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Français 6e

Livret de corrigés

Rédaction :
E. Piolet-Ferrux
R. David

Coordination :
A.-C. Simon

Illustration
P. Derr

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©Cned-2009
c
c Séquence 1

SÉQUENCE 1
Séance 1

A- Tissons le fil d’Ariane

Questions à choix multiples.

Qui est le héros de cette histoire ? ® Égée


˝ Thésée
® Dédale
D’où part-il ? ® de l’île de Crète
® de l’île de Naxos
˝ de la ville d’Athènes
Où va-t-il ? ˝ en Crète
® à Naxos
® à Athènes
Pourquoi effectue-t-il ce voyage ? ® pour se venger
® pour sa propre gloire
˝ pour libérer Athènes
Quel est l’aspect du Minotaure ? ® moitié lion, moitié chèvre
˝ moitié homme, moitié taureau
® moitié homme, moitié cheval
Qui aide le héros ? ® Icare, le fils de Dédale
® Égée, le père de Thésée
˝ Ariane, la fille de Minos
Comment ? ® en lui donnant un téléphone portable
˝ en lui confiant une pelote de fil
® en lui conseillant de semer des cailloux
Quelle erreur fatale le héros commet-il ? ˝ Il oublie de changer les voiles.
® Il n’écoute pas les conseils de Dédale.
® Il se jette dans la mer.
Pourquoi t’avons-nous raconté cette ˝ pour te faire rêver
histoire ?
˝ pour te guider
˝ pour nourrir ton imagination

 — © Cned, Français 6e
1- Thésée est bloqué dans le labyrinthe.
Séquence 1

c c

P. Derr © Cned
b) Le monstre à tête de taureau et à corps d’homme qui dévore les jeune Athéniens
s’appelle le Minotaure.
2- Le voyage de Thésée.

La Grèce

Athènes
La mer Egée

Naxos

La Crète

P. Derr © Cned

© Cned, Français 6e — 
c
c Séquence 1

3- L’époque de cette histoire.

Cette histoire a été inventée par les hommes : elle n’appartient donc pas à une époque
précise.

B- Vérifions notre ouvrage

1- Le nom des personnages et des lieux évoqués dans cette histoire.

a) Ces noms commencent par une majuscule : ce sont donc des noms propres. Ainsi
lorsque que l’on raconte une histoire, on ne doit pas oublier la majuscule pour qu’on
puisse reconnaître les personnages et les lieux cités.

S E

O T S

X G R È C E D E

A A R E É G É N

N R C S D È

M I N O S É A H

A H L T

M I N O T A U R E A

2- L’histoire de Thésée et du Minotaure.

Thésée, le fils d’Égée, est parti d’Athènes, capitale de la Grèce, vers la Crète. Là, il doit
vaincre le Minotaure, monstre à tête de taureau et à corps d’homme. L’horrible bête est
enfermée dans un labyrinthe, construit par l’architecte Dédale. Heureusement, Ariane, la
fille du roi Minos, lui confie une pelote de fil pour qu’il retrouve son chemin après qu’il a
vaincu le monstre. Sur le trajet du retour, Thésée fera une escale sur l’île de Naxos avant de
gagner Athènes. Mais, malheur ! Il a oublié de changer les voiles noires : de désespoir, son
père se jette dans la mer qui devient alors la mer Égée.

 — © Cned, Français 6e
Séance 2

A- Jouer avec les lettres : une histoire de majuscules et de minuscules


1- Un nouveau fil à tisser.
Séquence 1

c c

a)

P. Derr © Cned
b) L’animal concerné est l’escargot. Les mots « coquille » et « spirales » constituaient des
indices.
2- Des outils communs.
a) La calligraphie.
La calligraphie vient du grec kallos (kavllo~) : beau, et graphein (gravfein) : écrire. Elle
désigne l’art de bien écrire. Elle a été inventée par des copistes du Moyen Âge, avant
l’imprimerie.
b) Un abécédaire est un livre ou une planche pour apprendre l’alphabet : on entend, dans
ce mot les quatre premières lettres de l’alphabet : A, B, C, D.…..

B- Jouer avec les mots


1- L’ordre alphabétique.
a) Dédale a fabriqué des ailes avec des plumes reliées par un fil de lin et collées au moyen
de la cire.
b) Ailes, cire, lin, oiseau, plume : cet ordre respecte celui de l’alphabet. Pour les classer, il
faut regarder la première lettre, c’est-à-dire l’initiale.
c) Étant donné que l’initiale est identique, il faut regarder la deuxième lettre, puis la
troisième, si nécessaire, et ainsi de suite.
L’ordre est donc le suivant : dangers, Dédale, degrés, descends, désir, deux, dispose,
dit, donne, doux.

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c
c Séquence 1

A- Des repères nombreux


1- Des codes à comprendre.
Séance 3

a)

Lettres en Lettres en Caractères Caractères numéros


MAJUSCULES minuscules gras italiques
LABYRINTHE X X
labyrinthus X X
1° X
labyrinthe de X X
ruelles
lacis X X
lat. X X
Les différents « styles » d’écriture t’aident à mieux te repérer.
b) Les abréviations.
- n.m : nom masculin (c’est-à-dire classe grammaticale et genre ; nous travaillerons ces
notions dans la séance suivante.)
- lat : latin
- gr : grec
Le grec, puis le latin sont à l’origine de 90% des mots du vocabulaire français.
L’espagnol, l’italien sont également des langues romaines. On trouve aussi des points
communs en anglais, en allemand.
- Antiq : Antiquité
L’Antiquité est la période de l’Histoire allant des débuts de l’histoire écrite (IVe
millénaire av. J.- C. ; vers 3200 av. J.- C.) à la chute de la Rome occidentale (Ve siècle
av. J.- C).
- par ext. : par extension. Le sens du mot change au cours du temps.
- Fig. : figuré. Le sens figuré d’un mot n’est pas le sens premier ; c’est le sens imagé.
Ex : sens premier ou sens propre : Thésée est sorti du Labyrinthe grâce au fil de la
pelote que lui a confié Ariane.
Sens figuré : Les inventions de Dédale sont étonnantes ; il est cependant difficile de
suivre le fil de sa pensée.
- V. : voir
c) Les crochets [labirεt] contiennent :
® le mot écrit en grec
˝ la prononciation du mot écrit en alphabet phonétique international
® le mot écrit en minuscules
d) La science qui étudie l’origine des mots s’appelle l’étymologie (Voir Séance 5 dans le
sommaire).

 — © Cned, Français 6e
2- Une structure bien ordonnée.

a) Le mot « labyrinthe » comporte au moins trois sens : ce sont les numéros qui en
indiquent le nombre.
Séquence 1

b) « Thésée sortit du labyrinthe grâce au fil d’Ariane. », « Un labyrinthe de ruelles, emmêlées,


c c

tortueuses »

Ces expressions en italique correspondent :

® aux différents sens

® à des mots de la même famille

˝ à des exemples

c) Le mot « labyrinthe » que nous avons rencontré dans l’histoire de Thésée correspond
au sens n° 1 : les indices qui m’ont aidé/e sont les suivants : « enclos », « réseau
inextricable », « Thésée sortit du labyrinthe grâce au fil d’Ariane », « V. Dédale ».

B - Une aide précieuse

1- D’un mot à un autre.

a) L’article propose les trois mots suivants : « dédale, lacis, enchevêtrement ».

On les reconnaît, ici, par l’abréviation « V. » dont nous avons parlé plus haut.

b) Ces mots sont :

˝ des synonymes

® des antonymes

® des paronymes

Tu peux remarquer que ces mots comportent une partie semblable « onymes » (en grec
« onuma » veut dire « noms ») ; c’est seulement le début qui change.

« syn » signifie « avec, ensemble » (« anti » signifie « contre, contraire » ; « para »


signifie « proche »).

c) On ne peut pas remplacer « labyrinthe » par « enchevêtrement » dans cette phrase


parce que tous les synonymes ne conviennent pas : il faut tenir compte du contexte.

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c
c Séquence 1

2- Un puzzle à reconstituer.

prononciation en alphabet
phonétique international
nom (classe grammaticale)
+ genre (masculin)

LABYRINTHE [ labiret]. n. m. (lat.labyrinthus,


gr.laburinthos) u1°Antiq. Enclos qui enfermait des étymologie
bois coupés par un réseau inextricable de sentiers,
des bâtiments, des galeries aménagées de telle sorte
qu’une fois engagé à l’intérieur, on ne pouvait en
trouver l’unique issue. Thésée sortit du labyrinthe grâce numéros qui indiquent les
au fil d’Ariane. • par ext. Réseau de chemins tortueux, différents sens
de galeries dont on a peine à sortir. V. Dédale,
lacis. « Un labyrinthe de ruelles, emmêlées, tortueuses »
(MAUPASS.) […] v Fig.(XVIe) Complication
inextricable. V.Enchevêtrement. […] exemples
u3° Archit. Dallage en méandres du pavement de
certaines églises que les fidèles suivaient à genoux.
Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres. […]
synonymes

C - À toi de jouer…
Exercice d’écriture.

MINOTAURE [minotor]. n.m. (lat. Minotaurus, gr. Minotauros) t1° Antiq. Monstre à
tête de taureau et à corps d’homme, enfermé dans le Labyrinthe, en Crète par le roi Minos,
vaincu par le héros Thésée. Le Minotaure se nourrissait de chair humaine. V. Monstre

Séance 4

A - L’écriture : un code
1- Un témoignage du passé.
a) Une lecture difficile.
La première raison, c’est que les mots ne sont pas séparés ; la seconde, c’est que tout
est écrit en lettres majuscules.
b) Repérage d’indices.
Les majuscules, les minuscules et même la ponctuation ont été rétablies.
Pour qu’on puisse te comprendre, il faut donc, toi aussi, respecter les majuscules, les
minuscules et utiliser la ponctuation. Nous reviendrons plus tard sur ce dernier point.
2- Une énigme à résoudre.
a) Des outils indispensables.
Krhvτhn : *Krêtên : la Crète
j riavdnh : *Ariadnê : Ariane
A
Mivnws~ : *Minoôs : Minos
εjrwτikw'~ : *érotikôs : amoureusement

 — © Cned, Français 6e


Tu reconnais l’histoire, n’est-ce pas !
Aussi, même sans connaître une langue, une histoire, tu es vite capable d’en
comprendre l’essentiel, en observant attentivement et en relevant des indices.
b) Résolution de l’énigme.

Séquence 1

L’extrait qu’il fallait surligner est le suivant : « Cependant, alors que Thésée abordait
c c

en Crète, Ariane, la fille de Minos tomba amoureuse de lui et lui proposa de l’aider s’il
consentait à l’épouser. »

B - L’écriture et ses règles


1- Une carte d’identité unique.
a) Recherche.
Le mot « labyrinthe » est un nom. L’abréviation utilisée est la suivante : « n. ».
Le mot « sortir » est un verbe. L’abréviation utilisée est la suivante : « v. ».
b) Manipulations.

Noms Verbes
fil embarquer
pelote
épouser
taureau
homme abandonner
monstre vaincre
épée dérouler
voile
c) Repérage.
Dans le texte de la résolution de l’énigme, tous les mots classés précédemment ont été
surlignés :
Il y a bien longtemps, le roi d’Athènes, Égée, devait livrer quatorze jeunes
gens comme tribut de guerre au roi de Crète, Minos, afin qu’ils soient dévorés par le
Minotaure, monstre à tête de taureau et à corps d’homme, enfermé dans labyrinthe
construit par l’ingénieux architecte, Dédale.
Or, Thésée, fils d’Égée, décida de se joindre à l’expédition pour vaincre la
terrible bête et par là même mettre fin au massacre.
Alors, le vaisseau grec transportant les jeunes gens fit voile vers l’île maudite.
Cependant, alors que Thésée abordait en Crète, Ariane, la fille de Minos tomba
amoureuse de lui et lui proposa de l’aider s’il consentait à l’épouser . Le jeune
homme accepta sans délai. Donc, Ariane lui confia une pelote de fil qu’il devait
dérouler pour retrouver son chemin à travers les dédales du labyrinthe contre la
promesse de l’épouser .
Ainsi, Thésée vainquit l’horrible bête avec son épée et sortit facilement
grâce au fil d’Ariane.
Aussitôt, le héros embarqua avec Ariane et navigua vers Égée, son père, afin
de lui révéler qu’Athènes était enfin libérée d’un terrible fléau.... Mais il oublia de
changer les voiles du navire.
D’après Les Métamorphoses, Livre VIII, Ovide
Régine David pour le Cned.

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c
c Séquence 1

d) Ressemblance et différence.
- Voici les formes qui diffèrent de celles trouvées dans le dictionnaire :
Ë pour les verbes, ce sont « vainquit » et « embarqua ».
Ë pour les noms, c’est « voiles ».
- Les verbes et les noms peuvent changer de forme. On dit qu’ils sont variables.
- On ne peut pas échanger le féminin et le masculin qui font partie de l’identité du nom.
- Que ce soit Thésée (masculin) ou Ariane (féminin) qui embarque, le verbe ne change
pas de forme.
2- La grammaire au service du sens.
a) À toi de jouer à partir de la carte d’identité d’un verbe.

« embarqua » dans la phrase : « Thésée embarqua avec Ariane. »


- classe grammaticale : verbe
- personne : 3e personne
- nombre : singulier
- temps : passé simple
- mode : indicatif

Maintenant, quand tu liras une histoire, sois attentif au nombre de noms et de verbes ; ainsi,
tu verras si l’auteur insiste davantage sur les êtres ou sur leurs actions, ou les deux !

Séance 5

A - Étymologie et culture
1- Le grec.
a) L’alphabet : un nouveau système d’écriture.
- Le peuple qui est à l’origine du premier système simple d’écriture est le peuple des
Phéniciens.
- L’alphabet qui est à la base de l’alphabet romain est l’alphabet grec grec, qui provient
lui-même de l’alphabet phénicien.
- A, B, E, H, I, K, M, N, O, P, T, Y sont les lettres majuscules reprises.
b) Des lettres qui ont traversé le temps.
u Le mot français « alphabet » est formé avec les deux premières lettres de l’alphabet
grec : « alpha » et « bêta » (qui viennent elles-mêmes de « aleph », le taureau, et
« beth », la maison, en phénicien).
u En mathématiques, la lettre « pi », par exemple, est utilisée pour calculer l’aire :
p = 3,14…

10 — © Cned, Français 6e
u C’est en avoir fait le tour.
Séquence 1

u La plus petite lettre de l’alphabet est le « iota » ; ne rien changer à un texte, c’est ne pas
en changer un iota.
u On appelle l’embouchure du Rhône ou du Nil un delta, parce qu’elle a la forme de la
lettre majuscule « delta » : D ; elle est inversée pour le Nil :
D
c c

c) Des racines grecques pour origine.

zw`oÊ n *zôon animal zoologie


o{rniqo~ *ornithos oiseau ornithologie
entomon *entomos insecte entomologie
metevwron *météôron phénomène aérien météorologie
yuchv *psychê âme psychologie
ajrcai`on *archaïon ce qui est ancien archéologie
gh` *gué terre géologie
graϕhv *graphé écriture graphologie
sphvlaion *spélaïon caverne spéléologie
mu`qo~ Mythos légende mythologie
tevcnh *techné technique technologie
d) Des animaux aux noms évocateurs !
- É qui a une corne (*céros) sur le nez (*rhino).
Å ivoire (*éléphantos) ; à cause de ses défenses !
Ç reptile (*saura) féroce (*dinos).
Ñ cheval (*hippos) du fleuve (*potamos).
- Voici l’animal imaginaire que nous nous sommes amusés à créer ; c’est un
« rhinosaure* » (= reptile avec un nez particulier) :
* nom imaginaire que nous avons créé !

P. Derr © Cned
2- Le latin.
a) Des mots latins familiers.
(1, p) : incognito, inconnu
(2, e) : lavabo, je me laverai
(3, l) : P.S., après ce qui a été écrit
(4, j) : agenda, ce qui doit être fait
(5, n) : visa, choses vues

© Cned, Français 6e — 11
c
c Séquence 1

(6, k) : aquarium, réservoir d’eau

(7, f) : nota bene, note bien

(8, h) : video, je vois

(9, o) : maximum, le plus grand

(10, c) : album, blanc

(11, m) : etc, et les autres choses

(12, i) : omnibus, pour tous

(13, d) : index, qui montre

(14, g) : alibi, dans un autre endroit

(15, b) : nec plus ultra, ce qu’il a de mieux

(16, a) : medias, moyens de diffusion de l’information

- « Un lapsus, un mémento, ex æquo, vice versa, in extremis, in vitro » sont des exemples
d’autres mots passés tels quels en français.

b) Le latin dans notre environnement.

Les yaourts Bifidus : ils permettent une meilleure digestion en aidant le travail de l’estomac.

Le beurre Flora : il est fabriqué avec le lait des vaches qui ont brouté les pâturages parsemés de
mille fleurs.

Le sirop Activox : il réactive la voix.

Les barres chocolatées Mars : elles contiennent une énergie puissante, digne de la force du
dieu Mars.

Le produit vaisselle Ultra : aucun produit n’est meilleur pour dégraisser la vaisselle.

Le lait Lactel : il porte le nom latin du lait.

Les boules Quiès : en introduisant ces boules dans les oreilles, on n’entend plus les bruits
extérieurs ; c’est la paix retrouvée.

La bière Stella : c’est la bière « étoile », comme les « danseuses étoiles » ; c’est donc la
meilleure.

La pâtée Fido : c’est la nourriture de l’animal le plus fidèle à l’homme (le chien).

La crème Nivea : elle est aussi blanche que la neige.

Le savon Lux : il rend à la peau son éclat lumineux.

Ce ne sont que des messages publicitaires, c’est-à-dire qu’ils cherchent avant tout à faire
vendre les produits ! C’est habile, n’est-ce pas ?!

12 — © Cned, Français 6e
B - Étymologie et orthographe

1- Jouons avec les mots grecs.

a) Des mots difficiles, en apparence seulement…


Séquence 1

c c

*thérapeuô
les soins médicaux donnés
qerapeuvw + qavlassa + thalassothérapie
sous forme de bains de mer
thalassa
*philo
un collectionneur et amateur
ϕilw' + biblivon + bibliophile
de livres anciens ou rares
biblion
l’instrument qui indique
*métron
la mesure et la vitesse
mεtron + nomo~ + métronome
d’exécution d’un morceau de
nomos
musique
un ensemble de sons *cacos
sans aucune harmonie et kakov~ + ϕwnhv + cacophonie
désagréable à l’oreille phoné
*poly
quelqu’un qui parle plusieurs
poluv~ + glw`tta + polyglotte
langues
glotta
*thermos
l’instrument qui est destiné à
qεrmov~ + mεtrovn + thermomètre
mesurer des températures
mètron
*hippos
une piste de courses de
i{ppo~ + drovmo~ + hippodrome
chevaux
dromos
*xénos
une personne qui ne supporte
xεnov~ + ϕovbo~ + xénophobe
pas les étrangers
phobos
*pater
pathvr + o[noma
le nom du père + patronyme
(o[numa)
onyma
*hydro
une plante qui aime l’eau u{dwr + ϕivlo~ + hydrophile
philos

Quand tu connais les racines grecques, tu évites les erreurs d’orthographe.

b) « poli- » ou « poly- » : « Là est la question. »

Attention : Ne confonds pas povli~ (la cité) ≠ poluv~ (nombreux)

ƒ - poli- ƒ - poly-

© Cned, Français 6e — 13
c
c Séquence 1

Comment appelle-t-on …
… un homme marié à plusieurs
femmes ?
… l’organisation chargée de maintenir
l’ordre public dans une ville ?
- poli-

la Police
- poly-

polygame

… la grande école scientifique en


Polytechnique
France ?
… un homme qui s’occupe des affaires
un homme politique
publiques ?
… le procédé de reproduction graphique
la polycopie
en un grand nombre de copies ?
… une clinique où se donnent toutes
une polyclinique
sortes de soins médicaux ?
… l’ensemble des règles qui régissent
le comportement et le langage des la politesse
individus dans une société ?
… un monstre à plusieurs têtes ? polycéphale
2- Jouons avec les mots latins.
a) L’orthographe au service du sens.

VIA, VIAE, f VOX, VOCIS, f


« Aller en Crète via Athènes » « Vous avez un message sur votre boîte
Ú vocale. »
la voie Ú
la voix

ü via biliser (rendre un terrain accessible et ü voci férer (faire porter sa voix, crier)

constructible en créant un chemin, une
ü voc aliser (exercer sa voix avant de chanter)
route et des conduits d’eau et d’électricité)
ü dévi er (s’écarter de la route, en cas de ü voc al (qui fait entendre la voix)
travaux, par exemple) ü voc ation (à l’origine, choix qui répond à
ü obvi er (mettre un obstacle à la voie un appel divin)
choisie pour éviter un problème)
ü trivi al (ce qui est commun, banal ; renvoie ü évoqu er (faire appel)
aux dieux des carrefours, composés de ü voy elle (qui fait entendre un son)
trois routes à l’origine)
ü voy ou (individu rempli de mauvaises
intentions, qui volait les voyageurs)
ü se fourvoy er (se tromper de route)
« Ce loup rencontre un dogue aussi Voyelles
puissant que beau, « A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu :
Gras, poli, qui s’était fourvoyé par voyelles »
mégarde » In Poèmes, Arthur RIMBAUD
In Fables « Le loup et le chien », Jean de LA
FONTAINE
Ainsi, tu étoffes ton vocabulaire et tu ne te trompes pas de voie !
b) L’orthographe comprise.
- « vocare » est de la même famille que :
® voie
˝ voix

14 — © Cned, Français 6e
- Cum (ensemble) + vocare



pro (devant) + vocare
in (dans) + vocare
Ë convoquer
ex ou e (hors de) + vocare Ë évoquer
Ë provoquer
Ë invoquer
Séquence 1

c c

re (de nouveau) + vocare Ë révoquer


G ad (vers) + vocare Ë avouer
- « affairer, agglutiner, allumer, annoncer, arrêter, assagir, atterrir » sont des exemples.

le coin des curieux

Pour aller plus loin …


• En latin, « omnis » signifie tout.
1) train qui s’arrête à toutes les stations : omnibus
2) science universelle : omniscience
3) présence en plusieurs lieux : omniprésence
4) qui se nourrit de tout (comme le régime alimentaire de l’homme) : omnivore
5) où l’on pratique divers sports : omnisports
6) qui a toutes les couleurs : omnicolore
7) qui a les mêmes propriétés dans toutes les directions : omnidirectionnel
8) toute puissance : omnipotence
9) médecin généraliste : omnipraticien
• Le mot « culture » vient du verbe latin « colo, is, ere, colui, cultum », cultiver.
apiculture : abeille aviculture : oiseau viticulture : vigne
cuniculture : lapin oléiculture : olivier ostréiculture : huître
• Le verbe « duco, is, ers, duxi, ductum » signifie conduire.
- un pont long et haut, au-dessus d’une vallée où passe une route ou une voie ferrée :
un viaduc
- un canal souterrain ou hors du sol pour conduire de l’eau : un aqueduc
- une canalisation pour transporter à distance gaz, pétrole : un oléoduc
• Le nom latin « caput, capitis » signifie tête.
- Un vin capiteux est un vin dont le degré d’alcool est fort et qui donne mal à la tête.
- Une capitale est la ville qui est à la tête du pays.
- Le verbe qui signifie « trancher la tête » est « décapiter ».
- « être condamné à la peine capitale » : la peine capitale est la peine de mort ; en
France, on utilisait une guillotine pour trancher la tête. Heureusement, cette barbarie
a disparu.
- « capitaine et tête » : un capitaine est à la tête d’un navire : il est responsable du
bateau et de son équipage.

© Cned, Français 6e — 15
c
c Séquence 1

Séance 6

A- La ponctuation et la construction du sens

1- Une lettre mystérieuse.

a) Trois personnages apparaissent : Ariane, Thésée et Bacchus.

Naxos,
Le 4e jour de Poséidon,
Cher papa,
J’espère que tu n’es pas trop fâché de ma fuite car j’ai une grande
nouvelle à t’annoncer.
J’avais promis à Thésée de l’épouser sur l’île de Naxos j’ai rencontré
Bacchus qui est le plus honnête et le plus beau des deux Thésée bien entendu
est à mon goût aussi papa j’ai pris une grande décision je me marie le 1er jour
de Gamélion avec Thésée je n’ai plus aucun contact avec Bacchus je pense être
heureuse.
Ta fille chérie
Ariane
PS. Peux-tu envoyer les faire-part de mariage à nos proches et amis ?

b) Le roi Minos est embarrassé et incapable de rédiger les faire-part car il ne sait pas qui
Ariane va épouser. En effet, en l’absence de ponctuation, une partie de la lettre d’Ariane
n’a pas de sens.

2- Deux versions d’un même message.

Minos décide donc de ponctuer la lettre de sa fille. Voici ce qu’il obtient.

a) Dans la première version, il fallait écrire : Ariane et Bacchus, et dans la seconde : Ariane
et Thésée.

16 — © Cned, Français 6e
B- Le rôle des signes de ponctuation
1- Un poème à lire.
a)
Ponctuation
Séquence 1

c c

Ce n’est pas pour me vanter,


Disait la virgule,
Mais, sans mon jeu de pendule,
Les mots, tels des somnambules,
Ne feraient que se heurter.
- C’est possible, dit le point.
Mais je règne, moi,
Et les grandes majuscules
Se moquent toutes de toi
Et de ta queue minuscule.
- Ne soyez pas ridicules,
Dit le point-virgule,
On vous voit moins que la trace
De fourmis sur une glace.
Cessez vos conciliabules.
Ou, tous deux, je vous remplace !
Maurice CARÊME, Au clair de lune,
© Fondation Maurice Carême.
b) As-tu bien compris le poème ?

Affirmations vrai faux


La virgule ne fait que dire du bien d’elle-même. ¸
Le point, lui aussi, ne fait que dire du bien de lui-même. ¸
Le point dit du bien de lui-même et du mal des autres. ¸
La virgule est la reine de la ponctuation. ¸
Le point-virgule dit uniquement du mal des autres. ¸
La forme du point-virgule unit celles du point et de la virgule. ¸
2- Un poème pour apprendre.
a) Le rôle du point et de la virgule.
Le point est plus important que la virgule. Il ne s’emploie pas comme celle-ci pour
séparer les différentes parties de la phrase mais pour marquer la fin de la phrase toute
entière. Les lettres majuscules qui suivent le point montrent aussi son importance.
b) Le rôle du point-virgule.
Le point-virgule marque une pause plus / moins importante que la virgule mais à la
différence du point, la voix ne baisse pas complètement entre les deux propositions.

© Cned, Français 6e — 17
c
c Séquence 1


On l’utilise pour séparer des propositions ou expressions indépendantes mais qui ont
entre elles une relation absurde / logique.
Ex. : Ariane a confié à Thésée une pelote de fil ; il a pu retrouver son chemin dans le
Labyrinthe.
Le point-virgule est également utilisé lorsque la deuxième proposition débute / finit par
un adverbe.
Ex. : Quatorze jeunes Athéniens étaient dévorés par le Minotaure ; heureusement Thésée a
mis fin à ce massacre.
c) Après que Thésée est sorti vainqueur du labyrinthe, il emmène Ariane à bord de
son navire et vogue vers Athènes. Cependant, lors d’une escale sur l’île de Naxos, il
l’abandonne, endormie sur le rivage ...
Lorsqu’elle se réveille, sur le matin, elle voit disparaître les voiles de son amant. Que
faire ? Elle pleure ; elle prie les dieux de lui venir en aide.
C’est alors que Bacchus l’entend et dirige son char vers elle.
Fasciné par la beauté de la jeune femme, Bacchus l’épouse et l’emmène sur le Mont
Olympe. En cadeau de noces, il lui offre une couronne d’or qui deviendra ensuite une
constellation.
D’après Les Métamorphoses, Ovide
Régine David, pour le Cned.

Séance 7

B- L’écrit
2- Une présentation humoristique (c’est-à-dire « comique »).
a) Tout ce qui rappelle l’univers de la chouette a été surligné.
Je m’appelle Hou-Hou Hulotte. Je suis une petite chouette aux yeux d’or.
J’appartiens à une tribu nombreuse de ténors.
J’habite près d’un manoir, au creux d’un châtaigner centenaire au sommet
duquel j’ai fait installer un observatoire. J’aime y regarder les étoiles s’éteindre une à
une après mes longues nuits de travail : je suis représentant en lunettes infra-rouge.
Pour mes loisirs, ce que je préfère, c’est le tissage, la broderie et la lecture : je
suis en effet l’animal fétiche de la déesse grecque Athéna. Je vais aussi régulièrement
au théâtre avant mes longues nuits de travail.
b) À toi de jouer !

animaux familles noms habitations habitudes de vie


grenouille batraciens Côa-Côa mare plonger
chat félins Félix coussin moelleux dormir
aigle rapaces Aquila (nom latin sommet planer
de l’aigle) inaccessible

18 — © Cned, Français 6e
surlignés) :
Séquence 1

Voici un exemple de ce qu’il était possible d’imaginer, en réutilisant les mots proposés (ils sont

Je m’appelle Félix. Je suis un chat aux yeux verts. J’appartiens à une tribu
nombreuse de félins.
J’habite près d’une voie ferrée où j’ai fait installer un arbre pour écouter les
oiseaux. J’aime regarder les animaux volants en tout genre que je rêve d’attraper, lors
c c

de mes longues nuits de guêt : je suis gardien d’oiseaux protégés.


Pour mes loisirs, ce que je préfère, c’est la chasse, la bagarre avec mes congénères
et dormir : je suis en effet l’animal fétiche de Mars. Je vais aussi régulièrement dans
les caves avant mes longues siestes sur mon coussin mœlleux.
3- Exercice d’écriture.
Annecy,
Le 20 décembre 2008,
Bonjour Ariane,
Mon professeur de français a eu l’idée d’une correspondance entre élèves de collèges
différents : je suis ravie car je me sens un peu seule, éloignée de mes camarades de classe,
dans mon chalet de montagne.
Je m’appelle Antigone Oréade ; j’ai une sœur, Ismène, et deux grands frères, Étéocle
et Polynice. Ismène est belle et douce ; Étéocle et Polynice ne cessent de se quereller. Mes
parents veillent avec amour sur leurs enfants et soignent leur éducation. Quant à moi, je
suis petite, insignifiante et farouche. Mais je suis éblouie par le spectacle de la nature avant
le lever du soleil. J’aime marcher pieds nus dans l’herbe couverte de rosée ; laisser couler
l’eau des torrents, entre mes doigts.
Je suis heureuse de pouvoir créer des liens avec toi parce que la neige, tombée en
abondance, a coupé toutes les routes. Nous sommes donc bloqués. J’ai un peu peur …
Heureusement, maman m’a inscrite aux cours du Cned. Ainsi je peux continuer à étudier
chaque jour, comme si j’étais en classe. C’est néanmoins plus difficile : les professeurs ne
peuvent pas me donner des conseils tout de suite quand je ne comprends pas. Toi, tu as la
chance de pouvoir poser toutes les questions que tu veux ! Au bord de la mer, la neige ne
tient pas au sol.
Ce que je préfère, c’est courir à perdre haleine dans les collines, mais, en ce moment,
je ne peux pas me dégourdir les jambes. Alors, je mets à profit mon isolement en passant
de longues heures dans la bibliothèque de mes parents. J’y découvre des trésors qui me
font rêver et voyager. Quand nous pourrons de nouveau sortir, je demanderai à papa
d’organiser un séjour en Italie, en Toscane. Je voudrais faire de longues promenades
au cœur des vignes et des oliviers et admirer les œuvres des peintres, des sculpteurs et
architectes de la Renaissance.
Mais je ne vais pas tout te révéler dès ma première lettre. Il faut que nous apprenions à
nous connaître, que nous nous apprivoisions, comme Le petit Prince et le renard. Connais-
tu cette histoire merveilleuse ?
J’attends de tes nouvelles avec une grande impatience.
À bientôt
Antigone

© Cned, Français 6e — 19
c
c Séquence 1

Je connais
Séance 8
Je m’évalue
Je suis capable de
• l’ordre alphabétique. • utiliser un dictionnaire.
Ë Dans le dictionnaire, le mot « dédale » se
trouve avant le mot « destin ».
• les lettres majuscules et minuscules.
• mettre la majuscule au bon endroit : aux noms
propres et en début de phrase.
Ë exemple : Le roi de Crète, Minos, furieux,
enferme Dédale et son fils Icare dans le
labyrinthe.
• les différentes parties d’un article de • trouver les différents sens du mot cherché et
dictionnaire. de choisir celui qui convient :
- la prononciation en alphabet Ë Le sens du mot « labyrinthe » dans la phrase
phonétique international suivante : « Elle se perd toujours dans le
- la classe grammaticale labyrinthe des couloirs du métro. » est dédale.

- le genre
- l’étymologie
- les différents sens
- des exemples
- des synonymes
• les classes grammaticales « nom » et • faire la différence entre un nom et un verbe :
« verbe ». Ë Le mot « embarque » est un verbe.
parce que je peux le faire varier en temps et en
personne.
• le rôle de l’étymologie. • deviner le sens d’un mot et de l’orthographier
correctement :
Ë Tu es au cœur du Labyrinthe : deux voies
s’offrent à toi ; laquelle choisiras-tu ?
• le rôle de la ponctuation : • donner du sens à ce que j’écris en ponctuant
- le point correctement mes phrases :
- la virgule
- le point-virgule Ë Au cœur du labyrinthe, le Minotaure mange.
Thésée, à grands pas, s’approche.
• les moyens de réussir à l’oral. • réciter un poème en articulant et en mettant le
ton.
• me présenter.

20 — © Cned, Français 6e
SÉQUENCE 2
Séance 1
Séquence 2

c c

A- Qu’est-ce qu’un conte de fées ?


1- La présentation des personnages.
a) La première phrase du texte est : « Il était une fois », formule que l’on retrouve dans la
plupart des contes.
b) Les trois personnages du premier paragraphe sont la mère et ses deux filles :
« Il était une fois une veuve qui avait deux filles » (l.1), « l’aînée » (l.1), « la cadette »
(l.3).
Les verbes, utilisés pour décrire les personnages, sont quasiment tous conjugués à
l’imparfait.
c)

Sentiment de la mère pour


Personnages Traits de caractère
chacune de ses filles
La mère • « désagréable » (l.3) X
• « orgueilleuse » (l.3)
• invivable (« on ne pouvait vivre avec elles »,
l. 3)
L’aînée • « désagréable » (l.3) Folle adoration
• « orgueilleuse » (l.3)
(« cette mère était folle de
• invivable (« on ne pouvait vivre avec elles », sa fille aînée », l.5)
l. 3)
La cadette • « la douceur » « aversion » (l.6)
• « l’honnêteté »
(« La cadette, qui était le vrai portrait de
son père pour la douceur et l’honnêteté » l.3
et 4)
2- L’action.
a) L’expression qui marque le début de l’action est « Un jour que » (l.10).
Le temps utilisé pour la suite d’actions est le passé simple.
b) La rencontre entre la cadette et la femme.
Le personnage que rencontre la cadette a l’apparence d’une « pauvre femme » (l. 10
et 16), alors qu’elle est en réalité une « fée ». Le lecteur en est informé grâce aux
parenthèses, qui signalent la présence du narrateur dans le texte : « car c’était une
fée qui avait pris la forme d’une pauvre femme de village, pour voir jusqu’où irait
l’honnêteté de cette jeune fille » (l.16-17). La fée met à l’épreuve la jeune fille.
c) Dans les paragraphes 3 et 4, les adjectifs qui qualifient la jeune fille sont « belle »,
« bonne », « honnête », « jeune » [« cette belle fille » (l.12), « Vous êtes si belle, si bonne
et si honnête » (l.15), « cette jeune fille » (l.17)].
Les adjectifs qui qualifient la fée de la fontaine sont « bonne » et « pauvre » [« ma bonne
mère » (l.12), « la bonne femme » (l.14), « une pauvre femme de village » (l.16)].
L’adjectif « bonne » est commun aux deux personnages. Le narrateur rapproche ainsi les
deux personnages féminins sous le signe de la bonté, et suggère peut-être que la cadette
a tout d’une fée (beauté, jeunesse, bonté, honnêteté).

© Cned, Français 6e — 21
c
c Séquence 2

3- Dons et métamorphoses.
a) Afin de récompenser la bonté et l’honnêteté de la jeune fille, la fée lui donne le don
suivant : à chaque parole que la jeune fille prononcera, il « sortira de la bouche ou une
fleur, ou une pierre précieuse. » (l.18-19).
b) La fille aînée se rend à la fontaine parce que sa mère l’y envoie afin qu’elle obtienne le
même don que sa sœur (l.30-32).
c) L’aînée rencontre elle aussi la fée, mais cette fois-ci transformée en « une dame
magnifiquement vêtue » (l.38), en une « princesse » (l.39).
La brutalité et l’orgueil de l’aînée entraîne un don inverse à celui de la cadette : « à
chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou un serpent, ou un
crapaud. » (l.45-46).
d) La fleur est symbole de beauté, de lumière.
La perle est un symbole lié à la féminité, à la pureté.
Le diamant représente la sagesse et la perfection morale.
Le crapaud est l’animal des ténèbres, il évoque la laideur et le dégoût.
Le serpent est lui aussi associé aux ténèbres. Animal impur, il symbolise l’orgueil et
l’égoïsme.
4- La fin du conte.
a) La cadette rencontre, à la fin de l’histoire, dans « la forêt » « le fils du roi » (l.53),
c’est-à-dire le prince charmant ! Ces deux éléments sont caractéristiques des contes de
fées ! Ils marquent en général la résolution de l’histoire.
b)

Conséquences
Apparence de
Qualités ou Comportement Don de la du don sur la Sentiments
la fée lors de
défauts envers la fée fée vie de chaque de la mère
la rencontre
jeune fille
Bonté, douceur : S’enfuit du foyer
« à chaque
« la douceur » « elle puisa de l’eau familial (l.52).
« une pauvre parole que
« l’honnêteté » au plus bel endroit
femme » (l.10) vous direz, il
« une des plus de la fontaine », Rencontre du Aversion (l.6)
« qui avait pris vous sortira
belles filles « soutenant prince charmant puis colère
cadette la forme d’une de la bouche
qu’on eût su toujours la cruche, (l.53-59) (l.51-52)
pauvre femme de ou une fleur,
voir » afin qu’elle bût
village » (l.16) ou une pierre
(l.4-5) plus aisément. » Épouse le prince
précieuse. »
(l.12-14) et devient
(l.19-20)
princesse (l.59).

Brutalité, orgueil :
« une dame « cette brutale « à chaque
« désagréable » magnifiquement orgueilleuse », parole que Chassée du foyer
« orgueilleuse » vêtue » (l.38) « Justement vous direz, il familial (l.60). Amour fou
« on ne pouvait « qui avait pris j’ai apporté un vous sortira de (l.6)
aînée
vivre avec l’air et les habits flacon d’argent la bouche ou solitude et mort puis haine
elles » (l.3) d’une princesse » tout exprès pour un serpent, ou (l.61-62). (l.60).
(l.39) donner à boire à un crapaud. »
madame ! » (l.45-46)
(l.41-43)

22 — © Cned, Français 6e
c) La dernière proposition « Seul l’argent fait le bonheur » est l’intrus.

B- Vocabulaire : être « honnête » au XVIIe siècle


Séquence 2

1- a) L’honnêteté dans le texte désigne à la fois la politesse, la bonté et la valeur morale de la


jeune fille (aider son prochain).
c c

b) Aujourd’hui « honnête » signifie « qui respecte le bien des autres ».


« respectueux », « juste », « intègre », « loyal », « sincère » sont aujourd’hui des
synonymes de « honnête » ; cependant ces mots ne sont pas interchangeables ! Chacun
apporte une nuance de sens.
2- a) « Malhonnêteté » est le mot de sens contraire (l’antonyme) de « honnêteté » (l.40).
b) La malhonnêteté caractérise la sœur aînée (l.40). Le narrateur lui reproche son
égoïsme, son hypocrisie, sa grossièreté.
3- La formation des mots.
a) La famille de mots construits sur le radical « honnête » est : « honnêteté » (l.4),
« malhonnêteté » (l.40), « honnêtement » (l.33)
b)

Classe grammaticale du
Mot du texte Préfixe + radical Radical + suffixe mot (adjectif, nom, verbe,
adverbe etc.)
honnêteté X honnête/té nom
malhonnêteté mal/honnête/té mal/honnête/té nom
honnêtement X honnête/ment adverbe

Séance 2

A- L’incipit : la mise en place du récit


1- Tes premières impressions.
a) La cadette du conte de Perrault et Cendrillon se ressemblent. Cendrillon, comme la
cadette des « Fées » de Perrault, est élevée par une femme orgueilleuse : « une femme,
la plus hautaine et la plus fière qu’on eût jamais vue » (l.2). Elle est une jeune fille
« d’une douceur et d’une bonté sans exemple » (l.4). Elle aussi doit s’occuper des
tâches domestiques les plus difficiles : « Elle la chargea des plus viles occupations de
la maison » (l.8) ; elle accepte son sort docilement : « souffrait tout avec patience, et
n’osait s’en plaindre » (l.13). Enfin, malgré ses pauvres habits, elle est la plus belle des
jeunes filles : « avec ses méchants habits, ne laissait pas d’être cent fois plus belle que
ses sœurs » (l.18).
b) Dans la phrase « La cadette, qui n’était pas si malhonnête que son aînée » (l.17), le lecteur
de contes retrouve les mots-clés du conte de Perrault : « cadette » et « malhonnête ».
On peut également ajouter « « aînée ».
2- La famille.
a) Cendrillon et Blanche-Neige avaient toutes deux une mère exceptionnelle (rang social,
beauté, bonté) qu’elles ont perdue : « elle tenait cela de sa mère, qui était la meilleure
personne du monde », Cendrillon, l.4-5 ; « et quand l’enfant fut née, la reine mourut »,
Blancheneige, l.15-16.

© Cned, Français 6e — 23
c
c Séquence 2

Leur père s’est remarié et reste faible face à sa nouvelle épouse, qui se révèle être une
marâtre, une belle-mère orgueilleuse, jalouse et méchante avec elles : « un gentilhomme
qui épousa en secondes noces une femme, la plus hautaine et la plus fière qu’on
eût jamais vue », Cendrillon, l.2 ; « une autre épouse, fière et hautaine », « verte de
jalousie », Blancheneige l.17-18, l.41.
b) La situation familiale de Cendrillon et de Blancheneige est similaire.
3- Un prénom pour un destin.
a) et b) Dans chaque incipit, le narrateur raconte en même temps l’origine du prénom
et un moment très douloureux de la vie des jeunes filles : Cendrillon, passage qui va de
la ligne 16 à 18, Blancheneige, ligne 16. Il cherche à faire ressentir au lecteur de la pitié,
de la compassion pour leur destin injuste. Notons que les deux prénoms sont associés
à la mort, à la tristesse : le prénom Cendrillon contient le mot « cendres » ; quant à
l’explication du prénom de Blancheneige, « aussi blanche que la neige, aussi rouge que
le sang et aussi noire de cheveux que l’ébène » (l.13-14), elle renvoie à des mots liés à la
mort (« sang », « noir »).

B- La métamorphose
1- Des transformations opposées.
a) Cendrillon, en haillons, se transforme en superbe princesse : « ses habits furent changés
en des habits de drap d’or et d’argent tout chamarrés de pierreries ; elle lui donna
ensuite une paire de pantoufles de verre, les plus jolies du monde », Cendrillon, l.29-31.
Inversement, la reine se transforme en pauvre vieille femme : « elle se déguisa et prit
la forme d’une autre vieille femme », l.17, « elle se farda le visage et se déguisa en
paysanne », l.64, Blancheneige.
b) Là encore, les deux récits sont tout à fait opposés. La métamorphose des objets, des
animaux, des vêtements de Cendrillon se déroule sur une trentaine de lignes, avec
de très nombreux détails. Tu pouvais en citer quelques-uns dans les lignes 7 à 31. En
revanche, les transformations successives de la reine en vieille femme puis en paysanne
sont évoquées en une ou deux lignes seulement.
c) Dans le cas du récit de Cendrillon, la métamorphose fait avancer l’action (c’est la
fonction narrative) tout en faisant rêver le lecteur.
Concernant le récit de Blancheneige, il s’agit surtout de faire avancer l’action en jouant
sur le suspense et l’appréhension du lecteur : la reine s’y prend à plusieurs fois pour
éliminer Blancheneige : quand et comment y parviendra-t-elle ?
d) Les objets peuvent soit aider, soit nuire aux héros de conte.
La baguette magique aide l’héroïne Cendrillon. Inversement, dans Blancheneige, le miroir
nuit à la jeune fille, en avivant sans cesse la jalousie de la reine.
2- Adjuvants et opposants.
Dans Cendrillon, les adjuvants sont la marraine, la baguette magique, mais aussi la beauté
de la jeune fille. Les opposants, les obstacles à son bonheur, sont sa situation familiale et la
méchanceté de sa belle-famille.
Dans Blancheneige, la beauté de la jeune fille est à la fois un adjuvant (les nains succombent
à son charme et la recueillent) et un opposant (cette même beauté proclamée par le miroir
rend la reine folle de jalousie). Les nains sont bien sûr des adjuvants. La naïveté de la jeune
fille, sa coquetterie (épisode du peigne), sa gourmandise (épisode de la pomme) sont
autant d’opposants.

24 — © Cned, Français 6e
3- La valeur narrative de la métamorphose.
a)

La transformation des objets,


des animaux et de la jeune fille
dans Cendrillon
Séquence 2

La transformation de la reine
dans Blancheneige
c c

Expressions du texte « un beau carrosse tout doré » « à l’aide de tours magiques »


(l.11), « changée en un beau (l.15)
cheval » (l.13) « peigne empoisonné » (l.16)
« une des plus belles « se déguisa » (l.16-17)
moustaches » (l.21), « prit la forme » (l.17)
« leurs habits chamarrés », (l.24) « chambre secrète et solitaire »
« changés en des habits de drap (l.56-57)
d’or et d’argent tout chamarrés « pomme empoisonnée » (l.58)
de pierreries » (l.29) « se farda le visage » (l.63-64)
« pantoufles de verre, les plus « se déguisa en paysanne » (l.64)
jolies du monde » (l.31)
Champs lexicaux Vocabulaire de la merveille, de la Vocabulaire du mal, de la mort.
dominants beauté, de l’éclat.

b) La métamorphose révèle la personnalité profonde du personnage, elle est le reflet de


leur cœur. Ainsi Cendrillon, même pauvre et en haillons, rayonne par sa beauté et sa
bonté. Quant à la reine, réputée si belle, elle se transforme si rapidement en horrible
vieille femme que le lecteur ne s’y trompe pas : son cœur et son esprit sont noirs, aussi
« terribles » que les « artifices de sorcières » qu’elle utilise.

c) Dans « Les Fées », la fée se transforme en pauvre vieille femme face à la cadette,
caractérisée par sa beauté et sa bonté. Puis elle se transforme en belle jeune femme
face au cœur noir et orgueilleux de la sœur aînée. On retrouve donc les mêmes
caractéristiques et les mêmes types de personnages d’un conte à l’autre. Tu constates
une fois encore combien les auteurs de contes jouent sur les contrastes : « jeune/
vieille », « belle/laide », « pure/terrible », « sincérité/artifices », « éclat/noirceur ».

4- Vocabulaire : étymologie et formation des mots.


a) et b) Le mot « transformation » se décompose de la façon suivante :

Trans / forma / tion

ƒ préfixe / ƒ radical / ƒ suffixe

Le préfixe « trans- » a le sens de « au-delà » (cf. « transport »), « à travers » ; il marque


le passage, le changement. Le radical « forme » est issu du latin formare : « donner une
forme, une apparence extérieure ». Le suffixe « -tion » désigne l’action en train de se
dérouler.

c) Dans Cendrillon, il s’agit véritablement d’une métamorphose : la jeune fille se transforme


complètement sous l’effet de la baguette magique, ainsi que les objets et les animaux
autour. Le rêve et le merveilleux sont très présents.

Dans Blancheneige, le merveilleux et la magie sont moins accentués. On pourrait


davantage parler de « transformation » : la reine se déguise, se maquille plus qu’elle
ne se transforme radicalement. Cela montre d’autant plus, par contraste, la naïveté
de Blancheneige. Il ne faut cependant pas oublier qu’il existe plusieurs traductions du
conte, de l’allemand au français ; selon le traducteur, le conte peut s’orienter vers plus
ou moins de merveilleux, de surnaturel… ce qui modifie l’interprétation du texte.

© Cned, Français 6e — 25
c
c Séquence 2

D- Expression écrite
Voici un exemple de ce qu’on pouvait imaginer :
Tout le monde sursauta en entendant le plat de terre se casser avec un curieux bruit
métallique. Le vieil homme regarda d’abord son fils et sa belle-fille, confus. Ceux-ci, exaspérés,
lui tournèrent le dos, ignorant volontairement le tas qui jonchait le sol. Le vieillard baissa
alors les yeux. Quelle ne fut pas sa surprise de voir, parmi les débris, une clé ! Il se pencha
pour la ramasser et constata qu’elle était dorée. Alors qu’il la frottait pour ôter les traces de
terre cuite, il la vit soudain briller et la sentit lui réchauffer ses doigts engourdis. Peu à peu, un
doux picotement parcourut tout son corps. Que lui arrivait-il ? Sa vue devenait plus claire, son
dos voûté se redressait, les taches sur ses mains disparaissaient l’une après l’autre ! Il sentit
son cœur se gonfler et une envie le prit d’ouvrir la porte, de respirer enfin l’air de la forêt. Un
sourire illuminait son visage ! Lui, l’homme vieux comme les pierres, retrouvait une nouvelle
jeunesse grâce à cette clé. D’où venait-elle ? Lui était-elle destinée ? Qu’importe, vite, il fallait
en profiter ! Il se leva prestement et marcha en direction de son fils.

Séance 3

A- La mise en place du récit


1- Les verbes conjugués du premier paragraphe sont : « était », « épousa », « eût vue »,
« avait », « ressemblaient », « avait », « tenait », « était ».
2- Les verbes du premier paragraphe ont tous une terminaison en « ai » (ait/aient).
3- L’histoire nous est racontée comme si elle s’était déjà passée.
4- Le premier paragraphe correspond à la situation initiale du conte, qui présente les
personnages. L’expression « Il était une fois » est la formule traditionnelle qui ouvre les
contes.
5- Le début du récit nous donne d’abord des informations sur Cendrillon et sa famille.
Cendrillon est « une jeune fille, (…) d’une douceur et d’une bonté sans exemple ; elle tenait
cela de sa mère, qui était la meilleure personne du monde. » (lignes 4-5).
Son père est un gentilhomme qui s’est remarié et reste faible face à sa nouvelle épouse, qui
se révèle être une marâtre, une belle-mère orgueilleuse et méchante avec Cendrillon : « un
gentilhomme qui épousa en secondes noces une femme, la plus hautaine et la plus fière
qu’on eût jamais vue » (ligne 2) ; « la belle-mère fit éclater sa mauvaise humeur ; elle ne
put souffrir les bonnes qualités de cette jeune enfant, qui rendaient ses filles encore plus
haïssables. » (lignes 6-7).
Les deux filles de la belle-mère « lui ressemblaient en toutes choses. » (ligne 3), ce qui laisse
supposer qu’elles ont les défauts de leur mère, énumérés ci-dessus.
Puis, à partir des lignes 7 à 9 sont décrites les basses occupations de Cendrillon, ses
corvées de ménage : « les plus viles occupations de la maison », « elle (…) nettoyait la
vaisselle », « frottait la chambre de madame » (ligne 10).
Enfin, ligne 10, c’est le décor, le cadre de vie misérable de Cendrillon qui est décrit : « elle
couchait tout au haut de la maison, dans un grenier, sur une méchante paillasse ».
6- Le premier paragraphe met en place une description.

B- L’avancée de l’action
1- Le récit bascule avec l’expression « Il arriva que » (ligne 15).
2- Les verbes du deuxième paragraphe sont : « arriva », « donna », « pria ». Ils ont une
terminaison différente des verbes du 1er paragraphe, une terminaison en a. Il s’agit donc
d’un autre temps du récit.

26 — © Cned, Français 6e
C- Récapitulons
1-

Verbes qui décrivent le décor


ou les personnages
Verbes qui rapportent des
actions non délimitées dans
le temps ou qui se répètent
Séquence 2

Verbes qui rapportent les


actions principales (moment
délimité dans le temps)
c c

« Elle avait deux filles de « Il était une fois » (l.1) « qui épousa » (l.1)
son humeur, et qui lui « la belle-mère fit éclater sa
ressemblaient en toutes mauvaise humeur » (l.6)
choses. » (l.2)
« elle ne put souffrir » (l.6)
« Le mari avait de son « c’était elle qui nettoyait la « Elle la chargea des plus viles
côté une jeune fille, d’une vaisselle » (l.8) occupations de la maison »
douceur et d’une bonté sans (l.7)
exemple » (l.3)
« elle tenait cela de sa « frottait la chambre de « Il arriva que » (l.15)
mère, qui était la meilleure madame » (l.9)
personne du monde. » (l.4)
« les bonnes qualités de cette « elle couchait tout au haut « le fils du roi donna un bal »
jeune enfant, qui rendaient de la maison » (l.10) (l.15)
ses filles encore plus
haïssables » (l.7)
« ses sœurs étaient dans des « il en pria toutes les
chambres parquetées » (l.11) personnes de qualité. » (l.16)
« elles avaient des lits des
plus à la mode » (l.12)
« des miroirs où elles se
voyaient depuis les pieds
jusqu’à la tête » (l.12)
2- Les verbes des deux premières colonnes sont conjugués à l’imparfait, ceux de la troisième
colonne sont conjugués au passé simple. L’imparfait et le passé simple sont les deux temps
de l’indicatif qui marquent le passé.
3- La première étape du schéma narratif est la situation initiale, qui présente les personnages
et les décors. Le temps utilisé est souvent l’imparfait. Puis l’action se déclenche par un
élément perturbateur. Dans notre extrait, le récit bascule avec l’expression « Il arriva que ».
Dans les phrases qui suivent, je remarque que le temps utilisé est le passé simple, qui
permet d’évoquer des actions qui se succèdent.

D- Entraîne-toi
1- J’identifie les temps du récit.
Verbes Temps Valeur
Exemple : le fils du roi qui régnait imparfait action non délimitée dans le temps
(l. 1)
(le fils) demanda (l.2) passé simple action de premier plan, qui fait
progresser l’action
chacun lui répondit (l.3-4) passé simple action de premier plan, qui fait
progresser l’action
La plus commune opinion était (l.4) imparfait action non délimitée dans le temps
un ogre y demeurait (…) il imparfait actions répétées ou habituelles
emportait tous les enfants qu’il
pouvait attraper (l.5-6)

© Cned, Français 6e — 27
c
c Séquence 2

Le prince ne savait qu’en croire (l.7) imparfait


lorsqu’un vieux paysan prit la
parole, et lui dit (l.8)
Le jeune prince, à ce discours, se
sentit tout de feu (…) il crut (…) il
résolut (l.11-13)
passé simple

passé simple
action non délimitée dans le temps
succession d’actions qui font
progresser l’histoire
succession d’actions qui font
progresser l’histoire

2- Imparfait ou passé simple ?


Dans des temps très anciens, alors qu’il pouvait encore être utile de faire des vœux,
vivait un roi dont toutes les filles étaient belles. La plus jeune était si belle que le
soleil, qui en a cependant tant vu, s’étonnait chaque fois qu’il illuminait son visage.
Non loin du château du roi, il y avait une grande et sombre forêt et, dans la forêt,
sous un vieux tilleul, une fontaine. Un jour qu’il faisait très chaud, la royale enfant
partit dans le bois, et s’assit au bord de la source fraîche. Et comme elle s’ennuyait,
elle prit sa balle en or, la jeta en l’air et la rattrapa ; c’était son jeu favori. Il arriva
que la balle d’or, au lieu de revenir dans sa main, tomba sur le sol et roula tout droit
dans l’eau. La princesse la suivit des yeux, mais la balle disparut : la fontaine était
si profonde qu’on n’en voyait pas le fond. La jeune fille se mit à pleurer, à pleurer
de plus en plus fort ; elle était inconsolable.
D’après « La Fille du Roi et la Grenouille », des frères Grimm,
dans Contes de l’enfance et du foyer, 1812, adaptés par Marie-Hélène Robinot-Bichet,
d’après la traduction de Max Buchon (1859)
© Paris, Hachette 2003

Séance 4

A- Je fais le point sur mes connaissances

imparfait passé simple


description actions répétées actions non action principale série d’actions
ou habituelles délimitées dans à ce moment du successives
le temps récit
s’appelait avait peu de vivait répondit la Ex : il se leva, mit
choses à manger femme son petit habit
la lune donnait quand il se la faim répliqua Hänsel se baissa,
toute brillante mettait au lit, empêchait l’homme bourra ses
poches (…) puis
il rentra
les petites pierres il soupirait et Gretel pleurait reprit la femme
qui étaient disait (…)
devant la maison et disait elle ne lui laissa
reluisaient plus de repos
lui répondit
Hänsel
Et il se remit au
lit

28 — © Cned, Français 6e
B- Je m’entraîne

1-

imparfait Passé simple


Séquence 2

c c

verbes je nous ils je nous ils


songer songeais songions songeaient songeai songeâmes songèrent
être étais étions étaient fus fûmes furent
commencer commençais commencions commençaient commençai commençâmes commencèrent
avoir avais avions avaient eus eûmes eurent
prier priais priions priaient priai priâmes prièrent
balayer balayais balayions balayaient balayai balayâmes balayèrent
gagner gagnais gagnions gagnaient gagnai gagnâmes gagnèrent

2- Les verbes à l’imparfait sont : « essayions », « riiez », « trouvais », « gagnions »,


« soigniez ».

3-

Verbe conjugué Infinitif Justification de la terminaison


Ex : « Il était une fois » Verbe « être » ait : terminaison de l’imparfait
à la 3e personne du singulier
« on douta » « douter » a : terminaison du passé simple
des verbes du 1er groupe, 3e
personne du singulier
« il avait » « avoir » ait : terminaison de l’imparfait
à la 3e personne du singulier
« J’oubliais » « oublier » ais : terminaison de l’imparfait
à la 1re personne du singulier
« on le nomma » « nommer » a : terminaison du passé simple
des verbes du 1er groupe, 3e
personne du singulier
« la reine (…) accoucha » « accoucha » a : terminaison du passé simple
des verbes du 1er groupe, 3e
personne du singulier
« la reine en fut si aise » « être » Cas particulier : passé simple
de l’auxiliaire « être », 3e
personne du singulier.
« elle lui déclara » « déclarer » a : terminaison du passé simple
des verbes du 1er groupe, 3e
personne du singulier
« elle eut » « avoir » Cas particulier : passé simple
de l’auxiliaire « avoir », 3e
personne du singulier
« la seconde fille (…) se « se trouver » a : terminaison du passé simple
trouva » des verbes du 1er groupe, 3e
personne du singulier

© Cned, Français 6e — 29
c
c Séquence 2

4-

« Blancheneige », des frères Grimm, in Contes, d’après la traduction de Marthe Robert © Gallimard.

« Les droits d’auteurs de ce texte sont réservés. Toute utilisation de ceux-ci autre que la consultation
individuelle et privée est interdite. » www.gallimard.fr

5- Pour les champions !


Il était une fois un homme qui avait de belles maisons à la ville et à la campagne,
de la vaisselle d’or et d’argent, des meubles en broderie, et des carrosses tout dorés ;
mais par malheur cet homme avait la barbe bleue : cela le rendait si laid et si terrible,
qu’il n’était ni femme ni fille qui ne s’enfuît de devant lui.
Une de ses voisines, dame de qualité, avait deux filles parfaitement belles. Il lui en
demanda une en mariage, et lui laissa le choix de celle qu’elle voudrait lui donner.
Elles n’en voulaient point toutes deux, et se le renvoyaient l’une à l’autre, ne pouvant
se résoudre à prendre un homme qui eût la barbe bleue. Ce qui les dégoûtait encore,
c’est qu’il avait déjà épousé plusieurs femmes, et qu’on ne savait ce que ces femmes
étaient devenues. La Barbe bleue, pour faire connaissance, les mena avec leur mère,
et trois ou quatre de leurs meilleures amies, et quelques jeunes gens du voisinage, à
une de ses maisons de campagne, où on demeura huit jours entiers. Ce n’était que
promenades, que parties de chasse et de pêche, que danses et festins, que collations :
on ne dormait point, et on passait toute la nuit à se faire des malices les uns aux
autres; enfin tout alla si bien, que la cadette commença à trouver que le maître du
logis n’avait plus la barbe si bleue, et que c’était un fort honnête homme.
« La Barbe bleue », Charles Perrault, dans Contes, 1697.

30 — © Cned, Français 6e
A- Pour commencer, jouons un peu !
Séance 5

1- Le lieu-mystère est « la forêt » (La – faux – raie) !


Séquence 2

c c

2- Le titre du conte d’Andersen est La Petite sirène.

B- La petite sirène
1- Une sirène exceptionnelle.
a) Les habitants des mers.
• Dans les deux premiers paragraphes, des lignes 1 à 11, est décrit le lieu « où demeure le
peuple de la mer » (ligne 5).
Dans le 2e paragraphe, à partir de la ligne 11, est décrit le château du « roi de la mer »
(ligne 12).
Dans le 3e paragraphe nous sont présentés d’abord « le roi de la mer » (ligne 17)
puis sa « vieille mère » (ligne 18), puis les six « petites filles », « toutes princesses
charmantes » (lignes 21-22). À la fin du paragraphe est évoquée « la plus jeune » et
« plus belle » (ligne 25), celle que le lecteur attend, la petite sirène.
• La petite sirène occupe la dernière place dans l’ordre d’apparition des personnages.
Les personnages sont évoqués du plus vague au plus précis par un procédé de
resserrement : peuple de la mer, puis famille (roi, grand-mère) puis fratrie (les six
sœurs) et enfin la sirène.
• C’est un effet de zoom. Cette apparition tardive mais valorisée du personnage de la
sirène a créé chez le lecteur un effet d’attente, de suspense, comme si le narrateur avait
voulu garder « le meilleur pour la fin ».
b) Les qualités de la petite sirène.
• Le personnage de la sirène est présenté à travers une opposition entre « vieillesse »
et « jeunesse » : les mots « veuf », « depuis plusieurs années », « vieille mère » (lignes
17-18) s’opposent à un champ lexical de la gaieté et de la beauté : « soins », « petites
filles », « princesses charmantes », lignes 21-22, « la plus jeune était plus belle encore »,
ligne 23.
• Dans le dernier paragraphe du texte, la phrase qui caractérise le mieux la sirène est « la
plus jeune était plus belle encore », ligne 23. La construction de la phrase montre un
superlatif suivi d’un comparatif de supériorité (voir le deuxième « Je retiens »), ce qui
crée un effet d’insistance.
• Afin de souligner l’harmonie qui règne au royaume de la mer, le narrateur crée un
parallélisme entre la beauté de la sirène et la beauté de l’océan, en employant le même
vocabulaire et la même comparaison :
« Bien loin dans la mer, l’eau est bleue comme les feuilles des bluets, pure comme le
verre le plus transparent mais si profonde qu’il serait inutile d’y jeter l’ancre. »
(lignes 1-2).
« Elle avait la peau douce et diaphane (transparente) comme un pétale de rose, les yeux
bleus comme un lac profond » (lignes 23-25).
2- Une sirène dans la tourmente.
a) Dans le passage témoignant de l’amour fou de la princesse, « Le voilà qui passe, celui
que j’aime de tout mon coeur, celui qui occupe toutes mes pensées (…) Je risquerais
tout pour lui, et pour gagner une âme immortelle », le mot répété plusieurs fois est
« tout » et sa variante « toutes » qui créent une exagération. Cette figure de style qui
consiste à exagérer l’évocation afin de mieux toucher le lecteur s’appelle une hyperbole.

© Cned, Français 6e — 31
c
c Séquence 2

b) À partir de la ligne 9.

• Le sentiment dominant de la princesse vis-à-vis de la sorcière est la peur : « que j’ai tant
eue en horreur » (l.6), « prise de frayeur » (l.24), « aurait voulu s’en retourner » (l.24).

• Ce sont l’amour et le courage qui aident la princesse à aller au bout de son rêve : « celui
que j’aime de tout mon cœur et de toute mon âme» (l.1-2), « celui qui occupe toutes
mes pensées » (l.2), « Je risquerais tout pour lui, et pour gagner une âme immortelle »
(l.3-4), « mais, en pensant au prince et à l’âme de l’homme, elle s’arma de tout son
courage » (l.27-28).

C- Deux univers

1- L’eau et les fonds marins.


a), b) et c)

Univers de la petite sirène Univers de la sorcière


Expressions du texte • « l’eau est bleue comme les • « forêt étrange » (l.17)
feuilles des bluets » (ligne 1) • « bras longs et gluants (…)
• « pure comme le verre le s’enlaçaient » (l.20-22)
plus transparent » (ligne 2) • « tourbillons mugissants »
(l.10)
• « n’allez pas croire que ce
fond se compose seulement • « fond de sable gris et nu »
de sable blanc » (l.5) (l.12)
• « pas une fleur ni un brin
• « il y croît des plantes et
d’herbe n’y poussait » (l.11-12)
des arbres bizarres » (l.8)
• « hideux ventres jaunâtres »
(l.34)

Aspect du décor (d’après Impression de pureté avec les Impression de saleté.


les propositions) justifié par adjectifs : « transparent » Sensation tactile désagréable,
les mots entre guillemets « pur ». suscitant le dégoût, avec
Sensation visuelle avec la les mots « gluant » et
dominante de bleue, avec les « s’enlaçaient ».
mots : « bleue » et « bluets » Sensation visuelle désagréable,
Impression de vie, avec les péjorative, avec des couleurs
expressions « plantes », associées à l’absence de vie :
« arbres » (l.8) « gris », « jaunâtres ».
Impression de fraîcheur Impression de vide, avec les
avec les mots « bleu », phrases « fond de sable gris et
« transparente ». nu », « pas une fleur ni un brin
d’herbe n’y poussait ».
Impression d’étouffement, avec
les adjectifs « mugissants »,
« longs et gluants ».

32 — © Cned, Français 6e
2- Des décors en mouvement.
a) Attention aux vents et aux courants !
- les mots qui correspondent à un « mouvement doux et harmonieux » sont en bleu.
Séquence 2

- les mots qui correspondent à un « mouvement violent et angoissant » sont en rouge.


c c

b)
• Le mouvement doux et harmonieux renvoie à l’univers de la petite sirène. La
comparaison qui illustre bien ce type de mouvement est « tous les poissons, grands et
petits, vont et viennent entre les branches comme les oiseaux dans l’air » (lignes 10-11).
Ë Cet univers pourrait faire penser au paradis.
• Le mouvement violent et angoissant renvoie, lui, à l’univers de la sorcière des mers,
comme en témoigne la comparaison « pareils à des serpents à cent têtes sortant de
terre » (l.19).
Ë Cet univers pourrait faire penser à l’enfer.
• Les deux décors sont donc complètement opposés.

© Cned, Français 6e — 33
c
c Séquence 2

D- Écriture

Voici ce qu’il était possible d’imaginer :

« Je t’en prie, Sorcière, donne-moi une forme humaine, car il faut que je puisse approcher le
Prince ! Je l’aime depuis le premier jour où je l’ai vu, et je sais que quand il me connaîtra, il
saura aussi m’aimer. Ah, Sorcière, si tu l’avais vu le soir de son anniversaire sur son bateau ! De
tous les hommes c’était lui le plus beau, le plus élégant, le plus souriant. Jamais je n’avais vu un prince
aussi charmant ! Ses yeux brillaient dans la nuit, encore illuminés par les feux d’artifice tirés en
l’honneur de son anniversaire ! Mais comme tout s’est obscurci soudain ! Mon prince si charmant
a été blessé, et quand je l’ai vu sombrer, quand j’ai vu ses beaux yeux noirs se fermer, j’ai
compris en un éclair que cet homme était ma vie. Mon souhait le plus cher est qu’ensemble
nous ayons une âme immortelle. Il faut pour cela que le prince m’aime plus que tout au
monde et m’épouse. Ainsi, il me donnera son âme tout en gardant la sienne. »

Les superlatifs utilisés ont été mis en gras. Les mots employés pour l’hyperbole sont, eux, en
italique.

Séance 6

A- 1re épreuve : identifier les radicaux communs

Nous avons ajouté une ligne à ce tableau, dans laquelle tu trouveras l’étymologie du mot,
c’est-à-dire sa « racine ».

du latin carmen : du latin mirari : du latin sors : du grec mageia : du latin fari :
« formule « s’étonner » « sort fixé « religion des « parler »
magique » à chacun, mages perses,
destinée » sorcellerie »
charme admirer tirer au sort (rois) mages fable
enchantement mirobolant sortilège magicienne fée
incantation merveille (de telle) sorte farfadet
(que)
miroir (s’en) sortir fatalité
miracle sorcière fabuleux

34 — © Cned, Français 6e
B- 2e épreuve : comprendre le sens des mots grâce à leur étymologie,
avant de vérifier dans le dictionnaire

Canere :
carmen : formule magique, chant
chanter
Séquence 2

(in)cantare : Chanter des formules


c c

magiques, ensorceler
CHARME ENCHANTER
« être sous le charme » : Le royaume enchanté
se sentir, l’espace d’un des fées
instant, comme sous l’effet
d’une puissance magique
« se porter comme un
charme » :
se sentir bien, rayonner,
comme sous l’effet d’un
charme, d’une puissance
magique bénéfique
« le charme est rompu » :
« charme » désigne Merlin l’enchanteur
ici l’influence vague,
Soumettre
mystérieuse ressentie lors
à un
valeur puissance d’une rencontre.
charme
forte magique « charmeur de serpents »
irrésistible,
« charmeur » désigne une
envoûter
personne qui possède
un pouvoir magique, qui
pratique la magie, ici
en semblant dresser les
serpents.
« Carmen » : Nom
d’une héroïne sensuelle
et capricieuse, fatale à
l’homme qui l’aime. Elle
a donné son nom à une
nouvelle (récit court) de
MERIMÉE et à un opéra
célèbre de Georges BIZET
« Les charmes d’une Remplir Ce spectacle m’a
femme » : ses attraits, ses d’un vif enchanté !
atouts physiques plaisir

attrait, Bonjour, enchanté


« Faire du charme » : tenter
qualité qui de séduire quelqu’un Formule de de faire votre
valeur politesse connaissance
a le pouvoir
affaiblie
de plaire,
de séduire « Prince charmant » : très
agréable, séduisant Revenu de Il est revenu de son
ses illusions stage professionnel
déçu et désenchanté

© Cned, Français 6e — 35
c
c Séquence 2

C- 3e épreuve : à tes flèches !


miraculé : guéri par un miracle
à merveille : parfaitement
mirage : illusion d’optique, faux reflet évoquant les effets du soleil dans le désert (et au sens
figuré, « illusion trompeuse »)
miraculeusement : d’une manière heureuse, comme par miracle
merveille : chose qui remplit d’admiration (en histoire des arts, elles sont sept)
miroir : surface réfléchissant la lumière et l’image des choses
miracle : fait ne s’expliquant pas par des causes naturelles et attribué à une intervention divine
conter monts et merveilles : faire rêver par de belles promesses
admirable : étonnant, remarquable
émerveillement : étonnement, surprise, admiration
miraculeux : prodigieux, surnaturel
se mirer : observer son reflet
mirifique : qui est merveilleux mais trop beau pour être vrai (synonyme : mirobolant)
s’émerveiller : s’étonner
faire miroiter quelque chose : faire briller (un avantage promis)

D- 4e épreuve : un peu de culture générale


1-
Nom de la Merveille Époque de Pays où elle se Dans quel but elle a été
du monde construction trouv(ait) e construite
La Pyramide de -2550 Égypte (aux portes C’est le tombeau du Pharaon
Khéops du Caire, à Gizeh) Khéops.
Les Jardins - 600 Mésopotamie Le roi Nabuchodonosor aurait
suspendus de (actuel Irak) fait aménager ces jardins
Babylone pour qu’ils rappellent à son
épouse Amytis la végétation
des montagnes de son pays
d’origine.
(existence contestée)
La statue de Zeus - 435 Grèce (Olympie) Elle a été construite en l’honneur
de Zeus pour lequel ont été créés
les Jeux Olympiques.
Le Temple d’Artémis - 550 Éphèse (Turquie) Il est dédié à la déesse Diane ou
Artémis (sœur d’Apollon, fils
de Zeus ou de Jupiter chez les
Romains)
Le Mausolée - 352 Bodrum (Turquie) Il a été construit pour enterrer
d’Halicarnasse le roi Mausole de Carie (ou
Halicarnasse).
Le Colosse de Entre –292 et Rhodes (Grèce) Il a été érigé pour le dieu grec de
Rhodes -280 la Lumière Hélios (Apollon), et
pour commémorer la victoire des
Rhodiens au 3e s av J.-C.
Le phare - 280 Alexandrie (Égypte) Construit sur l’Ile de Pharos, à
d’Alexandrie l’entrée du port d’Alexandrie, il
fut d’une grande utilité pour les
marins jusqu’à sa destruction et
rendit célèbre la ville fondée par
Alexandre le Grand.

36 — © Cned, Français 6e
Séquence 2

2- De nos jours, seule la pyramide de Kheops est visible. Des fouilles ont prouvé l’existence
des autres merveilles, sauf celle des jardins suspendus de Babylone.

E- 5e épreuve : il était une fois un mot…


1-
c c

Il était une fois une petite tablette de bois, appelée sors. Les prophéties étaient portées
sur ces tablettes parmi lesquelles un enfant effectuait le tirage, après les avoir mêlées. Ainsi la
destinée de chacun était tirée au sort. Depuis, le « sort » désigne une puissance extérieure à
l’homme, son destin, mais aussi une manière de décider quelque chose par le hasard (tirer
au sort : décider par le hasard). Une expression est même devenue très célèbre : « le sort en
est jeté », qui signifie « la décision est prise irrévocablement ». C’est la traduction de alea
jacta est, phrase prononcée par le général en chef romain Jules César lorsqu’il prit la décision
de franchir en armes le fleuve Rubicon, malgré la défense du Sénat.
Mais attention ! « le sort en est jeté » ne signifie pas du tout « jeter un sort » ! Le mot « sort »
s’est divisé en deux branches : au premier sens que nous venons de voir, « ce qui est décidé par
une puissance supérieure », s’est ajouté, depuis le Moyen Âge, un autre sens de sort : « effet
magique, le plus souvent néfaste (négatif), lié à une personne ou une chose et qui résulte
de certaines opérations de sorcellerie ». C’est le « sort » des contes de fées ! Ainsi, « jeter
un sort à quelqu’un » signifie « l’ensorceler ». Aujourd’hui, le mot s’est affaibli et « faire un
sort à quelque chose », c’est « en finir avec elle d’une manière radicale », comme par exemple
« faire un sort à la bûche de Noël », qui signifie la manger entièrement !
Nouveau virage dans l’évolution du mot « sort » ! À partir du sens de « sort fixé à chacun »,
d’où « condition », « rang de chacun dans la société », le mot a aussi signifié « manière », «
comportement propre à une espèce de gens », puis « manière de faire quelque chose ». Tu le
vois, le mot a aussi donné les expressions « de telle sorte que » et « de la sorte » (de cette
manière). Aurais-tu pensé à faire le rapprochement ?
Enfin, ultime rebondissement dans la saga du mot « sort ». À partir du sens « être désigné,
choisi par le sort », « être épargné », le mot a tout simplement donné le verbe ... sortir !
Pense à ce qu’on dit à la loterie : c’est tel numéro qui est sorti !
Pense à quelqu’un qui a échappé à un accident, à la mort : il s’en est sorti !
Cela a évolué vers l’idée d’un mouvement du dedans vers le dehors, de quelque chose qui
apparaît au dehors (les premières dents de lait qui sortent !)... et tous les sens actuels du verbe
« sortir ».
Et puisque tu vas étudier bientôt la mythologie, voici une expression qui devrait te faire
sourire : « se croire sorti de la cuisse de Jupiter » signifie « se croire supérieur aux autres »,
choisi sans doute par un être supérieur, comme le veut l’étymologie du mot « sort » !
2- À toi de jouer !
femme laide et méchante : une sorcière (sens actuel)
soumettre (une personne, un animal) à l’action d’un maléfice : ensorceler (sens étymologique)
ensemble des pratiques du sorcier : sorcellerie (sens étymologique)
ce n’est pas bien difficile (à deviner, à faire...) : ce n’est pas sorcier (sens actuel)
fascinant, envoûtant : ensorcelant (sens étymologique, parfois affaibli en sens actuel)
maléfice de sorcier : sortilège (sens étymologique)
fatalité qui s’acharne sur quelqu’un : mauvais sort (sens étymologique, parfois affaibli en sens
actuel)

© Cned, Français 6e — 37
c
c Séquence 2

F- 6e épreuve : les fées d’hier à aujourd’hui


1- et 2- Avoir des doigts de fée : être habile de ses mains


Vivre un conte de fées : voir ses rêves devenir réalité (allusions notamment à Cendrillon)
Être une fée du logis : une experte du ménage
Les fées se sont penchées sur son berceau : l’enfant a une bonne étoile, il a de la chance
(référence à la fée marraine de La Belle au bois dormant). Une légende dit que les fées se
penchent sur tous les berceaux pour leur donner leurs dons pour la vie.

Séance 7

A- L’importance des adjectifs dans le texte


1- La présence de nombreux adjectifs qualificatifs, la valeur descriptive de l’imparfait, la faible
présence de personnages à ce moment de l’histoire, tous ces éléments indiquent que c’est
le décor qui est mis en valeur, le cadre de l’histoire : nous sommes au début du conte.
2- Les trois champs lexicaux dominants.

Champ lexical de la Champ lexical de la Champ lexical de l’isolement


couleur hauteur
Des épis d’un jaune ses longues jambes un vieux domaine
magnifique
l’avoine verte (ligne 2) de grandes forêts (ligne 6) au centre de la forêt (ligne13)
jambes rouges (ligne 4) lacs profonds
larges fossés (ligne 9)
grandes feuilles (ligne 10)
les petits enfants (ligne 11)
Elles étaient si hautes
(ligne 11)
3- Andersen a introduit dans son texte :
- une répétition : « Que la campagne était belle » (ligne 1) et « Oui vraiment, la campagne
était bien belle » (ligne 8).
- une opposition (un jeu sur les contraires), entre « grandes feuilles » (ligne 10) et « petits
enfants » (ligne 11).
- un adverbe d’intensité : « si hautes que les petits enfants… » (ligne 11).
Ë La présence dans un même texte de répétitions, d’adverbes d’intensité, d’oppositions, crée
une mise en valeur extrême, un effet d’insistance : c’est le principe de l’hyperbole.
4- Dans notre extrait, les adjectifs contribuent à présenter une vision méliorative de la
campagne, sous le signe de la couleur : « jaune », « verte », « rouges » (lignes 2 et 4) et
de la chaleur, « au milieu de l’été » (ligne 1), « les rayons du soleil (ligne 8). La nature est
luxuriante : « prairies » (lignes 3-6), « monceaux, (lignes 3), « champs » (ligne 6), « grandes
forêts » (ligne 7), « campagne » (lignes 1 et 8), « grandes feuilles » (ligne 10), « sauvage »
(ligne 13). L’évocation des jeux des enfants ajoute une touche positive à la description :
« les petits enfants pouvaient se cacher dessous » (ligne 12).
5- a) La phrase du texte qui pourrait résumer la description du décor est « Que la campagne
était belle ! » (ligne 1).

38 — © Cned, Français 6e
Séquence 2

b) Le narrateur lui donne une importance particulière dans la mesure où c’est une phrase
exclamative, qui ouvre le conte. De plus, elle est reprise quelques lignes plus loin : « Oui
vraiment, la campagne était bien belle » (ligne 8). On croirait entendre le narrateur
s’exclamer.

B- Révisons l’accord de l’adjectif qualificatif


c c

1-
adjectifs qualificatifs noms avec lequel ils genre nombre
s’accordent
verte avoine féminin singulier
odorants monceaux masculin pluriel
longues jambes féminin pluriel
grandes (l.6) forêts féminin pluriel
profonds lacs masculin pluriel
vieux domaine masculin singulier
larges fossés masculin pluriel
grandes (l.9) feuilles féminin pluriel
petits enfants masculin pluriel
sauvage solitude féminin singulier
2-
noms avec lequel ils
adjectifs qualificatifs genre nombre
doivent s’accorder
verts les champs masculin pluriel
odorantes les fleurs féminin pluriel
long un cou masculin singulier
grand un lac masculin singulier
profonde une forêt féminin singulier
vieille une maison féminin singulier
larges des douves féminin pluriel
grands des arbres masculin pluriel
petite une fille féminin singulier
sauvages des bois masculin pluriel

C- Je m’entraîne
1- Voici le pluriel des groupes nominaux proposés :
Un animal réel Ë des animaux réels
Un pantalon bleu Ë des pantalons bleus
Un beau cheval Ë de beaux chevaux
Un cheveu roux Ë des cheveux roux
Un homme heureux Ë des hommes heureux
Un journal local Ë des journaux locaux

© Cned, Français 6e — 39
c
c Séquence 2


Un chapeau mou

Un chien doux
Ë des chapeaux mous

Un sérieux problème Ë de sérieux problèmes

Ë des chiens doux

Un garçon banal Ë des garçons banals

2- Il était une fois trois sœurs appelées Victorine, Sidonie et Angèle. Les trois petites sœurs
étaient le plus souvent coquettes, douces et gentilles, mais depuis quelques temps, elles
étaient devenues naïves, inquiètes et sèches. Nul ne savait pourquoi ces bonnes grosses
filles étaient malheureuses.

3- Au palais de la Belle aux Cheveux d’Or, tout était admirable ; l’on y voyait les diamants
entassés comme des pierres ; les beaux habits, le bonbon, l’argent ; c’étaient des choses
merveilleuses : et il pensait en lui-même que, si elle quittait tout cela pour venir chez le roi
son maître, il faudrait qu’il ait bien de la chance. Il prit un habit de brocart, des plumes
incarnates et blanches ; il se peigna, se poudra, se lava le visage, mit une riche écharpe
toute brodée à son cou, avec un petit panier, et dedans un beau petit chien, qu’il avait
acheté en passant à Bologne. Avenant était si bien fait, si aimable, il faisait toute chose
avec tant de grâce, que, lorsqu’il se présenta à la porte du palais, tous les gardes lui
firent une grande révérence ; et l’on courut dire à la Belle aux Cheveux d’Or qu’Avenant,
ambassadeur du roi son plus proche voisin, demandait à la voir. [La princesse dit :] « Que
l’on me donne ma grande robe de satin bleu brodée, et que l’on éparpille bien mes blonds
cheveux ; que l’on me fasse des guirlandes de fleurs nouvelles ; que l’on me donne mes
souliers hauts et mon éventail. »

D’après La Belle aux cheveux d’or, Madame d’Aulnoy, 1697

4- Il était une fois une reine qui accoucha d’un fils, si laid et si mal fait, qu’on douta
longtemps s’il avait forme humaine. Une fée qui se trouva à sa naissance assura qu’il ne
laisserait pas d’être aimable, parce qu’il aurait beaucoup d’esprit ; elle ajouta même qu’il
pourrait, en vertu du don qu’elle venait de lui faire, donner autant d’esprit qu’il en aurait à
celle qu’il aimerait le mieux. Tout cela consola un peu la pauvre reine, qui était bien affligée
d’avoir mis au monde un si vilain marmot. Il est vrai que cet enfant ne commença pas plus
tôt à parler qu’il dit mille jolies choses, et qu’il avait dans toutes ses actions je ne sais quoi
de si spirituel, qu’on en était charmé. J’oubliais de dire qu’il vint au monde avec une petite
houppe de cheveux sur la tête, ce qui fit qu’on le nomma Riquet à la houppe, car Riquet
était le nom de la famille.

Au bout de sept ou huit ans la reine d’un royaume voisin accoucha de deux filles. La
première qui vint au monde était plus belle que le jour : la reine en fut si aise, qu’on
appréhenda que la trop grande joie qu’elle en avait ne lui fit mal. La même fée qui avait
assisté à la naissance du petit Riquet à la houppe était présente, et pour modérer la joie de
la reine, elle lui déclara que cette petite princesse n’aurait point d’esprit, et qu’elle serait
aussi stupide qu’elle était belle. Cela mortifia beaucoup la reine ; mais elle eut quelques
moments après un bien plus grand chagrin, car la seconde fille dont elle accoucha se
trouva extrêmement laide.

D’après « Riquet à la houppe », Charles Perrault, Contes, 1697

40 — © Cned, Français 6e
Séance 8
Je m’évalue
Séquence 2

c c

Je connais Je suis capable de


• les étapes du « schéma narratif » d’un • identifier dans un texte l’étape du schéma
récit. narratif :
Ë le début d’un conte correspond à la
situation initiale.
Ë le conte est le plus souvent introduit par la
formule traditionnelle : « Il était une fois ».
• les « adjuvants » et les « opposants » dans identifier les adjuvants et les opposants au
le conte. héros du conte :
Ë exemple : les principaux adjuvants de
Blancheneige sont les sept nains parce qu’ils
aident la jeune fille.
Ë exemple : le principal opposant de
Blancheneige est la reine parce qu’elle
est jalouse de la jeune fille et cherche à la
supprimer.
• le sens et les enjeux de la • éclairer le sens et le rôle de la
« métamorphose » dans le conte. métamorphose dans un conte :
Ë le synonyme du mot « métamorphose »
est : « transformation  ».
Ë dans le schéma narratif d’un conte, le
rôle de la métamorphose est le plus souvent
d’amener à la résolution des problèmes, pour
que le personnage arrive au bout de sa quête.
• l’« étymologie » et la formation des mots • décomposer un mot pour faire apparaître
par dérivation. la racine (le radical), le préfixe et le suffixe :
Ë exemple : le mot « ensorceler » est
composé de trois éléments : le préfixe
« en », le radical « sorce » (sors : le sort) et le
suffixe « er » qui permet de créer un verbe à
l’infinitif.
• le « merveilleux ». • définir le merveilleux et donner un exemple
de ses manifestations :
Ë le « merveilleux » désigne l’intervention
de personnages (humains ou animaux) ou
d’objets surnaturels, extraordinaires, dans le
cours d’une histoire.
Ë exemple : l’apparition de la fée, marraine
de Cendrillon, qui la métamorphose en
princesse d’un soir pour le bal
• la valeur des temps du récit. • justifier l’emploi de l’imparfait et du passé
simple dans le récit :
Ë Au début d’un conte, dans la description
du décor ou du personnage, on emploie
l’imparfait.
Ë Au moment où l’action commence, avec
l’élément perturbateur, on emploie le passé
simple.

© Cned, Français 6e — 41
c
c Séquence 2

• les conjugaisons de l’imparfait et du passé


simple (verbes du 1er groupe).
• conjuguer correctement les verbes en
choisissant le temps et la terminaison qui
conviennent :
Ë exemple : elle regardait la neige, ce qui
fit qu’elle se piqua le doigt avec son aiguille,
et trois gouttes de sang tombèrent dans la
neige.
• la valeur « méliorative » ou « péjorative » • identifier un champ lexical et en
d’une description. comprendre les effets dans le texte :
Ë exemple : dans l’extrait « Au large dans
la mer, l’eau est bleue comme les pétales du
plus beau bleuet, et transparente comme le
plus pur cristal », le champ lexical de beauté
donne au décor une valeur méliorative.
• l’accord de l’adjectif en genre et en • modifier le genre et le nombre d’un groupe
nombre. nominal en faisant les transformations
nécessaires :
Ë exemple :
un vieux manoir Ë des vieilles maisons.

42 — © Cned, Français 6e
SÉQUENCE 3
Séance 1
Entrer dans le monde de l’Odyssée d’Homère
Séquence 3

c c

A- Bienvenue dans le monde de l’Odyssée

1- Invocation à la Muse.

Chant I – vers 1 à 10 – Invocation à la Muse

In Odyssée, Homère, Classiques en poche, édition bilingue, Les Belles Lettres,


ISBN-10 2-251-79985-0

Les deux mots en caractères gras se lisent « *mousa » et *polutropone ».

a) • Le mot qui correspond à la traduction de « aux mille ruses » a été surligné dans le
texte grec.

• On reconnaît la racine « poly » qui signifie « nombreux, plusieurs ».

• « L’Homme aux mille tours » dont parle tant le début du poème est Ulysse, le héros.

ƒ L’Odyssée est donc une œuvre qui porte le nom de son héros : on dit que c’est une
œuvre éponyme.

• L’action se déroulera principalement sur la mer.

• Cet homme a beaucoup souffert.

© Cned, Français 6e — 43
c
c Séquence 3

b) En quelques vers, le poète, sans même avoir nommé le héros, a fourni tous les
renseignements nécessaires pour que nous comprenions ce chant : il s’agit de chanter
les aventures d’un homme rusé. Il situe également l’action dans le temps et dans
l’espace : la ville pillée est Troie, en Asie Mineure, l’actuelle Turquie, elle a été détruite
au XIIe siècle avant J.C. Nous savons qu’il s’agit d’un récit de retour : « ramener ses
gens ». Enfin, le lieu de l’action sera essentiellement la mer. Nous comprenons aussi
que ce récit devrait être merveilleux, puisque le héros est celui qui « visita les cités de
tant d’hommes et connut leur esprit » : le récit de voyage sera donc l’occasion de nous
présenter d’autres peuples et d’autres êtres. Nous savons que nous allons assister aux
nombreuses aventures d’un homme qui doit lutter et souffrir. Mais le poète ajoute un
détail : le souci du héros de sauver ses compagnons, en vain1.

c) Une « odyssée » est :

˛ un récit de voyage plus ou moins mouvementé et rempli d’aventures.

2- Le voyage de Thésée.

Devinettes numéros
On m’appelle Thalie (Abondance) : je suis la muse du théâtre comique ;
je fais beaucoup rire les spectateurs. Je porte souvent un masque avec 2
une grande bouche déformée par le rire. Où suis-je ?
Je suis Melpomène (Chanteuse), muse du théâtre aussi ; cependant, je
mets en scène les grands drames humains et ce sont des larmes que je
9
fais verser pour que le public réfléchisse à ses actes. Je suis coiffée d’un
masque qui traduit l’épouvante. Tu m’as trouvée, n’est-ce pas ?
Je joue de la double flûte pour chanter les poèmes qui évoquent les
sentiments humains. Je suis la muse de la musique. On me nomme 4
Euterpe (Gaieté). Je sais que tu m’as rapidement identifiée.
Je suis Calliope (Belle voix), muse de la poésie épique : je chante les
aventures et les exploits des héros dans mes poèmes. Quelle vaillance et 1
quel courage ! Je tiens un rouleau, à la main. M’as-tu reconnue ?
Je chante l’amour qui enchante les cœurs et les fait battre plus fort.
Nous avons tous besoin d’amour ; c’est le plus beau des sentiments,
quand il est sincère ! Mon nom Erato signifie Amoureuse, évidemment. 7
J’accompagne mes poèmes en jouant de la cithare (instrument à cordes
que l’on pinçait avec les doigts). Tu ne peux que me trouver !
Le poète Paul Claudel dit qu’il a assez attendu ; qu’il faut que je chante
de nouveau, alors que, accoudée à mon rocher, j’aime me tenir au
5
milieu de mes sœurs ! Je suis Polymnie (Plusieurs chants), muse de la
poésie sacrée. Me vois-tu ?
J’écris l’Histoire, je suis la mémoire des Hommes. Sans moi, nous
n’aurions plus de racines. Les peuples déracinés seraient voués à errer.
6
Évidemment, mon nom, Clio, évoque la Célébrité ! J’écris à la manière
antique, sur une tablette. Tu me vois entre Polymnie et Erato.
Muse de l’astronomie, j’ai la tête dans les étoiles. Mon nom, Uranie
8
(Céleste) rappelle le ciel des Grecs. Tu aperçois un globe à mes pieds.
Je danse avec légèreté : mon corps est mon mode d’expression. Il est
3
aussi source de Séduction, comme le dit mon nom : Terpsichore.

La racine commune est « *Callos » : la beauté, que nous avons étudiée dans le mot
« calligraphie ». La Muse qu’il fallait retrouver (et entourer) est donc Calliope.

44 — © Cned, Français 6e
B- Un poète inspiré
1- Homère, reporter antique de guerre ?
- Les emplacements de Mycènes (en Grèce) et de Troie (en Asie Mineure) ont été surlignés .
c
Séquence 3 c

- Vérification de la compréhension avec les mots croisés :

a) Í c)
I 1 H O M È R E A
L D G
I U A
A 2 S C H L I E M A N N
D S E
3 T R O I E 4 A E D E M
D U N
5 M Y C È N E S O
S 6 A C H É E N S
S
É
E
2- Homère, citoyen du monde.
L’empereur Marc-Aurèle a dit qu’« un homme inconnu peut être un homme divin. »

© Cned, Français 6e — 45
c
c Séquence 3

Séance 2
Faire connaissance avec les dieux et les déesses grecs

A- Les origines de l’univers

1- La naissance des dieux olympiens.

a) La première génération.

Tous les noms propres ont été surlignés .

Texte 1

La naissance du monde selon la mythologie grecque


À l’origine était Chaos ou Abîme, une énorme crevasse ténébreuse d’où émergèrent
la Terre aux larges flancs et Éros, le plus beau des dieux immortels.
De Chaos naquirent également Érèbe et Nuit noire.
De Nuit , à son tour, naquirent Éther et Jour .
Quant à la Terre , elle enfanta le ciel étoilé.
Alors la Terre et le Ciel formèrent le premier couple divin qui mit au monde une
génération de dieux et de monstres : les Cyclopes , les Hécatonchires , les Titans ...
C’est du moins ce que rapporte le poète Hésiode dans sa Théogonie.

Texte 2
La naissance de Zeus
Selon la mythologie grecque, Gaia, la Terre , et Ouranos, le Ciel , eurent six fils
appelés Titans et six filles appelées Titanides . Or, le couple divin avait révélé à
Cronos , le dernier des Titans, que le pouvoir lui serait confisqué par son propre
fils.
Alors, Cronos , après avoir épousé sa sœur Rhéa , avala ses enfants : il engloutit
ainsi Hestia , puis Déméter et Héra , et après elles Hadès et Poséidon . Mais un
jour où Rhéa devait enfanter Zeus , elle se rendit en Crète pour que ce dernier né
échappât à la voracité paternelle. Les nymphes accueillirent l’enfant et le nourrirent
du lait de la chèvre Amalthée .
De retour auprès de Cronos , Rhéa enveloppa une pierre de langes et la présenta
au Titan . Ce dernier, sans méfiance, n’en fit qu’une bouchée, persuadé qu’il dévorait
son enfant.
C’est ainsi que Zeus survécut. Par la suite, il détrôna son père et s’empara
du pouvoir après lui avoir fait rendre à la lumière chacun des enfants qu’il avait
engloutis.
D’après la Théogonie, HÉSIODE
Traduction : Régine DAVID, pour le Cned

46 — © Cned, Français 6e
Gaia, la Terre Ouranos, le Ciel

Titanides
Séquence 3

c c

Titans

Cronos Rhéa

Hestia Déméter Héra Zeus Hadès Poséidon

L’intrus est le nom propre « Crète » : c’est en effet un lieu, tu te souviens ?

Zeus fait partie de la première génération de dieux olympiens ainsi que Poséidon, Hadès,
Hestia, Déméter, Héra.

b) La seconde génération.

Zeus multipliait les aventures amoureuses. Il séduisit Métis dont il eut


Athéna . Il conquit l’Océanide Dionè qui engendra Aphrodite . Puis il s’unit à
Sémélé qui lui donna Dionysos . Enfin, il épousa Héra qui accoucha d’ Arès . Mais
il eut bien d’autres aventures ! Le souverain de l’Olympe charma Léto : de leur union
naquirent Apollon et Artémis ; il aima Maia, future mère d’Hermès.

Héra supportait mal les infidélités de son époux, elle le poursuivait de ses
colères et se vengeait implacablement, tant sur ses conquêtes que sur les enfants qui
en étaient issus. Elle décida même de faire naître, seule, Héphaïstos .

Régine DAVID, pour le Cned

© Cned, Français 6e — 47
c
c Séquence 3

séduisit

conquit
Métis

Dionè

s’unit à Sémélé
Zeus
Le souverain de l’Olympe
il ... épousa Héra

charma Léto

aima
Maïa

Héra décida de faire naître


Héphaïstos

ƒ Les enfants qui naquirent de Zeus, père des dieux, sont Athéna, Aphrodite, Dionysos,
Arès, Apollon et Artémis, Hermès.

Le seul enfant né sans père est Héphaïstos.

Ces dieux sont ceux de la seconde génération.

2- La naissance de la phrase verbale.

a) Les fonctions grammaticales : 1re approche.

- C’est Zeus qui séduisit …

- C’est lui qui conquit…

- C’est lui qui s’unit à …

- C’est lui qui épousa …

- C’est le souverain de l’Olympe qui charma …

- C’est lui qui aima …

48 — © Cned, Français 6e


le maître du jeu … de séduction !

- C’est Métis que Zeus séduisit …

- C’est Dionè que Zeus conquit …


Séquence 3

Ë « Zeus », repris par « il » ou « le maître de l’Olympe » fait l’action ; il est donc sujet
des verbes « séduisit », « conquit, « s’unit à », « épousa », « charma », « aima » : il est
c c

- C’est à Sémélé que Zeus s’unit …

- C’est Héra que Zeus épousa …

- C’est Léto que Zeus charma …

- C’est Maïa que Zeus aima …

Ë « Métis, Dionè, à Sémélé, Héra, Léto, Maïa » ne font pas l’action.

Ë Elles sont donc compléments d’objet des verbes « séduisit », « conquit, « s’unit à »,
« épousa », « charma », « aima ».

b) Les fonctions grammaticales : à toi de jouer.

• Devenu souverain de l’univers, Zeus craignait les complots .


Il avala Métis, enceinte de ses oeuvres .
Quelques mois plus tard, il souffrit d’affreux maux de tête .
Il appela le dieu forgeron.
Ce dernier fendit le crâne du maître de l’Olympe .
Alors, Athéna jaillit , toute armée, de la tête de son père.
Héra détesta tout de suite la nouvelle déesse .

• Voici les lettres du nom du dieu forgeron :

1) 3e lettre du sujet du verbe de la 6e phrase. H


2) 2e lettre du complément d’objet de la 2e phrase. É
3) 7e lettre du complément d’objet de la 1re phrase P
4) 1re lettre du sujet du verbe de la 7e phrase H
5) 6e lettre du verbe de la 4e phrase A
6) 7e lettre du sujet du verbe de la 5e phrase Ï
7) 11e lettre du complément d’objet de la 1re phrase S
8) 8e lettre du verbe de la 3e phrase T
9) 19e lettre du complément d’objet de la 5e phrase O
10) 14e lettre du complément d’objet de la 7e phrase S

ƒ Le nom du dieu forgeron est Héphaïstos.

© Cned, Français 6e — 49
c
c Séquence 3

3- Exercice d’écriture.

Pour savoir si ce que tu as fait est juste, montre-le à un adulte qui t’entoure !

B- Carte d’identité des dieux olympiens

1- Leurs attributions.

- ciel
Zeuv~ Ë Zeus Zeus gouverne la terre et le ciel.
- terre
Poseidw`n - mer
Poséidon règne sur la mer.
Ë Poséidon
Ai}dh~
- enfers Hadès est le dieu infernal.
Ë Hadès
A
j povllwn - lumière
Apollon est auréolé de lumière.
Ë Apollon - arts
‘Arh~ - guerre offensive Arès, dieu de la guerre offensive se montre
Ë Arès brutal.
Diovnuso~ - ivresse
- théâtre Dionysos préside au théâtre.
Ë Dionysos
H
} ϕaistoς - forgeron
Héphaïstos forge des œuvres de toute beauté.
Ë Héphaïstos
ÔErmh`~ - messager des dieux
- commerce Hermès fait le lien entre les dieux et les hommes.
Ë Hermès
‘Hra - mariage
Héra bénit les mariages.
Ë Héra
ÔEstiva - foyer
Hestia veille sur le foyer sacré de la ville.
Ë Hestia
A
j qhna` - sagesse Athéna est rusée, sage et protège les peuples
Ë Athéna - guerre défensive attaqués.
Dhmhvτhr - agriculture Déméter fait pousser la végétation et surveille les
Ë Démèter moissons.
“Arτemi~ - nature sauvage Artémis parcourt les bois, les forêts sans
Ë Artémis - chasse relâche.
A
j ϕrodivτh - beauté
Aphrodite se contente de faire la belle !
Ë Aphrodite

Héphaïstos et Dionysos sont rattachés aux dieux olympiens.

50 — © Cned, Français 6e
2- Leurs attributs.

dieux olympiens
Zeus
Héphaïstos
1er attribut
egali => aigle
muclene => enclume
2e attribut
dofure => foudre
mautare => marteau
Séquence 3

c c

Arès suaceq => casque oicurble => bouclier


Apollon reyl => lyre airruel => laurier
Aphrodite esor => rose blomoce => colombe
Déméter caluifle => faucille ébédiple (3 mots) => épi de blé
Dionysos veing => vigne phétrane => panthère
Artémis rac => arc hibec => biche
Hermès tapsée => pétase asaledeinalses (2 mots) => sandales
ailées
Héra napo => paon èdamide => diadème
Athéna theotuce => chouette voirile => olivier
Hadès ciche => chien cinquidibélassitive (3 mots) =>
casque d’invisibilité
Poséidon chlave => cheval tnirdet => trident
Hestia oryfe => foyer abamufle => flambeau

Séance 3
Remonter aux origines du périple d’Ulysse avec l’Iliade

A- Les causes de la guerre de Troie


1- Quelle histoire !

Ë Le bon ordre de cette histoire est le suivant : 5, 2, 8, 7, 6, 4, 3, 1, 9

2- Qui est responsable ?

a) La part des dieux.

Le mariage de Thétis et Pélée

Un oracle avait révélé à Zeus, le souverain de l’Olympe / Zeus qui tonne dans
le ciel que, si la Néréide Thétis lui donnait un fils, ce dernier détrônerait son père.
Il s’empressa donc de la marier à un mortel, le roi Pélée. Il organisa un somptueux
festin pour l’occasion auquel il convia toutes les divinités. Seule, Éris, la déesse de la
discorde, n’avait pas reçu d’invitation. En sa présence, en effet, les disputes éclataient.
Furieuse, elle décida de se venger, entra dans la salle du banquet et jeta sur la table une
pomme d’or qui portait l’inscription « À la plus belle ». Évidemment, chaque déesse
considérait que ce cadeau lui revenait et les querelles se multiplièrent. Alors, Zeus, le
souverain de l’Olympe / Zeus qui tonne dans le ciel intervint pour calmer les esprits et
sur les conseils d’Hermès, le messager aux sandales ailées / Hermès à la baguette d’or,
il désigna trois élues : la vénérable Héra / Héra au diadème d’or, Aphrodite aux longs
cheveux d’or / Aphrodite au teint de colombe, la sage Athéna / Athéna, la déesse aux
yeux pers.

© Cned, Français 6e — 51
c
c Séquence 3


Le jugement de Pâris

Pendant que les dieux menaient grand tapage sur le Mont Pélion, le jeune berger
Pâris faisait paître ses troupeaux sur le Mont Ida.

Quelle ne fut sa surprise lorsqu’ apparurent les trois déesses : la vénérable Héra / Héra
au diadème d’or, Aphrodite aux longs cheveux d’or / Aphrodite au teint de colombe,
la sage Athéna / Athéna, la déesse aux yeux pers, accompagnées du messager des
dieux, Hermès, le messager aux sandales ailées / Hermès à la baguette d’or. Elles
lui révélèrent l’objet de leur visite : il devait choisir la plus belle d’entre elles et, pour le
séduire davantage, elles ajoutèrent chacune un cadeau.

Avec Héra, la déesse du mariage, il aurait un immense royaume ; avec Athéna, la


déesse à la chouette, il serait toujours vainqueur et on le consulterait pour ses sages
conseils, avec Aphrodite, la déesse au parfum de roses, il aimerait la plus belle femme
du monde et en serait aimé. Cruel dilemme !

Bien sûr Pâris remet la pomme à Aphrodite qui lui a promis l’amour de la plus belle
femme !

b) La part des hommes.

1- Les noms des personnages ont été surlignés .

Du côté des Grecs…

Nous voici dans le palais de Ménélas , roi de Sparte, mari d’Hélène . Or, il
s’avère qu’Hélène est la plus belle femme du monde.

Évidemment, quand Pâris a appris l’origine de sa naissance, qu’il a décidé de


retourner à Troie et qu’en chemin, il a demandé l’hospitalité à Ménélas , l’inévitable
est arrivé ! Pâris est tombé amoureux fou d’Hélène et il l’a enlevée alors que
Ménélas était parti guerroyer. Alors, Ménélas a pris les armes avec son frère
Agamemnon et leurs amis grecs, puis ils ont déclaré la guerre aux Troyens.

Mais pour bien comprendre l’histoire, il faut expliquer la particularité de cette


famille : en effet, les deux frères, Ménélas et Agamemnon , ont épousé les deux
sœurs, Hélène et Clytemnestre. Le premier couple a donné naissance à Hermione ;
le second à Iphigénie , Oreste et Électre .

Pauvre Iphigénie ! Son père l’a sacrifiée pour que les vents se lèvent et puissent
voguer vers Troie. Sous le prétexte de la marier au plus grand des héros grecs,
Achille, il a fait venir son épouse et sa fille au sein du campement. Quelle cruauté !
Clytemnestre ne pardonnera jamais à son époux cet acte sacrilège !

Régine DAVID pour le Cned

52 — © Cned, Français 6e
2- Voici l’arbre généalogique de cette famille complété.

ATRÉE
Séquence 3

c c

Hélène Ménélas Agamemnon Clytemnestre

Hermione Iphigénie Oreste Électre

1- Les noms des personnages ont été surlignés .

Du côté des Troyens…


Le roi de Troie, Priam a épousé la reine Hécube . Le couple a donné naissance
à de nombreux enfants : les plus connus sont Hector , Pâris , Cassandre , Hélénos .
L’aîné, Hector a pris pour épouse Andromaque . De leur union est né Astyanax .
2- Priam est le père d’Hector. C’est donc le beau-père d’Andromaque.

Hécube est la mère d’Hector. C’est donc la belle-mère d’Andromaque.

Hélénos et Pâris sont les frères d’Hector. Ils sont les beaux-frères d’Andromaque.

Cassandre est la sœur d’Hector. C’est la belle-sœur d’Andromaque.

B- L’Iliade, un récit de guerre


1- Invocation à la Muse.

a) Voici les deux dieux Olympiens cités dans l’Invocation à la Muse :

Hadès, dieu des enfers…

Zeus, souverain de l’Olympe, dieu du ciel et de la terre, maître des dieux…

Chante, déesse1, la colère du fils de Pélée, Achille ; détestable colère, qui causa mille
souffrances aux Achéens2, précipita chez Hadès tant d’âmes fortes de héros, leurs
corps livrés en pâture3 aux chiens et aux oiseaux innombrables : ainsi s’accomplissait la
volonté de Zeus . Pars du jour où une querelle divisa le fils d’Atrée, chef des guerriers
et le divin Achille.
Homère, L’Iliade, traduction de Régine DAVID pour le Cned

b) Le « divin Achille » est animé par la colère.

c) L’adjectif qualificatif qui accompagne ce sentiment est : « détestable ».

© Cned, Français 6e — 53
c
c Séquence 3

d) Les trois réponses conviennent comme l’indique : « qui causa mille souffrances aux
Achéens, précipita chez Hadès tant d’âmes fortes de héros, leurs corps livrés en pâture
aux chiens et aux oiseaux innombrables ».

2- Les héros.

Père Pélée Atrée Priam Laërte Anchise


Mère Thétis Aéropée Hécube Anticlée Aphrodite
Frères et Ménélas Pâris
sœurs Hélénos
Créuse
Cassandre
Épouse Clytemnestre Andromaque Pénélope Créuse
Fille Iphigénie
Électre
Fils Pyrrhus Oreste Astyanax Télémaque Ascagne
HÉROS ACHILLE AGAMEMNON HECTOR ULYSSE ÉNÉE

54 — © Cned, Français 6e
Séance 4
Retrouver les traces du parcours d’Ulysse
autour du bassin méditerranéen
Séquence 3

c c

A- Le périple d’Ulysse
1- Une structure narrative bouleversée.

Affirmations vrai faux


Ulysse, le héros de l’histoire, est marié avec la nymphe Calypso.
X
Ë Ulysse est marié avec Pénélope.
Il ne peut pas rentrer chez lui parce que Zeus l’en empêche.
Ë Il ne peut pas rentrer chez lui parce que Poséidon, le dieu de X
la mer, l’en empêche.
Athéna conseille à son fils Télémaque de partir à sa recherche. X
Après son naufrage, Ulysse est recueilli par Nausicaa, roi de
Phéacie.
X
Ë Après son naufrage, Ulysse est recueilli par Nausicaa, fille du
roi Alkinoos.
Au palais du roi, il commence le récit de ses aventures. X
Ulysse a affronté les Cyclopes, Charybde et Scylla ainsi que la
Chimère.
X
Ë Ulysse a affronté les Cyclopes, Charybde et Scylla mais pas la
Chimère.
Il a même rencontré Éole, le dieu des éoliennes.
Ë Il a rencontré Éole qui est le dieu des vents et a donné son X
nom aux éoliennes.
Quand Ulysse rentre enfin à Ithaque, il a revêtu une armure
resplendissante.
X
Ë Quand Ulysse rentre à Ithaque, il a l’apparence d’un
mendiant.
Son chien, Argos, fidèle à son maître le reconnaît dès qu’il
X
approche puis meurt.
Pénélope identifie son mari après qu’il lui a révélé le secret de
X
la construction de leur lit.
2- Une chronologie du souvenir.
a) Les deux œuvres d’Homère s’ouvrent toutes les deux sur une fin : celle de la guerre de
Troie, pour l’Iliade, celle de la fin du périple d’Ulysse pour l’Odyssée.
b) Narration et chronologie.
Depuis le départ d’Ulysse d’Ithaque jusqu’à son retour, vingt ans se sont écoulés.
c) Sur la carte ci-dessous, trace le voyage d’Ulysse depuis son départ de Troie jusqu’à son
retour à Ithaque.

© Cned, Français 6e — 55
c
c Séquence 3

d) Axe chronologique : Les étapes d’Ulysse.


Le périple d’Ulysse commence à Troie ; ce n’est pas là qu’on le retrouve au début de
l’Odyssée, mais chez Calypso (près du détroit de Gibraltar).
Ë Donc, l’ordre du récit ne correspond pas à celui du temps, c’est-à-dire au déroulement
chronologique.
Le récit va procéder à des retours en arrière appelés « flash-back » ou « analepses ».

B - Une narration à plusieurs voix


1- Les différents narrateurs.
a) Dans l’extrait, c’est le narrateur qui fait raconter l’histoire à l’aède Démodocos ; le
pronom utilisé est celui de la 3e personne du singulier : « il ».
b) Le pronom utilisé pour désigner Démodocos est « il » (célèbre...).
Chant IX : Ulysse se révèle.
a) Dans l’extrait, le narrateur fait parler Ulysse qui utilise alors le pronom de la 1ère
personne du singulier.
b) Le pronom qui montre qu’Ulysse parle est « moi ».
2- Le récit d’Ulysse.
a) Les personnages liés aux aventures qu’Ulysse raconte au roi des Phéaciens, dans les
deux listes suivantes, ont été surlignés .
Liste n° 1 : Les personnages et peuples liés aux aventures d’Ulysse.
Alkinoos : roi des Phéaciens qui accueille Ulysse et lui permet de regagner Ithaque.
Nausicaa : fille d’Alkinoos.
Polyphème : Cyclope, fils de Poséidon.
Circé : magicienne qui transforme les compagnons d’Ulysse en pourceaux.

56 — © Cned, Français 6e


de l’immortalité.

Charybde et Scylla : monstres marins.

Les Lestrygons : peuple de géants.


Séquence 3

Calypso : nymphe qui tient Ulysse prisonnier pendant sept ans pour l’épouser en échange c c

Les Lotophages : peuple mangeant le lotos, fruit de l’oubli.

Les Sirènes : femmes qui envoûtent les marins pour les dévorer.

Tirésias : devin, consulté par Ulysse aux portes de l’Hadès pour lui indiquer sa route.

Liste n° 2 : Les autres personnages.

Démodocos et Phémios : aèdes, images d’Homère dans l’Odyssée.

b) Sa carte d’identité.

Nom : « Oduvsseu~ » : Ulysse


Fils de Laërte
et d’ Anticlée
Époux de Pénélope
Père de Télémaque
Roi d’Ithaque
Nationalité : grecque
Protégé par la déesse Athéna
Appelé « le rusé Ulysse » ; « l’homme aux mille ruses » …

Séance 5
Argumenter pour persuader : Ulysse chez Calypso

A- Dans l’antre* de Calypso

* antre : grotte

1- Un décor naturel.

a) Nous découvrons la grotte de Calypso par les yeux d’Hermès.

b) Hermès est le messager des dieux envoyé par Zeus.

c) Il est important que nous voyions le décor par les yeux d’un dieu parce que l’endroit et
ses environs doivent être admirables pour qu’ils retiennent l’attention d’un immortel.

© Cned, Français 6e — 57
c
c Séquence 3

d)

Relevés
« quand il fut arrivé à l’île lointaine »
(ligne 8).
Déductions
Calypso habite aux confins du monde, sur
une île éloignée des terres connues et des
lieux de passage : l’île est qualifiée de
« lointaine », même pour le messager ailé.
« vaste grotte » (l. 8, 9), Calypso habite une grotte et non pas un
« cèdre », « thuya » (l. 10), « Et une forêt palais. La végétation est très abondante :
verdoyante environnait la grotte, l’aulne, le aux alentours de nombreux arbres poussent,
peuplier et le cyprès » (l. 11, 12), protègent le lieu : c’est donc un lieu naturel,
« une jeune vigne, dont les grappes loin de toute civilisation.
mûrissaient, entourait la grotte » (l. 14, 15).
« quatre cours d’eau limpide, tantôt voisins, Le lieu est sauvage : l’eau est libre de couler
tantôt allant çà et là » (l. 15), où elle veut ainsi que les oiseaux de voler.
« les oiseaux qui déploient leurs ailes » Rien n’est contraint de suivre le travail des
(l. 12, 13), hommes.
« les bavardes corneilles de mer » (l. 13, 14).
L’endroit éveille les sensations :
1) « l’odeur du cèdre et du thuya ardents 1) l’odorat : parfum délicieux, enivrant
parfumait toute l’île » (l. 10),
« le cyprès odorant » (l. 12).
2) « une forêt verdoyante » (l. 11), 2) la vue : éclat et jeu des couleurs
« verdir » (l. 16),
« eau limpide » (l. 15),
« les grappes mûrissaient » (l. 14, 15),
+ toutes les couleurs des arbres, de la mer et
de la terre.
3) « de molles prairies » (l. 16), 3) le toucher : la douceur, la fraîcheur
« quatre cours d’eau limpide » (l. 15).
4) « Et la Nymphe chantait d’une belle voix » 4) l’ouïe : sons agréables
(l. 10, 11).
« une navette d’or » (l. 11). C’est le seul objet travaillé et précieux qui
ne relève pas de la nature dont le matériau
inaltérable est réservé aux divinités.

2- Un cadre enchanteur.

a) délicieux, enchanteur, paradisiaque, hostile, éblouissant, féérique, merveilleux, naturel,


sauvage, inexploré

b)

˛ La description des lieux livre de nombreux détails utiles aux marins grecs de l’Antiquité.

˛ La description des lieux donne un côté authentique au récit : il est « caché » car c’est la
demeure d’une nymphe et qu’il est important, pour un marin grec de trouver une grotte
où pouvoir s’abriter.

˛ La description des lieux permet de relancer l’action et de mettre en valeur la décision


d’Ulysse.

Les trois réponses conviennent. De plus, ce lieu enchanteur est un moment de poésie
auprès le tumulte du naufrage.

58 — © Cned, Français 6e
c) Exercice d’écriture.
Voici deux exemples de ce qu’il état possible décrire pour répondre au sujet :
1) J’aimerais vivre dans la grotte de Calypso parce que ce lieu est sauvage et enchanteur :


les hommes ne l’ont pas encore souillé ; ici pas de béton, pas de pollution.
Ensuite, ce lieu protégé est magique : il met tous les sens en éveil ; les yeux ne se
Séquence 3

c c

lassent pas de découvrir mille couleurs ; le bruissement de l’eau et la douceur de la


prairie sont apaisants. Je me sentirais libre comme les oiseaux et l’eau fuyante.
2) Je n’aimerais pas vivre en cet endroit parce qu’il est beaucoup trop isolé, loin de
toute civilisation : on n’y rencontre personne d’autres que la nymphe ; ici, pas de
cinéma, pas de bibliothèques, de jeux. De plus, il paraît hostile en dépit de son côté
éblouissant : en effet, difficile de s’échapper de là ; la végétation est luxuriante et on
ne voit que la mer à perte de vue. Je me sentirais prisonnier, comme Ulysse.

B- Calypso, la nymphe aux belles boucles


1- Une déesse persuasive…
a) Qui parle à qui ?
Les deux personnages en présence dans le texte ont été surlignés .
[…] Quand ils se furent réjouis des boissons et des nourritures, la divine nymphe
reprit : « Fils de Laërte, enfant de Zeus, Ulysse aux mille ruses, ainsi il est vrai que
tu veux rentrer chez toi, dans ta patrie, maintenant, sans attendre… Adieu donc et
malgré tout ! Mais si ton cœur pouvait savoir quels soucis le sort te prodiguera avant
ton arrivée sur la terre natale, c’est ici, près de moi, que tu voudrais rester pour garder
cette demeure et devenir un dieu, malgré ton désir de revoir une épouse que tu espères
tous les jours. Pourtant, je ne crois pas être moins belle ni de taille ni d’allure et il ne
convient pas à une femme de rivaliser de corps ou de visage avec une déesse. »
Ulysse l’avisé répondit : « Déesse vénérée, écoute et pardonne-moi, je sais aussi
tout cela ; qu’auprès de toi, la très sage Pénélope serait sans grandeur ni beauté ; elle
est mortelle et tu ne connaîtras ni l’âge, ni la mort. Et pourtant, mon seul vœu, chaque
jour, est de rentrer chez moi et de vivre la journée du retour. »
Odyssée, Chant V, vers 201 à 220, Homère, traduction adaptée de celle de Leconte de Lisle
Traduction de Régine David pour le Cned

• On voit que les personnages parlent grâce aux verbes de paroles « reprit » et « répondit »
et à la ponctuation du dialogue « les deux points et les guillemets ».
b) Ils parlent : ˛ du retour du héros dans sa patrie
c) Comment ? Pourquoi ?

Relevés Arguments
« Mais si ton cœur pouvait savoir quels soucis
Calypso annonce à Ulysse qu’il souffrira
le sort te prodiguera avant ton arrivée sur
beaucoup avant de rentrer chez lui. Il ferait
la terre natale, c’est ici, près de moi, que tu
bien de rester.
voudrais rester » (lignes 4 et 5)
« devenir un dieu » (ligne 5) Calypso propose à Ulysse l’immortalité.
« je ne crois pas être moins belle ni de taille ni
Calypso met sa beauté en valeur.
d’allure » (ligne 7)
« il ne convient pas à une femme de rivaliser Calypso, en tant que déesse, est nécessaire-
de corps ou de visage avec une déesse »
(lignes 7 et 8) ment supérieure à une mortelle.

© Cned, Français 6e — 59
c
c Séquence 3

d) Exercice d’écriture.


Voici un exemple de ce qu’on pouvait imaginer :
« Je voudrais aller au cinéma, dimanche après-midi, avec des amis. Je sais que c’est
le jour où nous rendons visite à Papy et Mamie que j’aime tant, mais les vacances
approchent et je pourrai rester près d’eux plus longtemps. Et puis, j’ai travaillé dur à
l’école, mes résultats scolaires en témoignent. Enfin, je participe aux travaux ménagers
de la maison : je ne rechigne pas quand c’est à moi de mettre la table ; je passe
régulièrement l’aspirateur dans ma chambre. En plus, je garde ma petite sœur quand
vous allez faire des courses. Je mérite bien la récompense d’aller voir Le Petit Nicolas
que nous allons d’ailleurs étudier en Français. S’il-vous-plaît ! »
2- L’échec de Calypso.
a) Ulysse souffre de nostalgie qui est un état de tristesse causé par l’éloignement du pays
natal et de ceux qu’on aime. « Nostos » en grec signifie le « retour » ; « gaster » veut
dire « estomac », et « otos », oreille.
3- Figures de femmes.
a) À quelle déesse peux-tu les comparer ?

C A L Y P S O S L C
U E H S U S U S Y I
L P É N É L O P E R
Y U R S L S L E S C
S N A U S C A A S É
S L Y E Y E Y U E !
Bravo, tu as trouvé : c’est en effet Héra, l’épouse de Zeus.
b)

Ë Voici le nom de deux autres attributs dont nous avons déjà parlé :
- Quel est l’arbre attribut d’Athéna ? C’est un arbre : l’olivier
- Quel est l’oiseau attribut d’Athéna ? C’est un oiseau : la chouette

60 — © Cned, Français 6e
A- Un hôte monstrueux
1- Qu’est-ce qu’un monstre ?
Séance 6
Rencontrer un adversaire d’Ulysse : Ulysse chez le Cyclope
Séquence 3

c c

a) Petite étude lexicale.


A-NORM-ALE
Le cœur du mot porte le sens ; on l’appelle le RADICAL (il est issu d’une racine).
À ce radical, on ajoute des affixes : celui qui est « devant » s’appelle le PRÉFIXE et celui qui
est
« derrière » s’appelle le SUFFIXE.
Ex : a + NORM + ale :
‡ « a » : préfixe privatif (c’est-à-dire qui sert à former des contraires)
‡ « NORM » : radical
‡ « ale » : suffixe de formation d’adjectif (ici, il est au féminin)

• L’adjectif « anormale » signifie « qui est contraire à la norme » (comme un canard à


trois pattes puisque la norme est un canard à deux pattes), et de ce fait provoque la
surprise, l’inquiétude ou la réprobation.
• Voici le sens des adjectifs suivants :
aphone : sans voix.
athée : sans dieu.
atone : sans tonus.
analphabète : sans alphabet ; désigne quelqu’un qui ne sait ni lire, ni écrire.
amorphe : sans forme.
apathique : sans passions ; absence d’énergie, manque d’initiative, indifférence
habituelle.
anorexique : sans appétit.
asocial : sans société ; qui s’oppose à la société, à la vie en société.
atrophié : sans nourriture ; arrêt de développement ou diminution de volume, de poids,
d’une personne, d’un animal, d’une plante ou d’une partie de leur être, en raison d’une
maladie.
• Voici le contraire des adjectifs qui suivent.
Mangeable Ë immangeable
Inflammable Ë ininflammable
Correct Ë incorrect
Fidèle Ë infidèle
Buvable Ë imbuvable
Satisfait Ë insatisfait
Prévisible Ë imprévisible
Soutenable Ë insoutenable
• Devant « m, b, p », le suffixe « in » prend la forme « im- ».

© Cned, Français 6e — 61
c
c Séquence 3

b) Petite étude sémantique.


! Voici la façon dont chacun de ces monstres est composé.
" Ceux qui sont à la fois des êtres hybrides sont surlignés .
1) La Chimère : lion, chèvre, serpent
2) La Sphinge : femme, lion, aigle
3) le Griffon : lion, aigle, faucon
4) le Centaure : homme, cheval
5) le Triton : homme, poisson
6) la Méduse : femme, serpent
7) l’Hippalektryon : cheval, coq
8) le dieu Pan : homme, chèvre
2- En quoi Polyphème est-il un monstre ?
a) Présentation.
« Nous parvînmes au pays des Cyclopes orgueilleux, sans lois qui ne plantent ni ne
labourent.
Ils habitent le sommet de hautes montagnes, dans des grottes profondes. Ils n’ont pas
d’assemblée où on délibère ni de lois.
Chacun y dicte sa loi, à sa femme, à ses enfants sans s’occuper des autres. »
b) Le décor.

Le décor : une haute grotte laisse supposer que c’est


ƒ ƒ
un géant sauvage qui vit en ces lieux.
c) Le personnage.
• Ce personnage est le Cyclope Polyphème (fils de Poséidon). Il est important de le
rappeler car Ulysse va reprendre la mer après qu’il a aveuglé Polyphème. Aussi, le dieu,
en colère, va certainement déclencher des tempêtes pour le punir, ce qui retardera
encore son retour.
• Le portrait de Polyphème qui souligne toutes ses caractéristiques monstrueuses, c’est-à-
dire propres à un monstre.

Portrait physique Caractéristiques


« un œil unique » anomalie physique
« il ressemblait au sommet boisé d’une haute montagne »
gigantisme
« ce géant »
« un énorme bloc de pierre si lourd que vingt-deux solides chars
n’aurait pu le remuer »
« il souleva un énorme rocher, le fit tournoyer et le jeta de toute force colossale
sa force »
« une grosse massue pareille au mât d’un navire »
« sa vaste panse de chairs humaine »
bestialité
« il rotait »

62 — © Cned, Français 6e
« ce cœur impitoyable »
Portrait moral
« il vivait à l’écart, comme un sauvage »

« se ruant sur mes hommes, il en saisit deux à pleines mains et les


dévora sans rien laisser, ni entrailles, ni chairs, ni os »
sauvagerie
immense froideur

cruauté
Séquence 3

Caractéristiques c c

« les Cyclopes n’ont que faire de Zeus ni des dieux bienheureux » impiété
• Voici la déduction finale :

ƒ Le cyclope est un monstre sanguinaire.

B- Les ruses d’Ulysse


1- L’aveuglement du Cyclope.
a) Voici, dans le texte, le passage qui correspond à l’aveuglement du cyclope Polyphème :
Le sort désigna ceux que j’aurais choisis : ils étaient quatre, je fus le cinquième. (lignes 104-
105)
Aussitôt, je mis l’épieu sous la cendre pour le réchauffer. J’exhortai mes compagnons au
courage. Dès que l’épieu d’olivier fut sur le point de s’enflammer, je le retirai du feu. Mes
compagnons m’entouraient ; un dieu nous donnait du courage. Ayant saisi l’épieu d’olivier, ils
l’enfoncèrent dans l’œil du Cyclope tandis que moi, j’appuyais dessus et le faisais tourner. Le
sang chaud jaillissait de 1’œil ; les vapeurs de la pupille en feu brûlèrent paupières et sourcils ; les
racines grésillaient. Comme lorsqu’un forgeron plonge une hache dans l’eau froide, le fer siffle
– de là vient sa force –, ainsi son œil sifflait autour de l’épieu d’olivier. Il poussa un horrible
hurlement et les rochers en retentirent. (lignes 128 à 136)
Ë Oui, la scène de l’aveuglement du cyclope est détaillée dans le texte.
b) Voici les mots qui appartiennent au champ lexical de la violence (l. 69 à 85 et 125 à
138), puis au champ lexical du feu (l. 125 à 138) :
Le champ lexical de la violence est composé des mots : « impitoyable », « se ruant »,
« écrasa », « découpa », « dévora », auxquels s’ajoutent les éléments corporels
déchiquetés (« entrailles », « chairs », « os » ; « cervelle », dans « leur cervelle jaillit et
coula sur le sol ») ; « horribles hurlements », « épouvantés », « arracha », « sang »,
« cris », « morceaux de chair humaine ».
Le champ lexical du feu est composé des mots ou expressions : « cendre », « réchauffer »,
« s’enflammer », « feu », « vapeurs », « en feu », « brûlèrent », « grésillaient »,
« forgeron », « le fer siffle » et « sang chaud ».
2- Le nom d’Ulysse.
a) Rébus : Le nom que le cyclope donne à Ulysse est Personne (paire – son – nœud !!!).
b) Ils déclarent que seul Poséidon peut venir à son secours car c’est très certainement Zeus
qui est à l’origine de son aveuglement :
« Ils lui répondirent ces paroles ailées :
– Si tu es seul, si personne ne te fait violence, alors c’est une maladie envoyée par le grand
Zeus et on ne peut y échapper. Supplie ton père, le roi Poséidon. Ils dirent et s’en allèrent. »
(lignes 144-147)
Par cette ruse, Ulysse empêche Polyphème de le désigner aux autres Cyclopes.

© Cned, Français 6e — 63
c
c Séquence 3

3- La sortie de la caverne.
a) Ulysse et ses compagnons se cachent sous le ventre des béliers.
Polyphème, aveuglé tâte le dos des bêtes avant de les laisser sortir mais il ne peut
repérer les hommes !
b) Ulysse éprouve le besoin de révéler sa véritable identité parce que, d’une part, il est fier
d’avoir vaincu un adversaire aussi redoutable, et parce que, d’autre part, il veut montrer
qu’il appartient à un peuple vaillant qui n’a pas à craindre ses monstres barbares : c’est
la victoire de l’état organisé sur l’état sauvage.
c)

P O L Y P H È M E Z
W E N D U R A N T X
V Z V P R U D E N T
C A L Y P S O X Z V
Z V A T H É N A W Z
Ces trois adjectifs sont : prudent, rusé, endurant. Ils mettent en avant les qualités du
héros.

Séance 7
Lire et comparer des images
Ulysse face aux dangers de la mer : les Sirènes, Charybde et Scylla
A- Les conseils de Circé
1- Le premier danger.
a) Mots croisés.

Ç É Ñ

C ç C A P T I V E

Å H L O

C A A I

å H A R M O N I E U X

A M S

N E I

T R

b) Les lettres sont N, R, S, E, I, E, ce qui permet de reconstituer le nom SIRÈNE.


c) La magicienne Circé a mis Ulysse en garde contre les Sirènes qui envoûtent les
hommes s’approchant de leur demeure pour ensuite les dévorer, comme en témoigne
la présence des « ossements des corps qui se décomposent ». Les sirènes sont en effet
anthropophages ; elles font penser aux géants, ogres, sorcières, dévoreurs d’enfants
rencontrés dans les contes.

64 — © Cned, Français 6e
d) Voici un exemple de Sirène que nous avons imaginée.
Séquence 3

c c

Pascal Derr © Cned

Peut-être as-tu pensé au conte d’Andersen, « La petite Sirène » étudié dans la séquence II et as-
tu dessiné une femme-poisson ? Nous allons voir comment les Grecs les imaginaient.
2- Les autres dangers.
a) Les deux monstres qu’Ulysse doit affronter sont Scylla , nommée à la ligne 23, et
Charybde , nommée à la ligne 36.
b) Charybde et Scylla sont en effet : ˛ des écueils.
Ces écueils semblent correspondre au détroit de Messine entre le Nord de la Sicile et le
Sud de l’Italie.
c) Les adjectifs qualificatifs ont été soulignés.

Multiplication anormale de Les sons qu’elle émet Les expressions qui la


ses membres caractérisent
« douze pieds […] difformes » « aboiements terribles » « un monstre affreux »
« six cous, d’une longueur « voix […] d’une chienne « Scylla n’est pas une
singulière, et sur chacun une nouveau-née » mortelle »
tête effroyable »
« c’est un fléau immortel »
« trois rangées de dents,
« un monstre épouvantable,
serrées, multiples »
furieux, inattaquable »
ƒ Les expressions relevées ainsi que les adjectifs qualificatifs soulignés permettent de dire
que Scylla est un monstre, selon les trois définitions que nous avons étudiées dans la
séance précédente. Son aspect est terrifiant : elle n’a plus rien d’humain, même pas la
voix.
d) Charybde fait penser à :
˛ un gouffre : Vaste tourbillon qui se produit dans la mer ou l’océan, provoqué par la
rencontre de deux courants contraires.

© Cned, Français 6e — 65
c
c Séquence 3

B- Les monstres marins en images

1- Les sirènes.

a) Vase grec à figures rouges : Odyssée, Ulysse et les sirènes, Ve siècle av. J.-C., exposé au
British Museum à Londres.

Espaces Éléments figurés


Å La place centrale du vase est occupée par le héros Ulysse attaché au mât de
son navire. C’est le seul qui n’a pas les oreilles bouchées par de la cire. Dans
l’espace triangulaire délimité par les rochers à gauche et à droite, plonge
vers lui une sirène, créature à tête de femme et à corps d’oiseau, d’une
taille supérieure aux hommes. Elle n’est pas parvenue à séduire les marins et
semble se laisser tomber.
Seul, le marin à la poupe du navire voit la scène, par sa position surélevée.
Ç De part et d’autre du navire, veillent deux sirènes, perchées sur un rocher.
Celle de gauche a les ailes déployées, prête à fondre sur ses proies. L’autre, les
É
ailes repliées, observe sa congénère. Toutes deux ferment l’espace. Le navire
d’Ulysse est donc aux prises avec le chant envoûtant de ces créatures : aucune
issue n’était possible sans la mise en garde de Circé.
Ñ Le navire dont la coque du vaisseau est décorée d’un œil protecteur, à flots,
rappelle qu’il s’agit d’une aventure maritime d’Ulysse. Les compagnons
d’Ulysse rament à vive allure afin de quitter la zone dangereuse.

b) Tableau de Marc Chagall, peintre russe du XXe siècle, Ulysse et les Sirènes.

Oiseau/ange ? :
annonciateur du divin

Femme oiseau
et poisson

Femme oiseau

Femme
poisson

Synthèse :

Ici, tout danger (nedrag) est écarté. On ne sent aucune agressivité : l’atmosphère est
apaisée (ésaipae).

Le tableau a l’aspect immatériel du songe : il produit un effet de rêverie (êvirere), de


poésie (soipée), d’irréalité (laritérie).

66 — © Cned, Français 6e
2- Charybde et Scylla : a) et b) Une fresque* du XVIe siècle.

Extrait n° Å :
arrière-plan
Séquence 3

c c

À l’arrière-plan, nous
apercevons le bas du corps
de Scylla, animé par six têtes
de chien qui ont arraché au
navire six marins qu’elles
serrent dans leur gueule.

Extrait n° Ç :
premier plan
Au premier plan, un
monstre marin à la peau
visqueuse ouvre une large Fresque d’ Alessandro Allori réalisé en
gueule, hérissée de dents, 1560, Florence, Italie
pour engloutir une énorme photo Erich Lessing
masse d’eau. Son regard est © 2007 texteimage.com
terrifiant.

Voici les mots qui justifient nos réponses :

Extrait n° Å : « C’est là dedans que demeure Scylla aux aboiements terribles . Sa voix

n’est pas plus forte que celle d’une chienne nouveau-née ; c’est pourtant un monstre
affreux : sa vue ne réjouit personne, pas même un dieu. Elle a douze pieds, tous difformes ;

et six cous , d’une longueur singulière, et sur chacun une tête effroyable, à trois rangées de

dents, serrées, multiples, pleines des ténèbres de la mort. Elle s’enfonce jusqu’à mi-corps

dans le creux de la caverne ; elle tend ses têtes hors du gouffre terrible […]

Scylla emporte avec chacune de ses têtes un homme du vaisseau à la proue sombre. »

Extrait n° Ç : « Au pied du roc, la fameuse Charybde engloutit l’eau noire. Trois fois par jour

elle la rejette et trois fois elle l’engloutit avec un bruit effroyable. Ne te trouve pas là, quand
elle commence à l’engloutir ; car l’ébranleur de la terre lui-même ne pourrait te sauver du
malheur. Aussi fais vite passer ton vaisseau près de l’écueil de Scylla ; car il est sans doute bien
préférable d’avoir à regretter six hommes de ton équipage que de les perdre tous ensemble. »

© Cned, Français 6e — 67
c
c Séquence 3

c) Récapitulatif des différents plans que l’on peut utiliser en peinture ou en dessin d’une
manière générale.

Plan d’ensemble
Ce plan est
large et situe
Plan moyen
Dans ce plan, la
caméra cadre les
Plan rapproché
Ce plan cadre
le personnage
Gros plan
Une partie du
corps suffit
Très gros plan
La caméra se
concentre sur un
les personnages personnages des jusqu’à la taille. à remplir une détail, comme
dans un décor. pieds à la tête. Quand c’est à image en gros le regard, par
mi cuisse, on plan. exemple.
l’appelle « plan
américain » en
se référant à
l’arme des cow-
boys dans les
westerns.

® ® ® ˛ ®
d) Le spectateur : ˛ a un mouvement de recul.
˛ est terrifié.

Séance 8
Analyser et construire des portraits de monstres
A- Héraclès
1- Biographie d’un héros.
Affirmations Vrai Faux Corrections éventuelles
Zeus a pris l’apparence
Zeus s’est métamorphosé en cygne
˛ d’Amphitryon, le mari
pour séduire la mère d’Héraclès.
d’Alcmène.
La mère d’Héraclès est une
˛
mortelle.
La déesse Athéna poursuit Héraclès C’est la déesse Héra qui est
˛
de sa colère. en colère contre Héraclès.
La Voie Lactée provient du lait de
la déesse Héra selon la mythologie ˛
grecque.
Héraclès doit accomplir douze
travaux pour avoir tué sa femme et
˛
ses enfants dans un accès de colère
insufflé par l’épouse de Zeus.

68 — © Cned, Français 6e
2- Douze travaux comme châtiment.

N° Description de l’épreuve
Séquence 3

c c

I Le lion de Némée
II L’hydre de Lerne
III Le sanglier d’Érymanthe
IV La biche de Cérynie
V Les oiseaux du lac Stymphale
VI Les écuries d’Augias
VII Le taureau de l’île de Crète
VIII Les cavales de Diomède
IX La ceinture de la reine des Amazones
X Les bœufs de Géryon
XI Les pommes d’or des Hespérides
XII Cerbère, le gardien des enfers

3- Portrait d’un monstre.

a)

1) L’ordre choisi dépend de celui qui voit. Héraclès, plus petit que Cerbère, voit d’abord
une masse monstrueuse puis ses pattes postérieures et son immense corps. Ensuite, il
lève les yeux et quand l’animal chute, il peut discerner sa tête. L’ordre choisi dépend de
la position de celui qui voit.

2) Les pattes postérieures, le corps, les têtes – les gueules, les crocs, les langues, les pattes
postérieures – les griffes, sont tour à tour décrites avec plus ou moins de précisions,
en fonction de ce qui est caractéristique.

3) Pour rendre ces parties du corps visibles, on utilise des expansions dans le groupe
nominal : essentiellement des adjectifs qualificatifs : « musculeux » (le corps),
« puissantes » (pattes postérieures), « écumantes » (les gueules), « acérés » (crocs),
« hérissée » (chaque langue), « pointues » (griffes), mais aussi des groupes nominaux
prépositionnels : « du monstre effrayant » ( le corps), « aux crocs acérés » (trois
gueules), « de serpents » (langue hérissée + une multitude), « de la bête » (pattes
antérieures).

4) L’expression en caractères gras est une comparaison.

5) Le temps majoritairement employé dans le portrait est l’imparfait de l’indicatif :


« s’agitaient », « dardaient », « fouettaient » quand le portrait est statique. On utilise
le passé simple dès qu’on met le monstre en mouvement. Reporte-toi à la séance 3 de
la Séquence 2, si besoin.

© Cned, Français 6e — 69
c
c Séquence 3

4- Outils de la langue : la comparaison.

a) Les éléments de la comparaison ont été surlignés dans les phrases.

1) Inquiète, les yeux aigus comme des flèches , la mère surveille ses petits.

2) La grande aile du cygne l’entraîne ainsi qu’un navire .


3) C’était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune,

Comme un point sur un i (A. de MUSSET)

4) Les grands blés mûris, telle une mer dorée, ondulent sous le vent.

5) Les hiboux sont doux comme des joujoux. Leurs yeux ressemblent à des cailloux .
b) Des comparaisons souvent employées.
1) Cet enfant a dormi comme un loir.
2) Elle est gaie comme un pinson.
3) Cet homme est sobre comme un chameau.
4) Il est heureux comme un coq en pâte.
5) Le prévenu est muet comme une carpe.
6) La voiture avançait comme une tortue.
c)
1) rouge comme une tomate.
Pris en flagrant délit, mon père n’eut pas le temps de cacher l’énorme poignée de
bonbons et devint rouge comme une tomate.
2) pâle comme un linge.
Je la vis apparaître, en pleine nuit, dans l’embrasure de ma porte ; elle était pâle
comme un linge : qu’avait-elle vu ou entendu ?
3) Sourd comme un pot.
C’était la quatrième fois que j’appelais mon jeune frère pour le déjeuner sans qu’il
réponde : j’en conclus qu’il était sourd comme un pot ! Ma mère s’en inquiéta ; il
avait en fait les écouteurs de son baladeur sur les oreilles.
d) Des adjectifs qualificatifs exprimant une caractéristique commune.
1) une réponse claire comme de l’eau de roche.
2) une personne riche comme Crésus.
3) un homme têtu comme un âne.
4) une fille belle comme le jour.
5) un enfant sale comme un cochon.

70 — © Cned, Français 6e
e)

1) Cet élève est bavard comme une pie.

2) Cet enfant est vif comme un lézard.


Séquence 3

c c

3) Tu es laid comme un pou quand tu fais des grimaces.

4) Cet individu est doux comme un agneau.

5) Cet homme est fort comme un taureau.

6) Cette fille est maligne comme un singe.

f) Le numéro de la phrase qui comporte une comparaison a été surligné ; ensuite, le


mot outil a été encadré encadré.

1) Le jardinier balaie les feuilles.

2) Le vent, tel un jardinier géant, balaie les feuilles.

3) Malgré ses gants, elle ressentait le froid comme une morsure.

4) La morsure d’un chien peut être dangereuse.

5) Avant l’orage, les nuages ont l’air de gros choux fleurs dans le ciel.

6) À la cantine, les élèves ont mangé du chou fleur.

5- Exercice d’écriture.

Voici ce qu’il était possible d’imaginer :

Le cinquième des douze travaux d’Héraclès le confronta à des oiseaux carnivores qui
infestaient le lac Stymphale, au cœur d’une forêt touffue, après qu’ils avaient fui autrefois
devant une invasion de loups. Ces volatiles redoutables déchiquetaient quiconque
s’approchait de leur bec si dur et acéré qu’il pouvait transpercer le bronze des boucliers. Il
en allait de même de leur bec et de leurs serres à pointe d’airain.

Comme Héraclès ne savait comment il pourrait chasser les oiseaux de la forêt, Athéna lui
donna des crotales1 de bronze qu’elle avait reçues d’Héphaïstos. En les faisant résonner
depuis une montagne qui était proche du lac, il effraya les oiseaux ; ils ne pouvaient
supporter le bruit et s’envolèrent, ainsi Héraclès fut en mesure de les abattre de ses flèches.

1. crotales : instrument à percussion formé de deux éléments de bois ou de métal, reliés par une charnière et
heurtés l’un contre l’autre, employé pour accompagner la danse, dans l’Antiquité et aussi actuellement, chez
certaines peuplades d’Afrique.

© Cned, Français 6e — 71
c
c Séquence 3

B- Persée
1- Rapide biographie.
a) Charades.
Mon premier est l’un des parents : Père
Mon second est la troisième lettre de l’alphabet : «c»
Mon tout est le héros de l’histoire : C’est Persée.

Mon premier est le second terme d’une négation : Plus


Mon deuxième est la neuvième lettre de l’alphabet : «i»
Mon troisième complète le proverbe : « Qui -----, dîne. » : « dort »
Mon tout est le moyen trouvé par Zeus pour séduire Danaé : C’est la pluie d’or.

Mon premier est une conjonction de coordination : Mais


Mon deuxième est un article partitif : du
Mon troisième est l’article défini anglais : the
Mon tout est le nom du monstre que doit vaincre le héros : C’est Méduse.
2- Portrait d’un monstre.
a) et b) Les parties du visage décrites dans le petit texte de gauche ont été entourées et
les expansions dans le GN qui donnent à voir ces parties du visage ont été surlignées .

« Son visage hideux s’offrit aussi à mes regards, mais réfléchi sur l’airain du bouclier
que portait ma main gauche » : sa chevelure vipérine, grouillante et sifflante , s’animait
avec fureur tandis que ses yeux exorbités, animés par des flammes , cherchaient en vain
à croiser mon regard pour me pétrifier. Ses muscles faciaux se crispèrent et ses joues
émaciées se creusèrent encore dans sa vaine tentative à éviter son reflet, réfléchi par le
bouclier que m’avait confié Athéna.
« Tandis qu’un lourd sommeil engourdissait le monstre et ses couleuvres, je séparai sa
tête de son cou. »
c) L’ajout du portrait renforce l’aspect terrifiant du monstre et met en avant le courage
du héros. Le lecteur repousse le monstre et s’identifie au héros Ainsi, l’effet est double.

Séance 9
Participer au dévoilement progressif
du héros de retour à Ithaque

A- Des reconnaissances successives


• Le chien d’Ulysse, fidèle à son maître, attend le retour du héros.
Lorsqu’il le voit sous les traits d’un mendiant :
˛ il remue la queue puis meurt.

72 — © Cned, Français 6e
• La nourrice d’Ulysse, Euryclée, le reconnaît :


˛ à une ancienne cicatrice.
• La femme d’Ulysse, Pénélope, l’accueille mais veut s’assurer que cet homme est bien
son époux ; elle lui tend un piège :
˛ il doit lui rappeler que le lit conjugal ne peut être déplacé.
Séquence 3

c c

B- L’épreuve de l’arc et le massacre des prétendants


1- Voici le schéma avec la liste des opposants et des adjuvants.

Opposants :

Les prétendants (l. 192)

- Antinoos (l. 20) Adjuvants :

- Léiôdès (l. 38) - son fils, Télémaque


(l. 25)
- Mélanthios (l. 50)
ULYSSE - Le porcher, Eumée
- Eurymaque (l. 57)
(l. 18)
- Démoptolème (l. 186)
- Le bouvier,
- Euryale (l. 186) Philétios (l. 66)
- Élate (l. 187)

- Pisandre (l. 187)

2- La liste des opposants est beaucoup plus importante. Ainsi, montre-t-on le déséquilibre
des forces en présence. Pourtant, c’est Ulysse qui va vaincre. Ainsi son courage est d’autant
plus mis en valeur.
3- Antinoos est le premier prétendant atteint par Ulysse. Le meurtre d’Antinoos nous montre
l’habileté d’Ulysse à manier l’arc et à atteindre sa cible : Ulysse est un fin archer, capable
d’exploits dans le maniement des armes aussi.

C- Les épithètes homériques


1- a) et b) Voici les différentes expressions soulignées dans le texte qui montrent d’autres
qualités d’Ulysse. L’expansion qui n’est pas un adjectif a été encadrée .
« Le divin Ulysse » (l. 14), « le parfait Ulysse » (l. 25),
« Ulysse l’inventif » (l. 71), « le sage Ulysse » (l. 77),
« le subtil Ulysse » (l. 92), « l’infortuné Ulysse » (l. 137),

« Ulysse d’Ithaque » (l. 165), « le glorieux Ulysse » (l. 178)


c) L’expression « d’Ithaque » est un groupe nominal prépositionnel. Ce GN est
Complément du nom « Ulysse ». Ne t’inquiète pas si tu n’as pas trouvé, tu étudieras
cette nouvelle fonction grammaticale prochainement !

© Cned, Français 6e — 73
c
c Séquence 3

2- Classement des épithètes homériques.

Origine
Ulysse, le descendant de Zeus …
Ulysse issu de Zeus …
Qualités
Ulysse aux mille ruses...
Ulysse, ce héros modèle de patience …
Ulysse, le nourrisson de Zeus … Ulysse l’avisé …
L’illustre Ulysse, modèle de patience …
Ulysse au grand cœur …
Le noble Ulysse …
Le noble Ulysse …

Séance 10

Je connais Je suis capable de


• des extraits de l’Iliade et surtout de l’Odyssée • situer l’auteur : vers le VIIe s. av. J.-C.
d’Homère.
• définir le sujet de l’Iliade par un GN : La
colère d’Achille.
• définir le sujet de l’Odyssée par un GN : Le
périple d’Ulysse.
• dire que la première porte l’ancien nom
• l’origine de leur titre.
de la ville de Troie : « Ilion », que la seconde
porte le nom grec du héros : « Odysseus » ;
ce sont donc deux œuvres éponymes.

• la longue tradition orale des auteurs- • nommer Homère dans ce rôle : il était un
chanteurs-compositeurs dont sont issues les de ces aèdes.
œuvres.
• le début de chaque œuvre qui commence • nommer la Muse de l’épopée : c’est
par une invocation à la Muse. Calliope.

• l’origine de la guerre de Troie. • raconter l’histoire de « la pomme de


discorde » et de préciser, en la surlignant,
laquelle des trois déesses Pâris a choisie
parmi Héra, Athéna et Aphrodite .
• les deux peuples qui se sont affrontés dans • situer la Grèce et Troie sur une carte
cette guerre. géographique.
• les reconnaître grâce à certains de leurs
attributs :
• les principaux dieux olympiens.
Ë Zeus, dieu des dieux, est identifiable
grâce à son bâton de foudre et à l’aigle qui
l’accompagne.
Ë Apollon a pour attributs : une lyre
(instrument de musique) et une couronne de
laurier (qu’il a tissée à partir des branches
d’un arbre).

74 — © Cned, Français 6e
• la déesse qui protège Ulysse. • la nommer : c’est Athéna ;
Séquence 3

préciser deux de ses attributs : l’olivier (un


arbre) et la chouette (un oiseau).
• traduire « polymêtis »: Ulysse et Athéna
sont tous les deux rusés.
c c

• retrouver au moins trois adjectifs


• la qualité commune à Ulysse et Athéna. qualificatifs pour définir Ulysse : il est
prudent, rusé, endurant.
• retrouver au moins une épithète homérique
pour les principaux dieux, le héros et les
• les qualités d’un héros. membres de sa famille :
Ë Athéna, la déesse aux yeux pers
Ë Poséidon, l’ébranleur des terres
Ë Zeus, l’assembleur des nuées
• de nombreuses épithètes homériques Ë Hermès, à la baguette d’or
Ë Ulysse, aux mille ruses
Ë Le divin Ulysse
Ë La sage Pénélope
Ë Le puissant Télémaque
• le mot « épopée ». • définir le mot : une épopée est un long
poème ou un vaste récit, mêlant l’Histoire
et la légende, qui vante les exploits de
héros dont le courage rejaillit sur les cités
auxquelles ils appartiennent.
• les fonctions grammaticales « sujet du • construire une phrase dont le sujet du
verbe » et compléments autour du verbe : verbe est « Ulysse » :
C.O.D du verbe, C.O.I du verbe, certains
Ulysse a vaincu le cyclope Polyphème.
compléments circonstanciels.
• construire une phrase dont le C.O.D est
« Ulysse » :
Athéna protège Ulysse.
• certaines étapes du périple d’Ulysse. • dire le nom de la nymphe qui l’a retenu
pendant sept ans : elle s’appelle Calypso.
• raconter l’épisode chez le cyclope
Polyphème, notamment une ruse imaginée
par le héros pour vaincre le cyclope et sortir
de son antre.
Ë Il est parvenu à sortir de la grotte en se
cachant sous le ventre d’un bélier.
• nommer et décrire d’autres monstres
rencontrés par Ulysse : les sirènes, Charybde
et Scylla.
• une manière de persuader par • Calypso fait appel aux sentiments d’Ulysse
l’argumentation. pour le persuader de rester auprès d’elle ;
mais la nostalgie du héros est plus forte.

© Cned, Français 6e — 75
c
c Séquence 3

• quelques notions d’analyse de l’image.

• la chronologie bouleversée de la narration.


• tracer les lignes directrices, retrouver les
différents plans et le cadrage ; dire ce que je
ressens et l’expliquer.
• nommer les principaux narrateurs ; tantôt
c’est Homère, tantôt c’est l’aède Démodocos,
tantôt c’est Ulysse lui-même qui raconte ses
aventures.
• l’organisation et le rôle d’un portrait. • donner une image précise d’un personnage
en nommant, décomposant les différentes
parties du corps ; en choisissant un ordre.
Je n’oublie pas de les donner à voir en
utilisant des expansions dans le GN et des
comparaisons.
G Je ne choisis que des caractéristiques.
• une partie de l’histoire des héros Héraclès • citer deux des douze travaux d’Héraclès :
et Persée. « rattraper à la course la biche de
Cérynie », « cueillir les pommes d’or du
jardin des Hespérides », par exemple.
• de nombreux mots de vocabulaire ou • définir ou proposer un synonyme :
expressions tirés de l’Iliade et de l’Odyssée.
- un voyage jalonné d’aventures : c’est une
odyssée.
- « être sous l’égide de … » : être sous
l’autorité et la protection de.
- un sujet de dispute : « une pomme de
discorde ».
- « tomber de Charybde en Scylla » : survivre
à une épreuve pour tomber dans un malheur
plus grand.
- un ouvrage qui ne se termine jamais : une
toile de Pénélope.

76 — © Cned, Français 6e
Séance 1
SÉQUENCE 4

Quand le conte européen rencontre le conte oriental


Séquence 4

c c

A- Les relations entre les personnages


1- Le titre de cette histoire peut faire penser au conte « Les Fées » de Charles Perrault, par la
référence à la jalousie et à la « cadette ». Il fait écho également, bien sûr, à « Cendrillon »,
dont les deux sœurs sont très jalouses et méchantes.

2- As-tu bien compris l’histoire ?

Questions Réponses
Qui sont les trois sœurs ? ® des princesses
˛ des jeunes filles pauvres
® des servantes
Qui les deux aînées souhaiteraient-elles ˛ le boulanger et le chef de cuisine du sultan
épouser ?
® le sultan et son boulanger
® les deux frères du sultan
Quel est le souhait de la cadette ? ® ne pas se marier
® épouser le chef de cuisine
˛ être l’épouse du sultan
Quelle décision étrange le sultan ˛ il décide d’accomplir leurs souhaits
Khosrouschah prend-il ?
® il décide de les punir de leur audace
® il décide de les épouser toutes les trois
Quelles sont les deux qualités majeures ® sa beauté et sa patience
de la cadette ?
® son esprit et son courage
˛ sa beauté et son esprit
Qu’est-ce qui va déclencher la jalousie ® l’orgueil de leur cadette
des deux aînées ?
˛ la disproportion entre les mariages
® la méchanceté de leurs époux
3- a)

• La première souhaite épouser le boulanger du sultan pour pouvoir se gaver de pain : « je


mangerais tout mon soûl de ce pain si délicat qu’on appelle par excellence pain du sultan »
(lignes 5-6).

• La seconde sœur souhaite épouser le chef de cuisine du sultan pour manger « d’excellents
ragoûts », en plus du pain dont elle ne « manquera pas » (lignes 9-12).

• La cadette souhaite épouser le sultan pour lui donner « un prince dont les cheveux seraient
d’or d’un côté et d’argent de l’autre ; quand il pleurerait, les larmes qui lui tomberaient des
yeux seraient des perles ; et autant de fois qu’il sourirait, ses lèvres vermeilles paraîtraient
un bouton de rose quand il éclôt. » (lignes 20-24).

© Cned, Français 6e — 77
c
c Séquence 4

b) L’explication de leurs souhaits révèle combien les deux aînées sont superficielles et
intéressées. Il ne s’agit pour elles que de pouvoir manger gratuitement. La cadette, au
contraire, se révèle plus profonde, délicate et sensible ; elle se projette également en
tant que mère d’un héritier, ce qui a pu marquer le sultan, car c’est important pour un
sultan d’avoir un descendant masculin qui assurera l’avenir.
4- a) Voici la phrase qu’il fallait relever ; les adjectifs ont été soulignés : « Aussi cette
considération fit que loin d’être contentes du bonheur qui leur était arrivé, même
selon chacune son souhait, quoique beaucoup au-delà de leurs espérances, elles se
livrèrent à un excès de jalousie qui ne troubla pas seulement leur joie, mais même qui
causa de grands malheurs, des humiliations et des afflictions les plus mortifiantes à la
sultane leur cadette. »

b) La force de la jalousie des aînées est mise en valeur par le superlatif : « jalousie qui (…)
qui causa de grands malheurs, des humiliations et des afflictions les plus mortifiantes
à la sultane leur cadette » (lignes 44-45).

c) Voici la transformation des phrases :

- Les deux sœurs sont les plus jalouses et les plus méchantes.

- Elles utiliseront la ruse la plus odieuse pour se venger d’elle.

B- L’Orient
1- Les quatre indices montrant que cette histoire se passe en Orient sont le mot « sultan »
(douze fois), le prénom « Khosrouschah » (lignes 26 et 29), la mention de la « Perse »
(ligne 33) et l’évocation du « bain public » (ligne 51).
2- Le sultan est le nom donné au roi, au souverain dans certains États.
Le calife est le chef de la communauté musulmane.
Le vizir est le ministre d’un souverain.
Le cadi est un juge dont la compétence s’étend aux questions religieuses.
Le muezzin est la personne chargée d’appeler aux cinq prières quotidiennes.
L’imam est celui qui dirige la prière dans une mosquée.
3- Pour ne pas perdre le Nord !

78 — © Cned, Français 6e
C- Écriture

Après une situation initiale qui présente les personnages et une situation de départ, le
lecteur peut estimer que l’élément perturbateur est la disproportion des mariages et la
Séquence 4

1- a) et b) On peut considérer la composition de notre extrait de deux manières différentes :

jalousie qui en découle. La dernière phrase de l’extrait, « Quelques mois après son mariage,
la sultane se trouva enceinte » constituera alors la première péripétie, capitale pour la suite
c c

de l’action et la vengeance des sœurs.


Le lecteur peut également considérer que les mariages et la jalousie des sœurs
appartiennent encore à la situation initiale, à la présentation des personnages et de leurs
caractères. Dans ce cas, la dernière phrase de l’extrait, « Quelques mois après son mariage,
la sultane se trouva enceinte » constituera alors l’élément perturbateur, qui va déclencher
l’action, c’est-à-dire la vengeance des sœurs, de façon très précise.
À toi de choisir ce qui correspond le mieux à tes impressions de lecture ! L’important, c’est que tu
aies expliqué les raisons de ton choix !
2- À titre exceptionnel, parce qu’il s’agit du premier extrait des Mille et une nuits, et pour que
tu puisses t’imprégner de l’esprit de ces histoires extraordinaires, nous te proposons de lire une
partie de la suite du texte, manifestant la vengeance des deux sœurs jalouses.
Compare le récit que tu avais imaginé et celui ci-dessous. Qui est allé le plus loin ?

La sultane, après avoir consulté son époux, annonce à ses deux sœurs qu’elle les choisit comme
sages-femmes plutôt que des étrangères.

© Cned, Français 6e — 79
c
c

Séquence 4

La corbeille, emportée sur le canal, est recueillie par l’intendant des jardins du sultan, l’un des
officiers principaux et des plus considérés du royaume, qui se promenait par hasard dans le
jardin. N’ayant pas d’enfant, il décide de le garder et de l’élever.

« Histoire des deux sœurs jalouses de leur cadette », in Les mille et une nuits, anonyme, traduit
de l’arabe par Antoine Galland, © La Bibliothèque Gallimard, 2005.

Notes :
1. par sa propre inclination : parce qu’elle le voulait personnellement
2. l’imposture : la tromperie
3. môle : construction de maçonnerie

Bien sûr, tu n’avais pas à écrire un texte aussi long ! Tu as réussi ton entraînement à l’expression
écrite si tu as imaginé, en une dizaine de lignes, une vilaine ruse des deux sœurs. Le passage que
tu viens de lire, qui précise à la fois le complot et sa mise en œuvre, visait surtout à répondre à ta
curiosité de lecteur !

80 — © Cned, Français 6e
Séance 2
Les lieux magiques dans Les Mille et une nuits (1) :
fonction narrative et rêverie orientale
Séquence 4

c c

A- Le rôle narratif du jardin


1- Plusieurs indices montrent que la narratrice accorde une importance au jardin dans le récit
lui-même.
® Le sultan vient souvent se promener dans le jardin.
˛ Le père adoptif des enfants est l’intendant des jardins.
˛ L’intendant dessine un jardin digne des grands seigneurs de Perse.
® L’intendant fait aménager un jardin par les ouvriers.
˛ Grâce à leur domaine, les trois enfants vivent en accord avec leur rang social.
® Les trois enfants préféraient vivre dans l’enceinte du palais.
® Les trois objets magiques évoqués par la vieille dame doivent servir à l’embellissement de la
maison.
˛ Les trois objets magiques évoqués par la vieille dame doivent servir à l’embellissement du
jardin.
2- Le jardin, miroir du rang social.
a) Le lecteur, qui connaît l’origine de l’histoire, peut à juste titre penser que le domaine
digne d’un grand seigneur va un jour attirer l’attention du sultan.
b) Le récit se dirigerait alors vers la rencontre du sultan et de ses trois enfants, qui pourrait
par exemple correspondre à l’élément de résolution. Se reconnaîtront-ils ? La vérité
éclatera-t-elle alors ?

B- La rêverie orientale du jardin


1- La description du domaine.
a)

Adjectifs Noms
qualifiant des éléments du domaine associés à la maison
« la plus magnifique des environs » (ligne 5)
« meubles les plus riches » (ligne 8) « la magnificence de l’édifice » (ligne 9)
« vaste étendue » (ligne 12) « étendue » (ligne 12)
« bonnes murailles » ((ligne 13) « divertissement » (ligne 15)
« bêtes fauves » (ligne 14)
b) et c) Dans les exemples « la plus magnifique des environs » et « meubles les plus
riches », le procédé grammatical utilisé est le superlatif. Il produit un effet d’insistance par
l’exagération, qu’on appelle une hyperbole.

© Cned, Français 6e — 81
c
c Séquence 4

2- La composition de la description.
a) La description du domaine s’effectue en plusieurs parties :
Ë D’abord la narratrice décrit les parties de la maison : « dépendances », « terres »,
« prairies », « bois » (lignes 1-3).
Ë Ensuite la narratrice décrit la maison elle-même : « la maison », « on la meublait »,
« meubles les plus riches », « magnificence de l’édifice », (lignes 6-10).
Ë Puis la narratrice décrit le jardin : « jardin », « le dessin qu’il avait tracé lui-même », « à
la manière qui était ordinaire, en Perse, parmi les grands seigneurs » (lignes 9-11).
Ë Enfin, la narratrice décrit le parc : « parc », « d’une vaste étendue »,
« bonnes murailles », « toutes sortes de bêtes fauves », « divertissement de la chasse »
(lignes 12-15).
b) La description s’effectue dans un double mouvement : d’abord un mouvement de
l’extérieur à l’intérieur puis de l’intérieur vers l’extérieur.
c) Cela donne une impression d’étendue plus importante, comme si le domaine n’en
finissait pas. L’importance est donnée à l’extérieur plus qu’à la maison elle-même.
3- Rendre le jardin « incomparable ».
a), b) et c)

Élément associé
Chose magique Propriété magique
(air, eau, terre, feu)
« attirer des environs tous les
oiseaux qui chantent, lesquels
« Oiseau qui parle » (ligne 17) air
viennent accompagner son
chant » (lignes 19-20)
« les feuilles sont autant de
bouches qui font un concert
« Arbre qui chante » (ligne 21) terre harmonieux de voix différentes,
lequel ne cesse jamais. »
(lignes 21-23)
« eau jaune, couleur d’or, dont
une seule goutte versée dans un
bassin préparé exprès, en quelque
endroit que ce soit d’un jardin,
« Eau jaune, couleur d’or » foisonne d’une manière qu’elle le
eau et feu
(lignes 23-24) remplit d’abord, et s’élève dans
le milieu en gerbe, qui ne cesse
jamais de s’élever et de retomber
dans le bassin sans que le bassin
déborde. » (lignes 24-29)

C- La quête
1- Un univers merveilleux.
a) L’histoire bascule dans le merveilleux avec l’arrivée mystérieuse de la vieille dame et la
quête des trois objets (ou « choses ») magiques.

82 — © Cned, Français 6e

Séquence 4

b) Hormis les « trois choses », l’objet merveilleux qui accompagne le début de la quête est
le couteau donné par le prince aîné à sa sœur.
Sa caractéristique est d’être un couteau qui saigne : « donnez-vous de temps en temps
la peine de tirer le couteau de sa gaine : tant que vous le verrez net, comme vous le
voyez, ce sera une marque que je serai vivant ; mais, si vous voyez qu’il en dégoutte
du sang, croyez que je ne serai plus en vie, et accompagnez ma mort de vos prières. »
c c

(lignes 2-8).
Ce couteau a un rôle narratif : il relance la quête quand on croit l’aîné mort, il fait
comprendre au lecteur que les trois jeunes personnes sont prêtes à sacrifier leurs vies
pour acquérir les objets convoités par la sœur.
c) Ces éléments peuvent faire penser à l’apparition des fées ou des sorcières, aux pouvoirs
surnaturels, dans le conte européen.
2- La fin du voyage.
a) Le paysage.
Ë Les deux noms qui permettent au lecteur de se représenter le paysage sont : « au haut
de la montagne » (ligne 12) et « pierres noires » (ligne 17).
Ë Le récit marque une opposition entre les lieux.
La montagne est décrite comme un lieu accueillant / hostile , contrairement au jardin
présenté comme accueillant / hostile.
Le jardin est associé à l’obscurité / des couleurs , tandis que la montagne est jonchée
de pierres noires / colorées.
Les règnes naturels s’opposent également. Le domaine où vivent les trois enfants est
associé au règne végétal et animal / minéral et aquatique. Celui de la montagne
correspond au règne végétal / minéral .
b) Le merveilleux.
Ë Le derviche tente de dissuader la jeune fille en expliquant que ceux qui paniquent et
se retournent lorsqu’ils cherchent à atteindre l’oiseau qui parle sont transformés en
roches noires : « ces pierres étaient autant de braves cavaliers qui avaient été ainsi
métamorphosés pour avoir manqué à observer la principale condition pour réussir dans
cette entreprise, qui était de ne pas se tourner pour regarder derrière soi qu’auparavant
on ne se fût saisi de la cage. » (lignes 19-24).
Ë Ce processus de transformation s’appelle la métamorphose.
Ë Tous les chevaliers et leurs chevaux transformés en rochers noirs finissent par reprendre
forme humaine grâce à la princesse, qui veut délivrer ses frères, et qui a sollicité
l’oiseau dont elle est la maîtresse : « elle versait de l’eau de la cruche sur chaque pierre
noire qu’elle rencontrait, et chacune se changeait en homme ; et comme elle n’en
omit aucune, tous les chevaux, tant des princes ses frères que des autres seigneurs,
reparurent. » (lignes 39-43).

D- Le rôle des personnages


1- L’oiseau.
L’oiseau est la première des trois choses suggérées par la vieille dame.
Seul l’oiseau peut indiquer le lieu où trouver les deux autres choses magiques.
L’oiseau dit à la princesse une phrase qui donne un indice sur l’identité de la jeune fille :
« Je sais qui vous êtes et je vous apprendrai que vous ne vous connaissez pas vous-même
pour ce que vous êtes » (lignes 30-32).

© Cned, Français 6e — 83
c
c

Séquence 4

Enfin il faut gravir une montagne pour l’atteindre, signe de l’élévation des personnages,
élévation sociale (à venir, lorsqu’ils retrouveront leur rang) et élévation morale (cette quête
est le dernier élément pour parfaire l’éducation des enfants ; ils ont dû, et principalement
la princesse, surmonter des épreuves et témoigner de leurs qualités d’intelligence et de
courage).
2- Le rôle des personnages féminins.
a) Par rapport à la quête du bonheur des personnages, la vieille dame conduit d’abord
les enfants dans une aventure qui semble les dépasser : elle est alors un opposant,
provoquant la mort des frères et la douleur de la princesse. Elle présente des
caractéristiques de sorcière (vieillesse, mauvais conseils).
Mais l’histoire se finit bien et le lecteur comprend qu’elle a soumis les enfants à des
épreuves pour prouver leur valeur, et les a placés sur le chemin de la vérité, comme le
suggère la prophétie de l’oiseau. Ainsi, elle se révèle être un personnage adjuvant, sorte
de fée (comme le suggère le qualificatif « dévote » : femme sage et respectueuse de
Dieu).
b) Le lecteur ne peut qu’être frappé par le destin des deux cadettes de l’histoire.
La première cadette est la mère qui croise le chemin du sultan un peu par hasard, et
qui le séduit par sa beauté et son intelligence. Mais son manque de lucidité la rendra
victime de ses deux sœurs jalouses et la condamnera.
La seconde cadette est la fille du sultan et de la sultane, sœur de deux garçons aînés.
Alors que sa mère avait vu sa vie basculer en un soir, celle de la princesse est un long
chemin semé d’embûches, mais qui révélera les qualités extraordinaires de la jeune
fille. C’est elle l’héroïne, qui accomplit la quête, ressuscite ses frères, conduit à la vérité
et qui réunira toute sa famille, sauvant également sa mère de la prison où elle était
enfermée. La cadette représente la perfection féminine, possédant la beauté et l’esprit
de sa mère, et le courage et la détermination de son père.

Séance 3
Les lieux magiques dans Les Mille et une nuits (2) :
les compléments circonstanciels au service de l’histoire

A- Une vision fabuleuse


1- Ali Baba voit un lieu éclairé, vaste et spacieux.
2- a), b) et c) C’est la conjonction de coordination « mais » qui relie les deux propositions.
Elle a une valeur d’opposition, qui permet de souligner l’effet de contraste noir / lumière.
3- La mise en valeur du trésor.
a)

groupe verbal compléments d’objets directs (COD)


• « de grandes provisions »
• « des ballots »
Il vit… • « des étoffes »
• « des tapis »
• « de l’or et de l’argent »

84 — © Cned, Français 6e
b) s’intéresser à la ponctuation.


d’une seule phrase, car seul le point marque une ponctuation forte.
Le passage de « il vit » jusqu’à « les unes sur les autres » contient cinq virgules.
Séquence 4

Le passage entier contient un point virgule et un point, ce qui signifie qu’il est constitué

c) s’intéresser au lien entre la ponctuation et la construction grammaticale de la phrase.


c c

La description du trésor s’étend sur une seule longue phrase. Les quatre compléments
d’objet directs (ou COD) sont séparés par des virgules. Ce procédé crée un effet
d’accumulation (ou énumération).
L’accumulation des richesses « depuis des siècles » se trouve transposée dans le récit
précisément par l’accumulation de compléments, comme si la phrase pouvait ne pas
s’arrêter.

B- Entrer dans le récit, entrer dans la caverne


1- Les formules magiques.
a) Les deux formules magiques qu’utilise Ali Baba sont : « Sésame, ouvre-toi » (ligne 1),
« Sésame, referme-toi » (ligne 29).
b) La conjugaison au présent de l’impératif permet à celui qui parle de :
® poser une question ® faire un vœu ˛ donner un ordre
c) Les verbes « ouvrir » et « refermer » sont deux mots antonymes, de sens opposé,
contraire.
d) L’autre phrase du texte dont les verbes présentent le même rapport de sens est « Il
rassembla ses ânes qui étaient dispersés » (lignes 23-24). Les verbes « rassembler » et
« disperser » sont antonymes, de sens contraire.
2- Une scène en mouvement.
a) La formule magique « Sésame, ouvre-toi » est associée au mouvement d’entrée
d’un personnage, l’autre formule « Sésame, referme-toi » est prononcée lorsque le
personnage est sorti.
b) Le personnage qui apparaît à la fin de l’extrait est la femme d’Ali Baba, dont on
apprend qu’elle est « assise sur un sofa. » (ligne 37).
c) Sans surprise, ce personnage s’inscrit dans la logique d’opposition qui a gouverné tout
le passage. À l’opposition « homme » / « femme » s’ajoute ici l’opposition mouvement /
inertie : « (il) arrangea devant sa femme qui était assise sur un sofa. » (lignes 36-37).
Ce système d’oppositions (auquel on pourrait aussi ajouter « pauvreté / richesse » ou
« seul /quarante voleurs ») annonce la suite du récit ; aux qualités de prévoyance et de
discrétion d’Ali Baba s’opposeront les défauts de sa femme : elle est peu discrète et ne
saura pas garder le secret.

C- Vocabulaire
1- « Sésame ».
a)
® Plante dont on peut extraire des graines ou de l’huile à usage alimentaire
® Tissu dans lequel les paysans taillaient leurs vêtements au Moyen Âge
® Mot de passe permettant d’entrer dans un lieu dont l’accès est réservé à des initiés
b) La définition « plante dont on peut extraire des graines ou de l’huile à usage
alimentaire » est au sens propre.

© Cned, Français 6e — 85
c
c Séquence 4

La définition « mot de passe permettant d’entrer dans un lieu dont l’accès est réservé à
des initiés » est au sens figuré.

2- a) La bonne réponse est :

˛ Orge, ouvre-toi ® Porte, ouvre-toi ® Rocher, ouvre-toi

b) Parmi les trois propositions, seule la première correspond à une céréale, comme le
« sésame ». Le frère d’Ali Baba se trompe tout simplement de plante !

c) La formule « abracadabra » plaît beaucoup, particulièrement aux enfants, non pas par
sa signification mais par le plaisir d’entendre et de prononcer les sonorités.

D- Les compléments circonstanciels au service de l’histoire


1- a) Voici la réécriture des phrases sans les mots en gras :

« Il se présenta et dit : « Sésame, ouvre-toi « et la porte s’ouvrit »

« [un lieu] qui recevait la lumière »

« il entra »

« Il en enleva [des sacs], autant qu’il pouvait en porter »

« il accommoda du bois. »

« il fit entrer ses ânes et referma la porte (…) il porta les sacs, qu’il posa et arrangea (…) »

« qui était assise. »

b) et c) On peut constater que le texte a toujours un sens mais qu’il est plus difficile de
visualiser la scène. Le lecteur a perdu des informations précieuses sur les dimensions, la
lumière, les gestes, ou encore l’état d’esprit du personnage.

Les éléments que tu as supprimés dans la question précédente s’appellent les compléments
circonstanciels.

2- Au fil du récit…

Le groupe de mots répond Le groupe de mots répond Le groupe de mots répond à


à la question : à la question : quand ? ou à la question :
où ? ou d’où ? quelle fréquence ? comment ? ou de quelle
manière ?
« devant » « dans l’instant » « toute grande »
« du haut du rocher » « à plusieurs fois » « de manière qu’on ne
pouvait les apercevoir »
« dans la grotte » « en arrivant chez lui » « avec grand soin »
« par-dessus »
« dans une petite cour »
« dans sa maison »
« devant sa femme »
« sur un sofa »

86 — © Cned, Français 6e
3- a)
Morgiane peut observer la cour grâce à « une fenêtre de la cuisine » (ligne 3).
Ë
Le chef des voleurs donne le signal « en jetant de petites pierres » (ligne 8).
Ë
Le chef des voleurs jette des pierres à « trois » reprises (lignes 13-14).
Ë
Les petites pierres tombent « sur les vases » (lignes 9 et 14).
Ë
Séquence 4

c c

Il descend dans la cour « avec le moins de bruit qu’il lui est possible » (ligne 17).
Ë
Il comprend le stratagème « par la diminution de l’huile dans le vase » (lignes 26-27).
Ë
Le voleur se sauve « en passant par-dessus les murs » (lignes 31-32).
Ë
b) Les informations relevées sont très importantes pour que le lecteur s’imagine
l’incroyable nuit. Les détails fournis par les compléments circonstanciels soulignent
également le contraste entre les personnages de la scène, par l’opposition entre le
silence et le bruit, entre l’immobilisme de Morgiane et les gestes du chef des voleurs. La
tension est à son comble, grâce au suspense de la scène.
4- Entraîne-toi !
a)
- « dans un instant » est un complément circonstanciel de temps.
- « dans la forêt » est un complément circonstanciel de lieu.
- « à la maison » est un complément circonstanciel de lieu.
- « à la même époque » est un complément circonstanciel de temps.
- « de l’école » est un complément circonstanciel de lieu.
- « de longues heures plus tard » est un complément circonstanciel de temps.
b)
- « Avec délicatesse » est un complément circonstanciel de manière.
- « Avec une clé » est un complément circonstanciel de moyen.
- « Avec un sourire » est un complément circonstanciel de manière.
- « Avec une épée » est un complément circonstanciel de moyen.
- « Avec un cheval » est un complément circonstanciel de moyen.
- « Avec un air ému » est un complément circonstanciel de manière.
c) Le début de « l’histoire du pêcheur » dans les Mille et une nuits.
Les compléments circonstanciels ont été soulignés.
Ë
« Il y avait autrefois un pêcheur fort âgé (…). Il allait tous les jours à la pêche de
grand matin, et chaque jour il s’était fait une loi de ne jeter ses filets que quatre fois
seulement. »
Tous les compléments circonstanciels expriment le temps, sauf « à la pêche » qui
Ë
exprime le lieu.
d)

© Cned, Français 6e — 87
c
c Séquence 4

E- Réécriture
« Ali Baba prit les sacs ».
La phrase développée à l’aide des compléments circonstanciels pourrait par exemple être celle-
ci :
« Ce soir-là, après une heure passée dans la grotte, Ali Baba, grâce à une ficelle dans sa
poche, prit vigoureusement les sacs des deux mains puis rejoignit prudemment ses ânes. »
Ë Les compléments circonstanciels ajoutés ont été soulignés.
Ë Voici de quel type de circonstances il s’agit :

CCT : CC Moyen
« Ce soir-là » « grâce à une ficelle »
« après une heure passée » « des deux mains »
CCL : CC Manière
« dans la grotte » « vigoureusement »
« dans sa poche » « prudemment »

Séance 4
Stratégies narratives et pouvoir de la parole
dans Les Mille et une nuits

A- La structure du récit des Mille et une nuits


1- Les niveaux de récit.

Schéhérazade est … ˛ la sultane


® la sœur de la sultane
® la servante de la sultane
Dinarzade est un personnage appartenant ® du pêcheur
à l’histoire … ˛ de Schéhérazade
® du génie
« Il partit un matin au clair de la lune » : de ® du sultan Schahriar
qui s’agit-il ? ˛ du pêcheur
® de Salomon
Schéhérazade interrompt son récit … ® au moment du repas
® au moment où paraît la nuit
˛ au moment où paraît le jour
Quel personnage relance sans cesse le récit ? ˛ Dinarzade
® le pêcheur
® le sultan
Schéhérazade et le pêcheur se sont déjà ® vrai
rencontrés. ˛ faux

88 — © Cned, Français 6e
Qui rencontre le génie ?

« Apprenez-moi votre histoire » : qui


s’adresse à qui ?
® Dinarzade
˛ le pêcheur
® le sultan
® le sultan à Schéhérazade
® Dinarzade à Schéhérazade
Séquence 4

c c

˛ le pêcheur au génie
Qui sont les personnages condamnés à ˛ le pêcheur et Schéhérazade
mourir ? ® Dinarzade et Schéhérazade
® le pêcheur et Dinarzade
2- - Schéhérazade est associée à la parole comme le montre l’expression « les contes que
j’ai racontés jusqu’ici » (lignes 2-3).
- Le pêcheur est associé à l’action comme le montre la phrase « Il allait tous les jours à
la pêche de grand matin ; et, chaque jour, il s’était fait une loi de ne jeter ses filets que
quatre fois seulement » (lignes 14-16). Il est également convié à écouter l’histoire du
génie :
« écoute mon histoire » (lignes 97-98).
- Dinarzade est associée à l’écoute comme le montre par exemple la phrase « Ma chère
sœur, s’écria Dinarzade (...), je vous supplie en attendant le jour qui paraîtra bientôt,
de me raconter la suite du conte du pêcheur. » (lignes 35-38).
- Schahriar est associé à l’écoute comme le montre par exemple la phrase « Schahriar
avait trop d’envie d’entendre le reste de l’histoire » (lignes 64-65).
- Le génie est associé à la parole comme le montre la phrase « Je ne puis te traiter
autrement, dit le génie ; (...) écoute mon histoire » (lignes 96-98).
3- Schahriar et le génie possèdent un pouvoir de vie ou de mort sur la personne qui se trouve
en face d’eux.
4- Le pêcheur et Schéhérazade se trouvent dans la situation la plus injuste qui soit puisqu’ils
doivent mourir alors qu’ils ne sont pas coupables.
5- Les différents narrateurs du texte.
a)
• C’est Schéhérazade qui raconte l’histoire du pêcheur : « Mais, sire, ajouta
Schéhérazade , quelque beaux que soient les contes que j’ai racontés jusqu’ici à votre
majesté, ils n’approchent pas de celui du pêcheur », lignes 1-4.
L’histoire du pêcheur est racontée en plusieurs étapes :
D’abord des lignes 11 à 23 : de « Sire, il y avait autrefois un pêcheur fort âgé » jusqu’à
« il en eut beaucoup de chagrin… ».
Puis, des lignes 43 à 56, de « Cette fumée s’éleva jusqu’aux nues » jusqu’à « J’obéirai à
tous vos commandements… ».
Enfin, des lignes 76 à 98, de « Sire, le pêcheur n’eut pas sitôt entendu les paroles »
jusqu’à « et afin que tu en sois persuadé, écoute mon histoire… ».
• Le récit est entendu par Dinarzade (lignes 4, 25, 35, 58, 69) et par le sultan Schahriar
(lignes 7, 30, 41, 64, 72). Dans le texte, ces deux destinataires Schéhérazade sont
indissociables l’une de l’autre.

© Cned, Français 6e — 89
c
c Séquence 4

b) À la fin de ce premier récit, après le court dialogue avec le pêcheur, le génie va raconter
sa propre histoire : « Je ne puis te traiter autrement, dit le génie ; et afin que tu en
sois persuadé, écoute mon histoire… » (lignes 96-98).

- C’est le pêcheur qui entend ce récit, comme en témoigne le dialogue entre les deux
personnages, des lignes 76 à 98.

c) Dans ce texte, les récits s’emboîtent les uns dans les autres, comme les poupées russes.

B- Le pouvoir de la parole dans le récit cadre

1- La relance du récit.

a) Le personnage qui semble avoir pour rôle de relancer sans cesse le récit est Dinarzade.

b) - Dans les lignes 1 à 7, la poursuite du récit est sollicitée par la phrase : « racontez-nous
l’histoire de ce pêcheur ».

- Dans les lignes 24 à 30, la parole est sollicitée par la phrase : « ce commencement me
charme, et je prévois que la suite sera fort agréable ».

- Dans les lignes 35 à 39, la parole est sollicitée par la phrase : « je vous supplie, en
attendant le jour qui paraîtra bientôt, de me raconter la suite ».

- Dans les lignes 69 à 73, la parole est sollicitée par la phrase : « je vous prie, en
attendant le jour qui paraîtra bientôt, de continuer le conte ».

c) Le lecteur peut constater que les mots employés sont de plus en plus forts, que la
demande va crescendo.

d) Le mode verbal employé est l’impératif présent, qui permet de donner un ordre ou de
formuler une prière pressante, comme c’est le cas ici.

e) Dans les phrases prononcées par Dinarzade peuvent être identifiés deux champs
lexicaux. En premier lieu, le champ lexical de la prière, de la supplication est
dominant : « de grâce, racontez-nous l’histoire de ce pêcheur » (ligne 6), « je vous
supplie, en attendant le jour, qui paraîtra bientôt, de me raconter » (lignes 36-37), « je
vous prie, en attendant le jour qui paraîtra bientôt, de continuer le conte du pêcheur »
(lignes 71-72). Mais à ce champ lexical de la supplication se mêle également le champ
lexical du charme, du plaisir, de l’envie : « je vous avoue que ce commencement me
charme, et je prévois que la suite sera fort agréable » (lignes 26-27), « me raconter la
suite du conte du pêcheur. Je meurs d’envie de l’entendre. » (lignes 38-39), « on ne
peut mieux tenir sa promesse que vous tenez la vôtre. Ce conte est assurément plus
surprenant que les autres. » (lignes 59-61).

2- Une écoute progressive.

a) Ë le pouvoir du sultan sur Schéhérazade :

Les phrases qui expriment, dans le rapport de force entre les deux époux, le pouvoir
du sultan sur Schéhérazade sont : « Schahriar y consentit » (ligne 7), « si le sultan me
fait la grâce de me laisser vivre » (ligne 30), « elle demanda la permission au sultan, et
lorsqu’elle l’eut obtenue » (lignes 40-41), « si le sultan, mon seigneur, me permet de
vous les raconter. » (lignes 63-64).

90 — © Cned, Français 6e


Ë le pouvoir de Schéhérazade sur le sultan :

Les phrases qui expriment, dans le rapport de force entre les deux époux, le pouvoir
Séquence 4

de Schéhérazade sur le sultan sont : « Schahriar, curieux d’apprendre le succès de la


pêche du pêcheur » (lignes 30-31), « Schahriar avait trop d’envie d’entendre le reste de
l’histoire du pêcheur, pour vouloir se priver de ce plaisir » (lignes 64-66), « Le sultan,
c c

de son côté, témoigna de l’impatience d’apprendre quel démêlé le génie avait eu avec
Salomon » (lignes 72-74).

b) Les trois sentiments successifs sont la curiosité, l’envie et l’impatience : « Schahriar,


curieux d’apprendre le succès de la pêche du pêcheur, ne voulut pas faire mourir ce
jour-là Schéhérazade » (lignes 30-32), « Schahriar avait trop d’envie d’entendre » (ligne
64), « Le sultan, de son côté, témoigna de l’impatience d’apprendre… » (ligne 73).

c) La position du lecteur est très proche de celle de Schahriar. Tous deux sont des
destinataires essentiels du récit, tous deux ressentent curiosité, envie et impatience de
connaître la suite des histoires.

3- a) Les phrases témoignant d’une envie extrême d’entendre la suite du conte sont « Je
meurs d’envie de l’entendre. » ligne 38, et « Schahriar avait trop d’envie d’entendre le
reste de l’histoire », ligne 64.

b) L’envie extrême d’écouter est mise en valeur par l’hyperbole, figure d’exagération,
d’excès.

c) « Je meurs d’envie de l’entendre. » ligne 38, et « Schahriar avait trop d’envie d’entendre
le reste de l’histoire », ligne 64.

4- La stratégie de Schéhérazade.

a) Les verbes de parole dont le sujet est Schéhérazade ont été soulignés : « ajouta
Schéhérazade » (ligne 1), « reprenant son discours, poursuivit de cette manière »
(ligne 8), « répondit la sultane » (lignes 28-29 et 39-40, ligne 61), « elle reprit » (ligne
41), « Schéhérazade poursuivit » (ligne 75).

b) Les verbes les plus fréquemment utilisés sont « répondre », « reprendre » et


« poursuivre ».

c) Ils laissent supposer que la sultane se place en position de répondre à un désir, une
attente.

d) Les deux phrases qui montrent l’importance du lien entre la narration et la nuit sont
« Schéhérazade, en cet endroit, cessa de parler, parce qu’elle vit paraître le jour » (lignes
24-25) et « Schéhérazade, apercevant le jour, interrompit là son conte » (lignes 57-58).

Le moment de la journée le plus stratégique pour Schéhérazade est le lever du jour,


auquel est systématiquement associé un verbe d’interruption de récit : « cessa de
parler » (ligne 24), « interrompit là son conte » (ligne 57).

Schéhérazade agit ainsi pour relancer le désir d’histoire chez le sultan, au moment
même où il doit donner l’ordre cruel de la faire mourir. Le sultan doit avoir toujours
envie qu’elle vive, pour qu’elle raconte des histoires.

© Cned, Français 6e — 91
c
c Séquence 4

e) Un deuxième effet de miroir.

Le maudit génie
« cela ne m’empêchera pas de te faire
mourir » (ligne 90).
Le maudit sultan
« ne voulut pas faire mourir ce jour-là »
(ligne 32).
« te laisser choisir de quelle manière tu « (Il) ne donna point encore ce cruel
veux que je te tue » (ligne 93). ordre. » (ligne 33).
« Je ne puis te traiter autrement, (…) ; et « Il remit donc encore au lendemain la
afin que tu en sois persuadé, écoute mon mort » (lignes 66-67).
histoire » (lignes 96-98).

Le récit fonctionne sur un effet de miroir : Schéhérazade et le pêcheur sont dans la


même situation, sur le point de mourir alors qu’ils sont innocents, soumis à une loi qui
les dépasse. Tous deux vont devoir ruser pour s’en sortir.

Séance 5
Figures du génie dans les Mille et une nuits

A- L’apparition du génie

1- a) Les trois noms de la première phrase qui caractérisent l’apparition du génie sont
« fumée » (ligne 1), « nues » (ligne 2), « brouillard » (ligne 3).

b) Ces trois mots appartiennent à un même champ lexical, celui de la vapeur dont la
caractéristique est d’être impalpable : on ne peut pas la toucher, ni l’attraper. Cela rend
l’apparition du génie d’autant plus irréelle et surnaturelle.

2- Dans un second temps, le génie change d’état et se métamorphose en un gigantesque


corps solide : « Lorsque la fumée fut toute hors du vase, elle se réunit et devint un corps
solide, dont il se forma un génie deux fois aussi haut que le plus grand de tous les géants »
(lignes 5-7).

3- « il se forma un génie deux fois aussi haut que le plus grand de tous les géants » (lignes 6-7).

a) La phrase comporte un comparatif d’égalité suivi d’un superlatif.

b) Cette construction grammaticale complexe accompagne la mise en scène de


l’apparition du génie en créant un effet d’insistance, de mise en valeur.

c) Ce procédé d’insistance par exagération s’appelle une hyperbole, que nous avons déjà
rencontrée très souvent dans les contes !

d) Ce procédé comme cette construction grammaticale se caractérisent par la notion


d’excès, d’exagération, ce qui est justement le propre du merveilleux.

4- L’image finale qui complète la description est celle du « monstre » (ligne 8). Le lecteur n’en
est pas étonné puisqu’il a été préparé, dans les lignes précédentes, à ces figures d’excès.

92 — © Cned, Français 6e
B- L’affrontement

1-

Expressions du texte Nom du sentiment identifié


Séquence 4

c c

« un étonnement extraordinaire au pêcheur » étonnement


(ligne 4)
« le pêcheur voulut prendre la fuite » (ligne 9) désir de fuite
« il se trouva si troublé » (lignes 9-10) » trouble
« et si effrayé » (ligne 10) effroi

2- La formule traditionnellement attribuée au génie que l’on peut retrouver dans le texte est :
« J’obéirai à tous vos commandements… », lignes 13-14.

3- Le lecteur comme le pêcheur sont donc particulièrement surpris d’entendre la phrase


suivante : « Je te dis, repartit le génie, de me parler plus civilement avant que je te tue. »,
lignes 15-17.

4- La phrase est particulièrement injuste pour le pêcheur puisque ce dernier a libéré le génie
d’un emprisonnement éternel … et voilà sa récompense ! : « pourquoi me tueriez-vous ?
répliqua le pêcheur. Je viens de vous mettre en liberté » (lignes 17-18).

C- Écriture

Voici en quelques lignes l’histoire du génie :

Les mille et une nuits, traduction d’Antoine Galland © GF Flammarion


© Cned, Français 6e — 93
c
c Séquence 4

D- À la recherche d’un meilleur génie

1- Qu’est-ce qu’un génie ?

a)

Génie de Génie de Point commun


Détails de la permettant d’en
l’« histoire du l’ « histoire
description du dégager une
pêcheur » d’Aladdin »
génie caractéristique
(extrait 1) (extrait 2) générale
« la figure hideuse
« à l’aspect d’un et épouvantable figure
aspect, figure
monstre » (ligne 8) du génie » (lignes monstrueuse
12-13)
« cette fumée « un génie (…) s’élève dans les
mode d’apparition
s’éleva » (ligne 1) s’éleva » (ligne 7) airs, légèreté
« deux fois aussi grandeur,
« d’une grandeur
haut que le plus
dimension gigantesque » gigantisme
grand de tous les
(ligne 6)
géants » (lignes 6-7)
« d’une voix
voix « s’écria » (ligne 11) grosse voix
tonnante » (ligne 7)
« mais il se trouva « sa frayeur avait
sentiment de
si troublé et si été si grande » frayeur
l’interlocuteur
effrayé » (ligne 9) (ligne 13)
effet physique « qu’elle était
« qu’il ne put
produit sur la tombée évanouie » perte de mobilité
marcher » (ligne 10)
personne (ligne 15)
premiers mots
« J’obéirai à tous vos « Me voici prêt à
habituellement
commandements… » t’obéir, comme ton obéissance
prononcés par le
(lignes 13-14) esclave » (ligne 8)
génie

b) Le premier souhait exaucé est d’apporter à manger à Aladdin et à sa mère : « J’ai faim,
dit-il au génie ; apporte-moi de quoi manger. », lignes 19-20.

c)

Lors de la réalisation du premier souhait d’Aladdin, la description du repas est


méliorative/péjorative. Le champ lexical de la profusion/du manque et de la richesse/
pauvreté est associé à un effet d’accumulation, d’énumération créé par les virgules/
points. De plus la comparaison « six grands pains, blancs comme neige, sur les
plats », suggérant une vision inouïe, est particulièrement valorisante/dévalorisante.

2- Les personnages.

a) Le vieux pêcheur comme Aladdin et sa mère sont pauvres. Ils étaient en quête de
nourriture lorsqu’ils rencontrent le génie. L’adjectif « pauvre » est employé au début
du conte du pêcheur. Dans l’histoire d’Aladdin, il est précisé que « la mère et le fils ne
s’étaient jamais trouvés à une table si bien fournie. », lignes 35-36.

94 — © Cned, Français 6e
b) ® L’apparition d’un génie peut concerner tout type de personnages.

˛ L’apparition d’un génie bouleverse le plus souvent la vie d’un personnage pauvre.

˛ Il existe des bons et des vilains génies.


Séquence 4

® Quelle que soit la valeur de ses actes, le personnage profite toujours des bienfaits de
c c

son génie.

® Il n’existe que des bons génies qui réalisent les souhaits du personnage qui les a
libérés.

˛ Le personnage peut tout recevoir, richesse, amour, mais à condition de faire preuve
de ruse ou de sagesse.

c) Ë La phrase qui présente le mieux l’attitude d’Aladdin est : « Aladdin, (…) sans perdre
de temps ni le jugement, se saisit promptement de la lampe, et, en suppléant au
défaut de sa mère, il répondit pour elle, d’un ton ferme. » (lignes 17-19).

Ë Signe de sa personnalité, Aladdin s’adresse au génie et à sa mère « d’un ton ferme »,


ligne 19. Il donne des ordres à sa mère et lui fait même la leçon : « Ma mère (…)
vous devez juger comme moi », ligne 69.

Ë Comme déjà suggéré dans la réponse précédente, Aladdin donne des ordres au
génie et à sa mère. Pour cela, il emploie, comme nous l’avons souvent vu dans nos
lectures de conte, le présent de l’impératif : « apporte-moi de quoi manger » (ligne
19), « Ma mère, reprit Aladdin, mettons-nous à table et mangeons » (ligne 31).

d) Aladdin fait preuve de sagesse et de prévoyance, comme en témoignent les phrases


suivantes : « Il faut qu’elle continue de nous fournir de quoi nous nourrir et nous
entretenir. » (lignes 67-68), « faisons-en un usage qui nous soit profitable, mais d’une
manière qui soit sans éclat et qui ne nous attire pas l’envie et la jalousie de nos
voisins. » (lignes 77-81). Et dans la dernière phrase de notre extrait, la narratrice insiste
encore sur la sagesse d’Aladdin : « Comme le raisonnement d’Aladdin paraissait assez
juste, sa mère n’eut rien à y répliquer. » (lignes 81-83).

3- Un récit de plus.

a) Les étapes successives préparant au récit enchâssé sont les suivantes :

Première étape : « Ma mère, reprit Aladdin, mettons-nous à table et mangeons, vous


en avez besoin aussi bien que moi. Je vous dirai ce que vous me demandez quand nous
aurons déjeuné » (lignes 31-32).

Deuxième étape : « Aladdin, lui dit-elle, j’attends que vous satisfassiez à l’impatience où
je suis d’entendre le récit que vous m’avez promis. » (lignes 40-41).

Troisième étape : « Aladdin lui raconta exactement tout ce qui s’était passé entre le génie
et lui, pendant son évanouissement, jusqu’à ce qu’elle fut revenue à elle » (lignes 42-
44).

b) Dans la première étape, la phrase d’Aladdin « Je vous dirai ce que vous me demandez
quand … » fait penser à celles de Schéhérazade quand elle repousse la narration à plus
tard pour maintenir le suspense. Cette interruption et cette promesse ont souvent lieu
au lever du jour.

Dans la deuxième étape, la phrase de la mère d’Aladdin « j’attends que vous satisfassiez
à l’impatience où je suis d’entendre le récit que vous m’avez promis » fait penser à celles
de Dinarzade, au moment où elle relance le récit.

© Cned, Français 6e — 95
c
c Séquence 4

Dans la troisième étape, la phrase du narrateur « Aladdin lui raconta exactement tout
ce qui s’était passé entre le génie et lui » fait penser à celle de Schéhérazade au moment
où elle raconte des histoires. On pourrait tout à fait changer les noms de personnages
et aboutir à une phrase du type « Schéhérazade leur raconta exactement tout ce qui
s’était passé entre le génie et Aladdin », ce qui est tout à fait vrai ! Cela s’appelle un
effet de miroir.

Séance 6
Envol et voyage dans Les Mille et une nuits (1) :
Une aventure de Sindbad le marin

A- La narration

1- a) L’histoire de Sindbad est racontée à la première personne du singulier.

b) Le pronom « je » désigne Sindbad, le marin. Il s’adresse à Hindbad et à ses autres


invités.

c) Les guillemets indiquent qu’un personnage prend la parole. Or Shéhérazade était déjà
la narratrice de l’histoire. Il y a donc une histoire dans une histoire.

d) C’est le principe du récit enchâssé.

2- « Oh ! ne croyez pas, reprit Sindbad, que je sois assez injuste pour en conserver du
ressentiment. » (lignes 5-7).

a) et b) Sindbad prononce cette phrase en s’adressant à Hindbad, contre qui il pourrait


conserver du « ressentiment » s’il n’était pas si sage.

c) Il répond aux excuses d’Hindbad qui avait dénoncé l’injustice de leurs sorts respectifs,
qui l’accusait de ne rien avoir fait pour avoir une si belle destinée ; Hindbad avait
suggéré que Sindbad n’avait rien fait pour mériter une vie si agréable.

d) Cette phrase montre la faculté de Sindbad à pardonner et révèle une grande sagesse.

e) Le sultan Scharhiar devrait méditer cette histoire, lui qui est incapable de pardonner
et qui fait souffrir de nombreuses personnes à cause de sa colère et de son désir de
vengeance.

3- a) La phrase « je puis vous assurer que ces travaux sont si extraordinaires… » (ligne 18)
est une hyperbole, une exagération.

b) La phrase « Vous n’avez peut-être entendu parler que confusément de mes étranges
aventures (…)/ je vais vous en faire un rapport fidèle » (lignes 20 à 24) souligne une
opposition entre confusion et précision.

4- Le thème du voyage fait bien sûr penser à Ulysse, dont tu as découvert les aventures en
séquence 3 !

96 — © Cned, Français 6e
B- Une aventure de Sindbad

1- As-tu bien compris l’histoire ?

Questions Réponses
Séquence 4

c c

Pourquoi Sindbad monte-t-il en haut ® pour y cueillir des noix de coco.


d’un arbre ?
˛ pour prendre de la hauteur et observer les
alentours.
® pour se reposer tranquillement.
Pourquoi Sindbad descend-il de l’arbre ? ® il a fini de se reposer.
® il a vu un bateau arriver.
˛ il a aperçu un indice sur terre.
Pourquoi le ciel s’obscurcit-il ? ˛ à cause des dimensions de l’oiseau qui vole
vers lui.
® parce que c’est la nuit.
® parce que Sindbad est caché sous la boule.
Quelle est la réaction de Sindbad en ® il est effrayé.
voyant le ciel s’obscurcir ?
˛ Il est étonné.
® il reste imperturbable.
Que désigne le mot « roc » ? ˛ un oiseau.
® un rocher.
® une île.
Quelle ruse Sindbad imagine-t-il pour ® il s’attache aux ailes de l’oiseau.
s’enfuir de l’île ?
® il s’attache au cou de l’oiseau.
˛ il s’attache aux pattes de l’oiseau.
Où Sindbad atterrit-il ? ® sur un bateau.
˛ dans une vallée profonde.
® sur une autre île.

2- Sindbad, qui raconte sa propre histoire, ne précise pas tout de suite ce qu’est l’étrange
« boule blanche » afin de maintenir le suspense et de mettre en valeur son courage. Il
accentue la dimension héroïque de son aventure.

3- a) Les trois éléments de taille anormale que rencontre Sindbad sont une boule blanche :
« c’était une boule blanche d’une hauteur et d’une grosseur prodigieuses. »
(lignes 12-13), un oiseau démesuré : « un oiseau d’une grandeur et d’une grosseur
extraordinaires » (lignes 23-24), et un pied énorme : « ce pied était aussi gros qu’un
gros tronc d’arbre » (ligne 31).

b) une comparaison le champ lexical de la magie une opposition
Une péripétie un superlatif le champ lexical de l’admiration

La comparaison est « aussi gros qu’un gros tronc d’arbre » (ligne 31).

Le champ lexical de l’admiration est constitué notamment par les adjectifs


« prodigieuses » (ligne 13) et « extraordinaires » (ligne 23).

© Cned, Français 6e — 97
c
c Séquence 4

c) Le motif de la démesure est repris à la fin du texte dans la description de la vallée :


« vallée très profonde, environnée de toutes parts de montagnes si hautes qu’elles se
perdaient dans la nue, et tellement escarpées qu’il n’y avait aucun chemin par où l’on y
pût monter » (lignes 45-48).
4- La ruse de Sindbad ne met pas fin à ses aventures : « Ce fut un nouvel embarras pour moi,
et comparant cet endroit à l’île déserte que je venais de quitter, je trouvai que je n’avais
rien gagné au change. » (lignes 48-51). Il n’est toujours pas sorti d’affaires, sa ruse l’a, au
contraire, conduit vers une nouvelle aventure. Cette fin ouverte permet de ne pas clore
le sujet, de maintenir le suspense et l’envie d’entendre la suite. Les hôtes qui écoutent
Sindbad sont le miroir du lecteur.

C- Quelques homophones grammaticaux


1- Les homophones sont des mots ou groupes de mots qui se prononcent de la même
manière, mais leur orthographe et leurs sens sont différents.
2- a) Les mots « ou » et « où » se prononcent de la même manière, mais leur orthographe
et leurs sens sont différents. Ce sont donc deux homophones.
b) ˛ « Où » est un mot qui exprime le lieu.
® On peut remplacer « où » par « car ».
˛ « Ou » est un mot qui permet d’exprimer un choix.
˛ « Où » est souvent précédé des noms « le lieu » ou « l’endroit ».
® « Ou » est un mot qui permet d’exprimer l’opposition.
˛ On peut remplacer « ou » par « ou bien ».

3- a) Les deux mots sont « mais » et « mes », dans les phrases « mais il faut que je vous tire
d’une erreur » et « Oui, mes seigneurs… ».
b) Dans la phrase « mais il faut que je vous tire d’une erreur », le mot « mais » marque
l’opposition. Son synonyme est « cependant » (ou « toutefois »). Il ne faut pas le
confondre avec son homophone « mes », qui est un déterminant possessif, placé
devant un nom au pluriel.
4- À toi de jouer !
• Pour Schéhérazade, raconter des histoires est une question de vie ou de mort, mais aussi
une façon de faire évoluer le sultan.
• « Dois-je confier à mes amis ou à ma famille le secret du trésor ? », se demande Ali Baba.
• Sindbad ignore l’endroit où ses aventures l’ont conduit mais il est bien décidé à retourner
chez lui.
5- « Je veux réunir mes amis pour leur raconter mes aventures », dit Sindbad. Mais certains
n’y croient pas et se demandent si les lieux où Sindbad semble être allé existent vraiment.
Sindbad est-il un grand seigneur ou un aventurier ? Les deux, en vérité : les aventures de
Sindbad l’ont rendu tolérant et lui ont permis de devenir sage.
6- Les homophones des homophones !
a) • Les mots « ou » et « où » ont des homophones : l’interjection « hou ! » (pour railler,
faire peur ou honte) et le nom commun « houx » (arbuste à feuilles bordées de
piquant et à petites baies rouge vif).

98 — © Cned, Français 6e
Séquence 4

• Les mots « mais » et « mes » ont des homophones : la forme verbale « mets », issue du
verbe « mettre » (par exemple à l’impératif présent ou à la 2e personne du singulier de
l’indicatif présent) ou encore « met » (le verbe « mettre » à la 3e personne du singulier
de l’indicatif présent), et le nom commun « un mets » (c’est-à-dire « un plat », attention
le mot prend toujours un « s » !).
c c

b) • Pauline s’en est voulue d’avoir inventé une histoire à la récréation. Ses camarades
l’ont suivie toute la journée en criant « Hou, la menteuse ! »

• Pour Noël, sa mère décore traditionnellement la porte d’entrée avec une couronne
de houx.

• « Mets ton bonnet pour sortir, il fait froid », ne cesse de lui dire sa mère, tous les
matins. Sitôt dit, sitôt fait : Thibaut met son bonnet.

• Papa était content de son anniversaire. Au restaurant, il a dit que chaque mets était
délicieux.

Séance 7
Envol et voyage dans Les Mille et une nuits (2) :
rythmer l’action par l’emploi du passé simple

A- Rappel de la valeur des temps du récit

imparfait passé simple


actions non action principale
actions répétées série d’actions
description délimitées dans à ce moment du
ou habituelles successives
le temps récit
« monta le
« les montagnes « le roi de « Le cheval cheval »,
et les vallées lui Perse faisait ni le prince
« tourna la
paraissaient des efforts Firouz Schah « il se vit si haut »
cheville »,
confondues avec inutiles pour ne paraissaient (ligne 50)
les plaines » l’apercevoir » plus dans l’air » « le cheval
(lignes 51-52) (lignes 35-36) (lignes 34-35) l’enleva »
(lignes 25-30)
« se prosterna
« Ce fut alors devant le trône
qu’il songea à et obligea le roi
revenir » (lignes de jeter les yeux
52-53) sur lui »
(lignes 37-38)

© Cned, Français 6e — 99
c
c Séquence 4

B- La conjugaison du passé simple

1- Les verbes sont placés dans le tableau selon leur ordre d’apparition dans les phrases.

Voyelle support Groupe du verbe


Verbe conjugué Infinitif du verbe
(a, i, u, in) (1e, 2e, 3e)
mit mettre i 3e groupe
se jeta se jeter a 1er groupe
fit faire i 3e groupe
s’éleva s’élever a 1er groupe
perdit perdre i 3e groupe
vint venir in 3e groupe
obligea obliger a 1er groupe
choisit choisir i 2e groupe
se vit se voir i 3e groupe
s’assombrit s’assombrir i 2e groupe
voulut vouloir u 3e groupe
s’aperçut s’apercevoir u 3e groupe
fut être u auxiliaire
reconnut reconnaître u 3e groupe
comprit comprendre i 3e groupe
finit finir i 2e groupe

2-

Imparfait Passé-simple
Je nous ils Je nous ils
dire disais disions disaient dis dîmes dirent
mettre mettais mettions mettaient mis mîmes mirent
lire lisais lisions lisaient lus lûmes lurent
écrire écrivais écrivions écrivaient écrivis écrivîmes écrivirent
nourrir nourrissais nourrissions nourrissaient nourris nourrîmes nourrirent
mourir mourais mourions mouraient mourus mourûmes moururent
faire faisais faisions faisaient fis fîmes firent
prendre prenais prenions prenaient pris prîmes prirent
venir venais venions venaient vins vînmes vinrent
croire croyais croyions croyaient crus crûmes crurent
finir finissais finissions finissaient finis finîmes finirent
voir voyais voyions voyaient vis vîmes virent
venir venais venions venaient vins vînmes vinrent

100 — © Cned, Français 6e


3-
Séquence 4

c c

Les Mille et une nuits, traduction d’Antoine Galland © GF Flammarion

Tu dois désormais être capable de justifier l’emploi des temps que tu as choisi.
Observe bien les verbes au passé simple : ils expriment bien la succession d’actions,
caractéristique de l’emploi du passé simple.

© Cned, Français 6e — 101


c
c Séquence 4

Concernant les verbes à l’imparfait, voici leur valeur dans notre texte d’entraînement :

en être »
description
actions répétées ou
habituelles
• « ces cavaliers pouvaient « [les voleurs] avaient là
leur rendez-vous »
actions non délimitées
dans le temps
« il pouvait voir sans être
vu »
[ƒ des voleurs]
• « arbre, dont les
branches (…) se
séparaient »
• « l’arbre s’élevait »
• « [les valises] étaient
pleines d’or et d’argent
monnayé »
• « c’étaient des voleurs »

Séance 8
Schéhérazade, suprême héroïne des Mille et une nuits

A- Une situation dramatique

1- a) Les mots qui traduisent le sentiment du peuple sont « une consternation » (ligne 2),
« des cris et des lamentations » (ligne 3), « se désespérait » (ligne 4), « craignant »
(ligne 5), « gémissements » (ligne 7).

b) Ces mots créent un champ lexical du désespoir, du malheur.

2- L’opposition qui montre que le sultan a perdu la tête est « au lieu des louanges et des
bénédictions que le sultan s’était attirées jusqu’alors, tous ses sujets ne faisaient plus que
des imprécations contre lui. » (lignes 7-10).

B- L’entrée en scène de Schéhérazade

1- La crainte du lecteur.

« Le grand vizir, qui, comme on l’a déjà dit, était malgré lui le ministre d’une si horrible
injustice, avait deux filles » (lignes 11-13). L’évocation dans la même phrase du « vizir »
(qui doit fournir les femmes) et de ses « filles » fait craindre au lecteur que le sultan ne lui
réclame une de ses filles.

2- Une situation terrible.

a) Les trois adjectifs habituellement attribués aux êtres magiques sont « admirable »
(ligne 16), « prodigieuse » (ligne 17), « excellente » (ligne 22).

b) À la lecture du portrait de Shéhérazade, le lecteur pourrait penser à une fée des contes,
aux pouvoirs magiques. Le lecteur est alors intrigué de savoir comment Schéhérazade va
utiliser ses pouvoirs et si elle va réussir sa mission. Il veut connaître la suite !

102 — © Cned, Français 6e


3- Un projet inattendu.
Séquence 4

a) Schéhérazade expose clairement à son père son objectif : « J’ai dessein d’arrêter le cours
de cette barbarie que le sultan exerce sur les familles de cette ville. Je veux dissiper la
juste crainte que tant de mères ont de perdre leurs filles d’une manière si funeste »
(lignes 33-36). Elle veut donc mettre un terme aux crimes atroces commis par le sultan
et délivrer la ville de cette peur insupportable.
c c

b) Schéhérazade est prête à se sacrifier pour sauver les femmes de son pays, pour lutter
contre l’injustice : c’est une attitude digne d’admiration. Le texte insiste sur la sagesse
et la générosité de la jeune fille : « Votre intention est fort louable » (ligne 37),
« répondit cette vertueuse fille » (ligne 52). Elle est altruiste (elle pense aux autres).
c) Pour réussir, Schéhérazade doit devenir l’épouse du sultan : « je vous conjure, par la
tendre affection que vous avez pour moi, de me procurer l’honneur de sa couche »
(lignes 41-43).
d) L’objectif de Schéhérazade consterne son père le vizir, qui juge qu’il est irréalisable. Les
deux groupes nominaux qui évoquent ses pensées sont « une prière si dangereuse ? »
(lignes 46-47) et « cet affreux péril » (ligne 58).

C- Un plan ingénieux
1- Le stratagème de Schéhérazade est de faire dormir sa sœur dans la même chambre qu’elle,
d’être réveillée avant le lever du jour par sa sœur Dinarzade, laquelle doit lui demander de
raconter une histoire. Ainsi, elle espère éveiller la curiosité du sultan.
2- Dinarzade, bien que personnage secondaire, se voit confier une mission essentielle : à elle
de réveiller Schéhérazade à temps pour que cette dernière puisse captiver le sultan, en lui
racontant une ou des histoires, avant qu’il ne donne l’ordre de l’exécuter.
3- Schéhérazade devra utiliser son talent exceptionnel de conteuse.
4- Si l’on se souvient de l’objectif initial de Schéhérazade, il s’agit bien de sauver toutes les
femmes de son pays de l’injustice de la vengeance du sultan. Sauver sa propre vie n’est
qu’une première étape de sa mission : « je me flatte de délivrer, par ce moyen, tout le
peuple de la consternation où il est » (lignes 82-83). L’expression « je me flatte de » révèle
chez Schéhérazade une très grande confiance en soi.

D- Le dénouement
1- L’évolution des sentiments.
a) Les qualités qu’admire le sultan chez Schéhérazade sont sa « mémoire prodigieuse »
(ligne 86), son « mérite » et « la grande sagesse de Schéhérazade » (ligne 93), ainsi que
son « courage » (ligne 94).
b) Scharhiar semble bien être tombé amoureux de Schéhérazade…
2- Le pouvoir des mots.
a) Le lecteur comprend que Schéhérazade est sauvée par le mot « grâce », dans la phrase :
« Ces considérations et les autres belles qualités qu’il connaissait en elle le portèrent
enfin à lui faire grâce » (lignes 98-99).
b) Le mot précis qui marque que Schéhérazade a atteint l’objectif qu’elle s’était fixé est
« libératrice », dans la phrase « je veux que vous soyez regardée comme la libératrice de
toutes les filles qui devaient être immolées » (ligne 106).
c) Le mot « inépuisable » est formé du radical « épuiser », précédé du préfixe « in- » (avec
une valeur d’opposition) et suivi du suffixe « -able », marquant la possibilité. Ainsi,
l’adjectif « inépuisable » signifie tout simplement « que l’on ne peut épuiser, tarir, faire
cesser ».

© Cned, Français 6e — 103


c
c Séquence 4

3- La fonction des histoires.

a) Les deux bonnes réponses parmi les propositions sont « nouveaux divertissements »
(ligne 88) et « innocents amusements » (lignes 89-90).

b) La fonction libératrice du conte se manifeste par le fait que les histoires « avaient même
beaucoup aidé à diminuer les préventions fâcheuses du sultan contre la fidélité des
femmes » (lignes 90-92), par le fait que « son esprit était adouci » (ligne 92), ainsi que
dans ses paroles : « vous m’en divertissez ; vous avez apaisé ma colère » (ligne 102).

4- La fin du récit.

a) Ë Le complément circonstanciel de manière est « tendrement ».

Ë Le groupe nominal « la reconnaissance la plus vive et la plus parfaite » est un


superlatif.

Ë Les gestes tendres de la jeune femme, le superlatif et les adjectifs utilisés laissent
supposer que Schéhérazade éprouve, elle aussi, de l’amour.

Ë L’expression « la plus vive et la plus parfaite » caractérise grammaticalement « la


reconnaissance » mais ce superlatif s’applique plus que tout à Schéhérazade, dont
les qualités physiques, morales et intellectuelles ont permis de sauver les femmes de
Perse… et de trouver l’amour.

b) À la fin des Mille et une nuits, Schéhérazade a gagné l’amour du sultan, son époux,
et celui de son peuple. Schahriar, lui, a retrouvé la sérénité nécessaire à son rang, a
retrouvé l’amour et fait l’objet à nouveau de « mille louanges et mille bénédictions de
tous les peuples de l’empire des Indes. » (lignes 114-116).

c) Ë Le procédé littéraire employé dans cette phrase est l’hyperbole.

Ë Les marques de l’hyperbole dans la phrase sont « mille… et mille … de tous… ».

Ë On peut mettre en parallèle deux phrases qui suggèrent un effet d’écho entre
l’ouverture et la fermeture du récit :

Dans l’extrait 1 : « Ainsi, au lieu des louanges et des bénédictions que le sultan
s’était attirées jusqu’alors, tous ses sujets ne faisaient plus que des imprécations
contre lui » (lignes 7-10).

Dans les dernières lignes : « cette agréable nouvelle (…) se répandit bientôt dans
la ville et dans les provinces, ce qui attira au sultan et à l’aimable Schéhérazade, son
épouse, mille louanges et mille bénédictions de tous les peuples de l’empire des
Indes. (lignes 114-116).

Ë On remarque que ce sont exactement les mêmes mots qui sont employés :
« attirer », « louanges » et « bénédictions ». Cependant l’évolution du sultan est
soulignée par un effet d’amplification : en effet le groupe nominal initial « des
louanges et des bénédictions » est devenu à la fin « mille louanges et mille
bénédictions ».

104 — © Cned, Français 6e


E- Vocabulaire : les mots du récit
1-

Valeur des mots


Séquence 4

Les mots qui désignent une Les mots qui désignent celui
histoire
bavardage
qui la raconte
c c

commérage
Valeur péjorative on-dit commère
racontar
ragot
conte
récit
romancier
fable
historien
fabliau
Valeur méliorative conteur
fiction
(terme littéraire souvent) narrateur
légende
orateur
narration
aède
nouvelle
mémoires
compte-rendu
histoire
neutre chroniqueur
exposé
rapport
2- Ë Parmi les mots de la colonne centrale, ceux qui désignent un objectif de divertissement
sont « conte », « récit », « fable », « fabliau », « fiction », « légende », « narration »,
« nouvelle », « mémoires », « histoire ».
Ceux qui désignent un objectif de connaissance sont : « compte-rendu », « histoire »,
Ë
« exposé », « rapport », « mémoires », « fable ».
Ceux qui désignent un objectif de médisance (« mé/dire » signifie étymologiquement
Ë
« dire du mal ») sont « bavardage », « commérage », « on-dit », « racontar », « ragot ».
3- a) Les mots polysémiques sont « légende », « histoire » (discipline/récit), « nouvelle »,
« mémoire(s) », ou encore « chronique ».
- Par exemple, le mot « nouvelle » a plusieurs sens :
1er sens : « annonce d’un événement heureux ou malheureux »
2e sens : « récit littéraire généralement bref présentant des personnages peu nombreux »
- Le mot « chronique » a plusieurs sens :
1er sens : adj. (en parlant d’une maladie) qui dure longtemps, se développe lentement et
réapparaît sans cesse.
2e sens : n.f. partie d’un journal consacrée à un sujet particulier (ex. chronique littéraire,
sportive…).
- Enfin, le mot « mémoire(s) » a plusieurs sens :
1er sens : n.f. faculté de conserver et de se rappeler des choses passées.
2e sens : n.m. pl. récit écrit qu’une personne fait des événements auxquels elle a
participé ou dont elle a été témoin.

© Cned, Français 6e — 105


c
c Séquence 4

b) Ë
Les mots composés sont « compte-rendu », « on-dit », tous deux avec un tiret.


Le « compte-rendu » est un rapport justifiant d’un travail. Le mot est formé à partir
Ë
du verbe « rendre des comptes ».

Les « on-dit » sont des rumeurs, formés à partir de la proposition « on dit que… ».

Les deux homonymes célèbres du mot « conte » sont « comte » et « compte ».


c) Ë

Le comte de la Rochefoucault doit surveiller ses comptes tant son épouse la


Ë
comtesse est dépensière. Celle-ci a récemment acheté un recueil de contes de
Perrault avec des illustrations dorées à l’or fin.

4- Le romancier, le conteur et le narrateur appartiennent à l’univers de la littérature.

L’historien appartient à l’univers de l’histoire.

Le chroniqueur appartient à l’univers du journalisme et à l’univers de l’histoire.

La commère appartient à l’univers de la vie quotidienne.

L’orateur désigne une personne qui prononce un discours, qui sait parler en public. Cette
qualité peut correspondre à diverses situations et donc à tous les univers ci-dessus.

5- Les verbes de parole.

Niveau de langue familier Niveau de langue plutôt


Niveau de langue courant soutenu (souvent de valeur
(peu élégant) méliorative)
déballer expliquer relater
débiter rendre compte de dépeindre
se mettre à table réciter énoncer
vider son sac dire livrer
rapporter narrer
exposer conter
dénoncer confesser
raconter colporter
retracer

106 — © Cned, Français 6e


Je connais
Séance 9
Je m’évalue

Je suis capable de
Séquence 4

c c

• le principe de composition du recueil des • distinguer les personnages selon qu’ils


Mille et une nuits. appartiennent au récit cadre ou aux récits
enchâssés :
Ë Scharhiar et Dinarzade sont deux
personnages appartenant au récit cadre.
Ë Parizade et Aladdin sont deux personnages
appartenant aux récits enchâssés.

• le vocabulaire spécifique de l’Orient dans •identifier des mots évoquant l’Orient.


les contes des Mille et une nuits. Ë Les mots évoquant l’Orient dans la liste
suivante ont été encadrés :
« hammam, est, sultan, occident, calife,
secrétaire, vizir, président, cadi, muezzin,
moine, imam, thermes, septentrional,
derviche ».

• la raison pour laquelle Schéhérazade •expliquer la situation de Schéhérazade.


raconte des histoires toutes les nuits. Schéhérazade est l’épouse du sultan Schahriar
qui, pour se venger d’avoir été trompé par
sa première épouse, a décidé de tuer chaque
matin la nouvelle femme qu’il a épousé la
nuit précédente. Schéhérazade est prête à se
sacrifier pour faire cesser cette injustice. Elle
va utiliser ses talents de conteuse pour faire
évoluer le sultan.

•quelques célèbres formules des Mille et une •attribuer des formules célèbres des Mille et
nuits. une nuits aux personnages qui les prononcent :
Ë « Je vous obéirai » : formule prononcée par
les génies, destinée à ceux qui les libèrent.
Ë « Sésame ouvre-toi » : formule prononcée
par (le chef des voleurs puis) Ali Baba
Ë « Je vous supplie de nous raconter
l’histoire » : formule prononcée par
Dinarzade, la sœur de Schéhérazade.

© Cned, Français 6e — 107


c
c Séquence 4

• la différence entre « synonymes »,


« antonymes », « homonymes ».
• préciser si ces mots sont « synonymes »,
« antonymes » ou « homonymes » :
Ë « Magnificence » et « splendeur » sont
deux mots synonymes : ils ont le même sens.
Ë « Entrer » et « sortir » sont deux mots
antonymes : ils sont de sens opposés.
Ë « Conter » et « compter » sont deux mots
homonymes : ils se prononcent de la même
façon mais n’ont pas le même sens.

• l’importance des effets de miroir entre les • donner deux exemples d’effets de miroir
personnages des Mille et une nuits. entre personnages de récit cadre et de récit
enchâssé.
Ë Schéhérazade et le pêcheur sont deux
personnages en miroir : ils sont condamnés
tous deux injustement.
Le sultan Schariar et le lecteur sont deux
personnages en miroir : tous deux attendent
avidement la suite des histoires.
• l’importance du rôle des personnages • relier les personnages féminins au rôle
féminins dans Les Mille et une nuits. qu’elle joue dans Les Mille et une nuits :
Schéhérézade est liée à la narration.
Parizade et Morgiane sont liées aux actions
héroïques.
Dinarzade est associée à la relance du récit.
• l’importance des lieux magiques dans Les • développer au moins deux exemples de
Mille et une nuits. cette importance :
Ë Le jardin, les palais ou encore la grotte
sont des lieux magiques des Mille et une
nuits.
Ë Le jardin oriental et le paradis sont liés
parce que…
- le mot « paradis » est issu d’un mot perse
signifiant « jardin ». ˛

108 — © Cned, Français 6e


• Les valeurs des compléments
circonstanciels.
• identifier au moins deux compléments
Séquence 4

circonstanciels différents dans la phrase ci-


dessous :
« Assis sur sa barque, le pêcheur ouvrit
délicatement le vase avec un couteau. Soudain
une fumée jaillit. »
c c

Ë « délicatement » : ct circ. de manière.


Ë « sur sa barque » : ct circ. de lieu.
Ë « avec un couteau » : ct circonstanciel de
moyen.
Ë « soudain » : ct circ.

• conjuguer correctement au passé simple les


verbes des trois groupes.
• la conjugaison du passé simple des verbes
du 3e groupe. Ë Ali Baba prononça la formule magique
et la porte s’ouvrit. Il n’en crut pas ses yeux
lorsqu’il vit toutes les richesses. Il mit de
l’or dans ses poches et prit le plus de sacs
possibles qu’il plaça sur ses ânes. Il finit par
quitter enfin la forêt.
• inventer une phrase contenant au moins
deux homophones grammaticaux :
• la définition et quelques exemples Ex : Ali Baba était heureux, mais il ne savait
d’ « homophones ». pas encore où mettre son trésor : « Dois-je
enterrer mes sacs d’or dans mon jardin ou les
cacher dans ma maison ? se demanda-t-il ».
• citer au moins trois procédés littéraires de
mise en valeur dans Les Mille et une nuits

• les procédés de valorisation du récit. Ë Concentration, hyperbole, opposition,


disposition, accumulation

© Cned, Français 6e — 109


c
c Séquence 5

SÉQUENCE 5
Séance 1

A- L’auteur
1- Ovide et son siècle.
a) Le rébus : « lait- mes- tas- mors- faux- the » :
Le titre de l’œuvre est le suivant : Les Métamorphoses.
b) et c)
- 753 av. J.-C. : Fondation de Rome par Romulus
Ë Sept rois se succèdent.

- 509 av. J.-C. : Début de la République

- 264 à 246 av. J.-C. : guerres contre Carthage

- 133 à 27 av. J.-C. : guerres civiles

- 44 av. J.-C. : assassinat de Jules César


- 43 av. J.-C. : naissance d’Ovide

- 27 av. J.-C. : Auguste, 1er empereur romain

- 4 ap. J.-C. : écriture des Métamorphoses


- 8 ap. J.-C. : exil d’Ovide

- 17 ap. J.-C. : Mort d’Ovide

- 476 ap. J.-C. : Fin de l’Empire romain d’Occident


d) L’intrus est L’Énéide.

110 — © Cned, Français 6e


2- Ovide l’enchanteur.
a) 1/Orphée est ˝ un homme.
b) Orphée charme les choses et les êtres ˝ en chantant et en jouant de la lyre.
c) Orphée épouse ˝ Eurydice.
Séquence 5

c c

d) La femme d’Orphée meurt le jour de leur mariage, ˝ mordue par un serpent.


e) Orphée, inconsolable, décide, pour la retrouver, ˝ de descendre dans les enfers.
f) Il parvient à charmer ˝ Cerbère et Hadès.
g) Hadès accepte qu’Eurydice regagne le monde des vivants à condition qu’Orphée
˝ ne se retourne pas avant d’avoir regagné la surface de la Terre.
h) Orphée ˝ échoue et perd Eurydice pour toujours.

B- Lecture d’image
1- Le tableau Orphée et Eurydice de Michel-Martin Drölling.
2- Tracés.
A M B

C M’ D
Orphée et Eurydice, Michel-Martin Drölling © RMN / René-Gabriel Ojéda

3- Méli-mélo…
La droite (MM’) sépare le tableau en deux parties égales : ainsi Orphée est isolé
du groupe formé par son épouse Eurydice enlevée par Hermès.
On reconnaît le musicien grâce à sa tête couronnée qui rappelle le dieu de la
musique et des arts, Apollon. Quant à sa femme, elle porte une robe blanche et une
couronne de fleurs : c’est sa tenue de mariage. Le dieu qui l’enlève est coiffé d’un
pétase et tient à la main le caducée.

© Cned, Français 6e — 111


c
c Séquence 5

Ce dernier a ici le rôle du conducteur d’âmes. Il emmène Eurydice auprès du


nocher Charon dont on entrevoit la barque à l’arrière-plan. Charon transporte les
morts dans son bateau couleur de rouille jusqu’à la porte des enfers.
De plus, le tracé des diagonales montre qu’Orphée et Eurydice appartiennent
désormais à deux mondes séparés ; les triangles ABC et BDC renforcent la séparation
des deux groupes : seule, la main du poète effleure le bras d’Eurydice, sans vie, dans
les bras d’Hermès. Son bras droit se tend dans un geste désespéré tandis que le sol
semble s’ouvrir sous ses pieds. Orphée est même éloigné de sa lyre, grâce à laquelle
il pourrait pourtant faire fléchir le dieu !
Une brume épaisse, qui s’assombrit, semble progresser vers le lieu de la tragédie
et vouloir précipiter vers le fleuve infernal le corps inanimé d’Eurydice. Bientôt, ce
rideau dense empêchera toute communication entre les deux mondes.
Régine DAVID pour le Cned

C- L’œuvre
1- L’incipit.
a)
nova • • original
corpora • • mutation
mutatas • • temporel
formas • • perpétuel
prima • • mondial
origine • • innovation
mundi • • primaire
perpetuum • • corporel
tempora • • forme
b) « In nova fert animus mutatas dicere formas corpora … »
J’ai l’intention de raconter la mutation des formes en de nouveaux corps.
ƒ Dès le premier vers, Ovide annonce le sujet de son vaste poème « perpetuum carmen » :
il s’agit de transformations (en latin) ou métamorphoses (en grec).
c) - Les dieux sont à l’origine des métamorphoses.
- Le complément circonstanciel de temps est le suivant : « depuis la plus lointaine
origine du monde ».
2- Le thème du livre d’Ovide.
a) Article du Dixel 2010, Le Robert.
1) La chenille s’enveloppe dans un cocon afin d’opérer sa métamorphose en chrysalide
puis en papillon. Ë Sens n° 2
2) Depuis son retour d’Afrique, Pierre-Émile, si égoïste habituellement, s’occupe d’aider les
sans-papiers. Je crois savoir à quoi est due sa métamorphose. Ë Sens n°3
3) Pour punir Actéon de l’avoir surprise au bain, la déesse Artémis a transformé le jeune
homme en cerf. Même ses chiens de chasse ne reconnaissent pas leur maître derrière
cette métamorphose et le déchiquettent. Ë Sens n°1
b) Le sens à retenir pour l’œuvre d’Ovide est le sens premier.

112 — © Cned, Français 6e


A- Métamorphoses végétales
1- Apollon et la nymphe Daphné.
Séance 2
Séquence 5

c c

a) Un peu de vocabulaire pour commencer …

Terme latin Mot français dérivé sens


artus articulation membres
crines crinière cheveux
bracchia brachial bras
pes (pedis) pédestre, pédicure pied
radicibus radis, radicelle racine
cortice décortiquer écorce
pectus expectorer poitrine
ramos rameau branche
membra membrure, membrane membres
lignum ligneux bois
arbor arboré, arborescent arbre
b) Les champs lexicaux.
Les deux champs lexicaux présents dans le texte sont celui du corps et celui de l’arbre.
c) Le procédé de la métamorphose.

État initial Verbes du texte État final


Champ lexical du corps Champ lexical de l’arbre
Son buste délicat est entouré d’ une mince écorce
Ses cheveux s’allongent et se changent en feuillage
Ses bras (mêmes verbes) en branches
Son pied si agile adhère au sol par de solides racines
Les contours de son visage ont une couronne de feuilles
nymphe métamorphoser laurier*
2- Narcisse.
a) Le portrait que Narcisse voit dans l’eau est ˝ celui d’un jeune homme à la beauté
éblouissante.
b) Narcisse tombe amoureux ˝ de son reflet.
c) Tirésias avait prédit que Narcisse vivrait longtemps s’il ne se connaissait pas, or, il vient
de se découvrir dans la source qui joue le rôle de miroir. De plus, il tombe amoureux de
son propre reflet. Son amour est impossible : il va donc mourir.
d) La partie du texte qui évoque la métamorphose a été surlignée.
Celui-ci laissa tomber sa tête fatiguée dans l’herbe verte.
La mort ferma les yeux admirant la beauté de leur maître :
alors, après qu’il fut reçu dans le séjour infernal,
il se contemplait encore dans les eaux du Styx.
Ses sœurs, les Naïades, le pleurèrent et offrirent leurs cheveux coupés à leur frère,
les Dryades le pleurèrent et Écho répondit à leurs plaintes.
Déjà, elles préparaient le bûcher, les torches qu’on agite dans l’air et la civière :
le corps n’était nulle part ; à la place, elles trouvent une fleur jaune safran au cœur
entouré de pétales blancs.
Métamorphoses, Livre III, v.527-535, Ovide
Traduction Régine David pour le Cned

© Cned, Français 6e — 113


c
c Séquence 5

e) Voici le même tableau que celui de la métamorphose de Daphné complété.

État initial
Champ lexical du corps
verbes État final
Champ lexical de la fleur-
fleur jaune safran
pétales blancs
f) Le procédé utilisé pour cette métamorphose n’est pas le même que celui que tu
as étudié pour Daphné. En effet, aucune étape n’est détaillée ; aucun verbe de
transformation n’est utilisé. Seul l’état final est énoncé.
g) Lecture d’images.
1)

Écho

Cupidon

Narcisse

Écho et Narcisse, Nicolas Poussin, 1627 © Musée du Louvre, Paris

2) Les cheveux de Narcisse sont en train de se métamorphoser en


fleurs : Narcisse est donc mort. Le tableau devrait s’appeler :
La mort de Narcisse.

Écho et Narcisse (détail),


Nicolas Poussin, 1627
© Musée du Louvre, Paris

3) Au premier plan Ö Narcisse, allongé près de la fontaine, occupe une position centrale. Les
fleurs, autour de ses cheveux, évoquent sa métamorphose en narcisse. Toutefois, Poussin
n’a pas fait disparaître le corps du fils de Liriopé, comme dans le poème d’Ovide.
À l’arrière-plan, É la nymphe Écho, observe la transformation de Narcisse. Elle-même se
métamorphose en rocher dont elle a déjà la couleur et la courbure. Elle paraît impassible.
Dans le déroulement de l’histoire d’Ovide, elle est déjà devenue une voix quand Narcisse
meurt. Ici, elle attire notre regard, autant que Narcisse.
En fait, Å nous assistons à une double métamorphose : celle de Narcisse, perdu par la
contemplation de son image, et celle d’Écho, changé en pierre après une longue souffrance.
C’est la raison du titre choisi par le peintre.

114 — © Cned, Français 6e



Quant au dieu Cupidon, Ç affublé de son carquois et d’une longue flèche à ses côtés, il
Séquence 5

est le seul à avoir la peau rose, symbole de vie. Lui seul survit à cette histoire tragique. Il ne
regarde ni Narcisse ni Écho. La flamme de sa torche est vive : est-ce la torche qu’on secoue
dans l’air, symbole de mort, ou la flamme de la vie ?

Ainsi, Ü différents personnages et différents moments de l’histoire se côtoient dans ce


tableau : Écho est visible alors qu’elle devrait avoir complètement disparu ; Narcisse l’est
c c

aussi, alors qu’il vient de disparaître, et Cupidon est là, vivant, alors que l’amour n’est
qu’un sentiment.

B- Autre métamorphose : Le roi Midas


1- Le passage de l’extrait qui évoque une métamorphose a été surligné.
Satisfait d’avoir retrouvé son compagnon, Bacchus permet à Midas le choix d’une
demande. Mais ce prince qui doit mal user de ce don, le rendra inutile : « Fais, dit-
il, que tout se change en or sous ma main ». Sa demande est accordée, mais le bien
qu’il vient de recevoir lui deviendra funeste ; et le dieu regrette que son souhait n’ait
pas été plus sage.
Midas se retire transporté de joie, et se félicite de son malheur. Il veut sur le champ
essayer l’effet des promesses du dieu. Il touche tout ce qui s’offre devant lui. D’un
arbre il détache une branche, et il tient un rameau d’or. Il croit à peine ce qu’il voit.
Il ramasse une pierre, elle jaunit dans ses mains. Il touche une motte de terre, c’est
une masse d’or. Il coupe des épis, c’est une gerbe d’or. Il cueille une pomme, on la
dirait un fruit des Hespérides. Il touche aux portes de son palais, et l’or rayonne sous
ses doigts. À peine reçoit-il l’eau liquide qu’on verse sur ses mains, c’est une pluie
d’or qui eût pu tromper Danaé.
Tandis que tout est or dans sa pensée, qu’il contient à peine sa joie et son espoir,
les esclaves dressent sa table et la chargent de viandes et de fruits ; mais le pain qu’il
touche, il le sent se durcir. Il porte des mets à sa bouche, et c’est un or solide sur
lequel ses dents se fatiguent en vain. L’onde pure que dans sa coupe il mêle avec le
vin, sur ses lèvres ruisselle en or fluide.
Étonné d’un malheur si nouveau, se trouvant à la fois riche et misérable, il maudit
ses trésors. L’objet naguère de ses vœux devient l’objet de sa haine. Au sein de
l’abondance, la faim le tourmente, la soif brûle sa gorge sèche. L’or qu’il a désiré
punit ses coupables désirs.
Il lève au ciel les mains ; il tend ses bras resplendissant de l’or qu’ils ont touché ;
il s’écrie : « Ô Bacchus ! pardonne : je reconnais mon erreur. Pardonne, et prive-moi
d’un bien qui m’a rendu si misérable ! »
Ovide, Métamorphoses, Livre XI, vers 110-133

D’après une traduction adaptée de G.T. Villenave, Paris, 1806

2- Le sujet des verbes soulignés a été encadré.

Bacchus Midas l’or Danaë Silène

© Cned, Français 6e — 115


c
c
3-
Séquence 5

branche
pierre
motte de terre
objets
rameau d’or
Elle jaunit.
masse d’or
transformations

épis gerbe d’or


pomme pomme d’or
portes portes en or
eau (eau + vin) pluie d’or, or fluide
mets aliments en or
4- Le point commun est l’or.
5- Au début, Midas est enchanté mais, ensuite, il n’est pas satisfait parce que tout ce qu’il
touche se transforme en or, ainsi il ne peut plus ni manger ni boire. Il demande donc au
dieu d’avoir pitié de lui et de lui retirer ce don qu’il avait tant désiré.
Pour montrer l’enchantement puis le désenchantement de Midas, Ovide multiplie les
exemples de métamorphoses qui ont toutes le même état final : l’or dont Midas est avide.

C- EXERCICE D’ÉCRITURE
Voici un exemple de ce qu’il était possible d’imaginer.
Au cœur de l’automne, la jeune Amaryllis avait l’habitude de se réfugier près d’un lac aux
eaux cristallines pour savourer le bruissement de l’eau, la valse des feuilles multicolores, et
pour surprendre les derniers préparatifs des oiseaux avant la froidure de l’hiver. Ce jour-là,
elle contemplait le spectacle sauvage avec ravissement quand, tout à coup, le vent redoubla
de force et agita en tous sens sa capeline rouge.
Amaryllis ne craignait pas la bise. Pourtant son sifflement pénétra au plus profond de ses
oreilles, au point de l’étourdir. Elle tenta vainement de crier. Elle voulut s’arc-bouter pour
se relever : peine perdue … Le froid la paralysait !
Elle songea alors au printemps et au délice que produisait la chaleur du soleil sur sa
peau. Elle se sentait mieux et put de nouveau ouvrir les yeux. Quelle ne fut pas sa surprise
lorsqu’elle constata que sa capeline avait fait place à cinq magnifiques pétales rouges
ourlés, ouverts en calice . Ses cils s’étaient allongés en longues étamines jaune safran.
Son corps gracile s’était encore amenuisé en longue tige , tandis que ses mains restaient
ouvertes sur de longues feuilles oblongues. Un bulbe remplaçait ses pieds mais sous les
efforts qu’elle avait déployés, il était sur le point de se déraciner . Alors, Amaryllis renforça
une à une ses racines et un à un ses pétales doux comme du velours pour résister au vent
violent.
C’est ainsi qu’elle orne désormais les maisons des contrées froides au cœur de l’hiver et que
son rouge éclatant réchauffe les cœurs à la manière d’une flamme quand toutes les autres
fleurs se sont endormies.
Les parties du corps métamorphosées sont soulignées.
La métaphore est celle de la fleur (champ lexical de la fleur surligné).

116 — © Cned, Français 6e


A- La métamorphose et le changement
1- Choisir le verbe juste.
Séance 3
Séquence 5

a) et b) Le passage qui raconte la métamorphose de Cygnus a été surligné et les verbes qui
c c

expriment la métamorphose de Cygnus ont été soulignés.

1 Le fils de Sthénélus, Cygnus, assista à ce prodige nouveau. Cygnus, quoique


Phaéton te fût uni par le sang, du côté de ta mère, il l’était encore davantage par
l’amitié.
Cygnus avait quitté son empire, car il avait régné sur les villes et sur les peuples
5 de la Ligurie. Les cris de sa douleur retentissaient dans les riantes campagnes que
baigne l’Éridan, à travers les arbres qui bordent son rivage, et dont tes sœurs venaient
d’accroître le nombre. Soudain sa voix change et s’affaiblit. Des plumes blanches
remplacent ses cheveux blancs. Son cou, loin de sa poitrine, s’allonge ; ses doigts
rougissent et des membranes les unissent ; un éclatant duvet couvre ses hanches. Sa
10 bouche devient un bec arrondi ; Cygnus enfin est un oiseau : mais, timide, il n’ose
s’élever dans les airs. Il semble craindre Jupiter, et la foudre injustement lancée sur
son ami. Il nage dans les lacs; il cherche les étangs, et ne se plaît que dans les fleuves,
ennemis de la flamme.
Métamorphoses, Livre II, vers 367-400, Ovide.
D’après une traduction adaptée de G.T. Villenave, Paris, 1806
c)

forme matière couleur son


voix change, s’affaiblit
cheveux remplacent remplacent
cou s’allonge
doigts unissent rougissent
hanches couvre
bouche devient devient
d)

changements Expressions formées à partir des adjectifs qualificatifs Verbes


couleur devenir rouge rougir
devenir noir noircir
devenir blanc blanchir
devenir vert verdir
devenir bleu bleuir
devenir jaune jaunir
forme devenir long s’allonger
devenir grand s’agrandir
devenir moindre s’amoindrir
devenir petit rapetisser
devenir gros grossir
devenir court raccourcir
devenir large s’élargir
devenir maigre maigrir

© Cned, Français 6e — 117


c
c Séquence 5

matière devenir doux


devenir souple
devenir liquide
devenir solide
devenir dur
devenir mou
s’adoucir
s’assouplir
se liquéfier
se solidifier
se durcir
se ramollir
devenir ferme s’affermir
devenir raide se raidir

e)

verbes verbes antonymes


croître décroître
se plier se déplier
enfler désenfler
se contracter se décontracter
lier délier
paraître disparaître
joindre disjoindre

f) Associe par une flèche les verbes de la première colonne à leur antonyme.

pousser • • se rétracter

diminuer • • se dresser

se courber • • s’agrandir

g) Exercice d’écriture.

Tout à coup, ses plumes se rétractent, son cou diminue, sa bouche se ramollit, ses
doigts blanchissent et se disjoignent. Sa taille croît et sa tête se dresse.

2- Développer un champ lexical.

a) et b)

Ipsa quoque interius cum duro lingua palato Sa langue elle-même se glace à l’intérieur de
son palais devenu dur et le sang ne peut plus
Congelat et venae desistunt posse moveri ;
couler dans ses veines ; son cou ne peut plus
Nec flecti cervix nec bracchia reddere motus fléchir et ses bras ne peuvent plus bouger,
Nec pes ire potest; intra quoque viscera saxum ni son pied avancer ; à l’intérieur de ses
est. entrailles aussi, elle est de pierre.
Métamorphoses, Livre VI, v.306-309, Ovide Traduction de Régine David, pour le Cned

c) Niobé nous permet d’assister à une métamorphose minérale.

d) Croc, flanc, tige, pétale, étamine, museau, échine, patte, queue, pistil, feuille, racine,
tronc, branche, écaille, plume, rameau, sabot, corne, naseau, poitrail, babine,
frondaison, bois, épines, corolle, griffe, serre, aile, écorce, sépale, aile, bec.

e) Les autres noms appartiennent au champ lexical du monde animal.

118 — © Cned, Français 6e


f)
Séquence 5

c c

Pascal Derr pour le Cned

B- L’héritage lexical des métamorphoses


1- L’Atlas.
Un atlas est un recueil de cartes géographiques mais c’est aussi la première vertèbre cervicale.
En effet, Atlas, puni par Zeus lorsqu’il a établi le règne des dieux olympiens, soutenait les
colonnes du ciel. Son nom a été attribué à un ouvrage de géographie, probablement parce
que le frontispice (Illustration qui figure en regard d’un titre de livre) de l’ouvrage de Mercator,
géographe hollandais du XVIe siècle, était orné d’une gravure représentant Atlas.
De plus, les vertèbres du cou sont sept. La première est nommée atlas, parce que cette
vertèbre porte et soutient toute la tête, tout comme Atlas porte le Ciel sur ses épaules.
2-

Narcisse Ë un narcisse un livre


Écho Ë un écho un animal
Méduse Ë une méduse un beau jeune homme
Atlas Ë un atlas une fleur
Adonis Ë un adonis un son
Apollon Ë un apollon une grosse somme d’argent
Sosie Ë un sosie une personne très ressemblante
Pactole Ë un pactole

3- a)

Protée protéiforme narcissique


Hercule herculéen arachnéen
Prométhée prométhéen protéiforme
Arachné arachnéen chimérique
Orphée orphéen herculéen
Narcisse narcissique orphéen
Chimère chimérique prométhéen

© Cned, Français 6e — 119


c
c Séquence 5

b) Cet homme prométhéen a de grands projets pour améliorer la condition humaine.



Elle portait ce jour-là une robe arachnéenne qu’elle faisait virevolter au son du
hautbois.
Quel étrange personnage narcissique : en dehors de sa personne, nul n’est digne
d’intérêt.
Les enfants ont une imagination débordante : protéiformes, ils deviennent tour à tour
pirate, magicienne mais aussi fleur ou dragon.
Vouloir la paix mondiale est hélas chimérique.
Le poème qu’elle vient de terminer est orphéen : l’écouter est un enchantement !
L’athlète déploie une force herculéenne pour soulever des haltères si lourds.

Séance 4

A- De la création de l’homme au déluge


1- La création de l’homme.
a) Un peu de vocabulaire avant de commencer.

Mot latin Ë mot dérivé Ë sens Mots français sens


dérivés
divine Ë divination Ë divin mental créateur
posset Ë possession Ë pouvoir capacité homme
semine Ë insémination Ë semence domination image
rudis Ë rudimentaire Ë grossier etc autres
natus Ë natalité Ë naître possession terre
mundi Ë mondial Ë monde natalité semence
sidera Ë sidéral Ë astre hominidé air pur
homo Ë hominidé Ë homme divination astre
cetera Ë etc Ë autres insémination esprit
dominari Ë domination Ë dominer mondial ciel
capacius Ë capacité Ë capable améliorer naître
melioris Ë améliorer Ë meilleur tellurique capable
origo Ë originel Ë créateur éthéré regarder
aethere Ë éthéré Ë air pur effigie grossier
spectent Ë spectacle Ë regarder spectacle dominer
tellus Ë tellurique Ë terre céleste pouvoir
effigiem Ë effigie Ë image érection divin
erectos Ë érection Ë se dresser sidéral se dresser
mentis Ë mental Ë esprit rudimentaire monde
caeli Ë céleste Ë ciel originel meilleur
b) La phrase latine qui indique que l’homme est né a été surlignée.

Sanctius his animal mentisque capacius altae Un animal plus noble et plus intelligent, fait pour
Deerat adhuc et quod dominari in cetera posset. dominer tous les autres, manquait encore à ce
Natus homo est ; (…) grand ouvrage.
L’homme naquit ; (…)
Métamorphoses, Livre I, v.76-88, Ovide D’après une traduction adaptée de G.T.
Villenave, Paris, 1806, Régine David pour le
Cned

120 — © Cned, Français 6e


c) Les expressions soulignées nous apprennent que l’homme est supérieur aux autres



animaux par sa noblesse et sa capacité à penser.
Prométhée l’a doté d’une part divine ou céleste et l’a fait semblable aux dieux.
L’homme est donc unique.
Séquence 5

d) Tandis que les animaux regardent la terre parce qu’ils marchent à quatre pattes ; l’homme, lui,
c c

a les yeux levés vers le ciel parce qu’il est capable de se dresser. Il peut prendre de la hauteur
et ainsi dominer les autres créatures. Il a une vision élargie du monde tandis que les autres
animaux n’en ont qu’une vision incomplète.
2- Le déluge.
a) La phrase de l’oracle est la suivante : « Éloignez-vous du temple, voilez vos têtes,
détachez vos ceintures, et jetez derrière vous les os de votre grand-mère. »
b) La grand-mère est la terre et ses os en sont les pierres qui jonchent le sol.
c) Le passage du texte qui évoque une métamorphose a été surligné.
[...] Aussitôt (qui le croirait, si l’Antiquité n’en rendait témoignage ?) ces pierres
s’amollissent, semblent devenir flexibles, et revêtir une forme nouvelle : on les voit
croître et s’allonger ; et, prenant une plus douce substance, elles offrent de l’homme
une image encore informe et grossière, semblable au marbre sur lequel le ciseau
n’a esquissé que les premiers traits d’une figure humaine. Les éléments humides
et terrestres de ces pierres deviennent des chairs ; les parties plus solides et qui ne
peuvent fléchir se convertissent en os ; ce qui était veine conserve et sa forme et son
nom. Ainsi rapidement la puissance des dieux change en hommes les pierres lancées
par Deucalion, et en femmes celles que jetait la main de Pyrrha. De là vient cette
dureté qui caractérise notre race ; de là sa force pour soutenir les plus rudes travaux ;
et l’homme atteste assez quelle fut son origine.
Métamorphoses, Livre I, v.379-415, Ovide
D’après une traduction adaptée de G.T. Villenave, Paris, 1806
Régine David pour le Cned
d)

État initial verbes État final


Ces pierres - s’amollissent
- semblent devenir - flexibles
- [semblent] revêtir - une forme nouvelle
- on les voit croître
- [on les voit] s’allonger
- prenant - une plus douce substance
- offrent - une image encore informe et
grossière de l’homme
Les éléments humides et
terrestres de ces pierres - deviennent - des chairs

Les parties les plus solides - se convertissent - en os

La veine - conserve - sa forme


- son nom

© Cned, Français 6e — 121


c
c Séquence 5

e) L’homme en a conservé : la couleur, - la dureté, - la froideur.


f) Les récits mythologiques expliquent comment le monde s’est repeuplé après une catastrophe.
Selon Ovide, c’est une métamorphose qui est à l’origine du repeuplement. Les hommes
seraient donc issus de minéraux dont ils conservent un élément de leur ancien état : la dureté.

B- L’origine des saisons


1- Une œuvre vivante.


Le rapt de Proserpine, Le Bernin, 1621-1622 Le rapt de Proserpine (détail),
Galerie Borghèse, Rome Le Bernin, 1621-1622
© RMN / Mauro Magliaris © Galerie Borghèse, Rome © RMN / Mauro Magliaris

a) Il se dégage de la violence.
b) Les sentiments qui semblent animer Proserpine ont été encadrés.
terreur - désarroi - ravissement - sérénité - agressivité - effroi - paix
c) Voici le synonyme de « rapt » qui vient du verbe latin rapio : ENLÈVEMENT.
d) Cette sculpture met en scène Pluton (Hadès en grec), dieu des enfers, accompagné de
son chien à trois têtes, Cerbère, et Proserpine (Perséphone en grec), fille de la déesse
des moissons, Cérès (Déméter chez les Grecs).
L’artiste a choisi de nous montrer l’enlèvement de la jeune femme par le souverain des
enfers. En effet, ce dernier se sentait seul dans son royaume et scrutait la surface de la
terre quand il aperçut la fille de Cérès qu’il trouva charmante. Décidant de la ravir, il fit
surgir son char attelé de chevaux noirs près d’elle et la saisit dans ses bras.
Terrifiée, Proserpine se débat, la tête rejetée sur le côté, le visage tendu dans un appel
désespéré, et essaie de repousser son agresseur de la main gauche. Ses gestes n’en
demeurent pas moins grâcieux. Pourtant, Pluton n’en est pas affecté : la jambe gauche
tendue vers l’avant, il poursuit résolument sa marche. Sa tête, seule, est légèrement
inclinée. Les deux lignes courbes que dessinent les corps témoignent de la lutte entre les
deux personnages que tout oppose.

122 — © Cned, Français 6e



La construction qui s’élève en spirale, telle une tornade, contribue à son dynamisme
Séquence 5

Sur le corps lisse de la jeune femme, la pression qu’exerce le dieu des enfers laisse des
traces. Les doigts de Pluton s’enfoncent et serrent la chair délicate de la jeune déesse.

et renforce le drame qui se joue. D’ailleurs, si tu t’approches, tu verras que des larmes
coulent sur la joue de Proserpine …
Cette statue est un chef-d’œuvre !
c c

Régine David pour le Cned


2- Un compromis pour explication.
a) • Proserpine est devenue l’épouse de Pluton.
• Cérès, sa mère, pour récupérer sa fille, demande l’aide de Jupiter.
• Proserpine ne peut pas regagner le monde des vivants parce qu’elle a mangé sept
pépins de grenade.
• Elle métamorphose Ascalaphus, qui l’a vue, en hibou.
• Les sirènes, rencontrées dans l’Odyssée, ont été métamorphosées parce qu’elles ont
souhaité des ailes pour retrouver Proserpine.
• Pour satisfaire à la fois Cérès et Pluton, Jupiter ordonne que Proserpine passera six
mois avec son époux et six mois avec sa mère.
b) Ainsi, les Grecs expliquaient-ils les saisons. Lorsque Perséphone-Proserpine descendait dans
le royaume souterrain, auprès de son époux, la tristesse de sa mère gagnait la nature. Ainsi, la
sève cessait de nourrir la végétation : c’était l’automne. Lorsque la douleur de Déméter-Cérès
était extrême, il gelait : c’était l’hiver. Enfin, quand Perséphone-Proserpine regagnait la terre
et retrouvait sa mère, la joie régnait, la nature retrouvait ses couleurs : c’était le printemps. Le
plaisir partagé du temps passé ensemble ravissait la déesse des moissons et la végétation en
était le témoin : c’était l’été. Et le cycle recommençait…
Régine DAVID pour le Cned

Séance 5

A- Un texte littéraire comme œuvre picturale


1- Le bon ordre est le suivant : F- J- B- H- O- K- A- G- E- Q- N- D- I- L- M- C.
2- La métamorphose d’Arachné.
a) et b) Le passage de la métamorphose d’Arachné en araignée est le suivant et les cinq
verbes de la métamorphose ont été soulignés.
« Atteints de cet affreux poison, ses cheveux tombent, ses traits s’effacent, sa tête et toutes les
parties de son corps se resserrent. Ses doigts amincis s’attachent à ses flancs. Fileuse araignée, elle
exerce encore son premier talent, et tire du ventre arrondi qui remplace son corps les fils déliés
dont elle ourdit sa toile. »
Métamorphoses, Livre VI, v .26-145, Ovide
D’après une traduction adaptée de G.T. Villenave, Paris, 1806
Régine David pour le Cned
c) La déesse décide de métamorphoser Arachnée pour la punir de son insolence (elle ose
défier une déesse, c’est un crime).
d) Atteints par l’antidote, ses cheveux repoussent, ses traits se dessinent à nouveau, sa tête et
toutes les parties de son corps se desserrent. Ses doigts charnus se détachent de ses hanches.
Elle tire de ses mains le fil qu’elle fait courir sur le métier avec sa navette et qu’elle ajuste
avec son peigne.

© Cned, Français 6e — 123


c
c Séquence 5

3- Une toile et un tableau.


a) Le verbe répété trois fois est le verbe « peint ». Aussi peut-on comparer la toile
– tapisserie, d’Arachné à une toile – peinture, tant son art atteint la perfection. La vue
est sollicitée puisque l’œil croit voir. La scène est si réaliste qu’elle semble vivante. Le
texte joue sur l’illusion visuelle : il décrit les scènes d’une manière si vive et si précise que
le lecteur doit croire qu’il voit réellement ce qu’on lui décrit. Ce procédé est souvent
utilisé en littérature.
b) et c) Les différentes métamorphoses de Jupiter pour séduire les mortelles énumérées
aux lignes 65 à 75.

Encore un scandale qui énerve Junon ! À qui le tour !

Jupiter a trompé à nouveau Junon !


Il a osé se métamorphoser en taureau
Cette fois c’est la Titanide Astérie qui a vu
pour séduire Europe
apparaître devant elle un aigle majestueux.
Il aurait emmené la jolie jeune femme en
Junon va être furieuse de constater la nouvelle
Crète.
supercherie de son mari.
Son frère Cadmos est parti à sa
recherche !
Une pluie d’or,
Quelle horreur ! voyez-vous ça !
Antiope, fille du roi de Thèbes a vu surgir Aucune tour n’est assez haute, ni aucun barreau
un satyre : Jupiter aurait pu être plus infranchissable pour le souverain de l’Olympe !
délicat ! Sa femme s’imagine-t-elle qu’il tombe en pluie
d’or pour séduire Danaé, enfermée par son père.
Vil reptile !
Décidément, « l’histoire se répète » !
La pauvre Proserpine a encore été le jouet des
dieux. Jupiter lui-même aurait choisi le serpent
Quelle imagination ! pour se glisser auprès de la jeune fille.
On ne fait pas d’omelette sans casser des Cérès va ordonner un hiver éternel, cette fois.
œufs ! Léda a donné naissance à quatre
enfants issus de deux énormes œufs après
que le maître de l’Olympe lui a rendu
visite, métamorphosé en cygne.

Par Hercule !
Jupiter est prêt à tout pour parvenir à son but.
Une déesse pour mémoire !
Alcmène aime Amphitryon. Il attend donc que
C’est sous les traits d’un berger que
ce dernier soit parti à la guerre pour revêtir son
Jupiter a choisi de charmer Mnémosyne.
apparence afin qu’Alcmène ne le repousse pas !
Il a même recours aux apparences
humaines.
Où va-t-on ?
Jupiter déclare sa flamme. Jupiter en froid avec sa fille préférée !
Son côté brûlant n’est qu’un subterfuge Athéna ne décolère pas depuis qu’elle sait que
pour séduire l’innocente Égine. son père s’est infiltré chez Arachné, la belle
Jupiter devrait surveiller ses ardeurs ! Lydienne, tout cousu de fils d’or.
Il ne pouvait trouver moyen plus efficace pour
séduire cette brodeuse hors pair !

124 — © Cned, Français 6e


B. Un tableau comme mise en scène théâtrale
A
Séquence 5

c c

Les Fileuses ou la Fable d’Arachné, Diego Velázquez, 1660, Madrid © Musée du Prado
B C
1- Analyse du tableau.
a) - Au premier plan, on peut voir trois femmes dans le triangle ABC.
- Elles filent la laine.
- Sur la droite, côté [AC] du triangle, une femme est éclairée : cette femme est peut-être
Arachné.
- Sur la gauche, côté [AB] du triangle, on peut supposer que la femme qui actionne le
rouet cache sa véritable identité sous un voile. On peut supposer que cette femme est la
déesse Athéna, déguisée.
- Elles ne se regardent pas parce qu’elles s’affrontent.
- Le rideau rouge à gauche, et l’ouverture, à droite, pour les entrées et sorties des
acteurs rappellent l’espace théâtral.
b) - Au second plan, la médiane met en valeur Arachné qui a le bras dirigé vers une étoffe.
- À sa gauche, une femme porte une armure. C’est la déesse Athéna : elle apparaît cette
fois avec ses attributs.
- Cette dernière a le bras levé, dans un geste péremptoire, sans répliques.
- Arachné va être métamorphosée en araignée.
c) Au fond, sur le mur, une grande tapisserie est tendue.
2- Synthèse.
a) Les trois tisseuses, au premier plan, rappellent :
les Parques qui séjournent aux enfers et tissent les destinées humaines.

© Cned, Français 6e — 125


c
c Séquence 5

b) Dans son tableau, Vélasquez met en valeur :


la rébellion d’Arachné contre Pallas.
c) Le tableau de Vélasquez est une mise en abyme de / du :
l’artisanat du tissage : les femmes au premier plan tissent la toile de l’arrière-plan,
la destinée humaine : les Parques tissent le destin d’Arachné qui se joue au second plan,
théâtre dans le théâtre : Arachné et Pallas jouent la scène principale, tandis qu’au
premier plan, les costumières s’activent dans les coulisses et deux autres femmes
ouvrent l’espace théâtral au spectateur.

Séance 6

A- Une déesse farouche


1- Encore une punition.
a) Le passage qui évoque une métamorphose a été surligné.
Tandis que Diane se baigne dans la fontaine de Gargaphie, Actéon errant d’un pas
incertain dans ce bocage qui lui est inconnu, arrive dans l’enceinte sacrée, entraîné par
le destin qui le conduit. À peine est-il entré dans la grotte où coule une onde fugitive,
que les nymphes l’apercevant, frémissent de paraître nues, frappent leur sein, font
retentir la forêt de leurs cris, et s’empressent autour de la déesse pour la dérober à
des yeux indiscrets. Mais, plus grande que ses compagnes, la déesse s’élevait de
toute la tête au-dessus d’elles. Tel que sur le soir un nuage se colore des feux du
soleil qui descend sur l’horizon, ou tel que brille au matin l’incarnat de l’aurore
naissante, tel a rougi le teint de Diane exposée sans voiles aux regards d’un mortel.
Quoique ses compagnes se soient rangées en cercle autour d’elles, elle détourne son
auguste visage. Que n’a-t-elle à la main et son arc et ses traits rapides ! À leur défaut
elle s’arme de l’onde qui coule sous ses yeux; et jetant au front d’Actéon cette onde
vengeresse, elle prononce ces mots, présages d’un malheur prochain :
« Va maintenant, et oublie que tu as vu Diane dans le bain. Si tu le peux, j’y
consens. » Elle dit, et soudain sur la tête du prince s’élève un bois rameux ; son
cou s’allonge ; ses oreilles se dressent en pointe ; ses mains sont des pieds ; ses
bras, des jambes effilées ; et tout son corps se couvre d’une peau tachetée. À ces
changements rapides la déesse ajoute la crainte. Il fuit ; et dans sa course il s’étonne
de sa légèreté.
Métamorphoses, Livre III, v .173-252, Ovide
D’après une traduction adaptée de G.T. Villenave, Paris, 1806
Régine David pour le Cned

126 — © Cned, Français 6e


b)

N
J
U
E
U
M
P
N
I
O
N
T U
N
E
N
P
R
E
A
V
X
N
E
Séquence 5

c c

P A L L A S É X
I R X D I A N E
T S X J A N U S
E X C É R È S X
R V U L C A I N
2- La métamorphose d’Actéon.
a) Le chasseur Actéon est métamorphosé par la déesse Diane parce qu’il l’a surprise dans
son bain.
b) Le dessin qui correspond à la métamorphose d’Actéon est le deuxième, qui représente
un cerf.

c) C’est cruel de la part de la déesse parce qu’Actéon se rend compte de ce qui lui arrive ;
or, il ne pourra pas éviter le danger.
d) Pour présenter les chiens de la meute d’Actéon, l’auteur utilise l’énumération afin de
montrer que les chiens sont nombreux, ainsi Actéon n’aura aucune possibilité de leur
échapper.
e) Actéon subit le sort qu’il a infligé aux bêtes que ses compagnons et lui ont massacrées
précédemment (lignes 38-39).
f) Dans les lignes 54 - 55, les expressions qui témoignent de la mort atroce d’Actéon
sont : « ils [les chiens] enfoncent leurs dents cruelles dans tout son corps, et déchirent
leur maître caché sous la forme d’un cerf ».

B- Des outils au service du sens


1- Un peu d’orthographe au service du sens.

Participes passés employés Participes passé employés Participes passés employés


sans auxiliaire avec l’auxiliaire « être » avec l’auxiliaire « avoir »
-Diane exposée - est-il entré -il n’avait conservé
-des jambes effilées - ils étaient arrivés -ses chiens l’ont aperçu
-d’une peau tachetée
-Hylée, récemment blessé*
-Napé engendrée*
-aux flancs resserrés
-au poil hérissé
-Cette meute, emportée

© Cned, Français 6e — 127


c
c Séquence 5

b)


Hylée est
Napé est
˝ un chien.
˝ une chienne.
c) Le participe passé « engendrée » se termine par un « e » : il est donc au féminin ; Napé
est une chienne. En revanche « blessé » est au masculin singulier : Hylée est donc un
chien.
d) Le sujet de chacun des verbes a été souligné.
Ils étaient arrivés. Ses chiens l’ont aperçu.
e)

1re personne du singulier 1re personne du pluriel


2e personne du singulier 2e personne du pluriel
3e personne du singulier ˝ 3e personne du pluriel
f) Dans la première phrase, c’est l’auxiliaire « être » ; dans la seconde phrase, c’est
l’auxiliaire « avoir ».
g) Le participe passé s’accorde avec le sujet du verbe quand il est employé avec l’auxiliaire
« être ».
h) Les modifications apportées ont été soulignées.
Elles étaient arrivées.
Elles l’ont aperçu.
i) Exercice de réécriture.
Les déesses sont descendues sur terre, accompagnées de leur fidèle compagnon,
Hermès. Elles voulaient mettre à l’épreuve l’hospitalité des hommes. Déguisées en
mendiantes, elles ont frappé à plusieurs portes mais devant leur aspect repoussant, les
habitants ont chassé les déesses. Seul, un couple, Philémon et Baucis, ont accueilli les
Olympiennes. En dépit de leur pauvreté, ils ont offert tout ce qu’ils possédaient. Les
déesses ont décidé de châtier les hommes sauf Philémon et Baucis dont le seul souhait
était de rester toujours unis. Au moment de mourir, Philémon s’est transformé en chêne
et Baucis en tilleul ; les deux arbres ont mêlé leur tronc.
2- Un peu de grammaire au service du sens.
a) et b) - Daphné devint laurier quand Apollon la rattrapa.
- Les Gorgones semblaient endormies quand Persée entra dans la grotte.
- Actéon resta stupéfait quand il vit Diane dans son bain.
- Callisto parut féroce quand elle fut métamorphosée en ourse.
c) Les transformations ont été soulignées.
Méduse semblait endormie quand Persée entra dans la grotte.
Actéon et ses compagnons restèrent stupéfaits quand ils virent Diane dans son bain.
d) Ce sont des adjectifs qualificatifs.
e) Les verbes « sembler » et « rester » permettent les accords en genre et en nombre.

128 — © Cned, Français 6e


f)


Baucis sera un tilleul.

=
Séquence 5

c c

Actéon, métamorphosé en cerf, parut craintif.

Le roi Midas a des oreilles d’âne.

g) À toi de jouer …

Diane est une chasseresse : armée de son arc et de ses flèches, elle parcourt les bois.

Les chiens paraissent cruels quand ils s’attaquent au gibier.

Actéon sembla terrifié à la vue de sa meute.

h) Exercice d’écriture.

Voici un exemple de ce qu’il était possible d’imaginer :

Les oreilles aux aguets, je tremble à l’approche de ma meute : j’ai entraîné mes chiens à
mordre, à déchiqueter leur proie jusqu’à ce qu’elle rende son dernier souffle.

Je vais subir le même sort que les bêtes tuées le matin même. Mon souffle se fait plus
court lorsque je vois apparaître Asbolus, mon chien préféré, aux babines retroussées.
Il grogne en se dirigeant vers moi. Mes pattes ne répondent pas : je reste sur place,
tétanisé … Absolus est prêt à bondir ! Mon regard croise le sien ; il hésite.

Un long brame s’échappe alors de mon poitrail. Asbolus se détend, me renifle sans
m’attaquer. Dans un dernier sursaut, je lui crie : « Arrête, c’est moi, Actéon ! ». Mon
fidèle compagnon remue la queue : il me comprend et me reconnaît. Je poursuis :
« Asbolus, il faut que tu préviennes les autres. La déesse Diane, furieuse parce que je
l’ai surprise dans son bain, m’a métamorphosé en cerf. À peine le filet d’eau qu’elle
m’a lancé m’avait-il touché que des bois ont poussé sur ma tête. Mes oreilles se sont
dressées. Mon cou puis mon corps se sont allongés. Des pattes frêles ont remplacé
mes membres. Ma peau est devenue tachetée. Me voilà devenu un cerf craintif ! Je t’en
supplie, mon chien, la meute me paraît maintenant si cruelle. »

Mais les supplications d’Actéon restent vaines : les chiens sont enragés, avides de sang.
Ils infligent de multiples morsures à Actéon qui bientôt s’affaisse, couvert de blessures
mortelles … Asbolus pousse un long gémissement, le museau levé vers le ciel.

© Cned, Français 6e — 129


c
c Séquence 5

Je connais
• des extraits des Métamorphoses d’Ovide.
Séance 7
Je suis capable de
• situer l’auteur : entre le 1er av. J.-C. et le 1er
ap. J.-C.
• préciser quel empereur romain régnait à
cette époque : C’est Auguste.
• l’origine du titre de l’œuvre. • définir le mot « métamorphose » :
Une métamorphose est le passage d’un état
initial vers un état final par l’intermédiaire de
verbes de transformation le plus souvent.
• donner un synonyme d’origine latine : une
transformation.
• le début de l’œuvre qui expose le projet • compléter la traduction du premier vers
d’Ovide. de l’incipit : « In nova fert animus mutatas dicere
formas corpora … » :
J’ai l’intention de raconter la mutation des
formes en de nouveaux corps
• le processus d’une métamorphose. • le définir : c’est le passage d’un état initial
vers un état final par l’intermédiaire de verbes
de mouvement ou de modification.
• les trois autres procédés du processus de • reconnaître ces procédés :
métamorphose selon son intention. - Pour créer un effet de surprise, on se
contente de citer l’état final. Pour insister sur
l’état final, on énumère les différentes parties
du corps sans les détailler.
- Dans d’autres cas, on peut multiplier les
exemples.
• le sens d’un champ lexical. • repérer les mots qui appartiennent à un
champ lexical :
Ex. : « cheveu, buste, bras, jambes, pieds »
appartiennent au champ lexical du corps.
• des verbes qui traduisent des changements • ajouter des préfixes et des suffixes pour
de forme, de couleur, de matière, de son. former ces verbes à partir des adjectifs :
Ex. : devenir noir : noircir
devenir grand : grandir ou agrandir
devenir mou : mollir ou amollir
• ajouter un préfixe pour trouver un
antonyme d’un verbe :
Ex. : enfler : désenfler
joindre : disjoindre
• l’héritage lexical des Métamorphoses. • « Un adonis » est un beau jeune homme du
nom du bel adolescent aimé par Aphrodite/
Vénus : on appelle cette figure de style
l’antonomase. Je peux citer deux autres
exemples :
- Un atlas
- Un écho
Je connais des adjectifs issus de personnages
des Métamorphoses :
- Arachné : arachnéen
- Prométhée : prométhéen
- Protée : protéiforme

130 — © Cned, Français 6e


• la signification des récits de
métamorphoses.

• le procédé de mise en abyme.


• qualifier cette signification :
Séquence 5

Le mythe des paysans de Lycie transformés


en grenouilles a à la fois une signification
explicative et une signification morale
• l’identifier : il ressemble à la technique des
poupées russes : on parle de texte dans le
c c

texte, de tableau dans le tableau, de théâtre


dans le théâtre.
• citer un exemple : le mythe d’Arachné ou
le tableau de Vélasquez, Les Fileuses ou la Fable
d’Arachné.
• des outils de la langue grammaticaux et • analyser un attribut du sujet :
orthographiques. Cygnus devient un cygne.
Actéon est un cerf.
• énoncer correctement les règles d’accords
des participes passés employés sans auxiliaire,
avec l’auxiliaire « être », avec l’auxiliaire
« avoir » et de les appliquer.
- le participe passé employé sans auxiliaire
s’accorde en genre et en nombre avec le nom
auquel il se rapporte.
- le participe passé employé avec l’auxiliaire
« être » s’accorde en genre et en nombre avec
le sujet du verbe.
- le participe passé employé avec l’auxiliaire
« avoir » ne s’accorde JAMAIS avec le sujet du
verbe.
Narcisse, lassé, se laisse mourir.
Proserpine, la fille de Cérès, a été enlevée
par Pluton, le dieu des enfers.
Deucalion et Pyrrha ont jeté les os de leur
mère par-dessus leurs épaules.
• des mots latins transparents. • trouver des mots dérivés :
- sidera : sidéral
- tellus : tellurique
- mentis : mental
- divine : divination
• des métamorphoses végétales. • en nommer quelques-unes :
Daphné en laurier
Le sang d’Adonis en anémone
Narcisse en narcisse

• des métamorphoses animales. • en nommer quelques-unes :


Cygnus en cygne
Arachné en araignée
Les paysans de Lycie en grenouilles
Ascalaphus en hibou
• des métamorphoses minérales. • en nommer quelques-unes :
Niobé en pierre
Atlas en montagne
Tout ce que touche le roi Midas en or

© Cned, Français 6e — 131


c
c Séquence 6

SÉQUENCE 6
Séance 1

A- La « Genèse »
1- Le tout premier Groupe Nominal de la Bible est « au commencement » (verset 1).
2- Le nom « genèse » vient du grec genesis, qui signifie « commencement ».
3- Les premiers chapitres de la Bible racontent le commencement du monde, puis la création
de l’homme.
4- Le récit est bien à sa place : le commencement du monde est raconté au commencement
du livre.

B- « Au commencement »
1- Les deux adjectifs sont « informe » et « nue », les deux noms sont « ténèbres » et « abîme »
(verset 2).
2- Le champ lexical ainsi formé est péjoratif.
3- Les images qui peuvent correspondre au commencement sont « chaos », « désordre » et
« confusion ».
4- Dans la création du monde, Dieu veut établir l’ordre et l’harmonie sur terre.

C- Le pouvoir divin
1- C’est « Dieu » qui est désigné au début de nombreux paragraphes. Il s’agit d’insister sur la
création du monde comme création divine.
2-

ce que Dieu veut créer chaque fois qu’il parle ce qui se passe réellement

« Dieu dit : Que la lumière soit faite » (verset 3) « Et la lumière fut faite » (verset 3)
« Et Dieu fit le firmament : et il sépara
« Dieu dit aussi : Que le firmament soit fait au les eaux qui étaient sous le firmament
milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux d’avec les de celles qui étaient au-dessus du
eaux » (verset 6) firmament. Et cela se fit ainsi. »
(verset 7)
« Dieu dit encore : Que les eaux qui sont sous
le ciel se rassemblent en un seul lieu, et que « Et cela se fit ainsi » (verset 9)
l’élément aride paraisse » (verset 9)
3- a) La phrase que dit Dieu est « que la lumière soit faite » (verset 3).
b) La tournure verbale utilisée est donc « Que » + verbe au mode subjonctif. Dans ce cas,
la phrase est de type injonctif car elle vise à donner un ordre.
4- La courte phrase, très souvent répétée en fin de paragraphe, qui montre le pouvoir de Dieu
est : « Et cela se fit ainsi ». Celle qui montre la satisfaction de Dieu est : « Et Dieu vit que
cela était bon ».
5- La bonne conclusion est : Le pouvoir de Dieu est un pouvoir de la parole.

132 — © Cned, Français 6e


D- Les étapes de la création du monde

« Et du soir au matin


se fit le (numéro) jour »
« Et du soir et du matin
se fit le premier jour » (verset 5)
Étapes de la Création du monde
(citation entre guillemets)

« Et la lumière fut faite. » (verset 3)


Séquence 6

c c

« Et du soir et du matin
« Et Dieu fit le firmament. » (verset 7)
se fit le deuxième jour » (verset 5)

« Il appela Mers toutes ces eaux rassemblées. »


« Et du soir et du matin (verset 10)
se fit le 3e jour » (verset 8) « La terre produisit donc de l’herbe verte qui
portait de la graine selon son espèce. » (verset 12)
« Et du soir et du matin « Dieu fit donc deux grands corps lumineux (…)
se fit le quatrième jour » (verset 19) pour présider au jour [et] à la nuit. » (verset 16)
« Et du soir et du matin « Dieu créa donc les grands poissons, et tous les
se fit le cinquième jour » (verset 23) animaux qui ont la vie. » (verset 21)

2- a) L’eau : « Que les eaux qui sont sous le ciel se rassemblent », « il appela Mers toutes ces
eaux rassemblées » (versets 9-10).

b) La terre : « Dieu donna à l’élément aride le nom de Terre » (verset 10).

c) L’air : « Et Dieu fit le firmament » (verset 7).

d) Le feu : « Que des corps de lumière soient faits » (verset 14), « qu’ils luisent dans le
firmament du ciel, et qu’ils éclairent la terre » (verset 15), « Dieu fit deux grands corps
lumineux » (verset 16).

3- Les trois moments de la création du monde sont, dans l’ordre, la création des quatre
éléments, puis celle du règne végétal et enfin la création du règne animal.

4- La création des quatre éléments, du règne végétal puis du règne animal, constitue un cadre
propice à l’arrivée de l’homme.

E- Des procédés poétiques au service du message biblique

1- Les groupes verbaux à surligner sont :

« Dieu dit / Dieu vit / Dieu dit / Dieu fit / Dieu donna / Dieu dit / Dieu donna / Dieu dit /
Dieu dit / Dieu fit / Il mit / Dieu vit / Dieu dit / Dieu créa / Il bénit / Dieu dit / Dieu fit »

2- Les groupes verbaux le plus souvent répétés sont « Dieu dit », « Dieu fit », « Dieu vit ».

3- a) Le son [i] est répété.

b) Les trois verbes n’ont qu’une seule syllabe : ils sont monosyllabiques. Ils se ressemblent
et semblent s’appeler l’un l’autre. Leur répétition crée un effet de rime interne en [i]
comme le mot « Dieu » lui-même.

© Cned, Français 6e — 133


c
c Séquence 6

4-
Le premier chapitre de la Genèse raconte la création du monde. Le pouvoir divin est mis en
valeur par des effets poétiques, notamment par la répétition des expressions « Dieu dit »
et « Dieu fit » qui montrent le lien entre la parole et l’action sur le monde. Les répétitions
sonores créent un effet d’échos et une sorte d’enroulement des mots, comme si un mot
en appelait un autre. Tous ces procédés rythment les étapes de la création du monde et
préparent la création de l’homme, au sixième jour.

Séance 2

A- « Faisons l’homme »
1- et 2- Au sixième jour, Dieu crée l’homme, mais à son image : « Faisons l’homme à notre
image et à notre ressemblance » (verset 26), « à l’image de Dieu » (verset 27). C’est la
grande différence avec les créatures précédentes.
3- La phrase à relever est : « Le Seigneur Dieu forma donc l’homme du limon de la terre ; il
répandit sur son visage un souffle de vie, et l’homme devint vivant et animé » (verset 7).
Elle précise que l’homme vient de la terre, qu’il est poussière.
4- Dieu confie à l’homme la mission de « commande[r] aux poissons de la mer, aux oiseaux
du ciel, aux bêtes, à toute la terre, et à tous les reptiles qui se remuent sous le ciel » (verset
26), de dominer la terre, de s’en nourrir pour se développer et se reproduire (versets 28-
30).

B- La volonté divine
1- Le mode verbal utilisé dans les versets lorsque Dieu crée le monde, au premier chapitre,
est le subjonctif. On le retrouve d’ailleurs ici dans le verset 26 : « qu’il commande aux
poissons ».
2- Les formules injonctives construites sur un nouveau mode verbal sont : « Faisons l’homme
à notre image » (verset 26), « Croissez et multipliez-vous, remplissez la terre, et vous
l’assujettissez, et dominez…» (chapitre I, verset 28).
3- Les expressions sont au présent de l’impératif.

C- L’homme et la nature
1- Le champ lexical dominant des versets 5 à 8 est la nature, le travail de la terre.

Noms Verbes
« plantes » (verset 5) « sorties de la terre » (verset 5)
« champs » (verset 5) « poussé » (verset 5)
« terre » (versets 5, 6, 7) « pleuvoir » (verset 5)
« herbes de la campagne » (verset 5) « labourer » (verset 5)
« limon » (verset 7) « arrosait » (verset 6)
« jardin » (verset 8) « planté » (verset 8)
2- Dans les versets 5 à 7…
a) Les conjonctions de coordination à surligner sont :
« Et qu’il créa (…) les plantes » (verset 5).
« Car le Seigneur n’avait point encore fait pleuvoir sur la terre » (verset 5).

134 — © Cned, Français 6e





b)
« et il n’y avait point d’homme pour la labourer » (verset 5).
« Mais il s’élevait de la terre une fontaine » (verset 6).
« Le seigneur Dieu forma donc l’homme du limon de la terre » (verset 7).
Séquence 6

c c

Conjonction de coordination (dans Valeur


l’ordre du texte)
et addition
car cause
mais opposition
donc conséquence
c)

La Genèse utilise beaucoup le champ lexical de la nature. Dans le chapitre II, la création
de l’homme est associée à la conjonction de coordination « donc », qui a une valeur de
conséquence. L’homme apparaît donc comme le dernier maillon, et le plus important, de
l’ordre naturel créé par Dieu.

D- Un chiffre symbolique
1- Sept jours ont été nécessaires à Dieu pour créer le monde et l’homme.
2- Ce chiffre 7 correspond à la semaine de sept jours dans notre vie quotidienne.

E- Expression écrite
Voici un exemple de ce qu’il était possible d’imaginer :
Et d’un porte-document qu’il portait à la main, il tira une feuille où était dessinée une espèce
de sphère, sur laquelle était disposée une foule de petits personnages.
« Voyons un peu cela, dit le Tout-Puissant, qui naturellement connaissait le projet mais faisait
semblant de l’ignorer.
- Regardez, contrairement à toutes celles que nous avons créées, cette nouvelle planète aura
des caractéristiques très particulières, car elle pourra tourner autour du soleil, recevoir de la
chaleur et…
- Mais je ne vois toujours pas l’intérêt d’une planète supplémentaire, même plus chaude,
l’interrompit le Créateur, feignant l’indifférence en fronçant les sourcils.
- Attendez, je ne vous ai pas tout dit ! s’exclama l’esprit-architecte. Grâce à cette chaleur, il se
produira un phénomène tout à fait nouveau et très amusant, je crois : la vie !
- Alors ces petits personnages, là, sur la boule…
- Oui, ce sont les êtres vivants !
L’esprit-architecte rayonnait de joie et de fierté. Le Tout-puissant sourit. C’était lui, bien sûr,
le créateur de toutes choses, mais il avait plaisir à laisser croire à ses architectes que leurs
brillantes idées venaient d’eux.
« Tu veux donc dire que cette petite boule suspendue au milieu de l’espace pourrait porter
une multitude d’êtres vivants qui pourraient être féconds, se multiplier, remplir la terre, et
l’assujettir ?
- Absolument !
- Bien, alors je te laisse régler tous les détails, avec ton équipe. »
Le Créateur était content, mais un peu fatigué. Il décida donc d’aller se reposer. Cela faisait
déjà, tout de même, sept jours qu’il créait !
• Les mots en italique gras sont les conjonctions de coordination
• Les expressions en gras sont les références à La Genèse

© Cned, Français 6e — 135


c
c Séquence 6

A- La description du paradis
Séance 3

1-

Dénominations du paradis Caractéristiques descriptives du paradis


« un jardin délicieux » (verset 8) « arbres beaux à la vue » (verset 9)
« paradis » (versets 9 et 10) « fruit (…) agréable au goût » (verset 9)
« ce lieu de délices » (verset 10) « l’arbre de vie au milieu du paradis » (verset 9)
« le paradis de délices » (verset 15) « arbre de la science du bien et du mal »
(versets 9 et 17)
« il sortait de la terre un fleuve pour arroser le
paradis » (verset 10)

2- Par la répétition et l’association des mêmes mots, tous mélioratifs, la narration du paradis
terrestre est hyperbolique.

B- Le double commandement de Dieu

1- L’autorisation que Dieu formule est : « Mangez de tous les fruits des arbres du paradis »
(verset 16).

2- L’interdiction que Dieu formule est : « Mais ne mangez point du fruit de l’arbre de la
science du bien et du mal » (verset 17).

3- La répétition.

a) Le mode verbal utilisé est l’impératif présent, qui permet à la fois d’exprimer l’ordre et
la défense (par la tournure négative « ne … point »). Il est donc parfaitement justifié à
ce moment du texte, celui du double commandement.

b) et c) La répétition du même verbe avec un sens opposé : « mangez / ne mangez point »


(versets 16-17) renforce l’effet d’opposition entre « le bien » et « le mal », crée un effet
d’insistance et aussi un suspens, un effet d’attente par rapport au « fruit défendu ». La
répétition met en valeur la menace, le danger qui va peser sur l’homme.

C- La menace sur l’humanité

1- a) b) et c) Dans la proposition « car au même temps que vous en mangerez, vous mourrez
très certainement » (verset 17), le verbe « vous mourrez », employé au futur, insiste bien
sur le risque immense qui pèse sur l’avenir de l’humanité. Le principe de cause à effet
immédiat est marqué par la conjonction de coordination « car ».

2- Ce commandement et cette menace font naître chez le lecteur une attente, un suspens, et
un sentiment de peur, lié à l’évocation de la mort.

136 — © Cned, Français 6e


A- La composition du chapitre III
1- a) et b)
Séance 4
Séquence 6

c c

Délimitation des étapes du chapitre Titre que l’on pourrait donner


(« du verset ….. au verset …….. »)
Du verset 1 au verset 5 Dialogue entre le serpent et la femme.
Du verset 6 au verset 8 La faute.
Du verset 9 au verset 13 Dieu découvre la faute.
Du verset 14 au verset 19 Punitions du serpent, de la femme et de l’homme.
Du verset 20 au verset 24 Adam et Ève chassés du paradis.
2- Les personnages apparaissent dans l’ordre suivant : le serpent, la femme, puis l’homme et
enfin Dieu.
3- L’ordre d’apparition des personnages est un ordre hiérarchique : du plus bas au plus haut,
de l’animal au seigneur, en passant par la femme et l’homme. L’homme est le plus proche
de Dieu, puisque fait « à son image », et la femme est en dessous, présentée comme une
« aide semblable à lui » (Genèse II, verset 18). C’est pourquoi c’est elle qui sera tentée et à
l’origine de la chute.

B- Le serpent
1- Le serpent est présenté comme « le plus fin de tous les animaux que le Seigneur Dieu avait
formés sur la terre » (verset 1).
2- La mise en valeur.
a) L’adjectif « fin » est mis en valeur par le superlatif « le plus…de tous… ».
b) Le superlatif, placé au tout début du chapitre, au premier verset, crée un effet
d’insistance : c’est une hyperbole.
3- Le serpent se révèle en effet le plus « fin » (le plus rusé) des animaux puisqu’il réussit bien à
convaincre la femme de croquer la pomme, au verset 6.
4- Le dialogue entre la femme et le serpent.
a) Le serpent engage le dialogue avec la femme par une phrase interrogative.
b) Le serpent aborde la femme de biais, en posant une question dont il n’attend
aucune réponse. Il veut semer le doute chez la femme, créer la tentation. La question
« pourquoi… ? » oblige Ève à penser à ce à quoi elle n’avait pas pensé, car elle obéissait
jusque là à Dieu. Le serpent veut entraîner la chute de l’homme car la mission de
l’homme était de « dominer » les animaux (Genèse I, 28).
c) Le serpent cherche à tenter Ève, à lui faire croquer le fruit défendu. Pour la convaincre,
il lui dit : « vous ne mourrez point », « vos yeux seront ouverts », « vous serez comme
des dieux », « connaissant le bien et le mal » (versets 4 et 5).
d) Ë Ève ne respecte pas l’interdiction car elle trouve que le fruit de l’arbre est « bon à
manger », « beau » et « agréable à la vue » (verset 6).
Ë Ève non seulement désobéit et mange le fruit, mais en plus elle conduit Adam à
faire de même : « Et en ayant pris, elle en mangea et en donna aussi à son mari, qui en
mangea aussi » (verset 6).

© Cned, Français 6e — 137


c
c Séquence 6

5- La portée symbolique du serpent.


a) Le serpent jouait également un rôle dans le premier conte que tu as étudié (séquence II,
séance 1). Il s’agit du conte de Perrault intitulé « Les Fées ».
b) Le serpent était lié à une punition. L’aînée des deux filles, méchante et orgueilleuse,
sans générosité, après avoir refusé de donner de l’eau à la fontaine, se trouve
condamnée à cracher des serpents et des crapauds.
c) Le serpent est, dans notre culture, le symbole du mal, une représentation de Satan.

C- Chassés du paradis
1- et 2- Dieu punit, dans l’ordre, le serpent, la femme Ève et l’homme Adam. Cet ordre suit
l’ordre d’apparition des personnages du chapitre, ce qui crée un parallélisme. On peut
également penser que cet ordre correspond à la gravité (décroissante) de la responsabilité
des personnages.
3- Pour le punir, Dieu dit au serpent : « Tu es maudit entre tous », « Tu ramperas sur le
ventre », « Tu mangeras la terre tous les jours de ta vie » (verset 14).
Pour la punir, Dieu dit à la femme : « Vous enfanterez dans la douleur », « Vous serez sous
la puissance de votre mari » (verset 16).
Pour le punir, Dieu dit à Adam : « Vous ne tirerez de quoi vous nourrir qu’avec beaucoup
de travail », « Vous vous nourrirez de l’herbe de la terre » (versets 17 et 18), « Vous
mangerez votre pain à la sueur de votre visage » (verset 19).

Séance 5

A- As-tu bien suivi les étapes de la Genèse ?


Questions Réponses
® « Il était une fois »
Quelle est la première expression de la
˝ « Au commencement »
Bible ?
® « Un jour »
˝ Le nom « genèse » vient du grec genesis, qui
signifie « commencement ». 
Quelle est l’étymologie du nom ® Le nom « genèse » vient du grec genesis, qui
« Genèse » ?  signifie « le monde ». 
® Le nom « genèse » vient du grec genesis, qui
signifie « génétique ».
® l’homme est créé avant le monde.
À quel moment de la Création l’homme ® l’homme est créé en même temps que le
se situe-t-il ? monde.
˝ l’homme est créé après le monde.
® les quatre éléments, puis le règne animal et
enfin le règne végétal.
Quelles sont les étapes successives de la ˝ les quatre éléments, puis le règne végétal et
Création du monde ? enfin le règne animal.
® le règne végétal puis le règne animal et enfin les
quatre éléments.

138 — © Cned, Français 6e


Quels sont les trois verbes successifs qui
manifestent le pouvoir divin ?

En combien de jours la Création


s’accomplit-elle entièrement ?
˝ « Dieu dit », « Dieu fit », « Dieu vit »
Séquence 6

® « Dieu vit », « Dieu fit », « Dieu bénit »


® « Dieu voulut », « Dieu pria », « Dieu donna »
® huit jours
® six jours
c c

˝ sept jours
˝ c’est un jardin délicieux.
Comment définir le « paradis », ce lieu
® c’est un bord de mer sublime.
extraordinaire où vit l’homme ?
® c’est une montagne magique.
® « Cueillez les fleurs du jardin du paradis. »
® « Buvez l’eau de la fontaine du paradis. »
Quelle autorisation Dieu formule-t-il ?
˝ « Mangez de tous les fruits des arbres du
paradis. »
® « Ne buvez pas l’eau de la fontaine de
jouvence. »
Quelle est l’interdiction que Dieu
˝ « Ne mangez point du fruit de l’arbre de la
formule ?
science du bien et du mal. »
® « Ne faites pas de mal aux animaux. »
® ils sont menacés de maladie.
De quoi Adam et Ève sont-ils menacés
® ils sont menacés d’être séparés.
s’ils désobéissent ?
˝ ils sont menacés de mort.
® le renard
Quel est le plus fin des animaux de la
˝ le serpent
Création ?
® le lion
˝ de manger le fruit défendu.
Que suggère-t-il à Ève ? ® de dérober le fruit de l’arbre.
® d’abattre l’arbre.

B- Vocabulaire : autour du mot « genèse »


1- Une famille de mots.
a) Le nom « genèse » vient du grec genesis, qui signifie « commencement », « naissance ».
b) On peut isoler le radical gen- en français.
c)
- Faire naître, procréer ENGENDRER
- Mari de la fille GENDRE
- Ensemble d’individus nés à la même époque GÉNÉRATION
- Science qui établit les filiations GÉNÉALOGIE
- Celui qui a procréé GÉNITEUR
- Ensemble des enfants d’une famille PROGÉNITURE
- Relatif à l’hérédité GÉNÉTIQUE
2- L’extension étymologique.
- les gens : à l’origine, « la famille au sens large » d’où « personnes, en nombre indéterminé ».
- la gentillesse : qualité de cœur de ceux qui sont nobles, bien nés, d’où « amabilité,
attention, bonté ».

© Cned, Français 6e — 139


c
c Séquence 6

- le genre : « famille » au sens large, d’où « groupe d’êtres ou d’objets présentant des
caractères communs ».
- le générique : partie d’un film où sont indiqués les noms des personnes qui y ont
participé.
- dégénérer : perdre ses qualités, empirer.
- généreux : à l’origine, « de bonne naissance », d’où « qui a de nobles sentiments,
dévoué, charitable ».
- le général : celui qui est supérieur, qui peut commander.
- général (adjectif) : qui appartient à une même espèce.
- ingénieux : qui montre des qualités naturelles d’intelligence d’où « qui a l’esprit
inventif ».
- l’ingénieur : celui qui a des qualités supérieures, qui a reçu une formation scientifique
de haut niveau.
- ingénu : qui a le cœur pur, naïf, sincère.
- le génie : aptitude supérieure de l’esprit qui rend quelqu’un capable de créations
extraordinaires.
- indigène : né dans le pays.
- agencer : orner, organiser de façon à créer le beau.
- les gendarmes : autrefois, « gens d’armes », corps militaire chargé de maintenir l’ordre
et la sécurité publiques.
3- De nombreux synonymes.
Les cinq synonymes sont : création, apparition, élaboration, formation, gestation

C- Une réécriture poétique


1- Le poème fait référence à la Genèse dans la Bible.
2- Le poème évoque surtout la chute, lorsqu’Adam et Ève sont chassés du paradis : « Dieu
chassa Adam » (vers 1), « Adam et Ève trébuchèrent » (vers 3).
3- a) et b)

Expression du poème phrase que doit comprendre le lecteur pour


saisir le jeu de mots
« ce fut le premier rhum sur la terre » (vers 2) « Ce fut le premier homme sur la terre »
« Dieu et dieu quatre » (vers 8-9) « Deux et deux quatre »
4- « un biangle isopoivre » (vers 12).
a) Le nom « biangle » et l’adjectif « isopoivre » ne figurent pas dans le dictionnaire.
b) On peut en conclure que les deux mots ont été inventés par Jacques Prévert.
c) Ë Le groupe nominal « triangle isocèle » est placé juste avant « un biangle isopoivre »,
au vers 11.
Ë Les deux groupes nominaux qui constituent le jeu de mots sont « triangle isocèle » et
« biangle isopoivre ».
Ë Les éléments à surligner sont « triangle isocèle » et « biangle isopoivre »
Ë Le jeu de mots entre « triangle isocèle » et « biangle isopoivre » repose notamment
sur l’opposition entre « sel » et « poivre », mais aussi entre le préfixe « tri » (qui signifie
« trois », correspondant dans notre texte à la Trinité) et le préfixe « bi » (qui signifie
deux, et qui correspond dans notre poème au couple Adam et Ève). Dans ce poème,
Prévert prend très clairement le parti d’Adam et Ève, et en fait des enfants amoureux,
qui ont bien raison de désobéir aux lois de Dieu. Le double jeu de mots crée une
surprise et a bien sûr un effet comique.

140 — © Cned, Français 6e


D- Des pommes, toujours des pommes !

1- Des pistes dans la mythologie.


Séquence 6

a) Ë Le jardin des Hespérides fait penser au « jardin des délices », le paradis de la Genèse.
c c

Ë Il s’agit d’une pomme d’or. Cette caractéristique souligne la beauté et l’éclat du


fruit, et suggère la tentation, comme dans la Genèse.

Ë Dans la mythologie, la pomme d’or du jardin des Hespérides est le onzième des
douze travaux d’Hercule (Héraclès).

b)

Un jour, un mariage eut lieu sans qu’Ésis, déesse de la discorde ne soit invitée. De
rage, elle s’invite au mariage, une pomme d’or à la main, où est inscrit dessus : « À
la plus belle ». Elle la lance dans la foule, et Aphrodite, Héra, Athéna se battent
pour l’avoir. Les dieux ne voulant pas de conflit vont chercher le plus beau des
mortels qui se nomme  Pâris pour qu’il rende le jugement à leur place. Les déesses
lui promettent chacune un bel avenir (l’amour, la gloire, ou la victoire). Pâris, ne
sachant qui choisir, veut couper la pomme en trois pour donner un bout à chacune,
mais Aphrodite l’en empêche. Au bout d’un long moment, Pâris remet la pomme
d’or à Aphrodite qui lui a promis l’amour de la plus belle des mortelles : Hélène.
Or celle-ci est déjà mariée au roi de Sparte. Pâris enlève donc Hélène et la guerre de
Troie est déclenchée.
Estelle Piolet-Ferrux pour le Cned

2- Un symbole publicitaire.

a) Le logo est celui de la société Apple.

b) Il s’agit d’une pomme croquée. On peut penser à l’expression « croquer la pomme »,


qui signifie « être tenté, puis passer à l’acte ».

c) N’oublions pas que la pomme croquée est celle de l’arbre de la connaissance. Cela
renvoie à la phrase du serpent « vos yeux seront ouverts » (Genèse, III, 5). Le message
publicitaire d’Apple combine donc l’idée de tentation (il s’agit de choisir cette
marque plutôt qu’une autre, grâce à son design, ses performances, etc.) et l’idée de
connaissance, liée aux ressources infinies de l’informatique et d’internet.

3- Une pomme dans notre corps.

Dans la Genèse, Ève tente Adam, et l’homme s’empresse de rejeter sa responsabilité sur
sa femme ! Adam ne voulait pas croquer la pomme, elle lui reste « en travers de la gorge »,
selon la tradition chrétienne et la religion musulmane, d’où le nom de « pomme d’Adam »
donné au larynx qui forme une avancée, une boule sur le cou de l’homme adulte.

© Cned, Français 6e — 141


c
c Séquence 6

A- Reprenons les commandements divins


1-
Séance 6

Relevé des verbes à l’impératif présent Infinitif du verbe personne à laquelle


le verbe est employé
« Faisons l’homme à notre image » (chapitre I, faire 1re personne du pluriel
verset 26)
« Croissez » (chapitre I, verset 28) croître 2e personne du pluriel
« multipliez-vous » (chapitre I, verset 28) se multiplier 2e personne du pluriel
« remplissez la terre » (chapitre I, verset 28) remplir 2e personne du pluriel
« assujettissez » (chapitre I, verset 28) assujettir 2e personne du pluriel
« dominez » (chapitre I, verset 28) dominer 2e personne du pluriel
« Mangez » (chapitre II, verset 16) manger 2e personne du pluriel
« ne mangez point » (chapitre II, verset 17) manger 2e personne du pluriel

B- Attention aux confusions !


1-

faire croître se multiplier remplir manger


Groupe 3e groupe 3e groupe 1er groupe 2e groupe 1e groupe
auquel
le verbe
appartient
(1er, 2e, 3e)
Conjugaison Je fais Je croîs Je me multiplie Je remplis Je mange
au présent Tu fais Tu croîs Tu te Tu remplis Tu manges
de l’indicatif Il fait Il croît multiplies Il remplit Il mange
Nous faisons Nous Il se multiplie Nous Nous
Vous faites croissons Nous nous remplissons mangeons
Ils font Vous croissez multiplions Vous Vous mangez
Ils croissent Vous vous remplissez Ils mangent
multipliez Ils remplissent
Ils se
multiplient
2- a) Les formes verbales communes entre l’impératif et l’indicatif présent ont été
surlignées.
b) L’observation grammaticale nous indique que les verbes à l’impératif sont employés
sans pronom sujet.

C- Entraîne-toi !
1- Voici la transformation des phrases déclaratives en phrases injonctives, en utilisant
l’impératif (et en gardant la même personne) :
a) Approchez-vous !
b) Sauve-toi !

142 — © Cned, Français 6e


c) Allons-y !
d) Crois-moi !
e) Présente tes excuses !
f) Encourageons-nous !
g) Dites-le !
Séquence 6

c c

h) Écris-moi !
i) Parlons-en !
j) Commence à réciter !
k) Crois-le !
l) Observe la scène !
2- Les conjugaisons des groupes verbaux aux trois personnes de l’impératif sont :
a) Range ta chambre ! Rangeons notre chambre ! Rangez votre chambre !
b) Sois heureux ! Soyons heureux ! Soyez heureux !
c) Tiens bon ! Tenons bon ! Tenez bon !
d) Finis ton dessert ! Finissons notre dessert ! Finissez votre dessert !
3- Les expressions à l’impératif à la 2e personne du singulier sont :
a) Demande la permission !
b) Fais le tour !
c) Sois sur tes gardes !
d) Aie confiance en elle !
e) Tiens ton rôle !
f) Vas-y !
4- Les impératifs à la 1re personne du pluriel sont :
a) Consultons un médecin !
b) Retournons d’où nous venons !
c) Renonçons à notre expédition !
d) Allons nous préparer !
e) Disons-nous ce que nous savons !

Séance 7

A- De nouveaux ordres pour une nouvelle alliance : l’épisode de Noé


1- Le choix d’un nouvel homme.
a) C’est Noé que choisit Dieu.
b) L’adjectif souvent répété qui souligne la qualité de cet homme est « juste » (verset 9 du
chapitre VI, et verset 1 du chapitre VII).
c) Le verset 9 du chapitre VI éclaire le lecteur sur le choix de Noé. Il est un homme juste
aux yeux du Seigneur parce qu’il fut « parfait au milieu des hommes de son temps » et
qu’il « marcha avec Dieu ».

© Cned, Français 6e — 143


c
c Séquence 6

2- a) Les deux groupes verbaux qu’emploie Dieu pour ordonner la même action sont : « vous
entrerez dans l’arche » (VI, 18) et « Entrez dans l’arche » (VII, 1).
b) Dans la phrase « vous entrerez dans l’arche » (VI, 18), le verbe est employé au futur
de l’indicatif. Dans la phrase « Entrez dans l’arche » (VII, 1), le verbe est employé au
présent de l’impératif.
c) L’action évoquée doit se dérouler après le moment où la phrase est énoncée. Elle est
tournée vers l’avenir.
d) Les deux propositions expriment un ordre. L’impératif présent et le futur de l’indicatif
ont ici une valeur impérative.
3- a) L’autre phrase utilisant l’impératif présent est « Croissez et multipliez-vous, et remplissez
la terre. » (IX, 1).
b) Les verbes sont employés à la deuxième personne du pluriel.
c) « Croissez et multipliez-vous, et remplissez la terre. » : ces trois verbes à l’impératif sont
précisément ceux qu’a employés Dieu, et dans le même ordre, lorsqu’il s’est adressé à
l’homme et la femme qu’il venait de créer (Genèse, I, 28).
d) L’utilisation des mêmes formules, des mêmes commandements de Dieu montre bien
que Dieu « repart à zéro » et qu’il fonde de nouveaux espoirs pour l’humanité. Après
l’alliance avec Adam et Ève, il s’agit ici de la deuxième alliance de Dieu, avec un homme
juste, Noé.
4- L’alliance.
a) et b) Les deux phrases qu’emploie Dieu pour exprimer l’alliance à venir sont : « Je vais
faire alliance avec vous » (IX, 9) et « J’établirai mon alliance avec vous » (IX, 11).
Ë Les deux phrases ont-elles quasiment le même sens ? OUI / NON
Ë Les deux phrases évoquent-elles l’avenir, un futur proche ? OUI / NON
Ë Les deux phrases ont-elles la même construction verbale ? OUI / NON

B- Entraîne-toi sur le futur


1-
soupirait délirions
guérira fuirez
lirons épouseriez
mourons sourions
élirez devrions
2- Prendre (2 personne du singulier)
e
tu prendras
Vouloir (1re personne du pluriel) nous voudrons
Voir (3 personne du pluriel)
e
ils verront
Aller (1re personne du pluriel) nous irons
Faire (2 personne du pluriel)
e
vous ferez
Savoir (3e personne du pluriel) ils sauront
Venir (2 personne du pluriel)
e
vous viendrez
Valoir (1re personne du pluriel) nous vaudrons
Faire (1 personne du pluriel)
re
nous ferons
Luire (3e personne du singulier) il luira

144 — © Cned, Français 6e


3- Voici les verbes conjugués au futur simple :
a) vous voudrez, je voudrais, nous voulons, nous voulions
b) vous pensiez, vous penserez, vous penseriez, vous aurez pensé
c) tu courais, tu courras, tu courrais, vous courrez, vous courriez
Séquence 6

c c

d) nous verrons, nous voyions, vous verriez, je verrai


e) j’essaierais, ils essaieront, vous essayez, il essaiera
4-

Conjugaison des verbes Infinitif Groupe du verbe Conjugaison des verbes


au présent de l’indicatif (1er, 2e, 3e) au futur de l’indicatif
tu ponctues ponctuer 1er groupe tu ponctueras
tu obtiens obtenir 3e groupe tu obtiendras
elle parvient parvenir 3e groupe elle parviendra
je mets mettre 3e groupe je mettrai
il grossit grossir 2e groupe il grossira
il dévore dévorer 1er groupe il dévorera
je dors dormir 3e groupe je dormirai
je sais savoir 3e groupe je saurai
vous voulez vouloir 3e groupe vous voudrez
j’accueille accueillir 3e groupe j’accueillerai
elle se méfie se méfier 1er groupe elle se méfiera
je vais aller 3e groupe j’irai

C- Moïse et les dix commandements


1- et 2-
Les commandements sont exprimés :
- soit par des verbes à l’impératif présent : « Souvenez-vous de sanctifier le jour du
sabbat », verset 8, « Honorez votre père et votre mère », verset 12.
- soit principalement par le futur de l’indicatif : « Vous n’aurez point » (verset 3), « Vous
ne ferez point » (verset 4), « Vous ne prendrez point », verset 7), « Vous ne tuerez
point. » (verset 13), « Vous ne commettrez point de fornication », (verset 14), « Vous ne
déroberez point » (verset 15), « Vous ne porterez point » (verset 16), « Vous ne désirerez
point » (verset 17).
3- Les commandements qui expriment un ordre sont exprimés par des verbes à l’impératif
présent : « Souvenez-vous de sanctifier le jour du sabbat », verset 8, « Honorez votre père
et votre mère », verset 12.
4- a) Les commandements qui expriment un interdit sont exprimés par des verbes au futur
de l’indicatif : « Vous n’aurez point » (verset 3), « Vous ne ferez point » (verset 4),
« Vous ne prendrez point », verset 7), « Vous ne tuerez point. » (verset 13), « Vous ne
commettrez point de fornication », (verset 14), « Vous ne déroberez point » (verset 15),
« Vous ne porterez point » (verset 16), « Vous ne désirerez point » (verset 17).
Le futur a ici une valeur impérative.

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c
c Séquence 6

b) Le relevé de la question 4- a) montre bien que les interdits se différencient des ordres
par la tournure verbale « ne … point », en plus de la distinction entre impératif présent
et indicatif futur.

5- a) Les versets 3 à 11 concernent le respect envers Dieu.

b) Les versets 12 à 17 concernent le respect envers les hommes.

Séance 8
Je connais Je suis capable de
ü les divisions de La Bible. ü me repérer dans La Bible. Ë La Bible est composée de
plusieurs Livres, chacun divisé en chapitres, eux-mêmes
découpés en petites unités numérotées appelées versets.

ü le nom donné à la première ü dire comment s’appelle la première traduction de La


traduction de La Bible, au IIIe siècle. Bible, au début du IIIe siècle, par Saint Jérôme :
la Vulgate.
ü les titres des deux premiers livres de ü nommer et préciser l’étymologie de chacun des deux
La Bible, ainsi que leur étymologie. titres afin d’en éclairer le sens :
Ë Les titres des deux premiers livres de La Bible sont :
« La Genèse » et « L’exode ».
Ë L’étymologie de chacun des deux titres en éclaire le
sens :
‡ Le titre : « La Genèse » vient du grec genesis , qui
signifie « le commencement ».
En effet, ce livre est le récit de la création du monde.
‡ Le titre « L’exode » vient du grec exodus, qui
signifie « la sortie ». En effet, le deuxième livre
raconte comment les hébreux parviennent à sortir
du royaume d’Égypte où ils ont été maintenus en
esclavage.
ü le pouvoir de la parole divine dans ü citer, dans l’ordre, les trois groupes verbaux le
la création du monde. plus souvent répétés dans le récit de la Création du
monde, qui montrent comment Dieu crée le monde :
« Dieu dit », « Dieu fit », « Dieu vit ».
ü le nom et l’origine du nom du ü préciser l’origine du nom du premier homme.
premier homme.
Ë Le premier homme de la Création se nomme
Adam
Ë Son nom vient du mot hébreu adama, qui signifie
« la terre ».
ü la façon dont ont été créés Adam ü préciser de quelle matière ont été tirés Adam et Ève
et Ève. lors de leur création.
• la main de Dieu
Adam • • le limon
Ève • • la côte d’Adam
• l’eau

146 — © Cned, Français 6e


ü les conjonctions de coordination. ü citer les conjonctions de coordination et de préciser
la valeur de quatre d’entre elles.
Ë les conjonctions de coordination sont : mais, ou,
et, donc, or, ni, car

conséquence ü ü car
Séquence 6

c c

addition ü ü donc
opposition ü ü mais
cause ü ü et

ü la description du Paradis comme ü citer plusieurs appellations du Paradis dans « La


lieu extraordinaire. Genèse ».
« lieu sublime », « jardin d’Éden », « jardin botanique »,
« jardin délicieux », « forêt magique », « lieu de délices »,
« paradis de délices ».

ü l’origine de la Chute du Paradis. ü reconstituer les étapes de la chute du paradis en


complétant le texte suivant :
Le serpent, le plus fin des animaux, tente la femme, en lui
disant que si Adam et elle croquent le fruit de l’arbre de la
science du bien et du mal, non seulement ils ne mourront
pas mais leurs yeux seront ouverts.

ü la richesse étymologique du radical ü identifier les mots appartenant à la même famille


gen– présent dans le mot « genèse ». étymologique que « genèse ».
Ë engendrer, gens, argent, génétique, sagement,
gentil, gêné, indigène, agissant, progéniture

ü les façons différentes d’exprimer un ü distinguer le mode et le temps des trois façons
ordre. différentes d’exprimer un ordre.

ü Présent du
Vous entrerez dans l’arche ü
subjonctif
ü Présent de
Multipliez-vous ! ü
l’impératif
ü futur de
Que la lumière soit faite ! ü
l’indicatif

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c
c Séquence 6

ü les conjugaisons du présent de


l’impératif et du futur de l’indicatif.
ü conjuguer correctement au présent de l’impératif
puis au futur de l’indicatif les verbes des trois groupes :
Aller (2e personne du singulier)

va
Dire (2e personne du pluriel)
tu iras

dites vous direz


Ranger (1re personne du pluriel)

rangeons nous rangerons


Faire (2e personne du pluriel)

faites vous ferez


Finir (1re personne du pluriel)

finissons nous finirons


Mettre (2e personne du singulier)

mets tu mettras

ü le nom de celui qu’a choisi Dieu ü nommer l’homme juste choisi par Dieu pour guider
pour sauver le peuple hébreu. le peuple hébreu : il s’agit de Moïse.

ü les commandements de Dieu ü nommer de deux façons différentes les dix


transmis à son peuple dans le désert. commandements de Dieu.
Ë On les appelle aussi le Décalogue ou les Tables de la
Loi.

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