11


1. La gestion des risques………………………………………………………….11

2. La gestion du risque fiscal …………………………………………………….11

3. Les sources du risque fiscal……………………………………………………13

4. La démarche d’audit fiscal…… .………………………………………….…….15

5. L’audit mesure le risque fiscal………………………………………………...20

2
Deuxième partie  : les tâches effectuées et la conception
d’un audit fiscal

Chapitre I : Présentation de l'environnement du stage


………………………..23

1. Aperçu sur la société………………………………………………………………..23

2. La mission et organigramme SORIAC…………………………………………...24

3. Ses activités …………………………………………………………………………25

4. Les départements SORIAC…………………………………………………………...26

Chapitre II : les tâches effectuées et les problèmes


détectés………………….29
1. Les tâches effectuées…………………………………….………………………….29

2. Les acquis du stage……………………..…………………………………………...33

3. Les problèmes détectés……………………………….…………………………….33

Chapitre III : la réalisation d’audit fiscal au sein de SORIAC………………


36

1. La réalisation de l’audit fiscal……………………………………………………...36

2. La synthèse générale…………………………………………...…..……………….42

Conclusion…………………………………………………………………………….43

Annexes……………………………………………………………………………….44

Bibliographie………………..………………………………………………………...45

3
Listes des figures :

Figure 1 : schéma de la démarche fiscale…………………………………………15

Figure 2 : informations sur la société……………………………………………..24

Figure 3 : organigramme SORIAC………………………………………………..25

Figure 4: sage saari comptabilité………………………………………………….31

Figure 5 : lancement du progiciel………………………………………………....31

Figure 6 : saisie des entrées……………………………………………………….31

Figure7 : mise à jour de la comptabilité………………………………………………32

4
Résumé :

En matière fiscale, l’entreprise doit s’assurer qu’elle respecte ses obligations


fiscales et travaille dans la transparence absolue. Elle doit être vigilante par rapport au
suivi du paramètre fiscal en vue de minimiser le risque fiscal, qui pèse énormément sur sa
situation financière, mais qui pourrait menacer sa pérennité et entraîner sa disparition.
L’audit fiscal sera l’outil qui attestera la régularité, la sincérité et l’image fidèle des
opérations fiscales effectuées par l’entreprise.

Mots clés : audit, audit fiscal, auditeur fiscal, gestion du risque, image fidèle et
gestion du risque fiscal.

Abstract:
In tax matters, the company must ensure that it meets its tax obligations and
working in absolute transparency. It must be vigilant with respect the parameter tax
monitoring in order to minimize the tax risk, which weighs heavily on its financial
position, but that might threaten its survival and cause his death.
The tax audit is the tool which will prove regularity, sincerity and fair presentation
of the tax operations performed by the company.

Keys words: audit, tax audit, tax auditors, risk management and tax risk
management.

5
Introduction :
Introduction :

La fiscalité regroupe l’ensemble de la législation et la réglementation en vigueur


en matière fiscale, les pratiques et les mesures propres à l’administration fiscale, les
prélèvements fiscaux1et d’autres prélèvements obligatoires.

Elle est considérée comme l’une des préoccupations majeures de l’entreprise.


C’est une contrainte dont la maîtrise est difficile. Même si l’entreprise adopte une
stratégie de transparence fiscale, elle n’est pas toutefois à l’abri des risques fiscaux.

C’est pourquoi l’entreprise doit consacrer une attention à la gestion des risques
fiscaux. Autrement dit, elle doit suivre l’évolution de la législation fiscale. Il est souvent
très coûteux pour une entreprise d’attendre l’arrivé des inspecteurs fiscaux, pour se poser
la question de savoir si elle respecte les prescriptions fiscales. D’où, le recours à des revus
périodiques d’audit pour détecter les risques, les quantifier et prendre les mesures
nécessaires.

Le présent rapport est intitulé : « l’audit fiscal et la gestion du risque fiscal»,


permet de répondre aux questions suivantes : quelles sont les différentes sources des
risques fiscaux ? Comment l’audit fiscal permet d’apprécier la performance fiscale de
l’entreprise ? Et quelle est la démarche d’audit fiscal ?

La première partie du rapport est consacrée à l’aspect théorique de l’audit et du


risque fiscal pour mettre le lecteur dans le contexte du mémoire. Elle se subdivise en deux
chapitres :

- Le premier chapitre permet de cerner le concept d’audit en général et a fortiori l’audit


fiscal ;
1
Impôt et taxe.

6
- Le deuxième chapitre s’intéresse aux risques fiscaux et leur rapport avec l’audit fiscal.

La deuxième partie du rapport est consacrée à l’aspect pratique. Elle se


compose de trois chapitres :

- Le premier chapitre et le deuxième chapitre ont comme fonction de présenter


l’environnement du travail et les tâches effectuées durant la période de stage ;

- Le troisième chapitre est destiné à montrer la démarche adoptée par la société


SORIAC au niveau de l’audit fiscal.

7
Première partie :

L'audit fiscal et la gestion du risque


fiscal

«L’observation recueille les faits ; la réflexion les combine ;


l’expérience vérifie le résultat de la combinaison ».

Denis DIDEROT, « pensées philosophiques », union générale d’édition, Paris, 1998.

8
Les profondes mutations de l'économie moderne manifestées par l'intensification
de la concurrence accrue au sein des différents secteurs, l'internalisation et la
généralisation des échanges internationaux, imposent à la société de mobiliser ses
ressources y compris dans le domaine juridique et fiscal.

I. Généralité sur l’audit  :


Etymologiquement, la notion « audit » provient du mot latin « auditus », qui
signifie « l’audition ». Il représente un instrument dont dispose l’entreprise pour mieux
contrôler et gérer.

1) La notion de l’audit :
a. La définition de l’audit  :
Plusieurs définitions ont été proposées et suggérées pour cerner au mieux une
vague notion. Selon Colin Hockings Gary, l’audit est «un examen critique des
informations fournies par l’entreprise2». Cette définition présente l’audit comme un
simple diagnostic des données et informations présentées par l’entreprise. Mais elle
s’avère alors insuffisante, car elle ne prend pas en considération les informations non
fournies et non communiquées.

Selon ATH3, l’audit est «l’examen d’information en vue d’exprimer sur cette


information une opinion responsable et indépendante par référence à un critère de
qualité, cette opinion doit accroître l’utilité de l’information 4».

Donc l’audit est une appréciation des informations basée sur des critères
spécifiques. Il est le premier pas vers l’amélioration. Il permet d’obtenir une vision
objective et claire d’un mode de fonctionnement ou bien d’une situation.

b. L’évolution de l’audit  :

2
Henri Pinard FABRO, audit fiscal, Edition francis lefebvre, 2008, p 30.
3
Association qui regroupe plusieurs cabinets d’audit et expert comptable pour améliorer leurs prestations.
4
ATH, Audit Financier, Edition Dunod, Paris, 1983, p18.

9
Le terme «audit » a évolué au fil du temps. Au début du moyen âge, se sont les
sumériens qui ont ressentis le besoin d’un contrôle de la comptabilité des agents. Ce
contrôle se basait sur la comparaison des informations provenant de deux sources
d’enregistrements indépendantes. Mais la notion «audit » ne fera apparition que chez les
romains, dès le troisième siècle avant Jésus-Christ, avec un sens plus large.

Ensuite, ce contrôle s’est développé chez les anglais. Il avait comme objectif de
détecter les fraudes, puis il s’est axé vers la recherche d’erreurs. Et en passant par
l’analyse des publications d’opinion sur la validité des états financiers pour arriver enfin à
l’analyse de la sincérité, la régularité et l’image fidèle.

2) L’audit et notions voisines  :

a. L’audit et contrôle  :

La notion  «contrôle» est toujours associée à l’audit. Mais la différence entre les
deux termes peut être prouvée à partir de la théorie des ensembles car la mise en place de
l’audit implique essentiellement de procéder à des contrôles.

Le terme «audit» regroupe sous sa tutelle toutes les procédures et techniques de


contrôle pour constituer un examen approfondi. Le contrôle apparaît donc comme un outil
et une technique d’audit. Toutefois, l’audit est l’opinion sur ce contrôle effectué.

b. L’audit et conseil  :

Dans aucun cas, l’audit ne peut pas être lié au conseil. Car ce dernier n’est qu’un
simple élément facultatif du travail de l’audit. Cet audit constitue alors l’aboutissement
d’une opinion sur le résultat obtenu.

c. L’audit et révision  :

En se référant aux domaines d’application de l’audit et de la comptabilité, nous


apercevons que la révision comptable est l’ancienne appellation de l’audit comptable.

10
Selon Jacque Raffegeau, la révision comptable est : «  comme une pratique à objet
restreint dépourvue des aspects flatteurs de l’audit mais que les décalages techniques
s’estompent et qu’il convient d’utiliser de manière équivalentes les termes de "réviseur",
de "contrôleurs des comptes" "ou d’auditeurs"5».

3) Les types d’audit  :

a. L’audit interne  :

L’audit interne correspond à une activité de conseil réalisée par les employés de
l’entreprise. Ces employés certifient la régularité de la gestion de l’entreprise en matière
des procédures. L’audit interne est une activité indépendante, qui permet à l’entreprise de
veiller à la maîtrise de ses opérations et lui offre des conseils d’amélioration continue.

L’audit interne est un service autonome, lié directement à la direction générale


pour réserver son objectivité. Il s’intéresse à la révision quotidienne des instruments d’une
direction en vue de contrôler et de gérer l’ensemble de l’entreprise.

b. L’audit externe  :

L’audit externe correspond à l’audit de seconde ou de tierce partie. Les audits de


seconde partie sont effectués par des parties, c’est à titre d’exemple les clients, ayant un
intérêt dans l’entreprise. Alors que les audits de tierce partie sont effectués par des
organismes indépendants.

c. L’audit financier  :

L’audit financier consiste à exprimer une opinion sur la régularité et la sincérité


des comptes d’une entreprise ou d’une société. C’est un outil essentiel qui garantie la
sécurité liée à l’information financière. Autrement dit, c’est un contrôle, une vérification
et une surveillance des comptes, tout en émettant des critiques et des remarques.

L’audit financier est donc, un examen critique des données et des informations
comptables en vue d’apprécier la régularité et la fiabilité des états financiers d’une entité.
5
Jacque Raffegeau, avant propos de l’ouvrage Audit et contrôle des comptes, Publi-union, Paris, 1979 ; p1.

11
4) L’audit fiscal  :

a. La définition de l’audit fiscal  :

L’audit fiscal est un outil pour se prononcer sur l’ensemble des structures fiscales
de l’entreprise et son fonctionnement. C’est un examen critique de la situation et la
conjoncture fiscale de l’entreprise afin de formuler une appréciation.

«  L’audit fiscal permet d’établir un diagnostic des obligations fiscales de


l’entreprise et de proposer des solutions propres à diminuer les charges fiscales 6 ».

b. L’objectif de l’audit fiscal  :

L’audit fiscal poursuit deux principaux objectifs qui sont :

 Le contrôle de la régularité fiscale : Il s’agit d’un contrôle ayant comme finalité de


s’assurer de la fiabilité des informations à aspects fiscaux. Il permet aussi de repérer
les anomalies, leurs origines et les risques fiscaux en vue de détecter les infractions
fiscales éventuelles et se préparer pour le contrôle fiscal.

La régularité fiscale constitue l’analyse du mode de traitement réservée aux


problèmes fiscaux au sein de la société auditée, dans laquelle l’auditeur fiscal va
s’interroger sur l’existence des spécialistes pour effectuer l’enregistrement comptable en
conséquence fiscale et de connaître si l’entreprise consulte ou non des conseillers fiscaux.

 Le contrôle de l’efficacité fiscale  : Il s’agit d’un contrôle ayant comme but, la


mesure de la prédisposition de l’entreprise à profiter des avantages et des opportunités
qu’offre la loi en matière fiscale. Ce contrôle repose sur deux types de choix  : les
premiers sont des choix tactiques liés à la gestion courante de l’entreprise. C’est à titre
d’exemple : le mode d’amortissement, le régime d’option de la TVA, etc. Alors que
les deuxièmes sont des choix stratégiques à titre occasionnel.

6
Hind IDRISSI, Audit fiscal, mémoire d’obtention du DUT de l’EST de Salé, filière Techniques de
Management, 2010, p22.

12
Le contrôle des choix tactiques est considéré comme un contrôle simple en faisant
appel aux outils traditionnels de l’audit à titre d’exemple les questionnaires, les examens
directes des comptes et des documents comptables. L’auditeur fiscal vérifie les principaux
choix fiscaux et les éléments de risque liés à ces choix. Il met en évidence les dispositions
omises et ignorées.

Alors que, pour le contrôle des choix stratégiques, l’audit permet de rapprocher la
complexité fiscale du projet au niveau des compétences des personnes, qui ont traité des
problèmes fiscaux pour examiner s’il n’a pas un manque à gagner ou bien des risques
encourus. De manière générale, l’audit à ce niveau va déterminer le degré de prise en
compte de la question d’efficacité fiscale.

c. Le rôle de l’auditeur fiscal et son profit  :

L’auditeur fiscal a la mission de veiller au respect des obligations fiscales par


l’entreprise. Il effectue un contrôle de régularité qui va permettre à l’entreprise de savoir
non seulement ses erreurs, mais aussi le risque qu’elles engendrent.

En effet, l’auditeur fiscal évalue l’aptitude de l’entreprise à utiliser les possibilités


que lui offre la législation fiscale sous forme d’avantages fiscaux, avantages financiers,
planification fiscale et ainsi sa capacité d’être efficace dans le cadre de sa gestion fiscale.

L’examen de l’ensemble des aspects fiscaux conduit à l’élaboration du bilan de


santé fiscale. C’est un diagnostic fiscal qui est considéré comme l’un des éléments du
diagnostic général de l’entreprise.

L’auditeur fiscal doit posséder une parfaite connaissance de la réglementation, de


la doctrine fiscale et une aptitude à mieux gérer les difficultés dans le but de bénéficier des
avantages et opportunités fiscaux. Il cherchera l’adaptation des structures permettant à
l’entreprise un allègement7des impôts.

L’audit fiscal donc, est l’ensemble des études et réflexions permettant d’évaluer les
procédures comptables et administratives au sein de l’entreprise en vue de garantir à tout
intéressé (actionnaires, salaries, dirigeants et tiers) la régularité et la sincérité des
informations communiquées. L’intérêt de l’audit fiscal est de :
7
En matière fiscale, il s’agit d’une réduction financière mais légale.

13
 Se préparer au mieux aux contrôles fiscaux : l’audit donne des informations sur
l’existence ou l’absence d’un risque fiscal. Cette vérification s’exerce généralement
d’une manière ponctuelle. Autrement dit, soit avant la demande de restitution d’un
crédit d’impôt ou bien avant le contrôle exercé par l’administration fiscale ;

 Gérer le risque fiscal est considéré comme une partie de la gestion du risque de
l’entreprise : le risque fiscal entraîne, non seulement des conséquences financières,
mais il peut porter atteinte à la notoriété de l’entreprise et sa réputation.

5) Les limites d’audit fiscal:

Face à l’importance, la complexité et l’instabilité de la législation fiscale, les


risques fiscaux surgissent de tout part. L’audit fiscal demeure toutefois incapable de
repérer toutes les irrégularités. Car ces dernières sont difficiles et délicates à apprécier.

a. Les limites liées à la contrainte du temps de la mission   :

L’auditeur fiscal n’est pas présent en permanence dans la société auditée. Il


intervient selon un calendrier établi à l’avance et pour une période bien déterminée. Son
intervention limitée dans le temps, entraîne des risques fiscaux. Il procède à une
estimation par le biais des sondages. Ces derniers lui permettent d’obtenir une conviction
et non pas une certitude.

La mission d’audit fiscal ne constitue pas une garantie, dans le cadre d’un contrôle
fiscal ultérieure révélateur des irrégularités fiscales. La responsabilité d’auditeur fiscal ne
peut pas être mise en cause. Car sa mission est placée dans le contexte d’une mission de
conseil. Et par conséquent, l’auditeur fiscal n’a pas une obligation de résultat mais de
moyens.

b. Les limites liées à la délicate appréciation du risque fiscal  :

Si les règles sont précises, bien définies et portent sur des obligations soit de
forme, soit de délai, leur contrôle ne soulève aucune difficulté. Mais en revanche, ce n’est
toujours le cas. La généralité du texte, l’évolution permanente de la législation fiscale
offrent la possibilité de déterminer un ensemble de critères objectifs dans le but de
caractériser l’existence de l’irrégularité de son absence. «  En effet, le caractère régulier

14
ou irrégulier au regard du risque fiscal est alors partiellement fonction de l’appréciation
du contrôleur ou l’auditeur fiscal8 ».

Donc l’audit fiscal est une méthode de détection des risques fiscaux. Il permet en
un premier lieu de s’assurer que l’entreprise respecte ses obligations fiscales auxquelles
elle est soumise. Autrement dit, elle doit être conforme à la règle fiscale. Et dans un
second lieu, il doit vérifier si l’entreprise s’oppose à des risques fiscaux ou bien s’expose
au non respect de la règle fiscale. « Il s’avère important de soumettre les comptes au
contrôle et ce en conformité avec les textes en vigueur. Et de mettre en place une matrice
des risques afin d’arrêter les recommandations nécessaires 9. »

Chaque entreprise a intérêt à effectuer régulièrement un audit fiscal. Il s’agit ici de


respecter le principe selon lequel «  mieux vaut prévenir que guérir ». Un audit fiscal
permet de rectifier et corriger certaines erreurs afin d’éviter un éventuel rappel à un
contrôle fiscal.

La majorité des rappels fiscaux sont motivés uniquement par des irrégularités
formelles qui peuvent être évitées. Ainsi, l’audit fiscal a comme objet, la découverte des
moyens permettant de réduire les impôts. Il sera utile en cas de projet de vente d’une
société, appelé audit vendeur dans le but de rassurer les acheteurs potentiels. Il peut servir
également en cas de projet d’achat d’une société afin de vérifier l’absence des risques.

II. La gestion du risque fiscal  :


La gestion du risque fiscal peut prendre deux formes : la gestion passive du risque
fiscal et la gestion proactive du risque fiscal.

Dans le premier mode de gestion, l’auditeur fiscal aide les dirigeants de la société
à réagir à une menace et rendre moins contraignant les répercutions négatives des risques
qui peuvent survenir.

Alors que «  dans une approche proactive, non seulement l’entreprise se donne les
moyens d’éviter les dangers, mais cherche également à profiter des opportunités qui les

8
Martial CHADEFAUX, l’audit fiscal, Edition Litec, Bordeaux, 1987, p224.
9
Mohammed LAHYANI, l’audit fiscal, Edition cabinet audit et analyse, Marseille, 2000, p 208.

15
accompagnent10». Elle se traduit par la mise en place d’un processus permettant de
détecter les risques et d’en tirer profits des opportunités.

1) La gestion du risque  :

Le terme « gestion du risque  » a des significations diverses. Il varie selon le


domaine dont lequel il est utilisé. En dépit de cette différence, la gestion des risques a
comme mission de traiter des risques susceptibles de menacer la bonne exécution des
travaux et fournir une garantie de qualité sur les tâches effectuées.

La gestion des risques vise à identifier et anticiper les actions, les événements ou
inactions susceptible d’affecter la mise en place de la stratégie dans un horizon donné,
définir les options de traitement et s’assurer qu’une option optimale est choisie, mettre en
œuvre cette optique et enfin contrôler l’efficacité de la solution retenue par rapport aux
attentes exigées.

2) La gestion du risque fiscal  :

La notion du risque fiscal combine deux acceptations :

Dans un premier lieu, le non-respect, volontaire ou non des règles fiscales et dans
un second lieu, la méconnaissance d’une disposition favorable qui peut générer un
manque à gagner important.

La gestion du risque fiscal prétend que l’entreprise parvienne à déterminer la


nature des sanctions encourues. Mais cela est difficile, car la sanction fiscale est liée d’une
part à l’existence d’un contrôle fiscal et d’une autre part la compatibilité entre les choix
fiscaux et la politique adoptée par l’entreprise.

Le risque fiscal est difficile à cerner et délicat à évaluer. Puisque la probabilité


d’un contrôle fiscal révélateur du risque, est inconnue, et donc la probabilité de détection
de l’irrégularité pendant le contrôle fiscal est aussi inconnu. Car cette irrégularité entraine
des sanctions qui correspondent à l’appréciation des organisations fiscales sur le
comportement de l’entreprise.

10
Raouf YAICH, « la culture des risques », op, citation, p 3.

16
Mais l’entreprise peut anticiper l’administration fiscale, si le service fiscal et la
direction sont sur la même ligne et partagent les mêmes visions. Il est en effet possible de
gérer les risques fiscaux à l’aide des quatre outils suivants :

 Déterminer et évaluer le risque : chaque décision, chaque fonction, chaque aspect


de l’entreprise doit être examiné sous l’angle des risques fiscaux ;

 Réduire les risques  : c’est le rôle de direction en mettant en place des mécanismes
du contrôle en vue de réduire, limiter les risques et aussi de signaler la survenance
possible d’éventuel risques ;

 Assurer l’exécution continue  : en nommant des responsables des risques chargés


de veiller à l’amélioration de la stratégie, les processus et les mesures dans le cadre
de la gestion des risques ;

 Adapter une politique et une stratégie des risques fiscaux  : la direction doit faire
part à ses employés à respecter les procédures en matière de risque fiscal et fixer
ainsi le seuil du risque significatif de l’entreprise.

La gestion du risque fiscal doit être établie de telle manière que l’entreprise
supporte le minimum d’impôts mais en toute régularité. Loin d’être une tentative de
fraude ou d’évasion fiscale, c’est une gestion saine et qualifiée d’habilité fiscale.

Selon Maurice COZIAN11, « Le maintenant de la gestion fiscale des entreprises se


fait à deux niveaux  : le niveau élémentaire et le niveau supérieur. Le premier englobe les
règles techniques de base, telle que les connaître et les appliquer par un bon exécutant.
Le second, n’est pas isolé mais relié au droit des affaires et droit comptable, remonte aux
grands principes. Par là, on atteint la gestion fiscale, laquelle autorise des audaces
calculées, avec le souci constant des limites à ne pas franchir 12.  »

3) Les sources du risque fiscal

11
Maurice CAZIAN, ancien professeur et émérite du droit fiscal.
12
Maurice CAZIAN, les grands principes de fiscalité d’entreprise, Edition Lexis Nexis, Paris, 1999, p 103.

17
Les sources du risque fiscal sont diverses. En plus du risque de la violation de la
loi fiscale, les risques fiscaux sont soit d'origine interne soit d'origine externe.

a. Les risques d’origine interne  :

 Les risques liés aux procédures :

La prévention du risque fiscal passe essentiellement par la mise en place d’un


ensemble de méthodes et de procédures d’ordre fiscal. Elles ont comme objectif de
diminuer la probabilité et de l’impact du risque fiscal inhérent. Alors que leur absence
conduit à un risque résiduel13 à un niveau élevé.

Des procédures non adaptés aux besoins fiscaux de l’entreprise favorisent aussi le
développement des risques fiscaux. Ce qui rend les procédures fiscales une nécessité pour
chaque entreprise. Elles sont à titre d’exemple, procédures de préparation des déclarations
fiscales, des procédures de la retenu à la source, etc.

 Les risques liés aux personnes :

Les personnes peuvent être considérées comme source de risque par leur
négligence, leur mauvais suivi, leur ignorance ou leur incompétence voir même leur
manque de collaboration.

Les personnes chargées des opérations fiscales doivent avoir un comportement


favorisant le respect volontaire de la loi fiscale. Elles doivent être impliquées dans la
gestion proactive du risque fiscal, qui est au cœur des valeurs de l’entreprise.

b. Les risques d’origine externe  :

 La complexité des textes fiscaux :

La complexité du système fiscal rend son exécution plus difficile que pour
l’administration fiscale elle-même que pour le contribuable. « A partir de cette idée, un
système fiscal complexe est un système mal maîtrisé et qui offre des voies d’échappement
au contribuable14.  »

13
C’est un risque qui peut exister même après avoir mis en place les traitements nécessaires.
14
Raouf YAICH, théories et principes fiscaux, les Editions Raouf YAICH, 2004, p 314.

18
En effet, le droit fiscal se présente comme étant un droit obscur et volumineux. Le
contribuable se trouve alors dans l’embarras du choix. Il se plongera dans une incertitude
et une ignorance croissante qui entraînera une insécurité juridique. Cette dernière émane
de l’instabilité et l’obscurité des textes fiscaux.

 La discordance entre la fiscalité et la comptabilité :

Si le droit fiscal s’impose pour le compte des sociétés, la comptabilité est


conditionnée par certaines règles fiscales. Les sociétés adoptant une transparence fiscale,
se trouvent confronter un dilemme entre la diffusion des informations fidèles et la règles
fiscale.

Le code général des impôts prévoit l’obligation du tenu régulière de la


comptabilité conformément à la législation comptable des entreprises. Mais en cas de
divergence entre la règle fiscal et la règle comptable, le principe de l’autonomie du droit
fiscal conduit à favoriser et privilégier la règle fiscale.

En revanche, cette divergence n’implique pas logiquement incompatibilité. C’est


bel et bien le contraire, car le point de départ pour le calcule du résultat fiscal, c’est
toujours le résultat comptable.

 La doctrine administrative :

La doctrine administrative s’avère une source du risque fiscal en raison de sa


complexité. Le droit fiscal prépare une surface favorable à l’interprétation. Elle consiste à
expliquer les textes dont l’ambigüité est certaine en utilisant une terminologue simple,
claire et assimilée par tous, sans toutefois modifier son contenu. C’est la fonction la plus
délicate qu’assure l’administration fiscale.

En pratique, la doctrine administrative a tendance à passer de son rôle interprétatif


pour légiférer en matière fiscale. Elle devient alors une source indépendante du droit
fiscal.

4) La démarche d’audit fiscal  :

La démarche d’audit fiscal se présente de la manière suivante :

19
Phase
préliminaire

Prise de Evaluation du Vérification des


connaissance contrôle interne opérations à
générale des questions caractère fiscal
fiscales

Figure 1 : schéma de la démarche d'audit fiscal

Rapport d'audit
fiscal
a. La phase préliminaire  :

Tout commence par un diagnostic ayant comme objet de connaître si la mission


d’audit est possible, définir dans quel délai et quel coût supporter. Après l’acceptation de
la mission, l’auditeur établit un document appelé «  lettre de mission ». Elle comprend les
éléments suivants :

 Les obligations réciproques des parties ;

 L’étendue des travaux à réaliser et l’objectif de la mission ;

 Les impôts et taxes concernés par la mission ;

 Le délai d’exécution et le montant de la rémunération.

b. La prise de connaissance générale  :

Cette étape permet à l’auditeur d’examiner le contexte interne de l’entreprise :


contexte juridique, environnement économique, environnement social, l’activité de
l’entreprise, l’organisation générale de la société, etc. Elle se base sur:

 Une identification des aspects significatifs de l’entreprise sous l’ongle de la fiscalité.


L’objectif visé de cette étape est de dénombrer tous les aspects en tenant compte du
risque fiscal significatif qui peut les caractériser. Ces risques fiscaux se rapportent soit
au mode d’exécution, soit à la réglementation fiscale, soit à l’organisation générale de
l’entreprise ;

20
 Une prise de connaissance des opérations exceptionnelles effectuées durant un
exercice ayant un traitement sur le plan fiscal (fusion, partenariat et scission) ou bien
qui caractérisent l’exploitation durant cette période (extension d’activité sur le plan
géographique, intégration de nouvelles activités). La recherche se fait au niveau du
bilan, compte de produit et de charge et l’état de solde de gestion ;

 L’appréciation de l’organisation et du contrôle en vue de faire une opinion sur les


zones des risques les plus significatives. Le réviseur fiscal dispose de plusieurs
techniques qui permettent d’appréhender la connaissance recherchée. Parmi ces
techniques :

- Les entretiens avec les dirigeants, les responsables comptables et financiers dans le but
d’appréhender toute sorte de décision susceptible d’avoir un impact fiscal ;

- L’analyse de la documentation interne et externe. Il s’agit de justifier les opérations


significatives qui génèrent un traitement fiscal. Dans ce contexte, l'auditeur fiscal
s’interroge sur les choix fiscaux et leur évolution dans le temps ;

- L’examen analytique : il a comme finalité, faire ressortir les anomalies, les changements
de décisions et les choix opérés au niveau de la gestion du patrimoine de l’entreprise.

La synthèse de ce travail conduit à élaborer une liste des risques potentiels, à cibler
les travaux de contrôle, suivre les obligations légales et redéterminer le résultat fiscal en
vue d’apprécier réellement les risques.

c. L'évaluation de contrôle interne relative aux questions


fiscales :

Pendant cette étape, l’auditeur fiscal va se focaliser sur la fonction fiscale de


l’entreprise. Il va se pencher sur les risques liés aux opérations comptables, de telle façon
que le non respect des règles fiscales, soit dans le fond soit de dans la forme, entraîne des
sanctions par l’administration fiscale. Ce diagnostic du système de contrôle fiscal interne
passe par :

- Description du système : la description du système s’avère une étape très importante.


Elle permet de comprendre le système et les mesures de sécurité mise en place par

21
l’entreprise. L’auditeur fiscal va examiner les procédures écrites de l’entreprise. Il
pourra aussi exploiter les dossiers et les conclusions des audits effectués auparavant ;

- Autres vérifications : l’auditeur fiscal va tester quelques procédures décrites par


l’entreprise afin de vérifier si la pratique correspond réellement aux procédures écrites.
Par exemple, il peut tester la procédure de facturation pour bien vérifier que toutes les
opérations de vente sont bien enregistrées comptablement et bien traitées fiscalement.

D’autre vérification peut être faite par l’auditeur fiscal en vue de contrôler les
mesures de sécurité mise en place par l’entreprise conduisant à limiter le risque fiscal. A
titre d’exemple, les déclarations de la valeur ajoutée pour une entreprise adoptant le
régime encaissement, existe-il un contrôle de deuxième niveau ou de troisième niveau
pour valider le chiffre d’affaire déclaré.

Cette phase est achevée par une note de synthèse sur les forces et les faiblesses du
système afin d’orienter la phase suivante. Elle peut comprendre des recommandations et
des suggestions pour améliorer le système actuel.

d. La vérification des opérations à caractère fiscal  :

La vérification des opérations à caractère fiscal se fait par les moyens suivants :

 Le questionnaire fiscal : le contrôle de la régularité fiscale se fait généralement par le


questionnaire fiscal. Il sert à guider l’auditeur fiscal pour lui permettre de préparer un
programme spécifique en tenant compte des objectifs définis pour la mission. Il est
présenté en suivant le découpage du plan comptable marocain ;

 Les documents soumis au contrôle de l’auditeur fiscal : ces documents mis à la


disposition de l'auditeur sont :

- Les documents comptables (facture d’achat et de vente, relevé bancaire, etc.) ;

- Les journaux, les balances et grands livres comptables, fichiers d’immobilisation ;

- Les correspondances avec l’administration fiscale ;

- Les déclarations fiscales d’impôts sur les sociétés, de la valeur ajoutée, de l’impôt sur
le revenu.

22
e. Le rapport d’audit fiscal  :

Il s’agit d’un document dans lequel sont consignées la synthèse et la conclusion


des travaux effectués par l’auditeur. N’ayant pas une forme standard, le rapport d’audit
fiscal doit prendre en considération ces remarques :

- Les parties disposent d’une marge de liberté afin de fixer la forme et le contenu du
rapport ;

- Le dressage du constat de la situation fiscale de l’entreprise ;

- La préoccupation majeure consiste à disposer de moyens nécessaires pour réduire le


risque fiscal.

Le rapport d'audit fiscal communiqué peut être soit:

 Un rapport d'audit fiscal dressant le constat de la situation fiscale de l'entreprise :

En cas d'irrégularité majeurs, le rapport fiscal ne peut pas être écrit pour diminuer
le risque qu'il tombe entre les mains de l'administration fiscale. Dans ce cas, l'entreprise
peut demander une communication partielle et périodique des résultats du contrôle, en vue
de prendre les actions nécessaires afin de redresser la conjoncture actuelle.

 Un rapport de recommandations devrait indiquer des actions à prendre en vue de se


prévenir contre les risques :

Afin de redresser la situation irrégulière, deux recommandations sont possibles:

 Irrégularités fiscales suite à un défaut de déclaration qui émane soit d'une


déclaration incomplète ou inexacte;

 Irrégularités comptables ayant un impact fiscal qui se justifient par le fait que le
résultat comptable constitue une base de calcule pour le résultat fiscal.

En cas de recommandation constituant à prévenir les irrégularités fiscales, l'auditeur fiscal


serait amené à préconiser des actions à caractère préventif à savoir:

 Rapporter à l'entreprise certaines situations qui peuvent être à l'origine d'un


conflit d'interprétation avec l'administration fiscale. En effet, l'auditeur fiscal

23
va déterminer toutes les mesures à prendre pour se prévenir contre un
éventuel contrôle fiscal: contrôle des pièces justificatives à titre d'exemple;

 Déterminer les sources du risque qu'il a pu relevé lors des phases de prise de
connaissance et de l'évaluation du contrôle interne. L'accent sera mise sur
l'amélioration des procédures et l'instauration des points de contrôle clés
destinés à s'assurer que l'entreprise est conforme à toutes ses obligations
fiscales.

5) L’audit mesure le risque fiscal  :

Les entreprises ayant connaissance de l’importance du suivi de leur performance


fiscale, peuvent se doter d’un tableau de bord fiscal pour une meilleure efficacité, par
rapport aux besoins et de l’importance de la charge fiscale supportée.

a. Le tableau de bord  :

«  Outil aide à la décision et la prévision, le tableau de bord est un ensemble


d’indicateurs peu nombreux (cinq à dix) conçus pour permettre aux gestionnaires de
prendre connaissance de l’état et l’évolution des systèmes qu’ils pilotent et d’identifier les
tendances qui les influenceront sur un horizon cohérent avec la nature de leur
fonction15.  »

Il ne se contente pas d’évaluer le prévu et la réalité. Il a pour objet d’assister le


décideur dans ses prises de décisions. S’il est bien conçu, il offre une perception sous un
éclairage spécifique, en suggérant quelques pistes de réflexion afin de faciliter l’analyse.
Et pour être utile, il doit satisfaire quatre conditions :

 Un tableau qui rassemble tous les indicateurs pertinents ;

 Un graphique pour présenter l’information la plus représentative ;


15
Henri BOUQUIN, contrôle de gestion, édition PUF, Paris, 1988, p 98.

24
 Des commentaires clairs, précis et concis en présentant les actions achevées, en
cours et à venir ;

 Une mise des références et les coordonnées de l’émetteur.

b. Le tableau de bord fiscal  :

La mise en œuvre d’un tableau de bord fiscal émane de l’initiative de la direction.


Il doit s’inscrire dans une perspective de l’organisation fiscale interne. C’est un outil de
dialogue flexible en vue d’une meilleure réactivité organisationnelle. Etant un outil de
gestion, il doit permettre une meilleure coordination et une communication simple, rapide
et dynamique de l’information fiscale.

L’efficacité du tableau de bord fiscal se mesure par le nombre de décision, le


nombre des actions correctives prises et le nombre de dysfonctionnement constaté.

Pour permettre le suivi de la réalisation et l’optimisation des opérations fiscales, le


tableau de bord fiscal utilise des rations intégrés. Il s’agit de s’assurer de la réalisation des
objectifs escomptés, qu’en terme de rentabilité qu’en terme de politique de gestion fiscale.

L’élaboration du tableau de bord fiscal nécessite en premier lieu la définition d’une


véritable mythologie dans le but de définir des concepts utiles, assurer le suivi et contrôler
la cohérence.

En second lieu, le conditionnement du tableau de bord fiscal par les dirigeants. Sa


validité dépend essentiellement de la qualité des procédures mises en place tout en prenant
compte des contraintes opérationnelles et le contexte organisationnel dans le processus de
son élaboration.

De manière générale, le tableau de bord fiscal permet de s’assurer une relative


homogénéité des indicateurs de bases et de prévenir ou d’éviter les brutales variations.
Autrement dit, il permet de présenter des indicateurs d’alerte sur les risques fiscaux.

L’audit fiscal est devenu une pièce maîtresse dans l’élaboration du diagnostic
fiscal de l’entreprise. Il permet d’apporter des jugements sur la régularité de l’entreprise
d’une part, et d’une autre part informer sur la gravité du risque encouru financièrement et
les défaillances de l’organisation de l’entreprise.

25
De manière générale, l’audit fiscal sera le guide de l’entreprise. Mais son succès
est tributaire du degré du professionnalisme et de la qualité des travaux effectués dans ce
contexte.

Deuxième partie :

Les tâches effectuées et la réalisation


d'audit fiscal au sein de SORIAC

«  Chercher une explication avant de connaître tous les


faits est une erreur capitale. Le jugement s'en trouve
faussé. »

26
Arthur Conan Doyle, « Sherlock Holmes, Une étude en rouge », édition Hemma, Paris,
2002.

I. Présentation de l’environnement du stage  :

Société Rachadi Industrielle d’Automobile et de Carrosserie (SORIAC), est une


société à responsabilité limitée (S.A.R.L), dotée d’un capital de 32 000 000 DH. Elle se
place dans le premier rang dans le marché de fabrication des véhicules industriels.

1) Aperçu sur SORAIC  :

a. L’histoire de la société  :

La société SORIAC a été fondée par Mohammed RACHADI le 31/12/1989.

En 1990, elle a obtenu l’agrément de montage au Maroc et la représentation


exclusive industrielle de la marque SCANIA SUEDE. Son activité s’articulait autour de
l’importation, l’assemblage, la commercialisation et la prestation du service après vente.
Pendant la même année, SORIAC a changé sa forme juridique de société anonyme pour
devenir une société à responsabilité limitée.

En 1995, SORIAC a signé un contrat de vente avec option de rachat après trois
ans, au titre duquel SCANIA SUEDE aurait droit à 68 % des actions SORIAC.

27
En 1997, M. RACHADI a effectué le rachat de la dite part d’action et devient à
nouveau propriétaire de 100 % des actions de SORIAC. Dans la même année, SORIAC
est devenue sous-traitant de SCANIA Maroc qui est contrôlée par SCANIA SUEDE.

En 2009, SORIAC a signé un partenariat avec CAETANOBUS MAROC, une


société anonyme portugaise, dotée d’un capital de 40 000 000 DH.

b. La fiche signalétique :

Raison sociale SORAIC


Forme juridique S.A.R.L
Date de création 1989
Siège social Zone industrielle, route de Marrakech, BP :
156 Berrechid
Président M. Chafik RACHADI
Directeur général M. Hassan RACHADI

Téléphone (212) 22 33 62 90/ 91/92/93


Fax (212) 22 33 62 94
E-mail Info@SORIAC.com
Patente 40720057
CNSS 2244010
Figure 2 : information sur la société

2) La mission et Organigramme
a. La mission de SORIAC  :
La mission de SORAIC est d’une part réussir son plan de développement en vue
de devenir le spécialiste du poids lourd au Maroc, et d’une autre part atteindre la qualité
totale à partir des attentes du client tout en élargissant son champ d’intervention par le
biais de la création des activités nouvelles génératrices.

b. L’organigramme de SORIAC  :

28
L’organisation de SORIAC connaît la présence de la direction générale qui
chapote et regroupe sous sa tutelle cinq directions fonctionnelles qui sont : la direction
technique, la direction achat et logistique, la direction financière, la direction commerciale
et la direction des affaires générales.

A part ces cinq directions, il y a deux divisions qui sont le service qualité et le
service informatique.

Figure 3 : organigramme SORIAC

La structure hiérarchique de la société SORIAC se caractérise par l’articulation


entres ses composantes et la simplicité, ce qui favorise une circulation d’action
d’informations et une prise de décision efficace au sein de chaque direction, chaque
division et dans chaque service.

3) Les activités de SORIAC  :

SORIAC effectue les opérations suivantes :

 L’assemblage : SORAIC procède à l’assemblage des véhicules de marque (HINO,


HYUNDAI, JAC) et l’assemblage des véhicules utilitaires pour ASIAN HALL

29
(camionnette petite et moyen tonnage, tracteurs, autobus et autocars) au sein de son
atelier. Dans un premier lieu, elle reçoit des pièces détachées soit complètement
détachées ou bien partiellement détachées. Ensuite, elle effectue l’assemblage. A la fin
du processus du montage, SORAIC contrôle la qualité du produit fini avant sa livraison
aux clients ;

 La peinture : SORIAC a mis en place des atteliés à destination de la peinture et le


traitement des éléments aéronautiques. Sa bonne qualité de peinture lui permis d’être
certifiée de Dassault Aviation ;

 La carrosserie : Elle fabrique des carrosseries de tout type, pour les autocars,
autobus, les tracteurs, etc.

4) Les départements SORIAC  :

Après le changement de la forme juridique, SORIAC a modifié sa structure pour


adopter une structure fonctionnelle. La nouvelle structure connaît la présence des
directions suivantes :

a. La direction générale  :

Au sommet de la hiérarchie de SORAIC se trouve le président de direction


générale et le directeur général. Ce dernier dirige la société en traçant les lignes directoires
à suivre et en supervisant les tâches à effectuées par les différents services et par les
différentes divisions. Le directeur général a comme missions principales :

 Fixer les objectifs à atteindre et mettre à disposition les moyens nécessaires pour
les réaliser et les exaucer ;

 Veiller à la fois à l’optimisation et la rationalisation tout en respectant les normes


de qualité internationale en vigueur ;

 Assurer une coordination entre différents départements afin de réaliser les


synergies d’efficacité recherchées ;

 S’assurer du fonctionnement optimal des installations et leur maintenance pour


répondre aux exigences de la qualité ;

30
 Assurer un système de communication interne efficace tant que ascendant,
descendant qu’horizontal ;

 Promulguer les procédures nouvelles et veiller à leur application selon le système


de management qualité.

b. La direction technique  :

La direction technique repose sur la gestion du processus de production et à


l’assurance d’une bonne qualité de travail en respectant les délais et en réalisant le
meilleur coût possible. C’est l’une des directions la plus performante. Elle a comme
mission de planifier, évaluer, mettre en place la fonction de production de SORAIC et de
la réaliser dans des bonnes conditions.

La direction technique est composée de cinq services :

- La division carrosserie : elle s’intéresse à la fabrication des équipements des


véhicules (bennes, caisses, etc.) ;

- La division étude technique : les études sont effectuées en fonction de la demande de


la direction technique sous forme de réflexion à aspect technique ;

- La division SCANIA : elle est chargée du montage de tout véhicule de marque


SCANIA ;

- La division manutention : elle effectue la réception et le déballage des pièces


détachées ;

- La division après vente : cette division organise et dirige le service après vente dans
les meilleures conditions de rentabilité, délai et satisfaction de la clientèle.

c. La direction achat et logistique  :


La direction achat et logistique s’intéresse au contrôle des activités des
commandes, la réception et la gestion des stocks. Elle se subdivise en deux divisions :

- La division achat : elle est chargée des achats à l’intérieure de la société, de la matière
première, des pièces de rechange et des différentes fournitures dont les services ont
besoin ;

31
- La division logistique : elle s’occupe de la gestion des flux au meilleur coût. Son but
est de supprimer les ruptures de stock coûteuses d’une part, et d’une autre part réduire
le stock grâce à une rotation accélérée des marchandises entreposées.

d. La direction des affaires générales  :


La direction des affaires générales a la mission d’assurer les besoins des autres
directions et en améliorant les conditions de travail en matière de sécurité et d’entretien.
Autrement dit, elle concerne la maintenance du transport, la prévention et la sécurité de
tout matériel, de toute machine et la sécurité au sein de la société SORIAC .

e. La direction financière et administrative  :


Elle concerne à la fois deux systèmes, à savoir le système financier et le système
administratif.

 Le système financier  :

Ce système a comme mission de s’occuper des ressources financières, de leur


gestion, de leur évolution et du contrôle de leur emploi. Elle s’intéresse à la planification,
la budgétisation, l’évaluation et la préparation des rapports économiques et financières.
Elle se compose des divisions suivantes :

- La comptabilité générale : ce service à la tâche de comptabiliser les dépenses, les


recettes et les pièces justificatives de la société. Mais aussi, s’assurer qu’elle élabore
les déclarations fiscales d’une manière convenable ;

- La comptabilité analytique : ce service a la mission d’établir les prix de revient, de


repérer les résultats analytiques et de valoriser les stocks. Mais aussi contrôler les
inventaires permanents ;

- La budgétisation : ce service a comme mission d’élaborer le budget avec la


collaboration des différents départements, le dressage du budget général de la société
et le contrôle de tous ces budgets ;

- La trésorerie : Ce service demande une gestion très particulière de la trésorerie et de


son évolution. La mission de ce service regroupe l’analyse, les corrections et le suivie
des recouvrements auprès des fournisseurs et des clients.

32
 Le système administratif  :

Le système administratif a sous sa tutelle deux services qui sont :

- La gestion des ressources humaines : Ce service a comme charge de gérer le


personnel en fonction de leur rémunération, leur formation et l’amélioration des
conditions de leur travail. En plus, ce service s’intéresse à la gestion des conflits et la
mise en place des négociations ;

- Le support administratif : Ce service s’occupe de la réalisation des travaux


administratifs et de secrétariat, aussi la réception des visiteurs, des courriers et des
appels téléphoniques.

II. Les tâches effectuées et les problèmes détectés:


La période de stage nous a offert l’opportunité d’effectuer certaines tâches. Notre
encadrent professionnel n’a pas hésité à nous guider dans notre mission.

1) Les tâches effectuées  :

a. Le classement des documents justificatifs  :

Le classement des pièces comptables justificatives qui caractérisent les activités et


les opérations quotidiennes de l’entreprise, se fait par le biais de classeurs chrono, c'est-à-
dire par ordre chronologique selon la nature du document.

Et afin de faciliter la passation des écritures comptables et la recherche d’un


document en cas de besoin, nous classons les dossiers en sous dossiers homogènes :
dossier vente, dossier achat, dossier banque, dossier caisse, etc.

b. La passation des écritures comptables  :

La comptabilisation des pièces justificatives se fait d’une manière quotidienne.


Elle s’effectue comme suit :

 Journal achat : l’imputation se fait en se référant à la facture. Nous débitons un


compte de charge 61102 et un compte de TVA récupérable sur cette charge 34552 par

33
un compte de fournisseur 44110. Parfois, il y a certaines factures qui ne sont pas
soumises à la TVA, la comptabilisation s’effectue comme suit : nous créditons un
compte de fournisseur et nous débitons un compte de charge ;

 Journal vente : l’imputation s’effectue selon la facture, nous créditons un compte de


client 34210 par le crédit d’un compte de produit 71110 et un compte de TVA
facturée 44550 ;

 Journal banque : les écritures comptables s’effectuent directement à partir du relevé


bancaire ou toute pièce bancaire. Toutefois, un état de rapprochement bancaire doit
être établi dans le but de rapprocher le solde bancaire avec celui du journal banque ;

 Journal caisse : les opérations se passent en espèce. Il peut s’agir soit d’un règlement
fournisseur, soit des achats, soit rémunération du personnel, soit des encaissements en
espèce, etc.

c. La vérification des comptes  :

Si la tâche précédente consiste à passer les écritures comptables des pièces, celle-ci
consiste en tirage à partir des journaux préétablis et la reprise des dossiers qu’ils
représentent. L’objectif de la vérification des comptes est de veiller à la bonne utilisation
des comptes appropriés et le respect des dates figurant dans les factures.

Pendant cette vérification, il faut dégager les erreurs sur les marges des différents
journaux et apporter les corrections nécessaires. Ce processus permet de s’assurer de
l’exactitude des opérations et mettre à jour les journaux pré saisis.

d. La saisie des écritures comptables  :

Après une comptabilisation manuelle des pièces comptables, nous procédons à la


saisie à l’aide d’un progiciel de comptabilité, appelé «  sage saari comptabilité  ». La saisie
s’effectue d’une manière simple avec une possibilité de correction en cas d’une éventuelle
erreur. Ce progiciel, adapté au système de gestion financière, comporte quatre modules :

 Module de comptabilité ;

 Module de gestion commerciale ;

34
 Module de paie ;

 Module de gestion de ressources humaines.

L’utilisation de sage saari repose en effet sur la documentation et les informations


fournies par le service comptabilité.

Tout commence par la saisie des bons d’entrée et de sortie en se référant à la


facture parvenue au service comptabilité. Après avoir lancé le progiciel sage saari
comptabilité, vous commencez la saisie.

Figure 4 : sage saari comptabilité

Vous tapez traitement puis saisie des écritures afin d’ajouter une nouvelle pièce.

Figure 5 : lancement du progiciel

Vous masquez la table, ensuite vous remplissez le champ vide par les informations
convenables.

Figure 6: saisie des entrées

A la fin, vous effectuer une mise à jour de la comptabilité en vue de conserver les
nouvelles informations.

35
Figure 7 : mise à jour de la comptabilité

Et pour faciliter la saisie, sage saari se dote de ces boutons .

Ce bouton permet de reprendre la valeur inscrite dans la ligne précédente ;

Ce bouton permet de faire une saisie manuelle ;

Ce bouton permet de reprendre automatiquement le solde de la pièce ;

Ce bouton permet d’incrémenter dans la même colonne, la valeur de la ligne


précédente.

e. L’analyse des comptes  :

L’analyse des comptes s’avère une tâche très importante après la saisie. Il s’agit
d’une analyse des comptes de situation ; à titre d’exemple le compte fournisseur, le
compte client, le compte banque, le compte caisse, etc.

L’analyse permet de se prononcer sur la situation du compte et de le qualifier soit


de débiteur soit de créditeur. A partir de cette appréciation, l’entreprise décide de la nature
de l’action à mettre en œuvre -à titre d’exemple-, soit l’entreprise doit de l’argent ou bien
elle doit verser de l’argent.

36
2) Les acquis du stage  :

La durée de stage de deux mois, nous a permis d’agir comme un membre de la


société SORIAC, ayant des collaborateurs, des responsabilités à assumer et des tâches
précises à accomplir.

Ce stage était tellement instructif que nous avons pu ressentir la vie au sein d’un
environnement propice qui favorise le travail et la collaboration avec une grande
convivialité.

C’était une expérience enrichissante et une belle stimulation de la vie


professionnelle. Aussi bien une occasion pour concrétiser les fondements théoriques
acquis et de les mettre en exergue. Ce qui nous a offert l’opportunité d’affronter les
contraintes que nous pouvons heurter pendant notre parcours professionnel.

Même si quelques difficultés sont survenues durant le stage, mais nous l'avons
surmenté. Il ne restera graver dans notre esprit que les bons moments que nous avons
passés.

3) Les problèmes détectés:

a. Premier problème :

La société SORIAC rencontre un problème au niveau de la comptabilité analytique


après la fin du partenariat. Pendant notre stage, nous avons manifesté certaines
recommandations pour remédier à ce problème. Avant de choisir la méthode adéquate, il
faut respecter les contraintes suivantes:

 Nature de l'activité de l'entreprise:

SORIAC, l'entreprise industrielle, cherchera tout d'abord à détecter les activités et


les centres qui sont à l'origine de la partie la plus importante des charges. Elle portera plus
son attention sur les charges grevant chaque produit ou consommées par chaque section
ou bien par chaque centre de travail.

37
 Nature de gestion de SORIAC:

La société SORIAC vient d'opter un mode de gestion plus décentralisé. L'évolution


vers ce mode de management demande, à notre avis, une gestion prévisionnelle,
budgétaire et une analyse des charges et des produits par centre de responsabilité. Ce qui
justifie notre choix par principe.

 Le coût de la mise en place :

En vue de maîtriser les coûts des produits et des services, il serait insensé d'ignorer
le critère coûts de la mise en place de la comptabilité analytique d'exploitation. Ceux-ci
expliquent le rejet de la méthode de la comptabilité par activité qui s'annonce très
coûteuse.

La société SORIAC a donc besoin d'un système de traitement adapté à ses


exigences spécifiques. Autrement dit, un système moins coûteux et plus souple tout en
respectant la philosophie du contrôle de gestion.

Le choix de la méthode dépendra essentiellement des objectifs poursuivis par le


système d'analyse des coûts. Et pour parvenir à connaître les consommations par centre de
travail productif et par produit, la société doit obligatoirement passer par l'adoption de la
méthode des coûts complets.

Toutefois, la difficulté de découper l'entreprise en section homogène sans en


multiplier le nombre, les calcules qu'il faut mettre en place sont souvent difficile, l'analyse
qualifiée tardive des coûts et la négligence de l'impact de la variation d'activité sur les
coûts, constituent tous les limites de notre démarche pour la méthode des coûts complets.

Pour palier ces inconvénients, nous présentons ces recommandations :

 Créer des centres principaux correspondant aux centres de responsabilité (à titre


d'exemple, le centre administration serait le centre auxiliaire) ;

 Faire une distinction des charges fixes et charges variables dans le centre d'analyse ;

 Respecter la hiérarchie des coûts (coût d'achat, coût de production, coûts de revient).

38
Cette méthode permet de répartir les dépenses indirectes de façon linéaire dans des
centres de répartition selon des clefs de répartitions. Cette variable est nommée unité
d’œuvre et modélise le comportement des coûts corrélés à l’activité.

Pour toutes ces considérations, nous proposons les unités d’œuvre suivantes
accompagnés par leur nature16.

b. Deuxième problème:

Nous avons constaté durant notre stage que le service comptabilité manquait de
rigueur par rapport aux déclarations de la TVA et du chiffre d'affaire. Ce qui met en
question leur validation ultérieure.

Nous avons suggéré au service comptabilité d'utiliser des tableaux préparatoires de


la TVA et du chiffre d'affaire. Le premier tableau est composé d'un récapitulatif des
comptes de la TVA. Elle comprend à la fois la TVA facturée et la TVA récupérable.

Le deuxième tableau est formé d'un récapitulatif des rubriques aidant à la


validation du chiffre d'affaire réalisé par l'entreprise.

16
Voir annexe n° 1.

39
III. La réalisation de l’audit fiscal au sein de
SORIAC  :
Périodiquement la société SORIAC effectue des audits fiscaux, en vue d’évaluer le
risque auquel elle s’expose et mettre en œuvre un programme de gestion du risque fiscal.

1) La réalisation de l’audit  :

a. La phase préliminaire  :

La phase préliminaire est un diagnostic qui détermine les modalités de la mission


en termes de faisabilité, délai, coût et objectif. La mission est possible dans un délai fixé à
10 jours et les frais remontent à 35 000 DH.

L’objectif d’audit fiscal est d’obtenir suffisamment d’assurance quant à


l’exactitude de l’état des dépenses et recettes conformément aux diapositives communes
de la loi fiscale. La vérification portera sur les déclarations fiscales, les documents
comptables ayant un impact sur la fiscalité et les procédures utilisées. A cette fin,
l’auditeur fiscal doit vérifier toutes les opérations selon des critères définis dans la lettre
de mission17.

b. La prise de connaissance générale de la question fiscale de


SORIAC  :

Une panoplie d’informations et de documents a été communiquée à l’équipe


chargée d’audit, ce qui a permis une prise de connaissance de l’activité de SORIAC.
Néomoins, il reste à savoir et connaître certaines particularités fiscales de la société afin
de repérer et détecter les zones des risques fiscaux. A cet égard, plusieurs
recommandations ont été suggérées :

- Les encaissements sur les ventes de la société SORIAC se font à 60 % environ en


espèce ;

- La société fait à la fois des ventes locales et à l’étranger ;


17
Voir annexe n° 2.

40
- La société dispose de plusieurs partenaires. Des travaux doivent être effectués dans la
mesure de valider le traitement fiscal de ses opérations.

c. L’étude du contrôle interne relative à la fonction fiscale de


SORIAC  :

Une manipulation des dossiers et des conclusions a été opérée par l’équipe d’audit
fiscal, dans le cadre d’une évaluation du contrôle interne de SORIAC. C'est une
appréhension de la qualité organisationnelle de l'entreprise par le biais d'un examen des
principales procédures (achat, vente, stock, immobilisation, trésorerie, etc.).

Autrement dit, c'est une évaluation générale du contrôle interne faite au niveau
comptable et au niveau fiscal. Il s'agit généralement d'une évaluation approfondie sur le
domaine fiscal.

A ce niveau, une note de synthèse supplémentaire pourra être élaborée,


déterminant les forces et les faiblesses du système actuel de la société SORIAC.

d. Le contrôle des opérations fiscales de SORIAC  :

 Le questionnaire fiscal :

Le questionnaire fiscal figurant dans l’annexe n°3, est remplit avec la collaboration
de l’auditeur et le service fiscal. Les réponses à ce questionnaire ont contribué à
l’élaboration du programme du travail ;

 Les déclarations fiscales de SORIAC :

L’ensemble des documents fiscaux de SORIAC ont fait l’objet d’un contrôle
exhaustif pour détecter un éventuel risque qui peut émaner soit d’une :

- mauvaise déclaration ;

- déclaration déposée en retard ;

- absence paiement d’impôt ou de taxe.

41
Dans ce contexte, la revue des déclarations fiscales de SORIAC a permis de
soulever que les rémunérations allouées au tiers exigées à l’article 151 du code général
des impôts (CGI), n’a pas été remplies comme il faut. Par conséquent, l’entreprise
s’expose à une amende de 25% du montant correspondant aux informations manquantes
en appliquant l’article 194 du CGI.

En plus, la société SORIAC n’a pas produit les déclarations annuelles


récapitulatives des retenus à la source propre aux rémunérations des prestations des
services à l’étranger, comme il est prévu par l’article 154 du CGI. Alors, SORIAC se
trouve exposer à une amende de 15% appliquée sur ce montant.

e. Le rapport d’audit fiscal de SORIAC  :

La lettre de mission précise les modalités selon lesquelles l'auditeur fiscal devrait
communiquer les conclusions de son travail. Les conclusions communiquées sont
l'inventaire des différentes irrégularités rencontrées, accompagnées d'un chiffrage de
l'incidence fiscale en tenant compte des majorations et amandes encourues.

Pour la société SORAIC, les différentes irrégularités soulevées sont :

 Les encaissements en espèce dépassent 60% :

La société SORIAC encaisse environ 60% de son chiffre d’affaire en espèce. Par
conséquent, elle s’expose à une amende de 6% pour les factures qui dépassent 20 000DH
encaissées par espèces.

A cette égard, l’article 193 du CGI stipule que : «  indépendamment des autres
sanctions fiscales, tout règlement d’une transaction dont le montant égal ou supérieur à
20  000DH, effectué autrement que par chèque barré non endossable, effet de commerce,
moyen magnétique ou procédé électronique de paiement ou virement bancaire donne lieu
à l’application à l’encontre de l’entreprise vendeuse ou prestataire de service vérifié
d’une amende de 6% du montant de la transaction effectuée… »

L’estimation des amendes afférentes à des encaissements en espèce des trois


années précédentes s’élève à 9 347 DH, et se détaille comme suit :

42
Risques concernant les factures encaissées en
espèce dépassant 20 000 DH
2009 2010 2011
Total en DH
Montant total 97 885 2 2937 3 4961 15 5783
de la facture
Amende de 6% 5 873.1 1 376.22 2 097.66 9 346.98

 Les provisions pour dépréciation du stock :

SORIAC considère comme charges déductibles, les provisions pour dépréciations


du stock à un taux de 100% pour les produits dont la rotation est faible. Même si leur
probabilité d’être vendu est très importante.

En plus, les prévisions sont calculées d’une manière générale sans recours au
détail. En appliquant l’article 8 du CGI, la société SORIAC se trouve devant le risque
d’intégration de ces provisions. L’estimation de ce risque s’élève à 38 270 DH.

 Les timbres de quittance sur les encaissements en espèce :

La société SORAIC ne soumet pas les factures de vente effectuées en espèces au


timbre de quittances. A cet égard, l’article 8 du timbre stipule que l’absence des timbres
expose la société à une amende.

L’estimation des risques concernant les droits de timbre est de l’ordre de 51 607 DH. Elle
se répartie comme suit :

Risques de timbre de quittance sur les


encaissements en espèce
Total en DH
2009 2010 2011
Encaissement 5 940 720 7 723 380 6 978 360
en espèce TTC
Timbre de 14 851.8 19 308.45 17 445.9 51 606.15
quittance

43
 Les provisions pour créance douteuses :

La société SORIAC considère parmi ses charges déductibles des provisions pour
dépréciation des créances clients qui ont une ancienneté supérieure à 6 mois. En effet, la
provision est calculée d’une manière globale sans aucun détail établi pour chaque client.

Ces prévisions telles qu’elles sont calculées ne satisfont pas les conditions de
déductibilité exigées par l’administration fiscale, du fait qu’elles ne soient pas détaillées
par client et font l’objet d’un recours judiciaire, comme prévu par l’article 10 du CGI.

La société SORAIC se trouve alors devant le risque d’intégration de ces


provisions. L’estimation du risque lié à cette provision est de l’ordre de 88160 DH.

 La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les prestations de service facturée sur
des fournisseurs étrangers :

La société SORIAC fait appel à des fournisseurs étrangers pour divers prestations
de service.

Pour y faire, les fournisseurs sont obligés de mandater un représentant ayant


domicile au Maroc, afin de souscrire leurs déclarations de chiffre d’affaire taxable et par
conséquent être soumise à la taxe exigible. Par ailleurs, la taxe sur la valeur ajoutée et les
pénalités afférents sont aux risques au aux périls de l’acheteur.

Ces prestations n’étaient pas soumises à la taxe sur la valeur ajoutée marocaine de
la société. Alors, l’estimation des risques de rappels de la taxe sur la valeur ajoutée pour
les trois années précédentes est de l’ordre de 152 207 DH, détaillée comme suit :

2009 2010 201 Total en DH


Montant de la 883 067 554 692 652 983 209 0742
facture
TVA à 20% 176 613.4 110 938.4 130 596.6 418 148.4
Majoration et 441 533.5 321 721.36 391 789.8 152 206.2

44
pénalité de
retard au
31/12/2011

 Le traitement des indemnités à l’impôt sur le revenu :

La société SORIAC accorde à son personnel en période des congés, des


indemnités de représentation18, sans toutefois les soumettre à l’impôt au revenu.

Les considérant exonérées d’impôts sur le revenu, SORIAC ignore les prestations
et ne les prend pas en considération dans le calcule de l’impôt sur le revenu.

En revanche, l’administration peut refuser le non imposition de ces indemnités


même si elles sont accordées pendant le congé du personnel. L’estimation liée à ce risque
est de l’ordre de 2 932 284 DH, répartie comme suit :

Risques estimés sur les indemnités de représentation

Total en DH
2009 2010 2011
Indemnité 580 143 956 950 263 080
représentation
Rappel IR en retard 736 781.61 1215326.5 334111.6 2286219.8

Majoration et 214 653.9 35 4071.5 97 339.6 666 064


pénalité de retard
au 31/12/2011
2 932 283.8

Total

 Autres remarques :

- La procédure de remise des sommes encaissées par la société SORIAC ne permet pas
d’identifier les factures de vente y afférents ;
18
Voir annexe n° 4.

45
- Les déclarations de rémunérations allouées sont incomplètes. Elle ne contient pas les
montants relatifs aux avoir consentis aux clients, conformément à l’article 151 du
CGI ;

- La société ne dispose pas d’un manuel de procédure comptable. En cas de contrôle


fiscal, l’administration fiscale peut rejeter la comptabilité de SORIAC et demander la
reconstitution de son chiffre d’affaire, conformément à l’article 213 du CGI.

2) La synthèse générale  :

Le tableau ci-dessus présente une synthèse générale des travaux et estimations des
risques fiscaux révélés lors de l’audit fiscal effectué au sein de la société SORIAC 19.

Avant la communication de ces résultats obtenus, l'auditeur fiscal envoie à la


société une lettre d'achèvement20

Conclusion :
Conclusion :

19
Voir annexe n° 5.
20
Voir annexe n° 6.

46
Le recours au contrôle fiscal présente la contrepartie directe et logique du système
déclaratif, qui veut que l’impôt soit établi d’après les déclarations du contribuable, et face
l’objet d’un contrôle ultérieurement par l’administration fiscale.

Cette possibilité constitue une menace redoutable et incontournable, si l’entreprise


ne connaît pas ses droits et ses obligations fiscales ou si elle n’adapte pas de mesures pour
faire face aux risques fiscaux.

La nécessité d’une gestion fiscale est précisée par Maurice COZIAN : « Chacun
reconnaît la nécessité d’une bonne gestion financière, d’une bonne gestion commerciale,
d’une bonne gestion sociale, elles conditionnent le développement, voire la survie des
entreprises. On doute, en revanche, qu’il puisse y avoir une bonne gestion fiscale,
certains la récusent au nom du fatalisme fiscal ; d’autres la réprouvent, la confondant
avec la tricherie fiscale. Les plus avisés la pratiquent, qui ne sont ni des fatalistes, ni des
tricheurs, mais des bons gestionnaires21.

Toutefois, une bonne gestion de risque fiscal passe obligatoirement par un audit et
un diagnostic de la fiscalité au sein de la société. L’audit permet alors d’apprécier et
d’évaluer les points forts et les faiblesses afin de mettre en exergue les éventuels risques
fiscaux qui pèsent sur l’entreprise. Il permet de lever le voile sur les incertitudes, les
interrogations fiscales de l’entité et faciliter ensuite la prise de décision. Les
recommandations et les conseils issus de ce diagnostic, contribuent à la sécurité fiscale de
l’entreprise et participe à l’amélioration de sa gestion fiscale. Cette procédure de mesure
demeure utile et nécessaire en vue d’éviter ou d’anticiper les contrôles fiscaux.

Annexes :
Annexes :

Annexe 1: le choix d’unité d’œuvre :

Centre Unité d’œuvre

21
Maurice CAZIAN, les grands principes de fiscalité d’entreprise, Edition Lexis Nexis, Paris, 1999, p 109.

47
Nombre de commandes passées
Approvisionnement
Montage SCANIA Nombre de châssis montés
Carrosserie bus et autocars Nombre de carrosseries fabriquées
Carrosserie caisses Nombre de caisses assemblées
Peinture Kilogrammes de peinture traités
Commercial Nombre de commandes fermes réalisées
Manutention Heures main d’œuvre
Magasin Nombre de références gérées
Maintenance Heures MOD / nombre d’interventions
Contrôle qualité Nombre d’unités contrôlées

N.B :

L’administration est considérée comme section auxiliaire.


L’administration est considérée comme section auxiliaire.
Ce choix d’unité d’œuvre est suggéré après la prise en compte de l’activité de
SORAICchoix
Ce et sond’unité
processusd’œuvre est suggéré après la prise en compte de l’activité de
de fabrication.
SORAIC et son processus de fabrication.
Cette méthode des coûts complets est la plus avantageuse pour les dirigeants
Cette méthode
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qui prennent complets
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la production. Enavantageuse pour de
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prix de vente d’un nouveau produit qui n’a pas de référence sur le marché.
Mais en dépit de ces avantages, elle demeure toutefois limitée. Car sa mise en
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de découper limitée. en
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complexité délicat
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travaux l’entreprise
de prévisions trèsen sous ensemble
difficiles.
homogène. Ainsi que sa complexité rend les travaux de prévisions très difficiles.

48