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v 1.0 / août 2005

20. ÉLECTROCHIMIE

20.1. La pile de Daniell

La réaction d’oxydoréduction tes :

1 comme les réactions effec- tuées au chapitre précédent, c’est-à-dire en mettant une lame de zinc dans une solu- tion d’un sel de cuivre. Dans ce cas, le transfert d’élec- trons a lieu directement à la surface de contact entre le métal et la solution et l’énergie libérée par la réac- tion apparaît sous forme de chaleur.

2 selon un dispositif dans le- quel les deux couples rédox Zn 2+ /Zn et Cu 2+ /Cu sont sé- parés, ce qui oblige les élec- trons à passer dans le con- ducteur métallique reliant les deux plaques de Zn et de Cu selon le schéma ci- contre.

Cu 2+ + Zn Cu + Zn 2+ peut se réaliser de deux façons différen-
Cu 2+
+
Zn
Cu
+
Zn 2+
peut se réaliser de deux façons différen-
électrons
V
courant
pont électrolytique
_
+
KCl
Zn
Cu
Cl
Zn 2+
K
+
Cu 2+
Zn
Zn 2+
+
2e –
Cu 2+
+
2e –
Cu

L’expérience nous permet de faire les constatations suivantes :

– un voltmètre indique une différence de potentiel (une tension) entre les deux électrodes de zinc et de cuivre : 1,1V à 298K et pour des solutions salines 1 molaire.

– si on relie les deux électrodes par un conducteur, un courant électrique circule, les électrons allant du zinc au cuivre. Une énergie chimique se transforme en énergie électrique.

– la masse de l’électrode de Zn diminue et la masse de l’électrode de Cu augmente.

La pile réalisée se représente symboliquement par la notation suivante :

Zn/Zn 2+ // Cu 2+ /Cu +

Le couple oxydant est placé à droite, par convention. Le couple réducteur est inversé dans sa nota- tion (rappel : dans l’écriture des couples rédox, l’oxydant est placé conventionnellement le premier).

Chaque compartiment de la pile constitue une demi-pile. Dans chaque demi-pile a lieu une demi-réac- tion.

Module 20

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Le pont électrolytique réalise la continuité de la conduction (il ferme le circuit) et permet la conser- vation de la neutralité indispensable des solutions. En effet, le passage des ions d’un compartiment

à l’autre est nécessaire puisque, dans le compartiment du Zn, des ions Zn 2+ apparaissent, la solution

deviendrait positive alors que dans le compartiment du cuivre, des ions Cu 2+ disparaissent, la solution

deviendrait négative, ce qui est impossible.

Toutes les piles fonctionnent selon ce schéma, le pont électrolytique pouvant être remplacé par une

paroi poreuse (porcelaine, verre fritté,

) maintenant le contact entre les deux solutions.

20.2. Origine de la différence de potentiel et potentiels standard

 

M

 
+
+

– –

+
+
+
+

– –

+
+
+
+

– –

+
+
+
+

– –

+
+
+
+

– –

+
+
+
+

– –

+
+
+
+

– –

+
+

– – – –

+ + + +
+
+
+
+

Rappelons que dans les métaux la cohésion des atomes est due à la liaison mé- tallique que l’on peut considérer comme une «covalence élargie» c’est-à-dire la

mise en commun d’un nuage d’électrons. Le métal se représente comme un ré- seau d’ions positifs dans un «gaz d’électrons».

Lorsque le métal M est plongé dans un solvant polaire, des ions superficiels passent dans la phase liquide. Le métal a donc un excès d’électrons et est porté à un potentiel négatif par rapport à la solution, c’est le potentiel d’électrode du couple M n+ /M.

Peut-on mesurer ce potentiel d’électrode ? Non, il n’est pas possible de mesurer directement ce potentiel avec un voltmètre car pour cela il faut plonger un des fils de raccordement du voltmètre dans la solution ce qui crée une nouvelle électrode donc une autre différence de potentiel. On ne peut mesurer que la différence de potentiel entre deux potentiels d’électrodes.

Pour comparer tous les couples rédox, un couple de référence a été choisi : H + /H 2 . Par convention on lui a attribué un potentiel standard nul.

Demi-pile de référence

Pour que les électrons échangés lors d’une des demi-réactions :

H + 1M platine
H +
1M
platine

2H +

H 2

+

2e

+

H

2

2e

2H +

puissent circuler dans le circuit extérieur, il faut un conducteur métal- lique qui ne prenne part à aucune réaction, c’est-à-dire qu’il faut une électrode inerte constituée ici d’une plaque de platine platiné sur la- quelle le gaz est adsorbé.

A noter que c’est l’une ou l’autre de ces deux demi-réactions qui a lieu

dans la demi-pile de référence, en fonction du couple rédox dont on

mesure le potentiel standard.

Pour chaque couple rédox, on peut déterminer un potentiel d’électrode E° [V].

E° correspond à la force électromotrice de la pile créée par le couple rédox et le couple 2H + /H 2 .

H

2(g)
2(g)

Module 20

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Dans les deux expériences suivantes, le voltmètre indique le potentiel standard des couples Zn 2+ /Zn et Cu 2+ /Cu.

électrode négative (anode) demi-réaction d’oxydation

Zn

Zn 2+

+

2e

réaction globale :

V – + paroi poreuse Zn Zn 2+ H + 1M 1M platine Zn +
V
+
paroi
poreuse
Zn
Zn 2+
H +
1M
1M
platine
Zn
+
2H +
Zn 2+
+
H 2

H

2(g)
2(g)

électrode positive

(cathode) demi-réaction de réduction

2H +

+

2e

H 2

H + est plus oxydant que Zn 2+ (ce qui équivaut à dire que H 2 est moins réducteur que Zn). En con- séquence, c’est H + qui oxyde Zn (Zn réduit H + ) et non pas Zn 2+ qui oxyde H 2 . On dit que le couple 2H + /H 2 est plus oxydant que le couple Zn 2+ /Zn. En fait, cette expression sug- gère qu’on compare les oxydants (H + et Zn 2+ ) de chacun de ces couples.

H

2(g)
2(g)

électrode négative (anode) demi-réaction d’oxydation

H 2

2H +

+

2e

réaction globale :

paroi poreuse Cu H + Cu 2+ 1M 1M platine Cu 2+ + Cu +
paroi
poreuse
Cu
H +
Cu 2+
1M
1M
platine
Cu 2+
+
Cu
+
2H +
H 2
–+
V

électrode positive (cathode)

demi-réaction de réduction

Cu 2+

+

2e

Cu

Ici, c’est le contraire : H + est moins oxydant que Cu 2+ (ce qui équivaut à dire que H 2 est plus réduc- teur que Cu). C’est donc Cu 2+ qui oxyde H 2 (H 2 réduit Cu 2+ ) et non pas H + qui oxyde Cu. Le couple 2H + /H 2 est moins oxydant que le couple Cu 2+ /Cu.

Remarques : Le couple de référence peut être la borne positive ou la borne négative de la pile selon que l’autre couple est moins ou plus oxydant que le couple de référence. La différence des E° des couples Zn 2+ /Zn et Cu 2+ /Cu donne la force électromotrice (tension) de la pile de Daniell.

Module 20

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Les potentiels standard sont donnés pour des solutions de concentration 1 M, à 25°C et sous une pression de 1 atm.

Le classement des potentiels standard de réduction E° correspond au classement des couples rédox (voir tableaux du module 19).

20.3. Equation de Nernst

Le potentiel d’un couple (et donc la tension d’une pile) varie en fonction de la concentration des solu- tions. Qualitativement, la tension aux bornes d’une pile augmente si on augmente la concentration d’un réactif et elle diminue si on augmente la concentration d’un produit. Prenons l’exemple de la pile de Daniell dans laquelle la réaction globale est :

Cu 2+

+

Zn

Cu

+

Zn 2+

Si on augmente [Cu 2+ ] (le réactif en solution), alors la tension de la pile augmente. Par contre, si on aug-

mente [Zn 2+ ] (le produit en solution), alors la tension de la pile diminue.

Au fur et à mesure que la pile débite, c’est-à-dire lorsqu’on l’utilise, [Cu 2+ ] diminue et [Zn 2+ ] augmente. C’est la raison pour laquelle la tension aux bornes de cette pile diminue régulièrement jusqu’à ce qu’elle ne suffise plus à faire fonctionner le récepteur (moteur, ampoule, etc.). Dans le langage courant, on dit que la pile «se vide» petit à petit.

Il est important de réaliser que l’objectif d’un fabricant de pile est souvent d’obtenir la tension la plus

élevée possible. Ainsi, s’il fabrique une pile de Daniell, il ne va pas utiliser une solution de Zn 2+ 1M mais

plutôt une solution ne contenant pas d’ions Zn 2+ ni d’ions susceptibles d’interférer avec la réaction. Une solution de NaCl serait un bon choix.

A noter également que le fait d’augmenter ou de diminuer la taille des plaques de Zn ou de Cu n’a aucun

effet sur la tension de la pile car cela ne modifie pas leur concentration. Par contre, l’intensité du cou- rant (débit d’électrons) peut s’en trouver augmentée car la surface de contact entre les électrodes et les solutions est plus élevée.

Quantitativement, la force électromotrice (tension) d’une pile en fonction des concentrations peut être calculée grâce à l’équation de Nernst qui découle directement de la thermochimie.

Expression de l’équation de Nernst :

ΔE : tension aux bornes de la pile [V] ΔE° : tension aux bornes de la pile aux conditions standard [V]

ΔE = ΔE° – (RT/nF) ln(Q)

Module 20

R

:

constante des gaz parfaits [J/mol K]

T

:

température absolue [K]

n

:

nombre de moles d’électrons échangés aux cours de la réac- tion

F

:

charge d’une mole d’électrons [C]

Q

:

quotient réactionnel

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A 25°C, la relation ci-dessus devient :

ΔE = ΔE° – (0,0592/n) log(Q)

car RT/F = 8,31·298/96500 = 0,0257

et

lnQ = 2,30 logQ

Application : Détermination du potentiel d’une pile Daniell dont [Zn 2+ ] = 1,5M et [Cu 2+ ] = 0.5M

Cu 2+ + Zn Q = [Zn 2+ ]/[Cu 2+ ]
Cu 2+
+
Zn
Q = [Zn 2+ ]/[Cu 2+ ]

=

Cu

+

Zn 2+

1,5/0,5

=

3

ΔE = ΔE° – (0,0592/2)·log(3) = 1,10 – 0,0141 = 1,09 V

Remarques : – n = 2 car le nombre d’électrons échangés dans la réaction rédox est de 2 :

Zn

Zn 2+

+

2e

Cu 2+

+

2e

Cu

– La concentration influence relativement peu le potentiel de la pile.

– Si on inverse les concentrations, la différence de potentiel de la pile est plus élevée que la différence de potentiel standard.

La différence de potentiel de la pile devient nulle lorsque l’équilibre est atteint (la réaction s’arrête, la pile est complètement déchargée), c’est-à-dire lorsque la valeur du quotient réactionnel correspond à celle de K (constante d’équilibre). On a alors :

ΔE = ΔE° – (0,0592/n)·log(Q) = ΔE° – (0,0592/n)·log(K) = 0

Cette expression permet de calculer la valeur de la constante d’un équilibre rédox à partir de la mesure de la tension standard aux borne de la pile mettant en jeu la réaction étudiée.

Exemple : Détermination de la constante de l’équilibre Cu 2+ + Zn Cu + Zn
Exemple : Détermination de la constante de l’équilibre
Cu 2+
+
Zn
Cu
+
Zn 2+
ΔE° – (0,0592/n)·log(K) = 0
log(K) = ΔE°/(0,0592/n) = 1,10/(0,0592/2) = 37,2
10 37,2
K
=
Remarques : – Plus ΔE° est élevée, plus K est élevée
– Pour une valeur de ΔE° de l’ordre de 1 V, la valeur de K est gigantesque. La plupart
des réaction rédox sont des équilibre fortement déplacés

Module 20

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20.4. Cas particulier : la pile de concentration

Nous avons vu plus haut qu’un métal plongé dans un solvant polaire perd des ions superficiels et crée de ce fait un potentiel d’électrode. Ce potentiel varie si l’électrode est plongée dans une solution contenant déjà des ions de ce métal. Plus cette solution a une concentration élevée moins la plaque aura tendance à donner des ions. Ainsi deux plaques de même métal plongées dans des solutions de leur sel, de concentrations différen- tes, donnent une différence de potentiel. On peut donc créer une pile de concentration.

La valeur de la tension d’une telle pile peut être calculée grâ- ce à l’équation de Nernst. Cette valeur est toujours basse car, comme nous venons de le constater, le potentiel dépend peu de la concentration des solutions.

Les piles de concentration se caractérisent par la présence d’un seul couple rédox. Dans l’exemple ci-contre le couple est Cu 2+ /Cu La pile peut débiter du courant jusqu’à ce que sa tension de- vienne nulle, donc jusqu’à ce que les concentrations soient égales dans chaque demi-pile.

paroi poreuse Cu Cu Cu 2+ Cu 2+ 0,1M 1M Cu Cu 2+ + 2e
paroi
poreuse
Cu
Cu
Cu 2+
Cu 2+
0,1M
1M
Cu
Cu 2+
+ 2e –
Cu 2+ +
2e –
Cu
–+

Module 20

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20.5. L’électrolyse

Montage de la pile Daniell utilisé en générateur et en électrolyseur

Pour l’électrolyse, branchons un générateur dont la borne négative est reliée au zinc et la borne posi- tive au cuivre. Le générateur est donc branché en opposition à la pile et sa tension doit être supérieure à la force électromotrice de la pile qui est devenue un récepteur.

Pile Electrolyseur électrons électrons courant courant V G paroi paroi poreuse poreuse Zn Cu Zn
Pile
Electrolyseur
électrons
électrons
courant
courant
V
G
paroi
paroi
poreuse
poreuse
Zn
Cu
Zn
Cu
Zn 2+
Cu 2+
Zn 2+
Cu 2+
Les électrons s’écoulent spontanément
dans le circuit extérieur de l’électrode
de zinc à l’électrode de cuivre.
Le générateur force les électrons à
circuler dans le circuit extérieur, de
sa borne négative vers l’électrode de
zinc et de l’électrode de cuivre vers
sa borne positive.
Borne négative :
Borne négative :
2+
Zn
Zn 2+
+
2e –
Zn
+
2e –
Zn
Borne positive :
Borne positive :
Cu 2+
+
2e –
Cu
Cu
Cu 2+
+
2e –
+
+

Remarque : Les termes anode et cathode correspondent respectivement à une oxydation et à une réduction, ce qui implique que l’anode est la borne négative d’une pile mais la borne po- sitive de l’électrolyseur.

Module 20

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Electrolyses simples

Dans une électrolyse simple, ni les électrodes, ni le solvant ne participent à la réaction d’oxydoréduc- tion.

Electrolyse de CaCl 2 fondu entre électrodes inertes

Les composés ioniques à l’état fondu (sels et oxydes) permettent le passage du courant par un double mouvement des ions.

 

2Cl

Cl 2

+

2e

A

l’électrode positive, les ions Cl viennent se décharger pour

 

former des molécules de Cl 2 .

Ca 2+ +

2e

Ca

A

l’électrode négative, les ions Ca 2+ viennent se décharger pour

 

former des atomes de calcium.

2Cl

+

Ca 2+

Cl 2

+

Ca

Réaction bilan (réaction globale).

Electrolyse d’une solution de CuBr 2 entre électrodes inertes

CuBr 2 est ionisé en Cu 2+ et 2Br . Dans la solution, un double mouvement des ions a lieu, les cations Cu 2+ sont attirés par l’électrode négative (ca- thode) et les anions Br sont attirés par l’électrode positive (anode). Aux électrodes, les ions se déchargent pour former un dépôt de cuivre et du brome selon :

Cu 2+

+

2e

Cu

 

2Br

Br 2

+

2e

Cu 2+

+

2Br

Cu

+

Br 2

électrons

Cu 2 + + 2Br – Cu + Br 2 électrons courant électrodes inertes (platine) G
courant électrodes inertes (platine) G Cu 2+ 2Br – molécules de brome en solution –+
courant
électrodes inertes
(platine)
G
Cu 2+
2Br –
molécules
de brome
en solution
–+

dépot de cuivre

Electrolyse avec intervention du solvant

Electrolyse d’une solution de NaBr entre électrodes inertes de platine

NaBr en solution aqueuse est ionisé en Na + et Br . Les ions Br , attirés par l’électrode positive, se dé- chargent à son contact et forment des molécules de Br 2 :

Module 20

2Br

Br 2

+

2e

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Les ions Na + sont attirés par l’électrode négative mais ils ne peuvent réagir car l’eau est un oxydant plus fort (ou plutôt moins faible) que Na + et réagit selon :

Équation bilan :

2H 2 O

+

2e

2Br

+

2H 2 O

H 2(g)

Br 2

+

+

2OH

H 2(g)

+

2OH

C’est donc l’eau qui se fait réduire et non pas Na + . On peut prévoir ceci numériquement :

Pour que la réaction

2Br

+ 2Na +

Br 2

+

2Na

ΔE°

=

3,77 V

ait lieu, il faut imposer une tension au moins égale à sa ΔE°, à savoir 3,77 V.

Par contre, la réaction

2Br

+

2H 2 O

Br 2

+

H 2(g)

+

2OH

se produit à partir de 1,89 V.

ΔE°

=

1,89 V

L’électrolyse peut se faire dès que la tension aux bornes du générateur est supérieure à la plus pe- tite différence des E° possibles des substances présentes. Ceci dit, cette règle est parfois invalide pour des questions de cinétique.

Electrolyse avec intervention des électrodes

Dans ce cas, les électrodes participent à la réaction rédox. Voir page 25 et TP.

20.6. Loi de Faraday

Le faraday ( F ) représente la charge d’une mole d’électrons.

1F = 96500 C

Il existe une relation entre la masse du dépôt électrolytique et la quantité d’électricité nécessaire.

Connaissant l’intensité du courant d’électrolyse et sa durée, la charge totale se calcule par la relation :

Q [C] = I [A] · t [s]. Le nombre de moles d’électrons (n) est donné par la relation Q = n·F. Le nombre de

moles de produits apparaissant aux électrodes en découle.

m :

I

ΔN.O. :

:

m =

I

t

masse molaire

96500

Δ

.

NO

.

masse du produit [g] intensité du courant électrique [A] variation du nombre d‘oxydation

Module 20

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20.7. Corrosion

Le phénomène de la corrosion – La rouille

La corrosion est la détérioration des métaux résultant de leurs réactions avec les agents présents dans le milieu ambiant. La rouille du fer, oxyde hydraté de fer (III), Fe 2 O 3 ·xH 2 O, le ternissement de l’argent par formation de Ag 2 S, le vert-de-gris, cabonate hydraté de cuivre apparaissant sur le cuivre, le laiton et le bronze sont des exemples familiers de corrosion.

La corrosion cause d’énormes dommages, particulièrement aux alliages ferreux (ponts, bateaux, voitu-

res,

).

Plus du cinquième de la production mondiale de fer sert à remplacer des pièces corrodées.

Chimiquement, la corrosion est une oxydation du métal dont le N.O. passe de 0 à une valeur positive. Il y a formation d’oxyde, d’hydroxyde, de carbonate, de sulfate, etc.

Parfois, l’oxydation permet la formation d’une couche protectrice. C’est le cas de l’aluminium qui se couvre d’une couche transparente et dense de Al 2 O 3 qui empêche une oxydation ultérieure. Ce phéno- mène s’appelle la passivation. Le zinc aussi se protège par oxydation (voir plus bas). Pour le fer, la couche d’oxyde est poreuse et se fissure facilement lorsqu’elle s’épaissit ce qui permet à l’oxygène et à l’humidité de poursuivre l’oxydation en profondeur jusqu’à destruction complète de la pièce. La rouille ne peut se former qu’en présence d’oxygène et d’eau. Les réactions sont très complexes et mal connues mais les étapes principales peuvent être expliquées comme suit:

goutte d'eau rouille rouille Fe 2+ e – e – Fer
goutte d'eau
rouille
rouille
Fe 2+
e –
e –
Fer

Le fer dans une partie de l’objet se comporte comme l’anode d’une pile (électrode négative) et s’oxyde en Fe 2+ :

Fe (s)

Fe 2+

+

2e

Les électrons produits dans la de- mi-réaction se déplacent vers un autre endroit de l’objet qui agit comme une cathode. Là, l’oxygène atmosphérique est réduit en présence d’ions H + aqueux donnés par H 2 CO 3 formé par dissolution de CO 2 :

La réaction bilan donne :

O 2

2Fe

+

+

4H +

O 2

+

+

4e

4H

+

2H 2 O

2Fe 2+ +

2H 2 O

Les ions Fe 2+ se déplacent à travers l’eau à la surface du métal. Ils sont ensuite oxydés par l’oxygène atmosphérique en rouille :

Module 20

4Fe 2+

+

O 2

+

4H 2 O

2Fe 2 O 3 +

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8H +

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La protection contre la corrosion

Deux options sont possibles :

– Couvrir la surface de l’objet métallique pour éviter le contact avec les agents corrosifs

– Eviter l’oxydation du métal en provoquant celle d’un métal plus réducteur.

Isolation du métal

par une peinture On peut tout simplement peindre la pièce métallique à protéger afin de l’isoler mécanique- ment des agents corrosifs. L’efficacité de cette méthode est extrêmement réduite puisque la moindre égratignure dans la peinture permet à la corrosion de reprendre. On préfère utiliser des peintures dites «antirouille». Par exemple, l’acier des constructions (ponts, buildings) est souvent recouvert d’une peinture rouge contenant du minium Pb 3 O 4 . Le Pb 3 O 4 oxyde la surface du fer pour former une couche continue d’oxyde qui résiste à une oxydation ultérieure.

par un autre métal Le zinc, l’étain ou le chrome sont souvent utilisés pour protéger l’acier.

L’acier galvanisé est un acier recouvert d’une couche de Zn (immersion de la pièce dans un bain de Zn fondu). Le Zn est oxydé en Zn(OH) 2 qui réagit avec le CO 2 de l’air et forme une couche protectrice de Zn(OH) 2 ·xZnCO 3 qui adhère fortement à la surface. En cas de fissures dans la couche protectrice, le Zn étant plus réducteur que le fer, continue de le protéger devenant l’anode d’une pile dont le fer est la cathode.

Une couche d’étain dont l’oxyde superficiel l’isole d’une attaque en profondeur, peut aussi être utilisée pour protéger le fer. Cependant, en cas de craquelures dans la couche pro- tectrice, le fer, plus réducteur que l’étain, sera alors rapidement oxydé.

Protection cathodique ou protection par anode perdue

Pour protéger le fer (citernes, conduites, ponts, bateaux, etc), il suffit de le relier à une masse d’un métal plus réducteur (Mg, Zn) qui deviendra l’anode d’une pile (anode consommable). La masse de magnésium ou de zinc est lentement oxydée et passe en solution sous forme de Mg 2+ ou de Zn 2+ :

2Mg

2Mg 2+

+

4e

L’oxygène est réduit à la cathode en fer laissant le métal inattaqué.

O

2

+

2H 2 O

+

4e

Module 20

4OH-

anode

en zinc niveau du sol Zn 2+ Zn 2+ connexion électrique conduite en fer e
en zinc
niveau
du sol
Zn 2+
Zn 2+
connexion électrique
conduite en fer
e –
cathode
e –
+ 4e –
4OH –
2H 2 O (l) +
O 2(g)
(aq)
Electrochimie
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20.8. Exercices

1. Dessiner, avec légende, la pile formée les couples Ag + /Ag et Cu 2+ /Cu.

a.

b.

c.

d.

e.

Donner les équations des demi-réactions et la réaction bilan.

Donner la tension de cette plile dans les conditions standard.

Donner la tension de cette pile pour des solutions 0,1M.

Donner la tension lorsque l’une des concentrations est le double de l’autre (examiner les 2 cas).

2. Dessiner, avec légende, la pile formée par les couples Cu 2+ /Cu et Cl 2 /Cl .

a.

b.

c.

Donner les équations des demi-réactions et la réaction bilan.

Donner la tension de cette plile dans les conditions standard.

3. Soit la pile électrochimique

2Al (s)

+

3Mn 2+ (aq)

2Al 3+ (aq)

+

3Mn (s) .

Calculer la valeur de ΔE pour [Mn 2+ ] = 0,50M et [Al 3+ ] = 1,50M, sachant que la tensionde la pile dans les conditions standard est de 0,48V.

4. Calculer le potentiel d’une pile de Daniell pour une solution pratiquement saturée de CuSO 4 ([Cu 2+ ] = 1,10M) et une solution très diluée de ZnSO 4 ([Zn 2+ ] = 10 7 M).

Il est intéressant de remarquer la faible variation de la force électromotrice pour une différence de concentration énorme. L’utilisation de cette pile reste assez théorique au vu de la faible intensité qu’elle pourrait débiter en raison de sa grande résistance interne.

5. Dessiner, avec légende, un dispositif permettant l’électrolyse d’une solution de KCl.

a.

b

c.

Donner les équations aux électrodes et l’équation bilan.

Donner la tension minimale nécessaire à cette électrolyse.

6. Dessiner, avec légende, un dispositif permettant l’électrolyse d’une solution de H 2 SO 4 .

a.

b.

c.

Donner les équations aux électrodes et l’équation bilan.

Donner la tension minimale nécessaire à cette électrolyse.

7. Si on utilise un courant de 100 A, combien faut-il de temps pour former un dépôt de :

a. 1,0 kg d’Al à partir d’oxyde fondu de Al 3+ ?

b. 1,0 kg de Ni à partir d’une solution de Ni 2+ ?

8. On procède à l’électrolyse d’une solution qui contient des ions métalliques de charge 3+ en utilisant un courant de 5 A pendant 10 min. De quel métal s’agit-il s’il y a formation d’un dépôt de 1,18 g au cours de l’électrolyse ?

9. De l’eau acidulée par H 2 SO 4 est électrolysée par un courant dont l’intensité est de 5 ampères.

a. Donner les réactions aux électrodes.

b. Calculer le volume d’O 2 dégagé au bout de 5 min, aux conditions NTP.

Module 20

Electrochimie

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