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Tuyauteries

Compensateurs de dilatation
par Marcel AUBRY
Ancien Directeur Technique. Service Compensateurs de Dilatation
de la Société d’Exploitation de Produits Industriels SEPI

1. Description et caractéristiques ........................................................... A 805 - 3


1.1 Soufflet ......................................................................................................... — 3
1.2 Accessoires pour compensateurs .............................................................. — 4
1.2.1 Chemise interne.................................................................................. — 4
1.2.2 Capot de protection extérieur............................................................ — 4
1.2.3 Limiteur de course.............................................................................. — 4
1.2.4 Répartiteur de course ......................................................................... — 4
1.2.5 Dispositif de réglage........................................................................... — 4
1.2.6 Dispositif de blocage .......................................................................... — 4
1.3 Caractéristiques spécifiques aux compensateurs..................................... — 5
1.3.1 Caractéristiques relatives à la pression ............................................ — 5
1.3.2 Durée de vie du soufflet ..................................................................... — 5
1.3.3 Caractéristiques de flexibilité du compensateur.............................. — 5
2. Différents types de compensateurs ................................................... — 6
2.1 Compensateurs ne reprenant pas l’effet de fond ..................................... — 6
2.1.1 Compensateur simple axial ............................................................... — 6
2.1.2 Compensateur double........................................................................ — 6
2.2 Compensateurs reprenant l’effet de fond.................................................. — 6
2.2.1 Compensateurs équilibrés ................................................................. — 6
2.2.2 Compensateurs angulaires ................................................................ — 6
2.2.3 Compensateurs latéraux .................................................................... — 7
3. Utilisation des compensateurs ............................................................ — 7
3.1 Compensation exclusivement axiale ......................................................... — 7
3.1.1 Utilisation de compensateurs simples axiaux ................................. — 7
3.1.2 Utilisation d’un compensateur axial équilibré en ligne................... — 8
3.1.3 Utilisation d’un système articulé....................................................... — 8
3.2 Compensation reprenant l’effet de fond.................................................... — 8
3.2.1 Utilisation d’un compensateur angulaire pour améliorer
la flexibilité d’une ligne ...................................................................... — 8
3.2.2 Compensation partielle (composante latérale prépondérante)...... — 10
3.2.3 Compensation complète de la dilatation.......................................... — 10
3.2.4 Supportages spécifiques aux compensateurs ................................. — 12
3.2.5 Choix du compensateur ..................................................................... — 13
4. Données à fournir au constructeur..................................................... — 13
4.1 Données générales relatives à l’application.............................................. — 13
4.2 Données relatives aux conditions de service ............................................ — 13
4.3 Matériau retenu pour le soufflet................................................................. — 13
4.4 Données relatives aux caractéristiques du compensateur ...................... — 13
2 - 1991

4.5 Données relatives à l’implantation............................................................. — 14


4.6 Risques et sollicitations inhabituels........................................................... — 14
4.7 Accessoires retenus..................................................................................... — 14
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 805
A 805

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a dilatation pose un problème à tout bureau d’études de constructeur d’appa-


L reil ou de tuyauteur car on ne peut l’empêcher. Dans un assemblage d’élé-
ments constituant une ligne fermée, toute variation de dimension d’un élément,
provoquée par une différence de température et/ou de coefficient de dilatation,
doit être retrouvée en grandeur et en direction au niveau de cet élément par le
système de déformations résultant de l’état de contrainte exercé sur tous les
éléments assemblés. Avant l’arrivée des compensateurs de dilatation sur le
marché, les solutions apportées à ce problème étaient les suivantes.

Cette solution n’est envisageable que pour une compensation axiale de la dila- Utilisation de joints
tation. Par suite du module d’élasticité élevé des matériaux, la compensation coulissants à presse-étoupe
exclusivement par déformation axiale suivant la loi de Hooke n’est pas possible.
La solution consiste à supprimer la liaison mécanique en interposant un joint
coulissant à presse-étoupe. Ce dispositif permet le déplacement coaxial de ses
extrémités, l’étanchéité étant obtenue par un presse-étoupe. Dans cette solution,
les difficultés rencontrées résident dans l’étanchéité, le guidage et les efforts
développés par les frottements du presse-étoupe et par l’effet de fond dont nous
reparlerons plus loin (§ 1.3.1.1).

Dans cette solution, qui ne concerne que les tuyauteries, la dilatation de chaque Utilisation de tracé
élément de la ligne est compensée par une déformation en flexion et en torsion autodilatable
des éléments adjacents, ce qui implique un changement de direction de ces
derniers. On constitue ainsi, à partir d’éléments droits et de coudes qui ont une
flexibilité supérieure à ces derniers, un tracé suffisamment souple pour
compenser la dilatation sans contraintes excessives dans les coudes ni efforts
trop importants au niveau des ancrages.
Un tracé autodilatable nécessite donc un encombrement important et est
rapidement limité en diamètre de tuyauterie par suite des efforts trop élevés qu’il
exerce sur le génie civil (à pression constante, les efforts sur les points fixes
varient comme la puissance quatrième du diamètre).
Les compensateurs de dilatation ont apporté des avantages aux deux solutions
précitées.
Dans le premier cas, la suppression du presse-étoupe a permis d’assurer
l’étanchéité du dispositif à compensation axiale.
Dans le second cas, une très grande flexibilité des compensateurs, qui est
caractérisée par une capacité de déplacements importants sous de faibles efforts,
permet de résoudre les problèmes de dilatation et d’efforts avec un encombre-
ment minimal de la ligne. Un compensateur installé sur une tuyauterie présente
les caractéristiques suivantes :
— un coefficient de flexibilité en rotation sous moment de flexion qui est
l’équivalent de plus de 200 m d’élément droit de tuyauterie ;
— un grand déplacement angulaire (plusieurs centaines de milliradians) avec
des efforts très faibles, exerçant des contraintes de flexion sur le conduit de
l’ordre du daN/mm 2.
Exemple : pour une tuyauterie de diamètre nominal DN = 450 mm, d’épaisseur
9,52 mm, dimensionnée pour une pression de 40 bar, il est possible de réaliser
un compensateur présentant les caractéristiques suivantes :
— longueur équivalente de tuyauterie droite 1 100 m ;
— déplacement angulaire admissible de 200 mrad exerçant sur la tuyauterie
(frottement dans les articulations inclus) une contrainte de flexion
de 1,25 daN/mm 2.
Avec de telles caractéristiques, il est donc possible de réaliser une installation
très compacte permettant de réduire les coûts d’investissement et d’exploitation.
Les premiers compensateurs installés en France ont apporté une solution aux
problèmes posés par :
— le chauffage urbain, qui a utilisé des compensateurs axiaux pour des tuyau-
teries rectilignes ;
— la centrale nucléaire de Marcoule, qui a utilisé des compensateurs sans
effet de fond pour des tuyauteries de DN = 1 600 mm ;
— les unités de craquage dans les raffineries pour des dilatations très impor-
tantes résultant de températures élevées (600 à 700 oC).

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Bien que les avantages des compensateurs soient reconnus et que, pour
certaines applications, ils soient les seuls moyens disponibles, certains utilisa-
teurs potentiels hésitent à les utiliser pour les raisons ci-après :
— les épaisseurs des soufflets, qui, étant jugées trop faibles, conduisent à pen-
ser que les compensateurs sont très vulnérables et peu sécurisants ;
— leur détermination et leur mise en œuvre, qui nécessitent la complète
connaissance des conditions d’exploitation et de montage ainsi qu’une étude
d’installation.
Ce dernier point ne devrait pas être un obstacle, car les règles de sécurité et
la législation incitent les différents corps de métiers (exploitants, concepteurs,
constructeurs et monteurs) à bien connaître ces problèmes et à se regrouper
dans des syndicats abordant ces sujets. Les constructeurs de compensateurs de
dilatation ont rédigé des Règles de Construction et d’Utilisation des Compensa-
teurs de Dilatation (RCUCD) publiées par leur syndicat, le SNAM. Pour des appli-
cations relevant de la législation, le dimensionnement des soufflets doit répondre
à des règles précises qui font intervenir l’épaisseur minimale obtenue sur le pro-
duit fini. Ces règles font l’objet d’un document établi le 7/07/1980 par le SNAM
(Syndicat National des Articles Métalliques) et le SNCT (Syndicat National de
la Chaudronnerie, de la Tôlerie et de la Tuyauterie Industrielle) avec le concours
du CETIM (Centre Technique des Industries Mécaniques). Les fabricants de
soufflets doivent obtenir un accord préalable du Service des Mines et réaliser
des essais conformément aux instructions de la circulaire no 17009 du 9/07/1980
de la DQSI (Direction de la Qualité et de la Sécurité Industrielles).
En ce qui concerne le premier point, il est à remarquer que, dans la diversité
des modes de fabrication et des épaisseurs de soufflet retenues par le fabricant,
l’utilisateur peut trouver le produit qui lui convient le mieux. Il pourra apprécier
la résistance du soufflet à la pression à partir de la pression d’éclatement et de
la pression d’instabilité communiquées par le fabricant. Pour ce qui concerne
une utilisation sur une tuyauterie, le moment de torsion maximal acceptable par
le soufflet est également un élément d’appréciation.
L’objet du présent article est de donner une description des compensateurs,
d’en préciser les caractéristiques spécifiques et de montrer les principaux cas
d’utilisation. Ces renseignements devraient permettre au projeteur de définir les
principales données nécessaires aux constructeurs de compensateurs. Le dimen-
sionnement de ce matériel, qui est basé sur des résultats expérimentaux et qui
relève de la responsabilité du constructeur, ne sera pas traité dans cet article.

1. Description Pour les compensateurs reprenant l’effet de fond (§ 1.3.1.1), les


pièces d’extrémité sont équipées de dispositifs particuliers (struc-
et caractéristiques tures externes au soufflet) dont le rôle est d’équilibrer l’effet de fond
et d’autoriser les déplacements dans des directions prédéterminées
qui caractérisent le type de compensateur (§ 2).
Un compensateur est un dispositif qui, tout en assurant l’étan-
chéité d’un appareil ou d’une tuyauterie, est capable de subir des
déplacements dans des directions préalablement fixées en fonction
du type de compensateur. 1.1 Soufflet
L’élément vital d’un compensateur est le soufflet, qui se caractérise Le soufflet est constitué de plusieurs ondulations (une seule est
par sa flexibilité. Ce soufflet est constitué d’ondulations dont le profil admise lorsque le compensateur est équipé de 2 soufflets). Deux
autorise un mouvement axial et/ou de flexion. À partir de deux ondu- ondulations sont en effet nécessaires pour compenser les tolérances
lations, le soufflet est donc capable de satisfaire à tout mouvement de fabrication propres au compensateur.
dans l’espace sauf à une torsion. Il faut toutefois noter que la flexi-
bilité latérale d’un soufflet est d’autant plus importante que le Le soufflet est caractérisé par son profil d’ondulation et par son
nombre d’ondulations est élevé. En remarquant que toute translation procédé de fabrication. Les profils les plus répandus sont les
latérale est obtenue à partir de 2 rotations en flexion symétriques, semi-toriques en forme de U et les profils toriques réalisés à froid
le faible pas des ondulations limite cette translation et nécessite une à partir d’une ou de plusieurs viroles emmanchées concentri-
force latérale importante. Pour obtenir des déplacements latéraux quement pour le type multicouche. Ces 2 types de profils peuvent
avec une caractéristique de flexibilité acceptable, on doit recourir à être obtenus par hydroformage. Il existe une grande variété de pro-
deux soufflets séparés par une manchette intermédiaire. Dans la cédés pour réaliser les profils semi-toriques. Les principaux sont le
plupart des cas, la force latérale précitée permet le supportage de moletage, le formage par élastomère et l’expansion mécanique. Les
cette manchette. viroles sont roulées et soudées longitudinalement en une ou

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plusieurs soudures en fonction du diamètre. Aucune soudure cir- résonance avec les pulsations engendrées par la vitesse d’écoule-
culaire n’est admise. L’épaisseur de la virole varie, suivant la tech- ment du fluide. On ne peut se dispenser de chemise interne que pour
nique de fabrication, de quelques dixièmes de millimètre à plusieurs de faibles vitesses de fluide (inférieures à 7 m/s pour les gaz et à
millimètres (3 mm et même plus pour des diamètres dépassant le 3 m/s pour les liquides, lorsque le conduit a un DN  150 mm. Pour
mètre). un diamètre nominal plus faible, les vitesses limites sont encore plus
En fonction des procédés et des épaisseurs, les matériaux retenus basses).
pour le soufflet doivent avoir une grande ductilité et de bonnes carac- En pratique la chemise interne est toujours fournie et dans
téristiques mécaniques. Les nuances les plus courantes utilisées sont certaines applications, pour des déplacements importants, on réalise
les aciers inoxydables austénitiques et les alliages à forte teneur en le soufflet à un diamètre nominal supérieur pour conserver le dia-
nickel (Inconel, Incoloy, Monel ). mètre intérieur du conduit.
Le profil semi-torique en forme de U constitue le type de souf- La chemise interne doit répondre à deux conditions qu’il faut
flets non renforcés traité dans les règles de dimensionnement des impérativement vérifier :
soufflets pour compensateurs de dilatation (Introduction). — elle ne doit pas entraver le fonctionnement du soufflet (contrôle
Le profil semi-torique en forme de U équipé d’anneaux de ren- des jeux et des tolérances) ;
forcement, également traité dans les règles précitées, constitue le — elle doit respecter le sens de l’écoulement du fluide (à vérifier
type de soufflets renforcés qui se caractérise par une grande flexi- lors du montage).
bilité et une très bonne tenue à la pression. L’utilisation des anneaux
de renforcement lors de l’hydroformage assure un épaulement
correct du profil sur ces derniers. 1.2.2 Capot de protection extérieur
Dans la quasi-totalité des cas, le soufflet est raccordé à ses extré-
mités par des soudures à clin. Pour une fabrication de qualité, ces C’est un élément non étanche qui ceinture le soufflet sans entraver
dernières doivent être éloignées du tore de racine d’extrémité pour son mouvement et qui le protège contre les projections. Sa résis-
permettre la réduction du moment de flexion et, par là même, les tance au choc est très limitée. Il rend impossible l’amorçage de l’arc
contraintes. Cela conduit à prolonger chacune des extrémités du sur le soufflet. Il est très recommandé au montage sur chantier, où
soufflet par un collet. l’on rencontre tous ces problèmes et particulièrement des projec-
tions de soudures.
Dans des applications véhiculant des produits dangereux, les
soufflets peuvent être équipés d’un système de détection de fuite
qui prévient l’exploitant de la fissuration de la couche interne. Ces 1.2.3 Limiteur de course
soufflets sont réalisés en double couche, la couche externe étant
dimensionnée pour supporter la pression de service. Le limiteur de course a une terminologie impropre car, sous
Le profil semi-torique en forme de U peut être également réalisé cette appellation, ce dispositif devrait consister, en entravant le
à partir de demi-coquilles raccordées bout à bout par des soudures fonctionnement du soufflet, à s’opposer à la dilatation de la tuyau-
circulaires en sommet et en creux d’ondulation. Il faut toutefois terie. Les fabricants ont retenu, sous la désignation limiteur de
signaler que ces soudures circulaires sont situées dans des zones course, un dispositif capable de résister à l’effet de fond lors d’une
où les contraintes sont maximales et que, pour ne pas affecter la éventuelle défaillance d’un ancrage.
fiabilité du soufflet, les tolérances sur les accostages et les épaisseurs
des soudures doivent être serrées et rigoureusement respectées.
Dans ce procédé de fabrication, l’épaisseur ne descend générale- 1.2.4 Répartiteur de course
ment pas au-dessous de 3 mm. Ces soufflets peuvent être réalisés
en acier au carbone ou faiblement allié, avec une surépaisseur pour Ce dispositif est utilisé exclusivement sur des compensateurs
la corrosion. Le chapitre 8 du CODAP (Code Français de Construction équipés de plusieurs soufflets. Il permet à chacun d’eux de fonc-
des Appareils à Pression) édité par le SNCT concerne ce type de tionner dans des limites fixées qui n’entravent pas la dilatation.
soufflets.
Nous citerons pour mémoire les soufflets réalisés à partir de cou-
pelles embouties et soudées en sommet et en base d’ondulation. 1.2.5 Dispositif de réglage
Ces soudures en angle extérieur sont difficilement contrôlables et
sont placées dans les zones les plus sollicitées. Elles présentent un Ce dispositif permet de déformer chaque soufflet afin d’arriver à
caractère problématique pour la fiabilité du soufflet. Ce type de des valeurs fixées pour les déplacements. Il est surtout utilisé au
soufflet ne peut être admis dans la réglementation. montage pour la mise en précontrainte.
Il est à noter que, pour éviter la rétention du fluide et des
condensats au creux des ondulations, on peut faire travailler le
soufflet en pression externe. Dans ce dispositif, le soufflet est 1.2.6 Dispositif de blocage
raccordé sur des éléments constituant une enveloppe pourvue d’une
purge. Ce dispositif, repéré par une peinture de couleur jaune, immobilise
le compensateur dans une position fixée. Il est mis en place, par le
constructeur de compensateurs, pour la manutention durant le
transport et le montage.
1.2 Accessoires pour compensateurs
1.2.1 Chemise interne Remarque : les dispositifs de réglage et de blocage doivent être
retirés pour le réglage du supportage de la ligne de tuyauterie,
C’est un élément prolongeant le conduit au niveau du soufflet pour pour les épreuves et pour la mise en service.
le protéger d’une érosion éventuelle et pour réduire les pertes de
charge. Il protège également le soufflet contre les vibrations des
ondulations qui peuvent, du fait de la géométrie du profil, entrer en

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1.3 Caractéristiques spécifiques 1.3.2 Durée de vie du soufflet


aux compensateurs La durée de vie est le nombre maximal de cycles que peut subir
un soufflet avant l’apparition d’une fissure. Cette durée de vie est
1.3.1 Caractéristiques relatives à la pression liée à l’amplitude de déplacement par onde que subit le soufflet. À
partir de ce déplacement, le fabricant détermine le nombre de cycles
1.3.1.1 Effet de fond admissible N ad qui doit garantir, en regard de la législation, un
coefficient de sécurité de 3 sur le nombre de cycles obtenu lors des
Par suite de sa grande flexibilité, le soufflet interrompt la continuité
résultats d’essais de cyclage réalisés à froid sous pression variable
mécanique du conduit de sorte que les deux forces axiales F T égales
en phase avec la course (N ess ). En d’autres termes, le rapport
et opposées, exercées par la pression sur les tronçons de tuyauterie N ad /N ess doit être inférieur ou égal à 1/3. Bien entendu, en fonction
raccordés de part et d’autre du soufflet, ne sont plus équilibrées par de la température de service, la pression et la course sont à corriger
les contraintes longitudinales qui se développent dans une tuyau-
ainsi que le coefficient de sécurité sur le nombre de cycles, qui
terie classique. Par ailleurs, sur la hauteur du profil qui constitue une devient supérieur à 3.
couronne, la pression vient exercer une force axiale qui est reprise,
pour une part, par le demi-tore en sommet d’ondulation et, pour une
autre part, par le demi-tore à la base de l’ondulation. En raison de
la symétrie du profil, ces forces sont équilibrées sauf aux extrémités
1.3.3 Caractéristiques de flexibilité
où la symétrie n’existe plus. Cette force axiale exercée à l’extrémité du compensateur
du soufflet vient s’ajouter à la force F T correspondante pour
constituer l’effet de fond. On retiendra que l’effet de fond Fp est égal Ces caractéristiques sont fonction des conditions de service (pres-
au produit de la pression p par la surface effective du soufflet sion et température) et du nombre de cycles admissible retenu.
calculée à partir du diamètre moyen D m du profil :
π 2 1.3.3.1 Déplacements
F p = ----- D m p
4 Un soufflet peut satisfaire à 3 déplacements (axial, angulaire et
latéral) lorsqu’il est pourvu au minimum de 2 ondulations. Ces
(exprimé en unités cohérentes). déplacements sont représentés sur la figure 1.
Pour éviter l’extension du soufflet, il est donc nécessaire de réaliser Chaque type de compensateur est caractérisé par ses propres
des structures externes au soufflet qui doivent s’opposer à l’effet de limites de déplacements fixées par les structures externes au
fond. Cette force axiale croît très rapidement avec le diamètre et la soufflet. Dans toute utilisation, il faut donc examiner chacun des
pression. Le soufflet devient un véritable vérin dont il faut maîtriser déplacements et leurs limites fixées par le fabricant.
les effets et c’est pour cette raison que les fabricants réalisent des
compensateurs sans effet de fond, ce dernier étant repris par des ■ Déplacement axial : seuls les compensateurs ne reprenant pas
dispositifs propres au type de compensateur. l’effet de fond (axiaux ou doubles) et les compensateurs équilibrés
admettent un déplacement axial.
1.3.1.2 Moment de frottement ■ Déplacement latéral : pour satisfaire à une translation perpendi-
En dehors des efforts liés aux déplacements des soufflets, les culaire à l’axe, il faut que le compensateur soit équipé de 2 soufflets.
compensateurs reprenant l’effet de fond nécessitent des efforts Les compensateurs angulaires n’admettent pas de déplacement
supplémentaires pour leur fonctionnement. Ces efforts résultent des latéral.
frottements exercés sur les axes d’articulation et sur les rotules des
tirants principaux. Si le fabricant n’a pas pris de dispositions ■ Déplacement angulaire : les compensateurs angulaires sont
particulières, il devra prendre un coefficient de frottement de 0,3 pour conçus pour ce déplacement qui est également acceptable pour les
déterminer les moments de frottement. Le fabricant communique doubles charnières et les doubles cardans. Pour les compensateurs
le moment de frottement exercé au droit des axes d’articulation et latéraux à 2 tirants, ce déplacement est possible autour de chacun
des rotules de tirants, par unité de pression. Cette caractéristique des axes définis par les 2 rotules diamétralement opposées des
est exprimée en décanewtons-mètres par bar (daN · m/bar). 2 tirants.

1.3.1.3 Pression d’éclatement Remarque : aucun déplacement maximal ne peut se cumuler


Il s’agit de la pression à partir de laquelle le soufflet est rompu avec l’autre sous risque de réduire la durée de vie.
par fissuration sous striction.

1.3.1.4 Pression d’instabilité


Il s’agit de la pression à partir de laquelle apparaît une déformation
en flexion de 2 ondulations contiguës, que l’on observe par une varia-
tion de la distance séparant les sommets. On considère que le seuil
d’instabilité est atteint lorsque le rapport de ces distances relevées
respectivement avec et sans pression excède 1,15 pour les soufflets
non renforcés et 1,2 pour les soufflets renforcés.

1.3.1.5 Pression de flambage en pression externe


Il s’agit du flambage circonférentiel du soufflet constaté par des
plis longitudinaux en sommet d’ondulation sous l’effet d’une pres-
sion externe. Cette caractéristique ne présente un intérêt que dans
le cas d’une utilisation de soufflet en pression externe.

Figure 1 – Déplacements d’un compensateur

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1.3.3.2 Raideurs axiale et latérale du compensateur 2.1.2 Compensateur double


La raideur est la force par unité de déplacement qu’il faut exercer
dans le sens de ce déplacement. Il existe donc 2 raideurs : une Ce compensateur équipé de 2 soufflets autorise les 5 degrés de
axiale Ka et une latérale K  . La raideur est exprimée en décanewtons liberté précités. À cause de l’effet de fond, il ne peut être utilisé que
pour de très faibles pressions.
par millimètre (daN/mm).

Remarque : le maintien du parallélisme des axes d’extrémité 2.2 Compensateurs reprenant


dans un déplacement latéral nécessite l’application d’un moment
de flexion sur chacune des extrémités du compensateur.
l’effet de fond
Ces compensateurs sont équipés de structures externes au
1.3.3.3 Raideur de flexion angulaire soufflet. Elles sont raccordées aux extrémités du compensateur et
dimensionnées pour supporter l’effet de fond et les efforts externes
Cette caractéristique Km donne le moment de flexion à exercer
développés par la tuyauterie. Leur conception permet de satisfaire
pour chaque unité d’angle dans un déplacement angulaire. Elle
aux degrés de liberté fixés par le type de compensateur.
s’exprime en décanewtons-mètres par milliradian (daN · m/mrad).

2.2.1 Compensateurs équilibrés


2. Différents Afin de permettre un déplacement axial, ces compensateurs sont
types de compensateurs pourvus d’un dispositif annexe équipé d’un seul soufflet coaxial
appelé soufflet d’équilibrage, sur lequel se développe un effet de
fond antagoniste.
On distingue 2 familles suivant que le compensateur reprend ou
ne reprend pas l’effet de fond. 2.2.1.1 Compensateur axial équilibré en ligne
Tout déplacement dans l’espace se trouve entièrement défini par Ce type de compensateur nécessite au minimum 3 soufflets. Il est
3 translations et 3 rotations suivant les 3 axes d’un système ortho- conçu pour fonctionner avec un seul degré de liberté qui est une
normé. Pour chacun des types énumérés ci-après, nous donnons le translation suivant l’axe longitudinal. Le dispositif d’équilibrage,
degré de liberté autorisé par le compensateur suivant les 3 axes placé au centre du compensateur, utilise un soufflet dont la section
principaux de son propre système. Le degré de liberté donne la effective doit être égale au double de celle de chacun des soufflets
composante (translation et rotation), suivant chaque axe, du dépla- d’extrémité. Chaque soufflet subit le même déplacement axial, mais
cement relatif acceptable entre les extrémités du compensateur. le sens du déplacement est inversé dans le soufflet d’équilibrage de
Dans ce système de référence et parmi les 6 degrés de liberté, il existe sorte que le volume reste toujours constant.
une torsion suivant l’axe longitudinal.
Un compensateur n’a pas de degré de liberté en torsion. Un 2.2.1.2 Compensateur à té ou à coude équilibré
compensateur non pourvu de structures externes possède donc Le soufflet d’équilibrage a la même section effective que le ou les
5 degrés de liberté. Il peut cependant accepter un moment de torsion autres soufflets, mais son déplacement axial est inversé. Il est placé
du fait de son fonctionnement avec la déformation de la ligne de à l’extrémité du compensateur, ce qui nécessite un changement de
tuyauterie. Le moment de torsion admissible est communiqué par direction. Le soufflet d’extrémité est relié au soufflet d’équilibrage
le fabricant. par des tirants principaux (au minimum 2) supportant l’effet de fond.
On distingue 2 types de compensateurs qui se différencient par le
nombre de soufflets.
2.1 Compensateurs — Compensateur axial à té ou à coude équilibré : il est conçu pour
ne reprenant pas l’effet de fond fonctionner suivant un seul degré de liberté, qui est une translation
suivant l’axe longitudinal.
— Compensateur universel à té ou à coude équilibré : ce compen-
Avec ce type de compensateur, il appartient au concepteur de sateur (figure 3h ) autorise un déplacement latéral en plus du dépla-
tuyauteries de maîtriser le problème très important de l’effet de cement axial. Le nombre de degrés de liberté permis est donc de 3
fond qui peut conduire à la ruine de l’installation. (3 translations suivant les axes principaux).

2.1.1 Compensateur simple axial 2.2.2 Compensateurs angulaires

Ce compensateur est prévu pour fonctionner suivant un degré de Ces compensateurs sont constitués d’un seul soufflet. Ils sont
liberté qui est une translation suivant l’axe longitudinal. Ce dépla- équipés de 2 ou 4 articulations. Deux articulations diamétralement
cement axial est obtenu par des points fixes et des guides placés opposées constituent une charnière dont l’axe de rotation passe par
en ligne. De légers déplacements (latéral et angulaire) sont à envi- le centre du soufflet. Ce dernier ne peut travailler qu’en flexion (aucun
sager du fait du jeu dans les guides adjacents. Ces jeux doivent être déplacement axial n’est possible avec ce type de compensateur).
communiqués au fabricant pour qu’il en tienne compte dans le
dimensionnement du soufflet. 2.2.2.1 Compensateur à charnière
Dans certaines applications, pour satisfaire un déplacement axial
Équipé de 2 articulations, ce compensateur (figure 3a ) n’a qu’un
important, plusieurs soufflets sont placés les uns à la suite des
degré de liberté : une rotation autour de l’axe de la charnière qui
autres avec des répartiteurs de course et des dispositifs particuliers
définit son seul déplacement angulaire.
pour maintenir la stabilité.

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2.2.2.2 Compensateur à cardan


Dans ce type de compensateur (figure 3b ), chacune des char-
3. Utilisation
nières d’extrémité est articulée sur un anneau de cardan. Les axes des compensateurs
de rotation de ces 2 charnières se coupent à angle droit. Le dépla-
cement angulaire autorisé est le résultante des 2 degrés de liberté
Nous examinerons l’utilisation des compensateurs et des sys-
qui sont des rotations autour de ces 2 axes de charnières.
tèmes articulés permettant la compensation de la dilatation sur des
lignes de tuyauteries. Dans ce qui suit, la dilatation est le déplace-
ment d’une extrémité de la ligne supposée libre. Ce déplacement
2.2.3 Compensateurs latéraux ne doit pas tenir compte des dispositions propres aux compensa-
teurs qui modifient les composantes de la dilatation.
Tous ces compensateurs sont équipés de 2 soufflets séparés par
une manchette intermédiaire. Les soufflets travaillent toujours en L’utilisation de compensateurs permet, en supprimant la recherche
flexion dans un plan défini par le système de reprise de l’effet de de tracés de ligne développés, de réaliser une installation très
fond, qui est propre à chaque type de compensateur. compacte, ce qui diminue également les dilatations à compenser.
Ce double effet entraîne une réduction des coûts d’investissement
2.2.3.1 Compensateur latéral plan (y compris le génie civil) et d’exploitation (déperditions calorifiques
et pertes de charge atténuées). Pour entreprendre une étude ration-
Le compensateur (figure 3c ) est équipé de 4 articulations, dia- nelle d’installation, il est donc indispensable de choisir, au stade de
métralement opposées 2 à 2 par rapport au centre de chaque soufflet, l’avant-projet, le mode de compensation et les différents types de
et montées dans un plan longitudinal. Les axes d’articulation sont compensateurs qui seront utilisés. À cet effet, l’installateur doit
perpendiculaires à ce plan longitudinal, de sorte que le système peut obtenir, auprès des fabricants, les caractéristiques maximales des
se déformer dans ce seul plan suivant un parallélogramme. Ce déplacements et des efforts exigés ainsi que les dimensions approxi-
compensateur possède un seul degré de liberté, qui est une trans- matives pour chacun des types de compensateurs choisis.
lation suivant l’axe défini par 2 articulations diamétralement
opposées.

2.2.3.2 Compensateur latéral dit universel


3.1 Compensation exclusivement axiale
Ce compensateur (figure 3e) est équipé généralement de 3 tirants 3.1.1 Utilisation de compensateurs simples axiaux
ou plus, de sorte que les extrémités se déplacent suivant 2 plans
parallèles. Le nombre de degrés de liberté est de 2 (2 translations Dans ce mode de compensation, la pression est le facteur pré-
suivant les 2 axes perpendiculaires à l’axe longitudinal). pondérant. Elle intervient directement par l’effet de fond qu’elle
exerce et intervient également sur la capacité de déplacement axial.
2.2.3.3 Compensateur latéral à 2 tirants En particulier pour les diamètres nominaux inférieurs à 100 mm, le
Ce compensateur (figure 3f ) est équipé de 2 tirants rotulés à nombre d’ondulations se trouve limité par le risque d’instabilité du
chaque extrémité. Par rapport au compensateur précédent, il auto- soufflet et par la capacité de déformation d’une ondulation, ce qui
rise une rotation supplémentaire autour de l’axe réunissant les réduit d’autant le déplacement axial admissible pour le compensa-
2 rotules diamétralement opposées, qui constitue le deuxième axe teur. Pour remédier à ce problème, les fabricants recourent à une
(le premier étant l’axe longitudinal). Le compensateur a 3 degrés de conception faisant travailler les soufflets en pression externe, ce qui
liberté : 2 translations suivant le deuxième et le troisième axe et une leur permet d’obtenir, avec une multitude d’ondulations, des
rotation autour du deuxième axe. déplacements acceptables.
Il faut noter que les compensateurs axiaux exigent une force axiale
2.2.3.4 Compensateur double charnière importante. Pour un PN 10 (pression nominale de 10 bar), les forces
Ce compensateur (figure 3d ) est équipé de 2 charnières reliées axiales à exercer dépassent 1 000, 3 000 et 10 000 daN respective-
entre elles par des bretelles au niveau de la manchette intermédiaire. ment pour les diamètres nominaux 80, 150 et 300 mm.
Les axes de ces charnières sont montés parallèlement, de sorte que Ce mode de compensation est surtout utilisé pour les tuyauteries
le compensateur autorise un déplacement latéral ainsi qu’une montées en caniveau telles que celles du chauffage urbain et pour
rotation supplémentaire. Ces déplacements sont situés dans le plan des applications à basse pression (échappement de moteurs,
longitudinal perpendiculaire aux axes des charnières (deuxième axe conduites d’air chaud et de fumée, etc.).
du système, l’axe longitudinal constituant le premier axe). Ce La ligne de tuyauterie est fractionnée, à l’aide de points fixes
compensateur possède donc 2 degrés de liberté : 1 translation (figure 2), en éléments rectilignes d’une longueur au plus égale à
suivant le troisième axe du système orthonormé et 1 rotation autour celle donnant la dilatation maximale que peut admettre le compensa-
du deuxième axe. teur. À chaque extrémité de la ligne ou à chaque changement de
direction sont installés des points fixes principaux qui doivent être
2.2.3.5 Compensateur double cardan dimensionnés, indépendamment des efforts exercés par les sollici-
Ce compensateur (figure 3g) est équipé de 2 charnières d’extré- tations autres que la dilatation axiale, pour la totalité des forces
mité montées parallèlement et articulées chacune sur un anneau de axiales : force Fa due au déplacement du compensateur, effet de
cardan. Les 2 autres charnières sont reliées entre elles au niveau de fond Fp , frottement Ff sur les guides montés entre le compensateur
la manchette intermédiaire. Ce compensateur possède 3 degrés de et le point fixe. Il est à noter que, pour un coude installé entre
liberté : 2 translations suivant les 2 axes orthogonaux des charnières 2 compensateurs (figures 2b et c ), on doit tenir compte, pour ce
externes et internes et une seule rotation autour de l’une des point fixe principal, de la résultante des forces axiales précitées et
charnières externes de manière à conserver le parallélisme des de la force centrifuge Fc exercée par la vitesse du fluide :
charnières internes.
θ
 2S γ ---------
g 
× sin  ----- 
V 2
Fc =
2

avec S section intérieure du tube,



γ poids volumique du fluide, 

V vitesse du fluide,  en unités homogènes.

g accélération de la pensateur, 
θ angle du coude, 

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À partir de ces renseignements, le fabricant de compensateurs


peut examiner le risque d’instabilité qui est à craindre pour les
compensateurs axiaux travaillant en pression interne. Il doit éga-
lement communiquer les efforts transversaux à prévoir sur les points
fixes et sur les guides (efforts résultant des déplacements à
compenser par le soufflet pour corriger la déformation de la ligne).
Il faut noter également que l’écartement entre les guides doit être
examiné en fonction des efforts précités et de la force axiale exercée
par le soufflet du compensateur. Cette force peut provoquer un flam-
bage de la ligne pour de petits diamètres nominaux.
Un gradient de température suivant les génératrices du conduit
est à éviter à cause des problèmes de guidage et des efforts qui en
découlent.

Remarque : l’utilisation de compensateurs axiaux nécessite,


lors du montage, la mise à longueur du compensateur en fonc-
tion de la température ambiante au moment du raccordement sur
la tuyauterie.

3.1.2 Utilisation d’un compensateur axial


équilibré en ligne
Il permet la liaison directe de 2 appareils sans avoir à tenir compte
de l’effet de fond. La dilatation à compenser est exclusivement axiale.
Dans le cas le plus favorable, la force à exercer est le double de celle
exercée par un seul soufflet.
Le compensateur a un encombrement supérieur à celui d’un
compensateur simple axial : plus de 3 fois sa longueur et au plus
2 fois son diamètre.
Les recommandations sur les guides sont identiques à celles des
compensateurs simples axiaux, à l’exception de l’effet de fond qui
n’est pas exercé.

3.1.3 Utilisation d’un système articulé


Lorsque l’installation le permet, il est possible de compenser,
sans effet de fond, la dilatation axiale d’une très grande ligne en
utilisant une lyre constituant un système articulé avec 3 charnières
(§ 3.2.3.1.2).

3.2 Compensation reprenant l’effet de fond


Figure 2 – Utilisation de compensateurs simples axiaux
Dans ce mode de compensation, les soufflets ne peuvent travailler
qu’en flexion, ce qui nécessite un tracé non rectiligne de la ligne.
Les points fixes intermédiaires placés sur une tuyauterie Cette dernière peut-être constituée au minimum de 2 branches en
rectiligne entre 2 points fixes principaux n’ont pas à supporter forme de L. Pour les différents cas d’utilisation décrits ci-après sont
l’effet de fond, mais la différence de ces forces axiales (figure 2a ). représentées l’implantation des compensateurs et l’orientation de
Cette force résultante peut être importante lorsqu’il y a des chan- leurs axes principaux. Le tableau 1 et la figure 3 donnent la
gements de diamètres. Si une vanne de sectionnement est placée composante du degré de liberté autorisé pour chacun des types de
entre le compensateur et un point fixe délimitant la dilatation, ce compensateurs ou de systèmes. Dans les 6 colonnes (3 pour les
dernier devient un point fixe principal (figure 2b ), car l’effet de rotations, 3 pour les translations) le degré de liberté admis est précisé
fond est exercé dès la fermeture de la vanne (ce problème se dans la colonne correspondante, pour un compensateur, par sa
retrouve également dans le cas où une épreuve hydraulique par- raideur, et pour un système, par les lettres R (rotation) ou
tielle est réalisée). T (translation).
On doit tenir compte, pour les points fixes et les guides, des efforts
résultant de la pesanteur, du vent, de la neige, etc., ainsi que des
efforts nécessaires au maintien de la position rectiligne de la ligne. 3.2.1 Utilisation d’un compensateur angulaire
Un guide est toujours placé à une distance maximale de 4 dia-
pour améliorer la flexibilité d’une ligne
mètres nominaux pour assurer le déplacement axial du compensa-
Pour compenser de faibles dilatations ou pour réduire les efforts
teur et le supportage. L’attention doit être attirée sur le respect des
développés par un tracé autodilatable, il est possible d’utiliser un
jeux radiaux de ces guides qui conditionnent la tenue du
seul compensateur travaillant exclusivement en flexion. On doit
compensateur. Les jeux prévus sont à communiquer au fabricant de
effectuer un calcul de flexibilité de la ligne, d’où les sollicitations en
compensateurs ainsi que l’angle de flexion maximal susceptible
dehors des degrés de liberté du compensateur (§ 3.2.4.1.2).
d’être obtenu par déformation, sous l’effet de toutes les sollicitations
précitées, des tronçons de tuyauterie raccordés au compensateur. (0)

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Figure 3 – Compensateurs et systèmes

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3.2.2.1.1 Utilisation d’un compensateur latéral plan


Tableau 1 – Degrés de liberté (n) des compensateurs
La rotation de flexion suivant Ox des tronçons raccordés au
ou systèmes compensateur n’est pas reprise par ce dernier (figure 3c ). Pour
réduire les efforts, la solution qui suit (§ 3.2.2.1.2) est préférable.
Rotations Translations
Désignation figure n
Ox Oy Oz Ox Oy Oz 3.2.2.1.2 Utilisation d’un compensateur double charnière
La flexibilité de la ligne est améliorée par le déplacement angulaire
Compensateur à charnière.................... 3a 1 Km admis suivant l’axe Ox (figure 3d ).
Compensateur à cardan......................... 3b 2 Km (1)
Compensateur latéral plan .................... 3c 1 ....... ....... ....... ........ K 3.2.2.2 Compensation latérale dans un plan perpendiculaire
Compensateur double charnière.......... 3d 2 Km ....... ....... ........ K à l’axe longitudinal du compensateur
Compensateur universel ........................ 3e 2 ....... ....... ....... K K
Les composantes de la dilatation suivant chacun des 2 axes
Compensateur universel 2 tirants......... 3f 3 Km ....... ....... K K
principaux transversaux Ox et Oy sont reprises dans les solutions
Compensateur double cardan .............. 3g 3 Km ....... ....... K K
suivantes.
Compensateur universel équilibré ....... 3h 3 ....... ....... ....... Ka K K
Système à 3 charnières.......................... 3i 3 R ....... ....... ........ T T
3.2.2.2.1 Utilisation d’un compensateur dit universel
Système à 2 cardans et 1 charnière .... 3j 4 R ....... ....... T T T
La rotation de flexion des tronçons raccordés au compensateur
Ka raideur axiale. n’est pas reprise par ce dernier lorsqu’il est équipé de plus de 2 tirants
K raideur latérale. (figure 3e ). Avec 2 tirants, une rotation est admise suivant l’axe Ox
Km raideur de flexion angulaire. défini par la direction rejoignant 2 articulations diamétralement
(1) La rotation s’effectue non pas suivant Oy mais autour de l’axe ob du trièdre ortho- opposées (figure 3f ).
normé otnb obtenu par la rotation ϕx du trièdre Oxyz autour de l’axe Ox.
3.2.2.2.2 Utilisation d’un compensateur double cardan
(figure 3g )
3.2.1.1 Utilisation d’un compensateur à charnière Une seule rotation est admise suivant l’axe Ox des charnières
Ce type (figure 3a ) est utilisé dans une tuyauterie plane (Oyz ) d’extrémité, car les translations Tx et Ty exigent le parallélisme des
contenant le vecteur dilatation. L’axe de rotation Ox de la charnière charnières internes et externes.
est monté perpendiculairement à ce plan.

3.2.1.2 Utilisation d’un compensateur à cardan 3.2.3 Compensation complète de la dilatation


Ce compensateur (figure 3b ) n’est à envisager que pour un 3.2.3.1 Compensation avec un système articulé
système tridimensionnel. Parfois dans un tel système, par suite de
la flexibilité de la ligne, un compensateur à charnière est suffisant. 3.2.3.1.1 Conception du système articulé
Ce système est conçu à partir de 3 compensateurs disposés sur
3.2.2 Compensation partielle une ligne en forme de L constituant ainsi le plan Oyz contenant le
centre de chacun des 3 soufflets. La branche du L sur laquelle sont
(composante latérale prépondérante) placés les 2 compensateurs constitue l’axe Oz du système ortho-
normé Oxyz (figures 3i et j ), la seconde branche du L est parallèle
L’axe longitudinal Oz du compensateur est choisi le plus proche
à l’axe Oy.
possible de la perpendiculaire au vecteur dilatation.
La dilatation entre 2 points fixes est un vecteur défini par ses
Le compensateur reprend exclusivement la composante latérale
composantes en translation.
de la dilatation. La longueur du compensateur est fixée par le dépla-
cement latéral à compenser et /ou par les efforts à satisfaire. La a) Deux composantes en translation ∆y et ∆z (figure 3i ) : le
composante résiduelle axiale au compensateur doit être reprise par vecteur dilatation est contenu dans le plan Oyz ou est parallèle à
la flexibilité de la ligne, ce qui nécessite un calcul, d’où les sollicita- ce plan. Il est ainsi possible de réaliser un système coplanaire avec
tions en dehors des degrés de liberté (§ 3.2.4.1.2). On examine si 3 charnières parallèles orientées suivant Ox. Ce système permet
le non-calorifugeage des tirants ou des bras d’articulations permet d’obtenir géométriquement les 2 translations précitées à partir de
de réduire cette composante. Dans la détermination de cette 3 rotations.
dernière, on doit tenir compte également de la flèche résultant du b) Trois composantes en translation ∆x, ∆y et ∆z (figure 3j ) : le
déplacement latéral du compensateur et aussi de celle des anneaux vecteur dilatation a une composante ∆x perpendiculaire au plan
de cardans dans le cas d’utilisation de compensateurs à cardans Oyz. Cette translation exige l’utilisation de 2 compensateurs à
de DN important. Dans des lignes en forme de Z, les 2 coudes d’extré- cardans placés sur la branche Oz. Les cardans doivent être orientés
mité sont parfois intégrés au compensateur pour supprimer cette de telle manière que les charnières extérieures constituées par ces
composante résiduelle. cardans restent parallèles entre elles et à celle du troisième
Suivant le tracé de la ligne et l’implantation du compensateur, on compensateur (axe Ox du système), ce qui permet de compenser
applique l’un des 2 modes de compensation de la dilatation ci-après. ∆y et ∆z avec 3 rotations, comme dans le cas a. Afin de conserver
le parallélisme suivant Ox, il est impératif que les charnières inter-
3.2.2.1 Compensation latérale dans un système coplanaire nes des 2 cardans restent parallèles, pour compenser ∆x, et que les
2 rotations autour de l’axe Ob restent symétriques (cet axe est
Dans un système coplanaire, le vecteur dilatation et l’axe longi- obtenu par la rotation du premier cardan autour de l’axe Ox de sa
tudinal du compensateur sont contenus dans un même plan charnière externe).
(plan Oyz dans les figures 3c et d ).

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— composantes de la dilatation ∆u, ∆v (extrémité de droite sup-


Remarque : avec ces 2 systèmes articulés, on constate qu’il posée libre) pour un écart de température ∆T et un coefficient de
existe un degré de liberté supplémentaire : une rotation suivant dilatation α ;
l’axe Ox. — raideurs de flexion Km1 , Km2 et Km3 des compensateurs A, B
Dans ces systèmes articulés, lorsque l’écartement des 2 char- et C.
nières ou des 2 cardans le permet, on utilise un compensateur
double charnière ou double cardan qui est moins onéreux. L23 ■ Calcul des rotations sur chacune des charnières : le triangle
(§ 3.2.3.1.2 et 3.2.3.1.3) doit tenir compte du calorifugeage éven- rectangle A 0 B 0 D 0 permet de calculer la distance A 0 B 0 entre les
tuel des bras d’articulation. Dans les calculs qui suivent ces bras 2 charnières A et B ainsi que l’angle β1 qui reste constant durant la
sont calorifugés. dilatation :
D0 B0 A0 D0
β 1 = arctan ---------------- , A 0 B 0 = -------------------
Compte tenu des faibles efforts exercés par ce système en regard A0 D0 cos β 1
de la rigidité de la ligne, cette ligne ne participe pratiquement pas
à la compensation de la dilatation, sauf dans le cas de tracés très Le triangle A 1 B 1 C 1 , qui représente la position à chaud des
développés. De toute manière, les résultats obtenus à partir de la 3 charnières, est déterminé comme suit :
géométrie donnent une enveloppe des valeurs. A1D 0 = A 0D 0 (1 + α ∆T ) – ∆u = u13

3.2.3.1.2 Utilisation d’un système articulé à 3 charnières et D0C1 = D 0C0 (1 + α ∆T ) – ∆v = v13


Ce système possède 3 degrés de liberté. Tout mouvement dans D0 C1 A1 D0
le plan est obtenu à partir de 3 rotations (1 seule par charnière). γ 1 = arctan ---------------- , L 13 = A 1 C 1 = -------------------
A1 D0 cos γ 1
Nous donnons, pour des angles importants, le calcul des rotations
et des efforts exercés par un tel système (figure 4a ). Les côtés A0B 0 et B0C0 sont soumis à la dilatation :
Dans ce système u, v, w, les indices 1, 2, 3 correspondent respecti- L12 = A 1B 1 = A 0B 0 (1 + α ∆T )
vement aux articulations A, B, C dans leur position à chaud (par
exemple u 23 est la composante suivant l’axe Ou du vecteur B1C1 et L23 = B 1C1 = B 0C0 (1 + α ∆T )
de l’articulation C par rapport à B ). Les angles de rotation
ϕ 1 , ϕ 2 , ϕ 3 ont le même signe que les moments (actions) qui sont
exercés par les éléments de droite. Les données sont les suivantes :
— coordonnées (A 0D 0 , D 0B 0) et (A 0D 0 , D 0C0) des charnières B
et C par rapport à A dans leur position à froid ;

Figure 4 – Systèmes articulés

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On en déduit les angles : Au point B 1 pour le cardan B :


2 2 2 ψ 2 = arccos (cos ϕ 2 cos θ 3 )
L 12
+ L 13 – L 23
α 1 = arccos ------------------------------------------ Au point C 1′ pour le cardan C :
2 L 12 L 13
2
L 13 + L 23 – L 12
2 2 ψ 3 = arccos (cos ϕ 3 cos θ 3)
α 3 = arccos ------------------------------------------
2 L 13 L 23 ■ Calcul des réactions au point A 1
● Efforts dus à la raideur de flexion des compensateurs
et la rotation des charnières :
Pour le calcul des composantes Fu , Fv et Mw (§ 3.2.3.1.2) :
ϕ 1 = γ 1 – ( α1 + β1 )
F w = ( K m 2 + K m 3 ) θ 3 /L 23
π
ϕ 3 = ----- – ( α 3 + γ 1 )
2 K m2
ϕ 2 = – ( ϕ1 + ϕ3 )
Mu = v 12 
+ -------------------------------- v 23 F w
Km 2 + Km 3

■ Calcul des réactions au point A 1 : les coordonnées de la K m2


charnière B par rapport à la charnière A sont déterminées à partir de 
M v = – u 12 + -------------------------------- u 23 F w
Km 2 + Km 3 
l’angle ε 1 et de L12 :
● Efforts dus au moment de frottement Mf dans les axes
ε 1 = γ 1 – α 1 , u 12 = L 12 cos ε 1 , v 12 = L 12 sin ε 1
d’articulation
En prenant le dénominateur commun : Pour le calcul des composants Fu , Fv et Fw (§ 3.2.3.1.2) :
 = u 12 v 13 – v 12 u 13 F wf = ± 2 M f /L 23

 
on détermine les efforts suivants. 1
M uf = ± v 12 + ----- v 23 F wf
● Efforts dus à la raideur de flexion des compensateurs : 2

= ± u F
1
M w = – K m1 ϕ 1 M vf 12 + ----- u 23 wf
2
 
1
F u = ( K m 2 ϕ 2 – K m1 ϕ 1 ) u 13 – ( K m 3 ϕ 3 – K m1 ϕ 1 ) u 12 ------
 3.2.3.2 Utilisation d’un compensateur universel équilibré
 
1
F v = ( K m 2 ϕ 2 – K m1 ϕ 1 ) v 13 – ( K m 3 ϕ 3 – K m1 ϕ 1 ) v 12 ------ Ce compensateur (figure 3h ) est généralement monté sur la petite

branche d’une ligne de tuyauterie en forme de L. La longueur de
● Efforts dus au moment de frottement Mf dans les axes cette branche correspond le plus souvent à celle du compensateur
d’articulations : plus le coude, car il est raccordé directement sur l’appareil à protéger.
Mw f = ± Mf À noter que les tirants ne sont pas calorifugés pour diminuer le dépla-
cement axial du soufflet d’équilibrage. Ce déplacement est réduit à
1 la composante de la dilatation de l’appareil suivant l’axe longitudinal
F uf = ( ± 2 M f u 13 ) ------
 du compensateur.
1 La composante de la dilatation suivant la grande branche est
Fv f = ( ± 2 M f v 13 ) ------
 reprise par le déplacement latéral du compensateur. La longueur du
compensateur est adaptée en fonction de ce déplacement et/ou des
efforts (moment de flexion en force latérale) fixés. Une composante
3.2.3.1.3 Utilisation d’un système perpendiculaire aux 2 branches est admise. Il est parfois nécessaire
articulé à 2 cardans et 1 charnière de monter un guide ou une butée sur la grande branche du L pour
La composante ∆w perpendiculaire au plan défini par les réduire le moment de flexion à l’extrémité de cette branche opposée
3 charnières A, B et C de l’exemple ci-avant (§ 3.2.3.1.2) peut être au compensateur. Ces éventuels supportages ne doivent pas
compensée par une rotation en B et C autour de 2 nouvelles char- entraver le déplacement latéral.
nières perpendiculaires à B C, parallèles entre elles et au plan précité.
Ces 2 rotations symétriques sont obtenues par 2 cardans remplaçant
les charnières B et C (figure 4b ). 3.2.4 Supportages spécifiques aux compensateurs
En reprenant le système coplanaire du paragraphe 3.2.3.1.2, C1 est
la projection dans le plan Ouv du point C 1′ fixant la position à chaud Nous avons vu le rôle des guides ainsi que des points fixes inter-
du cardan C. Le point C 1′ a pour composante suivant Ow celle de médiaires et principaux dans le paragraphe 3.1.1 relatif à l’utilisation
la dilatation ∆w : des compensateurs axiaux. Nous examinons ci-après ce rôle dans
w 13 = ∆w le cas des compensateurs reprenant l’effet de fond.

B 1 C 1′ = B 0 C 0 (1 + α ∆T ) est la distance à chaud séparant les


3.2.4.1 Sollicitations diverses sur la ligne de tuyauterie
2 cardans :
Chaque extrémité du compensateur est solidaire avec l’élément
θ 3 = – arcsin ( ∆w/B 1 C 1′ ) et L 23 = B 1 C 1′ cos θ 3 de la tuyauterie sur lequel elle est raccordée, le soufflet créant la
séparation. Il faut toutefois savoir que les structures externes au
(les angles α 1 et α 3 sont calculés à partir de cette valeur de L 23). soufflet assurent également la continuité de la ligne en dehors de
■ Rotations résultantes leur fonction principale qui est la reprise de l’effet de fond. Les
sollicitations dues au poids, au vent, aux séismes et aux efforts dyna-
Au point A 1 pour la charnière A : miques auxquels la ligne de tuyauterie est soumise sont à examiner
ψ1 = ϕ1 en fonction des degrés de liberté autorisés.

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3.2.4.1.1 Sollicitation suivant un degré de liberté L’utilisation d’un compensateur universel équilibré est limitée par
La composante de l’effort exercé suivant ce degré de liberté son déplacement axial. On ne dépasse généralement pas 100 mm.
entraîne systématiquement le déplacement correspondant qui Il est à noter que ce type de compensateur et les compensateurs
découle de la raideur du compensateur. Dans ce cas, il est parfois latéraux dits universels sont limités en pression et en déplacement
nécessaire d’utiliser des guides ou des butées pour limiter les latéral par suite du risque d’instabilité des soufflets, la manchette
déplacements du compensateur. Cela exige en particulier une reprise intermédiaire étant libre de se déplacer entre les butées situées au
correcte du poids de chacun des éléments de tuyauterie et du milieu des tirants principaux.
compensateur. Pour des applications sévères et pour d’importantes sollicitations
(celles faisant l’objet du § 3.2.4.1), les systèmes articulés sont
3.2.4.1.2 Sollicitation en dehors des degrés de liberté conseillés.
Les structures externes au soufflet doivent être dimensionnées
pour ces sollicitations. Il est donc nécessaire de communiquer ces
efforts au fabricant de compensateurs.
4. Données à fournir
3.2.4.2 Supportage propre aux compensateurs
Le poids du compensateur est réparti à chacune de ses extrémités.
au constructeur
Des précautions sont néanmoins à prendre pour le supportage des
manchettes intermédiaires séparant 2 soufflets ou pour le sup- Le concepteur de tuyauterie est chargé de la rédaction d’une
portage de l’extrémité d’équilibrage dans le cas d’utilisation de spécification d’équipement permettant au constructeur de
compensateurs universels ou universels équilibrés. La position du compensateurs de dimensionner, de fabriquer, de contrôler et de
compensateur doit être communiquée au fabricant du faire réceptionner le compensateur suivant des règles précises, dans
compensateur. le respect des codes et de la législation. Les règles RCUCD établies
par le SNAM mentionnent les renseignements nécessaires à l’éta-
Dans la position horizontale, la grande raideur latérale des souf-
blissement de ce document.
flets est généralement suffisante pour supporter la manchette inter-
médiaire. Dans toutes les autres positions, il peut être nécessaire Nous rappelons ci-après les données essentielles pour la définition
d’utiliser un dispositif particulier tel que butées, répartiteur de et le dimensionnement du compensateur.
course, pantographe et même quelquefois des supports élastiques.

4.1 Données générales


3.2.5 Choix du compensateur
relatives à l’application
L’utilisation de compensateurs axiaux est surtout liée à la
conception du réseau de tuyauteries. La pression est l’élément Dans le cas d’une installation en France :
prépondérant, car les forces axiales exercées sur les points fixes prin- — Arrêté d’application de la tuyauterie concernée.
cipaux posent des problèmes dès que les diamètres nominaux — Code applicable avec la catégorie de construction (CODAP et
deviennent importants (§ 3.1.1). Bien que les compensateurs simples CODETI : Code Tuyauteries Industrielles).
axiaux coûtent moins cher, leur choix n’est pas forcément le plus
économique à cause de la création de points fixes principaux et de — Classe retenue pour le soufflet : elle est déterminée à partir
guides avec leur exigence de conception et de montage. du RCUCD. Le concepteur peut retenir une classe supérieure à celle
relevant de la catégorie de construction.
Il faut souvent recourir à des compensateurs reprenant l’effet de
fond pour ne pas rencontrer ce problème d’efforts. On doit noter
qu’avec ce dernier type de compensateur la compensation axiale
engendre une raideur plus importante que la raideur latérale obtenue 4.2 Données relatives aux conditions
par une compensation en flexion, parce qu’il est possible de jouer de service
sur la distance séparant 2 soufflets.
On retiendra que le coût des compensateurs diminue lorsque la — Fluide (nature et vitesse).
compensation peut se faire avec un système coplanaire (suppression
— Pression de calcul et d’épreuve hydraulique.
de l’anneau de cardan) ou aussi grâce à tout remplacement de
2 compensateurs à charnière ou à cardan par, respectivement, un — Températures de calcul, maximale, minimale et de montage.
compensateur double charnière ou double cardan (suppression des
2 raccordements des structures externes sur la manchette inter-
médiaire), et que, par rapport à ces derniers, les compensateurs laté- 4.3 Matériau retenu pour le soufflet
raux dit universels sont les moins onéreux. Sur ces compensateurs
universels, l’effet de fond peut être repris en plus de 2 points, ce Ce choix, qui relève du procédé (pour le risque éventuel de
qui réduit le dimensionnement de la structure externe au soufflet. corrosion provoqué par le fluide véhiculé) ou de la nature de l’envi-
Ce gain n’est cependant pas acquis en totalité, car la suppression ronnement, doit tenir compte des caractéristiques mécaniques à
d’un degré de liberté engendre, par la réaction de la ligne, un moment chaud.
de flexion plus important sur la structure externe.
Nous donnons ci-après dans un ordre décroissant les solutions
offrant les possibilités maximales de compensation de la dilatation
avec des efforts minimaux : 4.4 Données relatives
— solution 1 : utilisation d’un système articulé ; aux caractéristiques du compensateur
— solution 2 : utilisation de compensateurs latéraux et participa-
tion de la ligne de tuyauterie d’une manière très faible, voir nulle ; — Déplacements axiaux, latéraux et angulaires simultanés, avec
— solution 3 : utilisation d’un seul compensateur angulaire ; la le nombre de cycles envisagé (un cycle correspond à une mise en
dilatation est fixée par la flexibilité de la ligne. service avec retour à l’arrêt).
Les coûts diminuent en fonction de ce même ordre.

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TUYAUTERIES _________________________________________________________________________________________________________________________

— Limites maximales de déplacements qui résultent soit de L’orientation des axes principaux et le sens de l’écoulement du
conditions exceptionnelles (en préciser la fréquence), soit des fluide sont à indiquer dans le système de référence, ainsi que les
conditions de montage et des sollicitations sur la tuyauterie. Ces déplacements et les efforts exercés sur les compensateurs.
limites sont fixées par les jeux aux guides et butées (§ 3.2.4.1.1).
— Caractéristiques de raideur pour chaque déplacement autorisé.
— Moment de frottement maximal au niveau des axes d’articu- 4.6 Risques et sollicitations inhabituels
lation et des rotules des tirants principaux.
— Effet de fond pour les compensateurs axiaux non équilibrés. Il est indispensable de signaler les risques et sollicitations non
habituels tels que la corrosion atmosphérique, les séismes, les coups
de bélier, les vibrations, etc.
Les vibrations, en particulier, nécessitent l’intervention d’un
4.5 Données relatives à l’implantation bureau d’études spécialisé et la recherche de compensateurs sus-
ceptibles de satisfaire à cette application. Des essais peuvent être
— Nature et dimensions des éléments de raccordement. nécessaires. À l’examen des données sur les vibrations (nature, sens,
— Longueur hors-tout du compensateur. amplitudes et fréquences), le constructeur de compensateurs devra
— Position : elle peut intervenir dans la conception (§ 3.2.4.2). faire part de ses observations.
— Efforts qui s’exercent sur les structures externes au soufflet et
qui sont engendrés par les sollicitations diverses (§ 3.2.4.1.2).
Il est conseillé de remettre au constructeur de compensateurs
4.7 Accessoires retenus
une vue isométrique montrant l’implantation des compensateurs,
des points fixes, des guides, des butées et des supports élastiques. Il faut mentionner les accessoires retenus tels que chemise interne,
capot de protection, etc. (§ 1.2).

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P
O
U
Tuyauteries R
Compensateurs de dilatation E
par Marcel AUBRY N
Ancien Directeur Technique. Service Compensateurs de Dilatation
de la Société d’Exploitation de Produits Industriels SEPI

S
Organismes
Centre Technique des Industries Mécaniques CETIM.
A
Direction de la Qualité et de la Sécurité Industrielles DQSI.
Syndicat National des Articles Métalliques SNAM.
Syndicat National de la Chaudronnerie, de la Tôlerie et de la Tuyauterie
V
Industrielle SNCT.
O
I
R

P
L
U
S
2 - 1991
Doc. A 805

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