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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 Sommaire • Matthias Fekl au Commerce extérieur

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

Sommaire

• Matthias Fekl au Commerce extérieur :

“pourvu que ça dure”…

p. 2

France-Iran : trouver une banque reste un casse-tête pour les exportateurs

p. 4

CNCCEF : les neuf membres du bureau exécutif entourant Alain Bentejac

p. 6

Région Paca : Jean-Yves Longère va diriger

la nouvelle agence d’innovation et d’internationalisation

p. 7

UE-Etats-Unis : les doutes et les freins politiques à un accord sur le TTIP

p. 8

La France prépare une initiative pour relancer l’investissement en Europe

p. 10

UE/Russie : incertitude autour des nouvelles sanctions

p. 11

Douane : Bruxelles donne son feu vert à l’octroi du SPG+ aux Philippines

p. 12

UE/Vietnam : les négociateurs veulent signer l’accord de libre-échange en octobre

p. 13

Demain dans vos agendas

(gratuit) :

SIAO, Rencontres France-Russie

p. 14

• Ça bouge (gratuit) : F. Sanchez, Vinexpo

p. 15

• Ils ont dit

(gratuit) : J-Y Le Drian

p. 16

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 Matthias Fekl au Commerce extérieur : “pourvu

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

Matthias Fekl au Commerce extérieur :

“pourvu que ça dure”

de ce bon connaisseur du microcosme du Commerce extérieur,

depuis le passage éclair -9 jours- de TThhoommaass TThhéévveennoouudd, dont la démission forcée pour cause de problèmes avec l’administration fiscale a laissé pantois la plupart de ses acteurs, nul n’ose plus faire de conjectures sur le nouveau secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, à la promotion du tourisme et aux Français de l’étranger, MMaatttthhiiaass FFeekkll**, qui l’a remplacé au pied levé, le 4 sep- tembre.

“Pourvu que ça dure

”.Al’instar

La vie continue dans le microcosme mais les dossiers et les projets s’empilent, les décisions tar- dent. Echaudés par les rebondissements qui ont affecté les titulaires de ce poste pourtant tradi- tionnellement peu exposé politiquement, certains font leurs comptes, avec un mélange d’ironie et de consternation : alors que le déficit commercial peine à se résorber, que l’Elysée a fait du redressement du commerce extérieur un des objectifs prioritaires de sa politique économique**, le portefeuille a changé de main trois fois depuis le remaniement ministériel post-électoral de début avril, dont deux en 10 jours : FFlleeuurr PPeelllleerriinn, TThhoommaass TThhéévveennoouudd, et son successeur. MMuurriieell PPéénniiccaauudd, la patronne d’UUbbiiffrraannccee, elle-même nommée après le passage expresse de VVéé-- rroonniiqquuee BBééddaagguuee--HHaammiilliiuuss (débauchée par Manuel Valls pour prendre la direction de son cabi- net à Matignon quelques semaines après l’annonce de sa nomination à la tête de l’agence), a ainsi déjà rencontré pas moins de trois secrétaires d’Etat en trois mois. AAllaaiinn BBeenntteejjaacc, président du Comité national des conseillers du commerce extérieur (CNCCEF), fait mieux : il est élu, lui, depuis deux mois à peine.

Les agendas aussi se recomposent. Thomas Thévenoud n’a même pas eu le temps de publier son premier agenda hebdomadaire officiel, on attend celui de Matthias Fekl. La photo du secrétaire d’Etat a pu être changée in extremis sur les programmes de certaines manifestions à venir où Fleur Pellerin étaient annoncée encore jusqu’à fin août.

On attend prudemment l’installation du nouveau venu, sans a priori affiché. Sa double nationa- lité franco-allemande, son europhilie, sa sensibilité strauss-khanienne mais sa fidélité à FFrraannççooiiss HHoollllaannddee, son expérience du terrain comme vice-président chargé du développement écono- mique au conseil régional d’Aquitaine, dont le président, AAllaaiinn RRoouusssseett, un pilier de la régio- nalisation du dispositif de soutien au commerce extérieur plutôt proche des entreprises, a été

plusieurs fois pressenti, ces derniers mois, pour reprendre le Commerce extérieur ment, on veut voir.

No com-

En l’occurrence, alors que Matthias Fekl a fait son baptême du feu à Tunis, où il s’est envolé à peine nommé pour accompagner le premier ministre à une conférence internationale sur l’in- vestissement en Tunisie le 8 septembre, la composition de son cabinet n’était toujours pas connue officiellement à l’heure où nous écrivons ces lignes. CCyyrriillllee PPiieerrrree, qui en est lui aussi à son troisième secrétaire d’Etat en moins de 5 mois, resterait en place comme directeur de cabinet, de même que VViinncceenntt AAuussssiilllloouuxx, conseiller chargé de suivre la stratégie des partenaires et les

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instruments du commerce extérieur. Ce dernier en serait alors à son quatrième ministre, puisqu’il faisait déjà partie du cabinet de NNiiccoollee BBrriiccqq

Christine Gilguy

* Lire sa bio expresse sur www.lemoci.com :

Matthias Fekl : un europhile proche d’Alain Rousset au Commerce extérieur

**Relire sur www.lemoci.com :

Conférence des ambassadeurs : diplomatie économique et commerce extérieur, priorités de Hol- lande

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 France-Iran : trouver une banque reste un

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

France-Iran : trouver une banque reste un casse-tête pour les exportateurs

Trois mois après la publication des conclusions de la mission sénatoriale menée en Iran par le sénateur (UMP) PPhhiilliippppee MMaarriinnii, qui préconisait de confier à la BBaannqquuee PPoossttaallee le rétablissement de circuits financiers avec la République islamique, trouver une banque pour les accompagner dans leurs affaires en Iran reste un casse-tête pour les entreprises françaises. Les banques fran- çaises ne veulent pas en entendre parler, et même la FBF (Fédération bancaire française) leur conseillerait de s’abstenir, selon un proche du dossier.

Les solutions passent donc par des banques de pays tiers, qui ne sont pas à la portée de toutes les entreprises, notamment les PME, et alourdissent leurs démarches et leurs coûts. « Je ne re- garde même pas de solution franco-française ! » confie à la Lettre Confidentielle XXaavviieerr BBeerr-- ttrraanndd, avocat d’affaires indépendant passé par de gros cabinet internationaux et la direction juridique d’Alstom avant de s’installer à son compte. Présent lors de la présentation des conclu- sions de la mission sénatoriale, le 12 juin, il connaît bien le dossier iranien.

« Il existe des solutions que nous pouvons mettre en place dès aujourd’hui, mais elles passent par des pays tiers, en Europe, au Moyen Orient et en Asie, explique cet expert. Il s’agit plutôt de banques locales, ou à vocation régionale ». Les banques –et pas seulement françaises- sont en fait confrontées à deux types de problèmes, selon lui : « Le premier est un problème corpo- rate, de gestion des risques : les demandes d’autorisation sur l’Iran sont tout simplement bloquées par les services juridiques internes. Le deuxième est un problème de collatéral : le rial n’étant pas convertible, elles doivent trouver une contrepartie qui accepte du rial iranien. Les lettres de crédit, par exemple, obligent à faire appel à des avoirs iraniens à l’extérieur ».

LLeess ppaayyss qquuii oonntt ddeess aavvooiirrss iirraanniieennss ssuurr lleeuurr tteerrrriittooiirree ssoonntt aavvaannttaaggééss

Dans ce contexte, les pays qui ont sur leur territoire des avoirs iraniens sont avantagés. « Les pays qui ont des avoirs officiels iraniens sont notamment ceux officiellement autorisés, dans le cadre

des sanctions internationales, à acheter du pétrole iranien : Chine, Corée du Sud, Japon, Inde confirme l’avocat. Mais ils ont tendance à s’en servir pour leurs propres transactions avec l’Iran ».

Mais cela n’explique pas l’avancée prise, aux dires des uns et des autres, y compris des Iraniens eux-mêmes, par les Américains, les Allemands ou encore les Italiens. Xavier Bertrand a sa pe- tite idée. « Les Etats-Unis se permettent des choses qu’ils interdisent aux autres : sur ce point, je suis totalement d’accord avec les conclusions du rapport Marini, souligne l’avocat. Ils es- sayent de faire peur tout en prenant leurs propres dispositions pour revenir ». PPrroocctteerr && GGaamm-- bbllee est souvent citée comme une des grandes multinationales américaines qui auraient repris pied à Téhéran sans même attendre l’allègement des sanctions internationales.

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Quant aux Allemands, ils seraient plus imaginatifs et plus souples pour trouver des solutions :

« les Allemands sont des pragmatiques : soit ils trouvent un collatéral en Allemagne, soit ils pas- sent des accords avec des banques à l’étranger qui ont des avoirs iraniens. En outre, leur appa- reil exportateur est composé de plus nombreuses PME que le nôtre : elles sont plus souples et prennent plus de risques que nos grands groupes du CAC 40, qui dominent nos exportations mais sont davantage regardants sur les règles de compliance, de conformité ». Les banques des Länder seraient notamment plus actives.

Problème de culture et de pratique de l’export, aussi : « Les entreprises françaises ont aussi l’ha- bitude de faire appel au soutien de l’Etat à l’exportation : hors, sur des cas comme l’Iran, l’ad- ministration française est sans doute excessivement prudente. Il ne faut pas non plus oublier le choc provoqué par les sanctions infligées par la justice américaine à BNP Paribas : c’est la banque étrangère qui a été le plus sanctionnée dans cette affaire de contournement d’embargo ».

En attendant, les entreprises tricolores, qui se pressent pourtant dans les avions en direction de Téhéran, perdent des opportunités : à fin juillet, soit sur les 7 premiers mois de l’année 2014, les importations iraniennes en provenance de France continuaient leur chute (- 10 % par rapport à la même période de 2013) alors que celles en provenance d’Allemagne étaient en hausse de 11,3 %. La France se hissait ainsi au 13ème rang des fournisseurs de l’Iran, alors que l’Allemagne, l’Italie, le Royaume Uni et les Pays-Bas occupaient respectivement la 6ème, 8ème, 9ème et 10ème place. « Or, dans l’hypothèse d’une levée des sanctions sur l’Iran, il y aura une ouver- ture légale, puis la mise en place de structures financières, avertit l’avocat. Les premiers arrivés seront en position de force car l’Iran est un pays doté de tout un réseau de distributeurs avec les- quels il faut d’ores et déjà nouer des contacts ».

*Relire sur www.lemoci.com :

Christine Gilguy

FFrraannccee--IIrraann :: llaa rreepprriissee ddeess éécchhaannggeess vviiccttiimmee ccoollllaattéérraallee ddee llaaffffaaiirree BBNNPP PPaarriibbaass

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 CNCCEF : les neuf membres du bureau

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

CNCCEF : les neuf membres du bureau exécutif entourant Alain Bentejac

Vendredi 5 septembre au matin, le Comité national des conseillers du commerce extérieur de la France (CNCCEF) s’est doté de son bureau exécutif. Il comprend, outre le président, AAllaaiinn BBeenn-- ttééjjaacc, quatre vice-présidents (JJaacckkyy DDeerroommééddii, PPaassccaall NNaaddoobbnnyy, CChhaarrlleess--HHeennrryy CChheennuutt, JJeeaann-- JJaaccqquueess SSaannttiinnii).

Le reste de léquipe se compose de XXaavviieerr PPiiéérraarrdd, secrétaire général, AAllaaiinn CCooiinnee, trésorier, et trois membres du bureau que sont PPaauull BBeennssaabbaatt, DDoommiinniiqquuee MMoouuiilllloott et AAllaaiinn TTaaiieebb.

« Un moment plus exaltant que la nomination de MMaatttthhiiaass FFeekkll pour le commerce extérieur au gouvernement, s’amuse un CCEF ayant participé au séminaire de réflexion qui a suivi. Pensez que notre président AAllaaiinn BBeenntteejjaacc, depuis que le Conseil d’administration a validé son élection le 20 juin, en est à connaître son quatrième ministre ou secrétaire d’État au commerce extérieur ».

Pas de quoi, pour autant, arrêter la marche du successeur de BBrruunnoo DDuurriieeuuxx, qui a rencontré, la semaine dernière, tour à tour, MMuurriieell PPéénniiccaauudd, directrice générale d’Ubifrance et présidente de l’Afii, et LLaauurreenntt FFaabbiiuuss, ministre des Affaires étrangères et du développement international (Maedi), avant de préparer la désignation du bureau exécutif.

Les CCEF ont aussi décidé d’organiser, comme en février 2012, leur prochain symposium mon- dial à Miami, première semaine de mai 2015.

François Pargny

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 Région Paca : Jean-Yves Longère va diriger

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

Région Paca : Jean-Yves Longère va diriger la nouvelle agence d’innovation et d’internationalisation

Directeur général depuis 2007 de PPééggaassee, le pôle aéronautique et spatial établi à Aix-en- Provence (avec des bureaux à Sophia Antipolis et Avignon), JJeeaann--YYvveess LLoonnggèèrree va prendre les rênes de lAAggeennccee rrééggiioonnaallee ddiinnnnoovvaattiioonn eett ddiinntteerrnnaattiioonnaalliissaattiioonn ((AArriiii)),, issue de la fusion des agences Méditerranée Technologie (MT) et de la Mission de développement économique ré- gional (MDER).

La Région n’a pas souhaité commenter cette nomination tant qu’elle n’est pas officielle, mais, d’après les informations recueillies sur place par la Lettre confidentielle, le choix de ce docteur en microélectronique, ancien adjoint au directeur de Recherche d’EEuurrooccoopptteerr, repose sur le fait que le futur patron de l’Arii a participé à la définition de la stratégie régionale d’innovation.

En outre, ce manager de 50 ans, à la tête du pôle représentant la première industrie de Provence- Alpes-Côte d’Azur (Paca), est accoutumé à gérer de grands programmes collaboratifs. Enfin, l’Arii doit s’appuyer sur un conseil stratégique, comptant parmi ses membres des entreprises internationales comme Eurocopter, fleuron régional et national basé à Marignane, pour lequel Jean-Yves Longère a opéré au sein de son bureau d’études pendant seize ans au total (1990-

2006).

Le choix du dirigeant de Pégase est aussi logique au regard de la politique économique en Paca. La Région, présidée par MMiicchheell VVaauuzzeellllee, qui avait annoncé la création formelle de l’Arii en no- vembre 2013, n’attribue pas d’aides directes aux entreprises. En revanche, elle a mis en place des dispositifs d’ingénierie financière, comme le fonds Paca Investissement, et elle subventionne les 26 ppôôlleess rrééggiioonnaauuxx ddee ddéévveellooppppeemmeenntt ééccoonnoommiiqquuee eett ssoolliiddaaiirree (Prides) que compte Paca, comme Pégase (labellisé Prides avant de devenir pôle de compétitivité).

L’ingénierie financière et l’innovation dans des secteurs stratégiques, comme la santé, la mobi- lité urbaine ou la transition énergétique, nécessitent de mobiliser des fonds européens. Jean- Yves Longère connaît la politique européenne de recherche et les instruments financiers proposés à Bruxelles. Très tourné vers l’entreprise, notamment la PME dont il appelle à modéliser « le par- cours de croissance », il est aussi vice-président de FFrraannccee CClluusstteerr, un centre de ressources pour favoriser l’innovation et les partenariats. Le directeur général de Pégase, qui compte 300 ac- teurs dont 190 entreprises, quittera son poste le mois prochain.

François Pargny

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 UE-Etats-Unis : les doutes et les freins

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

UE-Etats-Unis : les doutes et les freins politiques à un accord sur le TTIP

En octobre prochain, se tiendra à Washington le septième round de négociations sur le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), commencées en juillet 2013, mais les chances d’éliminer les points de blocage paraissent plus que jamais éloignées, selon les propos entendus lors d’une table ronde organisée à Paris, le 4 septembre, par la commission des Affaires euro- péennes de l’Assemblée nationale, présidée par l’écologiste DDaanniieellllee AAuurrooii (Puy-de-Dôme).

A ce stade, les divergences restent en effet nombreuses : agriculture, règlements des différents entre investisseurs et États (RDIE ou ISDS), accès aux marchés publics et surtout normalisation et standardisation. Or, il n’est pas certain que les Européens se montrent si unis face à des Amé- ricains puissants, des Américains qui, de leur côté, sont contraints par leur agenda politique et leurs avancées dans les négociations du partenariat transpacifique.

Certes, les parlementaires présents, tout comme les représentants des entreprises (BBuussiinneessss EEuu-- rrooppee, MMeeddeeff, CCGGPPMMEE, CCCCII PPaarriiss--IIllee--ddee--FFrraannccee, UUnniioonn ddeess iinndduussttrriieess tteexxttiilleess, UUnniioonn ddeess iinn-- dduussttrriieess cchhiimmiiqquueess) et du CCoommiittéé ééccoonnoommiiqquuee eett ssoocciiaall eeuurrooppééeenn (Cese), nont pas remis en cause l’intérêt d’un accord entre les deux plus grandes puissances économiques de la planète. Ce qui, pourtant, n’a pas empêché l’un d’entre eux d’exprimer ses doutes.

« Je m’interroge sur la pertinence d’un accord avec Washington, car les Européens ne partagent

déjà pas toujours la même position et les Américains sont en face très forts », a lâché le député UMP des Yvelines JJaaccqquueess MMyyaarrdd. Des propos faisant écho à ceux du parlementaire européen RRoobbeerrtt RRoocchheeffoorrtt (groupe Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe), citant l’exemple du textile. « La France et l’Italie, selon lui, veulent rendre obligatoire la traçabilité de l’étique- tage et donc de l’origine, ce qu’on ne veut pas en Europe du Nord ».

Dans ce domaine, c’est Rome qui a été moteur, en proposant à la Commission européenne l’éti- quetage d’origine obligatoire de tous les produits d’habillement fabriqués en dehors de l’Union, européenne (UE), ce qui n’est pas imposé par l’OOrrggaanniissaattiioonn mmoonnddiiaallee dduu ccoommmmeerrccee (OMC).

« Le plus paradoxal, c’est que dans le textile, le rapport économique est en notre faveur. L’Eu-

rope, c’est la créativité, le luxe, des matières comme le lin et la soie, alors que les États-Unis sont beaucoup plus connus pour le coton ou les synthétiques. Et quand nous exportons 2, ils expor- tent 1. Mais les États-Unis sont très forts dans les négociations, parce que ce pays a toujours im- posé pour le textile un chapitre séparé dans les accords internationaux qu’ils ont négociés et qu’ils nomment toujours un négociateur spécial pour ce secteur, en l’occurrence GGaaiill SSttrriicckklleerr, qui est, d’ailleurs, redoutable », affirme EEmmmmaannuueellllee BBuuttaauudd--SSttaauubbss, déléguée générale adjointe

de l’Union des industries textiles (UIT).

Le TTIP, commente Robert Rochefort, « c’est un vrai combat et je ne suis pas certain qu’on le terminera rapidement malgré la volonté déclarée ». L’ambassadeur américain auprès de l’UE, AAnntthhoonnyy GGaarrddnneerr, a émis l’espoir que le TTIP soit bouclé avant la fin de l’année prochaine. Or,

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dans un document interne, le Seeccrrééttaarriiaatt ggéénnéérraall ddeess AAffffaaiirreess eeuurrooppééeennnneess (SGAE) estime qu’il faudra sans doute attendre 2015 pour espérer « une percée des négociations ». L’année 2014 se- rait, en fait, « peu propice à des avancées rapides », en raison de l’agenda politique des deux côtés de l’Atlantique.

Aux États-Unis, l’Administration américaine n’a toujours pas reçu de mandat de négociation (fast track) de la part du CCoonnggrrèèss. S’y ajoute le fait que les élections à mi-mandat du 4 novem- bre prochain (435 sièges de la Chambre des représentants et 35 sièges du Sénat seront en jeu) vont mobiliser toutes les énergies, car il s’agit peut-être de la dernière chance du président OObbaammaa d’imposer son programme législatif (immigration notamment).

En Europe, la nouvelle Commission européenne, présidée par le Luxembourgeois JJeeaann--CCllaauuddee JJuunncckkeerr, ne prendra pas officiellement ses fonctions avant novembre. « Reste que si nous arri- vons à signer, les deux parties, compte tenu de leur poids économique et commercial, dessine- ront le cadre et la définition des normes pour les cinquante années à venir », ce qui est particulièrement important au regard de « nos rapports avec les Chinois ou les Indiens », pré- vient Robert Rochefort.

Ce qui est aussi important pour Business Europe, association patronale qui représente 35 pays, et qui met l’accent sur l’accès aux marchés de pays tiers, notamment émergents comme la Chine.

« Nous croyons à l’agenda multilatéral, mais comme c’est l’impasse à l’OMC, nous nous mon-

trons également pragmatiques en soutenant l’agenda bilatéral. Et dans ce cadre il est bien évi- dent que nous nous concentrons sur nos grands partenaires comme le Japon et le premier d’entre eux, les États-Unis », souligne LLuuiissaa SSaannttooss, sa directrice des Affaires internationales. Union eu- ropéenne et États-Unis représentent 40 % du produit industriel brut de la planète et échangent pour environ deux milliards d’euros de biens et services tous les ans.

Pour Luisa Santos, toutefois, il faut tenir compte du fait que le TTIP n’est pas la priorité des États-Unis. « C’est le partenariat transpacifique (TPP), parce qu’il est négocié depuis plus de cinq ans et donc a le plus de chance d’aboutir ».

Selon elle, « l’instant serait critique ». Si à la fin de l’année, les parties prenantes n’arrivent pas un compromis - notamment parce que Washington et Tokyo ne s’entendent pas –, alors il fau- dra sans doute pour les Américains « se focaliser sur le TTIP ». En fait, explique Luisa Santos,

« l’administration américaine joue sur les deux accords, car le transpacifique rencontre le plus d’opposition au Congrès, alors qu’avec l’Europe il y a une dimension stratégique, surtout au moment du conflit en UUkkrraaiinnee, en termes politiques ».

François Pargny

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 La France prépare une initiative pour relancer

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

La France prépare une initiative pour relancer l’investissement en Europe

Paris compterait soumettre des propositions concrètes en ce sens lors du prochain conseil in- formel qui réunira, le 13 septembre à Milan, les ministres européens de l’Economie et des Fi- nances, selon des informations obtenues par la lettre confidentielle. L’initiative française devrait ensuite être défendue au plus haut niveau politique avec la tenue, en octobre, de deux sommets consacrés à la croissance : le premier à Rome (les 6 e 7 octobre), le second à Bruxelles (les 23 et 24 octobre).

Objectif du gouvernement: peser dans les discussions destinées à orienter la CCoommmmiissssiioonn JJuunncckkeerrdans l’élaboration d’un plan d’investissements de 300 milliards d’euros. Sur la ques- tion du financement de l’économie, certaines idées circulent déjà, telles qu’une nouvelle aug- mentation du capital de la BEI, l’utilisation du budget de l’UE afin d’obtenir un effet de levier pour mobiliser des capitaux privés, la création d’un livret d’épargne européen. Les États mem- bres planchent également sur la revitalisation des marchés des produits financiers titrisés les

plus

Au plan budgétaire, l’action de la France consistera à faire reconnaître au niveau européen l’exis- tence de circonstances exceptionnelles - croissance atone, risque de déflation, chômage élevé - qui permettent de recourir aux flexibilités du Pacte de stabilité et de croissance. Lors du dernier sommet, cette vision sociale-démocrate de la situation économique - également défendue par l’Italie - s’était à nouveau heurtée à une forte résistance de l’Allemagne, convaincue que chaque État membre doit d’abord faire le nécessaire pour réformer son économie.

Kattalin Landaburu, à Bruxelles

sûrs.

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 UE/Russie : incertitude autour des nouvelles sanctions

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

UE/Russie : incertitude autour des nouvelles sanctions

Seront-elles appliquées ? Et quand ? Il n’y a aucune certitude à l’heure où nous écrivons ces lignes sur les nouvelles sanctions européennes contre la Russie. Votées à l’unanimité vendredi 5 septembre, elles devaient être adoptées par procédure écrite le lundi suivant pour une mise en oeuvre dès le mardi 9 septembre. L’accord de cessez-le-feu conclu le week-end entre Kiev et Moscou n’aurait pas dû modifier l’agenda, « l’UE est prête à revenir sur les nouvelles sanctions, sous certaines conditions », avait juste précisé Herman Van Rompuy. Mais les divisions au sein des 28 ont joué - une fois encore - en faveur de la Russie.

« La Finlande, l’Autriche, Chypre et la Slovaquie », étaient parmi les plus réticents à autoriser l’application immédiate des sanctions », confiait un diplomate à la Lettre confidentielle.

Si officiellement ce report vise à «donner toutes ses chances à l’accord de cessez-le-feu », les menaces de représailles de Moscou ont visiblement bien plus pesé dans la balance. « Nous sommes très concernés par les potentielles contre-sanctions de Moscou », aurait notamment re- connu le premier ministre finlandais AAlleexxaannddeerr SSttuubbbb.

Durant le week-end Dmitri Medvedev, avait en effet prévenu que son pays riposterait à l’adop- tion de nouvelles mesures. « En cas de sanctions liées au secteur énergétique ou prévoyant de nouvelles restrictions pour notre secteur financier, il nous faudra répondre de manière asymé- trique », avait menacé le premier ministre russe dans une interview au site du journal Vedo- mosti, citant la possibilité de limitations dans le secteur aérien : « Si les transporteurs occidentaux volent en dehors de notre espace aérien, cela peut provoquer la faillite de nombreuses compa- gnies déjà à la limite de la survie », avait-il ajouté.

Les sanctions décidées le 5 septembre devaient renforcer celles adoptées fin juillet pour entra- ver la capacité des Russes à obtenir des financements internationaux *. Outre les cinq banques publiques russes déjà frappées d’interdit, les entreprises d’Etat dans le pétrole et la défense se- raient désormais visées. Une nouvelle liste de noms de personnes ciblées par un gel des avoirs et une interdiction de visa européen était aussi prévue « dont la nouvelle direction dans le Dom- bass, le gouvernement de Crimée et des décideurs et des oligarques russes », précise-t-on à Bruxelles.

Kattalin Landaburu, à Bruxelles

*Lire sur www.lemoci.com : NNoouuvveelllleess ssaannccttiioonnss ccoonnttrree llaa RRuussssiiee,, mmaallggrréé llee cceesssseezz--llee--ffeeuu

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 Douane : Bruxelles donne son feu vert

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

Douane : Bruxelles donne son feu vert à l’octroi du SPG+ aux Philippines

La Commission européenne a donné une évaluation positive à la demande déposée par Manille, en février dernier, d’obtenir des préférences tarifaires en vertu du régime SPG+ (SPG pour sys- tème de préférences généralisées), un statut visant à encourager le développement durable et la bonne gouvernance dans les pays en développement.

Jugeant que le pays remplissait les critères d’éligibilité, l’exécutif européen a recommandé l’oc- troi « aussi tôt que possible » du régime préférentiel. La proposition de la Commission doit maintenant être soumise à l’approbation formelle des États membres et du Parlement européen. Les autorités philippines espèrent bénéficier de ces préférences tarifaires dès le 1er janvier 2015.

Ce processus, qui conduirait à la suppression des droits d’importation de l’UE sur les produits philippins, incluant les vêtements et les textiles, est largement soutenu par les distributeurs eu- ropéens qui s’approvisionnent dans l’archipel.

La FFééddéérraattiioonn ddee lliinndduussttrriiee eeuurrooppééeennnnee ddeess aarrttiicclleess ddee ssppoorrtt ((FFEESSII)), fait partie des groupes de pression très actifs en coulisses pour accélérer l’approbation de l’octroi du SPG+ aux Philippines. « Pour l’industrie des articles de sport, cette évolution ouvre des opportunités séduisantes de sourcing de qualité », souligne un responsable de l’association . « Comme de telles décisions doi- vent être prises à l’avance, il est essentiel que le Parlement européen et les États membres don- nent rapidement leur aval pour donner la clarté indispensable à notre industrie ».

Kattalin Landaburu, à Bruxelles

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 UE/Vietnam : les négociateurs veulent signer l’accord

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

UE/Vietnam : les négociateurs veulent signer l’accord de libre-échange en octobre

« Il y a eu de bons progrès dans les négociations et je vois cet accord avec un grand optimisme », a récemment confié JJoosséé MMaannuueell BBaarrrroossoo. Objectif des deux partenaires : sceller l’accord de libre-échange (ALE) lors du prochain sommet EU-ASEM (Dialogue Asie-Europe), les 16 et 17 octobre à Milan.

Lors d’une rencontre avec le premier ministre vietnamien NNgguuyyeenn TTaann DDuunngg, fin août, les deux responsables ont appelé les entreprises européennes et vietnamiennes à oeuvrer à la mise en oeuvre de cet accord en renforçant l’investissement, le commerce et en établissant des partena- riats dans les domaines définis comme prioritaires : industrie, infrastructures, transports, éner- gie, finance, services, santé, applications spatiales et tourisme.

Le président de la Commission européennes a également rappelé que l’UE allait continuer à soutenir les réformes au Vietnam, pays qui vise le statut de pays industrialisé d’ici à 2020. Prin- cipal donateur du pays, l’UE a prévu de débloquer 400 millions d’euros d’aide au développe- ment entre 2014-2020, contre 300 millions pour la période précédente (2007-2013). L’UE est aussi le plus grand marché d’exportation du Vietnam et son deuxième partenaire commercial. Les échanges entre les deux blocs se chiffrent à 27 milliards d’euros par an.

Kattalin Landaburu, à Bruxelles

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 Demain dans vos agendas (gratuit) : SIAO,

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

Demain dans vos agendas

(gratuit) :

SIAO, Rencontres France-Russie

SSaalloonn IInntteerrnnaattiioonnaall ddee llAArrttiissaannaatt ddee OOuuaaggaaddoouuggoouu ((SSIIAAOO)) :: face à la terreur que fait régner la fièvre EEbboollaa enAfrique de l’Ouest, les organisateurs du SSIIAAOO ont jeté l’éponge : alors que le Bur- kina Faso n’est pas touché par l’épidémie, les organisateurs ont annoncé le 10 septembre le re- port “à une date ultérieure”, de l’édition 2014 initialement prévue du 31 octobre au 9 novembre. Une décision “de nature préventive”, qui s’inscrit “dans le cadre des mesures prises par les au- torités burkinabè pour lutter contre la fièvre Ebola” et éviter la propagation de l’épidémie.

RReennccoonnttrreess FFrraannccee--RRuussssiiee :: UUbbiiffrraannccee maintenait début septembre la programmation de ses Ren- contres d’affaires France-Russie à Ekaterinbourg, où elle doit emmener une quarantaine de so- ciétés françaises du 6 au 8 octobre. Signe que sur place comme en France, les milieux d’affaires français misent sur un apaisement des tensions à propos de la crise ukrainienne.

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 Ça bouge (gratuit) : F. Sanchez, Vinexpo

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

Ça bouge (gratuit) : F. Sanchez, Vinexpo

Frédéric Sanchez : le patron du groupe Fives s’est vu décerné hier, 9 septembre, le prix de l’en- trepreneur de l’année 2014 pour la région Ile de France par le cabinet d’audit et de conseil EY. Belle récompense pour ce chef d’entreprise hyperactif, responsable de l’internationalisation, dans les années 2000, du groupe industriel familial qu’il dirige,qui est également président du pôle Internationalisation/Filière du Medef.

Vinexpo : L’équipe en charge du Salon international des vins et spiritueux Vinexpo, à Bordeaux, dont la prochaine édition est prévue du 14 au 18 juin 2015, comprend deux nouveaux directeurs : Mathieu Vanhalst, 33 ans, après une expérience de sept ans au sein de TFWA (Tax Free World Association) qui organise les salons dédiés au Duty Free et Travel Retail de Cannes et de Sin- gapour, prend la tête du service commercial ; et Richard Guyon, 35 ans, ancien cadre de l’as- sociation Relais & Châteaux, va assurer le marketing et plus particulièrement la promotion vers les visiteurs des salons en France et à l’étranger (le prochain à Tokyo les 1er 2 novembre), le renfort de leur accueil, la mise en place de partenariats stratégiques et l’organisation des soi- rées Vinexpo.

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Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014 Ils ont dit (gratuit) : J-Y Le

Lettre confidentielle n° 113 du 11 septembre 2014

Ils ont dit

(gratuit) : J-Y Le Drian

JJeeaann--YYvveess LLee DDrriiaann,, mmiinniissttrree ddee llaa DDééffeennssee :: “pour la politique d’exportation, j’ai défini trois grand principes. Ils sont clairs : un partage des tâches entre l’Etat et l’industrie., la priorité don- née au dialogue politique, et l’inscription des projets d’exportation dans le cadre de coopérations de défense et de partenariats stratégiques”.

Extrait de son discours lors d’un petit-déjeuner sur les exportations de défense organisé le 9 sep- tembre aux universités d’été de la défense à Bordeaux.

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