Vous êtes sur la page 1sur 6

LES VERINS HYDRAULIQUES

Fonction : transformation de l’énergie hydraulique délivrée par un circuit en énergie mécanique disponible (le
plus souvent) sur la tige animée d’un mouvement de translation.

Figure 1

Un vérin est dit à simple effet quand la pression d’alimentation ne peut agir que sur une seule face du
piston. Il est à double effet quand les deux faces du piston peuvent être sollicitées l’une après l’autre (vérin
double effet ordinaire) ou simultanément (vérin différentiel).
Vérin simple effet Ph = Qp , Q = Sv
Pm = Fv , F = pS
D F, v Ph , Pm , puissance hydraulique et mécanique
Q , débit volumétrique délivré par la pompe
p = F S , pression du fluide
D , diamètre du piston
p, Q S = πD 2 4 , section de la surface avant du piston
v = Q S , vitesse linéaire de déplacement de la tige du
Le rappel de la tige est assuré par la charge ou par un
ressort vérin
Vérin double effet simple d , diamètre de la tige
S = πD 2 4 , surface active chambre avant
d ( )
s = π D 2 − d 2 4 , surface active chambre arrière
D
tige sortante : F = pS , v = Q S
tige rentrante : F ′ = ps , v′ = Q s
tige sortante : p 0
tige rentrante : 0 p
Vérin double effet différentiel tige sortante : F = p(S − s ) , v = Q (S − s )
tige rentrante : F ′ = ps , v′ = Q s
(voir installation dans un circuit spécifique)
D d
F = F ′ et v = v′ ⇔ S = 2 s et D = 2 d

tige sortante : p p
tige rentrante : 0 p
1

Influence de la compressibilité des fluides industriels : raideur et fréquence propre du vérin


Sous l’action de fortes charges, la compressibilité de fluides industriels ne peut plus être négligée ; la
position de la tige du vérin peut alors varier avec l’intensité de la charge appliquée. Si cet effet demeure
négligeable dans bon nombre d’applications, il devient préjudiciable quand le vérin doit garantir un maintien en
position précis.

1
Patrick BENNETEAU, Francis ESNAULT, Hydrostatique 1 et Hydrodynamique Transmission de puissance. Cours et Applications,
Editions Ellipses, 1997.

1
dρ ρ = dp B ou tenant compte que V = 1 ρ , dV dV = − dp B
où pour un fluide hydraulique standard B=1500 MPa (à comparer avec Eacier=2·105 MPa et Emat. plastique=2·103
MPa).
Pour un vérin simple effet, F = pS . Suite à une perturbation δF la pression subit une variation,
δF
δp = . Dû à la compressibilité du fluide, le volume de fluide dans le piston, V = Sc , aura une variation,
S
δp δV cδF
δV = −V , qui corresponde à un déplacement du piston, δc = =− . La raideur du vérin défini comme
B S SB
δF SB
k= sera alors k = .
δc c

On peut montrer que la raideur d’un vérin double effet est k =


(
SB 1 + s S )2

et qu’elle dépende de la
c
course du piston c.
Remarques :
1. Un vérin est également caractérisé par une fréquence propre, par exemple pour un vérin simple effet,
k B
ω0 = =S où m est la masse déplacée par la tige est V0 = c0 S est le volume de fluide
m mV0
résiduel (tige du piston au point mort bas).
2. Dans une installation donnée, afin d’éviter un phénomène vibratoire (fonctionnement non satisfaisant)
au début du déplacement du piston, le débit de la pompe Q et la valeur de tarage du limiteur de pression
F mQω 02
p0 ne sont pas indépendants : p0 < + .
S S2

Schémas d’installation de base (figure 2)


1., 2. Filtres
3. Moteur électrique : entraînement de la pompe
4. Pompe à cylindrée constante : alimentation en
huile du circuit hydraulique. La vitesse de sortie de
la tige est conditionnée par le débit volumétrique de
la pompe.
5. Distributeur à commande électro-magnétique :
commande de l’inversion du sens de déplacement
de la tige du vérin
6. Vérin à double effet. La pression régnant dans le
circuit est dépendante de la charge extérieure
appliquée au vérin.
7. Limiteur de pression : protection de la pompe et Figure 2
du circuit hydraulique
8. Manomètre 9. Réserve

Flambage de la tige
La tige d’un vérin à longue course se comporte comme une poutre sollicitée au flambage sous l’effort de la
charge appliquée F = p S . La théorie d’Euler donne une valeur approchée du diamètre d de la tige.

64αFL2e
d =4
π 3E

λ=2 λ=1

λ=0.5 λ=0.7 Figure 3

2
α : coefficient de sécurité (≈3) vérin (encastrement, rotule, appui plan, etc.) et de la
Le = λL AB , longueur de flambage (équivalente) qui longueur LAB soumise au flambage.
tient compte de la configuration d’installation du E : module d’élasticité du matériau de la tige
F : effort axial

Problème de l’étanchéité (figure 4). Rendement du vérin hydraulique


Une étanchéité parfaite est nécessaire entre l’alésage du vérin 3 et le piston 2. Un jeu radial trop faible
entre l’alésage du vérin 3 et le piston 2 doit être évité car le mouvement relatif du piston 2 par rapport au vérin 1
doit présenter un minimum de pertes par frottement. De plus, la liaison {1, 2}/3 doit tendre à être isostatique ;
une liaison de type pivot glissant existe déjà au contact entre la tige 1 et le corps 3 et un jeu trop faible entre le
piston 2 et le corps 3 reviendrait à créer une deuxième liaison pivot glissant. Une étanchéité dynamique de
translation est donc nécessaire :
- joints toriques (v<0.5 m/s, figure 4),
- joints quadrilobes (v<1 m/s),
- garniture pour presse étoupe (mouvements lents, frottement élevés, figure 5),
- segment métallique (v>1 m/s).
Le joint racleur (figure 5) est un joint dont la forme est spécialement conçue pour empêcher l’intrusion dans le
vérin d’impuretés portées par la tige lors de la rentrée.
Remarque :
Dû aux dispositifs assurant l’étanchéité dynamique de translation, les fuites internes sont le plus souvent
négligeables pour les vérins hydrauliques et le rendement volumétrique moyen est η v ≈ 1 . Toujours dû à
l’étanchéité dynamique, le rendement mécanique moyen d’un vérin de construction courante est η m ≈ 0.9 .

Figure 4

Amortissement de fin de course


Arrivé en fin de course le piston peut générer des chocs importants. Ces chocs doivent être limités ou
supprimés par des amortisseurs en fin de course. Le principe retenu pour faire décroître progressivement la
vitesse linéaire de l’ensemble mobil en fin de course consiste à augmenter la pression régnant dans la chambre
non active du vérin. Pour cela il suffit de limiter progressivement la section de passage du fluide chassé de cette
chambre (figure 6).
La pression d’amortissement doit rester inférieure à la pression maximale supportée par le vérin :

mv 2 2 + pSd a = pa S a d a ⇒ ( )
pa = mv 2 2 + pSd a S a d a ≤ pmax .vérin

où Sa est la surface de la section d’amortissement en rentrée de tige et da est la distance d’amortissement.

Figure 5 Figure 6

3
Choix d’un vérin hydraulique
Données du problème (cahier des charges) :
- Effort F,
- Vitesse maximale vmax,
- Course c,
- Masse mobile m,
- Conditions de montage du vérin

1. Choix a priori de la pression.


La particularité de la technologie hydraulique nécessite de dimensionner le groupe hydraulique en même temps
que le vérin. Le débit est conditionné par la vitesse de la charge. La pression motrice est la conséquence des
charges résistantes appliquées à l’actionneur. Pour une utilisation optimale la pression doit rester dans des limites
dépendant du domaine d’application (figure 7).
2. Choix d’une centrale
Calcul de la section théorique Sth = F pη m ( η m = 0.9 est le rendement mécanique estimé du vérin) et du débit
théorique Qth = S th vmax . Choix d’une centrale (figure 8) avec un débit et une pression légèrement supérieurs :
Q > Qth , padm > p + 15% p ( 15% p de pertes de charges dans le circuit).
3. Choix d’un vérin normalisé.
Calcul de la surface réelle S = Q vmax et choix d’un vérin normalisé S eff ≤ S (figure 9) ; sont également choisis
les diamètres de la tige d et du cylindre D, la course c, la section et la longueur d’amortissement Sa et da (figure
10) ainsi que la pression maximale admissible, pmax.
4. Calcul de la vitesse réelle v = Q S eff . La maîtrise de la vitesse réelle est possible si v > vmax .
5. Calcul de la pression de service pour le réglage du limiteur de pression de la centrale, p = F S eff η m . Si la
pression est supérieure ou trop proche de la pression maximale admissible de la centrale padm alors il faut
reprendre le dimensionnement avec une section S eff plus grande.
6. Vérification au flambage de la tige du vérin (figure 9, relation analytique ou figure 10). Les conditions de
montage du vérin qui permettent de déterminer la longueur de flambage équivalente sont imposées par les
données du problème. Si la tenue au flambage de la tige du pison n’est pas vérifiée il faut reprendre le
dimensionnement avec un diamètre d de la tige plus grand (ceci implique également un diamètre du piston
D et une section S eff plus grands).
mv 2 2 + pSd a
7. Calcul de la pression d’amortissement dans le vérin, pa = ≤ pmax . . Cette pression doit être
Sa da
inférieure à la pression maximale supportée par le vérin.

Application (1) :
La figure présente le poste de roulage d’une - afin de réaliser un montage isostatique, le vérin est
machine destinée à réaliser des colliers chauffants. attelé par des articulations.
En raison de l’importance des efforts mis en jeu et Comme les inerties sur la tige sont faibles par
de la maîtrise nécessaire, la motorisation est rapport aux efforts en régime permanent, les temps
hydraulique. Le galet de roulage est animé d’un d’accélération résultent très faibles et les
mouvement de rotation alternatif, l’effort presseur phénomènes transitoires sont négligés.
augmentant à chaque cycle. La motorisation du galet
de roulage est réalisée par un système pignon -
crémaillère mu par un vérin hydraulique. Une pré -
étude de conception et une expérimentation de
roulage ont permis de définir le cahier de charges
auquel doit répondre le vérin :
- effort maximum dans les deux sens, 670 daN,
- vitesse dans les deux sens, 0.35 m/s
- course 400 mm
- masse des éléments mobiles rapportés sur la tige,
20 kg

(1) Jean Rousseau, «Guide de dimensionnement. Les vérins hydrauliques », TECHNOLOGIE, 113, Avril, 2001

4
Figure 7. Choix des pressions a priori (d’après Bourgogne Hydro)

Figure 8. Caractéristiques des centrales hydrauliques standard

Figure 9. Sections efficaces (source Atos)

5
Figure 10. Sections et longueurs d’amortissement

Figure 9. Coefficient du mode d’installation du vérin

Figure 10. Abaque de vérification au flambage (source Atos)