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Plan

Suppositoires:

I. Généralités
II. Excipients pour suppositoires
III. Fabrication des suppositoires
IV. Conditionnement des suppositoires
V. Biodisponibilité des suppositoires
VI. Essais des suppositoires

Capsules rectales:

VII. Définition
VIII. Fabrication
IX. Essais
X. Avantages
XI. Inconvénients
I.1 Définition : Selon la pharmacopée Européenne 7.0:
« les suppositoires sont des préparations unidoses solides. Leur forme,
volume et consistance sont adaptés à l’administration par voie rectale.

PA dispersé ou dissous
1 g (Nourrisson)
Base appropriée : 2 g (Enfant)
 soluble ou dispersible dans l’eau 3 g (Adulte)
 Fusible à la T° du corps
 
I.2 Mode d’action des suppositoires :

Systémique Locale  Mécanique


• passage du PA dans la
• action antihémorroïdale • l’éveil d’un réflexe de
circulation générale :
• antiparasitaire. défécation
- veines
hémorroïdales -
circulation lymphatique.
 Veine hémorroïdale supérieure : passage par le foie (détoxication).
 Veines hémorroïdale moyenne et inférieure : passage direct dans la circulation générale.

Avantages :
 Possibilité d’une action locale ou systémique.
 Absorption rapide de certains PA.
 Soustraction des médicaments à l’action du suc digestif.
 Forme intéressante pour les PA irritant la muqueuse digestive.
 Pas de problèmes liés aux caractères organoleptiques désagréables du PA.
 Forme conseillée en cas d’obstruction gastro-intestinale ou vomissements.
 Facilité d’administration chez les malades alités, les enfants et les nourrissons en
particulier.
Inconvénients :
 Risque de rejet du suppositoire suite à la sensibilisation et l’irritabilité de
la muqueuse rectale.
 Risque de surdosage en principes très actifs chez l’enfant en raison de
l’hyperperméabilité de la muqueuse rectale.
 Forme déconseillée en cas de diarrhée.
 Problème de conservation et de transport notamment dans les pays
chauds.
II. Excipients pour suppositoires
II.1 Qualités d’un excipient pour suppositoires :
 Innocuité et bonne tolérance par la muqueuse rectale ;
 Inertie vis-à-vis des PA incorporés.
 Consistance convenable : il ne doit être ni trop mou, ni trop cassant.
 Libération rapide et totale du PA dans le rectum, soit par fusion au dessous de 37 °C, soit
par dissolution ou dispersion dans le milieu liquide de l’ampoule rectale ;
 Bonne conservation.
II.2 Classification :

Excipients lipophiles Excipients


(Triglycérides) hydrosolubles
(Macrogols)

• Les plus utilisés. • Pas de fusion à 37°C


• Libération du PA par • Libération du PA par
fusion à une dissolution dans le
température <37°C mucus rectal
Excipients lipophiles : Triglycérides
• Anciennement, le seul utilisé.
• Solide et suffisamment dur à température ordinaire (32°- 35°C)
Beurre de • Ne permet pas l’incorporation de solutions aqueuses.
cacao • Présence d’une proportion importante d’acide oléique.
• Existence de trois formes allotropiques ,  et / (: stable)

• Produits cireux provenant de d’hydrogénation de mélange


Huiles d’huiles naturelles.
hydrogénée • Fusion entre 33°- 37 °C et oxydation moins facile.
s  • Pas d’incorporation directe des solutions aqueuses.

Glycérides • Huiles hydrogénées contenant une certaine quantité de


hémi- mono- et de di glycérides permettant l’incorporation de
synthétiques petites quantités de solutions aqueuses.
solides • Les plus largement utilisés.

Huiles
hydrogénés • Plus hydrophiles et facilitent le passage des principes actifs à
polyoxy-
éthylénées travers la muqueuse rectale.
Excipients hydrosolubles : Macrogols

MÉLANGE • Hydrosoluble
GÉLATINE– • Inconvénient : action laxative de la glycérine.
GLYCÉRINE 

• PEG 4000 et PEG 6000.


POLYOXYÉTHYLÈ • Ils fondent vers 45 à 50°C, mais se dissolvent dans
NEGLYCOLS les liquides du rectum.
(MACROGOLS)  • Inconvénient : non compatibles avec certains PA
et irritants pour la muqueuse rectale.
Remarque

Aucun excipient parfait addition d’adjuvants

Adjuvants Exemple Rôle


Adjuvants d’incorporation carbonate de faciliter la répartition des PA insolubles
magnésium ou peu solubles.

Modificateurs d’hydrophilie alcool gras jouer le rôle de tensioactif.

Modificateurs de viscosité acide stéarique, augmenter la viscosité au moment de la


silice colloïdale coulée afin d’éviter la sédimentation des
PA insolubles

Modificateurs de point de paraffine relever le point de fusion du


fusion suppositoire

Modificateur de résistance glycérine, éviter la cassure des suppositoires


mécanique propylène glycol
II.3 Essais des excipients :

Essais physiques

1. Point de fusion : Méthode du tube capillaire en U.


2. Point de solidification : intéressant à connaître pour
déterminer les conditions de fabrication.
3. Viscosité : déterminée à 40 +/- 0,5 °C.
4. Dureté : pénétromètres classiques.
5. Densité : elle doit être constante
6. Indice de réfraction : identification et pureté
7. Coloration : elle doit être constante d’un lot à l’autre.
II.3 Essais des excipients :

Indice
d’acide 

Fer et Indice de
Nickel saponification

Essais
chimique
Indice de s
Indice d’iode
peroxyde

Insaponifia- Indice
ble d’hydroxyle
II.3 Essais des excipients :

Essais physiologiques

• Réalisés sur un animal,


• Tester la tolérance ou la toxicité des excipients sur la muqueuse rectale.

 Si le principe actif et l'excipient n'ont pas la même densité, à poids égal, ils
n'occuperont pas le même volume.
II.4 Quantité d’excipient à mettre en œuvre : Facteur de déplacement

Comment peut-on calculer la quantité exacte d'excipient


à ajouter à une dose de PA, afin de remplir exactement
l’alvéole du moule ?

il faut connaître le facteur de déplacement (f)

nombre de grammes d'excipient déplacés par 1 gramme de


principe actif
1) Facteur de déplacement du principe actif connu :

M = F – (f × S)

M : quantité totale d’excipient à utiliser en grammes ;


F : contenance du moule pour le nombre de suppositoires à fabriquer ;
f : facteur de déplacement du PA ;
S : quantité de PA pour le nombre de suppositoires à fabriquer.
II.4 Quantité d’excipient à mettre en œuvre : Facteur de déplacement

2) En cas de présence de plusieurs PA :


M = F – (f1S1 + f2S2 +..…. + fnSn)

3) Facteur de déplacement inconnu :


 Soit, p g de PA à répartir dans 12 suppositoires,
 Ajouter une quantité insuffisante d’excipient à cette masse de PA.
 Répartir cette masse dans 12 alvéoles du moule et compléter avec un léger
excédent d’excipient pur fondu.
 Après refroidissement, racler l’excès d’excipient.
 Démouler et peser les 12 suppositoires, soit y g.
 La masse en grammes d’excipient à utiliser est égale à (y – p).
 Peser 12 suppositoires d’excipient pur, soit x ce poids.
III. Fabrication des suppositoires

Préparation par fusion-


coulée 
excipients gras

Préparation à froid par


compression
Excipients hydrosolubles
III. Fabrication des suppositoires
Préparation par fusion-coulée 

1) Traitement des principes actifs :

 PA soluble dans l’excipient : pas de traitements.


 PA insoluble : broyage.
 PA insoluble dans l’excipient, mais très soluble dans l’eau : mis
en solution aqueuse émulsionnée par la suite dans l’excipient
fondu.
 Parfois : PA adsorbé sur un support inerte pulvérulent avant d’être
dispersé dans l’excipient.

2) Traitement de l’excipient :

Fusion de l’excipient à la température la plus basse possible


dans un fondoir.
III. Fabrication des suppositoires
III. Fabrication des suppositoires
3) Préparation de la masse :

Mise en solution ou dispersion du PA finement divisé dans la masse


fondue sous agitation.
Température parfaitement
Mélangeur réglée
Adapté aux constituants de la
masse 

Homogénéisateur à filière
Agitateur rapide à hélice ou à
ou moulin colloïdal :
turbine : Solution 
émulsions et suspensions
III. Fabrication des suppositoires
4) Division de la masse : moulage des suppositoires

Coulage de la masse fondue sous agitation lente

moules métalliques à réglette moules emballages


 semi-automatiques « moules préformés par
 installation de remplissage thermoformage de deux films de
automatisée matière plastique accolés et pré-
imprimes »

simple gravité pompes doseuses pompes doseuses


(collective) (unitaire) (unitaire)
III. Fabrication des suppositoires
5) Refroidissement :

Les alvéoles remplies sont placées dans des armoires frigorifiques


ou traversent des tunnels frigorifiques.
 

 Moules métalliques : refroidissement suivi d’un raclage puis


d’un 2ème refroidissement et enfin un démoulage.
 
 Moules emballages : démoulage non nécessaire. Les moules
remplis sont directement thermo-scellés sur leur partie supérieure.
III. Fabrication des suppositoires

forme conique forme torpille  

• Suppositoires sécables
• Suppositoires multicouches
III. Fabrication des suppositoires
Procédé Avantages Inconvénients
Procédé par  Convient à la préparation de  Sédimentation des PA ;
fusion suppositoires contenant des PA  Se prête moins bien à
liposolubles, hydrosolubles ou l’incorporation des huiles
insoluble ;. volatiles et des PA sensibles à la
 Aspect meilleur du chaleur.
suppositoire.

Procédé par  Convient à l’incorporation de  Les suppositoires pressés


compression PA sensibles à la chaleur ; contenant des PA huileux sont
 Pas de sédimentation ; trop mous ;
 Procédé plus rapide ;  Suppositoires peu consistants
 La dissolution et la résorption ou cassants et d’aspect peu
se font plus vite. agréable ;
 Les suppositoires contiennent
plus d’air, donc résistent moins
bien au rancissement.
IV. Conditionnement des suppositoires

Moules emballages
• Les plus répandus.
• Ils peuvent être en acétate de cellulose, en PVC, en polyéthylène,…

Plaques en matières plastiques


• Assez rigides à demi-alvéoles préformés (acétate de cellulose,
chlorure de polyvinyle non plastifié…)
• Les suppositoires sont placés entre deux plaques qui sont ensuite
collées à chaud

Films thermocollants non préformés


• .Suppositoires pris entre deux feuilles (d’aluminium ou de
polyéthylène) dont les faces en regard sont enduites d’un
revêtement thermocollant « strips ».
V. Biodisponibilité des suppositoires

Désagrégation
• Caractéristiques de l’excipient : point de fusion, zone de
ramollissement, viscosité, capacité d’étalement, adhésivité et
vitesse de dissolution (excipient hydrosoluble). 

Diffusion
• Caractéristiques du PA : état amorphe ou cristallin, granulométrie,
solubilité, coefficient de partage et pKa.

Absorption
• Caractéristiques du PA + Propriétés du milieu biologique (pH et
localisation de la dispersion dans le rectum).
VI. Essais des suppositoires
VI.1 Contrôle organoleptique :

 Aspect homogène en surface et en profondeur.


 Surface unie, lisse et brillante.
 Absence de fissurations dues à un refroidissement trop brutal
ou à un démoulage prématuré ou trop tardif.
 Absence d’efflorescence blanchâtre due à des mauvaises
conditions de refroidissement (Fat bloom) ni de cristallisation
des PA en surface.
 La partie basale doit être bien plane.
 En coupant le suppositoire dans le sens de la longueur ou
transversalement. On ne doit pas observer d’agglomération ou
de sédimentation des PA.
VI. Essais des suppositoires
VI.2 Essais physiques :

1) Uniformité de masse :
Peser individuellement 20 suppositoires.
Les poids individuels doivent se trouver dans les limites de plus
ou moins 5 % du poids moyen (10 % pour 2 unités).

2) Uniformité de teneur :
La teneur individuelle est conforme si une unité au plus sur dix se
situe en dehors des limites de 85 à 115 % de la teneur moyenne,
mais pas au-delà de l’intervalle 75–125 %.

3) Contrôle de la dureté :
Dans une chambre thermostatée à 25 °C, soumettre le
suppositoire à une pression croissante et noter la pression au
moment de l’écrasement (> 20N).
VI. Essais des suppositoires
VI.2 Essais physiques :

4) Essai de désagrégation :
Le suppositoire est placé dans un appareil qui baigne dans de l’eau à
36 +/- 1 °C et qui est retournés toutes les 10 min. L’essai se fait avec
trois appareils simultanément.
 
Le temps de désagrégation:
 < 30 min : suppositoires à excipients gras.
 < 60 min : suppositoire à excipients hydrosolubles.
VI. Essais des suppositoires
VI.2 Essais physiques :

5) Temps de ramollissement des suppositoires lipophiles :

C’est le temps écoulé jusqu’à ce qu’un suppositoire placé dans de


l’eau à 36+/- 0,5 °C soit suffisamment ramolli pour ne plus offrir de
résistance à une charge définie de 30 g.
 
Intérêt : cet essai est important lorsque les masses de suppositoires
se ramollissent sans se désagréger au cours de l’essai de
désagrégation.
VI. Essais des suppositoires
VI.2 Essais physiques :

6) Essai de dissolution :

 Suppositoires à excipient hydrosoluble : réalisé dans un appareil


à panier tournant.
 Suppositoires à excipient gras : réalisé dans une cellule à flux
continu adaptée.
VI. Essais des suppositoires

VI.3 Essais chimiques


 
Essais d’identification et de dosage des principes actifs et des
adjuvants.
 

VI.4 Essais physiologiques


 
Appréciation du degré d’absorption par dosage du PA dans le
sang ou les urines après introduction du suppositoire dans le
rectum.

Tester aussi la possible irritation de la muqueuse rectale.


Les capsules rectales
1) Définition :
Capsules molles de forme légèrement allongée comme les
suppositoires.

Elles contiennent un PA dispersé dans un excipient pâteux ou


liquide, souvent une huile à laquelle est ajouté un émulsionnant
pour faciliter la diffusion dans l’ampoule rectale.
 
2) Fabrication :
Industrie : méthode par soudure et injection simultanées.
 
3) Essais :
 Uniformité de masse,
 Uniformité de teneur,
 Test de dissolution
 Test de désagrégation : limite de désagrégation : 30 min.
Les capsules rectales
4) Avantages :

 Une bonne précision de dosage en principe actif ;


 Une bonne conservation de la forme dans les pays tropicaux ;
 Une bonne dissémination dans l’ampoule rectale.
 
5) Inconvénient :

Mode de fabrication nécessitant des installations très


complexes et très délicates.