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Revue de PResse du jeudi *« le(s) présent(s) article(s) est (sont) reproduit(s) avec l’autorisation de
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Revue

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PResse

du jeudi

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CAMERIERE

678 MILLIONS INJECTÉS à Charleroi d’ici 2025 : La Ville met en place un plan
678 MILLIONS INJECTÉS
à Charleroi d’ici 2025
: La Ville met en place un
plan ambitieux. © VAN KASTEEL
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Tout le détail d’où sera dépensé l’argent public durant les six prochaines années.

A 678 millions d’euros pour les six prochaines années à Charle- roi. C’est le montant total du PPI (plan pluriannuel d’investisse- ment) dévoilé par le collège communal. Il s’agit en fait d’une programmation qui précise où et comment sera dépensé l’ar- gent public. Chaque échevin et le bourgmestre ont listé leurs projets prioritaires, et fixé un échéancier. Le plan prévoit 392 millions d’euros pour les bâtiments pu- blics, 215 millions pour les espa- ces publics et les infrastructures, et 70 millions pour du matériel, des équipements et des investis- sements dans divers postes. Et pour trouver les millions néces- saires, trois moyens de finance- ment sont annoncés: les fonds propres, le recours à l’emprunt et les subsides européens, wal- lons et de la Fédération Wallo- nie-Bruxelles. “L’intérêt d’une pla- nification en début de mandature est aussi d’être en ordre de marche pour monter des dossiers solides que nous pourrons défendre de- vant les instances des différents ni- veaux de pouvoir et de saisir toutes les opportunités de financement”, précise le bourgmestre Paul Ma- gnette (PS).

POUR LES ÉCOLES

Près de 400 millions d’euros se- ront alloués principalement aux

écoles et pour des rénovations axées sur les économies d’éner- gie. “D’importants montants sont donc prévus pour réduire la facture d’énergie et d’eau de la ville et lui permettre d’atteindre ses objectifs en matière d’émissions de gaz à ef- fet de serre.” Des dépenses im- pressionnantes, mais qui pré- sentent un véritable intérêt sur le long terme – non seulement pour l’environnement, mais aussi pour les économies tout court, avec des factures énergéti- ques bien moins élevées dans un bâtiment rénové.

“L’intérêt d’une planification si tôt est aussi d’être en ordre de marche pour monter des dossiers solides.”

Paul Magnette (PS)

planification si tôt est aussi d’être en ordre de marche pour monter des dossiers solides.” Paul

Les rénovations des écoles, el- les, représentent plus de 120 millions d’euros dans ce to- tal. Mais au-delà des bâtiments scolaires proprement dits, 8,8 millions seront réservés uni- quement à l’enseignement. On parle ici notamment d’encadre- ment différencié (donner plus de moyens aux écoles des quar- tiers défavorisés, NdlR) et de

quoi équiper les écoles: achat de mobilier scolaire, de matériel in- formatique, d’instruments de musique pour les académies, de matériel spécifique pour les sec- tions qui en ont besoin, etc. Dans les deux prochaines an- nées, d’ailleurs, un “effort impor- tant” sera consenti pour câbler et raccorder les écoles à un réseau Internet de qualité, nécessaire pour le projet “écoles numéri- ques”.

ROUTES ET TROTTOIRS

Niveau routes, 70 millions sont mis sur la table. Le “plan de réno- vation des trottoirs” vient conti- nuer la stratégie de réinvestisse- ment massive dans les voiries initiée il y a six ans. Les routes les plus dégradées, elles, continue- ront à être remises à neuf en pro- fondeur et une partie du mon- tant ira également à l’entretien du réseau routier carolo. Par ailleurs au niveau sécurité, 18,4 millions d’euros sont prévus pour de nouveaux aménage- ments sur le réseau routier, no- tamment des pistes cyclables et parkings sécurisés, la moderni- sation de l’éclairage public, des ponts et tunnels, et l’installation de dispositifs ralentisseurs à di- vers endroits. À noter qu’une enveloppe de six millions d’euros est aussi an- noncée, en plus des projets Fe- der (fonds européens) pour la ré- novation de la Ville haute, afin de rénover les quartiers et les places de toute la ville.

ARBRES, VÉLOS, CAMÉRAS

De nouvelles caméras verront le jour pour surveiller les lieux de dépôts clandestins et garder les espaces publics propres en iden- tifiant les auteurs d’incivilités. Côté “nature en ville”, la com- pétence communale créée sur mesure pour et par le bourgmes-

tre, 3 millions d’euros sont réser- vés à l’aménagement d’espaces verts, et 1,5 mil- lion d’euros pour renforcer le maillage des aires de jeux. Un million supplé- mentaire est prévu pour reti-

rer le béton des espaces publics,

bourgmestre.

: Le

reti- rer le béton des espaces publics, bourgmestre. : Le des cimetières et des cours d’écoles,

des cimetières et des cours d’écoles, et y créer à la place des espaces verts.

PISCINES ET CULTURE

Quatorze millions sont prévus pour la culture, avec la reconfi- guration du Centre Temps Choisi, du PBA, de l’Ancre et du- Rockerill, ainsi que 2 millions pour la nouvelle implantation du Musée des beaux-arts. Autre point, et c’est de saison, 15 millions d’euros ont aussi été inscrits pour les piscines ! Il faut écrire que la situation devenait critique Un million de plus a aussi été prévu pour rénover et construire des espaces multis- ports. Il y aura également plus de places dans les crèches.

COMMERCES, FOLKLORE

L’accent sera mis sur la dynami- sation des cœurs urbains dans l’extra-ring, promet-on. On an- nonce ainsi des investissements pour développer des événe- ments festifs et folkloriques. Autre point en exergue, des budgets importants seront con- sacrés à la rénovation des mai- sons citoyennes de Marchienne et de Marcinelle. Pour les services de l’adminis- tration communale, “des enve- loppes sont réservées afin de four- nir à nos agents des conditions de travail plus agréables et des outils plus performants”. Par exemple:

10 millions pour aménager la fu- ture Cité administrative, 10 mil- lions pour renouveler et verdir la flotte de véhicules, 4,5 mil- lions pour moderniser l’infras- tructure informatique, etc.

SENIORS ET CIMETIÈRES

Au niveau de la politique des aînés, environ 3 millions sont an- noncés pour la rénovation des 27 centres des aînés, dont notam- ment la remise à neuf des cen- tres Meurée et Destrée situés à Marcinelle, du centre Le Tailleny de Ransart ainsi que du centre Fabiola à Charleroi. La création d’un tout nouveau centre des aînés est programmée sur le site de l’ancien hôpital civil, avec une enveloppe d’un million d’euros. Nous reviendrons plus en dé- tail sur chaque point dans les se- maines à venir.

JVK

CHARLEROI

CHARLEROI
CHARLEROI
CHARLEROI
CHARLEROI
CHARLEROI «Le PTB bloque des dizaines d’ASBL carolos» Les communistes tardent à désigner leurs représentants au

«Le PTB bloque des dizaines d’ASBL carolos»

Les communistes tardent à désigner leurs représentants au sein des différentes structures

L e PTB n’a pas encore désigné ses représen- tants dans toute une série d’ASBL para-com-

munales, ce qui pourrait bien bloquer leur travail au quoti- dien. De quoi faire sortir de ses gonds le chef de groupe PS au conseil communal, Jean-Phi- lippe Preumont.

En dehors des structures de la Ville proprement dites, une soixantaine d’ASBL para-communales réalisent du boulot d’intérêt public. « Je pense à l’AIS, Agence Immobilière Sociale, ou encore à l’Agence Lo- cale pour l’Emploi. Au niveau culturel, je peux citer l’Eden ou Charleroi Danse. Sans oublier la Maison pour Associations, essen- tielle pour le monde associatif jus- tement », explique Jean-Philippe Preumont.

« ET LES OBLIGATIONS ? » Seulement voilà : tout ce travail risque de se retrouver bloqué dans les semaines à venir. « Les forma- tions politiques doivent désigner leurs représentants au sein des conseils d’administration des AS-

BL, cela fait partie de leurs obliga- tions en lien avec la Ville. Il s’agit à 99,99 % de mandats à titre gratuit. Mais pour l’instant, les assemblées ne sont pas dûment et légalement composées, ce qui pourrait poser des problèmes de fonctionne- ment. En fait, malgré mes mul-

«Si chacun avait

été aussi

responsable lors

des désignations

passées, certaines affaires n’auraient

peut-être

pas existé»

certaines affaires n’auraient peut-être pas existé» Germain Mugemangango tiples relances, le PTB n’a pas en-

Germain Mugemangango

tiples relances, le PTB n’a pas en- core désigné ses délégués dans toute une série de structures. » Il a donc interpellé les commu- nistes lors du dernier conseil com- munal et leur a lancé un appel.

« Suite aux dernières élections, ils disposent d’une représentativité accrue, ça implique des responsa- bilités. Tout le monde en est té- moin : les PTBistes posent réguliè- rement des questions sur les ASBL. Le meilleur endroit où obtenir des réponses, c’est au sein des CA. Sur- tout que cela concerne des problé- matiques qui leur tiennent à cœur, à l’image de l’emploi et du logement. Tout pourrait se retrou- ver stoppé légalement. »

« SE MONTRER RESPONSABLE » Dorénavant chef de groupe PTB au conseil communal, Germain Mu- gemangango a tenté d’expliquer le raisonnement de sa formation po- litique sur le sujet. « Nous sommes conscients de l’importance du tra- vail fourni dans ces ASBL. Raison pour laquelle nous souhaitons placer la bonne personne à l’en- droit adéquat. Cela dit, nous avons aussi engrangé une sérieuse pro- gression lors des élections régio- nales et fédérales. Et à ce niveau-là aussi, nous devrons envoyer des représentants dans certaines struc- tures. Hélas, pour l’instant, le Ser- vice Public de Wallonie se trouve

pour l’instant, le Ser- vice Public de Wallonie se trouve Jean-Philippe Preumont et Germain Mugemangango pas

Jean-Philippe Preumont et Germain Mugemangango pas d’accord ! © D.R.

dans l’incapacité de nous fournir la liste complète de celles-ci. Nous attendons d’avoir une vision glo- bale du puzzle à former pour ef- fectuer les meilleurs choix. Si tout le monde s’était montré aussi res- ponsable au moment d’effectuer ses choix pour les ASBL dans le passé, certaines affaires n’auraient peut-être pas eu lieu. »

Cet argument a eu le don de cour- roucer Jean-Philippe Preumont. « L’organisation interne d’un parti est une chose. Les obligations des élus au sein d’une Ville en sont une autre. Le résultat électoral des communistes est très bon, mais la Commune doit continuer à fonc- tionner. C’est une entité propre. À Charleroi, les élections ont eu lieu

en octobre, le nouveau conseil communal a été installé en jan- vier. Le scrutin fédéral a lieu… en mai ! Mais aux yeux du PTB, les structures carolos doivent at- tendre de voir ce qui se passe au niveau wallon. Et nombre de leurs travailleurs poussent un cri d’alarme. » -

LOÏC DÉVIÈRE

voir ce qui se passe au niveau wallon. Et nombre de leurs travailleurs poussent un cri

MONT-SUR-MARCHIENNE POLÉMIQUE

MONT-SUR-MARCHIENNE POLÉMIQUE

BHNS: le dossier qui va

ENFLAMMER LA RENTRÉE

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Moins de place pour la voiture:

c’est la philosophie générale.

A Incontestablement, ce sera l’un des dossiers chauds de la rentrée politique : le projet d’aménagement des grands axes de pénétration du sud de Charleroi en vue de la création du BNHS, le bus à haut niveau de service, sera présenté publi- quement les 18 et 20 septembre avant d’être soumis à enquête publique, dans le cadre d’une demande de permis. C’est sur l’avenue Paul Pastur entre Mont-sur-Marchienne et Marcinelle que le projet suscite le plus d’oppositions. En cause :

la suppression d’emplace- ments de parking en voirie et sur l’espace public, mais aussi la mise en place d’un sens in- terdit après la rue du Beau Site dans le sens descendant.

LES IMAGES DIFFUSÉES par le

bouwmeester de Charleroi sur son portail internet, comme le texte qui les accompagne, préfi-

gurent un débat compliqué. “La route de Philippeville et l’avenue Paul Pastur sont des axes structurants qui accueillent du logement, des commerces mais aussi le Musée de la photo, une institution culturelle majeure de Charleroi, peut-on lire. L’offre de transports en commun est trop limitée aujourd’hui pour répon- dre à ces enjeux, et la preuve en est que la voiture est majoritaire- ment utilisée, congestionnant les deux axes. Le problème de la limi- tation de la voiture dépasse large- ment la région de Charleroi: dans les années à venir, la place de la voiture sera obligatoirement amoindrie. C’est un fait qui nous sera imposé soit par des instan- ces supérieures, soit par des pro- blématiques écologiques qui exi- geront ces mesures sous peine de voir les maladies engendrées par la pollution de l’air devenir pan- démiques (sic). C’est donc aujourd’hui qu’il faut envisager

des solutions, qui demandent à chacun de faire un effort collectif, et de modifier un peu ses habitu- des.” Un peu ses habitudes, c’est certainement un euphémisme au regard du projet qui vise à transformer la N5 et l’avenue Paul Pastur en boulevards ur- bains.

LE RÉAMÉNAGEMENT se fera de

façade à façade. Il s’inscrit dans une programmation budgé- taire de 73 millions. Objectif :

intégrer les modes de déplace- ment doux, à pied, en bus ou à vélo dans un espace public aujourd’hui entièrement dédié au trafic automobile, explique le bouwmeester. Durée de ce chantier : environ trois ans. Les lignes de bus Tec classi- ques seront conservées et l’of- fre sera renforcée par le service d’un bus BHNS toutes les 7 mi- nutes aux heures de pointe (2 heures le matin et 2 heures le soir), 15 minutes en journée et 30 minutes en soirée.

D.A.

soir), 15 minutes en journée et 30 minutes en soirée. D.A. : Les visuels sur le
soir), 15 minutes en journée et 30 minutes en soirée. D.A. : Les visuels sur le

: Les visuels sur le site du bouwmeester montrent un scénario qui déplaira aux riverains. © GREISCH

CHARLEROI

VÉHICULES

LES BORNES ÉLECTRIQUES ARRIVENT

CHARLEROI VÉHICULES LES BORNES ÉLECTRIQUES ARRIVENT 8 La Ville soutiendra la création de bornes de rechargement

8 La Ville soutiendra la création de bornes de rechargement

électrique.

A En août 2018, la flotte de voitures hybrides comptait un peu moins de 82 000 véhicules en Belgique sur un total de 5,82 millions d’imma- triculations. Quant aux “full électriques”, elles étaient au nombre de 9 300. Si leur présence reste encore très marginale dans le parc auto- mobile de notre pays, elles gagnent chaque an- née du terrain. Comment en favoriser l’utilisation ? À Charle- roi où la start-up chinoise Thunder Power porte un projet de chaîne d’assemblage sur l’ancien site de Caterpillar, aucun plan d’installation de bornes de rechargement n’a été établi, selon l’échevin de la Mobilité Xavier Desgain (Ecolo). Et pour cause : fournir de l’énergie n’entre pas dans le core business de la Ville, ce qui ne l’em- pêchera pas de soutenir un programme d’ex- pansion.

DANS SA RÉPONSE à l’interpellation de la con- seillère communale Anne-Sophie Deffense (C +), il a expliqué qu’une ligne budgétaire avait été réservée pour favoriser le développement de batteries partagées. Il en existe de deux types : les bornes à re- chargement rapide qui sont appelées à se mul- tiplier dans les stations-service. C’est l’affaire du secteur d’investir dans ces équipements. Pour les bornes à rechargement lent, Charleroi

entend prendre sa part d’investissements, en en installant à la fois dans des aires de station- nement réservées sur le domaine public, et dans les parkings en ouvrage comme celui de la Digue. Elle insiste pour qu’elles soient acces- sibles à d’autres modes de déplacement que la voiture, notamment les vélos et trottinettes électriques. “La Ville n’a pas vocation à se substi- tuer à des fournisseurs d’énergie. C’est la raison pour laquelle elle n’a pas répondu à l’appel à pro- jets wallons sous forme d’avances récupérables.” Comme aucune autorisation n’est requise pour l’installation des bornes, Charleroi ne dis- pose pas non plus d’un cadastre du parc exis- tant.

D.A.

pose pas non plus d’un cadastre du parc exis- tant. D.A. : Plus de 90000 véhicules

: Plus de 90000 véhicules circulaient à l’électricité (ou en hybride) en août 2018. © VAN KASTEEL

LEERNES

LEERNES
LEERNES
LEERNES
LEERNES
LEERNES Une famille nettoie le « scandaleux » cimetière Michael, Murielle et leurs deux filles ont

Une famille nettoie le « scandaleux » cimetière

Michael, Murielle et leurs deux filles ont décidé d’agir

C e week-end, Michael, Murielle et leurs deux filles ont uni leurs forces pour nettoyer le

cimetière de Leernes, envahi de mauvaises herbes. Choqués, ils ont lancé un appel à la partici- pation citoyenne sur Facebook… Sans réponse. Le phénomène est récurrent depuis l’interdic- tion de l’utilisation d’herbicides et, si des solutions sont envisa- gées, la situation est à ce jour sans issue.

Michael et Murielle habitent à quelque cinq cents mètres du ci- metière de Leernes. « Ma belle- mère y est enterrée ainsi que, de- puis peu, mon papa », confie l’homme. « On a travaillé samedi et dimanche, durant environ cinq heures, à arracher les mauvaises herbes… Parce que c’est scanda- leux. » « Mon papa est enterré dans la pe- louse d’honneur d’un cimetière binchois et c’est dans un état ni- ckel… Ici, c’est la forêt vierge » ex- plique Murielle. Désespéré, le couple a lancé un ap- pel sur Facebook… Mais n’a reçu aucune aide : « Les habitants se plaignent souvent mais quand on leur propose de venir nettoyer le cimetière avec nous, ils ne ré- agissent pas. Seule une femme de 65 ans s’est portée volontaire mais on a refusé, ce n’est pas à elle, à son âge, de faire ça. » Pourtant, Mi- chael l’affirme : « Si on s’y mettait à plusieurs, ça pourrait être fait en quinze jours. »

« C’EST ABERRANT » « C’est aberrant… Mais on ne veut pas jeter la pierre sur les ouvriers communaux ou le fossoyeur qui est tout seul pour gérer trois cime- tières », exprime clairement la fa- mille. Michael a d’ailleurs entretenu les cimetières avec une A.L.E par le passé. « Mais on n’avait pas du tout le matériel adéquat, j’ai dû faire ça avec un canif ! » Il pour- suit : « Pour moi, il faudrait qu’il y ait deux ouvriers qui travaillent à plein-temps dans le cimetière, au moins durant cette saison… Et surtout, il faut qu’ils aient de bons équipements. »

UN DÉBUT DE SOLUTION Interpellé par nos soins, le bourg- mestre de Fontaine-l’Évêque Gian- ni Galuzzo a réagi : « Chaque an-

Gian- ni Galuzzo a réagi : « Chaque an- Les tombes, les allées Partout, c’est le

Les tombes, les allées

Partout, c’est le même paysage « scandaleux », selon Michael. © M.V.

née, c’est la même chose… Depuis que l’utilisation des herbicides est interdite, nous avons malheureu- sement beaucoup de difficultés à éliminer ces herbes folles. » « Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de solutions, car toutes les possibilités que nous avons en- visagées se sont révélées infruc- tueuses », poursuit-il. « Nous fai- sons participer nos agents à des journées d’études et la seule solu- tion qui pourrait s’imposer à long terme, c’est l’engazonnement des allées. » Retirer les graviers, qui favorisent la pousse de ces hautes herbes, et les remplacer par du gazon per- mettrait de réduire leur proliféra- tion et de simplifier l’entretien des cimetières. « Car aujourd’hui, on a beau les nettoyer, une semaine après ça revient. » À court terme, la commune a en- gagé trois personnes supplémen- taires pour cet été. Mais il en fau- dra évidemment plus pour régler le problème… « Si des bénévoles s’investissaient également… », re- grettent Michael et sa femme, « on pourrait vraiment faire bouger les choses ». De son côté, Gianni Ga- luzzo a salué l’initiative. -

MAUREEN VANVERDEGEM

Plusieurs problèmes mis en avant À Gilly, c’est la même chose Pas une première ©
Plusieurs problèmes mis en avant
À Gilly, c’est la même chose
Pas une première
© D.R.
Le cimetière de Leernes n’est
évidemment pas le seul à être
touché par cette probléma-
tique : à Gilly, comme ailleurs,
de nombreuses personnes se
plaignent de l’état des allées.
« C’est une honte de laisser nos
défunts comme ça, plusieurs
de mes proches y sont, dont
ma maman, et je ne supporte
pas de voir ça ! », se révolte
Michel. « C’était propre avant,
maintenant les herbes folles
sont présentes partout… Je ne
comprends pas. »
Pour Isabelle, c’est le même
sentiment : « J’y suis allée pour
la fête des mères et ça allait, je
n’ai jamais vu le cimetière
dans un tel état. C’est affo-
lant… Alors que c’est la
moindre des choses de s’occu-
per d’eux. »
UNE EXPLICATION
Pour Mahmut Dogru, échevin
responsable, ces plaintes sont
compréhensibles. « Plusieurs
éléments expliquent cet état,
outre la surpression de l’utili-
sation d’herbicides. D’abord,
les saisonniers ont commencé
leur travail trop tardivement…
Comme c’est une nouvelle
mandature, c’est parfois un
peu difficile de tout mettre en
place mais on fait notre maxi-
mum pour faire bouger les
choses. » « En plus, la société
privée que nous employions
est de plus en plus demandée
puisque tous les cimetières
connaissent ces difficultés…
Donc, là aussi, on a pris du
retard », poursuit-il. « Mais que
les citoyens se rassurent, le
nettoyage a déjà été entrepris
sur plusieurs sites et celui de
Gilly va suivre très prochaine-
ment. »
Avant de conclure : « Pour le
futur, on a le projet d’em-
ployer des articles 60… On est
conscient de la situation mais
il faut du temps pour que les
choses se mettent en place. »
Pour rappel, le nouveau plan
pluriannuel d’investissement
de la mandature carolo prévoit
1 million d’euros pour démi-
néraliser et végétaliser l’espace
public, les cours d’écoles et les
cimetières. -
M.V.
public, les cours d’écoles et les cimetières. - M.V. Michael en a fait quelques-uns, des paquets

Michael en a fait quelques-uns, des paquets comme celui-ci. © M.V.

en a fait quelques-uns, des paquets comme celui-ci. © M.V. La famille espère que son action

La famille espère que son action pourra inspirer d’autres. © M.V.

CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU

CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU
CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU
CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU
CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU
CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU
CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU
CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU
CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU
CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU
CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU Les poubelles enterrées dans le sol sont accessibles à tous les loca-
CHARLEROI - CITÉ WARMONCEAU Les poubelles enterrées dans le sol sont accessibles à tous les loca-

Les poubelles enterrées dans le sol sont accessibles à tous les loca- taires de la Sambrienne. © Kim Foucart

belle enterrée et quand on a épui- sé toutes les unités, on doit re- charger notre badge. En gros, c’est cinquante centimes l’ouverture… Moins cher qu’un sac poubelle donc ! Car nous ne sommes

même pas obligés d’acheter des sacs poubelles de la ville. C’est même mieux que sortir ses pou- belles. On n’a pas de jours fixes, on descend nos poubelles quand on veut. » Une incohérence, face à laquelle La Sambrienne est quelque peu désemparée, comme l’explique David Conte, chargé de commu- nication de la Sambrienne :

« C’est une grosse frustration pour notre personnel qui passe ramas- ser les immondices un jour, et qui peut tout recommencer le lende- main. Le métier de nos trente agents techniques n’est pas d’être éboueur, et pourtant, ils passent continuellement ramasser les dé- chets déposés illégalement. » Pour lui, il s’agit clairement d’un manque de civisme : « Les gens se permettent de déposer leurs im- mondices n’importe où… Ces mêmes personnes empoi- sonnent la vie des autres, mais ce n’est pas une raison pour stigma- tiser tout un quartier ! » -

A.-C.C.

Poubelles en feu et dépôts illégaux

En un mois et demi, les immondices ont déjà pris feu quatre fois

D epuis un mois et demi,

des tas d’immondices

déposées à proximité

des immeubles de la

Sambrienne, rue Warmonceau à Charleroi, prennent feu en fin de soirée. Au total, les pompiers sont intervenus quatre fois pour le même fait. Les habitants des

immeubles soupçonnent un pyromane. Ils n’en peuvent plus de ces incivilités à répétition.

La cité du Warmonceau, gérée par La Sambrienne, est victime d’un pyromane qui met le feu chaque semaine aux dépôts de poubelles illégaux qui s’amon-

cellent devant les immeubles, de- puis plus d’un mois et demi. Isa- belle Devergnies, habitante du bâ- timent 300 et l’une de ses amies, Marie-Claude Jumet, qui habite le bâtiment 302, pointent du doigt le risque encouru à chaque fois que les poubelles prennent feu :

« Ça se passe toujours pendant la nuit. Heureusement, jusqu’ici, il y a toujours eu quelqu’un pour appe- ler les pompiers. Mais le jour où personne ne le verra… l’incendie s’étendrait rapidement et on pourrait avoir le feu chez nous ! » Le problème du pyromane en cache un autre… l’amoncelle-

Le problème du pyromane en cache un autre… l’amoncelle- Marie-Claude Jumet (à gauche) et Isabelle Devergnies.

Marie-Claude Jumet (à gauche) et Isabelle Devergnies. © K.F.

ment des dépôts illégaux. « Cela fait trois mois que la Sam- brienne n’est plus venue ramas-

« C’est une grosse frustration pour le personnel qui passe ramasser les immondices un jour, et qui doit tout recommencer le lendemain »

De son côté, Maxime Felon en- tend bien les plaintes des rési- dents. Il souhaiterait pouvoir en faire plus mais, « depuis que je suis président, j’ai plus de 700 de- mandes. J’essaie de résorber au maximum et de satisfaire tous le monde, mais c’est difficile ! »

POUBELLES À PUCE Le plus aberrant, selon Isabelle, c’est que deux poubelles à puce ont été installées récemment pour les locataires de la cité : « Les gens qui viennent habiter ici ont un badge, on reçoit des unités gratuites de dépôt dans une pou-

ser ces poubelles. J’ai dû me fâ- cher avec eux pour qu’ils com- prennent l’état des choses », nous dit Marie-Claude Jumet. « J’ai pré- venu Maxime Felon (président de la Sambrienne depuis le 26 juin) à plusieurs reprises, mais rien. »

DÉPÔTS DE DÉCHETS À FOISON Ces dépôts clandestins amènent avec eux leur lot de surprises :

mouches, moulons, rats « gros comme des chats »… sont autant de désagréments vécus par les ha- bitants de la cité Warmonceau. « Je veux bien qu’on vit dans le so- cial, mais on n’est pas des moins que rien. S’il y a des personnes in- civilisées ici, qu’ils les éjectent ! Moi j’en ai marre qu’on soit in- commodés par ces gens-là », se plaint Marie-Claude.

Les déchets, c’est de l’argent

 

L’incivilité a un prix

La Sambrienne rappelle à ses locataires que ce genre d’incivili- tés a un coût. « Quinze kilos d’immondices récoltés ont un coût moyen de cinq euros, réper- cuté sur les charges imputées à nos locataires. Quinze kilos, c’est plus ou moins un sac poubelle. » Des charges qui se répercutent autant sur les personnes qui trient correctement leurs dé- chets que sur les personnes responsables de ces dépôts illé- gaux. En 2018, 109 tonnes de déchets et immondices ont été récoltées

dans tous les quartiers de la Sambrienne. 132 tonnes et demie de dépôts clandestins ont été récoltées dans le cadre de l’action « cité propre ». Autant de tonnes qui représentent « le manque d’éducation, de propre- té et de civisme de certains loca- taires », déplore Davide Conte. Et comme il est toujours bon de rappeler le devoir du locataire, il ajoute que « les infractions au Règlement d’Ordre Intérieur de la Sambrienne à la gestion saine des déchets peuvent être un motif d’exclusion. » -

 

A.-C.C.

CHARLEROI

CHARLEROI
CHARLEROI
CHARLEROI
CHARLEROI
CHARLEROI Les drones ne viendront pas à la rue de la Montagne Le projet est mort

Les drones ne viendront pas à la rue de la Montagne

Le projet est mort avant d’avoir été lancé

U n grand centre récréatif avec, entre autres, des drones à piloter était prévu à la rue de la

Montagne en juin. Finalement, il

ne verra pas le jour !

L’annonce avait fait grand bruit voici quelques mois déjà: l’ouver- ture programmée de l’Adrena, rue de la Montagnes. «Le 1 er juin, Charleroi devrait être la première ville wallonne à bénéficier d’un endroit de ce genre», s’enthousias- mait à l’époque l’échevine en charge du Commerce, Babette Jan- drain (PS). «On y retrouvera des drones d’intérieur que tout un chacun pourra piloter, mais aussi une zone de réalité virtuelle, une escape room, des simulateurs de vol, un laser game ou encore une aire de airsoft indoor.» Le tout était prévu dans l’ancien H&M, situé dans le bas de cette ar- tère tant appréciée des Carolos. Réparti sur les quatre étages du bâtiment, l’espace ne manquait pas. À côté des activités déjà dé- crites, des magasins temporaires, des renseignements sur le micro-

tourisme local ou encore d’autres éléments ludiques et culturels de- vaient encore s’ajouter. «Pure- ment orienté divertissement, es- paces de partage, rencontres et proximité, cet endroit viendra compléter l’attrait global de la ville de Charleroi», disait encore

Les porteurs de

projet ont prévenu

peu avant la

signature

Les porteurs de projet ont prévenu peu avant la signature Babette Jandrain. Sauf qu’on est maintenant

Babette Jandrain. Sauf qu’on est maintenant au dé- but du mois de juillet et qu’on n’a toujours rien vu venir. Alors, que se passe-t-il? La conseillère com- munale C+, Krystel Ballau, s’est inquiétée de la situation à l’occa- sion du dernier conseil commu- nal. « Nous avons effectivement appris peu avant la signature de leur bail avec les propriétaires que les porteurs du projet Adrena n’étaient pas en capacité de l’ou-

vrir le 1 er juin, comme initiale- ment prévu. Et ce, pour des rai- sons personnelles », a répondu Ba- bette Jandrain. Et cette dernière précisait: « Ils ne remettent pas en cause le poten- tiel du bas de la ville ou les aides apportées. Les causes de cette non- ouverture ne sont en aucun cas imputables aux autorités. Les por- teurs du projet ne nous ont d’ailleurs jamais contactés pour que nous intervenions a posterio- ri de ce que nous avions projeté avec eux. »

« DEUX ABOUTISSEMENTS » Serait-ce dès lors possible que le projet refasse surface dans les mois ou les années à venir ? Mys- tère. En attendant, cette affaire porte un fameux coup au redéploie- ment de la rue de la Montagne, qui fait aujourd’hui peine à voir alors qu’elle s’érigeait en porte- drapeau du dynamisme carolo voici quelques décennies. L’Adre- na s’inscrivait dans le cadre d’un vaste appel à projets. Via celui-ci, la Ville permettait à des candidats,

La rue de la Montagne revivra-t-elle ? © Ch.H.
La rue de la Montagne revivra-t-elle ? © Ch.H.

intéressés d’y lancer une activité, de bénéficier d’un loyer moindre et d’une aide afin de s’y déployer. « Nous avions reçu une douzaine

de projets (

Au final, seuls deux

ont abouti (NDLR : Vrakstore et un magasin de proximité). La situa- tion n’est évidemment pas idéale,

).

mais notre volontarisme et les contacts que nous avons montrent l’intérêt des investis- seurs à entreprendre dans ce Charleroi qui se transforme et bouge. » A peine arrivée, Babette Jandrain ne peut en aucun cas être tenue

responsable d’une situation sur laquelle elle a eu peu d’emprise. Mais le redéploiement ou non de la rue de la Montagne sera un des baromètres de sa mandature à la tête de l’échevinat du Com- merce. -

LOÏC DÉVIÈRE

CARTE BLANCHE

Peter De Lobel, journaliste politique au « Standaard »

« La Wallonie n’existe pas »

au « Standaard » « La Wallonie n’existe pas » fait partie de moi. » Ce
au « Standaard » « La Wallonie n’existe pas » fait partie de moi. » Ce

fait partie de moi. » Ce « fait partie de moi » doit aussi être pris au pied de la lettre. Lanners est peintre de formation et a toujours son peintre préféré, Per- meke, sur lui, via un grand tatouage sur son torse.

La croix wallonne Mais pour en revenir à nos deux démo- craties. Je pense que Lanners a raison quand il dit qu’il y a des choses qui nous rendent tous belges. Des choses incrus- tées, des comportements incontour- nables, même si vos convictions poli- tiques vous y obligent. Ce n’est cepen- dant pas pour cette raison que je trouve que le discours des deux démocraties n’a aucun fondement. La clé de tout cela est, comme je viens de l’écrire, que la Wallonie n’existe pas. Certainement pas comme un bloc homogène à prendre ou à dénigrer. En regardant la carte, nous voyons que la Wallonie est presque une croix. Avec horizontalement les anciens bas- sins industriels ou le démantèlement a eu des conséquences économiques et sociales désastreuses. Puis avec un axe wallon nord-sud, qui est tellement riche ou plus riche que la Flandre. C’est Tho- mas Dermine – Carolo, diplômé d’Har- vard et Wallon de l’année – qui me l’a expliqué. « Vous voyez donc immédiate- ment que le discours de personnes comme Tom Van Grieken (Vlaams Be- lang) sur la Wallonie est erroné. Si ce sont les Wallons qui sont “mauvais”, alors ça devrait mal tourner partout en Wallonie. »

« Non loin des anciens bassins industriels où le démantèlement

a eu des conséquences

économiques et sociales désastreuses, on re- trouve un axe wallon nord-sud, riche et même plus riche que la Flandre. »

© BRUNO DALIMONTE

que la F l a n d r e . » © BRUNO DALIMONTE Je pense

Je pense que Lanners a raison quand il dit qu’il y a des choses qui nous rendent tous belges

il dit qu’il y a des choses qui nous rendent tous belges Rester assis à ne

Rester assis à ne rien faire Ce qui n’est pas le cas. À certains en- droits, il reste énormément de travail à faire, le taux de chômage est élevé avec tous les problèmes qui y sont associés. Mais simultanément, les exportations wallonnes atteignent un pic, le chômage diminue et de nouveaux emplois sont

créés pendant qu’on assainit les villes. Au lieu d’une seule Wallonie, ça donne toute une série de Wallonie différentes.

Ce n’est pas différent en Flandre, soit dit en passant. Selon certains politiciens flamands, les Wallons passent toute leur vie dans un hamac, en attendant le transfert mensuel de Flandre. J’ose aussi pré- tendre que c’est faux. Il y aura sans doute des Wallons-hamac. Mais comme il n’y a pas une Wallonie, le Wallon n’existe pas non plus. Prenez Jean- Jacques Cloquet, « entrepreneur de l’année », l’homme qui a fait exploser l’aéroport de Charleroi et qui dirige maintenant Pairi Daiza. Il est resté au bord du gouffre de 1.001 façons, sans y tomber. Ce n’est qu’en travaillant très dur, jour et nuit, qu’il a pu se sortir du marasme. Et pour tous les Wallons pas assez forts pour faire ça eux-mêmes, il y a Christine Mahy, présidente du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté. Son plaidoyer est aussi simple que radical. La pauvreté ne doit pas être combattue, mais éradiquée. Vous voulez encore une autre Wallo- nie ? Voici. Car la différence entre Ma- hy et disons, Arabelle Meirlaen est énorme. Dans son restaurant près de Huy, la cheffe étoilée m’a dit : « Il fau- drait que tout le monde soit indépen- dant. Ainsi, tout le monde devrait se bouger et aller travailler. Il n’y aurait plus de chômage. » Certains partis fla- mands applaudiraient allègrement des déclarations aussi audacieuses. Et bien que le père de Meirlaen était Flamand, elle est une véritable Wallonne. Chez elle, vous mangez des produits de son jardin, de la terre wallonne. Mais tout comme Mahy, Lanners et tous les autres, elle n’est qu’une facette de cette Wallonie inconnue. Pardon, les Wallo- nie, je veux dire.

Les Wallons. Qui sont-ils, que font-ils? Peter De Lobel, journaliste au « Standaard », a franchi la frontière linguistique pour rencontrer dix Wallons influents. Pour la fête flamande du 11 juillet, nous publions le texte de clôture de sa série d’articles parue dans son quotidien.

N ous ne connaissons pas la Wal- lonie. Voilà le point de départ de la série d’interviews « Walen

Binnen ». Vraiment ? N’en savons-nous pas déjà assez ? Nous savons que son économie va mal, non ? Et que les Wal- lons vivent des transferts d’argent fla- mands et qu’ils votent tous PS, ou pire encore, PTB ! N’est-ce pas la vérité ? Nombreux sont les Flamands qui n’ont jamais dépassé cette poignée de clichés, y compris dans les médias. Cer- tains reportages réalisés par des confrères donnent l’impression qu’il est préférable de prendre des médicaments antipaludiques et de porter un casque tropical si vous vous rendez à La Lou- vière ou à Charleroi. Ce n’est qu’en soulignant l’impact im- portant de la politique francophone sur la Flandre qu’on a pu stimuler l’intérêt pour la Wallonie au sein de la rédaction. Mais pour tout ce qui n’est pas poli- tique, on ne sait presque rien et il reste beaucoup à découvrir. C’est précisément l’objectif de cette série, partir vers le sud en adoptant une attitude saine comme le célèbre journaliste Paul Jambers : Les Wallons, qui sont-ils, que font-ils ? Nous avons examiné, considéré et envi- sagé des dizaines de noms potentiels. Nous en avons finalement retenu dix. Ils m’ont appris que la Wallonie n’existe pas.

Le sol ne parle pas flamand Dans les milieux nationalistes fla- mands, mais aussi de plus en plus en dehors, il est de bon ton de réduire le pays à la somme de deux démocraties :

la Flandre et la Wallonie. Les derniers résultats électoraux n’ont fait que ren- forcer cette image et je n’oserais pas af- firmer que je ne l’ai pas écrite ou utilisée moi-même dans le passé. Ce dont je suis certain, c’est que je trouve que l’idée de ces deux démocraties a fait son temps. Cette prise de conscience ne s’est mani- festée que quand j’ai franchi de plus en plus souvent la frontière linguistique. Si vous me permettez une petite di- gression : cette frontière linguistique me fait penser à une belle citation de Naji Habra, recteur de l’université de Namur. Il est dans une position unique. Habra est Namurois pure souche, mais ses racines syriennes lui permettent de conserver une vision extérieure. « Dès que les Belges sont à l’étranger, ils sont tous belges », a-t-il dit pendant notre entretien. « Ils mangent la même chose, ils rient des mêmes choses… L’incom-

préhension est largement alimentée par la politique. Je ne vois pas la frontière linguistique aussi clairement que les po- liticiens. Je ne vois pas les arbres chan- ger quand j’arrive en Flandre et le sol sur lequel je marche ne parle pas le fla- mand. Mais les gens oui, et vous devez respecter cela. » Et tant qu’à faire, allez-vous me suivre dans ma toute première interview de la série avec l’acteur et régisseur Bouli Lanners ? Ensuite je reviendrai sur la question des démocraties, promis. Je lui ai demandé s’il se sentait wallon et ce que cela représentait pour lui. « Je me sens extrêmement fortement wallon », a-t-il directement répondu. « Je le re- marque dès que j’arrive en France. J’ai l’impression de ne pas être chez moi là- bas. Je me sens plus chez moi en Flandre. » C’est donc ce que dit un ac- teur qui est dix fois plus connu en France que dans sa Belgique natale, qui obtient les premiers rôles dans les su- perproductions françaises et rafle là-bas les récompenses et les étoiles comme si de rien n’était. C’est dans les petites choses que les différences sont perceptibles, poursuit- il. Et dans chaque exemple qu’il don- nait, je reconnaissais et je voyais moi- même ce dont il voulait parler. « Je ne pourrais vraiment pas aller vivre en France. Impossible ! Rien que dans la manière dont les gens disent bonjour. La manière dont les gens vous rendent la monnaie quand vous commandez une bière dans un café, celle dont ils vous regardent quand vous montez dans le bus… C’est à ces moments que vous sentez que vous venez d’ailleurs. Je n’ai pas ce sentiment en Flandre. Ce n’est pas ma langue, mais quand je vais à Gand, à Hasselt ou à Saint-Trond, je suis chez moi. Les gens réagissent comme je sais qu’ils réagiront. C’est se- lon moi ce qui fait un pays. Désolé, mais la Flandre, même si je suis Wallon, elle

WALLONIE ET FÉDÉRATION

Le PS invite Ecolo et le MR au dialogue avant négociations. Au terme d’un long conseil de fédération, les verts ont accepté la proposition à une large majorité.

ERIC DEFFET

L e coquelicot rayé du paysage, l’heure n’est pas encore aux né- gociations à proprement parler

en Wallonie et en Fédération Wallonie- Bruxelles. Mercredi, le bureau du PS a repris la main et décidé d’« inviter Ecolo et le MR à une rencontre exploratoire afin d’examiner les élargissements pos- sibles des cohérences déjà construites entre le PS et Ecolo et consignées dans les lignes directrices pour les deux enti- tés fédérées. » Les négociations, ce sera « le cas échéant », dit le communiqué.

Où Ecolo sera-t-il le plus utile pour défendre ses idées sur une question aussi essentielle que le réchauffement climatique ?

Une « rencontre exploratoire » ? En amour, on parlerait de préliminaires. Les socialistes ne veulent pas donner l’impression de se jeter à corps perdu dans les bras des libéraux, indispen- sables à une majorité dès lors que PTB et CDH ont déclaré forfait. Dans le même temps, ils ne heurtent pas les écologistes. Ils offrent aux verts un sas de décompression, « une pente douce », dit un Ecolo, le temps de réfléchir aux conséquences d’un engagement à long terme dans une tripartite qui pourrait se passer d’eux à la première occasion. La proposition du PS sur la table, Ecolo a réuni son conseil de fédération ce mercredi soir à Namur. L’incertitude était totale sur l’issue de cette assem- blée. Mais l’attitude du PS, qui a choisi d’y aller progressivement, semblait tou- tefois indiquer que les écologistes ne s’opposeraient pas à une présence à cette « réunion exploratoire ». Elle n’en- gagerait à rien. Pour des négociations ou pour une participation gouverne- mentale, on verrait plus tard. Résultat peu avant 23 heures : une réponse favo- rable à l’invitation du PS par 40 oui, 6 non et 9 abstentions. Ecolo était confronté à un dilemme :

majorité ou opposition ? « La question qui se pose à nous est toute simple », ré- sumait un responsable du parti avant la réunion. « Où Ecolo sera-t-il le plus utile pour défendre ses idées sur une question aussi essentielle que le ré- chauffement climatique ? Une partici- pation à un gouvernement permet évi-

Une réunion exploratoire entre PS, MR et Ecolo

permet évi- Une réunion exploratoire entre PS, MR et Ecolo En marge du débat sur la

En marge du débat sur la position d’Ecolo, le PS entrouvre aussi la porte à Défi. © BELGA

demment de faire des choses, de peser de l’intérieur. Mais ici, nous serions l’élément faible des coalitions. » Chez Ecolo, certains pensent en réali-

té que le rapport de force défavorable au sein d’une tripartite est rédhibitoire : il ne permettra jamais de peser réelle- ment sur les politiques les plus straté- giques et risquera de placer systémati- quement les verts en situation inconfor- table lors des arbitrages internes au gouvernement, entre PS et MR.

Il faut donc siéger dans l’opposition,

martelaient ceux-là. Une stratégie qui pourrait être difficile à comprendre par

les électeurs alors que la législature qui s’ouvre aura le climat et l’environne- ment au cœur de toutes les politiques.

A l’inverse, d’autres responsables esti-

maient que les semaines passées à tra- vailler avec le PS jusqu’à accoucher de lignes stratégiques communes, ont changé radicalement la donne. Socia- listes et écologistes ont en quelque sorte lié leur sort en vue de tractations avec les libéraux qui pourraient se transfor- mer en confrontation.

Les gages du PS « On peut effectivement considérer que le PS nous a donné des gages », enten- dait-on chez Ecolo. « Mais les textes que nous avons corédigés avec la société ci- vile n’ont pas de force légale. C’est une

base de travail. On en revient donc tou- jours au même constat : nous serions minoritaires dans une coalition. » Le communiqué du PS se veut rassu- rant plutôt deux fois qu’une. Chaque mot compte : la réunion envisagée ser-

virait, répétons-le, à « examiner les élar-

gissements possibles des cohérences dé- jà construites avec le PS et Ecolo ». En résumé, disait-on au boulevard de l’Em- pereur à l’adresse des verts : notre union est forte, le fruit de notre travail est im- portant, pas question de laisser le MR en faire quantité négligeable ! Un dis- cours finalement convaincant et qui ouvre la voie à des tripartites, même si la route est encore longue. En marge du débat sur la position d’Ecolo (demandeur, le MR a bien sûr accepté l’invitation du PS), notons en- core que le PS entrouvre la porte à Défi qui compte trois députés au sein de la seule assemblée de la Fédération Wallo- nie-Bruxelles. Le parti d’Olivier Main- gain a répondu positivement aux lignes stratégiques du PS et d’Ecolo. « Nous décidons de prolonger le dialogue avec Défi ». En aucun cas, cet apport ne peut permettre d’atteindre une majorité.

Fédéral : le Vlaams Belang présidera la commission de l’Intérieur

Le député Vlaams Belang Ortwin Depoortere (pho- to) a été nommé ce mer- credi président de la commission de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Migra- tion et des Affaires pu- bliques. Les présidences de commissions sont attribuées aux partis par ordre d’importance de leur groupe à la Chambre. La N-VA a choisi la Justice et la Défense, Ecolo les Affaires sociales et l’Eco- nomie, le PS la Mobilité et les Réformes institution- nelles. Et c’est ce qui a permis au Vlaams Belang qui avait le quatrième choix de prendre les fonctions régaliennes. Le président a déjà indiqué qu’il mettrait à l’ordre du jour un débat sur des débordements causés par des jeunes dans les pis- cines, un débat que l’ex- trême droite et la N-VA ont choisi de traiter sous l’angle de l’origine eth- nique des jeunes en ques- tion. La personnalité du nouveau président de la commission de l’Intérieur

du nouveau président de la commission de l’Intérieur © BELGA ne rassure du reste pas entièrement

© BELGA

ne rassure du reste pas entièrement dans l’hémi- cycle. Le quotidien De Morgen écrivait en 2004 que Ortwin Depoortere avait notamment fait publiquement l’éloge de Cyriel Verschaeve, un collaborateur condamné à mort après la guerre. B.DY

le coquelicot L’échec rejaillira-t-il sur Jean-Marc Nollet ?

ANALYSE

PASCAL LORENT

J usqu’au bout, le PS et Ecolo auront effeuillé ensemble le coquelicot,

cette marguerite d’une coalition trop pauvre de trois sièges. Mais socia- listes et verts doivent s’y résoudre : cette fleur sau- vage ne poussera pas dans le terreau qu’ils lui avaient concocté. Peut-on dès lors parler d’échec ? « Si l’ambition était de mettre en place une coali- tion agencée autour de l’axe PS-Ecolo et de re- présentants de la société civile, oui, estime Pascal Delwit (ULB). Elle s’est heurtée à la réalité de l’arithmétique parlemen- taire. » « Pas nécessairement, nuance pour sa part Pierre Verjans (ULiège). L’objectif était de tenter de former un gouvernement. Et le fait que cette for- mation n’ait pas réussi peut permettre de montrer aux militants de ces deux partis que travailler avec le MR est in- évitable. C’est de la pédagogie politique

le MR est in- évitable. C’est de la pédagogie politique Jean-Marc Nollet s’est fort exposé avant

Jean-Marc Nollet s’est fort exposé avant et après les élections. Et il porte la paternité du coquelicot.

© DOMINIQUE DUCHESNES

à grande échelle. » « Et puis, complète son homologue, les choses sont rare- ment définitives en politique. Et le co- quelicot a introduit une pression au CDH où Maxime Prévot devra conti- nuer à assumer de ne pas rentrer dans une majorité. » Echec ou pas, le coquelicot est désor- mais fané. Et celui qui l’a arboré en pre- mier à la boutonnière, c’est Jean-Marc Nollet. Doit-il s’inquiéter pour sa propre aura ? « Non, estime le polito- logue de l’ULiège. Paul Magnette, le premier, avait parlé de coalition portu- gaise. En amenant la notion de coqueli- cot, Jean-Marc Nollet a essayé de tirer la lumière vers lui. » « Il n’est pas le plus exposé, estime son confrère de l’ULB. Il n’était pas le négociateur exclusif pour Ecolo et le parti a suivi collectivement. » « La question sera de savoir si le souve- nir de leur travail en commun va prédo- miner sur les avantages que le PS pour- rait avoir à aller à deux au gouverne- ment plutôt qu’à trois », ajoute Pierre Verjans. Une hypothèse peu probable toute- fois, tant les socialistes ont intérêt à ne pas laisser conjointement les verts et le PTB dans l’opposition, soulignent les deux politologues. Pour autant, le co-

quelicot n’avait-il d’autre vertu que de démontrer par l’absurde la présence in- contournable des libéraux ? « C’est plus complexe, estime Pascal Delwit. D’une part, Ecolo sait qu’il n’est pas incon- tournable ; de l’autre, le PS ne souhaite pas s’enfermer dans une majorité à deux avec le MR. » « Pour le PS, comme pour Ecolo, cela reste un problème d’aller au pouvoir avec un parti que l’on a présen- té comme celui de la régression so- ciale », souligne Pierre Verjans. Cultiver le coquelicot, c’est réduire le risque de se retrouver à conter violette avec le seul MR.

L’opposition, une désillusion Et pourtant, estiment les analystes, l’hypothèse qu’Ecolo choisisse l’opposi- tion ne peut être écartée. « Ecolo sait qu’il ne sera pas indispensable dans une tripartite, rappelle Pascal Delwit. Il lui faudra obtenir l’aval de son assemblée générale. Et puis, on reste dans une né- gociation qui peut s’emballer. » Si les verts faisaient volte-face aux portes du pouvoir, pointeraient-ils du doigt leurs coprésidents actuels et en particulier celui des deux qui a capté les projecteurs durant la campagne ? « Ce serait plutôt vécu comme une désillu-

sion, analyse le politologue de l’ULB. Toute la dynamique de campagne a été axée sur le fait qu’Ecolo serait au pou- voir, voire deuxième parti en Wallonie au sein d’une majorité PS-Ecolo. » « Jean-Marc Nollet a pris la lumière durant la campagne et est forcément plus exposé », reconnaît Pierre Verjans, qui n’est pas persuadé que tout le monde chez Ecolo veut y aller à tout prix. « Mais il est apparu que c’était aus- si une volonté de Zakia Katthabi, dans la perspective de devenir ministre-pré- sidente bruxelloise, nuance Pascal Del- wit. Ce n’est donc pas le résultat de Jean-Marc Nollet mais celui d’une cam- pagne et d’un choix de campagne col- lectifs. » « Cela ne dépendra pas seulement de la manière dont cela se passera mais aussi de comment on va le présenter, poursuit le politologue liégeois. Chez Ecolo, il y a des gens qui pensent qu’al- ler au pouvoir avec des gens qui ne veulent pas de votre programme, c’est un piège. Ils ne sont pas prêts à rentrer dans un gouvernement à n’importe quel prix. Par contre, certains pourraient tenter d’imputer cela à Jean-Marc Nol- let car il a un style plus personnel qui ne plaît pas à tout le monde en interne ».